La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
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- LA NATURE
- IÎEVUE DES' SCIENCES
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- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- Taris. Un an. — Six mois
- ABONNEMENTS
- 20 ,fr. » I Départements. Un an.. 10 fr. » I — Six mois
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- LES QUARANTE-DEUX VOLUMES PRÉCÉDENTS SONT EN VENTE
- AVEC LES TABLES DES DIX PREMIÈRES ANNÉES ET DE LA 2e SÉRIE DES DIX ANNÉES SUIVANTES
- Paris»
- Imprimerie Laiicre, rue de Flcurtis, 9.
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- REVUE DES SCIENCES
- ET IIE UÜI1S APPLICATIONS AUX AI1TS ET A L’INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- RÉDACTEUR EN CHEF
- GASTON TISSANDIER
- VINGT-DEUXIÈME ANNÉE
- 1894
- DEUXIÈME SEMESTRE
- PARIS
- G. MASSON, ÉDITEUR
- LIBRAIRE DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE
- 120. r.OU.EYAtUI SAINT-GERMAIN, 120
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- 22* ANNÉE. — iV 1096.
- 2 JUIN 189A
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- LES TREMBLEMENTS DE TERRE EN GRÈCE
- AVRIL ET MAI 1391
- Des tremblements de terre d’une intensité peu commune ont ébranlé le sol d’une partie de la Grèce à plusieurs reprises, depuis le 20 avril de celle année; les ébranlements du sol, bientôt calmés à la lin du mois, ont encore repris dans les premiers jours de mai. Il y a là un phénomène sismique d’une liante importance; nous croyons devoir donner à ce sujet les renseignements qu’il nous a été permis de recueillir.
- C’est le 20 avril que les premières secousses ont eu lieu. Pendant quelques jours le sol n’a cessé d’ètre presque sans cesse agité, et un grand nombre de secousses ont été désastreuses par les ruines qu'elles ont déterminées et par les victimes qui leur sont dues. On a compté près de trois cents morts dans les régions éprouvées. Les mouvements ont été ressentis à Athènes et dans toute la Grèce. À Thèbes, à Chalcis et dans quelques localités de l’Eubée, des maisons ont été ébranlées et fissurées. Le 23, le 24 et le 27 avril, le phénomène a repris de l’intensité. À cette dernière date, un ébranlement très énergique eut lieu tout à coup à 9l115m du soir sur la côte d’Almyra en Locride; il acheva la ruine de la petite ville d’Atalante qui avait été déjà fort éprouvée par les secousses antérieures. La mer s’est jetée sur le rivage et l’a envahi jusqu’à plus de 1000 mètres du rivage. Des fissures dans le sol, des crevasses et des affaissements, se sont produits dans le voisinage de la mer.
- îi' année. — V simeitre.
- Près d’Atalante, le couvent de Saint-Constantin s’est effondré; des maisons en nombre considérable se sont écroulées en Eubée, où les secousses ont été saccadées et violentes. A Thèbes, de nombreuses ruines se sont produites. A Atalanle, plus de trois cent soixante-cinq secousses ont été comptées en vingt-quatre heures. Le 28 avril, on aperçut sur les côtes de la Locride une crevasse de {dus de 8 kilomètres
- de longueur, elle s’était arrêtée dans sa formation à quelques centaines de mètres d’Atalante. Pendant les mouvements du sol, on entendait presque sans cesse des bruits sourds et des grondements souterrains.
- Le 1er mai, une nouvelle secousse s’est encore ressentie dans la soirée. La grande crevasse dont nous venons de parler s’est ouverte sur une longueur de 50 kilomètres, un grand nombre de routes ont été détruites et des ponts se sont écroulés. Quelques sources ont jailli du sol dans l’Eubée. On a remarqué que, près des côtes, la mer avait pris une teinte foncée, l’eau était trouble, et l’on suppose qu’il y aura eu des éruptions sous-marines.
- Un écrivain d’Athènes qui a recueilli sur tous ces désastres un grand nombre de documents, a publié l’histoire de quelques faits intéressants que nous allons reproduire :
- Ce n’est pas seulement en Locride que les tremblements de terre ont causé des dégâts plus ou moins considérables et donné de la besogne aux charpentiers et aux maçons. La Béotie, les environs de Livadia, l’Eubée et, sur une bien moins grande échelle, l’Attique ont subi des pertes considérables. Dans les éparchies de Béotie, les ha-
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- Carte des principales régions des tremblements de terre de Grèce, en avril et mai 189i.
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- bitants campent en plein air sous des abris improvisés. Ils so couchent tout habillés, et plusieurs sont sous l’empire d’une folle terreur. Cela se produit même à Athènes, assez éloignée du foyer sismique, et dans d’autres régions de la Grèce où la frayeur est beaucoup moins intense cependant qu’en Locride. C’est que le « plancher des vaches » n’est pas sur. Et tenez, au moment où je vous écris (4h2Gm du matin, 21) avril), un tremblement de terre ondulatoire fait craquer les vitres et vibrer pour ainsi dire la maison. Tous les miens sont à l’instant sur pied et les domestiques, effrayés, gagnent le. jardin. Et cela tous les jours, plusieurs fois par jour et par nuit.
- De la chaîne de Kldomos, qui domine Atalante, d’énormes roches roulant dans la plaine ont ajouté encore à la terreur des habitants. Mais ce qui les a le plus épouvantés, c’est la crevasse longue de 50 kilomètres, d’une largeur variant de 1 à 5 mètres, et profonde, par endroits, de lm,50, qui s'étend de la chaîne à la mer et enveloppe Atalante et quelques villages. En géologue télégraphie que cette crevasse et beaucoup d’autres moins grandes ne sont pas dangereuses, mais les habitants qu’il a essayé de rassurer ne sont pas de son avis et s’enfuient dans toutes les directions. Une autre cause de frayeur, c’est le fait que la plaine, «'étant pour ainsi dire détachée de la montagne, s’est abaissée de plus d’un mètre au-dessous de son ancien niveau. Par endroits, la mer a inondé ses rives et un commissaire de police télégraphie avoir ramassé, après le reflux du flot, de petits poissons sur la grève.
- A Xirokhori, les phénomènes sismiques ont produit de curieux effets. Plusieurs maisons qui avaient été abandonnées se sont effondrées, et les habitants, qui campaient dehors, purent voir de nombreuses sources surgir dans des terrains presque arides. Plusieurs étaient de véritables jets d’eau. La plus considérable jaillissait d’un cratère éteint depuis des siècles et formait un ruisseau dont les eaux allaient se perdre dans la mer.
- Mêmes phénomènes aux thermes classiques d’Edipso. A côté des sources captées et exploitées, on en a vu surgir de nouvelles. L’eau de l’une de ces dernières marquait 55 degrés Réaumur.
- Des secousses ont encore eu lieu le 5 mai et le mouvement du sol a été ressenti jusqu’à Athènes. Mais le centre, le loyer de ces convulsions parait être situé dans le voisinage d’Atalante pour s’étendre dans la Locride et l’Eubée. La carte (pie nous avons dressée ci-contre, montre la Phtiotide, la Phocide et la Béotie, dont la réunion forme la Locride. L'Attique, comme nous l’avons dit, a été moins éprouvée que les régions du Nord; des perturbations importantes ont eu lieu dans quelques points de l’Eubée. La manifestation du tremblement de terre s’est, fait sentir à de très grandes distances. Le journal anglais Nature a fait savoir (pie les effets de l’onde sismique, (pii a causé tant de désastres en Grèce le 27 avril, ont pu être observés par M. Davidson au moyen d’un appareil à pendule bifilaire d’une extrême délicatesse. Les mouvements ont été observés à 7h59met se sont légèrement accentués jusqu’à 8h5m pour diminuer jusqu’à 8h28n\ moment à partir duquel ils ont cessé d’être perceptibles. En comparant ces chiffres avec les renseignements relatifs aux tremblements de terre d’Athènes, on constate que
- l’intervalle entre le moment de la secousse dans cette ville et l’arrivée des pulsations à Birmingham n’a pas dépassé 14 minutes. La distance entre les deux villes étant d’au moins 2508 kilomètres, la vitesse moyenne de translation a été de près de 5000 mètres à la seconde.
- Nous rappellerons (pie la Grèce, dans l'antiquité, a parfois été le théâtre de terribles tremblements de terre. En 409 avant notre ère, une partie du mont Taygète fut détruit et un grand nombre de gouffres et de crevasses se produisirent dans les roches de la Laconie.
- Les anciens écrivains grecs nous ont retracé, d’autre part, les désastres occasionnés bien avant le siège de Troie par les déluges d'Ogygès et de Dcu-ealion, dix-sept cents et quinze cents ans avant notre ère1. Aristote rapporte (pie le déluge d Ogygès ravagea l’Attique et (pie celui de Deucalion ruina niellas. Les événements ont été attribués par d’autres auteurs à des tremblements de terre qui, en même temps qti’ils renversaient des masses de roche, déplaçaient l’eau des fleuves.
- Ges catastrophes sont bien loin de nous dans le passé; mais la nature est immuable, et nous la vovons reproduire, de nos jours, des phénomènes du même genre que ceux dont parlait Aristote.
- Gaston Tissaniiier.
- CONCOURS
- DE LA LAMPE A PÉTROLE
- l’our les esprits ouverts à la fois aux choses de science et d’art, il est intéressant de suivre certaines évolutions de longueur qui s’opèrent en art, par suite de l’obligation absolue de renouveler la forme de certains objets en raison de nécessités scientifiques nouvelles.
- L’éclairage électrique, par exemple, survient, et trouve, ayant possession d’état, tout le matériel d’éclairage par le gaz : lustres, girandoles, fausses bougies, globes, fumi-vores, canalisation rigide et d’un certain calibre. L’éclairage nouveau n’a nul besoin de tout ceci : son brûleur est d’une forme nouvelle et particulière, ses conduites sont des fils souples, tout en lui est léger et peut prêter à des œuvres gracieuses. Mais la formule d’art nouvelle ne va pas se dégager de suite. Deux fois déjà, ïUnion centrale des arts décoratifs a mis au concours un lustre électrique, et ces deux concours ont donné, le premier un résultat nul, le second seulement quelques tentatives intéressantes.
- A l’imitation du Concours de l’Union centrale, la direction des magasins du Louvre vient d’instituer un concours pour le dessin d’une lampe à pétrole.
- On sait les chefs-d’œuvre qu’a donnés la lampe antique, à mèche imbibée par capillarité. Quand est venu le perfectionnement de l’éclairage, le double courant d’air d’Argand, la forme d’art s’est modifiée aussi. Le quinquet, avec son application de vases communicants, n’a pas vécu assez longtemps pour attirer l'attention des artistes, sauf dans la forme dite lampe astrale de Louis XVI. Mais les
- 1 Principes de Géologie, pur Charles Lyell, traduits sous les auspices de M. Arago, 1840. 3* partie, p. 38.
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- systèmes Carc-el et le modérateur avec leur forme nouvelle imposée par la nécessité d'un réservoir inférieur à la lumière, et contenant, pour l’impulsion de l’huile, un mécanisme d’horlogerie ou un corps de pompe, ces systèmes, disons-nous, ont exigé une dépense d’imagination considérable pour être, durant un siècle, variés de décor à l’infini, sur une donnée générale de forme presque classique.
- Aujourd’hui le triomphe des hydrocarbures change tout cela : on revient à la capillarité, donc au réservoir tenu très près de la flamme, et très élevé sur son pied. Il y a là une forme nouvelle à traiter avec art, et le projet de concours des magasins du Louvre venait avec actualité. Les concurrents ont répondu en grand nombre, avec quatre cent quarante projets, qui ont été exposés le mois dernier.
- Les modèles exposés ont été examinés par un jury composé de MM. Vaudremer, président, Iîouilhet, Piat, Gagneau, Genuys, Normand, Viau et Dallemagne, rapporteur, ce concours, — et c’est le résultat que nous voulons retenir, — a révélé dans l’ensemble des dessinateurs beaucoup d’idées décoratives nouvelles, heureuses, élégantes, et une habileté de main qu’il ne faut pas hésiter à qualifier de surprenante. Sans doute, il y a encore des esprits arriérés et copistes, qui s’obstinent anachroniquement à trouver la lampe à pétrole Louis XV; mais il y en a encore plus d’éveillés sur la nécessité de faire de l’inédit. Le concours a donc réussi. Le premier prix de 1500 francs a été obtenu par M. Cauvain, le second de 1000 par M. Guérin, le troisième de 500 par M. Boignard.
- Un mot seulement du second Concours, celui d’une broderie de mouchoir. Ceci ne regarde pas directement La Nature, mais il y a des vérités qu’il est utile de répandre. 11 s’agit ici de renouveler les idées des dessinateurs en broderies, lesquels sont depuis trop longtemps rivés à la copie du Louis XIV et du Louis XV, et qui menacent de laisser périr, par manque d’originalité et de renouvellement, une industrie d’autant plus intéressante quelle est au nombre des rares qui puissent aujourd’hui fournir du travail aux femmes, lesquelles en manquent désastreusement... et ne se plaignent pas, du moins bruyamment. Ce concours a été unanimement jugé par le jury (MM. Henri Beraldi, président, Warée, de la Roque, Roussel, Moreau-Néret, Martin et Germain Bapst, rapporteur), il a été jugé, disons-nous, insuffisant d’idées. Sous ce rapport, l’industrie de la broderie a besoin d’étre révolutionnée, le mot n’est pas trop fort. Le jury a donc pris le parti énergique de récompenser avant tout les idées nouvelles, mêmes médiocres, et de laisser de côté toutes les idées par réminiscence, en ayant soin de dégager toujours, pour les récompenser, l’exécution, le travail de l’ouvrier, de la brodeuse.
- Pendant que nous y sommes : à quand le renouvellement du mobilier et de l’argenterie, de l’éternelle armoire et de l’éternelle cafetière Louis XV?
- L’EMJ-DE-VIE DE PRUNELLES
- La récolte des prunelles étant extrêmement abondante dans quelques coins de la Franche-Comté, où l’on trouve des sols pierreux et des terrains en friche, on a, depuis quelques aimées, cherché à utiliser cette récolte peu coûteuse.
- On a d’abord essayé de faire une boisson avec les prunelles. Pour cela, on fait la cueillette lorsque les fruits sont bien mûrs tout en étant encore fermes. On met les
- prunelles en tonneaux en ajoutant 00 litres d’eau froide par double décalitre de fruits. La fermentation se produit lentement. On peut l’activer en ajoutant un peu de sucre. On soutire quand elle est complètement terminée. La boisson faite avec des prunelles est de qualité médiocre. Elle est âpre et noircit quand elle est à Pair depuis quelques heures, mais elle désaltère bien. L’addition dè sucre contribue à en corriger le goût, ce qui semble indiquer qu’on pourrait, après quelques essais, réussir à faire, avec des prunelles, une boisson fort convenable. Si, en résumé, le vin est méJiocre, l’eau-de-vie, en revanche, est excellente.
- 11 est inutile, pour faire la cueillette, d’attendre les gelées. La maturité des fruits semble avoir une influence presque nulle sur la qualité de l’eau-de-vie, tandis quelle en a une sur le rendement. Le même distillateur a pu constater, en effet, dans la même année, que les prunelles cueillies au commencement de la maturité avaient donné de l’eau-de-vie de meilleure qualité que d’autres cueillies plus tard, avant et après les premières gelées. Toutefois, le rendement de celles-ci a été plus élevé. La cueillette se fait à la main; pour aller plus vite, on peut placer, sous les buissons, des vans, paniers, draps, etc., sur lesquels on les fait tomber au moyen d’une gaule. Dans ce dernier cas, il faut enlever, au moyen d’un van à main, les feuilles et autres débris de bois tombés avec les fruits. On inet fermenter dans des tonneaux en ajoutant une petite quantité d’eau (3 litres par double décalitre de prunelles). L’addition d’eau se fait tous les deux jours, et permet à la fermentation d’étre plus régulière en rendant le foulage plus complet et plus Facile.
- Aussitôt la fermentation terminée, on distille comme pour l’eau-de-vie de marc. L’alcool qui sort de l’alambic, est bleuâtre; on le repasse une seconde fois et on obtient une excellente eau-de-vie dont la qualité augmente sensiblement après quelques années de mise en bouteilles.
- Quelques personnes distillent plus tard. Après la fermentation, le tonneau est fermé hermétiquement; la chair de la prunelle se détache du noyau; au bout de trois à quatre mois, on distille comme précédemment. L’eau-de-vie est de qualité meilleure; elle a un goût de noyau fort prononcé. D’autres enfin ajoutent du sucre aux prunelles pour que la fermentation soit active. La fermentation du sucre produisant l’alcool, il en résulte que, en opérant ainsi, on obtient,une [dus grande quantité d’eau-de-vie avec un arôme moins marqué. Les rendements ne sont pas bien élevés. Un double décalitre de fruits donne en moyenne trois quarts de litre d’eau-de-vie. En revanche, les prunelles s’achètent bon marché. Elles ne se payaient, l’année dernière, que 70 centimes et même 50 centimes le double décalitre. Nous avons entendu nommer quelques propriétaires qui se sont très bien trouvés de cette fabrication, il nous a semblé qu’il pouvait être utile de la faire connaître.
- L’AMBOGRàPHE
- APPAREIL A ÉCRIRE EN DOUBLE EXEMPLAIRE
- Il y a quelques années, La Nature consacrait un article à un appareil inventé par M. Levcsque, le Diplographe*, qui avait pour but de permettre d’écrire à la main, avec le même porte-plume, simultanément et sans préparation, deux
- 1 VoJ. u° 682, du 26 juin 1886, p. 49.
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- Fig. 1. — L’ambograplic. — Appareil j>crmcUaut d’écrire un texte en double épreuve.
- copies identiquement semblables d’un même texte.
- Plus récemment, nous donnions encore la description d’un antre appareil destiné au même but, mais conçu d’une manière toute différente, le Biyraphe1 de M. le marquis Femli, de ltome.
- Le nouvel appareil que nous allons signaler aujourd'hui à nos lecteurs et qui tend, lui aussi, au but précité, est encore d’une disposition qui diffère complètement des deux systèmes antérieurs ; il est d’une grande simplicité et fonctionne très facile ment. Notre ligure 1 en donne l’aspect.
- Comme ses devanciers, en effet, i'A m b o y r a p h e (c’est le nom du nouveau système inventé par
- M. Berjonneau) permet d’écrire à la fois à l’encre ordinaire, sans préparation et à la main, deux copies identiques d’un même texte, au recto et au verso, sur une feuille simple ou sur une feuille double d’un format quelconque.
- Cet instrument n’est en aucune manière appelé à supplanter les divers appareils de reproduction que l’on a vu paraître pendant ces dernières années : mi-méographe, autocopiste noir, autographe Ragron et tant d’autres; mais il peut avantageusement remplacer le copie de lettres.
- L' Amboyraphe affecte la forme d’un pupitre de bureau ; il est muni d’un mécanisme très simple que nous allons décrire.
- Au moment où l’écrivain, placé en face du pupitre, se dispose à faire ses deux copies, il tourne un petit bouton de serrage R (tig. 2) sur la gauche, et amène avec la main gauche au moyen du bouton molleté U, la pince de dessus EN aussi près de la rainure centrale R que le permet le réglage de l’appareil; la pince de dessous exécutant d’elle-mème le mouvement symétriquement, contraire, vient
- 1 Yoy. n° 1035, ilu 1er avril 1893, p. ‘284.
- aussi, en dessous, se placer près de cette même rainure. Le copiste décroche alors, en dessus, la réglette de pression F, agrandit la rainure en tirant à lui la partie coulissée G, accroche par en haut à la pince E N l’une de ses feuilles de papier, en fait pénétrer le bas dans la rainure sous la réglette du
- dessous, accroche l’autre feuille de papier à la pince de dessous, ferme la coulisse, applique, sur la partie de cette seconde feuille de papier restée libre, la réglette F, et s’il a eu le soin de régler au préalable, au moyen du curseur gradué au millimètre, l'écartement de ses lignes, il est prêt à écrire. 11 y arrive au moyen du porte-plumes à deux plumes II,
- qu’il a plongé dans l’encrier spécial à deux compartiments A; il écrit à cheval sur la rainure R, sa première ligne à la fois sur la feuille supérieure et sur la feuille inférieure; cette ligne terminée, il fait
- mouvoir la roue molle tée G, qui amène sous la plume les deux lignes suivantes et ainsi de suite.
- Lorsque les pages recto sont terminées , il lui suffit de les décrocher et après avoir ramené les pinces en place, de les accrocher de nouveau, et de la même manière, pour écrire au verso, comme il vient de le faire sur le premier côté.
- Ainsi qu'on le reconnaîtra, outre la simplicité de son mécanisme, l'Amboyraphe ne nécessite aucun accessoire encombrant, coûteux et toujours à renouveler, pas plus que son fonctionnement ne demande le moindre apprentissage. A ces divers titres, il méritait d’être signalé d’une façon toute particulière à l’attention de nos lecteurs. Le type cpic nous avons décrit est encore à l’état d’appareil d’étude, mais nous espérons que la fabrication en sera organisée prochainement. X..., ingénieur.
- Fig. 2. — Schéma cxplicutii.
- B. Boulon de serrage. — C. Boulon molleté. — F II. Rég’ettte de pression du papier. — EN. Pince longitudinale. — B. Rainure centrale. — A. Encrier. — P. Papier. — G. Support coulisse.
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- UNE CH.VTTE ET SES POUSSINS
- Titre original s’il en fut jamais et qui est parfaitement fondé, tout paradoxal qu’il peut paraître : la meilleure preuve en est que la gravure accompagnant ce s lignes est faite d’après une photographie.
- Le chat n’a pas la réputation d’un être très sociable, le chien et les volailles ou les oiseaux en savent quelque chose : le premier parce qu’il se tient toujours avec lui sur une défensive qui est presque de l’agression, et les autres parce qu’il les croque chaque fois qu’ils sont à sa portée. Cependant il y a des exceptions à cette règle. Pour le chien je pourrais
- en citer une qui m’est personnelle : j’avais autrefois une chienne Terre-Neuve et une chatte faisant si bon ménage que la chatte venait chaque jour se coucher devant le feu dans la fourrure de la chienne. Minette eut des petits : la chienne allait la trouver tous les matins, prenait un petit dans sa gueule, avec mille précautions, l’apportait près du feu de la cuisine, repartait en chercher un autre, et tous de même successivement, toujours accompagnée par la chatte. Toute la famille s'installait ensuite au chaud dans le long poil de la chienne.
- Voici maintenantdeuxexemplesaussi curieux, montrant l’étrange affection de deux chats pour des petits poussins : nous empruntons le premier au journal
- Une chatte et ses poussins. (D’après une photographie.)
- américain The Feathered World (autrement dit « Le Monde emplumé »). L’un des poussins d’une couvée était estropié et incapable de suivre sa mère à la recherche de sa nourriture; il était déjà à demi mort de faim, quand tout à coup il disparaît : le lendemain on le retrouve dans le nid d’une chatte, avec trois petits chatons dont la mère le soigne de son mieux. Chaque jour celle-ci le prenait dans sa bouche, l’apportait ainsi dans la cour de la ferme, où il pouvait facilement ramasser sa nourriture autour de lui, puis, quand son repas était fini, elle le reportait de même avec précaution auprès de ses propres petits. On pense si tous les gens de la ferme surveillaient avec stupéfaction ce manège! Grâce aux bons soins de minet, le jeune poussin non seulement vécut, mais grandit en bonne santé, sa
- jambe cassée prit de la force, se ressouda et il fut ensuite à même de se tirer d’affaire seul. On ne nous dit pas comment il témoigna sa reconnaissance à sa mère adoptive.
- Passons à notre second exemple; il est emprunté au Scienti/ic American, c’est celui que représente notre gravure. Une jeune chatte maltaise, à la suite de circonstances que malheureusement on ne nous explique point, s’est prise d’affection pour une couvée de neuf petits poussins à peine éclos, et elle les soigne avec autant d’amour que pourrait le faire leur propre mère. Si quelqu’un d’entre eux s’écarte d’elle, la voilà immédiatement inquiète et elle se met à miauler pour le rappeler. De leur côté les poussins sont enchantés de cette bonne fourrure chaude où ils peuvent se blottir et dormir paisiblement; ils ne
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- se font pas faute d’y fouiller du bec et des pattes pour y trouver une place à leur gré. La chatte les regarde faire avec béatitude, bien heureuse d’être entourée de cette famille adoptive.
- On comprend qu’il ne s’agit pas là seulement de la vulgaire curiosité du fait, mais qu’au point de vue scientifique il est intéressant de constater ces modifications, ces altérations de l’instinct.
- Daniel, Beu,et.
- LA FLORE DU SOUDAN
- Il y a longtemps que la science a, pour la première fois, observé ce fait curieux — et d’ailleurs explicable — que les régions les plus riches du globe sont celles dont le territoire festonne le quinzième degré de latitude Nord.
- Or, comme les Antilles et les Philippines, commel’indo-Ghine et l’Ilindoustan, le « Centre-Afrique » se trouve à cheval sur ce quinzième parallèle si remarquablement privilégié.
- Il serait donc, jusqu’à certain point, possible d’induire de là que, s’il étale à nos yeux d’admirables splendeurs, le Soudan ne fait qu’obéir en cela à des lois générales ; mais point n’est besoin de procéder par voie d’induction quand nous disposons à cet égard de témoignages formels.
- Les données que nous allons exposer aux lecteurs de La Nature touchant les merveilles dont se trouve dotée la flore du « Centre-Afrique », ces données sont dues à M. Mario Yivarez qui lui-même les tient, pour la plupart, de la bouche du célèbre voyageur allemand Gustave Nach-tigal. Le Soudan produit des froments de qualité supérieure, des maïs dont on fait trois récoltes en huit inc,is ; — des riz qui viennent spontanément dans les districts marécageux; — des sorghos (sorghum doura et sorghum sac-charatum) ; du « poa » ; — du « fundi » (paspalum exile) ; — du « géro » (penicillaria spicata) ; — des fèves, etc., etc. Mentionnons aussi le manioc (manihoi nlilissima), la patate (convolvulus halata), l’igname (dioscorea), les racines comestibles de l'arum aplnjl-lum et du gladiolus edulis, les arachides de la Yoandzia subterranea, etc., etc.
- Parlons maintenant des produits qu’on a coutume de désigner sous la dénomination générique de « denrées coloniales ». Les régions soudanaises sont complantées de quantité d’espèces de café parmi lesquelles il convient de citer le coffea Arabica, le Liberica, le jasminoïdes, le melanocarpa, Vhypoglavca, le café nègre (cassia occi-denlalis), éminemment tonique. On trouve, d’ailleurs, partout des caféiers sauvages qui, transplantés dans des terrains de culture, donnent d’excellents grains.
- Le muscadier (monodora) abonde dans les forêts du Centre-Afrique, notamment dans celles qui mesurent plus de 800 mètres d’altitude. Les noix les plus renommées sont celles du monodora grandiflora, du tenuifolia et du brevipes.
- légalement grande abondance d’exemplaires d’un caryo-phgllus dont les fleurs — arrêtées dans le cours de leur développement — ne sont autre chose que des clous de girofle.
- Voici maintenant les poivres, ceux qui proviennent du « mangalou » (amomum cilralum), du poirier d’Ethiopie (.habzelia Æthiopica), de la « malaguetle » (amomum granum paradisi). Le piment (capsicum baccala) et le gingembre croissent partout à Priât sauvage.
- Partout aussi, l’on peut faire des sucres de canne et des sucres de palme.
- Les matières tinctoriales sont en nombre considérable. Les « bleus » se tirent de l’indigotier (indigofera anil) dont on distingue plus de cent espèces; les « rouges », du santal (pterocarpus), du camwood (baphia nilida), du « mpano » (baphia laurifolia,) du « tacula » dont on connaît plusieurs variétés, de l’orseille, et des feuilles de sorgho. Les « jaunes » proviennent du traitement du « rocou » (bixa orellana), du « gbeido » (cœloclyne polycarpa, du « cudrania », des racines du colchos per-mum Planchoni, du curcuma, des fleurs du lyperia cro-cea. Les « bruns » et les « noirs », ainsi que les astringents employés en tannerie se tirent des gousses et de l’écorce de divers acacias (nilotica, Adamsonis et hor-rida), du manglier (rizophora mangle), des fruits du parresa et du muriambé. Ces fruits servent surtout à la fabrication de l’encre.
- Le Centre-Afrique est, par excellence, le pays des produits oléagineux.
- L'huile de palme s’y extrait, par voie de macération, de la pulpe du fruit de Vêlais Guineensis; éminemment riche en oléine et en stéarine, elle sert à faire des bougies, des savons, des graisses pour machines, etc.
- Les graines de sésame donnent une huile très appréciée et qui peut remplacer l’huile d’olive en la plupart de scs applications industrielles.
- Des arachides (arachis hypogea, arachis africana) on tire une huile limpide et claire. Ces « pistaches de terre » constituent d’ailleurs un aliment qui aux avantages de la pomme de terre unit ceux de l’olive.
- Il se trouve au Soudan quantité de matières graisseuses qu’on désigne sous la dénomination générique de « beurre végétal ». Ces beurres proviennent: de l’« arbre à beurre » proprement dit (bassia Parkii); de 1’ « arbre à beurre et à suif » (pentadesma bulyracea); du cocotier (cocos nucifera); du combretum butyraceum; de la plupart des cucurbitacées, notamment du cucumis citrullus; des ximenca, des ricins, du mpafou et d’une foule d’autres arbres, arbustes ou plantes.
- Les régions soudanaises produisent aussi quantité de matières fibreuses, lesquelles se tirent du baobab (Adam-sonia digitata), du bambou et de la plupart des musacées. Le « bombardeira » (asclepias ou calolropis gigantea) donne une belle soie végétale ; le bombax pentandrum, un duvet qu’emploient les tapissiers pour rembourrer les meubles.
- Le calolo (phœnix spinosa), le metroxylon, le sagus raphia servent à faire des nattes fines; le quibosdia unigito, des cordages; Vhyphœne, des chapeaux de paille. Mentionnons aussi le bauhinia articulata dont les fibres sont d’une ténacité extrême, et le jute (corchorus textilis) qui sert à faire une toile de qualité supérieure. Observons enfin que le coton croit presque partout à l’état sauvage et que les indigènes en cultivent plusieurs espèces fort belles.
- Innombrables, en vérité, les drogues médicinales d’origine soudanaise; la nomenclature en serait, du moins, considérable. Citons seulement la fève de Calabar (physos-ligma venenosum) employée par les oculistes pour combattre les effets de la belladone; — l’onaye (strophantus hispidus), trois fois plus énergique que la digitaline; — le mancône (erythrophlœum Guineense); —le caja (strych-nos spinosa); — l’ogagouma (tetrapleura Tonningi), etc., etc. Ajoutons qu’on extrait d’excellents antiseptiques des racines de quantité de plantes telle que l’iboga, le
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- Colombo (cocculus pal matas), la matricaria glabvata, le melianthus major, etc., etc.
- Du 10e degré de latitude Nord au 10° degré Sud, le continent africain estcomplanté d’une multitude de végétaux qui donnent des caoutchoucs. Ce produit, d’un usage aujourd’hui si répandu, se tire de toutes les apocynées, des euphorbiacées, des artocarpées, des morées, des ficus, surtout du Landolphia Owariensis, liane de la famille des apocynées et que les Soudanais nomment ndambo.
- Il nous faudrait encore parler ici des gommes, des fleurs, des arbres à fruits, des bois de charpente, de menuiserie, d’ébénisterie, etc., etc. Mais ce que nous venons d’exposer suffit à montrer quelles sont les merveilleuses richesses de la flore du Soudan. L'-colonel Hennebert.
- CYCLOGMPHE k FOYER FIXE
- DE >1. DAMOIZEAU
- Nos lecteurs se souviennent certainement de la description que nous avons faite du remarquable appareil de M. Damoizeau, le cyclographe, qui permet d’obtenir des panoramas photographiques de grande longueur et embrassant l’horizon tout entieri. Basé sur le synchronisme qui existe entre la vitesse de rotation de l’appareil sur son axe, et celle du déroulement de la pellicule photographique au foyer de l’objectif, il donne néanmoins, bien que toutes ses parties soient en mouvement, des images d’une absolue netteté. II peut servir non seulement pour l’obtention de vues pittoresques, mais encore pour le lever des plans, la topographie, etc. Dans ce dernier cas tout spécial, le cyclographe est complété par l’adjonction d’un plateau divisé avec vernier, d’une lunette, d’un niveau.
- L’emploi du cyclographe, par suite de ces qualités particulières, se trouve donc limité d’une part par le nombre relativement restreint de sujets constituant des vues panoramiques complètes, de l’autre par la particularité du travail de lever des plans qui n’est abordé que par quelques rares opérateurs.
- Enfin l’obtention de ces panoramas qui peuvent avoir jusqu’à 3 mètres de développement est fort dispendieuse, car il faut employer obligatoirement des préparations pelliculaires et l’on connaît le prix fort élevé de ces dernières. Pour ces diverses raisons, l’appareil n’est pas répandu comme il pourrait l’être parmi les amateurs de photographie.
- Il est certain cependant qu’un appareil de format plus réduit qui permettrait de saisir, le cas échéant, la vue panoramique sur une pellicule de moindres dimensions, qui serait disposé d’autre part pour échelonner sur cette pellicule des négatifs de longueur variable suivant l’importance du sujet à reproduire, cet appareil, disons-nous, constituerait un progrès réel en permettant à l’opérateur d’exécuter, avec un instrument de faible volume, des vues de grande longueur qu’on ne saurait obtenir qu’avec un matériel très important, puis de proportionner
- * Yoy. n° 920, (lu 17 janvier 1891, p. 102.
- exactement la dimension du négatif à l’étendue de la partie intéressante à reproduire.
- C’est dans cet ordre d’idées que M. Damoizeau a construit le nouveau cyclographe à foyer fixe que nous allons décrire.
- 11 est basé sur le même principe que le cyclographe à foyer variable, mais il en diffère complètement à différents points de vue tant par les détails de construction que par le mode de fonctionnement; aussi peut-il être réellement considéré comme un appareil nouveau.
- Il a l’aspect d’un bloc compact dont les dimensions sont les suivantes : hauteur 0m,I5, longueur 0m,15, épaisseur 0m,06. Rien ne dépasse, ce qui au point de vue du transport est fort important; il est d’autre part d’une solidité extrême qui le met à l’abri de tout accident.
- Un pied-canne, spécialement établi par l’inventeur pour présenter une grande stabilité, complète le matériel qui est donc réduit à sa plus simple expression, la chambre et le pied. L’appareil renferme, en effet, non seulement les divers organes nécessaires à la formation de l’image photographique, mais encore un mécanisme d’horlogerie destiné à lui donner un mouvement de rotation autour de son axe, et une réserve de pellicules prêtes à remplacer celles qui auraient été consommées.
- L’emploi en est des plus simples. Il suffit de monter l’appareil sur le pied et de le placer exactement de niveau : on démasque alors l’objectif, qui par un mouvement de bascule très bien compris, vient occuper sa place normale et saillir en avant. Sur la partie supérieure se trouve un viseur à cadres qui permet de voir exactement la partie embrassée par l’objectif. L’appareil étant à foyer fixe, il n’y a pas à mettre au point, et on n’a qu’à agir sur le levier de manœuvre pour voir le cyclographe se mettre en marche et recueillir les différents points de l’horizon. L’étendue du sujet embrassé pourra être limitée, en arrêtant le mouvement de rotation en tel ou tel point de la circonférence. Cet arrêt se fait à la main ou automatiquement comme nous le verrons tout à l’heure.
- La mise en marche de l’appareil produit l’admission de la lumière sur la préparation sensible, le déroulement de celle-ci dans le rapport déterminé pour obtenir la netteté absolue de l’image, et enfin la rotation d’une aiguille extérieure qui fait fonction de compteur et indique à chaque instant la quantité de pellicule utilisée et celle restant disponible.
- L’arrêt de l’appareil supprime toute admission de lumière sur la préparation sensible, immobilise celle-ci et arrête le compteur. Il suffira alors, pour délimiter les différentes images qui se succèdent sur la pellicule, de pointer celle-ci au moyen d’un peigne spécial qui fait l’office de marqueur. On est prêt immédiatement pour refaire une autre vue après avoir remonté le ressort d’horlogerie, ce qui se fait en faisant tourner plusieurs fois l’appareil sur son axe en allant de gauche à droite.
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- Pour se rendre compte de l'image embrassée, déterminer à quel point il faudra mettre en marche l’appareil et l’arrêter, la tête du pied porte un collier mobile qui permet de le faire tourner dans toutes les directions sans mettre en mouvement le mécanisme d’horlogerie. C’est sur ce collier mobile que se trouve une dent d’arrêt S qui placée au point voulu, après examen préalable, provoquera l’arrêt de l'appareil, et permettra ainsi d’obtenir à coup sur des vues de longueur déterminée a l’avance.
- Nous avons représenté dans la figure 1 le cyclographe sous ses différentes faces, ce qui permet d’en saisir facilement tous les détails de construction. Le n° 1 de la figure 1 représente l’appareil au moment de l’emploi. L’ohjectif O est placé sur la
- planchette P. Pour le transport cette planchette bascule et vient loger l’ohjectif en G'. On rabat alors la planchette P' de façon à fermer l’appareil, et l’on protège la lentille postérieure de l’ohjectif qui se trouve maintenant en avant au moyen d’un bouchon. Le n° 2 (fig. 1) montre du reste parfaitement l’avant de l’appareil fermé comme nous venons de l’indiquer.
- Le viseur YV (n° o) représenté fermé (n° 2) se déploie comme l’indique le n° 1. L’œil étant placé à la hauteur de la petite ouverture du cadre postérieur, aperçoit, limitée par le cadre antérieur, toute la partie du sujet qui sera visible sur la plaque. L’objectif peut d’ailleurs se décentrer en entraînant dans 'son mouvement le cadre antérieur du viseur de telle sorte que l’image embrassée est toujours
- Fig. 1. — Cyclographe à foyer fixe, vu sur ses trois faces. — N° 1. Appareil vu de côté. — N" 2. Appareil ouvert.
- N° 3. Appareil vu par derrière.
- rigoureusement celle qui est reçue sur la surface sensible.
- En N se trouve un niveau d’eau destiné à permettre la mise en station exacte de l’appareil. L est le levier de manœuvre qui commande la marche ou l’arrêt du mécanisme d’horlogerie. Celui-ci se trouve en II tà la partie inférieure de l'appareil. C’est le compteur dont nous avons parlé précédemment. En M est un cadre indépendant qui forme châssis a rouleaux et renferme la pellicule photographique placée au foyer de l’objectif.
- Comme dans le grand modèle à foyer variable, le mouvement d’horlogerie commande deux cylindres II et II' (fig. 1, n° 3) qui sont destinés à entraîner la pellicule. Entre ces deux cylindres est la fente étroite F par laquelle la lumière peut être admise au moment de l’exposition. L’ouverture et la fermeture de cette fente sont commandées automatiquement par le
- levier de manœuvre. La pellicule photographique G est montée dans le cadre d’arrière sur deux bobines mobiles 1 et 2, l’une la contenant avant l’exposition et l’autre la recevant après. Lorsque l’appareil est fermé, ces deux bobines sont appuyées par des ressorts contrôles cylindres entraîneurs H et IL et la pellicule ainsi serrée est obligée de suivre leur mouvement. Entre les deux bobines, grâce à la déchirure pratiquée intentionnellement, on aperçoit un peigne à dents très aiguës X qui sert à faire une ligne de démarcation entre les vues différentes obtenues sur la bande pelliculaire. Les lignes perforées indiqueront les parties qu’il faudra séparer lors du développement.
- La vitesse du mouvement d’horlogerie est réglée au moyen du papillon PA qui peut recevoir des ailettes de surfaces variables, destinées à ralentir ou à accélérer sa marche. Cette disposition est très pré-
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- ci eu se, car elle permet de régler la vitesse de rotation et par suite la durée de pose de chacun des points de l’image de façon à obtenir les meilleurs résultats, suivant les conditions de l’éclairage ou la vitesse propre du modèle.
- Le montage des pellicules dans le cadre d’arrière peut se faire en plein jour au moyen d’une dispo-
- sition très ingénieuse qui a etc signalée déjà, mais qui n’est pas employée fréquemment, sauf par notre savant collègue M. Marey dans son nouvel appareil de photochronographic. Cette disposition consiste à garnir la bande pelliculaire à ses deux extrémités de deux prolongements en papier noir.
- Ces bandes supplémentaires permettent, l’une
- Fig. 2. — Fac-similé d’uuc photographie panoramique prise du château de Murolles, en Auvergne. (Reproduction de la vue panoramique eu trois morceaux séparés.)
- d’amorcer la pellicule sur la bobine réceptrice, et l’autre de garantir la surface sensible de toute impression lumineuse, une fois la pose faite. Une simple bague de caoutchouc empêche les bobines de se dérouler avant ou après l’emploi.
- Lorsque l’on vient de placer une bobine neuve, on remet le cadre d’arrière en place, puis faisant basculer l’objectif et ouvrant la fente, on fait tourner l’appareil de façon à dérouler la bande jusqu’au
- moment où l’on aperçoit à travers la fente la préparation sensible. On ferme alors la fente, on remet l’objectif en place, on règle l’aiguille du compteur au zéro, puis, après avoir remontéle ressort comme nous l’avons indiqué, ori est prêt à opérer immédiatement. Pour chaque nouvelle vue jusqu’à épuisement de la pellicule, il n’y aura qu’à pointer celle-ci et à remonter le ressort.
- Chaque bobine peut contenir 2 mètres de prépa-
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- ration sensible, et le développement de l'appareil étant de 80 centimètres par tour d’horizon, chacune d’elles permettra d’obtenir deux panoramas complets. La partie restante servira à l’exécution de clichés de plus petites dimensions. L’auteur recommande d’utiliser cette portion de la pellicule pour faire des négatifs d’essai, sur les parties les plus délicates de la vue panoramique. Le développement préalable de ces clichés permettra d’avoir des renseignements précis sur la conduite à tenir pour réaliser la vue panoramique.
- Ce qui fait en outre l’intérêt de cet appareil, c’est le nombre considérable des négatifs qu’il permet d’obtenir. En effet l’auteur a su utiliser d’une façon très ingénieuse l’intérieur de l’appareil pour y loger une réserve de bobines garnies de pellicules et prêtes à servir, de telle sorte que, sans la moindre augmentation de volume, l’opérateur pourra exécuter 50 panoramas ou 500 vues 8x9, par exemple. Dans le modèle que nous décrivons, la hauteur de la pellicule est en effet de 9 centimètres : elle sera invariable pour toutes les vues. La longueur variera seulement suivant le gré de l’opérateur jusqu’à atteindre 80 centimètres pour les vues panoramiques. Aucun appareil, à notre connaissance, ne permet de prendre, sous un aussi petit volume, un si grand nombre de clichés, ou des négatifs de si grande longueur.
- La figure 1, n° 2, montre,l’emplacement des bobines de réserve B, B qui sont au nombre de 5 de chaque côté de l’appareil, et que l’on atteint en ouvrant la porte du magasin À. Les deux rangées de bobines ont entre elles un passage de 1 centimètre qui est plus que suffisant pour laisser libre accès au pinceau étroit de lumière qui vient agir sur la préparation sensible à travers la fente. Ces bobines sont garnies, comme il a été dit plus haut, de papier noir, et elles !sont absolument à l’abri de la lumière, i Cette rapide description du nouveau cyclographe à foyer fixe deM. Damoizeau montre bien à ceux qui s'intéressent à la photographie, que le matériel spécial vient de .s’enrichir d’un nouvel appareil très intéressant qui sera apprécié non seulement des amateurs, mais aussi des voyageurs à qui, en particulier, il pourra rendre d’excellents services. Sous un volume des plus réduits, doué d'une résistance très grande, il permet d’obtenir un nombre considérable de vues, lesquelles peuvent être proportionnées à l’importance du sujet à reproduire, et ceci en allant, si nécessaire, jusqu’au panorama complet.
- En fait de démonstration, le mieux est de montrer des résultats et c’est pour cette raison que nous avons fait reproduire un des beaux clichés exécutés par M. Damoizeau. Il représente (fig. 2) le panorama que l’on aperçoit du haut du château de Murolles, en Auvergne. La beauté de cette épreuve qui, malheureusement, a du être coupée en trois parties, pour être publiée dans La Nature, nous dispense de tout autre commentaire. Ai.beut Londe.
- ACRIDIENS D’ALGÉRIE
- M. Decaux, de la Société entotnologique de France, a fait, lors du dernier Congrès des Sociétés savantes à la Sorbonne, une communication sur les insectes parasites des œufs de sauterelles en Algérie et en Tunisie et sur un moyen facile de les propager. Il remarcpie tout d’abord que les gigantesques moyens de destruction employés par l'homme dans la lutte contre VAcridium pcregrinum en Algérie, dans la campagne de 1890-1891 (87 000 travailleurs qui ont fourni 4 572 562 journées, l’emploi de plus de 20 000 appareils cypriotes, la destruction d’un nombre incalculable d’acridiens,etc.), n’ont pu empêcher de nouveaux dégâts en 1892 et en 1895 et que la lutte devra se continuer en 1894. Le remède contre ce fléau est tout indiqué : développer les ennemis naturels des acridiens.
- M. Decaux s’est assuré pratiquement qu’il est possible de faire éclore les diptères (mouches parasites) qui vivent aux dépens des œufs d’acridiens ramassés par milliards chaque année. Dans un champ d’expériences à proximité du lieu de ponte, il suffit d’ouvrir avec la charrue un sillon d’environ 12 à 15 centimètres de profondeur et d’y répandre les œufs (à mesure du ramassage), comme on le ferait pour ensemencer une récolte quelconque, en s’assurant que les œufs sont recouverts par environ 6 à 10 centimètres de terre. Il ne reste plus qu’à entourer le champ ensemencé avec des appareils cypriotes pour empêcher les jeunes criquets d’en sortir à mesure des éclosions ; privés de nourriture, ils mourront sûrement de faim, avant de devenir ailés (55 à 60 jours).
- Les mouches parasites s’envoleront, et leur instinct les guidera pour retrouver les sauterelles, afin d’assurer la propagation considérable d’une nouvelle génération, qui demande à peine trente jours. Cette opération nécessite trois personnes et un cheval, qui peuvent enterrer 4 à 5000 doubles décalitres de coques ovigères (représentant 7 à 8 milliards d’œufs, contenant 20 pour 100 de parasites) par hectare, en deux jours, c’est-à-dire une dépense supplémentaire de 12 à 15 francs (8 à 10 journées à lfr,50).
- M. Decaux fait ressortir l’importance considérable de l’alouette, de la caille et de l’étourneau comme destructeurs d’acridiens; il donne des détails sur les nids artificiels qu’il emploie en France pour fixer les étourneaux dans certaines contrées et leur faciliter la reproduction. Il cite le professeur Aughev, qui a particulièrement étudié les oiseaux acridophages des Etats-Unis et qui estime qu’une famille de colins de Virginie (espèce de caille), composée des père et mère et de 12 poussins, consomme 1020 acridiens par jour et le chiffre considérable de 572 000 par an. Le calcul de M. Âughey n’est pas exagéré pour nos cailles, nos alouettes et nos étourneaux, comme moyenne. Bien protégés, ces oiseaux se multiplieront rapidement; il suffirait de 50 000 couples de chaque espèce, dans chacune des trois provinces algériennes, pour empêcher les nouvelles invasions de commettre des dégâts au delà d’une année.
- M. Decaux demande la permission d’insister sur l’utilité d’importer 20 000 crapauds adultes, sur les montagnes et les hauts plateaux algériens, pour arrêter l’immense propagation du Stauronotns maroccanus et empêcher ses migrations pour l’avenir.
- Le crapaud est le seul ennemi des acridiens que l'homme puisse éle\er et propager à volonté, à l’infini;
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- il peut vivre de trente à quarante ans, dans les terrains les plus arides; la rosée suffit à sa soif.
- Naturellement, au concours gratuit de ces auxiliaires l’homme devra ajouter Ja destruction des acridiens ailés, à mesure de l’arrivée des vols d’invasion, et le ramassage des coques ovigères partout où le terrain le permet, en complétant l’opération par l’élevage des parasites comme il a été indiqué1 2.
- --->§•<>-
- LES CASERNES DE L’ATLAS ALGÉRIEN
- IÆ I),Jim JURA
- Ce que je veux vous décrire, ce qu’un seul Européen, m’a-t-on dit, avait en partie entrevu avant moi, c’est lcDjurjura souterrain, ce sont les magnifiques cavernes qui d'un bout de la chaîne algérienne à l’autre trouent chaque montagne, chaque rocher.
- En effet cette double chaîne du Djurjura, longue de 80 kilomètres, qui commence avec les monts des Reni Sedka Chenacha pour se terminer à l’Azcrou n’Tohor chez les Illilten, et comprend le plus haut pic de la Kabylie, le Tamgout (Pic sacré) de Lella Khedidja (2508 mètres), est formée d’un double anticlinal de calcaire basique, peu élastique, dont le plissement a déterminé des vides dans son intérieur. Ces vides ont été élargis par les eaux et tapissés parfois de splendides stalactites.
- Aussi est-ce par douzaines que l’on peut compter les grottes. Quelques-unes n’ont que quelques mètres carrés de superficie, tandis que d’autres présentent plusieurs centaines de mètres de longueur.
- Les Kabyles les considèrent comme des lieux sacrés et redoutables. La superstition, et aussi la conscience d’un péril plus réel que la rencontre des Djinns (démons), la rencontre possible des quelques rares panthères qui y font encore leur retraite, écartent les Kabyles de ces lieux ténébreux, et c’est avec un véritable sentiment d’effroi que de petits patres me .criaient de descendre au moment où, accroché à une corniche de rocher, j’allais atteindre, après bien des efforts, l’une de ces cavernes habitée par les macaques.
- Trois d’entre elles ont été observées dans la tribu des Illilten, dans les flancs du rocher appelé Tazerout ait Atala (fig. 1 ) au-dessous du tombeau du marabout Sidi el Réeliir, près du village de Summour.
- On y accède par un sentier muletier fort difficile à suivre, encombré de blocs de schiste, qui se détache de la route près de Tizi n’Rjemaa (col du Rjemaa) et qui traverse Uacif (ruisseau) des Illilten.
- La première s’ouvre au nord, au pied même du rocher. Elle s’enfonce régulièrement en montant d’une façon constante. Elle n’offre du reste que peu de chose de remarquable et finit au bout d’une cinquantaine de mètres par des fissures.
- 1 \7oy. Acridiens, articles précédemment publiés par Im Nature. — Tables décennales des matières, lre série et
- 2e série.
- La seconde s’ouvre à une centaine de mètres plus haut et à environ 200 mètres à l’est de la première. Elle consiste d’abord en un effondrement circulaire en forme de dôme très régulier de 50 mètres de diamètre sur autant de hauteur et s’ouvrant à l’air libre par une ouverture irrégulièi’ement ovale de 6 à 7 mètres de diamètre et de 2 mètres de hauteur.
- Cette première chambre est percée à l’ouest au ras du sol d’un petit trou de 70 centimètres de diamètre que les Kabyles avaient bouché avec des pierres pour empêcher les bêtes fauves de s'y introduire.
- Après l’avoir fait déboucher, je m’y engageai, et ayant rampé l’espace d’une dizaine de mètres toujours à l’ouest, je me trouvai dans une vaste salle d’effondrement de 5 mètres de hauteur, sur une vingtaine de mètres de longueur. Là paraissait finir cette grotte. Mais avisant un trou dans la stalactite, je l’agrandis peu à peu jusqu’à y pouvoir passer, je suivis en rampant un couloir dans le prolongement du premier pour me trouver bientôt dans une salle de toute beauté. Tout à fait circulaire et pouvant avoir 50 mètres de largeur sur 20 de hauteur, elle est entièrement tapissée de stalactites à la voûte et des arborescences cristallines revêtent toutes ses murailles comme d’une tapisserie de mousse pétrifiée.
- Une galerie file à l’ouest en montant sans cesse. La sol est couvert d’une stalagmite mamelonnée qui rend la marche très difficile. Enfin au bout d’environ 50 mètres se trouvent des fissures oii il est impossible de passer.
- Mais de la dernière salle, une autre galerie se détache à angle droit de la première et se dirige au nord. Bientôt on aperçoit un filet de lumière et l’on se trouve au bout de quelques pas dans une sorte de petit boudoir cristallisé avec des stalactites aiguës, des bancs revêtus de stalagmites simulant de la mousse. Cette salle prend jour au dehors par une fenêtre irrégulièrement ogivale percée par la nature dans la falaise calcaire, et située à environ 20 mètres au-dessus du talus d’éboulement sur lequel se trouve l’entrée de la grotte. C’est donc de cette quantité à peu près que monte le sol de la grotte.
- Une autre s’ouvre un peu plus haut par un vaste puits de 17 mètres d’ouverture qui me parut très profond et qui me sembla donner des galeries avant le fond. Mais je n’y pus descendre faute de matériel.
- Non loin de là, presque au sommet de l’Azerou-Tidjer, au-dessus du premier des deux tunnels 'ou arcades de roches (fig. 2) que traverse la route du col de Tirourda, est une autre petite grotte, fréquentée des singes et pleine d’une eau d’une pureté et d’une limpidité merveilleuses.
- Elle n’a que quelques mètres carrés de surface, mais en revanche la nature semble n’avoir rien épargné pour son ornementation; des pendeloques d’une délicatesse et d’une longueur extraordinaires, des vasques sculptées, de petits bassins, des recoins, des enfoncements, des niches, le tout en un magni-
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- fique calcaire translucide à reflets opalins, rien n’y manque.
- Dans les petits bassins cristallises on trouve par places des sphères ou des ovoïdes d’un blanc mat ressemblant assez pour la taille et la forme à des dragées et qui sont des concrétions de calcaire cristallin à couches concentriques.
- Mais la nature en créant cette petite merveille n’a pas voulu qu’elle fût profanée par les passants. 11 faut vraiment avoir un véritable désir de l’atteindre pour se risquer par le chemin périlleux qui y conduit ; il faut s’accrocher aux pointes de rochers, franchir des corniches en surplomb (pii semblent devoir s’ébouler sous le moindre poids, et vous précipiter sur la route d’une hauteur verticale de plus de 100 mètres, suivre des sentiers étroits, peu ou pas frayés, et où ne vont habituellement que les seuls singes, hôtes ordinaires de l’endroit1, et après s’être élevés ainsi beaucoup plus haut que la grotte s’y laisser redescendre presque à pic, ne sachant si l’on pourra re-monter; voilà certes un voyage peu banal et qu’il n’est pas donné à tout le monde d’entreprendre.
- Pourquoi faut-il qu’il n’y ait pas de belles roses sans épines? La grotte est remplie d’une nuée innombrable de petits moustiques qui font à l'imprudent visiteur un accueil des plus piquants !
- Un peu plus loin, à la naissance de l’Oued el Djemaa, à 5 kilomètres environ de la route, et au bord du chemin muletier allant de la maison can-tonnière au Souk el Djemaa (Marché du vendredi) nous trouvons des grottes d’un autre genre. Une
- 1 Et puisque nous parlons des singes, qu’il me soit, permis de citer ici un fait curieux de solidarité chez ces animaux. A l’endroit même que nous décrivons, sur le chemin de cette grotte, nous avisons un groupe de singes prenant leurs éhats. Un vieux macaque, gravement, assis sur une pointe de rocher, surveillait l’horizon et. servait de sentinelle. En nous glissant derrière les rochers, nous trompons sa surveillance, nous visons un de ses camarades et nous faisons feu. lîlessé grièvement et ne pouvant se soutenir, il déroulait le long de la pente. Aussitôt tous ses compagnons de pousser des cris aigus, qui n’étaient sans doute pas des politesses à notre adresse; quatre singes bondissent en bas, rattrapent leur compagnon pour ainsi dire au vol et le remontent derrière les rochers ; puis le blessé une fois en sûreté, tous les singes de disparaître en hurlant. Cette scène bizarre nous avait tellement captivés que nous ne songeâmes même pas à tirer de nouveau sur la troupe.
- bande de calcaire basique, très siliceuse, plus dure que la roche environnante, et redressée verticalement, a formé une digue naturelle qui dut longtemps arrêter l’effort des eaux et former un petit lac. Peu à peu, sous l’effort répété des eaux, le milieu de la digue a été rongé, ébréché, emporté, laissant seulement deux pans verticaux à chaque rive du ravin.
- Mais avant d’emporter la digue, les eaux s’étaient creusé des passages latéraux souterrains, absolument analogues aux katavothres de Grèce, si bien décrits par M. Martel, le créateur et l’âme du mouvement grottiste en France. On trouve là une douzaine de galeries, les unes terminées en cul-de-sac, les autres obstruées par des rochers, une enfin allant déboucher au dehors, de l’autre côté de la digue, par une série de fissures. Depuis l’abandon des eaux, les parois se sont revêtues d’une mince
- couche de stalactites, mais sans aucune beauté. Au fond d’une de ces grottes nous trouvons des excréments de panthère encore frais et de nombreux ossements de moutons rongés par le fauve.
- A 450 mèlres plus haut, un peu au-dessous du sentier muletier du Souk el Dje-maa, est une autre grotte dont l’entrée se trouve dissimulée sous une table horizontale de rocher. Une sorte d’antichambre de 20 mètres de haut sur autant de large, donne naissance à deux galeries terminées en cul-de-sac et formant entre elles un angle de quelques degrés seulement. Le sol, en partie recouvert de stalagmites, est formé d’une argile rougeâtre avec des ossements de petits mammifères et d’oiseaux. Par terre quelques vieux bois de fusils kabyles à moitié pourris mais gardant encore leur incrustation, d'os et de nacre, témoignent sans doute du séjour de proscrits pendant les guerres civiles de village à village ou pendant la conquête française. Peut-être même sont-ce les vieilles armes des brigands qui ont longtemps désolé ces montagnes en rançonnant les voyageurs. Mais leur vue ne nous renseigne guère sur le rôle et l’état social de leurs anciens propriétaires.
- L’une des plus belles grottes que j’ai vues m’a été indiquée par M. Borelli, un aimable colon qui habite Michelet, la capitale française du Djurjura. Elle se trouve située dans une ramification de l’Aze-
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- rou-Tidjer, l’Azerou ou Fellah (montagne du laboureur) vers les sources de l’Oued el Djemaa, affluent du Sebaou. Elle se trouve à environ 1400 mètres d’altitude, à 400 mètres au-dessus du ravin et à 5 kilomètres de la grande route.
- Comme mon guide ne se rappelait plus exactement sa situation, il dit à notre compagnon indigène d’appeler un autre Kabyle qui demeurait à plus de 4 kilomètres de là. Aussitôt dit, aussitôt fait. Notre homme se met à crier en kabyle à peu près cette phrase :
- « Attention, M.
- Borclli demande Mohamed ben Marsouk, du village de Tizi ou Ma-lou, pour qu’il lui indique la chambre de l’Azerou ou Fellah (ils appellent en effet les grottes, des chambres). »
- Aussitôt tous les paysans travaillant dans les champs, tous les oisifs réunis dans les djemaas des villages avoisinants de répéter à l’envi cette phrase, qui finit par tomber dans l’oreille du personnage réclamé.
- Moins de quarante minutes après,notre guide était là ! Ainsi se t ra nsme 11 ent dans ces montagnes les ordres, les nouvelles et généra lement tout ce qui peut intéresser le public ou les particuliers. C’est un vrai télégraphe vocal qui n’a qu’un défaut, l’indiscrétion ; car pour la rapidité, elle ne le cède en rien au télégraphe électrique : on m’a assuré que pendant la guerre de 1870, la nouvelle de nos désastres, télégraphiée à Tunis, et se transmettant oralement de montagne en montagne, arrivait en Kabylie, à plusieurs centaines de kilomètres de Tunis, bien avant d’ètre connue à Alger !
- Mais revenons à notre grotte. Après être monté à pic en nous accrochant aux buissons et aux touffes de cèdres, nous arrivons au sommet d’un rocher où
- nous apercevons deux enfoncements. Le plus élevé n’a que 5 mètres de profondeur, mais il est entièrement tapissé de jolies stalactites. Au-dessous est un trou laissant juste le passage d’un homme et qui descend en pente très rapide l’espace d’environ 6 mètres, pour aboutir dans une grotte à deux étages. Les parois de cette sorte de conduit sont tapissées d’une stalagmite lisse et glissante qui rend la descente impossible sans l’aide d’une corde. On se trouve alors dans un vestibule carré, haut de 6 mètres, au bout
- duquel est une draperie de stalactites du meilleur effet; on continue à descendre et l’on arrive à un endroit où de gros blocs, tombés de la voûte, séparent la galerie en deux étages : le plus inférieur, difficile à explorer, parait se continuer assez profondément par une série de couloirs et de chambres ; mais il faudrait abattre beaucoup de stalactites et peut-être rompre l’équilibre de plusieurs blocs.
- L’étage supérieur se continue sur un sol bosselé; de place en place des draperies, des pendentifs, ici une sorte de mausolée d’albâtre translucide surmonté d’une sorte de tête humaine « l’homme », comme l’appellent immédiatement nos guides, les Kabyles.
- Enfin la merveille de la grotte, que nous avons baptisée l’Orgue (fig. 1) est une sorte de cascade de pierre à deux étages. En frappant avec le doigt sur les stalactites, on peut produire des sons clairs et même des notes de la gamme. Deux petits filets d’eau coulant sans cesse de la voûte ont fini par former deux petites vasques bizarrement contournées d’où l’eau s’échappe lentement dans une série de bassins de diverses dimensions, où nous prenons parfois des bains de pied involontaires, et qui finit par se perdre à l’étage inférieur. Derrière
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- les colonnades de cet orgue pendent de véritables draperies frangées et ondulantes, ayant moins d’un centimètre d’épaisseur sur plusieurs décimètres carrés de surface et qui, éclairées par derrière produisent le plus bel effet. De petits couloirs très jolis vous ramènent à l’entrée et l’on se hisse au dehors en s aidant de la corde qui vous a servi à descendre.
- Tel est l’ensemble de quelques grottes de l’Azerou Tidjer que nous avons pu visiter. Nous avons été forcé de passer bien à regret devant un nombre considérable d’autres grottes tout le long de la chaîne, sans y pouvoir pénétrer faute de temps et de moyens matériels. Elles sont situées à toutes les altitudes comprises entre 600 et 1500 mètres, et pourraient peut-être fournir encore bien des documents précieux. Armand Viré.
- LES LETTRES DE BONS SOUHAITS
- EN CHINE
- Les Anglais, au jour de Noël, ont l’habitude d’envoyer à leurs amis des lettres de bons souhaits : ce sont de petites images, des fleurs avec des devises, ou des souhaits de Christmas. Les Chinois ont aussi, et probablement bien avant les Anglais, des lettres spéciales qu’ils expédient à ceux qu’ils affectionnent, comme témoignage de souvenirs de leur part. Un Chinois distingué, M. Ly-chao-pec, mandarin de 5e classe attaché à l’Ambassade de Chine,
- qui a bien voulu devenir notre collaborateur, a eu l'amabilité de nous adresser une de ces lettres; nous en donnons le spécimen.
- L’enveloppe est oblongue, nous la reproduisons réduite de moitié, à gauche du dessin ci-dessus. 11 y a écrit en chinois cette phrase : « Due vous viviez longtemps ». Le dessin, à droite de notre figure, est la reproduction de celui qui se trouve dans la lettre. L’objet représenté est un citron à cinq appendices que les Chinois appellent Citron des doigts de la main de Bouddha; au-dessous, les caractères tracés veulent dire : « Nous avons planté de beaux fruits, mangez-les, et vous vivrez longtemps». Les caractères de l’enveloppe en papier de riz sont rouges, et le cadre est vert clair. La feuille de papier intérieure, où est dessiné le citron, est d’un beau vert. Les Chinois aiment à envoyer des témoignages de bons sentiments de
- ce genre à leurs amis; ces messages de condoléance très usités dans le Céleste Empire, sont bien peu connus en Europe. Il nous a paru intéressant d’en parler à nos lecteurs à titre de curiosité ethnographique. G. T.
- CHRONIQUE
- In nouvel observatoire de montagne. — Les
- rares observatoires météorologiques que l’on possède dans les hautes montagnes ont déjà mis au jour des résultats d’un intérêt si grand, que l’on ne peut que désirer d’en voir le nombre s'accroître. Nos lecteurs apprendront donc avec plaisir qu’un nouvel observatoire de ce genre ne tardera pas à être édifié ; en effet une société formée depuis quelque temps pour la construction d’un chemin de fer électrique sur le Moneh ou la Jungfrau s’est engagée, en demandant sa concession au Conseil fédéral, à consacrer une somme de 100 000 francs à la construction d’un observatoire géophysique, et une somme annuelle de 5000 francs à son entretien. Cet observatoire, qui serait, dit-on, à une altitude voisine de 4200 mètres bénéficierait des communications faciles que lui assurerait le chemin de fer en projet ; il constituerait ainsi une station de montagne de premier ordre. C. E. G.
- Expériences de tir contre la cuirasse Dowe.
- — On s’occupe toujours en Allemagne de la cuirasse Dowe qui protège un homme de la balle du fusil. L’inventeur, un ancien tailleur de Mannheim, a imaginé, comme on sait, un plastron contenant une cuirasse protectrice spéciale qu’on dit avoir été expérimentée avec quelque succès ; homme tenace, il n’a cessé depuis ces temps derniers de faire parler de son invention par tous les moyens possibles. 11 a été jusqu’à l’exhiber dans des cafés chantants et autres établissements publics analogues. Il a fallu l’interdiction formelle de la police pour l’empêcher de faire faire sur lui-mème l’épreuve de son invention. Cependant ces expériences qu’on avait d’abord considérées comme peu sérieuses, et auxquelles on reprochait, non sans raison, de ne présenter aucunes garanties, ont fini par attirer l’attention de l’autorité militaire au point de les lui faire renouveler dans des conditions pouvant permettre d’élucider complètement la question. On a désigné 25 officiers, tant du Ministère de la guerre que de l’Etat-Major, de l’artillerie et du génie, tels que le colonel von Gorlitz du Ministère, le lieutenant-colonel Brinkmann, président de la Commission d’étude des armes, le major Eden, membre du Comité du génie, etc. On y comptait même un membre de la légation des Etats-Unis, M. Jackson. On avait choisi comme tireurs un gefreite des chasseurs de la garde et un sergent du 14e bataillon de chasseurs, armés de leurs propres carabines. Dowe s’offrit à revêtir lui-mème sa cuirasse et à servir de cible. Mais le colonel von Gorlitz refusa sa proposition. On disposa la cuirasse contre un bloc de chêne placé sur une table, de façon à ce qu’elle fit un angle obtus avec la surface de cette table. On voulait vérifier si la balle resterait fixée dans la cuirasse ou se réfléchirait contre elle sous un angle égal à celui d’incidence. Les armes furent chargées toujours par le colonel von Gorlitz ou le lieutenant-colonel Brinkmann. Le tir fut exécuté soit par le sergent, soit par un tireur de profession nommé Martin. Sur 14 balles tirées à dix pas et dont plusieurs l’atteignirent tout près du bord, pas une ne traversa la cuirasse où elles restèrent toutes fixées, sans que sur le coté opposé apparut la moindre trace de leur action. Tels sont, dit la Revue du Cercle militaire, les résultats
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- signales par les journaux allemands qui n’en concluent nullement d’ailleurs à l’adoption de cet appareil que son poids rendra sans doute toujours inapplicable en campagne, mais qui pourrait peut-être bien finir par trouver son emploi dans la guerre de siège. On dit que la cuirasse Dowe est un tissu contenant des mailles métalliques. L’inventeur est en ce moment en Angleterre où il cberehe à l'aire valoir son invention, qui selon nous n’aura jamais grand usage. 11 a répété devant les notabilités de l’armée anglaise, les expériences qu’il avait faites précédemment en Allemagne, et dont nous venons de parler un peu plus haut. Nous reviendrons sur la cuirasse de Dowe si des résultats nouveaux et importants sont obtenus.
- La pulpe de bois. — Depuis quelques années, l'industrie de la pulpe de bois a pris la plus grande extension en Norvège. Il y a actuellement dans ce pays 49 fabriques en activité; l’une d’elles a une fabrication annexe de barils; trois fabriquent le carton, et dix ont des papeteries annexes. La consommation intérieure de la pulpe de bois est restée stationnaire; celle de l’Angleterre et de la France a augmenté; d'autre part, l'Allemagne a importé, en 1893, 10 000 tonnes de pulpe de plus qu’en 1892, mais cela tient à la durée de la sécheresse de l’an dernier. Les exportations totales de Norvège en 1893, y compris les matières qui, fabriquées en Suède, sont parties des ports de Norvège, ont été d’environ 250000 tonnes comptées humides. Ces chiffres se rapportent à la pulpe obtenue mécaniquement. En ce qui concerne la pulpe chimique, les demandes ont continué à suivre une progression ascendante; et pour cette matière également l’année 1895 a été très favorable. Les progrès constants de l’industrie de pulpe de bois ont [toussé à la multiplication des usines en Suède et en Norvège, et d’autres nouvelles installations encore sont en projet : il existe en Norvège 10 manufactures de sulfite de cellulose dont 5 avec papeterie.
- Une nouvelle liole à niveau. — On obtient, comme on sait, des niveaux très sensibles, en rodant l’intérieur de tubes de verre suivant des courbes d’un grand rayon; cette opération nécessite un outillage précis et un travail minutieux. M.Maeli, professeur à Prague, a cherché à en simplifier la construction par le procédé suivant : la liole est d’abord choisie parmi des tubes aussi droits que possible ; puis on la rectifie au besoin par un léger rodage beaucoup plus facile à exécuter que le travail d’une surface courbe. On le fixe ensuite dans une monture d’acier de telle sorte que sa partie supérieure appuie à ses extrémités sur deux cales fixées à l’intérieur du tube ; une troisième cale centrale appliquée du côté opposé est pressée contre la fiole à l’aide d’une vis dont la position peut être réglée à volonté. On donne ainsi au tube une légère courbure, très voisine d’un arc de cercle; on peut du reste la faire varier et modifier ainsi la sensibilité du niveau. Il est, en général, plus important de la conserver, et l’on peut craindre a priori que la température, en agissant sur le volume et sur l’élasticité du verre et de l’acier ne change la courbure du tube; les expériences de M. Mach ont cependant montré que le niveau ainsi construit est aussi invariable que tout autre tube courbé par les procédés ordinaires.
- Le cuir d’éléphant. — Le tannage des peaux d’éléphant constitue une industrie absolument nouvelle. Le procédé qu’on emploie est le procédé général; mais au lieu d’écorce de chêne moulue, on se sert d’un fort extrait de tanin quelconque qu’on fait agir pendant six mois.
- Quand la peau du géant est tirée de la fosse, elle a près de quatre centimètres d’épaisseur. Le cuir d’éléphant, comme celui du crocodile aux États-Unis, comme celui des grands ophidiens de l’Amérique du Sud, sert à la fabrication d’objets de luxe. 11 se vend très cher. Une gibecière en peau d’éléphant coûte 200 francs; une petite valise varie de 1500 à 2000 francs; les étuis à cigares et les porte-cartes ne valent pas moins de 500 à 400 francs. De cette peau, on fabrique également des tapis d’une grande originalité. Dans ce cas, la peau, d’une solidité sans rivale, est simplement tannée et non corroyée. On arrive à conserver la couleur et l’aspect de la peau.
- Roue et pignons A dents de cuir. — On fabrique depuis quelque temps des pignons taillés en cuir comprimé qui transmettent directement la puissance mécanique à toute une installation, sans produire aucune vibration. Les commandes par engrenages à l’aide de roues tournant à grandes vitesses avaient le grand inconvénient de produire des bruits très désagréables. Les engrenages taillés, bois sur fonte, avaient permis d’atténuer ces bruits dans de grandes proportions; mais l’usure du bois est s lapide et l’action de la température a sur lui tant d’influence, que les engrenages à dents de bois prennent rapidement du jeu quand ils tournent à de très grandes vitesses. Il en résulte des répandions continuelles et fort coûteuses. Le cuir vert comprimé procure tous les avantages du bois et de la fonte et évite tous leurs inconvénients : il se travaille et se taille de la meme façon que le le fer ou le bois. Appliqué à la fabrication d’engrenages, il leur donne les avantages suivants : fonctionnement sans bruit, grande élasticité, grande résistance, grande adhérence; usure faible; incassabilité des dents; suppression des réparations; grande légèreté; inaltérabilité soug l'influence de l’huile, du pétrole, de l’humidité et de la vapeur; graissage des engrenages nul [tour la tiansmission des faibles puissances, très faible pour les puissances élevées. L’exploitation de ce nouvel emploi du cuir a déjà eu, à l’étranger, des applications très nombreuses et très importantes; certains engrenages en cuir transmettent jusqu’à 50 chevaux de puissance. L’application de ces engrenages en cuir s’imposera non seulement dans les ateliers de mécanique, les moulins, distilleries, filatures, etc., où ils pourront remplacer les engrenages en bois dans les cas difficiles, mais encore dans toutes les commandes électriques nécessitant une grande régularité de marche et un fonctionnement silencieux, comme dans les tramways, les bateaux. Pour diamètres supérieurs à 40 centimètres, les roues tout en cuir sont remplacées par des roues en foute à couronne en cuir, principalement dans un but d’économie. Pour de grandes puissances, il est bon d’armer les roues en cuir, c’est-à-dire de les garnir de rondelles métalliques parallèles, goupillées ensemble, qui les emprisonnent comme les plateaux d’une meule, sans dépasser toutefois le fond de la denture.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 28 mai 1894. — Présidence de M. Lœwy.
- Utilisation des marcs de vendange. — M. Müntz a montré précédemment que les marcs pressés retiennent encore 00 pour 100 de leur poids de vin. Les viticulteurs ne savent extraire que très incomplètement ce résidu par des lavages à l’eau, aussi n’obtiennent-ils que des piquettes d’un degré alcoolique faible. M. Müntz montre
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- aujourd’hui qu’en traitant méthodiquement les marcs par des piquettes faibles provenant d’opérations précédentes, on arrive à chasser, vers le bas de la cuve, le vin que la pression n’avait pu extraire. Les premiers produits sont presque du vin pur; on les met à part et l’on utilise les derniers .produits pour le traitement d’autres marcs.
- Au Mas Déous (Roussillon)
- M. Müntz a tiré 460 hectolitres d’une piquette titrant 8 degrés alcooliques, en opéra nt sur un poids de 72 000 kilogrammes de marcs pressés. Cette piquette était donc d’une qualité équivalente à celle des vins de l’Aude, de l’Hérault et du Gard. Quant aux marcs ainsi épuisés, ils ne perdent rien de leurs propriétés nutritives, contrairement aux idées courantes. Ensilés avec un peu de sel, ils ont servi pendant tout l’hiver à l’alimentation d’un troupeau de moutons et de bœufs de labour, fournissant une ressource précieuse dans une année caractérisée par la disette de fourrages.
- Le suc de l'arbre à laque.— M.Rehérain présente une note de M. G. Bertrand sur la laque indo-chinoise.
- Ce suc découle par des incisions faites au tronc d’un arbre très répandu au Tonkin. Il ressemble à une crème épaisse, et se transforme rapidement à l’air en un magnifique vernis d’un noir d’ébène; c’est la substance que les Chinois et les Japonais emploient pour laquer leurs meubles. Ce suc renferme une nouvelle diastase et un principe spécial que l’auteur appelle laccol.
- Cette dernière matière ne peut se manier qu’avec les plus grandes j précautions, car son contact, si léger qu’il soit, produit une vive éruption de la peau et des démangeaisons intolérables. C’est par l’action successive de l’oxygène et de la diastase sur le laccol que le suc se transforme en laque.
- Varia. — M. liait explique la cause des discordances entre les unités de hauteur servant au calcul des marées, publiées par l'Annuaire du Bureau des longitudes et l’Annuaire des marées. Il montre qu’à partir d’une certaine époque, il y a eu erreur dans l’interprétation de la formule de Laplace. — M. Guillaume présente une Note sur les taches solaires, observées à l’Observatoire de Lyon pendant le 1er trimestre 1894.— M. Trouessart signale un mode de reproduction particulier aux acarus vivant dans le tuyau des plumes de certains oiseaux. Ch. pf, Yili.edeiil.
- PHYSIQUE SANS APPAREILS
- IMAGES SANS SYMÉTRIE
- On sait que l’image donnée par les miroirs plans est symétrique par rapport à l’objet. Ainsi l’image
- d’une personne qui se place devant un miroir offre à gauche ce qui devrait être à droite et vice versa ; et celui qui serait, par exemple, borgne de l’œil droit, verrait son image borgne de l’œil gauche1. On peut faire disparaître cette symétrie et obtenir une parfaite similitude de son visage, telle que celle que fournit une photographie, au moyen de deux miroirs plans formant entre eux un angle de 90 degrés, comme le montre la gravure ci-contre (11g. 1).
- Pour maintenir les miroirs dans la position voulue, on y applique par derrière une bande de papier fortement collée sur barète, et l’on introduit les bords inférieurs des miroirs dans deux rainures pratiquées à angle droit par deux coups de scie sur une petite planche ou même sur un morceau de liège découpé en triangle rectangle isocèle.
- Notre schéma (fig. 2), tracé suivant la règle connue de la construction de l’image dans les miroirs plans angulaires, donne l’explication du renversement nécessaire pour que l’image A'"]!"' ne soit pas symétrique par rapport à l’objet AB.
- Cette image, du reste, est plus parfaite et l’arête passe à peu près inaperçue, en employant un prisme à réllexion totale. Et si l’on veut à tout prix qu’il n’y ait point d’arête, on n’a qu’à se placer devant un miroir cylindrique concave, à une distance convenable, pour obtenir une image réelle renversée dans le sens horizontal. Thomas Escriche,
- Professeur à l’Institut de Barcelone.
- 1 Ceci explique comment certaines personnes ne se reconnaissent pas dans leurs photographies, parce qu’elles ne se voient pas dans une glace comme sur une photographie.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandikh.
- Fig. 1. — Image redressée dans un miroir rectangulaire.
- Fig. 2. — Réflexion des images dans un miroir rectangulaire.
- Paris. — Imprimerie Laliure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1097. — 9 JUIN 1894.
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- ENTRAINEUR AUTOMATIQUE POUR YÉLOCIPÉDISTES
- Une des questions inévitables que se pose à lui-même le vélocipédiste fraîchement émoulu, est celle-ci : « A quelle vitesse est-ce que je marche? Si je maintiens cette allure, combien ferai—je de kilomètres dans l'heure? » Alors le vélocipédiste inquiet cherche à apercevoir les bornes kilométriques. H serre son guidon d’une main, tient de l’autre sa montre, compte le nombre de minutes qu’il met à pédaler d’une borne à une autre, et tire de ses calculs une conclusion toujours fausse : parce que la montre n’est pas souvent, hélas, un chronomètre, et parce qu’il suffit d’être allé, par la route,de Paris à Versailles, pour savoir que la distance qui sépare les bornes kilométriques est rarement d’un kilomètre exact ! Conclusion fausse qui amène chez le vélocipédiste soit le découragement, soit la fanfaronnade, égal défaut.
- Un mesureur de vitesse, un tachymètre cycliste, était donc un instrument à construire tout indiqué aux inventeurs soucieux du bien-être, et je dirai presque de la moralisation du monde vélocipé-dique.
- L’instrument dont nous allons parler a été dénommé par son auteur Entraîneur automatique, parce qu’en effet un vélocipédiste qui s’est donné comme consigne de marcher à telle ou telle vitesse, est constamment entraîné par ce petit appareil qui lui indique ce qu’il a à faire d’efforts pour atteindre ou maintenir la vitesse imposée.
- Je donnerai une très brève description de cette 22 année. — 2e semestre.
- nouveauté qui est établie sur le principe de la force centrifuge. C’est là une copie minuscule des régulateurs existant dans les machines à vapeur. Deux masses tournant autour d’un pivot commun s’écartent de lui d’autant plus que le m o u v e m e n l de rotation est plus grand, et. font manœuvrer sur un cadran une aiguille qui marque un chiffre d’autant plus élevé.
- Sur la roue d’avant d’une bicyclette (fîg. 1), on monte en son centre, au moyen de six vis qui serrent les rayons, un disque métallique muni d’une gorge A. Sur le guidon de la machine, de façon à ce que le cadran soit bien placé
- sous les yeux du cavalier, on fixe l’appareil au moyen de deux boulons. L’appareil porte extérieurement en son centre une gorge R. On réunit les deux pièces A et H comme le montre la figure i, par un simple fil à coudre, ou mieux par un cordonnet de soie analogue à celui dont se servent les pêcileurs à la ligne, et l’Entraîneur est prêt à fonctionner. L’Entraîneur est donc mù par la bicyclette elle-même; d’où son qualificatif d’automatique. Nous donnons, dans la figure 2, l’ensemble de l’instrument place sur le guidon.
- Voici le délai! de son mécanisme (fig. 5). Au haut d’un pivot central C, roulant sur billes afin que la rotation soit extrêmement facile, sont montées deux masses Met M',de forme spéciale, articulées en P et P' et réunies en R, où elles s’articulent également à mje masselotte en forme de cylindre S, dont la partie inférieure Tv monte et descend librement, à
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- L A A ATI UE.
- frottement doux, dans une cavité ménagée pour die au centre du pivotC. O11 comprend que, plus le mouvement de rotation communiqué au pivot C sera rapide, plus les masses M et M/ s’écarteront de sa ligue de centre. En s’écartant, elles feront monter proportionnellement la masselolte S.
- L’extrémité supérieure T de cette îjjasselotte repoussera alors un ressort plat J sur lequel frotte l’extrémité d’une petite tige métallique KL qui s’insère en L, mais hors centre, snr la pièce ronde et mobile Ü qui porte l’aiguille noire indicatrice. Toutes les variations de Las en haut du ressort plat .1 seront donc communiquées à l’aiguille par cette petite tige KL. Le cadran, métallique egalement, porte une division supérieure en kilomètres et une division inférieure en milles anglais, divisions faites expérimentalement par rapporta l’heure. Par exemple, si l’aiguille indique 15, 20, 25, c’est que le cycliste possède, à ce moment précis, une allure telle que, maintenue pendant une heure, elle lui ferait couvrir 15, 20, 25 kilomètres, ou milles (le mille vaut 1009 mètres).
- Ainsi qu’on le voit, ce mécanisme est très simple, et la trépidation, pourtant si redoutable en véloci-pédie pour tout ce qui est ressort ou pièce suspendue, n’a guère d'effet destructeur sur lui. dépendant la trépidation donne à l’aiguille indicatrice une sorte de tremblotement qui rend la lecture des chiffres très difficile parfois. Le constructeur a imaginé une aiguille dorée de repère, analogue à celle des baromètres anéroïdes, et qu’il suffit de placer sur le chiffre indiquant la vitesse à laquelle on désire marcher. 11 n’y aura, en marche, qu’à s’assurer de temps à autre, par un coup d’œil rapide, que l’aiguille noire est toujours à la hauteur de l’aiguille dorée.
- Les applications de ce petit appareil sont d’ailleurs fort nombreuses. Je n’en citerai que celle-ci, très ingénieuse : le constructeur a ou l’idée, pour les records de vitesse, d’adapter à son entraîneur une autre aiguille a maxima, laquelle est entraînée par l’aiguille indicatrice, sans retour possible en arrière. Elle marque ainsi la vitesse maxima à laquelle le coureur est parvenu, ne serait-ce que pendant un dixième de seconde.
- Tel est ce curieux entraîneur qui certainement rendra bien des services, mais qui — oserai-je le dire? — donnera bien des désillusions à ceux qui l’achèteront! II y a tant de cyclistes qui sont convaincus d’approcher de près de l’emballage de Zimmerman, et qui vont s’apercevoir cruellement qu’ils pédalent en bons pères de famille!
- L. llAiimv on Saiîmeh.
- LES TISSUS CAOUTCHOUTÉS
- Le procédé actuel d'imperméabilisation consiste à appliquer s'il!' la surface des tissus une ou plusieurs couches de caoutchouc dissous dans la benzine. Le procédé présente fui pratique de multiples inconvénients. Le passage des tissus
- sur la table chaude met en liberté des vapeurs de benzine qui sont nuisibles à la santé du personnel de l’usine. La perte de ce dissolvant constitue de plus une sensible majoration du prix de revient. M. l’b. Housseau décrit dans le Bulletin technologique des Ecoles nationales des arts et métiers une disposition nouvelle qui remédie à cet état de choses.
- Au-dessus des tables à vapeur, une botte est placée assez haut pour permettre les manutentions du tissu en fabrication; à sa partie supérieure, un aspirateur recueille les vapeurs de benzine, pour les refouler dans un serpentin placé dans une bâche remplie d’eau froide. L’arrivée d'eau se fait à la partie inférieure de la bâche, afin d'obtenir un refroidissement gradué; la quantité d’eau à employer est d’ailleurs variable, mais toujours assez importante, la condensation devant se faire rapidement. On retmei le ainsi la presque totalité des benzines vaporisées, et le prix élevé de ce dissolvant montre te liant intérêt de ce procédé de récupération. D’autres avantages en découlent également.
- En premier fieu, la santé des ouvriers employés à cette fabrication ne subira plus les graves atteintes que produisent les méthodes actuelles. De plus, les vapeurs de benzine mises en liberté venaient se déposer sur les gommes en magasin, sur les tissus déjà recouverts ou dans les salles de séchage; elles étaient absorbées parfois en proportions assez grandes. 11 en résultait un certain ramollissement et aussi la fermentation des enduits de caoutchouc. On cite de nombreux exemples où des vêtements avaient été ainsi avariés par la réabsorption des benzines, flottant sous forme de vapeurs, dans les salles où les tissus enduits attendaient leur vulcanisation, et meme dans les étuves où les vêtements terminés recevaient le contact de ces vapeurs. Il y a donc intérêt à éviter ce contact, et le procédé actuel, complété par la méthode de 31. Housseau, résout ce problème; la séparai ion absolue des benzines d’avec le caoutchouc qu’elles ont dissous est obtenue sur la table à vapeur, et tous risques de fermentation sont ainsi écartés. Quant aux benzines récupérées, elles peuvent être employées à nouveau dans la fabrication, en les mélangeant à des benzines neuves; la pureté plus grande que leur procure cette sorte de rectification leur donnerait sans doute [dus de valeur, et les ferait utiliser dans l’industrie du nettoyage des étoiles.
- F O A CTI O A A E11E A T DES
- LAMPES A ARC ET A INCANDESCENCE
- Les électriciens cherchent actuellement à utiliser l'énergie électrique dans les conditions les plus économiques elles plus pratiques. Anus avons dernièrement parlé des expériences* qui étaient faites en ce (pii concerne les moteurs électriques; nous ajouterons aujourd’hui quelques explications pour les lampes à arc et à incandescence.
- Il y a quelques années, les lampes à arc, montées par deux en tension sur la différence de potentiel normale de lit) volts fournie par les distributions, consommaient au minimum de 4 à 5 ampères. On s’est bientôt aperçu que ces lampes avaient une puissance lumineuse trop élevée pour se prêter à certains éclairages intérieurs. De plus la dépense d’énergie électrique était grande, et souvent en pure perte; canine puissance lumineuse plus faible aurait convenu parfaitement. Aussi les fabricants se sont-ils attachés à construire des lampes de plus faillie intensité, des-
- 1 Yoy. u® 1095, du 20 mai 1894, }>. 410.
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- l'cniianl jusqu’à 1,5 ampère, cl le nombre en est à présent considérable; nous mentionnerons, entre toutes, les lampes l'ilsen, Brianne, (lance, Bueliet, Bardou, etc. La lampe à arc est un appareil qui donne d’excellents résultats, et nous ne doutons pas que dans bien des cas et pour quelques applications spéciales, les lampes de faible intensité remplacent les lampes à incandescence. 11 est cependant nécessaire d’entretenir soigneusement les lampes. Après une durée de fonctionnement de quelques mois, la lampe a besoin d’ètre nettoyée, réparée et réglée à nouveau; nous parlons évidemment des lampes à arc qui sont contiées à des abonnés. Ilans une usine électrique, il est certain que les lampes doivent être visitées plus souvent. Amis pourrions citer plusieurs quartiers de Paris où les lampes fonctionnent depuis plusieurs années sans avoir subi aucune réparation. 11 en résulte qu’elles se sont déréglées pour la plupart, ne fonctionnent plus d’uni' façon satisfaisante et consomment une intensité beaucoup plus élevée. La remise en état de ces appareils par un électricien aurait certainement assuré de grandes économies et de meilleurs résultats. Il y a là un intérêt pratique que les constructeurs de lampes à arc devraient considérer.
- Pour la lampe à incandescence, les fabricants deviennent de jour en jour plus nombreux, et nous présentent dos quantités de lampes. 11 est donc intéressant de temps à autre de faire des expériences comparat ives pour fixer les idées. M. P. (iasnier, chef des travaux pratiques d’électricité à l’Ecole de phvsique et de chimie de la ville de Paris, a déterminé les conditions de fonctionnement d’un grand nombre de lampes à incandescence, et il nous expose son travail dans {'Industrie électriquel; nous résumerons quelques-unes de ses conclusions. Il a examiné plusieurs lots de lampes à 110 volts de 10 et de 10 bougies prises au hasard parmi un grand nombre. La dépense spécifique, en watts par bougie a varié entre ‘2,40 et 5,54 pour les lampes de 10 bougies au début des essais, et entre 2,‘25 et5,52 pour les lampes de 10 bougies. La durée des expériences a été poursuivie jusqu’à 000 heures, et la diminution de puissance lumineuse, ainsi que la dépense spécifique a été mesurée à différentes périodes. Plusieurs lampes, qui au début avaient une puissance lumineuse de 11,0 bougies et dépensaient 2,10 watts par bougie, donnaient 9,0 bougies après 150 heures et dépensaient 2,90 watts par bougie. Après 575 heures, l’intensité lumineuse était de 7,9 bougies et la dépense spécifique de 5,42 watts par bougie. Après 500 heures, les lampes ne donnaient plus que 7,1 bougies avec une dépense de 5,75 watts par bougie. .Quelques lots de lampes ont donné des résultats inférieurs ; par exemple, on a trouvé des lampes dépensant 5,11 watts par bougie au début, 4,05 après 000 heures. D’autres qui donnaient 1 bougie pour 2,78 watts en dépensaient 4,89 après 800 heures. Ces résultats prouvent qu’il ne faut pas se baser sur quelques expériences pour juger une fabrication, mais sur un très grand nombre. Les lampes à incandescence de 10 bougies dépensaient au début 2,25 watts par bougie et après 150 et 400 heures respectivement 2,00 et 5,72. La dépense après 000 heures n’a pas dépassé pour les divers modèles de lampes essayées 4,29 et 5,94 watts par bougie. Suivant les lots de lampes, les résultats ont présenté entre eux des diflérenccs assez grandes. Un lot de 8 lampes a donné des dépenses spécifiques en watts par bougie de 2,51 au commencement des essais, de 2,92 après 175 heures, de 5,50 après 575 heures et de 5,70 après 500 heures. Un autre lot de 8 lampes a donné des dépenses de 2,45 watts par bougie au début,
- 1 Voy. u° du 10 mai 1894. p. 192.
- de 2,54 après 100 heures, de 5,12 après 550 heures et de 5,55 après 000 heures. Les lampes qui ont accusé des consommations de 4,29 watts par bougie après 000 heures ont eu une augmentation plus marquée de la dépense avec le nombre d'heures de fonctionnement; les consommations ont été respectivement de 2,70 watts par bougie au début, de 5,07 après 250 heures, de 5,77 après 450 heures et de 4,29 après 000 heures. Bour deux lots de lampes de 20 bougies, les dépenses spécifiques ont été de 5 et de 5,50 watts par bougie au commencement des essais et de 5,71 et 5,55 après 000 bernes.
- Ces renseignements très intéressants nous prouvent que quelques progrès sont peut-être accomplis dans la fabrication des lampes à incandescence; mais ils sont encore peu sensibles. Le consommateur a donc tout intérêt, comme nous l’avons déjà exposé1, à pousser les lampes. Signalons à ce sujet qu’une société des fabricants européens de lampes à incandescence est en formation : elle a pour but de protéger les intérêts des fabricants de lampes, elle pourra livrer celles-ci, pour une commande de 50, au prix de 94 centimes aux consommateurs, et de 81 centimes pour les stations centrales. Ces faibles prix permettront encore à l’abonné de remplacer plus souvent ses lampes, • afin d’utiliser l’énergie électrique le plus économiquement possible. J. Laifaugce.
- LES TUBES A GAZ COMPRIMÉS
- Tout, le monde sait et l’on a expliqué ici même quel développement prend l’emploi des gaz comprimés en réservoirs métalliques, et l’on connaît ces cylindres d’acier où l'on transporte J’oxygène, I"hydrogène, l’acide carbonique : ce nouveau procédé rend les plus grands services, mais on s'est demandé s’il ne présente point de grands dangers par suite des chances d’éclatement des réci pients. En France, notamment, voici quoique temps qu'on poursuit la réglementation du transport par chemin de 1er de ees réservoirs; d’abord on avait imposé des conditions un peu draconiennes; à l’heure actuelle un règlement définitif a été pris, spécialement pour l’acide carbonique. Les « bouteilles de ce gaz liquide pouvant donner lieu à des explosions des plus violentes », le produit, pur de tout résidu d’air, doit être en récipient de fer forgé ou d’acier doux, soumis au préalable et triennalement à une pression de 250 kilogrammes par centimètre carré sans fuite ni déformation permanente; la charge doit être limitée à 1 kilogramme de liquide pour 1,54 litre de capacité ; soupapes et robinets sont obligatoirement recouverts d'une chape. Les récipients doivent être peints en blanc, construits de manière à ne point rouler; ils ne peuvent être ni jetés ni exposés au soleil, on les transportera dans des wagons couverts et à panneaux pleins; de plus, en cas d’expéditions par récipients isolés, ils sont astreints à l’emballage. On peut trouver (pie ces dispositions sont un peu minutieuses; mais ce sont là des mesures de précaution, et nous voudrions citer quelques récents accidents, pour montrer qu’elles ne sont point exagérées.
- 1 Voy. u° 1010, du 19 novembre 1892, j). 580.
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- LA NATURE.
- Il y a peu de temps un homme d’équipe de chemin de 1er transportait deux récipients de gaz comprimé dans une cour de la gare de Rradlbrd; il en tenait un, contenant de l’oxygène, sur son épaule, l’autre, plein de gaz d’éclairage sous son liras. 11 fait un faux pas et tombe : le premier récipient est violemment précipité à terre et vole en éclats comme du verre, l’autre n’a rien, tombant du reste de moins haut. Si nous passons en Amérique, nous voyons une explosion quelque peu analogue se produire «à l’usine de la Pria oxygen Company, à New-York : cette société livre le gaz d’éclairage, l’oxygène, l'hydrogène comprimés dans des cylindres d’acier, sous une pression de 12 600 Kilogrammes environ par décimètre carré (la pression étant portée d’abord à 14000 kilogrammes pour être suivie d’une détente, ce qui constitue une épreuve pour le récipient). Res dispositifs, régulateurs, soupapes de sûreté, sont aménagés pour empêcher * qu’on ne dépasse cette pression. Rendant le remplissage des cylindres, tout à coiqi deux d’entre eux volèrent en éclats à travers l’atelier, hachant de leurs débris tout ce qui les entourait.
- L'homme chargé de surveiller le remplissage fut tué sur le coup, et par suite on n'a pas su exactement comilieut, les choses ont pu se passer; on ignore si la pression maxima a été dépassée, mais alors la soupape de sûreté aurait dû fonctionner. Un s’est empressé d’invoquer celle catastrophe contre l’emploi des gaz comprimés en récipients métalliques, et la compagnie a aussitôt soumis tous ses cylindres à de nouveaux essais. Voici un troisième accident emprunté à YEcening Journal d’Albany (Etat de New-York) où a eu lieu l’explosion. Quatre manœuvres portaient huit cylindres pleins d’oxygène, du bateau à vapeur qui les avait apportés, au magasin de dépôt; ils étaient, habitués à ce travail, et, portant les récipients sur leurs épaules, ne se faisaient pas faute de les jeter à terre pour les décharger dans le magasin. Le sixième qu’on jeta ainsi fit explosion avec le bruit d’un coup de canon, trois des hommes furent tués, un quatrième grièvement blessé.
- En présence de ces explosions, il s’est manifesté presque une panique; tout au moins des journaux techniques, comme le P radical Engineer, affirment que les éprouves auxquelles ou soumet les récipients sont insuffisantes. Il fait remarquer, et cela est bien vrai, qu’on traite ces cylindres sans précaution, par suite de leur aspect inollensif; on les confie à des
- enfants qui les transportent au milieu des rues, peuvent les laisser tomber, les jettent à terre comme un simple morceau de bois. Enfin notre confrère insiste sur les risques spéciaux de leur transport par voie de fer.
- A la suite même de l’accident de Bradford, et pour mettre un terme à des inquiétudes exagérées, MM. Morley et Elfis et le1 Rr Goodman ont été chargés d’étudier la question. Un n’a pas pu voir s'il y avait fracture préexistante; en tout cas le cylindre semble n'avoir point été recuit, ce qui est de toute nécessité; certaines parties ne purent être coupées à la scie, qu'elles ébréchaient. Par contre, M. Goodman a éprouvé des cylindres du type de ceux qu'on emploie au Yorlmhire College, à Leeds. Un en essaya un sous une pression de 45 500 kilogrammes par décimètre carré et un bombement se produisit au col, près de la tubulure; ce léger bombement persista quand la
- pression cessa. Le cylindre ne se fendit c om j i lè t emen t, coin me le représente le nu 1 de notre gravure, que sous 47 100 kilogrammes de pression par décimètre carré. Ainsi une déforma tion permanente s’était manifestée longtemps avant l'éclatement., l'épaisseur du métal diminuant. Un éprouva un autre cylindre plein d'oxygène en le jetant d’une hauteur de 15 mètres sur un bloc de fonte; cela ne fit que produire des bos-sellements. Enfin on le posa à plat sur une table d’essai et on le comprima au moyen d’un bloc métallique, en forme de V, et de la presse hydraulique; il arriva un moment où il se produisit une dépression profonde de 65 millimètres, le diamètre du cylindre étant de 101 (dépression qui se voit clairement dans le dessin n° 2). Alors le récipient éclata ou plutôt se sépara brusquement suivant deux génératrices opposées, chaque demi-cylindre décrivant par son extrémité un arc de cercle sur la table d’essai : le dessin n° 5 montre cette ouverture en éventail. 11 n’y eut point du reste projection d’éclats.
- La conséquence qu’on semble être en droit de tirer de tout cela, c’est qu’en somme ces récipients ne constituent pas un danger quand ils sont bien construits et recuits. Les quelques accidents signalés ne sont rien à côté des milliers de cylindres qu’on manipule chaque jour, et c’est seulement un avertissement pour les constructeurs, de veiller à leur fabrication. Daniel Beli.et.
- fojçr
- Épreuve à lu rupture des récipients pour les gaz comprimés.
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- LA NATURE.
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- LE PÉLOPÉE TOURNEUR
- MŒURS ET EXPÉRIENCES
- L’histoire du Pélopée tourneur n’est pas encore connue dans tous ses moindres détails, mais, néanmoins, les matériaux que l’on possède sur elle constituent un ensemble déjà très important. C’est pour les entomologistes avides de découvrir des choses nouvelles que nous allons résumer le chemin parcouru dans cette voie et montrerenmème temps ce qu'il reste à faire.
- En France, l’hyménoptère connu sous le nom de Pélopée tourneur (Pelo-pœus spirifex,
- L.) se rencontre exclusivement dans le Midi (tig. 1). Extrêmement frileux, il recherche avant tout les endroits les plus chauds pour y construire le nid d’argile destiné à sa progéniture. 11 nidifie sous les corniches, dans les hangars, les granges, mais surtout dans l’intérieur même des maisons des paysans. Là, tout lui est bon, les murailles,lespla-fonds, les fenêtres, les rideaux, et, sous ce rapport, il fait le désespoir des ménagères. Fabre, d’Avignon, raconte que pendant que des ouvriers étaient en train de déjeuner dans une auberge, des Pélopécs avaient fabriqué des nids dans l’intérieur des chapeaux et dans les plis des blouses. Mais l’endroit que préfèrent les Pélopées est l’intérieur de ces grandes cheminées si patriarcales et si fréquentes dans les villages. Singulier choix, pensera-t-on, et de fait, on se demande comment les malheureux .insectes qui vont et viennent constamment, ne sont pas asphyxiés par la fumée ou grillés par le feu. Fabre a observé que lorsqu’on fait la les-
- sive, les Pélopées n’interrompent pas leur travail et traversent rapidement le rideau de vapeur chaude sans en être incommodés; il serait intéressant de savoir s’ils peuvent traverser une flamme de la même façon. L’observateur que nous venons de citer, et auquel nous empruntons la plupart de ces détails, a vu construire des nids au-dessus d’une chaudière,
- c’est-à-dire en un point où la température atteignait 49 degrés.
- C’est à des époques très variables de l’année que le Pélopée construit son nid. A cet effet, il se l quête, a campagne, d’un terrain détrempé, boueux. Il est alors remarquable de voir les soins qu’il prend pour ne pas se salir. « Les ailes vibrantes, dit Fabre, les pattes hautement dressées, l’abdomen noir bien relevé au bout de son pédicule jaune, ils ratissent de la pointe des mandibules, ils écrément la luisante surface de limon. Ménagère accorte, soigneusement retroussée
- pour ne pas se salir, ne conduirait pas mieux besogne si contraire à la propreté du costume. Ces r a masseur s de fange n’ont pas un atome de souillure, tant ils prennent soin de se retrousser à leur manière, c’est-à-dire de tenir à distance tout le corps, moins l’extrémité des pattes et l’outil à récolte, la pointe des mandibules. » Le Pélopée cueille ainsi une boulette de terre humide de la grosseur d’un pois ; la maintenant avec ses mandibules, il s’envole avec elle et va la déposer à l’endroit qu’il a choisi. Sans la mélanger de salive, il la façonne grossièrement, l’applique à grand coup de truelle sur l’ouvrage déjà en train. 11 fabrique d’abord une cellule ovoïde, de 5 centimètres environ de longueur, dont l’intérieur est creux : la paroi interne
- Fig. 1. — Nid de Pélopée tourneur (légèrement réduit).
- Fig. 2. — Nid de Pélopée (coupe). Grandeur naturelle.
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- LA NATURE.
- est lisse, fine, tandis que l’extérieur est irrégulier. A coté de celle première loge, le Pélopée en fabrique une seconde, puis une troisième, et ainsi de suite, le tout étant sur un même plan (fig. 2). Souvent, sur celui-ci, une seconde série est construite, quelquefois même une troisième.
- Maintenant que nous connaissons la maçonnerie du nid, voyons comment l’intérieur est garni de victuailles et où se trouve l'œuf. Quand on ouvre une loge, on rencontre une certaine quantité d’araignées de diverses espèces, superposées les unes au-dessus des autres, mortes ou tout au moins paralysées. Comment le Pélopée a-t-il pu faire un pareil approvisionnement? Tout ce qu’on sait à ce sujet se rfume en ceci : le Pélopée aperçoit une araignée à son goût, il se précipite sur elle, l’emporte immédiatement et va la déposer dans son nid. Yoilà. Mais à quel moment le dard de l’hyménoptère s’enfonce-t-il dans sa victime? Où pénètre-t-il? L’araignée est-elle tuée ou simplement paralysée? Autant
- EyifoRjzvSc.
- Fi". 5. — IVlopèe. — 1. Larve. — 2. Nymphe (grandeur naturelle).
- 5. Insecte parlait (légèrement grossi).
- de choses que Ton ignore. Fabre pense que l’araignée est tuée, car si on l'extrait du nid, on la voit moisir au bout de quelques jours. Quoi qu’il en soit, le Pélopée s’empare d’une araignée, ordinairement un Kpeire de petite taille, la porte dans une cellule et dépose un œuf sur l'abdomen ebarnu de sa victime; puis il va en capturer une seconde et la dépose sur la première, mais sans y pondre d’œuf. Quand la loge est remplie, l’hyménoptère la ferme et [tasse à une autre cellule. Peu de jours après la [tonte, l'œuf éclêtt, et la larve, se trouvant en contact avec une partie éminemment charnue, n’a aucune peine à la dévorer. Le festin terminé, la larve, déjà grande, [tasse successivement à chacune des pièces du gibier que la mère avait déposées. Quand il ne reste plus rien à manger, la larve, repue, se met à filer un cocon de soie, dont la trame intérieure est infiltrée d'une secrétion spéciale, et s’y trans-iorme en nymphe. Finalement l'insecte parfait perce la partie supérieure mince de la cellule et s’envole. Il semble y avoir trois générations par an (fig. o).
- Les mœurs du Pélopée tourneur ont été d’abord étudiées par M. 11. Lucas, en 1869. M. Maurice Maindron fit en 1878 de bonnes observations sur
- une espèce voisine, exotique. Enfin, récemment, leur étude fut reprise, comme nous l’avons dit plus haut, par M. Fabre. Cet illustre savant ne se contenta [tas de la simple observation, il fit diverses expériences qui méritent d'être rapportées.
- Quand la construction des cellules est achevée, le Pélopée les recouvre d’un enduit grossier de boue qui font ressembler le nid à une motte de glaise que Ton a projetée contre un mur. Fabre a eu l’ingénieuse idée d’enlever le nid avant son complet achèvement, [tour voir ce que ferait l’insecte. L’édifice est enlevé, mis en poche; son ancien emplacement montre maintenant la couleur blanche de la muraille; il ne reste plus qu’un mince filet discontinu marquant le pourtour de la motte de bouc. « Arrive le Pélopée avec sa charge de glaise. Sans hésitation que je puisse apprécier, il s’abat sur l'emplacement. désert, oit il dépose sa pilule en l’étalant un peu. Sur le nid lui-même, l’opération ne serait pas autrement conduite. D'après le zèle et le calme du travail, il est indubitable que l'insecte croit vraiment crépir sa demeure, alors qu'il n’en crépit que le support, mis à nu. La nouvelle coloration des lieux, la surface plane remplaçant le relief de la motte disparue, ne l’avertissent [tas de l’absence du nid. » Et, ainsi, trente ou quarante fois, il revient et recommence l’inutile travail.
- Autre expérience non moins curieuse. La cellule vient d’être achevée; une araignée et un œuf y sont déposés ; le Pélopée va faire une nouvelle victime. Pendant son absence, Fabre enlève avec une pince la pièce de gibier et l’œuf. Le Pélopée va-t-il comprendre que le nid étant vide, il est inutile de le remplir? Non. « II apporte, en effet, dit Fabre, une seconde araignée, qu’il met en magasin avec le même zèle allègre que si rien de fâcheux n’était survenu; il en apporte une troisième, une quatrième,d’autres encore, que je soustrais à mesure en son absence, de façon qu’à chaque retour de chasse l'entrepôt e-t retrouvé vide. Pendant (leux jours s’est maintenue l’opiniâtreté du Pélopée, à vouloir remplir le pot insatiable; [tendant deux jours ma patience ne s’est pas démentie non plus [tour vider la jarre à mesure qu’elle se garnissait. A la vingtième proie, conseillé peut-être par les fatigues d’expéditions répétées outre mesure, le chasseur a jugé que la bourriche était assez fournie; et très consciencieusement il s’est mis à clôturer la cellule ne contenant rien du tout. » Que laut-il penser de tout cela? Instinct ou intelligence? toujours l’insondable problème !
- IIknki Coupin.
- DESTRUCTION ET UTILISATION
- DES Olilinu.s MÉXAfiÈr.ES1
- On se préoccupe beaucoup depuis quelques années, dans les grandes villes, de la destruction ou de l’utilisation des ordures ménagères. Notre, confrère, M. PI). Pela-bave, publie à ce sujet, dans la Revue industrielle, quel-
- 1 Voy. 0° 1081, du 17 février 18'.H, p. 187.
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- LA XATL-RE.
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- quos renseignements sur la destruction par le l'eu pratiquée dans plusieurs villes anglaises. Y Glasgow fonctionne un appareil crématoire (pii reçoit, environ ‘20 pour 100 des ordures recueillies, et le reste est utilisé dans les champs dos environs. Les dépenses de premier établissement et d'exploitation du système sont en général fort élevées. Un four crématoire, de 12 à 14 chambres d’incinération, coûte environ ‘200 000 francs, la main-d’œuvre et le combustible de 0(r,80 à 5fl, 10 par tonne suivant les localités et le mode de travail. Les dépenses dépendent évidemment de la quantité de matière incinérée et de la valeur des résidus. A Hattersea, le nombre de tonnes brûlées a été de ‘24 640; les dépenses se sont élevées à 5fr,85 par tonne, et la valeur du résidu a été de lfr,05.
- A Newcastle, où la quantité de matière incinérée a été de 15 ‘200 tonnes, les dépenses ont été de lfr,40 et la valeur du résidu de0fr,10 par tonne. La composition des ordures est très variable, suivant les villes; à Londres, on compte pour 100 parties : escarbilles et cendres 65,00, poussière tine, 10,51, matières végétales, animales et minérales 4,01, vieux papiers 4,‘28, paille et matières fibreuses 5,‘2‘2, bouteilles 0,00, boîtes de conserves 0,70, charbon et coke 0,84, poterie cassée 0,55, os 0,48, verre cassé 0,47, chiffons 0,50, ferraille 0,‘21. Dans les quartiers de Chelsea, 1000 tonnes d’ordures ont donné 8 tonnes de charbon et coke en morceaux de plus de 55 millimètres, 700 tonnes de charbon et coke en morceaux de moins de 55 millimètres, 70 tonnes de chiffons, papiers et cordes, 44 tonnes de matières végétales, 0 tonnes de boîtes de conserves, 5 tonnes d’os, 5 tonnes de poterie, ‘2 tonnes de verre cassé et 5000 bouteilles non cassées.
- Quelques inventeurs se sont proposé d’utiliser les ordures, en séparant les éléments combustibles pour les employer à la production de la vapeur, et en séparant les résidus fins pouvant servir d’engrais. M. Sam Smilhson a construit un appareil de ce genre dans lequel les matières passent dans un cylindre criblcur à mailles de 55 millimètres environ. Les boîtes de conserves, poteries, bouteilles, chiffons, papiers sortent à une extrémité. Tout ce qui a passé par le crible est repris par une chaîne à godets et jeté dans un cylindre horizontal qui est traversé par les produits de combustion du foyer d’une chaudière à vapeur. De là les matières se rendent dans un second cylindre criblcur à trous beaucoup plus fins, d’où elles sortent à l’état soit de « gros », soit de « menu ». Au mois d’août 1895. plusieurs tonnes d’ordures de Ravents-horpe (Yorkshire), après avoir subi le premier criblage, la dessiccation et le second criblage, ont fourni des gins et des menus qui renfermaient pour 100 respectivement les matières suivantes :
- Eau 7,‘20 et 5,54, matière organique 45,91 et 24,78, sable et silicates insolubles ‘28,47 et 58,58, acide sulfurique 1,95 et ‘2,50, acide phosphorique 0,45 et 0,84, oxydes de fer et d’alumine 11,50 et ‘2‘2,5‘2, chaux 2,58 et 2,94, magnésie 0,50 et 0,65, potasse 0,47 et 0,58, soude, acide carbonique, etc., par différence 1,17 et 1,29. On a essayé également de brûler le gros dans deux chaudières Lancashire avec injection de vapeur sous la grille pour le tirage forcé. On a trouvé que 1 kilogramme du combustible provenant des ordures a évaporé lks,88 d’eau à une pression de 5kg,6 par centimètre carré, en partant de la température initiale de 10°G. Cette question si importante de la destruction des ordures ménagères a été soulevée, il y a peu de temps, à Paris. M. Petsche, ingénieur de la Ville, s’est rendu, l’année dernière, en Angleterre pour visiter les installations actuellement en ser-
- vice. Des fours particuliers doivent, paraît-il, être mis à l’essai, dans peu de temps, pour brûler les ordures ménagères de quelques quartiers do Paris.
- FABRICATION DES MARBRES
- Le marbre est une pierre remarquable par sa texture et son aspect extérieur; le prix en est malheureusement, parfois élevé. 11 vient de se fonder en Angleterre, à Chelsea, une usine qui a pour but d'entreprendre la fabrication artificielle des marbres à l'aide de procédés chimiques. Le journal Engineering nous donne à ce. sujet quelques renseignements. Le nouveau procédé, connu sous le nom de procédé Moreau-Rae, permet de convertir toute chaux ou craie en marbre artificiel, en augmentant sa densité de 25 pour 100. Le produit est facile à tailler et à travaillerai! tour. Pour préparer le veinage, on projette sur un bain d’eau un vernis composé de sesquioxvde de fer, de gomme et de térébenthine. Il faut avoir soin d’agiter le bain et de mêler à la térébenthine des projections de savon. La pierre est d’abord plongée dans ce bain; on la tiempe ensuite dans des solutions composées de sulfates de fer, de cuivre ou de zinc mélangées ou séparées, d’une densité moyenne de 1,2 à 1,5. Suivant la couleur désirée, on fait varier le temps d’immersion dans chacun des bains. Quelques pierres françaises naturellement, lame-lieuses ou fendillées, n’exigent pas le veinage artificiel dont nous avons parlé plus haut, et qui se produit à l'aide de vernis avec des pierres de Marseille; par exemple, on a pu fabriquer de jolies balustrades, dessus de cheminée et de table. On obtient, des teintes très foncées avec les sulfates de fer et de cuivre; le zinc et le fer alternativement donnent, le jaune pâle, et l’emploi des trois métaux donne le jaune foncé. Le noir et or peut être fixé sur la pierre en donnant d’abord la teinte jaune uniforme avant le vernissage, et en plongeant ensuite dans le bain de noir. Après le traitement dans les bains de sulfates, la pierre est plongée dans une cuve d’eau à 50 degrés centigrades pour la fixation des couleurs; pendant cette immersion, tout l’air contenu s’échappe. Cette opération a pour effet de faire pénétrer la couleur à travers l’épaisseur de la pierre, ce dont on peut s’assurer en la sciant à diverses épaisseurs; quelques minutes suffisent. La pierre est ensuite portée dans une étuve maintenue à une température de 90 à 100 degrés centigrades où elle reste environ trente-six heures pour être complètement séchée. Une dernière opération a lieu .enfin, celle du durcissement par l’immersion prolongée dans un bain de sulfate de zinc qui n’affecte pas la couleur, mais qui durcit la pierre en resserrant ses pores de manière à lui donner à peu près la densité du marbre dont elle possède également la beauté et la fermeté de coloris,
- CHEMIN DE FER D’OURAY ET DE SILYERT0N
- (colorado)
- Il n’existe certainement pas dans l’univers entier une ligne de chemin de fer réunissant, à un degré aussi considérable que celui d’Ouray et de Silverton, des difficultés qui de prime abord paraissaient insurmontables et dont les ingénieurs ont cependant triomphé partout où elles se présentaient, entre Denver et Rio-Grande, dans le Colorado. Le nom-1 re des obstacles qu’opposait la nature à la construc-
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- LÀ NATURE.
- n
- tion de cette voie ferrée est si grand, qu'aujourd’hui encore on se demande non sans étonnement comment la science a pu sortir victorieuse de cette lutte en un temps relativement aussi court. Cette ligne pénètre au cœur des « Montagnes Rocheuses », suivant ou traversant coup sur coup, le « Great Divide », sommet des pentes se dirigeant vers l’Atlantique et le Pacifique. Elle serpente à travers cinq gorges, les plus belles du monde, dont les mille méandres recèlent des splendeurs toutes différentes les unes des autres. La voie grimpe ensuite à travers les défilés de quatre montagnes pour atteindre une hauteur de plus de 3000 mètres au-dessus du niveau de la mer, après avoir franchi des gorges aux murs de granit qui s’élèvent verticalement à 900 mètres au-dessus des rails. Elle longe encore de fertiles et pittoresques vallées arrosées par des fleuves aux noms et aux souvenirs historiques. Sur tout son parcours elle offre aux regards du touriste émerveillé les panoramas les plus beaux et les plus variés : pics sourcilleux et vastes plaines, lacs aux eaux tranquilles et rivières tumultueuses, sombres gorges et verdoyants défilés, hautes montagnes et terrifiants précipices. En un mot, toutes les splendeurs de la nature semblent se trouver réunies en ces lieux.
- Le chemin de fer d’Ouray et de Silverton rend accessibles ou tout au moins permet d’admirer de près les 175 cimes montagneuses variant de 2600 à 5300 mètres de hauteur, ainsi que les innombrables gorges et défilés qu’on rencontre dans le Colorado. La traversée de quelques-uns de ces derniers a nécessité des travaux réellement remarquables. Par exemple, au sud de Rio-Grande, la voie ferrée grimpe en zigzags à travers l’étroit passage de Vêla ; la nature et la configuration du terrain ont obligé les ingénieurs à faire emploi de courbes à très faibles rayons, les plus petits qu’on ait jamais osé appliquer en voie courante, quelques-uns d’entre eux ayant moins de cent mètres. Dans celte partie, la voie se compose d’une série de courbes et contre-courbes, formant de véritables boucles qui se doublent presque, tout en gravissant les flancs de la montagne, jusqu’au moment où, parvenue au sommet, elle disparaisse enfin au milieu de vastes et sombres forêts de pins et de sapins et s’enfonce dans de nouveaux défilés.
- Les ingénieurs ont entrepris et mené à bonne fin, dans la traversée de la Grande Gorge d'Arkansas, une œuvre d’art d’une hardiesse incroyable et d’une audace inouïe. Cette immense crevasse à parois verticales de 900 mètres de hauteur et de 11 255 mètres de longueur, a une largeur extrêmement réduite, ne dépassant pas 12 mètres à la base et 21 mètres au sommet. Au fond de cet abîme rempli d’une sublime horreur, roule en mugissant une rivière torrentueuse. L’espace manquait pour établir la voie parallèlement à la rivière dont le lit occupait presque en totalité le fond de cette gorge. Malgré les difficultés qui se présentaient, cet obstacle a été vaincu comme les autres. A partir de l’entrée de cette crevasse, qui en cet endroit porte le nom de Canon Royal, jusqu’à
- son extrémité, dans les solides parois du rocher, on a encastré un très grand nombre d’énormes corbeaux en fer étendant leurs longs bras dans le vide. Chacun d’eux supporte un étrier en fer de dimensions colossales. Tous sont réunis entre eux par des poutres en tôle d’acier formant une sorte de longue plateforme ou plutôt de pont suspendu sur lequel on a posé la voie du chemin de fer qui semble accroché aux parois de la haute falaise. Au-dessous coule la rivière en toute liberté, à plus de 50 mètres en contre-bas du train.
- Lorsque lancée à toute vapeur, la locomotive traînant les wagons commence à rouler sur ce pont, instinctivement le voyageur sent l’angoisse l’étreindre à la gorge au milieu de l’obscurité presque complète qui l’environne et du bruit assourdissant du train et de l’eau qui bouillonne au-dessous de lui, bruit que répercutent à l’infini, en l’amplifiant encore, les sonores parois des rochers. On pourrait énumérer par centaines les extraordinaires œuvres d’art auxquelles ont donné lieu les difficultés et les obstacles naturels accumulés comme à plaisir sur le parcours entier de cette ligne si pittoresque. A certains endroits le train sort d’un long tunnel pour se lancer sur un viaduc plus long encore et disparaître de nouveau dans les entrailles rocheuses d’une montagne ou la contourner presque complètement, en longeant d’insondables précipices qui donnent le vertige. Puis insensiblement la ligne descend et gagne de plantureuses vallées qu’elle paraît quitter à regret pour regrimper sur les flancs de nouvelles montagnes aux rocs nus et arides.
- Un travail, non moins important que ceux qui précèdent, mérite d’attirer l’attention; il a été exécuté pour la traversée d’un autre canon appelé « la Gorge Noire », dont les parois en granit foncé n’ont pas moins de 400 mètres de hauteur moyenne. Le fond de cet immense ravin ne possède pas une largeur suffisante pour y installer la voie ferrée; de plus au moment des grandes pluies, en hiver, il sert de lit à un torrent, complètement desséché pendant le reste de l’année. Il fallait cependant arriver à construire la ligne tout en la plaçant hors de portée des eaux et en lui assurant une assiette solide. À une hauteur de 60 mètres au-dessus du niveau des plus grandes eaux torrentielles, on a creusé, dans une des parois du canon, une banquette d’une largeur suffisante pour permettre au train de circuler en toute sécurité, en suivant une assez forte rampe et la courbure des murailles rocheuses de la gorge. Les machines et les wagons frôlent la paroi presque constamment, et de l’intérieur des voitures on ne peut apercevoir qu’une étroite bande de ciel bleu. A l’aide de boucles très prononcées, la voie descend dans une vallée profonde, et par des rampes très raides atteint ensuite le sommet de la « Montagne-Rouge », après avoir parcouru dans leur ensemble les plus beaux sites de ce merveilleux pays, le Colorado. Ch. Marsillox.
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- Chemin de fer d’Ouray et de SiWerlon au Colorado. La sortie de la Gorge-Noire et la Grande-Boucle.
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- LA N A T IJ R F.
- LA RÉFORME DE L’ORTHOGRAPHE
- On entend souvent parler de la réforme de l'orthographe de la langue française ; mais la plupart des personnes qui en parlent n'ont pas envisagé toute la question et ne se sont pas rendu compte des difficultés du problème. Elles montrent par de nombreux exemples combien notre orthographe est défectueuse; le fait est impossible à nier, mais il ne s’agit pas de changer un certain nombre de mots. Si l’on fait une réforme, il faut la faire aussi complote que possible, des améliorations partielles auraient l'inconvénient de voir chez nous une partie de la nation écrire d’une manière et une autre partie d'une manière différente; on aurait peut-être aussi, comme cela est arrivé, le temps de voir la mode changer et krplus grand nombre revenir à l’orthographe ancienne, 11 y a soixante-dix ans on a es-savé de supprimer le t au pluriel de certains mots et d’écrire les enfans, les gouverncmens ; plus tard on y a renoncé. Mme de Genlis avait voulu avoir son orthographe : elle écrivait vous aimés, vous savês; on trouve cette manière d’écrire dans les autographes du roi Louis-Philippe, qui avait été son élève. Le mot ancien de gayeté se prononçait en trois syllabes ainsi que le démontre ce vers de Molière :
- Mais je vous avouerai que cette gayeté....
- Il faut bien prononcer, même aujourd'hui, ga-ye-té pour que le vers ait ses douze pieds. L’usage s'étant établi de prononcer deux syllabes, on a écrit gaité; c’est le nom d'un de nos théâtres parisiens; plus récemment on a écrit gaieté qui n’a aucune raison d’être et que pour ma part, je me suis, comme bien d’autres, gardé d'adopter.
- Au siècle dernier, on avait été frappé de certaines bizarreries : le mot de François comme nom propre avait conservé sa prononciation, tandis que comme nom de nation on disait Français, comme aujourd’hui. Boileau, faisant des rimes suivant la grammaire, pour les yeux et non pour les oreilles, a dit dans Y Art poétique :
- Durant les premiers ans du Parnasse françois
- Le caprice tout seul faisait toutes les loix.
- On a eu raison de faire ce changement, mais la lettre s qu’on a mise au lieu de Vx dans lois ne vaut pas mieux. On a étendu le changement d’o en a aux imparfaits des verbes; au lieu de : ils étoient, ils aimoient, on écrit : ils étaient, ils aimaient, ce qui est tout aussi mauvais, car les cinq dernières lettres se prononcent comme une seule lettre, un é ouvert.
- Cette réforme a donné lieu a des choses assez singulières : la ville de Vitry dans le département de la Marne ayant été brûlée en 1544, le roi François Ier la lit rebâtir, l’année suivante, dans un nouvel emplacement; la vieille ville a pris le nom de Yitry-le-Brûlé et la nouvelle celui de Vitry-le-François, du nom de son bienfaiteur. Les administrations, fort peu savantes en histoire, ont cru bien faire en changeant l’orthographe du nom de la ville et en écrivant Yitry-le-Français qu’on trouve encore sur presque toutes les cartes et dans les dictionnaires géographiques et qui n’a été changé que depuis un certain nombre d’années.
- Il y a sans doute bien des réformes qui pourraient être faites : rien n’empècherait d’écrire fraze, farmacien, filosofe, famé, etc. Le changement de ph en f serait d’autant plus rationnel que ce n’est que par suite d’une erreur que les Latins ont représenté le 9 grec par/;/?.; mais voila d’oii est venu le mal : les parties de la Grèce
- qui avoisinaient Pltalie confondaient le p et 1’/*; dans d’autres parties de la Grèce.on confondait le b et le r, comme cela a lieu dans les Pyrénées française^ et espagnoles. Celte prononciation vicieuse a fini par dominer et s’imposer dans le grec moderne, de manière que le è, identique de forme, de position et autrefois de prononciation avec le b latin, est devenu le ?», lettre qui n’existait nas dans le grec ancien ; les Grecs modernes n’ont plus le b qui ne manque, dit-on, dans aucune autre langue. Le meme caractère B représente le V dans la langue, russe.
- Il y a bien d’autres mots dont on pourrait changer l’orthographe, mais il y a des mots, des plus usuels et des plus simples, ou une réforme quelconque est impossible.
- Prenons le mot dix; jamais la dernière lettre n’est prononcée avec le son qui lui est propre, celui d’un k et d’unes; Vx est d’ailleurs absolument inutile. À la fin d’une phrase on prononce comme si c’était écrit disse: mais on prononce diz hommes et di chevaux. Voilà donc trois manières de prononcer le même mot. Si l’on écrivait disf il faudrait convenir que Ys se prononce z devant une vovdle et ne se prononce pas du tout devant une consonne ou bien convenir qu’on écrive z qui se prononce s à la fin des phrases et qui disparaît devant une consonne. Mais cette règle n’est pas générale puisqu’on prononce dissept en doublant l\v; diz neuf quoique le mot dix soit suivi d'une consonne et diz huit malgré l’h aspirée. Si nous parlons de numéros en bois, par exemple, nous pourrons dire : il y a dans ce casier 10 huit et 10 neuf que nous prononcerons di huit et di neuf.
- On voit qu’il est impossible de réformer de pareilles bizarreries.
- Dansje verbe je dis, Vs n’est jamais prononcée à la fin d'une phrase; devant une voyelle elle devient un z. Enfin peut-on rien voir de plus choquant que ces deux mots accolés : la dixième dizaine.
- Votre langue est remplie de choses tout aussi peu rationnelles : il est prudent, il convient qu’ils les convient à cette réunion : les poules du couvent couvent, etc., etc.
- Le t suivi d’un i se prononce souvent comme s ; mais sans qu’on puisse établir d’autre règle que l’usage : nous portions des portions, patience, patibulaire, instruction, idiotie, et cependant on dit idiotisme. Dans des noms d’hommes ou de plantes le cas est souvent embarrassant ; j’ai entendu souvent prononcer le nom du conventionnel Petion et Pe-sion, le Forsythia viridissima, charmant arbuste à fleurs jaunes très hâtives, est prononcé par les uns forsi-sia et par les autres forsi-tia, c’est cette dernière prononciation que je crois la bonne.
- Il y a quarante ou cinquante ans, un professeur ayant dit à son auditoire que le t entre deux i se prononçait presque toujours comme une s, Charles Nodier qui assistait au cours, dit au professeur :
- «Ah! monsieur, \n\rpicié faites moi Yamicié de répéter la moicié de ce que vous venez de dire. »
- Presque toute la difficulté d’une réforme orthographique tient à cette particularité de notre langue qu’on appelle les liaisons. Autrefois on en faisait beaucoup moins qu’au-jourd’hui ; il n’y avait guère que les régents de classes qui les lissent régulièrement; avec l’instruction primaire le peuple s’y est mis avec de nombreuses fautes; il a été dans un temps très commun d’entendre dire je leur z~y ai dit, ce n'est pat à lui: c’est ce qu’on appelait en plaisantant des liaisons dangereuses.
- En général quand je parle de l’impossibilité'd’une réforme de l’orthographe chez nous, on me répond que les
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- LA NATURE.
- [talions ot los Espagnols l'ont faite depuis longtemps; c’est qu’ils n’ont pas dans leur langue ces liaisons dont je viens de parler et qui existent presque uniquement en fiançais.
- L'orthographe italienne est parfaite en ce sens qu’un mot est toujours prononcé comme il est écrit; il ne reste pour les étrangers que rembarras de savoir où placer l’accent tonique, et si, par exemple, dans un mot comme JSicotera on doit mettre cet accent sur l’o ou sur l’c; c’est sur l’o qu’il est placé.
- Les Espagnols ont une orthographe régulière et de plus l'accent tonique est indiqué toutes les fois qu'il peut y avoir incertitude. 11 y a bien dans ces langues des choses qui ne sont pas d’une langue parfaite : en italien cace se prononce catché. Les Polonais ont fait une réforme radir cale et complète ; en ce ci co eu se disent tsa, tse, tsi, Iso, tsou; Pilica et Pripcc se disent Pihtsa et Pripelz.
- Un des inconvénients des réformes orthographiques, c’est la difficulté de les appliquer aux noms géographiques et de les faire adopter par les autres nations : les Espagnols écrivent actuellement Aléjico au lieu de Mexico que l’on conserve dans le pays même, aux Etats-Unis et presque partout. Je connais au centre de la France des endroits qui s'appellent YAubépin et la Saule blanche; ce dernier surtout est choquant pour des gens instruits; mais si un homme portait depuis deux siècles le nom de Pierre de la Saule blanche, il serait obligé de garder son nom.
- Je crois avoir démontré qu’une réforme complète est impossible : une réforme partielle aurait de grandes difficultés et présenterait les plus grands inconvénients. Ce n’est pas à notre époque de controverse qu’on v pounait arriver; on ne peut s’entendre sur le choix d’un méridien, ce qui est extrêmement simple; on n’a même pas pu déterminer encore les astronomes à commencer le jour à minuit, ce qui ne présente pas k moindre difficulté. Plus tard on verra. E. lîi:\or.
- LE CERF-YOLANT
- ET I.A RÉSISTANCE DE i/aIR
- Les belles applications de la photographie instantanée laites par M. Marey à l'étude des mouvements du vol de l’oiseau, de la course du cheval et de celle de l’homme, ont ouvert une voie féconde pour l’étude. Elle a déjà été utilisée pour celles de la balistique, de la marche des ondes aériennes résultant du choc d’une halle de fusil, et pour d’autres encore.
- Voici un nouvel exemple du parti que l’on pourrait tirer de ce moyen d'investigation on Rappliquant à l’étude de la poussée de l’air en mouvement sur les surfaces, partie de la dynamique sur laquelle on est encore, assez loin d’ètre fixé.
- Les résultats que j’ai obtenus d'une expérience improvisée dans les circonstances suivantes donnent une idée de ce que l’on pourrait obtenir d'un instantané de cerf-volant, si tout était combiné d’avance.
- Je venais d’enlever un cerf-volant au bord de la mer, et comme le vent assez violent tournait aux rafales et me faisait craindre la rupture de la corde, j’étais en train de le ramener, lorsque l’arrivée d’un amateur de photographie avec son instrument me suggéra l’idée de lui proposer d’essayer un instan-
- tané sur mon cerf, que je maintenais encore à 10 ou 15 mètres du sol, ce qui lut accepté et réalisé aussitôt. La chambre noire était munie d’un déclenchement bonde qui pouvait réduire le temps de pose jusqu’à 1/180 de seconde. Il fut pris deux clichés successifs à deux ou trois minutes d’intervalle. Malgré la finesse de la corde, une bonne vue peut en suivre la trace sur les épreuves. t
- La première pose a saisi le cerf dans un moment d'accalmie ; la queue est droite et dans le prolonge1-ment de la tète (tig. 1). La seconde pose le montré dans un moment de bourrasque : la queue donné un coup de iouet en l’air, mais le plan de la bridû qui la retient est encore dans le plan même du cerf (tig. 2). delà est important à noter, puisque c’est le dernier élément qui touche au cerf qui donne la direction de la traction exercée sur celui-ci.
- En ellet, le cerl-volant est un appareil funiculaire articulé, qui présenti' cette particularité, très heureuse pour l’étude, que la direction de la queue et celle de la corde dirigeante sont précisément dans la direction des forces que l’on a intérêt à mesurer, la queue donnant celle de la traction quelle opère, la corde donnant celle de la résultante générale des lorees sous 1 inlluence desquelles l'équilibre de tout le système est réalisé. 11 suffit donc de connaître les angles que forment la queue et la corde avec l’horizon, et les données résultant de la construction de l’instrument lui-même, pour en tirer des conclusions précises par le calcul. Lest ce que j’ai lait, l’horizon étant donné ici par celui de la mer.
- Sur les deux épreuves on peut facilement mesurer les angles, qui sont, pour la première pose (accalmie) (hg. 1) : angle de la queue, 29 degrés, angle de la corde, 55 degrés ; pour la deuxième pose (bourrasque) (fig. 2), angle de la queue, 22 degrés et demi, angle de la corde, 44 degrés.
- A l’aide de ces deux seules données expérimentales, et de celles fournies par la construction de mon appareil, et qui sont : poids de la queue de 14 mètres, 250 grammes; poids du cerf, 220 grammes, j’ai pu, avec une petite1 épure et le calcul, trouver les résultats suivants :
- 1” pose (accalmie) : 1° la résultante générale passe à 5 centimètres au-dessus du centre du cerf; 2° la poussée du vent, normale au cerf passe à 5 centimètres au-dessus du centre; 5° la traction de la queue est de 124 grammes suivant sa direction ; 4° le poids du cerf (tète et queue) soulage la tension de la corde de 492 grammes.
- 2e pose, (bourrasque) : 1° la résultante générale passe à 10 centimètres au-dessus du centre du cerf; 2° la poussée du vent normale au cerf passe à 7 centimètres au-dessus du centre; 5° la traction de la queue est de 90 grammes suivant la direction du cerf; 4° le poids du cerf (tète et queue) soulage la tension de 472 grammes.
- On voit déjà que la question du centre de pression, en controverse chez les savants, se résout ici en faveur de ceux qui admettent qu’il varie de position et s’élève au-dessus du centre de la surface frappée par le vent à mesure qu’elle s’incline
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- LA NATURE.
- davantage sur la direction du vent, puisque l’on a :
- Iro pose : inclinaison du cerf, 29 degrés, centre de poussée à 5 centimètres au-dessus du centre de figure.
- 2e pose: inclinaison du cerf, 22 degrés et demi, centre de poussée à 7 centimètres au-dessus du centre de figure.
- Si j’avais ou un moyen de connaître la vitesse réelle du vent au moment précis de chaque pose, j’en aurais conclu la tension totale de la corde à cet instant, qui devait être d’au moins 10 kilogrammes, et le poids maximum que le cerf pouvait supporter, et
- Fig. 1. — Fac-similé tic la photographie tTuu cerf-volant dans l'espace par accalmie.
- La queue est droite.
- par conséquent, la hauteur maxima qu’il pouvait atteindre en employant ce poids en longueur de corde.
- J’aurais pu vérifier si tous ces résultats obtenus par le calcul et la théorie s’accordent bien avec la réalité, et si la théorie demande une modification ou non. Remarquons que la queue elle-même pourrait servir d’anémomètre et même de dynamomètre se prêtant à l’inscription instantanée de la vitesse du vent et de la traction de la queue, inscription donnée par l’épreuve elle-même.
- En effet, l’angle dont elle s’incline sur l’horizon est fonction de la vitesse du vent. Il suffirait donc d’un mât de h ou 6 mètres de hauteur (auquel on accrocherait la queue, en interposant un dynamomètre), et d’un anémomètre, pour faire une série d’instantanés de cette queue, par tousdes vents possibles, (pii permettrait de dresser une table des inclinaisons qu elle prend et de la traction qu’elle opère par tous les vents possibles. Il ne serait pas, je crois, très difficile de trouver une disposition du dynamomètre et de l’anémomètre qui put permettre d’inscrire leurs degrés du même coup dans le cliché de l’instantané.
- La queue deviendrait ainsi le meilleur et le plus commode des anémomètres et des dynamomètres à la lois, avec l’aide de cette seule table.
- Pour le lecteur que cela peut intéresser, je donne
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- Fig. 5. — Schéma d’un cerf-volant
- Fig. 2. — Fac-similé de la photographie d’un cerf-volant dans l’espace par bourrasque.
- La queue donne un coup de fouet en l’air.
- ici (fig. o) une figure et quelques détails sur la construction du cerf et de sa queue.
- Le cerf est en soie, les baguettes en bambou, la baguette du milieu est en poirier passé à la filière ; poids des baguettes ensemble, 142 grammes (un peu lourd, on pourrait réduire), poids du cerf gréé, 220 grammes.'
- Queue. —- La queue est en andrinople. Longueur, 14 mètres, largeur en haut 20 centimètres, en bas 6 centimètres. Une forte corde est cousue au milieu dans toute la longueur.
- L’étoffe est ensuite barbelée tout le long de chaque côté profondément, et de 2 centimètres en 2 centimètres à peu près, d’un coup de ciseau.
- Elle est faite de cinq tronçons se rattachant par une boucle et un bouton ou une barrette, pour servir suivant la force du vent.
- Le tronçon du bas a fi mètres et pèse 72 grammes. Il ne sert que pour les vents faibles. Le reste est en 4 bouts de 2 mètres (pie l’on ajoute successivement, toujours par le haut, suivant que le vent a plus de force. Le gros bout est toujours le plus près du cerf. Le poids total de la queue dans scs 14 mètres est de 250 grammes. La longueur de 10 à 12 mètres (150 à 200 grammes) est celle qui sert le plus souvent. F. Pottieb,
- Ingénieur des arts et manufactures.
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- STATUETTES ETHNOGRAPHIQUES
- INDIENNES
- Tous les peuples qui savent cuire l'argile et faire de la poterie ont cherché à reproduire leur type au moyen de petites statuettes de terre cuite. Ces statuettes sont actuellement fort recherchées de l’ethnographe qui y trouve des documents précieux. Aussi en peut-on voir de nombreux spécimens de différents pays dans les musées du Trocadéro, Guimet et au musée de marine du Louvre.
- Certains de ces peuples ont fait œuvre d’artiste en sculptant ces statuettes. Qui n’admire ces figu-
- rines japonaises si vivantes, aux attitudes exagérées et à la figure grimaçante?
- Mais, bien que moins connues, les œuvres des artistes hindoustanis n’en sont pas moins dignes d’admiration. L’Inde anglaise est habitée par différentes races, anssi les manifestations artistiques y sont-elles diverses et variées. Dans le sud, au Rckhan, les terres cuites y sont extrêmement grossières et travaillées sans goût. Ce sont celles que l’on connaît le mieux en France, car elles sont rapportées par nos compatriotes qui ont eu l'occasion de faire un séjour à Pondichéry : il y en a de nombreux spécimens au Musée colonial du Palais de l'Industrie.
- Tout autrement exécutées sont les’|tcrres cuites
- que l’on vend au nord de l’Inde et (pie l'on trouve à Calcut ta. On sait que la race blanche est descendue à plusieurs reprises dans le bassin du Gange, apportant avec son industrie notre goût et nos idées. Sans remonter à l’époque des Védas, l’expédition d’Alexandre, bien qu’elle se soit limitée au bassin de l’hidus, exerça une influence profonde sur Part indien. Je n'en veux pour preuves que les sculptures hindoues apportées de Peichaver, à l’entrée des défilés de l’Afghanistan et déposées au musée de Calcutta. Le mode de sculpture, les groupements, l’aspect, l’attitude des personnages sont absolument grecs, les vêtements seuls sont indiens.
- Rien plus tard, à quelques siècles de nous, les Musulmans et les Mongols descendirent la plaine du Gange et édifièrent ces légers et merveilleux palais de Delhi et d’Agra qui se ressentent du goût occidental et diffèrent absolument des sanctuaires du
- Dekhan, architecture lourde aux multiples pyramides sculptées.
- Ces différences dans l’architecture, nous les retrouvons dans les œuvres des artistes potiers actuels.
- Dans le Sud, les attitudes sont raidies, la figure mal dégrossie, les muscles mal dessinés, et l’aspect ressemble un peu aux œuvres des primitifs et de notre moyen âge.
- Dans les vallées du Gange et de l’Indus, au contraire, l’art a un fini et un naturel extraordinaires. Ces petites statuettes sont vivantes, la ligure finement fouillée, la pose dégagée et naturelle. Les terres cuites de Bombay sont faites avec une belle terre rouge et très étudiées, celles du Bengale sont peut-être encore plus curieuses.
- L’auteur est ici d'un naturalisme extrême. Sa terre cuite achevée, il la peint de façon à représenter exactement la couleur de la peau, il lui met des
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- L A A A Tl UK.
- cheveux et une barbe au moyen de minces fils très minutieusement disposés, il l'habille enlin avec art de vêtements drapés comme sur le vivant.
- Tels les sculpteurs quand ils veulent vêtir leur œuvre, drapent d’abord une maquette pour voir comme les plis tombent. Rien de plus naturel ([lie ces maquettes, œuvres d'essai, qu'admireront seuls les intimes. Mais ici la maquette est finie, les traits en sont achevés, et l’on a une œuvre très vivante qui sort, il est vrai, un peu de nos goûts actuels, nous qui n’admettons plus, dans aucun cas, qu’on puisse peindre la prunelle des statues.
- (les figurines rappellent celles (pie les Napolitains faisaient du seizième au dix-lmilième siècle; mais elles ont un fini d'exécution, une justesse de mouvements qui n'existent pas dans ces dernières, trop semblables à des poupées de théâtre, ht cependant ces figurines ont une grande réputation, et l’on ne connaît pas les figurines bengalies!
- Comme toujours, c’est une caste qui s’adonne à ce travail. Ces artisans habitent des villages et de père en fils se transmettent leur art. Ils travaillent avec cette lenteur, ce Uni, et cette conscience des ouvriers d’extrême Orient. Quand, au bout de plusieurs mois, ils ont terminé quelques statuettes, ils les portent de ville en ville, faisant un voyage de plusieurs centaines de kilomètres, jusqu'à ce que la marchandise soit vendue. El ils la vendent à bon marché malgré le travail; d’abord parce que la vogue n’en étant pas venue en Occident, soit à cause de leur fragilité qui empêche les longs voyages, soit qu’il s'agisse d’une simple mode, le commerce en est purement local. Puis, les Hindous ont si peu de besoins : une poignée de riz leur suffit à vivre! L’ouvrier (pii gagne six roupies par mois ( 12 francs) est heureux.
- Parmi ces pauvres artisans, il en est de véritablement artistes et dont les statuettes sont des chefs-d'œuvre.
- Quant aux statuettes exposées chez les marchands de Ealcutla, elles sont moins bonnes, bien (pie sur le nombre on puisse en trouver de fort jolies.
- Après le point de vue artistique, il convient de dire un mot de leur valeur ethnographique, (l'est l'indigène avec sa physionomie, son accoutrement, son attitude comme en témoignent les deux statuettes dont nous donnons le dessin (fig. 1 et 2). L'une faite par un artiste bengali, représente un Afghan dans son costume national; l'autre, exécutée dans la province de Bombay, montre bien le corps élancé et mince do l’Hindou. H1' F. Recx.ui.t.
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- LE MISTRAL
- M. E. Sleplnin, directeur de l’Observatoire de Marseille, a publié récemment un Mémoire sur le Mistral. Mous lui empruntons les intéressants passages qui suivent.
- <( L’inlhiencc du vent sur le climat est considérable partout; en l’iovenee, et-en particulier à Marseille, elle est plus grande encore qu'ailleurs, car la fréquence des vents violents y est exceptionnelle. 11 y a plus : on peut
- presque dire que les vents des diverses directions produisent sur le temps, dans le sud-est, des effets opposés à ceux qu'ils exercent dans les autres parties du territoire français.
- « Les côtes occidentales de ce pays, ainsi que toute la région qui s'étend au nord et à l’ouest du plateau central, sont soumises à l’action prépondérante des courants océaniens chauds et humides; sous l’influence des dépressions barométriques, qui se produisent si fréquemment dans le golfe de Rênes, ces courants s'infléchissent vers le sud-est et, passant sur le plateau central, ils s’y dessèchent et se refroidissent. Renée dans son expansion, d’un côté par le massif des Alpes, de l’autre par les Révennes et par les-Pyrénées, celte grande masse de gaz s’engouffre dans la vallée du Rhône avec une vitesse accélérée, s’écoule sur la Méditerranée en balayant le littoral de Perpignan jusqu’à Nice, et fait même sentir son action jusque sur les côtes d’Italie.
- « Telle est la cause principale du vent de nord-ouest sec et froid qui porte, en Provence, le nom de Mistral. Quand il lègue, l'atmosphère est presque toujours sèche et pure.
- (( homme l'indique son nom, le Mistral ml le vent dominant de la contrée, et c’est à sa fréquence que Marseille, comme h' reste de la Provence, doit la sérénité habituelle de son ciel. 11 entraîne toujours un abaissement, meme parfois très notable, de la température; il arrive bien, il est vrai, lorsque la plaine de la Cran a été fortement échauffée, que le Mistral débute à l’état de vent chaud; mais cet eüet est de courte durée.
- (( Très agréable quand il est faible, le Mistral acquiert trop souvent une grande violence; il devient alors vraiment terrible, tel que le décrivaient déjà les auteurs de l'antiquité : il dépouille les arbres de leurs feuilles, dessèche les jeunes tiges, brise les branches, renverse tous les obstacles d’une solidité médiocre et soulève des tempêtes dans le golfe du Lion. Par sa sécheresse, il provoque, sur les êtres vivants, une évaporation intense (pii entraîne une sensation de froid particulièrement désagréable; les personnes nerveuses en sont affectées d’une façon toute spéciale. Ainsi que nous l'indiquons déjà plus haut, il succède souvent aux courtes averses et enlève par là, à la terre, le bénéfice d’un arrosement qui aurait été précieux pour l'agriculture. »
- CHRONIQUE
- Désincrustant pour chaudières. — Les ingénieurs sont depuis longtemps à la recherche d’un bon désincrustant pour chaudières pouvant être employé avec les eaux les plus calcaires. Quelques produits ont déjà été emplovés avec succès dans certains cas, mais n’ont pas encore donné toute satisfaction. Les Annales industrielles signalent qu’en Allemagne on a essayé, depuis plusieurs années, de dissoudre et d’entraîner par le pétrole les dépôts qui se forment dans les chaudières de locomotives et de machines lixes. Le pétiole est employé couramment aujourd’hui dans fous les cas où les incrustations ne sont pas trop dures ou trop imperméables. On lave le générateur, et lorsqu’il est complètement sec, on applique le pétrole sur les surfaces intérieures à la brosse, ou bien on l'injecte avec une pompe. Un autre procédé consiste à introduire le pétrole dans la chaudière encore pleine, et à opérer la vidange; le pétrole qui surnage vient au contact de toutes les parties incrustées dès que l'eau les abandonne et imbibe les incrustations (pii passent assez promp-
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- (eruenl à Létal pulvérulent. J1 n'v a plus alors qu'à procéder à l'extraction de cette pousssière par les procédés ordinaires. M. William Dobb a fait également à ce sujet une communication à la Société technique de la cote du Pacifique. D'après lui, l'huile de bouille peut être employée avantageusement dans le meme but. 11 suffit d'ajouter à l'eau d'alimentation injectée dans la chaudière, préalablement lavée, deux quarts d'huile lourde commune provenant de la distillation du goudron de houille. On peut aussi en introduire de temps à autre de très petites quantités avec l’injecteur. L’effet n’est pas d’empêcher les dépôts de se produire, mais de les obliger à se déposer sous forme de poudre facile à enlever. Dans un grand nombre d’usines en France on a l'habitude de goudronner la surface intérieure des chaudières à bouilleurs, après piquage et lavage, pour obtenir également des dépôts aussi peu adhérents que possible.
- Application de l’air comprimé à l'époussetage. — Notre confrère le Cosmos signale une nouvelle application de l’air comprimé, qui semble destinée à prendre une grande extension. De tout temps, instinctivement, on a soufflé sur un objet pour en chasser la poussière, et cependant personne n'avait encore pensé à appliquer en grand ce procédé si simple. Les balais, plumeaux, brosses, torchons, etc., sont les ennemis des meubles qu’ils dévastent, des bibelots qu’ils brisent. Un tuyau flexible armé d’une lance, et en communication avec un réservoir d’air comprimé, les remplacera désormais, faisant leur besogne beaucoup plus vite et beaucoup mieux, l'air allant chercher et. dénicher la poussière jusque dans les plus petites cavités, dans le tissu même des étoffes. L’air, sous une pression de 5,5 atmosphères, suflit pour cette opération ; on l’emploie absolument comme on utilise l’eau jaillissant d'une pompe pour laver les objets; on dirige l’extrémité de la lance vers les meubles, vers les étagères, et en un instant poussières, bactéries ont été bousculées, chassées et déplacées. Toute maison qui possède un moteur y joindra un appareil de compression; dans certaines villes, on prendra un branchement sur la canalisation d’air comprimé; ailleurs, on le comprimera à bras dans des réservoirs, on l’on attendra la fondation de la Compagnie qui vendra de l’air comprimé en bouteilles, comme on vend aujourd'hui du gaz acide carbonique ou de l’oxygène. Les frais de première installation seront peu élevés : l’économie de main-d'œuvre, d’ustensiles de nettoyage, la conservation des objets de ménage, les couvriront largement. L’emploi du système sera des plus hygiéniques, et à ce titre les médecins devront le conseiller; car la projection de l’air comprimé chassera les microbes et délogera les mieux cachés.
- La traction électrique. — Le journal Sciences et Commerce rapporte que le ‘28 janvier dernier, à Marseille, dans les ateliers Prudhon, au boulevard National, des essais ont été effectués sur un système de traction électrique à canalisation souterraine pour tramways dù à M. Chabeault. Le principe du système est l’installation de prises de courant souterraines à soulèvement automatique, et d’une coulisse conductrice sous le véhicule en relation avec la réceptrice; ce système peut en outre être combiné avec l’emploi des accumulateurs. Les prises de courant sont placées dans l’axe de la voie, au niveau du sol, en dérivation sur la canalisation, et espacées entre elles de la longueur du véhicule. La coulisse conductrice est établie dans l'axe du véhicule et construite de lagon à effectuer le soulèvement automatique des prises de courant et à toujours coïncider, malgré les courbes, avec l’axe de la voie.
- Les prises de courant sont ou actives, ou neutres. Actives, elles sont soulevées et donnent le courant; neutres, elles sont abaissées dans le sol et cessent d’etre en relation avec la canalisation. Cet isolement met en sécurité absolue les piétons et le charroi. La circulation du courant électrique se produit de la façon suivante : les petits cylindres constituant les prises de courant sont soulevés par la coulisse, même malgré la pluie et la boue. A ce moment, par leur base, ils sont en contact avec la canalisation dont ils reçoivent le courant, le transmettant à la coulisse, laquelle le communique à la réceptrice, faisant passer ainsi le courant de la canalisation à la réceptrice qui donne le mouvement à la voiture. Les appareils sont, parait-il, sans complication, robustes, faciles à installer, à réparer et à remplacer. Ils peuvent s’appliquer aux voitures à traction électrique et animale en cours d’usage. Dans les expériences, les appareils constituant le système avaient été disposés au-dessus et au-dessous d'une circonférence en fer et bois à grand diamètre, parallèle au sol, et le mouvement rapide de cette roue a été obtenu dans de bonnes conditions. Nous rappellerons à ce sujet que des dispositions semblables ont déjà été expérimentées en Amérique.
- Pavés en asphalte comprimé. — Les chaussées en asphalte comprimé, à côté de nombreux avantages, présentent de graves inconvénients. 11 est arrivé bien souvent que l'asphalte en poudre, chauffé dans les usines et employé sur le chantier à des températures variables, n'a pas présenté partout la même résistance. La compression, qui était environ de 80 kilogrammes par centimètre carré était inégale et Insuffisante dans bien des cas. La Société des mines de bitume et d’asphalte du Centre a fabriqué l’année dernière des pavés composés de poudre chauffée à 120 degrés et comprimés hydrauliquement à 000 kilogrammes par centimètre carré. Elle a ainsi obtenu un produit homogène qui a donné de meilleurs résultats. L’essai de ces nouveaux pavés a été fait à Orléans depuis le mois de juin 1805 sur la route nationale, établie au bord de la Loire, qui est contiguë à la Loire du côté sud, et bordée de maisons du côté nord. La pente longitudinale est très faible et atteint environ 5 millimètres par mètre. Les pavés d'asphalte employés mesurent 0m,‘20 de longueur sur O”, 10 de largeur et fl”,05 d’épaisseur. Ils ont été posés sur une couche de mortier frais de ciment de 15 millimètres d’épaisseur, au dosage de 450 kilogrammes de ciment de Portland pour 1 mètre cube de sable. Pendant les grandes chaleurs de l’été 1805, les roues des voitures n’ont laissé aucune trace d’usure ni de déformation. Les grands froids de janvier 1804 n’ont causé également aucune dislocation. Cependant, après plusieurs journées très froides où la température a été de 17 degrés au-dessous de zéro, on a observé des ouvertures de joints entre les rangs en trois endroits différents, limitées à 1 ou ‘2 millimètres à peine. Enfin jusqu’à présent l’usure a été presque nulle.
- Oiseaux foudroyés pendant le vol. — Le
- journal de Londres, Nature, a récemment signalé les laits suivants : Une dame, habitant la campagne près de la mer, regardait par la fenêtre pendant un orage; un éclair se produisit, accompagné par un coup de tonnerre. Aussitôt après, elle aperçut sur le gazon, devant elle, une mouette morte qui, certainement, n’y était pas avant. Les personnes qui ramassèrent l’oiseau affirment l’avoir trouvé encore chaud, et elles ajoutent qu’il avait une forte odeur de soufre. M. AV, Murdochs a fait, il y a quelques années,
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- LA NATURE.
- une observation semblable. Avec des amis, il examinait un orage des plus violents qui s’étendait sur la vallée de l’Ayr; à ce moment, un chien débusqua une bande de canards à l’abri derrière un vieux bâtiment. Un de ces oiseaux, dans sa fuite, prit son vol ; il fendait l’air, quand il fut frappé par le tonnerre et tué comme par le coup de fusil d’un chasseur. M. Murdochs ajoute que si l’on voit peu d’oiseaux atteints par la foudre pendant leur vol, c’est qu’en général ces animaux ne manquent pas de se mettre à l’abri pendant les orages.
- sujet celui des verres qui produit un éclairage complet de la pupille. Il suffit alors de lire sur des cadrans dépendant des boutons moteurs les indications d’une aiguille, pour connaître le numéro des verres de lunettes qu’il convient de prescrire.
- Élection. — M. d’Arsonval est élu membre de la section de médecine et chirurgie, en remplacement de M. Broxvn-Sequard, par 31 voix contre 23 données à M. le Dr Ollier, 3 à M. Charles Richet, 2 à M. Rastre et t à M. Franck.
- ACADEMIE DES SCIENCES
- Séance du 4 juin 1891. — Présidence de M. I,(i:\vv.
- Varia. — M. Boussinesq lit un Rapport sur un travail de M. Bazin relatif à la contraction des veines liquides et à la distribution des vitesses à l’intérieur de ces veines.
- Ch. de Vii.ledeuil.
- La coagulation du lait. — On se rappelle que MM. Lezé et llilsont ont indiqué un moyen extrêmement simple, de vérilier la pureté du lait en observant le temps nécessaire à la coagulation sous l’action de la présure'titrée. M. Pagès a de son côté étudié le phénomène de'la coagulation du lait par l’effet de la présure. 11 a constaté que le temps au bout duquel elle apparaît est cliUérent pour les animaux sauvages et les animaux domestiques. lie plus il a noté que la toiture de l’alimentation exerce une influence directe sur la durée de la période d’apparition.
- Certains aliments provoquent même un retard ou une abréviation très considérable. L’auteur explique ainsi l'échec éprouvé en Normandie dans la fabrication du fromage de Brie, fabrication oit une coagulation rapide est nécessaire.
- Détermination des verres à employer pour la vision. — M. Becquerel présente au nom de M. le I)r Sureau un appareil d'ophtalmologie auquel l'auteur donne le nom de Skiascope oplomètre. Cet appareil permet de déterminer d’une façon rapide et précise la réfraction oculaire, au moyen du jeu de lumière et d'ombre qui se produit dans un œil quand on y projette un faisceau de rayons lumineux avec un miroir auquel on imprime un léger mouvement de rotation. L’optomètre est constitué par trois roues verticales juxtaposées sur lesquelles sont montées différentes formes de verres, concaves, convexes ou cylindriques; un mécanisme permet de mettre en mouvement ces roues à distance. Pour l’examen, le sujet se place derrière l’optomètre, l’œil devant un orilicc sans verre correspondant au zéro; l’opérateur se tient de l’autre côté de l’optomètre, en face du sujet, à portée par conséquent des boutons qui permettent de mettre en mouvement les roues. 11 envoie dans l’œil un faisceau de rayons lumineux ophtalmoscopiques et tourne les boutons moteurs des roues de manière à amener devant l’œil du
- UN ARBRE A TRONC MULTIPLE
- La gravure que nous donnons ci-dessons est la reproduction de la photographie d’un arhrc qui se
- trouve à l’entrée d'un parc sur la route de Middlc-hora, dans le Massachusetts (États-La photo graphie a été laite par M. Keyos, de Boston, «pii l’a communiquée au Scient i fie American. Un voit tpie la partie inférieure de cet arhre a un triple tronc; (on a ajouté un' étai pour faire l’harmonie de quatre troncs). Os troncs multiples forment une arcade au-dessous de laquelle on passe comme à travers une porte. Les opinions sont partagées au sujet de la production de ce phénomène; les uns prétendent qu’il y a eu trois arhres distincts à l’origine (pii se sont greffés naturellement en se rencontrant au-dessus du sol, en formant cette arche singulière; les autres croient qu’il n’y a qu’une racine ayant donne les trois troncs. Quoi qu’il en soit de ces suppositions, l’arhre américain que nous représentons est une curiosité naturelle qui nous a paru devoir attirer l’attention. Cet arhre est fort célèbre dans la contrée où il se trouve, et il constitue une porte tout à fait originale pour l'entrée d’un jardin. Nous regrettons que la publication américaine à laquelle nous empruntons ce document ne nous dise pas à quelle espèce il appartient ; nous ne saurions renseigner nos lecteurs à ce sujet. Rr Z...
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier.
- Paris — luipnincnc Laliurc. rue de Flcurus. M.
- Tronc d'arbre tonnant arcade (d’après une photographie).
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- N° 1098
- IG JUIN 1894
- LA NATURE
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- LE CHEMIN DE FER A CREMAILLERE DE MONTE-CARLO A LA TURBIE
- Fig. 1. — Gare du nouveau chemin de 1er à crémaillère, à Monte-Carlo. (D’après une'photographie.)
- Tous ceux que les rigueurs de l'hiver amènent chaque année
- dans le Midi ra- 8
- dieux et ensoleillé, sur les rives d'azur de la Grande Bleue, connaissent bien le'coquet village de la Turbie, hardiment juché sur un rocher monstre, vraie dent de granit qui surplombe, à 454 mèlres d’altitude, la principauté de Monaco.
- Delà Turbie on découvre un panorama superbe.
- A l'est, l'Italie s’estompe vaguement; on aperçoit bordighera, San llemo, Vin ti-mille, la frontière et le pont Saint-
- leurs cimes neigeuses. A l’ouest, jusqu’à Nice, leurs
- derniers contre-forts s’éteignent
- doucement dans la mer, avec leurs forêts vertes d’où émergent les blanches villas aux toits empourprés de soleil. Au sud enfin, c’est Monaco, La Con-damine, Monte-Carlo, • cet -Edon: à la végétation luxuriante, puis, étincelante, parsemée de paillet-
- tes d’argent et d’or, immense, se perdant à l’horizon dans le bleu du ciel, la Méditerranée.
- L’accès de la Turbie était mal-heureusement peu commode. 11
- Louis. Au nord, les Alpes élèvent jusqu’aux nuages ] fallait faire, jusqu’à ces derniers temps, un grand
- Fig. 2. — Locomotive du chemin de fer à crémaillère. (D’après une photographie.
- 22 année
- 2° semestre
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- L A N A TL U K.
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- détour, par Nice ou par Mouton, pour y arriver. Mais dos ingénieurs audacieux sont venus, qui ont hardiment jeté de Monte-Carlo à la Turbie une voie ferrée, et à l’heure qu’il est chacun peut faire l'ascension du rocher.
- Le trajet dure vingt minutes à peine. La gare de départ (lig. 1) se trouve à une petite distance du Casino de Monte-Carlo. Elle comprend doux salles d’attente pour les voyageurs de lre et de 2P classe, et un quai d'embarquement de 12 mètres de long sur 5 mètres de large. C’est, devant le perron du monument que la ligne est construite.
- A côté de la gare se trouvent les remises des voilures et celles des machines. Il y a quatre voitures et cinq machines. Ces dernières sont du système Rig-genbach à deux roues dentées. Elles ont été construites par la Société alsacienne de constructions mécaniques de Belfort.
- Notre deuxième gravure (fig. 2) représente une de ces locomotives pendant les essais. Leur fonctionnement est très régulier et très doux.
- La voie est de 1 mètre; elle est assise sur des traverses en fer. Elle est constituée par deux rails et une crémaillère centrale. Sur cette crémaillère engrènent les deux roues dentées de la locomotive; une seule de ces roues est motrice, l’autre ne sert que de point d’appui ou de frein.
- Des freins très puissants peuvent agir aussi sur les roues latérales de la machine. En plus de cela, comme frein desûreté, se trouve, en queue de chaque wagon à voyageurs, une roue à crémaillère dans les dentelures de laquelle on peut introduire une barre de fer qui empêche tout mouvement de rotation. Comme on le voit, on a eu soin de prendre toutes les précautions possildes pour éviter les accidents. La plus forte pente de la voie ferrée est de 25 centimètres par mètre et le plus petit rayon de 60 mètres.
- La ligne nouvelle, que sillonnent déjà 22 trains par jour, met en valeur plus de cinquante hectares de terrains qui se trouvent au-dessus de Monte-Carlo. Elle olire aux touristes une route nouvelle pour les magnifiques excursions qu’on peut faire à Laghet, à Peilli, à la Trinité, à Roqucbrunc, à Eze et au mont Agel. Marics Otto.
- LES ORiVGES EN FRANCE
- Le nombre de jours d’orages, c’est-à-dire pendant lesquels on entend le tonnerre de près ou de loin est un im-portaht élément du climat. 11 n’en est pas des orages comme de beaucoup d’autres choses, on ne peut laisser de côté les plus faibles; un orage n’est làible ou peu important, presque toujours, que parce qu’il est éloigné de l’observateur; on entend parler d’orages violents qui ont passe à 50 ou 00 kilomètres sans qu’on en ait eu connaissance; on ne les entend le plus souvent que jusqu’à 20 ou 25 kilomètres. 11 faut beaucoup d’attention et l’attention de cinq ou six personnes pour n’en laisser échapper
- 1 Voy. Chemins de fer à crémaillère; Tables des matières, lre et 2e série.
- aucun; aussi dans la plupart des points d’observation on ne note que la moitié des orages. C’est ce qui est arrivé à l’Observatoire de Paris où l’on a toujours compté treize jours d’orage par année tandis qu’il y en a vingt-six.
- On sait depuis longtemps q;*:c beaucoup d’orages passent inaperçus à quelque distance; leur commencement et leur fin, leur propagation sont d’ailleurs très importants à étudier. Aussi Le Verrier avait-il commencé à instituer dans ce but un réseau d’observations par toute la France. M. Fron a mis tous ses soins à étendre et compléter ce réseau qui depuis 1870 va toujours se perfectionnant; on s’en aperçoit facilement en voyant le nombre de jours d’orages augmenter presque régulièrement et passer de 225 en 1870 à 508 en 1802; depuis 5 ans surtout, 1888-1802, ce service s’est complété. Voici pour ces cinq années et pour chaque mois les sommes et les moyennes du nombre de jours pendant lesquels on a entendu le tonnerre :
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- 59 81 80 139 116 155 119 155 155 U8 138 10i 1515
- 12 16 17 28 29 31 30 51 51 30 27 21 303
- On voit d’après ce tableau que pendant 8 mois, de mars à octobre, l’orage gronde à peu près tous les jours; que pendant les 5 mois chauds en 5 ans il n’a manqué qu’une fois en juin et deux fois en septembre; qu’en décembre il y a encore douze journées orageuses, et qu’en janvier il y en a la moitié du temps.
- Il résulte de là une conséquence remarquable; c’est qu’il y a, sur la France, plus d’orages que dans les pays équatoriaux réputés les plus orageux, sur une superficie égale. C’est ce qui a lieu pour Sumatra et sans erreur possible : il y a un orage tous les jours pendant la mousson du sud-ouest, c’est-à-dire 185, même si l’on veut 200 ; il n’v en a jamais pendant la mousson du nord-est; quand meme il v en aurait quelques-uns clairsemés, on n’arrivera jamais au nombre, constaté en France. Dans tous les pays tropicaux, il y a une saison des pluies ou des orages et une saison sèche sans orages. Comme nous ne connaissons pas tous les pays tropicaux, peut-être s’en trouve-t-il qui sur une surface comme la France donneraient autant d’orages; mais il y en a d’autres, comme le Pérou, où le tonnerre manque presque absolument: on l’a entendu le 51 décembre 1877 pour la première fois depuis 1805.
- Ce fait, d’un plus grand nombre de jours d’orages sur la France que sur une même surface des pays chauds, est très singulier; on ne s’en doutait pas avant les tableaux si curieux de M. Fron; il paraît en contradiction complète avec ce fait aussi bien établi, malgré l'insuffisance des observations, à savoir que dans chaque localité il y a dans les pays chauds beaucoup plus d’orages que chez nous. Cela tient sans doute à ce que clicz nous les orages parcourent le pays suivant des bandes étroites, généralement orientées du sud-ouest au nord-est, de sorte que lorsqu’on les note tous, comme à FObservatoire du parc de Saiut-Maur, on n’en entend que la douzième partie de ceux qui ont éclaté sur un point ou sur un autre de notre pays. Dans les contrées chaudes, les orages doivent éclater par masses beaucoup plus étendues. Combien il serait intéressant d’avoir une étude complète pour tous les autres pays de l’Europe et bien plus encore dans le monde entier. L’orage ne cesse certainement pas un instant à la surface de la Terre, mais la connaissance de la propagation et du déplacement des orages serait du plus haut intérêt. E. Renou,
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- LES COURANTS ALTERNATIFS
- Les courants alternatifs sont de plus en plus employés dans l'industrie pour la transmission à distance et la distribution de l’énergie électrique. Ces courants présentent un grand nombre de particularités que l’on n’a pas trouvées dans les courants continus. 11 importe spécialement d’étudier les différences de phases et les fréquences. On a utilisé jusqu’ici plusieurs méthodes très ingénieuses pour effectuer ces mesures, mais parfois un peu compliquées et difficiles à appliquer. Il était donc du plus haut intérêt d’avoir un procédé simple. M. P. Janet a présenté dernièrement à l’Académie, des sciences une méthode électro-chimique qui permet d'inscrire tous les phénomènes dus aux courants alternatifs.
- On dispose sur un cylindre enregistreur métallique une feuille de papier imbibée d’une solution de ferro-cyanure de potassium et d'azotate d'ammoniaque (formule de Bain), et, sur ce papier, un style en fer ou en acier. On fait communiquer le cylindre d’une part, la pointe en fer de l’autre, avec les deux points entre lesquels on veut étudier la force électromolrice périodique; le circuit ainsi formé ne présente pas de self-induction, et l’intensité du courant qui le traverse ne présente pas de décalage sur la force électromotrice qui le produit. On fait tourner rapidement le cylindre, et l’on obtient une trace discontinue de bleu de Prusse dont les maxima, parfaitement nets, correspondent aux maxima de la force électromotrice que l’on étudie. Pour avoir la fréquence, il suffit de faire l’inscription simultanée de la force électromotrice périodique et du temps. On peut étudier les différences de phases entre le courant primaire et le courant secondaire, la force électromotrice, primaire et la force électromotrice secondaire dans un transformateur, les conditions de mise en parallèle de deux alternateurs.
- M. P. Janet a réalisé quelques expériences à l’aide de cette méthode au Laboratoire d’électricité industrielle de la Faculté des sciences de Grenoble. Dans cette ville, la distribution est effectuée par des alternateurs Zipernowski à ‘2000 volts. Des transformateurs abaissent la différence de potentiel à 110 volts. On prend trois points sur le circuit et on les sépare par des résistances non inductives; on met l’un des points en communication avec le cylindre enregistreur et les autres en communication avec les styles. M. P. Janet a réalisé pratiquement l’expérience en couplant en série un certain nombre de lampes de 20 volts. Deux de ces lampes ont const itué les résistances. Dans ces conditions, on obtient sur le cylindre deux lignes discontinues, les maxima de l’une séparant exactement en doux parties égales les intervalles formés par les maxima de l’autre. À l’une des deux lampes ci-dessus, on a substitué une résistance inductive (bobine primaire d’un petit transformateur à circuit magnétique fermé, dont le secondaire était ouvert). La différence de phase a immédiatement changé, et les maxima de la ligne discontinue correspondant à la bobine ont séparé en deux parties nettement inégales les intervalles des maxima de la ligne correspondant à la lampe. Ces documents permettent de déduire une valeur très suffisamment approchée de la différence de phase entre les deux forces électromotrices étudiées. Cette méthode n’a pas donné encore tous les résultats que l’on peut en attendre. Elle n’est peut-être pas susceptible d’une grande précision, mais elle a l’avantage d’inscrire des phénomènes qu’il est difficile d’observer.
- ART ET OPTIQUE
- Dans un discours prononcé au banquet qui termina une exposition de photographie, M. Armand Silvestrc a défini en quelques mets ciselés le rôle de cet art merveilleux. « Des esprits superficiels et d’une esthétique incertaine nourrissent seuls, a-t-il dit, la chimère d’en faire une rivale à la peinture, ce qui ne saurait arriver, même le jour où elle aura lixé, dans l’intensité de la lumière, la magie des couleurs. Mais la photographie n’a pas besoin de cela, elle a sa propre raison d’être; elle cherche tout autre chose. Elle se fait admirable par le détail, là où la peinture se fait puérile1. »
- Nous ne ferons guère, dans ce deuxième article, que commenter cette dernière phrase, et l'expliquer suivant les faits auxquels l’observation nous avait conduits. La couleur mise à part, en quoi la peinture diffère-t-elle de la photographie? Nous avons déjà vu qu’un tableau n’est pas nécessairement une projection fidèle; en finissant l’optique, avons-nous dit, l'artiste se rapproche souvent de la vérité, pour plus d’une raison.
- D’abord, la peinture doit poursuivre ce problème, insoluble en toute rigueur, de nous donner, par une seule image, l'impression du relief. Une bonne photographie, qui est la projection fidèle d’un objet nous le rappelle à tel point que nous suppléons par le souvenir à ce qu’il manque pour produire la vision stéréoscopique; mais si nous regardons successivement de chaque œil, puis des deux yeux à la fois dans les verres d’un bon stéréoscope, le relief, dans ce dernier cas, s’imposera avec une telle vigueur, que les divers plans de l’image nous paraîtront plus étagés que dans la nature ; il y a là un effet de contraste : nous sommes devenus si indulgents pour les images planes, que la restitution de l’aspect solide nous semble au premier abord exagéré. Or la peinture n’a pas la double image à sa disposition, et c’est par une légère exagération de la perspective et des ombres, plus encore peut-être par l’effacement des lointains (perspective aérienne) que l’artiste nous donne l’impression du relief, si frappant dans quelques peintures. Et puis, notre esprit ne demande qu’à être guidé; il n’est nullement besoin de lui dicter toutes ses impressions. Un parfum, senti un jour dans quelque endroit oublié, n’évoquc-t-il pas un cortège de souvenirs? Subitement tout revit; les images se succèdent et nous reportent loin en arrière, par une liaison inconsciente des sentiments. Dans un paysage, nous ne voyons pas les détails; l'impression d’ensemble seule nous frappe et demeure dans notre mémoire. « Un paysage est un état d’àme », disait Amiel. Et mieux qu’une longue description, mieux peut-être qu’une peinture, un seul mot définit une
- 1 Voir Les Nouvelles scientifiques de La Nalwe, n° 1014, du 5 novembre 1802.
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- chose vue. Tourguénieff parle quelque part d’un « jour malade ». Ne voyons-nous pas ce jour, dans un paysage familier, et si bien dépeint par ee seul qualificatif, que toute description en affaiblirait la portée? Tel, un paysage de fointelin, avec quelques lignes sombres, quelques teintes se détachant à peine les unes des autres, nous rappelle la chose vue, j’allais dire le paysage vécu.
- Si la peinture a, sur la photographie, ce grand avantage, grâce à une technique savante, de pouvoir au gré de l'artiste accentuer ou atténuer, fausser les lignes et les ombres, elle en possède un autre, bien [dus sérieux encore, celui qui résulte de la juxtaposition des images. Une photographie est une représentation de la réalité à un moment donné; mais il y a bien [dus dans un bon portrait : l’artiste
- saisit les expressions successives, et en fait la synthèse par un procédé inconscient de son esprit. Et, pour se convaincre (pie cela n’est pas une simple explication, mais la raison vraie d’un fait, il suffit, d’après le procédé de M. F. Gallon, de superposer mécaniquement sur une même plaque photographique l'image d'une personne, dans des attitudes semblables, mais en modifiant les expressions du visage; le portrait obtenu de cette manière, s'il est habilement exécuté, peut être vivant comme une [teinture.
- Un grand nombre de fadeurs interviennent pour former notre jugement sur la grandeur relative des objets ou des êtres animés; l'importance que nous leur attribuons, leur masse, leur volume concourent à fausser notre notion de leurs dimensions linéaires.
- Fig. 1. — Dessins sur la marche, reproduits d’après des photographies instantanées.
- N’est-ce point un sujet d’étonnement pour nous d'apprendre qu’un enfant de trois ans possède déjà la moitié de sa taille? Les peintres ne s’y trompent pas aujourd'hui; mais si nous retournons de quelques siècles en arrière, nous trouvons fréquemment des enfants trop petits, comme dans T Adoration des Mages de ce singulier Jérome Hosch (Musée de Madrid), où l'enfant Jésus a l’aspect d’une poupée minuscule.
- A ce point de vue, il est incontestable que notre sens de la force dénommé et enregistré pour la première fois, croyons-nous, par Lord Kelvin, contribue puissamment à former nos idées sur les dimensions des objets. Ge sens est merveilleusement précis, comme l’affirmeront tous les joueurs de boules; or il inllue si bien sur notre jugement que nous devons souvent nous en délier. L'ar exemple, le modèle en bois d’un objet destiné à être coulé en bronze paraîtra toujours beaucoup trop frêle à une personne
- non prévenue. Un être vivant, réduit proportionnellement dans toutes ses dimensions, nous paraît trop lourd, et il l’est en réalité, car on peut lui conserver la même solidité relative en réduisant ses pattes dans une proportion plus forte que sa longueur totale; cette expérience, confirmée par le calcul, résidte déjà pour nous du sens de la force; on ferait fausse route si, dans une réduction d’un cheval par la sculpture, on suivait inconsciemment ce ([ne nous enseigne la mécanique.
- La photographie aurait pu devenir, à ses débuts, un puissant auxiliaire de la peinture pour la recherche des vraies proportions des objets; aujourd’hui, elle nous conduit dans une tout autre voie; en fixant des impressions fugitives et non encore aperçues, elle nous apprend à les voir, et déjà la [teinture s’en empare. La photographie instantanée nous a révélé le cheval au galop, que les peintres ont beaucoup modifié depuis quelques années. Nous
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- suivons avec plaisir celte évolution; mais il est à craindre que, quelque îuiir, on n’abuse du document; l’image, bien que rigoureusement exacte, cesse d’ètre vraie lorsqu’elle représente un objet comme nous ne pouvons pas le voir.'Toute tentative nouvelle et sincère est digne de notre intérêt; mais il ne semble pas que l’on doive pousser la recherche de l’instantané beaucoup au delà de ce que fait la peinture actuelle; quelques artistes nous paraissent avoir dépassé la limite : citons, par exemple, dans un des derniers Salons, l’intérieur d’un tramway avec de larges plaques rectangulaires d’une vive lumière, sc posant brutalement sur les figures, dette impression est fugitive; ce n’est pas ainsi qu’on se rappelle l’intérieur d’un tramway.
- La photographie instantanée de la rue nous montre les personnages en marche et rupture
- Fig. 2. — IVclicuse do crevettes en marche. (D’après le tableau de M. A. Guillou.)
- graphie soit plus exacte, la peinture est plus vraie.
- Il est des cas où la solution du problème de mouvement s’impose d’clle-mêmc; si nous quittons le domaine de la peinture pour nous limiter à l’illustration, nous pouvons avoir à représenter, par exemple, la chute d’un bolide, ou une pluie d’étoiles filantes, ou encore un feu d’artifice. La photographie instantanée d’un bolide nous le montre sous la forme d’une houle lumineuse, semant parfois quelques traces de poussière brillante derrière lui; mais, en réalité, nous nous le représentons comme une traînée de feu traversant le ciel; l’illustrateur ne s’emparera-t-il pas de cette impression plutôt que du document scientifique? Le dessin s’étend ainsi à un moment appréciable et ne demeure pas à l’instant mathématique. Ce principe s’accentue encore si nous en venons à la pluie d’étoiles; dans les plus abondantes que l’on observe, on ne voit qu’exceptionnellement trois ou quatre étoiles filantes simultanément dans le ciel ; si donc on choisissait
- d’équilibre ; le peintre les rétablit comme il les voit, debout, et non prêts à tomber; on comparera avec intérêt, à ce point de vue, la figure I avec les figures 2 et o. Dans la première (fig. 1), le dessinateur a groupé quelques personnages en marche, reproduits très fidèlement d’après des photographies instantanées de la rue. Ne dirait-on pas le promenoir d’un hospice d’aliénés? Aucun peintre n’utilisera ces documents dans une intention artistique.
- La femme en marche de M. Guillou (fig. 2), le jeune vacher en pleine course, extrait d’un tableau de M. Jules Du pré (fig. o), resteraient au besoin pendant un temps prolongé dans la position que le peintre leur a donnée; la femme ne marche pas, le jeune garçon ne court pas, et cependant, ils nous satisfont plus qu’aucun des personnages de la figure 1. Comme il faut le remarquer, bien que la photo-
- Fig. 5. — Un coureur.
- (D’après le tableau de La vache échappée de M. J. Dupré.)
- cet instant propice, le phénomène représenté par le dessin n’aurait encore rien de très remarquable; mais, si l’on rassemble dans le dessin ce qu’on voit en quelques minutes, on pourra représenter un ciel sillonné de traînées lumineuses, comme les spectateurs du phénomène se souviennent de l’avoir vu. Nous avons traité ici un cas très particulier et aussi très simple; mais le principe d’accumulation dans le temps que nous en axons déduit trouve une application fréquente en peinture, dans la représentation des objets en mouvement. Nous nous souvenons d’avoir vu, sur un éventail japonais, le dessin d’un singe auquel l’artiste avait réussi à donner quelque chose du mouvement souple de l’animal; l’artifice consistait surtout en un certain flou des contours, qui contribuait grandement à l’illusion. De même, une forte pluie est toujours représentée par des traînées, dont la direction indi-
- I que l’intensité du vent.
- ! Une esquisse se limite aux bords des objets, et
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- à leurs lignes principales; dans un dessin ombré, et pins encore dans une peinture, ces bords sont très atténués, ou disparaissent même totalement. Les primitifs au contraire, et Raphaël lui-mème dans sa première manière, conservaient des contours très accusés. Où est la vérité? Le bord, évidemment, n’existe pas comme une ligne noire séparant les objets; et, cependant, si nous consultons l'impression donnée par notre œil, nous pouvons affirmer (pie cette ligne existe ; elle naît d’une impression de contraste; une surface se détachant en clair sur un fond plus sombre, agit fortement sur notre œil, et diminue sa sensibilité un peu au delà de ses limites; ainsi naît dans notre œil lui-même le contour que nous croyons voir, et qui peut très bien se traduire par l’esquisse. Dans une peinture oîi les tons seraient rendus en vraie valeur, la même impression se reproduirait exactement, et le bord se reformerait de lui-même dans notre œil; mais les valeurs sont presque toujours très atténuées, et l’on ne peut que se rapprocher de l’impression donnée par la nature en accentuant légèrement, par un peu d’ombre, les lignes de démarcation des surfaces diversement lumineuses.
- N’est-il pas arrivé à chacun de trouver la photographie plus brutale que la réalité? Je veux parler de certains paysages au soleil, ou d’une vue prise à contre-jour dans un intérieur. Les peintres prétendront volontiers que, dans une photographie vigoureuse de ce genre, les contrastes sont beaucoup trop accusés; en effet, les ligures sont si sombres qu’on distingue à grand’peine les traits des personnages. Si nous nous en tenons à la notion physique de la lumière, la photographie aura entièrement raison1 ; mais, en faisant intervenir les actions physiologiques, et plus encore l’élément psychologique, nous retrouverons encore la vérité dans la peinture. L’œil voyage; sa sensibilité se modifie dans une proportion fantastique, et tandis (pic, dans l’état où il était lorsqu’il recevait en plein la lumière du ciel, il n’aurait rien distingué dans l’ombre, un instant de repoiT sur les figures entourées de lumière et très peu éclairées elles-mêmes le remettra en état de les voir en détail. L’attention se concentrant sur elles, le peintre oubliera même la lumière qui cependant l’éblouit, les figures ressortiront, plus sombres sans doute que leur entourage, mais cependant très distinctes et même parfaitement modelées. La plaque sensible ne pouvant opérer cette sélection nous donnera des contrastes violents qui nous feront parfois accuser le photographe d’avoir, par un artifice quelconque, cherché des effets puissants. Le problème se complique encore lorsque diverses parties d’un même objet se projettent sur des fonds d’un éclat très différent. Le contraste nous montre, dans ces objets, des
- 1 lltMiiarquons toutefois que les relations no sont conservées par la photographie (pic pour des poses courtes; de plus, les très faibles intensités sont un peu diminuées par la photographie.
- parties sombres ou claires, qui, en réalité, ont exactement la même valeur. Sans doute, si la peinture possédait le moyen de donner aux fonds des éclats proportionnels à ceux qu’ils possèdent, l’objet se détacherait de lui-même avec les valeurs que nous lui attribuons dans la nature; mais nous savons ([lie cela n’est pas possible, et ie peintre en est réduit à modifier les tonalités de l’objet pour tenir compte de l’action des fonds.
- Nous voyons chaque année apparaître des scènes d’intérieur à la lumière de la lampe. Ce qui frappe le plus souvent dans ces toiles, c’est la tonalité rougeâtre de l’ensemble ; et, cependant, une comparaison scientifique des lumières nous montrera le plus souvent que l’impression donnée par les plus rouges d’entre ces tableaux est bien celle de la réalité; toutefois ici, la vérité optique nous choque comme une invraisemblance. C’est que le peintre n’a pas tenu assez compte du contraste, et de l’état de l’œil au moment où il voit la toile. A la lumière d’une lampe, le tableau nous paraîtra trop haut en couleur. A la lumière blanche, au contraire, il peut prendre le ton exact, mais nous n’en aurons l’impression que si nous réussissons à isoler la toile, en la disposant de manière à la voir seule, dans un espace très limité; alors seulement nous apparaîtra la chaude lumière de la lampe telle que nous la voyons dans la réalité.
- Tous ces exemples nous montrent que la peinture doit s’écarter constamment des lois de l’optique, soit pour les formes, soit pour les tons. Est-ce à dire que l’on doive n’en tenir aucun compte? Quelques artistes le pensent, mais nous aimons à croire qu’ils forment l’exception.
- Les erreurs astronomiques sont très fréquentes en peinture; nous en avons déjà relevé plus d’une, en plusieurs circonstances. Les erreurs géométriques ne sont pas moins nombreuses. Chaque Salon annuel nous montre au moins une dame îi sa toilette, moyen très simple pour faire voir à la fois le profil perdu et le trois quarts du sujet; la psyché est généralement petite, et les conditions géométriques sont le plus souvent telles que l’image dans la glace ne peut pas être aperçue à la fois par le spectateur et par la personne que le peintre a représentée. Pouvons-nous admettre que le miroir ne lui est pas avant tout destiné? Est-il naturel de supposer qu’elic s’est placée de manière à scruter, dans la glace, l’endroit de la cloison auquel le spectateur se substitue? Evidemment non; le conseiller des grâces est là pour elle, non pour nous. Sans doute, nous gagnons de voir un joli visage, mais il me semble que la vérité géométrique doit nous trouver prêts à en faire le sacrifice.
- Nous avons examiné quelques-unes des raisons pour lesquelles la peinture ne peut pas être une reproduction exacte de la réalité. En toute rigueur, un ciel étoilé devrait être représenté par une toile percée de petits trous et vivement éclairée par derrière. L’art répudie avec raison de pareils
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- moyens. Comparons ceux que la peinture possède, à l’immensité de la tâche qu’elle s'impose; nous cesserons alors de nous étonner qu’elle soit souvent si loin de la vérité ; nous serons émerveillés au contraire de l’en voir parfois si près.
- . Cu.-En. Guillaume.
- LE MAL DE MONTAGNE
- Le mal de montagne est un malaise bien connu de la plupart des ascensionnistes à grande hauteur : je dis de la plupart, car un certain nombre d’alpinistes, pour des causes que j’expliquerai plus loin, ne l’ont jamais éprouvé. C’est à l’altitude de 0500 mètres que l’on ressent en général ces troubles particuliers qui s’accentuent et deviennent de plus en plus marqués au fur et à mesure que l’on dépasse celte altitude, pour atteindre U200, 4500 et 4800 mètres comme dans l'ascension du Mont-Blanc.
- Arrivé à une de ce s hauteurs, l’ascensionniste est pris d’une lassitude extrême, d’un besoin de respirer plus fréquent : l’air lui manque. A peine a-t-il fait quelques pas qu’il est obligé de s’arrêter pour reprendre baleine comme épuisé par le court effort qu’il vient de faire. Chez certains, il s’y joint un état nauséeux, de la tendance à la syncope. Dans une des premières ascensions faites par un savant qui a pu contrôler les sensations provoquées par le mal de montagne, de Saussure avait noté toutes ces particularités. Ses guides eux-mêmes qui, généralement, éprouvent à un très faible degré ces accidents, en raison de leur habitude de la marche, de leur endurance à la fatigue, ses guides étaient épuisés. A cette époque, les ascensions n’étaient pas comme aujourd’hui une question de mode et ne se répétaient pas nombre de fois dans une saison d’été. Au grand Plateau, à 5900 mètres, il fallut,pourpasser la nuit, creuser une excavation dans la neige; or, dit de Saussure, ces tommes robustes, pour (jui sept ou huit heures de marche que nous venions de faire ne sont absolument rien, n’avaient pas soulevé cinq ou six pelletées de neige, qu’ils se trouvaient dans l’impossibilité de continuer ; il fallait qu’ils se relavassent d’un moment à l’autre. Au fur et à mesure de l’ascension, de Saussure (‘[trouvait les [tins grandes difficultés à reprendre baleine ; au sommet l’installation des instruments était des [dus pénibles. A chaque instant, il se trouvait obligé d'interrompre son travail pour ne s’occuper que du soin de respirer.
- Le D1 Lortet, le savant doyen de la faculté de Lyon, qui a donné sur ces troubles physiologiques une étude très complète, avait noté les mêmes phénomènes. Ses compagnons, Martin et Lepileur, et lui-même avaient perdu tout appétit. La marche est lente, pénible ; à un moment donné, il se sent absolument incapable d’avancer ; indifférent à tout comme une personne atteinte du mal de mer, il n’a qu’un désir, c’est de ne plus avancer. Au moment d’arriver
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- au sommet, leur expédition ressemblait, dit-il, à un convoi de malades.
- Plus récemment, M. Egli-Sinclair a fait l’ascension du Mont-Blanc et en a donné une relation scientifique du plus grand intérêt. En compagnie de MM. Imfeld et Guglielminetti, il partit dans les conditions habituelles, allant coucher le premier soir aux Grands-Mulets pour escalader le sommet dans la matinée de trois à neuf heures du matin. Marchant sur une bonne neige, d’un pas lent et commode, ils arrivaient au haut du Mont-Blanc sans tremblements des membres, sans transpiration, sans anhélation. Ils avaient franchi la distance des Grands-Mulets au Dôme, sans éprouver la difficulté de marche habituelle pour la plupart des ascensionnistes. Ce n’est qu’une fois installés dans la cabane que M. Yallot a fait ériger sur la grande cime alpestre qu’ils ressentirent les premières atteintes du mal de montagne. La respiration devenait difficile; les muscles étaient sensibles, un mal de tête et une légère nausée complétaient le malaise. A des degrés divers, les trois voyageurs éprouvent les mêmes angoisses, la même inappétence. Le séjour dans l’observatoire Yallot dura quatre jours et pendant presque tout ce temps, les mêmes symptômes persistèrent, [tour s’amender un peu vers la fin; la respiration, toujours accélérée, était moins pénible; mais dès qu’il y avait le moindre effort, pour monter sur le lit de camp et en descendre, pour mettre ses habits, pour faire une observation, le besoin de respirer s’accusait plus impérieux.
- Ces malaises qui sont exactement les mêmes que ceux éprouvés par leurs devanciers, confirment bien l’existence d’un mal de montagne. Mais, comme le fait remarquer M. Chauveau, ce n’est pas un mal nécessaire, c’est-à-dire qu’il ne s’observe pas d’une façon constante, et quelques alpinistes peuvent gravir les [dus hauts sommets sans en éprouver les atteintes. Tel M. Durier, le président du club Alpin, qui a gravi le Mont-Blanc à deux reprises et qui, malgré ses soixante ans, avait le pied solide, l’entrain le plus grand ; il n’eut qu’un peu de diminution de l’appétit. M. Chauveau lui-même est indemne du mal de montagne, et les tracés qu’il a relevés de son pouls, de sa respiration dans l’ascension qu’il fit en 1866, montrent les modifications de la circulation et des mouvements respiratoires inhérents à une élévation à grande altitude, mais les malaises furent nuis. C’est, du reste, ce que l’on constate chez les guides et les porteurs qui vous accompagnent et qui se ressentent bien peu de ces malaises.
- Mais ces exceptions sont rares et la cause du mal de montagne n’en existe pas moins réellement. Quelle est la nature de ce mal? C’est à l’anoxhémie, c’est-à-dire au défaut d’une quantité suffisante d’oxygène absorbée par le sang qu’est dû cet état complexe. Jourdanet, dans son beau livre, et P. Bert avaient démontré ([ue la raréfaction de l’air n’apportait plus à l’organisme la dose d’oxygène nécessaire pour les combustions respiratoires et organiques.
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- M. Egli-Sinclair a montré par dos dosages précis de l'hémoglobine la réalité de ce fait : chez ses compagnons et chez lui-même la proportion d’hémoglobine du sang était abaissée d’un tiers et même de moitié pour ne se relever que lentement après la descente dans la vallée. La connexion entre le mal de montagne et la teneur du sang en oxygène paraît donc évidente. Ce n’est pas cependant la cause unique, car on ne comprendrait pas, avec cette théorie, pourquoi certains ascensionnistes échappent aux accidents et pourquoi les aéronautes n’éprouvent de malaise qu’après avoir dépassé de beaucoup l’altitude atteinte par les alpinistes. 11 faut donc faire intervenir un autre facteur; et cela est si vrai que dans des courses échevelées, faites par les débutants à de faibles hauteurs, on observe* identiquement tous les signes du mal des grandes altitudes. Ce facteur, c’est la fatigue, le surmenage, variable suivant les sujets, suivant leur résistance, leur entraînement, suivant les conditions dans lesquelles se fait l’ascension.
- Le l)r Regnard vient de donner une démonstration très élégante de ce problème de physiologie pathologique. Un sait qu’une Compagnie suisse a l’idée d’établir dans le massif de la Jungfrau une sorte de tunnel avec ascenseurs et funiculaires, pour conduire sans fatigue les touristes au sommet de la Vierge des Alpes, soit 4167 mètres d’altitude. En dehors des difficultés techniques du projet, couches géologiques, assises des terrains, facilités de percement des tunnels, il a fallu se préoccupper de la santé des voyageurs. Partant de Lauterbriïnncn et transporté en moins d’une heure au sommet de la montagne, un touriste aurait-il chance d’être victime d’accidents graves du fait de ce brusque changement d’altitude? Femmes, enfants, hommes de tout âge et de toutes conditions de santé pourraient-ils supporter cette ascension et cette raréfaction de l’air?
- C’est pour résoudre en partie ce problème que le R1- Regnard a réalisé l’expérience suivante. Pour lui, qui, soit dit en passant, n’est pas sujet au mal de montagne, ce malaise est dû aux deux causes dont je parlais tout à l’heure : d’une part, à la diminution
- de l’oxygène du sang et aux conditions d’asphyxie qui en résultent; d’autre part, à l’excès de travail musculaire produit, par l’effort ascensionnel. A mesure que l’on monte, la dépense d’oxygène est augmentée et les pertes ne sont pas compensées par une atmosphère de plus en plus raréfiée. Plus la marche sera forcée, plus l’effort sera pénible et plus seront accusés ces écarts de l’oxygénation, et partant, les malaises.
- Pour le prouver, M. Regnard place dans une cloche où l’on peut faire le vide deux cochons d’Inde. L’un est libre, l’autre est enfermé dans une sorte de cage à écureuil qui est mise en mouvement par un moteur électrique. Quand tourne la roue, l’animal est forcé de courir et de monter sans cesse. La rotation est calculée de telle sorte que l’animal élève son propre poids d’environ 400 mètres par heure. La
- pression est alors diminuée lentement au moyen d’une trompe.
- Tant c[ue la dépression n’indique que f>000 mètres de hauteur, les deux animaux semblent également calmes; mais, à partir de ce moment, le cobaye de la roue tombe fréquemment en avant, se laisse rouler, est essoufflé et manifestement gêné; l’autre est tout à fait calme.
- A 4600 mètres, le cobaye de la roue se laisse tomber sur le dos, ne remue plus les pattes; il semblerait mort, n’était sa respiration haletante.
- L’animal libre est parfaitement tranquille et ce n’est qu’à partir de 8000 mètres qu’il éprouve les mêmes angoisses que son compagnon forcé de marcher. On laisse rentrer Pair et les animaux reviennent à eux, mais le premier (l’animal à la roue) reste malade plusieurs jours.
- On peut donc conclure, comme M. Regnard, que si le mal de montagne est une asphyxie par anox-hémie, la cause importante est la fatigue musculaire occasionnée par l’élévation. Dans ces conditions, les voyageurs qui seront transportés par chemin de fer ou par ascenseurs à la Jungfrau n’ont rien à craindre; l’ascension se faisant sans fatigue, le passage à une altitude de 4000 mètres n’aura pas d’influence nuisible sur l’organisme. Dr À. Cartaz.
- Appareil de II, le D'Regnard pour l’étude du mal des montagnes. — CZ. Cloche où l’on peut faire le vide. •— CC'. Cochons d’Inde. — II. Roue mise en rotation par un moteur électrique M. — Re. Boîte de résistances pour le réglage. — T E. Trompe d’eau. — P. Manomètre.
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- LES PLANTES CRUELLES
- Nous empruntons à une Revue américaine1 le titre quelque peu bizarre de cette Note. M. Arthur Harvey désigne sous le nom de Cruel plant une aselépiadée, Physianthu.s albens dont nous allons dénoncer les procédés. Nous donnons d’abord quel-
- ques détails sur la famille de ce singulier individu.
- Les asclépiadées sont caractérisées par un calice à 5 divisions, une corolle gamopétale, 5 étamines à filets soudés par la base qui enveloppent les ovaires, au nombre de 2, surmontés d’un style charnu, à 5 angles au sommet duquel sont suspendues 5 masses polliniques. Elles comprennent, plus de 600 espèces dont un grand nombre sont de très belles plantes
- grimpantes. Dans nos régions elles sont représentées par YAsclepias vince toxicum, vulgairement Dompte-venin, aux (leurs d’un beau blanc et qu’on trouve, à l’été, dans les bois humides.
- Le Physianthus est une plante grimpante qui sert à garnir les tonnelles. Elle commence à fleurir au mois d’août, vers le milieu de l’été, et elle n’est pas plus tôt en fleurs que les insectes, attirés par son parfum, viennent en foule la visiter (fig. 1).
- 1 Procedings of the Canadian Institute. Toronto, avril 1800.
- Les innocents papillons sans défiance plongent leur trompe si délicate dans la corolle de la (leur espérant y puiser un délicieux nectar, et les imprudents se trouvent pris comme une souris dans un piège (fig. 2).
- La plante, comme nous le disons plus haut, possède un ovaire double entouré par les étamines qui, dans le Physianthus, sont barbelées en scie et, d’abord molles, durcissent à l’époque de la maturité des anthères. Qu’un papillon cherche à atteindre les nectaires de la (leur, sa trompe glissant dans une
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- rainure perfide, s’engage irrémédiablement entre les pinces qui ne lâchent plus prise.
- Cette plante cruelle n’a pour ce meurtre d’insecte aucune excuse. Ce papillon qu’elle prend par sa trompe et qu’elle laisse mourir de faim ne lui profite en aucune façon, et l'on ne peut pas dire que ce soit une plante insectivore, comme le sont, par exemple, la Dionée attrape-mouche, le Drosera ou la petite Grasset te de nos prairies.
- Les visites des insectes ne sont pourtant pas toujours inutiles à ces plantes dont le pollen non pulvérulent ne se dissémine pas facilement. Tous les insectes ne se laissent pas prendre à ce piège : quelques-uns, plus vigoureux, peuvent s’échapper en emportant des pollinies avec lesquelles ils iront féconder d’autres plantes et détermineront ainsi une fertilisation croisée.
- M. Charles Armstrong fait remarquer d’ailleurs que la plante acclimatée au Canada est originaire du
- Fig. 2. — Dessins schématiques explicatifs. — 1. Coupe d’une fleur de Physianthus. — 2. Plan de la fleur. — 3. Figure montrant la direction des « mâchoires ». —4. Figure mon-
- trant comment la trompe du papillon se trouve prise.
- Brésil et qu’elle est exposée aux attaques de papillons plus vigoureux et surtout d’oiseaux-mouches qui brisent la faible barrière et emportent les pollinies sur d’autres fleurs.
- L’Amérique du Nord nous offrira un autre exemple d’une plante cruelle. Il s’agit d’un chardon, Cnicus discolor, qui a été étudié par M. Blatehley1 et qui possède à la face interne des écailles de l’involucrc une large glande sécrétant une humeur visqueuse dont certains insectes sont très friands. Le savant botaniste Gray, dans sa llore, signale ces glandes, dont la présence ou l’absence sert à la détermination des espèces, mais il ne dit rien de la substance qu’elles sécrètent.
- Pendant l’automne de 1891, M. Blatehley a pu observer des insectes en nombre assez considérable, rassemblés sur les écailles de l’involucre des chardons, évidemment attirés par la liqueur sécrétée. Un examen plus attentif permettait de voir que beau-
- * Canadian Enlomologist, décembre 1802.
- coup de ces insectes étaient retenus prisonniers, les pattes engluées dans l’humeur visqueuse. Ces insectes mouraient ainsi sur place et étaient si desséchés qu’ils tombaient en poussière quand on voulait les saisir.
- Le savant naturaliste trouva un jour 8 coléoptères groupés à la base d'une tète de chardon. Un seul était englué par les pattes; mais les autres paraissaient malades comme s’ils avaient été empoisonnés par la substance dont ils s’étaient nourris. Us étaient dans un tel état de torpeur qu’ils se laissaient prendre sans difficulté.
- Les tètes de chardon qui recevaient les plus fréquentes visites des insectes étaient celles dont les fleurs étaient flétries et dont les fruits commençaient à mûrir.
- Nous ne pouvons, non plus que M. Blatehley, donner d’explication au sujet de l’utilité de ces glandes. Cachées ainsi dans les écailles de l’involucre, elles ne paraissent servir, comme les poils gluants de certaines espèces, qu’à protéger la plante des attaques des insectes nuisibles. D’un autre côté, les insectes capturés ne paraissent pas servir à la nourriture de la plante : l’usage de ces glandes est encore inexpliqué.
- V. Brandicourt,
- Secrétaire de la Société Iinnéennc du Nord de la France.
- L’ÉCLAIRAGE PRATIQUE
- Nous avons déjà traité les questions théoriques relatives à l’éclairage; et nos savants collaborateurs, MM. Ch. Henry et Ch.-Ed. Guillaume, nous ont donné à ce sujet des articles très intéressants1. 11 est cependant une autre question qui mérite également d'être étudiée. Nous voulons parler de l’éclairage pratique des différentes salles ou pièces. Plusieurs de nos lecteurs nous ont demandé déjà à différentes reprises des renseignements sur l’éclairage de leurs appartements. Pour leur donner satisfaction, nous avons étudié la question et rassemblé de tous côtés quelques résultats pratiques. 11 est d’abord certain que l’éclairage d’une pièce dépend essentiellement de son ameublement, des couleurs des étoffes, des meubles et de la disposition adoptée. Aussi est-il très difficile de donner des règles absolues. En général cependant, il est d’usage de compter pour l’éclairage d’une salle une puissance lumineuse exprimée en bougies égale à la moitié ou au tiers du volume de cette salle désigné en mètres cubes. Cette puissance lumineuse donne dans la pièce un éclairement suffisant. On sait que l’unité pratique actuellement adoptée de puissance lumineuse est la bougie décimale ou le 1/20 de l’unité de la Conférence internationale de 1884 (Étalon de M. Violle). L’unité pratique d’éclairement est la bougie à 1 mètre. En appliquant les règles précédentes, si nous avons une pièce de 5 mètres de longueur et 4 mètres de largeur avec une hauteur de 5 mètres, nous devrons installer une puissance lumineuse de 50 ou de 20 bougies. La première valeur nous semble un peu élevée et la seconde un peu faible ; la moyenne conviendra parfaitement. Plusieurs ingénieurs se sont contentés bien souvent de déterminer la puissance lumineuse nécessaire pour un éclairage d’après la surface de plancher à éclairer. On
- 1 Yov. n° 1082, du 24 février 1804, p. 205, et n° 1087, du 51 mars 1804, p. 2'7S.
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- admet en général entre 2 et 4 bougies par mètre carré. Mais ces chiffres sont dépassés dans de nombreuses circonstances quand il s’agit d'obtenir un éclairage brillant. Anus citerons l’exemple de plusieurs théâtres de Paris où l'éclairement varie entre G et 50 bougies par mètre carré pour les pièces bien éclairées et les pièces brillamment éclairées.
- Les renseignements que nous donnons ne sont évidemment que très généraux, et ne peuvent s’appliquer indifféremment à toutes les installations. 11 conviendrait en effet d’examiner encore dans chaque cas ce que nous appellerons l'éclairement général et l’éclairement particulier. Pour une salle à manger, par exemple, l’ensemble de la pièce devra être bien éclairé, mais l’éclairage de la table devra être particulièrement soigné. Il faudrait également examiner les dispositions à donner aux supports des appareils d’éclairage, tels que tiges, lustres, appliques, supports au plafond. Qu’il nous soit permis à cette occasion de faire remarquer que l’éclairage électrique, mieux que tout autre et même que l’éclairage par le bec Auer, se prêtera à toutes ces dispositions. 11 sera en effet très aisé de fixer des lampes de 8, 10 et 16 bougies sur des appliques tout autour de la salle, d’établir des lampes de même puissance lumineuse sur un plafond de couleur très claire, et ensuite de garnir un lustre de milieu avec des petites lampes, de 5 à 5 bougies, pour remplacer les bougies de cire, en ayant soin de disposer au centre une lampe de ‘20 bougies. L’éclairage par lampes à arc de faible intensité, même pour l’intérieur des appartements, n’a pas encore fait toutes ses preuves, et nous ne savons les surprises qu’il nous réserve. Comme on le voit, avec les appareils dont ils disposent actuellement, les électriciens ne sont pas en peine pour assurer de beaux et brillants éclairages. J. L.
- LA FUMIVORITÉ EN ANGLETERRE
- Le développement considérable des appareils à vapeur, dans l’intérieur même des grandes villes et dans leurs banlieues, a lait du problème de la combustion des fumées industrielles un des plus importants parmi ceux qui s’imposent aux préoccupations des ingénieurs et des physiciens. 11 a atteint un degré tout particulier d’urgence par suite de la création des usines privées ou publiques d’éclairage électrique dans les grands centres : partout, les flots de lumière se sont déversés, en s’accompagnant de flots de fumée noire, acre et désagréable. Cette fumée très salissante, ce qui est déjà un inconvénient, se transforme partiellement, par oxydation en présence de l’air humide, en acide sulfurique : c’en est fait, dès lors, des gouttières, des ferrures, de tout ce qui est métallique aux alentours des grandes cheminées ; la végétation aussi est détruite d’une lamentable façon.
- A la vérité, depuis l’origine même de la création des usines à vapeur, des règlements spéciaux leur imposent, comme condition essentielle, la fumivorité. Mais on n’a jamais obtenu sur ce point que des satisfactions relatives dont il a bien fallu se contenter faute d’appareils susceptibles de réaliser le programme. Ce n’est pas que les inventions aient lait défaut en cette matière : toutes sortes de sys-
- tèmes de grilles et de foyers fumivores ont été proposés et brevetés; les résultats qu’ils donnent sont plus ou moins satisfaisants. Peut-être conviendra-t-il dans la pratique de se borner à des appareils donnant peu de fumée, sans vouloir résoudre ce difficile problème dans son absolutisme.
- C’est ce que nous apprendront sans doute les résultats du concours ouvert par le Conseil municipal de Paris entre les inventeurs de systèmes fumivores, comme conclusion d’un rapport présenté le 19 mars dernier par M. Thuillier. Une Commission spéciale fera des essais dans les usines municipales du service des eaux, et s’il se présente un appareil tout à la fois peu coûteux et pratique pour la résorption des fumées, il deviendra réglementaire. Les résultats de ce concours seront accueillis avec un grand intérêt.
- La question de la fumivorité ou suppression des fumées industrielles a pris, à l’étranger, et surtout en Angleterre, depuis nombre d’années, une importance bien plus grande qu’en France. Au moment où le concours dont nous venons de parler va s’ouvrir à Paris, il n’est pas inutile de rappeler quels efforts ont été faits par nos voisins dans cet ordre d’idées.
- Depuis l’année 1855, à Londres, un bill rigoureux impose aux industriels l’obligation de consumer la fumée de leurs foyers sous peine d’une amende variant de 50 à 125 francs et qui est portée au double en cas de récidive. Ce bill a été confirmé en 1866, en 1886 et en 1892, et il a donné aux autorités chargées de remédier à ces nuisances à l’hygiène publique des pouvoirs très étendus. Mais les autorités anglaises ont dû l’appliquer avec une très grande modération faute d’appareils fumivores entièrement satisfaisants. S’il n’y a pas de fumée sans feu, comme le prétend un vieux proverbe, il n’y a pas davantage de feu sans fumée : lorsque les consommateurs industriels de houille font très peu de fumée, on ne peut guère leur demander plus, sous peine de les obliger à éteindre leurs foyers.
- 11 faut reconnaître cependant (pie l’application, même modérée, des règlements en celte matière, donne de bons résultats. Les industriels, en présence d’une sanction, se préoccupent davantage du bon choix des houilles utilisées dans leurs foyers, ils surveillent mieux leurs chauffeurs et se soucient plus de déverser à leurs alentours de désagréables vapeurs : la « nuisance » est donc attaquée dans son principe et elle est conjurée, dans une large mesure, par la simple crainte de l’amende. C’est là une indication dont il est bon que les autorités compétentes se souviennent, même lorsqu’il s'agit de la mise en œuvre d’appareils fumivores perfectionnés.
- On obtient assurément d'excellents résultats au point de vue de l’absence de production de fumée en utilisant la bouille, soit sous la forme gazeuse, en passant par des gazogènes, soit à l’état de poussière soufflée dans des foyers par des sortes d’injecteurs. Mais ces dispositions offrent une certaine complication ; de plus, elles sont toutes récentes et l’on n’a
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- pas encore, en ce qui les concerne, d'indications parfaitement certaines : on les verrait figurer avec intérêt au concours ouvert par la ville de l'aris.
- Les meilleurs procédés préconisés pour réaliser la fumivorité paraissent consister dans le chargement mécanique et automatique des foyers. Un spécialiste a résumé la question avec esprit en disant que pour qu’une cheminée d’usine ne déversât pas de fumée, il fallait surtout que les chauffeurs fussent lumivores eux-mêmes : c’est, en effet., aux chargements de houille intempestifs et au mauvais état des feux qu’il faut attribuer le plus généralement la production des laehcux panaches de fumée noire. Or, avec des appareils de chargements mécaniques bien réglés, le chauffeur devient surtout un mécanicien : rien n’est laissé à l’imprévu, ni à la fantaisie. Si donc le dosage des qualités de houille a été bien fait, si le chargement a été bien réglé de façon à produire le minimum de fumée, ce minimum sera’maintenu sans variations et l’on ne peut guère demander mieux dans l’état actuel.
- C’est à ce desideratum que les industriels anglais semblent s’être bornés pour le moment et ils ont obtenu des résultats dont il est juste de tenir compte.
- Nous allons examiner sommairement quelques-uns des principaux appareils au moyen desquels on réalise en Angleterre cette fumivorité pratique et relative.
- A Londres, qui est le pays d’élection de la fumée sous la forme la plus gênante, on emploie surtout, presque partout, un appareil nommé « appareil Yi-cars » : il y est à la mode. Cet appareil que représente notre dessin (fig. 2) est un appareil automatique absorbant une force motrice d’environ un demi-cheval par chaudière. Un élévateur prend la
- houille dans les soutes de l'usine et, par l’intermédiaire d’une vis sans fin, la répartit dans les trémies de chargement de l'appareil. Chaque trémie, ou hopper, aboutit à deux cases d’alimentation dans lesquelles des plongeurs mécaniques alternatifs ou plunqers la saisissent et la poussent graduellement dans le foyer : la houille tombe sur les barreaux de la grille, lesquels sont mécaniquement animés d’un mouvement lent qui porte graduellement le combustible vers l’arrière du foyer. Ce mouvement est
- assuré par un jeu de cames actionné par un arbre de transmission placé sur le devant des chaudières. La consommation de houille une fois réglée est parfaitement régulière : elle se distille, se transforme en coke et brûle totalement lorsque le mécanicien y apporte un soin suffisant. 11 ne sort guère finalement de la cheminée que très peu de fumée ou de vapeur blanchâtre. Une petite porte de chargement permet d’alimenter à la main pour l’allumage ou pendant les arrêts de la force motrice. Un autre appareil anglais, en faveur, est l’appareil Réunis (fig. I). Il est automat i que comme le Yiears, mais il en diffère par son mode de fonctionnement qui tend surtout à la grande production de vapeur. 11 la réalise en jetant, la houille d’une façon intermittente et par petites quantités, tantôt sur une partie du foyer, tantôt sur une autre, de façon à maintenir sensiblement la grille également couverte. Le résultat est un feu très ardent au sein duquel la fumée est dévorée. Ce système, d’après ce qui nous a été rapporté, est employé avec succès dans quelques colonies anglaises, notamment en Australie.
- L’appareil. Procter (fig. T>) se partage avec les précédents une grande partie de la clientèle des usines anglaises. Il est, paraît-il, monté à l’heure actuelle
- Fig. I. — Appareil fumivore à chargement automatique ficunis.
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- sur plus de 7000 foyers industriels, ce qui est un joli chiffre. Comme l’appareil Hennis, il distribue la houille sur la grille, à gauche, à droite, en arrière et en avant, de façon à maintenir une couche uniforme. Cette répartition qui se rapproche du mode de travail du chauffeur humain, est effectuée au moyen de sortes de pelles mécaniques à ressorts : en réglant la tension des ressorts, ce qui est une question de pratique, on règle h* chargement. La houille tombe sur les pelles d'une trémie placée à la partie supérieure et que montre notre dessin. La grille du loyer Proctor est également soumise à un mouvement automatique qui la décrasse et enlève régulièrement les scories : un échappement de vapeur près de Yautel du foyer empêche les bar-
- reaux de grille de brûler et contribue à la fumivorité.
- Citons enfin, pour terminer, l’appareil Howatson (fîg. 4) qui présente un certain caractère de simplicité. 11 consiste, comme le montre notre dessin, non pas dans une disposition de chargement automatique, mais dans une modification ingénieuse de la porte du foyer, et peut, par conséquent, s'appliquer à des foyers déjà existants. Au moyen d’un régulateur à contrepoids placé à la partie supérieure de la chaudière, la distribution de l’air sur la grille se fait, d’après ce que relate son promoteur, de façon à produire la fumivorité : il en résulterait, en même temps, une économie appréciable de combustible.
- Nous bornerons ici notre brève description pour laquelle nous avons choisi, spécialement et à dessein,
- Fig. 3. — Appareil fumivorc automatique Proctor.
- Fig. 4. — Appareil fumivorc Ilowatson.
- les appareils fumivorcs principaux employés en Angleterre. C’est, en effet, dans ce pays producteur de fumée par excellence qu’il est logique de penser tpie les recherches les plus approfondies ont dû être faites. Ajoutons cependant que des recherches analogues ont eu lieu en France, dans ces derniers temps, et que le concours ouvert par la Ville de Paris les mettra sans doute en évidence; mais nos
- inventeurs paraissent surtout s’être attachés à l’étude des grilles et des foyers proprement dits, sans se préoccupper suffisamment de l’alimentation et du chargement, si importants en pareille matière et que les Anglais mettent en première ligne.
- Par une sorte d’exception ou d’anomalie, les Etats-Unis ne nous ont pas appris grand’chose sur cette question de la fumivorité. Les Yankees paraissent y
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- porter peu d’attention, Lien que leurs grandes villes eontiennent de magistrales stations centrales d'électricité,., de production de force motrice ainsi que des usines de toutes sortes. Peut-être l’inconvénient leur
- en sera-t-il révélé ultérieurement par l’accroissement
- de densité,de leurs agglomérations urbaines et seront-ils obligés à leur tour,de faire connaissance, avec cette délicate question de la destruction des fumées ou srnoke abat ment qui nous préoccupe tant en Europe.
- Max de Naxsoctv.
- CHRONIQUE
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- Aon veau voyage autour du monde — M. Albert Tissandier qui, en 1890, avait obtenu du Ministre de l'instruction 'publique une mission archéologique dans Fïnde, la Chine et le Japon, a reçu la même faveur en 1895 pour faire un deuxieme voyage, afin de continuer la série de ses travaux et de ses études de l'architecture des monuments anciens. 11 .s’agissait, cette fois, de visiter les ruines antiques du Cambodge et de la frontière siamoise, ainsi que celles qu’on admire dans l’îlc de Java. L’itinéraire de ce voyage, M. Albert Tissandier a mis treize mois à l’accomplir. H a commencé par se rendre à l’exposition de Chicago pour gagner ensuite Victoria et New-ÂVestininster, dans te British Colombia, en traversant les montagnes Rocheuses. Après une excursion rapide dans la nouvelle province de l’Alaska acquise par les États-Unis, il a parcouru les forêts immenses, voisines de Tacoma, (province de Washington). Les nouveaux navires canadiens l’ont conduit ensuite au Japon où il a pu visiter quelques régions qu’il n’avait pu voir lors de son premier voyage et faire l’ascension du célèbre volcan de Fudji-Yama. Arrivé enfin dans l’Jndo-Chine, à Saïgon, il a atteint le Cambodge où il a fait un séjour de plus de quatre mois au milieu des forets et des ruines merveilleuses de ce curieux pays. Le voyageur a levé le plan de quelques-uns des temples les plus remarquables et il a dessiné de nombreux croquis. La dernière partie du voyage consistait dans un séjour a Java avec le retour en France en traversant tout d'abord les principales provinces de l’Australie. M. Albert Tissandier est revenu ù Paris il y a quinze jours; il rapporte une énorme collection de dessins pris sur nature et des relevés de plans du plus haut intérêt. Nos lecteurs ne tarderont pas a pouvoir apprécier la valeur de quelques-uns de ces documents.
- La cuirasse Doive1. — Un de nos correspondants nous envoie de Londres a la date du 29 mai la lettre suivante : (( Voici quelques détails sur la fameuse cuirasse de üowc appelée (( The Doive Bullct-proof cuirass ». Hier soir, 28 mai, ont été répétées, mais en publie cette fois, les expériences, représentées quelques jours auparavant en présence du duc de Cambridge, concernant la fameuse cuirasse de Doive. Au théâtre de l’Alhambra (Lcicester Sq.), a 10 heures, M. Doive fait son entrée accompagné par le Captain Martin, américain ; on va se servir pour l’expérience du fameux fusil de guerre Lee Martin inventé par le Capt. Lee et le Capt. Martin. Deux troncs d’arbres (de Forme) sont disposés sur la scène Fun derrière l’autre : le premier, dans le sens de la longueur, a deux pieds anglais de longueur, le second debout. Une feuille de papier est collée sur la face faisant vis-à-vis au
- public, et derrière l’autre face est suspendue une plaque de zinc. Le Captain Martin tire successivement trois halles qui traversent l'arbre, le zinc et vont se ficher dans le deuxième tronc d’arbre. Balles nickelées, poudre sans fumée. On enlève les arbres et l’on apporte un plateau de verre que l’on dispose verticalement entre deux montants de bois. M. Dowe présente sa cuirasse, c’est plutôt une espèce de petit matelas ressemblant assez par sa forme à une veste d’escrime, d’environ 10 centimètres d’épaisseur et pesant environ 4 kilogrammes. La cuirasse est alors suspendue devant le plateau de verre et le Captain Martin tire trois halles qui se plantent dans la cuirasse en ne l’entamant qu’à peine. La troisième expérience est de beaucoup la plus intéressante, c’est la première fois que le spectacle se donne en public. M. Dowe revêt sa cuirasse. Le Captain Martin à dix pas introduit dans le magasin à répétition trois halles. Dans la salle, un silence profond lorsque le Captain épaule son arme et vise en pleine poitrine M. Dowe qui se tient les deux pieds joints, les mains derrière le dos et la tète haute. L’anxiété est grande.... Le coup part. M. Dowe n'a même pas bougé d’un centimètre. Le public, un instant haletant, éclate en applaudissements: mais coup sur coup deux autres balles sont tirées et M. Dowe, sans avoir bougé davantage, se dévêt lui-mème de sa cuirasse et vient la présenter au public. Les trois balles sont figées dans Fétolfe. H paraîtrait que M. Dowe aurait l’intention de réduire de moitié le poids de sa cuirasse sans craindre de lui faire perdre ses propriétés de résistance, ce qui pourrait presque la rendre utilisable dans l’année. J’ai causé avec le Captain .Martin que je voyais pour la première fois, et le Captain Lee que je connais depuis plusieurs mois : ils sont d’avis que cette cuirasse est une précieuse arme défensive qui est sûrement appelée à un avenir; mais ce qui ennuie le plus le Captain Lee, c’est qu’il était venu d’Amérique avec un nouveau fusil de guerre, pour le vendre, m’a-t-il dit, à l’Angleterre ou a la France, et que les expériences sur l’impénétrabilité de la cuirasse Dowe vont ou retarder ou empêcher la vente de son nouveau fusil. »
- Passage de Aanesscs à Moulins (Ailler). —
- M. G. de Rocquigny-Âdamson nous adresse l’intéressante observation qui suit : « Le dimanche 3 juin 1894, à 10 heu res du matin, nous suivions la rive droite de l’Ailier, d’amont en aval, lorsque notre attention fut attirée par la vue de nombreux papillons, au vol rapide, qui, après avoir traversé la rivière, presque normalement au courant, s’éloignaient en ligne droite et disparaissaient dans les régions est. C’était un passage de papillons, la Vanessa Cardui L. Le soir, à 5hoOm, au cours de Bercy, les Yanesses traversaient toujours de l’ouest à l’est. A
- 4 heures, sur la levée absolument déserte sous un soleil brûlant, le phénomène est très aisé à observer. Les passages sont incessants. Les Belles-Dames se succèdent sans interruption. Elles viennent toutes, sans exception, de la rivière, volant isolées ou par couples, franchissent la baie, la chaussée, et fuient hâtivement vers l’est-nord-est. Entre 4 heures et 5 heures, nous observons de nouveau le phénomène sur la rive droite de l’Ailier. Le vol est toujours rapide, fort lias, à 0m50 du sol nu; il prend la rivière et la levée en écharpe, et sa direction précise nous paraît être des régions sud-ouest aux régions nord-est. Le vent souffle faible de ces dernières régions, d’entre est-nord-est et est-sud-est, et le vol des Yanesses s’exécute par suite presque contre le vent. Nous ne pouvons nous empêcher de rapproche!' ce passage de Yanesses, du
- 5 juin 1894, d’un passage analogue que nous avons
- 1 Yoy. n“ 1090, du 2 juin 1894, p. 14.
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- observé au Parc de Baleine, il y a juste cinq ans, le 2 juin 188!). A la direction du vol près, les conditions sont absolument identiques. On remarquera que dans les deux cas, le vol des Vanesscs de passage s’est exécuté, à peu de chose près, contre le vent. »
- Le kinétoscope. — Le kinétoscope, dont on a tant parlé depuis deux ans est enfin réalisé et exposé à Chicago, dans State-Street. 11 constitue le complément du kinétographe, et, disons-le à l'honneur de la vieille Europe, ces deux appareils n’ont pour nous absolument, rien de nouveau, malgré le nom illustre à d’autres titres de leur inventeur, le sorcier de Menlo-Park et d’Orange, Edison, puisqu’il faut l’appeler par son nom. Le kinétographe est un appareil qui permet de prendre rapidement et à intervalles de temps réguliers une série de photogia-phies qui fixent avec précision les diverses phases d’un phénomène. Muybridge, Marey, Amschutz et fonde, pour ne citer que les plus connus, ont fait et font des photographies à grande fréquence. Le kinétoscope est un second appareil qui, recevant les photographies obtenues avec le kinétographe, les fait défiler avec la même rapidité (46 épreuves par seconde) devant l’œil du spectateur, ce qui donne l’impression du mouvement et de la vie. Dans notre enfance, le praxinoscope ou phénakistieope nous produisait déjà, mais plus grossièrement, les memes impressions; mais les appareils construits depuis quelques années par M. Amschutz, de Berlin, ne laissent plus rien à désirer à ce point de vue. Le seul coté intéressant et nouveau de l’invention réside dans le fait que la durée du phénomène ou de la scène qui se déroule sous les yeux du spectateur est de 50 secondes, et qu’il ne faut pas faire défiler moins de 1580 épreuves pour obtenir ce résultat. Une fois de plus, les américains ont fait grand ; au lieu de reproduire indéfiniment le même phénomène, il font défiler sous les yeux du spectateur toute une scène humoristique et amusante. Il n’y manque plus qu’un phonographe et une boîte à musique commandés par le même moteur que le kinétoscope pour compléter l’illusion, et le théâtre aura vécu... en Amérique du moins. E. II.
- Éclair en boule. — Un exemple d’éclair en houle a été observé au bureau de poste d’Oderberg, en Prusse. Le journal Zeitschrift fiir Etcktrotcchnik donne à ce sujet quelques renseignements intéressants. Pendant un violent orage, un poteau télégraphique situé à 500 mètres environ du bureau parut frappé par la foudre. Ace moment, trois employés assis autour de l’une des tables du bureau ont vu, à 0m,20 environ au-dessus de la table, une boule de feu de la grosseur du poing, d’un éclat aveuglant, qui fit immédiatement explosion avec bruit, sans que personne fût atteint. L’un des spectateurs a raconté que la boule était descendue du haut de la salle sur la table et avait rebondi sur celle-ci avant d’éclater à la hauteur indiquée.
- Station centrale «l’énergie électrique si Poitiers. — En 1891, M. A. Bertin avait établi à Poitiers une station centrale pour la distribution de l’énergie électrique qui comprenait deux alternateurs Ferranti à 2400 volts. Les demandes d’éclairage ont été si nombreuses que la puissance de l’usine a dû être.augmentée. On installe actuellement un alternateur Brown, avec machine à vapeur spéciale de 250 chevaux, donnant une différence de potentiel de 2400 volts à la fréquence de 80 périodes par seconde. Une machine spéciale de 50 chevaux permettra de fournir pendant le jour l'énergie consommée par les abonnés.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 11 juin 1894. — Présidence de M. Lœwy.
- La matière verte des phgllies. — M. Brongniart avant eu l’occasion très rare d’être mis en possession d’œufs de phyllics et ayant réussi à les faire éclore, a pu se livrer à une étude spéciale de ces curieux insectes. Les phvllies habitent surtout les Indes et, les îles Seychelles où "elles vivent sur les feuilles des goyaviers. Ce qui caractérise cet animal, c’est précisément sa couleur verte qui l’identifie, pour ainsi dire, avec la feuille sur laquelle il est fixé. La distinction reste très difficile, même au ternie de la croissance ; l’insecte présente alors l’apparence d’une feuille d’arbre posée sur la feuille nourricière. L’illusion est complète. Chose singulière, si une phyllie rencontre une autre phyllie attachée, à la même feuille, elle mange droit devant elle le corps de sa compagne. MM. Becquerel et Brongniart se sont proposé de déterminer la nature de cette matière colorante verte. Est-ce de la chlorophylle? Les auteurs rappellent qu’on a déjà eu l’occasion de constater l’existence de la chlorophylle dans les organes de certains insectes où elle était le résultat d’une invasion d’algues microscopiques. Pour élucider la question, ils ont eu recours à l’analyse spectrale. Ils ont placé un de ces curieux animaux devant la fente d’un spectroscope, puis, en l’éclairant vivement, soit à la lumière solaire, soit au moyen de la lumière deDrunnnond, de manière à le rendre transparent, ils ont obtenu un spectre offrant une large bande noire couvrant la raie B et trois autres bandes d’absorption. Or, une solution de chlorophylle donne un spectre analogue, mais non tout à fait semblable. L’ensemble des raies se trouve repoussé du côté du violet dans le spectre de la chlorophylle. Toutefois, on ne saurait conclure de cette différence qu’il s’agit de deux substances distinctes, car le spectre de la chlorophylle présente des variations sensibles. MM. Becquerel et Brongniart, dans le but de résoudre la difficulté, ont imaginé de comparer le spectre des phvllies, non plus à celui de la chlorophylle, mais à celui d’une feuille vivante examinée dans les mêmes conditions. La ressemblance des spectres a été plus frappante; avec une feuille de lierre, l’identité a été complète. Pour les auteurs, il ne subsiste pas de doute, la matière colorante des phvllies est bien la chlorophylle. Comment cette chlorophylle s’est-elle introduite dans le corps de l’insecte? Ils ne peuvent rien dire sur ce point, mais ils se croient en état d’affirmer qu’elle joue un rôle important dans la vie de l’animal et surtout dans le phénomène de la respiration. M. Gautier observe qu’il a démontré par l’analyse chimique l’existence de plusieurs espèces de chlorophylle, et que par conséquent le spectroscope peut révéler des variations dans Te spectre des substances comprises sous cette dénomination. 11 ajoute que la preuve absolue pourrait être réalisée en utilisant une remarque indiquée par M. d’Arsonval. En effet, ce savant a trouvé dans le spectre de la chlorophylle une raie obscure dans le violet, invisible dans le spectre normal, mais que la photographie décèle avec certitude. Si donc cette vérification est effectuée, il n’y aura plus de doute possible sur la nature de la substance verte des phyllics. Enfin ces animaux empruntent-ils la chlorophylle aux feuilles du goyavier sur lesquelles ils vivent, ou élaborent-ils cette matière? A cette question, MM. Becquerel et Brongniart se bornent à répondre qu’en tous cas les phyllics transforment la chlorophylle du goyavier.
- Médicaments nouveaux. — M. Grimaux décrit les
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- effets physiologiques des hases qu’il a préparées avec M. Arnaud en partant de la Cuprine, hases qui sont constituées comme la quinine. L’essai médical a été tenté par M. le l)r Laborde qui a montré que ces deux alcaloïdes, la quinéthvline et la quinopropyline, sont plus actifs (pie la quinine. Il résulte en outre des expériences d’un médecin en chef de la marine que la quinéthyline est un fébrifuge plus puissant que la quinine et que cette substance coupe la lièvre dans des cas où la quinine avait échoué. La quinopropyline est un antithermique puissant et d’un grand intérêt, qui paraît devoir rendre des services dans le traitement des lièvres continues.
- Un parasite des sauterelles.—M. Kiinckcl d’Iferculais fait connaître une mouche ovipare dont les larves détruisent les pontes des criquets pèlerins en Algérie. 11 décrit les mœurs curieuses de l'Idia lunata qui offre cette particularité de pouvoir s’insinuer dans le sol pour se glisser jusqu’aux œufs des acridiens sur lesquels elle dépose ses propres œufs. Il convient de remarquer combien il est inattendu de rencontrer un diptère pouvant fouir le sol à la façon de certains hyménoptères. Mais les jn use ides ne peuvent pénétrer (pie dans les terres fortes où leurs larves dévorent presque tous les œufs déposés parles acridiens ; elles ne sauraient remuer les terrains sablonneux où les œufs des criquets se développent à l’abri de leurs atteintes. Il résulte de cette importante observation qu’il suftit de surveiller les éclosions d’œufs
- Une ruade. (Fac-similé d'une photographie instantanée.)
- lecteurs, M. le capitaine J.-B. Dumas, actuellement en Tunisie, et qui est un des plus remarquables cavaliers de notre armée, nous a déjà communiqué les photographies des sauts de barrière qu’il sait exécuter quand il est à cheval. Les fac-similés de ces remarquables résultats photographiques ont été publiés il y a deux ans environ1. Notre correspondant nous adresse une nouvelle photographie équestre, instantanée, qui est, à notre avis, la plus étonnante chose (pie l’on puisse voir. Nous en donnons le fac-similé. Elle représente un cheval pendant la ruade. L’attitude est réelle puisqu’elle est enregistrée par la photographie; mais quelle extraordinaire attitude! Aucun peintre n’oserait la reproduire.
- La ruade représentée ci-dessons a été obtenue avec un cheval âgé de 5 ans et demi; c’est un anglo-syrio-barbe de lm60, doué de grands moyens et d’une remarquable conformation. Son caractère est
- rétif, et il emploie avec la plus grande énergie toutes les défenses que son intelligence peut lui suggérer. M. le capitaine Dumas a du faire son dressage; l’énergique cavalier l’a mis en haute école, et le cheval exécute maintenant les airs les plus variés dans un terrain libre. L’animal se renversait au début, son maître l’a exercé à la ruade; l’entraîne-
- enfouis dans les
- sables pour faire échec aux éclosions des criquets pèlerins.
- Élection. — M. Commizaro est élu membre correspondant de la section de chimie.
- Varia. — M. Beau regard a étudié l’appareil auditif des chauves-souris fmgivorcs. — MM. Déliai et Clioav ont effectué des recherches sur les créosotes employées en médecine et donnent la préférence à l'emploi du gaïacol. — M. Isarn, professeur à Clermont-Ferrand, a imaginé un procédé pour conserver l’argenture des miroirs des instruments d’astronomie. Ch. de Villedecil.
- PHOTOGRAPHIE INSTANTANÉE
- d’une ruade
- A plusieurs reprises, nous avons publié la reproduction de photographies instantanées représentant des chevaux sautant des barrières1. Un de nos
- ment obtenu a
- permis d’obtenir à volonté la ruade que représente notre photographie. Celte ruade est d’autant plus curieuse qu’elle est le résultat d’un entraînement progressif, et cet air est exécuté en vue de combattre une tendance du cheval à se renverser.
- On voit encore une fois que la photographie instantanée est bien précieuse pour enregistrer des mouvements que l’œil ne pourrait saisir. Elle a été utilisée déjà bien souvent; M. le capitaine Dumas l'emploie encore pour accompagner la publication d’un Album de haute école d'équitation, qui sera une œuvre remarquable'et qui comprendra 500 planches photographiques. Quand ce grand travail sera paru, nous le signalerons à nos lecteurs. Gaston Tissandier.
- 1 Vov. n° 1015, du 1 2 novembre 1892 p. 570.
- 1 Yoy. V llippialriqite et iEquitation, na 1080, du 10 février 1894, p. 109.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier.
- Paris. — Imprimerie Laliure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1009. — 23 JUIN 1804.
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- LE COMPAS-DIRECTEUR
- La recommandation traditionnelle de ne pas parler à l’homme de barre, que beaucoup de nos lecteurs ont pu voir affichée sur les paquebots, est sur le point de devenir inutile grâce à l’invention toute récente d’un des officiers les plus distingués de notre marine nationale, M. le lieutenant de vaisseau Bersier. Cette invention s’appelle le compas-directeur.
- Le compas-directeur permet, en effet., de supprimer Y homme de barre. C’est la boussole, dans ce
- Fig. 1. — Vue d'ensemble du compas directeur. —AA. Bande de papier sur laquelle s’inscrivent les variations de route du navire. — B. liose du compas. — G. Chevalet en fibrine placé au point nord de la rose. — 1). Cordon circulaire en métal fractionné en segments correspondant aux signaux avertisseurs. — L. Guide cylindrique en ébonite de la bande de papier. — La bobine de Rulnnkorlf fournissant le courant électrique par le conducteur indiqué au bas de la figure est alimentée par un courant d’une intensité moyenne de trois ampères ; le courant induit de cotte bobine arrive au pivot du compas d’où il jaillit sur la chape eu aluminium qui porte le saphir.
- vires avait été souvent posé, car il est séduisant. Ce qui en faisait la difficulté, c’était la nécessité de laisser à la rose, si délicate et si sensible, des nouveaux compas, sa liberté entière tout en utilisant les rotations élémentaires des parois de la cuve par rapport à cette rose, c’est-à-dire les embardées du navire, afin de corriger ces embardées au moyen du gouvernail.
- On ne pouvait donc songer, pour asservir cet organe, à utiliser la force directrice de la rose; en un mot, on ne pouvait toucher à celle-ci. C’est ce qui explique l’insuccès de toutes les tentatives faites jusqu’à présent pour la création de compas avertisseurs, c’est-à-dire de boussoles devant signaler à 12 auttt'f. — î- suuelre.
- système, «/ni actionne directement le gouvernail de façon à maintenir le navire en bonne route.
- Si l’emploi de ce nouvel appareil ne présentait d’autre avantage que la suppression du timonier, le résultat, bien qu'original et curieux, serait relativement peu important. Mais, ce qui fait surtout le mérite de ce nouveau mode « de gouvernement », c’est la grande précision qui en découle grâce à la substitution de l’automatisme le plus absolu à l'action d’un cerveau de brave homme, parfois fatigué ou distrait.
- Le problème de la direction'automatique des na-
- Fig. 2. — Le compas directeur. Détails explicatifs. — A. Bande de papier sur laquelle s’inscrivent les variations de route. — B. liose du compas. — C. Chevalet en fibrine placé au point nord de la rose. — D. Cordon circulaire métallique encastré dans l'ébonite et fractionné en huit segments correspondant aux huit signaux avertisseurs. — L. Pièce en ébonite guidant la bande de papier. — 0. Fente pour l’introduction de la bande de papier. — EE. Laminoir en caoutchouc qui sert à l’introduction de la bande do papier. — I*. Pièce en ébonite à extrémité adoucie pour empêcher l’entraînement du papier lors de la rotation du couvercle-tambour. — V. Vis de réglage.
- distance les écarts du navire. Dans ces instruments, une aiguille aimantée était llanquée de deux but-toirs formant contacts électriques contre lesquels elle venait heurter, en s’affolant, d’ailleurs, la plupart du temps.
- Nos lecteurs savent qu’en principe une boussole marine, ou compas, se compose d’une cuvette, ou boîte cylindrique à couvercle de verre, suspendue à la Cardan dans un massif appelé billot de compas. Au centre du fond de la cuve s’élève une tige qui porte un pivot en iridium. Un disque en papier léger, fendu sur un cerceau d’aluminium, porte huit aiguilles aimantées parallèles. Telle est la rose. Elle pèse tout au plus 25 grammes dans les grands
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- modèles. Son pourtour est gradué en degrés, de O à 90, dans chaque quadrant, à partir des points nord et ouest, d’une part, jusqu’aux points est et ouest de l’autre. A son centre se trouve un saphir qui repose sur la pointe du pivot. La position des aiguilles, en contre-has du disque auquel elles sont reliées par des tils de soie, assure l’horizontalité de la rose. Le faible moment magnétique (pie peut avoir une rose aussi légère empèehe, comme on le voit, do lui faire opérer un effort, quelconque, sous peine de la troubler complètement..
- Dès l’année 1888, M. Rersier avait songé à employer l’étincelle électrique de la bobine de Ruhm-korlf comme trait d’union entre un point de la circonférence de la rose et deux lames semi-circulaires isolées électriquement entre elles et des parois de la cuve qu'elles tapissent. Des études poursuivies successivement sur un torpilleur et sur un grand croiseur furent arrêtées par l’absence, à cette époque, d’une canalisation électrique sur.beaucoup de navires.
- Le fonctionnement de la bobine ne peut, en effet, être pratiquement assuré que par une petite dérivation d’une dynamo à l’exclusion des piles électriq ues.
- Les choses ont maintenant bien changé. Sur tous les navires modernes, on prend aussi facilement
- A
- B
- c
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- Bobine de Ruhmkorff Compas .
- Ferme- circuit.
- Moteur actionnant l'arb du scruo - moteur .
- Fig. 5. — Schéma de l’installation du compas-enregistreur à bord d’un navire.
- quelques ampères sur un conducteur du circuit général que de l’eau à un robinet. Aussi le compas-directeur est-il désormais facile à installer.
- 11 fonctionne de la façon suivante. Dans une chambre située à quelques mètres du meilleur compas du bord, se trouve la bobine de Ruhmkorff alimentée par un courant moyen de 2 à 5 ampères. Le courant induit de cette bobine arrive par un fil souple au pivot du compas d’où il jaillit sur la chape ou capsule en aluminium qui porte le saphir et suit un lil en aluminium formant rayon du point nord de la rose (fig. 1).
- Suivant que le navire est «à droite on à gauche de sa route, le courant jaillit, en étincelle de o centimètres environ, du point nord sur la lame de gauche ou de droite de la cuve, et se rend à quelques mètres de là dans l’un ou l’autre de deux électro-aimants, lesquels ferment le circuit d'un petit moteur de 150 watts pour le faire tourner sur la gauche ou sur la droite. L’arbre de ce moteur est calé sur l’arbre du servo-moteur du gouvernail. On ne fait là
- que remplacer la force musculaire de l’homme de barre, sans rien changer aux organes déjà existants du navire. Cette installation est donc simple et peu coûteuse (fig. o).
- La cuvette de ce compas a été eu expérience pendant deux mois en escadre, et les essais ont parfaitement réussi. L’indifférence absolue de la rose à l’étincelle électrique a été tout particulièrement mise en lumière et l’on a pu, ainsi que le procès-verbal des essais en fait foi, gouverner à une fraction de degré près. Cette indifférence de la rose résulte évidemment, en premier lieu, de ce que le courant induit employé a une intensité intime; il est alternatif. De plus, certaines précautions sont prises en ce qui concerne le jaillissement de l’étincelle. La bobine et les électros sont éloignés du compas. L’expérience montre qu'il suffît qu’ils en soient à 5 mètres au maximum pour obtenir le meilleur résultat. Ainsi le circuit induit à haute tension, et par suite à
- isolement relativement difficile, n’a pas 10 mètres de longueur ; le numéro de la bobine est choisi de façon à parer largement à toutes les déperditions fortuites.
- M. Rersier a fait breveter ce nouvel instrument sous le nom de compas directeur-enregistreur. Lorsque l’appareil est enregistreur, la cuve est plus haute et ses parois sont tapissées d’une bande de papier qui reçoit d’un mécanisme d'horlogerie un mouvement d’ascension de 80 millimètres en quatre heures, laps de temps qui constitue la durée d’un quart (fig.2). L’étincelle électrique perce ce papier dans son trajet du point nord de la rose aux lames. 11 en résulte que toute embardée du navire, quelque brève qu’en ait été la durée, est enregistrée. Ainsi les responsabilités peuvent être établies clairement, à la suite d’un abordage.
- Enfin, la cuvette du compas-directeur munie de six lames, par exemple, au lieu de deux, chacune de ces lames étant en relation avec un tube lumineux de Geissler distinct placé devant l’homme de barre, sert, sous le nom de transmetteur automatique des ordres de route, à gouverner à bras d’un point quelconque du navire avec un compas placé n’importe où. C'est cet instrument qui a été essayé en escadre et dont deux nouveaux exemplaires sont actuellement en construction pour notre marine chez M. Postel-Vinay. La solution de ce problème était très
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- nécessaire, car, sur les nouveaux navires, les compas de route, toujours placés trop près des niasses de 1er, n’ont pas de sensibilité : ils dorment, suivant l’expression technique. L’obligation de gouverner avec le compas étalon placé dans les meilleures conditions possibles s'imposait. 11 fallait trouver le moyen d’en envoyer les indications à distance. L’expérience a prouvé que huit ou six de ces indications étaient plus que suffisantes pour permettre d’opérer tous les changements de route et gouverner avec une précision jusqu’ici inconnue. Un marin seul pouvait pressentir ce point qui est important à cause de la simplification considérable qui en découle. Dès 1888, du reste, M. Bersier faisait gouverner avec quatre signaux seulement donnant, par la rapidité de leur succession, le sentiment précis de la vitesse de rotation du navire. La façon d'opérer les changements de route avec cet instrument est, en vérité, amusante. Une simple rotation donnée avec la main au couvercle du compas, lequel entraîne les lames avec lui, est immédiatement suivie d’une rotation identique du navire. Le bord de ce couvercle est d’ailleurs gradué comme la rose elle-même, et pour tenir une route quelconque, le nord25-Est, par exemple, il suflit de placer dans l’axe du navire, en face d’un index ad hoc, la division 25 comprise entre le Nord et l’Est du couvercle. L’homme de barre vient alors à la nouvelle route sans même s’en douter, en pensant corriger une embardée. L’indication droit en route ou zéro, suivant l’expression réglementaire, ne peut lui être transmise (pie lorsqu’il y a superposition absolue de la graduation du couvercle et de celle de la rose. L’étincelle jaillit alors également sur la première lame de droite et la première lame de gauche : l’embardée la plus minime a pour résultat de ne plus la faire jaillir que sur l’une d’elles. Toute la précision des appareils que nous venons de décrire repose sur la sensibilité de ce signal zéro.
- En résumé, voici les avantages que les grands paquebots, par exemple, doivent retirer de l’emploi de ces nouveaux appareils, (pii peuvent d’ailleurs n’en faire qu’un, la cuve et la bobine étant toujours uniques : grande précision et, par suite, sécurité et économie de la navigation. Actuellement on gouverne à 1 ou 2 degrés près, c'est-à-dire avec un écart latéral de 12 milles pour une journée de 480 milles. Le compas-directeur gouvernant à une fraction de degré, l’écart latéral serait annulé. Les quantités de barre mises étant moindres, la vitesse serait plus grande, la route moins sinueuse; on consommerait donc moins de combustible. Enfin, on gouvernerait avec le meilleur compas du bord, ce qui peut, dans beaucoup de cas, où les compas de route sont défectueux, présenter un avantage considérable. Tout cela est précieux, surtout dans les parages embrumés où les observations astronomiques manquent. A ces avantages il faut ajouter, pour terminer, celui (pie donne une meilleure estime de la route obtenue par l’enregistrement. Max de Nansouty.
- ÉLECTRICITÉ PRATIQUE1
- I.ES INSTALLATIONS INTÉRIEURES D’UNE DISTRIBUTION d’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE
- Les installations électriques intérieures des abonnés sont aujourd’hui fort nombreuses; elles exigent de grandes précautions pour être établies dans les maisons et les appartements. L’expérience acquise pendant ces dernières années, à Paris principalement, a montré quelles étaient les dispositions à préférer.
- Les canalisations intérieures peuvent être faites sous moulures en bois, sous crochets en fer vitrifié, sur isolateurs en porcelaine, ou dans des tuyaux en carton comprimé.
- Les moulures eii bois consistent en des lattes de bois, présentant deux rainures parallèles, dans lesquelles sont logés les conducteurs électriques eux-mêmes isolés. Un couvercle recouvre la partie supérieure. La vue n° 1 de la ligure ci-jointe (p. 52) représente la coupe transversale d’une moulure. Ces lattes de bois peuvent être posées suivant les bordures et se prêter à toutes sortes de décorations. En général, elles ont été imprégnées d’un ignifuge, sulfatées ou même paraffinées pour prévenir tout accident et augmenter la résistance d'isolement. Elles ne doivent pas être posées directement sur des parties de mur humides; pour les fixer, on a soin également de placer dans le mur des tampons de bois sur lesquels la moulure sera clouée. Il faut aussi éviter soigneusement (pie les clous pénétrant dans le mur ne traversent l’isolant, des cables. Ces précautions observées, les moulures en bois donnent de bons résultats.
- Parfois on se contente de prendre des câbles isolés, parallèles, ou roulés en torsades, et de les fixer contre le mur à l’aide de cavaliers en métal. Ces crochets sont quelquefois recouverts d’un émail protecteur isolant. Mais ce dernier tombe souvent ; dans ces circonstances, le métal s’appuie directement sur les câbles. Nous recommandons d’intercaler entre les cables et les cavaliers une petite bande de caoutchouc ou de tout autre isolant, comme le montre le n° G de notre ligure.
- Nous devons encore signaler les isolateurs en porcelaine qui sont posés sur les murs et qui maintiennent les câbles à une faible distance. Ces appareils donnent de grandes résistances d’isolement et conviennent surtout pour les endroits humides. Mais leur emploi est souvent difficile dans les appartements, où il faut aussi respecter l’élégance. Dernièrement, la compagnie Bergmann, à Berlin, a fabriqué des tuyaux en carton comprimé, que l’on place directement dans les murs, et qui communiquent de distance en distance à des commutateurs d’un accès facile. Ces tuyaux sont installés pendant la construction de la maison, et il suffit ensuite de placer les câbles à l’aide d’un ruban-ressort. Le n° 5
- 1 Voy. n° 1090, du 21 avril 1894, p. 531.
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- do notre dessin, ligure l'installation dans le mur d’un tuyau de ce genre; on voit en même temps une boîte de dérivation à plusieurs directions.
- De grandes précautions doivent être prises dans l'installation des canalisations électriques à l’intérieur des appartements, surtout dans les grandes villes où se rencontrent à chaque instant les canalisations d’eau, de gaz, d’air comprimé, etc. (les dernières canalisations étant métalliques peuvent, en effet, créer des terres, ou faire communiquer entre eux les deux (ils électriques et amener des courts-circuits. Ces communications peuvent aussi être établies en deux points différents d’un ou de plu-
- sieurs réseaux électriques par les tuyaux métalliques de gaz ou d’eau. Pour éviter ces inconvénients, le moyen le plus simple est de placer distinctement toutes les canalisations parallèles les unes aux autres en évitant les points de contact. Mais il peut être nécessaire bien souvent de taire passer les câbles électriques sur les tuyaux à gaz. Si la canalisation est sous moulures, il suffit de faire un pont. (n° 4); si les cables sont isolés simplement, on peut les enfermer dans un tuyau de caoutchouc, et interposer une plaque de substance isolante ; on peut voir un modèle de cette seconde disposition dans le dessin n° 4. Pour le passage des câbles
- Dispositions relatives aux canalisations électriques intérieures. — 1. Canalisations sous moulure en bois. —2. Passage de câbles dans un mur. — 5. Tubes Rergmann en carton comprimé. — 4. Passage d’une moulure en bois sur un tuyau à gaz et passage direct de câbles. — b. Lustre mixte â gaz et à électricité avec raccord isolant. — 6. Canalisations sous cavaliers en fer.
- à travers un mur (n°2), on aura soin do placer dans le mur un tuyau métallique qui assurera une bonne protection mécanique. On passera ensuite les deux câbles, chacun dans un tube de caoutchouc, en faisant déborder ce dernier des deux cotés.
- 11 convient également d’examiner la question des appareils destinés à supporter les appareils électriques. Dans un grand nombre d’installations, on a utilisé les lustres à gaz pour maintenir également les lampes électriques. La canalisation électrique est par suite posée sur le lustre et se trouve en communication avec le réseau à gaz. On peut éviter ce contact en adaptant aux lustres des raccords isolants. Ceux-ci sont formés (il0 â) d’une plaque isolante d’une certaine épaisseur A, avec des contours variés
- formant rosace. Au centre est un conduit cylindrique relié par la partie supérieure au tuyau de gaz, et au lustre par la partie inférieure. Le gaz peut circuler et arriver aux becs du lustre; mais celui-ci n’est plus en communication métallique avec la canalisation de gaz. Si le lustre est maintenu par des crochets s\jr les côtés, on peut se contenter de relier le tuyau de gaz au lustre par un tuyau ordinaire de caoutchouc.
- Comme on le voit, les quelques dispositions que nous venons d’étudier sont faciles à établir; elles sont des pins importantes pour assurer le bon fonctionnement des services électriques.
- J. Laffargue.
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- LE LUCANE DU CHILI
- Los Lucanides forment dans l’ordre dos Coléoptères un groupe des plus intéressants et des plus remarquables, aussi bien par leurs formes et leurs dimensions que par les éclatantes couleurs dont ils sont revêtus; les espèces asiatiques, américaines et australiennes peuvent rivaliser avec les plus beaux insectes, et nos espèces indigènes, plus simples, plus modestes, n’en présentent pas moins l'aspect étrange, bizarre, commun à tous les Lucanides.
- Pendant fort longtemps, ils lurent réunis aux Searabéides, mais l’examen des antennes fournit à
- plusieurs entomologistes l'idée de les en séparer complètement; c’est qu’en effet une différence très marquée, se. présente : chez les Cétonidcs, Mélolon-tliides et Searabéides, les derniers articles lamellés des antennes sont mobiles de la même manière que les feuilles d'un livre, tandis que chez les Lucanides, ces mêmes articles sont fixes et disposés de la même façon que les dents d’un peigne. De plus, de llaan, examinant les larves de Searabéides et de Lucanides presque semblables d’aspect, constata des différences caractéristiques, notamment la position de l'orilice anal. Enfin, plus tard, l’étude du système nerveux, très centralisé chez les Searabéides, démontra l'existence de ganglions abdominaux. Les Lucanides lor-
- Combat de Lucanides (Chiasognathus Grantii).
- nièrent, avec les Passalides, un groupe distinct désigné sous le nom de Pectinicornes, nom faisant allusion à la disposition spéciale des antennes.
- L’espèce la plus connue, et qui est considérée comme le type de cette famille, appartient à la faune de notre pays. C’est le Lucanus cervm dont le mâle fut désigné par Geoffroy sous le nom de grand Cerf-Volant et la femelle sous celui de Grande Biche.
- Le nom de Lucanus remonte à une haute antiquité. D'après Pline, c’est Nigidius Figulus qui lé donna à la grande espèce de nos pays; d’un autre côté, Erichson pense que ce nom vient de Lucus, bois sacré, l’insecte habitant principalement les grandes forêts. D’après Mulsant, il est tiré de l’abondance de ces insectes en Lucanie, ou bien de l’analogie que présentent leurs mandibules avec les cornes des
- bœufs qui faisaient la richesse de cette contrée : le mot Lucanus reviendrait alors à celui de Tanrus volans, sous lequel plusieurs entomologistes ont désigné le Lucanus cervus.
- Le Lucane de notre pays a fait les délices de nombreux bambins, et sous ce rapport son succès a dépassé de beaucoup celui du hanneton ; mais cette espèce si commune autrefois devient de plus en plus rare, et maintenant, la découverte d’un individu doit être considérée par les enfants comme une véritable aubaine.
- Les spécimens de Lucanus cervus présentent des différences énormes au point de vue de la taille. La longueur peut varier entre o() et 80 millimètres (mandibules comprises) et l’on s’imagine facilement que, dans certains cas, des entomologistes
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- aient cru trouver des espèces nouvelles; mais, lorsqu'on possède un grand nombre de sujets, tous les passages se constatent ; ces espèces ne sont en réalité que des variétés, — variétés dues à des différences dans l’alimentation et l’habitat.
- Notre espèce indigène ne peut être comparée au Chiasognathus Grantii qui appartient à la faune chilienne. Les couleurs les plus brillantes, les pins éclatantes, font de cet insecte un animal des plus beaux; le bleu, le brun, le rose, le violet, le vert se confondent, se mélangent, pour produire ces éclats de couleurs, ces reflets métalliques, ces chatoiements incomparables dont la nature s’est plu à parer les êtres les plus petits, et qui font croire à une préparation spéciale de la part des collectionneurs.
- Le Chiasognathus Grantii présente des particularités remarquables. L’une des plus curieuses est cette division de l’organe de la vision par le bord latéral de la tète de manière à figurer, en quelque sorte, deux yeux de chaque côté, un œil supérieur et un œil inférieur.
- Cette disposition de l'organe visuel n’est pas particulière à l’insecte dont nous nous occupons; elle se retrouve encore chez d’autres et est une adaptation à leur manière de vivre ; c’est ainsi que les gyrins, insectes aquatiques, présentent également cette division qui leur, permet, lorsqu’ils nagent en tourbillonnant à la surface des étangs ou des mares, de chasser dans l’air et dans l’eau les insectes dont ils font leur proie et aussi d’apercevoir leurs ennemis et de leur échapper, soit en exécutant un plongeon, soit en prenant leur vol.
- Les différences sexuelles chez bien des êtres sont grandes, mais dans toute la famille des Lucanides, elles sont des plus prononcées et il existe peu de groupes où la femelle et le male soient si dissemblables.
- C’est à tel point que l’on est souvent tenté de réunir dans les collections des mâles et des femelles d’espèces très diff érentes ; et ce n’est que par une connaissance approfondie des caractères et l’examen de nombreux individus qu’il est possible d’éviter des erreurs. Lc Chiasognathus Grantii suit la règle générale. C’est ainsi que chez le mâle les antennes se composent de onze articles dont le premier, très large, possède à son extrémité une touffe de poils. La massue se compose des six derniers articles qui se prolongent extérieurement en forme de dents, tandis que chez la femelle les antennes sont moins longues et n’ont pas la touffe de poils à l’extrémité du premier article.
- De même, les tibias des mâles sont très allongés, étroits et filiformes, avec deux rangées de dents aiguës. La femelle a les mêmes pièces triangulaires et pourvues à leur extrémité de deux ou trois grosses dents beaucoup plus développées.
- Mais où les différences sexuelles atteignent le degré le plus élevé, c’est certainement dans la tète. Le mâle, tout d’abord, présente un aspect guerrier, un air des plus belliqueux par suite du développe-
- ment exagéré, disproportionné, de ses mandibules. Ces pièces qui chez les insectes servent* ordinairement à entamer, à couper, à triturer les matières devant leur servir de nourriture, ne jouent plus ici le même rôle. Leur longueur dépasse celle du corps. L’exemplaire que nous avons sons les yeux a 80 millimètres de longueur (mandibules comprises), et les mandibules ont près de 45 millimètres. Elles sont arquées de haut en bas à leur base, puis de dehors en dedans, très pointues au bout où elles se croisent en X à l’état de repos. Leur partie interne présente! une série de dents aiguës dont les deux dernières sont [dus fortes ; elles sont armées en dessous et à la base d’un appendice long et légèrement arqué.
- Les mandibules de la femelle ne présentent pas un développement aussi exagéré, car elles n’ont guère que 5 millimètres de longueur. Elles sont droites, unies à leur sommet et présentent à leur base deux grosses dents légèrement éebanerées.
- Le rôle des mandibules des mâles a été et est encore fort discuté. Darwin, dans son travail sur la sélection sexuelle, les range parmi les caractères sexuels secondaires, et les considère comme des ornements analogues aux cornes céphaliques, thoraciques, si curieuses de formes, des lamellicornes et autres insectes.
- Ces mandibules jouent aussi un rôle assez actif dans les combats que se livrent les mâles. La plupart des auteurs ont constaté que ces combats avaient ordinairement peu de conséquences fâcheuses chez notre Lucane indigène. Les combattants s’avancaient, mandibules ouvertes, se’saisissaient mutuellement, le plus fort soulevant l’autre, mais, au bout de quelque temps de ce manège, le plus faible finissait par se retirer tranquillement, laissant son adversaire plus heureux maître du champ de bataille. Il n’en est pas de même chez le Chiasognathc où ces combats sont beaucoup plus sérieux. Ce ne sont plus des luttes presque courtoises, des tournois que se livrent ces nouveaux paladins de l’Amérique, mais de véritables batailles. Leur fureur est extrême et se manifeste par l’acharnement qu’ils montrent. Et très souvent, le champ de bataille est couvert, de débris de pattes, de mandibules, qui indiquent l’ardeur, la ténacité et l’animosité des adversaires.
- Si ces appendices sont utiles pour les combats, ils ont aussi des inconvénients. Un célèbre entomologiste anglais, Westwood, en signala un relativement à leur alimentation. Tous les Lucanes se nourrissent ordinairement des liqueurs ou sues qui suintent des crevasses des arbres dans lesquels ils se sont métamorphosés, liquides qu’ils recueillent au moyen dec mâchoires et de la lèvre inférieure abaissée. On a bien constaté qu’ils suçaient parfois quelque proie animale; mais il ne faut voir dans ce cas qu’une sorte d’aberration se rencontrant assez fréquemment chez les Coléoptères. Si l’on considère la forme des mandibules du Chiasognathus Grantii et surtout
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- leur extrémité recourbée, on peut parfaitement se demander, avec l’auteur que nous venons de citer, comment l’insecte peut arriver à prendre sa nourriture. Cette objection fut réfutée d’une manière bien simple par Lacordaire dans son histoire naturelle des insectes. Cet entomologiste lit observer avec juste raison que le Chiasognathe n’avait qu’à écarter ses mandibules assez largement pour que la feuille ou la branche put passer entre elles, et alors il se trouvait dans la même situation que tous les autres Lucanes. Il faut toutefois supposer cette feuille ou cette branche de petites dimensions, et il doit arriver certainement que l’animal passe à côté d’un bon repas sans pouvoir y prendre part. Ce supplice de Tantale doit être fort dur pour notre pauvre Lucane, et il faut le plaindre d’être victime de la richesse des ornements que la nature lui a octroyés avec une trop grande libéralité.
- Contrairement au Lucanus cervus dont le vol est lourd, le Chiasognathus Grant U vole avec une élégance et une facilité que son aspect est loin de laisser soupçonner. Son existence se passe dans les forêts, sur les troncs des arbres où on le rencontre parfois en assez grande abondance ; les arbustes résineux, les araucarias, sont ses lieux de prédilection. C’est sur ces troncs d’arbres, ou dans leur voisinage, que se livrent ces grandes luttes dont nous avons parlé et ([ue représente la gravure qui accompagne cet article (p. 55). Le combat ne fait que commencer, et la femelle, se tenant hors de portée des coups, attend patiemment que les adversaires aient vidé leur querelle.
- Le Chiasognathus Grantii se trouve dans les provinces méridionales du Chili. Le premier fut capturé dans l’île de Chiloé, qui n’est séparée de la terre principale que par un étroit canal; ensuite, on le prit dans la province de Valdivia.
- Depuis sa description, on a découvert d’autres espèces du même genre; l’une d’elles, décrite par Reiche, sous le nom de Chiasognathus Jousselini, et qui provient également du Chili, a donné lieu à une communication très intéressante au point de vue de la classification. L’auteur s’est demandé si cet insecte était un Chiasognathus ou bien un Spheno-gnathus, genre voisin. Certains caractères de cette espèce appartiennent aux deux, et l’auteur a hésité à lui assigner une place exacte. Cependant comme le faciès était celui des Chiasognathus peu développés, il l’a rangé parmi ces derniers tout en concluant à la réunion des deux genres.
- Paul Tertrin et Edmond Rordage.
- L\ CULTURE DE L’HUITRE
- DANS LE RASSIX d’aRCACHOX 1
- L'huître est un mollusque du genre d’acéphales à coquille bivalve comprenant plusieurs espèces.
- 1 Yov. Ostréiculture en Chine, n° 71, du 10 octobre 1874,
- p. 208)
- Celle qui nous occupe, l’huître de consommation courante, connue de tout le monde, se distingue des autres espèces par une coquille de structure foliacée.
- Comme beaucoup d’autres habitants de la mer, l'huître produit énormément. Les œufs ou naissain s’attachent quelque part, à la roche ou aux racines, et c’est dans cette position que l’individu croît et demeure. Il arrive fréquemment que le point d’atlache fait défaut; dans ce cas les jeunes huîtres s'attachent les unes aux autres et forment de véritables bancs.
- Les plus renommés en France ont été ceux de Cancale et d’Arcachon. Ces bancs atteignent parfois des proportions considérables; on en cite un qui était placé sur les côtes d’Irlande et qui donna pendant plusieurs années du travail à 2000 pêcheurs. Malheureusement les bancs, fussent-ils plus importants, ne tardent pas à s’épuiser et là où l’industrie de la pêche fut prospère un moment, il ne reste plus rien. Cet état de choses a donné lieu, grâce à l’expérience, à la culture de l’huître.
- Le premier ostréiculteur connu est un maçon de l’île de Ré, qui, comme beaucoup d’inventeurs,bénéficia du hasard. Voulant établir un parc pour engraisser les jeunes huîtres, contrairement aux gens du pays, qui clôturaient l'espace réservé avec des fascines, étant maçon, il fit des murs en pierre revêtus d’un enduit en mortier. Au moment choisi pour le parcage, il se disposait à aller chercher les jeunes élèves en Rrc-tagne lorsqu’il s’aperçut que les murs setaient couverts de naissain.
- Un célèbre pisciculteur, M. Coste, établissait en même temps, dans la baie de Quimper, un élevage d’huîtres sur des données recueillies en Italie. II y a plusieurs systèmes mis en œuvre pour capter le naissain; nous ne parlerons que de celui qui est mis en usage dans le bassin d’Arcachon sous le nom de toit collecteur. Disons, du reste, que ce système tend à se généraliser partout.
- Le bassin d’Arcachon (Gironde) est formé par un refoulement des dunes de sable qui n’a laissé qu’un étroit canal par lequel il communique avec l’océan Atlantique1. Une île centrale, dite des Oiseaux, occupe à peu près le milieu du bassin et ne découvre qu’à marée basse. C’est dans cette île, ainsi que sur la côte occidentale, que sont établis les divers parcs à huîtres. Le bassin est composé en partie de hauts fonds qui affleurent presque à la basse mer, il est coupé par des chenaux plus profonds formés par des cours d’eaux tributaires. La plus grande profondeur est devant Arcachon, elle atteint jusqu’à 15 mètres. Pour naviguer dans les chenaux, les pêcheurs et par-queurs se servent de bateaux très légers, longs de 8 mètres, appelés dans le pays pinasses (fig. 5, n° 1).
- Dès le 15 juin de chaque année, les ouvriers disposent sur les bords des chenaux, dans la zone autorisée, et dans une concession particulière qui n’est accordée qu’aux inscrits maritimes, des châssis en bois de 2 mètres de longueur sur 60 centimètres de
- 1 Voy. Les huîtres d’Arcachon, n° 850, du 26 octobre 1889, p. 551.
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- LA NATURE.
- hauteur et 50 de largeur. Dans ces châssis on édifie trois, et formant onze épaisseurs d’où le nom de quatre piles de tuiles à couvertures par assises de toit collecteur. Ces tuiles ont été préalablement
- Fig. 1. — Parqucuse d'huîtres avec ses bottes. Fig. 2. — Parqueusc d’huîtres avec ses patins à vase.
- (D’après une photographie.) (D'après une photographie.)
- lavées et trempées dans un mortier de sable et de chaux grasse éteinte. Notre figure 5 (n° 2) montre une des piles de tuiles dont nous venons de parler.
- Au bout de huit à dix jours, les naissains ou petites huîtres qui sont promenées dans le bassin par les mouvements du flux et du reflux, se sont fixées sur les tuiles, et les recouvrent presque complètement.
- A partir du 1<>r août, les piles de tuiles sont relevées et lavées grande eau sans que le naissain s’en détache; c’est une toilette nécessaire qui assurera aux élèves un grossissement plus rapide. Quatre mois après, en novembre, l’huître a déjà atteint la grosseur d’un centimètre de diamètre. C’est le moment de commencer l’opération du délrocage qui consiste à déta-
- cher le naissain des tuiles, pour qu’il puisse se développer davantage.
- Le naissain détaché, est mis en parc. Un parc consiste en un carré long délimité par des fascines plan-tées debout. Après le détro-cage, les huîtres sont placées dans des caisses ostréo-philes appelées dans le pays ambulances (tig. 5). Ces caisses sont formées d’un châssis de 2 mètres de longueur sur 1 mètre de largeur et 20 centimètres de hauteur ; le fond est constitué par un grillage en fil de fer goudronné. Ces châssis sont maintenus horizontalement par quatre piquets à 50 centimètres du sol. Un châssis identique, mais renversé, sert de couverture. On forme ainsi de petites réserves capables de contenir 5000 sujets. Les pois-
- Fig. 5. — I’inassc et tuiles pour les huîtres.
- K° 1. Modèle de pinasse. — N° 2. Disposition des tuiles dans les châssis.
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- sons et les crabes sont très friands des huîtres, c’est ces deux ennemis qui sans cela ne tarderaient pas à au moyen des ambulances qu’on les préserve contre les détruire pendant qu’elles sont encore jeunes.
- Fig. 4. — Parqueurs d’huîtres dans le bassin d'Arcachon. (D’après une photographie.)
- Fig. 5. — Vue générale d’un parc aux huîtres dans le bassin d’Arcachon. — A, A. Ambulances ou caisses ostréophiles.
- (D’après une photographie.)
- Plus tard, lorsque la coquille a acquis une certaine dur, té, ces destructeurs sont beaucoup moins à craindre. Un peut donc, au bout d’un an, retirer les élèves des caisses ostréophiles et les déposer sur le sol
- des carrés. Pour effrayer les poissons, on fiche en terre des lattes ilexibles qui, agitées par le courant, remplissent assez bien ce but.
- Chaque carré peut recevoir \ 50 000 huîtres envi-
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- ron. Pendant l’hiver qui suit, elles atteignent un diamètre de 3 centimètres en moyenne, et, au mois de mars, elles peuvent être transportées. C’est le moment de les relever et de les mettre en caisses ou en paniers pour être expe'die'es, soit à Marennes, soit dans d’autres endroits, où elles pourront acquérir des qualités de goût et de couleur afférentes à chaque pays. A Marennes,les huîtres acquièrent un goût exquis et une couleur verdâtre très recherchée des amateurs. On vend également l’huître d’Arcachon pour la consommation directe, mais les parqueurs ont plus de bénéfice à s’en défaire pendant qu’elle est jeune.
- A Paris, la consommation des huîtres de toute provenance est énorme, elle atteint jusqu’à 152 millions de sujets.
- La visite des pares est une des choses les plus intéressantes qu’il soit. Les travailleurs, hommes et femmes, portent presque le même costume ; une de nos gravures en donne une idée suffisante pour nous dispenser de toute description (fig. 4); ia figure 1 représente la parqueuse d’huîtres munie de ses hottes ; les parqueuses se chaussent aussi avec de larges patins en bois sans lesquels il serait impossible de se maintenir sur les bancs de vase (fig. 2).
- Au cours de notre étude, nous étions accompagné par M. Louis Brouchet, parqueur à Gujan Mestras, qui nous a montré toute l’installation en détail avec une amabilité dont ncîüs tenons à le remercier.
- A. Gastox Corme.
- UNE PLANTE FOURRAGÈRE
- I.A GESSE DES ROIS
- La Gesse des bois (Lnthyrus sylveslris), dont on ne trouve pas trace dans les anciens traités d’agriculture et que l’on considérait jusqu’alors comme une plante d’un intérêt purement botanique, est aujourd’hui tout à fait à l'ordre du jour comme plante fourragère. ÎS’y avait-on pas pensé ou craignait-on que comme pour la Jarosse (Lathyrus cirera), les graines fussent dangereuses pour le bétail et l’homme lui-même 1 ?
- Quoi qu’il en soit, c’est de l’Allemagne que vient la notoriété de la Gesse, des bois et le nom d’un agronome, Wagner, est désormais lié à cette plante, laquelle aurait appelé son attention dès 1863. Mais ce ne serait qu’après des tentatives d’amélioration de la plante sauvage -, laborieusement poursuivies pendant près de quinze années par son auteur, que la presse aurait lancé le Lathyrus de Wagner. Des essais sont mentionnés comme ayant été faits en plusieurs points de l’Allemagne, de l’Autriche, du Danemark, en Russie et même jusque dans l’Afrique
- 1 Les accidents causes par les graines de Jarosse, et qui ont pris le nom de Lathyrisme, ont été trop fréquents et souvent ignorés. La farine de ces graines, quand on l’associe parfois à celle de froment pour faire le pain, donne de la paralysie chronique à ceux qui en mangent fréquemment, quand l’issue n'est pas fatale. Ce principe actif est contenu aussi dans quelques autres plantes du même genre.
- - Le Lathyrus à l'état sauvage contient une matière amère appelée tient ianine qui donnerait des coliques aux animaux qui le consomment, princier qui disparaîtrait dans la plante améliorée.
- australe avec succès. Il s’est monté à Munich un établissement qui a pris pour titre : « Société Lathyrus » ; ce qui indiquerait qu’il a centralisé le commerce des produits de ce végétal.
- Les mérites du Lathyrus sont loués dans les rapports allemands, d’une façon peut-être un peu enthousiaste. On s’appuie surtout sur les avantages d’un fourrage vivace, supérieur à la Luzerne, susceptible de se maintenir cinquante ans sur le même sol, sans fumier, produisant des racines qui peuvent pénétrer à plusieurs mètres de profondeur dans les terrains les plus pauvres et, finalement, pouvant donner 10 à J 2 000 kilogrammes de foin sec par hectare, c’est-à-dire plus que la Luzerne dans les meilleures conditions.
- Gomme en agriculture l’expérience est un grand maître, on fera bien de ne pas s’engager à fond, sans exemples dûment constatés.
- Beaucoup de journaux politiques ou agricoles de province, en France, ont entretenu leurs lecteurs, d’après les publications allemandes, de la Gesse de Wagner, mais les journaux agricoles importants n’en ont guère parlé, si ce n’est avec la plus grande réserve.
- Des expériences se font sans bruit, et un article dicté par la prudence d’un homme de tact, dans le Journal d’agriculture pratique du "20 mars demie}-, répond sagement aux questions faites de toutes parts sur le Lathyrus sylvestris.
- Des graines de la Gesse améliorée de Wagner ont été mises en culture dès l’année 1890, aux champs d’expériences de la Station d’essais à Joinville-le-Pont, par M. I jéon Busvard, qui suit la plante comparativement avec des Légumineuses déjà acceptées en agriculture.
- Bien que les résultats obtenus ne soient pas à leur complète maturité, M. Bussard peut déjà avancer que « la Gesse des'bois lui paraît une plante intéressante. Elle ne donne pas sans doute les rendements très élevés qu’indiquent certains auteurs, mais sa longue durée, sa rusticité, son peu d’exigence sous le rapport de la fertilité du sol, sont des qualités qui méritent d’étre prises en considération. » Gela est déjà très encourageant pour en essayer l’introduction. M. Bussard s’étend assez longuement sur les procédés de culture de la plante, la germination un peu capricieuse des graines, les moyens d’y remédier, leur récolte; mais, comme chiffre de rendement, le prudent expérimentateur n’en dit encore rien. 11 engage toutefois à entreprendre la culture de la Gesse des bois dès maintenant sur une petite étendue,
- 11 n’est pas fait mention dans les documents que j’ai sous les yeux de l’innocuité ou de la nocivité des graines de ce Lathyrus, mais au demeurant, comme c’est au foin que l’on s’adresse et non aux graines mûres, celles-ci sont généralement éliminées du fourrage.
- Il va de soi qu’un végétal dont on parle tant augmente de prix avec l’abondance des demandes; aussi le prix de la graine suit-il des fluctuations inévitables, et qu’on ne peut prévoir, d’autant plus qu’on pourrait bien, par désir du gain, en place de la Gesse améliorée, vendre de la Gesse sauvage, ce qui ne remplirait pas le meme but.
- Le prix de la graine authentique atteignait ces derniers temps, à la maison Vilmorin Andrieux et Gie, aux environs de 30 francs le kilogramme, valeur qui n’est pas excessive pour une plante d’essai, et dont on se dispute la possession comme toute nouveauté autour de laquelle on a fait de la réelame.
- On peut aussi se procurer du plant, et c’est un procédé de propagation de certaines maisons allemandes. Toutefois,
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- il faut tenir compte de cette considération qui est signalée dans tous les rapports sur la culture du Lathyrus sylves-Iris Wayneri, c’est que pendant la première année et jusqu’à la seconde, la jeune plante a quelque peine à s’établir, et qu’il lui faut des binages fréquents et des soins de culture appropriés à son tempéiament, pour lui faire franchir une période de jeunesse un peu délicate. C’est pourquoi le semis pourrait être préféré au jeune plant, si celui-ci devait fatiguer par un transport un peu prolongé, danger qui serait écarté si la distance était courti' et la transplantation intelligemment faite.
- J. Poisson.
- LES SALINES NATURELLES
- DE MADAGASCAR
- Pans toute l’Afrique, le commerce du sel constitue un trafic des plus importants; les Anglais en profitent et savent importer des barres de sel qui se vendent bien ; on comprend par suite que nous trouverions un marché facile pour le sel que nous saurions produire à Madagascar. La grande île possède des salines naturelles qui peuvent donner d’abondantes récoltes sous ce climat si sec ; nous pouvons fournir quelques renseignements précis sur certaines salines de la côte ouest; nous les tenons de M. Perrier, qui a vécu longtemps à Madagascar.
- Il en existe une notamment près du petit village d’An-dranompasv, dans la baie d’Ampasilava, près des embouchures du fleuve Mangoka ou Saint-Vincent; à une heure dans le nord-est de ce village, on arrive sur le bord d’une lagune desséchée, sauf pendant l’hivernage, de novembre à mars. Le fond de la lagune a 1 kilomètre de large; le terrain prend un aspect blanchâtre, on dirait qu’il est recouvert d’une légère couche de givre; les traces des pas d’animaux dans la terre argileuse contiennent de l’eau qui semble porter à la surface une mince couche de glace ; de même les feuilles tombées paraissent blanchies de givre, en dépit du soleil. Tout cela n’est qu’une illusion : c’est le commencement des salines. Si l’on continue plus loin, on débouche dans une plaine au fond de laquelle se montre une nappe d’eau bleu foncé; le sol paraît blanc de neige, et plus loin c’est blanc comme une rivière gelée. C’est la grande saline; les particules salines parsèment le sable, de plus en plus nombreuses ; enfin l’on trouve recouvert d’une masse de sel ce qui semblait une rivière gelée. La saline proprement dite doit avoir 500 mètres de long sur 50 à 50 mètres de large : la couche de sel plus ou moins pur a de G à 15 centimètres d’épaisseur, épaisseur et pureté augmentant à mesure que l’on se rapproche du milieu de la bande; mais au milieu même, sous 4 centimètres de sel, se trouve une eau limpide profonde de 15 centimètres environ. Le sel y est particulièrement blanc.
- Tout autour du bassin, le sel est abondant dans le sol, il se montre sous la forme de nodosités très dures et épaisses; la bande de terrain qui les présente est appelée (et fort logiquement comme nous allons le voir) par les indigènes, Mère du sel. En effet, quand il pleut, l’eau s’écoule vers le bassin ; mais, comme la pente est très faible, elle ne passe que lentement sur la couche de sel, elle en dissout une partie : elle arrive ainsi avec une forte teneur en sel au centre du bassin. Le soleil et les brises de l’ouest, qui soufflent journellement, à partir d’avril, activent considérablement l’évaporation, l’eau se sature et bientôt ufle épaisse couche de sel se forme à sa surface. Celte couche enlevée, une deuxième se forme,
- et ainsi de suite jusqu’à épuisement de la couche d’eau.
- M. Perrier estime que la formation de la saline est due à un soulèvement du sous-sol, l’extrémité sud de la lagune, encore couverte d’eau, communiquant avec la mer aux grandes marées. L’eau de mer qui était dans la cuvette n’a pu être absorbée par la vase argileuse : elle s’est évaporée lentement en formant les nodosités salines de la Mère du sel.
- La saline en question produit environ 150 000 kilogrammes, consommés en partie par les indigènes; des traitants sont établis sur les lieux pour fabriquer des salaisons de bœuf destinées à l’exportation. A 50 lieues environ dans le sud, il existe une autre saline de ce genre, près d’un village appelé Lamboarano. Le climat de ce pays étant très favorable à la production du sel (sous l’influence du vent et du soleil), il y aurait là matière à des exploitations productives. Daniel Bkllet.
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- UN CAS DE MONSTRUOSITÉ
- CHEZ LA TORTUE CARET
- La Ménagerie des reptiles du Muséum d’histoire naturelle vient de perdre l’un de ses plus intéressants pensionnaires, dont l'acquisition était toute récente. Il s’agit d’une jeune tortue caret ou tortue à écaille (Chelone imbricala, Linné), capturée dans l’océan Atlantique; au large de Bordeaux et qui, par suite d’une déformation singulière* de la carapace, présentait un aspect des plus étranges, celui d’une véritable monstruosité, ainsi qu’on peut en juger d’après la gravure ci-jointe.
- La partie dorsale dé Ta carapace, ou dossière, au lieu d’alfecter la forme ordinaire d’un toit convexe parcouru par une arête médiane, est profondément excavée dans ses trois quarts postérieurs, en même temps que ses bords se ror1 vent et se renversent en dedans, sans cependant que la symétrie par rapport au plan médian en ait été altérée. Il semble que la dossière ait subi, de l’extérieur vers l’intérieur, une forte- poussée qui en a changé les courbures, de manière que la face externe, qui était convexe, est devenue concave, et réciproquement, l’interne est devenue convexe. La dossière a normalement la forme d’un toit : elle a pris celle d’une cuvette. La colonne vertébrale qui, comme on le sait, fait corps avec la carapace, a suivi la courbure de cette dernière, et en son point le plus saillant, elle arrive presque en contact avec le plastron. X ce niveau, la cavité abdominale était tellement étroite sur la ligne médiane, que l’intestin, ne pouvant s’y loger, était rejeté sur les côtés. Ratatinées et rabougries, les écailles dorsales ont perdu leur aspect corné et pris une apparence fibreuse; mais les autres parties externes sont régulièrement conformées, et notre jeune Chélonée nageait avec aisance dans son bassin, en exécutant avec les membres antérieurs des mouvements ayant une grande analogie avec des battements d’ailes.
- Elle mesurait 25 centimètres, du bord antérieur au bord postérieur de la carapace, et, 20 centimètres d’un bord latéral à l’autre, au point le plus large;
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- elle avait donc déjà acquis une certaine taille et n’était [dus exposée aux dangers du premier âge. Elle aurait sans doute continué à croître dans son élément naturel, l'Océan; mais astreinte à vivre dans un autre milieu, elle eut le sort de toutes les tortues de cette espèce qui ont jusqu’ici vécu à la Ménagerie et, ce qui était prévu, mourut au bout de quinze jours. 11 est à remarquer, en effet, que les tortues marines, tout en respirant l’air en nature, ne paraissent pas pouvoir vivre en captivité dans l’eau douce. A l’intluence de milieu se joint évidemment aussi celle de régime, très varié dans un cas, uni forme et peut-être mal approprié aux besoins des animaux dans l’autre, où il se réduit nécessairement à de la viande l'raîcbe.
- La singulière anomalie dont nous venons très
- brièvement d’essayer de donner une idée n’est pas particulière au Caret, et la Ménagerie des reptiles du Muséum possède actuellement deux spécimens d'une tortue d’eau douce, la Cistude d’Europe ou tortue bourbeuse (Cistudo orbicularis, Linné), chez lesquels on l'observe également.,.quoique à un degré beaucoup moindre, puisqu’elle se réduit ici au renversement, en haut et en dedans, des bords de la carapace, sans aucun changement dans la convexité de la dossière, ni altération des écailles. Ces deux spécimens, qui sont peu éloignés de l’état adulte, et <pii proviennent d'un étang des environs de Aligné, dans le département de l’Indre, vivent à la Ménagerie depuis plus d'un an, et paraissent jouir d'une excellente santé. Ils ont été offerts au Muséum par le II1' R. Blanchard, qui les a fait connaître dans
- Tortue Caret monstrueuse ayant vécu auJMuséum d’histoire naturelle de Paris. (Un quart de grandeur naturelle.)
- 1 g Bulletin de la Société zoologique de France '.
- Ainsi, l’anomalie que nous venons de signaler chez le Caret s’observe aussi chez la Cistude d’Europe. Elle n’est sans doute [tas aussi rare qu’on pourrait le croire, d’après l’unique mention qui en a été faite jusqu’à ce jour, et elle se rencontre probablement chez d’autres espèces de tortue. A quelle cause doit-on la rattacher? Est-elle originelle ou acquise? En d’autres termes, est-elle le résultat d’uné déviation du développement de l’animal avant l’éclosion, auquel cas elle constitue une monstruosité proprement dite; ou bien doit-elle être attribuée à un accident survenu après la naissance, soit mécanique, soit pathologique, tel, dans ce dernier cas, qu’un ramollissement du squelette dermique, comparable à l’ostéomalacie ou ramollissement des os chez l'homme? L’hypothèse d’une cause mécanique
- 1 Voy. n° 3, tome XVIII, avril-mai 1893, p. 120.
- extérieure nous paraît devoir être écartée, car on ne s’expliquerait pas comment son action pourrait s’exercer exclusivement sur les bords de la carapace, comme c’est le cas chez la Cistude d'Europe, ni comment une cause de cette nature, indéterminée et essentiellement variable, pourrait produire, avec autant de régularité et de symétrie, des effets constamment semblables. Nous sommes donc en présence de faits tératologiques ou pathologiques : nos tortues sont des monstres ou des malades — des malades guéris; — mais nous ne pouvons aller [dus loin, les observations faisant complètement défaut. Fùl-on même fixé sur l’alternative à laquelle nous avons été conduit, que la cause première du trouble survenu dans le développement des animaux avant l’éclosion, ou celle de la maladie consécutive à la naissance, resterait encore à trouver.
- •> *E. Mocquarp.
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- LE PHARE DE WALDE
- Parmi les plus légères et les plus élégantes eonstmetions de pliaros métalliques, nous mentionnerons celle du phare de Walde, qui est fait en charpente de 1er. Un de nos lecteurs, M. A. Ruflin, chimiste, nous en adresse une excellente photographie tpie nous reproduisons ci-dessous. L’édifice, situé près de la cote française du Pas-de-Calais, (Mitre Calais et Gravelines, est établi sur un fond de sable presque constamment couvert par les eaux, et celte circonstance exigeait un mode de construction spécial. Le phare consiste en une plate-forme sou-
- tenue par siv longues tiges de fer reposant obliquement sur hase hexagonale, à o mètres environ au fond du sable. Au centre est une tige verticale centrale. Ces tiges métalliques, servant de support, sont reliées par des entretoises et des croix de Saint-André, dont les branches sont pourvues de vis de tirage; elles se terminent à leur partie inférieure, plongée dans le sable, par des vis (pii pénètrent profondément dans le fond.
- Au centre de la plate-forme, on a construit la maison des gardiens?; elle est garnie de tôle au dehors, et boisée de chêne en dedans; elle comprend plusieurs chambres distinctes. On y compte un petit vestibule, des magasins pour Peau, les
- Le phare de Walde près de Calais. (D’après une photographie de M. Iluffin.)
- vivres, le charbon ; une cabine comprenant deux lits que l’on relève le jour en les enfermant dans une armoire, et un fourneau pour la cuisine. Un escalier circulaire, en fonte, conduit dans la chambre de la lentille qui se trouve installée au centre d’une petite terrasse établie sur le toit de la maison.
- Le foyer du phare de Walde domine de US mètres la plage environnante, il est situé à 11 mètres du niveau des plus hautes mers. Il est, déjà ancien, sa construction a été terminée en 1860. Ce phare est d'une grande utilité pour les navigateurs, car les parages qu’il éclaire sont très dangereux. A droite du phare, sur la photographie que nous reproduisons, se trouve uu navire échoué, le Vicklov, qui avait fait naufrage au retour d’Australie. Ce navire venait d’Australie avec un chargement de halles de
- laine, et se rendait à Dunkerque; la cargaison fut sauvée et le navire perdu.
- Le phare de Walde que nous venons de décrire et qui est construit depuis trente ans, a comblé une lacune regrettable dans le système de nos côtes du Nord; il y avait déjà de longues années qu’un phare était réclamé dans ces parages dangereux. Depuis cette époque, un grand nombre de progrès se sont réalisés dans notre système d’éclairage maritime des côtes.
- Le phare de Walde, qui est tout en fer, a été imité dans une construction considérable du même genre, exécutée sur les côtes de la Guyane française. On a édifié là le célèbre phare de l'Enfant perdu qui n’a pas moins de 55 mètres de hauteur. L’ossature de cette énorme pièce de 1er se compose de seize montants faits de quatorze panneaux chacun. Chaque
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- panneau est formé de t'ers à simple T assemblés et rivés de manière à être solidaires. Ce phare a été construit en France, puis démonté et transporté à travers les mers : il a été inauguré en 1865.
- X..., ingénieur.
- PHOTOGRAPHIES ORGANIQUES
- Comme suite à l’article que nous avons publié dernièrement1 sur l’action de la lumière solaire sur les bactéries, voici quelques-unes des curieuses expériences faites par le professeur Marshall Ward pour la démonstration de cette influence.
- Sur une plaque de verre, le savant dépose une couche de gélatine couverte d’une colonie de microbes. Exposée au soleil, la gélatine demeure transparente, tandis que dans l’obscurité elle devient rapidement toute noire par suite du développement instantané des micro-organismes.
- Si l’on vient à poser sur la plaque une feuille de papier noir dans laquelle on aura découpé un dessin quelconque, — un T par exemple, — et si l’on expose la gélatine ainsi recouverte à l’action solaire, après quelques heures, la feuille étant enlevée, on remarque que les parties exposées à la lumière — le T dans l’espèce — demeurent transparentes au lieu que les parties protégées par la feuille de papier sont d’un brun très foncé. Cela provient de ce que la lumière a tué les bactéries soumises à son influence, tandis que, dans les parties soustraites à son action, les microbes ont pullulé jusqu’à rendre la gélatine opaque, puis tout à fait noire.
- Sur ce principe, le professeur Marshall Ward a imaginé de faire de vrais clichés photographiques en remplaçant le gélatino-bromure par de la gélatine microbienne. Quelque invraisemblable que la chose puisse paraître, il a obtenu des portraits et même des paysages au moyen de ce singulier procédé.
- Au lieu de sensibiliser scs plaques avec un des produits chimiques connus, le savant les couvre d’une mince couche de gélatine précédemment plongée dans un bouillon de culture. Il obtient ainsi une sorte de cliché positif direct : les parties claires représentant les endroits exposés au soleil et les parties foncées produisant les ombres avec toutes leurs gradations.
- Le développement de l’épreuve, au lieu d’étre provoqué comme pour une photographie ordinaire, par une action chimique (celle de l’acide pyrogallique, par exemple), s’opère spontanément par l’accroissement rapide du nombre des bactéries non soumises à l’influence solaire.
- Enfin, au lieu d’avoir à fixer l’épreuve à l’hyposulfite de soude, il suffit d’exposer la plaque pendant quelques minutes à l’action du soleil qui tue bientôt toute la colonie, sans altérer les parties plus claires où les microbes ne se sont pas développés du tout, et fixe le cliché.
- Le professeur Marshall Ward a montré plusieurs photographies ainsi obtenues. Les paysages dont les défails ressortaient avec la plus grande netteté, ont été très admirés.
- Il faut reconnaître que pareil essai n’avait jamais été tenté, et que si ce nouveau genre de photographie organique et spontanée ne peut guère entrer dans la pratique, il méritait du moins de piquer hautement la curiosité des observateurs et des savants de tous les pays.
- X. West.
- 1 Yoy. h» 1091, du 19 mai 1891, p. 599.
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- CHRONIQUE
- Les voyages et les véhicules d’autrefois et d'aujourd'hui. — L’esprit humain a tendance à s’exagérer les dangers inconnus et à mettre ainsi un frein au progrès. En faisant des recherches sur les origines et les causes de l’accroissement si rapide des tramways électriques en Amérique, nous avons mis la main sur une communication des plus intéressantes faites en 1890 devant le Franklin Institute par M. Ralph W. Pope, sous le titre : « Comment voyageaient nos ancêtres », et nous ne résistons pas à l’envie de lui faire quelques emprunts. Yoiei, par exemple, comment furent traitées les premières voitures : « Les premières voilures furent accueillies par une formidable opposition, et des lois furent édictées pour en défendre l’usage. En 1*291, Philippe le Bel édicta une ordonnance en vue de supprimer le luxe et défendant l’usage des voitures aux femmes des citoyens. En 1588, le duc Jean de Brunswick fit un édit punissant ses vassaux qui négligeaient l’équitation, et leur interdisant de vovager et même de monter en voiture. Quelques années plus tard, le Parlement anglais fut saisi de la question et la discuta; en 1601, un Bill tendant à restreindre l’abus des voitures, fut rejeté, mais cette décision législative ne supprima pas l’opposition qui se continua longtemps sous forme de pamphlets, quelques-uns des plus curieux. » Il en a été de même à l’origine des chemins de fer. On conserve dans les archives de la Compagnie des chemins de fer de Nuremberg, la première ligne construite en Allemagne, une protestation bien originale des médecins bavarois du Collège royal. En voici un passage caractéristique : <( Les voyages en véhicules traînés par une locomotive doivent être interdits dans l’intérêt de la santé publique. Le mouvement rapide ne peut manquer de produire sur les passagers l’affection mentale connue sous le nom de delirium furiosum. Lors même que les voyageurs consentiraient à s’exposer à ce danger, le Gouvernement a du moins le devoir de protéger le public. Un simple coup d’œil jeté sur une locomotive passant à grande vitesse est suffisant pour produire le même dérangement cérébral; il est, par suite, absolument nécessaire de dresser une clôture de 5 mètres de hauteur de chaque côté de la ligne de chemin de fer. )) Constatons cependant, en manière de conclusion et de consolation, que les principes de liberté et de progrès ont fait du chemin depuis Philippe le Bel. E. U.
- La fabrique impériale des billets de banque de Russie. — Le papier-monnaie joue en Russie un rôle complètement inconnu en France : aussi sa fabrication, assurée par l’État, nécessite l’existence d’une « Manufacture impériale » très importante. 11 y a environ un siècle que la monnaie de papier est en usage dans l’Empire, et les premiers billets ont été faits dans un petit moulin installé près de Saint-Pétersbourg; mais, en 1818, il fallut créer l’établissement actuel, qui a pris depuis lors un développement considérable. En 1860, on a dù construire de nouveaux bâtiments, introduire des machines à faire le papier et les presses des systèmes les plus récents, et l’on n’a pas dépensé moins de 2 500000 francs. On fabrique non seulement pour le Gouvernement, mais pour les particuliers aussi. L’organisation de cette manufacture impériale est tout à fait originale. C’est le Ministre des finances qui nomme le directeur, et c’est une loi qui fixe le nombre des fonctionnaires qu’il aura sous ses ordres. Les bénéfices de
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- fabrication, une fois toutes dépenses payées, son! également partagés entre le Trésor publie et les employés; en outre, la manufacture fournit à ceux-ci et à leurs familles 375 logements, une cantine et un réfectoire pour 530 personnes, une école élémentaire, une chapelle, un hôpital comptant 50 lits, des médecins, un personnel de cuisiniers, etc. Cette curieuse fabrique est édifiée sur le quai Fontanka, à Saint-Pétersbourg. Le papier employé dans l’établissement est en chiflous : chaque feuille devant servir à faire un billet de banque, porte, noyée dans la pâte, une sorte, de filet, tissé au métier, un filigrane en soie. On imprime non seulement le papier-monnaie, mais encore les timbres-poste ou autres timbres, les chèques, les traites, les billets à ordre, etc. M. (Mofl', ingénieur attaché à la fabrique, a inventé un procédé d'impression des dessins et figures en couleur au moyen de clichés en relief ; c’est ce procédé qui est constamment usité. C’est la fabrique qui fond elle-même tous ses caractères et fait ses types, clichés, etc. On y pratique du reste tous les systèmes connus de gravures, héliogravure, photozineographie, photolithographie, etc. D. B.
- Le Musée de journaux «TAIx-la-ChapelIe. —
- Nos lecteurs savaient-ils qu’il existe de par le monde un Musée de journaux? Ce musée, probablement unique en son genre, qui contient plus de cinq cent mille journaux dans toutes les langues, se trouve à Aix-la-Chapelle. 11 a été fondé, en 1886, par M. Oscar Forkenheck, un amateur distingué, qui pendant 40 ans a consacré toute sa fortune à faire l’acquisition de spécimens rares ou curieux. Abonné à plusieurs centaines de journaux venant de tous les points du globe, M. Forkenheck recevait et lisait chaque matin un nombre considérable de gazettes rédigées en trente langues différentes. En fondant son Musée, M. Oscar Forkenheck le dota d’abord des dix mille collections complètes qu’il avait réunies, puis il envoya une lettre circulaire à la presse du monde entier lui demandant de le seconder dans l’œuvre colossale qu’il venait d’entreprendre. La plupart des journaux — surtout en Europe — font à présent un service régulier au Musée qui se trouve ainsi posséder des séries ou même des exemplaires rarissimes. Parmi ceux-ci, il faut citer un numéro du journal Vlllu-minnled Quadruple Constellation publié à New-York en 1839. Ce journal tout à fait extraordinaire ne mesure pas moins de 2m,60 de long sur Jm,8!2 de large. Il contient huit jiages de treize colonnes chacune. Les colonnes ont 120 centimètres de haut ; mises bout à bout, elles formeraient donc une bande de papier imprimé de 123 mètres environ. 11 a été imprimé avec le plus grand soin sur un papier spécial et très résistant qui pesait environ trois quintaux la rame. Quarante ouvriers ont travaillé nuit et jour pendant huit semaines pour composer et tirer le premier numéro de ce journal monstre qui ne devra paraître qu’une fois par siècle. Est-il besoin d’ajouter que Vllluminated Quadruple Constellation est le plus grand journal de la collection du Musée d’Aix-la-Chapelle, et sans doute du monde entier? X. YV.
- Outils à tête en diamants. —Dans la fabrication des outils avec tètes en diamants, M. FélixFromholt a remplacé le diamant noir par des diamants cristallisés, non susceptibles d’être taillés, soit à cause de leur structure, de leur couleur ou de leurs défauts ; ces diamants sont désignés, dans le commerce, sous le nom de Boort. Les diamants qu’il a utilisés proviennent du Brésil. 11 a de plus employé un procédé de sertissage différant complè-te-incnt du procédé ancien et permettant de tenir compte,
- dans le montage des diamants, de leurs plans de clivage. M. Tresca a présenté dernièrement à la Société d’encouragement de Paris un Rapport sur ces outils et a décrit la sertissure mécanique, la machine à fraiser les porte-diamants, la machine à défoncer les lames, la machine à fraiser les lames, le montage des porte-diamants sur les lames. L’outillage de M. Fromholt est déjà en service dans de nombreuses usines d’exploitants de carrières, et tous reconnaissent son incontestable valeur.
- Découverte du pétrole en Angleterre. —
- L’Angleterre, si riche au point de vue minier, posséderait-elle en outre des gisements de pétrole? Toujours est-il que, en forant un puits à Aslnvick Court, dans le Somerset, on a rencontré des infiltrations d’huile minérale : il est fréquent de trouver des huiles de schiste dans les exploitations de charbon et de schiste, mais ici le liquide dont il s’agit ressemble bel et bien au pétrole. Ce n’est point une huile noire ou brune et visqueuse, à demi solide à la température ordinaire : le pétrole extrait du puits d’Aslnvick Court a été soumis à un expert en pétrole, M. Boverton Bedwood, et à un géologue officiel, M. William Toplev : il est transparent, couleur jaune paille, avec une odeur qui se rapproche beaucoup de celle de l’huile raffinée. Le poids spécifique en est de 0,816 à 00 degrés Fahrenheit, le point d'inflammation est à 175 degrés Farhenlieit. Les experts affirment qu’on n’a jamais mis au jour d’huile de cette espèce dans tout le Royaume-Uni. Il faut ajouter qu’une découverte de même nature viendrait d’être faite dans le pays de Galles. 11 s’agirait maintenant de savoir s’il y a là matière à une exploitation. D. B.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 18 juin 1894. — Présidence de M. Lœwy.
- Variation de structure des plantes. — M. Bonnier s’est préoccupé de rechercher les différences de structure ipie peut présenter la même plante croissant dans les régions septentrionales et sur les sommets des montagnes. Il a naturellement choisi les climats polaires arctiques et les sommets alpins. On suppose assez généralement que cette différence du milieu est de nul effet sur la végétation. 11 faut remarquer cependant que l’air des montagnes est sec tandis que celui des régions septentrionales est toujours chargé d’humidité. De plus, dans ces régions, l’illuminât ion solaire dure six mois ou du moins tend à rester permanente pendant un temps plus ou moins long, tandis que sur les montagnes des pays tempérés l’alternance du jour et de la nuit se produit avec d’autant plus de régularité qu’elles sont plus voisines de l’équateur. Ces dissemblances de milieu produisent en réalité des différences sur la même plante. Celle des régions septentrionales a des feuilles plus épaisses dont les tissus sont plus lâches.
- Une maladie de la vigne. — MM. Prilleux et Delacroix établissent l’identité d’une maladie de la vigne très répandue en Italie sous le nom de malo negro, avec une maladie observée en Bourgogne. Celte maladie est due à l’invasion d’un bacille. C’est par les points où a été pratiquée la taille que l’infection se produit. Le bacille transforme les parties ligneuses du cep en une sorte de gomme brunâtre. Il se manifeste immédiatement un ralentissement considérable dans la vitalité du cep attaqué. Les sarments ne poussent pas ou poussent très peu, les feuilles se
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- déchirent. Le cep se racornit mais il faut néanmoins trois, quatre et même cinq ans pour qu’il soit complètement tué. Les auteurs ont réussi à cultiver cette bactérie et à l’inoculer à un pied de vigne parfaitement sain.
- Le satellite de Neptune. — M. Tisserand s’est appliqué à déterminer la cause des variations incessantes du plan de l’orbite du satellite de Neptune. La période des observations n’embrasse pas tout à fait un demi-siècle et ne permet lias de poursuivre une solution définitive du problème. Néanmoins il ressort du travail de l’auteur que la cause de ces irrégularités réside dans le renflement équatorial de la planète. Malheureusement l’exiguïté du diamètre apparent de cet astre ne permet pas d’apprécier la valeur de l'aplatissement du globe. M. Tisserand a fait en conséquence différentes hypothèses numériques sur la valeur de cet aplatissement. 11 a trouvé qu’avec un aplatissement considérable, voisin de 1 /10, on pouvait non seulement satisfaire aux observations de 50 années, mais encore (pie la durée de la rotation correspondante était voisine de celle de Saturne, condition qui doit être également remplie.
- Action cutanée de certaines substances . — MM.
- Guinard et Geley ont étudié la ther-mogenèse par l’action cutanée de certains alcaloïdes. 11 s’agit d'applications rapides sur la peau parfaitementsaine, dans des conditions telles qu’il n’y a pas d’absorption possible. On constate ainsi que le. contact du gaïa-cal, de la cocaïne et d’autres alcaloïdes produit un abaissement de température. L’effet du médicament s’exercerait sur les nerfs périphériques <pii, par action réflexe, modifieraient la distribution du sang. Telle est, suivant M. Chauveau, le cours le plus probable du phénomène.
- L'aurore de la vie sur la terre. — M. Fouqué transmet une. Note de M. Cayeux, annonçant la découverte de fossiles dans le terrain précambrien. A la vérité, ces fossiles ne sont que des foraininifères, mais la découverte n’en est pas moins extrêmement importante, car c’est dans le Cambrien inférieur que l’on a placé, jusqu’à ce. jour, l’apparition de la vie sur notre planète.
- Varia. — M. Sappcy montre qu’en dépit d’analogies apparentes, les phyllies offrent par rapport aux feuilles une dissemblance complète, de structure. — M. Lacroix expose sur les enclaves des roches volcaniques, des recherches formant le complément de son récent travail sur le métamorphisme de contact des roches éruptives, paru dans le recueil des Mémoires des savants étrangers. —- M. Bordas décrit l’appareil digestif des hyménoptères. — M. Gaudry présente le 0e volume des Annales de la Société d’histoire
- naturelle d’Autun. On remarque dans cet ouvrage une étude très complète sur l’œuvre de M. de Quatrelages, ornée d’un beau portrait de ce savant, un mémoire de M. Renault dans lequel l’auteur fait savoir qu’il a pu constater l’existence de bactéries dans des eoprolithes provenant des environs d’Autun, ainsi que divers travaux importants et intéressants. Ch. de Viliedeuil.
- RÉCRÉATIONS SCIENTIFIQUES
- EXE CEIXTURE FAITE AVEC IX MORCEAU I)E I'Al'lER
- Nous avons donné dans une de nos précédentes livraisons la manière de transformer un morceau de papier en un filet à mailles1. Il suffit de prendre une feuille de papier à lettre, de la plier en quatre et d’y couper des entailles alternativement d’un coté et de l’autre, avec des ciseaux. Une de nos lectrices, Mmc II. II... de Bruxelles, nous adresse à ce sujet la communication suivante :
- « Je crois qu’il vous sera agréable de connaître une autre application amusante de ce genre de découpage. Vous proposez à quelqu’un de le faire passer à travers un morceau de papier de la dimension d’un volume in-8ü, ce qui paraît invraisemblable. Pour cela, vous pliez e p a p i e r e n deux (au lieu de le plier en quatre, comme dans votre précédente expérience) et vous faites à droite et à gauche alternativement des entailles comme dans votre modèle; cela fait, vous coupez le papier le long du pli en ayant soin toutefois de ne pas couper les deux bandelettes des extrémités; vous dépliez ensuite soigneusement le papier, et vous obtenez un ruban sans fin au travers duquel vous faites passer aisément une grande personne. »
- La gravure ci-dessus donne une exacte idée de l’expérience : le n° 1 montre la ceinture de papier d’un seul morceau continu, obtenue comme l’indique le n° 2 montrant les coupures faites alternativement à droite et à gauche du papier plié, et le n° 5 montrant la taille longitudinale qui termine l’opération. l)r Z....
- 1 Voy. n0 1093, du 12 mai 1894, p. 384.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissamiier.
- Paris. — Imprimerie Laliure, rue de Flcurus, 9.
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- N° 1 1 00. — 50 JUIN 1894.
- LA NATURE.
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- TOURELLE CUIRASSÉE A ÉCLIPSE
- MANŒUVRABLE A BRAS Il'lIOMMKS
- 11 y a déjà trente ans que la tourelle cuirassée a l'ait son entrée en scène et pris place parmi les plus importants organes de la lbrtilication permanente. L'est en 1865 que h* général Rrialmonl. a l'ait monter la première coupole sur le réduit du fort il0 5 d'Anvers. Cet appareil métallique a, depuis lors, été l'objet de nombreux perfectionnements dont les principaux ont été successivement portés à la connaissance des lecteurs de La Nature1, mais le dernier mot n’est pas dit. Les ingénieurs militaires sont toujours à l’œuvre et leur opinion est loin d’ètre définitivement arretée louchant les conditions auxquelles doivent satisfaire ([nantité d’éléments, encore indéterminés, de cette question si i il t ères saute au point de vue militaire. Tout ce qu'il leur est possible de faire aujourd'hui, c’est de formuler quelques principes généraux, principes qui peuvent être ébranlés demain , du fait de quoique découverte ou combinaison nouvelle.
- Voici les règles générales qu’ils estiment devoir suivre, au moins provisoirement, au cours de leurs travaux. Les tourelles cuirassées pour pièces de gros calibre sont de deux sortes : les unes, à éclipsé, pour le tir de plein fouet exécuté par des canons longs; les autres, simplement tournantes, pour un tir courbe de canons courts. Celles-ci doivent être soigneusement dérobées aux vues de l’ennemi. Les tourelles peuvent être appelées à recevoir une ou deux bouches à feu. Le premier de ces deux dispositifs est militairement préférable; si l’on adopte assez souvent le second, c’est uniquement par raison /
- 1 Yejq“n 5-47, du 2f novembre 1885, p. 40(>; n° 68a, du 5 juillet 1880, p. 70; n° 778, du 28 avril 1888 p. 337; n° 781, du 19 mai 1888, p. 589.
- d’économie. Eu ce qui concerne le choix du métal à employer pour la fabrication du cuirassement mobile, l'expérience a permis de conclure au rejet de la fonte dure et même à celui des meilleurs aciers — coulés, forgés ou trempés au plomb — qui se fendent trop facilement sous l’action du choc des obus-torpilles. Actuellement, c’est le fer laminé qui tient la corde; mais la gardera-t-il longtemps? La fonte dure semble encore admissible pour les avant-cuirasses n’ayant à craindre que les effets du tir vertical.
- ,a toiture d’une tourelle peut affecter la forme
- d’une calotte sphérique de grandrayon,composée de deux ou trois pièces en fer laminé de O1",25 à 0m,50 d’épaisseur. Quant à la partiecylindrique du cuirassement mobile, elle ne saurait être épaisse de moins de 0m,45. Tout cuirassement comporte un doublage intérieur ayant pour but de [tarer au danger des chutes de fragments de métal détachés de la carapace sous le choc ou l’explosion des projectiles, pendant le combat. Ce doublage fait en tôle d’acier est formé de deux épaisseurs de plaques de 2 centimètres.
- Telles sont les règles essentielles qui sc trouvent à peu près admises aujourd’hui; mais il est une foule de conditions de détail qu’une tourelle bien organisée doit remplir. Le cadre restreint du présent article nous impose l’obligation de nous borner à une simple énumération des questions accessoires, qui sont aujourd’hui l’objet des études de nombre d’ingénieurs émérites. Ces sujets d’étude sont les suivants : Forme de l’avant-cuirasse; — Fermeture hermétique de la chambre à canons; — Mode de rotation de la tourelle; — Organisation de l’armement, ainsi que du pointage en direction et en hauteur, direct ou indirect; — Substructions en maçonnerie; — Exécution du service des munitions; — Eclairage; — Communications acoustiques et téléphoniques; — Observatoires; — Venlila-
- 1
- Nouvelle tourelle cuirassée à récupérateur d’inertie de. M. le commandant du génie Galopin. B, B. Balanciers. — C, C. Contrepoids.
- ü auute.
- si me: Ire.
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- LA NATURE.
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- tîon, moyens d'évacuation de l'air vicié; etc., etc.
- En attendant que chacune de ces questions reçoive une solution rationnelle, il convient de signaler un appareil d'éclipse extrêmement simple, conçu par te commandant du génie Ualopin. Un modèle de cet appareil, exécuté par les usines du Ureusot, a été essayé avec plein succès sous les yeux d’une délégation du Conseil supérieur de la guerre.
- En voici la description succincte :
- Ayant analysé le problème de la manœuvre rapide des tourelles pour bouches à t'eu de gros calibre, l’auteur reconnut que, étant donné le poids des masses à mettre en branle (200 à 250 tonnes), l'amplitude et la rapidité des mouvements d’éclipse à produire, une tourelle pour deux canons de 155 millimètres ne saurait être manœuvrable à bras — par un petit nombre d’hommes — que si elle satisfait à ces deux conditions, savoir :
- 1° Etre à récupérateur d'inertie, c’est-à-dire être dotée du moyen de récupérer, d’une course à l’autre — au moins en majeure part — le travail nécessaire à l'effet de vaincre l’inertie des masses à mettre en mouvement ; 2° comporter un accumulateur de travail permettant à quelques hommes d’accumuler, durant l’entr’acte de deux salves consécutives, le travail qui doit être brusquement dépensé au moment des manœuvres pour avoir raison des résistances passives du système.
- Eela posé, l’auteur fait de la tourelle même et de ses organes d'équilibre un véritable « appareil pendulaire », établi de telle sorte que ladite tourelle occupant l’une de ses positions extrêmes — la position d’éclipse, par exemple — tende sponte sua à occuper la position inverse, et réciproquement. 11 parvient ainsi à récupérer, à chaque course simple, le travail d’inertie; et cela, sans l’intervention d’aucune force extérieure.
- Le mécanisme consiste essentiellement en un « balancier d’équilibre » dont l’une des extrémités porte la tourelle; et l’autre, un contrepoids. Au lieu de tourillonner autour d’un axe fixe, le balancier oscille en roulant sur une rotule cylindrique à génératrices horizontales.
- Le contrepoids avant été déterminé de telle manière qu’il équilibre exactement la tourelle occupant certaine position moyenne du balancier, si l’on écarte ledit balancier de cette position, on changera le point d’appui et, par suite, le rapport des bras de levier de la tourelle et du contrepoids. On voit que, grâce à l’emploi de la rotule, on pourrait, s’il n’v avait point de frottements, faire exécuter au balancier une série indéfinie d’oscillations; mais, dans la pratique, à raison des résistances passives qui diminueraient à chaque course lesdites oscillations, il faudra,lors de chaque manœuvre, imprimer au système une impulsion supplémentaire qui lui permette d’aller occuper alternativement, chacune de ses positions extrêmes. On obtient ce résultat moyennant l’action d’un contrepoids-moteur, que l’on remonte durant l’entr’acte de deux salves consé-
- cutives à une hauteur convenable, par le moyen d’un treuil manœuvré par cinq ou six hommes. Cette hauteur de chute dûment calculée permet à ce contrepoids-moteur d’accumuler l'appoint de travail nécessaire.
- L'expérience l’a clairement démontré.
- LIE r T EX A X T-( ioi.OXEI, 11E X X E UE HT.
- LES ÉCURIES DU TSAR
- L’Empereur de Russie a quatre services de voitures et de chevaux : le service de gala, le service à la française, le service à l’anglaise et le service à la russe. Chacun de ces services comprend au moins cinquante chevaux. Le service russe raccompagne partout; à Gatchina il y joint le service à l'anglaise.
- Le service de gala et le service à la française sont logés, à Saint-Pétersbourg, au Palais d’IIiver. Écuries et remises sont tenues à merveille, avec le luxe particulier qui est la propreté, l’ordre, le confortable et l’organisai ion. Chaque service a un premier cocher qui a sous ses ordres quatre ou cinq cochers et un certain nombre de valets d’écurie.
- Tous les services sont dirigés par le général baron Freedericksz, grand écuyer de l'Empereur, cousin du général du même nom, attaché militaire à l’ambassade de Russie à Paris.
- Ce grand écuyer a envoyé à Paris un cocher qui a été chargé d’acheter quarante chevaux français destinés au service des grandes cérémonies qui auront lieu pour le mariage du Tsarévitch.
- Le service de gala de l'Empereur de Russie se compose de cinquante chevaux blancs de celte race de Hanovre, qui est unique en Europe, qui figure d’ailleurs sur les armes du duché de Brunswick, et que la légende fait remonter au cheval blanc de Charlemagne, donné par celui-ci à un Guelfe dont descendraient les ducs de Brunswick et les rois de Hanovre.
- Ces chevaux sont blancs comme neige et ont les yeux bleus, d’étranges yeux qui ont Pair de parler ou de rêver. Rien n’est plus beau que les voitures et les attelages de gala de la cour de Russie. Les voitures sont anciennes, de style Louis XY, et la berline qui est destinée au mariage ou au couronnement des souverains, est garnie à l'intérieur et au sommet d’un large cordon de diamants, qui produisent un effet vraiment féerique. La voiture est surmontée de la couronne impériale. Elle est attelée de huit chevaux blancs, tenus en main par des valets de pied a la livrée blanche galonnée d’or avec le bicorne a pointe.
- L’empereur ne se sert que du service à la russe, de sa troïka à trois chevaux, où il n’y a de place que pour le cocher de l’empereur; quant aux grands ducs, ils n’ont qu’un service ordinaire de voitures; dans les grandes cérémonies, ils se servent des voitures de gala de la Cour1.
- EXPLOITATION DES HUITRIÈRES
- DE BRETAGNE
- Le système d’exploitation appliqué récemment a certaines huîtrières de la Bretagne semble donner les meilleurs résultats. Ce système dit de la coupe réglée, — expression empruntée au vocabulaire forestier, — consiste
- 1 D’après XÉleveur*
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- LA NATLKL.
- G 7
- à diviser les gisements en un certain nombre de secteurs qu’on livre à la pèche alternativement, de manière que chacun jouisse -d’une période de repos suffisante à sa reconstitution. L’expérience a démontré aujourd’hui que les huîtrières qui présentent assez de vitalité pour résister aux causes naturelles de destruction., ne peuvent subsister (pie si l'action de l'homme ne vient pas détruire cet équilibre instable, en prélevant inconsidérément des quantités de mollusques par des dragages répétés. Laissé à lui-même dans un repos absolu, sans qu'il soit besoin de lui accorder autre chose qu'une surveillance active pour le préserver des maraudeurs, le placer huîtrier se reconstitue assez vite et le riverain est récompensé au centuple de sa patience. La situation des gisements du Guendy et du Jaudy, dans la rivière de Tréguier, est une confirmation de cette théorie. Depuis que ces huîtrières sont soumises au traitement de l'assolement, et que les pécheurs a pied n'ont plus la faculté d’y prélever sans cesse une contribution, elles ont retrouvé leur prospérité passée. Cette année, le Ministre avait autorisé le dragage, pendant une journée, de là partie la moins riche des gisements. Les 214 bateaux, montés par 815 hommes, qui ont pris part à cette pêche, ( ont recueilli 1 000 000 d'huîtres marchandes, vendues 55 000 francs. Tel est le résultat qu'a donné le repos absolu dans lequel ont été laissées ces huîtrières pendant deux aimées entières.
- Nous avons eu occasion de constater des résultats identiques dans la rivière (luTrieux (quartier de Paimpol). En 1887, la pèche intensive avait produit 507 250 mollusques; en 1888, le rendement tombait à 194 500. En présence de cette diminution, l'administration suspendit la pêche durant deux années; mais les dragages antérieurs avaient ruiné à ce point les huîtrières, qu'en 1891, la récolte n'atteignait que 51 700 mollusques. Cependant, après deux années de repos, la pèche, pratiquée en 1895 sur une fraction du gisement, a donné 81 000 huîtres, et une seconde jièche, d'une durée de quatre heures, pratiquée cette aimée, par 107 bateaux, sur l’autre portion du placer, a permis de recueillir 80 000 mollusques. Grâce à cette sage réglementation, il semble que la prospérité puisse renaître. Mais il était temps que l'on avisât : l'existence des huîtrières dépend plus que jamais d’une réglementation méthodique de leur exploitation et d’une surveillance attentive1.
- NOUVEL EMPLOI DE L’ALUMINIUM
- L’aluminium possède la remarquable propriété de laisser sur le verre, et, eu général, sur les substances à base de silice, des traces métalliques lorsqu’on se sert de ce métal en guise de crayon ; trace qu'aucun frottement, si énergique soit-il, ni aucun lavage usuel ne peuvent effacer. Cette propriété se manifeste d’une façon sensible lorsque la surface frottée est humectée, ou seulement recouverte d’une légère buée de vapeur, par exemple, en souillant Llialeine sur la plaque de verre.
- L’humidité n'est pas indispensable pour produire l’adhérence du métal au verre, mais elle la facilite grandement, sans qu’il soit nécessaire de recourir à une pression trop forte où à une friction trop énergique du crayon d’aluminium. On peut alors assez facilement exécuter par décalque des dessins variés,
- 1 D’après la Revue maritime et coloniale.
- tels que fleurs, oiseaux, inscriptions diverses d’un effet assez joli, aussi bien sur le verre à vitre ordinaire que sur des verres de couleur. Le dessin ainsi exécuté a une apparence bien métallique par réllexion de la lumière, et est opaque par transparence. La condition indispensable à la réussite de cette expérience curieuse est la propreté parfaite du verre sur lequel on dessine; les moindres traces graisseuses empêchant l’adhérence du métal, il est bon de faire subir à la plaque un nettoyage préalable et même de frotter le bout du crayon taillé en pointe sur une feuille de papier de verre à grain lin : des essais peuvent donner un résultat négatif, faute de prendre ces précautions. On reconnaît d’ailleurs vite par expérience (pie le dessin s’efleetue dans de bonnes conditions à la résistance particulière qu’éprouve la main, lorsque le crayon « mord » bien. En donnant à l’outil d’aluminium un mouvement de va-et-vient un peu rapide en même temps qu'une certaine pression, et en le guidant au moyen d’une réglette, on dépose facilement sur le verre une ligne métallique brillante d’une épaisseur appréciable. Par la répétition de ces lignes régulièrement espacées et entrecroisées de façons diverses, on peut composer une sorte de damier ou de carrelage d’un aspect assez joli.
- L’humidité indispensable pour ce genre de travaux faits à la main est pourtant préjudiciable à la beauté du dépôt métallique ; cela se remarque surtout à l’envers d’une plaque ainsi décorée s'il s’agit de verre transparent. Si l’on a recours à une petite meule en aluminium fixée à une transmission flexible, et animée d’un rapide mouvement de rotation, l’interposition d’eau devient, superflue et le trait prend alors un éclat métallique irréprochable. Dans ces conditions, la soudure du métal an verre se fait très facilement, celui-là s’attachant au fur et à mesure du passage de la meule avec une régularité parfaite.
- Ce dernier procédé, le seul qui puisse être employé industriellement pour la décoration du verre, donne des résultats de beaucoup supérieurs à la simple friction; il ne fatigue [tas la main du dessinateur et n’exige de sa part qu’un peu d’adresse. Le travail exécuté de la sorte a des reflets métalliques chatoyants, avantageux dans certains genres de reproductions. On peut d’ailleurs parmi polissage lui donner l’apparence d’une incrustation métallique fort belle. Ce polissage peut s’effectuer de diverses manières; le [tins simple et à la portée de tout le monde consiste à recouvrir la plaque décorée d’une légère couche d’Imile et à passer obliquement sur les traits d’une main ferme un outil tranchant en acier, lequel enlève les rugosités sans faire de rayures au verre, tout en laissant une épaisseur suffisante de métal, qui prend un [tins vif éclat, et l’opacité du trait vu par transparence subsiste encore entièrement. Ce polissage peut donner une idée de la ténacité extraordinaire avec laquelle le métal s’est, pour ainsi dire soudé au verre, puisque mécaniquement il est difficile dè le faire disparaître
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- LA NATURE.
- sans l’user dans toute son épaisseur : la soudure est réelle et aussi solide que celle qui existe entre un métal et un autre métal par les procédés habituels de soudure à chaud.
- En traitant des plaques décorées à l’aluminium par l’acide chlorhydrique ou la potasse caustique en solution, on pourrait s’attendre à voir disparaître toute trace de dessin. II n’en est rien cependant; le métal disparaît rapidement, mais non ce qu’il représentait, dont le tracé subsiste en traits dépolis bien visibles dans la plupart des cas où nous avons soumis des plaques de verre à cette épreuve. La nature du verre ou la manière dont on s’est servi de la meule en aluminium influe quelque peu sur le résultat final, qui peut être (tins ou moins marqué. Ue lait ne semble pas résulter uniquement d’une action mécanique due au mouvement rapide de la meule ou à la chaleur dégagée au point de contact , car il se produit d'une façon encore |»lus marquée pour les dessins exécutés à la main, par simple friction, sur une plaque de verre entièrement immergée dans l’eau. Les essais pour constater si ce phénomène d’adhérence au verre, se rencontrait avec d’autres métaux, ont été négatifs dans la plupart des cas : trois seulement parmi ceux qui ont pu être soumis à l’expérience ont donné les résultats suivants. Le magnésium appartenant, ainsi que l’aluminium, à la classe des métaux terreux, possède à un haut degré la faculté de se souder au verre par frottement. Malheureusement l’oxydabilité de ce métal restreint les applications qui pourraient en être faites. On peut néanmois l’utiliser avantageusement sous forme de crayon pour mettre sur le verre des inscriptions éphémères que l’exposition à 1 air ou un lavage avec une goutte de vinaigre ordinaire font disparaître. Ce métal pourrait donc être employé pour ébaucher avec plus de facilité qu’avec l’aluminium le dessin à reproduire ensuite à la meule, et de même il rendrait des services analogues aux personnes qui font de la peinture sur verre ou sur porcelaine. Les deux autres métaux dont les propriétés de soudure au verre sont similaires quoique moins marquées sont le zinc et le cadmium.
- Le premier, employé sous forme de meule, laisse
- aussi sur le verre un filet métallique adhérent, mais encore faut-il pour obtenir un résultat, peu brillant du reste, donner à la meule une rapidité très grande de rotation et la presser fortement contre la plaque de verre. Le cadmium, métal plus tendre, se soude [dus aisément dans les mêmes conditions ; le trait ne manque pas d’éclat et d’analogie avec celui qu’on obtient avec l'aluminium. Cette propriété ne peut en outre être décelée par une simple friction faite à la main, avec ou sans interposition d’eau.
- Ces deux métaux ont en outre l’inconvénient de se recouvrir rapidement d’une couche d’oxyde grisâtre (pii les ternit ; il n’y aurait donc aucun avantage à s’en servir pour la décoration du verre.
- Ainsi qu’il est dit plus haut, l’emploi de l’eau, quoique préjudiciable, facilite avec l’aluminium et le magnésium la soudure au verre : soit à la main
- où elle est indispensable , soit à la meule où elle n’est plus nécessaire. Avec le zinc et le cadmium, l’effet curieux inverse se produit : l’eau est un obstacle absolu à la soudure ; il faut au contraire une surface absolument sèche et éviter même de souffler accidentellement l’haleinc sur la plaque de verre. Ce fait singulier montre que pour ces deux derniers métaux le phénomène d’adhérence est un peu différent de ce qu’il est pour les deux premiers.
- Les applications industrielles de gravure sur verre au moyen de l'aluminium pourront être
- variées : pour ne citer que celles qui concernent la
- vitrerie, les panneaux de portes en verres de couleur, le vitrail et la verrerie.
- L’amateur trouvera de même un nouveau champ à exploiter pour créer des tableaux originaux sur verre et sur porcelaine. Ces décorations à l’aluminium, par leur inaltérabilité aux agents atmosphériques, aux émanations gazeuses qui ternissent d’autres métaux, l’argent entre autrss, conservent leur éclat indéfiniment. Des objets en verre ainsi décorés et exposés pendant plusieurs mois aux intempéries sont restés absolument inaltérés.
- Charles Margot,
- Préparateur au Cabinet de physique de l’Université de Genève.
- Spécimens des plaques de verre obtenues avec des crayons d'aluminium ; dessins et lettres, lignes quadrillées et courbes, tracées en aluminium. Ces dessins ne peuvent être effacés ni par le frottement ni par des lavages.
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- LA NATURE.
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- LES ÆPYORNIS
- Nous avons annoncé, il y a déjà bien des années1, la publication des premiers volumes de Yllisloire physique, naturelle et politique de Madagascar. Depuis lors, ce grand ouvrage, dont M. Alfred Gran-didier a réuni les premiers matériaux et auquel il consacre sa vie, s’est poursuivi sans interruption, et constitue déjà, à l’heure actuelle, un monument scientifique incomparable. Nulle région du globe n’aura été aussi bien étudiée que Madagascar et nulle ne méritait davantage d’ètre l’objet d’investigations complètes. Cette grande terre, qui faisait probablement partie d’un continent beaucoup plus étendu du côté de l’est, possède, en effet, une faune et une flore d’un caractère tout particulier. A côté de types qu’on ne rencontre pas ailleurs on y trouve des animaux dont les analogues vivent non pas sur la terre d’Afrique, qui n’est séparée pourtant de Madagascar (pie par le can.
- zambique, non pas sur les îles Mascareignes, les Seychelles et les Comores, mais dans l’Asie méridionale ou insulaire ou, plus loin encore, en Nouvelle-Zélande.
- Ainsi, pour ne citer que quelques exemples empruntés aux animaux supérieurs, les Singes, si répandus dans les grandes forets du continent africain, font entièrement défaut à Madagascar et y sont remplacés par des Lémuriens ou Faux-Singes, qui se présentent là sous les formes les plus variées, tandis qu’ils ne comptent que des espèces peu nombreuses et de petite taille dans l'Afrique équatoriale et en Malaisie. Les Pics qui sont disséminés dans les régions froides, tempérées et tropicales, des deux mondes, manquent à Madagascar, aussi bien qu’en Australie. Les Calaos, ces oiseaux bizarres dont le bec est surmonté d’un casque plus ou moins volumineux, les Barbus qui doivent leur nom aux soies raides qui garnissent la base de leur bec, les Coucous-indicateurs, les Colious, les Tou-racos n’existent pas non plus à Madagascar où l’on
- 1 Voy. n™ 158 et 160, «les 10 et 24 juin 1876, p. 28 et 55.
- observe, en revanche, des Coucous marcheurs qu’on nomme des (louas et toute une série de Passereaux des plus remarquables, Eurycères, Falculies, Courais, Brachypteracias, etc. Signalons encore, parmi les Rapaces nocturnes, YHeliodilus Soumagnei, qui ressemble extérieurement à nos Chouettes effraies, mais s’éloigne beaucoup de celles-ci par la conformation de sa charpente osseuse et, parmi les Echassiers, les Mesites qui ont certains caractères des Râles et des Hérons sans pouvoir être rattachés nettement à l’un ou l’autre de ces groupes. Citons également, parmi les Carnassiers, une espèce d’assez grande taille, le Cryptoprocta ferox, dont la Ménagerie du Muséum a possédé naguère deux exemplaires et qui tient à la lois des Félins et des Hyènes.
- Quelques Passereaux malgaches ont une physionomie indienne ou malaise tandis que d’autres, comme les Bhi-lepitta, ont des liens de parenté fort étroits avec certains Paradisiers de la Nouvelle - Guinée qu’on appelle des Astrapia, et que d’autres encore, comme les Vanga et les Xenopiros-tris, se rapprochent des Cassi-cans australiens et des Cl y torli y n-ques de la Nouvelle-Calédonie . De môme certains Pigeons de Madagascar j, les Fou-ningos (Funin-gus) se rattachent à une famille dont on trouve déjà quelques représentants dans le sud de l’Asie, mais qui acquiert son maximum d’expansion à la Nouvelle-Guinée, aux Moluques et dans les différents archipels de la Polynésie. Enfin si nous considérons non plus seulement la faune contemporaine, mais la faune ancienne de Madagascar, nous découvrons des affinités encore plus extraordinaires entre la population ornithologique de cette grande île et celle de la Nouvelle-Zélande.
- Nos lecteurs n’ignorent pas qu’il existe à la Nouvelle-Zélande des oiseaux bizarres qu’on nomme des Aptéryx et qui appartiennent au même ordre que les Autruches d’Afrique et les Nandous d’Amérique, les Casoars et les Emeus de l’Australie et de la Papouasie, mais qui sont de taille beaucoup plus réduite, ne dépassant guère la grosseur d’une Poule. En parlant d’un de ces Aptéryx qui vit au Jardin des Plantes et qui a passé tout l’hiver en liberté,
- de Mo-
- Fig. 1. — Gravures montrant les grandeurs relatives : — 2° de YÆpyornis Malle ri. — 3° du Casoar à casque. velle-Zélande.
- de YÆpyornis ingens. i” de l’Aptéryx de la Nou-
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- nous avons lait aussi allusion .à d'autres oiseaux presque entièrement privés d’ailes1, à d’autres Bré-vipennes qui habitaient jadis provisoirement la même contrée que les 'Aptéryx, mais qui étaient, par rapport à ceux-ci, de véritables géants. Ces oiseaux, ce sont des Muas ou Dinornis dont on trouve les ossements accumulés, parfois en quantité considérable, dans les couches superlicielles du sol de la Nouvelle-Zélande et dont les travaux du professeur Richard Owen et de M. .1. von Haast.ont fait connaître une vingtaine d’espèces2. La plus grande était le Dinornis maximu s qui mesurait non pas, comme on l’a dit, 4 mètres de haut, mais 51U,50 environ, ce qui était déjà une fort belle taille, bien supérieure à celle de l’Autruche5. Ensuite venaient le Dinornis giganteus, qui atteignait, 2in,75 environ, puis les Dinornis ingens, gracilis, elephantopus, crassus, struthioides, casuarinus, rheides, dromoides, gravis, curtus, didiformis, parvus, Gweni et d’autres encore forment une série descendante dont le dernier terme restait encore bien plus grand et plus lourd de forme (pie les Aptéryx. De ces différentes espèces, comme leurs noms mêmes l'indiquent, les unes offrent dans l’aspect général de leur squelette des ressemblances avec les Autruches (Struthio), les Nandous (Rhea), les Casoars (Casuarius), les Emeus (Dromains) ou même avec les anciens Pigeons de l’ile Maurice, avec les Dronles ou Dodos (Didus) ; d’autres se font remarquer par leurs formes élancées; d’autres enfin ont des pattes lourdes et massives, des pieds d’Elépbants. Les uns n’avaient que trois doigts comme les Casoars, les autres au contraire étaient pourvus en outre, comme les Aptéryx, d’un pouce ou doigt postérieur plus ou moins développé; mais quelles (pie fussent leurs formes générales ou leurs dimensions, tous ces oiseaux étaient, pour employer l’expression de M. Milne-Edwards, plus pachgpèdes, c’est-à-dire avaient l’os du pied, le tarso-métatarsien relativement plus court et plus robuste et les doigts plus épais que les Aptéryx. Leur bec, au lieu de s’allonger comme celui d’une Bécasse, était court, élargi à la base et un peu plus recourbé, avec l’arête supérieure continuant la ligne du front où rien n’indiquait la présence d’un casque analogue à celui des Casoars.
- Le sternum était, comme chez les Aptéryx, en forme de bouclier largement échancré de chaque côté sur son bord inférieur et à peine relevé au milieu dans sa portion supérieure. Cette absence de carène médiane, le faible développement des os coracoïdiens et l’état rudimentaire de l’humérus, réduit à une simple baguette, indiquent des animaux presque entièrement privés d’ailes. Sous ce rapport, les Dinornis étaient aussi disgraciés que les Aptérvx, et
- » Yoy. n° 1090, du 21 avril 1894.
- - Los Xotes et Mémoires de R. Owen ont été publiées dans les Proceedings et les Transactions de la Société zoologique, de Londres.
- 3 II s’agit ici, bien entendu, de la hauteur de l'oiseau dans la position ordinaire, normale; car, en se dressant, le Dinornis p mvait élever sa tète à 4 mètres au moins.
- comme ils étaient encore plus lourds que les grands Oiseaux coureurs de l’époque actuelle, comme ils se trouvaient confinés dans deux îles d’une étendue relativement restreinte, ils étaient fatalement destinés à disparaître.
- Comment et à quelle époque s’est produite leur extinction? C’est là une question qui a beaucoup préoccupé les naturalistes. Les ossements des Moas gisent parfois dans des marais, plus souvent dans des cavernes ou au milieu de dépôts analogues aux kjœkkenmœddings de l’Europe septentrionale, c’est-à-dire au milieu de débris de cuisine, d’ossements d’oiseaux de mer et d’Otaries mélangés à des instruments grossiers en silex, en grès ou en autres roches siliceuses, et quelquefois la couche qui les renferme est recouverte par un lit de sable ou de terre végétale de 15 à î20 centimètres d’épaisseur. 11 est donc évident que sinon tous les Dinornis, au moins certains Dinornis ont été chassés par l'homme et ont servi à son alimentation. Seulement pour M. Julius von Haast les chasseurs de Moas de la Nouvelle-Zélande auraient été contemporains des hommes préhistoriques qui dans nos pays chassaient, le Mammouth, tandis (pie pour MM. Mantell, comme pour M. de Quatrefages, ils auraient appartenu à la race maori. En d’autres termes, pour les uns les Moas auraient été anéantis à la tin de la période quaternaire ou à l’aurore de la période moderne ; pour les autres ils auraient vécu jusqu’à une époque très rapprochée de nous. On sait, en effet, positivement, <pie les Maoris, qui sont de vrais Polynésiens, n’ont abordé à la Nouvelle-Zélande que dans les premières années du quinzième siècle, venant de l’ile Raro-tonga, l’une des îles de l’archipel de Cook. Les chants maoris qui ont conservé fidèlement ces traditions nous apprennent, en outre, (pie la plupart des immigrants trouvèrent le pays absolument désert et qu’un seul d’entre eux rencontra quelques indigènes sur un point de la Nouvelle-Zélande. Or il résulte de diverses recherches anthropologiques que ces indigènes, dont on retrouve encore la trace, étaient des Papous, c’est-à-dire d’autres colons arrivés en très petit nombre, également par la voie de mer, quelque temps avant les Maoris, et non les restes d'une population autochtone remontant aux temps préhistoriques1.
- Le témoignage d’un vieux chef maori, les traditions conservées dans les chants des indigènes recueillis par sir Georges Grey et les conditions même dans lesquelles ont été trouvés des ossements, des œufs et jusqu’à des plumes de Dinornis, paraissent tout à fait favorables à la thèse soutenue par M. de Quatrefages et MM. Mantell2; toutefois, comme les restes des grandes espèces de Dinornis manquent
- 1 A. de Quatrefages, l'Espèce humaine, p. 145 et 140.
- 2 A. de Quatrefages, Journal des savants, 1883, p. 319, 370 cl suiv. ; Annales des sciences naturelles, Zoologie. 1883, l. XVI; le Naturaliste, 1889, 11e aimée, n*> 53, p. 118. Yov. aussi Troucssart, Revue scientifique, u° du 20 juillet 1884.
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- dans les kjœkkenmœddings de la Nouvelle-Zélande, il se peut que celles-ci aient disparu à une date un peu plus ancienne que les espèces de taille plus faible.
- Les faits que nous venons de rappeler ne sont pas aussi étrangers à notre sujet qu’ils le paraissent au premier abord. Ils éclairent, en effet, d’une vive lumière l’bistoire d’autres Oiseaux brévipennes qui ont vécu jadis à Madagascar, qui ont joué dans cette île le même rôle que les Dinornis à la Nouvelle-Zélande et qui se sont éteints, sinon à la même époque, au moins dans les mêmes conditions.
- Il y a plus de soixante ans, M. Sganzin, voyageur à Madagascar, envoya à Jules Yerreaux, qui se trouvait alors au cap de Bonne-Espérance, le dessin au trait d'un œuf gigantesque, en ajoutant qu’il avait vu deux œufs semblables, dont un était scié en deux portions et dont f autre était traversé par un bâton, dans le sens de son axe, de manière à pouvoir servir de meule à écraser le riz. Ce dessin et ces notes lurent malheureusement perdus dans le naufrage qui engloutit les collections réunies par Jules Yerreaux dans l’Afrique australe; mais quelque temps après, en 1854, un autre voyageur, Goudot, recueillit à Madagascar des débris de coquilles d’œufs, dont M. P. Gervais eut l’occasion de parler dans l’article Autruche du Dictionnaire des sciences naturelles et qu’il rapporta à des œufs comparables, pour la grosseur, à ceux de l’Autruche d’Afrique. Plus tard encore, en 1848, M. lhimarèle vit à Port-Leven, sur la cote nord-ouest de Madagascar, un œuf dont les habitants se servaient en guise de vase et qui avait la capacité de treize bouteilles; mais c’est seulement en 1850 qu’un capitaine de navire marchand, M. Abadie, fournit une base sérieuse aux études des naturalistes en rapportant en France, non seulement un certain nombre d’œufs absolument intacts, mais quelques ossements d’un oiseau gigantesque trouvés près du port des Masikoro, dans le sud de Madagascar. Ces œufs et ces ossements furent présentés à l’Académie des sciences, dans la séance du 27 janvier 1851, par Isidore Geoffroy Saint-IIilaire, qui n’hésita pas à les attribuer à une espèce de Bcévipenne, espèce qu'il proposa d’appeler Æpyornis maximus. Bientôt après, d’autres fragments d’os et des œufs entiers ou brisés furent recueillis à Madagascar par M. Coquerel et par M. .Alfred Grandidier; enfin, en 1809, ce dernier naturaliste réussit à obtenir des pièces beaucoup plus importantes, dans des conditions qui méritent d’être rappelées.
- M. Grandidier, désirant avoir le plan d’une localité de la côte ouest, un traitant s’était chargé de cette opération et avait dressé, dans ce but, une toile blanche se profilant sur les arbres, afin de la viser comme point de repère; mais il avait compté sans l’esprit superstitieux des Malgaches qui, persuadés que cette toile jetterait un sort au pays, résolurent de faire un mauvais parti au traitant et de s’emparer de sa cargaison, valant plus de 28000 francs. Prévenu de ce qui se tramait, M. Grandidier se rendit aussitôt chez un chef, son frère de sang, et parvint
- à lui l’aire entendre raison et à obtenir qu’il donnât immédiatement des ordres pour que le traitant ne fût pas inquiété. Une fois tranquille de ce côté,
- M- Grandidier se mit à causer avec le chef des productions naturelles du pays et fut amené à lui demander s’il avait connaissance de l’animal désigné par Flacourt sous le nom de Vouron pair aL « Non, répondit le chef, je ne l’ai pas vu moi-même, mais mes ancêtres l’ont vu, et la preuve que je ne mens pas, c’est que j’ai trouvé ses os en creusant une mare pour abreuver mes bœufs. » M. Grandidier demanda aussitôt à voir ces ossements. « Impossible, dit le chef, ce sont les os du dieu de la mare. » Toutefois, il finit par consentir, sur l’offre qui lui fut faite d’un bœuf à sacrifier pour apaiser la colère du dieu. Le prix de la victime ayant été payé en piastres et en poudre de chasse, M. Grandidier put se rendre à la mare d’Amboulitsate d’où il retira, en effet, des ossements énormes dont il chargea une pirogue. Dans cette trouvaille figuraient un tibia complet mesurant 64 centimètres de long, divers fragments du même os, un fémur presque complet, long de 52 centimètres, deux vertèbres isolées et plusieurs fémurs, les uns entiers, les autres brisés, paraissant provenir de deux espèces de taille plus faible que celle à laquelle appartenaient le tibia, le premier fémur et les vertèbres. Ils firent l’objet d’un très important Mémoire que M. Alph. Milne-Edwards et, M. Alf. Grandidier firent paraître en 18092 et dans lequel ces savants naturalistes démontrèrent que le fémur de 52 centimètres et le tibia de 64 centimètres devaient être attribués à un seul et même oiseau et que cet oiseau se rapportait précisément à l’espèce décrite par Isidore Geoffroy Saint-IIilaire sous le nom . à'Æpyornis maximus, espèce dont M. Liénard avait envoyé en communication au Muséum un fragment d’os du pied plus complet que l’échantillon rapporté par M. Abadie. Discutant ensuite les affinités de Y Æpyornis maximus, MM. Milne-Edwards et Grandidier prouvèrent (pie Isidore Geoffroy Saint-Hilaire ne s’était point trompé dans son diagnostic, que YÆpyornis était bien un Brévipenne, un oiseau du même ordre que les Dinornis et les Aptéryx et non pas un Pingouin ou un Manchot, comme l’avait supposé M. Yalenciennes, ou un grand Oiseau de proie, comme l’avait prétendu plus tard M. Bianconi pour lequel l’oiseau gigantesque de Madagascar était le fameux Roc ou Rue mentionné par Marco Polo5.
- Isidore Geoffroy Saint-IIilaire avait déjà rappelé, du reste, que le Roc, dont il est question également dans divers contes orientaux, n’avait pas été donné par Marco Polo comme un oiseau malgache, mais comme un oiseau habitant « quelques autres isles oultres Meidagascar sur la coste du midy ».
- 1 Vouron patra. — « C’est un grand oyscau qui liante les Ampatres et fait des œufs comme l’Autruche. C’est une espèce d’Autruche. Ceux desdits lieux ue le peuvent prendre, il cherche les lieux les plus déserts ». De Flacourt, Relation de la grande isle de Madagascar, Paris, in-4°, 1058, p. 105.
- 2 Annales des sciences naturelles.
- 3 Édition française de 1550, livr. 111, ch. xi..
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- Fig. 2. — Le grand Æpyornis (Æpyornis tuyens), de Madagascar. (Restauration.)
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- Fi”. 5. — Squelette restauré du grand Æpyornis (Æpyornts ut g en s), de Madagascar.
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- LA NA TL 11 K.
- Enfin, en replaçant les os de la patte de YÆpyornis maximus dans leur position normale, MM. Milne-Edwards et Grandidier reconnurent que les dimensions de cette espèceavaient éténotablementexagérées. La région dorsale de l’oiseau ne s’élevait probablement [tas à plus de lm,45 au-dessus du sol, et comme la longueur du cou est d’ordinaire proportionnée à celle des pattes, la hauteur totale, du pied au sommet de la tète, ne devait guère être supérieure à 2 mètres1. Par conséquent, loin de dépasser le Dinornis maximus, ainsi que le supposait M. Bian-coni, YÆpyornis maximus était à peine plus grand qu’une Autruche, mais il était [tins gros et plus massif. Derrière lui venaient les deux autres espèces, Æpyornis médius et Æpyornis modestus, dont les ossements ont été trouvés également par M. Grandidier dans la mare d’Amboulitsate. La dernière était à peu près de la grandeur d’une Outarde. De son côté, M. G. Davvson Rowley, en étudiant les différents œufs d'Æpyornis, était arrivé à cette conclusion qu’ils appartenaient à deux espèces au moins, YÆpyornis maximus et YÆpyornis Grandidieri.
- Des découvertes toutes récentes, en confirmant la parfaite exactitude des vues d’Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, de MM. Milne-Edwards et Grandidieri ont permis d’ajouter encore de nouvelles espèces à celles que nous venons de citer. Dans les derniers jours de l’année 1895, le Muséum d’histoire naturelle a reçu, en effet, de magnifiques séries d’ossements A”Æpyornis. Les uns ont été découverts sur la côte ouest, entre Bélo et Mouronndava, par M. Grevé; d’autres, provenant du sud-ouest, ont été envoyés par M. Samat, négociant à Mouronndava ; d'autres sont dus à M. Emile Gautier; d’autres enfin, et. ce sont les plus nombreux, ont été recueillis a Antsirabé, au centre même de l’île, par M. Georges Muller, l’infortuné voyageur qui devait bientôt après être assassiné, sur la route de Mojanga, par uiie troupe de pillards sakalaves. A l’aide de ces matériaux, il sera bientôt possible de faire figurer dans les galeries du Muséum des squelettes A'Æpyornis aussi complets que ceux des Dinornis; mais, eu attendant ce résultat pratique, quelques conclusions scientifiques, du plus haut intérêt, ont pu être formulées*.. Ainsi, MM. Milne-Edwards et Grandidier ont reconnu dans les collections formées par M. Grevé et M. Samat, a côté de nombreux ossements de l’espèce récemment décrite par M. Andrews sous le nom A'Æpyornis Titan, dès os, de dimensions beaucoup plus considérables, appartenant à une espèce nouvelle qu’ils ont nommée Æpyornis ingens. Cette espèce, dont nous publions1 aujourd’hui deux figures représentant l’une le squelette, d’après la restauration graphique faite par M. Milne-Edwards, l’autre l’aspect extérieur de l’oiseau, tel qu’on peut l’imaginer, cette espèce, disons-nous, surpassait de beaucoup en grandeur
- 1 Ici encore il s’agît de la hauteur de l’oiseau dans la position ordinaire.
- 2 Yoy. la Note présentée à l’Académie des sciences dans la séance du 15 janvier 189i.
- YÆpyornis maximus et mesurait plus de 5 mètres déliant1. Le fémur, en particulier, se (disait remarquer par l’épaisseur de son corps, dont la circonférence atteignait 29 centimètres, taudis que chez un Bœuf de forte taille la portion correspondante du même os ne mesure que 18 centimètres de tour. Le tibia était également d’une puissance extraordinaire et l’os du pied, long de 42 centimètres, s’élargissait considé^ rablement vers la portion qui donnait attache aux doigts. Les restes de YÆpyornis Titan et de Y Æpyornis ingens étaient accompagnés de ceux de deux autres espèces, jusqu’alors inconnues des naturalistes : YÆpyornis cursor, égalant, presque YÆpyornis maximus, mais offrant des formes plus grêles; et YÆpyornis lentus, reconnaissable, au contraire, à ses pieds courts et massifs. D’un autre côté* dans la collection vraiment admirable recueillie par M. Muller à Antsirabé, figuraient d’abord les restes d’une espèce A' Æpyornis plus petit que Y Æpyornis Hildebrandti décrit par M. Burkhardt, d’après des exemplaires venant de la même localité, ensuite de nombreux ossements d’autres Oiseaux brévipennes de taille moyenne, moins lourds de formes que les Æpyornis et se rapprochant davantage des Casoarsi Ces oiseaux, que MM. Milne-Edwards et Grandidier ont proposé d’appeler Mullerornis, en souvenir de M. Muller, étaient représentés à Madagascar au moins par trois espèces : le Mullerornis Betsiloei d’Antsi-rabé, le Mullerornis agilis de la côte sud-ouest, et le Mullerornis midis, découvert par M. Grevé dans les gisements de la côte occidentale2,
- - Comme nous le disions tout à l’heure, on possède; maintenant des squelettes ’ à peu près complets; A'Æpyornis et,l’on sait désormais que ces Brévipennes; différaient,des Dinornis par leur tète plus longue, plus étroite et en même temps moins aplatie dans la région crânienne, où trouvait à sé loger un cerveau; plus développé. Leur bec rappelait par sa forme celui des Nandous, tandis que leur-,sternum était taillé sur le modèle de celui des Aptéryx. Leurs ailes étaient absolument rudimentaires .Enfin, leurs pattes énormes n’étaient pas aussi pesantes qu’on pourrait le supposer, car le fémur au moins recevait de l’air dans son intérieur, ce qui permet d'assurer que la cage . thoracique n’était pas close inférieurement par un diaphragme comme chez l’Aptéryx et que les sacs aériens devaient être aussi développés que chez l’Autruche et le Casoar. Ils pouvaient donc courir sur le sol avec une certaine rapidité, les Mullerornis surtout dont les pattes étaient plus fines que celles des Æpyornis proprement dits.
- Tous ces oiseaux vivaient au bord des lacs et des étangs et se nourrissaient probablement d’herbes tendres et de racines de plantes aquatiques. La ville
- 1 Dans la position normale, car, en se dressant, l'oiseau pouvait monter sa tète jusqu’à 3m,50 ou 4 mètres du sol.
- * Vov. aussi le Mémoire que M. Andrews vient de publier dans les Proceedings de la Société zoo logique de Londres (1894, p. 108, pl. XIY et YV) sur les restes (VÆpyornis appartenant au lîritisli Muséum.
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- d'Antsirabe, près de laquelle M. Muller a recueilli les restes de plus de soixante Æpyornis et Mullerornis, est située, en elïèt, au milieu de petites plaines basses, marécageuses et couvertes de graminées, qui étaient autrefois occupées par des lacs, alimentés par des sources thermales et la mare d’Amboulit-sate ou Ambolisatra *, dans laquelle MM. Alfred Grandidier, IIildebram.lt et Samat ont fait de si belles récoltes, a livré non seulement des ossements d'Æpyornis, mais des restes de Crocodiles, de Tortues, d’Oies, de Râles, de Pygargues, de Porcins du genre Potamoehère et d’Hippopotames, c’est-à-dire d’animaux franchement aquatiques ou fréquentant le bord des eaux.
- Les Tortues de Madagascar ( Testudo Grandidier/), dont MM. L. Vaillant et A.-G. boulanger ont successivement fait l’étude,! appartenaient à un groupe de Gbéloniens d’eau douce, de très grande taille, qui comprend encore les Tortues d’Aldabra; au contraire les Hippopotames (llippopotamus Lemerleï), dont MM. A. Milne-Kdwards et H. Filhol ont pu restaurer le squelettè et dont un individu se trouve représenté sur une de nos planches, à côté de Y Æpyornis ingens, étaient d’un tiers plus petits que les Hippopotames africains.
- C’est au milieu des herbes ou peut-être plutôt, comme le suppose M. Last2, sur les plages du sud et du sud-ouest que tes'Æpyornis devaient déposer leurs œufs, ces œuf$ énormes dont le Muséum possède maintenant une belle série, mais qui étaient naguère encore si rares, qu’en Angleterre on les vendait 5000 à 7000 francs pièce. La plupart de ceux qui figurent dans les collections doivent appartenir à Y Æpyornis maximüs, c’est-à-dire à l’espèce qui vient, sur le rapport de la taille, après Y Æpyornis ingens et Y Æpyornis Titan; ils sont cependant énormes et d’après les calculs d’Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, équivalent à 6 œufs d’Autruche et à 148 œufs de Poule. Toutefois, si l’on considère leur volume non plus d’une manière absolue, mais par rapport à la taille de l’oiseau, on trouve qu’ils sont relativement plus petits que les œufs d’Aptéryx. Celui-ci, en effet, tout en n’étant guère plus gros qu’une Poule, pond des œufs plus allongés et presque aussi épais que des œufs de Nandou.
- Dans les mêmes gisements qui renferment les restes d'Æpyornis, on a trouvé les débris d’un Lémurien de la taille d’un Dogue, du Megaladapis dont M. le Dr T rouessart a récemment entretenu les lecteurs de La Nature 3. On y a rencontré également les ossements d’un Maki, voisin du Maki vari et ceux d’une sorte de Chacal. Ce Carnassier, peut-être introduit par l’homme, a pu participer dans une certaine mesure, avec le Cryptoprocte, à la destruction des Æpyornis; mais celle-ci a dû être en grande partie, le fait des anciens habitants de Madagascar. On
- 1 Un peu au nord de Tullcar, sur la côte sud-ouest.
- 2 Pcocccdings of the zooloqieal Society of London, 1804, p. 120.
- 3 Yoy. n° 1082, du 24 février 1801. p. 108.
- distingue, en effet, sur quelques ossements à'Æpydr-7iis des entailles profondes et très nettes qui ont été faites avec un instrument tranchant, sans doute pour détacher des chairs ; et sur un fémur d’IIippo-potame on remarque un trou entamant toute l’épaisseur de l’os et paraissant avoir été pratiqué par la main de l’homme.
- L’histoire des grands Rrévipennes de Madagascar offre donc une similitude extraordinaire avec celle des grands Rrévipennes de la Nouvelle-Zélande. Les uns et les autres ont été détruits par l’homme, quoique à des époques différentes, les Æpyornis ayant sans doute précédé les Dinornis dans la tombe ; les uns et les autres ont été 'représentés jadis par plusieurs espèces,.de taille décroissante; les uns et les autres, après avoir occupé deux continents ou peut-être deux portions d’un même continent austral, se sont trouvés relégués sur deS terres d’une étendue plus restreinte, où ils ont fini par succomber.
- L’intérêt exceptionnel des faits que nous venons d’exposer, fera, nous l’espérons, excuser le développement inusité de cette Notice. Les figures qui l’accompagnent ne sont point des figures de fantaisie, car l’excellent artiste qui les a exécutées a pris pour modèles, comme nous le disions tout à l’heure, lés restaurations graphiques faites par M. Milne-Edwards et ces restaurations. ont été obtenues en mettant 'dans leur situation naturelle les différentes pièces du squelette presque complet d’un Æpyornis Mulleri et les principaux os d’un Æpyornis ingens.
- E. OüSTALET.
- NOUVEL APPAREIL VÉLOCIPÉDIQUE
- LA QÜADRIMOTIVE O’keEXAN
- j ’ ;
- Nous avons eu récemment l’occasion de parler de vélocipèdes où l’action des jambes se trouve secondée par l’action des bras1 J
- M. G. Edouard O’Keenan présente aujourd’hui une solution nouvelle qui, par sa simplicité,, mérite de fixer encore notre attention (fig. 1). !
- Prenons une bicyclette ordinaire, fixons sur la tige du guidon la pièce que représente la figure 2:, mettons un pignon sur la roue d’avant, enfin relions par une chaîne le pignon à la pièce en question et nous aurons la quadrimotive de M. 0’ Keenan.
- Cette combinaison a ceci d’intéressant qu’elle ne change en rien les machines existantes et permet d’y adapter'à peu de frais un organe dont l’utilité est incontestable : car les bras venant à l’aide des jambes, on peut, en terrain plat accélérer la vitesse, en rampe maintenir sans fatigue une bonne allure, et enfin avancer sans peine contre le vent debout. C’est surtout dans ces deux derniers cas «pie l’adjonction du système offre le plus d’avantages : l’on sait en effet que l’on ressent une fatigue
- 1 Yoy. Machine à courir Yalère, n° 1073, du 23 décembre 1803, p. 49. — Vélocipède pour l'inspection des voies ferrées en Russie, n° 1087, du 31 mars 1804, p. 273.
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- momentanée assez désagréable dans les jarrets lorsqu’on monte une côte, surtout avec les multiplications élevées qui sont de mode aujourd’hui : c’est que l'effort demandé aux muscles est considérable et c’est précisément l'effort (intensité de la force sur la pédale) qui fatigue et non pas autant, comme on pourrait le croire, le travail (effort X déplacement de la pédale). Un comprend aisément ce fait lorsqu’on compare deux vélocipédistes de môme force et de môme poids, montant une môme côte à la môme vitesse, mais sur des machines munies de multiplications différentes : tous les deux produiront exactement la môme puissance, ils fourniront le môme nombre de kgm : s., mais celui (pii possède la petite multiplication ressentira beaucoup moins de fatigue musculaire que l’autre, sa pédale tournera plus vite il est vrai, mais il aura un effort moindre à exercer.
- Donc, dans les côtes et à vitesse égale, l’avantage sera tout en faveur de la faible multiplication, tandis qu’au contraire, en terrain plat où la marche est aisée et où l’on va généralement vite, la faible multiplication a le dessous à cause des mouvements désordonnés qu’elle occasionne; nous savons bien que des essais ont été* faits surtout dans ces derniers temps, pour obtenir une multiplication variable suivant les cas en palier ou en rampe, mais jusqu’ici ces combinaisons ne sont guère entrées en pratique.
- Nous allons maintenant aborder le vif de la question : voyons ce (pii se passe si au travail des jambes on adjoint celui des bras. Prenons de nouveau l’exemple de nos deux vélocipédistes montant une môme côte avec la môme vitesse, ayant cette fois deux machines semblables et de même multiplication; à l’une d’elles on adjoint le système de M. U’ Kcenan : que se passe-t-il? Si la côte est un peu accentuée, le poids du vélocipédiste, sur la machine ordinaire, ne suffira pas pour appuyer sur les pédales : il s’arc-boutera sur son guidon et ce supplément de force qu’il trouve ainsi permettra de pousser plus fortement la pédale ; mais alors le
- jarret doit avoir ,'t supporter non seulement le poids du corps, mais encore la force additionnelle due à la traction sur le guidon. En résumé les bras se fatiguent pour donner de la force sans travail; les jarrets se fatiguent parce qu’ils donnent de la force en môme temps que du travail.
- Le second vélocipédiste, à la quadrimotive, au contraire, en tirant sur les manettes qui lui servent de guidon, y produit un travail puisqu’il y a déplacement relatif des manettes; les bras se fatiguent comme dans le premier cas, mais avec production de travail correspondant; (punit aux jambes, elles sont soulagées d’autant.
- Une expérience de M. O’Keenan qui montre bien l’efficacité des bras, consiste à faire marcher la
- bicyclette avec les bras seulement, sans l’ad-jonction des pieds, la chaîne des pédales étant retirée : la force des bras seuls permet d’avancer à allure moyenne sur route plane et môme de monter des côtes lorsqu’elles sont peu accentuées; on conçoit dè,s lors que la bicyclette quadrimotive soit très avantageuse et qu’elle permette, en utilisant les quatre membres, d’obtenir une notable augmentation de vitesse moyenne,
- surtout dans les pays et routes un peu accidentés.
- Enfin cette machine a ceci de particulier (pie tout vélocipédiste peut en faire usage immédiatement sans apprentissage spécial, en tenant le guidon d’une main comme à l’ordinaire et de l'autre une manette, puis alternant les mains, et enfin, au bout d’un temps très court attrapant résolument et sans danger les deux manettes qui servent en môme temps de guidon.
- Toutefois le guidon ordinaire est en réserve pour les passages très difficiles, les embarras de voilures, les descentes où l’on veut faire usage du frein, etc.
- Le temps est peut-être proche où les bras prendront une part active à la propulsion au lieu de rester inertes, morts [tour ainsi dire, comme ils le sont aujourd’hui. X..., ingénieur.
- Fig. 1 et 2. — Vélocipède actionné par les bras et les jambes.
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- hk CONQUÊTE DU POLE NORD
- Trois vaillantes expéditions font route en ce moment vers le pôle nord, cette région encore mystérieuse de notre globe, malgré les nombreux assauts (pii lui ont été déjà livrés.
- 11 semble vraiment que l’énergie et la science des explorateurs, jointes à l’organisation perfectionnée des expéditions, réuss ront cette fois à vaincre les terribles obstacles de la nature, en perçant au moins en un point la cuirasse glacée qui enveloppe le pôle.
- Nos lecteurs connaissent l’expédition norvégienne partie sous la direction du JPNauscn à bord du F ram (En avant!), commandant Sver-drup, un solide petit navire spécialement construit par souscription nationale.
- En suivant les côtes septentrionales de l'ancien continent, le Fram, qui a été vu pour la dernière fois le (> août 1895, dans la mer de Kara, a dit doubler le cap Tclié-liouskine et s’avancer jusqu’aux îles de la Nouvelle-Sibérie.
- C’est de là que, après avoir hiverné dans la banquise, il vient sans doute de se dégager des glaces pour naviguer vers le pôle avec l’aide des courants. L’expédition a pour cinq ans de vivres et elle s’efforcera ainsi chaque été de traverser le bassin polaire inconnu, afin de venir déboucher dans l’Atlantique avec le grand courant du Groenland oriental. Si le navire était arrêté ou désemparé, Nansen et ses compagnons s’installeraient sur les glaces flottantes pour continuer leur route, sans idée de retour en arrière !
- D’autre part, l’expédition américaine du lieutenant Peary a établi pour la seconde fois, en août dernier, ses quartiers d’hiver sur la côte ouest du Groenland, dans le golfe d’Inglefield, à l’entrée du
- détroit de Smith. Dès que le printemps actuel aura été assez avancé, l’intrépide explorateur a dû quitter son campement pour atteindre avec ses traîneaux la baie de l’Indépendance, sur la côte nord-est du Groenland, où il est déjà parvenu en 1892 en dé-- montrant l’insularité de cette grande terre glacée. Après avoir ainsi traversél’Ie-landsis, le lieutenant Peary et deux hommes tenteront une courageuse pointe vers le pôle par les terres entrevues au nord,
- tandis que la troupe principale descendra la côte inexplorée du Groenland jusqu’au cap Bismarck pour regagner ensuite le golfe d’Inglefield à travers l’Inlandsis.
- Enfin, la troisième expédition, à la fois américaine et norvégienne, dirigée par un journaliste des Etats-Unis enthousiaste des voyages polaires, M. Wellmann, est partie le 1er mai dernier de Tromsoë, à bord du vapeur norvégien Ragnvald-Jarl, commandant Pedersen, avec un équipement perfectionné de canots et de traîneaux en aluminium, des provisions concentrées et 50 robustes chiens belges habitués au halage. L’expédition se rendait dans le nord du Spitzberg, à I’île Danes, par 80 degrés de latitude, où elle comptait arriver vers le 10 mai; il existe en cet endroit un solide pavillon de chasse qui servira de quartier général à l’expédition polaire et
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- Expédition Nansen_______Expédition Peary______Expédition Wellmann,
- Fig. 2. — Carte des expéditions polaires actuelles.
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- qui appartient à un gentleman anglais, M. Pike.
- Vers le milieu du mois, M. Wellmann, laissant seulement à Pile Ranes un éminent géologue de Christiania, le professeur Oyen, avec un aide et deux hommes, a dù se faire débarquer sur le champ de glace lorsque le navire n’aura pu continuer sa route au nord. Et alors, Lien équipés et approvisionnés, les vaillants explorateurs, n’étant pas affaiblis par les rigueurs d’un hiver arctique, se seront trouvés en mesure d’employer toute leur vigueur physique et leur énergie morale à une marche rapide vers le pôle. M. Wellmann est accompagné de MM. l'Yen eh, astronome; Mohun, docteur, et Rodge, artiste-peintre, américains; Winship, ingénieur anglais; Aime, météorologiste norvégien et de quelques marins Scandinaves. Ils feront route au nord jusqu’au 15 juillet et tenteront de franchir ainsi les 1100 kilomètres qui séparent le Spitzberg de l’axe terrestre; il leur restera ensuite.deux mois pour regagner le campement de Pile Ranes avant que les glaces bloquent le llagnvald-Jarl, de façon à pouvoir rentrer à l’automne en Norvège.
- C’est là encore une expédition hardie qui, si elle n’atteint pas le pôle même, pourra en approcher beaucoup, à moins que les banquises flottantes ne l’entraînent vers le sud comme Parry en 1827; toutefois, on peut attendre de cette expédition aussi une abondante moisson de découvertes. M. Wellmann a emporté des lettres pour le Rr Nansen, ainsi que pour le norvégien Astrup, un des compagnons de Peary, pour le cas où ces expéditions feraient leur jonction sous les hautes latitudes, malgré l’immensité des régions polaires. En somme, le plan ingénieux de M. Wellmann peut le conduire à une glorieuse réussite avec un minimum de dangers, et l’expédition Nansen, quoique la plus périlleuse, a des chances exceptionnelles de succès, mais il est fort peu probable que le lieutenant Peary puisse atteindre le pôle sans embarcations et à une distance aussi considérable de son campement.
- Avec le temps favorable qui règne dans l’océan Arctique depuis deux ans, il serait extraordinaire que sur trois expéditions aussi bien dirigées et organisées, aucune ne parvînt dans le voisinage immédiat du pôle. Ces quarante hommes d’élite, robustes d’esprit et de corps, qui marchent volontairement à Passant du monde glacé, en risquant leur vie pour la seule gloire des complètes scientifiques, méritent l’admiration universelle! Par delà les terres et les mers, nous leur envoyons du fond du cœur nos souhaits et nos vœux les plus ardents.
- Jacques Léotard.
- Là CONSTANTE DE GRAVITATION
- ET SA MESURE DIRECTE
- Lu constante de gravitation est une quantité physique qu’il faut bien se garder de confondre avec l’accélération due à la pesanteur, le classique g des traités de physique.
- Tandis que le g classique est une accélération, stante de gravitation G est définie par la formule
- F = G
- W
- L2
- con-
- M et M' désignant deux niasses placées à une distance L et exerçant entre elles une force F.
- Dans le système G. G. S., auquel on rapporte toutes les quantités physiques, les dimensions de la constante de gravitation se déduisent de la formule :
- FL2___FL2
- I— M. M'~ M2
- et en remplaçant F en fonctions de L, M et T :
- G:
- M.L.T.2L2 M2
- :M-*LST-».
- En considérant deux masses de 1 gramme, masses chacune placées à 1 centimètre de distance, la force exercée en dynes par les deux niasses l’une sur l’autre donne la valeur numérique de cette constante de gravitation dans le système C. G. S. Cette valeur numérique une fois déterminée permettra de calculer la force en dynes exercée entre deux masses quelconques placées à une distance quelconque.
- La détermination de cette constante qui préoccupait Cavendish il y a plus d’un siècle, fait l’objet des recherches actuelles de M. le professeur C. V. Boys, dont tous les travaux sont empreints d’un si grand cachet d’originalité. Mais il faut reconnaître que les appareils dont se sert M. Boys sont incomparablement, plus perfectionnés et plus sensibles que ceux dont disposait Cavendish. M. Boys utilise pour ses recherches les délicates fibres de quartz dont il s’était servi déjà pour montrer l’attraction newtonienne avec des masses de dimensions très restreintes. L’appareil qui ne servait qu’à montrer le phénomène s’est perfectionné et permet aujourd’hui de le mesurer : le gravi-toscope est devenu un gravitomètre.
- La théorie complète de la méthode est complexe, mais son principe est très simple et peut se résumer en quelques lignes. Une tète de torsion à vis supporte une fibre de quartz verticale à l’extrémité de laquelle est suspendu un miroir oblong, la plus grande dimension de ce miroir étant horizontale. A chacune des extrémités de ce miroir sont fixées deux libres de quartz d’inégale longueur, chacune d’elles supportant une minuscule sphère d’or. Les deux sphères d’or se trouvent ainsi séparées par une assez grande distance. Auprès de chacune d’elles est montée une sphère en plomb comprimé de 15 à 20 centimètres de diamètre; cette sphère représente une planète et la sphère d’or son satellite. La constante de gravitation se détermine en mesurant l’attraction exercée par la grosse sphère sur la petite.
- A cet effet, les centres des quatre sphères sont d’abord amenés dans le même plan vertical : dans cette position, il ne s’exerce aucun couple sur la fibre de torsion supérieure, celle qui supporte le miroir. Les deux balles de plomb sont alors déplacées autour des sphères d’or jusqu’à ce que le couple de torsion de la suspension devienne maximum, ce que décèle le miroir. Les deux halles sont ensuite déplacées en sens contraire jusqu’à ce que le couple redevienne maximum. Les couples sont mesurés par l’angle de torsion de la libre, angle mesuré lui-mème par la méthode du miroir, et la constante de torsion de cette fibre (quotient du couple par l’angle de torsion) déterminé par la méthode des oscillations.
- Les résultats obtenus par cette méthode ne sont pas encore publiés, mais l’un d’eux est déjà connu : c’est celui relatif à la densité moyenne de la terre qui se
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- trouve déterminée à un cinq-millième près, et égale à 3,327. Les mesures précédentes n’avaient pu fixer ce chiffre qu’à 1 pour 100 près.
- Nous attendons avec impatience les résultats de la détermination de la constante de gravitation qui fait l’objet principal des recherches de M. lloys. bien des questions de physique moléculaire trouveront leur solution dans la simple connaissance de ce coefficient numérique, si la loi de la proportionnalité des forces aux masses et au carré des distances, est vraie pour des masses et des distances quelconques. E. 11.
- MORT DE M. CARNOT
- Il ne nous appartient pas de parler ici de l'épouvantable attentat qui, depuis le commencement de la semaine, a si vivement ému la France et l’Europe entière. Le 24 juin 1894, la main d’un misérable a frappé de mort le Chef de l’Etat, que la grandeur et la noblesse du caractère avaient rendu populaire et respecté dans tous les partis. Nous voulons qu’il reste dans les colonnes de La Nature quelques lignes d’hommage à la mémoire du Président Carnot dont la belle existence fut consacrée tout entière à l’amour de la Patrie, et à celui de sa famille. M. Carnot était d’ailleurs un homme de science, et il est peu d’ingénieurs qui aient fait d’aussi brillantes études. Né à Limoges le U août 1837, il entra à l’Ecole Polytechnique avec le numéro 5, puis à l’Ecole des Ponts et Chaussées avec le numéro 1. 11 en sortit le premier en 1863. Après avoir été ingénieur à Annecy, il fut nommé en 1871, pendant la guerre franco-prussienne, préfet de la Seine-Inférieure, et commissaire extraordinaire chargé d’organiser la Défense Nationale dans les trois départements de la Seine-Inférieure, de l’Eure et du Calvados. C’est alors que commença sa carrière politique qui devait le conduire aux plus hautes destinées. Le crime monstrueux d’un assassin étranger, l’a lâchement brisée. La Patrie est en deuil. G. T.
- CHRONIQUE
- Beurre de chèvre. — La chèvre n’est pas seulement la vache du pauvre; mais, dans certaines contrées de la France, de l’Allemagne, de l’Autriche, de la Suisse et de la Scandinavie, il en est tenu de grands troupeaux. Presque partout, le lait obtenu est livré directement au consommateur; une petite partie sert à la fabrication du freinage. Mais, dans le nord de la Suède, notamment, le lait de chèvre est écrémé, et la crème est barattée. M. Ernest Gutzeit, ayant reçu de Stockholm un échantillon de ce beurre, en fit l’analyse, au laboratoire du professeur Fleischmann, à Kœnigsberg. La couleur était d’un blanc jaune; la consistance dure, le goût rance. L’analyse donna :
- Eau.................
- Graisse.............
- Sel marin et cendres Principes protéiques. Hydrates de carbone.
- La faible proportion d’eau est fr
- 8,2 86,3 3,7 0,9 0,7
- qipante (12 pour 100 en
- moyenne chez du beurre salé de vache), elle est peut-être.
- en rapport avec la notable richesse en sel. La richesse en graisse se tient dans les limites ordinaires pour du beurre de vache (82 à 88 pour 100). La haute richesse en protéine qu’accuse le lait de chèvre, malgré la forte addition de sel, est peut-être explicable par la grande richesse du lait en corps albuminoïdes (dans du lait de vache en moyenne 3,4 pour 100 et dans du lait de chèvre o,0 pour 100). La teneur en eau et la forte proportion de principes albuminoïdes se décelaient déjà, lors de la fusion du beurre île chèvre. La graisse du beurre fondu possède, à l’état solide, une couleur jaune clair et une 1res forte consistance.
- Poules aux œufs «l'or. — Lorsque La Fontaine composa sa fameuse fable, il ne se doutait guère qu’en l’an 1893 on emploierait les poulets à chercher des pépites dans le Montana, un des Etals de l’Union américaine. Voici le fait que rapporte la Revue des sciences naturelles appliquées. Un brave fermier des environs de BuUeCitÿ, J. À. Mac Con.vilie, ayant tué récemment un de scs poulets pour le manger, a été stupéfait, eu le vidant, de trouver une quantité de pépites d’or dans le jabot et dans le gésier. N’ayant certainement jamais eu connaissance de la fable de La Fontaine, le brave Mac Conville s’est mis aussitôt à tuer les trente poules et poulets dont se composait sa basse-cour, et dans chacun d’eux il a trouvé, comme dans le premier, plusieurs pépites d’or. 11 y en avait en tout pour 387 dollars, soit une moyenne de 12 dollars par poulet. Le fermier a vendu son or à la State National Bank, de Butte City, et s’est empressé de racheter cinquante poules et poulets qu’il a lâchés aussitôt dans les champs aurifères du voisinage. Au bout de quatre jours, Mac Conville a tué un de ses nouveaux poulets et a encore trouvé dans le gésier pour 2,80 dollars. Le brave fermier, il est à peine besoin de le dire, est enchanté de sa découverte, et il espère devenir bientôt millionnaire en employant ses volailles à chercher de l’or.
- line nouvelle source de Rliodinol. — La partie liquide et odorante de l’essence de roses est presque entièrement constituée par un alcool particulier, répondant à la formule Cl0II180, qui a reçu le nom de Rliodinol. Jusqu’à présent, cette matière n’avait été rencontrée que dans les essences de roses, dont elle paraissait être le principe caractéristique. MM. Bonnet et Barbier ont constaté, au cours de leurs recherches sur les essences de géranium, que le Rliodinol n’était pas un composé spécial à l’essence de roses, et que l’huile essentielle extraite des pélargoniums, cultivés en Algérie et dans le midi de la France, en contenait des proportions notables, mélangées à d’autres substances qui en dénaturent les propriétés physiques et organoleptiques. Ce résultat est important, car il permettra de préparer désormais aisément de fortes proportions de Rliodinol qui, jusque-là, était un corps peu abondant et d’un prix élevé.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 25 juin 1894. — Présidence de M. Lœwy.
- Aussitôt après la lecture du procès-verbal, M. Lœwy exprime en quelques paroles l’émotion et la douleur ressenties par l’Académie des Sciences, à la nouvelle de l’horrible assassinat dont M. le Président de la République a été victime. La séance est ensuite levée.
- Cil.’ DE VlLLEDEUIL.
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- UN SOLDÂT DE U GRANDE ARMÉE
- AGÉ DE 12G ANS NICOLAS SAVIN
- Los journaux russes ont beaucoup parlé, depuis quelques semaines, d’un vieillard extraordinaire qui liabite depuis 1812 la ville de Saralovv sur le Volga. Il ne s'agit de rien moins que de l'un des survivants de la Grande Armée de Napoléon 1er. (le vieux soldat, nommé Nicolas Savin, est âgé de cent vingt-six ans. Il a été lait prisonnier de guerre par les cosaques de Ulatow, pendant la retraite de la Rérésina. Nous donnons ci-dessous le portrait de ce vétéran, qui est reproduit d’après une photographie publiée dans le supplément d’un journal russe de Moscou, le No-voié Vremia1. Un des rédacteurs de ce journal, M. A. Yoénsky, a fait connaissance du vieillard au commencement de cette année et il est arrivé peu «à peu, après de nombreuses conversations avec lui, à connaître son odyssée.
- Nicolas Savin est né à Paris le 17 avril 1768.
- Son père servait sous Louis XV dans les gardes françaises ; il lit ses études au collège des Jésuites, à Tours, où habitait undesesoncles. Vu commencement de 17912, Nicolas Savin rejoignit son père qui occupait à Versailles un poste à la Cour. C’était à l’époque des massacres de Septembre. Ayant trouvé asile chez un ami à Paris, il y vécut; il se rappelle encore la journée de l’exécution de Louis XVI et les horreurs de la Terreur. Il quitta Paris en 1794, résida à Rouen jusqu’en 1798, époque à laquelle le général Bonaparte reformait l’armée du Havre, et qu’il appelait des volontaires pour l’expédition contre l’Angleterre. Nicolas Savin demanda à s’engager; il fut bientôt enrôlé dans le deuxième régiment des hussards avec lequel il allait faire les plus importantes campagnes du Consulat et de l’Empire.
- Le nouveau soldat partit à Toulon où il retrouva son régiment : il s’embarqua, et il sut en mer seulement, que l’on partait pour l’Egypte. Il fit toute la campagne. Après l’Egypte, Savin participa à la guerre d’Espagne; blessé au siège de Saragosse, il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur. Plus tard
- 1 Cos documents nous ont etc communiques par un de nos lecteurs de Moscou, M. Basile Karnééw.
- il fut pris par les Espagnols, mais il parvint à s’évader de sa prison et retrouva son régiment. Savin continua ses campagnes. En 1805, il combattit à Austerlitz; l’année suivante, il prit part à la bataille d’Iéna. 11 se trouva dans l’escorte d’honneur qui se rendit à Berlin. 11 n’était pas loin de Napoléon Ier lors de la célèbre visite que le grand capitaine lit au tombeau de Frédéric le Grand.
- En 1812, le 2e hussards faisait partie du oe corps de la Grande Armée qui se trouvait sous le commandement du maréchal Ney. C’est avec lui que Nicolas Savin fit toute la campagne de Russie depuis le Niémen jusqu’à Moscou et la retraite; le brave soldat eut à Krasnoë plusieurs chevaux tués sous lui, et son corps d’armée fut entièrement détruit; ils n’étaient plus, en arrivant à la Rérésina, que quelques centaines d’hommes, épuisés par les marches, la faim et le froid. Nicolas Savin se rappelle encore aujourd’hui les soins que le grand chirurgien Larrey prodiguait à tous les hommes. Savin, après avoir été fait encore une fois prisonnier, finit par revenir en France. Nous terminerons ici l’histoire dramatique du vieillard héroïque qui habite Sa-ratow depuis quatre-vingt-deux ans : il donne la preuve que la longévité des anciens n’est pas nue fable. Il vit avec sa fille, vieille et respectable demoiselle.
- « Toutes les fois que j’approche delà demeure de l’honorable vieillard, ditM. Voënsky, j'éprouve un sentiment de respect analogue à celui qui s’empare du touriste, sous la voûte du Panthéon, du Colysée, ou d’autres monuments du vieux temps ».
- Nicolas Savin est très aimé à Saratoxv. Il liabite une chambre modeste ; on y voit le portrait de l’ancien hussard et celui de Napoléon.
- En 1887, l’Empereur de Russie s’occupa de Nicolas Savin et lui fit remettre un cadeau de 1000 roubles. Encore aujourd’hui, Savin ne peut se défendre d’une profonde émotion quand il parle de la générosité du czar.
- Le czar a jeté les yeux sur le vieil hussard de la Grande Armée. La France ne saurait oublier non plus le vénérable centenaire. Gaston Tissandier.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier.
- Paris. — Imprimerie Lahure. rue de Flcurns. O.
- Nicolas Savin, né à Paris en 1768, ancien soldai de la Grande Armée, âgé de 126 ans. (D’après une photographie.)
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- N° 1101. — 7 JUILLET 1894.
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- HISTOIRE D’UN SINGE DU CONGO
- Nous n’étions qu’à notre troisième heure de marche, ce matin-là, neuf heures approchaient et déjà le soleil commençait à devenir hrùlant, quand, au tournant d’un de ces caps de verdure (pie fait la grande forêt dont les pieds sont baignés par le Uux et le reflux violents d’une mer que hrise une harre formidable, nous aperçûmes le gai pavillon aux trois couleurs, battant en terre, près d’une case. C’était le poste de Nyanga (Congo).La veille, nous avions fourni une dure journée. La grande forêt, toute faite de palmiers épineux et de lianes enlaçantes, nous rejetait sans cesse jusque sur les bords de cette mer en furie ; un soleil de plomb dardait sur nous sesardentsrayons qui nous brûlaient, et la réverbération sur le sable lin rendant la lumière aveuglante, nous faisait à demi clore les yeux pour essayer de la mieux supporter. Nous étions brisés par cette marche pénible autant que par cette chaleur enveloppante, qui malgré toutes les précautions prises, le casque et le costume de toile légère, donne finalement cette sorte d'insolation qui se traduit par de la fièvre; elle règne à l’état normal dans ce pays et un rien la réveille. Et ce qui rend cette marche plus difficile encore, c’est que, bordant le littoral, s’étendent des lagunes, dont l’eau mélangée à la mer est saumâtre, si bien que le soir, un orage survenant, nous avions dû étendre nos manteaux de caoutchouc pour récolter un pou d’eau douce; ce fut la seule eau potable que nous pûmes nous procurer ce jour-là.
- La vue du pavillon français ranima nos forces, et nous bâtâmes le pas pour arriver plus vite et prendre
- un peu de repos bien mérité. Le poste de Nyanga était tenu par un brigadier de douane, M. Lambert, qui, avec une cordialité sincère, nous lit les honneurs de sa case. 11 fut décidé que nous resterions deux ou trois jours pour aller faire quelques excursions dans les environs. Immédiatement nous nous mîmes à nous organiser, déballant nos provisions et mettant de part et d’autre tout en commun.
- Non loin de la case principale, se trouvait une petite paillotte servant de cuisine. Notre bote s’y
- étant rendu pour donner des ordres, je le suivis et je vis là, dans un des coins, attaché à un des montants, un joli singe qui dès que nous approchâmes se mit à pousser de petits cris en nous tendant les mains. Je fus frappé de la beauté de la bête et m’informai de suite de ce qu’elle faisait là, reléguée dans ce pauvre réduit. On m’apprit qu’elle était au poste depuis trois ans déjà,et qu’elle vivait presque en liberté, mais que parfois on était obligé de l’attacher à cause des farces qu’elle ne se privait pas de faire, lorsqu’on la laissait courir où elle voulait.
- fomme j’y prenais de l’intérêt, on l’attacha sous la véranda et nous devînmes bientôt les meilleurs amis du monde. Très douce, très familière, elle se laissait caresser, répondant aux avances qu’on lui faisait par de petits cris qui témoignaient de sa satisfaction. Elle jouait à la façon d’un chat, se mettant sur le dos et essayant de nous saisir pour s’accrocher à la jambe et au bras et grimper bientôt jusque sur les épaules.
- Dès l’abord la bête m’avait séduit par la gentillesse de ses manières, mais elle attira bien plus mon attention au point de vue de l’espèce qu’elle représentait. N’ayant avec moi aucun document de
- 0
- l’elit singe du Congo, rapporté par M. J. Dybowski.
- (D’après une photographie de M. J. Dueom, exécutée au Jardin des Plantes, à Paris.)
- 22° aunee. — 2e seuiedrc.
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- LA NATURE.
- comparaison, je ne pus, de prime abord, l’assimiler à aucun type connu. Mais je me rendais compte (pie j’avais affaire à une espèce de cercopithèque, sinon nouvelle, du moins rare. J’avais au cours d’un précédent voyage rencontré une espèce voisine dont j’avais pu rapporter des dépouilles au Muséum d’histoire naturelle. C’était, celle du Cercopithecus Erxleheni, espèce qui vit le long des bords de l’Ou-bangui où elle est assez peu commune.
- Le chef du poste de Nyanga tenait beaucoup à sa gentille guenon qu’il possédait depuis longtemps déjà, et qui, dans la solitude extrême dans laquelle il vivait, charmait ses loisirs. Cependant avec cette amabilité «pie je rencontrais chez les fonctionnaires du pays que je traversais, il voulut bien me l'abandonner, et je l’avoue, je ne me fis pas répéter deux fois l’offre séduisante, tant la bête me semblait intéressante au point de vue scientifique. Deux jours après, nous quittâmes le poste et j'emportai avec moi l’intéressante bête à laquelle, en souvenir de l’endroit où elle avait si longtemps vécu, je donnai le nom de Nyanga.
- Nyanga lit désormais partie de notre caravane, elle était attachée, bien entendu. Un petit corselet passé autour des reins, auquel se fixait une cordelette solide la retenait captive; pendant le jour le contremaître de la caravane la portait sur ses épaules et le soir on l’attachait contre un des montants de la tente. C’était à qui la soignerait de son mieux.
- Chacun lui apportait une petite part de nourriture ou quelques fruits trouvés dans la brousse; en quelques jours elle fut complètement habituée à nous ; elle se laissait prendre, caresser et accompagnait ses gracieux mouvements de petits cris gutturaux par lesquels elle témoignait sa joie.
- Lorsque plus tard nous arrivâmes à Setté Cama, notre ménagerie s’était accrue de plusieurs autres singes; mais ceux-là moins familiers étaient enfermés dans des cages. Seule, Nyanga continuait à jouir d’une demi-liberté, bientôt nous lui donnâmes une compagne : c’était une toute jeune guenon appartenant à la même espèce. Nyanga l’adopta, la portant contre elle, étroitement enlacée pendant la nuit, lorsqu'elles dormaient sur quelque caisse sous la tente.
- Un jour que, près d’un de nos campements, j’étais parti à la chasse dans la forêt environnante, à la recherche do quelques singes (pie j’entendais hurler dans les branches, je fus rejoins par un de mes hommes qui, dès qu’il m’aperçut, se mit à me crier de ne pas chasser, parce ([lie Nyanga s’était sauvée et que je risquais de tirer dessus. Je revins en toute hâte à notre campement, et là j’appris que notre bête favorite, lassée sans doute d’être toujours captive, avait fini par couper la corde avec ses dents aiguës et s’était enfuie dans la forêt.
- Raha, le Sénégalais qui était préposé à la garde de la ménagerie, était parti sur la juste de Nyanga, qui d’ailleurs ne s’éloignait pas beaucoup, mais qui avait atteint, le sommet des plus grands arbres.
- On l’appelait en vain, elle ne songeait pas du
- tout à revenir et semblait folle de joie de pou voir librement s’élancer de branche en branche, courir
- jusqu’à leur extrémité qu’elle faisait fléchir, attraper quelques fruits sauvages ou quelque insecte qu’elle s’amusait à croquer. Tous nos appels furent vains, Nyanga répondait seulement par des cris de joie comme pour nous faire savoir qu’elle se trouvait très bien où elle était. Or, mon sergent de Sénégalais était parti dans un village voisin pour engager des pirogues (pii devaient nous faire traverser la lagune et nous permettre de continuer notre voyage. Tout à l'heure, il serait de retour, et il ne nous serait
- guère possible de rester indéfiniment, attendant que notre guenon voulût bien se laisser reprendre. Très probablement, à la nuit elle serait revenue au ea-mpe-ment, mais ce serait pour nous toute une journée de perdue et une complication apportée à notre marche. Je ne savais trop quelle alternative choisir, abandonner le singe ou perdre notre temps, peut-être sans bénéfice, car rien ne m’assurait, que Nyanga ne rencontrerait quoique compagnon qu’elle suivrait sans se souvenir de nous, l’ingrate. l)e temps en temps, nous l’entendions pousser son cri d’appel que les indigènes connaissent bien. Ils nomment cette espèce le roi des singes, car ils prétendent que lorsque sa voix se l’ait entendre, tous les singes de la forêt se taisent.
- Cependant Raha, le Sénégalais, désolé de ce qu’un des singes dont la garde lui était confiée s’était enfui, faisait tous ses efforts pour rattraper l’infidèle. Il était grimpé sur un arbre énorme, au tronc tellement développé qu’il n’avait pu l’escalader que par des efforts de gymnastique dont les noirs seuls, qui sont presque aussi agiles que les singes eux-mêmes, sont cajiables. Il était tout en haut, collé contre une branche, immobile et s’identifiant avec elle. Avec lui il avait emporté une perche légère au bout de laquelle était fixé un petit nœud coulant en corde, et il espérait bien qu’à un moment, il s’approcherait assez du singe pour pouvoir le saisir dans son piège. Avec une patience dont nous autres blancs nous serions bien incajiahles, il guettait le moment, propice. Il y avait déjà près de deux heures qu’il était là, immobile, lorsque soudain nous entendîmes crier là-haut dans les branches : « Nyanga, il est [iris. » En effet la guenon était prise. Raha avait attendu que le singe dans ses gambades se fût engagé sur une grosse branche qui surplombait au-dessus du lac, l’avait poussé peu à peu jusqu’aux plus fuies extrémités des rameaux, et là, l’animal avait été bien forcé de se laisser approcher, car son seul moyen de se sauver eût été de sauter d’une hauteur de 40 à 50 mètres dans le lac sur le bord duquel nous étions campés.
- Cette aventure fit perdre à Nyanga toute sa liberté; pour éviter qu’elle s’enfuît à nouveau, elle fut enfermée tout comme le [dus ordinaire des singes dans une cage d'où on ne la sortait que lorsque l’on était campé dans un poste.
- Après cette longue traversée de près d’un mois,
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- qu'il faut supporter pour revenir de ces régions lointaines, Nyanga avec une vingtaine de compagnons de toutes espèces que nous avions pu recueillir en cours de route, prit l’express pour arriver à Paris et faire son entrée au Muséum d’histoire naturelle où elle fut l’ohjet d’attentions spéciales.
- M. Milne-Edwards, l’éminent Directeur, voulut bien examiner la jolie bète et reconnut en elle une espèce encore fort rare, dont le British Muséum seul possédait trois dépouilles provenant de Pile de Fernando-Po; Benoît en avait fait une espèce nouvelle qu’il avait décrite sous le nom de Cercopîtheeus pogonias. Le spécimen que nous avons pu rapporter est donc le premier qui ait été vu vivant en Europe. Fort heureusement., j’avais, dans des chasses faites au Congo, tué un mâle adulte de cette espèce, si bien que les galeries en posséderont aussi un spécimen empaillé.
- Le C. pogonias est un type atteignant les dimensions moyennes de ce genre, c’est-à-dire que les individus adultes mesurent de 45 à 50 centimètres de hauteur. U porte une queue extrêmement longue et qui atteint 80 centimètres. Son pelage est d’un gris presque noir sur le dos, passant à une teinte plus claire sur les flancs, pour se transformer en un roux ardent sur la poitrine, l’abdomen, l’intérieur des membres. La face est garnie sur les bajoues d’abondants favoris d’un gris clair, et, ce qui lui donne un aspect tout à fait particulier, ce sont les deux larges raies blanches qui s’étendent des arcades sourcilières jusqu’au sommet de la tète et tranchent avec la touffe de poils noirs formant un toupet sur le haut du front. Deux bandes de même couleur sombre occupent les côtés de la face.
- La captivité n’a pas fait perdre à Nyanga ses charmantes manières, elle vient à nous avec joie et se laisse caresser, et c’est sans danger de la voir s'enfuir, que l’on peut la sortir de sa cage1. Cependant l’aimable bète vient d’échapper au plus grand danger.
- Son pelage est tellement beau, elle l’entretient avec une telle coquetterie, qu’elle est en aussi parfait état que si elle vivait libre dans ses forêts du Congo. Aussi une personne, à laquelle je ne ferai pas le mauvais tour de la nommer, la trouvait tellement bien en point, qu’elle ne proposait rien moins que de la mettre à mort pour l’empailler ensuite et la conserver dans les galeries. Fort heureusement cette idée n’a pas été mise à exécution, et ce n’est certes pas le savant Directeur du Muséum qui consentirait jamais à écouter de semblables avis.
- Pauvre Nyanga, sa beauté qui au Congo lui eut valu des succès a failli chez nous lui coûter la vie!
- J. Dyhowski.
- 1 Nous reproduisons en tête de eette Notice une photographie habilement exécutée par M. J. Dueom. Elle montre le petit singe porté sur l’épaule de M. Dyhowski. L’explorateur nous pardonnera d’avoir reproduit cette scène tout intime qui n’avait pas été faite pour être publiée telle quelle ; elle est charmante et intéressera nos lecteurs. (I. T.
- LES CHEMINS DE FER ÉLECTRIQUES
- DU MOX T SALÈVE, PRÈS GENÈVE
- Le mont Salève est formé, comme on sait, de trois plateaux culminants qui dominent le lac de Genève : ceux-ci sont situés, à vrai dire, dans là banlieue de cette ville dont ils sont distants de 8 à 10 kilomètres à peine, bien que, en réalité, ils bissent partie de la Savoie française. Ces trois plateaux, dénommés le Petit-Salève, le Grand-Sa lève et les Pitons, ont respectivement les altitudes suivantes : 980, 1504 et 1585 mètres au-dessus du niveau de la mer : le grand et le petit Salève sont séparés l’un de l’autre à l’altitude de 700 mètres par le passage " de l’Echelle défendu par un château fort qui était au moyen âge la propriété des puissants seigneurs de Monetier. Du côté de la plaine, ces plateaux de formation calcaire présentent des pentes abruptes d’accès fort difficile, avec des landes rocheuses absolument arides parsemées de maigres broussailles, qui ne paraissent pas de nature à attirer les touristes ; cependant le mont Salève est devenu depuis longtemps la villégiature obligée des Génevois qui sont attirés par la vue du magnifique panorama qu’on peut contempler de cet observatoire unique. On y aperçoit, en effet, d’un côté la ville de Genève avec son grand lac, puis la rivière l’Arve qui contourne le Salève avant d’atteindre le fleuve où elle se jette, et enfui du côté opposé, on embrasse la vue d’ensemble des Alpes : on voit en effet la Dent du Midi à gauche, le Yergy et le mont Ara vis au centre, la Tournctte à droite, et dominant le tout, la silhouette de F Aiguille-Verte et du Mont-Blanc.
- Le mont Salève est devenu, en outre, une station climatérique : les malades un peu anémiques viennent en été se fixer à Monetier pour respirer l’air pur du vallon, on à Morncx pour goûter un peu de repos dans les pentes abritées que la montagne présente de ce côté.
- Deux voies ferrées bifurquées à Anne-masse contournent actuellement le Salève, l’une allant dans la direction d’Annecy et l’autre dans celle de Saint-. Julien pour rejoindre la ligne de Paris; mais l’affluence des visiteurs venant de Genève est telle que ces deux lignes sont insuffisantes pour desservir les abords du mont, et l’on a construit, dans ces dernières années, deux lignes de tramways à vapeur, l’une allant de Genève à Gollonges en passant par Veyrier, et l’autre allant à Etrembières à une distance de 9 kilomètres par Chêne et. Annemasse. Ces lignes s’arrêtent toutefois au bas de lu montagne, et il restait à en pratiquer l'ascension. Ce problème était agité depuis longtemps, et dès 1875, un ingénieur génevois, M. de Rovcray, sur l’inspiration d’un Français, M. de Chaboulon, avait obtenu du Conseil général de la Haute-Savoie la concession d’un chemin de fer à crémaillère de type identique à celui du Righi, lequel devait s’élever jusqu’au sommet du mont. La mort de M. de Rovcray l’empêcha de
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- donner suite à ce projet, et l’idée lut reprise en 1875 pur une Compagnie formée il Genève. Celle-ci construisit la
- t ligne qui part d’Etrem-bières à la cote de 408 mètres pour s'élever jusqu'au poiid appelé Treize-Arbres sur le. plateau du Grand-Salève .à l’altitude de 11 412 mètres, et elle la raccorda ullérieuremen t avec la station de Vevrier à l’altitude de 428 mètres par un embranchement parlant de Moue-tier. Cette dernière ligne a été
- 1 ig. 1. — Tracé eu ]>lau des chemins do fer électriques du mont Salèvc
- livrée à l'exploitation le 14 lévrier 1804. La ligure 1 donne la vue eu plan du tracé des chemins de 1er électriques avec la région avoisinante.
- Les deux lignes ainsi constituées ont une longueur totale do 0km,l, elles présentent des pentes rapides atteignant parfois 25 pour 100 ; elles empruntent leur force motrice à une chute recueillie sur l’Arve à une distance de 1700 mètres de Mo-neticr, elles sont exploitées par une transmission électrique directe, ce qui leur donne un caractère a h s o 1 u m e n t spécial parmi les nombreuses voies ferrées qui font l'ascension des montagnes suisses, et leur examen présente, à ce point de vue, un intérêt tout particulier.
- La ligure 2 donne la vue d’ensemble de la ligne sur laquelle on peut remarquer, à gauche de la voie le rail conducteur. A droite de la voie, sont les lils conducteurs du courant
- posés à la manière ordinaire des fils télégraphiques.
- Les lianes du mont Salèvc sont absolument
- Fig. 2. — Vue d’eusembic du chemin de fer électrique du mont Salève.
- arides, et ne présentent aucun cours d’eau régulier comme on en rencontre de nombreux exemples en
- Suisse, et il fallut donc aller chercher la force motrice sur la rivière l’Arve qui contourne les lianes extrêmes de la montagne pour passer de la plaine de lionne-ville dans la vallée du Rhône. L’usine hydraulique fut installée >à l’altitude de 41 7 mètres et à 250 mètres au-dessousde la jonction de Mont;lier dans une gorge profonde située au-dessous de Mornex, et à l'endroit d’un coude brusque voisin du contluent de cette rivière avec le torrent le Yiai-
- son. Elle est alimentée par un canal creusé en tunnel dans la roche, pouvant amener une quantité d’eau de 20000 litres par seconde avec une chute de o mètres de hauteur et fournissant ainsi une force motrice supérieure à 000 chevaux : cette quantité représente d’ailleurs le débit minimum de la rivière dans la saison d’hiver. Comme le cours de l’Arve est souvent torrentiel, le barrage a été établi de manière à écarter le mieux possible les sables, les galets et les glaces charriés par la rivière; d’autre part, les vannes d’admission sont protégées par un rideau fixe destiné à arrêter les corps entraînés, et les ouvertures donnant dans les chambres des turbines sont munies, en outre, d’un grillage très serré qui doit retenir les graviers. Les turbines motrices, au nombre de trois, ont une puissance de 250 chevaux chacune. L’une d’elles
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- suffit à assurer, en semaine, le serviee du chemin de fer; la seconde vient doubler celle-ci les dimanches et jours de grande affluence; la dernière, qui n’est pas encore installée, servira de réserve à celles-ci, et pourra desservir en même temps d’autres industries qui s’installeraient dans le voisinage. Une quatrième turbine, de la puissance de 25 chevaux, est destinée à alimenter la machine excitatrice des dyna-
- mos. Celles-ci, du type Tliurv, sont, comme on sait, multipolaires à courants continus, elles comprennent 12 pèles d’aimantation avec des balais formés par des charbons à grande résistance; elles sont installées chacune directement sur l’arbre de la turbine motrice malgré la faiblesse de la vitesse de marche, de 45 tours à la minute.
- Pour obtenir dans ces conditions la puissance de
- Fig. 5. — Chemin de fer électrique du mont Salèvc. Vue de la gare des Treize-Arbres au Terminus de la ligne.
- 250 chevaux, on s’est [trouvé conduit à adopter des dynamos très puissantes dont le diamètre, va jusqu’à 5m,20, et le poids atteint 19 000 kilogrammes. Ces
- machines ne travaillent guère qu’au quart de leur charge ; on peut donc estimer que cette disposition est fort coûteuse, mais elle présente, par contre, des
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- Fig. 4. Détails de la voie. — N°l. Coupe transversale de la voie montrant la superstructure métallique : traverse, rails avec leurs éclisses, crémaillère et conducteur électrique. — N01 2 et 3. Coupe longitudinale et vue extérieure de l’assemblage de deux rails successifs du conducteur.— N° 4. Vue extérieure de l’assemblage de deux rails par deux câbles de cuivre fixés sur les boulons des éclisses.
- avantages appréciables au point de vue de la durée du matériel et de la sécurité. Ces dynamos sont à axe vertical comme les turbines, chacune peut fournir un courant continu de 275 ampères à la tension de 600 volts. Comme la vitesse doit rester constante, les variations de courant résultant de l’irrégularité inévitable du travail exécuté sur la voie ferrée sont compensées par un régulateur automatique des plus ingénieux : le courant de retour vient agir lui-même directement sur l’excitateur pour opérer le réglage
- après avoir parcouru toute la voie. Cette disposition, spéciale aux machines Thury, est appliquée avec succès dans diverses distributions à grande distance et à haute tension déjà installées par la Société l'Industrie électrique comme celle d’Inverde, à Gênes, qui franchit une distance de 25 kilomètres avec une tension de 4000 volts, celle de Frischvillier à Ribe-riste près Soleure, qui s’étend à 50 kilomètres avec une tension de 5500 volts.
- Le courant électrique ainsi produit est amené de-
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- Si)
- puis l’usine jusqu’à lu pare de Monetier par une double ligne de câbles aériens maintenus suffisamment espacés pour éviter les contacts éventuels qui détermineraient des courts-circuits. Ces câbles sont en cuivre de haute conductibilité; ils ont chacun Tôt) millimètres carrés de section, ils sont supportés sur de forts poteaux télégraphiques qui reçoivent en même temps deux fils métalliques ramenant à l’usine la partie du courant qui doit actionner le régulateur de vitesse des machines.
- Les lignes du mont Salève comprennent., comme il a été indiqué plus haut, deux sections ayant chacune 5km,2 de longueur, partant l'une d’Etrem-bières et l'autre de Veyrier pour aboutir à Monetier d’où se détache le tronc commun (pii s’élève jusqu’à Treize-Arbres, nom de la station Terminus (pie représente une de nos gravures (lig. a).
- La pente varie de 10 à 25 pour 100 sur les deux sections inférieures, et de 20 à 25 pour 100 sur la section centrale; la différence de niveau entre les stations extrêmes est de 752 mètres pour Et rem-bières et de 714 mètres pour Veyrier.
- La ligne comprend, d’autre part, une longueur de 0km, 1 en alignement droit et 5 kilomètres en courbes dont le rayon s’abaisse jusqu’à 50 mètres. Elle ne comporte pas de travaux d’art importants, sauf un petit tunnel de 100 mètres de longueur à la traversée du Pas de l’Echelle. La section de Veyrier présente toutefois des parties taillées dans le roc à une hauteur considérable au-dessus du ( fond de la vallée qui lui donnent un aspect particulièrement pittoresque. On rencontre sur la voie un grand nombre de passages supérieurs ou inférieurs, car la nécessité d’isoler le conducteur électrique .qui est posé directement sur le sol n’a pas permis de conserver aucun passage à niveau.
- L’infrastructure comporte une épaisseur de 50 centimètres de ballast. La largeur de la voie est de 4 mètre (lig. 4) : la superstructure est entièrement métallique, les rails, du type Vignole, pèsent 15 kilogrammes le mètre, ils sont fixés sur des traverses
- C
- en fer de lm,75 de longueur pesant 25 kilogrammes chacune, et écartées de 90 centimètres. Ces traverses sont maintenues par des blocs de béton fixés de place en place suivant une disposition (pie nous avons déjà mentionnée fréquemment dans les lignes de montagnes pour prévenir l’entraînement de la voie sur des pentes aussi rapides.
- La crémaillère, du type Abt, est posée au milieu de la voie comme l’indique la figure 4; dans les parties en pente douce, inférieure à 12 pour 100, la barre employée est unique, mais dans les pentes plus fortes, on emploie deux barres parallèles dont les dents sont entrecroisées. L’épaisseur des barres est de 16 millimètres.
- Le conducteur électrique amenant le courant est formé par un rail Vignole renversé, du même tracé que les rails de la voie : ce rail court du coté gauche tout le long et à 20 centimètres au-dessus du niveau de la voie; il est supporté par des consoles eu fer
- boulonnées sur les traverses, et parfaitement isolé par de fortes cloches en porcelaine. Les barres successives sont rattachées entre, elles, comme l’indique la ligure, par des éelisses en cuivre courbées formant im joint dilatable qui assure en même temps la transmission facile du courant.
- Celui-ci est recueilli par les machines motrices installées sous chaque wagon au moyen d’une sorte de brosse (pii vient frotter continuellement sur le patin du rail conducteur. Le courant est ramené à l’usine par les rails de la voie. II est intéressant de signaler, à ce propos, que le contact électrique des barres successives n’était pas assuré d’une manière suffisante par les seules éelisses de jonction posées dans les conditions habituelles, et l’on observa, dans les premiers temps de la mise en exploitation du chemin de fer, que le courant se répandait en grande partie dans le sol; en raison de sa forte tension, il venait même troubler gravement le fonctionnement des appareils situés dans le voisinage, comme les télégraphes et les téléphones. Un a remédié à cet inconvénient en interposant sur chaque joint un double câble en cuivre recouvert de plomb qui rattache ainsi électriquement les barres successives et diminue la déperdition dans le sol ; c’est la disposition indiquée figure 4 (n° 4).
- Les wagons portent chacun sous le châssis l’appareil qui les met en mouvement sous l’action du courant transmis, de sorte qu’ils circulent sur la voie sans aucun moteur apparent. Cet appareil comprend deux machines dynamos de 40 centimètres de diamètre sur 80 centimètres de largeur pouvant fournir une puissance de 50 chevaux à la vitesse de 700 tours à la minute, correspondant à la vitesse de marche de 6 kilomètres à l’heure. Ces dynamos actionnent, par l’intermédiaire d’engrenages réduisant la vitesse dans le rapport de 1 à 12, deux pignons dentés de 65 centimètres de diamètre portés chacun sur un arbre distinct, et engrenant eux-mêmes directement sur la crémaillère.
- Cette disposition dont la réalisation mécanique est un peu compliquée, a été adoptée au point de vue de la sécurité, chaque pignon étant capable à lui seul d’assurer l’entraînement de la voiture dans le cas d’une défaillance de l’autre.
- La voiture repose du reste sur trois essieux indépendants dont les roues sont simplement porteuses ; celles-ci ont 60 centimètres de diamètre, les deux essieux extrêmes sont écartés de 5m,28. Les deux roues de l’essieu du milieu, et l’une des roues de chacun des essieux extrêmes sont dépourvues de boudin, afin de faciliter l’inscription en courbe; chacune de ces deux dernières roues est en même temps folle sur son essieu.
- Le châssis de la voiture a 8rn,50 de long sur 2m, 10 de large, la hauteur totale de la caisse au-dessus des rails est de 5 mètres. Celle-ci peut recevoir quarante-quatre voyageurs, elle comporte au milieu trois compartiments transversaux avec des portières latérales, et aux extrémités deux plates-
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- formes pour voyageurs assis et debout; les voitures sont du reste aménagées pour faciliter le plus possible aux touristes la vue du paysage.
- Le poids total de ces voitures, primitivement prévu à 8 tonnes, atteint actuellement 1-4 tonnes.
- Les voitures sont munies chacune de deux freins électriques constitués par les appareils moteurs eux-mêmes absorbant dans des résistances placées sur la voiture le courant transmis par le conducteur; elles ont en outre quatre freins à friction disposés deux à deux sur chaque plate-forme actionnant les arbres des dynamos au moyen de mâchoires en bronze venant serrer des poulies à gorge en fonte.
- La voiture est munie d’un petit réservoir de 100 litres disposé sous le châssis qui assure automatiquement la lubrification des freins pour les empêcher de s’échauffer à la descente. L. R.
- L’INSTITUT ANTIRABIQUE
- A TUNIS
- On a récemment inauguré à Tunis l'Institut antirabique, dont la création a fait l’objet d’un décret du Bev en date du 11 avril 1894; par ce même décret, M. Adrien Loir, docteur en médecine de la Faculté de Paris, et déjà directeur du Laboratoire de. vinification de la Régence, était placé à la tète du nouvel Institut1.
- L’inauguration a été présidée par M. Riffaut, officiellement délégué à la Résidence générale. Le délégué a donné lecture de la lettre suivante de M. Pasteur, lettre adressée au directeur du nouvel Institut :
- « Je vous adresse tous mes vœux pour les nouveaux services que vous voulez inaugurer. En fondant à Tunis un établissement antirabique, vous épargnerez aux personnes mc-r-dues la fatigue et les angoisses d’un voyage jusqu’à Paris. Les méthodes que vous avez étudiées dans nos laboratoires sont de celles qui préparent les sueeès certains. Mettez-vous à l’œuvre avec confiance et que cet Institut de Tunis soit comme le prolongement de celui où vous avez été témoin de tout ce qui s’est fait dans nos salles d’études et de recherches pour l’bonncur de la France et le bien de l’humanité ».
- L. Pasteur.
- Le nombre des Tunisiens mordus par des chiens enragés et s’étant rendus à Paris pour se faire soigner a été de 25, en 1890; 21, en 1891 ; 52, en 1892; 57, en 1895. Un nombre à peu près égal de personnes se rendent à l’institut Pasteur de Païenne; et sur un total général de 140 personnes ayant fait le voyage depuis 1888, aucune n’est morte de la rage; tandis que : sur 8 cas en 1891, sur 4, en 1892, sur 11 en 1895, c’est-à-dire sur un total de 25 Tunisiens mordus, ayant reculé devant la distance et les inconvénients du voyage, le Ministère tunisien a été avisé de deux décès en 1892 et de quatre en 1895, sans parler des cas qui ont pu échapper à la statistique et qui viendront trouver la guérison à l’Institut de Tunis, sans compter les malades qui viendront de Malte et de la Tripolitaine. Il est d’ailleurs à remarquer qu’il n’v a pas d’établissement similaire en Afrique, non plus que dans le monde musulman. Dans ce continent, Tunis est actuellement la seule ville où l’on puisse bénéficier de la découverte de M. Pasteur.
- 1 M. Adrien Loir a déjà fondé à Sydney, en Australie, une station antirabique réclamée par le Gouvernement australien.
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE LYON
- EX 1801
- L’Exposition universelle de Lyon, que nous avons visitée récemment, a ouvert ses portes le 29 avril, mais il a fallu encore plusieurs semaines pour que les travaux et les installations fussent complètement terminés. Tout est prêt depuis le commencement de juin, et le visiteur peut en admirer aujourd’hui l’ensemble et les détails.
- L’Exposition est organisée dans le magnifique pare de la Tète-d’Or, qui n’a pas moins de 100 hectares et qui est assurément l’un des plus beaux de France. Rien de comparable comme panorama au beau lac de la Tète-d’Or, avec ses îles et les grands arbres centenaires qui l’entourent. C’est au milieu des pelouses et des massifs de toutes les essences, dont les feuillages sont verts, pourpres ou panachés, que sont élevées les constructions.
- Le palais principal de l’Exposition présente une forme particulière avec des dimensions grandioses. Le visiteur, quand il pénètre dans le dôme immense de ce monument, admire la légèreté et le mode de construction de cette immense ossature métallique dont notre figure 1 donne l’aspect extérieur.
- La charpente de ce palais de fer et de verre, comprend deux parties bien distinctes : la coupole, et la partie annulaire formée de deux rangs de poteaux supportant des poutres équilibrées.
- La coupole centrale couvre une surface circulaire de 110 mètres de diamètre; elle n’est pas sphérique, mais présente une forme parabolique. Elle est, composée de 16 demi-ares reposant sur des rotules en fonte de 1 mètre de diamètre et s’assemblant, à leur sommet, contre une cerce ou couronne, de 5 mètres de diamètre et de lra,80 de hauteur. Ces arcs ont 10 mètres de flèche; constitués par des caissons de lm,20 à lm,80 de hauteur, à membrures pleines de 0m,80 de largeur, ils sont reliés, sur les côtés, par des montants et des fers en U de 0m,07. La couronne supérieure est à 55 mètres au-dessus du sol. Les arcs ont été calculés indépendamment les uns des autres et sont bien, en réalité, indépendants; chaque arc travaille pour lui-même. Ils ne sont pas réunis de façon à former un tout rigide, capable de supporter et de répartir un effort donné. C’est là un des points curieux de cette construction.
- Les arcs sont simplement entretoisés par des pannes en fer, qui n’ont d’autre but que de leur transmettre la charge de la toiture. Il est à remarquer qu’ils ne sont chargés que dans la partie centrale. Ces arcs ont été calculés pour supporter le poids propre du fer (arcs, pannes et chevrons) plus le poids de la couverture, évalué à 40 kilogrammes au mètre développé, plus la surcharge accidentelle.
- La grande coupole de l’Exposition de Lyon couvre une surface de 45 751 mètres carrés, et le diamètre de sa charpente extérieure est de 252 mètres ; c’est
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- Fig. 1. — Le grand dôme de l'Exposition de Lyon, entrée principale.
- (D’après une photographie spécialement exécutée pour La Nature par M. Victoire, de Lyon.)
- une magnifique construction dont notre figure 1 montre l’entrée principale. L’ensemble de l'Exposition est en quelque sorte compris dans l’immense salle de ce palais, où les vitrines sont installées pour former des galeries circulaires.
- On admire beaucoup de belles choses sous le vaste dôme; l'exposition des soieries de Lyon est placée à l’entrée, et offre aux yeux du visiteur le spectacle de merveilleux produits, d’un grand art.
- Le plan que nous reproduisons ci-dessus ( fig. 2 ) donne l’ensemble de l’Exposition construite dans le parc de la Tète’-d’Or. La grande coupole que nous venons de décrire se voit en 1, la légende qui
- accompagne la gravure donne l’énumération des principaux monuments. Les palais de l’Algérie,
- de la Tunisie, et de I’Annam et Indo-Chine sont remarquables au point de vue architectural ( nos 10, H, 12), les objets qu'ils contiennent ne sont pas moins intéressants. Ces palais renferment ton s les produits naturels du sol de nos colonies, et des spécimens de l’art et de l’industrie de leurs habitants. Leur visite est hautement instructive et utile.
- Notre figure 5 reproduit une vue panoramique du parc de la Tèle-d’Or, avec tous les monuments qu’il contient aujourd’hui. Au-dessous de la vue d’ensemble, le dessinateur a représenté les trois palais
- Fig. 2. — Plan général de l’Exposition de Lyon. — 1. Palais principal. — 2. Palais des Beaux-Arts. — 3. Agriculture, chemin de fer, génie civil. — 4. Annexe de l’agriculture. — 5. Bâtiment des ehandières. — fi. Bâtiment de la Presse. — 7. Postes et Télégraphes. — S. Palais des Arts libéraux, Ville de Lyon. — 9. Palais des Arts religieux. — Palais de l’Algérie. — 11. Palais de la Tunisie. — 12. Palais de l’Annain et de ITudo-C.hine.-— 13. Exposition ouvrière.— 14. Eaux et forêts.— 15. Panorama de la bataille de Nuits.— 16. Grande serre de l'horticulture. — 17. Ballon captif à vapeur
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- LA NATURE
- KO
- do l’Algérie, do la Tunisie et de lTndo-Cliine. Ces palais sont eonstruits avec beaucoup de goût, dans le style de l'architecture dos pays dont ils contiennent les productions. Ils s’élèvent gracieuse-
- ment dans le voisinage du lac, non loin dos pelouses; ils sont ombragés de massifs d’arbres.
- On peut s’y rendre, soit «à pied, soit en traversant le lac en bateau. C’est une promenade charmante.
- Fig. 3. — Vue à vol d’oiseau de l’Exposition de Lyon en 1891.
- 1. Vue d’ensemble. — 2. Palais de l’Algérie. — 3. Palais de la Tunisie. — 4. Palais de l’Indo-Cliine.
- Le palais des Beaux-Arts, ceux de l’Agriculture, le palais des Arts libéraux de la ville de Lyon, ceux des Arts libéraux et des Arts religieux, l’Exposition ouvrière, celle des Eaux et Forets, ne sontqias moins curieux à parcourir ; les collections qui s’y trouvent, riches et bien composées, gagnent à être isolées, chacune dans un monument, pour être bien étudiées.
- Il y a, dans le jardin de la Tête-d’Or, beaucoup d’installations amusantes qui offrent des distractions agréables aux visiteurs.
- Nous mentionnerons une exhibition très importante de plus de 100 noirs, du Sénégal, du Soudan et du Dahomey. Non loin de là est le chemin de fer de Tombouctou au Dahomey : il s’agit d’un jeu
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- mécanique original. Les voyageurs sont portés par un éléphant, un chameau et une girafe en bois, qui glissent sur des rails circulaires.
- Nous citerons encore le Panorama de la bataille de Nuits, où l’on voit la rentrée à Lyon des mobiles de Belfort. L’œuvre magistrale, est due à notre célèbre et sympathique artiste M. Poilpot. Elle obtient un grand succès.
- La grande serre de l’horticulture, le jardin botanique sont encore à citer. L’Exposition d’horticulture est remarquable; elle comprend 4 hectares divisés en deux jardins, l’un est planté à la.française et l’autre est de style mixte.
- Nous réserverons pour la lin la mention du ballon captif de M. Lachamhre, un de nos aéro-nautes-eonstructeurs les plus compétents.
- L’inauguration du ballon captif de l’Exposition universelle de Lyon, qui fonctionne tous les jours, a eu lieu avec plein succès le 9 mai, en présence des sommités de la ville. Cet aérostat qui rappelle par ses dimensions ceux exploités lors de l’Exposition de 1889 au Champ de Mars et au Trocadéro, cube 5200 mètres ; il est confectionné en soie de Chine de qualité extra et dont la résistance pour la calotte supérieure dépasse 2000 kilogrammes par mètre carré, tandis que les autres parties offrent une résistance de 1200 à 1400 kilogrammes.
- Le tissu, qui est enduit de sept couches de vernis, présente une étanchéité parfaite. Le ballon est muni d’une soupape supérieure hermétique recouverte d’un chapeau qui la préserve de la pluie ; une autre soupape placée à la partie inférieure, s'ouvre automatiquement sous l’excès de pression du gaz. L’aérostat possède à la partie inférieure un ballonnet compensateur d’une capacité de 500 mètres cubes qui est muni de deux soupapes automatiques.
- Le blet, en chanvre de Naples, n’a pas moins de 24 000 mailles. La nacelle circulaire, qui mesure 2™,60 de diamètre, est capitonnée, et peut contenir 16 personnes parfaitement à Taise. Le câble a 400 mètres de long et peut supporter un effort de 9 à 10 000 kilogrammes; il s’enroule sur un treuil à vapeur actionné par une machine à deux cylindres de la puissance de 20 chevaux.
- L’aérostat est gonflé au gaz hydrogène pur, par un appareil fixe du système Giffard, produisant'' 150 mètres cubes à l’heure. Il a été employé pour le premier gonflement 25 000 kilogrammes d’acide sulfurique et 10 000 kilogrammes de tournure de fer.
- Les ascensions ont lieu quand le temps le permet, de 9 heures du matin à 11 heures du soir. Le parc aérostatique est éclairé le soir par 6 lampes à arc. Un puissant projecteur envoie ses rayons sur le ballon qui devient un globe lumineux. Un service photographique est organisé, pour photographier chaque voyage.
- L’Exposition de Lypn est une œuvre importante et considérable dont la visite est très profi table. Ses orga ni-sateurs méritent d’être félicités. Gaston Tissandieu.
- LA SOIE MARINE
- On connaissait bien jusqu’à présent les soies les plus étranges, soie artificielle, soie d’araignée, etc. ; mais il faut ajouter à l’énumération, si nous en croyons notre confrère l'Industrie textile, la soie marine, provenant de coquillages! Tout le monde a remarqué les filaments, le bvssus, pour employer le mot exact, que certains coquillages, la moule entre autres, sécrètent pour s'attacher aux rochers : ces filaments sont très résistants, on le constate très facilement quand on veut séparer plusieurs moules réunies en touffe sur un paquet de byssus commun.
- Les fils qui le composent sont d’une grande finesse, mais ils sont tellement courts dans les petits coquillages, que Ton ne peut songer à les utiliser. Au contraire, il est des coquilles énormes pour lesquelles le byssus est proportionné et présente des dimensions utilisables : c’est le cas notamment pour le mollusque connu sous le nom de pinna par les naturalistes et appelé vulgairement en France jambonneau, à cause de sa forme et de sa couleur. Bivalve, il a la forme d’un triangle à peu près isocèle et très pointu dont la base serait arrondie, un des côtés formant charnière; la coquille est comme stratifiée et très fragile : nous en- avons possédé dont les valves, en se desséchant, se clivaient et se brisaient très facilement. Il paraît que la pinna est très répandue dans la Méditerranée entre la Corse, la Sardaigne, les côtes d’Italie et de Sicile, puis au sud de la Sicile et de l’Italie méridionale jusque vers Malte; celles que nous avons eues entre les mains avaient été pêchées en face Jes côtes de la Charente-Inférieure, toujours par grande profondeur.
- La chair de la pinna est assez insipide ; mais son byssus, composé d’une touffe de fils très fins, est, paraît-il, exploité comme matière première pour la filature dans certaines régions de la Sicile.
- Ça et là, autour des côtes de ce pays, on recueille la pinna, au milieu des forêts de plantes sous-marines, à une profondeur de 6 à 9 mètres, à l’aide d’un instrument à fourches verticales qu’on nomme « crampon » ; les fils sont ténus, niais extrêmement résistants, et il faut un effort considérable pour enlever le mollusque du rocher auquel il adhère. Le mollusque une fois péché, on en détache la touffe filamenteuse, qu’on lave à l’eau de savon ; on la fait ensuite sécher à l’ombre et l’on coupe les parties inutiles. Les fils marchands sont frottés à la main pour acquérir de la souplesse, puis triés et démêlés, d’abord avec un peigne à dents larges, ensuite avec un peigne fin. Dans cette opération, il se produit naturellement beaucoup de déchet, le résultat donnant un tiers de kilogramme de produit fin pour 1 kilogramme de produit brut. On file alors deux ou trois brins avec un fil de soie, et Ton obtient une matière résistante r ce fil, on le lave dans de l’eau mélangée d’un peu de jus de citron, on le frotte encore à la main pour l’assouplir et on le lisse avec un fer chaud, ce qui donne finalement une belle couleur jaune brun doré.
- D’après nos renseignements, que nous donnons cependant sous toute réserve, on fabrique, avec ces fils de byssus, divers articles résistants, châles, chaussettes, bonnets, gants, bourses; les centres principaux de la fabrication»seraient d’abord Païenne, et en second lieu, Lucques, où Ton ferait l’article le plus fin dans l’Hospice des orphelins qui sert d’atelier. I). B.
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- LE STÉRÉOCHROMOSCOPE
- APPAREIL SERVANT A VOIR RES PHOTOGRAPHIES SIMULTANÉMENT AVEC LE RELIEF ET LA COULEUR DES ORIGINAUX
- Los lecteurs de La Nature qui voudraient bien se reporter aux articles publics antérieurement dans ce recueil1, v trouveront la description détaillée des movens à l’aide desquels on peut, avec l’aide de la photographie, extraire d’un sujet polychrome les principales couleurs composantes, puis en obtenir une, synthèse, soit par des impressions de diverses couleurs superposées, soit par des projections repérées de diapositifs éclairés par des lumières de couleurs diverses.
- La méthode synthétique des impressions successives ne peut guère être appliquée que pour la production de travaux industriels, et encore laisse-t-elle à désirer si l’on en use sans recourir à un travail de retouches.
- Pour les projections polychromes, il faut employer un matériel coûteux et compliqué. Ce procédé doit être mis en œuvre quand il s’agit de montrer des imagos en couleurs à toute une assistance, mais il est trop complexe pour un usage courant et immédiatement personnel.
- Jusqu’ici, bien qu’une solution plus simple partit s’imposer, nul en France 11e s’était occupé de la chercher ou bien, les recherches tentées dans cette voie, n’ont pas dù conduire à un bon résultat.
- M. G. jNachet, l’opticien bien connu, vient d’imaginer d’une façon très heureuse un appareil simple, ingénieusement combiné pour compléter le stéréoscope proprement dit, où l’on a bien le relief des images photographiques, mais sans voir ce qui fait le principal charme de la nature, la couleur des sujets reproduits. Cet instrument, nommé stéréochromo-scope (fig. 1) fait le plus grand honneur à son inventeur ; il constitue tout à la lois un moyen scientifique de passer de l’analyse photographique des couleurs à leur reconstitution ou synthèse, et un appareil d’études ou d’observations artistiques permettant de retrouver, dans le sujet examiné, les couleurs de l’original.
- Ainsi que l’indique la figure 1, le stéréochromo-scopo se compose d’un corps principal ou boîte rectangulaire qui peut pivoter sur un axe. Un bouton de serrage l'arrête dans la meilleure position cherchée pour recevoir la lumière naturelle ou artificielle sur les miroirs A,A' (fig. 2). La boîte porte, sur une de ses laces, à la partie antérieure, deux prismes 0 formant, oculaires comme dans le stéréoscope que tout le.monde connaît; sur la paroi opposée se trouvent deux des éléments photographiques ou diapositifs b, G qui, éclairés par de la lumière blanche, donnent absolument Follet des vues stéréoscopiques
- 1 Yov. n° 087, du 30 avril 1802, p. 350, et n° 1024, du 14 janvier 1805, p. 08.
- habituelles. Sur le fond horizontal de la boîte et dans le prolongement axial d’un des deux diapositifs verticaux, se trouve placé un troisième diapo-silif I). Ges trois images, ainsi qu’il a été indiqué aux articles désignés en note, sont la reproduction photographique d’un seul et même sujet, mais elles ont été obtenues de telle sorte que le modelé de l’une correspond à l’action produite par les radiations bleues, celui de la deuxième rend l’effet produit par les radiations jaunes, et enfin la troisième image est la traduction analytique des radiations rouges. Le dessin est à peu près le même, mais le rendu des couleurs varie, avec la nature de chacune des trois couleurs principales.
- Nous disons du dessin, qu’l/ est à peu près le même, parce que deux des diapositifs doivent différer entre eux, comme diffèrent entre elles les deux images d’une même vue, stéréoscopique. Ge sont les deux diapositifs que l’on met en place verticalement. Sans cette différence, l’effet, de relief ne serait pas obtenu ; c’est un fait que l’on conçoit aisément.
- Dans le cas qui nous occupe, il faut arriver à un fusionnement complot des trois diapositifs de façon qu’ils ne forment qu’une seule et même image et de plus cette image composite doit être en couleurs. Pour le fusionnement de l’élément triple, il n’y a plus qu’à confondre en une seule image les deux éléments disposés l’un s,ous l’autre, puisque déjà, par l’effet de la vision binoculaire, nous avons la superposition, la réduction à l’unité, des deux diapositifs stéréoscopiques.
- M. G. Nachet est arrivé à ce résultat en plaçant, au-dessous du prisme qui correspond au double élément, un miroir platine M transparent incliné à 45 degrés (fig. 2). Ge miroir permet à l’œil de voir l’image horizontale exactement comme il voit l’image verticale. Ges deux images fusionnent dans la rétine qui n’en perçoit , en fait, qu’une seule produisant la combinaison des deux. Or, cette seule image combinée, fusionnant à son tour avec l’autre élément stéréoscopique, on a en relief une image composite formée du groupement des trois images distinctes en une seule.
- Jusqu’ici nous avons laissé aux diapositifs leur couleur photographique normale, il s’agit donc de compléter l’effet désiré par l’adjonction des couleurs; voici comment on y arrive : en arrière de chacun des éléments on introduit, dans une rainure ad hoc, une lame de verre de la couleur qui correspond à celle des radiations représentées. Ainsi derrière le diapo-sitif des radiations bleues, on met une lame bleue (outremer) ; derrière le diapositif des radiations jaunes, on place une lame verte ; et enfin derrière le diapositif des radiations rouges, on glisse une lame translucide rouge-orangé. Ges trois milieux colorés doivent être choisis de telle sorte, qu’ils Soient composés de couleurs complémentaires et donnent par conséquent du blanc pur par le mélange de leurs radiations. On doit, au préalable, s’assurer de ce fait en plaçant, en avant de chacun des milieux colorés, une lame de papier noir percée à son centre
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- d’une ouverture circulaire ; en regardant dans le stéréochromoscope on doit apercevoir un disque blanc.
- Au cas où il se produirait une dominante vers une autre coloration, il y aurait lieu de chercher des milieux mieux appropriés à l’expérience.
- C’est là d’ailleurs le rôle du constructeur qui devra s’assurer de la combinaison des milieux colorés susceptible de conduire aux meilleurs résultats.
- Les diapositifs sont des filtres de lumière colorée ne laissant passer, à travers leurs parties plus ou moins translucides, que des ([nantités convenables de chacune des couleurs et telles que la combinaison des trois portions de radiations afférentes à un même point du sujet, produise l’effet voulu, soit la couleur exacte de l’original. On a donc sous les yeux une image polychrome et en relie!', dont les couleurs, variées à l’infini, rappellent de très près, sinon toujours absolument, l’objet ou la vue reproduits.
- L’illusion peut être complète si l’analyse a été bien faite et il est toujours facile de la réaliser convenablement puisque à l’aide de l’instrument lui-même on peut se rendre compte de l’incorrection et y remédier.
- De ce qui [>récède, il résulte que le stéréochro-moscope est une sorte de stéréoscope à trois images. C’est grâce à la troisième image d’une part et d’autre part à la nature analytique des diapositifs qu’est due essentiellement la synthèse des couleurs.
- L’effet est des plus curieux et des plus saisissants, et l’on a lieu de penser que ce charmant appareil se trouvera bientôt sur les tables des salons.
- Ainsi qu’on l’a parfaitement compris, il ne s’agit plus d’images coloriées à la main, œuvres souvent très imparfaites et d’une couleur plus ou moins fantaisiste, mais d’une combinaison due à une sélection purement scientifique et d’une valeur telle qu’on ne saurait, à l’aide des retouches au pinceau les plus habiles, rien obtenir de pareil. C’est l’infinie variété des couleurs de la nature alliée à l’exactitude la [dus complète du dessin et des effets d’ombre et de lumière. Si, pour les peintres, pour les artistes en général et aussi pour tous les amis des arts, cet instrument peut être une source d’études utiles et d’observations pleines d’intérêt, il est appelé à rendre à la science de grands services en permettant aux physiciens d’étudier, mieux qu’avec tous les disposi-
- tifs imaginés précédemment, les effets des combinaisons chromatiques radiales.
- Des gammes chromatiques peuvent être établies dans des conditions de transparences graduées telles que l’on doive, en combinant entre elles les divers degrés de ces gammes, arriver à des nuances invariablement les mêmes, dans les mêmes conditions soit d’éclairage polychrome, soit de translucidité des filtres, et l’on créera de la sorte, des lois démontrées par le fait, et dont l’existence sera toujours facile à vérifier.
- Grâce aux moyens d’analyse des couleurs que possède l’art photographique, il est possible d’isoler de la reproduction d’un objet polychrome successivement les couleurs autres que celle dont on désire
- avoir exclusivement l’effet. ' .
- l'ar exemple, la couleur rouge n'impressionne pas les ](laques dites ordinaires, on est donc certain que, sauf les effets de modelé dus à l’éclairage, une plaque ordinaire reproduit l’œuvre originale sans rien contenir des valeurs qui appartiennent au rouge; à l’aide des écrans colorés et des sensibilisateurs propres aux diverses couleurs, on arrive à serrer la sélection d’assez près pour que la reconstitution, dans le stéréo-chromoscope, de trois ou de quatre diapositifs (car il peut en admettre quatre) donne une polychromie très complète ot très exacte.
- Actuellement on n’a pas songé à s’outiller pour ces sortes de reproduction, car il n’existait aucun moyen, sauf celui, très compliqué des projections, d’utiliser des séries de chromogrammes (c’est le nom donné à l’ensemble des trois diapositifs) mais il y a lieu d’espérer qu’à l’avenir, bien des amateurs de photographie seront entraînés, par l’attrait de la vision en couleurs, à prendre sur nature trois vues au lieu des deux qu’exige le stéréoscope; des appareils propres à ce genre de reproduction seront inévitablement construits et grâce aux nouveaux types d’objectifs, on arrivera, même pour la reproduction des rouges, à ne poser que très peu de temps. La chambre noire propre à ces analyses portera sur sa face antérieure quatre objectifs disposés sur deux rangs, comme le sont ceux des chambres stéréoscopiques. Le châssis négatif pourra recevoir quatre plaques distinctes ou une seule, suivant la nature des sensibilisateurs employés. Si elle est sensibilisée
- Fig.'r1. — Vue d’ensemble du stéréocliromoscope.
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- pour toutes les couleurs, ce qui est possible, on n’aura qu’à l'aire varier la couleur des écrans colorés placés sur les quatre objectifs. La reproduction pourra être simultanée pour les quatre images à la condition de graduer le diamètre de l'ouverture de chaque objectif, dans le rapport voulu; ainsi l’action des radiations rouges, à travers un milieu rouge, sera plus lente, toutes choses égales d’ailleurs, que celle des radiations bleues ou jaunes. On augmentera donc l’ouverture dans l’objectif correspondant aux radiations rouges, tandis qu’on la diminuera dans celui des radiations jaunes et plus encore dans celui des radiations bleues.
- Dans certains cas une seule plaque pourra servir aux quatre épreuves; mais, dans d’autres cas, il conviendra, tout en agissant à peu près simultanément, de faire usage do plaques sensibilisées plus spécialement pour telles ou telles couleurs.
- Le développement, pour être dans les conditions d’une proportionnalité sul'iisante, devra s’opérer simultanément et le tirage des diapositifs sera lui-même d’autant meilleur, au point de vue du résultat linal à atteindre, que la proportionnalité des valeurs demeurera entre elles dans le même rapport que dans les négatifs.
- Un voit, par ces quelques indications, que l'obtention des trois ou des quatre éléments synthétiques, ne laisse pas que de présenter quelques difficultés, tout au moins à cause du degré de précision avec lequel devront avoir lieu les opérations; mais l’œuvre linale compensera largement les précautions nécessaires, et, après tout, ce n’est qu’une habitude à prendre, car de difficulté vraiment sérieuse, il n'en existe pas.
- Les épreuves polychromes obtenues directement par la méthode interférentielle de M. Lippmann impliquent des opérations bien autrement délicates, il faut là des moyens et des composés nouveaux et pourtant on est arrivé déjà à réaliser par ce procédé des reproductions admirables. Les dernières épreuves obtenues directement en couleurs par MM. Lumière de L yon ont arraché des cris d’enthousiasme à tout un auditoire en présence duquel les faisait projeter récemment M. Lippmann lui-même.
- Nous avons vu des paysages d’une beauté exquise : on y retrouvait toutes les valeurs, toutes les nuances
- les plus riches et les plus variées. Rien de plus beau ne peut être vu et il est à souhaiter que cette méthode, encore trop scientifique, arrive promptement à une réalisation pratique et courante.
- En attendant ce jour heureux, le stéréochromo-scope de M. C. Nachet permettra d’obtenir par la photographie d’une façon plus indirecte, mais aussi plus facile, des souvenirs plus exacts, plus attrayants des lieux et des objets, puisqu’on les retrouvera dans cet instrument avec tout le charme de leurs couleurs et toute l’exactitude de leurs formes.
- l’our compléter la description du stéréochromo-scope de M. U. Nachet, il nous reste à dire ([lie les chromogrammes sont montés ou ajustés dans un léger cadre en bois se repliant sur lui-même à l’aide
- d’une brisure à charnières; il n’y a qu’à introduire ce cadre dans le corps de l’instrument où une rainure ad hoc le reçoit, pour voir aussitôt, sans tâtonnement, les images superposées et revêtues de toutes leurs couleurs.
- Les mêmes chromo -grammes pourront servir pour des projections en présence d’un nombreux public; un modèle de lanterne triple est étudié en ce moment par M. Molteni dont on connaît la grande compétence en matière de projections. Cet instrument répondra certainement au but à atteindre, et bientôt l’application de la photographie à la reproduction des couleurs aura fait de tels progrès que l’on ne pourra plus se contenter, dans bien des cas, delà copie monochrome. Nous entrons dans l’àge d’or de la photographie caractérisée par l’ère des couleurs ; le difficile problème dont on rêvait la solution dès les premiers pas de l’art des Niepce et des Raguerre, est actuellement résolu scientifiquement; il ne reste plus qu’à [lasser des données scientifiques, d’une application encore difficile, à la production d’œuvres courantes, ce n’est plus qu’une question de temps.
- Mais, pour prendre patience, nous allons être aidés puissamment par l’emploi d’une méthode de transition des plus intéressantes, d’un moyen indirect, mais conduisant soit à la production et à la multiplication d’œuvres polychromes par voie d’impression, soit à la vision stéréochromoscopique des images avec leur relief et leurs couleurs, soit enfin à la projection immédiate en public des mêmes images avec leurs couleurs.
- Fig. 2. — Coupe montrant le dispositif intérieur du stéréochromoscope.
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- Le stéréochromoscope de M. C. Nachet aura été en France le point de départ des tentatives de vulgarisation de ces méthodes parce qu’il permet de s'assurer de la nature des résultats, de contrôler leur exactitude et de remédier à leur incorrection. Avec ce guide, on ne peut que réussir, dùt-011 passer par quelques hésitations. Instinctivement, on arrivera à l’appréciation juste des données composantes, et l'on jouera bientôt avec la copie, des couleurs comme on le lait actuellement avec celle des simples effets d’ombre et de lumière. Lkos Vidal.
- CHRONIQUE
- La fabrication «les allumettes. — La Direction générale des manufactures de l’État publie les résultats du monopole des allumettes pendant l’année dernière. Nous en extrayons des chiffres intéressants : il a été confectionné ‘2*8 422 ‘242 550 allumettes (27 006 577 050 en bois et 1 415 865 500 en cire) prêtes à être livrées à la vente et qui ont exigé l’emploi de : 51021 millions d’allumettes blanches, 47 112 kilomètres de bougie filée et 855 505 kilogrammes de matière de trempe. Les frais de fabrication se sont élevés, tant en traitements qu’en frais de main-d’œuvre et de fournitures, à 5 594 270 francs : létaux moyen de fabrication a donc été de 119fr,42 par million d’allumettes. Le prix de revient général des allumettes prêtes à la vente revient à 194fr,59 le million d’allumettes, qui est vendu en gros près de 900 francs. La régie a dépensé, l’an dernier, 6 549 006 francs. Elle a expédié au commerce en gros ou vendu dans les entrepôts 29540192 590 allumettes correspondant à une recette de 25 874 542 francs. Le bénéfice de la fabrication des allumettes a donc été de 19 millions et demi de francs auquel il faut ajouter l’augmentation survenue dans le capital de la régie, ce qui donne un bénéfice net de 20 072 456 francs.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du ‘2 juillet 1894. — Présidence de M. Lœwy.
- Utilisation de la pomme de terre pour la nourriture des bestiaux. — 31. Aimé Girard résume le résultat d’expériences poursuivies méthodiquement dans le but de déterminer avec précision Tes conséquences de l’introduction de la ponnne de terre dans le régime alimentaire des bestiaux. 11 a employé à cette recherche un troupeau de neuf grands bœufs du Charolais, et un troupeau de trente-trois moutons. Ces animaux ont été partagés en trois groupes. Le premier groupe de bœufs destiné à servir de témoin, a reçu 50 kilogrammes de betteraves et 7kg,500 de foin, le deuxième groupe a consommé 25 kilogrammes de pommes de terre et 7kg,500 de foin, enfin le troisième groupe a été pourvu d’une nourriture plus î-iche encore en pommes de terre. Au bout de deux mois, l’augmentation de poids vif du premier groupe a été de 186 kilogrammes, celle du deuxième groupe de 258, et celle du troisième groupe de 276, ce qui représente, par tète de bétail, des accroissements journaliers moyens de 1 kilogramme, lkg,5 et lkg,5. Ces nombres peuvent être légèrement augmentés en ajoutant à la nourriture une petite quantité de tourteaux. Quant aux moutons, le premier groupe a reçu 4 kilogrammes de betteraves et 500 grammes de foin, le deuxième, 2 kilogrammes de
- pommes de terre et 500 grammes de foin, le troisième,
- 5 kilogrammes de pommes de terre. L’augmentation du poids vif, en 70 jours, a été de 59 kilogrammes avec l’alimentation normale, tandis qu’elle a pu être amenée à 76 kilogrammes avec l’alimentation riche en pommes de terre. Il y avait encore lieu d’examiner le rendement en viande et en qualité. Tous ces animaux ont été abattus à la Villette; la viande qu’ils ont donnée a été trouvée fine et succulente. Quant au rendement, il s’est trouvé supérieur à la proportion habituelle. En effet, tandis (pie les bœufs des étables fournissent une moyenne de 55 à 56 pour 100 du poids vif en viande nette, celui des bœufs de 31. Girard, a varié entre 60 et 61 pour 100. Pour les moutons le rendement habituel est de 41 pour 160; pour les moutons de 31. Girard, il a atteint 51 pour 100. Il y a donc eu un bénéfice net d'au moins 5 pour 100 sur les bœufs, et 10 pour 100 sur les moutons. 31. Girard estime que la quantité de bétail nourrie sur le territoire français, pourrait être accrue considérablement sans augmenter les surfaces livrées à la culture, en utilisant la pomme de terre. Quant à l’influence de la nourriture à base de pommes de terre, sur la lactation, elle a été étudiée par 31. Cornevin qui a constaté qu’avec la pomme de terre crue, la quantité de lait augmente tandis que le poids vif diminue. Au contraire, avec la ponnne de terre cuite, le lait diminue, mais le poids vif augmente.
- Les impuretés de Valuminium. — 31. 3Ioissan rappelle que M. Henri Sainte-Claire Deville découvrit un mode de préparation industrielle de l’aluininium qui fit de ce métal autre chose qu’une curiosité de laboratoire. Malheureusement ce procédé était coûteux, aussi les espérances que l’on avait fondées sur l’utilisation de l'aluminium, ne se réalisèrent-elles pas. Aujourd’hui on prépare l’aluminium par voie électrique et le prix du kilogramme de ce métal est descendu à 5 francs. 31. 3Ioissan pense que ce prix ne tardera pas à descendre encore. L’aluminium a rendu de grands services pour l’affinage de la fonte et de l’acier; ses alliages lui créeront de nombreux débouchés. Le moment est venu de rechercher les inconvénients des impuretés que contient l'aluminium du commerce et le moyen de les éliminer. Habituellement il renferme du fer et du silicium. On peut éviter le fer assez facilement par un choix judicieux des appareils; pour le silicium la question est plus difficile. La substance la plus gênante est le carbone dissous qui altère singulièrement les propriétés de ce métal. En effet, il peut réduire de moitié l’élasticité et la résistance de l’aluminium. Enfin on rencontre un azoture d’aluminium qui réduit également l’élasticité et la résistance. Le carbure d’aluminium cristallise en paillettes jaunes hexagonales; sa densité est de 2,56; il se décompose en présence de l’eau en donnant du méthane, mais la décomposition est très lente.
- Influence des sels de potasse sur la nitrification. — 31. Dehérain présente une Note de 3131. Crochetelle et Dumont sur l’influence des sels de potasse sur la nitrification. Tandis que le carbonate et le sulfate l’activent, le chlorure est sans action. 3Iais comme le chlorure de potassium se transforme aisément dans les terres calcaires en carbonate de potasse dont l’efficacité est reconnue, les auteurs ont pensé que le chlorure de calcium formé en même temps, devait être nuisible. C’est en effet ce que démontre l’expérience. 3Ième à faible dose, le chlorure de calcium retarde la nitrification. Ce point étant acquis, 3131. Crochetelle et Dumont ont débarrassé la terre du chlorure de calcium par une pluie artificielle et la nitrification est alors devenue plus active. D’où l’on déduit
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- que sur les terres sans calcaire, l'action du chlorure de potassium sera nulle sur la nitrification, et qu’elle le sera également sur les terres calcaires sèches où persiste le chlorure de calcium ; remploi du chlorure de potassium, au contraire, sera avantageux dans les terres un peu calcaires, pendant les aimées humides.
- Valeur agricole des phosphates naturels. — Les phosphates fossiles ont une valeur commerciale variable suivant les régions dont ils proviennent et où on les utilise. En Bretagne, on considère les phosphates des grès verts du Boulonnais comme beaucoup plus assimilables que les sables phosphatés de la Somme. Or il existe entre les deux sortes d’engrais des différences de prix que les expériences culturales ne justifient pas toujours. L’assimilation des phosphates peut être fixée d’après la facilité plus ou moins grande avec laquelle ils se laissent attaquer par les acides faibles qui existent soit dans l’intérieur des racines, soit dans les sols des landes dont la réaction est acide. Une longue série d’expériences a conduit M. Paturel aux résultats suivants : 1° Les différences constatées dans l’efficacité des divers phosphates sont dues surtout à l’inégalité de leur teneur en calcaire ; les sables de la Somme très chargés de cette matière résistent davantage aux actions dissolvantes qui déterminent l’assimilation. 2° Dans la fixation de la valeur marchande des phosphates, il serait bon de faire intervenir, outre la richesse totale, la richesse en calcaire et de diminuer leur prix proportionnellement à cette quantité. 5° 11 est désirable d’appliquer dès maintenant aux phosphates de la Somme l’un des procédés mécaniques ou chimiques proposés pour les débarrasser de leur gangue calcaire. Ce traitement accroîtra considérablement leur valeur agricole.
- La résistance des vignes au traitement par submersion. — On sait que le traitement par submersion est employé avec beaucoup d’efficacité pour combattre le phylloxéra. Les rendements de ces vignes sont énormes, grâce à la grande quantité de nitrates qu’on leur donne pour compenser l’azote soluble que la masse d’eau employée enlève au sol. Ces rendements atteignent 200 et même 500 hectolitres par hectare. M. Müntz a trouvé que 97 0/0 de cette fumure coûteuse sont entraînés par les eaux; il y a donc là une cause de déperdition*d’azote extrêmement considérable. M. Müntz s’est demandé comment les racines des vignes submergées pendant quarante jours ne périssent pas asphyxiées dans ce milieu où l’oxygène disparaît rapidement. Il montre que les traces de nitrates emportées constamment par les eaux, cèdent leur oxygène aux racines, soit directement, soit par l’intermédiaire de micro-organismes.
- La respiration des feuilles. — M. Maqucnne a recherché s’il y avait concomitance, dans la respiration des végétaux, entre l’absorption d’oxygène et le dégagement d’acide carbonique. Il a reconnu que les feuilles vertes détachées de leurs tiges dégagent plus d’acide carbonique dans leur respiration normale, après un séjour de plusieurs heures dans le vide, que dans les conditions ordinaires. Ce fait semble montrer que la cellule vivante est capable d’élaborer et d’accumuler des matières éminemment combustibles que l’air détruit aussitôt avec dégagement d’acide carbonique.
- Varia. — M. Drake del Castillo lit un Mémoire' sur la distribution géographique des Cyrtaiulrées. — M. Piette développe des considérations sur les races humaines
- préhistoriques. — M. (Toison expose ses vues sur le changements des pouvoirs rotatoires. — M. Brongniart présente un ouvrage très important sur les insectes fossiles primaires. Ch. de \illedkuil.
- L’ESCARPOLETTE DIABOLIQUE
- NOUVELLE ILLUSION OPTIQUE ET MÉCANIQUE
- Le principe des mouvements relatifs et des illusions optiques et mécaniques vient de recevoir une ingénieuse application et obtient, un succès considérable à San Francisco, dans une nouvelle attraction illusionniste conçue et réalisée par M. Amariah Lake, de Pleasantville (New-Jersey).
- Par des procédés d’une simplicité enfantine, M. Lake donne à des personnes à peu près immobiles, l’illusion de décrire un cercle complet, dans l’espace, et d’avoir, à un moment donné la tète en bas, tandis qu’elles sont parfaitement et confortablement assises, dans une position des plus naturelles. Ce résultat est obtenu en mettant habilement à profit le principe mécanique des mouvements relatifs et les erreurs d’appréciation qu’ils entraînent, erreurs dont nous avons tous été victimes en regardant par la portière d’un wagon lorsque deux trains en gare partent en sens opposé.
- Le train partant nous donne l’illusion du mouvement, bien que nous soyons immobiles ou animés d’une faible vitesse. C’est le meme principe, mais très originalement combiné que M. Lake utilise, en réunissant des visiteurs qui participent ensemble à l’expérience. Tous ceux qui doivent faire partie d’une fournée, sont introduits dans une petite pièce au milieu de laquelle on aperçoit une large barre transversale à laquelle est suspendue une escarpolette renfermant assez de places pour loger une quinzaine de personnes. Lorsque chacun s’est assis, l’employé imprime une légère oscillation à l’escarpolette qui se balance à la façon ordinaire. L’employé se retire et ferme la porte. A partir de cet instant, commence l’illusion. Les personnes assises dans l’escarpolette ont tout d’abord l’impression que le balancement va en augmentant et atteint bientôt des proportions inquiétantes ; mais ce n’est pas tout.
- Les oscillations apparentes accroissent de plus en plus leur amplitude jusqu’au moment où la balançoire semble décrire un cercle entier autour de son axe. Pour compléter l’illusion, la barre est repliée en forme d’arbre coudé, ce qui semble établir l’impossibilité pour l’escarpolette de passer entre la barre et le plafond. La barre continue son mouvement apparent de rotation, produisant une impression étrange à ceux qui s’y trouvent suspendus, jusqu’au moment où les mouvements diminuent d’amplitude, cessent graduellement : peu de temps après, tout s’arrête, la séance est terminée. La porte est ouverte >. à nouveau et ceux qui viennent de constater l’expérience, se retirent pour faire place à d’autres.
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- La cause de cette illusion très curieuse et d’une impression très vive, de l’avis de tous ceux qui l’ont ressentie, est due, le lecteur l’a deviné, à l’oscillation méthodiquement amplifiée et à la rotation de la pièce même dans laquelle les visiteurs, sont enfermés.
- Pendant tout le jeu, l’escarpolette reste pratiquement immobile, tandis que la chambre oscille ou tourne autour de l’arbre (fig. 1). Au commencement, on imprime un léger mouvement oscillatoire à cette escarpolette, puis, dès que la porte est fermée, on fait osciller avec des amplitudes croissantes toute la chambre qui n’est, en réalité, qu’une grande boîte dont les premiers mouvements oscillatoires correspondent à ceux de l'escarpolette. On accroît graduellement l’arc d’oscillation jusqu’a ce qu’il atteigne
- Fig. 1. —Vue de l'escarpolette diabolique dans sa position réelle.
- et est amenée méthodiquement au repos pour conserver l’illusion jusqu'à la lin. Un peu avant l’arrêt, on a, en agissant sur l'arbre coudé, imprimé une légère oscillation à l'escarpolette afin de ménager la transition lorsque la chambre est complètement arrêtée, et laisser à ceux qui ont pris place dans la balançoire, l’impression lin ale qu’ils oscillaient bien réellement.
- La boîte formant la chambre est aussi bien garnie que possilde, chaque objet étant, bien entendu, solidement lixé à sa place. La lampe à pétrole posée sur la table, à portée delà main, est, en réalité, une lampe à incandescence fixée dans une monture de lampe vissée à la table qui est elle-même vissée au plancher. Le public ne peut pas s’imaginer que la lampe à pétrole puisse fonctionner la tête en bas, dans l’hypothèse delà rotation de la chambre, hypothèse qu’il chasse immédiatement si elle venait à
- une circonférence entière, et cela n’exige aucun mécanisme, toute la boîte étant presque équilibrée sur l’axe : il suffit, pour obtenir ce résultat sans effort, d’exercer des poussées sur l’un des angles de cette boite à des époques opportunes, comme si on lançait une escarpolette.
- Pendant la mise en marche, la période de rotation continue, et l’arrêt de la chambre, les spectateurs ont l’illusion que la chambre est immobile et qu’ils tournent dans l’espace, alors qu’en réalité c’est exactement le contraire. Ils ont, à un moment donné, l’impression que produit la figure 2 qui n’est, en réalité, que la figure 1 retournée.
- Après quelques tours, la rotation continue cesse, la chambre oscille avec une amplitude décroissante
- Fig. 2. — Vue de l'escarpolette diabolique dans sa position apparente.
- son esprit. Il en est de même pour les bibelots garnissant l’armoire, les tableaux suspendus à des ficelles, les photographies, la voiture d’enfant, la chaise et le chapeau : tout contribue à tromper adroitement les visiteurs qui ont essayé l’appareil.
- Même pour les initiés, l’illusion est si complète qu’on les voit saisir les bras de leurs sièges de peur d’être précipités dans le vide.
- Les dessins que nous reproduisons d’après le Scientific American sont des croquis pris à la Midwinter Fair de San Francisco, où l’exhibition de l’escarpolette diabolique obtient un grand succès. C’est un spectacle amusant et instructif qu’un imprésario parisien ne tardera probablement pas à nous offrir. l)rZ...
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissamher.
- Paris. — Imprimerie Laliure, rue de Fleurus, 9.
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- X* l 102. — 14 JUILLET 1804.
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- LES ACTUALITÉS GÉOLOGIQUES
- ATI MUSÉUM
- La deuxième série des actualités géologiques est exposée en ce moment au Muséum, dans une salle annexe de la galerie de géologie ; ce que nous avons dit l’année dernière sur cette institution nouvelle 1 nous dispense d’entrer aujourd’hui dans beaucoup de détails à son égard. On se rappelle que M. le professeur Stanislas Meunier s’est proposé à la fois de fournir aux auteurs des travaux géologiques une plus grande publicité pour leurs résultats, et au public le moyen de contrôler les assertions contenues
- dans des Mémoires récents. C'est, comme on l’a dit, une espèce de salle des dépêches de la science, fournissant, comme celles des journaux, le plus rapide moyen d’information.
- Déjà l’an dernier on avait été frappé du nombre et de l’importance des collections rassemblées; mais l’exposition de la présente année constitue un progrès considérable sur sa devancière et c’est ce que le directeur du Muséum, M. Alphonse Milne-Edwards, s’est plu «à constater dans la séance d’inauguration en félicitant M. Stanislas Meunier.
- Celte fois, un catalogue a été imprimé; ou peut y apprécier d’un coup d’œil la variété des objets mis sous les yeux du public. Plusieurs institutions ofïi-
- Exposition des actualités géologiques au Muséum d’histoire naturelle de Paris. (D’après une photographie.)
- vielles, dans les pays les plus divers, ont tenu à collaborer à l’œuvre nouvelle dont la durée paraît ainsi assurée. En tète, on mentionnera, à cause de l’importance de sa contribution, le Geological Survey de l’Angleterre, dont l’illustre directeur, Sir Archibald Geikie, a envoyé au Jardin des Plantes des spécimens aussi variés qu’intéressants. Ce sont des roches bien échantillonnées représentant les formations archéennes et précambriennes du nord-ouest de l’Ecosse ; ce sont des cartes géologiques, en voie actuelle d’élaboration comme celles du Yorkshire, de l’île de Wight, du pays de Galles, des Uighlands, du nord-ouest de l’Irlande, et bien
- 1 Voy. n° 1045, du 10 juin 1893, p. 20. L’Exposition continue à être ouverte au public les mardis, jeudis, samedis et dimanches, de 1 heure à 4 heures.
- ft aimée. — 2° synestre.
- d’autres; ce sont des coupes géologiques; ce sont des volumes tout récemment parus comme the geology of the isle of Wight, les Memoirs of the geology of London , le Memoiron the jurassic rock, of Britain, etc. ; ce sont enfin de magnifiques photographies géologiques relatives à l’Ecosse et à diverses parties de l’Angleterre.
- Le Comité royal géologique italien de Rome, par l’intermédiaire de son savant directeur, M. N. Pellati, a fourni de belles séries : les roches relatives aux études de M. Lotti sur l’île d’Elbe; et celles que MM. Viola et de Stéfani ont recueillies dans leur exploration de la Punta delle Pietre Nere. Le Geological Survey des États-Unis, celui de Queensland en Australie, sont représentés par leurs publications les plus récentes. Le Ministère hollandais du com-
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- mercc a envoyé au Muséum la carte géologique de la Hollande, et le Gouvernement de Madrid, par l’intermédiaire de M. de Castro, celle de l’Espagne, en 16 feuilles et qui constitue une merveille. L’Université impériale de Saint-Pétersbourg a donné des roches platiniléres dont la découverte toute récente est un véritable événement scientifique.
- D’Alexandrie, l’Administration des chemins de fer de l’Egypte a expédié de belles séries de roches et de fossiles; elles se rapportent aux études non encore terminées de M. Four tau sur le Mariout et sur quelques autres points du pays des Pharaons.
- Le chemin de fer transsibérien est représenté par de belles collections recueillies par M. Pimitri Ivanov et qui comprennent des roches et des fossiles de l’Üussouri et de Pile de Sackhalin. La compagnie des Chemins de fer de l’Est, à Paris, qui s’est signalée depuis longtemps par la considération qu’elle accorde à la géologie, a exposé de nombreuses suites de spécimens étudiés par M. Jannel, son géologue ordinaire; on y voit entre autres dé gigantesques ossements de Sauriens provenant de Wassv.
- Une mention spéciale doit concerner notre Ministère des colonies, qui a étalé des collections du Tonkin, de la Nouvelle-Calédonie et de l’Inde française. Le laboratoire de géologie de la Faculté des sciences de Grenoble, est représenté par de belles photographies relatives aux derniers travaux de M. le professeur Kiliau et de ses élèves.
- Beaucoup de voyageurs naturalistes figurent dans ,1a liste des exposants : MM. Àlluaud, Gautier et Catat ont donné de magnifiques collections provenant des ; points les plus variés de Madagascar; M. Bel, de précieuses séries de minerais d’or du Transvaal et du iSirim; M. Chaper, des roches fossilifères du Caucase et des diamants de Bornéo; M. Dutveuil de Rhitts-, des roches du îhibet; M. Efàrtçois, des roches des Nouvelles-Hébrides \ M. Gouyon, de nombreuses roches du Toiikitt; M. Maindrort* des roches d’übock ; le B. Sacleüx, des roches de l’Oüsâgarà* dans l’Afrique équatoriale; M. Tanant, des TOches de Chine; etc.
- De nombreux géologues de la France et de l’étranger ont fourni une précieuse contribution. Citons ; M. Bleicher, professeur à la Faculté de Nancy, qui a résolu des problèmes curieux de l’histoire de la fossilisation osseuse; M. Boistel, professeur à la Faculté de droit de Paris et membre en même temps de la Société géologique, qui a fait une de ses spécialités de l'étude du sol dans le département de l’Ain; M. Boursault, chimiste au chemin de fer du Nord, qui a procuré à la géologie une série de découvertes importantes; M. Delebecque, ingénieur des ponts et chaussées à Thonon, qui a soumis les lacs de nos régions montagneuses à une série d’études résumées dans un magnifique atlas; M. Ed. Doll, Reahchule Director à Vienne, en Autriche, qui a fait, sur les roches serpentineuses du Steïermark, un Mémoire important; M. Dollfus, attaché à la Carte géologique de France, qui a étudié la géologie de Vichy; M. Gilbert
- Harris, qui a trouvé dans l’Alabama des fossiles très analogues à ceux des environs de Paris; M. Bernard Hobson, professeur au « Owens College » de Manchester, qui a perfectionné la géologie du Devon-shire; M. Janet, ingénieur des mines, attaché à la Carte géologique de France, qui a dressé la carte des environs de Créey-sur-Morin ; M. Klvana, professeur au lycée tchèque de Uheské en Moravie, qui a étudié les roches éruptives de son pays; M. Martel, qui poursuit ses belles études sur les cavernes et vient de les réunir dans le volume intitulé les Abimes, mis à la disposition des visiteurs de l’exposition du Muséum; M. Roussel, professeur à Cosne, qui vient de faire de longues études stratigraphiques dans les Pyrénées; M. de Sa Pereira, qui a découvert de curieux outils néolithiques dans la province de Parahyba au Brésil; M. le Dr Staplî qui a exposé des grteisS remarquables du Saint-Gothard ; M. T! lieu lien, qui signale de nouvelles formes parmi lës silex préhistoriques; M. lé Dr Uhlig, de Vienne* qui a étudié les Karpathes de la Galicie; M. Van den Broeck qui signale l’influence des hùtssllk cristallins sur les variations régionales du mouvement séculaire du sol en France ; etc.
- Le Muséum d’histoire naturelle a lui-même, par plusieurs de ses services, contribué à l’Exposition des Actualités. A côté des séries exposées par le laboratoire de géologie, il faut mentionner les roches volcaniques avec enclaves réunies par M. Lacroix, professeur de minéralogie; les insectes fossiles du terrain boitiller de Comtiientry étudiés par M. Ch. Brotigniarl,, assistant de zoologie? les roches recueillies au cours de son étude géologique sur l’aqueduc de Clichy par Mi Ramond, assistant de géologie '; les Végétaux fossiles du terrain houiller découverts tout récemment par M. Bernard Renault, assistant de botanique.
- En somme* l'exposition que nous annonçons, et dont nos lecteurs ont sOUS les yeux une vue partielle d’après une photographie de M. Boursault, a parfaitement réussi? elle constitue dès maintenant une institution dont la disparition ferait une lacUne dans les procédés de diffusion mis à la disposition de la science. Gaston Tissandier.
- POINTS DE REPÈRE
- AUX TEMPÉRATURES ÉLEVÉES
- Les difficultés très considérables de l’emploi du thermomètre à gaz aux températures élevées, rendent précieux les points de repère que l’on obtient par la fusion des métaux purs; ces points, une fois bien déterminés, permettent en effet de graduer des instruments de mesure d’un emploi plus commode. Les seuls que l’on connût jusqu’à ces derniers temps avaient été déterminés parM. Violle à l’aide de la méthode calorimétrique.
- 11 était intéressant de vérifier quelques-uns de ces points par des mesures directes; c’est ce travail qu’ont fait dernièrement MM. Holborn et Wien, physiciens attachés à l’institut physico-technique de l’empire d’Allemagne. La première partie du travail a consisté à graduer
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- LA NATURE.
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- un couple thermo-élcctriquc Le Chàtelier (platine, platine rhodié) dont l’une des soudures était placée au centre du réservoir d’un thermomètre à gaz. Ce dernier, en porcelaine dure, subissait, sans se déformer, des températures supérieures à 1 400 degrés, à la condition que la pression initiale fut assez basse pour qu’aux températures les plus élevées, il y eut encore un léger excès de pression extérieure.
- Les comparaisons, faites à .un grand nombre de températures comprises entre — 80 degrés et -f-1445 degrés, montrèrent, ainsi que M. le Chàtelier l’avait trouvé jusqu’à 1200 degrés, que la force électro-motrice du couple varie très régulièrement avec la température, et permet de la calculer à moins de 10 degrés près; mais pour obtenir cette exactitude, il est nécessaire, suivant les auteurs, d’étalonner directement chaque couple. Le point de fusion le plus intéressant déterminé par les auteurs, est celui de l’or, qui est en moyenne de 1072 degrés, avec des écarts positifs ou négatifs très faibles; celui de l’argent est à 968 degrés et celui du cuivre à 1082 degrés; mais ces deux derniers présentent des écarts un peu plus considérables, dus probablement à des traces
- d’oxvde. C. E. G.
- ° ——
- LA TEMPÉRATURE MINIMA
- DES RADIATIONS MSHH.ËS
- Nous avons, dans une Note récente, fait remarquer la différence considérable entre les températures minima de visibilité indiquées par MM. Weber et Emden d’une part, MM. Kennelly et Fessenden d’autre part, et nous avons fait observer déjà que les dernières expériences contenaient sans doute une cause d’erreur importante ; nous y reviendrons tout à l’heure. Mais nous voudrions d’abord rendre compte d’un récent Mémoire de M. P.-L. Gray, qui confirme de tous points les résultats de M. Weber. La source de lumière employée par M. Gray était constituée par une lame de platine de 10 centimètres de longueur et 1 centimètre de largeur, dont on isolait, pour l’observer, une longueur de 18 millimètres environ; l’observateur se plaçait à 50 centimètres de la source. Le platine, recouvert d’une boîte à l’exception de la petite partie destinée à l'observation, était chauffé au moyen d’un courant électrique et sa température était calculée en partant de sa longueur que l’on déterminait avec soin ; l’appareil avait été gradué en faisant fondre de petites perles de différents corps sur le platine chauffé par le courant. Les observations ont montre, comme on devait s’y attendre, que la température minima de la visibilité varie beaucoup suivant la préparation que l’œil a subie ; un œil peu sensible perçoit les premières traces de lumière entre 450 et 470 degrés, tandis qu’un repos de quelques minutes abaisse sensiblement cette température; le soir, on arrive, sans grande préparation, à 410 degrés, et au réveil dans un endroit absolument obscur, la première impression se produit vers 570 degrés. L’état de la surface rayonnante est de peu d’importance. Il est à remarquer qu’aux températures les plus basses la lumière est pour ainsi dire incolore, tandis que, à 460 ou 470 degrés, elle est nettement rougeâtre; c’est un point sur lequel nous avions insisté dans notre première Note.
- U nous reste à dire encore quelques mots d’une cause d’erreur que nous avions signalée, sans insister, dans les expériences des physiciens américains; nous voulons parler du trop peu d’étendue de leur source, dont la largeur était de 4 centièmes de millimètre seulement. On
- sait que l’organe percepteur par excellence de notre œil se compose d’éléments séparés les uns des autres : les cônes qui tapissent le fond delà fœva centralis; ces cônes ont un diamètre de 5 microns environ, correspondant à un angle visuel de près d’une minute. La dimension de ces cônes détermine le pouvoir séparateur de l’œil, de telle sorte que deux points dont l'image se forme sur le même cône sont vus comme un point unique; pour une raison semblable, une tache lumineuse de faibles dimensions, dont l’image est entièrement comprise dans la surface d’un cône, sera vue au minimum sous un angle d’une minute et l’énergie comprise dans l’image se repartira sur une ouverture d’une minute; c’est ainsi qu’un point d’un grand éclat intrinsèque (une étoile faible, par exemple), pourra devenir à peine visible ou même invisible si son image est trop petite. Dans le cas qui nous occupe, d’une bande lumineuse, on aura le minimum théorique de largeur donnant l’impression de l’éclat vrai lorsque l’image de la bande couvrira la largeur de deux cônes au moins; en effet, au-dessous de cette largeur il se trouvera forcément, en divers endroits, les points a, b, c et d de la figure ci-contre, des cônes non entièrement couverts.
- Supposons, ce que les auteurs ne disent pas, que MM. Kennelly et Fessenden aient observé leurs fils à une distance de 30 centimètres ; l’angle visuel sera de ~~=
- Schéma de la vision d’une bande étroite.
- soit un peu moins d’une demi-minute. Le fil employé était donc environ quatre fois plus étroit que le minimum théorique admis par l’expérience; le minimum pratique de l’angle donnant l’impression définitive est certainement plus élevé, et nous ne devons pas nous étonner que MM. Kennelly et Fessenden aient indiqué une température manifestement trop haute.
- Cette question de l’angle visuel se retrouve dans toutes
- les questions connexes; ainsi, tandis que l’on distingue,
- dans les conditions normales, deux plages dont l’éclat ne
- diffère que de — ou même de —, Charpentier a montré
- qu’en réduisant suffisamment les dimensions de la plage
- la plus lumineuse, on peut lui donner un éclat dix fois
- supérieur à celui de son entourage, sans qu’elle devienne
- apparente. Cii.-Ed. Guillaume.
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- ALLUMEUR EXTINCTEUR A DISTANCE
- L’un des grands avantages que procure l’emploi de la lumière électrique, c’est de permettre un allumage et une extinction faciles et rapides. La simplicité de la manœuvre à effectuer pour ces deux opérations devait forcément tenter les inventeurs et leur suggérer des dispositifs permettant de les effectuer à distance. C’est ce qui n’a pas manqué de se produire; plusieurs appareils ont été imaginés dans ce but et donnent généralement de bons résultats1. Celui que nous présentons aujourd’hui à nos lecteurs a été construit par la maison Bréguet, sur les indications d’un électricien amateur, M. Drouet, qui l’a
- 1 Voy. n° 639, du 29 août 1885, p. 190.
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- LA NATURE.
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- installé dans sa maison: dopais près de quatre ans il fonctionne quinze à vingt Ibis par jour et n’a jamais raté. C’est cette sûreté de fonctionnement, que nous avons été à même de constater, qui nous a engagé à le faire connaître. La simplicité du mécanisme nous dispensera d’une longue description et si nous entrons cependant dans quelques détails c’est pour permettre au lecteur de pouvoir en faire lui-mème la construction et le montage.
- Le principe du système consiste à faire basculer à coup sur un levier DF et à le placer à volonté dans une certaine position
- L’une des extrémités F est terminée par une pièce métallique portant deux fils de platine; au-dessous se trouvent deux godets à mercure fi, II isolés l'un de l’autre et formant chacun l’extrémité du circuit MN sur lequel les lampes, en nombre quelconque, sont montées en dérivation. 11 suffit donc ou de plonger les deux fils en même temps dans le mercure ou de les en sortir pour que les lampes soient allumées ou éteintes. Afin d’assurer un bon fonctionnement, il faut que la course du levier soit assez longue et permette aux deux fils de s’enfoncer assez profondément dans le mercure pour dépasser la couche d’oxyde et de poussière qui ne manque pas de s’accumuler à sa surface au bout de peu de temps. Pour arriver à ce résultat, on a fixé le levier au sommet d’un aimant permanent en fer à cheval G, perpendiculairement au plan de cet aimant qui oscille autour d’un pivot situé vers la même extrémité. Les branches libres se trouvent entre les pôles de deux électros A et B et, suivant qu’elles sont en contact avec l’électro A ou avec l’électro B, le levier F sort du mercure ou y entre, ce qui produit l’extinction ou l’allumage.
- Un se rendra compte du montage sur le schéma (fig. 2) où l’on a supposé une seule bobine de chaque côté et une branche unique à l'aimant. Un contrepoids I) sert à déterminer une fois pour toutes la
- position d'équilibre du système oscillant autour du pivot R.
- On voit que les fds partant d’une pile locale P sont disposés de façon à ce qu’il se produise toujours, au moment où l’on ferme le circuit de cette pile, des pèles de même nom que ceux de l’aimant permanent dans les bobines dont les noyaux sont en contact
- avec lui et,- en môme temps, des pôles de noms contraires dans les autres. Le fil n° 2 est commun aux deux électros et aboutit aux clefs de manœuvre placées dans les différentes parties delà maison d’où l’on peut avoir intérêt à produire l’allumage ou l’extinction ; ces clefs permettent de faire le contact, soit avec le fil n° 1, soit avec le fil n° 5 ; avec le premier on enverra un courant positif dans les bobines, avec le second un courant négatif. II y a donc toujours répulsion d’un côté et attraction de l’autre, ce qui permet une course plus grande de l’armature G, et un fonctionnement sur en employant seulement deux éléments Leclanché. Les clefs peuvent naturellement être en nombre quelconque et réparties dans tout l’immeuble; mais la principale application d’un tel système nous paraît être dans les vestibules et les escaliers, et c'est précisément le cas de l’installation faite par M. Drouet. Si l’on rentre, par exemple, la nuit, on peut, dès que la porte de la rue est ouverte, produire l’allumage et, quel que soit l’étage où l’on s’arrête, on pourra éteindre. Dans le cas où l’on aurait oublié de prendre cette précaution, le concierge en est prévenu par une lampe placée dans sa loge et il peut réparer l’oubli sans se déranger.
- Quel que soit le prix auquel on obtienne l’électricité pour l’éclairage, il y aura toujours économie à utiliser un appareil de ce genre qui réduit la consommation au strict nécessaire; mais à Paris, où ce prix est encore fort élevé, il s’impose plus que partout ailleurs. G. M.
- Fig. 1. — Allumeur extincteur électrique Je M. Drouet.
- Fig. 2. — Schéma explicatif de l’appareil.
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- h A NATURE.
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- CHEMIN DE FER DE CATSKILL MOUNTAIN
- PRÈS NEW-YORK
- Depuis plus de cinquante années, les riants pla- i abruptes, voient affluer au retour de la belle saison teaux de Catskill Mountain, aux pentes douces ou | de nombreux touristes, qui désertant momentané-
- Chcmin de fer de Catskill Mountain près New-York. — Vue de la voie inclinée. (D’après une photographie.)
- ment New-York, viennent s’y reposer du tracas des affaires. Situé à 16 kilomètres de la grande ville industrieuse, à l'ouest de la rivière Hudson, ce lieu de rendez-vous de la riebe société américaine s'étend jusqu’aux sommets verdoyants de deux montagnes jumelles désignées sous les noms de montagne du Nord et montagne du Sud. Chacune de ces hauteurs possède un lac aux eaux pures et limpides
- sur les rives desquels on a construit de riches et immenses hôtels possédant tout le confort désirable. De ces points culminants le touriste jouit d’un merveilleux spectacle ; sa vue s’étend au loin découvrant les coquets villages qui entourent la métropole qu’on aperçoit également dans la brume lointaine.
- Pour faciliter les communications de ces lieux enchanteurs avec New-York, on avait construit en
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- LA NATURE.
- 1882 im chemin de fer à voie étroite partant du village de Catskill et allant jusqu’à celui de Pralen-ville, situé à 180 mètres au-dessus du niveau de la rivière Hudson, au pied même de Catskill Mountain. La distance qui sépare ces deux points n’excède pas 10 kilomètres en ligne directe, mais à cause des difficultés du terrain le développement de ce tronçon de voie ferrée n’a pas moins de vingt kilomètres. Pour gagner les sommets des deux montagnes, les voyageurs devaient exécuter en diligence une longue et fastidieuse excursion durant plus de trois heures, pour franchir une distance d’environ 9 kilomètres et atteindre une altitude totale de 700 mètres. L’année suivante, en 1883, on construisit une nouvelle section de chemin de fer à voie étroite, se détachant à Phœnieia de la grande ligne d’Ulster à Delaware, pour aboutir aux villages d’Hunter et de Tannersville. Cette section présentait des avantages, en ce sens qu’elle diminuait déjà notablement la longueur du trajet.
- Vers 1885, il devint évident pour tout le monde qu’on devait créer de toutes pièces une voie ferrée permettant aux voyageurs de gravir directement en wagons les flancs de la montagne. Une Société ne tarda pas à se former sous le nom d'Otis elevating railway Company. Elle procéda en 1886 aux premières études. Le projet prévoyait l’emploi de l’eau des lacs comme force motrice, mais rencontra de la part des hôteliers et d’un certain nombre d’habitants installés à Catskill Mountain une opposition très vive d’où surgirent des difficultés sans nombre, qui forcèrent la Compagnie concessionnaire à modifier complètement ses plans. Cela occasionna de nombreux retards dans l’exécution des travaux de construction ; ils ne commencèrent que le 20 janvier 1892. Au printemps de 1895, l’entreprise acheva son œuvre, si bien qu’aujourd’hui les voyageurs partant de New-York arrivent en chemin de fer jusque sur les plateaux de Catskill Mountain, et cela très rapidement, ce qui permet aux grands négociants et industriels de cette ville de se rendre facilement à leurs affaires,
- h'Otis elevating railway se compose essentiellement d’un plan incliné de 2100 mètres de longueur. L’ascension dépasse un peu 480 mètres. A mi-chemin des points extrêmes on a construit une voie de garage pour le croisement des trains montants et descendants; sur le reste du parcours la voie double comprend trois rails parallèles. Le profil en long de cette ligne présente cette particularité remarquable, qu’au lieu d’être plan il est formé d'une succession d’arcs de cercles et d’arcs de paraboles verticaux, rendant la traction de la machine motrice constante, avec une charge moyenne de wagons. Le poids du câble à l’aide duquel s’opère la traction se trouve ainsi compensé, sans qu’il y ait eu nécessité d’employer un câble sans fin. A l’origine du plan incliné on rencontre une rampe concave de 12 pour 100, augmentant graduellement au fur et à mesure de l’ascension. A 440 mètres du sommet,
- cette rampe atteint 55 pour 100. A partir de ce point jusqu'au terminus, la courbure change et devient convexe avec une rampe de 50 pour 100.
- Sur une longueur de 950 mètres, la ligne est en tranchée; elle traverse trois viaducs dont le plus long a 527 mètres; on en rencontre encore deux autres qui ont des longueurs respectives de 164 mètres et de 75 mètres; le reste du parcours s’effectue sur un remblai de hauteur variable. Pour éviter le glissement de la voie, des blocs de béton introduits dans les remblais et tranchées soutiennent les traverses en pin créosoté sur lesquelles les trois rails sont tirefonnés; par le même procédé on a rendu immuables les aiguillages de la voie d’évitement. Le bâtiment renfermant la machinerie, construit à proximité du lac Nord et un peu en contrebas du niveau de l’eau, permet d’alimenter très facilement les chaudières à bouilleurs verticaux du système Manning, de la puissance de 150 chevaux chacune. Les wagons amènent le charbon jusqu’aux générateurs et le déversent directement dans la chambre de chauffe. Deux machines fixes Ha-milton-Corliss actionnent un couple de tambours différentiels horizontaux du type Walker, autour desquels s’enroulent deux câbles en fils d’acier, de 30 millimètres de diamètre chacun, reliés aux voitures constituant les trains qui montent et descendent simultanément.
- Chacun d’eux comprend une voiture à voyageurs contenant cent places, plus un fourgon à marchandises et à bagages. Ces wagons, dans le cas où les câbles viendraient à se rompre, sont munis de freins puissants fonctionnant automatiquement et de freins à main. En outre, les trains se trouvent en communication constante avec les stations des deux points extrêmes de la ligne à l’aide de sonneries et d’appareils téléphoniques, les rails servant de conducteurs. Toutes les précautions sont ainsi prises afin d’éviter les accidents possibles et leurs terribles conséquences.
- Peu de temps après l’achèvement des travaux entrepris par Y Otis elevating railway Company, un tronçon de ligne permettant de relier le sommet de Catskill Mountain avec la voie ferrée déjà existante du chemin de fer de Stony CIovq fut construit, complétant ainsi le réseau. Le montant total de la dépense pour la construction du plan incliné, l’achat des terrains, les travaux de toutes sortes que subirent les sections de voies ferrées déjà existantes pour les raccorder avec la nouvelle installation, a atteint 1450 000 francs se répartissant de la manière suivante : 1500 000 francs pour Y Otis elevating railway et 150000 francs pour les modifications apportées aux lignes déjà construites. Depuis l’achèvement de ces travaux si nécessaires, surgissent de tous côtés, à Catskill Mountain, de coquettes villas, de somptueuses demeures entourées de jardins et de parcs qui transforment de plus en plus cette banlieue de New-York en un lieu de plaisir et d’aimables réunions. Ch. Marsillon.
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- IMPOT SUR LA BARBE
- Un journal italien, préoccupé des difficultés financières contre lesquelles lutte le Gouvernement, a proposé un impôt qui, en dépit de son originalité, a déjà des précédents. Il s'agit de l’impôt sur la barbe qui a fonctionné pendant longtemps et sous diverses formes en Russie. Pierre le Grand, connaissant l'attachement que ses sujets ont eu de tout temps pour les accessoires velus du visage, et voulant établir un système de contribution à large base, introduisit l'impôt sur la barbe dans son empire. La barbe est un ornement superflu, inutile, disait-il, et, partant de ce principe, il la frappa d’une taxe comme objet de luxe ; la taxe fut proportionnelle et progressive, non en raison de la longueur de la barbe, mais en raison de la position sociale de ceux qui la portaient. Chacun, en payant l’impôt, recevait un jeton qu’il devait porter sur lui, car les gardes étaient inexorables : toujours munis de ciseaux, ils coupaient impitoyablement les barbes de ceux qui ne pouvaient montrer leur jeton.
- Catherine Ire confirma cet impôt. En 1728, Pierre II permit aux paysans de porter la barbe ; mais, sous peine de travaux forcés en cas d’infraction, il maintint l’impôt pour les autres classes. La tsarine Anne rendit encore la vie plus dure aux~ hommes barbus f noîf seûleineht ils devaient payer la contribution spéciale pesant sur eux, mais ils étaient encore obligés de payer le double pour tous les autres impôts dont ils étaient frappés.
- Ce ne fut que sous le règne de Catherine II que cet impôt fut aboli.
- Jetous des porteurs de barbe,
- Nous donnons ci-dessus des anciennes médailles, authentiques, des porteurs de barbes imposées. Sur la médaille de gauche est écrit Diengi ivzialy (argent reçu), Au-dessous, nez, moustache, bouche et barbe; à gauche, l’aigle impériale en contremarque. Le tout dans un cercle de feuilles de laurier. La deuxième médaille est en caractères slavons et de l’année 1705. Au-dessus, l’aigle impériale. Le tout dans un cercle de feuilles de laurier1.
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- PROPHYLAXIE DE LA MYOPIE
- M. G. Martin, dans une intéressante étude sur la prophylaxie de la myopie, publiée dans le Journal de médecine de Bordeaux, révoque en doute l’importance du défaut relatif de lumière dans les classes ou des livres écrits en petits caractères comme facteur principal de la maladie. En effet, dans le petit lycée de Marseille, qui est bien construit et bien éclairé, on trouve 22,5 pour 100 de myopes; et au collège Rollin, à Paris, qui a été très intelligemment construit, le nombre des myopes est de 55,5 pour 100, tandis que la moyenne générale de nos grands lycées est de 24,2 pour 100. En Angle-
- 1 D’après Nuntisniatic Circular.
- terre, cette moyenne est seulement de 20 pour 100; elle monte à 55 en Allemagne. D’autre part, à la Flèche, où les conditions d’hygiène oculaire sont déplorables, la proportion des myopes est très inférieure à celle des autres lycées. Ce n’est qu’en rhétorique et en philosophie qu’elle atteint 20 pour 100, alors qu’elle est de 40 pour 100 dans les mêmes classes des collèges et lycées du centre ouest de la France. L’auteur conclut de ces observations que c’est le défaut d’exercices physiques qui est cause de la myopie. En modifiant la répartition des heures de travail, on a pu, en cinq ans, au collège de Giessen, faire tomber la proportion des myopes de 27,0 à 17 pour 100. D’autre part, on sait que chez les jeunes filles qui passent souvent leurs récréations à travailler à des ouvrages manuels, la myopie scolaire, à égalité de travail, se montre plus fréquente que chez les garçons et atteint rapidement des degrés plus élevés. En somme, l’action des exercices physiques, logiquement répartis entre les heures du travail, empêcherait les spasmes inyopiques de se produire ; ici l’instruction des élèves n’y perdrait rien.
- LES ALPES D0L0MITIQUES
- .Depuis vingt ans, les alpinistes anglais et autrichiens ont rendu célèbre une merveilleuse partie des grandes Alpes, située aux confins du Tirol et de la Vénétie, entre Botzen et Bellune. La nature spéciale des roches que l'on y rencontre, de ces dolomies composées de calcaire et de magnésie et étudiées par le géologue français Dolomieu, leur a valu le nom d’Alpes dolomitiques qui a remplacé celui d’Alpes cadoriques. Les grandioses beautés de ces montagnes sont encore trop peu connues en Franco, Et, cependant, il n’existe guère de contrée plus facile, plus économique et plus agréable à parcourir.
- Décrire par le menu les divers massifs qui, à l’est du moyen Adige et au sud des sources de la Drave, composent les Alpes dolomitiques, a été l’objectif d’un grand nombre d'ouvrages scientifiques et pittoresques, dont l’énumération bibliographique seule occuperait plusieurs colonnes de La Nature.
- Il ne s’agit point ici de résumer la bibliothèque que forment déjà tous ces livres, ni même d’exposer sommairement les récentes données topographiques acquises depuis quelque dix ans, lors de la réfection exacte, en ces parages, des cartes des états-majors autrichien (au 75000e) et italien (au 50000e).
- Il suffira de savoir que les deux collections du Tour du Monde et de La Nature n’ont jamais figuré un seul paysage des Alpes dolomitiques, pour autoriser la présente Note à n’ètre qu’un simple signalement, une pure indication servant de légende aux gravures ci-contre.
- Le col du Brenner, le chemin de fer du Pusterthal et le seuil de Toblach (1204 mètres) — ce col étrange ouvert en large plaine, qui réunit en une seule et même vallée (Pusterthal) deux thalwegs (Drave et Rienz), à pente opposée, — sont trois noms certes moins inconnus de nos lecteurs que ceux des monts ci-après énumérés.
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- Donc, à trente heures de Paris (par l’Arlberg, Innsbruck et le Brenner), un labyrinthe de vallées sinueuses, entaille, de la façon la plus complexe, la plus capricieuse et la plus intéressante, des formations géologiquesde l’époque triasique (grès, calcaires, dolomies), qu’ont crevées par place des poin-tements de roches éruptives.
- On peut, à bon droit, classer parmi les principaux des Alpes, ce groupe où plus de vingt cimes dépassent 5000 mètres, et où de nombreux glaciers, malgré leurs dimensions modérées, réservent aux gra-visseurs de sérieuses difficultés, et aux promeneurs les plus surprenants tableaux.
- La nomenclature étonne déjà par l’originalité, —
- parfois très exotique, mais non dépourvue d'harmonie, — de vocables tels que Marmolata di Penia (altitude, 55f)0 mètres), Antelao (5205 ou 5255 mètres), Tofana (5241 mètres), Civetta (5220 mètres), Sorapiss(5201 mètres),Cristallo(5199 mètres), Verne! (5197 mètres), Vezzana (5194 mètres), Cimon délia Pala (5184mètres), Popena (5145 mètres)..., nous en omettons quelques autres, qui sont les sommets culminants.
- Ethnographiquement les restes de la vieille race ladine (rhètes, romanches) qui subsistent encore, isolés, dans les vallées de Grodner, d’Enneberg, de Fassa, etc., sont un intéressant sujet d’études.
- Les géologues ont trouvé là les plus difficiles
- Fig. 1. — Le Dïtrren-See (ÜOG mètres d’altitude) et le Monte Cristallo (3199 mètres). (D’après une photographie.)
- par les forêts de pins noirs, et égayé par l'herbe des pâturages verts ; çà et là un lac limpide redouble la splendeur des sites en renversant leur exacte image sur son miroir immaculé.
- La silhouette des pics, l’abrupt des contreforts et l’étroitesse de certaines vallées évoquent le mUhe d’un découpage à coups de hache, effectué par quelque Titan, au hasard d’un caprice furieux. Les murailles à pic, parfois sur 2000 mètres de hauteur, les crêtes en dents de scie, les aiguilles pointues, les cimes juchées en donjons carrés sur des courtines qui touchent au ciel, se cachent et se superposent les unes derrière les autres, ainsi que des décors successifs; et le voyageur, chaque fois qu’il tourne l’angle d’un vallon ou qu’il atteint le faîte d’une croupe, voit subitement un panorama nouveau s’épanouir en
- problèmes à résoudre, au point ([lie L. de Buch y [daçait (aux environs de Uredazzo), la clef de la géologie. Mais les deux caractères qui produisent la plus vive impression, parmi ces montagnes, sont incontestablement la couleur et la forme.
- Grâce à l’intervention de sels minéraux colorants divers (oxydes de fer, de manganèse, etc.), on voit les escarpements dolomitiques et calcaires passer par toute la gamme des teintes jaune et rouge, depuis le rose tendre jusqu’à l’orange foncé; par place, les falaises sont coupées de longues bandes noires ou de larges plaques blanches; on y perçoit même, aux heures du matin et du soir, des reflets véritablement bleus ; dans les hauts replis des ravins, les glaciers font scintiller l’argent et l’azur de leurs névés et de leurs crevasses. Le tout est alternativement assombri
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- coup de théâtre à ses yeux, comme si un rideau venait de se lever subitement sur une autre toile de fond. La brusquerie des plans et l’acuité des profds multiplie à l’infini les surprises de ces changements à vue, offrant tous, des spectacles incomparables.
- Bref, rien n'est plus justifié que l’assimilation depuis si longtemps faite entre les beautés presque extravagantes, invraisemblables par le relief et par la nuance, das canons du Colorado et du Tarn, du cirque du Cotatuero et des Alpes dolomitiques.
- faut-il s’étonner que la palette du Titien soit douée d’une si puissante richesse de coloris, quand on sait qu’il est né au cœur même de ces montagnes, au pied de l’Antelao, dans la bourgade italienne de Pieve di Cadore?
- Le Nouveau Monde n’a point de scènes plus stupéfiantes que les deux vues esquissées ici : la réilexion
- du Monte Cristallo et de ses zébrures névéennes dans la nappe du Dürren-See que représente une de nos gravures (fig. 1), est-elle surpassée en effet magique par le fameux lac Miroir dans la vallée de Yosemiti (Californie)? Et les tours des Drei-Zinnen (fig. 2), qui l'ont presque vis-à-vis au Monte Cristallo, ne figureraient-elles pas avec honneur parmi les cm-
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- phithéâtres du grand Colorado canon (Arizona)?
- Or, si les grimpeurs érudits savent bien quelles épreuves les attendent à l’assaut de ces remparts effrayants, combien de touristes ignorent encore, faute de publicité, en France, que ces tableaux et bien d’autres, non moins admirables, peuvent se contempler eu bonne calèche, par l’excellente route de Toblach à Udine, sur le chemin de Paris à Venise? C’est ce que voudraient leur apprendre les ligues qui précèdent1. JS,-A, Martel,
- YÉLOCIPÉDIE
- JUNÏUGES PNEUMATIQUES
- Dans trois articles publiés dans le courant de 1893*, nous avons entretenu nos lecteurs de la fabrication des vélocipèdes; il existait une lacune dans notre travail que nous nous proposons de combler : nous voulons parler des bandages pneumatiques des roues.
- C’est cette invention qui a fait faire le plus grand pas au Sport vélocipédique.
- la Nature a été, peut-être, le premier journal scientifique qui ait décrit les pneumatiques ; dans son numéro 938, du 14 mars 1891, elle donnait la description du Dunlop, le premier en date, Quelques mois après (36 septembre 1891, n° 956), je décrivais, dans mon article de début, le pneumatique Michelin, le premier fabriqué en France, et avec lequel Charles Terront venait de gagner la course Paris-Brest,
- i Les fabricants de ces deux pneumatiques ont su
- 1 Principaux ouvrages à consulter sur les Alpes dolorni-tiques ; Vos Richthqfen, Ceognostische Beschreibung Ber Umgebungen von Predazw, etc,, Gotha, Perthes, 1860, in 4“, 527 p- et pl. —* Gilbert et Churchill, Die Dolomit-berge (trad, de l’anglais), Klagenfurt, 1865 et 1868, 2 vol. in 8°, — A- B, Epwards, Untrodden Peaks, Leipzig, Tauch-nitz, 1875, in-12, — Grohmask, Wündemngen in den Dolo-miten, Vienne, Gerold, 1877, in-S", 4 gravures, — Von Mojsi-soirbs, Die Dolornitriffe von Sud Tirai und Venelien, Vienne, 1878, 1 vol, in-4®, avec 50 photogravures et 1 atlas in-foliq. — Jules Leclercq, Le Tyrol et le pays des Dolomites, Paris, Quantin, 1880, in-18. — Kckerth, Die Qebirgsgruppe des Monte-Cristallo, Prague, Jlorninicus, 1887, in-8“ (2* édit,, avec carte au 25000* en 1891), — Th, Wundt, Die Be-steigung des Cimone délia Pala, Stuttgart, Greiner et Pfeitferj in-4®, 1892- — Annuaire du Club alpin français 1877 (Ch. Poabot), 1885 (Père Barrai), 1892 (H. Babeau). Guides : J. Rabl, Illustrirter Führer durch die Dolomiten, Vienne, Hartleben, 1882 et s., in-12, avec gravures. — J. Meurer, Illustrirter Führer durch Ost Tirai, Vienne, 1886 et s., in-12- — B<ei>eber, Sud Baiern, Tirol und Salz-burg,'Leipzig, 1892 (25* édit.) et Eastern Alps, idem, 1891 (7e édit.). Cartes : 1‘. Wiedenmah.n, Karte der Dolomit. Alpen au 100 000e, Munich, 1874. — P. Grohmann, Karte der Dolomit Alpen au 100 000°, une feuille, Vienne, 1875. — Ravenstein, Karte der Ost Alpen (feuilles IV et V) au 250000®, Francfort-sur-le-Main. — Carte autrichienne au 75000®, feuilles de Klauscn, Bozen, Borgo und Féra, Toblach, Pieve und Longarone, Belluno und Feltrc, Sillian und San-Stephano, à Vienne, chez Lechner. — Carte italienne au 50 000e et au 100 000e, feuilles 11,12,15, 22 et 23.
- * Yoy. n“ 1031, du 4 mars 1893, p. 215, 1032, du 11 mars 1893, p. 255 et 1034, du 25 mars 1893, p. 266
- profiter de l’avance qu’ils avaient sur leurs concurrents, et malgré le nombre considérable de modèles en usage, nous serons obligé de leur consacrer une partie de notre article, car leur fabrication représente, dans des genres différents, de véritables types.
- Le nombre de brevets pris depuis quelques années pour les vélocipèdes en général, et les bandages pneumatiques en particulier, est hors de toute proportion Nous ne saurions mieux faire, à l’appui de notre dire, que de reproduire le graphique que M, A. Michelin présenta à la Société des Ingénieurs civils de France, dans une conférence qu’il fit sur la matière, en 1893. (Yoy. diagramme ci-dessous.) Ce graphique, que nos lecteurs amis de la bicyclette pourront voir avec intérêt, représente en ordonnées le nombre des brevets et certificats pris pendant les années dont les abscisses donnent les indications. Comme le faisait remarquer M. Michelin, ce sont
- Courbe des brevets Courbe c/os certificats
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- Tableau graphique montrant la marche des brevets et des certificats d'addition pris en France relativement aux vélocipèdes.
- surtout les pneumatiques qui ont produit l’ascension extraordinaire des brevets en 1891 et 1892.
- Le bandage à pneumatique fut inventé en 1888. par un vétérinaire de Belfast (Irlande), John Dunlop. Après des essais qui durèrent un an, une société, dont le siège était à Dublin, fut fondée pour l’exploitation des brevets Dunlop. Ce n’est qu’en 1890 que ce pneumatique parut en Angleterre, Il eut pour premier baptême les sarcasmes des gens, d'ailleurs compétents, mais qui ne prévoyaient pas la révolution inattendue qu’allait causer ce nouveau venu. 11 était drôle, en efiet, de voir succéder à des jantes presque immatérielles, des boudins d’une grosseur ridicule et très lourds à l’œil. Il fallut cependant se rendre à l'évidence : grâce à l’absence de trépidations et d’à-coup, le poids des machines put être abaissé d’un bon quart sans crainte de rupture, et ces roues qui paraissaient si lourdes étaient en réalité très légères. Du reste, la pratique fut encore là pour militer en faveur du nouveau système. Ce fut aussi d’un quart, que la vitesse se trouva augmentée
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- pour un môme effort, grâce à l'adhérence et à l'élasticité.
- Dès que l’essor .fut donné, on assista à une vraie course au clocher de brevets qui reposaient naturellement tous ou à peu près sur le même principe. La maison Michelin, de Clermont-Ferrand, fut, nous le répétons, la première en France qui construisit un pneumatique.
- Pour plus de clarté, et en présence de la diversité des modèles, nous avons divisé les pneumatiques en plusieurs classes que nous allons passer en revue.
- \° Pneumatiques tenant dans la jante, au moyen de deux cercles rigides dont la circonférence est plus petite que celle formée par les bords extérieurs de ladite jante. — A tout seigneur, tout honneur. C’est le Punlop qui tient la tête de cette catégorie. Notre figure 1 (p. 108) représente une coupe de ce bandage.
- Nous avons indiqué par des chiffres les différentes parties qui le composent : en 1, c’est une enveloppe en caoutchouc souple, un peu renflée à la partie supérieure, qui se colle au moyen de dissolution de caoutchouc sur la partie 2. Ce numéro 2 indique une forte toile d’une trame spéciale dont les bords sont retournés et forment deux œillets dans lesquels sont logés deux anneaux circulaires en fil d’acier 8 de qualités spéciales absolument inextensible. Le n° 3 figure la chambre à air; c’est un tube continu en caoutchouc très souple dans lequel on introduit de l’air au moyen d’une soupape qui s’ouvre sous la pression d’air envoyé de l’extérieur par une pompe spéciale et qui se referme automatiquement sous la pression de l’air comprimé dans le tube. Grâce à la forte toile dont nous parlions tout à l’heure, l’air comprimé assure au bandage une résistance assez grande pour supporter jusqu’à quatre cyclistes d’un poids moyen (quadruplette). Le n° 4 est une toile collée sur le fer de la jante pour protéger la chambre à air contre les détériorations produites par la rugosité du métal. Les nos 5, 6, 7, représentent les différentes courbures de la jante.
- Dans la position représentée par notre coupe (fig. 1), on voit qu’il est absolument impossible que l’enveloppe puisse s’échapper de la jante. Mais si l’on dégonfle à moitié la chambre à air et que l’on fasse glisser un des bords de l’enveloppe de 6 en 5, le même bord au point diamétrique pourra dépasser le point 7, et l’enveloppe pourra être retirée. On voit par là combien le principe est simple et le démontage facile. Ce bandage est, par sa nature, approprié à la route. La maison Dunlop fabrique aussi un bandage de course démontable, d’une forme absolument nouvelle et originale. Nous le représentons dans la figure 2. Ici, la jante J est creuse; c’est un tube laminé sur un gabarit spécial. L’enveloppe en caoutchouc E est rentlée à la partie supérieure, et entoure complètement la chambre à air A. Une toile T se trouve interposée et renferme les fils d’acier F. Le principe de retenue, quoique sous une autre lorme, est le même que dans le cas précédent. La
- maison Dunlop possède un outillage formidable et vend des bandages dans le monde entier. Parmi les pneumatiques qui se rapprochent de celui-ci, nous devons citer le Nivet,fabriqué en France, et le Seddon, fabriqué en Angleterre. Le premier ne diffère du Dunlop qu’en ce que les fils sont remplacés par deux lames d’acier très minces, larges d’environ 6 millimètres. Le second a aussi des fils d’acier, mais ils sont assez longs pour faire deux fois le tour de la jante; la différence capitale avec le Dunlop, c’est qu’au lieu d’être continus, ils se rejoignent au moyen d’un crochet.
- Nous devons citer également comme possédant une forme originale le pneumatique Dousset (fîg. 3), qui se fabrique à Bordeaux. La jante a un creux beaucoup plus accentué que celle du Dunlop, et les fils d’acier sont remplacés par de gros cordons en chanvre rendus inextensibles par uqe préparation spéciale.
- Pneumatique tenant à la jante au moyen d'une attache articulée. — Nous ne connaissons qu’un pneumatique qui entre dans cette catégorie : c’est le Michelin (fig. 5), nous représentons une coupe de ce bandage ; c’est l’enveloppe extérieure en caoutchouc terminée par deux bourrelets B, B. Une toile T tapisse l’intérieur de cette enveloppe et se retourne sur les bourrelets B, B, nous voyons aussi à l’intérieur la chambre à air que nous retrouverons naturellement dans tous les pneumatiques. J est la jante d’une forme tout à fait spéciale ; elle forme deux rainures dans lesquelles viennent se loger les bourrelets B, B. Ces bourrelets sont maintenus en place par deux tiges creuses C. Ces tiges font le tour de la jante et sont accrochées au moyen d’un système qu’il serait trop long de décrire, mais dont notre figure 5 donne une idée très suffisante. Ce bandage est très connu et très employé, principalement en France et en Angleterre. 11 est surtout remarquable par le grand développement de la paroi élastique et l’exiguïté de la surface de la jante en contact avec la chambre à air. Son élasticité est très grande et convient surtout aux pavés et aux routes très raboteuses.
- Pneumatiques tenant à la jante par la pression de l'air. — Ici nous nous trouvons en présence d’une légion de pneumatiques.
- Nous n’entreprendrons pas de les citer tous ; la nomenclature seule serait trop longue. Le premier en date semble être le Clincher (fig. 4). Sans autre explication et d’après nos descriptions précédentes, on voit que les bourrelets B, étant appliqués par la pression de l’air contre la jante J, J, J, de structure particulière, ne peuvent pas en sortir.
- Le pneumatique de route Torrilhon (fig. 6) se rapproche beaucoup de celui-ci ; mais le profil de la jante est disposé pour assurer d’une façon plus grande la fixité de la chambre à air.
- Citons encore le Decourdemanche (fig. 7) où le coinçage des bourrelets T, est augmenté par une nervure N de la chambre à air. Il nous faut encore citer le pneumatique de course Michelin (fig. 8),
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- qui est d’une simplicité extrême. La jante est une simple lame à bords retournés. Ces rebords maintiennent en place les bourrelets minuscules. Les qualités de grande élasticité que nous signalions tout à l’heure se retrouvent ici dans toute leur intégrité.
- La maison Michelin est arrivée avec ce nouveau bandage à une légèreté extraordinaire, mais, bien entendu, les bandages ultra légers ne sont employés que sur des pistes absolument lisses.
- Pneumatiques collés dans la jante. — Tous les pneumatiques que nous venons de passer en revue sont démontables, et en outre, la chambre à air
- forme une partie distincte avec l’enveloppe extérieure. Il existe cependant des pneumatiques où tout se trouve cunfondu et ne forme qu’un seul morceau.
- A l’encontre de ceux dont nous nous sommes déjà occupé, et qui peuvent être facilement réparés, lorsqu’il se produit une perforation, ceux-ci sont très difficiles à remettre en état. Citons dans cette catégorie, le premier en date, le Bootroyd.
- On parle en ce moment beaucoup du pneumatique Palmer qui est de ce genre, et enfin nous donnons dans notre figure 9 la coupe du bandage de course de la maison Torrilhon, qui est aussi basé
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- Fig. 1 à 7. Différents systèmes de tuyaux pneumatiques pour vélocipèdes.— Fig 1. Pneumatique Dunlop de route. — Fig. 2. Pneumatique Dunlop de course. — Fig. 3. Pneumatique Iiousset à cordelettes végétales.—Fig. 4. Pneumatique Clinclier. — Fig. 5. Pneumatique Michelin à tringles. — Fig. 6. Pneumatique Torrilhon.— Fig. 7. Pneumatique Decourdemanche.
- sur le même principe et aussi difficile à réparer.
- Chambres à air increvables. — Malgré leur bonne fabrication, tous les pneumatiques sont sujets à des perforations qui les rendent momentanément inscrvables. A vrai dire, les réparations sont assez faciles.
- Voici comment on procède : On démonte le bandage et l’on enlève la chambre à air que l’on gonfle à demi pour se rendre compte de l’endroit où la perte se produit ; un baquet rempli d’eau facilite singulièrement cette recherche à cause des bulles d’air qui se dégagent au point de perte. Ce point étant trouvé, on étend tout autour de la dissolution de caoutchouc qu’on laisse sécher.
- D’un autre côté, on prend une rondelle de la
- même constitution que la chambre à air, grande comme une pièce de 5 centimes; on l’enduit également de dissolution de caoutchouc, qu’on laisse séchera l’air; puis, au bout d’une demi-heure et même un peu moins, si l’on est pressé, on applique les deux surfaces enduites l’une contre l’autre, et dix minutes après l’on peut remonter le bandage.
- Malgré cela, on a cherché à rendre les pneumatiques increvables. Nous ne parlerons pas des tentatives qui ont été faites pour rendre l’enveloppe extérieure imperforable : elles n’ont eu aucun suc- • cès. II n’en est pas de même des essais faits sur les chambres à air elles-mêmes; ils sont intéressants de tous points.
- L’une des plus remarquables est la chambre à
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- air pneumo-statique, du I)r Loisel, dont la maison Michelin exploite les brevets. L’idée de cette chambre à air a été suggérée à l’inventeur, par l’observation du phénomène suivant : lorsque l’on pratique une saignée, il arrive que, par suite d’un simple mouvement du malade, le sang s’arrête. On explique ce fait de la façon suivante : le mouvement fait par le malade a déplacé la veine, et il n’existe plus de juxtaposition entre le trou qu’on lui a pratiqué et les lèvres de la plaie des téguments. Partant de là, le Dr Loisel composa la paroi de la chambre à air de deux enveloppes indépendantes, et pour faciliter le glissement, il introduisit entre les deux un liquide destiné à rem-
- plir le rôle de synovie, et à faciliter le glissement des deux parois l’une sur l’autre.
- Il pensa que lorsqu’un clou crèverait à la fois les deux chambres, il y avait beaucoup de chance pour qu’après enlèvement de l’objet perforateur, les deux trous ne se retrouvassent pas juxtaposes. Ces prévisions se réalisèrent complètement, et la chambre Loisel constitue un des meilleurs increvables qui existent.
- La maison Michelin qui compte à sa tète des techniciens hors ligne, s’est encore rendue propriétaire d’un autre brevet très important, qui porte le nom, assez bizarre au premier abord, de Mirliton Lap-
- Fig. 8 à 15. — Autres systèmes de pneumatiques.— Fig. 8. Pneumatique Michelin sans tringles. — Fig. 9. Pneumatique Palmer. — Fig. 10. Chambre increvable ïorrilhon.— Fig. 11. Pneumatique increvable Larue.— Fig. 12. Enveloppe antidérapante La Force.— Fig. 13. Soupape de sûreté Menier. — Fig. 11. Pneumatique fictif Ducasble. — Fig. 15. Pompe pour la compression de l’air.
- soin. Cette invention consiste à prendre une bande de caoutchouc et à l’enrouler en spirale sur un mandrin, avec un pas égal à environ un quart de la largeur de la bande; on obtient ainsi une sorte de mirliton ; d’où le nom du brevet. On colle alors ensemble les bords extérieurs de la lame, en laissant libre toute la partie qui est à l’intérieur. La chambre à air, ainsi fabriquée, sera à parois multiples. Il faut choisir pour cette fabrication le caoutchouc le plus souple possible. Lorsqu’on perfore la chambre à air, chacune des parois, sous l’effort du clou, s'emboutit, s’allonge successivement avant de se laisser percer. Or, comme les différentes parois, par suite de l’enroulement en spirale, ont leurs points de collage situés à des distances différentes
- du point de perforation, il est facile de comprendre qu’elles s’allongent de longueurs différentes avant de se laisser perforer. Il en résulte que, lorsqu’on retirera le clou, les trous successifs ne seront pas superposés et que, par suite, il n’y aura pas de fuite.
- Signalons encore la chambre increvable Torriihon (fig. 10), constituée par des papilles transversales qui fonctionnent de la même façon que les bandes enroulées du Mirliton Lapsolu.
- Dans le même ordre d’idées, nous signalerons l’increvable Larue (fig. 11), qui rentre dans la classe des pneumatiques d’une seule pièce, mais qui possède à l’intérieur une couche de caoutchouc très élastique et fortement comprimée qui se referme d’elle-même lorsqu’elle se trouve, par suite
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- LA NATURE.
- d’un accident quelconque, percée par un corps extérieur.
- Antidérapants. — Pour éviter le glissement latéral qui se produit principalement sur le pavé gras, plusieurs maisons emploient des enveloppes extérieures cannelées longitudinalement ; nos figures 4 et 6 en présentent des exemples.
- Nous citerons encore le pneumatique La Force (fig. 42), qui dispose sur son enveloppe extérieure de bourrelets en diagonale. Ces bourrelets sont placés de telle sorte que lorsque le glissement se produit, ils viennent se placer perpendiculairement au sens exact du glissement de la roue pour le paralyser.
- Antiexplosifs. — L’air introduit dans les bandages suit évidemment les variations de la température, et il arrive qu’une roue modérément gonflée le matin éclate à midi sous l’influence de la chaleur.
- I>our obvier à cet inconvénient, la maison Menier munit ses bandages d’une soupape de sftreté (fig. 43) dont le principal organe est un ressort R ; la puissance de ce ressort est calculée pour laisser échapper l’air, lorsque la tension acquiert uh degré supérieur à la résistance pratique du bandage.
- Pneumatiques fictifs. —- Nous devons enfin signaler (fig. 44) le pneu-Ducasble autour duquel il est fait un certain bruit. Ce pneumatique, en réalité, n’en est pas un, puisqu’il n'est pas gonflé d’air. C’est une bande de caoutchouc en demi-cercle qui remplit les mêmes fonctions que l’ancien caoutchouc creux* mais avec une élasticité bien plus grande.
- Pompes. — Enfin, pour finir, nous donnons (fig. 45) le dessin d’une pompe servant à comprimer l’air dans les chambres des pneumatiques. C’est une simple pompe aspirante et foulante constituée par un cuir embouti et munie d’un tuyau flexible dont l’extrémité se visse à la valve.
- Suivant une observation faite précédemment, il sera bon, surtout en été, de gonfler les pneumatiques d’une façon modérée lorsque cette opération se fera le matin, car sous l’influence de l’élévation de température on pourrait les voir éclater. Sur la route et en plein soleil, cette précaution ne sera pas à prendre.
- Malgré la longueur de cet article, ce n’est qu’un aperçu que nous avons donné sur la fabrication et la forme des pneumatiques. Cette industrie est des plus prospères et occupe déjà, tant en France qu’à l’étranger, plusieurs milliers d’ouvriers. Le mouvement ascendant du sport vélocipédiquc lui donnera encore, à n'en pas douter, une importance toujours grandissante. Gastox Corxié.
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- NÉCROLOGIE
- F. E. Mallard. — Nous avons à enregistrer ici la triste nouvelle de la mort d’un savant modeste et de grand mérite, M. François-Ernest Mallard, qui était membre de l’Académie des sciences dans la section de minéralogie. M. Mallard est décédé subitement le 6 juillet dernier. Il
- était né à Châteauneuf (Cher), le 4 février 1853 et avait été élu membre de l’Académie des sciences, le 15 décembre 1800, en remplacement de M. Hébert. Ancien élève de l’École polytechnique et de l’École des mines, il devint professeur titulaire à l’École des mines en 1872, et fut promu inspecteur général des mines en 1886. Parmi ses nombreuses publications nous citerons son important Traité de cristallographie géométrique et physique.
- CHRONIQUE
- Ruche et couveuse. — Les couveuses artificielles rendent les plus grands services aux agriculteurs. Les constructeurs de ces sortes d’étuves les ont perfectionnées avec art et munies d’avertisseurs de température qui ne laissent rien à l’incertitude. Tout cela est parfait, mais il faut le payer à sa valeur. Si nous en croyons le journal P Apiculteur, un de ses lecteurs a trouvé moyen de se procurer, sans bourse délier, une couveuse artificielle inattendue. Le fait est assez original pour être relaté. Notre apiculteur avait découvert, dans un champ, une bonne douzaine d’œufs de perdrix qui avaient déjà commencé à être couvés : il eut l’idée toute naturelle de mener l’opération jusqu’au bout sans le concours des parents. Il n'avait point de couveuse sous la main et n’en roulait pas acheter. Mais l’expérience lui avait montré que la température de ses ruches se maintenait constamment vers 38 degrés centigrades environ : or, l’incubation des œufs réclame une température de 56 à 59 degrés. Que fit donc cet observateur? Il plaça délicatement scs œufs entre deux feuilles de ouate et déposa le tout au-dessus des cadres d’une ruche bien peuplée; puis il recouvrit ce précieux dépôt d’une bonne couche de balle d’avoine constituant un excellent calorifuge. Le succès couronna cette expérience ; huit jours après* grâce à la chaleur humide qui pénétrait ce matelas* sans avoir eu besoin de toucher aux œufs, il voyait les petits perdreaux sortir avec activité de leurs coquilles.
- Écrevisses ne rougissant pas a la cuisson. —
- Un écrivain français a été agréablement plaisanté jadis pour avoir appelé le homard le cardinal des mers, croyant que ce crustacé était naturellement rouge et de son vivant : il est en effet admis que, d’une façon absolue, homards, crabes, crevettes, écrevisses ne deviennent rouges ou roses qu’après cuisson. Cependant M. de Gon-fevron signale, dans le Bulletin de la Société d'agriculture, une espèce d’écrevisse qui conserve même après cuisson la couleur vert bronze qu’elle avait étant vivante. Cette écrevisse bizarre se trouve au moins dans deux stations montagneuses, à Bourg-d’Oisans (Isère) d’une part, et, d’autre part, à Sainte-Marie et à Saint-Étiennc-de-Cuines (en Savoie). Dans les Hautes-Alpes on consomme beaucoup de ces crustacés, et il est assez amusant de voir les hésitations de ceux à qui l’on en offre à table : ils croient qu’on veut leur faire manger des écrevisses crues. Elles sont d’ailleurs excellentes; elles atteignent une belle taille, leur carapace est bien remplie, la chair en est ferme et de hon goût. On peut les pêcher aussi bien dans la Romanche venant des glaciers du Tabuchet, de Pacave et du Vallon, que dans le Glandon, près de La Chambre. Suivant M. de Confrevon, elles n’auraient pas seulement le mérite de la bizarrerie : elles pourraient vivre et prospérer là où, vu la crudité de l’eau, d’autres espèces ou variétés ne pourraient exister. I). B.
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- Production de l'électricité par les moulins & vent. — Les essais faits dans divers pays pour utiliser le travail d’un moulin à vent à la charge d’accumulateurs électriques n’ont pas jusqu’ici été suivis de beaucoup d’applications. Il est d’autant plus utile de signaler le concours ouvert par la Société néerlandaise pour les progrès de l’industrie dont le secrétaire général, M. F. \V. vonEeden, à Harlem (Hollande), a donné le programme suivant : 1° Quel travail peut-on obtenir en moyenne, par journée de vingt-quatre heures, avec un moteur à vent actionnant une dynamo pour charger des accumulateurs électriques? Quelle est la meilleure installation à faire dans ce but et quel est le prix du cheval-heure? 21 Les nouveaux moteurs à vent peuvent-ils être employés d’une façon économique pour l’utilisation de la puissance du vent, et quels sont les moyens mécaniques les plus appropriés pour cette utilisation? Comme exemple on devra décrire l’installation d’une usine dans laquelle la force motrice et l’éclairage seraient obtenus au moyen de moulins à vent. (Dinglers Polytechnisches Journal, 18 mai 1894.)
- Monnaie de paille. —Elle avait cours, avant 1694, dans les possessions portugaises d’Angola, et consistait en petites nattes tissées avec une espèce de paille, auxquelles les noirs donnaient le nom de libonges. Chaque libongo représentait une valeur de cinq rcis. La substitution de la monnaie de cuivre à cette monnaie bizarre faillit amener une révolution, et causa la mort de plusieurs individus. Il est vrai que ces désordres furent plutôt le résultat d’une diminution dans les salaires, qu’ils ne vinrent d’une répugnance exagérée à adôpter la monnaie nouvelle. Grâce à la prudence du gouverneur Jacques de Magalhaens, tout fut promptement pacifié» et les noirs abandonnèrent l’usage des libongos';
- ACADÉMIE DES SCIENCËS
- Séance du 9 juillet 4894. — Présidence dé M; L<i;\Vï.
- Les produits de combustion du gaz d'éclàirage. — M. Gréhant recherche la présence de l’oxyde de carbone dans les produits de la combustion du gaz d’éclairage à l’aide du bec d’Argant et du bec Aucr. Il a dosé l’oxyde de carbone par deux procédés : d’abord par voie chimique eh faisant passer le mélange gazeux sur l’oxyde de cuivre chauffé au rouge, ensuite par voie physiologique, c’est-à-dirc par l’examen du sang d’un animal ayant respiré le mélange gazeux pendant un certain temps. Les résultats des deux méthodes ont d’ailleurs été identiques. Enfin le formène a été dosé à l’aide du grisoumètre. Le bec d’Argant n’a pas donné d’oxvde de carbone, le bec Aüer a fourni un mélange de formène et d’oxvde de carbone représentant 1/4500 du volume des produits de la combustion. Ces résultats sont fort importants au point de vue de l’éclairage des lieux publics, à cause de l’action délétère de l’oxyde de carbone.
- Photographies de la lune. —MM. Lœwy et Puiseux ont réussi à photographier la surface du disque lunaire, dans des conditions qui n’ont pas encore été réalisées. Les épreuves ont été obtenues à l’aide de l’équatorial coudé, puis agrandies sur verre ou sur papier. Une photographie sur papier exposée à l’Académie montre le disque lunaire avec un diamètre de lm,80. Une partie seulement du disque reproduisant une région voisine des bords est
- 1 \’oy. Catalogo dos governadores do reino de Angola, t. V des Noticias Ultramar inas.
- représentée sur cette épreuve qui est fort belle. Mais l’agrandissement sur verre donne des résultats supérieurs au point de vue de la netteté des images. On sait que l’agrandissement des épreuves photographiques de la lune, en vue de l’étude de la surface de cet astre, a déjà été effectué en Allemagne sur des photographies provenant de l’observatoire Lick (Amérique) au moyen d’un équatorial qui ne mesure pas moins de 0m91 d’ouverture. M. Lœxvy fait connaître que les agrandissements photographiques obtenus à Paris sont supérieurs à ceux qui ont été obtenus en Allemagne. Il entre ensuite dans des considérations intéressantes sur le rôle que la photographie paraît appelée à jouer dans la connaissance des accidents du disque lunaire et dans les changements qui peuvent se manifester sur ce disque. Les premiers essais de photographie lunaire sont dus à M. Warren de la Rue; ils sont imparfaits parce qu’il est nécessaire d’employer un objectif de grande ouverture, afin d’abréger la durée du temps de pose avec une grande distance focale. Ces photographies ne rendirent pas plus de services que les dessins que l’on possédait. Mais les dessins de la lune, quelle que soit l’habileté du dessinateur, portent la trace de la personnalité du dessinateur, aussi est-il précieux d’etre mis en possession d’un mode de reproduction impersonnel, qui donne l’aspect exact à une époque déterminée.
- Exsudations aqueuses des arbres. — M. Lecomte rapporte une expérience qu’il a eu l’occasion de pratiquer au Congo sur un arbre très répandu dans cette région. Ayant coupé à 1 mètre du sol le tronc d’un arbre qui mesurait à peu près 45 centimètres de diamètre, il tailla la section en forme de gouttière légèrement inclinée aboutissant à un tuyau vertical au-dessous duquel un seau était placé. L’expérience fut commencée vers la fin de la journée, pendant la saison des pluies. Rendant la nuit, en 45 heures» le seau recevait line telle quantité d’eau que lé liquide débordait. La capacité du seau était cependant de 9 litres un quart'. De 8 à 44 heures du matin 2 litres s'écoulaient; de 44 à 4 heures de l’après-midi 2 litres sortaient encore. Ainsi l’arbre exsuda une quantité totale de plus de 45Hl,25» car il y avait eu déversement dans la matinée. Cette eau n’était pas absolument pure. M. Lecomte essaya l’action des réactifs dont il disposait mais ne put réussir qu’à mettre en évidence la présence de matières solubles.
- La distribution des astéroïdes dans l'espace. — M. Perrotin s’est appliqué à tirer des conclusions des résultats fournis par l’application systématique de la photographie à la découverte des petites planètes. M. Char-lois, à l’Observatoire de Nice, s’est mis à explorer une zone écliptique, par carrés de 44 degrés de côté. 11 a préparé 115 clichés qu’il a étudiés ensuite. En deux ans, il a signalé par ce moyen 45 petites planètes, chiffre qui porte à 72 le nombre total des astéroïdes découverts par cet astronome. Au cours de ses investigations, il a rencontré 412 astéroïdes déjà connus. Si l’on fait un tableau des astéroïdes par ordre de grandeurs, on constate que dans chaque cliché le nombre des astéroïdes nouveaux est plus petit que celui des astéroïdes connus. Cette remarque semble indiquer que ce qui reste à photographier est restreint et l’on en peut tirer les premières inductions sur la distribution des astéroïdes dans l’espace, par rapport à leur distance au soleil. M. Perrotin annonce ensuite que l’observatoire élevé sur le mont Mounier, aux frais de M. Bischoffsheim, à une altitude de 2900 mètres, est aujourd’hui complètement achevé. En réalité, cetobser-
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- LA NATURE.
- vatoire était terminé dès le mois d’août de l’année dernière; mais l’incendie du bâtiment d’habitation, survenu pendant le mois de novembre dernier, obligea les observateurs à abandonner la place. La maison a été reconstruite en briques et la coupole restaurée.
- Décès. — M. Mallard, membre de la section de minéralogie, a succombé le vendredi 6 juillet à l’âge de soixante et un ans. M. Daubrée, doyen de la section de minéralogie, a prononcé le discours d’adieu.
- Varia. — M. Alexis Julien développe des considérations sur la coexistence du sternum avec l’épaule et le poumon. — M. Arloing annonce qu’il a réussi à reproduire le cortège complet des lésions caractérisant l’évolution naturelle de la péripneumonie au moyen du pneumobacillus qu’il avait isolé et cultivé dès 1889. — M. Charpy a trouvé une
- relation entre la densité d’une solution saline et le poids moléculaire du sel dissous. C«. de Villedecil.
- YOYÀGE EN DILIGENCE
- Notre gravure représente la diligence l'Hirondelle dont nous allons raconter la curieuse et remarquable histoire.
- En 1892, M. Rroquin, un sportsman convaincu, se rendit acquéreur, au cours d'un voyage dans le Cantal, d’une confortable diligence, l’Hirondelle, qui faisait, dans les environs de Mauriac, de Salers et de Riom, le service des postes. L’Hirondelle, diligence de bon style, comprenait deux caisses
- Diligence l’Hirondelle, couronnée au dernier Concours hippique. (D’après une photographie de MM. Delton frères.)
- et une spacieuse capote, le tout pouvant facilement abriter une vingtaine de voyageurs. Aussitôt en possession de cette superbe diligence, M. Rroquin régla, organisa, de concert avec quelques amis, un long voyage, un véritable tour de France, qui fut accompli point par point, durant les mois d'août, septembre et octobre 1892. L'Hirondelle, avec scs dix-sept voyageurs, et ses trois domestiques, conduite de main de maître par M. Rroquin lui-même, du premier au dernier jour, était attelée de cinq chevaux de chasse connus, qui prirent leur nouveau métier en goût; car, sans Faiblir, Vendredi, Mariotte, Ouvre-V Œil, Amérique et Manet accomplirent en entier le formidable parcours de Mauriac à Ludion par Toulouse, de Ludion à Pau, de Pau à Aurillae, d’Aurillae à Paris, de Paris au Havre et retour à Paris, soit plus de
- 3000 kilomètres. A cette époque, les journaux de sport relatèrent cette belle performance, remarquable par son originalité. La vieille diligence était sortie triomphante de la dure épreuve, et, après avoir étonné les badauds, les gens des villes et ceux de la campagne, de tant de villes et de tant de campagnes, elle a su éveiller la curiosité des hommes de cheval qui, pendant trois semaines, se sont réunis dernièrement au Concours hippique, où elle a été présentée, avec un plein succès, par la Compagnie de l’Ouest. On l’a contemplée avec respect, avec admiration, et le jury a sanctionné tous ces sentiments, en créant pour {'Hirondelle du Cantal un prix spécial.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandiku.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- N° H03. — 21 JUILLET 1894.
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- IA DYNAMITE DANS L’ANTIQUITÉ
- Le titre du présent article ne manquera point de causer certaine surprise aux lecteurs de La Nature, mais nous n’en saurions trouver de meilleur pour poser une question d’histoire à ceux d’entre eux (pii (ont de la chimie.
- On a dit plaisamment et mainte lois répété (pie, pour avoir raison de l’ohstacle des Alpes,
- Annibal avait, suivant l'expression chimique, employé tour à tour la voie sèche et la voie humide; qu’il avait brûlé, réduit en cendres et, finalement, traité par le vinaigre l’épaisseur de rochers qui s’opposait à son passage.
- Il convient de remonter à la source de cette légende au moins bizarre et de solliciter, à cet effet, les textes.
- Or il est incontestable que Juvénal et Servius attribuent le succès de l’opération des ingénieurs carthaginois uniquement à l'emploi d’une substance qu’ils désignent sous le nom d'aeetum.
- Ammien Marcellin fait agir, non point seulement Xaeetum, mais encore une llam-me intense. Tite-I.ive et Appien admettent faction successive et concurrente de la 11 anime, des outils de fer et de Xaeetum ou o;oç.
- Avant de sonder le sens de ce terme qui semble, à première vue, étrange, il est bon de mentionner certains procédés d'exploitation des mines et carrières, ainsi qu’un moyen original de faire brèche aux murailles en usage dans l’antiquité.
- Carriers et mineurs antiques avaient coutume de recourir à l’action de la flamme pour ameublir les
- 22“ aimée. — 2e semestre.
- terres fortes, désagréger et friabiliser les roches. Ce fait, rapporté par Diodore de Sicile, nous est nettement confirmé par Pline qui ajoute : « Lorsque l’action du feu est reconnue insuffisante, on a recours tà l’emploi de Xaeetum dont les effets sont
- irrésistibles ».
- Le dire de Pline est, d’ailleurs, loin d’étre une assertion isolée. PiomCassius 'nous apprend que Métellus, assiégeant en Crète la ville d’Éleuthère, s’était ménagé des intelligences dans la place et que ses agents secrets surent y produire l’écroulement, la destruction d’une tour, en traitant par I’oçüç les maçonneries de la muraille.
- Que, si la critique de l’historien Dion paraît entachée, comme l’est souvent celle de Pline, de légèreté et d’amour du merveilleux, on veuille bien consulter les traités didactiques que nous a laissés l’Antiquité gréco-romaine; feuilleter, par exemple, la Polior-
- cétique d’Apol-lodorc, contemporain de l’empereur Hadrien. Cet ingénieur émérite enseigne un moyen infaillible de faire brèche aux murs d’escarpe d’une place forte. Pour obtenir ce résultat, il suffit, dit-il, de diriger sv.r les pierres la flamme d’un fourneau, et la rupture s’opère aussitôt qu’on fait intervenir l’action de l’oçoçdans le phénomène de la combustion (fig. 1). Il est donc bien certain que, tout au moins dès les premières années de Père chrétienne,cet oljoç était d’usage courant et, pour ainsi dire, classique alors qu’il s’agissait de pétarder, de faire sauter un pan de muraille.
- L’emploi de cette méthode semble s’être invariablement perpétué jusqu’au temps de l’invention de
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- Fig. 2.—Ruine de maçonneries à la dynamite Lloç, d’après une ligure du manuscrit de la Poliorcétique de l’Anonyme ou llérou de Byzance
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- la poudre à canon, puisque le compilateur connu sous le nom d’« Anonyme ou Héron de Byzance », et qui vivait vraisemblablement au dixième siècle de notre ère, reproduit presque littéralement le texte d’Apollodore et indique, comme lui, des dispositifs de fourneaux de rupture (fig. 2).
- Ce qu’il importe, en somme, de retenir, c’est que, lorsqu’ils étaient dans l'obligation d’ouvrir des brèches ou d’attaquer la roche vive, les anciens avaient coutume de recourir à l’enqdoi d’un agent dit o;oç ou acetum, lequel facilitait singulièrement l’œuvre de destruction et en rendait l’exécution rapide.
- Quelle était la formule de cet agent? C’est à la chimie de prononcer, si faire se peut.
- Observons à ce sujet que les anciens connaissaient plusieurs autres substances jouissant des propriétés énergiques de l’oljoç et classées par eux dans le groupe de leurs dynamites (twv oy.ahov). L’Anonyme ou Héron de Byzance range l’oupov au nombre de ces matières brisantes et en fait un équivalent de l’oljoç.
- Ces matières comportaient, selon leur préparation, des degrés de force bien déduis. A cet égard, Marcus Græcus, auteur du Liber ignium ad com-burendos hostes, distingue nettement de l'acetum ordinaire Y acetum acutum sive forte; et de l’oupov récente, Y urina antiqua. Outre son pouvoir destructeur, l’o;oç ou acetum jouissait d’une autre propriété dûment signalée par Marcus Græcus et par Albert d’Aix, celle d’éteindre le feu grégeois.
- Telles sont les données qui peuvent servir à résoudre le problème. En attendant qu’une solution intervienne, et quelle que soit notre incompétence, nous ne craindrons point de formuler une hypothèse.
- Il est permis de penser que l’oçoç était une matière fortement oxygénée. Si Ton observe, d’autre part, que l’Anonyme ou Héron de Byzance en assimile les effets à ceux de l’oupov ; que Marcus Græcus fait, à certains égards, de Yacetum acutum un équivalent de Y urina antiqua, on jugera que le produit dont il s’agit était également riche en azote; que, par conséquent, on se trouve peut-être en présence d’un cldorate ou d’un azotate de potasse.
- En tous cas, il est bien certain que l’ocoç ou acetum n’était point un acide acétique, un vinaigre, ainsi que l’ont voulu nombre de commentateurs, mais une autre substance dont la formule n’est point venue jusqu’à nous. Cet agent énergique, employé par les anciens au cours de leurs opérations de démolition et de pétardement, se comportait à la façon de nos explosifs modernes.
- Encore une fois, c’est aux chimistes qu'il appartient d’élucider la question ; de nous faire connaître ce que pouvaient être ces dynamites de l’antiquité; de nous dire ce qu’il y a de vraisemblable au fond de cette légende des Hindous ’Oljuopaxai dont parle Strabon et qui, dit Rabelais, « à force de fouldres, tonnoires, gresles, esclaires, tempes tes, vainequoyent et a mort soubdaine mettoyent leurs enemys en plein champ de bataille ». JA-colonel Hennebert.
- LE RAYONNEMENT DES TACHES SOLAIRES
- Un travail récent présenté à la Société royale de Londres par M. E. Wilson contient des détails de nature à nous renseigner sur la position et peut-être sur la cause, encore très controversée, des taches solaires.
- L’auteur a mesuré, avec le plus grand soin, l’énergie relative de la radiation émise par les taches et par divers points de la surface du soleil. On sait que, par suite de l’absorption dans l’atmosphère solaire, cette énergie diminue du centre au bord de l’astre; ainsi, tandis qu'au quart de la distance du centre au bord, elle n’a diminué que de 1 pour 100, elle n’est plus que de 85 pour 100 aux trois quarts de cette distance, et tombe au-dessous de 50 pour 100 au voisinage immédiat du bord apparent.
- Si les taches sont situées à une certaine profondeur dans le soleil, leur radiation devra, d’après l’auteur, subir une diminution analogue, tandis que leur radiation restera sensiblement constante si elles se trouvent dans les parties supérieures de l’atmosphère solaire.
- Les résultats sont bien nets; l’observation, au moyen du microradiomètre de Boys, de vingt taches différentes, a montré que le rapport de l’énergie de la radiation dans les taches, à celle qui est émise par le centre du soleil, varie très peu et d’une manière non systématique avec la distance au centre. La valeur moyenne de ce rapport est 0,550. Ce nombre est un peu inférieur à celui qu’avait trouvé M. Langlev dans ses recherches classiques sur la radiation du soleil. En revanche, si l’on compare la radiation de la tache avec celle de la région voisine, on voit le rapport croître du centre à la périphérie et atteindre la fraction 0,8. En revenant au raisonnement exposé par l’auteur, on en conclura immédiatement que les taches sont situées dans les hautes régions de l’atmosphère du soleil. Remarquons toutefois que ce rapport 0,8, très supérieur, sans doute, à celui des éclats, semblerait être l’indice d’un pouvoir émissif plus élevé, avec température plus liasse dans la tache. La théorie des milieux absorbants nous autoriserait à croire que les rayons émanés de la tache traversent les régions supérieures en moyenne plus facilement que ceux qui partent des points voisins, et donne un rapport plus favorable des énergies restantes. Ce raisonnement n’est pas contredit par le fait qu’un gaz, sous une très forte épaisseur, agit comme un corps de pouvoir émissif égal à l’unité; car cette propriété n’existe que pour une température uniforme, et les phénomènes se compliquent beaucoup lorsque la température varie d’un point à l’autre du milieu. Les conclusions de M. E. Wilson sont sans doute très probables, mais ne peuvent pas être considérées comme absolument certaines. On ne peut, du reste, discuter à fond la question qu’en tenant compte de la théorie de Schmidt, d’après laquelle le bord du soleil serait une souple illusion d’optique 1.
- Dans un second Mémoire, écrit en commun avec M. P.-L. Gray, l’auteur aborde la question de la température du soleil, sur laquelle régnent encore les opinions les plus diverses 2.
- Deux procédés peuvent conduire à une évaluation approchée de cette température; ils sont basés sur la connaissance de la fonction p = kf (0,X), qui donne la puissance
- 1 Yoy. la Revue (jênérale des sciences, numéro du 15 mars 1894.
- 2 L’almanach Hachette, par exemple, indique (p. 165), comme limite supérieure de cette température, 5 801 846°. On ne
- | saurait être trop précis.
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- d'une radiation en fonction'du pouvoir éniissif A, delà température 0 et de la longueur d’onde X. L’hypothèse A = 1 est probablement assez approchée, et ne peut introduire que de faibles erreurs; p étant connu pour toutes les valeurs de X, on en déduira 0, en adoptant, pour la fonction en question, une forme déterminée. Cette forme peut être vérifiée jusqu’aux températures les plus élevées que nous livrent les sources terrestres1 (jusqu’ici, on n’a pas dépassé 5500°); mais, au delà, on reste livré à des conjectures. La plupart des observateurs qui se sont occupés de la question ont adopté la loi de Stefan, 0= y/AR, 1* désignant la puissance de l’ensemble de la radiation. L’auteur, après avoir examiné soigneusement tous les facteurs qui concourent au résultat, pense que la valeur la plus probable fournie par ses expériences est de 6200°.
- Un procédé analogue avait donné à M. Rossetti une valeur voisine de 10 000°. Par une combinaison des deux procédés théoriques, c’est-à-dire en faisant usage en même temps de la valeur absolue de la radiation et de sa répartition, M. Le Chûtelier avait été conduit à admettre que la température du soleil est probablement de 7000°, avec un écart possible d’un millier de degrés. La concordance est assez satisfaisante, et il semble que l’on puisse adopter maintenant comme limites de la température du soleil, 0000° et 10 000°. Les couches profondes peuvent être sensiblement plus chaudes, mais la probabilité d’une température effective inférieure à 4000° ou supérieure à 20 000° paraît aujourd’hui bien minime.
- C. E. G.
- LE CUIRE PORT DE MER
- PUOJET DE M. PROMPT
- La terre des Pharaons n’est, pas laite, grâce à l'accoutumance, pour s'effrayer des vastes projets et des travaux grandioses dont le canal de Suez a renoué la chaîne durant quelques siècles interrompue.
- On rêve aujourd’hui, puisque l’irrigation fait sa richesse, de l'irriguer à profusion, jusque dans les régions que le Nil oublie parfois de visiter. On rêve plus encore, et, dans les projets des ingénieurs, on envisage déjà le jour où, détrônant la ville Alexan-drine, le Caire deviendra port de mer 2.
- De quoi s’agit-il donc?
- Tout d’abord de régulariser les crues du Nil en les emmagasinant, dans de vastes réservoirs, et pour cela les ingénieurs sous les ordres de M. Willcoks, le Ministre de travaux publies, proposent de barrer la vallée partout où elle se rétrécit. Cinq points ont été proposés, dont, quatre dans la vallée principale, à Philœ, Assouan, Silsileb et Kalabcheh. Le cinquième, situé dans la dépression du Wady-Rayan, peut être écarté immédiatement, car, devant coûter iort cher, il ne serait cependant utilisé1 que, par la région de la Basse-Egypte.
- Lu ingénieur français, M. Prompt, inspecteur general des ponts et chaussées et administrateur du chemin de fer égyptien, s’est fait Tardent, promoteur
- 1 Celte loi n'a été vérifiée, que, jusque vers 1500°.
- 2 A ou s reproduisons ci-contre (tig. 1 el 2), deux plans montrant le Caire en 1828 et à notre époque.
- de ce vaste projet; mais, dans le choix de Remplacement qu’il convient de donner au barrage, il n’est pas absolument, du même avis (pie les ingénieurs anglais, et, par des raisons péremptoires, écarte les différents projets pour ne laisser debout que celui de Kalabcheh.
- En ce qui concerne les réservoirs de Philœ et, de Silsileb, le terrain se prêterait malaisément à l’assiette solide d’un barrage. Pour celui d’Assouan, il y a une impossibilité d’un autre ordre. La construction aurait pour résultat de mettre sous l’eau pendant plusieurs mois la plus grande partie du temple de Philœ. Des ingénieurs proposent, il est vrai, de prendre ledit temple et de le transplanter ailleurs, comme on ferait d’un vulgaire building américain; mais, dit M. Prompt, le temple de Philœ, son île, ses accessoires, ses souvenirs, sa situation, constituent un tout inséparable : c’est la théorie du bloc appliquée à l’archéologie.
- Le terrain de la discussion ainsi déblayé, il ne reste plus à examiner que le barrage de Kalabcheh; mais pour celui-là du moins M. Prompt va nous prouver qu’il réunit toutes les conditions requises.
- Avec une hauteur de 25 mètres, il permettrait d’emmagasiner plus de 2 millions et demi de mètres cubes d’eau que Ton pourrait répartir, le moment venu, sur la Basse et la Moyenne-Egypte, peut-être même sur l’Égypte tout entière, car la capacité des Khors — grands ravins, qui, en Nubie, creusent les collines des deux rives — accroîtraient considérablement le volume du réservoir, sans qu’on ait tenu compte de cet appoint dans les évaluations.
- Le projet complet entraînerait une dépense totale de 40 millions. 11 est vrai que, sur ce chiffre, M. Prompt, estime qu’il serait possilde de faire une économie de 15 à 14 millions, en adoptant un mode judicieux de fondations par l’air comprimé et diverses modifications sur l’ensemble dos travaux.
- Quelque élevée que soit, la dépense, on ne doit point reculer devant, l’exécution, si Ton songe aux bénéfices qu’en doivent retirer l’Etat et le pays : l’Etat, par la vente des terres, par la plus-value du domaine de la Daïra-Sanieb, par l’accroissement de l’impôt, ce qui ne saurait s’évaluer à moins de 21 millions; le pays, par une incroyable augmentation de sa production, qui devrait! laisser, si les statisticiens ne se trompent, pas — ce qui leur arrive parfois, parait-il — 520 000 francs de bénéfices, au bas mot.
- On entrevoit immédiatement que cet énorme accroissement, dans la richesse du pays entraînera un mouvement considérable dans les transports. Le poids des marchandises provenant des régions situées en amont du Caire et transportées en petite vitesse par le chemin de fer jusqu’à la mer, ne dépasse pas 500 000 tonnes aujourd’hui; mais on peut prévoir que ce transit atteindra rapidement 825 000 tonnes, chiffre qui sera vite dépassé, car le sucre notamment, qui jouera un rôle prépondérant dans la culture de la Haute et de la Moyenne-
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- Égypte après la construction du réservoir, donnera, à lui tout seul, si l’on calcule d’après la surface irriguée, une production de 1 6200000 tonnes.
- En sens inverse, les importations, et principalement celle du charbon nécessaire à la fabrication, suivront un mouvement correspondant. Et l’on voit ([ne,
- [tour faire face aux exigences nouvelles, le chemin de fer devra procéder au doublement de sa voie, construire du matériel roulant et des gares. Tous ces travaux sont évalués à 58 500 000 francs, tandis que pour mettre Alexandrie à hauteur d’un pareil trafic on y dépensera 10 500000 francs.
- Sera-ce assez ?
- « C’est ici, dit M. Prompt, que se pose la question qui se présente tous les jours dans les divers pays de l'Europe. Ne faudra-t-il pas, en présence de ces augmentations de trafic, exécuter un canal de grande navigation pour décharger les voies ferrées trop encombrées, quoi qu’on fasse, et améliorer les tarifs des marchandises à grand parcours ou de peu de valeur?
- « Ainsi, les marchandises de la llaute-Egypte parcourent, pour arriver au port d’Alexandrie, de 800 à 1000 kilomètres. Ce transport, outre qu’il sera difficile de le réaliser sans grands retards et sans accidents graves dans cet immense couloir, coûtera certainement des prix excessifs que la marchandise ne pourra pas payer. D'un autre côté, la houille, par exemple, paye actuellement au Caire un tarif de 40 piastres, quand sa valeur à la mer n’est que de 85 piastres environ. A 500 kilomètres plus loin que le Caire, elle paye 65 piastres, tarif évidemment exagéré.... »
- Que l’on construise au contraire un canal du Caire à Alexandrie, que le Caire devienne port de mer, et 1 âge d’or renaît. Suivant l’usage, le fret pour le Caire sera le même que pour Alexandrie; l’industrie sera dégrevée, tandis que, grâce à un simple et minime droit, les caisses de la dette publique se trouveront tout à coup remplies.
- La dépense de construction serait-elle d’ailleurs si forte qu’il fallut reculer? Ecoutez le promoteur de ce projet grandiose.
- « Ce canal, dit M. -Prompt, descendra en mer [très du port de Mex; il traversera, dans sa partie étroite, le lac Mariout pour suivre un tracé peu différent du canal Nu-barieh, et viendra s’alimenter au droit du barrage, à la hauteur de 4 mètres au-dessous de l’étiage du Nil, en ce point, puis il remontera jusqu’en face du pont d’Embaleh. De ce
- point, vers l’amont, on établira un bassin pouvant contenir 50 navires de haut bord accostés à des quais où aboutissent des voies partant de la station de Bou-laq-Dacrour. »
- M. Prompt estime les travaux nécessaires à près de 21 millions pour le canal proprement dit et à 7 millions pour le port du Caire, soit un modeste total de 28 millions.
- Il n’y a certainement que les personnes timides qui demanderont à surseoir, pour réaliser cette entreprise, que le réservoir soit construit et ait donné quelques résultats.
- Nous avons pensé qu’il était utile de faire connaître au lecteur ce grand et intéressant projet.
- G. Béthcys.
- Fig. 1. — Reproduction d’une carte du Caire en 1828.
- Fig. 1. — Plan du Caire en 1891.
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- LES MACHINES A ÉCRIRE
- MACHINE “BAR-LOCK”
- La machine à écrire, déjà usitée à Paris, a pris aux Etats-Unis une extension dont on ne saurait se faire aucune idée. M. A. Gourju, qui a récemment publié une excellente Notice sur le sujet, a dit avec beaucoup de vérité : « Le jour viendra où les machines à écrire remplaceront complètement, surtout dans les relations d’affaires, l’écriture à la plume conservée tout au plus pour les communications de l'intimité, comme les machines à coudre ont à peu près partout supplanté la couture manuelle sauf pour quelques ouvrages fins qui comportent nécessairement jusqu’à nouvel ordre l’intervention directe de la personne. C’est en 1875 que pour la première lois les machines à écrire sont entrées dans le domaine des faits p r a t i q u e s o u, pour parler plus exactement, que la première de toutes, la « Rémi ngton » restée d’ailleurs grâce à d’incessants progrès la plus répandue et la mieux équilibrée* a fait son apparition sur le marché. Il y a à peine vingt ans de cela et déjà les Américains comprennent avec peine que l’on puisse s’en passer, qu’il y ait des gens assez déshérités pour n’avoir jamais à leur disposition que la plume d’acier, à tel point que lorsqu’il leur arrive à eux-mêmes d’employer par exception ce mode suranné de correspondance, ils s’en excusent comme d’une irrévérence envers les yeux de leurs lecteurs. Aussi règne-t-il dans leur pays un mouvement inventif extrêmement remarquable et intéressant à suivre en fait de machines à écrire. Ues nouveaux systèmes plus ingénieux les uns que les autres se succèdent, s’accumulent à plaisir, et les amateurs n’ont que l’embarras du choix bien que, à dire le vrai, quelques marques particulièrement connues tiennent sans conteste la tête du marché et ne paraissent pas près d’être reléguées au second rang. »
- Nous avons décrit récemment l’ingénieuse machine américaine de Williams *. En voici une de même origine américaine, dont le représentant à Paris, nous a soumis un modèle pour l’expérimenter, et
- 1 Yoy. n° 1007, du 11 novembre 1893, p. 379.
- nous lui avons trouvé de grandes qualités : c’est la machine Rar-Lock; nous allons la faire connaître à nos lecteurs, en complétant ainsi les descriptions d’autres appareils.
- La machine Bar-Lock tire son nom d’un petit segment en bronze phosphoreux, placé juste vis-à-vis du point où doit s’imprimer la lettre, et disposé de telle sorte qu’au moment de l’impression, la tige portant le caractère est complètement encastrée entre deux chevilles ; cette disposition empêche tout jeu de l’extrémité et assure ainsi l’alignement parfait et continuel des lettres imprimées. Cette machine, qui a figuré à l’Exposition de 1880 et qui venait d’être inventée par un ingénieur émérite de New-York, a été depuis l’objet de perfectionnements importants qui en font incontestablement l’un des meilleurs modèles.
- Dans cette machine, l’écriture est entièrement
- visible sans qu’il soit nécessaire de relever le chariot ou d’écarter le ruban encreur. Les barres portant les types imprimant les caractères sur le dessus du cylindre, se trouvent dans le rayon visuel de l’opérateur, ce qui est un avantage réel rendant l’écriture beaucoup plus facile, en ce sens qu’on peut suspendre le travail et le reprendre immédiatement, sans l’opération préalable du relèvement du chariot et l’on s’aperçoit de suite de la moindre erreur. La rédaction du sujet écrit à la machine se trouve énormément facilitée ; le manipulateur pouvant, à tout moment, s’arrêter pour réfléchir et reprendre le cours d’une phrase sans être distrait par l'opération matérielle du relèvement du chariot et de la comparaison des échelles graduées afin de se rendre compte si l’espace a été fait, ce qui est une perte de temps ainsi qu’une distraction de l’esprit pour la composition du texte.
- L’impression des caractères est obtenue à l’aide d'un ruban qui se déroule automatiquement de l’espace d’une lettre à chaque mouvement du chariot ; il a une longueur considérable (20 mètres environ) soit plus de trois fois la longueur des rubans des autres machines ; il peut être usé dans toute sa surface grâce à un petit excentrique très simple à déplacer ; de plus, dès qu’il est au bout de sa course, un déclenchement automatique le met en marche en
- Machine à écrire américaine Bar-Lock.
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- sens contraire, sans avoir à déplacer nn embrayage comme dans les antres systèmes, ce <pii permet donc jamais s’occuper de cette partie de l'appareil jusqu’à son usure complète et son remplacement. Le margeur qui, dans toutes les machines, doit être placé à la main à l’endroit voulu, a été également l’objet d’un perfectionnement important. En effet, lorsqu'il a été placé de manière à faire une marge déterminée, il suffit d’agir sur la touche spéciale marquée « M. U. », à droite du clavier, pour annuler momentanément son effet et permettre d’écrire en marge : lorsqu’on a fini, il revient automatiquement marger le papier comme au début.
- La machine comporte deux sonneries avertissant que la ligne est presque finie ou qu’on est arrivé à la limite fixée [tour le texte. Une manœuvre presque instantanée permet de régler ce double avertissement pour un intervalle quelconque de lettres. Ce dispositif est fort commode lorsqu’on doit exécuter certains travaux spéciaux, tels (pie tableaux, factures, etc., qui exigent un soin tout particulier, et on évite par ce fait les surcharges qu’on voit assez fréquemment sur les lettres exécutées avec les machines non pourvues de cet intéressant perfectionnement.
- Gaston Tissandier.
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- LA FLUORESCENCE,
- LA PHOSPHORESCENCE ET L’ACTION PHOTOGRAPHIQUE
- AUX BASSES TEMPÉRATURES
- Les méthodes récentes qui permettent d’obtenir avec une facilité relative des températures atteignant— 200°C. ont mis entre les mains des physiciens et des chimistes des moyens de recherches qui ouvrent un horizon nouveau à leurs travaux. L’un des plus heureux et des plus habiles expérimentateurs qui ont eu entre les mains, grâce à des libéralités inépuisables, les moyens d’investigation les plus puissants est sans contredit M. le professeur Dexvar, de la Royal Institution de Londres.
- Nous avons déjà signalé ici même 1 quelques-uns des résultats obtenus par le savant professeur en ce qui concerne la diminution de la résistivité (résistance spécifique) des conducteurs, cette résistivité tendant vers zéro pour tous les corps lorsqu’on s’approche du zéro absolu. Ses nouvelles recherches ont porté sur la fluorescence, la phosphorescence et l’action photographique aux basses températures. Elles ont été présentées le 28 juin dernier dans une séance spéciale tenue à l’Institution royale par la Chemical Society.
- Nous avons eu l’occasion de voir à Londres, grâce à l’obligeance de M. Dewar, tous les appareils dont il s’est servi dans ses recherches, et il nous a paru intéressant de donner ici une analyse succincte des résultats les plus récents, en utilisant les renseignements si aimablement fournis par le savant professeur lors de notre visite.
- On applique généralement le nom de fluorescence et de phosphorescence à des phénomènes de même nature, mais qui se différencient surtout par la durée : la phosphorescence est une fluorescence de longue durée ; la fluorescence est une phosphorescence de courte durée. Le sulfate de quinine et certaines huiles de paraffine fournis-
- 1 Yov. n° 1045, du 10 juin 1893, p. 18.
- sent des exemples classiques de fluorescence. Stoker a démontré que l’apparence singulière observée à la surface de ces liquides est due à un changement de la réfrangibilité de la lumière absorbée puis restituée par les coucbes extérieures : c’est un cas particulier de dissipation de l’énergie.
- Le phénomène de la fluorescence est très court, presque instantané. La phosphorescence, d’une plus longue durée, ne doit pas être confondue, cependant, avec certains effets chimiques qui en ont toutes les apparences, tels-que la luminosité produite par l’oxydation lente du phosphore; les vapeurs acides qui, dans l’obscurité, apparaissent avec une légère teinte bleue ; les apparences de phosphorescence produite par la putréfaction animale ou végétale; enfin, les manifestations lumineuses plus ou moins volontaires des vers luisants, des luciphores et de certains petits animalcules marins.
- Les substances phosphorescentes les plus anciennement connues sont le sulfure de baryum, le chlorure de calcium, le sulfure de calcium et le sulfure de strontium. Ces corps enfermés dans des tubes hermétiquement scellés à la lampe paraissent brillamment illuminés dans l’obscurité après une exposition préalable à la vive lumière du soleil.
- Les expériences de M. Dewar ont grandement accru la liste des corps phosphorescents ou fluorescents. L’oxygène et l’air lui-même deviennent phosphorescents si, en les excitant par une étincelle électrique, on les fait traverser avec une grande vitesse un tube dans lequel on a produit un vide presque complet. Il se développe dans le tube vide d’air une lumière présentant l’aspect de la queue d’une comète, en même temps qu’une production d’ozone indiquant un changement moléculaire spécial produit dans ces conditions. L’air doit être filtré et ne pas renfermer de matières organiques, sous peine de réduire et même de détruire entièrement la fluorescence. Des parfums ou de l’éther répandu dans l’atmosphère même en faible quantité, un mouchoir parfumé, par exemple, rendent l’expérience impossible pendant plusieurs heures, aussi faut-il toujours puiser cet air hors de la salle où se fait l’expérience. La présence de l’hydrogène détruit également la fluorescence ; elle ne se produit que dans les gaz renfermant de l’oxygène.
- Le sulfure de calcium qui devient fortement lumineux par son exposition à la lumière électrique ou à celle du magnésium, perd toute phosphorescence à — 80'C, et la reprend après avoir été ramené à la tempéiature ordinaire. Le refroidissement des coips modifie considérablement leurs propriétés élastiques : il augmente leur ténacité et leur élasticité. Des corps très mous, refroidis à — 180° C dans l’oxvgène liquide, deviennent parfaitement rigides et solides comme du fer; des diapasons identiques, à l’unisson, fabriqués avec le même métal, donnent des battements lorsque l’un deux est amené à — 1 80° C ; c’est le diapason le plus froid qui rend le son le plus aigu ; les battements mesurent la différence des hauteurs des deux sons.
- On sait déjà, par des expériences antérieures, qu’il ne se produit aucune combinaison entre l’oxygène liquide et le phosphore ou le potassium. La force électroniotrice d’une pile devient nulle à ces basses températures. Les actions photographiques ou phénomènes ac-tiniques se manifestent à — 180° C, mais ils sont cinq fois moins intenses lorsque la température atteint — 200° C.
- Du papier au chlorure d’argent mouillé d'oxygène sur une partie de sa surface et exposé à une vive lumière devient rapidement brun, excepté dans la partie mouillée
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- uns
- qui reste sensiblement blanche. Des plaques photographiques très sensibles impressionnées à ces basses températures et excitées par la lumière du magnésium deviennent phosphorescentes. La couleur des corps et leur pouvoir absorbant sont affectés à ces basses températures. Ainsi l’iodure de mercure, rouge aux températures ordinaires, devient jaune aux basses températures.
- M. le professeur I)e\var a ensuite montré la phosphorescence d’iin grand nombre de corps portés à une basse température : la gélatine, le celluloïd, la paraffine, l'ivoire, la corne, le caoutchouc, l’hydroquinone, tous les alcaloïdes, les hydrocarbures, les acides, les éthers de la série grasse, etc. Les sels colorés sont généralement peu phosphorescents, de même que l’eau pure, mais celle-ci le devient considérablement si elle est impure.
- Les matières organiques deviennent phosphorescentes aux basses températures. M. Dewar a rendu successivement lumineux, un œuf, du coton, du papier, du cuir, de la toile, du lait, une écaille de tortue, une éponge, une fleur blanche de l’espèce des Dianthus, etc. Les papiers et les verres colorés ne sont pas phosphorescents ; une trace d’iode ajoutée aux alcools détruit leur phosphorescence. Les métaux deviennent également phosphorescents, mais il semble que l’action doive être attribuée à une couche organique déposée à leur surface, car un flambage fait disparaître cette propriété.
- L’expérience la plus curieuse est certainement celle qui se fait avec l’albumine dont le refroidissement présente cependant des difficultés spéciales, à cause de sa dilatation par le froid. L’effet est particulièrement brillant lorsque l’albumine est placée à l’extérieur du tube d’expérience, car les rayons violets et ultra-violets, si favorables au développement du phénomène, ne sont pas absorbés par le verre, ce qui arrive forcément lorsque l’albumine est dans l'intérieur du tube.
- 11 serait peut-être prématuré de tirer des conséquences absolues de ces expériences si curieuses et si intéressantes : elles établissent sans conteste une relation entre la phosphorescence et la constitution de la matière. Quelle que soit cette relation, il est déjà expérimentalement établi qu’un corps est d’autant plus phosphorescent que sa composition chimique est plus complexe, sans doute à cause de la facilité que lui offre sa structure pour absorber les vibrations lumineuses. De là à admettre que la luminosité de certains astres est due à leur phosphorescence à basse température, il n’y a qu’un pas vite franchi.
- En attendant de nouvelles confirmations de cette hypothèse, il n’en reste pas moins acquis dets résultats de la plus haute importance et qui font le plus grand honneur à l’éminent successeur de l’illustre Faraday. Tous ceux que les progrès des sciences physiques et chimiques intéressent attendent avec impatience le développement de ces nouvelles recherches qui perpétuent, en l’accroissant, le renom scientifique de l’Institution Royale de Londres.
- E. Hospitalier.
- RÉSULTATS D’EXPLOITATION
- DES TRAMWAYS ÉLECTRIQUES
- Dans une récente communication publiée par notre confrère l’Engineering, M. R. Blackwell a donné quelques résultats très intéressants concernant l’exploitation des tramways électriques. A la fin de l’année 1892, il y avait en exploitation aux États-Unis 15 415 tramways
- électriques avec une longueur totale de voie de 9 550 kilomètres. A la fin de 1893, le nombre des tramways électriques était de 18 253 et la longueur totale de voie de 12 000 kilomètres. A cette époque, le nombre total de tramways était de 59 500 en service sur une longueur de 19 000 kilomètres de ligne. En Angleterre les frais d’exploitation atteignent environ 70 à 85 pour 100 des recettes; en Amérique ce rapport ne dépasse pas 50 à 75 pour 100. La dépense par voiture-kilomètre à chevaux est de 50 à 00 centimes en Angleterre, et de 25 à 45 centimes par voiture-kilomètre électrique. Le plus grand réseau de tramways du monde entier est exploité en Amérique par la West End Street Railway Company à Boston.
- A la fin de 1895, la longueur totale de lignes de cette Compagnie était de 452 kilomètres, dont 295 pour lignes électriques. Le nombre de voitures à chevaux était de 820, le nombre de voitures électriques de 1340. Le nombre total de voitures-kilomètre s’est élevé à 30 000 000, dont 22 800 000 pour les voitures électriques. Le rapport des frais d’exploitation aux recettes a été de 08. Le capital total nécessité par l’installation électrique est de 38 040 545 francs. Au nombre total de voitures électriques donné plus haut, il v a lieu d’ajouter également 24 tramways chasse-neige. En terminant, notre confrère donne quelques chiffres sur les rapports des dépenses aux recettes et sur les dépenses par voiture-kilomètre dans quelques villes. Cette dernière dépense est de 18 centimes à Pittsburg, 41,5 à Chicago, 47,8 à Rochestcr, 10 à Halle, 37,8 à Guernesey, 24 à Murten en Suisse, 28 à Francfort et à Budapest.
- COMMENT ON CONSTRUIT UNE MAISON
- EN AMÉRIQUE
- Nos lecteurs connaissent ces grandes constructions américaines1 qui ont pris naissance à Chicago et auxquelles une hauteur démesurée a valu le surnom de « sky-scrapers » (ràcleurs du ciel). Le rêve de tout Américain est de faire grand, et il existe entre les villes, tout comme entre les individus, une rivalité constante pour faire plus grand que son voisin, « the higgest in the world », le plus grand de l’univers! Chicago a donné l’exemple; les autres villes de l’Union le suivent et iront... plus haut, si les règlements administratifs n’y mettent un terme.
- Le mode de construction de ces monstres est essentiellement original.
- Le sol de Chicago est très peu résistant; la ville a été fondée sur un marais; au-dessous du sol marécageux, on trouve une couche de glaise reposant elle-même sur des sables mouvants; à moins de 3 mètres de profondeur, on trouve de l’eau. Aussi n’est-ce qu’au prix des plus grandes précautions qu’on peut édifier ces bâtiments dont le poids serait suffisant, d’après certains ingénieurs, pour défoncer la couche solide sur laquelle ils sont élevés !
- Les fondations acquièrent une importance capitale. On commence par enfoncer dans le sol aqueux des pilotis de grande longueur sur lesquels reposera toute la construction. Ensuite, on dispose une
- 1 Voy. n° 1052, da 29 juillet 1893, p. 139.
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- LA NATURE.
- rangée de poutres en fer dans le sens de la longueur, puis une autre rangée dans le sens transversal, et on noie le tout dans du béton. On établit ainsi plusieurs rangées qui forment une raquette sur toute la surface de laquelle se répartit le poids total de la construction.
- Les premiers « sky-scrapers » furent construits, comme les bâtiments ordinaires, en élevant les murs avec des blocs de pierre ou de granit superposés; mais on ne tarda pas à abandonner ce système. A présent, les murs n’ont plus, pour ainsi dire, qu’une importance secondaire : ils ne servent qu’à abriter du vent ! Mais ils ne concourent en rien à la solidité de l’édifice. On établit d’abord la carcasse de la maison en poutres de fer solidement rivées ensemble ; puis, lorsque cette carcasse est à peu près terminée, on 1‘ habille, c’est-à-dire qu’on la recouvre de murs faits, pour la plupart, dans ces derniers temps, en larges briques de terre réfractaire. Plusieurs équipes d’ouvriers sont mises à ce travail qu’on commence sur plusieurs étages à la fois.
- Notre gravure, reproduite d’après une photographie prise à Chicago au commencement de l’année, représente le curieux aspect qu'offre une construction à cette époque des travaux. La carcasse en fer n’est pas encore achevée ; on n’en est qu’au quatorzième étage! Le second n’est pas garni de murs, ni le septième, alors que les quatre étages intermédiaires sont déjà habillés et que le travail est commencé à partir du huitième étage! L’aspect de ce grand squelette en partie décharné, qui semble vouloir élever sa tête jusqu’au ciel, est vraiment frappant. On peut en avoir une idée en s’imaginant qu’on veuille « habiller » de murs la tour Eiffel.
- Les plus grands soins sont pris pour assurer à l’ensemble la solidité et l’incombustibilité.
- Tous les matériaux sont essayés sur place, avant d’être employés, par des ingénieurs expérimentés; toute partie qui ne présenterait pas une garantie suffisante est impitoyablement refusée; quelquefois, même, les experts sont envoyés à la fonderie et le métal est essayé en lingots et après avoir été étiré. On emploie le moins de bois possible dans la construction et dans la décoration; les planchers consistent en poutres d’acier recouvertes de terre cuite; les murs intérieurs sont construits d’une façon analogue. Le marbre et les mosaïques sont employés pour décoration.
- La rapidité avec laquelle s’élèvent ces grandes bâtisses, est inconcevable. Les entrepreneurs emploient un grand nombre d’ouvriers divisés en équipes qui attaquent chacune une partie différente ; en deux ou trois mois de temps, on voit, à la place d’une maison vieux style, s’élever un « business building » de quinze ou vingt étages.
- Vient alors le tour des mécaniciens qui installent les ascenseurs et les appareils de chauffage par la vapeur ; des électriciens qui disposent des centaines de kilomètres de fils conducteurs, pour l’éclairage, les sonneries, les téléphones. Le Monadnock building ne contient pas moins de 150 kilomètres de fils; le Northern Hôtel, 100 kilomètres! Et cela rien que pour le service de l’éclairage
- C’est l’idéal de la maison d’affaires américaine, faite surtout pour rapporter à son propriétaire un important profit et le plus grand nombre possible de dollars. G. Pellissier.
- Luc maison en construction à Chicago. (D’après une photographie.)
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- UNE VISITE AUX ARDOISIÈRES D’ANGERS
- Parmi les incursions, souvent très pittoresques, qu'on peut faire dans le monde souterrain, une des plus originales, et presque des plus émouvantes, est
- une descente dans les Ardoisières d’Angers. Le caractère spécial de cette visite de mine tient au mode d’exploitation par immenses chambres non rem-
- Yuc d’ensemble des ardoisières d’Angers. — 1. Descente du Bassicot. — 2. Travail dans la mine.
- Idayées que, depuis un temps immémorial, on applique à Angers. Mais — et c’est ce qui donne au sujet une sorte d’actualité — il sera bon désormais de se bâter si l’on veut jouir de ce spectacle; car 1 ancienne méthode de travail, qui présentait de graves dangers pour les ouvriers, n’est peut-être pas loin de disparaître; l’évolution, commencée depuis
- quelques années, peut se précipiter, un jour ou l’autre, à la suite de prescriptions administratives, et l’on ne verra plus alors employée dans les ardoisières que la méthode, probablement plus sûre, mais certainement beaucoup moins curieuse, dite en remontant. «
- Les schistes ardoisiers d’Angers forment, au mi-
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- lieu des autres schistes de la formation silurienne à laquelle ils appartiennent., plusieurs couches à peu près verticales, appelées veines dans le pays, de puissance variable et dépassant, par endroits, 100 mètres. Ce sont ces veines, et, plus spécialement, leurs parties les plus homogènes, les plus fissiles, qu’il s’agit d’extraire de terre par gros blocs, pour les débiter ensuite et les façonner : soit, les grandes pièces, en tables de billards, tablettes de cheminées, etc. ; soit, les plus petites, pour la couverture des toits. Le prix pour les grandes pièces allant jusqu’à 60 francs le mètre carré1, tandis que les ardoises pour couverture sont descendues à moins de 20 francs le mille, il y a tout intérêt à réduire la dimension des blocs le moins possible en tenant compte de leurs joints naturels : ce qui conduit à éclairer largement les chantiers à la lumière électrique et contribue au caractère particulier de ces travaux.
- Ces joints et cassures des schistes, dont on entend constamment parler dans les carrières d’Angers, portent toute une série de vieux noms plus ou moins étranges, les torsins, les cordes de chat, les chefs, les bavures, les érusses, etc., sur la signification précise desquels on n’est pas toujours absolument d’accord, mais qui n’en ont pas moins joué un grand rôle dans toutes les discussions relatives au changement de la méthode de travail. Car ils n’ont pas seulement nue influence, qui serait d’intérêt secondaire, sur la division des blocs et leur utilisation; ils ont surtout pour effet d’amener, si l’on n’y prend garde, le glissement soudain d’énormes masses d’ardoises et parfois, comme conséquence trop fréquente, l’ensevelissement désastreux de toute une brigade d’ouvriers.
- Les modes d’exploitation appliqués à Angers sont au nombre de trois :
- 1° La méthode par tranchées à ciel ouvert, exclusivement usitée depuis le douzième siècle jusqu’en 1852, mais aujourd’hui de plus en plus restreinte à mesure qu’on est conduit, par l’épuisement des affleurements, à exploiter des parties de plus en plus profondes des gîtes;
- 2° La méthode, dite en descendant, par grandes clïambres éclairées à la lumière électrique présentant jusqu’à 60 mètres en long et en large sur 100 mètres en profondeur, dont la première application a été faite, en 1852, aux Grands-Carreaux sur les conseils de M. Le Chàtelier ;
- 5° Enfin la méthode nouvelle, dite en remontant, dans laquelle on remblaye, au fur et à mesure, les vides derrière soi, comme cela se fait, en général, dans les exploitations de houille.
- Nous dirons seulement quelques mots sur ces deux dernières méthodes, dont deux dessins ci-joints aideront à comprendre l’aspect et la disposition. Les tranchées à ciel ouvert, de 40 à 50 mètres de
- 1 On peut encore arriver à une dimension de 4 mètres sur lm,50 seulement de large ; mais il est très difficile d’atteindre 5 mètres sur 5
- profondeur, qui frappent, en général, d’étonnement les visiteurs étrangers à l’art des mines, ont été souvent décrites et ne présentent, d’ailleurs, rien de plus extraordinaire que nombre d'autres exploitations du même genre sur des gîtes métallifères : Dannemora en Suède, Rio Tinto en Espagne, Mokta-el-Hadid en Algérie, etc....
- La première gravure représente une chambre d’exploitation souterraine à l’ardoisière de l’Her-mitage. Cette chambre, que l’on approfondit de plus en plus à la hase, peut avoir une centaine de mètres de hauteur, avec une section rectangulaire de 55 mètres sur 50. La résistance très grande du schiste permet, sans danger bien sérieux, de faire ces immenses murailles à peu près verticales et de garder comme voûte, pendant toute la durée de l’exploitation, une seule et même surface horizontale entaillée dans l’ardoise. Mais, pour éviter la chute de blocs tombant d’une pareille hauteur sur les ouvriers qui travaillent en bas, il est nécessaire d’exercer, sur ces surfaces d’ardoises, une surveillance assidue. C’est le but des ponts volants qu’on aperçoit au plafond traversant la chambre en long et en large, passerelles suspendues au-dessus du vide par des tringles de fer fixées dans l’ardoise et où l’on accède par des échelles verticales enfermées de distance en distance dans des gaines de bois qui présentent des sortes de paliers de repos.
- La promenade sur ces frêles passerelles, soutenues par des tiges qui oscillent à chaque pas, ne va pas sans quelque émotion pour les personnes sujettes au vertige ; surtout lorsque des coups de mine partent en bas, on sent alors, autour de soi, vibrer violemment et longtemps la masse d’ardoise; et, si l’on n’est pas encore blasé par l’habitude sur ce genre d’impressions, on peut s’imaginer que les tiges, en réalité parfaitement solides, vont céder et précipiter, de 100 mètres de haut, l’imprudent visiteur.
- De l’une quelconque de ces passerelles le tableau que l’on aperçoit est fort curieux : au fond de l’immense chambre aux noires parois luisantes, éclairée par la lumière théâtrale des fanaux électriques, on distingue, à travers un vague nuage de poussière, les ouvriers, très petits, qui travaillent à coups de pioche ou de barre à mine, abattant les blocs d’ardoise par gradins de 5 ou 4 mètres de haut en partant, à droite et à gauche, d’une rigole plus basse creusée d’abord dans l’axe; et, dans un angle du plafond, un trou rond, comme un soupirail de cave, envoie un large faisceau de lumière du jour, au milieu duquel circule le bassicot qui monte ou descend des ardoises ou des hommes.
- C’est par ce trou rond, base d’un puits vertical de 125 mètres de profondeur1, que l’on pénètre dans l’ardoisière comme par le goulot d’une bouteille, et cette descente, à elle seule, vaudrait la promenade.
- Le bassicot est une sorte de cuve ronde suspendue par trois chaînes à une poulie qui est attachée elle—
- 1 Aux Grands-Carreaux, un puits semblable a 182 mètres.
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- moine à un câble d’acier porteur et roule sur un autre câble-guide allant de la suiTaee au lbnd de la chambre. Sur le bassieot trois hommes montent debout en s’équilibrant et de la main tenant chacun une des chaînes. (Yoy. la gravure de la p. 121, n° 1). Puis l’appareil se met en marche et, d’abord, descend verticalement 125 mètres dans le puits verdi par les mousses, au bas duquel, brusquement, il pénètre, en décrivant une grande courbe due à la llexibilité du câble-guide, dans la chambre souterraine. On a alors la sensation, qu’on n’éprouve jamais dans un puits de mine ordinaire, d’ètre absolument perdu dans le vide, au-dessus d’un abîme fortement éclairé où l’on voit, à 100 mètres plus bas, s’agiter des hommes. Cependant le bassieot se déplace sur le câble-guide qui ondule et, en quelques minutes, on est au fond, entouré par les ouvriers qui ont un chargement d’ardoises tout prêt à être remonté par la même route.
- C’est un outil dangereux que ce bassieot, tant par les ruptures qui peuvent se produire dans le câble-porteur toujours disposé à s’enrouler autour du câble-guide <pie par les fragments de schistes qui peuvent, pendant l’ascension de la cuve, en tomber sur la tête des ouvriers du fond.
- D’ailleurs, d’une façon générale, l’exploitation des ardoisières est une des industries de mines les plus meurtrières. En 1892, année qui n’a été marquée par aucun grand sinistre, il a été tué, dans les ardoisières de Maine-et-Loire, 6 hommes sur 794 employés au fond, soit une proportion de 7,56 pour 1000, alors que, la même année, la proportion n’a été dans les mines de houille que de 1,18 pour 1000 (112 tués pour 95 000 ouvriers du fond) et, dans toutes les mines et carrières de France de 1,09 pour 1000 (287 tués pour 202 548 ouvriers).
- Cette proportion explique comment on s’est vivement préoccupé de trouver un mode d’exploitation moins dangereux. Le système choisi, qui a été, au début, très vivement discuté et est encore rejeté par le groupe principal d’ardoisières, nommé la Commission des Ardoisières d’Angers, est celui que l’on appelle la méthode en remontant.
- Dans le mode de travail précédent, on voit que les ouvriers abattent constamment l’ardoise sous leurs pieds, dans des chambres qui s’approfondissent indé-liniment. Dans la méthode en remontant on commence, au contraire, par se transporter, d’abord, au moyen d’un puits, au point le plus bas que l’on veut exploiter et, à partir de là, on s’élève progressivement vers la surface en abattant l’ardoise, non plus au plancher, mais au plafond, sur sa tête, et comblant, à mesure, le vide par le bas en y accumulant des remblais descendus tout exprès de la surface, de telle sorte que ce vide se déplace verticalement en gardant toujours la même hauteur.
- On voit, de suite, l’avantage du système qui est de supprimer les immenses parois difficiles à surveiller, surtout les parois verticales, beaucoup plus dangereuses, en réalité, que le toit horizontal, parce que,
- s’il s'y trouve quelque plan de joint caché, toute la masse d’ardoises superposée peut, un beau jour, glisser sur ce joint poli en avançant dans le vide de la chambre et s’y précipiter. On supprime, en même temps, le bassieot. Mais, par contre, —et c’est ce qui a créé des adversaires très résolus à la méthode nouvelle,— au lieu d’un toit fixe bien connu, très surveillé, on a un toit incessamment variable, ébranlé par les coups de mine; et, à l'exploitation commode sous ses pieds, on substitue le travail plus difficile en hauteur sur des échafaudages mobiles : si bien que de très bons esprits craignent encore en favorisant la généralisation de ce système, de ne diminuer le nombre des grands accidents que pour augmenter singulièrement celui des petits. L’expérience semble néanmoins se prononcer plutôt en faveur de la méthode en remontant, qui est appliquée : soit par grandes chambres de faible hauteur à la Grand’Maison, soit par petites chambres1 préalablement encadrées d’un réseau de galeries à la Forêt.
- Notre dessin (n° 2) montre comment l’on opère à la Forêt en abattant successivement, à partir du bas et sur toute la largeur de la chambre, une série de tranches de 5rn,50 de haut. En haut, sur un plancher volant soutenu par des tiges de fer au toit d’ardoise, des hommes forent des coups de mine. Au-dessous d’eux, on voit le front de taille momentané, de 5m,50 de haut, qui, peu à peu, recule à mesure que le travail se poursuit. Plus bas encore, une bande noire représente la partie supérieure du vide créé par l’exploitation de la tranche inférieure enlevée auparavant, le reste de ce vide ayant été comblé par des remblais qui forment le sol; et, sur ces remblais, repose, à droite, un gros bloc d’ardoise que l’on va débiter pour l’emporter ensuite, par fragments suffisamment réduits, sur un petit chariot bas placé sur des rails.
- Là encore l’éclairage est fait à la lumière électrique, au moyen de lampes à incandescence suspendues par un cordon qu’on remonte à la voûte avec de petites poulies avant de tirer les coups de mine.
- Quand les blocs d’ardoises ont été abattus par l’une quelconque de ces méthodes et extraits au jour, à l’ù haut, comme on dit à Angers, il reste à les façonner.
- Le travail de l’ardoise pour couvertures doit être fait sur place avant que l’ardoise n’ait séché, n’ait, en perdant son eau, perdu aussi de sa fissilité. Le bloc est d’abord répartonné à coups de ciseau en dalles épaisses de la surface d’une ardoise. Puis le lendeur, assis sous un tue-vent, les pieds dans d’épais sabots, les jambes enveloppées de chiffons pour éviter de se blesser, place le fragment de schiste entre ses jambes; et, armé d’un ciseau très mince et d’un maillet, il frappe sur la tranche pour en détacher des feuillets, des fendis. On n’a plus alors qu’à donner à ce fendis sa forme et ses dimensions : ce qui se fait au moyen d’un dolleau, couteau en fer très lourd, dont l’extrémité est passée à un
- 1 Les chambres, au nombre (l’une vingtaine, sont tracées, tout d’abord, eu tenant compte des joints, délits, etc,... afin d’éviter, plus tard, les glissements.
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- anneau et qui se rabat contre le rebord d’un billot.
- Les ouvriers sont si habitués à ce travail qu’ils arrivent à le faire très rapidement, à raison de 700 à 800 ardoises par jour. Mais, plus on augmente les dimensions de l’ardoise, comme c’est la tendance aujourd’hui pour lutter contre la concurrence des tuiles mécaniques, plus l’opération devient délicate; et cette question des ardoises de grande dimension, dites grandes anglaises, est une source de conflits fréquents entre patrons et ouvriers. On estime qu’un ouvrier d’à haut gagne de 2fr,75 à 5fr,50 par jour, un ouvrier d’à bas de 5 à 4 francs.
- 11 nous resterait encore beaucoup à dire sur les curieuses coutumes ouvrières qui se sont perpétuées à Angers, depuis le moyen âge jusqu’à ces dernières années et ne disparaissent que lentement une à une1. Mais c’est un sujet que nous ne voulons pas aborder ici et nous nous contenterons de quelques chiffres statistiques pour terminer cette curieuse étude.
- En 1895, les ardoisières de Maine-et-Loire ont occupé 1054 ouvriers au fond,
- 2185 au jour; en tout 5219, sur lesquels 1511 fen-deurs.En 1891, un total de 2749 se divisait en 2121 pour le centre d’Angers (Tré-lazé), 109 pour la Pouëze, 584 pour la Forêt et 155 pour Misengrain ; ces 2749 ouvriers avaient produit, dans l’année, 159 820 047 ardoises valant 5 555 257 francs.
- Les chiffres de 1895 correspondent aune certaine reprise dans cette industrie qui avait subi, depuis quelques années, une très sérieuse crise, motivée notamment par la concurrence des tuiles mécaniques ; à la suite d’une réduction dans la production, les prix ont pu être un peu relevés. L. de Launay.
- LA SCIENCE PRATIQUE
- FOURNEAU A ESSENCE MINÉRALE
- Nous avons décrit, il y a quelque temps2, un fourneau à essence minérale qui pouvait rendre de grands services pour les usages de la cuisine et même du laboratoire, en raison de la quantité de chaleur qu’il pouvait fournir. Le premier modèle que nous avons signalé présentait quelques inconvénients à côté de
- * Voy. Blavier (1863), Sur l'industrie ardoisière d’Angers.
- 2 Voy. n° 1020, du 17 décembre 1892, p. 43.
- tous les avantages mentionnés. L’inventeur, M. Ti-roloy, en utilisant les mêmes principes de la combustion d’un mélange d’air et de gaz extrait par distillation sur place de l’essence minérale, a donné à son appareil une nouvelle forme beaucoup plus pratique sur laquelle nous croyons devoir attirer l’attention de nos lecteurs. La figure ci-dessous donne une vue d’ensemble de l’appareil. L’essence minérale est contenue dans le récipient R, muni de l’ouverture A. Les deux poignées G et 1) servent à régler l'entrée d’air; le gaz ainsi élaboré brûle à la partie supérieure dans deux couronnes concentriques. Pour mettre l’appareil en fonction, il suffit de remplir le récipient d’essence minérale, de verser en R un peu d’alcool, d’enflammer ce dernier pour réchauffer quelques instants l’appareil, et d’allumer enfin le gaz à sa sortie, en réglant les entrées d’air par les clefs 1 et 2.
- Nous avons effectué sur ce dernier modèle quelques expériences dont nousvoulons faire connaître les résultats. Deux minutes exactement suffisent pour mettre l’appareil en pression. Un litre d’eau à la température initiale de 15 degrés demande entre 5 et 6 minutes pour bouillir à 100 degrés. Unrécipient contenant 7 litres d’eau a été placé sur le fourneau ; en 5 minutes, l’eau était portée à 21 degrés, en 14 minutes, à 45 degrés, en 16 minutes à 50 degrés, et en 28 minutes à 100 degrés. L’essence minérale employée était de l’essence ordinaire à 0fr,70 le litre à Paris; la dépense a été environ de 100 centimètres cubes, soit 0fr,07, pour 10 litres d’eau bouillante. Avec un modèle de fourneau à trois couronnes, 58 minutes exactement ont suffi pour faire bouillir 50 litres d’eau à 15 degrés, avec une dépense de 528 centimètres cubes d’essence, soit0fl,25. En province, l’économie serait encore plus sensible, le litre d’essence ne revenant qu’à 0fr,50 ou 0lr,40 le litre. Ces derniers résultats, obtenus par un fourneau d’un maniement très pratique, sont des plus satisfaisants. Ce petit appareil peut également s’adapter à un petit calorifère sans cheminée. Plusieurs autres fourneaux semblables ont été fabriqués depuis quelque temps ; M. Renaut nous en a soumis un modèle qui a la même utilité. J. L.
- Fourneau à pétrole pour les usages domestiques. — A gauche, vue d’ensemble du fourneau. — A droite, détail de la flamme allumée pour échauffer l'essence.
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- CHÂSSIS TRANSFORMATEUR DE PHOTOGRAPHIES
- La première occupation d’un amateur photographe, dès qu’il est en possession de son appareil, est en général de l'aire le portrait de sa famille et de ses amis. Mais lorsqu’il les a représentés isolément et en groupe dans des costumes variés, ce ipii est assez vite fait avec les procédés rapides dont on dispose aujourd’hui, i 1 est bien obligé de se rabattre sur d’autres travaux.
- Un amateur de nos amis, M. E.
- Archdeacon, s’est demandé s’il ne serait pas quelquefois amusant de pouvoir tirer parti des clichés obtenus pour en faire des caricatures, et il a été amené à imaginer dans ce but un appareil ingénieux qui permet en outre quelques autres applications intéressantes.
- Plusieurs procédés permettant d’obtenir des photographies caricatures ont déjà été décrits; mais en général, ils nécessitent l’emploi de la chambre et de l’objectif; tandis qu’ici, cela n’est pas nécessaire et l’appareil s’applique simplement à un procédé de tirage des clichés ordinaires qu’on possède déjà, ce qui est un avantage.
- Le châssis transformateur est un dérivé de l’obturateur de plaques qui a été décrit : on se souvient qu’il se compose d’un rideau percé d’une fente étroite passant rapidement, pendant la pose, aussi près que possible de la glace sensible.
- L’image est ainsi faite par sections successives, et, si la fente se déplace trop lentement par rapport à la vitesse du sujet photographié, il y a des déformations qui varient suivant que la fente marche dans le même sens, en sens inverse ou perpendiculairement à la direction du modèle; ces déformations peuvent être très petites, et a peine perceptibles, si l’on a soin de donner mie grande rapidité à la lente et de bien choisir le
- sens du mouvement. Le châssis transformateur au contraire, bien loin de chercher à atténuer ces défauts, les exagère et permet de les varier.
- Il se compose de deux cadres R (lig. 1, n°l) montés à charnière et s’ouvrant comme un livre ; dans l’un d’eux coulisse une planchette A, sur laquelle on monte le papier sensible R (papier au gélatino-bromure qui s’impressionne rapidement et donne une image par développement); dans l’autre cadre coulisse une seconde planchette E, sur laquelle on fixe le cliché G à déformer. Le papier sensible et le cliché deviennent ainsi solidaires des planchettes et suivent leur mouvement. Entre les deux, on place un papier noir D percé d’une fente étroite F, dont on peut varier la forme à l’infini : droite, oblique, sinueuse, etc Ce papier est pincé entre les deux cadres lorsqu’ils sont refermés (fig. 1, n° 2) et demeure immobile quel que soit le mouvement des planchettes A et E.
- C’est du déplacement de celles-ci que dépendra l’importance de la déformation, qui sera dans le sens de la hauteur ou de la longueur du cliché, suivant la position dans laquelle on [aura fixé celui-ci sur sa planchette.
- Les choses étant ainsi disposées dans le cabinet noir, on comprend que si l’on expose le cliché au jour et qu’on tire en même temps sur les deux planchettes en leur donnant la même vitesse, les différentes parties du cliché s’impressionneront au travers de la fente sur les parties correspondantes du papier sensible et au développement on n’aura aucune déformation. Mais il n’en sera pas de même si le papier sensible n’a pas la même vitesse que le cliché : s’il va plus lentement, l’image sera ramassée sur elle-même; s’il va plus
- Fig- 2.
- Fac-similé d'une photographie allongée obtenue avec le châssis transformateur.
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- vite elle sera allongée (fig. 2); et, si la fente est sinueuse au lieu d’être droite, on peut s’imaginer à quel effet bizarre on arrivera. Il est facile de calculer à l’avance la déformation qu’on obtiendra en déterminant la vitesse relative des deux planchettes. Pour arriver à donner pratiquement et facilement cette vitesse, on se sert d’une sorte de pantographe II (fig. 1, n° 2), fixé sur le côté de l’appareil.
- Peux tringles M et N viennent s’attacher aux anneaux qui terminent les planchettes, et deux pinces à vis permettent de les arrêter le long d’un levier dont le point d’appui est sur le prolongement de 11. On comprend que si l’on tire sur l’extrémité libre de ce levier, la vitesse de chaque planchette sera en raison directe de l’éloignement du point d’attache de la tringle qui y correspond, au point d’appui du levier. Ainsi, dans la position représentée sur la figure, la planchette E, ou le cliché, ira moins vite que la planchette A, on le papier sensible; l’image sera allongée et cela de la quantité exacte qu’on aura désiré.
- Il en résulte qu’on peut par ce procédé arriver à avoir des images agrandies sans déformation; il suffira en effet de les allonger d’abord dans un sens et ensuite dans l’autre de la même quantité. Pour cela on mettra une plaque sensible au lieu du papier sur la planchette A et l’on fera un positif sur verre, doublé par exemple en hauteur. Avec ce positif on fera par contact un négatif qui, disposé ensuite dans l’appareil [tour être doublé en largeur, donnera en fin de compte sur le papier une image non déformée et agrandie du double du cliché primitif.
- On remarquera aussi qu’une déformation très faible peut être considérée souvent comme une simple retouche; dans le cas, par exemple, d’une figure trop allongée on pourra utiliser le châssis pour obtenir un léger raccourcissement, et réciproquement une personne trop grosse pourra aussi être amincie, sans aller jusqu’à la déformation.
- Si, au lieu de se contenter de faire simplement du tirage par ce procédé, on voulait avoir un cliché direct, il faudrait monter l'appareil sur la chambre noire, le cliché G étant supprimé et la fente pouvant être mobile, transformations qui nous ramènent à l’obturateur de plaque. M. E. Archdeaeon a conçu de cette façon une méthode bizarre permettant d’obtenir un panorama entier de 560 degrés ramassé sur une plaque de '15x18 et, de le reconstituer ensuite au tirage dans ses dimensions normales. Supposons un appareil pivotant autour de son axe, comme l’appareil Damoiseau, par exemple. Pendant qu’il fait une révolution complète, la lente se déplace dans le même sens, mais avec une vitesse moins grande, calculée de telle sorte, qu’elle ait pendant ce temps parcouru la totalité de la plaque. Dans ces conditions, le panorama tout entier se trouve imprimé sur la plaque sensible, mais l’image obtenue est rétrécie. Le rapport entre 560 degrés et
- l’angle embrassé par l’objectif donne l’importance de la réduction. Si P objectif embrasse, par exemple, un angle de 90 degrés, le rétrécissement de l’image sera du quart; avec le procédé décrit plus haut, il suffira donc d’agrandir le cliché de quatre fois dans le sens de la largeur pour avoir un positif représentant le panorama sans déformation.
- Nous ajouterons que jusqu’à présent l’essai de cette application originale du châssis transformateur n’a pas été fait, mais nous avons tenu à la citer pour montrer toute la ressource (pie peut présenter ce mode de tirage. G. Mareschal.
- CHRONIQUE
- La chaleur reçue du soleil. — Depuis onze ans exactement, MM. Hoiulaille et Sémichou poursuivent des observations régulières sur la mensuration des quantités de chaleur rayonnée sur la terre. Il résulte de leurs recherches que la plus faible radiation solaire a lieu en décembre ; elle augmente ensuite d’une manière continue pour atteindre un maximum principal au mois d’avril; puis elle diminue et n’arrive aux mois de juin et de juillet qu’à des valeurs à peine supérieures à celle du mois de mars; elle diminue encore en août, puis se relève au mois de septembre, pour décroître bientôt d’une manière continue jusqu’à la fin de l’année. Les variations accidentelles de l’état atmosphérique peuvent quelquefois déplacer un peu les dates des maxima et des minima; c’est ainsi qu’en 1895 le régime de l’iiiver a suivi à peu près la marche normale, mais les grandes sécheresses du printemps et de l’été, en augmentant la transparence calorique de l’atmosphère, ont retardé le maximum principal, qui s’est produit en mai; l’été et l’automne ont donné des valeurs supérieures à la moyenne, mais un relèvement s’est produit, comme d’habitude, en septembre.
- Les agaves comme plantes défensives. — La
- prise de Tombouctou, si importante au point de vue de nos relations avec l’intérieur de l’Afrique, a donné à M. Naudin l’occasion d’appeler l’attention sur le rôle défensif que certaines espèces d’agaves pourraient remplir pour protéger les propriétés privées, comme pour mettre les villes du Sahara, les oasis et les postes militaires à l’abri des incursions des Touaregs et autres forbans du désert. « Il y aurait un moyen de les arrêter, dit le savant botaniste, et de restreindre de plus en plus le champ de leurs incursions, ce serait de leur fermer les abords des lieux habités par des plantations d’Agaves, à travers lesquelles ils n’oseraient pas s’aventurer. L’Agave commune pourrait rigoureusement y suffire, mais il en est une autre, l'Agave blanche (Agave applanata), bien autrement armée et qui semble avoir été créée tout exprès pour décourager les brigandages. Qu’on se figure une plante de la taille de l’Agave d’Amérique, dont les feuilles, dressées, raides comme du bois, sont garnies, de chaque côté, de solides crochets et terminées à leur sommet par un dard rigide, très aigu et presque aussi dur que du fer, capables d’éventrer hommes, chevaux et chameaux. Il est de toute évidence, pour qui la connaît, qu’une ceinture de cette Agave, sur deux ou trois rangs d’épaisseur, et même sur un seul rang, serait inabordable à une armée. Pour y faire une trouée, il faudrait de l’artillerie et les pirates du désert ne traînent pas d’artillerie avec eux. ))
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 16 juillet 1894. — Présidence de M. Lœwv.
- Caractères spécifiques des orangs-outangs. — M. Milne-Edwards expose que la connaissance des caractères spécifiques des grands singes anthropomorphes est très imparfaite parce que ceux de ces animaux qui sont amenés en Europe sont très jeunes et n’v vivent que quelques mois, de telle sorte que les savants ne disposent jamais de sujets adultes. Quant à ceux qui sont tués sur place, les chasseurs n’en recueillent que le squelette ou la peau. Cette lacune vient d’être comblée pour les orangs-outangs. Deux de ces singes à l’état adulte, dont l’un même présentait presque les caractères de la vieillesse, ont été exhibés l’hiver dernier au Jardin d’Acclimatation, après avoir été promenés dans les principales villes d’Europe. Ces deux animaux moururent l’un après l’autre, à quelques jours d’intervalle, d’une sorte de grippe infectieuse. M. Milne-Edwards acquit le cadavre du plus âgé et put même disséquer celui de l’autre animal. Des moulages en plâtre furent pris. M. Milne-Edwards associa à ses recherches MM. Deniker et Boulart qui se chargèrent de l’étude des sacs laryngiens, et M. Delisle qui prit l’ostéologie. Le plus âgé des deux orangs-outangs est le plus grand de tous ceux qui ont été inensurés; sa taille, de la tète au talon, atteignait lm,40, son poids 75kB,5. La tète, le tronc, les membres supérieurs sont ceux d’un géant, les membres inférieurs ceux d’un nain. Le second avait l’-jSS et pesait 08 kilogrammes. Une des singularités de ces singes est la croissance de loupes de chaque côté de la tète, sur la région des joues. Ces loupes sont l’apanage de la vieillesse. Très développées chez l’aîné de ces deux orangs, elles existaient à peine chez le plus jeune. Elles ressemblent beaucoup à la bosse du chameau, du bison ; enfin elles jouissent de la propriété de pouvoir se déplacer à la surface des joues suivant les impressions du sujet. L’étude des sacs pharyngiens a montré que cet organe est double, mais l’un des sacs est plus développé et chevauche sur l’autre. La capacité du grand sac est considérable ; chez le plus gros des orangs elle dépassait 9 litres. L’animal peut y accumuler de l’air et parait s’en servir comme d’un coussin dans le repos. Les sacs pharyngiens semblent également jouer un rôle dans la production des rugissements que rend l’animal. Le cerveau du vieil orang pesait 400 grammes, ce qui est peu comparativement au cerveau humain dont le poids moyen est de 1350 grammes. Les mains sont énormes ; le pouce de la main, comme celui du pied, est très court. L’animal ne peut s’en servir pour l'opposer aux autres doigts. Les muscles des doigts sont très courts, de sorte que dans la position naturelle les doigts sont fléchis. Cette circonstance explique comment ces singes restent suspendus par les mains à des branches d’arbres, bien qu’ayant reçu plusieurs balles dans le corps. En somme, conclut M. Milne-Edwards, l’homme est plus éloigné de l’orang-outang que du chimpanzé et du gorille.
- Le chrome affiné. — M. Moissan a effectué de nouvelles recherches sur le chrome, dans le but de préciser ses propriétés dans ses différents étals de pureté. Il prépare le chrome en traitant, dans le four électrique, un mélange de sesquioxyde de chrome et de charbon. Le métal ainsi préparé, s’il est saturé de carbone, peut en contenir 13 pour 100 à l’état de carbure. L’affinage de cette fonte est très difficile; cependant on le réalise dans le four électrique en présence de la chaux liquéfiée. Le chrome ainsi préparé ne contient plus que 1,5 pour 100
- de carbone. Pour obtenir le chrome pur, il faut fondre, dans le four électrique, la fonte en présence d’un oxyde double de calcium et de chrome. La fonte de chrome à 5 pour 100 est très dure; elle fond à une température supérieure à celle du platine. Le métal fondu ressemble au mercure. M. Moissan en montre un lingot de 20 kilogrammes. Cette fonte résiste très bien aux acides concentrés mais non point aux acides étendus. Les nitrates et les chlorates l’attaquent. Le chrome se combine avec facilité au silicium et donne un alliage très dur qui polit le rubis. Cet alliage est inattaquable par l’eau régale, la potasse fondue, les acides. On peut également préparer un borure de chrome très pur. La fonte de chrome, à 1200 degrés, décompose l’acide carbonique en s’emparant du carbone. À une température très élevée, l’oxyde de carbone est lui-même réduit. La préparation industrielle du chrome permettra la fabrication d’alliages très remarquables : celui de l’aluminium et celui du cuivre par exemple. Le cuivre chromé à 0,5 pour 100 garde l’éclat du cuivre mais possède une grande dureté.
- Ivoires sculptés préhistoriques. — MM. Piette et de Laporterie adressent des photographies d’ivoires sculptés, provenant de couches quaternaires du département des Landes. Ces objets ont été trouvés dans des terrains non remaniés au milieu de débris d’ossements de Mammouth, de Rhinocéros, etc... Le plus remarquable est une petite tète en ivoire de Mammouth d’une exécution habile. La forme rappelle la race mongolique. Une autre figurine représente le corps d’un homme, une autre celui d’une femme. Les seins sont pendants, le ventre et les hanches proéminents de telle sorte que l’ensemble rappelle le corps de la venus hottentote.
- Le mécanisme de la ponte des acridiens. — On sait que les œufs des acridiens sont enfouis dans le sable à une profondeur de 3 centimètres environ. M. Künckel d’iler-culais s’est appliquer à déterminer le mécanisme de cet enfouissement. Au moment de la ponte, l’insecte avale de l’air qui gonfle le tube digestif et distend l’abdomen de façon à lui donner une longueur de 3 à 4 centimètres. L’animal s’arc-boute sur le sol et enfonce son abdomen comme un pieu, par saccades et non à la façon d’une tarière . On peut à l’aide d’une seringue de Pravaz retirer l’air qui gonfle le tube digestif; on voit alors l’abdomen reprendre son volume normal.
- Varia. — M. Arloing signale la variabilité morphologique du microbe pathogène de la péripneumonie bovine (bacillus liquefaciens bovis). M. Sappey montre le rôle important des fragments siliceux ou des débris de porcelaine et de verre dans le mécanisme de la digestion chez les autruches et les gallinacés. Ch. de Villedeuil.
- CURIEUSE EXPÉRIENCE D’ÉLECTRICITÉ
- ILLUMINATION d’uNE ORANGE
- Nous allons décrire une expérience de cours du plus bel effet, que nous a montrée M. G. Limb, préparateur de M. le professeur Lippmann a la Sorbonne.
- On place sur un support isolé une orange, que l’on pique à scs deux pôles au moyen d’aiguilles mobiles portées, par l’intermédiaire d’un genou, sur des pieds de verre. L’une des aiguilles est en communication avec l’armature extérieure d’une
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- forte batterie de bouteilles de Leyde, que l’on charge à l’aide d’une machine de IIollz. Notre figure 1 donne la disposition de l'expérience; l’orange est sur un support au premier plan. Lorsqu’on a accu-
- mulé une quantité d’électricité suffisante, on applique une branche d’un excitateur contre l’aiguille, tandis qu’on approche l’autre du pôle intérieur des bouteilles. Une forte étincelle éclate, en même temps
- Fig. 1. — Disposition de l’expérience d’une orange électrisée, au laboratoire de physique de la Sorbonne.
- que l’orange s’illumine d’une vive lueur rouge, qui lufdonne l’aspect d’un globe de feu (fig. 2, à gauche.)
- Si l’on répète l’expérience |cen tournant l'orange de telle sorte que son axe soit perpendiculaire à la direction des aiguilles, la décharge la contourne sansj’illu-miner (fig. 2, à droite).
- Ce dernier fait s’explique par la dilïérence de résistance des fibres dans les diverses directions; il n’est pas isolé, mais constitue, au contraire, une propriété générale des corps ligneux.
- La dilïérence du résultat des deux expériences montre que la plus grande partie de la décharge passe «à l'intérieur de l’orange; en effet, si elle passait par la peau, ou même immédiatement au-dessous, la position des aiguilles serait indifférente.
- 11 paraît donc probable que la lumière se produit à l’intérieur du fruit, et travers^entièrement l’écorce,
- qui se montre ainsi plus transparente à la hauteur de l’étincelle qu’on n’eût pu le croire de premier abord.
- Les décharges dans le sens de l’axe endommagent très peu l’orange; en revanche, lorsque, par exception, une étincelle la traverse dans la direction perpendiculaire, elle la met en lambeaux, et l’orange ne tarde pas à se gâter. L’expérience réussit presque aussi bien avec d’autres fruits, qui s’illuminent de teintes diverses. C. E. G.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier.
- Paris. — Imprimerie Lahure. rue de Fleuras. M.
- Fig. 2. — L’orauge électrisée ; à gauche, l’orange ollïe l’aspect d’un globe de feu ; à droite, la décharge entoure l’orange sans l’illuminer.
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- N* H 0 4. — 28 JUILLET 1894.
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- TOITURES AUTOMOBILES
- LE CONCOURS DU (( PETIT JOURNAL ))
- En organisant le concours de voilures sans chevaux1, le Petit Journal a pris une heureuse et. intéressante initiative, conforme d’ailleurs, aux préoccupations constantes qui font le succès de cet organe populaire : pousser au développement'des exercices en plein air par le cyclisme et par la marche; [tousser au développement du bien-être social par la locomotion, individuelle ou collective, facilitée sur les grandes routes au gré de chacun.
- Après la course vélocipédique de Paris-Brest en 1891, celle de Paris-Belfort en 1891, le concours de voitures sans chevaux de 1894 est la troisième épreuve d’une série que nous souhaitons longue et prospère. L’annonce de ce concours eut lieu le 19 décembre avec un programme des plus simples, et que voici, en substance : concours international; propulseurs mécaniques de toutes sortes; voitures de toutes formes; nombre de placés ad libitum avec un minimum de deux places; expériences'préliminaires sur mi parcours de 50 kilomètres environ, avec une vitesse de 12km,500 par heure, sans qu’il soit tenu compte d’une vitesse supérieure;
- Crémière journée du concours des voitures automobiles. — Préparation du départ au boulevard Maillot, à Neuilly, le 19 ju.ilcl 199r. Au premier plan, voiture à pétrole Peugeot n° 27 (un des premiers prix). (D’après une photographie.)
- épreuve définitive sur la route de Paris à Rouen, sur une distance de 126 kilomètres; engagements acceptés à partir du 29 décembre 1895 jusqu’au 50 avril 1894; concours réservé exclusivement aux inventeurs et aux constructeurs de voitures mécaniques. Le premier prix du concours sera attribué, littéralement, à la voiture sans chevaux qui remplira ces conditions : ü'ètre, sans danger ', aisément maniable pour les voyageurs et de ne pas coûter trop cher sur ta route.
- Les voitures sont jugées exclusivement par le personnel de la rédaction et de l’administration du Petit Journal qui s’est adjoint, à titre de conseils, un certain nombre d’ingénieurs qui ont assisté aux
- 1 L’énumération des récompenses et des prix de ce concours est donnée plus loin, eu tète de notre chronique. (Voy. p. 142.)
- ti aimée. — 2^ sumidre.
- expériences et communiqué leurs avis techniques et les résultats de leurs observations aux jurés qu’ils accompagnaient dans les différentes épreuves.
- , Dix mille francs de prix doivent être distribués, le premier prix de 500U francs est offert par le Petit Journal; quatre autres prix dont les valeurs respectives sont de,2000, 1500, 1000 et 500 francs, sont dus à la libéralité de M. Marinoni.
- Les engagements enregistrés à la date du 50 avril atteignirent le nombre imposant de cent deux véhicules, mais au moment des épreuves qui ont eu lieu les 19, 20, 21 et 22 juillet, quarante-sept concurrents seulement se présentèrent. Le temps, qui est un grand maître, élimina successivement tous les concurrents fantaisistes, tels que les moteurs à pesanteur, à leviers; utilisant le poids des voyageurs,
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- les voitures utilisant la vapeur, l’air comprimé ou le gaz indistinctement (sic),tous concurrents dont le système était peu apte à subir les épreuves, sévères en somme, imposées parle Petit Journal; le temps élimina aussi eeux qui, ayant trop présumé de leurs forces, netaient pas prêts dans les délais voulus, malgré une première remise de la date des épreuves accordée, sur la demande des intéressés, le concours ayant été fixé primitivement au 9 juin. Reprogramme a été fidèlement et ponctuellement suivi.
- La première journée d'épreuves préliminaires, le jeudi 18 juillet, comptait 25 concurrents inscrits, dont 17 prirent part à la course sur quatre itinéraires distincts tirés au sort. 15 voitures furent admises à prendre part aux épreuves définitives. La deuxième journée, vendredi 19 juillet, les 27 concurrents inscrits quelques jours auparavant se réduisaient à 20, dont six seulement partirent et furent tous admis aux épreuves définitives. La troisième journée réservée aux retardataires des deux jours précédents ne put réunir que deux concurrents qui furent admis, ce qui porta le nombre total des véhicules pouvant participer aux épreuves définitives à vingt et un.
- C’est un résultat des plus satisfaisants lorsque l’on tient compte des difficultés spéciales du problème.
- Quels sont, en effet, les systèmes moteurs — en petit nombre — auxquels on peut avoir recours pour mouvoir un véhicule autonome? Ces systèmes peuvent se diviser en deux classes, suivant que l’énergie nécessaire à cette propulsion est emmagasinée dans un réservoir, prête à produire son action à un moment quelconque, avec une puissance instantanément variable à volonté, ou que cette énergie est produite à chaque instant en utilisant, généralement sous forme de combustible, une énergie d’affinité chimique ou de combinaison qui trouve, tout porté dans l’air qui nous environne, le comburant complémentaire indispensable.
- Dans la première classe peuvent se ranger les ressorts, l’air comprimé et les accumulateurs électriques. La faible puissance d’emmagasinement des ressorts les rend inapplicables ; il en est de même de l’air comprimé et aussi, eu égard à la distance, des accumulateurs électriques.
- Il faut de plus, pour tous les réservoirs d’énergie, des usines de rechargement qui font et feront encore longtemps défaut, quel que soit le procédé employé, chaque fois que le véhicule sera, par destination, obligé de fournir de longues courses sans rentrer au bercail. Ainsi s’explique l’absence de voitures électriques dans le concours du Petit Journal. La voiture à accumulateurs électriques est bien, à notre avis, le fiacre de l’avenir, mais de longtemps encore, elle ne saurait prétendre au rôle de voiture d’excursions.
- Dans la seconde classe peuvent se ranger les systèmes moteurs qui produisent directement leur énergie, sans emmagasinement préalable, et qui utilisent l’énergie d’affinité chimique d’un combustible en passant par la chaleur, soit directement (moteurs à pétrole, à gazoline, à air chaud), soit
- indirectement, en passant par la vapeur d’eau, produite par la combustion de la houille, du coke ou du pétrole, ou même par la vapeur de pétrole produite par la combustion de cette vapeur1.
- Les moteurs h vapeur de pétrole ne sont pas encore très employés, les moteurs à air chaud, chauffés au coke, sont trop lourds, trop encombrants et manquent de souplesse dans leur puissance ; ils se trouvent donc naturellement éliminés.
- 11 ne reste plus de possible, et le concours l'a démontré, (pie les systèmes suivants :
- 1° Moteurs à pétrole; 2° moteurs à vapeur, chauffage au coke; 5° moteurs à vapeur, chauffage au pétrole.
- Le coke et le pétrole sont des combustibles que l'on rencontre partout, d’un arrimage facile et d’un prix abordable, malgré les droits élevés qui atteignent le précieux combustible liquide; l’eau fait rarement défaut. Ces trois systèmes sont donc sensiblement équivalents à ce point de vue : c’est l’ingéniosité de l’amateur et l’habileté du constructeur qui peuvent établir des différences qu’il ne convient pas de préjuger; il faut que l’on connaisse toutes les conditions de fonctionnement du système.
- Les véhicules ayant subi avec succès toutes les épreuves sont au nombre de 15. Au point de vue du système, ils se décomposent ainsi :
- Moteurs à pétrole et gazoline, 45; moteurs à vapeur d’eau, chauffage au coke, 2.
- Les quinze heureux concurrents, partis à 8 heures du matin de Paris, sont arrivés à Rouen, dans les limites fixées par le concours, avec une vitesse réelle bien supérieure à 12km,500 par heure, puisque la vitesse commerciale (arrêts compris) du véhicule le plus lent, a encore dépassé ce chiffre.
- Yoici, par ordre d’arrivée et par heure, la liste de ces
- quinze voitures :
- MM.
- N°* 4 de Dion, 4 places, vapeur..........ôHO"1
- — 65 Peugeot, 4 places, pétrole.........5h45m
- — 28 Peugeot, 4 places, pétrole.........5h50“
- — 15 Panhard et Levassor, 4 places, pétrole . 6h05m
- — 51 Peugeot, 5 places, pétrole.........6h07m
- — 42 Le Brun, 4 places, pétrole.......61,24”’
- — 15 Panhard et Levassor, 2 places, pétrole . 6I,50“
- — 64 Panhard et Levassor, 4 places, pétrole . 6h49m
- — 55 de Bourmont, 4 places, pétrole . . . . 7h01m
- — 30 Peugeot, 3 places, pétrole ...... 7h02m
- — 24 Yacheron, 2 places, gazoline......7h03ra
- — 27 Peugeot, 2 places, gazoline........7h05m
- — 14 Panhard et Levassor, 4 places, pétrole . 7h10m
- — 85 Roger, 4 places, pétrole...........8h09m
- — 60 Le Blant, 8 places, vapeur.........8b50m
- Ce sont des systèmes déjà vus, depuis longtemps expérimentés, qui se sont partagés les 40 000 francs de prix. Ce résultat était prévu depuis longtemps.
- 1 Nous ne parlons pas ici des piles hydro-électriques : si le combustible dont elles font usage, le zinc, est relativement léger, par contre, le comburant qu’elles doivent emporter avec elles est extrêmement lourd. Le renouvellement de ces produits est aussi fastidieux et aléatoire.
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- Nous ferons connaître, dans un prochain article, les qualités propres à chacun des appareils récompensés dans ce tournoi pacifique, qui a obtenu tant de succès.” E. Hospitalier.
- LES RATONS CATHODIQUES
- Beaucoup de nos lecteurs se souviennent sans doute de l’émotion que causèrent, il y a une quinzaine d’années, les magnifiques expériences par lesquelles M. Crookes, suivant une voie ouverte par Hittorf, pensait avoir démontré l’existence d’un quatrième état de la matière caractérisé par la liberté presque absolue des molécules. Toutes les expériences fort ingénieuses, instituées par ce physicien éminent, trouvaient dans son hypothèse une explication toute naturelle, qui fut dès lors généralement admise. Peu après les premières publications de M. Crookes, quelques doutes avaient été émis par M. Goldstein au sujet de sa théorie, mais le Mémoire du savant allemand avait passé presque inaperçu ; pour tout le monde l’idée du bombardement moléculaire était restée intacte. Cependant les expériences se poursuivaient, en Allemagne surtout, où successivement l’illustre et regretté Hertz, MM. "Wiedemann et Ebert, M. Jaumann et d’autres savants apportaient de nombreux arguments contre la théorie cinétique du phénomène; aucun d’eux n’avait paru absolument décisif; c’est un Mémoire récent de M. Lenard, élève et préparateur de Hertz, qui paraît avoir démontré l’erreur dans laquelle était tombé M. Crookes, erreur bien pardonnable puisque’ l’ensemble du monde savant, y avait participé, et des hommes comme Lord Kelvin et sir Georges Gabriel Stokes ont rompu plus d’une lance en sa faveur.
- Depuis longtemps déjà, bon nombre de physiciens ne parlent plus de matière radiante; les phénomènes dont nous nous occupons sont désignés sous le nom de rayons cathodiques afin de n’impliquer aucune théorie particulière ;‘ c’est le nom que nous conservons dans cet article à ces rayons qui s’échappent de la cathode à la manière d’un projectile, et que l’on croyait être des molécules en mouvement. Le phénomène principal sur lequel reposait la théorie de M. Crookes est que les rayons cathodiques se produisent dans des tubes ayant un degré de vide suffisant pour que le trajet rectiligne des molécules devienne mesurable, et cependant non pas assez parfait pour que la cathode ne puisse plus attirer et repousser les molécules en quantité assez grande pour que le phénomène reste visible.
- La genèse des rayons cathodiques reste entourée de mystère ; les conditions indiquées par M. Crookes n’ont pu être que vérifiées, sans qu’on ait du reste découvert dans la présence de la matière pour la production des rayons cathodiques une relation de cause a effet; mais en revanche, on a pu montrer que la présence d’un gaz, sous une pression comparable à la pression atmosphérique, n’est, pas plus que le vide parfait, un obstacle à la propagation de ces rayons.
- Sur ce point, les expériences de M. Lenard sont décisives ; elles sont si importantes qu’il convient de les décrire en détail.
- Hertz a montré, il y a quelques années déjà, que les rayons cathodiques traversent successivement plusieurs feuilles de métal absolument imperméa-ldes à la lumière, et qu’ils continuent à se propager en ligne droite dans le tube où on les produit. C’est dans une modification de cette expérience que M. Lenard a puisé ses meilleurs arguments.
- L’appareil employé pour la production des rayons est représenté dans la figure 1. La cathode C en aluminium est placée dans l’axe du tube, tandis que l’anode A est un cylindre creux de laiton appliqué aux parois. Un conduit latéral 1) mène à la pompe, tandis que l’extrémité du tube opposée aux électrodes est fermée par une calotte de métal percée en son centre d’une fenêtre circulaire F de 1,7 millimètre de diamètre, que l’on recouvre d’une feuille d’aluminium de 5 microns d’épaisseur environ. Cette feuille suffit pour assurer une fermeture absolument étanche tandis que les rayons échappés de la cathode la traversent avec la plus grande facilité; dès lors, rien n’est plus simple que de les observer, soit dans l’air, soit dans un tube évacué (fig. 3) ou rempli de différents gaz.
- Les actions électriques doivent naturellement être évitées avec le plus grand soin dans ces expériences qu’elles pourraient modifier du tout au tout; c’est pourquoi M.. Lenard avait pris la précaution de protéger la fenêtre vers l’intérieur par une capsule Y percée d’une étroite ouverture E (fig. 1, détail en cartouche) tandis que l’appareil entier était entouré d’un écran de métal G communiquant avec la fenêtre et avec l’anode, et conduisant à la terre.
- Avant de décrire les expériences par lesquelles on révèle l’existence des rayons cathodiques autour de la fenêtre, il convient de réfuter quelques objections qui pourraient être faites au raisonnement de M. Lenard. On pourrait penser d’abord que la fenêtre elle-même agit comme une cathode et émet ses propres rayons. Mais outre que ces rayons seraient produits dans l’air, ce qui est contraire à toutes les expériences précédentes, on peut démontrer qu’ils sont entièrement indépendants des forces électriques ordinaires.
- Comme nous le verrons plus loin, les rayons cathodiques agissent sur la plaque photographique tout comme la lumière. Si l’on enferme complètement une plaque dans une boîte métallique dont la paroi antérieure, de quelques microns d’épaisseur seulement, est exposée aux rayons cathodiques, on peut obtenir une impression comme au voisinage de la fenêtre. Du reste, cette dernière n’émet des rayons qu’aux endroits où elle est éclairée de l’intérieur, tandis que, si l’état électriqué de la fermeture était nécessaire à la transmission des rayons, toutes les parties en contact métallique avec la fenêtre deviendraient des centres d’émission.
- Le meilleur procédé pour observer les rayons
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- cathodiques consiste à les faire tomber sur un corps phosphorescent. M. Lenard emploie dans ce but un
- morceau de papier de soie trempé dans une solution de pentadéeylparatolylcétone qui -donne une belle
- lig. 1. — Appareil de JI. Lenard pour la production des rayons cathodiques. — A. Anode. — C. Cathode. D. Tube menant à la pompe. — G. Écran métallique. — Détail : Armature servant à fermer le tube.
- phosphorescence verte sans résidus. Il convient de recouvrir le papier, du côté de l'arrivée des rayons, d’une mince feuille de métal.
- L’action est peu diminuée, tandis t[ue la lumière étrangère est complètement arrêtée. La marche des rayons est très facile à suivre au moyen de cet écran; on peut en effet le placer dans des positions diverses par rapport à la fenêtre et obtenir ainsi diverses coupes de l’espace qui les contient. On observe alors que les rayons se répandent dans l'air comme dans un milieu trouille et diffusant; à peu près comme les rayons lumineux
- pénètrent dans une fumée ou dans un liquide trouble, du lait, par exemple. Les ombres portées
- par des objets opaques sont très indistinctes sur leurs bords, et les rayons empiètent fortement sur leur ombre géométrique.
- Les corps solides se comportent vis-à-vis des rayons cathodiques d’une façon tout à fait inattendue; tandis qile leur pouvoir absorbant pour la lumière varie dans d’énormes proportions, ils ne semblent pas présenter de différences bien considérables pour les rayons cathodiques. Nous avons déjà dit que ces derniers traversent sans difficulté
- Fig. 2. — Disposition il’une plaqua sensible dans une boîte métallique fermée. La plaque est protégée par une lame de quartz et uue bande d'aluminium. A gauche, résultat de l’action des rayons.
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- de minces feuilles de métal ; ils traversent de même du papier peu épais, mais sont arrêtés par du carton. Une lame de quartz d’un demi-millimètre d’épaisseur les absorbe complètement, mais il est problable qu’elle les laisserait passer si son épaisseur n’était que de quelques microns. Les rayons cathodiques ne sont pas directement visibles ; ils n’exercent sur la peau aucune action sensible; ils semblent avoir un goût particulier, mais il est probable que leur action sur la langue n’est due, comme leur odeur apparente, qu’à la production de l’ozone.
- Ces quelques remarques préliminaires étant faites, il convient d’aborder plus eu détail l’étude des rayons cathodiques. L’action photographique de ces rayons est énergique; non seulement ils impressionnent les plaques, mais ils sont même capables de noircir le papier sensible, au voisinage de la fenêtre, avec une rapidité comparable à celle (pie l’on obtient avec un soleil voilé. L’emploi de la méthode photographique permet de déterminer avec plus de précision que le procédé phosphorescent la transparence des corps pour ces rayons. L’expérience suivante est très instructive : une plaque sensible ayant été couverte comme le montre la figure 2, à sa partie inférieure, d’une plaque de quartz d’un demi-millimètre d’épaisseur, et sur la moitié droite d’une feuille d'aluminium absolument opaque, on obtint (en posi-
- tif) le résultat représenté à gauche de la figure. Un voit que la feuille d’aluminium n’avait donné qu’une
- ombre à peine visible, tandis que la lame de quartz avait presque complètement intercepté l’action des rayons. L’attaque, très faible du reste, de la portion de la plaque recouverte seulement par le quartz provient non pas des rayons mais de la lumière phosphorescente émise par l’air; le quart protégé de cette lurqière par la feuille d’aluminium et soustrait à l’action des rayons par la plaque de quartz ne montre en effet pas la moindre trace de décomposition.
- Une autre expérience, dans laquelle la plaque photographique avait été recouverte d’une feuille de carton de 0,5 millimètre d’épaisseur, montra que cette feuille était relativement assez transparente, tandis que les expériences avec l’écran phosphorescent n’avaient pas permis de le constater. On s’assura du reste, en interposant entre le carton et la plaque photographique quelques bandes de métal mince, que l’action était bien due aux rayons cathodiques et non point à la lumière ordinaire. Les actions photographiques sont les seules actions chimiques des rayons que M. Lenard ait observées.
- Les corps électrisés perdent rapidement leur charge sous l’influence des rayons cathodiques; en revanche ceux-ci ne communiquent au conducteur aucune charge. Une cage de Faraday
- Fig. 5. —Tube pour l’observation des rayons cathodiques dans le vide.
- Fig. i. — Appareil pour l’étude de la déviation des rayons cathodiques dans un champ magnétique.
- Fig. 5. — Action d’un champ magnétique sur les rayons cathodiques. — A. Rayons non déviés. — B. Rayons déviés.
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- ou une feuille mince de métal n’empêchent nullement l’action qui est encore très sensible à 50 centimètres de la fenêtre; au contraire une lame de quart/ posée sur la fenêtre arrête le phénomène.
- Les expériences que nous venons de décrire démontrent déjà l’insuffisance de l’hypothèse du bombardement moléculaire pour expliquer les phénomènes dus aux rayons cathodiques ; d’autres recherches de M. Lenard vont nous aider à entrevoir leur véritable théorie. Nous avons dit au début que ces rayons s’observent dans le vide avec la plus grande facilité ; il suffit pour cela d’appliquer contre la lenêtre un tube de verre R (fig. 5) évacué aussi bien que le permettent les meilleures pompes à mercure. Des électrodes placées dans ce tube servent du reste à s’assurer qu’il est impropre à la production des rayons. Lorsqu’on met les deux tubes en communication, on peut produire indifféremment les rayons dans l’un ou dans l’autre ; lorsqu’on actionne le tube primitif, on voit les parois du second s’éclairer au voisinage de la fenêtre; et, l’électrode étant percée d’une ouverture centrale, on aperçoit une taché"lumineuse T à l’autre extrémité du tube, tandis que le gaz qu’il contient montre une faible phosphorescence; si, maintenant, on continue à évacuer le tube d’observation seul, on voit les rayons y devenir de plus en plus faibles et disparaître bientôt lorsqu’on cherche à les y produire dans le tube, tandis que la phosphorescence y devient plus nette lorsque les rayons émanent du tube E. L’expérience peut être poursuivie pendant des heures, sans que le tube B devienne propre à la production des rayons ; il n’v a donc eu aucun transport de matière de E en B.
- Toutes ces expériences établissent d’une façon qui paraît irréfutable le fait énoncé au début, que les rayons cathodiques se propagent sans l’intervention directe de la matière pondérable; les phénomènes sont influencés, comme la lumière, par la présence de la matière, mais ils existent en dehors d’elle, dans le milieu impondérable que l’on nomme l’éther.
- Nous avons vu que l’air agit sur ces rayons à la manière d’un milieu trouble. Il était intéressant d’examiner, à ce point de vue, divers gaz sous des pressions différentes.
- Lorsqu’on fait couler du gaz d’éclairage devant la fenêtre, on observe une augmentation de la transparence du milieu; mais on peut effectuer l’expérience dans de meilleures conditions. Dans ce but, M. Lenard applique contre la fenêtre un tube cylindrique, de lm,5 de longueur, que l’on peut remplir de divers gaz. L’écran phosphorescent, recouvert d’une feuille d’aluminium de 15 microns d’épaisseur, est monté sur un pied en fer, qui permet de le déplacer au moyen d’un aimant. Une bande de mica appliquée contre l’aluminium est destinée à projeter une ombre sur l’écran. Le procédé d’examen du milieu consiste à chercher la position pour laquelle l’écran commence à devenir lumineux autour du mica. Sous les pressions les plus faibles, la phosphorescence peut se produire à plusieurs mètres de
- distance de la fenêtre, et c’est pour obtenir l’extinction dans le tube que l’écran avait été recouvert d’une couche métallique relativement épaisse.
- En introduisant successivement différents gaz dans le tube, on constate que leur pouvoir absorbant augmente régulièrement avec-leur densité, depuis l’hydrogène, qui est le plus transparent, jusqu’à l’acide sulfureux, qui est le plus opaque des gaz examinés. ,
- Lorsque le tube est muni, non loin de la fenêtre, d’un diaphragme à ouverture circulaire, on aperçoit sur l’écran une image de cette ouverture entourée d’un halo plus ou moins intense (fig. 5, n° 1, A). La partie nette de l’image correspond exactement à la projection géométrique de l’espace libre du diaphragme, tandis que le halo est dù à la diffusion des rayons dans le gaz remplissant le tube. Le phénomène est identique à celui que l’on observe lorsqu’on regarde un disque éclairé au travers d’une cuve à parois planes dans laquelle on a placé de l’eau contenant un peu de lait. En diminuant la pression du gaz ou en le remplaçant par un autre de moindre densité, on voit l’image gagner en netteté tandis que le halo devient de moins en moins intense. L’aspect du halo permet de caractériser la diffusion des rayons par le gaz qu’ils traversent. En opérant dans des milieux divers, et sous des pressions très variables, l’auteur est parvenu à ranger ces milieux gazeux par ordre de transparence ; or il se trouve que cet ordre est précisément l’inverse de celui des densités, sans, du reste, que la nature du gaz intervienne en aucune façon; d’où l’on déduit, pour les gaz, cette loi très simple, que l’action sur des rayons cathodiques de même nature ne dépend que des niasses traversées. Mais ces rayons ne sont pas tous identiques; ils diffèrent suivant les conditions de leur production et l’on observe qu’ils se propagent d’autant plus facilement si on les a produits dans un tube plus complètement évacué. Us correspondent à des radiations de longueurs d'ondes diverses, et s’ils sont dus à un phénomène ondulatoire, il paraît évident que la période est d’autant plus courte qu’ils sont engendrés sous plus forte pression.
- Nous avons vu que les rayons cathodiques sont très probablement dus à un mouvement de l’éther; s’il est vrai que les gaz agissent simplement sur eux comme un milieu trouble, on en conclut, par analogie avec les phénomènes optiques, que les dimensions moléculaires ne sont pas négligeables par rapport à leur longueur d’onde.
- On sait depuis longtemps que les rayons cathodiques se dévient dans un champ magnétique. Ce phénomène, parfaitement d’accord avec la théorie de M. Crookes et les idées de Faraday, avait prêté un solide appui à l’hypothèse du bombardement.
- Un raisonnement très simple avait cependant conduit Hertz à exprimer des doutes sur la légitimité de cette explication. Si l’aimant exerce une action mécanique sur des molécules en mouvement,
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- il doit y avoir réciprocité; or on n’observe aucune action des rayons cathodiques sur l’aimant. On peut cependant toujours attribuer un résultat négatif à un manque de sensibilité, et c’est pour cette raison que l’expérience de Hertz ne paraît pas concluante.
- Le phénomène dont nous parlons peut cependant fournir un nouvel argument à la théorie des physiciens allemands; dans l’hypothèse de M. Crookes, la déviation des rayons devrait évidemment dépendre de la nature et de la densité du gaz, au mouvement duquel on les attribue. Or, M. Lenard a effectué, au moyen de l’appareil figure 4, des expériences comparatives sur l’air et l’hydrogène sous des pressions partant de 0,02 millimèti’e et atteignant respectivement 51 et 552 millimètres pour ces deux gaz. Comme dans les expériences précédentes, les rayons sont produits dans le tube E ; ils traversent un premier diaphragme très large, puis un second percé d’une étroite ouverture. Ces rayons sont déviés en passant entre les branches de l’aimant, et forment sur l’écran la tache T dont on détermine la position à l’aide d’une échelle. Les déviations ne montrent aucune marche systématique et paraissent être ainsi, dans de larges limites, indépendantes du milieu gazeux dans lequel elles se produisent.
- On se souvient que les rayons cathodiques diffèrent, au point de vue de la plus ou moins grande facilité avec laquelle ils traversent un milieu trouble. Ils présentent des différences analogues dans leur réfrangibilité à la traversée d’un champ magnétique.
- Le plus souvent l’image du diaphragme déviée par l’aimant (fig. 5, série B) est semblable à l’image non déviée (fig. 5, série A); la partie nette est au centre du halo; mais parfois elle est excentrée et dans ce cas le halo est toujours plus dévié que la tache; parfois même celui-ci se détache complètement de la tache centrale. Dans un gaz très raréfié où l’on n’observe aucun halo, celui-ci devient apparent dès que l’on dévie les rayons (fig. 5, nos 6 et 7) ; il n’est plus alors dù à la diffusion, mais uniquement à l’action plus forte que certains de ces rayons éprouvent de la part du champ magnétique.
- En rapprochant ce phénomène d’un résultat énoncé précédemment, on en conclura sans peine que les rayons cathodiques sont d’autant plus ré-frangibles que leur longueur d’onde est plus faible ; cette analogie avec les phénomènes lumineux ne peut manquer d’être très suggestive; on entrevoit l’étude du spectre des rayons cathodiques, dont le champ magnétique sera le prisme.
- La théorie de M. Crookes, si plausible qu’elle ait paru jusqu’ici, semble aujourd’hui tout à fait insuffisante; nous nous trouvons en présence d’un domaine nouveau, peu exploré, et qui nous réserve bien des surprises. On sait déjà à quoi les rayons cathodiques né sont pas dus et c’est un grand mérite de M. Lenard d’en avoir donné la démonstration. Quelle est leur nature intime? Quel est le rôle mystérieux de la matière dans leur genèse? Telles sont les questions qui se posent aujourd’hui, ques-
- tions auxquelles les physiciens sauront peut-être répondre avec plus de probabilité, lorsque l’expérience nous aura plus complètement renseignés1,
- Cn.-Ei). Guillaume. .
- PÈCHE AUX SAUMONS j
- DAX S LA COLOMBIE BRITANNIQUE (CANADA)
- La riviere 1- raser peut être considérée comme l’une des plus importantes du Dominion Canadien. Ses sources nombreuses se trouvent dans les plus hautes régions de la chaîne des Selkirk qui forme une grande partie des Montagnes Rocheuses et son parcours se fait sans sortir du Canada. Les eaux du Fraser se sont creusé des chemins merveilleux dans des gorges profondes, puis traversent des contrées dont les terres magnifiques donnent la richesse aux colons agriculteurs; elles vont se perdre enfin dans l’océan Pacifique. Les plus importantes industries créées le long de cette rivière consistent dans le lavage de l’or qu’on extrait des mines sur ses rives, et dans les pêcheries des saumons vers son embouchure.
- C’est à New-Westminster, ville nouvelle qui date environ de quarante années, que ces pêches se font dans les plus larges proportions. Cette ville est admirablement située entre des forêts qui sont en pleine exploitation et le Fraser, dont la largeur atteint là plus d’un kilomètre. Un tramway électrique, construit au travers de la forêt, relie la ville de New-Westminster à celle de Vancouver, qui ne date que d’une douzaine d’années et dont nous avons déjà parlé*. La distance est de 19kilomètres : il faut trois quarts d’heure pour la parcourir.
- Il y a plusieurs grandes usines qui vivent de l’industrie du saumon à New-Westminster. Nous parlerons d’une des plus importantes que j’aie pu visiter lors de mon dernier voyage.
- L’usine se compose d’un vaste hangar construit en partie sur pilotis, ce qui permet son développement au-dessus de la rivière. Cette combinaison facilite l’accès des barques de pêche et la réception considérable des saumons capturés.
- La morte saison est longue dans cette industrie, mais elle est utilisée fructueusement par les directeurs de l’exploitation. Ils ont appris aux Indiennes à fabriquer et à raccommoder les filets et ont chargé des émigrants chinois de confectionner les boîtes de fer-blanc. C’est ainsi que trente Chinois et environ cent cinquante ouvriers et ouvrières sont toujours occupés. A côté de cette usine, une scierie est chargée de faire toutes les boîtes d’emballages nécessaires aux envois de la future pêche de l’été;
- 1 M. P. Curie envisage les rayons cathodiques comme des rayons lumineux d’une espèce particulière, ayant la singulière propriété de traverser le champ magnétique en s’y réfractant, et sans obéir au principe du retour inverse. M„ Curie considère, du reste, ce principe comme beaucoup plus limité qu’on ne le croit en général.
- * Yoy. n° 964, du 21 novembre 1891; p. 391
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- L\ NA TU R K.
- Fig. 1. — Salle d'emmagasinage des boîtes de conserves de poisson. Usine de New-Westminster dans la.Colombie britannique.
- Les boîtes de fer-blanc contiennent généralement 500 grammes ou 250 grammes de poisson. Les Chinois de la fa-, brique, se partageant méthodiquement la besogne, peuvent fournir, en une minute, cent cinquante de ces boîtes. Le fond, le couvercle, etc., sont taillés àl’em-porte-pièce. Une machine a vapeur est installée pour terminer les soudures, le travail des ouvriers consiste dans les retouches ou dans les raccords à faire aux boites dé fectueu ses.
- Notre gravure (lig. 1) donne l’aspect de l’une des salles contenant les boites de coiî-serve ainsi fabriquées. Les fdets employés à la pêche sont considérables; ce sont de longs panneaux de
- 270 mètres de longueur sur 6 mètres de hauteur, ils sont munis de plombs légers à leur partie inférieure et de flotteurs de bois à leur partie supérieure. Ces filets sont disposés dans la rivière de manière à occuper environ le tiers de sa largeur qui a souvent 1600 mè-treâ environ. Un seul bateau suffit pour conduire tout un panneau de filet dans le courant du Fraser. Les saumons sont pris par la tête, les ouïes restant embarrassées dans les mailles. Il y a d’ailleurs un règlement pour l'exécution des filets; la maille ne peut avoir moins de 12 centimètres de hauteur, afin que les [dus petits poissons puissent s’échapper.
- Fig. 2. —Capture d’un bateau pêcheur à la fui d’uue journée. (D’après une photographie.)
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- Fis. 3
- Vue intérieure du hangar aux poissons à la pêcherie de iNcw-W estniinslcr. ( I) après une photographie.)
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- LA NATURE.
- Pendant la saison des pêches qui ont lieu surtout en juillet et en août, le spectacle du Fraser est remarquable par sou animation. I)e son embouchure jusqu’à plus de 11 kilomètres en amont, on voit passer un grand nombre de barques dans chacune desquelles se trouvent généralement deux pêcheurs occupés à ramasser les saumons pris dans leurs filets. Il n’est pas rare alors de les voir rapporter, au bout de leur journée, plus de quatre cents poissons (fig. 2). Ces pêcheurs sont bien payés, on leur donne près de vingt-cinq dollars, mais cette saison extraordinaire de pêche ne dure guère que deux mois à peu près, comme on l’a vu. Elle se prolonge quelquefois jusqu’en octobre, malheureusement, elle est loin d’être aussi fructueuse. Une remarque encore assez curieuse a été faite, c’est que si les pêches sont vraiment miraculeuses pendant deux années de suite, elles seront fort peu abondantes pendant les deux autres années qui suivront.
- Enjuilleteten août, les pêcheurs nombreux engagés par les directeurs de l’usine peuvent rapporter par jour de dix à douze mille saumons dont les plus gros pèsent environ 3 kilogrammes. Notre gravure de grande page (fig. 3) représente la capture de saumons, faite en une seule journée. Dès leur réception, on s’empare des poissons pour les étaler aussitôt sur une longue table de bois de sapin afin de leur couper la tête et la queue. Ces restes sont jetés dans de larges plateaux et emportés dans une usine voisine où l’on s’occupe à en extraire l’huile, qui, dit-on, est fort appréciée.
- Le saumon vidé et coupé est soigneusement lavé après cette première opération. On place ensuite ce tronçon de poisson sous un couperet à compartiments égaux, d’une largeur égale à celle de la boîte en fer-blanc qui devra en recevoir tous les morceaux. Ceux-ci subissent auparavant certaines opérations : pendant quinze minutes environ, ils sont trempés dans un bain d’eau salée et doivent sécher, le* même temps, sur une claie de bois de sapin.
- La mise en boites faite, on ferme celles-ci hermétiquement. Dès qu’une série a été remplie, on la dépose sur une sorte de gril en fer au milieu de grands bassins d’eau bouillante où elle reste une première fois cinq minutes pour qu’on puisse bien se rendre compte de la fermeture complète des boîtes. En effet, si l’une d’elles est mal soudée, il s’en échappe quelques bulles d’air qui se forment à la surface du bassin d’eau bouillante. Elle est enlevée aussitôt et ressoudée par un Chinois attentif à cette besogne. Ces boîtes bien fermées restent pendant une heure dans l’eau bouillante pour la cuisson complète du saumon. Elles passent ensuite encore quelques minutes dans un nouveau bassin, pour la dernière vérification des fermetures hermétiques.
- 1 On peut cuire mille boîtes par jour dans ces bassins; elles passent enfin dans un appareil, sorte de four cylindrique chauffé à 100 degrés, où elles restent pendant une heure, puis sont emmagasinées.
- Pour donner une idée de l’importance des pêches de l’embouchure du Fraser, le directeur de l’usine me disait que dans l’année 1892 on avait recueilli plus de 10 millions de kilogrammes de saumon et que l’industrie créée par cette pêche, le saumon en boîte, avait produit, pour la ville de Neyv-Westminster seulement, une somme de 7 millions de francs. Dans cette même année, pour toute la province de la Colombie britannique où les pèches ont lieu, c’est-à-dire sur la rivière Fraser qui possède dix-sept stations, sur la rivière Skeena qui en a sept, et dans les haies nombreuses du pays, le produit de cette industrie formait la somme de 50 millions de francs. Si le Dominion du Canada peut être fier à bon droit de cette colossale industrie, les Etats-Unis ne sont pas moins bien partagés que ses voisins. Us ont aussi tous les ans leurs pêches miraculeuses dans la Columbia river qui traverse une grande partie de la province de l’Orégon. Albert Tissandier.
- --0'<^X>-
- INFLUENCE DE 1/ABONDANCE
- DE L’ALIMENTATION DES PLANTES
- SUR la longueur de leurs racines
- On sait que les plantes laissent transpirer ou, autrement dit, laissent évaporer par leurs feuilles d’énormes masses d’eau. Nous avons déjà reproduit le dessin de l’appareil employé par M. Dehérain pour mesurer cette évaporation1. Rappelons seulement qu’au soleil, en une heure, une jeune feuille de blé ou de seigle évapore un poids d’eau égal à son propre poids.
- La transpiration est d’autant plus active que l’alimentation de la plante est plus pauvre. M. Hellriegel a trouvé que lorsqu’un plant d’orge végétant en bonne terre a élaboré 1 gramme de matière sèche, il a évaporé 292 grammes d’eau; dans un sol ne contenant pas de nitrates il en évapore 867 grammes.
- M. Dehérain a reconnu que le ray-grass, bien nourri avec des engrais chimiques, évapore 233 grammes d’eau pendant [le temps qu’il élabore 1 gramme de matière sèche ; il en transpire 682 grammes pour produire ce gramme de substance sèche quand il végète sur une terre sans engrais. Pour le trèfle, il a vu que ce ne sont pas les engrais chimiques qui assurent les récoltes les plus abondantes, mais bien les matières ulmiques; quand le sol en est garni, l’évaporation, pour produire 1 gramme de matière sèche, reste à 255 grammes et 272 grammes, mais elle s’élève à 454 grammes quand le sol reste sans engrais, et à 398 grammes quand il reçoit seulement des engrais chimiques, sans matière ulmique.
- A quoi est due cette évaporation excessive des plantes mal nourries? M. Dehérain a montré par nombre d’observations qu’on doit l’attribuer à l’énorme développement des racines lorsque l’alimentation est insuffisante.
- 1 Voy. n° 11, du 16 août 1873, p. 163.
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- LA NATURE.
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- Je me suis demandé si‘cet allongement de la racine placée dans un milieu pauvre en matières nutritives, se produirait encore quand la plante serait convenablement nourrie par une autre partie de ses racines plongées dans un milieu riche en aliments. Pour Avoir une réponse à cette question, j’ai fait vivre un plant de blé à cheval sur deux vases de verre contenant des solutions nourricières de compositions différentes : je pouvais comparer entre eux les deux groupes de racines.
- Pour arriver à réaliser cette expérience, j’ai arraché, à la fin d’avril dernier, un plant de blé; il avait au-dessus dit sôl une longueur d’environ 0m,20 ; avec des ciseaux, j’ai coupé la tige au collet, à l’endroit où naissent les racines, et j’ai placé cette tige amputée, debout dans un flacon contenant une
- couche d’eau de 0m,010 de hauteur. J’ai entouré le flacon de papier noir interceptant la lumière1, et je l’ai exposé près d’une fenêtre, de façon que la partie verte de la plante reçut les rayons du soleil pendant une partie de la journée.
- Le 10 mai, il était parti de l’extrémité inférieure de la tige un grand nombre- de racines nouvelles, très blanches, qui remplissaient le fond du flacon. Ce plant de blé muni de ses nouvelles racines développées dans l’eau fut alors suspendu à une baguette fixée verticalement dans une table ; à droite et a gauche de cette baguette, j’avais placé deux vases en verre plats tels que ceux qu’on emploie à la confection des piles électriques. (Voy. la figure ci-dessus.)
- J’ai fait plonger dans les deux vases les racines de la plante en les y répartissant le plus également possible; les vases ont été remplis d’eau de fontaine contenant en dissolution les matières minérales qui ont été reconnues par les chimistes agronomes comme indispensables au développement du blé. La solution contenait pour 1 litre d’eau :
- Plant de blé enraciné dans deux solutions nourricières de compositions différentes. —- A. Solution avec nitrates. — B. Solution sans nitrates.
- Chlorure de potassium... 1 gramme
- Phosphate de potassium . . 1
- Sulfate de magnésie. , . . Ügr,10
- Le blé est une des nombreuses plantes qui sont obligées de chercher en terre la matière azotée qui
- 1 Les racines végétant dans de l’eau éclairée se couvrent d’algues vertes qui leur disputent la nourriture et finissent par tuer la plante. - -
- entre dans la constitution de scs tissus ; il était donc nécessaire d’en donner à la solution nourricière.
- J’ai ajouté au contenu d'un des rases, celui de gauche, A, du nitrate de potasse, à raison de 1 gramme par litre; le vase de droite, B, avait la solution nourricière sans nitre, par conséquent sans matière azotée. , ,
- L’expérience était disposée dans une serre non chauffée, au Laboratoire de physiologie végétale du Muséum ; les deux vases étaient complètement entourés de papier noir pour arrêter la lumière, mais les parties vertes de la plante recevaient le soleil pendant quelques heures de la journée.. Le plant de blé végétant ainsi sur l’eau s’est développé aussi bien que ceux qui étaient en terre. Le 1er juin, j’en ai fait prendre la photographie, que la planche reproduit exactement.
- Je pense que le lecteur a déjà remarqué l’inégal développement des racines ; il voit que c’est dans la solution nourricière incomplète, là où manquaient les nitrates, que les racines ont pris un très grand développement. Dans la solution nourricière complète, les racines se sont peu allongées. Ges faits sont conformes à ce qu’on a toujours observé/jusqu'à ce
- j°»r-
- Ce <pii est curieux dans cette expérience, e’est de constater que la plante entière, qui était suffisamment nourrie par une partie yle ses racines, puisqu’elle s’est aussi bien dévelopyée que les plantes de pleine terre, et qui, par conséquent, n’évaporait (pie modérément, ait laissé prendre ce très grand développement au groupe de jses racines plongées dans l’eau sans nitrate.
- Nous nous croyons autorisé à conclure que la croissance de la racine, son allongement, est étroitement liée à l’abondance des aliments en contact avec cette racine ; une plante bien nourrie fait habituellement peu de racines; néanmoins, si, comme dans notre expérience, quelques-unes de ces racines se trouvent dans un milieu qui les nourrit insuffisamment, elles prendront par cela même un grand accroissement. E. IlitiUi.,
- Lauréat de l’Institut, attaché au Laboratoire de physiologie végétale du Muséum.
- UN PLÂNIMÈTRE ÉCONOMIQUE
- LE PLAX1MÈTRE HACHETTE DE M. Le' CAPITAINE H. I'BVTZ
- Le planimètre d’Amsler est aujourd’hui un appareil trop universellement connu et employé pour qu’il soit nécessaire de le décrire ni même d’en indiquer le principe. On sait qu’il permet,de déterminer, par une lecture directe sur une roulette graduée, la surface limitée par un contour fermé, tel que celui d’un diagramme de machine à vapeur ou à gaz tracé par l’indicateur classique de Watt.
- Mais le planimètre d’Amsler constitue un appareil relativement coûteux et compliqué, et l’opération qu’il effectue peut être réarisée»pvecrrapidité: et une
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- LA NATURE.
- exactitude presque équivalente avec le planimètre aussi simple qu’ingénieux imaginé par M. le capitaine II. Prytz, de l’armée danoise, et dont nous devons communication à M. Cornélius Knudsen, ingénieur opticien à Copenhague, qui construit cet appareil.
- Comme son nom l’indique, le planimètre-hachette, ou stang-planimètre, se compose d’une simple tige d’acier dont l’une des extrémités recourbées se termine par une sorte de hachette, et l’autre extrémité par une pointe mousse, avec la condition essentielle de construction que la pointe mousse se trouve dans le plan défini par le tranchant légèrement arrondi de la hachette. La pointe est tenue de la main droite et décrit le contour de la surface à mesurer, tandis que la hachette est disposée sur le papier en suivant une trajectoire qui dépend à la fois de la forme de la courbe et de la position initiale de départ. La distance entre l’extrémité de la pointe mousse et le point de contact du tranchant sur le papier constitue la longueur du planimètre qui, dans l’appareil entre nos mains, est exactement de 25 centimètres. Une théorie assez complexe et que nous n’exposerons pas, bien qu’elle ne mette en jeu que des formules classiques de la trigonométrie et du calcul intégral, établit qu’en faisant décrire à la pointe le contour de la surface dans certaines conditions qu’il nous reste à spécifier, cette surface est égale au produit de la longueur du planimètre par la distance des deux positions de la hachette avant et après l’opération, sous réserve d’un facteur de correction ([ue l’on rend nul ou négligeable par construction et par opération. Le mode opératoire est des plus simples.
- On place la pointe mousse de l’appareil à peu près au centre de gravité de la surface dont on veut déterminer la grandeur, la hachette reposant sur le papier, puis on appuie légèrement sur cette hachette pour marquer le point de départ. On déplace alors la pointe du planimètre suivant une ligne quelconque tracée à l’avance jusqu’au bord de la figure ; on décrit ensuite la courbe limitant la figure, dans un sens ou dans l’autre, puis on revient au centre de gravité par le même chemin; on appuie de nouveau sur la hachette pour marquer le point d’arrivée et l'opéra-
- tion se trouve alors terminée. La figure ci-dessous montre nettement la forme de l’appareil et le mode opératoire, la trajectoire de la pointe mousse étant indiquée par les flèches.
- En faisant le produit de la longueur du planimètre — distance de la pointe mousse au point de tangence de la hachette avec le plan du papier — par la distance des deux traces laissées sur le papier avant et après la manœuvre, on obtient la surface limitée par la courbe décrite. Cette surface est exprimée en centimètres carrés si les deux distances sont mesurées en centimètres.
- Pour éliminer l’erreur due à l’ignorance de la position exacte du centre de gravité, on peut faire une seconde mesure en retournant la figure de 180 degrés, et en répétant la même série d’opérations.
- La moyenne des résultats des deux mesures donne
- une valeur plus approchée de la surface. L’exactitude est d’autant plus grande que le rapport de la longueur du planimètre au rayon moyen de la surface est plus grand. Il convient de ne pas dépasser pour le rayon moyen la moitié de la longueur de l’appareil. Lorsque la surface h mesurer est trop grande pour satisfaire à cette condition, on la décompose en plusieurs parties et on intègre successivement ces différentes parties.
- L’erreur résultant des proportions relatives de la figure à intégrer et de la longueur de l’appareil se trouve en partie compensée par le fait que l’on substitue la corde à l’arc d;ms la mesure de la distance des deux positions, initiale et finale, de la hachette.
- Pour vérifier que la direction de la tranche de la hachette passe bien par la pointe, il suffit de décrire un grand nombre de fois une ligne droite quelconque en revenant au point de départ : la hachette elle-même doit se retrouver au point de départ.
- Ce ([vie nous venons de dire montre qu’il est difficile de concevoir et de réaliser un planimètre d’une simplicité plus grande que celui de M. le capitaine H. Prytz. Ceux que la théorie de cet appareil intéresse pourront la trouver dans une brochure en langue française que M. Knudsen livre avec chaque appareil. E. H.
- Planimètre hachette.
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- LA NATURE.
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- TROMBE DANS LE CALVADOS
- G JUIN 1891
- Un phénomène météorologique important, une trombe d’une grande puissance, a exercé des ravages le G juin dernier, dans certaines régions du Calvados, et a donné lieu à des observations intéressantes, que nous allons résumer d'après les descriptions reçues de nos correspondants.
- M. Boi vin-Champeaux nous adresse un rapport détaillé, du à M. A. Martin, instituteur à Moyaux, sur le cyclone qui a ravagé,Ie6juinl894, les communes d’Üuilly-du-Houley, lier m i 11 a 1-1 e s-Y a ux, Mo y au x, dans le Calvados. Voici les principaux extraits de ce travail :
- Le 6 juin dernier, une trombe d’une grande violence s’abattait sur notre contrée, occasionnant de sérieux ravages sur les territoires des communes d’Ouilly-du-Houlev, Ilermival-les-Vaux, Moyaux, touchant aussi,mais faiblement, Saint-Gervais d’Asnières (Eure), se faisant sentir encore à Mo-rainville et près de l'ont-Authou (Eure) entre cette dernière localité et Saint Grégoire-du-Viè-vre, à 50 kilomètres environ à vol d’oiseau de son point de départ.
- C’est sur la commune d’Ouilly-du-Ilouley, petite localité à 10 kilomètres nord-est de Lisieux, (pie l’on constate les premiers dégâts. Le bourg d’Ouilly est situé dans une vallée où coule la Paquine, petite rivière qui, après avoir traversé llermival, se jette dans la Touques, à Ouillv-lc-Vicointe. Vers le nord, le terrain se relève assez rapidement sur une distance de *2 kilomètres pour former ensuite le vaste plateau de Moyaux de 100 mètres d’altitude moyenne. Le cyclone brise déjà quelques arbres dans
- un bois, à mi-côte, tout près du point où se touchent les trois communes d’Ouilly, d’Hermival et de Moyaux; puis, sur la lisière de ce bois, dans une dépression de terrain formant un petit ravin, il s’abat pour ainsi dire, faisant une trouée énorme et fauchant une douzaine d’arbres de haut jet : sapins, hêtres, merisiers dont quelques-uns
- atteignent 0“, 95 de circonférence. 11 remonte alors le coteau. 11 atteint son maximum de violence et couvre une plus large surface. En quelques minutes, il brise, tord, arrache pommiers et poiriers, enlève les toitures en chaume avec le lattis, parfois même avec les chevrons. Dans une cour appartenant à M. Bossey, de Moyaux, et située sur llermival, 82 arbres sont abattus sur une superficie d’un hectare; il renverse une charpente, déplace de 45 centimètres une construction en torchis d’environ 8 mètres carrés. Il s’élance maintenant dans la plaine, progressant en ligne droite du sud-ouest vers le nord-est, très violent encore chez MM. Ilauzey (104 pom-
- _________________________________miers perdus ou
- compromis) et Huchon (05 dans les mêmes conditions). Sa force paraît décroître ensuite. Les renseignements que j’ai pu recueillir me portent à croire qu’au delà de l’ont-Authou, il a disparu.
- J’ajouterai qu’en examinant les arbres tombés, il est facile de constater que beaucoup ont subi une torsion dans le sens des aiguilles d’une montre. Chez certains mêmes qui ont été brisés, mais non arrachés, cette torsion puissante a séparé les fibres du bois. Un fort poirier rompu chez M. Ilauzey, à 1 mètre du sol, présente d’une façon saisissante cette particularité.
- Avec la Note que l’on vient de lire, nous avons reçu les deux photographies que nous reproduisons ci-dessus; elles représentent (fig. 1) un poirier arraché par la tempête, et une petite maison (fig. - )
- Fig. 2. — jlaisou déplacée par la trombe du 6 juin 1894. (D’après une photographie.)
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- LA NATURE.
- qui a été complètement déplacée dans le sens latéral.
- M. Gabriel Guilbert, secrétaire de la Commission météorologique du Calvados, nous adresse d’autre part une étude qu’il a faite de cette trombe ou cyclone, qui a sévi vers 6h 40 du soir dans les communes d’Hermival-les-Vaux et sur la partie ouest du département de l’Eure.
- Cette trombe a pris naissance sur un coteau exposé au sud-ouest, où elle brise pour son début un certain nombre d’arbres de liaut, jet dont quelques-uns mesuraient 0ra,95 de circonférence. Elle a gravi ensuite la côte, 100 mètres d'altitude environ, sur une longueur de 2 kilomètres, puis s’élançant à travers la plaine, elle a causé, mais seulement par places, de grands ravages. Des couvertures de bâtiments ont été enlevées avec une partie de leur charpente ; plus de 250 pommiers (sur un total de 350 arbres) ont été renversés sur Hermival et Moyaux. Le météore offrait l’aspect d’une colonne de fumée noirâtre, tourbillonnant sur elle-même, et produisait un bruit intense, comparable à deux trains qui se croisent à toute vitesse. Après son passage, régnait dans l’air l’odeur sulfureuse caractéristique de l’ozone ; et cependant, on n’a point aperçu d’éclair et il ne tonnait pas. Toutefois, des personnes qui ont observé de très près le phénomène, ont déclaré avoir vu le ciel tout en feu. Chose remarquable, le vent à terre était nul, avant, pendant et après le passage de la trombe, qui n’avait occasionné en outre ni pluie, ni grêle. Cette trombe permet de reconnaître un fait important : la direction rectiligne du cyclone. Cette direction a été relevée sur le plan cadastral des communes atteintes. Les dégâts constatés, d’Ilermival à Pont-Authou, 30 kilomètres environ, sont tous tracés sur une ligne droite, orientée de sud-ouest à sud-est."
- D’après l’auteur de cette Note, celte trajectoire est normale, car, d’après lui, les orages et tous les phénomènes électriques, grêle et tornados, ne peuvent exister que dans les nuages supérieurs qu’il appelle « masses filamenteuses1 », nuages glacés, dont la direction n’est nullement influencée par le relief dit sol, ou les courants inférieurs de l’atmosphère.
- La trombe de Moyaux est survenue par une journée orageuse, avec une forte dépression barométrique, qui devait, le lendemain 7 juin, déterminer une effroyable chute de grêle à Vienne (Autriche).
- Gaston Tissandier.
- CHRONIQUE
- Les récompenses au concours des voitures sans chevaux du (( Petit Journal ». — La délibération du personnel et de l’administration du Petit Journal a fait connaître le mardi 24 juillet, les résultats des décisions qui ont été prises à Tunanimité des vingt-cinq personnes présentes .à la séance de jugement du Concours : Premier prix, de 5000 francs, du Petit Journal, partagé entre MM. Panhard et Levassor, avenue d’Ivry à Paris, et les fils de Peugeot frères à Valentigney (Doubs). (Voitures à pétrole ou gazoline*.) — Deuxième prix. Prix Marinoni, 2000 fr., à'MM. de Dion, Bouton et Cie 3. (Remorqueur à
- QCumulo-stratus.
- s Voy. Voiture à pétrole u° 9(50, du 24 octobre 1894, p. 521.
- 3 Voy. La première voiture à vapeur de M. de Dion, n° 584 du 9 août‘1884, p. 145.
- vapeur.) — Troisième prix. Prix Marinoni, 1500 francs, à M. Maurice Leblanc pour sa voiture à neuf places système Serpollet1.—Quatrième prix. Prix Marinoni, 1000francs, partagé entre MM. Vacheron et Le Brun. (Moteurs à pétrole.) — Cinquième prix. Prix Marinoni, 500 francs; à M. Roger. (Voiture à pétrole.) — Prix d’encouragement, à M. Scotte d’Epernay. —Mention honorable, à M. Roger du Montais. (Tricycle à vapeur.) — Nous ferons remarquer à nos lecteurs que La Nature a su apprécier dès l’origine, l’intérêt des voitures automobiles qui viennent d’être si équitablement récompensées, et qu’elle a donné leur description, depuis plusieurs années.
- Pôle magnétique de la Terre. — Le pôle nord magnétique de la Terre, c’est-à-dire le point où l’aiguille de la boussole, en liberté, prend une position perpendiculaire, n’a été atteint jusqu’à présent qu’une seule fois, le 1er juin 1831, par sir James Clark Ross, dans la mer Glaciale de l’Amérique du Nord, près du cap Adélaïde, à la pointe ouest de l’ile Boothia. Comme il est très intéressant de savoir si le pôle magnétique se trouve encore au même endroit ou s’il a changé de place pendant les soixante-deux ans qui se sont écoulés depuis lors, ce qui est probable, le gouvernement des États-Unis organise une expédition sous les ordres du professeur Langley afin de s’en rendre compte.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 23 juillet 1894. — Présidence de M. Lœwy.
- Le moucheron du blé. — M. Laboulbènc a porté ses études sur un petit diptère qui, malgré sa taille exiguë, est pour l’homme un ennemi terrible car cet ennemi exerce de véritables ravages dans les plantations de blé. Ce diptère, c’est la Cecidomyia destructor. Elle est commune à l’ancien et au nouveau coptinent ; toutefois elle paraît avoir été importée d’Europe en Amérique, à l’époque de la guerre de l’Indépendance; sur des grains ou des pailles expédiés aux troupes hessoises à la solde de l’Angleterre. De là le nom de mouche de liesse sous lequel on désigne encore la Cecidomyia aux États-Unis. Dans nos pays elle était inconnue; mais elle est aujourd’hui très répandue dans le Languedoc, les départements de l’Isère, de Seine-et-Marnc, de la Vendée. Cet insecte fournit deux générations par an : une génération printanière vers la tin de mai ou les commencements de juin et une génération automnale. Au printemps, les femelles déposent leurs œufs sur les feuilles, à la base de la tige ; les larves creusent leur sillon entre la base de la tige et le premier nœud. Les larves finissent par devenir brunes, luisantes, en forme de massue. La nymphose a lieu sous cette forme. Les larves qui proviennent de la génération automnale passent l’hiver. Plusieurs auteurs, en particulier Packard, ont comparé la larve brune et luisante à la graine de lin (jlaxseed state) et la désignent sous le nom de puparium; ils la regardent comme semblable à la peau durcie rigide qui enveloppe la pulpe des muscides. M. A. Giard, au contraire, a considéré le puparium comme résultant d’une sécrétion surajoutée entourant comme un cocon la larve incluse et plus tard la nymphe. Dans le but de connaître la constitution des puparia, M. Laboulbènc a employé les réactifs chimiques et il s’est assuré que ni le chlorure de zinc sirupeux, ni même la solution bouillante de potasse caustique ne dissolvent le puparium à la ma-
- 1 Voy. La voiture à vapeur de M. Serpollet. n° 918, du 3 janvier 1891, p. 65.
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- nière do la soie ou mène ne l’altèrent notablement. Il résiste absolument ainsi que la peau de la larve. 11 est donc identique à la Chitine, dont il offre les réactions. Après le traitement potassique, le puparium laisse apercevoir au microscope les saillies granuleuses que l’on observe sur la peau de la larve. En résumé, le puparium résulte d’une mue avec épaississement du tégument sous lequel la larve reste enkystée. Cette particularité singulière permet à l'insecte de résister aux intempéries mais elle rend fort difficile la destruction de ce terrible ennemi du blé. Le seul moyen qui paraisse pouvoir être opposé avec succès, c’est l’alternance des cultures.
- Variation de composition de la chlorophylle. — On se souvient que l’examen des phyllies entrepris par M. Brongniart avait eu pour résultat indirect de mettre en lumière l’existence de différentes espèces de chlorophylles. M. Etard, reprenant la question à un point de vue plus rigoureux encore, montre dans une Note présentée par M. II. Moissan, qu’un même végétal peut contenir plusieurs espèces de chlorophylles distinctes. M. Etard a expérimenté sur la luzerne. Il a traité la récolte provenant d’une superficie de 50 mètres carrés en bonne condition de culture. Ce terrain a donné 480 kilogrammes de matières végétales dont 50 kilogrammes de feuilles. En opérant sur cette quantité considérable de substances végétales, il a pu séparer quatre espèces de chlorophylles bien caractérisées. Il décrit aujourd’hui la première de ces quatre variétés. Elle se présente sous l'aspect d’une pâte molle dont le pouvoir colorant est intense; quelques milligrammes suffisent pour colorer en vert 1 kilogramme de matière. Elle est soluble dans le sulfure de carbone et insoluble dans l’eau. M. Etard a pu déterminer son poids atomique. On peut conclure de la diversité des espèces botaniques que de nombreuses chlorophylles existent.
- L'arachule du Congo. — L’arachide est une légumi-neuse très abondante au Congo où même elle fournit une précieuse ressource pour l’alimentation des indigènes. Cette arachide du Congo a été signalée par un botaniste suédois comme étant différente des légumineuses par l’absence de tubercules sur les racines. M. Leçon te a examiné des arachides au Congo et il a constaté que leurs racines portent bien des tubercules par l’intermédiaire desquelles elles absorbent l’azote de l’atmosphère. La structure de ces tubercules est particulière, mais ils sont très abondants. M. Leconte conseille d’utiliser l’arachide comme engrais vert en Afrique, là où les engrais artificiels coûtent cher. Dans ce cas on sèmerait de l’arachide, puis on l’enfouirait dans le sol, avant la fructification, de manière à bénéficier de l’azote atmosphérique assimilé. Ce procédé conviendrait très bien, d’après l’auteur, aux plantations de caféiers et de cocotiers.
- Menhirs parisiens. — M. Berthelot signale l’existence de deux menhirs dans les bois de Meudon, du côté de la fontaine voisine de Fleury. Ces deux menhirs ont été mis à jour par une coupe récente de bois. L’un deux était encore debout à demi enterré ; l’autre était couché sur le sol. Le menhir resté debout est le plus volumineux; il sé compose d’une table de grès trapézoïdale de 0m,60 d’épaisseur, haute de 2m,50, large de 2m,50àsa base et de 0m,65 à son sommet. Il repose sur un terrain argileux non remanié si ce n’est, vers l’un des bords où l’on constate la présence de plusieurs fragments de meulière ; son poids approximatif est de 10000 kilogrammes. Le second menhir au contraire avait reposé sur un lit de grosses meulières. M. Ber-
- thelot a fait explorer le sol dans un rayon de 15 mètres, mais sans trouver trace d’autre monument mégalithique. Ces deux blocs de pierre sont en grès ; ils paraissent avoir été extraits d’une carrière abandonnée située à 1500 ou 2000 mètres de là. II semble qu’ils aient eu pour but de marquer la région des sources qui alimentent les étangs de Clialais, Villchon, etc.; M. Berthelot rappelle qu’on a découvert, il va 40 ans, un dolmen dans l’avenue du Château deMeudon.
- Perturbation magnétique.— M. Mascart signale une perturbation magnétique d’une intensité extraordinaire observée au parc Saint-Maur le 20 juillet dernier, à 6 heures du matin, et dont la durée a été de plusieurs heures. La déclinaison de l’aiguille aimantée a varié de plus d’un degré. Il conviendra avant toute hypothèse, dit M.Mascart, de rechercher si cette perturbation a été constatée dans les autres observatoires.
- Varia. — MM. Mairet et Bosc, de la faculté de Montpellier, ont séparé les phénomènes mécaniques et les phénomènes toxiques qui résultent de l’injection intraveineuse du sérum du sang. — MM. Lœwy et Puiseux ont comparé les photographies de la lune obtenues à l’observatoire Lick avec celles qu’ils ont eux-mêmes préparées. — M. Le Chatelier a étudié les propriétés de l’acier au manganèse. — M. Guignard s’est appliqué à déterminer l’origine des sphères directrices que l’on voit apparaître lors de la division des cellules végétales. Ch. de Viixkdeuil.
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- LES MONTRES PARLANTES
- Créer du nouveau en fait de montres paraît difficile. La précision de la construction actuelle laisse peu de marge au progrès, et les indications qu’on est parvenu à faire donner à ces petits instruments sont tellement nombreuses et en gênent si peu la bonne marche, qu’on pourrait considérer la perfection comme à peu près acquise en petite horlogerie.
- Un horloger français établi à Genève, M. Sivan, est cependant parvenu à sortir des sentiers battus en imaginant un chronomètre qui parle les heures au lieu de les sonner. Cela par une heureuse application du phonographe.
- La montre à répétition ordinaire porte un poussoir grâce auquel on peut déclencher un petit mouvement actionnant des marteaux légers qui frappent sur des ressorts timbres. On peut sonner ainsi les heures, les quarts et même les minutes à vqlonté. Cette sonnerie, essentiellement monotone, exige, de plus, une grande attention de la part du propriétaire de la montre, forcé de compter les coups et de distinguer les intervalles entre heures et quarts, entre quarts et minutes, Aucun de ces inconvénients dans la montre Sivan. Les ressorts timbres sont remplacés par une plaque circulaire en caoutchouc vulcanisé portant des sillons striés, et les marteaux par une pointe appuyée sur les stries. Les gravures qui accompagnent cette Note permettent de se rendre très facilement compte du fonctionnement.
- La figure 1 représente la montre ouverte avec sa plaque phonographique qui porte 48 sillons correspondant aux 12 heures et aux 36 quarts parcourus
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- LA NATURE.
- par l’aiguille dans un tour de cadran. La figure 2 est la même montre dont on a retire la plaque pour laisser voir le mécanisme. La plaque retirée est vue du coté qui ne porte pas les stries.
- Lorsque l’on appuie sur le poussoir, la plaque de caoutchouc se met à tourner, la pointe qui en suit les sinuosités vibre, et ses vibrations se traduisent par des phrases : il est huit heures; il est midi et demi, etc.
- Les stries sont en effet la reproduction exacte sur un plan du sillon hélicoïdal produit par une voix humaine sur un cylindre de phonographe.
- Naturellement les montres ne sont pas les seules pièces d’horlogerie auxquelles ce système ingénieux soit applicable. Toutes les pendules peuvent en être munies, et, pour l'instant, M. Si van construit déjà des réveils qui, au lieu du carillon strident et agaçant que tout le monde commit, ont des plaques parlantes. Un peut ainsi se faire réveiller par le chant du coq, ou par quelques accents énergiques d'une voix connue. L’inventeur construit des réveils qui, avec une plaque de 6 ou 7 centimètres, vous crient d'une pièce à l’autre, portes closes, des phrases comme debout, lève-toi, ou allons, réveille-toi, assez fort et assez longtemps pour vous arracher aux bras de Morphéc.
- Outre la difficulté résultant de la disproportion entre la petitesse des stries et la force qu’il est nécessaire de donner au son, M. Si van en a eu plusieurs autres encore à résoudre. Il fallait d’abord introduire le système dans un boîtier de montre sans
- exagérer les dimensions de celui-ci, ensuite trouver une matière plastique quoique résistante pour les plaques. Ces obstacles ont été heureusement surmontés; les montres de M. Sivan ressemblent aux montres à répétition ordinaires, et ses plaques, malgré la pression de la pointe, peuvent parler plusieurs milliers de fois s a il s q u ’ o n y [misse constater d’usure appréciable.
- Rien [dus, en retouchant les stries phonogra-phiées, en en supprimant certaines, en en exagérant d’autres, il est arrivé à donner aux paroles prononcées les accents particuliers caractéristiques de telle ou telle province. Les amateurs qui ne voudront point se contenter des plaques ordinaires pourront ainsi en commander qui seront de véritables souvenirs de famille. Il n’y
- a pas de limite à la variété des c o m 1) i n a i s o n s dont la réalisation devient possible avec ce système.
- Une chose toutefois à laquelle il faudra veiller, ce sera que, dans les maisons qui posséderont plusieurs montres ou pendules parlantes, toutes marchent bien ensemble. Autrement leurs disputes, sources de pernicieux exemples, risqueraient de troubler la tranquillité des ménages sérieux et de désorienter les gens rangés; mais la précision de l’appareil permet facilement d’éviter cet inconvénient.
- L. Reveiiciiox.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Ti-somm.
- Fig. 2. — La même dont la plaque phonograpliique est retirée, montrant le mécanisme intérieur.
- Paris. — Imprimerie Laliure, rue de Fleurus, 9.
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- N* 110 5. — 4 AOUT 1 894.
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- U A NATURE.
- UNE STATUE DAHOMÉENNE EN FONTE
- J’ai di'jà eu le plaisir d’entretenir les lecteurs de La Nature de différents produits de la sculpture dahoméenne, actuellement exposés au Musée ethnographique du Trocadéro1. 11 nous en est arrivé dernièrement un autre, apporté en France par M. le capitaine Eonssagrives. 11 est plus curieux encore que les premiers.
- Les statues en Lois de Guézo,
- Guélélé et Béhan-zin sont des spécimens fort intéressants de l’art dahoméen indigène; la statué en lbnte (pie l’on doit à M. le capitaine Eonssagrives est un type non moins intéressant de l’art dahoméen ayant subi des in-llu onces européennes, ou plutôt applique à des .matériaux européens.
- Uette statue, haute de lm,b(> environ, représente un homme debout, tenant une clochette de la main gauche et un sabre de la main droite, et coillé d’une sorte, de chapeau rond agrémenté de pointes d’armes diverses. Le corps est formé d’une tige de fonte haute ; d’environ 90 centimètres , ayant de 5 à ti centimètres de diamètre à la base et rétrécie au sommet de façon à se terminer en pointe. Une ceinture en fer soutient une sorte de petit tablier de même métal, qui recouvre la partie représentant le bas-ventre. Chacune des jambes est formée également d’une tige de fonte, longue de 70 centimètres environ, et ayant de 5 à 4 centimètres de diamètre aux cuisses et de 2 à 3 aux mollets. La fonte a été martelée et sculptée : la rotule et les muscles du mollet sont assez bien représentés. La tète du boulon (pii fixe
- 1 Yoy. n° 1090, du 21 avril 1891, p. 320.
- Il’’ aimée. — 2e semedrc.
- les jambes au corps ligtire assez bien l'apophyse du fémur, au moins sur la'jambe'droite,- car sur l’autre jambe la tète du boulon a été brisée. Les pieds, également en lonte, sont lixés par un boulon vertical d’une part aux jambes, de l’autre à une épaisse plaque de blindage qui sert de socle à la statue. L’extrémité de chacun dos pieds est découpée en cinq doigts régulièrement modelés, et pourvus chacun d’un ongle bien marqué. J’insiste
- sur tous ces détails, car ils indiquent avec quel soin scrupuleux l'artiste a cherché à copier la réali té. Les deux bras et les épaules sont constitués par une pièce en fonte unique (pii, grâce à un évidement pratiqué en son milieu, vient embrasser la lige de lonte qui forme le corps et à laquelle - elle est lixée par un boulon. Cette pièce, horizontale dans sa partie médiane, se recourbe ensuite à deux reprises', à droite et à gauche, de façon à figurer les deux bras et les deux avant-bras. La partie comprise entre l’épaule et le coude est recouverte d’une tunique de fonte, destinée à rendre le membre plus gros et à figurer le biceps. Chacune des extrémités s’élargit en forme de main très aplatie, pourvue de cinq longs doigts recourbés.
- La tète est formée de deux plaques de fonte juxtaposées latéralement et maintenues l’une contre l’autre par un collier de même métal. Un trou est ménagé à la partie supérieure de l’intersection des deux plaques, pour laisser passer l’extrémité de la tige centrale : grâce à ce procédé, la tète se trouve fixée au reste du corps. La face est constituée par une plaque de tôle de forme ellipsoïde maintenue par des fils de 1er : les yeux et le nez sont ligurés par des bosses saillant extérieurement et la bouche
- 10
- Statue.dahoméenne rapportée au Musée du Trocadéro par M. le capitaine Fonssagrives. 1. Vue d’ensemble. — 2. Détail du casque. — 3. Armature intérieure.
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- LA N Al'U LE.
- par une lente horizontale. Quant aux oreilles, elles sont formées de deux morceaux de fonte rapportés.
- La statue est debout, bien droite, la jambe droite portée en avant. Le costume se compose d’une tunique et d’un chapeau, et d’une sorte de collerette en tôle de forme semi-cylindrique qui recouvre les épaules. La tunique est formée de deux feuilles de tôle, portant encore des traces de peinture ou de vernis, et* constituant l’une le devant, l’autre le derrière du vêtement. La partie inférieure se termine par des sortes de pans ou de très larges franges, réunis par un cercle de futaille (pii sert à donner sa forme au vêtement. Le chapeau, en fer, est un chapeau rond aux bords relevés. Entre les bords et la partie centrale se trouve une sorte de petit fossé où l’on peut voir des traces de sang, .le tâcherai d’expliquer tout à l’heure l’origine de ce sang. Au milieu de la coiffure est un trou qui permet de la lixer sur la tige centrale.
- Tout autour de la partie centrale du chapeau se dressent des ornements en fer, au nombre de onze, fixés à l’aide de clous dont les tètes garnissent l’intérieur de la coiffure. Ces ornements représentent la plupart des armes de jet en usage au Dahomé, avec quelques autres objets. Ce sont : un très gros hameçon, trois l'ers de hallebarde, une pointe de sagaie, une sorte de spatule recourbée, une pointe de pique, un fer de lance ou de harpon muni d’un double crochet, et enfin un fer de hallebarde dont l’extrémité supérieure a été brisée. Deux clochettes, analogues à celles dont se servent les Dahoméens dans leurs cérémonies religieuses et à celles que nos paysans suspendent au cou des vaches, sont attachées par des chaînes à deux des ornements du chapeau, et pendent dans le dos de la statue. Une troisième clochette est placée dans la main gauche du personnage, qui semble prêt à l’agiter, tandis que de la main droite il tient un sabre court, ajouré et damasquiné. C’est là la pose d’un prêtre faisant les incantations religieuses et s’apprêtant à sacrifier une victime.
- Telle est cette statue, trouvée à Ouida, et rapportée du Dahomé par M. le capitaine Fonssagrives.
- M. Fonssagrives l’a présentée à M. le Dr Hamy, conservateur du Musée ethnographique, comme étant la statue du dieu tutélaire de Guida, dieu auquel il donne le nom d'Ebo. Nulle part, dans aucun des ouvrages anciens et modernes qui traitent du Dahomé et de sa religion, je n’ai trouvé mentionné ce dieu Ebo, dont le nom au reste a un aspect peu dahoméen. On ne trouve en effet dans la langue dahoméenne aucun nom commençant par un e.
- J’ai tout lieu de croire que cet Ebo n’est pas autre chose que Bo ou mieux Gbo, le Mars dahoméen, génie de la guerre et dispensateur de la victoire. Lorsque celui qui a trouvé la statue a demandé ce (pie c’était, les indigènes ont dû lui répondre : é Gbo, ou, en adoucissant la prononciation, comme le font la plupart des femmes et des enfants et même quelques hommes, é Bo, ce qui signifie « lui Gbo,
- lui Bo », c’est-à-dire « c’est Gbo ». De même on dirait : é sounou, « c’est un homme », é novi tché,
- « c’est mon frère », etc. On a cru que ce pronom e faisait partie du nom de la divinité, et on a eu ainsi le mot Ebo.
- Ce Gbo n’est pas le dieu tutélaire de Ouida. Les seuls génies dont le culte soit particulier à cette ville sont, avec Dangbé (le génie qui s’incarne dans les serpents) : Kpalé, le premier indigène qui ait vu des Européens et qui les engagea à débarquer; pour ce fait, ses compatriotes le vénèrent comme un bienfaiteur de l’humanité; Kpasé, qui était l’ami du précédent; Li, génie purement local, dont le culte a disparu après l’annexion de Ouida au royaume de Dahomé; enfin Doit en, qui était autrefois vénéré aux abords du fort anglais, mais dont le culte s’est éteint également. Quant à Gbo, voici ce qu’en dit le voyageur anglais Burton : « C’est le protecteur spécial des guerriers, qu’il défend du fer et du feu; en son honneur, ils se suspendent sur le corps des cauries et des queues de cheval. Les objets appelés Bo-chio, hâtons d’appui que l’on plante en terre dans les maisons ou que l’on emporte en voyage, ainsi que les Bo-so, struppi ou fagots de baguettes coloriées et tachetées, sont consacrés à ce grand fétiche1. »
- Voici maintenant ce qu’en dit Skertchly : « Bo est le Mars dahoméen : il prend tous les braves sous sa protection et abandonne tous les lâches à la merci de leurs ennemis. Ses temples sont ordinairement des huttes coniques, élevées auprès des portes des villes et dans tous les carrefours, et qui abritent une représentation grossière et informe d’un personnage humain, entièrement recouverte de sang et de cauries, en somme un objet, tout à fait dégoûtant. Les prêtres de ce génie sont au nombre de plus de mille et sont naturellement ternis en grande considération chez un peuple aussi guerrier que le sont les Dahoméens. Les houppes de crin que l’on voit sur les costumes de guerre sont toutes des fétiches de Bo, ainsi que les cauries tachées de sang qui ornent les fusils et les ceintures à cartouches. Les queues de cheval portées par les cabécères quand ils dansent sont aussi des fétiches de Bo, et les raies faites sur le visage du roi avec de la poudre se rapportent sans doute au culte de ce génie. Les emblèmes domestiques de lîo sont les Bo-so, petits autels faits de baguettes rondes fichées en terre, à la façon des faisceaux des licteurs romains, et peintes de bandes alternativement rouges et blanches. Telles sont aussi les petites images en bois, rouges, noires ou jaunes, qui sont exposées pendant les coutumes, fichées en terre devant une rangée de fanaux fétiches, ou dévotement placées dans une petite niche creusée dans le mur d’une maison, à la façon des crucifix chez les catholiques romains2. »
- Les sacrifices faits à Gbo consistent principalement en poulets, comme ceux que l’on offre à Legba et à
- 1 fiuiîTON. A mission to Gelele, king of Dahomé (London, 1804, in-8).
- 2 Skertciily. Dahomey as U is (London, 1874, in-8).
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- LA NA TU K K.
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- d'autres génies de la religion dahoméenne. Le prêtre commence par adresser au vodoun des prières et des incantations en agitant sans cesse une clochette de la main gauche tandis qu’il tient un satire de la droite, ainsi qu’est représentée la statue qui nous occupe. A la tin de chaque prière ou incantation, le prêtre trappe sa clochette contre le sol. Lorsqu’il a fini, il prend des mains d’un autre prêtre, qui a accompagné les prières en agitant aussi une clochette, le poulet qui doit être sacrifié. Après avoir logé le cou entre les deux premiers orteils de son pied, il prend la hête par les pattes et tire vivement à lui : puis prenant le malheureux poulet ainsi décapité, il lait couler son sang sur la tète de la statue, et arrache quelques touffes de plumes qu’il colle sur la statue avec le sang à moitié coagulé. C’est là l’origine des traces de sang que l’on retrouve sur le chapeau de la statue rapportée de Ouida.
- Quant à l’époque à laquelle remonte cette statue, il est difficile de la préciser exactement. Assurément elle est de date assez récente : ni Forhes, ni Burton, ni Skertchly, ni même les ahhés Baudin et Bouche, ne parlent de cette statue qu’ils n’auraient pourtant pas manqué de remarquer et de noter dans leurs ouvrages. De plus, les Dahoméens se sont toujours et uniquement servis de hois et surtout d’argile pour confectionner leurs statues, au moins jusqu’à ces derniers temps. Burton nous apprend que toutes les statues de Gbo qu’il a vues étaient façonnées avec de l’argile.
- L’origine même des matériaux qui ont servi à fabriquer la statue du Musée du Trocadéro prouve la date récente de sa fabrication. 11 n’est pas douteux, en effet, que les tiges de fonte qui ont servi à faire le corps et les membres proviennent d’ancres de marine, probablement hors d’usage, abandonnées sur le bord de la mer et recueillies par les indigènes. La plaque qui sert de socle à la statue est un fragment de blindage qui provient évidemment d’un vaisseau européen ou d’un abri de canon.
- S’il m’est permis d’émettre une hypothèse à ce sujet, je n’hésiterais pas à penser que cette statue a été faite tout récemment, à l’époque de l’ouverture des hostilités entre le Dahomé et la France.
- Les officiers du roi en résidence à Ouida, voyant que cette ville serait la première qu’attaqueraient les Français, et voulant encourager la population à la résistance, firent probablement fabriquer cette statue à l’aide de matériaux trouvés sur la plage : l’armée dahoméenne devait croire évidemment que le terrible génie de la guerre, satisfait d’une aussi belle statue, ne pouvait manquer de jeter l’effroi et la déroute dans les rangs français. La statue n’a sans doute pas paru suffisamment belle au génie, ou bien les Français avaient avec eux un Mars plus puissant que Gbo; en tout cas ce dernier a la tristesse de voir son inutile idole convertie en objet ethnographique. De toutes façons, nous ne saurions nous en plaindre. Mauiucf, Delafosse.
- LA FIN D’DNE EXPOSITION
- 11 s’agit des événements qui ont terminé la grande Exposition universelle de Chicago, d’une façon terrible et lamentable. Lors de la clôture de lu World's Pair, en octobre dernier, la question se posa de déblayer les terrains de Jackson Park des bâtiments devenus désormais inutiles : le directeur de l’Exposition proposa le plus sérieusement du inonde d’y mettre le feu après ;rtroir enlevé tous les objets exposés ou toutes les parties présentant une valeur commerciale supérieure aux frais de l’enlèvement. Les événements ont malheureusement réalisé sur une échelle gigantesque ce que l’on s’était plu à 11e considérer que comme une fantaisie américaine un peu excessive. Le 4 juillet 1804 — anniversaire de l’Indépendance — les grévistes ont mis le feu aux bâtiments qui subsistaient encore et fait disparaître la grande gare terminus, qui avait coûté 1 000 000 de dollars, le palais des arts et manufactures (1 800 000 dollars), les bâtiments de l’électricité, des machines et des mines, qui avaient coûté ensemble 2 000 000 de dollars, soit ensemble près de 25 000 000 de francs. On croit que les incendiaires avaient médité d’allumer cet incendie, en premier lieu, dans le but d’y attirer la plus grande partie des secours, et d’incendier ensuite les maisons de la ville restées sans protection. Le complot a été déjoué par le chef du service des incendies qui, grâce à une heureuse méfiance, n’envoya qu’un petit nombre de pompes dans Jackson Park. Quoi qu’il en soit, l’incendie a tout détruit, et il ne reste plus aujourd’hui le moindre vestige des beautés de la World’s Pair.... Sic transit gloria mundi.
- LE SILURE
- (SILU RUS G U A X1S )
- Dernièrement La Nature annonçait l’arrivée à l’établissement de pisciculture du Jardin d’Aeclima-tation de deux silures de la Meuse : on les désignait sous le nom de poissons rares et curieux'.
- Cette épithète est certes bien exacte, aussi avons-nous pensé intéresser nos lecteurs en mettant sous leurs yeux un dessin de ces animaux, dont le Muséum d’histoire naturelle possède également deux exemplaires vivants, qui depuis bien longtemps déjà s’y conservent en bonne santé. Les silures du Jardin d’Acclimatation, que nous représentons ci-contre, sont d’assez belle dimension : le plus grand d’entre eux a environ 1 mètre de longueur. Mais les silures atteignent parfois une taille bien plus grande, ils arrivent à avoir 2 mètres et même 5 mètres de longueur, pesant jusqu’à 150 kilogrammes. O11 a pu les désigner sous le nom de Baleine des eaux douces. Les silures sont des animaux d’une grande férocité.
- Si nous consultons La Blanchère (la Pêche et les Poissons), nous y trouvons cette description du silure qui laisse une assez vive impression : « Ce poisson est un véritable monstre. Tète énorme et aplatie, gueule large armée d’une infinité de petites dents pointues et garnies de chaque côté de plusieurs barbillons (six) qui peuvent atteindre deux pieds de long et servent à attirer le petit poisson.... Dans
- 1 Yoy. Nouvelles scientifiques, 11" du l(i juin 18U4.
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- LA NATURE
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- les rivières il av;ile tous les autres poissons qui se trouvent avec lui. »
- Le portrait est, déjà bien sombre, mais eertains auteurs nous en font un bien plus noir eneore. Le silure, quand il a les dimensions de 2 mètres dont nous venons de parler, est capable d’avaler le bétail et les hommes eux-mêmes. Nous allons rapporter à ce sujet quelques laits extraordinaires que mentionnent d'anciens naturalistes, (iesner nous dit (pie : « cet animal est tellement vorace qu’une Lois on a trouvé, dans l’un d’eux, une tète humaine et une main. Il dévore tout ce qu’il peut atteindre, ajoute-t-il, oies, canards, n’épargnant même pas le bétail qu'on mène paître, et le noyant. »
- Valenciennes écrit qu’cn 1701), le o juillet, un paysan prit auprès de Tliorn un silure qui avait un entant dans l’estomac.
- Sur les frontières de la Turquie un pauvre pêcheur aurait pris un jour un silure qui avait dans l’estomac le corps d’une femme.
- llœckel et Kner citent des faits du même genre de la part de silures capturés à Preshourg.
- D’après (iinelin, ce poisson, lors des inondations, aurait l’instinct de secouer avec, sa queue les arbustes sur lesquels se réfugient des animaux terrestres pour les faire tomber à l’eau et les dévorer.
- Le s Hure glanis, (pii peut être considéré comme le type des siluridés (poissons malacoptérygiens
- Les silures du Jardin d’Acclimatation de Paris. (D’après nature.)
- abdominaux), ne se trouve pas en France, ni en Angleterre, ni en Italie, ni en Espagne.
- Un le rencontre dans les lacs de Morat et de Neuchâtel, dans le Rhin, l’Ill, le lac de Ilœrlem, l’Ell >e, la Sprée, le Danube et ses afllucnts, la Yis-tule; il est très commun en Prusse, en Livonie, en Russie et en Asie Mineure.
- On en prend beaucoup l’hiver en faisant des trous dans la glace.
- Sa couleur varie un peu, mais se rapproche toujours du vert ou du brun olivâtre très foncé et quelquefois avec des marbrures; les cotés sont plus clairs et le ventre jaunâtre ou blanc sale. La lèvre inférieure est rougeâtre, la base de la nageoire pectorale porte une tache brune, bordée d’une teinte claire. Les nageoires abdominale et anale ont une
- bande jaunâtre plus ou moins accentuée. Les barbillons de la mâchoire supérieure sont blanchâtres, les autres rougeâtres.
- Le frai a lieu en mai- et juin, la ponte atteint 17 000 œufs (pie le mâle garde et défend. Le développement est plus ou moins rapide suivant les conditions de milieu où se trouvent les alevins.
- La chair du silure rappelle celle de l’anguille, son goût varie, suivant la nature du fond où il vit et peut-être aussi suivant la saison.
- Ce poisson a les allures lentes, vit au fond de l'eau, s’enfonçant souvent dans la vase, ne montant ordinairement à la surface que quand il tonne, ou tout au moins par les temps d’orage.
- A.-L. Clément.
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- LA NATllHE.
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- LWBSINTHE
- HISTOIRE — FABRICATION - TRAITEMENT
- Historique. — Le premier nom donné à celte liqueur fut celui A'Elixir d'absinthe. C’ét;iit, alors, une préparation pharmaceutique fort employée contre les embarras gastriques, contre les troubles du tube digestif et les affections de la vessie.
- D’après un livre ancien datant de près d’un siècle, l’invention de l’extrait, d’absinthe serait due à un médecin du nom d’Ordinairc. D’après une légende, le produit aurait été découvert par les moines de l'abbaye de Saint-Benoit (Monlbcnoit.) ; il se pourrait
- fort bien (pie ce soit de cos derniers que le D1 Ordinaire tint le secret de la préparation de cette liqueur ; car, chassé de France pour des raisons politiques, il s'établit à Couvct (Suisse) où il exerça la profession de médecin et celle de pharmacien, qui lui permit de travailler à son élixir. 11 mourut, laissant son secret à sa servante; celle-ci le vendit aux filles du lieutenant llcnriot, qui fabriquèrent alors l’extrait d’absinthe en lui donnant une extension assez grande pour une découverte aussi récente.
- Peu de temps après, en 1805, Henri-Louis Pernod fonda, à Couvct, une usine qui fournissait 10 lilres d’absinthe par jour ; puis, comme les droits d’entrée en France étaient très élevés, il vint monter, à Pou-
- Alambic à valeur pour la distillation de l’absinthe.
- tarlier, une seconde distillerie d’absinthe ayant la même production que celle de Couvet. En 1855, la distillerie de Pontarlier fabriquait 450 litres par jour; elle est, aujourd’hui, la propriété d’une Société qui en fabrique plusieurs milliers de litres par jour. D’autres distilleries, du môme genre, se sont montées en France, en Suisse et en Allemagne, et produisent des ([nantités énormes de cette liqueur.
- Composition. — Les plantes qui forment la base de l’absinthe sont ; la grande absinthe, la petite absinthe, l’anis et l’hysope. Certains fabricants, pour obtenir une marque spéciale, soit pour donner à l’absinthe des propriétés particulières, ajoutent aux matières ci-dessus, de l’anis étoilé, de la mélisse, de la menthe, de l’iris, de la coriandre, du benjoin, de F angélique, etc.
- Au sujet de cette composition de l’absinthe, nous tenons quelques observations qui auront, nous le croyons, une grande utilité. 11 résulte d’une étude approfondie de MM. Cadéac et Albin Meunier, sur Faction physiologique de l’absinthe, que ce n’est [tas à l'essence d’absinthe seule qu’il faut attribuer les accidents connus sous le nom A'absinthisme. C'est surtout à l’anis que la liqueur emprunte la plupart de ses propriétés toxiques. Ils pensent que, pour ralentir les progrès toujours croissants de l’absinthisme, il n’y aurait peut-être qu’à modifier la composition de la liqueur, en augmentant légèrement la proportion des especes bienfaisantes et en diminuant la quantité d’anis, de badiane et de fenouil.
- Voici, à titre d’exemple, les formules les plus employées pour la fabrication de l’absinthe.
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- LÀ NATURE.
- Absinthe ordinaire.
- Grande absinthe sèche et inondée. . 2.500 gr.
- Iiysope fleurie sèche..................... 500 —
- Mélisse citronnée sèche................... 500 —
- Anis vert pilé.......................... 2.000 —
- Alcool à 95 degrés......................... 16 lit.
- Absinthe fine.
- Grande absinthe sèche et mondée. . 5.500 gr.
- Anis vert............................... 5.500 —
- Fenouil................................. 5.500 —
- Iladiaue................................... 10 —
- Alcool à 95 degrés......................... 95 lit.
- Infusion de 24 heures, distillation et coloration avec :
- Petite absinthe........................... 550 gr.
- Iiysope................................... 600 —
- Mélisse............................... 800 —
- Ajouter, après fabrication :
- Essence de badiane......................... 50 gr.
- Dissolution de gaïae....................... 50 —
- Réglisse pulvérisée........................ 20 —
- Absinthe extra-fine.
- Grande absinthe......................... 5.000 gr.
- Anis vert............................... 5.000 —
- Fenouil................................. 5.000 —
- Badiane................................... 500 —
- Carvi..................................... 125 —
- Racine d’angélique......................... 70 —
- Alcool..................................... 95 lit.
- Macération de 24 heures dans l’alcool à 80 degrés, distillation et coloration avec :
- Petite absinthe........................... 900 gr.
- Iiysope................................... 900 —
- Mélisse................................... 900 —
- Menthe.................................... 100 —
- Après coloration, addition de :
- Flssence de badiane........................ 50 gr.
- — d’anis vert........................... 50 —
- Fabrication. — La fabrication de l’absinthe
- comprend la série d’opérations suivantes : 1° la macération; 2° la distillation; 5° la coloration; 4° le blanchiment ; 5° le collage ; 6° le vieillissement.
- La macération est la première opération. On ne doit se servir que des herbes de qualité supérieure. C’est l’absinthe de Pontarlier qui est préférée. On emploie seulement la feuille et les sommités fleuries, parce qu’elles contiennent l’arome le plus fin.
- Les matières étant pesées, on les met dans l’alambic avec la quantité déterminée d’alcool à 05 degrés centésimaux, réduit à 75 ou 80 degrés avec de l’eau. Ce degré de dilution de l’alcool est Je plus convenable, car trop concentré, il nuirait au développement complet de l’arome par suite de son action trop énergique sur les plantes; trop dilué, au contraire, son pouvoir dissolvant ne serait pas suffisant et il ne se chargerait pas de tous les principes utiles. La macération dure 24 heures; quelques fabricants la font durer 56 heures.
- On procède ensuite à la distillation, après avoir ramené l’infusion alcoolique à marquer 50 degrés centésimaux. Cette distillation se fait dans des appareils distillatoires perfectionnés (Voy. figure ci-con-
- tre, p. 140), chauffés à la vapeur, au moyen d’un serpentin ou d’un double fond.
- On met à part les flegmes qui coulent au commencement de la distillation. On recueille le produit riche en alcool, jusqu’à ce qu’il marque 60 degrés. La masse du produit distillé titre 75 degrés environ.
- Les produits du commencement et de la fin de la distillation, c’est-à-dire les flegmes d’absinthe, servent à la confection des absinthes ordinaires.
- La coloration de l’absinthe se fait dans l’alambic même de distillation. On y place le bon produit de la première distillation, avec les matières employées pour la coloration, qui sont la petite absinthe et î’hysope. On laisse en contact pendant 12 heures à la température de 50 degrés. On laisse l’absinthe se refroidir et on réduit son titre à 70 ou 72 degrés, avec de l’eau. Les absinthes ordinaires se colorent simplement avec du bleu d’indigo et du caramel ou du safran.
- Le blanchiment est l’opération qui consiste à mêler à l’absinthe certaines matières, dans le but de la faire blanchir lorsqu’on l’additionne d’eau. On emploie à cet effet Y extrait blanc, dans la proportion de 2 litres d’extrait pour 1000 litres de liqueur. Cet extrait blanc se prépare en faisant digérer un kilogramme de résine de gaïae en poudre dans 20 litres d’alcool à 95 degrés pendant 15 jours. 11 ne faut pas ajouter un trop grand excès de ce produit, sans cela on communiquerait de l’âcreté à l’absinthe. Quelques fabricants préfèrent employer l’essence de badiane, dans la proportion de 500 grammes par 1000 litres ; d’autres se servent de la réglisse pulvérisée à la dose de 250 grammes par 1000 litres d’absinthe. La réglisse donne du brillant et du moelleux à la liqueur.
- Les absinthes fortes se clarifient d’elles-mêmes, par un repos plus ou moins long dans les fûts. Les absinthes plus faibles exigent un collage à la terre d’Espagne, dans la proportion de 1 kilogramme par 1000 litres. La poudre de réglisse opère aussi le collage.
- Le vieillissement de l’absinthe est une question de premier ordre. Il communique à cette liqueur des propriétés particulièrement recherchées.
- Le procédé le plus simple consiste à laisser l’absinthe vieillir d’elle-même, dans des fûts, pendant 2, 5, 4 et même 5 ans. Pour éviter l’immobilisation d’énormes capitaux, on a cherché à vieillir artificiellement et rapidement les absinthes. On a essayé beaucoup de moyens : la chaleur, l’électricité, l’oxydation lente à la lumière, l’oxydation par l’ozone, l’oxygène comprimé, etc.
- La chaleur ne produit pas les résultats attendus : l’absinthe acquiert de l’âcreté.
- Le courant électrique, continu ou alternatif, n’a aucune action efficace.
- L’oxydation lente, à la lumière, paraît avoir donné des résultats plus encourageants entre les mains de M. Bailly, qui s’est fait breveter, le 5 mars. 1891, pour en revendiquer la priorité. Nous rappellerons
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- LA N ATI] R K,
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- toutefois, qu’en 1855, M. Pernod, à sa distillerie de ! Pontarlier, colorait l’absinthe en l’exposant au grand jour, dans des bocaux en verre.
- Il suffit d’exposer le liquide à l’action de la lumière solaire ou électrique, soit à l’air libre, soit en vase clos, sous couverture vitrée. Pour que l’action de la lumière soit efficace, il faut que la couche d’absinthe exposée à la lumière soit assez mince pour que les rayons lumineux pénètrent dans la masse, sans perdre de leur intensité par réfraction. U est donc préférable de mettre le liquide dans des vases à fond plat, présentant une grande surface; avec une pompe et un jeu de siphons, on établit une circulation intermittente du liquide à travers les vases que l’inventeur appelle radiofères. Lorsqu’on est obligé d’employer une lumière artificielle, comme la lumière électrique, on la produit dans le sein même du liquide, au moyen de lampes à incandescence, immergées dans la liqueur.
- A la suite des essais de M. Bailly, nous avons entrepris une série d’études sur le vieillissement de l’absinthe par la lumière. Il résulte, de nos essais, que la lumière solaire est bien plus efficace que la lumière électrique, que la lumière à arc l’est beaucoup plus que la lumière à incandescence. Nous avons remarqué, en outre, que les rayons violets du spectre agissent bien mieux que les autres ; il n’y a rien d’étonnant à cela, quand on se rappelle que ce sont les rayons ultra-violets du spectre qui possèdent la plus grande activité chimique. Enfin, poursuivant continuellement nos idées, nous avons constaté que l’absinthe saturée d’oxygène, sous pression de 1 ou 2 kilogrammes, se vieillissait bien plus rapidement, parce que l’oxydation était beaucoup plus active. Cela a été', pour nous, un point de la plus haute importance. Nous avons fait construire une caisse métallique, doublée de glaces à l’intérieur et portant une glace épaisse et transparente comme couvercle. Par un tube, on envoie de l’oxygène à la pression de 1,5 atmosphère, provenant d'une houteille et d’un régulateur réglé pour cela. Un arc électrique, avec réflecteur, envoie des rayons lumineux intenses dans toute l’épaisseur du liquide. Après un jour de ce traitement, l’absinthe est vieillie et bien améliorée.
- Cependant l’usage de la lumière électrique est assez onéreux. Il serait bien préférable de se servir de la lumière solaire. Malheureusement, cette lumière nous fait souvent défaut et ne peut être employée dans une fabrication continue et régulière.
- A.-M. Villon,
- — A suivre. — Ingénieur chimiste.
- LE CANAL MARITIME DE MANCHESTER
- A plusieurs reprises il a été question ici du canal maritime, du Skip-Canal que l’on voulait construire pour faire de Manchester un port de mer recevant directement les navires cotonniers qui apportent la matière première pour son industrie, ou qui emportent les produits manufacturés de cette industrie;
- nous-mème avions consacré une courte étude à cette entreprise en 1888, au moment où les travaux venaient d’être entamés. Aujourd’hui le canal est livré à la navigation, tout récemment la Reine Victoria vient de l’inaugurer officiellement, et le moment parait opportun de préciser les conditions dans lesquelles il a été établi, conditions qui diffèrent quelque peu de celles du devis primitif.
- Comme nous l’avons dit autrefois, le canal commence à Eastham, et sur 21 kilomètres, jusqu’à Runeorn, il suit le sud de l’estuaire de la Mersey, par suite de l’opposition des habitants de Liverpool ; tantôt (le plus souvent) il est en terre ferme, tantôt derrière une digue insubmersible (lig. 1 et 2). De Runeorn à Warrington, sur 12 kilomètres et demi, il se sépare de la Mersey ; à la hauteur de Warrington, il lance un double bras qui fait bénéficier cette ville de la voie maritime. 11 se dirige tout droit, joint la Mersey, qu’i! absorbe, puis absorbe de même l'frvvell à partir d’irlam; connue la Compagnie du canal a acheté la navigation de la Mersey et de l’Invell, on remblayera les bras morts des deux cours d’eau. Suivant, absorbant toujours l’Invell, la nouvelle voie entre à Manchester par son faubourg de Salford. Nous sommes alors à la tête de ligne du canal et dans le nouveau port de Manchester, dont nous reparlerons.
- Le Skip-Canal a un développement total de 57118 mètres et se partage en cinq biefs : le premier a oo 789 mètres de développement entre l’écluse de marée d'Eastham (faite pour empêcher le niveau du bief de suivre celui de la mer), et l'écluse proprement dite de Latehford; le suivant se termine à l’écluse d’irlam, 12067 mètres; le troisième est compris entre cette écluse et celle de Barton, sur 5218 mètres; le quatrième a 5229 mètres, jusqu’à l’écluse dcModeWheel;enfinledernier,2815mètres,se termine à la passerelle de Woden Street, à Manchester même. La différence de niveau est de 18m,45 entre le plan d’eau dans le port de cette ville et la hauteur des moyennes hautes mers (hauteur normalement obtenue dans le premier bief, comme nous allons le dire) ; la chute moyenne par écluse est donc de 4m,51.
- Disons tout de suite que les conditions de tirant d’eau sont des plus favorables et à l’entrée et sur tout le parcours du canal. Le chenal reliant sur 700 mètres les grands fonds de l’estuaire aux écluses d’Eastham, est creusé à 6m,10 au-dessus du 0 (et encore on aurait creusé plus bas, n’eût été l’opposition de Liverpool) ; le seuil des écluses est à — 7m,015; quant au tirant d’eau intérieur, il est partout d’au moins 7m,95, les seuils étant établis en vue de permettre des approfondissements ultérieurs. Les facilités d’entrée sont des plus grandes : les navires calant jusqu’à 4m,90 pourront entrer à toute heure, en éclusant ou directement, suivant le moment; jusqu’à 6m,10 de calaison, l’entrée leur sera possible pendant 92 pour 100 du temps, pendant 77 pour 100 .jusqu’à 0m,70. E’est
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- beaucoup mieux que ce que l'on peut trouver à Liver-pool même. Pour la largeur du canal au plafond, elle oscille entre 5f>ln,f)0 (plus que nos grands boulevards) et 51m,80 au plan d’eau; elle dépend en partie de la nature des berges ; du reste, ce qui. est fort important,, celles-ci sont défendues partout, de
- t db sorte que les navires peuvent sans inconvénient prendre une vitesse de (> nœuds par heure. La section transversale de cet admirable ouvrage permet partout des croisements faciles, sans parler des passages spécialement élargis comme à Rarton, pour faciliter le stationnement sur une des rives, ni des
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- So.
- Fig. 1. — Plan général du canal maritime de Manchester.
- ports véritables dont nous allons dire un mot dans un instant. Ajoutons qu’aux abords de chaque écluse on a ménagé un garage donnant la faculté aux plus grands bateaux de virer, sans aller chercher un port pour cela.
- 11 ne faut point que nous oubliions de donner quelques détails sur les écluses : elles sont toutes doubles, pour économiser l’eau, l’un - des types ayant 185 mètres de long sur 19m,82 de large, l’autre 1 (>(»,n,75 sur 15m,72 ; et encore y a-t-il dans chacune des portes intermédiaires pour pousser plus loin l’économie.
- On estime que la durée de passage du canal sera de dix heures ; on pourra naviguer de nuit comme de jour, grâce à l’éclairage électrique. D’autre part l’eau ne fera point défaut, on en aura toujours assez pour éeluser par jour 175 steamers, dont 25 de 2000 à 5000 tonneaux et 50 de 500 à 2000; par contre on a su aménager des déversoirs de superficie, pour expulser une partie des eaux des rivières en temps
- de crue et rendre le courant à peu près négligeable.
- Dans ce coup d’œil pourtant si rapide, nous ne pouvons omettre de donner quelques détails sur les
- ports qui ont été créés non seulement à Manchester même et Sal-ford, mais tout le long du canal, pour faire jouir la contrée traversée du bienfait de cette voie maritime. Nous trouvons d’abord le bassin de Wcs-ton, au croisement avec l’estuaire de la rivière Wcaver; tout à côté est le bassin de Sait, dont une de nos gravures (fig. 5) donne une vue d’ensemble. On voit par le nombre de bateaux qui s’y trouvent que ce port est bien fréquenté déjà; puis vient le port de Runcorn; c’est ensuite le bassin de Warrington, dont nous avons parlé, qui a 9 hectares et un excellent outillage. Nous traversons le bassin à charbon de Rartington, constitué par un élargissement du canal ; notre gravure (fig. 4) le donne avant l’achèvement des travaux. Actuellement son outillage perfectionné
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- Fig. 3. — Canal de Manchester»» Liverpool. Vue générale de Sait port. (D’après une photographie.)
- Fig. 4. — Canal de Manchester à Liverpool. Bassin à charbon de l’artington avant sa mise en eau, (D’après une photographie.)
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- lui permet de manutentionner 400 à 500 tonnes, de charbon à l’heure. Sans nous attarder à parler de tous les appontements (pie l’on a établis et que l’on établira le long des rives du canal, nous passons l’écluse de Mode Wlieel et arrivons au port de gallon!, formé par un élargissement du lit de lTrwell et par une triple digitation ; les docks ont au minimum fit) «à 67 mètres de largeur. En remontant, nous trouvons ensuite le port de Manchester ou l'ourona Docks, qui est composé d’une série de docks obliquement disposés par rapport à la rivière. Nous ne pouvons insister, les plans que nous donnons étant assez clairs par eux-mêmes ; nous ferons seulement remarquer que tous les docks sont bordés de voies ferrées ; les terre-pleins portent des hangars à charpente métallique en même temps que l’outillage le plus perfectionné, desservi par des conduites d’eau comprimée courant sous les quais. A cette extrémité du canal le commerce trouvera 42 hectares 50 ares de quais, 61 hectares 50 ares de surface d’eau et 8250 mètres de longueur de quais.
- Nous n’avons pourtant pas tout dit de cette remarquable entreprise, et il nous reste à citer, dans un prochain article, certains ouvrages d’art remarquables qu’on a dù construire pour rétablir les communications interrompues par le canal maritime1.
- — A suivre — DANIEL BëLLET.
- LES COLLECTIONS
- DU MUSÉUM D’HISTOIRE NATURELLE
- EX 1759
- D’APRÈS UN MANUSCRIT DU TEMPS
- Uc centenaire du Muséum d’histoire naturelle, dont un beau volume, récemment distribué, perpétuera le souvenir, donne quelque intérêt aux lignes suivantes relatant une visite faite au Cabinet des Curiosités naturelles du Roi, le 17 août 1750.
- o C’est une collection de tout ce qu’il y a de plus rare dans la Nature. L’on voit toutes ces pièces dans les bâtiments du Jardin du Roi tous les jours ouvriers depuis quatre heures et demie jusqu’à sept. Si les Rois, avec toute leur puissance ne sauraient former une feuille d’arbre ou la moindre plume d’oiseau et que les plus fameux peintres ou sculpteurs u’ont été regardés tels que parce qu’ils imitaient de plus près que leurs associés ces merveilles du Créateur, avec combien plus de raison doit-on être enchanté de trouver rassemblées dans un même lieu tant de choses capables d’exciter notre admiration et notre reconnaissance en nous faisant voir dans chaque pièce le pouvoir infini de l’Auteur de la Nature.
- « La première salle qui est de trois croisées est remplie de tous les oiseaux que les pays étrangers peuvent fournir. On les voit tous arrangés dans dix-huit armoires devant lesquelles il y a des glaces pour qu’on ne puisse pas y toucher. Ils sont perchés sur des petits travers le long de grands hâtons, une carte sous chacun où le nom
- 1 Voy. la Notice publiée sur le canal de Manchester, n° 772, du 17 mars 1888, p. 243.
- et le pays de l’oiseau est écrit. La variété des couleurs les plus vives et leur figure différente, soit pour le bec. la tête, les pattes, etc., fait un effet qu’il est difficile de décrire. Dans les deux autres côtés de cette salle, l’on voit dans un bel arrangement les œufs de toutes sortes de volatiles, ce qui fait encore une grande variété. Dans le milieu est une grande table en manière de billard où sont rangés des coquillages de toute espèce. Des crocodiles et autres animaux pendent du plancher.
- « La salle suivante qui est de cinq ou six croisées est remplie de toutes sortes d’animaux terrestres et aquatiques, de même que des fœtus qui sont mis dans des bouteilles avec de l’esprit-de-vin et des glaces en avant. D’autres animaux pendent aussi du plancher. Un cabinet joignant est rempli de toutes sortes de papillons, mouches et insectes. Les plantes maritimes telles que corail et autres espèces sont à l’infini de même que des morceaux de différents minéraux, soit des mines d’or ou d’argent, cristaux, bois pétrifiés, etc.
- « Mais ce qui paraîtra plus étonnant, c’est que la plus grande partie de cette riche collection vienne de M. de Réaumur1 qui l’a laissée à Sa Majesté pour en augmenter son cabinet.
- « On doit pourtant regretter que n’avant point assez de chambres pour placer cette augmentation, on a dù en retirer les machines et autres pièces de mécanique de l’Académie qui étaient placées dans ce bâtiment depuis qu’on les a retirées de l’Observatoire et que par ce moyen,, on est privé de les voir. »
- Les Notes qu’on vient de lire sont extraites d’un volume in-12, conserve dans ma bibliothèque et provenant, par héritage, de mes ascendants paternels. C’est un manuscrit comprenant 400 pages numérotées, suivies elles-mêmes d’une table très soigneusement dressée : il est relié en parchemin avec tranches rouges et paraît avoir beaucoup servi.
- Un autre exemplaire de ce récit de voyage également manuscrit, d’aspect presque semblable et de même origine que le premier, appartient à mon cousin le comte de Guerne. On y a intercalé trois brochures concernant les Raretez, les Tombeaux et le Trésor de l’Église royale de Saint-Denis. Ces plaquettes ont dû être achetées sur place au cours du voyage, de même qu’un petit plan de Paris, collé sur toile, fatigué par l’usage et dont les marges ont été rognées autant que faire se pouvait, sans doute pour le rendre plus portatif. Ce plan paraît avoir été fixé ensuite à la garde du volume, de façon à pouvoir être déplié’et entièrement étalé pendant la lecture. C’est, comme tout le reste, manuscrits et imprimés, le souvenir précieux d’une date mémorable dans la vie de deux Flamands sédentaires. Fixés aux environs de Mons, ils y menaient une existence familiale, simple et large, respectueux du Pouvoir et de la Religion, dont ils gardaient partout les pratiques extérieures, disant le Bénédicité en public sans ostentation ni gêne, et naïvement étonnés de voir la foule des Parisiens manger du jambon un vendredi sur les pelouses de Versailles en attendant le jeu des eaux ordinaires ou extraordinaires. Cela ne les em-
- 1 Le nom de Réaumur a été sans doute mis ici par erreur pour celui de Tourncfort.
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- pèche pas, du reste, de montrer chemin faisant beaucoup de bonne humeur et d’ètre enchantés de leur voyage.
- (( Nous avions tout lieu d’en être Lien contents, écrivent-ils. Nous avions vu une quantité de [telles choses et en si grand nombre que bien des gens eussent eu de la peine à en voir autant dans six mois. »'
- L’activité déployée par nos deux touristes était certainement très grande et l’on peut juger, par une longue liste, combien fut remplie pour eux la journée du 17 août en dehors de leur visite au Cabinet des Curiosités naturelles du Roi : le Collège Mazarin ou des Quatre-Nations, l’Hôtel de Saxe, la Bibliothèque de Saint-Germain des Prés, Saint-Sul-pice, les Cordeliers, la Manufacture royale des Gobc-lins, Saint-Médard, les Filles hospitalières de la rue Saint-Marceau et la Maison de Navarre.
- Ainsi firent-ils pendant les quarante-sept jours que dura leur excursion (du lundi 50 juillet au vendredi 14 septembre 1759). Voyageant raremoit, ils mettaient a profit les moindres loisirs de la route. Cela ressort avec toute évidence des quelques pages du même manuscrit que j’ai publiées sous le titre : De Mons à Lille et à Paris en diligence, dans les Comptes rendus du treizième Congrès national des Sociétés de géographie, réuni à Lille eu 1892.
- Jules de Guerne,
- Bibliothécaire-archiviste de la Société de géographie.
- L’ANGUILLULE DE LA BETTERAVE
- La betterave, qui constitue une bonne partie de la richesse du nord de la France, est attaquée par un grand nombre de parasites dont le plus dangereux est certainement une Anguillule, YHeterodera Schactii. On a proposé pour détruire cet animal une multitude de procédés, mais aucun, que nous sachions, n’a encore donné de résultats bien nets. Cet état de choses tient sans doute à ce que les cultivateurs qui, presque seuls, peuvent résoudre la question, ne connaissent pas suffisamment la biologie de ce Phylloxéra d'un nouveau genre et appliquent leurs procédés d’une manière empirique. C’est presque un lieu commun de dire que pour combattre efficacement un parasite, il faut d’abord apprendre à le bien connaître; mais, néanmoins, on ne saurait trop le répéter. C’est dans le but de guider les praticiens dans l’application des mesures qui peuvent être utilement prescrites contre l’Anguillule, que nous allons tracer rapidement son histoire, d’après un savant travail de M. Joannès Chatin. Cette étude nous révélera d’ailleurs nombre de faits intéressants au point de vue de la biologie générale.
- Loin de se montrer uniquement et constamment localisé sur la betterave, YHeterodera présente un habitat des plus variés : il attaque aussi bien les choux et les céréales que le colza, les navets, le cresson alénois, la navette, les épinards, etc. Il peut
- même vivre librement dans la terre, à la manière des animaux non parasites; on doit toujours se rappeler ce fait qu’il peut persister durant plusieurs mois dans une terre n’offrant aucune trace apparente de végétation.
- On reconnaît les betteraves « néinatodées » à ce (pie les feuilles jaunissent et les racines s’atrophient. En examinant ces racines, on voit qu’elles sont bourrées d’anguillules et qu’à leur surface il y a d’innombrables petits points blancs, comparables à des citrons microscopiques et représentant autant de femelles gorgées d’œufs ou de larves.
- VHeterodera est un ver du groupe des Nématodes; le male et la femelle sont très différents. Le nulle est long de 8 millimètres en moyenne. Le diamètre transversal se maintient égal dans toute l’étendue du ver, sauf aux deux extrémités qui revêtent un aspect spécial. Sur toute la longueur, le mâle présente une striation des plus régulières. La tête porte une coiffe caractéristique et un stylet très aigu : c’est grâce à ces deux organes que l’animal peut progresser dans la terre et pénétrer dans l’intérieur des racines.
- La femelle adulte diffère totalement du mâle; elle est courte, globuleuse et opaque. La longueur de l’adulte varie entre 0nun,8 etlmm,5; sa largeur, entre 0mm,5 et 0mra,9; elle tend ainsi vers la forme sphéroïdale. Sa coloration varie du rouge au brun. Elle contient de 500 à 400 œufs. Ceux-ci affectent un peu la forme d’un haricot.
- Parfois, au lieu de trouver des points blanchâtres sur les betteraves, on trouve dans la couche de terre qui les entoure des kystes bruns, découverts par M. J. Chatin, et dont l’intérêt est très grand. Ce sont des femelles remplies d’œufs qui se sont « enkystées », c’est-à-dire ont sécrété autour d’elles une enveloppe solide, grâce à laquelle les œufs peuvent passer la mauvaise saison. L’époque d’apparition des kystes bruns a lieu surtout à la fin de la belle saison ; mais elle peut se former plus tôt, à la suite d’un été précoce et chaud ou d’un helminthiasis intense.
- L’éclosion des œufs, qu’ils naissent directement de la femelle ou d’un kyste brun, se trouve précédée de divers phénomènes qui se manifestent à leur intérieur. Dans chaque œuf, l’embryon cherche à se dérouler et ondule jusqu’à ce que la coque ovulaire se rompe. L’évolution du ver n’est pas en ce moment terminée, car il lui faut subir encore une série de métamorphoses fort curieuses.
- Le dimorphisme du mâle et de la femelle ne retentit pas seulement sur leur forme et sur leur organisation intérieure, il s’affirme déjà dans les premiers stades de leur évolution. Celle-ci est très différente pour les deux sexes : le mâle seul en parcourt intégralement le cycle qui, chez la femelle, au contraire, s’abrège notablement Mais, résultat assez inattendu, c’est le mâle seul qui, sous sa forme adulte, rappelle les traits de la larve, bien que le cycle évolutif ne subisse pour lui aucune abréviation. On doit distinguer trois phases dans l’évolution de YHetero-
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- LA NATURE.
- dera : 1° première larve; 2° deuxième larve; 5° cocon de male. La femelle passe seulement par les formes de première et de deuxième larve; la forme cocon est propre au mâle.
- La première larve se montre sous l’aspect d’un petit ver blanchâtre, très agile, mesurant en moyenne 0mm,55 de longueur. L’extrémité caudale est allongée en pointe. Après avoir mené, durant un temps variable avec les circonstances, une vie libre, la larve cherche à s’introduire dans une plante nourricière. De terricole, la larve va devenir parasite. L’helminthe s'attaque à de petites racines, mesurant
- à peine quelques millimètres de diamètre. Grâce à son aiguillon, il perfore l’épiderme, atteint le parenchyme et mue. La femelle a dès lors atteint son complet développement ; elle est adulte. Si elle est encore enfouie dans les tissus de la racine, ce n’est plus que pour fort peu de temps; son exode est proche. L’énorme et rapide accroissement de l’helminthe a peu à peu distendu les tissus végétaux, au milieu desquels il s’est développé ; la tumeur cort icale est devenue impuissante à contenir pins longtemps le parasite et se rompt pour lui livrer passage. La femelle, ainsi dégagée, se trouve donc mise en liberté
- Anguilltiles île la bHlerave. Individus très grossis. — l.Màlc à l’état adulte.— 2. Femelle adulte.— Ô. Kyste ouvert par ses deux extrémités. — 4. Kyste brun. — 5. Première larve. — 6. I.e mâle presque entièrement développé se montre dans l’intérieur du cocon. — 7. Deuxième larve. — 8. Coupe d’une radicelle de betterave sur laquelle se trouve une femelle (F) et un mâle (M). —9. Fragment de racine de betterave portant une femelle d’Ileterodern (II) engagée sous l’épiderine.-— 10. Fragment de racine de betterave,sur les radicelles de laquelle sont fixées de nombreuses femelles A’Heterodera.
- dans la terre ambiante, où le mâle ne viendra la rejoindre que plus tard.
- Pour le mâle, le développement est plus lent et plus compliqué. Les téguments durcissent et deviennent opaques Distendue parla croissance rapide des parties internes, cette membrane tégumentaire s’en écarte peu à peu, constituant à la périphérie une sorte de cocon dans l’intérieur duquel va s’achever l’organisation du mâle. Le ver, ainsi inclus, est d’abord court et gros, presque claviforme, semblant vouloir devenir ovoïde. Mais cette phase est fugace, et le ver s’allonge rapidement, bientôt il brise son enveloppe, perfore l’écorce de la racine et gagne la terre ambiante.
- Les betteraves attaquées par Ylleterodera meu-
- rent presque toutes ou ne donnent qu’un rendement insignifiant. Les autres végétaux se comportent à peu près de meme, du moins en France. En Algérie cependant, ainsi que l’ont montré récemment MM. Vuillemin et Legrain, il se passe un fait très curieux : les plantes maraîchères attaquées par Vlleterodera se portent mieux que celles qui sont indemnes. Cela tient à ce que l’anguillule provoque la formation de tubérosités spongieuses où l’eau s’accumule quand il pleut et constitue une réserve de liquide pendant la sécheresse. Les plantes et le ver forment donc une de ces associations à bénéfice bilatéral auxquelles on a donné le nom de symbioses.
- Henri Cocdix.
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- LES DÉFORMATIONS CRANIENNES
- DANS l'aRT AXTIQL’E
- Los déformai ions crâniennes étaient connues des savants de l’antiquité, et quand Virchow en Allemagne et Broca en France ont de nouveau attiré l'attention sur ce point, ils rappelèrent qu'IIippocrate et Slrabon les avaient déjà, de leur temps, signalés chez des peuples sauvages.
- Mais ces notions devaient être de connaissance vulgaire chez les anciens, et nous voyons à plusieurs reprises les artistes de cette époque reproduire les divers types de déformation crânienne.
- Il huit remonter au delà d'Hippocrate et de l’art grec, et étudier l’art égyptien pour en trouver les premiers exemples. Lapins ancienne est la statuette calcaire de Nam-llotep, datant des premières dynasties, qui se trouve actuellement au musée du Caire (tig. J ). Ce devait être un personnage important, probablement attaché à la suite du roi en qualité de chef des parfums ou de maître de la garde-robe, propose M. Maspero. Les artistes ne l’ont pas llatté, et l’on peut voir sur cette statuette la fidélité avec laquelle ils observaient. C’est un nain dif-lorme, au buste long, aux bras et aux jambes courtes et torses. La tète a la forme d’un cône dont le sommet serait en arrière et en haut. On dirait une calotte posée sur elle ; mais en réalité elle est découverte puisqu'on voit dessinés les cheveux. Perrot et Chipiez, qui le citent dans leur Histoire <le l'art antique, ont remarqué cette singulière conformation et le déclarent dolichocéphale (diamètre antéro-postérieur allongé par rapport au transverse). Mais la doliehocéphalie
- peut exister indépendamment de toute déformation et ici la tète est bien réellement déformée. Elle ressemble à certains crânes toulousains déformés dans l’enfance au moyen de la coiffe, on mieux encore à la déformation des anciens Mexicains ou Tollèques retrouvés dans les ruines de Palenqné et qu'on peut voir au Musée du Trocadéro. Pour la produire, ils mettaient deux planchettes, une antérieure sur le front, l’autre postérieure, prenant point d'appui sur
- la partie inférieure de l’occiput, et l’on serrait peu à peu au moyen de liens. Ici la constriction a porté au-dessus du front de sorte que celui-ci n’a pas été déprimé. La déformation a du reste été facilitée par le rachitisme qui amollit les os et a amené les courbures des membres et de la colonne vertébrale.
- Un second exemple nous sera fourni par un esclave sculpté sur une cuillère en bois de la xvme dynastie (fig. 2). « Avec son nez plat, sa mâchoire lourde et bestiale, son front déprimé, sa tète rasée en pain de sucre, dit Maspero, il est évidemment la caricature d’un prisonnier étranger. » Sans doute les Egyptiens excellaient dans la caricature, mais je pense qu’il ne faut voir dans ce dessin, comme dans la statuette de Nam-JIotep, que la reproduction fidèle d’un type à crâne déformé. L’expression'« en pain de sucre » définit bien cette déformation. Elle n’est que l’exagération de la précédente, mais ici la constriction a porté en avant plus bas sur le front, et en arrière elle a comprimé tout l’occiput. — Les Yguéras, anciens habitants de Cuba avant la complète espagnole, se déformai.mt de même et nous possédons de cette époque des statuettes grossières qui nous les représentent sous cet aspect. Ils l’obtenaient au
- Fig. 1,2 et 5.— StatueUes et sculptures égyptiennes.— 1. Statuette de Nam-IIolep. 2. Cuillère en bois sculpté de la XVIII* dynastie. — 3. Statuette en bois d’un nègre à la tête aplatie.
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- moyen de deux planchettes placées sur les parties antérieure et postérieure, et les liens supérieurs étaient peu à peu resserrés de façon à faire converger les planchettes vers le hord supérieur.
- Cette déformation n’était pas commune chez les Égvptieus, ou ne la retrouve pas chez les personnages sculptés ou gravés sur les stèles. Maspero reconnaît la sculpture précédente pour celle d'un esclave asiatique : « La mine abrutie et consciencieuse avec laquelle il s’en va ployant sous le faix, a été fort Lien saisie et les saillies anguleuses du corps, le type de la tète, l’agencement des diverses parties, rappellent de fort près l’aspect général de certaines terres cuites grotesques provenant d’Asie Mineure. » Nam-llolep pouvait de même être un Asiatique, favori à la cour du roi.
- D’autres sculptures offrent également des déformations. Une petite statuette en bois de 15 centimètres de longueur, probablement de la même époque, se trouve au Musée du Louvre, mais elle nV I pas numérotée (fig. 5). Elle représente un nègre dont le front est aplati et la tête fortement allongée. Une autre plus petite, de 8 centimètres environ et sculptée plus grossièrement, offre une déformation analogue. La connaissance des déformations crâniennes remonte donc au delà d’Hippocrate puisque les Égyptiens la reproduisaient quand ils voulaient dessiner un Asiatique ou un nègre.
- D1 E. Régnault.
- LANCEMENT DU CUIRASSÉ LE « CARNOT »
- En raison du deuil national, on avait songé à retarder le lancement de ce cuirassé ; mais, sur les observations décisives de M. le directeur des constructions navales, qui a fait valoir que, par suite des préparatifs déjà exécutés, on ne pouvait ajourner cette opération sans la rendre très difficile et peut-être la compromettre, on a dù renoncer à tout ajournement et faire le lancement, mais sans apparat. Le lancement a donc eu lieu à la date fixée, c’est-à-dire le 12 juillet, avec le cérémonial ordinaire, sous la direction de M. l’ingénieur G. Maugat.
- Ce navire devait porter, connue on sait, le nom de Lazare-Carnot ; mais, par un sentiment auquel tout le monde applaudira, le Ministre de la marine a décidé qu’il s’appellerait le Carnot, en sorte que ce nom patronymique consacrera le souvenir, à fa fois de 1’ « organisateur de la victoire » et du Président de la République, mort victime du devoir sous le poignard d’un assassin. Nous rappelons que le Carnot a été construit à l’arsenal du Mourillon sur les plans de M. Saglio, directeur des constructions navales. Compris sur le projet de budget pour 1^891 en même temps que le Charles-Mar tel et le Jauréguiberry, le Carnol fut mis sur chantier dans les- premiers mois de la même année, et sa construction fut poussée très activement; il a pu être achevé, dans un délai de trois ans environ.
- - Yoici les principales caractéristiques :
- Longueur .................... 116ra,00
- Largeur ....................... 21m,50
- Tirant d’eau avant.............. 7m,50
- Tirant d’eau arrière............ 8m,50
- Déplacement................. 11 988 tonneaux
- Les machines du Carnot, à triple expansion, doivent développer 6200 chevaux chacune et actionner deux Hélices. Au tirage naturel elles devront imprimer au navire une vitesse de 17 nœuds par heure qui sera portée à 18 au tirage activé. La vapeur sera fournie par vingt-quatre chaudières d’Allest.
- L’armement principal du nouveau cuirassé, identique à celui du Charles-Martel, comprend deux pièces de 50,:'”,5 et deux de 27 centimètres, en tourelles fermées avec la disposition en quadrilatère du Neptune. Cet armement est complété par : huit canons de 14 centimètres, également en tourelles fermées; quatre de 65 millimètres à tir rapide ; huit de 47 millimètres à tir rapide et dix canons-revolvers de 57 millimètres dont deux dans les hunes supérieures ; des tubes lance-torpilles. Les pièces de l’armement principal ont un beau commandement ; celles de travers ont la même hauteur (7 mètres) que celles des cuirassés à barbette anglais et la pièce de chasse est à un peu plus de 9 mètres au-dessus de l’eau.
- Le cuirassement du Carnot se compose d’une ceinture complète qui offre sur les types précédents cette particularité de ne pas descendre pour former l’éperon. Sa largeur est à peu près la même que celle du Brennus; son épaisseur varie de 275 à 450 millimètres. Le pont cuirassé a 70 millimètres d’épaisseur1.
- TREMBLEMENTS DE TERRE EN TURQUIE
- Le 10 juillet 1894, à midi 20™, la ville de Constantinople a été mise en émoi par un violent tremblement de terre qui a produit des dégâts considérables et qui a causé des morts. Des incendies ont éclaté, les communications télégraphiques ont été interrompues. Plusieurs maisons se sont écroulées dans les quartiers de Stamboul et de Galata. Les secousses se sont succédé à différentes reprises au nombre de quatre. Mais la première, qui a duré 12 secondes, a été la plus importante. Les secousses ont continué le lendemain; le 11 juillet, on a ressenti quatre nouveaux ébranlements du sol, mais ils étaient légers. On avait déjà constaté la mort de 120 personnes tuées parles effondrements, on comptait aussi de nombreux blessés.
- Les îles des Princes, dans la mer de Marmara, ont été très éprouvées. A Prinkipo, notamment, de jolies villas et des maisons de campagne ont été détruites ou sérieusement endommagées, ainsi que plusieurs maisons appartenant à des Anglais. L’église orthodoxe grecque s’est en partie effondrée. Des maisons se sont écroulées à Mizzi et quatre personnes y ont été tuées. Dans file de Walki, la plupart des maisons sont inhabitables. Une partie de la grande École navale ottomane s’est effondrée. Six Hellènes ont été tués ; il y a eu plusieurs blessés. Le monastère, l’église orthodoxe se sont aussi écroulés. Les prêtres ont été tués et un grand nombre de personnes blessées. Dans l’ile d’Antigoni, aucun édifice n’est resté intact, à l’exception toutefois des monastères. A Péra, quatre maisons sont tombées et un grand nombre sont endommagées. 11 y a eu cinq tués. A Galata, il y a dix morts, dont plusieurs femmes et plusieurs enfants. Les maisons de ce quartier surtout ont énormément souffert. Dans le village de San Stefano, l’église catholique et la maison des Pères capucins ont été détruites.
- La mer de Marmara s’est retirée momentanément à
- 1 D'après le journal de la Marine, Le Yarht.
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- LA N AT U R K.
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- 100 métros dos quais; les ilos Bulwer sont presque submergées. Les lignes télégraphiques sont coupées et les communications sont interrompues avec l’Asie Mineure. Les secousses ont été ressenties jusqu’au kilomètre 480, sur la ligne de Scutari à Angora. Il y a de graves dégâts à Brousse, Smyrne et Ada-Bazar. Un autre mouvement du sol a été encore ressenti le 12 juillet à 4 heures; la moitié de la population de Constantinople passe la nuit dans les ardins. Les dernières nouvelles de la province annoncent cpie les villes d’Angora, de Konia et de Jalova ont été très éprouvées. Le sol de Constantinople présente de nombreuses tissures.
- CHRONIQUE
- Concours des voitures du <( Petit Journal )).
- — Dans notre Notice publiée précédemment sur le concours des voitures automobiles1 il a été omis de mentionner comme arrivés à Rouen, deux véhicules admis à prendre part à l’épreuve définitive et qui sont parvenus à destination, un peu tardivement il est vrai. Ce sont : N° 7. M. Gautier, 4 places (pétrole) arrivé à 9h 57 " soir.
- — N° 18. M. Archdcacon, è places (vapeur) I0h 10m soir. Nous complétons en citant ces voitures la liste de toutes celles qui sont parvenues à Rouen.
- I n record télégraphique. — Le record de la rapidité des transmissions télégraphiques est certainement détenu, jusqu’à nouvel ordre, par la United States Cable, dont le câblogramme, transmis le G juin dernier pour annoncer à New-York les résultats du Derby, est arrivé dans cette ville à 10h22n,l5‘ du matin. La course ayant été terminée à Epsom à 6h21'”46% heure de Greenwich, et la différence des heures entre les deux villes étant exactement de 4h 55m 57% il en résulte que ce télégramme a été transmis et envoyé à destination en 5 minutes et 54 secondes. Le jour du Derby, le bureau télégraphique d’Epsom, spécialement outillé en vue de ce great event,, a transmis plus de 9600 dépêches contenant environ 60 000 mots. Plus de 2000 télégrammes ont été envoyés pendant les 40 minutes qui ont précédé la course principale. C’est là une activité toute dévorante, et une vitesse autrement remarquable que celle du poulain victorieux dont le télégraphe transmettait ainsi de minute en minute les moindres actes et les ultimes performances.
- Accidents dans l’emploi des appareils à vapeur en 18Î12. — Il s’est produit en France, pendant l’année 1892, 52 accidents qui ont amené la mort de 14 personnes et ont causé des blessures à 16 autres, soit au total 50 victimes. Il s’est produit 14 accidents à des chaudières chauffées en tout ou en partie à l’extérieur dont 7 à petits éléments, 9 à des chaudières non chauffées à l’extérieur, et 9 à des récipients ou appareils assimilables, réchauffeurs, etc. Au point de vue des causes qui ont amené ces accidents, on peut attribuer 15 de ceux-ci à des conditions défectueuses d’établissement, 15 à des conditions défectueuses d’entretien, 8 à un mauvais emploi des appareils et 4 à des causes non précisées. Si le nombre total des causes présumées est de 40 pour 52 accidents, cela tient à ce que, dans 8 cas, l’accident a paru provenir de deux causes. En 1891, il y avait eu 51 accidents avec 18 morts et 9 blessés, total 27 victimes. On voit que les chiffres des deux années successives diffèrent assez peu.
- 1 Yov. n° 1104, du 28 juillet 1894, p. 130.
- ACADÉMIE DES SCIExNCES
- Séance du 50 juillet 1894. — Présidence de M. Lœwy.
- Le polygone de dix-sept côtés. — L’illustre géomètre Gauss a démontré, en 1799, que le polygone de dix-sept cotés est inscriptible dans un cercle, mais il n’a pas donné la construction géométrique correspondante. Ampère, en 1852, a imaginé et indiqué une construction fort simple ; malheureusement cette construction n’a pas été diffusée par l’imprimerie, de telle sorte qu’elle est perdue, bien qu’elle ait été exposée à l’Académie en séance publique. Depuis, d’autres savants, parmi lesquels M. Serret, ont écrit sur le polygone de dix-sept côtés, mais aucun d’eux n’a imaginé un mode de construction géométrique. Cette lacune est maintenant comblée. Une nouvelle solution du problème vient d’être découverte et sera sauvée de la disparition par l’impression.
- Un nouveau micromètre astronomique. — M. Wolf lit un Rapport dressé par la Commission chargée d’apprécier la valeur scientifique d’un système de micromètre imaginé par M. Bigourdan, spécialement applicable aux instruments d’astronomie pour l’évaluation des distances angulaires très petites et des diamètres des astéroïdes. Les micromètres à fds actuellement en usage ne permettent pas d’apprécier des distances inférieures à une seconde. Il y a deux causes qui agissent pour empêcher l’abaissement de cette limite : d’abord l’épaisseur des fils qui ne peut descendre au-dessous de cinq microns, épaisseur qui, dans les plus grands instruments, correspond à un arc de 0",2 et ensuite la diffraction de la lumière. M. Bigourdan a imaginé d’adapter aux micromètres astronomiques un procédé déjà appliqué aux micromètres employés par les physiciens pour déterminer la position relative des raies fines des spectres. 11 remplace les fils par des pointes de verre supportées par des tiges coniques fixées aux pièces mobiles du micromètre. Ces pointes ne sont pas extrêmement fines ; on les amène simplement en face des deux étoiles ou des deux bords, sans les recouvrir, en prolongeant par la vision la pointe au travers du centre de l’image. 11 est possible que dans ce genre d’observation il se manifeste une équation personnelle, c’est-à-dire un écart constant de la vérité, propre à chaque observateur, mais du moins l’observateur a-t-il toujours l’avantage d’avoir conscience de ce qu’il fait, puisqu’il ne recouvre point l’image. M. Wolf ajoute que la comparaison de mesures micrométriques effectuées au micromètre à lîl et au micromètre à pointe semble accuser une très légère différence. En somme, le micromètre de M. Bigourdan paraît réaliser, dans l’opinion de la Commission, un sérieux progrès par rapport aux procédés actuels d’observation.
- Influence de l'intoxication sur l'infection microbienne. — MM. Charrin et Duclert se sont préoccupés de rechercher quel pouvait être l’effet d’une intoxication, soit minérale, soit végétale, soit d’origine animale, sur le développement de l’infection microbienne. A l’aide d’essais comparatifs pratiqués sur des groupes d’animaux intoxiqués et sur des animaux dans l’état normal, ils ont pu constater que l’intoxication augmente la multiplication des microbes sans accroître leur virulence. Le résultat est donc une aggravation de la maladie. La mise en lumière de cette circonstance est très importante parce que très souvent, dans la pratique, l’infection microbienne se superpose à un empoisonnement de l’organisme. Les auteurs montrent enfin que cet effet est la conséquence d’un ralentissement dans le fonctionnement des cellules phago-
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- LA NATURE.
- cytcs, c’est-à-dire des cellules où s’exerce la destruction des bactéries; dès lors, l’organisme se défendant moins, le pullulement des microbes est plus abondant.
- Varia. — M. Yersin a étudié la peste à Hong-Kong. Il a découvert le bacille spécifique de la maladie, dont il décrit les symptômes et fixe la période d’incubation. — M. bouvier développe des considérations sur la structure de certains crustacés.de la famille des pagures.
- Cu.de Yiuædecil.
- ---Cx^-0-
- LES ROCHES A FIGURES ANIMÉES1
- Nous avons déjà publié plusieurs notices sur ees curiosités naturelles que nous avons désignées sous
- Fig. 1. •— Iîoeher Je la Tête indienne, près Je Nicthcrchy, au Brésil.
- (D’après une photographie Je M. A.-E. Santos.)
- Niclberchy, au Brésil, on aperçoit un rocher qui se termine à sa partie supérieure par un bloc en forme d'une tète qu’on appelle ici Tête indienne. En amateur, j’ai photographié cette curiosité pour augmenter ma collection stéréoscopique, et j’ai le plaisir de vous en offrir un exemplaire que vous pourrez reproduire.
- Notre ligure 1 montre l’aspect de cette curieuse tète, à la surface de laquelle des broussailles forment une admirable chevelure.
- Un autre de nos correspondants, M. Ch. Finaton, à Paris, nous adresse la photographie d’un rocher en forme de tète d’éléphant de l’Ardèche (lig. 2); il raccompagne de la Note suivante :
- Banni les curiosités citées par vous, il eu est peu, je crois, qui puissent céder le pas à celle dont je vous envoie
- 1 Suite. — Yoy. n" 11)24, du 14 janvier 1893, p. 104.
- le nom de Roches à fi (jures animées. Nous pensions en avoir 'épuisé la série, mais la nature offre une abondance inépuisable, et nos lecteurs ne cessent de nous communiquer, de tous les pays, les documents qui sont propres à fournir des compléments à l’étude que nous avons entreprise.
- M. Alfredo Eduardo Santos nous a adressé, de Rio-Jaueiro, la lettre suivante, accompagnée d’une photographie reproduisant la Tête indienne et que nous reproduisons ci-dessous (fig. 1) :
- J’ai lu dans La Nature vos articles sur les Roches à figures animées et je suis heureux de pouvoir vous en envoyer un curieux spécimen. Près du bord de la mer, à
- Fig. 2. — Rocher Je la Tête d’éléphant,
- Jans le bois de Païolive, canton des Vans (Ardèche). (D’après une photographie de M. Finauto.)
- une photographie. Ce rocher est situé dans le fameux bois de Païolive, canton des Y;ms (Ardèche). J’ai visité tout récemment cette région pleine de surprises, et j’en ai rapporté de nombreux clichés. lut tète d’éléphant est absolument l’œuvre de la nature. Le bois de Païolive abonde en sujets du même genre, mais aucun n’a la note bien caractéristique de celui-ci. Le bloc a environ 0 à 7 mètres de hauteur. 11 a été photographié à 5 ou 6 mètres de distance avec un objectif 15 x IB très ordinaire.
- La ligure 2 ci-dessus donne la reproduction rigoureusement exacte de la photographie que nous devons à notre lecteur. On voit que la trompe est très nettement formée; elle semble avoir été faite par un sculpteur. fi. T.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandieh.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- i\’° 1100.
- 11 AOUT 1894.
- LA NATURE.
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- ancienne machine a puiser l’eau
- En 1888, lors du Congrès de Y Association française pour l'avancement des sciences tenu à Oran sous la présidence doM. le colonel Laussedat, membre de l'Institut, directeur du Conservatoire des arts et métiers, j’eus le plaisir de l'aire partie d’une excursion qui alla jusqu'il Tiout,eten passant;! Aïn-Sefra, j’eus l'occasion de voir fonctionner une machine pareille à celle que je vais faire connaître et qui a été décrite il y a cent ans par un voyageur, J. Cas-tellan. Cette machine, connue en Grèce, en Tunisie et sur la frontière du Maroc, l’est aussi à l’ouest et au sud du Sahara dans tous les pays barbaresques.
- Voici l’extrait du livre de A.-J. Castellan : Lettres sur la Morde et les îles de Céric/o, llydra et Z ante ( 1808)1, qui donne la description de l’appareil :
- Enfin nous sommes parvenus à un endroit élevé, où une machine fort simple fournit de l’eau en abondance à plusieurs autres réservoirs qui déversent l’un dans l’autre.
- Je crois devoir vous faire connaître en détail cette machine; je ne l’ai vue que dans le Levant, et elle y a peut-être été transmise d’àge, en âge, comme beaucoup d’autres procédés relatifs aux arts et à l’industrie, dont je me propose de vous entretenir lorsque j’aurai recueilli un plus grand nombre d’observations.
- On établit, sur l'ouverture d’un puits ou d’une citerne, une espèce de chevalet, formé de trois perches réunies à
- leur sommet, mais dont les autres bouts s'écartent et sont
- *
- plantés en terre sur les bords de l’ouverture du puits. Au
- Ancienne machine à puiser l’eau. (D’après une gravure de 1808.)
- sommet du triangle, qui est du côté d’un réservoir en pierre, est fixée une poulie de la manière indiquée dans mon dessin. Plus bas et à peu près à la hauteur du réservoir se trouve un rouleau qui tourne sur pivots. Le seau ou la chausse qui contient une petite tonne d’eau, est de cuir, et a la forme d’un entonnoir. La partie la plus large est garnie d’un cercle de fer qui la tient ouverte, et l’autre extrémité a aussi une ouverture. Des cordes sont attachées aux deux extrémités de la chausse; celle qui tient à la partie cerclée de fer passe dans la poulie et l’autre sur le rouleau. Supposons la chausse au fond du puits; lorsqu’elle commence à s’élever et que les cordes se tendent, le petit bout de cette espèce d’entonnoir se replie : dans cette position, l’eau qu’il contient ne peut s’échapper; cette extrémité étant un peu plus élevée que la plus grande ouverture : les cordes se réunissent, au palonnier où est attaché le cheval. On voit qu’en tirant à la fois les deux cordes la chausse conservera la même position en s’élevant jusqu'aux bords du puits; mais arrivée à la hauteur du
- tt aimée. — 2" semestre.
- réservoir, la petite extrémité passe par-dessus le rouleau; l’autre monte jusqu’à la poulie. La chausse se développe, et prend réellement la forme d’un entonnoir dont elle fait l’office. L’eau s’échappe alors par l’ouverture inférieure, et tombe dans le réservoir : aussitôt le cheval rebrousse chemin, la chausse reprenant sa première position, redescend par son propre poids jusqu’au fond du puits, où elle se remplit de nouveau. Le cheval, revenu jusqu’auprès du réservoir, retourne et fait remonter la chausse une seconde fois; ainsi de suite. On voit, par cet exposé, qu’en peu de temps le réservoir de pierre se remplit, et qu’il verse ensuite l’eau par une rigole dans un bassin inférieur d’où elle peut se distribuer dans tout le jardin. Le mécanisme de cette machine peut être modifié suivant les lieux et les circonstances. Si le puits se trouve dans un terrain bas et plat, il devient indispensable d’élever le réservoir à une
- 1 1 vol, in-X° avec "25 gravures de l’auteur. Paris, chez II. Agasse, 1808.
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- hauteur telle que l'eau puisse, par sa pente, arroser le terrain. Si le puits est très profond et situé dans une cour ou dans tout autre lieu circonscrit, au point de ne permettre au cheval de parcourir, en ligne droite, qu’un espace insuffisant, alors on fera passer les cordes dans une ou plusieurs pou’ies de renvoi.
- Cette primitive machine, d’une extrême simplicité, donne un assez bon rendement ; elle est facile à construire, à réparer et à conduire, le cheval qui l’actionne apprend vite à se passer de conducteur. Elle convient parfaitement aux pays où les arts mécaniques modernes n'ont pas encore pénétré. N.-J. Raffard.
- LES ATELIERS D’UN TERRIER ÉGYPTIEN
- AU QUINZIÈME SIÈCLE AVANT NOTRE ÈRE1
- Les Egyptiens ont connu le verre dès l’antiquité la plus haute : ils s’en servaient au temps des dynasties memphites pour fabriquer de petits vases, des perles, des ornements multicolores, ou pour recouvrir d’une couverte éclatante des objets en terre cuite ou en pierre. Les spécimens de leur industrie sont nombreux dans nos musées et témoignent d’une habileté notable, mais nous ignorions jusqu’à présent les procédés techniques et la nature de l’outillage qu’ils employaient : M. Elinders Petrie vient de faire, près du village moderne de Hadji Kandil, une découverte qui nous renseigne assez complètement à ce sujet. C’est un atelier de verrier, en activité au temps d’un étrange personnage qu’on appelle Khou-niaton, et qui vécut vers le milieu du quinzième siècle avant notre ère. Le matériel était fort simple, et les débris en ont été retrouvés sur place, avec des amas considérables de scories et de pièces de rebut. Le four était construit en briques et muni de deux portes opposées l’une à l’autre. Le contour en est assez irrégulier et les quatre côtés ne présentent pas une longueur égale : ils varient de 0m,92 à lm,45, et atteignent une hauteur moyenne d’environ 0rn,88. Celle des portes qui est orientée au nord mesurait un peu plus de 0m,70 de haut sur 0m,48 de large et fournissait une prise d’air assez considérable; celle du sud était presque de moitié plus petite et donnait issue aux gaz provenant de la combustion. Le foyer était recouvert d’une couche de ces cailloux quartzeux qui abondent à la lisière du désert d’Egypte : beaucoup d’entre eux portent encore des traces de couleur et des coulures qui montrent qu’on avait posé sur eux des pâtes de verre ou les substances qui servaient à composer ces pâtes. Le combustible employé était probablement le charbon de bois.
- Les substances utiles à la préparation du verre étaient entassées dans des creusets en terre cuite assez petits. M. Petrie en a ramassé beaucoup de fragments auxquels du verre adhérait encore. Tandis que la fusion s’opérait, l’ouvrier y puisait de
- 1 Fluitlcrs I’etrie, Tell cl Amarna, wiUi diuplers by Prof. A. II. Saycc. F. U. Griffith, and F. G. J. SpurclI. lu-4°, Londres, Slelhuen and G®, 1894.
- temps en temps et en extrayait avec une pince de menues parcelles, afin de constater la marche de l’opération. Quand il jugeait qu’elle était achevée, il éteignait son feu et laissait ses petits pots refroidir lentement dans le four même, de manière que les sédiments tombassent au fond, tandis que l’écume montait à la surface. 11 les brisait dès qu’ils étaient froids, enlevait toutes les impuretés qui demeuraient attachées à la masse vitreuse : il n’avait bientôt plus entre les mains qu’une sorte de lingot translucide. C'était rarement comme che; nous du verre incolore : les Egyptiens préféraient le verre coloré, et mêlaient à la pâte les substances nécessaires pour obtenir les teintes qu’ils désiraient. Le vert et le bleu étaient fort recherchés, pour les scarabées, pour les pièces de collier, pour les statuettes funéraires; mais on ne dédaignait pas les autres tons, et, surtout à l'époque de Ivhouniaton, les rouges, les jaunes, les violets, les blancs même abondent sur les bagues et sur les amulettes d’usage courant. M. Petrie a recueilli parmi les scories des spécimens de toutes ces couleurs, et l’analyse qui en a été faite a montré quelles étaient les matières dont ils se servaient, oxydes de cuivre, de 1er, de manganèse, et d’autres encore. Les ouvriers égyptiens suppléaient à l’insuffisance de leur outillage par une habileté de main extraordinaire, et les pièces de verre ou d’émail que nos musées possèdent à la centaine témoignent de la perfection avec laquelle ils savaient brasser leurs mélanges et ménager le feu : ils obtenaient des tons d’une pureté telle qu’aujour-d’hui encore on réussit rarement à mieux faire.
- Pour fabriquer des vases, ils prenaient une tige de métal pointue, dont l’épaisseur était calculée sur le diamètre qu’ils souhaitaient donner au goulot. Ils bâtissaient à l’extrémité un noyau de sable fin, qui avait les dimensions exactes et la forme de l’intérieur du vase, puis ils plongeaient le tout dans un creuset et leh’ctiraient chargé d’une première couche qu’ils travaillaient à la main ; ils poussaient la pâte vers le bas pour façonner le pied, la rabattaient en filet autour du goulot, et rajoutaient les anses quand le modèle en comportait. Chaque fois que la matière se durcissait, on la mettait au four et on la chauffait de nouveau, jusqu’à ce qu’elle fut à bonne température pour ce qu’on voulait d’elle. Lorsque l’œuvre était parachevée, on l’abandonnait à elle-même : la tige en métal se contractait en refroidissant et se détachait aisément, puis un frottement léger désagrégeait le noyau de sable et en débarrassait l’intérieur.
- La façon dont on obtenait des dessins multicolores a été décrite déjà par Perrot-Chipicz dans leur Histoire de L'art antique : elle avait passé d’Égypte en Phénicie, et de là dans le monde romain. M. Petrie a rapporté de ses explorations beaucoup de fragments, où tous les dessins usités aux époques postérieures se retrouvent, lignes ondées, rubanées, semis ocellés, feuilles de fougères, marbrures, spirales ; ici, comme dans bien des cas, les artisans
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- égyptiens ont fourni des modèles au monde entier.
- Ils savaient d'ailleurs tailler le verre, et ils y ont parfois dessiné à la pointe des inscriptions hiéroglyphiques. On conçoit que des objets travaillés à la main dans une matière aussi ductile, devaient présenter une variété infinie de formes et de motifs. Non seulement deux ouvriers ne reproduisaient pas de la même façon les modèles qu’on leur proposait, mais le même ouvrier n’arrivait jamais à refaire absolument une seconde fois ce qu’il avait fait une première. M. Petrie, qui a remué des centaines et des centaines de fragments, assure n’en avoir jamais rencontré deux qui l'ussent exactement pareils : chaque vase, si petit qu’il lut, était unique en son genre et différait de tous les autres par quelque particularité notable dans l’épaisseur ou dans la forme des lignes, dans la répartition des éléments colorés sur le fond, dans l’intensité et dans la répartition des couleurs.
- Toutes les personnes qui ont traversé seulement un musée égyptien ont été frappées de la quantité de perles en verre ou en terre émaillée qu’on y voit. La verroterie de ce genre a joué en effet un rôle considérable dans la parure des Egyptiens vivants et morts : les gens de la classe moyenne, hommes et femmes, s’en faisaient des colliers ou des bracelets, et, à partir d’une certaine époque, la mode s’introduisit d’habiller les momies d’un réseau du même genre, à mailles plus ou moins étroites. Les procédés dont on se servait pour fabriquer cette pacotille à bon marché étaient des plus simples. L’ouvrier tirait de son creuset un peu de matière vitreuse qu’il façonnait en bâtonnet ou en fil mince, selon la grosseur qu’il désirait obtenir, puis il l’enroulait autour d’un fil de cuivre ou de bronze : on passait l’appareil encore chaud sur une lame fixe qui le divisait en perles de la taille que l’on voulait. M. l'elrie a tiré des rebuts beaucoup de ces perles, qui étaient montées encore sur un morceau du fil métallique autour duquel on les avait bâties. Plus tard on renonça à cette manière de procéder, et l’on étira de longs tubes minces qu’on découpait ensuite. Beaucoup de perles sont d’un seul ton, mais on en rencontre aussi qui présentent un mélange de teintes variées des plus harmonieuses : l’artisan avait alors composé son bâtonnet de fils de différentes couleurs, [iris à des creusets divers, et agglutinés par écrasement ou par torsion.
- Je 11e veux pas insister plus longtemps sur ces détails de fabrication qui échapperaient par trop à ma compétence : je souhaite que les indications très sommaires que j'ai données attirent l’attention d’un homme de métier, et lui inspirent l’idée d’étudier de plus près la verrerie égyptienne. Rien ne serait plus facile que de reconstituer peu à peu tout l’outillage industriel des Pharaons; les ruines des villes antique^ le rendront tout entier, dès qu’on les fouillera avec le soin (pie M. Petrie a mis à ses explorations.
- G. Maspero,
- . do l’Institut.
- LES CHEMINS DE FEU DE BOLIVIE
- Le Gouvernement bolivien est en négociations {tour la construction d’un réseau de voies ferrées, d’une longueur de 5075 kilomètres, qui relierait entre elles les villes de La Paz, Oruro, Cochabamba, Chuquisaea, Potosi et Santa Cruz, et aboutirait au sud au fleuve Paraguay et à l’est au port péruvien de Tacna, sur l’océan Pacifique. Le pays étant montagneux, le coût de construction a été estimé à 155 000 francs par kilomètre. Le coût total du réseau serait donc d’environ 475 millions de francs. 11 11’y a en Bolivie qu’une seule ligne de chemin de fer, de 585 kilomètres de longueur, allant d’Oruro à la frontière chilienne. Mais on cherche à développer les ressources de l’intérieur du pays, en le mettant en communication directe par chemins de fer avec le Brésil et le Paraguay d’un côté, et, de l’autre, avec la côte péruvienne. On a demandé au Gouvernement de céder aux constructeurs une bande de terrain de 48 kilomètres de largeur de chaque côté des voies projetées. De cette manière, on estime que l’on pourra obtenir les capitaux nécessaires.
- LE SKIASG0PE-0PT0M ÊTRE
- M. le Dr Sureau vient de présenter au monde savant un appareil des plus ingénieux, destiné à reconnaître d’une façon sûre la nature et le degré des différentes anomalies (pie présente un œil (myopie, hypermétropie, astigmatisme).
- On sait qu’un œil Donnai ou emmétrope voit nettement un objet éloigné, c’est-à-dire que son image se fait exactement sur la rétine. Dans un œil myope, l’image se fait en avant de la rétine; dans un œil hypermétrope, elle se fait en arrière : d’où l’emploi, pour corriger la myopie, de verres divergents et celui de verres convergents pour l’hypermétropie. L’astigmatisme provient de ce que la puissance de l’œil est variable dans les différents méridiens ; il y a un méridien de puissance maximum et un méridien de puissance minimum, placés à angle droit. Pour corriger l’astigmatisme, on a recours à des verres cylindriques, et, pour l’oculiste, il est très important de déterminer la position exacte du méridien de maximum, afin de pouvoir donner aux verres correcteurs l’inclinaison convenable.
- L’examen d’un œil anormal ou amétrope constitue donc une opération longue et difficile, par là même sujette à erreur. M. le l)r Sureau avec son appareil la rend rapide, facile et d’une certitude, on peut le dire, absolue, l’appareil enregistrant lui-même les observations. Il se compose d’abord d’un optoinètre, formé par trois roues verticales, parallèles, mobiles autour d’un axe horizontal. L’une porte J 8 verres cylindriques, 9 convexes et 9 concaves, numérotés 0,50 1 1,50 2 2,50 5 4 5 6
- Une seconde roue porte 18 verres sphériques,. 9 convexes et 9 concaves, numérotés 0,50 1 1,50 2 2,50 5 5,50 4 4,50
- Enfin la troisième porte 7 verres additionnels, destinés aux fortes amétropies. Leurs numéros sont + 5 +10 +15 et —5 —10 —15 —20 Le signe + se rapporte à des verres convergents,
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- LA NATURE.
- le si<.ne — à des verres divergents. Sur chaque roue les deux séries de verres sont séparées par deux orifices vides. On a ainsi un optomètre complet, avec lequel le médecin pourra mesurer les anomalies les plus diverses A
- L’œil est placé dans une position fixe, de façon à pouvoir faire passer devant lui l’un quelconque des verres de l’optomètre; chaque roue est reliée par un mécanisme à une aiguille qui se meut sur un cadran divisé de telle sorte que le numéro, devant lequel s’arrête l’aiguille, corresponde au numéro du verre placé devant l’œil du sujet. D’autre part, un houton, placé sous la main de l’ohservateur, donne le moyen, par l’intermédiaire de leviers, de faire manœuvrer la roue à distance.
- Un mécanisme particulier permet d’enregistrer le
- degré d’inclinaison des cylindres, nécessaire dans la détermination de l’astigmatisme. Pour cela, chacun d’eux est enchâssé dans un anneau denté a (figure ci-dessous), qui s’engrène aveeles dents d’une couronne R, unique pour tous,de sorte que la rotation de la couronne les fait tous tourner d’un meme angle. En arrière se. trouve une rampe r, sur laquelle s’appuie un levier, qui communique avec l’aiguille d’un cadran MN. D’autre part, on a disposé une tige, reliée d’un côté à la couronne R par une roue dentée p et de l’autre, au bouton Y'. Si l’on imprime à ce bouton un mouvement de rotation, il est transmis à R, c’est-à-dire aux cylindres, en même temps qu’à l’aiguille du cadran. Cette aiguille indiquera très exactement en degrés la grandeur de l’angle décrit par les cylindres et par suite leur inclinaison sur l'horizon.
- Skiascope-optomètrc de M. le 1)' Sureau.
- L’adaptation de ce mécanisme à l’optomètre permet de le manœuvrer à distance : dans ces conditions, la méthode skiascopiquc pour l’examen de l’œil est tout indiquée. Cela justifie le nom de l’instrument : skiascope-optomètre.
- Voici alors comment on procède. On projette avec l’ophtalmoscope un faisceau de rayons lumineux dans l’œil du sujet, placé derrière l’optomètre, en même temps qu’on fait tourner, selon les besoins, les différents boutons de l’appareil.
- L’oculiste constate alors ou que toute la pupille s’éclaire d’emblée ou seulement d’une façon progressive. Si l’éclairage se produit d’emblée, l’œil est myope d’une dioptrie. Si l’éclairement est pro-
- 1 Los mimeras des verres indiquent leur puissance en dioptries. La dioptrie est la puissance d’une lentille qui a pour distance focale un mètre, et, d’une façon générale, la puissance d’une lentille en dioptries est le nombre inverse de la distance focale exprimée en mètres.
- gressif et que la zone lumineuse marche dans le même sens que le miroir, l’œil est myope de plus d’une dioptrie. Dans le cas contraire, l’œil est normal ou hypermétrope. L’astigmatisme se distingue par la persistance d’une ombre dans un méridien, alors que, dans le méridien perpendiculaire, l’éclairage sera total.
- Après avoir fait ces observations, il n’y a plus qu’à lire sur les cadrans, pour transcrire l’ordonnance des lunettes. L’opération se fait d’une façon très rapide, avec une précision toute mathématique. Aussi l’emploi de cet instrument est-il tout indiqué, partout où l’on a à faire des déterminations visuelles sur un grand nombre de sujets. Aussi nous voulons espérer qu’il ne tardera pas à être utilisé par les Ministères de la guerre et de la marine, où il rendra aux chirurgiens de grands services, par une économie considérable de temps. Eugène Hoffmann.
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- LA NATURE.
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- ATELIER PHOTOGRAPHIQUE
- A ORIENTATION VARIABLE
- On recherche toujours, pour la photographie comme pour la peinture, des ateliers orientes vers le nord afin de ne pas être gêné par le soleil. Il y a cependant des cas où il serait préférable d’avoir une autre exposition, notamment le jour où le soleil ne se montre pas, mais reste caché derrière une couche de nuages ; on désire alors profiter de la totalité du peu de lumière qu'il donne. Et même certains jours où la couche de nuages est peu épaisse et transparente, on a un éclairage tamisé très doux qui per-
- mettrait, des instantanés rapides si l’atelier était bien placé; cela peut être précieux pour des clichés de bébés ou même de grandes personnes auxquelles on désire faire prendre une pose difficile à tenir. Quand il s’agit de reproduction de dessins, de tableaux, etc., on est souvent gêné aussi lorsqu’on est obligé de se limiter à une position déterminée de l’appareil photographique.
- L’inconvénient n’est pas très grand si l’on peut attendre un jour favorable, mais dans un établissement industriel qui doit produire beaucoup et par tous les temps, on est forcé de recourir à des tours de main, pas toujours faciles à mettre en pratique, ou à une lumière artificielle intense souvent difficile
- Atelier photographique à orientation variable de M. Dujardin, à Paris.
- à se procurer. Pour parer à ces inconvénients, il faudrait avoir un atelier mobile, ss déplaçant avec le soleil, et beaucoup de praticiens y ont probablement pensé sans songer à la possibilité de mettre ce projet à exécution.
- Le problème a été résolu dans les conditions les plus satisfaisantes par un de nos habiles opérateurs, et nous allons faire connaître son installation.
- Afin de tirer tout le parti possible de la lumière du jour, cet opérateur qui est un de nos héliograveurs les plus connus, M. Dujardin, a eu recours à une disposition intéressante qui est représentée ci-dessus. On voit que son atelier se compose d’une sorte de grand wagon vitré monté sur des galets: un rail circulaire sur lequel ils reposent permet de faire très facilement tourner le système dans toutes
- les directions. 0:i peut ainsi s’orienter dans les conditions les plus favorables à une bonne pose pour un objet à photographier.
- Le modèle une fois en place, il n'y a plus qu’à chercher l’éclairage le plus avantageux en changeant l’orientation de l’atelier; c’est incontestablement plus commode que le jeu toujours assez difficile des rideaux, et cela n’exclut pas du reste l’emploi de ceux-ci.
- Une installation de ce genre n’est peut-être pas à la portée de tout le monde, mais elle peut cependant trouver son application chez ceux qui disposent de l’emplacement nécessaire; elle méritait de leur être signalée comme pouvant leur rendre facilement de réels services. G. M.
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- LA NATURE.
- MATELAS ËLECTRO-THERMOGÉN1QIE
- En parlant des applications possibles de la chaleur dégagée par le passage des courants, nous avions signalé ici même un matelas et une couverture pour malades.
- Le matelas est des à présent réalisé par M. Samuel Nutling, et la figure ci-dessous le représente. C’est un matelas ordinaire dont l’intérieur est garni de deux toiles en amiante entre lesquelles serpentent plusieurs tils de maillecliort disposés en zigzag pour répartir la chaleur et n’avoir pas à compter avec les dilatations. Ces fils sont naturellement séparés les uns des autres et maintenus en place par des cordes d’amiante. Le circuit se termine par un fil flexible et une prise de courant que l’on peut brancher sur une canalisation générale de distribution d’énergie électrique, et mettre en circuit ou retirer à
- Le matelas électro-thernio^énique.— 1. Vue d’ensemble. 2. Coupe. — 3. Disposition des lîls de mailleehorl.
- volonté à l’aide d’un interrupteur ordinaire mis à la portée de la main du malade ou de son gardien.
- Il y a là une application intéressante de nature à accroître l’utilisation du courant des stations centrales, et nous ne serions pas étonné que, l’hiver prochain, quelque riche sybarite, comme il s’en trouve tant dans les grandes villes, ne mette à profit ce petit appareil d’économie domestique pour bassiner son lit et lui conserver une chaleur douce et agréable.
- Ce n’est pas d’ailleurs la seule application que l’on puisse envisager pour le chauffage électrique de l’avenir. Dans une séance récente de la Royal Society, de Londres, un autre inventeur n’a-t-il pas montré un cataplasme électrique (sic) chauffé par un procédé analogue et destiné à remplacer la graine de lin dont l’aspect peu ragoûtant et le remplacement fréquent constituent des inconvénients bien connus. La communication permanente nécessaire entre le cataplasme électrique et l’usine centrale, à l’aide d’un fil conducteur souple, est une sujétion sans importance toute la nuit, et lorsque le malade garde la chambre. Voilà des applications inattendues et que l’on ne pouvait prévoir; l’avenir nous en tient certainement bien d’autres en réserve. E. IL
- UN VIEIL ORANG-OUTAN
- La Nature a signalé, dans les premiers jours de cette année1, l’arrivée au Jardin zoologique d’acclimatation du bois de Boulogne de deux Ürangs adultes, beaucoup plus grands et plus âgés que tous ceux qui avaient été jusqu’alors amenés en Europe. Malheureusement, avant de venir en France, ces animaux avaient été conduits, en plein hiver, à Bruxelles, où ils avaient été exhibés pendant quelque temps, de telle sorte qu’outre les fatigues d’un long voyage ils avaient dû forcément subir, à diverses reprises, les rigueurs d’un climat bien différent de celui de leur pays natal. En dépit des soins dont ils étaient entourés, leur santé ne pouvait manquer de ressentir les effets de ces conditions défavorables; aussi bientôt l’un des Orangs, le plus remarquable, celui qui était connu sous le nom de Maurice, fut-il atteint d’une congestion pulmonaire qui l’enleva le 10 janvier. Quelques jours après, son compagnon, Max, eut le meme sort.
- Pendant leur court séjour au Jardin d’Aeelimata-tion, ces Singes, véritablement monstrueux, avaient déjà été l’objet d’observations intéressantes et avaient posé, nous ne dirons pas de bonne grâce, devant quelques artistes; mais c’est surtout après leur mort qu’ils devaient offrir aux naturalistes les éléments d’une étude des plus instructives. Le jour même de la mort de Maurice son cadavre fut acquis pour le Muséum par M. Milne-Edwards, heureux d’enrichir les galeries de zoologie d’un exemplaire digne de figurer à côté du fameux Gorille du I)r Fran-quet et de pouvoir en même temps, sans nuire à la dépouille, fournir aux anatomistes les moyens d’élucider certains points encore obscurs de l’organisation des Anthropomorphes.
- Bientôt après, le cadavre de Max prit à son tour le chemin du Jardin des Plantes, l’administration du Jardin d’Acclimatation qui avait fait l’acquisition du spécimen, et M. Liénard, chargé du montage du squelette et de la dépouille, ayant bien voulu donner toutes facilités aux naturalistes pour prendre des mesures, examiner la charpente osseuse, disséquer divers organes concurremment avec ceux de l’autre sujet. Tandis que M. Milne-Edwards étudiait les caractères extérieurs des Orangs, en faisait prendre des photographies et des moulages et réunissait un ensemble de documents destinés à compléter la description du Sirnia satyrus, M. le l)r Ilelisle relevait les mesures des diverses parties du corps et des principales pièces du squelette et les comparait avec celles qui avaient été précédemment obtenues sur d’autres Orangs, sur des Gorilles, sur des Chimpanzés et sur l’Homme; MM. Deniker et Boulart pesaient et examinaient le cerveau et décrivaient la disposition des sacs laryngiens qui, chez Maurice, atteignaient un développement extraordinaire; enfin
- 1 Voy. il0 1077, du 20 janvier 1804, p. 1 lë.
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- LA NATURE.
- M. de Pousargues faisait l’anatomie d’autres organes et y découvrait quelques particularités intéressantes. Eu un mot, les deux Ürangs étaient l’objet d’une étude aussi complète que possible, étude qui va paraître in extenso dans les Nouvelles Archives du Muséum et dont M. Milne-Edwards a exposé les principaux résultats à l’Académie des sciences dans la séance du 16 juillet 1894.
- Dans une Notice que nous avons consacrée, en 1892, à deux jeunes Orangs, Paul et Virginie, qui ont vécu durant quelques semaines au Jardin des Plantes1, nous avons rappelé que des Singes de la même espèce ont été amenés assez fréquemment en Europe depuis l’époque où Frédéric Cuvier publia de curieuses observations zoologiques et psychologiques sur l’Orangdc la Malmaison. Mais nous avons dit en même temps que tous ces individus étaient jeunes et que quelques-uns même étaient de véritables enfants. Parmi les Orangs que les voyageurs ont eu l’occasion de voir à Bornéo, se trouvaient, il est vrai, quelques individus plus avancés en âge, et plusieurs grands Musées de l’Europe, entre autres celui de Leyde, possédaient déjà les dépouilles de sujets presque adultes. Mais la taille de tous ces Singes ne dépassait pas, en général, lm,30 chez les mâles et 1m,i0 chez les femelles. Ainsi un Orang mesuré par Wallace et signalé par lui comme le plus grand de tous ceux qu’il eût eu l’occasion d’examiner avait 1“,27 de hauteur verticale, 2m,40 avec les bras étendus et lm,10 de tour de taille. Seul l’Orang décrit par le l)r Clarke-Abel aurait fait exception s’il n’était bien démontré aujourd’hui que la taille de 2 mètres qui lui a été assignée n’est pas exacte et représente, en réalité, ou la hauteur mesurée du talon à l’extrémité des membres antérieurs relevés de chaque côté de la tête, ou tout simplement l’envergure de l’animal. Au contraire, des mesures prises par M. le D1' Belisle et par M. Quantin, il résulte que Maurice a exactement lm,40 et Max lm,28 du talon au sommet de la tète. Ces deux Orangs, tous les deux mâles, dépassent donc en hauteur tous les sujets du même sexe précédemment examinés et viennent relever notablement la limite supérieure de la taille assignée à l’espèce. Ils sont toutefois un peu moins grands que le Gorille adulte qui figure dans les galeries du Muséum et qui a été rapporté du Gabon par le I)r Franquet. Ce Gorille, en effet, n’a pas moins de lm,67. Max et Maurice, en dépit de leurs dimensions exceptionnelles, n’atteignent pas non plus la moyenne de la taille de l’espèce humaine et seraient comparables à ces Pygmées de race noire que l’on rencontre en Afrique et en Asie, avec les Batouas du Congo, les Mincopies des îles Andaman et les Aëtas des Philippines dont la taille varie de lm,50 à lm,47, s’ils ne compensaient largement leur défaut de taille par la puissance du torse et la force extraordinaire des membres supérieurs.
- 1 Yoy. n° 1002, <hi 13 août 1892, i>. 107.
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- Ceux-ci sont si longs que les mains arrivaient naturellement et sans effort à toucher le sol par leur face dorsale quand les animaux étaient debout dans une position naturelle, c’est-à-dire le corps un peu incliné et les membres inférieurs légèrement fiéchis. Aussi quand le cadavre de Maurice fut couché sur la table de dissection, les bras étendus en croix, on trouva que l’envergure atteignait le chiffre énorme de 2m,62, supérieur de 22 centimètres à celui qui a été indiqué par Wallace. L’avant-bras et le bras étaient si fortement musclés (pie chez Maurice la circonférence du bras dépassait 0m,40; quant à la main, elle paraissait aussi lourde que ces gantelets de 1er qui étaient portés par les chevaliers du moyen âge. Sur la dépouille montée, la paume mesure encore 0m,10 de long et le doigt médian 0n\15 de long. Comme le pied, elle se fait remarquer par l’atrophie presque complète du pouce et ressemble beaucoup moins à la main de l’Homme que la main du Gorille et du Chimpanzé. Cette réduction considérable du pouce constitue, suivant l’observation de M. Milne-Edwards, un phénomène de régression, une transition vers la main des Semnopithèqucs. Elle coïncide chez l’Orang adulte avec une disposition particulière des doigts, qui, dans la position d’extension de la main sur le poignet, restent naturellement recourbés, par suite de la brièveté des muscles fléchisseurs, de telle sorte que l’extrémité de la main se trouve transformée en une sorte de crochet. Grâce à cette disposition, les Orangs peuvent, même en l’absence de pouces opposables, se cramponner énergiquement à une branche, en éprouvant aussi peu de fatigue que l’Oiseau de proie qui, à la faveur d’un autre mécanisme, serre automatiquement son perchoir.
- Chez Maurice, la longueur des membres supérieurs, main comprise, est de 1“,05 ; celle des membres inférieurs de 0m,91 environ. 11 y a donc une disproportion considérable entre les deux paires de membres, dispositions que les chiffres suivants, donnés par M. Belisle, traduisent éloquemment : chez le Blanc, le rapport des membres supérieurs et des membres inferieurs est de 69,75; chez le Nègre, il tombe à 68,27, tandis que chez Max il s’élève à 149,80, et chez Maurice à 177,10. Maurice et Max étaient très lourds relativement à leur taille. En effet, tandis que, d’après M. Topinard, les habitants de la côte de Madras ne pèsent que 47k«,7, et les Français, en moyenne, 64k®,9, Max pesait 68k&,500 et Maurice 75ke,500, c’est-à-dire une livre de plus que le poids assigné par Gould aux Indiens Iroquois. 11 faut dire que Maurice était non seulement puissamment musclé et solidement charpenté, mais aussi extrêmement gras. A l’anatomie on constata un développement singulier du système adipeux et l’on reconnut que c’était à ce système que se rattachaient les excroissances bizarres de la force de l’Orang. Gomme on peut le voir par les figures ci-jointes et comme M. Gaston Tissandier l’a déjà indiqué dans la description qu’il a prise sur le
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- vivant, au Jardin (l'Acclimatation, la face de Maurice était dilatée, au point d’acquérir une largeur maximum deOm,r>6, grâce à F épanouissement, en arrière de charpie joue, d’une protubérance, en forme de croissant, mesurant 0ra,ll de haut sur 0m,21 de
- large. Ces excroissances sont exclusivement formées de tissu cellulaire maintenu par des tissus libreux. Elles reçoivent des faisceaux du muscle poaucicr du cou et des quelques muscles de la face, qui peuvent les tirer légèrement en haut ou en bas, en
- L'Orang-outan Maurice, vu de profil. (D’après une photographie exécutée après sa mort au Muséum d’histoire naturelle.)
- avant ou eu arrière. On ne les trouve que chez les mâles, ou, d’après Temminck, elles n’apparaissent qu’à l'age de huit ou dix ans.
- Ce qui est certain, c’est qu’elles étaient déjà moins développées chez Max (pie chez Maurice, tout en l’étant encore plus que chez les Orangs h gu rés jusqu'à ce jour. Chez Maurice elles étaient accom-
- pagnées d’une loupe graisseuse, d’un lipome du volume d’une petite noix, placé sur le front, lipome ipii, chez Max, était réduit à la grosseur d’un pois. Chez ce dernier, il y avait aussi un bourrelet de graisse sur la nuque et sur l'occiput, mais c’est surtout chez Maurice que ce bourrelet acquérait une importance extraordinaire. Ici il formait un
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- gros coussin rebondi de (> centimètres d’épaisseur.
- Les protubérances latérales qui donnent à la face la forme d’un losange à coins arrondis, l'extrême petitesse des yeux surmontés de saillies très accusées, la proéminence des mâchoires, la hauteur
- dis lèvres qui s’écartaient souvent et découvraient les dents en un rictus féroce, la coloration noire bleutée de la peau, généralement terne et ne prenant un certain brillant que lorsque l’animal était excité, le port même de la tète ordinairement projetée en
- L'Orang-outan Maurice, vu de lace. (D’après une photographie exécutée après sa mort au Muséum d’histoire naturelle.)
- avant, dans une attitude agressive, tout cela imprimait à la physionomie de Maurice un caractère étrange et singulièrement bestial. Mais ce caractère était encore accentué par la présence sur la partie supérieure de la poitrine d’un vaste repli cutané, formant une sorte de goitre. Ce repli est constitué par l’accolement de deux sacs laryngiens. Nous
- disons de deux sacs, car, contrairement à ce qui avait été indiqué par l’anatomiste hollandais Sandifort, qui n’avait eu à sa disposition qu’un spécimen ayant séjourné dans l’alcool et fortement raccourci, MM. Deniker et Boulart ont reconnu qu’il n’y avait pas un sac unique, mais deux poches, communiquant avec le larynx par des ouvertures
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- situées entre le corps thyroïde et l’hyoïde, et se prolongeant d’autre part, en plusieurs diverticules, sous les aisselles et jusque dans la région cervico-dorsale. I)e ces deux poches, celle de gauche était bien plus développée que l’autre et acquérait, chez Maurice, une telle ampleur qu’on put y faire pénétrer 8 kilogrammes de suif. Chez Max, les sacs laryngiens étaient moins vastes et celui de gauche n’avait que 4 litres, ceftii de droite 4 centilitres de capacité.
- Quels sont les usages de ces poches qui ont déjà été signalées, à la fin du dix-huitième siècle, par l’anatomiste Camper?
- Il est probable que, comme l’admettait II. Milne-Edwards, ce sont des organes de résonance qui modifient la voix, quand l’animal y a fait pénétrer une grande quantité d’air qu’il y retient momentanément par la fermeture de la glotte. On sait en effet que les Orangs font entendre des rugissements sourds quand ils sont en colère, et Frédéric Cuvier a remarqué que, dans ce cas, les sacs laryngiens se gonflent constamment. Mais ces réservoirs ont un autre usage plus pratique : ils servent de coussin pour supporter le poids de la tête, quand l’animal somnolent la laisse retomber lourdement sur la poitrine.
- L’examen du crâne et du cerveau n’a pas modifié, loin de là, l’impression produite par la physionomie bestiale de l’animal. Bien différent du crâne des jeunes Orangs dont la portion cérébrale affecte une forme sphérique et présente une superficie double de celle de la portion faciale, le crâne de Maurice est un vrai crâne de bête fauve, avec ses crêtes énormes, ses mâchoires projetées en avant et sa région cérébrale égalant seulement la moitié de la région faciale, la boîte crânienne ne jaugeant que 460 centimètres cubes. Aussi le cerveau ne pesait-il, chez Maurice, que 400 grammes, alors que le cerveau d’un homme ordinaire pèse de 1550 à 1400 grammes, que celui de Georges Cuvier pesait 1825 grammes et celui de Cromwell, dit-on, 2200 grammes! Le poids du cerveau n’équivalait donc chez Maurice qu’au sixième du poids du corps, ce qui dénotait une intelligence des plus médiocres. Si l’on se rapporte à ce que nous avons dit de l’intelligence de Paul et de Virginie, on voit que les facultés mentales de l’Orang, loin de se développer avec l’âge, subissent un arrêt correspondant aux changements de forme de la boite crânienne.
- Tels sont les principaux résultats anatomiques fournis par l’étude de Maurice et de Max. Les résultats zoologiques ne sont pas moins importants. M. A. Milne-Edwards est arrivé, en effet, à démontrer d’abord que les trois catégories que les Dayaks de Bornéo admettent parmi les Mias (c’est le nom qu’ils donnent aux Orangs) et qui différeraient l’une de l’autre par les dimensions, par la présence ou l’absence de loupes graisseuses, représentent en réalité trois phases du développement d’une seule et même espèce; ensuite que cette espèce est com-
- mune aux îles de Bornéo et de Sumatra et a été décrite à tort sous plusieurs noms : Sirnia satyrus, S. Abeli, S. morio, S. bicolor1.
- Pour arriver à ces conclusions, pour rectifier les erreurs commises dans la description anatomique et dans la définition zoologique de I'Orang-Outan (Si mi a satyrus), il était nécessaire de pouvoir examiner et désigner un sujet, non seulement adulte, mais très avancé en âge, un sujet frais et non conservé dans l’alcool. C’est ce que l’on vient de faire pour la première fois au Muséum. Comme le public pourra en juger, le montage de la dépouille étant presque terminé, l’épanouissement extraordinaire des protubérances jugal es, la grosseur de la loupe frontale, la force des canines, la présence de poils blancs dans la barbe, la dénudation de la face et de la poitrine, l’ampleur des sacs laryngiens indiquent en effet que Maurice était, dans toute la force du terme, un vieil Orang-Outan. Il était certainement plus âgé que l’individu de même espèce, d’ailleurs très remarquable, dit-on, qui est actuellement en vente au Jardin zoologique d’Amsterdam. E. Oustalet.
- LES BALLONS D’ILLUMINATION
- Les ballons lumineux constituent l’élément de nos fêtes de nuit. Dans son ouvrage si intéressant et si documenté sur Y Éclairage a Paris, M. Henri Maréchal nous fournit sur ces ballons des renseignements curieux que nous lui empruntons. On fait surtout usage de gros ballons orange sphériques, de 35 centimètres de diamètre que l’on suspend dans les arbres à l’aide de larges crochets en fils de fer, en assimilant les ballons à de gros fruits. Un arbre ordinaire reçoit ainsi une trentaine de ballons. Dans certaines fetes importantes on doit mettre en place jusqu’à 100 000 ballons, dans un temps très court. La pose de ces ballons est confiée aux cantonniers et ouvriers auxiliaires de la ville (voie publique, plantations, etc.). On répartit ceux-ci par équipes de six hommes, et l’on remet ’a chacune une caisse pleine contenant 500 ballons pliés, 500 bougies et 500 crochets. On fixe sur place, à chaque équipe, la zone qu’elle doit décorer. Dans chaque équipe les six hommes se partagent le travail ainsi qu’il suit : deux placent les bougies, déplient les ballons, les allument et les munissent de leurs crochets; les quatre autres soulèvent les ballons à l'aide de longues perches et passent les crochets entre les branches des arbres. La surveillance des équipes est assurée par des cantonniers chefs, à raison de un cantonnier chef pour trois ou quatre équipes. Les ballons orange de 33 centimètres de diamètre coûtent 23 centimes pièce, y compris le crochet et la bougie. Celle-ci doit pouvoir brûler pendant trois heures et demie et coûte, à part, dix centimes. Les ballons orange sphériques sont ceux qui produisent le meilleur effet dans les arbres. Pour les guirlandes, on emploie des ballons de couleurs et de formes variées. Le rouge et le citron sont les plus avantageuses. Le bleu et le vert sont d’un aspect moins agréable, le vert surtout, car il assombrit la lumière.
- 1 Voy. au sujet de ces prétendues espèces et des mœurs de l'Orang, notre article sur les Singes anthropomorphes. N° 225, du 22 septembre 1877, p. 203.
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- COLLECTION DE MONTRES
- DE M. PAUL GARA J ER
- M. Paul Garnier possède une magnifique collection de montres des seizième, dix-septième et dix-huitième siècles qu’il laisse voir aux amateurs et aux curieux des choses de Part d’autrelois. 11 nous a été donné d’admirer les merveilles réunies par le collectionneur. Nous allons en faire connaître à nos lecteurs quelques-uns des plus beaux spécimens. Mais nous résumerons auparavant l'histoire des montres d’après une étude publiée par M. Saint-lléal sur les Notes communiquées par M. Paul Garnier.
- On sait que, dans l’antiquité, les moyens de mesurer le temps étaient essentiellement primitifs et des moins exacts. On faisait usage alors de gnomons et de cadrans solaires de toutes formes, de sabliers et de clepsydres, dont quelques-uns, remontant à la plus haute antiquité, furent les seuls instruments d’horlogerie employés jusqu’au dixième siècle. Ce n’est qu’à partir de cette époque que l’action de la pesanteur, par l’emploi d’un poids, tend à se substituer à l’action de l’eau pour faire mouvoir les roues et les pignons d’une horloge.
- La première horloge publique apparaît à Paris en 4570. Charles Y fit établir au centre de la Cité, sur l’une des tours du Palais, une grande horloge sonnante qui put fournir l’heure à toute la ville. Peu de temps après, une seconde horloge fut établie au château de Vincennes.
- Les premières montres parurent dans la seconde moitié du quinzième siècle, plutôt vers la fin. Leur forme a varié selon les époques, suivant le goût et la fantaisie des artistes. Sous François Ier, dans les commencements de leur apparition, elles étaient rondes, cylindriques, des diminutifs des horloges de table. Peters Hele fabriqua, à Nuremberg, des montres qui avaient la forme d'un œuf et auxquelles on donna le nom d’œufs de Nuremberg, bien que des montres de cette forme existassent en France auparavant.
- Sous Henri II, Charles LY, Henri 111 et même Henri IV, on donna aux montres la forme ovale, octogone, hexagone et rectangulaire; la forme d’une croix de Malte ou d’une croix latine, d’une olive, d’un gland, d’une coquille, d’une tète de mort, d’une tulipe, etc. L’exécution de ces petites pièces offrait, au point de vue de l’art et du goût, le modèle de la perfection. Les boîtes, rarement en or, étaient en cristal de roche taillé à facettes, ou en vermeil, ou en argent, ou même en cuivre doré, gravé, ciselé, émaillé. Les plus petites montres se firent sous Louis NUI. Ces ravissants bijoux coûtaient un prix énorme ; ils étaient portés par les grandes dames et les riches seigneurs. Les prélats et les abbesses recherchaient les montres en croix latine ou en croix de Malte, et les portaient au cou.
- Le prince Soltykolf possédait une collection de montres d’une valeur inimaginable, qui, depuis, a
- été dispersée aux quatre coins de l’Europe. On y voyait notamment une montre de Jacques Joly, représentant une tète de mort. Ce genre de montre était très recherché par Henri 111, qui, à la mort de Marguerite de Clèves, s’en était fait construire une en manière de deuil. M. Paul Garnier, qui a acquis quelques-unes des montres de la collection du prince Soltykolf, possède une montre de forme ovale ayant appartenu à Marguerite de Navarre.
- Les premières montres à répétition qu’on ait vues en France furent envoyées à Louis XIY par Charles II. Les Anglais Barlow, Quare et lampion se sont disputé l’honneur de les avoir inventées (lfiTfi). Vers le même temps, le savant français de Camus inventa des montres qui marchaient un an sans s’arrêter.
- Sous Louis X1Y, les montres d’un usage journalier ressemblaient à une houle aplatie; elles étaient en or, en argent, en cuivre, gravées, ciselées ou unies; d’autres, plus riches, offraient extérieurement ou intérieurement des paysages, des sujets religieux ou mythologiques émaillés en plein d’après les maîtres italiens et français. Dès la fin du règne de Louis XIII, on avait commencé à décorer les montres de fleurs émaillées, d’après les procédés inaugurés, en 1652, parToutin, orfèvre de Châteaudun. Les plus habiles émailleurs de l’école de Toutin furent : Morlièrc* d’Orléans, et Robert Yauquier qui travaillèrent à Blois, de même que Pierre Chartier, les frères lluault, émigrés après la révocation de l’édit de Nantes. Ces maîtres signaient leurs œuvres, mais ils eurent peu d’imitateurs.
- Au dix-huitième siècle, les belles montres furent très répandues. Sur les boîtes, œuvres des peintres en émail, des ciseleurs et des orfèvres, s’étalaient des sujets peints ou ciselés, souvent accompagnés d’une profusion de diamants ; les cadrans étaient entourés d’un rang serré de perles fines et les aiguilles parsemées de petites roses. Ce luxe, où l’art occupe une place importante, explique l’engouement des collectionneurs pour ces précieux objets.
- Malheureusement, ils sont presque toujours anonymes. Si l’on veut des noms, on les trouve chez les peintres en émail du temps. Sous Louis XY, c’était Aubert, Conniot, Hubert, Taunay, Mlle Duplessis, Le Sueur, Le Bel, de Mailly, Durand. A ces artistes viennent se joindre, dès la fin de ce règne, Bourgoin, Yassal, Miroglio, Bornet, Krüdger, Trainel, Le Tellier. C’est parmi ces maîtres qu’il faut chercher les auteurs des émaux qui décorent les montres et les tabatières du dix-huitième siècle.
- Pendant le dix-huitième siècle, au mariage des princes et des princesses de la Cour de France, les montres ont fait partie des bijoux de la corbeille. Quelques-uns de ces bijoux, parmi les plus riches, restaient à la princesse, les autres étaient offerts aux personnages de la Cour.
- En 1745, dans la corbeille de la dauphine Marie-Thérèse-Antoinette, infante d’Espagne, il se trouvait treize montres, s’élevant au prix de 158.58 livres.
- Deux années plus tard, au second mariage du
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- Dauphin avec Marie-Josèphe de Saxe, celle-ci reçoit vingt et une montres, cotées 18004 livres. Elles sont distribuées à deux huissiers, à la dame d’atours, à \[uie$ da Koure, de Pons, de Champagne ; à MM. de llayeux, de Mirepoix, de Coigny, de Muy fils, àM. de La Vigne, médecin.
- La corbeille de Marie-Antoinette, en 1770, ne compte pas moins de trente-deux montres. Parmi les destinataires se trouvent : la marquise de Duras, la comtesse de Noailles, les ducs d’Aumont et de Villequier, le vicomte de Boisgelin, le chevalier de Monteil; MM. Hébert, de Clavignac, de La Roche-Aymon.
- Pour le mariage du comte de Provence M,ne de Valentinois reçut une montre émaillée, garnie d’un cercle de roses de Hollande, 2400 livres. Le comte de Duras, une montre d’or, de Lépine, émaillée, sertie de diamants, 5400 livres. M. de La Touche, une montre d’or, sertie de diamants,
- 1010 livres. M. de Monteil, unemon-'tre de 900 livres.
- La montre de la comtesse d’Artois coûte 6059 livres, sans compter la clef et le cachet, valant ensemble 1261 livres. La chaîne de la montre et celle de l’étui s’élèvent à 16 550 livres. L’étui, de côté, en or, enrichi de diamants, d’émeraudes et de rubis, est de 19 042 livres. Le maréchal de Richelieu reçut une montre d’or garnie de diamants, estimée 6059 livres.
- En 1774, tous les médecins du Roi reçoivent chacun un bijou consistant en une montre ou une tabatière. C’est l’année de la mort de Louis XV, et ces dons expriment, à n’en pas douter, un témoignage de gratitude pour les soins donnés à Sa Majesté, pendant sa dernière maladie.
- La montre figure assez rarement au nombre des présents diplomatiques. Cependant, le 5 novembre 1621, la reine mère Marie de Médicis, recevant à Rlois l’ambassadeur vénitien Cirolamo Priuli venu pour prendre congé d’elle, détacha de son côté deux petites montres d’or et les offrit à l’ambassadeur en lui disant « qu’elle lui fait don de ces fruits merveilleux qui naissent à Rlois dans les mains des excellents ouvriers du pays ». Le 10 août 1677, le Ministre des affaires étrangères envoie au marquis de Réthune, ambassadeur en Pologne, une série
- d’objets de prix pour être distribués suivant l’ordre du Roi; on y trouve douze montres à boîte d’or.
- Sous l’Empire, les montres deviennent plates et émaillées, représentant de grandes femmes assez mal peintes ; elles rappellent une époque de décadence et n’ont qu’un intérêt relatif. Puis la montre industrielle fait son apparition, elle est à la portée des petites bourses. Il n’est bourgeois modeste ou simple boutiquier qui n’ait la sienne.
- De nos jours, la montre s’est largement démocratisée, surtout depuis l’apparition de la montre américaine en métal.
- Mais où sont les belles montres d’antan !
- Après ce résumé historique, arrivons à décrire quelques-unes des belles pièces de la collection de M. Paul Garnier; nous passerons successivement en revue les gravures qui en reproduisent la forme.
- La figure 1, ci-contre, donne l’aspect d’une montre ronde de l’époque de François Ier. Le boîtier est en cuivre doré, le couvercle supérieur ouvre à charnière; il est ajauré et les ouvertures ogivales correspondent aux chiffres des heures ; le centre est finement gravé. Le couvercle inférieur ouvre aussi à charnière. II est également gravé et représente le Christ sortant du tombeau, d’après Albert Durer. Le tour ou frise est décoré d’ornements à rinceaux en relief de style Renaissance. Les platines du mouvement sont en fer, de même que les roues du rouage. Exécuté avant que la fusée ne soit inventée, ce mouvement est muni d’un ressort agissant sur un excentrique pour compenser l’action du ressort moteur. Cette disposition, qui a précédé celle delà fusée, ne remplissait qu’im-parfaitement le même but. Le balancier n’a pas la forme circulaire, il est composé d’une barrette portant à chacune de ses extrémités une petite masse. Froissard dans son poème : Y Horloge amoureuse, Vu baptisé du nom de Foliot. Le cadran est en argent ; il est gravé de rayons et de flammes au centre. Il est à deux tours d’heures concentriques marqués de 1 à 12 et de 15 à 24 heures. La platine de derrière du mouvement porte comme marques une tête de marotte et le monogramme V 8, poinçons très certainement de l’artiste qui l’a faite et aussi des gardes visiteurs.
- Fig. 1. — Montre ronde du temps de François I". Vue extérieure, et détail du mécanisme.
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- La ligure 2 donne l’aspect de trois autres montres. A la partie supérieure, on voit sous deux aspects une ravissante montre en forme de bouton de tulipe, elle est en or, émaillée d’épargne,à lins rinceaux de Heurs, de vert et de pourpre (dit de Cassius), sur fond blanc. Le cadran est en or émaillé, des mêmes couleurs sur fond blanc ; les chiffres des heures sont émaillés or sur fond noir. Le mouvement est en cuivre doré; il est muni de la fusée avec corde à hoyau et du balancier circulaire. Cette montre, moins ancienne que la précédente, est signée de J. Jolly à Paris. J. Jolly était horloger de la ville de Paris en 1560, et aussi à cette même date horloger de Catherine de Médicis. Le deuxième dessin du haut de la ligure 2 représente les deux côtés de la montre, celle-ci étant ouverte.
- La troisième montre de la ligure 2 est une montre carrée avec fonds en acier bleui : les ornements sont en or, en relief, découpés et ciselés. Les côtés sont également en acier bleui, avec ornements en or, en relief, découpés et ciselés. Le cadran est carré, en émail blanc, centre bleu; les coins ont des ornements émaillés en rouge. La lunette est en or, gravée de feuilles de laurier; elle porte un verre en cristal de roche à biseau. Le mouvement est signé de Balth;
- en or, finement gravée.
- Fig. 2. — M onlrc du seizième siècle en lorme de bouton de tulipe et la même ouverte pour montrer ses deux côtés. Au-dessous, montre carrée du dix-septième siècle et montre en forme de bouton de pavot.
- Marinot, qui du roi
- Louis XIII en 1657.
- La dernière montre de la ligure 2 est en lorme d’un bouton de pavot. La boîte est en ambre
- tzar
- était horloger
- Fig. 3.— Grenouille automate en or fin émaillé, du dix-huitième siècle (il' 1). — Montre en fleur de lis du seizième siècle (n° 2). — Montre en lorme de coquille (n° 5) et montre ovale en argent du seizième siècle (110 1).
- Elle est maintenue sur l’ambre par des fils d’or, placés entre les côtés, qui se réunissent au bouton formant la ([tieue de la montre. Le cadran est en argent avec ornements émaillés. 11 est recouvert d’une lunette avec verre en cristal de roche. Cette montre n'est pas signée, mais elle est de l'époque de Charles IX.
- Notre dernière gravure (fig. 5) représente encore quatre pièces remarquables de la collection Garnier. C’est d’abord une grenouille automate en or fin émaillé en plein, imitant les couleurs de la grenouille, avec rangée de perles fines sur le dos, sur les côtes et les pattes. Le mécanisme est une merveille. Par une ingénieuse disposition, il produit un bruit qui imite le coassement de la grenouille; puis par intervalle elle remue les pattes de derrière et avance de quelques centimètres. Le coassement recommence, puis elle avance de nouveau, tant que le ressort est monté. Cette pièce doit être Vœuvre d’un de ces ingénieux artistes qui au dix-huitième siècle, à l'exemple de Yaucanson, de Kempelen, ont produit des pièces automates très variées.
- La montre représentée à la droite de la grenouille (fig. 5) a la forme d’une fleur de lis. Le couvercle est en cristal de roche enchâssé dans un entourage en cuivre gravé et doré. La boîte est entièrement en cristal de roche. Cette montre est une variété des montres en forme de
- à côtes. La monture est I croix dites pectorales, comme il en a été lait dans
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- LA NATURE.
- le courant du seizième et du dix-septième siècle.
- Au bas de la figure o, ou voit à gauche une montre en forme de coquille (pecten) dite Peigne de Vénus. Les deux couvercles sont en cristal de roche taillé. Le cadran est en or avec ornements émaillés en vert translucide. Le pourtour est en cristal de roche. Le mouvement est signé de J. Vallier, Lyon.
- A côté de cette délicieuse coquille, on voit à droite (fig.o) une montre ovale en' argent. Les deux couvercles sont en argent, finement gravés ; ils représentent l’un Diane et l’autre Junon, au milieu de rinceaux, d’après les estampes d’Étienne Dehanne. Le pourtour représente des scènes de chasse. Le cadran est en argent gravé. Le mouvement est signé de Salomon Chcsnon, horloger de Blois au seizième siècle.
- Nous avons décrit la belle collection de M. Paul Garnier; c’est une étonnante réunion d’objets rares; nous sommes heureux de les avoir fait connaître à nos lecteurs, et de féliciter le chercheur qui les a recueillis depuis de longues années, avec autant de persévérance que de science en horlogerie.
- Gaston Tissasdier.
- UNIFICATION DES FILETAGES
- M. Sauvage a présenté à la Société d’encouragement le résumé des règles arrêtées par la Commission des filetages, à la suite de l’enquête faite par la Société en 1895 et 1894, pour I’unification des filetages des vis mécaniques et des jauges des fils métalliques.
- Ces règles se résument comme il suit :
- Le filet des vis mécaniques est enroulé à droite; il dérive d’un triangle équilatéral, dont le côté est égal au pas. Ce triangle est tronqué par deux parallèles à la hase (côté parallèle à l’axe de la vis), menées au huitième de la hauteur à partir de la base et du sommet. Le diamètre de la vis se compte sur l’extérieur du filet tronqué.
- Ce profil est une limite géométrique dont le boulon et l’écrou s’approchent plus ou moins, mais sans jamais la franchir.
- Les pas varient de demi en demi-millimètre, à partir de 1 millimètre. Les diamètres principaux sont ceux de 6, 10, 14, 18, 24, 30, 36, 42, 48, 56, 64, 72, 80, 88, 96, 106, 116, 126, 156, 148 millimètres, correspondant respectivement aux pas de 1, 1,5, 2, 2,5, 5, 5,5, 4, 4,5, 5, 5,5, 6, 6,5, 7, 7,5, 8, 8,5, 9, 9,5, 10, 10,5 millimètres. Ces vis principales peuvent être désignées par les numéros 0, 1, 2..., 19. Les diamètres intercalaires sont exprimés par des nombres entiers de millimètres, de préférence pairs, et ont le pas du diamètre principal immédiatement inférieur.
- Les règles accessoires ont trait au diamètre du corps des boulons, qui ne doit dépasser celui de la vis que de 0mm,5 au plus pour les diamètres de 6 à 14 millimètres, de 1 millimètre au plus pour ceux de 15 à 48 millimètres, et de 2 millimètres au plus pour les diamètres supérieurs à 48 millimètres; à la largeur des têtes de boulon et des écrous, qui, pour les diamètres pairs, sont inscrits dans un cercle dont le rayon égale le diamètre de la vis; aux tètes coniques, qui ont sur l’axe de la vis une inclinaison de 9 sur 10 (soit un angle au sommet d’environ 84°) ; au rayon des trous de goupille, égal au pas; enfin aux ergots
- et encoches, dont les dimensions doivent être exprimées par des multiples entiers du pas.
- Enfin une règle est indiquée pour former des séries de boulons courants, à longueurs graduées, avec les diamètres usuels.
- Pour les fils métalliques, le diamètre doit être exprimé en décimes ou dixièmes de millimètres. Exception est faite pour certains fils spéciaux, tels que les cordes à pianos, qui doivent avoir des dimensions minutieusement fixées.
- L’adoption des nouvelles règles est vivement recommandée aux ingénieurs et aux industriels; plusieurs administrations préparent déjà le nouveau matériel de filetage.
- CHRONIQUE
- Les travaux du bureau d'essai de l’École des mines en 18Î1Î1. — Le bureau d’essai de l’Ecole nationale supérieure des mines fait gratuitement l’analyse des substances minérales qui lui sont présentées et qui paraissent offrir quelque intérêt, soit pour la science, soit pour l’industrie minière ou métallurgique, soit pour l’agriculture, l’hygiène publique, etc. Les échantillons qui lui sont soumis doivent toujours être accompagnés d’indications précises sur la localité d’origine et, autant que possible, sur la nature du gisement, lorsqu’il s’agit de substances naturelles. Les analyses ou essais s’exécutent en suivant, d’une façon générale, l’ordre de réception et d’inscription des échantillons sur le registre d’entrée du laboratoire. Lorsque l’essai est terminé, les résultats en sont aussitôt envoyés à la personne qui a remis l’échantillon; ils ne sont pas, avant un assez long délai, communiqués à d’autres personnes, à moins d’autorisation spéciale donnée par l’intéressé. Pendant l’année 1895, le nombre des analyses faites s’est élevé à 1099. Elles peuvent se répartir, d’après leur nature, entre les catégories suivantes :
- Argiles, bauxites, kaolins, silicates divers. . 454
- Calcaires à chaux grasse, chaux................. 174
- Calcaires à chaux hydrauliques, ciments. . . 67
- Combustibles, bitumes, etc...................... 138
- Eaux douces et eaux minérales.................... 80
- Métaux, aciers et fontes, alliages.............. 27
- Minerais d’antimoine............................ 23
- — d’argent................................. 6
- — de bismuth.............................. 2
- — de chrome............................... 8
- — de cobalt et de nickel ...... 2
- — de cuivre............................... 43
- — d’étain.................................. 5
- — de fer................................ 88
- — de manganèse........................... 26
- — de mercure.............................. 4
- — d’or......................... , . . 42
- — de plomb............................... 56
- — de zinc................................ 26
- Phosphates, engrais minéraux..................... 55
- Pyrites de fer, soufre natif..................... 38
- Terres végétales, marnes......................... 22
- Échantillons divers.............................. 35
- 1 099
- Le rapport analysant ces différents essais constate en terminant que quelques terres végétales ont été examinées en vue ' de déterminer les éléments de fertilité existant dans le sol et de permettre de calculer la nature et la proportion des engrais à ajouter. C’est ce qu’ont notamment demandé quelques syndicats agricoles et quel-
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- (|ues iigriculli'iirs pour cerlaincs régions des départements du Cher, de l’Indre, de la Dordogne, de l’Eure et de la Meuse. Les recherches de cette espèce tendent à devenir plus rares que par le passé, depuis que la multiplication des laboratoires départementaux et des stations agronomiques a permis aux cultivateurs de trouver, dans leur propre département, les renseignements qu’ils étaient autrefois obligés de demander au bureau d’essai de l’École nationale supérieure des mines.
- Illusion d'optique. — Quand on regarde un objet fortement éclairé se détachant sur un fond sombre, cet objet nous paraît plus grand qu’il l’est réellement; c’est à ce phénomène qu’on a donné le nom d'irradiation. Deux figures égales, l’une blanche sur fond noir, l’autre noire sur fond blanc, nous paraissent inégales; la première nous semble plus grande que la seconde. J’ai observé récemment un phénomène d’irradiation particulièrement net et je me permets de le signaler aux lecteurs de La Nature. À l’occasion du 14 Juillet, un café de la rive gauche avait installé une rampe de liées de gaz entourés chacun d’un globe blanc de ()no,12 de diamètre environ. Quelques-uns de ces becs ne fonctionnant pas, les globes qui les renfermaient, vus à 10 mètres de distance, paraissaient beaucoup plus petits que les autres. Un ami, physicien exercé, auquel j’ai fait remarquer le phénomène, estimait à un tiers la différence de diamètre apparent. Pour ne rien exagérer nous réduisons cette appréciation à un quart et nous sommes sûr d’ètre au-dessous de la réalité. De près on pouvait se rendre compte que les globes avaient tous les mêmes dimensions. Nous avons cru devoir signaler cet exemple très net d’irradiation, car il ne nous est jamais arrivé d’en observer de plus frappant. X...
- Bénéfices des Sociétés d'électricité. — 11 est
- certaines Sociétés d’électricité qui réalisent actuellement des bénéfices assez importants. Nous mentionnerons en particulier la Société des usines d’électricité de Salzbourg, en Autriche, qui exploite une grande usine de construction, fait des installations, dirige une ligne de tramway électrique et loue divers locaux dépendant de ses usines. En 1895, elle a élevé son capital de 1 250 000 francs à 1500 000 francs. Pendant cette même année, elle a distribué 105 000 francs de dividende, soit environ 7 pour 100. Les bénéfices respectifs ont été de 57 150 francs pour l’exploitation des usines, 8755 francs pour les installations électriques, et 8150 francs pour les tramways électriques.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- .Séance du 6 août 1894. — Présidence de M. Lœwy.
- Explorations de grottes. — M. Rivière a pratiqué des fouilles à l’intérieur de diverses grottes situées dans le département de la Dordogne, pendant le mois d’août de l’année dernière et le mois d’avril de cette année. Les gisements explorés sont quaternaires géologiquement parlant; les uns sont paléolithiques si l’on considère l’époque archéologique, les autres sont néolithiques et appartiennent aux temps géologiques modernes. Les grottes de Combarelle, explorées par M. Rivière, appartiennent au premier genre, celles de Sireuil, de Pagenal et Pagueral, également étudiées par l’auteur, appartiennent au deuxième genre. Ces dernières grottes ne sont autre chose que des ateliers néolithiques. La grotte de Combarelle est double, une seule a été habitée. Elle appartient à l’époque magdalénienne. Le criblage des
- terres a mis à jour des os travaillés en aiguilles, en harpons, en pointes barbelées, en pointes de sagaies, en poinçons, des dents percées ainsi que des silex taillés, des débris d’ossements de carnivores, pachydermes, rhinocéros et de rennes. Une autre grotte dite de Rey a 51ro,50 de profondeur dont 55ra,50 seulement ont été explorés. Mais M. Rivière se propose d’achever l’opération l’année prochaine. Elle est de même époque que celle de Combarelle. Les résultats sont particulièrement intéressants : la faune est caractérisée par des débris osseux de rhinocéros trichorinus, de renne et de capra primigenia dont une tête entière pourvue de ses cornes a été retrouvée; l’industrie nous a laissé des os travaillés dont l’un, une côte, sculpté et gravé, reproduit un poisson. Cette pièce, au dire des connaisseurs, est unique. Les silex sont très fins et très retouchés. Une autre grotte dite de la Fontaine est une sorte de réservoir naturel qui fournit l’eau aux habitants et qui n’a pu être explorée qu’en épuisant l’eau d’une façon continue. De celte grotte on a retiré des os d’éléphant, d’ours, de hyène, de cheval, de cerf, de bœuf, engagés dans une argile roussàtre qui garnissait une sorte de couloir vertical. Enfin M. Rivière a continué au lieu dit de Cro-magnon les fouilles exécutées par M. Broca, au point où celui-ci a découvert les crânes de Cro-magnon.
- Météorologie du Mont-Blanc. — M. Janssen montre des photographies représentant l’appareil qui va être installé dans l’Observatoire du sommet du Mont-Rlane pour l’enregistrement de la pression barométrique, de la direction et de la force du vent, de la température et de l’état hygromélrique. Cet appareil, après avoir été mis en place, et réglé, devra pouvoir fonctionner en dehors de toute intervention et de toute surveillance d’un observateur pendant huit mois au moins. Celte condition a imposé au constructeur des obligations particulières. M. Fizeau objecte que cet appareil devant être exposé pendant un temps fort long à un froid très intense, les huiles se congèleront et l’appareil cessera de fonctionner. 11 propose de les remplacer par de la poudre de talc en remarquant que le seul inconvénient de cette substitution sera une usure plus lapide du métal. M. Janssen répond que le constructeur a, de son côté, résolu la difficulté en préparant un liquide lubrifiant qui peut résister à une température de —40°. Ce liquide est composé d’un tiers de pétrole et de deux tiers d’huile.
- Varia. — M. Vinot présente une carte céleste donnant l’aspect du ciel à 9 heures du soir, dans la soirée du 1er septembre. Cette carte est une projection stéréogra-phique sur l’horizon de Paris ; elle se prête donc très facilement aux recherches des amateurs à qui elle s’adresse. M. Bertrand saisit cette occasion pour donner au nom de l’Académie un témoignage public de l’estime dans laquelle elle tient les efforts patients et féconds de 31. Vinot en vue de vulgariser une des sciences les moins accessibles. Ch. de Yilledeuil.
- PHYSIQUE AMUSANTE
- LA PRESTIDIGITATION DÉVOILÉE1 LE LUDION MAGNÉTIQUE
- Dans une petite cuve en verre de forme cubique, remplie d’eau et placée sur sa table, le prestidigi-
- 1 Voy. n° 1070, du 15 janvier 1894, p. 112.
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- LA NATURE.
- tuteur met une de ces petites poupées en carton que l’on vend dix centimes dans les bazars.
- Au commandement, la poupée salue la société en Taisant un plongeon; de la même manière elle répond oui aux questions qu’on lui pose, et pour répondre non elle se renverse la tète en bas, insistant même au besoin, en frappant deux ou trois lois de la tète le fond de la cuve.
- Cartes forcées, dés plombés, livres truqués et autres accessoires du même genre; pensées devinées et secrets dévoilés par les procédés connus des />/»/-siciem, tout cela est utilisé dans l'expérience du ludion ma()néti<iue, pour faire durer le plus longtemps possible la conversation avec la poupée et bien prouver qu’elle est douée d’une intelligence des plus merveilleuses.
- Un amateur habile et soigneux pourra préparer lui-même tout ce qui est nécessaire pour exécuter cette amusante récréation.
- La poupée (pie montre en coupe le numéro 1 de la vignette, est recouverte d’un enduit isolant tel qu’une dissolution de caoutchouc dans la benzine, qui la rend imperméable; elle renferme un faisceau d’aiguilles à tricoter aimantées par les procédés connus. La cuve peut être facilement construite de la manière suivante : Aux quatre angles d'une planchette carrée aussi mince que possible, s’élèvent perpendiculairement quatre morceaux de règle d’écolier : quatre verres (provenant, si l’on veut, de clichés photographiques) forment les parois de la cuve; ils sont fixés contre la tranche de la planchette qui en forme le fond, et contre les réglettes, au moyen d’une colle de gélatine hiehromatée (1 partie de bichromate pour 5 de gélatine) (pie l’on rend ensuite insoluble par une exposition de quelques heures à la lumière.
- A l’intérieur de la table du prestidigitateur (fîg. 4) se trouve un électro-aimant long de 80 centimètres environ, fixé contre la planchette supérieure de la table, (pii a été creusée pour le recevoir afin de diminuer le plus possible la distance qui le séparera du ludion (pie l’on devra placer au-dessus de l’une de ses extrémités.
- Notre vignette représente (fig. 4) sur le coté postérieur de la table un interrupteur qui est en même
- temps un commutateur du courant, de même genre (pie celui dont sont munies ordinairement les petites bobines de Ruhmkorff du commerce ; on voit également une pile CZ à l’intérieur de la table. Le prestidigitateur pourrait, à la rigueur, faire manœuvrer l’appareil avec le pouce de sa main gauche, qu’il appuierait négligemment sur le bord postérieur de la table, tandis que, de la main droite armée de la baguette magique, il commanderait au ludion; mais, en pratique, il vaut mieux placer pile et commutateur dans la coulisse ou dans une chambre voisine; il est toujours facile de dissimuler sous les tapis et le long des pieds de la table — l'un de ceux-ci pourrait aussi être percé — deux minces fils conducteurs du courant.
- Le point difficile est, de lester et d’équilibrer convenablement le ludion; on y arrive après tâtonnements par l’adjonction de petites balles de plomb, d’épingles en laiton, enfoncées de-ci de-là, dans les lianes de la poupée, ou, au contraire, en y appliquant, suivant le cas, pour l’alléger, des plaques de cire pétrie à la chaleur des doigts.
- Le poids total du ludion doit être à peine un peu inférieur à celui de l’eau qu’il déplace, et la quantité du liquide doit être mesurée de telle sorte que la poupée, quand elle est dans le sens vertical, ne se trouve pas à plus d’un centimètre du fond de la cuve, à moins qu’on emploie un électro-aimant assez puissant pour permettre une plus grande distance.
- On comprend dès lors ce qui se passe. Quand le courant électrique est lancé dans le sens voulu pour que le pèle situé sous la cuve soit de nom contraire au pôle mis en regard de l’aimant du ludion, celui-ci est attiré et la poupée fait un plongeon; que l’on renverse le courant au moyen du commutateur pour changer l’orientation de l’électro-aimant caché dans la table : c’est le côté opposé de la poupée qui sera attiré, d’où la culbute de celle-ci.
- Cette expérience est aussi amusante que curieuse pour les amateurs de physique. Magus.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandikh.
- l'aris. — Imprimerie I.ahure. rue île Fleums, 'A
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- N° 1107. — 18 AOUT 1894.
- LA NATURE.
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- IA MARINE DE GUERRE JAPONAISE
- Un casus belli est récemment survenu entre la Chine et le Japon, à propos des affaires de Corée, et la guerre a été déclarée entre les deux pays; le Japon a mobilisé une partie de ses troupes et de sa flotte : le moment nous semble venu de donner quelques détails sur sa marine de guerre, qui semble appelée à jouer un rôle des plus importants.
- C’est surtout depuis quelques années que le Japon, dans son désir d’imiter en tout les nations occidentales, et sans doute aussi avec l’intention de conquérir la prééminence en extrême Orient, a augmenté
- ses forces navales. En 1882, le budget de la marine n’était que de 14 millions de francs, le personnel comprenait seulement 5550 hommes, avec les officiers et les cadets. La flotte ne comptait que peu d’unités pouvant rendre quelques services : par exemple, le Fou-So, cuirassé à réduit central de 5718 tonneaux de jauge, filant lSjjjeeuds par heure avec 5500 chevaux et ayant pour armement principal quatre canons de 24 centimètres et deux canons Krupp de 17 centimètres; il avait été lancé en 1877 à Poplar, sur la Tamise. Il fallait ensuite mentionner le Riou-Jo, cuirassé de 2500 tonneaux environ, mais filant à grand’peine 9 nœuds, avec une machine insuffisante. Du reste le lancement en remonte
- Le croiseur de guerre cuirassé japonais Yoshino. (D’après une photographie).
- à 1864; il est de conslruction composite et sans grande valeur ; l’armement comprend deux canons Krupp de 17 centimètres, six de 7 centimètres et deux de petits calibres. Enfin à cette même époque, et sans compter le petit cuirassé Athuma-Kan et quelques bateaux à hélice ou à roues jaugeant moins de 1000 tonneaux, le Japon possédait deux croiseurs cuirassés en fer et bois, le Ûi-Yei et le Kong-Go, de construction anglaise tous deux, et lancés respectivement en 1877 et 1878; leur jauge était de 2200 tonneaux et leur vitesse de 15 nœuds ; pour l’armement, il comprenait deux canons de 17 centimètres et six de 15.
- En somme ces batiments, même les meilleurs, étaient assez médiocres, et les Japonais, dans leur désir de devenir une grande puissance militaire, ont
- tî' aimée. — 2 sonoïtre.
- augmenté considérablement le budget de leur marine, qui atteignait 62 600 000 francs dès 1890, et ils ont fait construire de nombreux navires. C’est ainsi qu’ils ont doté leur pays d’une flotte d’une valeur réelle, dont nous allons signaler quelques unités. En premier lieu nous citerons le Chyoda, croiseur cuirassé de 2450 tonneaux, construit à Glasgow en 1889, armé principalement de dix canons de 12 centimètres à tir rapide; il file 19 nœuds.
- 11 faut en rapprocher deux croiseurs protégés du même type exactement, le Naniwa-Kan et le Taka-chiko : ils jaugent chacun 5650 tonneaux; ils ont été construits également en Angleterre, et ont une vitesse de 18,5 nœuds par heure. L’armement comprend deux canons de 25 centimètres, six de 15 et seize mitrailleuses ou canons-revolvers. Voici une série de trois
- 12
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- la nat y hé.
- garde-côtes analogues, déplaçant environ 4250 tonneaux, c’est le Uashulate, VItsoukou-Shima et le Matsou-Shima. Ils ont tons les trois nue vitesse moyenne de 17,5 nœuds, un canon de 50 centimètres et onze de 11' centimètres1 à tir rapide. Les deux derniers ont été construits en France, par la Compagnie des Forges et Cdiantiers de la Méditerranée; ils sont en acier, à deux hélices, avec 00 mètres de longueur, I5‘",5 4 de largeur et un tirant d’eau de 0'n,15à l’arrière; il n’y a pas de blindage de liane, mais un pont cuirassé de protection. La tourelle barbette cuirassée du canon Canet de 50 centimètres de Y Itsoukou-Shima ligurait à l’Exposition de 1880. Quant au llashidate, il a été lancé en 1801 dans l’arsenal impérial de Yokosouka; long de 80 mètres, large de 15, il tire O1",50; il est l’ait d’acier acheté en Europe, principalement en France, mais les machines viennent surtout d’Angleterre. Un peu auparavant, les Japonais avaient déjà con-' struit par eux-mèmes un autre garde-côte qu’il est bon de citer : il s'agit du Yayeyama, navire à ['grande vitesse inspiré du Milan, qui, long de r0(> mètres, large de 10m,50, et armé de trois canons de 12 centimètres et de deux tubes lance-torpilles, : a filé aux essais jusqu’à 21,5 nœuds par heure.
- Un-'des navires les plus neufs est YAkitsou-Shinia, garde-côte de 4150 tonneaux, qui est sorti de l’arsenal de Yokosouka en 1802; il marche à elO nœuds et porte un canon de 50 centimètres en ! tourelle et onze de 12 centimètres à tir rapide.
- Les Japonais possèdent une douzaine de petits croiseurs de construction relativement ancienne, ceux qui formaient le fond de la Hotte en 1882, puis des canonnières de mer ou de rivière sans grande valeur ; ils ont encore une quarantaine de torpilleurs de lre et de 2e classe, filant de 18 à 25 nœuds par heure.
- f En ce moment môme un croiseur-torpilleur, le 'Tassoula, est en train de faire ses essais en Angleterre. Nous ne pouvons enfin omettre de mentionner de Yoshino, croiseur rapide qui vient à peine de ^sortir des ateliers Armstrong. Le Yoshino que représente notre gravure de la page 177, a montré immédiatement d’excellentes qualités; du môme type que le croiseur protégé le k 25 de Mayo » appartenant au Gouvernement argentin, il possède de plus un double fond; long de J00m,5, large de 14 mètres, il déplace 4000 tonneaux. Pendant les essais à tirage naturel, il a pu atteindre25,051 nœuds ; de plus il présente des facilités d’évolution vraiment exceptionnelles : c’est ainsi qu’il fait un tour complet en 5 minutes 8 secondes, en décrivant un cercle de 545 mètres de diamètre (ce qui est peu, vu sa longueur) ; à grande vitesse on peut renverser la marche en quelques secondes. L’armement est très sérieux, car il ne compte pas moins de quatre canons de 15 centimètres, huit de 12 centimètres, vingt-deux canons de petit calibre à tir rapide et
- 1 Exécutés sur les plans de M. lîcrtin, ingénieur de notre marne, en mission près du Gouvernement japonais
- enliu cinq tubes lance-torpilles. Un des gros canons est disposé en chasse, un autre en retraite, chacun pouvant couvrir un arc de cercle de 270 degrés; les deux autres canons de môme type sont sur chaque bord; pour les tubes lance-torpilles, un s’ouvre dans l’étrave môme, les autres défendant respectivement l’avant et l’arrière.
- Dans ees quelques lignes, nous en avons assez dit pour montrer que la Hotte japonaise a une réelle importance; si la guerre continue, la marine chinoise aura affaire à forte partie. X..., ingénieur.
- L’ËCHAUFFEMENT ET L’INFLAMMATION
- SPONTANÉE DES F.QL\S____... ....
- Il n'est aucun agronome qui n’ait eu occasion d’observer le développement de chaleur, en apparence spontanée, qui a lieu dans les foins entassés et mal séchés. Ce phénomène a été souvent attribué à des fermentations spéciales : toute fermentation reposant nécessairement sur une réaction chimique exothermique, c'est-à-dire fournissant l’énergie nécessaire, ainsi que je l’ai établi en 1865; tandis que le ferment joue seulement le rôle d’agent provocateur. Autrefois, c’est-à-dire il y a un demi-siècle, l'inflammation du foin était expliquée surtout par une oxydation.
- En réalité, d’après certaines observations que j'ai eu occasion de faire, le phénomène comprend plusieurs ordres de réactions essentiellement différentes et sur lesquelles il est utile de donner quelques détails. L’herbe entassée, aussitôt qu’elle a été coupée, pourrit, sous l’intluence de l’excès d’eau qu’elle renferme, sans que sa température s’élève sensiblement, et l’herbe devient, comme chacun sait, impropre à l’alimentation du bétail. Si, au contraire, l’herbe est exposée tout d’abord à l’air sur une large surface, les plantes qui la forment se fanent et meurent, et elles perdent alors rapidement l’eau qu’elles retenaient opiniàtrément à l’état vivant, tant à cause de la structure mécanique que de la constitution chimique et biologique de leurs tissus. En même temps' elles éprouvent certains phénomènes d oxydation et d’élimination d’acide carbonique, phénomènes dont nous avons fait, M. André et moi, une étude spéciale. Ainsi se prépare le foin normal, entassé en meules, puis distribué en hottes.
- Cependant, si le foin est mis en meules avant d’etre suffisamment sec, il éprouve de nouvelles altérations, distinctes de celles qui répondent aux cas précédents, et accompagnées par un notable dégagement de chaleur, dù à l’intervention des icr-mentations proprement dites. Mais celles-ci ne sauraient élever indéfiniment la température, la masse atteignant parfois un degré tel que la vie môme des microbes jouant le rôle de lerments devient impossible. C’est ce qui arrive au-dessus de -40 degrés pour la fermentation alcoolique, au-dessus de 70 degres pour da fermentation butyrique, par exemple, etc.
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- Au delà de cette limite, toute transformation dont les ferments organisés sont supposés les agents devrait s’arrêter.
- Néanmoins, il n’en est pas toujours ainsi dans le foin, et il arrive parfois, au contraire, que Réchauffement provoqué par les fermentations initiales se poursuit au delà de ce terme, comme l’indique un thermomètre plongé dans la masse qui peut monter à 100 degrés et même bien au delà, ainsi qu’on l’observe parfois. En même temps la matière végétale absorbe l’oxygène de l’air : ce qu’il est facile de constater également, si l’on extrait les gaz contenus dans la meule à l’aide d’une aspiration modérée, et si l’on y recherche le rapport entre l’azote et l’oxygène, après avoir eu soin d’éliminer l’acide carbonique.
- On peut aussi opérer en vase clos et mesurer directement la variation de volume et la diminution de l’oxygène ; mais ce mode de procéder ne s’applique pas à des masses considérables et comparables à celle d’une meule de foin. En vase clos, les élévations de température observées sont bien moindres qu’en meule. Les oxydations dont on obtient ainsi la démonstration, lorsqu’elles s’accomplissent à une liante température, sont d’ordre purement chimique : elles se trouvent exaltées de plus en plus, par l’élévation même de la température qu’elles provoquent ; celle-ci suffit, à son tour, pour dessécher plus complètement le foin et pour engendrer des produits pyro-génés, qui communiquent à certains foins dits échauffés un goût et une odeur empyreumatiques. 11 arrive même que la masse atteint sur quelque point la température nécessaire à son inflammation proprement dite, température fort inférieure au rouge avec matériaux de cette nature. C’est ainsi que nous avons observé que du foin pouvait prendre feu spontanément dans une étuve maintenue à 140 degrés. Les charbons employés dans la fabrication de la poudre dégagent de l’acide carbonique dès la température de 100 degrés, ainsi que je l’ai observé. Certains peuvent même s’enflammer, au contact de l'air, lorsqu’ils ont été refroidis en vase clos. Tous ces phénomènes sont du même ordre.
- En résumé, l’élévation de température qui provoque l’inflammation spontanée du foin résulte de réactions purement chimiques, qui portent sur des produits modifiés au début par des fermentations.
- M. Bkrthelot,
- de l'Institut.
- Là MALADIE DES BLÉS
- ET l’oSCENE DE l’avOIXE
- L’apparition dans beaucoup de départements de l'Ouest d’une nouvelle maladie des blés a appelé mon attention sur l’état assez précaire de quelques blés de collection de l’école d’agriculture de Tomblaine.
- Je n’ai pas tardé à découvrir : 1° dans les feuilles et les tiges, comme l’indique la communication faite par J.-Ch. Herpin, en 1842, à la Société d’agriculture de France et relatée dans le numéro iflo de
- VAgriculture nouvelle, des larves et des nymphes en tout semblables, peut-être un peu plus petites, à celles de l’insecte examiné dernièrement par M. Marchai, chef des travaux de la station entomo-logique de l'Institut national agronomique, qui serait V oscine ou chlorops lineata. Parmi ces nymphes, mises dans des tubes convenablement bouchés, quelques-unes m’ont récemment donné des mouches identiques à celles de Voscinc dévastatrice que j’ai constatée il y a deux ans dans les avoines; je vais en donner plus loin la description. 2° Dans les racines principales attenant aux collets memes des touffes de froment, des nymphes pareilles à celles de notre oscine de l'avoine qui viennent de me donner encore les mêmes mouches.
- Je me suis empressé d’en instruire nos élèves de Tomblaine et cette nouvelle maladie du blé fut l’objet de plusieurs études pratiques. Au bout de peu de temps, tous nos jeunes gens découvraient parfaitement les larves, les nymphes et les mouches prêtes à sortir de celles-ci. Il est possible que nous sovons en présence d’un groupe de muscides dont les unes vivraient dans les grains et à leur détriment, dans l’avoine, par exemple, ou bien dans les tiges de l’orge, ou enfin dans les tiges et les racines du froment, comme nous venons de le constater. Le froment attaqué par cette oscine est petit, chétif, ses feuilles jaunissent et ses racines disparaissent; il ne reste plus qu’une touffe informe que l’on détache très facilement du sol, auquel elle n’adhère presque plus. Il serait urgent de mettre la culture en garde contre ce nouveau fléau.
- Jusqu’à présent on n’avait guère constaté la présence de ce genre d’insecte que sur les feuilles de l’orge. John Curtis a particulièrement signalé les ravages de cette petite mouche en Angleterre. La larve exerce ses dégâts dans le courant de juin, ronge 1 intérieur des tiges, se transforme en pupe et donne naissance à la fin de ce même mois ou au commencement de juillet à l’insecte parfait.
- Or, dans le courant de l’année 1892, nous avons été fort surpris de voir sur presque toutes les avoines de grandes cultures des environs de Nancy, et plus spécialement sur l’avoine jaune géante à grappes, un insecte analogue ravageant presque en totalité les grains en formation.
- Nous avions tout d’abord pensé que l’altération des épillets était due à une autre cause, mais bientôt notre attention fut attirée par leur disposition : relativement minces, ils se dressaient et leurs glumes étaient resserrées tandis que les épillets sains étaient gros, renflés et très ouverts. Les ayant examinés attentivement, nous constatâmes que tous ces épillets malades étaient plus ou moins vides ; il ne restait que les glumes, quelquefois avec un rudiment d’ovaire, mais déjà détérioré; enfin beaucoup des axes secondaires étaient complètement débarrassés des glumes et des épillets, de sorte que la grappe, ce qu’on appelle la panicule, avait perdu souvent de cinq à douze épillets sur quarante ou soixante envi-
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- rouque l'on compte dans l’avoine géante à grappes, ou bien de trois à cinq ou six dans les autres variétés.
- Ayant rapporté à notre laboratoire des grappes entières et examiné les grains les uns après les autres, nous avons pu voir, tantôt entre la glumelle supérieure et l’ovaire, tantôt dans l’ovaire lui-mème, c’est-à-dire dans le futur grain d’avoine, des larves d’un blanc jaunâtre, longues d’un millimètre et demi environ, que nous avions prises tout d’abord pour des larves de eéeydomie; bientôt ces larves transformées en chrysalides devenaient d’un jaune brun de plus en plus foncé. Grâce à la transparence des épil— lets, et avec un peu d’habitude, il devenait facile de distinguer la présence des larves dans quel-ques-uus d’entre eux ; mais dans d’autres, cette glumelle supérieure était devenue sèche, très dure et ramassée sur elle-même, au point qu’il était très difficile de la dérouler ; au centre se trouvait, ou un rudiment de grain complètement desséché, ou le plus souvent une chrysalide.
- Evidemment nous étions en présence d’un nouvel insecte vivant dans l’avoine, non plus dans la paille comme la eéeydomie destructive ou mouche de Hesse dans le froment, ni comme l'os-cine, pondant ses œuls sur les tiges de l’orge dans lesquelles les larves pénètrent en rongeant tout l’intérieur, mais bien dans le grain d’avoine lui-mème.
- Ayant mis de ces larves et chrysalides dans de gros tubes en verre, nous les avons observées, tous les jours pendant plus de trois semaines et souvent deux ou trois lois par jour. Au bout de peu de temps, nous avons constaté la présence de petites mouches dont le nombre augmentait à mesure que les chrysalides se vidaient.
- Les caractères de cette mouche pour ainsi dire microscopique, rapprochés des caractères de l’oscine dévastatrice, absolument semblables, nous ont fait penser que nous avions affaire à Yoscinavastator qui cause habituellement des dégâts sur les céréales et plus spécialement, comme nous l’avons dit, sur l’orge, en rongeant la paille et l’intérieur des chau-
- mes, et, aujourd’hui, sur le froment, dont les chaumes sont détruits.
- En 1893, nous avons changé notre semence. Durant cette année, nous avons eu à subir toutes sortes de mécomptes : la levée, on se le rappelle, s’est faite très irrégulièrement, les engrais sont restés sur le sol pendant des mois, sans être dissous et mis à la portée des racines qui mouraient ainsi de faim et de soif.
- Lorsque nous avons effectué la moisson, on aurait pu voir de l’avoine en herbe, haute de quinze à vingt centimètres, alors que la plus mûre commençait à
- grailler; et, bien plus, dans cette variété, comme dans beaucoup d’autres tpie nous avons examinées, nous avons encore constaté de nouveau cette oscine dont la présence dans cette céréale doit être ancienne, quoique, nous le répétons, on n’en ait encore fait mention nulle part jusqu’à présent.
- Peu après, dans le courant d’octobre, nos recherches étaient conlir-mées par M. Paul Noël, directeur du laboratoire d’entomologie de Rouen, auquel nous avions envoyé des échantillons : plantes, larves, et insectes parfaits; nous avions affaire à une oscine, l’os-cine frite (lig. ci-contre), dont les larves avaient dévasté une gran.de partie de la récolte, en se développant et en se transformant en pupes ou chrysalides, au lieu et place de l’ovaire, c’est-à-dire du grain lui-mème.
- Les dégâts causés dans l’avoine par cette mouche nous ont paru considérables. Personnellement nous avons eu à subir une perte de grains d’au moins un cinquième, si ce n’est plus, soit douze à quinze hectolitres sur une récolte de soixante-cinq à soixante-dix hectolitres d’avoine par hectare.
- Nous voudrions attirer l’attention des naturalistes sur ce sujet, nous serions heureux si nous pouvions mettre en garde à temps les cultivateurs contre l’envahissement d’un insecte qui peut devenir redoutable pour la culture dans un avenir plus ou moins rapproché. Ch. Poirson,
- Professeur d’agriculture à Toinblaiue, près .Nancy
- Oscine (très grossie). — 1. Pied de blé attaqué par cette larve 2. Larve grossie. — 3. Nymphe grossie. — 4. Insecte parlait. Au-dessus de sa tête, la mouche dessinée en grandeur naturelle.
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- LA NATURE
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- L’ABSINTHE1
- VIEILLISSEMENT. - CONTREFAÇONS
- Appareil de vieillissement. — Nous avons déjà parlé dans notre précédent article de la question du vieillissement de l’absinthe; nous allons continuer à donner quelques détails à ce sujet en décrivant un appareil que nous avons imaginé.
- • Nous nous en sommes tenu à noire procédé général de vieillissement des alcools et des liqueurs, c’est-à-dire au traitement de l’absinthe par l’oxygène, pur ou modifié, sous pression, avec l’aide de la chaleur.
- La figure ci-dessous représente l’appareil que nous
- employons pour les absinthes. Il se compose d’une cuve cylindrique A pouvant résister à la pression de 2 kilogrammes et pouvant contenir plusieurs hectolitres d’absinthe. Le liquide, contenu dans cette cuve, est chauffé par un serpentin de vapeur B; la vapeur arrive par le tuyau G et s’échappe par le tuyau IL L’absinthe s’introduit par le haut du vase. L’oxygène, comprimé à 2 atmosphères, est envoyé par un tuyau aboutissant à l’ouverture S. Sa température est indiquée par le thermomètre T; elle ne doit pas dépasser 70° G. La pression est marquée par le manomètre fr. On peut voir le liquide par la glace X. La décharge de la chaudière peut se faire par un robinet, ou bien par le tube de dé-
- fi'BiBuowg»
- * é
- charge II, dont on démasque l’ouverture au moyen d’une soupape en s’aidant de la roue M, agissant sur le levier L; l’absinthe s’écoule alors par le tuhe K.
- Le vieillissement demande 24 heures; on charge l’appareil le matin et on le laisse sous pression jusqu’au lendemain matin. On se sert de l’oxygène que l’on trouve dans le commerce, comprimé à 120 atmosphères dans des tubes en acier.
- L’absinthe absorbe, suivant sa qualité et le degré de vieillesse à lui communiquer, entre 25 et 75 litres d’oxygène par 100 litres.
- L’oxygène ozonisé, par son passage au travers des effluves électriques, dans les appareils appelés e'iec-
- 1 Suite et fin. — Yov. n° 1105, du 4 août 1894, p. 149,
- trolyseurs, ne donne pas les résultats que l’on en attendrait. Au contraire, l’absinthe prend un goût âcre.
- Il n’en est pas de même de l’oxygène modifié par son passage sur des bioxydes de plomb ou de manganèse, chauffés au rouge.
- Absinthe fabriquée par les essences. — Après avoir traité les méthodes de vieillissement, nous allons faire connaître l’absinthe fabriquée avec les essences.
- On fabrique aujourd’hui beaucoup d’ahsinthe ordinaire par simple dissolution des essences dans l’alcool. Ce procédé a l’avantage de ne pas exiger un grand outillage, mais les produits qui en résultent n’ont pas la finesse de ceux obtenus par infusion.
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- LA NATURE.
- Nous donnons ci-dessous les recettes usitées pour composer diverses absinthes.
- Essences Absinthe Absinthe Absinthe Absinthe
- de ordinaire. demi- fine. fine. suisse.
- grande absinthe. . 50 gr. 25 gr. 25 gr. 20 gr.
- petite — )) 10 10 — »
- badiane . 50 — 40 — 75 — 10 —
- anis . 10 — 50 — 75 — 50 -
- fenouil doux . . . . 10 — 15 — 25 — 10 -
- hysope » 5 — 5 — rt
- mélisse » » 5 — »>
- menthe poivrée. . . » 5 — » ))
- angélique .... » 5 — » ))
- Alcool à 90° . . . . 51 lit. 58 lit. 70 ht. 50 lit.
- Eau . 49 — 35 — 25 — 50 —
- Titre de l’absinthe. , . 40» 55° 05° 45°
- Pour obtenir de bons résultats, il faut exposer le mélange à la température de 50 degrés pendant cinq à six heures, puis laisser en fûts pendant quinze jours, ou vieillir artificiellement.
- Contrefaçons. :— L’absinthe est une des liqueurs sur lesquelles s’exerce le plus la contrefaçon. Le public est habitue à certaines marques, dont la notoriété est telle que leurs noms sont devenus la meilleure qualification de cette boisson. Mais il y a de ces maisons dont on vend plus de 10 000 litres d’absinthe par jour dans les cafés de Paris, et qui, en réalité, n’en livrent pas la huitième partie. Les 85 pour 100 de cette quantité sont donc des produits contrefaits. Ce qui se passe pour l’absinthe arrive pour d’autres liqueurs, telles que la chartreuse. La poursuite contre les contrefacteurs est très difficile, car l’analyse chimique ne donne, dans la plupart des cas, aucun indice certain de la fraude et la dégustation n’est pas admise comme faisant preuve.
- M. E. Brochon, ingénieur, est arrivé à trouver des moyens suffisamment précis et certains pour déceler la contrefaçon d’une absinthe donnée. Ces moyens sont l’analyse spectrale et la photographie. Nous allons en donner un résumé succinct, d’après le travail publié par l’auteur dans la Revue de chimie analytique.
- La matière colorante de l’absinthe provient des différentes herbes qui ont servi à la préparer et qui ont macéré dans l’alcool. C’est donc surtout de la chlorophylle, mais de la chlorophylle dissoute dans un alcool plus ou moins concentré, à une température plus ou moins élevée. Or, ces conditions différentes, dans lesquelles s’est opérée la dissolution, sont suffisantes pour modifier, sinon l’apparence que nos yeux en perçoivent directement, du moins le spectre d’absorption pour les différentes couleurs du spectre solaire. La nature même des plaides employées, leurs proportions comparatives, apportent également des modifications importantes résultant de la différence de leurs propres matières colorantes, chlorophylle ou autres. Il peut y avoir aussi des modifications apportées par les huiles essentielles que les plantes diverses abandonnent
- à l’alcool, par la composition du dissolvant, etc.
- En examinant les spectres d’absorption de la couleur de l’absinthe, on peut, en quelques secondes, déterminer si telle absinthe est bien celle prise pour un type ou en est une contrefaçon ; on va même plus loin, on peut distinguer les mélanges contenant une partie du produit type et une partie de provenance différente.
- Voici comment se font les choses dans la pratique. Des agents sont munis de tubes en verre de 12 millimètres de diamètre, de 5 à 6 centimètres de longueur et fermés des deux bouts à la lampe. L’une de ces extrémités est grossièrement étirée et soudée; l’autre, au contraire, finement étirée, se termine par une longue pointe très fragile ; avant de fermer cette pointe, un vide approximatif est fait dans le tube, de sorte que pour le remplir, en prélevant un échantillon, il suffit que les agents se fassent servir de l’absinthe dans un verre, et appuient la pointe fine sur le fond, assez fortement pour le briser ; immédiatement le liquide, aspiré par le vide, remplit le tube et, l’orifice restant est d’un diamètre trop faible pour qu’il puisse se répandre. Six tubes semblables, munis de leurs étiquettes, portant un numéro, d’ordre, sont contenus dans un étui à cigares.
- On commence par prendre la densité de l’absinthe, avec une balance de Mohr. Celte densité doit être exactement de 0,886. C’est une première indication qui met l’cxpérimentaleur sur ses gardes en lui donnant un premier renseignement.
- Pour examiner l’absinthe au spectroscope, on la met dans un tube en forme de T composé d’un tube de verre, de 80 millimètres de longueur, 5 millimètres de diamètre intérieur et de 1 millimètre d’épaisseur. Il est fermé par deux rondelles de cristal, de 10 millimètres de diamètre et de faible épaisseur, fixées sur le tube par deux bagues en caoutchouc 1res souple. On a, de celle façon, une chambre à parois bien planes. Sur le tube est soudé un tube de 50 millimètres de longueur, dont l’orifice est fermé par un bouchon.
- Ce tube est rempli de l'absinthe à examiner. On le place dans le spectroscope, entre la fente colli-matrice et la source de lumière. On examine ensuite le spectre d'absorption.
- Pour rendre ce spectre plus sensible, M. Brochon a recours à l’artifice suivant. Il traite l’absinthe par un mélange d’étlier et de glycérine (d = 1,260). Après agitation et repos, on a trois couches : la couche superficielle, qui, naturellement, est formée par l’éther, a absorbé le vert et est de la nuance de la plus pure émeraude, tandis que la glycérine s’est chargée du brun. L’alcool se partage entre les deux réactifs. On examine au spectroscope la solution éthérée et on a, de cette manière, un nouveau critérium qui permet, à coup sûr et toujours, de distinguer nettement deux absinthes dont les propres spectres ne sont pas suffisamment différents pour que leurs dissemblances frappent la vue d’observa-
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- tours peu expérimentés'diins ce modo de recherches.
- Au point de vue d’une expertise, ce procédé avait encore un petit défaut, celui de demander une observation toujours un peu délicate, ne pouvant être faite cjue par des personnes expérimentées. Les juges devaient donc s’en rapporter aux yeux des autres. M. Brochon a voulu fixer les spectres d’absorption par la photographie, et c’est là une des parties les plus curieuses et les plus intéressantes de son procédé d’investigation.
- Ici une difficulté se présente pour la photographie directe d’un spectre. Les rayons ultra-violets et violets agissent, sur le bromure d’argent, en un temps bien des fois inférieur à celui nécessaire aux rayons rouges. M. Brochon a obvié à cet inconvénient en munissant le châssis à plaque sensible d’un couvercle glissant, à frottement très doux et très précis, et s’ouvrant dans le sens de la bande du spectre, en commençant du côté rouge de celui-ci. Un mouvement d’horlogerie fait lentement tourner un tambour à gorge hélicoïdale, mais à diamètre varié et calculé de telle façon que, la vitesse angulaire du tambour étant constante, celle d’envidement de la cordelette, qui vient s’enrouler sur la gorge, soit proportionnelle à l’activité chimique des rayons successifs du spectre. C’est ainsi que la cordelette, attachée au couvercle du châssis, ne tire celui-ci d’abord qu’avec une extrême lenteur, en l’ouvrant sur les rouges, pour fonctionner à son maximum de vitesse à l’autre extrémité, dans les violets. Cc.tle accélération de vitesse est, du reste, réglée suivant une progression géométrique. Lorsque l’appareil fonctionne à blanc, sans interposition de l’absinthe, la bande photographiée présente une intensité aussi constânte qu’il est pratiquement possible.
- Paé une disposition très simple de l’appareil, on fait passer directement un rayon de source lumineuse dans la fente collimatrice, sur un demi-millimètre de hauteur et au-dessous du rayon qui, provenant de la môme source, a traversé l'absinthe. Le spectre de ce rayon vient impressionner la plaque sensible, au-dessous du spectre d’absorption, et dès lors on n’a plus qu’à développer la plaque, de façon à obtenir, avec la plus grande égalité possible, l’image du spectre lumineux complet, ainsi créé, pour être certain d’avoir des photographies absolument comparables et, en tout cas, munies chacune d’une échelle d’intensité indiscutable. De plus, ce système a l’avantage de fixer, d’une façon certaine, la raie 1) du sodium et, par conséquent, de fournir un point de repère indiscutable.
- Grâce à l’ingénieux procédé de M. Brochon, les maisons ayant de bonnes marques d’absinthe pourront arrêter la fraude éhontée que l'on fait sous leur couvert, et les consommateurs y gagneront, en étant certains d’avoir réellement la marchandise qu’ils demandent et qu’ils payent pour telle.
- A.-M. Vua.ox, Ingénieur-chimiste.
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- LE CANAL MARITIME DE MANCHESTER1
- Dans un précédent article nous avons dit que le croisement des voies de communication existantes avait entraîné de grosses difficultés pour le canal de Manchester : il est vrai tpi’heureusement les voies de terre n’étaient pas nombreuses qui passaient d’une rive à l’autre de la Mersey ou de l’Invell ; mais encore y en avait-il, comme on peut s’en assurer par un coup d’œil sur la carte de la région (voy. l’article précédent), et il ne fallait pas songer à les couper définitivement. U y avait du reste trois sortes de voies à croiser : d’abord les routes, ensuite les chemins de fer, et en dernier lieu les rivières et canaux.
- Pour les premières, l’ouvrage était [dus aisé, en ce sens que l’on pouvait sans grand inconvénient établir des ponts tournants : aussi est-ce la solution presque absolue que l’on a adoptée. Sur 8 ponts-routes, on en compte 0 tournants; [tour les 2 autres, on a voulu en faire des ponts fixes. Mais il fallait leur laisser une hauteur considérable sous poutre, pour le passage des mâts des navires : on leur a donné une hauteur libre de 22m,88. Que l’on ne s’étonne point de ce chiffre bizarre : c’est la hauteur que présente le grand viaduc pour chemin de fer de Runcorn, qui était construit bien avant l’établissement du canal, et qu’on a tenu à conserver; c’est d’ailleurs bien assez pour les plus grands navires, une ibis leurs bas-mâts dépassés. Nous donnons une photographie d’un de ces ponts-routes fixes2 : celui de Warburton (fig. 3) ; on voit qu’il est basé sur l'emploi du double can-tilever.
- Pour les voies ferrées, on avait songé d’abord à des ponts mobiles, qui nécessitent peu de remaniements des voies; mais on a compris (ce qu’on n’a pas fait pour le canal de la Baltique) que ces ouvrages sont absolument impossibles sur un réseau où l’acli-vité de la circulation est grande : c’est pourquoi on s’est résolu à ne construire que des ponts fixes, de même hauteur libre sous poutre que les ponts-routes. Us sont au nombre de 4, dont 2 près d’irlam, 1 vers Warrington (sans compter le pont existant de Runcorn). Bien entendu, pour en réduire le nombre, on a dévié et fusionné certaines lignes. Des détails sur l'établissement de ces ponts seraient sans doute fort intéressants, mais nous entraîneraient trop loin.
- Voyons maintenant quelles mesures on a [irises eu égard aux voies d’eau. Pour la plupart, aucune difficulté ne s’est présentée : c’est, ainsi que le croisement se faisant à niveau avec la Weaver et la Mersey à Latchford, on n’a eu simplement qu’à établir des écluses mettant ces voies en communication avec le canal maritime; quand cela était nécessaire, on a ménagé des vannes pour donner issue aux crues. A Runcorn, la communication est établie d’une façon analogue avec le Weston canal et le Bridgewater canal;
- 1 Voy. o° 1105, du 4 août 1891, p. 151.
- 2 Une partie de nos photographies, empruntées à YEiu/ircc-ri.iif/, ont été faites pendant l’achèvement des travaux.
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- de plus il y a 2 écluses s’ouvrant dans la Mersey, d’une part à Weston et de l’autre à Runcorn.
- Nous venons de prononcer le nom du canal de Rridgewater : il est célèbre aujourd’hui à [dus d’un titre. Construit de 1759 à 1776 par le fameux duc de Rridgewater, il courait et court encore, parallèlement à la Mersey et à lTrwell, débouchant d’une part dans le fleuve à Runcorn, puis d’autre part, s’incurvant à l’ouest de Manchester pour gagner les canaux situés au nord de lTrwell; le canal par suite devait traverser lTrwell, et non point à niveau; l’illustre Brindley avait imaginé un pont-canal en pierre qui fut une des merveilles de l’époque. I)e même que, jadis, le canal de Bridge-water croisait par en dessusl’Irwell, de même aujourd’hui le canal maritime a dii croiser par-dessous leeanaldeBridge-water, à Barton; et comme ces deux voies se coupent avec une différence de niveau de 7m,55, naturellement insuffisante pour donner passage aux navires matés, on a dù remplacer le pont-canal fixe par un pont-canal tournant, le premier ouvrage de ce genre qui ait jamais été construit. On ne pouvait songer à forcer tous les chalands fréquentant l’important canal de Rridgewater .à descendre au niveau du canal maritime, [mis à remonter par un double ascenseur hydraulique. On comprend que cet ouvrage unique mérite d’être signalé.
- Nous mettons sous les yeux de nos lecteurs deux gravures représentant : la première (fig. 1), l’intérieur du pont avant l’introduction de l’eau ; la seconde gravure (fig. 2) montre l’ensemhle du pont, fait d’une travée métallique, d’une poutre supportant inférieurement une sorte d’auge métallique ouverte par les deux bouts. 11 faut un large et puissant pivot
- pour le poids énorme que représente le pont plein d’eau : il est en réalité composé de toute une série de cônes d’acier disposés en couronne, leurs axes de rotation étant sur les rayons d’un même cercle. Nous ne dirons rien du mécanisme de rotation, qui est tout à fait analogue à celui qu’on emploie ordinairement dans de pareils ouvrages, avec pivot hydraulique soulageant les galets d’une partie du poids ; de même nous remarquerons rapidement que le pivotement est au centre du canal, et que le pont est équilibré. La poutre et le sas sont construits suivant des formules connues, le sas étant notamment renforcé par des ceintures métalliques.
- Mais la partie vraiment originale, c’est le mécanisme d’étan-chement de ce pont-canal tournant. Il ne fallait pas songer à perdre toute l’eau du sas à chaque ouverture, et on devait empêcher les fuites aux points de contact du sas mobile avec les deux abouts du canal. Dans ce but, chaque extrémité du sas mobile est formée au moyen d’une porte mue hydrauliquement : Dans notre figure 1 on n’aperçoit point cette porte, qui est toute grande ouverte ; chaque ouverture du canal est terminée par une partie métallique, qu’on aperçoit dans la figure 2, et qui maintient également une porte de fermeture. Veut-on ouvrir le pont tournant? on n’a qu’à fermer préalablement la porte de chaque extrémité du sas mobile et les portes des portions fixes du canal ; on peut alors faire tourner le pont sans que l’eau s’échappe, sauf la quantité fort minime qui est comprise entre chaque extrémité du pont et le bout correspondant du canal. Mais après fermeture il làut que le contact soit intime et les fuites impossibles entre les parties mobiles et les abouts fixes.
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- Fig. 2. — Canal maritime de Manchester. Pont-canal tournant de Barton. (D’après une photographie.)
- Fig. 3. — Travaux du canal maritime de Manchester, Pont fixe de Warburton.
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- Dans ce but un grand U métallique mù par une presse hydraulique vient presser, coincer dans cet intervalle. Dans notre ligure 2 nous apercevons, entre la maçonnerie et la travée métallique, des tiges métalliques qui servent précisément à manœuvrer cet U, celui-ci presse sur des boudins en caoutchouc disposés sur le bord de la section du sas et de l’about lixe : on comprend que, dans ces conditions, et grâce à une pression énergique, l’étanchéité est absolue.
- Cet ouvrage remarquable méritait bien qu’on y insistât.
- Le canal de Manchester est aujourd’hui en pleine exploitation, mais il a fallu pour le mener à bien toute l’énergie dont les Anglais sont capables. On a employé à cette entreprise 175 locomotives, 6500 wagons, 100 excavateurs; on a mis en œuvre plus de 70 millions de briques, plus d’un million de mètres cubes de béton, 176000m3 de maçonnerie; pour la seule eunette proprement dite du canal, on a excavé au moins 58000000 mètres cubes de terres. Par suite de mécomptes successifs, les travaux, estimés d'abord à 227 millions, atteignaient dernièrement 257 millions de francs avant les parachèvements; et cependant il n’y a pas eu à exproprier une maison ni une usine, le canal coupant des terrains sujets à inondations. Néanmoins on a toutes raisons d’espérer que l'énorme capital de 586 millions de francs trouvera sa rémunération dans l’exploitation du canal, et que le succès récompensera une entre-. prise si remarquable à tous égards.
- Daniel Bellet.
- LES MOTEURS A GAZ
- Les moteurs à gaz sont entrés depuis quelques années dans une phase nouvelle, en raison des services qu’ils peuvent être appelés à rendre à l’industrie. Pendant longtemps on n’a eu que des moteurs de faiblv puissance, d’un fonctionnement douteux et non économique. Nous disposons aujourd’hui de moteurs de grande puissance, d’une marche très régulière, et très economique. Nous mentionnerons à ce sujet les résultats d’expériences effectuées dernièrement par M. Allaire sur un moteur à gaz Charon de 50 chevaux, résultats que rapporte le Bulletin technologique des Écoles nationales d’arts et métiers du mois de juillet 1894. Dans ce moteur à deux cylindres, le diamètre de ceux-ci était de 350 millimètres, la course des pistons de 01)0 millimètres, et la vitesse angulaire de 150 tours par minute. On a fait 15 essais depuis 16 chevaux jusqu’à la puissance maxima de 53 chevaux, en prenant des diagrammes pour mesurer la puissance indiquée et en déterminant la puissance utile sur l’arbre à l’aide du frein de Prony. Dans tous les cas les consommations de gaz ont été relevées sur un compteur spécial, dont la température a été de 19 degrés pendant les essais. C’est en etlet à cette température que les expériences ont été effectuées. A la puissance utile de 10 chevaux sur l’arbre, la consommation de gaz a été de 1072 litres par cheval-heure et le rendement organique du moteur, ou rapport de la puissance utile à la puissance indiquée aux cylindres, a été de
- 52,0 pour 100. La consommation a diminué rapidement à mesure que la puissance a augmenté, et le rendement s’est accru dans de grandes proportions. Nous donnons ci-après un tableau renfermant les principaux résultats obtenus.
- Puissance Puissance Dép. de gaz Rendement organique
- utile indiquée eu titres par du moteur
- en chevaux. en chevaux. cheval-heure. pour 100.
- 16,3 51 1072 52,6
- 19 55,8 950 50,55
- 21,08 36,41 850 59,4
- 26,9 40,5 090 00,5
- 54,9 46,6 558 74,9
- 40 49,5 558 81
- 45,2 52,8 509 85,5
- 50,5 56,5 485 89,2
- 53,15 58,5 479 91,2
- Ces quelques chiffres sont très intéressants et prouvent que le moteur à gaz de grande puissance est aujourd’hui un appareil qui peut être utilisé industriellement et dans de bonnes conditions. Ce fait peut être gros de conséquences au point de vue de la distribution actuelle de l’énergie électrique. En effet on élève de graves objections, très fondées du reste, contre l’établissement d’usines centrales dans les villes, à cause de la fumée, des vapeurs, du bruit, des cheminées, etc. Dans quelques villes même on en est arrivé à ne plus tolérer des installations de ce genre. Il reste aux électriciens à établir l’usine à distance de la ville et à effectuer une transmission de force motrice pour actionner des dynamos sur place. Nous avons déjà plusieurs exemples de ce genre et notamment à Paris, dans le secteur de la Société d’éclairage et de force par l'électricité. L’usine principale de Saint-Oucn transmet l’énergie à Paris à l’usine du boulevard Ilarbès et à l’usine du faubourg Saint-Denis. Mais toutes ces installations et transmissions nécessitent de grandes dépenses de premier établissement et des autorisations ou concessions souvent difficiles à obtenir. Dans la plupart des cas, il sera plus simple d’établir sur place des sous-stations en réunissant des îlots d’habitations à desservir, et un groupe de consommateurs pourra se former pour exploiter lui-même* à ses frais une installation semblable. L’usine comportera un moteur à gaz actionnant une dynamo, et la distribution pourra s’effectuer dans le voisinage dans des conditions très pratiques et très économiques, puisque l’on utilisera la canalisation de gaz déjà existante. M.NVitz a fait à ce sujet une communication à la Société industrielle du nord de la France. Il a d’abord rappelé les expériences par lesquelles il a démontré qu’on produisait plus de lumière en actionnant des dyuamos-par des moteurs à gaz qu’en brûlant aux becs la même quantité de gaz. Puis il a parlé des sous-stations semblables à celles dont il a été question plus haut et qui ont déjà été installées. L’initiative de ce mouvement a été prise en Allemagne, mais il y a aujourd’hui en France 10 stations mues par des moteurs à gaz ; annexées à des usines à gaz, ces stations permettent aux compagnies de conserver des clients qu’elles perdraient si elles s’obstinaient à ne leur offrir que du gaz. M. Witz estime que, d’une manière générale, on peut, dans ces conditions, vendre l’hectowatt-heure à 10 centimes en réalisant encore des bénéfices suffisants, et il établit ce chiffre sur une étude détaillée et précise des frais d’exploitation, d’intérêt et d’amortissement. Il nous donne à ce sujet quelques renseignements très intéressants. Un éclairage annuel de 150000 heures, avec des lampes de 10 bougies, met l’hectowalt-heure au
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- prix île 5“”','•20 quand le gaz coûte 15 centimes le mètre culie; -450 000 heures rabaissent à 4ocn,,18 et l’on tombe à r>''nt,25 quand on distribue la lumière sur 1 500000 heures. Ces chilires sont basés sur des bilans complets, avec intérêt et amortissement à 15 pour 100, sans bénéfices; ils sont très réduits, précisément parce que les dépenses pour canalisations d’un îlot sont peu élevées. Si le prix du gaz est trop cher, on pourra avoir recours au gaz pauvre; mais il est alors nécessaire de faire des installations parfois encombrantes et coûteuses.
- Ainsi tombent toutes les objections qui s’étaient élevées aux débuts des moteurs à gaz ; ces objections ont disparu sous l’influence des progrès et des améliorations qu’a subis cette industrie depuis quelques années.
- Toutes les considérations relatives aux moteurs à gaz sont des plus importantes, et méritent d’être étudiées, quand il s’agit d’installer aujourd'hui des stations centrales pour la distribution de l’énergie électrique dans une ville. J. Laffargue.
- LÀ STRUCTURE DU SYSTÈME NERYE0X
- L’histologiste recherche actuellement de nouvelles méthodes permettant de colorer certains tissus à l’exclusion des autres. De même, il y a une quinzaine d’années, par l’emploi des couleurs d’aniline, on a réussi à colorer certains microbes. Golgi, en 1880, a découvert une méthode pour ne colorer que quelques cellules dans une coupe du système nerveux. De la sorte, on peut suivre les prolongements de ces cellules et voir où elles aboutissent.
- La coloration a lieu au moyen du nitrate d’aigent, après emploi de l’acide osmique comme mordant. Cette méthode donne de beaux résultats, surtout si on l’applique à des embryons, comme l’a tout récemment montré un savant espagnol, M. Ramon y Cajal. L’activité si prodigieuse de cet histologiste a bouleversé les idées que nous nous faisions sur la structure du système nerveux, et même modifié sur ce point nos conceptions philosophiques.
- Si l’on colore une cellule nerveuse par la méthode de Golgi, on voit qu’elle émet plusieurs prolongements : les uns, épais et de nature protoplasmique; les autres, minces, appelés cylindres-axes. Ces derniers se divisent en plusieurs rameaux qui vont à la rencontre des prolongements protoplasmiques des autres cellules ou s’accolent à l’origine des nerfs périphériques.
- On croyait autrefois à la continuité des fibres nerveuses avec les prolongements des cellules de la moelle. Cette théorie se trouve renversée, et actuellement, on reconnaît que les courants nerveux se propagent, du cerveau et de la moelle, aux nerfs en passant d’une expansion nerveuse à une autre qui lui est contiguë, absolument comme le courant électrique dans nos appareils.
- Les prolongements protoplasmiques des cellules nerveuses et le chevelu de leurs cylindres-axes sont d’autant plus compliqués que l’on a a 11‘aire à une cellule plus évoluée, soit en âge, soit dans la série zoologique. Ainsi M. Ramon y Cajal a pu montrer le développement successif de la cellule psychique d’abord simple, sans tige protoplasmique, puis poussant une tige dont le panache se développe de plus en plus, et enfin donnant des expansions protoplasmiques de plus en plus abondantes.
- 11 a pu étudier la cellule psychique chez divers vertébrés : la grenouille, le lézard, le rat et l’homme. Les ramifications sont d’autant plus développées que l’animal est plus intelligent. Chez l’homme, elles forment un chevelu extraordinaire. Un savant fiançais, le Dr Azoulay, a
- observé dans le cervelet un fait analogue : les cellules de Purkinge d’un nouveau-né y sont à divers stades de développement. En d’autres termes, elles ne se développent pas toutes en même temps; mais quelques-unes, dès la naissance, offrent déjà l’aspect qu’elles auront toutes à l’âge adulte; les autres, au contraire, sont jeunes. C’est qu’en effet certains actes instinctifs, tels que la succion chez l’enfant, sont complètement développés. Ils exigeront donc pour se produire des cellules également développées.
- Ces découvertes ont conduit M. Ramon y Cajal à donner de l’intelligence une nouvelle théorie qui concorde également avec les données nouvelles de la psychologie. L’intelligence serait due aux nombreuses ramifications des cellules nerveuses, ramifications venant s’accoler à celles des cellules voisines; de sorte que les points de contact entre les cellules se produiraient d’autant plus nombreux que nos associations d’idées seraient plus développées. Or l’intelligence consiste en la possession d’un grand nombre de faits que l’on sait bien associer.
- Dans la folie, les maladies du cerveau, la paralysie générale, par exemple, M. Azoulay a reconnu que les expansions protoplasmiques, le chevelu des cellules pyramidales du cerveau disparaissaient. La cellule prenait alors l’aspect fœtal. Les associations d’idées ne peuvent s’effectuer avec des cellules aussi incomplètes.
- Ces considérations ne s’appliquent qu’à quelques conditions des actes psychiques, mais non à leur nature, avoue d’ailleurs M. Cajal. Elles ne nous expliqueront pas comment la sensation, parvenue à la première couche de l’écorce cérébrale, s’v convertit en une chose aussi différente que l’est un fait de conscience, et le matérialisme ne pourra pas les invoquer. Dr Félix Régnault.
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- LE GINKGO
- OU ARBRE AUX QUARANTE ECUS
- L’arbre dont il est parlé dans cet article n'est pas un inconnu pour les lecteurs de La Nature. M. le marquis de Saporta en a longuement disserté et avec la compétence que le savant académicien apporte à ses nombreux et brillants travaux. Mais c’est principalement au point de vue paléontologique que le Ginkgo est visé dans cette étude, bien que M. de Saporta se soit appliqué à ne rien négliger de l’histoire du Ginkgo moderne '.
- Cette Note, beaucoup plus modeste, a pour but d’encourager les amateurs de belles plantes à étendre la culture de cet arbre à l’aspect original et d'un effet décoratif incontestable (fig. 1 et 2).
- Le Ginkgo lut découvert au Japon en 1690 par le voyageur Ivœmpfer. Le plus ancien exemplaire connu en Europe est celui du jardin botanique d’Ulrecbt, planté, dit-on, en 1727. Quarante ans plus tard, il était introduit en Angleterre et enfin on l’obtenait au Muséum de Paris en 1780.
- 11 est peu de végétaux exotiques qui se soient adaptés aussi facilement que celui-là à notre climat européen.
- On donne parfois au Ginkgo le nom d’Arbre aux quarante écus. G’est à la cherté des individus qui
- 1 Yoy. n° 488, du 7 octobre 4882, p. ‘2119.
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- se serait longtemps maintenue dans le commerce que ce nom serait attribué; mais l’anecdote suivante, et qui mérite d’être rapportée, semble être la version la plus exacte de son origine1.
- « André Thouin raconte qu’un amateur de Paris, nommé Pétigny, se rendit à Londres, en 1780, pour visiter les jardins d’Angleterre. Il trouva chez un marchand anglais cinq pieds de Ginkgo croissant dans le même pot, et, après un copieux déjeuner, auquel le marchand insulaire fit trop d’honneur, Pétigny acheta de lui, pour 25 guinées, le pot qui auparavant n’était pas à vendre. La nuit porte conseil, et le lendemain l’horticulteur anglais offrit vainement à Pétigny 25 guinées pour une seule plante. Le prix des cinq Ginkgo venait donc à 120 francs ou 40 écus, l’arbre prit ce nom et le conserva. »
- On surprend toujours .les personnes inexpérimentées en botanique lorsqu’on leur apprend que le Ginkgo fait partie de la grande famille des Conifères, tribu des Taxinées, place qui lui fut assignée par Smith en 1797, après une étude attentive des organes de reproduction. C’est certainement, par le port, l’arbre qui s’y rapporte le moins en apparence : perdant ses feuilles en éventail, chaque année, comme le Mélèze et le Cyprès chauve de la Louisiane, d’ailleurs, et lorsqu’il fructifie se chargeant de sortes de prunes à chair gorgée d’un suc résineux de saveur détestable. L’amande seule est comestible étant bouillie ou grillée ; on la consomme en Chine et au Japon où le Gingko se rencontre planté de préférence auprès des temples ou des tombeaux. Le Ginkgo n’est pas connu à l’état sauvage ; on semble être d’accord sur ce point, et c’est là le côté scientifique intéressant de ce végétal ; il est le seul représentant d’un genre éteint et qui était très répandu autrefois dans l’hémisphère Nord à l’époque crétacée. Les paléontologistes ont trouvé le Ginkgo à l’état fossile le long de la côte orientale du Groenland et jusqu’au fleuve Amour; puis en Europe centrale, dans le Hanovre, l’Angleterre, enfin au Spitzberg et en Sibérie. Plus tard on le retrouva même dans l’hémisphère Sud, et une espèce antarctique a été recueillie en Australie, mais toujours de
- 1 Morren (Ed), Belgique horticole, 1853.
- la période secondaire. On signale une dizaine d’espèces fossiles de Ginkgo différentes les unes des autres, par la découpure plus ou moins profonde des feuilles ou la taille de celles-ci.
- Ainsi voilà un végétal dont les ancêtres étaient largement répandus sur la terre et qui reste seul de sa famille. M. de Saporta dit avec beaucoup de justesse qu’il aurait sans doute depuis longtemps disparu si la singularité de l’arbre, sa beauté relative, la noblesse de son port n’avaient fait attacher à sa présence une sorte de prestige religieux qui, en Chine comme au Japon, a port»' les indigènes à le planter autour de leurs temples.
- Une des causes, pas assez remarquée peut-être, de l’extinction de certains végétaux est leur unisexua-lité. Le Ginkgo étant dioïque, lorsqu’on ne possède qu’un des sexes, on ne peut compter sur la postérité de l'espèce *. L’If, un proche parent du Ginkgo, qui est dans le même cas, et qui n’est pas cultivé comme arbre forestier, disparaîtra sans doute plus que toute autre essence qui porterait sur le même pied fleurs mâles et fleurs femelles.
- Le nom de Ginkgo sous lequel Kœmpfer a mentionné cet arbre a pour synonymes ceux de Ginan et de Itsjo dans l’extrême Orient. Lorsque Smith publia en détail les caractères du Ginkgo à la fin du siècle dernier, il crut devoir changer le nom donné par Kœmpfer, « comme étant, selon lui, entaché de barbarie et d’inexactitude » et lui imposa celui de Salisburia. Les botanistes eurent donc, dès lors, le choix entre Ginkgo biloba ou Salisburia adiantifolia pour désigner cet arbre. Quelles que soient les raisons invoquées, il est toujours regrettable de voir la synonymie s’accroître dans la science et la nomenclature s’encombrer. Ce nom de Salisburia prévalut pour plusieurs, et les paléontologistes ont pris pour nom de groupe des différentes espèces de Ginkgo fossiles l'expression de Salisburiées.
- Nous disions plus haut que le Ginkgo étant dioïque il était impossible qu’un seul pied, bien qu’étant femelle, put produire des graines. Il ne s’est pas trouvé, dans les premiers temps de son introduction
- 1 Les Chinois sèment ordinairement plusieurs noix de Ginkgo ensemble dans le but d’avoir des arbres mâles et femelles près les uns des autres.
- Fig. 1. — Feuilles et fruit du Ginkgo.
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- en Europe, deux pieds de Ginkgo à proximité l’un de l’autre et de sexe différent ; cet arbre étant fort rare, heureux les établissements publies ou les amateurs privilégiés qui en possédaient un seul individu. Les graines suseeptibles de germer et venant de Chine ou du Japon, combien peu pouvaient se vanter d’en obtenir ! On essaya donc, et avec succès, de bouturer le Ginkgo; pendant longtemps ce fut le seul mode de multiplication. Lorsque de Candolle, qui était à Montpellier où se trouvait un pied mâle de cet arbre, découvrit à Rour-digny, en Suisse, un Ginkgo femelle , il s’en procura un rameau et le lit greffer sur une branche de celui de Montpellier.
- Peu de temps après il donna des fruits. Cet événement horticole se répandit par la presse et bientôt on demanda à de Candolle, de Milan, puis d’un jardin du roi d'Italie, à Monza, où se trouvaient des Ginkgo mâles, des greffes du pied fructifère de Montpellier.
- Peu d’années après ce greffage l’arbre de Milan donna ses premiers fruits. «Le jardinier qui en avait soin en tira profit pendant un certain temps, sans que personne s’en aperçût. 11 vendait ses graines clandestinement et en obtenait, paraît-il, un prix élevé. On venait admirer son arbre, dont la fructification était une intéressante curiosité, mais il n’avait garde d’éventer le bénéfice qu’il en retirait.
- Lorsque le jardinier mourut, on fut fort étonné de recevoir plusieurs lettres demandant qu’on livrât, comme d’habitude, des noix de Ginkgo. On suppose bien que le nouveau jardinier ne fut pas autorisé à se livrer personnellement à ce commerce. Cependant l’arbre continua de fructifier de plus belle et les demandes ne cessèrent d’aftluer. » Quand on eut connaissance du stratagème, on s'expliqua comment,
- pendant plusieurs années, des marchands grainiers d’Allemagne annonçaient dans leurs catalogues des graines de Ginkgo qu’ils étaient seuls à posséder. Elles provenaient de l’arbre de Milan et d’un autre situé dans un village près de Mozzato, également en Italie1.
- Les graines, comme on le voit, deviennent facilement fertiles en Europe même sous la latitude relativement froide de Paris. Toutefois il est bon, avant de les semer, de s’assurer de leur qualité germinative
- en les plongeant dans l’eau ; celles cpii flottent à la surface sont généralement mauvaises.
- La multiplication du Ginkgo est donc des plus faciles, prenant de bouture, de marcotte et de graines qui maintenant sont d’un prix abordable. Cet arbre croît dans tous les sols, bien que je lise dans une relation qu’il lui faut une terre forte et humide, et ailleurs « le Ginkgo réclame une terre sablonneuse et légère ». J’en connais dans les plus mauvaises conditions qui se maintiennent peu ou prou et qui ont résisté, chose remarquab le, aux grands hivers que nous avons eus en France depuis vingt ans. Les quelques
- Ginkgo du Muséum de Paris ne sont pas dans une bonne condition de terrain; la terre dans ce jardin est usée et quantité de végétaux et d’arbres précieux, qu’on y remarquait, ont disparu depuis un demi-siècle. Cependant l’arbre que représente la figure ci-dessus, quoique n’ayant que lm,50 de circonférence à 1 mètre du sol et trente-cinq ans d’àge, est un des plus beaux que je connaisse par la forme et l’élégance de sa ramure. Devant un tel arbre on
- 1 On cite encore un Ginkgo d’une fécondité extraordinaire à Mozzali. En une année, il avait produit plus de 40 000 fruits. (O de Pertusati, Belgique horticole, 1870.)
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- constate (le suite qu’il ne ressemble .à rien de ce que l’on voit chaque jour; il a vraiment du chinois ou du japonais dans le faciès. Aussi, dans un parc, il se distingue immédiatement de ses voisins et il me semble aussi indispensable sur une pelouse ou dans un massif d’arbres que le gracieux et inévitable Rouleau. Sa croissance est modérée mais continue et son tronc atteint rarement de fortes dimensions. Cependant Bunge en a observé un très vieux, aux environs de Pékin, mesurant près de -40 pieds de tour avec une hauteur proportionnée.
- Au point de vue de l’utilité, on ne signale que l'emploi des graines comestibles étant bouillies ou grillées. On ne semble pas faire un usage particulier du bois de Ginkgo. Cependant il doit avoir des qualités relatives. C’est un bois demi-dur, d'une jolie teinte blanc jaunâtre, homogène, d’un grain fin et facile à travailler,- enfin il n’est point résineux. D’ailleurs pour un bel arbre d’ornement on ne peut réclamer qu’il ait encore des qualités de premier ordre et qu’il résume Y utile dulci d’IIorace, c’est-à-dire la perfection. J. Poisson.
- ASSOCIATION FRANÇAISE
- POUR L’AVANCEMENT DES SCIENCES COS GUÉS DE CAEN. - 23e SESSION DU 9 AU 15 AOUT 1894
- L'Association française pour Vavancement des sciences vient de tenir à Caen sa vingt-troisième session sous la présidence de M. Mascart, de l’Institut, directeur du Bureau météorologique de France. Le choix de cette ville -s'imposait. Peu de provinces peuvent, en effet, compter autant d’illustrations : soldats, marins, orateurs, poètes et savants. Dans sou discours d’inauguration, le président a fait ressortir l’importance ' (le cette province normande comme centre intellectuel dans les temps passés et présents. 11 n’est pas inutile de rappeler que l’idée première des réunions que tient annuellement l’Association, appartient à un Caennais. En 1859, de Cauinont, à la tète d’un groupe d’hommes d’élite, voulut donner une organisation durable aux congrès scientifiques qui se réunissaient depuis quelques années; il établit les règlements de l’Institut des provinces comprenant les littérateurs et les savants des diverses régions. De Gaumont espérait, en créant cette Société, donner une impulsion au mouvement scientifique, créer des rapports étroits entre les divers membres des sociétés savantes, et coordonner les efforts isolés. Son œuvre eut un grand succès : on en peut juger par les comptes rendus publiés pendant une trentaine d’années. À sa mort, son œuvre n’a pas sombré, elle s’est, on peut dire, transformée et le jour où l’Association française prenaitnaissance, l’Institut des provinces disparaissait.
- Le discours du président vise en général (c’est au moins une tradition) les progrès de la science dont il s’est plus particulièrement occupé. M. Mascart a étudié dans une revue rapide les merveilles enfantées par l’électricité. Entre temps il a donné quelques souvenirs de son récent voyage en Amérique et montre, par quelques exemples, les résultats prodigieux dus à l’initiative privée dans l’organisation du mouvement scientifique de ce pays. C’est par millions que se comptent les donations aux Universités. 11 serait bon, chez nous, de suivre, même de loin, cet élan généreux.
- M. le l)r Cartaz a présenté un résumé succinct du Congrès de Besançon et rappelé les deuils éprouvés par l’Association et les récompenses et distinctions obtenues par ses membres.
- La session n’a guère été favorisée par le beau temps; le nombre des membres venus de tous les points de la France était cependant sensiblement égal à celui des années précédentes. Parmi les étrangers, signalons MM. Mackay, Marriott, directeur du service météorologique d’Angleterre, Schooltred, Buchanon, Masagliano, etc.
- Deux excursions ont permis aux congressistes de visiter la Normandie et ses régions les plus pittoresques. L’excursion finale conduisait aux îles de Jersey et de Guer-nesey en passant par baveux, Carenlan, Cherbourg.
- Le Congrès de 1895 se tiendra à Bordeaux et Tunis a été choisi à l’unanimité pour celui de I89G. A. C.
- Dutreuil «le Rhins. — On a souvent entendu prononcer le nom de Dutreuil de Hhins. C’était un de nos explorateurs les plus hardis et les plus distingués. 11 s’était fait connaître par des travaux géographiques remarquables sur l’Afrique, sur l’Asie et sur l’Amérique du Sud. Ses études étaient caractérisées par une grande précision et par une méthode scientifique rigoureuse. Dutreuil de Rhins avait déjà exécuté des explorations importantes en Indo-Chine et au Congo, où il fut un des collaborateurs de M. Savorgnan de Brazza. Dans ces dernières années il s’était adonné à l’étude des hauts reliefs de l’Asie centrale. Depuis trois ans et demi il parcourait le Turkestan chinois, les contreforts du Pamir et les chaînes septentrionales se rattachant à l’IIimalaya. Le courageux voyageur, a été victime (l’une épouvantable agression que l’on connut à Paris à la date du 5 août, par la dépêche suivante de notre chargé d'affaires de Chine : « J’apprends que M. Dutreuil de Rhins, parti de l’intérieur du Thibct, au mois de mars 1894, pour se rendre à Ci-Ning par les sentiers écartés situés dans les montagnes, était arrivé le 5 juin dernier au milieu d’une tribu thibé-tanc dite des Chaperons-Rouges. Ayant perdu deux chevaux, il voulut se servir de ceux qui appartenaient à cette tribu. Une rixe s’en suivit, et M. Dutreuil de Rhins fut blessé par les gens de la tribu, qui l’attachèrent avec des cordes et le jetèrent dans une rivière appelée Toung-Ticn, où il trouva la mort. Une enquête sévère est ouverte. » Cette mort est lamentable ; Dutreuil de Rhins était un homme capable de rendre les plus grands services à la science et à son pays; il a désormais son nom inscrit sur la liste des martyrs, déjà si nombreux de l’exploration du globe.
- CHRONIQUE
- Ilne concurrence possible à l’or liai tu. — Il y
- a quelques années, M. J. W. Swan, l’un des pionniers de la lampe à incandescence, qui s’occupe des dépôts électro-lytiques, montrait à la Société royale des feuilles de cuivre poli remarquablement minces obtenues en élcctro-Ivsant une solution cuivrique tenant en suspension des substances colloïdes. Ce procédé qui ne constituait, au début, qu’une curiosité électrique a pris, depuis, une importance appréciable dans l’industrie stéréotypique. Eu poursuivant, ses travaux, M. Swan est parvenu, en déposant de l’or sur du cuivre et en dissolvant ce dernier
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- dans du perchlorure de for, à obtenir des feuilles d'or dont l’épaisseur est de cinq à dix fois plus petite que celle de l’or .battu le plus lin. Les premières feuilles ainsi obtenues viennent d’être présentées parM. Swan à la dernière soirée de la Société royale. Si ce procédé devient industriel et si des feuilles d’or aussi minces ont une résistance mécanique suffisante pour supporter les opérations de la mise en rallier et de l’application pour la dorure, il est bien certain qu'elles feront une sérieuse concurrence à l’or battu puisqu’il sera possible, avec une masse d’or donnée, de couvrir une surface de cinq à dix fois plus grande. .Nous appelons l’attention des intéressés sur cette probable application née des progrès parallèles de l’électricité et de la chimie.
- lie marche «les pclleJcries à Leipzig. — Leipzig reste le principal centre commercial allemand pour les peaux et les fourrures, qui sont de trois provenances : allemande, russe et américaine. En 1805, le transit a été surtout accentué pendant les trois premiers mois et vers Pâques, époque à laquelle a lieu la foire la plus importante de l’année pour le commerce des pelleteries. On a vu affluer d”Allemagne les dépouilles de Loutres, de Putois, de Martres, de Chats noirs et de Blaireaux qu’on a bien vendues. Par contre, les peaux de Renards et de Chats gris ont été moins recherchées. De Russie, on a reçu les peaux de Moutons d’Astrakan et de la Crimée, celles de Martres zibelines et de Blaireaux; les peaux de Moutons persans ont atteint des prix très élevés tandis que les Renards bleus et les écureuils de Sibérie ou Petit gris des fourreurs, ont trouvé relativement peu d’acheteurs. Entre les provenances d’Amérique, les peaux de Skunds (Putois du Nord) ont été particulièrement favorisées parla mode ; puis viennent les Martres canadiennes, les Renards argentés (R. bleus), les Loutres marines et les Opossums aussi très recherchés. Les dépouilles de. Ratons, de Visons, de Renards rouges de la Caroline, de la Floride, de l’Alabama, et de .Loutres de Virginie ont été peu demandées. L’importation de fourrures en Allemagne, en 1895, nous dit ce rapport, a dépassé celle de 1892 de 80 420 kilogrammes (environ 50 pour 100), tandis que l’exportation (surtout pour la Russie) a diminué de 4 450 kilogrammes, soit environ 5 1/2 pour 100. La valeur totale de l’importation atteint près tic 50 millions de marcs.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 15 août 1894. — Présidence de M. Lœwv.
- La réforme du calendrier grégorien. — Le Père Tondini de. Quarenghi, de l’ordre des Barnabites, lit un Mémoire intitulé La question du calendrier à Constantinople et à Saint-Pétersbourg. 11 débute par cette remarque, qu’en juin 1895, la question de réforme du calendrier Julien a été débattue devant le syllogue grec, en présence des ambassadeurs des puissances étrangères et du patriarche, alors que trois siècles auparavant, en 1595, le synode anathématisait la réforme grégorienne. Un projet d'adaptation du calendrier financier ottoman au calendrier grec a été pris en considération par le Gouvernement ottoman, après avoir reçu l’adhésion des chefs des principaux établissements financiers. En 1891,1a Société impériale de géographie de Saint-Pétersbourg, saisie par le Gouvernement de la circulaire de l’Italie relative à une conférence internationale, avait répondu que la question avait été épuisée en 1884 à Washington, lors de la conférence tenue dans cette ville pour le choix d’un méridien universel,
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- chez le général de Tello, président de la section de mathématiques de la Société impériale de géographie. Le conseil de la Société revient sur sa décision et déclare qu’en cas d’une nouvelle conférence internationale, il se considère comme encore libre. A la fin du siècle, en 1900, une conférence internationale pourrait être appelée à examiner les réformes qu’il serait possible d’introduire dans le calendrier grégorien pour en faire le calendrier universel auquel serait rattachée l’heure universelle. A un moment donné, on [louerait peut-être aussi, au prix d'un accord entre la Cour de Rome et l’église gréco-russe, en arriver à la fixation de la Pâque et des IVtes mobiles, d’une façon simultanée. Cet accord est d’autant plus désirable que le calendrier israélitc est si incorrect, que trois fois dans l’espace de dix-neuf ans, la Pâque juive est célébrée un mois plus tard que le prescrit la loi mosaïque. Cette i ireonstance paraît pouvoir affranchir les catholiques des prescriptions du Concile de Nicée, touchant la fixation de la fête de Pâques, parce que la règle édictée supposait mie Pâque juive célébrée elfcctivement lors de la pleine lune du printemps.
- Préparation de corps nouveaux. — M. II. Moissan présente une Note de M. A. Wunsch sur un corps déjà mentionné par M. Sehutzenberger sous le nom de Benzoïlquinine. Mais ce dernier savant ne l’avait obtenu qu’à l’état amorphe. M. Wunsch, au contraire, en faisant réagir la quinine pure sur le chlorure de Benzoïle a pu préparer le monochlorhydrate "de Benzoïlquinine, qui, par l’ammoniaque, a donné la base pure. Celle-ci est susceptible de.cristalliser dans l’éther. Cette nouvelle base est plus faible que la quinine, bien qu’elle reste diacide: elle a fourni de nombreux dérivés cristallisés, parmi lesquels le tartrate, le chlorhydrate, etc.
- Multiplication de Vdidium en 1894. — M. Duchartre dépose une Note dans laquelle M. Yiala étudie les progrès de l’oïdium en France. On sait que cette maladie de la vigne fit son apparition en 1847, qu’elle fut combattue avec succès, après avoir exercé de grands ravages, par le traitement au soufre. L’oïdium est un champignon qui développe sur les feuilles de la vigne des filaments verticaux terminés par des sortes de renflements appelés coni-dies, qui en sont la fructification. Or, l’oïdium français est identique à Yunsinua spiralis américain, bien que ce dernier champignon affecte un état supérieur. Ses fructifications ou conccptacles renferment des spores. L’oïdium américain a envahi nos vignobles ainsi que le fait avait déjà été noté par M. Couderc, mais cette année l’invasion est très active, de telle sorte que la défense sera beaucoup plus difficile. Enfin M. Yialâ signale l’existence d’un champignon parasite de l’oïdium, le cicinnobolus vilis.
- Élection. — L’élection d’un candidat à la chaire de constructions civiles du Conservatoire des arts et métiers, est ajournée au mois d’octobre, en raison de la difficulté de réunir en cette saison le nombre réglementaire de votants. M. Pellet reste candidat en première ligne, MM. Den-fert et Monduit candidats en seconde ligne.
- Décès. — A l’occasion de la mort de M. Cotleau, M. Blanchart prononce l’éloge des travaux de ce savant, spécialement consacrés à l’étude des Échinodermcs vivants et fossiles.
- Varia. — M. Jansscn donne des détails techniques relativement à la construction de l’appareil enregistreur destiné à l’observation du mont Blanc.
- Cil. I»K VlU.KDEÜlC.
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- mOCIPËDIE
- LA QUADRUPLETTE
- Tout le monde a pu constater que la bicyclette-tandem, qui comprend deux sièges sur le même appareil, a fait, depuis peu, des progrès considérables; on rencontre fréquemment, à Paris et à la campagne, deux amis, ou un monsieur et une dame se promenant ainsi sur deux roues montées bout à bout. Nous avons parle précédemment de la bicyclette-tandem', nous n’y reviendrons pas. Après la bicyclette-tandem à deux places, on a fait la tri-plelte et la quadruplette, dont il a été également
- question dans la Notice dont nous venons de parler. Mais nous y reviendrons aujourd’hui. La construction de la quadruplette fait actuellement de grands progrès : cet appareil intéressant qui ne compte que deux roues, est très léger; il peut porter quatre coureurs qui atteignent des vitesses extraordinaires. Dans les vélodromes les quadruplettes ont presque toujours un grand succès.
- Notre gravure représente une quadruplette construite par MM. Aucoc et Darracq. 11 y a une grande difficulté à construire une machine capable de supporter, sans déformation, le poids et les efforts de quatre hommes vigoureux et l’on peut dire que la solution de ce problème est actuellement trouvée.
- Quadruplette véloeipédique (D’après une photographie instantanée.)
- Il faut que ces appareils soient verticalement et latéralement d’une solidité à toute épreuve par une construction particulière de leur cadre.
- Il est facile de voir en examinant notre gravure, que toutes les lignes de ce cadre sont parallèles entre elles, ce qui le rend absolument indéformable. 11 en est de même des triplettcs établies sur les mêmes principes par la maison Gladiator. La direction en est extrêmement sensible, bien qu’elles ne soient manœuvrées que par un seul homme.
- Les pédaliers très étroits sont montés dans des boîtes à mécanisme excentrique, ce qui permet la tension et le réglage facile de toutes les chaînes. Tous les roulements se font au moyen de billes logées dans des cuvettes; ces billes prenant leur 1 Voy. n° 1077, du 20 janvier 1894, p. 124.
- point d’appui dans les gorges des axes, roulent sur un plan presque horizontal et non plus sur la surface inclinée d'un cône, ce qui réalise une diminution de 50 pour 100 des frottements absorbés par les autres systèmes de roulement.
- En outre, les billes sont garanties par la pénétration des impuretés telles que poussière, eau et boue. Enfin, la multiplication dans la quadruplette est de 2m,40, ce qui donne un développement de 7ra,55 par tour de pédale.
- Ces machines sont de véritables merveilles de solidité et de précision; elles font honneur à leurs constructeurs. G. T.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9
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- N° 1108. — 25 AOUT 180 4.
- LA NATURE.
- m
- U PHOLADE
- Aux bains de mer, les animaux qui excitent le plus la curiosité des baigneurs sont certainement les Pbolades, par leur habitat singulier au milieu des roches les pins dures, et par la singulière propriété qu’ils possèdent de briller dans l’obscurité, (les intéressants mollusques ont d’ailleurs été dans ces derniers temps le sujet de nombreux travaux que nous allons r é s u m e r dans leurs grandes lignes.
- Sur nos côtes, les Pbolades les plus communes sont au nombre de deux : l’une grosse, la Vho-lade dactyle, l’autre, plus petite, la Idiolade candide. Toutes deux vivent dans des rochers ou dans l’argile:
- ('lies habitent un trou vertical [tins ou moins profond, suivant la taille du sujet. Le trou a la forme d'une bouteille dont l'ouverture affleure à la surface du rocher; c’est dans la partie renflée que se tient l’animal.
- Quand on le laisse s'épanouir, on lui voit émettre une
- sorte de longue
- un loin
- Pliolade dactylo dans son rocher. — Coquille isolée, —r Trou vide cassé en long, avec ses stries horizontales. — Pliolade dans son trou.
- trompe, .... siphon, comme
- on l’appelle, qui occupe exactement le volume du goulot et vient jusqu’à l'orifice qu’il ne dépasse pas. Si l'on vient à toucher ce siphon, on le voit se rétracter brusquement, en lançant au loin un jet, une véritable trombe d'eau.
- Les Pbolades sont des Mollusques de la classe des Acéphales. Sur plusieurs points de nos côtes, dans la Charente-Inférieure notamment, leur chair est un mets très recherché : on a soin au préalable d’enlever la coquille et de couper les siphons qui sont trop durs. Un mange les Pbolades à la manière des huîtres, sous le nom de daills ou de dayls.
- Les deux valves de la coquille, dans la partie qui se trouve en contact avec le fond du trou, sont couvertes d’aspérités pointues qui la font ressembler à une râpe. C’est aussi à ce niveau, dans l’entre-hâil-lemcnt de la coquille, que l’on voit une masse charnue, musculaire, blanche, aplatie : le pied. Comment la Pliolade creuse-t-elle son trou? Ainsi que Caillaud l’a démontré, cette perforation est due à un mouvement de va-et-vient de l’animal qui, prenant
- un point d’appui =] à l’aide de son siphon, fait pivoter la coquille alter nativement dans un sens et dans un autre, en « râpant » ainsi les parois de la roche.
- C’est un fait bien connu que la Pliolade luit dans l’obscurité. Pline avait déjà remarqué ce fait et avait noté que les per-sonnes qui en mangent oui la bouche phosphorescente . Quand on met une Pho-lade dans de l’eau de mer et que l’on agite la cuvette qui la contient, on voit le mucus se répandre dans le liquide, qui s’illumine comme par enchantement. La substance lumineuse n’est pas sécrétée par toute la surface du corps, mais seulement par certains organes
- photogènes contenus à l’intérieur du corps de l’animal. Pour voir ceux-ci, il suffit de couper longitudinalement le siphon' et le manteau et d’y faire couler un mince filet d’eau. Le courant entraîne tout le mucus, et, dans l’obscurité, on n’aperçoit plus de lumineux que cinq taches, d’ailleurs très nettes. Si l’on cesse de faire couler le filet d’eau, ces taches se mettent à sécréter un mucus lumineux, qui se répand sur tout le corps, et le fait paraître'phosphorescent dans sa totalité. La luminosité persiste assez longtemps après la mort, même sur les animaux putréfiés; elle cesse au bout d’une heure
- 22’ aimée. — ï: semestre.
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- quand on suspend la Pholade dans une cloche remplie d’acide carbonique. Ainsi queM. Raphaël Dubois l’a montré, la luminosité apparaît sous l’action d’un phénomène réflexe dont le centre est situé dans les ganglions viscéraux. Le phénomène photogène n’exige, pour s’accomplir, ni l’intégrité de l’organe, ni celle des éléments anatomiques qui constituent les éléments de l’organe. Le milieu où s’accomplit la production de la lumière doit présenter trois conditions fondamentales : contenir de l’eau, être oxygéné et posséder une réaction légèrement alcaline. Toutes les causes qui suspendent ou suppriment la vitalité des ferments solubles ou figurés, ou, d’une manière plus générale, l’activité du protoplasme, suspendent ou détruisent le pouvoir photogène de la substance extraite du siphon.
- La Pholade nous offre encore à considérer un phénomène fort curieux et fort important. Quand on en arrache une de sa demeure et qu’on la place dans une cuvette avec de l’eau de mer, on voit le siphon s’étaler et prendre des dimensions démesurées. Si alors, avec la main, on intercepte brusquement les rayons lumineux qui l’éclairent, on voit le siphon se rétracter brusquement. Un nuage de fumée qui passe, une allumette qui éclate dans l’obscurité, suffisent à produire le même phénomène. On pourrait croire, d’après ces expériences, que le mollusque est pourvu d’yeux et que c’est grâce à eux qu’il perçoit la lumière : en réalité il n’en est rien, le siphon est absolument dépourvu d’organes visuels; c’est par sa peau seule qu’il voit. M. R. Dubois, qui a fort bien étudié cette propriété curieuse du tégument, lui a donné le nom de fonction dermatoptique. Il est facile de démontrer que, dans un rayon lumineux, c’est la lumière seule qui agit sur le siphon et non la chaleur. En effet, en approchant de l’animal un ballon rempli d’eau bouillante, mais noirci à sa surface, il n’y a aucune contraction. Ajoutons pour terminer que la Pholade apprécie aussi nettement les couleurs, car le siphon se contracte différemment, suivant la couleur du rayon lumineux qui l’excite. Creuser des roches dures, briller dans l’obscurité, voir sans yeux, quel singulier animal! Henri Coupin.
- LES APPLICATIONS DU KAOLIN
- Dans un précédent numéro1, nous avons entretenu nos lecteurs des procédés actuels d’extraction du kaolin; nous vouions aujourd’hui leur dire quelques mots sur certains emplois de ce corps si important.
- 1° Applications à la fabrication des produits réfractaires. — A. Brongniart, dans son traité des Arts céramiques, a divisé les poteries en trois classes : 1° les poteries à pâte tendre, c’est-à-dire ravable par le fer, argilo-sableuse, calcarifëre, fusible au feu de porcelaine; ‘2° les poteries à pâte dure, non ravable par l’acier, opaque, argilo-siliceuse, infusible; 5° les poteries à pâte dure, translucide, argilo-siliceuse, alcaline, ramoflissable.
- 1 Yoy. n° 1064, du ‘21 octobre 1893, p. 331.
- Sans insister sur la fabrication de ces produits, qui est exposée dans des traités spéciaux, nous signalerons ceux dans la composition desquels entre le kaolin.
- Les poteries de la première classe sont constituées par de l’argile commune. Ce n’est que dans la production des poteries à pâte dure qu’apparaît l'emploi du kaolin. En effet, parmi les poteries de la deuxième classe, se rencontre la faïence fine, dure ou feldspathique, qui admet dans la composition de sa pâte du kaolin et dans son vernis de l’acide borique. Le kaolin, dans ces produits, se trouve additionné d’argile plastique ; comme substances dégraissantes1, on emploie du silex et du feldspath altéré. Voici, la composition d’une pâte pour faïence dite Cream Colour :
- Argile plastique de Monlereau .... ofi
- Kaolin...................................‘27
- Feldspath altéré.......................... 5
- Silex..................................... 14
- Les grès-cérames fins, voisins des faïences fines, en diffèrent par la température élevée à laquelle on peut les cuire, par l’opacité, la dureté et la texture serrée de la pâte à cassure légèrement vitreuse, enfin par la complexité de la composition de cette pâle.
- C’est surtout la fabrication des poteries translucides ou porcelaines qui absorbe les plus grandes quantités de kaolin. Nous croyons devoir rappeler ce qu’il faut entendre par véritable porcelaine :
- « La véritable porcelaine dure ou chinoise est caractérisée, dit À. Brongniart, par une pâte fine, dure, translucide et une glaçure dure, terreuse, nommée couverte. La pâte est essentiellement composée de deux éléments principaux : l’un argileux, infusible, c’est le kaolin, ou seul, ou associé soit avec de l’argile plastique, soit avec la magnésie; l’autre, aride, fusible, est donné par le feldspath ou d’autres minéraux précieux, tels que le sable siliceux, la craie, le gypse, ou pris séparément, ou réunis ensemble de diverses manières. La glaçure nommée couverte consiste en feldspath quartzeux tantôt seul, tantôt mêlé avec du gypse, mais toujours sans plomb ni étain. »
- Les porcelaines comprennent : la porcelaine dure ou vraie, et la porcelaine tendre, naturelle ou anglaise qui tient le milieu entre la porcelaine dure et la faïence fine. Voici la composition d’un échantillon de chacune de ces porcelaines :
- Pâle dite chinoise employée à la manufacture de Sèvres
- (Porcelaine dure).
- Argile de kaolin caillouteux .... 45
- Argile plastique de Dreux..............‘21
- Feldspath ou sable de kaolin .... lfi
- Sable quartzeux d’Aumont................lfi
- Craie................................... 4
- Pâte servant à la fabrication des services de table (Porcelaine tendre).
- Kaolin argileux.........................11
- Argile plastique.........................19
- Phosphate de calcium.....................49
- Silex..................................‘21
- 1 Un sait que l’argile pure ne saurait être employée à la confection îles poteries. Fabriquée avec de l’argile pure, une poterie sc fendillerait et aurait un retrait trop considérable. 11 faut ajouter à la matière plastique argileuse une ou plusieurs substances dites « dégraissantes » qui empêchent le fendillement et le retrait de l’argile cuite.
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- On :i découvert en Franco, à la fin du dix-septième siècle, un genre de poterie imitant la porcelaine, mais dans laquelle il n’entre aucun des éléments argileux, kaolin ou argile plastique, qui sont la base de la véritable porcelaine. C’est donc à tort qu’on lui a donné le nom de porcelaine tendre artificielle. Cette fabrication est d’ailleurs presque abandonnée maintenant.
- Enfin comme dernière application du kaolin à la fabrication des produits réfractaires, nous signalerons les briques dites « grès blanc » qui sont depuis quelques années l’objet d’une attention particulière. Ces briques, soigneusement pressées dans des moules métalliques et présentant des arêtes très vives, sont cuites à très haute température, elles ne sont pas gélives; leur couleur est d’un blanc net; leur résistance, qui est considérable, est de, 500 kilogrammes par centimètre carré. Elles se prêtent à une foule d’usages : à la construction des soubassements, par leur résistance; aux ornements d’architecture, par la facilité avec laquelle on les moule suivant la commande; à la confection des façades en briques, par l’opposition de leur couleur blanche aux couleurs diverses des briques ordinaires.
- 2° Applications à la papeterie. — Quel que soit le procédé mécanique ou chimique qui ait été employé à la fabrication du papier, quelle que soit la matière première, chiffons, paille ou bois, qui en ait été le point de départ, le papier devrait théoriquement se composer de cellulose pure. Pratiquement, on se trouve amené à y ajouter toujours une certaine quantité de diverses matières qui donnent au papier certaines qualités indispensables. Ces matières portent le nom de charge. Ces produits sont généralement introduits dans la pâte au moment du travail de la « pile raffineuse ».
- La charge des papiers peut se composer de différentes substances : kaolin, gypse, sulfate de baryte, etc. ; l’une des plus employées est le kaolin, qui donne au papier une apparence plus belle et plus fine, un grain plus doux, en même temps qu'il augmente sans frais la matière première; mais il rend le papier cassant s’il est mis en trop grand excès.
- Les diverses charges employées en papeterie ont cependant l’inconvénient de ne pas s’incorporer à la pâte d’une façon parfaite, de sorte qu’il en résulte une perte de ces substances au moment du travail de la pâte pour la transformation en papier. Quoique ces pertes soient minimes, il serait certainement fait bon accueil par les papetiers à un produit ou à une composition qui se trouveraient complètement retenus par la pâte à papier.
- 5° Attires applications. — Les qualités absorbantes et dégraissantes de l’argile étaient connues dans l’antiquité où, sous le nom de terre à foulon, on l’employait au nettoyage des tissus. Les foulonniers se servent encore de l’argile pour nettoyer les pièces de laine imprégnées de matières grasses au moment où elles sortent du métier.
- Toutes ces qualités de l’argile s’appbquant au kaolin, on comprend que ce dernier puisse la remplacer dans ces applications. Par suite de sa plasticité et de sa finesse, l’emploi du kaolin peut s’étendre au nettoyage et au polissage des objets ménagers, des métaux, des bijoux, etc.
- Grâce à ces mêmes propriétés absorbantes et purifiantes, le kaolin convenablement préparé peut s’employer pour divers soins de toilettes : ablutions, bains; on peut le faire entrer dans la composition de poudres dentifrices, de pains spéciaux pour remplacer le savon, de diverses poudres de riz, de fards, etc. A. Hêbekt.
- LE SERPENT ET Lit COUVERTURE '
- M. Alfred-C. Minchin, directeur du Jardin zoologique d’Adélaïde, en Australie, a eu l’obligeance de nous envoyer une photographie, faite par MM. Stump et C°,de la couverture avalée par le boa constrictor de l’endroit. Le dessin ci-dessous représente la couverture roulée telle qu’elle est sortie, après un mois de séjour dans l’estomac du reptile. Elle avait été avalée le 5 janvier et rendue le 2 février. Elle ne paraît presque pas endommagée, malgré ce séjour, mais elle a pris la forme du reptile, et se trouve roulée
- Couverture avalée par un serpent boa et modelée dans son corps. (D’après une photographie.)
- en pointe comme si elle avait été tordue après un lessivage.
- Il y a des taches où le suc gastrique a agi. Quand on a trouvé le boa avec sa couverture à moitié avalée, il était dans une rage terrible et se précipita d’une manière si farouche contre la glace du devant de sa cage que les gardiens ont dù se tenir hors de vue. Ils le laissèrent finir son repas et attendirent les résultats. La couverture qui avait 2 mètres de longueur avant l’absorption n’avait plus que lm,55 après. Étant sèche, elle pesait 5 kilogrammes; on y trouva enfoncées 8 dents du reptile M. Minchin rappelle qu’un fait semblable s’est passé au Jardin zoologique de Regent’s Parle, à Londres, en 1805, mais le boa en mourut, tandis que celui d’Adélaïde ne paraît nullement s’en ressentir, et prend sa nourriture régulièrement. Nous croyons nous rappeler qu’un fait analogue a été également observé, il y a de nombreuses années, au Muséum d’histoire naturelle de Paris
- MÉTÉ0R0GRA.PHE À LONGUE MARCHE
- DE L’OBSERVATOIRE DU MONT-RI.ANC
- On sait que, eu raison de la difficulté d’atteindre l’Observatoire du Mont-Blanc en hiver2, on devait s’attacher, pour obtenir l’enregistrement des principaux phénomènes météorologiques du sommet, à construire un instrument à très longue marche, c’est-à-dire, pouvant passer l'hiver et le printemps sans être remonté.
- C’est là le problème dont j’ai demandé la solution à M. Jules Richard, et qui l’a conduit à la construction du remarquable instrument dont je viens présenter des photographies, et que M. J. Richard a mis sous les yeux de l’Académie.
- Tout l’instrument (représenté fig. 2) est actionné par un poids mouflé d’environ 90 kilogrammes, descendant de fi à 0 mètres en huit mois. Ce poids donne le mouvement à une pendule qui communique, en le réglant, le mouvement à l’appareil.
- 1 D’après 1 ' Australasian.
- 2 Notre figure 1 représente l’Observatoire du Monl-lîlane à la fin de l'iiiver dernier. Gette vue est la reproduction d’une excellente photographie.
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- Il fallait une pendule dans laquelle les grandes variations de température intervinssent le moins possible. M. Richard a choisi la pendule à échappement Rcnison en la perfectionnant (fig. 2, A).
- Les avantages de cet échappement sont, d’une part, de permettre l’emploi d’une très petite quantité d’huile qui peut même être nulle, quand l’atmosphère ambiante est tout à fait exempte de poussière. Rcnison rapporte même qu’on n’a pu observer aucune variation dans les amplitudes de l’arc du balancier, lorsque l'huile était gelée, et avait la consistance du suif.
- Tous les mouvements du météorographe lui sont donnés par un arbre horizontal, qui reçoit son mou-
- vement de la pendule, à raison d’un tour en vingt-quatre heures et le communique aux bobines et aux divers organes des enregistreurs. Ces bobines déroulent, avec une vitesse variable pour chaque instrument, le papier sur lequel les plumes de ces enregistreurs doivent écrire.
- Enregistreur barométrique. — C'est d’abord l’enregistreur des variations de la pression barométrique (pie l’on voit au milieu de la gravure (lig. 2, R). Les mouvements de l’aiguille sont commandés par ceux du mercure dans la branche inférieure d’un baromètre système Gay-Lussac à très large cuvette. J’ai beaucoup tenu à l’emploi du mercure qui offre une très grande garantie d’exactitude.
- Fig. 1. — Vue de l'Observatoire du Moul-Uluuc au commencement de l’année 1891. (D'après une photographie.)
- Thermomètre et hygromètre. — Pour l'enregistrement de la température et de l’humidité, nous avons été obligés de recourir, pour la première, aux réservoirs métalliques, système Rourdon, et pour l’humidité, à l’hygromètre à cheveux, de Saussure.
- Le réservoir thermomélrique et le câble formé par les cheveux sont reliés à leurs plumes respectives, par de longues tiges, de manière que ces organes puissent être exposés à l’action de l’atmosphère extérieure, tout en conservant l’enregistrement à l’intérieur.
- Anémomètre enregistreur de la vitesse et de la direction du venté — L’enregistrement, de ces deux éléments se fait sur le même papier. Voici le prin-
- 1 Cet appareil <pio l'on voit en 1) dans la ligure 2, est représenté dans la figure 3, avec une légende explicative.
- cipe de la solution adoptée par M. Richard : un cylindre, portant un certain nombre de cames disposées en hélice, reçoit son mouvement d’une girouette ou d’un moulinet Robinson, et agit par le moyen de ces cames, sur les talons d’un nombre égal de plumes qu’il soulève successivement, et force à écrire pendant tout le temps de l’action de la came. Pour la direction, l’appareil porte huit plumes représentant les huit directions principales du vent.
- Pour la vitesse, le cylindre est muni de dix cames agissant successivement sur dix plumes. Chaque plume est en prise pendant un dixième de rotation du cylindre, lequel représente un parcours du vent de 10 kilomètres; la vitesse est donc représentée ici par la longueur plus ou moins grande des traces laissées par les plumes.
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- Fig. ÎF — Météorographe à longue marche de l'Observatoire du Mont Blanc.
- Vue (l’ensemble de l’appareil. — A. Horloge motrice tonetiomiant huit mois. — B. Système enregistreur du baromètre. — C. Baromètre à mercure. — 1). Anémomètre et anémoscope enregistreurs. — E. Plume du thermomètre. — F. Plume de l'hygromètre. — E’. Réservoir du thermomètre. — F’. Cheveux de l’hygromètre. — G. G, G. Contrepoids moteurs assurant le déplacement régulier du rouleau de papier. — II. Pendule régulateur de l’horloge. — I. Transmission du mouvement de l'horloge aux différents systèmes enregistreurs.
- Fig. o. — Météorographe à longue marche de l’Observatoire du Mont-Blanc.
- Détail du système enregistreur de l’anémoseope-anéinomètre représenté en D dans la gravure 2 ci-dessus. — N“ 1. — E’ E. Embrayages des tiges de la girouette et de l’anémomètre avec le système enregistreur. — L. Rouleau à carne pour la vitesse du vent (anémomètre). — L’. Rouleau à came pour la direction du vent (anémoscope). — M. Groupe des aiguilles écrivantes. — N. Rouleau entraîneur du papier. — 0. Magasin du papier après enregistrement. — P. Système actionné par les contrepoids G et servant à enrouler le papier après enregistrement. — N” 2. Vue d’ensemble du système écrivant. — Q, Q’. Boutons permettant d’enlever à volonté les aiguilles. — R, R’. Galets actionnés par les cames L et L’. — T. Détail d’une plume-tube de l’anémoscope. — U. Détail d’une plume-tube de l’anémomètre. — V. Série des porte-plumes-tubes. (D’après des photographies.)
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- LA NATURE.
- La perfection avec laquelle tout l’appareil est exécuté fait honneur à M. Jules Richard, et je suis sur d’être l’interprète de ses sentiments, en adressant aussi des éloges à MM. Émile Honoré et Henri Liheert, qui ont été spécialement chargés de l’exécution de ce hel instrument.
- Tel est l’appareil tout nouveau qui va être monté au sommet du Monl-Rlanc. Je ne me dissimule pas, malgré les précautions minutieuses qui ont été prises, que nous sommes encore en présence d’un certain inconnu. Mais l’intérêt de la question de ces enregistreurs à longue marche qui rendront tant de services dans les stations élevées, dans lesquelles on ne peut demeurer, est si grand à mes yeux, que je n’ai pas hésité à commencer de suite cet essai, laissant à l'expérience le soin de nous instruire sur les modifications qu’il conviendra d'apporter à ces instruments pour leur assurer une marche sure et tout à fait satisfaisante. J. Janssen,
- Membre de l’Institut.
- VOITURES AUTOMOBILES
- LES LAURÉATS DU CONCOURS DU « PETIT JOURNAL ))
- Pour compléter l’article généra] que nous avons publié précédemment1, il nous a semblé utile et intéressant de reproduire des photographies® représentant les voitures primées, en les accompagnant d’une description sommaire faisant ressortir les dispositions principales de chaque système; nous adoptons pour notre elassilication l’ordre même des récompenses si judicieusement décernées par le Petit Journal.
- Nus 15 et 64. Voitures à pétrole de MM. Panhard et Levassor, deux places et quatre places (lir prix ex æquo, partagé avec les fils de Peugeot; 2500 francs). Nous reproduisons deux seulement des quatre voitures présentées au concours et arrivées toutes à Rouen en moins de onze heures (fig. 1 et 2, p. 200). Toutes ces voitures utilisent le moteur à gazoline du système Daimler à deux cylindres, placé à l’avant du véhicule, et rendu ainsi très facilement accessible. Ce moteur, dont l’axe est parallèle à celui de la voiture, tourne à une vitesse angulaire constante de 700 tours par minute et actionne les roues d’arrière par un embrayage à friction et un train d’engrenages qui permet de marcher à trois vitesses normales différentes d’environ 6, 12 et 18 kilomètres par heure. Les vitesses intermédiaires .s’obtiennent par un glissement du cône d’embrayage habilement manœuvré par le conducteur à l’aide d’une pédale. Le lrein, très puissant, du système Lemoine, est commandé par une pédale. Ce frein agit sur l’axe intermédiaire, ce qui évite l’usure et le décollement des bandages en caoutchouc dont les roues de la voiture sont souvent munies. En cas d’urgence, ou pour des pentes rapides, on agit directement sur les roues à
- 1 Yoy. n" 1104, du 28 juillet 1894, p. 129.
- a Ces photographies ont été faites à Mantes par un liahile praticien de celte ville, M. II. Girard.
- l’aide d’un frein à sabot commandé par un levier disposé sur la droite de la voiture, tout à portée de la main du conducteur. La manœuvre des freins débraye automatiquement le moteur qui continue à tourner malgré l’arrêt de la voiture. Nous aurions beaucoup d’autres dispositions ingénieuses à signaler à propos de la direction, de la mise en marche du moteur à gazoline, du carburateur, du procédé d’étouffement du bruit produit par l’échappement; mais la place nous fait défaut, et nous ne pouvons dire que quelques mots sur l’ensemble du véhicule.
- Le poids d’une voiture à deux places, en ordre de marche, est d’environ 700 kilogrammes ; il atteint 800 kilogrammes dans les voitures à quatre places. La puissance du moteur des premières est de 240 ki-logrannnètres par seconde, celle des moteurs des voitures à quatre places de 280 à 500.
- Le refroidissement des cylindres du moteur est assuré par une circulation d’eau renfermée dans un réservoir de 40 litres de capacité. Cette eau s’échauffe et se vaporise, surtout pendant l’été, aussi faut-il la remplacer à raison de 7 à 10 litres par heure de marche. L’essence de pétrole ou gazoline employée par le moteur Daimler a une densité de 0,7 à 0,705; le réservoir qui la contient et placé à l’avant subit pour un parcours de 80 kilomètres, mais on peut faire plus de 500 kilomètres en disposant un réservoir supplémentaire à l'arrière. La consommation mogmne est d’environ 1 litre pour 10 kilomètres.
- 11 ne nous appartient pas de faire ici l'éloge des voitures de MM. Panhard et Levassor, et d’insiter sur leurs qualités : commodité, vitesse, endurance, confort, etc. Le résultat du concours parle pour nous.
- NüS 50 et 65. Voitures à gazoline de MM. les fils de Peugeot frères, fiacre à trois places (fig. 5) et phaéton à quatre places (fig. 4). (1er prix, ex æquo, partagé avec MM. Panhard et Levassor : 2500 francs). La voiture à pétrole de MM. Peugeot a été décrite dans La Nature1. Nous n’avons donc fias à y revenir. La principale différence, entre les voitures de MM. Panhard et Levassor et celles de MM. Peugeot, réside dans la place assignée au moteur qui est, ici, monté à l’arrière. Les qualités de ces voitures sont équivalentes à celles des voitures avec lesquelles le premier prix a été partagé.
- N° 4. Voiture à boggie genre Victoria, de MM. de Dion, Bouton et Cie (2e prix, 2000 francs). — Le système présenté par MM. de Dion, Routon et Clc peut être classé parmi les locomotives routières dont on vit quelques spécimens, il y a une trentaine d’années, avant l’invention des tramways. Cette locomotive ou tracteur (fig. 5) porte à l’arrière un cercle d'avant-train monté sur ressorts — c’est la cinquième roue classique des Américains—et destiné à recevoir l’avant-train d’une voiture quelconque après en avoir supprimé le train d’avant.
- Le tracteur, muni d’une chaudière multitubulaire à circulation du système de Dion, Routon et C"\
- 1 Voy. n° 9G0, ihi 24 octobre 1891, p. T)2è.
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- alimente un moteur d’une puissance de 20 chevaux, moteur Compound qui peut devenir à admission directe dans les passages difficiles. Le tracteur en ordre de marche pèse 2000 kilogrammes et porte un approvisionnement de 80 kilogrammes de coke et 400 kilogrammes d’eau. La commande est faite par un système d’arhres articulés à la Cardan qui traversent les fusées et commandent les roues par l’extérieur, laissant ainsi les roues ohéir à tous les accidents de terrain, et les ressorts fléchir sans solidariser leurs mouvements respectifs qui restent ainsi parfaitement indépendants.
- En traînant 4000 kilogrammes, le tracteur peut atteindre une vitesse de 50 kilomètres par heure en terrain plat et favorable, et 18 kilomètres par heure en remontant une côte de 8 à 10 pour 100. Des tracteurs plus puissants et moins rapides disposés sur le même principe peuvent traîner jusqu’à 10 000 kilogrammes à une vitesse de 8 kilomètres par heure. Ce système pourra rendre des services à la guerre pour le transport des munitions et approvisionnements pour le gros camionnage, les voitures de déménagement, etc. Dans la course de Paris à Rouen, le tracteur de Dion, Bouton et Cie est arrivé le premier, montrant des qualités de résistance et de vitesse que les voitures à pétrole n’atteignent pas au même degré; mais il manque de la légèreté, de l’élégance et des commodités qu’offre la machine à pétrole, aussi ne lui a-t-on décerné que le deuxième prix.
- N° 00. Voiture à vapeur de M. Maurice Le Blant. (Troisième prix : 1500 francs). — Cette voiture ne répondait qu'imparfaitement aux conditions du programme du concours. C’est un omnibus à neuf places muni d’une chaudière Serpollet, assez lourd d’aspect et de forme (fig. 0) et mieux approprié, nous semhle-t-il, à un service de transport en commun, car le véhicule en ordre de marche pèse
- plus de 4 tonnes ainsi réparties :
- Voiture vide...................... 2660 ke
- Outils et frein. ...... 100
- 10 voyageurs à 70 kilogrammes. 700
- Chauffeurs.................... . 70
- Eau (600 litres) ...... 600
- Charbon...........................200
- Total. . . 4350 ke
- D’après M. Le Riant, la consommation serait de 8 kilogrammes d’eau et de 2ks,5 à 5 kilogrammes de charbon par kilomètre, ce qui semble indiquer une assez mauvaise utilisation de la chaudière, ne vaporisant que 3 kilogrammes d’eau par kilogramme de charbon. 11 convient de reconnaître qu’il s’agit de vapeur surchauffée à une température assez élevée. La grille du type expérimenté présentait une surface insuffisante et s’obstruait assez rapidement de mâchefer.
- N° 24. Voiture à pétrole de M. Vachéron, deux places. (Quatrième prix de 1000 francs partagé avec M. Lebrun). — Cette voiture (fig. 7) ne comporte que des modifications de détail du type dont elle dérive (Panhard et Levassor), en particulier dans la
- substitution d’un volant an levier dans le système de d irection.
- N° 42. Voiture à pétrole de M. Lebrun, quatre places. (Quatrième prix de 1000 francs partagé avec M. Yacheron). — C’est, à quelques détails près, une voiture identique à celles construites par MM. Peugeot (fig. 8).
- N° 85. M. E. Roger. Voiture à pétrole, deux places. (Cinquième prix : 500 francs). — La voiture de M. Roger est la seule voiture à essence de pétrole dans laquelle on n’emploie pas le moteur Daimler (fig. 9); il est remplacé par un moteur du système Benz, avec inflammation électrique, placé dans une caisse à l’arrière. Le type Victoria, à deux places, pouvant recevoir un petit siège à l’avant pour une troisième personne, emploie un moteur de trois chevaux et peut faire normalement, en palier, 18 à 20 kilomètres par heure. Par une réduction convenable de la vitesse, on peut gravir des rampes de 10 pour 100. Le véhicule a 2m,8 de hauteur, lm,5 de largeur totale, lm,5 de hauteur sans capote, lm,25 de voie et pèse environ 650 kilogrammes. La provision d’essence est suffisante pour parcourir 100 à 120 kilomètres. La commande du mouvement et le système de direction présentent des particularités intéressantes que nous ne saurions développer ici sans sortir de notre cadre. C’est, après les voitures qui se sont disputé Je premier prix, l’une de celles qui remplissaient le mieux le programme du concours : elle méritait hautement la récompense plutôt modeste; qu'elle a obtenue. v
- N° 10. Voiture à vapeur de M. J. Seotte, huit places. (Prix d’encouragement : 500 francs). — La chaudière est du type vertical, système Field, timbrée à 8 kilogrammes par centimètre carré, avec détartreur d’eau d’alimentation qui s’introduit dans la chaudière à 80 degrés C. (fig. 10). Le moteur à deux cylindres avec distribution à coulisse fait de 500 à 500 tours par minute, et développe une puissance de 5 chevaux. La transmission du mouvement aux roues motrices placées à l’arrière se fait par chaîne de Gall et train différentiel. La voiture a 5m,9 de longueur, lm,75 de largeur et pèse à 1 vide 1680 kilogrammes. Avec 300 kilogrammes d’eau, 200 kilogrammes de charbon, sept voyageurs et le chauffeur, le poids total en charge atteint 2700 kilogrammes. La voiture affecte la forme d’un break muni d’un toit et de rideaux auxquels on peut substituer des glaces et faire du véhicule un omnibus fermé. Une galerie supérieure permet d’installer des bagages dans les longs voyages. La dépense d’eau est de 6 à 8 litres par kilomètre en plaine, 8 à 10 en montagne; la dépense de charbon est de lks,5 par kilomètre en plaine, de 2 kilogrammes à 2ke,5 par kilomètre en montagne. Un léger accident., survenu à l’un des bouchons des tubes de la chaudière, a mis le moteur hors de service près de Yernon, et empêché d’atteindre le but de son voyage lors des épreuves définitives. Les résultats obtenus dans d’autres voyages entrepris par
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- M. Seotte démontrent que sa voiture est rustique et que, sans répondre précisément aux conditions du concours, elle n’en méritait pas moins un encouragement.
- N0 61. Voiture à vapeur chauffée au pétrole,
- Fig. 1. — Voiture à pétrole de MM. Panhard et Levassor. 2 places. (1" Prix.)
- Fig. 3. — Voiture à pétrole de MM. les fils de Peugeot frères. 3 places. (1" Prix.)
- Fig. 5. — Boggie de tracteur à vapeur de MM. de Dion, Bouton et C*'. (2* Prix.)
- formé de 26 brûleurs réglés par une même crémaillère et une seule poignée. Ces brûleurs viennent se placer sous une chaudière de 45 centimètres de diamètre et 45 centimètres de hauteur traversée par 26 tubes ou bouilleurs en cuivre rouge qui forment autant de cheminées de tirage pour les brûleurs dont
- de M. Roger de Moulais. (Mention honorable avec médaille de vermeil). — Cette voiture est un tricycle pour deux personnes dont le poids ne dépasse pas 575 kilogrammes (lig. 11). La vapeur est produite par la combustion du pétrole à l aide d’un réchaud
- Fig. 2. — Voiture à pétrole de MM. Panliard et Levassor. V places. (1” Prix.)
- Fig. 4. — Voiture à pétrole de MM. les fils de Peugeot frères, i places (!*' Prix.)
- Fig. 6. — Voiture à vapeur
- de M. Maurice I.c Blant (Chaudière Serpollet). 9 places. (3* Prix
- ils recueillent la chaleur et la transmettent à l’eau. L’arrivée du pétrole aux brûleurs se règle automatiquement. La consommation du pétrole est de 2 litres par heure; la chaudière vaporise 50 kilogrammes d’eau par heure, et le réservoir en contient 67 litres, ce qui correspond à une marche d’environ
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- doux heures. Le procédé de chauffage employé supprime toute cheminée.
- Il sul'lit de 17 minutes pour mettre la chaudière en pression, et celle-ci une Ibis atteinte, si' règle avec la plus grande facilité. La vapeur sèche produite par
- Fig. 7. — Voilure à pétrole de M. Vacheron. 2 places. ( 1" Prix.)
- Fig. 9. — Voiture à pétrole de M. Roger. 4 places. (5e Prix.)
- .............r: -.
- Fig. 11. — Voiture à vapeur.
- Chauffage au pétrole de M. Roger du Montais.
- () pour 100 et de 6 à 7 kilomètres par heure pour dos rampes de lo pour 100.
- La voiture la chaudière, le foyer, etc., sont l’œuvre d’un amateur et nous nous plaisons à en reconnaître le mérite et l’originalité, bien qu’en principe le rendement thermique d’une chaudière à eau chaulfée au
- la chaudière actionne un moteur à 2 cylindres de 0 centimètres de diamètre, dans lesquels se meuvent des pistons de 8cm,h de course. La vitesse eu bon terrain plat est de- 18 à 20 kilomètres par heure, elle est de 10 kilomètres par heure pour des rampes de
- Fig. 8. — Voiture à pétrole de M. Lebrun. 4 places. (4* Prix.)
- Fig.'10. — Voiture à vapeur de M. J. Scottc. 8 places. (Prix d’encouragement.)
- Fig. 12. — Voiture à pétrole de M. P. Gautier. 4 places.
- pétrole dont la vapeur alimente un moteur soit bien inférieur à celui des moteurs à explosion1.
- Il nous reste à parler de deux voitures arrivées en retard à Rouen à la suite d’aventures de route inévi-
- 1 Le premier appareil de M. R. du Moulais a été décrit dans La Nature. Yoy. n° 740, du 17 septembre 1887, p. 244.
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- tables dans des expériences de ce genre. Le n° 7, qui appartient à M. P. Gautier, a atteint Rouen dans la soirée. C’est une voiture à quatre places (fig. 12), à essence de pétrole, moteur Daimler placé à l’avant, comme dans les voitures de MM. Panhard et Levassor, dont elle ne diffère d’ailleurs que par des détails de carrosserie et quelques dispositifs personnels dans le mode de transmission du mouvement du moteur aux roues d’arrière.
- Le n° 18, également arrivé tardivement à Rouen (fig. 15), est un omnibus à vapeur à six places présenté par M. E. Arebdeaeon, et destiné à faire le service de la Pointe-à-Pitre au Moule. Pour l’agrément et la commodité des voyageurs, la chaudière, du système Serpollet, est disposée à l’arrière. 11 faut bien reconnaître que ce véhicule, bien étudié
- Fig. 13. — Voilure à vapeur de M. E. Archdeacon (Chaudière Serpollet). 6 places.
- pour le service auquel il est destiné, ne répondait nullement au programme.
- De cette description succincte, quoique déjà longue, des voitures primées ou ayant subi avec plus ou moins de satisfaction les épreuves du concours, il ressort nettement la conclusion que le moteur à vapeur est incontestablement inférieur au moteur à gazoline comme moyen de propulsion sans danger, aisément maniable pour les voyageurs et ne coûtant pas trop cher sur la route. Sans réaliser le rêve du touriste ou du commerçant, la voiture à gazoline est dès à présent entrée dans la pratique : les appareils se perfectionnent chaque jour grâce aux leçons de l’expérience, les'petits inconvénients disparaissent, les mécanismes se simplifient, et la voiture à pétrole atteindra bientôt toute la perfection dont elle est susceptible. 11 serait téméraire d’y voir, ou même d’espérer y trouver la voiture automobile de l’avenir, mais elle a devant elle un vaste champ d’applications très heureusement mis en valeur par le concours du Petit Journal. E. Hospitalier.
- LA PHOTOGRAPHIE DES PETITES PLANÈTES
- Dans la zone immense comprise entre les orbites des planètes Mars et Jupiter se meuvent plusieurs centaines de petits corps télescopiques invisibles à
- l’œil nu, à l’exception d’un ou deux peut-être, et dont la première découverte coïncide avec le premier jour du siècle. Le 1er janvier 1801, l’astronome Piazzi, qui observait les étoiles de la constellation du Taureau, découvrit un de ces. petits astres auquel on donna le nom de Gérés. Le second, appelé Dallas, fut rencontré par Olbers, le 28 mars 1802.
- A la suite de ces deux découvertes inattendues, Olbers suppose qu’une grande planète située dans cette région a pu être brisée en petits fragments, par suite d’une explosion interne, et il en conclut qu’on devra trouver d’autres petites planètes.
- On ne tarde pas en effet à en découvrir deux nouvelles. Harding trouve la troisième planète, Junon, le 1er septembre 1804; puis Olbers découvre la quatrième, le 29 mars 1807. Celle-ci s’appelle Yesta ; c'est la plus brillante du groupe, puisqu’on peut l’apercevoir à l’œil nu, à la limite de visibilité, comme une faible étoile de sixième grandeur.
- Puis ce n’est qu’en 1845 qu’on rencontre la cinquième, Astrée. C’est llencke qui la trouve en construisant une carte céleste de la région ; il découvre ensuite la sixième, en 1847. Dans cette même année, llind trouve les deux suivantes. On se sert surtout à cette époque des cartes publiées par l’Académie des sciences de Berlin et les découvertes deviennent plus nombreuses. On trouve la neuvième planète en 1848,1a dixième en 1849, les onzième, douzième et treizième en 1850; on en découvre deux en 1851, huit en 1852, quatre en 1855.
- Mais c’est surtout depuis 1854 que la recherche des petites planètes a pu se faire plus sûrement à l’aide des magnifiques cartes célestes de l’Atlas écliptique de l’Observatoire de Paris. C’est ainsi qu’en les construisant et en les vérifiant sur le ciel, Chaeornac a trouvé six planètes et plus tard MM. Paul et Pros-per Henry en ont découvert quatorze.
- Un certain nombre d’astronomes se sont d’ailleurs spécialement consacrés à la recherche systématique de ces astéroïdes. Nous citerons ici : llind en Angleterre, de Gasparis en Italie, Luther en Allemagne, Palisa en Autriche, Peters et Watson en Amérique; Goldschmidl, Tempel, Borrelly, Coggia, Perrotin et Charlois, en France.
- Jusqu’en ces derniers temps, la découverte de ces petits astres s’est faite en se servant de cartes célestes très détaillées de la région dans laquelle ils se meuvent. C’est par la comparaison minutieuse des astres qui s’y trouvent placés et de ceux qu’on observe dans le ciel qu’on peut arriver à reconnaître si l’un d’eux est en mouvement et, par suite, si l’on a réellement affaire à une nouvelle petite planète. C’est par cette méthode qu’on est arrivé à la découverte des trois cent vingt-deux premières petites planètes, chiffre qui nous amène à la date du 27 novembre 1891.
- A partir de cette époque, la photographie intervient à son tour et prend désormais la place qui lui était légitimement due pour la recherche de ces petits astres, après les résultats si concluants
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- obtenus à son aide pour l’exécution de cartes célestes.
- Nous rappellerons en effet ici que MM. Henry, après avoir admirablement réussi à employer la photographie à cet objet, obtinrent de magnifiques clichés d’étoiles et démontrèrent la possibilité de photographier en même temps les petites planètes. Sur un cliché obtenu par eux en IS Ko, après une durée de pose de 55 minutes, la petite planète Dallas se montra nettement indiquée. Tandis que les étoiles présentaient de petits disques circulaires, le caractère planétaire de Pallas était mis en évidence par une traînée intense occasionnée par le déplacement très sensible de cet astre pendant la durée de la pose. En 1880, M. Roberts obtenait en Angleterre le meme résultat pour une autre planète, Sapho. Mais les applications nouvelles de la photographie à l’astronomie étaient trop nombreuses et ces premières tentatives ne devaient être reprises que plus tard d’une façon systématique.
- C’est à M. Max Wolf, de Heidelberg, que revient le mérite d’avoir fait par la photographie la première découverte d’une petite planète; c’est la trois cent vingt-troisième du groupe, trouvée sur un cliché obtenu le 22 décembre 1891. M. Wolf se sert d’un objectif à quatre verres d’une large ouverture et d’une distance focale très courte pour que les images des planètes puissent apparaître sur les clichés en traînées courtes, mais intenses.
- Depuis cette première découverte, M. Wolf a trouvé par le même procédé douze autres planètes en 1892, deux en 1895, deux en 1894, qui ajoutées à la précédente, donnent un total de dix-sept planètes nouvelles, dans lesquelles ne sont pas comptées quelques petites planètes dont l'identité n’a pu être établie faute d’observations suffisantes. Nous n’avons pas tenu compte non plus de la planète 550 qui n’est autre qu’une ancienne portant le n° 298.
- Notons en passant, que dans la même période, de décembre 1891 à juillet 1894, on n’en a trouvé que six par la méthode ancienne. Nous allons voir maintenant dans quelle proportion le nombre de ces astres s’est encore augmenté, grâce à la photographie, par l’intervention de M. Charlois,de l’observatoire de Nice.
- En 1892, M. Charlois qui, jusque-là,a trouvé par l’ancienne méthode vingt-sept petites planètes,emploie à son tour la méthode photographique et dépasse bientôt son concurrent par le nombre et la rapidité de ses découvertes. Après divers essais, il s’arrête à l’emploi d’un objectif double de 15 centimètres d’ouverture et de 0m,80 de distance focale, donnant un champ de 11 degrés. Son appareil est installé sur le cube de l’équatorial coudé de Nice dont on se sert comme d’une immense lunette-guide pour obtenir les clichés avec la plus grande netteté. La durée de pose employée permet d’obtenir toutes les étoiles visibles dans la lunette de 58 centimètres d’ouverture de l’observatoire de Nice. Plusieurs clichés contiennent de 8000 à 9000 étoiles.
- Nous donnons ci-après la reproduction d’une portion d’un de ces clichés, sur laquelle on voit la
- trace d’une nouvelle planète (figure de la page 204).
- Chacun de ces clichés demande, outre la durée d’exposition sur le ciel variant, suivant les circonstances, de 2 heures et demie à 5 heures, un examen ultérieur de durée égale, qu’on peut effectuer tout à loisir. La carte du ciel, ainsi obtenue et vérifiée dans un espace de temps relativement court, constitue en faveur de la photographie un avantage considérable et des plus précieux sur l’ancienne méthode de l’observation directe qui, pour une besogne correspondante, aurait exigé des mois de travail.
- Grâce à la nouvelle méthode d’exploration photographique, les découvertes se sont multipliées dans des proportions inattendues. Mais il faut bien remarquer que ces découvertes ne tarderont pas à diminuer. Avec les instruments actuels en effet, on aura bientôt trouvé et reconnu toutes les planètes jusqu’à la treizième grandeur. Pour aller au delà, il faudra recourir à des objectifs plus puissants que ceux présentement employés.
- Dans une récente communication à l’Académie des sciences, M. Perrotin, l’éminent directeur de l’observatoire de Nice, a résumé les travaux accomplis avec tant de succès par M. Charlois, et indiqué l’importance qu’ils ont pour la solution des questions si controversées du nombre total des astéroïdes et de celui de leur masse probable, de leur groupement avec la distance moyenne au soleil et de leur mode de distribution dans l’intérieur et le long de l’anneau qui les contient.
- Le nombre des clichés distincts obtenus à Nice depuis le 12 septembre 1892 jusqu’à ce jour a été de 115, représentant chacun un carré du ciel de 11 degrés de côté, dont 10 seulement sont utilisables à cause de l’empiètement nécessaire des clichés l’un sur l’autre. Dans ce nombre, 40 clichés ne renferment aucune planète, ni ancienne, ni nouvelle; dans les 75 autres clichés, on a trouvé 112 planètes déjà connues et 45 planètes comptées pour nouvelles.
- Nous ferons remarquer ici que ce dernier chiffre devra être ramené à 40. En effet, la planète supposée nouvelle, à laquelle on avait attribué le n° 559 a été reconnue identique à celle portant le n& 89 ; d’autre part, l’identité de quatre autres des planètes trouvées à Nice n’a pu être définitivement établie, et cette incertitude ne permet pas de les compter au nombre des découvertes définitives. Mais nous faisons figurer, dans le chiffre de 40, les deux planètes trouvées par M. Charlois depuis le 27 février dernier et qui sont désignées jusqu’à nouvel ordre par les notations provisoires 1894 RA et RR.
- Rour reconnaître si les planètes marquées sur les clichés sont anciennes ou nouvelles, il faut, au moyen de plusieurs observations, pouvoir calculer les éléments de leur orbite. On arrive ainsi à les distinguer entre elles ; ou donne alors aux nouvelles des numéros définitifs suivant l’ordre des dates auxquelles elles ont été reconnues ou photographiées.
- Le dernier numéro définitif, 585, est attribué à la planète désignée primitivement par la notation
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- provisoire 1804 AU et dont la découverte remonte au 20 janvier 1804. Mais, de ce nombre 585, qui devrait indiquer le total des petites planètes connues, il faut exclure les nÜS 550 et 550 qui ne correspondent à aucune planète; ce (pii réduit à 581 les petites planètes définitivement classées.
- A ce dernier nombre, il faudra vraisemblablement ajouter les huit planètes découvertes depuis le 20 janvier et dont l’identité n’est cependant pas encore absolument établie. (Sur ces huit planètes, une seule a été découverte par l’ancien procédé; les sept autres ont été décelées par la méthode photographique.) Nous sommes donc bien près du nombre réel des petites planètes actuellement connues en indiquant leehiffrede 580.
- Pour toutes les petites planètes qui n’ont pas été suffisamment observées, on donne, quand c’est possible, des éléments circulaires qui aideront à reconnaître l’identité de ces astres, à chacun desquels on laisse la notation provisoire qui lui a été attribuée au moment de la découverte. C’est ainsi que des planètes observées seulement une ou deux fois et qui pouvaient être nouvelles sont perdues pour le moment; telles sont 1802 S, 1802 X,
- 1805 C, etc.
- En résumé, la photographie a si bien remplacé l’ancienne méthode que, depuis le 22 décembre 1801, date de la première découverte obtenue photographiquement,presque toutes les planètes, 01 sur 07, ont été trouvées
- par la photographie. L’honneur de ces nombreuses découvertes appartient tout particulièrement aux deux astronomes dont nous venons de rappeler les travaux: M. Max Wolf, à Heidelberg, et M. Charlois, à l’observatoire de Nice.
- A leur exemple, quelques autres astronomes ont employé la méthode photographique et découvert des petites planètes. C’est ainsi que M. Staus, d’Heidelberg, en a trouvé une en septembre 1892. Il y a quelques mois, M. Courty, à bordeaux, en a obtenu deux sur ses clichés; et M. Wilson, aux Etats-Unis, en a trouvé une, qu’on croit nouvelle, en photographiant les Pléiades. On annonce, en outre, que M. Palisa, de l’observatoire de Vienne, qui a découvert un si grand nombre de planètes par l’ancienne méthode, va continuer ses recherches en recourant, lui aussi, à la photographie.
- Nous devons mentionner en terminant que la photographie vient d’être appliquée, pour la première fois à l’observatoire d’Alger, à des observations équatoriales précises. A l’inverse du procédé qu’on a employé pour la recherche des planètes par la photographie et dans lequel on fait en sorte que la plaque sensible suive très exactement le mouvement des étoiles, on donne ici à la lunette photographique un déplacement continu et de sens contraire à celui de la planète dont le mouvement est déjà connu en ascension droite et en déclinaison. Hans ces conditions, l’image photographique de la planète offre un disque d’apparenee stellaire, tandis que les images des étoiles se présentent sous l’aspect de traînées.
- Les deux méthodes se distinguent l’une de
- au-
- Cliché photographique obtenu à l’Observatoire de Nice, montrant en A la trace laissée par une petite planète.
- tre : pour la recherche des planètes, ce qui augmente avec la durée de la pose, c’est la longueur de la trace du nouvel astre ; pour l’observation, c’est l'intensité de l'image de l’astre qui s’accroît par le temps d’exposition; il en résulte un avantage précieux pour le cas où la planète qu’il s’agit de photographier n’a qu’un éclat très faible.
- M. Trépied, l’habile directeur de l’observatoire d’Alger, qui s’est voué d’une façon spéciale à des applications variées de la photographie à l’astronomie, a récemment présenté à l’Académie des sciences des observations de planètes faites à Alger, par ses collaborateurs MM. Ram-baud et Sy, en employant la méthode photographique dont nous venons de parler. M. Trépied constate à ce sujet que les mesures faites sur les clichés donnent une précision bien supérieure à celles des meilleures observations équatoriales directes.
- La photographie est donc de plus en plus au service de l’astronomie et réalise toutes les espérances qu'on avait osé concevoir à l’origine de ses applications. À son aide, on a pu obtenir des cartes célestes incomparables, découvrir un nombre considérable de petites planètes et faire des observations de ces astres avec la plus grande précision. Lès promesses du début ont été déjà largement accomplies, mais les résultats obtenus nous permettent de compter encore sur bien d’autres découvertes et des travaux scientifiques de la plus haute importance.
- A. Fraissinet.
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- CABESTANS ÉLECTRIQUES
- Les applications mécaniques de l’énergie électrique se développent lentement, mais prennent cependant peu à peu une grande importance. Depuis plusieurs années déjà, nous avons des cabestans électriques en service aux chemins de 1er du Nord1, à Paris et dans un grand nombre d’usines, et partout ces appareils ont donné des résultats satisfaisants.
- Nous ferons connaître aujourd'hui des cabestans construit s par la maison llumpidge et Snoxell de Dudbrige, en Anglelere, et qui sont en service depuis 1801 [tour faire mouvoir des trucs à charbon. La ligure 1 donne la disposition générale d un appareil; dans une caisse en fer imperméable se trouve un moteur électrique dont l’arbre de l’armature commande directement le pivot du cabestan. Le moteur électrique est logé entièrement dans la caisse et est recouvert par une plaque de fer boulonnée à la partie supérieure; le tout est placé en terre et affleure le sol. Pour visiter le moteur, il est facile d’enlever cette plaque et de faire les nettoyages ou réparations nécessaires. Les moteurs électriques ont été fabriqués par la maison Crompton et Cio, de Chelmsford. Us sont com-poiuid, et prennent, en marche normale, une intensité de A5 ampères sous une diflérence de potentiel de 110 volts. Mais l’intensité électrique peut être de beaucoup dépassée sans inconvénient. Au
- régime (pic nous venons de mentionner, les cabestans électriques peuvent entraîner chacun deux
- wagons chargés de 10 tonnes avec une vitesse moyenne de A kilomètres par heure. Une disposition spéciale a été adoptée pour fermer graduellement le circuit, et mettre peu à peu le moteur en marche en évitant un départ trop brusque et trop rapide au démarrage.On aper-çoit sur notre ligure 1, à droite, un cylindre vertical (pii sort un peu a u - d e s s u s déterré; en appuyant sur ce cylindre avec le pied on manœuvre l'interrupteur du circuit. Depuis quelque
- temps, la maison llumpidge et Snoxell a adopté pour ses cabestans une nouvelle disposition (pie nous représentons dans la figure 2. Le moteur électrique est du même genre et de la meme puissance que celui dorfÇnous parlons plus haut; il est également renfermé dans une caisse en fer, mais de dimensions plus restreintes,. La commande du cabestan par le moteur électrique se fait par une transmission par engrenages dont on peut voir le détail sur la ligure.
- L’emploi des cabestans électriques a permis de réaliser des économies d’exploitation (pii n’auraient pu être atteintes avec les cabestans hydrauliques. L’énergie électrique consommée est en effet proportionnelle au travail moteur fourni. Ces dispositions très pratiques ne tarderont pas à généraliser l’emploi des cabestans électriques. J. Laffargüe.
- Fi”'. 1. — Cabestan électrique à transmission directe.
- Fig. 2. — Cabestan électrique à transmission par engrenages.
- 1 Voy. u° 855, du 19 octobre 1889, p. 325.
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- LA NATURE.
- PÉTROLES ET GÀZOLÏNES
- Le concours de voitures sans chevaux dont nous présentons dons ce numéro les lauréats à nos lecteurs, remet à l’ordre du jour la question du pétrole, et l’on entend parler partout de voitures à pétrole, bien qu’en réalité aucune voiture utilisant le pétrole proprement dit n’ait pris part au concours. Il nous a donc paru intéressant de résumer -synoptiquement les divers produits auxquels on applique indifféremment le nom du liquide mal délini et de composition extrêmement variable dont tous ces produits sont tirés.
- Le pétrole brut ou huile minérale naturelle est un liquide plus ou moins fluide, plus ou moins coloré, et dont la densité varie, suivant son origine, entre 0,7 et 0,9.
- Par distillation et par traitement chimique, on obtient un très grand nombre de produits industriels dont les propriétés sont très différentes et les noms encore assez mal établis. Pour donner une idée générale du fractionnement industriel du pétrole brut, nous prendrons comme exemple le pétrole américain exploité par une puissante compagnie, la Standard OU Company, dont on a fort remarqué l’exposition l’an dernier à la World's Fair.
- En représentant par 100 la masse initiale du pétrole brut soumise aux distillations successives et aux traitements chimiques, on obtient environ, suivant la nature du produit traité :
- A. — 10 pour 100 de naphte brut (napbtes et gazo-lines) ;
- B. — 75 pour 100 d’huiles d’éclairage ou huiles lampantes, improprement désignées quelquefois sous le nom de Kérosène, tandis que la véritable Kérosène est un produit de la distillation du charbon : c’est de l’huile de houille.
- C. — 10 pour 100 d’huile de graissage.
- 1). — 5 pour 100 de goudron ou brai.
- A. — La redistillation du napthe brut donne des naplites de densités comprises entre 01 et 76 degrés Baume (0,73 et 0,04) et des gazolines comprises entre 76 et 4)0 degrés Baume (0,64 et 0,60).
- Ce lont ces gazolines, ou des produits équivalents tirés des pétroles européens que l’on utilise exclusivement jnsqu’ici pour les moteurs dits à pétrole. C’est ce qu’on appelle généralement, dans le commerce, l’essence de pétrole, d’une densité voisine de 0,7, produit facilement inflammable et vaporisablc, qui permet d’employer des carburateurs de dimensions restreintes et d’une très grande simplicité.
- B. — Les huiles d’éclairage ou huiles lampantes, le pétrole courant baptisé de noms plus ou moins ronflants, sont des produits dont la densité est voisine de 0,8, et le point d’inflammabilité varie, suivant la distillation, entre 50 et 70 degrés C.
- En Amérique, ces huiles lampantes fractionnées par distillation, fournissent des qualités variables; leurs noms sont empruntés à leur couleur ou à leurs applications.
- C’est ainsi que l’on décompose les 75 pour 100 d’huiles d’éclairage tirées du pétrole américain en :
- 29 de blanc standard distillant à . 150° C.
- 15 Blanc standard..............120°
- 2 Lumière -de tête .... 175°
- 1 Cachet minéral................... 500°
- 12 Blanc eau ........ 150°
- 10 Blanc standard..............110°
- 5 Blanc eau...................120°
- 5 Blanc eau...................110°
- La lumière de tète est utilisée pour les lampes placées en avant des locomotives; le cachet minéral, qui distille à 500 degrés C, sert à l’éclairage des trains de voyageurs ; lors d’un accident, la lampe renversée laisse déborder l’huile qui éteint la flamme au lieu de provoquer un incendie, etc.
- C. — Les 10 pour 100 d’huiles de graissage ne comportent pas de subdivisions bien distinctes : il suffit qu’elles ne durcissent pas, ne contiennent aucun acide minéral ou organique, ne s’évaporent pas, ne s’enflamment qu’à une haute température (plus de 200 degrés C), n’aient qu’une faible odeur et ne déposent pas de paraffine aux basses températures. Les variétés, couleurs, noms et prix varient à l’infini. Leur densité est voisine de 0,9.
- D. — Les 5 pour 100 de goudron redistillés fournissent de l’huile de paraffine légère utilisée au chauffage, de l’huile de paraffine lourde qui, refroidie, fournit la cire de paraffine, des vaselines, des cérats, des pommades, des savons et du cold-creain. Le brai formant le résidu final sert à la fabrication des charbons pour piles et lampes à arc. Ce brai ne représente environ que la deux-centième partie du pétrole brut soumis aux divers traitements.
- La chaleur de combustion des pétroles est bien supérieure à celle des meilleurs charbons. Elle varie entre 10 100 calories (kgd) par kilogramme pour le pétrole brut commun de Virginie, et 11 660 calories par kilogramme pour le pétrole brut léger de Bakou.
- CHRONIQUE
- IiC fond «lu Pacifique. — Les études hydrographiques pour la détermination du meilleur tracé des lignes de pose des câbles télégraphiques sous-marins ont, entre autres, cet heureux résultat, qu’elles donnent de nouveaux et excellents documents sur la constitution des fonds des océans, trop peu connus jusqu’à présent; de pareilles recherches inutiles à la navigation et d’un intérêt purement scientifique ne seraient, sans doute, que rarement faites, à cause des frais qu’elles entraînent, si elles n’étaient nécessaires pour arriver à la pose de câbles télégraphiques. Le projet d’un cfdde entre les Etats-Unis et Hawaï a donné lieu à une exploration de ce genre dans le Pacifique. La route considérée la plus convenable a été étudiée par le vaisseau américain Albatros; elle s’étend de Itiamond-Ilead (Honolulu), jusqu’à Sanilos, dans la baie de Monte-rev, en Californie. On a découvert sur ce parcours une vallée sous-marine qui commence à l’endroit où était autrefois l’embouchure d’une rivière appelée Salinas et qui court dans le fond de la mer à quelques milles à l’ouest. L’absence totale de rochers, et l’existence d’une couche profonde de sable et de vase dans toute la longueur de cette vallée, semblent l’avoir spécialement destinée à servir de lit à un câble télégraphique. Le rapport très intéressant de M. le lieutenant Glover, de VAlbatros, qui a commandé cette dernière expédition, montre que, sur cette route, depuis la côte de la Californie jusqu’au point de l’atterrissement à Honolulu, le lit de l’Océan est entièrement dénué de rochers, mais qu’il consiste, en majeure partie, en un limon et une vase très molle. M. le lieutenant Glover dit que les levés ont été faits avec tous les soins et toute l'exactitude que permettent les moyens scientifiques dont on dispose aujourd’hui pour les sondages maritimes; il croit que les cartes et les observations faites pendant cette expédition donnent une connaissance parfaite de la route et prouvent la possibilité de la pose d’un câble sur un point
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- LA NATURE.
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- quelconque entre lu Californie et les îles Hawaï. On a fait les sondages sur une largeur d’environ 500 milles, et leurs résultats paraissent indiquer que la route la plus favorable est représentée par une ligne rliomboïdale entre la Californie et llonolulu. Cette ligne a été trouvée la plus avantageuse et exigeant line moins grande longueur de câble, puisqu’elle suivrait un fond plat composé d’une substance très favorable à sa protection et à sa préservation; on éviterait ainsi les montagnes sous-marines et les régions volcaniques, dont la composition exercerait probablement une action chimique sur la gaine du câble et où il risquerait d’être détruit par les bouleversements futurs.
- Olivine. — Parmi les produits les plus récents, mis dans le commerce, nous pouvons citer l'olivine ou huile neutre, garantie pure et ne rancissant pas. C’est une réelle nouveauté, car l’on sait tous les désagréments occasionnés par le rancissement des huiles végétales. L’olivine est une huile supérieure à la meilleure des huiles d’olive. Elle est plus blanche, parfaitement neutre, n’a pas l’odeur fruitée de l'huile d’olive ordinaire et, enfin, son prix est bien inférieur. Cette huile présente ce caractère bien singulier et inconnu jusqu’à présent, c’est qu’elle s’améliore en vieillissant. Des expériences sur la non-rancidité de cette huile — entièrement végétale et ne contenant aucun produit chimique quel qu’il soit — ont été faites, pendant six mois. De l’huile renfermée dans des bouteilles en verre, en grès, en métal, bouchées ou non, exposées à une chaleur de 40 degrés au soleil, n’a pas changé de neutralité ni acquis la plus légère odeur de rancidité. L’emploi de cette huile, qui est bien meilleur marché que l’huile d’olive, est devenu considérable, en peu de temps. Des quantités considérables sont consommées dans les départements du nord de la France, en Allemagne, en Belgique, en Algérie, dans les pays d’Orient. Ce nouveau produit va porter un coup terrible aux huileries d’Aix, de Salon et de Nice. C’est la loi naturelle des choses. C’est le progrès qui marche. L’olivine est, en outre, employée en pharmacie, en parfumerie, pour extraire le parfum des fleurs, pour le graissage des pièces de mécanique, poulie glaçage du riz, etc. La vente de l’olivine se fait à Marseille. A. Villon.
- Moteurs à gaz pour distributions d’eau. —
- Depuis quelques années, les moteurs à gaz sont très utilisés en Allemagne, d’après le Journal für Gasbeleuch-tung, pour l’élévation des eaux à distribuer. Depuis 1881, la fabrique de Deutz a fourni pour ces exploitations 56 moteurs d’une puissance totale de 941 chevaux. Des essais ont été faits sur les rendements de ces moteurs à l’usine de la ville de Kettwig, avec deux modèles de IG et de 8 chevaux. Le moteur de 16 chevaux, attelé à une pompe aspirante et foulante, a consommé en 85 minutes 20ra3,56 de gaz, soit 14m3,51 par heure. En 85 minutes, l’eau pompée a été de 72m3,5 ou de 51 mètres cubes par licure. La hauteur d’aspiration de l’eau était de 7”,80 et la hauteur moyenne de refoulement de 56m,13. En tenant compte de ces différents éléments, on trouve que le travail utile produit par un mètre cube de gaz a été de 228 124 kilogrammètres. Les memes essais ont été effectués sur le moteur de 8 chevaux, dans des conditions sensiblement les mêmes que pour le premier moteur de hauteur d’aspiration et de refoulement. La consommation de gaz a été de llm3,20 en 88 minutes ou 7"3,65 par heure. Un mètre cube de gaz a produit un travail utile de, 199 755 kilogrammètres. Dans les deux cas, les rendements stipulés dans les traités ont été dépassés. J. L.
- dompteur à gaz A payement préalable. — Il
- se trouve en ce moment, à l’Exposition de Lyon, dans le Palais du gaz, un nouveau compteur qui mérite d’être signalé. Ce compteur est automatique et laisse passer une certaine quantité de gaz si l’on verse la somme demandée dans une fente ménagée à cet effet. Dans le cas actuel, aussitôt que 10 centimes ont été déposés, le gaz arrive et l’on peut allumer 14 becs de, gaz qui brûlent pendant 12 minutes, puis ils s’éteignent automatiquement. Un seul bec brûlerait pendant 2l’48m. On a donc, en comptant une dépense de 150 litres à l’heure, environ 418 litres de gaz pour 10 centimes. Notre confrère Gaz et Électricité, auquel nous empruntons cette information, laisse entendre qu’il y a peut-être là un moyen d’éviter à la fin du mois l’envoi d’une facture ainsi que les contestations entre abonnés et compagnies pour les relevés des compteurs ordinaires. Un inspecteur passera de temps à autre relever la recette et s’assurer du fonctionnement du compteur. Cette invention permettra également aux petites bourses la consommation du gaz que l’on peut ainsi acheter au détail comme l’huile ou la bougie. Il est seulement nécessaire que le compteur automatique fonctionne régulièrement, et qu’il fournisse bien la quantité de gaz indiquée quand la somme réclamée a été déposée. J. L
- Appréciation de la qualité du caoutchouc vulcanisé. — M. Vladiiniroff a fait récemment, à l’Institut technique de Saint-Pétersbourg, des recherches dans le but d’établir des règles ou des essais permettant d’apprécier la qualité du caoutchouc vulcanisé. On sait que les méthodes chimiques d’analyse ne donnent guère de résultat certain ; les essais doivent donc porter sur les propriétés physiques. M*. Vladimiroff déduit d’une longue série d’expériences les conclusions suivantes, qui doivent, paraît-il, servir à l’établissëment de règles pour le caoutchouc vulcanisé employé par la marine russe : 1° le caoutchouc ne doit pas donner le moindre signe de craquement quand on le plie à un angle de 180 degrés, après cinq heures d’exposition dans un bain d’air clos, à la température de 125 degrés G, les échantillons pour essai ayant 6 centimètres d’épaisseur; 2° le caoutchouc qui ne contient plus que la moitié de son poids d’oxydes métalliques devra s’allonger de cinq fois sa longueur avant de se rompre; 5° le caoutchouc exempt de toute matière étrangère autre que le soufre qui a servi à sa vulcanisation, doit s’allonger de sept fois au moins sa longueur avant rupture; 4° l’extension mesurée immédiatement •après la rupture ne doit pas excéder 12 pour 1 OU de la longueur primitive de l’échantillon soumis aux essais. Ces échantillons auront de 3 à 12 millimètres de long, 3 centimètres de large et 0 millimètres au plus d’épaisseur; 5° la souplesse peut être déterminée en calculant, le pourcentage en cendres obtenues par incinération; cette détermination peut fournir la base du choix à faire entre divers caoutchoucs pour certains usages; 6° enfin, le caoutchouc vulcanisé ne doit pas durcir sous l’action du froid.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 20 août 1894. — Présidence de M. Lœwy.
- Du rôle des lésions organiques dans les intoxications. — C’est un fait connu que dans les intoxications par poisons extérieurs, dans l'auto-intoxication, dans l’infection microbienne de l’organisme, les dépôts de substance ou de microbes apparaissent plutôt dans certains organes que dans d’autres. MM. Charrin et Carnot
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- sont parvenus à donner l’explication de cette singularité : ce sont les lésions organiques qui attirent les microbes ou les substances solubles introduites dans le sang. Pour le démontrer, ils administrent des sels de plomb à des animaux porteurs d’une lésion sur un organe ayant un symétrique laissé à l'état normal [tour servir d’organe témoin. L’absorption a lieu chez certains animaux par le tube digestif et chez d’autres par voie d’injection hypodermique. Toujours une accumulation s’est produite dans l’organe atteint par la lésion, tandis que l’organe symétrique restait dans un état de viduité constatable aisément par les rééictifs chimiques. Le même phénomène s’observe avec d’autres sels, avec l’acide urique par exemple, ainsi qu’avec les bactéries. Toute lésion, ou toute inflammation locale, détermine donc des foyers d’appel pour les poisons.
- Un antidote physiologique du curare. —
- MM. Physalix etContejcan, partant de cette remarque qu’il existe des poisons auxquels certains animaux offrent une très grande résistance ou môme sont complètement réfractaires, et ayant observé que la salamandre terrestre pouvait supporter des doses de curare très considérables, ont eu l’idée de rechercher l’effet que pourrait produire le sang de salamandre sur des animaux intoxiqués au curare. Ils ont pu constater, en procédant par voie d’injections intraveineuses, qu’une grenouille résistait à une dose de curare six fois plus considérable que dans les conditions normales. Ces résultats sont du môme ordre que ceux obtenus par l’inoculation du sang des animaux immunisés contre une maladie, pour le traitement de cette maladie.
- Chêne loudroyé dans la iorêt de Saint-Amand (Nord). (D’après une photographie.)
- Varia. — M. Duehartre dépose plusieurs Notes au nom de divers auteurs. Dans l’une d’elles relative à l’influence de l’humidité sur l’intensité respiratoire des mousses, l’auteur montre que cette intensité augmente avec la quantité d’eau contenue dans les mousses et qu’elle est très faible lorsque celles-ci sont sèches. De même, on relève une très forte diminution des phénomènes respiratoires lorsque les mousses, sous l’action d’une lumière vive, se colorent en rouge, par suite d’une modification du protoplasma des cellules. — Dans une autre Note, la constitution chimique de l'atmosphère est considérée dans ses relations avec la végétation. L’auteur pense qu’avant l’apparition des premiers organismes vivants, l’atmosphère terrestre ne se composait (pie d’azote, d’acide carbonique et de vapeur d’eau. Puis les végétaux inférieurs ont commencé un travail continu de déversement d’oxygène par
- la destruction de l’acide carbonique. — M. Zenger, de Prague, lit un Mémoire sur l'aspect de plaques de verres recouvertes d’une couche de noir de fumée ou de vernis à la surface desquelles on produit une décharge électrique. Ch. DE VlLLEDEÜlL.
- CHÊNE FOUDROYÉ
- PENDANT L OUAGE DU 23 JUILLET 1891
- L’action delà foudre sur les arbres quelle détruit, •exerce les effets les plus singuliers ; on a souvent constaté que le tronc n’est pas brisé
- d’une seule déchirure, mais déchiqueté en innombrables faisceaux; souvent des débris sont arrachés et lancés au loin. Un de nos lecteurs, M. J. Delsart, de Valenciennes, nous envoie sur un sujet analogue une intéressante photographie que nous reproduisons ci-contre avec la petite Note qui l’accompagne. L’arbre a été entièrement broyé.
- Ce chêne, situé dans la forêt domaniale de Samt-Amand (Nord), avait plus de 20 mètres de hauteur et o mètres de circonférence. Les éclats produits par l’cxplosioii ont été projetés au travers des fourrés jusqu’à 50 mètres de distance ; les racines elles-mêmes ont été fendues. Détail curieux : quand les gardes du bois sont venus au bruit extraordinaire produit par l’éclatement de cet arbre, ils ont trouvé au pied un lapin presque asphyxié et paralysé. Ils ont pu, après quelques à la vie et le relancer
- temps de soins, dans la forêt.
- rappeler
- On voit que ce coup de foudre, qui a complètement produit la déchirure du tronc de l’arbre, a exercé cette action d une manière peu commune, et l’éclatement bruyant qui a eu lieu, est un fait (|ui mérite de fixer l’attention des météorologistes et des physiciens. Les effets de la foudre offrent, parmi les curiosités de la nature, les plus extraordinaires phénomènes que l’on puisse mentionner. Il est toujours utile de les enregistrer, et de décrire dans quelles circonstances ils se sont produits. G. T.
- Le Propriétaire-Gérant : fi. Tissa.vint;».
- Paris.
- Imi'i'imerit: Lahure, rue (Je Fleurus, 9.
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- N° 1109. — 1- SEPTEMBRE 1894. LA NATURE
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- LA GUERRE AUX MARSOUINS
- Ces espèces de cétacés que l'on rencontre le plus fréquemment sur nos cotes appartiennent.à la famille des Delphinidés, représentée par les Dauphins, les
- Marsouins, les l’rsiops ou souflleurs, les Glohicé-pliales et les Orques, (le sont des carnassiers extrêmement voraces, qui nagent par bandes, avec une
- Fig. 1. — Marsouins de la Méditerranée.
- grande rapidité, et poursuivent les bancs de poissons jusque dans les fdets des pêcheurs, auxquels ils causent souvent de sérieux dégâts. Notre gravure représente deux marsouins; l’un d’eux a capturé un thon, dont ils sont généralement très friands; ils les recherchent et les dévorent avec avidité.
- Aussi l’Administration de la marine se préoccupe-
- 11 aimée. — ï' semestre.
- t-elle depuis longtemps d’organiser la destruction svstématique de ces féroces mammifères marins, qui font une énorme consommation de poissons et que les pêcheurs redoutent en outre pour leur matériel. Malgré les primes offertes par les Conseils généraux et les prud’hommes, et qui varient de 5 francs à 25 francs par tète, les captures demeurent peu
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- nombreuses et les marsouins continuent à pulluler.
- Après avoir essayé sans succès contre eux les détonations de l’artillerie et les cartouches de dynamite, systèmes qui ont d'ailleurs pour conséquence d'éloigner aussi le poisson, il a fallu se mettre à la recherche de procédés de destruction plus eilicaces et, en attendant, indemniser les plus nécessiteux des pêcheurs pour les dommages que leur occasionnent les marsouins.
- Plusieurs systèmes ingénieux ont été proposés à l'Administration de la marine, qui s’est livrée à diverses expériences avec le concours des pêcheurs. Un patron de Douarnenoz, M. Kelot, a inventé un petit engin, qui consiste en deux aiguilles d’acier longues de 10 centimètres, transperçant perpendiculairement un petit anneau de caoutchouc, et qui sont attachées parallèlement, par les deux bouts, pour être, mises dans des appâts et avalées par les marsouins, dans le corps desquels elles produisent
- Fig. 2.— Engin tic M. Relot,introduit dans les pour la destruc-
- tion des marsouins. — X* 1. Aiguilles d'acier fixées à un anneau de caoutchouc cl attachées par les pointes par deux minces cordes à boyau. — K* 2. Les mêmes, ouvertes dans l'estomac du marsouin, les cordes à boyau ayant perdu leur consistance.
- des perforations mortelles en se redressant en croix. La ligure 2 ci-dessus explique ce système.
- Un grand nombre de ces engins pou coûteux et peu compliqués ont été distribués gratuitement l'an dernier aux pêcheurs, par les commissaires de l’inscription maritime. A Marseille seulement, 500 exemplaires en ont été remis ainsi, mais les résultats n’ont pas répondu à l’attente des promoteurs. Les captures ont été très rares et la raison en est simple : c’est que le marsouin, malgré sa gloutonnerie, ne prend que des proies vivantes et refuse les sardines ou autres poissons qui lui sont offerts avec l’appareil dont il s’agit dans le corps.
- Un autre système intéressant a été expérimenté par l’Administration de la marine, en présence de l’inventeur. Un patron-pêcheur de La Liotat, M. Ocel-lus, a imaginé d’attirer les dauphins dans un grand filet rempli de poissons, et de les y foudroyer au moyen d’explosifs. La disposition de l’engin est assez
- ingénieuse : le long de la ralingue d'un iilel dit « sardinal », mesurant environ 400 mètres, est attaché un câble électrique qui supporte de 15 en 15 mètres de petites cartouches de dynamite lixées aux signaux de liège. Le câble est relié à un bateau pourvu de l’appareil nécessaire pour y lancer un courant électrique, qui fait exploser à distance les cartouches au moment propice.
- Un premier essai a été fait à La Ciotat en présence d’une Commission officielle, présidée par M. Fournier, commissaire de l’inscription maritime à Marseille, et avec le concours d’un torpilleur venu de. Toulon. Les marsouins se sont approchés en nombre jusqu’au filet et l’explosion a été provoquée, mais les cétacés ont simplement alors pris la fuite sans être tués; les poissons ont dû être plus effrayés encore et le filet a été endommagé.
- Tout récemment, les essais ont été renouvelés à Marseille : le torpilleur n° 180, commandé par le lieutenant de vaisseau Goudareau, est venu de Toulon pour exécuter ces expériences. Pendant une semaine, ce petit navire, accompagné d’un vapeur du pilotage, est sorti chaque jour avec les pêcheurs, à la recherche des marsouins, pour essayer à nouveau le filet Oeellus, mais les intelligents cétacés ne se sont pas laissé approcher; on n’a pu les attirer vers l’appareil et la poursuite a dû être abandonnée, pour être tentée à nouveau en septembre. J1 semble donc que ce système est peu pratique ; il faudrait d’ailleurs de fortes charges de dynamite pour atteindre réellement les marsouins, et alors le filet lui-même et aussi tous les poissons du voisinage seraient également détruits.
- Un autre inventeur, M. Delbreil, de Marseille, a proposé d’utiliser la lumière électrique pour fasciner et en quelque sorte « hypnotiser » les marsouins, ce qui permettrait de les enfermer dans un solide filet manœuvré à distance et rendrait leur capture facile. Ce dernier système parait d’une efficacité assez douteuse, quoique méritant l’attention; il devrait être étudié.
- En attendant' un moyen sûr de chasser les marsouins de nos côtes, nous croyons qu’une guerre utile pourraitleur êtredéclaréepar les avisos « garde-pêche » et surtout par les torpilleurs. 11 suffirait de donner l’ordre aux équipages de ces bâtiments de se livrer, pendant leurs tournées réglementaires sur le littoral, à la chasse du marsouin au fusil, et les tireurs adroits en blesseraient certainement assez pour éloigner ces animaux voraces des côtes poissonneuses. Un torpilleur devrait même être affecté à chacun des principaux ports de pêche, avec la mission de poursuivre ainsi les marsouins qui se montreraient dans la rade, et nous croyons que les résultats seraient satisfaisants. Une dizaine de marsouins viennent même d’être harponnés à Marseille, par le petit vapeur Utile, de la Compagnie Chambon, en quelques semaines.
- D’un autre côté, s’il était possible « d’industrialiser » en France, comme en Islande et dans la mer
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- Noire, la chasse au marsouin, dont la graisse a une cerlaine valeur marchande, il est évident que la poursuite de ces petits cétacés par des pécheurs spécialement équipés, ainsi qu'on l'a l'ait en grand pour la haleine, ferait diminuer dans de notables proportions le nombre des marsouins qui fréquentent nos côtes de l’Océan et de la Méditerranée.
- Jacques Léotard.
- L’INDUSTRIE DU BOIS DE TECK
- AU SIAM
- Le bois de teck constitue, dans l’Inde et dans l’hido-Chine, l’objet d’un commerce des plus importants; on sait en e 11V*t que, pour son imputreseibilité et pour sa résistance exceptionnelle aux différents agents de destruction, il est d’un emploi courant dans les constructions navales. Or, au Siam, il est particulièrement abondant et d’une qualité supérieure même à celui de la Birmanie : aussi pensons-nous intéresser nos lecteurs en extrayant, d’une communication de M. de Pontbellanger, quelques renseignements sur l’exploitation de ce bois.
- Les forêts qui le produisent sont situées sur les bords du llaut-Ménam et de son affluent de droite, le Mèping; le teck s’v trouve en bouquets plus ou moins touffus. Tout le inonde peut aller y faire des coupes moyennant le simple payement, à l’Etat ou aux princes propriétaires des forêts, d’un droit de 5 ticaux, environ 1,80 piastre par arbre abattu. Un certain nombre de négociants se livrent au commerce du teck, et notamment deux compagnies anglaises, la Bornéo Company et la Siam F or est Company : celles-ci ont obtenu de vastes concessions dans des conditions plus avantageuses que le droit de 5 ticaux par arbre. Négociants et compagnies adoptent deux méthodes pour se procurer le teck : tantôt on loue des bûcherons pour trois ou quatre années au prix annuel de 60 ou 80 francs, plus la nourriture; tantôt on passe, avec des indigènes travaillant pour leur compte, des contrats par lesquels ceux-ci s’engagent à fournir un certain nombre d’arbres à date fixe; on remet aux indigènes une avance proportionnelle au prix d’achat définitif.
- lîans tous les cas, les bûcherons choisissent les arbres les plus beaux et pratiquent à leur base une incision circulaire d’environ b ou 6 centimètres de profondeur. C’est, paraît-il, une précaution indispensable pour saigner et dessécher le teck. Si l’on voulait l’emporter de la forêt à l’état vert, il ne flotterait pas, et il faut qu’il flotte puisque c'est par trains qu’on le fait descendre à Bangkok; en outre, la sève résineuse fermenterait et ferait éclater les libres du bois. Ce n’est qu’au bout de trois ans qu’un arbre est bon à abattre : une fois à terre, on le pousse au fleuve ou vers l’un de ses affluents, et ce travail est, en général, confié à des éléphants.
- On en forme alors des trains, d’immenses radeaux : les énormes pièces en sont à demi submergées et soutenues par des paquets de bambous. Au centre, est une petite hutte où s’abritent les conducteurs du train, et que surmonte un pavillon aux couleurs du propriétaire du bois. Les radeaux descendent ainsi du liant fleuve jusqu’à Bangkok; là on les décompose, souvent avec l’aide des éléphants, et on empile les billes sous les immenses hangars des scieries à vapeur jusqu’à ce qu’elles soient débitées et expédiées dans différentes directions.
- D. B.
- LE PONT DE LU TOUR A LONDRES
- Tous ceux qui ont visite Londres ou, plus simplement, ont lu quelque récit d'excursion dans la grande ville, connaissent le légendaire London Bridge, le Pont de Londres; il n’y a certainement pas un point du globe où il se produise une circulation plus intense de voitures et de piétons, et l'on a cité souvent des ehilfres qui semblent fantastiques.' Mais le London Bridge n’avait pas cette seule gloire, il pouvait s’enorgueillir aussi d'être le premier pont que l'on rencontrât sur la Tamise en la remontant depuis la mer. Aujourd’hui, il n'en est plus de même, il existe un pont plus en aval que le Pont de Londres, et cela précisément par suite du mouvement si considérable qui se faisait par celui-ci : ce nouveau pont c’est le « Pont de la Tour », qui constitue une construction métallique et mécanique des plus remarquables et des plus curieuses.
- Voilà des siècles que le London Bridge résumait en lui les moyens de communication de la partie aval de la Tamise. Sans remonter aux traditions de l’époque romaine, on trouve mentionnée l’édification d’un pont en cet endroit, entre 995 et 1010, pont de bois qui fut successivement emporté par les inondations, puis rebâti et incendié; c’est en 1280 que, pour la première fois, il fut fait en pierre. Quant au pont actuel, il date de 1851. Ce qu’il y a de remarquable, c’est que, pendant bien longtemps, Londres se contenta d’un seul pool sur la Tamise : ce fut seulement en 1729 que l’on commença d’améliorer les communications. Le nouveau pont ([ue l’on construisit alors souleva une violente opposition; cependant les ouvrages se multiplièrent : vieux pont de Westminster, pont de Blackfriars, etc., sans compter les ponts de chemins de fer qui furent bâtis dans cette seconde moitié du siècle. Mais le Pont de Londres demeura toujours le pont le plus en aval; toutefois, on sentait vivement le besoin de communications [dus faciles d’une rive à l’autre du fleuve. Pour répondre à ce besoin, on terminait péniblement, en 1845, le tunnel conçu par l’illustre Brunei, par-dessous la Tamise, entre Wapping et Botherhithe; on se borna à en faire un passage ptfur piétons, mais la « East London Bailway Company » l'a acheté depuis vingt-cinq ans pour y faire passer ses trains.
- La question des communications au-dessous du Pont de Londres est devenue d’autant plus importante que l’on compte au moins 59 pour 100 de la population de Londres vivant à l’est du London Bridge, et que l’agglomération formée en ce point est équivalente à Manchester et Birmingham réunis. C'est pour cela que, en imitation du tunnel Brunei, on a établi le Tower Subwag, ou Passage souterrain de la Tour, formé d’un tube de fer partant de près de la Tour pour aboutir sur la rive du Surrey ; il ne peut servir qu’aux piétons, mais il en voit passer 1 million par an.
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- LA NATURE
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- Depuis 187b, ou pense à édifier un nouveau pont et c'est la laineuse corporation de la Lite de Londres <pii a pris l'affaire en main; on a songé immédiatement à un pont à bascule, un pont tournant devant être par trop encombrant. L'idéal était un pont qui, en s'ouvrant, laissât un grand passage aux navires et qui permit cependant la circulation continue des piétons : c'est ce qu’a imaginé railleur do la construction, M. John WoH'e Barry, qui a bien voulu nous donner des renseignements et d’excellentes photographies pour les lecteurs de La Nature.
- Les travaux lurent solennellement inaugurés le 21 juin 1880 ; il n'a fallu que huit ans pour les terminer, et le pont a été inauguré en grande pompe
- par la reine elle-même. L'établissement des piles a été particulièrement délicat en ce sens qu'on devait gêner aussi peu «pie possible la navigation.
- l’our faire comprendre la disposition générale de l'ouvrage, nous renverrons aux excellentes gravures qui accompagnent cet article. La ligure 1 montre le pont dans sa position normale. Nous ferons remarquer qu'il se compose de trois parties : sur chaque rive, est une petite tour donnant appui à un pont, métallique du type suspendu, qui s'accroche d'autre part à une tour plus haute construite dans le lit même du fleuve ; puis, entre les deux grandes tours, est établi le pont mobile eu are, composé de deux volées égales s'ouvrant par mouvement vertical. En
- Fig. I. — Le Font de la Tour à Londres. Vue d’ensemble. (D'après une photographie.)
- outre, on aperçoit une sorte de poutre horizontale qui réunit les deux grandes tours verS leur sommet : c'est la passerelle fixe par où pourront toujours passer les piétons quand le pont proprement dit sera ouvert.
- Les piles de ce pont sont, comme de raison, d'un type tout particulier : d’une part, elles doivent contenir la machinerie de manœuvre des deux volées mobiles, ainsi que la culasse de celles-ci et b* contrepoids qu’elles portent naturellement ; de plus elles ont à supporter les tours qui sont appelées a soutenir le poids et des travées fixes suspendues et de la passerelle supérieure. Leurs fondations de béton ont été, par suite, poussées profondément dans l'argile, et s’enfoncent à" ni mètres au-dessous du niveau de la chaussée du pont. Tes piles sont en grande partie
- évidées ; il y a d'abord une vaste cavité pour recevoir la culasse de la travée métallique et son contrepoids; deux autres, en amont et en aval respectivement, pour contenir les accumulateurs hydrauliques, deux vastes chambres pour les machines commandant l’ouverture du pont, enfin deux longs tunnels donnant passage au pivot horizontal sur lequel se fait la rotation des volées, et au pignon de commande.
- Notre figure 2 fait voiries volées mobiles s’ouvrant, et la figure o les montre quand elles sont ouvertes et que les lia féaux peuvent passer. Lorsque le passage des navires est ainsi établi, les piétons sont dans la possibilité de traverser le pont supérieur ; des ascenseurs peuvent les y conduire dans chaque tour de chaque coté du fleuve.
- Nous u'avons pas à expliquer
- soid dis-
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- posés les contrepoids : cela se comprend aisément. La culasse de chaque volée porte un quart do cercle métallique armé de dents : celles-ci engrènent avec
- le pignon mù hydrauliquement, qui, en tournant, peut entraîner la travée métallique dans la position à peu près verticale, ou au contraire la ramener
- Fi". 2. «— Fo PouI do la Tour s’ouvrant. (D'après une photographie.)
- à la position horizontale de fermeture du pont Sans pouvoir donner de détails qui scr:.i.r.t pour
- tant intéressants, notamment sur la construction des fondations des piles, nous ferons remarquer que
- Fig. 5. —- Le Pont do la Tour ouvert. (D’après une photographie.)
- les tours du pont ont été conçues dans un style se rapprochant' de celui de la Tour de Londres; d’ailleurs elles ne sont pas réellement en maçonnerie, elles eussent pesé trop ’ourd; leur charpente entière est en métal, mais recouvert en maçonneries minces ;
- ce squelette d’acier est très simple, affectant la forme quadrangulaire. Des rouleaux supportent au sommet les chaînes de suspension des points fixes et la passerelle supérieure; les quarts de cercle des travées mobiles sont cachés dans le pied des tours quand le
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- pont est fermé. La longueur totale du pont, avec ses culées, est de 286m,50; mais il a fallu faire des approches, partie en remblais, partie en viaducs, cou-liant notamment les "lacis et les fossés de la Tour de Londres. La longueur totale de l'ouvrage est ainsi portée à 80im,Cm; la pente la plus rapide sur les approches ne dépasse point 1/40, tandis que poulie London Bridge elle atteint 4/27, ce qui gène considérablement la circulation. La largeur du pont entre parapets est de 45m,25 sur la travée mobile et de 4 8'",50 partout ailleurs; quant aux longueurs respectives des différentes travées, elles sont de 60m,9o pour celle du milieu et de 82in,50 pour chacune des deux autres. La clef, ou du moins le point le plus élevé de Tare mobile, est à 9 mètres au-dessus des liantes mers; sous les travées suspendues il y a une hauteur libre variant entre 6m,09 et 8m,22. Complétons ces indications en ajoutant que la section libre sous l’ensemble du pont est de 4860 mètres carrés. (Juant, à la profondeur d’eau, entre les deux piles centrales, elle varie entre 40m,20 et 4 mètres. La passerelle supérieure pour piétons est à 4o mètres au-dessus du niveau de l’eau, et les volées mobiles se relèvent facilement sous elle.
- Si l’on songe que cet ouvrage n'a pas employé moins de 16 000 tonnes de fer et acier, 24 millions de briques, près de 20 000 tonnes de ciment, on comprendra bien quelle était l’énormilé de ce travail absolument grandiose, en même temps que son originalité. Daniel Dellet.
- NAVIRES A PROPULSION HYDRAULIQUE
- On a récemment construit et lancé dans les chantiers de MM. R. et II. (ireen, à Londres, un hate.au de sauvetage à vapeur qui réest mù ni par des roues ni par une hélice, mais par un système de propulsion hydraulique. Ce hateau, qui se nomme City of Glasgow, a été fait sur les plans de M. J. I/. Walson, ingénieur de constructions navales bien connu, et avec les fonds provenant d’uni* souscription publique recueillie à Glasgow même.
- En relisant un Mémoire des plus intéressants sur la navigation à grande vitesse présenté par M. Gaudry à la Société des Ingénieurs civils, on y trouverait mentionné le propulseur hydraulique préconisé en 1845 par le mécanicien Cavé : une colonne d’eau était icfoulée par une ouverture à l’arrière de la coque, et l’auteur annonçait que, prenant appui en dehors sur l’eau environnante, elle déterminerait par réaction la marche en avant du navire. Le fait est que Cavé til un essai entre Asnières et Neuillv, sur un bateau de 55 mètres pourvu d’une machine de 50 chevaux, les roues ayant été démontées et cette machine actionnant deux pompes refoulant la colonne d’eau. Le bateau prenait la mmlié de la vitesse de celte colonne, et Cavé se flattait d’obtenir une allure de 25 nœuds par heure avec une turbine de 10 mètres de diamètre, à raison de 00 tours par minute.
- Il y a une quinzaine d'années, le professeur allemand Fleischei' avait aussi poursuivi des expériences avec 17///-dromotor et constaté qu’on pouvait obtenir une vitesse de 9 nœuds. Plus laid, en 1800, le IV W. M. Jackson, de
- New-York, expérimentait un navire auquel il avait donné le nom de VEvolution, navire mesurant 52 mètres de longueur sur 7 mètres de largeur et calant lro,50 pour un déplacement de 110 tonneaux environ l’ne pompe \Yor-htmgton à vapeur de 1ra, 12 refoulait en ligne droite sur l’arrière un seul jet de 19 millimètres de diamètre, avec une vitesse de 180 mètres à la seconde. Le l)1' Jackson comptait obtenir une pression de 140 kilogrammes par centimètre carré à l’orilice ; mais avec son ouverture de 19 millimètres, il n’obtenait pas, en réalité, plus de 7 kilogrammes, malgré le jet d’une grande rigidité et d’une grande vitesse ; et la marche obtenue fut environ de 10 nœuds par heure, au lieu des 55 nœuds annoncés.
- Un ingénieur anglais, M. Alex. Vogelsang, a repris cette question de la propulsion hydraulique, et il l’envisage à un tout autre point de vue que MM. Jackson, Fleis-clier, Thornvcroft. Si nous nous reportons à une étude de sou système parue dans notre confrère l,; Sévi <phore, nous y trouvons les indications suivantes. Pour lui, en sa basant sur des expériences, il estime que la véritable puissance propulsive hydraulique est due à la réaction de la pression à l’orifice contre un point situé en dedans de la conduite d’eau et opposé à l’orifice. D’après lui, pour produire l’augmentation de pression dans les tuvaux et à l’orilice, il ne s’agit point de resserrer celui-ci; il faut obtenir la résistance nécessaire à l’eau refoulée grâce à la soudaineté et à la courte durée du contact de l’eau comprimée contre l’eau dans laquelle flotte le navire : cette soudaineté et cette courte durée seraient obtenues si l’on faisait tourner rapidement des ouvertures pour l’échappement, ouvertures passant devant l’extrémité du tuyau de décharge. L’eau extérieure, ne pouvant se mouvoir tout à coup, offre une énorme résistance sous les jets saccadés que conseille M. Vogelsang.
- On voit que la question est entrée en plein dans la pratique, d’autant plus que le Cilg of Glasgow n’est pas le seul hateau de sauvetage mù hydrauliquement. En effet, à la fin de l’année 1890, les chantiers Green lançaient un bateau de cette espèce, déplaçant 21 tonneaux, long de 15m,24, large de 5"',GG; cette embarcation, appelée Duke of Nortlmmberland, a été construite sur les plans de l’ingénieur Thornvcroft; elle a réalisé 8°,42 aux essais. La machine motrice est formée d’une turbine horizontale faisant 1000 tours à la minute et refoulant 1000 litres par seconde.
- (Juant au CHy of Glasgow, il est long de 4Gm,15, large de 4ra,88, avec un creux de lm,G7; il peut recevoir 50 à 40 passagers, tout en étant chargé de 4 tonnes de charbon et d’une demi-tonne d’eau douce pour sa machine, construite par Penn, de Greenwich. Cette machine, pesant 8 tonnes, a développé 180 chevaux aux essais, à 570 tours, et réalisé 8“,50; la chaudière fonctionne à tirage forcé. Nous passerons du reste sur quelques dispositions secondaires, comme des mesures de surchauffe, etc. 11 y a deux turbines, l’eau étant, aspirée sur chaque Lord parmi oriliee rectangulaire; le refoulement se fait de même de chaque coté, par une tubulure de 505 millimètres dirigée sur l’arrière, et par une autre de 228 sur l’avant : on peut de la sorte marcher aisément en avant ou en arrière. De plus, une disposition originale consiste en ce que le hateau, grâce à un refoulement d’eau par le travers, peut être mù latéralement, par exemple pour se maintenir à distance d'une épave.
- 11 paraît certain que la propulsion hydraulique peut rendre de grands services; M. Vogelsang l’estime supérieure à l’hélice.
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- zi;>
- L’EXPOSITION D’ANVERS
- Los expositions internationales se multiplient; on n'en compte [tas moins de quatre cette année : Lyon, Anvers, Vienne et Madrid. Cela rend la tâche des organisateurs Lien difficile. Les expositions sont laites en vue de l’instruction générale et dans un Lut de propagande industrielle; elles ne peuvent se maintenir que grâce au concours des constructeurs intéressés et ne présentent réellement d’intérêt pour le public intelligent que lorsque les organisateurs ont su y introduire quelque nouveauté, soit par les objets en eux-mêmes, soit par la façon dont l’ensemble est présenté. La multiplicité des expositions nuit à leur double but. Les progrès importants sont lents à se réaliser, les exposants et les visiteurs deviennent plus rares pour chacune d’elles et les dispositions générales se ressemblent forcément toutes un peu, en général.
- Anvers est un des premiers ports maritimes de l'Europe et le siège d’un mouvement commercial très actif; toutes les grandes puissances et les principales maisons de commerce, européennes ou américaines, y ont des intérêts engagés. Cette ville se trouve dans des conditions très favorables au succès d’une exposition internationale. Les organisateurs n’avaient pas à leur disposition un emplacement aussi commode que le Chainp-de-Mars, ni aussi vaste, il s’en faut, que Jackson Part où s’est tenue, l’année dernière, l’Exposition de Chicago; mais ils ont su tirer un parti avantageux de l’espace dont ils disposaient. Les terrains de l’Exposition se trouvent placés à l’extrémité du boulevard du Sud, non loin du port aux charbons. Les bâtiments et les jardins s’étendent sur plusieurs rues qu’ils traversent sur des ponts; ils comprennent le musée d’Anvers, si riche en œuvres artistiques des maîtres des siècles [tassés.
- L’entrée principale, qui rappelle dans son ensemble le dôme central de l’Exposition universelle de 1889, est d’un aspect assez heureux; nous la représentons ci-contre ligure 1. Elle est précédée d’une fontaine monumentale qu’on distingue au premier [dan de notre gravure.
- Cette entrée principale donne accès, comme l’indique le plan (fig. 2), dans les galeries des arts et manufactures où sont réunies toutes les expositions particulières autres que celles concernant les beaux-arts ou la mécanique et l’électricité, pour lesquels on a disposé des galeries particulières. La plupart des nations y ont exposé les produits de leur industrie. La France, bien que n’étant pas officiellement représentée, y occupe une place, importante; il en est de même dans la galerie des machines et de l'électricité, où l'on remarque principalement un grand nombre de moteurs à gaz et à pétrole. Ces derniers offrent un intérêt particulier en Belgique où le pétrole est à très bas prix; ils permettent d’établir des moteurs de faible puissance, d’une conduite
- facile et assez économiques. De nombreux modèles son! exposés et la plupart sont élablis pour fonctionner avec le pétrole ordinaire d’éclairage. Ces moteurs sont peu répandus en France en raison du prix troj) élevé du pétrole; ils pourraient y rendre de réels services.
- L’Etat libre du Congo occupe une, importante place, à part, au milieu des jardins, en face du musée. Des buttes du pays sont reconstituées en plein air auprès d’un petit lac; à l’intérieur du pavillon sont représentées les productions naturelles, brutes ou manufacturées, de ce continent mystérieux qui a coûté tant de peines et d'existences et qui commence à peine à se ressentir des efforts qu’on a faits pour le civiliser. Eue imprimerie conduite par des noirs fonctionne dans ce pavillon.
- Les jardins contiennent, en outre, les attractions diverses indispensables pour tenter le public qui ne viendrait pas seulement pour profiter des leçons do choses qui lui sont offertes. L’une d’entre elles mérite une mention particulière : c’est la reconstitution du Vieil Anvers dont nous parlerons un peu [dus loin; l’autre excitait l’attention : c’était le ballon dirigeable captif. Ce ballon devait partir de l’enceinte de l'Exposition pour aller, guidé par des cables métalliques aériens tendus horizontalement, jusqu’à la place Verte, sur un parcours de, 1 (100 mètres environ. L’auteur n’avait pas prévu l’importance des difficultés qu’il avait à vaincre. L'entreprise a complètement échoué.
- La reconstitution du Vieil Anvers fut décidée à la suite des l’êtes que donna en cette ville, au mois d’aoùt 1892, l’Académie d’archéologie de Belgique pour célébrer le cinquantième anniversaire de sa fondation. l‘eu de villes sont aussi intéressantes à reconstituer, avec leur aspect primitif, que cette vieille cité du Nord, où se firent sentir également l'in-lluence du caractère flamand et celle de la domination espagnole. Anvers fut, au moyen âge et au moment de la Renaissance, la commune la plus puissante après celle de Paris et peut-être, la plus florissante et la [dus riche. L’irrégularité et la fantaisie guidées par un goût artistique y régnaient en maîtresses souveraines ; certaines parties de la vieille ville existent encore, mais les plus pittoresques ont disparu par suite des exigences modernes. Napoléon et Guillaume Ier firent abattre les murs, les portes et les tours le long de l’Escaut; en 1880, la rectification du cours du fleuve et l’élargissement des quais ont entraîné la destruction des quartiers les [tins anciens de la ville.
- Grouper les [dus curieuses habitations privées et les plus artistiques édifices publics avec leur aspect primitif; y faire revivre les anciens métiers et les anciennes coutumes ; y célébrer les divertissements d’Anvers en fête au seizième siècle, avec les tournois, les danses, les représentations théâtrales, les joyeuses entrées des souverains, les cortèges annuels de l’ancienne ville, tel a été le but des organisateurs; ils y ont pleinement réussi.
- (In pénètre dans le Vieil Anvers par la porte de
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- LA NATURE.
- Kipdorp, (fig. b) une des plus anciennes de la ville et (pii fut détruite, vers 1800, avec les autres portes et remparts.
- L’aspect intérieur est Lien caractéristique, avec
- ses maisons aux [lignons en gradins, aux façades irrégulières, en bois ou en pierre, qui avancent fortement sur les rues; ses enseignes artistiques en fer forgé, ses habitants aux costumes anciens. L'habi-
- Fig. 1. — Entrée principale de l'Exposition d’Anvers. (D’après une photographie.)
- tude de faire avancer les étalages, les auvents et même les étages supérieurs des bâtiments sur les voies publiques était très répandue à Anvers aux siècles passés.
- Les propriétaires y trouvaient tout avantage et exagéraient même la note, s'il faut en croire un édit du quinzième siècle, défendant de faire avancer les auvents de [dus de 1 mètre et les ma i s o ns el 1 os-mêmes de plus de .‘>0 centimètres. On peut voir sur nos gravures quelques-unes de ces reconstitutions les plus curieuses. Nous donnons l’aspect de l’ancienne Rourse du Commerce (lig. -i). La chapelle de Saint-Nicolas, l'hospice fondé en LiU) près de cette chapelle par la corporation des Merciers
- à l'usage de ses membres indigents; une auberge dans le jardin de laquelle se trouve un tir à l’arc;
- 1 a m a i s o n d u Margrave qui date du seizième siècle; un théâtre semblable à ceux qui se dressaient dans les rues et sur les places à chaque entrée solennelle des souverains; le vieux presbytère de la paroisse Sainte-Walbruge, qui dalait du quinzième siècle; la maison des Eehe-vins, bâtie au commencem eut de la Renaissance; la Halle aux draps qui remonte au treizième siècle; l'ancien llotel de Ville; l'ancienne Rourse, construite en lolb, sont, après ceux (|ue nous venons de mentionner, les monuments les plus remarqués des visiteurs. Ils sont encadréspar des
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- LA N A T L lit
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- maisons di* particuliers |»réscntant un cachot caractéristique des différentes époques de l’architecture
- De
- eu pierre
- k puits à baldaquins en 1er forgé ou sculptée sont très remarquables; nous
- Fig. 3. — Porto do Kipdorp. Côté do la ville
- Fig. <4. — Reconstitution de la Bourse du Commerce.
- reproduisons Lun d’eux dans notre dernière gravure (tig. 5). Des calvaires devant lesquels brûlent des
- lampes perpétuellement entretenues par la piété des fidèles, comme on en voit encore beaucoup, du
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- reste, dans la ville même, complètent l'ensemble de cette reconstitution très artistique qui suffirait, à elle seule, pour attirer à l'Exposition d'Anvers de nombreux visiteurs. (L Delj.issier.
- LA STATISTIQUE A LA MACHINE
- En \ 890, arrivaient à Washington des fiches représentant 05 millions d'hommes, dominent se rendre compte de ce qu'il y avait dans cette montagne de papier? dominent en tirer une description complète du peuple américain?
- Pareil problème se pose à chaque instant aux statisticiens. On n'a fait qu’une bien faible partie du travail quand on a accumulé des matériaux. 11 faut ensuite en tirer parti. Pour cela, il fallait jusqu’à présent une armée d’employés occupés pendant des mois et des années à lire des bulletins, à les classer et à les pointer. Travail fastidieux s’il en fut, jamais, qui demande un temps énorme et par conséquent de très fortes sommes, et qui, pour offrir des garanties d’exactitude, doit être surveillé de près.
- En Amérique surtout , le travail de dépouillement du recensement est véritablement écrasant. Le densus américain est en effet incomparablement plus complet que celui des peuples d’Europe. De toutes les grandes nations de l’Europe, celle où cette opération est certainement le plus négligée est incontestablement la France, où les problèmes démographiques, — quoique plus poignants qu’en aucun autre pays — n'excitent, que peu l’intérêt du public. Au contraire, on peut dire qu’aucune nation du globe ne fait un recensement plus complet que les Etats-Unis.
- Ou mit, donc au concours le problème que nous formulions en tête, de cet article : trouver le moyen le plus rapide, le plus économique et 1e plus exact de tirer la vérité enfouie sous (>ô millions de fiches statistiques. Trois concurrents se présentèrent : les deux premiers ne faisaient qu’améliorer médiocrement les procédés connus; le troisième, M. Hollerith, faisait sa statistique à la machine. 11 mit 77 heures seulement à faire un travail que ses concurrents ne purent, exécuter qu’en 150 heures, et en outre son procédé fut reconnu moins sujet à l’erreur, d’est dire que son système fut adopté sans hésiter.
- Depuis, il fut adopté en Autriche où je l’ai vu fonctionner. 11 fut adopté aussi au Canada où l’on m’a déclaré qu’il avait rendu d’excellents services. Enfin, je l’ai vu fonctionner à Washington. Actuellement une machine Hollerith est à l’essai dans les bureaux de la statistique municipale de Paris, 1, avenue Victoria.
- Voici sur quels principes est fondée cette machine :
- Tout d’abord il faut copier les fiches statistiques de façon qu'elles puissent être lues par la machine. Le système de lecture est celui qu'a inventé l’immortel lyonnais Jacquard On imprime sur une carte (eu caractères abrégés) toutes les réponses possibles
- aux questions posées; puis on perce un trou au niveau des réponses affirmatives. La figure I montre par exemple une partie de la carte qui a été imprimée pour traduire en trous un bulletin de statistique de naissance; la figure 2 représente la même portion de carte après qu’on y a percé les trous indiquant qu’il s’agit d’un enfant né vivant après huit mois de gestation seulement, du sexe masculin, illégitime, reconnu par son père aussitôt après la naissance, né en février dans le Ve arrondissement, quartier de la Sorbonne, d’un père âgé de trente, ans, exerçant la profession de cocher, et
- St Nv 9 15 A dm -25 45 -15 35 +25 +20
- Ot Oc 10 16 "b hp 2 5 50 15 40 +15 +10
- 1 S 11 17 C au 30 55 20 45 + 5 +1
- 2 6 1? 18 D sf 35 60+ 25 50 0 -1
- 3 J 13 19 pr 40 X 30 X -5 -10
- 4 8 14 20 al M -15 -20
- NR Res 9 Ou Lm Pa P -25 X
- Fi}?. 1. — l'oi'lion d'une carte imprimée avant les perforations.
- d’une mère figée de vingt, ans, primipare, accouchée dans un hôpital avec l’assistance d’un médecin. Tout, cela est écrit sur notre carte, et écrit en trous, de telle façon que la machine puisse le lire aussi facilement et, beaucoup plus rapidement que vous ne pourriez le faire vousmème.
- Pour percer ces trous, on se sert d’une machine
- St Nv 9 15 A dm -25 45 -15 35 +25 +20
- Ot De 10 16 B • 25 50 15 40 +15 C
- 1 • 11 11 C au • 55 m 45 +5 + 1
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- 3 7 13 19 pr 40 X 30 X -5 -10
- 4 8 14 20 al M -15 -20
- NR Res 9 • Im Pa P -25 X
- Fi< r. 2. - i r — La même carte avec, ses trous £jAÏQHitiV Sa
- indiques par des cercles teintés.
- que représente notre figure 5 (p.220).Une ta hleTT' est percée de tous les trous que l’on peut pratiquer sur la carte; près de chacun d’eux est inscrite une des abréviations cabalistiques qui sont imprimées sur les cartes elles-mêmes, et cela dans le même ordre, de façon que, par exemple, le premier trou de l’angle gauche supérieur est accompagné de la formule VI (né vivant); le second trou de la première rangée, de la formule M (masculin) et, ainsi de suite. Ouant à la carte qu'on veut perforer, on l’a glissée dans 1»' cadre C(7. Si l’on veut percer le trou signifiant que l’enfant est, né vivant, on saisit la poignée M, et on
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- L A NAT mu:.
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- enfonce la pointe P dans le premier trou (à partir du gauche) de la première rangée. Par là, on abaisse le levier ML au milieu duquel se trouve un emporte-pièce E qui perce la carte à l'endroit, voulu.
- Voici maintenant comment la machine Hollerith lit les trous que l'on a ainsi percés.
- Cette machine dans son ensemble est représentée par la ligure 5 (n° I). Elle ressemble a:.sez par ses dimensions à un piano droit. L’opérateur s’assied devant ce meuble et il introduit ses cartes percées sous la presse P qui en constitue la partie essentielle. Cette presse est représentée avec plus de détail dans le coin supérieur droit de la ligure 5 (n° 2.)
- Son plateau inférieur, qui est lixe, est percé d’autant de godets qu’il y a de trous possibles dans la carte perforée. Pans chacun de ces godets est une goutte de mercure; chacun d’eux communique avec une pile. Le plateau supérieur, qui est mobile, est hérissé sur sa face inférieure d’autant d’aiguilles qu’il y a de godets sur le plateau inférieur. Chacune de ces aiguilles est montée sur un petit ressort à boudin dans laquelle elle peut rentrer si elle est poussée. (L’une de ces aiguilles est représentée à part, avec détail sur notre ligure 5.) Toutes ces aiguilles sont reliées à la pile électrique.
- On introduit la carte statistique entre les deux plateaux de la presse (entre A et (!), et l’on abaisse sur elle le plateau supérieur. Voici alors ce (pii se passe. Partout où il n’y a pas de trou percé, l’aiguille correspondante du plateau supérieur est arretée; elle rentre alors dans le petit ressort à boudin et il ne se [tasse rien de particulier. Mais lorsqu’il y a un trou au niveau de l’aiguille, celle-ci traverse ce trou, vient baigner dans b* godet de mercure et le courant électrique est fermé. Ce courant actionne l’aiguille de l'un des cadrans que l'on voit représentés (lig. 5 (n'1 1) en d, et, lui fait marquer une unité.
- L’utilité de la machine Hollerith serait bien restreinte si elle se bornait à la besogne que nous venons de décrire. Il ne nous suffit [tas de savoir combien il y a do naissances masculines, combien il y en a d’illégitimes, combien il y en a d'issues de mères de vingt ans, etc. Il faut, surtout, combiner (Mitre eux ces divers renseignements, il faut savoir, par exemple, combien de naissances de chaque sexe et de chaque état civil sont issues de mères de chaque âge. C'est en combinant ainsi les renseignements les uns avec les autres que l’on arrive à des résultats intéressants.
- Ces conqttes compliqués, lorsqu'on les exécute par la méthode ordinaire, sont très longs à établir. Par la machine Hollerith, ils se font mécaniquement presque sans aucun supplément de travail. C’est ce qui fait sa supériorité.
- Elle y parvient par le système des relais dont voici l’explication :
- lin relais (fig. 5, n° o) se compost1 d’une petite bobine encadrée par (rois pièces métalliques dont chat une forme comme l'un des trois traits d’un II grec; les deux jambages du II sont figurés par deux
- petites colonnes métalliques à l'axe de la bobine, tandis que le, trait transversal du II est figuré par une petite barre de fer doux qui louche l’extrémité d'une de ces colonnes, mais qui est maintenu légèrement éloignée de l'extrémité de l’autre (adonne au moyeu d'un petit ressort très doux ; si un courant électrique vient animer la bobine, celte petite barre de fer est attirée, malgré la faible résistance du ressort, et le 11 se trouve alors (mais seulement alors) parfaitement formé.
- Supposons ([lie nous voulions savoir combien d’enfants de chaque sexe ont été mis au monde par des femmes de chaque Age (celles-ci groupées en S groupes * Pages), nous dirigeons (voy. le diagramme lig. 4) le /il partant, du godet correspondant au sexe masculin, vers une série de S bobines H, H, IL.. De menu1, le fil provenant du godet correspondant au sexe féminin vient animer une série de bobines IP HT/... D’autre part les /ils des 8 godets correspondant à chacun dos groupes d’Age seront dirigés chacun vers la première colonne métallique de l’un des relais de la série animée par le fil correspondant au sexe masculin. De là, ce lil sera dirigé vers la première colonne métallique d’un relais de la série animée par le fil correspondant au sexe féminin.
- Supposons que l’enfant soit du sexe féminin et issu d’une mère Agée de vingt à vingt-quatre ans. Les relais animés par le fil partant du godet du sexe féminin seront tous fermés; d’autre part un courant partant du godet correspondant à l’Age de vingt à vingt-quatre ans, se dirigera vers le relais correspondant de la série animée par le lil du sexe masculin B,H,IL. .; ces relais restant ouverts, il sera impossible au courant de passer de la première à la deuxième colonne du relais. Ce courant se dirigera donc vers un relais de la série féminine; ce ridais sera fermé et le courant [tassera de la première vers la deuxième colonne. De là il pourra être dirigé vers un cadran qui sera affecté aux enfants, féminins nés d'une mère de vingt à vingt-quatre ans.
- Mais nous pouvons être plus exigeants et nous pouvons désirer savoir combien, parmi ce s enfants, sont légitimes et combien sont illégitimes. Bien de [dus aisé que de le savoir.
- H suffira d’instituer deux nouvelles séries de ridais, l’une animée par un fil partant du godet des légitimes, l’autre animée par un til partant, du godet des illégitimes. Les tils s’y rendront avant de se diriger vers les compteurs (ceux-ci deux fois plus nombreux que dans le cas précédent).
- 11 est facile de voir que celle méthode permet les combinaisons les [dus variées. On n’est limité que par le nombre des relais et des cadrans, c’est-à-dire que par une question de place et d'argent. Bien que pour l’enquête que nous venons de supposer, il faut 52 cadrans et 48 relais. Or les machines Hollerith comptent, soit 40, soit 70 cadrans.
- Si l’on veut, descompt.es plus compliqués, on peut les obtenir sans difficulté, mais il faut remettre les cartes sous presse une seconde fois. A Vienne les
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- cartes sont remises jusqu’à quatre ibis sous presse.
- Pendant chacune de ces opérations, on prépare l’opération suivante au moyen du sorlinçj box, meuble dont nous donnons la représentation figure 5 dans la partie droite de la gravure n° 1, et figure C> pour en mieux montrer le détail. Il a pour but la classification des cartes statistiques. Il se compose d'une série de boîtes dont le couvercle est actionné par une petite bobine (dont on voit le détail n° 2 de la figure b).
- Si l’on veut, pat* exemple, faire une recherche d'après l’arrondi s se me n t où habitent les parents de l’cnl'ant, on mettra chacune des boîtes du sorl-in() box en rapport avec le fil correspondant au godet de chaque arrondissement ; la boîte du Ve arrondissement, par exemple, s'ouvrira chaque fois qu’il y aura contact dans le godet de cet arrondissement. A la lin de l’opération, on aura donc dans chaque boîte un paquet de cartes ne contenant que celles d'un des arrondissements de Paris; lorsqu’on remettra sous presse l'un de ces paquets, on saura que les compteurs ne donnent que les résultats concernant cet arrondissement.
- Lu résumé, la machine Hollerith exige: l°que l'on perce les trous qui doivent rendre les bulletins statistiques lisibles pour la machine. Cette première opération exige environ 1 berna'pour 100 bulletins ou I heure pour oOO selon le nombre de renseignements demandés sur le bulletin. Dans les cas les plus ordi liai res (dix ou douze quesl ions) c’est h1 premier de ces deux chitfres qui est exact; 2U que l’on mette les cartes ainsi perforées sous presse. Cette seconde opération exige I heure pour 1000 ou 1200 bulletins selon le degré d’adresse de l’opérateur, et sur-
- tout selon le nombre de fois qu’il faut interrompre le travail pour lire les résultats inscrits sur les compteurs. Au Census office américain, 81 employés et emplovées (les femmes exercent au moins aussi souvent que les hommes les fonctions d’employées) travaillant 0 heures et demie par jour, ont mis sous
- presse hbO ô 10 cartes par jour, soit (‘>K()8 chacun, soit un peu plus de 1000 par heure. Ces chillres ressemblent beaucoup à ceux qui m’ont été donnés en Autriche Ils sont <jneI(piefoi s dépassés de beaucoup par des employées exception-Quelques-manipulenl jusqu’à 2000 et même bOOO caries par heure; les femmes surtout se distinguent dans ce travail de prestidigitation.
- La machine Hollerith peut servir à autre chose encore qu'à compter dus unités. Lite peut aussi additionner les valeurs qui sont portées sur les bulletins
- de statistique ; par là elle se prête aux statistiques commerciales et financières. C'est pour cet usage qu'elle est actuellement l’essai à lîerlin dans la statistique <1 us douanes allemandes; chaque colis qui pénètre de l'Allemagne ou en sort est représenté par un bulletin portant le lieu de départ ('t le lieu d’arrivée du colis, la nature des marchandises qu'il contient, etc.; voilà des renseignements que la machine Hollerith, tulle que nous 1 avons décrite, peut facilement enregistrer et compter; mais en outre chaque bulletin porte lu poids du colis et sa valeur pécuniaire. I ne modilicalion apportée à la machine (mais il serait trop long de la décrire ici) permet facilement d’additionner aussi ces deux ordres de renseignements.
- 15-19 20 24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-00
- Maso. F;m.
- 05-19,
- ,25-29,
- ri:;. 1.— Diagramme explicatif montrant i’;i|>|>1 i<-ation Iu principe des relais à la marliiim à compter llotlcrilli.
- Dos petites spirales marquées en 15.15... et liTé... ne doivent pas si' terminer par une petite pointe on l'air (comme on le voit encore en 15’,l»') mais celle petite pointe doit revenir sur elle-même.
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- LA AA T ni K.
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- Tris sont, trrs sominaiivinrnt rerils, 1rs |irinri|H*s ilr lrs(jiH'ls repose la rrinanjuahlr machine Hol-
- lerilh, appelée par so;i auteur labitlaliny Hifalem Letle machin • peul Tlrr Iras peiTeelionncc. L’ap*
- Fig. 5. — Vue d’ensemble de lu machine à combler (machine Hollerith). La presse 1‘ est représentée avec plus de détails dans le n" 2.
- pareil à percer les bulletins ressemble aux machines | sans supplément de travail. C’est là son plus grand
- .à é e rire t c lies qu’on les construisait autrefois; il pourrait, avec avantage, ressembler à celles que Cou construit aujourd'hui. Kutiu le travai. qui consiste à prendre une carte, à la poser entre les deux [daleaux (plateau des godets, plateau des aiguilles), et à la glisser ensuite dans une des boites du soiiing box est iln travail purement machinal qui devrait par conséquent, être exécuté par la machine elle-même.
- Fi <;. G. — Dr Ci il du Sorling-box (dont on voit l'ensemble figure >). 1, ’s couvririez (dont Je troisième est soulevé) sont actionnés par de petites bobines dont l’une est représentée avec détail n° 2. L'appareil posé sur le meuble dans la partie supérieure gauchi' de la ligure, sert à mettre le sorling-box en rapport avec la machine. H n’a pas paru utile de décrire celle jiarlie de l'appareil.
- mérite. C'est pour cela qu'apres avoir été adoptée en Amérique, elle l’a été au Canada, et rend les plus grands services à ceux qui dirigent les travaux de la statistique dans la Aouveau-Mo mie. C Europe n'a pas lardé à employer le nouveau système. Le premier pays qui l’ait adopté de ce côté de l'Atlantique, est l'Autriche. Actuellement même, la machine Hollerith est mise à Cessai à Home, dans les bureaux de la sta-
- Tclle qu'elle est cependant, la machine Hollerith a le ortuid avantage de donner au statisticien les résultats les plus variés et les [dus analytiques presque
- lislique générale d’Italie; à lîerlin, dans les bureaux de la statistique des douanes, et à Caris dans les bureaux de la statistique de la ville de Caris. Vous
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- croyons (|iic ce mnurquuble système est appelé à prendre un grand développement.
- Jacques Bertillon.
- UN NOUVEAU GAZ
- DANS i/àIR ATMOSPHÉRIQUE
- Une importante communication a été laite à la British Association dans sa récente session tenue à Oxford, par lord Rayleigh conjointement avec M. le professeur Ramsay ; (*lle. est relative a la composition de l’air atmosphérique. hn attendant des détails plus complets et sans donner d appréciation au sujet de cette communication, nous en publions ici la substance. Depuis plusieurs années, lord Rayleigh détermine la densité exacte de différents gaz, et Ton sait déjà que les résultats obtenus avec l’azote fournissaient des différences s’élevant à près de 1 /2 pour 100, suivant que le gaz était obtenu par action chimique ou puisé dans l’atmosphère. Cette observation, jointe à quelques autres, a appelé l’attention des expérimentateurs et ils ont réussi à isoler de l’azote atmosphérique, par deux procédés distincts, une seconde substance inerte plus dense que l’azote chimiquement pur.
- La première méthode est celle employée par Cavendish, pour démontrer la composition de l’acide azotique. L’air mélangé à l’oxygène est soumis à des étincelles électriques en présence d’un alcali jusqu’à ce qu’il ne se produise plus de contraction. L’oxygène en excès est alors absorbé par du pvrogallol. Le gaz restant n’est pas de l’azote, si l’on s’en rapporte aux caractères de l'analyse et à l’aspect de son spectre. Une seconde méthode fournissant des quantités plus grandes du nouveau gaz, consiste à absorber de l'air désoxygéné en le faisant traverser du magnésium chauffé. Eu continuant l’opération, la densité ilu résidu s’élève peu à peu et atteint finalement 1,1109. À ce moment, l’absorption semble avoir atteint sa limite, et la quantité du nouveau gaz obtenue s’élève à environ 1 pour 100 de celle de l’azote atmosphérique ainsi traité. Le gaz ainsi préparé et mélangé à l’oxygène ne subit aucune contraction sous l'influence de l’étincelle électrique, ce qui indique qu’il ne produit aucune combinaison. Nulle liquéfaction n’a lieu lorsque le nouveau gaz est comprimé aux températures ordinaires.
- Cette communication a été très écoutée par la section B de l’Association Britannique.
- Cette découverte emprunte un caractère tout particulier à son origine, car elle est le résultat de l’application de l’analyse quantitative exacte à la détermination de la constitution chimique des corps qui constituent notre planète. Nous attendons le Mémoire de Lord Rayleigh et de M. le professeur Ramsay pour apprécier la valeur de ces recherches que, nous nous bornons à analvser aujourd’hui.
- Nous ajouterons que, pour M. le professeur Dewar, ce nouveau gaz ne serait pas un nouvel élément, comme on l’avait tout d’abord supposé, mais une forme allotropique de l’azote, ayant avec l’azote les mêmes rapports que l’ozone avec l’oxygène. Mais l’ozone est un élément plus actif que l’oxygène, tandis que le nouveau gaz est, au contraire, beaucoup plus inerte, beaucoup plus chimiquement inactif que l’azote. Pour répondre à cette objection, M. Dewar fait observer que le phosphore, le corps le plus voisin de l’azote, est moins actif sous la forme de phosphore rouge que sous celle de phosphore jaune. Cette analogie peut satisfaire un chimiste, mais elle paraît insuffisante à un physicien pour conclure (D’après Nalure, de Londres.)
- CHRONIQUE
- Un ballon en fcn. — A l’occasion de la kermesse de La Hestre, en Rolgique, M. Adolphe Renys, aéronaute, avait organisé, le 1!) août, une l’été aérostatique avec son ballon VAurore. Malgré le mauvais temps, l’ascension se fit dans de très bonnes conditions, et à ;V‘55 le ballon s’éleva dans les airs, emportant, outre le capitaine Renys et son lieutenant Edmond Ruyk, trois passagers, M. et Mme J. Bauthière et M. Mahy. A 7 heures du soir, descendant sur la terre, les aéronautes se préparaient à l’alter-rissage et une belle prairie avait été choisie; mais le ballon entra à nouveau dans les nuages, très épais, et l’endroit choisi fut dépassé. Quelques minutes suffirent toutefois pour traverser ce nuage; au-dessous s’étendaient de belles plaines; un premier coup de soupape fut donné. Mais le vent étant extrêmement violent, la nacelle toucha terre et le ballon fut entraîné par la rafale; l’.tncre mordit cependant et le traînage qui commençait fut arrêté. Des paysans accoururent et s’emparèrent de la nacelle, et les aéronautes se mirent en devoir de dégonfler entièrement le ballon. Il avait été bien recommandé aux personnes présentes de ne pas fumer. Cette recommandation paraissait avoir été écoutée, lorsque, tout à coup, il était 7h10, une immense gerbe de feu s’éleva dans les airs, répandant aux alentours une énorme chaleur. Le lieutenant Ruyk, qui se trouvait à la soupape, fut projeté à terri', comme s’il eût reçu une décharge électrique. Tout le monde s’enfuit épouvanté. Mais le capitaine ne perdit pas la tète : bravement, il s’élança sur le ballon embrasé et essaya d’étouffer les flammes; il parvint enfin à circonscrire les progrès du feu en tordant l'étoffe non attaquée et coupant ainsi toute retraite aux flammes. A 8h45, après s’être assuré que tout danger était écarté, les voyageurs quittèrent Forville, près de Namur, lieu de descente, à 80 kilomètres du point de départ. On ignore encore si le sinistre est dù à la malveillance ou s’il s’agit d’un simple accident.
- Résultats dacxpérirnccs sur un moteur à vapeur actionnant directement une dynamo. —
- M. Kennedy, ingénieur civil, a fait récemment à Clasgow quelques expériences, dont les résultats sont intéressants, sur une machine à vapeur compound Williams actionnant directement une machine dynamo Siemens. Les expériences ont été effectuées pour la puissance maxima et pour des puissances égales à 75,50 et 25 pour J 00 de la puissance maxima. Dans la première expérience, à la pression de 9kg,75 par centimètre carré, à la vitesse angulaire de 546 tours par minute, la puissance indiquée aux cylindres de la machine à vapeur a été de 545 chevaux, la puissance électrique utile aux bornes de la dynamo, de 502 chevaux (1000 ampères et 225 volts). La dépense de vapeur a été de 10kg,8 de vapeur par cheval-heure électrique utile. Le rendement industriel de l'ensemble, ou rapport de la puissance utile aux bornes de la dynamo à la puissance indiquée, a été de 88 pour 100. Pour une charge égale à 75 pour 100 de la charge maxima, la pression était de 7kg,84 par centimètre carré, la vitesse angulaire de 547 tours par minute, la puissance indiquée de 262 chevaux, la puissance utile de 225 chevaux, la dépense de vapeur de 12kg,5 par cheval-heure utile et le rendement industriel de 85,1 pour 100. Dans les conditions de puissance égale à 50 et 25 pour 100 de la puissance maxima, les résultats étaient respectivement les suivants : pression de la vapeur 0kg, 16 et 5kg,92 par
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- centimètre carré; vitesse angulaire 544 et 545 tours par inimité; puissance indiquée 197 et 112 chevaux; puissance utile 155 et 71 chevaux; dépense de vapeur 14ke,4 et 2lkE,8 par cheval-heure utile; rendement industriel 78,8 et (15,4 pour 100. Ces résultats sont des plus satisfaisants, surtout en ce qui concerne le rendement industriel obtenu à quart de charge. J. L.
- Itilisation «les marcs «le vendange. —
- M. A. Müntz, professeur à l'Institut national agronomique, vient de faire au Ministère de l'Agriculture un intéressant rapport sur l’utilisation des marcs de vendange pour l'alimentation du bétail, dans les années où il y a disette de fourrage. Le savant professeur a constaté que les marcs sortant du pressoir, après avoir été parfaitement épuisés, peuvent, après avoir été ensilés et mélangés à 1,5 pour 100 de leur poids de sel dénaturé avec des tourteaux et par conséquent dégrevé des droits de régie, servir encore à l'alimentation du bétail. Ces marcs ainsi traités ont servi à nourrir un troupeau de brebis de 200 tetes. lieux kilogrammes de ces marcs peuvent remplacer un kilogramme de foin et rendent, par conséquent, de très réels services. Un autre essai a été fait dans b; Médoc avec des marcs épuisés, puis ensilés, mais non additionnés de sel, qui ont servi également à nourrir, pendant le courant de l’hiver, les bœufs de labour. On leur distribuait 0 à 8 kilogrammes de marc par (etc et par jour, en remplacement de la moitié de ce poids de foin. Les premiers jours, certains animaux acceptaient diflicilement celle nourriture ; peu à peu il s’v sont habitués, surtout lorsqu’on y mélangeait quelques poignées de son. On a pu faire consommer intégralement tous ces marcs, économisant ainsi 0 000 kilogrammes de foin de prairie, dont le prix, dans le Médoc, s'était élevé jusqu’à 10 et 18 francs les 100 kilogrammes. Ici encore, les marcs ont été une ressource précieuse dans cette année de disette de fourrages.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du ‘27 août 1894. — Présidence de M. Lœwy.
- La prochaine réunion de l'Association (jéodésique internationale. — M. Fave, le Nestor de l’astronomie, que les suffrages des membres de l’Association géodésique internationale ont appelé à la présidence de cette institution, communique à l’Académie des sciences le désir exprimé par les académies d’Autriche et d’Allemagne, celles de Vienne, Munich, Goltingen et Jnspruck, de voir la délégation française, au prochain Congrès, s’augmenter d’un membre spécialement adonné à l’étude de la géologie. Ce Congrès aura lieu le 5 septembre à Inspruck; la France y sera représentée par MM. Faye, Tisserand, Bouquet de la Grye. L’impulsion considérable donnée aux recherches sur l'intensité de la pesanteur par les travaux de M. Ster-neck en Autriche et de M. le commandant Defforgcs en France, a eu pour conséquence de créer des points de contact nouveaux entre la géodésie et la géologie ; telle est la raison qui a dicté le vœu des corps savants d’Allemagne. Le pendule est bien en effet, dit M. Faye, l’instrument gcognoslique par excellence, puisque seul parmi tous les appareils de physique, il donne des indications sur les anomalies de densité ou d’épaisseur de la croûte terrestre. L'absence de tous les géologues appartenant à l’Institut ne permettra pas, cette année, l’envoi de ce délégué supplémentaire.
- Photographie des figures d'équilibre de la chaînette.
- M. Marev a eu l'idée d’appliquer la photographie ins-
- tantanée à l’étude des ligures successives offertes par une chaînette suspendue par une de ses extrémités et par un de ses points situé au tiers de sa longueur, lorsque l'on fait disparaître ce dernier point d’attache. Dans la position initiale, le grand segment de la chaînette compris entre les deux points fixes présente l’aspect d’une courbe tournant sa concavité vers le haut, tandis que le petit segment pend verticalement au-dessous du deuxième point d’appui. Lorsque ce point d’appui disparaît, ce petit segment tombe verticalement et se raccourcit peu à peu, jusqu’à n’étre plus qu’un point. Pendant et; temps, la courbure du grand segment se modifie et la chaînette arrive à n’étre plus qu'un ruban élastique ordinaire lorsque le petit segment se réduit à un point. Elle continue son oscillation pendulaire, passe par la verticale en se confondant avec elle, puis la dépasse et présente alors une boucle qui persiste jusqu’à la fin de l’oscillation. M. Marev s’esl adressé aux mathématiciens les plus connus, MM. Ap-pell, Léaulé, dans le but de contrôler par l’expérience le résultat de l’analyse appliquée à cette question. L’opinion qui semble régner chez les mathématiciens, c’est que ce problème présente des difficultés insurmontables. Quoi qu'il en soit, les photographies successives prises par M. Marev à des intervalles équidistants, sont intéressantes quand même, elles ne devraient pas contribuer à la solution théorique du problème.
- L'atmosphère solaire. — M. Ileslandres a étudié les mouvements généraux de l’atmosphère solaire au moyen des propriétés spectrales de cette atmosphère. Il signale l’existence de deux grands courants généraux analogues aux alizés terrestres.
- Varia. — M. le Ministre des affaires étrangères adresse un numéro d’un journal anglais imprimé au Japon « le Japan )) dans lequel se trouvent des renseignements les plus circonstanciés sur le tremblement de terre ressenti dans ce pays le 20 juin 1894. Cet article sera examiné ; un extrait contenant toutes les circonstances pouvant intéresser la géologie, figurera aux comptes rendus. Cji. de Yiliædeuil.
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- BALANCE DE PRÉCISION
- QUE l'on peut fabriquer soi-mème
- Nous allons faire connaître à nos lecteurs le moyen de construire soi-mème une balance de précision et sa série de poids1.
- Comme le montre notre dessin (tig. 1), le support de la balance est constitué par un tlacon plat, en verre, de 20 centimètres environ de hauteur, ayant la forme et la dimension adoptées pour quelques spécialités pharmaceutiques (liqueur de goudron, sirops divers). La seule condition qu’il doive remplir est d’avoir les bords du goulot assez plats, d’une largeur de 5 à 5 millimètres. Avec une lime triangulaire affûtée à son extrémité de manière à présenter la pointe bien nette d’une pyramide triangulaire, nous faisons sur un diamètre perpendiculaire aux côtés plats (fig. o), une petite cavité (a) et un petit, sillon (b) .Pour faciliter l’opération, la pointe de la lime doit toujours être mouillée d’une dissolution de camphre dans de l’essence de térébenthine.
- 1 Yov. articles Balances sans poids, sans fléau, etc. Table des matières des dix premières années.
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- LA NATURE.
- Notre fléau sera constitué par une aiguille à tricoter désignée dans le commerce sous le « n° 9/0 ». Les [jointes de deux aiguilles à coudre n° 9 forment l’axe de suspension de ce fléau. Les points de suspension des plateaux sont formés par les clins de, deux aiguilles à coudre u° 4. Pour mettre notre fléau en équilibre stable, nous passerons dans le bouchon du milieu une aiguille à tricoter « nu 1/0 » ; ee sera l’aiguille indicatrice des oscillations.
- Posons notre fléau sur le bord du flacon, en avant soin de placer la pointe d’une des deux aiguilles supports sur la petite cavité a et faisons glisser l'autre jusqu'à ce qu’elle remontre le [»etit sillon b. Le fléau pourra dès lors osciller : nous n’aurons [tins qu'à l'ajuster, ce qu’on obtiendra aisément en faisant glisser les [joints de suspension.
- Les plateaux sont en carton léger et ont la forme de deux cènes aplatis. Quant aux lils de suspension (lils de soie ou de 1er très lin), il vaut mieux les suspendre à deux petits crochets en iil de fer qui [lassent dans les chas des aiguilles. Lu petit lil [lassé dans ces memes chas et tenu tendu nous permettra de vérifier si les points de suspension sont dans le même plan que l’axe d’appui.
- Lu dernier bouchon placé sur l'extrémité supérieure de l’aiguille indicatrice nous permettra de donner [dus ou moins de sensibilité à notre balance.
- Pour observer les oscillations, nous établirons notre zéro par deux traits marqués sur les faces avant et arrière du flacon, avec la lime dont nous nous sommes déjà servi.
- Eulin, au cas où notre modeste appareil voudrait envier à ses grands frères des laboratoires leur luxe de enivre poli et d'acier brillant, il sera muni d’un léger accessoire qui lui permettra d’établir sa supériorité. Collons, en effet, de chaque coté de l’aiguille indicatrice et dans un [dan passant par l’axe d’appui, deux petites bandes de papier assez étroites [jour passer avec une légère déformation par le goulot du flacon et nous aurons un système amortisseur excellent qui facilitera les pesées en permettant au fléau d’arriver plus vite à la position d’équilibre sans nuire beaucoup à la sensibilité.
- Pour construire nos poids, nous prenons comme [inids étalon celui d’une pièce de 20 francs préala-
- blement lavée à l'alcool et d’un millésime assez récent. Au surplus, nous faisons équilibre avec du sable successivement à trois pièces différentes et nous prenons celle qui présente un poids moyen; la pièce [lésant (»«r,4i>2 avec une tolérance de 2 milligrammes, nous aurons une approximation suffisante.
- Cela fait, sans loucher à la tare de sable fin, qui fait équilibre à la pièce de poids moyen, nous substituons à cette pièce du fil de fer galvanisé ou du fil de laiton très fin (du n° 28, par exemple, ayant, 0mm,22 de diamètre). Nous trouvons qu'il faut 21111,77(» de ce lil [jour avoir le meme poids que la pièce d'or. 1 gramme sera donc représenté par 5'",575 et nous pourrons, par suite, faire toute notre série en dessus et en dessous d’un gramme, à la condition de mesurer bien exactement nos longueurs. Pour atteindre ce résultat, nous conseillons de piquer sur une planchette d'un peu [dus
- de I mètre de lon-gueur (fig. 2), deux lames de canif, les tranchants en dehors de manière à avoir 1 mètre très exactement entre les deux arêtes extérieures des tranchants. Enfin, nous faisons toutes les opérations en double et nous contrôlons les résultats : nous voyons ainsi si la somme des poids partiels donne le poids total.Quand nous aurons la série des déei-grammes 0,5 —- 0,2 — 0,2 —0,1, nous voyons si tous réunis font équilibre à notre gramme.
- Les petites longueurs se coupent très exactement en passant un double décimètre à dessin sous le fil tendu et en coupant avec un canif aux poinls voulus.
- Pour distinguer nos poids, nous enroulons les grammes en petites couronnes que nous aplatissons.; les décigrammes seront enroulés en couronnes de lcni,5 environ de diamètre, les centigrammes en couronnes de 5 à 0 millimètres. Quant aux fils «pii représentent les milligrammes, ils seront laissés dans toute leur longueur.
- En procédant avec soin, on arrive à construire une balance pouvant peser 50 grammes avec l'approximation d'un milligramme, c’est-à-dire ayant une sensibilité de 1/50 000. K faux Fabonket,
- ingénieur.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier. Paris — Imprimerie Laliure. rue de Flcurus. M
- Fig. 1, 2 el 3. — Balance de précision que l'on peut l'aire soi-même.
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- N° 1110. — 8 SEPTEMBRE 1894.
- LA A AT LUE.
- LE MENHIR DU BOIS DE CLAMART
- Paris et le département de la Seine ont été très habités par l’homme dès les époijues préhistoriques. Les sablières de Levallois, de Grenelle, même ont iburni un grand nombre d’instruments en silex des époques les plus anciennes.
- Les dragages de la Seine ont livré une industrie remarq u a h 1 e comme instruments en pierre, en corne ou en os, d’époque néolithique en général. Enfin les monuments rné-g a I i t h i q u e s n’étaient pas rares jadis dans Paris même ou dans scs environs immédiats. C’est ainsi que la rue Pierre-Levée devait son nom à un dolmen qui y lut découvert en 1782. Le lieu dit la Haute-Borne, rue de Ménilmontant, lirait son nom de l’existence en ce point d’un menhir. Vers 1810,
- M. Lalanuc, ingénieur en chef des ponts et chaussées, découvrit, en faisant exécuter des travaux sur la route de l’Est, près du bois de Yinecnnes, un dolmen contenant encore trois squelettes avec haches en silex et débris de poteries. En 1811, on découvrait également un dolmen à Marly ; vers la même époque, on en signala un autre à Al fort. En 1815, on mit à jour sur la chaussée de Bellcvue à Meudon un dolmen renfermant une grande quantité d’ossements humains.
- Ite tous ces monuments mégalithiques il n'en subsiste aucun. 11 ne reste plus que le dolmen d’Argenteuil, la sépulture entourée de son cromlech découverte en 1858 à la
- Yarenne par M. Leguay et transportée dans les jardins du musée de Cluny, et enlin le menhir du bois
- de Clamart, fort oublié depuis longtemps et auquel des recherches récentes viennent de donner un renouveau d’actualité.
- Le monument mégalithique qui {tarait bien incontestable—hâtons-nous de le dire, {tour couper court aux discussions fort incompétentes auxquelles il a donné lieu — se trouve dans le bois de Clamart, tout {très du carrefour Bel-Ébat, à 500 mètres environ de la Fontaine Sainte-Marie, bien connue de tous les Parisiens, et située, comme on sait, à l’extrémité du parc d'aérostation militaire de Chalais. Une coupe de bois récente ayant dégagé ce menhir, il est très facile de le découvrir a 20 mètres environ ii gauche de la roule, qui va de la Fontaine Sainte-Marie au plateau de Châtillon.
- Ce mégalithe, connu sous le nom de « la Pierre aux Moines » et parfois de « Pierre de Justice », a été vaguement signalé dès le siècle dernier par les auteurs qui ont décrit les curiosités de Paris et des environs. A notre époque, perdu au milieu d’un fourré, il ne semble pas avoir beaucoup attiré l’attention. Il était pourtant bien connu des gardes du bois et de quelques chercheurs C’est ainsi qu’lloffbauer, dans le premier fascicule de son important ouvrage Paris à travers les âges (1875-1882), le signale et en donne une représentais
- Fig. 1. — Le menhir du bois de Clamart, avec la dalle contiguë ; vue de face (D’après une photographie de M. Levillain.)
- Fig. 2. — Le menhir dubois de Clamart; vue de côté. (D’après une photographie de M. Eug. Dumoulin.)
- 22' année. — 2" semedre.
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- LA A A TI II K
- lion un peu inexacte d’nifh'urs. En 1875, M. Vaequer, sous-conservateur du mu suc Carnavalet, en fit un relevé fort exaet. A cette époque, le menhir était sur le hord d’une cuvette irrégulière de 4 mètres environ de diamètre, profonde d’environ 50 centimètres et remplie d’eau provenant d'une source, venant d'un des angles de l'excavation.
- Depuis une dizaine d’années, la source s’était tarie et la végétation avait envahi la cuvette qui avait conservé, à peu de chose près, la même disposition.
- line coupe faite cet hiver mit à jour et* monument, d’autan! plus facile à voir alors qu’il est à quelques mètres du chemin. Personne pourtant n’en avait parlé, lorsque, au mois de mai dernier, M. Per-rault-Dabot, secrétaire de la Commission des monuments mégalithiques du Ministère de l’instruction publique, aperçut en se promenant le menhir et le signala comme tel à la Commission des monuments mégalithiques et spécialement à M. G. de Mortillet. Sur ses indications, je me rendis dans le bois de Cla-mart le 50 mai; je lis le relevé du monument et communiquai mes observations à la Société d'anthropologie dans la séance du 2 I juin 1804. Le 24 juin, MM. G. et Ad. de Mortillet conduisaient les auditeurs de leurs cours de. l'Ecole d’anthropologie dans le bois de Clamarl et leur montraient, le mégalithe qui fut alors photographié; c’est une photographie analogue à celle que nous donnons (lig. 1).
- Le 10 juillet, {'Intermédiaire des chercheurs et des curieu.r, le premier dans la presse, signalait le monument dans une Note résumant notre communication. Le 21 juillet, La Nature reproduisait cette Note. Dans le courant de juillet, M. Berthelot lit exécuter autour du mégalithe une fouille qui lui permit de dégager la grande dalle couchée à terre qui existe à côté du menhir. Il communiqua le résultat de ces investigations à l’Académie des sciences (séance du 24 juillet). Depuis, la presse s’est occupée à maintes reprises de la question et le1 menhir, ainsi retrouvé, est devenu un but de promenade pour de nombreux Parisiens. D’autre part, la Commission des monuments mégalithiques poursuit en ce moment le classement du monument. Avant l’hiver, nous espérons pouvoir aménager son accès et assurer la conservation de cet intéressant monument mégalithique, le seul qui subsiste encore dans les limites du département de la Seine.
- Quelques mots maintenant de description pour compléter les indications données par les deux photographies le représentant de lace et de profil (lig. 1 et 2).
- Il est situé au fond d’un ravin assez profond, dressé dans un sol argileux. A ses pieds existent encore les restes de la cuvette dont nous parlions ci-dessus. Il est constitué par un bloc de grès à parois assez lisses, usées par les influences atmosphériques. La partie supérieure est très usée et polie, elle porte en divers points de petites rainures ayant servi à aiguiser des instruments. Il est possible qu’à une certaine époque (c’est tout au moins une tradition), le menhir ait été enterré partiellement et que la partie émer-
- geant du sol ait pu servir de banc. La forint' est sensiblement et assez régulièrement celle d’une dalle épaisse, triangulaire comme on peut le voir sur les photographies. Les dimensions sont les suivantes : 2'",50 de hauteur; 70 centimètres de largeur au sommet et 2‘",10 à la hase; l’épaisseur est en moyenne de 50 centimètres. Le sommet est constitué par une surface horizontale rectangulaire mesurant environ 50 centimètres sur <15. II porte naturellement quelques inscriptions saugrenues tracées par l’inévitable et féroce badaud surtout monument. L’orientation est sud-ouest nord-est. L’altitude est de 110 mètres environ.
- A 05 centimètres à l’est, du menhir, il existe une grande dalle également en grès qui s’enfoncait obliquement dans le sol et gisait jadis dans l’eau qui remplissait la cuvette, n’émergeant que de quelques centimètres au-dessus de l’eau. Au mois de mai, on pouvait, constater qu’elle était couchée sur le fond de l’ancien bassin, à 1 mètre environ au-dessous du niveau du sol. Elle mesurait lra,75 de largeur; 50 centimètres de sa longueur étaient, seuls visibles, le reste s’enfonçant en terre. Les fouilles de M. Berthelet l’ont complètement dégagée. Elle est actuellement entièrement visible, orientée de l’est à l’ouest, couchée obliquement, son hord du côté du nord (celui que l’on voit en avant sur la photographie) soulevé de 70 centimètres, tandis que le hord opposé, pénètre dans le sol. La forme générale est irrégulièrement ovale ou polygonale; les dimensions sont les suivantes : lm,75 sur 1ll,,70 avec une épaisseur de 40 à (U) centimètres. La face supérieure de cette dalle est, usée par suite des influences atmosphériques. Sous elle M. Berthelot a découvert un bloc de meulière plat. Le sol est argileux et ne contenait aucun objet; il paraissait vierge.
- Il est assez difficile de. savoir ce qu’était celte dalle. Était-ce un menhir placé à côté du grand et aujourd’hui renversé'? Était-ce une dalle dépendant d’un dolmen? Il est impossible de se prononcer. Eu tout cas, sous la dalle, le sol semble être non remanié. Quant au menhir lui-mème, il nous parait inutile de discuter son origine; c’est un mégalithe remontant, suivant toute vraisemblance, à l'époque néolithique, apporté d’une certaine distance', puisque dans les environs immédiats il n’y a pas de grès, et dressé sur un sol argileux.
- Tel est cet intéressant monument préhistorique si proche de Daris. Il n'est pas étonnant d’ailleurs de le rencontrer en cet endroit. Le dolmen de Meudon, dont nous parlions ci-dessus, en était assez voisin. Tout près de la Pierre aux Moines, sur le plateau de Ghàtillon, on trouve encore des instruments en silex de l’époque néolithique (les grattoirs sont surtout fréquents). Enfin en plein bois, un peu au-dessus du menhir, M. Émile Kivière a signalé, il y a quelques années, une station néolithique. Mais ce mégalithe constitue le pins marquant des restes de celte époque lointaine, le seul qui subsiste encore dans le département de la Seine. A ce litre, il méritait
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- qu'on s'occupât mi peu de lui, qu'on le signalât au publie et qu’on assurât sa eouservation en le classant eomme monument historique. C’est ce que nous avons essayé de faire avec nos maîtres et amis; c'est ce que M. liertlielot a cherché à réaliser.
- Nous espérons y avo'r réussi et avoir pu ainsi conserver un des plus vieux souvenirs du Paris préhistorique. I)r Capitan,
- Mt'iuUn1 <1p la (lommission dos monuments mé^alitliiques.
- LES CONSOMMATIONS DES MOTEURS A GAZ
- Nous avons insisté dernièrement1 sur le rôle des moteurs à gaz et sur leurs conditions économiques de fonctionnement. Nous trouvons aujourd’hui, dans te Rapport du Consul général des Etats-Unis en Allemagne, quelques chiffres de nature à nous intéresser. En 1891, il y avait en Allemagne 18 000 moteurs à gaz installés, d’une puissance totale de 60 000 chevaux. En 1894, ce nombre s’est élevé à 25 000; l'augmentation a donc été de 7000 moteurs en trois ans. Pour les moteurs au-dessous de 10 chevaux, la dépense est de 800 litres de gaz par rheval-heure; pour les puissances supérieures, elle ne dépasse pas 650 litres de gaz par cheval-heure. Si la puissance s’élève au delà de 500 chevaux, la consommation tombe à 500 litres par cheval-heure. Actuellement, le coût du gaz en Allemagne varie de 0fr,17 à 0fr,245 le mètre cube. En admettant le deuxième chilire, le prix de revient du cheval-heure est de 0fr,20 pour les faibles puissances et de 0f,*,15 pour les puissances plus élevées; avec le premier chiffre, ce prix de revient est respectivement de 0fr, 14 et 0fr, 10. Les bonnes machines à vapeur actuelles de puissance moyenne dépensent environ I kilogramme à lke,20 de charbon par cheval-heure. Le rapport cité plus haut admet que le charbon coûte 25 francs la tonne; la dépense est donc de 2,5 à 5 centimes par cheval-heure. Mais ce prix est spécial à l’Allemagne; à Paris, il faut compter au moins une dépense de 50 à 55 francs par tonne et le prix de revient atteint 5,5 a 4,2 centimes par cheval-heure. Il est juste de remarquer également qu’à Paris le gaz serait vendu 0fr,50 le mètre cube. J. L.
- LES FLEURS DE L’ENCRE
- Tout lu monde connaît les fleura de la glace ou de la neige, ainsi dénommées par Tyndall, et qui ne sont pas autre chose que les cristaux de l’eau congelée, cristaux qui forment des rosaces régulières et d’une grande élégance. Pour voir ces cristaux, qui sont de très petite, taille, il faut se servir du microscope, ou tout au moins d’une forte loupe. (Test ce que M. (iaston Tissandier, dans son beau livre de la Bibliothèque des merveilles consacré à l’histoire do L'eau, appelle « l’architecture des atomes », car ces cristaux se réunissent et se soudent suivant des lois immuables, ce qui ne les empêche pas de présenter, dans leur régularité même, une variété presque infinie.
- Mais on n’a pas toujours sous la main de la glace ou un appareil réfrigérant qui permette de s’en procurer à volonté. Et, d’ailleurs, eomme le dit fort
- 1 Yoy. n° 1107, du 18 uoût 1804, p. 18G.
- bien M. Tissandier, « cette architecture n’a qu’une bien faible durée! 11 ne faut qu’un rayon de soleil pour détruire toute cette harmonie, et la chaleur de votre corps peut même fondre le flocon de neige. » Rien de semblable n’est à craindre avec les fleurs de l'encre, car, en toute saison, et sans aucune préparation, vous en trouverez toujours la matière dans l’encrier qui meuble votre bureau. Je me bâte d’ajouter que ces fleurs de L encre n’ont aucun rapport avec les dessins diaboliques ou hiéroglyphiques que les écoliers font de temps immémorial eu laissant tomber une lariïe tache d'encre sur une feuille de papier blanc, pliant ce papier en deux, puis étendant l'encre dans toutes les directions par une habile pression de la main.
- Les fleurs de l'encre, dont je veux entretenir aujourd’hui le lecteur, sont, au contraire, l’œuvre de la nature, exactement eomme les (leurs de la glace dont je parlais en commençant et dont, par une antithèse des plus piquantes, elles reproduisent tous les effets avec une variété plus grande encore.
- Prenez une lame de verre et déposez-v une goutte d’encre que vous étalerez à peu près régulièrement; laissez sécher quelques minutes, puis examinez le résultat au microscope avec un grossissement de «NO, 100 ou 200 diamètres. Vous verrez se former sous
- vos yeux les fleurs de l'encre, c’est-à-dire des figures régulières qui apparaîtront peu à peu sous forme de cristaux d’un blanc parfait se détachant admirablement sur le fond d’un noir violacé de l'encre.
- Si vous êtes pressé de jouir de ce spectacle, vous pouvez l’activer en passant votre lame de verre au-dessus de la flamme d’une lampe à alcool, ou tout simplement de celle d’une bougie dont la chaleur hâtera la concentration de l’encre. Les cristaux seront alors plus petits et plus nombreux : vous croirez voir des étoiles sans nombre, brillant d'un éclat argenté, dans un ciel d’un noir sanglant.
- Si vous avez eu la patience d’attendre la dessiccation lente produite par l’évaporation du liquide, vous obtiendrez des cristaux plus gros et des formes plus variées : des croix, des (leurs, des calvaires.
- On peut varier à l’infini l’expérience en activant ou retardant la formation des cristaux, en contrariant ou facilitant l'agrégation des atomes cristallins, soit par des alternatives de température, soit par l’addition do nouvelle encre sur une lame qui porte déjà des cristaux formés. Il est probable aussi que la composition des encres du commerce varie dans certaines limites, et qu’elle n’est pas sans influence sur la facilité plus ou moins grande avec laquelle on obtient certaines formes cristallines. Je me suis servi d’enere Antoine et d’encre du dix-neuvième siècle; mais toutes les autres encres à base de noix de galle et de sulfate de fer donneront des résultats analogues.
- Lorsqu’on laisse l’encre s’évaporer lentement, il est facile de reconnaître le système cristallin auquel appartiennent les (leurs de l’encre. On obtient alors des cubes [dus ou moins parfaits, des pvramides
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- LA N A TCR E.
- formées de cubes superposés connue les pyramides d’Egypte, vues par le sommet, et des losanges plus ou moins réguliers, des aiguilles ou des baguettes. A côté de ces formes aux angles bien arrêtés, on trouve des globules ovoïdes (oolithes) et de gros sphéroïdes à facettes qui rappellent le diamant brut. Les fleurs que nous ligurons sont formées par la réunion de cristaux dont chacun représente un des pétales ou des sépales delà Heur. La croix de Malte ou la Heur à quatre pétales est la forme normale et régulière; mais on rencontre aussi fréquemment non seulement les multiples de quatre, par l'interposition de nouveaux cristaux dans les intervalles, mais encore, par suite d’accidents de cristallisation, des Heurs à trois et à cinq pétales, rappelant les Kubiacées, les Liliaeées, les Orchidées, les Rosacées, les Violacées, etc.
- 11 m’a semblé «pie l’on obtenait la plus grande variété de formes en passant très légèrement le verre qui porte la tache d’encre au-dessus de la llamme de la lampe à alcool, mais sans l’approcher de trop près ; on active ainsi l’évaporation et l’on obtient des cristaux de taille moyenne, bien visibles avec un grossissement modéré. 11 convient de ne chauffer le verre qu’à l’une de ses extrémités, et de l’éloigner de la llamme avant (pie toute l’encre soit sèche; on aura ainsi toutes les variétés de cristallisation, depuis la plus rapide jusqu’à la plus lente.
- Quel est le sel «pii cristallise ainsi dans l’encre?
- J'étonnerai peut-être beaucoup le lecteur en lui disant que je n’en sais rien, et que les chimistes ou les minéralogistes auxquels j’ai fait appel pour me tirer d’embarras n’ont pu me renseigner d’une façon beaucoup plus précise. L’est que l’on ne connaît pas encore exactement les réactions qui s’opèrent dans l’encre, ainsi que M. Wurtz lui-même en fait l’aveu dans son Dictionnaire de chimie.
- Sans doute, on connaît fort bien les ingrédients de l’encre : le premier fabricant venu peut nous renseigner à ce sujet. C’est une solution aqueuse de noix de galle et de sulfate de fer à laquelle on ajoute de la gomme arabique et un antiseptique quelconque (acide phénique ou salicylique), pour empêcher les moisissures. On sait donc ce qui entre dans l'encre; mais on ne sait pas ce qui en sort, et cette ignorance est commune à ce composé et à beaucoup d’autres de nature organique comme lui, dont la composition
- et par suite les réactions chimiques sont assez complexes.
- Ce que nous savons, c’est (pie ce sel cristallise suivant le système cubique, car ses cristaux ne polarisent pas la lumière; on constate en outre qu'ils sont déliquescents et altérables à l'air. En effet, si l'on conserve une de ces préparations pour l’examiner le lendemain, on s’aperçoit que les cristaux ont perdu de leur éclat et de leur régularité : on n’a plus sous les yeux qu’un rellet très atténué du brillant spectacle (pie l’on avait admiré la veille. Cependant, cet effet de déliquescence ne s’observe pas également avec toutes les encres : j’ai conservé des préparations portant des notes inscrites au courant de la plume avec l’encre du dix-neuvième siècle;
- bien (pie ces préparations datent de deux mois, on y distingue encore des cristallisations très nettes, en forme de croix ou d’étoiles, en examinant les caractères au microscope.
- 11 est probable que le sel auquel nous avons affaire ici est du fer oxy-dulé ou oxyde magnétique (Fe30Q ou peut-être de la pyrite blanche, bisulfure de fer (Fe S2) appelée aussi rnarcassite. Je pencherais volontiers vers cette dernière substance à cause de la couleur blanche des cristaux et de la facilité avec laquelle ils se groupent en forme de ma-cles crêtées oupéritomes. Ce sont ces macles qui constituent les croix et les Heurs si élégantes dont j’ai parlé en commençant. Je ne crois pas qu’il puisse être question d’un sel organique tel que le gallate de fer : ce dernier cristallise en aiguilles et non en cubes.
- J’ajouterai que je n’ai pu constater la propriété magnétique qui caractérise le fer oxydulé, tandis que l’altération des cristaux par l’humidité de l’air est un des caractères de la pyrite blanche.
- D’un autre côté, la prédominance du système cubique semble indiquer le fer oxydulé plutôt que le fer sulfuré blanc qui cristallise ordinairement dans le système orthorhomltique. Je soumets cette difficulté aux chimistes et aux minéralogistes qui pourront sans doute la résoudre en étudiant le phénomène de plus près. J’avoue ici mon incompétence, et je pose la question : quel est le sel ou les sels de fer dont ces cristaux sont formés?
- I)r E. Trouf.ssart.
- Cristallisations formées par l'évaporation de l'encre, vues au microscope.
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- LA PROTECTION DES ROIS CONTRE LES TARETS
- Los ouvrages en charpente édifiés à la nier sont exposés à une prompte destruction du fait d’un intime petit animal, le taret. Nous avons signalé,
- Lacaze-Duthiers, les gàts commis par lui à un batardeau de Banyuls, qui a été détrui t en moins d’une année. Le Teredo navalis, comme on l’appelle, est un mollusque acéphale lamellihranche, de forme cylindrique et vermicu-laire; en avant deux coquilles semi-lunaires entourent le pied charnu de la bête, tandis qu’en arrière le corps se prolonge en deux tubes protactiles, grêles et pourvus de cils vibratiles, qui sont les deux siphons : au-dessus de ces siphons est un petit appendice calcaire, la palette. La figure 1 montre la position des tarots dans le bois non protégé, et donne l’idée des ravages produits par eux.
- En juin et juillet, des larves provenant d’œufs llottant dans l’eau s’attachent au bois sous la forme de corpuscules blanchâtres, puis s’y introduisent pardes trous pour ainsi dire imperceptibles: ce n’est point pour se nourrir du bois, car le taret s’alimente de diatomées et d’infusoires, mais seulement pour s’y loger. 11 se fait un chemin, un canal pouvant avoir un diamètre de 1 centimètre, en employant ses coquilles comme vrille ou emporte-pièce ; en avançant, il s’entoure du reste, d’un tube calcaire qui tapisse la galerie. Le taret suit toujours une fibre du bois, tournant les obstacles pour reprendre sa direction première. Les madriers perforés par une quantité de canaux d’autant plus grande que les ta rets se multiplient
- avec une incroyable fécondité, cèdent ensuite au moindre choc, se rompent souvent sous leur propre
- poids, bien que les faces soient intactes.
- Heureusement les tarets ont cela de particulier qu’ils ne peuvent vivre (pie dans l’eau salée ou fortement saumâtre, et à condition d’y baigner constamment; ils périssent quand cette eau les laisse, par exemple, s’ils sont à sec à marée basse. C’est pour la même raison que ces ennemis des bois de construction ne descendent jamais dans la partie des pieux fichés dans la vase.
- Naturellement, il est bien rare (sauf pour les bois de réserve) que l’on puisse à volonté sortir de l’eau de mer les poutres et pieux en bois que l’on veut préserver de l’attaque des tarets :• c’est pourquoi l’on a cherché des moyens variés de les combattre. Les peintures ne durent pas, les injections, toutes superficielles, n’ont aucun résultat, qu’il s’agisse
- de sels de cuivre ou de créosote, celle-ci du moins n’ayant qu'une influence retardatrice de l’action des tarets. Dans son excellent Cours de travaux maritimes, M. Laroche signalait comme ne réussissant jamais les enduits de ciment. Or, on vient de faire aux Etats-Unis des essais qui semblent infirmer cette conclusion, et, qui méritent d’être signalés : nous en trouvons le détail fourni par l’ingénieur qui les a menés à bien,M. Montfort, dans le compterendu de la Société américaine des Ingénieurs civils.
- Le chemin de fer de Louisville et Nashville a dù construire un grand nombre d'estacades et ponts de
- Fig. 1. — Lus tarets. — [1. Position des tarets dans le bois. 2. Rupture d’une poutre. — 5. Coupe d’une poutre attaquée.
- Fig. 2. — Pilotis de bois protégé par une couche de riment contre 1rs tarets.
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- LA NAÎTRE
- Lois ou dos ponts métalliques sur pilotis do Lois pour traverser dos ostuairos umrilimos, do )>otits liras de mer ot l’on a employé du pin jaune; mais en 1871, un effondrement, se produisit dans une estaeade remontant seulement à dix mois; tous les pilotis étaient rongés par les tarcls jusqu’au niveau du fond. En 1872, on décida de doubler en enivre les parties de charpente baignant dans l’eau de mer; ce fut encore insufiisant; en 1870, on dépensa 7)00 000 francs [tour refaire les ouvrages en bois créosote. Nous avons dit que cela ne fit que retarder un peu les ravages.
- On résolut de revêtir les poutres et pilotis immergés d'une ehappe mince de mortier de ciment ou de béton, les enveloppant depuis le fond même jusqu’au niveau de la mer haute. On procéda du reste d’une façon simple et expéditive. On enfermait chaque pilotis dans une sorte d’étui métallique en fer, composé de plusieurs sections pouvant se superposer, chacune des sections étant formée de deux demi-cvlindres qu’on pouvait rapprocher et rattacher l’un à l’autre. On immergeait successivement les sections les unes au-dessus des autres, de façon à descendre dans l’eau, jusqu’à lui faire toucher le fond, cette espèce de moule cylindrique; on l’enfonçait même plus ou moins dans le sol sous-marin suivant la dureté de ce fond. De plus, et pour rendre le fond de ce tubage complètement étanche, on fit descendre un scaphandrier qui plaça un barrage d’argile à Uintérieur et au bas de la première section, alors que cette section était seule posée. Quand la profondeur de l’eau ne dépassait pas 4 mètres, on pouvait épuiser l’eau dans la couronne cylindrique comprise entre le tubage et le pilotis, et l’on procédait directement au coulage du béton.
- On a procédé ainsi sur 4107 pilotis on place, sans avoir besoin de déplacer les constructions qu’ils supportaient, et ces pilotis étaient déjà un peu attaqués; mais les tarets furent murés et tués, le ciment s’étant même introduit dans les trous existants. Voilà sept ans que l’ouvrage a été exécuté ; il n’v a eu que quelques réparations superficielles pour des craquelures de l’enduit. Dernièrement on a arraché le pilotis que représente une de nos gravures (tig. 2), on l’a coupé, on a enlevé péniblement le béton, comme le montre notre dessin, et Ton n’a pas trouvé un seul tarct vivant.
- La méthode est donc excellente, et Ton comprend si elle était importante à signaler. Ajoutons qu’on a employé un béton composé de 1 partie de ciment Portland, 2 de sable et 5 de gravier, et qu’on le rendait assez liquide pour passer dans le tube de déversement. Daniee Beu.f.t.
- DRESSAGE DES ZÈBRES
- Il y a quelque temps, paraissait dans la Revue des sciences naturelles appliquées, une Note sur le dressage des Zèbres ainsi conçue : « On a tenté déjà à plusieurs reprises, avec plus ou moins de succès.
- de dompter les Zèbres adultes. Tu marchand du Transwaal vient d’acheter huit Zèbres encore jeunes pris au lazzo deux mois auparavant. Au bout d’un mois, quatre d’entre eux furent complètement dressés comme bêtes de trait. Ils réunissaient la force à la sûreté dans leurs allures. » Cette Note était signée de S..., et était suivie immédiatement des quelques lignes ci-dessous, ajoutées par la Rédaction : « 11 n'est pas inutile de rappeler que le dressage des Zèbres de Durchell (Zébra Burchelli) a été obtenu au Jardin zoologique d’Acclimatation. Tendant plusieurs années consécutives, ces zèbres ont fait, dans Paris, le service du factage de l’établissement zoologique du bois de Boulogne, et, travaillé quotidiennement aux services intérieurs. »
- Par quels moyens dresse-t-on le zèbre? 11 serait intéressant de faire quelques recherches à ce sujet et c’est l’objet du présent article.
- Nous dirons d’abord qu’il y a Zèbre et Zèbre. En effet, il y a trois espèces de Zèbres, distinctes principalement par leur robe et qui sont de caractères quelque peu différents. Toutes trois appartiennent à l’Afrique méridionale.
- Les Zèbres (Uippotigris) tiennent le milieu, dit Brehm, par leur port, entre les chevaux et les ânes. Ils ont le corps ramassé, le cou fort, la tète à la fois de lane et du cheval, les oreilles assez longues et larges, la crinière droite à poils moins rudes et moins épais que ceux du cheval, moins mous et moins flexibles que ceux de l’àne; leur queue est touffue à son extrémité; lqurs sabots sont ovales à leur partie antérieure, rectangulaires à leur partie postérieure. Toutes les espèces connues ont un pelage en grande partie rayé.
- Le Zèbre proprement dit (Uippotigris zébra) a tout le corps rayé, y compris les jambes. Il vit dans les montagnes du sud et de Test de l'Afrique, depuis le Cap jusqu’en Abyssinie.
- Le Du vv ou Zèbre de Durchell (Uippotigris Burchelli) a la tète et le corps fortement rayés, mais les jambes ne le sont pas et sont uniformément blanches. Il habite les plaines du sud de l'Afrique et remonte jusque dans les steppes comprises entre l’équateur et le 10e ou 12e degré de latitude nord.
- Le Couagga (Uippotigris Quagga) est celui dont la robe est le moins rayée. La croupe, les cuisses, le ventre et les membres ne le sont pas. C’est l’espèce qui se rapproche le plus du cheval. Elle habite les plaines du sud de l'Afrique, mais remonte moins au nord que le Dauw.
- Le Zèbre proprement dit est celui qui a le caractère le plus difficile et a [tassé longtemps pour indomptable. Le Muséum de Paris a cependant possédé une femelle de celle espèce qui avait été prise jeune, et avait appartenu au gouverneur du Cap; elle était fort douce et se laissait approcher, conduire et monter.
- Le Couagga, d'après Brehm, est celui qui se laisse apprivoiser le [tins facilement; au Cap on en voit souvent, dit-il, mêlés aux chevaux de trait, et en
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- LA NAITRE.
- Angleterre, lo shérif Parkins en avait une paire' | qu’on pouvait atteler à uni1 potite* voiture : cependant (i. Luvier parle d’un Couagga possédé par le Muséum et qui était resté féroce et indomptable.
- Le Dauw s’apprivoise facilement aussi, et les jeunes, nés en captivité, peuvent surtout être dressés sans beaucoup de difficultés. C’est de cette espèce dont il est généralement question, quand on parle, de Zèbres dressés.
- Les procédés employés pour dresser les Zèbres sont les mêmes que ceux mis en usage pour les chevaux, et les expériences faites au Jardin d’Accli-matation ont démontré que les moyens de douceur réussissent bien mieux que les moyens violents, que le vrai domptage. C’est ce qu’a montré M. Saint-Yves Ménard, alors sous-directeur du Jardin zoologique d’Acclimatation, dans une communication faite sur ce sujet à la Société d’acclimatation en avril 1874.
- On s’attacha d’abord à familiariser les Dauws, en les soignant comme des chevaux, et non comme des animaux de ménagerie auxquels on donne à manger et dont on ne s'occupe plus. On mit des licous aux Zèbres, avec d’infinies précautions, puis on les attacha dans des stalles, les nus à côté des autres, séparés par de simples bât-flancs. On eut l’idée ensuite d’intercaler des chevaux entre les Zèbres, et, en profitant de l’instinct d’imitation qu’ont tous les équidés, on arriva à leur faire le pansage qu’ils voyaient appliquer aux chevaux sans.que ceux-ci s’en défendissent, et il est incontestable, comme le dit M. Ménard, qu’un animal à peine apprivoisé prend confiance peu à peu à l’approche de l’homme quand il voit son voisin rassuré.
- C’est ainsi que les Dauws se montrèrent chaque jour de plus en plus familiers, ils furent assez calmes pour ne pas avoir d’accident d’écurie et se laissèrent panser régulièrement à la brosse et à l’étrille. Ces résultats obtenus, on les mit en liberté de temps en temps dans une pelouse entourée de grillages, et ils apprirent vite à en connaître le chemin et à retourner à leurs places.
- On ne lit rien de plus pendant cinq mois :
- « C’était peu, en apparence, dit M. Ménard, c’était beaucoup pour nous qui pouvions apprécier les progrès journaliers de familiarisation et qui en connaissions toute l’importance. Quelques essais prématurés de harnachement nous ont appris, au reste, qu’il ne fallait pas commencer le dressage avant leur apprivoisement complet. Par contre, la suite nous a démontré que ce premier résultat atteint, chaque Dauw à son tour se prêtait très aisément au dressage. La douceur et la patience étaient des moyens puissants; la force et la brutalité ne pouvaient que nous retarder. »
- Six mois après l’arrivée des Dauws, on crut pouvoir commencer des essais d’attelage et l’on avait choisi deux femelles, Manette et Marianne, qui semblaient être les plus douces. Elles y avaient été préparées déjà par le harnachement à l’écurie; on les avait habituées à porter la sellette, le collier, puis
- la bride, et ensuite à recevoir un harnais à bricole complet d’attelage à deux. Elles s’étaient défendues d’abord par des sauts et des mouvements brusques, elles avaient cherché à mordre quand on leur mettait la bride, mais on en avait triomphé grâce au voisinage des chevaux.
- Une fois habituées à porter le harnais, on avait commencé à les promener une à une dans le Jardin avec le harnais sur le dos. Chose-curieuse, il était difficile même à deux hommes de les tenir à la longe; elles n’avaient pas encore complète confiance, tandis que leur gardien habituel pouvait aisément, à lui seul, les tenir en guide en les faisant marcher devant lui. bientôt il les promena de cette façon toutes deux ensemble et les habitua à marcher côte à côte comme dans l’attelage à deux, à sentir le mors et à se laisser conduire.
- Rien ne fut plus simple ensuite que de compléter l’attelage : on approcha un break léger derrière les Dauws, en dirigeant la flèche avec précaution et l’on put fixer les traits et passer les chaînettes.
- Cela ne se lit pas très bien du premier coup, mais la chose devint facile quand les animaux furent habitués aux deux ou trois aides employés. Il fallut des longes plates pour empêcher les ruades, mais rien de plus, car les ruades furent, la seule défense opposée par les Zèbres, qui n’étaient ni rétifs, ni peureux, et qui tiraient assez régulièrement.
- Un fit d’abord le tour du Jardin, une fois, deux fois, trois fois de suite ; puis on alla dans les allées du bois de .Boulogne, dans l’avenue de Neuilly, sillonnée par de nombreuses voitures, et enfin dans les rues de Raris. Après plusieurs exercices au pas, on put mettre les Zèbres au trot. Enfin au bout de trois mois de dressage, ils faisaient au trot le trajet du Jardin à la Concorde.
- Quelques mois plus tard, et toujours par les mêmes moyens, on arriva promptement à obtenir un travail utile de trois sujets qui comptèrent par la suite au nombre des meilleurs animaux de service du Jardin d’Acclimatation : on les attela au tombereau et on les employa chaque jour régulièrement au transport de la terri' et du fumier dans l’intérieur du Jardin, et ils ramenaient même de lourdes charges de la gare des Batignolles, à la condition d’être toujours harnachés et conduits par les mêmes hommes doux et patients.
- On arriva aussi assez facilement à les ferrer, au moyen d’un travail, appareil bien connu des maréchaux et des vétérinaires, et bien utile pour ferrer ou opérer les chevaux vicieux.
- Ainsi l’on peut dire qu’on arrive assez facilement, avec la douceur à dresser des Zèbres; on peut arriver à les atteler par deux et par trois (vov. notre gravure), mais aucun autre moyen ne, donne les mêmes résultats, et le fait a été prouvé, à l'époque même oh l’on dressait au Jardin d’Acclimatation les Dauws dont nous venons de parler.
- Un dresseur de chevaux très habile, M. 0..., vint
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- LA A ATI UK.
- proposer à M. Geoffroy Saint-Hilaire de prendre trois des Zèbres en question, se faisant lbrl de les atteler et de les dresser.
- Ses services lurent acceptés sans (pie les administrateurs du Jardin renonçassent à leurs propres essais, et trois animaux, Lion, Panthère et Léopard lui furent confiés le 5 janvier 1873. Il devait recevoir une prime fixée le jour où il conduirait au trot soutenu, sans arrêt ni galop, deux Dauws attelés à un break, du Jardin d’Acclimatation à la place de la Concorde, puis, après un repos, de la Concorde au Jardin.
- On n’eut jamais à lui payer la primo, mais l’essai n'en est pas moins intéressant et il permit de com-
- parer aux moyens employés au Jardin, des moyens opposés. M.C... avait reçu trois Dauws en bon état,bien nourris, vigoureux, incomplètement apprivoisés. Pour les soumettre au dressage immédiatement, il dut lutter contre eux; au lieu d'inspirer confiance, il se lit craindre. Agissant par les moyens de contention, il eut encore recours à l’affaiblissement par la diète ou par l'alimentation insuffisante.
- A la voiture (charrette à deux roues) il fit prisonniers deux Dauws dans trois brancards, puis trois Dauws dans quatre brancards, de manière (pie l’un des animaux, voulant se débattre ou s’écarter lut maintenu par les autres : moyen grossier. De plus, il les conduisit brutalement, leur parlant d'une
- Zèbres attelés par trois. (D'après une photographie.)
- voix sévère et les frappant fortement du fouet.
- Pref, au bout de quatre mois et demi, il n'avait obtenu qu'un résultat médiocre. Après avoir tenté d’atteler deux de ses Dauws à un break, il renonçait à gagner sa prime, et il rendait au Jardin des animaux fatigués, amaigris, moins familiers peut-être, hors d’état d’être utilisés : un d’eux mit plus de huit mois à reprendre un embonpoint normal.
- Toutefois, M. C... avait montré jusqu’à quel point l’homme peut soumettre les Dauws à son influence. 11 les avait domptés plutôt qu’apprivoisés, mais il n’en est pas moins vrai, qu'au bout de quatre jours, il avait pu en présenter un, conduit au caveçon. Il avait même soumis ces animaux à des exercices en liberté dans un manège.
- Il faut remarquer, dit M. Ménard, après le récit
- de dressage qu'on vient de lire, qu’en pareil cas, l’intluence cesse avec l'homme qui l'a exercée et ne se transmet pas. Quand l’Administration du Jardin reprit les Dauws confiés à M. G..., il fallut quelque temps pour les familiariser de nouveau avec leur gardien.
- Au contraire, ces mêmes animaux traités avec douceur admettent facilement la substitution d’un conducteur à l’autre, comme ceux dressés au Jardin par la douceur l’ont prouvé.
- Ainsi donc, en résumé, la base du dressage des animaux sauvages, aussi bien que des animaux domestiques, est la douceur unie à une patience à toute épreuve comprenant, bien entendu, la fermeté.
- P. Mhcm.n.
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- LA NATURE.
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- IA TROMBE DE TORIGNl-SUMIRE (MANCHE)
- Fig. — Ormes abattus par la trombe de Torigni (Manche), le 1" juillet 18'.U. (D’après une photographie.)
- Dans un de ses derniers numéros *, La Nature consacrait quelques alinéas aux ravages causés par
- 1 Voy n» 1104. <lu 28 juillel I81H, p. Hl.
- une trombe dans le département du Calvados. Nous extrayons d’an rapport de M. G. Leneslay, professeur de physique au Collège de Saint-Lô, corresjtondantdu Bureau central météorologique, les détails suivants
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- K A NATURE.
- sur une autre trombe dont les effets n’ont pas été moins désastreux pour les plantations de la contrée. Cette dernière s’est abattue sur la commune de Tori-gni-sur-Yire (Manche).
- « Le dimanche 1er juillet , vers 3 heures de l'après-midi, deux nuées orageuses, très marquées dans l’Est et dans l’Ouest, se dirigeant l’une vers l’autre, laissaient pressentir une perturbation atmosphérique qui ne tarda pas à se produire. Vers 4M U, un premier coup de tonnerre assez sourd se ht entendre vers le sud-est. Un témoin aperçut alors dans cette direction une nuée dont la partie supérieure, évasée en forme d’entonnoir, était d’un blanc jaunâtre, puis d’une couleur tirant sur le gros bleu. Cette nuée tournait autour d’ellc-mème, dans le sens des aiguilles d’une montre, pour l’observateur la regardant de bas en haut. Côtoyant un peu du sud-ouest au nord-est le versant sud-est du petit vallon qui borde le ruisseau du Uasselais, elle revint très peu de temps après sur elle-même, pour se rencontrer avec une autre nuée venant en sens opposé. Un éclair apparut alors embrasant tout le ciel et se présentant sous la forme d’un globe de feu bleu. Au même instant, éclatait un formidable coup de tonnerre suivi d’un bruit ressemblant, d’après un témoin, au crépitement produit par des décharges d’une armée en petite guerre ou, suivant d’autres témoins, au bruit d’un train roulant sur le tablier métallique d’un viaduc éloigné. En un clin d’œil, le vent, jusqu’alors assez calme, se déchaîne avec une violence telle que deux personnes ne peuvent arriver à fermer une fenêtre. La pluie tombe à torrents ; une fumée noirdfc se répand dans toute la contrée, portant avec elle une odeur de poudre brûlée... »
- Tout est fini en trois ou quatre minutes; la trombe a passé, laissant derrière elle de considérables dégâts. Dans le château des Matignons, le plus éprouvé par l’ouragan, cent trente-huit arbres ont été déracinés.On ne compte plus ceux qui ont été brisés ou simplement endommagés. Deux grands tilleuls, bien qu’abrités par un mur d’une hauteur de 13 mètres, n’ont pas été épargnés. Au point dit le « Rel-Air », neuf grands arbres de 25 à 30 mètres de hauteur ont été littéralement saccagés. L’un d’eux avait 2m,02 de circonférence ; la motte de terre soulevée par ses racines a 3m,20 de diamètre et forme au-dessus du sol un arc ayant 6 mètres de pourtour. Les photographies reproduites ici montrent quelques-uns de ces arbres déracinés.
- Notons ce détail que tous ont été projetés dans la même direction : sud-est nord-ouest. Un certain nombre présentent la particularité signalée dans la trombe du Calvados ; ils sont tordus dans le sens des aiguilles d’une montre.
- M. Leneslay signale plusieurs bizarreries de l’ouragan :
- « .... Il lui prend fantaisie de faire virer du jaune au violet l’ombrelle d’une personne marchant dans son voisinage. Dans un pré, une autre personne est transportée à certaine distance, puis se trouve
- hors d'elle-mème, ne parlant plus, ayant la respiration gênée, l'air hébété, comprenant à grand’peine ce qu’on lui dit. A la gare de Torigni, plusieurs wagons, poussés parle vent, se sont mis en mouvement et ont, grâce à la pente du terrain, parcouru environ 8 kilomètres avec une vitesse vertigineuse, sans occasionner heureusement aucun accident de personne. »
- Durant la journée du 1er juillet, la pression barométrique a peu varié et s’est maintenue à une hauteur moyenne de 7(55 millimètres. 11 y a vingt-neuf ans à presque pareille date, G juillet 18G5, une trombe semblable s’abattait sur Torigni-sur-Yire. Non seulement elle parcourait la même région que celle de 1894, mais c’est le même point du territoire qui l’avait vue se former. C’est là sans doute une simple coïncidence, mais le fait n’en est pas moins curieux â signaler.
- LE PLUS PETIT
- CHEMIN DE FER ÉLECTRIQUE DU MONDE
- Ce chemin de fer miniature est construit à White Bear Like, lieu de villégiature situé à 15 milles de Saint-Paul, sur les bords des lacs de Minnesota. Il n’a que 180 mètres de longueur et 55 centimètres de largeur de voie, ce qui ne l’empêche pas de transporter voyageurs et marchandises, sous la direction de M. Archie Cowley junior fils, âgé de sept ans, auquel son père, un riche banquier américain, a fait ce cadeau splendide pour son instruction et son amusement.
- La station centrale de ce chemin de fer électrique en miniature comprend un moteur à pétrole d’une puissance do 2 chevaux faisant 375 tours par minute et qui actionne, par courroies, à la vitesse angulaire de 1000 tours par minute, une dynamo Perret compound produisant, à pleine charge, 15 ampères et 110 volts. L’ensemble est automatique, ne demande aucune surveillance et après avoir mis la station en marche, il n’y a plus à s’en occuper. Un tableau de distribution, complet sert au réglage et à la mise en marche des appareils. Tout cet ensemble occupe une pelite cabane en bois munie d’une remise destinée à loger les voitures dans la saison d’hiver et pendant les nuits.
- Les rails sont du type à patin pesant 10 kilogrammes par mètre; le courant arrive parmi troisième rail isolé placé entre les deux autres et formé d’une lame de fer méplate de 5 millimètres d’épaisseur, 25 millimètres de largeur, montée dans une rainure en bois. La locomotive électrique est munie d’un moteur d’une puissance d’un cheval commandant les roues par l’intermédiaire d’un double train d’engrenages à dents taillées, ce qui supprime tout bruit. Un rhéostat de démarrage, un commutateur inverseur et des coupe-circuits fusibles, complètent l’installation de la locomotive à laquelle s’attachent un ou deux wagons de lm,5 de longueur et de 00 centimètres de largeur. La durée d’un voyage est d’environ vingt secondes.
- Les wagons servent indistinctement au transport dos voyageurs et des marchandises, et le jeune Archie Cowley
- 1 Le moforman est l'homme du moteur. C’est lui qui conduit la voiture, fl devrait logiquement s’appeler le conducteur, si, en France, nous n’avions pas donné ce nom à tort à celui qui perçoit la monnaie et ne conduit rien du tout.
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- LA N ATI RK
- 2.>.)
- est à la fois le chef de station, le motonnan1, le conducteur et le serre-frein de ce train électrique dont les statistiques n'ont pas encore fait mention.
- Le general manager ou.directeur de cette exploitation n’a pas eu à souffrir dos récentes grèves, et les dividendes sont toujours aussi réguliers : il attribue cet heureux état de choses à la solidarité du personnel, et à la sympathie qu'il a pour les voyageurs; ceux-ci, nous devons l’ajouter, sont composés surtout de frères, de sœurs et d’amis intimes.
- LA BICYCLETTE
- INSTRUMENT d’aRPENTAGE
- M. Maurice Watol, élève à l’Institut agronomique, a publié la Note suivante : « Au moment de la moisson, beaucoup de personnes chercheront à évaluer le travail fait par un faucheur, un moissonneur, elc. Si l’on n’a ni le temps ni le loisir d’arpenter à la chaîne, on en est généralement réduit à l’arpentage au pas, qui n’est pas très exact. Je me sers depuis quelque temps d’une méthode très simple, très exacte, et qui a de plus l’avantage d’être extrêmement rapide. Tous les possesseurs de bicyclettes pourront l’employer. En ce moment, les champs fraîchement fauchés sont assez durs pour que les roues de la petite machine puissent rouler dessus. Vous voulez évaluer la surface d’un champ fraîchement fauché et sensiblement rectangulaire? Rien de plus simple. Parcourez le champ avec votre bicyclette dans le sens de la longueur et de la largeur, comptez le nombre de tours que font vos pédales dans chaque sens, et vous êtes en mesure de calculer la surface cherchée. Supposez que le champ ait ; 50 tours de long, 25 tours de large; que votre bicyclette fasse 5 mètres par tour de pédale; les deux côtés du rectangle ont 50x5 ;-‘250 mètres et ‘25x5=125 mètres, votre1 surface est 250x125 = 51250 mètres carrés. Ce procédé me rend beaucoup de services et pourra en rendre aussi à d’autres amateurs de bicyclettes. »
- LES GRANDES GARES ALLEMANDES
- La Nature a signalé déjà les travaux d’élargissement effectués en France sur quelques-unes de nos grandes gares, pour les mettre en mesure de suffire aux besoins d’un trafic toujours croissant, et nous avons décrit en particulier la transformation de la gare Saint-Lazare et l’agrandissement de la gare du Nord à Paris. Des travaux analogues sont en cours d’exécution en Allemagne depuis une quinzaine d’années : le Gouvernement, devenu dans ce pays propriétaire du réseau presque complet des voies ferrées, n'a pas hésité à remanier complètement la plupart des gares importantes pour supprimer les nombreuses difficultés d’installation qu’elles présentaient au point de vue de l’emplacement parfois trop éloigné du centre de la ville ou d’un développement insuffisant, des passages à niveau, de l’aménagement des quais, etc. Les travaux, poursuivis dans presque toutes les grandes gares, en ont modifié complètement la distribution et l’aspect, et nous avons cru intéressant de les signaler en raison des nombreuses améliorations qu’ils ont permis d introduire dans le service. D’autre part, nous y
- trouvons l’occasion de soumettre à nos lecteurs les vues de quelques-unes des façades des gares allemandes, afin de leur permettre d’apprécier les dispositions architecturales actuellement adoptées chez nos voisins. On a remarqué depuis longtemps, en effet, (pie l’architecture est l'arl qui traduit le mieux la pensée dominante de l'époque qui l’a conçue, et, pour ce qui concerne la nôtre en particulier, c’est dans les gares de chemins de fer (pie le style architectural devrait aujourd’hui trouver sa caractéristique, puisqu’il s’agit de monuments que nos pères n’ont pas connus, qui doivent répondre à des besoins tout nouveaux dans des conditions toutes nouvelles. H est fâcheux que le plus souvent les façades de nos grandes gares n’aient pas encore su trouver un style approprié à leur destination, et il est d’autant plus intéressant d’examiner aussi à ce point de vue ce qui a pu être fait à l’étranger. Nous avons résumé à cet effet les renseignements recueillis dans une
- l in. J. — Plan <li> la pare centrale de Dresde pris à la hauteur du 1" étape.
- intéressante Notice communiquée à la Société des ingénieurs doits par M. llaag, l’éminent ingénieur (pii a attaché son nom à un projet si remarquable de chemin de fer métropolitain aérien dont malheureusement nous ne verrons sans doute jamais la réalisation.
- Les remaniements effectués dans les gares allemandes ont d’abord comporté en principe la création, dans la plupart des cas, d’une gare centrale unique destinée à concentrer pour une même ville tons les services précédemment disséminés dans plusieurs gares distinctes. Cette solution présentait l'avantage évident de simplifier ces services et d’offrir au publie des commodités indiscutables. Tous ceux qui ont eu l’occasion de voyager, il y a une dizaine d’années, dans le bassin de la Ruhr, par exemple, ont pu constater, en effet, les inconvénienls nombreux de cette multiplicité des gares, car toutes les villes un peu importantes de cette région ne possédaient pas moins de trois gares différentes correspondant chacune à | un réseau de voies ferrées distinct.
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- LA NA Tl HE.
- Les gares centrales de nouvelle création ont été rapprochées autant que possible du centre de la ville en évitant toujours les passages à niveau qui entraînent nécessairement des accidents, et, à cet effet, les voies arrivant dans le voisinage de la gare, de même que les quais ont été relevés à quatre ou cinq mètres environ au-dessus du niveau des rues avoisinantes. Hans la plupart des cas les gares ont été construites comme gares de passage; on n’a
- admis la gare tête de
- ligne avec
- rebroussement
- S.Zfortœ'
- obligé dans toutes les directions (pie pour certaines gares de Berlin et pour certains points importants comme Franc-tort, par exemple, où la multiplicité des directions rendait les changements à peu près indispensables.
- Quant aux anciennes gares, elles ont été démolies ou transformées en gares de marchandises; quelquefois aussi, lorsqu’elles étaient assez éloignées de la nouvelle gare centrale, elles ont été conservées à titre de gares secondaires.
- Dans les nouvelles installations, on a eu soin de reporter à une certaine distance les services accessoires, comme celui des marchandises ou de la traction, de manière à les isoler complètement du service des voyageurs, et pour ce qui concerne ce dernier dont nous nous occupons spécialement, on s’est attaché dans l’établissement du plan de la gare centrale à l’observation de ces principes essentiels : exclure toute traversée de voies à niveau, réduire au minimum les trajets à effectuer par les voyageurs changeant de di-rection, et créer des quais spéciaux pour le service des bagages de façon à dégager les quais des voya-
- Nord ^
- Fig. 2. — Plan de ta gare de Dusseldorf. A. Salle des Pas-perdus. — 11. Bagages. — C, C. Salles d’attente. — I'. Service de la poste. — S. Sortie spéciale des voyageurs.
- Les types adoptés dans l’installation des gares de passage peuvent se rapporter à trois principaux dont nous reproduisons les dessins dans les figures 1,2 et 3. Dans la gare de Hanovre (fig. 3) qui a beaucoup d’importance, le rez-de-chaussée a sa direction parallèle à celle des voies, il reçoit tous les services affectés aux voyageurs, guichets de distribution des billets, salles d’attente, buffet, etc. Les quais sont situés à l’étage supérieur, et l’on y accède par des tunnels transversaux sur lesquels s’embranchent des escaliers perpendiculaires à la direction de ces tunnels, et parallèles à la direction des quais d’embarquement sur lesquels ils débouchent. On réserve en outre habituellement des tunnels spéciaux pour la sortie des voyageurs ainsi que
- Fig. 3. — Plan de la gare de Hanovre. — A. Salle des Pas-perdus. B. Bagages. — C,C. Salles d’attente. — P. Service de la poste.
- [tour le service des bagages et des postes. Cette disposition, qui convient surtout dans les points où le service de transit l’emporte sur le service local, a l’inconvénient d'écarter les Salles d’attente des quais; elle est bien indiquée dans la figure 3 qui donne le plan de la gare de Hanovre.
- Un autre type représenté ci-dessous (lig. 2), donne le plan de la gare de Dusseldorf; il a pour but de remédier à l’inconvénient qui vient d’être signalé; il comporte à cet effet, au niveau même des voies sur un quai central, un bâtiment supplémentaire renfermant le dédoublement des services déjà installés à l’étage inférieur; ce bâtiment est relié d’ailleurs au rez-de-chaussée par des tunnels transversaux. Cette disposition, qui oblige à donner [dus de développement en longueur aux différents ([nais, convient surtout pour les gares servant de têtes de ligne à un grand nombre d’embranchements secondaires ; ces voies viennent alors aboutir au quai central où se concentre ainsi le mouvement des voyageurs.
- Dans le troisième type, la gare constitue une sorte d’îlot isolé au milieu des voies. Elle est accessible du dehors au moyen d’un boulevard passant sous un double pont qui porte les voies, elle comporte toujours les salles d’attente et les divers services au rez-de-cbaussée d’où l’on atteint les quais par des escaliers transversaux. Cette disposition a
- l’avantage de mieux concentrer les divers services par rapport aux voies, elle est adoptée en particulier à la gare de Dresde dont le plan à la hauteur du premier étage est représenté page 235 (fig. 1 ).
- Cette gare comporte du reste en outre au rez-de-chaussée certaines lignes de service local aboutissant directement en terminus devant les salles d’attente de l’étage inférieur.
- A la suite des gares de [tassage, M. Ilaag cite divers types de gares terminus, comme celle de Francfort dont la disposition intérieure est d’ailleurs fort remarquable; mais nous ne croyons [tas nécessaire d’en donner ici la description, car nous en avons à Paris d’autres exemples également intéressants.
- Au point de vue architectural, nous reproduisons les vues de quelques façades particulièrement caractéristiques. La figure 4, n9 2, représente la gare de Hildesheim, len° 7, celle de Cassel, toutes deux construites un peu à l’imitation des gares de Vienne. On voit immédiatement que ces gares sont de simples pastiches des constructions des âges passés:
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- LA A ATLUI
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- édifices gothiques ou hôtels du moyeu âge, elles n’ont absolument rien qui rappelle le rôle et la destination des ehemins de 1er. D’autres ligurent de véritables casernes comme la gare de Magdebourg (fig. 4, n° 1 ).
- Les façades des gares de Francfort et d’Anhalt à Derlin, celle de la gare de Dresde (lig. 4, nÜS 5, 4, 5 et 6) actuellement en cours d’exécution, paraissent au contraire beaucoup mieux appropriées à leur
- Fi*r. }. — Les grandes gares de chemin de fer de l’Allemagne.— 1. Gare de Magdebourg. — 2. Gare d'IIildesheim.
- . Gare de Dresde. — i. Gare d’Anhalt à Berlin. — 5. Halle des voyageurs à Francfort. — G. Gare de Francfort. — 7. Gare de Cassel.
- destination : on sent immédiatement que ces larges baies appellent les grandes foules, avec le mouvement incessant des trains qui s'entrecroisent, et ces gares peuvent être citées parmi les spécimens les plus remarquables de l'Allemagne.
- Les voûtes de ees nouvelles gares se recommandent d'autre part par leur grande légèreté ; ou
- y rencontre fréquemment des portées supérieures à 50 mètres : la balle centrale de la gare de Cologne atteint ainsi une hauteur de 24 mètres avec une portée de t)5m,9<>, et une longueur de 255 mètres. Ces balles à grande portée ont l’avantage de dégager l'emplacement en diminuant le nombre des supports; elles facilitent en même temps l’aération.
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- Ajoutons enfin <jne les gares allemandes sont tenues avec une propreté méticuleuse qui n'est pas un des moindres étonnements de l'étranger; on n’y aperçoit aucune dégradation, aucune souillure sur les murs ou sur le sol; on dirait, suivant l'expression de M. llaag, des bâtiments inaugurés de la veille. On voit immédiatement quelle vigilance continue, sans le moindre relâchement, le personnel doit développer pour assurer un entretien aussi satisfaisant et habituer le public à apporter de son coté la même attention à éviter toute souillure. b. B.
- CHRONIQUE
- Les torpilleurs et la navigation intérieure. —
- On se rappelle sans doute qu’on a poursuivi en France, à deux reprises, une expérience de déplacement des torpilleurs d’une mer à l’autre, par analogie avec ce qui se passerait si les routes maritimes étaient trop fortement occupées : tantôt on a eu recours pour cela au transport par chemin de fer, tantôt aux voies de communication intérieures. Les Etats-Unis, qui poursuivent la création d’une marine de guerre puissante, viennent de tenter un essai analogue de concentration de torpilleurs, sur un point quelconque de leurs côtes par les voies d’eau intérieures les plus proches de ces côtes. C’est ainsi que le torpilleur Cushing est passé sans difficulté de Washington à New-York : pour cela il a descendu le Potomac jusqu’à Chesa-peake City; il a suivi un canal qui lui a permis d’aborder le cours supérieuij de la Delaxvare, il a parcouru cette rivière, puis le Raritan canal et enfin la rivière du même nom ; il a pu atteindre le port de New-York. Il avait son armement complet et son tirant d’eau normal. D’antre part on cherche à créer, dans le même but, une voie ininterrompue entre le Texas et le Massachusetts; pour cela, on veut creuser un canal à travers le cap Cod, ensuite on suivrait le Long Jsland Sound jusqu’à New-York, puis la route prise récemment par le Cushing. De Norfolk on continuerait par le Marais Dismal, le lac Drunnnond ; on parviendrait dans les eaux de la Caroline du Nord ; entre la Neuse et les rivières du cap Fear, il faudrait établir des voies de communication ai tificielles. Il y aurait certainement un point où les bateaux devraient suivre extérieurement la côte, à moins qu’on ne creusât coûteusement des voies nouvelles; mais ensuite les soumis, les haies de la Caroline du Sud, de la Géorgie, un canal à travers la Floride, enfin les lagunes de la Floride et de l’Alabama, suffiraient aux besoins. D. R.
- I/cnseigncmcnt de récriture an Cambodge.
- — 11 y a quelquefois à prendre dans les pratiques des peuples les moins civilisés : tel est le cas pour un petit détail de l’enseignement au Cambodge. Certainement nous ne recommanderons point l’instruction primaire cambodgienne : à chaque honzerie il y a bien un gourou ou précepteur, mais c’est pour la forme, l’instituteur ne fait rien, et il s’en rapporte uniquement à l’enseignement mutuel, qui s’exerce n’importe comment. Et cependant, grâce à un procédé spécial, les enfants apprennent à lire et à écrire. En effet, pour épeler ces caractères, pour apprendre à en reconnaître la ligure, à les lire, en un mot, l’enlànt se sert d’une planchette où ces caractères sont gravés en creux : en prononçant chaque caractère, il passe son doigt dans la cannelure. De la sorte, ce n’est pas seulement des yeux qu'il connaît la forme, le tracé du
- caractère, c’est aussi au moyeu du toucher. Un peu plus tard, on lui remet des modèles plus petits, où la cannelure est remplacée par une raie finement tracée dans le bois : il y passe la pointe d’un poinçon et au moment où il sait lire il sait également écrire, sa main ayant l’habitude de tracer le caractère. I). li.
- Phénomène de lumière. — Le 12 août, vers trois heures et demie du matin, un détachement du 2' pontonniers, composé d'un adjudant, de cinq fourriers et d’une quinzaine de pontonniers, se trouvait sur la route de Paris, aux environs de Seiches, localité située à vingt kilomètres d’Angers, lorsqu’il a été témoin d’un singulier phénomène céleste. L’adjudant, qui était monté sur sa bicyclette, était à 20 mètres de ses hommes. Le reste du détachement chantait en chœur pour égayer sa marche de nuit. L’atmosphère était parfaitement sereine. Les étoiles scintillaient dans un ciel sans nuages. Tout à coup, et sans percevoir aucun bruit, une vive lueur se produit, très courte, mais aveuglante en quelque sorte. L’adjudant descend de sa machine; les hommes cessent de chanter. Alors ils aperçoivent dans le ciel, à moitié distance de l’horizon et du zénith, dans la direction du nord, une longue traînée lumineuse, le haut penché vers l’est, semblable à la comète de 1881, sauf (pie les formes de la première, étaient, plus rectilignes. Pendant une minute ils purent admirer cet étonnant spectacle ; puis tout d’un coup tout disparaît et trois ou quatre étoiles filantes se dispersent à droite et à gauche, partant successivement à de très courts intervalles du noyau lumineux. L'éclair qui les a surpris au début a été de très courte durée. La traînée lumineuse ne donnait pas de clarté. De retour à Angers, ils ont rédigé et signé la relation de cet étrange phénomène.
- Éclairage électrique par ballons. — Des expériences sont en cours, en Allemagne, pour réaliser l’éclairage continu des terrains de manœuvre ou de combat au moyen de ballons. La source d’électricité serait sur le sol, et les lampes seraient suspendues à des ballons captifs. La puissance lumineuse de 5000 bougies environ suffirait pour éclairer, par un temps bruineux, une surface de 500 mètres de diamètre et cela d’une hauteur de 1)00 mètres. Les expériences ont été satisfaisantes, parait-il, et il est probable que le système sera employé aux prochaines manœuvres. L' Elcctrician, de Londres, qui reproduit cette même information sous une autre forme,, dit que le Gouvernement allemand a commencé des expériences d’éclairage électrique exécutées à l’aide de ballons captifs. Une lampe est suspendue à 150 ou 200 mètres du sol ; le courant arrive par un des trois câbles de retenue de l’aérostat, et illumine un esjxice d’une étendue assez vaste pour qu'un nombre considérable d’hommes puissent manœuvrer presque aussi aisément qu’en plein jour. Ces projets offrent un grand inconvénient. Ils ne seront réalisables que par temps calme. On sait que lorsqu’il y a du vent, les ballons captifs s’agitent et se penchent à l’extrémité de leurs câbles, et les lampes se rapprocheraient de terre en cessant de bien fonctionner.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance dit 5 septembre 1894. — Présidence de M. Lœwy.
- Le tremblement de terre de Constantinople. — Le 10 juillet dernier un violent tremblement de terre accumulait les ruines à Constantinople. M. Eginifis, directeur de l’observatoire d’Athènes, qui se trouvait à Constanti-
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- LA NA T l KL.
- "2r»‘>
- uople au moment do colle catastrophe, a réuni dans un Mémoire, tous les renseignements qui peuvent présenter un intérêt pratique ou scientifique. Un a compté trois secousses, d’une durée chacune de 1 à 2 secondes. Ces secousses ont été séparées par de courts intervalles et la durée totale du phénomène n’a été que de 18 secondes. Les secousses ont été ressenties sur une surface considérable dont la plus grande dimension dépasse 500 kilomètres. Les maisons en pierre ont été les plus éprouvées; elles sont toutes lézardées quand il n’y a pas eu écroulement. Les maisons de hois n’ont presque point souffert, il en est de même des maisons en briques qui ont en général assez bien résisté. La mer s’est retirée à plus de 200 mètres de sa ligne d'affleurement; des marins qui se trouvaient à l’eau pour des travaux, ou des baigneurs, ont nettement ressenti quelques moments avant les secousses une élévation subite de la température de l’eau de la mer, due sans doute à des dégagements de gaz venus des profondeurs de l’écorce terrestre. Enfin un câble télégraphique a été coupé en plusieurs tronçons. Le débit des sources a été le plus souvent changé. Chez quelques-unes, les eaux, après avoir disparu, sont revenues troubles. Les hirondelles paraissent avoir eu la perception anticipée des secousses, car on les a vues s’élever en l’air à une grande hauteur, un peu avant les mouvements du sol. On sait que la trépidation s’est propagée jusqu’à Paris, et au delà certainement, car elle a été enregistrée par les instruments de l’observatoire météorologique du parc Saint-Maur. En tenant compte de la distance des deux villes ainsi (pie du temps employé pour la propagation de l’onde sismique, M. Eginitis trouve que la vitesse serait de 5kra,5 par seconde. C’est à peu près la vitesse de la propagation du son dans la fonte.
- La station zoologique de Saint-Waasl-la-Hougue. — M. Edmond Périer rend compte de l’état actuel de l’établissement de Saint-Waast. La station est aujourd’hui complètement organisée. Elle a été installée aux frais de l’État et couvre une superficie de 4 hectares ; elle renferme les bâtiments d’un ancien lazaret dans lesquels on trouve deux baraquements dont l’un s’étend sur une longueur de 70 mètres et l’autre sur une longueur de 50. Le site de la station est très heureusement choisi, parce <pie l’on v l'encontre, sur un espace limité, toutes les catégories de fonds, et qu’il se trouve au point de jonction de la faune de la Manche et de celle de l’Atlantique. L’établissement possède une vaste citerne où l’on introduit l’eau de la mer. Cette eau se clarifie, se refroidit et prend une température à peu près indépendante des variations de température de l’eau du rivage. L’eau ainsi clarifiée et refroidie est aspirée par une pompe, puis déversée au sommet d’un château d’eau de plusieurs mètres de hauteur, d’où elle se répand dans les viviers. Le laboratoire compte dix-huit tables de travail avec bacs formés par des dalles de granit. Ces bacs sont ouverts par le haut et fermés sur une des faces par une glace. Les viviers sont peuplés de la façon la plus variée, et telles espèces que l’on n’avait pas encore réussi à conserver captives sont en pleine prospérité. On y trouve des bars qui vivent dans les bacs depuis plus d’un an, des poissons plats, des am-phioxus, sorte de poisson à l’apparence de mollusque, au corps transparent gris clair, pourvu de nageox’os rudimentaires, que l’on rencontre sur les bancs de sable laissés à découvert par la basse mer, des pieuvres, des seiches, des mollusques nudibranches et parmi ceux-ci des trilonies. L’un de ces singuliers animaux limacilormes qui habitent les fonds rocheux couverts de plantes ma-
- rines avait suspendu ses oeufs à l’une des glaces. Ces œufs sont disposés en ruban. Chaque jour l'animal revenait visiter ses œufs et le ruban s’étant un jour décollé en partie, il le remit en place. 11 y a dans ce fait un exemple d’instinct de la conservation de l’espèce, d’autant plus remarquable qu’il s’agit d’un animal hermaphrodite. Parmi les annélides nageuses, le laboratoire possède comme curiosité scientifique des chétoptères. Enfin les échinodermes sont très prospères; on montre des spalangues, des comatules, des étoiles de mer, des solasters. L’acclimatation en vivier de ce dernier animal est une nouveauté. M. Périer ajoute que les actinies et les polypes sont « comme chez eux » dans les bacs de Saint-Waast. Les baraquements dont il a été question plus haut conviennent très bien pour l’élevage des alevins, de telle sorte qu’à coté des travaux théoriques, des recherches de pisciculture marine pourront être poursuivies. Ces recherches auront pour objet le repeuplement de la Manche, qui est une des questions à l’ordre du jour au Ministère de la Marine, question dont la solution « avait été rêvée par de Quatrefages et essayée par Coste », suivant la conclu sion de M. Périer.
- Assimilation de la potasse par les végétaux. — M. Piehard, professeur à l’école de viticulture delleaune, donne une méthode de dosage de la potasse dans les sols. Par les procédés en usage dans les écoles d’agriculture, on ne dose que la potasse assimilable qui n’est en réalité que la moitié ou le tiers de la quantité de potasse existante. Le surplus est engagé à l’état de silicate et n’est pas assimilable. La potasse qui existe naturellement dans les sols provient de la désagrégation des roches primitives ; d’où il suit qu’on la rencontre à l’état de chlorure et de divers autres sels, sous forme assimilable, et enfin à l’état non assimilable. Mais si l’on introduit des nitrates dans le sol, la deuxième partie s’assimile aussi bien que la première.
- Varia. — M. Milne-Edwards fait le récit de la cérémonie d’inauguration du monument élevé à Valleraugue (Gard), à M. de Quatrefages. M. Darboux a présidé la cérémonie et a prononcé un discours au nom du Ministre de l’Instruction publique; M. Llamyaparlé ensuite au nom du Muséum, M. Milne-Edwards au nom de l’institut. Le monument est très décoratif. M. Milne-Edwards remarque que la petite ville de Valleraugue, dont la population a décru de 4000 à 2000 habitants durant ces dernières années, renferme aujourd’hui les monuments commémoratifs de deux membres de l’Académie, celui du général Perrier et celui de M. de Quatrefages. 11 serait possible que le nombre s’augmentât, carM. de Tessan, décédé en 1870, était-également né dans cette petite ville. Ch. de Viu.kdkuil.
- UNE MONTRE GÀLLO-ROMATNE
- Un sait que, pour mesurer le temps, l’Antiquité faisait usage de sabliers, de clepsydres et de cadrans solaires, tous appareils frappés du commun inconvénient de n’ètre nullement portatifs. On se demandait depuis longtemps de quels instruments d’horlogerie les anciens pouvaient se servir alors qu’ils n’étaient point chez eux. Une récente et très intéressante découverte nous permet aujourd'hui de répondre à la question.
- Sur le territoire de Holding, commune de Co-clieren, à 4 kilomètres de É’orbach, se trouve le mont
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- lliéraple qui, au temps de la domination romaine, était couvert de constructions dont les ruines attestent T importance. La tradition veut que ce site ait autrefois servi d’assiette à un castrum stativmn commandant une voie de communication qui reliait Metz à Sarrebourg.
- Depuis le milieu du dix-huitième siècle, on a mainte lois fouillé ce sol remarquable, et l'on en a exhumé quantité d’antiquités précieuses, entre autres un curieux monument consacré à la gloire de Tibère, Lan 20 avant l’ère chrétienne.
- En 1802, M. Émile lluber, de Sarreguemines, a derechef entrepris des fouilles sur Lun des versants du mont lliéraple, et ses investigations y ont été singulièrement fructueuses. M. Maxe Werly s’est chargé du soin de dresser l'inventaire des objets recueillis : verres, poteries, monnaies, statuettes, ustensiles de pierre, de marbre, de fer et de bronze.
- Ur dans la série des bronzes se trouve un petit instrument dont le colonel de La Noë a su déterminer la destination et restituer le mode de fonctionnement.
- Ce petit bronze n’est, autre chose qu’une montre solaire de poche. L’appareil dont il s’agit consiste en un disque de 0m,044 de diamètre, encastré dans un cadre cylindrique — ou tube — qui le dépasse, de part et d’autre, en hauteur et constitue ainsi au-dessus de chaque face un rebord d’environ (lm,00ù.
- Un petit trou, foré dans l’épaisseur de ce cylindre, et débouchant à l’extérieur dans le plan médian, sert de logement au bout de chaîne, cordon ou ficelle qui permet de suspendre l'instrument de telle façon que les faces en soient verticales. Étant donnée la verticalité,.on remarque, à l’extrémité gauche du diamètre horizontal, un orifice tronconique traversant le rebord supérieur du cadre et évasé vers l’extérieur.
- Une aiguille de bronze tourne à frottement dur autour du centre du disque. La tranche gauche de cette aiguille, qui passe exactement par le centre de rotation, est perpendiculaire au plan du cadran considéré. Sur l’hémicycle inférieur de ce cadran, le constructeur a tracé plusieurs droites. I)e ces lignes les unes sont des rayons du disque ; les autres relient transversalement, et deux à deux, les points de division marqués sur ces rayons. Celles-ci se rapportent aux Jours; celles-là, aux Heures.
- Le faisceau des lignes de Jours n’occupe qu'une partie de la moitié inférieure du disque où leurs extrêmes limitent un secteur d’environ 104° 50' d’amplitude, lequel se trouve partagé en six petits sec-
- teurs égaux deux à deux, de part et d’autre du rayon central. Le long du rayon extrême de droite sont gravées les lettres 1AN., initiales du mot Januarius (janvier) ; le long du rayon extrême de gauche, les lettres IVL., initiales de Julius (juillet). Les rayons intermédiaires correspondent respectivement, à partir de la droite : le deuxième, aux mois de février et décembre ; le troisième, à mars et novembre; le quatrième, à avril et octobre ; le cinquième, à mai et septembre ; le sixième, à juin et août.
- Tracées transversalement aux rayons on lignes de Jours, les lignes d'Heures partagent chacun de ces rayons en six parties inégales, correspondant chacune à un douzième du temps compris entre le lever et le coucher du soleil. Le premier intervalle compté à partir du centre se rapporte à la première et à la douzième heure (style romain); le suivant, à la deuxième et à l’onzième, et ainsi de suite jusqu'au sixième intervalle correspondant à la sixième et à la septième heure du jour. Au-dessus du diamètre horizontal tracé sur le cadran, on remarque l’inscription IL. C’est, en chiffres romains, le nombre 49, exprimant la latitude du lieu pour lequel l’appareil a été construit. La latitude du mont Hiéraple est effectivement, à 10 minutes près, de 49 degrés.
- Telle est, à part quelques détails sciemment omis, la description de la montre solaire gallo-romaine. Pour y trouver l’heure, l’observateur doit commencer par en orienter convenablement l’aiguille, c’est-à-dire amener cette aiguille à coïncider sur le cadran avec la ligne correspondant au jour de l’observation. Pour le premier jour du mois, point d’indécision possible ; mais, pour un autre jour quelconque, l’aiguille ne peut se placer qu’à l'estime. Cela fait, l’observateur s’attache à tenir la montre verticale de manière à avoir le soleil à sa gauche, et il amène le cadran dans le plan vertical passant par cet astre. Dans cette situation, les rayons solaires qui traversent l’orifice tronconique viennent dessiner un petit cercle lumineux sur la tranche gauche de l’aiguille, laquelle tranche est, a-t-il été dit, perpendiculaire au plan du cadran. La position de ce cercle, par rapport aux lignes d'Heures adjacentes, donne l’heure cherchée ; et cela, avec une approximation suffisante, eu égard aux besoins courants de la vie ordinaire. Ié-colonel Ue.wnebert.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissaxdter.
- Paris. — Imprimerie Laliure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 111 1. — 15 SEPT K M ii R K 1894.
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- LES VENTILATEURS ÉLECTRIQUES
- Parmi toutes les applications domestiques de l'énergie électrique, il convient de citer en particu-
- lier les ventilateurs électriques, qui sont si utiles [tour rafraîchir les appartements pendant les eha-
- Divers modèles de ventilateurs éleelriques. — 1. Ventilateur-éventail avec moteur Lundell. — 2. Ventilateur applique. 3. Ventilateur de suspension. — i. Lustre-ventilateur Dield. — 5. Ventilateur Dayton à quatre ailettes. — 6. Ventilateur de plafond. 7. Ventilateur presse-papier. — 8. Ventilateur à tige. — 9. Ventilateur HoKzrr-Cabol. — 10. Ventilateur Meston. — 11. Ventilateur à pied Cuttriss. — 12. Ventilateur aspirant et foulant. — 13. Ventilateur à eonsoles.
- leurs de l’été. Nous avons déjà parlé de ees appareils1, et nous en avons décrit un modelé; nous revenons aujourd'hui sur celte question [tour donner à nos lecteurs quelques renseignements complémentaires.
- 1 Voy. n° 080, du 25 avril 1802, p. 525.
- Les systèmes, dont nous représentons quelques spécimens dans la ligure ci-dessus, ne sont point des ventilateurs proprement dits. Ce sont plutôt des éventails actionnés par des moteurs électriques. Ils peuvent toutefois remplir l'oflice de ventilateurs, si l’on a soin de ménager des conduites d’aspiration
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- tîe ,lunée. — 2e semestre.
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- et de refoulement. Depuis quelques années, ces petits appareils se sont extraordinairement développés, surtout en Amérique ; ils commencent cependant à faire leur apparition dans les cafés et immeubles parisiens.
- Les dessins nos 1, 12 et b représentent des adaptations de ventilateurs à un moteur spécial Lundell, qui mérite de fixer un instant notre attention en raison de sa grande simplicité de construction. Les inducteurs sont constitués par une boîte en fonte en deux parties, évidées au centre, et présentant deux avancements intérieurs qui forment les pièces polaires. L’excitation est produite par une bobine de lil isolé, placée dans l'espace laissé libre entre les deux llasques, et dont le conducteur est traversé par le courant. L’induit est un enroulement Siemens dont les fils sont encastrés dans les rainures longitudinales d’un tambour en feuilles de tôle minces. Il est. monté sur un arbre qui porte un collecteur à balais de charbon d'un côté, et de l'autre, les ailettes du ventilateur. De la sorte, les parties induites et inductrices sont à l’abri des atteintes extérieures; le fonctionnement en est assuré dans de meilleures conditions. Un remarquera que tout autour des ailettes se trouvent des liges de cuivre en cercle pour éviter tout contact possible par n egarde. (les ventilateurs se font pour des puissances de l/K) de cheval à b chevaux avec des diamètres d'ailettes variables; ils fonctionnent sur des différences de potentiel de 110 volts, et au mojen d’un commutateur à plusieurs directions, ils peuvent tourner à des vitesses angulaires de IbOO, 1200 et 800 tours par minute. Ce ventilateur est très léger et peut facilement se porter d'une pièce à une autre.
- Le môme moteur est appliqué dans les ligures nus 2 et b; le dessin n' 2 montre le ventilateur forme applique que l'on peut accrocher le long du mur; le n° 5 est un modèle spécial de suspension, d’une puissance de 1/0 de cheval, à 110 volts et à 1400 tours par minute. Dans d’autres modèles, le moteur commandant le ventilateur est seulement suspendu au plafond par des cliainettes.
- Pour éviter d’avoir à la fois un ventilateur et un lustre pour l'éclairage, la maison Dielil a monté le ventilateur électrique sur la tige du lustre (n° 4), un peu au-dessus des lampes, et à une extrémité de la tige de support. Un interrupteur permet de mettre en marche le ventilateur; un autre interrupteur permet également à volonté l’allumage ou l’extinction des lampes.
- Le dessin n° 5 est Am ventilateur Dayton, dont les parties constituantes du moteur inducteur et induit sont des plus réduites; il est à 4 palettes qui se déplacent dans un plan horizontal. 11 fonctionne sur des différences de potentiel variables de 110 à bOO volts suivant les modèles, avec des vitesses angulaires de 140 à 172 tours par minute.
- Dans le ventilateur n° (i, nous ne retrouvons que deux ailettes se mouvant dans un plan horizontal. Le moteur est placé dans une sphère ornementée.
- tpii est elle-même maintenue au plafond par une tige. Lé ventilateur nu 7 est actionné par un moteur du genre Dayton, dont il a été question plus haut; la puissance électrique de ce moteur est d’environ 1/2 cheval, à 110 volts, avec une vitesse angulaire de 1700 à 1800 tours par minute. Cet, appareil, de faible poids et de dimensions réduites, peut, être placé sur le bureau et servir au besoin de presse-papier.
- Dans le ventilateur n° 8, le moteur proprement dit est placé à l’extrémité d'une tige qui le maintient au plafond. Les ailettes transversales qui sont mises en mouvement sont fixées juste au-dessus du moteur.
- Le dessin n° 0 représente un autre ventilateur de 1/10 de cheval, à I 10 volts; il peut marcher à la vitesse angulaire de 1100 ou 1000 tours par minute. Dans ce moteur toutes les parties sont visibles, solides, et peuvent être démontées aisément.
- Nous ne nous sommes occupé jusqu’ici que des ventilateurs pouvant fonctionner avec des moteurs à courants continus. Mais aujourd'hui les distributions d'énergie électrique par courants alternatifs sont nombreuses, et il convient d’examiner également les appareils qui peuvent être utilisés par ces dernières.
- Le ventilateur n° 10 est actionné par un moteur électrique à courants alternatifs de 1/8 de cheval; il est monté sur un tabouret, et il tourne sur lui-même 20 à 2b fois par minute. Le ventilateur n° i l est monté sur un pied élégant pouvant se déplacer à volonté ; le moteur à courants alternatifs fonctionne à une fréquence de 80 à 120 périodes par seconde, et à une différence de potentiel de 110 volts. Les nos 12 et, )b représentent deux genres particuliers de ventilateurs; le premier est à la fois souillant et aspirant., il peut donc, avec, certaines dispositions, assurer une ventilation réelle. L’appar. il n° 1b est disposé pour être placé convenablement contre le mur. La vitesse angulaire normale de ces deux derniers ventilateurs est, de 2200 tours par minute.
- Dans les quelques lignes précédentes, nous avons cherché à donner des idées générales sur un petit, nombre de ventilateurs électriques; nous sommes en effet, persuadé qu’avant peu d’années ces applications mécaniques de l'énergie électrique auront pris une grande importance. J. Laffargff.
- LES CONSERVES D’ŒUFS
- Le transport des œufs à grande distance offre toujours des difficultés considéraldcs pour une double raison : d’abord la coquille en est excessivement fragile, et il faut recourir à un emballage des plus minutieux si l’on ne veut pas courir la chance d’un bris considérable; en second lieu, et en dépit de précautions de toutes sortes, les œufs ne peuvent pour ainsi dire pas se conserver frais. La question est particulièrement intéressante pour l'Angleterre : ce pays fait venir des quantités prodigieuses d’œufs soit de France, soit d'Italie ou d’autres parties de l’Europe, et cela, non seulement pour la consommation directe, mais aussi pour les grandes fabriques de biscuits des Falmers et autres. 11 faut songer qu’une de ces
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- pâtisseries on gros oonsnmmo 5000 œufs par sciniiino.
- Mais voici qu'on a inaugure: uno méthode toute nouvelle (l'importation des neufs : une maison de commerce, d'après notre confrère italien Bolleliino di Notizie commercial'!. fournit maintenant à certaines de ces pâtisseries des œuls debarrassés de leur coquille, et conservés dans des caisses de fer-blanc hermétiquement fermées, comme on le fait pour tant d’autres produits : ces œufs proviennent de Utissie et arrivent ainsi en parfait état. .Naturellement ce mode de transport ne pourrait s'appliquer a des omis qu'il s’agirait d’employer isolément ; mais cela n a pas d importance pour l’usage auquel ils sont destinés. L'œuf est versé tout entier dans le récipient, le blanc et le jaune se mêlent.
- Ces œufs en caisse se conservent dans d'excellentes conditions pendant un temps pour ainsi dire indéfini. D’après les renseignements donnés par le consul d'Italie à Londres, la caisse ou tambour, comme on l’appelle en Angleterre, peut contenir de 1000 à 1500 œufs; elle est munie généralement d'une ouverture circulaire qui permet d’y verser l'œuf et qui est fermée soigneusement au moyen d'un bouchon de liège scellé à la cire. Il paraît ipie la fermeture est hermétique; peut-être une soudure serait-elle plus sûre. La caisse peut, à son arrivée à Londres, être munie d’une cannelle à clef au moyen de laquelle on extrait la quantité d’œufs dont on a besoin, quand on n'a pas sur-le-champ l'emploi de la caisse entière. Ajoutons ipie ce tambour, entouré de trois cercles de fer, est emballé dans une caisse en bois garnie de paille, spécialement dans les coins.
- Ce mole de transport est fort original; mais nous rappellerons que l’on commence à exporter d'Australie sur Londres des chargements d’œufs conservés par la méthode frigorifique : cela leur laisse leur apparence normale et donne d'excellents résultats. I). IL
- LE CHEMIN DE FER ÉLECTRIQUE AÉRIEN
- I)E LlVEIîPOOD
- Le chemin de fer électrique aérien de Liverpool a une longueur totale de 8 kilomètres; il a été mis en exploitation le (i mars 1895. M. Mallet a publié à son sujet, dans le Bulletin de laSociélé des ingénieurs civils, quelques résultats fort intéressants. Vendant le deuxième semestre de l’année 1895, du 1“' juillet à la fin de décembre, il a transporté 2 47<i (Mit) voyageurs. Le nombre des trains a été de ldi 429, composés chacun de deux voitures à boggies accouplées ; chacune des voitures a un moteur, et contient 57 places. Les recettes se sont élevées à 402 900 francs et les dépenses à 545 000 francs; il y a donc en faveur des recettes une différence de 119 900 francs. Les frais de première installation peuvent être évalués à 1 400 000 francs par kilomètre. Les dépenses de traction par train-kilomètre ont été respectivement de 0fr,215 on juillet 1895, 0f,',2515 en août 1895, et de 0fr,2547 en septembre. Les parcours ont été de 05 192 kilomètres en juillet, de 00 702 kilomètres en août, et de 05 450 en septembre. Une des plus fortes dépenses, avec celles du personnel, est la dépense relative au combustible. Il faut compter environ 5 kilogrammes de charbon tout-venant de Lancashire par train-kiloinètre. Par suite des grèves survenues l'année dernière, le prix du charbon a doublé; c’est ce qui explique que le prix de revient de la traction par train-kilomètre a été plus elevé au mois de septembre 1895 qu’aux mois précédents.
- LES CAUSSES ARTIFICIELS
- On dirait que de temps eu temps la science obéit ù une mode : successivement des sujets divers occupent l’attention et grâce au concours de Ions font de grands progrès, quitte à rentrer ensuite pour une période plus ou moins longue dans un oubli rida (if. (les remarques s'appliquent en ce moment à la science des cavernes, la grotlologie, la spadéolo-gie, que M. K.-A. Martel (d, la phalange de collaborateurs qu'il a su enllammer de son propre zèle ont mis à l'ordre du jour.
- L’auteur des courageuses explorations souterraines, dont tout le inonde a suivi avec anxiété les péripéties et dont tout h1 monde a salué le succès, vient de couronner son œuvre, au moins provisoircmenl, par la publication de son magnifique volume Les Abîmes, qui constitue maintenant la base d’où partiront tous ceux qui voudront continuer l'étude des cavernes. On y voit, par d’innombrables exemples, se préciser les types de gouffres et de cavités souterraines de tous genres et se dégager les données des problèmes géologiques (pii se rapportent à leur histoire. On retire de la lecture de ce livre l’impression bien profonde ([lie les cavités du sol sont avant tout la trace d’une circulation incessante des eaux à laquelle il faut rattacher comme à une cause unique d’innombrables phénomènes généralement décrits sans aucun lien mutuel.
- Depuis bien des années déjà, il m’a semblé (pie l’élude des cavernes et des accidents qui s’v rattachent ne saurait être complète si l'expérimentation svnthélique ne venait ajouter les notions qu’elle seule peut procurer aux faisceaux de documents résultant de l'observation proprement, dite. Au furet à mesure de mes essais, le sujet s’esl élargi, les conclusions se sont affirmées et aujourd'hui, à colé des causses que M. Martel a si fructueusement explorés, je puis mettre sous les yeux de nos lecteurs de véritables causses artificiels.
- Tout d’abord, il est bien clair que les cavités de tous genres dont sont si ordinairement perforées les roches calcaires doivent leur origine à la circulation souterraine des eaux, et l’on est très sur aussi «pie l’agent le plus efficace dans ce travail de dénudation est l’acide carbonique. Mais il reste à priori des séries de'questions sans réponses, et dans le nombre figurent la rapidité des corrosions et la direction dans laquelle se mouvait, pour chaque cas, le liquide érosif.
- A ce dernier point de vue on peut préciser davantage et j’appellerai tout d’abord l'attention du lecteur suites cavités perforées en pleine masse calcaire et (pii sont connues sous le nom général de puits naturels. Je me rappelle avoir déjà décrit dans La Nature, il y a bien longtemps, les accidents dont il s’agit; mais, depuis celte époque, la question a fait de considérables progrès, et, comme il arrive souvent en pareil cas, elle s’est simplifiée.
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- Le type le |»lus simple de ces puits naturels consiste en tubulures sensiblement verticales perforées au travers de roches calcaires comme la craie, la pierre à bâtir, etc. Mon opinion est (pie ces perforations ont été réalisées de haut en bas par des eaux d’infiltration dont la plusgrande partie consiste en ruissellements consécutifs aux pluies. Deux argumen ts p r i n c i p a u x étaient cette manière de voir : lu souvent ces puits plus ou moins larges par en bas n’ont pas d’issue;
- 2° ils sont en forme d’entonnoir à pointe inférieure ce qui est conforme à ce (pie procure la perforation artificielle réalisée dans le sens indiqué.
- La figure 1 ci-jointe peut être invoquée à l’appui de cette assertion. Un dé de calcaire a été soumis à l’action d’un filet d’eau très faiblement acidulée tombant sur le milieu de sa face supérieure. Une cavité verticale s’est, produite et avant qu'elle n’atteignît la face inférieure on a scié le dé
- Fig. 1. — Coupe suivant l’axe d'une cavité produite dans un dé do calcaire par un filet d’eau acidulée tombant verticalement de haut en bas. Imitation des gouffres, des causses, des puits naturels et des poches à minerai de fer, à bauxite et à phosphate de chaux. Échantillon du Muséum, 1/2 grandeur naturelle.
- suivant un plan [tassant par l’axe de la cavité et on a dessiné l'une de ses deux moitiés. Nos ^lecteurs voient la forme obtenue. Or elle est identique à celle d une foule d’accidents naturels parmi lesquels figurent de nombreux gouffres et avens des causses tels ([lie ceux du Greux-Percé (Côte-d'Or) et de Rouveyrols (Ardèche), ainsi que des poches où l’on exploite plusieurs substances utiles telles que la bauxite (mineraid’aluminium), le minerai de fer en grains
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- et le phosphate de chaux.
- Du reste, pour compléter l’histoire de ces précieuses substances, il est
- tout à fait indispensable d’ajouter qu’elles se sont [tlacées dans les poches qu’elles remplissent au lîir et à mesure que ces poches étaient creusées, ce qui revient à dire qu'elles constituent soit un résidu de la dissolution du calcaire encaissant, soit le produit d’une double décomposition entre
- Fig. 2. — Coupe suivant l’axe <t’une cavité produite dans un dé de calcaire par un jet ascendant d’eau acidulée. Imitation des corrosions du puisard de lîourbonne, des éteignoirs à minerai de plomb du Lauriiun, près d’Athènes, et des cloches si fréquentes dans les cavernes des causses. Echantillon du Muséum. (1/2 grandeur nalur.)
- ce calcaire et un liquide corrosif de constitution convenable. Le premier cas est réalisé par les gîtes de sable phosphaté de Beauval ou de Ciply; l’autre par les gîtes de fer en grains, par ceux de
- bauxite ou de phosphoritc du Qtiercy. De très nombreuses expériences pour-; ni vies [tendant des années à mon laboratoire du Muséum ne laissent [tins subsister aucun doute à cet égard, et c'est avec la même assurance qu’on peut affirmer que les cavités creusées par des eaux ascendantes sont, non plus en entonnoirs, mais en éteignoirs, et cette remarque présente également beaucoup d’intérêt et s’applique même à l’histoire des causses comme on va le voir.
- Tout d'abord quand on attaque un dé de calcaire par un jet ascendant d’eau acidulée venant frapper le milieu de sa lace inférieure, on obtient une cavité conique à pointe supérieure dont la figure 2 montre la coupe axiale. Or
- de pareilles formes se présentent dans la nature dans des localités où le sens de la corrosion ne saurait être douteux.
- Je mentionnerai d’abord à cet égard des corrosions observées sur les [lierres de revêtement du puisard romain de lioiirbomic-les-Bainsdans la Haute-Marne et dont la vue suffit pour lever tous les doutes. Un autre exemple plus frappant encore a été procuré par l’étude des antiques mines du Laurium, près d’Athènes, dont on a repris récemment l’exploitation interrompue depuis l’époque d’apogée des anciens Grecs. Les coupes relevées dans ces gisements intéressants font loir que les eaux, amenant des profondeurs des composés métallifères, ont attaqué des bancs de calcaire dans des situations fort diverses suivant les points ; parfois clics se sont épandtios sur les strates rocheuses et les ont attaquées de haut en bas. Dans ce cas. les puits incrustés de minerai ont la forme en enton-
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- noir conforme à la figure 1 ; parfois aussi elles se sont insinuées sous les couches calcaires, soutenues par un lit imperméable de schiste : alors elles ont corrodé de bas en haut, grâce à leur force de jaillissement et alors les cavités où la galène s’est accumulée sont en éteignoirs comme dans la figure 2.
- Malgré la netteté absolue de ces résultats, plusieurs géologues leur ont fait de la résistance et j’ai eu à répondre à des objections dont plusieurs n’étaient guère sérieuses et dont d'autres, au contraire, méritaient examen. Parmi ces dernières il faut citer les sages remarques de
- circonstance dont il s'agit. Une dalle de calcaire, placée horizontalement, étant réduite à coups de masse en trois ou quatre fragments par deux fissures verticales se recoupant mutuellement, on
- rapproche les débris et on dirige
- ligne
- sur la
- d'intersection des fissures un courant d’eau acidulée. La dalle est soutenue de façon (pie le liquide corrosil, après a v o i r c i r c u 1 é dans toute l’épaisseur de la pierre, s’écoule sans difficulté.
- Après quelques jours de ce régime, on trouve le calcaire traversé par un conduit vertical dont tous les détails de forme coïncident avec ceux qui ont
- M. Martel qui insistait sur la forme en éteignoh ! été décrits dans les avens des causses et dans les de beaucoup des perforations verticales rencontrées ! gouffres d'autres régions calcaires. Au commenec-
- Fig. 5. — Imitation artificielle d’un aven des causses par le passage d’eau acidulée le long de la ligne de jonction de deux tissures verticales traversant une dalle calcaire. Un des fragments a été retiré pour laisser voir le résultat. Echantillon du Muséum. I/o de la grandeur naturelle.
- dans le massif des causses où les corrosions ont été faites avant tout par des eaux descendantes.
- Mon contradicteur qui, je crois pouvoir le dire, s’est intéressé à mes résultats, ne ferait sans doute plus les memes objections, maintenant qu'il a vu les produits obtenus au Muséum.
- Dans ce qui précède, j’ai parlé de corrosions réalisées en pleine masse de calcaire; mais bien souvent les avens s’établissent le long des cassures et fréquemment à l’enlre-croise-ment de plusieurs cassures. Il en résulte (pie le liquide corrosil, au lieu de séjourner dans le puits (pii se creuse, s’échappe constamment par en bas; cl cette nouvelle condition suffit à tout changer. La figure 5 représente une expérience inspirée par la
- Fig. 4. — imitiiliou do cavernes, de cours souterrains de rivières cl de cantons ou gorges, qualifiées justement par Desnoyers de « Cavernes à ciel ouvert ». Echantillon du Muséum. 1/5 de la grandeur naturelle.
- ment quand la circulation de l’eau est difficile dans la fissure étroite, le conduit est plus large en haut qu’en bas ; il est en en-tonnoir. Mais, quand il a acquis une certaine largeur et que le liquide s’v déplace très facilement, on voit le diamètre inférieur gagner rapidement. Bientôt l’ensemble a la forme de deux cônes réunis par leur sommet, la forme en sablier ; le cône inférieur gagne en hauteur peu à peu au détriment du cône supérieur et à la fin on passe à l’éteignoir. La figure 5 montre le résultat obtenu. Un peut y voir en môme temps sur la dalle monolithe placée sous les fragments un sillon horizontal creusé par l’eau acidulée et qui reproduit dans tous scs caractères les cours souterrains des rivières,
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- c'est-à-dire les cavernes. L’étude de celles-ci méritait une attention spéciale à cause des descriptions qui en ont été données et je puis dire que dans de très nombreuses expériences toutes les particularités ont été reproduites. Dans la ligure A on a dessiné Lun des résultats obtenus entre des séries d'autres. Un bloc de calcaire a été fendu ert deux, ses moitiés rapprochées l’une de l’autre et étalées sur une dalle bien plus large et non fissurée inclinée plus ou moins à l’horizon. Du coté d’amont, on lait arriver plus ou moins horizontalement, dans le plan de la lissure un peu d’eau acidulée. Au bout du temps convenable, on voit la faille élargit* sous forme de vraie caverne et la grande dalle se creuse d’un sillon qui se prolonge dans la partie découverte de façon à imiter un vrai canon ou canion, comme disent les Américains.
- Uct échantillon offre ce grand intérêt de justifier l'analogie depuis longtemps proclamée des gorges des montagnes, comme celles du Fier, du Trient, de la 'lamina, etc., et des cavernes proprement dites. Suivant, l’expression très heureuse de Res-noyers, ce sont des caverne s à ciel ouvert; leur histoire est exactement la même. Le cours d’eau qui les creuse se comporte tout à fait comme une lame de scie qui attaque un morceau de, bois et quand il est assez rapide pour charrier beaucoup de matériaux solides, sables, graviers ou galets, il peut opérer d’une façon exclusivement mécanique et entailler le granit aussi facilement que le marbre.
- Je craindrais d’abuser du lecteur en insistant davantage sur ces expériences; ce qui précède suffit pour montrer une fois de plus comment les questions géologiques s’éclairent et se simplifient, quand à l’observation proprement dite on peut ajouter les données de l’expérimenta (ion.
- Sta.xisi.as Meunieü.
- VOÛTES EN BETON DE SCORIES
- l'OCR LES MINES
- I! est toujours intéressant de chercher la moindre économie dans tonte exploitation industrielle. S’il n"y a en outre aucune peine pour l’obtenir, mais plutôt des avantages, le procédé qui la donne s'impose.
- La maçonnerie en béton de scories, appliquée à l’exploitation des mines, se trouve dans ces conditions. Elle permet d’utiliser sur place une matière qui n’est autrement, qn’enromhranle. Elle permet également de. se soustraire à ('obligation d’employer et d'acheter des briques, produit quelquefois difficile à se procurer et toujours cher.
- / Je ne parlerai pas de la pie,re de construction brute, (pic l’on trouve généralement dans l’exploitation même, et qui est tout au plus employée comme remblais, si l'on n’est pis obligé de l'entasser avec les autres produits stériles. D’ordinaire une voûte se compose de piédroits l*, Pet d'une pal lie cintrée ; surbaissée ou en plein cintre, peu importe. On l'édilie dans un vide* préparé à l’avance, qui est fait aussi réduit que possible eu égard à l’épaisseur de maçonnerie qu’on veut avoir. Les piédroits se font d’abord, en ayant soin de ne laisser aucun vide entre eux et les parois de la galerie, puis on place des cintres formés d'un fer plat (0,1)7/0,02) sur lesquels on dépose
- longitudinalement des palplanches jointives. La voûte alors se termine, l’ouvrier ayant soin de bourrer le [Jus possible contre, le rocher. Lorsque la voûte est faite avec des briques, ou interpose du mortier, ce bourrage se fait avec, plus ou moins de soin par l’entrepreneur, car la surveillance ne peut être do tous les instants. Si l’on tait tout en béton damé de scories, le remplissage complet, absolu, se fait pour ainsi dire machinalement et l’on obtient un morceau de béton, un tube monolithe qui une fois sec présente une grande solidité.
- Il est d’une importance capitale de ne laisser aucun vide en dehors delà maçonnerie, il faut limiter et meme supprimer dès le début tout mouvement dans les roches encaissantes, sinon la masse mise en branle ne s’arrête pas et c’est dans la mine plus que partout ailleurs que les petites causes produisent les grands effets.
- C’est aussi de celte façon que l’on obtient une meilleure répartition de la pression. 11 faudrait qu'elle fût uniformément répartie, ; mais comme il ne s’agit pas d'un mouvement d'ensemble égal partout, mais de pression locale souvent en un seul point:, il faut par un bourrage parfait chercher à répartir cette pression sur la plus grande, surface possible.
- Le meilleur bourrage à interposer, une sorte de matelas, serait du sable, simplement, mais l’application en est
- Voûte en briques Voûte de 2 T sur 2 T
- Voûtes cil béton do scories pour les mines.
- impossible; le béton de scorie, quoique rigide, s’il est bien bourré, sans représenter une solution absolue de la question, la satisfait amplement.
- Pour que la maçonnerie en béton soit bonne, il faut qu’elle ait, le temps de prendre, (orps; pour cela une durée de dix jours au moins est nécessaire. Après quoi ou peut décintrer en toute sécurité. Toutefois si les roches encaissantes ne pressent pas trop, on peut souvent le faire dès que la maçonnerie est achevée. Dans ce cas le retrait continue à se faire, mais dans toute la niasse également sans qu’il en résulte rien d’apparent. Entre ce moment et la période de dix jours dont nous avons parlé tout d’abord, il ne serait pas toujours prudent de déeintrer, car le séchage de la maçonnerie ne se fait pas régulièrement et il pourrait en résulter des retraits inégaux provoquant des tissures.
- Si les roches encaissantes ont des mouvements immédiats, comme cela peut se produire quand on creuse une galerie suivant la direction des bancs et non perpendiculairement à cette direction, la maçonnerie de béton de scories n’a pas le temps de prendre et alors il y a désagrégation avant qu’elle présente une assez grande résistance. Après avoir employé des pierres brutes, il a fallu en revenir à la brique avec des joints aussi faibles (pie possible. La porosité de la brique amène un séchage rapide du mortier et la voûte se trouve dans ses conditions définitives presque aussitôt.
- Il ne faudrait pas pour un cas aussi particulier rejeter la maçonnerie de béton de scories qui présente une si grande économie sur celle en briques. Il faut employer
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- celte dernière seulement dans les cas exceptionnels, | comme celui qui vient, d’être indiqué.
- Les scories sont tamisées et l’on emploie les morceaux de la grosseur d’un œuf. Le prix du tamisage est de. 0f,',(>25 le mètre cube. Ou mélange à un mètre cube de scories environ t) à 7 sacs de chaux. Le sac est de 50 kilogrammes à 1 franc les 100 kilogrammes. Comme main-d'œuvre il faut compter, à cause du bétonnage, un peu plus cher que pour la maçonnerie en [lierres brutes soit .r> francs le mètre cube terminé.
- 1 mètre cube de scories. . . . 0fr,fi25
- 7 sacs de chaux à 0Ir,50. . . . 5fr,500
- Main-d’œuvre «Vr,00 .... . 5fl',000
- Le mètre cube placé. . . 9'% 125
- Nous terminerons en disant un mot sur la facilité avec laquelle on peut, satisfaire à tous les caprices de forme qu’on peut rencontrer dans des galeries de mine. Croisements, bifurcations, intersections, etc., tout est facile à construire, sans avoir à faire d’études préalables. Cela réussit toujours, en damant bien le béton pour que les éléments se mettent bien en contact les uns des autres, et en ayant soin, comme dernière recommandation, de le mouiller plutôt, trop que pas assez. D.-C...,
- UN NOUVEAU FLUIDE MÉCANIQUE
- Ce titre surprenant, presque bizarre, est celui d’une très intéressante communication faite par M. C. NY. Ilunt au dernier meeting de l'American Society of mcchanical engineers, tenu à Montréal en août dernier. Il s’agit d’un procédé original et nouveau de montage et de réglage des coussinets de machines, dont les applications ne tarderont pas à se développer, eu égard à la simplicité et aux avantages du système. En voici le principe, d’après le Mémoire communiqué par l’auteur :
- Il est bien évident qu’un piston hydraulique utilisé pour rattraper le jeu des coussinets d’une articulation constituerait un dispositif parfait au point de vue de la délicatesse de rajustement et de la rigidité nécessaire pour supporter tous les efforts auxquels l’articulation serait soumise. Malheureusement, le soin avec lequel un semblable dispositif devrait être construit, et les fuites inévitables malgré tous les soins pris dans la construction, rendent l’idée inapplicable et sans valeur pratique si l’on fait usage d’un liquide proprement dit. Ces difficultés disparaissent si le liquide constitué par des atomes infiniment petits, est remplacé par un fluide dont les atomes solides et indéformables seraient de la dimension des billes de roulement des bicyclettes.
- C’est cette idée nouvelle qui constitue l’originalité du dispositif imaginé et réalisé par M. C. W. Ilunt.
- Le piston qui comprime un tel fluide n’exige plus qu’un ajustement rudimentaire et le fluide mécanique est constitué par des billes sphériques en acier de dimensions variées. Sous l'action de la pression, chaque bille d’une dimension donnée, est en équilibre sous l’action des pressions exercées par toutes les billes qui l’environnent et qui passent toutes par le centre de cette bille; si l’enveloppe change de forme ou de capacité, les pressions changent de direction en commençant par le point où se produit la déformation et se déplacent dans le sens de la moindre résistance, jusqu’à ce que la résultante des pressions passe à nouveau par le centre de chaque bille. 11 est nécessaire que celles-ci aient des diamètres
- variés afin d’éviter les coincements qui se produiraient inévitablement sans cette précaution facile à prendre.
- La ligure ci-dessous montre l’application de ce fluide 'mécanique aux deux tries d’une bielle munies de coussinets en bronze avec serrage ajustable pour compenser l’usure. Chacun des coussinets est ajusté par la pression d’une masse de billes en acier trempé dont les diamètres varient entre 5 et (hnillimètres, disposées dans une cavité ménagée dans les tètes.
- Une plaque d’acier est interposée entre les billes et la surface intérieure du coussinet, pour éviter que ces billes en acier dur ne viennent s’implanter dans la matière [dus tendre qui forme le coussinet. La pression se règle en vissant plus ou moins un écrou qui augmente ou diminue la capacité de la cavité dans laquelle sont logées les billes. Lorsque l'usure est telle que, la vis de serrage est à fond de course, il suffit de la retirer,de rajouter quelques billes et de la revisser à nouveau. Dans la bielle représentée, l’une des vis de serrage est en avant, l’autre au-dessus, au point où l'accès est le plus facile. Pour îles
- Vue eu plan et coupes d'une bielle à fluide mécanique.
- paliers de dimensions ordinaires, le réglage est des plus faciles et se fait à la main sans aucune clef. Pour les paliers importants, la pression à exercer sur la vis de réglage est plus élevée, mais comme elle reste encore faible en valeur absolue, la tète doit avoir une forme spéciale qui ne permette pas de la manœuvrer à l’aide des clefs ordinaires ou d’une clef anglaise, car ou exercerait une pression beaucoup trop grande. Depuis un an, l’auteur a monté avec succès une quarantaine de paliers d’après le principe dont le nouveau fluide mécanique fait la base, et il faut reconnaître qu’on trouverait difficilement un dispositif plus simple et d’un réglage plus facile.
- A propos de cette communication, un membre de la Société a rappelé que depuis une vingtaine d’années, on employait du plomb de chasse comme garniture de stuffîng-box, et que, [dus récemment, le même dispositif a été appliqué avec succès aux pompes à air.
- Un autre membre de la Société a observé le mode d’écoulement du lluide mécanique constitué par des balles en acier trempé; cet écoulement semble suivre les lois qui régissent l’écoulement des liquides, sauf sur un point : le débit est indépendant de la hauteur de. la colonne-fluide.
- Voilà des résultats qui intéressent au premier chef ceux qui fabriquent et ceux qui emploient les billes en acier trempé dont nous avons récemment donné la description et le mode de fabrication *. E. 11.
- 1 Voy. n° 1082, du 24 février 1894, p. 193.
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- LES CENTENAIRES DE LA SALPÊTRIÈRE
- Grâce à l'obligeance si connue de M. Le lias, le très sympathique directeur de la Salpêtrière, nous pouvons donner aux lecteurs de La Nature les portraits de quatre centenaires, pensionnaires de cet établissement. Deux d’entre elles existent encore et se trouvent à la Salpêtrière, 2e division, lre section, dans le service de M. le Dr Haymond. Les deux autres sont mortes à cent quatre ans environ. Nous allons d’ailleurs parler d’elles.
- Mmc Mercier (Marie-Thérèse), Yvu Mailletet (fîg. 1 ), née à liruxelles le 21 novembre 1705, est entrée à la Salpêtrière le I I février 1810 comme oeto-
- Fig. 1. — Mme Mercier, Vve Mailletet, née le 1 novembre 1765, décédée le 11 juillet 1868 (104 ans).
- c’est l’intégrité de la mémoire qui était restée intacte et complète.
- Mme La fosse ( Henriette-Adèle ), Yvc Simonet (lig. 5), actuellement à la Salpêtrière, est née à Paris le 20 lévrier 1795. Elle exerçait la profession de journalière et n’a été admise comme indigente qu’à Page de 99 ans en mars 1892. Jusqu’à cette époque, elle était très valide. Mais depuis elle ne peut marcher et reste condamnée au lit. Elle n’a eu aucune maladie durant toute sa vie. La vue a commencé à baisser il y a 5 ans et la lecture est devenue impossible. Par contre, la mémoire est excellente, l’ouïe est bonne, par suite la conversation avec Mmc Lafosse est très facile.
- Elle nous apprend qu’elle s’est mariée à Page de 18 ans et qu’il a été lait d’elle à peu près à cette époque un portrait qu’elle nous communique. C’est
- génaire. Elle est morte de cachexie sénile le 20 janvier 1808. Nous n’avons pu recueillir d’autres renseignements à son sujet. Notons seulement sa profession de canlinière.
- M“1U Corneveau (Ambroisine), Yvc ltailly (fig. 2), était née à Troyes (Aube) le 15 juillet 1782. Elle exerçait la profession de concierge et a été admise à Page de 09 ans. Elle est, décédée subitement le 10 juillet 1880. Cette centenaire ,que nous avons parfaitement connue, était remarquable par sa vivacité et son activité. Elle marchait avec la plus grande facilité et allait tous les jours faire sa promenade dans Paris. Elle est venue seule et sans aide à notre laboratoire. La vision était encore assez bonne, mais ce qui nous a frappé particulièrement,
- Fig. 2. —Mine Corneveau, Y*® Bailly, née le 15 juillet 1782, décédée le 10 juillet 1886 (104 ans).
- une miniature (fig. A) qui nous montre la jeune fille dans tout l’éclat de sa jeunesse cl de sa beauté.
- Le rapprochement de ces deux portraits exécutés à si long intervalle nous a paru intéressant à faire. Cette centenaire a eu quatre enfants dont un seul est encore vivant. C’est une fille qui est hospitalisée à la Salpêtrière et que l’Administration, par une attention très délicate, a placée dans le lit voisin de sa mère afin qu’elle puisse l’entourer de ses soins les plus empressés.
- Notre dernière centenaire est Mmc Debray (Marguerite-Louise), Yve Leboult, née à Igé (Orne) le 29 mars 1794. Elle exerçait la profession de canti-nière et est entrée à la Salpêtrière comme indigente en 1884 à Page de 90 ans (fig. 5).
- A l’inverse de la précédente, ses facultés intellectuelles sont des plus faibles, la mémoire est com-
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- Fig. 5. — M** Lafosse, V»e Simouet, née le 26 février 17**0, actuellement vivante.
- Fig. 4. — La même à l’âge île dix-huit ans, d'après une miniature du temps.
- plètement abolie. La vue est très mauvaise ; quant à la surdité, elle est presque complète. Dans ces conditions nous n’avons pu obtenir de cette centenaire aucun renseignement personnel. Par contre, la motilité est absolument conservée. M"‘e Debray a pu venir poser dans notre laboratoire. Elle est encore d’une vigueur à peine* croyable à sou âge. C’est ainsi que tous les soirs, elle soulève et repousse toute seule son grand lit d'hôpital, qui est tout en fer et d’un poids très respectable. L’appétit est excellent : il faut même la rationner,car si on l’écoutait, elle n’arrêterait pas de manger du matin au soir.
- Nous n’insisterons pas sur les caractères communs à ces quatre portraits, ils sautent aux yeux : multiplicité et profondeur des rides de la face, aspect particulier de la bouche privée de dents, fixité du regard qui est tout à fait frappante surtout chez les deux centenaires actuellement vivantes.
- Sur notre demande, notre excellent ami et col-
- lègue de la Salpêtrière, M. le I)r Kœnig, chef adjoint du service ophtalmologique, a bien voulu faire spécialement l’examen des yeux de nos deux centenaires.
- Chez Mmo Lafosse, M. Kœnig n’a constaté aucune altération des yeux et de leurs annexes. Les cornées sont saines, brillantes, les membranes profondes en parfait état, et les milieux de l’œil absolument transparents. Le regard est plein de vivacité et d'une extrême mobilité.
- Chez Mme Debray, le regard est aussi brillant, mais il manque de mobilité, ce qui enlève à la physionomie toute expression’. La transparence des cornées est normale dans sa plus grande étendue; à la périphérie on voit un arc sénile peu marqué.
- Dans l’œil gauche existe une cataracte complète dont la teinte laiteuse se distingue parfaitement à l’œil nu dans le champ pupillaire, tandis que de l’autre côté il faut le secours de l’ophtalmoscope pour constater quelques opacités du cristallin. Dans
- Fig. 5. — Mm* Debray, Vv<> Lehoult, née le 21 mars 1794, actuellement vivante.
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- cet œil, l'examen ophtalmoscopique n’a révélé aucune lésion, soit du tond de l’œil, soit du nerf optique, soit de la rétine. L’acuité visuelle est naturellement assez altérée, par suite de la cataracte1.
- Chez nos deux centenaires, les mouvements des globes oculaires s’accomplissent avec facilité, quelle que soit la direction dans laquelle on les sollicite. Les pupilles sont de dimension normale et elles se contractent bien sous l'influence de l’excitation lumineuse. Ce signe a une grande importance : on sait, en effet, que le défaut de réaction pupillaire à la lumière et à la convergence ainsi que les déformations des disques constituent des symptômes révélateurs d’uïi affaiblissement du système nerveux en général, ou d’une lésion du cerveau ou de la moelle épinière. Dans les cas présents, l’état des pupilles indique l’intégrité anatomique de la substance cérébrale et de tout l’axe cérébro-spinal.
- En résumé, nous noterons d’une façon toute particulière l'aspect du regard chez nos centenaires qui, au lieu d’être terne et atone, est fixe et brillant. M. Kœnig a, du reste, toujours fait la même constatation chez les personnes dont la santé était parfaite et chez celles (pii atteignent un âge avancé.
- Alijert Lo.xde,
- Directeur du service photographique de la Salpétrière.
- Là SUPERFICIE DE PARIS
- On connaît peu, généralement, l’étendue exacte de la ville de Paris, ou plutôt la superficie du terrain limité pâlies fortifications.
- Cette superficie comprend 7802 hectares où vivent, d’après le dernier recensement, 2 424 705 habitants, soit 51 085 âmes par kilomètre carré, ou 511 par hectare, ou 0,05 par métro carré.
- Comme densité de population, c’est une des plus formidables que l’on ait constatées; celle de Londres est intérieure; celle des plus grandes villes de Chine n’atteint pas non plus cette proportion.
- Sur ces 7802 hectares, ou plutôt sur ces 78020000 mètres-carrés qui constituent l'étendue de la ville de Paris, les chaussées prennent 8 814 200 mètres carrés, savoir :
- Chaussées pavées en [lierre..........G 502 G00“2
- — empierrées. ....... 1 480 100m-
- — asphaltées..................... 525 500"“-
- — pavées en bois . . . . 590 200m:i
- — en terre....................... 40 00üm-
- Total égal. . . . 8 814 200“3
- En ajoutant aux chaussées les places, ponts et quais, on trouve comme surface non bâtie 10 540 708 04 au lieu de 8 814 200.
- Les promenades publiques (squares, parcs, jardins, etc.) occupent une superficie totale de 1 504 795mi,G8. L’étendue du bois de Boulogne est de 8 478 812 mètres carrés; celle du bois de Vincennes est de 9 555 048 mètres carrés.
- 1 Chez les vieillards, le limbe tic la cornée devient opaque; c’est une sorte de liséré blanchâtre qui entoure cette membrane et dont l'épaisseur n’excède pas un millimètre et demi.
- L’OUTILLAGE DU PÊCHEUR A LA LIGNE
- « Je u’ai pas de ( banco », entendons-nous dire au pécheur novice qui, selon l’expression de hichepin, trempe du fil dans l'eau sans résultat,, alors qu’à deux pas de lui il voit d’un œil d’envie un confrère, [dus favorisé do, la Fortune, entassant dans son panier gardons, goujons, brèmes et ablettes. 11 n’y a là, mon jeune ami, aucune injustice.du sort, et si vous voulez bien apprendre, dans l’un des nombreux traités écrits sur la matière, les premières notions de pèche que vous compléterez ensuite par deux ou trois leçons d’un ami expérimenté, vous n’aurez [dus besoin que d'un peu de pratique pour devenir aussi heureux que le voisin dont vous étiez jaloux tout à l’heure. La pèche à la ligne possède en effet, comme tous les sports, des règles bien définies qu’on ne peut enfreindre sous peine d’insuccès; nous n’avons pas la prétention de les rappeler toutes ici, mais comme c’est, au point de vue de l’outillage qu’elles sont surtout d’une précision absolue, nous voudrions examiner ce point spécial en disant quels sont les ustensiles indispensables ou simplement utiles au pêcheur, comment il doit, les disposer pour obtenir le meilleur résultat possible, enfin quels sont les moyens de les maintenir en parfait état de conservation. Nous n’apprendrons rien de nouveau aux amateurs de pèche, mais nous pensons que quelques-uns des lecteurs de La Nature, non initiés à cet art charmant, pourront trouver un certain intérêt à connaître les appareils ingénieux qui permettent à l’homme de lutter de ruse avec les timides habitants des eaux.
- Costume. — Permettez-moi de dire un mot du costume, qui doit être avant tout simple et commode. bien que la pêche soit pratiquée principalement. de juin à octobre, c’est-à-dire dans les mois les [dus chauds, l'humidité et les courants d'air des bords de l’eau commandent l'emploi exclusif de la laine; la toile et le coton devront être absolument, proscrits. Une chemise de flanelle, un pantalon, un gilet montant et une veste en molleton de couleur foncée, voilà pour le.vêtement. Comme chaussures, de solides brodequins à semelles imperméables, (pie vous remplacerez par des espadrilles si vous pêchez en bateau; sur la tête, un chapeau déjoue à larges bords, pour vous [(réserver des insolations, ou bien, [jour les jours de pluie et de vent, un béret de feutre. Ajoutez à cela un manteau de caoutchouc avec capuchon, qui vous garantira non seulement contre les averses, mais aussi contre les brouillards du matin et vous permettra de vous asseoir sur l’herbe couverte de rosée sans risquer d’attraper des rhumatismes. Enfin, [tour éviter les taches produites par le contact du poisson ou la manipulation des amorces, [(lacez dans votre [(ailier un tablier en toile bleue, comme celui des jardiniers (honni soit qui mal y pense); vous le mettrez une lois arrivé sur le lieu de pèche, et la grande poche, située sur le
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- devant, vous sera tort utile pour loger les objets qu'il faut toujours avoir à sa portée (sonde, boîtes à ainorees, etc.), et que vous pourrez prendre ainsi sans vous baisser eonstannnent. Cette poche contiendra aussi un petit torchon destiné à vous essuyer les mains chaque lois (pie vous vous les serez lavées, c'est-à-dire à tout instant.
- Hameçons. — « Toute la pèche est dans le choix de l’hameçon », a-t-on dit avec quelque raison. C'est donc par cette partie si délicate de la ligne que nous allons commencer notre étude. Un bon hameçon doit, réunir la plus grande force possible à la plus grande linesse : la }>lns grande force, parce que le poisson, lorsqu'il se sent piqué, oppose au pécheur une résistance désespérée (pii vient s'ajouter à celle produite par son poids; l'hameçon doit pouvoir conserver sa rigidité dans ce moment critique; s'il était trop faible, il serait, brisé net, et alors, adieu la capture! la plus grande finesse, parce (pie, grâce au braconnage et à la navigation à vapeur, le poisson devient, tous les jours de plus en plus craintif, ce qui force le pécheur à employer des engins de moins en moins visibles. Force et linesse, ces deux qualités qui semblent s’exclure l’une l'autre, ne peuvent se trouver conciliées que par l'emploi d’aciers d’une qualité exceptionnelle, tels que ceux qu’on choisit pour faire les aiguilles à coudre. Aussi n’est-il pas étonnant, de voir presque toujours ces deux fabrications réunies dans la même usine. Si notre pays a la suprématie pour les hameçons étamés, destinés à la pêche en mer, nous devons reconnaître (pie, [tour la pèche eu eau douce, la seule dont nous nous occuperons aujourd'hui, nous sommes tributaires de l’Angleterre et de l’Irlande, dont les principales marques (Limerick, Wycrs et, Warner) sont célèbres dans le monde entier, tant par la qualité des matériaux employés «pie parla perfection des formes. La forme générale de l’hameçon a toujours été sensiblement la même, comme l’attestent les échantillons représentés sur notre dessin et provenant des habitations lacustres du lac de Zurich (lig. 1, nos 1,2 et 5). Le nH I est le premier hameçon de l’àge de bronze, (/est un simple crochet de métal. Le n° 2 nous montre un perfectionnement fondamental ; la pointe est barbelée, de façon à empêcher le poisson de se décrocher lorsqu'il a été piqué par celte pointe, analogue à la moitié du dard d’une flèche. Un anneau, de forme grossière, permettait d’attacher l'hameçon à la ligne. Enfin-, le n° 5 nous montre l’anneau remplacé par une surface aplatie, nommée palette, et destinée à Yempilage, c'est-à-dire à l'attache de la ligne sur l'hameçon. (Aile dernière forme est celle de l’hameçon de nos jours; la matière a été changée, mais nous retrouvons dans nos hameçons actuels : la hampe, recourbée en arc de cercle et se terminant du coté le [dus long par une palette, de l’autre par une pointe barbelée destinée à piquer et à retenir le poisson qui a mordu à l’appàt dont l'hameçon était garni. Quelques variantes ont été apportées, surtout en ce (pii concerne le mode (l'attache de la
- ligne sur l’hameçon. Le n° 4 de, notre dessin montre un hameçon à anneau, le n° 5 un hameçon à palette, le n° (> un hameçon à œillet ; le n° 7 est sans palette; enfin le n° 8 représente un hameçon à chas; nous indiquerons plus loin les modes d’empilage de ces divers modèles. On sait que les hameçons varient de grosseur, suivant le genre de poissons qu’il s'agit de pêcher; on les numérote de 1 à 20, dans le sens inverse de leur grosseur, le n° 20 étant par conséquent le plus petit; notre dessin montre (0), en grandeur naturelle, les nos 1, 4, 8, 12, 10 et 20 de la série. Malheureusement, les mesures varient suivant les fabricants, de sorti' que ees chiffres ne donnent aucune indication précise dès qu’on veut passer d'uni' marque à une autre. Edmond Renoir, l’auteur d’un des meilleurs traités sur la pèche’, [impose aux marchands de ramener les hameçons à une mesure française uniforme; le n° 10. par exemple, indiquerait un hameçon ayant 0™,010 de tige. Rien ne serait plus simple en effet.
- Quelques mots maintenant sur la fabrication des hameçons, telle qu’elle est pratiquée dans la petite ville anglaise de Redditch, célèbre par ses fabriques d’aiguilles, et qui exporte annuellement dans le inonde entier le chiffre formidable de 250000 kilogrammes d’hameçons de toutes grosseurs. Le fil d’acier est d’abord recuit, puis coupé de longueur suivant le nungéro de Lbameçon que l’on veut, fabriquer (10). Une petite enclume est attaché;' au banc sur lequel l’ouvrier est assis. Sur la face supérieure de cette enclume sont pratiqués trois trous en ligne droite, dans lesquels il engage l'extrémité de trois liges. A l’aide d’un outil tranchant adapté sur le coté de l'enclume, il entaille en partie le métal, de façon à produire la barbe sur les trois liges (11); cet éclat de métal a un mordant et une finesse que la lime ne pourrait, fournir, dette opération est, la [dus délicate, et demande des ouvriers exercés, de véritables ar-
- tistes. On fait ensuite à la lime le dard ou pointe (12) en tenant, le fil avec une paire de pinces, l'extrémité appuyée sur un morceau de buis. L'hameçon reçoit alors la courbure, dont la forme varie suivant les diverses fabriques. On se sert comme guide d'une pièce de métal recourbée (15) encastrée au bout d’un cylindre de buis. Ou engage la pointe1 barbelée entre l’extrémité de ce guide et un clou vertical et l’on tourne la tige de façon à lui donner la forme 14, [mis la forme 15. Il faut, observer que l'hameçon une fois terminé ne doit pas pouvoir être appliqué à plat sur une table; la partie de la tige formant la hampe ne sera pas dans le même plan que celle qui porte l’ardillon; en tenant l’hameçon par la palette, la courbure en haut et la pointe en face, cette pointe doit être inclinée à droite; cela permet au pêcheur de bien voir la pointe lorsqu’il veut y placer l’appàt, en tenant Lbameçon de la main droite et l’appàt de, la main gauche. (Four un gaucher, cette inclinaison appelée entrure
- 1
- La pêche mise à la parlée de. tous. Ernest Kolb, éditeur.
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- devra être au contraire à "anche.) Enfin, pour (pie notre hameçon soit terminé, il reste à faire la palette. Pour cela, l'ouvrier place l'extrémité de la hampe sur le coin d’un bloc de huis de forme carrée, et l’aplatit d’un seul coup de maillet (lfi). Lorsque les hameçons ont reçu leur forme définitive, et que leur fabrication a été reconnue irréprochable, on les trempe, puis on les recuit; cette dernière opération, très délicate, se fait en les plaçant sur une tôle chauffée jusqu’à ce qu’une goutte de suif qu’on y fait tomber fume ou ilambe; on reconnaît ainsi le point convenable, suivant la qualité de l’acier employé. On les nettoie ensuite en les faisant tourner
- dans un tonneau contenant de la [tondre d’émeri (comme pour les aiguilles); enfin on les recuit au bleu dans un bain de sable; quelques-uns sont recouverts d’une sorte d'émail noir (pii n’est autre chose qu'un vernis d’huile carbonisée. Ils sont de nouveau vérifiés un par un, tous ceux qui présentent le moindre défaut étant impitoyablement rejetés. Voilà nos hameçons prêts à être livrés au commerce. Malgré la multiplicité et la délicatesse de ces diverses opérations, toutes exécutées à la main, comme on vient de le voir, le prix de revient des hameçons de sorte commune est de lfr,50 le mille, soit 55 pour 5 centimes, et ne dépasse pas lfr,5(> le cent [tour les
- Fig. 1. — La pêche à la ligue. — Les hameçons. — 1, 2, 3. Hameçons en bronze (habitations lacustres du lac de Zurich). — 4 à 8. Modèles à anneau, à palette, à œillet, sans palette, à chas. —9. Hivers numéros d’hameçons : uDS 1, 4, 8, 12, 16 et 20 (le plus petit). — 10 à 16. Phases de la fabrication. — 17 et 18. Hameçons double et triple. — 19 et 20. Hameçon double monté sur ressorts d’acier (fermé et ouvert). — 21, 22, 23. Manière de placer l’appât (asticot, ver de vase, grain de blé).
- sortes les plus soignées. N’est-ce pas merveilleux? Les qualités d’un hameçon parfait sont, d’après La lUanchère : Courts de pointe; — sans renflement au-dessous de la barbe; —à pointe aigue et ni en dedans, ni en dehors; — à barbe mince, bien ouverte; — sans amincissement à la naissance de la barbe. — Outre la forme que nous venons d’examiner, et destinée à la petite pêche, on emploie dans certains cas des hameçons doubles ou bricoles pour la pêche des poissons carnassiers à large bouche, tels (pie le brochet et la perche (17). Puis vient l’hameçon à trois crochets (18), et enfin les hameçons quadruples, quintuples, sextuples, etc., qui portent le nom de grappins, et que nous retrouverons lorsque nous décrirons les montures
- pour la pêche au vif. Je mentionnerai seulement, avant de terminer cette nomenclature, le curieux hameçon double à ressort, monté sur chaînette de cuivre, représenté fermé et ouvert aux figures 19 et 20 de notre dessin; les branches s’écartent d’autant plus que la traction exercée par le poisson est plus grande. Cet engin, rappelant la poire d’angoisse du moyen âge, s’adresse aux brochets de grande taille; il est assez peu employé, croyons-nous.
- Pour le débutant qui ne vise qu’à pêcher une friture, je conseillerai d'employer l’hameçon n° 18, avec l’asticot comme amorce, pour les petits poissons tels que l’ablette, le gardon, la perche; le n° 10, avec le ver de vase, pour ces mêmes espèces et le goujon; enfin le n° 12 pour la pêche au blé.
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- Les ligures 21, 22 et 25 du dessin indiquent eomiuent ces appâts doivent être placés sur l'hameçon. — Pour la pèche de surface avec des insectes naturels ou des mouches artificielles, la hampe de l'hameçon doit être beaucoup plus longue que celle des hameçons pour la pèche au coup, où l'hameçon doit être le plus court possible; dans ce cas particulier, la hampe est au moins le don hit» de la tige de l'ardillon. Je n’ai rien dit de l’épaisseur de la tige employée pour les hameçons de divers numéros; elle varie d'épaisseur avec- ces numéros, et de plus, dans chaque numéro se trouvent trois catégories : les minces ou tins de 1er, les moyens et les renforcés. Les mots s'expliquent, d’enx-mèmes, je n’y insisterai
- pas. Pour donner une idée de la linesse des petits hameçons, je dirai que lüO hameçons n° 20 pèsent 1 gramme seulement.
- Malgré toutes les précautions prises dans la fabrication, il est rare que la pointe d’un hameçon soit parfaite, et de plus elle peut s’user sur les pierres du fond; aussi la plupart des pêcheurs la refont-ils eux-mêmes à l'aide d'une petite pierre à aiguiser de forme allongée et de grain très lin. Les hameçons sont placés dans une boîte en fer-blanc à compartiments, et classés suivant leur grosseur. A la fin de la saison de pèche, il sera bon de les conserver dans un papier huilé, pour les préserver de l'humidité.
- Ligne. — La ligne est une cordelette üexible
- Fig. c2. — La pèche à 3a ligne en bateau (environs de Paris).
- supportant l’hameçon à l'une de ses extrémités; l'autre extrémité est attachée au bout, de la gaule ou canne à pèche. La longueur de la ligne doit être rigoureusement égale à celle de la gaule, alin que le poisson une fois pris [misse être aisément, à portée de la main du pêcheur. Pour la pêche de fond ou entre deux eaux, la ligne est chargée Ac plombs destinés à faire descendre l'hameçon garni de l’appât. Un flotteur sert à indiquer, par son enfoncement dans l’eau, le moment où le poisson touche, c’est-à-dire exerce une traction sur la ligne. Le corps de ligne est la cordelette s’attachant à la canne, et supportant une partit* plus line, à laquelle est lixé I hameçon et qui s'appelle le bas de ligne ou avancée. IV)tir la pèche des poissons petits et moyens, le corps de ligne se compose de plusieurs crins tordus
- ensemble; le crin est résistant, élastique et peu visible dans l’eau; c’est un auxiliaire précieux [tour le pêcheur.
- Les brins de crin n’ayant qu'une longueur limitée, on relie les unes aux autres plusieurs de ces cordelettes de crin tordu, au moveu d’un double nœud ordinaire, bien serré.
- Pour le gros poisson, le corps de ligne sera en cordonnet de soie fortement tordue et imbibé d’huile siccative pour le rendre imputrescible. La couleur jaune ou verte le rend moins visible dans l’eau.
- Le bas de ligne ou avancée se compose d’un ou de plusieurs crins tordus ensemble, mais il est plus tin que le corps de ligne; Il se termine par un crin long, blanc et transparent qui supporte à son extrémité l'hameçon. Pour les lignes fortes, on remplace
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- le crin par un ou plusieurs (ils d'une curieuse substance appelée le crin de Florence et obtenue par l’étirage de la matière gélatineuse contenue dans les cocons de vers à soie tournés par la chaleur et perdus [tour l’éclosion, après que cette matière a été ramollie dans l’eau acidulée. On obtient ainsi des fils de 50 centimètres environ de longueur, r.ette ilorenee est très résistante dans l’eau; à l'air sec, elle est au contraire assez cassante. Pour assembler les brins de Ilorenee les uns aux autres, les extrémités doivent donc être auparavant ramollies soit dans la bouche, soit dans l’eau tiède. La flo-rence est brillante, ce qui offre un grand inconvénient, car son miroitement sous la lumière du soleil ellraye le poisson; aussi les Anglais ont-ils imaginé de nous fournir, sous le nom de racine anglaise, de la Ilorenee tintée en gris-bleu et amincie au laminoir, rendue ainsi presque aussi fine que le crin. On peut teinter soi-même la racine en jaune en la faisant tremper vingt-quatre heures dans du marc de café humide.
- Notre figure 2 représente un pécheur à la ligne installé en bateau; ce mode de pêche est évidemment le plus agréable puisqu’il permet de se placer sur les grands fonds et de choisir sa place loin des gêneurs bruyants du bord. A sa droite, nous voyons la grande boîte en fer-blanc contenant la terre grasse destinée aux boulettes et dont nous reparlerons quand nous traiterons des amorces; une éponge lui sert à prendre l’eau pour humecter cette terre; à sa droite se trouve aussi la boîte à appâts. A portée de sa main gauche est placée l’épuisette, petit filet que nous décrirons dans notre prochain article, et qu’il peut saisir dès- qu’il sent que l’hameçon a piqué une forte pièce. A l’avant et à l’arrière, le bateau est maintenu au moyen de chaînes maintenues obliquement par de lourds poids de fonte, jetés au fond. Ainsi fixé à la place choisie, bercé doucement par le clapotis de la rivière, notre homme, suivant des yeux sa ligne qui court au fil de l’eau, oublie les tracas et les soucis dA ce monde, dédaigneux des traditionnelles plaisanteries sur la pêche et les pécheurs. Heureux philosophe, ne le dérangeons pas !
- — A suivre. — ArTIHR UOOlt.
- > ^
- CHRONIQUE
- Les forets et l'humidité du sol. — Dans un district forestier du Gouvernement de Jekaterinoslaw, comprenant des reboisements dans les stoppes, eurent lieu îles expériences sur 4’influence des forêts. H résulte de déterminations faites hf 15 mars 189J,-que, à la profondeur de 44 centimètres, le degré d'humidité du sol s’élevait à 22,72 pour 100 pour le sol forestier et celui situé au voisinage immédiat de la lisière du bois, tandis qu’en plein champ il n'était que de 1 4,07 pour 100. La couverture de neige correspondait, le 20 février, à une couche d’eau de 150mm,fi en foret, et de 48mm,2 en plein champ. Les déterminations obtenues en 1891-1892 donnèrent les mêmes rapports. Eu terrain découvert, le froid pénétra jusqu’à 50 centimètres dans le sol, tandis qu'en forêt,
- sous un massif de vingt-cinq ans, il ne se lit sentir qu’à 15 centimètres. En été, la couche du sol qui se dessèche le plus fort est la couche supérieure en terrain découvert, la couche profonde en forêt. On trouva, en effet, dans le sol, les quantités suivantes d’eau en pour-cent du poids : A 9 centimètres de profondeur dans un massif de 25 ans :
- En avril. Mai. Juin. Juillet. Août. Septembre.
- 24,54 22,40 10,14 1 4,57 10,80 10,88
- En plein champ :
- 25,80 20,25 14,42 12,05 15,18 15,92
- À 71 centimètres de profonde ur dans un massif de 25 ans
- 18,45 18,22 13,04 12,10 12,28 12,01
- En plein champ :
- 15,02 17,41 15,92 14,50 15,85 15,08
- L’action des arbres est donc celle d’un drainage. 11 ne faut pas oublier, ajoute le journal Ciel et Terre, auquel nous empruntons ces renseignements, que la forêt établie dans les steppes préserve le sol contre les effets directs des rayons du soleil et des vents, mais utilise presque toutes les eaux tombées. L’existence et l’accroissement des massifs dépendent des eaux venant du dehors. Les eaux de fonds sont trop profondément situées pour que, dans le boisement des steppes, elles puissent profiter à la végétation ligneuse.
- La fabrication du fromage. — La station d’expériences de l'État de New-York vient de publier la fin de son Rapport sur la fabrication du fromage, à la suite des expériences qu’elle a entreprises en 1891 et terminées en 1895. Ces expériences, qui portaient sur les déchets résultant de la fabrication, l'effet des divers ingrédients ajoutés au lait dans la préparation et leur valeur pour déterminer le produit et la qualité du produit, ont été faites à la station elle-même et dans un grand nombre de fromageries de cet État. Elles l’ont été avec des laits de richesse différente, donnés par une très grande quantité de vaches dans diverses phases de la période de lactation, à diverses époques de l’année, et se sont élevées au nombre de 11 5G1 analyses chimiques, toutes faites en triple. Ces expériences ont mis en lumière les points suivants : 1° La graisse dans le lait joue un rôle important pour déterminer le produit et la qualité du produit. Quand la graisse augmente, la quantité de fromage persillé augmente. — 2° La période graisse en fabriquant le fromage est tout à fait indépendante de la quantité de graisse contenue dans le lait et la quantité de fromage persillé par livre de graisse dans le lait ne varie que légèrement avec des laits de richesse différente. — 5° La composition du fromage est très fortement influencée par celle du lait employé à le faire. — 4° La proportion de la graisse à la caséine a un effet considérable sur la qualité marchande et, dans certaines limites, sur la valeur commerciale du fromage. Conséquemment le lait riche en graisse convient tout autant pour le fromage que pour le beurre. — 5° La graisse de lait est un critérium sûr de sa valeur pour faire du fromage, et l’on pourrait s’en servir comme d’une base pour fixer le prix du lait sans faire aucun tort aux producteurs ou aux fromages.
- Le transport de la (( Ferris Wlieel )) de Chicago A New-York.— line des plus grandes curiosités de l’Exposition de Chicago, la roue colossale (Ferris Wlieel) qui élevait les visiteurs, dans son mouvement de rotation, à plus de 100 mètres au-dessus du sol, va être transportée à New-York où elle sera installée au coin de Itroadway et de la 57° rue, au centre de la ville. Le démontage, qui est à peine terminé, dure depuis dix semaines. Le transport
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- des 7)000 tonnes de mêlai et des 150 000 mètres de charpente formant la gigantesque machine s'effectuera au moyen de cinq trains de 50 wagons chacun ; l’essieu de 70 tonnes, une des plus lourdes pièces métalliques qui aient été faites, sera placé, sur un truek double à 8 paires de roues construit spécialement. On évalue a 750 000 IV. le prix du démoulage, du transport et du montage à New-York de la Ferri.s Wheeldo Chicago. Dans son nouvel emplacement, la roue sera éclairée par 0000 lampes électriques, ce (pii la fera ressembler, la nuit, à un immense soleil de feu d’arlilice. X. W.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 10 septembre 1894. — Présidence de M. Lœwy.
- Les truffes africaines. — M. Cliatin a examiné des truffes envoyées de Tunisie par le résident général, et de Tripoli par le consul de France. La truffe de Tunisie est accompagnée de sa plante nourricière qui est une petite cistacée appelée par les indigènes avang-aerfas; c’est l’espèce décrite précédemment par M. Cliatin sous le nom de Tirfezia claveri; la truffe de Tripolitaine est une 77V-fezia Boudieri. La cistacée est une herbe annuelle qui croît dans les lieux arides. Les truffes de Tunisie sont blanches, peu odorantes et peu savoureuses. Elles sont comestibles sans avoir subi la cuisson; on les rencontre de mars à mai. On se rappelle que M. Cliatin a décrit l'année dernière une truffe très abondante en Asie, dans la région de Bakou et de Tiflis, ou elle est connue sous le nom de Touboulane- Cette truffe qu’il a appelée Tirfezia Auzepii doit être rangée entre la Tirfezia Boudieri d’Afrique et la Tirfezia Boudieri arabica. La truffe que les caravanes apportent du désert a Damas est précisément celle que M. Cliatin a déjà décrite sous le nom de Tirfezia Claveri, dont il avait reçu des échantillons provenant de Sétif et attestant sa présence dans la région des hauts plateaux. Une autre espèce, la Tirfezia leonis, est abondante aux environs de Smyrne. De toutes les plantes, les Auberacées sont peut-être celles qui présentent Faire géographique la plus considérable; après elles viendraient les espèces aquatiques, puis les végétaux épigés, enfin les plantes aériennes ou épiphytes.
- Décès. — M. le secrétaire perpétuel annonce la mort de M. llelmboltz, le savant physicien allemand.
- Cil. DE VlLLEDKllL.
- CAPTURE DE DEUX GRANDS CÉTACÉS
- A 1IOILGVTE
- Le !28 juillet dernier, les baigneurs de Bcuzcval-lloulgate purent assister à un spectacle rare sur nos côtes : la capture de deux grands cétacés vivants. Le bruit de cet événement se répandit vite et, dès le lendemain, quelques journaux de Paris allaient même jusqu’à annoncer l’échouage de deux gigantesques baleines. Ce n’étaient cependant pas des baleines et encore moins des baleines gigantesques, puisque le plus grand des deux animaux 11e mesurait guère que b"‘,bü de longueur, taille considérable sans doute eu ( Ile-même, mais qui ne serait encore que celle d’un nain [tour le plus grand de Ions les animaux.
- D’après les indications qu’a bien voulu me lôur-
- 1 Yoy. n° 1050, du 20 noùl 1895. ]>. 200.
- 2U O
- nir M. le Dr Joyeux-Lalfuie, professeur à la Faculté des sciences de Caen et directeur du laboratoire zoo-logique de Luc-sur-Mer, ces cétacés appartiennent à l’espèce Hgperoodon rostrafus, plus voisine des dauphins (pie des baleines, mais séparée cependant des dauphins par des caractères essentiels, comme nous le verrons plus loin.
- Les Ilyperoodons vivent, d’ordinaire dans les mers polaires et sont extrêmement rares sur nos côtes. Ceux dont il est question ici s’étaient engagés, au nombre de trois, au moment où la marée* commençait à baisser, dans une dépression située entre la côte d’Iloulgate et un grand banc de sable qui se découvre complètement à basse mer. Poursuivis par des pêcheurs, ils tentèrent de fuir en passant pardessus le banc, mais la hauteur d’eau diminuait rapidement et n’était déjà plus suffisante : un seul réussit à s’échapper; les deux autres restèrent échoués et lurent bientôt à sec. Pendant longtemps il fut impossible de les approcher; ils faisaient des bonds énormes et lançaient de tous côtés des coups de queue terribles. Enfin, quand ils furent épuisés par la fatigue, on parvint à les amarrer solidement sur le banc au moyen d’ancres et de cordages. C’est dans cet état que je pus les voir tout d’abord.
- C’étaient deux mâles, et déjà adultes quoique non parvenus encore à un âge avancé; le plus grand mesurait 6"',50 de longueur, l’autre (>in,o0; leur respiration produisait, à intervalles rapprochés, une sorte de grognement rauque et puissant. La peau était lisse et uniformément d’un brun noirâtre; sur le dos de Lun d’eux on voyait une série de petites taches circulaires plus foncées, provenant, selon toute probabilité, de coups de fusil tirés avec de gros plombs, qui 11’avaient pu cependant traverser la peau.
- Ces animaux présentent une tète énorme et bombée, terminée par un bec en forme de rostre, comme on le voit bien sur le détail de la tête placée dans l’angle gauche supérieur de la gravure ; les yeux, dont un s’aperçoit aussi sur le même dessin, sont d’une petitesse étonnante; en arrière de la tète, sur le dessus du corps, se trouve un évent en forme de croissant. Les deux membres antérieurs, ou bras, peu développés, ont.l'apparence de rames; la nageoire caudale est grande et très forte ; ils possèdent, en outre, sur le dis, plus près de la queue que de la tète, une nageoire mince et très arquée, que l’on voit sur celui des deux cétacés qui est placé en avant dans la gravure.
- La particularité qui distingue les Ilyperoodons de tous les autres cétacés, et dont je dois l’indication à M. le l)r Joyeux-Laffuic, est qu’ils ne possèdent ni fanons comme les baleines, ni dents comme les cachalots, les dauphins, etc. Leur nom vient cependant de ce qu’on avait cru d’abord qu’ils avaient des dents et seulement à la mâchoire supérieure; en réalité on n'en voit aucune trace; mais à la dissection on arrive à reconnaître, à l’extrémité de la mâchoire inférieure, cachées dans la profondeur des
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- gencives, deux dents volumineuses qui ne sont évidemment d’aucun usage et doivent être considérées comme un organe en voie de régression. Le nom d'Hyperoodon est donc tout a fait impropre puisqu’il indique une particularité absolument opposée à celle que ces animaux présentent.
- Les deux Hyi leroodons d’Houlgatene restèrent pas vivants bien longtemps, domine la mer remontait et qu’une Cois dans l’eau ils auraient bien vite eu raison de tonte amarre, on se décida à les sacrifier, et un boucher d’Houlgate se chargea de les égorger. Lue lois morts, on les remorqua peu à peu sur le sable avec la marée, et on linit, le soir, par les amener à sec devant le casino d’Houlgate. d’est dans
- cette position que j’ai pu prendre, le 21) juillet, les photographies qui sont reproduites dans la gravure ci-dessous. L’exiguïté de l’enceinte où les deux animaux étaient renfermés empêchait de reculer suffisamment l’appareil, de sorte que la perspective se trouve un peu faussée, notamment pour les parties les plus voisines de l’appareil, la queue du premier Ilypcroodon, par exemple, qui paraît plus grande sur le dessin qu’elle n’était en réalité. Le traînage sur le sable n’avait aucunement détérioré les deux cétacés; une partie de la peau du dos seulement était arrachée et pendait, découvrant en dessous une chair jaunâtre, huileuse et déjà d’une odeur peu agréable.
- Pour terminer l’bisloire des deux llyperoodons
- lIyi>ei'oo(lons capturés à lloulgate (Calvados;, le 24 juillet 1894, d’après des photographies de l’auteur.
- d’Houl gâte, ajoutons que, considérés comme épaves, ils ont été vendus par la marine, mais cinq jours seulement après leur capture. Les squelettes ont été transportés au laboratoire de zoologie maritime de Luc-sur-Mer.
- Les llyperoodons, ainsi que la plupart des gros cétacés, sont des animaux en voie d’extinction; nos descendants ne les connaîtront plus que par les descriptions que nous leur en laisserons et par les pièces conservées dans nos musées ; il importe donc de les étudier aussi complètement que possible avant leur anéantissement définitif. En raison de ces faits, il est vivement à souhaiter que des instructions précises soient données à tous les agents de la marine sur nos côtes : l’échouage de tous les cétacés devrait être signalé au plus tôt aux savants du Mu-
- séum de Paris ou des Facultés des sciences de province; il faudrait surtout que les formalités administratives fussent simplifiées et (pie les animaux fussent remis plus promptomeut aux personnes intéressées. Un délai de cinq jours est beaucoup trop long; pendant ce temps, bien des organes délicats ont le temps d'être détériorés, au point que l’étude en devient impossible. Le Congrès de l’Association française pour l'avancement des sciences qui vient de se tenir à Caen a émis un vœu dans ce sens. Le Ministre de la marine tiendra certainement à honneur de satisfaire largement à ce vœu dans l’intérêt, de la science. Alfred Axgot.
- Le Propriétaire-Gérant : («. Tissam.ii:r>.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Pleuras, 9
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- N# 1112.
- 22 SEPTEMBRE 1891.
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- HELMHOLTZ
- Tous ceux qui s'intéressent au progrès (les sciences physiques et naturelles ont à déplorer la mort d'un homme qui lut l'un des génies les plus universels de notre siècle. llermann-Louis-Fcrdinand von llelmholtz, physicien hors pair et grand géomètre, était, avant tout, un philosophe, dans le sens étymologique de ce mol; la physiologie lui doit plusieurs de ses plus beaux travaux, et la psychologie, ipii en est comme l'essence insaisissable, a tiré profit de son immense savoir et de sa profonde analyse.
- D’autres, évoquant des souvenirs personnels, diront le détail de sa vie; ce qu’il nous importe avant tout de connaître, c’est la marche de sou esprit, et la nature de ses découvertes.
- llelmholtz débuta par ce qu’on pourrait
- une action d'éclat, qui lui épargna les premières difficultés dans la lutte pour l’existence. Sou Mémoire Sur la conservation de la force,qu’il publia en 1847, — il était ué le 51 août 1821, — attira l’attention des physiciens sur le jeune médecin militaire. Les sciences naturelles, qu'il avait étudiées jusque-là, lui avaient donné l’intuition de ce quelque chose qui reste constant dans toutes ses transformations, et que nous nommons Y énergie. Coïncidence curieuse, il avait été devancé, dans cette conception grandiose, par un autre médecin, le Dr Robert Mayer, de lleilbronn, dont l’antériorité fut plus tard hautement reconnue; mais llelmholtz bénéficia du fait (pie le Mémoire de Mayer n’avait reçu qu’une publicité très restreinte; il fut bientôt appelé à la chaire de physiologie de l’université de Kônigsberg, et s’engagea dans la voie expérimentale que récla-22' auuée. — 2'1 semestre.
- niait la précision de son esprit. I)e là, il passa à Bonn, et fut appelé à Heidelberg en 4859.
- L’histoire du premier principe de la thermodynamique sera sans doute écrite quelque jour et l’on comprendra peut-être pourquoi un physicien comme Régnault en a passé si près, qu’on le lit entre toutes les lignes de sa Relation des expériences. Les arbres empêchent, dit-on, de voir la forêt ; peut-être fallait-il, de même, n’être pas un physicien de profession pour formuler le grand principe qui domine aujourd’hui toute la éj physique. Ce fut,
- I à ce point de vue,
- j un bonheur pour
- llelmholtz d’avoir débuté par des études*de médecine; ce début, peu ordinaire pour un physicien, dirigea scs premiers travaux d’ex p é r i e n c c . Cherchant la raison des faits dans le domaine qu’il connaissait lemieux, iléludia le mécanisme de l’oreille, et les caractères physiques du son, les mettant en parallèle avec ses caractères sensitifs. Adepte de la théorie expérimentale des sensations créée par J. Millier, qu’il 1 ormula d’une façon plus nette, et qu’il généralisa, il montra (pie le timbre d’un son complexe (à l’exclusion de ce que l’on nomme bruit) résulte de l’intensité relative d’un son fondamental et de ses harmoniques. 11 isola les harmoniques au moyen de ses réson-natcurs, et montra que, en éduquant convenablement notre oreille, nous pouvions distinguer sans peine quelques-uns des harmoniques supérieurs, en particulier dans les sons stridents. La suite de ses études le conduisit à son premier grand ouvrage : Die Lehre von den Tonempfin-dumjen, traduit en français sous le titre Théorie physiologique de la musique*. Après avoir fondé 1 Par G. Gucroult et Wolf. (Masson, éditeur, 18G8.)
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- ll.-L.-F. llelnihoJtz, lit; a l’olsdam le 51 aoul 1821, morl à Charlottcnburg le 8 septembre 180i. (D’apres une photographie.)
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- LA N A TU UE.
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- les principes de l'harmonie sur des faits du domaine de la physique et de la physiologie, il termine par une admirable synthèse en montrant les points de contact entre la musique et l’esthétique en général.
- llelmholtz donnait déjà, dans cet ouvrage, la théorie des voyelles, qui a soulevé, plus tard, de nombreuses discussions; sa théorie en est sortie légèrement modifiée ; mais telle était la cohésion de l’ensemble que les recherches en acoustique ont paru dès lors inutiles, et sont devenues, pour un certain temps, extrêmement rares; elles n’ont été reprises en plus grand nombre (pie dans ces dernières années.
- Du même domaine est son Optique physiologique , œuvre moins personnelle comme recherches, mais magistrale comme ensemble; elle révèle une immense puissance de travail, et cette meme facilité à allier des domaines aussi différents que les mathématiques, la physique et la physiologie. C’est dans cet ouvrage qu’est décrit l’ophtalmoseope, cet ingénieux appareil qui sert à éclairer le fond de l’œil vivant, tandis qu’on l’examine par une petite ouverture percée au centre du miroir.
- L’idée directrice des œuvres physio-psychologiques d’Ilelmholtz — l’idée expérimentale si précieuse dans l’explication de cette chose complexe qu’on nomme le moi — se retrouve dans certains de ses travaux de mathématiques, et surtout dans son Mémoire semi-populaire Sur les faits d'expérience qui sont à la base de la géométrie; il y développe, sous une forme aisément accessible aux esprits cultivés, l’idée étudiée déjà par Lovatchevski et Ilie-mann, d’une géométrie dite non-euclidienne, et fondée sur une conception de la matière ou de l’espace différente de celle que nos sens ont créée en nous. Ce travail était, en quelque sorte, une rêverie; il n’en est pas moins utile à consulter lorsque l’on veut se rendre compte du fondement, on pourrait dire précaire, de la plus précise des sciences. Mais on jugerait bien mal son œuvre mathématique si l’on se bornait à connaître ce genre de recherches, qui n’étaient qu’un délassement. Dans le domaine des mathématiques appliquées, llelmholtz a été créateur, et le Journal de Crelle contient de lui de nombreux Mémoires. Sa théorie de la résonance, du mouvement de la corde frappée, des tuyaux sonores, et surtout ses recherches sur les tourbillons et le mouvement des vagues, passent à bon droit pour être parmi les plus belles applications des mathématiques aux phénomènes de la nature.
- llelmholtz fut appelé en 1871 à la chaire de physique de l’université de Berlin, et, à partir de ce moment, il devint pour ainsi dire le chef de la physique allemande. Dans son dernier poste, il lit peu de recherches expérimentales; les dernières sont relatives aux phénomènes qui précèdent l’c-lectrolyse, question qui l’occupait depuis longtemps, à cause de ses relations intimes avec le premier principe de la thermodynamique, et avec la théorie des piles qu’il avait établie. En revanche,
- il dirigeait les travaux pratiques de nombreux élèves, parmi lesquels fut Ileinrich Hertz, dont la mort prématurée enleva à la physique un de ses meilleurs champions l.
- Les recherches mathématiques des dernières années de sa vie ne se bornent plus, comme au début, à des phénomènes particuliers ; ils posent les hases de nouvelles théories, qui n’ont pas tardé à porter des fruits. Telle est, par exemple, sa théorie des mouvements monocycliques, que les météorologistes ont déjà appliquée à l’étude des phénomènes dynamiques de l’atmosphère.
- Lorsque fut créé l’Institut physico-technique de l’empire d’Allemagne, à la fondation duquel llelm-holtz avait beaucoup contribué, lui seul avait une situation assez prépondérante pour qu’on put, sans hésitation, lui en confier la direction. Ce fut à ce poste très en vue, (jue le désignaient les suffrages de tous, et c’est à cet admirable établissement qu’il a consacré ses derniers soins. Il avait à cœur d’en faire une installation sans rivale, et il dépensait sans compter, à ce service, la vigueur qu’il avait conservée malgré ses soixante-dix ans. C’est ainsi, (pie, en 1892, il représenta officiellement l’Institut physicotechnique à Edimbourg, et l’année dernière à l’Exposition de Chicago.
- Au retour de ce voyage, il fit une chute, provoquée, pense-t-on, par un des premiers prodromes du mal qui devait l’emporter. A partir du mois de juillet 1894, les attaques d’apoplexie se multiplièrent, et il mourut le 8 septembre sans souffrances.
- Les mérites de llelmholtz furent largement reconnus, et les honneurs lui vinrent abondamment. En 1885, il reçut la noblesse héréditaire, et, plus tard, le titre très envié d’Excellence. La France s’était associée à ces hommages ; depuis longtemps, correspondant de l’Académie de médecine, il fut nommé correspondant de l’Académie des sciences à la fin de 18G9. En 1895, il devint l’un de ses huit associés étrangers.
- La mort de llelmholtz, enlevé dans toute l’activité de ses travaux, laisse un grand vide dans la science. Ch.-Ed. Guillaume.
- LES PIQUANTS DES PLANTES
- Les moyens de défense, qui sont extraordinairement nombreux et variés chez les animaux, semblent faire totalement défaut chez les plantes. Ce n’est là qu'une apparence. Pour peu en effet que l’on examine la manière dont les plantes se comportent vis-à-vis de leurs grands ennemis, les animaux, on ne tarde pas à s’apercevoir qu’elles possèdent plusieurs organes protecteurs parfois même très efficaces. Parmi'ces derniers, tout le monde connaît les piquants, les épines, les aiguillons qui hérissent les tiges et les feuilles de certaines plantes; il est difficile de ne pas reconnaître à ces organes un rôle pro-
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- Voy. n° 1070, du 13 janvier 1894, p. 110.
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- tecteur en défendant activement les végétaux non seulement contre la dent des herbivores, mais encore contre la main de l’homme qui voudrait les cueillir. Au printemps, par exemple, alors que la végétation est très peu avancée, les prunelliers ne tarderaient pas à disparaître complètement dans l’estomac des bœufs, des moutons, des chevaux et autres animaux amateurs de verdure, si la nature ne les avait pourvus de ces épines longues et acérées qui en rendent la cueillette, sinon impossible, du moins fort difficile; grâce à leurs {tiquants, les prunelliers peuvent fleurir, fructifier et par suite perpétuer l'espèce.
- La forme des piquants est assez variée, mais peut toujours se ramener à une éminence large à sa base, pointue à son extrémité libre et d'une consistance très dure. Ordinairement simples, elles peuvent être aussi bi ou trifurquées. Leur position est aussi très variable, et l’on peut même dire que tous les organes des {liantes sont susceptibles d’en porter : les tiges (Rosier), la base des feuilles (Epine-Vinette), les feuilles (Chardon), les inflorescences (Chardon), les fruits (Ratura), voire même les racines (Acanthus rhiza aculeata).
- Le corps des plantes est, on le sait, formé de trois membres, la racine, la tige et la feuille, qui par leurs modifications arrivent à constituer le corps parfois si complexe des végétaux. A quelle partie de la {liante faut-il rapporter les piquants? A cet égard, il faut d’abord faire une distinction importante au point de vue botanique, mais (pii, malheureusement, n’est visible qu’au microscope. Certains piquants, en effet, contiennent, comme les tiges, les feuilles et les racines, des vaisseaux (pii y amènent la sève, tandis que d’autres en sont complètement, dépourvus. On a réservé aux premiers le nom d'épines (Prunellier) et aux secondes celui à'aiguillons (Rosier). Ces derniers, simples émergences des tissus superficiels, sont disséminés sans ordre sur le corps de la {liante. Les épines au contraire sont toujours disposées d’une manière fixe et régulière, ce qui se comprend facilement puisque ce sont des membres modifiés, ainsi que le prouvent les vaisseaux qu’ils renferment.
- beaucoup d’épines proviennent de rameaux transformés; le fait est des plus visibles chez le Prunellier, puisque ce sont ces épines elles-mêmes qui portent les Heurs. Souvent, aussi, ce sont des feuilles (Epine-Vinette), ou des parties de feuilles (Agave) ou même des stipules (Acacia). Quelquefois ce sont à la fois les feuilles et les rameaux qui deviennent acérés (Jonc, Genêt). C’est le cas ou jamais de dire que la nature pour arriver à son but emploie des moyens variés.
- Les épines ne sont pas intéressantes seulement par leurs fonctions et leur morphologie, mais encore par les modifications qu'elles peuvent présenter d’un endroit à un autre. Telle plante, par exemple, richement armée de piquants dans une région, en possédera moins dans une autre et pas du tout dans une troisième. Et il est à noter que l’influence du milieu dans ces régions se fait sentir dans le meme sens
- sur toutes les plantes à piquants qu'elles renferment. C’est ainsi que la flore des steppes qui s’étend sur de vastes prairies sèches, de même que la flore des déserts, comprend manifestement jilus d'espèces à piquants que la flore des forêts. Re même au Sénégal, pays remarquable à la fois par la sécheresse prolongée de l’air et l'intensité de l’illumination solaire. En France, ainsi que l’a fait remarquer M. Ant. Magnin, on peut faire des observations analogues : dans les endroits secs, découverts, soumis à une évaporation abondante, par exemple, au Grand-Camp, près de Lyon, on voit le tapis végétal formé de plantes à feuilles réduites ou à piquants (Geuisfa, Onouis spinosa, Eryngium rampestre), ce qui lui donne un aspect comparable à celui des régions désertiques.
- On le voit, c'est surtout dans les déserts que les {liantes à piquants sont abondantes. Or, là, les végétaux sont soumis à la fois à l’action de trois causes diverses : aridité du sol, sécheresse de l’air et éclairement intense. Quelles sont, parmi ces trois causes, celle qui influe sur la production des piquants? Est-ee la nature du terrain, est-ce l’état hygrométrique de l’air, est-ce la lumière? Telles sont les questions sur lesquelles un ('lève de la Sorbonne, M. Lothelier, vient de’publier un intéressant travail.
- Pour ce faire, M. Lothelier a utilisé la méthode si scientifique et si féconde qui préside à la plupart des travaux du laboratoire de M. le professeur G. Bonnier, et qui consiste en ceci : mettre plusieurs individus d’une même espèce de {liantes dans des conditions identiques de lumière, d’éclairement, d’arrosage, de température, etc., et de n’en faire varier qu’une seule. Dès lors, si l’on observe des différences dans les résultats obtenus au bout d’un certain temps, c’est évidemment à ce dernier facteur qu’il faudra les attribuer.
- Pour étudier les modifications exercées par l’influence de l’état hygrométrique de l’air sur les plantes à piquants, M. Lothelier a coiffé, d’une part, deux {lieds d’Epine-Vinette d’un long cylindre de verre, le long duquel il avait étagé des flacons à large goulot remplis d’acide sulfurique, substance destinée à absorber l’humidité de l’air. D’autre part, il a coiffé deux autres {lieds de la même {liante d’un tube de verre pareil au premier; mais le long de ce tube étaient placés des flacons remplis d’eau. Ces deux lots de plantes, ayant poussé à coté l’un de l’autre dans les mêmes conditions de lumière, de température et d’arrosage, on mit fin à P expérience au bout de six semaines. Un put voir alors que, dans l’air sec, les feuilles nouvellement poussées étaient devenues piquantes. Au contraire, dans Pair humide, les feuilles étaient bien développées et avaient acquis même de très longs pétioles. Res expériences analogues ont été effectuées sur plusieurs autres {liantes et ont toujours donné des résultats identiques : les différences d’aspect que présentent ces végétaux suivant qu’ils ont poussé dans Pair sec ou dans Pair humide est vraiment remarquable (lig. 1 et 2,
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- o et 4, 5 et 6, 7 et 8, 0 et 10, 11); on eroirait souvent avoir affaire à des espères différentes.
- Un point intéressant à noter, c’est que la disparition des piquants dans l’air humide se l'ait de deux manières différentes. Voici en effet les deux lois (pie M. Lothelier a été amené à' poser sur ce sujet. Les piquants, quand ils possèdent, la signification morphologique d’un membre de la plante, soit d’uni1 l’euille (Hevberis), soit d’un rameau (Ulc.r) (fig. 5 et 0), ont une tendance à reprendre, dans l’air saturé, le hpe normal. Quand les piquants proviennent d’organes qui ne sont pas indispensables à la vie de la plante, soit d’uni1 stipule (Habitua), soit d’un slipulo-pédoneule (Aanlhitnn) (lig. 11), ils ten-
- dent toujours à disparaître par voie de régression.
- M. Lothelier, en suivant une méthode analogue, a étudié l’inlluencc de l’éclairement sur la production des piquants. Il a reconnu ainsi qu’elle est le plus souvent parallèle à celle de l’état hygrométrique. L’ombre tend à supprimer les parties piquantes des végétaux (lig. 12 et 15, 14 et 15, 16 et 17). dette tendance à la suppression s'effectue parfois par un retour à la forme normale de l’organe transformé (ai piquant, mais le plus souvent c'est par suite d’une atrophie plus ou moins grande que les piquants diminuent à l’ombre.
- On voit, en résumé, (pie li'sconditions qui intluent le plus sur la production dos piquants sont par-
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- Plantes à piquants. — 1 et 2. Herbens, Inunhlité et séelieresse. — 5 et i. Gi’iiitila, hum. et séeli. — o et (i. U les, liuiu. et séeh. — 7 et 8. Cirsinm, hum. et séeh. 0 et 10. Pi/racantha, hum. et séeh.— 11. Xnnthium', eu bas : humidité; en haut : séelieresse. —• 12 et 13. GtedUschia, soleil et ombre. - H et 15. Hobinia, sol. et onib. — 1(1 et 17. Hosa, sol. et omit.
- ticulièrement la sécheresse de l’air et l’intensité de la lumière. Mais il y a sans doute d’autres modin; vivendi qui agissent dans le même sens; je me souviens avoir vu en effet dans h1 Midi, cl poussant cote à cote, un olivier cultivé et un olivier sauvage; celui-là seul était garni d’épines, delà semble même être une loi générale, point que M. Lothelier n’a malheureusement pas abordé, (pic les plantes épineuses à l’état sauvage perdent leurs piquants quand elles viennent ;i être cultivées pendant plusieurs générations. Il semble que la plante, mise— de force — sous la protection de l'homme, renonce peu à peu à ses armes défensives, désormais inutiles, puisque, grâce à la sollicitude de son maître, les ennemis soilt écartés.
- Le rêtle des piquants ne se borne pas à détendre
- les plantes contre les herbivores, Chez un certain nombre de végétaux, surtout ceux qui forment de longs sarments et vivent dans les buissons, les épines ordinairement recourbées vers le bas servent à soutenir les tiges. Enfin quand les épines se localisent sur les inflorescences, les Heurs, les fruits ou les graines, c’est généralement en vue d’aider à la dissémination de ces dernières en leur permettant de s'accrocher à la toison des animaux qui viennent à les frôler; elles servent alors à la défense de l’espèce et non plus de l'individu. Les graines qui bénéficient de ce mode de dissémination sont dites zoophiles, tandis qu’on appelle anemophiles celles (pii sont adaptées à la dissémination par le vent.
- Ih ;.\m UoiTix.
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- LA NATIiliL.
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- Fig. 1. — L’attituilo dans l’art égyptien, (D’aj rrs les hiéroglyphes ou sculptures antiques.
- Chez les Egyptiens de l‘anli*|uilt:, les attitudes jtrises pour le repos différaient Lien des noires. Les chaises, aujourd'hui d’un usage universel, leur élaient connues et il en existe encore dans nos musées datant de cette époque, mais elles étaient peu employées et le fait de s’asseoir constituait une distinction honorifique.
- Les rois seuls s'asseyaient, et les sculpteurs ne donnaient cette pose qu'aux grandes statues en diorite ou en basalte dont la matière, dure et difficile à travailler, était réservée aux personnages a u gu s (es. llamsès III, le grand Sésoslris, avait un siège élevé, nécessitant l’emploi d'un tabouret pour les pieds. Ainsi font aujourd’hui les roitelets nègres pour recevoir les hommages de leurs sujets. Voilà l’origine du Irène qui implique l’idée de domination et de royauté. Sur les stèles et les papyrus, il existe toujours un personnage impor-
- tant assis ou debout et plus grand que les autres. Pour se reposer, l’bgyptien prenait une position bien spéciale, différant, à la fois de celle des Arabes et de celle des nègres de nos jours. Les Arabes en effet se croisent les jambes comme nos tailleurs, ce qui était rare chez les Egyptiens. La femme avait quelquefois cette pose, assez fréquente chez les scribes, sans doute parce qu’ils pouvaient ainsi placer commodément leurs tablettes sur les genoux. On admire, dans cotte attitude, le fameux scribe de notre musée du Louvre.
- Les nègres actuels au contraire s'accroupissent, les deux genoux arrivant à la hauteur des épaules. Oela se faisait aussi en Egypte, mais rarement, comme en témoignent les œuvres des statuaires et des peintres. L’étaient surtout lt'S castes inférieures et les serviteurs qui prenaient celte posture. Citons comme exemple la peinture d’un jeune homme ca-
- Fig. 2. — Statuette égyptienne agenouillée.
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- ressaut une antilope et la statue en calcaire d'un serviteur du mort, au musée de Boulacq.
- Fait curieux, à l’époque des dynasties tliébaines, les divinités sont souvent représentées accroupies. Mais ce sont toujours des dieux inférieurs : le Dieu Râ, à tète d'oiseau, le cynocéphale Tliot, Hast à tète de chatte, Horus lui-mème, etc., tous tombés à un rôle secondaire. Osiris prédominait alors et on le représentait plus grand que les autres. Feux-ci, autrefois vénérés ou provenant d'autres provinces, étaient déchus, et leur posture rappelait cette infériorité.
- L’attitude agenouillée se rencontrait fréquemment chez la femme (voy. la joueuse de harpe et la femme allaitant, tig. 1, nos 1 et o). Elle est encore très répandue chez les peuples sauvages, et tandis que les nègres s’accroupissent, leurs femmes s’agenouillent le plus souvent.
- L’Egyptien ne s’agenouillait que dans les seuls actes d’adoration, et même les rois adoraient les dieux debout. Les femmes au contraire s'agenouillaient ordinairement.
- Dans la période memphite, la reine elle-même est représentée agenouillée derrière le roi debout (bas-relief du tombeau du roi Tô, de sa femme et de son fils). Plus tard, la reine s’assoira à côté de son mari.
- Les hommes, pour se reposer, prenaient une position mixte, intermédiaire entre la position accroupie et celle agenouillée, la jambe gauche agenouillée et la droite accroupie (voy. les scribes du tombeau de Sakkarah, tig. 1, n° 6). Elle est très fréquemment représentée dans les monuments et les dessins. C’est ainsi qu’ils vendaient hoirs denrées au marché, jouaient aux échecs, discutaient, etc.
- Cette posture est spéciale à l’Egypte ancienne, car on ne la retrouve chez aucun peuple actuel. Tout au plus pourrait-on lui comparer la coutume japonaise. En ce pays, les basses castes seules s’accroupissent; l’altitude jambes croisées est regardée comme incorrecte; mais il est, ou du moins il était de bon ton, avant l’invasion des idées européennes, de se reposer une jambe accroupie, l'autre pliée en tailleur. Les artistes japonais ont souvent reproduit cette posture.
- Les hiéroglyphes nous fournissent la meilleure interprétation de ces diverses attitudes des Egyptiens. Ces caractères au début constituaient une écriture pictographique, c’est-à-dire représentaient la ligure de l’objet signifié. Or, parmi les hiéroglyphes, on remarque un homme assis, le sceptre ou le fouet à la main; il représente l'ancêtre, l'homme vénérable, le défunt divinisé.
- L’idée de repos est indiquée j>ar une ligure ramassée à l’égyptienne, à demi accroupie, à demi agenouillée. Cette constatation prouve (pie c’était bien là pour les Egyptiens la position la plus naturelle au repos. On n’en peut trouver de meilleure démonstration. Enfin la ligure accroupie a un sens très général; elle signifie « l’bomuie ».
- La femme, il est vrai, souvent désignée par le meme déterminatif, est alors représentée accroupie, ne différant de l’homme que par la longueur de ses
- cheveux, mais l’emploi de ce signe est postérieur à celui de la femme agenouillée. Celle-ci est d’un emploi courant dans les anciens bas-reliefs. Telles, en particulier, les légendes qui accompagnent les sculptures des pyramides d’Ahusir (ve dynastie).
- Ainsi nous est fournie par l’écriture une preuve assez inattendue de la signification des attitudes dans l’art égyptien. Les gravures qui accompagnent notre texte donnent au lecteur des pièces justificatives. La figure 1 représente des attitudes d’après des peintures et hiéroglyphes (nos 1, 2, T, 5 et 6), d’après des has-reliels (nos o et 7). La ligure 2 est la reproduction d’une statue de femme du Musée égyptien au Louvre, elle est agenouillée.
- l)r F. Régnault.
- L’EAU A HAUTE PRESSION
- pour i/extinction des incendies
- De nombreuses usines se sont établies récemment dans les grandes villes d’Angleterre, pour la fourniture des appareils hydrauliques à haute pression pour ascenseurs, monte-charges, presses, etc. Cette circonstance a appelé l’attention sur le parti que l’on peut tirer de l’eau à haute pression pour augmenter, à peu de frais, l’efficacité des moyens habituels d’extinction d’incendie. Le long des conduites d’eau ordinaires, on a installé une ligne de tu vaux à haute pression communiquant d’une part avec celles-ci, et d’autre part avec un récipient injecteur. Par ce récipient, au moyen de valves spéciales, passe une petite quantité d’eau à haute pression qui, opérant un effet de succion dans la conduite d’eau ordinaire, fait projeter par celle-ci, au moyen de manches, un jet à une pression presque égale à la pression initiale. Le jet peut ainsi atteindre la couverture des plus hautes maisons.
- A llull, on a pu, avec ce système, lancer par des manches à incendie un jet à près de 560 mètres de distance, et garantir du feu la partie la plus importante de l’immeuble. A Manchester, on a estimé que l’introduction de ce système hydraulique a réduit les pertes dues à l’incendie à la proportion d’un septième. En installant 56 de ces appareils hydrauliques par chaque surface de 2 milles carres (5kQ,â 1/2), on peut concentrer, sur un seul point incendié, de 8 à 12 jets ; et comme d’ordinaire les conduites d’eau sont les plus abondantes dans les quartiers populeux et commerçants des grandes villes, là où les dommages du feu sont les plus considérables, U installation de ce système y deviendrait l’élément le plus efficace de l’extinction des incendies. Le coût d’installation d’un double récipient hydraulique est évalué à 1500 francs, et son entretien annuel à 2 1/2 pour 100. A llull, où l’application en a été faite, la taxe par trimestre et par appareil est de 6 francs; en cas d’incendie, la dépense d’eau est de 50 francs pour la première heure et de 15fl',50 par chaque quart d’heure subséquent. Pour chaque vérification et essai, il est perçu 12fr,50 par appareil.
- A Londres, où nombre de propriétés privées se sont munies de cette installation, la taxe minima est de 12fr,50 par trimestre et’ par appareil; en cas de fonctionnement, la dépense est de 125 francs pour les trois premières heures, et de 50 francs par chaque heure subséquente avec perception de 12fr,50 pour le contrôle1.
- 1 D’aprcs Engineering.
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- LA NATUUE.
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- JARDIN BOTANIQUE DE BUITENZORG
- A JAVA
- Il existe dans le monde bien des jardins botaniques. Chaque puissance a compris depuis longtemps l’importance qu'il y avait à créer dans les colonies ce genre de fondation dont l’utilité est indiscutable. Les Anglais, dès l’an 4 786, plantaient dans les Indes, à Calcutta sur les bords de l’Ilougly, un superbe jardin sous la direction du colonel Robert Ilyd. En 1821, ils créaient aussi celui de Peradeniya, près de Kandy, à Ceylan. Nous avons parlé de ces deux magnifiques jardins'.
- Le Gouvernement français, dans ses colonies, ne pouvait point rester en arrière et a su également fonder d’intéressants jardins botaniques à Saigon en Cochinchine, à l’île de la Réunion, etc.
- Dans l’île de Java, les Hollandais créaient, en 1817, le jardin de Ruitenzorg. C’est le plus beau qu’on puisse voir. Il est situé sur une des longues arêtes qui descendent vers le nord de la montagne de Salak, à 280 mètres au-dessus du niveau de la mer. En 1837, M. Diard, membre dirigeant d’une Commission dite d’histoire naturelle, de nationalité française, eut l’idée d’améliorer ce jardin naissant, en le disposant par sections, où les échantillons des plantes d’une même famille seraient représentés. Il fut aidé dans sa tache par M. Ilasskarf, nommé botaniste de Buitenzorg presque à la même époque. Par suite de cette organisation scientifique qui n’existe que très incomplètement dans les jardins dont nous venons de parler, cet établissement dépasserait déjà tous les autres, mais il a en plus des avantages considérables dus à l’importance exceptionnelle des collections de toutes les espèces tropicales et à la générosité avec laquelle il reçoit tous les savants étrangers qui veulent venir y étudier.
- Nous donnons le plan du jardin de Buitenzorg qui aujourd’hui est devenu plus considérable qu’autre-fois (fig. 2). Le l)r Treub est le directeur actuel; par sa science en botanique il contribue puissamment à l’amélioration constante des plantations et, par sa parfaite urbanité, il sait encourager les étrangers à venir profiter des leçons que donne la nature dans son bel établissement.
- Depuis la fondation, le Gouvernement hollandais a compris qu’un jardin botanique unique ne suffisait pas, aussi a-t-il décidé qu’on lui donnerait des annexes. Les jardins entretenus aux frais de l’Etat sont actuellement divisés en trois parties distinctes : le jardin botanique de Buitenzorg, le plus célèbre, dont la surface occupe 60 hectares, situé au milieu de la ville et joint à la résidence du gouverneur; le jardin agricole de Tjikeumeuh qui a 70 hectares et le jardin forestier avec réserve prise dans la forêt vierge qui ont ensemble 300 hectares.
- 1 Le jardin planté par eux à Singapore est plus moderne. Yoy. n° 790, du 1er septembre 1888, p. ‘219, et n° 806, du 10 novembre 1888, p. 374.
- Buitenzorg et ses environs possèdent un climat spécial qui facilite singulièrement le développement des végétaux. Ils ont en même temps la grande chaleur : 28 à 29° centigrades en moyenne ; quelquefois pendant la mousson sèche, dans l’après-midi, le thermomètre monte à 31°. L’humidité constante, fournie par une pluie dont la moyenne donne 4m,680 d’eau par année, complète ces conditions exceptionnelles. En Hollande, où il pleut beaucoup, il n’y a qu’une moyenne de 0,n,G60.
- Le jardin botanique de Ruitenzorg possède des arbres dont l’accroissement est extraordinaire. Des palmiers, genre Oreodoxa, par exemple,.plantés tout jeunes pour border une allée, sont parvenus en cinq années à avoir une hauteur de près de 10 mètres. D’autres espèces plus étonnantes encore, quelques Albizzia Moluccana, sont arrivés dans le même espace de temps à une hauteur de plus de 20 mètres. La section des palmiers, des fougères arborescentes, des plantes grimpantes et lianes gigantesques dépasse en intérêt ce que peuvent donner tous les autres jardins botaniques connus.
- La plantation, parfaitement comprise au point de vue scientifique, de Buitenzorg, met ce jardin hors de pair, comme nous l’avons dit. En effet, avec le plan (ju’on remet gratuitement aux étrangers qui -veulent travailler, on se dirige sans perte de temps dans chacune des sections (pii peuvent le plus vous intéresser. Des numéros sont marqués sur chaque espèce d’une même famille; on les retrouve sans peine sur le catalogue. Lorsque les savants étrangers arrivent à Buitenzorg, le directeur les accueille aussitôt et leur donne une place dans un vaste laboratoire où ils peuvent gratuitement étudier à loisir. Une petite bibliothèque pour les travaux les plus pressés, tous les matériaux nécessaires aux expériences sont placés à proximité dans cette vaste salle dont nous donnons l’aspect (fig. 5).
- Un laboratoire construit pour la photographie est très voisin de cette salle d’étude. Nous visitons ensuite une grande bibliothèque toute remplie de livres anciens sur la botanique et des plus complètes, si l’on considère l’immense collection des publications périodiques modernes de tous les pays qu’elle reçoit. Tous les sujets sont ainsi traités : botanique proprement dite, chimie agricole et «pharmacie. La bibliothèque est située dans le vaste pavillon qui contient le musée des herbiers (fig. 1 ) derrière lequel se trouve le laboratoire réservé à l’étude des plantes vénéneuses. Tout à côté, au milieu des jardins, nous entrons dans les bâtiments où se trouvent renfermées les collections de toutes les plantes forestières du pays.
- La visite complète de tous les pavillons réunis du jardin de Buitenzorg était longue, mais bien intéressante; il nous restait encore un peu de temps dans l’après-midi pour aller visiter le jardin agricole de Tjikeumeuh, situé à vingt minutes de distance en voiture, près de la ville. Le Dr Treub voulut bien me conduire et me présenter au directeur, M. van
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- LA NATURE.
- * Romlmrgh. La roule est d'ailleurs ravissante d’un bout à l’autre, ce ne sont partout que des villas entourées de jardins pleins de Heurs et de beaux arbres. Le docteur me taisait en route ses doléances
- sur un sujet (pii fait sa peine. « Mon laboratoire des savants étrangers, fondé depuis l'année 1885, me disait-il, a reçu jusqu’à présent bon nombre de docteurs en botanique. Dès la fondation, un Russe, un
- Fig. 1. — Entrée du Musée des herbiers. Jardin botanique de Ruitenzorg, à Java. (D’après une photographie.)
- Anglais, un Hollandais sont venus; depuis, le nombre de savants augmente toujours. Les Allemands, les Suédois, les Autrichiens ont été représentés à Ruitenzorg, les savants français seuls ne sont point encore venus étudier dans nos laboratoires! »
- Dans le jardin agricole de Tjikcumcuh, les étrangers peuvent aussi travailler comme à Ruitenzorg.
- Ils ont pour eux des laboratoires séparés, installés dans le genre de ceux que l’on voit au Muséum de Paris.
- Pour aller -au jardin forestier, le voyage en voiture dure environ cinq Heures. L’excursion demande quelques préparatifs en provisions, etc., mais le pays est si beau, si pittoresque, qu’on l’admire, et le temps passé semble de peu de durée.
- Nous arrivons au pavillon de Tjibodas (ruisseau blanc) situé à 1500 mètres d’altitude environ, et dont nous donnons l’aspect (fig. 4); il contient tout le confort désirable. Les savants étrangers peuvent y jouir d’un salon orné d’une bibliothèque et d’une vaste salle
- d’étude. Une salle à manger et quelques chambres à coucher sont aussi installées pour eux, car ils ne sauraient trouver d’hôtels dans le petit village de Tjimathian ou rivière du Tigre, situé dans la vallée. M. Couperus, sous-directeur, aidé d’une dizaine de jardiniers, est chargé de la surveillance générale. Le jardin forestier, placé presque à mi-hauteur de l’ancien volcan le Gedé, contient actuellement surtout des échantillons d’arbres et déplantés de provenance australienne et japonais*'. Les curieux spécimens qui ont été plantés devant le pavillon de la montagne, des Xnntoroa actinia d’Australie, peuvent compter parmi les plus remarquables. La foret de Tjibodas dans laquelle le jardin est enclavé est merveilleuse à visiter. Le Dr Treub a fait tracer dans cette foret des sentiers qui font de nombreux lacets dans la montagne et qui vous conduisent aux plus beaux endroits, jusqu’à plus de 2000 mètres d’altitude. En dehors des sentiers, on ne saurait
- Fig. 2. — Plan du Jardin botanique dr Ihiitenzorg.
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- LA NATURE
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- Fifr. 3. — Laboratoire du Jardin botanique de Buitenzorg, à Java. Salle de travail réservée aux savants étrangers.
- (D'après une photographie.)
- Pi<r. i.__Pavillon de réception des savants étrangers dans le Jardin forestier de Tjibodas, a Java.
- (D’après une photographie.)
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- LA NATURE.
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- faire trois pas dans les bois tant la végétation est touffue. Sur le sol on contemple un monde de mousses et de fougères découpées, de formes les plus inattendues et variées; dans les arbres de 50 et 40 mètres de hauteur, jusqu’aux plus hautes branches, c’est un amas d’orchidées, de fougères, de lianes à faire rêver. Les lianes produisent encore, en certains endroits, de véritables stalactites de verdure tant leurs tiges souples sont couvertes de mousses ou de parasites aux larges feuilles. Elles forment un réseau inextricable, mais transparent, au travers duquel les rayons du soleil viennent illuminer ainsi les moindres détails de ces lieux d’une beauté rare.
- La végétation varie sans cesse au fur et à mesure qu’on s’élève sur le versant du Gedé; il semble qu’elle devient de plus en plus intéressante. Les visiteurs sont heureux d’y saisir les secrets de cette nature tropicale qui, en cette région de l’ouest de Java, passe pour être la plus éblouissante du pays.
- Albert Tissakdier.
- L'UNIFORMISATION DES MÉTHODES D’ESSAI
- DES MATÉRIAUX DE COXSTRUCTIOX
- Le Ministère des travaux publics a constitué, en novembre 189!, sous la présidence de M. Alfred Picard, inspecteur général des ponts et chaussées, une Commission des méthodes d'essai des matériaux de construction chargée de formuler les règles à adopter dans les essais, et de déterminer les unités à prendre connue terme de comparaison. Cette Commission devait effectuer le rapprochement des diverses méthodes actuellement employées, en vue de donner aux résultats obtenus toute la valeur comparative dont ils sont susceptibles, et de faire disparaître ainsi les causes d’erreur si fréquentes auxquelles il est impossible d’échapper lorsqu’on veut rapprocher les essais effectués dans des conditions différentes et souvent incomplètement définies.
- Cette tentative d’unification dont le Gouvernement français prenait ainsi l’initiative, donnant satisfaction à un vœu émis par les deux Congrès internationaux de mécanique appliquée et des constructions civiles réunis à Paris à l’occasion de l’Exposition universelle de 1889, répondait en môme temps à un besoin déjà exprime tant eh France qu’à l’étranger, et nous avons tout lieu de penser que les décisions auxquelles la Commission vient d’aboutir à la suite de sa première session vont entrer rapidement dans l’usage courant de toutes nos administrations françaises, et qu’elles seront également adoptées à l’étranger.
- Les Congrès d’ingénieurs qui se sont réunis, l’un il y a deux ans à Saint-Pétersbourg, l’autre l’an dernier à Chicago, ont tenu, en effet, à remercier le Gouvernement français de l’initiative prise par lui, en émettant le vœu que ces décisions soient soumises à l’examen d’une Commission internationale qui puisse élaborer des prescriptions communes applicables à tous les pays industriels.
- En Angleterre, M. Hadfield, l’éminent industriel anglais qui a attaché son nom à l’étude des alliages de l’acier avec le manganèse, le chrome et l’aluminium, a également signalé de son côté, devant l’/ron and Steel Institute, le grand intérêt des travaux réunis par la Commission française en exprimant l’espoir que les conclusions seraient aussi adoptées à l’étranger.
- Le Gouvernement français met actuellement en vente les publications de la première session de la Commission, notamment le volume contenant les (‘apports généraux des deux sections, l’un consacré aux métaux et l’autre aux matériaux d’agrégation de maçonnerie. Ces rapports généraux exposent, en les justifiant, les décisions adoptées par la Commission, et nous avons tenu à les mentionner ici en raison du haut intérêt qui s’attache à ces travaux.
- Nous insisterons plus spécialement sur le Rapport général des métaux, car il apporte un exemple des plus frappants de l’importance que les études théoriques comme celles qui ont trait à la constitution des métaux peuvent avoir sur la fabrication même ; il a été rédigé par notre savant collaborateur, M. L. Bâclé, avec le concours de M. Debray, secrétaire général de la Commission1.
- Ce Rapport renferme l’étude méthodique et détaillée des diverses méthodes d’essai, présentée avec une coordination remarquable. Ces méthodes d’essai se répartissent en trois catégories, essais physiques, essais chimiques, essais mécaniques. Les essais physiques ne comportaient, il y a quelques années seulement, que des méthodes d’observation extérieure incapables de donner aucun renseignement précis, mais ils peuvent acquérir aujourd’hui, au contraire, une autorité et une précision qu’on ne leur soupçonnait pas auparavant. L’étude des cassures et de la texture des métaux peut apporter des moyens d’investigation tout nouveaux si l’on a recours aux appareils de grande puissance et de haute précision dont on dispo'se actuellement. On peut réussir en effet à scruter le métal dans sa constitution intime et tirer de ces observations des données toutes nouvelles sur l’influence des diverses opérations qu’il a subies, assigner la cause cachée des modifications qui en résultent, éclairer en un mot ces tours de main, ces incidents de fabrication inexpliqués qui font le désespoir et l’orgueil des forges.
- C’est une science moléculaire toute nouvelle, la métal-lographie microscopique qui tend à s’imposer dans les forges, et à y prendre une place comparable à celle qu’a reçue l'analyse chimique ; nous en avons déjà rencontré dans La Nature un exemple, en citant les beaux travaux de M. Guilleinin sur les divers alliages de bronze3.
- A côté de la métallographie, l’étude de l’influence des hautes températures et des points critiques qu’elles déterminent, présente une importance capitale dans la préparation de l’acier fondu ; il y a là encore un moyen d’investigation des plus intéressants.
- Ces notions toutes nouvelles, qui ont transformé nos idées sur la constitution des métaux, ont trouvé, comme on sait, leur synthèse dans la théorie cellulaire formulée par M. Osmond, et qui est admise aujourd’hui au moins en principe par les savants et les praticiens les plus autorisés; ces données sont exposées au cours du rapport général et constitueront ainsi un enseignement précieux pour un grand nombre de lecteurs.
- A côté des essais physiques et chimiques, l’étude des essais mécaniques constitue la partie principale du rapport, mais nous aurons peu à y insister en raison des développements qui précèdent; nous dirons seulement qu’elle est basée aussi sur cette notion de la constitution hétérogène des métaux qui résulte de la théorie cellulaire. Nous ajouterons qu’elle comporte d’autre part cinq grandes divisions comprenant les méthodes d’essai par
- 1 Imprimerie nationale et J. Rothschild, éditeur, à Paris, 1894. 1 vol. iii-f".
- 2 Voy. ii° 1007, du 17 septembre 1892, p. 255.
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- action graduée, celles opérant par action brusque, celles qui cherchent à apprécier spécialement la dureté et la fragilité par certains procédés nouveaux, puis les essais de fabrication à •chaud et à froid, et enfin les essais applicables à certaines pièces finies, fils, cables, chaînes, rivets, etc., et les essais par pression hydraulique.
- Pour chacune de ces diverses méthodes d’essai, la Commission a formulé les règles à observer pour assurer la comparaison des résultats, en appuyant ses décisions sur des motifs techniques toutes les fois qu’il était possible de le faire; lorsque, au contraire, ces motifs techniques faisaient défaut, elle s’est efforcée de se conformer aux habitudes le plus généralement admises.
- Ces décisions pourraient donc se trouver modifiées dans l’avenir s’il se produisait des raisons suffisantes d’adopter des dispositions différentes. 11 faut observer du reste qu’elles ne sauraient prétendre à revêtir un caractère définitif. Ainsi que le remarquaient en effet M. le Président Picard et M. le Ministre des travaux publics, ces méthodes d’essai ne peuvent être immuables, elles doivent progresser avec nos connaissances sur les propriétés des matériaux que nous employons, avec les améliorations apportées à la production de ces matériaux, avec la mise au jour de nouvelles matières, et la mission de la Commission consistait uniquement à dire quelles sont, en l’état actuel, les méthodes et les formes d’épreuve méritant d’étre adoptées, à les définir pour le présent et pour un avenir plus ou moins long.
- Quoi qu’il en soit, ce travail présente un intérêt considérable, car c’est la première fois qu’on abordait l’étude d’ensemble de toutes les méthodes d’essai. Cette étude a été faite en France dans les conditions d’ordre et de méthode qui doivent toujours caractériser nos productions françaises, et il était intéressant de le signaler à propos d’une œuvre qui va être soumise à l’appréciation des autres nations industrielles. G. rf.
- LES CHEVAUX EN FRANCE
- D’après une récente statistique, la France possède trois millions de chevaux d’une valeur totale de 1361 millions de francs. C’est une quantité un peu moindre que celle de l’empire d’Allemagne, qui en possède un demi-million de plus, mais la proportion par hectare et par habitant est plutôt à notre avantage. En effet, on compte 7 chevaux 1 /2 par 100 habitants en Allemagne, alors que chez nous il y en a près de 8. L’effectif de notre cavalerie comprend de 7 à 800 000 tètes employées au service des villes et 140 à 150 000 tètes affectées à l’année. Le reste fournit le contingent du travail agricole. En consultant les plus récentes statistiques publiées par le Ministère de l’agriculture, on est frappé de ce fait que la cavalerie urbaine tend sans cesse à augmenter et dans une proportion plus rapide que la population des villes. Cela tient sans doute à la multiplication des moyens de transport pour les voyageurs. Aujourd’hui il n’est pas de ville de province qui ne possède plusieurs lignes de tramways, et le bon marché des places fait que presque tout le monde en use. En ce qui concerne Paris, sa cavalerie, qui était de 70 000 tètes avant 1870, est maintenant de 120000. Voulez-vous avoir une idée du travail' fourni par ces derniers ? Sachez qu’à eux tous, en mettant bout à bout les kilomètres accomplis sur le pavé parisien, ils font chaque jour deux fois et demie le tour du monde.
- LE VÉRASC0PE
- Les déformations apparentes des images, écueil de tous les débutants en photographie, paraissent, à première vue, limiter les positions que l’on peut donner à une chambre noire; aussi ont-elles attiré à plus d’une reprise l’attention des inventeurs, qui ont cherché, par des dispositifs particuliers, à ramener les photogrammes à des proportions plus justes ou plus esthétiques. Les déformations, presque toujours désagréables dans le portrait, sont souvent très tolérables dans le paysage, qu'elles font seulement paraître plus profond et plus grandiose. La moindre charmille devient une allée, un simple couloir se transforme en galerie; et c’est ainsi que, sans rien ajouter à la photographie, on donne, dans un prospectus, au plus petit atelier les proportions d’une usine.
- Les erreurs apparentes des images ont des raisons de deux ordres distincts : les unes sont purement optiques et faciles à saisir, les autres sont du domaine de la psychologie, et dépendent de l’interprétation de nos sensations ; nous essayerons de les développer dans la suite de cet article, renvoyant pour plus de détails aux ouvrages spéciaux, ou à diverses études déjà publiées dans ce journal1.
- En considérant la chambre noire comme un appareil d’optique, nous voyons immédiatement que l image photographique est une projection centrale de l’objet; le centre de projection est le centre optique meme de l’objectif, et l’on reconnaît sans peine que l’angle utile d’un appareil ordinaire est beaucoup plus étendu (pie l’angle de notre vision directe; la projection photographique ne correspond donc à la vision monoculaire (pie si l’on tient compte des mouvements rapides et souvent inconscients de l’œil, qui se promène successivement sur les diverses parties du champ qu’il examine.
- La distance de l’objectif à la plaque est, dans les appareils d’amateurs, presque toujours inférieure à la distance de la vue distincte; l’épreuve est vue ensuite à une distance plus grande, et binoculairc-ment, ce qui, pour une image de dimensions restreintes, correspondrait à peu près à une projection orthogonale. Les points équidistants A,B,C,I> (tig. 1 ) sont vus par l’observateur à des distances égales, tandis que l’appareil les a projetés sous des angles inégaux, AOR<<RÜC;>COI). 11 en résulte déjà une cause de déformation de l’image, les bords prenant, pour le spectateur, trop d’importance. La perspective exacte peut être obtenue aisément par un procédé évident. Remplaçons le centre de l’objectif par notre œil; aussitôt l’exactitude des angles sera rétablie, de telle sorte que l’image rétinienne correspondra exactement à ce qu'elle eut été dans la na-turç. Cette condition est nécessaire pour que l’image paraisse vraie; elle est parfois suffisante, lorsque
- 1 Yoy. Art et Optique, par M. Cli.-Ed. Guillaume, n" 1063, du 14 octobre 1893, p. 513.
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- l'observateur sait maintenir son œil immobile, et l'aire abstraction de la laite du papier; mais elle nécessite un effort dont une expérience bien simple va nous donner la clef. Il est arrivé à chacun de regarder avec persistance, quoique inconsciemment, un portrait suspendu à une paroi latérale de la pièce, puis de porter subitement le regard en avant. L’image de contraste du cadre, provenant de la fatigue de la rétine, nous apparaîtra, et, si nous l’examinons avec attention, nous la trouverons beaucoup plus déformée (pie nous ne l’aurions jugée en regardant le cadre lui-mème; elle sera encore plus déformée si nous la projetons sur la paroi opposée, et si, nous approchant de la fenêtre, nous regardons le ciel, le cadre nous semblera subitement fortement agrandi. Cette dernière expérience devient très frappante si on l’exécute au moyen d’une lampe à incandescence, dont le filament nous apparaîtra, par son image résiduelle, tour à tour très grand ou très petit suivant que, après avoir, par inadvertance, fixé pendant un instant la vue sur un lustre, nous regardons le ciel faiblement éclairé, ou un morceau de papier placé à la distance minima de la vue distincte. Toutes les expériences que l’on peut faire avec les images résiduelles aussi bien que certaines illusions d’optique (la grandeur variable de la Lune à l’horizon ou au zénith, par exemple) nous montrent que nous jugeons très mal des angles, et que nous les remplaçons inconsciemment par des longueurs; c’est, du reste, une conséquence de la loi psychique de Millier,
- Fijr. 1. — Diagramme de vision des points A, Jî, C, D.
- découverts. Ce disposilif permet de faire des épreuves posées, et assure la seconde fonction de l’appareil. Arrêtons-nous à celle-ci. (Jue faut-il, pour revoir l’image telle qu’elle a été faite? Évidemment, il est nécessaire et il suffit de la remettre à l'endroit même où elle se trouvait au moment de la pose, et de la regarder à travers l’objectif. Le principe du retour inverse des rayons nous enseigne, en effet, que les pinceaux de lumière émanés de chai pie point du cliché reprennent, après avoir traversé l’objectif, la direction exacte qu’avaient, par rapport à l’appareil, les rayons émanés des points correspondants de l’objet.
- Un cadre mobile, muni d'un verre dépoli, et que l’on ajuste sur la jumelle après en avoir retiré le
- ___________magasin, maintient l’épreuve en
- place.
- L’angle de vision est sensiblement conservé, avons-nous dit; mais il n’en est pas de même de l’accommodalion, comme le montre un coup d’œil jeté sur la figure 2. Les rayons émanés du cliché atteignent l’œil en convergeant, et ne forment une image nette que si l’œil est accommodé au delà de l’infini. Les personnes myopes devront donc ajouter un verre correcteur aux objectifs.
- La vision binoculaire ajoute, naturellement, un facteur important à la vérité de l’impression. La distance des objectifs, égale à l’écartement moyen des yeux, assure des images exactement correspondantes à celles que nous donnent l’œil droit et l’œil gauche, à la condition, bien entendu, que les négatifs
- soient d’abord croisés,
- d’après laquelle nos sens sont éduqués en vue de la vie pratique, et non point pour l’analyse physique des phénomènes.
- fies observations nous donnent immédiatement la seconde condition que doit remplir une image
- pour nous donner l'illusion de la réalité; la direction de son support, papier, toile ou verre, doit rester inconnue de celui qui la regarde; elle doit être enfermée et limitée de façon à empêcher toute comparaison, et la mise au point doit se faire sans difficulté sur toutes ses parties.
- (le sont ces deux conditions (pie M. J. Richard a réalisées dans l’appareil dont nous parlons, et auquel il a donné le nom de vérascope, par une association hybride destinée à rappeler (pie l’appareil permet de voir vrai.
- La description en sera vite faite ; le vérascope est un petit appareil de photographie instantanée, stéréoscopique et à répétition (fîg. 5). Un viseur, placé entre les objectifs, montre à l’opérateur le champ embrassé par l’appareil. Un ingénieux système de verrou sert à arrêter l’obturateur, qui laisse alors les objectifs
- pour l'impression des clichés positifs.
- Les conditions d’exactitude rigoureuse de l’angle et de la distance des objectifs ne sont assurément pas nécessaires à une i m jî r e s s i o il acceptable, et notre œil admet, sans aucun doute, une tolérance un peu plus grande (pie n’en donnerait un appareil approximativement réglé; le réglage exact permet, cependant, de curieuses expériences qui méritent qu’on s’y arrête. Si, regardant à travers un seul des objectifs une image dont on examine en même temps l’original à l’œil nu, on peut, sans la moindre difficulté, reproduire la vision stéréoscopique ordinaire, et déterminer ainsi l’endroit exact d’où la photographie a été prise; si, alors, on se déplace de quelques centimètres seulement à droite ou à gauche, en avant ou en arrière, on voit, à volonté, le paysage se rassembler en un plan, ou prendre un relief inaccoutumé, ou, enfin, ne plus présenter qu’une image confuse, lorsque les angles ne sont plus égaux dans le sens vertical. Il en résulte un procédé très simple et rapide pour déterminer un point du terrain, pro-
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- cédé qui pourrait peut-être rendre quelques services dans le levé des plans. Les moindres change-
- ments du paysage seront aussi très facilement saisis par la simple discordance des images perçues par
- Fig. 3. — Vérascope do, M. Richard. — 1. Appareil moulé pour l’oblentiou d'une épreuve. —2. Enveloppe extérieure. — 3. Magasin.
- 4. Châssis pour l’impression des positifs. — 5. Support des plaques positives. — G. Rideau couvre-plaques. — 7. L’appareil monté en stéréoscope.
- les deux yeux. Il ne semble pas, à première vue, que la méthode dont nous parlons présente aucun avantage sur une comparaison raison-née de l’image et de la réalité; mais, lorsqu'on sait combien notre œil, par un phénomène inconscient, est apte à saisir les discordances les plus minimes des deux champs visuels, on n’hésitera pas à donner la préférence à ce procédé pure me il t mécanique.
- Le propre du procédé imaginé par M. Richard est d’étendre singulièrement le domaine des choses accessibles au document photographique. 'faut qu’on reste limité à la position verticale de la plaque, on eu est réduit, pour la photo-
- graphie des monuments élevés, à rendre uniquement l’impression qu’auraitun speetateurplaeéà une grande
- distance de l’objet. Il n’en est plus de même lorsqu’on peut isoler l’image dans un appareil complètement clos, et qui ôte au spectateur tout point de comparaison. Les clichés les plus bizarres reprennent exactement l’aspect de la réalité. Nos lecteurs s’en convaincront en regardant notre ligure 4 dans les conditions où l’épreuve a été prise, c’est-à-dire à une distance de 6 à 7 centimètres, et en donnant au regard une inclinaison de 50 degrés environ au-dessus de l'horizon. Il sufiira, pour cela, d’interposer entre l'œil et l'image un verre peu grossissant.
- Fig. 4. — La cathédrale d'Orléans, vue d’en bas. (D'après une photographie au vérascopc.)
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- C’est, la possibilité de rendre par la photographie tout ce ipi’ori voit, et de retrouver à volonté l’impression exacte (la couleur en moins) de la réalité, qui donne au procédé de M. Richard un réel intérêt ; n’est-il pas charmant de retrouver, après un voyage, l’illusion des sites aperçus? A..., ingénieur.
- YÉLOCIPÉDIE
- LE CALAI ÜROSSE-C11AIXE TOUR CICYCLETTES
- Un des organes le plus critiqués de la bicyclette est la chaine. Son moindre défaut est de se couvrir de poussière qui avec la graisse ou l’huile dont les maillons sont toujours lubrifiés, forme un cambouis aussi nuisible à la marche qu’à la durée de la machine. C’est ce moindre défaut qu’a heureusement combattu l’inventeur du « balai brosse-chaîne)) que voici, et dont l'emploi et les fonctions se comprennent à la simple inspection de la ligure. Un
- I);ilai brosse-chaîne pour bieyelellos. — 1. Le balai mis en place, va de profil.) — 2. Le même, vu de face à une plus grande échell
- balai, fort analogue à un très gros pinceau à colle de bureau, est monté, par un collier à vis de serrage, sur le tube d’arrière de la bicyclette, coté chaîne nécessairement. Les crins du balai frottent contre les maillons, face intérieure, et chassent la poussière à mesure quelle s’y dépose. La chaîne est, après une centaine de kilomètres, aussi brillante qu’au moment du départ. Simple petit bibelot, très léger puisqu’il est monté en aluminium, qui ne ralentit en quoi que ce soit la marche de la bicyclette, et que son coté pratique rend digne de l’atfention des cyclistes. L. Bvi nuy de Saunier.
- L’EXPOSITION DE CHICAGO EN MINIATURE
- Une des attractions actuelles de New-York est le scénographe dé M. E. J. Austen, reproduisant la World’s F air en miniature sous un aspect à la fois très artistique et très réaliste. La foire du monde est vue d’un ballon imaginaire supposé placé à 200 mètres au-dessus du niveau du lac Michigan, et tout près du bord, de sorte que la cour d’honneur, le débarcadère et le grand péristyle soient à proximité du spectateur, les palais de l’Administration, des Manufactures, de l’Agriculture, de l’Electricité et des Mines, à une distance moyenne; le reste des constructions environnant l’Exposition et la ville de Chicago vont en se fondant et se perdant sur les murs du panorama.
- Les principaux bâtiments sont construits à l’échelle, ainsi que les principales avenues, les eaux du lac sont réelles et, par un mécanisme spécial, produisent des vagues en miniature du plus pittoresque effet; l'amplitude des vagues va en diminuant avec la distance, et il est impossible de distinguer le point où l’eau peinte contre le mur, remplace l'eau réelle. Des pal lies animées dorment
- la vie à ce gigantesque panorama : on voit s’y mouvoir l’intramural ainsi que deux steamers.
- La séance commence en plein jour; puis la nuit vient lentement, tous les palais et jardins s’illuminent; les steamers allument leurs signaux; le grand phare du Palais des Manufactures projette ses feux sur les fontaines ou sur la roue Ferris que l’on aperçoit tournant lourdement et lentement dans le lointain ; les fontaines lumineuses jouent et complètent l’illusion de la World's F air pendant la nuit, lorsque, tout à coup, tout s’éteint et met brusquement tin à la représentation.
- On devine la part considérable que prend l’électricité dans toute cette machinerie combinée parM. I). J. Bucklcv, un électricien de Chicago bien connu des. spécialistes : tout l’éclairage et tous les mouvements sont produits exclusivement à l’aide de l’électricité.
- Tout l’ensemble est démontable et combiné pour le voyage, car l’intention du manager est de transporter le scénographe dans les principales villes de l’Amérique, et de le relier à la canalisation d’énergie électrique à courant continu installée aujourd’hui dans toutes les grandes cités américaines. Bonne chance au scénographe dans sa tournée, en attendant qu’il franchisse l’Atlantique pour nous faire revivre eu miniature la gigantesque World's Fair de 1895.
- CHRONIQUE
- Enrobage électrique. — On désigne sous ce nom l’opération qui a pour but d'entourer un objet d’une enveloppe généralement métallique. Jusqu’à présent, l’enrobage, celui des pilules en pharmacie, par exemple, se faisait à la main; mais, à en juger par certaines applications particulières, l’enrobage électrique pourrait être appelé à détrôner complètement l’ancienne méthode. C’est aux bouchons des bouteilles de champagne et de bière que l’on a tout d’abord appliqué la méthode d’enrobage électrique. 11 paraîtrait que la matière première seule du bouchon et de la capsule métallique d’une bouteille de champagne reviendrait à 50 centimes dont 20 pour le bouchon de liège et 10 pour la capsule. Cela posé, au lieu de prendre des lièges extra, on ferme la bouteille dont on a préalablement enduit le goulot d’une couche conductrice, plombagine, poudre métallique, avec un liège de qualité très ordinaire rendu également conducteur. Puis on plonge le tout dans un bain galvanoplas-tique de cuivre, nickel, aluminium, voire même (l’or. Le dépôt métallique fermerait tous les pores du liège et assurerait une liaison parfaite entre le bouchon et le goulot. Les fabriques de vin de champagne perdent, paraît-il, avec l’ancien mode de fermeture 5 pour 100 de leur fabrication par suite d’un bouchage défectueux, ce dont elles seraient à l’abri avec la nouvelle méthode. Les bouteilles de bière, ajoute la Rente industrielle qui nous fournit ces documents, nécessitent aussi une fermeture hermétique, et l’on obtiendrait ce résultat en recouvrant le goulot d’une rondelle de carton de cellulose pure sur laquelle on effectue un dépôt métallique. Enfin, le dernier succès de la méthode serait une application à la conservation du beurre en pains très fermes, recouverts de plombagine et d’une couche de cuivre galvanoplastique.
- En Amérique pour 48 francs. — On a pu dire, et avec raison, que le prix des voyages a baissé dans une proportion considérable depuis le commencement du siècle; surtout étant données les facilités que l’on trouve maintenant, trains de plaisirs, billets d’excursions, etc.
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- Mais en voici un exemple plus caractéristique que tous ceux qu’on a fournis jusqu’ici. Si nous en croyons notre confrère anglais Tit-Bits, la grande compagnie de navigation « American Line » annonce une nouvelle réduction dans ses tarifs de passage. Pour 56 schellings, c’est-à-dire à peu près pour 42 francs, elle transporte un passager adulte de Londres, de Liverpool ou de Queenstown indifféremment dans un des ports quelconques de l’Amérique. Bien entendu, pareil prix n’est point en première et ne comprend pas la nourriture; mais la Compagnie fournit les effets de couchage; jamais on n’avait vu un pareil abaissement des prix, ce qui tient à une concurrence acharnée entre plusieurs compagnies de transport.
- D. B.
- Sauvetage des navires ensablés. — Les ballons ont été parfois utilisés avec succès pour remettre à flot des navires ensablés. En 1865, le bateau Ludwig fut de celte façon remis à Ilot dans la rivière Bodensic, travail qui fut exécuté par l’ingénieur Wilhem Bauer. Un de nos correspondants, M. Rolez, nous cite le fait suivant qui est très peu connu : deux ingénieurs russes, MM. Nowitzki et Pokrschiewnikitz, ont inventé une méthode pour remettre à flot des vaisseaux ensablés échoués et en ont fait l’essai en 1895 sur le vaisseau Weichsel près de Varsovie. Ce vaisseau était à une profondeur de 9 mètres. Les ingénieurs envoyèrent des plongeurs avec 2 ballons en water-proof qu’ils attachèrent à chaque bout de ce vaisseau et les gonflèrent avec de l’air. Us ont si bien réussi qu’ils se proposent de remettre à flot le vaisseau Victoria qui s’est coulé l’année dernière dans la Méditerranée. Le déplacement de ce vaisseau est de 10 470 tonnes et ils pensent qu’avec 10 ballons de 1700 mètres cubes chacun, ils conduiront à bien ce travail. Le Victoria repose à une profondeur de 158 mètres, ce qui donne une pression calculée à 14 atmosphères.
- La force motrice à l'forzheim. — La petite ville de Pforzheim, dans le grand-duché de Bade, en Allemagne, renferme un grand nombre d’ouvriers bijoutiers et horlogers, qui fabriquent chez eux différentes pièces qu’ils livrent ensuite aux usines voisines. Ces ouvriers ont donc besoin, pour actionner leurs diverses machines-outils, telles que tours, machines à polir, etc., de moteurs de faible puissance nécessitant peu d’entretien, une faible dépense d’exploitation, et étant toujours prêts à fonctionner sans difficulté. Le moteur électrique pouvait seul résoudre le problème de la façon la plus satisfaisante. Aussi la ville de Pforzheim a-t-elle confié à un habile ingénieur électricien, M. le l)r 0. May, l’installation d’une distribution d’énergie électrique pour desservir principalement des moteurs électriques chez les abonnés, ainsi que divers appareils d’éclairage. L’installation, qui est sur le point d'être achevée définitivement, comprend une sous-station établie en ville ; dans cette sous-station se trouvent deux moteurs électriques actionnant chacun une dynamo, ainsi qu’une batterie d’accumulateurs Tudor. La canalisation à trois fils qui part de cette usine est en partie formée de fds nus aériens portés sur des isolateurs en porcelaine et en partie de câbles doubles armés posés directement en terre. La sous-station est alimentée par une usine principale située à 2 kilomètres et renfermant une locomobile à vapeur Wolf Buckau de Magdebourg de 120 à 140 chevaux, 1 moteur à gaz de 100 à 125 chevaux pour réserve, et 2 dynamos Schuckert de 110 volts. La première installation est à peine terminée, et déjà l’on compte en ville chez les abonnés environ 400 moteurs, dont quelques-uns ont une puissance de 756 watts, d’autres 560 watts et
- 250 ne dépassant pas 50 watts. Cette installation réalise donc bien un modèle de distribution de force motrice à domicile et pour des puissances très réduites. J. L.
- Fils télégraphiques étincelants. — 11 arrive parfois que, pendant les orages, les fils télégraphiques deviennent étincelants par suite de décharges électriques qu’ils reçoivent de l'atmosphère. Le fait n’est pas fréquent, mais il a été cependant plusieurs fois signalé. Un de nos collaborateurs, M. L. L’IIôte, le savant chimiste expert, a eu l’occasion d’observer récemment, en Italie, un phénomène de ce genre. « Le 7 septembre, nous écrit notre correspondant, dans la journée, en parcourant on chemin de fer la ligne de Venise à Bologne, par Padoue et Ferrare, nous avons eu un orage très violent qui a duré près de 5 heures. J’ai été témoin du phénomène suivant : des fils télégraphiques, au nombre de 15, on voyait jaillir une quantité considérable d’étincelles. C’était une véritable pluie de feu électrique. »
- Les viandes congelées australiennes en Autriche. — On sait tout le développement qu'a pris l'exportation des viandes congelées d’Australie et de Nouvelle-Zélande sur les marchés de l’Angleterre : dernièrement le steamer Pcrthshire arrivait aux docks de Londres avec un chargement monstre de 70 000 moutons et de 16 000 quartiers de bœufs congelés. Mais voici que ces produits commencent à se distribuer par toute l’Europe, grâce à leur facilité de conservation. Une consignation de quartiers de bœufs gelés, dit notre confrère La Colonisation, après avoir été débarquée à Londres, a été repa-quetée en sacs puis réexpédiée par mer jusqu’à Hambourg, naturellement dans une cale frigorilique. Là, ils ont été chargés en wagons spéciaux et sont arrivés à Vienne en parfait état : et cependant on peut se rendre compte du temps qu’a pris ce voyage fort détourné. Le prix de vente en a été rémunérateur : 65 centimes les 455 grammes. En présence de semblables résultats, on ne saurait trop penser à la nécessité de lutter contre la concurrence des pays d’outre-mer dans l’un et l’autre hémisphère. D. B.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 17 septembre 1894. — Présidence de M. I.œwy.
- La gommose bacillaire des vignes. — Sous ce titre, MM. Prillieux et Delacroix ont décrit dans une communication présentée le 18 juin dernier une maladie de la vigne connue en Bourgogne sous le nom de roncet, dans le Bordelais sous le nom A’aubernage, en Italie sous le nom de mal nero. Le bois de la tige des vignes atteintes de cette maladie est piqueté de noir. A mesure que la maladie progresse, ces petits points se multiplient en même temps qu’ils s’élargissent, de telle sorte que les taches ne tardent pas à se confondre. La partie atteinte prend une couleur brunâtre; bientôt des fissures radiales se dessinent sur la tige et accélèrent la décomposition du bois en favorisant l’invasion des saprophytes. L’altération des tissus du bois consiste dans une dégénérescence gommeuse, et l’examen microscopique montre que tous les éléments, vaisseaux et cellules de paren-chvine ligneux surtout, se remplissent d’une gomme brune dans laquelle on reconnaît la présence de myriades de bactéries. M. Mangin, au contraire, soutient aujourd’hui que les vignes présentant les caractères de la goin-niose ne sont pas atteintes d’une maladie, au sens véritable du mot. Pour l’auteur, l’exsudation gommeuse est un
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- fait à peu près normal de la végétation de la vigne. En effet, les vaisseaux des tiges sont entourés de cellules produisant quelquefois des saillies qui s’introduisent dans l’épaisseur des vaisseaux. Ces formations secondaires, appelées Ihyïles, sécrètent de la gomme, sans que la cause de cette élaboration soit connue. Ouand la gomme est peu abondante, elle revêt la paroi externe des vaisseaux, mais quand elle est très abondante, elle s’introduit à l'intérieur des vaisseaux et les obstrue complètement. Dès lors le cep est menacé dans son existence. M. Mangin a le plus souvent trouvé de la gomme sans bactéries, ou, lorsqu’il a rencontré des bactéries, il n’était pas possible de rattacher la production de cette gomme à leur présence. Telle est la conclusion à laquelle l’auteur s’arrête.
- Une trombe dans la Manche. — M. le capitaine Gué-not, du 90° régiment d’infanterie, décrit une trombe qu’il a observée au cours de la traversée de Jersey au continent, dans le voisinage des îles Keréhou. La trombe était à une distance du bateau qui ne dépassait pas 2 kilomètres, de telle sorte que M. Guénot a pu l’observer très exactement dans scs moindres particularités. Cette trombe parut en mer le 11 août vers midi et quart. Pendant sept à huit minutes, il sembla qu’un sac pendît de la nuée; puis ce sac s’effila, lançant un prolongement jusqu’à la surface des flots. Ce prolongement tubulaire s’élargit un peu et immédiatement projeta l’eau de la mer tout autour de son pied. Puis le tube se rétrécit tout en progressant rapidement, se sépara des flots, remonta dans la nue où, pendant quelques instants, on aperçut encore pendre une sorte de sac de vapeur. M. Paye, en communiquant celte relation fort simple, remarque
- qu’il est impossible d’attribuer l'apparition d’un phénomène de cette sorte à des mouvements gazeux ascendants ayant pris naissance à la surface terrestre.
- Varia.— M. Fave fait connaître qu’il a assisté au congrès géodésique international d’Inspruck. 11 annonce que-dès J 891, lors du renouvellement de la commission permanente de l’association géodésique internationale, des géologues seront appelés à représenter la géologie dans la commission permanente, en raison de la connexion de cette science avec la géodésie. Ch. de Yilledeuil.
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- SCIENCE PRATIQUE
- LA BOUSSOLE DES ÉLECTRICIENS
- Un électricien est 1res embarrassé quand il se trouve en présence d’une machine dynamo, dont il cherche à déterminer la direction du,flux de force. S’il ne veut pas luire des calculs, il faut qu il sc
- Boussole d’électricien; sonde magnétique.
- procure une boussole, et qu'il observe le sens de l’action sur l’aiguille aimantée. Une boussole est encore nécessaire lorsqu’il s’agit de connaître le sens du 11 ux de force produit par un courant autour d’un conducteur rectiligne. Mais la boussole ordinaire n’est pas bien appropriée aces expériences. L’opacité de sa boite métallique nuit à l’observation. La fabrique d’ébauches de Sonceboz en Suisse vient d’en construire une toute spéciale, à laquelle on a donné le nom de sonde maqnétique.
- Cet appareil, représenté par noire gravure, se compose essentiellement d’une aiguille aimantée, dont le pôle nord est marqué en bleu; elle est montée sur un axe qui est porté lui-mème entre deux pointes. Ces deux dernières sont fixées sur deux parties métalliques parallèles eu forme de secteurs. Le tout est
- placé entre deux verres parallèles et affecte la forme ordinaire d'une, mou lie.
- Si nous plaçons l’appareil dans un flux de force de direction déterminée, l’aiguille accuse aussitôt une déviation et s’immobilise, bientôt, l’extrémité sud fournée vers Je nord de noire, aimant. L’appareil donne aussi des indications lorsqu'il s'agit d’un champ magnétique peu intense ou placé à quelque distance.
- Il peut servir encore à déceler la présence d’un courant de, quelques milliampères traversant un conducteur, lorsqu'il en est rapproché. Ce dernier fait peut être utilisé dans l’industrie en plusieurs circonstances. OU peut, par exemple,chercher les points de contact à la masse dans les circuits d’une machine. Une extrémité du lit de, l’anneau ou des inducteurs est en communication avec le courant, et l’autre avec la masse. S'il existe un point de contact, le circuit sera fermé, le courant passera, et la boussole indiquera aussitôt une déviation. On pourra aussi utiliser la sonde comme, indicateur de terre sur un réseau de distribution. Il existe éuale-ment une quantité d'autres expériences dans lesquelles l’instrument sera utile, notamment dans les visites de canalisations intérieures d’abonnés.
- fin résumé, la boussole spéciale que nous présentons à nos lecteurs est lin appareil simple, peu coûteux, d’une sensibilité suffisante et d’un emploi facile, qui pourra rendre, en pratique, de réels ser-
- vices à Lélectricien.
- J. LaFIARGUE.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tiss.vnmkk. Paris. — Imprimerie Luhure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1115. — 29 SEPTEMBRE 1 89 4.
- LA NATURE.
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- NOS TORPILLEURS
- On sait le rôle important que jouent dans la Hotte actuelle nos torpilleurs de différentes classes, embusqués le long des côtes pour la défense du littoral. Ces petits navires de 50 à 80 tonneaux, doués d’une marche très rapide, sont toujours prêts à se porter, presque instantanément, sur les points attaqués par l’ennemi. Pendant Jes manœuvres d’escadre, ils courent, jour et nuit, autour des gros cuirassés et des croiseurs, se jouant autour d’eux comme des dauphins ou des marsouins, faisant l'avant-garde ou l’arrière-garde, éteignant au besoin leurs leux, avec
- une rare audace, pour n’ètre pas aperçus par l’ennemi. Leur vitesse atteint 58 à 40 kilomètres à l’heure pendant ces évolutions.
- Aussi, arrive-t-il parfois que dans un mouvement mal calculé, malgré toute l’expérience et la science consommée de nos officiers, deux torpilleurs se heurtent malencontreusement. Les avaries sont toujours graves dans ce cas et le vaillant petit équipage court de grands dangers ; mais ce n’est, pas pour troubler nos marins dont le sang-froid et la bravoure sont au-dessus de tous les périls. On répare comme on peut l’avarie, on bouche la voie d’eau avec des toiles ou des prélarts et, comme on n’est, jamais bien loin de la côte, on court vite se mettre h l’abri
- Les torpilleurs avariés, le Mousquetaire et l’Audacieux dans le bassin de réparation à Toulon. (D’après une photographie de M. Jlarius bar.)
- quelque part pour se réparer et reprendre au plus vite sa place de combat. Il semble que ces petits navires et leurs équipages ne fassent qu’un, au point de vue de l’intrépidité et de l’endurance.
- C'est ainsi que, lors des récentes manœuvres navales dans la Méditerranée, deux torpilleurs, bien nommés pour leur hardiesse, le Mousquetaire et l'Audacieux, se sont abordés au cours d’une évolution,et quoique frères et amis, se sont involontairement fort malmenés. Notre gravure les représente rentrés au bassin de réparation, en train de panser leurs plaies. Quelques tôles solidement reposées, quelques rivets bien replantés et les deux batailleurs se précipiteront de nouveau, à toute vapeur, au travers des vagues, dans l’ombre, échappant aux investigations inquiètes des grands projecteurs électriques qui
- fouillent avec leurs faisceaux lumineux les ténèbres de la nuit.
- Pour compléter le bref résumé du rôle que jouent ces petits et puissants outils de la guerre maritime, rappelons que des bâtiments spéciaux, appelés transports (l'escadre, sont disposés de façon à transporter dix à douze petits torpilleurs-vedettes de 15 à 20 tonneaux pour la défense des rades et des passes. Les transports d’escadre n’ont pas l’air bien dangereux si l’on ne considère que leur simple aspect : ils ne sont armés (pie de quelques canons à tir rapide ; mais, vienne l'heure de la bataille, voici que ces mères-giyoynes, suivant la spirituelle expression de M. l’Ingénieur des constructions navales Croneau, mettent à la mer toute une redoutable petite flottille qui s’éparpille tout autour de chacune d’elles, prête
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- ïî~ aunce. — î' smieUre.
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- à accomplir son devoir. La chaude alarme passée, ou la victoire obtenue, les petits navires viennent se ranger contre les flancs du transport d’escadre, comme le feraient des poussins sous les ailes d’une bonne mère poule. Ils y trouvent un atelier de réparation bien outillé, des vivres, du charbon, et des torpilles de rechange ainsi que l'ambulance pour leurs blessés. Uar on n’a ni le temps ni le moyen de se soigner à bord des torpilleurs : l’abnégation, comme nos lecteurs ne l’ignorent, pas, y est courante et traditionnelle.
- Happelons un touchant exemple à ce sujet. Nous pouvons en garantir la complète exactitude. Pendant un combat de l’héroïque Hotte de l’amiral Courbet dans les mers de Chine, un de nos torpilleurs se précipitait sur un vaisseau ennemi, lequel le criblait de projectiles tpii traversaient la coque de toutes parts. Un marin tombe le bras fracassé, à côté de l’officier qui dirigeait le navire : le pauvre garçon poussait des cris de douleur. « Qu’as-tu donc à hurler comme cela? lui demande l’officier. — Mon commandant, j’ai un bras fracassé, répond le matelot. — Eli bien ! tais-toi, répond le commandant : moi, j’ai un œil crevé et je ne dis rien. »
- Le matelot se tut, étouffant ses plaintes, maîtrisant son effroyable douleur.
- Le brave officier avait en effet l’œil crevé par une balle qui était restée enchâssée dans son arcade sourcilière : ce n’est qu’au Yal-de-Gràce, à Paris, après une traversée de retour qui fut un long martyre, que l’on put en faire l’extraction.
- Les temps antiques 11e nous offrent, en vérité, rien de plus beau (pie ce dialogue sinistre, au sein du petit navire, criblé de balles, entouré de feu, entre ces deux héros, sacrifiés à la fois, sur l’autel de la Patrie. Max de Naxsoitv.
- LES LNCOIIRECTIONS
- DU LANGAGE SCIENTIFIQUE
- Pourquoi, à line époque caractérisée surtout par révolution rapide de la science et de ses applications industrielles, si nombreuses et si variées, le langage suit-il si lentement le progrès des idées qu’il a aujourd’hui tant de peine à traduire ?
- Avant d’en indiquer les causes et de signaler le remède un peu trop radical qu’il faudrait appliquer pour voir cesser un état de choses si regrettable à bien des égards, peut-être convient-il de faire toucher du doigt quelques-unes, parmi les plus courantes, de ces incorrections enracinées et devenues classiques jusque dans les sphères les plus officielles.
- Ainsi, par exemple, tous les actes publics relatifs aux ventes de propriétés expriment les superficies en mètres, et non en mètres carrés, etl'Annuaire du Bureau des longitudes exprime la valeur de l’accélération due à la pesanteur en mètres, tandis qu’en toute rigueur, et a défaut d’un nom spécial, elle devrait se mesurer en mètres par seconde par seconde.
- On voit à chaque instant, dans les comptes rendus de l’Académie des sciences, le mot force employé pour puis-
- sance ou travail, le travail confondu avec la puissance, des vitesses exprimées en mètres, des puissances en kilogram-mètres, et du travail mesuré en chevaux.
- Le langage d’un grand nombre d’ouvrages scientifiques est souvent le même ; quant au langage industriel, il devient un mauvais argot souvent incompréhensible et prêtant aux plus regrettables confusions.
- On ne distingue pas généralement la vitesse et la vitesse angulaire: la première s’exprime comme une longueur, tandis qu’elle est le quotient d’une longueur par un temps; la seconde comme un nombre abstrait, tandis qu’elle est le quotient d’un angle par un temps. 11 est cependant important de spécifier le temps, car l’échelle des vitesses aujourd’hui courantes est très étendue; et, lorsqu’il s’agit d’une machine dont la vitesse angulaire est dite de 500 tours, il n’est pas inutile de dire s’il s’agit de 500 tours par minute, vitesse angulaire des moteurs a vapeur dits à grande vitesse, ou de 500 tours par seconde, vitesse angulaire normale des turbines de Laval.
- Nous pourrions citer telle géographie classique d’un inspecteur général de renseignement secondaire où il est dit que la lumière parcourt 75000 lieues à la seconde, et dans laquelle toutes les distances planétaires sont exprimées en lieues de quatre kilomètres.
- Le système métrique n’est-il donc plus obligatoire dans renseignement en France ?
- Dans le langage courant, c’est bien pis encore. Pour l’épicier, le kilo, c’est le kilogramme (unité de masse) ; pour le chauffeur, c’est le kilogramme par centimètre carré (unité de pression).
- Le fait étant acquis par ces quelques exemples choisis à dessein parmi les plus connus, nous allons en indiquer les causes, et, surtout, le remède.
- La cause principale est notre misonéisme incurable et traditionnel. Nous avons la haine du nouveau, et nous reculons devant un nouveau nom, comme s’il ne fallait pas toujours un nom nouveau pour désigner exactement et simplement une chose et une idée nouvelles. Cette haine du nouveau fait que, de gré ou de force, il nous a fallu accepter et faire entrer dans le langage courant des mots créés et consacrés à l’étranger, et simplement introduits en France : le langage du sport, pour citer un exemple typique, a tous scs mots tirés de l’anglais, et le langage électrique en compte un certain nombre qui ont la meme origine. Nous ne créons plus, nous ne faisons qu’adopter.
- Une cause importante de ces incorrections, est aussi notre tendance à simplifier et à raccourcir les expressions, quitte à faire naître la confusion et même l’erreur. Le kilo de l’épicier et le kilo du chauffeur en sont des exemples.
- Enfin, pour bon nombre d’esprits, distinguer est synonyme de compliquer, et, dans la crainte d’une complication apparente, ils tombent de Charybde en Scylla, dans une confusion souvent inextricable. Pauvreté de mots ne fait pas richesse de langue, surtout en matière scientifique, où il ne devrait jamais y avoir de synonymes ni d’acceptions différentes pour un meme mot.
- Il nous reste à dire un mot du remède, aussi simple que radical : il consiste à avoir un mot, et un seul mot pour désigner une quantité différente d’une autre quantité, un nom pour désigner une unité différente d’une autre unité ; et si, pour ne pas multiplier indéfiniment les noms, on a recours à des noms composés pour désigner les quantités ou les unités, il faut s’astreindre à former ces noms logiquement, suivant des règles immuables, et à toujours employer le nom composé en entier, sans
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- suppression qui en change ou en altère la signification.
- Lorsque le mot composé sera trop long, il faudra naturellement créer un nouveau nom, et ce nom devra triompher des difficultés que nous signalions plus haut, avant de recevoir une sanction presque toujours refusée par ses contemporains ou ses compatriotes. E. 11.
- L’INTENSITE DE LA PESANTEUR
- ET LES MESURES I)U COMMANDANT DEFLOREES
- Rien ne paraît plus simple que de déterminer l'intensité de la pesanteur; il suffit, en effet, de faire osciller un pendule, et de mesurer sa longueur
- et sa durée d’oscillation; la formule t =
- Vs
- Tri / _ nous 9
- donnera immédiatement, la seule quantité inconnue g. Si le pendule bat la seconde, nous aurons simplement g = n2/. Tout élémentaires que paraissent ces mesures, elles présentent des difficultés telles qifaprès de remarquables travaux d’observateurs connue Rorda, Ressel et Thomas Yoiing, il restait encore une place très large pour les perfectionnements, dont un bon nombre du reste ont été réalisés depuis lors.
- Mais, dira-t-on, quel est l’intérêt qui s’attache à la détermination précise d’une constante telle que l’accélération de la pesanteur? Nous allons tâcher d’y répondre.
- Tout d’abord, cette constante est d’une grande importance en elle-même, car c’est, elle qui relie les deux principaux systèmes d’unités, celui des mécaniciens, et le système plus rationnel des physiciens.
- Pour les physiciens, l’imité de force est celle qui communique l’unité d’accélération à l'unité de masse. La force prise comme unité par les mécaniciens est, au contraire, le poids de la masse unité; c'est celle qui lui communique l'accélération y en un point déterminé de la Terre. La réduction des systèmes l’un à l’autre repose donc entièrement sur la connaissance de cette quantité, que l’on rencontre, de ce fait, presque toutes les lois que l’on veut mesurer une force, dette dernière grandeur entrant dans l'expression du travail, on retrouve y dans un grand nombre de formules où il intervient. Mais la détermination de l’intensité de la pesanteur poursuit un but moins tangible et plus élevé. Quelle est la cause de la pesanteur? Evidemment la présence d’une certaine quantité de matière à un endroit déterminé. Et ici déjà, un nouveau problème se pose : la nature de la masse en présence est-elle indifférente? de problème, l’un des plus importants de la philosophie naturelle, a été abordé expérimentalement par Newton, puis repris par Ressel avec des procédés plus parfaits. La méthode consistait à enfermer des corps différents dans la boule creuse d'un pendule. Or, dans les limites de la précision qu’il a été possible d’atteindre dans ces mesures, la nature de la matière n’a paru modifier en rien le phénomène. D’autres expériences plus récentes ont continué ce
- résultat; mais, comme on n’a pas réussi jusqu'il ce jour à deviner une relation de cause à effet, on cherche encore, en affinant les procédés d’observation, soit à reculer les limites d’exactitude de cette loi, soit à la mettre en défaut d’une quantité qui, en tous cas, sera prodigieusement petite.
- Ee premier point acquis, la connaissance de y en un lieu nous fournira une donnée certaine sur la répartition de la matière autour de ce lieu. Sans doute, le problème est indéterminé, car on peut imaginer une infinité dégroupements qui contribueront à attribuer à y la même valeur; mais, comme ces groupements doivent se conformer à certaines lois, on peut conclure avec une assez grande sécurité à la présence de masses importantes dans une direction donnée, et à une distance que l’on peut estimer approximativement.
- C’est donc une véritable dissection de la Terre que nous permet la connaissance de y. Aux mains d’un habile opérateur, le pendule devient la véritable baguette du magicien, grâce à laquelle il pénètre dans les profondeurs du sol, avec plus de sécurité que les sourciers d’autrefois ne concluaient, du mouvement de leur branche de noisetier, à la présence des eaux souterraines.
- Forme du pendule. — La formule du pendule que nous avons rappelée au début, suppose que l’instrument se compose d’une masse réduite à un point, et assujettie à osciller à une distance constante d’un axe fixe. En réa-lité, toute masse occupe une certaine étendue, et la vraie formule du pendule se complique un peu de ce fait1. La longueur l doit être remplacée par le moment d’inertie de l’instrument ('1ml1), et la quantité y devient son moment dynamique (1 myl). Nous n’insisterons pas sur les complications que l’emploi des formules exactes introduit dans les calculs; nous dirons seulement que, plus on se rapproche du pendule idéal, plus les calculs se simplifient, et plus aussi les petites corrections de la formule peuvent être appliquées à coup sur. E’est pourquoi les anciens observateurs se servaient de pendules composés d’une boule suspendue à l’extrémité d’un long lil. C’est ainsi que Rorda et Ressel opéraient. Mais malgré tous les avantages que ce procédé semble présenter, il est abandonné aujourd’hui. Le pendule dit simple ne l’est qu'en apparence, tandis qu’en réalité cet instrument est d’une extrême complication.
- 1 La masse n'est pas, en elfel, comme on le croit trop souvent, definie par la loi de Newton : [F] = [1I4L-2]. Cette loi est un fait d'expérience, démontré par les conséquences qu'on en lire pour le mouvement des corps célestes, conséquences que l’observation vérifie. En réalité, la formule du pendule devrait
- s’écrire : t = tz i /n'11 ; ml sérail la masse considérée comme V m-i 9
- obstacle, au mouvement, ou comme capacité pour l’énergie; ni., au contraire serait la quantité de matière définie par la loi de Newton. Mais, comme nous venons de le dire, Y expérience démontre que m, est proportionnel, ou si l'on veut, égal à w2, quelles que soient les matières en présence: cette vérité n’est pas un axiome de mécanique.
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- LA NATURE.
- Les premiers observateurs fixaient dans une pince le lil de suspension ; mais on conçoit que ce procédé est très défectueux, car le lil ne forme pas un angle mathématique à la sortie de la pince; il se courbe suivant un faible rayon, et il est impossible de déterminer le point exact autour duquel le pendule décrit son oscillation. Plus tard, le lil fut fixé à un couteau, comme dans le pendille de Borda et Cassini. (l’était un grand progrès; mais on ne put éliminer d’autres difficultés inhérentes au procédé, comme la mesure de la longueur vraie du pendule, que l’on exécutait en observant la distance comprise entre le plan de suspension et un plan de verre amené au contact de la boule, tandis que celle-ci, mesurée avec soin, était suspendue par divers points, pour
- Fig 1. — Pendule réversible du service géographique de l’armée française; ensemble et détail d'une extrémité.
- éliminer ses défauts d'homogénéité. Nous [tassons sur d'autres inconvénients du procédé, en n’insistant que sur un seul : la nécessité de mesurer exactement la longueur du pendule à chaque station, car on ne pouvait admettre qu’il restât constant dans les transports.
- Lorsqu’on réfléchit à toutes les causes d’erreurs qui encombrent la méthode du pendule simple, on ne peut qu’admirer les hommes qui, comme Borda ou Bessel, en ont déduit déjà des résultats très exacts.
- Au commencement du siècle, une révolution se ht dans la construction du pendule. En 1792 déjà, de Prony avait fait ressortir « les avantages que présenterait. un pendule matériel, formé d’une pièce métallique rigide, de grande masse, oscillant sur plusieurs
- Fig. 2. — Pendule pour lu mesure absolue de l’intensité de la pesanteur, posé sur ses piliers.
- axes parallèles : longue durée d’oscillation qui pourrait aller à un jour entier, et éliminerait l’erreur provenant des irrégularités de marche de l’horloge sur laquelle on mesure le temps; conservation indé-linie de l’appareil1.... »
- Le procédé préconisé par de Prony consistait à munir le pendule de trois couteaux situés dans le plan contenant le centre de gravité; on peut déduire, de la durée d’oscillation sur ces trois couteaux, la position du centre de gravité, et la longueur du pendule simple correspondant. Le mémoire de Prony fut examiné par Le Boi, Laplace, Legendre et Belambre; mais la méthode parut compliquée, et de Prony abandonna provisoirement son idée. Il la
- 1 Mémoires sur le pendule, par M. C. Wolf, I. IV do la Collection dos Mémoires relatifs à la physique, publiés par la Société française do physique.
- reprit plus tard, et présenta, le 11 vendémiaire an IX un nouveau Mémoire à l’Institut. Comme le précédent, ce mémoire resta inédit, bien qu’il contienne les principes fondamentaux sur lesquels reposent tous les travaux modernes sur cette importante question1.
- Un savant allemand, Bohnenberger, conçut la même idée, et donna, en 1811, la description d’un instrument très analogue à celui qu’avait imaginé de Prony. Enfin, [tour la troisième fois, le pendule moderne fut réinventé par un des plus grands géodésiens anglais, le capitaine Kater. Cette fois, l’inventeur, homme d’action autant que de pensée, mit son idée à exécution, et construisit l’instrument qui
- 1 Ce second Mémoire, retrouvé par M. le commandant Def-forges dans les Archives de l’Ecole des ponts et chaussées, a été publié pour la première fois par M. Wolf dans l'ouvrage cite.
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- LA N A Tl H K.
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- porte sou nom, depuis les mémorables expériences auxquelles il lut employé.
- Le principe du pendule de Kater était loin d’ètre nouveau ; démontré déjà par l'illustre Huyghens, il consiste dans la réciprocité du centre d'oscillation et du centre de suspension. On peut énoncer ce principe de la manière suivante : sur toute droite passant par le centre de gravité d’un corps, il existe une infinité de groupes de deux points qui sont réciproquement le centre de suspension ou le centre d’oscillation l’un de l’autre; la durée d’oscillation du pendule autour d’un axe passant par l’un de ces points, et perpendiculaire à la ligne qui les joint, est égale à la durée d’oscillation du pendule simple dont la longueur est égale à leur distance. Il suffit dès lors de rendre ces axes apparents par l’arête d’un couteau pour que la longueur du pendule devienne immédiatement mesurable. Les inconvénients signalés plus haut, inhérents au pendule qualifié de simple, font i m m é d iatement ressortir les avantages du pendule à réversion dont nous venons d’indiquer le principe.
- Le pendule de Kater n’est pas exempt de causes d’erreurs; elles proviennent de la construction du pendule, du milieu ambiant et enfin du support .
- Lorsque le pendule oscille dans l’air, il éprouve, dosa part, des actions de diverse nature; l’air agit en effet par sa poussée, par sa résistance et par l’entraînement (pie lui fait subir le corps oscillant. La première correction est due à Bouguer; les deux autres ont provoqué de remarquables recherches de Bessel et de Poisson; mais c’est sir G.G. Stokes qui donna pour la première fois l’expression exacte de l’action sur un cylindre ou une sphère. Bessel avait, du reste, proposé d’éliminer cette action par l’emploi d’un pendule symétrique. La théorie suppose que le pendule oscille autour d’un axe fixe. Or aucun pendule n’a jamais rempli cette condition; le couteau ne se termine pas par une arête vive, mais par une portion de cylindre de très faible rayon, sur lequel il roule..., on le pensait du moins jusqu’à ces derniers temps; en réalité, un glissement s’ajoute au roulement, compliquant encore le phénomène. Le support lui-même, si solide soit-il, est entraîné par le pendule, qui oscille autour d’un point supérieur au plan de suspension; ce mouvement, soupçonné
- d’abord par le général Baeyer, fut mis en évidence par M. Beiree, qui donna, en même temps que M. Gellérier, la valeur de l'erreur qui en résulte. Lue petite différence entre le coefficient de flexion, mesuré par le procédé statique et par la méthode dynamique, conduisit le commandant Defforgesà la découverte du glissement dont nous avons parlé. (Juant à l’erreur provenant de ce que, en pratique, les arêtes des couteaux ne sont pas exactement réciproques, on peut l’éliminer par la réversion, comme Bessel l’a démontré.
- La plupart des imperfeclions que nous venons de signaler peuvent, être évaluées, comme nous le dirons plus loin; mais il est préférable de les éliminer par le mode opératoire lui-même, comme on le fait au Service géographie)ne.
- Des calculs que .ous ne saurions développer ici montrent que le résultat est atteint très aisément en
- faisant osciller, dans les mêmes limites d'amplitude, sur les mêmes couteaux, deux p end nies de même masse et de longueurs différentes.
- Ce n’est plus, alors, la longueur de chacun des pendules qui entre dans les formules, mais seulement la différence des longueurs,d’où toute correction a disparu.
- Description des appareils1 — L’appareil construit sur les principes que nous venons d’énoncer comprend : 1° deux pendules ayant respectivement 1 mètre et 50 centimètres entre les arêtes de leurs couteaux communs; notre figure d montre un de ces pendules; 2°un plateau en bronze servant de support, et destiné à être scellé à deux piliers; à ce plateau est fixée une cloche en cuivre rouge qui enveloppe le pendule (fig. 2); o° un appareil pour la mesure des coïncidences (fig. 5).
- Les pendules sont formés d’un cylindre en laiton épais, lesté à l’intérieur par des masses d’argent qui assurent la réversibilité; ils ont respectivement une longueur totale de lm,i7fi et 0m,785, non compris de petits cylindres d’acier qui servent à vérifier avec exactitude le centrage et à observer les coïncidences. La masse des pendules est de 5k«,2.
- 1 Cette description, ainsi qu'une partie de la théorie qui précède, est empruntée à un Mémoire de M. le commandant Detlorgos qui paraît en ce moment au tome XV du Memorial du dépôt de la thiere.
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- LA N A TL UE.
- Les couteaux sont on agate, et sont maintenus en place par des brides (fi*jç. 1, détail) (pii les appuient, lbr-tement contre le plan des oreilles fixées au pendule; on les enlève facilement pour les échanger. Les lettres que l’on voit dans la figure sont gravées sur les couteaux et sur les oreilles et servent à les reconnaître. La mesure de la durée d’oscillation du pendule se fait par comparaison avec une horloge dite des coïncidences, que l’on règle à très peu près ù l’égalité, et dont on détermine la marche par des comparaisons répétées avec une horloge astronomique. L’observation consiste à déterminer l’oscillation pour laquelle les deux pendules passent en même temps par la verticale1; le nombre d’oscillations qui s'effectue entre deux passages simultanés donne immédiatement la différence de durée; l’ensemble des deux pendules est un vernier du temps d’une extrême précision. Sue osons, par exemple, que deux coïncidences soient séparées par mille oscillations; la différence de durée pour les deux pendules sera de yyVo. Si l’on a commis, sur l’appréciation de la coïncidence une erreur d’une oscillation, il en résultera, sur le calcul
- delà durée, une erreur de
- ToVf’ soi t un mil-
- lionième en nombres ronds.
- La figure o montre l'appareil servant à mesurer les coïncidences. 11 se compose d’une lunette coudée avec réflexion totale sur un prisme devant lequel passe le pendule de l'horloge; ce pendule est muni d’une lame de métal portant une fenêtre, qui paraît éclairée a chacun de ses passages, tant qu’on est loin de la coïncidence. Mais, lorsque celle-ci approche, on aperçoit, dans la fenêtre, le bord du piton d’acier qui termine le-pendule; peu à peu, il gagne du terrain, et l’on fixe, par la moyenne de l'apparition et de la disparition de ses bords, le moment précis où il occupe le centre de la fenêtre.
- Mouvement du support et glissement. — Nous avons dit que le mouvement du support et le glissement des couteaux s’éliminent par le mode opératoire adopté au Service géographique; il est cependant intéressant de les déterminer, et le commandant Defforges y est parvenu par des mesures très délicates.
- Le premier de ces mouvements a été mis en évidence par la méthode interférentielle de M. Fizeau, d’un si fréquent usage en physique. Un établit les franges d’interférence entre deux glaces portées respectivement par le pilier et un support indépendant, et l’on examine leur déplacement. Le glissement se mesure, en définitive par le même procédé, par l’intermédiaire d’une pièce extrêmement légère, (pie l’on appuie doucement contre l’arête du couteau, et qui est entraînée par le mouvement de celui-ci. La correction de glissement est loin d’être négligeable; elle dépasse -yôtôô ^(‘ l;l longueur pour le pendule court.
- Pour terminer ce qui concerne le pendule destiné à la mesure de l’intensité absolue de la pesanteur,
- 1 Ou plus exactement. : l'oscillation pour laquelle le passage par la verticale est le plus rapproché.
- nous dirons encore que. l’appareil est accompagné d’une règle et d’un comparateur. La règle a été comparée aux étalons du bureau international des poids et mesures, et les pendules eux-mêmes y ont été mesurés au cours des déterminations de la pesanteur effectuées «à cette importante station.
- Quant, aux observations elles-mêmes, elles ont lieu dans un vide relatif, et la correction au vide parfait peut être calculée par une extrapolation de peu d’étendue, eu partant des mesures sous des pressions plus fortes.
- — a suivre. — Lu.-En. Cüuxai me.
- UN NOUVEAU TIRE-LIGNE
- Les inconvénients du tire-ligne ordinaire sont bien connus de tous ceux qui ont eu à s’en servir: il faut en changer à chaque instant le réglage pour passer du trait lin au trait gros, et si, par négligence, on a laissé l’encre sécher, il y a toute une manœuvre fastidieuse à accomplir pour remettre l’outil en état.
- Tous ces inconvénients sont évités dans le modèle que nous mettons sous les yeux de nos lecteurs et qui se comprend à la seule inspection de la figure.
- L’une des mâchoires est flexible à sa base et se termine par un prolongement C qui permet de l’écarter de l’autre
- C A
- C
- Nouveau tire-ligne.
- mâchoire en exerçant une pression sur ce prolongement. La vis À règle la grosseur du trait fin, et maintient l’écartement des deux mâchoires qui, par construction, tendent à rester l’une contre l’autre ; la vis B règle l’écartement, des mâchoires pour les gros traits en servant de butée au prolongement G. Suivant que l’on appuie ou que l’on n’appuie pas en G, le tire-ligne promené sur le papier trace des traits gros ou fins. Avec un peu d’habitude, et surtout d’habileté, on peut passer graduellement, en réglant la pression, du trait fin au trait gros et vice versa, ce qui présente un certain intérêt que les dessinateurs apprécieront.
- Ce tire-ligne est d’origine américaine, mais sa construction est si simple, que nos constructeurs français n’auront aucune peine à le faire en le perfectionnant.
- L’INSCRIPTION MÉCANIQUE
- DU SPECTRE IXFIU-ROl'GE
- Le professeur Langley, à qui nous devons déjà un grand nombre de nos connaissances sur le spectre infra-rouge, a communiqué# à l’Académie des sciences le plan d’un travail en cours d’exécution, et qui donnera, avec un labeur relativement minime, les renseignements les plus complets sur cette partie du spectre solaire difficilement accessible à la photographie. L’appareil construit par M. Langley est destiné à inscrire automatiquement l’énergie du spectre, et il est assez délicat pour donner une trace visilde des raies meme très fines.
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- « Le holomètre et ses accessoires, dit M. Langlev, ont été perfectionnés de telle façon qu’ils ne se bornent plus à indiquer un changement de température; ils en donnent aussi la valeur là où les variations sont inférieures à un millionième de degré centigrade, lorsqu’elles se manifestent dans le ruban métallique du holomètre qui a un vingtième de millimètre de diamètre et 1/500 de millimètre d’épaisseur.
- « Un mouvement d’horlogerie de grande précision fait mouvoir le spectre de telle sorte que chacune des raies, visible ou invisible, passe successivement par-dessus le ruban qui, pendant ce temps, en vertu de sa faible masse, change d’équilibre thermique en un espace de temps si court qu’on peut le considérer comme insensible. Puisque ce qui est sombre à l’œil, est froid au holomètre, la présence d’une raie invisible d'absorption est signalée par une déviation presque instantanée du galvanomètre.
- (( Cette déviation était autrefois relevée à l’œil sur une échelle. Actuellement, cette échelle est remplacée par une plaque photographique sensible, laquelle est mue dans le sens vertical par le même rouage très parfait qui fait passer le spectre sur le holomètre. 11 s’ensuit que la courbe d’énergie est enregistrée d’une façon absolument automatique au moyen de la photographie, avec l’aide du holomètre, dans des régions jusqu’alors entièrement inaccessibles à la photographie seule. »
- Il s’agissait d’abord d’essayer la méthode; M. Langlev l’a fait en relevant une partie du spectre visible. L’image qu’il donne de la raie 1) montre que le procédé est extrêmement délicat; non seulement l’appareil sépare les deux raies du sodium, mais il montre entre elles une des raies bien connues du nickel. Le spectre infra-rouge tout entier peut maintenant être relevé en quelques heures avec infiniment plus de détails que n’en eût donné autrefois un labeur de plusieurs années; une bonne partie des raies de cette région provenant de l’atmosphère, M. Langley pense que leur étude nous fournira un nouveau moyen île prédire les variations qui influent sur les perturbations météorologiques.
- IA CHR0N0PH0T0GRAPHIE D’AMATEUR
- ET LE PORTRAIT VIVANT
- On a toujours considéré jusqu’alors la clirono-photographie comme une science dont la pratique était limitée à quelques rares spécialistes se livrant à l’étude du mouvement et, principalement, à l’analyse de la marche de l’homme et des animaux, ou du vol des oiseaux et des insectes.
- 11 est de fait que les appareils n’étaient pas à la portée de tout le monde, à cause de la complication de leur mécanisme et, par suite, l’élévation de leur prix. Nos lecteurs ont été à même d’apprécier plusieurs de ces appareils dont la description a été donnée ici. Nous leur rappellerons brièvement que trois types différents sont en usage; deux d’entre eux emploient un objectif unique avec un disque obturateur tournant à une grande vitesse. Dans l’un, l’objet se déplace et donne plusieurs images sur une plaque immobile ; dans l’autre, l’objet est fixe et la surface sensible mobile donne des images bien séparées. Le troisième genre, qui est le moins intéressant, consiste à prendre autant d’objectifs et de plaques
- qu’on veut avoir d’images et à déclencher les obturateurs de chaque objectif l’un après l’antre.
- La solution la plus élégante du problème, la seule qui soit réellement pratique, est celle qui permet d’obtenir, sur une bande pellieulaire, et avec un seul objectif, une suite d’images bien séparées dont le nombre ne dépend que de la longueur de la bande employée; c’est celle qui est utilisée depuis plusieurs années par M. Marey au laboratoire physiologique du bois de Boulogne ; c’est celle aussi qui a été adoptée par Edison pour son fameux kinétogra-phe, dont il a déjà été parlé bien souvent, et dont on peut voir aujourd’hui les résultats à Paris dans le kinétoscope qui fonctionne pour le public dans la Salle des dépêches du Petit Parisien.
- La difficulté consiste, dans ce cas, à arrêter la bande sensible pendant l’instant très court où chaque image impressionne la plaque et c’est ce qui a nécessité jusqu’alors une assez grande complication.
- M. Georges Demeny vient d’inventer une disposition des plus simples qui supprime, pour ainsi dire, tout mécanisme et permet d’avoir un appareil éminemment portatif et en même temps d’un prix peu élevé, ainsi qu’on va pouvoir s’en rendre compte par la description suivante.
- Une boîte en bois, ayant à peu près les dimensions d’un appareil 18x2-4 ordinaire, porte un objectif à grande ouverture, objectif à portrait, par exemple, dont on n’utilisera que le centre; derrière cet objectif et aussi près que possible de la surface sensible, tourne, au moyen d’une manivelle, le disque obturateur. Jusqu’ici rien de bien nouveau; le principal perfectionnement consiste dans le déroulement et l’arrêt de la pellicule sensible. La figure 1 (n° 1) représente le principe du système : deux disques B et P sont montés chacun sur un axe passant par leur centre; les bobines qui portent la pellicule se lixent, l’une en R, sur une broche montée dans le prolongement de l’axe de rotation du disque, l’autre en P, sur une broche montée excentriquement à cet axe. C’est cette position excentrique qui constitue principalement l’invention. Supposons, en effet, les deux bobines en place (fig. 1, n°2), la pellicule emmagasinée sur À ayant une de ses extrémités attachée en B, en suivant le trajet CS pendant lequel elle passe derrière l’objectif. Les deux bobines ne peuvent avoir de mouvement propre, par suite du mode de fixage adopté, elles deviennent solidaires des disques R et P qui les supportent; si nous faisons tourner le disque P, la pellicule venant de A s’enroulera autour de B. Mais, par suite de la position excentrique de cette bobine sur le disque, la traction cessera d’avoir lieu pendant un instant très court, au moment où la bobine B se sera rapprochée le plus possible de A; malgré cela, comme l’enroulement s’est toujours fait d’une quantité proportionnelle au déroulement, la pellicule reste parfaitement tendue; c’est à ce moment précis que la fenêtre H du disque L vient démasquer l’objectif.
- On comprend facilement que la manivelle M nul
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- li' disque en mouvement et que c’est celui-ci qui commande par un engrenage la marche des bobines ; il y a donc toujours une coïncidence mathéma ti-queinent exacte entre l’arrêt de la pellicule et 1(> passage de la fenêtre, ce qui est essentiel pour la netteté de l’image; c’est ce qui n’aurait pas toujours lieu si l’on comptait arrêter la pellicule par un organe de frottement, car il pourrait se produire dans ce cas des glissements qui occasionneraient du llou dans l’image.
- La solution que nous donne M. G. Remenyest donc la plus simple et en même temps la plus sûre. La simplification du mécanisme a permis de construire un appareil assez léger pour qu’on puisse opérer sans pied, en le tenant simplement sur le bras (lig. 2). Ajoutons, pour
- donner une idée complète du système, qu’une disposition spéciale permet d’ouvrir l’objectif et de mettre l's bobines en marche seulement au moment voulu, après qu’on a mis en mouvement le disque obturateur, et de prendre, soit une seule image, soit une série de o ou A, soit la série complète de 24 images ou plus suivant la longueur de la pellicule employée. Chaque pellicule est terminée par une bande de papier noir qui y est soudée et fait recouvrement complet après l’enroulement sur la bobine. Cette disposition, qui met la partie sensible à la lumière complètement à l’abri, permet de changer les bobines en plein jour.
- On peut en loger 20 dans les parties de la boite où le mécanisme a laissé des vides, on a ainsi une large réserve avec soi.
- Voici donc la chronophothogra-phic mise à la portée de tous. L’appareil, entre les mains des amateurs, changera complètement les conditions dans lesquelles se faisaient jusqu’à présent les études de ce genre en permettant à chacun d’en étendre le champ aux sujets les plus variés. 11 modifiera aussi, espérons-le, la pratique de l’instantané, si souvent critiquée, et parfois avec raison, car
- Fig. 1. — Appareil chronophotographique d’amateur.
- N° 1. Détails du mécanisme.— N°2. Ensemble des bobines et du disque.
- Fig. 2. — Mode d’emploi de l’appareil ehronophotographique de M. Demeny.
- l’attitude unique que donne une image unique ne cadre pas toujours avec ce que l’oeil perçoit; l'impression que nous laisse le mouvement est assez souvent différente de ce que donne une seule épreuve instantanée, et. la sensation de la réalité nous est rendue si nous nous trouvons en présence d’une s é r i e d’images où chacune est expliquée par celle qui la précède et celle qui la suit.
- Les travaux, déjà bien connus, de MM. Muy-bridge, Marey, Anchutz, sont là, du reste, pour prouver ce que nous avançons et nous n'avons pas besoin d’insister là-dessus.
- Mais c’est dans le portrait surtout que nous voudrions voir s’opérer une transformation complète et nous comptons sur l’amateur pour former le goût, du public à cet égard et forcer le photographe de proiession a abandonner la pose de convention. Quand nous regardons les produits de ces artistes (?) (combien peu méritent ce nom), nous constatons la plupart du temps une expression de ligure qui n’est nullement celle que nous connaissons au sujet et qui exprime plutôt un sentiment de gêne. Comment pourrait-il en être autrement avec la façon habituelle d’opérer? On torture son modèle pendant une demi-heure, puis on lui recommande de rester parfaitement immobile et de prendre une expression gaie ! A moins d’être un artiste dramatique consommé, combien de personnes pourraient arriver, dans de telles conditions, à être elles. Quelle différence, au contraire, lorsqu’on a une série telle que celle reproduite ci-contre (et que, faute de place, nous avons dû écourter). L’enfant est pris là sur le vif; ajoutez un peu de couleur, faites passer les images dans un zootrope, vous le verrez vivant. Ces épreuves sont reproduites en vraie grandeur et ont été obtenues par M. Demeny avec son nouvel appareil; c’est la suite de ses études sur les jeux de la physionomie. On se souvient qu’il avait commencé, il y a deux
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- ans, par la photographie de la parole; mais il avait alors été obligé de se placer en plein soleil, et si les épreuves obtenues étaient intéressantes, complètes même au point de vue des détails spéciaux qu’il s’agissait d’obtenir, elles étaient peu modelées et peu artistiques. Aujourd’hui il est possible d’opérer à l’ombre et même à l’atelier; il ne reste qu’à prendre l’habitude de ne plus faire poser son modèle, mais de le faire parler et de le saisir avec l'expression habituelle que nous lui connaissons et qui, ne l’oublions pas, est une série d’expressions.
- G. Mareschal.
- LE TRAITEMENT UE LA DIPHTÉRIE
- TRAVAUX DE M. ROUX
- Il n’est guère de maladie dont le nom inspire plus d’effroi et à juste titre. Grave entre toutes par sa contagiosité, par la rapidité de son développement, la diphtérie l’est surtout par l’empoisonnement général qu’elle produit chez les jeunes sujets souvent débilités ou convalescents d’une autre maladie. Les chiffres annuels de la mortalité proclament assez haut le danger de cette affection qui, localisée dans la gorge, prend le nom d’angine couenneuse et, propagée au larynx, s’appelle de ce nom funèbre, le croup. Chaque année, près de deux mille enfants succombent à Paris à ce redoutable fléau, et en dépit des médications les plus diverses, des tentatives les plus généreuses du corps médical, le mal ne cède guère. Dans ces derniers temps, cependant, l’application plus suivie, plus méthodique des procédés antiseptiques, a permis d’atténuer la léthalité, et prise à temps, surveillée et traitée avec soin, l’angine diphtérique, quand elle n’a pas un degré de toxicité suraigiie, donne un chiffre de guérisons supérieur à la moyenne des dernières années. Mais ce chiffre est encore bien peu élevé, surtout dans les milieux hospitaliers, et c’est avec reconnaissance que l’on accueillera les heureux résultats obtenus, de par les études bactériologiques, pour la guérison de cette terrible maladie.
- La diphtérie est, on le sait, causée par un microbe spécial, découvert par Klebs et Lœffler. Un des plus brillants élèves de Pasteur, M. Roux, a montré que ce bacille sécrétait un produit toxique qui, porté dans l’économie par les voies lymphatique et sanguine, amenait un empoisonnement général plus ou moins grave et était la cause des paralysies localisées ou étendues qu’on observe assez fréquemment à la suite d’une atteinte quelquefois légère en apparence. C’est la toxine diphtérique, qu’on obtient en cultivant le bacille virulent dans du bouillon au contact de l’air, ou mieux dans un courant d’air humide.
- Les travaux de Pasteur ont appris qu’on peut, par différents moyens, cultures à diverses températures, passage du virus sur des espèces animales, arriver à atténuer la virulence de divers microbes. C’est en partant de ces idées fondamentales que Richet et Iléricourt de Paris, Behring et Ivitasato, eurent l’idée d’utiliser le sérum des animaux immunisés contre certaines maladies. En inoculant à des animaux d’espèces variées l’agent virulent, le microbe d’une maladie, mais atténué par ces procédés de culture, on arrive, par une série d’inoculations progressives, à rendre l’animal indemne. 11 est, ce qu’on appelle, immunisé. Or le sérum de cet animal devenu réfractaire à l’agent virulent contient un principe qui neutralise les effets du virus à son degré le plus intensif. La toxine trouve un obstacle à sa
- diffusion et à son action délétère dans l’antitoxine, le principe actif de ce sérum vaccinateur. Behring appliqua d’abord ces recherches au traitement du tétanos; l’antitoxine tétanique est assez facile à obtenir, mais elle n’a pas donné encore tous les résultats qu’on en pouvait attendre, peut-être parce que le tétanos n’est reconnu cliniquement qu’au moment où l’empoisonnement général est déjà trop avancé. Les applications de la sérothérapie à la diphtérie ont été plus heureuses, et la communication du D1' Roux au Congrès d’hvgiène de Buda-Posth a été l’occasion d’un triomphe pour notre compatriote et pour le promoteur de cette méthode, Behring, de Berlin.
- La diphtérie s’annonce par une lésion locale, la fausse membrane, dans la gorge ou le larynx; ce n’est qu’à partir de cette première manifestation et au fur et à mesure de l’envahissement des muqueuses que la toxine, produit soluble du bacille, s’infiltre dans l’économie et amène l’intoxication. On peut donc agir dès le premier moment et combattre efficacement cet empoisonnement par l’antitoxine ; cette antitoxine est fournie par le sérum des animaux immunisés par l’inoculation du virus à doses graduelles. Pour immuniser des animaux, on prend la toxine obtenue, comme je l’ai dit, par culture du bacille, et on l’atténue, soit en la chauffant à une certaine température, soit en l’additionnant d’un peu de liqueur iodo-iodurée. Les lapins, les cobayes auxquels on injecte cette toxine atténuée, ont un léger mouvement de fièvre, mais ils résistent pour la plupart et le sérum de leur sang contient un produit, l’antitoxine, qui neutralise les effets du virus diphtérique le plus pur. M. Roux a trouvé dans le cheval l’animal capable de fournir les plus grandes quantités de sérum antidiphtérique, sans réaction apparente. Il prend des chevaux de fiacre, réformés pour vices de jambes, boiterie, etc., mais très sains et très bien portants. Tous sont examinés au point de vue de la morve, et une fois reconnus indemnes, au moyen des injections de malléine, ils passent dan» les écuries de l’Institut Pasteur, où ils deviennent les agents vaccinateurs contre la diphtérie. Pour ce faire, on leur injecte des doses progressives de virus diphtérique, qu’ils supportent, soit dit en passant, mieux que tout autre animal. En quatre-vingts jours, un de-ces chevaux a reçu plus de 800 centimètres cubes de toxine, sans autre accident qu’un peu d’inflammation locale et une légère fièvre le jour où l’injection était faite. Une fois l’animal ainsi préparé, il n’v a plus qu’à lui retirer du sérum, qui est devenu un liquide antidiphtérique. On pratique dans la veine jugulaire une saignée qu’on peut répéter un très grand nombre de fois, sans accident pour l’animal; on a ainsi de grandes quantités de sang d’où l’on sépare un sérum d’une limpidité parfaite.
- Je ne m’appesantirai pas sur les recherches préparatoires qui ont permis de vérifier que ce sérum neutralisait bien le poison de la diphtérie; le produit toxique comme l’antitoxine sont de nature inconnue, mais les résultats sont des plus nets. Avant, du reste, de passer à l’application chez les jeunes malades, M. Roux a fait un très grand nombre d’expériences sur des cobayes, sur des lapins, auxquels il est des plus faciles d’inoculer la diphtérie en irritant une muqueuse et l’imprégnant du bacille. En quelques heures se développe la fausse membrane caractéristique, et si l’on n’intervient pas, l’animal succombe rapidement aux progrès du mal. Pratique-t-on cette inoculation à un animal auquel on a injecté préalablement et à doses suffisantes le sérum antidiphtérique, l’inoculation reste sans effet, l’animal est réfractaire. Fait-on l’injection prophylactique après l’inoculation, on
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- enraye la marche de la maladie, on la guérit même, si l’on a administré une dose suffisante d’antitoxine.
- C’est après tous ces essais de laboratoire que M. Roux a commencé les applications sur les enfants atteints de diphtérie à l’hôpital de la rue de Sèvres. Disons, pour être juste, que Behring, Ehrlich, et quelques médecins allemands, faisaient, en mémo temps que M. Roux, des essais du même genre. Les résultats qu’ils ont publiés concordent absolument avec ceux qui ont été obtenus à Paris. La sérothérapie antidiphtérique a été appliquée pendant six mois à tous les enfants entrés au pavillon de la diphtérie ; rien n’a été changé aux soins habituels donnés dans cette maladif; : lavages antiseptiques, badigeonnages de la gorge, traitement tonique, réparateur. 11 n’v a eu en plus que l’injection de sérum. Cette injection, de 20 centimètres cubes, était faite en une seule piqûre sous la peau du flanc connue une injection hypodermique de morphine; elle est peu douloureuse et le sérum est rapidement résorbé; aucun accident ne survient du fait de la piqûre qui est absolument inoffensive. Chez les malades gravement atteints, l’injection était répétée le lendemain, quelquefois trois ou quatre jours de suite. Sous l’influence de cette médication, il y a dans l’état général une amélioration des plus rapides et qui est manifestement due à l’introduction dans le sang du principe antitoxique, car c’est quelques heures à peine après l’injection qu’on voit se produire ces modifications qu’aucun traitement local ne provoque à aussi bref délai. La figure reprend des couleurs, la fièvre tombe, l’enfant devient plus gai, plus vif; d’un pauvre enfant languissant, pâle et affaissé, on fait un petit être plus vivant, reprenant les forces et aspirant à la santé. L’action du contrepoison se fait également sentir rapidement sur les manifestations locales; les fausses membranes se détachent facilement, elles cessent d’augmenter et disparaissent en deux à trois jours. Chez les enfants qui ont déjà les signes d’envahissement de l’arrière-gorge et du larynx et qui accusent cette complication par la difficulté de la respiration, la tendance à l’asphyxie, le tirage, suivant l’expression médicale, l’injection produit en quelques heures une détente, amène, si elle a été faite à temps, la disparition des accidents, et permet d’éviter la trachéotomie, ressource ultime de bien des cas. 11 survient bien quelquefois une légère éruption, semblable à de l’urticaire et qui semble due au sérum ; mais elle est absolument sans gravité. Enfin les accidents consécutifs à la diphtérie, telles que les paralysies si fréquentes du voile du palais, les troubles de la motricité, semblent plus rares choz les malades traités par cette méthode.
- fjes résultats sont, on le voit, très remarquables : quelques chiffres statistiques permettront d’en juger. Dans les quatre dernières années, 1890-1893, la mortalité du pavillon de la diphtérie des Enfants malades a été de 51,71 pour 100. Pendant les six mois de traitement par les injections, 448 enfants ont été soumis à cette médication, sans distinction de gravité des cas ; il y a eu 109 décès, soit 24,5 pour 100. En comparant les résultats obtenus à l’hôpital de la rue de Sèvres avec ceux de l’hôpital Trousseau, on verra qu’il y a, du seul fait de l’introduction de ce traitement prophylactique, une diminution considérable de la mortalité. Pendant les mêmes six mois de l’année 1894, l’hôpital Trousseau recevait 520 diphtériques; il en est mort 516, soit 60 pour 100. R y a une différence de plus de 50 pour 100, qui ne peut élre attribuée qu’à l'application de la sérothérapie, puisque dans les deux hôpitaux, on a suivi, à cette nou-
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- veau lé près, le même mode de traitement. Est-ce à dire qu’on possède là un moyen de triompher radicalement de cette horrible maladie ? Aon certes, dans le sens absolu du mot. La diphtérie s’accompagne trop souvent de complications graves dues à l’association au bacille diphtérique, d’autres microbes qui par eux-mêmes aggravent à un très haut degré la maladie. Mais réduire de moitié le taux de mortalité, le réduire peut-être au quart ou à moins, quand on pourra faire plus hâtivement ces injections curatives, n’est-ce donc rien? 11 suffit d’avoir été une seule fois le témoin de cette lutte d’un de ces pauvres mignons enfants, gai, bien portant la veille, contre l'horrible maladie qui l’étreint, le torture et l’asphyxie, pour accueillir avec enthousiasme les résultats de travaux aussi remarquables. Dès les premiers essais, la mortalité s’est abaissée de moitié; pourra-t-on aller plus loin? peut-on espérer que cette méthode de sérothérapie deviendra un moyen prophylactique généralisé et encore plus efficace? Tout porte à le croire ; M. Roux lui-même en a la conviction, mais, comme il le disait sagement à la fin de sa communication, au Congrès de Pcsth, cette amélioration nouvelle, aucun médicament ne la donnera ; elle sera la conséquence d’une meilleure organisation des services. Philosophiquement, il ajoute, et nous ne pouvons qu’être de son avis, « nous craignons beaucoup qu’on mette plus de temps à la réaliser qu’on n’en a mis à découvrir la sérothérapie. » Dr A. Cartaz.
- CANONS DE 120 MILLIMÈTRES
- A TIR RAPIDE
- Il se produit fréquemment, à la guerre, telle circonstance où il importe au service de l’artillerie de pouvoir tirer rapidement un grand nombre de coups. Le cas se présente alors qu’il faut battre un but mobile sur lequel on ne saurait agir que durant un très court intervalle de temps. Quand, par exemple, un corps d’infanterie se jette, au pas de course, à l’attaque d’une position, le défenseur doit être en mesure de rompre l’élan de cette troupe ; et ce, par le moyen d’une pluie de projectiles. Des escadrons de cavalerie se démasquent-ils brusquement à l’effet de prononcer un mouvement offensif, l’adversaire se voit mis en demeure d’en briser vivement la cohésion, de ne leur laisser que l’alternative de se faire détruire ou de battre précipitamment en retraite. Un navire cuirassé est-il enfermé dans un cercle de torpilleurs, le voilà tenu de se débarrasser de ces assaillants, et il ne peut le faire autrement qu’en exécutant un tir énergique et rapide. Il nous serait facile de multiplier les exemples.
- Un a, durant un certain temps, cru que l’emploi des mitrailleuses était de nature à fournir une heureuse solution du problème. Les bouches à feu de cette espèce sont malheureusement affectées de ce commun défaut qu’elles ne tirent que des projectiles légers, de petit calibre et animés d’une vitesse initiale insuffisante à l’effet d’exercer quelque action efficace à grande distance. De plus, ces projectiles sont ordinairement inexplosibles. Observons, à ce propos, que, par dépêche en date du 15 février 1505, l’ambassadeur d’Angleterre accrédité auprès du
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- prince de Coudé, informait son Gouvernement que « la garnison d’Orléans, à court de plomb, charge maintenant ses arquebuses avec des projectiles creux en cuivre ou métal de cloche, qui éclatent lorsqu’ils touchent la terre soit de plein fouet, soit au premier ricochet; ce qui fait une destruction terrible et cause une grande crainte aux troupes royales qui viennent d’occuper les Portereaux ». Ou est donc en droit d’admettre que quelque ingénieux partisan du prince avait, dès lors, inventé une sorte de halle explosible.
- Or le général de Reffye, le constructeur de nos premières batteries de mitrailleuses, n’était pas seulement un artilleur distingué, mais encore un savant archéologue, et l’on ne s’explique pas qu’il ait perdu l’occasion de remettre en service le petit pro-
- jectile creux que tiraient les huguenots d’Orléans plus de trois siècles avant l’installation des ateliers de Meudon.
- Quoi qu’il en soit, nos mitrailleuses n’avaient guère eu de succès en 1870, et l’on désirait pouvoir lancer à grande vitesse des projectiles creux de gros calibre.
- L’apparition du canon-revolver Hotchkiss témoigne d’un premier progrès réalisé dans le sens voulu. Ce canon, dit aujourd’hui tout simplement « hotchkiss » est, de fait, une mitrailleuse lançant des projectiles explosibles. Cette pièce peut, à l’occasion, rendre de grands services, témoin la nuit du 25 au 26 août 1884, au cours de laquelle notre canonnière Vipère, alors mouillée dans les eaux de la rivière Min, coula, grâce au tir rapide de ses hotchkiss, deux torpilleurs chinois qui l’avaient insul-
- tée. Une troisième étape de la marche en avant est celle à laquelle répond la mise en service du canon à tir rapide proprement dit, à tube unique. On a pu voir, à l’Exposition de Paris de 1889, nombre de bouches à feu de ce genre, des types Hotchkiss, Engstrom,Daudeteau-Darmancier,NordcnfeIt, Maxim-Nordenfelt et, Canet. Depuis lors, les constructeurs ont singulièrement perfectionné leurs types et se sont principalement attachés à produire des pièces de calibre supérieur.
- Il convient d’exposer ici un exemple de ces nouvelles bouches à feu et nous avons, à cet effet, choisi le canon de 120 millimètres à tir rapide, système Hotchkiss (fig. 1). Le corps de ce canon se compose d’un tube renforcé d’une jacquette comprenant le mécanisme de culasse et d’une frette de volée. Vers l’arrière de la jacquette se trouve la frette porte-pistons. Des frettes d’appui et de calage assurent la liaison des divers éléments du système, éléments qui sont
- tous en acier. Le canon coulisse dans un berceau ou manchon à tourillons en acier moulé; deux saillies glissant dans des rainures longitudinales guident correctement son mouvement. Au-dessous de ce berceau — auquel est relié l’arc denté servant au pointage en hauteur — se trouvent le cylindre hydraulique et les récupérateurs à ressorts.
- L’affût est à recul limité et rappel automatique. Il porte à son centre un fort pivot qui s’engage dans un logement pratiqué dans le support; il peut tourner autour de cet axe en roulant sur une couronne de galets libres. De forts crampons fixés à sa base, et tournant avec lui, embrassent le support de façon à assurer la stabilité de l’ensemble. Sur la gauche, le constructeur a annexé à l'affût une crosse contre laquelle peut s’appuyer le pointeur. Celui-ci a sous la main le tire-leu, ainsi que les volants commandant les appareils de pointage en hauteur et en direction. L’appareil du mouvement latéral est
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- LA NATURE.
- d’ailleurs, débrayable à volonté, de sorte que, en agissant sur la crosse pour faire tourner l’alfùt, le pointeur peut facilement dégrossir le pointage. Un masque en acier spécial abrite les servants.
- Le canon de 120 millimètres tire l’obus ordinaire en fonte, l’obus en acier, le shrapnel et la boite à mitraille. On distingue, d’ailleurs, deux types de ce calibre : un « léger » et un « lourd '>. La bouche à feu légère lance un projectile du poids de 16ks,500; la lourde, de 25 kilogrammes.
- Le Gouvernement français est, à son tour, entré dans la voie ouverte par l’industrie privée. Reconnaissant en principe la nécessité de doter l’artillerie d’un matériel de campagne plus puissant que celui qui se trouve actuellement en service, il a fait étudier par les officiers des ateliers de Bourges un type otîrant une certaine analogie avec le canon de 120 millimètres de siège, modèle 1878. On sait que
- cette bouche à feu est rayée à droite et d’un poids moyen de 1200 kilogrammes. A la charge de 4k»,500 de poudre, elle tire un projectile du poids de 17ke,800. La vitesse initiale correspondant à l’emploi de cette charge est de 480 mètres par seconde ; la portée maxima, de plus de 9 kilomètres — exactement, 9km,200. Cette portée correspond à 57 degrés, angle-limite auquel se prête l'affût de siège de 120, reposant sur un sol horizontal. Le mécanisme de culasse et l’obturateur ne font — sauf quelques détails — que reproduire ' respectivement, à plus grande échelle, le dispositif des appareils similaires du canon de 90, de campagne.
- C’est ce type ou, pour mieux dire, ce calibre que les officiers de Bourges ont pris pour point de départ de leurs études. Et, dans cet ordre d’idées, ils ont produit un canon de 120 millimètres court, de campagne, pouvant lancer, sous de grands angles, des
- Fig. 2. — Canon de 120 millimètres court, de campagne, à tir rapide, des ateliers de Bourges.
- projectiles puissants qui vont fouiller tous les plis du terrain occupé par l’adversaire (fig. 2). Cette pièce tire les mêmes obus que le 120 de siège et, de plus, un shrapnel de type spécial. Le tir en est rapide, à raison de la suppression quasi totale du recul, suppression dont il sera parlé tout à l’heure. Lors de l’exécution de ce tir, le corps du canon C glisse à frottement dans la jacquette porte-tourillons D. L’affût se compose de deux parties, savoir : 1° un châssis A portant l’essieu et faisant, pour ainsi dire, fonction de plate-forme ; 2° l’affût proprement dit B, reposant sur le châssis et pouvant se mouvoir circu-lairement autour d’un pivot placé vers l’avant dudit châssis-plate-forme. Le recul se trouve à peu près totalement supprimé, du fait du jeu précis d’un frein hydro-pneumatique G, dont la lige de piston P est reliée à la bouche à feu par une pièce métallique 11, formant appendice de culasse. Bans cet ingénieux appareil, la force du recul se trouve emmagasinée : 1° par la résistance d’un liquide (glycérine) astreint à l’obligation de passer rapidement par d’étroits
- orifices ; 2° par la compression d’une masse gazeuse ramenant sans retard la pièce en batterie.
- Quant au pointage, il s’effectue comme puur toute pièce de campagne. On le dégrossit d’abord moyennant l’emploi de la hausse et du guidon. Puis, le premier coup tiré, on le parachève : en direction, en manœuvrant le volant E; en hauteur, en tournant la manivelle de l’appareil F. L’opération du pointage s’effectue très rapidement attendu que le châssis-plateforme ne se déplace pour ainsi dire point, et que la pièce se trouve toujours à peu près pointée au moment de son retour en batterie.
- Le canon de 420 millimètres, court, vient d’être essayé au polygone du Causse, près de Castres, par deux batteries du 9e régiment d’artillerie. Les résultats du tir ont été des plus satisfaisants et il est permis d’en augurer que notre armée nationale ne tardera pas à être dotée d’un matériel de campagne à tir rapide et d’un calibre plus puissant que le 90. lé-colonel Hennebkrt.
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- BOLIDES ET AÉROLITHES
- TOMBAS EN GRÈCE EN 1891
- Pendant ces derniers temps (juillet-août), une quantité notable de bolides et aérolitbes est tombée en Grèce; leur chute a été accompagnée de phénomènes curieux, dont quelques-uns rares, je vais décrire les principaux :
- Le 20 août, en descendant par le chemin de fer d’Athènes à Plialèrc, vers 8h 40m du soir, j’ai vu un bolide présentant l’aspect d’un globe blanc, assez volumineux, entouré d’une atmosphère- verdâtre. Sa vitesse m’a paru très faible.
- Je passe tous les autres bolides, pour décrire les phénomènes observés le 19 juillet dernier. Ces phénomènes ont été rapportés par des journaux grecs, et une partie m’en a été confirmée par des témoins oculaires.
- Le 19 juillet, les habitants de Boiai (Bo-ai) ont vu en plein midi un bolide, descendant avec une grande vitesse, d’après eux; ce bolide s'est soudain arrêté, et il est resté suspendu dans l'atmosphère, en laissant derrière lui une ligne brillante accompagnée par de la fumée. Après cinq minutes de suspension, à midi 12ra, un bruit épouvantable a été entendu, et le bolide s’est dirigé vers le plus haut sommet du mont Crithcn, en continuant sa marche, il est tombé dans la mer avec un nouveau bruit1.
- Le môme jour, et presque à la même heure, a été signalée la chute de bolides et aérolithes en différents points de la Crète (Candie). Un nuage noir, isolé, ayant fait explosion, on a vu un corps lumineux, ayant la forme d’un cône renversé, qui, se mouvant du sud-est vers le nord-ouest, est tombé dans la mer, près lléracléion. Le plus curieux est l’analogie frappante avec la chute du météore de l’Aigle décrite par Biot. C’est la même provenance apparente (nuage noir, isolé) ; c’est la même direction. Un pou plus tard, d’après ce qu’a écrit le sous-préfel de Selinos (Crète), s’est produite la chute de deux aérolithes et d’un bolide, dans son district. Tous les trois venaient de l’est; l’un d'eux est tombé sur le sol, sans rien de particulier; le deuxième, ayant la forme et la grosseur apparentes d’un vase étrusque, est tombé, au-dessus du village Sarakina-Gregoriana, près de la partie nommée Sternes (Réservoirs), sur un bloc de pierre qu’il a mis en morceaux. Cet effet de l’aérolithe, de briser des blocs de pierre, a été signalé aussi dans une autre chute ultérieure. Enfin le bolide, ayant une longueur apparente de 2 mètres, a passé tout près de la maison préfectorale, est descendu jusqu’à un certain point, presque jusqu’au sol, puis, changeant de direction et se mouvant très vite parallèlement au sol, il a disparu vers le nord-ouest. La chute de ces météores tombant le même jour et presque à la même heure (midi) dans une étendue comprenant la Crète et la partie sud-est du l'éloponèse, prouve qu’ils ont une provenance commune2.
- Si, dans ces descriptions, les faits n’ont pas été exagérés, il y aurait trois phénomènes obscurs : le premier, c’est la nature du nuage d’où a paru venir l’aérolithe de lléracléion; le deuxième, c’est l’arrêt brusque du météore de Boiai et sa suspension pendant cinq minutes; enfin le troisième, de la même catégorie, est le changement de direction du bolide Selinos et son mouvement parallèle au sol. C. M.u.tezos.
- ' Ce qu’il y a ici de rare, et peut-être d’exagéré, c’est l’arrêt brusque du bolide et sa suspension pendant cinq minutes.
- 2 D’après les Comptes rendus de VAcadémie des sciences.
- CHRONIQUE
- Le bols de Jarrali. — Le bois de Jarrah, dont on s’occupe depuis quelque temps, est le produit d’un arbre de la famille des myrtacées, {'Eucalyptus marginata. Par sa couleur rouge, il se rapproche beaucoup de l’Acajou, ce qui le fait désigner souvent sous le nom d’Acajou d’Australie. On n’a peut-être jamais vu de bois qui réunisse autant de qualités que celui dont nous nous occupons et que l’on peut employer avec avantage non seulement dans l’ébénistcrie, mais encore dans la menuiserie et les constructions navales. Les Eucalyptus forment, en Australie, dévastés forêts à peine exploitées jusqu’ici : son prix n’est pas plus élevé que celui de nos bois indigènes. Sa résistance à l’écrasement est bien supérieure à celle du chêne, dont il a cependant la même densité; elle est d’environ 550 kilogrammes par centimètre carré de surface portante. Sa résistance à la rupture par extension ou traction n’est pas moins considérable : elle est en moyenne de 890 kilogrammes par centimètre carré. Ce que le bois de Jarrah présente de très particulier, c’est sa résistance aux parasites : les terribles fourmis blanches ne peuvent l’entamer. De plus il résiste admirablement aux attaques du ver des navires (leredo navalis); son emploi est donc tout indiqué pour les constructions navales. On cite plusieurs morceaux de bois restés indemnes dans l’eau de mer pendant vingt-trois et même trente-six ans. Très souple, il se ploie facilement et sans se briser, comme le roseau de la Fable. Une réglette de 50 centimètres de long, de 5 centimètres carrés de section, ne se brise que si l’on suspend en son milieu un poids de 1400 kilogrammes. On sait que, avec une réglette de chêne, il ne faudrait que 900 kilogrammes pour produire le même effet. En Australie et en Angleterre, on emploie depusi longtemps le bois de Jarrah à faire des meubles, des planchers, des portes, des traverses de chemin de fer, des pilotis, des poteaux télégraphiques, des chalets, des vannes de bassin, des bateaux de plaisance, des navires volumineux, etc. Depuis peu, on l’emploie beaucoup en France, entre autre pour faire des pavages en bois, autrement résistants que celui que nous avions jusqu’à ce jour : il présente toujours une surface polie et uniforme ; aucune réparation n’est nécessaire. Enfin, dernier prodige : le Jarrah n’est {tas inflammable ou du moins l’est fort peu. C’est donc un produit sans équivalent.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 24 septembre 1894. — Présidence de M. Lœvvï.
- Action des basses températures sur la phosphorescence des corps. — A l’occasion de ses recherches relatives à la création d’une méthode générale de synthèse chimique fondée sim- l’attraction de la matière pour la matière et l’attraction de la matière pour l’éther, M. Baoul Pictet a déjà été conduit à démontrer expérimentalement que toute réaction chimique cesse aux températures très basses. Cette démonstration a été réalisée au moyen de plus de 200 expériences effectuées sur les corps qui réagissent avec le plus d’énergie, avec ceux dont les réactions sont le plus sensibles, et enfin avec ceux qui conservent l’état liquide malgré les plus grands froids. La constatation de cette inertie réciproque des corps à très basse température était pour l’auteur le contrôle nécessaire d’une conséquence immédiate de sou hypothèse fondamentale. La
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- vérification a etc absolue et M. Pictet a pu condenser en quelques lois brèves et précises les résultats de toutes ses expériences. Afin d’étendre les faits nouveaux acquis à la science par les recherches qui viennent d’ètre rappelées en quelques mots, M. Pictet a imaginé d’examiner dans quelle mesure les phénomènes chimiques étaient associés aux phénomènes lumineux, aux basses températures. 11 a donc recherché si le pouvoir lumineux des corps phosphorescents était modifié par leur refroidissement. Ses expériences ont porté sur les sulfures de strontium, de calcium, de lithium, de baryum. La substance, réduite en poudre, était introduite dans un tube de verre de 15 centimètres de longueur et de 1 à 2 millimètres d’épaisseur. Après avoir soumis le tube à l’exposition solaire de manière à douer la substance du pouvoir phosphorescent dans l’obscurité, celui-ci était porté dans une chambre obscure et plongé dans un tube de verre contenant du protoxyde d’azote liquide qui en abaissait la température à — 150 ou — 140 degrés. On constatait alors que toute trace de phosphorescence disparaissait. La même expérience réussit avec de l’alcool à — 100 degrés. Si l’on introduit lentement le tube insolé dans l’alcool, l’extinction se produit graduellement et l’on distingue au niveau du liquide une sorte d’anneau rougeâtre. Enfin M. Pictet a soumis à l’action de la lumière de magnésium des tubes de sulfure maintenus à très basse température. La phosphorescence ne s’est pas produite dans l’obscurité. Mais en laissant le tube se réchauffer, celle-ci est apparue. Il est intéressant de noter le parallélisme de ces actions du froid sur la phosphorescence et du froid sur les corps doués d’affinité chimique. M. Pictet annonce que d’ici très peu de temps, il tiendra à la disposition des membres de l’Académie une étuve à —100 degrés pour les travaux qu’ils pourraient désirer exécuter.
- Recherches théoriques et résultats d'observations concernant l'intensité de la pesanteur. — M. Bertrand présente au nom de M. le général Derrécagaix, directeur du service géographique, un volume contenant les recherches théoriques effectuées par M. le commandant Dellbrges, ainsi que les résultats des nombreuses observations faites par cet officier en Angleterre, en France, en Algérie et aux États-Unis. Dans les recherches anciennes sur l’intensité de la pesanteur, Bouguer, Borda, Biot, Bessel ont employé le pendule à fil formé d’une masse pesante, de figure géométrique, suspendue à un fil très fin. L’appareil ainsi constitué se rapproche autant que possible du pendule idéal. Les observateurs anglais, le capitaine Kater et le général Sabine, et, plus récemment, les officiers de l’India Survey, ainsi que la plupart des observateurs modernes, ont eu recours, pour leurs observations, au pendule à deux axes, dont la première idée appartient à de I’rony. Ils l’ont utilisé, les premiers sous la forme du pendule convertible due à Kater, les seconds sous la forme du pendule réversible symétrique proposée par Bessel. Le pendule à fil présente de nombreux avantages; mais il a le défaut d’ètre difficile à transporter et à installer. Le pendule réversible est plus robuste et, par conséquent, plus transportable. Il se prête donc mieux aux installations transitoires et forcément un pcü sommaires qui sont seules à la portée du voyageur et du géodésien. C’est à cet instrument que le service géographique a cru devoir s’arrêter pour ses observations récentes. Mais à la suite de longues et minutieuses études de M. le commandant Dellbrges, l’instrument et la méthode d’observation ont élé assez profondément transformés pour faire du pendule du service géographique un appareil original. Il a été
- employé sous deux formes un peu différentes à la détermination : 1° de l’intensité absolue de la pesanteur en quelques points fondamentaux ; 2° de l’intensité relative en d’assez nombreuses stations1. Les deux parties de l’ouvrage consacrées à l’exposition des méthodes et à la description des appareils sont suivies d’un essai sur la distribution de la pesanteur à la surface du globe. La plus grande circonspection a présidé à cette interprétation des résultats, en raison de la quantité insuffisante de déterminations dont on dispose aujourd’hui. Les conclusions sont cependant de nature à fixer l’attention des géologues aussi bien que celle des astronomes et des géodésiens.
- Explorations sous-marines. — M. A. Milnc-Edwards a présenté en son nom et en celui de M. Bouvier, le 7e fascicule de la relation des campagnes océaniques entreprises par le prince de Monaco. Ce volume contient la description d’espèces nouvelles, notamment parmi les anomoures. M. Milne-Edwards signale encore un crabe gigantesque capturé à 5000 mètres de profondeur, analogue à une espèce qui vit à de faibles profondeurs dans les eaux froides de l’Amérique ; une lithode armée de toutes parts d’épines de 5 à 6 centimètres de longueur, un grand nombre d’animaux appartenant aux galathécs, dont la forme se rapproche de celle d’une grosse écrevisse à longues pinces et à l’abdomen recourbé. Cette inflexion de l’abdomen sert à loger et à protéger les œufs dont le nombre ne dépasse pas 20 à 25. M. Milne-Edwards compare son rôle à celui de la poche protectrice des marsupiaux.
- Varia. — M. Chatin a reçu de Smyrne des truffes entourées de la terre dans laquelle elles ont été recueillies et accompagnées de la plante nourricière. La truffe est une tirfezia leonis et l’herbe une cistacée que l’on l’encontre dans les sables de Fontainebleau et des environs de Paris. — M. Faye annonce que M. Flammarion a pu réussir à mettre en évidence, par des mesures, le phénomène de la rotation des taches solaires. Ch. de Yhxedeuh,.
- LES ORIGINES
- DES OMBRES MEC LES MMNS
- La Nature a déjà publié un article sur les ombres laites avec les mains2, et différents ouvrages ont paru sur ce mode de distraction.
- Il y a quelques années les ombres étaient presque ignorées et, à part quelques sujets connus de presque tout le monde, le lapin, par exemple, on ne connaissait pas le parti qu’on peut tirer du procédé. Les ombres telles qu’on sait les faire maintenant ont été lancées par Trcwey, et perfectionnées par de nombreux artistes, qui, apportant chacun leur part à l’édifice, sont arrivés à créer un art compliqué et difficilement réalisable d’une manière parfaite. Il nous a paru intéressant de rechercher si avant Trewey les ombres à petits personnages et à animaux étaient connues, et nous avons résolu la question par l’affirmative. Ces ombres existaient à l'état embryonnaire et. n'ont été que perfectionnées
- 1 Yoy. l’article publié page 275.
- 2 Yoy. n° 760, du 24 décembre 1887, p. 55.
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- LA NATURE.
- et compliquées par Trewey et autres shadowgra-phistes (de l’anglais shadow, ombre), ainsi que s’intitulent souvent ceux qui se livrent spécialement à ce genre de distractions. Le plus ancien document que nous ayons rencontré nous a été fourni par la Chine ; il remonte à 1790.
- C’est dans un ouvrage intitulé Yaskinaï-Koussa, par Waki-Saka-Gui-dô, que nous avons trouvé cet intéressant spécimen des ombres appelées kaghi par les Chinois.
- La gravure ci-dessous reproduit en entier la planche publiée dans le livre que l’on peut voir à la bibliothèque du Musée Guimet. Les figures montrent que notre Chinois du dix-huitième siècle se sert des cartonnages accessoires appelés à compléter
- certains effets qu’il est impossible de rendre avec les mains seules. Les ombres que l’on fait maintenant nécessitent également, pour être exactes et complètes, l’adjonction de silhouettes, coiffures et autres détails aidant à l’illusion, mais portant atteinte à l’exactitude du titre « ombres avec les mains ».
- Il y a dans les dessins que nous reproduisons certaines silhouettes qui sont d’un aspect douteux; c’est ainsi qu’on ne reconnaît pas bien ce que représente le n° 1. Il s’agit peut-être d’une tète de serpent tenant un anneau dans sa gueule. Les autres figures sont mieux caractérisées. Dans le n° 2, par exemple, au moyen du pouce et du petit doigt, l'opérateur représente les deux bras d’un personnage, mais la tête est faite au moyen d’une petite
- Çz/tASSIAS ÆIErRICHj
- Ombres avec les mains, reproduction de dessins publiés dans un livre chinois de 1790, du Musée Guimet.
- rondelle tenue entre l’index et le grand doigt repliés. Les nos 5 et 4 représentent des profils singuliers et peu définissables. Les nos 5 et 9 rappellent absolument certaines ombres modernes, car le n° 9 est bien semblable à la figure appelée, par les artistes de nos jours, la danseuse, et le n° 5, avec sa découpure de chapeau, est absolument le modèle des personnages à une seule main, avec cette différence que les doigts, au lieu de former le profil de la figure, servent à indiquer les bras croisés du personnage chinois dans ses larges manches « pagodes ».
- Le n° 8 est le crabe, entièrement semblable à celui qu’on représente actuellement, mais, en plus de ce qu’on fait maintenant, notre ancêtre en ombromanie a employé doux objets qui peuvent être des navettes ; il a supprimé la tète qui se représente avec les deux pouces accrochés l’un sur l’autre. Le n° 7, l'oiseau,
- est un type assez réussi pour pouvoir entrer dans la collection moderne à côté de l’oiseau volant. Le n° 6 est une sorte de croix peu intéressante, mais quelques sujets nouveaux pour nous sont les deux dernières figures (nos 10 et 11) dans lesquelles l'opérateur, avec sa propre tête et les mains, donne une silhouette tout à fait différente de la sienne et produit, dans le premier cas, une tête de femme dans laquelle la chevelure est simulée par les deux mains et, dans le deuxième, un personnage à nez allongé obtenu par l’ombre d’une seule main.
- On voit donc, une fois de plus, qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil, même ïombre et ses jeux. Ai,mai.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissanmer.
- Paris. — Imprimerie Lahure. rue de Fieurus. n.
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- TREMBLEMENT RE TERRE RE TURQUE OBSERVÉ'A ARABAZAR
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- Les journaux qui paraissent à Constantinople sont soumis à une censure minutieuse qui prescrit de diminuer l'importance des faits pouvant exciter les
- esprits. C’est ainsi qu'ils n’ont pas annoncé l’assassinat de M. Carnot, mais simplement sa mort subite. 11 n’est donc pas surprenant que Ton n'ait pas
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- Les ruines du tremblement de terre de Turquie (Juillet 1894)• — 1. Ruines du mur de Constantin à Constantinoide.— 2. Aspect d’une rue de Stamboul. — 3. Ruines de la bibliothèque de l'Ecole de théologie à l’ile des Princes. — i. Un campement dans le Jardin des derviches à Pera. — 5. Maison éboulée à Adabazar. (D’après uu croquis de l’auteur).— 6. Ruines de l’Ecole de théologie à IJalki (île des Princes).
- signalé, dans toute leur importance, les dégâts occasionnés par les derniers tremblements de terre en Anatolie dans le courant du mois de juillet 1894, et que j’ai pu observer dans la ville d’Adabazar.
- On a annoncé 130 maisons détruites et 23 morts. Iras cllilires [dus exacts sont : environ 230 maisons
- écroulées, plus de 000 rendues inhabitables, 00 morts et nombre de blessés. Les victimes sont pour la plupart des femmes restées à la maison et des enfants; leur nombre est relativement faible par rapport au nombre des maisons écroulées : la raison en est dans ce que, à l’beure où s’est produit le treni-
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- blement de terre, midi dix, les femmes étaient à leurs champs. Quant aux hommes, ils demeurent assis sur les divans extérieurs des cafés qu’ils ne quittent (jue pour aller « la mosquée ou s’accroupir à la devanture d’une boutique et causer, ou plutôt fumer et boire du café avec des amis, lis ont pu fuir au moment où la secousse s’est produite.
- Du reste, rien de surprenant que l’on ne connaisse pas exactement les dégâts à l’heure qu’il est, puisqu’on ne sait pas le nombre de maisons dont se compose Adabazar et encore moins celui des habitants. Ou dit qu’il y a 4000 maisons et 25 000 à 40 000 âmes; de même un homme auquel on demande son âge répond : j’ai 25 à 40 ans. Pour les musulmans, les années n ont aucune valeur.
- En tout cas, un cinquième environ des bâtiments est hors de service et l’on peut ajouter qu’il n’y a pas une seule habitation qui n’ait subi quelque avarie, ce qui est du à la façon de construire ici et
- à la violence de la secousse.
- Les maisons ont pour la plupart la forme de chalets, faits en charpente quelconque, où l’on voit des enchevêtrements de poutres, souvent en bois non équarri, tenant les uns aux autres au moyen de clous. L’intervalle de ces poutres est garni de lattes tressées, ce qui donne l'aspect de vastes paniers quand ces lattes ne sont pas recouvertes de pisé, fait de terre et de {(aille hachée. A l’intérieur il y a toujours du pisé; et, comme il contient beaucoup de grains de blé ou d'orge, ceux-ci germent et Ton voit apparaître bientôt des façons de prairies verticales qui étonnent quand on les voit {tour la première fois. Au bout d’un certain temps, le pisé sèche et se rétrécit, les herbes se fanent, et les murs restent à jour, fendus en tous sens. Ces maisons n’ont [tas de fondations, elles sont posées sur des poutres qui elles-mêmes reposent sur quelque pierre non taillée : il reste donc un intervalle entre ces poutres et le sol et il arrive fréquemment que par l’intervalle, l’eau pénètre et les rez-de-chaussée sont inondés au moment des grandes pluies. La toiture est faite de tuiles demi-cylindriques, très lourdes, mal cuites. Enlin, les bois exposés aux intempéries pourrissent vite et il est rare de trouver un batiment qui ne branle pas quand on marche dans les chambres. L’ensemble de ces habitations est navrant: ce sont de véritables masures en ruines; elles portent souvent cependant le nom de Konak (palais) quand leurs dimensions sont un peu plus grandes que celles de leurs voisines.
- Quiconque ne connaît l’Urient ({lie par une excur-
- sion faite dans les contrées ensoleillées de l’Empire Ottoman, et pendant la belle saison, revient émerveillé. Mais lorsqu’on a habité l’Asie Mineure et notamment Adabazar, on est absolument désillusionné. Dans ces habitations à claire-voie, on étouffe l’été par 3b et 58 degrés, et l’on ne peut arriver à se réchauffer l’hiver qui dure cinq mois environ et pendant lequel la température saute brusquement en 24 heures de -f- 12 à —8 degrés. En 1894, la
- neige est tombée par intermittence depuis le commencement de janvier jusqu’à la fin de mars, atteignant par moment 0"*,b0 de hauteur.
- L’aspect général de la ville est triste, terreux, avec de la boue l'hiver et de la poussière l'été. Les routes n’existent pas, aussi l'hiver les maisons se trouvent-t-elles entourées de marécages et ces eaux stagnantes engendrent la fièvre paludéenne à la saison chaude. L’humidité est énorme, et il n’est {(as rare de voir des brouillards épais en plein été un peu apres le lever du soleil.
- A vol d’oiseau, Adabazar est à 40 kilomètres environ de la mer Noire et à 45 kilomètres d’ismid, sur la mer de Marmara. La ville se trouve donc entre deux mers et, par conséquent, exposée aux tremblements de terre.
- Depuis l’an 570 de notre ère, Constantinople et ses environs ont subi 14 secousses, toutes terribles dans leurs conséquences. Le 1er novembre 1895, une légère oscillation s’est fait ressentir à Adabazar. Au dire des habitants, il y a dix ans environ, une secousse a détruit nombre de maisons et fait des victimes. Mais elle n’a {tas été aussi forte que celle qui est survenue le 10 juillet dernier.
- Les oscillations ici venaient de l’est à l'ouest, si l’on en juge par la chute des objets placés sur les rayons ou suspendus aux murs. Elles ont duré au moins 80 secondes et allaient en augmentant pour s’arrêter presque brusquement. La maison que nous habitions, un peu mieux construite, oscillait tellement que nous étions projetés de la rampe de l’escalier contre le mur et, en traversant la cour et le jardin pour nous mettre à l’abri, nous avions peine à nous tenir debout. Nous étions dans la situation de passagers sur le pont d'un navire par un gros temps. Les troncs des arbres d’un diamètre de 0m,40 et à 1 mètre du sol oscillaient de droite et de gauche à plus de 0ra,50 ; nos gens se cramponnaient cependant à ces arbres pour ne pas tomber ou se tenaient par la main attendant , anxieux, la fin du cataclysme. Les animaux étaient terrifiés, les chiens hurlaient. Les eaux du fleuve Sakaria ont été projetées à 3 mètres de haut et ont inondé la campagne.
- Vers quatre heures du soir, une nouvelle secousse s’est fait sentir. Nous nous trouvions hors de la ville à l’endroit où l’on creuse un canal de dérivation des cours de la rivière Tcbark. M. Grégorowicz, l’ingénieur qui sc tenait dans une tranchée de 2 mètres de profondeur, a ressenti la secousse avant moi qui étais en ce moment sur le bord. Cette seconde secousse, quoique faible, a été suffisante cependant pour faire écrouler encore quelques maisons endommagées et tuer deux personnes.
- Pendant longtemps, les mouvements sismiques n'ont pour ainsi dire pas discontinué, mais ils étaient si légers que chacun se demandait s’il n’éprouvait pas simplement un peu de vertige momentané. Ils étaient cependant réels et i’on saitqu'ils ont duré encore quoique temps, tout en allant en s’atténuant.
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- La majeure partie do la population campait sur les places ou dans les jardins, en s’abritant de quelques mauvais paillassons. Aussi l’état sanitaire était-il plus lamentable encore que de coutume.
- Malgré tous les désavantages (pu; présente la contrée, il est à souhaiter, cependant, (pie les compagnies européennes ou même les simples particuliers qui s’y sont établis persistent dans leurs projets d’exploitations agricoles ou industrielles. Le sol est en eflét d'une fertilité surprenante et le climat humide, des plus favorables à la végétation; et bien que les indigènes ou émigrés qui habitent ici : Turcs, Arméniens, bosniaques, bulgares, Circassiens, Tar-tares, etc., cultivent d une façon plus que primitive, qu’ils se servent de l’incendie comme moyen de délricbement, et de déboisement, ils obtiennent des récoltes qui feraient envie aux agriculteurs européens, lesquels suivent cependant dans leurs pays toutes les règles de l’art.
- Adabazar, 27 juillet 1894. X. DyBOWSKI.
- Nous ajouterons à l’article (pie Ton vient de lire, que depuis deux ans une période sismique traverse l’Europe orientale. Un de nos géologues, M. D. Eginitis, dans une Note communiquée à l’Académie des sciences sur le tremblement de terre de Turquie, et faite d’après les renseignements qu’il a recueillis sur place, rappelle ces désastres :
- Après Zante, Thèbes; après celle-ci, la Locride; un peu après, Constantinople ; dernièrement encore, la Sicile, ont été successivement éprouvées. Outre ces grands sis-mes, un grand nombre de petits, pendant la môme période, ont eu lieu en plusieurs points de l’Europe orientale et de l’Asie Mineure.
- M. Eginitis donne quelques détails sur la succession des secousses qui ont secoué Constantinople.
- Trois secousses violentes ont déterminé la presque totalité des désastres observés. La première secousse a été précédée, pendant une à deux secondes, d’un fort bruit souterrain; elle a été horizontale et la plus faible de toutes ; elle n’a produit aucun dégât appréciable; sa durée a été de quatre à cinq secondes, en augmentant progressivement d’intensité. La deuxième secousse, qui s'est produite immédiatement après la première, a été très violente et prolongée: elle a été verticale et rotatoire, augmentant graduellement d’intensité; elle a duré huit à neuf secondes et a produit presque tous les dégâts importants. Cette secousse a été accompagnée par le même bruit souterrain que la première. Enfin la troisième secousse, qui a immédiatement suivi la deuxième, a été ondulatoire, et horizontale vers la fin; pendant sa plus grande partie, le sol oscillait comme une mer houleuse. Elle a été plus faible que la deuxième et a duré cinq secondes; le même bruit souterrain accompagnait également cette secousse. La durée totale de ces trois secousses, qui n’ont été séparées que par des intervalles de temps très petits, a donc été dix-sept à dix-huit secondes.
- Nous reproduisons dans la gravure qui accompagne l’article de M. X. Dybowski quelques vues donnant idée do l’intensité du tremblement de terre qui a tausé tant de désastres en Turquie. U. T.
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- LES CANALISATIONS ÉLECTRIQUES
- AÉRIENNES
- Le développement prodigieux des applications de l’energie électrique, télégraphie, téléphonie, éclairage, traction, a entraîné l’installation d’un nombre de fils conducteurs si considérable que les municipalités ont du établir des règlements spéciaux au sujet de leur établissement et interdire leur passage à 1 air libre dans l’intérieur des grandes villes, où leur trop grand nombre eût été nuisible. En Amérique, même, où tout est sacrifié à l’utile, où les villes n ont rien à craindre, au point de vue artistique, du passage de quelques fils devant les maisons, les Sociétés ont été contraintes à retirer les fils aériens placés sur poteaux et à les remplacer par des canalisations souterraines; il y a quelques années, la lutte était vive entre l’Administration et les Compagnies. La première faisait enlever de force les poteaux et les dernières les faisaient rétablir aussitôt. 11 y eut des procès; mais aujourd’hui, les fils aériens ont complètement disparu du centre des grandes villes.
- Il est loin d’en être de même dans les faubourgs ou dans les villes d’importance moyenne ; et ce n’est pas un mince étonnement, pour un nouvel arrivant, de voir se croiser en tous sens, au-dessus de sa tête, les fils de cette gigantesque toile d’araignée qui brillent au soleil et bruissent sous le souffle du vent. Les fils télégraphiques et téléphoniques y sont côte à côte avec les câbles des courants à lumière et des leeders de tramways électriques; le milieu de la chaussée est occupé par les fils transversaux servant à la suspension des fils de contact du (rolleij.
- Chaque canalisation a ses poteaux d’une hauteur et d’un genre différents. Les uns, comme les poteaux à lumière, ne portent qu’un ou deux câbles de gros diamètre, et sont de faible hauteur, tandis que les autres, comme les poteaux télégraphiques et téléphoniques, plus hauts, portent sur des bras transversaux un grand nombre de fils portés par des isolateurs eu verre. Les poteaux des lignes de tramways sont les plus bas; ils ont environ 20 pieds (G mètres de hauteur) et sont à peu près réguliers, car leur hauteur est réglée par la construction des voitures; ils sont placés plus près des bords des trottoirs. L’écartement des poteaux est aussi variable. Les poteaux télégraphiques qui ont à supporter un poids considérable et sont soumis .à des efforts variables sont assez rapprochés; les poteaux des canalisations à lumière et des lignes de tramways sont plus distants les uns des autres : leur écartement varie entre 100 et 120 pieds (de 50 à 40 mètres environ).
- L’aspect est parfois hideux. Tous ces poteaux de hauteurs et de formes différentes, plantés sans aucun alignement, les uns droits, les autres penchés dans un sens ou dans un autre, de chaque coté des rues sales, aux trottoirs en planches disjointes, aux mai-
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- LA NATURE.
- sons en bois on en briques, à la chaussée boueuse ou grise de poussière, c’est à faire crier1 !
- Un des points de Chicago où les fils sont le plus nombreux est la soixante-troisième rue au coin de Wentworth Avenue. On y voit l’entrée d’un bureau téléphonique. Les poteaux les plus bas servent au soutien de la ligne de tramways qui lait un coude en ce point; les'(ils du tramway sont faciles à reconnaître aux isolateurs de forme spéciale auxquels ils sont attachés. Une partie des tils télégraphiques entrent au bureau central; les autres vont plus loin; il y en a d’ailleurs dans toutes les directions ; un des poteaux porte des bras horizontaux se croisant à angle droit; cette disposition, du reste, n’est pas rare, en Améri-
- que. Les tils qui sont amenés sur les isolateurs et doivent entrer au bureau central se rendent d’abord à la boite de coupure. Chacun d’eux y est fixé à une borne isolée qui est en communication avec un til d'un des gros câbles qu’on voit entrer dans la maison par une ouverture pratiquée au mur. On évite ainsi l’enchevêtrement et les accidents qui se seraient, sans cette précaution, inévitablement produits. A l’intérieur du bureau, les câbles sont ouverts et les différents fils sont attachés séparément aux bornes de la ro-! saee d'où ils se rendent au tableau multiple de communication qui sert à relier entre eux deux abonnés quelconques, comme on sait.
- Tout autour de la boite de coupure règne une
- t'U- 1- —Vue perspective d’un croisement de cinq lignes de tramways à double voie, à Chicago.
- solide galerie munie d’un garde-fou, afin que les ouvriers puissent y travailler commodément. Des tiges de fer munies d’échelons sont fixées sur la balustrade de la plate-forme et permettent aux ouvriers de grimper quand il le faut dans les parties supérieures du poteau.
- D’autres fils sont réunis en câble avant d’arriver au bureau central, ainsi que l'indique notre figure; la réunion des fils des rues aux conducteurs du câble s’est, faite de la façon que nous avons indiquée plus haut, au moyen de boites de coupure placées sur des poteaux antérieurs.
- La plupart du temps, ces câbles sont à 100 conducteurs; ils sont isolés à la paraffine aérée ou
- ‘ \m. n° (km, dtl 19 décembre 188.4, |>. 54.
- au papier, suivant la méthode Patterson. Ils sont recouverts de plomb par un procédé spécial très remarquable. Comme leur poids est considérable, et leur résistance mécanique assez faible, il ne serait pas suffisant de les fixer de distance en distance, comme les fils ordinaires; aussi, sont-ils non seulement accrochés sur les poteaux, mais encore soutenus sur toute leur longueur par des crochets métalliques qui sont placés à intervalles très rapprochés et qui passent sur des torons en fils d’acier qui présentent une grande résistance mécanique. Ces derniers sont fixés aux mêmes poteaux que les câbles conducteurs et tendus parallèlement à eux; leur tension est calculée en conséquence du poids qu’ils doivent soutenir.
- La hauteur des poteaux varie beaucoup suivant
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- Fiir. 2.
- les circonstances, les facilités pins ou moins grandes qu’ollre le pays et le nombre de fils à supporter. Dans les villes, ils ont d’ordinaire de 15 à 25 mètres et sont enfoncés dans le sol de 2 à 5 mètres; mais on en rencontre de [dus hauts dans certains cas. A Winipeg, dans l’État de Manitoba, on peut voir des poteaux hauts d’environ 50 mètres, droits comme des I, qui ne supportent qu’une seule barre transversale avec deux fds. Le nombre de fils dépend, bien entendu, de l’importance de la ville et du nombre d’abonnés.
- Les plus curieux, à ce point de vue, sont ceux qui existent à New-York, le long du port. Ils ne portent pas moins de 28 rangées de
- 10 fils chacune, soit, en tout, 280 fils; et ce nombre est porté, dans certains endroits, à plus de 500! C’est une des
- choses qui frappent tout d’abord le voyageur européen en débarquant dans le grand et magnifique port du Nouveau Monde.
- Dans certaines rues, le nombre de poteaux télégra p biques est considérable.
- 11 faut y ajouter encore les canalisations de lumière et les poteaux destinés à soutenir les lampes à arc des rues. Il est vrai qu’on se contente, parfois, de
- suspendre celles-ci aux poteaux télégraphiques. La plupart des distributions pour l’éclairage se font par courants alternatifs, et les transformateurs nécessaires pour réduire la différence de potentiel à la valeur d’utilisation chez les clients sont fixés sur les poteaux eux-mêmes.
- En alignement droit, la disposition de la ligne de
- Tourelle téléphonique à Anvers. (D’après une photographie.)
- Fig. 3. — Intérieur de la tourelle téléphonique, à Anvers. (D’après une photographie.)
- tramways est simple ; il est loin, parfois, d’en être de même. Nous représentons, dans la figure 1, un exemple typique de ces croisements de fils qu’on ne peut mieux comparer qu’à une gigantesque toile d’araignée. La photographie a été prise, à Chicago, au coin
- de Cottage Grove Avenue et de la s oix ante-quinzième rue. Il n’y a pas moins de cinq lignes à double voie se croisant et aiguillant en ce point. L’une d’elles suit la première avenue dans toute sa longueur et une autre la soixante-quinzième rue; la troisième vient du tnord de Ja ville par Cottage Grove et s’engage dans la soixante-quinzième, en se dirigeant vers
- l’est; la quatrième vient de Cottage Grove (sud), et aiguille dans la soixante-quinzième (est); enfin, la dernière vient de la même direction et aiguille
- dans la soixante-quinzième en se dirigeant vers l’ouest. Nous avons fait représenter en traits plus forts les fils de service sur lesquels roule le trolley; les autres sont les fds de suspension de ceux-ci; les fils télégraphiques ou téléphoniques ont été supprimés. 11 faut remarquer que la gravure exagère forcément la grosseur relative des fils qui, en réalité, sont en partie
- noyés par l’irradiation et sont beaucoup moins visibles que sur notre dessin.
- Dans tous les exemples précédents, nous, avons, bien entendu, choisi des cas typiques. Il n’en est pas toujours ainsi et toutes les rues ne présentent pas cet aspect bizarre et disgracieux. Mais c’est la généralité, en Amérique, où les considérations artis-
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- tiques sont très négligées et sacrifiées à des idées utilitaires. Nous avons vu, cependant, des villes où, par suite des meilleures dispositions adoptées et du goût des organisateurs, la vue n’est en rien choquée par les conducteurs électriques, même nombreux.
- En Europe, beaucoup de villes ont conservé les canalisations aériennes ; elles sont placées avec soin et relevées par un cachet artistique réel. Personne ne songe à les critiquer; des villes très coquettes et tenant à leur renommée, telles que Genève, Bruxelles, Anvers, pour n’en citer que quelques-unes, sont sillonnées en tons sens par des réseaux très nombreux. Mais ici, les tiis qui passent dans les rues mêmes sont rares. La plupart passent au-dessus des toits. Dans des voyages récents, nous avons pu les étudier et nous allons les décrire en prenant pour exemple l’installation d’Anvers.
- Les poteaux, dans les rues, sont en fer ajourés; ils sont assez élevés; mais ils ne présentent rien de bien particulier et nous n’en parlerons pas.
- Les (ils (pii passent au-dessus des maisons sont soutenus jmr des chevalets ou herses, qui sont formées de montants verticaux en 1er1, reliés par des traverses horizontales sur lesquelles sont fixés les isolateurs servant à soutenir les fils. Les dimensions et le nombre des traverses horizontales dépendent évidemment du nombre de fils à conduire. Nous avons vu à Anvers une herse ne portant pas moins de 600 fils. C’est, la plus importante qui existe. Les plus petites sont faites pour 80 fils. Elles ont un poids considérable; celle que nous venons de citer ne pèse pas moins de 21 000 kilogrammes; il a donc fallu prendre des précautions particulières pour ne pas nuire à la solidité des maisons, très vieilles parfois, sur lesquelles elles ont été fixées.
- En réalité, elles ne reposent pas du tout sur les toits, mais seulement sur les grands murs verticaux de l’édifice, et ne travaillent que par écrasement sur ces seuls murs, ce qui offre une garantie de solidité considérable. A cet effet, la herse est assise sur une plate-forme en fer qui est elle-même soutenue sur des montants verticaux solidement fixés dans les murs et sur lesquels se porte toute la pression.
- D’un autre coté les fils, par suite de leur poids et de la tension qu’on doit leur donner pour les tenir presque horizontaux, exercent une traction considérable sur les herses et tendent à les renverser. Lorsque la ligne est droite et que l’installation est convenablement faite, l’effort se balance des deux cotés et l’appareil reste en équilibre; il n’en résulte qu’une augmentation de pression suivant la verticale. Mais lorsque la ligne change de direction, le chevalet tendrait à tomber dans le sens de la résultante des deux forces qui lui sont appliquées, si l’on ne prenait des précautions spéciales. On équilibre cette tension nuisible par des jambes de force et des haubans munis de tendeurs qui tirent le chevalet dans la direction opposée. Les haubans sont
- 1 Dans certaines villes, ces herses, ainsi que la tourelle dont nous parlons plus loin, sont en bois.
- fixés dans les murs des maisons voisines. Ces dispositions nécessitent des calculs très délicats et compliqués pour arriver à donner à la herse la solidité nécessaire tout en lui donnant le plus faible poids possible. L’étude complète en sera bientôt publiée, croyons-nous, par M. Pierrart, ingénieur des lignes télégraphiques belges.
- Tous les fils qui rayonnent au-dessus de la ville viennent aboutir à la tourelle d’un bureau central unique, situé non loin de la vieille cathédrale d’Anvers. C’est de ce dernier point que nous en avons pris la photographie reproduite dans notre figure 2. La figure a représente l’intérieur de la tourelle, que nous avons pu photographier grâce à l’obligeance du directeur du bureau central.
- Elle avait été d’abord construite en bois, mais, son importance augmentant, on a dû la modifier; aujourd’hui, elle est solidement établie en fer et peut recevoir les fils de 5000 abonnés, bien que 2000 seulement y soient encore reliés. Les travaux nécessités par ce changement ont été très difficiles par suite de l’obligation où l’on se trouvait de les exécuter sans interrompre le service des communications téléphoniques; la nouvelle tourelle a d’abord été entièrement établie à l’extérieur de la première, puis on a changé les communications; enfin, on a abattu l’ancienne construction en bois devenue inutile.
- La nouvelle tourelle est construite, comme les herses, de montants verticaux en fer, reliés par des traverses horizontales également en fer sur lesquelles sont fixés les isolateurs. Elle a la forme d’un hexagone irrégulier. Une plate-forme munie de balustrades entoure sa base et facilite l’accès de l’une quelconque de ses parties. Des jambes de force extérieures et inférieures, solidement entretoisées à tous les montants verticaux et fixées par leurs bases à des semelles en fer, lui assurent une solide assiette et une grande stabilité. Enfin, pour contre-balancer la tension des fils qui tend à déformer la tourelle vers l’extérieur, on a dû disposer à l’intérieur une petite tourelle de laquelle partent de solides tirants en fer munis do tendeurs. Le milieu de la toiture étant occupé par une cour, on n’a pu placer cette tourelle à l’endroit théoriquement le plus favorable ; on a été forcé de la rejeter sur le côté.
- L’ensemble est d’une légèreté remarquable et fait le plus grand honneur aux habiles ingénieurs qui en ont dirigé la construction. G. Pellisster.
- LES AÉROPLANES
- ET LA MACHINE VOLANTE DE M. MAXIM
- On parle beaucoup, depuis quelques semaines, d’une expérience qui a été exécutée par M. Hiram Maxim, le célèbre inventeur américain, avec un grand aéroplane destiné à réaliser la navigation aérienne par le « plus lourd que l’air ». Malgré les cris d’admiration des amis de cette doctrine dont M. Maxim est un des plus fervents adeptes, la tenta-
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- LA NATEliE.
- 2 «:»
- tive n’a point réussi ; elle mérite toutefois d’ètre signalée.
- Nous représentons dans notre gravure (p. 290) la construction de M. lliram Maxim. Elle est, nous le reconnaissons, très importante. C’est un appareil lorrné de larges palettes horizontales reliées à un plan central; un puissant moteur le pousse en avant, il glisse sur des rails, et le système continuant à être actionné par des hélices, devrait, d’après l’inventeur, s’élever et naviguer dans l’espace.
- Une faudrait, pas croire que cette construction soit nouvelle ; il y a longtemps que des aéroplanes de ce genre ont etc proposés et même essayés en petit. En 1879, M. Tatin a expérimenté à l’atelier militaire aeronautique de Chalais-Meudon où le commandant Henni d lui avait donne asile, un aéroplane hase sur le principe que M. Maxim a adopté. Cet appareil a été décrit dans La Nature, par l’inventeur lui-même, sous le titre Appareils plus lourds que l'air; son texte est accompagné de gravures, donnant l’aspect de sou système fort ingénieux, qui a pu s’élever à une petite hauteur au-dessus du sol
- La description de l’aéroplane de M. Maxim a été donnée en détail dans le journal anglais Engineering; sa traduction a été reproduite dans plusieurs publications; nous en donnons ici quelques extraits.
- La machine volante Maxim est un grand appareil, formé de tubes et de fils d’acier fortement tendus; appa-red excessivement rigide relativement à son poids, lequel est d environ 8000 livres anglaises, hommes et approvisionnements compris. A sa partie inférieure, l’appareil supporte un pont sur lequel l’équipage prend place, et où sont également montés la chaudière, la roue du gouvernail ainsi que les réservoirs d’eau et de gazoline 2 3 *. A une hauteur d’environ 10 pieds au-dessus du pont se trouvent les machines dont chacune met en mouvement une hélice propulseur, de 17 pieds 10 pouces de diamètre et 16 pieds de pas, qui agit dans l’air. Au-dessus des machines est le grand aéroplane. D’autres aéroplanes plus petits se projettent latéralement comme des ailes, leur longueur étant de 104 pieds et leur largeur maximum de 125.
- 11 y a ainsi en tout cinq paires d’ailes comme on le voit sur la ligure qui représente l’ensemble de la machine, mais les trois paires intermédiaires ne sont pas toujours employées. Et lors de l’accident qui nous est arrivé, elles n étaient pas en place. La surface des aéroplanes n était à ce moment que de 4000 pieds carrés, tandis que, tout déployé, elle peut atteindre 5400 pieds5! En avant et en arrière de l’aéroplane supérieur, on en voit deux autres qui servent à régler la direction. Ils sont montés sur des tourillons disposés le long d’un de leurs côtés et sont rattachés par des fils métalliques à un tambour placé sur le pont. En tournant ce tambour convenablement, ces deux sortes de gouvernails peuvent être simultanément placés de manière à faire monter ou descendre la machine ou bien à la maintenir de niveau.
- 1 Voy. 595, du 25 octobre 1884, p. 528.
- 2 C’est le combustible employé, comme on va le voir tout à l’heure.
- 3 Rappelons que le pied anglais égale 0“,305 Le pied carré
- vaut ainsi un peu plus de 9 décimètres carrés et 10 pieds carrés font presque 1 mètre carré; exactement : 93 décimètres
- carrés.
- La partie la plus intéressante de la machine en est la chaudière, loute la dillieulte du problème consistait en effet a la construire de manière à lui assurer une légèreté suffisante pour ne pas trop surcharger l’ensemble.
- De part et d autre on trouve, à la base, deux cylindres latéraux reliés par un nombre considérable de tubes recourbés, avec le dessus d un cvlindre supérieur renfermant a la fois eau et vapeur, en même temps que d’autres tubes font communiquer le dessous de ce cylindre avec les cylindres intérieurs de manière à lormer un véritable système circulatoire. Le bâti qui supporte la chaudière est, en outre, constitué par une série d’autres tubes rectilignes. La chaudière de la machine volante contient aussi un réchauffeur d’alimentation placé au-dessus du tambour à vapeur, mais qu’on ne voit pas dans la figure. Le réchautfeur est formé de tubes d’acier de 5/16 de, pouce de diamètre intérieur et de 1/12 de pouce d’épaisseur. L eau fournie par la pompe d’alimentation le traverse avec une pression supérieure de 50 livres à celle qui existe dans la chaudière, à la partie supérieure de laquelle celle eau est projetée par un bec injecteur. Grâce à cet excès de pression de l’eau d’alimentation, un rapide et puissant courant est toujours entretenu dans les tubes de la chaudière où s’engendre la vapeur. Les pompes alimentaires sont placées sur le pont au-dessous de la machine et la course de leurs pistons peut varier fi volonté suivant les besoins.
- Le poids de la chaudière, avec son bâti, le réchauffeur et les autres parties, est de 904 livres; en y ajoutant l’eau et le brûleur, le total atteint 1200 livres. La surface de chaude est d’environ 800 pieds carrés, et celle de la flamme de 50 pieds carrés.
- Le combustible employé est de la gazolme d’un poids spécifique de 72 degrés Baumé.
- Le dispositif est si puissant qu’il suffit d’une minute pour élever, quand il le faut, la pression dans la chaudière de 100 à 200 livres par pouce carré. L’arrivée de l’air peut être réglée à volonté, tandis que la dépense de gazoline se proportionne automatiquement aux besoins de la chaudière. Pour obtenir ce dernier résultat, la pression de la vapeur de gazoline agit sur un levier équilibré par un ressort. S’il y a excès d’alimentation sur la dépense, la pression supportée par le levier actionne un mécanisme qui modère le débit des pompes amenant la gazoline. Dans le cas contraire, un effet inverse se produit.
- Chacune des hélices est mue par une machine com-pound1 dont les deux cylindres ont respectivement 5,05 pouces et 8 pouces de diamètre pour 12 pouces de course. La distribution de la vapeur s’effectue par le moyen de soupapes à piston ayant elles-mêmes 5 pouces de course et commandées par des excentriques.
- La vapeur, après avoir agi, s’échappe dans l’atmosphère. Mais M. Maxim a pu établir avec succès un condenseur à air, perfectionnement nécessaire pour n’avoir pas à se charger d’une provision d’eau qui constituerait une sérieuse augmentation de poids. Car il ne faudrait pas moins de 2500 livres d’eau pour entretenir une force de 100 chevaux pendant une heure. Ce qui, pour un voyage quelque peu long, amènerait une surcharge considérable surtout en cas d’expédition militaire en pays ennemi. En marche, la pression dans la chaudière est de 210 livres par pouce carré, ce qui donne une différence de pression de 195 livres dans le cylindre à liante
- 1 C’est-à-dire deux cylindres, dans le second desquels la vapeur agit par détente en sortant du premier.
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- LA N A TU UE.
- pression, et de 125 dans l’anlrc cylindre. La puissance effective développée est de 365 chevaux quand les hélices marchent à la vitesse de 575 tours par minute. Quand la machine est amarrée (moored), et qu’on met le mécanisme en mouvement, la poussée (thrusl) des hélices est de 2100 liv res; elle est de 2000 livres seulement quand l’appareil se déplace. La puissance ascensionnelle est un peu supérieure à 10 000 livres (4100 kilogrammes) quand la vitesse de translation est de 40 milles à l’heure et que les aéroplanes font avec l’horizontale un angle de 7°,25. Comme le poids total de l’appareil n’est que de 7700 livres, il reste une force disponible d’au moins 2000 livres.
- Voilà ce que dit M. Maxim ; arrivons à la démonstration expérimentale de son système. L’aéroplane a
- été essayé, il y a quelques semaines. La machine à gazoline a été mise en action, les hélices ont tourné, l'aéroplane a glissé sur le rail. En prévision du soulèvement que devait éprouver la machine en quittant ses rails, on avait pris certaines dispositions mécaniques, mais elles se trouvèrent insuffisantes : l’appareil se trouva désemparé d’une de ses roues, il sortit des rails et se jeta contre un support en fonte où il se trouva détérioré.
- M. Hiram Maxim se promet de reprendre ses essais; nous attendrons pour les apprécier, que les résultats obtenus aient été plus concluants.
- Les difficultés de la navigation aérienne par les aérostats allongés sont immenses. Si l’on voulait
- Aéroplane de M. Hiram Maxim ; appareil d’aviation expérimenté le 51 juillet 1894.
- arriver à donner au ludion planant dans l’air une vitesse propre suffisante pour remonter les courants aériens d'intensité moyenne dans lesquels il est immergé, il faudrait avoir à sa disposition des moteurs que la mécanique ne sait pas construire encore : d’une grande puissance et d’un faible poids. Avec le ballon, l’expérience peut être cependant tentée; car avec lui, on a l’assurance d’être soutenu dans l’atmosphère. Si le moteur cesse de fonctionner, l’aérostat reste abandonné à lui-même, mais il continue à être en équilibre, et les voyageurs sont en sécurité.
- On ne peut avoir rien de semblable avec les appareils d’aviation. Admettons que ces aéroplanes, dont la théorie est assurément séduisante, puissent être animés d’une vitesse assez grande pour s’élever dans
- les régions élevées de l’air, la descente serait terrible, et s’il arrivait le moindre arrêt dans la machine motrice, le système plus lourd que l’air devrait obéir aux lois de la pesanteur : il serait précipité contre le sol.
- On nous a souvent accusé d’avoir un parti pris contre les appareils d’aviation ; nous n’en avons aucun. Nous ne blâmons pas ceux qui se consacrent à leurs études, mais nous avons la conviction que ces inventeurs ne s’engagent pas dans une bonne voie, et qu’ils feraient mieux de consacrer leurs efforts aux essais de navigation aérienne par la propulsion des ballons allongés. Ici, les obstacles à vaincre sont grands, mais ils le sont moins que dans le problème de l’aviation. Gaston Tissandier.
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- LES GARDE-COTES JAPONAIS DE CONSTRUCTION FRANÇAISE
- La Nature, dans un de ses derniers numéros, a I spécialement aux constructions les plus récentes parlé des navires de guerre japonais, en s’attachant 1 pour lesquelles la marine japonaise a cru devoir
- Fig. 1. — Le garde-côlc japonais Malsushima. (D’après une photographie.)
- s’adresser à des maisons allemandes et anglaises1. années auparavant, sur les plans de M. Berlin, ingé-
- Lo même article rappelait cependant que, quelques nieur de la marine française, en mission au Japon,
- Fig. 2. — Le canon Canot de 32 centimètres, do la marine japonaise. (D'après une photographie.)
- la Compagnie des Forges et Chantiers de la Méditerranée avait exécuté, pour le compte de cette puissance, des garde-côtes qui sont classés parmi les
- 1 Yoy. n° 1107, du 18 août 1804, p 77.
- meilleurs types de la flotte actuellement engagée dans les eaux de la Corée. Il nous a semblé digne d’intérêt d’ajouter ici quelques détails à leur sujet.
- Deux de ces garde-côtes, le « Matsushima » et F « Itsukushima », ont été construits entièrement
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- LA NATURE.
- en France, pendant que l’arsenal d’Osaka exécutait, par ses propres moyens un troisième navire du môme type, le « Ilashidate » ; mais d’autre part, l’armement des trois bâtiments est, sauf les canons-revolvers, emprunté à l’artillerie du système Canot.
- Ces garde-côtes ont été mis en chantier en 1887 : c’est dire qu’au train dont marchent les choses dans la marine, ils ne sont déjà plus, peut-être, à la dernière mode. Ils n’en constituent pas moins des unités de combat de très grande valeur.
- Leur déplacement est de 4200 tonneaux, et leurs machines, qui ne développent que 2000 chevaux en marche normale à triple expansion et 5-400 chevaux à double expansion avec tirage naturel, peuvent donner près de GOOO chevaux avec tirage forcé, en vase clos. La vitesse atteint 16 à 17 nœuds par heure. L’équipage comprend 582 hommes.
- L’étrave se recourbe en forme d’éperon et, sur la silhouette massive de ces navires, que les cheminées dominent à peine, seul se dresse, soutenu par de solides arcs-boutants, un unique màt militaire en tôle d’acier, avec ses deux cornes, sa vergue et ses deux hunes circulaires : la lmne basse armée de canons-revolvers, la hune haute réservée aux fusiliers. Le màt, qui sert de passage aux munitions, forme en même temps une puissante cheminée d’appel qui assure la ventilation du navire.
- Les œuvres vives sont protégées par un pont cuirassé fortement cintré et dont le livet est à lin,75 en contrebas de la flottaison. Ce pont est constitué par plusieurs feuilles de tôle donnant une épaisseur totale de 4 centimètres. Les quelques ouvertures (pii y sont pratiquées sont protégées sur leur pourtour par des glacis inclinés de 5 centimètres d’épaisseur, ainsi que par des ceintures remplies de cellulose.
- Au-dessus du pont cuirassé s’élève l’entrepont qui a une hauteur moyenne de 5m,50 et (pie des cloisons divisent en un grand nombre de cellules où l’on peut pénétrer par des panneaux percés dans le deuxième pont ou par des coursives situées en abord. Les parois sont également protégées par un caisson longitudinal rempli de cofferdam en libre de coco.
- L’artillerie — canons et munitions — entre pour \ 60 tonneaux dans le déplacement d’un pareil bâtiment. On en comprend l’importance.
- L’armement comprend : 12 canons de 12 centimètres approvisionnés à 100 coups; 5 canons à tir rapide Uotchkiss ; il canons-revolvers Ilotchkiss de 57 millimètres; 4 tubes lance-torpilles Canet, dont deux fixes, l’un à l’avant, l’autre à l’arrière, et deux autres mobiles tirant par le travers;
- Et surtout un canon Canet de 52 centimètres, tirant par-dessus la muraille d’une tourelle-barbette.
- Ce formidable canon, qui constitue le morceau de résistance, a 12m,50 de longueur — soit 40 calibres — et pèse 66 tonnes (fig. 2). Il lance un projectile de 450 kilogrammes, capable de traverser 70 centimètres d’acier et lm,50 de fer forgé. Il ne faut pas moins de 280 kilogrammes de poudre pour
- chasser ce projectile; mais, sous cette charge, il prend une vitesse énorme de 700 mètres et peut franchir 20 à 50 kilomètres. On comprend qu’on économise les coups tirés par une pareille pièce : aussi ne juge-t-on pas nécessaire de l’approvisionner à [dus de 60 coups.
- La bouche à feu proprement dite est composée d’un tube de toute sa longueur, en acier, solidement fretté par des manchons agrafés. Ce canon n’a point-de tourillons ; il est simplement couché dans un berceau auquel il s’accroche par des adents ou saillies circulaires et qui peut reculer en glissant sur les longerons du châssis d’affût; mais ce recul est limité par des freins hydrauliques qui emmagasinent l’effort ainsi produit et le restituent ensuite en ramenant automatiquement la pièce en batterie. Le châssis lui-même pivote sur une plaque tournante qui assure le pointage en direction, tandis que des presses hydrauliques soulèvent plus ou moins le châssis et la pièce avec lui, pour la pointer en hauteur au moment voulu.
- La tourelle qui entoure tout ce mécanisme comprend tout d’abord une substruction en tôlerie qui la rattache au pont cuirassé. Dans toute la partie visible et le plus exposée aux coups, la muraille n’a pas moins de 50 centimètres d’épaisseur. Elle est en acier et forme un vaste cylindre de 7m,20 de diamètre (pie recouvre en partie une carapace de 5 centimètres qui protège les organes de mouvement et l’affût lui-même. Cette carapace est mobile avec la bouche à feu qui l'entraîne, ainsi que la guérite blindée à 11 centimètres et munie d’une visière en tôle sous laquelle le pointeur est à l’abri des éclats ou des coups de revers des canons-revolvers.
- Ce qui caractérise les tourelles du système Canet, c’est notamment le puits central qui les fait communiquer directement avec les soutes à munitions. Un monte-charge permet alors d’amener commodément les projectiles et les gargousses jusqu’à l’orifice de la culasse où les pousse un refouloir hydraulique. Lorsqu’il s’agit de manier de pareilles machines, la force humaine est peu de chose, et toutes les manœuvres exigent l’emploi d’engins mécaniques. L’eau sous pression, fort heureusement, se montre la docile servante de l’artilleur. Dans des appareils rustiques comme il convient, c’est le véhicule de puissance, le plus souple et le plus délicat. Il suffit d’agir sur la manette d’un robinet pour soulever le colosse d’acier, le tourner en tout sens; lorsqu’il est pointé, c’est encore l’eau comprimée qui fait mouvoir les monte-charges et refoule les lourds projectiles dans l’àme du canon ; c’est elle encore qui sert de frein à l’énorme puissance de recul d’une pareille masse; et toutes ces manœuvres, tous ces efforts de géant s’accomplissent simplement par l’action du seul chef de pièce étendant la main sur les leviers et les volants qui se trouvent à sa portée. C’est à faire trembler, à la pensée des dégâts qu’un projectile, un éclat, pourrait produire dans toute cette mécanique, s’il se glissait sous la eara-
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- pace; mais (Tailleurs, quand on songe aux miracles d’horlogerie qui constituent la machinerie et les appareils moteurs du navire lui-même, on est bien obligé d’avouer qu’une pareille iorlilication bottante est, comme le grand homme de l’histoire, à la merci d’un grain de sable. G. Bktiiuys.
- /OUTILLEE DU
- \ IA LIGNE'
- beaucoup de pêcheurs achètent leurs hameçons empilés d’avance, soit sur crin, soit sur racine; beaucoup achètent aussi leurs lignes tontes laites; en y niellant le prix, on trouve ainsi dans les bonnes maisons Tram-aises et anglaises des lûmes excellentes. Mais encore faut-il savoir comment on rattache les brins d une ligne cassée, comment on empile un hameçon, comment enfin Ton relie le bas de ligne au cordonnet ou au crin tordu servant de corps de ligne. G’est ici que notre jeune amateur pourra beaucoup apprendre, en regardant Taire un praticien ou en s’exerçant lui-même. Les nœuds de pèche ne sont pas un secret, mais encore faut-il les connaître, et celui qui voudrait assembler deux crins comme il assemblerait deux brins de fil ver-
- rait sa ligne se casser sons le poids d’un poisson de quelques grammes.
- Le meilleur nœud pour assembler les deux brins d’une ligne cassée (crin ou racine) est le nœud du pêcheur, que l’on pourrait appeler nœud gordien, car il est indéfaisable. Présentez bout à bout les deux parties à nouer en les croisant l’une sur l’autre de (> centimètres environ (tig. 1, n° 1); tournez les deux bouts croisés autour de l’index de la main gauche, de laçon à Taire une boucle (Tig. 1, n° 2), et laites traverser la boucle par le côté de la ligne le plus court ; laites traverser une seconde l’ois, puis serrez eu tirant également sur les quatre bouts (lig. 1, n° o). Le nœud est Tait. Vous pouvez couper, au ras du nœud, les deux bouts qui dépassent.
- Le nœud anglais ou nœud à guillotine est aussi un nœud très solide. Faites au bout d’un des deux brins un nœud simple non fermé; passez dans la boucle de ce nœud l’autre brin auquel vous laites aussi un nœud simple, mais en prenant dans la nouvelle boucle que vous Tonnez le brin qui a déjà un nœud (tig. 1, n° 4). Serrez les deux nœuds et, eu tirant les brins, vous verrez ces deux nœuds se rejoindre de façon à rendre tout glissement impossible (fig. 1, n° 5).
- Voici maintenant les deux modes d'empilage les [dus usités, pour hameçons à palettes.
- Faites, à environ 6 centimètres de l’extrémité de l’empile, un nœud simple non fermé; passez une seconde fois le bout le plus court dans la boucle (hg. 1, n°0). Un 8 se dessine; tirez légèrement les deux bouts, il s’accentue (lig. 1, n° 7). Passez alors la palette de l’hameçon dans les deux boucles du 8 et tirez ferme; l’hameçon est empilé (Tig. 1, n° 8).
- 1 Suite. — Yny. n° 1 lit, du 15 seplcmhre 1891, p. 250.
- Coupez le bout qui dépasse, et tournez l’empilage autour de la hampe de façon «pie l'empile vienne contre la palette à Y intérieur de l'hameçon. Antre dessin (fig. 1) représente un second mode d’empilage qui s’explique de lui-même sans avoir besoin d’insister (fig. 1, nos 9, 1üet 14). Le n° 12 montre l’empilage d'un hameçon à chas, qui est à peu près le même pour ïhameçon à anneau. La ligure 1, n° 15, indique comment on relie ensemble Y avancée au corps de ligne. L'extrémité de Y avancée opposée à l'hameçon se termine par une boucle. Un y passe d'avant en arrière le bout du cordonnet terminé par un nœud; le cordonnet contourne la boucle et repasse sous lui-même derrière celle-ci (fig. 1, n° 14). Ce nœud a l’avantage d'être solide et cependant rapidement défait., lorsqu’on juge à propos de changer le bas de ligne. Il faut bien laisser sécher la ligne avant de la remettre sur le plioir, petite planchette entaillée à chacune de ses extrémités et permettant de conserver les lignes sans qu’elles s’embrouillent les unes dans les autres.
- Flotteur. — Tour les gros poissons, le flotteur est un bouchon taillé en forme de poire (fig. 1, nu 15). Tour la petite pêche, il se compose d’un morceau de plume de dinde, d’oie ou de cygne, reliée à la ligne par deux coulants ou anneaux découpés dans une plume d’un diamètre un peu supérieur (fig. 1, n° lfi). Les coulants sont renforcés par du fil poissé, et vernis ensuite en noir. Les piquants de porc-épic (fig. 1, n° 17), légers et effilés, fournissent des flotteurs très sensibles. Certains flotteurs en plume ou en aluminium creux (fig. 1, n° 18) peuvent être lestés [dus ou moins avec de petits grains de plomb que Ton verse à l’intérieur. Le flotteur ou flotte sépare la ligne en deux parties, dont le pêcheur peut faire varier les longueurs respectives : la bannière, qui va du flotteur au scion ou extrémité de la gaule, et la plongée, comprenant tout le bas de ligne et une partie [tins ou moins grande du eoiqts de ligne, qui va du flotteur à l’hameçon et est par conséquent immergée. Tour les eaux tranquilles, les flottes doivent être le plus légères possible, afin de ne pas effrayer le poisson lorsqu’on les jette à la surface de l’eau.
- Plombée. — La plombée se compose d’un certain nombre de plombs de chasse fendus (fig. 1, n° 19). On place dans la fente le crin ou la racine de l’avancée, et Ton referme le plomb soit avec les dents soit de préférence avec une pince plate. Il faut serrer assez fort pour que le plomb mis en place ne [misse pas glisser le long de la ligne. La grosseur et le nombre des plombs varient avec la profondeur de l’eau et. la force du courant (fig. I, n° 20). Ils ont [tour but de faire descendre l'appât le plus rapidement possible. La plombée doit équilibrer le flotteur de façon que celui-ci se place verticalement dans l’eau et oseille à la moindre touche. — Une petite boîte en buis tourné, avec couvercle à vis, permet au pêcheur d’emporter des plombs de rechange, de différents calibres.
- Gaules. Cannes à pêche. — Solide, légère et
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- flexible, telle doit être la gaule à laquelle nous attacherons notre ligne. Ces conditions se trouvent réalisées dans les jeunes pousses de noisetier, d’orme et de frêne que chacun peut couper dans les bois s’il est campagnard. Mais, pour le citadin qui n’a ni le temps ni les moyens de fabriquer ses gaules lui-même et qui, de plus, ne peut s'embarrasser, s’il est loin du lieu de pêche, d’une gaule d’un seul morceau de 5 à 8 mètres de longueur, on a combiné les cannes à pêche en plusieurs morceaux décroissant de grosseur et dont les extrémités, munies de viroles de cuivre, s’ajustent à frottement dur les unes dans les autres. Rendues ainsi plus transportables, ces
- cannes, soigneusement fabriquées, peuvent rendre d’excellents services. C’est la ligne par excellence du pêcheur parisien (fig.2,n° 1). Chaque bout ayant une longueur de lm,40, on voit que trois de ces bouts, auxquels on aura ajouté l’extrémité flexible ou scion de 1 mètre, donnera une longueur de 5m,20, très suffisante pour la pèche en bateau ou au bord, longueur qu’on pourra augmenter par l’adjonction d’un quatrième morceau, le plus gros, appelé pied de canne, mais alors il sera fatigant de tenir à la main, plusieurs heures de suite, une ligne ainsi alourdie. La canne en bambou (Armida bambos) d’un seul morceau est la meilleure. Cour les cannes
- Fig. 1. — N°‘ 1, 2, 3. Nœud du pêcheur. — N°* 4, 5. Nœud à guillotine. — N“‘ 6, 7, 8. Empilage d’un hameçon. — Nos 9, 10, 11. Aulro mode d’empilage. — N” 12. Empilage d’uu hameçon à chas.— N°* 13, 14. Nœud pour relier l’avancée au corps de ligne (vue avant et arrière). — N° 15. Flotteur en liège. — N° 16. Plume. —N” 17. Piquant de porc-épic. — N° 18. Flotteur creux en aluminium, lesté avec des plombs.— N° 19. Plombs fendus. — N" 20. Plombée montée sur le bas de ligne.
- en plusieurs morceaux, c’est le roseau ou canne de Provence (Arundo donax) qui présente les qualités de légèreté et d’élasticité voulues, en y joignant celle du bon marché. On choisit les roseaux d’au moins deux ans, dont les nœuds sont le plus rapprochés possible. Pour vaincre la fragilité du roseau, qui se briserait facilement entre deux nœuds (le fameux : je plie et ne romps pas, du bon La Fontaine, s’applique seulement au roseau vert) chacun des entrenœuds est garni d’une solide ligature de fil poissé, enduite ensuite de vernis noir. Les scions se font en bambou, roseau, épine noire, néflier, etc. Le bas de canne peut se faire en noyer évidé, logeant dans» son intérieur le scion. 11 est bon, pour une même canne, d’avoir un ou deux scions de rechange, car
- c’est la partie la plus fragile. De plus, l’un des scions pourra être plus raide et plus solide que les autres, dans les cas où l’on voudrait, avec la même canne, abandonner la petite pêche d’amateur pour s’attaquer à de plus gros morceaux. Le vernis dont sont recouvertes les cannes ne devra pas être trop brillant ; les cannes en plusieurs morceaux, dites cannes en paquet, peuvent s’enfermer dans un fourreau en toile. Une bretelle de cuir permet de les porter en sautoir. Tout le monde connaît les cannes à pêche dont La Nature a parlé dernièrement 1, avec les bouts rentrant les uns dans les autres,
- 1 Voir les deux articles : Ce qu’on peut faire avec une canne dans les n°* 1092 et 1095, des 5 et 20 mai 1894, p. 303 et 415.
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- t>l dont le morceau le plus gros, fermé par deux Louchons à vis, joue le rôle de canne de promenade. Elles se font en roseau, noisetier, bambou blanc ou noir, tiges de riz, jonc ou rotin (fig. 2, n°2). Il existe aussi des cannes de fabrication chinoise dont les bouts en rotin rentrent les uns dans les autres à frottement, comme les parties d’une lunette marine. Destinées aux pécheurs honteux, n’ayant pas le courage de leurs opinions, ces lignes peuvent se cacher dans la poche, mais ce système n’offre aucune garantie de solidité ni de flexibilité. « Soyez flexible et [tliez », a-t-on écrit avec raison; « la force est dans la souplesse, l'impuissance dans la raideur. »
- Pour la pêche de surface avec des insectes naturels ou à la mouche artificielle, le jet de la ligne exige une canne à la fois ferme et flexible; d’autre part, la manœuvre continuelle de cette canne fatiguerait beaucoup trop le bras si elle n’était pas légère. L’un des meilleurs bois pour faire ces cannes est le noyer blanc d’Amérique (hickory wood). Rien qu’il soit assez dense, on arrive à l’amincir suffisamment pour obtenir réunies les trois qualités : légèreté, fermeté et soiqdesse. Ces cannes se font généralement en trois bouts, chacune de ces pièces étant en bois plein. Le scion est un éclat de bambou arrondi à la lime. Le pied de canne peut être percé
- Fij4. 2. —V” 1. Canne en paquets (roseau ligaturé). — îV 2. Canne à pèche de promenade. — N" 2 à 10. Canne Wycrs eu bambou retendu coupe et détails. — Pi" 11. Moulinet. — Pi” 12, 15,11. Canne en hickory wood, avec anneaux et moulinet, pour pèche à la mouche.
- pour renfermer le scion, qui est très délicat. Une canne de ce genre peut se ployer en arc de cercle, tout comme un fleuret d'acier, et reprendre ensuite sa position rectiligne. L’ajustement des différentes pièces doit être fait avec une précision absolue; un épaulement avec goujon vient renforcer l’assemblage de chaque virole. Le poids du gros bout peut être augmenté en renforçant beaucoup cette partie, de façon que le centre de gravité de la canne soit reporté le plus près possible du pêcheur, mais cela n’en donne pas moins un excédent de poids qu’il faut éviter avec les cannes un peu longues. Le talon du pied de canne peut être muni d’une bague-écrou dans laquelle on visse une lance en fer permettant de planter la canne dans le sol lorsqu’on veut avoir la liberté de scs mains. MM. Wyers fabriquent pour la pêche à la mouche d’excellentes cannes en bambou
- refendu (fig. 2, nos 5, -4, 5, 6, 7). Elles sont faites en six morceaux collés ensemble, et peuvent contenir à l’intérieur un fil d’acier. Ces cannes sont sans rivales comme élasticité et solidité.
- Moulinet. — Les nos 12,13 et 14 (fig. 2) montrent une canne à mouche démontée; on voit qu’elle porte, sur toute sa longueur, une série de petits anneaux placés en ligne droite. Le fil de ligne, au lieu d’être attaché à l’extrémité de la gaule comme nous l’avons dit tout à l’heure, traverse cette série d’anneaux pour venir s’enrouler sur un moulinet. Ce moulinet n’est autre chose qu’un tambour cylindrique fixé sur le pied de canne, près de son extrémité, au moyen de viroles mobiles. Lorsque le fil a été enroulé sur le moulinet et que la ligne est bien tendue, on peut arrêter le cylindre au moyen d’un petit cliquet agissant sur une roue à rochets, en
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- appuyant le pouce sur un bouton en saillie. Quand un poisson se sent piqué par l'hameçon, il part avec une grande vitesse, entraînant avec lui la ligne qui se déroule en faisant tourner le moulinet; la ligne, pouvant ainsi se rallonger puisqu’elle n’est plus directement fixée à la canne, ne court [dus le risque d’èlre brisée sous les premières secousses, qui sont les plus fortes. Lorsqu’on a fatigué le poisson en lui rendant de la longueur de ligne, on le ramène en tournant une manivelle fixée sur le colé du moulinet, et cela peut se faire très rapidement si l’on emploie un moulinet, à engrenage multiplicateur, qui triple la vitesse d’enroulement. Le moulinet, outre la pèche à la mouche, est indispensable pour celle des gros poissons : brochets, barbillons, juènes, carpes, etc. Njotrc-dessin montre (lig. 2, nu 11 ) l’un des meilleurs modèles de moulinet, en cuivre ou en aluminium, muni d’un frein pour rendre la ligne fixe dès qu’on veut arrêter le poisson dans sa fuite. Comme le lecteur peut en juger, nous voilà en présence d’appareils de précision très délicats, qui demandent à être maniés par des pêcheurs expérimentés.
- Maintenant que nous avons examiné avec quelques détails les diverses parties de la ligne, nous passerons prochainement en revue les divers accessoires nécessaires au pêcheur.
- — A suivre. — ArTHI'R GoOD.
- l is mirage extraordinaire. — Si nous en croyons notre confrère le Scicnlific American, dont nous ne rapportons l'information que sous toute réserve, les habitants de la ville bien connue de Buffalo, dans l’Etal de New-York, auraient joui, le 1(5 août dernier, d’un mirage admirable. Entre 10 et 11 heures du matin, on voyait apparaître à l’horizon, ou plutôt dans le ciel, l’image de la ville de Toronto avec son port et fa petite île qui se trouve dans le sud de la ville : il faut songer que Toronto est à 90 kilomètres au moins de Buffalo. Cela n’ernpèchait point que, dans cette image aérienne, la netteté était assez grande pour qu’on put compter les flèches des églises. D’ailleurs, on ne voyait pas seulement Toronto : le mirage se produisait sur toute la surface du lac Ontario, dont on apercevait les deux rives. En cflét, à l’est de l’image on pouvait reconnaître Charlotte, faubourg de Ilocliester, celte dernière ville étant sur la rive américaine. En même temps, dans le champ de la vision, se détachaient deux points noirs que, par la suite, on reconnut pour être deux steamers de la compagnie « New-York Central )) en route entre Lewiston et Toronto; pendant un instant, un voilier fut également visible, puis il disparut soudain. Pour admirer ce spectacle si rare, les toits des maisons étaient noirs de monde; on évalue le nombre des spectateurs à 20 000 au moins. Le mirage ne causait aucune distorsion et les objets n’y étaient point, renversés, mais dans leur position naturelle. Lentement il commença de pâlir, au grand désappointement de la foule et une bande de nuages vint le couvrir définitivement. 1). B.
- Nouveauté xéloeipédique. —— Le proiesseur Everett, de Belfast, a présenté à VAssociation britannique pour l'avancement des sciences, une nouvelle roue pour
- vélocipèdes, qui, d'après ses expériences, offrirait de réels avantages. Tandis que certains constructeurs cherchent à donner aux roues une grande rigidité, en remplaçant les rayons par une plaque de métal, M. Everett termine ceux-ci par un ressort à boudin fixé à la jante, de manière à leur donner une grande élasticité, dans le sens de leur effort le plus ordinaire, aussi bien que pour les poussées latérales. Les ravons sont, bien entendu, fixés tangentiellenient au moyeu, mais avec cette particularité, qu’ils se croisent, de manière à venir s’attacher aux bords opposés de la jante. On considère, en général, la possibilité d'une déformation de la roue, comme un inconvénient qu’il faut éviter autant que possible. M. Everett n’est pas de cet avis, et les expériences qu’il a faites avec sa nouvelle roue semblent lui donner raison, en ce qui concerne le confort aussi bien que la vitesse sur route. Sur un sol raboteux, l’élasticité des ressorts verticaux adoucit les secousses, tandis que les rayons diminuent, par leurs déformations élastiques, les variations brusques de vitesse qui absorbent du travail sans effet utile. Les efforts latéraux sur le guidon sont aussi diminués, l’élasticité de la roue motrice facilite, dans les montées, le passage au point mort. L’inventeur a constaté, dans la pratique, un résultat inattendu de l’élasticité latérale ; c’est que la roue d’arrière a une bien moindre tendance à glisser dans la boue ou sur le pavé gras ; le travail étant emmagasiné dans le ressort, l’eifort maximum est diminué, et ne suffit plus à vaincre l’adhérence.
- Installation électrique à IVei* (Autriche). --
- La petite ville de Weiz, près de Gratz, en Autriche, d’une population de 2000 habitants, est pourvue depuis deux ans d’une installation électrique (pii prend chaque jour une plus grande importance. Le journal Zeitschrift fur Elek-trotechnik, auquel nous empruntons ces détails, nous apprend que l’on trouve dans le pays une fabrique de faucilles qui existe depuis plus de cent ans, ainsi que diverses forges et fabriques de machines. Les directeurs de toutes ces usines sont devenus aujourd’hui des abonnés delà station centrale pour ce qui concerne l’éclairage. L’usine électrique établie par M. Pichler reçoit la force motrice d’une chute d’eau de 17”,5 avec un débit de 700 litres d’eau par seconde. Une turbine, d’une puissance de 120 chevaux, actionne un alternateur à courants diphasés de 80 volts et 550 ampères. Des transformateurs à la station centrale élèvent la différence de potentiel à 2000 volts; la canalisation est aérienne. L’usine comprend également une installation à vapeur de 55 chevaux pour servir de réserve et une dynamo à courants continus pour l’excitation de l'alternateur. Le nombre de lampes desservies est actuellement de 800 de 16 bougies. La fourniture de l’énergie électrique est faite à forfait à raison de lfr,80 par mois et par lampe de 16 bougies. On ne compte maintenant en service pendant la journée que deux moteurs de 6 chevaux, dont l’un est installé chez un horloger. Cet abonné ne paye par an qu’une somme de 25 francs, mais à la condition de ne plus utiliser le moteur dès que commence l’éclairage dans la soirée. J. L.
- I, "escarpolette diabolique. — Nous avons decri t précédemment 1 cette curieuse escarpolette américaine où les personnes assises se figurent, par une illusion d’optique, qu'elles tournent autour d’un axe et qu’elles accomplissent une rotation complète, après avoir eu la tète en bas et les jambes en l’air. Nous avons terminé
- 1 Yoy. n° 1101, du 7 juillet 1894. p. W>.
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- notre article en disant qn’nn imprésario parisien ne tarderait à nous offrir ce spectade. Cela est réalisé aujourd'hui. Le directeur du Casino de Paris, rue de Clicliy, (pii lit La Nature, a construit une escarpolette diabolique sur nos indications. Jl a bien voulu nous faire les honneurs de son appareil et nous avons constaté que l'illusion est absolument complète et extraordinaire. On reste immobile dans l'escarpolette, mais la chambre où l'on se trouve pendu à un axe, tourne autour de cet axe, et l’impression de sa propre rotation est telle, qu’instincti-vement on se retient des mains au dossier de la banquette. Comme nous l’avons dit, il y a dans cette curieuse expérience une illusion analogue à celle que l’on éprouve dans un wagon immobile, quand un train se déplace à côté de lui. On ressent l’impression de la marche, et l’on croit que c'est le wagon où l’on se trouve qui est en mouvement. Une autre escarpolette diabolique a fonctionné aussi à la fête de Saint-Cloud.
- La foudre et 1rs ballons captifs. — On se
- rappelle les premières expériences de Franklin avec les cerfs-volants et les suites fatales qu’elles eussent pu entraîner. Ces effets fâcheux viennent de se reproduire au camp d’Aldershot avec un ballon captif militaire. Ce ballon, de faibles dimensions, était à une hauteur d’environ 60 mètres et retenu par un câble ; on était en train de le ramener sur son fourgon au moyen du cabestan, à cause de la pluie violente qui tombait, lorsqu’il fut frappé par la foudre ; trois des soldats qui travaillaient au cabestan furent jetés à terre par le choc, sans cependant être gravement blessés. 11 y aurait lieu peut-être de prendre des précautions dans de pareils cas.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 1"’ octobre 1894.— Présidence de M. Lœwy.
- La température des sommets montagneux. — M. le général Venukof fournit l’indication des températures extrêmes qui ont régné sur le sommet du mont Ararat depuis l'été dernier. L’altitude de ce sommet est de 4912 mètres. L’année dernière un voyageur russe, M. Pastoukof, avait installé dans une boîte en fer-blanc déposée en une cavité convenablement choisie, un thermomètre à maxima et un thermomètre à miniina. Le U» août de cette année un autre voyageur, M. Zimmer, a visité ce sommet. Il a retrouvé les instruments parfaitement intacts dans leur abri. Le thermomètre à maxima indiquait + 17°,25 et le thermomètre à miniina —<40°. Les instruments ont été remis en place. Il sera très intéressant de comparer ces résultats avec ceux que fournira l’Observatoire du Mont-Blanc, car les sommets des deux montagnes sont à des altitudes à peu près égales, mais dans des conditions différentes au point de vue de l’humidité.
- Mouvements giratoires des hautes régions de l'atmosphère. — M. Fayc signale une observation faite par des officiers russes au cours d’un voyage en ballon, où il trouve une preuve expérimentale de sa théorie des tourbillons descendants. Partis de Goniondz sur la frontière de Pologne, les aéronautes atterrirent à 800 kilomètres de cette ville en une, localité appelée Tchcrnigow, après un trajet effectué, au-dessus de cumuli, à une altitude qui fut constamment supérieure à 5000 mètres. Le ballon était emporté par un courant aérien sud-sud-ouest-nord-nord-est très régulier quant à la vitesse et la direction. L’air ambiant était bien transparent, mais les cumuli ca-
- chaient aux observateurs la vue de la terre tandis que des cirri leur voilaient le ciel. I)e temps à autre le ballon était animé d’un mouvement de giration autour de son axe, au milieu de cette nappe d’air qui progressait tranquillement vers le nord-nord-est. M. Fave explique ce phénomène en supposant que de petits tourbillons se formaient dans les couches d’air plus élevées que le ballon. Lorsque l’un de ces tourbillons, qui suivaient d’ailleurs le courant, venait en descendant dans les couches plus basses à rencontrer le ballon, celui-ci était animé du mouvement de giration constaté.
- Le milieu interplanétaire. — M. Callandreau expose le résultat des recherches de M. Backlund relativement à la Comète de Encke. Le point de départ des travaux en question a été la constatation d’une diminution dans la durée de révolution de cette comète. Cette diminution qui correspond à une accélération du mouvement moyen conduisit Encke à émettre l’hypothèse d’un milieu résistant. L’accélération du mouvement moyen a été moins sensible de 1865 à 1871; cette particularité indiquait la nécessité d’une discussion générale des observations : c’est le travail qui a été accompli par M. Backlund. De 1871 à 1891 la diminution a été très faible. L’auteur conclut qu’il est impossible de rien affirmer relativement à l’existence d’un milieu résistant, débris de la nébuleuse qui, selon Laplace, a donné naissance au système solaire, parce qu’on ne peut suivre la comète loin du soleil.
- Transmetteur électrique des indications de la boussole. — M. Bcrsier a imaginé une boussole qui permet de surveiller la route suivie par le navire1. En raison de l’impossibilité de faire opérer aucun contact à la rose magnétique, il a eu l’idée d’employer l’étincelle électrique de la bobine de Ruhmkorff comme trait d’union entre un point de la circonférence de la rose et un certain nombre de lames imparties verticalement sur la paroi de la cuvette. A cet effet, une étincelle jaillit en permanence de la pointe nord de la rose sur l’une des lames. Le courant induit traverse l’électro-aimant d’un relais qui allume l’une des six lampes placées dans un tableau devant l’homme de barre. Pour suivre la route, il suffit d'orienter à la main, dans l’axe du navire, le couvercle de la boussole, dont le pourtour gradué entraîne les lames. L’homme de barre manœuvre de façon que les deux lampes milieu soient allumées simultanément : il y a alors superposition exacte des graduations du couvercle et de la rose : le navire suit la roule voulue. Le propre de l’invention de M. Bcrsier réside dans la mise en jeu d’une énergie électrique aussi élevée qu’ou le désire, par le transport d’une étincelle.
- Varia. — M. Fourcau signale i’existence d’une bande de calcaire carbonifère dans le Sahara, parallèle à celle déjà signalée par M. Roche, l’ingénieur des mines qui a péri dans le massacre de la mission Flatters. — M. Prunct attribue à un même parasite différentes maladies de la vigne connues sous le nom de gonunose bacillaire, roncct, mal nero, gelivure, antbracose, etc. Gu. de Villedeull.
- LÀ SCIENCE PRATIQUE
- ROUE SPHÉRIQUE A MOUVEMENT UNIVERSEL
- La roue ou la roulette sphérique est une invention nouvelle d’un amateur qui veut garder l’anonyme ;
- 1 Yoy. n° 1099, du 25 juin 1894, p. 49.
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- LA NATURE.
- elle remplace avec avantage l'ancienne roulette que nous représentons ci-dessous (fig. 1).
- La nouvelle roue sphérique se compose de deux hémisphères A et B (fig. 2) ou calottes dont les hases, ou parties planes, sont séparées l’une de l’autre, parallèlement, par une étroite zone ou espace vide. Ces deux calottes sont unies l’une à l’autre parun axe ou essieu, comme les deux roues d’un véhicule.
- Du centre de l’axe, perpendiculairement à celui-ci, comme les deux liras d’une croix, partent deux branches dont les extrémités passent dans l’espace libre, entre les deux hémisphères. Chacune de ces branches ou tourillons est d’une longueur plus grande que le rayon des hémisphères, d’ou il résulte deux bouts saillants qui servent de point d'appui au support ou armature dans lequel est enchâssée la roue.
- Cette roue peut tourner dans tous les sens. Les hémisphères peuvent no faire qu'une seule et même pièce avec leur essieu, ou être calés sur celui-ci, ou tourner sur cet essieu indépendants l’un de l’autre. La roue sphérique nous paraît de beaucoup préférable aux roulettes généralement employées pour les meubles,les pieds de lit. 11 est facile de constater que ces roulettes travaillent en porte-à-faux.
- Au moment oii commence le déplacement d’un meuble, rarement les roulettes dont il est muni se trouvent dans la position convenable au roulement vers la direction voulue. Généralement chaque roulette est tournée dans un sens différent, et elles ne se déplacent vers la direction cherchée, que grâce à un effort aussi nuisible au meuble qu’aux roulettes, au parquet ou aux lapis, sur lesquels, le plus souvent, elles traînent au lieu de rouler.
- Ces roulettes pivotent et tournent, mal sous, des j
- poids un peu considérables, car on ne saurait augmenter dans ce cas leur diamètre, comme il conviendrait, sans augmenter en même temps la distance qui sépare leur centre de celui du pied du meuble, ce qui ne pourrait se faire qu’au détriment de sa beauté et de sa solidité.
- Les roulettes, en outre, ne sont nullement décoratives et déparent souvent des objets de luxe et d'utilité dont le dessin et les autres détails sont d’une rare perfection, car à leur forme peu gracieuse vient en effet s’ajouter leur manque de symétrie par rapport aux pieds du meuble et entre elles, car rarement, après leurs capricieuses évolutions, elles restent dans des positions identiques. Avec la roue sphérique, rien de semblable, ni au point de vue purement technique, ni sous le rapport de l’art, point si important quand il s’agitde meubles. La charge tombe sur la roue sphérique, normalement, d’aplomb ; il n’e;t pas besoin de perforer le
- pied du meuble pour y introduire une tige comme celle des roulettes ordinaires ; la symétrie du système est par-laite et sa forme, sous tous rapports, est plus artistique; car une boule ou une sphère au bas d’un meuble est plus décorative qu’une roue ou qu’un disque. La roue sphérique peut être en métal, bois et métal, etc., et son diamètre peut varier de quelques millimètres à plusieurs décimètres : aussi croyons-nous que ses applications seront nombreuses, même en dehors de l’ameublement. Nous avons vu fonctionner ce système ingénieux, mais malheureusement, il ne se trouve pas encore dans le commerce. G. T.
- Le Propriétaire-Gérant : G. -Tissaxdikr.
- Paris. — Imprimerie Laliure, rue de Fleurus, 9.
- 3^^
- Fig. 2. — Roue sphérique. — 1, 2, 3. Détails de sa construction. 4, 5, 6. Différents modèles.
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- N# 1-115.
- 15 OCTOBRE 1894.
- LA NATURE.
- PYGMÉES DU CONGO
- Lorsque je débarquai à Mayoumba, au début de cette année, mon premier soin fut de me préoccuper de l’importante question, dans les voyages analogues à ceux que j’allais entreprendre, de me procurer des porteurs. En effet, il n’existe au Congo aucun animal de portage et particulièrement dans la région du littoral que j’allais parcourir; les dil'ticultés du terrain sont trop grandes pour que l’on puisse songer à en emporter avec soi. Seul, l’homme est assez résistant et assez souple pour se ployer à toutes les exigences d’une marche souvent pénible à travers les forêts, les marécages, les plaines inondées ou les rudes escarpements.
- L’on m’avait dit que je trouverais facilement à recruter sur place la cinquantaine d’hommes dont j’avais besoin. .Malheureusement pourmoi, je trouvai la situation changée et devenue quelque peu difficile.
- Un chef du voisinage, Mafoukou-Dindé, avait pris formellement attitude contre nous et essayait de révolter les noirs contre l’autorité du poste. Très courageusement, et n’écoutant que son devoir, l’administrateur du poste, M. llinault, prit avec lui six tirailleurs sénégalais, laissant le reste, quatre hommes, à la garde du poste et se rendit chez le chef dissident. Il l’intimida par son attitude énergique, mais ne put entreprendre d’entrer en lutte contre la véritable petite armée dont disposait le noir. La situation était donc mauvaise et ma venue avec les forces imposantes dont je disposais (j’avais cinq tirailleurs noirs) n’était [tas faite pour calmer les esprits. Les indigènes se disaient que notre intention devait évidemment
- 22° aimée. — 2° semestre.
- être d’entreprendre une expédition. Et le résultat était que nul ne voulait s’engager comme porteur pour une marche qu’ils se figuraient devoir devenir belliqueuse. Je dus donc prendre mon parti, m’installer au poste, usant largement de l’aimable hospitalité de mon hôte, et utiliser mon temps en étudiant le pays.
- Un de mes premiers soins fut de me mettre en rapport avec le chasseur indigène qui, me disait-on,
- approvisionnai t * abondamment le poste en gibier de toute sorte. Je comptais ainsi obtenir quelques dépouilles d’animaux intéressants. Je demandai qu’on me l’amenât. Et quelle ne fut pas ma surprise lorsque je me trouvai en présence d’un petit bonhomme qui me sembla à première vue un enfant d’une douzaine d’années. Je revins bien vite de mon erreur : mon chasseur était bien un homme adulte de 25 à 50 ans, comme tous les caractères exté-rieurs l’indiquaient. Il gardait devant moi une attitude timide, presque craintive, et sa physionomie respirait une extrême réserve. Jamais, à le voir, on n’eùt deviné que c’était là, comme j’eus d’ailleurs l’occasion de m’en convaincre, un chasseur courageux n’hésitant pas à s’attaquer aux animaux les plus dangereux. Et les autres noirs riaient de son effarement, de sa taille réduite, de son aspect chétif.
- Je compris de suite que j’étais en présence non d’un cas tératologique, non d’un de ces avortons comme on en rencontre dans tous les peuples, mais bien d’un représentant d’une race spéciale, particulièrement curieuse. J’avais été prévenu, il faut Je dire, par M. le I)r Ilamy, de la présence possible en ces parages d’une race naine, à peine entrevue encore,
- 20
- Pygmée du Congo, à côté d’une négresse du même pays, de taille ordinaire. (D’après une photographie de l’auteur.)
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- LA NATURE.
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- non décrite et présentant par ses particularités un très haut intérêt anthropologique. Je demandai donc d’où venait cet homme et il me lut répondu que c’était un esclave venant de l’intérieur, et appartenant à une tribu que l’on nomme Ohongo ou Okoa. Mais cette tribu, attaquée par des voisins plus lorts, avait presque tous ses représentants disséminés et réduits «à cet état de vassalité qui est réservé aux captifs. J’avais l’espoir de rencontrer d’autres représentants de la race au cours de mon voyage, peut-être même à Mayoumba, dont je me proposais de visiter les environs.
- J'examinai avec soin ce premier spécimen des pygmées de la côte occidentale, j’en pris des photographies et lui lis suhir des mensurations. 11 avait lm,58 de hauteur; c’est lui que représente la photographie reproduite un peu plus haut. Cette race des Obougos porte à Irois le nombre des loyers de pygmées observés en Afrique. Schwcinfurlh le premier parla des Akkas qu’il vit au pays du Monbou-tous et qui ici également vivent à l’état isolé, disséminés dans les villages. Cet explorateur raconte combien il eut de peine à décider les indigènes à le conduire auprès de ces pygmées ou à lui en amener un individu. Finalement, un jour, on lui en apporta un. Plus tard il en vit un second et essaya de le ramener en Europe, mais il mourut avant la fin du vovage. Ses observations ont été faites avec cette érudition et cette scrupuleuse exactitude qu’il apportait à tous ses travaux; on est très bien fixé sur les caractères de ceux qu’il observa. Stanley dit avoir vu des tribus entières de pygmées contre lesquels il dut même livrer bataille. Ce seraient là les seules agglomérations de ces nains existant encore. 11 est à regretter que l’on n’ait pas sur leur compte un nombre suffisant de détails précis.
- Les Obongos, race dont un représentant se trouvait sous mes yeux, avaient été signalés par du Chaillu, mais on sait combien ce voyageur se plaisait à entourer ses récits de pittoresque, et il est difficile d'y discerner ce qui devait rester la part de P observation directe des faits.
- Le chasseur du poste était, comme je l’ai dit, de très petite taille, il mesurait un mètre 58 centimètres et demi. Ce qui le faisait distinguer de suite des autres noirs, à part sa dimension, c’était la couleur de sa peau. Celle-ci était d’un bronzé clair à peine plus foncé que la couleur de certains mulâtres ; ses cheveux courts, relativement peu abondants, crépus mais non réunis en la forme dite en grains de poivre, présentaient une couleur également claire; ils étaient d’un roux brun, à peu près comme les cheveux des noirs qui se les décolorent à l’aide d’une préparation de chaux; mais, comme je m’en assurai, cette couleur était chez le nain parfaitement naturelle. Le système pileux était assez développé sur le corps entier, et les bras et la poitrine portaient quelques poils, très courts, à peine frisés et presque blonds. La conformation crânienne, l’aspect de la face ne sont pas moins particuliers chez cette race
- curieuse. La tète est globuleuse et le prognathisme peu accentué. La bouche, aux lèvres peu épaisses, est surmontée d’un nez presque droit avec la base des narines peu élargie. Mais ce qui frappe surtout, c’est la clarté de leur regard. Les sourcils et les cils presque blonds encadrent des yeux peu foncés et qui n’ont rien de ce regard tout noir du nègre.
- Tel était ce petit homme, très singulier, comme on voit, et qui paraissait considéré par ses compagnons comme étant d’une race inférieure pour la seule raison qu’elle ne ressemblait pas à la leur. Car, soit dit en passant, ce serait une erreur très grave de penser que les nègres se croient laids et nous considèrent comme beaux; nos cheveux qui ne frisent pas, notre nez qui proémine au milieu de la face, tout cela leur semble singulier ou même grotesque.
- Cependant les pourparlers engagés avec les chefs du pays en vue de me procurer des porteurs n’aboutissaient pas malgré l’augmentation de salaire promise, tant la crainte d’hostilités possibles était grande chez ce peuple pusillanime de Bavilis, et aucun raisonnement n’arrivait à les convaincre. Je dus donc demander aux factoreries anglaises établies en ce point (il n’y en a pas de françaises) de consentir à me livrer les travailleurs attachés à leurs établissements, m’engageant à les leur renvoyer sitôt que nous serions arrivés en un point où le recrutement serait rendu possible.
- La combinaison fut acceptée et je pus me procurer, à grand’peine, en resserrant mes bagages et condamnant tout ce qui n’était pas strictement nécessaire, un nombre d’hommes suffisant pour pouvoir me mettre en route. J’eus le plaisir de voir venir parmi mes nouvelles recrues deux nains Obongos. Leur petite taille, leur couleur claire les faisaient contraster avec leurs camarades de portage dont plusieurs appartenaient à la race du N’Komi, laquelle est composée d’hommes souvent au-dessus de la moyenne ordinaire. Mais la joie passée de pouvoir à nouveau mesurer, photographier et décrire ces représentants d’une race si intéressante, la crainte me vint de ne pouvoir les utiliser. Rien en effet dans leur petite personne n’indiquait la force suffisante pour pouvoir porter la charge réglementaire qui est de trente kilogrammes, et cela à belles journées de dix heures effectives de marche et à travers les difficultés souvent très réelles que présente la traversée de marais ou le parcours de forêts aux brandies enlacées de lianes, au sol détrempé et glissant. Mais il me fut assuré que je pouvais rester sans inquiétude et eux-mêmes affirmaient pouvoir porter les mêmes charges que leurs compagnons.
- Les deux pygmées qui faisaient donc partie de ma caravane présentaient avec le premier que j’avais vu une similitude très grande au point de se ressembler même : c’étaient les mêmes cheveux presques blonds, la même couleur cuivrée du corps, le même regard clair. Je les mesurai et j’obtins les dimensions de 1m,41 et de ln',U2. Un de ces nouveaux engagés
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- LA NAT U UE.
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- exerçait, lui aussi, la profession de chasseur pour le compte d’une des factoreries anglaises.
- Nous étions prêts à partir, et dès le lendemain matin au lever du jour, nous nous mîmes en marche. Après avoir traversé la lagune à l’aide de pirogues, nous suivîmes pendant quelque temps la plage toute couverte d’unsahle fin et mouvant rendant la marche difficile et fatigante.
- Les hommes, souvent, s’engageaient jusque sur la partie baignée, puis recouverte par les ilux et les rellux de la mer, pour trouver un sol plus ferme, battu par l’eau. J’observais mes pygmées qui portaient vaillamment leur charge et faisaient partie du gros de la caravane et non des traînards que deux tirailleurs placés à l’arrière-garde étaient obligés de pousser en avant pour les empêcher d’être complètement distancés.
- Tous les renseignements que je pus recueillir sur mes petits hommes me les ont montrés comme faisant partie d’une race destinée à disparaître. Nulle part, en effet, ils ne semblent plus exister à l’état d’agglomération véritable. Ils sont disséminés dans les villages où ils ne contractent pas d’alliance avec des femmes d’autres races. C’est dans un état tout à fait analogue que Sclrweinfurth a rencontré les Akkas dont il a donné la description dans ses ouvrages.
- Il me souvient que lorsque j’étais dans la région du Haut Oubangui, on me parla aussi de pygmées, mais que je ne pus jamais arriver à en rencontrer. Les indigènes me les décrivaient comme des hommes très courageux et chassant surtout l’éléphant, mais vivant toujours disséminés. N’ayant jamais vu ces nains de l’Oubangui, je ne puis dire s’ils se rapportent à la race des Akkas ou à celle qu’a rencontrée Stanley, lequel est le seul qui ait parlé de véritables agglomérations de pygmées.
- La petite taille des Übongos n’exclut pas chez eux une rude force physique, ce (pie l’on devine d’ailleurs parle développement, relatif il est vrai, de leurs muscles et particulièrement de ceux de la partie thoracique et de leurs bras. Un soir, après une forte journée de marche, je vis arriver un de mes nains, couvert de sueur et présentant des signes de fatigue. 11 portait des fusils de traite. Neuf fusils composaient la charge ordinaire de trente kilogrammes. J’examinai le ballot porté par le pygmée et vis qu’il y avait treize fusils. Ce petit homme avait sans se plaindre, sans rester en arrière, porté pendant toute une journée environ quarante-cinq kilogrammes! Nous avions la veille échangé des fusils contre de la nourriture et le contremaître ayant un homme malade et hors d’état de porter, avait joint ce qui restait de la charge entamée à un autre ballot de fusils sans s’inquiéter de savoir s’il allait échoir à un fort gaillard en état de porter ce supplément de bagage. Cette expérience involontaire et que je ne renouvelai pas, me montra tout ce qu’il y a d’énergie dans le petit corps de ces Obongos.
- Jean Dybowski.
- L’AGRICULTURE AU MEXIQUE
- Dans aucune région agricole de la République mexicaine on ne cultive aussi intelligemment les champs qu’à Jicaltepec et à San Rafael. Les premiers colons qui ont formé des établissements sur les bords pittoresques du rio Nautin vinrent de France. Plusieurs étaient poussés par leur esprit d’entreprise, d'autres sans doute par les nécessités de la vie. Ils fondèrent deux villages situés dans l’Etat de Yera-Ouz qui font honneur tant à leur pays d'origine, qu’à celui qui leur a donné l'hospitalité. L’agriculture étant le principal facteur de la richesse publique, les membres de ces deux colonies se sont consacrés avec ardeur aux travaux des champs pour conquérir le bien-être et le renom d’agriculteurs habiles qu’ils possèdent aujourd’hui.
- Les habitants de San Rafaël et de Jicaltepec ont complètement abandonné les anciennes méthodes de culture qui sont encore en vogue dans un grand nombre de régions du pays; ils ont adopté les méthodes nouvelles qui devraient être partout en faveur parmi nos agriculteurs et qui assurent pour de longues années la puissance fructifiante des plantes et des arbres. Ils se sont surtout attachés à produire la Vanille, industrie agricole qui, d’après les connaisseurs, donne un bénéfice de 50 pour 100. Ils ont admirablement réussi.
- La Vanille, sans pouvoir être assimilée à la Vigne, lui ressemble en ce que ses branches s’étendent de tous côtés et donnent parfois plus de fruits qu’elles n’en peuvent nourrir. De là, la nécessité de régler la fécondation et d’enlever souvent à la plante la moitié de ses gousses pour faciliter le développement des autres, qui atteignent ainsi un développement plus grand et acquièrent par suite plus de valeur. La fécondation de la Vanille est une opération vraiment curieuse et qui intéresse vivement celui qui la voit faire. La personne chargée de cette opération est munie d’un poinçon ; de la main gauche elle maintient la fleur et en ouvre la corolle, puis de la droite elle prend avec le poinçon une petite quantité de semence et l’introduit dans un petit tube à peine perceptible qui se trouve à côté et qui est l’origine de la gousse. Cette opération est faite par des hommes, des femmes ou des enfants avec une telle dextérité que, sans grand travail, ils fécondent environ 1200 gousses.
- On récolte à San Rafaël et à Jicaltepec, outre la Vanille, le Café, le Tabac, le Caoutchouc, la Canne à sucre, le Maïs, le Riz et d’autres produits dont les récoltes sont abondantes. Si les autres régions de nos côtes si fertiles suivaient l’admirable exemple donné par les colonies fran-çaincs de Jicaltepec et de San Rafael, nous n’aurions pas à constater le déficit qui se produit dans notre agriculture et l’abattement de notre commerce.
- LES POIRIERS DE FRANCE
- ET LES POIRIERS DE CALIFORNIE
- Nous avons, nous autres Français, l’habitude déplorable de critiquer ce qui nous appartient, ou ce que nous produisons pour exalter la valeur ou l'importance de ce que font les étrangers, qui eux, ne se lassent pas de vanter leurs œuvres.
- Ces réflexions nous sont suggérées par des observations fort justes qui nous ont été faites par nos lecteurs, au sujet d’une appréciation traduite
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- LA NATURE.
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- d'un journal américain. Voici ce dont il s'agit.
- Au commencement de celte année, La Nature a publié, sur la culture des fruits en Californie, un excellent article qui avait été écrit d’après une revue américaine1; l’auteur, sans rien dire de blessant [tour nos cultures, reproduisit tout naturellement les renseignements que donnait le journal étranger sur les poiriers de Sacramento; il publia la phrase suivante du journal américain : « quelques-uns de ces poiriers atteignent des proportions étonnantes », et l’article était accompagné d’une gravure représentant un cultivateur à coté du poirier, pour donner l’échelle. Ci-dessous, au milieu de notre dessin (lig. 1), nous reproduisons en la réduisant la gravure que nous avons déjà donnée en mars 1894.
- Les proportions étonnantes du poirier de Cali-
- fornie nous ont valu des protestations de propriétaires français qui ont chez eux, dans notre beau pays de France, des poiriers bien [tins étonnants encore parce qu’ils sont beaucoup plus grands.
- Voici ce que nous écrit M. le marquis de Camarasa, qui habite un magnifique château à Carrosse, près de Salies-de-Béarn et dont nos lecteurs ont pu lire à plusieurs reprises des articles dans La Nature:
- A en juger par la grandeur du personnage que l’on voit près du pommier américain (fig. 1), cet arbre doit avoir une hauteur d’environ 7 mètres, et son tronc une circonférence d’un mètre.
- Je vous envoie la photographie d’un poirier des plus fructifères qui se trouve à Carressc dans un jardin verger dont nous ne sommes séparés que par un ruisseau. D’ailleurs, ce jardin au commencement du siècle faisait
- partie du domaine du château, domaine dont le propriétaire était alors le comte de Montréal. En 1804, le comte vendit ce jardinet à la famille Lescudet qui le possède actuellement, et, à cette époque, l’arbre, au dire de ses propriétaires (qui l’ont entendu dire à leur père), était aussi grand qu’aujourd’hui, du moins en apparence, car ils ne l’ont jamais mesuré. Un menuisier leur en a offert 200 francs.
- Sa hauteur doit être de plus de 10 mètres. Sa circonférence, à 1 mètre du sol, est de lra,l)0.
- Notre correspondant joint à sa lettre la photographie que nous reproduisons à gauche de notre ligure (n°2). Un homme est au pied de l’arbre.
- Un autre de nos lecteurs, M. Moreau, nous a envoyé d’autre part la communication suivante :
- Je me permets de vous adresser la photographie d’un
- 1 Voy. « Ui culture des fruits en Californie », n° 1085, du 1 i mars 1804, p. 240.
- poirier de Normandie (Ouilly-le-V‘°, Calvados), où les poiriers de celte taille sont assez nombreux (15 à 17 mètres) ; celui que je vous adresse (n° 5 de notre gravure) est tout à fait remarquable; il me semble laisser loin derrière lui les poiriers de Californie dont les lecteurs de La Nature ont eu le plaisir d’être entretenus.
- Notre gravure complète ces intéressants renseignements qui font honneur à nos arbres fruitiers nationaux. Le dessinateur a représenté Yétonnant poirier californien, suivant l’expression du journal américain, et les deux arbres français, à la même échelle. On voit que les poiriers des Basses-Pyrénées et de Normandie font assez belle figure à côté de celui qui a été planté de l’autre côté de l’Atlantique. 11 en est de même pour bien d’autres objets qui ne sont pas souvent assez appréciés par nous.
- Gastox Tissa nui eu .
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- LA NATURE
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- L’INTENSITÉ DE LA. PESANTEUR
- ET LES MESURES DU COMMANDANT DEFFORGES1
- Mesure de l'intensité relative de la pesanteur. Le pendule que nous avons décrit dans notre premier article est trop lourd pour être d'un transport iacile. Il a servi à des mesures fondamentales dans quelques stations importantes, mais il ne fallait guère songer à l'employer à la détermination de l’ensemble des valeurs de g; il n’est, nullement nécessaire, heureusement, d'effectuer partout des mesures absolues. Un appareil dont on a déterminé les corrections, en
- le faisant osciller en un lieu où l’on connaît la valeur de g, peut rendre exactement les mêmes services.
- La première idée qui se présente à l'esprit est de se servir, dans ce but, d’un pendule robuste, que l’on considère comme invariable; c’est aussi le procédé employé par de nombreux observateurs. Mais si, par un accident quelconque, le pendule se modifie, on n’en est averti qu’à la fin d’une campagne, par les mesures de contrôle, et les résultats de toute la campagne deviennent douteux. Le pendule à deux axes porte, avec lui, le critérium de sa permanence par l’échange des couteaux. Mais cet échange n’est pas sans quelques dangers lorsqu’on ne peut pas, à
- Fig, —. Appareil tlesliiit; à la mesure relative de l’intensité de la pesanteur. — A gauche, pendule recouvert de sa cloche,
- à droite, appareil des coïncidences; au milieu, machine pneumatique.
- l’aide d'un comparateur, mesurer chaque fois leur distance exacte.
- La question peut, cependant, être attaquée d’un autre côté, et l’on arrive aisément à une solution parfaitement satisfaisante par un renversement du pendule sans échange des couteaux, simplement en déplaçant, d’un bouta l’autre, une masse qui change la position du centre de gravité symétriquement par rapport au centre de figure2. L’instrument construit sur ce principe a reçu le nom de pendule inversable.
- La figure 1 représente l’ensemble de l’installation à une station secondaire ; on voit, à gauche de la
- 1 Suite et fin. — Voy. n° 1113, du 29 septembre 1894, p. 275.
- 2 Les formules montrent que les expériences avec le pendule réversible conduisent à un résultat illusoire et qui se présente sous la forme ® lorsque le pendule est symétrique.
- figure, la cloche entourant le pendule ; elle n’est plus, comme pour le pendule absolu, maintenue entre deux piliers indépendants; on a reconnu qu’il suffisait de la boulonner fortement sur un pilier de maçonnerie ; elle est en bronze et d une construction extrêmement robuste. Le couvercle qui la termine est pourvu d’une gorge dans laquelle on a comprimé des rondelles de cuir, que l’on a ensuite tournées et alésées, de manière à obtenir, sur le plan supérieur de la cloche, un contact parfait et une fermeture étanche. On voit, à la partie antérieure de la cloche, deux regards qui servent à l’observation, et un robinet pour l’évacuation. La machine pneumatique représentée près du pendule, et qui fait partie de l’outillage d’une expédition, est employée à cet usage.
- A droite, se trouve l’horloge, munie de l’appareil
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- des coïncidences que nous avons décrit dans notre premier article, et qui sert aussi bien dans les mesures relatives que dans les mesures absolues. Lorsqu’on n’est pas relié électriquement à un observatoire astronomique, il est naturellement nécessaire de vérifier la marche de l’horloge par l’observation des étoiles.
- Le mouvement du support se mesure à l’aide d’un microscope. Quant au glissement, il a été trouvé très constant, et l’on admet qu’il est le même dans toutes les stations.
- Mesures et résultats. L’intensité absolue de la pesanteur a été mesurée aux sept stations suivantes: Paris, Greenwich, Marseille, Uivesaltes, Alger, Jïre-teuil et Nice. Aux cinq premières, on a fait, en outre, des mesures relatives. L’accord en est très remarquable; si l’on met en regard les résultats absolus et ceux que l’on calcule en partant de la valeur trouvée à Paris, on obtient, en effet, le tableau
- suivant :
- Greenwich. . . .
- Marseille.........
- Uivesaltes. . . . Alger.............
- Valeur de </ en m : s or2. Mesure absolue. Mesure relative.
- 9,8125(1
- 9,80541
- 9,804-7(1
- 9,79901
- 9,81251
- 9,80550
- 9,80489
- 9,79905
- La parfaite suffisance de la méthode relative étant ainsi démontrée, il ne restait plus qu’à l’appliquer dans une région aussi étendue que possible; c'est ainsi que la valeur de g a été déterminée en 20 stations, comprises entre Edimbourg et Biskra. Mais ce n’est pas tout; les mesures du commandant Delforges ont plusieurs points communs avec celles de liiot, en France et dans la Grande-Bretagne, et avec celles de Kater, dans ce dernier pays. Les mesures de Sabine, Foster, Fallows, faites avec les instruments de Kater, deviennent ainsi comparables aux expériences récentes, dette remarque est importante, car elle permet de ramener à une même unité des mesures faites jusqu’aux îles Shetland et au Spitzberg. Les mesures de Liitke, Freycinet, Ihiperré, réduites de même, donnent la valeur de y pour les îles du Pacifique et de l’océan Indien ; celles de Basevi et lleaviside font connaître la pesanteur dans l'IIindoustan. Enfin, les expériences de MM. Peters et Alhrecht, avec lesquels le commandant Delforges a des stations communes, permettent de réduire le bassin de la mer du Nord.
- Les résultats numériques de ces mesures sont les suivants :
- Mesures (te M. le commandant Delforges, et de MM. les capitaines Luhnnski, Bourgeois et Dumézil.
- Noms g
- des stations. m : sec2.
- Edimbourg..........0,81077
- Greenwich.............0,81254
- beyde..............0,81548
- liruxelles.........0,81160
- Lihons.............0,81005
- Paris..............0,81000
- Marseille.......... 0,80530
- lîaslia.............. 0,80570
- Corte................ 0,80384
- Ajaccio............ 0,80454
- Noms g
- des siations. m : sec2.
- Alger.............. 0,70002
- Médéah............. 0,70702
- Boghar............. 0,70020
- Rivesaltes. . . . . 0,80482 Pratz-de-Mollo. . . 0,80230
- Port-Vendrcs. . . . 0,80513
- Montlouis. ... 0,80053
- Bell egard c....... 0,80304
- Philippeville. . . . 0,80010
- Col des Oliviers . . 0,70801
- Noms U Noms !7
- des stations. m : sec2. des stations. m : sec2.
- Oulod-Bliainoun . 9,79700 Montréal.. .... 0,80720
- Constantine. . • . 9,79745 Chicago 0.80345
- Aïn-Yagout.. . . . 9,70627 Denver 9,790X4
- Batna . 0,70525 Salt-Lake Citv . . . 0,70816
- El Kantura. . . . . 9,79004 Mont llamiltoa. . . 9,79085
- Biskra. * . . . . 9,79074 San Francisco. . . 0,80016
- Washington . . . . 9,80107
- Mesures diverses.
- Saint-Thomas. . . . 9,78297 Ile <le France. . . 9,78959
- Ascension. . . . . 9,78572 Berlin 0,81330
- Sainte-Hélène,. . . 9,78736 Kœnigsherg. . . . 0,81530
- Terre de Feu.. . . 0,81676 Alloua 9,81454
- Iles Shetland.. . . 9,82279
- Nous renverrons au Mémoire original nombreuses stations hindoues.
- Conclusions. Cdairaut a donné, il y a siècle, une formule reliant l'intensité de
- pour
- les
- plus d’un la pesan-
- torni Ho»!»88*
- Courbe
- Uashingtcm/
- U nsi
- Portsoy
- 29*
- teith *?.../ +3
- Cliflon
- Fig. 2. — Anomalies de la pesanteur sur le continent nord américain.
- tour à la latitude d’un lieu, dans l'hypothèse qu’aucune perturbation locale ne se produise. Le grand
- intérêt théorique que pré- sP.t2b3r3 |A"......., * as
- sentent les mesures de la pesanteur réside précisément. dt.Mts la comparaison des résultats de l’expérience avec la formule de Flairant, pour les raisons que nous avons indiquées au début de cette étude1.
- C'est cette comparaison que le commandant, Def-lbrgos donne dans son Mémoire, et dans une Note présentée à l’Académie des sciences le 29 janvier de cette année. Gette dernière se rapporte aux stations américaines qui permettent de tracer une ligne traversant le continent.
- La réduction au niveau de la mer étant faite, les figures 2 et o représentent, les anomalies constatées.
- Dans cette der-
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- Londres Greenwich Dupkerque Shankhn Farm Lihons, -2/”
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- nière figure, la ligne continue
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- Fig. 3. — Anomalies de la pesanteur dans la région méridienne de Paris.
- indique les altitudes, tandis que la ligne pointillée réunit les valeurs trouvées pour les anomalies correspondantes. Celles-ci sont exprimées en
- 1 Le désir d'arriver, le plus rapidement possible, à trouver les raisons de ces anomalies a engagé l’Association géodésique internationale à s’adjoindre des géologues, qui prendront désormais part à ses réunions
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- unités de la cinquième décimale; en d’autres termes, elles représentent, en centièmes de millimètre (l’unité de temps étant la seconde) les écarts entre les valeurs expérimentales, et celles que donne la formule de Clairaut.
- Os anomalies sont bien nettes; partout, dans la ligne (pii traverse l’Europe et l’Algérie, dans les îles, dans l’Hindoustan, et sur le continent américain, on remarque un excès de pesanteur dans les îles, de faibles anomalies sur le littoral, enfin de notables défauts de pesanteur sur le continent. Au voisinage des Montagnes Rocheuses, l’anomalie est considérable ; elle atteint—0,00245 m : seconde2, soit 4uVo environ. A Moré, elle est plus du double, et atteint presque le dixième de la variation du pôle à l’équateur. Elle est, dans ces endroits, assez considérable pour fausser de plusieurs dixièmes de millimètre la réduction du baromètre.
- La découverte de ces anomalies remet en question la définition de l’intensité normale de la pesanteur. On pensait, en effet, qu’il suffisait de réduire les mesures à 45 degrés et au niveau de la mer pour que les résultats fussent toujours comparables. On voit, aujourd’hui, que cette définition est encore trop vague. Mais il sera bien difficile de la préciser sans retomber dans l’arbitraire. Ch.-Ed. Guillaume.
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- LES GRUES-CHÈVRES
- DERRICKS
- Ges nouveaux engins élévatoires sont d’origine américaine. Les avantages qu’ils présentent font rapidement généraliser leur emploi aux États-Unis dans la construction des ponts, des édifices et des chemins de fer, l’extraction des carrières, la pose des pilotis, le service des chantiers, des ports, des docks, des entrepôts, des établissements métallurgiques, des arsenaux, des usines ejt des ateliers* de toute sorte, partout, en un mot, où il y a des charges à soulever ou à déplacer.
- Très légers relativement à leur puissance, qui leur permet de manœuvrer aisément des charges atteignant 20 000 kilogrammes, très solidement construits, très faciles en môme temps à installer, à démonter et à transporter, on s’explique qu’avec de telles qualités, ces nouveaux appareils puissent en peu de temps supplanter tous les anciens engins de levage de même force.
- Les appareils que représentent nos trois premières figures se composent essentiellement d’un mât maintenu dressé verticalement par des câbles partant de son sommet, et d’une volée articulée au pied de ce mât de manière à pouvoir pivoter avec lui autour de son axe et prendre toutes les inclinaisons nécessaires, depuis la position verticale jusqu’à l’horizontale. Tenant ainsi à la fois de la grue par la volée et de la chèvre par les câbles de maintien, ces nouveaux appareils sont donc bien désignés par le double nom que nous leur avons donné.
- Aux Etats-Unis, comme du reste aussi en Angleterre, on appelle communément Derricks tous les divers engins destinés à élever de lourdes charges; à chacun de ceux-ci s’applique un nom spécifique associé à ce nom général de derrick : grue (crâne derrick), chèvre (crab derrick ou guy derrick, guy signifiant câble de maintien), sonnette pour pilotis (pile driver derrick), etc. La dénomination qui correspondrait à la nôtre serait celle de crâne guy derricks; mais, dans leur pays d’origine, les nouveaux appareils sont simplement appelés ou crâne derricks où guy derricks, et cela à peu près indifféremment : ce qui ne fait que justifier encore davantage notre nom de grues-chèvres.
- Selon les charges à soulever, l’engin est actionné par une machine à vapeur, par un cheval de manège ou par des bras d’hommes. Dans le cas d’un moteur à vapeur, la puissance de celui-ci est le plus ordinairement de 10 à 12 chevaux. L’enroulement des câbles de traction s’opère d’ordinaire sur deux tambours dont l’un sert à la commande de la volée et l’autre à la levée et à la descente du fardeau. Pour manœuvrer avec les grues-chèvres américaines une charge de 7 à 8 tonnes, un tambour de 50 à 55 centimètres de diamètre est parfaitement suffisant, Dans les modèles construits actuellement, la sen-: sibilité des freins est telle qu’une légère pression de la main suffit pour déterminer l’ascension ou la descente aussi bien de la charge la plus lourde que de la plus légère, et toujours avec la plus complète aisance et la plus parfaite régularité. L’abaissement est même-si facile à conduire qu’un bouchon peut; sous la pression du fardeau, être enfoncé dans une bouteille jusqu’au ras exact du goulot sans risque aucun de briser le verre. y U 4î (
- La figure 1 représente l’installation des grues-) chèvres tubulaires à vapeur employées à l’érectlonj du Palais de justice de l’ancienne ville des Mormons: (Salt-Lake City), dans l’État d’Utah. La hauteur de leur mât vertical est de 25 mètres:, la longueur dp leur volée est de 25 mètres, et leur force portante,-constatée aux épreuves, est de 5000 kilogrammes.
- Disons ici qu’avant la mise en œuvre, les constructeurs essayent chaque appareil en suspendant au milieu de la volée, après qu'elle a été amenée à l’horizontalité, un poids de 1,560 kilogrammes; ce qui dépasse de beaucoup l’effort que doit supporter ce point pendant le fonctionnement. , ,
- Dans la construction du Palais de justice de la Cité du Lac-Salé, quatre grues-chèvres ont été employées. Ainsi que le montre la figure 1, elles étaient .installées en dedans des murs de façade de l’édifice, Celui-ci, de forme rectangulaire, a une longueur de 100 mètres sur une largeur de 42^,70. ,,
- Les appareils occupaient les quatre sommets d’un losange intérieur. Chacun d’eux était supporté par un piédestal en bois de charpente qui élevait sa base proprement dite à 12m,20 du sol. De sorte que, vu la longueur de la volée, chaque grue-chèvre pouvait élever, descendre et déplacer des matériaux dans un
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- rayon do près do 2(i mètres autour de son axe; autrement dit, les quatre engins su misaient pour couvrir entièrement par leur champ d’action le rectangle de 100mx4'2m,70 sur lequel s’élève l’édifice.
- Grâce aux piédestaux posés au préalable, les appareils n’ont pas besoin d’être déplacés avant l’achèvement complet de la construction.
- Ainsi juchés sur ces piédestaux ou pylônes, qu’on fait aussi hauts qu’il est nécessaire, leurs longues volées peuvent toujours osciller à un niveau aussi élevé que l’exige la hauteur finale des plus grands édifices.
- Dans la figure 2, une autre grue-chèvre tubulaire à vapeur appartenant au même type que celles de la figure 1, est appliquée à empiler des charpentes de
- 1er dans la cour d’une usine de constructions métalliques de Minneapolis (Minnesota). La force portante est encore ici de 5000 kilogrammes ; mais les dimensions sont un peu moindres : 16“,75 pour le mat, et 15m,25 pour la volée.
- La ligure 5 nous présente un appareil identique au précédent, mais actionné, cette fois, par bras d’hommes; il est employé à la construction des piles d’un pont à Manitowoc (Wisconsin).
- En vue d’allier la légèreté à la solidité et à la puissance, dans les grues-chèvres de ces trois premières figures, le mat et la volée sont construis en fer creux ; d’où le nom de tubular derricks.
- Pour faciliter le transport, la mise en chariot ou
- Fig. i. — Construction du Palais de justice de Salt-Lake City (ville des Mormons), aux États-Unis, avec les grues-chèvres américaines.
- en wagon et le déchargement, ces deux longues pièces tubulaires sont démontables, selon leurs dimensions, en deux, trois ou quatre tronçons, dont le plus grand, en tout cas, n’excède pt^s G mètres et demi. D’où cet autre nom de seclioual derricks ou de tubular sectional derricks.
- Pour réduire au temps minimum le montage et le démontage, ces tronçons de tubes s’unissent bout à bout sans pas de vis et par de simples joints glissants. Des tringles d’acier fixées solidement par leurs bouts aux deux extrémités du màt ainsi qu’à celles de la volée, et tendues sur des croisillons situés aux lignes de jonction des portions de tubes, sont chargées d’assurer à ces deux longues pièces la rigidité nécessaire. Les dispositions sont prises d’ailleurs pour que les efforts latéraux leur soient autant
- que possible évités. Une échelle placée le long des tringles de bandage du màt procure un facile accès au sommet de celui-ci. Lorsqu’elle est associée a des dimensions suffisantes, c’est grâce à la structure dont nous venons de parler, que ces appareils peuvent manœuvrer aisément des charges de 20 tonnes.
- Une autre variété de sectional derricks est représentée par des grues-chèvres dont le mât et la volée sont construits en pièces de bois de charpente solidement assemblées, tout en étant facilement démontables pour la commodité du transport.
- Les câbles, soit en chanvre de Manille, soit en fils de fer galvanisés, à l’aide desquels on opère à distance la manœuvre de la grue-chèvre, longent la volée et le mât, passent par la base de l’appareil, puis traversent le piédestal pour se diriger ensuite
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- Fig. 4. — Autre type de grues-clièvres, appliqué à la construction du Palais du Gouvernement de Charleston, aux États-Unis.
- (D’après des photographies.)
- vers le moteur et s’enrouler finalement sur ses tambours. Ce treuil, qu’il soit à main ou à vapeur, peut
- être installé en un endroit quelconque, aussi loin qu’on le veut de l’engin de levage soumis à son action.
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- La figure A nous montre, appliqué à la construction du Palais du Gouvernement de Charleston (S.G.), un autre type de grue-chèvre, cette fois à volée transversale et de l’extrémité à l’autre de laquelle court un trolley porteur de la charge. Son installation exige encore moins de place que celle des appareils précédents, puisque la volée est ici articulée, non plus au pied du mât, mais à un point élevé de celui-ci. Dans les exemplaires reproduits à la page précédente, le mât a 18m,o0 de hauteur, la volée mesure 14m,G0 de longueur, et la charge soulevée est de 7000 kilogrammes.
- Un autre appareil de même l'orme a été employé à l’édification d’un autre Palais de Gouvernement, celui de La Porte (Ind.). Il avait, avec une force portante de 5 tonnes, une hauteur de mât de 20m,75, et une longueur de volée-traverse de 15m,75.
- Tous ces divers types de grues-chèvres ont ceci de commun : qu'ils remplacent les échafaudages si coûteux et si longs à transporter, à monter et à démonter. Us ont beaucoup de succès, et ils sont, de l’autre coté de l’Atlantique, aussi recherchés des carriers et des entrepreneurs de chargements que de eeux de constructions.
- Ainsi que nous l’avons dit, les nouveaux appareils élévatoires qui font l'objet de cet article se substituent partout, aux Etats-Unis, aussi rapidement qu’ils peuvent être fabriqués, aux engins antérieurs de puissance égale; et s'il en est ainsi, c’est parce qu’on a eu bientôt fait de reconnaître les importants avantages pratiques qui résultent de la parfaite rationalité de constitution et de combinaison de leurs divers organes.
- Aptes comme ils sont, en effet, grâce à leurs dispositions si bien étudiées, à mener vite et bien, en même temps qu’avec économie, tout travail dépendant de leurs multiples applications, ils ne peuvent évidemment manquer de trouver bientôt en Europe le succès vraiment peu ordinaire qui les a accueillis aux Etats-Unis dès leur apparition.
- E. Yignes.
- L’EXPOSITION DU LITRE
- AU PALAIS DE ^INDUSTRIE, A PARIS
- L’idée de présenter au public tout ce qui concerne le livre, depuis la confection du papier jusqu’à l’exhibition des plus beaux ouvrages et des collections les plus rares, est excellente ; elle a été réalisée avec beaucoup de mérite et de bon goût par les organisateurs de l’Exposition dont nous allons parler.-
- L’Exposition internationale du Livre et des industries du papier est installée dans le Palais de l’Industrie. Les produits et les objets présentés au public sont très nombreux, très variés; les attractions ne font pas défaut. Cette Exposition a été ouverte le 25 juillet 1894, sous le patronage de M. le Ministre de l’instruction publique, de M. le Ministre du commerce, de l’industrie, et des postes et télégraphes, de M. le Ministre des travaux publics et du président du Cercle de la Librairie. Elle a été criée par M. Sénéchal, assisté d’un Comité d’organisation.
- Voici le programme généra] de cette Exposition :
- 1er groupe. Matières premières pour papiers. Papiers. Carions. — 2e groupe. Matières premières pour impression. Encres, vernis, couleurs. — 5e groupe. Machines pour fabrication du papier. Presses. Procédés d’impression. Machines motrices industrielles. Mobilier d’imprimerie. — ¥ groupe. Spécimens d’impressions de toute nature. Affiches, images, cartes à jouer. Programmes, menus, factures, etc. — 5e groupe. Photographie et arts graphiques qui en dérivent. —G" groupe. Librairie. Cartes et plans. Musique. — 7® groupe. Brochage et reliure, matériaux, matériel, outils et fournitures pour la reliure. Peausserie. — 8° groupe. Beaux-arts. Originaux et épreuves exposés par les artistes. — 9° groupe. Presse. Publications quotidiennes et périodiques.— 10e groupe. Exposition rétrospective. Collections particulières. — Ile groupe. Collectivités. Sociétés. Ecoles. Economie sociale.— 12e groupe. Mobilier. Logement du livre. Cadres, etc. Chauffage, éclairage. Optique. Transport. — 13e groupe. Machines à écrire. Articles, objets confectionnés en papier. Jouets. —14e groupe. Inventions nouvelles.
- Après les indications que nous venons de donner, nous allons passer en revue les curiosités qui s’offrent successivement aux visiteurs.
- Les principaux éditeurs de Paris ont leurs vitrines réciproques dans la grande salle du rez-de-chaussée. Malheureusement ces vitrines ne sont pas réunies ensemble; elles se trouvent dispersées au milieu d’exhibitions qui n’ont aucun rapport avec le livre ; et c’est ainsi que les ouvrages des Hachette, des Firmin-Didot, des Plon, des Delagrave et des Gauthier-Villars apparaissent entremêlés avec les objets les plus divers de l’industrie parisienne ; le visiteur est un peu dépisté par ce mélange. Les installations de nos éditeurs n’en sont pas moins du plus haut intérêt, et chacun d’eux a exposé ses œuvres les plus remarquables.
- Dans les galeries du premier étage, l'Exposition rétrospective et documentaire, organisée sous la direction de M. Grand-Carteret, est digne des plus sincères éloges, sans aucune restriction. On y pénètre en traversant d’abord la grande salle consacrée au Cercle de la Librairie. Cette salle comprend des tableaux relatifs à toutes les publications parisiennes, journaux illustrés, journaux techniques et journaux scientifiques, elle renferme de nombreuses vitrines où sont exhibés les plus beaux spécimens des livres modernes. Après avoir visité ce grand salon qui sert au public de cabinet de lecture, on passe dans les salles successives réservées à l'Exposition rétrospective et documentaire. Ici l’ami des curiosités a de quoi être satisfait ; estampes populaires de tous les temps et de tous les pays, livres rares, affiches curieuses, éventails en papier, prospectus, papier à lettres du premier Empire, cartes de visite du dix-huitième siècle, collection d’assignats, jeux d’oies et almanachs, autographes, etc., passent successivement devant ses yeux. Il peut admirer aussi les dessins originaux des artistes qui ont illustré les plus beaux livres de notre époque. Nous citerons les aquarelles de Maurice Leloir et les dessins de Clairin. Nous mentionnerons encore, parmi les curiosités spéciales et peu connues, la belle collection des livres minuscules de M. G. Salomon; elle est très regardée, ainsi que celle que je possède, et qui, pour être beaucoup plus modeste, attire aussi l’attention du public ; la boîte vitrée à compartiments dans laquelle sont rangés ces petits livres est placée à coté d’ouvrages anciens, relatifs à la navigation aérienne, que j’ai également exposés.
- Après les curiosités rétrospectives, on traverse une salle consacrée à l’Histoire de la reliure; on y voit une merveilleuse collection des superbes reliures de Gruel
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- offrant dos spécimens do oo qui a élé fait depuis los roliuros ostampôos ot à la main do 1478 jusqu’à nos jours. M. 11. Boraldi ot quelques autres bibliophiles, ont exposé de fort belles reliures qui sont un régal pour les veux des amateurs. Plus loin, une grande salle spéciale est consacrée à l’Exposition autrichienne dont on admire l’ingénieux aménagement. La vitrine des relieurs de Vienne mérite un minutieux examen.
- Les salons consacrés aux colonies françaises, à l’Indo-Chine, à l’Annam, au Tonkin, nous donnent une juste idée de la culture des arts dans ces pays d’extrème Orient si riches en produits naturels.
- N’oublions pas de citer l’Exposition relative à la Tim-brologie, si à la mode aujourd’hui. 11 y a là des collections de timbres, notamment celle de M. Maury, qui exciteront les sentiments d’envie des collectionneurs.
- Dans les galeries du rez-de-chaussée du Palais de l’Industrie, on voit fonctionner quelques machines à papier et machines d’impression. Notre imprimeur, M. A. Lahure, expose une belle presse à vapeur qui tire des extraits de La Nature, gratuitement distribués chaque semaine par notre administration aux visiteurs.
- Çà et là, dans VExposition du Livre, on rencontre des choses intéressantes. Nous avons remarqué un nouveau produit qui touche à l’agriculture et à la papeterL. françaises. Nous croyons devoir le mentionner. Il s’agit de l’utilisation, pour la production de la cellulose, d’une plante depuis longtemps connue, YArundo donax. Cette plante, qu’on rencontre sous tous les climats tempérés, n’est jusqu’à présent utilisée que dans le nord de l’Italie ou le midi de la France pour faire des abris ou des échalas de vigne. Cependant elle est apte à des applications industrielles. La libre extraite de YArundo donax, convenablement traitée, donne un papier souple et résistant. Au point de vue agricole, YArundo donax, d’après ce qui nous a été affirmé, pousse dans toutes les terres. Sa croissance est prodigieusement rapide. 11 semble, d’après ces renseignements, peut-être utile à la papeterie.
- Nous avons encore porté notre attention sur une machine à écrire d’un système nouveau qui fonctionne d’une façon parfaite, c’est la machine Munson. Le principe d'impression de cette machine est différent de celui de la plupart des machines employées jusqu’à ce jour. Les lettres, au lieu de se trouver à l’extrémité de grands leviers qui s’élèvent et s’abaissent, sont alignées sur un cylindre en acier, fixé lui-même sur un axe indéréglable. II y a un marteau frappeur qui imprime la lettre.
- Revenons aux livres exposés : nous ne voulons pas oublier un pavillon consacré à une oeuvre que nous signalerons à nos lecteurs pour terminer cet article. II s’agit du livre offert par les Dames russes à Mm0 Carnot. Les pages, qui ont la faculté de se détacher d’une magnifique reliure, sont exposées dans des cadres, où l’on admire des aquarelles délicieuses enveloppant des milliers de signatures, précieux témoignages de la sympathie du grand peuple ami. Gaston Tissandier.
- DÉPÔTS D’ÉMEKI DE L’ILE DE NAXOS
- Naxos, la plus grande des Cyclades, est une des rares localités où l’on trouve l’émeri en grande quantité. Il se présente sous forme de masses lenticulaires, de dimensions variables, concentrées dans les montagnes du nord-est de l’ile, à des altitudes variant de 180 à 700 mètres. Les dépôts sont invariablement situés entre des couches
- calcaires, à la partie inférieure, et des couches de dolomie, à la partie supérieure.
- L’émeri est un mélange compact d’alumine (à l’état de corindon granulaire) de fer oxydulé magnétique et de silice. Sept échantillons, recueillis à l’ile de Naxos par M. Gobantz, et examinés à l’Ecole technique supérieure de Vienne, ont été trouvés contenir de 00 à G6 pour 100 de corindon. On peut admettre, comme composition moyenne de l’émeri, 2/5 de corindon et 1/4 de fer oxydulé magnétique, le reste étant formé de silice avec quelques traces de carbonate de chaux.
- L’exploitation de l’émeri, dans l’ile de Naxos, se fait d’une façon primitive. Elle avait été concédée, sous la domination turque, aux habitants de deux villages, et ce privilège a été maintenu depuis que l’ile appartient à la Grèce. Les mineurs sont au nombre de 000 et ont le droit d’exploiter l’émeri par n’importe quels procédés. La roche étant trop dure pour pouvoir être entamée par les outils d’acier, on a renoncé à y creuser des trous de mine. On échauffe la roche au moyen d’un feu de broussailles qu’on laisse brûler de 24 à 30 heures ; puis, par des jets d’eau froide, on détermine des fendillements qui permettent de briser la roche. On n’emporte que les plus gros morceaux ; ceux de la grosseur du poing et au-dessous sont abandonnés. Comme on a déjà exploité les parties les plus facilement abordables des couches, on a essayé de creuser quelques galeries, mais on n’a jamais été bien loin à cause de la nature du toit, la roche dolomitique se détachant facilement et nécessitant des travaux de boisage auxquels les mineurs de Naxos ne sont pas habitués.
- Le rapide épuisement des forêts dans le voisinage des mines a décidé le Gouvernement grec à faire étudier des moyens d’exploitation moins primitifs. Les experts nommés ont été unanimes à recommander l’exploitation par les explosifs, avec emploi de perforatrices à diamant pour percer les trous de mine, ainsi que l’établissement de moyens perfectionnés de transport et d’embarquement. Mais l’état des finances grecques n’a pas permis de idéaliser ce plan, et l’exploitation continue comme avant. Depuis quelques années les produits de l’Asie Mineure font une grande concurrence à ceux de Naxos.
- PETIT BATEAU A TAPEUR
- A TRÈS GRANDE VITESSE
- La vitesse réalisée dans la navigation à vapeur va sans cesse en croissant, et paraît près de toucher à son apogée ; les perfectionnements apportés aux machines motrices sont, en effet, extraordinaires. 11 semble difficile de pousser beaucoup plus loin le progrès sans entrer dans des modifications importantes delà forme même des navires. 11 faudra certainement en venir aux navires glissant ou roulant sur l’eau pour répondre aux besoins de rapidité sans cesse plus pressants des relations internationales.
- Le résultat actuel, pour les grands steamers, est que l’on met cinq jours et demi pour aller d’Angleterre aux Etats-Unis, alors qu’en 1830 il fallait compter 750 heures pour le même trajet. Ce progrès considérable correspond, cela va sans dire, à une effroyable consommation de charbon et à une augmentation extrême de la force motrice nécessaire. Ainsi, en prenant comme exemple un des
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- LA NATURE.
- transatlantiques anglais renommés actuellement., le City of Caris, on constate qu’il lui faut une puissance de 2187 chevaux pour marcher à la vitesse de 10 nœuds par heure, 8960 pour passer à 16 nœuds, 17 500 pour atteindre^) nœuds, enfin 25271 chevaux pour filer Ma vitesse, insoutenable pendant une longue période, de 22 nœuds, soit plus de 40 kilomètres à l’heure. Il faut décupler la puissance pour doubler simplement la vitesse.
- Avec les petites embarcations à vapeur, (pii n’ont pas à compter avec les longs trajets, on peut réaliser des vitesses bien plus considérables que celles que nous venons d’indiquer. Tel est le cas du petit bateau à vapeur llibernia que viennent de construire, en Angleterre, les chantiers Simpson et Trickland, de Tennington, sur les plans de M. G. de Vignes.
- Cette embarcation tient, pour le moment, ce qu’on est convenu d’appeler dans le langage moderne des sports, le « record » de la vitesse.
- Elle a été construite pour les besoins d’un amateur anglais, M. Lebat, dont la spécialité est d’exercer les fonctions d’arbitre dans les régates anglaises et dans les concours nautiques entre les Universités, concours qui passionnent à un si haut point les habitants de la Grande-Bretagne.
- L’arbitre nautique doit pouvoir se transporter avec une rapidité extrême d’un point à un autre, et c’est ce que M. Lebat réalise avec Y llibernia.
- Ce petit steamer n’a que 14ln,70 de longueur totale, 2m,22 de largeur et 0rn,42 de tirant d’eau.
- Munies de chaudières en acier de 8 millimètres d’épaisseur du type dit « locomotive », scs machines
- Le petit steamer llibernia descendant la rivière à la vitesse de 51 kilomètres à l’heure. (D’après une photographie instantanée.)
- peuvent donner à son hélice une vitesse de rotation variant entre 750 et 1050 tours par minute. Il en résulte une vitesse de propulsion qui varie entre vingt-six nœuds un quart, ou 48 kilomètres à l’heure en remontant le courant de la rivière, et vingt-neuf nœuds ou 54 kilomètres à l’heure en descendant le courant. C’est à peu près, dans ce dernier cas, la vitesse d’un train express bien lancé.
- Notre dessin montre, d’après une photographie instantanée, Y llibernia filant à la vitesse de 54 kilomètres à l'heure. Son avant ne touche plus l’eau pour ainsi dire: le petit navire se dresse comme un cheval au triple galop; de chaque côté, l’eau se relève en une grosse vague écumante derrière laquelle il disparait presque entièrement, laissant, à perle de vue après lui, un étonnant sillage. 11 faut toute la vérité indiscutable de la photographie pour ne pas mettre en doute un spectacle pareil.
- L’allure très rapide du petit steamer est sans
- danger pour son équipage, car la vague se replie à droite et à gauche de sa trajectoire; mais les petites embarcations qu’il vient à croiser n’ont que le temps de s’enfuir du plus loin qu’elles l’aperçoivent et de se garer, sous peine d’avoir à lutter avec une véritable petite tempête qui les secoue comme des coquilles de noix et les retourne dangereusement.
- Aussi l’arbitre nautique ne circule-t-il au cours de ses opérations qu’à des vitesses modérées. Mais les équipes jalouses de gagner la coupe et de mériter le championnat du monde, savent (pie M. Lebat, en cas de contestation, arrivera sur le point litigieux avec la rapidité de la flèche : cette idée seule suffit à donner aux efforts des concurrents une correction complète. L'Hibernia remplit donc parfaitement sa tâche arbitrale, tout en consacrant un intéressant progrès dans l’art des constructions navales.
- Max de Nansouty.
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- LA N A TU H K.
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- LA SCIENCE PRATIQUE
- CLEF PASSE-PARTOUT UNIVERSELLE
- Dans une maison, même peu importante, on arrive rapidement à accumuler un nombre de clefs qui, réunies en trousseau, donnent peut-être une certaine importance à celui qui les porte, mais ne laissent pas que d’être un peu gênantes dans bien des cas. Lorsqu’il s’agit d’une usine, d’un hôtel, d’un établissement d’instruction, etc..., il faut toute une organisation pour le service des clefs. L’idéal pour un chef de maison est d’avoir un seul passe-partout
- ouvrant toutes les portes, tout en permettant de donner à d’autres personnes des clefs individuelles ouvrant seulement une ou plusieurs serrures. C’est cet idéal qu’est parvenu à réaliser M. Ch. J)eny en imaginant une clef qu’il désigne sous le nom de clef diamant, et dont on a représenté ici un modèle en grandeur naturelle (fig. ci-dessous, n° 10). Pour fixer les idées, nous supposons les trois ciels représentées (nos 10, 11 et 12) destinées à un appartement d’une quinzaine de portes. Le n° 10 les ouvre toutes, le n° 11 en ouvre seulement huit et le n° 12 n’en ouvre qu’une seule. Mais c’est là une application toute restreinte; nous pouvons en
- Ciel' passe-partout universelle (Clef-diamant). — 1, 2, 5, 4, 5, 6, 7, 8, 9. Détails du système. — 10. Aspect d’une clef en vraie grandeur. 11, 12. Extrémités de deux autres clefs ouvrant chacune une partie de la combinaison.
- citer une plus importante qui existe dans un établissement d’instruction, aux environs de Paris. 11 y a 250 serrures à peu près; le directeur a une seule clef, semblable à celle de notre dessin, qui les ouvre toutes, depuis la porte cochère de l’immeuble jusqu’au tiroir de son bureau. Chaque service a en outre la clef particulière qui ouvre les portes où il a sa besogne à accomplir. Ainsi le domestique, qui est chargé de faire les chambres des professeurs, a une seule clef qui les ouvre toutes, mais ne s’adapte à aucune autre serrure ; chaque professeur a une clef de sa chambre, mais il ne peut pas ouvrir celle de son voisin. Le jardinier ouvre la porte cochère, quelques portes de service et son petit logement, mais sa clef ne lui en permet [tas plus; le cocher peut entrer aux écuries et dans sa chambre, mais c’est tout;
- tandis que le concierge ouvre les mêmes serrures que le jardinier et le cocher, sauf celles de leur logement respectif, et ne peut pas aller non plus ailleurs, etc., etc. Comme maximum, on peut avoir jusqu’à 5000 serrures sous la même clef avec autant de combinaisons qu’on le désire.
- Malgré cette complication apparente, le mécanisme est assez simple. La serrure proprement dite (n° 9) n’a rien de particulier; en appliquant en B un morceau de fer taillé en biseau, on peut en faire fonctionner le pêne. Le problème consiste à protéger cette entrée. On y arrive au moyen d’une pièce spéciale (n° 8) qui se fixe précisément devant B et devient de ce fait la véritable entrée de chaque serrure. C’est cette pièce qui reçoit la garniture permettant toutes les combinaisons. Elle se compose
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- d’une base A (n° 1) sur laquelle on enlile une série de 15 rondelles a, b, c (n° 2) qui ont des formes et des diamètres intérieurs variables mais de dimensions bien déterminées, basées sur un point de départ unique qui correspond à la largeur maximum de la clef. Toutes ces rondelles une fois placées dans l’ordre choisi sont soudées ensemble et tournées de façon à former un cylindre (n° 6) percé d’une fente par laquelle passe la clef. A l’extrémité de ce cylindre (n° 7) se trouvent trois pièces d, e, f, qui, dans leur position naturelle, viennent obstruer la sortie et masquent la partie B de la serrure ; on a supposé ici que ces pièces sont relevées comme si la clef agissait en ce moment. Les trois pièces représentées à part (nos 5, 4, 5) sont terminées par des leviers coudés et viennent se loger dans les cavités h, /, ni, n, ménagées sur le cylindre (n° 6). Celui-ci est finalement placé dans un tube de cuivre (n° 8) qui le protège complètement. On comprend qu’en faisant varier d’une part la position respective des quinze rondelles et en même temps la position des ouvertures ni et n (n° G) qui reçoivent les extrémités des leviers, on arrive à un nombre très considérable de combinaisons. Pour chaque serrure on établit un nombre de 15 chiffres, représentant le rayon intérieur de l’une des rondelles et correspondant à un cran de la ’clef; pour avoir le passe-partout général on rend quelques-uns de ces chiffres, convenablement choisis, immuables, et ils se retrouvent à la même place dans toutes les combinaisons suivantes.
- Nous ne chercherons pas, comme nous nous l’étions proposé, à établir ici un travail de ce genre, cela entraînerait à une consommation de chiffres trop considérable et serait fastidieux pour le lecteur. Nous espérons avoir fait comprendre suffisamment le principe sur lequel repose le système, pour qu’on se rende compte qu’avec lui on a toute la sécurité possible, tout en supprimant, d’une façon absolue, l’emploi du trousseau de clefs. G. Mareschal.
- de petite taille, sont pour la plupart des déchets de faim, cation ; cependant on y reconnaît facilement le type couteau, racloir courbe et pointe de flèche. Un échantillon toutefois paraît achevé ; c’est une pointe remarquable par ses petites dimensions, longueur 20 millimètres, largeur 5 millimètres, finement retouchée à petits éclats sur les bords des deux faces. Une de celles-ci est convexe, l’autre légèrement concave. Le silex dont elle est formée est gris-brun, translucide, les autres pièces sont de même couleur ou gris-blond passant au jaunâtre ou au rouge (Voir le quatrième dessin ci-dessous).
- Un camarade de 31. Poucet, pratiquant, dans la même région, le forage d’un puits artésien, trouva, à deux ou trois pieds de profondeur, des silex plus beaux; mais trois
- mois plus tard, il fut frappé mortellement par un assassin à El Goléah, et nous ne savons ce que sont devenus les silex.
- Les silex trouvés par 31. Poucet sont remarquables par leur complète analogie de forme, sauf la petite pointe, avec celles que nous trouvons dans certaines stations de la Saône supérieure. Quant à la matière dont ils sont composés, elle mériterait, pour beaucoup de pièces, plutôt le nom d’agate ou de calcédoine que celui de silex, tellement ils sont transparents et rubanés. Le gisement de cette roche se trouve sans doute dans le voisinage, à moins qu’elle ne vienne d’Ouargla où 31. Thomas l’a rencontrée entraînée par de gros blocs sous les dunes de sable, à la surface de marnes peut-être pliocènes ; mais ces blocs paraissent. avoir eu leur origine dans les terrains crétacés, à en juger par leur slrucfure microscopique. Ils ont étéulilisés à une petite distance d’Ouargla dans l'atelier préhistorique de llassi-el-m’Kaddem. Aug. Gasser.
- SILEX TAILLES
- DAXS LE SUD ALGÉRIE X
- Au cours des explorations faites depuis quelque temps dans la région du sud de l’Algérie et dans le Sahara, on a constaté de nombreux vestiges de l’industrie préhistorique dans ces régions. L’explorateur Foureau annonçait, en janvier dernier, avoir rencontré de grands ateliers de silex taillés au sud de la Tripolilaine, sur la route du Soudan. 31. Pli. Thomas, vétérinaire de l’année, en a fait connaître également dans l’Est algérien.
- J’ai reçu d’un ami, 31. le l)r Larger, un lot de silex taillés trouvés dans les plaines du Gourant par son beau-frère, 31. A. Poncet, officier de spahis. Quatre d’entre eux sont représentés dans la colonne suivante.
- 31. Poncet, au cours d’une exploration, ramassa ces silex autour du puits de Iîelhakir, non loin d’El Goléah. Ils se trouvaient à la surface du sol, dans le voisinage de Jlutumuli, au milieu des sables que le vent soulève et balaye sur de grandes distances, mettant à découvert des espaces considérables qu'il recouvre bientôt après. Ces silex,
- CHRONIQUE
- Opposition de Mars. — C’est le samedi 20 octobre, à 10 heures du soir, que notre Terre passe exactement entre le Soleil et la planète 3Iars. 11 en résulte que ce jour-là et les jours voisins, cette belle planète se trouve au milieu du ciel vers minuit. Elle paraît à l’est au moment où le Soleil se couche et disparaît au couchant à l’instant du lever du Soleil. Elle se trouve en outre éclairée en plein par la lumière de l’astre du jour sur la face qui est tournée de notre côté, et, par conséquent, dans les meilleures conditions de visibilité. De plus, la distance qui nous sépare d’elle est l’une des plus petites, 64 millions de kilomètres, c’est-à-dire 160 fois environ la distance de la Lune à la Terre. Mars se trouve, en effet, à cette époque, à 21 I millions, et la Terre, à 148 millions de kilomètres du Soleil, et du même côté. La différence entre ces deux nombres n’est que 65 millions de kilomètres, mais la Terre se verrait du Soleil, un peu plus au nord que 3Iars dans le ciel, ce qui augmente leur distance Voilà déjà deux mois que les astronomes cherchent à sur-
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- prendre quelques-uns des secrets que nous réserve cette curieuse sœur de notre Terre, et jusqu’à la fin de cette année, ils ne’cesseront pas, avec toutes les ressources de leurs meilleurs instruments, de s’en occuper. Nous savons qu’aujourd’hui d’intéressantes observations ont déjà été faites en Amérique, mais les détails ne nous en sont pas encore parvenus. J. Yinot.
- Journaux polaires. — Sait-on qu’il existe, dans les régions arctiques, plusieurs journaux qui sont, parait-il, assez répandus et dont les Esquimaux sont les principaux, pour ne pas dire, les seuls lecteurs? Ces journaux, bien entendu, ne paraissent qu’une Ibis par an et ressemblent plutôt à nos revues périodiques qu’à de véritables journaux dont l’actualité fait en général tous les frais, l.e plus curieux est The Eskimo Bulletin qui est publié dans un petit village près du cap Prince of Wales, sur le détroit de Behring. A celte station polaire, des missionnaires anglais ont établi une école. Ce sont eux qui impriment le journal. 11 est composé d’une feuille simple de papier assez épais, mesurant 0m,20 de largeur sur 0m,50 de hauteur. Comme les procédés d’impression employés par les missionnaires sont très primitifs, un seul coté de la feuille est utilisé. Il n’v a pas d’annonces. Le Groenland possède deux journaux annuels également, le Kaladit et PAiuagugdlintit. Ce dernier, de beaucoup le plus ancien, puisqu’il remonte à 1861, est publié à Godthavn. Il comprend 200 pages format in-quarto, orné de gravures sur bois et de lithographies. Il contient des articles littéraires, des chroniques industrielles et commerciales, et un résumé des événements politiques de l’année que lui apporte, une fois par an, l’unique bateau à vapeur qui touche, pendant la belle saison, à Godthavn. Comme le Kaladit, Y Atuagagdlintit est imprimé dans le dialecte des Esquimaux. X. AV.
- La -vieille Bourse d’Anvers. — La restitution du vieil Anvers, une des curiosités de l’Exposition qui s’est tenue dans cette ville, a été dernièrement le théâtre d’une cérémonie bien bizarre : on y a tenu sérieusement une séance de bourse du seizième siècle. C’était une espèce de pastiche oii les agents de change d’Anvers ont pris plaisir à jouer un rôle actif. Dans le vieil Anvers on n’a point oublié la vieille bourse, qui, déjà, avait une importance considérable, la ville étant déjà un centre commercial ilorissaut : profitant de ce que la Bourse moderne ne tient pas généralement séance le samedi, les agents de change se sont rendus à l’Exposition ; iis se sont formés en cortège et sont entrés à la vieille Bourse. Là, ils ont ouvert sérieusement une séance; les opérations se passaient en flamand pour respecter la couleur locale. La chose, on en conviendra, ne manquait point d’originalité. D. B.
- L'extraction de» dent» par l’électricité. — Des
- essais ont été faits, à Londres, avec un nouvel appareil pour l’extraction des dents par Eélectricité. Cet appareil consiste en une bobine de Buhmkorff à fil extrêmement fin, possédant un interrupteur à lame d’acier qui peut donner jusqu’à 452 vibrations à la seconde. Le patient se place dans le fauteuil traditionnel, prend de la main gauche la poignée de l’électrode négative, de la main droite celle de l’électrode positive. A ce moment, l’opérateur fait passer un courant d'intensité croissante jusqu’à ce qu’il ait atteint l’intensité limite que le patient puisse supporter sans inconvénient. L’extracteur est alors mis en circuit et posé sur la dent, qui, sous l’action de vibrations, est immédiatement déchaussée. Dès que l’opération est terminée, on interrompt le courant.
- L’extraction se ferait avec une très grande rapidité et le patient n’éprouverait pas d’autre sensation que celle du picotement que produit dans les mains et les avant-bras le passage du courant. 11 serait intéressant d’avoir une description détaillée de l’appareil pour compléter ces renseignements un peu sommaires.
- Chemin de fer électrique de Chicago à Saint-Louis. —- 11 est probable qu’au 1er novembre prochain le premier tronçon de la ligne électrique, devant relier Chicago à Saint-Louis, sera mis en exploitation. La Société qui construit la ligne a obtenu le droit de relier la ligne principale par des raccordements avec les localités importantes situées de chaque côté du nouveau chemin de fer, et de fournir aux villes riveraines l’énergie électrique pour l’éclairage et pour d’autres usages industriels. Le courant sera produit dans quatre stations centrales, qui sont établies à proximité de mines de charbon appartenant à la même Société. On prétend que la vitesse à laquelle marcheront les trains pourra atteindre 160 kilomètres à l’heure, de sorte que la distance entre les deux villes précitées pourra être franchie en trois heures, tandis que, actuellement, on met près d’une journée pour aller de Saint-Louis à Chicago. Les voitures sont très basses; il en résulte que leur centre de gravité se trouve aussi près que possible du niveau des rails. L’avant des voitures est en forme de coin, pour vaincre plus facilement la résistance de l’air. De plus, la voie sera constituée de façon que l’exploitation puisse se faire avec des locomotives à vapeur ordinaires. Le capital de premier établissement est de 50 millions de francs.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 8 octobre 1804. — Présidence de AI. I,u;vv.
- Préparation de l’alumine. — M. lleibling a imaginé de préparer l’alutnine en incorporant à une argile dont la teneur en alumine est connue, trois molécules de sulfate d’ammoniaque et une molécule de sulfate neutre de potasse par molécule d’alumine. Dans la pratique la quantité de sulfate d’ammoniaque employée doit être un peu plus grande. Le mélange est malaxé, puis passé dans une machine à briques qui le débite en briques creuses. Ces briques sont cuites ensuite à une température de 270° à 280°. A celte température, le sulfate d’ammoniaque se décompose en sulfate acide d’ammoniaque et en gaz ammoniac, qui se dégage et peut être recueilli dans un condenseur. L’acide du sulfate acide d’ammoniaque se porte d’abord sur le sulfate neutre de potasse et le transforme en sulfate acide de potasse. Cette dernière substance, en présence de l’argile à liante température, se neutralise par l’alumine de cette argile, pour former du sulfate double d’alumine et de potasse, c’est-à-dire de l’alun. Les briques ainsi alunées sont épuisées au moyen d’un système de lavages méthodiques. L’alun obtenu est débarrassé du fer par rccristallisation et sa solution peut être traitée par l’ammoniaque qui a distillé, pour en extraire l’alumine. On régénère ainsi les sels primitifs de sulfate de potasse et de sulfate d’ammoniaque. L’alumine préparée de cette manière est hydratée; elle se présente donc sous l’aspect d’un précipité gélatineux. Pour obtenir l’alumine grenue, il suffit d’étaler l’alun pulvérulent suides claies étagées dans une tourelle qu’on fait traverser, dans toute sa hauteur, par l’ammoniaque chaud et humide provenant de la cuisson des briques. Dans ce cas, l’alun se transforme en un mélange de sulfate d’ammoniaque,
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- de sulfate de potasse et d’alumine grenue, qui se prête avec facilité aux lavages et à la calcination. Cette alumine est chimiquement exempte de silice, son alun ayant été obtenu dans une atmosphère alcaline. Quant au fer il a été facile de l’éliminer des aluns par quelques cristallisations successives.
- L’orbite du 5* satellite de Jupiter. — M. Tisserand expose le résultat de ses recherches relatives à l'orbite du satellite de Jupiter découvert le 9 septembre 1892 par M. l’arnardà l’observatoire Lick (Californie). Cet astéroïde est très diftieilement observable; néanmoins les observations deM.Barnard,' effectuées de la plus grande lunette qui existe actuellement, sont très précises.M.Tisserand a essayé de les représenter par une orbite circulaire, une orbite elliptique fixe, et une orbite elliptique variable. C’est ce dernier mode de calcul quidonne les résultats les plus sa'- ’ 1
- centricité de l’ellipse est plus petite que 0,01; l’ellipse se rapproche donc beaucoup de la forme circulaire. Le grand axe effectue une révolution complète en5 mois.
- Ce dernier mouvement est l’action du renflement équatorial de Jupiter.
- . Élection. —
- L’Académie désigne pour la Chaire de constructions civiles du Conservatoire national des arts et métiers : en première ligne, à l’unanimité des suf-rages, M. Billet; en deuxième ligne,
- M. Uenfer, par 58 voix contre 1 donnée à M. Monduit.
- Varia. — M. Klossowski, professeur de physique à Odessa, fait connaître dans une brochure l’organisation d’un réseau de 81 stations météorologiques s’étendant sur le sud de la Russie. Cu. de Villedeuil.
- MONUMENT COMMÉMORATIF
- ÉLEVÉ A LA MÉMOIRE DE M. A. 1)E QUATREFAGES
- Il y.a déjà presque trois aimées que la science a été mise en deuil par la mort de M. de Quatrefages,
- l’une des gloires de notre siècle; nous avons consacré une Notice nécrologique au grand, savant auquel les sciences naturelles doivent tant de progrès *; nous avons rendu hommage à la noblesse du caractère de cet illustre travailleur. Nous donnons aujourd’hui la représentation du monument qui a été élevé en son honneur dans sa ville natale, à Valle-raugue (Gard). L’œuvre est due à un sculpteur de beaucoup de talent, M. Léopold Morice. La composition a 5 mètres de hauteur; elle comprend un piédestal en pierre de bompignan, portant sur la lace principale la statue d’une jeune hile des Céven-nes, qui, d’une main, tient ouvert le livre de la science, et de l’autre, élève une couronne qu’elle présente au naturaliste dont le buste de bronze domine le monument. Sur les côtés du piédestal, le seul p teur a placé avec habileté quelques attributs relatifs aux industries du pays ; enfin, sur la lace opposée à la lace principale, on lit l’inscription : M. de Quatrefages!
- La cérémonie de l’inaugura l ion a été une véritable solennité qui a eu lieu en présence des nombreux délégués représentant le Gouvernement, l’Institut, l’Académie des sciences2, et d’une foule considérable qui ajoutait, par sa présence, à l’importance des hommages officiels, et des sentiments de respect et de douleur que manifestaient tous les assistants. G. T.
- 1 Voy. n° 975, du 23 janvier 1892, p. 113.
- 2 I,a cérémonie d’inauguration a été décrite précédemment. Voy. Nouvelles scientifiques, supplément à La Nature du 8 septembre 1891. Informations.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissaxbier.
- à l’aide
- 1
- Monument de M. A. de Quatrefages, inauguré à Valleraugue (Gard), le 26 août 1891.
- tisfaisants. L ex-
- Paris.
- Imprimerie Lalrnre, rue de Fleuras, 9.
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- N° 1110. — 20 OCTOBRE 18114.
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- IA CHUTE D’UNE GOUTTE D’EAU
- Il n’est pas un phénomène, si intime soit-il, qui n’offre une ample moisson de laits intéressants, et ne soit digne d’exercer la sagacité des chercheurs; c’est cette idée, je pense, plutôt que la recherche d’une dil'iicullé technique, qui a guidé les promoteurs d’un intéressant concours proposé par la Revue suisse de photographie de Genève.
- Il s’agit de saisir au vol et de fixer par la photographie la forme fugitive d’une goutte d’eau qui tombe, dans des conditions physiques déterminées, et qu’indique le programme du concours.
- Le sujet peut paraître, à l'esprit non prévenu, choisi à plaisir pour conduire, avec beaucoup de peine, à un résultat d’un médiocre intérêt. Mais, en y regardant de plus près, on voit la question s’élargir, s'épanouir, si j’ose m’exprimer ainsi, et devenir d’un puissant attrait. Nous n’aurions point voulu enlever aux photographes amateurs le plaisir de rechercher les particularités du phénomène que l’on propose à leur étude ; c’est pourquoi nous avons attendu le terme du concours pour donner les détails qu’on va lire sur ce phénomène. L’étude de la chute d’une goutte d'eau a déjà produit de nombreux travaux.
- L o r s q u ’ u n e goutte d’eau grossit à l’extrémité du tube qui la supporte, elle [•rend une forme gracieuse, bien connue, et que l’on peut reproduire dans des dimensions très amplifiées, en gonflant une huile de savon avec du gaz d’éclairage; les forces antagonistes qui sont en jeu sont les mêmes dans les deux cas, à la direction près, de la poussée. La moitié inférieure de la goutte est sensiblement hémisphérique et très voisine de sa forme d’équilibre; la partie supérieure, au contraire, est allongée, en vertu de cette force mystérieuse que l’on nomme la il année. — 2e semestre.
- tension superficielle. La goutte est suspendue comme à une pellicule qui, subitement, se déchire et se referme à sa partie supérieure.’ Ces phénomènes sont très curieux à étudier pour le physicien.
- Aussitôt, la forme d’équilibre définitif — la sphère — tend à s’établir, et la goutte exécute une série d’oscillations d’amplitude décroissante, et dont la nature 'elle-même se modifie constamment.
- Quelque ardu que paraisse le problème de l’oscillation d’une goutte, il est aujourd’hui entièrement résolu, grâce à l’un des maîtres de la physique moderne, lord Rayleigh, qui lui a consacré un admirable -ensemble de travaux. Développant, dans une formule, l’expression de la courbe méridienne de la goutte, il trouve l’expression de sa durée d’oscillation, en fonction de la densité du liquide et de sa tension superficielle 1. La forme de la goutte est d’abord compliquée; mais elle se réduit bientôt à un ellipsoïde, dont la durée d’oscillation est proportionnelle à la puis-
- sauce du rayon.
- La goutte d’eau qui exécute une vibration complète en une seconde a un diamètre de 5 centimètres; pour un diamètre de 1 millimètre, la durée d’oscillation est déjà réduite à
- Tri—- de seconde. 550e
- Les recherches de Savart et celles de Magnus sur les osei Hâtions des gouttes d’eau sont classiques ; mais c’est dans ces dernières années seulement que la photographie put être appliquée à la solution de cet intéressant problème.
- En 1887, M. Lenard publia, dans les Annales de Wiedeniann, une recherche dont le but était de déterminer la tension superficielle des liquides par la chute d’une série de gouttes dont on déterminait
- 1 Dans le calcul de lord Rayleigh, la courbe méridienne est exprimée, en coordonnées polaires, par une série de fonctions sphériques. La première représente la sphère; la seconde un ellipsoïde; les suivantes expriment les diverses irrégularités de
- 21
- Fig. 1 et 2. Chute d’une goiitte d’eau.
- Fig. 1. Appareil de M. Lenard pour l’étude des gouttes d’eau. Fig. 2. Détail du tube d’écoulement.
- Fig. 5. — Formes successives d’une goutte d'eau quittant sou orifice. (D’après une photographie.)
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- la durée d’oscillation. lie Mémoire de M. Lenard contient d’intéressants fac-similés de quelques-unes des plus caractéristiques parmi ses photographies. Nous reproduisons, dans notre figure 5, l’une d'entre elles. Les conditions expérimentales du problème sont très nettement exposées dans ce Mémoire dont la lecture ne saurait être trop recommandée à ceux qu’intéresse la répétition des mêmes expériences.
- Le tube d’où s’échappent les gouttes est alimenté par un flacon de Mariotte F (fig. 1), qui régularise le débit; il est terminé par une petite manchette de papier de soie m (fig. 2), et porte à sa partie inférieure une fine pointe p formée d’une barbe d’un épi de seigle, préalablement soumise à un lavage parfait. Cette pointe guide la goutte dans sa chute, et l’abandonne moins brutalement que le ligament liquide au moment de sa rupture; la goutte prend ainsi, immédiatement, un mouvement d’oscillation elliptique, et l’on évite les formes bizarres du début, qui compliquent le phénomène, et rendent plus difficile la détermination que M. Lenard avait en vue.
- La goutte tombe à l’intérieur d’un tube À (fig. 1) qui la protège contre les mouvements de l’air. Le débit de l’appareil est réglé par une tige de verre f que l’on enfonce plus ou moins dans le canal de sortie T.
- La photographie peut être faite dans une phase quelconque du mouvement de la goutte, à l’aide de la lumière instantanée d’une étincelle électrique. On peut même éclairer toutes les gouttes successives au même endroit et dans la même période, de manière que le phénomène se reproduise indéfiniment; il suffît, pour cela, d’employer les gouttes elles-mêmes au déclenchement de l’étincelle.
- L’interrupteur du circuit primaire d’une bobine de Ruhmkorlfest constitué par un ressort assez long, portant, à une extrémité, une petite plaque de liège sur laquelle tombent les gouttes. Le ressort est muni d’un contact en platine qui presse doucement, de bas en haut, contre une plaque de cuivre amalgamé. Chaque goutte qui frappe le disque de liège produit une courte interruption, pendant laquelle la bobine donne une étincelle. En intercalant une plaque de verre dépoli entre la bobine et la goutte, on voit cette dernière se détacher en noir sur un fond blanc; et, lorsque l’appareil est convenablement réglé, on peut faire, sur les gouttes qui se succèdent au même endroit, des mesures micrométriques, comme si la
- la forme. E» désignant par n l’ordre de l’une quelconque de ces fondions, la duree d’oscillation qui lui correspond est :
- \/u(n — l)(n-}-2)x
- r désignant le rayon de la sphère, 6 la masse spécifique du liquide, et x la tension superficielle. Les mouvements s’amortissent d’autant pins vite qu’ils correspondent à une valeur plus élevée de n.
- En faisant n = 2 dans la formule précédente, on trouve :
- même goutte restait indéfiniment suspenduo en l’air. Rien entendu, ces mesures ne doivent pas être faites a [très une trop grande hauteur de chute.
- L’exactitude des valeurs de la tension superficielle déduite par M. Lenard de la durée d’oscillation des gouttes montre que la théorie de lord Rayleigh est remarquablement approchée; elle n’est cependant pas tout à fait complète, dans le cas des gouttes qui tombent, comme nous le verrons tout à l’heure.
- L’observation des gouttes éclairées par l’étincelle électrique ou à l’aide d’un disque tournant donne lieu à de curieuses illusions. Lorsque les éclats ne sont pas réglés par les gouttes elles-mêmes, on peut, à volonté, leur donner un peu d'avance ou un léger retard ; on voit alors chaque goutte un peu en arrière ou en avant de la position qu’occupait la précédente; elles paraissent tomber en oscillant, d’un mouvement prodigieusement lent, ou même remonter vers leur source.
- M. C.-V. Boys donne, dans un ouvrage que nous avons eu plus d’une fois l’occasion de citer ici1, une série d’images d’une goutte d’eau
- tombant d’un orifice; ces images ont été obtenues avec la même goutte, à l'aide d’un appareil chro-nophotographique, et par un artifice très simple : la goutte, très grosse, tombe dans un liquide avec lequel elle ne se mélange pas. Son mouvement est fortement ralenti, mais il conserve son caractère exact. Les images, correspondant
- ’ig. i. — Schéma tins tourbillons qui se forment dans une goutte pendant sa chute.
- a une
- période
- entière, ont été obtenues sur le pourtour d’une plaque; elles peuvent être montées sur un plié-nakisticope, qui donne l’illusion parfaite de la réalité.
- Nous avons dit que la théorie mathématique établie par lord Rayleigh ne s’appliquait qu’appro-ximativement aux gouttes qui tombent; en effet, celles-ci éprouvent, en passant dans le milieu ambiant, un frottement qui se traduit par une tendance à la formation d’un tourbillon, comme le montre la figure 4.
- Les gouttes d’eau résistent énergiquement à ce mouvement, qui a pour conséquence la formation d’une surface fraîche à leur partie inférieure. Or on sait que la moindre contamination abaisse la tension superficielle de l’eau ; le remplacement continu de la surface de l’eau ne peut donc se faire qu’avec une dépense de travail à laquelle, en général, le frottement ne suffit pas. Il n’en est pas de même pour d’autres liquides qui montrent, même dans l’air, une tendance bien nette à la formation des tourbillons. Ceux-ci s’obtiennent, du reste, avec la plus grande facilité en faisant tomber les gouttes dans un liquide avec lequel elles se mélangent ; par exemple, on obtient de beaux anneaux en faisant tomber dans l’eau du lait, de l’alcool, et un grand nombre
- 1 Bulles de savon, quatre conférences sur la capillarité.
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- de solutions aqueuses ou alcooliques. Mais, comme l’ont montré MM. J.-J. Thomson et 1I.-F. Nevvall, ces anneaux ne se lorment que dans certaines conditions de hauteur de chute, correspondant à l’arrivée de la goutte dans le liquide inférieur dans une certaine phase de son oscillation ; en effet, si l’on élève graduellement le tuhe d’échappement, on voit les anneaux se former, puis disparaître alternativement, les périodes de formation étant séparées par des augmentations égales dans la durée de la chute.
- Les résultats accessoires de ces expériences sont lort intéressants; on remarque immédiatement, en particulier, que les anneaux réguliers tombent avec une grande vitesse jusqu’au fond du vase, tandis que les gouttes s’arrêtent à mi-chemin; on en conclut (jue le tourbillon annulaire est une forme très favorable à la progression.
- Dans le sujet qui nous occupe, plus d’un détail reste a éclaircir; la durée d’oscillation des gouttes étant une fonction de la tension superficielle, toute cause qui modifie cette dernière agit de même sur la durée d’oscillation; il suffit, par exemple, d’ouvrir une bouteille d’alcool ou d’éther dans le voisinage de l’appareil pour modifier immédiatement le phénomène.
- L’électricité exerce-t-elle une action, comme quelques ailleurs le pensent? les gouttes qui se suivent de {très agissent-elles l’une sur l’autre pour modifier leur vitesse de chute? quelle est l’influence d’une paroi verticale voisine des gouttes? telles sont, parmi un grand nombre de questions qui se posent, trois des plus actuelles; leur étude est ébauchée, mais on peut l’approfondir davantage; la seconde, en particulier, serait de nature à nous fournir un lointain renseignement sur le rôle très débattu des entraîneurs véloeipédiques.
- Lomme on voit, le concours ouvert par la Revue suisse de photographie embrasse un domaine très vaste et les amateurs qui y ont {iris part n’ont eu (pie l’embarras du choix pour en développer tel ou tel point particulier. Ch.-En. Guillaume.
- LE KINÉTOSCOPE D’EDISON
- Le célèbre inventeur américain Edison, à qui l’on doit de si admirables découvertes telles que celles de la télégraphie quadruplex, de la lampe électrique à incandescence et du phonographe, vient de terminer la construction d’un appareil qui, bien que n’étant celte fois que le perfectionnement de méthodes et de mécanismes déjà employés, n’en doit pas moins être considéré comme des plus remarquables.
- Nos lecteurs connaissent les premiers résultats qu’un Américain, M. Muybridge, a obtenus dès 1878, en prenant dans un espace de temps très court une série continue de photographies d’un cheval au trot ou au galop; les attitudes du cheval se trouvaient graduellement fixées par des clichés
- successifs, et quand les positifs obtenus avec ces clichés, montés sur des disques à rotation rapide, étaient projetés successivement sur un écran, on avait sous les yeux la reproduction de toutes les attitudes du cheval au galop. L’art de la chronophotographic, qui donne la photographie du mouvement, était créé.
- Nous rappellerons que La Nature a été 1 a première publication française qui publia le résultat des expériences de M. Muybridge; nous avons reproduit les photographies de l’habile praticien à la fin de 18781.
- Aussitôt après les expériences du savant Américain, M. Marey commença à entreprendre ses expériences de chronophotographic, au moyen d’appareils nouveaux fort savamment étudiés et construits.
- L’éminent savant, auquel on devait déjà tant de travaux importants, commença, {tour photographier des oiseaux au vol, par se servir d’un fusil photographique dont il avait emprunté l’idée au revolver astronomique de M. Janssen2. Dois il eut recours à d autres systèmes de chronophotographic qui ont été successivement décrits dans La Nature 3. Les résultats que M. Marey a obtenus pendant do longues années doivent être incontestablement placés parmi les plus importants de la science contemporaine. M. Marey a présenté lui-même la suite de ses travaux dans La Nature et nous nous félicitons bien vivement de sa précieuse collaboration. Nos lecteurs connaissent le laboratoire de physiologie du Parc aux Princes et les appareils qui ont servi a laire ces reproductions étonnantes sur la marche de l’homme, sur le vol des oiseaux, sur le mouvement des insectes. M. Marey a organisé, dans son laboratoire, des zootropes dans lesquels on peut admirer des séries de photographies du mouvement et de la locomotion des animaux. On voit des hommes qui courent, des chiens ou des chevaux qui franchissent des obstacles, des gymnastes qui sont en action, des maîtres d’armes qui font de l’escrime, et jusqu’à des oiseaux qui volent en battant des ailes.
- Le zootrope, il faut en convenir, n’est pas un instrument tout à lait complet; en regardant à travers une des fentes percées dans la surface cylindrique de 1 appareil en rotation, on aperçoit plusieurs images a la lois de la bande photographique fixée à l’inté-î îeui , la rotation n est pas très rapide, le mouvement des personnages ou des animaux se traduit pai des saccades. La chronophotographic peut assurément se prêter à des résultats plus satisfaisants.
- Ce problème de la transformation du zootropc a été résolu avec le plus grand succès par Edison, au moyen de son Kinéloscope dont nous allons parler.
- Les journaux américains ont raconté qu’Edison avait montré, dans une soirée intime donnée dans son laboratoire d’Orangc, les résultats de ses travaux. On voyait projetée sur l’écran une photographie agrandie du Kinétoscope. Les personnages étaient en
- 1 Voy. ir 280, du 14 décembre 1878, p. 23.
- 2 Voy. n° £64. du 22 avril 1882, p. 326.
- 3 Voy. tables décennales de La Sature.
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- mouvement d’une façon continue, on entendait la voix de ceux que l’image représentait; elle était produite par un phonographe. Nous donnons ici d’après une gravure du Scien-tific amer ica n (tig. 1) la disposition générale des appareils qui ont servi à celte curieuse séance.
- M. Edison,
- (tour réaliser ses expériences plus récentes, se sert dedeuxappareils.
- 1° L’appareil qui exécute les photographies, tpii enregistre les scènes, et que l’inventeur appelle le Kinélo-yraphe. 2° L’appareil qui permet de voir les photographies obtenues. Ces photographies se succédant sous les yeux de l’observateur, avec une vitesse
- considérable, donnent une illusion absolue du mouvement, avec une continuité que l’on n’avait encore jamais obtenue ; il se nomme le Kinétoscope.
- Avec le Kiné-lographe, Edison obtient scs photographies sur des pellicules sensibles, à la façon de la méthode de M. Marcy : il a donné aux épreuves les dimensions suivantes : 2 centimètres sur 5. Les positifs sont tirés sur des bandes ilexiblcs de celluloïde. Ces bandes forment un long ruban qui, pendant l’opération, tourne avec une grande vitesse, entraîné par une sorte de roue. Les photographies qui se succèdent ont été faites en une fraction de seconde très mi-
- Fig. 1. — Première expérience du Kinétoscope exécutée par M. Edison dans son laboratoire d’Orauge, aux Etats-Unis.
- Fig. 2. — Vue extérieure du Kinétoscope.
- nime; on peut obtenir quarante-six impressions à la seconde, soit deux mille sept cent soixante à la minute. Ces photographies reproduisent des scènes animées multiples que l'on a composées avec des
- Fig. 3. — Mécanisme moteur du Kinétoscope.
- modèles ou des acteurs, des danseuses en mouvement ; les modèles simulent des rixes, des combats de lutteurs, etc. Pendant que les scènes ou les exercices gymnastiques ont lieu, ils sont impres-
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- simulés sur la Lande sensible et les clichés pelli-eulaires ainsi obtenus sont tirés ensuite sur les rubans de celluloïde (jui constituent les épreuves positives. Ces rubans atteignent une longueur considérable, 15 mètres environ, et peuvent contenir plusieurs centaines d’images.
- Le Kinétoscope, dans lequel se produit l’illusion, est l’appareil que représente notre ligure 2. Il est enfermé dans un coffre de bois dont la partie supérieure est munie d’un oculaire. On place les yeux devant cet objet et l’on voit apparaître une photographie transparente qui n’est pas plus grande que le sixième d’une carte de visite ; tous les personnages sont en mouvement et les scènes sont sans cesse animées de la façon la plus merveilleuse.
- Comment cet a p pareil fonctionne-t-il? La fig. 5 en montre deux compartiments superposés; elle nous présente le mécanisme contenu dans la demi-épaisseur de la caisse. L’autre demi-épaisseur est réservée au ruban des photographies dont nous avons déjà parlé plus haut.
- Au bas de notre figure 5, dans le compartiment inférieur, on aperçoit le moteur électrique C qui met tout le mécanisme en mouvement. C’est une dynamo Edison de 8 volts ; elle fonctionne sous l’action de 4 accumulateurs donnant 80 ampères-heure, au débit de 5 ampères. Le courant passe à travers une résistance I), que l’on fait varier, pour augmenter ou diminuer l’intensité de la lumière de la lampe à incandescence ; celle-ci éclaire plus ou moins le ruban de celluloïde suivant son épaisseur et sa transparence qui sont très variables. Vis-à-vis du moteur C est un autre appareil AB, dont nous nous bornons à donner l’aspect ;
- il est en quelque socle indépendant du Kinétoscope, et fait lbnclionner une tirelire automatique qui, sous l’action de la clmte d’une pièce de monnaie, détermine toute la mise en marche. On peut ne pas se servir de cet appareil annexe.
- A la partie supérieure de la figure 5, on voit le disque Y en métal qui forme écran devant le ruban pelliculaire B. La petite lampe à incandescence qui éclaire le ruban par transparence est
- représentée en L. L’oculaire 0, où l’observateur place les deux yeux, est monté sur un tube conique E, et dépasse le bois de fermeture supérieur du système. Quand on veut faire fonctionner l'appareil, on met le moteur électrique en action. Au moyen d’un mécanisme de roues d’engrenages fort bien combiné, ce moteur fait tourner le disque circulaire celui-ci est muni d’une fente F, qui permet à l’observateur de voir les photographies du ruban pelliculaire figuré en B, chaque fois que cette fente passe sous ses yeux. Quoique la fente soit unique dans le disque métallique formant écran, elle tourne avec une si grande vitesse que l’oeil de l’observateur ne s’aperçoit pas de la rotation du disque et voit les photographies successives d’une façon continue.
- Le ruban photographique est solidaire du disque horizontal auquel il se trouve relié par des engrenages; il tourne avec la môme vitesse en glissant sur les poulies PS. La vitesse de rotation est telle qu’il y a environ quarante-deux photographies qui passent en une seconde sous les yeux de l’observateur.
- Le ruban pelliculaire ainsi entraîné a environ 15 mètres de longueur; il forme un ruban sans fin monté sur le devant de la caisse du Kinétoscope comme le
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- Fig. I. — Modo d’enroulement dans le Kinétoscope du ruban de celluloïde sur lequel ont été tirées les épreuves chronophotographiques.
- Derrière ce ruban est monté le mécanisme moteur de la ligure 3.
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- fuit comprendre notre figure 4.Le ruban circuleautour ! des poulies représentées, qui sont distantes les unes des autres, de haut en lias, de 60 centimètres. On peut compter, sur la longueur de ce ruban pelliculaire en celluloïde, 750 épreuves chronopliotographiques.
- Pour donner une idée des résultats que l’on obtient avec le Kinétoscopo d’Edison, nous dirons que dans une des photographies que l’on fait voir au visiteur, on aperçoit un singe sautant sur un orgue; le saut de l’animal s’accomplit subitement, l’image i[ue l’on a vue presque instantanément comprend cependant 53 épreuves de photographies successives. Dans une scène du Kinétoscope qui représente un coiffeur américain remplissant ses fonctions, il n’y a pas moins de 1700 poses.
- Tel est cet appareil qui fonctionne avec une précision et une perfection dignes d’éloges. L’exécution des scènes reproduites par la photographie est excellente et composée avec beaucoup de goût; le mécanisme du Kinétoscope est d’une remarquable délicatesse; il montre, quand on regarde à l’ouverture de l’oculaire, l’étrange spectacle de tableaux animés, dont les personnages sont en action. Lecteurs, allez voir ces images, qu’on dirait prodigieuses, du Kinétoscope1.
- M. Edison se promet, paraît-il, de nous donner prochainement un perfectionnement de son appareil, dans lequel les images pourraient être agrandies.
- Gaston Tissandier.
- TRAMWAY ÉLECTRIQUE
- UE I,’EXPOSITION DE LVON
- Un essai de canalisation souterraine pour tramway électrique a été fait par M. Claret à l’Exposition de Lyon depuis plusieurs mois et a donné, paraît-il, toute satisfaction. Les contacts avec la ligne venant de l’usine étaient établis par la voiture au moment du passage seulement, à l’aide de prises de courant à pression; un second contact était pris au moment où le premier était rompu. La longueur totale de la ligne, qui traversait une partie de la ville de Lyon, était, d’après notre confrère Le Journal de TÉlectricité, de 3200 kilomètres, à voie double. L’usine génératrice se trouvait à l’intérieur de l’Exposition ; un gazogène Buire-Lancauchez à gaz pauvre alimentait un moteur de 100 chevaux, et ce dernier actionnait une dynamo Thury de 500 volts. La consommation de charbon a été en moyenne de 0,5 kilogramme par cheval-heure utile. Le tramway a accompli, pour ses débuts, un service des plus difticiles, et n’a donné lieu à aucune réclamation. Bans les commencements du mois de juin, il a transporté jusqu’à 15 000 personnes par jour; dix voitures étaient alors en marche, et se succédaient à un intervalle de 4 minutes. Pendant le mois d’août, il a transporté 123 842 personnes ; ce qui représente encore une moyenne de 4000 personnes par jour. J. L.
- 1 MM. Werncr frères, les représentants à Paris de M. Edison, ont installé dans un local situé n° 20, boulevard Poissonnière, plusieurs Kinétoscopes qui fonctionnent toute la journée et le soir.
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- LES A HERES NOURRICIERS DU GUI
- Bans le Bulletin cle la Société scientifique et médicale de l'Ouest, t. II, p. 214, M. P. Lesage donne la liste suivante des divers végétaux sur lesquels le (lui a été constaté jusqu’à présent :
- Piaus sylvestris, L. Piaus laricio, L. Abies cilicica Carr. Abies pectinata, DE. Abies exeelsn, I)C. Larix europœa, 1)C. Ulmus campestris, L. Monts alba, L. Qucrcus robur, L. Quercus il ex, L. Qucrcns rubra, L. Co-rylus avellana, L. Fayus sylvalica, L. Castanea vesca, Gœrt. Carpinus betulus, h. Salix alba, L. Salix caprœa, L. Salix babylonica, L. Salix purpurea, L. Populus fastigiata, I'oir. Populus migra, L. Populus tremula, L. Populus mo-nilifera, Mich. Detula alba, L Jugions regia, L. Loranthus albus, L. Viscum album, L. Tilia microphylla, Wild. Tilia platgphylla, Scop. Tilia grandiflora, Chrh. Pyrus commuais, L. Pyrus malus, L. Sorbus torminalis, Elirh. Sorbus aucuparia, L. Sorbus domeslica, L. Sorbus aria, L. Amyg-dalus commuais, I,. Mespilus germon ica, L. Prunus mahaleb, L. Rosa canina, L. Cratœgus oxyacantha, L. Cratœgus monogyna, Jacq. Cratœgus crus galli, L. Robiaia pseudo acacia, L. Sarolhamnus Scoparius, Koch. Acer campeslre, L. Acer mortspessulanum, L. Acer pseudo-platanus, L. Yilis vinifera, L. Cornus mas, h. Fraxinus exeelsior, h. ^
- Je puis ajouter plus d’une douzaine de noms à cette liste, déjà longue, des arbres nourriciers du Gui. En effet, de 1886 à 1892, j’ai fait, chaque hiver, le relevé méthodique des arbres du Parc de Baleine1 et des environs, qui portaient des touffes de cette plante parasite.
- En voici la liste complète, telle que je la transcris de mes registres d’observations.
- Quercus paluslris, Du Roi2. Quercus phellos, L. Salix alba, L. Salix vitellina, L. Populus canadensis, Midi. Populus angulala, Ait. Populus virginiana, Midi. Betula urticœ folia, L. Betula alba, L. Carya porcina, Nutt. Tilia argentea, II. P3. Cerasus virginiana, Juss. Sorbus aucuparia, L. Pyrus commuais, L. Amelanchier vulgaris, Mœncli. Cratœgus crus galli, L. Cratœgus oxyacantha v. rosea, L. Robiaia pseudo-acacia, L. Robiaia gondoni-niaaa (8)4. Acer plalanoïdes, L. Cornus florida, L. Celtis orientalis, L. Pavia lutea, Duli.
- Les arbres de ce relevé qui ne figurent pas sur la liste de M. P. Lesage sont les suivants :
- Qucrcus palustris, Du Roi, Chêne des marais, Pine Oak.
- 1 Le Parc de Baleine, situé à 16 kilomètres au NNW de Moulins (Allier) a été créé, au commencement de ce siècle, par Mme Aglaé Adanson, lille du grand naturaliste.
- 2 Au sujet du Q. paluslris, M. A. Doumet a commis une méprise dans ses notes et observations sur la classification des Chênes d’Amérique de M. Georges Yasey (v. Annales de la Société d’horticulture de VAllier'). 11 écrit, en effet, dans ce travail extrêmement intéressant et instructif : « Q. palustris (Michaux). On le nomme Chêne du Roi; c’est aussi le roi des chênes par la beauté de son port et de son feuillage, par la qualité de son bois, la rapidité de sa croissance et sa rusticité ». Mais Du Roi (J. Phil.) est un botaniste de Brunswick (1741-1785), auquel Linné a dédié le genre Duroia. Et c’est Du Roi qui a décrit le Q. palustris dans « Die Uarbkesche wilde
- Baumzucht.....», ouvrage publié en 1771 et qui eut plusieurs
- éditions.
- 3 J’ai encore constaté la présence du Gui sur plusieurs tilleuls exotiques, originaires d’Amérique, que j’ai négligé de déterminer, soit T. americana, T. pubescens ou T. missis-sipiensis.
- 4 Le Robinia gondoniniana est une variété qui ne figure plus, semble-t-il, sur les catalogues. C’est un des rares arbres du Parc de Baleine, portant encore une étiquette écrite de la main même de Mmc Aglaé Adanson.
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- LA NATURE.
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- Quercus phellos, L., Chêne à feuilles de saule. Salie vitel-lina, L, Osier jaune. Populus angulala, Ail. Peuplier de la Caroline. Populus canadensis, Midi., Peuplier du Canada. Betula urlicœfolia, L., Bouleau à feuilles d’ortie. Carya porcina, Nutt., Noyer des pourceaux. T ilia argentea, II. P., Tilleul argenté. Cerasus virginiana, Juss., Cerisier de Virginie. Amelanchier vulgaris, Mœnch., Amelancliier commun. Robinia gondoniniana (7), Robinier? Acer platanoidcs, L., Erable plane. Cornus florida, L., Cornouiller à grandes fleurs. Celtia orienlalis. Mill., Micocoulier oriental. Pavia lulea. Dub, Pavicr jaune,
- soit un total de quinze nouveaux végétaux à ajouter aux cinquante et un qui composent la liste de M. P. Lesage.
- On connaîtrait donc aujourd’hui, en France, soixante-six arbres nourriciers du Gui.
- G. de Rocquigxï-Adaxson.
- Moulins, 4 octobre 1894.
- FORÊTS DE LA PROVINCE DE WASHINGTON
- AUX ÉTATS-UNIS
- Lorsque le voyageur passe dans les régions lointaines du Dominion Canadien à Vancouver, puis aux États-Unis dans les provinces de Washington ou de l’Oregon, il admire dans les forêts les arbres grandioses et imposants d’aspect. Malheureusement les habitants des deux contrées ne voient dans toutes ces merveilles de la nature que l’argent qu’ils peuvent en tirer le plus vite possible, et l’exploitation s’y pratique sans aucune mesure. Des scieries nouvelles s’installent partout, et le mouvement commercial produit par l’exploitation des forêts, prend de jour en jour des proportions extraordinaires. Le gaspillage est extrême également, les Américains brûlent autour de leurs villes naissantes des arbres splendides, ou les coupent sans pitié. Ils les laissent souvent pourrir sur le sol, faute de routes praticables pour les transporter jusqu’aux scieries. Il faut du jour et de l’espace, aussi tout est détruit jusqu’à plusieurs kilomètres de distance.
- Dans l’intérieur des forêts, le gouvernement vend des lots considérables qui sont défrichés et mis en culture ou bien exploités pour l’abatage des arbres, afin d’en faire des bois de construction. C’est la destruction complète. Le gouvernement des États-Unis, quoique bien tardivement prévenu, commence à s’apercevoir des mauvais effets de ce déboisement à outrance. Pendant qu’il en est temps encore, il a su nommer des commissions spéciales chargées de choisir, dans les plus belles parties des forêts vierges qui subsistent, des réserves destinées à protéger les sources et les cours d’eau.
- C’est ainsi que dans la province de Washington, près des villes de Seattle et de Tacoma, des territoires de forêts seront respectés à tout jamais. Seattle, il y a trente-sept ans, était composée seulement de quelques huttes construites dans la forêt même, habitées par des bûcherons. 11 y a vingt-cinq ans, elle devenait presque une petite ville. En 1885, elle possède 22 000 habitants. La forêt défrichée s’éloigne de plus en plus, mais l’accroissement de la
- ville augmente jusqu’à l’invraisemblance. Elle contenait en 1895, au dernier recensement, 45000 habitants. Aux environs de Seattle on a fait une réserve connue sous le nom de parc de Ravenna. Le voyageur peut admirer là quelques arbres gigantesques et une jolie source minérale qui attirent chaque jour de nombreux visiteurs.
- Je désirais surtout visiter dans la province les grandes forêts exploitées, situées loin des villes. Près de Seattle ce sont, m’a-t-on dit, les territoires de Snoquahnie qui vous offriront les aperçus les plus beaux. La forêt y est en effet admirable. Le bois le plus demandé dans la province de Washington est le sapin qu’on nomme le Fir. 11 y en a trois espèces ; le rouge, le jaune et le blanc. Le rouge se trouve surtout le long des côtes du détroit de Puget. Lorsqu’il atteint l’altitude de 200 mètres il ne prospère plus. Il pousse droit et rapidement, aussi les pièces de charpente qu’on en débite sont choisies surtout pour la construction des ponts. Le jaune croît à des altitudes plus hautes que le précédent; on l’admire sur les cimes pittoresques et au bord des torrents.
- Les arbres de cette espèce comptent parmi les plus grands. Beaucoup d’entre eux arrivent à une hauteur de 80 et de 90 mètres, mais le bois du Fir jaune est plus tendre que ceux du rouge et du blanc. Il résiste cependant aux intempéries du climat. On l’emploie pour faire le plancher des maisons, ou les lambris. Le bois du Fir blanc est d’une qualité plus inférieure. Ce sapin est moins abondant dans les forêts et n’arrive pas à un extraordinaire développement.
- Le Spruce ou pin de Washington est aussi assez commun. Il n’est pas moins magnifique que les autres en hauteur et en diamètre à la base, ses qualités se rapprochent de celles du White Fir ou sapin blanc. Enfin le Hemlock ou pin d’Alaska (Tusga Mertensicina) complète la série des arbres abondants de ces forêts. Il y en a deux espèces : le blanc et le rouge, dont l’écorce est fort riche en tanin. On me conduisit dans une section exploitée depuis quelques années déjà par M. Guilloil. Elle est située dans la profondeur des forêts, mais l’accès en est facile par suite du long chemin de schlitte de plus de 5 kilomètres que les bûcherons ont pratiqué dans la montagne pour l’exploitation des arbres magnifiques qui s’y trouvent. Au moment où j’arrivais avec mon guide, les schlitteurs abattaient un sapin de 70 mètres de hauteur et de près de 2 mètres de diamètre. Il n’a pas fallu moins de trois quarts d’heure pour cette opération. Deux hommes commencent à scier, jusqu’à l’épaisseur du tiers environ, le tronc de l’arbre à partir de lm,50 du sol, avec une longue scie analogue de forme à celles que nos ouvriers emploient pour couper les pierres de taille. Cette besogne terminée les bûcherons attaquent l’arbre du côté opposé, celui par lequel il devra tomber, à grands coups de haches, et lui font une profonde entaille. Le géant
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- LA NATURE.
- de la forêt perd alors son é(|uilil>re, il est vaincu et tombe avec fracas au milieu des autres arbres. Les branches magnifiques sont coupées, on en fait des monceaux autour de son immense cadavre. L’écorce, enlevée peu à peu, sera brûlée dans un coin de la foret et les bûcherons viendront scier l’arbre en tronçons de 10 mètres environ. La gravure ci-dessous (fig. 1) donne la reproduction d’une photographie montrant un des troncs abattus, sur lequel trente-cinq hommes de l'exploitation avaient pu se tenir debout.
- Quand les sections du grand tronc sont faites, à l’aide d’une loeomobile de 15 chevaux-vapeur environ, fixée sur un disque tournant, on déroule un long fil de fer monté sur un rouleau. L’extrémité de ce
- fd est armée d’un crochet de fer qu’on enfonce dans l’arbre taillé qui est conduit peu à pou dans la direction voulue et placé sur le chemin de schlitte.
- Dix chevaux ou bœufs sont attelés et traînent le tronçon jusqu’à l’endroit de la foret où la montagne présente une pente très rapide, descendant jusqu'à uu petit lac. L’arbre placé sur cette pente, grossièrement nivelée par de longues branches de sapin, glisse à grande vitesse et ne tarde pas à surnager auprès des autres pièces de bois déjà précipitées. On les pousse aisément à la surface de l’eau avec des barques, mais ces énormes tronçons peuvent porter plusieurs hommes. Les bûcherons sautent d'un arbre à l’autre pour faire les manœuvres né-
- cessaires et les bois sont bientôt amenés jusqu’à l’endroit où on pourra les poser sur les plates-formes du chemin de fer. Mon guide me persuada d’essayer de traverser comme lui, en sautant sur les arbres coupés, un petit bras du lac qui en était encombré. Je le fis, mais non sans éprouver une certaine appréhension (fig. 2).
- Tacoma, ville nouvelle comme Seattle, est aussi admirablement située dans la mer intérieure formée par le Pacifique. Une réserve a été de même choisie dans le lieu appelé Pointe Défiance, au bord de l’Océan. Tacoma possède un autre attrait ; il s’agit de la vue grandiose du mont Rainier qui s’élève dans le ciel à une altitude de 4590 mètres et forme un des plus beaux panoramas qu’on puisse voir dans le monde.
- Cette montagne, ancien volcan éteint; est encore entourée de forêts épaisses. Les arbres commencent à être exploités, mais on a décidé d’en sauver une partie importante, qui est placée dans une vallée haute près d’une petite station nommée Long Mirés. C’est un lieu connu par ses sources d’eaux ferrugineuses et gazeuses; on y prend aussi des bains chauds naturels. La réserve nouvelle est surnommée la Vallée du Paradis. Pour s’y rendre de Tacoma, le voyage aujourd’hui n’est pas fort aisé. On arrive en chemin de fer jusqu’au lac de Spanaway, puis une voiture vous mène en quatre heures par la forêt en partie exploitée, sur mie route primitive, jusqu’à Eatonville où on trouve une auberge pour passer la nuit. Ici la forêt est sombre et mystérieuse, elle domine encore tout le pays et resplendit dans toute sa beauté.
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- LA NATURE
- Fig. 5. — L’école primaire de Elby dans la forêt de Tacoina. (Province de Washington, aux Etats-Unis.)
- (I)’après nature par M. Albert Tissandier.)
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- LA NATURE.
- L’étape est longue pour gagner Long Mires, au pied du mont Rainier; il faut faire neuf heures de cheval, par des chemins invraisemblables, dans le plus épais de la forêt. Dans les lieux merveilleux qu’on traverse ainsi, on ne regrette pas la fatigue éprouvée. Les chevauchées faites en compagnie de mon jeune guide, sous des voûtes de feuillages s’élevant à 60 mètres de hauteur, parmi les fougères et les sapins qui ont souvent plus de 2 mètres de diamètre, sont inoubliables. De temps à autre, le long du chemin, on passe par une éclaircie. C’est une partie de la forêt exploitée par quelques hardis pionniers qui ont établi, pour vivre, des champs de culture. Ils ont abattu à grand’peine les arbres immenses et ont construit leurs cabanes.
- Ces premiers colons, malgré les lieux éloignés et déserts où ils se trouvent, ne sont pas aussi isolés de la civilisation qu’on pourrait le croire. Le gouvernement des Etats-Unis a pensé aux enfants de ces braves gens et a fait établir dans la forêt quelques écoles où ils peuvent venir apprendre les premières notions indispensables. Un maître vient chaque jour passer la journée dans une modeste maison de bois, donner des leçons aux enfants des deux sexes des pionniers et fermiers des environs. Habitués à la forêt, ils viennent exactement au rendez-vous, envoyés par leurs parents. Le dessin (fig. 3) représente la petite école de Elby. Il y avait dans cette maison de planches une dizaine d’enfants, tous attentifs et studieux; mais à l’heure de la récréation, rien n’était plus charmant que de les voir sauter et courir joyeusement parmi les arbres coupés énormes, qui environnaient l’école. Ce lieu de récréation au moins n’est pas banal.
- Je continuai ma route pour gagner enfin Long Mirés, ma dernière étape.
- A l’époque où je me trouvais là, aux premiers jours de juillet 1893, la vallée haute du Paradis était couverte de neige. J’y montai cependant; il n’y avait pas les fleurs brillantes qui s’y rencontrent un peu plus tard, mais je pouvais admirer les hautes futaies des sapins et les immenses glaciers du mont Rainier. Lorsqu’on aura établi en ces lieux des hôtels confortables et fait des chemins praticables dans la forêt pour y parvenir, la vallée du Paradis de la province de Washington deviendra •aussi célèbre que celle de la Yosemite de Californie.
- . *" Albert Tissandier.
- i •/» .
- LES ÉTOILES FILANTES
- OBSERVÉES EN ITALIE EN AOUT 1894
- Le retour périodique des étoiles tombantes du mois d’août a été observé en vingt-six différentes stations d’Italie, depuis la Vénétie jusqu’au fond de la Sicile. L’éclat de la Lune et le mauvais temps ont eu pour effet d’empêcher de faire de bonnes observations en plusieurs stations. Néanmoins on a mis partout la plus grande attention pour saisir le phénomène, et l’on a assez bien réussi
- dans plusieurs de ces stations. Les observations, commencées la nuit du fl au 10 du mois, se sont continuées jusqu’à celle du 12-13. Dans quelques stations on ne les a commencées qu’après minuit pour éviter, autant que possible, le trop grand éclat de la Lune.
- Nous donnons ci-après le nombre des météores observés chaque soir dans chaque station, en le réduisant, comme à l’ordinaire, à quatre observateurs par station. Nous supprimons les deux stations d'AUayie dans la Ligurie et de Montevergme dans la province d’Avellino, où l’on n’a pas tenu un compte assez exact des météores observés. Nous avons distingué par des guillemets les nuits dans lesquelles le mauvais temps n’a pas permis de faire les observations.
- Nuits.
- Noms des stations. 9-10. 10-11. 11-12. 12-13. Totaux.
- Oderzo i) 48 )) 60 108
- Aprica » 1140 )) 700 1840
- Passivano (Brescia) . . )) 24 » 8 32
- Induno-Olonna (Como). » 4 8 )> 12
- Pavia » 70 55 )) 125
- S. Giovanni Canavese. y> )> 8 y> 8
- Camburzano » 72 388 208 668
- Montaldo-Torinese. . . » 8 » 16 24
- Moncalieri 32 159 » 112 303
- Volpeglino (Tortona) . 188 400 » 176 764
- Tortona )) 227 44 20 291
- Brignano-Curone , . . » 30 » 130 160
- Bargone. ...... » 20 28 16 64
- Pistoia 106 120 76 38 340
- S. Giovanni in Galilea. 64 81 43 )) 191
- Fiesole 128 140 76 )> 544
- Roma 315 960 250 )) 1525
- Monteeojaro (Macerata). 172 212 112 8 504
- Borgo-Gaeta 200 424 808 488 1920
- Procida 348 144 32 » 524
- S. Martino in Pensili . 124 248 140 )) 512
- Taranto 40 80 60 40 220
- Pelagonia 56 460 340 316 1172
- Nolo 32 152 ï) )) 184
- Totaux. . . 1805 5226 2468 2336 Il 835
- De ce tableau, il résulte avec évidence que le retour périodique des Perséides s’est vérifié comme d’habitude et que l’essaim de ces météores a été beaucoup plus abondant dans la nuit du 10 au 11 que dans les autres. En outre, il ne s’est produit aucun retard dans leur apparition, ainsi qu’il était arrivé en 1892. Elle n’a pas égalé celle de l’année dernière : mais, eu égard aux circonstances qui en ont contrarié l’observation, on peut affirmer qu’elle a été, en somme, bien abondante, surtout dans les stations plus méridionales et plus élevées, comme Aprica, Rome, Borgo-Gaeta, Pelagonia. A Montevergine (1377 mètres au-dessus du niveau de la mer), dans la nuit du 10 au 11, à 5h 30“ après minuit, il y eut une vraie pluie de météores qui étonna les observateurs. Les météores avaient généralement un grand éclat, et leur point radiant prédominant, surtout la nuit du 10 au 11, sortait de Persée et de Cassiopée : à l’exception de quelques météores sporadiques, ils offraient tous les caractères des pluies ordinaires d’étoiles.
- Dans plusieurs stations, on a tracé sur les cartes du Ciel presque toutes les trajectoires de ces météores. L’examen des observations faites à l’Observatoire du Vatican donne, comme résultat, que le point principal radiant des Perséides avait les coordonnées suivantes : a = 45°, 8 = 54°. Ainsi que dans les autres années, il s’est montré d’autres radiants secondaires en Cassiopée, dans le Dragon et dans le Cygne. Il faut noter aussi que les Perséides se sont montrées dans d’autres nuits encore
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- que celles de la période ordinaire. En effet, le 51 juillet, pendant que les astronomes du Vatican étaient occupés à leurs travaux photographiques, ils furent surpris par une pluie abondante de météores venant surtout du point habituel du Ciel, près de la constellation de Per«ée. C’est pourquoi on fit à Rome d’autres observations du phénomène dans d’autres nuits encore, soit pour en suivre mieux l’histoire, soit parce que l'on n’était pas gêné par l’éclat, de la Lune : ces observations fournirent un résultat qui n’est pas à dédaigner*. P. François Denza.
- PAPIER PHOTOGRAPHIQUE
- CHAR B.O N - Y E L 0IIR S DE M. Y. ARTIGUE DÉVELOPPEMENT A LA SCIURE DE BOIS
- Les procédés usités pour le tirage des clichés photographiques ne présentent pas tous une garantie suffisante de conservation. Tout le monde a remarqué que beaucoup des épreuves déjà anciennes qu’on possède sur papier au sel d’argent ont une tendance à s’altérer; quelques-unes mémo disparaissent complètement au bout d’un temps relativement court. Cela tient souvent au peu de soin avec lequel sont faits le lavage et le fixage; mais cependant on ne saurait garantir, d’une façon absolue, une inaltérabilité complète à une épreuve tirée sur un papier à base d’argent avec fixage à l’hyposulfite de soude, quels que soient les soins apportés aux diverses manipulations qu’il comporte.
- La question, des plus intéressantes pour l’avenir de la photographie, est étudiée tous les jours de plus près, et les organes spéciaux sont remplis de travaux intéressants à ce sujet ; mais la conclusion générale est que, si avec du soin on peut garantir une assez longue vie à l’épreuve, on ne saurait assurer qu’elle sera d’une conservation indéfinie, et cela a son intérêt au point de vue des photographies documentaires que nous laissons aux siècles futurs.
- On peut avoir recours heureusement à d’autres procédés plus sûrs, tels que le tirage aux encres grasses, plutôt réservé à l’industrie, et le tirage au charbon qui est plus à la portée des amateurs. Ici, on utilise pour la production de l’image une poudre inerte, et les réactions chimiques n’interviennent pas pour la fixer sur le papier. Ce procédé n’est cependant pas aussi répandu qu’il devrait l’être parmi les amateurs, parce qu’il exige des opérations un peu délicates et qu’on ne réussit pas toujours. On sait en effet qu’il repose sur la propriété qu’a la gélatine bichromatée de prendre un degré d’insolubilité proportionnel à l’intensité de la lumière reçue. La poudre colorée inerte et impalpable qu’on choisit est mélangée à la gélatine de manière à former une émulsion qui est étendue sur le papier ; sa conservation dans cet état est indéfinie. Au moment de l’usage, on sensibilise en trempant le papier dans une solution de bichromate de potasse à 5 pour 400 et, dès
- 1 R’après une Note présentée à l’Académie des sciences.
- qu’il est à sec, on tire au châssis-presse en mettant un cliché en contact avec la couche sensible. Mais aucune modification apparente ne se produit; il faut apprécier le temps de pose par comparaison avec un autre genre de tirage ou au moyen d’un photomètre. On y arrive assez facilement.
- Pour révéler l’image, il faut la tremper dans l’eau tiède et toutes les parties non insolées se dissolvent, les autres restent. Mais l’insolation s’étant faite peu à peu par pénétration à travers la couche de gélatine, la surface en contact direct avec le cliché est entièrement devenue insoluble (sauf dans les noirs très opaques); les demi-teintes se montrent donc au développement de l’autre côté de la pellicule que forme l’émulsion, c’est-à-dire du côté qui est en contact avec le papier qui lui sert de support. D’où la nécessité de décoller cette pellicule pour la placer sous un autre support avant de procéder au développement; d’où l’inconvénient aussi d’avoir, par suite de cette opération, une épreuve retournée où la droite devient la gauche, et la nécessité de faire, après développement, un deuxième transport sur le support définitif, pour remettre les choses en bonne place.
- Nous n’avons voulu ici rappeler que très sommairement le principe du procédé au charbon pour indiquer quelles sont, à notre avis, les causes de son insuccès auprès des amateurs; mais hâtons-nous de dire que plusieurs d’entre eux l’emploient avec succès et que les professionnels qui se sont faits une spécialité dans ce genre de travail arrivent à coup sûr ;à des résultats merveilleux, et pour n’en citer qu’un seul exemple, la maison Braün de Paris a acquis une réputation universelle pour ses reproductions de tableaux et gravures obtenues par ce procédé.
- M. V. Artigue, de Bordeaux, a pensé que si l’on arrivait à simplifier la méthode en supprimant les reports, si l’on pouvait avoir une épreuve directement, comme avec les papiers aux sels d’argent, il y aurait un grand progrès. Continuant les essais entrepris dans cette voie par son père, il y a une douzaine d’années, il est arrivé à fabriquer sous le nom de charbon-velotirs un papier qui donne d’excellents résultats.
- Le principe est le même que celui dont nous parlons plus haut; la poudre colorée est incorporée à une substance colloïde qui jouit comme la gélatine de la propriété de devenir insoluble proportionnellement à l’insolation qu’elie reçoit; nous ignorons quelle est la substance employée, gomme, albumine..., peut-être les deux; c’est le secret de l’inventeur.
- Quoi qu’il en soit, les résultats sont très beaux et le mode d’emploi ne nécessite aucun report. Il ne laisse pas, du reste, que d’élie assez original, car le développement se fait au moyen de la sciure de bois.
- Le papier est livré soit en rouleau, soit coupé en morceaux, mais non sensibilisé. Quand on veut
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- l’employer, on l’imprègne d’une solution de bichromate à 5 pour 400, soit en l’immergeant tout entier dans une cuvette, soit en badigeonnant le côté opposé à l’émulsion au moyen d’un pinceau ou d’un tampon ; l’inventeur estime que ce moyen est bien préférable par la beauté du résultat final ; nous avons essayé les deux et n’y trouvons pas grande différence. Quel que soit le mode de sensibilisation employé, on laisse sécher à l’obscurité et on procède ensuite au tirage au châssis-presse. Pas plus que dans le procédé au charbon, on ne voit venir l’image. M. Àrtigue recommande d’employer comme photomètre une bande de papier blanc quelconque un peu fort, qu’on sensibilise dans le bain de bichromate et qu’on sèche en même temps que le reste. Cette bande, d’un jaune clair, est placée entre deux cartons, on en tire un bout d’environ un demi-centimètre qu’on expose au jour en même temps que le cliché, et qui prend une teinte déplus en plus foncée, jusqu’à un maximum qui ne varie plus. À ce moment, on tire un peu à soi le papier et on expose au jour une nouvelle section de un demi-centimètre qui acquiert bientôt la teinte de la première et ainsi de suite, chacune de ces sections représentant un degré du photomètre. Dans une première expérience, on arrête le tirage du cliché au bout de deux ou trois degrés, et au développement on verra s’il y a excès ou défaut de pose; on modifiera en conséquence le tirage suivant, et on notera sur ce cliché-type le nombre de degrés nécessaire pour avoir un bon résultat. Une fois cette expérience faite, on aura des données certaines pour l’avenir.
- On procède au développement au sortir du châssis-presse, ou quelques heures après si l’on préfère, mais il ne faut pas attendre plusieurs jours, le papier ne se conservant pas quand il est sensibilisé. On prépare dans une terrine une bouillie formée de deux à trois litres de sciure de bois et d’eau tiède; on remue avec un thermomètre et, au moyen d’une petite réserve d’eau bouillante, on amène le mélange à 27 degrés centigrades exactement. La bouillie est
- en assez grande quantité pour conserver longtemps cette température, où on peut du reste toujours la ramener facilement avec de petites additions d’eau très chaude. Ceci étant prêt, on plonge l’épreuve dans l’eau froide pour la ramollir, puis on la fixe avec des pinces sur une feuille de verre reposant sur un chevalet qui supporte la terrine. On peut, si l’on veut, fixer simplement l’épreuve à une réglette en bois qu’on tient à la main. On prend alors la bouillie dans une cafetière à large bec et on la verse à la partie supérieure de l’épreuve, d’un bout à l’autre, de manière qu’elle se répande partout et retombe dans la terrine; on continue ainsi et on voit l’image paraître peu à peu. S’il y a surexposition et qu’elle vienne trop vite, on se sert d’une
- bouillie plus froide, à 20 degrés, qu’on a préparée à l’avance dans une autre terrine; s’il y a au contraire manque de pose, on élève la température jusqu’à 29 degrés. On voit que le procédé de développement laisse une certaine latitude dans l’appréciation du temps de pose.
- On comprend ([uc dans cette opération aucune action chimique n’intervient, il n’y a qu’une .action purement mécanique, lente et uniforme, qui dégage peu à peu, proportionnellement à l’insolation, la matière colorante emprisonnée dans la substance colloïde. L’inventeur a essayé d’opérer ce travail de bien des façons différentes, avec une brosse, un pinceau, du sable, etc., mais depuis dix ans qu’il travaille la question, aucun procédé ne lui a mieux réussi que celui que nous venons d’indiquer.
- L’épreuve une fois venue à point est simplement lavée à l’eau froide, pour enlever toute trace de bichromate; elle est ensuite prête à être collée sur carton.
- On voit qu’on supprime complètement les reports, il y a donc deux chances d’insuccès évitées. Les résultats sont certes au moins aussi beaux que ceux donnés par le charbon ordinaire et nous engageons vivement les amateurs à essayer ce genre de tirage qui leur donnera des épreuves inaltérables et artistiques. G. Mareschai,.
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- — Manière (l’opérer.
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- L’OUTILLAGE DU PÊCHEUR A LA LIGNE1
- Epuisette. — Dos que le pêcheur seul, eu l'errant un poisson, (pie celui-ci est d’un certain poids, il ne doit jamais chercher à le sortir de l’eau à l’aide (h* la ligne, qui se casserait certainement.; il se bornera à amener la pièce à la surface de l’eau, dès qu'il la sentira fatiguée, et la fera alors entrer dans un filet à manche, appelé epuisette, qu’on passe sous le corps du poisson et qui permet de l’enlever.
- L’épuisette se place à portée de la main; c’est, comme l’indique notre dessin (n° 1), une poche
- en filet montée sur un cercle de fil de fer épais fixé au bout d'un manélie en roseau ou en bambou. Pour la pèche en bateau, le manche peut être très court (n° 2). Le seul inconvénient de l’épuisette est d’ètre incommode à transporter; aussi les inventeurs se sont-ils ingéniés pour créer des épuisettes démontables. Le cercle métallique peut se ployer en quatre, ce qui le rend moins encombrant; on le visse ensuite au bout du manche, quand on veut s’en servir (n° 5). Un nouveau modèle d’épuisette démontable est le système Carlier, représenté (n° 4), monté et démonté. Le fer et le filet sont solidaires du manche. En faisant glisser latéralement le filet
- Outillage du pêcheur : iilets, paniers, sonde, etc.
- 1. Epuisette ordinaire. — 2, Epuisette à manche court. — 3. Epuisette démontable (ouverte et fermée). — -i. Epuisette Carlier (ouverte et fermée). — 5. Modèle anglais pour pêche à la mouche, avec allongement télescopique. — 6. Panier de pcclic. — 7. Dégorgeoir. — 8. Anneau à décrocher. — ‘J. bourriche. — 10. Soude. — 11. Pliant-sac (système Moriceau).
- le long de la corde qui réunit les extrémités des deux brandies, on permet aux deux branches de se rabattre le long du manche, (le système d’épuisette peut, grâce à sa forme, servir à la pèche aux crevettes, sur le bord de la mer. Pour ht pèche à la mouche, où l’épuisette fonctionne constamment, vu la taille des poissons qu'on y prend, cet appareil doit être construit avec un soin tout spécial. Dans ce cas, l’épuisette est courte et légère; on l’accroche à la ceinture de façon à l’avoir toujours sous la main (n° 5) ; de plus, le manche est en deux parties rentrant télescopiquement l’une dans l’autre, ce qui permet de l’allonger instantanément.
- 1 Suite. — Yoy. n° 1114, <lu 0 octobre 1894, p. 290.
- Panier à pèche. — Le pécheur rapporte son poisson dans le panier à pèche, dont la forme aplatie d’un côté permet de le suspendre le long du corps. Une ouverture, pratiquée dans le couvercle, sert à faire passer les poissons à l’intérieur (n° G). Certains'de ces paniers sont fabriqués de façon à pouvoir servir de siège. Quelques-uns sont garnis à leur partie supérieure d’une boîte en fer-blanc vernie, permettant d’y conserver au sec les engins de pêche : lignes, hameçons, etc. Au départ, le panier contient le déjeuner du pêcheur. Quant aux ustensiles de pêche, on peut les placer dans un petit sac en toile tannée, suspendu par une courroie comme les sacs de voyage, et porté en sautoir.
- Dégorgeoir. — Le dégorgeoir est une petite tige
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- de métal terminée par une fourche et servant à décrocher l’hameçon lorsque le poisson l’a avalé avec l’appât (n° 7).
- Décrochoir. — L’anneau à décrocher a pour hut de dégager la ligne lorsqu’elle est prise dans les herbes du fond. On le fait en plomb ou en cuivre, avec des dents destinées à arracher les herbes (n° 8). L’anneau peut être ouvrant, avec charnière, pour être passé sur une ligne à moulinet. On attache l’anneau à une ficelle enroulée sur une bobine.
- Bourriches. — Une fois pris,, le poisson est mis dans une bourriche; c'est un sac en filet maintenu par des cercles de rotin (n° 9); la ficelle est tannée, de façon à être rendue imputrescible. La bourriche placée dans l’eau et attachée soit au batèau, soit aux roseaux du bord, permet de conserver vivants les petits poissons qu’on désire rapporter à la maison pour les placer dans un aquarium. Si le poisson est destiné à faire une friture, il vaut mieux le placer de suite dans le panier de pèche, en garnissant ce panier d’herbe sèche. Placez à l’ombre votre panier, et le poisson se conservera frais pendant toute une journée. Nos voisins les Anglais, excellents pécheurs à la ligne, tuent le poisson aussitôt péché; il est meilleur, parait-il, que lorsqu’on le laisse mourir lentement hors de l’eau.
- Sonde. — La sonde qui se trouve représentée dans la gravure ci-contre (n° 10), est une petite masse de plomb de 40 grammes environ, ayant la forme d'un tronc de pyramide ou d’un tronc de cône. Elle porte à sa partie supérieure un anneau, et dans la partie inférieure est encastrée, à queue d’aronde, une petite bande de liège. On pique dans ce liège la pointe de l’hameçon, après que l’hameçon et l’extrémité du bas de ligne ont été passés par l’anneau, et l’on descend dans l’eau la sonde, qui indique exactement la profondeur à l’endroit où l’on pèche. Quand on veut pécher au fond, il faut (pie, la sonde touchant le fond, le flotteur Hotte à la surface de l’eau. Si le flotteur s’enfonce, il faut le remonter le long de la ligne; s’il y a trop de lâche, il faut le descendre.
- Siège. — Je ne parle [tas ici des nombreux systèmes de pliants, cannes-sièges, etc., fort utiles à celui qui ne veut ni rester debout toute la journée, ni s’asseoir par terre. Je signalerai seulement le curieux système de pliant-sac, inventé par M. Mo-rieeau, le fabricant bien connu d’ustensiles de pèche. Comme le montre notre dessin (n° 11), cet appareil n’est autre chose qu’un pliant garni de toile tannée qui forme un sac assez grand pour contenir tous les ustensiles nécessaires au bord de l’eau. 11 procure un siège confortable, et se porte à l’aide de deux poignées, comme un sac de voyage.
- Un grand parasol à manche démontable, et pouvant se ficher en terre ou s’attacher sur le bateau, sera très apprécié par les amis du confortable.
- Boites à amorces. — Pour être complet, je dois mentionner enfin les boîtes à amorces. Ce sont de petits récipients en fer-blanc dont le couvercle est
- percé de trous. Les plus simples sont les meilleures; mais, pour l’asticot, qui se glisse par les moindres fentes, la fermeture doit être hermétique.
- — A suivre. — ArTHUK Gooi).
- CHRONIQUE
- lies tramways À air comprimé (le Saint-Augustin au cours de Vincennes, à Paris. —
- Depuis un mois environ un service de tramways à air comprimé a été établi par la Compagnie générale des Omnibus, de la place Saint-Augustin au cours de Vin-cennes, à Paris. Le système employé est le système de M. Mékarski que nous avons décrit autrefois 1 ; nous avons également fait connaître les dispositions des tramways de ce modèle utilisés de Vincennes à Ville-Evrard ’2. Nous n’avons donc que quelques renseignements à ajouter à ceux que nous avons déjà donnés. Les voitures mises en service sont des voitures à 26 places à l’intérieur, et 24 à l’impériale ; cette dernière est couverte. L’aspect de la voiture est massif, peu élégant, mais la construction semble robuste et bien appropriée à un service parfois pénible. Deux usines ont été établies pour la production de l’air comprimé, l’une dans la rue des Pyrénées et l’autre au boulevard de la Villette. Arrivées au rond-point de la Villette, au coin de la rue Lafayette, les voitures en effet sont obligées de s’arrêter à chaque passage pour reprendre’ une certaine quantité d’air comprimé ; la durée " de chargement est en moyenne de 5 à 6 minutes. Quand le refroidissement de l'air est trop élevé, on injecte en même temps de la vapeur d’eau pour réchauffer les cylindres. La pression, en marche normale, varie de 50 à 55 kilogrammes par centimètre carré. Il serait difficile de se prononcer sur la valeur pratique de ces tramways sans connaître exactement les résultats d’exploitation ; mais il nous paraît que le prix de revient doit être assez élevé. L’air comprimé a du reste déjà été essayé dans un grand nombre de villes, et après des essais sérieux on a dù y renoncer pour adopter la traction électrique même à fds aériens. Des expériences ont déjà été faites à Paris sur la traction funiculaire, elles sont en cours actuellement sur la traction à l’air comprimé; nous aurons donc bientôt la traction électrique par trolleys. J. L.
- Séparation des liquides par la force centrifuge. — MM. Burmeister et Van ont installé en Danemark un appareil à force centrifuge pour épurer les goudrons de gaz et les séparer des eaux ammoniacales d’une manière à peu près continue, et leur système est évidemment applicable à des cas analogues, comme à la fabrication des huiles, etc. M. R. Lézé a indiqué précédemment 5 un procédé analogue pour la séparation des microorganismes. Le procédé employé consiste simplement, d’après le Gaz and Light, dans l’emploi d’une turbine centrifuge vers le milieu de la hauteur de laquelle est lancé le mélange liquide. Les sables et autres impuretés s’entassent à la périphérie de la turbine, d’où on les extrait par un nettoyage répété deux ou trois fois par jour; un petit tuyau adapté à la turbine laisse écouler les liqueurs denses, et les conduit à la face supérieure de la turbine, où elles sont projetées par la force centrifuge sur un anneau extérieur qui les recueille et les dirige vers les tonneaux ; un autre ajutage plus central dirige de même vers le bas de
- 1 Vov. n° 142, du 10 février 1876, p. 177.
- 2 Yoy. m 761, du 51 décembre 1887, p. 60.
- 3 Vov. u° 1027, du 4 février 1805, ]>. 150.
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- la cuve les liqueurs légères, l’eau ammoniacale par cotisé- j quent, dans le cas des goudrons de gaz : la séparation s'effectue ainsi par la force centrifuge seule.
- Les millionnaires aux États-Lnis. — L’économiste, M. de Molinari, vient de publier un tableau des plus suggestifs sur la répartition des richesses aux Etats-Unis : En 1847, on ne citait encore qu’un seul particulier dont la fortune s’élevât à 25 millions ; on en cite plus de deux mille aujourd’hui. 251) familles possèdent chacune plus de 100 millions, et, dans ce nombre, il en est dont le capital atteint un milliard. Le calcul suivant, établi sur les chiffres de l’incometax, et, par conséquent, notoirement inférieur à la réalité, répartit comme suit le nombre et l’importance des grandes fortunes américaines en 1802 : 250 au-dessus de 100 millions, soit au minimum 25 milliards; 500 de 50 à 100 millions, soit au minimum 25 milliards ; 1000 de 25 à 50 millions, soit au minimum 25 milliards ; 2500 de 12 1/2 à 25 millions, soit au minimum 51 milliards ; 7000 de 5 à 12 millions 1/2, soit au minimum 55 milliards; 20 000 de 21/2 à 5 millions, soit au minimum 50 milliards. Soit un total de 81 250 individus possédant, au minimum, 191 milliards, autrement dit les trois cinquièmes de la richesse nationale, évaluée à un peu plus de 500 milliards de francs. Dès 1890, déjà 50 familles détenaient, à elles seules, 5554 millions de francs, soit, en moyenne, 185 millions par famille.
- Les tubes en pulpe de bois. — S’il faut en croire notre confrère Engineering, on serait parvenu en Amérique à fabriquer des tubes avec de la pulpe de bois. La matière première serait préparée comme la pâte à papier, à l’aide de brassages successifs. Une fois bien réduite, et convenablement délayée et mélangée, la pâte est appliquée autour d’un mandrin en épaisseur suffisante ; on la comprime ensuite et on retire le mandrin. Puis on laisse sécher jusqu’à siceité complète. On obtient ainsi des tubes cylindriques que l’on plonge dans un bain d’asphalte à haute température jusqu’à ce que le tube soit complètement imprégné; il est ensuite étiré et coupé. Les tubes ainsi fabriqués, yui ont des diamètres variables, de 55 à 500 millimètres, présentent une grande résistance spéci-lique électrique, et peuvent être utilisés, paraît-il, avec avantage dans les canalisations électriques souterraines. Ils ont aussi une grande résistance mécanique qui atteint à la rupture 120 à 200 grammes par millimètre carré. J. L.
- La mitrailleuse modèle 1893. — Une circulaire impériale du 15 octobre 1895 a prescrit l’adoption, pour l’armement des places fortes en Autriche-Hongrie, sous le nom de mitrailleuse modèle 1895, de la mitrailleuse Archiduc Charles Salvalor-Major chevalier von Dormus.
- Si l’on compare cette mitrailleuse avec la mitrailleuse Maxim, on trouve qu’elle présente les avantages suivants :
- 1° son mécanisme est plus à découvert, et sa construction plus simple. Il en résulte une plus grande facilité à remarquer les irrégularités et à les supprimer ; 2° même après un tir prolongé, un simple graissage superficiel suffit pour qu’on puisse continuer le feu. La mitrailleuse Maxim n’offre pas une commodité aussi grande ; 5° la mitrailleuse modèle 1895 résiste beaucoup mieux à l’action de la poussière et de l’eau ; 4° enfin cette mitrailleuse a été organisée pour l’emploi de la poudre sans fumée; c’est avec cette poudre qu’elle a été essayée. Pour la mitrailleuse Maxim, au contraire, la possibilité d’employer la poudre sans fumée aurait besoin d’étre démontrée par des essais prolongés. (Revue d'artillerie.)
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 15 octobre 1894. — Présidence de M. Lcewv.
- Aspect de Mars. — M. Bigourdan observe régulièrement la planète Mars; il a constaté le samedi 15 octobre que la calotte polaire était invisible quoique l’atmosphère fût très transparente. Cette disparition n’est pas un fait nouveau; elle a déjà été signalée par M. Schiaparelli. Le phénomène peut s’expliquer par la fusion des glaces qui constitueraient cette calotte polaire.
- Intensité de la pesanteur en France. — M. Collet, professeur à la Faculté des sciences de Grenoble, communique les résultats d’observations de pendule qu’il a effectuées à Valence, à Grenoble et à La Bérarde. Ces trois stations ont été choisies par l’auteur dans le voisinage du parallèle de 45°, dans le but de fournir un complément aux observations du commandant Defforges. Elles ont été ordonnées sur le même plan et à l’aide d’un pendule identique. Ces observations, qui sont le fruit de déterminations extrêmement attentives, confirment la diminution de la pesanteur loin du rivage de la mer et dans des lieux élevés. La station de La Bérarde est en effet située à une altitude de 1700 mètres et accuse nettement cette diminution.
- Varia. — M. Mangin décrit une maladie dont sont atteints les allantes des promenades de Paris. Cette maladie serait due à un champignon qu’il n’a pu encore déterminer. — M. Griinaux signale la découverte d’un hydrocarbure nouveau dans les produits de distillation du goudron de pin.,— M. Crova a étudié le degré d’incandescence des lampes correspondant à un mode de combustion déterminé. — M. Bouvier recherche les analogies des droinies des grandes profondeurs avec les macroures. Ch. DE VlLLEDEUlL.
- COUPS DE FOUDRE
- Nous allons donner quelques détails sur deux coups de foudre observés en septembre dernier
- Voici d’abord une Note que nous envoie, de Saint-Briae, notre collaborateur M. Albert Londe :
- Le 24 septembre dernier, après une journée étouffante de chaleur, un violent orage arrivant de l’ouest éclate vers les 6 heures à Saint-Briac (Ille-et-Vilaine). Peu de tonnerre tout d’abord, mais pluie abondante. Vers 8 heures les éclairs apparaissent, augmentent peu à peu d’intensité et se succèdent rapidement. Un second orage venant en sens inverse approche. Vers 8h 50™ nouvel éclair éblouissant et coup de tonnerre formidable. La foudre venait de tomber à 500 mètres environ de notre habitation, sur une petite auberge située à la Ville-Carrée, route de Saint-Lunaire à Saint-Briac. Le lendemain, dès le matin, nous avons été constater les dégâts et prendre la photographie de la maison foudroyée (fig. 1).
- Le tonnerre est tombé sur la tête de la cheminée et l’a coupée en deux. De là, il a arraché environ 8 mètres carrés de toiture en ardoise en coupant tous les chevrons comme avec une scie. Le faîtage, formé de poteries cylindriques, est brisé sur toute sa longueur, mais d’un côté seulement. Le fluide électrique a alors suivi un chemin direct qui correspond à l’axe de la fenêtre de droite et de la porte d’entrée. A l’extérieur, il a arraché un gros moellon au-dessus de la fenêtre. A l’intérieur il a traversé le plancher du grenier, suivi la crémone, cassé quatre carreaux de la fenêtre, traversé le plancher du premier et
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- LA NAT LUE.
- atteint la porte d’entrée dont il brise complètement l’imposte supérieure. Il suit alors la crémone qu’il arrache dans le bas, fait sauter le jet d’eau qui est projeté à 10 mètres de distance. Le bas de la porte est également arraché violemment.
- Lès habitants,les époux Dragonne, se trouvaient dans la salle du bas. Ils ont été projetés l’un et l’autre avec grande violence par terre, mais n’ont pas eu d’autre mal qu’une commotion très forte et un état d’ahurissement et de prostration qui durait encore le lendemain. Des débrisde verre, de bois ont été projetés dans t ous sens dans la pièce.
- La foudre avait suivi également un trajet parallèle dans l’axe des deux fenêtres de gauche, mais ici les dégâts étaient moindres et seuls les deux planchers ont été perforés.
- Dans le grenier et sur la façade de droite nous avons constaté un arrachement conique du revêtement de plâtre. A cet endroit le mur a été complètement perforé de part en part. On ne remarque en aucun endroit de traces de carbonisation comme on le constate fréquemment. Depuis trois ans que nous habitons l’été cette région de la Bretagne, nous avons éprouvé plusieurs fois des orages remarquables par leur intensité. Quelques semaines auparavant, à peu de distance, un veau avait été foudroyé dans une étable.
- Le même jour (24 s e p t e ni b r e jeune homme de Larnicux qui rentrait à Saint-Briac a été culbuté à peu près à la même heure, et a été roulé plusieurs fois sur la route sans avoir d’ailleurs d’autre mal.
- M. Martineau, curédeClam, par Jonzac (Charente-Inférieure), nous adresse, d’autre part, la photographie d’un cerisier foudroyé dans sa commune. Notre correspondant l’accompagne de la Note suivante :
- Le village de Chaillot, commune de Clam (Charente-Inférieure), entouré des collines de Sainte-Lheurine,
- Archiac et Clam, est situé au milieu d’une vallée. A 500 mètres environ de ce village, s’élevait, au milieu de noyers vigoureux, un cerisier magnifique par sa ramure mais peu élevé, car il avait 2”,50 de hauteur. Il mesurait à sa base lm,80 de circonférence. Ce bel arbre a été foudroyé; ses branches, partagées en deux parties à peu près égales et renversées sur la terre, tiennent cependant avec force à la tige. Le tronc est fendu, broyé, déchiqueté dans toutes ses parties jusqu’aux racines. Il est réduit en lamelles perpendiculaires dont les plus grosses mesurent 4 centimètres d’épaisseur. Elles sont unies ensemble par la base. Quelques minces éclats de ces lamelles de bois sont séparés du tronc et jonchent le sol. Quelques-uns d’entre eux ont été retrouvés à 30 mètres de distance.
- Plusieurs habitants du village qui se trouvaient dans les champs environnants, à des distances différentes, effrayés par la vive lumière de
- l’éclair et le formidable coup de toamerrequiasuivi, se sont affaissés sur eux-mêmes, sans cependant ressentir de secousse, ni être renversés à terre.
- Nous reproduisons ci-dessus la curieuse photographie qui nous a été envoyée avec la Notice que l’on vient de lire. Les documents que nous publions aujourd’hui compléteront ceux que nous avons, à de nombreuses reprises, publiés sur les curieux effets de la foudre. G. T.
- Le Propriétaii'e-Gérant : G. Tissaxmek. Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
- Fig. 1. — Dégâts causés par la foudre dans une maison de Saint-Briac (Ille-et-Vilaine).
- Cheminée coupée, toit percé et brisé, moellon arraché, carreaux cassés. (I)’après une photographie'de M. Albert Loude.)
- Fig. 2. — Cerisier foudroyé, près du village de Chaillot (Charente-Inférieure.) (D’après une photographie de M. Martineau.)
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- N# 1117. — ‘27 OCTOBRE 1894.
- LA NATURE.
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- LES LOCOMOTIVES À BEC
- Le progrès entraîne toujours avec lui le progrès : nous en avons une excellente preuve dans les efforts (pie iont nos constructeurs de locomotives à vapeur pour accélérer la vitesse des transports. Ils y sont obligés par la prévision des vitesses considérables «pic permettra do réaliser la locomotive électrique dès que, sortie des pénibles et coûteuses recherches du début, elle s’élancera, sur nos voies ferrées remises en état, à une allure qui pourra peut-être bientôt devenir considérable.
- C’est ainsi que la locomotive à vapeur, déjà si
- admirablement étudiée et compliquée qu’elle semble réaliser la perfection relative, est en ce moment l’objet de perfectionnements utiles. La boggie ou truk articulé, à l’avant, lui a donné plus d’élasticité et de souplesse. Nos ingénieurs s’efforcent aussi, en modiliant les formes extérieures des locomotives, de réduire au minimum la résistance retardatrice considérable tpie le vent oppose à la marche des machines en mouvement.
- Dans cet ordre d’idées, la Compagnie de Paris-Uyon-Méditerranée a donné, une fois de plus, un excellent exemple d’initiative en décidant la construction de quarante locomotives, munies de surfaces courbes en coupe-vent, et que l’on nomme,
- d’après un terme emprunté aux Etats-Unis, les loco- 1 motives à bec. Une de ces machines, que représente notre gravure, a procédé récemment à des essais fort intéressants et qui ont donné de bons résultats.
- Le coupe-vent consiste à munir de masques verticaux inclinés à 45 degrés sur l’axe de la voie toutes les pièces cylindriques et verticales qui offrent particulièrement de la résistance à l’action du vent, à savoir : la cheminée de la machine, la boîte à feu, l’abri du mécanicien, la traverse d’avant et les marches du tablier. La boîte à fumée est précédée aussi d’un appendice en forme de paraboloïdc ou de grand soc de charrue. Ces dispositions seront encore améliorées lorsque des expériences, soigneusement faites, auront indiqué exactement dans quel sens il convient de diriger ce système de protection. îï- année. — 2° seine;Ire.
- L’idée de munir les locomotives de surfaces de moindre résistance en coupe-vent n’est pas nouvelle. L’illustre Stephenson l’avait entrevue dès le début, parait-il; il semble, en vérité, que cet homme de génie ait fait, d’emblée, tout le programme des locomotives les plus perfectionnées jusque dans ses moindres détails.
- Néanmoins, la mise en pratique des surfaces de moindre résistance a été longtemps retardée, et cela s’explique fort bien, non point par un dédain du progrès, mais par ce l’ait que la disposition en coupe-vent ne devient véritablement avantageuse que pour la réalisation des très grandes vitesses. Pendant de nombreuses années elle a donc pu être négligée; mais, actuellement, elle s’impose.
- Il convient de rappeler ici des expériences que lit,
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- à ce sujet, en 1887, M. l’ingénieur Rieour, expériences qui ont défini et déterminé l’évolution qui s'accomplit en ce moment. La Nature en a rendu compte et nous ne ferons qu’en remémorer le principe *.
- M. R icour avait substitué dans ses locomotives, à toutes les surfaces normales à la marche, des plans inclinés dans un rapport de trois de base pour quatre de hauteur. 11 remplissait, en outre, par des plateaux en bois les intervalles compris entre les rayons des roues et reliait, par des surlaces continues, la cheminée et le grand dôme de vapeur. Dans ces conditions, on constata que la résistance de l’air diminuait de moitié; il en résultait une augmentation notable du travail utile et une économie sur la consommation de combustible d’environ 10 pour 100.
- En 1890, des essais analogues ont été faits par M. Desdouits, Ingénieur en chef aux chemins de fer de l’Etat. Une machine fut munie de surfaces de moindre résistance et essayée pendant une période prolongée : elle parcourut 500 000 kilomètres. L’économie de combustible atteignit 6 à 8 pour 100 et s’éleva parfois jusqu’à 12 pour 100; il est vrai que le chauffeur et le mécanicien étaient excellents. La mesure directe des résistances, à la vitesse de marche de 72 kilomètres à l'heure, avec 120 tonnes remorquées, fît ressortir un bénéfice de 9 à 10 pour 100. En admettant modestement, en moyenne, un bénéfice de h à 5 pour 100 résultant de l’emploi des surfaces de moindre résistance, c’est encore plus que ne peuvent donner les systèmes de locomotives Uompound et autres, dont l’usage ne va pas sans de grandes complications de mécanisme et de fonctionnement.
- M. Desdouits fit aussi une expérience d’un autre genre, très curieuse, qu’il convient de relater. Il fit marcher à la vitesse de 00 kilomètres à l’heure une locomotive attelée à un train. Devant elle, à faillie distance, courait librement une autre locomotive qui la masquait. La diminution de résistance constatée sur la locomotive du train, dans ces conditions, atteignit 275 kilogrammes.
- La vélocipédie, si fort à la mode en ce moment, a fourni sur le sujet des surfaces de moindre résistance des documents qui ne sont pas à négliger. On a calculé que le cycliste, vêtu de vêtements ajustés et penché siwr sa machine pour diminuer la surface que présente son corps à faction du vent, développe, pour vaincre la résistance de l’air à la vitesse de 6m,22 par seconde, une puissance de 9,25 kilo-grammètres par seconde, c’est-à-dire le huitième d’un cheval-vapeur. De là l’utilité des entraîneurs lorsqu’ils agissent comme coupe-vent : de là aussi l’idée que l’on a eue, mais qui ne paraît pas avoir été réalisée d’une façon bien pratique, de munir les vélocipèdes d’une sorte de proue en forme de soc de charrue destinée à fendre l’air. L’aluminium paraît tout indiqué pour servir de matière première à ces
- 1 Yoy. u° 723, du 9 avril 1887, p. 295.
- socs et pour réaliser le « vélocipède à bec ». On sait enfin, si l’on considère le cas de la navigation, qu’en donnant à un navire un avant effilé au lieu de lui donner un avant carré, on diminue des quatre cinquièmes l’effort nécessaire pour le traîner.
- Ces diverses observations et les expériences, que nous avons relatées, donnent à penser que la Compagnie de Paris-Lyon-Méditerranée se félicitera de la mise en service de ses quarante locomotives à bec qui ont obtenu un si juste succès de curiosité. 11 restera ensuite, pour constituer les trains très rapides que l’avenir nous réserve, à faire usage de longs wagons du modèle excellent des wagons-restaurants et des wagons à circulation intérieure qui commencent à se voir sur nos voies ferrées. Puis, il conviendra de masquer par des écrans les intervalles qui existent d’un wagon à l’autre et qui permettent au vent, en agissant sur les surfaces planes des voilures dans le sens du mouvement, de produire des effets retardateurs. Ce sont là des modifications fondamentales qui conduiront à une rénovation presque complète du matériel actuellement en usage. Tout en approuvant que l’on apporte à ces réformes les atermoiements compatibles avec les nécessités de l’exploitation et avec celles de l’amortissement du matériel, il faut souhaiter qu’elles soient accomplies le plus tôt possible, avec unité de vues et recherche persistante d’une amélioration qui s’impose universellement.
- Max de Naxsouty.
- LES FORÊTS PÉTRIFIÉES
- DES ÉTATS-UNIS
- Au dernier congrès de la Société pour l’avancement des sciences, qui a eu lieu récemment aux États-Unis, le Dr Horace Hovev, de Newburyport (Massachusetts), a lu une étude très remarquée sur les forêts pétrifiées du Sud-Ouest.
- I)e ce travail, il résulte que les États du Nevada, de l’Orégon et le territoire de l’Àrizona, renferment, dans certaines parties du moins, d’immenses régions, aujourd’hui arides et stériles, jadis couvertes de sapins et de cèdres pétrifiés. A l’appui de ses assertions, le l)1' II. llovey a présenté à ses collègues la photographie d’un des derniers arbres pétrifiés subsistant encore dans l’Arizona.
- D’après l’opinion du savant, ces curieuses pétrifications sont dues à des inondations provenant d’un colossal geyser d’eaux siliceuses, dont il a retrouvé la trace dans le voisinage. Après que les eaux eurent été absorbées par le sol et que les arbres eurent été pétrifiés, il se produisit un tremblement de terre qui, cassant net les arbres à leur base, les fit presque tous tomber en morceaux. Néanmoins, en outre des troncs et des racines, il restait des parties de branches suffisantes pour que le Dr H. llovey ait très facilement pu reconstituer l’arbre entier et en donner à coup sûr non seulement l’espèce, mais encore l’âge et dans bien des cas, la hauteur.
- Les observations et les recherches de l’explorateur lui ont permis d’affirmer que ces arbres pétrifiés à une époque encore à déterminer étaient beaucoup plus grands que ceux de même essence que nous connaissons aujourd’hui. La hauteur moyenne des sapins et des cèdres, dont il a pu
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- LA NAT LUE.
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- calculer avec certitude les dimensions, atteignait 61 mètres.
- Mais si les forêts de l’Arizona fournissent les plus nombreux spécimens de ce genre, celles de l’extrémité nord-ouest du Nevada nous otfrent les plus extraordinaires.
- Dans la direction et non loin de Baker Countv (Orégon), se trouve un arbre pétrifié d’une taille gigantesque. Tout au fond d’une longue crevasse de 24 kilomètres, bordée d’escarpements d’une hauteur de 200 mètres, gisent les débris de plusieurs arbres pétrifiés énormes. Au milieu et à moitié enterré déjà s’allonge l’arbre géant. 11 est complètement pétrifié et les cassures, malgré le temps, sont encore très nettes. Jusqu’à une distance de 55 mètres environ, le tronc est couvert çà et là de boules transparentes, ambrées, faites de gomme ou de résine pétrifiée. Aux places où les branches s’étaient cassées dans leur chute on distingue parfaitement les cercles concentriques de croissance.
- Les dimensions de cet arbre remarquable sont : 18m,50 de diamètre à la base, et 205 mètres de hauteur.
- Ces étonnantes pétrifications, dont le D1' II. Ilovev et Les rares voyageurs qui les ont vues ont admiré la coloration brillante, les tons éclatants et irisés, ces forêts de marbre qui font penser à tout un rêve des Mille et une Nuits, sont depuis quelque temps la proie des vandales industriels à outrance. Lors de la dernière visite du savant, dans l’Arizona, il a vu non sans tristesse une nuée d’ouvriers occupés à pulvériser les arbres qui jonchaient le sol, et même ceux qui se tenaient encore debout, pour en faire de la poudre d’émeri à bon marché. Sic transit gloria mundi. X. West.
- PERFORATRICE ROTATIVE ÉLECTRIQUE
- La perforatrice rotative électrique étudiée par la Compagnie Thomson-Houston a pour but de remplacer la perforatrice à bras et la barre de mine, dont l’emploi, même dans les roches tendres, exige un travail considérable de la part de l’ouvrier pour un avancement très lent. Cet appareil, dont l'emploi s’étend beaucoup en Amérique, se compose essentiellement d’un moteur électrique d’une puissance de 1,5 kilowatts, construit pour marcher sous une tension de 220 volts aux bornes, avec une vitesse angulaire de 1500 tours par minute; cette vitesse est réduite à 500 tours par minute pour la tige portant l’outil, à l’aide d’un pignon et d’un engrenage. La tige porte-outil est filetée et tourne dans un écrou serré lui-même par une bague à friction en acier. On voit donc ([lie tant que l’outil ne rencontre aucun obstacle l’écrou reste fixe, et la tige porte-outil avance dans la roche avec une vitesse réglée par le pas de vis; mais si l’outil vient à rencontrer une veine plus dure, l’écrou tourne dans la bague et la vitesse d’avancement est réduite proportionnellement à la dureté de la roche.
- L’appareil est monté sur un affût de deux branches permettant de perforer des trous dans toutes les directions. Cet affût varie suivant la hauteur de la galerie, mais, dans tous les cas, une vis de 700 millimètres de longueur permet de le serrer fortement contre deux madriers placés à cet effet au chantier d’abatage. Le poids du moteur et de l'outil est de 45kg,5, poids remarquablement faible pour une puissance relativement considérable du moteur électrique. Le poids de l’affût est de 27 kilogrammes. Le filet de la vis varie avec la dureté de la roche; les pas les plus usités ont 4 et 6 millimètres. Four forer les troüs de 1 mètre de profondeur,
- on emploie deux outils, l’un de 600 et l’autre de 1200 millimètres.
- Des essais ont montré que cette perforatrice électrique est un appareil robuste et facile à manœuvrer. On a fait, par exemple, des essais sur un schiste blanc très dur; un coup violent avec le pic ne faisait qu’une impression très faible sur la roche, et il était difficile de faire sauter des écailles. Ces essais ont été repris dans le mur de la couche formé de cette môme roche schisteuse très dure. On ne pouvait employer ni la perforatrice rotative à bras, ni la barre de mine, on était obligé de recourir au ciseau et au maillet; dans ces conditions, deux hommes pouvaient forer un trou de 1 mètre en deux heures et demie. On s’est décidé à faire usage de la perforatrice électrique malgré la difficulté que l’on craignait de voir l’eau, abondante dans ce terrain, former une boue rendant difficile l’emploi de cet appareil. Un trou de 1500 millimètres fut foré en 5 minutes 20 secondes. Après cette opération, l’outil étant trop chaud pour être tenu à la main, il avait perdu 6 millimètres de longueur et paraissait avoir été usé à la meule; il avait cependant été trempé assez dur pour qu’une lime n’y pût mordre.
- Dans le charbon bitumineux, la perforatrice peut percer des trous avec une vitesse de 1ra,50 à 2 mètres par minute avec le pas de vis de 4 millimètres.
- LA JUMELLE-BOUSSOLE
- Tous nos lecteurs connaissent ce merveilleux instrument que l’on nomme une Jumelle, ou lunette de Galilée double, et qui permet de distinguer les objets à distance avec une grande netteté. Cet appareil est très utilisé par nos officiers pour les reconnaissances militaires sur le terrain. II présentait cependant jusqu’ici une grande lacune; il ne laissait aucune indication sur la situation exacte où se trouvait le point visé. Ce dernier ne pouvait être désigné que par quelques termes vagues : à droite, à gauche, etc. M. Géraud, officier de cavalerie, vient de combler cette lacune en adaptant à la Jumelle ordinaire une boussole qui détermine exactement les directions dans lesquelles se font les visées.
- La Jumelle-boussole, dont la figure 1 représente une vue d’ensemble, se compose d’une Jumelle ordinaire; dans l’une des parties est renfermée une boussole à cadran ou rose disposée horizontalement. La figure 2 montre les détails de construction. En A se trouve monté sur un pivot le cadran mobile sur lequel est fixée l’aiguille aimantée. Une lame llexible C vient appuyer sur la rose, et se termine en F où un ressort maintenu par une tige I) appuie constamment cette lame contre la rose A. Mais à l’extérieur de la Jumelle, il existe un bouton E qui permet d’annihiler l’action du ressort F et de rendre libre le cadran. Le pivot et la boussole sont renfermés dans une boîte II posée dans la Jumelle, ordinairement dans le corps de gauche. A la partie supérieure se trouve un verre G sur lequel est tracée une ligne de foi servant de repère pour les lectures. Cette ligne est dirigée suivant l’axe de la Jumelle et, par suite, suivant la ligne
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- de visée. En II est un miroir convenablement incliné qui réfléchit le cadran de la boussole et renvoie les rayons dans la direction horizontale.
- Le cadran comporte des divisions particulières pour fixer nettement les positions des objets visés. Il est formé d’un cercle divisé en huit secteurs égaux par quatre diamètres. Quatre divisions correspondent aux directions cardinales N, S,
- E, O, et les quatre autres aux directions collatérales. La figure 5 donne le plan de ce cadran ; on remarquera la partie éclairée qui est la seule visible dans l’appareil. L’angle compris entre une division cardinale et la division collatérale voisine est divisé en dix parties égales de cha-
- cune cinq gra-
- Fis- b 2 et 3. — La Jumelle-Boussole.
- des1. Nous avons
- des traits pleins marqués 1 et 2 à gauche et à droite d’une division médiane désignée par trois points. Les autres divisions intermédiaires sont indiquées par un point. La lecture se fait en énonçant d’abord la direction cardinale ou collatérale la plus rapprochée de la ligne de foi, puis la direction suivante et en indiquant la division exacte occupée par la ligne de foi. Par exemple, dans la position du cadran représentée par la figure 5, on lira :
- SE-E. 17 grades. Cette détermination permettra de retrouver exactement sur une carte la situation de l’endroit observé.
- Pour rendre la vision très nette, il a fallu prendre une disposition optique qui laisse lire avec grande facilité
- les divisions du cadran de la Boussole sans gêner toutefois à l’occasion la vision binoculaire. A cet effet, la tète delà Jumelle porte une lentille biconvexe enchâssée dans une plaque mobile A (fig. 1). Le pouvoir réfringent de cette lentille est calculé de façon à annuler l’oculaire concave de la Jumelle d’une part, et à former d’autre part loupe grossissante pour faciliter la lecture de la Boussole. Cette lentille peut être aisément déplacée en appuyant sur la tète mobile A, et peut rendre par suite à la
- 1 Le grade est la division adoptée dans l’armée; la circonférence est divisée en iüü grades.
- Jumelle ses propriétés spéciales pour la vision binoculaire. Toutes ces modifications peuvent être facilement apportées aux Jumelles ordinaires.
- La Jumelle-Boussole se prête à une série de déterminations des plus intéressantes; on peut reconnaître sur une carte le point où l’on se trouve, exécuter un levé expédié à cheval, établir un poste optique
- en un point indiqué sur une carte, etc. Nous choisirons un exemple des problèmes les plus pratiques pour le faire connaître à nos lecteurs.
- Nous nous trouvons en un point X (fig. 4), dont la situation nous est totalement inconnue, et nous désirons déterminer ce point. Dans le voisinage se trouvent deux autres points : A et B, tels qu’une ville,
- une tour, une colline, etc., en un mot deux points (pie nous pouvons facilement observer. Nous visons successivement ces deux points, et nous notons dans chaque cas les divisions indiquées par la position de la Boussole avec la ligne de foi ; soient a et (3 les divisions observées sur une carte, fixons les points A et II dont les positions nous sont connues ; par chacun d’eux menons une ligne MN parallèle à la direction Nord-Sud qui est la trace du méridien magnétique dans ces lieux. La correction relative à la déclinaison magnétique est faite, et par suite le méridien géographique se confond avec le méridien magnétique. A partir de MA portons l’angle a, à partir de NB inscrivons l’angle (J. Traçons deux droites formant ces angles ; elles se rencontrent en un point X qui est la position exacte du point cherché.
- Comme on le voit par cette courte description, la Jumelle-Boussole est appelée à rendre de grands services. Cet appareil, fort ingénieux et basé sur les principes les [dus simples, permet de fixer par des mesures suffisamment précises pour la pratique les résultats vagues et incertains qui n’étaient fournis jusqu’ici que par des observations laissées à l'appréciation de chacun. . J. Laffargue.
- (l’obtenir sur une carte la posi lion exacte du point X à l’aide des angles observés a et p.
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- LA NATURE.
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- L’UTILISATION
- DES FORCES MOTRICES NATURELLES
- PUITS ARTÉSIENS AUX ÉTATS-UNIS
- La Street Railway Review, de Chicago, signale de très intéressantes installations qui viennent d’être faites dans le South-Rakota (États-Unis), en vue d’utiliser la puissance motrice fournie par des puits artésiens. De nombreuses sources artificielles ont déjà été créées pour actionner des moulins et des dynamos pour l’éclairage électrique; on en établira bientôt de nouvelles plus importantes encore pour le service de tramways électriques.
- La vallée de la James River, où ces installations
- Fig. 1. — Puits artésien à Kcdfichl, aux États-Unis.
- Jet de 5 mètres de hauteur. (D’après une photographie.)
- profondeur de l’eau jaillissante, dans la vallée de la James River. L’eau souterraine serait donc en grande partie, d’après cette théorie, celle même du Missouri, et elle peut être considérée comme inépuisable. En réalité, bien que de nombreux puits aient été forés dans le même voisinage pendant ces dernières années, le débit d’aucun d’eux n’a varié. La ville de Redfield en possède un depuis sept ans. Pendant cette durée, la pression de l’eau a été constamment de 13 kilogrammes par centimètre carré, sauf, toutefois, à l’époque des crues fluviales où elle augmente un peu, ce qui confirme la théorie que nous avons relatée. Les frais d’entretien sont à peu près nuis.
- A environ 2km,500 de distance, se trouve un autre puits artésien qui fait tourner, par l’intermédiaire d’une roue hydraulique, une dynamo pour
- sont faites, couvre un espace long de 320 kilomèlres et large de 00 environ; elle est voisine du Missouri; la nappe aquifère s’y rencontre à des profondeurs variant de 250 à 300 mètres. D’après les géologistes chargés par le gouvernement américain d’étudier la contrée, cette couche de terrain serait la même qui traverse la partie supérieure du lit du Missoyri et de la Aellowstonc River, à la base des montagnes Rocheuses; l’eau s’infiltre dans celle couche poreuse et la suit pendant des centaines de kilomètres; on a toujours supposé que le courant du Missouri était plus abondant au-dessus des grandes chutes qu’un peu plus bas; sur une longueur de 40 à 50 kilomètres en aval des chutes, le lit de ce beau fleuve est composé du même sable que l’on trouve à la
- Fig. 2. — Autre puits jaillissant, à Redfield. (D’après une photographie.)
- l’éclairage de la ville ; l’eau sert ensuite à l’irrigation des plaines. Nous le prendrons pour type. 11 a 300 mètres de profondeur; son diamètre est constamment de 15 centimètres; quand il est fermé, la pression de l’eau atteint 12 kilogrammes par centimètre carré. Quand l’eau peut s’écouler librement par un ajutage de 15 centimètres, le débit est d’environ 9000 litres à la minute et le jet s'élève à une hauteur de 5 mètres dans l’air (fig. 1 ); avec un ajutage de 5 centimètres de diamètre, la pression est de 9ks,500 environ; elle descend à 7 kilogrammes lorsque l’écoulement se fait par un orifice de 7 centimètres. Une roue de Pelton, ayant un diamètre de lm,20, pourrait donc développer 80 chevaux avec le jet de 5 centimètres et 100 chevaux avec celui de 7 centimètres. A l’heure actuelle, la roue employée est du modèle ordinaire ancien, à palettes et à cou*
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- rant inférieur; elle fournit 50 chevaux, mais pourrait facilement en développer 05. Le débit est absolument. constant. Ce puits coûte 15 000 francs. Un autre puits de Redfîeld projette dans l’air un jet d’eau encore plus élevé; nous représentons ce jet remarquable dans notre figure 2 qui reproduit une photographie.
- A Chamberlain, un moulin et une station centrale d’éclairage électrique, précédemment munis de moteurs à vapeur, emploient de même la puissance artésienne. Ces deux installations ont été inaugurées en septembre 1805. A Iluron, un puits est sur le ] oint d’être foré par la municipalité pour le service de l’éclairage électrique. La première station de ce genre empruntant la nouvelle force motrice naturelle fut installée à Mellette, ville de 400 habitants; il est peu de stations centrales réalisant des bénéfices dans un aussi petit centre; celle-ci prospère, cependant; elle alimente 10 lampes à arc de 4 ampères et 150 lampes à incandescence de 16 bougies. I^e puits, qui a seulement 11 centimètres de diamètre, actionne encore un moulin qui broie de la farine. Il peut aussi broyer 1800 litres d’avoine par heure, ce qui exige une puissance de 40 chevaux. Le trou de sonde a 278 mètres de profondeur; lorsqu’il est fermé, la pression de l’eau atteint 15 kilogrammes par centimètre carré. Le débit est de 7200 litres à la minute.
- Comme l’eau est ensuite employée à l’irrigation, ce qui rend des services suffisants pour justifier la création des puits, et que les frais en eux-mêmes ne sont pas très élevés, il est probable que cette source de puissance motrice est la plus économique qui soit. Aussi, se propose-t-on de l’utiliser pour créer des lignes de tramways électriques reliant les fermes et les villages entre eux et aux villes où existent des gares de chemins- de fer. On suppose, comme nous l’avons expliqué, que la source est inépuisable et l’on projette de creuser de nombreux puits; toutefois, ferait-on bien d’agir avec prudence, sous peine de voir décroître la pression.
- G. Pellissier.
- LE TRAITEMENT DE LA DIPHTÉRIE
- TRAVAUX RE M. ROUX 1
- Depuis que nous avons publié notre première Notice sur le sérum antidiphtérique et les expériences de M. Roux et de ses collaborateurs, les cas de guérison du croup par la nouvelle méthode se sont multipliés, et l’attention publique s’est trouvée vivement excitée par ces questions qui touchent aux plus intimes intérêts de l’humanité. La souscription ouverte par le Figaro, pour faciliter les recherches et les expériences de l’Institut Pasteur, a dépassé aujourd’hui la somme de 500 000 francs. M. le Président du Conseil des ministres a demandé à l’Académie de médecine son avis sur les conditions
- 1 Suite. — Yoy. n° 1113, du 20 septembre 1894, p. 282.
- actuelles du nouveau mode de traitement de la diphtérie. Une Commission composée de MM. Bergeron, Cadet de Gassicourt, Proust et Straus, a donné une réponse qui a été lue par l’un des membres, M. Straus, dans la séance du 16 octobre 1894, de l’Académie de médecine. Ce document donne des renseignements des plus précis, et d’une haute importance. Nous en reproduisons les principaux passages.
- La sérumthérapie, depuis les travaux initiateurs de Behring, n’a pas cessé d’occuper le premier rang dans les préoccupations des chercheurs. Dans l’ordre des faits expérimentaux, la méthode a largement fait ses preuves ; appliquée à l’homme, elle n’a pas toujours tenu ses promesses, pour le tétanos notamment, la pneumonie, la fièvre typhoïde. En ce qui concerne la diphtérie, le problème semble avoir fait un pas décisif, grâce surtout aux récentes recherches de M. Roux, communiquées au Congrès de Buda-Pest et qui ont eu tant de retentissement.
- M. Roux et son collaborateur, M. L. Martin, emploient comme source de sérum curateur le cheval, de préférence au mouton, à la chèvre ou au chien. Le cheval est, facile à immuniser contre la diphtérie; il fournit une grande quantité de sérum.
- Le sérum ainsi obtenu possède toutes les propriétés signalées par M. Behring ; il est antitoxique, immunisant et curateur. Mêlé en proportions convenables à de la toxine diphtérique, il rend celle-ci inoffensive; on peut alors injecter impunément le mélange aux animaux. Injecté à dose suffisante à un animal, il le rend réfractaire à l’inoculation ultérieure du poison ou du bacille diphtérique; enfin il peut guérir un animal rendu malade par l’inoculation de la toxine ou du bacille virulent.
- Le traitement par le sérum antidiphtérique a été appliqué par M. Roux avec le concours de MM. Martin et Chaillou, dans 500 cas de diphtérie, à l’hôpital des Enfants-Malades, de février à juillet 1894. Pendant les quatre années 1890-1893,5971 enfants étaient entrés au pavillon de la diphtérie; ils ont fourni le chiffre lamentable de 2029 décès, soit une mortalité de 51 pour 100.
- Du 1er février au 24 juillet 1894, le traitement par le sérum a été appliqué. Sur 448 enfants, il y a eu 109 décès, soit 24 pour 100. Toutes les conditions étant restées les mêmes, la différence entre 51 pour 100 et 24 pour 100 mesure le bénéfice procuré par le traitement.
- Pendant les mêmes mois de la même année, entraient à l’hôpital Trousseau 520 enfants qui n’avaient pas reçu de sérum; il en est mort 316, soit une mortalité de 60 pour 100, ce qui prouve bien que l’épidémie à laquelle on avait affaire n’était pas une épidémie bénigne.
- Mais il convient de distinguer entre les angines diphtériques et les croups trachéotoinisés qui sont bien plus graves. La mortalité moyenne des angines diphtériques à l’hôpital desEnfants-Malades, pendant la période de 1890 à 1895, a été de 54 pour 100. Pendant les mois de traitement, de février à juillet 1894, la mortalité a été de 12 pour 100; pendant le même temps à l’hôpital Trousseau, elle a été, sans l’emploi du sérum, de 22 pour 100.
- La mortalité moyenne des croups opérés à l’hôpital des Enfants-Malades, de 1890 à 1895, a été de 75 pour 100; pendant les mois de traitement par le sérum, elle est tombée à 49 pour 100 et, pendant le même temps, elle était à l’hôpital Trousseau, sans l’emploi du sérum, de 86 pour 100.
- Les chiffres précédents ne tiennent pas compte du fait qu’au pavillon de la diphtérie entrent des olifants qui ne
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- sont pas diphtériques, mais qui ont des angines à bactéries diverses, bien moins dangereuses que la diphtérie vraie; il convient de déduire tous ces cas, qui mettraient au profit du sérum des succès qui ne lui sont pas dus. Cette déduction faite, la statistique de M. Roux est ramenée à 300 cas de diphtérie authentique, constatée par l’examen bactériologique. Ces 500 enfants, traités par le sérum, ont donné 7$ décès, une mortalité de 20 pour 100. Des recherches antérieures ont établi que, dans le même hôpital, la mortalité des enfants atteints de diphtérie, était de 50 pour 100.
- Le sérum curateur est injecté sous la peau à la dose de 20 centimètres cubes ; vingt-quatre heures après, on pratique une nouvelle injection de la même dose qui est en général suffisante pour conduire à la guérison. L’injection n’est pas douloureuse ; en quelques instants le sérum est résorbé ; dans trois cas seulement il y a eu un abcès qui a guéri rapidement après incision.
- Les effets du traitement se manifestent rapidement et d’une façon saisissante. Le faciès cesse d’être pâle et plombé ; l’appétit revient vite, l’état général s’améliore ; les fausses membranes se détachent et cessent de se reproduire. La température s’abaisse promptement et la défervescence s’effectue ordinairement dès le lendemain de l’injection ; l’albuminurie diminue et se dissipe. Dans les cas de diphtérie compliqués par l’association de streptocoques, l’amélioration est moins rapide et la mortalité plus forte que dans les cas de diphtérie simple. Les croups non opérés guérissent facilement; ceux qui ont été opérés donnent, malgré le traitement, une mortalité relativement forte, surtout s’il y a, dans les fausses membranes, association de streptocoques. Le traitement, du reste, a pour effet de restreindre singulièrement les indications de la trachéotomie.
- En résumé, ce qu’il faut retenir de cet exposé, c’est que 500 enfants atteints de diphtérie certaine ont donné une mortalité de 26 pour 100 au lieu de 50 pour 100 qui est la mortalité ordinaire. En Allemagne, des statistiques aussi favorables ont été publiées, où la mortalité se trouve abaissée à 28, à 26, à 25 pour 100.
- Deux membres de la Commission, M. Bergeron, l’éminent secrétaire de l’Académie de médecine, et M. Cadet de Gassicourt, tous deux des maîtres dans la pathologie infantile, ont suivi dans ces derniers temps l’application du traitement sérothérapique chez des enfants diphtériques à l’hôpital Trousseau, dans le service de M. Moizard. Les effets obtenus leur ont paru tout à fait remarquables.
- Tels sont, en ce qui concerne la diphtérie, les résultats remarquablement encourageants que donne la sérum-thérapie. Il semble bien que nous soyons maintenant en possession, contre cette redoutable maladie, d’un traitement spécifique aussi puissant qu’inoffensif. La sérum-thérapie, si féconde en promesses, est une découverte qui appartient à M. Behring, mais à la base de cette découverte, il en est d’autres, fondamentales, qui émanent de Pasteur et de son école. L’immunisation artificielle, même contre les maladies sujettes à récidive comme le charbon (comme aussi la diphtérie), telle est l’entreprise réalisée par Pasteur et qui domine toute notre prophylaxie et notre thérapeutique. Nous savons aujourd’hui que les microbes agissent surtout par les produits solubles qu’ils élaborent, par les toxines, et que l’infection, à tout prendre, n’est qu’une intoxication ; ici encore ce fut Pasteur qui ouvrit la voie, en montrant qu’une culture de choléra des poules, débarrassée par la filtration de tout élément morphologique, est encore susceptible de provoquer les prin-
- cipaux symptômes, entre autres la somnolence caractéristique de la maladie.
- Plus tard, précisément dans les cultures du bacille de la diphtérie, MM. Roux et A’ersin, utilisant le filtre imaginé par M. Chamberland, mirent en évidence la présence d’un poison tout différent des ptomaïnes ou des alcaloïdes toxiques, jusqu’alors exclusivement connus,’ poison extrêmement actif, fragile, se rapprochant des diastases ou des venins et dont l’inoculatiou aux animaux détermine les mêmes effets locaux et généraux que celle du bacille vivant. La découverte du poison diphtérique fut un véritable trait de lumière; les poisons tétanique, cholérique, pneumonique, typhique, furent retirés des cultures et déterminés par la même méthode. Ne semble-t-il pas juste que l’étude et le perfectionnement des sérums antitoxiques et de leurs effets tutélaires soient poursuivis dans ce même laboratoire où, sous l’impulsion de Pasteur, après la bactériologie elle-même, la toxicologie bactérienne a pris naissance?
- En terminant sa remarquable allocution, M. Straus a ajouté que la Commission se proposait d’émettre un avis favorable sur l’emploi du sérum antidiphtérique et de formuler, en outre, le voeu que l’Institut Pasteur soit mis en mesure de faire face aux demandes de sérum qui pourront lui être faites, soit par les médecins, soit par les pouvoirs publics.
- Ces vœux seront accomplis par les souscriptions publiques et par les efforts des municipalités.
- LE LABORATOIRE MARITIME
- DE SAIXT-VAAST-DE-LA-HOUGUE
- Le laboratoire maritime de Saint-Vaast-de-la-Hougue, dont l’aménagement est commencé'depuis plusieurs années1, peut être considéré aujourd’hui comme terminé. A peine en formation cependant, il recevait déjà nombre de travailleurs, venus un peu de tous les coins de l’Europe. Nous-même y avons été « faire une saison », suivant l’expression consacrée aujourd’hui par les naturalistes, pendant quatre années successives, et c’est pour nous un plaisir que de faire connaître avec un peu de détails ce très beau laboratoire, véritable pépinière de naturalistes.
- Ce laboratoire dépend, on le sait, du Muséum d’histoire naturelle, et se trouve sous l’active et bienveillante direction de M. Edmond Perrier. Il n’a pas été construit dans le but de servir aux recherches zoologiques. Loin de là, c’est un ancien lazaret, aujourd’hui désaffecté : néanmoins les frais qu’a occasionnés son aménagement sont considérables, beaucoup plus grands qu’on ne se l’imaginerait, étant donné que c’est une annexe d’un établissement aussi peu rétribué que notre Muséum d’histoire naturelle. Il a fallu toute la sollicitude de M. Liard et des professeurs du Jardin des Plantes pour en équilibrer le budget. Celui-ci a été bien employé et, sous le rapport des ressources qu’il offre aux travailleurs, le laboratoire de Saint-Vaast peut rivaliser avec les plus beaux laboratoires d’Europe.
- 1 Voy. n° 794, du 18 août 1888, p. 186
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- LA NA TU 1» K.
- Les bâtiments sont installes dans 1 île de Tatiliou, un peu au sud de Barlleur, dans la nuque de la tète d’oiseau que dessine la presqu’île du Cotentin (tig. 5). Tatiliou n’est en réalité une île qu’à marée haute; à marée basse, elle est réunie à Saint-Yaast-de-la-Hougue par un vaste terrain, appelé le lUmn, et occupé en grande partie par des parcsàhuîtres.On est donc constamment en relation avec le continent, car on peut traverser le Rliun à pieds.....pres-
- que secs, et, quand la mer est haute, le bateau attaché à Téta-
- Fig. 1.
- Un coin de l’aquarium du laboratoire de Saiut-Yaust-de-la-llougue. (D’après une photographie de M. lleuri Coupin.)
- blissement, La Favorite, vous transporte en quelques minutes, au moindre désir. Dans l’île, il y a en outre un fort aujourd’hui déclassé, et des pâturages où paissent des bestiaux. On est absolument seuls, ce qui est une excellente condition pour travailler : il n’y a ni casino, ni plage mondaine pour détourner les jeunes zoologistes de leurs devoirs, et la seule distraction à laquelle on puisse se livrer consiste en des bains hygiéniques, excellent repos pour le corps et l’esprit.
- Construit entièrement en granit, le laboratoire a un aspect austère qui est bien loin de l’aspect somptueux des stations de Naples, de Plymouth, etc.
- Entouré par un large mur, criblé de meurtrières, il semble fait plutôt pour repousser des assaillants que pour abriter des zoologistes aux mœurs généralement paisibles. A l’intérieur sont dispersés un certain nombre de bâtiments : 1° une maisonnette pour le sous-directeur, M. Malard, et le marin; 2° un hangar où sont enfermés les engins de pèche ; 5° une maisonnette avec cuisine et réfectoire; 4° deux
- Fig. 2. — Petite drague et engin pour la pêche aux crabes. (D’après une photographie de M. Henri Coupin.)
- baraquements [tour les conférences et les collections; 5° un bâtiment pour le directeur; (>° une salle des machines; 7° un château d’eau et 8° les bâtiments
- où sont installés l’aquarium et les salles de travail.
- L ’ A q u a r i u m contient douze grands bacs dont la capacité varie de 1 à 5 mètres cubes (fig. 4). Limités en avant par une épaisse glace de Saint-Gobain, les animaux s’y observent avec une grande facilité et y vivent, pour ainsi dire, comme chez eux. L’eau de mer, à marée haute, s’accumule dans une vaste citerne, où elle se dépouille de ses impuretés et prend une température constante. De là, l’eau est
- conduite par une pompe rotatoire, mue par une machine à air chaud, dans un réservoir placé à une hauteur de 40 mètres. Cette eau est copieusement distribuée aux différents bacs, où elle entraîne en outre des bulles d’air destinées à augmenter encore l’oxygénation du liquide. Là vivent des Actinies, des Bernards l’ermite, des crevettes, des spatangues, des poissons, des poulpes, des homards, des étoiles de mer, en un mot, la faune littorale et la faune profonde.
- En outre des grands bacs, il y en a une quinzaine de plus petits pour les espèces minuscules et demandant à être examinées de près. Enfin, pour les espèces encore plus petites, on a disposé une multitude de petits aquariums mobiles où l’eau est constamment renouvelée.
- Les salles de travail, à une ou deux places, servent à la fois de chambres à coucher et de salles de recherches. Cette disposition, qui n’existe dans aucun autre laboratoire, est très pratique : on est souvent
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- LA NATURE.
- obligé de se lever la nuit pour voir ce (pie font les animaux en observation. Dans un coin de la chambre, sur un éiier en zinc, on dispose différents aquariums où l’eau est amenée constamment : les animaux y
- vivent aussi bien que dans les bacs de l’Aquarium ; j’y ai conservé pendant plus d'un mois des Solmter, animaux cependant très délicats, et des petites Seiches dont la vivacité ne s’est pas démentie un seul
- instant. Les tables, en ardoise, sont bien éclairées, et supportent les instruments nécessaires pour l’histologie et l’anatomie. Espérons qu’un jour on y apportera aussi des appareils pour la physiologie comparée, cette science si intéressante et encore si peu étudiée.
- Ce qui fait de Tatihou un séjour particulièrement fructueux, c’est que, sans parler de l’aménagement du laboratoire, la faune s’y montre aussi riche qu’on peut le désirer : bancs de sables, vases épaisses, parcs à huîtres, marées énormes, rochers abondants, plaines de zostères, tout ce que peut désirer un naturaliste s’y rencontre. En outre, grâce à la petite barque, on peut aller, en pleine mer, pêcher au filet fin et ramener ainsi des embryons et des cœlentérés splendides. La figure 4 représente une de ces pêches pélagiques,
- opérée par MM. Blanc, Gravier, Martin et Fauvel. On voit ces savants, écumeurs de mer d’un nouveau genre, promener le filet à la surface de l’eau et examinant le contenu de la récolte : les animaux sont si transparents qu’il faut une grande attention pour les apercevoir. Pour cela il est nécessaire de renverser la poche du filet et de la plonger dans un vase rempli d’eau. C’estàcelte occupa lion que se livre le zoologiste le plus rapproché du marin et qui n’est autre que M. Blanc, le sympathique professeur de Lausanne. Un autre bateau de plus fort tonnage permet de draguer au large. L’une de nos gravures représente le marin du laboratoire, M. Chatel, ancien capitaine de cabotage, tenant une petite drague et un engin pour récolter les crustacés côtiers (fig. 2). Les fonds sont on ne peut plus variés et par
- Fig. 4. •— Scène de pêche pélagique. (D’après une photographie de M. Henri Coupin.)
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- suite, très riches en espèces et très intéressants.
- Enfin, nous devons ajouter que l’on prend ses repas au laboratoire même, ce qui est très avantageux à tous les points de vue. Les zoologistes ne sont généralement pas riches et cela constitue pour eux une économie très sensible.
- Henri Coum.
- EMPLOI DES MOTEURS A GAZ
- DANS LA NAVIGATION
- Une nouvelle application du gaz de houille vient d’être tentée avec succès, sous la direction de M. Capelle, au Havre, par un syndicat de capitalistes et d’industriels.
- Il s’agit de la navigation fluviale au moyen de moteurs à gaz. Un bateau-porteur de 550 tonnes, construit entièrement en fer, porte un moteur à gaz vertical de 40 chevaux qui actionne l’hélice : le gaz, comprimé à la pression de 100 kilogrammes par centimètre carré, est emmagasiné dans des tubes en acier placés dans un entrepont, et un détendeur, placé entre les réservoirs à gaz et le moteur, ramène l’admission à la pression normalement employée.
- Des expériences ont été fiâtes dans le port, en présence du maire et des autorités du Havre, des ingénieurs du port, et le résultat a été absolument concluant.
- Le bateau l'Idée a été à Tancarville et à Ilarfleur d’une façon absolument parfaite ; il était très curieux de voir le bateau filant à toute vitesse entre les gros navires du port, sans fumée et sans bruit. Le capitaine sur sa passerelle, ayant la barre du gouvernail « à bloc », c’est-à-dire le gouvernail restant fixé à l’endroit où on le laisse si on lâche la barre, et un autre volant, peut, grâce à l’hélice Réversible, changer lui-même la vitesse, stopper, même faire marche en arrière instantanément. Ce bateau est, dans la réunion de ses divers organes, ce qu’on peut rêver de plus parfait pour l'état actuel des inventions pratiques. D’ici peu une flottille de 60 bateaux semblables fera un service régulier du Havre à Paris et de Creil à Paris par l’Oise : des usines à gaz, dont la construction est commencée sur le parcours, alimenteront de gaz les réservoirs suivant les besoins du service.
- Le prix de revient du gaz permet de réaliser une légère économie sur la force motrice ; l’économie principale réside en ce que le ptu de place occupé par le moteur comparativement à une machine à vapeur, sa chaudière et son combustible, permet d’embarquer un plus fort tonnage et, par conséquent, diminue le prix du fret.
- Une remarque toute spéciale, c’est que la compression du gaz de houille épuré, poussée jusqu’à 140 kilogrammes par centimètre carré, ne donne pas de condensation sensible U
- LA. CORÉE
- ROYAUME DU CALME MATINAL
- C’est sous cette élégante et poétique dénomination qu’est désignée la Corée dans l’Extrême-Orient. Le conflit sino-japonais a appelé l’attention générale sur ce pays longtemps fermé et que nous avaient récemment fait connaître l’Américain Chaillé-Long, explorateur du Nil supérieur et des grands lacs, ainsi que notre regretté compatriote M. Charles Varat.
- 1 D’après le Journal des Usines à gaz.
- Nous rappellerons qu’en 1892, cet explorateur donnait de curieuses Notes au Tour du Monde et organisait, au Musée des religions, une intéressante exposition.
- C’est dans la Corée, pour la possession de la Corée, qu’en viennent aux mains la Chine avec ses inépuisables ressources en hommes et le Japon dont l’armement à la moderne paraît jusqu’ici avoir fait merveille. Il importe d’autant plus de connaître le théâtre de la guerre que toutes les puissances européennes pourraient bien ne pas rester simples spectatrices du conflit, car certaines, notamment la Russie et l’Angleterre, ont des intérêts majeurs à sauvegarder. La première aurait besoin d’un port que les glaces ne rendent pas inaccessible l’hiver, elle aurait tout à perdre si la Chine ou le Japon s’emparait de la Corée, car le traité de 1885 lui a assuré des avantages considérables pour le développement de son commerce. Quant à l’Angleterre, elle ne pourrait voir sans protester une modification quelconque à l’ordre actuel des choses si elle n’en tirait profit, c’est pour cela qu’elle est toute prête à prendre ses sûretés.
- Tous les géographes qui se sont occupés de la Corée l’ont représentée comme une sorte d’Italie. C’est en effet une péninsule que sépare de l’Asie une importante chaîne de montagnes, le Taïpeïchan, qu’on a comparé aux Alpes et d’où se détache au nord-est une cordillère, sorte d’Apennins, qui suit de près la côte orientale et envoie dans l’ouest et le sud-ouest une quantité de chaînons et de contreforts qui partagent le pays en une série de vallées et de plaines qu’on peut suivre de la côte occidentale.
- Comme en Italie, c’est sur la partie qui regarde l’occident que s’est le plus particulièrement développée la vie; là, le versant est plus allongé, les côtes sont le plus découpées et frangées d’innombrables archipels, alors que la bande orientale a la pente plus raide, et son mouvement général, qui se décompose en deux grandes courbes, n’offre que peu de ports et d’indentations. Au point où se rejoignent ces deux grandes lignes, la péninsule se rétrécit et se creusent les baies Rroughton sur la mer du Japon et de Corée sur la mer Jaune.
- C’est sur cette mer que débouchent le Jalu-tsiang qui sépare la Chine de la Corée au nord, l’Him-gang, le Taï-don-gang, le Sim-jan-gang ou Hankiang qui passe à Séoul et débouche non loin de Tchemulpo, et quelques rivières moins importantes baignent les côtes de la Corée qui regardent la Chine, le Nak-tong-kang se dirige au sud vers le détroit de Corée tandis que le Tiumen se jette dans la mer du Japon et sépare la Corée de la Mandchourie russe. Enfin la superficie de la Corée avec la grande île Quelpart, au sud, est de 218 650 kilomètres carrés, sensiblement égale à celle de l’Italie, moins la Sardaigne et la Sicile. La Chine et la Corée, pour éviter toute cause de conflit, s’étaient interdit, sous peine de mort, de coloniser sur une large zone frontière, mais on sait ce qu’il en est de ces prescriptions ; elles sont respec-
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- tées pendant quelque temps, puis les infractions sont commises des deux côtes et elles sont bientôt si nombreuses qu’il faut renoncer à faire observer les traités. Au sud, à l’entrée du détroit de Corée, s’étend de l’est à l’ouest la grande île Quelpart.
- Le pays n’a longtemps fourni que pour sa consommation, mais l’agriculture s’est singulièrement développée depuis quelques années. Dans les parties méridionales oh les eaux sont abondantes, c’est surtout le riz qu’on cultive, car là, comme en Chine, il forme la base de l'alimentation. Puis ce sont les céréales, des légumes, des arbres fruitiers qui poussent dans l'Europe méridionale, notamment la vigne, mais dont on ne sait pas tirer le vin, le tabac, le coton, d’importation relativement récente, le bambou qui sert à fabriquer ces larges chapeaux dont s’abritent les Coréens, le gin-sang, araliacée dont on a trop vanté les vertus aphrodisiaques, dont Thunberg vit jadis payer au Japon le kilogramme au prix de 2000 francs, mais dont la valeur a singulièrement baissé depuis cette époque.
- Les montagnes sont le plus souvent boisées et l’on y rencontre le frêne, l’orme, le saule, le bouleau, le pin, le sapin, le cryptomeria, l’arbre à laque, mais le hêtre et le chêne paraissent si rares qu’on en a conclu à leur absence complète. D'ailleurs, comme l’intérieur du pays est fort mal connu, il est probable que la flore, comme la faune, réserve plus d’une surprise. Les ours, les élans, les sangliers, les renards, les tigres à longs poils et les panthères fournissent des peaux pour l’exportation. On y élève, comme en Chine, des chiens comestibles, des porcs, des taureaux souvent utilisés comme bêtes de trait et de résistants poneys qui proviennent, pour la majeure partie, de l’ile Quelpart. Mais ce ne sont pas là seulement les produits du pays. La Corée passe pour être très riche en mines, mais jusqu’à ces dernières années le gouvernement en avait interdit l’exploitation avec une excessive sévérité. Dans un récent travail sur la Corée, M. Deniker assure qu’ « en 1890, on comptait 82 mines d’or, 8 d’argent, 17 de cuivre, 40 de fer, 7 de plomb, 7 de pierres précieuses et 9 de charbon. La houille, dit-il, se trouve à lleur de terre; en 1887, on a exporté de la Corée pour plus de 4 millions et demi de francs d’or et pour 1 million et demi d’argent. Enfin E. Reclus affirme que les minerais de fer se trouvent en nombre si considérable entraînés par les pluies sur les pentes des montagnes, qu’on les ramasse en assez grande quantité pour en fournir les usines.
- Comme on le voit, les ressources sont abondantes et nous ne les connaissons pas toutes, mais le pays n’a pas encore d’industrie parce que le travail est considéré çommc déshonorant.
- Le type est très varié par suite des infiltrations du sang chinois ou japonais. Grands et robustes, les Coréens ont souvent les cheveux châtain clair et les yeux bleus. « En aucune autre contrée de l’Extrême-Orient, fait remarquer Reclus, si ce n’est chez les tribus aborigènes du Nan-Chan, dans la Chine méri-
- I dionale, on ne rencontre de famille présentant ces mêmes caractères. » Ils sont vraisemblablement de race tongouse. Doux, honnêtes mais très défiants avec les étrangers, comme les peuples qui ont été longtemps opprimés ils sont gais avec leurs amis, très amateurs de la danse et de la musique.
- La religion officielle est le bouddhisme, qui fut importé au quatrième siècle de notre ère, mais il ne semble pas qu’il ait poussé des racines bien profondes dans la masse de la population qui paraît en être restée à ses croyances animistes. Des missionnaires chinois, puis des religieux français avaient fait un grand nombre de prosélytes, lorsque, en 1806, 9 de nos compatriotes et plus de 10 000 chrétiens indigènes furent massacrés. Ce fut le prétexte d’une expédition sous le commandement de l’amiral Rozc qui pénétra dans la rivière de Séoul, détruisit la ville de Kanghoa, mais en réalité ne put obtenir aucune satisfaction du roi de Corée. On retrouverait enfin dans les basses classes certains restes du culte du feu.
- La langue, bien qu’elle soit encore peu étudiée, paraît être de la famille tongouse et n’avoir avec le chinois et le japonais que des rapports d’occasion et non fondamentaux, c’est-à-dire que les relations du voisinage y ont introduit un certain nombre de mots et termes étrangers. Le Chinois est la langue des nobles et des gens policés, mais, pour des oreilles chinoises, il est prononcé de si barbare façon qu’il est devenu méconnaissable et ne peut être compris qu’au moyen d’un interprète. Quant à l’écriture, elle emploie deux cents signes, car il y a des caractères pour chaque lettre et chaque syllabe.
- La longue domination plus nominative que réelle de la Chine sur la Corée — jusqu’à ces derniers temps le roi payait un tribut annuel au Fils du Ciel — a fait adopter par les classes élevées nombre de coutumes dont quelques-unes même se sont conservées jusqu’à nos jours alors qu’elles disparaissaient dans leur pays d’origine. Mais tout cela est en réalité absolument de surface; si la forme du gouvernement, si nombre de rites et d’habitudes sont copiés sur ceux de l’Empire du Milieu, la grande masse du peuple a su s’en abstenir.
- Le roi est un monarque absolu qu’il est formellement interdit de toucher, même du bout du doigt. Lorsqu’il meurt, le deuil ne dure pas moins de vingt-sept mois et, pendant ce temps, la vie est absolument interrompue, on ne se marie plus, on n’enterre plus, on ne juge plus! A côté de ce roi est le « favori » que choisissent les membres d’une sorte de conseil d’État et les ministres. Au-dessous sont les nobles, les civils l’emportant sur les militaires, puis une sorte de demi-noblesse composée de secrétaires, traducteurs, etc., la bourgeoisie formée par les agriculteurs, puis vient le peuple et, tout à fait au bas de l’échelle, les serfs qui, soit qu’ils appartiennent au roi ou aux nobles, ne sont jamais maltraités. C’est là une forme de gouvernement absolument despotique, et les emplois, bien que paraissant ne s’y acquérir qu’au prix d’examens comme
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- en Chine, sont en réalité payés à beaux, deniers comptants.
- Malgré la pratique malheureusement trop fréquente de l’avortement, malgré le grand nombre de maladies enfantines et l’hygiène déplorable, la population paraît être dans une période de sensible croissance, si l’on en juge par le nombre toujours plus considérable des villages qui se construisent et des terres qui se défrichent. Son évaluation varie avec les auteurs de 7 à 15 millions, ce qui se comprend pour un pays qui n’a été que tout récemment et en très petite partie seulement ouvert aux étrangers.
- La polygamie, qui est permise, n’est pratiquée que par les gens assez riches pour se permettre ce luxe. Les femmes, qui n’ont pas d’existence légale, sont recluses dans leur appartement et n’en sortent que le soir à une heure où tous les hommes doivent être rentrés chez eux. Le mariage et l’enterrement se font sans gran-d e s cérémonies dans les classes peu fortunées.
- Mais les veuves ne doivent pas se remarier au moins avant trois ans, sous peine de se voir conspuées par l’opinion publique et reniées par leur propre famille.
- Les dépenses publiques devraient être peu considérables dans un pays où les travaux publics n’existent même pas de nom. Les routes brillent par leur absence ; les transports se font tant bien que mal, à dos de cheval ou de bœuf. Les chemins de fer n’existent pas plus que les tramways ou les canaux. Seul un télégraphe réunit Tchemulpo «à Séoul et cette capitale à Won-san.
- Le roi et son entourage absorbent tous les revenus. Ils ne sont pas considérables, il faut le reconnaître, mais ils ont cependant augmenté dans de fortes proportions depuis l’ouverture au commerce étranger
- des ports de Tchemulpo ou Youen-san, Fou-san et Won-san ou Gen-sen. On peut dire que tout le budget-recette de la Corée se compose de l’impôt foncier, qui se paye généralement assez mal et toujours avec des retards considérables, de la régie du gin-sang qui produit encore environ 1 million par an et des douanes qui, dans les trois ports que nous venons de nommer, ont produit, en 1891, plus de 5 millions de francs.
- Les exportations se composent du riz, de cuirs
- et peaux, de quelques bois et c’est à peu près tout, car, comme nous l’avons dit, l’industrie est nulle; quant aux importations, ce sont les allumettes, le pétrole, la cotonnade, les laines, les métaux, articles importés principalement du Japon, de la Chine et de la Russie; la part de la France n’est que de 1 et demi pour 100.
- Le Japon fut le premier, en 1876, à reconnaître l’indépendance de la Corée, indépendance qui fut confirmée dans des conventions conclues ensuite avec les États-Unis, l’Allemagne, l’Angleterre, l’Italie, la Russie, la France et l’Autriche, bien que la Chine ait sur ce pays des droits séculaires, droits qu’elle a toujours maintenus et que la Corée, jusqu’à ces dernières années, ne voulait plus considérer que comme une sorte de suzeraineté. C’est pour cela que les prétextes mis en avant par le Japon pour s’immiscer dans les affaires d’un pays dont il avait été le premier à .proclamer l’indépendance, auraient produit un assez mauvais effet, si l’on n’avait compris que cette guerre devait servir de dérivatif aux embarras d’une crise politique passée à l’état aigu. Le sort en est jeté, la parole est au canon. Gabriel Marcel.
- Carte de la Corée.
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- LA NATLUE
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- LE TIR A L’ARC EN ANGLETERRE
- L’arc est certainement une des plus anciennes armes de jet ; on en a l'ait les attributs de la divinité, et on le retrouve sur les monuments d’Assyrie ou de Chaldée, aussi bien que dans les bas-reliefs de Tbcbes ; c’était l’arme caractéristique des lluns, des Scythes, des Parthes ; tout le monde connaît les fameux archers des armées de Xerxès, et ceux qui ont visité les magnifiques collections du Louvre ont admiré les archers de la frise du palais de Darius à Suse. A travers l’histoire de France, on retrouve aussi le souvenir du tir à l’arc dans l'organisation
- par Charles YII d’une milice régulière sous le nom de Francs Archers, soldats qu’on revoit notamment sous Louis XL
- La pratique de l’arc existe toujours chez les peuples primitifs, quand les traitants ne leur ont point apporté de fusils en assez grand nombre, et les Cosaques qui entraient en 1814 à Paris portaient encore l’arc en sautoir.
- Mais ce qu’il y a de plus curieux, c’est que, à notre époque, il existe un nombre considérable de tireurs à l’arc, non pas, bien entendu, au point de vue militaire et en concurrence avec le fusil à répétition et la poudre sans fumée, mais en matière de sport spécial, de jeu d’adresse. On ne peut faire un
- Exercices de tir à l'arc par les dames de la Royal Toxophilite Society en Angleterre.
- pas en Belgique sans apercevoir se dresser dans la campagne, auprès de chaque village, un grand mat de tir à l’arc, à l’extrémité duquel on attache le pigeon servant de but aux tireurs. Cette trace des anciennes coutumes se retrouve dans la Flandre française comme dans la Flandre belge; mais, au fur et à mesure qu’on descend du nord au sud, les amateurs du tir à l’arc se font plus rares. A Paris cependant il existe une société intitulée les Chevaliers de l'Arc; leur règlement date de 1733, mais il a été modifié en 1864 ; ils sont groupés en compagnies, et, sans insister sur leur organisation, ce qui nous entraînerait beaucoup trop loin, nous ajouterons que chaque année ils célèbrent un tir à l’oiseau dans la forêt de Compiègne.
- En Grande-Bretagne, peut-être plus encore qu’en
- Belgique, l’arc a de nombreux enthousiastes. Dans bien des clubs qui ne sont pas organisés dans ce but spécial, il constitue pourtant un passe-temps favori : on tire alors sur des cibles de jonc tressé, à une distance variant entre 46 et 91 mètres. Ces cibles ont lm,20 de diamètre : au centre est peint un cercle doré; puis, concentriquement à l’axe sont disposés des anneaux peints d’une certaine largeur : le premier, en partant du centre, est rouge, le deuxième bleu, le troisième noir; il y en a enfin un quatrième blanc, la cible étant ornée d’une bordure verte. Ces anneaux ont, dans le tir, une valeur déterminée : tout coup mis dans le centre doré compte pour 9; dans le rouge cela compte pour 7 ; 5 dans le bleu, 3 dans le noir et 1 dans le blanc. On totalise les points obtenus par chaque tireur et, nalu-
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- LA NATURE.
- Tellement, c’est celui qui en a le plus qui gagne.
- Mais en pays britannique on aime bien les associations, aussi n’y a-t-il pas lieu de s’étonner qu’il s’en soit fondé pour le tir à l'arc, ou, comme disent les Anglais, pour Yarchery l. Parmi toutes ces sociétés, formées dans le Royaume-Uni pour ce sport curieux, la plus ancienne est certainement une Société écossaise qui se nomme Royal Company of Archers in Scotland (la Compagnie royale des Archers d’Ecosse); ce qu’il y a de plus bizarre, c’est que ce n’est pas seulement un club : elle fournit aussi les gardes du corps du souverain quand il vient en Ecosse. Cette respectable société a des archives complètes qui remontent à 1076 ; on en trouve meme quelques traces intéressantes avant cette époque. 11 n’est pas une notable famille écossaise qui n’ait été, à une époque quelconque, représentée dans les rangs de la Royal Company. A la tête de cette Compagnie est un état-major formé d’un conseil et d’un grand nombre d’officiers du camp; comme capitaine général on choisit un noble de haute naissance.
- D’apres une charte spéciale, accordée à ce corps par la reine Anne en 1703, chaque fois que le souverain vient résider à Holyrood, les Archers doivent lui apporter trois flèches barbelées, en signe d’hommage; pour son compte la reine Victoria reçut trois fois ce présent peu ordinaire. Chaque année il y a des concours où l’on se dispute des prix dont la fondation remonte parfois à une époque très reculée; d’après Chamber, la Reine donne annuellement un prix spécial de 500 francs.
- Dans l’Angleterre proprement dite il existe aussi une fort ancienne société d'archery, c’est la Royal Toxophilite Sociely, celle-là même dont notre gravure représente un concours ; son nom un peu bizarre s’explique aisément si l’on fait appel aux racines grecques : toxophilite signifie tout simplement « qui aime l’arc ». La R. T. S., pour employer des abréviations chères aux Anglais, a été fondée en 1780 par sir Asliton Lever. U y a aussi les Woodmen of Arden, qui se sont constitués en 1785. La Société bien connue sous le nom de llonourable Artillery Company of London était jadis un corps d’archers qui a été incorporé par Henri VIII.
- Notre gravure représente, comme nous venons de le dire, un concours de la R. T. S.; tandis qu’une douzaine de dames sont déjà l’arc en main prêtes à tirer, d’autres concurrentes sont derrière une série de buts de rechange, à gauche du dessin. Comme dans les archer y clubs spéciaux, les règles ne sont pas semblables à celles que nous avons expliquées plus haut pour ceux qui ne se livrent qu’accidentel-Icment au tir à l’arc. Ici les buts sont placés à 100, 180 mètres, ce qui est énorme, et les cibles n’ont pas 1 mètre de diamètre; on tire avec des flèches
- 1 Nous renverrons nos lertcars que cette question intéresserait particulièrement à deux volumes fort curieux : t’un est T/teorji and practice of archery,])ar Ford (1887); l’autre est Ires ancien, il date de 1545, c’est YA.se/uun Toxophitus, qui constitue un traité complet.
- plus légères et plus longues et. tous les coups comptent deux points; si la flèche ne frappe pas la cible, on marque néanmoins un point quand elle est lancée dans un rayon de quatre longueurs d’arc autour de cette cible.
- La société la plus choisie se livre au tir à l’arc en Grande-Bretagne; les concours de la R. T. S. se tiennent du reste dans Regent’s Parle. Et il serait à désirer qu’on introduisit plus largement en France ce sport si gracieux. Daxikl Bellet.
- CHRONIQUE
- Photographie du .Soleil. — Voici les beaux résultats obtenus par M. II. Deslandrcs au moyen de ses ingénieuses dispositions de spectroscopes qui lui permettent d’utiliser à son gré les différentes parties de la lumière du Soleil ; l°La raie noire centrale du calcium lui fournit sur ses photographies les parties les plus élevées de la chromosphère ou de la première atmosphère du Soleil en dehors de sa surface lumineuse. 2° La lumière solaire prise dans son ensemble donne l’image de la photosphère, c’est-à-dire de la surface lumineuse du Soleil, avec ses taches et ses facules, montrant leur liaison avec les gaz de la chromosphère. 5° La plupart des raies noires, lorsqu’elles sont employées à la photographie, décèlent les vapeurs métalliques correspondantes à ces raies. 4° Le bord précis du disque solaire ou de la photosphère obtenu en deuxième lieu, avec les parties les plus élevées de la chromosphère obtenues dans le premier cas, vient donner une idée de l’épaisseur de cette chromosphère. Cette épaisseur est variable et fournit un élément bien intéressant pour l’étude de la constitution du Soleil. 5° Enfin tous les mouvements produits, soit par la rotation du Soleil, soit par les jets embrasés qui traversent la chromosphère et la photosphère, viennent s’accuser sur les plaques et permettre de mesurer leurs vitesses avec assez d’exactitude. J. Vinot.
- Étude des courants de l’Atlantique. — Le service hydrographique des Etats-Unis essaye en ce moment un nouveau moyen de déterminer la vitesse et la direction des courants de l’Atlantique au moyen de bouteilles plus grandes que celles employées jusqu’ici, notamment parle prince de Monaco. La forme de ces bouteilles est celle d’une carafe à base large et volumineuse, avec un col long et mince. L’extérieur est marqué des lettres 11. 0. (Hydrographie Office) et d’un numéro. Le long col de la bouteille lui fait occuper une position verticale, et l’on espère que la couleur et la taille attireront l’attention.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 22 octobre 1894.— Présidence de M. Lœwy.
- Une chenille du figuier. — M. Decaux signale l’abondance, durant l’été dernier, dans l’arrondissement de Puget-Théniers, d’une chenille qui y était rare auparavant, mais qui est bien connue des habitants de la Corse. Cette chenille est la Simœlhis nemorana (l)uponchel). Elle mesure onze millimètres de largeur et s’attaque non seulement aux feuilles dont elle ronge le parenchyme en ne laissant que les nervures, mais encore aux fruits. Lorsque deux figues se touchent, si l’une est attaquée, l’autre se gâte. Du 5 au 15 août, la chenille se suspend
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- LA NATüHE.
- ool
- par un fil et se laisse tomber à terre. Là elle agrège au moyen de son fil des débris d’écorces ou de feuilles, de manière à constituer une sorte de cocon artificiel dans lequel elle s’enferme et passe l’hiver. Pour combattre les ravages de cet insecte, 51. Decaux conseille de ramasser avec soin, vers le mois de novembre, les détritus de toute espèce qui peuvent couvrir le sol auprès des figuiers, puis de pratiquer un fort labour. Les cocons qui ont échappé au ramassage se trouvent ainsi enterrés. Or, il est impossible au papillon de traverser une couche de terre de plus de 10 centimètres d’épaisseur. Chaque chrysalide détruite correspond à deux ou trois cents chenilles. Il est donc aisé de concevoir que le procédé indiqué par 51. Decaux doit être très efficace.
- Exploration de gisements préhistoriques. — 51. Gau-dry expose le résultat des fouilles dues à l’initiative de 51. Nuesch au lieu dit Schxveizersbild, près de Schaffouse. En cet endroit se trouvent trois énormes rochers où l’on remarque un abri sous roche qui fut une station humaine. Pendant trois ans 51. Nuesch a fait exécuter, en ce point, des fouilles qu’il n’a cessé de surveiller un instant. Ses recherches ont eu un retentissement considérable en Allemagne et en Suisse, par suite du très grand nombre de savants distingués qui se sont associés à cette œuvre en se partageant l’étude des débris recueillis. M. Nehring, de Berlin, a étudié les petits rongeurs, qui sont en très grand nombre; 51. Studer, de Berne, les gros animaux; 51. Kollman, de Bàle, l’anthropologie; 51. Sandeberger, les coquilles. 51. Penck, de Vienne, a participé également à ce travail. L’exploration a révélé, au-dessus de couches de l’époque glaciaire, des couches analogues au tundras de Sibérie septentrionale, sol gelé la plus grande partie de l’année, qui ne se couvre d’une maigre végétation et de mousses que pendant un temps court. Sur ce sol vivent néanmoins des animaux. Puis viennent des couches correspondant à l’âge des steppes, c’est-à-dire à une température plus douce. La végétation devenue vivace nourrit des animaux plus grands : c’est l’époque paléolithique, c’est l’àgc du renne. 51. Nuesch a recueilli plus de 1400 silex taillés dans cette couche. Puis vient Page des forets ou l’éjioquc néolithique. Les fouilles ont mis à jour près de 6000 instruments en silex ou en bois de cerf, "26 squelettes humains dont quelques-uns provenant d’enfants. L’inhumation de ces derniers avait dû-être l’objet de soins pieux, car on retrouve dans leur main des silex taillés. Enfin des squelettes de pygmées ont été découverts. C’est la première fois que pareille trouvaille est faite dans le néolithique. Ces pygmées mesuraient lm,54. Ils ont été ensevelis comme les enfants avec des silex taillés dans la main, mais il n’y a pas de doute à avoir sur la provenance des squelettes : ils présentent tous les caractères des ossements d’individus adultes. Puis au-dessus de ces couches néolithiques viennent celles de l’âge du bronze et du fer.
- La respiration des feuilles. — 5151. Debérain et 51aquenne ont déjà démontré que le rapport du volume de l’oxygène absorbé, au volume de l’acide carbonique émis, variait avec la température. 51. 5Iaquenne a continué seul l’étude de la respiration des feuilles. 11 signale ce fait curieux qu’après un séjour de quelques heures dans le vide de la trompe à mercure, les feuilles vivantes absorbent plus d’oxvgène, dans le même temps, qu’elles n’en auraient pris à l’état normal. D’autre part il avait déjà reconnu, dans les mêmes circonstances, une accélération notable dans le dégagement d’acide carbonique. Les choses se passent donc comme si les feuilles se chargeaient, à
- l’abri de Pair, d’un principe oxydable brûlant rapidement dès qu’il rencontre de l’oxygène. Les deux phénomènes ne sont pas d’ailleurs proportionnels, et le rapport du volume d’acide carbonique émis à celui de l’oxygène absorbé se modifie après l’action du vide, dans un sens qui ne paraît dépendre que de l’espèce végétale soumise à l’expérience.
- La chute des chats. — Les chats semblent jouir d’une immunité spéciale en vertu de laquelle ils résistent à des chutes faites d’une hauteur relativement considérable. Suivant une croyance populaire, les chats retombent toujours sur leurs pattes. M. 5Iarcv a eu l’idée d’étudier au moyen de la chronophotographie le phénomène de la chute du chat. L’animal était tenu par les pattes, le dos vers le sol, puis lâché à un moment donné de façon qu’il ne put prendre de point d’appui sur les mains de l’opérateur. Au même moment l’appareil chronopholographique était mis en mouvement et donnait soixante images par seconde. Ces images ont été prises dans deux positions, de flanc et postérieurement, de manière à donner l’aspect de l’animal suivant deux plans rectangulaires. 11 est parfaitement vrai que le chat retombe sur scs pattes : les dernières photographies le montrent le dos cintré et les pattes tendues verticalement. Il se retourne donc complètement sur lui-même, et, pour effectuer cette demi-rotation, un mètre de chute suffit; au delà il conserve une position invariable, les pattes tendues verticalement en avant. 51. Guilhou donne une explication de ce phénomène fondée sur l’examen des attitudes successives de l’animal, au point de vue mécanique, car cette rotation sans impulsion initiale serait un fait, en apparence au moins, contraire aux lois de la mécanique. 5151. Bertrand, 51arcel Deprez, Lœxvy prennent successivement part à la discussion. 5Iais, s’il y a une impulsion initiale, comment la rotation s’arréte-t-elle dans une certaine phase? 11 n’est guère plus facile de répondre à cette objection de 51. 5Iarey ; aussi ce dernier promet-il d’élucider la question de l’impulsion au moyen d’expériences dirigées spécialement dans ce but.
- Varia. — 5151. Inostrantzoff et Venukoll' annoncent qu’ils ont découvert dans l’Altaï des couches de houille d’une épaisseur de 4 mètres, peu distantes des voies de communication. — 51. Bordas a mis en évidence des différences entre les glandes salivaires des abeilles chez les mâles et les femelles. Ges difiérences peuvent sans doute s’expliquer par la diversité des rôles dans les ruches. — 51. Barrat, ingénieur des mines, décrit au point de vue géologique un itinéraire de 2000 kilomètres qu’il a parcouru au cours d’un voyage au Congo effectué pendant la seconde moitié de l’année 1895. — 51. Zeiller communique une Note sur l’àgc des dépôts houillers de Com-inentry confirmant l’assimilation faite par 51. Grand’Eury avec certaines couches du bassin de Saint-Etienne.
- ClJ. DE VlLLEDEÜIL.
- GRAVURES EN FILETS TYPOGRAPHIQUES
- Chaque métier a ses artistes. Il y a des maîtres parmi les typographes qui savent avec un art véritable composer des gravures avec les filets qui servent à imprimer des lignes au trait dans le texte, à séparer par exemple deux colonnes ou à faire le tracé de la lin d’un article.
- Les filets d’impression sont formés d’un métal
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- LA NATURE.
- llexible qui peut être coupé et plié entre les doigts. Eu séparant les fragments, en pliant ces morceaux suivant la forme du dessin t[ue l’on veut obtenir, et
- en les montant sur un morceau de bois où l’on a creusé des rainures, on peut faire des planches d’une gravure typographique. Les deux figures
- Fig. 1 et 2. — Gravures obtenues avec des lilels et des vignettes typographiques.
- 4 /LruiJTnjTJTJTjTJTrui. rui nn jinruin-nju
- ci-dessus ont été ainsi obtenues avec des fdels ci vignettes. Notre première gravure (fig. 1) est une tète de femme très bien modelée. Elle est due à un habile typographe :
- M. Schiffer, de New-York.
- Quelques journaux ont publié de véritables mer-
- qui ont servi à la composition de nos gravures. L’on se sert aussi de signes typographiques (parenthèses, guillemets, etc.)
- rUlüTJU Ü LH-Tlfl £
- veilles de ce genre curieux de compositions exécutées avec des filets typographiques.
- Une revue technique de Tokio, The Press and Paper, renferme plusieurs gravures de ce genre, dues à un imprimeur japonais fort habile, M. Masatomo Kobayashi, et le chat imprimé ci-dessus (fig. 2) est dû à son talent. Tout est fait au moyen de filets; les branches de l’arbuste ont été obtenues avec de petits ornements typographiques qui servent habituellement à faire des encadrements ; ils sont simplement placés les uns à côté des autres.
- Nous donnons dans la figure 5 plusieurs spécimens de filets et vignettes qui se trouvent dans les bonnes imprimeries ; on y reconnaîtra quelques-uns de ceux
- iiiiiiiiiiiiimiimimimmiiiiimiimimiiimiiiiiimimiiiimiiiimimiiiiiiimiiiiimmii
- XX\XVXX^X,X.X.X\X^X.XX'X';XlX\XX,X^X..X;ÿX.Xi
- signes algébriques, pour figurer, après un assemblage heureux, des types assez originaux de dessin au trait : ou autres mon talion.
- Pour la
- culs-de-lampes motifs d’orne-
- «'tJooCo “nîîîr.::
- SJgÿê) <OxOo-
- d‘iJijajTJUTJTJiJTJTJ‘iruiJiJUxriJTJTXUiruTJXriJTJirLri_nji
- Fig. 3. — Spécimens de filets et vignettes pouvant servir à la composition de cadres et dessins typographiques.
- bonne réussite de ces travaux, quelques connaissances en dessin sont nécessaires, surtout pour l’établissement de la maquette d’après laquelle les coupures et les courbes sont exécutées.
- 11 y a au Conservatoire des Arts et Métiers quelques spécimens de gravures en filets typographiques.
- Ces planches nécessitent beaucoup d’adresse de la part de ceux qui les exécutent : elles sont assurément curieuses et faites avec goût, mais elles n’ont aucune application. G. T.
- I.e Propriétaire-Gérant : G. Tjssaxdikr.
- |i
- 5E5E 99 8CCC3)
- Paris. — Imprimerie Lahure. rue de Fleurus, O.
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- N° IJ 18.
- 5 NOVEMBRE 1894,
- LA NATURE.
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- LES CUIRASSES INVULNÉRABLES
- Fig. 1. — Expérience d’uu coup de lusil tiré sur le plastron Loris.
- Nous avons
- exécutées par un Allemand, M. Rowe, au moyen d’un plastron formant une cuirasse que les balles de fusil ne pouvaient traverser1.
- M. Rowe a expérimenté son plastron protecteur un grand nombre de fois en Allemagne et en Angleterre, en présence d'officiers et de tireurs. Il ne paraît pas douteux que l’appareil était efficace et que les balles de fusil s’arrêtaient dans la masse de sa substance, mais cependant aucune conclusion favorable ne fut émise par les membres des jurys désignés, et on a cessé de parler de l’invention allemande.
- Un tireur américain émérite, M. Loris, a repris ces curieuses expériences. 11 exhibe une cuirasse formée d'un plastron 1 Yoy. ii° 1098, du 10 juin 1894, )>. 40-22* aunée. — 2e semwtre.
- et des expériences très sérieuses ont été exécutées récemment à Paris devant des témoins dont la compétence ne saurait être mise en doute. Les armuriers bien connus, MM. Gastine-Renette et Guinard, avaient apporté des fusils de modèles différents ; comme le montrent nos gravures, la cuirasse n’a jamais été traversée par les balles (fig. 1), et les plus violents coups de poignard (lig. 2) n’ont pu aboutir qu’à une pénétration de 2 centimètres au plus.
- M. Guinard, qui a suivi de près plusieurs de ces expériences faites en public ou en séances particulières, par M. Loris, a bien voulu nous donner son appréciation ; nous publions ici la Note très intéressante (pie l'habile armurier a bien voulu nous remettre pour La Nature.
- 25
- parlé précédemment des expériences | absolument invulnérable,
- Fig. 2. — Coup de poignard arrêté par le plastron invulnérable. (D’après des photographies de MM. Negretti et Zanibru.)
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- LA NATURE.
- La cuirasse invulnérable Loris est réellement sérieuse, elle résiste aux balles des armes militaires modernes, à enveloppe métallique, animées de vitesses initiales énormes, de 610 à 650 mètres par seconde. Dans les expériences qui ont été faites, aucune supercherie, aucun truc n’ont pu avoir lieu, les armes étaient bien des fusils militaires réglementaires, tels qu’ils ont été adoptés et servent aux soldats des armées étrangères. Les cartouches elles-mêmes étaient régulièrement chargées comme balle et comme charge de poudre.
- Le fusil militaire employé a été le Lee Metford à répétition, adopté en Angleterre; son calibre est de 7mm,7. Le poids du fusil est de 4ls,100. C’est lui qui est représenté dans la figure 1. 11 a une puissance égale à celle du fusil Lcbel, de l’armée française, comme vi-
- t’ig. 3. — Cartouche du fusil Lee Mcfforf. — 1. Vue de la cartouche. 2. Douille eu cuivre.— 3. Balle etc plomb. — 4. Poudre en lilaments.
- lesse initiale, comme portée, comme pénétration. On pourrait affirmer qu’il a une supériorité qu’on pourrait évaluer à 5 pour 100 en plus; cette supériorité est due uniquement à la réduction du calibre. La cartouche du fusil Lee Metford est chargée de poudre sans fumée, appelée « Corditc )) ; ce nom est donné par la forme même du grain de la poudre qui ressemble à une lanière ou à une corde Nous représentons la cartouche complète, étui ou douille en cuivre, balle à enveloppe métallique et charge de poudre sans fumée en lanière ou corde
- (% 5).
- Cctle poudre sans fumée, très curieuse par sa forme comme par sa composition, donne des effets comparables à ceux de la poudre Vieille en usage dans l’armée française, ou que la poudre la Balislite employée en Italie et dont La Nature a entretenu ses lecteurs1. La poudre la Cordile est composée de fulmicolon trinitré et de nitroglycérine. C’est, à peu de chose près, la meme composition que la Balistite. Dans le Lee Metford, la balle à enveloppe métallique est animée d’une vitesse initiale de 025 mètres par seconde, avec cette poudre Cor-dite. Sa puissance de perforation est remarquable ; elle traverse à 100 mètres une épaisseur de bois de sapin de 82 centimètres.
- Elle a donc la même puissance que la balle du fusil Lcbel, qui peut traverser (ainsi que des expériences scientifiques l’ont démontré et que la conquête du Dahomey a permis de le vérifier) 6 à 7 hommes placés l’un derrière l’autre, en leur causant des blessures graves.
- Dans les expériences faites à 10 mètres, la balle du
- 1 Voy. n° 804, du 10 juillet 1800, p. 07.
- Lee Metford a traversé 50 planches de sapin de 27 millimètres d’épaisseur, séparées l’une de l’autre de 25 millimètres, soit 97om,2 de bois. La même cartouche tirée sur la cuirasse Loris dans les mêmes conditions d’armes, de distance, de tir, etc., ne l’a pas traversée. La balle s’est enfoncée d’environ 4 centimètres dans la cuirasse. On a pu la sentir et en suivre le trajet avec une lame de canif.
- Pour pousser les expériences à l’extrême, on a soumis tout récemment la cuirasse Loris à L’épreuve extraordinaire des balles de très petit calibre Gmm,5, animées de 850 mètres par seconde de vitesse initiale. Ces balles à enveloppe métallique qui perforaient 1m,70 de bois de sapin, soit 29 planches de plus, ou 73 centimètres de plus que dans les expériences ci-dessus relatées avec le fusil Lee Metford, ces mêmes halles, dans les mêmes conditions de vitesse initiale et de pénétration, ne perforaient pas la cuirasse Loris.
- Les expériences renouvelées plusieurs fois ont donné les mêmes résultats. La cuirasse Loris est bien réellement impénétrable aux balles des fusils militaires modernes. Ce qu’il y a de curieux et d’intéressant, est la constatation que l’énergie de la balle se perd dans la cuirasse. Il est généralement admis, c’est même un axiome balistique, que la vitesse initiale d’un projectile, lorsqu’il est arrêté dans sa course, se transforme en puissance de choc et en chaleur. Ce qui est vrai lorsqu’on tire sur une cible en métal, ne l’est plus avec la cuirasse Loris. La puissance de choc est annulée, la chaleur réduite, la pénétration si atténuée, qu’elle est annihilée, et le projectile ne se déforme presque pas ; il se sertit en quelque sorte dans la contexture de cette cuirasse. — Voilà le fait important qui ressort de ces expériences qu’on ne soupçonnait pas et contre lequel la science balistique passée protestait. On disait qu’un tel système de protection ne pouvait exister, c’est aujourd’hui un grand étonnement de se trouver devant un principe nouveau.
- La composition de cette cuirasse est le secret de l’inventeur. Nous ne saurions la dévoiler. Toutefois, nous pouvons répéter ce qu’il dit, ce que nous avons vu, c’est que la cuirasse est composée de matière textile compressée, et enduite peut-être de certaines matières. Elle est légère relativement, puisque le plastron pèse 4k(t,500. Elle ne coûte que 5 francs environ, lorsqu’elle a 10 centimètres d’épaisseur sur 45 centimètres de hauteur et 55 centimètres de largeur environ.
- Nous ajouterons aux lignes que Ton vient de lire que nous avons assiste nous-nième aux expériences de M. Loris; nous les avons vues de très près, avec la plus grande attention. Les résultats obtenus sont remarquables, et il semblerait qu’un tel moyen de protection de nos soldats, ne doive pas être absolument délaissé. Assurément la protection assurée n’est pas complète et il n’y a que la poitrine d’un homme qui soit garantie : c’est déjà beaucoup. Sans munir tous les combattants d’un semblable plastron, on pourrait avoir un certain nombre de ces appareils en réserve par chaque régiment, et s’en servir pour les hommes qui devraient se trouver les plus exposés aux balles de l’ennemi. Le plastron invulnérable de M. Loris ne dépasse pas le prix de revient do 5 francs; il assurerait dans les combals, la vie de beaucoup de soldats, et il inspirerait confiance à ceux qui en seraient munis. Gasïox Tissanjuf.r.
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- LE CONCOURS DE MOTEURS A PÉTROLE
- ORGANISÉ I*AR LA SOCIÉTÉ D'AGRICULTURE DE MEAUX
- Nous avons mentionné précédemment, le concours de moteurs à pétrole organisé par la Société d’agriculture de Meaux, qui s’est tenu dans cette ville au mois de mai dernier.
- Ce concours présente un intérêt particulier, ainsi que nous l’avons indiqué, en raison du soin et de la précision qui ont été apportés a l’organisation des expériences destinées à permettre un classement rationnel des moteurs présentés. La Société de Meaux vient de publier le travail si remarquable dans lequel M. Ringelmann, directeur de la station d’essai des machines agricoles, rapporteur du jury, a fait l’exposé de la méthode suivie dans ces expériences, et nous avons tenu à donner ici une analyse de cet important rapport, car il donne tous les renseignements techniques qu’on peut désirer à l’occasion des moteurs exposés, et il fournit en même temps le véritable type de l’organisation à adopter dans les concours analogues.
- Trop souvent en effet on se borne à faire fonctionner les appareils concurrents pendant quelques instants seulement, dans des conditions incomplètement définies, sans qu’on puisse apprécier exactement l’cfïort dépensé ou fourni suivant qu’il s’agit d’une machine ou d’un moteur; le classement adopté dépend alors d'appréciations un peu arbitraires, et perd ainsi une grande partie de son autorité. Il est bien préférable au contraire de soumettre ces appareils à de véritables essais mécaniques permettant de relever avec précision, de représenter par des chiffres toutes les données intéressantes, de poursuivre l’épreuve pendant un temps assez prolongé et dans des conditions variées, de manière à pouvoir émettre un jugement bien éclairé. I)e pareilles expériences apportent ainsi aux consommateurs des données indispensables pour l’appréciation des machines qu’ils ont à acquérir ; mais elles sont encore plus intéressantes peut-être pour les constructeurs eux-mêmes qui se trouvent ainsi prévenus des défauts de leur appareil, des dispositions mauvaises qu’il peut présenter, et sont amenés à chercher le moyen d’y remédier. Cette observation se vérifie particulièrement bien dans le cas des moteurs à pétrole, qui sont des machines toutes nouvelles, et nous avons pu constater en effet dans les travaux du jury que la plupart des constructeurs ayant pris part au concours de Meaux en ignoraient eux-mêmes le rendement exact.
- Les moteurs à pétrole présentent au point de vue agricole des avantages tout particuliers, expliquant immédiatement l’intérêt qui s’attachait à ce concours : ils peuvent fonctionner sans chaudière et même jusqu’il un certain point sans mécanicien dans les localités où le gaz fait défaut, eu outre la matière combustible n’exige pas de charrois encombrants. 11 comient toutefois de rechercher surtout les appareils utilisant le pétrole lampant d'une densité de 0,800 à
- 850, dont le point d’inflammation est reporté à une température assez élevée , de 40 à 50 degrés.
- La manutention du pétrole lampant peut se faire sans danger, tandis qu’il n’en est pas de même avec les huiles minérales de densité plus faible, comme la gazoline et surtout l’essence, qui peuvent s’enllammer à la température ordinaire. On conçoit immédiatement que c’est là un danger qui doit faire écarter ces huiles légères des exploitations agricoles où les incendies sont si fréquents ; mais par contre, au point de vue mécanique, l’enqdoi du pétrole lampant entraîne des difficultés particulières dans la disposition des moteurs. En fait, les types susceptibles d’utiliser le pétrole sous cette forme sont d’invention récente et sont encore en petit nombre; mais, en raison des avantages qu’ils présentent, il n’est pas douteux qu’ils ne soient appelés à se développer rapidement. Le nombre des types exposés à Meaux était de huit, dont la plus grande partie de provenance étrangère.
- Les essais de précision ont été effectués sur toutes ces machines au laboratoire de M. Ringelmann à Paris : chaque moteur a été essayé au frein pendant plusieurs jours à la puissance maxima, à 4 chevaux, à 2 chevaux et à vide, et toujours en employant le même pétrole. Celui-ci avait été soumis d’ailleurs au préalable, par les soins des spécialistes les plus compétents, à tous les essais physiques et chimiques nécessaires pour obtenir une appréciation complète. On a relevé en particulier la densité, le point d’éclair, la température de combustion, les points de distillation, le pouvoir calorimétrique, la composition chimique.
- Tous les appareils ont été essayés d’après la même méthode, on les faisait marcher aux différentes puissances, avant de commencer les relevés, tout le temps nécessaire jusqu’à ce que le constructeur les considérât comme bien réglées, et il est intéressant de mentionner à ce sujet que, pour certaines machines, ce réglage préalable a demandé quelquefois deux ou trois jours.
- Dans chaque série d’essais, on notait les résultats suivants : la quantité de pétrole ou d’esprit de bois nécessitée pour l’allumage préalable; la quantité de pétrole consommée par le piston ou par la lampe d’allumage ; les consommations d’huile de graissage du piston, de la bielle, de l’arbre et des organes de distribution et d’alimentation ; la pression barométrique. Puis, de dix en dix minutes, on procédait aux relevés suivants : la température de l’air; les températures de l’eau de refroidissement du cylindre (à l’entrée et à la sortie) ; la quantité d’eau de refroidissement; la température du gaz d’échappement ; lé nombre d’explosions ; le nombre de tours ; les variations de la vitesse mesurées avec le tachy-mètre. Des diagrammes étaient relevés à l’indicateur lorsqu’on pouvait adapter cet appareil à la machine.
- Sans insister sur les différents instruments employés pour effectuer ces relevés, il convient, de mentionner spécialement le frein automatique imaginé par M. Ringelmann en vue de ces essais dans
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- le but d’équilibrer continuellement l’effort développé par la machine. Il faut observer en effet que le frein ordinaire de ffrony avec réglage à main devient insuffisant sur les moteurs à gaz, car le travail moteur subit de trop brusques variations, surtout avec le cycle à 4 temps; on se trouve conduit à employer dans ce cas les freins à corde avec ressorts, mais il se produit alors des oscillations continuelles qui ne permettent pas de déterminer facilement l'effort moyen ; il est préférable d’obtenir un réglage automatique fondé sur les déplacements mômes du frein sans qu’on ait à faire varier le poids ou l’effort tangentiel.
- Le principe de la disposition adoptée à cet effet par M. Ringelmann et laissée généreusement par lui dans le domaine public est représenté dans la figure 1. Le frein se compose, dit-il, d’un collier dont les deux parties A et I> sont reliées par une vis Y de réglage servant seulement au début de l’expérience.
- La monture reçoit le tuyau c d’arrivée de l’eau de savon destinée à lubréfier.
- La partie C reçoit le crochet C de la corde à la-quelleon attache la charge.
- Les parties A et R sont reliées par une entretoise E solidaire avec un secteur SS' d’un rayon quelconque. Une corde a est attachée au point S et a un point fixe ni, une seconde corbe b est attachée au point S', passe sur une poulie n et est tendue par un poids;; quelconque. Le réglage de la position moyenne du secteur est fait de façon que les deux cordes a et b soient dans le prolongement l’une de l’autre, et que la droite mn soit normale au prolongement d’un rayon quelconque du volant. Pour faciliter ce réglage préalable on emploie en m un tendeur à treuil.
- Il est facile de reconnaître que, lorsque le frein est entraîné par le volant, ce dispositif a pour effet d’augmenter la partie de la longueur de la bande appliquée sur la jante, et d’accroître ainsi la résistance jusqu’à ce que le secteur soit revenu en équilibre. Cet équilibre s’obtient évidemment de môme
- par un mouvement inverse dans le cas contraire. Ajoutons que les déplacements observés en pratique variaient suivant les cas de 2 à 5 millimètres. Le débit de l’eau de graissage du frein était, d’autre part, rendu absolument uniforme par une disposition assurant l’écoulement sous charge constante.
- Nous ne pouvons pas donner dans cette Notice la description détaillée des moteurs exposés, nous représentons seulement (fig. 2 et 3) la vue de deux des moteurs exposés, la loco-mobilc Merlin (fig. 2), qui a obtenu la première récompense, et le moteur Uornsby (fig. 5), qui présente certaines dispositions spéciales; nous en donnons en outre une coupe passant par le piston et le vaporisateur et montrant en môme temps l’installation de la soupape d’admission d’air et de celle d’échappement (fig. 4). Nous résumons, d’autre part, d’après le Mémoire de M. Ringelmann, les dispositions générales de ces divers moteurs. Us sont tous du type à 4 temps, connu sous le nom de type Otto.
- Le cylindre est ouvert à une extrémité, le piston à fourneau s’articule directement avec Ja bielle (fig. 4). _
- En plein travail, le cycle normal correspond aux périodes suivantes: 1° période aspiratoire, course avant, demi-tour, le piston s’éloigne du fond du cylindre en aspirant à la fois les volumes d’air et de pétrole qui vont constituer le mélange détonant; 2" période, compression, course arrière, demi-tour, le piston se rapproche du fond du cylindre en comprimant le mélange ; 3°période, explosion, course avant demi-tour; c’est la course motrice, le mélange comprimé s’est enflammé au contact d’une pièce portée à une température supérieure à 500 degrés et repousse le piston; 4° période, échappement, course arrière, demi-tour; les produits de la combustion sont évacués par un tuyau d’échappement sur le trajet duquel est intercalé un récipient, appelé pot d’échappement, destiné à amortir le bruit et a
- Installation du frein à réglage automatique de M. Uingeliiiaun.
- réglage
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- recueillir les produits de la condensation de la vapeur d’eau résultant de la combustion du pétrole.
- La distribution s’effectue par des soupapes mues par des cames ; on a renoncé depuis longtemps aux tiroirs plans dont l’entretien présentait trop de difficultés. Les cames agissent tous les deux tours et sont commandées par un arbre dit de distribution ayant une vitesse deux fois moindre que celle de l’arbre moteur. Comme il n’y a qu’une course motrice sur quatre, l’uniformité du mouvement est assurée par un volant de masse importante et surtout par la grande vitesse de rotation.
- Les moteurs comportent en outre des régulateurs qui agissent généralement pour fermer l’admission de pétrole; dès que la vitesse dépasse celle de régime, la pompe à pétrole s’arrête et la soupape d’échappement reste ouverte. L’alimentation du pétrole se fait dans certains cas par une chute naturelle, le pétrole tombant d’un réservoir surélevé sur des ailettes placées au-dessus de la lampe où il se vaporise; ailleurs il est aspiré par une pompe et refoulé dans l’appareil à vaporiser. Dans le moteur Griffin, il est injecté en même temps que l’air comprimé dans un espace chauffé par les gaz d’échappement.
- L’explosion périodique qui se produit dans le cylindre en élève rapidement la température, et il est nécessaire de le refroidir extérieurement afin d'éviter de distiller les huiles de graissage, ce qui entraînerait le grippement du piston dans le cylindre. A cet effet, le refroidissement est obtenu dans la plupart des moteurs par une circulation d’eau tombant d’un réservoir surélevé d’une certaine hauteur au-dessus du cylindre. L’élévation de température obtenue est suffisante pour que l’eau ainsi échauffée puisse retourner directement au réservoir
- par une circulation naturelle en raison de la différence de densité qu’elle présente par rapport à l’eau froide.
- Sur certaines machines locomobiles la circulation d’eau était assurée à l’aide d’une pompe fonctionnant continuellement, mais cette disposition a l’inconvénient d’amener un volume d’eau constant quelle que soit la puissance développée par la machine ; il peut en résulter un refroidissement excessif en traînant une consommation de pétrole exagérée. La locomobile Merlin présente au contraire une disposition heureuse qui a exercé une influence considérable sur son succès : l’eau de refroidissement est appelée en effet par une pompe à piston plongeur qui n’agit qu’aux périodes d’explosion.
- Les relevés de toute nature exécutés au cours des expériences ont montré, du reste, la grande influence que les dispositions de détail du moteur peuvent exercer sur le rendement, comme le réglage de l’appel d’air, de la consommation de l’eau de refroidissement, la disposition de l’appareil d’allumage, et c’est sur ces points surtout que devront se porter les efforts et l’attention des constructeurs.
- Les observations faites ont permis de dresser des tableaux comparatifs donnant tous les renseignements utiles pour l’appréciation très complète de chacun des moteurs.
- On a calculé ainsi les six éléments suivants : 1° le rendement thermique défini par le rapport du travail fourni transformé en calories ou pouvoir calorifique correspondant à la dépense totale de pétrole effectuée tant pour le piston que pour la lampe. Sur la locomobile Merlin, par exemple, ce rendement a varié de 15 à 16 pour 100 pour une puissance de 2 à h chevaux, et ce chiffre a même été dépassé par
- Fig. 3. — Vue extérieure du moteur lixe llornsby.
- Fig.'4. — Double coupe du moteur llornsby, l’une passant par le piston, l’autre par les deux soupapes d’admission d’air et d’échappement. — A. Tuyau d’admission d’air. — B. Tuyau d’échappement. — C. Vaporisateur du pétrole injecté. — D. Enveloppe de circulation d’eau froide pour le refroidissement du cylindre.
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- le moteur Grob mi-fixe qui a donné jusqu’à 21 pour 100, et le moteur Niel qui a été jusqu’à 18 [tour 100. On voit par là toute la supériorité des moteurs à pétrole sur les machines à vapeur, car le rendement théorique de ces dernières machines reste toujours inférieur à ces chiffres en tenant compte
- ioo
- Fig. 5. — Diagramme indiquant, pour les moteurs à pétrole exposés à Meaux, la répartition de la chaleur absorbée.
- des pertes inévitables à la chaudière. 2° Les calories enlevées par l’eau de refroidissement. On a obtenu, du reste, sur ce point, les résultats les plus diffé-
- Puissance au frein
- pi<r o. — Diagramme indiquant la consommation de pétrole par heure de chacune des machines exposées à Meaux.
- rents, puisque, à la puissance de 4 chevaux par exemple, la dépense a varié, suivant les moteurs, de 4900 à il 500 calories par heure. 5U La répartition de la chaleur fournie a pu être établie d’après les données précédentes, au moyen desquelles on a dressé le diagramme reproduit dans la figure 5. Celui-ci montre l’importance énorme que prennent les pertes de toute nature par rapport au travail fourni. 4° La quantité d’air employée pour la com-
- bustion influe aussi grandement sur la consommation du pétrole, soit qu’il y ait trop d’air employé, le mélange n’étant pas assez détonant, ou trop peu, donnant ainsi une combustion incomplète avec production de fumée. On a pu constater en effet, à ce point de vue, des différences excessives dans les résultats. Lorsque le volume d’air théoriquement nécessaire à la combustion d’un kilogramme de pétrole est de 11 décimètres cubes environ, les consommations ou plutôt les appels d’air ont pu varier de 5 à 50 décimètres cubes. 5° Les variations do vitesse présentent une importance considérable pour certaines applications spéciales comme la conduite des machines électriques, et il y avait lieu d’en tenir compte. 6° La consommation de pétrole par heure.
- Le diagramme représentatif est reproduit dans la figure 6. On en a déduit la consommation de pétrole par jour en supposant deux allumages et faisant des hypothèses déterminées sur les conditions de marche habituelles au point de vue de la puissance développée.
- Toutes ces données traduites par des chiffres ont permis d’établir un classement rationnel dans lequel on a tenu compte des trois facteurs principaux, le prix de revient de la journée de travail, la construction et le fonctionnement ainsi que le rendement thermique de l’appareil.
- Nous n’insisterons pas davantage sur les détails de ce classement; le résumé qu’on vient de lire justifie tout l’intérêt qui s’attache aux expériences de Meaux, et montre bien que le Rapport de M. Rin-gelmann constitue certainement l’un des principaux travaux à consulter pour l’appréciation des moteurs à pétrole. L. R.
- CONGRÈS DE
- L’ASSOCIATION GÉ0DÉSIQUE
- INTERNATIONALE
- L'Association géodésique internationale, dont nous avons parlé à nos lecteurs ', a tenu à Innsbruck ( T y roi ) sa conférence annuelle. La France y était officiellement représentée par MM. Faye, membre de l’Institut, président de l’Association ; Tisserand, directeur de l’Observatoire de Paris, et Ch. Lallemand, ingénieur en chef des mines, directeur du nivellement général de la France.
- Le congrès a été ouvert par M. le comte de Merveldt, gouverneur du Tvrol, qui a souhaité la bienvenue aux délégués réunis dans la grande salle de l’Université. M. Faye, président, l’a remercié au nom de l’Association.
- La conférence s’est occupée spécialement de la création d’observatoires internationaux, où serait poursuivie, avec des instruments spéciaux et des méthodes uniformes, l’étude des petits déplacements de l’axe de la terre, dont l’existence, soupçonnée il y a quelques années, paraît aujourd’hui hors de doute. A ce propos, M. Van de Sande-Bakhuvzen, délégué des Pays-Bas, a montré que les déplacements en question présentent une curieuse relation avec les variations du niveau moyen de la mer sur les cotes de la Hollande.
- 1 Voy. n° 1109, du 1er septembre 1894, p. 223.
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- Do concert avec les géologues délégués à cet effet par les Universités de Goettingue, Leipzig, Munich et Vienne, la conférence a également jeté les bases d’une organisation internationale des recherches sur l’intensité de la pesanteur. Une Commission mixte, composée de géologues et de géodésiens, serait constituée au sein de l’Association pour diriger ces observations. La Conférence a, de plus, voté un crédit pour encourager la création d’un appareil permettant de mesurer la pesanteur en pleine mer.
- L’utilité des recherches exécutées par le regretté colonel Goulier sur la dilatation des hois employés à la construction des mires de nivellement, ayant été mise en doute par l’Institut physico-technique de Berlin, qui annonçait l’avènement prochain de mires entièrement métalliques, M. Lallemand a montré que les avantages attendus de ces dernières mires étaient très problématiques, et que, par suite, les études sur la sensibilité des bois aux influences thermiques et hygrométriques conservaient tout leur intérêt.
- Pendant la durée du congrès, plusieurs fêtes ont été offertes aux délégués et à leurs familles. Le gouverneur, notamment, a donné en leur honneur une brillante soirée, à laquelle assistait l’archiduc Louis-Victor, second fds de l’héritier actuel de la couronne d’Autriche, lequel s’est amicalement entretenu avec les savants étrangers.
- La prochaine conférence générale, qui aura lieu à Berlin en 1895, s’occupera du renouvellement de l’Association, qui expire en 1896.
- LES CYNOCÉPHALES HAMADRYAS
- AU JARDIN D'ACCLIMATATION DE PARIS
- Le Jardin d’Acclimatation, qui, depuis plusieurs années, présente à ses visiteurs de nombreuses curiosités ethnographiques, a depuis quelque temps l’occasion de se procurer parmi ses sujets d’attraction des singes rares ; ces bêtes offrent d’autant plus d’intérêt qu’elles sont prochainement appelées à disparaître de la surface du globe, et à grossir la liste déjà longue des animaux éteints. Nos petits-fils n’en verront peut-être plus de vivants.
- Au commencement de l’année courante La Nature a publié une première Notice sur les deux orangs-outangs que tout Paris a voulu voir1; et notre journal les a suivis jusqu’à leur mort en parlant de leur autopsie et des renseignements que cette opération a fournis à la science2.
- Depuis quelques semaines le Jardin d’Acclimatation exhibe quatre grands singes Cynocéphales abyssiniens, appartenant à la curieuse espèce des Hama-dryas. Très singuliers d’aspect, ces singes ont une physionomie étrange, un museau allongé à la façon du chien, et une crinière abondante; leur mâchoire est meublée de crocs, et, quand ils sont en liberté, la vivacité, la vigueur et l’énergie qui les animent leur permettent de mettre en fuite les hyènes et les léopards. Ils ne craignent pas les nègres.
- Un ne saurait dire comment le Cynocéphale dont nous parlons a eu l’honneur de recevoif1 le nom
- 1 Voy. n° 1077, du 20 janvier 1894, p. 115.
- - Voy. n° 1100, du 11 août 1894, p. 160.
- d’une nymphe grecque, d’une hamadryade. Nous ferons remarquer que ce n’est pas l’antiquité qui lui a donné ce nom. Les Egyptiens, qui avaient à l’égard de ces singes un véritable sentiment de vénération, les appelaient Thoth ou Oc h-; la Bible en parle sous le nom de Kop/i ; Hérodote, Plutarque et Pline les désignent sous le nom de Cynoceplmlus ; Strabon les appelle Cebus. Les Abyssiniens modernes les nomment llébé.
- Sur les anciens monuments égyptiens, les Ilama-dryas sont très souvent représentés, et le sculpteur antique ou le dessinateur d’hiéroglyphes leur donnent toujours une place importante. Les Égyptiens les considéraient comme des divinités et on peut voir au musée du Louvre un bas-relief représentant de ces Cynocéphales (fig. 1, n° 4). Un savant collectionneur d’antiquités égyptiennes, M. Julien Gréau, possède dans son musée personnel une autre statue d’Hamadryas, des plus remarquables ; nous la représentons dans notre figure 1 (nos 1 et 2). Au milieu de notre dessin on voit encore deux autres pièces fort curieuses de la même série : une bague sur laquelle est sculpté un Hamadryas conduisant un char traîné par deux lions (fig. d, n° o) et une autre sculpture non moins remarquable (fig. 1, n° 5). Ces objets sont en sable émaillé, généralement en bleu turquoise. Quand les objets sont menus comme la bague, la vitrification est profonde et les fait prendre pour du verre; mais il n’en est rien.
- Ces spécimens de l’art antique montrent jusqu’à quel degré de vénération s’élevaient les sentiments des Egyptiens à l’égard des Hamadryas. Ces singes ne méritent pas cependant tant de considération. Dans les pays où ils habitent, c’est-à-dire dans l’Abyssinie, la Nubie ou le Soudan, les habitants ne les ont pas en grande estime car ils ont sans cesse à déplorer leurs attaques et leurs fraudes. Les Hamadryas se plaisent dans les rochers des montagnes, ils recherchent le voisinage de l’eau, mais ils aiment aussi les mauvaises actions ; on les voit souvent se réunir en grande troupe pour descendre dans les vallées et aller piller les jardins. On a dit parfois que ces singes agiles arrivaient à monter sur les chevaux sauvages du désert et s’y livraient à des courses folles.
- Malgré leurs mœurs vagabondes, les Hamadryas ont le sentiment de la famille. Les mâles s’occupent surtout de leur défense et de l’approvisionnement des aliments. Les femelles ont la plus grande sollicitude pour leurs petits.
- Les Hamadryas se prêtent à la domesticité ; en Égypte et au Caire, on en voit souvent entre les mains des bateleurs. Ces montreurs d’animaux recherchent surtout les femelles, qui sont plus dociles que les mâles.
- Les Hamadryas du Jardin d’Acclimatation sont au nombre de quatre; ils sont vigoureux et d’assez grande taille. Leur poil, de couleur grise, est de grande longueur; quand ils sont assis ils ont parfois des attitudes assez singulières et gracieuses, que
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- notre dessinateur a parfaitement saisies dans la figure 2 ci-contre. L’un des singes a un bâillement formidable qui paraît leur être familier. Quand ils sont à quatre pattes, leur train de derrière n’est pas très séduisant à contempler ; les fesses de ces bêtes n’ont pas de poils et sont de couleur rouge.
- Nos figures 5 et 4 sont les portraits de deux des singes exhibés, reproduits d’après des agrandissements de clichés obtenus instantanément avec la photo-jumelle. Ces portraits sont frappants de ressemblance.
- Nous avons voulu avoir des renseignements précis sur la manière de vivre des Hamadryas à Paris.
- Nous nous sommes adressé à M. Porte, le directeur du Jardin d’Acclimatation, qui a bien voulu nous envoyer pour nos lecteurs l’intéressante Note suivante :
- Nos quatre Hamadryas sont adultes, et en excellente santé ; le régime auquel nous les soumettons leur est évidemment très favorable. Ils reçoivent chacun, chaque jour : 6 œufs frais, du riz cuit dans du lait et fortement exprimé, des carottes en abondance, du blé, du maïs et des fruits variés. Ils ne prennent toutefois les aliments qu’ils ne connaissent pas, qu’avec la plus extrême prudence, et ce n’est que quand l’un d'eux y a goûté, et a paru trouver le mets à sa convenance, que les trois autres se décident à le manger. Rien n’est comique comme cette hésitation : les quatre' bêtes s’observent
- Fig. 1. — Curiosités antiques égyptiennes de singes Cynocéphales.— 1 et 2. Statue d’Uamailryas, vue par derrière et de face.
- 3. Bague égyptienne avec un Hamadryas conduisant un char attelé de deux lions (Collection de M. Julien Gréau). — 4. Hamadryas sculpté du Musée égyptien au Louvre. — 5. Autre sculpture d’Hamadryas de la collection de M. Julien Gréau.
- attentivement, et, pour s’exciter mutuellement, font semblant de manger le fruit, tout en regardant de côté le voisin, pour voir si celui-ci, moins craintif, s’est décidé à dévorer le sien.
- Ces animaux connaissent admirablement l’heure à laquelle leur est apportée la nourriture. Placés sur la planche qui leur sert de perchoir, ils guettent l’arrivée du gardien, qu’ils aperçoivent par les fenêtres donnant sur le jardin; dès qu’il sort de l’ancienne singerie, ils témoignent aussitôt de leur satisfaction et de leur impatience, par des bonds extraordinaires, des cris étonnants, qui ressemblent, à s’y méprendre, à l’aboiement d’un chien de grande taille.
- La température de la galerie varie de 14 à 18 degrés, jamais moins de 14, jamais plus de 18. Tous les matins, les fenêtres sont ouvertes, pour changer l’air de la pièce.
- Leur jalousie est des plus intéressantes et des plus
- curieuses à observer, et il faut avoir soin de ne jamais donner quoi que ce soit à l’un d’eux seul, car les trois autres entreraient alors dans une colère telle, que des accidents seraient à redouter.
- Les quatre bêtes étant du même sexe, nous avons dû les placer dans des cages séparées, et quelques jours après leur installation1, nous avons essayé de mettre avec l’un d’eux une femelle Macaque. L’expérience n’a pas duré longtemps, et il a fallu sortir la malheureuse guenon sans tarder, car, outre quelle aurait été cruellement mise à mort par son compagnon, sa présence dans l’un des compartiments excitait à un tel point la jalousie des voisins, que ceux-ci se seraient évidemment blesses sérieusement, contre les barreaux de leur cage.
- Leur énergie physique se manifeste surtout dans le
- 1 Notre dessinateur en a réuni trois, conventionnellement, dans sa gravure (fig. 2, p. 361).
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- courant de la journée; dès que le dernier repas leur a i grillage qui les sépare, et se touchent les mains et les été donné, la nuit approchant, ils se placent contre le | pieds, deux à deux, dans l'impossibilité où ils sont de
- Fig. 2. — Attitudes des Cynocéphales Hamadryas du Jardin d’Acclimatation de Paris. (D’après nature.)
- Fig. 5 et l.— Portraits de deux Cynocéphales Hamadryas du Jardin d’Acclimatation. (Fac-similé de photographies instantanées agrandies.)
- s’entrelacer ; ils tombent alors dans une somnolence complète, qui dure jusqu’au lendemain matin.
- Telles sont les observations que j’ai pu faire, jusqu’à ce jour, sur nos singes Hamadryas. Vous pouvez les
- publier, si vous estimez qu’ils sont de nature à intéresser suffisamment les lecteurs de La Nature.
- Nous croyons devoir, en terminant, remercier
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- M. Porte de l’intéressante communication que l’on vient de lire. Nous ajouterons que la visite aux llamadryas est des plus curieuses.
- La physionomie de ces singes est expressive et
- intelligente. Dans leur cage, ils paraissent indifférents
- à la curiosité du public qui passe devant eux. Ils
- se tiennent assis, souvent en mangeant des noix;
- ils ne témoignent rien de la férocité et de l’ardeur
- du plein air et de la liberté. Puissent-ils avoir longue
- vie, pour l’observation des naturalistes et le plaisir
- des visiteurs! G. T.
- --------
- UN HERCULANUM
- DANS l’aMERIQEE CENTRALE
- On procède actuellement, dans la république de Guatemala, à des fouilles qui ont déjà donné des résultats archéologiques fort importants, et d’un intérêt majeur au point de vue de l’histoire de l’art, dont les commencements sont encore si peu connus. C’est à 5. kilomètres environ de Santiago-Amatitlan, au pied même du volcan de Agua, que les dernières fouilles entreprises ont permis de découvrir un village entier, d’une époque préhistorique, complètement enterré dans une épaisse couche de cendres et de lave, provenant à n’en pas douter du volcan lui-mème.
- Voici quels sont les premiers résultats obtenus. Ils suffiront, croyons-nous, à faire comprendre l’importance de la découverte. A une profondeur variant entre 4ra,50 et 6 mètres, les terrassiers ont dégagé d’abord une grande quantité d’ustensiles de ménage, des plats, des vases et des armes. La vaisselle de poterie est recouverte de fines ciselures et rehaussée de couleurs vives. On a trouvé également des vases en verre d’une grande délicatesse. Tous ces objets sont dans un état parfait de conservation. En explorant les excavations formées par les huttes anciennes, on a découvert un marteau, des épées, des massues et de petits poignards en silex, tous bien aiguisés, effilés et d’une élégante facture. Mais ce n’est pas tout. Les fouillés de Santiago-Amatitlan ont permis de déterrer plusieurs statues d’idoles en pierre extrêmement curieuses, parmi lesquelles une assez grande représentant un soldat couché, sculpté dans un bloc de basalte noir. Sur la tète, le guerrier porte une sorte de casque ayant quelque analogie avec la coiffure distinctive des préteurs romains. Les traits du visage et la barbe sont l’œuvre d’un véritable artiste, ce qui est d’autant plus étonnant que les seuls outils dont les explorateurs aient retrouvé la trace sont des ciseaux et des marteaux en silex relativement grossiers. Non loin de ces statues gisaient des colliers, des bijoux, et une profusion de perles et de turquoises; et, près de là, de jolies coupes de verre portant des inscriptions en couleurs si brillantes qu’il semblerait qu’elles viennent de sortir des mains de l’artiste.
- D’après les archéologues les plus autorisés de la région, les Indiens qui ont bâti ce village, aujourd’hui enseveli, et qui ont laissé ces intéressants vestiges de leur civilisation et de leur haute culture intellectuelle, remontent à l’âge de pierre, c’est-à-dire à la plus lointaine antiquité préhistorique. L’estimation des savants se trouve, d’ailleurs, confirmée par ce fait que les rares squelettes humains découverts pendant les fouilles ont une taille moyenne de 2m,15, qui se trouve être précisément la taille attribuée par les paléontologistes aux fossiles de ces périodes primitives. X. West.
- CAS CURIEUX
- DE IA DISSÉMINATION DES PLANTES
- Dans un précédent article nous avons longuement fait connaître les procédés classiques, pour ainsi dire, de la dissémination des plantes1. Depuis cette époque, nous avons relevé dans des Revues spéciales des faits très curieux de dissémination que nous résumerons ici.
- M. Layard, consul anglais à la colonie du Cap, raconte dans Science Gossip, qu’entre 1855 et 1860, un navire venant d’Australie et chargé de laine fit naufrage sur les côtes de la colonie. Une grande quantité de balles de laine furent sauvées et étendues sur le sol pour sécher. La laine vendue aux enchères et adjugée à un négociant près de Cape-Town fut de nouveau séchée à l’air libre, et on ne tarda pas à voir se développer autour de cette ville la Lampourde (Xanthium spinosum), une composée assez semblable à notre Bardane, dont les fruits sont bien connus des gamins qui s’amusent à les jeter sur les vêtements des passants où ils restent accrochés. Celte plante s’est propagée le long des routes fréquentées par les troupeaux qui colportaient, attachées à leur toison, les graines si crochues du Xanthium.
- C’est également à la suite d’un naufrage que se développa et se naturalisa sur les côtes de l’ile de Guernesey, une belle fleur connue sous le nom d’Amarallis de Guernesey, qu’y avait amenée un vaisseau venant du Japon, et rapportant des caisses pleines d’oignons de cette liliacée.
- L’histoire de l’introduction à la Nouvelle-Calédonie d’une plante vénéneuse de la famille des Asclépiadées, est bien curieuse; elle fut racontée à M. Layard par le Père Montrouzier, missionnaire à la Nouvelle-Calédonie. Un gendarme venant de Tahiti apporta un oreiller rempli des poils soyeux qui surmontent les graines des Asclépiadé-es. Le brave gendarme, ne trouvant pas son oreiller assez doqx, le bourra d’excellent coton et jeta au vent le premier duvet. Malheureusement quelques graines restées accrochées aux poils, tombant sur un sol propice, ne tardèrent pas à germer et à couvrir des espaces considérables de terrain. Chose curieuse, cet Asclepias est la plante favorite d’un papillon (Danaïs plexippus) qui avait été également introduit avec une caisse de plantes destinées au Père Montrouzier. L’insecte et la plante se sont développés parallèlement et sont devenus une sorte de tléau pour la contrée.
- La Revue des sciences naturelles racontait dernièrement un cas curieux de dissémination, qu’on peut intituler : De l’influence de l’ivrognerie sur la dissémination des plantes. VElytropappus rhinoceritis ou herbe au Rhinocéros est une mauvaise herbe qui n’existait autrefois que dans la région occidentale du cap de Bonne-Espérance, et qui infeste maintenant tous les pâturages de cette région. Lorsque la partie orientale vint à se développer, les Boërs y virent un débouché pour leurs produits et y importèrent une eau-de-vie exécrable qu’ils colportèrent de village en village. Pour caler les tonneaux exposés à bien des chocs sur les routes défoncées de la contrée, ils employèrent des bottes de « l’herbe à rhinocéros ». A mesure que les tonneaux étaient vides ou vendus, ils jetaient au hasard le long des chemins la litière devenue inutile. G’est ainsi que s’est propagée, dans les pâturages, cette plante qui rend le travail de la charrue très difficile. V. Brandicourt,
- Secrétaire île la Société Liiméemie du Nord de la France.
- 1 Voy. n° 907, du 18 octobre 1890, p. 514.
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- LA NATURE.
- obd
- LES JOURS DE LA SEMAINE
- M. J. Vinot a publié dans La Nature une curieuse Note sur les jours de la semaine '.
- L’auteur y propose, pour expliquer l’ordre, en apparence bizarre, que les anciens ont donné aux astres dans la semaine, une explication assez curieuse mais arbitraire sous la forme où il la présente. Il fait dériver cet ordre d’un rôle cabalistique donné au chiffre 5; mais la semaine a sept jours et on ne comprendrait pas pourquoi l’ordre des jours y serait régi par le chiffre 5. La chose devient au contraire beaucoup plus claire si on inscrit les corps célestes dans leur ordre antique autour de l’heptagramme ou étoile à 7 pointes comme suit :
- t
- 7 Sàturne ' (Samedi)
- Mercure ( Mercredi)
- g Jupiter
- Vénus
- (Vendredi)
- e. Mars
- ( Mardi
- Soleil U. (Dimanche)
- L’on voit que partant de l’un quelconque des astres du système solaire, il suffit de suivre le tracé de la figure sacrée pour les placer dans l’ordre qui leur a été assigné dans la série des jours. On peut également suivre la marche inverse en prenant pour base l’heptagramme binaire dont les pointes se relient deux à deux et non trois par trois (figure intérieure de la grande étoile). Si les lignes du tracé prennent successivement le nom des sept corps célestes, les jours auxquels ces corps président viennent d’eux-mèmes s’inscrire dans leur ordre traditionnel sur le périmètre de la figure.
- Lundi
- Lune
- Dimanche
- Soleil
- Mercredi
- Mercure
- Samedi
- Saturne
- Jeudi
- Vendredi
- Vénus
- Jupiter
- L’antique semaine des peuples orientaux est donc bien régie par le chiffre 7 et c’est un ordre très méthodique qui y a été donné à la dénomination des jours.
- Jean de I’ury,
- Lieutenant-colonel à l’état-major fédéral de Suisse.
- LE GRÈS HYDRAULIQUE
- Depuis plusieurs années, on emploie, dans les constructions, en Angleterre, un produit qui n’est pour ainsi dire
- 1 Yoy. n“ 1087, du 51 mars 1804, p. 274.
- pas connu en Fiance. On commence à y recourir en Belgique et en Allemagne, notamment à Berlin et à Cologne; on en use pour construire des maisons particulières et des bâtiments militaires. Il s’agit du grès hydraulique, qui est une pierre artificielle au mémo titre que les briques en scories de hauts fourneaux. Ce grès se compose uniquement de sables de dunes, 98 pour 100 de silice pure, de chaux et de déchets de briques réfractaires agissant comme pouzzolanes. Naturellement il y a un tour de main spécial de fabrication, un mode particulier de traitement de ces matières. Celles-ci passent par plusieurs machines et sont pilonnées dans des moules ou soumises à l’action de presses hydrauliques. Quand il s’agit de pierre de construction courante, on la soumet immédiatement à la cuisson, qui se fait dans des conditions déterminées. Au contraire, quand on veut obtenir des motifs ornementaux, tout de suite après’le démoulage on travaille le grès à l’aide d'instruments semblables à ceux qu’on emploie en menuiserie. Les outils entrent facilement dans cette substance, et des sculpteurs ont obtenu des effets remarquables, paraît-il, dans l’église Saint-Mathieu, à Berlin. De toute manière, il faut faire passer le grès par la cuisson, qui le transforme en silicate de chaux.
- Cette pierre artificielle a été soumise à des essais à la traction, à la compression et à la flexion dans le service des essais de l’État belge. Des barreaux séchés de 50 centimètres de longueur sur 10 d’épaisseur et 10 de largeur, posés sur des appuis distants de 40, ne se sont rompus que sous une charge de 940 kilogrammes. Pour la résistance à la compression par centimètre carré de cubes ayant 1 mètre de côté, la charge de rupture était de 724ke,5 pour les cubes séchés à l’air, de 556 pour ceux qui étaient saturés d’eau, et enfin de 508 pour ceux qui étaient gelés sous l’eau. Enfin, sur ce qui concerne la résistance à la traction par centimètre carré de briquettes ayant 5 centimètres carrés de section, la charge de rupture oscillait entre 70kB,5 pour celles qui étaient séchées à l’air, 56k(!,5 pour celles qui étaient saturées d’eau, et 27 pour les briquettes gelées dans l’eau. Le grès hydraulique posé depuis une dizaine d’années en Angletei’re, à Douvres, à Folkestone, à Ilastings, donne toute satisfaction, et ne fait que durcir toujours davantage.
- VITRES PARALLÈLES A OUVERTURE
- DE CIRCULATION d’.AIR
- La Nature a déjà signalé précédemment à ses lecteurs la description d’un système d’aération des habitations imaginé en 1889 par M. le Dr Castaing, médecin-major de lre classe de l’armée. Ce système d’aération, utilisé dans quelques casernes de France, a reçu de très nombreuses applications. Nous avons pensé être utile à nos lecteurs en leur donnant une description plus détaillée de ce système que l’inventeur a récemment perfectionné.
- L’aération des habitations est une mesure d’hygiène dont l’importance n’échappe à personne et qui s’impose, non seulement pour les locaux occupés par un grand nombre de personnes à la fois, mais encore pour les habitations particulières, principalement dans les grandes villes. Jusqu’à ce jour les divers procédés pour renouveler l’air dans les locaux habités (tourniquets, cadres mobiles, vitres perforées, etc.),
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- LA NATURE.
- présentent tons l’inconvénient de faire arriver l’air directement dans une pièce, en produisant un courant d’air plus ou moins sensible suivant l’état de l’atmosphère extérieure. Ils ont, en outre, l’inconvénient d’ètre d’un prix assez élevé et de ne pouvoir être placés sans avoir recours à un ouvrier spécial.
- Le système d’aération du Dr Castaing peut être placé par le premier ouvrier venu ; il est d’une simplicité extrême, d’un prix minime, et son fonctionnement assure le renouvellement de l’air sans que les habitants de la pièce s’en aperçoivent.
- Cet appareil se compose de deux vitres ordinaires placées sur un des cadres supérieurs d’une ou plusieurs fenêtres d’une pièce avec la disposition suivante : une première vitre, vitre extérieure, est placée dans sa feuillure, maintenue par des pointes et du mastic, comme toutes les vitres ordinaires, avec cette particularité qu’elle est coupée trop courte de 4 centimètres, de façon à ménager cette distance entre le bord inférieur de la vitre et la partie inférieure de la feuillure. Cette vitre, qui a ainsi son bord inférieur libre, n’est donc maintenue que par trois bords : le bord supérieur et les deux bords latéraux.
- Une seconde vitre, vitre intérieure, est placée parallèlement à la première, dans la feuillure que l’on trouve toujours pratiquée sur le pourtour du cadre de toutes les fenêtres, du coté de l’intérieur de la pièce, feuillure plus ou moins profonde, plus ou moins bien façonnée, mais qui, comme la pratique l’a démontré, est toujours suffisante pour recevoir la vitre. Cette seconde vitre est aussi coupée trop courte, comme la vitre extérieure, mais, contrairement à celle-ci, la partie trop courte est placée en haut, de façon à ménager également une distance de 4 centimètres entre son bord supérieur et le bord supérieur du cadre de la fenetre. Cette vitre, qui a son bord supérieur libre, n’est maintenue que par son bord inférieur et ses deux bords latéraux.
- L’espace qui sépare les deux faces parallèles des vitres ne doit pas avoir moins de 1 centimètre ; il est réglé, du reste, par l’épaisseur du cadre de la fenêtre et la profondeur de la feuillure.
- Dans l’appareil primitif, la vitre intérieure était maintenue par des pointes et du mastic, comme la vitre extérieure. La pratique a démontré que ce
- mode de fixation présente de sérieux inconvénients et doit être absolument rejeté. Les faces opposées des vitres entre lesquelles l’air circule se couvrent, au bout d’un certain temps, de poussières qui s’accumulent et nécessitent un nettoyage. Or cette opération est, sinon impossible, du moins très difficile avec l’immobilisation des deux vitres, et, quel que soit le procédé employé, elle les expose presque toujours à des fractures.
- Pour éviter cet accident et rendre le nettoyage facile, la vitre intérieure doit être mobile et pouvoir s’enlever et se replacer rapidement sans être exposée à être brisée. Ce résultat est obtenu en garnissant ses bords (sauf le bord supérieur qui doit rester libre) d’un léger boudin de caoutchouc fendu C, qui,
- par sa forme particulière, a une adhérence suffisante pour y rester fixé et qui, du reste, peut être collé. La vitre, ainsi pourvue de sa garniture de caoutchouc, est placée dans la feuillure intérieure et maintenue en place par depetits taquets excentriques T, fixés au moyen de vis à tète ronde sur le hord du cadre, comme l’indique la figure ci-jointe. Pour les vitres de dimensions moyennes deux taquets dans le voisinage de chaque angle, et deux taquets pour maintenir le bord supérieur, suffisent. Une petite pointe d’arrêt fixée sur le cadre, au niveau de l’extrémité d’une encoche présentée par les excentriques, empêche ceux-ci de basculer. Quelles que soient la forme et la profondeur delà feuillure intérieure,il faut couperet placer la vitre de telle sorte que le boudin de caoutchouc dont elle est garnie fasse légèrement saillie sur le cadre de la fenêtre. Cette disposition est indispensable; seule elle permet de serrer le boudin de caoutchouc entre les excentriques et la feuillure intérieure. La vitre ainsi fixée assure une étanchéité parfaite et ne risque pas d’être brisée.
- Ce système d’aération constitue, avec ses vitres parallèles à ouvertures contrariées, une véritable cheminée d’appel, qui dirige verticalement vers le plafond la colonne d’air introduite dans la pièce. C’est à cette direction verticale de la colonne d’air que sont dus les bons effets de ce dispositif, qui réalise ainsi réellement l’aération sans courant d’air.
- X..., Ingénieur.
- Vitres parallèles VY' à ouvertures contrariées, du l)r Castaing.
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- LA NATURE.
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- LES SPHEX
- Dans un precedent article sur le Pélopée tourneur, notre confrère 11. Coupin signalait à l’attention de ses lecteurs les remarquables observations de Fabre, qui a écrit avec tant de poésie ses « Souvenirs entornologiques ».
- C’est encore à ce savant naturaliste que nous empruntons, nous aussi, des renseignements pour retracer en quelque lignes les mœurs si intéressantes des Sphex, insectes appartenant comme les Pélopées à l'ordre des Hyménoptères.
- Ils sont caractérisés par une tète longue à antennes
- grêles et arquées ; un thorax ovalaire atténué antérieurement et dont les bords paraissent comme étranglés en avant de l’insertion des ailes. Les tarses antérieurs des femelles sont pectinés et organisés [tour fouir le sol; les jambes postérieures sont munies d’épines, les griffes bidentées; les ailes sont enfumées ; le corps est généralement noir avec l’abdomen en partie ferrugineux et armé d’un aiguillon sans dentelures.
- Le genre Spbex comprend un assez grand nombre d’espèces, dont quelques-unes seulement habitent l’Europe mais ne dépassent pas le midi de la France. On n’en trouve pas dans le Nord.
- Vers la fin de juillet on commence à voir voler
- Sjihux et Acridiens (Staurotioius marocain). Au milieu, Sphex traînant un criquet dans son nid.
- les Spliex ; ils fréquentent surtout les Heurs de YEnjngium campestre, et butinent jusque vers le mois de septembre, époque où ils entrent en chasse.
- C’est qu’en effet leurs larves doivent se développer dans un terrier prépan' par la mère, et approvisionné d’insectes vivants dont elles se nourrissent exclusivement.
- Le Sphex à ailes- jaunes (Sphex flavipennis), commun dans nos départements méridionaux, vit en quelque sorte en colonie et recherche les endroits où le sol est facile à creuser.
- La femelle, grattant le sable au moyen de ses pattes de devant, le rejette en arrière à l’aide des postérieures. Pendant ce travail les ailes frémissent et font entendre une sorte de chant continu.
- L’activité de l’insecte est telle qu'il lui suffit de
- quelques heures pour creuser un terrier. 11 se compose d’une galerie horizontale de 6 à 8 centimètres, qui, à son extrémité, plonge obliquement sur une même longueur et se termine par une cellule ovale que la femelle remplit des provisions nécessaires. Elle y dépose un œuf et en mure l’ouverture; puis une ou deux cellules, rarement trois, sent creusées à côté de la première, et quand elles ont également reçu les provisions et un œuf, le Sphex bouche le terrier avec les déblais qu’il en avait retirés et unit soigneusement le sol pour en dissimuler l’entrée.
- La ponte d’une femelle étant d’une trentaine d’œufs, elle devra construire une dizaine de terriers semblables demandant deux à trois jours de travail.
- Le Sphex flavipcs approvisionne son nid exdusi-
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- Là NATURE.
- vement de grillons et il en Tant pour chaque cellule trois ou quatre. Mais ce gibier doit être otïert, à la larve vivant et en même temps dans l’impossibilité de se défendre contre elle; la nature, dont les ressources sont inépuisables, a tout prévu.
- Dès que le Sphex a aperçu un grillon, il se précipite sur lui et, malgré une vive résistance, il le renverse sur le dos, se met ventre à ventre mais en sens contraire, saisit dans ses mandibules les blets terminaux de l’abdomen, et,le maintenant solidement avec ses pattes, lui enfonce son aiguillon dans le cou et dans le thorax, profitant pour cela de la peau molle des articulations.
- Là se trouvent des ganglions nerveux dont la piqûre produit instantanément une paralysie presque complète. Désormais la victime continuera de vivre, sans pouvoir remuer; les extrémités des membres seules conservent quelques très faibles mouvements.
- Le Sphex saisit alors le grillon par une antenne et, s’aidant de ses pattes, le transporte au vol jusqu’au voisinage de son terrier, le traîne ensuite sur le sol jusqu’à l’entrée, les antennes tournées en avant, puis il y descend, en visite l’intérieur, et seulement après cette visite y introduit le grillon, sur le dos, et pond un œuf sur sa poitrine, placé en travers, de façon que les pattes qui ont encore conservé quelques mouvements ne puissent l’atteindre. La provision est ensuite complétée et la cellule fermée.
- L’œuf éclot au bout de trois ou quatre jours, il en sort une petite larve transparente qui commence de suite par dévorer sur place le premier grillon, puis elle change de peau et attaque les autres. En une dizaine de jours tout est dévoré et elle a atteint son entier développement. Elle mesure alors 25 à 50 millimètres et est d’un blanc jaunâtre. Elle se lile un cocon formé d’un premier réseau assez lâche, puis de trois enveloppes soyeuses dont la dernière est enduite intérieurement d’une sorte de vernis violet qui la rend absolument imperméable à l’eau. Elle reste immobile du mois de septembre au mois de juillet de l’année .suivante, époque où elle se transforme en nymphe; vingt-quatre jours après l’éclosion a lieu et l’insecte vit environ deux mois à l’état parfait.
- D’autres Sphex vivent également dans le midi de la France, et diffèrent peu par les mœurs du flavi-pennis.
- Le Sphex à bordure blanche [Sphex albicincta) construit un terrier formé d’un tube vertical de 5 à 6 centimètres au bout duquel se trouve une seule cellule, approvisionnée par un seul criquet.
- Le Sphex languedocien (Sphex occitanica) s’attaque aux éphipigers, et comme la proie, extrêmement volumineuse, serait très difficile à transporter, la prévoyante nature l’a encore doué d’un instinct tout particulier. Il entre d’abord en chasse, puis quand la proie est trouvée et paralysée, il cherche à proximité un endroit convenable pour creuser son
- nid, où il la traîne ensuite, car en raison de son poids il ne faut plus songer à la transporter au vol. Contraint ainsi de faire son terrier au hasard, il a perdu toutes mœurs sociales et vit solitaire. Dans sa chasse il a modifié aussi son mode opératoire. 11 saisit l’épbipiger au corset à l’aide de ses puissantes mâchoires, mais sans le renverser sur le dos. il se pose sur lui en travers et, recourbant son abdomen, lui plonge par en dessous son aiguillon dans le corps, à la recherche des ganglions nerveux.
- Les Sphex changent peu de régime, pourtant Fabre a vu le flnvipennis s’attaquer à des criquets ; c’est une lutte de ce genre que notre gravure représente, elle se termine par la capture du criquet, et, bien antérieurement, Lcpelletier de Saint-Fargeau mentionne des observations analogues faites en Algérie aux environs d’Oran.
- Comme tous les insectes les Sphex ont des parasites : des tachinaires se glissant sous leur abdomen viennent déposer leurs œufs sur la victime destinée à leurs larves.
- Des chrysides pondent dans leurs cellules, de même que des chalcidiens. Mais nous n’entrerons dans aucun détail à ce sujet, des observations précises semblent manquer encore. Nous espérons (pie les renseignements publiés dans notre Notice auront intéressé nos lecteurs. B. I.
- L'électricité pli crique dans les régions
- élevées. — Le professeur Bernstein a communiqué, le 16 mars dernier, à la Société de physique de Berlin, les résultats d’observations sur l’électricité atmosphérique effectuées pendant deux ascensions aérostatiques qu’il a faites le 18 août et le 25 septembre de l’année dernière. Lors de la première de ces ascensions, et jugeant d’après des données antérieures, il s’attendait à ce que la chute du potentiel augmentât avec la hauteur. Les mesures furent prises à l’aide de deux pointes polies d’aluminium — bientôt devenues inutiles — et aussi avec un collecteur à eau consistant en un entonnoir, qui fonctionna bien. Le résultat fut que la chute du potentiel diminua avec la hauteur et que, à 5000 mètres, aucune conduction ne se manifesta dans l’électroscope. La supposition que l’instrument destiné aux mesures était dérangé fut reconnue fausse, puisque dans un courant d’air inférieur, à 1000 mètres, l’électricité fut de nouveau signalée. Lors de la seconde ascension, l’observation eut lieu avec un collecteur dans un entonnoir de métal, et ici encore Le potentiel devint plus faible aux plus grandes hauteurs, lieux ascensions qui eurent lieu à Paris ultérieurement et une troisième à Berlin en février dernier, ont donné les mêmes résultats. L’opinion admise jusqu’ici sur l’électricité de l’atmosphère doit donc être modifiée; au moins ne peut-on plus regarder comme juste l’idée que la vapeur aqueuse produit, aux niveaux élevés, de l’électricité négative. Pour connaître exactement le rôle qu’elle remplit, il faudra faire de nouvelles observations dans des ascensions futures.
- Écho» curieux. — Un des échos les plus remarquables du monde entier, en ce sens qu’il est à la fois
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- LA NATURE.
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- artificiel et naturel, est l’écho que produit le pont sus- ' pendu construit, il y a quelques années, sur le passage de Menai, dans le pays de Galles. Si l’on vient à frapper avec un marteau, par exemple, sur une des piles de culée, non seulement le son est répercuté par la pile de l’autre extrémité, qui se trouve à 175 mètres de là, mais encore par toutes les traverses métalliques qui soutiennent le tablier, et par l’eau elle-même qui répète la succession des chocs sous le pont. Chaque coup de marteau se répercute à raison de cinq échos parfaitement distincts par seconde. L'effet produit est celui d’une sorte de trille métallique, sonore et strident. Le château de Simonetta, à 5 kilomètres de Milan, possède un curieux écho qui répète jusqu’à soixante fois la détonation d’une arme à feu, même quand l’atmosphère est très bruineuse et par conséquent défavorable aux expériences. Dans le Sussex, non loin de l’église de Shipley, se trouve un écho d’un genre assez particulier qui redit distinctement des phrases de dix-huit et même de vingt syllabes. C’est une des curiosités du pays. Faut-il, en tcuninant, rappeler l’écho du Panthéon, à Paris, où le bruit d’une canne tombant à terre fait l’eiïct d’un coup de fusil? X. W.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 29 octobre 1894. — Présidence de M. Lœwy.
- Une campagne de découverte d'objets préhistoriques. — M. E. Rivière rend compte des nouvelles recherches qu’il vient d’opérer dans certaines grottes du département de la Dordogne, pendant les mois d’aoùt et septembre derniers, en vertu d’une mission émanant de l’Académie. Les fouilles pratiquées en ces circonstances ont permis à M. Rivière de recueillir non seulement une abondante récolte d’ossements d’animaux quaternaires (pachydermes, carnassiers, ruminants, rongeurs, oiseaux, reptiles, poissons, etc.), mais elles lui ont donné aussi de nombreux et intéressants outils et armes en silex et en os, des os gravés et sculptés, enfin des dents d’animaux et des coquillages percés d’un trou de suspension. Ces dents et ces coquillages devaient être portés par nos ancêtres des temps préhistoriques comme amulettes, fétiches ou bijoux, selon la coutume actuelle de quelques peuples sauvages. Les habitants de certaines grottes de la Dor-do gne étaient parfois de véritables artistes et l’on est frappé de voir avec quelle exactitude et quelle adresse ils gravaient et sculptaient certains os, au moyen du grossier burin de silex. Les nouvelles découvertes de M. Rivière constituent d’importants matériaux pour l’étude des temps primitifs. Il termine sa communication par quelques lignes sur des monuments mégalithiques qu’il vient d’étudier dans les départements de l’Orne et de la Manche, tels que menhirs, polissoirs et ateliers mégalithiques.
- La traction des bateaux sur les canaux. — M. Maurice Lévy présente un volume dans lequel il compare les moyens mécaniques et électriques de traction des bateaux sur les canaux. 11 résulte de ce travail, que le moyen le plus économique est le cheval de halage. 11 semblerait donc que les résultats du progrès de la mécanique et de l’électricité n’aient eu, à ce point de vue, qu’une action stérile. Il y a deux causes à cet état de choses. D’abord le cheval de halage coûte peu, vit à bon compte, et, dans les temps de chômage des canaux, il peut être employé à des travaux agricoles. Ensuite, dans le transpoit par voie d’eau, on ne cherche
- pas la vitesse ; or, la vitesse coûte très cher sur les voies navigables. En effet, tandis que dans la traction sur route, la force est sensiblement proportionnelle à la vitesse et le travail mécanique au carré de la vitesse, sur les canaux, la résistance de l’eau est proportionnelle au carré de la vitesse et le travail mécanique au cube de la vitesse. M. Maurice Lévy estime que le procédé le plus économique est la traction par câble roulant actionné par des machines fixes disposées de distance en distance. Ce système a été expérimenté en France, aux environs de Paris, de juillet 1889 à novembre 1890, sur un trajet de 5 kilomètres, et les résultats ont été excellents. Ils ont engagé le gouvernement allemand à réaliser une expérience sur le canal de l’Oder à la Sprée, pendant six mois. Les résultats auraient été moins heureux qu’en France, parce que sans doute l’installation n’a pas été copiée exactement. L’inconvénient signalé serait un vrillage trop rapide du câble, obligeant à de fréquentes interruptions de marche. 11 est absolument impossible d’éviter complètement le mouvement de torsion du câble, mais il suffit que la nécessité d’interrompre la navigation ne soit pas trop répétée. D’ailleurs une nouvelle application va être pratiquée en France, sur le canal de l’Aisne à la Marne. Selon les calculs de M. Lévy, une voie navigable ayant un trafic annuel de 1 million de tonnes, nécessite des machines fixes espacées de 59 kilomètres; pour un trafic annuel de 2 millions de tonnes, l’espacement se réduit à 51 kilomètres; pour 5 millions, 20 kilomètres; pour 4 millions, 22 kilomètres. Enfin il faut au moins un trafic de 1 200 000 formes pour que ce système devienne rémunérateur. Le prix de revient kilométrique de l’installation serait de 25 000 francs ; on peut dire qu’il est constant quel que soit le tonnage utilisé, c’est ce qui explique la nécessité d’un trafic minimum. La concurrence au clro-val de halage ne doit pas être recherchée par la vitesse obtenue, mais bien par la continuité de la marche. Telle est la conclusion de M. Maurice Lévy.
- Mélange gazeux fourni par le charbon de bois. — M. d’Osmond, en préparant de l’oxyde de carbone pour le passage d’un courant d’acide carbonique sur du charbon de bois porté à haute température, a découvert ce fait que le charbon de bois chauffé à l’abri du contact de l’air donnait naissance à une énorme quantité de gaz. En effet, 1 kilogramme de charbon produit 170 litres d’un mélange gazeux composé d’oxvgènc, d’hydrogène, d’azote, d’acide carbonique, d’hydrogène protocarburé et d’oxyde de carbone dans la proportion de 18 pour 100.
- Structure de l'arc électrique. — M. Mascart signale un travail sur la formation de l’arc électrique. 11 résulte des observations de l’auteur que les vapeurs métalliques s’accumulent au pôle négatif, le cyanogène et l’acétylène au pôle positif. 11 semble qu’il y ait dans cette circonstance un effet comparable à ceux dus à l’électrolyse.
- Varia. — M. Charpv a recherché la température de transformation de l’acier. — M. Barrat eondense. en un Mémoire les faits qu’il a recueillis sur la géologie du Congo et ceux rapportés par les autres explorateurs. — M. Lacroix décrit la structure des glandes mammaires. — M. Gréhant a étudié les gaz du sang. — MM. Berthclot et André ont donné un complément à leurs travaux sur le phénomène de la production d’acide carbonique par les feuilles. — M. llinrichs fait hommage d’un ouvrage intitulé Mécanique des atomes. Cii. de Villedeuil
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- LA NATURE.
- LE Dr VILLEMIN
- Les populations — du Midi surtout — croyaient à la contagion de la phtisie : G. Sand (Voyage à Mayorgue) a raconté ses tribulations à Majorque, quand on s’aperçut que son compagnon de route, Chopin, était atteint de ce mal. Il leur fallut déguerpir au plus tôt de la villa qui leur avait été offerte gracieusement, en faire blanchir les murs et payer le linge que l’on détruisit. —
- Au contraire, le monde savant rejetait bien loin celte croyance et ne daignait môme pas répondre ou haussait les épaules aux timides o 1) s e r v a t i o n s faites à ce sujet.
- L e premier,
- Laënnec, au début de ce siècle, avait fait la lu- *
- mière sur ce mal terrible; mais, g
- bientôt les Aile- 1
- mands vinrent, 1
- avec des théories g
- singulières, tout I
- embrouiller et g
- admettre deux g
- maladies, si bien g
- (pie d’éminents g
- médecins ensci- g
- gnaient grave- 1
- ment que le plus f
- grand danger que g
- courait un phti- §
- sique était de de- g
- venir tubercu- l
- leux! Cette théo- î
- rie dualiste était |
- acceptée partout '
- en Allemagne et aussi par nombre de médecins français et d’hommes de science.
- En 1865, un médecin militaire français, agrégé du Yal-de-Cràce, Villemin, vint, à l’Académie de médecine, démontrer, par des faits éclatants, que la phtisie était un mal contagieux et qu’elle n’était qu’une seule et même maladie ; que les inoculations des diverses substances qui, selon les Allemands, caractérisaient les deux affections, donnaient toutes la phtisie et rien qu’elle; (pie, de plus, certains accidents scrofuleux, articulaires, etc..., n’étaient aussi que des manifestations de ce même mal.
- On comprend l’émotion dn monde médical à ces
- affirmations, les discussions qui en furent la suite. Les dualistes se défendirent avec acharnement; mais il fallut bien se rendre à l’évidence.
- Ce fut un français, Villemin, qui eut la gloire de cette découverte, d’apporter la lumière dans le chaos des doctrines erronées, d’ouvrir la voie, de tracer le chemin aux recherches futures, permettant à l’Allemand Koch de découvrir le bacille de la phtisie et aussi d’entrevoir le moment où l’on pourra vaincre ce mal devant lequel on était absolument impuissant.
- Villemin est mort il y a deux ans. Né dans les Vosges, les associations médicales vosgiennes prirent l’initiative d’une souscription afin d’élever à Villemin un monument à bruyères, sa ville natale. Ce monument, liant de 5 mètres, en forme d’une stèle au [lied de laquelle se voit couchée une jeune tille phtisique, dans l’attitude de l’espérance, levant un bras vers le buste de Villemin, cette œuvre d’art est due à un jeune statuairevosgien, M. Ch. Jacquot, et lui fait le plus grand honneur.
- Le monument, dont nous reproduisons l’image, a été inauguré le 50 septembre dernier dans la ville de bruyères (Vosges), sous la présidence de M.Yiger, ministre et docteur en médecine.
- Là, dans un excellent langage, au milieu d’une foule attentive et émue, MM. Yiger, Liélard, Ihijar-din-Reaumetz, Kelseh, Mathieu ont célébré, en termes éloquents, la gloire du médecin français, du médecin qui remporta une grande victoire scientifique, et (pii mérite la reconnaissance de ses descendants. I)r A. Kouumer.
- Le Propriétairc-Géranl : G. TtssAxmr.n.
- Monument à lu mémoire du D' Villemin. (D’après une photographie de M. V. Franck.)
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- N» 1 1 19. — 10 NOVEMBRE 1894.
- LA NATURE.
- 5G9
- MÉCANIQUE ANIMALE.
- DES MOUVEMENTS QUE CERTAINS ANIMAUX EXÉCUTENT POUR RETOMBER SUR LEURS PIEDS,
- lorsqu’ils sont précipités d’un LIEU ÉLEVÉ.
- Fig. 1. — Fac-similé des épreuves positives chronophotographiques de la chute d’un chat, vue de côté.
- La succession des images se lit de droite à gauche et se poursuit de la figure du haut à celle qui est au-dessous.
- Fig. 2. — Deuxième série d’épreuves sur le même sujet. —Chute du chat suivant l’axe longitudinal du corps. Lire de droite à gauche.
- Dans des études que je poursuis à la Station physiologique sur la locomotion des animaux, il est certains phénomènes que l’œil n’a pas le temps de suivre et dont il est parfois dillicile de comprendre
- il' année. — Ie semestre.
- le mécanisme. De ce nombre est l’acte par lequel un animal qu’on laisse tomber d’un lieu élevé se retourne, s’il y a lieu, de manière à retomber sur ses pieds afin d’amortir les chocs au moment de
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- LA NATURE.
- l'atterrissement. Il est un dicton d’après lequel un chat retomberait toujours sur ses pattes. J’ai pu vérifier que le même phénomène s’observe sur d’autres espèces d’animaux, le lapin et le chien, par exemple.
- Cet effet a quelque chose de paradoxal au point de vue mécanique, attendu que ces animaux, libres dans l’espace pendant leur chute, manquent de point d’appui extérieur pour effectuer ce retournement. Quelques personnes ont pu croire que l’animal, au moment où on le lâche, prend appui sur les mains de la personne qui le tenait suspendu. D’autres ont supposé que, par des actes brusques, l’animal trouvait un appui sur la résistance de l’air.
- Comme l’oeil est incapable de saisir ce qui se' passe réellement dans ces cas, j’ai recouru à la chronophotographie pour saisir les phases successives du phénomène1. Sur la bande pelliculaire qui se déroule-au foyer de l’objectif on obtient une séria d’images qui, lues de droite à gauche, représentent l’animal à des phases de plus en plus avancées de sa chute et de son retournement. C’est sur le chat qu’ont été obtenues les deux figures ci-contre.
- Dans la figure 1 l’animal est vu de côté ; il est vu au contraire suivant son axe longitudinal dans la figure 2. Ces deux séries d’images se complètent l’une par l’autre pour faire bien saisir la nature du mouvement exécuté.
- Disposées en forme de zootrope, ces images reproduisent le mouvement de l’animal dans des conditions très favorables, parce qu’on peut donner une assez grande lenteur au phénomène. En effet, si l’on photographie les images à raison de 60 par seconde, on peut les faire passer au-devant de l’oeil avec une vitesse de 10 seulement à la seconde; cela suffit pour que le mouvement paraisse absolument continu ; mais alors il est six fois plus lent que dans la réalité. Et comme à chaque tour du zootrope le phénomène se reproduit identique à lui-même, on finit par en saisir tons les détails.
- Or on voit que l’animal, d’abord courbé de façon que son dos soit fortement convexe et dirigé en bas, redresse sa colonne vertébrale et la courbe en sens inverse; en même temps, une torsion se produit suivant l’axe de la colonne vertébrale et le couple résultant de l’action musculaire tend à faire tourner la partie antérieure et la partie postérieure du corps en sens contraire l’une de l’autre.
- Mais la rotation de ces deux moitiés du corps est fort inégafe. Elle porte d’abord presque exclusivement sur l’avant-main; puis, quand' celui-ci a tourné de 180 degrés environ, c’est l’arrière-main qui tourne.
- , L’inspection de ces figures exclut tout d’abord l’idée que l’animal s’imprime un mouvement rotatif, en prenant un point d’appui sur les mains de l’opérateur. Car les premières images de chacune des deux séries montrent qu’aux premiers instants de
- 1 Pour obtenir les photographies, le chat était tenu à la main par une personne montée sur une planche soutenue par des tréteaux. 11 tombait devant un champ obscur (tig. 1 et 2).
- sa chute le chat n’avait encore aucune tendance à tourner ni d’un côté, ni de l’autre. Sa rotation ne commence qu’avec la torsion du rein.
- Quant à l’hypothèse d’un appui sur la résistance de l’air, elle n’est pas plus admissible; car, en raison du sens des mouvements de l’animal, si cette résistance avait des effets sensibles, elle produirait,une rotation inverse de celle qui s'observe.
- C’est sur l’inertie de sa' propre masse que le chat prend des appuis successifs pour se retourner. Le couple de torsion que produit l’action des muscles vertébraux agit d’abord sur l’âvant-main dont le moment d’inertie est très faible parce que les pattes antérieures sont raccourcies et serrées près du cou, pendant que les membres postérieurs, fortement allongés et presque perpendiculaires à l’axe du corps, présentent un moment d’inertie très résistant au mouvement de sens inverse-que. le couple tend à produire.
- Dans le second temps, l’attitude des pattes est inverse, et c’est l’inertie de l’avant-main qui fournit un point d’appui pour la rotation de l’arrière.
- Cette explication, qui m’a été fournie par notre confrère Guyou, me semble très simple et entièrement satisfaisante1. E.-J. Marey,
- De l’Institut.
- LES BÊTES FÉROCES
- DANS LES INDES ANGLAISES
- Le gouvernement vice-royal des Indes a récemment publié la statistique des décès causés pendant l’année 1895 par les bêtes féroces et les serpents. Ceux-ci ont détruit 18 540 individus et un nombre incalculable de bestiaux; celles-là sont responsables de 2804 homicides, dont 4600 dans le seul territoire du Bengale. Les animaux les plus redoutables, après les serpents, sont les tigres, qui ont massacré un millier d’indigènes, et, dans l’Assam et le Bengale, plus de 21 000 bestiaux. Viennent ensuite les léopards, qui ont 291 meurtres sur la conscience; les loups, qui ont fait 175 victimes; les ours, qui se sont contentés de 121; les éléphants, les hyènes, etc. Le nombre total des bestiaux tués par ces animaux s’élève à 90 255, soit 9000 de plus que l’année précédente.
- 1 Voici quelques extraits de la Note relative à la communication de M. Marey, par M. Guyou :
- Au premier abord, ce retournement spontané de l’animal parait impossible. On constate, en effet, en comparant la position initiale et la position finale, que chacun des points du corps a décrit une rotation de 180° autour d’un axe longitudinal, et ce résultat semble incompatible avec le théorème des aires. Mais cette incompatibilité n’existe pas. La somme totale des aires ne dépend pas seulement, comme celle des rotations angulaires, de la position initiale et de la position finale; elle dépend aussi des phases intermédiaires du mouvement. Et dans le cas considéré, cette somme reste constamment nulle, bien que la somme algébrique des rotations soit positive. Lorsque, en effet, l’animal, par une contraction des muscles, imprime à son corps un mouvement de torsion, il donne toujours, par l’extension de scs membres, un grand moment d’inertie à la partie qui tourne dans le sens négatif. Il résulte donc, du théorème (tes aires, que les rotations négatives ont une valeur angulaire moindre que les rotations positives. (Comptes rendus des séances de VAcadémie des sciences.— Lundi, 29 octobre 1894, p. 717.)
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- Même augmentation dans la proportion des homicides. Pourtant, le gouvernement a payé 117 447 roupies en récompenses aux personnes qui avaient détruit des bétes dangereuses de l’une ou l’autre catégorie. Celles-ci se répartissent ainsi : 15 309 quadrupèdes (dont 1207 tigres et 4088 léopards), 117 120 serpents. On ne tient compte, bien entendu, que de ceux dont la morsure est mortelle.
- LES LIBRES EN BOIS
- DU MUSÉUM DE CASSEE
- Dans une des rues écartées de l’antique Casscl, en Allemagne, se trouve une vieille maison d’apparence un peu sévère, sans doute, mais haute, spacieuse, et conservant encore, malgré l’effort du temps, sa grande tournure d’autrefois. C’est le Muséum d’Ilistoire naturelle de la province de Hesse.
- Parmi tant de collections si diverses à la fois comme importance et comme intérêt, dont est rempli du haut en bas le Muséum de Cassel, la plus curieuse est sans contredit la Holzbibliothek. Ainsi que l’indique son nom de « Bibliothèque en bois », c’est une collection de 546 volumes, tous in-folio, in-octavo ou in-douze, faits avec des bois de différentes espèces provenant des arbres du parc de Wilhelmshôhe.
- Au dos de chacun de ces livres singuliers, est collé un large écusson de maroquin rouge portant les mentions suivantes : le nom vulgaire et le nom scientifique de l’arbre qui a servi à la confection du volume, la classe et l’espèce auxquelles cet arbre appartient suivant Linné. Dans l’écusson, ont été également fixés des échantillons de l’écorce, — avec la mousse ou le lichen qui lui sont propres, — et, si l’arbre en produit, une goutte ou deux de sa résine.
- La tranche supérieure-du livre montre l’arbre dans sa jeunesse, coupé suivant une section horizontale, avec la sève au milieu, et les cercles concentriques de croissance. La même disposition se répète pour la tranche inférieure, seulement la section a été faite dans du vieux bois, de manière à montrer les changements qui se sont produits dans la contexture intime de l’arbre.
- Les deux couvertures, ainsi que la tranche de face du livre, sont en bois vert et en bois poli, sur lesquels sont gravées les indications qui suivent : densité du bois au printemps, en été et au commencement de l’hiver ; élévation de température (en degrés Héaumur et Fahrenheit) produite par un pouce cube (soit 16e0,386) de bois sec; diminution de poids et de volume éprouvée par un pouce cube de bois réduit en charbon ; propriétés de l’arbre et enfin description du sol qui lui convient le mieux.
- A l’intérieur du livre qui, en réalité, est une sorte de boite plate rectangulaire, se trouve consignée l’histoire naturelle complète de l’arbre avec de nombreux détails sur ses organes de fructification et de reproduction. Il y a aussi de petites capsules contenant des graines de l’arbre, des bourgeons, des racines, quelques premières feuilles. A côté, l’on voit les diverses transformations que subissent la fleur et le fruit pendant les différentes phases de leur développement ; enfin l’on trouve une branche portant des feuilles du même arbre à toutes les époques de leur croissance.
- L’auteur de ce travail, à la fois considérable et minutieux, — puisque ces 546 volumes représentent 120 genres et non moins de 441 espèces d’arbres différents, — est un nommé Cari Schiedbach.
- Où et quand naquit-il, quelles furent ses premières
- études, quelle fut sa vie, et où mourut-il? On n’en sait trop rien. Le peu qu’on a pu découvrir sur son compte tient en quelques lignes.
- Né dans la province de liesse vers le milieu du siècle dernier, Cari Schiedbach débuta dans la vie d’une manière assez imprévue. En effet, les premières données précises que nous possédions à son sujet, nous le représentent comme gardien-cornac, puis comme directeur de la ménagerie de Cassel, où il demeura de 1771 à 1786. Nommé bailli du domaine de Weissenstein, aujourd’hui Wilhelmshôhe, dix ans plus tard, ce fut pendant son séjour dans cette ville qu'il forma l’originale collection dont nous avons parlé. La Holzbibliothek resta la propriété de Schiedbach jusqu’en 1799, époque à laquelle elle passa aux mains du landgrave Guillaume IX de Hesse. En échange, le savant reçut une pension viagère de seize cents marks.
- Il mourut en 1816, laissant une veuve sans enfant. Voici ce qu’en dit l’érudit lexicographe Fuseli : « A ses débuts, Cari Schiedbach se contenta de nourrir les fauves de la ménagerie de Cassel ; mais bientôt, s’adonnant à la science, il devint en peu de temps, à force de talent et de travail, un des plus grands savants de l’Allemagne. Buffon, qui l’appréciait beaucoup, essaya, mais en vain, de le décider à venir en France. Cari Schiedbach avait également le génie de la mécanique, quoiqu’il n’eût jamais appris le dessin ni la peinture, il s’entendait fort bien à toutes les questions d’art. »
- C’est tout ce que nous savons de ce singulier personnage, à la fois amateur de belles choses et savant émérite, que le hasard seul de ses loisirs avait fait botaniste. 11 mourut sinon inconnu, du moins presque oublié, après avoir doté son pays d’une incomparable collection qui fait encore sa gloire et l’étonnement des curieux comme des naturalistes eux-mêmes. X. West.
- T0ERELLES CUIRASSÉES « DE CAMPAGNE »
- Nous avons, mainte fois déjà, fait ressortir aux yeux des lecteurs de La Nature l’importance du rôle des tourelles cuirassées dans l’œuvre de la défense des places fortes1. 11 convient aujourd’hui de leur exposer une application des propriétés de ces appareils métalliques aux opérations du champ de bataille. Nous entendons parler de V « affût cuirassé mobile » ou « cuirassement de tranchée-abri », construit en Allemagne dans les ateliers de l’usine Griison, suivant les indications du major Schumann. On nous a dit que l’on allait peut-être étudier aussi en France un système analogue et nous pouvons donner la description des appareils tels qu’on les conçoit aujourd’hui.
- L’idée d’ailleurs n’est pas nouvelle, assurément.
- Les tourelles de campagne, mobilisées sur chars, étaient en usage en Perse dès la plus haute antiquité. Celles que Cyrus avait à la bataille de Thymbrée mesuraient environ 5 mètres de hauteur. Assise sur une plate-forme traînée par un attelage de huit paires de bœufs, chacune d’elles, dit Xéno-
- 1 Voy. n° 547, du 24 novembre 1885, p. 406; n° 683, du 3 juillet 1886, p. 70; m 778, du 28 avril 1888, p. 557; n° 781, du 19 mai 1888, p. 389; n° 1100, du 30 juin 1894, p. 63.
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- phon (Cyropédie, liv. XI), était occupée par un détachement de vingt archers d’élite.
- Los anciens se servaient aussi de tourelles de campagne montées à dos d’éléphant. Fixés aux hàts des grands moteurs pachydermes, ces ouvrages de bois {ligneæ lucres) étaient bordés de parapets revêtus de peaux de bœufs fraîche-mont écorchés.
- Mais, passant vite aux temps modernes, voyons quelle est l’économie des nouveaux produits du Grüsonwerk.
- La tourelle de campagne Schumann consiste en un cylindre en tôle, d’environ lm,50 de diamètre intérieur, desservi par une porte P, fermé à sa base par un plancher métallique et coiffé d’une coupole
- Tourelle de campagne eu station sur le terre-plein d’un ouvrage de fortification passagère.
- ou toit TT' en acier, de 25 millimètres d’épaisseur, affectant la forme d’une calotte sphérique (fig. 1). A sa partie supérieure, le cylindre est renforcé d’un anneau en fer forgé, de 25 millimètres. Essentiellement mobile, le toit'repose, par l’intermédiaire de trois branches de support, sur une colonne centrale G dont l’extrémité inférieure, en forme de pivot, peut tourner dans une crapaudine Fixée au plancher et dont le pourtour extérieur est denté.
- Sous cette tourelle à coupole une pièce — de 37 ou de55 millimètres, à tir rapide — est en batterie, servie par deux hommes qui font, à tour de rôle : l’un, le métier de pourvoyeur; l’autre, celui de servant chargé du soin de procéder par ordre
- à la triple opération du chargement, du pointage et de la mise du feu.
- Les flasques F, dans lesquels s’encastrent les tourillons de cette bouche à leu, sont invariablement reliés au toit, de sorte que le recul se trouve complètement supprimé. Au moment du départ du coup, la coupole oscille légèrement, mais le cenlre de gravité du système occupe une position telle que ladite
- coupole se redresse aussitôt. Le servant chargé de la manœuvre se tient assis sur le siège S. Il pointe par le sabord ouvert dans la coupole; puis, après que, du fait d’une rotation de 180 degrés, ce sabord a été soustrait au danger d’une riposte de l’adversaire, il peut observer le terrain par le hublot II,
- muni d’un volet mobile.
- Pour pointer en direction, le servant fait tourner la coupole en manœuvrant le volant D sur l’axe duquel est monté un pignon qui engrène avec les dents de la crapaudine. Cet axe, qui traverse les bras E et G calés sur la colonne C, peut être immobilisé quand besoin est.
- L’appareil de pointage en hauteur consiste simplement en une
- vis que le servant assis manœuvre à l’aide du volant V. L’amplitude de l’angle de tir peut varier de 10 degrés au-dessus à 5 degrés au-dessous de l’horizon.
- A l’intérieur de la tourelle cylindrique se trouvent des caisses à munitions M, accrochées à un rail circulaire le long duquel on peut les faire glisser. Le servant les amène à sa portée, au fur et à mesure des exigences du tir. Dès qu’une de ces caisses est vidée, il la décroche pour la passer au pourvoyeur, et celui-ci la remplace par une caisse pleine.
- On fait usage de gargousses métalliques ; la charge de poudre est enfermée dans un étui en laiton fixé au culot du projectile. L’approvisionnement est de 160 coups pour le calibre 37; de 130, pour le 53. La tourelle, qui vient d etre très sommairement décrite, est essentiellement transportable. Elle est, à cet effet, montée sur un véhicule à deux roues, de construction spéciale, attelé à six chevaux (fîg. 2 et 5).
- Le constructeur a courbé l’essieu deux fois à angle droit, de manière à diminuer la hauteur de la voiture. A cet essieu et au cadre du véhicule sont
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- - Tourelle de campagne montée sur son chariot.
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- fixés deux bouts de rail — de 2 mètres environ de longueur — sur lesquels la tourelle repose par l’intermédiaire de quatre roulettes LL (fig. 1 et 2).
- À la voiture sont suspendus deux autres bouts de rail que l’on pose sur le sol —dans le prolongement des premiers—à l’emplacement que doit occuper la tourelle, une fois descendue de son chariot. Parvenue à destination, ladite tourelle est noyée dans le massif des terres du parapet de l’ouvrage qu’elle est appelée à armer ; il n’émerge plus alors de ce massif que la coupole de l’abri mobile et la volée du canon (fig. 4)
- — prêt à tirer de 50 à 40 coups à la minute.
- On peut, faute de logements préparés à l’avance, se borner à adosser les tourelles de campagne au talus intérieur du parapet. La toiture en coupole est à l’épreuve des balles et des éclats d’obus, non d’un projectile arrivant de plein fouet; mais, n’offrant à l’artillerie ennemie qu’un but de dimensions restreintes, elle court peu de risques d’être atteinte directement. On estime, d’ailleurs, qu’il suffirait de donner à la calotte TT' ( en acier )
- 50 millimètres d’épaisseur; à l’anneau A (en fer forgé) 50 millimètres pour que le cuirassement résistât parfaitement à l‘action des obus de campagne.
- Le poids de la tourelle—bouche à feu comprise— est de 1500 kilogrammes pour le calibre 57, et de 2000 pour le 55 millimètres. Les chariots pesant respectivement 540 et 690 kilogrammes, les poids totaux à considérer sont ceux de 2040 et 5290 kilo-
- On comprend «pie la mise en batterie d’une tourelle de campagne exige les efforts combinés d’un nombre d’hommes assez considérable et, que l’exécution de cette manœuvre de force comporte l’emploi d’un certain temps. A ce propos, il convient d’observer que l’on peut, en cas de besoin, faire
- fonctionner la tourelle sans la descendre de son chariot.
- D’accord avec les majors Schumann et Schei-bert, le général allemand von Sauer estime que l’usage des tourelles de campagne peut exercer, en certains cas, une action décisive sur des opérations de guerre. Telle n’était pas, il faut le dire, l’opinion du maréchal de Mollke, qui traitait ces cuirassements mobiles de «joujoux, de chefs-d’œuvre d’horlogerie qu’un rien dérange et dont on ne peut
- se servir bien longtemps » ; mais le maréchal n’est plus de ce monde et, en conséquence , l’au -torité de ses avis a quelque peu perdu du prestige d’autrefois. Les Allemands pensent qu’il est utile d’avoir recours à l’emploi de ces « alfiits cuirassés mobiles » ou « cuirassements de tranchée-abri », comme ils les appellent, pour improviser des centres de résistance destinés à servir de points d’appui aux corps de troupes engagés; et cela, non seulement sur un champ de bataille proprement dit, mais encore dans la zone des positions défensives d’une place forte.
- Us font, dans cet ordre d’idées, des études de tourelles pouvant recevoir des pièces à tir rapide d’un calibre supérieur à celui des bouches à feu
- Fig. 3. — Attelage d’une tourelle de campagne.
- Fig. 4. — Groupe de tourelles noyées dans les terres d’un parapet d’ouvrage de fortification passagère.
- grammes.
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- mises en service jusqu’à ce jour et ont déjà soumis à l’expérience un type de cuirassement pour canon de 57 millimètres. Notre gouvernement ne saurait tarder à les suivre dans cette voie; aussi, avons-nous donné Luniiorme français aux personnages qui animent nos ligures explicatives, publiées ci-contre (fig. 1,5,4).
- Nous avons dit plus haut qu’il faut atteler à six chevaux le chariot de la tourelle affectée au service des canons à tir rapide de 57 et de 55 millimètres. Or à l’augmentation du calibre et de l'épaisseur du cuirassement correspondra nécessairement un accroissement du poids total de l’appareil. Comment mouvoir un chargement que ne saurait enlever un ensemble de six colliers?
- La solution du problème semble tout indiquée. 11 faut avoir recours à quelque mode de traction sans chevaux et faire, à cet égard, appel à l’ingéniosité des lauréats du concours tout récemment ouvert par le Petit Journal. L^colonel Hennebert.
- UN TORPILLEUR SOUS-MARIN
- AMÉRICAIN
- Le gouvernement des Etats-Unis a ouvert un concours entre les inventeurs américains ou étrangers pour les meilleurs plans d’un torpilleur sous-marin. Nous reproduisons aujourd’hui les intéressants renseignements que nous donne le journal le Yacht sur le projet de M. Holland. C’est celui qui a été choisi par la Marine américaine. L’exécution de ce torpilleur a été confiée à une compagnie cpii s’est formée pour exploiter le brevet de l’inventeur ; elle a pris le nom de P. Holland Torpédo Boat Company. Voici ce que nous dit M. V. G., l’auteur de l’article que nous venons de citer :
- La caractéristique du nouveau bateau sous-marin est qu’il navigue ordinairement comme un torpilleur et qu’il est mù par un appareil à vapeur. 11 peut également naviguer à fleur d’eau, soit au moyen de la vapeur, soit au moyen de dynamos auxquelles le courant est fourni par des batteries d’accumulateurs. Enfin il peut s’immerger complètement et naviguer sous la surface de l’eau. Les batteries d’accumulateurs sont chargées par des dynamos motrices mues par la machine à vapeur motrice.
- Comme tous les sous-marins, le bateau de M. Holland a la forme d’un cigare à extrémités effilées ; sa longueur est de 24 mètres, son diamètre maximum de 5m,50. Sa coque construite en acier est assez résistante pour lui permettre de séjourner sans danger à une profondeur de 21 mètres. Son appareil moteur consiste en deux machines à vapeur à quadruple expansion de 500 chevaux actionnant chacune une hélice. Les hélices sont également actionnées par des dynamos auxquelles le courant est fourni par des batteries d’accumulateurs. Lorsque le navire navigue sans lest d’eau, il peut filer 16 nœuds à toute puissance; naviguant à fleur d’eau et à la vapeur, sa vitesse tombe à 15 nœuds. Enfin, lorsqu’il est complètement immergé et mù entièrement par l’électricité, sa vitesse n’est plus que de 8 nœuds.
- L’immersion est obtenue par l’introduction d’eau dans des compartiments étanches, introduction qui est réglée au
- moyen d’une pression d’air. La cheminée est à télescope, et se rentre complètement dans l’intérieur du bateau dont toutes les ouvertures peuvent se fermer de l’intérieur au moyen de portes étanches. Lorsque la flottabilité est réduite à une certaine limite, l’immersion est obtenue, comme sur le Gymnote, au moyen d’un gouvernail à axe horizontal.* L’aération se fait soit directement au inoven d’une manche s’élevant au-dessus de la surface de l’eau lorsque le bateau navigue à une faible profondeur, soit au moyen d’air comprimé contenu dans des réservoirs et qui chasse l’air vicié à l’extérieur. Malgré ses faibles dimensions, ce sous-marin emporte pour 16 heures de charbon. Ses accumulateurs sont assez puissants pour lui permettre de marcher pendant 16 heures à la vitesse de 8 nœuds.
- Il diffère donc notablement des nôtres, qui sont uniquement mus par des batteries d’accumulateurs. Au point de vue de l’application de la navigation sous-marine à la guerre navale, il leur est bien supérieur, en principe, du moins. Son rayon d’action est aussi étendu que celui d’un torpilleur ordinaire. Partout où il trouve du charbon, il peut agir. Les sous-marins, uniquement mus par des accumulateurs, au contraire, ne peuvent s’éloigner beaucoup des usines qui leur fournissent l’électricité, puisqu’une fois leurs accumulateurs déchargés ils sont absolument inertes.
- De plus, le bateau de M. Holland peut naviguer à la vapeur lorsqu’il fait de la route, c’est-à-dire que pendant ce temps il évite l’emploi et l’usure d’appareils électriques fort coûteux et d’un fonctionnement délicat. Lorsqu’il est immergé complètement, sa réserve d’électricité est évidemment plus faible que celle d’un sous-marin qui ne contient que des accumulateurs; mais ce désavantage qui, d’ailleurs, est largement compensé par la possibilité de renouveler fréquemment et rapidement cette réserve, n’est qu’apparent. ,
- Le sous-marin idéal, celui dans lequel toutes les difficultés relatives à la navigation sous-marine et à l’utilisation militaire seraient résolues, n’a pas besoin de rester longtemps sous l’éau et d’y faire de longs trajets. Il doit pouvoir s’immerger dès qu’il arrive à être en vue de ren-nèmi, et surtout à la portée de ses coups, et naviguer sous reau'jüsqü’à lui. S’il manque son but et s’il est chassé à son tour une fois désarmé, illur suffit de s’immerger jusqu’à une certaine profondeur et d’y rester en place ou de marcher à petite vitesse pour se mettre complètement en sûreté. Aucune de ces opération ne demande une réserve électrique bien considérable.
- L’idée du torpilleur de" M. Holland a probablement été émise pour la première fois en France. Depuis longtemps déjà un sous-marin participant du i même principe que le sous-marin américain a été étudié et présenté au Conseil des travaux par un ingénieur de la Marine, M. Terré. Tout récemment, un projet analogue, mais dans lequel l’appareil moteur était une machine à pétrole, a été proposé à la Marine.
- La difficulté n’est pas actuellement de trouver le meilleur type de bateau sous-marin, mais bien de résoudre les difficultés inhérentes à la navigation sous-marine elle-même. Tant qu’on ne pourra gouverner, un sous-marin avec précision, tant qu’on n’aura pas imaginé un appareil permettant de suivre avec certitude une direction donnée, tant que le tir des torpilles sous l’eau laissera à désirer, un torpilleur sous-marin de n’iinporte quel système ne sera jamais une arme de guerre. Or, notre Gymnote et les autres sous-marins dérivés du Gymnote sont parfaitement aptes à l’élude de ces différents problèmes dont
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- LA NATURE. '*75
- la solution, d’ailleurs, ne paraît pas devoir être proche.
- D’après les renseignements que nous possédons, le bateau de M. Holland est muni d’un régulateur d’immersion qui l’empêche de descendre à une profondeur supérieure à 21 mètres, et, paraît-il, d’un régulateur de direction qui le force à suivre une direction déterminée à l’avance. Le premier de ces appareils existe déjà sur les torpilles automobiles. Quant au second, s’il est réellement pratique, il fera certainement faire un grand pas à la question. Pour le moment, nous ne voyons même pas sur quel principe de physique, sur quel phénomène magnétique il est possible de baser la construction d’un instrument de ce genre.
- Le problème de la navigation sous-marine offre une importance capitale, au point de vue militaire, et l’on conçoit que toutes les nations s’en occupent ; mais il ne faut pas se dissimuler que ce problème, comme celui de la navigation aérienne, doit vaincre les plus grandes difficultés pour trouver une solution complète.
- EXPOSITION DE
- MACHINES-OUTILS ÉLECTRIQUES
- A BUDAPEST
- Nous avons annoncé précédemment1 l’Exposition de machines-outils actionnées par des moteurs électriques, qüi devait avoir lieu à Budapest du mois de juin au mois d’octobre 1894. Cette Exposition, qui était organisée par le Musée commercial hongrois, s’est tenue en effet à cette époque, et a eu le plus grand succès, d’après les renseignements qui nous sont parvenus. On ne saurait trop féliciter les initiateurs de cette belle entreprise, qui aura certainement les résultats les plus heureux en ce qui concerne l’utilisation des moteurs électriques pour la production de la force motrice. r
- Dans l’Exposition, la force motrice a été fournie aux diverses machines exposées par 32 moteurs :à courants alternatifs de la maison Ganz et Cie de Budapest, et par 42 moteurs à courants continus, dont 36 de la maison Siemens jet Halske de Berlin et 6 de diverses maisons de construction. Les moteurs à courants alternatifs ont actionné un grand nombre de machines-outils (perceuses* riveuses, etc.), exposées par de grandes Compagnies de Budapest et de Vienne, ainsi que des tours, machines à coudre et ventilateurs. Les machines actionnées par les 42 moteurs électriques à courants continus étaient : 8 machines à travailler les métaux de la Compagnie Kârger de Berlin, 1 machine à imprimer de la Com-gnie W. Angerer de Vienne, 6 machines-outils, 3 tours de la Compagnie Bichter de Vienne, 10 machines à travailler le bois de la Compagnie G. Kiessling de Leipzig, 5 machines à laver de la Compagnie Gârdtner et Knopp de Vienne, 2 machines à filer de la Compagnie G. Hutter de Vienne, et un grand nombre de divers appareils, d’une puissance variable de 0,5 à 10 chevaux, construits par la maison Siemens et
- 1 Yoy. n° 1095, du 26 mai-1894, p. 410.
- Halske, entre autres 6 ventilateurs, 1 machine à percer radiale, 1 machine à glace, 1 soufllerie, 1 métier à tisser et 1 moteur de 10 chevaux.
- Nous remarquerons que le nombre de moteurs à courants continus nécessaires pour actionner les divers appareils, a été un peu plus élevé que le nombre de moteurs à courants alternatifs, 42 au lieu de 36. Le programme de l’Exposition disait cependant que la force motrice serait fournie par des moteurs à courants alternatifs, et que la direction de l’Exposition prendrait, s’il le fallait, les mesures nécessaires pour établir des moteurs à courants continus. L’emploi de ces divers moteurs, de préférence aux autres, peut s’expliquer facilement si l’on songe que les distributions d’énergie électrique par courants continus sont établies depuis plus longtemps, et si l’on examine également toutes les difficultés qu’il a fallu vaincre pour construire des moteurs à courants alternatifs à marche satisfaisante. Les chiffres cités précédemment, prouvent que, dès aujourd’hui, les moteurs à courants alternatifs sont employés presque en autant de circonstances que les moteurs à courants continus ; c’est là un fait important qu’il convient de noter.
- Nous ne pouvons parler ici de toutes les particularités des moteurs à courants alternatifs sans entrer dans des considérations trop techniques; nous nous contenterons de décrire sommairement des moteurs qui ont été fournis par la maison Ganz et Cie à l’Exposition de Budapest. Ces moteurs sont asynchrones ou synchrones; la vitesse angulaire des moteurs synchrones doit correspondre exactement à la vitesse angulaire du courant périodique de la source génératrice. L’excitation, ou alimentation des inducteurs, est obtenue par une partie du courant alternatif qui est redressée à l’aide d’un commutateur particulier monté sur l’arbre du moteur. Dans ces appareils, les bobines induites sont fixées à l’intérieur d’une couronne de grand diamètre, et au centre se déplacent les inducteurs. Los moteurs asynchrones n’offrent aucune disposition particulière, sinon qu’il a fallu prendre de grandes précautions dans la construction pour éviter les effets nuisibles de la sell-induction. Les moteurs synchrones se construisent pour des puissances variables de 568 watts utiles jusqu’à 120 kilowatts et même au delà ; leur vitesse angulaire varie de 1250 à 1700 tours par minute, et leur poids de 50 à 11 000 kilogrammes. Les moteurs utilisés à l’Exposition avaient des puissances de 0,368 à 14,7 kilowatts. Pour les moteurs de faible puissance le rendement industriel est de 60 pour 100; il atteint et dépasse même 85 pour 100 pour les moteurs de 20 kilowatts. Les moteurs asynchrones ont des puissances de 0,100 à 4,4 kilowatts. Tous ces moteurs fonctionnent à la fréquence de 41 périodes par seconde. Leur marche est bonne, ils présentent seulement des difficultés de mise en route et de démarrage, surtout en ce qui concerne les moteurs synchrones ; mais toutes ces questions ont été étudiées aujourd’hui, et on a pu obtenir, grâce à divers arti-
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- Fig. 1. — Tour à métaux commandé par un moteur électrique à courants alternatifs.
- ftces, des moteurs à courants alternatifs dont le fonctionnement donne toute satisfaction ; nous en avons plusieurs exemples même à Paris, sur le réseau du secteur des Champs-Elysées et sur le réseau municipal.
- La maison Ganz et Cie de Budapest a bien voulu nous envoyer diverses photographies relatives à l’Exposition des machines-outils; nous en reproduisons quelques-unes. La figure 5 donne la vue d’ensemble d’unepar-tie de l’Exposition; on aperçoit vers le centre un moteiireleetrique à courants alternatifs, qui commande une transmission intermédiaire et celle-ci actionne diverses machines à coudre. A droite apparaît l’extrémité d’une machine à courants continus, mise en mouvement par un moteur à courants alternatifs, pour fournir l’énergie électrique aux moteurs à courants continus; dans le fond est un tableau de distribution.
- Choisissons maintenant quelques-uns des appareils curieux qui fonctionnent.
- La figure 1 représente un tour à métaux mis en marche par un moteur électrique à courants alternatifs. Le moteur est porté sur une planchette maintenue par des tiges verticales. Une courroie fixée sur les poulies du tour et du moteur assure la transmission. On peut obtenir des vitesses variables par des poulies de différents diamètres. Le rhéostat posé en bas, à gauche du tour, permet aussi de marcher
- Fig. 2. — Machine à battre le beurre, actionnée par un moteur à courants alternants.
- à des régimes variables. Pendant le fonctionnement le moteur est recouvert d’une cage en bois pour éviter que les copeaux ou poussières diverses ne
- viennent tomber directement sur lui. La mise en marche est obtenue facilement par un interrupteur que l’on peut manœuvrer avec le pied.
- Nous mentionnerons un modèle de baratte qui fonctionne au moyen de l’électricité. On voit son aspect dans la figure 2. Un moteur à'courants alternatifs de 568 watts, fixé sur une table, actionne, à l’aide d’une courroie, une poulie qui transmet le mouvement, à l'aide de diverses poulies de renvoi, «à un axe vertical ; sur celui-ci est fixé au milieu du récipient l’appareil à battre.
- Les figures k et 5 se rapportent à deux applications originales, qui n’en ont pas moins un certain intérêt. La première nous montre en action une brosse à frotter le parquet; la brosse repose sur celui-ci ; à la partie supérieure setrouve un moteur qui fait tourner la brosse à une grande vitesse angulaire. Le domestique ne fait que déplacer l’appareil dans une salle à l’aide d’un long manche qui permet de le guider. L’alimentation du moteur est faite par une prise de courant que l’on peut fixer le long du mur dans les diverses pièces. La puissance consommée par le moteur est de 185 watts.
- On a parlé à diverses reprises de machines élec-
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- IA NATURE
- üg. 5. — Vue d’ensemble (l’une partie de l’Exposition de'Budapest de 189V. A gauche, machines à coudre actionnées par un moteur électrique ; à droite, machine à courants continus actionnée à l’aide d’une courroie par un moteur à courants alternatifs situé derrière ; au fond, tableau de distribution.
- Fig. 4. — Brosse à frotter le parquet mise en mouvement par un moteur électrique.
- triques qui servaient à brosser les bottines, en usage en Amérique; la machine représentée dans notre figure 5 en est un modèle. Un moteur électrique au
- Fig. 5. — Machine à cirer les souliers actionnée par un moteur électrique à courants alternatifs.
- fond de l’appareil actionne par double transmission deux brosses placées en avant. La brosse supérieure est creusée de manière à épouser exactement les
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- formes de la bottine, la brosse inférieure nettoyant les semelles. Pour mettre la machine en action, il suffît d’appuyer sur un levier placé au-dessus de l’appareil. Le moteur électrique employé a une puissance de 185 watts.
- Dans les lignes précédentes, nous n’avons pas eu la prétention de passer en revue toutes les intéressantes; machines-outils qui se trouvaient installées à l’Exposition de Budapest; nous nous sommes surtout attaché à faire connaître quelques dispositions qui-peuvent être utiles dans les maisons possédant déjà une distribution d’énergie électrique.
- Qu’il nous soit permis en terminant d’exprimer le vœu déjà émis par plusieurs de nos confrères, qu’une Exposition permanente des diverses applications mécaniques de l’énergie électrique, semblable à l’Exposition de Budapest, et analogue aux Expositions de la Compagnie parisienne du Gaz, soit prochainement installée à Paris, afin de mettre sous les yeux des exemples de curiosités nouvelles. U en résulterait certainement un grand accroissement d’applications électro-mécaniques souvent très utiles, et qui sont parfois inconnues. Le public y verrait fonctionner les moteurs et les appareils analogues à ceux que nous venons de décrire, il y trouverait assurément des systèmes qu’il saurait employer à son profit. J, Laffàrgüe.
- L’AGE DES CHUTES DU NIAGARA
- On s’est souvent demandé quel pouvait être l’âge des ] fameuses chutes du Niagara, Depuis cent ans surtout, les . savants de l’ancien et du nouveau Monde se sont livrés s aux recherches les plus'ardues pour résoudre scientifiquement le problème. Le premier, en 1790, Elliot fixait la! date à 55 000 ans; Lyell, en 18,40,,prétendait que les; chutes n’avaient pas plus de 35 0Ô0 ans,;AVobdward, eri ; 1886, réduisait encore le ehiffre à 12 000 ansr et plus ; récemment encore Gilbert, à la suite d'importants tra-1 vaux sur la matière, abaissait l’âge du Niagara à soixante- dix siècles. Tout dernièrement, le prOfessotir^Spencer à~ fait à Brooklyn une conférence très étudiée,sur la ques-i tion. Jusqu’à présent, a-t-il dit, les calculs ont été basés sur le recul progressif et à peu près régulier du^sol sous , l’effort de l’eau. Tout en tenant compte de cette ((. réccs-1 sion », l’éminent géologue: y ajoute un nouvel élément d’évaluation, à savoir les différentes phases de la formation du fleuve lui-même, lequel, suivant, son impétuosité notamment, a, eu plus ou moins dé force d’érosion, cette' force s’exerçant sur son lit comme sur ses bords. D’après^ le professeur Spencer, la rivière existe depuis 32 000 ans* Pendant environ 1000 ans, elle: a. drainé IeT bassin de PErie sans former, à proprement parler, de cascade. A cette époque, les eaux du lac Ontario ayant baissé, les chutes se sont formées graduellement et lentement, jusqu’à ce qu’elles aient atteint leur hauteur actuelle, qui est -dlf 128 mètres. Le savant géologue estime que le Niagara, tel que nous le connaissons ou à peu près, durera encore cinquante siècles environ1.
- 1 Voy. Les chutes du Niagara, leur aspect en été et ch hiver; n° 697, du 9 octobre 1886, p. ‘295.
- LA GLACE FOSSILE
- La période quaternaire a été, comme on sait, caractérisée, par une extension considérable des glaciers. Durant cette phase de l’histoire du globe, les ^régions aujourd’hui les plus fertiles furent couvertes d’un épais manteau de glace et prirent l’aspect actuel des terres polaires. À titre d’exemple je rappellerai que la plaine suisse disparut sous une carapace cristalline qui débordait par-dessus le Jura, que la vallée du Rhône fut remplie jusqu’à Vienne par un énorme glacier, et que les Vosges, les Cévennes, etc., furent enveloppées de puissants courants glaciaires. Autour de la péninsule Scandinave l’Europe septentrionale devint un continent de glace et les régions polaires ne formèrent plus que d’énormes empâtements glaciaires.
- Dans nos pays les modifications apportées au sol primitif par les glaciers quaternaires sont les seules preuves de leur existence; mais, sur les terres polaires, la persistance et la continuité des basses températures ont permis la conservation même de fragments considérables de glace remontant à cette époque géologique. Sous des monceaux de graviers se rencontrent des strates de glace, vieilles de centaines de -siècles et qui sont véritablement fossiles.
- La première découverte de ces assises remonte à la fin du siècle dernier. En 1775, le voyageur russe Chvoïnov observa sur les côtes des îles de la Nouvelle-Sibérie des couches alternantes de glace et de sable contenant des défenses de mammouth. En différents points, raconte-t-il, on pouvait rouler comme un tapis les nappes superficielles des mousses et en dessous apparaissait une tranche de glace transparente. Au commencement du siècle Hedenslrëm signala une formation semblable;siir le littoral nord de la Sibérie. En 1818, le Dr Escbscholz, médecin de l’expédition de Kotzebue, fit une trouvaille encore plus importante dans le nord-ouest de- l’Alaska. Sur les bords de la baie’qui porte le nom du chef de la mïssmrx, il rencontra une falaise de glace surmontée d’une couche de tourbe recouverte de végétation. La tourbe renfermait desèossemont de mammouth et de rhinocéros ‘ associés à des débris appartenant à des espèces actuelles, telles que, l'élan, le renne, le cheval, le bœuf musqué, etc. Il était donc évident que la glace datait d’.uhe époque antérieure à la formation de la tourbe ôssîfère et devait être considérée comme un produit fossile.
- ' ; Malgré ces curieuses observations, l’importance de la glace comme assise géologique dans les régions arctiques était restée méconnue, lorsque de récentes expéditions sont venues montrer la fréquence de cette formation.
- Au cours d’une .remarquable exploration accomplie en 1886 dans les îles de la Nouvelle-Sibérie, le î)r Bunge et le baron de Toll confirmèrent la découverte de Chvoïnov. Sur l’île Liachov ils reconnurent la présence de falaises de glace verdâtre, remplie
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- de bulles d’air, atteignant une hauteur de 18 mètres, que surmontaient des dépôts quaternaires. Sur un point, une géode contenait des fragments diversement colorés d’une glace de structure différente de celle constituant la falaise. La surface de la couche cristalline était accidentée d’intumescences affectant grossièrement l’aspect de colonnes brisées. Au-dessus s’étendaient tantôt des lits de sable et de limon renfermant des débris végétaux et des ossements de mammouth et de rhinocéros, tantôt des nappes de tourbe. Dans les régions où la glace sous-jacente était peu développée, le limon était recouvert par de puissantes couches dont l’origine lacustre était attestée par la présence de coquilles d’eaux douces. La disposition stratigraphique du terrain indique l’antériorité de la glace aux dépôts ossifères.
- Dans une nouvelle expédition entreprise en 1893, M. de Toll a reconnu la présence de cette assise cristalline dans toutes les îles de la Nouvelle-Sibérie. Partout les couches superficielles quaternaires reposent sur un épais soubassement de glace. L’examen de la structure de cette glace a conduit ce voyageur à la considérer comme un névé compact, vestige de la nappe qui a recouvert l’archipel pendant la période quaternaire. Sous l’abri protecteur des limons un glacier a pu ainsi se conserver pendant des milliers de siècles, témoin pour ainsi dire vivant d’un âge géologique de la Terre.
- Après l’époque de grande extension des glaciers, la température de l’archipel fut sensiblement plus élevée qu’aujourd’hui, comme le prouve la présence dans les couches superficielles du sol de troncs d’aunes (Alnus fructicosa) longs de 5 mètres encore, couverts de feuilles et de bourgeons. Actuellement de pareils arbres ne se rencontrent qu’à 3 degrés de latitude plus au sud. Pendant cette période le * glacier à été protégé contre la fusion par son revêtement de matériaux détritiques. Actuellement le climat de la région est essentiellement favorable à la conservation dé la glace, comme le montre le résumé suivant des observations météorologiques de
- M. de Toll. : Températures moyennes.
- Mai . . . — 11°,5 Septembre . . — .2°,A
- Juin . . . 0°,0 Octobre . . . —17°,2
- Juillet . . -f- 3°,7 Novembre . . — 29°, 6
- Août. . . -h IM
- Quant à la présence des couches lacustres recouvrant la glace, elle peut être facilement expliquée. A l’extrémité du courant cristallin a du se former un lac dont les eaux s’étendaient sur le glacier et y déposaient des limons.
- Sur différents points de la côte septentrionale de Sibérie se rencontrent également des nappes de glace recouvertes de débris détritiques. D’après Nordenskiôld, elles seraient d’origine marine. Le savant voyageur suédois explique de la manière
- suivante la genèse de ces couches. Au printemps» les slams charriés par les rivières côtières recouvriraient des strates de glace formées pendant l’hiver et les préserveraient de la fusion « pendant des milliers d’années ».
- Au Spitzberg nous avons également constaté l’existence de glace datant d’une époque antérieure à la nôtre. Sur la rive ouest de la baie de la Recherche, la côte est formée par une terrasse de matériaux meubles. A la base apparaissent, au milieu des sables, des affleurements d’une glace grise, très compacte, et au-dessus se rencontrent, par endroits, des coquilles subfossiles d’espèces actuelles indiquant un ancien niveau de la mer supérieur à celui d’aujourd’hui. Cette glace se présente donc dans les mêmes conditions stratigraphiques qu’aux îles de la Nouvelle-Sibérie; mais elle est, croyons-nous, d’origine marine. Dans les régions polaires, contre les escarpements côtiers se forment des agrégats cristallins, appelés par les géologues Scandinaves isfot (pied de glace), dont le sens indique nettement la position. Ces isfot sont constitués par des glaçons de fond, des blocs poussés contre terre par les pressions ou encore par des entassements de neige que les alternatives de dégel et regel transforment en glace.
- La couche de glace de la baie de la Recherche doit être un ancien isfot qui a été ensuite recouvert par des alluvions comme sur lelittoral sibérien. On peut du reste suivre lé processus de cette formation sur les plages actuelles du Spitzberg. En lopgeant le bord de la mer, on rencontre de petites terrasses, hautes de quelques centimètres, disposées sur des strates de glace dont l’origine est très simple. Pendant l’hiver il se forme une couche de glace entre les niveaux des hautes et basses mers»,et sur la partie basse de la plage.. Vienne le printemps,,cette nappe cristalline est recouverte de graviers, par le. vent, le "ressac et les torrents, et protégée ensuite par ce revêtement contre la fusion. Même, lorsqu’elle n’est pas abritée par un dépôt de matériaux détritiques, j la glace, assise première de ces terrasses, peut se maintenir très longtemps. Ainsi, dans la première quinzaine d’aoùt, c’est-à-dire après l’époque du maximum de température, nous avons, sur les plages du Spitzberg, rencontré à découvert des couches de glace que le flot balayait à chaque marée. Les vagues qui les lavaient avaient une température variant de -+- 3 à -4- 4 degrés.
- Au Grônland, on rencontre également des amas glaciaires qui, s’ils ne sont pas fossiles, remontent du moins à une époque très ancienne. Ce sont les « glaciers morts » des explorateurs danois. Sous ce nom les géologues Scandinaves désignent des glaciers qui ne sont plus alimentés dans leur cirque supérieur par des écoulements de névé et qui sont recouverts par un épais revêtement de moraines. Souvent la gl ace sous-jacente n’apparaît qu’en de très rares endroits ; quelquefois même elle demeure complètement cachée. Des voyageurs ont traversé de pareils
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- glaciers sans se douter de leur existence et les ont pris pour des monticules de pierres et de graviers. U arrive parfois qu'un nouveau courant de glace se forme par-dessus l’ancien et qu’ainsi un glacier actif recouvre un glacier « mort », comme on peut le voir sur la gravure ci-dessous exécutée d’après une photographie prise par M. Steenstrup, le savant géologue danois, sur l’île d’Umanak ; une de ces masses de glace remonte certainement à une époque géologique où la topographie de la localité était complètement différente. Elle se trouve, en effet, au pied d’un escarpement et l’espace fait actuellement défaut pour un cirque d’alimentation du glacier. Ce « glacier mort » est donc un vestige de quelque grand courant de glace qui remplissait le détroit où est située actuellement l’île d’Umanak. Ces forma-
- tions glaciaires, fréquentes dans l’île Risko et dans la presqu’île de Nugsuak, régions qui ne sont plus recouvertes par des calottes de glace continues comme le continent gronlandais, doivent être considérés comme des vestiges de la grande extension glaciaire dans ces parages.
- Les énormes massifs neigeux de l’Alaska renferment également des « glaciers morts » sur lesquels se sont développées des forêts de sapins, de bouleaux et d’éraldes. Une magnifique flore s’épanouit sur la glace. Tels, par exemple, les courants situés au pied méridional du mont Saint-Elie. Une fois la nappe cristalline recouverte de moraines, la végétation s’est emparée de ce sol singulier, et, par l’entassement successif de ses débris, a contribué à augmenter l’épaisseur de l’abri
- Un glacier mort an GronJantl. Ile Umanak. (Voir en A sur la gravure.) (D’après une photographie de M. Steenstrup.)
- protecteur. C’est dans les mêmes conditions que s’est formée la couche de la baie de Kotzebue.
- En Islande existent également de pareils amas de glace ancienne. À un kilomètre en avant du Bruar-jokull, un des émissaires septentrionaux de l’immense coupole neigeuse du Yatnajôkull, se trouvent des mamelons de glace recouverts de graviers, de terre végétale et de gazon. Ces fragments remontent à une époque d’extension du glacier et ont été préservés de la fusion par leur revêtement morainique. C’est le seul exemple de ce genre que les travaux de M. Thoroddsen, le savant explorateur islandais, aient fait connaître dans cette île. Les nombreuses et fréquentes projections volcaniques qui se produisent au milieu des glaciers de cette terre doivent cependant avoir pour conséquence de pareilles formations. Des recherches ultérieures feront sans aucun doute découvrir un grand nombre de « glaciers morts » en Islande.
- En France, enfin, des agrégats glaciaires se trouvent enfouis sous des masses de débris détritiques et peuvent se conserver ainsi pendant une très longue période. Au cours de ses remarquables explorations dans les Alpes françaises, le prince Roland Bonaparte a découvert l’existence en Savoie d’un véritable « glacier mort » qui a la plus grande analogie avec ceux d’Islande et du Gronland. A l’auteur de cette intéressante découverte appartient l’honneur de la faire connaître. Il nous suffit ici de la signaler pour montrer l’extension de cette formation jusque dans nos pays.
- Plus nombreuses et plus attentives seront les explorations dans les chaînes de montagnes glacées et dans les régions arctiques, plus on reconnaîtra l’importance de la glace fossile comme assise géologique dans l’extrême nord et comme preuve de la période glaciaire. Charles Rabot.
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- U DEMOISELLE DE PY RI MONT
- Plus de 10 mètres de hauteur et 50 mètres de circonférence à la base, voilà de jolies dimensions pour une Demoiselle ! Nos lecteurs ont son portrait sous les yeux : c’est un cône rocheux, une espèce de pain de sucre qui surgit au-dessus du sol. Son nom de Demoiselle lui est commun avec une foule de roches isolées, pyramides ou cheminées de terre, blocs erratiques, aiguilles bordant la côte, et même menhirs ou pierres dressées.
- La Demoiselle dont il s’agit aujourd’hui se trquve dans le département de l’Ain, dans le lit même d’un torrent qui se jette dans le Rhône, à quelques kilomètres au nord de Seyssel et à deux pas de la halte de Pyrimont. Quand on suit le petit chemin qui va de cette halte au bac par lequel on accède aux mines d’asphalte dites de Yoland, il n’y a que 100 mètres à faire pour se trouver face à face avec le pain de sucre.
- Son examen révèle bien vite son mode de formation et celui-ci constitue un procédé particulier de dénudation qui mérite d’être signalé.
- On voit par la figure 1 jointe à cet article que la Demoiselle se dresse au pied d’un escarpement qui interrompt brusquement le lit du torrent et qui détermine une vraie chute à l’époque des hautes eaux.
- Actuellement, aux temps ordinaires, l’écoulement, d’ailleurs peu abondant, ne mouille guère le cône rocheux et glisse derrière lui dans l’espace semi-annulaire laissé entre sa face postérieure et la paroi du coteau.
- Il en résulte qu’au premier coup d'œil la Demoiselle se présente a peu près comme un cône de déjection, c’est-à-dire comme un cône résultant de l’accumulation de pierrailles et de limon tombant avec l’eau le long de l’escarpement.
- Mais il faut vite renoncer à cette manière de voir et cela pour deux raisons principales : d’abord‘les cônes de déjection sont toujours accolés a la paroi verticale le long de laquelle se produit la chute. L’est ce qu’on voit dans une série de localités innom-
- Fig. 1. — Cône rocheux près de Seyssel (Ain).
- La Demoiselle de Pyrimont. (D’après un dessin de M. Stanislas Meunier.
- brables dans tous les pays de montagne. La chute de Staubach, celle de Pissc-Vache pour ne citer que deux exemples spécialement fréquentés, sont dans ce cas ; en second lieu, la Demoiselle de Pyrimont, loin d’être laite de matériaux mélangés sans ordre comme
- _____________________dans un tas de déblais, pré
- i sente une structure géologique des plus régulières. Elle consiste en couches superposées sensiblement horizontales et qu’il est facile de rapporter, d’après leurs caractères et leurs relations avec le voisinage, au niveau que les géologues appellent uvçfonien et qu’ils classent dans les régions très inférieures du terrain crétacé.
- Les couches constituantes du pain de sucre se retrouvent’ une à une avec leur épaisseur, leur ordre de superposition, leur composition, leur structure, dans les couches qui composent, par derrière, l’escarpement rocheux.
- Il résulte de ces faits que la Demoiselle n’est pas un produit d’atterrissement, mais bien au contraire un résidu de démolition. Un petit croquis représentant la coupe du sol dans l’axe du torrent permettra de s'imaginer comment l’isolement du cône a pu se faire peu à peu (fig. 2). .
- La forme primitive du terrain y est représentée -par le trait pointillé qui indique ' en a une dépression en rapport avec une cassure du sol. Lors des grandes eaux la chute devait passer par-dessus tout l’escarpement, mais les eaux moins abondantes, qui sont le régime ordinaire, s’infiltraient dans la crevasse et y réalisaient une dissolution souterraine du genre de celles que j’ai tout récemment décrites dans ha Nature1. Progressivement la fissure s’est ainsi élargie et le cône s’est dégagé à mesure, en même temps qu’iJ gagnait en hauteur et régularisait sa forme par suite de l’approfondissement du sillon environnant.
- Aujourd’hui le pain de sucre ne reçoit plus la chute, même sur sa face postérieure, que par les très grosses crues; il tombe tout au plus en temps ordi-
- 1 Vov. n° 1111, (lu 15 septembre 1894, p. 243.
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- naire des gouttes espacées que la corniche laisse pleurer sur son sommet; l’eau du torrent glisse sur la paroi" et se réunit en deux filets qui entourent la base du cône et viennent se réunir en avant pour descendre paresseusement vers le Rhône. La Demoiselle constitue un accident bizarre qui contribue au pittoresque du ravin dans lequel elle surgit, et dont lu description ajoute un paragraphe à l’histoire déjà si compliquée de la dénudation aqueuse. ,
- Stanislas Meunier.
- CHRONIQUE'
- Tramways Mékarski & Nantes. — Dans l’article qui a été publié récemment sur les1 tramways'à air comprimé de Saint-Augustin au cours deAHncennes1, l’auteur dit que dans un grand nombre de villes on a dû renoncer à ce système de l’air comprimé. Cela‘est vrai, mais il en est cependant où le fonctionnement se continue. Nous croyons devoir citer le tramway à air comprimé de Nantes, qù le réseau comprend une longueur totale de 11 kilomètres, dont une grande partie le long de la Loire. Les dépenses d’établissement, au 31 décembre 1893, s’élevaient à 2 350 503 francs. La plus grande partie du réseau est de niveau, cependant il y a une rampe maxima.de 45mm par mètre. Le matériel roulant comprend 22 petites automobiles sans impériale à 52 places et 4 à 46 places et à impériale. Inaugurés en 1879, ces tramways, du système Mékarsky, fonctionnent d’une façon satisfaisante ; les dépenses d’exploitation ressortent à 56 754 francs par kilomètre et les recettes à 51 862 francs, ce qui laisse 15 108 francs de bénéfice par kilomètre.>Ces chiffres correspondent à un intérêt de 7 pour 100 environ, y compris l’amortissement. D. B.
- La pondre sans fumée autrichienne. — Depuis quelques mois, à la suite de recherches heureuses poursuivies à la poudrerie de Prcsbourg, le gouvernement autrichien a adopté pour son artillerie de campagne une poudre sans fumée, qui paraît fort bien appropriée à sa destination. Cette poudre, qui est à base de coton-poudre et de nitroglycérine, se présente sous la fbrme de grains cylindriques mesurant lm“,4 à lmœ,7 de diamètre et 5 à 5 millimètres de longueur. La consistance de ces grains est analogue à celle du cuir ; leur surface est d’un noir brillant. Cette poudre, en dehors de ses parties constituantes essentielles, renferme 5 pour 100 d’eau, des restes de graphite et d’autres substances inertes. Sa densité varie de 1,60 à 1,62. A l’air libre, elle brûle assez lentement avec une flamme jaune orange, et sans produire de fumée. Elle explose par le choc de fer contre fer, mais il n’y a que les parties atteintes par le choc qui fassent ainsi explosion ; le reste de la poudre est simplement projeté sans s’enflammer. Cette poudre, dit la Revue d'artillerie, paraît jouir d’une immunité presque complète contre l’humidité.
- La volaille et les œnfs en Russie. — Par suite de l’abondance du grain à bon marché, il est fait en Russie un grand élevage de volailles et, d’autre part, la création d’agences à l’étranger, qui sont de véritables comptoirs pour l’achat des volailles et des œufs, amène une exportation croissante qui assure aux paysans un bénéfice rémunérateur. Les œufs exportés de Russie se vendent de 25 à 57,r,50 le mille au printemps et en automne, mais ils
- 1 Voy. n° 1110, du 20 octobre 1801, p. 551
- atteignent ce dernier prix en automne seulement. Depuis 1886, ce pays a fait des exportations considérables de jaunes et de blancs d’œufs séparés de la coquille, dans des boites de fer-blanc emballées dans des tonneaux. La volaille morte est envoyée frigorifiée sur les marchés étrangers; la volaille vivante est expédiée dans des paniers tressés, contenant de 6 à 25 paires de volatiles par manne. En 1881, nous dit l’Éleveur, l’exportation de la volaille produisait 7 120 000 francs, tandis qu’en 1894 elle s’élevait à 47 095 600 francs. Les volailles et les œufs vont en Allemagne, en Autriche, en France et en Angleterre, mais principalement dans ce dernier pays.
- Porcs nourris de vipères. — Dans ses Mémoires, le duc de Saint-Simon, au cours du récit de son ambassade en Espagne, rapporte ce: tain détail culinaire qu’il est intéressant de signaler : « ... J’allai souper avec tous les Français de marque chez le duc del Arco, qui nous avait invités, où plusieurs des plus distingués de la Cour se trouvèrent. Le souper fut à l’espagnole. On y servit de petits jambons vermeils, fort rares en Espagne même, qui ne se font que chez le duc d’Arco et deux autres seigneurs, propriétaires de cochons renfermés dans des espèces de petis parcs, remplis de halliers où tout fourmille de vipères, dont ces cochons se nourrissent uniquement. Ces jambons ont un parfum admirable et un goût si relevé et si vivifiant, qu’on est surpris, et qu’il est impossible de manger rien de si exquis. )) En dehors du côté exquis de la question, il y a le côté utile. On nous a souvent demandé comment il fallait s’v prendre pour détruire les vipères ; nous avions déjà recommandé le procédé de la chasse par les porcs, qui, lorsqu’on les laisse en liberté, détruisent toutes les vipères; nous ne savions pas que Saint-Simon le connaissait avant nous.
- Bibles anciennes. — Les Bibles les plus précieuses que les bibliophiles puissent mentionner, sont au nombre de trois : L’une se trouve à Londres, au British Muséum. C’est un manuscrit que l’on croit être l’œuvre d’Alcuin et avoir été offert à Charlemagne en l’an 800. Elle est décorée d’arabesques et d’enluminures nombreuses. Une image montre Moïse et Aaron costumés à la mode du treizième siècle, et des personnes compétentes estiment que l’on a donné à Moïse les traits de Charlemagne, à Aaron ceux d’Alcuin. Une autre Bible se trouve à notre Bibliothèque nationale. Elle fut imprimée en 1527 par ordre du cardinal Ximcnez et dédiée au pape Léon X. La troisième est au cloître de Belan, près de Lisbonne. Elle fut quelque temps la propriété de Junot, qui s’en était emparé au cours de sa campagne de Portugal. C’est Louis XVIII qui la rendit au gouvernement portugais.
- Le plus gros (( Diamant Noir )). — On sait que les Compagnies minières aux États-Unis ont coutume de donner de très fortes primes à leurs mineurs suivant l’importance des blocs de houille qu’ils arrivent à extraire du filon. C’est même une véritable concurrence entre bassins d’un même Etat et les ouvriers rivalisent de travail et d’intelligence pour obtenir le plus gros diamant noir, comme ils disent de l’autre côté de l’Atlantique. Les mines de Roslyn, dans l’État de Washington, viennent d’extraire un bloc de houille de dimensions exceptionnelles: 7m,20 de long, 1m,70 de large et lm,40 d’épaisseur. Il pèse exactement 18 450 kilogrammes, soit 9 tonnes de plus que le fameux diamant noir extrait des mines d’IIockin \alley, et 7 tonnes de plus que le bloc monstre envoyé par l’Angleterre à l'Exposition colombienne. Le « Roslyn black diamond » est actuellement à Chicago. X. W.
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- LA NATURE.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Scanœ du 5 novembre 1894. — Présidence de M. Lœwt.
- Explication mécanique, de la chute des chats. — Dans la séance du "22 octobre dernier, M. Marcy a montré une curieuse série de chronophotograpliies reproduisant les attitudes successives d’un chat suspendu par les pattes et lâché subitement (voy. plus haut, p. 369). De ces photographiés il ressortait que l’animal, avant de toucher terre, se retournait sur lui môme de façon à retomber sur ses pattes, selon l'opinion populaire, Or, d’après une conséquence du théorème des aires de chute donnée par M. Delau-nay, dans son traité de mécanique, un corps animé, abandonné dans lespace, ne peut modifier la trajectoire de son centre de gravité ou se retourner dans l’espace. M. Deprez avait signalé à M. Marcy cette contradiction des faits révélés par la photographie avec les indications de la théorie. Dans la séance suivante, M. Maurice Lévy avait donné une démonstration théorique de la possibilité du phénomène, démonstration fondée précisément, exclusivement sur le théorème des aires. M. Marcel Deprez présente un appareil donnant le spectacle d’un corps pouvant tourner sur lui-même au cours de sa chute. Cet appareil consiste en deux masses pesantes décrivant dans l’espace deux courbes fermées telles que leur centre de gravité reste fixe dans l’espace. Ces deux courbes dépendent d’un plateau mobile suivant un axe vertical. Profitant de cette fixité du centre de gravité on peut suspendre cet appareil, sans que le point de suspension intervienne dans les efforts mis en jeu. Par suite, lorsque lés inasses pesantes décrivent des courbes fermées, de façon que la droite qui les joint passe à tout instant par le centre du plateau et soit constamment divisée en deux parties égales par ce point, l’ensemble du système éprouve un déplacement angulaire fonction du rapport des masses en mouvement et de la masse totale du système. En modifiant ce rapport on pourra obtenir une déviation plus ou moins grande, pour chaque révolution des masses pesantes sur les courbes fermées. Il est évident qu’en accumulant l’effet de plusieurs révolutions successives, on pourra réaliser une rotation complète du système. C’est de cette façon que dans la chute du chat, un mouvement des pattes analogue à celui des boules a pour effet un redressement de l’animal. L’appareil dont il vient d’être question a été construit'au laboratoire de M. Marcel'*Deprôz, par M. de La Valette, chef du laboratoire.
- La mer saharienne. — On se souvient des discussions qui s’élevèrent à l’Académie, il y a une dizaine d’années, au sujet de l’hypothèse d’une mer saharienne. M.-Gaudry annonce que M. Cari Meyer, de Zurich, a trouvé en Égypte des dépôts considérables de coquilles. Plus de 100 espèces méditerranéennes sont représentées parmi ces coquilles; il ressort de cette constatation, que le sol de l’Égypte était, à cette époque, à un niveau inférieur de 80 mètres au niveau actuel. La mer s’étendait à travers la Tripolitaine, jusqu’à la grande Syrte. Dans la région des Chotts, on trouve une épaisseur de 90 mètres de terrains lacustres au-dessus desquels on découvre des coquilles en assez grande abondance. M. Gaudrv pense qu’il est possible qu’il y ait eu, à un certain moment, une irruption des eaux maritimes ayant donné naissance à une petite mer, que l’évaporation aurait ensuite fait disparaître.
- La vaporisation du carbone. — M. Moissan rappelle que la vaporisation du carbone n’a été étudiée qu’au point
- de vue spectral et à propos de la célèbre synthèse de l’acétylène due à M. Berthelot. Il a entrepris des recherches expérimentales ayant pour objet le mode de vaporisation du carbone et les produits de la vaporisation. En chauffant, dans le four électrique, un tube de carbone pur, au moyen d’un courant de 1000 à 1200 ampères et 90 volts, la vapeur de carbone filtre au travers du tube et forme un véritable feutrage. En chauffant à vide un creuset de carbone pur fermé par un coüvercle à frottement doux également en carbone, au bout de dix minutes le.petit appareil est transformé en graphite, mais il n’y a pas soudure entre le couvercle et le creuset. 11 n’y a donc pas eu (race de fusion. C’est la conclusion à laquelle on arrive en chauffent de même du charbon de sucre très pur. Les petits fragments sont transformés en graphite, mais l’examen microscopique montre qu’ils sont restés identiques à eux-mèincs. On ne relève pas de trace de soudure et par conséquent de fusion. Le charbon de bois et le charbon de cornue donnent les mêmes résultats. M. Moissan conclut donc que le carbone ne passe jamais par l’état liquide. De même une électrode positive de charbon terminée par une partie amincie s’adaptant à frottement doux, ne révèle pas de soudure. Avec du carbone impur, il en est autrement. Des traces de bore donnent en effet un borure de carbone qui peut se combiner avec le carbone et subir la fusion., Le même résultat se produit avec le silicium. M. Moissan ta*étudié là vapeur de carbone-par condensation’sur un corps froid. A cet effet, un tube de cuivre a-, été. logé à l’intérieur du tube de carbone chauffé. Ce tube de cuivre se recouvre d’un dépôt de poudre de graphite. La condensation sur un corps chaud s’observe dans le four électrique avec deux électrodes de charbon. L’électrode positive se couvre d’un champignon de carbone de plusieurs grammes. Ce carbone est encore du graphite. Les lampes à incandescence fournissent une application de ces phénomènes de condensation de la vapeur de carbone. Au bout d’un certain temps le globe de verre se voile par suite d’un dépôt de carbone. 11 en est de même lorsque le fil se brûle. M. Moissan, en lavant le globe de verre, a pu recueillir ces dépôts, et constater une fois de plus, qu’ils étaient constitués par du graphite. Enfin M. Moissan conclut qu’à 1200 ou 1300 degrés, le carbone a une tension de vapeur qui peut provoquer la réduction des solides.
- Varia. — M, Berthelot annonce qu’il a découvert, dans les bois de Meudon, un troisième menhir voisin des deux menhirs dont il a signalé l’existence. — M. le Dr Brault, de l’hôpital Tenon, a étudié les faits se rattachant à la : présence du glycogène dans les tumeurs malignes. — M. Charles Ilenry relève l’influence de la forme sur la sensibilité lumineuse et l’aberration de l’œil.
- Ch. DE VlLLEDEUlL.
- UNE PREMIÈRE SORTIE
- A BICYCLETTE
- Tout le monde aujourd’hui s’intéresse à la bicyclette, à ce merveilleux véhicule qui donne à l'homme la vitesse du cheval, avec un agrément et une facilité sans pareils. La pratique de la bicyclette n’est pas longue à acquérir, mais le débutant lie manque pas de difficultés à vaincre à ses débuts. Loi amateur photographe très habile, M. II. Guérin, membre du Vhoto-dub de Paris, a eu l’idée de
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- LA NATURE.
- suivre à sa première sortie à bicyclette, un de ses amis qui débutait. Il avait emporté un des minuscules appareils photographiques que l’on sait fabriquer aujourd’hui. Il a accompagné le débutant et l’a saisi aux différentes phases de la promenade
- Fig. 1. — Le départ.
- Fig. 5. — Un joli virage.
- Fig. 5. — Hélas ! quelle tape !
- Les débuts d’un bicycliste. — (D’après les photographies
- voir. Voici le départ (fig. 1) ; bientôt le pneumatique s’est dégonflé, mais le débutant, avec beaucoup de prévoyance, a appris à manœuvrer la pompe (fig. 2). La bicyclette avec le pneumatique regonflé, fait merveille; voici un virage très réussi (fig. 5) ; mais la marche roulante donne soif, il faut alimenter la machine à une fontaine Wallace (fig. 4). Après les succès, viennent les revers, le débutant éprouve la
- qu’il faisait avec lui. Les photographies obtenues sont très bien réussies ; nous les avons admirées, et nous avons cru devoir les reproduire pour que nos lecteurs puissent en apprécier à leur tour les mérites. Les scènes ci-dessous sont fort amusantes à
- Fig. 2. — Un coup de pompe.
- Fig. i. — 11 faut alimenter la machine.
- Fig. 6. — Un repos bien mérité, instantanées de M. II. Guérin, du Photo-Club de Paris.)
- dureté de la route, il tombe par terre, mais sans blessure (fig. 5) ; bientôt il prend un peu de repos sur la chaise d’un café (fig. G). La scène se passe au bois de Boulogne, comme le montrent les charmantes épreuves de M. Guérin. G. T.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissaseier.
- Paris. — Imprime.rie Laliure, rue de Fleurus, 9.
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- X° 1120.
- 17 N O VE MH HE 189-4.
- LA N AT ü HE.
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- UNE BICYCLETTE AUTOMOBILE
- A MOTEUR DE GAZOLINE
- L’appareil de locomotion dont nous allons donner la description a ceci d’original au premier chef, qu’il fonctionne réellement, à l’encontre de tant de miritiques inventions de ce genre qui n’ont jamais eu de vie que dans la cervelle de ceux qui les avaient conçues ! Une cinquantaine de bicyclettes à moteur roulent déjà aux environs de Munich, leur pays d’origine, et dans quelques jours l'une d’elles doit arriver à Paris.
- Il n’y a donc plus à en douter : le cyclisme par la force de l’homme a dès maintenant un rival dont il est difficile de méconnaître l’avenir, le cyclisme par la force d’un moteur mécanique. La bicyclette que voici est l’entrée en scène de nouveaux appareils de transport, intermédiaires entre les voitures à pétrole et les machines vélocipé-diques.
- L’aspect de la bicyclette à moteur de MM. Wolf-müller et Gei-senhof (11g. 1) est celui d’une bicyclette ordinaire du type de dame, aux dimensions exagérées. L’œil est frappé à sa vue par deux par-ticularités : la roue d’arrière n’est pas, comme celle de devant, montée sur rayons, elle est pleine, formée de deux disques ; et la machine est plus basse que nos modèles courants. La première particularité est justifiée par la résistance qu’il faut donner à une roue, légère en somme, qu’actionnent deux pistons fournissant parfois jusqu’à deux chevaux et demi. La deuxième s’explique par l’absence de manivelles; aussi le cavalier, assis en selle et les deux pieds placés de chaque coté du bâti sur des étriers fixes, n’a-t-il qu’à allonger les jambes pour trouver le sol.
- La direction se fait comme dans la bicyclette simple, avec d’autant plus de facilité môme et moins de chances de glissements, que le centre de gravité de l’appareil est placé beaucoup plus bas que d’ordinaire. Le poids total du véhicule n’est cependant pas considérable puisque, prêt à fonctionner pour de longues étapes, il ne dépasse pas 50 kilogrammes. Ajoutons que l’allure se règle aisément, de 5 à 40 kilomètres à l’heure, à l’aide d’un bouton placé sous le pouce du cavalier ; que le bruit et l’odeur du moteur
- 22-' an:iM. — 2° suiii'Urc.
- sont presque nuis ; que des freins puissants rendent le cycliste toujours maître de sa machine, môme dans les descentes les plus rapides; qu'enfin tant de précieux perfectionnements se trouvent déjà réunis sur cette invention, non encore venue tout à fait à son point, il faut le reconnaître, qu’elle va rencontrer bien des Thomas incrédules !
- Si nous dépouillons cette bicyclette de ses plaques de recouvrement, nous rencontrons (lig. 2) un appareil mécanique assez compliqué ; nous en avons simplifié les trop nombreux détails pour la clarté de la description. Le bâti de la machine est formé de huit tubes, quatre de chaque côté (CI), DE, F G, GH, par exemple, pour le côté droit), réunis par des entretoiscs diverses, telles que Gl), Eli, qui les consolident. Ces tubes ne sont pas, ainsi que dans la construction vélocipédique, brasés ensemble. Ils sont simplement assemblés par des mandions, D,
- G, etc., d'une façon étanche, car ils communiquent entre eux et servent à la circulation soit de l’eau nécessaire au refroidissement des cylindres, soit de l’huile utile aux frottements.
- Les roues sont montées sur pneumatiques; la directrice B oscille comme d’ordinaire autour de l’axe CF ; la motrice A,dont le centre est en I, porte solidement fixée une came K dont nous verrons plus loin l’emploi.
- Dans l’intérieur du bâti sont placés tous les organes essentiels qui, par suite, sont autant que possible à l’abri d’une avarie causée par un heurt, une chute, etc.
- Le réservoir de gazoline M est logé derrière la tète de la bicyclette ; on peut l’emplir par la tubulure m d’une quantité de liquide suffisante pour deux cents kilomètres. La gazoline tombe goutte à goutte dans l’évaporateur N en passant par le robinet S et l’entonnoir T. Par un mécanisme simple que nous relaterons à la figure 4, le gaz mélangé à l’air dans les proportions voulues, arrive par des soupapes d'admission O dans la chambre d’inflammation ; une lampe P qui chauffe continuellement au rouge un petit tube p placé au-dessus de sa flamme, produit l’explosion du mélange détonant; le piston L est ainsi chassé dans le cylindre W et actionne autour de l’axe 1 la bielle IJ, aidée dans son mouvement de retour par le ressort puissant E J.
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- LA NATURE.
- Le principe, on le voit, n’est pas nouveau. Les détails de son application ont seuls une réelle originalité. Le gouvernement du moteur est en effet mis d’une façon très simple et très certaine à la disposition du cavalier : sur le guidon, à droite, à hauteur du pouce, est fixée Une pièce filetée Q qui commande une corde sur poulies reliée à la fois au robinet de chute de la gazoline, à la soupape d’admission du gaz dans la chambre d’inftamm ation, et même en U à la valve d’admission autour des cylindres de l’eau venant du réservoir R pour le refroidir. L’ouverture ou la fermeture de ces organes peut se faire graduellement par le vissage ou le dévissage progressif de la pièce filetée Q; le cavalier accélère alors ou ralentit peu à peu sa machine ; mais l’arrêt brusque aussi peut être obtenu par le déclenchement subit d’un ressort disposé autour delà pièce de réglage et qui, la laissant instantanément tomber au bout de soi) liletage, ferme du même coup toutes les communications.
- La plus importante commande donnée à cette pièce du guidon est, évidemment celle de l'entrée et de la sortie de l'évaporateur N (lig. 4).
- L’évaporateur est ainsi nommé parce que la gazoline tombant goutte à goutte par l’entonnoir T s’y
- évapore. Une succession de tamis de gaze «, a', etc..., placés les uns au-dessus des autres, dans le cylindre, y offre la plus grande surface d’évaporation possible. L’air extérieur, qui doit, par son mélange avec le gaz, produire le mélange détonant, pénètre dans le cylindre par b dans le tuyau b' à travers une capsule passoire qui empêche l’aspiration d’impuretés et de poussières. Quant à l’admission du mélange dans la chambre des soupapes, elle est réglée par le piston c dont la tige d est, ainsi que nous l’avons vu plus haut, placée, comme le robinet de chute de la gazoline dans l’évaporateur, sous la dépendance absolue du cavalier. Si donc le cavalier ferme complètement le robinet, il bouche aussi hermétiquement et en même temps le tuyau d’admission ; la gazoline cesse de tomber sur les gazes et le mélange de pénétrer jusqu’à la chambre d’inflammation ; et inversement.
- Nous venons de voir comment la production du mélange était obtenue et régularisée. Il nous reste à remarquer
- Fig. 2 et 3. — Mécanisme <le la bicyclette automobile à gazoline. — Détails du fonctionnement. — Deux ligures schématiques montrant l’appareil de côté et eu plan.
- — A. Iloue motrice, à disques. — B. Roue directrice, à rayons.—C, D, E, F, G, II. Tubes formant le bâti. — M. Réservoir de gazoline, — IN'. Évaporateur. — 0. Chambre des soupapes. — P. Lampe et chambre d’inflammation. — p. Tube d'inllammation.
- — R. Réservoir d’eau. — S. Robinet de l’entrée de la gazoline dans l’évaporateur. •— T. Entonnoir de l’évaporateur. — U. Régulateur du refroidissement des cylindres.
- — V. mécanisme de distribution (non apparent). — W. Cylindres. — IJ. Bielle. — K. Came. — K’. Galet. — K". Tige du mécanisme de distribution. — L. Piston.
- c. Piston d’admission du mélange dans la chambre des soupapes. — d. Sa tige. — Fig. 5. Détail du mécanisme de distribution. — K". Extrémité de la fige de commande. — r, t. Leviers. — p, r’, r". Points d’articulation. — s. Ressort à boudin. — w, w’. Platines de ressorts à boudin. — n, n’. Blocs d’arrêt. —- Fig. 6. Détails de diverses soupapes. — t»1, r2. Soupapes d’inllammation. — r3. Soupape d’aspiration. — v*, vr\ Soupapes d’émission. — r6. Soupape à air.
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- comment se lait le mécanisme de sa distribution. Le mécanisme ingénieux qu'emploient ici MM. Wolfmüller et Geiscnhof a pour but d’ouvrir au moment voulu et par l’emploi d’un seul levier les deux soupapes d’émission à la lois. La came K (fig. 2 et 5) ménagée sur la roue à disques A et entraînée dans sa rotation, accroche en passant le galet K' monté sur un bloc de guidage qui transmet le mouvement à la tige de traction K". C’est cette tige qui actionne en V le mécanisme de distribution, impossible à représenter sur la figure 2 et dont les détails principaux sont relatés aux figures 5 et 6. Ce mécanisme est installé sur une platine qui forme plaque de fermeture pour la boîte de refroidissement des cylindres. 11 est ainsi compris : l’extrémité de la tige K" est articulée en r' sur un levier r oscillant autour du point fixe p et continuellement ramené à sa position normale par un ressort puissant S, aussitôt que le passage de la *came K sur le galet K' la lui a fait perdre. L’extrémité de ce levier r est articulée en r" sur un autre levier t dont l’extrémité commande en t' les soupapes représentées par la figure 6. Environ en son milieu, le levier t (fig. 5) est articulé encore sur une tête croisée m et maintenu en frottement dur sur elle par deux ressorts à boudins. Cette tête s’accroche aux blocs n et n' munis d’entailles correspondantes. La partie centrale du levier t se trouve poussée alternativement contre les platines w et w'. D’autre part les leviers t' (fig. 6) portent chacun à leur extrémité un autre petit levier t" qui commande les soupapes îd et ?;* (soupapes conduisant à la chambre d’inflammation). Grâce à cette disposition, le levier t' de l’un des cylindres provoque en même temps l’inflammation dans le cy lindre conjoint.
- Si maintenant, cette description un peu ardue du mécanisme de distribution étant terminée, on suppose que la came K entraîne la tige K", on voit que le levier t recule, entraînant avec lui un des leviers t'. La tête croisée m s’accroche en même temps au bloc n et comprime le ressort à boudin qui se trouve derrière la platine w. Mais aussitôt le ressort puissant S agit, ramène en avant le levier t et fait accrocher la tête rn en n', entraînant avec lui le deuxième levier 11', et réciproquement.
- Ces rapides exposés de la disposition générale des organes de cette curieuse nouveauté qu’est la bicyclette à moteur, permettront à nos lecteurs d’en saisir à la fois les grandes qualités et les petits défauts. Il est certain que la complication des pièces est ici bien redoutable pour une machine destinée un peu à toutes les vitesses et un peu à tous les chemins! Mais il faut nous rappeler aussi que nous n’assistons encore qu’à un premier essai du cyclisme automobile et nous devons bure aux inventeurs crédit de quelques mois.
- Quoi qu’il en soit des critiques de détail que nous pourrions formuler, un fait demeure : la bicyclette à moteur que nous décrivons marche réellement. Son succès en Allemagne et en Suisse est déjà si considérable que toute la production des construc-
- teurs est retenue jusqu’en mai prochain. Le brevet pour la France vient d’être acheté, dit-on, à Paris et l’on affirme que dès le mois prochain, nous verrons entrer au bois de Boulogne la bicyclette automobile à gazolinc. L. Bacdiiy de Saunier.
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- RÉPARTITION DES PIERRES PRÉCIEUSES
- AUX ÉTATS-UNIS
- Bien que l’exploitation des gemmes aux États-Unis ne remonte guère au delà de 1889, et bien qu’elle soit encore localisée à certains points du territoire, le sol de la grande République américaine contient la plupart des variétés connues de pierres précieuses. C’est, du moins, l’opinion d’un éminent minéralogiste de Washington, M. Kunz, qui a spécialement étudié la répartition des pierres précieuses dans les divers États de l’Amérique du Nord.
- Les deux zones les plus riches en diamants s’étendent au pied des monts Alleghany, entre la Virginie et la Géorgie, et dans la Californie du Nord, à l’ouest des montagnes de la Sierra Madré. Comine le cristal de roche, le saphir se rencontre en assez grande abondance dans le Montana, à la base des monts Appalaches, entre Chester (Massachusetts) et la Géorgie du Sud. Le plus gros corindon de cristal connu, qui a été découvert dans la région, fait aujourd’hui l'ornement de la belle collection minéralogique d’Amherst College.
- C’est la' turquoise qui domine aux États-Unis, notamment dans le Nouveau-Mexique, l’Arizona et le Nevada. On en trouve aussi, mais en moindre quantité, à Fresno County, en Californie. La turquoise américaine se distingue de celle des autres pays par sa grande stabilité. En effet, elle ne change pas de couleur, — comme celle d’Égypte et de Perse par exemple, — au contact de certains acides organiques ou même de certains parfums. Les deux plus importants centres d’exploitation sont dans le Nouveau-Mexique, à 10 kilomètres environ de Los Cer-rillos, et à Grant County, d’où l’on a extrait plusieurs gemmes pesant 60 carats. La vente des turquoises provenant de ces deux localités seulement s’est élevée à 875 000 francs en 1892. Elle a dépassé 1 million en 1895. Le Nouveau-Mexique, le Nevada et l’Arizona produisent aussi de superbes grenats qu’on vend jusqu’à 500 francs pièce. On les rencontre presque à la surface du sol.
- Enfin, on trouve encore aux États-Unis la tourmaline dans l’État du Maine, l’émeraude dans la Caroline du Nord, l’améthyste et l’opale dans le Washington, l’hlaho et principalement l’Orégon, dont les gisements sont d’une richesse exceptionnelle. X. West.
- LA TOUR EIFFEL DE LONDRES
- Le grand et légitime succès remporté par la Tour Eiffel, durant l’Exposition de 1889, empêchait littéralement de dormir nos excellents voisins d’oulre-Manche. Ils décidèrent, en principe, de faire mieux encore. Sous les auspices de M. Edward Watkins, il se forma bien vite une Société financière ayant pour but de construire et d’exploiter une tour métallique plus élevée que celle de Paris. Sous la présidence de cet honorable ingénieur, un comité chargé de discuter toutes les questions techniques, décida que la nouvelle œuvre d’art n'aurait pas moins de trois
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- LA NATO HL.
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- cent cinquante mètres (le hauteur. Sans arrêter d’une façon définitive remplacement que devait occuper la tour, la Commission adressa à tous les architectes anglais un pressant appel, les invitant à lui soumettre des projets, afin de pouvoir choisir parmi eux le monument de fer destiné à éclipser la Tour Eiffel. Il va sans dire (pie d’importantes primes étaient réservées aux vainqueurs.
- Un grand nombre d’architectes et d’ingénieurs répondirent à l’invitation que leur adressait le Comité, il y a trois ans environ.
- Parmi tous ces projets, dont quelques-uns possédaient de réelles qualités, la Commission fit choix de celui de M. A.
- I). Stewart et lui décerna le premier prix. Primitivement le projet couronné prévoyait une tour à base octogonale et régulière. Sur ces entrefaites, le président de la Société ayant choisi le parc de Wembley comme endroit propice pour y ériger le monument, les plans de M. Stewart durent subir de nombreuses et profondes modifications , après entente entre ce dernier et M. Hen-j ami il Baker, ingénieur conseil de la Tower Company. I)'octogone, la tour devint carrée. Un grand entrepreneur, M. Lerback, se chargea des travaux de maçonnerie, consistant en seize énormes assises de béton de ciment destinées à supporter les quatre groupes de quatre montants qui constituent les angles de la tour. Ces seize blocs de béton devaient former des fondations entièrement séparées et indépendantes les unes des autres. La fourniture de la partie métallique, sa mise en place, échurent à MM. Ileenan et Froude, constructeurs à Manchester, (pii actuellement construisent pour la ville de Hlakpool une tour exactement semblable, mais de 150 mètres de hauteur seulement.
- Le parc de Wembley se trouve à .moins, de 2 kilomètres de la station de Sudbury, sur 1 éLondon and North-Westera Hailway, et à environ 5 kilomètres de Willesdon-Jmiction. Le chemin de fer métropolitain a établi une station dans le parc même afin d’amener jusqu’au pied de la tour les nombreux excursionnistes qui ne manqueront pas d’aftluer. Actuellement, cette station n’est pas encore livrée au service des voyageurs cl ne sert qu’à l’expédition
- des charpentes métalliques entrant dans la construction de la tour Watkins. On a choisi pour son installation une colline élevée au centre du parc; le monument se trouvera entouré par les arbres de haute futaie qui ornent déjà cette éminence.
- Les pou très, plates-bandes, cornières et autres matériaux métalliques sont en acier doux. Bien que ressemblant considérablement à la Tour Eiffel, l’œuvre de M. Stewart a 50 mètres de plus d’élévation. La disposition des ascenseurs diffère essentiellemen t. Comme on n’avait nul besoin de réserver un espace libre sous la tour, l’architecte en a profité pour installer au centre de l’espace compris entre les quatre montants delà tour, les guides de ces ascenseurs qui s’élèveront verticalement. 11 y en aura quatre. Deux atteindront la hauteur de 50 mètres, c’est-à-dire la première plate-forme; les deux autres rejoindront le second étage situé à 270 mètres d’altitude. Plus tard, si le besoin s’en fait sentir, un dernier ascenseur permettra aux personnes fatiguées ou sujettes au vertige de gagner commodément le sommet de la tour au lieu de faire usage des escaliers installés dans ce but. On a choisi ce mode de fonctionnement et cette disposition de préférence à ceux adoptés par M. Eillèl afin d’assurer une ascension
- Fig. 1. — Commencement des travaux de la Tour de 3d0 mètres, construite à Wembley Park, près de Londres (Angleterre). (I)’après une photographie.)
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- plus régulière et plus facile, en meme temps que les guides, soutenant la platc-lbrme en son milieu, la consolideront.
- Ces appareils se meuvent à l’aide de cables sans fin mis en mouvement par des moteurs électriques qui eux-mémes reçoivent la puissance d’une usine centrale installée dans le voisinage.
- Les poutres d’acier (pii constituent un élément de chacun des quatre piliers de la tour, reposent à leurs parties inférieures sur une sorte de sole formée d’une épaisse plaque d’acier maintenue en place sur le béton à l’aide d’énormes boulons noyés dans cette maçonnerie. Ces poutres, amenées sur place toutes moulées et rivées, ont une longueur de 7m,80; elles portent des semelles permettant de les fixer à demeure sur la sole métallique. Des demi-croix de Saint-André et des solives métalliques horizontales relient solidement entre elles les poutres dont l’ensemble forme chacun des quatre piliers. La largeur extrême, de chaque côté de la tour à sa base, atteint 121m,80. Tout le matériel est transporté à pied d’œuvre par la ligne du chemin de fer du métropolitain, qui a en outre construit quatre embranchements destinés à desservir les quatre angles, de manière à assurer le montage simultané des pièces. Les constructeurs, en effet, estiment qu’il est préférable de mener de pair l’ajustage et le montage de chacun des tronçons de poutres, de façon à arriver exactement en même temps des divers côtés jusqu’à la hauteur de la première plate-forme. Cela fait, avant de monter plus haut, on établira le plancher définitif de cet étage. On obtiendra ainsi un tout solide et homogène pouvant servir de point d’appui pour les constructions ultérieures, jusqu’au parfait achèvement de la tour. On terminera égale-
- ment les substructions peu à peu et successivement. Nous donnons ci-eontre(p. 588) la reproduction d’une
- photographie de ces travaux au commencement de l’entreprise La ligure 2 montre la construction faite jusqu’au premier étage. On voit, en considérant la ligure 5, la tour terminée, qu’il y a de la besogne à réaliser pour arriver au sommet.
- Actuellement, les travaux dépassent ^ la] hauteur de 45 mètres, niveau inférieur du premier étage. MM. 11 ee-nan et Froude ont commencé l’appareillage pour l’installation du plancher. Les poutres horizontales ainsi que les consoles qui doivent supporter ce tablier sont déjà mises en place et rivées. Afin de permettre l’approche et la manœuvre faciles des éléments métalliques constitutifs de la tour, les constructeurs ont installé quatre grues électriques recevant la puissance de l’usine centrale où la dvnamo ué-nératrice qui actionne ces appareils produit 120 ampères et 105 volts (fîg. 4). Ces grues se meuvent à l'intérieur des piliers et reposent sur des appuis spéciaux provisoirement boulonnés aux quatre poutres de chaque pied, de manière à ne pas surcharger d’un poids inutile les poutrelles et croisillons métalliques qui les maintiennent en place. La force de chacune de ces grues est suffisante pour enlever facilement et mettre en place, montées d’une seule pièce, des poutres de 42 mètres de longueur et pesant 52 tonnes. Deux de ces appareils travaillent en même temps; mais quand on aura atteint l’altitude de 150 mètres tous les quatre fonctionneront simultanément à chacun des angles, de manière à activer considérablement la superstructure. Tout un ensemble de moufles, manœuvrant à l’aide
- Fig. 2. — Tour de 350 mètres de Wcmblcy Park. État récent des travaux. (D’après une photographie.)
- Fig. 3. — Vue en élévation de la Tour de 350 mètres, telle qu'elle sera après son achèvement.
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- de l’électricité, peuvent soulever à un moment donné ces grues, permettant ainsi de déboulonner aisément les étais qui les soutiennent afin de les placer à un niveau supérieur au fur et à mesure du montage et de l’ajustage des poutres. Dès qu’on aura terminé le plancher du premier étage on y installera ces
- Fig. 4. — Vue de l’installation d’une des grues électriques.
- engins de levage en continuant la construction de la tour d’une façon absolument identique à celle qui a prévalu pour atteindre la plate-forme.
- D’après les calculs fournis par M. Stewart, le poids total de la tour de Watkins ne dépassera pas sept mille tonnes. Dernièrement, par suite de difficultés financières momentanées, les travaux ont subi un temps d’arrêt, mais tout fait prévoir une reprise prochaine plus active encore. Du reste, les constructeurs ont pris l’engagement formel de livrer à la Tower Company le monument entièrement terminé dans le courant de l’année prochaine. Ch. Marsilion.
- LES GISEMENTS DE PÉTROLE
- DE GROSXOJE (RUSSIE)
- Le Moniteur du ministère des finances de l'empire de Russie donne les détails suivants sur les gisements de pétrole de Grosnoje dans le Caucase qui attirent vivement l’attention par l’abondance de leur production et par leur situation privilégiée sur le chemin de fer de Petrowsk.
- Le terrain pétrolifère de Grosnoje se divise en quatre rayons dont trois appartiennent aux Cosaques du Tersk et le quatrième à la ville de Grosnoje. Jusqu’en 1895, le pétrole n’a été exploité que dans un des rayons appartenant aux Cosaques. Cette exploitation se faisait d’une manière très primitive au moyen de puits où l’huile s’extravait d’abord par seaux, ensuite par de petites pompes à vapeur. Ces puits existent depuis plus de soixante ans, mais la quantité de pétrole extraite n’a jamais atteint 140 kilogrammes par jour. Les terrains ayant été pris en location par la firme Achwerdow et Cis, un sondage fut commencé, le 27 juin 1893, dans le rayon de slanitza Alchar-Jurtow.
- Le premier jaillissement se produisit à 125 mètres de
- profondeur. Ce jaillissement fournit, pendant les dix premiers jours de son existence, l’énorme quantité de 800 000 à 1 200 000 kilogrammes de pétrole par jour. Depuis lors la production s’est ralentie, mais ce puits continue encore à fournir jusqu’à 100 000 kilogrammes par jour avec quelques intermittences.
- On commença un second puits. Alors que le sondage n’était encore qu’à 50 mètres de profondeur, se produisit un jaillissement de,00 mètres de hauteur. Ce jaillissement fut tellement inattendu que les outils de sondage ne purent être retirés du puits et s’v trouvent encore, car la fontaine n’a cessé de jaillir depuis lors. Le premier jour, de 7 heures du matin à 6 heures du soir, elle a donné 12 800 000 kilogrammes. Le pétrole, après avoir rempli tous les réservoirs et fosses préparés, s’écoula en ruisseau vers la rivière Nieftianka. On construisit une digue de 120 mètres de long sur 10 mètres d’épaisseur et 12 mètres de hauteur, de manière à former un gigantesque bassin capable de contenir 240 000 000 de kilogrammes de pétrole.
- Bien que, dès le second jour, la force du jaillissement vint à diminuer, ce puits donna encore, pendant cinq à six jours, 0 400 000 à 8 000 000 de kilogrammes par jour et a donné ensuite journellement 1 000 000 kilogrammes sans interruption. Le pétrole de ce puits est absolument anhydre et de densité variable de 0,875 à 0,875. La distillerie établie par la Société n’était pas assez grande pour traiter de telles quantités et l’on dut procéder à la distillation, en introduisant dans le pétrole de la vapeur surchauffée. On obtint ainsi 25 pour 100 de pétrole à 0,825 de densité à la température de 15° C, inflammable à 29° C, 12 pour 100 de benzine de 0,705 à 0,712 de poids spécifique, et le reste en résidus de 0,925 à 0,952 de poids spécifique.
- D’après une analyse du professeur Trunsky, le pétrole de Grosnoje donne à la distillation : 16 pour 100 de benzine de 0,720 à 0,750 poids spécifique à 171/2° C (recueillie dans les limites de 0,070 à 0,709) ; 21 pour 100 de pétrole de 0,825 poids spécifique à 17 1/2° C, inflammable à 29° C, marque de couleur 3 (recueilli de 0,770 à 0,865) ; 41/2 pour 100 d’huile solaire de 0,882 poids spécifique, 55 pour 100 résidusdedistillation de0,952 poids spécifique à 17 1/2° C, à une vitesse d’écoulement dans l’appareil Engler de 200 centimètres cubes de 51 à 52° G en 20 minutes, à 100° C en 2“ 49'.; 3 1/2 pour 100 dé portés.
- Le chemin de fer passant aujourd’hui à Grosnoje, il a été décidé d’abandonner l’ancienne usine de distillation pour en construire une nouvelle sur la voie ferrée pour traiter 040 000 kilogrammes par jour. L’administration du chemin de fer transcaucasicn établit une pipe-line pour amener par jour 640 000 à 900 000 kilogrammes d’huile minérale au chemin de fer au moyen de pompes.
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- LE CARROUSEL DE SMJMUR
- DU 6 AOUT 1894
- Tous nos lecteurs ont assurément entendu parler de l’École de cavalerie de Saumur, qui réunit dans ses murs l’élite de la jeunesse française. Si cette École a des rivales, elle n’a pas d’égale.
- Tous les ans, un carrousel a lieu à l’Ecole de Saumur. C’est un spectacle d'un puissant intérêt ; c’est une solennité qui couronne chaque année les cours de l’École, et dont les invitations sont des plus précieuses et des plus recherchées.
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- Le carrousel auquel nous avons eu l’honneur d’assister, le f> août dernier, est organisé en plein air, dans une carrière d’une grande étendue, dont le monument principal de l'Ecole fait le fond du tableau. Plus de dix mille spectateurs prennent place dans des tribunes en gradins, construites autour de l’enceinte rectangulaire. Les officiers de l’Ecole, en grande tenue, font l’office de commissaires, et reçoivent la foule des invités et des dames élégantes, en les aidant avec la meilleure bonne grâce à trouver leurs places.
- Quand les tribunes, sont pleines, vers 1 heure et demie, un mouvement se fait. C’est le cortège officiel qui fait son entrée sur la piste. Le colonel Raimond, qui commande l'École, a reçu à son hôtel tous les généraux qui sont venus de Paris, de Tours, d’Angers, et de tous les points environnants. C'est le général de Kerhué, commandant en chef le corps d’armée de Tours, qui va présider la fête et qui ouvre la marche. On remarque, dans ce cortège, le général Farny, directeur de la cavalerie, délégué du ministère de la guerre; le général d’Esclevin, qui commande à Angers, et des officiers supérieurs de tous les régiments.
- Bientôt après, les exercices vont avoir lieu. La musique militaire entonne la Marseillaise, et presque aussitôt débouchent, des deux bouts de la carrière, des cavaliers qui s’élancent à plein galop, en faisant tournoyer au-dessus de leur tète leur lance à la flamme rouge et blanche, ces couleurs gaies de nos lances françaises. Puis ils viennent se ranger immobiles devant la tribune d’honneur, pendant que l’escadron des élèves-officiers, — sous-officiers de tous les régiments de cavalerie qui ont suivi les cours pour passer officiers, — cuirassiers, dragons, chasseurs, hussards, chasseurs d’Afrique, spahis du Soudan et du Dahomey, entrent, ayant à leur tête le commandant Levillain, instructeur en chef.
- L’étendard de l’Ecole, avec une escorte d’officiers de tous les régiments, arrive au galop; les trompettes sonnent à l’étendard, et tout l’escadron présente le sabre. C’est majestueux, et toutes les têtes se découvrent. Le carrousel de la troupe commence.
- Nous allons publier le récit des exercices auxquels il nous a été donné d’assister.
- Les files de cavaliers s’enroulent et se déroulent en des ligures gracieuses dans lesquelles les lances, s’élevant et s’abaissant, font le plus chatoyant effet. Les spirales se déploient pour se reformer; les rangs se doublent et se dédoublent : les uns ont leur sabre à la main, les autres le pistolet, les autres la lance. Trois cercles concentriques, et en sens inverse, tournoient au milieu des moulinets de sabre et des coups de pistolet qui empanachent ces volutes.
- Deux camps se forment, et les champions s’en détachent pour lutter dans des combats qui animent toute l’assistance. Combat de lance contre sabre, — combat d’un lancier contre deux cavaliers armés du sabre, — jeu de la Rose ou poursuite : il s’agit de prendre avec la main droite un ruban, attaché sur l’épaule gauche d’un des cavaliers; tout un essaim de poursuivants s’acharne après
- le champion qui, par la souplesse de son cheval, échappe à tous les bras tendus.
- Ces jeux soulèvent de nombreux bravos. Les vainqueurs sont : MM. les sous-lieutenants Fournier-Sarlovèze et Grosjcan, les sous-officiers de Chasscy et Thomas.
- Les jeux terminés, les cavaliers recommencent leurs évolutions au galop. Tout à coup, retentissent des coups de fusil, et nous assistons au simulacre d’un combat. Les cavaliers se hâtent de se grouper autour de l’étendard pour le protéger. Une mêlée s’engage, on combat corps à corps. Enfin, un carré s’est formé au milieu des coups de feu qui partent de tous les points, et les rangs extérieurs croisent la lance. C’est superbe ! Maintenant, pour frayer la route au drapeau, deux pelotons de cavalerie légère s’élancent en fourrageurs, jouant du sabre et du pistolet, et sur leurs traces, l’escadron charge en ligne. Toute l’assistance, électrisée, reste un instant interdite avant d’éclater en applaudissements.
- L’escadron des élèves-officiers, reformé, sort en un ordre imposant.
- Aussitôt, entre le carrousel des officiers, en deux files, portant des lances à l’antique, ornées d’oriflammes aux couleurs variées. Les chevaux, rangés par quadrilles de même robe, sont tressés de rubans aux nuances harmonisées avec leur teinte. Les cavaliers, très correctement à cheval sur des selles françaises, vestige de notre vieille équitation, s’avancent au pas en face de la tribune d’honneur et saluent successivement en abaissant leur lance ; puis, par un mouvement d’appuyer, vont gagner les pistes, où ils commencent à travailler au galop. Les yeux ne savent où s’arrêter au milieu de tous ces uniformes brillants de notre cavalerie, cuirassiers miroitants ou hussards aux dolmans bleus. Quelques officiers étrangers, qui ont suivi les cours de l’École, mettent la note intrigante de leur costume au milieu de cette houle de cavaliers : un Suisse, deux Roumains, un Serbe. Les chevaux sont, les uns de jolis chevaux de pur sang au galop rythmé; les autres, des chevaux anglo-arabes de nos précieuses races du Midi, qui galopent légers et souples, avec cette coquetterie particulière du cheval arabe.
- Les changements et contre-changements de main, par reprises, par quadrilles, par quatre, les cercles, les spirales, toutes les figures classiques du manège sont exécutées par les 72 cavaliers qui composent les 6 quadrilles, avec une aisance, une grâce, une facilité et une correction qui font le plus grand honneur à l’enseignement équestre de Saumur. Tous les chevaux sont parfaitement mis et ils exécutent leurs changements de pied sans le moindre effort, comme s’ils y prenaient plaisir. Les mains et les jambes des cavaliers semblent immobiles et les connaisseurs ne tarissent pas d’éloges.
- Les rangs se forment et s’arrêtent. Une reprise retire les oriflammes des lances et s’apprête à courir la bague. Chaque cavalier s’élance à son tour au grand galop, la lance pointée en avant, pour cueillir successivement trois bagues pendues au baguier.
- A la course des bagues va succéder la reprise des écuyers. C’est le clou de la journée. Les écuyers, qui ont repris, depuis la fête franco-russe, le costume traditionnel : petit chapeau en bataille, tunique noire à épaulettes d’or et culotte blanche, entrent sur de magnifiques chevaux de pur sang tressés de rouge et sellés avec des selles françaises au tapis écarlate.
- L’écuyer en chef, M. de Canisy, un sportsman bien connu, tout chamarré de décorations, débouche le premier, suivi des capitaines écuyers MM. Voisin, de Marcuil, de
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- Contades, de Maison-Rouge, et des lieutenants sous-écuyers Limbourg, Rastien, Morgan, de Comminges et de Lesterpt. Cette reprise, d’une précision parfaite, est d’un puissant intérêt; elle se compose de mouvements au trot, au galop, au galop allongé, et se termine par un travail au
- passage qui fait l’admiration de tous les assistants. Le passage est, en effet, une de ces allures de haute école dont tous les cirques essaient le pastiche, mais qu’on ne voit guère exécutée correctement qu’à Saumur. Vient, maintenant, la course des têtes. Les cavaliers
- Fig. 1. — Carrousel de Saumur du 6 août 189L — Huit de chiffre par demi-quadrille. (Fac-similé d’une photographie instantanée.)
- Fig. 2. — Les Ailes de Moulin. (Fac-similé d’une photographie instantanée.)
- armés de sabre vont essayer de traverser de leur lame des têtes en carton piquées sur des tas de sable. Chacun, successivement, s’élance à la charge et, courbé sur la selle, ramasse les tètes sur son chemin. Les « Ah! » de la foule recommencent de plus belle, quand le cavalier habile brandit au-dessus de sa tète trois tètes enfilées dans son sabre. Les plus heureux à ce jeu concourent entre eux.
- 11 y a maintenant quatre têtes à recueillir sur un petit espace. C’est un lieutenant de spahis, M. Martin, qui est le vainqueur; une dame lui remet le flot de rubans destiné à le décorer.
- Place à la reprise des sauteurs en liberté, que les lieutenants et sous-officiers du manège (sous-écuyers et sous-maîtres) montent en selle à piquer, l’ancienne selle des
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- tournois. Les chevaux tressés de blanc, harnachés d’une façon qui rappelle les vieilles gravures d’équitation, la queue enfermée dans un fourreau pour préserver la tète
- du cavalier dans les bonds qu’ils vont faire, sont dressés aux anciens airs du manège : courbette, croupade, cabriole. Les cavaliers sont sans étriers. Us entrent à un
- Fig. 3. — Carrousel de Saumur du 6 août 1894. — Le combat de deux cavaliers, tance contre sabre.
- (Fac-similé d'une photographie instantanée.)
- Fig. 4 et 5. — Sauteurs en liberté; la cabriole. (Fac-similé de photographies instantanées.)
- galop très allongé, et, à un signe de l’écuyer en chef, exécutent des courbettes pour saluer; les chevaux, droits sur les pieds de derrière, les pieds de devant repliés, ont des attitudes effrayantes et gracieuses. Us repartent au galop ; ce sont maintenant des croupadcs à désarçonner un centaure ; puis les cabrioles : quelques-uns font des bonds verti-
- gineux. Les cavaliers, souples et vigoureux, sont immuables en selle ; ils sortent en emportant un orage de bravos.
- Un pavois est disposé au milieu de la carrière et les cavaliers, maintenant armés de javelots empennés, courent dessus à toute allure pour y piquer leur dard en le lançant de loin. C’est un exercice très difficile, qui
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- nécessite une grande vigueur et non moins d’adresse. C’est M. le sous-lieutenant Muller qui remporte le prix.
- Les quadrilles rompent de nouveau et le travail au galop reprend, toujours aussi gracieux et intéressant, sans qu’une faute soit commise dans toutes ces figures enchevêtrées où les chevaux se croisent et s’cntre-croisent (fig. 1). Une des plus jolies est certainement celle où les cercles concentriques se forment en ailes de moulins (tig. 2). Pour finir, les soixante-douze cavaliers se forment en coin et s’avancent au pas, la lance haute, pour saluer la tribune d’honneur d’un geste superbe en abaissant toutes les lances en même temps. L’effet est admirable.
- Le carrousel des officiers est terminé ; mais le programme nous annonce encore des sauts d’obstacles. En effet, des haies sont disposées symétriquement dans tous les sens, et les écuyers, montant des chevaux de pur sang, sautent successivement par un, par deux, par quatre, en se croisant, sans qu’il y ait ni une faute, ni un à-coup. C’est merveilleux de voir tous ces cavaliers aisément en selle, laissant filer les rênes sur l’obstacle, pour les reprendre moelleusement l’obstacle passé.
- C’est fait avec la correction d’une reprise de manège semée d’obstacles. Chaque cheval saute ainsi au moins trente fois, sans que le saut final ait la moindre différence avec le premier, tant les cavaliers savent conduire leurs chevaux en leur laissant toute liberté.
- Puis une grande haie barrant toute la carrière est disposée, et une reprise de trente-deux cavaliers, lieutenants et sous-lieutenants élèves, conduits par M. le capitaine Voisin, vient passer et repasser cet obstacle, en doublant et dédoublant. Tous les cavaliers montent des hunters aux formes puissantes, qui enlèvent cela avec un brio admirable. Tous ces chevaux, hanchus et courts de rein, font des bonds superbes sous leurs cavaliers vigoureux. Les trente-deux cavaliers sortent, en sautant en ligne, au dernier coup de canon qui annonce la fin de la fête.
- Tous les assistants font entendre leurs applaudissements, enthousiasmés ajuste titre du spectacle que leur ont donné ces jeunes officiers, dont la force et l’agilité sont merveilleuses, et qui font honneur à l’armée et à la France.
- Nous ne terminerons pas notre Notice sans appeler l’attention de nos lecteurs sur les gravures qui accompagnent notre texte et qui sont la reproduction fidèle de photographies instantanées, destinées à la nouvelle édition d’un ouvrage remarquable que nous avons déjà signalé à nos lecteurs l. Il s’agit de l'Album d'hip-piatrique et d'équitation de l'École de cavalerie2 du commandant Picard. L’ouvrage comprendra, en outre de la précédente édition, toutes les figures du carrousel des officiers et de la troupe, ainsi que la reprise des officiers et des sauteurs en liberté. Les photolithographies, fort bien exécutées par MM. Ber-thaud, sont dignes des plus grands éloges; on en jugera par les reproductions que nous en publions ci-contre. Les ligures 1 et 2 donnent la représentation des exercices suivants: huit de chiffre par demi-quadrille, et les ailes de moulin. La figure 3 représente le combat de deux cavaliers armés l’un d’une lance et l’autre d’un sabre; les figures 4 et 5 don-
- 1 Yoy. n» 1080, du 10 février 1894, p. 167.
- a Graml in-folio avec 40 planches. Bcrthaud frères, imprimeurs éditeurs, 9, rue Cadet, à Paris.
- nent l’idée de l’habileté des officiers deSaumur dans leurs exercices. L’œuvre deM. le commandant Picard offre le plus grand intérêt artistique et scientifique. C’est la fidèle image de l’enseignement si remarquable qui se poursuit à notre Ecole de cavalerie. Gastox Tissaxdier.
- THÉORIE DE IA FORMATION AURIFÈRE
- DU WITWATERSRAXDT (tRAXSVAAu)
- Les gisements aurifères du Witwatcrsrandt différant de ceux que j’avais vus en Australie et en Amérique, puisqu’ils sont stratifiés au lieu d’être en filons ou en placées, je me suis appliqué depuis quelque temps à chercher une explication à ce fait qui paraît d’abord anormal : comment, en effet, l’or qui, dans l’eau, a une densité au moins six fois plus grande que les sables, a-t-il pu, néanmoins, échapper aux lois de la pesanteur et se disséminer dans des couches stratifiées de la nature des conglomérats? Si l’on pouvait admettre une pluie d’or en poussière, variable d’intensité, pendant la durée de la formation de la couche aurifère, on aurait une image de la capricieuse dispersion de l’or dans ces couches depuis leur mur jusqu’à leur toit. Mais, un premier point, observé par M. Alford, c’est que l’or est parfois cristallisé en cube, donc il a dù se former sur place, autrement les arêtes seraient u«ées. En second lieu, l’or est surtout dans une pâte siliceuse qui relie les éléments roulés, lesquels, d’après M. Shaw, contiennent parfois un peu d’or, comme il faut s’v attendre dans des roches quartzeuses aussi anciennes. La pyrite de fer est le seul élément métallique un peu abondant et associé à l’or. Enfin, on a reconnu que la nature physique des éléments des couches diverses influe sur la présence de l’or : les conglomérats à très gros grains sont peu aurifères, tandis que l’or exploitable est toujours dans les conglomérats à éléments moyens. Les schistes ne sont pas aurifères, les grès fins non plus; si même un schiste ou un grès fin s’interpose dans un conglomérat riche en or, ce schiste ou ce grès n’ont pas d’or exploitable. Quand on trouve de l’or dans un schiste, comme à « Blauw Bank », c’est en petite quantité. Ces points posés, voici ma théorie : La région aurifère sc présenta d’abord sous la forme d’un lac profond, qui sc combla peu à peu par les apports de puissants fleuves qui ne déposèrent pas des couches horizontales mais inclinées suivant les pentes que prennent naturellement les « remblais » que l’on verse dans une vaste excavation (fig. 3). Les eaux contenaient l’or sous la forme de sel soluble, sans doute le trichlorure: provenait-il d’assises de chlorures d’or jaillis en vapeur à l’époque de l’incandescence de la terre, puis condensés et déposés en couches que les pluies qui survinrent plus tard purent dissoudre? Les êtres organisés ou leurs dépouilles se mêlaient à ces eaux, mais, pour précipiter l’or, ces matières devaient se décomposer, se putréfier, c’est-à-dire dégager des gaz ou des sels réducteurs des sels d’or; or, les matières organiques n’arrivent à ce point dans les lacs qu’après s’ètre déposées dans le fond et y avoir séjourné, ainsi que l’on peut s’en assurer en remuant le fond d’une pièce d’eau, ce qui fait aussitôt jaillir un flot de gaz. Mais, lorsque le dépôt était vaseux, c’est-à-dire schisteux, ou à grains très fins, c’est-à-dire à l’état de grès, les gaz réducteurs des substances organiques sc dégageaient très lentement, ils étaient aussitôt dilués dans la masse des eaux et la réduction de l’or était insigni-
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- fiante. Si, au contraire, le dépôt était tonné d’éléments de grosseur appréciable, laissant entre eux des intervalles assez grands, les gaz réducteurs se développaient au sein de cette masse poreuse, saturée de l’eau aurifère du lac qui précipitait son or, dont la solution se renouvelait au fur et à mesure par les larges interstices laissés entre les éléments; c’est ainsi qu’on trouve dans ces conglomérats 100 grammes et au delà d’or à la tonne; de plus, ce conglomérat repose souvent sur les schistes (au B lue Sky dans l’East-Rand et ailleurs), pendant qu’il est surmonté par des bancs de grès fins, passés parfois au quartzite par action métamorphique. La couche nommée « south reef », la plus riche de la série, est encore un conglomérat à éléments moyens.
- Les meilleures circonstances d’enrichissement d’or correspondent donc au dépôt d’éléments de moyenne grosseur, reposant sur des schistes ou des grès fins chargés de matières organiques : dans ces conditions, le schiste fournit à la longue des gaz réducteurs, le conglomérat reçoit l’or précipité des eaux qui pénètrent librement et viennent prendre le contact des gaz des schistes pendant que les matières organiques du banc de conglomérat ajoutent encore leur action réductrice. On conçoit que les matières organiques indispensables aux réactions peuvent se déposer en plus ou moins grande abondance
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- Fig. 1. — Diagramme montrant la ligne des couches aurifères sur 75 kilomètres de longueur.
- et à divers niveaux dans une même couche ; le conglomérat à grains moyens a de grandes chances pour en absorber dans ses vides une large proportion, et s’il repose alors sur un schiste, les réactions se font sur une grande échelle et il y a beaucoup d’or déposé dans les zones du conglomérat qui sont riches en matières organiques. Les mines Blue Sky, Cinderalla, Agnes Munro, de la Compagnie East Rand, sont dans le cas ci-dessus, et pendant que dans les deux premières le conglomérat est plus riche près de son toit, dans la troisième la richesse est prè6 du mur.
- Lorsque le conglomérat est à gros éléments, il fut déposé sous l’action de courants d’eau trop forts, les matières organiques plus légères étaient moins abondantes et l’or manque. Toutefois, la couche de la « Rietfontein » est composée de galets assez gros, dont la surface présente de l’or, mais en petite quantité : dans cette couche la richesse en or est très capricieuse ; aux points abrités du courant où les organismes ont pu former de petits amas, on a des zones extra-riches, mais le stérile succède.
- Quant au ciment siliceux qui relie aujourd’hui les éléments des conglomérats aurifères, il est le résidu du limon qui s’infiltrait avec les eaux sous pression, mais dont les éléments basiques ont pu être dissous par l’acide qui se dégageait de la combinaison aurifère au moment de la précipitation de l’or. La présence de la pyrite s’explique d’ellc-mème par la réduction des sulfates de fer. Toutefois, grâce aux récentes recherches de M. de Guerne, on sait à présent que les eaux les plus claires des lacs contiennent des nuées d’animalcules microscopiques et j’ai pu moi-mêinc en recueillir des quantités en filtrant les eaux si limpides à l’œil des grands lacs du Canada, et si l’on drague la surface des boues de ces lacs on y
- trouve en énorme proportion la dépouille de ces animalcules déjà fossilisés en « schistes à cvpris». Aux époques anciennes ce sont des « diatomées » à carapace presque exclusivement siliceuse qu’on trouve en fossiles au fond des lacs. Les dépouilles d’animalcules du même ordre auraient fourni et la silice et la matière organique voulue pour expliquer la constitution de ces bancs aurifères du Transvaal.
- 11 va sans dire que les roches éruptives : diorites, dolérites, etc., viennent souvent troubler les assises déjà déposées, les fendre, les rejeter, les métamorphiser ; s’infiltrant parfois entre les strates des couches, qui étaient des plans de moindre résistance.
- A mesure que le lac se comblait, les apports des
- Fig. 2. — Le lac aux époques de la formation des couches aurifères.
- divers fleuves débouchant sur son pourtour se rapprochaient, se soudaient, et les éléments minéraux s’étalaient dès lors dans une position de plus en plus voisine de l’horizontale; certaines couches aurifères telles que le « black reef » s’enfoncent d’abord à 15 mètres seulement de profondeur et là deviennent horizontales. La figure 1 nous montre l'affleurement des couches aurifères
- Fig. 3. — Coupe du lac suivant AB avec la couche aurifère encore à découvert.
- sur 75 kilomètres environ de l’est à l’ouest; la figure 2 est le diagramme du lac idéalement pris au moment où les couches aurifères se formaient; on y voit l’immense fleuve et son estuaire. Enfin la figure 3 est la coupe idéale du lac au même moment. À l’est de ces dépôts les eaux doivent avoir eu leur dernier cours important, car les crêtes des couches y sont érodées et recouvertes de morts terrains sur une hauteur de 10 à 15 mètres, tandis que dans la partie centrale et l’ouest les couches aurifères ne sont généralement couvertes que par la terre végétale : aussi, c’est dans ces parages de 1’ « East Rand » où les apports se sont poursuivis plus longtemps, que les matières végétales, qui avaient fini par envahir la contrée, ont pu, charriées par les eaux, succéder aux arrivées des matières minérales, s’accumuler et former d’importantes couches de houille qu’on rencontre à Rrakpan, au sud du faisceau aurifère de Moddcrfontein. Dans la concession de la « Nigel », un puits a recoupé quatre couches de houille avant de recouper les couches aurifères.
- Jules Garnier, ingénieur.
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- LA NATO HE.
- SCIENCE PRATIQUE
- ACCUMULATEURS PORTATIFS
- Depuis longtemps les amateurs sont à la recherche d’accumulateurs portatifs d’un faihle volume, d’un poids restreint et pouvant fournir une quantité d’énergie électrique suffisante. Un grand nombre de modèles ont été essayés, mais ont presque tous présenté de graves inconvénients, lis étaient peu portatifs, l’eau acidulée s’échappait de tous côtés, et dans le transport les plaques se brisaient et tombaient en morceaux au fond du vase. Une société anglaise vient de construire un nouvel accumulateur, dit Bristol portable acc v in u lator,
- (pii semble à l’abri de ces inconvénients.
- Dans ces aecu-mulateurs, les plaques négatives sont formées de plomb spongieux réduit et sont enveloppées dans un tissu d’amiante très poreux ; les plaques positives consistent en une pâte de peroxyde de plomb comprimée et maintenue très serrée entre deux feuilles de caoutchouc. Ces dernières sont percées d’un grand nombre de trous de faible diamètre. Les plaques positives et négatives sont écartées les unes des autres, à une distance de A à 5 millimètres, par des coins en bois enfoncés à force. Le liquide est de l’eau acidulée sulfurique.
- Les plaques sont placées dans une boîte en ébo-nite, et cette dernière est recouverte par un vernis paraffiné qui ne laisse que des ouvertures pour le dégagement des gaz pendant la charge; ces ouvertures peuvent être fermées ensuite.
- Plusieurs modèles d’appareils ont été établis avec ces accumulateurs ; notre dessin en représente quelques-uns. En 1 se trouve le modèle pour bicyclettes qui consiste en une petite boîte de 12 à 15 centimètres de longueur et d’une épaisseur de 5 centimètres. Elle renferme trois éléments, peut fournir une capacité de 5,5 ampères-heure au débit de 0,0 ampère et pèse environ 550 grammes. La
- charge doit être effectuée avec une différence de potentiel de 7,25 volts et une intensité de 0,55 ampère. Un fil double et souple, monté sur une prise de courant qui établit les contacts avec la batterie, alimente une lampe de 1,5 bougie environ; celle-ci se trouve placée dans une petite lanterne pouvant être accrochée facilement sur la bicyclette. Cette lampe est de faible consommation et peut donner de 5 à 6 heures d’éclairage avec une charge de la batterie.
- La figure 2 représente un modèle de batterie de trois accumulateurs renfermés dans une boîte sur le devant de laquelle se trouve fixée la lampe avec un réflecteur. Sur le côté est la prise de courant qui est reliée aux bornes intérieures. La figure 5
- est un autre modèle dans lequel la lampe peut être allumée ou éteinte à l’aide d’un interrupteur que l’on voit en A. Quand la lampe est éteinte, l’interrupteur démasque une ouverture dans laquelle on introduit le fil négatif pour effectuer la charge; en II se place le fil positif. Ces divers modèles peuvent être construits avec un nombre variable d’éléments et avec une capacité également plus ou moins élevée suivant le poids. On a pu ainsi atteindre des différences de potentiel de 10 à 12 volts et des capacités de GG ampères-heure. Notre figure 4 représente un modèle de cinq éléments avec la lampe dans le réflecteur à côté.
- Comme on le voit, le nouvel accumulateur Bristol est un appareil très pratique qui pourrait être utilisé pour l’éclairage des voitures, tramways, bicyclettes, etc. Il remplacerait au besoin les piles dans un grand nombre d’applications nécessitant une faible quantité d’énergie électrique. Une seule difficulté se présente; elle est relative au chargement, mais on se préoccupe en ce moment d’installer dans Paris quelques petites stations où, moyennant une dépense minime, on pourrait venir recharger la batterie. L’accumulateur « Bristol » peut donc être utile en bien des circonstances. J. Laffarguk.
- Fig. 1 à 4. — Accumulateurs portants. — Fig. 1. Modèle de larnpc pour bicyclettes. — Fig. 2. Lampe portative à trois éléments. — Fig. 5. Autre modèle avec interrupteur A. —- Fig. 4. Modèle de cinq éléments avec lampe indépendante.
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- LA N AT L HL.
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- TAGHYMÈTRE AMSLER
- Le docteur Alfred Amsler, lils du nicien de Schaffouse, a présenté, réunion de la Société helvétique des sciences naturelles, un ta-chymètre dont la construction repose sur un principe bien connu de cinématique, qu’il applique d’une manière fort ingénieuse à la comparaison de deux mouvements de rotation.
- Considérons (fig. 1, détail au trait) une splièrc, libre de se mouvoir dans tous les sens, à laquelle nous comm uni-
- célèbre méea-à la dernière
- ’ig. 1. — Taehyinèlre Amsler vu du côté des galets moteurs A et B. — Détail : Démonstration du principe de la composition des vitesses dans la sphère, utilisé dans la construction de l’appareil.
- au moyen d’un galet mobile autour d'un axe
- de rotation uniforme.
- quons
- horizontal, un mouvement Attaquons, maintenant, à l’aide d’un autre galet, la sphère en un point situé à angle droit du premier. La sphère va prendre un mouvement combiné, autour d’un troisième axe horizontal, formant un certain angle avec chacun des deux autres.
- La vitesse de la rotation dépendra de la vitesse absolue des deux mouvements, mais sa direction ne dépendra que de leurs vitesses relatives. Cette direction peut être déterminée a priori en appliquant, au pôle P du grand cercle passant par les points d’attaque, le théorème du parallélogramme des vitesses dans le plan. 11 suffira dès lors de déterminer la direction de cet axe, pour connaître immédiatement le rapport des deux vitesses ; si la première est connue, et donnée, par exemple, par un mouvement d hor-
- logerie, la seconde en sera immédiatement déduite.
- Cela posé, voici la description de l'appareil. La sphère de laitonS (fig. 1 et 2), est posée sur le petit galet G, et s’appuie sur les disques A, H et E. Le dernier, dont le support est mobile autour d’un axe
- vertical, sert uniquement à la maintenir en place, tandis (pie les deux premiers lui communiqueront son mouvement. Le disque A (fig. 1 ), actionné par un mouvement d’horlogerie avec échappement à ressort, donne la rotation de comparaison, tandis que le disque H, mû par la machine dont on veut connaître la vitesse, dévie l’axe instantané de rotation, d’une quantité d’autant
- plus grande que son mouvement est plus rapide. Ces
- deux disques que l’on a faits de
- inégalé
- Fig. 2.
- grandeur pour la commodité de la construction du moteur, correspon dent aux deux galets du diagramme.
- 11 s’agit maintenant de déterminer l’axe instantané de rotation, et c’est ici qu’intervient un nouveau principe, que l’on pourrait énoncer en disant que la nature est une ménagère économe.
- Si la sphère S reposait sur de petites billes, chacune d’elles prendrait un mouvement tel qu’elle n’éprouverait, au point de contact avec la sphère, aucun glissement; le frottement se réduirait à sou minimum, par un simple roulement. Hemplaçons la bille par le galet G ; celui-ci cherchera aussi à économiser du travail, et viendra se placer de lui-même, de telle sorte qu’il roule sur la sphère sans glisser. Son axe sera,
- Taehymètre Amsler, vu du coté de l’organe récepteur G et du mouvement d’horlogerie.
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- ]jÀ NATURE.
- alors, parallèle à l’axe instantané de rotation de la sphère, et servira à l'indiquer. Ce galet est monté sur un équipage mobile autour d’un axe vertical placé au-dessous du centre de la sphère ; il entraîne cet équipage en même temps qu’une aiguille, qui indique, sur un cadran, la vitesse du moteur à chaque instant de sa marche.
- Bien entendu, on peut compléter l’appareil par un enregistreur, qui permet de suivre toute la marche de la machine. On voit, sur notre figure 2, un tambour entraînant une léuille de papier, sur laquelle l’aiguille indicatrice inscrit sa position.
- Pour simplifier la construction de l’instrument, on a renoncé à munir le mouvement d’horlogerie d’un ressort moteur, et on a réduit son rôle à celui d’un régulateur. Toute cette partie de l’instrument est actionnée par le galet I) qui reçoit son mouvement du galet C. Ces deux disques frottent l’un sur l’autre de telle sorte que, quelle que soit la vitesse de C, le galet D ne peut pas prendre une vitesse supérieure à celle que permet l’échappement. On voit enfin sur l'arbre portant les galets B et C, la poulie de commande, qui reçoit son mouvement de la machine dont on veut connaître la vitesse. Cette poulie peut être échangée à volonté, de manière à utiliser l’appareil dans les régions de sa sensibilité maxima.
- On vérifie aisément l’instrument aux deux points extrêmes de sa course, pour une vitesse nulle en laissant d’abord le galet B en repos, puis, avec, une vitesse virtuellement infinie, en désembrayant le mouvement d’horlogerie.
- Nous ne saurions dire quelle est la valeur industrielle de l’appareil que nous venons de décrire ; mais il nous a paru, par l’ingéniosité de sa construction, digne d’être présenté à nos lecteurs.
- Ch.-Ed. Guillaume.
- NÉCROLOGIE
- P. Duchartre. — Un de nos savants les plus distingués, M. P. Duchartre, botaniste de grand mérite, membre de l’Académie des sciences, professeur à la Sorbonne, s’est éteint presque subitement la semaine dernière après une longue et belle existence, consacrée aux progrès et à l’enseignement de la science à laquelle il s’était adonné. Nous empruntons à des biographies du savant professeur, les renseignements suivants qui donnent le résumé de sa belle carrière. M. Duchartre était né en 1811, à Porne-ranges (Hérault). Après avoir fait ses premières études d’histoire naturelle à Montpellier, il vint soutenir sa thèse de docteur ès sciences à Paris où, dès ce moment, il s’affirma comme un maître. En 1840, il entra à la Faculté des sciences comme agrégé; en 1848, il était nommé professeur à l’Institut agronomique que la République fondait à Versailles; en 1860, il était rappelé à la Faculté des sciences comme professeur titulaire de botanique; la même année, l’Académie des sciences lui ouvrait ses portes. Nous pouvons à peine énumérer ici quelques-uns de ses principaux travaux : Morphologie de la fleur et de l'ovaire, Physiologie des racines, Anatomie et Organogénie de la Clandestine, etc. ; mais nous devons
- évoquer le souvenir de son brillant enseignement, dont le succès ne fit que croître d’année en année jusqu’à l’heure de la retraite (1886). L’un des premiers — inestimable service qu’il rendit alors à l’enseignement — il eut l’idée d’annexer des travaux pratiques à son cours, dont la clarté et la précision se retrouvent à chaque page de ses Éléments de botanique, si justement restés populaires parmi plusieurs générations d’étudiants. M. Duchartre ne limitait pas ses recherches à la science pure : il était l’un des membres les plus actifs de la Société centrale d’agriculture de France, et se passionnait pour toutes les applications de la botanique à la grande et à la petite culture. Homme de bien dans toute l’acception du terme, d’une haute honorabilité et d’une grande indépendance de caractère, M. Duchartre emporte dans la tombe les regrets unanimes de ses collègues, de scs nombreux élèves et de tous les botanistes français en général, jeunes ou vieux, connus ou inconnus de lui, dont il se faisait un plaisir et un devoir d’analyser avec une égale bienveillance les travaux devant l’Institut.
- Louis Figuier. — L’éminent vulgarisateur scientifique dont les écrits ont rendu tant de services, a succombé le 8 novembre dernier, à l’âge de soixante-quinze ans. Louis Figuier, né le 15 février 1819 à Montpellier, était neveu d’Oscar Figuier, professeur de chimie à l’École de pharmacie de cette ville; il commença avec lui ses études scientifiques, et se fit recevoir, en janvier 1841, docteur en médecine. L’année suivante il vint à Paris et y subit, de 1844 à 1855, les épreuves de l’agrégation de pharmacie et de chimie. Dans l’intervalle, il avait reçu à Toulouse le grade de docteur ès sciences physiques en 1850. Nommé, en 1846, professeur à l’École de pharmacie de Montpellier, il revint prendre part à deux concours d’agrégation, et fut nommé agrégé à l’École de pharmacie en 1855. Les premiers Mémoires de Louis Figuier furent publiés de 1847 à 1854 dans les Annales des Sciences et dans le Journal de Pharmacie. Il rédigea bientôt le feuilleton scientifique de la Presse et plus tard celui de la France. Ses articles, présentés clairement et avec beaucoup de concision, ne tardèrent pas à être remarqués. Louis Figuier publia vers 1854 un livre considérable qui ne comprenait pas moins de 4 volumes in-18; cet ouvrage, intitulé Exposition et histoire des principales découvertes modernes, attira vivement l’attention du public, et jusqu’à la fin de sa vie l’auteur en publia des éditions successives tenues au courant des découvertes nouvelles. Une édition contemporaine s’est vendue à un grand nombre d'exemplaires sous le nom de Merveilles de la science et a été suivie de deux autres ouvrages : Les nouvelles Conquêtes de la Science et les Merveilles de l'Industrie. Les livres de vulgarisation écrits par Louis Figuier sont toujours intéressants; La Terre avant le déluge, la Terre et les mers, l’Histoire des plantes, l’Homme primitif, les Races humaines, le Savant du foyer ont été lus par toute la jeunesse. Louis Figuier a encore retracé l'Histoire du merveilleux dans les temps modernes et l'Alchimie et les Alchimistes. Chaque année depuis 1856, l’infatigable travailleur publiait l’Année scientifique, volume in-18 qui donnait le résumé des recherches scientifiques et des découvertes nouvelles. Louis Figuier a été un des premiers à vulgariser la science; ses livres ont eu un succès prodigieux. C’était un travailleur actif, un critique sincère et honnête. 11 mérite notre reconnaissance pour tout ce qu'il a fait dans le but de divulguer et de propager les lumières de la science. C. T.
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- LA NATURE.
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- CHRONIQUE
- Un plafond mobile mû électriquement. — Une
- nouvelle application de l’électricité a été faite récemment à Paris dans la salle du concert qui portait autrefois le nom de la Cigale. 11 s’agit d’un plafond mobile formé de deux parties, pouvant s’écarter de chaque côté de la partie centrale de la salle de spectacle, laissant à découvert la toiture vitrée pendant les séances de jour. Ces deux parties du plafond sont portées sur deux ponts roulants mus électriquement. Chaque pont est commandé par un moteur série de 756 watts tournant à la vitesse angulaire de 1000 tours par minute. L’énergie électrique est fournie par une dérivation prise sur le secteur Edison ; des frotteurs spéciaux se déplaçant sur des câbles en cuivre nu assurent les contacts avec la canalisation extérieure pendant les manœuvres des ponts roulants. La mise en marche ou l'arrêt peuvent être effectués par le couplage des appareils placés sur le tableau de distribution à la portée de l’électricien; des contacts à ressort avec sonneries ont été établis pour avertir dès que les parties du plafond arrivent à la fin de leur course. L’installation a été faite par MM. Julien et Pacoret. Cette manœuvre, qui dure presque une minute, consomme environ un hectowatt-lieure. 11 s’agit, comme on le voit, d’une nouvelle application électro-mécanique des plus intéressantes. J. L.
- L’appétit d'un boa constrictor. —Un fait extraordinaire et absolument sans précédent s’est passé récemment au Jardin zoologique de Londres où un boa constrictor a dévoré son compagnon de cage. Deux superbes serpents de cette espèce occupaient la même pièce du Muséum, l’un de 2m,70, l’autre de 2m,40 de long, tous deux pesant chacun plus de 20 kilogrammes. En pénétrant dans la cage, un certain matin, le gardien ne trouva plus qu’un seul boa ! Sa peau était si distendue que les écailles semblaient vouloir s’en détacher et il ne pouvait plus ni se replier ni même faire un mouvement. On suppose que le plus grand boa aura voulu disputer à son compagnon les restes d’un pigeon que celui-ci finissait de manger. Dans ses efforts, le premier boa aura avalé non seulement le pigeon, mais encore la tète du serpent occupé à le dévorer. Une fois la tête passée, le corps a suivi tout entier et facilement, la déglutition s’opérant, chez ces reptiles, pour ainsi dire automatiquement et sans interruption. Le boa a été plongé dans une sorte de sommeil léthargique, il ne se mouvait qu’avec peine, mais ses écailles ont repris ces belles teintes irisées qui disparaissent dès que l’animal est soutirant. X. W. (D’après les journaux anglais.)
- Soudure de l'aluminium. — M. Alph. Delecluse vient, paraît-il, de trouver une soudure qui permet de souder directement, c’est-à-dire sans l’emploi de l’acide chlorhydrique et de la résine, le cuivre, le laiton, le fer-blanc et l’aluminium. Voici, d’après l’Ancre de Saint-Dizier cité parles Annales Industrielles, quelques détails sur l’emploi de cette soudure : Dans les soudures à l’étain, plomb et autres alliages dérivant de l’étain, on fait usage de l’acide chlorhydrique pour décaper le cuivre rouge et le laiton avec nouvelle interposition d’acide si, au moment du soudage, la soudure ne fait pas corps avec les deux parties à joindre. De même pour le fer-blanc, le décapage à l’acide est indispensable si les génératrices en regard ne sont pas dans un état de propreté complet. De plus, il faut l’interposition de la résine pour obtenir une soudure otlrant
- quelque résistance. Avec l’emploi de la soudure Delecluse, on supprime l’acide chlorhydrique ainsi que la résine; il suffit de gratter ou limer, pour mettre le métal à nu, et souder ensuite, en suivant la méthode ordinaire, sans interposition d’aucun corps. Cette soudure est particulièrement avantageuse pour l’aluminium. Les divers procédés employés jusqu’à ce jour ne donnaient pas les garanties de solidité que l’on désirait obtenir. De plus, on ne pouvait arriver à souder l’aluminium laminé avec le fondu. Notre confrère ajoute qu’avec la nouvelle soudure, de nombreux essais de traction, de pliage, ont donné des résultats bien supérieurs à ceux obtenus en employant la soudure ordinaire. Le prix de revient de cette soudure est à peu près le même que celle employée par les ferblantiers.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 12 novembre 1894. — Présidence de M. Lœwy.
- Assimilation des nitrates par les plantes. — M. De-moussv a récemment émis l’hypothèse que lès nitrates sont retenus en nature dans les végétaux par le protoplasma vivant des cellules. Dans une note présentée par M. Dehérain, il donne aujourd’hui une vérification expérimentale de cette hypothèse. 11 montre que c’est l’immobilisation des nitrates dans les cellules vivantes qui détermine leur assimilation. En cultivant différentes plantes dans des solutions étendues d’azotate de potasse,
- 11 a constaté un appauvrissement graduel de ces dissolutions ; les plantes ont donc absorbé plus de nitrate que n’en contenait la quantité d’eau fixée, circonstance qui ne peut se produire que si le sel est immobilisé dans les tissus. L’absorption des nitrates dépend non du besoin que les végétaux en auraient pour former des albuminoïdes, mais de leur capacité d’emmagasinement, c’est-à-dire de la plus ou moins grande abondance du protoplasma. C’est ainsi que des maïs provenant de graines privées de leurs cotylédons, par conséquent d’une grande partie de leurs réserves, ont absorbé dix fois moins de nitrate que des maïs provenant de graines normales.
- La ponte des criquets pèlerins. — M. Kiinckel d’IIer-culais fait justice d’une légende de l’Islam relative à la puissance de multiplication des criquets. Cette légende, transmise et acceptée d’âge en âge comme l’expression d’une vérité absolue, ne donne qu’une idée beaucoup trop faible de la fécondité de ces animaux. Mahomet en racontant avoir lu en caractères hébraïques, sur les ailes d’un criquet, ces mots : « Nous sommes les légions du Dieu suprême; nous portons 99 œufs, si nous en portions 100 nous dévorerions le monde entier », propagea une grosse erreur. En séquestrant des couples issus d’une même ponte, M. Künckel a constaté qu’un mois ou un mois et demi après la métamorphose, les femelles sont susceptibles d’effectuer des séries de pontes échelonnées de 12 en
- 12 jours, ou de 15 en 15, ou même de 18 en 18 jours, suivant les conditions de lumière, de température et suivant les aliments consommés. Ce n’est donc pas 50, 80, 99 œufs qu’une femelle dépose dans le sol, mais 500 à 900 dans l’espace de 10 à 11 mois. La légende islamique paraît puiser sa source dans ce fait que les criquets arrivent épuisés sur le rivage de la mer, pondent,, puis meurent. C’est donc surtout par le sud de l’Algérie qu’il serait désirable que l’extermination soit entamée lors des premiers vols pendant la période de la ponte. M. Künkel estime qu’il serait urgent de donner des instructions aux
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- LA NATURE.
- autorités relativement à l’importance que présente l’attaque des premiers vols.
- La destruction des oiseaux. — M. Forest a examiné dans une Notice l’influence de la mode sur la destruction des oiseaux. Pendant assez longtemps on s’est borné à employer les plumages brillants de certains oiseaux des pays chauds, mais depuis quelque temps toutes les espèces sont mises à contribution. Au Japon on a exporté une si grande quantité de plumes que le prix a baissé et l’exploitation a cessé. Une seule maison de Londres a reçu 7fï(i 000 petits passereaux. Les enfants des écoles étaient appliqués à la capture des malheureux oiseaux ; le produit de la vente était versé dans une sorte de caisse des écoles. Cette destruction des oiseaux a une conséquence grave au point de vue de l’agriculture, car elle a pour corollaire la multiplication des insectes. Heureusement le mal est enrayé par l’abondance croissante à bon marché des plumes d’autruche domestiquée.
- Les causes de la digestion saline.
- — M. Dastre étudie l’ensemble des transformations des matières albuminoïdes fraîches en contact avec des solutions salines neutres. Il montre que ces transformations ne sont dues ni aux fermçnts solubles, ni aux microbes. M. Dastre a expérimenté sur de la iibrine de sang de chien. 11 montre la non intervention des ferments solubles : ferment pancréatique et ferment gastrique.
- D’ailleurs la digestion peptique est favorisée par les acides et gênée par les substances salines. L’examen direct prouve qu’il n’y a point de microbes. M. Dastre conclut que la transformation est due à un mécanisme physiologique particulier. 11 signale encore cette circonstance qu’il a réussi à préparer de la fibrine aseptique se conservant en étuve, jusqu’à ce qu’on la mette en contact avec une solution saline.
- Décès. — M. Lœwy annonce à l’Académie la mort de M. Duchartrc et prononce l’éloge du délunt. M. Bornet lit ensuite une Notice sur la vie et les travaux du savant botaniste.
- Varia. — M. Cailletet a effectué des recherches sur la condensation des corps de l’électrolyse par les corps poreux et notamment par certains métaux (le platine, l'iridium, le palladium) et les applications qu’on peut tirer de ce phénomène. — M. Janssen annonce que le 10 novembre dernier le passage de Mercure sur le disque du Soleil n’a pu être observé qu’en partie à Meudon. L’entrée de la
- planète avait lieu à 4h4m et le coucher du Soleil à 4h20“; un nuage couvrait le Soleil au moment de l’entrée, mais on a aperçu le disque de la planète sur le Soleil pendant les dix dernières minutes. M. Janssen n’a donc pu constater expérimentalement l’existence de l'atmosphère coronale du Soleil, comme il l’avait fait en 1874 lors du passage de Vénus, par la visibilité de Vénus à deux minutes du Soleil. — M. de Saporta communique un Mémoire sur la flore fossile du Portugal. Gu. de Viu.edeuil.
- CURIEUX EMPLOI DE TUYAUX ACOUSTIQUES
- Nous reproduisons ci-dessous une charmante gravure de la fin du siècle dernier; elle représente un curieux tableau parisien retracé par un artiste de
- beaucoup de talent. 11 s’agit d’une séance en plein air donnée par quelques charlatans qui s’intitulaient Diseurs de bonne aventure. Dans les promenades publiques, ces industriels se formaient un tréteau au moyen de planches posées sur les deux moi-' tiés d’un ton^ neau ; ils y montaient pour dominer les passants, et ils appelaient 1 e s promeneurs en criant à tne-tète dans des tuyaux acoustiques de grande longueur formant des porte-voix.On accourait auprès des diseurs de bonne aventure, et, quand on voulait connaître l’avenir, ils vous faisaient des révélations qu’ils transmettaient par leur long tuyau acoustique. Ce tuyau avait environ 5 mètres de longueur; le promeneur qui le tenait à l’oreille entendait les boniments du pitre, qui prenaient un son lugubre et mystérieux en traversant la colonne métallique; il était seul à entendre les paroles prononcées, qui ne consistaient généralement qu’en plaisanteries d’un goût douteux.
- Voilà une vieille scène parisienne qu’on ne connaît plus guère. 11 nous a paru intéressant d'en donuer une reproduction d’après un document authentique et recherché des amateurs. G. T.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissanwek.
- Les Diseurs de bonne aventure A Paris, chez Berthaud, graveur, rue Saint-Louis. (D’après une ancienne estampe réduite.) Collection de M. Gaston Tissandier.
- Pans. — Imprimerie Lahure. rue de Fleurns. O.
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- N° 1121. — 24 NOVEMBRE 1894.
- LA NATURE.
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- IA MARINE DE GUERRE DES ÉTATS-UNIS
- A l’instar des nations européennes, les États-Unis dépensent sans compter, depuis quelques années,
- pour se créer une flotte de guerre puissante ; bien que leur situation semble les mettre complètement à
- Fig. 1. — Navire de guerre américain. La Columbia.
- l’abri d’un conflit militaire, ils tiennent à posséder une marine de guerre dotée de tous les perfectionnements modernes. C’est dans ce but que fut rédigé le grand programme de 1885 : leur premier desideratum était de se rendre indépendants de l’industrie étrangère, et en particulier de l'Angleterre, pour la fabrication des canons, des cuirasses, et, au moyen
- d’adjudications importantes, ils ont réussi à susciter la création de « la Bethleem Iron Company », dans la vallée de Lehigh, en Pensylvanie, qui possède des usines métallurgiques répondant aux besoins militaires. Pour seconder leur marine militaire, les Américains voulaient se préparer une flotte, de croiseurs auxiliaires, et c’est pour cela qu’au moyen de dispo-
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- TL‘ année. — 2e semestre.
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- LA NATURE.
- sitions législatives spéciales, ils sont arrivés à faire battre pavillon de l’Union aux grands transatlantiques City of Paris, City of New York.
- II est certain qu’au point de vue de la flotte de guerre proprement dite et des cuirassés, presque tout était à créer, même en 1885; c’est à peine si la confédération possédait en chantier, depuis quinze ans, cinq cuirassés à deux tourelles fermées. Le plus grand était le Puritan, de 6000 tonneaux ; les autres étaient le Miantonomoh, YAmphitrite, le Monadnok et le Terror.
- Mais bientôt on en rappelait de cette insuffisance ; non seulement en 1886 le Congrès votait la construction de 2 monitors à 2 tourelles, le Texas et le Maine, mais encore on autorisait, dans les budgets de 1887, 1888 et 1889, un garde-côtes de 4000 tonneaux et de 5400 chevaux, un croiseur cuirassé de 7500 tonneaux, un monitor-croiseur cuirassé de 5000 tonneaux et de 7500 chevaux. Nous pourrions ajouter une liste de toutes les constructions faites depuis 1889 jusqu’à 1892 : nous verrions par exemple les cuirassés Chicago, Charleston, Baltimore, Philadelphia, San Francisco, New York, de 4000 à 4500 tonneaux de jauge (sans parler du Mian-tonomoh, que nous avons déjà cité), puis les croiseurs de 1700 tonneaux, Yorktown, Concord, Bennington, et des grands croiseurs allant jusqu’à 8500 tonneaux comme le New York, le Maine et le Texas (signalés plus haut), le Mon terey, le Détroit, la Colombia. Le Baltimore et le Philadelphia ont 111m, 75 de long, et l’un 10 000, l’autre 8800 chevaux indiqués ; le New York, avec même longueur, a 16000 chevaux. Le croiseur-torpilleur Vesuvius, dont nous n’avons pas encore prononcé le nom, mériterait à lui seul une description, surtout pour ses canons à la dynamite ; mais il faut nous borner, et nous donnerons simplement quelques détails sur les unités le plus récemment mises à flot.
- Un des types les plus remarquables est la Columbia (fîg. 1). Ce navire a été mis à l’essai il y a un an.
- On a voulu en faire un navire de course pouvant ruiner les flottes commerciales, et, à ses débuts, sa vitesse moyenne a été de 22,81 nœuds. Elle possède un armement réellement effectif, en même temps qu’elle est suffisamment protégée contre le tir des canons de petit calibre. Parmi ses trois ponts s’étendant de bout en bout, il y en a un blindé en acier, et, comme de coutume, affectant la forme arrondie; sur les côtés il a une épaisseur de 0m,101 et de 0m,062 seulement au centre ; il se rencontre avec la muraille à lm,571 au-dessous de la ligne de flottaison. Bien entendu aussi on a suivi les méthodes ordinaires en disposant une ceinture de cofferdam à la hauteur de la flottaison, et en plaçant les soutes à combustible de manière à créer une protection supplémentaire.
- Disons brièvement que l’armement comprend un canon de 8 pouces monté à l’avant, sur le pont supérieur, puis 2 de 6 pouces sur le pont principal
- à l’arrière ; les uns et les autres sont protégés par des boucliers de lourdes plaques d’acier. Il y a en outre 16 canons Hotchkiss à tir rapide, 4 Gatling et enfin 6 tubes lance-torpilles, dont deux immergés. Le franc bord du navire est de 6 mètres, ce qui lui permet de tirer tout en maintenant sa vitesse.
- Sans entrer dans trop de détails, nous dirons que ce navire a un équipage de 500 hommes. Ses dimensions sont de 125m,50 pour la longueur à la flottaison, de 17m,70 de largeur au maître bau, le tirant d’eau oscillant entre 6m,86 et 7m,75; le déplacement normal est de 7556 tonnes. Il faut encore faire remarquer qu’il y a trois hélices, chacune ayant sa machine, et que rapprovisionnement de charbon est de 2080 tonnes, ce qui permettrait une croisière de 105 jours sans ravitaillement, à raison de 10 nœuds.
- Nous pourrions signaler les récents essais du croiseur partiellement protégé Montgomery, qui a marché à 19 nœuds, les deux hélices faisant jusqu’à 180 tours à la minute : il est long de 78™,55, large de llm,27, tire 4m,50 et déplace 2000 tonnes. Les machines sont de 5400 chevaux indiqués ; il porte 8 canons de 5 pouces, 2 autres à tir rapide, sans compter les petits canons et mitrailleuses et 5 tubes à torpilles. Plus récemment encore, on a procédé aux essais d’un puissant cuirassé, Ylndiana, sorti, comme la plupart, des grands chantiers de Cramp, à Philadelphie ; l’on a obtenu 15,6 nœuds à tirage forcé et l’on comptait pouvoir en obtenir 16 avec essais définitifs. Tout en acier, Ylndiana est longue de 106 mètres entre perpendiculaires, large de 21 mètres, tire 6m,70 et déplace 10 281 tonnes. Elle porte une ceinture de plaques d’acier au nickel Harvey de 0m,457, et deux tourelles de même épaisseur à peu près contenant chacune 2 canons de 15 pouces. L’armement comprend en outre des pièces de 8 pouces dans des tourelles aux quatre coins de la superstructure centrale, puis 4 autres pièces de 6 pouces, des canons à tir rapide et 6 tubes à torpilles.
- Nous citerons pour finir le Minneapolis, qui-représente la dernière unité mise à flot pour la marine de guerre américaine, et que l’on voit, dans la figure 2, courant à toute vitesse lors de ses récents essais. Après des marches successives, on se mit au tirage forcé, et ce magnifique navire a fourni une vitesse dépassant 25 nœuds en moyenne; pendant la première moitié du parcours, son allure n’a pas descendu au-dessous de 21 nœuds, et a pu atteindre 24 ; mais au retour ce fut bien autre chose, car on put constater le chiffre formidable de 25,2 nœuds durant une bonne partie de la route, et, à la fin du trajet, qui présentait le développement vraiment considérable de 28 milles marins, la vitesse moyenne, une fois faites les corrections dues aux courants, fut calculée à 25,075 nœuds.
- Il faut songer qu’il ne s’agit point là d’un petit torpilleur, mais d’un grand croiseur; c’est certainement un résultat inespéré. La puissance de sa machinerie est de 21000 chevaux, et le nombre des
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- révolutions de l'appareil varie entre 130 et 130 à la minute. Nous ajouterons que le propulseur est formé d’une triple hélice. Ce remarquable croiseur présente des analogies avec la Columbia au point de vue des dimensions : J23m,70 de long, 17m,70 de large, 6m,86 de tirant d’eau. La coque est en acier à double fond, avec pont cuirassé; l’armement principal comprend 1 canon de 8 pouces, 2 de 0 et 8 de 4 à tir rapide. Le coût de ce magnifique bateau a été de 2 090 000 dollars, plus 414 000 comme prime supplémentaire de vitesse ; ce qui fait que MM. Cramp ont touché au total 10 300000 francs. Mais on voit quel puissant engin de destruction possède la marine des États-Unis. Daniel Bellet.
- LES CHATS DES RÉFRIGÉRATEURS
- DE P1TTSBURG
- Un cas intéressant d’adaptation à un milieu nouveau et quelque peu extraordinaire vient d’être recueilli aux États-Unis, et enregistré par Natural Science (octobre), à qui nous l’empruntons.
- Dans beaucoup de villes des États-Unis l’industrie de la conservation des comestibles par le moyen du froid a pris une extension considérable. Gela est assez naturel dans un pays où la production est fort étendue, et où, en raison de la pléthore momentanée du marché, beaucoup de marchandises devraient être vendues à vil prix, ou bien jetées à la rivière. Les Colcl storacje warehouses, les magasins froids, rendent des services réels en permettant la conservation de produits qui se trouvent être trop abondants, et ces mêmes produits, après cinq, dix, vingt jours, trouvent preneur à des conditions acceptables, le marché étant désencombré, peut-être même désassorti. Us jouent en particulier un rôle considérable dans les pêcheries. La pêche a-t-elle été très abondante? Le poisson tombe à des prix inférieurs, et, plutôt que de le vendre, on l’emmagasine et on le conserve pour le mettre en vente quand le mauvais temps ou telle autre circonstance ralentira ou arrêtera les arrivages. Ces magasins sont à peu près tous construits sur le même type. J’en ai visité à New-York en particulier, ce sont le plus souvent des caves à murs très épais, où circulent de gros tuyaux renfermant un liquide dense, à point de congélation bas, lequel liquide revient sans cesse à un réfrigérateur pour se refroidir. La température des chambres de conservation est de 3 ou 4 degrés au-dessous de zéro; elle y est maintenue de façon permanente, les tuyaux se couvrant d’un épais givre formé par la condensation et la congélation de la vapeur d’eau exhalée par les produits conservés. Les poissons et viandes sont accrochés aux murs, ou empilés sur des rayons : un poulet qui se trouvait là depuis deux ans, dur comme une pierre d’ailleurs, et congelé de part en part, était en non moins parfait état de conservation que d’admirables saumons, et une quantité de ces flétans de deux mètres de long, sortes de turbots gigantesques, qui constituent un des produits maritimes les plus importants des Etats-Unis. Mais ce n’est pas de cela dont il est question. Il s’agit d’adaptation, et, dans le cas présent, cette adaptation est double.
- Pendant quelques mois les Cold storacje ivarehouses n’ont abrité ni souris ni rats : il y faisait trop froid et surtout le froid y était trop persistant. La vérité est que les
- rongeurs qui s’y glissaient mouraient ou bien se bâtaient de ressortir. Pourtant quelques-uns d’entre eux réussirent à résister, car au bout d’un certain temps leur présence devint manifeste. Mais ce n’étaient point des rats comme les autres. Ils se trouvaient être vêtus d’une fourrute étonnamment longue et épaisse, et leur queue même, par une sage dispensation de la Providence, était également couverte d’un pelage épais et chaud, faute de quoi, cela n’est point douteux, cet appendice se fût bien vite gelé, gangrené et détaché.
- Pour se débarrasser des rats, qui se trouvaient parfaitement acclimatés, et qui devenaient très abondants, on lit venir des chats. Ils moururent. Le froid était trop vif pour eux, et ils n’y pouvaient résister. Au bout de quelques essais, il s’en trouva un qui put tenir bon. C’était une chatte, et d'une fourrure exceptionnellement épaisse. Elle était évidemment mieux pourvue, et plus en état de tenter la lutte contre le froid. Sa fourrure la sauva, et elle survécut. Un beau jour, elle donna naissance à une portée de sept petits chats. Nés et élevés — avec grand soin — dans le milieu peu hospitalier où ils virent le jour, métaphoriquement parlant, ceux-ci se développèrent en chats solides, bien râblés, et pourvus d’une admirable fourrure, et ils sont devenus les ancêtres d’une postérité abondante qui est si bien adaptée au froid, que c’est elle qui peuple maintenant tous les magasins froids de Pitts-burg. Tous ces chats sont vigoureux, trapus; leur pelage très épais ressemble à celui des chats sauvages des forêts du Canada. Cette race spéciale, qui doit son existence à la fois à la sélection et à l’influence du milieu ambiant, est principalement caractérisée par la faible longueur de la queue, et par le développement considérable des sourcils et moustaches. Ces poils ont à peu près le double de la longueur accoutumée, et dans l’obscurité où vivent les animaux, ces organes tactiles jouent évidemment un rôle beaucoup plus considérable et plus important que dans les conditions ordinaires.
- L’acclimatation et l’adaptation sont parfaites, et il est dit que si un chat de cette nouvelle variété est tiré de son habitat, et mis au dehors, durant l’été surtout, il meurt en quelques heures, ne pouvant endurer la température extérieure. Cela est bien possible d’ailleurs. Au total nous avons là un cas curieux d’adaptation et d’acclimatation à un milieu anormal, à joindre à beaucoup d’autres d’ailleurs, et qui tire surtout son intérêt du caractère particulier du milieu. On sait par les expériences de Dollingcr, entre autres, que des organismes très simples peuvent être graduellement acclimatés de façon à vivre dans des milieux beaucoup plus chauds que ceux où ils se trouvent d’habitude. Il est toujours utile de faire connaître des cas nouveaux d’adaptation naturelle.
- Henry de Varigny.
- L’intérêt très grand qui s'attache à la production des champs magnétiques de grande intensité, et à l’étude des variations qu’éprouvent, sous leur action, certaines propriétés des corps, a conduit à perfectionner peu à peu la construction des électro-aimants des laboratoires, et à les faire bénéficier des progrès de l’industrie électrique. Tandis que les conditions spéciales de fonctionnement des machines dynamos | ne permettent guère de dépasser dans leur entrefer
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- une intensité de 8000 unités, on avait déjà atteint, dans les laboratoires, des champs de 50 000 unités C. G. S., mais on n’était pas allé au delà de cette valeur. M. du Bois, dont les travaux sur le champ magnétique sont bien connus, s’est proposé d’aller plus loin encore, sans dépasser toutefois les dimensions admissibles pour un appareil d’étude. Lorsqu’on examine les facteurs desquels dépend l’intensité du champ produit par un électro-aimant, on reconnaît sans peine que cette intensité augmente, toutes choses égales d’ailleurs, comme le logarithme des dimensions homologues, de telle sorte que, lorsqu’on a obtenu un champ du diamètre voulu pour les expériences «pie l’on a en vue, on ferait un mauvais calcul, au point de vue économique, en cherchant, par l'agrandissement de tout l'appareil, à produire un champ encore plus intense.
- L’instrument construit par M. du Bois se compose, ligure 1, d’un simple anneau de fer doux de Suède, presque fermé, et muni de 12 bobines, qui comprennent en tout les deux tiers du tour entier de l’anneau. Chacune d’elles possède, en marche normale, une résistance de 0,2 ohm, et supporte, sans s’échauffer outre mesure, une intensité de 45 ampères ; la force magnéto - motrice prend ainsi la valeur considérable de 108 000 am-oères-tours. A ce moment l’appareil absorbe plus de 0 chevaux.
- L’anneau de fer n’est pas d’une seule pièce; il est coupé par un plan horizontal, en deux parties qui restent toujours en contact, et peuvent glisser l’une sur l’autre. La manivelle M permet de les déplacer à volonté, et de modifier l’entrefer A. La position respective des deux pièces de l’anneau est en outre réglée par de robustes pièces de laiton B, reliées par une vis, et qui maintiennent l’écartement voulu. Elles deviennent, lorsque l’appareil est en marche, un point d’appui nécessaire pour empêcher les déformations qui ne manqueraient pas de se produire, lorsque, sous l’action des forces magnétiques, les pôles s’attirent avec une force qui peut atteindre 1000 kilogrammes.
- L’intervalle que l’on voit entre les deux bobines supérieures et les suivantes a été, en outre, mis à profit, pour pratiquer, dans l’anneau, un canal horizontal qui permet de faire traverser le champ par un rayon lumineux, et d’examiner les actions opti-
- ques du champ magnétique. C’est aussi dans ce but que servent les instruments C et 1), qui ne sont autre chose qu’un polariseur et un analyseur.
- Le bâti peut, à volonté, être fixé sur des crapau-dines, ou rester sur ses roulettes.
- Les pôles P peuvent être échangés à volonté, de manière à obtenir, suivant les besoins, un champ étendu ou un champ intense. Les pôles coniques concentrent les lignes de force magnétique sur un petit espace, et donnent au champ son intensité maxima lorsque le demi-angle au sommet du cône est voisin de 60 degrés. Dans ces conditions, on peut obtenir, sur un espace de quelques millimètres carrés, un champ de 59 000 unités. Ce résultat, dont un électricien habitué à manier les unités
- magnétiques saisit immédiatement le sens, a besoin, pour être généralement compris, d’être suivi dans ses conséquences; supposons que nous placions, longitudinalement dans ce champ magnétique, un petit morceau de fil de fer d’un faible diamètre. Ce fil va s’aimanter à saturation, et, d’après une formule bien connue de Maxwell, il éprouvera une traction longitudinale égale au carré de l’induction divisé par 8tt; réduite en unités ordinaires, cette traction est exprimée par 150 kilogrammes environ par centimètre carré. Une solution de chlorure de fer, placée dans un tube entre les pôles de l’aimant, s’élèverait de plus de 50 centimètres. M. du Bois a, de plus, vérifié, avec la collaboration de M. Uender-son, que la résistance électrique d’une spirale de bismuth placée dans ce champ, est triplée à la température ordinaire. Lorsque la température s’élève, la résistance du bismuth est moins affectée par le champ magnétique; et, comme conséquence immédiate, la variation thermique de résistance diminue lorsque le champ augmente ; par exemple, pour un champ de 8000 unités, la résistance est indépendante de la température, et, dans un champ plus intense, la variation thermique est négative.
- L’appareil construit par M. du Bois est, on le voit, susceptible de nous renseigner utilement sur un domaine encore peu connu des propriétés de la matière, et nous ne pouvons que souhaiter de voir poursuivre des expériences si bien commencées.
- C.-E. Guillaume.
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- LÉCLAIR4GE ÉLECTRIQUE
- LES GLOBES POUR FOYERS LUMINEUX
- Dans un précédent article1, nous avons examiné le fonctionnement pratique des lampes à arc et à incandescence, afin d’obtenir le meilleur éclairage dans les conditions les plus économiques. Il nous reste aujourd’hui à étudier une des questions les plus importantes et souvent aussi les plus négligées : la répartition ou distribution des rayons lumineux dans les diverses directions. Ce problème ne concerne pas seulement les foyers électriques, mais en général toutes les sources lumineuses.
- On a beaucoup employé jusqu’ici autour des foyers lumineux des globes en verre clair ou en verre opalin. Mais avec les premiers, l’éclat de l’arc ou d’une source de lumière un peu intense est insoutenable à l’œil; avec les seconds, les pertes par absorption varient de 40 à 60 pour 100. Il faut remarquer qu’avec ces dispositions on n’utilise
- Fig. 1, 2, 5 et 4. — Globes d’éclairage holophanes. — Fig. 1 et 3. Coupes verticale et horizontale d’un globe diffuseur. — Fig. 2. Coupe verticale d’un globe diffuseur-distributeur, pour réfléchir les rayons lumineux au-dessous de l’horizon. — Fig. 4. Coupe verticale d’une tulipe avec couvercle réflecteur.
- qu’une partie de l’intensité de la lumière, celle projetée dans la partie inférieure d’une sphère qui
- entoure le foyer lumineux, intensité dite hémisphérique.
- Pour éviter ces pertes considérables, il était nécessaire d’établir un globe qui permettrait, en utilisant certaines propriétés optiques, de diffuser en tous sens l’intensité lumineuse d’un foyer ou de la distribuer convenablement suivant certaines directions. C’est le but qui a été poursuivi depuis quelques années par la Société française d'éclairage holophane dont le directeur est M. A. Engelfred. Nous avons signalé autrefois les premiers essais1 effectués dans cette voie; aujourd’hui la fabrication fonctionne régulièrement dans
- les cristalleries de Baccarat, et les globes holo-phanes sont utilisés pour l’éclairage public à Paris sur les grands boulevards, de la rue d’Iïauteviîle
- au boulevard Sébastopol, ainsi que dans un grand nombre de magasins et de boutiques.
- Les globes holophanes, comme l’indique leur
- 1 Yoy. n° 1097, dit 9 juin 1894, p. 18.
- nom, paraissent uniformément lumineux sur toute leur surface ; ils peuvent être diffuseurs simplement ou diffuseurs distributeurs. Ces propriétés ont été
- 1 Yov. n° 1059, du 29 avril 1895, p. 558.
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- obtenues par l’emploi de eannelures croisées sur des globes sphériques ou ovoïdes, de cristal pur et transparent, et par les formes spéciales de cannelures intérieures et extérieures. Celles-ci sont formées par des combinaisons de deux profils, l’un réfractant, et l’autre réfléchissant, qui ont été calculés mathématiquement pour produire l’effet voulu.
- Nous ne saurions entrer ici dans tous les détails concernant les diverses cannelures, ni décrire leurs tracés respectifs qui peuvent varier à l’infini suivant les besoins. Les unes sont à angles saillants, d’autres à profils mixtes composés chacun de parties alternativement réfractantes et réfléchissantes. Les figures 1 et 2 représentent les coupes verticales de deux globes à doubles cannelures et la figure 5 nous donne leur coupe horizontale commune. Les cannelures intérieures, toutes semblables entre elles, sont dirigées suivant des méridiens et les cannelures extérieures suivant des parallèles; ces globes sont exécutés à la presse, en deux moitiés séparées par un plan horizontal et faites chacune dans un moule spécial. L’enveloppe extérieure du moule porte les cannelures extérieures et le noyau les cannelures intérieures gravées à la fraise. Les deux parties du globe sont réunies entre elles par un treillage métallique ou par tout autr.e procédé. Le globe de la figure 1 est uniquement diffuseur, c’est-à-dire qu'il répartit simplement l’intensité lumineuse dans tous les sens. La figure 2 nous montre un globe diffuseur-distributeur, qui renvoie toute la lumière au-dessous de l’horizon. Pour atteindre ce but, la partie supérieure A, R, G est formée de cannelures réfléchissantes, et les autres parties I), E, F de cannelures mixtes de divers profils. La figure 4 nous donne la coupe verticale d’une tulipe portant un couvercle réflecteur.
- Nous avons représenté dans la figure 5 la vue extérieure d’un globe sphérique holophane et dans la figure 6 une tulipe holophane. La figure 7 nous donne la perspective d’un cône holophane d’une ouverture de 10 centimètres à la base et d’une hauteur de 0m,12 qui peut être appliqué facilement à toute source lumineuse, becs Auer ou becs à gaz ordinaires, lampes diverses; il permet de démontrer très aisément les propriétés diffusantes et distributrices des globes holophanes. Il suffit en effet de le placer autour d’un foyer lumineux et de le retirer ensuite pour comparer dans les deux cas l’intensité lumineuse par la lecture d’un livre ou d’un manuscrit.
- Les globes holophanes ont donné jusqu’ici les résultats les plus satisfaisants. Avec une faible hauteur pour le point lumineux, on obtient une répartition de lumière plus favorable qu’avec les foyers à globes ordinaires placés à de grandes hauteurs. Des courbes photométriques tracées au laboratoire de la Société internationale des électriciens n’ont indiqué des absorptions de lumière que de 9 et 15 pour 100. D’autre part les ingénieurs de la Compagnie continentale Edison ont trouvé pour les boulevards à Paris une augmentation assez notable de l’éclai-
- rement. Ajoutons que les globes holophanes, par leurs propriétés diffusantes, rendent possible dans les appartements l’emploi des lampes à arc de faible intensité, de 2 ou 3 ampères. Le prix de revient de ces globes n’est pas très élevé ; un globe de 18 centimètres de diamètre est vendu 4 francs. 11 s’agit, comme on le voit, de progrès très sérieux dans l’utilisation des foyers lumineux.
- J. Laffargue.
- L’OUTILLAGE DU PÊCHEUR A LA LIGNE1
- Pêche à la mouche. — Nous avons parlé précédemment des cannes spéciales pour cette pêche ; nous y ajouterons la canne rubannée, imaginée il y a plus de quarante ans par Charles de Massas, l’auteur d’un ouvrage estimé sur la pèche à la mouche. L’inventeur enroulait en hélice, autour d’un roseau, un ruban de soie, coton ou fil, imbibé de colle forte ; lorsque ce ruban était sec, il l’enduisait d’un vernis gras. Ce système empêchait le roseau de se fendre comme le fait le roseau ordinaire atteint par l’humidité et exposé aux rayons du soleil. MM. Wyers, de Paris, ont repris en la perfectionnant la fabrication des cannes rubannées ; au moyen d’un ciment spécial, ils égalisent toutes les parties du roseau, et leur rubannage est double et croisé, au lieu d’être simple comme dans les cannes de Massas. Ils obtiennent ainsi des cannes plus légères que celles en bambou et d’une solidité à toute épreuve. Les lignes sont en crin tordu ou en cordonnet assez fort; les bas de ligne en racine anglaise et munis d’un hameçon à longue tige portant l’insecte naturel ou artificiel qui doit servir d’appât (fig. 1). Les insectes le plus souvent employés sont les mouches proprement dites, surtout celles qui ont des couleurs à reflets métalliques verts ou bleus. Les mouches et insectes vivants, sauterelles, grillons, etc., se placent dans des boîtes métalliques munies d’une petite trappe pour ne laisser passer qu’un insecte à la fois. A défaut d’insectes vivants, qui sont les meilleurs, il s’est créé une industrie spéciale pour la fabrication des insectes artificiels, qui sont une imitation parfaite de la nature. Ces insectes (fig. 2, nos lia 20), destinés à la pêche du saumon, de la truite et du chevesne, ont le corps en liège et les ailes transparentes. Les principales de ces imitations sont : la mouche de maison, la mouche à viande, l’abeille, la guêpe, la sauterelle, le hanneton, etc. Disons en passant qu’on fait aussi, pour la pêche de fond, des insectes eti caoutchouc mou : bêtes à bon Dieu, asticots, araignées, chenilles, vers de terre; ces derniers, ainsi que les vers de vase (nos 10 et 18), se faisant aussi en gélatine, et pouvant s’accrocher à l’hameçon comme les vers naturels.
- Quant aux mouches artificielles proprement dites, elles constituent, comme on le sait, une branche
- 1 Suite et fin. — Yoy- n° 1116, du 20 octobre 1894, p. 335.
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- importante de l’industrie anglaise. Faites en plume, elles sont la légèreté même, voltigent au-dessus de l’eau et viennent se poser à la surface avec toutes les allures d’un insecte naturel, excitant ainsi la convoitise des poissons goulus et imprudents qui fondent sur elle et l’engloutissent sans avoir aperçu le dard perfide de l’hameçon. Le pêcheur peut fabriquer lui-même ses mouches, mais on en trouve d’excellentes dans les maisons spéciales. Kresz aîné, dans son ouvrage sur la pèche, cite les quinze espèces qu’il a reconnues les plus meurtrières, Ro-nalds en cite quarante espèces. C’est par centaines qu’il faut les compter aujourd’hui. En effet, le choix de la mouche varie, on le sait, non seulement avec la saison, l’heure du jour, la transparence de l’eau, la température et l’état de l’atmosphère, mais encore d’une rivière à l’autre. C’est l’expérience seule qui fixera le pêcheur non initié (fig. 2, nos 11 à 20). Les mouches artificielles sont fabriquées par des femmes et des fillettes aux doigts habiles, qui doivent les faire vite et bien. Les plumes employées sont celles de la collerette du coq, du coq de bruyère, du canard, de la pintade, de la perdrix grise et rouge, du paon, etc. Le corps se fait avec la barbe de la plume du paon et de l’autruche. La laine, la soie, la chenille, sont aussi employées à cette fabrication. On fait de ces mouches avec, le corps en plume ou en liège. Les numéros 21 et 22 de la figure 2 montrent les mouches de mai à ailes déployées, avec le corps en soie. On en fait aussi avec des ailes transparentes se tenant droites sur l’eau (nÜS 25 et 24). Les bas de ligne garnis de mouches artificielles se conservent dans un portefeuille à plusieurs poches, garnies de flanelle pour sécher les mouches mouillées. La figure 2, n° 25, montre une mouche à saumon, montée sur hameçon double à hélice.
- Pêche au vif. — Pour les poissons carnassiers, qui se prennent au vif, c’est-à-dire à l’aide d’un poisson vivant comme appât, la ligne doit être disposée d’une façon toute différente de celle que nous avons indiquée au début pour les petites .pêches. La canne, d’abord, doit être très résistante; un bambou d’une seule pièce ou une canne rubannée Wyers sont ici tout indiqués. La ligne sera faite d’un cordonnet de soie extra-fort de 8 mètres de longueur; on y mettra un gros bouchon en forme de poire et une halle de plomb comme lest. Le bas de ligne sera composé de plusieurs brins de racine tordus, ou mieux, comme les dents du brochet coupent souvent l’empile, on fera cette dernière avec une corde de guitare en fil d’archal ou encore avec une chaînette en fil de laiton. Ici, on ne doit rechercher que la force ; le brochet et la perche ne sont pas effrayés par une ligne un peu grosse ni par la complication des appareils dus à l’imagination des inventeurs, et nous allons voir jusqu’où, dans cette spécialité, elle a pu se donner carrière. Mais, avant de parler du bas de ligne et de ses tackles ou montures spéciales, je mentionnerai Yémerillon (fig. 5, n° 1),
- petit instrument d’acier ou de laiton composé de deux corps distincts en forme de boucles et montés sur pivot. On le place entre deux portions du bas de ligne de façon que le poisson vivant qui sert d’appât puisse nager à son aise, ou, dans le cas où l’on pêche avec un poisson mort ou artificiel, pour que cet appât, qui doit tourner rapidement dans l’eau par les moyens que nous allons indiquer, ne fasse pas tordre le fil de la ligne. Notre figure 5 montre un de ces tackles ou montures pour la pêche au vif. Il se compose d’une tige métallique creuse garnie de deux ailettes en hélice. On passe cette tige dans l’intérieur du corps de l’appât (un véron), et, en appuyant sur les deux branches de l’hélice, on fait sortir deux crochets qui empêchent le véron de se détacher. Un ou plusieurs grappins sont attachés à l’hélice. Le courant de l’eau fait tourner celle-ci, communiquant à l’appât un mouvement qui attire l’attention des truites et saumons auxquels on le destine. Cette monture est appelée : l'hélice Champion. Voici maintenant la monture Richmond, qui, comme la précédente, sert à pêcher au véron la truite et le saumon. Le n° 5 (fig. 5) montre la monture seule, le n° 4 la montre garnie du véron. Vient ensuite l’hélice Archer, pour pêcher la truite, le saumon ou le brochet au vif. Le n° 5 montre l’appareil ouvert; on passe l’aiguille dans l’intérieur du poisson-appât, et on ferme les hélices sur la tête pour le maintenir en place (n° 6).
- Les montures ci-dessus ne permettent de pêcher qu’avec un poisson mort; il y a intérêt, le plus souvent, à employer au contraire comme appât un poisson bien vivant, fixé sur un tackle qui le fasse souffrir le moins possible. De ce genre est le harnais (fig. 5, n° 7) permettant d'atteler le poisson à une sorte de collier, l’hameçon étant à peine engagé sous sa peau, pour le retenir. Citons également le tackle bickerdyke. Comme on le voit, dans ces montures, la bricole ou hameçon double est placée tout près ou même en avant de la tête de l’appât; c’est toujours par la tête que les poissons carnassiers avalent leur proie; ils se trouvent donc pris du premier coup. Notre figure 5 (n° 8) montre le tackle à fourche, pour la pêche du brochet avec un poisson naturel. Viennent ensuite les montures servant à pêcher avec un poisson artificiel : le calédonien (n° 10), petit poisson à hélice, en gutta-percha, pour truites, saumons, perches et brochets, les poissons Devons en métal peint, argenté ou doré, etc., etc. (n° 11). Vous voyez que leur forme ne ressemble guère à celle d’un poisson, et que les brochets y mettent vraiment de la bonne volonté. Il en est de même du poisson spiral (n° 12) en métal et des tue-diable (n° 15) munis d’hélices qui les font tourner beaucoup plus rapidement que les autres systèmes.
- Pour imiter la flexibilité du poisson véritable, le poisson artificiel peut être une sorte de ressort à boudin, comme le serpentanic en fil d’acier, fort et souple (n° 14) ou le poisson à jointures (n° 15)
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- LA NATURE.
- dans lequel l'appât semble revêtu d’une armure à pièces articulées, analogue à celle de nos anciens chevaliers.
- Comme les hameçons placés à l’extérieur rendent difficile la rotation du poisson artificiel, on a inventé le curieux Destructible (n° 16), appât dans lequel la tète en métal porte les hameçons; ceux-ci sont cachés dans un étui en papier, qui est flexible et destructible et imite parfaitement le corps d’un poisson naturel ; lorsqu’un brochet ou une perche saisissent cet appât, les hameçons s’ouvrent, déchirent le corps de l’appât et accrochent la proie. La même monture peut ainsi servir plusieurs fois; seuls, les étuis en papier doivent être renouvelés.
- curieux système de monture pour la pêche au vif;
- l’appât vivant nage librement dans un large tube de verre bien transparent, fermé par des bouchons percés de trous et entouré des tackles à grappins décrits plus haut. Citons encore les poissons fantômes, en soie préparée, peints des couleurs les plus vives ou bien recouverts de véritable peau de sole; on les fait aussi en celluloïd (n° 17). Pour ces formes, qui tournent très rapidement dans le courant de l’eau, on a perfectionné l’émerillon en y mettant des frottements à billes (n° 18) tout comme pour les coussinets de bicyclettes !
- Enfin, pour pêcher à la ligne la perche, la truite et le brochet, on
- Fig. 1. — Pêche à la mouche artificielle.
- Le Scientific American a récemment décrit un | peut manœuvrer à l’arrière d’un bateau en marche
- Fig. 2. Insectes artificiels. — 1. Mouche de maison. — 2. Mouche de viande. — 3. Abeille. — 4. Cafard. — 5. Guêpe. — 6. Bête à bon Dieu. — 7. Sauterelle. — 8. Mouche de pierre. — 9. Mouche de mai. —10 et 18. Vers en caoutchouc. — 11. Mouche de pierre. —12. Brun de mars. — 13. Taon bleu. — 14. Gouverneur. — 15. Mouche d’aulne. — 16. Aubépine. — 17. Fourmi rouge. — 19. Moucheron noir. — 20. Cocher. — 21 et 22. Mouche de mai à ailes de papillon déployées (corps en soie, en liège, en caoutchouc ou en paille). — 23 et 24. Mouches de mai, à ailes transparentes se tenant droites sur l’eau. — 25. Mouche à Saumon à hameçon double.
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- les appareils appelés cuillers. Elles ressemblent à de véritables cuillers de métal brillant, dont on aurait enlevé le manche. Le mouvement de va-
- et-vient (pie leur imprime le liras du pécheur les lait tourner rapidement, et les jets de lumière (pi’elles réfléchissent excitent les poissons carnas-
- Fig. 5. — Appareils pour la pêche au vit ou au poisson artificiel. — 1. Emerillon. — 2. Hélice champion, pour la pêche au véron (fermée et ouverte). — 3. Monture Richmond. — 4. La même, montée. — 5. Hélice Archer. — 6. La même, ouverte. — 7. Harnais sur corde de guitare, pour pêcher avec poisson vivant. •— 8. Tackle Bickerdylte pour pêcher au vif. — 9- Tackle à fourche (monté et non monté). 10. Poisson calédonien (en gutta percha) à hélice. —11. Poisson Devon en inétal avec quatre hameçons triples. — 12. Devon extralourd. —• 13. Tue-diable à hélices (en haut, l’ancien système, en bas, le système perfectionné à rotation rapide). — 14. Serpentanic, en iil d’acier. — 15. Poisson en métal, à jointures. —16. Le destructible, avec corps en papier. — 17. Fantôme en celluloïd. — 18. Fantôme tournant sur émerillon à billes. — 19. Cuiller simple. — 20. Cuiller à hélice (Colorado). — 21. Cuiller coquille. — 22. Cuiller Canadien. — 23. Poisson d’étain. — 24. Seau à poisson. — 25. Dégorgeoir pour brochet. — 26. Ciseaux-bâillon pour brochet.
- siers à se précipiter sur elles comme sur un petit poisson brillant.
- Le n° 19 (fîg. 3) montre la cuiller ordinaire, montée sur corde de guitare, avec hameçon triple et
- émerillon. La cuiller à hélice, dite Colorado (fig. 3, n° 20), en est un des nombreux perfectionnements, ainsi que la cuiller américaine (n° 22) et la cuiller coquille (n°21) qui traîne à sa suite une queue en
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- laine rouge, avec torsade de fd doré. Pour cette pèche, la gaule devient inutile; c’est le bras du pêcheur qui en tient lieu. Pour le débutant,.l’un des appâts artificiels les plus simples est le petit poisson d’étain (fig. 3, n° 23) que l’on fait monter et descendre brusquement dans l’eau, au milieu des roseaux du bord. Cette pêche, dite pêche à la dandinette, lui réservera plus d’une agréable surprise. Elle est spéciale à la perche.
- Pour conserver bien vivants les poissons destinés à servir d’appât (gardons, goujons, vérons, etc.), on les met dans une boîte en fer-blanc dont le couvercle est percé de trous (n° 24). On place cette boîte au-dessous du niveau de l’eau; le vif s’y conserve très bien. Les dents du brochet étant dangereuses, même quand il est hors de l’eau, on se servira utilement, pour retirer l’hameçon de sa gueule, du dégorgeoir de forme spéciale (n° 25) en maintenant les mâchoires ouvertes à l’aide des ciseaux-bâillon (n° 26).
- Voici terminée notre nomenclature des principaux ustensiles composant l’outillage du pêcheur à la ligne; je ne dirai rien ici des secrets et trucs de pèche qui peuvent aussi contribuer au succès. Pour ce chapitre, je renverrai les lecteurs à l’ouvrage de Poitevin 1 ou aux articles récemment publiés dans le Pêcheur2, le vaillant organe des pêcheurs à la igné. J’espère que cette étude rapide aura suffi pour montrer combien était juste la réflexion du vieux Plutarque qui, bien que vivant dans un temps où l’outillage du pêcheur était plus rudimentaire qu’aujourd’hui, écrivait ceci : « La pêche n'est point une industrie simple et grossière, mais nécessite un grand nombre d'engins de toutes sortes, de ruses et de finesses subtiles ». Arthur Good.
- LE MOIS DE MAI ET LE MARIAGE
- La statistique vient de nous apprendre que, le samedi 28 avril dernier, les bureaux de l’état civil de la mairie de Marseille n’ont pas enregistré moins de quatre-vingt-quatorze mariages.
- I)’où vient l’énormité d’un tel chiffre? De ce que, suivant une ancienne tradition, ceux qui se marient en mai s’exposent à de grands malheurs. Une mort prompte, dit-on, ne peut manquer de frapper les époux; au bas mot, leur union doit demeurer stérile. C’est en vue d’échapper à des dangers certains que nombre de fiancés marseillais se seraient empressés de profiter des derniers jours d’avril.
- Or, comme on le verra tout à l’heure, le préjugé ne sévit pas seulement à Marseille.
- Quant à l’origine certaine de cette opinion bizarre, M. Le Blant la fait, avec raison, remonter à l’antiquité romaine. Ovide déclare effectivement, dans un vers très élégant, que le mois de mai n’est pas un temps propice au
- 1 L’Ami du pêcheur, par Poitevin (6e édition), Masson, éditeur, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- * Le Pêcheur, organe des pêcheurs à la ligne, paraissant le 1er et le 15 de chaque mois, Paris.
- mariage des veuves, non plus qu’à celui des jeunes fdles.
- Nec viduæ tædis eadem nec virginis apta Tempora.........................
- Et le poète ajoute que l’imprudente qui brave la loi formulée par l’expérience est menacée du danger de mort à bref délai.
- .............quæ nupsit non diuturna fuit.
- Ainsi que l’aimable auteur des Fastes, Plutarque remarque, à son tour, qu’il n’est point d’usage de contracter mariage au cours du mois de mai... toO Maiou * p.r)voç oùx àyovvat Yuvatxa?... yapioOCTiv ouv ev tw Matai.
- Est-ce en conformité de ce principe antique que le catholicisme a consacré le mois de mai à la Vierge? M. l’abbé Beurlier se demande si une idée chrétienne ne se serait pas greffée sur une vieille tradition.
- Quoi qu’il en soit, la légende s’est perpétuée avec une singulière persistance. « J’ai, dit Alessandro Tassoni (De’ pensieri diversi) entendu raconter que, chez les habitants de Ferrare, beaucoup de jeunes nobles et même quelques-uns de leurs princes, qui s’étaient mariés en mai, sont morts au bout de quelques jours. C’est l’observation de ce fait étrange qui induit, dit-on, les Ferrarais à suivre la coutume antique, c’est-à-dire à ne point se marier au cours du mois de mai. »
- Or Tassoni écrivait vers le milieu du dix-septième siècle.
- Aujourd’hui, M. Gaidoz constate que la superstition5 relative à l’influence néfaste de mai sur les mariages dont ce mois est témoin, n’a jamais cessé de se mani-; fester dans certaines régions de l’Italie, en Roumanie, dans l’Allemagne du Sud, en Bohême, en Westphalie, en, Angleterre et en France, notamment en Saintonge et dans les Cévennes, où l’on admet toujours le bien fondé du proverbe : « Mois des fleurs, mois des pleurs ».
- Telle est, comme on l’a vu, l’opinion de nos contemporains marseillais. De quelles croyances primitives procède donc cette superstition si extraordinairement vivace ?
- Cette question, Plutarque se la posait déjà. Pourquoi, se demandait le philosophe, le mois de mai est-il ainsi : mis à l’index? Est-ce parce qu’il se trouve interjeté entre, avril et juin, deux mois respectivement consacrés à Vénus et à Junon, déesses tutélaires du mariage (yajjrnXiwv ; Oewv)? Est-ce parce que c’est le mois des Expiations, de la fête des « Lémures », c’est-à-dire'des âmes des morts, ou qu’il tire son nom de Maïa, la mère de Mercure, le dieu psychopompe? Faut-il dire que juin (junius) est le mois des jeunes gens (juniores), tandis que mai (maius) : est celui des vieillards (majores)'!
- Quelle que soit l’hypothèse admise, il reste à déterminer sur quels faits dûment observés a pu s’établir une coutume que des prescriptions symboliques du culte ont nettement consacrée ; mais ni Ovide ni Plutarque ne nous donnent, à cet égard, aucune explication.
- Or il est permis de penser que la loi déclarant le mois de mai dangereux n’a été formulée qu’à la suite de longues observations d’ordre biologique, faites par des hygiénistes sous les latitudes de l’Italie et de la France.
- En attendant qu’il intervienne une explication scientifique absolument satisfaisante, les Marseillais ont cru faire acte de prudence, en se méfiant des idées du poète qui fait dire à la jeune fille :
- Abel, doux confident de mes jeunes mystères,
- Viens.... Mai nous a rendu nos courses solitaires!...
- Lieutenant-colonel Hennebert
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- L’EXPLOITATION
- DES TRA.MWÀYS ÉLECTRIQUES
- EN AMÉRIQUE
- L’industrie des tramways est tout américaine. C’est à New-York que, en J 852, M. Jolm Stcphenson lit fonctionner le premier « chemin de fer des rues » et c’est en Amérique que ces utiles moyens de locomotion publique ont pris leur plus grand développement.
- Aussi bien répondent-ils à une nécessité absolue. Nos lecteurs connaissent ces grandes villes du Nouveau Monde1, aux énormes dimensions; les rues y sont larges et s’étendent en ligne droite d’un bout de la ville à l’autre, sur des longueurs de plusieurs lieues; nous avons cité une rue de Chicago, Halsted Street, dont la longueur est celle d’un boulevard qui relierait Paris à Creil; il en existe de plus longues encore dans d’autre villes de l’Union; elles sont d’ailleurs généralement fort mal entretenues. On conçoit que, dans ces conditions, des moyens de locomotion économiques et rapides sont indispensables et que la traction mécanique en général et la traction électrique en particulier y aient pris un développement encore inconnu de ce côté de l’Océan. La traction animale serait trop lente et ne permettrait pas de satisfaire aux exigences d’un public qui demande surtout à ne pas attendre. Lorsqu’à un moment donné, par suite de la grande affluence des voyageurs, il n’y a plus de places pour s’asseoir dans la voiture, on y reste debout, on s’accroche à l’extérieur, on monte sur les toits. Nos lecteurs se rappellent les curieux documents que La Nature a publiés à ce sujet. Mais cela ne suffit pas; pour écouler rapidement la foule, il faut pouvoir mettre en circulation un grand nombre de voitures en un court espace de temps. Quand le moteur est mécanique, cela se fait aisément en accrochant à la suite de la voiture motrice une ou plusieurs voitures ordinaires. Nous avons vu de véritables trains formés de 4 ou 5 voitures au total, et qui transportaient parfois 600 ou 700 voyageurs ! Si les voitures étaient traînées par des mules ou des chevaux, ces commodités offertes au public seraient impossibles; lorsqu’une voiture est trop chargée les chevaux n’avancent plus que très lentement et encore fati-gnent-ils plus qu’il n’est raisonnable pour leur bonne conservation. Comme ils ne pourraient traîner plusieurs voitures à la fois, le transport des voyageurs tel que nous l’avons décrit ne pourrait s’effectuer qu’en employant un nombre de voitures et de chevaux beaucoup plus considérable, ce qui entraîne à posséder des locaux trop vastes et un personnel trop nombreux.’ Aussi les compagnies américaines, très intelligentes, ont-elles, dès leur apparition, adopté les méthodes de traction mécanique, et le public, satisfait des résultats obtenus, les a-t-il
- * Yoy. n* 1048, 1" juillet 1893, p. 67.
- secondées de son mieux en passant sur bien des désagréments qu’un public moins pratique — ou plutôt utilitaire — eut trouvés incompatibles avec son bien-être.
- L’Américain préfère être serré dans la voiture qui avance et avance vite, être mal à l’aise pendant quelques instants, mais arriver chez lui, ou au lieu de ses affaires, plutôt que d’attendre pendant des heures une place dans des voitures qui passent sans cesse avec le fastidieux écriteau « complet » et, en fm de compte, être bien souvent obligé de rentrer à pied, chez lui. Qui trouverait qu’il a tort? Si l’on veut savoir quelle serait la réponse du public parisien à cette question, on n’a qu’à regarder les trains de banlieue un dimanche ou un jour de fête ; ces trains ne ressemblent-ils pas un peu aux voitures des tramways américains? Tout l’espace possible y est utilisé ; et l’on est bien heureux de trouver une place, quitte à rester debout ou à s’asseoir sur un marchepied. S’il n’en est pas tout à fait de même pour les tramways, c’est que la traction animale ne le permet pas et surtout que les règlements s’y opposent; il n’y a qu’à s’incliner et à laisser aller les voitures complètes.
- Quelques chiffres feront mieux comprendre les avantages que la population peut retirer des lignes à grande vitesse et l’influence que les nouvelles méthodes de traction, surtout les tramways électriques, ont exercée sur le développement de cette industrie. Si l’on examine attentivement les tableaux statistiques du développement annuel des lignes de tramways aux Etats-Unis, on voit un fait bien caractéristique. Jusqu’en 1886, la traction était presque exclusivement animale. La traction funiculaire avait bien été essayée sur différentes lignes, et des tentatives de traction électrique avaient été faites, mais ce n’étaient que des essais isolés: de nombreux échecs, inévitables dans les premiers temps de toute nouveauté, faisaient hésiter. En 1886, les premières lignes pratiques furent inaugurées en Amérique. Or, on voit que pendant les cinq années précédentes, de 1880 à 1885, l'augmentation de longueur totale avait été de 1420 kilomètres; pendant les cinq années suivantes elle fut de 4550 kilomètres! En 1880, il y avait 3280 kilomètres .de tramways aux États-Unis. En 1890, il y en avait plus de 9920! En 1886, date de l’introduction des tramways électriques, il n’y avait que deux lignes de ce genre; en 1887, on en comptait 6, en 1888, 50, en 1889, 57. A la fm de l’année dernière, il y avait environ 20000 kilomètres de tramways sur lesquels circulaient 39178 voitures. 12 274 kilomètres et 17 974 voitures fonctionnaient par l’électricité; 1085 kilomètres et 4867 voitures, par câble; 860 kilomètres et 657 voitures, par la vapeur; soit 14 217 kilomètres exploités par des procédés mécaniques ; les tramways à chevaux ne comptaient plus que 5783 kilomètres de voie en exploitation et 15680 voitures.
- On voit quel immense développement les tramways
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- électriques ont pris en Amérique. La traction animale disparaît de plus en plus devant sa nouvelle rivale. 11 est probable que d’ici peu de temps, toute la traction des tramways se fera par des procédés mécaniques, — électriques principalement.
- Le nombre des voyageurs transportés n’est pas moins intéressant à comparer.
- D’après M. Pope, les rapports officiels ont montré que, pendant l’année finissant le 50 septembre 1889, les 110 compagnies de tramways de l’Etat de New 'York ont transporté plus de 086000000 de voyageurs, ou 100 fois le chiffre total de la population. Dans la ville même de New-York, les tramways des rues et le chemin de fer élevé ont transporté ensemble plus de 400000000 de voyageurs. En fait, la statistique indique que les tramways des Etats-Unis transportent environ 12 fois plus de voyageurs que toutes les lignes de chemins de fer de l’Union. On a trouvé que le nombre de passagers augmente d’année en année plus rapidement que la population, ce qui prouve que non seulement plus de monde voyage en tramway, mais encore que les mêmes personnes voyagent plus fréquemment maintenant que jadis.
- D’après M. Sprague, le nombre total de personnes transportées à New-York a augmenté de plus de 140 pour 100 dans chaque période de 10 années depuis 1866; à ce taux, en 1900, le nombre total de voyageurs atteindrait le chiffre énorme de 1500000000. Ce développement immense provient, comme nous le disions en commençant, des facilites données par ces moyens de locomotion rapide où l’on est sûr de toujours trouver de la place et où les voitures se suivent à intervalles très rapprochés. Admettons qu’une personne puisse dépenser matin et soir une demi-heure pour se rendre de son domicile à son bureau ou à son atelier; si la vitesse de la voiture n’est que de 6 kilomètres à l’heure, comme c’est le cas avec la traction animale, elle ne peut élire domicile que dans un périmètre limité par une circonférence de cercle de 5 kilomètres de rayon; mais si la vitesse moyenne commerciale atteint 12 ou 18 et 20 kilomètres à l’heure, comme c’est fréquemment le cas avec les tramways électriques, la limite se trouve reculée dans la même proportion et la surface sur laquelle peut loger le travailleur est 4, 9 ou 12 fois plus grande. On comprend toute l’importance qu’acquièrent ces lignes de rapide transit pour faciliter le développement des villes et permettre au travailleur de jouir, sa journée terminée, de l’air pur de la campagne si nécessaire à la santé.
- Aussi voit-on de toutes parts, en Amérique, se multiplier les lignes à traction électrique, non seulement dans les faubourgs des grandes villes, mais encore pour relier, dans les campagnes, des villes et des villages entre eux, sur des parcours parfois très longs. Il n’est pas rare de faire de véritables voyages de 25 ou 50 kilomètres pour la modique somme de 5 cents (25 centimes). Ce sont les vrais chemins de fer économiques de l’avenir. Ils s organisent pour le transport des correspondances postales, des marchandises et même — jusqu’où ne va pas le « pratique » américain — pour les transports funéraires. Des villes très distantes sont ou seront reliées d’ici peu entre elles par des tramways électriques : Washington et Baltimore, New-York et Philadelphie.
- Mais on conçoit que les grandes vitesses auxquelles doivent circuler ces tramways afin de rattraper le temps perdu en arrêts fréquents, — vitesse qui atteint par moments jusqu’à 48 kilomètres à l'heure,—ne sont pas sans danger. En fait, il arrive que parfois des personnes sont écrasées, des voitures mises en pièces par ces tramways rapides et pesants. Les accidents provenant de l’électricité elle-même sont très rares et pour ainsi dire nuis. C’est une affaire d’éducation du public, disent les uns ; d’ici quelques années, on y sera fait et il n’arrivera plus d’accidents qui sont, pour la plupart, dus à l’imprudence ou à l’inexpérience.
- Mais, d’un autre côté, les personnes sont nombreuses qui s’opposent à ces nouvelles méthodes. Les tramways électriques sont traités de « deadlytrolley » — le trolet mortel. — Certains journaux politiques enregistrent avec insistance les accidents qui arrivent journellement sur le territoire de l’Union, accidents qui, pour le dire en passant, sont relativement peu nombreux eu égard au développement des communications; ils publient des caricatures représentant le tramvay électrique comme une vraie machine infernale. Nous en avons reproduit ici (fig. 1) une des plus curieuses. Elle représente le tramway électrique sous la forme d’un corbillard empanaché ; les fenêtres sont en forme de cercueils ; il porte en peinture, sur ses panneaux, une tête de mort et des os en croix; il a comme mécanicien le diable, comme conducteur, la mort; de tous côtés autour de lui, des membres épars; devant lui, courant, éperdue, affolée, une blonde fillette, vivement éclairée par un projecteur et qui va périr pour s’être trouvée sur son passage! Ce dessin porte pour titre : « The Undertaker’s friend », l’ami de l’entrepreneur des pompes funèbres !
- c,M>
- Fig. 1. — Caricature américaine sur le tramway électrique.
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- Une autre gravure représente un tramway électrique jetant des éclairs, qui passe à toute vitesse, détruisant les barrières, dispersant les animaux et les hommes épouvantés. Elle accompagne une complainte en vers d’un vieux fermier, et comme cette complainte résume bien des fausses idées émises sur le tramway électrique, nous en traduisons la dernière strophe : « Quoi! nous serions tous frap-
- Fig. 2. — Le protecteur Field au repos.
- Mais les compagnies et les électriciens ne se laissent pas abattre par ces critiques injustes et souvent intéressées. De tous côtés on cherche à remédier aux défauts, à éviter les accidents; on
- pés! Tous les chevaux seraient dispersés! Tout le lait tournerait! Car la foudre cause tous ces malheurs! Les hommes, au lieu de labourer la terre, iraient tous monter là-dedans ! Et tous les ennuis que cela vous apporterait! Je vous le dis, je les chasserai à coups de pied et je lèverai sur eux mon bras puissant, si jamais ils cherchent à faire traverser à cette peste mon poulailler ! »
- Fig. 3. — Le protecteur Field ramassant un passant tombé sur la voie.
- perfectionne le matériel, on augmente la puissance et la sûreté d’action des freins afin de pouvoir, en cas d’accidents, arrêter presque instantanément une voiture lancée à toute vitesse; on place sur
- Fig. 4. — Caricature américaine sur les protecteurs. — 1. Au repos. — 2. En action. — 5. Place! s’il vous plaît?
- les voitures des indicateurs de vitesse afin de permettre aux mécaniciens de ne pas dépasser les limites permises dans les endroits fréquentés. Enfin, on munit les voitures d’appareils de sauvetage, destinés à recueillir et à ramasser les voyageurs égarés sur les voies, sans leur faire de mal.
- Nous dirons, pour terminer, quelques mots de ces derniers appareils, très répandus maintenant en Amérique. Ils sont tout à fait curieux et à peu près inconnus en France.
- Us consistent en une sorte de plate-forme ou raquette placée à l’avant de la voiture et reposant sur
- la voie par son extrémité antérieure. Cette plateforme est ordinairement formée de tiges de fer parallèles réunies à leurs extrémités par des barres transversales, ou bien d’un cadre métallique sur lequel est tendu un filet. La partie antérieure est munie de roulettes. En outre, de forts tubes de caoutchouc qui peuvent être armés à l’intérieur de ressorts en spirale afin d’avoir plus d’élasticité, ou gonflés d’air comme les pneumatiques d’une bicyclette, sont placés à l’avant afin d’agir comme tampons amortisseurs. Si une personne se trouve sur la voie, au lieu d’être écrasée par les roues de la
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- voiture, elle est soulevée par l’avant du protecteur, qui passe entre elle et la terre, et recueillie sur la plate-forme. Bien entendu, le mécanicien tâche en même temps d’arrêter, ou tout au moins de ralentir le mouvement du tramway par tous les moyens en son pouvoir. Les privilégiés qui ont expérimenté ces appareils sur eux-mêmes déclarent qu’on ne ressent aucun mal ; ils ont répété souvent l’épreuve et sont encore vivants ; c’est on ne peut plus convaincant. 11 existe plusieurs centaines de protecteurs différents. Nous représentons (fig. 2 et 3) un des modèles principaux du à M. Field ; nos gravures suffiront à en faire comprendre le principe. La figure 4 reproduit une caricature publiée par un journal américain; on y voit le protecteur, d’une forme supposée, à l’état de .repos, en fonction, et en troisième lieu le résultat; elle permet, mieux que par une figure théorique, de comprendre le mode d’action de ces protecteurs.
- Des appareils de ce genre sont employés sur beaucoup de lignes où nous les avons vus. Ils ont été essayés sur des objets inertes et sur des personnes de bonne volonté qui ont déclaré n’avoir ressenti aucun mal au moment du choc, même lorsque la vitesse de la voiture était de 25 kilomètres à l’heure. Des commissions d’ingénieurs ont étudié leur application aux tramways et ont conclu que, s’il est matériellement impossible d’assurer la protection absolue du public contre le choc des voitures marchant à grande vitesse, du moins l’adoption des protecteurs que nous venons de décrire permet d’augmenter beaucoup sa sécurité. Leur emploi se répand de plus en plus, et des lois ont même été promulguées pour en exiger l’usage.
- G. Pellissieh.
- TEMPÊTES DU 11 AU 13 NOYEMBRE 1894
- Nous croyons devoir publier le résumé des tempêtes qui ont sévi, en Europe, pendant plusieurs jours la semaine dernière. Nous parlerons d’abord des phénomènes qui ont été observés à Paris.
- La ville de Paris a été, le mardi 15 novembre, le théâtre d’une des plus fortes tempêtes dont il lui ait été donné de ressentir les effets. L’ouragan a soufflé avec une grande violence vers 5 heures du soir. On a vu se produire de toutes parts des tourbillons de poussière qui sillonnaient les rues, aveuglant les passants. Les terrasses des cafés ont été désertées aussitôt des clients. Les fenêtres des appartements qui étaient ouvertes ont eu leurs vitres brisées et leurs rideaux arrachés. Ce qui caractérise l’ouragan dont nous parlons, c’est sa durée. Le vent ne s’est calmé que fort tard. Mais son intensité la plus forte s’est produite vers G heures. A ce moment, des arbres ont été déracinés, des cheminées sont tombées en grand nombre. Les accidents ont été nombreux.
- Presque partout en France cette tempête a exercé avec plus ou moins d’intensité son act ion. Dans plusieurs villes, les communications télégraphiques et téléphoniques ont été interrompues. A Caen, trois hauts peupliers de la préfecture ont été abattus par l’ouragan ; l’un deux est tombé sur le presbytère de Notre-Dame, dont la toiture s’est
- effondrée. La toiture de l’hôtel de ville a également éprouvé de sérieux dégâts. A Brest, dans l’après-midi, le baromètre n’accusait que 724 millimètres. La mer était démontée au large; la rade était consignée. Plusieurs navires ont chassé sur leurs ancres, des arbres énormes ont été brisés sur le cours d’Ajot. Un tout jeune enfanta reçu sur la nuque une forte ardoise qui l’a blessé assez grièvement. Au sémaphore de Créachmeur, la boule du sémaphore s’est détachée et a effrondré le toit du poste séma-phorique. A Nantes, sur la place du Boufl'ay, un homme a été tué sur le coup par la chute d’une cheminée. Un bateau-lavoir a eu sa toiture arrachée. A Saint-Nazaire, la toiture du grand atelier des Chantiers de la Loire a été emportée ; les équipes occupées à la construction du Mas-séna ont dù quitter le travail. Les bassins à flot, le vieux bassin notamment, ont débordé.
- ; La mer était furieuse sur toutes nos côtes de la Manche et de l’Atlantique. Une tempête avait, dès le 11, commencé à sévir violemment à l’entrée de la Manche, où régnaient des gros temps. Puis il se forma une nouvelle tempête au large de l’Irlande ; elle s’est avancée sur les îles Britanniques et a traversé la France : c’est cette tempête qui a * été si intense dans nos ports dès le 12 et à Paris à la fin de la journée du 15. Elle avait auparavant produit de nombreux désastres en Angleterre et causé de terribles naufrages en mer.
- La tempête a été particulièrement énergique dans le bassin de la Loire. Yoici les renseignements que nous adresse à ce sujet M. Ouélin, directeur de l’Observatoire météorologique d’Angers :
- « Les perturbations atmosphériques venues de l’Atlantique, par Brest, ont sévi violemment sur le bassin de la Loire. Dans la nuit du 10 au 11, à minuit 15, le tonnerre et les éclairs ont commencé subitement à Angers. En quelques minutes l’orage était au zénith et ses roulements faisaient trembler les vitres et les boiseries. Il passa vite, se dirigeant vers nord-est, où il disparut vers minuit 40. Quelques heures après, vers 5 heures, on l’entendait de nouveau vers sud-ouest. A ce moment éclata en ville un incendie important qu’on suppose allumé par la foudre. On évalue les dommages à 100 000 francs. Nous avons entendu le tonnerre dans la journée encore, vers 5 heures du soir. Mais nous devions être plus éprouvés le 12. Dès le matin le vent devenait assez fort, puis violent vers 2 heures, pour souffler en tempête effroyable de 5 heures à 6 heures du soir. Encore violent à 8 heures, il ne soufflait plus que de moyenne force à 11 heures du soir.
- « Les nuages, nimbus épais, venant de l’ouest avec une vitesse relativement moins considérable, ne nous ont donné qu’une assez forte averse, après G heures. La girouette, oscillant de sud-est à sud-ouest, vers midi, fut notée ouest vers 2 heures, mouvement qui indiquait bien que le centre de la dépression venait de nord-ouest. C’était foire importante à Angers. La violence du vent était telle que plusieurs boutiques et théâtres forains furent renversés. Sur le pont de la Haute-Chaîne une voiture et son cheval culbutés complètement; la police dut interdire la circulation des voitures sur ce pont jusqu’à 6 heures. Beaucoup de grands arbres cassés ou arrachés, quantité de bateaux engloutis; les rues étaient jonchées de débris de cheminées, de lucarnes et de corniches. Plusieurs personnes ont été renversées et gravement blessées.
- « Le département entier paraît avoir également souffert. Le baromètre de l’Observatoire municipal est descendu à 752 millimètres par une chute de 15 millimètres en
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- quelques heures. Je tiens compte des corrections faites pour la température et l’altitude. Notre anémomètre, qui fonctionnait bien avant et depuis, ne pouvait enregistrer assez vite, mais nous évaluons à 55 ou 40 mètres à la seconde la vitesse du vent entre 5 et 4 heures. » G. T.
- Une plante précieuse. — Les journaux coloniaux s’occupent beaucoup en ce moment d’une plante découverte en 1889 par le U. P. Raimbault et étudiée récemment par le I)1' E. Heckel. Cette plante, le kinkélibah (.combretum g lutin or um) est un arbrisseau de 5 mètres de haut, à feuillage dense et ramassé en tête : elle foisonne dans tous les lieux où elle s’implante. Répandue un peu partout en Afrique, elle est particulièrement abondante sur le parcours de la voie ferrée de Saint-Louis à Dakar. Cet arbrisseau croît dans les terrains sablonneux et pierreux ; au moment de la floraison, il devient tout blanc et se reconnaît dès lors très facilement. Le kinkélibah est un arbre des plus précieux, en ce qu’il est actuellement le seul remède connu contre la fièvre bilieuse hématurique, ce terrible fléau qui décime nos troupes ou nos colons européens dès leur arrivée dans les régions tropicales : à cet effet, on emploie seulement les feuilles fraîches ou sèches. Voici les renseignements donnés sur cet emploi dans Le Naturaliste. Pour se servir de la feuille sèche ou fraîche de kinkélibah, on en met dans une bouilloire autant de fois 4 grammes qu’elle contient de verres d’eau (250 grammes par verre). On couvre bien et on laisse bouillir quinze minutes. La tisane ainsi obtenue doit être amère et jaunâtre. Si elle prenait par l’ébullition une coloration brune, c’est qu’elle serait trop forte et il faut prolonger l’ébullition. On filtre la décoction et on fait prendre au patient un verre de 250 grammes dès les premières atteintes de la fièvre bilieuse hématurique, puis après dix minutes de repos un demi-verre, ensuite repos de dix minutes et troisième demi-verre. Les vomissements caractéristiques de la maladie se produisent alors, mais ils ne tardent pas à s’arrêter et à cesser pour toujours. On doit du reste faire boire de la décoction de kinkélibah à la soif du malade durant tout le cours de la maladie et pendant quatre jours au moins, en ne dépassant pas le total d’un litre et demi par jour. Il est bon de noter que ce remède végétal est tout à la fois curatif et préventif de ce mal. Un moyen sûr d’acclimatement de l’Européen contre la fièvre bilieuse hématurique est l’usage quotidien d’un verre de cette décoction pris le matin à jeun et au réveil pendant toute la saison pluvieuse au moins. On voit l’importance du kinkélibah pour nos colonies. II. C.
- Le transport des maisons en Amérique. -—
- Un journal américain signale un curieux exemple de transport de maison qui a eu lieu récemment dans l’État d’Orégon. Un habitant de Seattle possédait une maison dontla construction lui coûtait 25 000 francs ; il dut s’établir à Olympia, à. 100 kilomètres environ de Seattle; n’ayant pas les fonds nécessaires pour faire édifier une nouvelle demeure, il acheta un terrain dans sa future résidence
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- et y fit transporter d’un seul bloc son habitation, avec tous ses meubles laissés en place. Lorsqu’il parla de ce projet, chacun rit,, tout d’abord; il n’en persista pas moins. Il fit rouler sa maison suivant les méthodes ordinaires que nous avons décrites1, jusqu’au bord de la rivière, et l’installa sur un bateau à fond plat. Bientôt,
- 1 Yoy. u31059, du 10 septembre 1895, p. 241.
- cette nouvelle arche de Noé fit son apparition à Olympia ; elle fut placée sur des rouleaux et transportée à sa place définitive. Chose curieuse, pas une poutre ne fut déformée, pas un meuble détérioré, pas une vitre brisée, pendant ce long trajet. Nous ignorons malheureusement les dimensions et le poids de la construction, ainsi que le prix de revient du transport. G. I*.
- La diphtérie des oiseaux. — Les oiseaux, tout comme l’homme, sont souvent atteints d’une diphtérie qui se manifeste par la présence de fausses membranes dans le larynx. La diphtérie aviaire a-t-elle une origine différente de la diphtérie humaine? MM. Loir et Duclaux, à la suite de la terrible épidémie qui, dans la Régence de Tunis, régnait sur les volailles, se sont livrés, à cet égard, à des expériences démonstratives. La cause de la maladie est un bacille nettement différent de celui de la diphtérie humaine : il est arrondi, mobile et se cultive très bien sur la gélatine, où il forme une traînée blanc-crème peu large. La culture est blanc grisâtre sur la gélose et blanc jaunâtre sur la pomme de terre. Ce bacille meurt après avoir été soumis à la température de 60 degrés pendant cinq minutes, mais il résiste à la dessiccation. On peut obtenir du vaccin en chauffant la culture pendant une demi-heure à 55 degrés. On inocule d’abord 1 centimètre cube d’antitoxine sous la peau, puis un deuxième centimètre cube d’une culture vieille de deux mois. Enfin, point très important, la diphtérie des oiseaux peut se communiquer à l’homme. H. C.
- Une installation balnéaire près de Pompéi. —
- Une découverte d’un grand intérêt a été faite le mois dernier à côté de Pompéi, à Pianella-Setteimini, dans la propriété de M. Vincent de Prosco. On a mis à jour une maison ensevelie en même temps que la ville. Elle comprend plusieurs vastes pièces et, notamment, trois salles de bain avec des baignoires en marbre sculpté, des appareils de chauffage et des conduites d’eau en plomb garnies de robinets de bronze ; les trois salles correspondent au calidarium, au tepidarium et au frigidarium, qui étaient de règle dans la maison antique bien ordonnée. C’est l’installation balnéaire la plus complète qui ait été découverte jusqu’à présent. Par suite des circonstances de l’éruption du Vésuve de l’an 79, les maisons de Pompéi sont dépourvues de leurs toits ; seules, quelques toitures voûtées, très rares, ont résisté; la maison de M. de Prosco présente la particularité de posséder son toit, qui ne mesure pas moins de 14 mètres de long.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 19 novembre 1894. — Présidence de M. Lœwy.
- Aussitôt après la lecture du procès-verbal de la séance précédente, M. le président se lève et fait ressortir, en quelques paroles mesurées, la part prise par l’Académie au deuil de la Russie, qui célèbre aujourd’hui les obsèques de l’Empereur Alexandre III.
- Voici les paroles qui ont été prononcées par M. Lœwy : « C’est aujourd’hui que la famille impériale russe, les représentants de toutes les classes de la grande nation russe, les délégués de tous les États civilisés, accompagnent au tombeau l’empereur Alexandre III, le chef vénéré du peuple russe, l’ami sincère de notre pays. Au jour de cette triste cérémonie, tous les cœurs français sont pénétrés d’une profonde émotion. Ou’il nous soit permis aussi de rendre hommage à la mémoire du souverain dont le j règne a été consacré à garantir au monde les bienfaits de
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- LA NATURE.
- la paix. Je suis certain de répondre à votre pensée unanime en levant la séance en signe de deuil. »
- La séance a été immédiatement levée.
- Cil. DK VlLLEDEUIL.
- STATUE DE CLAUDE BERNARD1
- Nous donnons ci-dessous la reproduction de la statue de Claude Bernard telle quelle se présente dans la cour d’honneur de la Faculté de médecine de la ville de Lyon, où l’illustre physiologiste fut étudiant. La cérémonie d’inauguration a eu lieu le dimanche 28 octobre 1894, sous la présidence deM. Charles, recteur de l’Académie, qui avait à ses côtés des notabilités de la science, de l’armée et de la magistrature.
- MM. Gaston Bois-sicr, Bertrand,
- Brunetière, Chauveau, de l’Institut,
- Bouchard, Dastre, le gouverneur militaire de Lyon, le préfet avec une très nombreuse et très brillante assistance.
- Le voile de la statue est tombé, et Claude Bernard, salué par les applaudissements , est apparu debout, en costume de laboratoire, le tablier attaché à la ceinture, une lancette à la main, faisant une injection de curare à une grenouille. La tète sculptée est méditative, on voit que l’opérateur est entièrement livré à sa besogne et à ses pensées géniales. La statue est d’un bel aspect; elle est l’œuvre d’un artiste lyonnais de beaucoup de talent, M. Aubert, à qui elle fait le plus grand honneur.
- Les discours ont été prononcés devant l’auditoire d’élite qui se trouvait réuni dans la cour de la
- 1 Voy. Biographie de Claude Bernard, n° 248, du 2 mars 4878, p. 210.
- Faculté, où l’on distinguait les costumes de quelques représentants des Universités étrangères, notamment celui de M. le recteur de la vieille université allemande, M. Koschwitz (de Greifswald).
- M. Lortet, doyen de la Faculté de médecine de Lyon, a prononcé le premier discours au nom du Comité. M. Brunetière, représentant l’Académie française, a parlé ensuite. Ses paroles ont été très écoutées, et commentées dans l’esprit des auditeurs
- On a entendu successivement M. Chauveau, au nom de l’Académie des sciences ; M. Kelscli, directeur de l’École de santé militaire de Lyon, au nom de l’Académie de médecine; M. Dastre, de la Faculté des sciences de Paris; M. Morat, de la Faculté de médecine de Lyon; M. Laborde, délégué de la Société de biologie, et M. R. Dubois, au nom des Amis de l’Université lyonnaise.
- La statue de Lyon vient s’ajouter à celle de Paris qui se trouve à l'entrée du Collège de France et dont nous avons aussi résumé précédemment la cérémonie d’inauguration1. La statue de Lyon, si bien érigée dans la cour d’honneur de la Faculté de médecine, constitue encore un nouvel hommage à la mémoire de Claude Bernard, à cet homme qui fut plus qu’un physiologiste car on doit le considérer en toutes choses, comme un maître de l’intelligence ; il avait une habileté rare dans l’art d’écrire et de penser. G. T.
- 1 Voy. Statue de Claude Bernard au Collège de France, à Paris, n° G03, du 27 décembre 1884, p. 49.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissaxdier.
- Slatue de Claude Bernard inaugurée le 28 octobre 1894 dans la cour d’honneur de la Faculté de médecine de Lyon.
- (D’après une photographie de M. Victoire, à Lyon.)
- Paris.
- Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- LA NATURE
- VINGT-DEUXIÈME ANNÉE — 1894
- DEUXIEME SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Absinthe (L’), 149, 181.
- Académie des sciences (Séances hebdomadaires de P),'15, 52, 47, 65, 79, 94,111, 127, 142, 159,175.191, 207, 225, 258, 255, 271, 286, 505, 519, 555, 550, 567, 585, 599, 415.
- Accumulateurs portatifs, 596.
- Acridiens (Le mécanisme de la ponte des), 127.
- Acridiens d’Algérie, 10.
- Æpyornis (Les), 69.
- Aérolithes et bolides tombés en Grèce en 1894, 286.
- Aéroplanes et la machine volante de M. Maxim, 294.
- Agaves comme plantes défensives (Les), 126.
- Agriculture au Mexique (L’), 507.
- Alimentation des plantes sur la longueur de leurs racines (Influence de 1’abon-dailce de P), 158.
- Allumettes (La fabrication des), 94.
- Allumeur extincteur à distance, 99.
- Alpes dolomitiqucs (Les), 105.
- Alumine (Préparation de P), 319.
- Aluminium (Impuretés de P), 94.
- Aluminium’(Nouvel emploi de P), 67.
- Aluminium (Soudure de P), 399.
- Ambographe (L’), 3.
- Anguillule de la betterave (L’), 155.
- Appareils à vapeur (Accidents dans l’emploi des), 159. *
- Arachide du Congo (L’), 143.
- Arbre à laque (Le suc de P), 16.
- Arbre à tronc multiple (Un), 32.
- Arc électrique (Structure de P), 367.
- Ardoisières d’Angers (Une visite aux),
- 121.
- Art égyptien (Attitudes dans P), 261.
- Art et optique, 35.
- Association française pour l’avancement des sciences. Congrès de Caen, 190.
- Association géodésique internationale (Réunion de P), 225, 358.
- Astéroïdes dans l’espace (La distribution des), 111.
- Ateliers d’un verrier égyptien au xv° siècle avant notre ère (Les), 162. Atmosphère solaire (L’), 223.
- B
- Balai brosse-chaîne pour bicyclette, 270.
- Balance de précision que l’on peut fabriquer soi-même, 223.
- Ballon en feu, 222.
- Ballons d'illumination (Les), 170.
- Bandages pneumatiques, 106.
- Bateau à vapeur à très grande vitesse (Petit), 315.
- Bateaux sur les canaux (La traction des), 367.
- Bêtes féroces dans les Indes anglaises, 370.
- Beurre de chèvre, 79.
- Bibles anciennes, 382.
- Bicyclette automobile à moteur de gazo-line, 585.
- Bicyclette instrument d’arpentage (La), 235.
- Billets de banque de Russie (La fabrique impériale de), 62.
- Blés (La maladie des), 179.
- Boa constrictor (L’appétit d’un), 599.
- Bois contre les tarets (Protection des), 229.
- Bois de Jarrah (Le), 286.
- Bois de Teck au Siam (L’industrie du),
- 211.
- Bolides et aérolithes tombés en Grèce en 1894, 286.
- Bourse d’Anvers (La vieille), 519.
- Boussole (Transmetteur électrique des indicalions.de la), 503.
- Boussole des Électriciens (La), 272.
- c
- Cabestans électriques, 205.
- Caire (Le), port de mer, 115.
- Calendrier grégorien (La réforme du', 19P.
- Canal maritime de Manchester (Le), 151, 183.
- Canalisations électriques aériennes (Les), 291.
- Ganons do 120 millimètres à tir rapide, 283.
- Caoutchouc vulcanisé (Appréciation de la qualité du), 207.
- Carbone (La vaporisation du), 385.
- Carnot (Mort de M.), 79.
- Carrousel de Saumur du 6 août 1894 (Le), 390.
- Causses artificiels (Les), 243.
- Cavernes de P Atlas Algérien. Le Djur-jura, 11.
- Centenaires de la Salpêtrière (Les), 248.
- Cerf-volant et la résistance de Pair (Le), 27.
- Cétacés à Houlgate (Capture de deux grands), 255.
- Champ magnétique intense, 403.
- Chaleur reçue du soleil (La), 126.
- Charbon de bois' (Mélange gazeux fourni par le), 367.
- Châssis transformateur de photographies, 125.
- Chats (La chute des), 351.
- Chais des réfrigérateurs de Pittsburg (Les), 403.
- Chatte et ses poussins (Une), 5.
- Chemin de fer à crémaillère de Monte-Carlo à la Turbie, 33.
- Chemin de fer d’Ouray et de Silverton (Colorado), 23.
- Chemin de fer de Catskill Mountain, près New-York, 101.
- Chemin de fer électrique aérien de Li-verpool (Le), 245. *
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- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- Chemin de fer électrique de Chicago à Saint-Louis, 319.
- Chemin de fer électrique du monde (Le plus petit), 234.
- Chemins de 1er de Bolivie, 163.
- Chemins de fer électriques du Mont-Sa-lèvc, 83.
- Chêne foudroyé, 208.
- Chenille du figuier (Une), 350.
- Chevaux en France (Les), 267. Chlorophylle (Composition de la), 143. Chrome affiné (Le), 127. Chronophofographie d’amateur et le portrait vivant (La), 279.
- Chute des chats (Explication mécanique de la), 383.
- Chute d’une goutte d’eau (La), 321. Chutes du Niagara (L’âge des), 378.
- Clef passe-partout universelle, 317. Collections du Muséum d’histoire naturelle en 1759 d’après un manuscrit du temps (Les), 154.
- Compas-directeur (Le), 49.
- Compteur à gaz à payement préalable, 207.
- Corée (La), 346.
- Corps nouveaux (Préparation de), 191. Courants alternatifs (Les), 35.
- Courants de l’Atlantique (Étude des), 350. Crâniennes dans l’art antique (Les déformations), 157.
- Criquets pèlerins (Ponte des), 399.
- Cuir d’éléphant (Le), 15.
- Cuirasse Dowe (Expériences de tir contre la), 14, 46.
- Cuirassé le Carnot (Lancement du), 158. Cuirasses invulnérables (Les), 353. Curare (Antidotephysiologique du), 208. Cyclographe à foyer fixe de M. Damoi-zeau, 7.
- Cynocéphales Hamadryas au Jardin d’Ac-climatation de Paris (Les), 359.
- D
- Demoiselle de Pyrimont (La), 381.
- Dents par l’électricité (Extraction des), 519.
- Désincrustants pour chaudières, 50. Développement à la sciure de bois, 331. Diamant noir (Le plus gros), 582. Digestion saline (Causes de la), 400. Diphtérie (Le traitement de la), 282, 342. Diphtérie des oiseaux (La), 415. Dissémination des plantes (Cas curieux de la), 362.
- Duchartre (P.), 398.
- Dutreuil de Rhins, 190.
- Dynamite dans l’antiquité (La), 113.
- E
- Eau à haute pression pour l’extinction des incendies (L’), 262.
- Eau-de-vie de prunelles (L’), 3.
- Echos curieux, 366.
- Éclair en boule, 47.
- Éclairage électrique (L’), 405.
- Éclairage électrique par ballons, 258. Éclairage pratique (L'), 43.
- Écrevisses ne rougissant pis à la cuisson, 110.
- Écriture au Cambodge (Enseignement
- _ de 1’), 258.
- Écuries du Tsar (Les), 66.
- Élections à l’Académie des sciences, 32, 191, 320.
- Électricité (Bénéfices des sociétés d’), 175.
- Électricité (Curieuse expérience d’), 127.
- Électricité atmosphérique dans les régions élevées (L’), 366.
- Électricité par les moulins à vent (Production de P), 111.
- Electricité pratique, 51.
- Émeri de l’ile de Naxos (Dépôts d'), 515.
- En Amérique pour 42 francs, 270.
- Enrobage électrique, 270.
- Entraîneur automatique pour vélocipé-distes, 17.
- Époussetage (Application de l’air comprimé à 1’), 31.
- Escarpolette diabolique (L’), 95, 302.
- Essai de l’École des mines en 1893 (Les travaux du bureau d’), 174
- Exposition (La fin d’une), 147.
- Étoiles filantes observées en Italie en août 1894 (Les), 330.
- Exposition d’Anvers (L’), 215.
- Exposition de Chicago en miniature (L’), 270.
- Exposition du Livre au Palais de l’Industrie, à Paris (L’), 314.
- Exposition universelle de Lyon en 1894, 87.
- Exsudations aqueuses des arbres, 111.
- F
- Ferris Whcel de Chicago à New-York (Le transport de la), 254.
- Feuilles (La respiration des), 95, 551. Figuier (Louis), 398.
- Filetages (Unification des), 174.
- Fils télégraphiques étincelants, 271. Fiole à niveau (Une nouvelle), 15. Fleurs de l’encre (Les), 227.
- Flore du Soudan (La), 6.
- Fluide mécanique (Un nouveau), 247. Fluorescence aux basses températures, 118.
- Foins ((L’échauffement et l’inflammation spontanée des), 178.
- Force motrice a Pforzheim (La), 271. Forces motriees naturelles (L’utilisation des), 341.
- Forêts de la province de Washington aux États-Unis, 327.
- Forêts et l’humidité du sol (Les), 254. Forêts pétrifiées des États-Unis (Les), 338.
- Foudre (Coups de), 335.
- Foudre et les ballons captifs (La), 303. Fourneau à essence minérale, 124. Fromage (La fabrication du), 254. Fumivorité en Angleterre (La), 43.
- G
- Garde-côtes japonais de construction française (Les), 297.
- Gares allemandes (Les grandes), 235.
- Gaz comprimé (Les tubes à), 19.
- Gaz dans l’air atmosphérique (Un nouveau), 222*
- Gaz d’éclairage (Les produits de combustion du), 111.
- Géologiques au Muséum (Les actualités), 97.
- Gesse des bois (La), 58.
- Ginkgo (Le), 187.
- Gisements préhistoriques (Exploration de), 351.
- Glace fossile (La), 378.
- Globes holophancs pour foyers lumineux, 405.
- Gommose bacillaire des vignes (La), 271.
- Gravitation et sa mesure directe (La constante de), 78.
- Gravures en filets typographiques, 351.
- Grès hydraulique (Le), 563.
- Grottes (Explorations de), 175.
- Grues-chèvres (Les). Derricks, 311.
- Gui (Les arbres nourriciers du), 326.
- H
- Ilelmholtz, 257.
- Ilerculanum dans l’Amérique centrale (Un), 362.
- Huître dans le bassin d’Arcachon (La culture de F), 55.
- lluîtrières en Bretagne (Exploitation des), 67.
- I
- Illusion d’optique, 175.
- Impôt sur la barbe, 103.
- InfecLion microbienne (Influence de l’intoxication sur 1’), 159.
- Installation balnéaire près de Pompéi (Une), 415.
- Installation électrique à Weiz (Autriche), 302.
- Installations intérieures d’une distribution d’énergie électrique, 51.
- Institut antirabique à Tunis (L’), 87.
- Ivoires sculptés préhistoriques, 127.
- J
- Jardin botanique de Buitenzorg à Java, 263.
- Journaux d’Aix-la-Chapelle (Le musée de), 63.
- Journaux polaires, 519.
- Jours de la semaine (Les), 363. Jumelle-Boussole (La), 339.
- K
- Kaolin (Les applications du), 194. Kinétoscopc (Le), 47, 323.
- L
- Laboratoire maritime de Saint-Yaast-dc-Ia-IIougue (Le), 343.
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- Lait (La coagulation du), 32.
- Lampe à pétrole (Concours de la), 2.
- Lampes à arc et à incandescence (Fonctionnement des), 18.
- Langage scientifique (Les incorrections du), 274.
- Lésions organiques dans les intoxications (Rôle des), 207.
- Lettres de bons souhaits en Chine (Les),
- 14.
- Livres en bois du Muséum de Cassel (Les), 371.
- Locomotives à bec (Les), 337.
- Lucane du Chili (Le), 53.
- Lumière (Phénomène de), 258.
- Lune (Photographies de la), 111.
- M
- Machine à écrire Bar-Lock, 117. Machine à puiser l’eau (Ancienne), 161. Machines-outils électriques à Budapest (Exposition de), 375.
- Mai et le mariage (Le mois de), 410. Maison en Amérique (Comment on construit une), 119.
- Maisons en Amérique (Le transport des) 415.
- Mal de montagne (Le), 39.
- Mallard (F.-E.), 110.
- Marbres (Fabrication des), 23.
- Marcs de vendange (Utilisation des), 223. Marine de guerre aux États-Unis (La),|401. Marine de guerre japonaise (La), 177. Mars (Aspect de), 335.
- Mars (Opposition de), 318.
- Marsouins (La guerre aux), 209.
- Matelas électro-thcrmogénique, 166. Matériaux de construction (L’uniformisation des méthodes d’essai des), 266. Mécanique animale, 369.
- Médicaments nouveaux, 47.
- Menhir du Bois de Clamart (Le), 225. Menhirs parisiens, 145.
- Météorographe à longue marche de l’Observatoire du Mont-Blanc, 195.
- Mer saharienne (La), 383.
- Micromètre astronomique (Un nouveau), 159.
- Milieu interplanétaire (Le), 303. Millionnaires aux États-Unis (Les), 335. Mirage extraordinaire (Un), 302.
- Mistral (Le), 30.
- Mitrailleuse modèle 1893 (La), 335. Monnaie de paille, 111.
- Mont-Blanc (Météorologie du), 175. Montre gallo-romaine (Une), 239.
- Montres de M. Paul Garnier (Collection de), 171.
- Montres parlantes (Les), 143.
- Monument commémoratif élevé à la mémoire de M. A. de Quatrefages, 320. Moteur à vapeur actionnant directement une dynamo, 222.
- Moteurs à gaz (Les), 186, 227.
- Moteurs à gaz pour distributions d’eau, 207.
- Moteurs à gaz pour la navigation, 546. Moteurs à pétrole (Concours de la Société d’agriculture de Meaux), 555. Moucheron du blé (Le), 142.
- Mouvements giratoires des hautes régions de l'atmosphère, 303.
- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- Mouvements que certains animaux exécutent pour retomber sur leurs pieds, 369.
- Musée de journaux d’Aix-la-Chapelle (Le), 63.
- Myopie (Prophylaxie de la), 103.
- N.
- Navires à propulsion hydraulique, 214. Navires ensablés (Sauvetage des), 271. Nécrologie, 110,190, 398.
- Nerveux (La structure du système), 187. Nitrates par les plantes (Assimilation des), 399.
- Nitrification (Influence des sels de potasse sur la), 94.
- O
- Objets préhistoriques (Une campagne de découverte d’), 367.
- Observatoire de montagne (Un nouvel), 14.
- Œufs (Les conserves d’), 242.
- Oïdium en 1894 (Multiplication de F),
- 191.
- Oiseaux (Destruction des), 400.
- Oiseaux foudroyés pendant le vol, 31. Olivine, 207.
- Ombres avec les mains (Les origines des), 287.
- Or battu (Concurrence possible à F), 190. Orages en France (Les), 54.
- Orange (Illumination d’une), 127. Orang-outang (Un vieil), 166. Orangs-outangs (Caractères spécifiques des), 127.
- Ordures ménagères (Destruction et utilisation des), 22.
- Orthographe (La réforme de F), 26. Oscinc de l’avoine (L’), 179.
- Outils à tête en diamants, 63.
- P
- Pacifique (Le fond du), 206.
- Papier photographique charbon-velours de M. V. Artigue, 331.
- Parasite des sauterelles (Un), 48.
- Paris (La superficie de), 250.
- Pavés en asphalte comprimé, 31.
- Pêche aux saumons dans la Colombie britannique (Canada), 135.
- Pêcheur à la ligne (L’outillage du), 250, 299, 333, 406.
- Pelleteries à Leipzig (Le marché des), 191.
- Pélopée tourneur (Le), 21.
- Perforatrice électrique rotative, 339.
- Perturbation magnétique, 143.
- Pesanteur (L’intensité de la), 275, 287, 509, 535.
- Pétrole de Grosnoje (Gisements de), 590.
- Pétrole en Angleterre (Découverte du), 63.
- Pétroles et gazolines, 206.
- Phare de Waldc (Le), 61.
- 419
- Pholadc (La), 193.
- Phosphates naturels (Valeur agricole des), 95.
- Phosphorescence aux basses températures, 118, 286.
- Pliotographie instantanée d’une ruade, 48.
- Photographies organiques, 62.
- Photographique à orientation variable (Atelier), 165.
- Photographique aux basses températures (L’action), 118.
- Phyllies (La matière verte des), 47.
- Physique amusante. La prestidigitation dévoilée. Le ludion magnétique, 175.
- Physique sans appareils. Images sans symétrie, 16.
- Pierres précieuses aux États-Unis (Les), 587.
- Plafond mobile mû électriquement, 399.
- Planètes (La photographie des petites),
- 202.
- Planimètre économique (Un). Planimètrc hachette de M. le capitaine II. Prytz, 159.
- Plante fourragère (Une), 58.
- Plante précieuse (Une), 415.
- Plantes (Cas curieux de la dissémination des), 362.
- Plantes (Piquants des), 258.
- Plantes (Structure des), 63.
- Plantes cruelles (Les), 41.
- Poiriers de France et poiriers de Californie, 307.
- Pôle magnétique de la Terre, 142.
- Pôle magnétique Nord (Le), 415.
- Pôle Nord (La conquête du), 77.
- Polygone de dix-sept côtés (Le), 159.
- Pomme de terre pour la nourriture des bestiaux (Utilisation de la), 94.
- Pont de la Tour à Londres (Le), 211.
- Porcs nourris de vipères, 582.
- Potasse par les végétaux (Assimilation de la), 239.
- Poudre sans fumée autrichienne (La), 382.
- Poules aux œufs d’or, 79.
- Puits artésiens aux États-Unis, 541.
- Pulpe de bois (La), 15.
- Pygmées du Congo, 505.
- Q
- Quadrimotive ü’Keenan (La), 75. Quadruplette (La), 192.
- R
- Radiations visibles (La température mi-nima des), 99.
- Rayonnement des taches solaires (Le), 114.
- Rayons cathodiques (Les), 131.
- Récréations scientifiques. Une ceinture faite avec un morceau de papier, 64.
- Rhodinol (Une nouvelle source de), 79.
- Roches à figures animées (Les), 160.
- Roue et pignons à dents de cuir, 15.
- Roue sphérique à mouvement universel, 303.
- Ruche et couveuse, 110.
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-
-
-
- 5420
- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- s-
- Satines naturelles de Madagascar (Les), 59. Satellite de Jupiter (L’orbite du 5'), 320. Satellite de Neptune (Le), 64.
- Savin (Nicolas), 80.
- Science pratique (La), 124, 272,303,317, 396.
- Séparation des liquides par la force centrifuge, 334.
- Serpent et la couverture (Le), 195.
- Silex taillés dans le Sud algérien, 518. Silure (Le), 147.
- Singe du Congo (Histoire d’un), 81. Skiascope-optomètrc (Le), 163.
- Soie marine (La), 90.
- Soldat de la Grande-Armée âgé de 126 ans (Un), 80.
- Soleil (Photographie du), 350.
- Sortie à bicyclette (Une première), 383. Spectre infra-rouge (L’inscription mécanique du), 278.
- Sphcx (Les), 365.
- Station centrale d’énergie électrique à Poitiers, 47.
- Station zoologique de Saint-Waast-la-Hougùe, 239.
- Statistique à la machine (La), 218.
- Statue dahoméenne en fonte (Une), 145. Statue de Claude Bernard (La), 416. Statuettes ethnographiques indiennes, 29. Stéréochromoscope (Le), 91.
- T
- Tachymètre Amsler (Le), 397.
- Tarets (Protection des bois contre les),j229. Télégraphique (Un record), 159.
- Température des sommets montagneux (La), 303.
- Température minima des radiations visibles, 99.
- Températures élevées (Points de repère aux), 98.
- Tempêtes du 11 au 13 novembre 1894, 414.
- Tir à l’arc en Angleterre (Le), 349.
- Tire-ligne (Un nouveau), 278.
- Tissus caoutchoutés (Les), 18.
- Torpilleur sous-marin américain (Un), 374.
- Torpilleurs (Nos), 273.
- Torpilleurs et la navigation intérieure (Les), 258.
- Tortue Caret (Monstruosité chez la), 59.
- Tour Eiffel de Londres (La), 387.
- Tourelle cuirassée à éclipse, 65.
- Traction électrique (La), 31.
- Tramway électrique de l’Exposition de Lyon, 526.
- Tramways à air comprimé de Saint-Augustin au cours de Yincennes, à Paris (Les), 534.
- Tramways électriques (Résultats d’exploitation des), 119.
- Tramways électriques en Amérique (L’exploitation des), 411.
- TramwaysMékarski à Nantes, 582.
- Tremblements de terre en Grèce (Les),
- 1.
- Tremblements déterre en Turquie, 158, 238, 289.
- Trombe dans le Calvados, 141.
- Trombe dans la Manche (Une), 272.
- Trombe de Torigni-sur-Vire (Manche), 233.
- Truffes africaines (Les), 255.
- Tubes à gaz comprimé (Les), 19.
- Tubes en pulpe de bois (Les), 555.
- Tuyaux acoustiques (Curieux emploi de), 400.
- y
- Vanesses à Moulins (Passage de), 46.
- Vélocipédie, 106, 192.
- Vélocipédique (Nouvel appareil), 75.
- Yélocipédique (Nouveauté), 502.
- Ventilateurs électriques, 241.
- Vérascope (Le), 267.
- Verres à employer pour la vision (Détermination des), 52.
- Viandes congelées australiennes en Autriche (Les), 271.
- Vie sur la terre (L’aurore de la), 64.
- Vigne (Une maladie de la), 63.
- Vignes (La résistance des), 95.
- Yillemin (Le Docteur), 368.
- Vitres parallèles à ouverture de circulation d’air, 363.
- Voitures automobiles. Le concours du « Petit Journal », 129, 142, 159. Les lauréats du concours, 198.
- Volaille et les œufs en Russie (La), 382.
- Voûtes en béton de scories pour les mines, 246.
- Voyage autour du monde (Nouveau), 46.
- Voyage en diligence, 112.
- Voyages et véhicules d’autrefois et d’aujourd’hui (Les), 62.
- w
- Witwatersrandt (Formation aurifère du), 394.
- Z
- Zèbres (Dressage des), 230.
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- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Alber. — Les origines des ombres avec les mains, 287.
- Angot (Alfred). — Capture de deux grands cétacés à Houlgate, 255.
- Raclé (L.). — Les chemins de fer électriques du mont Salève, près Genève, 83. — Les grandes gares allemandes, 235. — Le concours de moteurs à pétrole organisé par la Société d’agriculture de Meaux, 355.
- Baudry de Saunier (L.). — Entraîneur automatique pour vélo-cipédistes, 17. — Yélocipédie. Le balai brosse-chaîne pour bicyclettes, 270. — Une bicyclette automobile à moteur de gazoline, 385.
- Bellet (Daniel). — Une chatte et ses poussins, 5. — Les tubes à gaz comprimés, 19. — Les salines naturelles de Madagascar, 59. — La soie marine, 90. — Le canal maritime de Manchester, 151, 183. — L’industrie du bois de Teck au Siam, 211. — Le pont de la Tour à Londres, 211. — La protection des bois contre les tarets, 229. — Les conserves d’œufs, 242. — Le tir à l’arc en Angleterre, 349. — La marine de guerre aux États-Unis, 401.
- Berthelot (M.), de l’Institut. — L’échauffement et l’inflamma-tions spontanée des foins, 178.
- Bertillon (Jacques). — La statistique à la machine, 218.
- Béthuys (G.). — Le Caire port de mer. Projet de M. Prompt, 115. — Les garde-côtes japonais de construction française, 297.
- Bordage (Edmond). —Voyez Tertrin (P).
- Brandicourt (V.). — Les plantes cruelles, 41. — Cas curieux de la dissémination des plantes, 362.
- Bréal (E-). — Influence de l’abondance de l'alimentation des plantes sur la longueur de leurs racines, 138.
- Capitan (Dr). — Le menhir du bois de Clamart, 225.
- Cartaz (Dr A.). — Le mal de montagne, 39. — Le traitement de la diphtérie. Travaux de M. Roux, 282.
- Clément (A. L.). — Le silure, 147.
- Cornié (Gaston). — La culture de l’huître dans le bassin d’Arcachon, 55. — Yélocipédie. Bandages pneumatiques, 106.
- Coupin (Henri) . — Le Pélopée tourneur. Mœurs et expériences, 21. — L’anguillule de la betterave, 155. — La pholade, 193. — Les piquants des plantes, 258. — Le laboratoire maritime de Saint-Yaast-de-la-Hougue, 343.
- Delafosse (Maurice). Une statue dahoméenne en fonte, 145.
- Denza (P. François). — Les étoiles filantes observées en Italie en août 1894, 330.
- Dybowski (J.). — Histoire d’un singe du Congo, 81. — Tremblement de terre de Turquie observé à Adabazar, 289. — Pygmées du Congo, 305.
- Esciuche (Thomas). — Physique sans appareils. Images sans symétrie, 16.
- Fabonnet (Félix). — Balance de précision que l’on peut fabriquer soi-meme, 223.
- Fournier (Dr A.). — Le Dr Yillemin, 368.
- Fraissinet (A.). — La photographie des petites planètes, 202.
- Garnier (Jules), ingénieur. — Théorie de la formation aurifère du Witwatersrandt (Transvaal), 394.
- Casser (Aug.). — Silex taillés dans le Sud algérien, 318.
- Good (Arthur). — L’outillage du pêcheur à la ligne, 250 299, 333, 407.
- Guerne (Jules de). — Les collections du Muséum d’histoire naturelle en 1759 d'après un manuscrit du temps, 154.
- Guillaume (Ch.-E.). — Art et optique, 35. — Points de repère aux températures élevées, 98. — La température minima des radiations visibles, 99. — Le rayonnement des taches solaires, 114. — Curieuse expérience d’électricité. Illumination d’une orange, 127. — Les rayons cathodiques, 131. — Helmholtz, 257. — L’intensité de la pesanteur et les mesures du commandant Defforges, 275, 309. — La chute d’une goutte d’eau, 321.— Le tachymètre Amsler, 597.
- — Champ magnétique intense, 403.
- Hébert (A.). — Les applications du kaolin, 194.
- IIennebert (Lieutenant-colonel). — La flore du Soudan, 6. — Tourelle cuirassée à éclipse, 65. — La dynamite dans l'antiquité, 113. — Une montre gallo-romaine, 239. — Canons de 120 millimètres à tir rapide, 283. — Tourelles cuirassées de campagne, 371. — Le mois de mai et le mariage, 410.
- Hoffmann (Eugène). — Le Skiascope-optomètre, 163.
- Hospitalier (E.). — La constante de gravitation et sa mesure directe, 78. — La fluorescence, la phosphorescence et l’action photographique aux basses températures, 118. — Voitures automobiles, 129. — Un planimètre économique, 139.
- — Matelas électro-thermogénique, 166. —Voitures automo^ biles. Les lauréats du concours du « Petit Journal », 198.
- — Un nouveau fluide mécanique, 247. — Les incorrections du langage scientifique, 274.
- Janssen (J.), de l’Institut. — Météorographe à longue marche de l’observatoire du Mont-Blanc, 195.
- Laffargüe (J.).— Fonctionnement des lampes à arc et à incandescence, 18. — L’éclairage pratique, 42. — Électricité pratique. Les installations intérieures d’une distribution d’énergie électrique, 51. — La science pratique. Fourneau à essence minérale, 124. — Les moteurs à gaz, 186. — Cabestans électriques, 205. — Moteurs à gaz pour distributions d'eau, 207. — Compteur à gaz à payement préalable, 207. — Les consommations des moteurs à gaz, 227. — Les ventilateurs électriques, 241. — Le chemin de fer électrique aérien de Livcrpool, 243. — Science pratique. La boussole des électriciens, 272. — Tramway électrique de l’Exposition de Lyon, 326. — La Jumelle-Boussole, 339. — Exposition de machines-outils électriques à Budapest, 375. — Science pratique. Accumulateurs portatifs, 398. —Globes holophanes pour foyers lumineux, 405.
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- 422
- LISTE DES AUTEURS PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE.
- Launay (L. de). — Une visite aux ardoisières d’Angers, 121.
- Léotard (Jacques). — La conquête du pôle Nord, 77. — La guerre aux Marsouins, 209.
- Londe (Albert). — Cyclographe à foyer fixe de M. Damoizeau, 7. — Les centenaires de la Salpêtrière, 248.
- Magus. — Physique amusante. La prestidigitation dévoilée. Le Ludion magnétique, 175.
- Maltezos (C.). Bolides et aérolithes tombés en Grèce en 1894, 286.
- Marcel (Gabriel). — La Corée, 546.
- Mareschal (G.). — Allumeur extincteur à distance, 99. — Châssis transformateur de photographies, 125. — Atelier photographique à orientation variable, 165. — La chronopho-lographic d’amateur et le portrail vivant, 279. — La science pratique. Clef passe-partout universelle, 317. — Papier photographique charbon-velours de M. V. Artigue, 331.
- Marey (E. J.), de l’Institut. — Des mouvements que certains animaux exécutent pour retomber sur leurs pieds, lorsqu’ils sont précipités d’un lieu élexé, 369.
- Margot (Cii.). — Nouvel emploi de l’aluminium, 67.
- Marsillon (Cii.). — Chemin de fer d’Ouray et de Silverton (Colorado), 23. — Chemin de fer de Catskill Mountain près New-York, 101. — La tour Eiffel de Londres, 387.
- Martel (E. A.). — Les Alpes dolomitiques, 103.
- Maspero (G.), de l’Institut. — Les ateliers d’un verrier égyptien au quinzième siècle avant notre ère, 162.
- Mégnin (P.). — Dressage des zèbres, 230.
- Meunier (Stanislas). — Les causses artificiels, 243. — La Demoiselle de Pyrimont, 381.
- Mocquard (F.). — Un cas de monstruosité chez la Tortue Caret, 59,
- Nansouty (Max de). — La fumivorité en Angleterre, 43. —Le compas-directeur, 49. — Nos torpilleurs, 273. — Petit bateau à vapeur à très grande vitesse, 315. — Les locomotives à bec, 337.
- Otto (Marius). — Le chemin de fer à crémaillère de Monte-Carlo à la Turbie, 35.
- Oustalet (E.). — Les Œpyornis, 69. — Un vieil Orang-outan, 166.
- Pellissier (G.). — Comment on construit une maison en Amérique, 119. — L’Exposition d’Anvers, 215. — Les canalisations électriques aériennes, 291. — L’utilisation des forces motrices naturelles, 341. — L’exploitation des tramways électriques en Amérique, 411.
- Poirson (Ch.). — La maladie des blés et l’oscine de l’avoine, 179
- Poisson (J.). — Une plante fourragère. La gesse des bois, 58. — Le Ginkgo, 187.
- Pottier (F). — Le cerf-volant et la résistance de l’air, 27.
- Pury (Jean de). — Les jours de la semaine, 363.
- Rabot (Charles). — La glace fossile, 378.
- Raffard (N.-J.) — Ancienne machine à puiser l’eau, 161.
- Régnault (Dr Félix). — Statuettes ethnographiques indiennes, 29. — Les déformations crâniennes dans l’art antique, 157. — La structure du système nerveux, 187. — Les attitudes dans Part égyptien, 261.
- Renou (E ). — La réforme de l’orthographe, 26. —Les orages en France, 54.
- Reverciion (L.). — Les montres parlantes, 143.
- Rocquigny-Adanson (G. de). — Les arbres nourriciers du gui, 326.
- Tertrix (Paul) et Bordage (Ed.). — Le lucane du Chili, 53.
- Tissandier (Albert). — Pêche aux saumons dans la Colombie Britannique (Canada), 135. — Jardin botanique de Buitcn-zorg à Java, 263. — Forêts de la province de Washington aux Etats-Unis, 527.
- Tissandier (Gaston). — Les tremblements de terre en Grèce. Avril et mai 1894,1. — Les lettres de bons souhaits en Chine, 14. — Photographie instantanée d’une ruade, 48. — Mort dcM. Carnot, 79. — Un soldat de la Grande-Armée âgé de 126 ans. Nicolas Savin, 80. — Exposition universelle de Lyon en 1894, 87. — Les actualités géologiques au Muséum, 97. — Les machines à écrire. Machine « Bar-Lock », 117. — Trombe dans le Calvados, 141. — Les roches à figures animées, 160. — Collection de montres de M. Paul Garnier, 171.— Yéloci-pédie. La quadruplette, 192. — Chêne foudroyé pendant l’orage du 23 juillet 1894, 208. — L’uniformisation des méthodes d’essai des matériaux de construction, 266. — Les aéroplanes et la machine volante de M. Maxim, 294. — La science pratique. Roue sphérique à mouvement universel, 303. — Les poiriers de France et les poiriers de Californie, 507. — L’Exposition du Livre au Palais de l’Industrie, à Paris, 314 — Monument commémoratif élevé à la mémoire de M. A. de Quatrefages, 320. — Le Kinétoscope d’Edison, 323. — Coups de foudre, 335. — Gravures en filets typographiques, 551. — Les cuirasses invulnérables, 353. — Les Cynocéphales Hamadryas au Jardin d’Acclimatation de Paris, 359. — Une première sortie à bicyclette, 583. — Le carrousel de Sau-mur du 6 août 1894, 590. — Louis Figuier, 398. — Curieux emploi des tuyaux acoustiques. (400. — Tempêtes du 11 au 13 novembre 1894, 414. — La statue de Claude Bernard, 416.
- Trouessart (Dr E.) — Les fleurs de l’encre, 227.
- Varigny (Henry de). — Les Chats des réfrigérateurs de Pitls-burg, 403.
- Vidal (Léon). — Le stéréochromoscope, 91.
- Vignes (E.). — Les grues-chèvres. Derricks, 311.
- Vii.ledeüil (Cii. de). — Séances hebdomadaires de l’Académie des sciences, 15, 52, 47, 63, 79, 94, 111, 127, 142, 159, 175, 191, 207, 223, 238, 255, 271, 286, 303, 319, 335, 350, 567, 383, 399, 415.
- Villon (A.-M.). — L’absinthe, 149, 181. — Olivine, 207
- Vinot (J.). — Opposition de Mars, 318. — Photographie du soleil, 350.
- Viré (Armand). — Les cavernes de l’Atlas algérien. Le Djurjura,
- 11.'
- West (X.). — Photographies organiques, 62. — Les forêts pétrifiées des Etats-Unis,338. — Un Hcrculanum dans l'Amérique centrale, 562. — Les livres en bois du Muséum de Cassel, 371. — Répartition des pierres précieuses aux Etats-Unis, 587.
- X..., ingénieur. — L’Ambographe. Appareil à écrire en double exemplaire, 3. — Le phare de Walde, 61. — Nouvel appareil vélocipédique. La quadrimotive 0’Keenan,75.— La marine de guerre japonaise, 177. — Le vcrascope, 267. — Vitres parallèles à ouverture de circulation d'air, 363.
- Z... (Dr). — Un arbre à tronc multiple, 32. — Récréations scientifiques. Une ceinture faite avec un morceau de papier, 64. — L’escarpolette diabolique, 95.
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- TABLE DES MATIÈRES
- N. B. Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volume en petits caractères, sont Indiqués
- dans cette table en lettres italiques.
- Astronomie.
- La photographie des petites planètes (A. Fraissinet) . . 202
- Le satellite de Neptune........................... 04
- Photographies de la Lune..........................Ml
- La distribution des astéroïdes dans l'espace .... Ml
- Un nouveau micromètre astronomique....................159
- La réforme du calendrier grégorien.......................191
- L’atmosphère solaire..............................223
- Le milieu interplanétaire.........................503
- Opposition de Mars....................................318
- L'orbite du 5e satellite de Jupiter...................320
- Aspect de Mars....................................535
- Photographie du Soleil..............................350
- Physique générale.
- Le cerf-volant et la résistance de l’air (F. Pottier). . . 27
- Art et optique (Ch.-Ed. Guillaume).................... 55
- L’éclairage pratique (J. L.).......................... 42
- La constante de gravitation et sa mesure directe (E. II.). 78
- Points de repère aux températures élevées (G. E. G.) . 98
- La température minima des radiations visibles (Ch.-Ed.
- Guillaume)............................................. 99
- Le rayonnement des taches solaires (G. E. G.)..........114
- La fluorescence, la phosphorescence et l’action photographique aux basses températures (E. Hospitalier)1. . . 118
- Les rayons cathodiques (Ch.-Ed. Guillaume)...............131
- Le skiascopc-optomètre (Eugène IIoffmaxx) ..... 163
- Les ballons d’illumination................................170
- L’intensité de la pesanteur et les mesures du commandant Defforges (Ch.-Ed. Guillaume)............... 275, 309
- L’inscription mécanique du spectre infra-rouge............278
- La chute d’une goutte d’eau (Ch.-Ed. Guillaume) .... 321
- La Jumelle-Boussole (J. Laffargue)........................339
- Une nouvelle fiole à niveau............................... 15
- Détermination des verres à employer pour la vision. 32
- La chaleur reçue du Soleil.............................. 126
- Illusion d’optique........................................175
- Action des basses températures sur la phosphorescence des corps........................................286
- Recherches théoriques et résultats d’observations concernant l’intensité de la pesanteur....................287
- Intensité de la pesanteur en France . 335
- Électricité théorique et appliquée.
- Fonctionnement des lampes à arc et à incandescence
- (J. Laffargue).......................................... 18
- Les courants allernatifs................................... 35
- Électricité pratique. Les installations intérieures d’une distribution d’énergie électrique (J. Laffargue) ... 51
- Les chemins de fer électriques du mont Salèvc, près
- Genève (L. B.).......................................... 83
- Allumeur extincteur à distance (G. M.).................... 99
- Résultats d’exploitation des tramways électriques ... 119
- Matelas électro-thcrmogénique (E. II.)....................166
- Cabestans électriques (J. Laffargue)......................205
- Le plus petit chemin de fer électrique du monde.... 254
- Les ventilateurs électriques (J. Laffargue)...............241
- Le chemin de fer électrique aérien de Liverpool (J. L) . 245
- Les'canalisations électriques aériennes (G. Pellissier) . 291
- Tramway électrique de l’Exposition de Lyon (J. L.) . . 526
- Perforatrice rotative électrique..........................539
- Exposition de machines-outils électriques à Budapest.
- (J. Laffargue)..........................................375
- Science pratique. Accumulateurs portatifs (J. Laffargue). 396
- Champ magnétique intense (Ch. Ed. Guillaume)..............403
- L’éclairage électrique. Les globes pour foyers lumineux
- (J. Laffargue)..........................................405
- L’exploitation des tramways électriques en Amérique
- (G. Pellissier)......................................411
- La traction électrique..................................... 31
- Oiseaux foudroyés pendant le vol........................... 31
- Station centrale d’énergie électrique à Poitiers ... 47
- Production de l'électricité par les moulins à vent. . 111
- Pôle magnétique de la Terre................................142
- Un record télégraphique...................................159
- Bénéfices des sociétés d’électricité.......................175
- Une concurrence possible à l’or battu.....................190
- Éclairage électrique par ballons...........................238
- Enrobage électrique.................. .... 270
- La force motrice à Pforzheim..............................271
- Installation électrique à Weiz [Autriche).................302
- Transmetteur électrique des indications de la boussole 303
- L'extraction des dents par l'électricité...................319
- Chemin de fer électrique de Chicago à Saint-Louis . 319
- Structure de l’arc électrique.............................567
- Un plafond mobile mû électriquement.......................399
- Photographie.
- Cyclographe à foyer fixe de M. Damoizeau (A. Londe) . . 7
- Photographie instantanée d’une ruade (Gaston Tissandier) 48
- Photographies organiques (X. West)............... 62
- Le stéréochromoscope. Appareil servant à voir des photographies simultanément avec le relief et la couleur des
- originaux (Léon Vidal)........................ 91
- Châssis transformateur de photographies (G.- Mareschal). 125
- Atelier photographique à orientation variable (G. M.). . 165
- Le vérascope (X., ingénieur)....................267
- La ehronophotographie d’amateur et le portrait vivant
- (G. Mareschal)................................... . 279
- Le Kinétoscope d’Edison (Gaston Tissandier).....323
- Papier photographique charbon-velours de M. V. Artigue.
- Développement à la sciure de bois (G. Mareschal). . 331
- Le Kinétoscope.................................. 47
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-
-
-
- 424
- TABLE DES MATIÈRES.
- Photographie des figures d’équilibre de la chaînette. 225 La chute des chats................................551
- Chimie générale.
- L’cau-dc-vie de prunelles................................ 5
- Les tissus caoutchoutés............;................... 18
- Destruction et utilisation des ordures ménagères. ... 22
- Fabrication des marbres................................. 25
- Nouvel emploi de l'aluminium {Gu. Margot)............... 67
- L’absinthe. Histoire. Fabrication. Traitement (A. M. Villon) ........................................... 149, 181
- Réchauffement et l’inllammalion spontanée des foins
- (Bertiielot, de l’Institut)..........................178
- Les applications du kaolin (A. Hébert)..................194
- Pétroles et gazolines...................................206
- Un nouveau gaz dans l’air atmosphérique.................222
- Le grès hydraulique.....................................565
- Le cuir d’éléphant...................................... 15
- Utilisation des marcs de vendange.................. 15
- Le suc de l'arbre à laque............................... 16
- Pavés en asphalte comprimé.............................. 51
- La coagulation du lait.................................. 52
- Beurre de chèvre........................................ 79
- Une nouvelle source de Rhodinol......................... 79
- Les impuretés de l’aluminium . 94
- Les produits de la combustion du gaz d'éclairage. . *111
- Le chrome affiné....................................... 127
- Les travaux du bureau d’essai de l’Ecole des mines
- en 1895............................................. 174
- Préparation de corps nouveaux...........................191
- Olivine ................................................207
- Appréciation de la qualité du caoutchouc vulcanisé. 207
- La fabrication du fromage...............................254
- Préparation de l’alumine................................519
- Mélange gazeux fourni par le charbon de bois. . . 567
- La vaporisation du carbone..............................585
- Météorologie. — Physique du globe. Géologie. — Minéralogie.
- Les tremblements de terre en Grèce. Avril et mai 1894.
- (Gaston Tissandier)....................................... 1
- Les cavernes de l’Atlas Algérien. Le Djurjura. (A. Viré). 11
- Le mistral.................................................. 50
- Les orages en France (E. Rexou).......................... 54
- Les salines naturelles de Madagascar (Daniel Bellet) . . 59
- Les actualités géologiques au Muséum (G. Tissandier) . 97
- Trombe dans le Calvados. 6 juin 1894 (G. Tisssandier) . 141
- Tremblements de terre en Turquie........................158
- Les roches à figures animées (G. T.).......................160
- Météorographe à longue marche de l’observatoire du
- Mont-Blanc (J. Janssen, de l’Institut)...................195
- Chêne foudroyé pendant l’orage du 25 juillet 1894 (G. T.) 208
- Les fleurs de l’encre (Dr E. Trouessart)....................227
- La trombe de Torigni-sur-Vire (Manche)......................255
- Les causses artificiels (Stanislas Meunier).................245
- Bolides et aérolithes tombés en Grèce en 1894 (C. Mal-
- tezos)...................................................286
- Tremblement de terre de Turquie observé à Adabazar
- (X. Dvbowski)............................................289
- Dépôts d’émeri de l’île de Naxos............................315
- Silex taillés dans le Sud algérien (Aug. Gasser) .... 318
- Les étoiles filantes observées en Italie en août 1894
- (P. François Denza)......................................330
- Coups de foudre (G. T.).....................................335
- Les forêts pétrifiées des États-Unis (X. West)..............338
- La glace fossile (Charles Rabot)............................378
- La Demoiselle de Pyrimont (Stanislas Meunier). . . . 581
- Répartition des pierres précieuses aux États-Unis (X. West) 387 Théorie de la formation aurifère du Witvvatersrandt (Transvaal) (Jules Garnier).................................594
- Tempêtes du 11 au 15 novembre 1894 (G. T.).............414
- Un nouvel observatoire de montagne.................. 14
- Eclair en boule...................................... 47
- Découverte du pétrole en Angleterre................. 63
- Perturbation magnétique..............................143
- Explorations de grottes..............................175
- Météorologie du Mont-lHanc...........................175
- Le fond du Pacifique................................206
- Phénomène de lumière...................................258
- Le tremblement de terre dfc Constantinople .... 258
- Les forêts et l’humidité du sol.................• 254
- Fils télégraphiques étincelants.. 271
- Une trombe dans la Manche............................272
- Un mirage extraordinaire............................502
- La température des sommets montagneux ..... 503
- Mouvements giratoires des hautes régions de l'atmosphère ............................................503
- Élude des courants de VAtlantique....................550
- L’électricité atmosphérique dans les régions élevées . 366
- Le pôle magnétique Fiord.............................415
- Sciences naturelles. — Zoologie. Botanique. — Paléontologie.
- Une chatte et scs poussins (Daniel Bei.let)............
- La flore du Soudan (Lieutenant-colonel Hennebeut). . .
- Acridiens d’Algérie....................................
- Le I’élopéc tourneur. Mœurs et expériences (Henri Cou-
- pi x) ..............................................
- Un arbre à tronc multiple (I)1' Z.)....................
- Les plantes cruelles (V. Brandicourt)..................
- Le Lucane du Chili (Paul Tertrin et Edmond Bordage). . Une plante fourragère. La gesse des bois (J. Poisson). . Un cas de monstruosité chez la Tortue Caret. (F. Mocquaiid)
- Les Æpyornis (E. Oustalet)............................
- Histoire d’un singe du Congo (J. Dvbowski).............
- La soie marine (D. B.).................................
- Influence de l’abondance de l’alimentation des plantes sur
- la longueur de leurs racines (E. Bréal).............
- Le Silure (Silurus Glanis) (A.-L. Clément).............
- L’anguillule de la betterave (Henri Coupin)............
- Un vieil orang-outan (E. Oustalet).....................
- Le Ginkgo ou arbre aux quarante écus (J. Poisson). . .
- La Pholade (Henri Coupin)..............................
- Le serpent et la couverture......................... .
- La guerre aux Marsouins (Jacques Léotard)..............
- Le dressage des Zèbres (P. Mégnin).....................
- Capture de deux grands cétacés à Iloulgate (A. Axgot) .
- Les piquants des plantes (H. Coupin)...................
- Jardin botanique de Buitenzorg à Java (A. Tissandier) . Les arbres nourriciers du gui (G. de Rocquigny-Adansox) Le laboratoire maritime de Saint-Vaast-de-la-Hougue
- (Henri Coupin)......................................
- Les Cynocéphales Hamadryas au Jardin d’Aeclimatation de
- Paris (G. T.).......................................
- Cas curieux de la dissémination des plantes (V. Brandicourt) ................................................
- Les Sphex (B. I.)......................................
- Mécanique animale. Des mouvements que certains animaux exécutent pour retomber sur leurs pieds lorsqu’ils sont
- précipités d’un lieu élevé (E.-J. Marey)............
- Les Chats des réfrigérateurs de Pittsburg (Henry de Vari-
- gny)................................................
- Oiseaux foudroyés pendant le vol......................
- Passage de Vanesses à Moulins (Allier).................
- La matière verte des phyllies. ... ............
- Un parasite des sauterelles...........................
- Variation de structure des plantes....................
- Une maladie de la vigne...............................
- La respiration des feuilles............................
- Écrevisses ne rougissant pas à la cuisson..............
- Exsudations aqueuses des arbres........................
- Les agaves comme plantes défensives....................
- 7
- 10
- 21
- 32
- 41
- 53
- 58
- 59 69 81 90
- 138
- 147
- 155
- 166
- 187
- 195
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- 209
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- 255
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-
- TABLE DES MATIÈRES.
- 425
- Caractères spécifiques des orangs-outangs............127
- Le mécanisme de la ponte des acridiens...............127
- Le moucheron du blé..................................143
- Variation de composition de la chlorophylle .... 143
- La station zoologique de Saint-Vaast-la-Hougue . . 239
- Assimilation de la potasse par les végétaux .... 239
- Les truffes africaines...............................255
- Le.bois de Jarrah....................................286
- Explorations sous-marines............................287
- Une chenille du figuier..............................350
- La chute des chats...................................351
- Les bêtes féroces dans les Indes anglaises...........370
- Explication mécanique de la chute des chats. . . . 383
- L’appétit d’un boa constrictor.......................599
- Assimilation des nitrates par les plantes............399
- Ponte des criquets pèlerins......................... 599
- Destruction des oiseaux..............................400
- Une plante précieuse.................................415
- Géographie. — Voyages d’exploration.
- La conquête du Pôle Nord (Jacques Léotard)............. 77
- Les Alpes dolomitiques (E. A. Martel)..................103
- Le Caire port de mer. Projet de M. Prompt (G. Béthuys) 115 Le canal maritime de Manchester (D. Bellet) - . . 151, 183 Forêts de la province de Washington, aux Etats-Unis
- (Albert Tissandieii)..................................527
- La Corée. Royaume du calme matinal (Gabriel Marcel) . 346
- Nouveau voyage autour du monde........................... 46
- Le fond du Pacifique................................... 206
- Anthropologie. — Ethnographie. Sciences préhistoriques.
- Statuettes ethnographiques indiennes ((Dr F. Régnault) . 29
- Un soldat de la Grande-Armée âgé de 126 ans. Nicolas
- Savin (Gaston Tissandier)............................ 80
- Une statue dahoméenne en fonte (Maurice Delafosse) . 145
- Les déformations crâniennes dans l’art antique (Dr F. Régnault) .............................................157
- Les ateliers d'un verrier égyptien au quinzième siècle
- avant notre ère (G. Maspero, de l'Institut)..........162
- Le menhir du bois de Clamart (Dr Capitan).............225
- Une montre gallo-romaine (Lieutenant-colonel Hennebert) 259 Les attitudes dans l’art égyptien (Dr F. Régnault) . . . 261
- Pygmces du Congo (Jean Dybowski)........................305
- Un Herculanum dans l’Amérique centrale (X. West) . . 562
- L’aurore de la vie sur la terre.......................... 64
- Ivoires sculptés préhistoriques.........................127
- Les menhirs parisiens...................................145
- Explorations de gisements préhistoriques................351
- Une campagne de découverte d'objets préhistoriques 567
- La mer saharienne.......................................383
- Une installation balnéaire près de Pompéi...............415
- Mécanique. — Art de l’ingénienr. Travaux publics. — Arts industriels.
- Entraîneur automatique pour vélocipédistes (L. Baudry
- de Saunier).........................................
- Les tubes à gaz comprimé (Daniel Bellet)...............
- Chemin de fer d’Ouray et de Silverton (Colorado)
- (Cii. Marsillon)....................................
- Le chemin de fer à crémaillère de Monte-Carlo à la Tur-
- bie (Marios Otto).................................... 53
- La fumivorité en Angleterre (Max de Nansouty) .... 43
- Le phare de Walde (X..., ingénieur)..................... 61
- Nouvel appareil vélocipédique. La quadrimotive O’Keenan (X..., ingénieur)........................................
- La soie marine................................. 90
- Chemin de fer de Catskill Mountain près New-York (Ch.
- Marsillon)...........................................101
- Yélocipédie. Bandages pneumatiques (E.-A. Martel) . . 106
- La dynamite dans l’antiquité (Lieutenant-colonel Hennebert' ...................................................113
- Les machines à écrire. Machine « Bar-Lock » (Gaston Tissandier) ................................................117
- Comment on construit une maison en Amérique (G. Pel-
- Lissier).............................................119
- Une visite aux ardoisières d’Angers (L. de Launay) . . . 121
- Voitures automobiles. Le concours du Petit Journal
- (E. Hospitalier).....................................129
- Un planimètre économique. Le planimètre hachette de
- M. le capitaine II. Prytz (E. H.)......................139
- Les montres parlantes (L. Reverciion)....................143
- Le canal maritime de Manchester (Daniel Bellet) ... 151
- Ancienne machine à puiser l’eau (N.-J. Raffard) . . . 161
- Les chemins de fer de Bolivie............................163
- Unification des filetages................................174
- Les moteurs à gaz (G. Laffargue).........................186
- Yélocipédie. La quadruplctte (G. T.).....................192
- Voitures automobiles. Les lauréats du concours du Petit
- Journal (E. Hospitalier)...............................198
- L’industrie du bois de Teck au Siam......................211
- Le Pont de la Tour à Londres (Daniel Bellet)............211
- La statistique à la machine (Jacques Bertillon) .... 218
- Les consommations des moteurs à gaz (J. L.)..............227
- Les grandes gares allemandes (L. B.).....................235
- Voûtes en béton de scories pour les mines (C. D..., ingénieur) ..................................................246
- Un nouveau fluide mécanique (E. H.)......................247
- L’eau à haute pression pour l’extinction des incendies. . 262
- L’uniformisation des méthodes d’essai des matériaux de
- construction (G, T.)...................................266
- Vélocipédie. Le balai brosse-chaîne pour bicyclettes
- (L. Baudry de Saunier).................................270
- Les grues-chèvres Derricks (E. Vignes)...................311
- Les locomotives à bec (Max de Nansouty)..................337
- L’utilisation des forces motrices naturelles. Puits artésiens aux États-Unis (G. Pellissier].....................541
- Le concours de moteurs à pétrole organisé par la Société
- d’agriculture de Meaux (L. B.).........................355
- Une bicyclette automobile à moteur de gazoline (L. Baudry de Saunier)..........................................580
- La tour Eiffel de Londres (Ch. Marsillon)................387
- Le tachymètre Amsler (Cii. Ed. Guillaume)................397
- Roue et pignons à dents de cuir......................... 15
- Désincrustant pour chaudières.............................. 30
- Application de l’air comprimé à l'époussetage ... 31
- Outils à tête en diamants. . ........................... 63
- Les récompenses au concours des voitures sans chevaux du « Petit Journal »........................142, 159
- Le polygone de dix-sept côtés............................. 159
- Moteurs à gaz pour distribution d’eau......................207
- Compteur à gaz à payement préalable........................207
- Résultats d’expériences sur un moteur à vapeur actionnant directement une dynamo. ...... 222
- Le transport de la « Ferris Wheel » de Chicago à
- New-York................................................254
- Nouveauté vélocipédique..................................302
- Les Tramways à air comprimé de Saint-Augustin
- au cours de Vincennes, à Paris..........................534
- Séparation des liquides par la force centrifuge . . 334
- Les tubes en pulpe de bois...............................335
- Tramways Mékarski à Nantes...............................382
- Soudure de l’aluminium...................................599
- Le transport des maisons en Amérique.....................415
- Physiologie. — Médecine. — Hygiène.
- Le mal de montagne (Dr À. Cartaz)................... 59
- L’Institut antirabique à Tunis...................... 87
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-
-
-
- 426
- TABLE DES MATIÈRES.
- Prophylaxie de la myopie..............................
- Le skiascope-optomètre (Eugène Hoffmann)..............
- La structure du système nerveux (Dr F. Régnault) . . Les centenaires de la Salpêtrière (Albert Londe). . . . Le traitement de la diphtérie. Travaux de M. Roux (Dr A.
- Cartaz)....................................... 282,
- Médicamen ts nouveau t................................
- Action cutanée de certaines substances. ......
- Influence de l'intoxication sur l’infection microbienne ...............................
- Du rôle des lésions organiques dans les intoxications
- Un antidote physiologique du curare...................
- Causes de la digestion saline.........................
- La diphtérie des oiseaux..............................
- Agriculture. — Acclimatation.
- Pisciculture. *
- La culture de l’huître dans le bassin d’Arcachon (Gaston Cornié)...........................................
- Exploitation des huîtrières de Bretagne...............
- Pèche aux saumons dans la Colombie Britannique (Canada) (Albert Tissandier). ...........................
- L’écliauffement et l’inflammation spontanée des foins
- (M. Berthelot, de l'Institut).......................
- La maladie des blés et l’oscine de l’avoine (Ch. Poirson).
- L’agriculture au Mexique..............................
- Les poiriers de France et les poiriers de Californie (Gaston Tissandier).......................................
- L’outillage du pêcheur à la ligne (A. Good), 250, 209,
- 333.................................................
- Une maladie de la vigne...............................
- Utilisation de la pomme de terre pour la nourriture
- des bestiaux........................................
- Influence des sels de potasse sur la nitrification . .
- Valeur agricole des phosphates naturels...............
- La résistance des vignes au traitement par submersion .................................................
- Ruche et couveuse.....................................
- Le moucheron du blé...................................
- L'arachide da Congo...................................
- Multiplication de l'oïdium en 1894 ...................
- Utilisation des marcs de vendange.....................
- La gommose bacillaire des vignes......................
- La volaille et les œufs en Russie.....................
- Porcs nourris de vipères..............................
- Art militaire. — Marine.
- Le compas-directeur (Max de Nansouty).................
- Tourelle cuirassée à éclipse manœuvrable à bras d’hommes
- (Lieutenant-colonel Hennebert)......................
- La dynamite dans l’antiquité (Lieutenant-colonnel Henne-
- bert) ..............................................
- Lancement du cuirassé le Carnot.......................
- La marine de guerre japonaise (X..., ingénieur). . . .
- Navires à propulsion hydraulique......................
- Nos torpilleurs (Max de Nansouty).....................
- Canons de 120 millimètres à tir rapide (Lieutenant-colonel IIennebert).......................................
- Les garde-côtes japonais de construction française (G. Bé-
- tiiuys).............................................
- Petit bateau à vapeur à très grande vitesse (Max de Nansouty) ...............................................
- Emploi des moteurs à gaz dans la navigation...........
- Les cuirasses invulnérables (Gaston Tissandier).......
- Tourelles cuirassées de campagne (Lieutenant-colonel
- Hennebert).........................................
- Un torpilleur sous-marin américain....................
- Le carrousel de Saumur du 6 août 1894 (G. Tissandier) La marine de guerre des États-Unis (Daniel Bellet) . . Expériences de tir contre la cuirasse Dowe . . . 14,
- Les torpilleurs et la navigation intérieure.........238
- Sauvetage des navires ensablés......................271
- La mitrailleuse modèle 1893 ........................ 335
- La traction des bateaux sur les canaux..............307
- La poudre sans fumée autrichienne...................383
- Aéronautique.
- Les aéroplanes et la machine volante de M. Maxim (Gas-
- ton Tissandier).........................................295
- Un ballon en feu ..........................................222
- La foudre et les ballons captifs...........................303
- Notices nécrologiques. — Histoire de la science.
- Mort de M. Carnot (G. T.) ... ........................ 79
- F.-E. Mallard............................................110
- Les collections du Muséum d’Histoire naturelle en 1759 d'après un manuscrit du temps (Jules de Guerne) . . 154
- Dutreuil de Rhins........................................190
- Ilelmholtz (Ch.-E. Guillaume).......................... 257
- Monument commémoratif élevé à la mémoire de M. A.
- de Quatrefages (G. T.).................................320
- Le Dr Yillemin (Dr A. Fournier). ........................368
- P. Ducharlre. . )........................................398
- Louis Figuier (G. T.)....................................598
- La statue de Claude Bernard (G. T.)......................416
- Sociétés savantes. — Congrès et associations scientifiques. — Expositions.
- Académie des sciences (Séances hebdomadaires de U), par
- Ch. de Yilledeuil, 15, 32, 47, 63, 79, 94, 111, 127,
- 142, 159, 175, 191, 207, 223, 238, 255, 271, 286,
- 303, 319, 335, 350, 367, 383, 399 ..................... 415
- Exposition universelle de Lyon en 1894 (Gaston Tissandier) .................................................. 87
- La fin d’une Exposition...................................147
- Association française pour l’avancement des sciences. Congrès de Caen. 23e session, du 9 au 15 août 1894 (A. C ). 190
- L’Exposition d’Anvers (G. Pellissier).....................215
- L’Exposition du Livre au Palais de l’Industrie à Paris (Gaston Tissandier).........................................514
- Congrès de l’Association géodésique internationale . . . 358
- Élections à l’Académie des sciences. . . 32, 48,191, 320
- Le Musée de Journaux d’Aix-la-Chapelle..................... 63
- La prochaine réunion de l'Association géodésique. . 223
- Science pratique et récréative.
- Physique sans appareils. Image sans symétrie (Th. Es-
- criche)................................................... 61
- Récréations scientifiques. Une ceinture faite avec un morceau de papier............................................... 64
- I/escarpolette diabolique. Nouvelle illusion optique et
- mécanique (Dr Z.).................................. 96, 302
- La science pratique. Fourneau à essence minérale. La boussole des électriciens. Roue sphérique à mouvement universel. Clef passe-partout universelle, 124, 272,
- 303 ..................................................... 317
- Curieuse expérience d’électricité. Illumination d’une
- orange (C. E. G.)..........................................127
- Une première sortie à bicyclette (G. T.)....................383
- Physique amusante. La prestidigitation dévoilée. Le ludion magnétique (Magus)...................................175
- Balance de précision que l’on peut fabriquer soi-même
- (Félix Fabonnet)...........................................223
- Les origines des ombres avec les mains (Aller) .... 287
- 103
- 163
- 187
- 248
- 342
- 47
- 64
- 159
- 207
- 208
- 400
- 415
- 55
- 66
- 135
- 178
- 179
- 307
- 307
- 406
- 63
- 94
- 94
- 95
- 95
- 110
- 142
- 143
- 191
- 223
- 271
- 382
- 382
- 49
- 65
- 113
- 158
- 177
- 214
- 273
- 283
- 297
- 315
- 346
- 553
- 571
- 574
- 390
- 401
- 46
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-
-
- TABLE DES MATIÈRES.
- 427
- Le tir à l’arc en Angleterre (D. Bellet)................349
- Vitres parallèles à ouverture de circulation d’air (X..., ingénieur) . .................................................363
- Curieux emploi de tuyaux acoustiques (G. T.)............400
- Variétés. — Généralités. — Statistique.
- Concours de la lampe à pétrole........................... 2
- L’ambographe. Appareil à écrire en double exemplaire
- (X..., ingénieur).......................................... 3
- Les lettres de bons souhaits en Chine (G. T.).............. 14
- La réforme de l’orthographe (E. Renoc)...................... 26
- Les écuries du tsar......................................... 66
- Impôt sur la barbe..........................................103
- Voyage en diligence.........................................112
- Collection de montres de M. Paul Garnier (Gaston Tissan-
- dier).....................................................171
- La statistique à la machine (Jacques Bertillon) .... 218
- La protection des bois contre les tarets (Daniel Bellet). 229 La bicyclette instrument d’arpentage. ........ 235
- Les conserves d’œufs (D.B.).................................242
- La superficie de Paris......................................250
- L’outillage du pêcheur à la ligne (A. Good). 250, 299, 335, 406
- Les chevaux en France.......................................267
- L’Exposition de Chicago en miniature........................270
- Les incorrections du langage scientifique (E. H.). . • . 274
- Un nouveau tire-ligne.................................279
- Gravures en filets typographiques (G. T.).............351
- Les jours de la semaine (Jean de Pdry)................363
- L’âge des chutes du Niagara...........................378
- Le mois de mai et le mariage (Lieutenant-colonel Henne-
- bert)............................................ 410
- La pulpe de bois...................................... 15
- Les voyages et les véhicules d’autrefois et d'aujourd'hui ................................................ 62
- La fabrique impériale des billets de banque de Russie ................................................. 62
- Poules aux œufs d’or.................................. 79
- La fabrication des allumettes......................... 94
- Monnaie de paille................................... 111
- Accidents dans l’emploi des appareils à vapeur en
- 1892 ........................................... 159
- Le marché des pelleteries à Leipzig...................191
- L’enseignement de l’écriture au Cambodge. . . . 238
- En Amérique pour 42 francs............................270
- Les viandes congelées australiennes en Autriche . . 271
- Journaux polaires................................... 319
- La vieille Bourse d’Anvers............................319
- Les millionnaires aux Etats-Unis. . . ................335
- Echos divers..........................................366
- Les livres eu bois du Muséum de Cassel................371
- Bibles anciennes......................................382
- Le plus gros « Diamant noir »...................... . 382
- FIN DES TABLES
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- Page 14, col. 1, ligne, il). Au lieu de : papier de riz.
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- Il faut : b 000 volts, et Friuvil-lier.
- Page 85, col. 2, ligne 20. Au lieu de : 5500 volts.
- Il faut : 7 000 volts.
- Page 270, col. 2, ligne 59.- .4m lieu de : 42 franes.
- Il faut : 45 francs.
- Page 296, col.. 2, ligne 25. Au dieu de: à leurs études Il faut : à leur élude,
- Page 526, col. 1, ligne 41. Au lieu de : 5 200 kilomètres.
- Il faut : 3.2 kilomètres.
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- Paris. — Imprimerie Laiuue, rue de Fleurus, 9
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- Réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction de la « Boîte aux lettres » doivent être adressées
- à M. Gaston Tissandier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE 8ERVIGE DU JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES A LA LIBRAIRIE O. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- VARIÉTÉS
- Installation électrique de la Compagnie du gaz de Valparaiso. — Nous avons déjà parlé à plusieurs reprises des avantages que présentaient les moteurs à gaz pour la distribution de l’énergie électrique, en raison de leur rendement élevé. La Compagnie du gaz de Yalparaiso, sous la direction de M. Arturo E. Salazar, a établi à l’aide de moteurs à gaz une station centrale d’électricité qui a donné les résultats les plus satisfaisants. L’installation comprend 2 moteurs à gaz de 60 chevaux, dépensant 750 litres de gaz par cheval-heure. Chaque moteur actionne deux dynamos accouplées directement ; deux d’entre elles appartiennent au type Siemens, et les deux autres au type Fritsche. A la vitesse angulaire de' 140 tours par minute, elles produisent 125 volts et 150 ampères, soit 18,750 kilowatts; mais pour la charge des accumulateurs, elles peuvent donner 170 volts et 90 ampères. Les batteries d’accumulateurs sont au nombre de deux, formées chacune de 05 éléments d’une capacité de 750 ampères-heure. La distribution est effectuée par le système à 3 fils, et s’étend sur une longueur de 1000 mètres, depuis la plaza de la Victoria jusqu’à la plaza de la Justicia. La canalisation est souterraine; les câbles, positif et négatif, ont des sections variant de 60 à 95 millimètres carrés, et le fd neutre des sections de 25 à 35 millimètres carrés. La canalisation établie permet de desservir 2000 lampes de 16 bougies, ou 3616 de 30 watts, ou 2200 de de 50 watts. La puissance totale de l’installation est actuellement de 80,5 kilowatts disponibles chez les abonnés, ce qui correspond à 1600 lampes de 50 watts allumées en même temps. Chaque lampe à incandescence de 16 bougies, brûlant pendant une heure chez un consommateur, correspond à une dépense de 100 litres de gaz à la station centrale. En estimant la consommation d’une lampe de 16 bougies à 60 watts, on peut en déduire qu’un kilowatt-heure utile chez l’abonné dé-ense, toutes pertes comprises, 1,666 mètre cube de gaz. ette installation électrique de la Compagnie du gaz de Valpa-raiso est très intéressante, parce qu’elle nous donne encore un exemple des services que peuvent rendre les moteurs à gaz comme machines motrices dans les stations centrales d’énergie électrique. 11 semble qu’il y a dans cette nouvelle utilisation un gi'and avenir réservé aux distributions actuelles de gaz.
- INFORMATIONS
- —Les steamers Campania et Lucania, dit le journal anglais Engineering, continuent à tenir le record de la vitesse pour les traversées de l’Océan. Le dernier voyage de New-York à Queenstown fait au mois de mars par la Campania a été effectué en cinq jours, quinze heures et trente-quatre minutes; le navire se trouvait aidé, dans la première partie de sa traversée, par des vents favorables. Cette, durée est supérieure, en apparence, de trois heures vingt-sept minutes à celle du voyage de novembre 1893, qui constitue, jusqu’à ce jour, le record du temps. Mais, en réalité, la vitesse moyenne de marche a été supérieure dans ce dernier voyage, où le navire a
- suivi la route d’hiver de 90 milles plus longue que celle d’été suivie en novembre. Alors que, dans le premier voyage, la vitesse moyenne avait été de 21,28 nœuds par heure, elle est dans le dernier de 21,41 nœuds. Les distances parcourues, pendant chaque journée de vingt-quatre heures, ont été de 539 milles, 490, 492, 506, 506 et 396, soit au total 2902 milles. Pendant ce temps, le Lucania partait de Liverpool et Queenstown pour New-York, ayant à lutter, pendant presque toute la traversée, contre le vent et le flot. Les distances parcourues pendant les cinq jours dix-huit heures trente-deux minutes de la traversée ont été 530, puis 513, 519, 497, 529 et 302 milles, au total 2890.
- —Dans un de ses derniers numéros le Journal des usines à gaz parlait des accidents causés par l’électricité, en Angleterre, accidents dus à des canalisations souterraines. Il paraît, d’après ce qui vient de se passer à Fécamp, que les fils électriques aériens présentent, eux aussi, quelques dangers d’incendie, ce qui prouve que les tribunaux ont été bien inspirés en reconnaissant aux propriétaires le droit de s’opposer au passage des câbles électriques au-dessus de leurs propriétés. Nous lisons, en effet, dans une feuille locale qu’un til électrique s’étant rompu, les étincelles avaient mis le feu à une partie du cliéneau et fait fondre la gouttière. Heureusement il n’était que 9 heures du soir et des passants ont pu éteindre ce commencement d’incendie. Il appartient aux maires de prendre les mesures nécessaires pour la protection de leurs administrés afin d’éviter les accidents qui peuvent survenir en laissant établir au-. dessus de leurs maisons des fils électriques. Une réglementation s’impose pour les conducteurs aériens traversant des propriétés habitées : un arrêté municipal suffit à prévenir des accidents qui peuvent avoir des conséquences graves.
- —@— La quantité de matières alimentaires arrivée aux Halles de Paris dans le courant de l’armée 1892 s’est élevée, sans compter les végétaux, à 43 millions de kilogrammes de viandes; 23 de volailles et gibiers; 12 de fruits; 25 «le poisson; 11 de beurre; 46 d’œufs; 7 et demi de fromages; 6 de moules; 33 d’huîtres. Quelques particularités : les alouettes ont atteint le chiffre de 1400 000 ; les cailles 815 000; les dindes 296 000; les pigeons 1 971 000; les lapins 5 225000; les poulets 7 000 000. L’Angleterre, la Hollande, la Belgique, la Suisse expédient du poisson; l’Allemagne, du gibier et des écrevisses; l’Italie, des cailles, des œufs, des pigeons, des poulets; l’Espagne, du gibier, des légumes, des fruits; la Russie, des coqs de bruyères, des rennes; la Tunisie, des perdrix ; l’Algérie, des primeurs.
- —Il est question, en ce moment, de faire l’installation de l’éclairage électrique à la Chambre des députés. La dépense de premier établissement des appareils producteurs s’élèverait, tous frais compris, à 500 000 francs. La dépense annuelle d’exploitation serait de 72 000 francs; cette dépense dépasse aujourd’hui, avec le gaz et l’huile, la somme de 120 000 francs. L’économie réalisée par année serait donc de 48 000 fr.; elle permettrait d’amortir en dix ans et six mois le capital d’installation. La Commission de comptabilité de la Chambre a présenté à ce sujet un Rapport favorable qui a été approuvé par le Bureau. Cette décision permettra d’apporter de grandes améliorations dans l’éclairage du Palais-Bourbon.
- —H— Dans plusieurs contrées, les chevaux qui souffrent de rhumatismes sont traités aux bains de boue. En Angleterre, il existe pour eux des bains de vapeurs. La ville de Baden, près Vienne, a voté 60 000 francs pour l’installation de bains sulfureux destinés à la race chevaline. Ce genre d’établissement n’existait jusqu’ici, croyons-nous, nulle part.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES,
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui concerne l’ambographe, s’adresser à M. Murat, 26, allées de ïourny, à Bordeaux, et pour le cyclographe à foyer fixe à M. Damoizeau, ingénieur, 52, avenue Parmentier, à Paris.
- Communications. — M. L. Motte, à Gand, nous signale la nouvelle piste vélocipédique de la ville d’Anvers, composée uniquement de ciment portland qui enveloppe une légère armature en fer. Elle forme un grand tablier discontinu ayant environ 4 centimètres d’épaisseur et reposant sur une série de légères poutrelles en ciment et en fer. Ces dernières s’appuient elles-mêmes sur des colonnettes également en ciment et en fer. Le procédé est dû à M. J. Monier, et il est exploité en Belgique par MM. J. et F. Picha.
- M. Thiot, à Marissel, nous fait connaître une anomalie végétale bizarre qu’il a eu l’occasion d’observer dernièrement dans son jardin. Une tulipe portait aux deux tiers de la hampe une feuille composée d’tme moitié de feuille et d’une moitié de pétale de la même couleur que la fleur; une bande vert foncé séparait nettement les deux parties.
- Renseignements. — M. E. Larue, à Toulon. — 1° Vous trouverez divers modèles de ces appareils, chez M. Lustrât, 55, rue de Richelieu, à Paris. — 2° Pirogues à rames : MM. Bertin frères, constructeurs à Argenteuil (Seine-et-Oise).
- M. A. Latapy, à Paris. — La bonne poudre de pyrèthre vous donnera satisfaction.
- M. E. Borgoth, à Paris. — Il est absolument nécessaire de démonter l’appareil.
- M. J. G., à Saint-Etienne. — Pour ce qui concerne les glaces platinées, décrites dans le n° 928, du 14 mars 1891, adressez-vous à MM.E. et H. Dodé, 99, boulevard de Charonne, à Paris.
- M. F. Bodin, à Lisieux. — M. Gavard a publié, en 1835, sur le diagraphe, une Notice que l’on ne peut trouver aujourd’hui que d’occasion.
- M. Delisle, à Paris. — La conférence de M. E. Hospitalier sur les générateurs et transformateurs polymorphiques d’énergie électrique a paru in extenso dans le journal ïIndustrie électrique du 25 mai 1894, à l’imprimerie Lahure, 9, rue de Fleurus. .
- M. G. Rester, à Charenton. — 1° Vous pourrez trouver divqj-s modèles de ventilateurs électriques chez M. Cadiot, 44, rue Taitbout, à la Compagnie Edison, 28, rue de Châteaudun, etc. — 2° On fabrique aujourd’hui des lampes à incandescence de 2 à 3 bougies. — 3° La dépense est variable; mais on peut compter de 60 à 100 watts.
- M. K. D., à Cherbourg. — Nous avons parlé de l’analyse musicale des gaz et décrit l’appareil qui sert à cette expérience, le formènephone, dans le n° 1069, du 25 novembre 1893.
- M. L. Dumont, à Paris. — Vous nous demandez pourquoi on a recours aujourd’hui, dans les transmissions d’énergie électrique, à des courants diphasés ou triphasés pour le transport et à des courants continus pour la distribution. Ces derniers se prêtent à un plus grand nombre d’applications que les courants alternatifs ; d’autre part, les courants di ou triphasés peuvent actionner facilement à distance des moteurs qui eux-mêmes entraînent des dynamos à courants continus. Le rendement de toutes ces transformations est encore suffisamment élevé pour permettre une exploitation industrielle.
- M. L. Jarre, à Paris. — Adressez-vous directement à M. E. Tourtin, photographe, 8, boulevard des Italiens.
- M. Vanvincq Reniez, à Audruicq. — Le compte rendu que vous demandez n’existe pas; mais l’auteur publiera probablement un ouvrage.
- M. Ph.de Beaulier, à Bruxelles. — Il est impossible d’éviter d’une façon pratique cet inconvénient.
- M. Ch. de Marigny, à Nevers. — L’adresse demandée est : 12, rue de Staël, à Paris.
- M. A. A., au Mans. — II n’y a pas de remède bien efficace contre le blanc des rosiers. On peut cependant arracher l’arbuste, couper toutes les racines, les laver à grande eau en les brossant, et ne replanter le rosier qu'après avoir profondément remué le sol et même changé la terre. La fleur de soufre projetée sur les feuilles et les racines a donné parfois quelques résultats. On pourrait essayer aussi le jus de tabac.
- M. G. L., à Paris. — Si vous voulez avoir des accumulateurs robustes, se prêtant à des décharges élevées et rapides; nous vous mentionnerons les accumulateurs de M. P. Dujardin, 28, rue Vavin.
- M. le Dr Loison, à Lyon. — L’appareil frigorifique que nous avons décrit dans les Petites Inventions du n° 1041, du 13 mai 1893, pourrait vous convenir.
- M. L. Nûnez, à Bucaramanga. — Il faudrait vous renseigner directement auprès de la maison Ruggieri, artificiers, 94, rue d’Amsterdam, à Paris.
- M. A. Bergeron, à Bordeaux. — Consultez La Navigation aérienne, l'aviation et la direction des aérostats dans les temps anciens et modernes, par Gaston Tissandier (Bibliothèque des merveilles, Hachette et Cie; éditeurs).
- M. H. Cavroy, à Douai. — La maison Gally, Daloz et Viette, 64, rue Tiquetonne, à Paris, fabrique des gaines de ce genre.
- M. Beuzeboc, à Bordeaux. — Nous avons signalé les roues en papier dans le n° 500, du 30 décembre 1882, p. 75 et dans le n° 810, du 8 décembre 1888, p. 30. Cette fabrication était américaine, et nous n’avions pas d’adresse particulière. En 1882, MM. Adt frères, de Pont-à-Mousson, avaient aussi entrepris la fabrication des roues de wagons en papier comprimé.
- Réponses. — N° 1337. — Marques et timbres à l'encre sur les livres. — Pour faire disparaître sur les livres anciens les marques et timbres à l’encre noire, rouge ou bleue des cabinets de lecture et de bibliothèques, je conseille d’employer : une solution A de bisulfite de soude liquide saturé à 35°-36° Baumé, et une solution B de permanganate de potasse à 15 pour 1000. Il faut d’abord laver les taches et cachets avec la solution A, puis faire un lavage à l’eau distillée; il faut traiter ensuite par la solution B, par la solution A, et terminer en lavant à l’eau distillée. (Communiqué p^r M. Ch. Franche, chimiste, à Paris).
- Accusés de réception. — Avis divers. — AL Max Cahours, à Bolbec. Nous n’avons pas d’adresse plus complète. — M Angel-vin, à Marseille. Nous ne connaissons pas de procédé de ce genre ; il est nécessaire d’avoir recours à des machines. — M. H. Hanin, à Paris. La méthode ne nous paraît pas très pratique. Remerciements. — M. J. G., à Arcachon. Les notions que vous résumez sont connues des météorologistes; cotre théorie prête à des objections et aurait besoin de démonstrations. — M. S. L. C., à Reims. Renseignez-vous auprès des principaux éditeurs à Paris. — M. T. D., h Lodève. 1° Vous trouverez ce renseignement dans les Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie G. Masson. 2° Le prix est de 2 fr. 25. — M. H. Fama, à Saxon; M. A B., à Haubourdin. Consultez le même petit livre que ci-dessus. — M. F. Witz, à Bis-chwiller; M. Ch. de Blumencron, à Vienne. Remerciements pour vos communications. — M. A. B., à Marseille. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Sable-ciment. — MM. Smidth et Cie, de Copenhague, fabriquent un nouveau produit, qui consiste en un mélange intime, dans des proportions déterminées, de sable et de ciment de Portland, ou autre ciment analogue. On soumet le mélange à un broyage, qui en augmente la finesse. Ce sable-ciment peut s’employer, au lieu de ciment pur, pour ravalements, ornements, sculptures, etc., mais il trouve son emploi le plus avantageux dans la fabrication du mortier de ciment. Dans la fabrication ordinaire du mortier de ciment, le sable n’est mélangé au ciment qu’au moment du gâchage. De cette façon, le mortier cesse d’être bien lié, si la proportion de sable dépasse certaines limites. Si, au contraire, on fait usage de sable-ciment, auquel on pourra ajouter autant de sable qu’on en aurait ajouté au ciment, on obtiendra un mortier qui donnera de bons résultats, bien que contenant une quantité de sable qui serait inadmissible avec Je cimentfpur.
- Enduit imperméable. — Gutta-percha et paraffine, 50 grammes de chaque substance. Préparer le mélange sur un feu doux, et l’appliquer au pinceau métallique. Après application, passer un fer chaud pour obtenir le poli. Cet enduit rend les cuves en bois absolument étanches, et résiste aux alcalis et aux acides.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INVENTIONS1
- Toupie éolienne. — Charmante toupie qui fonctionne sans ressort ni ficelle ; il suffit simplement de souffler dans le tube 1 à plusieurs reprises, plus ou moins longtemps, selon la
- Toupie éolienne. Manière de souffler dans la toupie, et vue de l’appareil.
- force de rotation qu’on veut lui donner, en la tenant par le pivot inférieur 2, et de la poser sur une table. La toupie tourne en faisant entendre un son musical, déterminé par l’entrée de l’air à travers les fenêtres ouvertes dans le corps de la toupie qui est creux et fait en un métal léger. Il tourne sur un axe et quand on souffle avec la bouche, on détermine sa rotation rapide qui lui permet de fonctionner quand on l’abandonne sur le pivot de l’axe tenu verticalement. — S’adresser à M. E. Mathieu, 2, faubourg Poissonnière, Paris.
- Lampe électrique portative. — Le nombre des lampes électriques portatives et de dimensions réduites est aujourd’hui considérable; nous mentionnerons à la suite de tant d’autres le modèle que représente la figure ci-jointe. Il est constitué par une pile zinc-charbon contenue dans un récipient cylindrique en ébonite poli. Les zincs et charbons sont portés sur un couvercle mobile qu’on peut élever ou abaisser à l’aide d’une poignée pour arrêter la pile ou la mettre en fonction. L’énergie électrique ainsi produite alimente une petite lampe à incan-
- Lampe électrique. — 1. La lampe au repos.
- 2. La même allumée sa poignée étant abaissée. — 3. Mode d’emploi.
- descence de 3 à 4 bougies fixée dans un réflecteur argenté qui peut être muni de verres de diverses couleurs. Le liquide nécessaire est obtenu en versant dans un litre d’eau environ une poudre formée d’acide chromique, de biphosphate de soude, de chlorure de soude et de chlorure ferrique en proportions déterminées. La quantité de liquide contenue dans l’appareil permet un éclairage de deux heures à deux heures et demie. Cette lampe portative pourra rendre quelques services dans diverses applications et notamment dans les laboratoires de photographie. — La pile électrique portative que nous faisons connaître et qui se nomme Comète se trouve chez M. Cadiot, 44, rue Tait-bout, à Paris.
- Planchette à. dessin. — Notre gravure représente une planchette, qui permet de tendre très facilement une feuille de papier à dessin, au lieu d’avoir à la coller péniblement,
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- avec une colle à bouche. La planche est tenue dans un cadre, au moyen de quatre charnières, comme le montre le n° 1. Le cadre peut se lever comme le fait voir le n° 2. On étend le papier sur la planche ouverte le côté satiné en bas, le verso-en haut. On l’imbibe d’eau avec une éponge mouillée, on
- o/ertf/eté
- Planchette à cadre pour les dessinateurs.
- retourne la feuille de manière à ce que le recto, c’est-à-dire le-côté satiné,- soit en haut. La feuille de papier a été coupée de ' manière à dépasser la planche intérieure du cadre de 3 centi- ; mètres en largeur et en hauteur. En la tendant avec les mains, on fait dépasser régulièrement le papier autour de la planche ; on applique le cadre et on ferme lentement. Le n° 3 montre l’aspect de la planchette à dessin quand l’aquarelle a été ter- ' minée sur le papier bien tendu. — Cette planchette se trouve ; chez M. G. Renaut, Comptoir des spécialités brevetées, 86, faubourg Saint-Denis, Paris. * {
- Compas d’épaisseur. — Ce compas peut tenir la place d’un palmer; il donne les mesures avec beaucoup de rapidité, et on peut avec lui graduer, ce que le palmer ne permet pas.
- Il remplace aussi le compas d’épaisseur proprement dit. Pour les horlogers, il supprime l’outil au douzième qui calibre avec les anciennes mesures, tandis que celui dont nous donnons la description, calibre d’après le système métrique. 11 tient place de décimètre, et par ses deux branches A C dont
- iictrich.
- Compas d’épaisseur. — Vue de l’appareil et mode d’emploi.
- les rextrémités sont pointues, sert de compas à tracer en le tenant vertical. Notre dessin montre l’appareil tenu par le côté, mais on peut aussi le tenir verticalement. (Se trouve à la même adresse que la toupie éolienne.)
- BIBLIOGRAPHIE .
- Les maîtres de la science. Laënnec, 1781-1826. De l’auscultation médiate; de l’exploration de la poitrine. 1 vol. in-18 de la Bibliothèque rétrospective, publiée sous la direction de M. Charles Richet, professeur à la Faculté de médecine de Paris. G. Masson, éditeur.
- La photogravure sans photographie, par l’abbé J. Ferret, docr teur en philosophie. 1 vol. in-18 de la Bibliothèque photographique. — Paris, Gauthier-Villars et fils, imprimeurs-libraires, 1894.
- Traité d’analyse chimique micrographique et microbiologiqtie des eaux potables, par A. J. Zune. 1 vol. in-8° avec 414 figures. — Paris, Octave Doin, éditeur, 1894. Prix : 10 fr.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- L'antisepsie de la bouche. — Dans un intéressant article du journal de médecine pratique, le Dr Camescasse conseille comme moyen antiseptique habituel de la bouche, de laver et frotter les dents, les gencives et la langue avec l’eau savonneuse. Une brosse, de l’eau chaude et du savon et l’on réalise de la façon la plus simple un nettoyage parfait de la bouche. On prévient ainsi les altérations dentaires, l’accumulation de détritus d’aliments et la pullulation des microbes, si nombreux dans notre cavité buccale. Le moyen n’est pas nouveau, M. Camescasse le reconnaît, mais il cherche à en généraliser l’emploi. Un de mes bons amis, le Dr Cartaz, m’a fait depuis
- plusieurs années pratiquer le nettoyage de la bouche et des dents de la façon suivante et je dois à ce procédé de n’avoir plus jamais le moindre mal de dents. Tous les matins, frotter la brosse à dents sur le savon de toilette, un savon fin et peu parfumé, frictionner les dents en dehors et en dedans, des gencives, puis se rincer la bouche avec une solution de chlorate de potasse à 3 pour 100 et finir enfin par un lavage avec quelques gouttes d’eau dentifrice phéniquée dans un peu d’eau pure, bouillie, si vous voulez. Le chlorate de potasse prévient les gingivites en raffermissant les gencives. Je dois ajouter que ce moyen qui donne aux dents blancheur, solidité et durée, n’empêche pas, si l’on est fumeur, de les voir se jaunir légèrement et ne prévient pas la formation du tartre dentaire qu’il faut enlever avec des instruments spéciaux. Dr X...
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS A 7 HEURES Dü MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT Dü CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 21 mai .... 7*,2 N. 3. Couvert. 0,0 Couvert; pluie à peu près continue à partir de 11 h.; halo. Couvert; pluie jusqu’à 1 h. et de 4 h. à 9 h.
- Mardi 22 6",3 N. W. 2. Couvert. 7,5
- Mercredi 23 9*,2 N. N. E. 0. Couvert. 0,5 Couvert le matin, presque couvert le soir, averses l’après-midi.
- Jeudi 24 UM N. N. E. 2. Couvert. 8,2 Presque couvert jusqu’à 22 h.; beau ensuite; halo.
- Vendredi 25 11*,9 N. N. E. 3. Couvert. 0,0 Presque couvert jusqu’à 20 li.; beau ensuite; lialo.
- Samedi 26. .... . 10”,2 N. W. 3. Couvert. 0,0 Très nuageux jusqu’à 15 b.; puis nuageux; beau après 18-h.; halo.
- Dimanche 27 6°,8 S. W. 2. Couvert. 0,0 Presque couvert; pluie de 8 li. à 11 h. un quart et de 18 h. et demie a 19 h.
- MAI 1894 -- SEMAINE DU LUNDI 21 AU DIMANCHE 27 MAI
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, lès pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer)’, courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche-: courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- l<es orages en France. — Un orage très violent a causé, le 19 mai 189i, de grands ravages dans certaines parties du département du Puy-de-Dôme. Un peu partout, grêle et pluie ont fait rage. A Champeix, toutes les récoltes sout détruites; uu vieillard de soixante-quatorze ans a été foudroyé. A Thiers, il est tombé une véritable trombe d’eau qui a causé de gros dégâts matériels Mais c’est surtout à Billom que l’orage du 19 mai a accumule les désastres et les ruines. Sur la voie du chemin de fer de Yertaizon à Billom, il y a eu jusqu’à 80 centimètres d’eau. A Billom même, c’est un véritable ouragan qui a tout ravagé sur son passage. Dans la ville, l’eau atteignait le premier étage de certaines maisons; quelques rues n’étaient qu’une série de torrents charriant des arbres, des caisses, des voitures et jusqu’à des pierres énormes.
- A la même date, dans la région d’Aubenas (Ardèche), les orages qui sévissaient depuis quelques jours avaient considérablement accru les affluents du Rhône. L’Isère, la Drôme, l'Ardèche roulaient des eaux limoneuses.
- A Albi, dans la nuit du 22 au 25 mai, une trombe d’eau s’est abattue sur le canton d’Alban. En quelques instants, les rues de ce chef-lieu de canton ont été transformées en torrents. Dans la campagne, les ravages ont été énormes; toutes les moissons sont perdues; ae grands arbres ont été déracinés et transportés au loin.
- Un nouvel orage a également éclaté à Nîmes, le 24 mai dans la matinée. La pluie est tombée en grande abondance.
- Inondations aux États-Unis. — On télégraphiait de New-York, à la date du 21 mai, que la ville de Tyrone (Pensylvanie) avait été en partie inondée. Les pluies continuelles des quatre derniers jours avaient amené le débordement de la rivière Juniata : les eaux ont monté de 22 pieds en vingt-quatre heures. Les fermes riveraines ont été envahies par les eaux et presque détruites.
- À Portstown, l’eau a atteint la hauteur du deuxième étage dans un grand nombre de maisons. Les ponts ont été emportés.
- A la station de Lockhaven, la ligne du chemin de fer du Pacifique a été couverte par quatre pieds d’eau. Dans l’espoir d'einpècher la destruction des j>onts, la Compagnie du chemin de fer y avait fait placer des wagons lourdement chaînés A William-Port et à Reading, la circulation des trains a été rendue impossible par la crue.
- La neige en Eopagne. — A la fin du mois de mai, la température a été glaciale à Madrid et dans une partie de la Castille. Un individu est mort de froid dans les rues de Madrid. La neige est tombée à Burgos, Avila, Léon et Soria.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 27, à 8 h. 14 m. du soir.
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- là Supplément à « LA NATURE » du 9 juin 1894 (n° 1097)
- Publié sous la direction de M. GASTON TISSANDIER
- Réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
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- à M. Gaston Tissansier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVICE DU JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES A LA LIBRAIRIE O. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- LA SEMAINE
- Les moteurs s\ pétrole. — Depuis quelques années, la petite industrie et les amateurs réclament des sources de force motrice de faible puissance, d’une exploitation facile, et surtout d'un prix peu élevé. Les moteurs à pétrole peuvent entre tous être considérés comme répondant à ce desideratum, en raison de la grande quantité d’énergie qui peut être emmagasinée sous un faible poids et un volume restreint. Le prix est seulement encore un peu élevé à cause de l’impôt qui frappe en ce moment le pétrole. Pour toutes ces raisons, les moteurs à pétrole se sont beaucoup développés en peu de temps et tous les constructeurs ont fabriqué des modèles nouveaux. Il était intéressant de pouvoir comparer les mérites respectifs de ces divers appareils. Un concours entre moteurs à pétrole a été organisé récemment à Meaux. Les concurrents sont au nombre de treize : I. Hornsby-Akroyd (Anglais), mi-tixe, horizontal; 2. Niel (Français), mi-tixe horizontal; 5. Niel, loeomobile, horizontal; 4. Grob (Allemand), mi-fixe, vertical; 5. Grob, loeomobile, vertical; G. Société de Winterthur (Suisse), mi-fixe, vertical; 7. Griffin (Anglais. Duncan), mi-fixe, vertical; 8. Merlin (Français), loeomobile, vertical; 0. tîoot (Anglais, Cadiot); il). L’Aigle (Anglais, Cadiot); 11. Otto (Compagnie française des moteurs b gaz), mi-fixe, horizontal; 12. Levasseur (Français), mi-fixe, horizontal; 13. Piuestman (Anglais), mi-fixe, vertical. Des essais très sérieux ont été commencés, et des expériences de mesures sont faites à la Station d’essais des machines agricoles (47, rue Jennei’, à Paris), sous la direction de M. Ringelmann. D’après la Chronique industrielle, chacune des machines présentées subit quatre séries d’essais : 1° A vide; 2° pour développer une puissance de deux chevaux; 3° pour une puissance de quatre chevaux ; A” pour la puissance maxima que peut développer le moteur. Toutes les machines, sans exception, sont essayées avec la même matière : du pétrole russe de Bakou, pesant 817 kilogrammes le mètre cube. Chacun de ces essais dure trois à quatre heures environ; la durée moyenne est donc de 12 à 16 heures par moteur. Les observations portent sur un ensemble de renseignements très étendu : 1° pétrole consommé, distinctement, par les explosions derrière le piston, et par la lampe; 2J eau nécessaire au refroidissement, sa quantité et sa température prise à l’entrée et à la sortie ; 3° air, contribuant au mélange détonant : sa température et sa pression barométrique; A‘ gaz brûlés, leur température de sortie; 5° nombre de tours par minute, variations de vitesses observées au tachv-mètre; 6° explosions, leur nombre en deux minutes; 7° puissance produite, observée au frein de Pronv. Le jury du concours est formé de : MM. Linder, inspecteur général des mines, président; Ringelmann, directeur de la Station d’essais des machines agricoles, rapporteur ; Gatellier, président de la Société d’agriculture de Meaux, membre de la Société d’agriculture de Fraijce; Laurent, agriculteur; Liébaut, ingénieur (E. C. P.), trésorier perpétuel de la Société d’agriculture de Fiance; Papillon-Baudin, ingénieur-minotier; Tresca, ingénieur, professeur au Conservatoire des arts et métiers, et à l’Institut
- agronomique. Les résultats de cet intéressant concours nous permettront de comparer les appareils et de fixer nos idées sur un genre de moteur de faible puissance qui présente l.e plus haut intérêt. •
- INFORMATIONS
- —Un récent rapport du Consul de Belgique à Nouméa constate qu’il existe des mines de nickel sur les deux cinquièmes de la surface de la Nouvelle-Calédonie. 256 hectares seulement sont exploités pour le moment. Le minerai renferme de 8 à 10 pour 100 de nickel et il résulte des relevés officiels qu’il a été exporté, pendant l’année dernière, 5000 tonnes de minerai de nickel, 1500 tonnes de fer chromé, 700 tonnes de cobalt et 210 tonnes de quartz aurifère.
- —Un riche anglais, M. George Ilolt, \dent de donner 250000 francs pour doter une chaire de pathologie à University College de Liverpool. Il a déjà fourni les fonds nécessaires à la création aune chaire de physiologie.
- —®— Le Journal de l'électricité nous informe qu’un curieux dîner a été donné récemment par le Franklin Experimental Club, à New-York, pour le premier anniversaire de sa fondation. La salle du banquet était éclairée électriquement, un petit chemin de fer électrique faisait le service des plats, qui eux-mêmes aiaient été cuits à l’électricité. Un automate figurant Benjamin Franklin a souhaité phonographiquement la bienvenue à ses invités. Pendant le dîner, des phonographes ont répété des discours, des morceaux de musique enregistrés à Paris à l’Exposition universelle de 1889. L'électricité avait ouvert les huîtres, fait bouillir les œufs, chauffé le punch ; à la fin du dîner, une pluie de fleurs a couvert la table. Ces fleurs, montées sur des tiges en fer, étaient maintenues au plafond par des électro-aimants ; elles sont tombées quand le circuit a été rompu. On a quitté la table au son d'une marche jouée au piano et transmise téléphoniquement.
- —H— Le 29 mai 1894, M. Pasteur s’est rendu à Lille pour présider la séance solennelle de la Société de secours des amis des sciences. Il était accompagné de Mme Pasteur, de M. et Mme Vallery-Radot, son gendre et sa tille; de MM. Bertrand, Milne-Edwards, Aucoc, Darboux, de l'Institut; de MM. Félix Tisserand, directeur de l’ObserA’atoire; Pereire, Roux, Gauthiers-Yillars, éditeur; Fouret, de la librairie Hachette, Bischotfsheim, le docteur Roux et M. Sar-tiaux, ingénieur en chef de la Compagnie du Nord. I/illustre savant qui a été autrefois professeur et doyen de la Faculté des sciences de Lille, a exprimé en quelques paroles émues toute la joie qu’il éprouvait de trouver des visages amis, et a déclaré qu'il avait voulu venir à cette séance avec ses chers confrères de l'Académie des sciences, pour recommander à la Société les savants malheureux et leur famille. '
- —sg— Une très grande invasion de chenilles, le bombyx processionnaire, a causé, en quelques jours, pour plusieurs millions de dégâts dans l'arrondissement d’Avcsnes et dans quelques communes voisines du département de l’Aisne. Le long de la route d’Avesnc à Cartignies, au milieu des verdoyantes et grasses prairies, on a pu apercevoir comme des sillons de deux mètres de large et de plus de deux cents de longueur, tracés en ligne parfaitement droite; ces sillons constituaient les routes que s’étaient frayées les envahisseurs.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresse relative aux appareils décrits. — L’adresse du fabricant de l’Entraîneur automatique pour vélocipédistes est : 194 rue de Belleville, à Paris.
- Communications. — M. Rodriguez Merino, à Madrid, nous adresse une brochure qui a pour titre : Nouveau montage du central téléphonique supprimant les piles chez les abonnés. Cet opuscule se trouve à l’imprimerie de la Revista de navega-cion y comercio, calle de Sagasta, à Madrid.
- M. G. de Rocquigny-Adanson, à Moulins, nous envoie une brochure suri 'Allée couverte de Gavr’inis. Ce travail est extrait de La Revue scientifique du Bourbonnais et du centre de la France et se trouve à l’Imprimerie Étienne Auclaire, à Moulins.
- Renseignements. — M. L. Ortye, à Tonnay. — A l’époque où le jet d’eau atmosphérique a été décrit, il était en dépôt chez M. Conrad Altwegg, 34, rue Saint-Marc, à Paris.
- M. F. Teisserenc, à Ceilhes. — Vous pourriez vous renseigner auprès de M. Beaume, constructeur de moulins à vent, (16, avenue de la Reine, à Boulogne (Seine}.
- Un abonné, à Mazatlan. — Nous pensons que la source de chaleur serait trop faible.
- Un abonné, à Paris. — Consultez : Essais d'or et d'argent, par H. Gautier, et Examen des aliments suspects, par Polin et Labit, dans la collection des aide-mémoire de VEncyclopédie scientifique de M. Léauté, à la librairie G. Masson.
- M. J. Rollin, à Lyon. — Nous n’avons pas eu de nouveaux renseignements sur cette fabrication, depuis notre article; mais vous pourriez vous adresser au Journal l'Engineering, 35, Bedford Street, Strand, London, W. C.
- M. R., à Roubaix. — Dans la collection des Manuels Roret, il existe un ouvrage : L'Éleveur d’oiseaux, par M. G. Schmitt, qui pourrait contenir les renseignements que vous demandez.
- M. Virieu, à Paris. —La question relative à la vitesse d’une roue de voiture en mouvement, à la partie supérieure ou inférieure, a été traitée dans les nos 748 et 749, du 1er et du 8 octobre 1887, pp. 287 et 302.
- M. E. Zurbach, à Wassv. — On a obtenu de bons résultats pour le soudage de l’aluminium, en se servant du chlorure d’argent comme fondant. On répand cette substance en poudre fine sur le joint, et on porte au chalumeau.
- M. F. Borelli, à Marseille. — M. Brochand, 145, boulevard de Charonne, à Paris, fabrique des moulins portatifs pour faire la farine ou concasser des grains.
- M. G. M., à Lyon. — Nous avons publié un article sur les tarifs des chemins de fer et la fréquentation des diverses classes dans le n° 1026 du 28 janvier 1893, p. 159.
- M. Dumont, à Brest. — La puissance de votre installation électrique doit être exprimée en hectowatts ou en kilowatts ; mais la quantité totale d’énergie électrique doit être donnée en hectoxvatts-heure ou en kilowatts-heure.
- M. Lefebvre, à Arras. — Il existe aujourd’hui un grand nombre de moteurs à gaz de toutes puissances jusqu’à 80 et 100 chevaux. Ces moteurs fonctionnent .très régulièrement et d’une façon satisfaisante, avec une dépense de gaz qui ne dépasse pas 700 à 1000 litres par cheval-heure.
- M. Dion, à Bordeaux. — La salle dont vous parlez a besoin d’être ventilée, afin que l’air soit souvent renouvelé.
- M. M. N., à Paris. — Vous trouverez des boîtes à musique et autres appareils semblables chez MM. Stranskv frères, 20, me de Paradis.
- M. G. F., à Lyon. — L’article que nous avons fait paraître récemment, Mon laboratoire de photographie, dans le n° 1093 du 13 mai 1894, p. 569, contient les renseignements que vous demandez.
- M. L. Rollin, à Nancy. — Un accumulateur à oxydes de plomt a une force électro-motrice inaxima de 2,5 volts, à la
- fin de la charge. Le débit normal est de 1 ampère par kilogramme de plaque, dans quelques cas et pendant quelques instants on peut aller à 3 ou 4 ampères ; mais nous ne connaissons as d’accumulateur ayant pu débiter 8 et 10 ampères par ilogramme de plaque.
- M. Martinand, à Tours. — Les nombres que vous obtenez sont 10 fois trop grands; il y a une erreur dans la fornmleple la résistance.
- M. Girard, à Cherbourg. — Il faut connaître la vitesse angulaire en nombre de tours par minute pour effectuer ce calcul.
- M. G. P, à X. — Cet ouvrage contient un grand nombre de renseignements très pratiques.
- M. Rouquayrol, àSouillac. — L’huile de pétrole a une densité moyenne de 0,8 ; un densimètre vous permettra de faire la distinction.
- M. J.-B. Avel, à Clermont-Ferrand. — Nous avons publié un article à ce sujet dans le n° 630 du 27 juin 1885, p. 49; mais les prix que vous demandez ne nous sont pas connus.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. G.-C, à Beaugy. Il n’existe pas d’appareil de ce genre. — M. J. Bisson, à à Bourges. Il faudrait faire un grand nombre d'essais de laboratoire pour pouvoir vous répondre. — M. X, à Rome. 1° Il n'y a pas de procédé bien pratique. 2° Nous ne connaissons pas de produit semblable. — M. E. Krauss, à Paris. Nous ne pouvons vous fournir de renseignements au sujet de cet appareil. — A/. D. B., à Bordeaux. Il serait nécessaire de faire l’analyse complète de la substance pour vous donner la composition. Consultez un chimiste. — Un abonné, à Paris. Nous ne saurions vous donner ces adresses. Tous nos regrets. — Un lecteur, à Nice. Nous vous donnerons prochainement satisfaction. — M. G. Doloy, à Paris. Voyez les Recettes et procédés utiles. lre série (G. Masson, éditeur). — Un abonné, à Aix. Consultez les Recettes et procédés utiles, 2me série, à la même librairie. — Un abonné, à X. Regrets de ne pouvoir vous renseigner. — M. X., à Lyon; M. G. R-, à Paris. — Remerciements pour vos communications.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Baleine artificielle. — Il existe différents procédés de fabrication de labaleine artificielle. Le procédé imaginé parM.Munck, de Hambourg, consiste à prendre une peau brute, à la traiter d’abord par le sulfure de sodium, et à la dépiler. On la plonge ensuite, pendant 24 ou 56 heui’es, dans une dissolution très faible de sulfate de potasse, et on la tend sur un cadre ou sur une table, afin qu’elle ne se contracte pas en séchant. On laisse la dessiccation s’opérer lentement au grand jour, puis on expose la peau à une température de 50 à 60 degrés. L’influence de la lumière, combinée avec l’action du sulfate de potasse qui est absorbé par la peau, rend la gélatine insoluble dans l’eau et prévient la putréfaction, l’hupiidité étant d’ailleurs complètement chassée. Ainsi préparée, la peau est soumise à une forte pression, et elle possède alors à peu près la dureté et l’élasticité de la véritable baleine. Avant ou après l’opération de la dessiccation, on peut lui donner la couleur voulue au moyen d’un bain de teinture. On peut la rendre encore plus résistante à l’humidité, en l’imprégnant ou la recouvrant de caoutchouc, de vernis, de laque ou toute autre matière de ce genre.
- Moyen d’éviter les ampoules dans les papiers albuminés. — The Photographie Times donne un moyen fort pratique d’éviter cet accident. Après avoir viré les épreuves par les procédés habituels, on verse une petite quantité d’ammoniaque dans le bain d’hvposulfite, puis l’on fixe. Quand le virage est à peu près terminé, videz la plus grande quantité du bain, en ayant soin, toutefois, d’en laisser suffisamment pour couvrir la photocopie. Ensuite, versez de l’eau dans la cuvette, mais en petite quantité et en ayant soin de l’agiter constamment. Le correspondant du journal anglais a remarqué que dans la plupart des cas les ampoules étaient produites par le passage/sow.-dain de la photocopie du bain fixateur dans l’eau.
- Attache - pantalon pour vélocipédistes. — Les systèmes d’attaches pour le bas du pantalon à l’usage des vélocipédistes sont très nombreux. Mais iis présentent tous des inconvénients plus ou moins graves. Les uns déchirent l’étoffe ou sont trop volumineux, les autres se détachent en roule. Un de nos lecteurs, M. A. Rieffel, nous écrit que le système le plus pratique consiste dans l’emploi de l’épingle de nourrice qui n’a aucun des inconvénients que nous signalons plus haut.
- Bans ta « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- LA VIE D’UN BATEAU. — Texte et dessins, par A. Robida.
- U La constiuction. — %. Le baptême en rade. Arrivée des invités par le picoteux du boni. — 3. La pêche au chalut. 4. l'n coup de Noroit. — 5. Au radoub après une bonne campagne. — 0. L’épave.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- BIBLIOGRAPHIE
- Électricité appliquée à la marine, par P. Minel, ingénieur des constructions navales. — 1 vol. petit in-8°, de l'Encyclopédie scientifique des aide-mémoire, publiée sous la direction de M. Léactk>, membre de l’Institut. — Paris, Gaufbier-Villars et lils et G. Masson, éditeurs. — Prix : broché, 2 fr. 50 ; cartonné, 3 fr.
- Étude expérimentale dynamique de la machine à vapeur, par Y. 1)welshauvers-1)ery, ingénieur, professeur à l’Université de Liège. — 1 vol. petit in-8°, de Y Encyclopédie scientifique des aide-mémoire, publiée sous la direction de M. Léauté, membre de l’Institut. — Paris, Gauthier-Villars et fils et G. Masson, éditeurs. — Prix : broché, 2 fr. 50; cartonné, 3 fr.
- Le mécanisme de la vie, par le I)‘ J. Goueer. — 1 vol. in-8°
- — Paris, Georges Carré, éditeur, 1894.
- La photographie et le droit, par A. Bigeox, avocat à la Cour d’appel. — Paris, Charles Mendel, éditeur. — Prix : 5 fr. 50. Politique et Barbarie, contenant la révolution parisienne de 1871, avec un portrait de l’auteur par E. Van Muvden. Œuvre posthume de E. Leverdays. — 1 vol. in-18. —Paris, Georges Carré, éditeur, 1894. — Prix : 3 fr. 50.
- A travers la Russie Boréale, par Charles Rabot. — 1 vol. in-16, contenant 01 gravures. — Paris, librairie Hachette et Cic, 1894. — Prix : broché, 4 fr.; cart'onné, 5 fr. 50. Voyage aux trois Guy ânes et aux Antilles, par G. Yerschuur.
- — 1 vol. in-16. — Paris, librairie Hachette et Cio, 1894.
- — Prix : broché, 4 fr.; cartonné, 5 fr: 50.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- observations V 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 28 mai .... 7',7 S. S. W. 2. Couvert. 4,1 Presque couvert ; quelques averses ; halo.
- Mardi 29 9*,4 S. S. W. 3. Nuageux. 0,5 Tr. nuageux; qq. averses avec grêle à 10 h. 1/2; tonn. au N. N. W. à 19 h.
- Mercredi 50 9*,0 S. S. W. 1. Quelques nuages. 1,4 Quelques nuages jusq. 8. h.; nuageux ens. ; pluie de 20 h. à 20 h. 20; éclairs à 20 h. et demie ; halo.
- Jeudi 31 9\5 S. W. 1. Très nuageux. 1,0 Nuageux ; averse à 20 h. et demie.
- Vendredi 1" juin . . 12’,5 S. E. 0. Nuageux. 0,1 Très nuag. surtout le soir; tonn. au S. S. E. à 18 h.; quelques averses.
- Samedi 2 15*,1 S. S. W. 3. Couvert. 4,9 Presque couv. ; pluie de minuit et demi à 4 h. 10.
- Dimanche 3 16’,4 W. S. W. 2. Couvert. 0,0 Couv. le matin ; nuageux le sair.
- MAI-JUIN 1894 --- SEMAINE DU LUNDI 28 MAI AU DIMANCHE 3 JUIN
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- La courbe supérieure indique <a nebuLosile uc u a Ul; les jlech.es inférieures, la direction du veut. Les combes au milieu imuqueul : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche'^courbe en pointillé, thermomèlril à l’abri à boule mouillée.’
- RéNiimé (1rs observations météorologiques laites au parc Saint-Maur en mai ISIIl
- par M. E. Renou.
- Moyenne barométrique à midi 735"",83. Minimum le 27 à 11 heures du matin, 711”“,80. Maximum le 1*' à 11 heures du soir, 763"“,17.
- Moyennes thermométriques : des inhuma 6°,97 ; des maxima 17°,15 ; du mois 12°,21 ; moyenne vraie des 21 heures, 11°,87. Minimum le 6 vers 5 heures du matin, 2°,2. Autre minimum de 2°,7 le 27 vers 3 heures du matin. Maximum le 17 à 2 heures un quart, 29°8. Il y a eu 4 jours de faible gelée blanche, les 2, 3, 5, 6.
- Tension moyenne de la vapeur 7“",21. La moindre le 26 à 7 heures du soir, 3“".7. La plus grande le 17 à 11 heures du matin, 13"“,1. Humidité relative moyenne, 71. La moindre le 17 à 2 heures du soir, 23. La plus grande le 5 à 10 heures et 11 heures du soir, et le 51 à 3 et 4 heures du matin, 99.
- Pluie, 40"“,1 en 44 heures trois quarts réparties en 14 jours. Nébulosité 62. Vents dominants du S. à l’W et du N. au N'.-E.
- On n’a entendu que deux coups de tonnerre au N.-N.-W le 29 à 7 heures du soir. Il a éclaire le 30 à 8 heures et demie du soir.
- Température moyenne de la Marne, le matin 14°,64; dans la journée 13°,80; moyenne du mois 13®,22. Minimum le 4 au matin 13®,13. Maximum le 18 à 5 heures trois quarts 19°, 16. Elle a été_ basse et claire tout le mois.
- Relativement aux moyennes normales le mois de mai 1894 présente les résultats suivants : Rarômètre plus bas de 2“".23. Thermomètre plus bas de 1*14. Tension de la vapeur moindre de 0““,49. Humidité relative plus forte de 1. Nébulosité plus forte de 10. Pluie moindre de 6““,5.
- Ce mois a été froid et l'aurait été bien davantage sans les quatre jours de chaleur du 15 au 18 pendant lesquels les maxima ont varié de 23° à 29°,8. En dehors de ces quatre jours où le ciel a été assez beau, les autres jours le ciel a été presque toujours nuageux.
- Rarômètre. . . Thermomètre, Tension de vap,
- Moyennes du Printemps de 189 i.
- Saison. Écarts. 756.40 — 0,0 i 10,60 +1,11 6,o8 -j— 0,04
- Humidité relative
- Nébulosité........
- Pluie totale. . . ,
- Saison
- 68,7
- 54
- 103.2
- Ecarts —- 2,1»
- — 0,5
- — 19,5
- Floraisons. Le 1", petits pois semés le 8 mars. 7, Seringat, Rose du Bengale, Lyclmis dioïque. 10, Sureau, Acacia. 12 Leucanthemum des champs, Angélique, Hèmérocalle jaune. 13, Œillet mignardise. 14, Poa trivialis. 16, Rose de tous les mois, Églantier capucine. 17, Cornouiller sanguin. 21, Digitale, Jasmin. 24, Clématite droite. 30, Violette marine.
- Le 8 on a entendu la Tourterelle. Les Hirondelles de cheminées toujours rares. Je n’ai pas aperçu une seul» hirondelle de fenêtre-•
- PHASES DE LA LUNE ; N, L. le 5, à 11 h. 6 m. du soir.
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- Supplément à « LA NATURE » du /6 juin 1894 (n° 1098)
- Publié sous la direction de M. GASTON TXSSANDIER
- Réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction de la « Boîte aux lettres » doivent être adressées
- à M. Gaston Tissandier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVICE DU JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES A LA LIBRAIRIE O. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS,
- LÀ SEMAINE
- Le vignoble tunisien. — La Tunisie est une de nos
- f>ossessions les plus prospères. Tout récemment l’inspecteur de a viticulture a adressé, sur le vignoble de la Régence, un Rapport auquel nous faisons quelques emprunts : « La surface totale plantée en 1893 atteint 7676 hectares, soit 335 de plus qu’en 1892, bien que les plus jeunes plantations aient eu à souffrir de la sécheresse; presque toutes-les vignes se trouvent disséminées dans un rayon de 100 kilomètres autour de Tunis; on en trouve pourtant quelques-unes sur la côte orientale ou dans la vallée de Medjerda et dans les îles Ker-kenna et Djerba. Sur ce total de 7676 hectares, 5976 appartiennent aux Européens, les indigènes n’en possédant que 1700 ; daiis les seuls territoires de Tunis et de Zaghouan, on en compte 3868 aux premiers, et 232 aux seconds. Les chiffres les plus forts sont ensuite à Grombalia, Bizerte, Sfax et Sousse. Pour les Européens, la grosse propriété, comprenant de 100 à 500 hectares, forme les 46/100e' du vignoble; la moyenne propriété, de 10 à 100 hectares, en forme les 39/100e*. Bien entendu, chez les indigènes, c’est la petite propriété qui domine. Le régime météorologique a été bien loin d’être favorable. On a produit 24000 quintaux environ de raisin de table et de primeur; d’autre part on a récolté 116 831 hectolitres de vin rouge ; quant à la récolte des vins blancs, elle a été de 23 344 hectolitres, y compris les muscats doux. Il faudrait ajouter à la production 2000 quintaux de raisins secs. Tunis et Zaghouan ont donné 106138 hectolitres de vins de tout genre. Les vignes des indigènes ont donné seulement 3790 hectolitres de vin blanc. Le rendement par hectare est en moyenne de 31,04 hectolitres chez les Européens; il est très faible chez les indigènes. »
- INFORMATIONS
- —Le concours des moteurs à pétrole qui s’est tenu à Meaux et dont nous avons parlé dans notre dernier numéro a donné des résultats particulièrement intéressants en raison du soin et de la précision qui ont été apportés dans les expériences faites. En voici les principaux résultats. 1er prix : Moteur locomobile Merlin. 2e prix : Moteur im-lixe Grob. Viennent ensuite les moteurs Griflith, Niel, Win-terthur, llornsby. Nous reviendrons d’ailleurs sur ce sujet, dans un article spécial, lorsque le rapport de M. Ringelmann aura été publié.
- —H— Le Gouvernement de l’Etat d’Ontario vient d'accorder à une Société américaine la concession pour la construction d’un canal maritime allant du lac Ontario, dans le voisinage de Toronto, à la baie de Georges, près Collingwood. Cette entreprise, dont le coût est évalué à 65 000 ÜÜO de dollars, raccourcira de près de 800 milles le trajet entre les Etats de l’Ouest et Liverpool.
- —H— Nous lisons dans 1 a Petit Var qu’un cultivateur de la commune de Revest-Saint-Martin (Basses-Alpes), M. Clodomir Dépieds, a fait au mois de mars dernier, un essai de greffage de la vigne sur la roncff. Déjà deux rameaux de dix centimètres font prévoir un succès •certain. Si la ronce très commune dans nos pays peut servir de sujet à la greffe de la vigne,1*1 n’y a plus lieu' de s’inquiéter des ravages
- du phylloxéra. Nous publions cette intéressante nouvelle en attendant toutefois de plus amples renseignements.
- —Il s’est fondé cette année, dans la ville de Munster, en Westphalie, une société qui s’intitule : Antikatzenverein et qui a pour objet la destruction de tous les chats de la localité. Depuis le commencement de l’année, 709 chats ont été mis à mort sans pitié par les zélateurs de cette terrible association.
- —L'Office du travail vient de publier une statistique indiquant la fréquence des accidents mortels dans les mines, en 1892. Dans les mines de charbon, sur 135 193 ouvriers, il y a eu 127 tués, soit 9,5 pour 10 000. Dans les autres mines, sur 13 452 ouvriers, on a constaté 19 tués, soit 14,1 pour 10 000. Pendant cette année-1892, il n’y a pas eu, en France, d'ouvriers tués par le grisou. La moyenne des morts dues au grisou dans la période décennale a été, sensiblement, de 6,7 pour 10 000; le maximum, 20 pour 10 000 ouvriers employés, a eu lieu en 1889. Les accidents mortels dus aux éboulements représentent, pour les mines de combustibles, en 1892, environ la moitié des accidents mortels survenus souterrainement et les trois quarts pour les autres mines.
- —®— Une station d’entomologie agricole a été créée récemment à l’Institut national agronomique; elle est placée sous la direction de M. Brocchi, professeur à l’Institut. Cette station sera chargée, notamment, de déterminer les insectes qui lui seront envoyés par les agriculteurs et d’indiquer gratuitement les moyens à adopter pour les détruire et les combattre.
- —Deux silures de la Meuse, poissons rares et curieux, viennent d’arriver à l’établissement de pisciculture du Jardin d’acclima-tion. La longueur de ces silures est de 60 centimètres environ; la peau est lisse et froide comme celle de l’anguille, et d’un bronze sombre. La tête énorme et ronde est agrémentée de deux filaments bizarres à la mâchoire inférieure et de deux autres aux naseaux. Cette tête étrange ressemble en miniature à une tête de marsouin. Ce sont de bien singuliers animaux.
- —H— On a récemment découvert sur remplacement de l’ancienne chapelle de Saint-Caprais (Dordogne), qui date du dixième siècle, quatre sépultures anciennes avec trois squelettes. Le crâne de l’un d’eux, examiné par les anthropologistes-, présente plusieurs particularités remarquables.
- —H— Une intéressante expérience d’acclimatation, la culture du thé, va être tentée en Russie. Sur les propositions de personnes compétentes, le Czar a autorisé un essai de culture de cet arbrisseau sur la limite occidentale du Caucase, où le climat ressemble beaucoup.à celui des régions où cette plante prospère en Chine.
- —H— M. le Dr A. Debouzy, de Wignchies (Nord), nous adresse quelques lignes de rectification, au sujet de l’invasion des chenilles qui a eu lieu dans les régions d’Avesnes, et dont nous avons parlé dans nos Informations Avl 9 juin dernier. Nous les enregistrons ici. Il ne s’agit pas du Bombyx processionnaire mais de V Heliophobus popularia ou noctuelle des fourrages. Il y a environ 100 hectares pour le moins de ravagés, à 100 francs de perte par hectare. Cette perte, quoique grande, a été fortement exagérée par les journaux politiques. Ces insectes se dirigent naturellement dans le même sons, puisque tout est ravagé en arrière des points où ils ont passé. Ils ne laissent que les grosses herbes : marguerites, centaurée bleue, trèfle et à peine la racine de l’herbe ordinaire. Le moyen de combattre l’invasion est la formation de fossés de 20 centimètres de profondeur sur une largeur égale. Les chenilles viennent y tomber, et on peut les y piler ou les cuire à l’aide de l’eau bouillante.
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- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les différents appareils de fumivorité que nous décrivons se trouvent aux adresses suivantes : Appareil Yicars : MM. T. et T. Vicars, engineers, à Earlestown, Lancashire; appareil Proctor : AI. J. Proctor, patentée and Maker, Hammerton St, Iron Works, Burnley; appareil Bennis : M. E. Bennis, Lancashire Stoker Works, Bolton; appareil Howatson : MM. A llowatson et Cie, 165, avenue du Roule, Paris. — Pour tout ce qui concerne les roues et pignons à dents de cuir, dont nous avons parlé dans le 11“ 1096, du 2 juin 1894, p. 15, s’adresser à MM. Piat et fils, 85, rue Saint-Maur, à Paris.
- Communications — M. le Dr Chervin, directeur de l’Institut des Bègues de Paris, nous adresse une intéressante Notice qui a pour titre : Faut-il couper le frein de la langue? Cette Notice se trouve à la Société d’éditions scientifiques, 4, rue Antoine-Dubois, à Paris.
- M. A. Pierre, à la Ferté Saint-Aubin, nous envoie deux photographies faites au concours hippique d’Orléans, et représentant le cheval Floridor sautant une barrière d’une hauteur de lm,30.
- M. L. Parisot, à Paris, nous fait connaître un moyen très simple de s’assurer si les œufs sont frais. Dans tous les œufs, la partie la plus large, celle où la cavité existe, a une température plus élevée de 4 à 6 degrés centigrades que l’autre extrémité. Cette différence de température diminue avec le temps, et n’existe plus lorsque l’œuf est gâté. Notre correspondant ajoute qu’il suffit d’appliquer alternativement les deux extrémités de l’œuf sur la peau des mains ou des joues pour constater la différence de température.
- M. Ortolès, à Narbonne, nous adresse un Mémoire descriptif d’un cryptographe de son invention, pratique et indéchiffrable. Il est formé d’un multiplicateur de 292 alphabets pouvant se transposer de différentes manières. L’auteur accompagne son Mémoire d’explications très détaillées.
- M. Grognot, à Chantenay-sur-Loire, à propos de notre récent article Application de l'air comprimé à l’époussetage paru dans le n° 1097, du 9 juin 1894, p. 31, nous fait remarquer fort justement que l’air comprimé enlève seulement d’un endroit les poussières pour les remettre ailleurs : son emploi n’est pas hygiénique. Notre correspondant préférerait l’air raréfié qui permettrait d’aspirer tous les germes sur les objets à épousseter.
- M. A. Laporte, à Toulouse, nous adresse deux exemples de carrés magiques formés par la méthode des composants renversés; l’un renferme 81 cases et l’autre 100 cases.
- M. A. Chalas, à Neuilly-sur-Seine, nous écrit qu’il a réalisé récemment la construction d’un cadran solaire vertical, et nous fait part des calculs pratiques qu’il a dù faire pour atteindre le but proposé. Il a cherché à obtenir rapidement la méridienne du temps moyen, sans être à la merci des nuages qui cachaient bien souvent le soleil au moment où il s’apprêtait, le chronomètre à la main, à marquer la position de l’ombre à midi. Il a déterminé par le calcul la direction de l’ombre du style sur le cadran et sa longueur, et a pu ainsi trouver le point cherché, qui représente l’extrémité de l’ombre. On trace une courbe très exacte en répétant les calculs et la construction pour plusieurs jours de chaque mois. Nous ne saurions analyser plus longuement cette Notice très intéressante, mais un peu spéciale.
- M. Galloo, à Fromelles (Nord), nous ^dresse une photographie de la cheminée de la distillerie de MM. Galloo fils, qui a été frappée par la foudre le 26 mai dernier. Cette cheminée a été fendue d’un côté dans toute sa hauteur qui est de 33 mètres. Le côté opposé présente une lézarde de 10 mètres de longueur ; la crevasse du sommet a environ 50 centimètres d’ouverture. Les briques détachées de la cheminée ont été projetées jusqu’à 200 mètres.
- Renseignements. — M. Mirey, à Caen. —- Cette vitesse est difficile à atteindre avec des moteurs électriques ; mais a» point de vue mécanique, elle est réalisable.
- M. L. Fack, à Paris. — Il existe un très grand nombre de boissons rafraîchissantes; vous trouverez plusieurs recettes dans le Dictionnaire de la vie pratique à la ville et à la campagne de G. Belèze, à la librairie Hachette.
- M. E. Berthelot, à Paris. — Le projet de votre appareil nous paraît intéressant; mais le principe a déjà été utilisé dans plusieurs autres systèmes.
- M. H. Berson, à Paris. — Voiture à pétrole : MAI. Peugeot frères, 32, avenue de la Grande-Armée.
- M. P. G., à Nantes. —• Minuit, à notre avis, ne se rapporte ni au jour ni à la nuit; c’est la limite intermédiaire.
- M. L. Cigala, à Ispas. —Nous croyons qu’il suffirait d’écrire à Saint-Denis ; votre lettre arrivera sans autrement préciser l’adresse.
- M. Jourdain, à Paris. — Le méthylène ne saurait remplacer convenablement l’alcool.
- M. E. Muller, à Mulhouse. — Vous avez raison pour ce qui concerne le tableau de AI. Carolus Duran; le personnage représenté joue bien de la mandoline de la main gauche. Alais il ne s’ensuit pas que le modèle ait posé devant une glace.
- M. P. de Isan Isasmendi, à Bilbao. — Consultez la Bevue générale des chemins de fer, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. M. Carbonal, à Zamora. — Adressez-vous à la Société Gramme, 52, rue Saint-Georges, à Paris.
- Un abonné, à Rodez. — 1° Tubes en fer pour gaz comprimés : M. Durozoi, 129, rue de Reuilly, M. Lagrange, 147, rue de Courcelles. — 2° L’ammoniaque a été liquéfiée sous une pression de cinq atmosphères à la température de 10 degrés.
- Un abonné, à Bruxelles. — Il suffit de plonger le cliché dans un bain d’eau tiède légèrement acide.
- M. L. V. B.,h Troyes. — 1° Nous avons publié une petite Note sur l’huile de pépins de raisin dans Ie n° 1078 du 27 janvier 1894, p. 143. — 2° On a obtenu de bons résultats pour le durcissement des pierres calcaires en les imprégnant d’une solution de fluosilicatés de magnésium, d’aluminium, de zinc ou de plomb.
- M. R. Coste, à la Maillerie. — 1° Le métal fondu est coulé directement dans les coussinets, puis ceux-ci sont alésés intérieurement. — 2° Il existe un grand nombre de tartrifuges; mais pour avoir un bon nettoyage, le procédé le plus pratique est de gratter les cylindres à l’intérieur.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Madeuf, à Paris. Vous pourriez vous renseigner auprès d’une agence de brevets ; les titres seuls de ces derniers sont publiés dans les journaux scientifiques. — M. L. A., à Amiens. Nous ne pensons pas qu’un livre de ce genre ait déjà paru. — M. Ch. Lartigue, à Courbevoie ; M. A. Schœllhammer, à Wintzenheim; M. D. H. Bergeron, à Paris; Af. le Dr Quinet, à Bruxelles. Nous donnons l’adresse que vous demandez en tête de la présente Botte aux lettres. — M. O. de Wacle, à Bruxelles. Il faudrait vous renseigner auprès d’un médecin. Tous nos regrets. — M. M. F. W., à H. Nous n’avons pas cette adresse. — M.-S. H. D., à Paris. Il n’existe pas d'ouvrage de ce genre. — M. Manuel da Motta, à Coimbra. Nous ne saurions vous indiquer un appareil en particulier; chacun a ses avantages et ses inconvénients. — Af. J. J., à Mézières. Nous ne connaissons pas les appareils dont vous parlez; nous allons prendre des renseignements. — Af. 0. IV., à Cabourg. Voyez les Recettes et procédés utiles. (G. Masson, éditeur.) —Af. L. Gomarz, à Mendoza; M.Ma-theiros, à Vianna. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- COURS ET CONFÉRENCES
- Conférences d’astronomie. — La Société d’Astronomie (siège social, cour de Rohan, 130, boulevard Saint-Germain, Paris), a pour but la vulgarisation et l’enseignement mutuel de l’Astronomie. Les membres qui le désirent sont nommés directeurs de section. Ils s’engagent à faire, tous les mois au moins une fois, une réunion à laquelle le public a droit d’assister. L’ordre du jour de chaque réunion comprend une conférence faite par un des membres ou la lecture de quelques articles d’Astronomie, ou l’explication de quelque instrument. La Aluni-cipalité de chaque commune veut bien, en général, prêter une salle de mairie ou d’école pour la réunion de la section locale. La section n° 1, de Paris, se réunit rue du Fouarre, 14, de du matin à midi, le premier dimanche de chaque mois, de Pâques à novembre, sous la direction de notre confrère, M. Joseph Vinot, du Journal du Ciel.
- Bans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant te lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Châssis photographique à. cliché mobile. — Voici un système qui permet de tirer une épreuve positive, tout en pouvant retirer le cliché et le remettre, chaque fois que l’on veut regarder à la lumière le résultat du tirage. On voit ainsi l’ensemble de l’épreuve et l’on juge mieux l’état du tirage, que lorsqu’on n’en voit qu’une partie, comme dans les appareils généralement usités. Pour se servir du système que nous repré-
- Châssis photographique à cliché mobile.
- 1. L’appareil démonté. — 2. L’appareil en fonction.
- sentons, il faut retirer les baguettes en haut et en bas : on place la feuille de papier sensible, recouverte d’une planchette mince (pour que la lumière n’altère pas le papier), sur le châssis en ayant soin de le laisser dépasser de chaque côté; appuyer d’une main sur la planchette, et de l’autre remettre les baguettes à leurs numéros d’ordre. Retirer la planchette et remplacer par le cliché, sur le châssis, en le faisant porter contre les trois points métalliques qui servent de repère, pour qu’il soit mathématiquement à sa place. On serre ensuite le bois et le cliché avec les pinces, des deux côtés du châssis. Pour voir l’épreuve en entier, il suffit de retirer les pinces et le cliché ; on peut ainsi le mettre et l’ôter durant la venue de l’épreuve, .autant de fois que cela est jugé nécessaire. Le repérage est parfait. — Cet appareil se trouve chez M. Aristide Senée, 21, rue de Sèvres, à Paris.
- Gant pour les frictions. — Ce gant est précieux, au dire de son inventeur, pour la friction des rhumatisants. Voici comment il est constitué : une plaque de caoutchouc constellée de petites pointes, également en caoutchouc, est pourvue d’un système d’attache, boutonnière et bouton, placés à deux angles opposés, qui permet de la fixer autour de la main, comme le montre
- Gant pour les frictions.
- le n° 1 de la figure. Le caoutchouc humecté est très doux par sa souplesse, et n’a pas la dureté qu’on reproche fréquemment aux gants de crins ou de végétaux, souvent employés pour les frictions et massages; il produit sans la moindre rudesse, une réaction énergique et salutaire, active la circulation du sang, tonifie la peau et lui rend la fermeté et l’élasticité. Beaucoup de médecins américains en conseillent l’usage pour les frictions du rhumatisme. — Ce gant est en vente chez M. Mathieu, 2, faubourg Poissonnière, Paris.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Appareil gymnastique pour les doigts du pianiste. — Il est peu d’instruments de musique qui exigent autant d’exercices physiques, que le piano et l’orgue. On donne au corps de la force et de l’agilité par la gymnastique ; il faudrait procéder de même pour la main du pianiste afin de l’exercer aux mouvements difficiles. L’appareil que nous représentons ci-dessous, et qui est dù à M. H. Billeter, remplit ce but. Il comprend quatre touches mobiles. Sous chacune d’elles est placé un ressort d’une résistance variable, qu’il faut baisser pir
- Appareil pour la gymnastique des doigts du pianiste.
- la force des doigts. La résistance des ressorts étant supérieure à celle que les doigts peuvent vaincre aux premiers essais, il faut que la force s’accroisse pour arriver à vaincre cette résistance. Cette tension répétée chaque jour donne une grande force aux doigts. L’appareil est précieux pour le pianiste, pour le maître comme pour l’élève. Il se trouve chez M. II. Billeter, 95, boulevard Voltaire, à Paris.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Amélioration de la Chambre noire des dessinateurs. — Ün des modèles de chambre noire est celui qui a la forme de boîte, et dans lequel, au moyen d’une lentille convergente A, (figure ci-dessous) l’image de l’objet à représenter vient se former sur une glace BC à 45° ; cette image est ensuite réfléchie sur un verre dépoli DE où elle peut-être calquée. La chambre noire ainsi établie présente un défaut très gravé, qui l’a fait à peu près abandonner. Il consiste en ce que l’image formée sur le verre dépoli est symétrique de l’objet comme celle qu'en donnerait un miroir; c’est-à-dire que la droite de l’objet vient se réfléchir à gauche sur ce verre et vice versa. Or, voici le moyen d’obvier à cet inconvénient. Pour cela, il suffit de placer une glace étamée M en avant de la chambre noire, de façon que cette glace soit verticale et forme un angle d’environ 45 degrés
- Chambre noire de dessinateur.
- avec l’axe du tuyau mobile dans lequel est enchâssée la lentille. Pour se servir alors de la chambre, on la disposera de manière que les rayons lumineux renvoyés par l’objet, viennent d’abord se réfléchir dans la glace ainsi placée, avant de pénétrer dans la chambre noire. Par ce moyen, on obtiendra sur le verre dépoli une image parfaitement correcte. Par cette nouvelle réflexion l’image sera peut-être un peu moins accentuée. On y remédiera en remplaçant le verre dépoli par un verre ordinaire. En effet, le verre dépoli est inutile, puisque pour calquer, il faut se servir d’un papier transparent, lequel est d’une opacité suffisante pour la formation de l’image. On pourrait construire des viseurs photographiques basés sur le même principe, mais bien entendu en conservant dans ce cas le verre dépoli. Prudhomme.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Morsure de serpents. — Des travaux fort intéressants se poursuivent depuis quelques mois sur l’immunisation des animaux contre le venin des serpents. Les expériences de MM. Cal-mette, Puiselia, Bertrand, permettent d’espérer qu’on pourra un jour avoir un sérum immunisant dont l’injection mettra à l’abri de tout accident. En attendant cet heureux jour, il faut nous contenter des méthodes connues, dont nous avons donné le résumé. A celles-ci on peut ajouter le procédé conseillé récemment par le Dr Calmette. Il avait autrefois préconisé les injections de chlorure d’or; il préfère aujourd’hui les injections de chlorure de chaux qui ont, paraît-il, plus d’effet. On devra injecter, tout autour et à une assez grande distance de la plaie d’inoculation, 20 à 50 centimètres cubes d’une solution de chlorure de chaux, préparée au moment de l’usage, en diluant 5 centimètres cubes d’une solution au douzième dans 45 centimètres cubes d’eau bouillie. Ces injections sont des plus efficaces ; au delà de 20, même de 50 minutes, elles peuvent agir et il est
- rare que, chez l’homme, la morsure des plus dangereux serpents soit mortelle dans un aussi court délai.
- Le butyromiel. — L’huile de foie de morue n’est pas supportée par tous les estomacs et elle est prise souvent avec une telle répugnance par les enfants qu’elle va à l’encontre du but que l’on recherche. Pour obvier à ses inconvéniepts, le Dr Pau-liet, d’Arcachon, a eu l’idée de donner dans ce cas et dans d’autres où les éléments respiratoires étaient indiqués à haute dose, une préparation originale à laquelle il donne le nom de butyromiel. C’est un mélange de beurre frais et de miel pur de Narbonne, dans la proportion de deux parties de beurre pour une de miel. On bat les deux produits pour les mélanger d’une façon intime et on obtient une sorte de crème d’un blond doré, fraîche au goût, avec saveur de Sauterne. Les malades, et surtout les enfants, en ingèrent volontiers de notables quantités en tartines sur du pain tendre. Pour faire passer ce mets, très savoureux, paraît-il, le Dr Pauliet conseille le thé aromatisé àl’anis, à l’orange ou à la mandarine. Dr X....
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS A 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 4 juin 18°,1 S. E. 2. Presque couvert. 0,0 Très nuageux surtout lé matin ; pluie de 7 heures et demie à 8 h et demie; halo.
- Mardi 5 13*,7 S. S. W. 2. Couvert. 1,1 Très nuageux ; pluie de 5 h. et demie à 6 h.
- Mercredi 6 13*, 9 Calme. Couvert. 0,1 Couvert jusqu’à 18 h.: peu nuageux ensuite; pluie de 6 h. 10 m. à midi 43.
- Jeudi 7 lo%8- S. S. W. 2. Nuageux. 5,0 Nuageux de 6 h. à 8 h., beau après 22 h.; couvert le reste du temps; quelques averses. Presque couvert; pluie de 11 h. 45 à midi 25.
- Vendredi 8 12*,5 S. W. 2. Presque couvert. 0,2
- Samedi 9 . ) . . . . 12*,8 S. 1. Couvert. 0,3 Couvert; nuageux à 1 li. et 24 h.; quelques averses.
- Dimanche 10 ... . 14” ,6 W. 1. Très nuageux. 1,5 Très nuageux de 7 h. à 14 h.; couvert avant et après; halo; pluie de 21 h. et demie à 25 h. et demie.
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- JUIN 1894 -- SEMAINE DD LUNDI 4 AU DIMANCHE 10 JUIN
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques {baromètre ramené à 0, au niveau de la mer)', courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sècheq courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Inondations^ orages et tempêtes en France. — A la suite «les pluies côntinuelles des derniers jours du mois de mai, on signalait à Vichy à la date du 26 mai une crue énorme de l’Ailier. A l'étiage du pont de'Vichy, la hauteur avait atteint 2", 10. La'plaine de Saint-Yorre a été inondée, ainsi que les sources Saint-Yorre. — Une tempête très violente a eu lieu à Fécamp le 27 mai 1894. Deux bateaux, la Berthe et la Louise-Marie ont été jetés à la côte. Les équipages ont pu être sauvés. Un marin d’un bateau de Boulogne a été enlevé par un coup de mer. A Pontarlier la neige est tombée pendant toute la journée du 27 mai depuis dix heures du matin.
- •Eia température en Alsace. — La température a baissé en Alsace les 28 et 29 mai 1894 au point que le thermomètre est descendu jusqu’à 2 degrés au-dessous de zéro. On a signalé de la neige sur quelques points élèves des Vosges.
- Tremblement de terre en France et en Italie. — En France, le 21 mai, vers onze heures du matin, une forte secousse de tremblement de terre a été ressentie à Montrevault (Maine-et-Loire), à Beaupréau et dans les localités environnantes. A Montrevault, l’ébranlement du sol a été tellement sensible que les habitants se sont précipités hors de leurs demeures ; au même instant, on percevait très distinctement un roulement prolongé, qui semblait sortir de l’intérieur de la terre. — En Italie, une secousse de tremblement de terre très sensible a été ressentie le 28 mai vers neuf heures du soir à Lagonegro ; la population a été très épouvantée.
- Inondations en Colombie. — De grandes inondations ont eu lieu en Colombie à la date du 30 mai. On télégraphiait de Victoria que la vallée avait été submergée par les eaux de la rivière Fraser. Des milliers d’acres de terrain ont été couverts par les eaux. Des maisons, des îles et des ponts ont été détruits ; des centaines de personnes sont restées sans abri. Il y a eu de nombreux noyés. La zone inondée a été de 50 millcfs carrés. Le grand pont du Canadian Pacific railway à Itevelstoke et celui de Mission City ont été emportés.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q., le 10, à 1 h. 24 m. du soir.
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- Réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction de la « Boite aux lettres » doivent être adressées
- à M. Gaston Tissandier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE 8ERVIQB DO JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES A LA LIBRAIRIE O. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- LA SEMAINE
- Les vins de Californie. — Le 2 juin a eu lieu à l’Institut •agronomique une intéressante séance de dégustation des vins rapportés par M. Gos de son voyage en Californie. Une commission composée d’hommes très compétents, a consacré toute la matinée à l’appréciation et au classement des échantillons, au nombre d’une centaine. Voici le résumé des appréciations qui ont été formulées : « En premier lieu, les vins de consommation courante ont été les plus appréciés, bien que la plupart perdent en vieillissant ; les vins rouges ordinaires valent mieux que les vins blancs. Les vins de luxe ont la prétention d’être de grands vins, mais ils sont loin d’avoir la qualité de nos bordeaux et de nos bourgognes. Les eaux-de-vie courantes ont paru bonnes; mais aucune, parmi les meilleures, n’est comparable à nos cognacs. Les vins de liqueurs, les vins mutés d’Espagne et de Portugal, produits.par le sud de la Californie, ont paru intéressants et quelques-uns très réussis. » La viticulture paraît ovoir fait de rapides progrès en Californie, mais le jugement des hommes compétents n’est pas fait pour encourager la production du vin dans ce pays. On sait en effet, tous les visiteurs des États-Unis nous l’ont fait connaître et M. Gos en particulier, dans l’intéressante communication qu’il a présentée dernièrement à la Société nationale d’agriculture, que les Américains ne consomment du vin qu’exceptionnellement et que l’eau glacée, le café, le thé, le lait et aussi l’alcool sont leurs boissons préférées. Si donc ils ne peuvent remplacer nos grands vins sur leur table, on ne voit pas où la viticulture californienne trouvera ses débouchés. En fait, les caves de ce pays sont pleines de plusieurs récoltes de vins préparés avec les cépages du Bordelais et de la Bourgogne, ce qui ne veut pas dire qu’ils soient bons. Ce sont, comme le disait fort bien M. Gos. des vins déclassés. Il faut reconnaître cependant, ajoute le Journal de ïagriculture auquel nous empruntons ce document, que les viticulteurs californiens ont en peu de temps fait des progrès dans une industrie qui leur était étrangère et que leurs installations, la préparation de leurs produits pour la vente et la tenue de leurs cultures font honneur à leur caractère et à leurs facultés d’assimilation. Mais il n’y a pas à prévoir le jour où ces produits feront à nos vins une concurrence quelconque.
- INFORMATIONS
- —@— Si nous en croyons les Américains, une des villes les plus hygiéniques, est Minneapolis, aux Etats-Unis. La mortalité n’y dépasse pas 9,60 pour 1000, tandis que dans toutes les grandes villes, elle oscille entre 17 et 26 pour 1000. Un journal de l’endroit explique ainsi le fait : « Le système d’égout y est parfait; l’eau de source abondante et de bonne qualité; la malaria est inconnue; la phtisie y est rarement observée. Les maladies infectieuses quand elles se développent revêtent une forme atténuée, et les formes graves y sont exceptionnelles. Les seules maladies qui offrent une certaine
- fréquence sont la diarrhée des enfants, les accidents de la puerpé-ralité et le cancer. Le Medical Record fait remarquer que les médecins doivent avoir la vie difficile dans une pareille ville. Un décès répond à peu près à 25 cas morbides ; une mortalité de 9,60 pour AOOO donne à peu près 25 000 cas de maladies par an, contre un taux de 600 000 pour New-York. Si New-York n’avait que la morta-litéjde Minneapolis, qui compte 209 000 habitants, sa morbidité totale annuelle ne dépasserait pas 225 000 habitants. Et cependant la pror portion des médecins à la population est la même à Minneapolis et à New-York.
- —©— Une vente d’Orchidées a eu lieu récemment à Londres. Le prix le plus élevé a été atteint par un Çattleya Mossiæ, var. Rei-, neckeana, acheté 160 guinées (4240 francs) par M. Sander; un Çattleya Mendelii, var. Firti a été adjugé à MM. Hugh Low et C'e pour la somme de 70 guinées (1855 francs).
- —©— On obtient la teinture électrique des cuirs, d’après un nouveau procédé, en étalant la peau sur une table métallique, en recouvrant ensuite d’une couche de liquide tinctorial toute la surface, à l’exception des bords, et en établissant une différence de potentiel entre le liquide et la table métallique. Le premier effet du courant produit, comme dans le tannage électrique, l'ouverture des pores du tissu et la dissolution pénétrant mieux produit une teinture très stable.5
- —©— Les Fraises ont depuis longtemps une réputation bien établie pour combattre la goutte. Nous avons consacré jadis quelques Notices à ce sujet. Le Dr A. George, dans les Annales de la Société horticole de l'Aube, rapporte que déjà au dernier siècle, le grand botaniste Linné avait eu beaucoup à se louer de l’action des Fraises contre la goutte. Linné était goutteux. Or, à cette époque, où l’on ne connaissait pas l’acide urique, Linné avait déjà la prescience que la cause chimique do la goutte et celle de la gravelle étaient identiques, et il l’exprimait d’une façon pittoresque dans une lettre à l’un de ses amis, en lui disant : a J’ai la goutte, tu as la gravelle; nous avons épousé les deux sœurs ». Linné ne trouvait, le moyen de calmer sa goutte que par un usage abondant des Fraises. Il leur en garda une reconnaissance qu’il a consignée dans ses écrits.
- —©— Le directeur de l’Observatoire central de météorologie de Mexico, M. M. Barcena, a publié un Rapport intéressant sur la climatologie de la ville de Mexico. Ce Rapport est basé sur des relevés horaires s’étendant sur une période de seize années (1877 à 1892). La température moyenne annuelle est de 15°,4 C., et la moyenne mensuelle varie de 12°,0 en décembrè, à 18°, 1 en mai. Les températures maxima à l’ombre varient de 25°,0 en décembre à 31°,6 en avril, tandis que la limite des températures minima est de —2°,2 en décembre et 8°,2 en août et septembre. La hauteur de pluie annuelle est de 604 millimètres. Les mois les plus pluvieux sont ceux dç juin à septembre. La plus forte pluie en un jour a été constatée en août 1888; elle adonné 62 millimètres d’eau. Le vent prédominant est celui de nord-ouest, qui souffle'la plupart du temps; le vent le plus fort vient du nord-est.
- —©— Le jeudi 28 juin se tiendra, à Paris, l'assemblée générale de la Société des amis des arbres, sous la présidence de M. I)e-montzey, ancien inspecteur général des forêts. Cette réunion a lieu dans la salle de la Société des agriculteurs de France, 8, rue d’Athènes, à 2 heures de l’après-midi. Elle serti suivie d’une conférence de M. Charles Cotard, sur l'utilité des reboisements.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits.
- moulures en bois, isolateurs en porcelaine, cavaliers en fer vitrifié se trouvent chez presque tous les électriciens. Les tuyaux en carton comprimé sont fabriqués par la Compagnie Bergmann, 21, Fennstrasse, à Berlin; ils se trouvent chez M. Pitot, 59, rue de Châteaudun et chez M. D. Sack, 55, rue Legendre, à Paris. — On peut se procurer de la graine de gesse améliorée à la maison Vilinorin-Andrieux et Cie, A, quai de la Mégisserie, à Paris.
- Communications. — M. J. Cervera, à Valencia, à propos de la planchette à dessin, qui a été décrite dans Les Petites inventions du n° 1096, du 2 juin 1894, nous écrit qu’en 1872 il en avait imaginé un modèle à peu près semblable.
- M. le €te de Dampierre, à Paris, nous envoie une feuille de mimosa qui porte à l’extrémité d’une de ses nervures deux autres petites feuilles simples. Il s’agit là d’une bizarrerie de végétation, analogue à celles que nous avons déjà signalées à de nombreuses reprises.
- M. E. Rivière, à Paris, nous envoie plusieurs brochures très intéressantes ayant pour titres : Les sépultures préhistoriques de la Roche, commune de Resson (Allier). — Détermination par l’analyse chimique de la contemporanéité ou de la non-contemporanéité des ossements humains et des ossements d'animaux trouvés dans un même gisement. — Etude sur l'ossuaire des grottes du Roundoulaou (Aveyron). — Sur l'âge des squelettes humains des grottes de Baoussé-Roussé, en Italie, dites grottes de Menton. La première Notice faite en collaboration avec M. L. de Launay est extraite de la Revue scientifique du Bourbonnais et du centre de la France.
- M. H. Marceau, à Paris, nous adresse un projet de chemin de fer métropolitain à l'air libre avec étude complémentaire d'un canal souterrain des Halles à la Seine, pour la ville de Paris, accompagné d’un tracé et de plusieurs dessins représentant les dispositions adoptées. Dans le projet, l’auteur discute la question du métropolitain souterrain ou aérien, il étudie le tracé, décrit la gare centrale aux Halles centrales, et donne quelques renseignements sur l’exploitation, les recettes et les dépenses probables. Le projet de M. Marceau se résume, dit-il, en quatre mots : rapidité de communication, expansion commerciale, hygiène, beauté artistique. En effet, la brochure est accompagnée de grandes planches donnant l’aspect des monuments à exécuter que comporte le projet.
- Renseignements. — M. L. 0., à L. K. — La profondeur de l’eau n’a aucune influence sur le mécanisme de la natation ; il suffit que le nageur ait la place, suffisante pour les mouvements des bras et des jambes.
- M. A. de Launay, à Lucerne. — Adressez-vous à la Société anonyme d’électricité, 39, avenue Marceau, à Courbevoie (Seine).
- M. E. Magnien, à Bruxelles. — Voyez le Traité de l'Albuminurie et du Mal de Bright, par MM. E. Lecorché et Ch. Talamon, à la librairie 0. Doin, 8, place de l’Odéon, à Paris.
- M. Z. G., à X. — Nous pensons que la lettre parviendra en l’adressant à Colombes (Seine).
- M. V. Andréeivsky, à X. — Ce brodequin est fabriqué par M. Perron, 6 rue Combes, à Paris.
- M. A. Heeren, à Biarritz. — Vous trouverez ces renseignements dans le Traité pratique du chauffage, de la ventilation et de la distribution des eaux dans les habitations particulières, par Ch. Joly, à la librairie Baudry, à Paris.
- M. Y., à Baleros. —Si vous voulez un révélateur énergique, vous pouvez vous servir du liquide de développement américain ; adressez-vous à M. A. Richard, 129, rue du RanelagK, à Paris.
- M. H. D., à Médea. — Consultez Le Rosier, par Lachaume, à la Librairie agricole de la maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- M. Dorp, à Boulogne-sur-Mer. — Le renseignement que vous
- nous demandez est donné en note dans l’article. Renvoi aux articles précédents de M. A. Londe. Yovez en outre les livres de photographie du même auteur, aux librairies G. Masson et Gauthier-Villars.
- M. J. E., à Saint-P. — 1° L’installation nous paraît réalisable. — 2° Vous trouverez plusieurs ouvrages aux librairies Michelet et Tignol, à Paris. — 3e Maison Château, H8, rue Montmartre, à Paris.
- L’abonné 5263, à Meaux. — 1° Tours : MM. Barriquand et Marre, 127, rue Oberkampf, et M. E. Lebesgue, 22, rue des Taillandiers, à Paris. — 2° Manuel du tourneur, par de Vali-court, dans la collection des manuels Roret.
- M. R. Desaunay, à Nantes. — Consultez le Traité d'hydraulique, par M. A. de Caligny, à la librairie Baudry, à Paris.
- M. C. D.ka Bordeaux. — Plusieurs ouvrages ont été publiés sur les résines, les goudrons et huiles pvrogénées par la librairie B. Tignol, à Paris.
- M. F. Borelli, à Marseille. — Tous les bons appareils peuvent convenir ; les plaques Lumière sont excellentes.
- M. C. C. K., à Paris. — Tous ces chiffres sont donnés dans le Formulaire de l'électricien, à la librairie G. Masson.
- M. Sylla, à Rome. — La dimension du cerf-volant ne fait rien aux résultats de l’expérience, ni même sa forme géométrique, pourvu que sa surface soit plane. Il peut être carré au lieu d’être hexagonal.
- M. G. S., à Paris. — H y a plusieurs procédés d’argenture du verre et des glaces; vous en trouverez une description détaillée dans le Traité de chimie industrielle et agricole de MM. Pelouze et Fremv, à la librairie G. Masson.
- M. Kronberg, à Paris. — 1° Vous pourrez nettoyer vos sous avec de l’eau de cuivre ou, s’ils sont très sales, avec de l’acide nitrique étendu d’eau. — 2° Nous avons déjà décrit votre premier cryptographe l'Indéchiffrable dans la Boîte aux lettres du n° 918, du 3 janvier 1891 ; remerciements pour votre envoi.
- M. P. D.,'a Turin. — Les détails de construction des derniers modèles du phonographe n’ont jamais été publiés ; une agence de brevets pourrait peut-être vous fournir une description avec quelques explications.
- M. L. Robilliard, à Bruxelles. — Il n’v a aucune preuve qui confirme ce dicton populaire météorologique.
- M. P., à Grenoble. — Etiquettes en métal pour jardins : M. P. Chauvin, 10, rue des Gravilliers et M. Laurent, 70, rue d’Angoulême, à Paris.
- M. Th. de Carlandes, à Lyon. — Il faut s’adresser à la maison Pullmann, à Chicago.
- M. P. Roussel, à Pans. — Plusieurs ouvrages sur la machine à vapeur ont paru dans Y Encyclopédie scientifique des aide-mémoire publiée sous la direction de M. Léauté, à la librairie Masson : Etude expérimentale calorimétrique de la machine à vapeur, par M. Dwelshauvers-Déry ; Tiroirs et distributeurs de vapeur, par A. Madamet; Les divers types de moteurs à vapeur, par Sauvage, etc.
- L’abonné 4157, à X. — Voyez le livre des odeurs des parfums et des cosmétiques par S. Piesse, à l’ancienne librairie J. B. Baillière, à Paris.
- Un abonné, à Paris. — 1° Nous ne pensons pas que ces appareils se trouvent dans le commerce. — 2° Ce travail n’a pas donné les résultats qu’on espérait.
- M. G. Schina, à Paris. — Au bout de quelques instants, le train, dans votre problème, deviendra immobile dans l'espace.
- M. E. Pinson, à Paris. — Consultez l’article Zinc dans le Dictionnaire des Arts et Manufactures de Ch. Laboulaye, à la librairie G. Masson.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. E. linechl, à Nazelles. Cette adresse a été donnée en tête de la Boite aux lettres du même numéro qui contient la description de l’appareil. — M. H. Delvaille, à Bayonne. Votre système soulève de graves objections que nous ne pouvons analyser ici. — M. D. L., à Paris. Adressez-vous à un chimiste; l’analyse complète seule pourra vous renseigner. — M. G. R., à Lyon. Consultez les catalogues des grands libraires de Paris. — M. D. V,, à Amiens. Nous ne pouvons vous fournir d’autres renseignements. — M. L. J-, à Paris. Il serait nécessaire de faire des essais de consommation de gaz pendant plusieurs heures pour être fixé sur ce point. — M. L. T., à Pau. Nous avons indiqué l’adresse du dépositaire en tète de la Boite aux lettres du meme n° 1084, du 10 mars 1894. — Un lecteur. à Paris. Nous, décrivons aux Prîtes inventions une loupe basée sur le môme principe. — M. G. S., à Anvers; M. V. Callebant, à T-h;-amie. Voyez les Recettes et procédés'utiles, 1” série.' (G. Masson. émienr.': — M. G. Ht., à Clermont-Ferrand. Consultez les Recettes et procédés utiles, 3° série, à la meme librairie.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui'sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- La lonpe cylindrique. — Cet appareil très simple peut être recommandé aux myopes, dont la vue est très faible. Il leur permettra de lire les textes d’imprimerie qu’ils ne distin-
- couler le liquide, l’appel d’air fait abaisser le clapet hémisphérique C monté sur un ressort R, l’air entre dans le tonneau par le tuyau J. Mais entre l’air extérieur, et le bouchon sphérique, se trouve interposée la toile métallique T et si les vapeurs combustibles étaient enflamméés au dehors, la flamme ne pourrait être communiquée au liquide du tonneau. Le bou-
- Bouehon de sûreté pour liquides volatils et inflammables.
- guent pas à distance. L’instrument consiste en un tube de verre rempli d’eau et fermé à la lampe d’émailleur. Il se termine à ses deux extrémités par deux boules dont les axes tournent dans un support métallique. Ce cylindre d’eau fait fonction de loupe et il suffit de le promener à la surface d’un texte imprimé jtour voir les caractères très grossis. — Cet appareil se trouve chez M. Bertrand, 19, rue d’Hauteville, Paris.
- Marque à jouer. — Le nouveau système de marque représenté ci-dessous donne les chiffres de 1 à 999 ; il peut être employé pour toutes sortes de jeux et le mécanisme en est des plus simples; trois rondelles en cuivre émaillé et numérotées de 0 à 9, tournent sur leur centre et à chaque mouvement des doigts sur les roues dentées 1, 2, 5, qui dépassent la boîte,
- ÛXTRiCH
- Nouvelle marque à jouer.
- font apparaître un chiffre à la fois par les trois ouvertures ABC qui forment lucarnes. Les nombres se forment de droite à gauche. Sous chaque roulette et sous chaque chiffre est placé un petit système (cran d’arrêt) qui, à chaque mouvement d’un chiffre, lui donne l’immobilité nécessaire. Cette marque a l’avantage d’étre très lisible et de manœuvrer facilement et rapidement. — L’appareil se trouve chez M. Mathieu, 2, Faubourg-Poissonnière, Paris.
- Bouchon «le sûreté pour liquides volatils et inflammables. — Des accidents se produisent journellement chez les détenteurs de produits liquides, volatils et inflammables, tels que éther, benzine, essence minérale, etc., par le manque de fermeture convenable de ces liquides. Le n° 1 de notre figure montre un fût à essence de pétrole muni du nouveau bouchon métallique, dont les n°' 2 et 3 donnent la vue d’ensemble et la coupe à une plus grande échelle. Ce bouchon cylindrique en métal, dû à MM. Guépratte et Louis Bossu, est formé d’un cylindre métallique muni à sa partie supérieure de deux orifices EE (n° 3). Quand on ouvre le robinet pour faire
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- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- chon de sûreté est encore avantageusement employé pour le soutirage de la bière et du vin. — Cet appareil est construit par M. Guépratte, 32, rue Fontaine-au-Roi, à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Les abîmes, les eaux souterraines, les cavernes, les sources, la spélœologie. Explorations souterraines effectuées de 1888 à 1893, en France, Belgique, Autriche et Grèce avec le concours de MM. G. Gaupillat, N. A. Sidéridès, W. Putick E. Rupin, Ph. Lalande, R. Pons, L. de Launay, F. Mazauric, P. Arnal, J. Bourguet etc., par E.-A. Martel. 1 vol. in-4° contenant 4 phototvpies, 16 plans hors texte, 100 gravures d’après des photographies et 200 cartes, plans et coupes. — Paris, librairie Charles Delagrave, 1894.
- Nos lecteurs ont eu souvent l’occasion d’apprécier les Iravauxde M. E. A. Martel qu’on peut appeler l’explorateur du monde souterrain. Le chercheur qui a ouvert à la science les abîmes inconnus, les cavernes et les fleuves du sous-sol est un de nos plus fidèles collaborateurs, et il a donné dans La Nature les descriptions de quelques-unes de ses expéditions les plus curieuses. M. E. A. Martel publie aujourd’hui en un magnifique volume, l’histoire complète de ces étonnants voyages souterrains qu’il a exécutés avec tant de succès. L’auteur est un ami passionné de la science, et un géologue très érudit: il décrit, dans son livre, les merveilleux spectacles qu'il a découverts, il les éclaire avec la lumière au magnésium ou électrique, il en fixe l’image merveilleuse par la photographie; il lève les plans, il dessine les coupes des cavernes gigantesques. L’œuvre de M. E. A. Martel sera lue par tous ceux qui aiment à connaître les beautés de la nature et les curiosités de la géologie. G. T.
- Figures contemporaines, tirées de Y Album Mariani. Soixante-quinze biographies, autographes et portraits gravés sur bois par A. Brauer, d’après les gravures à l’eau-forte de A. La-lauze. Prélude iconographique par Octave Uzanne. 1er volume. 1 vol., grand in-8°. — Paris. Ernest Flammarion, éditeur. 1894.
- M. Mariani, le propagateur de l’iisage de la coca du Pérou, dans le vin qu’il fabrique, et qui porte son nom, n’est pas seulement un industriel, c’est aussi un artiste de beaucoup de goût, un bibliophile plein d’érudition, un grand amateur de belles choses : il a beaucoup d’amis. Il a eu l’idée de faire une publication singulièrement originale, c’est celle des portraits de scs amis, gravés à l’eau-forte par un de nos artistes les plus habiles, A. Lalauze, et accompagnés d’une biographie écrite par lui. Par contre, chaque portrait est accompagné d'un autographe du personnage représenté, célébrant, en quelques lignes, les mérites du Vin Mariani. Voici quelques-uns des portraits donnés dans le premier volume de Valbum Mariani qui est reproduit pour le public en un livre où les eaux-fortes de M. A. Lalauze ont été traduites par des gravures sur bois : Jules Claretie, Coquelin aîné et cadet, D1' Cornil, Carolus Duran, Louis Enault, Ch Gounod, M“* Krauss. Lalaime, Mounet-Sully, Rosita Maury, Gustave Nadaud, Adelina Patti, M1Ie Rcichemberg, llobida, Sardou, Jules Simon, Vvon, etc.,, etc. Ce premier volume, qui contient 75 portraits, n’est que le prélude d’une série qui sera continuée et qui formera une véritable encyclopédie des figures contemporaines. G. T.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- La végétation de la France. I. Tableaux synoptiques des plantes vasculaires de la flore-de la France, par Gaston Bonnier, professeur de botanique à la Sorbonne, et Georges de Layens. Ouvrage publié sous les auspices du Ministère de l'instruction publique. 1 vol. in-8° avec 5289 figures. — Paul Dupont, éditeur. Paris.
- Sous le titre général de Végétation de la France, il doit être publié, sous les auspices du Ministère de l'Instruction publique, un certain nombre de volumes. C’est M. Gastop Bonnier, le savant professeur de botanique à la Sorbonne qui a été chargé de ce grand travail, et qui vient de faire paraître le premier volume, en collaboration avec M. de Layens. Ce volume renferme des tableaux synoptiques qui ont pour but de donner une vue d’ensemble de la llore de la France et de faciliter la détermination des espèces.
- I art de bien monter la bicyclette, par L. Baudry de Saunier,
- préface de M. Maurice Martin. Illustrations de M. Genilloud.
- 1 vol. in-18. — Paris. En vente dans les librairies ot chez l’auteur,.56, rue Yaneau, Paris. 1894. Prix lfr,50.
- Excellent guide d’enseignement pour monter la bicyclette ; les descriptions sont compréhensibles, les recommandations sont justes; le petit livre peut être recommandé aux amateurs,
- Le portefeuille d’un très vieux garçon par A. Robida. Illustré par l’auteur. I vol. in-8°. —Paris, Librairie illustrée. 4894.
- La représentation artistique des animaux, par G. E. M. Gautier. Application, pratique et théorie de la photographie des animaux domestiques, particulièrement du cheval arrêté et * en mouvement. 1 vol. in-8° de la Bibliothèque de photographie. — Paris, Charles Mendel, éditeur. Prix : 5 francs.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49-,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS A 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE
- Lundi 11 juin .... 11*,6
- Mardi 12 10*, 7
- Mercredi 13 10’,5
- Jeudi 14 13’,0
- Vendredi 15 14’, 3
- Samedi 16 13’, 6
- Dimanche 17 15’,1
- VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL
- W. 3. Couvert.
- W. N. W. 2. Presque couvert.
- W. S. W. 2. Couvert.
- . N. W. 3. Presque couvert.
- N. W. 3. Beau.
- S. W. 2. Couvert.
- Calme. Très nuageux.
- PLUIE EN MILLIMÈTRES
- OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- 1,7
- 2,1
- 0,0
- 3,5
- 0,0
- 0,6
- 0,0
- Presque couvert; quelques averses^
- Presque couvert ; pluie de minuit 30 à 2 h. 30.
- Presque couvert; quelques coups de tonnerre à 13 h. ;
- quelques averses.
- Très nuageux.
- Peu nuageux le matin ; presque couvert le soir ; halo.
- Couvert le matin; nuageux le soir, l'n peu de pluie à 5 h. et de 6 h. et quart à 7 h. et quart.
- Couvert de 8 h. à 15 h.: nuageux avant et après; halo.
- JUIN 1894 ---- SEMAINE DD LUNDI 11 AD DIMANCH.E 17 JUIN
- La courbe supérieure indique la uebitiusité de 0 a lu: les flèches inférieures, la direction du veut. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques {baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- ' Un aérolithe A Haïti. —M. Israël Morisseau, professeur de sciences au collège Hippolvte à Aquin (Haïti), nous écrit que le 27 avril dernier, vers 8 heures et demie du soir, on a aperçu dans cette ville un aérolithe se dirigeant du sud-ouest au nord-est. Il est tombé à la petite rivière de Nippes en incendiant plusieurs maisons voisines.
- Orage A Vienne (Autriche). — Un orage terrible s’est abattu le 7 juin 1891 vers 6 heures et demie du matin sur Vienne, en Autriche, et les environs. Pendant plus d’une heure, une pluie torrentielle mêlée de grêle n'a cessé de tomber. En ville, les dégâts ont été très considérables. La grêle a brisé toutes les vitres du palais impérial, des ministères, de l’ambassade d’Italie et de presque tous, les édilices publics. A la gare du Nord, la toiture en verre a été détruite. On évalue à plus d’un million le nombre des vitres brisées en ville. Plusieurs rues avaient l'aspect de torrents, et l’eau est entrée dans les caves des maisons. Dans la campagne, les dommages ont été aussi très importants. Dans beaucoup d’endroits, les récoltes ont é'.é entièrement détruites.
- Tremblement «le terre en Eupagne. — Un tremblement de terre a été ressenti, le 12 juin 1894, dans les provinces de Grenade et d’AI-meria en Espagne ; la secousse a été de courte durée. On assure qu’il n’y a pas eu de dégâts matériels dans la province de Grenade. A Nacimento, village de la province d’Almeria, plusieurs maisons se sont écroulées; mais on n’a signalé aucun accident de personne.
- U» température en Suisse.—A la date du 14 juin 1894, on nous écrivait de Suisse que le vent de l’ouest soufflait avec violence depuis quelques jours, et qu’il avait apporté un abaissement considérable de la température, contrairement à ses habitudes. Dans la nuit du 11 au 12, le thermomètre était tombé à 5 degrés et demi et même à 6 au-dessous de 0. Sur les hauteurs le froiu était vif et de tous côtés on signalait des chutes de neige. A la Chaux-de-Fonds, ville qui se trouve à une altitude de plus de 900 mètres, les toits étaient couverts de neige le 12 au matin. Il neigeait à Vallorbe et en général sur tout le versant sud du Jura. La vallée du lac de Joux était couverte d’une conclu' de neige de 10 à 12 centimètres, qui fondait rapidement.
- PHASES DE LA LUNE : Néant.
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- Les lettres et communications relatives à la rédaction de la « Boîte aux lettres » doivent être adressées
- à M. Gaston Tissandier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- TOOTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVIOB DU JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES A LA LJBRAIRIB O. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- LA SEMAINE
- Les descendants de Jonffroj d’Abbans. — Quelques-uns de nos savants les plus éminents, à la tête desquels M. Pasteur a été désigné, avec M. l’amiral Paris, avec notre grand peintre M. Gérôme, etc., ont appelé la bienveillante attention au Sénat sur les six petits-enfants du marquis de Jouffroy d’Ab-bans et sollicité pour chacun d’eux une pension viagère. M. Hamel, chargé de faire un rapport sur cette pétition, en propose le rénvoi au Ministre des finances avec prière de présenter dans le plus bref délai un projet de loi conforme. Ce Rapport est ainsi conçu : « Le marquis de Jouffroy d’Abbans, vous le savez, est l’inventeur bien et dûment reconnu de l’application de la vapeur à la navigation et de la machine à vapeur rotative et à double effet. Après avoir consacré sa vie entière, sa fortune, celle de ses enfants au succès de ses inventions, lisons-nous dans cette pétition, le marquis de Jouffroy d’Abbans n’est parvenu qu’après des efforts surhumains à doter la France de deux des plus grandes, des plus utiles découvertes des temps modernes, dont le mérite, après avoir été contesté, est aujourd’hui universellement reconnu. Mais, tandis que ses découvertes devenaient les facteurs les plus puissants du développement de la fortune nationale et du bien-être de l’humanité, lui, s’éteignait tristement, oublié, méconnu, à l’Hôtel des Invalides, où il mourut du choléra en 1832, sans autres ressources qu’une modeste pension d’officier. Sa famille, messieurs, ne put même lui acheter une concession à perpétuité, et lors de la désaffectation du cimetière où il avait été enterré, ses restes furent jetés aux Catacombes. Depuis le dépôt de cette pétition, trois de ses petites-filles, Françoise, Catherine et Caroline de Jouffroy d’Abbans, filles de son fils aîné, ont cru devoir protester en ce qui les concernait. IL ne reste donc plus que le marquis de Jouffroy d’Abbans, sa sœur Renée de Jouffroy d’Abbans, enfants du second fils de l’inventeur, et le comte Luiz de Jouffroy d’Abbans, enfant d’un troisième fils. L’un des trois, messieurs, se trouve dans la plus profonde misère, les deux autres sont dans la gêne et ne peuvent, d’après les pétitionnaires, tenir même très modestement leur rang, ou tout au moins vivre d’une manière un peu plus digne des immenses services que leur grand-père a rendus à la France. Tous trois, messieurs, accepteraient avec reconnaissance la pension viagère que les pétitionnaires réclament pour eux et qui serait pour le Trésor une charge peu onéreuse, car ils sont tous les trois d’un certain âge, et aucun d’eux n’a de postérité. Votre quatrième Commission, messieurs, ne pouvait oublier qu’en 1837 l’illustre François Arago, dans l’annuaire de l’Académie des sciences, avait restitué au marquis de Jouffroy l’honneur de l’invention des bateaux à vapeur, qu’on lui avait contesté au profit de l’Amérique, et qu’à trois ans de là, dans un Rapport de Cauchy, l’Académie avait solennellement constaté, après des discussions inoubliables, que l’invention des bateaux à vapeur appartenait, sans'aucune contestation, au marquis de Jouffroy. Si la France n’a pas eu tous les profits de l’invention, il lui en restera la gloire. Aussi votre quatrième Commission vous propose-t-elle
- d’accorder aux petits-enfants de celui qui lui a donné cette gloire, la modeste pension viagère qui assurera la sécurité de leurs vieux jours. Ce sera un acte de justice et de réparation1. »
- INFORMATIONS
- —@— Quatre paons domestiques, un mâle et trois femelles lâchés depuis quelque temps dans le domaine de Szanny, près d’Œdenburg en Hongrie, appartenant au prince Esterhazy, se sont multipliés. On compte maintenant 32 paons qui vivent librement dans la forêt; plusieurs sont des oiseaux de toute beauté. D’allures peu sauvages, ils ne font preuve de défiance qu’à l’époque où ils conduisent leurs petits : à la moindre alerte, ils s’enfoncent dans les plus épais taillis. En plein hiver, vieux et jeunes se montrèrent résistants aux froids en se juchant, pendant la nuit, au sommet des arbres élevés. La chair du paonneau acquiert en liberté, comme on sait, une saveur toute particulière.
- —@— La construction du grand chemin de fer traversant l’Amérique du Sud dans sa largeur, entre Buenos-Ayres et la côte du Chili, va être incessamment terminée sur une longueur de 1189 kilomètres sur 1506 formant la longueur totale. Il ne restera plus, du côté de la République Argentine, qu’à construire 15 kilomètres de voie et deux tunnels. Ces travaux seront entrepris aussitôt que la section de 100 kilomètres restant à établir du côté du Chili sera suffisamment avancée pour que les opérations puissent être terminées simultanément. Le retard apporté à ces derniers travaux est dû à une difficulté financière qui avait surgi, à la dernière minute, entre les entrepreneurs généraux John et Matthew Clark, et le gouvernement chilien, au sujet de la garantie que le gouvernement devait accorder. Cette difficulté étant aplanie à l’heure actuelle, il est probable que les travaux vont être poussés avec vigueur.
- —©— M. Thorne a eu l’occasion de faire des expériences à Hud-dersfield sur l'enrichissement du gaz d’éclairage au moyen de gaz d’huile additionné d’oxygène. Voici comment peuvent se résumer ses conclusions : 1“ l’addition d’oxygène au gaz d’huile, effectuée de préférence alors que ce dernier est encore chaud, augmente la valeur d’éclairage du gaz d’huile, non seulement quand celui-ci est brûlé directement, mais aussi quand on l’emploie pour enrichir un autre gaz ; 2° le gaz obtenu est permanent ; quand on utilise pour enrichir le gaz de houille, il augmente la stabilité de celui-ci ; 3° l’enrichissement du gaz de houille par le gaz d’huile oxygène est environ 0,03 par bougie pour 28 mètres cubes de gaz.
- —®— Paris compte 80 000 chiens déclarés, dit Y Eleveur, soit un chien par vingt-huit habitants. Il faut bien admettre que les fraudeurs, ceux qui oublient de payer la taxe, sont assez nombreux et viennent augmenter d’une bonne moitié cet effectif. Ce sont les quartiers les plus populeux et les plus pauvres qui comptent le plus de chiens; le onzième arrondissement, à lui seul, possède 6 000 chiens en situation régulière et avouée. Ces 80 000chiens dépensent en nourriture environ 9 600 000 francs par an et font vivre : 25 fabricants de colliers et de muselières, qui emploient 550 ouvriers et 300 ouvrières ; quatre boulangers pour chiens ; 5 fabricants de biscuits de fibrine ue viande; 5 pharmaciens spéciaux, une douzaine d’infirmeries et deux hôpitaux.
- 1 Voy. Le Premier bateau à vapeur sur la Seine, n° 859, du 29 juin 1889, p. 80.
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- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui concerne la quadrimotive O’Keenan, s’adresser à M. Ed.
- O’Keenan, 29, boulevard de Versailles, Montretout-Saint-Cloud.
- Communications. — M. Paul Rengnet, à San Martin (Honduras), nous adresse deux photographies fortf curieuses d’arbres entrelacés d’une façon extraordinaire. La première représente un arbre à écorce noire sur lequel s’est développé un autre arbre à écorce blanche. La seconde nous montre un cèdre traversé de part en part par un quebracho. Ces deux arbres singuliers sont situés près de la ligne ferrée des mines de San Martin, dans le Honduras, l’un à quelques mètres et l’autre à 200 mètres, non loin de l’usine d’Aguas Calientes. Notre correspondant ajoute que les curiosités végétales de ce genre sont très fréquentes au Honduras.
- M. F. Arnoldus, à Carlsbourg, nous adresse une intéressante carte agronomique renfermant la composition physique et chimique du sol et du sous-sol, ainsi que les données du climat des différents pays dont la connaissance peut être fort utile aux cultivateurs.
- M. Gustave Meurgey, 5, rue Thévenot, à Paris, nous envoie un système de canne-parapluie très ingénieux. Cette canne a le mérite d’être assez mince ; elle est formée d’une série de tubes ui peuvent, quand on a dévissé la pomme, rentrer les uns ans les autres. Le parapluie tout monté se trouve au milieu et en est retiré. Ce parapluie-canne a reçu le nom de viator.
- Mm* Bajac, à Liancourt (Oise), nous fait parvenir une autre canne mécanisée; c’est la canne rustique ù binette, qui est disposée pour servir de binette à main en même temps que de canne de promenade. On a dans la poche une petite bêche enfermée clans un sac de cuir; cette bêche peut se visser à l’extrémité de la canne qui en fait ainsi le manche. Cette canne convient très bien aux propriétaires agriculteurs ainsi qu’aux dames qui les apprécient pour leurs promenades dans les parcs et les jardins.
- Renseignements. — M. A. Maisonneuve, à Olliergues. — 1° Machine dynamo universelle pour expériences : M. E. H. Ca-diot, 44, rue Taitbout, à Paris. — 2° M. Lambert, ingénieur, à Bar-sur-Aube.
- M. Pietzetzer, à Paris. — Nous avons déjà parlé, à plusieurs reprises, de l’électrisation des courroies, notamment dans le n° 592, du 4 octobre 1884, p. 286, et dans le n° 784, du 9 juin 1888, p. 32.
- M. A. M., à Toulon. — Nous croyons qu’il suffît d’adresser la lettre à Bruxelles.
- M. G. Dumont, à X. — Il s’agit, en effet, de l’odeur d’ozone produit par l’étincelle électrique.
- M. P. Watier, à Saint-Gobain. — Il est indispensable de bien laver vos plaques; un lavage insuffisant a souvent des conséquences fâcheuses, inévitables.
- M. F. de Gouy, à Paris. — Cès cannes ont été décrites, comme le dit l’article, d’après un journal américain ; elles ne se trouvent pas toutes dans le commerce.
- M. Ch. Girard, à Paris. — La maison Ducretet et Lejeune, 75, rue Claude-Bernard, construit pour expériences de cours une dynamo à main qui donne des courants continus, alternatifs et triphasés.
- M. A. Heller, à Munster. — Le calculateur mécanique de M. Troncet, qui a été décrit dans le n° 907, du 18 octobre 1890, p. 307, était, à cette époque, en dépôt à la librairie Larousse, 19, rue Montparnasse, à Paris.
- M. A. Casse, à Saint-Quentin. — 1° Vous trouverez le pinceau métallique (gratte-bosse) chez les quincailliers. — 2° Pour percer le verre, employez un foret trempé dans un bain de mercure et plongé dans une solution saturée de camphre dans l’essence de térébenthine.
- M H. Luiset, à La Roche-sur-Yon. — 1° L’acide pyrogal-
- lique est un excellent développateur. — 2° Chez tous les marchands d’appareils photographiques. — 3° Il suffit de frotter avec de la vaseline.
- M. E. Lambert, àSaumur. — Ces silhouettes ne se trouvent pas dans le commerce.
- M. A. Fontenelte, à Bourges. — 1° II y aura probablement une action, mais très faible. — 2° Une décharge peut se produire dans ces conditions. — 3° Le courant électrique suit la ligne qui présente la résistance la plus faible, c’est-à-dire la ligne droite.
- M. J. Hamel, à Lyon. — Vous pourriez vous adresser aux fabricants de carton-pierre : M. Baillif, 66, rue Truffault, et M. Dupuy, 120, boulevard Magenta, à Paris.
- M. Ch. Broyer, à Paris. — Des cours de topographie avec excursions et exercices pratiques sur le terrain, sont faits tous les ans à la mairie du IV" arrondissement. Renseignez-vous également à la Société de topographie de France, 18, rue Visconti.
- M. G. Ragon, à Paris. — La Nature a publié un grand nombre d’articles sur la télégraphie optique, notamment dans le n° 635 du Ier août 1885, p. 134 ; voyez aussi la table des matières des dix dernières années, 2e série, 1883-1892.
- M. L. M. à Amiens. — La consommation d’énergie électrique sur une distribution est en effet très faible pendant la journée. Le rapport de l’énergie dépensée pendant la soirée à l’énergie consommée dans le jour est très variable et dépend essentiellement des localités et de leur diverses industries. Il est nécessaire d’avoir pour le service de faible charge des machines d’une puissance peu élevée, ou d’employer des accumulateurs.
- M. Y. Utudjian, à Constantinople. — Fournitures pour lithographes : M. A. Berjot, 13, quai Montebello, M. P. Fortin, 34, rue Sedaine, ou M. Ogé, 33, rue des Francs-Bourgeois, à Paris.
- M. E. Bourdeau, h Niort. — Essayez de teinter votre plâtre en gris avec du noir de fumée, vous aurez de bons résultats.
- M. P. Greindre, à Berlin. — Voyez les livres de mécanique dans la collection de Y Encyclopédie Roret, 12, rue Haute-feuille, à Paris.
- M. Desclaux, aux Andelys. — L’adresse à Neuilly-sur-Seine. Ecrivez directement à M. D.
- M. Gotendorf, à Maisons-Laffitte. — Le vernis noir du Japon, que l’on trouve chez tous les marchands de couleur est excellent pour peindre le cuivre en noir.
- M. C. M., à Calais. — 1° Vous faites erreur; ce n’est pas dans La Nature que cet appareil a été décrit. — 2° Les affiches de Chéret se trouvent chez les marchands bouquinistes et chez les marchands d’estampes, à Paris.
- M Guyot-Lafond, à Lezoux. — Voyez le Distillateur liquo-riste, par MM. Lebeaud, Julia de Fontenelle, et Malepeyre, dans la collection des manuels Roret indiquée ci-dessus.
- M. A. J. T., h Paris. — Vous aurez les renseignements que vous désirez dans le livre YOcéan aérien par Gaston Tis-sandier (G. Masson éditeur). C’est un résumé d’observations météorologiques contenant aussi la description d’appareils pratiques.
- i\l. Decléty, à Ham (Somme). — Consultez La Ramie par Royer, et le Journal d'agriculture pratique, à la librairie agricole de la maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris. Nous avons aussi publié dans La Nature, sur la Ramie, plusieurs articles dont vous trouverez l’énumération dans la table des matières, 2e série 1883-1892.
- Questions. — N° 1338. — M. P. R., à P , demande à connaître un procédé pratique pour la destruction des serpents.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. L. D., à Arras. C’est un petit appareil que l’on doit construire soi-même; il n'y a pas de fabricant particulier. — M. D. M., à Paris. Cette mesure se fait très facilement à l’aide d’un magnétomètre ; vous trouverez les details de l’opération dans tous les traités d’électricité. — M. L. G., à Marseille. Nous vous conseillons de faire des essais pendant plusieurs jours de suite; nous ne saurions vous fixer un chiffre quelconque. — M. Beuzeboc, à Bordeaux. Nous n’avons pas d’adresse plus complète. — M. L. V-, à Paris. Nous avons déjà décrit un appareil pour tracer les paraboles dans la Boîte aux lettres du n° 996, du 2 juillet 1892. — M. D. V., à Paris; M. J. B., à Lille; M. Sauvelet, à Paris. Voyez les Recettes et procédés utiles 1™ série. (G. Masson, éditeur.) — M. A. B. Q.-12. Voyez le même ouvrage, p. 113. Conservation des livres. — M. E. Ivoy, au Caire Nous avons donné plusieurs procédés qui pourraient vous être utiles dans le même ouvrage que ci-dessus lr“ et 3" série, à la même librairie. — M. X., à Oviedo. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- Bans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Dressé à l’Observatoire de Paris, d’après les publications du Bureau des longitudes
- JUILLET-AOUT-SEPTEMBRE 1894. — POSITION DES PRINCIPALES PLANÈTES
- • Cocher
- jPersée
- Gérru'
- JUFITER
- NEPTUNE
- Bélier
- flAoût
- lJul.
- i Lion
- Poissons
- URE-
- MARS
- PetitChien
- Orion'
- Baleine
- Lièvre
- Grand/Chien
- XVIII
- l Août,
- lSept. . 21
- Passage! au méridien à
- Hercu
- Dauphin
- Poissons
- ihiucujs
- Verse
- Serpent
- URANUS
- orpion
- Poisson Austral
- PRINCIPAUX PHÉNOMÈNES ASTRONOMIQUES
- Eclipse partielle de Lune, le 14 septembre 1894, en partie visible à Paris.
- Temps moyen de Paris.
- Entrée de la Lune dans la pénombre, 14 septembre à. 14 h. 9 m, 9
- Entrée dans l’ombre, 14 septembre à. ...... . 15 h. 45 m, 5
- Milieu de i’éclipse, 14 septembre à................16 h. 41 m, 0
- Sortie de l’ombre, 14 septembre à..................17 h. 36 m, 4
- Sortie de la pénombre, 14 septembre à..............t9 h. 12 m, 0
- Grandeur de l’éclipse = 0,225, le diamètre de la Lune étant un.
- Éclipse totale de soleil, le 28 septembre 1894, invisible à Paris.
- Commencement de l’éclipse générale, le 28 septembre, à 15 h. 10 m, 3, temps moyen de Paris, dans le lieu, longitude =39° 41’ E. de Paris latitude = 11° 51'B.
- Commencement de l’éclipse totale, 28 septembre, à 16 h. 12 m, 9, temps moyen de Paris, dans le lieu, longitude = 24° 10'E. de Paris, latitude = 1°51'B.
- Commencement de l’éclipse centrale, 28 septembre, à 16 h. 13 m, 2, temps moyen de Paris, dans le lieu, longitude =23°50'E. de Paris, latitude = 1° 48’ B.
- Eclipse centrale â midi vrai, 28 septembre, à 18 h. 15 m, 7, temps moyen de Paris, dans le lieu, longitude = 83°41' E. de Paris, latitude = 34° 12' A.
- Fin de l’éclipse centrale, 28 septembre, J 19 h. 23 m, 7, temps moyen
- de Paris, dans le lieu, longitude = 161°23' E. de Paris, latitude =56°23'A.
- Fin de l’éclipse totale, 28 septembre, à 19 h. 25 m. 7, temps moyen de Paris, dans le lieu, longitude = 160° 50' E. de Paris, latitude = 56° 21' A. ’ ,
- Fin de l’éclipse générale, 28 septembre, à 20 h. 26 m, 5, temps moyen de Paris, dans le lieu, longitude =144°42'E. de Paris, latitude =46° 16'A.
- Occultations des Etoiles par la Lune, visibles h Paris.
- 189 t. Nom de l’étoile. Grandeur. Immersions. Émersions.
- Juillet 17 A Sagittaire. 5.6 8 h. 49 m, 9 10 h. 3 m, 1
- — 20 50 Verseau. 6 10 h. 36 m, 9 11 h. 10 m, 7
- — 25 19 Bélier. 6 11 h. 34 m, 6 12 h. 50 m, 0
- — 26 Ç Bélier. 4.5 15 h. 55 m, 1 16 h. 14 m, 0
- — 27 36 Taureau. 6 11 h. 58 m, 5 12 h. 21 m, 6
- Août 6 « Vierge. 1.2 1 h. 3 m. 5 1 h. 34 m, 9
- — 6 4531 B.A.C. 6 7 h. 57 m; 4 8 h. 51 m, 6 .
- — 9 5347 B.A.C. 6 8 h. 19 m, 9 9 h. 27 m, 3
- — 18 20 Poissons. 5.6 *15 h. 22 m, 9 15 h. 59 m, 3
- — 19 44 Poissons. 6 10 h. 14 m, 5 10 h. 46 m, 9
- — 23 27 Taureau. 4 13 h. 2 m, 7 13 h. 45 m, 7
- — 25 136 Taureau. 5.6 13 h. 7 m, 8 Appulse 1 3'5 do bord.
- Septemb. 9 6628 B.A.C. 6 6 h. 14 m, 7 7 h. 18 m, 7
- — 11 X Capricorne. 5.6 9 h. 1 m, 0 Aopnlse > î'5 do bord.
- — 11 o Capricorne. 5.6 12 h. 56 m, 1 13 h. 59 m, 0
- — 13 7Ô Verseau. 6 13 h. 32 m, 6 14 h. 21 m, 9
- — 16 e Poissons. 4 14 h. 7 m, 6 15 h. 2 m, 2
- — 20 v* Taureau. 5.6 8 h. 8 m, 5 8 h. 54 m, 5
- — 22 49 Cocher. 5 11 h. 5 m, 4 11 h. 24 m, 9
- — 25 c Gémeaux. 6 12 h. 46 m, 0 13 h. 40 m, 4
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- Satellites de Jupiter,
- OCCULTATIONS.
- ECLIPSES.
- 1894. Satellites. Immersions. Emersions Commencement.
- Fin.
- OCCULTATIONS. ECLIPSES. Sept. i I 15 h. 22 m. 49 s.
- 1894 Satellites. Immersions. Emersions. Commencement. Fin. — 3 I 13 h. 19 m.
- Juillet 17 I 15 h. 4 m. 45 s. — 5 II 12 h. 52 m.
- 24 II 16h. 5m. 49 s. — 7 III 14 h. 32 m.
- __ 26 I 14 h. 29 m. — 10 I 15 h. 15 m.
- 26 III 15 h. 26 m. — 12 II 12h. 58 m. 15h. 33 m. 12h.49m.55s
- Août 2 III 15h. 52m. 13s. — 14 III 131i. 29m.50s.15h. 52m.42s
- 9 I 15h. 14m. 6s. — 17 I 17 h. 10 m. 131i. 37m. 53s.
- — 11 II 15 h. 15 m. — 19 I 11 h. 39 m.
- 18 II 13h. 14 m. 27 s. — 19 11 15h. 37 m. 12h. 59m. 11 s. 15h.26m.33s.
- . 18 I 14 h. 56 m. — 21 III 17 h. 28 m. ls.
- 25 I 13 h. 29 m. 24 s. — 24 I 15h. 31 m. 14s.
- 25 II 15 h. 51m. 10 s. — 26 I 13 h. 33 m.
- — 51 III 13 h. 3 m. — 26 II 15 h. 35 m. 19 s.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS A 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 18 juin .... 14”,8 S. S. W. 2. Couvert. 1,5 Couvert jusq. 19 h., quelq. nuages ensuite; pluie de 4 h. 50 à midi 40 et de 18 h. 40 à 19 h.
- Mardi 19 14* ,0 N. N. W. 3. Nuageux. 9,9 Très nuageux; pluie de 1 h. à 2 h.
- Mercredi 20 14',6 S. 1. Couvert. 0,0 Nuageux de 6 h. à 16 h.; couvert avant et après; pluie de 22 h. à 23 h. 45.
- Jeudi 21 17',0 W. 1. Couvert. 0,5 Couvert jusqu’à 9 h.; nuageux ensuite; beau apr. 18 h.
- Vendredi 22 18',4 S. 0. Beau. 0,0 Très nuageux ; petite pluie à 23 h. 50.
- Samedi 23 ... ! . . 17',1 N. 0. Couvert. 0,3 Couvert jusqu’à 16 h.; quelques^nuag. ensuite; la pluie cesse à 0 h. 15 m.
- Dimanche 24 18',1 S. W. 2. Couvert. 0,0 Couvert de 5 à 17 h.; très nuageux avant et après.
- JUIN 1894 — SEMAINE DD LUNDI 18 AD DIMANCHE 24 JUIN
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer)', courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche'; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Une trombe h Saint-Louis (Bouehes-du-Rhdne). — Le
- dimanche 20 mai 1894, vers 6 heures et demie du soir, les habitants du port Saint-Louis (Bouches-du-Rhône) ont remarqué une colonne de vapeurs grisâtres, affectant la forme d’un entonnoir, arriver du sud-ouest et s’éloigner vers le nord-est, en passant entre la grande grue et l’usine de la Grand’Combe. Deux jeunes filles qui se trouvaient sur les quais ont été enveloppées par les couches d’air entourant le tourbillon proprement dit; elles ont été inondées très rapidement par l’eau que la trombe venait d’aspirer dans le bassin sous leurs yeux. On a de plus observé que la voûte du ciel n’était guère couverte de nuages noirs qu’au-dessus de la localité et des environs. A la même heure, il n’est pas tombé une goutte d’eau à 20 kilomètres de là, dans le sens du nord; aussitôt après le passage du tourbillon, dit le Cosmos, une pluie très abondante a eu lieu sur le passage du phénomène.
- La variation diurne de la vapeur d’eau. — Dans les conditions où se font d'ordinaire les observations météorologiques, c’est-à-dire à une petite distance du sol, la tension de la vapeur d’eau présente une variation diurne assez compliquée. Dans les latitudes moyennes, à Paris, par exemple, il n’y a en hiver qu’un seul minimum, au lever du soleil, et un maximum, au milieu du jour; mais, dans les trois autres saisons, le maximum de la journée se sépare en deux autres, qui s’écartent d’autant
- plus qu’on avance vers le milieu de l’été; entre ces deux maxima se montre un minimum très accentué, moins important pourtant que celui du matin. Les causes de cette double oscillation diurne sont connues. Il était intéressant de savoir ce que deviendrait cette variation à une certaine distance du sol. Pour cela des observations régulières ont été entreprises, dès la lin de 1889, au sommet de la Tour Eiffel. Les trois années 1890, 1891 et 1892 ont donné des résultats absolument concordants; la loi du phénomène peut donc être considérée comme certaine. Dans les quatre mois de novembre, décembre, janvier et février, la variation diurne de la tension de la vapeur d’eau à 500 mètres est extrêmement faible (quelques centièmes de millimètre) ; mais, autant qu’on en peut juger, elle parait analogue à celle des régions basses en hiver : un minimum le matin, un maximum dans la journée.
- Des expériences analogues ont été effectuées au parc Saint-Maur ; il est intéressant de comparer les résultats obtenus.
- Au parc Saint-Maur, on voit nettement les deux maxima à 9 heures du matin et 8 heures du soir, et les minima à 4 heures du matin et 4 heures du soir. A la Tour Eiffel, il n’y a qu’un seul maximum à 9 heures du matin, exactement à la même heure qu’en bas, et un minimum à 5 heures du soir. De cette dernière heure à 9 heures du matin, la courbe est constamment ascendante, tandis qu’elle présente près du sol encore un maximum et un minimum.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 18, à 7 h. 16 m. du matin.
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- Supplément à « LA MATURE » du 7 juillet 1894 (rr ! 101)
- Publié sous la direction de M. GASTON TISSANDIER
- Réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction de la « Boîte aux lettres » doivent être adressées
- à M. Gaston Tissandier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVIŒ DU JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES A LA LIBRAIRIE O. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- LA SEMAINE
- Distribution des prix de la Société d'encouragement. — La Société d’encouragement pour l’industrie nationale a procédé le 21 juin à la distribution des prix et des médailles décernés par elle pour 1894. Nous relevons dans le palmarès les récompenses suivantes : Grande médaille des arts hysiques (à l’effigie d’Ampère) : lord Kelvin, pour l’ensemble e ses travaux; — Prix Fourcade (1000 fr.) : M.Louis Dauchet, ouvrier depuis cinquante-trois ans à la fabrique de produits chimiques d’Amiens (anciens établissements Kulmann). — Prix de 5000 francs pour un appareil diminuant dans une large mesure la fumée des foyers industriels et, en particulier, de ceux des chaudières à vapeur : M. Dulac, ingénieur civil à Paris. — Prix pour une publication utile à l’industrie chimique ou métallurgique : MM. Fuchs et de Launay, pour leur traité des Gîtes minéraux (1000 fr.) et M. Chapel pour son ouvrage le Caoutchouc et la Gutta-Percha (500 fr.). — Prix de 2000 francs pour une étude expérimentale des propriétés physiques ou mécaniques d’un ou plusieurs métaux ou alliages, choisis parmi ceux qui sont d’un usage courant : M. Robert-Austen, chimiste à la Monnaie royale, professeur à l’École des Mines de Londres. — Le prix de 2000 francs, pour la meilleure étude sur la constitution physique et la composition chimique comparée des terrains d’une des régions naturelles (ou agricoles) de la France, est divisé ainsi : 1500 francs à M. Pagnoul, correspondant de l’Institut, directeur de la station agronomique d’Arras ; 500 francs à la Société d’agriculture de l’arrondissement de Meaux. — Prix de 1000 francs, pour une étude économique d’un centre industriel de France : M. Eugène Lebœuf, à Paris. — Un certain nombre de médailles ont été en outre attribuées : Médailles d’or : MM. Artigues, Bar, Bollée, de Bovet, Dijon, Kessler,Londe, Schabaver, Serpollet, André Simon, Marius Vachon. — Médailles de platine : MM. Faucheur, Fromholt. — Médailles d’argent : MM. Ducos du Hauron, Engelmann, Gavrelle, Kestner, Leroy, Michotte, Satre, Schlœsing fils, Schmidt. Suivent une cinquantaine de contremaîtres et ouvriers auxquels des médailles d’encouragement ont été décernées.
- INFORMATIONS
- —@— Lundi dernier 2 juillet, dans la matinée, nous avons reçu de M. Gillot, dont on connaît l'habileté en héliogravure et en chromotypographie, une remarquable épreuve gravée et imprimée, de 0“,28 de large sur 0“\22 de hauteur; elle reproduisait une photographie du cortège des funérailles de M. Carnot ; cette vue instantanée avait été exécutée par M. Boyer, dimanche à llh10m du matin. Le négatif est parvenu à la maison Gillot, rue Madame, à llh45m. Il a fallu le révéler, en tirer une épreuve et transformer cette épreuve en un cliché typographique. A 6 heures, M. Gillot avait une épreuve typographique, la presse roulait, et l’on vendait sur lë boulevard le tirage exécuté dans des conditions de rapidité inconnues jusqu'ici en France. Cette épreuve tirée à grand nombre, était en vente chez M. Strauss, 5, rue du Croissant, à Paris.
- —Un imprimeur de Mantes, M. S. Beaumont, qui a remis récemment en grand honneur un système de fabrication de caractères d’affiches en bois, adresse à l'Intermédiaire une Note complémentaire sur son procédé. U l’applique maintenant à la confection des plans de parcelles ou de terrain qui s’intercalent si fréquemment dans les affiches et que l’on fait en lithographie ou à la main. M. S. Beaumont indique comment il est facile de les exécuter en découpant du bois. « Décalquez, dit M. Beaumont, sur une planche de bois blanc le plan à faire ; faites passer la scie à découper (une scie à voie donnant un trait de trois points) sur toutes vos lignes, et vous voyez d’ici ce qui vous reste à faire : introduire dans tous vos traits de scie des filets de trois points, gras, demi-gras, maigres ou pointillés, vous aurez une composition scrupuleusement semblable au plan à reproduire, quels que soient les angles. Et si vous avez pris soin de faire vos traits de scie à l’intérieur de votre planche, c’est-à-dire sans en faire déborder un seul extérieurement, vous aurez une forme tenant d’elle-même. » Un plan établi de cette manière et inséré dans le Journal de Mantes a supporté un tirage de 2000 exemplaires. L’expérience paraît donc concluante.
- —@— La France sera dignement et largement représentée au X° Congrès international des orientalistes qui s’ouvrira à Genève en septembre. Au nombre des adhésions déjà officielles, le Comité d’organisation a placé au premier rang celle du Ministère de l’instruction publique et des beaux-arts; celles des académies de Paris, Lyon et Grenoble; des Sociétés de géographie de Paris, de Lille et de Marseille. Les membres les plus éminents de la science ont fait parvenir avis de leur participation : MM. Barbier de Meynard, Auguste Barth, Alfred Grandidier, Heuzey, G. .Maspero, Ch. Schefer, Gustave Schlumberger, Sénart, puis le baron de Baye, le prince Roland Bonaparte, le marquis de Croizier, le prince Henri d’Orléans ; nommons encore, MM. Guillaume Capus, Ed. Chavannes, Henri Confier, James Darmcstetter, Ed. Drouin, Louis Duvau, Léon Feer, Jules Gautier, Guieysse, Yictor Henry, Abel Hovelaeque, Le Dain, Louis Leger, Ernest Leroux, Sylvain Lévi, Charles Maunoir, Antoine Meillet, Théodore lieinach, Philippe Yirey. On trouve en outre sur la liste des adhérents français les noms de Mlle Berthet d’Alençon; de M. l’abbé Bourdais, château des Bordes ; de Lyon, MM. Albert Breitt-mayer, Yictor Loret, Paul Regnaud; de Montauban, M. C. Bruston; de Lille, M. Eugène Dclessert; de Dijon, M. Maurice Grammont; de Grenoble, M. Dugit. Les présidents d’honneur du Congrès sont MM. Frev, président de la Confédération suisse, et Richard, président du Gouvernement de Genève ; le président effectif est M. Edouard Naville, le distingué égyptologue genevois.
- —Quelques nouvelles du Jardin d’Acclimatation. Deux petits rennes viennent d’y naître. Une autre naissance intéressante s’est produite au hassm des phoques. Il s’agit d’un jeune lion de mer venu au monde le 8 juin. Ce jeune lion de mer a passé ses deux premières journées sur la plate-forme du rocher sur lequel il est né ; le troisième jour, il s’est imprudemment jeté à l’eau et y a été absolument maladroit. Il fallut que sa mère vint à son secours, et, le saisissant, avec ses dents, par la peau du cou, comme font les chiennes, elle le déposa sur le bord. La sollicitude de la mère otarie pour son petit, est des plus grandes. Pendant le sommeil, elle étend sur lui sa large nageoire comme pour le protéger. Ajoutons au récit de ces naissances que de nombreux flamants roses d’Egypte viennent de compléter les curiosités ornithologiques du Jardin d’Âcclimatation.
- —H— La Correspondance historique et archéologique signale la trouvaille faite à Croisée, commune de Braux (Côte-d’Or), d’un trésor dont l’enfouissement remonterait au quinzième siècle. Il se compose de 27 monnaies d’or.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresse relative aux appareils décrits. — Le sté-réoehromoscope se tz-ouve chez M. A. 0. Nachet, opticien, 17,
- Communications. — M. Ph. Hedde, au Puy (Haute-Loire). — Le fait qu’on vous a cité d’une coloration verte passagère, obsei'vée chez une vipère étalée sur l'herbe, ne doit pas être exact. Aucun naturaliste n’a jamais rien vu de semblable. D’ailleurs ce fait ne se rapporterait pas au mimétisme.
- M. le Dr Drouineau, inspecteur général des services administratifs, nous adresse une brochure extraite de la Revue d'hygiène et intitulée Etat démographique de la France (G. Masson, éditeur) : il s’agit du fait, malheureusement indéniable, de la diminution de la population dans notre pays. L’auteur se plaint de la pénurie des moyens d’information en présence d’une étude si nécessaire et si urgente. Il faudrait pouvoir mieux apprécier le mal pour le bien combattre.
- M. E. Delftcu, à Alais, nous envoie une Notice sur un nouveau système de communications électriques ayant pour but d’augmenter la sécurité en chemin de fer, et sur un pneuma-toscope ou appareil qui a pour but de constater la présence de tout gaz dont la densité diffère de celle de l’air. Le système de communications électriques permet à un train partant d’une gare de s’annoncer lui-même à la station voisine, de correspondre de distance en distance avec un train en marche, d’arrêter à distance un train lancé sur la voie, et enfin il rend impossible l’engagement, en sens inverse, de deux trains sur la même voie. Cette Notice se trouve chez notre correspondant, receveur des postes et télégraphes à Alais.
- Renseignements. — M. H. de Cartcret Bordet, à Paris. — La feuille du mûrier ne saurait être l'emplacée avantageusement dans la nourriture du ver à soie.^
- M. R. Van Lennop, à Alexandrie (Égypte). — Nous avons donné l’adresse que vous demandez dans le numéro même où l’appareil a été décrit (En tête de la Boîte aux Lettres) : MM. Galiand, Grandjon et Cie, 32, cours Yitton, à Lyon.
- M. A. Witz, chimiste à Moscou. — Vous tz'ouverez dans les traités de photographie, notamment dans Monckhoven, des procédés de satinage, de vernissage et d’émaillage des épreuves photographiques ; mais le meilleur pz océdé *et le plus employé consiste dans l’emploi de la-presse à satiner.
- M. Le Tourneau, à Paris. — La vitesse d’un marcheur ou d’un rameur est très variable ; il est facile de se rendre compte de ce que l’on peut faire soi-même par quelques essais.
- M. Jacques de Jolef, à Avèze. — 1° Le niti'ate d’ammoniaque, en se dissolvant dans l’eau, forme un excellent réfrigérant. Vous trouverez dans le commerce des glacières des familles basées sur ce principe. — 2° Nous avons décrit récemment un alluinoir électrique pour les fumeurs. Cet appareil nécessite un courant de distribution. Vous trouverez un système pratique d’amateur chez M. Radiguet, 13, boulevard des Filles-du-Calvaire, Paris.
- M. Pellissier, à Paris. — Le petit livre que vous indiquez est publié en Angleterre. II est fait par l’héliogravure, nous en avons un exemplaire.
- M. Mario Duarte, à Aveiro (Portugal). — Il n’a pas encore été fait de livre spécial sur ce sujet. Vous trouverez une bonne Notice sur les Prairies artificielles dans le Dictionnaire de la Vie pratique à la ville et à la campagne de Belèze (Hachette et C‘‘, éditeurs).
- M. Emile Kneclit, à Nazelles. — 1° Séparateur de l’eau de
- Sluie de M. Roberts : chez M. Fortin, A, nie Saint-Pieire, à eauvais. — 2° Il suffit de se servir de bouteilles bien nettoyées.
- M. Mandauset, à Batavia. — Pour bien réussir la photographie des éclairs, il faut laisser l’appareil ouvert, après l’avoir dirigé vers le point du ciel où se produit l’orage.
- M. S., à Gôrlitz. — La Note que nous avons publiée sur le cuir d’éléphant a été empruntée à un journal américain. Nous regrettons de n’avoir pas de renseignements plus complets à vous communiquer.
- M. S. C., à Pise. — 1° Vous trouverez des ti'aités d’analyse des minéz'aux à la librairie Savy, 7, boulevard Saint-Germain, à Paris. — 2° Regrets de ne pouvoir vous répondre au sujet du nid. Les observations de ce genre n’ont pas été faites.
- M. Robert P. Bouquet, ingénieui’, à Paris. — Pour stériliser l’eau, il faut la faire bouillir dans un vase quelconque. Quand elle est refroidie on la filtre, et cette tiltration lui fait reprèndi-e l’air qu’elle avait perdu.
- M. J. Arnaud, au 8e régiment d’infanterie de marine à Toulon. — MM. Kirby, Beard et C°, 75, boulevard Sébastopol, à Pai’is.
- M. Guerrin, à Besançon. — Voici un livre qui vous conviendra : Etude théorique et pratique sur les engrenages, par Albert Hugon, ingénieur. 1 vol. in-8° avec planches. Baudry et Cie, éditeurs, à Paris.
- M. E. L., au Havre. — Vous trouverez des traités de la fabrication du sucre de betterave dans les libi'airies scientifiques : Baudry, Dunod, Gauthier-Villars, etc.
- M. Buisine, à Couloimniers. — L’adi'esse que vous demandez du constructeur de roues et pignons à dents de cuir a été donnée dans la Boîte aux lettres, du n° 1098, du 16 juin 1894 : MM. Piat et fils, 85, rue Saint-Maur, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — Un lecteur, à Chazeuil. Remerciements pour votre envd : nous avons publié un article de M. Margot. — M. G. M., à Lyon; M. A. B., à Marseille. Voyez les Recettes et procédés utiles, lre série. (G. Masson, éditeur.) — M. Dupré, à Paris; M. D. G., à Arras. Remerciements pour vos communications.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Contre le coryza. — Un de nos fidèles lecteurs, M. Dumas, de Bernay, nous écrit qu’il arrête presque à coup sur le vulgaire rhume de cerveau en prenant six gouttes de teintui’e de belladone dans un peu d’eau. Le moyen est excellent et il a été pi'éconisé déjà souvent. La belladone amène rapidement une sécheresse des muqueuses et peut juguler le coryza. Mais j’avoue que je n’aime pas à conseiller comme moyen pratique et à la poz tée de tous, des médicaments de ce genre, toxiques et d’un maniement délicat. Le moyen réussit bien. On a conseillé aussi la teinture de belladone mélangée à un peu d’eau et pulvérisée diz’ectement dans les fosses nasales.
- Pansement des plaies. — Il est z'ai'e que pour une écorchure, une petite plaie, ce qu’on est convenu d’appeler un bobo, on ne vous conseille pas des pommades, des onguents de toutes soldes, bien heureux quand on ne vous parle pas de toiles d’araignée, de cataplasmes plus ou moins fermentés, etc. Le diachylon, le cérat, les vieilles compresses, la charpie ont fait leur temps et ne doivent plus être employés aujourd’hui. Que la plaie soit minime, qu’elle soit laige, c’est une porte ouverte à l’infection microbienne et c’est en opposant une bar-rièi'e antiseptique à cette invasion qu’on éviteia les maux blancs, les panaris, les petits abcès, sans compter les lésions plus graves, lymphangite, phlegmons, etc. A coup sur, vous veirez cent fois appliquer sans inconvénients un peu de taffetas, un peu de diachylon ; il n’en est pas moins vz'ai que la plaie n’est pas, avec les vieux procédés de traitement, aseptisée et nzise dans les conditions d’une guérison rapide et sans à-coups. J’ai déjà indiqué, à diverses î-epiises que les solutions boriques, les solutions phéniquées faibles, qu’on trouve à peu pz’ès partout, constituent des moyens de nettoyage, de lavage de la plaie, excellents. Pour se garantir plus efficacement, les solutions de sublimé constituent l’antiseptique par excellence. Ce sont des agents médicamenteux dangereux ; il suffit de les mettre sous clef, quand on n’a pas à s’en sezvii-, pour éviter tout accident et de laisser inscrite sur les flacons l’étiquette poison, que les pharmaciens mettent toujours. Une plaie lavée avec la liqueur de Yan Swieten pure ou coupée de parties égales d’eau bouillie sera sûrement désinfectée. Pansez-la, après, avec une pommade boriquée ou avec les poudres soit d’iodo-forme, soit de salol, soit d’aristol, recouvrez d’un peu d’ouate hydrophile et d’une bande de tarlatane trempée dans la même solution. La plaie, et je n’ai, je le répète, en vue que les petits accidents de coupures, d’écorchures, guérira en lien de temps. DrX...
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INTENTIONS1
- Cadran solaire portatif. — L’appareil que nous figurons ei-dessous et que son constructeur, M. Aimé Jacques, désigne sous le nom d'héliohorographe, répond à tous les principes du cadran solaire. Grâce aux pivots et aux contrepoids dont il est muni, il se trouve toujours dans un plan horizontal, quelle que soit la position qu’on lui donne. L’héliohorographemarque l’heure vraie du lieu où il est. A Paris, il indique l’heure de l’Observatoire, heure sur laquelle se règlent toutes les gares de chemins de fer. Le maniement de l’appareil est des plus simples, et il suffît de quelques minutes pour s’en rendre la pratique familière. Pour en faire usage, il faut l’exposer aux rayons du soleil, en le posant autant que possible sur une surface à peu près plane. On tourne ensuite l’instrument jusqu’à ce que la pointe bleue de l’aiguille de la boussole soit venue se placer juste sur le trait rouge. Lorsque l’aiguille aimantée sera sur ce point, l’ombre du style, projetée sur le cadran gradué, indiquera exactement l’heure solaire. Le cadran de l’héliohorographe est gradué
- Héliohorographe. — 1. Vue d’ensemble de l’appareil. — 2. Détail du cadran.
- il tourne et oscille. Ce flambeau peut prendre toutes les positions voulues: on peut Vaccrocher au plafond, à un mur, le mettre sur une table, le tenir à la main, la lampe est toujours d’aplomb. La construction du flambeau a été inspirée sur celle des lampes marines qui suivent les mouvements du roulis. Un globe en verre, dépoli à sa partie supérieure seulement, pour refléter la lumière en bas, et surmonté d’un fumivore, est complètement à l’abri du vent; c’est l’appareil pour l’éclairage en plein air à la campagne, il a sa place marquée également dans les couloirs ou antichambres, dans les cabines de bateaux — il fonctionne avec la bougie ordinaire ou avec des bougies en métal alimentées par l’essence minérale et dont la mèche est en amiante. — Se trouve chez M. Mathieu, 2, Faubourg Poissonnière, à Paris.
- Le fameux piocheur. — Nous avons décrit dans La Nature plusieurs des jouets en fer-blanc, si charmants et si gracieux, que fabrique M. Fernand Martin, un de nos grands industriels parisiens. Quand le directeur de cet établissement produit un nouveau modèle, il ne manque pas de nous l’envoyer. Nous
- Le jouet du piocheur mécanique.
- de cinq minutes en cinq minutes par des petits traits. Ges traits sont un peu plus grands pour marquer les quarts d’heures et s’allongent davantage pour indiquer les demi-heures. Les traits marquant les heures rayonnent jusqu’à la tête du style. Pour connaître l’heure de Paris, en n’importe quelle contrée, il suffit, à l’Est de Paris, de retrancher quatre minutes par degrés de longitude, et à l’Ouest de Paris, d’ajouter quatre minutes par degrés de longitude. Il faut éviter lorsqu’on se sert de l’appareil de le placer à proximité d’un objet de fer, qui pourrait influencer l'aiguille aimantée de la boussole, et fausser ainsi l’exactitude de l’instrument. — L’héliohorographe se trouve chez 31. Paul Bertrand, 19, rue d’IIauteville, à Paris.
- Lampe à rotation sphérique. — Voici un nouveau flambeau, le photophore à rotation sphérique que nos figures
- Lampe à rotation sphérique. — 1. Posée sur une table 2. Accrochée à un mur. — 3. Pendue à un plafond.
- 1, 2 et 5 représentent dans les diverses positions que l’appareil peut occuper. Le globe de verre contenait la bougie d’éclairage est maintenu par une monture métallique dans l'axe de laquelle
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nou-velleï scientifiques est étrangère aux annonces.
- avons reçu récemment le fameux piocheur’, c’est un ouvrier mécanique qui pioche avec énergie. Comme les jouets qui ont précédé, le mouvement du piocheur est communiqué par un mécanisme simple, dissimulé dans le socle et actionné par une lanière de caoutchouc, formant ressort par la torsion-. Il suffit de tourner 10 ou 15 fois le remontoir 1, pour qjj#ie piocheur fonctionne. La pioche s’élève et s?abaisge àVec une grande rapidité. — Constructeur : 31. Fernand 3iartin, 90, boulevard 3Iénilmontant, Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Manuel de l'ouvrier monteur électricien, résumé des Notes recueillies au cours d’électricité pratique fait au syndicat général des chauffeurs mécaniciens de France et d’Algérie par J. Laffargue, ingénieur-électricien. Deuxième édition revue et corrigée. 1 vol. in-8°. — Paris, Bernard Tignol. 1894.
- Arithmétique graphique. Les espaces arithmétiques hyperma-giques par Gabriel Arnoux, ancien officier de marine. 1 vol. in-80. — Paris. Gauthier-Villars et fils, 1894.
- Histoire de Valimentation, par Louis Bourdeau. Substances alimentaires. Procédés de conservation. Histoire de la cuisine. Pain. Boissons. Service des repas. 1 vol. in-8°. —Paris, Félix Alcan, éditeur, 1894. Prix : 5 francs.
- Hygiène de l'alimentation dans l'état de santé et de maladie. par le Dr J. Laumoxter. 1 vol. in-12 avec gravures. Félix Alcan, éditeur. — Paris, 1894. Prix : 4 francs. >
- L’alimentation des nouveautés, hygiène de Vallaitemerit artificiel, par le Dr Séverix Icard, médecin de la Grande-Miséricorde (service des enfants). 1 vol. in-12 avec 00 figures). — Paris, Félix Alcan, éditeur, 1894. Prix : 4 francs.
- Les plantes d'appartement, de fenêtres et de balcons. Soins à leur donner, par A. Larbalétrier, professeur à l’Écolè d’Agriculture du Pas-de-Calais. 1 vol. m-18, de la Biblior tlièque utile. — Paris, Félix Alcan, éditeur. Prix : 1 franc cartonné.
- Électricité agricole par Camille Pabst, ingénieur agronome,
- 1 vol. in-8°. — Paris, Berger-Levrault et Ci0, éditeurs, 1894.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Histoire du monde. Son évolution et sa civilisation, par Etienne Guyard, ancien professeur à l’Ecole Impériale des officiers du Japon. Avec des gravures, des tableaux et le magnifique planisphère de Schrader. — A Paris chez l’auteur, 5, impasse Aicole, 1894.
- Les métamorphoses de la matière par Claude IIemel. 1 vol. in-8°. — Paris. Société d’éditions scientifiques, 1894. Prix 5 fr. 50.
- La vie et l'âme de la Matière. Essai de physiologie chimique, Etudes de dynamochimie. 1 vol. in-8°. — Paris, Société d’éditions scientifiques. 1894. Prix : 5 fr. 50.
- Sépia-photo et sanguine-photo, par A. Rouillé-Ladevèze.
- 1 vol. in-18 de la Bibliothèque photographique. — Paris, Gauthier-Yillars et fils, imprimeurs-libraires, 1894.
- Premiers secours aux malades et aux blessés, par le I)r Walter Douglas Hogg, directeur des Conférences faites à l'Union des Femmes de France (Croix-Rouge française). 6e édition, revue et corrigée. 1 vol. in-12 avec 28 figures. — Paris, G. Masson, éditeur, 1894. Prix relié : 1 fr. 25.
- Les universités des Etats-Unis et du Canada et spécialement leurs institutions médicales, par le Dr 0. Laurent, agrégé suppléant à l’Université de Bruxelles. 1 vol. in-8° avec 22 ligures et plans. Bruxelles, II. Lamertin, éditeur. — Paris, G. Carré, libraire, 1894. Prix : 5 francs.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS A 7 HEURES BU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 25 juin .... 14*,0 Calme. Beau. 0,0 Nuageux de 11 h. à 14 h.; beau avant et après.
- Mardi 26 16* ,6 N. N. E. 2. Beau. 0,0 Très nuageux de 13 h. à 19 h. ; beau avant et après.
- Mercredi 27 .... -. 14',2 N. E. 3. Beau. 0,0 Beau.
- Jeudi 28 17* ,3 E. N. E. 3 Beau. 0,0 Peu nuageux de 12 h. à 15 h.; beau avant et après.
- Vendredi 29 18*,9 N. N. E. 3. Beau. 0,0 Beau.
- Samedi 30 19*,0 E. N. E. 2. Beau. 0,0 Beau.
- Dimanche 1" juillet. 21*,1 E. S. E. 1. Beau. 0,0 Beau.
- JUIN-JUILLET 1894 --- SEMAINE DU LUNDI 25 JUIN AU DIMANCHE 1er JUILLET
- La courbe supérieure indique lu nebuiosue de 0 « 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer)‘, courbe plus mince, thermomètre a l abri a boule sèche’; courbe en nnintillé. thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Oe l'influence du froid sur les plantes. — Depuis une cinquantaine d’années, on a surtout étudié les effets produits par la chaleur sur la germination, sur la floraison et sur la maturité des végétaux utiles : physiologistes, agriculteurs ou forestiers ont déterminé la température ui est nécessaire au développement de chaque plante. Quant à l’action u froid, son étude est moins avancée. Certains traités de botanique enregistrent des observations qui ne nous renseignent guère sur les phénomènes produits par la gelée dans les organes de la plante. Après les hivers rigoureux de 1879-1880,1887-1888,1890-1891, on s’occupa pour la première fois de faire des expériences pratiques. Des observations de M. Sebastiano Cavaliero ont été publiées dans differents journaux, notamment le Giornale di Aqricoltura (numéro du 11 mars 1888) et la Gazetta di Mantova (numéro du 24 janvier 1891). Toutes les plantes, à part quelques espèces tropicales, résistent à une température de —1° à -h 35°. Au delà de ces deux limites, leur résistance varie suivant les espèces. En outre, on a reconnu que les plantes ligneuses et certaines herbacées gèlent et dégèlent sans ressentir aucun mal apparent. En Sibérie, par 72° de latitude, où le thermomètre marque parfois — 47°, on rencontre des forêts de mélèzes, de bouleaux et de pins (Pinus cemba). Dans le nord du Canada,
- sur les bords du fleuve Mackenzie, par 69° de latitude, on trouve plusieurs sortes de pins, saules, genévriers et aulnes. En 1882, M. C. Gibb, de Abbottsford, constata dans douze villages russes, sur la rive occidentale du Volga et au sud de Kazan, que les pommiers de cette contrée rendent pour 50 000 dollars (250 000 francs) de pommes par an ; ces fruits sont apportés sur les marchés de Nijni-Novgorod et de Kazan. Or, cette région est très froide; en 1877, on a eu —40°. La plus grande résistance s'observe chez les semences; viennent ensuite les cryptogames (mousses, algues et champignons). A l’exception de certains conifères, comme le pin; d arbres comme le saule, le bouleau, le pommier; d’arbustes comme le gui, et de quelques herbacées comme la marguerite, la plupart des phanérogames périssent entre 0° et —30°.
- Plaie torrentielle dans les Hautes-Alpes. — Une véritable trombe d’eau s’est abattue le 29 juin 1894, à 6 heures du soir, sur Gap et les environs D’après une dépêche reçue par M. Euzière, député et maire de Gap, les cours d'eau ont déborde subitement et ont causé des dégâts considérables. Les riverains ont pu évacuer leurs maisons, mais sur plusieurs points le bétail surpris n’a pu être sauvé. Les récoltes sur pied sont perdues. ___________
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 26, à 10 h. 12 m. du matin.
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- Réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction de la « Boîte aux lettres » doivent être adressées
- à M. Gaston Tissandier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVIOE DU JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES A LA LIBRAIRIE O. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- LA. SEMAINE
- * Concours international pour l’obtention photographique d’nne goutte d’eau pendant sa chute. —
- Règlement. — Art. 1er. Sous le bienveillant patronage de MM. Gap. W. de AV. Abney, président du Camera-Club de Londres; E.-J. Marey, président de la Société française de photographie, membre de l’Institut; J. Janssen,président de l’Union nationale des Sociétés photographiques de France, membre de l’Institut, et du Dr J.-M. Eder, conseiller d’Etat et professeur à l’Ecole impériale et royale photographique de Vienne, la Revue suisse de Photographie ouvre un concours ayant pour but de déterminer par la photographie la forme exacte d’une goutte d’eau pendant sa chute. Plusieurs facteurs sont de nature à faire varier la forme de la goutte d’eau pendant sa chute : le volume, qui peut être déterminé par le diamètre du tube producteur; la vitesse, que l’on peut connaître en notant la distance au point de départ ; la densité, qui sera connue en employant de l’eau distillée ; l’absence ou la présence de courants d’air, enfin la température de l’eau. L’article 2 est destiné à jiermettre la consignation de ces diverses circonstances. — Art. 2. L’eau employée sera de l’eau distillée dont on notera la température en degrés centigrades. Cette eau s’échappera d’un tube de verre ou de métal dont on mesurera le diamètre intérieur et extérieur. On réglera le débit de l’eau par le moyen d’un robinet, à raison de une goutte par seconde environ, pour empêcher que les gouttes ne se confondent entre elles. On mesurera exactement la distance séparant la goutte de son point de départ jusqu’au point où elle est photographiée. La chute de la goutte d’eau se fera dans un local fermé, à l’abri de tout courant d’air. — Art. 3. Les dimensions photographiques de la goutte d’eau ne sont- pas prescrites, mais on accordera plus de valeur à celles qui se rapprocheront de la grandeur naturelle. — Art. 4. Les photographies peuvent être prises sur verre, pellicules ou papier; elles devront être adressées, comme phototypes, soit négatifs, sans aucune retouche, et avant le 15 octobre 1894, à M. le Directeur de la Revue suisse de Photographie, place du Molard, à Genève. Chaque phototype portera, bien distinct, un signe répété sur une enveloppe cachetée. Cette enveloppe contiendra, outre le nom et l’adresse de l’auteur, les circonstances précises dans lesquelles aura été faite la photographie, conformément aux prescriptions de l’article 2. — Art. 5. Il sera délivré un premier, un second et un troisième prix, consistant en une médaille de vermeil, une médaille d’argent et une médaille de bronze;en outre trois mentions honorables. — Le jury chargé de l’appréciation des travaux du concours sera constitué par MM. E.-J. Marey, président de la Société française de photographie, membre de l’Institut, à Paris, Dr J.-M. Eder, conseiller d’Etat, professeur, à Vienne, E. Demole, directeur de la Revue suisse de Photographie, à Genève. — Les décisions du Jury seront sans appel. Les meilleures épreuves seront agrandies et ramenées à un format uniforme, puis publiées.
- INFORMATIONS
- —On a érigé la semaine dernière, en face de l’Institut, sur le quai Conti, faisant pendant à la statue de Voltaire, la statue de Condorcet. Fondue en bronze, elle a environ 3 mètres de hauteur. Le célèbre philosophe est représenté debout, un livre sous le bras gauche, et la main droite placée à la Bonaparte. Le socle en pierre ne porte que cette inscription : « Condorcet, 1746-1794. » La statue est
- 1 œuvre de M. J. Perrin. Le bronze a été fondu chez Thiébault frères.
- —®— Une Compagnie vient de se former pour la construction d’un canal maritime entre Toronto sur le lac Ontario et Georgian Bay près de Collingwood sur le lac Huron. Ce canal, tout en abrégeant considérablement le trajet entre les deux'lacs, affranchirait les navires canadiens du passage par Saint-Clair dans les eaux américaines. I/acte de constitution de la Société stipule d’ailleurs que les directeurs devront être sujets britanniques.
- —— Un Congrès astronomique se tiendra à Utrecht du 10 au 13 août sous la présidence de M. Gylden, de Stockholm. Les communications doivent parvenir au Comité avant le 7 août. D’autre part, M. Gill, dans un Mémoire présenté dernièrement à la Société royale d’astronomie anglaise, propose la réunion d’un Congrès international d’astronomie en 1896 pour arrêter les bases d’un autrô congrès général qui se tiendrait en 1900 et rechercherait les moyens de porter les observations au plus haut degré d’exactitude et d assurer la publication plus systématique des résultats obtenus.
- —@— M. Cazeneuve a communiqué récemment à la" Société d’agriculture, sciences et industrie de Lyon les résultats d’une analyse de grains de café artificiel torréfiés. Cette industrie frauduleuse a pris naissance, depuis longtemps, en Allemagne, puis s’est établie à Lille; les grains sont constitués par de la poudre de chicorée, de gland doux torréfié, du pain grillé pilé, mélangés à un agglutinant tel que la dexlrine ou la glucose; on leur donne leur forme en les comprimant dans un moule. L’échantillon de café artificiel, soumis à M. Cazeneuve, a été infusé; cette solution, traitée par le sous-acétate de plomb, n’a donné aucun précipité; il n’y a donc pas de tannin et, par suite, ni gland doux ni chicorée; on a trouvé de la dextrine, de l’amidon soluble. La matière première de ce café est donc du pain grillé, agglutiné par de la dextrine. •
- —$1— Trois habitants de Reims ont été empoisonnés. par des champignons qu’ils avaient cueillis ensemble. Amenés à lTIôtel-Dieu, ils y ont reçu tous les soins qu’exigeait leur état; mais deux de ces imprudents sont morts en une journée.
- —©— Une Compagnie de Québec (Canada) vient d’acquérir, au prix de 1 300 000 francs, le droit d’utiliser les chutes d’eau de Montmorency, dont la hauteur utilisable est de près de 50 mètres. Cette Compagnie a établi une station centrale comprenant quatre turbines de 620 chevaux et quatre de 510 chevaux. Les dynamos seront de 510 kilowatts ; elles seront compoundées pour donner
- 2 500 volts à pleine charge. Leur induit est fixe, leurs inducteurs mobiles ; les induits ne contiennent pas de fer. L’énergie électrique sera transmise à la ville de Québec à une distance de lO kilomètres ; elle servira à l’éclairage et à la production de force motrice.
- —#— Deux petits vapeurs, le Yavari et le Y apura, qui naviguent sur le lac Titieaca, à 3812 mètres d’altitude, ne brûlent que du taquia, ou crottin de lama desséché, d’un usage général comme, combustible, le charbon coûtant 75 francs la tonne à Paiio, au bord du lac. Une exploitation qui s’était établie sur la rive bolivienne de ce lac a payé la houille que consommaient ses chaudières jusqu’à 200 francs la tonne.
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- Adresses relatives aux appareils décrits. — Plusieurs lecteurs nous demandent souvent où l’on peut se procurer les albums intitulés l’Art de dessiner simplement dont nous avons parlé jadis dans notre n° 871, du 8 février 1890, p. 155. Nous avons fait l’éloge que méritait cette œuvre essentiellement originale, et son auteur M. Victor Jacquot, nous en avait gardé une vive reconnaissance. La publicité de La Nature fit connaître une méthode très utile, qui obtenait le plus grand succès, lorsque la mort frappait l’auteur. Nous avons déjà annoncé récemment que la méthode Jacquot était exploitée à nouveau. S’adresser à ce sujet à M. Paul Ravoux, 6, rue Maldoyenne, à Remiremont (Vosges). —
- Communications. — M. A. H., a Lyon, à propos du journal gigantesque que nous avons signalé dans notre chronique sur le Musée de Journaux d’Aix-la-Chapelle (n° 1099 du 23 juin 1894, p. 63), nous écrit qu’il en possède un exemplaire non coupé. Le titre exact est : llluminated quadruple Sheet. The Constellation. Les dimensions de cette énorme feuille sont de lm,754 de largeur sur 2m,526 de hauteur. Chacune des colonnes de texte comprend 428 lignes à 50 lettres par ligne en moyenne. Il renferme en outre 54 gravures, dont 1 dans le titre et 25 d’annonces diverses. L’ensemble de ce journal représente plus de 22 numéros de La Nature.
- M. P. Quimaud, à X..., nous envoie la photographie d’un bœuf portugais importé dernièrement en France. Cet animal est plus trapu, plus ramassé sur lui-même que nos bœufs ordinaires ; il a des pattes petites et des cornes très longues sur une tête très courte.
- M. R. Vooriman, à Gand, nous informe que le 1er juillet, à
- 10 h. 6 m. du soir, par un temps calme et un ciel pur, il a aperçu un bolide très brillant passer au-dessus de cette ville, dans la direction du nord-ouest au sud-est, en laissant une longue traînée lumineuse qui a duré quelques secondes.
- M. A. Piganneau, à Sathonav, au sujet des refuges souterrains dont nous avons parlé à diverses reprises, nous écrit qu’à llaignac par Rranne (Gironde), il en existe un creusé entièrement dans le roc, qui paraît remonter aux guerres de religion, ou à l’occupation de la Guyenne par les Anglais. Cette excavation est connue dans le pays sous le nom de Grotte de l’Orient.
- M. C. Pierre, à Paris, nous adresse une brochure qu’il vient de publier sur le Magasin de décors de l’Opéra, rue Richer, et son histoire 1781-1894. Dans cet opuscule orné de plusieurs gravures par G. Fuller, l’auteur examine l’état primitif de 1781 à 18(13, ainsi que l’état actuel de 1803 à 1894;
- 11 nous donne des renseignements très complets sur les affectations diverses de ce magasin, et sur l'affectation définitive au service de l’Opéra. Il parle en terminant de l’incendie de 1894, et du nouveau projet d’aliénation et de transfert des magasins et ateliers. Cette brochure se trouve à la Bibliothèque de la Revue Dramatique et Musicale, à Paris; prix : 1 fr. 50.
- M. A. G. Mocenigo, à Bassano, nous écrit une lettre dans laquelle il nous adresse ses témoignages de sympathie pour la France et nous dit qu’il s’associe à notre grand deuil national à l’occasion de la mort de M. Carnot. Nous sommes touchés des sentiments que nous exprime notre lecteur italien.
- M. G. Raymond, à Versailles, nous adresse une brochure récemment publiée par lui, qui contient une Notice sur des recherches pratiques sur la photographie des nuages et une notice sur le développement des plaques par l’acide puro-gallique.
- Renseignements. — M. J. Sonnet, au Fournay. — Cette puissance pourrait être utilisée pour la production électrolytique du cuivre ; il faut compter environ un gramme de cuivre déposé par ampère-heure avec une différence de potentiel utile de 0,4 volt.
- M. L. Guétard, à Paris. — 11 est nécessaire de recueillir les résultats d’une longue expérience pour savoir si les soudures électriques des rails insistent mal ; les avis sont très partagés.
- M. Léger, à Angers. — 1° Votre procédé ne nous paraît remédier qu’en partie aux défauts signalés. — 2° Adressez-vous à la Société l'Éclairage Électrique, 250, rue Lecourbe, à Paris.
- M. de Rournet, à Rioms. — 1° Aciers extra-fins : MM. Li-mouzin et fils à Firminv (Loire), et M. Dalifol, 172, quai Jem-mapes, à Paris. — 2° 11 suffit de nettoyer et de recharger les piles; la charge varie suivant la nature et le modèle.
- M. A. Sureya Emin, à Constantinople. — Le casque vibrant, que nous avons décrit dans le n° 1004 du 27 août 1892, p. 193, a été construit spécialement pour des expériences médicales. Vous pourriez vous adresser à M. le l)r Gautier, 5, placé du Théâtre-Français, à Paris.
- M. L. Maubec, à Rouen. — On a rué te facilement le champagne à la sortie d’une bouteille que l’on vient de déboucher, en mettant le doigt sur le bord, parce qu’on forme ainsi un obstacle qui crève les bulles de gaz.
- M. Albon, à Valence. — Pour empêcher les bottines de craquer lorsque vous marchez, vous pourriez essayer d’enduire les semelles de vaseline.
- L’abonné H. E. C., à Paris. — Toutes les machines dynamos, quelle que soit leur puissance, peuvent fournir une différence de potentiel constante, à la condition que l’on introduise dans le circuit d’excitation des résistances variables suivant le débit, soit à la main, soit automatiquement.
- M. H. G., h Paris. — Nous répondons à vos questions t 1° Vous trouverez une petite glacière aux magasins de La Ménagère. — 2° Broyeurs-concasseurs pour os : M. E. Bordier, 14, rue Vineuse, MM. Sloan et Cie, 3, rue du Louvre. — 3° Le filtre considéré comme le meilleur est le filtre Chamberland, système Pasteur. — 4° Non, ces expériences ne sauraient être publiques. — 5° Il faudrait s’adresser directement aux constructeurs : M. Casassa, 257, rue Saint-Martin, la société Worthing-ton, 45, rue Lafavette.
- M. E. Fol, à Chongny. — Pour empêcher l’herbe de pousser entre les pavés d’une cour, il suffit d’y répandre du tan. 11 y a une autre recette dans le premier volume des Recettes et procédés utiles (G. Masson éditeur).
- M. Resseyrius, professeur de sciences à l’Institut Saint-Joseph, à Montluçon ; M. le 1)T M. H., à Mantes. — Pour tout ce qui concerne le chauffage des serres au thermo-syphon, vous pouvez vous adresser à M. Guillot-Pelletier, 62, rue d’Haute-ville, Paris.
- M. P. D., a Paris. — Votre idée d’un ballon à vis n’est pas nouvelle. Nous vous citerons entre autres un nommé Lassie qui l’a proposée jadis; voyez la Navigation aérienne, par Gaston Tissandier, p. 253 (Ribliothèque des Merveilles, Hachette, éditeur). C’est un projet utopique.
- M. V. R., à Paris. — L’acide oxalique enlève les taches d’encre, mais si les couleurs du tapis sont sensibles, elles pourront être enlevées aussi.
- M. J. Aubry, à Rouen. — L’adresse de l’Ecole d’application du génie maritime est : 27, quai de la Tournelle, à Paris. C’est là qu’il faut vous adresser.
- M. E. Germain, à Nancy. — Les traités ne contiennent le plus souvent que des descriptions générales et non des détails de construction. Consultez cependant l’ouvrage de M. Vermand sur les moteurs à gaz et à pétrole, de Y Encyclopédie scientifique des aide-mémoire, à la librairie G. Masson. Voyez aussi l’article que nous avons publié sur le moteur domestique à pétrole (n° 911, du 15 novembre 1890, p. 371), et l’article sur le bateau en aluminium (n° 1010, du 8 octobre 1892, p. 289).
- M. Genin, à Amilly. — Arcs et flèches : M. llurpy, 15, rue du Faubourg-Saint-Denis, et M. Van Cappellen, 25, même rue, à Paris.
- M. R. R., à Paris. — Employez de l’eau acidulée.
- Accusés de réception. — Avis divers. — Un lecteur, à Charleroi. Il faudrait analyser la substance pour en connaître la composition. — M. L. Muliot, à San-Francisco. Il s'agit d une nouvelle pile; la puissance d’une batterie de ce genre est très limitée, et ne saurait se prêter aux développements que laisse supposer l’article que vous nous transmettez. — M. Dumont, à Lille. Nous ne pouvons entrer dans tous ces détails dans un article; consultez les ouvrages d’électricité qui sont très nombreux, et qui, presque tous, traitent ces questions. — M. G. M., à Lyon: M. Girard, à Marseille. Voyez les Hecettes et procédés utiles, 1™ série. (G. Masson, éditeur.) — Un abonné, à Paris. Regrets de ne pouvoir vous renseigner. — M. üelaurier, à Paris. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes lesquestions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES MENTIONS1
- Tire-bouchon de poche. — Le petit tire-bouchon que nous allons présenter à nos lecteurs est très commode pour le voyage ou les excursions ; il se plie et tient dans la poche, sans que la pointe en vis puisse rien déchirer. Il est en métal poli.
- Tire-bouchon de poche.
- 1. Appareil fermé. — 2. S’ouvrant. — 5. Ouvert. — 4. Mode d emploi.
- Le n° 1 de notre figure le montre plié, le n° 2 le fait voir pendant qu’il s’ouvre, le n° 5 le représente ouvert, et le n° 4 donne la manière de s’en servir. On voit que le tire-bouchon proprement dit est monté d’une façon fort ingénieuse dans (juatre supports qui s’emboîtent à genouillères. — Se trouve chez M. Bertrand, 19, rue Haute ville, Paris.
- Réchaud mobile s’adaptant aux becs de gaz. — Le
- réchaud que notre gravure représente à deux échelles diflé-rentes, peut fonctionner en l’adaptant à tous les becs de gaz dits Papillon . 11 est formé d’un réservoir où s’opère le mélange
- ASS! AS-
- Réchaud s’adaptant à un bec de gaz.
- 1. Vue de l’appareil. — 2. Mode d’emploi à une plus petite échelle.
- d’air et de gaz ; à la partie supérieure de ce réchaud, est une toile métallique au-dessus de laquelle on place la bouillotte à chauffer. Ce petit appareil est très bon marché et permet d’obtenir facilement de l’eau chaude, ou même de faire cuire et bouillir des aliments. — Adresse du fabricant : M. Mathieu, 2, faubourg Poissonnière, Paris.
- Glacière de ménage. — On sait qu’un certain nombre de sels et d’acides, en se dissolvant dans l’eau, ont la propriété de produire un abaissement de température assez considérable pour qu’il soit possible de congeler de l’eau. Un sel qui jouit de cette propriété, est l’azotate d’ammoniaque qui a l’avantage de fonctionner sans aucun acide. 11 suffit de le dissoudre dans l’eau pour produire un abaissement de températiire pouvant servir à faire de la glace, des glaces, des sorbets et des boissons glacées. On a construit un grand nombre d’appareils réfrigérants à l’azotate d’ammoniaque. Nous eu représentons ci-contre un 'nouveau modèle, désigné sous le nom des Glacières des châteaux et des campagnes. L’appareil se compose : 1° d’un récipient cylindrique à paroi isolatrice ; 2° d’un batteur ; 5° d’une plaque au milieu de laquelle se trouve soudé le inouïe qui reçoit le liquide à congeler. Dans cette même plaqué sont pratiquées quatre ouvertures dont on verra l’usage
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- plus loin; 4° d’un couvercle percé de deux trous. Voici comment l’on procède : lorsque le batteur est placé au fond du récipient, les tiges tournées vers le haut, on fixe la plaque avec son moule aux deux bayonuettes qui se trouvent au rebord extérieur du récipient et l’on fait passer les tiges du batteur par deux des ouvertures, en face l’une de l’autre. On verse alors dans le
- Glacière portative «le ménage.
- 1. Mode d’emploi. — 2. Coupe de l’appareil.
- moule le liquide à congeler et on le ferme avec son couvercle. Puis on introduit par les quatre ouvertures ménagées dans" la plaque, les quantités voulues d’azotate d’ai#moniaque et d’eau, en ayant bien soin de mettre d’abord le sel, ensuite l’eau. On recouvre ensuite du couvercle percé de deux trous. On passe chacune des tiges du batteur dans un de ces trous et l’on imprime, en tenant les deux bouts des tiges qui dépassent le couvercle, un mouvement de va-et-vient au batteur qui remue ainsi le sel et en active la fusion. Au bout de dix minutes la: glace est faite, et on la retire du moule. Il y a deux modèles de( l’appareil qui peuvent produire de 500 grammes à 5 kilog. de: glace. L’azotate d’ammoniaque peut être régénéré par cristal-' lisation. — La maison de vente de la glacière portativet se trouve 552, rue Saint-Honoré, à Paris (M. Schaller).
- BIBLIOGRAPHIE
- Procédés modernes de vinification, par P. Coste-Flop.et, ingénieur des arts et manufactures, avec 20 figures dans le texte. 1 vol. in-8°. — Paris, G. Masson, 1894.
- Les papillons de France. Catalogue méthodique, synonymique et alphabétique des espèces et des genres, par Gustave Pams. 1 vol. in-16. — Paris, Ch. Mendel, éditeur. Prix : 5fr,50.
- Le calcul simplifié par les méthodes mécaniques et graphiques, par M. Maurice d’Ocagne, ingénieur des ponts et chaussées. Conférences faites au Conservatoire des arts eUmétiers. 1 vol. in-8°. — Paris, Gauthier-Yillars et fils.
- Le Canadian Pacific railwag, par MM. L. Périsse et A. V Roy. (Extrait des Mémoires de la Société des ingénieurs civils de France). 1 broch. in-8°.—Paris, 10, cité Rougemont, 1894.
- Catalogue des mollusques vivants des environs d’Avignon, par le commandant Caziot. Extrait des Mémoires de l’Académie de Vaucluse 1895-94. 1 brochure in-8°. — Avignon, François Seguin, imprimeur-éditeur, 1894.
- Propriété industrielle artistique et littéraire, par Claude Couhin, docteur en droit. Tome premier. 1 vol. in-80.^— Paris, L. Larose, éditeur, 22, rue Soufflot. 1894.
- Manuel du collectionneur de timbres-poste par S. Bossakie-vvicz. 1 vol. in-16. — Paris, Librairie de la Science en Famille. Ch. Mendel, éditeur.
- Bodenphysikalische uncl meteorologische Beobachtungen mit Besonderer Beruchsichtigung des Nachtfrostphanomens, von Tiieodot Homes. 1 vol. in-S0. — Berlin, 1894.
- Tesi fisica e meccanica par Giuseppe Casazza. 1 vol. in-8°. — Milano, 1894.
- A Hand-Book to lhe Birds of Great Britain, bv R. Bowdler Sharpe. 1 vol. in-8°. — London. W. H. Allen et C°. 1891.
- A Hand-Book to the Marsupialia and Monotremata, by Richard Lydekkeii. 1 vol. in-8°. —London. W. II. Allen et C°. 1894.
- Proqress in Flying machines, by 0. Chanute C. E. 1 vol. in-8°. The American Engineer and Railroad Journal, 47, Cedar Street, New-York.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Fabrication de la poudre de bronze. — La poudre de 'bronze est composée de cuivre, d’étain, de zinc et d’antimoine fondus en proportions déterminées et coulés en barre de Om,l!27 de diamètre sur 0m,9Ü de longueur. Ces barres sont linninées jusqu’à ce qu’elles atteignent 0™,05 de largeur, puis coupées par longueurs convenables pour la manipulation. Ces sections sont alors elles-mêmes fortement amincies au marteau puis trempées et lavées dans un bain d’acide sulfurique afin de les débarrasser de l’oxyde, de la crasse et de toutes les impuretés en général. Les feuilles complètement sèches sont de nouveau martelées et réduites à l’extrême limite que l’on peut atteindre avec les marteaux mécaniques. Jusqu’à ce point le métal destiné à être mis en poudre et celui qui doit être laissé en feuilles, sont traités de la même façon ; mais c’est alors que le procédé change. Le métal qui doit être laissé en feuilles est
- achevé par un battage à la main, tandis que les feuilles qui sont destinées à fournir la poudre de bronze sont découpées en petites parcelles connues sous le nom de « clippings » ou copeaux, puis broyées par des pilons qui fonctionnent par batteries, ce qui permet à un seul homme d’en manœuvrer ou d’en alimenter cinquante ou plus. Quand on a obtenu une poudre suffisamment fine, on la crible dans un appareil spécial qui envoie les qualités supérieures, c’est-à-dire, les plus lourdes d’un coté, et les qualités inférieures d’un autre : ces dernières sont mélangées avec de la poudre de mica, ce qui permet de les vendre à plus bas prix.
- Feuilles de Tomates insecticides. — Nous rappelons que les feuilles de Tomate peuvent constituer un excellent insecticide eu faisant macérer une certaine quantité de ces feuilles dans l’eau. Ce moyen a été essayé à plusieurs reprises et quelques jours ont suffi pour débarrasser complètement des Pêchers, des Rosiers et des Orangers, des insectes qui les infestaient.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49*,30). — Bureau central météorologique de France
- observations A 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 2 juillet. . . . 21*,9 S. E. 1. Beau. 0,0 Peu nuageux de 11 h. à 20 h.; beau avant et après. Tonnerre de 14 à 17 h.
- Mardi 3 1 » 16*,2 W. 2. Couvert. 0,0 Couvert de 4 à 8 h.; très nuageux ensuite; beau de 23 à 24 h.
- Mercredi 4 16*,1 S. W. 0. Peu nuageux. 0,0 Très nuageux de 8 à 14 b.; peu nuageux avant et après jusqu’à 19 h.; beau ensuite.
- Jeudi 5 16”,1 N. N. E. 2. Beau. 0,0 Beau.
- Vendredi 6 21*,3 Calme. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 9 h. et après 22 h.; nuageux le reste; tonnerre de 19 h. et demie à 22 h , puis éclairs.
- Samedi 7 18*,9 W. 0 Très peu nuageux. 0,0 Très nuageux surtout dans la journée; éclairs cessent après 11 h.
- Dimanche 8 16*,3 S. W. 2. Nuageux. 0,0 Nuageux; couvert après 22 h.
- JUILLET 1894 -- SEMAINE DU LUNDI 2 AU DIMANCHE 8 JUILLET
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer)', courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche'; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites au parc Saint-Maur en juin 1894
- par M. E. Renou.
- Moyenne barométrique à midi 759”“,03. Minimum le 6 à 6 heures du soir, 747"",67. Maximum le 25 à 8 heures du matin, 765"",06.
- Moyennes thermométriques : des minima 11°,77 ; des maxima 21°,81 ; du mois 16°,79; moyenne vraie des 24 heures, 16°,50. Minimum les 1" et 8 au matin, 8°,0. Maximum le 50 à 1 heure et demie du soir, 50°2.
- Tension moyenne de la vapeur*9““,95. La moindre le 11 à 3 heures du soir, 5”“ 8. La plus grande le 22 à minuit, 14"",9. Humidité relative moyenne, 74. La moindre le 30 de 2 à 4 heures du soir, 23. La plus grande 100 en 3 jours. •
- Pluie, 53"",2 en 55 heures trois quarts réparties en 18 jours. .Un seul jour de pluie notable, le 18, qui a fourni 10“",9 d’eau en 8 heures et demie.
- Orages. Le 1*', à 6 heures du soir, tonnerre lointain aü sud-sud-est. Le 13, quelques coups de tonnerre au nord-nord-est. Eclairs assez nombreux à l’horizon sud le 24 à 11 heures du soir. Nébulosité 61. Aucun jour entiè-
- rement couvert, mais presque toujours très nuageux jusqu'au 24; les 6 derniers jours presque clairs. Pas de brouillard.
- Vent dominant du sud à l’ouest, puis à la région du nord. Il a été fort du sud-ouest le 2.
- La Marne, température moyenne le matin 17°,69; dans l’après-midi 18°,50; du mois 18°,09. Minimum 15°,41 le 1". Maximum 22°,18 le 30. Basse et claire tout le mois.
- Relativement aux moyennes normales le mois de juin 1894 présente les résultats suivants : Baromètre plus haut de 0““.97. Thermomètre plus bas de 0*23. Tension de la vapeur moindre de 0“",11. Humidité relative plus grande de 1. Pluie moindre de 21"",8. Nébulosité plus forte de 7.
- Floraisons : 2, grand Seringat odorant d’Amérique. 4, Tilleul, Brug-mansia bicolor. 5, Gilia capitata, Véronique à épis, Cactus élégant. 11. Hémérocalle fauve. 14, Dahlia simple. 17, Troène du Népal. 18, Rhus typhiua. 23, Croix de Jérusalem. 27, Soleil vivace. Suiræa cal'.osa. 28, Clématite de Jackmann. 29, Œnothère odorante. 30. Belle de jour.
- Premières hirondelles de fenêtre, le 27 vues au Parc et à Paris.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 3, à 5 h. 55 m. du matin.
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- Réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction de la « Boîte aux lettres » doivent être adressées
- à M. Gaston Tissandier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVIOB DU JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES A LA LIBRAIRIE O. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- LÀ SEMAINE
- Les descendants de Claude de Jonffroy d’Abbans.
- — La Notice que nous avons publiée à cette place dans l’une de nos dernières livraisons, sur les descendants de Jouffroy d’Abbans (Nouvelles scientifiques du n° 1100, 30 juin 1894), nous a valu la lettre suivante des trois petites-filles de Jouffroy d’Abbans, dont nous avons parlé d’après des renseignements incomplets :
- « A M. Gaston Tissandier, rédacteur en chef de La Nature.
- « Je viens vous prier d’accueillir les rectifications suivantes au sujet de l’article qui a paru dans La Nature, le 30 juin dernier : Nous sommes les trois filles d’Achille de Jouffroy d’Abbans, fils aîné de l’inventeur de la navigation à vapeur et le digne continuateur des travaux de son illustre père. Nous ne nous appelons pas Françoise, Catherine et Caroline, mais : Miqueline, Marthe et Marie-Caroline. En revendiquant pour Claude de Joufï'roy la statue érigée, en 1884, à Besançon, par souscription nationale, nous n’avons jamais calculé que le génie de notre grand-père, en enrichissant l’univers, avait absorbé sa fortune, la nôtre, et que nos talents personnels étaient nos seules ressources. En 1892, nous avons désavoué une pétition faite sans notre consentement et remise à notre insu à la Chambre des députés; mais, aujourd’hui, confiantes dans l’équité de la nation qui ne saura faire d’exception parmi les six derniers et uniques descendants du grand homme, c’est avec honneur et gratitude que nous recevrons, de notre patrie, une récompense qui cimente à jamais les droits impérissables des grands citoyens à la reconnaissance nationale.
- « Veuillez agréez, Monsieur le rédacteur, l’expression de notre considération très distinguée.
- Paris, i juillet 1894.
- Migueline de Jouffroy d’Abbans.
- Marthe de Jouffroy d’Abbans.
- Marie-Caroline de Jouffroy d’Abbans.
- Nous sommes heureux de donner satisfaction à nos correspondantes, en insérant la lettre ci-dessus, et nous émettons des vœux pour que les démarches qui peuvent se faire en faveur des descendants d’un de nos plus grands inventeurs, soient couronnées de succès, et aboutissent à un résultat honorable pour notre pays. G. T.
- INFORMATIONS
- —$— Dans le fond du bois de Clamart, tout près de la fontaine Sainte-Marie, bien connue des promeneurs des environs de Paris, il existait, il y a quelque vingt ans, au milieu d’une coupe de bois, une pierre faisant hors du sol une saillie de 80 centimètres environ et qui servait de banc aux promeneurs, tant et si bien que le sommet en avait été usé et poli par cet usage. Plus tard, les arbres poussèrent et finirent par masquer la pierre, qui disparut au milieu du fourré. Or, ces derniers temps, une nouvelle coupe mit à jour le
- monument qui fut dégagé et apparut nettement tel qu’il est aujourd’hui, facile à voir tout près du chemin. Il a été signalé il y a peu de temps par M. Perrault, secrétaire de la commission des monuments mégalithiques, décrit par le Dr Capitan, étudié par M. Ad. de Mor-tillet, visité tout récemment par les auditeurs du cours d’anthropologie préhistorique de l’école d’anthropologie, conduits par leur professeur, M. G. de Mortillet. C’est le monument mégalithique le plus voisin de Paris. Il mesure 2m,I0 de hauteur sur 0m,70 de largeur au sommet, et 2“,10 à la base, avec une épaisseur d’environ 50 centimètres. C’est en somme un intéressant monument que Y Intermédiaire des chercheurs et des curieux vient de signaler à ses lecteurs.
- —®— On a déjà parlé depuis longtemps à Paris des inconvénients de la fumée produite par les différentes usines. Plusieurs appareils ont été essayés pour éviter cette fumée, mais ils n’ont pas* donné jusqu’ici des résultats satisfaisants. Le Préfet de la Seine a nommé une commission technique chargée de rédiger le programme du concours à ouvrir entre les inventeurs d’appareils fumivores, d’examiner les différents systèmes présentés, de faire choix de ceux qui méritent d’être essayés, de contrôler les expériences et de formuler des conclusions. Les membres de cette commission sont : M. Huet, directeur administratif des travaux de Paris, MM. Brull, Hirsch. Humblot, Lamouroux, Michel Lévy, de Tavcrnier. ingénieur en chef du service de l’éclairage de la ville -de Paris, MM. Méker et Monmerqué, secrétaires.
- —On sait que les guêpes ont occasionné des dégâts considérables l’an dernier dans les jardins. M. Magdelaine dit, dans le Bulletin de la Société, d'horticulture de la Côte-d’Or, qu’ayant planté des Gourdes (Lagenaria vulgaris) pour garnir un mur dans les parties où les arbres fruitiers manquaient par suite de l’hiver précédent, il a remarqué que les fruits venus à proximité de cette Cucurbitacée n'avaient pas été attaqués par les guêpes, tandis que les abricots, pêches et raisins situés à une distance plus grande avaient été dévorés. L'éloignement des guêpes ne peut être attribué qu’à l’odeur musquée qu’exhalent toutes les parties de la plante. Dans tous les cas l’expérience est facile à répéter.
- —Au moment de mettre sous presse (18 juillet), notre rédacteur en chef, M. Gaston Tissandier, qui a prêté son concours au Petit Journal pour l’examen des épreuves des voitures mécaniques, a reçu une invitation à assister aux premiers essais du jeudi 19, Rendez-vous a été donné par M. Pierre Giffard, le sympathique organisateur du curieux concours, à 7h 50m, à la Porte Maillot, et une excursion de 50 kilomètres a été annoncée aux environs de Paris. Vingt-cinq voitures ont dû être examinées le jeudi 19; vingt-cinq autres le vendredi 20. Samedi 21 repos. Dimanche doit avoir lieu te voyage des voitures mécaniques de Paris à Rouen. Nous rendrons compte des expériences dans une de nos prochaines livraisons.
- —Des découvertes importantes ont été faites dernièrement en Algérie, dans l’ancienne cite romaine de Thamugadis, aujourd’hui Timgad. On a mis au jour, en déblayant le Capitole, de nombreux fragments, tête, torse, jambes, etc., d’une statue colossale dont la hauteur n'était pas inférieure à 9 mètres. Le service des monuments historiques a, de plus, relevé sur trois des statues récemment découvertes dans les thermes de la ville, des traces de peinture très visibles.
- —Une exploration s’organise en Australie pour l’étude scientifique des montagnes Macdonnell, situées presque au centre de ce continent. Ces régions sont fort peu connues. L expédition est organisée et dirigée par un riche colon Australien M. W. Austin Horn.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le stéréo-chromoscope, que nous avons décrit dans le n° H 01, du 7 juillet 1894, p. 91, se trouve [chez M. C. Nachet, opticien, 10, rue de la Paix, à Paxis, et non chez M. A. 0. Nachet, 17, rue Saint-Séverin, comme nous l’avons indiqué par erreur. — Fourneau à pétrole : M. Tiroloy, 3, rue de la Banque, Paris. — Le châssis transformateur de photographies se trouve à Paris chez M. Puech, place de la Madeleine, 21; M. Curette, rue Laffitte, 27 ; MM. Poulenc, rue Vieille-du-Temple, 92.
- Communications. — M. A. Theodoli, à Rome, nous envoie une Notice sur un nouveau mode à'affichage par la lumière électrique. L’auteur propose de faire des enseignes et des affiches de façades à l’aide de lampes électriques disposées de façon à dessiner des caractères variés par des points lumineux convenablement répartis. Les lampes peuvent etre allumées et éteintes successivement par divers changements instantanés d’allumage.
- M. J. Quélin, directeur de l’observatoire météorologique municipal d’Angers, nous adresse plusieurs brochures intéressantes qu’il vient de publier, et qui ont pour titres : Observations météorologiques faites à l’observatoire municipal d’Angers — Marées océaniennes et atmosphériques comparées — Périodicité des vents. Note sur les vents directs et rétrogrades. — L’influence lunaire.
- M. de Isasi lsasmendi, à Bilbao, nous transmet un Mémoire sur l’installation d'énergie électrique dans les trains par un nouveau système de son invention, qui consiste à utiliser une certaine puissance de la locomotive pour actionner une petite 'machine à vapeur combinée avec une dynamo. La canalisation est établie le long du train et dessert tous les compartiments, Dans son opuscule, l’auteur nous donne quelques renseignements sur le générateur, le circuit, le transmetteur et le récepteur, l’éclairage, et indique enfin que le prix de revient est environ cinq fois moins élevé avec ce nouveau procédé.
- M. /. Cuénod, directeur de la Compagnie française électrique Thury, à Paris, nous écrit au sujet de l’article que nous avons publié sur les chemins de fer électriques du mont Salève, près Genève (n° 1101, du 7 juillet 1894, p. 83). Nous avions dit, p. 85, col. 2, ligne 10 et suivantes, que la disposition de réglage spéciale aux machines Thury était déjà appliquée avec succès dans des distributions à grande distance et à haute tension, comme celle entre Isoverde et Gènes qui franchit une distance de 25 kilomètres avec une tension de 1000 volts, et celle de Frinvilliers, à Biberiste près Soleure, qui s’étend à 30 kilomètres avec une tension de 3500 volts. Ces renseignements avaient été empruntés au journal Engineering, de Londres. Dans la première installation, la différence de potentiel réellement employée est de 6000 volts, et dans la seconde installation de 7000 volts.
- M. F. de Gassicourt, à Sèvres, nous envoie des feuilles blanches, vertes et panachées provenant d’un érable qu’il possède dans son jardin. Les faits de cette nature sont très nombreux et sont dûs à une répartition inégale et irrégulière de la chlorophylle. Notre correspondant nous signale également un Séquoia qui a une hauteur de 30 à 32 mètres et qui est âgé de trente-cinq ans. Dans un article précédent (n° 1093, du 12 mai 1894, p. 376), nous avions dit que ces arbres ne dépassaient pas 18 mètres en France et en Angleterre.
- M. E. Pelletier, à Saint-Hélier, répond à une question qui nous a été faite précédemment au sujet de l’imitation du parfum de Fessence de violette. On arrive à ce résultat, d’après notre correspondant, en mélangeant l’essence de vanille à l’essence de kirsch. Le parfum est franc et durable.
- Renseignements. — L’abonné n° 5559, à Paris. — Nous avons publié un article sur la mesure des hauteurs dans les
- levers topographiques expédiés dans le n°l 820, du 16 février 1889, p. 187.
- M. J: Croppi, à Paris. — La maison qui construisait ces piles était autrefois la maison de Branville, 25, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève.
- Un lecteur, à Nantes. — Vous faites erreur; il s’agit bien du 15° degré de latitude nord.
- M. F. Rigolo, à Narbonne. — La Note de M. Müntz se trouve insérée dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences de la séance du 28 mai 1894.
- M. R. Noël, à Thiers. — 1° L’acide oxalique conviendra parfaitement. 2° Vous obtiendrez ce résultat par le satinage.
- M. E. Houdart, à Bagnolet. — Moteurs à air chaud Bénier-, 15, rue du Louvre, à Paris.
- M. M. C., à Montréal. — Ce système nous semble assez pratique ; mais le même principe a déjà été utilisé dans divers, appareils.
- M. J. Arnaud, à Carcassonne. — Yachts et bateaux de plaisance : M. Tellier, constructeur, 52, quai de la Râpée, à Paris.
- M. G. B., h Saint-Svmphorien-de-Lay.— La Gommeline est une dissolution de gomme arabique dans l’eau; vous trouverez une bonne formule dans les Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie G. Masson.
- M. H. P., a Saint-Omer. — Vous pourrez avoir des compteurs électriques pour faibles intensités à la Compagnie pour la fabrication des compteurs:, 16, boulevard de Vaugirard, et à la maison Ducretet et Lejeune, 75, rue Claude-Bernard, à Paris; cette dernière maison construit le compteur électrolytique de M. Grassot.
- M. Theuville, à Moscou. — Il faudrait vous renseigner directement auprès de M. Ringelmann, à l’adresse indiquée dans notre article La Semaine, en tête des Nouvelles scientifiques du n° 1097, du 9 juin 1894. Nous publierons d’ailleurs un article sur les résultats du concours de moteurs à pétrole de Meaux.
- M. Carlos Cun, à Figueras. — Voyez l’ouvrage de M. P. Mé-gnin, Elevage et engraissement des volailles, que nous avons signalé dans notre bibliographie du n° 1092, du 5 mai 1892; il se trouve aux bureaux de l'Eleveur, 6, avenue Aubert, à Vincennes (Seine).
- . M. El Conde del Valle, à Vergave. — Consultez le Cheval, choix, éducation, hygiène, maladies, du même auteur et à la même adresse que ci-dessus.
- M. A. des Chaumes, à Paris. — Appareils réfrigérants à ammoniaque : maison Carré, 19, rue de l’Estrapade.
- M. L. G., à Paris. — 1° Ce procédé pourrait être employé.
- — 2° Tous les marchands d’aluminium vous fourniront un crayon de ce genre.
- M. P. B., à Paris. — Pour empêcher la glace de fondre, il est facile de disposer des récipients à double paroi contenant des matières calorifuges telles que de la laine, sciure de bois, poudre de liège, etc. La glace est placée dans le réservoir central.
- M. J. Laviada, à Gijon. — Ces clefs sont constituées par des bandes de métal découpé; une machine ordinaire à découper peut convenir.
- M. E. C., à Pontoise. — Vous trouverez un bon dictionnaire français-anglais à la librairie Hachette, à Paris.
- Réponses.— N° 1338 — Destruction des serpents. — Pour détruire les serpents, on peut employer le procédé suivant qui a été déjà expérimenté, et qui a donné d’assez bons résultats. Mettre des poules ordinaires en vagabondage dans l’endroit infesté; elles sont très friandes des serpents qu’elles tuent avec acharnement et qu’elles dévorent ensuite. Les porcs en détruisent également une certaine quantité. Dans un jardin, le hérisson doit suffire; on peut aussi avoir trois ou quatre cigognes auxquelles on coupe les plumes d’une aile. Ce dernier système est très efficace. De plus, ce troupeau de cigognes est très gracieux et convient parfaitement dans un jardin bien tenu. (Communiqué par M. M. Blanchet, à Grenoble).
- Accusés de réception. — Avis divers : M. Roubaud, à Saint-Haon-le-Chatel. Cet appareil ne se fabrique plus. — M. A. Ba-gnani, à Agua Branca. Nous ne connaissons pas cette nouvelle machine; nous allons prendre des informations. — M. P. Pfister, à Paris. Nous n’avons pas d’adresse à vous indiquer. Tous nos regrets.
- — M. D. M., h Lyon. Il serait nécessaire de démonter complètement le moteur électrique, et de vérifier les sections de fil et les résistances d’isolement. Il faut vous adresser à un constructeur électricien.
- — M. Iwan Imbert, à Bamonchamp. Voyez les Recettes et procédés utiles, lre série. (G. Masson, éditeur.) — M. F. B., à Naples; M. M. V., à Concarneau. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — LL n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INTENTIONS1
- l.e joueur d’orgue automatique. — Les boites à musique sont bien connues de nos lecteurs ; nous avons déjà eu l’occasion de décrire ces merveilleux petits appareils qui se mettent en mouvement sous l’action d’un ressort et jouent différents airs de musique. MM. Stransky frères viennent d’utiliser ces boîtes dans un joueur d’orgue automatique que représente notre figure, ün jeune savoyard vêtu du costume de son pays, se tient derrière un orgue, la main sur la manivelle, prêt à fonctionner. Vous mettez cinq centimes dans une fente à la partie supérieure; aussitôt vous voyez la main du jeune
- Le joueur d’orgue automatique.
- garçon se mettre en mouvement, et vous entendez un air de musique pendant quelques instants. Ajoutons que la statue est d’un effet charmant et bien naturel ; elle est en terre cuite et porte sept couleurs. La hauteur du savoyard est de 1“,22 et la hauteur totale de l’appareil de lm,59. 11 n’est pas nécessaire de dire que les morceaux de musique sont interchangeables comme dans toute boite à musique. — Cet instrument se trouve chez MM. Stransky frères, 20, rue de Paradis, à Paris.
- Fourchette articulée automatique. — Cette fourchette articulée a son utilité surtout pour le maître ou la maîtresse de maison qui sert à table : elle permet d’une seule main de piquer dans le plat soit un morceau de viande, soit un légume, et de le laisser tomber dans l’assiette d’un invité sans le secours de l’autre main; en piquant le morceau choisi, la petite barette mobile 1 (Voy. la gravure) qui se trouve à l’extrémité des dents de la fourchette, remonte et fait lever la poussette 2, de sorte qu’avec l’index de la main on n’a qu’à appuyer sur cette petite poussette pour faire tomber dans l’assiette ledit morceau de viande ou autre qu’on vient de piquer dans le plat. Cette fourchette pourrait être adoptée dans les hôtels et restaurants car les garçons chargés de servir les personnes étant embarrassés
- bÏÎtüich
- Fourchette articulée maitre (l'hôtel.
- de plats de la main gauche, arrivent difficilement à servir d’une seule main avec une fourchette ordinaire surtout lorsqu’il s’agit de viande qui généralement étant bien piquée par la
- fourchette, tombe difficilement.------Se trouve chez M. Mathieu,
- 2, faubourg Poissonnière, Paris.
- Lampe à arc électrique. — M. Borland a imaginé une nouvelle disposition très ingénieuse pour la lampe à arc destinée aux projections. Deux solénoïdes verticaux S et S' placés, comme dans toutes les lampes, l’un en série dans le circuit et l’autre en dérivation, sont traversés par une tige en fer. Cette tige est reliée à un levier horizontal F qui commande une roue
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- dentée comprise entre les bornes A et B. Un deuxième levier E porte une autre roue dentée qui engrène avec la première. Tous les mouvements de la tige sont ainsi transmis aux leviers E et F qui supportent les charbons. La tige mobile est pourvue de bagues en bronze et les extrémités des solénoïdes sont fermées, afin d’obtenir un cylindre à air pour amortir l’attraction brusque au moment de.la fermeture du circuit. Le fonctionnement de la lampe est basé sur les principes'bien connus des lampes à arc différentielles. On remarquera dans ce nouveau modèle la grande simplicité des organes, et la disposition réellement avantageuse des charbons pour projections. La figure n° 1 donne une vue d’ensemble de l’appareil, et la figure n° 2 montre le cratère formé par l’arc au charbon positif ; par suite
- 2
- Lampe à arc pour projections électriques.
- 1. Vue d’ensemble delà lampe. — 2. Détail des charbon#.
- de l’inclinaison des leviers, ce cratère est lui-même incliné et ‘ permet de renvoyer horizontalement le faisceau lumineux. La lampe Borland peut fonctionner par 2 en tension sur une différence de potentiel de 110 volts, ou seule sur 55 volts pour courants continus ou alternatifs. Elle se construit pour des intensités de 4 à 20 ampères; elle a donné de très bons résultats pour les projections. — La lampe à arc Borland est en dépôt chez MM. E. II. Cadiot et Cie, 44, rue Taitbout, à Paris.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Tableau indiquant l’heure pour photographier les objets fixes. — Nous avons donné précédemment les moyens d’avoir l’heure au moyen de la boussole. Un de nos lecteurs, M. A. Benoist, à Paris, a construit avec la boussole,'un tableau que nous reproduisons ci-dessous et qui pourra être très utile aux photographes. Pour se servir de ce tableau, il faut avant tout,
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- Tableau indiquant l’heure convenable pour photographier un monument • ou un paysage, suivant son orientation.
- s’orienter. A cet effet, prenez votre montre. Mettez la petite aiguille (des heures) dans la direction du soleil. Comptez sur le cadran, de droite à gauche, la moitié du chiffre de l’heure indiqué par la petite aiguille, lorsque cette aiguille n’a pas dépassé midi. Après midi, 1 heure sera comptée 15, 2 heures seront comptées 14, etc.. La moitié trouvée est le nord. Faites concorder le nord du tableau avec le nord véritable. Celui des rayons du tableau qui sera perpendiculaire au sujet indiquera l’heure à laquelle il doit être photographié.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Zingage, étamage et plombage de Valuminium. — Les procédés ordinairement usités pour recouvrir les métaux de zinc, d’étain ou de plomb, n’ont pas paru, jusqu’à présent, applicables à l’aluminium. Quand on plonge une feuille d’aluminium, nettoyée mécaniquement ou décapée par des moyens chimiques, dans l’étain, le zinc ou le plomb fondu, ces métaux "lissent sur la surface de l’aluminium sans s’allier avec elle. M. Oliven, de Berlin, a trouvé que pour fixer l’étain, le zinc ou le plomb, il suffit de soumettre la surface de l’aluminium à un brossage énergique, à chaud, dans le bain métallique. On peut se servir, pour cela, d’une brosse en fil d’acier ou autre instrument analogue. Dans ces conditions, l’aluminium se recouvre d’une couche régulière du métal fondu. L’insuccès de l'opération tenait, à ce qu’il semble, non pas au manque
- d’affinité de l’aluminium pour les métaux en question, mais à la formation immédiate, au contact de l’air, d’une mince couche d’oxyde d’aluminium, que le frottement supprime.
- Cartes à jouer. — M. Sigmund Strauss, de Prague, et M. Julius Kohn ont imaginé, pour les cartes à jouer, un mode de fabrication qui permet de les conserver en quelque sorte indéfiniment. La carte proprement dite, en papier, toile ou autre substance, est placée entre deux plaques de celluloïd, dont l’une est transparente et l’autre opaque. L’adhérence s’obtient au moyen d’alcool ou d’acétone qui ramollit le celluloïd, et l’on soumet le tout à une forte pression ou à un laminage. Les cartes ainsi fabriquées ne prennent ni la graisse, ni l’humidité. On les nettoie facilement avec une éponge mouillée.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- observations A 7 HEURES DD MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL
- Lundi 9 juillet. . . . 15* ,0 S. S. W. 2. Couvert.
- Mardi 10 16*,4 S. 0 Couvert.
- Mercredi 11 14%6 W. S. W. 4. Couvert.
- Jeudi 12 15*,8 ' S. W. 4. Peu nuageux.
- Vendredi 15 14’,6 S. 2. Peu nuageux.
- Samedi 14 13%9 S. 1. Couvert.
- Dimanche 15 ... . 15*,1 W. 1. Nuageux.
- PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- 0,5 Presque couvert. Pluie à plusieurs reprises.
- 1,8 Presque couvert. Pluie à plusieurs reprises.
- 7,9 Couvert le matin, très nuageux le soir.
- 5,2 Très nuageux ; quelques petites averses de 4 à 6 h. et à 16 li. et demie.
- 0,6 Très nuag. ; plusieurs coups de tonnerre de 17 li. trois quarts à 18 h. un quart; éclairs au sud-est à 21 h.
- 3,5 Presque couv. jusq. 18 h.; nuag. ensuite; tonn. à peu près continu de 12 à 17 h. et demie ; plus, averses.
- 7,9 Très nuageux, surtout le matin; pluie à 10 h. un quart et à 11 h.
- JUILLET 1894 --- SEMAINE DD LUNDI 9 AD DIMANCHE 15 JUILLET
- Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi ( Dimanche
- La courbe supérieure indique ta nébulosité de 0 à 10; /es flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer)', courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, Ibermamètrel à.l'abri à boute mouillée.*
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Orâges et coup» de foudre en France. — Dans les premiers jours du mois de juillet plusieurs orales ont éclaté dans diverses contrées de la France, après une chaleur accablante et très élevée qui a duré environ pendant quinze jours. A la date du 5 juillet, un violent orage s’est abattu sur le canton de Bray-sur-Somme, près d’Amiens. La grêle est tombée pendant trois quarts d’heure, ravageant les céréales et les betteraves. On a ramassé des grêlons pesant de 60 à 75 grammes. Les dégâts ont été considérables. Us se sont élevés, pour les trois communes de Chuignolles, Chipilly et Méricourt, à 180 000 francs. La foudre est tombée sur une maison à Morcourt et l’a incendiée. —Le 6 juillet, vers 6 heures et demie du soir, un orage qui s’est signalé par de très fréquents et très violents coups de tonnerre précédés d’éclairs vifs et secs, a eu lieu à Paris. Quelques grosses et larges gouttes d’eau sont tombées, mouillant à peine le sol brûlant. Jusqu’à 9 heures environ, éclairs et coups de tonnerre se sont succédé. Entre Houilles et Carrières-Saint-Denis, un individu qui travaillait dans la campagne a été foudroyé.—Le même jour, et à peu près à la même heure, à Sotteville-lès-Rouen, pendant un orage, une jeune pay-’
- saune était montée sur une meule tenant une fourche eu fer, les pointes dirigées vers le ciel, lorsqu’un formidable coup de tonnerre se lit entendre. Atteinte par la décharge électrique, la malheureuse a été tuée sur le coup, et toute la meule est devenue la proie des flammes. Deux autres personnes qui se trouvaient près de la meule ont été aussi atteintes et renversées à terre; elles en ont été quittes pour une forte commotion. A Valliquerville, près d’Yvetot, un jeune homme de dix-neuf ans, qui travaillait dans les champs, a été aussi frappé par la foudre et tué sur le coup.
- A Bordeaux, le 6 juillet également, un orage d’une grande violence a éclaté dans la soirée, vers 9 heures et demie. Une véritable trombe d eau mêlée de grêlons, dont quelques-uns atteignaient la grosseur d’une noix, a, en quelques secondes, transformé les rues en autant de petites rivières. L’orage n’a duré que quelques minutes et les dommages causés aux récoltes dans les environs ont eu peu de gravité. — Un orage a eu lieu à Périgueux le 5 juillet vers 7 heures du soir. Il a été caractérise par des éclairs d’une grande beauté et d’une forte intensité. Deux ou trois de ces éclairs ont affecté la forme de boules de feu.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 9, à 10 b. 23 m. du soir.
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- Réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction de la « Boîte aux lettres » doivent être adressées
- à M. Gaston Tissandier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SBRVIŒ DU JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES A LA LIBRAIRIE O. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- LA. SEMAINE
- Congrès de la science de l’atmosphère. — Ce congrès a été organisé sous les auspices de la Société royale de Géographie d’Anvers et sous la présidence d’honneur de M. de Burlet, Ministre de l’intérieur et de M. le lieutenant-général Brassine, Ministre de la guerre. Voici la circulaire qui est envoyée par les organisateurs, et qui en indique l’utilité : « Nous croyons que le moment est venu de concentrer les efforts de tous ceux qui s’occupent de la connaissance de l’atmosphère, de ses mouvements, des moyens de les prévoir et de les utiliser. D’importantes découvertes ont été faites récemment dans cet ordre d’idées; des travaux considérables entrepris pour le moment annoncent mieux encore. La comparaison de ces efforts si divergents, en apparence, semble nécessaire pour leur donner une cohésion qui aplanira bien des difficultés et accroîtra l’élan des recherches de ce genre ; une entente universelle s’impose d’ailleurs pour parvenir à une observation méthodique et générale des courants aériens. Il est à souhaiter qu’une semblable entente puisse résulter de la réunion que nous projetons. Notre appel ne s’adresse pas seulement aux savants qui font de l’étude de l’atmosphère ou de la navigation aérienne, leur occupation principale; nous sollicitons aussi le concours de quiconque s’intéresse à un progrès sérieux dans la prévision rationnelle du temps et en particulier de l’agriculture et de la marine; les constructeurs et les architectes pourront aussi retirer des enseignements précieux des indications relatives à la force du vent et au moyen de réduire son action. Chaque souscripteur recevra un volume renfermant le compte rendu des séances et des Mémoires présentés, ainsi qu’une liste complète des membres du Congrès; il jouira de tous les avantages qui auront pu être obtenus en vue de celui-ci ; le montant de la souscription est tixé à 10 francs; les femmes et les filles des souscripteurs pourront, moyennant payement d’une cotisation spéciale de 5 francs, assister aux séances; sauf réserve pour les publications, elles auront des droits identiques à ceux des autres membres du Congrès. Le Congrès se réunira à Anvers le 16 août et ses séances se tiendront les 16, 17 et 18 août. Cette époque coïncide avec la réunion de divers autres Congrès qui vraisemblablement attireront un grand nombre d’étrangers à Anvers et les souscripteurs auront l’occasion d’assister aux fêtes et solennités qui rehausseront à ce moment l’éclat de notre grande Exposition Universelle. Le Secrétaire-Général, Chevalier Le Clément de Saint-Marcq. Le Président, Lieutenant-Général Wauwermans. Le Trésorier, Arm. Wauwermans. Pour la lre section : Le Président, Lancaster, Météorologiste inspecteur à l’Observatoire Royal de Belgique. Le Secrétaire, Vincent. Pour la 2e section : Le Président, M. Van den Borren, Capitaine-Commandant du Génie, chef du service aérostatique militaire. Le Secrétaire, C. Messens. » — Pour tout ce ui'concerne ce Congrès s’adresser à M. le chevalier Le Clément e Saint-Marcq, 16, rue du Petit-Chien, à Anvers.
- INFORMATIONS
- —®— On lisait récemment la nouvelle suivante dans les journaux politiques : M. V. P., secrétaire de la légation du Chili, a été victime, jeudi matin 5 juillet, d’un accident assez grave. Avenue des Champs-Elysées, le cheval de sa voiture s’étant emporté, il voulut sauter sur la chaussée. Mais il tomba, et il se fit de nombreuses contusions : le poignet gauche est fracturé, la figure est meurtrie et déchirée. Le malheureux jeune homme a été transporté et admis d’urgence à l’hôpital Beaujon. Ceux qui, se trouvant dans une voiture entraînée par un cheval emporté, essayent ainsi de sauter à terre, commettent une grande imprudence. Ils ignorent que, d’après les principes de la mécanique, en se jetant au dehors de la voiture, ils sont animés de la même vitesse que celle du véhicule, et ils se trouvent précipités avec une violence extrême. Il est préférable de rester dans la voiture jusqu’au moment de la chute du cheval. •
- —@— La multiplication effrayante des moineaux dans le comté de Kent, en Angleterre, a amené les autorités civiles à instituer des primes pour leur destruction ou celle de leurs œufs. Plusieurs clubs se sont fondés en vue précisément d’aider les particuliers dans cette œuvre. Pendant ces quatre dernières années, le « West Thanet Spar-row Club » a fait détruire 62 000 oiseaux et œufs. Un autre club, récemment créé dans le district de Littebourne, en a exterminé 21 000 depuis sa création. Le secrétaire du club a tué à lui seul 1716 moineaux. Mais ces massacres ne paraissent pas avoir diminué le nombre des pillards : ils semblent se multiplier en proportion.
- —$$— L’uranium, préparé au four électrique, possède la propriété de donner une llamme lorsqu’il est frappé avec un morceau de silex. On combine, en ce moment, un briquet pour utiliser cette propriété.
- —®— Le rapporteur au Conseil de salubrité du département du Nord, a écrit dans son travail les excellentes paroles suivantes :
- « L’imprudence! Tel est l’éternel reproche que l’on adresse au pauvre blessé de l'industrie. L’imprudence, partout et toujours imprudence. Mais, en vérité, quand on songe que tant de mille ouvriers, ouvrières, enfants, se trouvent dans la nécessité dè passer leur vie au milieu des dangers des machines qui les menacent de toutes parts, à droite, à gauche, en avant, en arrière, sous leurs pas, au-dessus de leurs têtes, on ne peut que s’étonner de ne pas avoir à déplorer des malheurs bien plus fréquents, bien plus graves encore. Admettons qu’avec une prudence extrême, avec une attention de tous les instants, on puisse souvent les éviter; mais cette défiance incessante n’est pas dans la nature, surtout de la part des jeunes enfants : c’est là qu’est réellement l’impossible, ailleurs il n’y a que des difficultés, il faut les vaincre; il faut veiller sur eux à leur insu, il faut que des dispositions particulières, que des prescriptions obligatoires suppléent à l’inattention des ouvriers; il faut arriver à ce que, même volontairement, ils ne puissent se blesser dans leurs ateliers ».
- —La direction générale (les routes et de la navigation au Ministère des travaux publics étudie, en ce moment, une nouvelle méthode de vérification de 1 élasticité des ponts au moyen de la photographie. Les clichés, ainsi obtenus, donnent la mesure très exacte des oscillations du tablier, sous les diverses surcharges, et peuvent servir de points de repère dans les cas d’affaissement de la masse du pont.
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- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le plani-mètre de M. le capitaine H. Prytz est fabriqué par M. Cornélius Knudsen, ingénieur-opticien à Copenhague. — La montre parlante est construite par M.. C. Sivan, horloger à Genève. — La machine à écrire Bar-Lock, décrite dans la précédente livraison, se trouve chez M. A. Roux, 11, rue d’Hauteville, Paris.
- Communications. —- M. Benjamin Mauriès, à Mexico, nous écrit au sujet de notre récent article sur le Pélopée tourneur, paru dans le n° 1097, du 9 juin 1894, p. 21, et nous fournit quelques renseignements intéressants. Le 5 juin 1876, à la baie Saint-Louis, à Mexico, il a eu l’occasion d’observer un pélopée aux prises avec une grosse araignée : ne pouvant la transporter, le pélopée était monté dessus, et semblait la guider vers son nid. Après plusieurs essais infructueux, le pélopée, ne pouvant parvenir à faire avancer l’araignée, appuya l’extrémité de ses mandibules sur le céphalothorax de celle-ci, à la hauteur du point d’attache de la première paire de ses pattes. Au même instant, l’araignée ramena ses huit pattes au-dessous de son corps et ne fit plus un mouvement. Mais elle était très grosse, et le Pélopée ne put l’emporter. Notre correspondant la recueillit soigneusement et l’examina; après quelques jours, l’araignée revint à elle. Il s’agissait donc bien, dans le cas actuel, d’une paralysie des pattes.
- M. L. Bottier, à Paris, nous adresse un intéressant document. C’est une photographie où l’on voit une hirondelle enfilée sur l’extrémité aune tige de paratonnerre. La photographie a été prise le 14 juillet et représente le toit du hall des ateliers de la Société des fournitures militaires (anciens ateliers Godillot), rue Rochechouart.
- M. Delafon, 14, quai de la Râpée, à Paris, nous a présenté un modèle de stérilisateur Legay, qui est, à proprement parler, un flacon thermométrique. Il consiste en un flacon portant trois graduations à la partie supérieure; le premier trait indique le niveau du liquide à introduire, le deuxième trait où vient affleurer le liquide en se dilatant indique que la température de pasteurisation, 85 degrés, a été atteinte, et le iroisième trait se rapporte à la température de stérilisation, 106 degrés. Ce flacon doit être placé dans un bain-marie jusqu’à ce que le liquide à stériliser se soit élevé aux différents traits.
- Renseignements. — M. E. Ware, à Vevey. — L’éther nous a souvent réussi pour faire mourir les papillons capturés.
- M. E. Duperron, à Rouen. — Essayez l’essence de térébenthine ou la benzine.
- M. A. Sevin, à Paris. — Vous voulez sans doute parler du poêle thermo-électrique du Dr Giraud; qui' se trouve chez MM. Besson et Cic, 35, boulevard des Capuçines.
- Un étudiant en pharmacie, à Paris. — Les phénomènes d’optique que vous désignez sont probablement obtenus au moyen d’une disposition analogue à celle que nous avons décrite, d'Amphitrite, dans le n° 814, du 5 janvier 1889, p. 95, et du buste isolé, dans le n° 518, du 5 mai 1885, p. 367.
- Mae Marie, à Bourges. — Les matériels des chemins de fer sont à peu près analogues.
- M. A. A., à Bayonne. — 1° La poudre de pyrèthre convient très bien pour la destruction des puces ; mais il faut qu’elle soit de bonne qualité. — 2° Vous ne nous donnez pas votre adresse.
- M. G. Brillant, à Paris. — Vous pourrez vous procurer divers modèles de condensateurs à la maison J. Carpentier, 20, rue Delambrc.
- M. Ch. Petit, à Dinard. — Il faudrait essayer un mastic formé de glu marine dissoute dans un mélange "d’éther et d’alcool, en y ajoutant une quantité convenable de gomme laque.
- M. B. B., à Nanterre. — Veuillez nous rappeler le numéro
- de La Mature où cet article a été publié ; nous ne le retrouvons pas.
- M. Auriol, à Toulouse. — 1° Une pulvérisation de jus de tabac sur les plantes serait préférable. — 2° Essayez le sulfure de carbone ou l’essence de térébenthine.
- M. A. Gasser, à Mantoche. — 1° Nous avons donné une recette pour les rouleaux d’imprimerie dans le petit livre des Becettes et procédés utiles indiqué plus bas. — 2° Caractères d’imprimerie pour petite presse à main : M. Ragueneau, 8, rue Joquelet, à Paris.
- M. A. E. Jacquesson, à Czestochowa. —1° Voiture à vapeur Serpollet, 27, rue des Cloys. — 2° Voiture à pétrole : MM. Peugeot frères, 32, avenue de la Grande-Armée,' à Paris.
- M. J. Candido, évêque d’ischia, près Naples. — Une cuillerée à moutarde d’acide pyrogallique pèse environ 5 déci-grammes, mais il n’est pas nécessaire de faire des mesures exactes. Il vous sera facile de peser vous-même les liquides, dont nous donnons les volumes.
- ht M. Vanvincq Beniez, à Audruicq. — Pour ce qui concerne Y Intermédiaire des chercheurs et des curieux, s’adresser à M. Lucien Faucou, directeur, 137 rue Cujas, à Paris.
- M. R. F., à Cognac. — Nous avons décrit dans le n° 1085 du 3 mars 1894, p. 211, la turbine à vapeur système de Laval. La Société qui l’exploite a son siège 48, me de la Victoire, à Paris.
- f :-" M. E. Robert, à Nantes. — Nous avons parlé récemment des peintures phosphorescentes en traitant des problèmes de l’éclairage dans le n° 1080 du 10 février 1894, p. 170. Ces peintures se trouvent chez M.IMenitz, 37, passage Jouffroy, à Paris.
- M. A. Carrasco, à Valparaiso. — Nous n’avons pas de renseignements plus complets sur le procédé Greenwood; mais vous pourriez vous adresser à la Société d’exploitation des procédés Hermite, 4 rue Drouot, à Paris.
- M. G., à Raphèle. — Les essences pour liqueurs de table dont il a été question dans le n° 915 du 13 décembre 1890, p. 22, se trouvent chez M. Ch. Bureau, chimiste à Arras.
- M. A. H., a Thonon. — Constructions économiques : Société de constructions économiques, 11, avenue de l’Opéra, et M. Du-clos, 6, rue de Berne, à Paris.
- M. A. Munier, à Lyon. — Mica en poudre : MM. Choquet-Goddier, 59, rue Meslay, et M. Jaroslaw, 239, rue Saint-Martin, à Paris.
- M. G. J., à Gademoulin. —La turbine est plus avantageuse ; consultez les raisons invoquées dans notre article sur la turbine r de Laval dans le n° 1083, mentionné plus haut.
- M. L. Fougerol, a Lons-le-Saunier. — 1° Vous pourrez vous procurer du zircone chez tous les marchands de produits chimiques; voyez à la maison P. Rousseau, 17, rue Soufflot, à Paris. — 2° Le Dictionnaire de Wurtz vous renseignera.
- M. A. Sauve, à Rome. — L’acide oxalique enlèvera, croyons-nous, les taches dont vous parlez.
- M. A. F. 36, à Paris. — Voyez aux annonces, les appareils de photographie instantanée, chaque système peut avoir ses qualités spéciales.
- M. Lovis. — 11 n’existe pas d’instrument de la nature de celui que vous voudriez avoir ; il faudrait en construire un après les recherches nécessaires.
- M. J. Sonnet, à Jouet. — Cette question exigerait des développements que nous ne pouvons donner ici. Nous vous conseillons de consulter T Electrolyse, par M. H. Fontaine, à la librairie Baudrv et le Formulaire pratique de l'électricien de M. E. Hospitalier, à la librairie G. Masson.
- M. Seynave-Dubocage, à Roubaix. — Traité de pisciculture pratique, par Koltz, à la Librairie agricole de la maison rustique, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. F. Chevillât, à Meaux. Il faudrait que nous puissions voir votre insecte pour vous répondre. — M. Caron, à Saint-Nazaire. Nous avons déjà décrit un grand nombre de fourneaux à pétrole ; envoyez-nous d'abord un croquis de votre appareil. — M. Girard, à Brest. On ne peut baser une loi sur les résultats de quelques expériences seulement; il en faut un grand nombre. — M. Dubois, à Paris. Il y a certainement une erreur dans vos observations et dans vos formules ; revoyez en particulier les calculs des résistances. — M. E. Konom, à Gand. . Tous les libraires du quai Voltaire, à Paris, se chargent des achats et de la vente des ouvrages. — M. J. Gyaniny, à Paris. Il n'y a pas de procédé connu ; il faudrait faire des recherches de laboratoire. — M. P. O-, à Saint-Satur. Voyez les Recettes et procédés utiles, lre série. (G. Masson, éditeur.) — M. D. M-, à Lyon. Consultez Le même ouvrage que ci-dessus, 2“ série, à la même librairie. — M. R. F., à Marseille; M. D. G, à Paris. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes lesquesîions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INVENTIONS1
- Burette à huile à piston. — Cette burette à piston rend les plus grands services lorsqu’il s’agit de graisser les organes peu accessibles d’une machine; elle est très avantageuse dans les circonstances ordinaires. Elle peut verser immédiatement le bec en haut, le bec en bas ou de côté. Voici la légende explicative de notre figure 1 qui en donne la coupe : A. double fond destiné à retenir une certaine quantité d’huile lorsqu’on retourne la burette. — B. Petite pompe aspirante et foulante ayant comme clapet de retenue une bille C dont le jeu est
- Burette à huile à piston fonctionnant dans toutes les positions. N° 1. \uc intérieure de la burette. — N* 2. Mode d’emploi dans la position ordinaire.
- limité par un retour vers le centre de la dernière spire du ressort à boudin I). — E. Tube conduisant l’huile refoulée au kec F, — G. Bille reposant sur un siège conique et empêchant l’huile contenue dans le bec de faire retour dans le corps de pompe au moment de l’aspiration. — H. Paillette de ressort destinée à appliquer continuellement la bille G sur son siège et empêchant par suite la burette de couler d’elle-même quand on la retourne. — I. Bouchotf^ïle remplissage. — La burette à piston se trouve chez ^ B. II. Chameroy, 5, rue du Hainaut, à Paris. '***
- Robinet «le bois perfectionné. — Dans ce nouveau robinet le boisseau tourne au centre d’une garniture en liège
- Robinet de bois perfectionné.
- J. Vue extérieure. — 2. Coupe du robinet.
- qui le rend complètement étanche et évite le coincement inévitable aux robinets en bois par suite de l’humidité dans laquelle le liquide les maintient. Mais ce qui caractérise surtout ce tobinet, outre son bon marché, c’est la rentrée d’air qui suit parallèlement le passage du liquide pour venir par l’extrémité du ; boisseau quand on ouvre le robinet, comme le montre la figure " ci-dessus. Le n° 1 montre l’aspect extérieur de l’appareil; le
- : n° 2 en donne la coupe, quand il est monté sur un tonneau. Son
- î emploi a l’avantage de supprimer le fausset que l’on doit tou-i jours placer sur les fûts pour la rentrée d’air : le robinet en f remplit les fonctions. — Le nouveau robinet, qui nous a été ï communiqué par M. Louis Flesselle, ingénieur a Essommes, £ par Château-Thierry, se trouve chez M. Lenoir Thomas, à Château-T ' Thierry. j[’-
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nou-%. velles scientifiques est étrangère aux annonces.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Menu photographique. — Un amateur, M. Paul T réniant y à Nantes, nous adresse des spécimens de ce qu’il obtient avec ses menus photographiques (voy. fig. 1, 2 et 3). Le procédé
- Fig. 1. — En-tête d’un menu photographique.
- pour obtenir ces images est extrêmement simple : il s’agit tout simplement de fonds dégradés, réalisés au moyen d’un cache; on découpe dans un papier opaque une ouverture ap-
- Fig. 2. — Autre sujet de menu photographique.
- propriée à la forme que l’on veut donner à l’image ;'puis des coups de ciseaux sont pratiqués perpendiculairement aux bords de cette ouverture ; les dents ainsi formées sont légèrement relevées. Pour plus de commodité ces caches sont collés sur un morceau de verre, qu’on pose sur la glace du châssis, côté extérieur bien entendu. Les sujets peuvent être très variés et
- nsi
- du // ^février
- tapior a — ®récg Surbot soucf Éjollan&aisf ülft île Ocraf Utaîffre timbale Ütilanaisf 2DinDf truffée pâté île Joie <&ras Éjarirots Derto Ülanbarine aux -fruits
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- üHabere — 0aint-(Èôtèpl)f tl)dtrau-<6rûoelinr — <fl]àtrau-l)qurm €l)ampajjne
- Fig. 3. — Spécimen du menu placé au-dessous des figures ei-dessus.
- appropriés aux goûts de chacun. L’encre d’impression prend parfaitement sur le papier albuminé ordinaire sans préparation aucune.
- Procédé pour donner au cuivre l’apparence du platine. — On plonge le cuivre dans un bain composé de :
- Acide chlorhydrique................. 1 litre.
- Acide arsénieux.....................210 grammes.
- Acétate de cuivre...................55 —
- L’objet doit être préalablement nettoyé et on le laisse dans le bain jusqu’à ce que la couleur du platine se soit développée.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Vernis pour le cuivre poli. — Faites dissoudre dans un demi-litre d’alcool 56 grammes de sandaraque et 14 grammes de résine et ajoutez, quand la dissolution est complète, 5 gouttes de glycérine.
- Bain pour rendre le ciment et autres matériaux inattaquables aux acides. — Ce bain est obtenu en mélangeant intimement de l’amiante pure en poudre impalpable avec une solution épaisse de silicate de soude industriel, le moins alcalin possible. On triture l’amiante avec une petite quantité de silicate, de manière à obtenir une pâte, laquelle est ensuite diluée dans une nouvelle quantité de silicate dissous. On obtient un produit qui, appliqué au pinceau en deux ou trois couches, protège les surfaces du ciment contre tout liquide ou vapeur acide. Avec ce bain on peut aussi obtenir un mortier qui sert à joindre les briques en grès vernis ; les murs et cloisons ainsi revêtus sont inattaquables aux acides les plus concentrés.
- Moyen d'obtenir des photographies colorées. — Un de nos abonnés, à Paris, nous communique les recettes suivantes pour colorer en rose, bleu ou violet les épreuves photographiques. Pour obtenir des teintes variant du rose pâle au rouge pourpre, on place dans une cuvette très propre l’épreuve une fois virée et fixée ; après un bon lavage à l’eau courante, on verse dessus un bain très dilué d’encre rouge à Véosine. On remue le bain en ajoutant de la solution pure, jusqu’à ce que l’on ait obtenu un peu plus que l’effet désiré. On lave alors à l’eau courante, jusqu’à ce que l’eau soit complètement décolorée. On sèche ensuite l’épreuve par un procédé quelconque. Avec un bain composé de bleu de Prusse dissous dans de l’acide oxalique, auquel on ajoute de l’eau additionnée d’alun, on obtient des teintes bleues de toutes intensités. Un mélange des deux bains précédents donne une teinte violette d’un très joli effet. Ce procédé a été employé longtemps par notre correspondant et lui a toujours donné de très bons résultats.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49B,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS A 7 HEURES DD MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DD CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 16 juillet. . . 14*,9 W. S. W. 5. Nuageux. 1,3 Presque couvert.
- Mardi 17 17*,2 W. S. W. 3. Presque couvert. 0,0 Presque couvert.
- Mercredi 18 14*,8 S. W. 3. Couvert. 0,6 Couvert le matin, nuageux le soir; pluie à 2 h.
- Jeudi 19 14*,1 S. W. 2. Presque couvert. 0,0 Presque couvert, quelques averses.
- Vendredi 20 14*,1 W. 1. Beau. 0,7 Peu nuageux jusqu’à 9 h.; couvert ensuite; faible averse à 20 h.
- Samedi 21 16*,8 S. 3. Très nuageux. 0,0 Nuageux.
- Dimanche 22 . . . . 17*,7 N. N. E. 1. Peu nuageux. 0,0 Nuag., halo, gr. halo; arcs circonscr. et circumzénithal parhélie de droite ; éclairs puis tonn. à partir de 21 h.
- JUILLET 1894 -- SEMAINE DU LUNDI 16 AU DIMANCHE 22 JUILLET
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer)', courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule. sèche<; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Répartition des orages sur le globe. — Un de nos lecteurs, qui a longtemps habité le Guatemala, nous a dit qu’il croyait que ce pays était le plus abondant de tous en orages; qu’on les entendait éclater souvent pendant de longues journées consécutives. D'autres observateurs ont prétendu que c’était J’île de Java qui paraissait être le pays où le tonnerre se fait entendre le plus souvent. D’après M. A. d’Abbadie, de l’Institut, cest en Ethiopie que les orages seraient le plus fréquents. Pendant l’année 1845-1810, cet observateur distingué a noté 247 jours d’orage ou 271 orages en tout. Dans le seul mois de septembre, il y eut 103 orages eu 28 jours, et M. d’Abbadie pense né pas avoir tout noté.
- f.a pluie au llrésil. — M. Marshall Campbell a publié dans le numéro du mois de mars 1894 du journal Symon’s Monthly Met. Mag, les résul-
- tats d’observations de pluie de sept aunées, de 1887 à 1893, au mont Edgecombe, à Natal (Brésil). Il a trouvé comme moyennes d’eau de pluie 114 millimètres au mois de janvier, 110 au mois de février, 103 au mois de mars, 58 au mois d’avril, 70 au mois de mai, 10 au mois de juin, 23 au mois de juillet, 42 au mois d’août, 87 au mois de septembre, 142 au mois d'octobre, 94 au mois de novembre, 98 au mois de décembre, et pour l’année entière 958 millimètres. Les chiffres précédents ne sont que des moyennes, qui ont souvent été dépassées pour quelques mois; ainsi, au mois de septembre 1893, on a recueilli 302 millimètres, et au mois d’octobre 455. La quau'.ité d’eau tombée dans une année a été également assez variable et a atteint 664 millimètres en 1887, 876 en 1888, 718 en 1889, 761 en 1890, 1055 en 1891, 902 en 1892, et 1725 en 1893. Cette dernière année a été de beaucoup la plus pluvieuse, environ 2,5 fois plus que la première année 1887.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 17, à 10 h. 12 m. du soir.
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- Réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction de la « Boîte aux lettres » doivent être adressées
- à M. Gaston Tissàndier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVIOB DU JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES A LA LIBRAIRIE O. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- LA SEMAINE
- La station centrale d'énergie électrique de Caen.
- — La ville de Caen a inauguré au mois de juin dernier la station centrale qui doit lui distribuer l’énergie électrique. Cette station située à une extrémité de la ville renferme 2 chaudières Babcok-Wilcox d’une surface de chauffe de 144 mètres carrés, et pouvant fournir 2000 kilogrammes de vapeur par heure. La vapeur est distribuée à une machine à vapeur Wilkins compound, d’une puissance indiquée de 220 chevaux, à la vitesse angulaire de 380 tours par minute. Un autre groupe semblable sera installé prochainement. La machine à vapeur commande directement un alternateur Ferranti donnant 2400‘ volts et 55 ampères et sur le même arbre la machine excitatrice de 60 ampères et 110 volts. La distribution est effectuée par six postes de transformateurs répartis en ville. La canalisation primaire à .haute tension qui alimente les transformateurs est souterraine ; les câbles concentriques sont placés dans des conduites en bois. goudronné posées dans le sol. Le réseau secondaire de de distribution est aérien et à 3 fils ; il est formé par des câbles nus posés sur des isolateurs en porcelaine avec alimentation par feeders relias aux postes de transformateurs. Ces derniers ont été fournis par la Société l'Éclairage électrique et appartiennent au système Labour. Un tableau spécial de distribution à l’usine réunit tous les appareils nécessaires aux manœuvres et aux mesures. Le nombre de lampes souscrites dépasse actuellement 4000 et doit encore augmenter dans de grandes proportions. Le cas a été prévu et l’usine peut être agrandie et recevoir trois groupes Willans-Ferranti semblables à ceux dont nous avons parlé plus haut.
- INFORMATIONS
- —$$— L’emploi du chauffage électrique sur les voitures de tramways électriques est entré depuis quelque temps dans la pratique en Amérique, tandis que nos Compagnies en sont encore à faire des « essais » d’éclairage électrique des voitures. Actuellement, dit VElectrician, plus de 200 voitures des lignes américaines sont pourvues de chautfoirs électriques. On a fait des essais comparatifs du chauffage électrique et du chauffage au charbon, et les résultats ont été en faveur du premier mode. La dépense varie naturellement -avec le coût de l’énergie électrique, qui est très variable selon les localités. En moyenne, on peut toutefois compter sur une dépense de l,r,25 par jour et par voiture pour un chauffage des plus agréables. A Aiagara FaHs, la Compagnie de tramways emploie 58 chauf-foirs sur ses voitures, dont l’alimentation ne lui revient pas à plus de 4 francs environ, soit à environ 90 centimes par voiture et par jour. Le chauffage au charbon, beaucoup moins commode, ne revient qu’à 25 centimes moins cher. Pendant l’hiver dernier, une Compagnie de chauffage électrique a fait de nombreux essais sur les voitures, qui ont montré que ce mode de chauffage maintient la température très constante et en moyenne à une dizaine de degrés au-dessus de la température extérieure. Un ingénieur de la Compagnie de1 Atlantic Avenue Rai lut a y Company dit que par l’espace économise par la suppression du poêle à charbon et rendu disponible pour les voyageurs, on rachète le surcroît de dépense occasionné par le chauffage électrique.
- —d— M. Yiollette a reconnu que 1 centimètre cube de beurre, à la température de 100°, pèse de 0gr,86425 à 0*r,86820 ; que, pour la margarine, le poids d’un même volume varie de 0*r,85766 à 0gr,85865 et enfin, que la densité d’un mélange de beurre et de margarine est exactement proportionnelle à la moyenne des densités constituantes. Il a profité de cette remarque pour un classement préalable des beurres à analyser, qui peuvent ainsi être divisés en trois catégories : beurres sensiblement purs, beurres douteux et beurres certainement falsifiés. On comprend que cette opération préalable, qui n’exige pas de connaissances chimiques, facilite le travail des laboratoires r
- —$$— Le Jardin d’Acclimatation a reçu récemment une femelle de sanglier à pinceau.(chœropolamus) ou sanglier rouge d’Afrique. C’est un très bel animal dont le corps est couvert de poils fins et égaux. Il a une jolie barbe qui pend de chaque côté des joues. Le sacrum porte une raie blanche ; les pinceaux des oreilles sont blancs et un cercle jaunâtre entoure les yeux. Depuis quelque temps déjà le Jardin d’Acclimatation possédait un mâle de cette espèce aujourd’hui rare dans les collections.
- —Le tigre commencerait-il à se dégoûter de la chair humaine? On serait tenté de le croire en lisant la publication, par le gouvernement des Indes anglaises, de la liste des victimes de ces félins. En 1895, les tigres ont mangé beaucoup moins de gens que les années précédentes. Dans les districts de Chanda, de Hoshan-gabad et de Raipur, 59 personnes au lieu de 100, moyenne ordinaire, ont été dévorées; et, dans les provinces du centre, les tigres n’ont tué que 549 personnes au lieu de 637 l’an dernier. Par exem-
- fde, ils se sont rattrapés sur le bétail, et 5938 tètes de bétail au ieu de 4260 ont été la proie des princes du désert. Parmi les victimes humaines, la proportion est de 89 pour 100 de noirs et de 11 pour 100 de blancs.
- —@— Un botaniste bien connu, M. Saccardo, a fait récemment de curieuses recherches sur le nombre des plantes connues. Ce savant estime que le nombre des espèces de plantes connues actuellèment s’élève à 173 706, comprenant : 105 231 Phanérogames; 2819 Fougères; 565 autres Cryptogames vasculaires; 4609 Mousses; 3041 Hépatiques; 5600 Lichens; 39 603 Champignons; 12178 Algues. Il pense que le nombre total des champignons doit être de 250 000 environ, et celui des autres plantes de 135 000. M. Saccardo est mycologue, de là son appréciation; mais les autres spécialistes tendent volontiers aussi à penser que le nombre des plantes dont ils s’occupent est en réalité beaucoup plus grand encore.
- —— On sait que la peste règne avec intensité dans certaines régions de la Chine. Quand le Melbourne, arrivant d’Australie, a passé au lazaret de Hong-Kong, à l’ile Yerte, la peste faisait plus de 100 victimes par jour dans cette ville, en dépit des moyens. énergiques employés par les Anglais pour arrêter la propagation du fléau. Ainsi, quand un pestiféré meurt dans une maison, ils la font évacuer et la brûlent. Si une rue est contaminée sur plusieurs points, ils la font évacuer et la ferment aux deux extrémités.
- —$$— I,e Conseil municipal de Bruxelles a adopté, au commencement de cette année, le projet de M. Gillon, de Liège, relativement à l’établissement d’un chemin de fer funiculaire entre la ville haute et la ville basse, à Bruxelles. Le tunnel, établi en maçonnerie, aura 10 mètres de largeur et la traction des trains s’effectuera par un câble en acier. Chaque voiture pourra recevoir soixante personnes et se déplacera à la vitesse de 13 kilomètres à l’heure. La dépense totale d’installation est évaluée à 500 000 francs.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Communications. — M. Léon Blanchard, à Grenoble,
- nous adresse la description et la photographie d’un nouvel appareil microscopique qu’il a imaginé. Dans cet appareil, l’oculaire est supprimé, le champ est plus vaste, et, selon le développement du soufflet, on peut obtenir un fort grossissement avec de faibles numéros d’objectifs. L’appareil se compose de trois parties essentielles : sur le devant une chambre noire, un soufflet de chambre noire photographique et l’objectif. Le but de cet appareil, d’après notre correspondant, est de rendre moins pénibles et plus attrayantes les observations simples ou les études d’objets microscopiques.
- M. Sarcia, président de l’Association amicale des ingénieurs électriciens, à Paris, nous adresse le premier Bulletin de cette Société qui a pour but de réunir les personnes s’occupant, à des titres divers, des applications industrielles de l’électricité, en vue d’études communes et de relations confraternelles. Ce premier bulletin renferme une étude des plus intéressantes faite par une Commission, dont M. L. Solignac a été le rapporteur, sui le>s inconvénients résultant de l’établissement des usines au centre des villes et sur les remèdes à y apporter. La commission a successivement examiné la trépidation, le bruit, la fumée, la projection d’eau d’échappement, les évacuations à l’égout, les odeurs et la présence des chaudières. Ces études faites par des ingénieurs compétents auront une grande utilité et rendront de réels services.
- M. J. R. Plumandon, météorologiste à l’observafoire du Puv dé Dôme, à Clermont-Ferrand, nous envoie une brochure qui a pour titre : La marche des orages. Cette brochure est accompagnée de trois planches qui représentent graphiquement les directions observées.
- M. le Dr Marcel Baudoin, à Croix-de-Vie (Vendée), nous fait parvenir une intéressante étude sur l’Industrie de la sardine en Vendée. L’opuscule renferme 6 ligures dans le texte, et 5 planches hors texte; il se trouve aux bureaux de la Revue des sciences naturelles de l’Ouest, boulevard Saint-Germain, 14, à Paris.
- M. Ch. Janet, à Paris, nous adresse trois Notes relatives à ses études sur les fourmis, dont deux sont extraites du Bulletin de la Société zoologique de France pour l’année 1893. Elles ont pour titres : Nids artificiels en plâtre. Fondation d’une colonie par une femelle isolée. — Pelodera des glandes pharyngiennes de Formica rufa L. — Sur la morphologie du squelette des segments post-thoraciques chez les myrmi-cides (myrmica rubra L.). Cette dernière Note est extraite des Mémoires de la Société académique de l'Oise, tome XV, 1894.
- M. Ch. ùaudefroy, à Beaucamps-le-Vieux (Somme), à’propos de nos derniers articles de science pratique ayant pour titre : Ce qu’on peut faire avec une canne, (n° 1092 du 5 mai 1894, p. 503 et n° 1095 du 26 mai 1894, p. 415) nous fait connaître une autre application assez importante dans la région qu’il habite. Les menuisiers et charpentiers se servent d’une canne pour cuber les arbres sur pied aux ventes de bois, en mesurant la hauteur à l’aide de la canne et en prenant la grosseur moyenne. La canne employée est d'une longueur de un mètre; elle est pourvue à sa partie inférieure d’une pointe qui permet de la fixer en terre, et porte à sa partie supérieure une lame en fer, mobile autour d’une charnière, pouvant se replier dans une rainure creusée le long de la canne. Deux autres lames articulées empêchent la lame dont il a été question <le faire avec le plan horizontal un angle de plus de 45 degrés. Pour se servir de cette canne, il suffit de viser à la fois son sommet et le point extrême de l’objet dont on veut déterminer la hauteur, en ayant soin d’écarter la première lame pour former un angle de 45 degrés avec l’horizontale. La hauteur est donnée par la mesure de la distance du pied de l’objet à la canne, en ajoutant à cette hauteur, la longueur de la canne. Cette rela-
- tion est bien connue et est souvent utilisée en pratique; l’ap-pareil méritait néæmoms d’être mentionné.
- Renseignements. — M. C. M., k Gand. — Vous trouverez des rhéostats chez tons les constructeurs électriciens ; pour les transformateurs vous pourriez vous adresser à la Compagnie française pour l’exploitation des procédés Thomson-Houston, 27, rue de Londres, ou à la Société l'Eclairage électrique, 250, rue Lecourbe, à Paris.
- M. H. Leroy, à Nantes. — Cet appareil ne se fabrique plus. M. Terninck, à Bois-Bernard. — Ce système n’est pas sérieux et n’a jamais encore fonctionné ; il s’agit d’une invention qui n’a aucun sens.
- M. W. Blais, à Pont-Rousseau. — 1“ Il conviendrait, pour juger le procédé, de connaître tous les résultats du mode de préparation dont parle l’auteur. — 2° Nous vous remercions de votre belle photographie, qui est fort bien réussie ; mais ces questions artistiques ne sont pas de notre compétence.
- M. Domingo Lagomasino, à Remedios (Cuba). — Machines-dynamos pour éclairage électrique : MM. Sautter-Harlé et Cie, 26, avenue de Suffren ; Société Gramme, 52, rue Saint-Georges ; M. Hillairet, 22, rue Vicq-d’Azir, à Paris.
- M. Rieder, au Gachet, par Celignv (Suisse). — L’emploi du sulfate de fer agissant comme désinfectant est très efficace.
- M. G. T., à Vouziers. — 1° 11 existe un grand nombre de machines à faire la glace ; nous en avons décrit quelques modèles dans les Petites Inventions. — 2° On a déjà essayé souvent d’utiliser la chaleur solaire comme source de force motrice, mais sans grand succès ; nous vous citerons cependant les applications faites par M. Tellier à l’élévation des eaux ; voyez la table des matières des dix dernières années 1885—1892^ à la librairie G. Masson.
- M. M. B., à Bellevue. — Les machines à écrire vraiment pratiques coûtent toujours cher, 500 francs environ. Nous avons cependant décrit un modèle bon marché et satisfaisant dans les Petites Inventions du n° 1079 du 3 février 1894.
- M. l’abbé B., à Albi. — Adressez-vous directement à la maison Ducretet, 75, rue Claude-Bernard, à Paris.
- M. R. Lipseani, à Bucarest. — 1° Ces eaux n’ont qu’une odeur sulfureuse très faible. — 2° Le lac est peuplé de carpes, de tanches et de brochets.
- M. Martinet, à Lyon. — Une dissolution aqueuse de violet d’aniline pourra vous convenir.
- M. K. Callebant, à Termande. — Voyez le chapitre relatif aux glacières dans le traité du chauffage "de Joly, à la librairie Baudry, à Paris.
- M. E. D. X., à Paris. — 1° Vous trouverez ces appareils chez MM. L. Berville, 25, rue de la Chaussée d’Antin, et chez M. Cabasson, 29, rue Joubert. — 2° La librairie Dunod a publié plusieurs traités sur ces questions.
- M. R. Desaungl, à Nantes. — Le siphon élévateur a été décrit dans le n° 989 de La Nature, du 14 mai 1892, p. 369 ; le constructeur est M. Lemichel, 52, rue Lourmel, à Paris M. E. Mouze, à Donchery. — Il faut recharger les vases poreux avec un mélange de charbon de cornue et de bioxyde de manganèse.
- M. A. Waille, à Richelieu. — II existe plusieurs ouvrages dans l’Encyclopédie scientifique des Aide-Mémoire, publiée sous la direction de M. Léauté, à la librairie G. Masson, à Paris.
- M. G. Deridder, à Bruxelles. — Consultez Le traité pratique de zincographie de M. V. Roux; Gauthier-Villars et fils éditeurs, à Paris.
- Questions. — N° 1539. — M. Antonio Ferraz Costa, à Italiba, San Paulo (Brésil), désire connaître les • substances diverses dont se compose la peinture qui sert à imperméabiliser les toiles avec lesquelles on couvre les wagons de chemins de fer. La couleur ordinaire de cette peinture est jaune d’ocre.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. H. de Beau-lieu, à Beslé. Cette fabrication n’a pas été décrite. — M. Derosne, à Ollans. Remerciements pour votre lettre. Il n’y a pas lieu, croyons-nous, de revenir sur le sujet. — M. A. B., à B.*L. G. Nous n’avons pas d’autres renseignements que ceux qui ont été publiés. —M. Béguin, à Soissons. Nous regrettons de ne pouvoir nous occuper de ces questions qui sont en dehors de notre compétence. — M. J. Dc-conaé, à Soignies. Le procédé pour l’argenture du verre est donné dans les Recettes et procédés utiles, lre série, 7e édition, p. 244, à la librairie G. Masson. — M. B. A. Hadfield, à Sheffield; M. B. Tuyet, à Barcelone ; M. Rodrigue, à Bruxelles. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES MENTIONS1
- Le Zanzibar portatif. — A l’encontre de certains zan-zibars ou jeux de hasard de proportions colossales et gigantesques-, le Zanzibar que nous allons décrire est de dimension très réduite, minuscule. Le petit appareil peut être logé dans une poche quelconque, comme une boîte de pastilles. Voici quelques détails sur sa construction et son mécanisme : supposez une boîte circulaire de 15 millimètres de hauteur sur 60 millimètres de diamètre. Le dessus du couvercle laisse voir ti'ois ouvertures, dont deux presque centrales et juxtaposées dans lesquelles apparaissent les chiffres amenés par le caprice du hasard ou
- Zanzibar de poche pour les jeux de hasard.
- plutôt par le caprice de deux petites roues mises en mouvement. A l’intérieur de la boîte, ces deux roues tournent sur pivot dans l’épaisseur du couvercle d’une part et dans une bande support à l’intérieur. Chacune d’elles porte en dessous un pignon denté : leur mise en mouvement a lieu au moyen d’une pièce à deux branches formant ressort dont les deux extrémités s’engagent dans les dents des deux pignons. Cette pièce se termine par une petite saillie logée dans la troisième ouverture rectangulaire que l’on aperçoit sur le couvercle de la boîte. 11 suffit, pour se servir de ce Zanzibar et consulter •la chance, de pousser vivement avec le doigt, dans n’importe quel sens, la pièce de tirage qui fait saillie au dehors, les deux roues sont aussitôt mises en mouvement et ne s’arrêtent qu’en amenant un chiffre quelconque en regard des deux ouvertures centrales. — Se trouve chez M. Wolter, 9 bis, passage Kuszner, à Paris.
- Passe-thé et filtre à café. — Le nouveau modèle de passe-thé anglais que nous allons faire connaître sert à passer le thé ; il peut s’appliquer également au café. Les amateurs qui veulent faire le café à la turque, par exemple, ou en préparer en voyage, en campagne, peuvent obtenir, avec cet appareil, un
- Passe-thé et filtre à café. — A. Vue de l’appareil en fonction. — B. Détails du système : 1. Tamis métallique. — 2 Bec verseur. — 3. Enveloppe du récipient. — 4. Place réservée au feutre ou au papier à filtrer. — 5. Clef de serrage des grillés d’inclinaison. — 6. Grillés prenant le bec de la cafetière ou théière.
- café excellent sans aucun filtre spécial. Il suffit de verser le eafé en poudre directement dans la cafetière, d’y verser la quantité nécessaire d’eau bouillante; après quelques minutes d’attente on adapte le petit filtre et l’on n’a plus qu’à verser directement dans la Tasse. Si, par hasard, on employait du thé en poudre, comme on s'’en sert beaucoup en ce moment, ou que le café soit moulu très fin, il a été réservé un espace intérieur entre le filtre métallique et le bec verseur : on y passe un
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles'scientifiques est étrangère aux annonce*.
- petit morceau de toile blanche très fine, ou une rondelle de feutre ou même de papier à filtrer; on obtient ainsi une liqueur très pure ayant conservé toutes ses qualités aromatiques, en supprimant les transvasements. — Se trouve chez M. Mathieu, 2, Faubourg-Poissonnière, à Paris.
- Billard de poche. —- Le billard de poche, dont nous donnons ci-dessous l’aspect, est composé d’une boîte en verre blanc ou vert. A l’intérieur, hermétiquement enfermées, se trouvent la queue sphérique formée d’un globule de mercure et les billes ui sont des disques en carton de quatre couleurs; Le but est e faire entrer les quatre disques dans les quatre poches à
- Billard de poche.
- l’aide du globule de mercure que l’on fait rouler. Il ne faut laisser entrer aucune partie de mercure dans la poche, ce qui exige beaucoup d’adresse et offre un sujet d’amusement. — Le billard de poche se trouve chez M. A. Clavel, 36, rue de DunL kerque, à Paris.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Une carte à menu originale. — Les maisons de campagne où l’on s’en va, à certains moments de l’année, goûter lè calme des champs avec un repos bien gagné, n*ont pas toujours le confort et l’agréable auxquels on est habitué à la ville, et l’om est souvent obligé de faire un petit effort d’imagination pour suppléer à certains détails dont on ne peut que constater l’absence au dernier moment. Voici par exemple, pour la maîtresse de maison qui aurait oublié de se procurer des cartes à menu, un moyen aussi gracieux qu’original d’y suppléer. Dans une feuille de carte blanche, on découpe un nombre de cartes égal à celui des invités, et dans chaque carte, portant dans l’angle deux incisions faites aux ciseaux ou au canif, on passe une petite rose de mai ou une rose à mille feuilles, ou à défaut, toute autre fleur — violettes, pensées — de petites dimensions.
- Alliage d’or et d'aluminium. — Pendant une série d’expériences pour le Comité des recherches d’alliages de la « Rovâl Society of Arts » d’Angleterre, le capitaine Hunt a fait tout récemment une découverte qui sera utilisée très probablement dans la fabrication de la monnaie. Son alliage comporte 78 d’or pour 22 d’aluminium; ce sont d’ailleurs les seules proportions en lesquelles les deux métaux s’allient parfaitement. Le produit est, d’après ce qu’on dit, d’une belle couleur pourpre, avec reflets de rubis, et ne peut être imité.
- - BIBLIOGRAPHIE
- La miniature photographique. Procédé supprimant le ponçage, le collage, le transparent, les verres bombés et tout le matériel ordinaire de la photo-miniature, par Van Karl. 1 vol. in-18 de la Bibliothèque photographique. — Paris, Gauthier-Villars et fils, imprimeurs-libraires, 1894.
- Les questions agricoles d’hier et d’aujourd’hui. Chronique agricole du Journal des Débats par M. Daniel Zolla, professeur à l’École libre des sciences politiques, Première série. 1 vol. in-18. Paris, Félix Alcan éditeur, 1894. Prix : 3 fr.50.
- Bulletin de la Société de l’industrie minérale publié sous la direction du conseil d’administration. Troisième série. Tome VIII. lre livraison, 1894, avec atlas. Saint-Étienne, au siège de la Société.
- Annuaire géologique universel. Revue de géologie et de paléontologie, dirigée par le Dr L. Carez, pour la partie géologique, et -M. II. Douvillé, pour la partie paléontologique,.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- avec le concours de nombreux géologues français et étrangers, fondé par le Dr Dagixcourt. Année 1892. Tome IX. 1er, 2e, 5e et 4° fascicule, 4 vol. in-8°. — Paris, Comptoir géologique de Paris.
- En Amérique. Souvenirs de voyage et notes scientifiques, par Henry de Varight, 1 vol. in-18. — Paris, G. Masson, éditeur.
- La photographie en montagne, par E. Trutat, président de la Société photographique de Toulouse. 1 vol. in-18 de la Bibliothèque photographique. — Paris, Gauthier-Villars et fils, imprimeurs-libraires, 1894.
- Formulaire aide-mémoire du photographe, publié sous la direction de M. Gaston-Henri Niewenglowski, président de la Société des amateurs photographes. 1 vol. in-18 de la Bibliothèque générale de photographie. — Paris, Société d’éditions scientifiques. Prix broché, 2 fr. 50; relié, 3 francs.
- Psychologie des grands calculateurs et joueurs d’échecs', par Alfred Binet, directeur adjoint du Laboratoire de psychologie physiologique des Hautes Etudes à la Sorbonne. 1 vol. in-16. — Paris, librairie Hachette et Cie, 1894. Prix : 3 fr. 50.
- Les débuts de l'anthropologie et de l'anatomie humaine au Jardin des plantes, par E.-T. IIamy. 1 brochure in-8°. — Paris, G. Masson, éditeur, 1894.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Kenou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS A 7 HEURES DD MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 23 juillet. . . 22*,0 S. S. W. 3. Nuageux. 0,0 Nuageux; tonnerre de 12 à 15 h. avec un peu de pluie.
- Mardi 24 19*,3 S. E. Ô Presque couvert. 0,5 Très nuageux jusqu’à 14 h. ; couvert ensuite ; tonnerre à 13-14 heures; quelques averses.
- Mercredi 23 18*,0 S. 1. Couvert. 1,2 Presque couvert jusqu’à 11 h.; nuageux ensuite ; un peu de pluie le matin.
- Jeudi 26 16*,1 S. S. W. 2. Couvert. 0,3 Très nuageux ; quelquefois des gouttes ; forte averse à 14 b. un quart.
- Vendredi 27. .... 15°,9 S. 1. Beau. 0,5 Reau jusqu’à 9 h.; très nuageux ensuite.
- Samedi 28 17*,9 N. 0. Nuageux. 0,0 Peu nuageux ; éclairs à 22 h.
- Dimanche 29 ... . 20”, 3 A. E. 1. Nuageux. 0,0 Tr. nuag.; éclairs à 1 b.; tonn. de 13 h. 40 à 14 h. 20 et de 18 à 20 h ; pl. à 14 b., à 18 h. 1/2 et à 23 b. 1/2.
- JUILLET 1894 -- SEMAINE DD LUNDI 23 AD DIMANCHE 29 JUILLET
- La courbe supérieure indique la nébulosité de O a 10; les fléchés inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques fbaromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomèlni à. l'abri à boule mouillée.%
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Orages en France. — La journée du 23 juillet a été signalée par un grand nombre d’orages qui ont eu lieu sur divers points de la France. A Dunkerque, pendant plusieurs heures, le tonnerre n'a cessé de gronder et la pluie de tomber à torrents A Bourbourç-Campagne, un ouvrier qui traversait un champ a été tué par la foudre. Le même jour, dans l’après-midi, un violent orage a éclaté sur la ville de Dieppe. Il a duré près de trois heures, avec accompagnement d’éclairs et de tonnerre. Des caves ont été iuondées. Plusieurs orages se sont succédé sur la région d’Honlleur en y déversant de grandes quantités d’eau. La foudre est tombée en différents endroits. Les environs de Valenciennes ont été particulièrement éprouvés par le tonnerre qui est tombé eu divers points : au hameau de Saint-Roch, une vache a été foudroyée; à Saint-Saulve, un moulin à vent a été incendié par la foudre ; à Estreux, une meule de foin a été brûlée: à Fresnes, un bâtiment eii construction a été fortement endommagé; à Anzin, M. Calonne a été blessé par une pièce de bois projetée d’un plafond par la foudre; à Vieux-Conaé, M. Jules Réal a été tué par la foudre au milieu de ses camarades en allant au travail. — Dans la nuit de dimanche 22 juillet, au lundi 23 un véritable cyclone s’est abattu sur la ville de Lourdes et les environs. Le vent, d’une violence inouïe, a ravagé les champs. Les mais ont été coupés à ras de tige ou arrachés, les arbres
- fruitiers ont perdu tous leurs fruits, le sol a été jonché d'ardoises arrachées des toits. La récolte est gravement compromise. — A Tours, également le 23 juillet, la foudre et la grêle ont causé beaucoup de dégâts. A Riva-rennes, la vigne et le chanvre ont beaucoup souffert; à Beaumont-en-Véron, la foudre a incendié une grange appartenant à M. Rolland, causant pour 4000 francs de dégâts; à Monts, beaucoup d’arbres ont été brisés ; à Fondettes, une grange a été brûlée; à Vouvray, la maison de M. Moricet a été complètement détruite par la foudre. — On signalait aussi un grand orage à Agen le 23 juillet vers 8 heures du soir. Pendant près d’une heure les éclairs ont fait rage, accompagnés de grands coups de tonnerre, tandis que la pluie tombait abondamment et que le vent d’ouest soufflait avec violence. Les orages que nous signalons pour la date du 23 juillet n’ont pas été particuliers à quelques régions, mais se sont étendus à un rand nombre de communes en diverses contrées. Dans les environs de eus, un violent orage, venant du Loiret, a passé sur les communes de Villegardin, Jouy, Montacher, Saint-Yalérien, Dollot, Clxaumont-sur-Yonne, causant des dommages importants aux récoltes soit par la grêle, soit par le vent. A Montacher et à Dollot la bourrasque a été si violente que de gros arbres ont été déracinés. Une grange de 25 mètres de longueur a àfé emportée par le vent. On a eu également à subir de grands orages à Châ-tellerault, Niort, Arras, Savigny, Rigny et Cahors.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 25, à 9 b. 16 m. du soir.
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- I MSupplément à « LA NATURE » du // août /894 (n° 1106)
- —Publié sous la direction de M. GASTON TISSANDIER
- Réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction de la a Boîte aux lettres » doivent être adressées
- à M. Gaston Tissandier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- TODTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVIOB DU JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES A LA LIBRAIRIE O. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- LA SEMAINE
- Les coups de foudre. — Les orages ont été nombreux dans ces derniers temps. Nous avons pu recueillir quelques documents au sujet de coups de foudre nien observés; nous allons les enregistrer ici.
- M. Sieur, professeur au lycée de Niort, secrétaire de la Commission météorologique, nous écrit :
- « Dimanche 22 juillet, vers 11 heures du soir, la foudre est tombée sur une cheminée en tôle placée près le mur mitoyen des maisons portant les n0’ 58 et 60 de l’avenue de Paris, à Niort. Un lil de fer soutenant la cheminée a été coupé ou fondu en partie. Des tuiles ont été brisées et projetées dans la rue, le sommet du mur a été lézardé, une poutre de la toiture attenant audit mur mitoyen a été coupée. A un mètre environ de la cheminée se trouve une dalle. La décharge a suivi cette dernière ainsi que l’atteste l’érosion de la peinture enlevée en partie sur toute la longueur de la dalle. Quittant celle-ci, l’électricité a suivi le tuyau d’échappement des eaux jusqu’au sol. La distance ainsi parcourue est d’environ 30 mètres. En arrivant au bas du tuyau, la foudre avait quitté le corps conducteur (comme dans l’expérience mémorable de Richmann) et rebondi sur le sol de l’avenue sous forme d’un « globe de feu qui a éclaté avec fracas subitement, à la façon d'une bombe », C’est du moins ce qu’affirme un témoin oculaire, M. Lavergne, qui se trouvait à dix mètres à peine de l’endroit où la boule a fait explosion. Toutes les personnes de notre ville ont entendu un bruit d'une rare violence et sans roulement de tonnerre. Un craquement effroyable a fait croire un instant aux habitants des maisons 58-60 que tout était brisé dans leur toiture. Heureusement il n’v a eu aucun accident de personnes. Entre le tuyau et le gond, sur la façade extérieure du mur, on voit nettement le passage de l’étincelle et sa forme. J’ai pu faire photographier la ligne noire que tous les Niortais sont allés voir. Cette ligne rappelle absolument l’étincelle delà machine de Holtz : elle est sinueuse et profondément ramifiée. A mon avis on doit attribuer la teinte noire à une carbonisation de la peinture qui recouvre le mur, ou mieux à la formation d’un sulfure de plomb — Je vous laisse le soin de résoudre le problème. »
- Le 23 juillet un violent orage a eu lieu dans les régions du nord de la France. A Tournai, la foudre est tombée à plusieurs reprises et a tué deux ouvriers qui travaillaient dans une carrière; l’un d’eux a été littéralement décapité. Une jeune couturière de Kaint, atteinte également, est restée deux heures sans connaissance. La foudre a encore tué un ouvrier mineur à Vieux-Condé et paralysé un côté du corps de son compagnon de route. A Anzin, un ouvrier a eu un bras paralysé.
- INFORMATIONS
- —@— A la suite d’autorisations données par la municipalité, la Société nancéenne d’électricité va procéder à des essais d éclairage
- Îmblic. Ces essais, effectués rue et place Saint-Jean au moyen de ampes à arc, sont accueillis avec faveur par la population. Des régulateurs a arcs placés dans l’axe de la (haussée, à l’intersection des
- rues, sont portés par un système extensible dont les points d’attache sont fixés à la hauteur du deuxième étage des immeubles avoisinants ; place Saint-Jean, une lampe puissante est également suspendue entre deux supports en bois très élevés.
- —H— D’après L. Hœpke, c’est à une lente oxydation, et au dégagement de chaleur qui en est la conséquence, qu’il faut attribuer l’inflammation spontanée des chargements de charbon. Le danger est d’autant plus grand que la surface exposée à l’air est plus considérable ; il est maximum avec lè poussier de charbon. On doit donc faire le chargement et l’arrimage de façon à éviter autant que possible l’émiettement de la cargaison sous l’influence des mouvements du navire. Les plus petits navires sont préférables pour les transports de charbon. L’auteur ne croit pas à la possibilité de l’inflammation spontanée des chargements de coton humide. Mais il peut se faire qu’une étincelle tombant accidentellement sur une balle s’y maintienne en ignition pendant des semaines et provoque ensuite l’incendie de la masse, que l’on attribue à tort à une inflammation spontanée. Le coton graS, au contraire, s’enflamme très facilement spontanément. U en est de même du lin, du jute, des étoupes; les tas de foin, les balles de tabac et de .houblon sont aussi sujets à l’inflammation spontanée.
- —@— On ne saurait se douter de la richesse du gibier en Autriche. Un journal de chasse autrichien, le Jagdschulz Verein de Vienne, donne l’énumération des pièces tuées chez quelques grands propriétaires; nous en reproduisons l’énumération suivante : sur les domaines du prince Staremberg, dans la haute et basse Autriche, il a été tué pendant la saison 1893 : 37 cerfs, 485 chevreuils, 118 chevrettes, 2 moutons sauvages, 2091 lièvres, 51 grands tétras, 21 petits tétras, 188 cailles, 37 pigeons ramiers, 1 coq d’Inde sauvage, 202 faisans, 16 bécasses, 2259 perdrix, 26 gélinottes, 104 lapins, 68 canards sauvages, 94 canards, 42 martres, 56 putois, 5 loutres, 29 blaireaux, 125 chats sauvages, 31 chiens sauvages, 44 belettes, 660 écureuils, 11 hérissons, 194 vautours et éperviers, 1869 corneilles et pies, 245 sittelles, 113 émerillons, 2 merles d’eau et 5 hérons cendrés; soit en tout 9482 pièces de gibier. Chez le comte Erdodv, le nombre de pièces de gibier abattu a dépassé 15000!
- —®— Lorsqu’on a parlé de surmenage intellectuel et qu'on s’en est pris aux programmes d’études et aux exercices des écoliers dans les collèges, on s’est peut-être trompé et sur le fait lui-même et sur sa cause. La principale cause de surmenage paraît résider dans la préparation aux concours et à la manière dont ces concours sont organisés à l’entrée de certaines écoles et de certaines carrières. Ils font chaque année des victimes. Ainsi, dans celui d'agrégation pour l’histoire et la géographie qui a eu lieu cette année à la Faculté, un des concurrents dont le succès était plus que probable s’est alité après la première épreuve, il arrivait fourbu par un travail excessif. Un autre a été pris de vertige au moment où il allait faire sa leçon probatoire et il a été obligé de se retirer.
- —H— Notre savant collaborateur M. Filhol, docteur ès sciences, docteur en médecine, lauréat de l’Institut, sous-directeur du Laboratoire de zoologie anatomique et physiologique de l’Ecole pratique des Hautes Etudes, vient d’être nommé professeur d’anatomie comparée au Muséum d’histoire naturelle, en remplacement de M. Pou-ehet, décédé.
- —M. le Dr Cartaz, dont nos lecteurs ont souvent apprécié les articles dans La Nature, a reçu la croix de chevalier de la Légion d’honneur à la dernière promotion, qui a été récemment publiée dans le Journal officiel.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le matelas électro-thermogénique est fabriqué par Bartholomen Stow et C°, 57, Michigan avenue, à Chicago.
- Communications. — M. le directeur du Journal The Electrical Engineer, à New-York, nous adresse trois séries de Notices relatives à l’étude de l’électricité, et qui ont pour titre général ; Electrical Engineering Leaflets, by Prof. E. J. Houston and A. E. Kennely, et pour sous-titres : Electrical Effecls, Electromotive force, Electric Résistance. Ces brochures se trouvent au siège du Journal, 205, Broadway, à New-York.
- M. Pierre Marty, à Caillac (Cantal), nous écrit une lettre intéressante à laquelle nous empruntons les passages suivants : « Le très intéressant article La dynamite dans l'antiquité, paru dans le numéro du 21 juillet, de La Nature, me remémore une observation personnelle qui confirme de tous points la thèse de M. le colonel Ilennebert lorsqu’il dit que « carriers et mineurs antiques avaient coutume de recourir à l’action de la flamme pour ameublir les terres fortes, désagréger et friabiliser les roches ». Au confluent des vallées de la Gère et de la Jordane, en aval d’Aurillac, s’ouvre la vaste plaine d’Ar-pajon, qu’encadrent, au sud et à l’ouest, des collines cristallo-phylliennes ; au nord et à l’est, des collines argileuses, marneuses et calcaires, oligocènes, recouvertes elles-mêmes d’un tuf volcanique pliocène. La surface de la plaine d’Arpajon est constituée par une terrasse, épaisse de 10 mètres, de cailloux roulés, d’où MM. Ranus et Boule ont exhumé des silex de type de Saint-Acheul. Cette terrasse fut, pendant la seconde moitié du troisième siècle, le siège d’une importante localité gallo-romaine, probablement même le siège d’une colonie. On y a exhumé, en 1610, le sépulcre d’un certain Constantius Nobilis, tué « Cum guerra esset d’Arpoios et de Aureliaco » dit un titre de 1180. L’exploitation du ballast atteint aujourd’hui la zone des jardins du Pagus gallo-romain. Chacun de ces jardins possédait un puits, que coupe jusqu’àla base la tranchée d’exploitation. Or, ces puits, qu’il était très difficile de construire dans une nappe de cailloux roulés, sont tous bâtis en pierre sèche. Leurs matériaux sont empruntés aux bancs de calcaire des environs. Ce sont des blocs de silex blond, qui, tous, présentent le noircissement et les écaillures résultant de l'action du feu. Cette observation confirme donc de tous points, comme je le disais plus haut, la thèse de M. Ilennebert. d'ailleurs, dans les puits néolithiques, pour l’extraction du silex, explorés par MM. Boule, Cartailhac et Chibret, au Mur-de-Barrez, près d’Aurillac, l’usage du feu pour l’éclatement de la roche convoitée est indiscutable. Je possède, en outre, un échantillon de Solutré, où son intervention est manifeste. On a même été jusqu’à la voir sur les silex de Thenav, recueillis jadis par l’abbé Bourgeois ».
- M. Gotendorf, à Maisons-Laffitte, nous envoie l’extrait d’un journal allemand dans lequel il est dit que la Chambre de justice de Prusse a pris la décision d’infliger une peine à toute personne qui pénétrerait dans une foret avec du feu non garanti extérieurement ou une lumière. Les cigares, cigarettes et pipes ouvertes seront considérés comme source de feu non garanti et seront soumis aux dispositions précédentes. Il sera donc défendu de fumer dans une forêt pendant toute l’année. Les ordonnances de police qui interdisaient de fumer dans une forêt pendant la saison sèche deviennent désormais inutiles. La mesure a pour but d’éviter les incendies si déplorables de forêts dus à des imprudences de fumeurs; mais nous la trouvons vraiment bien rigoureuse.
- Renseignements. — M. Grillet, à Nantua. — Aluminium pour fonte de pièces : MM. Bernard frères, 9, rue Edouard-üetaille et Société électrométallurgique, 41, rue Notre-Dame-de-Lorette, à Paris.
- M. A. Sadoch, à Constantinople. — L’appareil dont vous parlez fonctionne bien et donne de bons résultats.
- M. E. Roulet, à Toulon. —Il s’agit d’un verre trempé; nous avons déjà mentionné plusieurs faits analogues.
- M. L. 0., à Tonnay. — A l'époque où nous l’avons décrit, le calculateur mécanique de M. Troncet était en dépôt à la librairie Larousse, 19, rue du Montparnasse, à Paris.
- M. G. Loiselle, à Paris. — 1° Les résultats ne seraient pas satisfaisants. — 2° L’article sur la manière de faire une lanterne de projection à l’aide d’un appareil photographique a paru dans le n° 1011 du 15 octobre 1892, p. 517.
- M. G. Coste, à Montpellier. — Machine à glace Carré, 19, rue de l’Estrapade, à Paris
- M. F. Lachnitt, à Paris. — 1° Le corps de l’allumette-bougie est formé par des mèches de coton trempées dans de la cire fondue. Il porte une pâte au chlorate de potasse, et le frottoir de la boîte est constitué par une pâte au phosphore rouge ou amorphe. On a également fabriqué des allumettes avec un mélange de chromate et de chlorate de potasse, de peroxyde de plomb, de sulfure d’antimoine, de pierre ponce ou de verre pilé, de gomme et d’eau. — 2° Il faut vous adresser directement à l'Office de publicité, 9, rue de Fleurus.
- M. Seynave-Dubocage, à Roubaix. — Nous publions plus loin une recette qui vous donnera satisfaction.
- M. P. Bouillot, à, Saint-Léger. — La puissance de 30 watts est bien faible pour une dynamo; nous ne pensons pas que vous en trouviez, adressez-vous cependant à la Société Gramme, 52, rue Saint Georges, à Paris.
- M. A. Rey, à Caudéran-Ies-Bordeaux. — Moteurs à air comprimé : MM. Piguet etCio, constructeurs, 25, rue de Saint-Cvr, à Lyon.
- M. A. Cardot, à Alger. — Cet appareil nous est connu et a été décrit dans La Nature ; voyez le n“ 108, du 26 juin 1875, p. 49.
- M. E. B. L., à Paris. — L’adresse de l’inventeur était autrefois 7, rue Laborde.
- M. H. A., à Blainvilliers. — 1° M. Witz, ingénieur à Lille, est très compétent en matière de moteurs à gaz. — 2° Agences de brevets : M. Armengaud aîné, 21, boulevard Poissonnière, et maison Barrault, II. Josse successeur, 58 bis, rue de la Chaussée d’Antin, à Paris.
- M. L. G. Mirabel, à Bundaberg (Queensland). — Ce système n’a pas été employé en pratique par suite de la mort de l’inventeur.
- M. Ch. Gaudefroy, à Beaucamps-le-Yieux. — Il existe un grand nombre de désincrustants, mais il en est fort peu qui donnent de bons résultats si l’on ne veut pas détériorer l’intérieur des chaudières ; voyez la Note que nous avons publiée sur les désincrustants dans le n° 1097 <’u 9 juin 1894, p. 50.
- M. J. B., à Paris. — 1° Les positions du Soleil, de Mercure et de Vénus sont données pour midi ; celles des autres planètes pour minuit. — 2° Vous pourriez encore, peu après le coucher du soleil, observer Saturne et ses anneaux à l’aide de votre télescope.
- M. F. M. A., à Mettray. — Veuillez vous adressez directement à M. Cornélius Knudsen, à Copenhague.
- Un lecteur, à Paris. — Consultez Éclairage au gaz, par Magnier, dans la collection des manuels Roret.
- M. le 1)T Iglesias, à Vera-Cruz. — 1° Voyez à la Librairie agricole de la Maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris. — 2° Consultez les Recettes et procédés utiles, 2e série. (G. Masson, éditeur.)
- Un abonné, à Thann. — Nous avons annoncé, dans la bibliographie du n“ 1101, du 7 juillet 1894, un ouvrage de M. le Dr Scverin Icard sur ces questions, édité par la librairie Félix Alcan; voyez aussi à la librairie 0. Doin, 8, place de l’Odéon, à Paris.
- M. le comte Aguado, à Compiègne. — Ecrivez à M. Sivan (Acacias), Genève (Suisse).
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. R. L. R., à Paris. Nous n’avons pas d’autre moyen à vous indiquer. — M. Morin, à Reims. Il faudrait faire des expériences pour pouvoir vous répondre. — M. Gilbert, à Orléans. II y a lieu de démonter l'accumulateur et de le nettoyer; voyez un électricien. — M. Dion, à Paris. Les connexions des fils inducteurs doivent être inversées. — M. A. Gauthier, à Paris; Un lecteur, à Troyes; M. A- Couesnon, à Gou-lommiers; M. J. Beaulieu, à Levis. Voyez les Recettes et procédés utiles, lre série. (G. Masson, éditeur.) — M. E. R. Moon, à Londres. Regrets de ne pouvoir vous renseigner ; nous ne pouvons déebilfrer votre écriture. — M. H. Klein, à Lisbonne. Pas d’adresse spéciale à vous indiquer. —M. G. M., à Clermont-Ferrand. Il faudrait essayer à plusieurs reprises l’action de l'essence ou de l’huile.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la* livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Couteau et ciseau de poche. — La grande commodité du couteau représenté dans le n° 1 de la figure ci-dessous con-
- Couteau et ciseaux de poche. — 1. Couteau ouvert. — A. Fermé.
- 2. Ciseaux ouverts. — B. Fermés.
- siste à faire sortir la laine du manche automatiquement d’une seule main et sans le secours des ongles. Il suffit pour cela de le tenir la tète en bas et de faire pression avec le pouce en tirant à soi sur la molette à ressort de la figure A : agir de même en tenant le couteau la tète en haut pour faire rentrer la lame. Le manche de ce couteau est en buffle quadrillé et la carcasse en bronze d’aluminium afin d’éviter la rouille. — Cet instrument se trouve chez M. Mathieu, 2, Faubourg-Poissonnière. — Le n° 2 de la figure est une paire de ciseaux qui se manie au moyen de deux tiges flexibles. Ces ciseaux se replient comme le montre le dessin B, et peuvent tenir dans la poche sans rien déchirer. — Les ciseaux pliants sont en vente chez M. Renaut (Comptoir des spécialités brevetées), 86, Faubourg-Saint-Denis, à Paris.
- Boite & fermoir secret. — Voici une petite boîte à bonbons, ou pastilles, en métal. Je la présente fermée à quelqu’un, et je lui dis : « Ouvrez cette boîte, elle contient des pastilles ». Mais l’infortuné auquel cette boîte a été présentée, ne trouve ni fermoir, ni bouton à pousser, ni charnière à faire travailler. Impossible de l’ouvrir. Voici le secret de la boîte. Il suffit de la serrer sur un des côtés en appuyant le pouce comme l’indique le n° 2 de notre gravure. Le couvercle, par l’action de
- Boîtes à fermoir secret.
- 1. Pour gomme à effacer.— N* 2. Pour bonbons on pour allumettes.
- l’élasticité du métal, se lève aussitôt. Cette boite peut servir aussi pour contenir des allumettes-bougies. Le n° 1 représente une intéressante application de ce mode de fermeture. C’est une boîte cannelée, elle renferme une gomme à effacer, qui s’y trouve emprisonnée. Pineez le bord de cette boîte, la gomme pivote autour d’un axe métallique sur lequel elle est montée, et pour s’en servir à effacer le crayon, la boîte à laquelle elle adhère sert de support solide, où la main a beaucoup de prise. La gomme ainsi enfermée ne se couvre pas de poussière et reste toujours propre. — Ces objets se trouvent au Comptoir des spécialités brevetées (M. Renaut); l’adresse est donnée ci-dessus.
- Pistolet lance-parfums. — Cet ingénieux petit pistolet est un jouet à surprise; placé sur une étagère, cheminée, meuble quelconque, il intrigue les amis ou visiteurs ; lorsqu’on
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifique* est étrangère aux annonce».
- presse la détente, au lieu d’entendre une détonation, on lance un jet de parfum ou même de l’eau, qui peut être dirigée sur un ami ; la construction intérieure est simple : à l’extrémité de la détente (5) sont fixées deux tiges plates mobiles (3) qui, par la pression du doigt, viennent appuyer sur deux tubes de caout-
- Pistolet lance-partums.
- chouc (2) et ceux-ci chassent le liquide dans la tige vaporisatrice. Pour charger l’arme on dévisse le tube vaporisateur (6) et on verse le liquide dans le tube ou canon du revolver; une fois rempli, on revisse le tube et l’arme est chargée. — Cet objet se trouve chez M. Mathieu, 2, Faubourg-Poissonnière, à Paris.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Engrais pour plantes d'appartement1. — Ces pauvres plantes d’appartement ! Elles qui réjouissent nos yeux, égayent nos maisons, nous les laissons mourir d’inanition. Pour prix de leurs services, nous leur donnons un peu de terre qui souvent a déjà servi et, pour les rafraîchir, nous ne leur offrons qu’un peu d’eau. Aussi, malgré tous leurs efforts pour vivre, ces malheureuses plantes dépérissent, se flétrissent et enfin meurent; on a beau les arroser avec soin, laver leurs feuilles, élaguer les rameaux détruits, elles finissent toujours par trépasser. N’y a-t-il donc pas moyen de parer à ce triste événement? Les notions les plus élémentaires de la physiologie indiquent tout de suite où est le mal. Une plante ne se nourrit pas seulement de l’air du temps et de l’eau du sol ; il lui faut d’autres éléments, de l’azote, du phosphore, de la potasse, etc. Evidemment, elle ne peut puiser ces matériaux que dans la terre du pot qui la contient, maigre pitance qu’elle ne tarde pas à avoir absorbée et, quand cette nourriture disparaît, la plante dépérit. D’où comme conclusion : si vous voulez que le végétal se porte bien, donnez-lui à manger. Certains amateurs d’horticulture en chambre arrivent à ce résultat en dépotant la plante et en remplaçant la terre. Mais cela exige une série de manipulations désagréables et même difficultueuses. Aussi a-t-on songé à appliquer aux plantes d’appartement l’emploi des engrais chimiques qui ont si bien réussi dans la grande culture. Mais la question n’est pas aussi simple à résoudre qu’il y paraît au premier abord, car l’espace dont on dispose est, en somme, très restreint : il nous faut donc employer un engrais qui ne présente aucune partie inutile, encombrante, une quintessence d’engrais, en quelque sorte. M. Wagner, depuis quelques années, poursuit avec ardeur des recherches dans ce sens; voici la formule à laquelle ses nombreux essais l’ont amené.
- Nitrate de potasse........... 45 grammes.
- Nitrate d’ammoniaque.... 30 —
- Phosphate d’ammoniaque. . . 25 —
- Tod —
- Ce mélange donne les 19 parties de potasse, les 17 parties d’azote et les 12 parties d’acide phosphorique indispensables à la vie du végétal. Quant à la -quantité à employer à chaque fumure, elle est donnée par le tableau empirique suivant, basé sur le volume approximatif de la terre.
- Diamètre supérieur du pot. 10 centimètres.
- 12 —
- 15 —
- 20 —
- 24 —
- Poids du mélange. 1/2 grammes.
- 1 —
- 2 ________
- 4 —
- 8 —
- On répand cette quantité à la surface de la terre et on l’arrose lentement, de manière à ce que l’eau ait le temps de la dissoudre et d’en imprégner la terre. Cette opération ne doit se pratiquer que pendant la vie active de la plante, c’est-à-dire
- 1 Voy. l’article Engrais chimiques employés à la culture des fleurs. n° 901, du 6 septembre 1890, p. 211.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- du mois d’avril au mois de septembre. On la répète toutes les trois semaines pour les plantes à végétation rapide, comme les fuchsias et les hortensias, et tous les mois, ou même tous les deux mois, pour les plantes à croissance lente, comme les palmiers et autres plantes vertes. D’ailleurs, même avec très peu d’habitude, on se rend compte, à la couleur, à l’abondance du feuillage, à la quantité de fleurs, à l’aspect général, des besoins nutritifs de la plante. Henri Coupin.
- Emballage des clichés. — Qui n’a éprouvé la déception de voir arriver en mille morceaux de précieuses plaques expédiées au loin pour une raison ou pour une autre? Instruit par l’expérience, j’emploie depuis plusieurs années l’emballage suivant, il ne m’a jamais causé de mécomptes : 1° N’emballer ensemble que les plaques de formats semblables. 2° Pour chaque format,
- se procurer une boite de plaques vide, en carton (dimension des négatifs à emballer). 3° S’il s’agit d’un seul cliché, l’entourer de papier et le ficeler entre deux feuilles de carton de mêmes dimensions : s’il s’agit de plusieurs, les séparer par des morceaux de buvard et les envelopper dans un papier commun. 4° Placer le ou les clichés (quatre ou cinq, au maximum) dans la boîte en déposant au-dessous et au-dessus un matelas de fins copeaux d’emballage. Fermer la boîte et la ficeler en ayant soin que les deux couches de copeaux soient suffisantes pour former pression à l’intérieur et empêcher tout ballottement du contenu. 5° Noyer cette boîte dans une couche très épaisse des mêmes copeaux et enrouler le tout dans plusieurs épaisseurs de gros papier goudronné. Ficeler et mettre au chemin de fer. Quelle que- soit l’incurie des facteurs, je réponds de l’arrivée à bon port. Dr P, Bernard.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS A 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 30 juillet . . . 14*,3 S. S. W. 2. Couvert. 16,2 Couvert; pluie jusqu’à 9 h. et de 18 h. 1/2 à 19 h.
- Mardi M. ..... . 16*,7 W. N. W. 2. Nuageux. 0,8 Très nuageux jusqu’à 19 li.; puis peu nuageux; beau après 21 h
- Mercredi 1" août. . 14",8 S. 1. Quelques nuages. 0,0 Très peu nuageux jusqu’à 9 h. ; couvert ensuite; petite pluie de 17 h. 25 à 18 h. 10
- Jeudi 2 17",3 S. S. W. 2. Couvert. 0,0 Presque couvert; quelques averses.
- Vendredi 3 13", 9 S. W. 3 Couvert. 1,8 Très nuageux ; pluie de 21 h. 1/2 à 22 h.
- Samedi 4 13",5 S. W. 5. Beau. 0,5 Beau de 4 à 7 h.; très nuageux avant et après jusqu?à 14 h.; couvert ensuite.
- Dimanche 5 16",9 S. W. 3. Beau. 0,0 Couvert de 12 à 181i.; nuageux avant et après; pluie line à 13 h. et 17 h. 50.
- JUILLET-AOUT 1894 — SEMAINE DD LUNDI 50 JUILLET AU DIMANCHE 5 AOUT
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les /lèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer)', courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche-; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites au parc Saint-Maur en juillet 1894
- par M. E. Renou.
- Moyenne barométrique, à midi 757"“,02. Minimum le 11 à 2 h. 30 du matin, 738“”,00. Maximum le 1" à 8 heures du matin, 764“”,27.
- Moyennes thermométriques : des mininia 13°,37 ; des maxima 21°,42; du mois 18°,90; moyenne vraie des 24 heures, 18°,58. Minimum le 20 à 5 heures du matin, 10°,2. Maximum le 6 à 2 heures trois quarts de l’après-midi, 32°4.
- Tension moyenne de la vapeur 11““,02. La moindre le 8 à 4 heures du soir, 6““ 7. La plus forte le 23 à 4 h. du soir, 1““,4. Humidité relative moyenne, 72. La moindre le 1" à 3 heures du soir, 26. La plus grande 100 en 3 jours.
- Pluie, 50“”,1 en 50 heures et demie réparties en 15 jours. Les 7 jours consécutifs du 9 au 15 ont fourni 29“”,5 d’eau; la pluie d’orage du 29 au 30 en a donné 17““.
- Orages : Le 12, de 2 à 4 heures du soir, au nord sans pluie; le 6, tonnerre au nord de 7 heures et demie h 9 heures et demie du soir sans pluie; il éclaire longtemps après dans la nuit. Le 11, orage à 4 heures du soir avec pluie mêlée d’un peu de grêle. Le 13, orage de 6 heures à 7 heures du soir avec un peu de pluie. Le 14, grand orage de midi à 5 heures avec
- 7““,9 d’eau de pluie mêlée d’un peu de grêle. Le 22, tonnerre au nord-ouest à 10 heures du soir sans pluie. Le 23, orage de midi à 3 heures avec 0””,1 de pluie. Le 24, tonnerre au sud avec un peu de pluie le soir. Le 28-29 éclairs dans la nuit. Le 29, deux orages entre 2 heures et 7 heures du soir pluie abondante dans la nuit suivante. En tout 9 jours d’orage et 1 jour d’éclairs.
- Pas de brouillard. Nébulosité 59.
- Température moyenne de la Marne, le matin 20°,96 ; dans l’après-midi 22°, 14; du mois 21°,55 Minimum 19° ,35 le 20. Maximum 24°,501e6. La rivière a été basse et claire tout le mois.
- Les vents de la région du sud-ouest ont été très dominants; il y a eu le 11 à 4 heures du matin, après le minimum barométrique, un vent violent de sud à ouest.
- Relativement aux moyennes normales le mois de juillet 1894 présente les résultats suivants : Baromètre plus bas de 0””.97. Thermomètre plus haut de 0°33. Tension de la vapeur plus forte de 0“",09. Humidité relative plus faible de 1 à 8. Pluie moindre de 5““,6. Nébulosité plus forte de 6.
- Nous avons noté les floraisons suivantes : 1*', Coréopsis. 4, Passe-rose, Verge d’or. 5, Yucca filamenteux. 7, Salpiglosis. 8, Phlox commun. 9, Soleil à tige carrée. 13, Glaïeul. 16, Nigelle, Hibiscus syriacus. 17, Leucanthemum des étangs. 22, Galtonia candicans. 24, Tritom’a ovaria. 28, Tabac, petite Clématite.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 1", à 0 h. 33 m. du soir,
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- Réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction de la « Boite aux lettres » doivent être adressées
- à M. Gaston Tissandier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVIOB DU JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES A LA LIBRAXRIB O. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- LA SEMAINE
- La distribution de l’énergie électrique an Havre.
- — La ville du Havre possédé depuis plusieurs années une distribution d’énergie électrique par courants alternatifs. Le nombre des abonnés va sans cesse en augmentant, et la Société électrique a dû pourvoir aux nombreuses demandes qui lui ont été faites; la longueur totale de canalisations électriques établies en ville atteint aujourd’hui 33 kilomètres. Sans insister sur toutes les dispositions techniques de cette distribution, nous parlerons seulement de l’installation des transformateurs, question qui a une grande importance. Les transformateurs peuvent être de faible puissance et installés chez chacun des abonnés dans des locaux spécialement affectés à cet usage. Ils peuvent être placés dans des stations secondaires où ils sont en nombre assez grand et d’une puissance plus élevée. Dans quelques villes, ces stations secondaires sont établies dans des édicules en fonte placés dans les rues ou sur les places. La Société Y Eclairage électrique du Havre avait d’abord installé les transformateurs chez les abonnés; mais elle s’est trouvée gênée dans l’exploitation par l’absence ou le mauvais vouloir du public. Elle avait ensuite disposé des postes de transformateurs dans le sol ; mais l’humidité et la condensation ont nui au bon fonctionnement. Elle s’est alors décidée à adopter le système des édicules en fonte. La nouvelle disposition adoptée ne peut donner que de bons résultats à tous les points ae vue; la puissance des transformateurs étant plus élevée, leur rendement sera aussi plus satisfaisant. De plus, les conditions de fonctionnement seront beaucoup plus avantageuses; au lieu d’une série d’appareils travaillant à quart dé charge, un transformateur suffira en fonctionnant à moitié charge; suivant les besoins également, le service pourra aisément coupler en quantité un ou plusieurs transformateurs à différentes heures de la journée. J. L.
- INFORMATIONS
- —Le monument élevé en l’honneur d’Armand de Quatre-fages. à Yalleraugue (Gard),'dans la ville natale de l’illustre savant, sera inauguré le dimanche 26 août. La cérémonie sera présidée par le Ministre de l’Instruction publique; plusieurs Sociétés de Géographie et d’Anthropologie, françaises et étrangères, enverront des délégués, et tout sera organisé pour qu’on puisse partir de Nîmes au Vigan le matin (chemin de fer P.-L.-M. Nîmes au Yigan, gare de Pont-d’Hérault) assister à l’inauguration, et retourner coucher à Nîmes le même jour.
- —H— Un nouvel observatoire à Heidelberg. II a été décidé que les instruments de l’observatoire de Carlsruhe, dont la situation laisse trop à désirer, seront transférés au sommet du Geisberg, qui s’élève à. 270 mètres, à 35 minutes d’Heidelberg. Il y a lieu d’espérer qu’à cette occasion 1,'outillage de l’observatoire sera complété de manière à rendre possibles des travaux d’astrophysique.
- —.Sur la demande de M. le comte de Maillé, député de Maine-et-Loire, qui a entretenu le Ministre de l’Agriculture des ravages causés au blé par un insecte dont il faisait parvenir échantillon, M. Yiger a chargé le D‘ Brocchi, professeur à l’Institut national agronomique, d’ctudier cèt insecte et les moyens de le
- détruire. Du Rapport de M. le Dr Brocchi, il résulte que cet insecte n’est autre que Fa Cecydonie vastatrice (Hérianfly), qui s’est montrée cette année des plus nuisibles, accompagnée d’un autre diptère, le Chloraps Herpim. Le Dr Brocchi indique deux moyens de s’opposer à leurs ravages. Le premier est l’alternance des cultures, moyen souvent impraticable. Le second présente de grands avantages : il consiste à arracher de suite les chaumes attaqués et à les brûler. A l’heure actuelle, l’insecte est à l’état de pupe, il ne peut donc s’échapper et, en brûlant les chaumes sur lesquels il est fixé, on en détruira la plus grande quantité.
- —3$— La Société botanique de France a tenu cette année une session à Genève et, à cette occasion, des herborisations ont eu lieu dans les Alpes du Valais, du 5 au 15 août. C’est là une excellente occasion pour les amateurs de plantçs alpines qui, grâce aux commodités des voyages en commun, ont pu, moyennant une dépense relativement peu élevée, explorer une région des plus intéressantes et étudier sur place ses richesses végétales.
- —— Voici de curieux renseignements que nous donne la Revue horticole sur le blé de fourmis. Le genre Aristida, de la famille des Graminées, contient plusieurs espèces dont le grain est très recherché des fourmis. C’est le cas de Y A. oligantha, qui, au Texas, fournit de véritables moissons à ces insectes. Une autre espèce, VA. pungens, plante du Sahara, connue sous le nom arabe de Drinn, est également très recherchée des fourmis. Les indigènes, qui eux-mèmes en utilisent la graine, en temps de disette, mettent à profit cette particularité, nous dit M. Trabut, et font leur récolte non seulement sur la plante, mais surtout dans les fourmilières où se trouvent de grands approvisionnements.
- —$$— Sur l’invitation du Ministère de l’agriculture, le directeur de L’Ecole nationale d’agriculture de Grignon et M. Magnien, jardinier-chef à l’école, ont fait exécuter des expériences sur l’emploi du jus de tabac concentré pour la destruction des insectes, avec deux extraits : l’un pâteux, provenant de la manufacture de Chàteauroux, l’autre liquide, provenant de la Manufacture nationale. L’action de ces deux liquides a été également efficace contre les diverses espèces de pucerons vivant sur les plantes cultivées ; il a été constaté toutefois que l’effet n’est pas immédiat, mais complet après vingt-quatre heures environ. La liqueur préparée avec l’extrait pâteux possède une action, toxique un peu plus énergique que la seconde. Dans tous les cas, le feuillage des plantes traitées n’a aucunement à en souffrir. Ces substances présentent l’avantage très grand de pouvoir être conservées et expédiées dans les meilleures conditions, elles assurent aussi complètement, que le jus de tabac la destruction des insectes. .II ne reste donc, pour le choix définitif à faire, qu’à comparer les conditions de très longue conservation et de prix de revient.
- —La Revue générale de la marine marchande rapporte que le vapeur Gnmm, de la Dampfschiff s Rhederei Hansa, de Hambourg, vient d’être pourvu d’un nouveau système de fumivorité qui consiste à faire repasser dans les fourneaux les gaz chauds et la fumée qui, d’ordinaire, s’échappent directement par la cheminée, Ce vapeur, qui est arrivé à New-ïork dans les premiers jours de juin, avait suscité une grande curiosité dans le monde maritime de cette ville, d’autant plüs qu’il en résulte une grande économie de charbon. En effet, le Grimtri n’a brûlé que 250 tonnes de charbon pour son •vovage alors qu'il en consommait ordinairement 350, et cela sans que le nombre des chauffeurs, et. des soutiers ait eu besoin...d’être augmenté. Ces derniers avaient au contraire beaucoup moins de tra-vail puisqu’ils avaient moins de charbon à transporter de la soute à la chaufferie. L'inventeur du système est M. Müiler, de Hambourg.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Communications. — M. F. Gorges, à Paris, nous adresse la description d’un contrôleur de rondes qu’il fabrique. Celui-ci est formé d’un tableau indicateur renfermant un nombre variable de guichets et un numérateur de rondes. Le tableau est placé dans une salle, et les communications électriques sont établies par des boutons répartis aux endroits où doivent être faites les rondes. Le veilleur ne touche ainsi que les boutons de contact des postes, et non l’appareil lui-même. Pour ce contrôleur, s’adresser à M. Gorges, 9, rue Beaurepaire.
- M. P. Caron, à Saint-Nazaire, nous envoie une Notice sur un réchaud à essence minérale qui convient pour la cuisine et les usages domestiques.
- M. A. Champigny, à Paris, nous fait connaître la disposition qu’il emploie depuis plusieurs années pour faire fonctionner d’une manière régulière un chalumeau à air ordinaire. Un flacon de Mariotte de 4 litres placé sur une tahle et rempli d’eau laisse écouler un courant constant d’eau dans un flacon inférieur à deux tubulures. L’eau déplace une certaine quantité d’air qui s’échappe par la deuxième tubulure et vient alimenter le chalumeau. Afin d’augmenter la durée du fonctionnement et atteindre vingt et trente minutes, notre correspondant utilise les hauteurs habituelles des tables de travail pour produire, par une courbure en forme d’S du tube où l’eau se déverse, un entraînement d’air à intermittences fréquentes.
- M. H. Morin, à Paris, nous transmet la description d’un nouveau tachéomètre dû à M. A. Charnot, agent voyer d’arrondissement. Ce nouvel appareil supprime les règles logarithmiques et les tables et met la tachéométrie à la portée de tous les opérateurs. 11 permet d’obtenir la distance réduite à l’horizontale, la déclivité du terrain, le nivellement parfait, l’ouverture des angles horizontaux, le tracé des alignements, le tracé des lignes de pente, l’orientation, les angles verticaux et la valeur relative de toutes les lignes trigonométriques.
- M. H. Guignier, à Paris, nous transmet la copie d’un projet u’il a envoyé à M. le commissaire général pour l’Exposition e 1900. Ce projet consisterait à établir sur la tour Eiffel une sphère représentant le globe terrestre en relief et ayant un diamètre de 200 mètres. Dans l’intérieur de ce globe seraient disposées des expositions spéciales des diverses nations, à la place respective qu’elles occupent sur la terre. Le projet de notre correspondant nous semble difficile à réaliser en pratique.
- Renseignements. — M. G. Rester, à Charenton. — 1° Une courroie de bonne fabrication est le moyen le plus pratique; adressez-vous à la maison Domange, 74, boulevard Voltaire, à Paris. — 2° Maison Weyher et Richemond, 50, route d’Auber-villiers, à Pantin (Seine).
- M. Deumont, à Paris. — M. l’abbé Fortin est mort; son appareil ne se fabrique plus.
- M. H. Boulte, à Paris. — La fabrication du lait condensé en Suisse a été décrite dans le n° 881, du 19 avril 1890, p. 305.
- M. Gilbert, à Paris. — 1° Il faut effectuer des mesures avec un frein de Prony ou de M. Carpentier disposé sur la poulie du moteur. — 2e Ce procédé a été indiqué dans les Recettes et procédés utiles, lre série, dont il est question plus loin.
- M. Morin, à Reims. — Il est possible de doubler et même de tripler l'effort moteur pendant quelques instants seulement.
- M. A. F., à Lille. — Cette statistique doit exister au service des mines (Ministère des travaux publics) ; mais nous ne croyons pas que le nom des constructeurs soit indiqué.
- M. M. S. R., à Musseau. — Avec les dispositions que vous mentionnez, vous devez obtenir une plus grande quantité d’énergie électrique pour la dépense que vous faites de sulfate de cuivre. Nous vous conseillons de surveiller la charge et en particulier la différence de potentiel de la pile.
- M. A. R., à X. — 1° Voyez Les Chemins de fer, par A. Guil-lemin, dans la Bibliothèque des merveilles (Hachette, éditeur).
- — 2° Nous avons annoncé l’ouvrage de notre dessinateur M. A. Clément, U Apiculture moderne, dans les Nouvelles scientifiques, du n° 1092, du 5 mai 1894. — 3° Adressez-vous à M. Molteni, 44, rue du Château-d’Eau, à Paris.
- M. L. F., à Château-Thierry. — Lampes à pétrole : M. Dit-mar, 52, nie de la Chaussée-d’Antin, et MM. James Hinks et fils, 14, boulevard Poissonnière, à Paris.
- M. M. Dôme, à Hollogne-aux-Pierres. — Ces ouvrages existent dans la collection des manuels Roret.
- M. Le Doyen, à Paris. — Vous trouverez plusieurs procédés de soudure d’aluminium dans les Recettes et procédés utiles, du n° 975, du 6 février 1892.
- M. P. L. M., à Clamecy; M. J. D., à Orléans; M. Lenoiry à Vierzon. — Nous avons publié un grand nombre d’articles sur les locomotives des chemins de fer; nous vous signalerons entre autres l’article sur les locomotives françaises à grande vitesse (n° 841, du 13 juillet 1889, p. 106). Voyez aussi la Table des matières des dix dernières années 1883-1892. (G. Masson, éditeur.)
- M. F. A., à la Ville Savary. — L’esprit extrait du marc de raisin est buvable, mais il n’a pas la qualité des alcools et eaux-de-vie de vin. Les esprits marquent en général de 37° à 29° à l’aréomètre Cartier.
- M. J. S., à Nancy. — Vous pourriez vous renseigner auprès de marchands de crin : M. A. Bodin, 8, boulevard Sébastopol, et M. H. Pringent, 5, passage Maurice, à Paris.
- M. Chapilal, à Chapon val. — J1 faut laver les piqûres avec de l’ammoniaque liquide étendue d’eau.
- M- le comte del Valle, à Vergara. — Nous avons décrit plusieurs glacières dans les Petites Inventions; nous avons aussi mentionné, à plusieurs reprises, la machine Carré.
- M. J. W. Makkink, à Utrecht. — L’adresse du constructeur de cet appareil est donnée en tête de la Boîte aux lettres du n° 1088 du 17 avril 1894.
- M. M. C., à Autun. — Vous voulez probablement parler de l’article sur la destruction des mulots ou souris des champs, qui a paru dans le n° 1016 du 16 novembre 1892, p. 585.
- Mm° Louise, à Vendôme. — L’altération du vin que vous signalez (vin tourné) est due probablement à un accès libre d’air dans le fût. Pour l’éviter, il ne faut pas oublier de remettre toujours le fausset après un soutirage.
- Un lecteur, à Paris. — Arithmographe Troncet : librairie Larousse, 19, rue Montparnasse.
- M. F. Doàzan, à Samt-Omer. — Un dispositif semblable a été appliqué dans une machine à vapeur domestique au pétrole dont nous avons donné la description dans le n° 1054 du 12 août 1893, p. 173. Les dépositaires sont MM. Rogers et Boulte, 1, rue Saint-Georges, à Paris.
- M. Ch. Ruchat, à Naples. — Voyez l’ouvrage de M. Boyer sur La Ramie, à la Librairie agricole de la maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- M. Aube lie, à Dijon. — Vous trouverez un ouvrage sur l'Elevage des écrevisses par Carbonnier, à la librairie Bernard Tignol, à Paris ; renseignez-vous également à la librairie indiquée ci-dessus.
- M. P. Renard, à Meudon. — Ces bougies de soufre ne se trouvent pas dans le commerce; il faut les préparer soi-même avec les renseignements donnés dans l’article.
- Cercle militaire à Tizi-Ouzou. — Le corps est entraîné à une certaine profondeur dans l’eau, puis remonte pour se placer dans un endroit déterminé par l’équilibre des corps flottants dans le liquide considéré.
- M. J. de La Salle, à Saint-Etienne. — l8 Non, il n’y aura pas diminution d’intensité. — 2° Oui, avec des décharges rapides et rapprochées. — 5° Les variations de résistance ne sont pas aussi sensibles avec d’autres substances.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. E. L., à Saint Sébastien. 1° Nous ne connaissons pas de substance spéciale à vous indiquer; 2° Ces vitesses sont très variables. — M. Callebant, à Termonde. Il serait nécessaire de faire des études que nous ne pouvons entreprendre; consultez un spécialiste. — M. A. Cabuq, à Icelles. Votre étude est intéressante, mais elle est bien technique ; nous ne pouvons l’utiliser. Tous nos regrets. —M. Laffon, à Paris. Nous n’avons pas d’autre adresse que celle qui a été donnée précédemment. — M. Pellier, à Pornicliet. Nous allons rechercher cette formule et nous vous répondrons. — M. J. Gotendorf, à Maisons-Laffitte. Nous avons déjà publié la solution de cet amusant problème dans les Recettes et procédés utiles, 28 série. (G. Masson, éditeur.) Remerciements. — M. D. V., à Lyon; M. Girard, à Marseille. Voyez les Recettes et procédés utiles, lro série, à la librairie indiquée ci-dessus. — M. Ê. Estrada, à Matanzas; M. Morand, à Rouen. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- Dans la « Boîte aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- (( Ii excentrique )), clef automatique pour serrer et desserrer les écrous. — Cette clef, entièrement en acier, est plus forte et plus solide que la plupart des clefs dites anglaises, et présente par sa construction originale et l’application fort ingénieuse d’un principe de mécanique connu, deux avantages importants : 1° La mise à point est très rapide, et il suffit de tourner l'excentrique à droite ou à gauche pour installer la clef suivant la dimension exacte de l’écrou que l’on désire visser ou dévisser ; 2° cette clef ne pèse que 90 grammes et ses dimensions permettent de l’emporter sans inconvénient dans la poche du gilet. Ces qualités recommandent la clef Xexcentrique tout particulièrement aux bicyclistes. Notre figure 1 donne le détail de l’appareil, Il suffit de tourner autour de l’axe sur lequel il est monté, le demi-cercle denté dont l’appa-
- Clef automatique pour les boulons 1. Aspect de l’appareil. — 2. Mode d’emploi.
- reil est muni, pour faire mouvoir la partie mobile de la clef, et lui donner ainsi des ouvertures diverses. Pour ce qui concerne cette clef, s’adresser à M. Kratz-Boussac, 3, rue Saint-Laurent, à Paris.
- Presse-citrons. — Ce petit objet d’utilité pratique représenté en A est tout en verre ; par sa forme et sa construction il peut servir à beaucoup d’usages. Placé sur un verre, dans une assiette, il sert, comme son nom l’indique, à extraire le jus de citrons ou d’oranges. Après avoir coupé le fruit en deux, il suffit de le tourner en tous sens en l’appuyant sur la partie conique dentelée (fig. B) ; le jus coule dans la partie creuse de l’appareil et s’échappe dans le verre par de petites rainures
- Presse-citrons à usages multiples.
- A. Vue de l’appareil. — B. et C. Modes d’emploi.
- faites à la base et qui empêchent de laisser passer la pulpe et les pépins du fruit. Maintenant, si nous retournons ce petit instrument dans l’autre sens (fig. C) nous remarquons que la partie conique est creuse à l’intérieur, et qu’à l’extrémité il existe des petits trous (2, 2), permettant de laisser passer un liquide goutte à goutte ; dans cette position, on peut donc se servir de cet appareil soit pour faire l’absinthe au sucre, soit une infusion quelconque, thé, tisane, en plaçant dans cette partie creuse qui forme vase, soit le sucre, soit le thé, ou les fleurs ou
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- feuilles dont on se sert pour les infusions, il ne reste plus qu’à verser l’eau pour obtenir les résultats voulus. — Cet appareil se trouve chez M. Mathieu, 2, Faubourg-Poissonnière, à Paris.
- Photochronographe. — L’instrument dont il s’agit, et que nous allons décrire, a reçu le nom de a photochrono-graphe » en raison de l’usage auquel il doit etre employé dans la photographie : c’est-à-dire à faire connaître la durée de pose, donnée par un obturateur quelconque, ou à permettre d’apprécier la rapidité de cet obturateur et de le régler, s’il en est susceptible, à la vitesse que l’on juge convenable. II
- Eeut aussi servir à mesurer la durée de l’éclair magnésique.
- a figure 1 ci-dessous, représente cet appareil qui se compose d’un disque B, mobile autour de son cuivre, et portant sur sa face antérieure noircie un ressort dont l’extrémité libre, blanchie, peut être mise en vibration au moment voulu au moyen d’un levier A. Pour le faire fonctionner, placer le photo-chronographe sur un appui solide, tel qu’une table ou un pied d’appareil, etc., etc. et éclairer fortement sa face antérieure en
- Photochronographe de M. D. Tissandier.
- l’exposant en plein soleil, s’il est possible. Disposer en regard son appareil photographique muni de l’obturateur en expérience> ledit appareil étant préparé pour prendre un bon instantané du photochronographe. Imprimer au disque de celui-ci un mouvement de rotation dans le sens indiqué par les flèches, appuyer un instant sur l’extrémité du levier A pour mettre le ressort du disque en vibration et immédiatement après déclencher l’obturateur. On obtient sur le cliché (fig. 2), après développement, une ligne sinueuse se détachant sur le fond transparent du disque. Compter alors le nombre de branches en concamération de la courbe, et ce nombre exprimera en 50ües de seconde, la durée de la pose produite par l’obturateur en expérience. Si cette courbe présente, par exemple, 20 branches comme dans la figure 2, la durée de la pose aurait été de 20/500 ou de 2/50 de seconde, ou de 0‘,04 soit quatre centièmes de seconde. Le principe repose sur le diapason normal ; pour faciliter les calculs, nous avons réglé le ressort pour donner 500 vibrations par seconde, et pour cela nous avons pris une note intermédiaire entre le si de la deuxième octave et Vut de la troisième note imaginaire qui donne 507 vibrations et, comme les 7 vibrations peuvent être négligées sans inconvénient appréciable dans le calcul, tous nos ressorts, une fois montés sur l’appareil, sont réglés à 500 vibrations. La vitesse de rotation du disque peut être quelconque, pourvu qu’elle ne soit pas telle que le disque fasse plus d’un tour pendant la durée de l’ouverture de l’obturateur. Un seul opérateur peut suffire; cependant il est plus commode d’étre deux : l’un des opérateurs mettant en mouvement le disque et le ressort du photochronographe, l’autre déclenchant l’obturateur de l’appareil photographique, au moment où il entend le bruit produit par le levier A, revenant brusquement à sa position primitive. — Cet appareil se trouve chez son inventeur, M. D. Tissandier, 45 rue Vavin, Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Cours de chimie organique, par M. Œchsner de Coninck, professeur adjoint à l’Université de Montpellier. Tome second. 1 vol. in-8°. — Paris, G. Masson, éditeur, 1894. Prix : 8 francs.
- Manuel du naturaliste. Traité pratique de la récolte, de la préparation, du rangement en collections de tous les objets d’histoire naturelle en zoologie, botanique, géologie. Empaillage des animaux, préparation des squelettes, par Albert G ranger, membre de la Société linnéenne de Bordeaux. 1 vol. in-16. — Paris, Maison E. Deyrolle. Les fils d’Emile Devrolle, successeurs, éditeurs. Prix : broché, 4 francs.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- Plutarque. Morceaux choisis. Vies des Romains illustres avec Notice, index et notes par M. Lemercier, professeur adjoint à la Faculté des lettres de Caen. 1 vol. in-16. Collection Lantoine. Livres de lecture et d’analyse. Enseignement secondaire moderne. Enseignement des jeunes filles. — Paris, G. Masson, éditeur.
- Plaute-Térence. Extraits, avec notice, notes et un choix des principales imitations françaises, par M. Aug. Aüdollknt, maître de conférences à la Faculté des lettres de Clermont. 1 vol. in-16. Collection Lantoine. — Paris, G. Masson, éditeur.
- Aristophane. Pièces choisies. Extraits, avec une introduction, un index et des notes, par G. Fer té, professeur au lycée Saint-Louis. 1 vol. in-16. — Paris, G. Masson, éditeur.
- Eschyle, Sophocle, Euripide. Extraits, avec une introduction, un index et des notes, par A. Puech, maître de conférences
- à la Faculté des lettres de Paris. 1 vol. in-16. Collection Lantoine. — Paris, G. Masson, éditeur.
- De l'influence de l'école sur la vue et sur la colonne vertébrale. Deux conférences, par le Dr R. Liebreich, professeur d’ophthalmologie et chirurgien oculiste de l’hôpital Saint-Thomas, à Londres. Traduit de l’anglais. 1 vol. in-16. — ' Paris, G. Masson, éditeur, 1894.
- Les machines thermiques à vapeur, à air chaud et à gaz tonnants, par Aimé Witz. 1 vol. petit in-8°, de l'Encyclopédie scientifique des aide-mémoire, publiée sous la direction de M. Léauté, membre de l’Institut. — Paris, Gau-thier-Villars et fils et G. Masson, éditeurs. Prix broché, 2 fr. 50; cartonné, 3 francs.
- Le cervelet organe psychique et sensitif, par Frédéric Cour-mont. 1 broch., in-8°. — Paris, Félix Alcan, éditeur, 1894
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS A 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 6 août 19*,1 S. E. 2. Beau. 0,1 Beau jusqu’à 13 h.; puis nuageux; couvert après 15 h ; éclairs puis tonn. dans la soirée avec pluie à 22 h. 45.
- Mardi 7 . 17*,8 S. W. 5. Couvert. 5,3 Couvert jusqu’à 18 h., puis nuageux ; très peu nuageux après 21 h.; quelques averses.
- Mercredi 8 13*,8 S. 2. Nuageux. 0,7 Nuageux le matin ; couvert le soir ; pluie de 14 à 23 h.
- Jeudi 9 15%4 S. W. 2 Nuageux. 23,7 Presque couvert ; un peu de pluie à 22 h.
- Vendredi 10. .... 14% 6 S. W. 1. Couvert. 0,1 Très nuageux'; pluie à 14 h. 1/2 et 16 h. 1/4.
- Samedi 11 13*,0 N. W. 1. Couvert. 2,0 Très nuageux jusqu’à 15 h.; puis nuageux; beau après 17 h.; pluie à 11 h. 30.
- Dimanche 12 ... . 12%0 S. S. W. 1. Beau. 0,9 Beau jusqu’à 8 h.; couvert ensuite.
- AOUT 1894 --- SEMAINE DD LUNDI 6 AD DIMANCHE 12 AOUT
- Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi I Samedi | Dimanche j
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent, courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer)', courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche-: couche en pointillé, thermomètre à l'abri à boute mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement de terre en Sicile. — Le 8 août, à 6 li. 16 m. du matin, une très forte secousse de tremblement de terre a alarmé la population d’Aci-Piéale, en Sicile. Les secousses se sont fait principalement sentir sur les territoires des communes de Zafferano, d’A.ci-Réale et d'Aci-San-Antonio. Dans ces localités, presque toutes les maisons des paysans se sont écroulées Les dégâts matériels ont été considérables. À Zaffarano, il y a eu six morts et plusieurs blessés. Le préfet,' avec un détachement de troupes, s’est rendu sur les lieux. Des secousses de tremblement de terre plus légères ont eu lieu également à Catane et dans d’autres communes voisines de l’Etna, sans y produire de dommages.
- Orages et tempêtes. — Les premiers jours du mois d’août ont été signalés en France par de nombreux et violents orages. Le 6 août, une trombe d'eau s’est abattue sur Paris dans la soirée. La pluie est tombée si abondamment que, rue du Temple, elle a miné les terrassements d’une tranchée de 4 mètres de profondeur et ouverte pour des travaux d’égout :
- un éboulement s’est produit sur une longueur de 10 mètres entraînant les dalles du trottoir dans la tranchée. On a dû organiser un service d’ordre pour éloigner les passants. Le 8 août, la pluie est tombée également sans discontinuer de 2 heures de l'après-midi jusqu’à une heure avancée de la nuit. , ,
- Dans le département de la Dordogne, comme dans tout le sud-ouest, la période orageuse a causé d’énormes dégâts. Les récoltes, les arbres fruitiers et autres ont beaucoup souffert. Sur beaucqup de points, la grêle a tout haché. Des peupliers, des pins, des chênes ont été déracinés et tordus. Il en est résulté la destruction d’une quantité considérable de gibier. En plusieurs endroits, notamment dans le nord du département, on a ramassé dans les champs beaucoup d’oiseaux, de perdreaux, de lapins et de lièvres qui avaient été littéralement assommés par les grêlons.
- On écrivait de Milan, à la date du 3 août, qu’au cyclone s’était déchaîne sur la ville. L’Exposition avait subi des dégâts. Plusieurs personnes avaient été blessées, dont quatre très grièvement. Un avait eu également à déplorer la mort de deux ouvriers. _________________
- PHASES DE LA LDN’E : P. Q. le 8, à 10 h. 13 m. du matin.
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- Réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction de la « Boite aux lettres b doivent être adressée*
- à M. Gaston Tissandibr, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVXOB DD JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES A LA LIBRAIRIB G. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- LA SEMAINE
- L’atmosphère de Paris. — L’observatoire de la tour Saint-Jacques vient de publier le résumé de ses observations faites du 1er juillet 1891 au 31 décembre 1893. L’ensemble de ces documents montre d’une façon très nette l’influence qu’une grande agglomération de maisons peut exercer sur les variations météorologiques. Le directeur de cet établissement, M. Joseph Jaubert, a comparé les nombres recueillis à la tour Saint-Jacques avec les données de l’observatoire du parc Saint-Maur, et voici quelles sont les différences horaires constatées pour l’année 1895, le signe -f indique l’excès des chiffres de la tour Saint-Jacques sur ceux du parc Saint-Maur, et le signe — l’écart contraire.
- 6 h. m. 9 h. Midi. 3 h. s. 6 h. 9 h.
- Pression barr-
- mé.rique : "/" -(-0,097 —0,015 —0,019 +0,0t4 +0,045 +0,079
- Température : 0” + 1,84 +0,16 +0,09 ’ +0,21 +0,97 +1,99
- Humidité
- •relative : d. —9,5 —5,9 —3,0 —4,3 —6,5 —11,5
- Tension de
- la vapeur : —0,09 —0,50 —0,48 —0,58 —0,62 -0,49
- Nébulosité : °/0 +2,0 +0,8 +1,1 + 1,2 —0,3 -4,5
- Suivant ce tableau, les variations de la pression sont assez faibles ; quant à celles de la température, elles sont plus accentuées, mais c’est notamment le soir, lorsque les maisons rayonnent la chaleur reçue pendant la journée, qu’elle est considérable, elle atteint 2 degrés. Les extrêmes de température pendant la journée présentent le plus souvent leur minima de 4 à 6 heures du matin, et les maxima de 3 à 4 heures de l’après-midi, c’est-à-dire un peu plus tard qu’à la campagne. L’humidité et la tension de vapeur suivent une marche analogue (mais en sens inverse) à celle delà température. La nébulosité présente cette particularité : c’est que dans la soirée le ciel est moins nuageux sur Paris qu’aux environs. Tous les autres phénomènes météorologiques : pluie, évaporation, vent, etc., sont également étudiés dans ce Mémoire. Nous remarquerons seulement les données relatives à la transparence de l’air. Jusqu’à 1000 mètres ce sont en général des brouillards; aussi le nombre de jours pendant lesquels la visibilité moyenne n’atteint pas cette distance est-il constaté seulement en hiver. A partir de 1500 mètres commencent les brumes flottantes, sorte de nuages, mélange de poussière, fumée et autres qui émanent de l’agglomération parisienne, et qui flottent presque constamment sur la capitale. Ces brumes qui limitent le plus souvent la visibilité à 4000 mètres varient beaucoup d’intensité, suivant les vents. Pour Paris ce sont les courants O.-S.-O. qui donnent à l’air son maximum possible de pureté ; il est à remarquer que ce sont ces vents qui déterminent le plus grand nombre de pluies, ce qui explique, dans une certaine mesure, leur pouvoir purificateur. Au contraire, ce sont les courants d’E.-N.-E. qui maintiennent les plus fortes intensités de ces brumes flottantes. Il convient d’ajouter que c’est précisément la partie nord-est de Paris qui constitue les quartiers
- industriels, et que les torrents de fumée que les usines déversent dans l’atmosphère, sont étalés sur la capitale par les vents venant de cette région. Au point de vue des saisons, ces brumes sont souvent observées pendant les chaudes journées d’été, mais c’est au printemps et à l’automne qu’elles atteignent leur plus grande fréquence, enfin en hiver elles donnent naissance à de nombreux brouillards.
- INFORMATIONS
- —La préfecture de ia Seine voulant se rendre compte des ressources que peut fournir le département de la Seine pour le ravitaillement de Paris, vient de faire procéder au recensement des animaux de basse-cour existant dans les communes suburbaines. Ce curieux recensement a donné les résultats suivants : poules 101 540, oies 3240, canards 7020, dindons 1315, pintades 453, pigeons 32 643, lapins 50 640.
- — Triton, société berlinoise pour la culture en aquarium et l’élevage en terrarium, ouvre un concours original. Un prix de 1000 marks (1250 francs) sera décerné à l’inventeur d’un procédé qui puisse anéantir les animaux parasites d’aquariums sans nuire aux plantes et aux poissons. Cette question intéresse non seulement les cultivateurs de plantes d'aquarium, mais surtout les pisciculteurs.
- —@— Le Jardin Zoologique d'Acclimatation vient de recevoir un singe qui, jusqu’à ce jour, n’a été que rarement importé vivant en Europe : le Nyctipitheque ou singe de nuit. Cet animal est certainement un des singes les plus remarquables de l’Amérique méridionale. Son pelage est cendré en dessus, jaune roussâtre en-dessous ; l’extrémité de la queue est noire; sur le front, trois raies noires parallèles. Le Nyctipithèque dort pendant le jour, Le soir, il s’éveille. Sa pupille se dilate de plus en plus, à mesure que la lumière du jour disparaît. Son œil devient brillant comme celui des chats et des hiboux, et il commence alors à se promener dans sa cage, et à rechercher sa nourriture.
- —Les anciennes cartes des Etats-Unis prouvent que les premiers habitants qui y fondèrent des villes étaient bien à court de noms. En voici quelques exemples : Red Dog (Chien rouge) en Californie; You bet (Tu crois) en Californie; Dog Tooth (Dent de chien), Illinois; Flea Hill (Montagne de la puce), Caroline du Nord; Fly Hill (Montagne de la mouche), comté d’Ulster. Il y a encore d’autres villages avec des noms aussi bizarres : Bug Hill (Montagne de la punaise); Cut Shin (Coupe tibia) ; Fiddlelown (Ville du violon); Calfkiller (Tueur de veaux) ; Big Foot (Grand pied) ; Cliew Tùwn (Ville à chiquer). Dans l’Ohio se trouve la ville de Belle Centre en Virginie, le Petit chat sauvage (littic wild cat) en Maryland ; Mai-den's Choice (Choix d’une jeune fille) et d’autres noms baroques. Nous empruntons ces renseignements au New-York Herald.
- —Pour amuser les petits. — Sous ce titre, tom tit donnera tous les jeudis, de 2 à 3 heures, au Palais de l’Industrie, à Paris, pendant la durée de l’Exposition du Livre, une série de conférences gratuites destinées à montrer aux enfants comment ils pourront fabriquer eux-mêmes une quantité de joujoux, sans outils spéciaux et à l’aide de matériaux faciles à se procurer : vieux bouchons, bouts d'allumettes, vieilles cartes à jouer, marrons d'Inde, glands, coquillages, mie de pain pétrie et coloriée, etc., etc. Un grand nombre de modèles seront exécutés sous les yeux des auditeurs et leur seront distribués ensuite. Nos lecteurs savent que tom tit n’est autre que notre dévoué collaborateur de La Nature, M. Arthur Good.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES. < ^
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les cabes-
- tans électriques présentés dans la livraison de ce jour, sont fabriqués par la maison Humpidge et Snoxell, de Dudbrige, en Angleterre.
- M. E. de Vlaminck, à Paris, dont nous avons décrit le violoncelle-piano dans le n° 1021, du 24 décembre 1892, p. 51, nous a montré l’appareil définitivement construit sous le nom de mélotêtraphone. Nos lecteurs qui désireront quelques renseignements à ce sujet pourront se reporter à l’article que nou# rappelons. L’appareil se trouve actuellement chez MM. de Vlaminck et Cie, 85, rue Chariot.
- M. F, Raby, à Varennes. — Pour le skiascope optomètre décrit dans le n° 1106, du 11 août 1894, p. 163, il faut vous adresser à M. E. Hoffmann, professeur au collège de Vanves {Seine).
- Communications. — M. Emmanuel Sauvain, à Comblan-chien par Corgoloin (Côte d’Or), nous adresse une Note sur une bicyclette actionnée par les pieds et les mains. Cette bicyclette est semblable aux bicyclettes ordinaires pour l’arrière-train de la machine, c’est-à-dire que le cadre, le pédalier et la roue d’arrière sont disposés de même façon. L’invention comporte l’adaptation au moyeu spécial de la roue d’avant d’un petit pignon correspondant par une chaîne à un grand pignon dont l’axe prolongé passe à l’intérieur du guidon (ayant une forme spéciale aussi) et dont les extrémités sont pourvues de deux manivelles. Ces deux manivelles placées dans le même sens sont actionnées par les mains et tout en accomplissant leur mouvement de rotation (qui se transmet à la roue d’avant par la chaîne) assurent la stabilité, c'est-à dire l’équilibre de la machine par un mouvement naturel à toute personne sachant marcher à bicyclette avec guidon ordinaire.
- M. Désneux, ingénieur à Thonon, nous envoie la Note suivante : « On peut observer un arc-en-ciel hyperbolique par le procédé suivant. Sur une pièce d’eau, un bassin de jardin par exemple, on verse une très petite quantité d’huile de ricin. D’abord l’huile s’étale sur toute la surface de l’eau et produit le phénomène des lames minces. Au bout de quelque temps et surtout après une nuit calme et fraîche, on constate que la surface de l’eau est couverte de fines gouttes d’huile. En se plaçant alors entre le soleil et le bassin on voit apparaître à la surface de celui-ci un arc-en-ciel ayant la forme d’une courbe à branches infinies. Si on approche l’œil de la surface de l’eau, le sommet de la courbe se rapproche de l’œil et les deux branches paraissent se fermer.
- Renseignements. — M. E. Febvre, à Chaumont. — Les installations avec piles et accumulateurs ne sauraient être de grande puissance. Nous vous conseillons plutôt de prendre un moteur à pétrole pour actionner une dynamo. Consultez notre article sur un appareil de ce genre dans le n° 1054, du 12 août 1893, p. 173.
- M. J. Martial, à Laghouat. — 1° Cette mitrailleuse a été fabriquée en Amérique en 1885. — 2° Adressez-vous aux anciens établissements Cail, 15, quai de Grenelle, ou à M. Bouhey, 43, avenue Daumesnil, à Paris.
- M. le Dr J. Piquot, à Tuyen-Quang. — Votre lettre a été envoyée à la fabrique de papiers photographiques de MM. Blan-chet frères et Kléber, à Rives, près Grenoble.
- M. le D1 Ponteil, à l’Isle-Jourdain. — Le fabricant de ce poêle est M. Chaboche, ingénieur-constructeur, 55, rue Rodier, à Paris.
- M. Oulman, à Paris. —Plusieurs installations de moteurs électriques sur machines à coudre ont déjà été faites,, notamment à la maison Révillon; tous les moteurs connus peuvent être adaptés. Voyez la maison Gramme, 52, rue Saint-Georges, ou la maison llillairet, 22, rue Vicq-d’Azir.
- M. A. Truillé, à Paris. — Pour empêcher les herbes de pousser dans les allées, il est préférable d’v répandre du tan.
- M. H. Leroy, à Nantes. — Cet appareil ne se fabrique plus;
- nous vous avons déjà répondu dans la Boîte aux lettres du n® 1105, du 4 août 1894.
- M. H. Rabier, à Paris. — Vous trouverez une série de chambres noires au Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch.
- M. G. Dubreuil, à Paris. — La description de l’avertisseur Digeon a été publiée dans le n° 781, du 19 mai 1888, p. 595.
- M. H. Vasseur, à Paris. — Veuillez nous envoyer la description détaillée de votre nouveau système d’induit; s’il présente un réel intérêt, nous le ferons connaître à nos lecteurs.
- M. G. B., à la Martinique. — H faudrait vous renseigner ài la maison II. Morin, 3, rue Boursault, ou à la maison Taehet,.: 42, rue du Bac, à Paris.
- M. A. Eshard, à Paris. — Nous avons publié dans la Boîte aux lettres du n8 1091, du 28 avril 1894, une recette pour faire disparaître sur les livres les piqûres dues à la moisissure,
- M. A. Dm-and, à Marseille. — Notre article a été emprunté à un journal américain; nous n’avons pas d’autres renseignements.
- M. A. Guibeaud, à Perpignan. — Vous pouvez vous adresser directement à l’auteur, M. A. Girard, professeur au Conservatoire des arts et métiers, à Paris.
- M. Castex, à Caracas, à Vénézueîa. •— II faudrait que vous nous donniez le titre exact du journal pour que nous puissions vous répondre. Nous ne pouvons nous charger de chercher des livres d’occasion pour nos lecteurs.
- M. le lieutenant D., à Saint-Gaudens. — II serait nécessaire de vous adresser à un constructeur.
- M. de Meister, à Paris. — Les roches à figures animées que vous mentionnez ont été décrites dans La Nature. Remerciements.
- M. A. C., à Bréhal. — Il Y a là, comme vous le dites, un fait d’échauffement par la chaleur.
- M. le comte F. Puslowski, à Albertyn (Russie). — L’appareil dont vous parlez est très connu en France ; merci pour votre renseignement relatif aux machines à écrire.
- M. J. Ferra, à Charly (Rhône). — Pour conserver pendant quelque temps une peau de tigre, vous pourriez essaver une opération qui est souvent employée. Après avoir nettoyé la peau, on l’ébarbe, on la cloue sur un cadre en bois, le poil en dessous, et on verse dessus une infusion de sumac qu’on fait pénétrer en frottant; on lave ensuite, on fait sécher, et on recommence plusieurs fois ces opérations.
- M. E. Robert, à Cambrai. — M. Schribaux, professeur à l’Institut agronomique de Paris, dont nous avons décrit le nouveau procédé de conservation des pommes de terre dans le n° 1086, du 24 mars 1894, p. 269, a étudié toutes ces questions, et pourrait sans doute vous renseigner.
- L'abonné 4716, à Paris. —1 Consultez le Fabricant et épurateur d'huiles, par MM. de Fontenelle, Malepeyre et Dalican, dans la collection des manuels Roret.
- M. A. Blum, à Philippe ville. — Voyez les Conserves alimentaires, par \V. Maigne, dans la même collection que ci-dessus.
- M. J. Laroy, à Ostende. — Vous trouverez plusieurs traités très complets sur la métallurgie du fer et sur la fabrication du verre, à la librairie Dunod, quai des Augustins, à Paris.
- M. J. Patarroni, à Bordeaux. — M. Droux a publié un traité industriel complet sur les Produits chimiques et la fabrication des savons, à la librairie Bernard Tignol, à Paris.
- Questions. — N° 1340. — M. L. Peltier, à Pornichet, nous demande la composition exacte d’un mélange de pétrole, camphre, huile ou de tout autre liquide propre à être brûlé dans une lanterne de bicyclette et fournissant la plus grande quantité, de lumière.
- Accusés de réception. — Avis divers : M. M., à Mustapha-Alger. Votre lettre a été envoyée à destination. — M. P. Bras, à Villefranche. Nous ne connaissons pas d’autres procédés que ceux précédemment indiqués. — M. Sevin, à Paris. — Il n’existe pas d’ouvrage spécial sur le travail de cette matière. — M. A. D.. libraire, à Aix. Regrets de ne pouvoir vous renseigner. — M. V. Cal-iebant, à Termonde. Il nous est impossible de vous donner d’autres indications; nous ne connaissons pas d’autres ouvrages. — M. Durand, à Marseille. Il faut déniontçr complètement l’appareil et h? visiter entièrement. — M. J. S. Jury, à Niza. Des expériences seraient nécessaires pour vous répondre; cela ne nous est pas possible. —: M. G. Mosnier,k Paris; M. J. Lima, àX.; Un lecteur, à Barcelone, Voyez les Recettes et procédés utiles, lro série. (G. Masson, éditeur.) — M. G. D., k Rouen. Nous avons indiqué plusieurs procédés de métallisation des insectes et des fleurs dans les Recettes et procédés utiles, 5e série, à la même librairie. — M. D. M., à Paris: M. R- L., à Lyon. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications.— Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Panier & salade pliant. — Charmant objet, très recommandable aux ménagères. C’est un panier à salade, sphérique comme tous les paniers à salade (n° I). Mais quand on en a fait usage, il se plie pour former une corbeille hémisphérique, qui peut servir à mettre des fruits, qui, retournée l’ouverture
- Panier à salade pliant. — 1. Appareil ouvert.
- 2. Le mèmè plié formant corbeille. — 3. Mode d’emploi.
- en bas, peut couvrir une assiette garnie pour la protéger des mouches. Sous cette forme hémisphérique, le panier à salade s’accroche facilement au mur. Pour s’en servir comme panier à salade, on lui fait reprendre sa forme sphérique comme le montré le n° 5 de notre gravure. — Se trouve chez M. A. Wolter, passage Kuszner, Paris-Belleville.
- Le eneille-fruits. — L’appareil que nous représentons est une variante des cueille-fruits déjà connus. 11 permet de cueillir un fruit à distance aussi facilement qu’avec la main et sans le secours d’une échelle. Le cueille-fruits est représenté au premier, plan de notre dessin ; c’est une longue perche au bout de laquelle est une pince qui s’ouvre et se ferme par un ressort
- Cueille-lruits. Vue de l’appareil et mode d’emploi.
- que l’on fait mouvoir au bas de la perche par l’intermédiaire d’une cordelette. Au second plan une dame est figurée qui fait fonctionner l’instrument. Elle entoure le fruit des deux pinces ouvertes; elle tire la cordelette, les pinces se referment sur le fruit qu’une traction détache de sa tige. — Le cueille-fruits se trouve chez M. E. Mathieu, 2, rue du Faubourg-Poissonnière, à Paris.
- Support pour les écrans colorés dans les appareils photographiques. — L’orthochromatisme, ou correction des tonalités rendues inexactement par la photographie ordinaire, a été l’objet d’intéressantes études qui ont abouti à l’emploi des écrans colorés. Ces écrans remédient dans une large mesure au manque ou à l’excès de sensibilité des plaques habituelles, suivant les couleurs. Leur usage s’impose dans certaines circonstances. Mais, quelle-que soit la position de l’écran, à l’intérieur contre le diaphragme ou en avant du para-soleil, il faut procéder avec une certaine dextérité, notamment quand on veut en changer (pose double). Une manœuvre lente ou inhabile a pour conséquence — invariablement — une
- * La description des appareils est gratuite, ta rédaction des. Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonce*.
- déformation plus ou moins accusée de l’image. Or, l’ingénieux dispositif imaginé par MM. Duplouich et Henry, opticiens-constructeurs, 15, rue Dauphine, supprime ces divers inconvénients; il a, de plus, l’avantage appréciable de remplacer tout un petit matériel encombrant et fragile par une pièce unique, remplissant le même objet au mieux des opérations. L’appareil est de la dernière simplicité. Un disque, excentré sur le tube de l’objectif, porte à sa surface cinq ouvertures d’un diamètre égal à celui du plus grand diaphragme : quatre peuvent être
- Support pour les écrans colorés.
- 1 et 2. Dispositif de l’appareil. —B. Réglette à- écrans.
- garnies de verres de couleur, la cinquième reste libre, si on le désire, pour la photographie ordinair^. Ce disque est disposé de manière que l’axe de chaque verre de couleur se confond parfaitement avec celui jle l’objectif, au moyen d’un moleté qui permet de faire tourner la roulette sur elle-même; un cliquet automatique arrête le verre choisi à sa bonne position. Placée à la façon des diaphragmes usuels, la roulette peut être combinée avec l’un de ces diaphragmes rotatifs ; de même que ces derniers, elle peut être appliquée en avant ou en arrière et ne tient pas davantage de place. Tous les objectifs qui n’en sont pas munis peuvent être transformés facilement. Autre combinaison dérivée du même principe : une réglette rectangulaire, portant le même nombre d’écrans ou plus, peut être adjointe au disque en question, ce qui donne la faculté de renforcer et de multiplier les couleurs, à la seule condition, cependant, que le tube porte-objectif permette, par sa hauteur, d’effectuer cette transformation. La réglette peut également s’employer seule. Les écrans colorés ont été essayés par M. Fescourt, le préparateur de positifs sur verre pour projections et reproductions stéréoscopiques. Le résultat en a été très satisfaisant.
- Pulvérisatenr de parfums. — Le n° 1 donne la coupe, de la figure 2 qui représente une petite bouteille lançant forte-: ment un jet pulvérisé d’eau de Cologne ou d’un autre parfum. La bouteille plate est à parois flexibles. On dévisse le couvercle.
- Fig 1 et 2. — Pulvérisateur de parfums.
- qui termine.un long tube allant au fond du vase, comme on le voit figure 1 ; on remplit le récipient d’eau de cologne ; on. ferme à nouveau. On pousse la platine supérieure qui débouche l’ouverture du tube central; cela fait, pressant les parois flexibles de la bouteille, on augmente la pression de l’air contenu intérieurement à la surface du liquide, le jet se produit jusqu’à 50 centimètres environ de distance et peut servir à parfumer une chambre ou à arroser légèrement un visiteur. — Ce petit appareil se trouve chez M. Bertrand, 10, rue d’IIauteville, Paris. -,
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- BIBLIOGRAPHIE
- L'influence du milieu sur les animaux, parL. Cuénot, chargé de cours à la Faculté des sciences de Nancy. 1 roi. petit in-8° de Y Encyclopédie scientifique des aide-mémoire, publiée sous la direction de M. Léauté, membre de l’Institut. — G. Masson, éditeur et Gauthier-Villars et fils, imprimeurs-éditeurs. Prix broché, 2fr. 50; cartonné, 5 francs.
- Sur la méthode d'examen des objectifs photographiques à l’observatoire de Kew, par M. le rnajor Léoxard Darwin, ancien ofticier du corps royal du génie. Traduction de M. E. Cousin. 1 brochure in-8°. — Paris, Gauthier-Villars et fils, imprimeurs-libraires, 1894.
- Les couleurs reproduites en photographie. Procédés Becquerel, Ducos du Hauron, Lippmann, etc. Historique, théorie et pratique, par E. Dumoulin. 1 vol. in-18 jésus. 2* édition. — Paris, Gauthier-Villars et fils, imprimeurs-libraires, 1894. Prix : 1 fr. 50.
- Le vin et les vins de fruits. Analyse du moût et du vin. Vinification. Sucrage. Maladies du vin. Etude sur les levures de vin cultivées. Distillation, par Pierre Andrieu, chimiste-agronome. 1 vol. in-8° avec 78 figures. — Paris, librairie Gauthier-Villars et fils, 1894.
- L'abatage des animaux de boucherie. Étude comparée des diverses méthodes, par le Dr J. A. Dembo, médecin de l’hôpital Alexandre, à Saint-Pétersbourg. 1 brochure in-8°. — Paris, Félix Alcan, éditeur, 1894.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS A 7 HEURES DU MATIN THERMOMETRE VENT DIRECTION et force DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 13 août.... 13',6 S. W. 5. Couvert. 3,6 Presque couvert; pluie à diverses reprises le matin.
- Mardi 14 14%5 S. W. 2. Couvert. 0,0 Couvert jusqu’à 13 h., très nuageux ensuite.
- Mercredi 15 18*,1 S. S. W. 2. Couvert. 0,5 Très nuageux; quelques averses.
- Jeudi 16 iV,i S. W. 2. Beau. 0,0 Beau de 6 à 8 h.; tr. nuag. av. et apr. jusq. 19 h.; couv. ens. ; ton. et pl. à div. repr. de 14 h. 1/2 à 16 h. 1/2.
- Vendredi 17 14‘,2 N. W. 3. Couvert. 0,8 Très nuageux ae 8 à 20 h.; couvert avant et après.
- Samedi 18 12*,3 W. S. W. 1. Couvert. 0,2 Presque couvert, plusieurs averses.
- Dimanche 19 ... . 13*,1 YV. S. \V. 1. Couvert. 0,9 Presque couvert; un peu de pluie à 12h. 10 m.
- AOUT 1894 --- SEMAINE DU LUNDI 13 AU DIMANCHE 19 AOUT
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : urbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au milieu de la mer) ; courbe plus mince, thermomètre à l’abri à courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- cour boule sèche
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement de terre en Sicile. — Les tremblements de terre on Sicile que nous avons signalés dans notre dernière chronique météorologique ont encore continué les jours suivants. Le 10 août, à 2 h. 33 m. (le l’après-midi, tfne forte secousse de tremblement de terre a été ressentie à Zafl'arana. La panique a été générale, line autre secousse plus légère s’est produite à 5 h. 40 m. à Cataue. Le nombre des morts s’est élevé à 22; celui des blessés à 48 dans les villages de Sano et Zalfarana : 13 personnes sont mortes ou blessées à Zarbato.
- I,a pluie à SUiint-Malo. — Le journal Le Cosmos mentionne, dans son numéro du 11 août 1894, la pluie qui est tombée à Saint-Malo dans la journée du 29 juillet dernier. Le vendredi 27 juillet, vers 2 heures de l’après-midi, une averse avait pu fournir 11““,8 d’eau dans un espace de quinze minutes. La journée du samedi 28 juillet s’ôtait passée chaude et belle ; cependant, vers 6 heures et demie du soir, quelques larges gouttes de pluie étaient tombées d’un ciel voilé, vers son zénitli, par quelques lambeaux de cirro-stratus.
- La nuit du samedi 28 au dimanche 29 n’avait fourni, jusqu’à 8 heures du matin, que 6””,8 d’eau, quand une pluie torrentielle, venant à s’abattre sur la région, donnait 10 millimètres d’eau, dans l’espace d’environ quinze
- minutas. A midi, le pluviomètre avait recueilli 13”“,60 depuis 8 heures du matin, et à 6 heures du soir 14”“,20 depuis midi. De 6 heures à 7 heures du soir, une nouvelle averse fournissait 17““,90; si bien que la quantité d’eau tombée dans l’espace de onze heures atteignait une hauteur de 52” ,1. C’est ainsi que, dans soixante-six heures écoulées depuis le vendredi 27, à 2 heures de l’après-midi, jusqu’à 8 heures du lundi matin, 30 juillet, la hauteur d’eau tombée s’est élevée à 72“,30: et encore faut-il remarquer qu’il n’est à peu près rien tombé dans toute la journée du 28. Cette pluie torrentielle du 29 s’est produite par une pression évaluée à 739“, 10 à 8 heures du matin, 739“,90 à midi, 739“",73 à 6 heures du soir, ces hauteurs étant estimées à 0U et au niveau de la mer._ Toute la journée, ou à peu près, lé ciel a été balayé, de l’est-nord-est à l’ouest-sud-ouest dans la matinée, de l’ouest à l’est dans l’après-midi et la soirée, par des nimbus assez bas.
- La foudre en Autriche-Hongrie. — Pendant un orage, qui a on lieu le 12 août, la foudre est tombée sur le célèbre château de Kiegers-bourg, en Styrie, un des plus vieux châteaux forts de l’Autriche, propriété du prince Charles Liechtenstein. La partie inférieure du château, connue sous le nom de Liehtenegg, a été complètement détruite par les flammes, qu’on n’a pu éteindre qu’à grand’peine.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 16. à 1 h. 26 m. du soir.
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- Réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction de la a Boite aux lettres » doivent être adressées
- à M. Gaston Tissandier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SBRVICIB DU JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES A LA LIBRAÏRIB O. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- LA SEMAINE
- Le transpyrénéen. — Une nouvelle convention relative au percement des Pyrénées a été récemment signée à Paris
- 8ar les délégués de la France et de l’Espagne, sous la réserve 'une entière liberté d’action de leurs gouvernements. Il s’agissait de reviser la convention (non ratifiée) et le règlement d’exécution signé le 13 février 1885 entre les deux pays en vue de l’établissement de deux voies ferrées à travers les Pyrénées centrales, l’une allant de Saint-Girons à Lérida, l’autre d’Oloron à Zuéra. Le nouveau projet prévoit la construction de deux lignes internationales qui traverseront la frontière franco-espagnole près des ports de Salau et de Somport. La première partira de Saint-Girons (Ariège), remontera la vallée du Salat, et pénétrera en Espagne par la vallée de Noguera-Pallaresa qu’elle parcourra en passant à Esterri-de-Anen pour aboutir à Lérida dans la vallée du Sègre. La seconde partira d’Oloron (Basses-Pyrénées), remontera la vallée d’Aspe, pénétrera dans celle du Gallego et rejoindra à Zuéra la ligne de Saragosse à Barcelone. Les lignes, les deux tunnels de faîte et les gares internationales devront être exécutés simultanément de part et d’autre. La durée des travaux ne dépassera pas dix ans à partir de l’échange des ratifications de la convention. Suivies deux lignes projetées, les déclivités ne dépasseront sur aucun point 55 millimètres par mètre; cette limite sera réduite à 27 millimètres à l’intérieur des souterrains de faîte. Pour ces deux mêmes lignes, les rayons des courbes ne devront pas être inférieurs à 500 mètres à moins de difficultés exceptionnelles de construction pour lesquelles il sera statué par les deux Gouvernements. Le tunnel de Somport partira des forges d’Abel, en France, à la cote de 1004 mètres et aboutira aux Aranones, en Espagne, à la cote de 1195 mètres. Le profil en long présentera, à partir de la tête française, une rampe de 5 millimètres sur 1Q0 mètres de longueur, une rampe de 27 millimètres sur 4912 mètres et une de 2 millimètres sur 2633 mètres. Le tunnel du Salat aura son entrée, du côté de la France, à l’altitude de 1055 mètres, la sortie aura lieu, en Espagne, à la cote de 1188 mètres. Le profil en long présentera, à partir de la tête française, une rampe de 27 millimètres par mètre sur 5904 mètres et une pente de 2 millimètres sur 2826 mètres de longueur. Une gare internationale sera, pour chacune des deux lignes, établie sur chacun des deux versants. Entre les gares internationales de chaque ligne, dit la Revue industrielle à laquelle nous empruntons ces renseignements, il sera posé deux voies composées chacune de trois rails espacés de manière que les trains français et espagnols puissent circuler sur chacune d’elles.
- INFORMATIONS
- —®— Le monument de 31. de Quatrefages dont nous avions parlé dans nos Informations du 18 août 1894, a été inauguré dimanche '26 août à Vajlcraugne (Gard). La cérémonie a été vraiment imposante. M Darboux, doyen de la Faculté des sciences de Paris, avait été délégué pour présider la réunion. Dans le cortège M. Milne-
- Edwards, de l’Institut, directeur du Muséum, M. Hamy, professeur au Muséum, M. Geoffroy Saint-Hilaire, M. Brongniart, M. A. Sabatier, doyen de la Faculté des sciences de Montpellier, M. Silhol, sénateur, 31. Gaussorgues, député, 31. Teissier du Cros, conseiller général, 31. Sarrut, avocat général à la Cour de Paris, 31. 3Iarcellin-Pellet, M. le préfet du Gard, M. le sous-préfet du Vigan, 31. Salles, maire de Valleraugue, 31. Anglurel de La Baumelle, parent et ami intime du défunt. Mmo de Quatrefages de Bréau assiste à la cérémonie. Quand le monument a été découvert, le maire de Valleraugue a ouvert la série des discours. La carrière scientifique du défunt a été retracée par 3IM. 3Iilne-Edwards, Hamy, Geoffroy Saint-Hilaire et Brongniart. 31. Hamy a salué en 31. de Quatrefages le créateur de l’anthropologie. 31. Darboux a résumé les impressions de cette belle journée, après des paroles prononcées par 3131. Sabatier, Geoffroy Saint-Hilaire, Brongniart, etc. Le monument, qui fait grand honneur à l’habile sculpteur 31. Léopold 3Iorice, a 5 mètres de hauteur. H se compose du buste en bronze de l’illustre savant placé sur un piédestal de pierre portant sur la face principale, la statue d’une jeune Cévenole, qui tient d’une main le livre de la science, et de l’autre présente une couronne à l'éminent naturaliste.
- —®— Voici de curieuses observations sur les variations atmosphériques rapides. Le dimanche II février 1894, un fort ouragan a passé sur l’Ecosse. Le baromètre commença à baisser à 5 heures du matin. Le lundi, à 2 heures du matin, il indiqua 716mm,6 (à 0° de température et au niveau de la mer). Alors il se releva promptement et, entre 4 et 5 heures du matin, monta de 7mm,8, ainsi que l’indique le barographe Richard, contrôlé par le baromètre à mercure. La ligne du barographe était bien distincte et nette. Le vent ayant passé de l’est-sud-est au sud-ouest, le thermographe Richard indiqua un relèvement de la température de 3°.1 à 8°,9 ou de 5°,8 pendant les sept minutes finissant le dimanche à lh 10m après-midi. Les fluctuations de l’hydrographe de Richard pendant la matinée de lundi furent également remarquables.
- —Les Américains ont récemment essayé un nouveau canon pneumatique à la dynamite à Sandv-Hook, entrée de New-York. C’est un canon de 38 centimètres de calibre, lançant, sous l’action d’un volume d’air comprimé à 70 kilogrammes, un énorme projectile chargé de plusieurs centaines de kilogrammes de dynamite. D’après le New-York Herald, les résultats du tir ont été très remarquables ; à la distance de 3500 mètres, tous les projectiles ont éclaté dans un rectangle de 36 mètres sur 12. Nous rappellerons que le canon pneumatique est en essais depuis quelques années, et que la marine des Etats-Unis a renoncé récemment à son application sur mer. D’autre part, l’éclatement des projectiles était très capricieux. Ce canon appartient à une Société industrielle; nous attendrons, avant de parler de cet extraordinaire engin, le Rapport des officiers américains qui ont assisté aux expériences.
- —Un accident de ballon assez grave a eu lieu, dimanche 19 août à Tourcoing. Le ballon le Rapide, cubant 1000 mètres, monté par l’aéronaute roubaisien Terynck et trois amateurs, a été, dès son départ, emporté par une bourrasque dans la direction de la Belgique, à une altitude de 1300 mètres. Un premier atterrissement eut lieu dans la commune de Ségelsen, près Renaix. En atterrissant, 31. Terynck fut jeté hors de la nacelle et eut la jambe brisée. Un autre amateur, projeté également, n’eut que de simples contusions. Puis le ballon, allégé, remonta furieusement avec les deux autres amateurs dont un se suspendit à la corde do la soupape. Une nouvelle descente eut lieu 2 kilomètres plus loin, sans accident. Les amateurs mirent le ballon en sûretc, puis vinrent chercher 31. Terynck gisant dans une pâture. Il fut transporté à Renaix où un docteur réduisit la fracture.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Un grand nombre de nos lecteurs nous demandent les adresses des constructeurs des voitures à pétrole ayant obtenu le premier prix du concours du Petit Journal (voy. n° 1108, du 25 août 1894). Ces adresses sont les suivantes : MM. Panhard et Levassor, 19, avenue d’Ivry, à Paris; MM. les fils de Peugeot frères, à Valentigney (Doubs).
- Communications. — M. F. Lefebvre, à Rouen, nous envoie une brochure ayant pour titre Croissance, alimentation et prix de revient des jeunes animaux de l'espèce bovine, années 1892-1893 et 1893-1894. Cette Notice est extraite du Bulletin de la Société centrale d'agriculture du département de la Seine-Inférieure.
- M. D., à Auch, nous adresse quelques remarques au sujet d’un orage qui a éclaté dans cette ville le 28 août à 8 heures etdemiedu soir. M. D. a surtout observé un grand nombre d’éclairs ramifiés qui se sont succédés longtemps sans interruption. Ces éclairs présentaient les formes les plus diverses et des branches plus ou moins nombreuses et fort variées. Notre correspondant accompagne sa Note de plusieurs croquis représentant les ramifications observées.
- M. Stefan C. Hepites, directeur de l’Institut météorologique et du service central des poids et mesures de Roumanie, à Bucarest, nous envoie le dernier volume des Annales de l'Institut météorologique de Roumanie pour l'année 1892. Cet important ouvrage qui contient des observations météorologiques effectuées en diverses stations de Roumanie, se trouve en dépôt à la librairie Gauthier-Yillars et fils, à Paris.
- M. L. Hennebert, pharmacien à Pont en-Royans, nous adresse une écrevisse pêchée dans le ruisseau du Gagnard. Cette écrevisse bien vivante, est de couleur rouge. Il y a donc dans ce ruisseau des écrevisses rouges vivantes. Le cardinal des mers ne serait peut-être pas un vain mot. Nos lecteurs connaissent-ils d’autres faits semblables?
- Un abonné, à X., nous adresse la photographie d’une cheminée d’usine prise pendant sa chute. La cheminée est brisée en trois endroits, et se trouve fortement inclinée dans l’espace. Haute de 55 mètres, celle-ci n’avait plus aucune utilité; il convenait donc de la détruire de la manière la plus économique. A cet effet, on a enlevé dans le socle sur lequel elle reposait une série de briques qu’on a remplacées, sans compromettre la solidité, par un solide sac de toile rempli, de plâtre. La brèche a été successivement agrandie à droite et à gauche ; on a alors éventré le sac d’un coup de couteau, et la cheminée s’est abattue sur le sol en faisant un bruit très violent et en soulevant un nuage de poussière très épais. Dans sa chute, elle a creusé pour ainsi dire son lit dans le sol et même dans le bitume, car sa forme y était nettement dessinée en creux.
- Renseignements. — Un lecteur, à Saint-Dié. — 1° Nous avons indiqué un mode de préparation de la dextrine dans la Boîte aux lettres du n° 1056, du 26 août 1893. — 2° Il faudrait examiner s’il est possible de faire varier l’admission de votre machine à vapeur.
- M. E. de V., à Mâcon. — 1° Vous trouverez la composition de plusieurs dentifrices dans les Recettes et procédés utiles, à la librairie G. Masson. — 2° Nous avons publié plusieurs articles sur le phonographe; voyez la Table des matières des dix dernières années 1883-1892.
- M. F. C hâves, à Ponta Delgada. — Ces gravures ne peuvent être faites que dans des ateliers. Les clichés en cuivre se font après la gravure, ils ne peuvent être préparés à l’avance.
- M. Leonam, à Porto-Alegre. — 11 faudrait vous adresser directement au constructeur à lena, en Saxe, et lui soumettre le problème que vous nous indiquez.
- M. Ménétrier, à Bordeaux. — Le planimètre-hachette donne d’excellents résultats ; suivez exactement les indications données dans l’article.
- M. J. Candido, à Ischia. — Les quantités données sont pour un volume de 60 centimètres cubes formé de moitié d’eau, et moitié d’une solution concentrée de sulfite de soude.
- M. H. Fleurot, à Saint-Julien. — 1° L’indice de réfraction de la benzine par rapport à la raie D du sodium est de 1,49 à 0°. — 2° Les indices de réfraction d’un certain nombre de substances sont donnés dans l’Annuaire du Bureau des longitudes. (Gauthier-Villars et fils, éditeurs.) — 3° Ces chiffres n’ont pas été déterminés.
- M. E. Hennebique, à Bruxelles. — Nous np‘croyons pas que ce phénomène se soit jamais produit.
- L’abonné X. Y., à Montauban. — 1° Il est nécessaire d’employer du chlorure de calcium très desséché. — 2° Il faut passer sur cette pièce du papier émeri très fin.
- M. D. M., à Saint-Saulve. — 11 n’y aurait aucun inconvénient à faire fonctionner la dynamo pour charger les accumulateurs, et en même temps à faire travailler ces derniers sur le circuit d’çclairage. Il serait seulement nécessaire de bien veiller à ce que la ditlérence de potentiel aux bornes des lampes ne dépasse pas la valeur normale.
- M. Gattouker, à Colmar. — Nous n’avons pas décrit les voitures dont vous parlez, parce qu’elles ne fonctionnent pas bien et qu’elles n’ollrent pas d’intérêt. Rien n’a été publié de plus complet que ce que nous avons donné.
- M. Auché, à Périgueux. — Merci pour votre photographie; elle est très nette, mais trop petite pour être reproduite.
- M. P. Rengnet, à Paris. — Il y a beaucoup de procédés de renforcement des clichés ; voyez les traités de photographie, à la librairie Gauthier-Villars.
- M. Domalain, à la Garenne-Colombes. Nous avons fait connaître un procédé pour faire disparaître les taches dues à la moisissure sur les livres, dans la Boîte aux lettres du n° 1091 du 28 avril 1894.
- M. E. J. D., 'a X., — L’étoffe n’est pas comme le papier; elle est détériorée par les taches de moisissure; on ne saurait y bien remédier.
- M. le comte d’Arvani, à Orléans. — Les ouvrages concernant les applications générales de l’électricité sont aujourd’hui très nombreux; voyez les catalogues des librairies Masson, Bau-dry, Berger-Levrault, Carré, Bernard, etc.
- M. Th. de Beaulieu, au château de Fleurus. — Il existe plusieurs chauffe-bains au pétrole: adressez-vous à M. Gundhart, 59, rue des Petites-Ecuries, ou à M. Tiroloy, 3, rue de la Banque. Nous avons décrit l’appareil de ce dernier inventeur dans les Petites Inventions du n° 1044 du 3 juin 1895.
- M. P. Bailly, à Bruxelles. — 1° Vous pourriez vous adresser à MM. Vilmorin-Andrieux, 4, quai de la Mégisserie, à Paris. — 2° Il suffit de répandre le tan dans les allées.
- M. N. Evrard, à Marcinelle. — Le livre que vous demandez est à la librairie Larousse, à Paris.
- M. H. Tissier, à Saint-Germain.— Voyez les Champignons, traité élémentaire et pratique de mycologie, par J. Moyen, à la librairie J. Rothschild, à Paris.
- Un abonné, à Lignières. — La librairie Gauthier-Villars, à Paris, a publié plusieurs ouvrages sur l’aluminium et sa fabrication industrielle.
- M. A. de Gorloff, à Hammerfield. —Renseignez-vous auprès de M. J. Vinot, directeur du Journal du Ciel, cour de Rohan, 130, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. Adamovici, à Burdujeni — 1“ Cibles à voyants : MM. Pattey Lee et C‘% 5, boulevard de Strasbourg. — 2° Carabine système Flobert, 12, boulevard Saint-Michel, à Paris.
- M. L. G., à Ver. — Alambics pour distillation de fruits : M. Deroy, 73, rue du Théâtre, M. Lgrot, 19, rue Mathis,Paris.
- M. P. B., à La Ferté Saint-Aubin. — Maison E. Devrolle, naturaliste, 46, rue du Bac, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. —M. E. Clarenc, à Paris; M. A. G., à N. Il n’existe pas d’ouvrage spécial sur ces uestions. — M. le comte F. de Pustowsfci, à Albertvn. Les détails e cette fabrication ne nous sont pas connus..— M. E. Mouzy, à Donchcry. Nous n’avons pas d’adresse particulière à vous indiquer. — M. G. G., à Paris. Il serait nécessaire de faire des essais de laboratoire pour pouvoir vous répondre. — M. B. Hory, à Rougi val. Nous ne saurions nous occuper de ces questions de brevets. — M. C. A., à Burdujeni. Les falsifications de ces substances sont innombrables; il serait impossible de vous renseigner. — M. Klipffel, à Nancy. Cet appareil est déjà ancien; il n’a eu aucun succès. — M. Gotendorf, à Maisons-Lafiitte. Merci pour votre envoi que nous montrerons à un naturaliste. — M. P. Danüloff, à Phihppopoli. Regrets de ne pouvoir vous donner satisfaction ; nous ne connaissons personne à vous indiquer. — M. L. Zambelli, à Terni. Nous ne saurions vous renseigner.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- ouvrage orné de 85 gravures. 1 vol. grand in-8°. — Paris, librairie Hachette et Cie, 1893.
- L’histoire du théâtre que nous signalons ici est un des beaux livres de notre époque. On connaît l’érudition et le goût de l’au-
- L'n jardin foisonnant d’animaux, tel qu’on le figurait dans les Entrées royales, au Moyen âge. (D’après une gravure du temps.)
- BIBLIOGRAPHIE
- Essai sur l'histoire du théâtre. La mise en scène, le décor, le costume, l’architecture, l’hygiène, par Germais Bapst,
- teur, II. Germain Bapst, qui sait habilement puiser dans les mémoires et les documents authentiques, les éléments des faits
- Sermettant de reconstituer une époque. Le travail que publie [.' Germain Bapst est le Rapport officiel du Jury de la classe des ^trts décoratifs sur les théâtres, à l’Exposition universelle de 1889. L’auteur passe en revue le théâtre depuis son origine; il parle «l’abord des anciens mystères du moyen âge avec les scènes sin-
- gulières formées d’échafaudages en plein air, il étudie les costumes et le jeu des acteurs à cette époque lointaine, il analyse les pièces représentées. M. Germain Bapst consacre de longs et intéressants chapitres aux mystères mimés au moyen âge et à l’époque de la Renaissance ; c’est dans ce dernier chapitre qu’il dépeint les Entrées royales où les spectacles étaient nombreux, et où l’on construisait ces curieux décors que l’on appelait les jardins foi-
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- sonnant en plein air. Une énorme cage de fer couvrait le parterre, empêchant les volatiles de s’envoler et les quadrupèdes de se sauver par les rues. La gravure que nous reproduisons et qui donne un curieux document de l’époque, publie dans le livre de M. G. Bapst, représente un de ces jardins des Entrées royales. Le dessin en est d’une naïveté délicieuse. L’auteur, continuant son œuvre, arrive aux premiers théâtres parisiens et à la première salle de spectacle en France. Voici maintenant l’histoire du théâtre lyrique, avec l’étude de la mise en scène à l’Opéra depuis ses origines jusqu’au théâtre de Henri IV ; plus loin, on apprend à connaître les ballets en France, de Henri IV à Louis XIV. Puis on lit l'histoire des théâtres à l’étranger, en Italie, en Angleterre, en
- Allemagne, en Espagne. Le théâtre au dix-septième et au dix-huitième siècles, le théâtre de société, les salles de spectacle, la décoration et les décorateurs, la mise en scène pendant la Révolution, les théâtres publics sous l’Empire, le théâtre pendant la période Romantique, les théâtres du boulevard, les constructions théâtrales depuis 1830, forment les chapitres successifs du magnifique travail dont nous donnons le résumé : ce travail, rempli de documents inédits, orné d’excellentes gravures, est brillamment écrit, en style très précis; c'est un monument élevé à l’histoire du théâtre; il fait grand honneur à son auteur et à ses éditeurs. G. T.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Salnt-Maur, altitude 49*,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS A 7 HEURES OO MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 À. 9 ÉTAT DU CIEL PLOIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 27 août.... 18*,0 w. o. Couvert. 1,5 Nuageux jusqu’à 18 h. ; beau ensuite ; éclairs continus jusque vers 3 h.
- Mardi 28 13* ,5 E. N. E. 0. Couvert. 0,0 Couv. de 5 à 8 h., puis nuag. ; beau jusq. 4 h et ap.17 h.; brouill. jusq. 8 h.,plusép. d. la vertic.; écl. à l’hor. S.E.
- Mercredi 29 14%0 N. N. E. 2. Peu nuageux. 0,0 Nuageux de 5 à 7 h. ; beau avant et après.
- Jeudi 30 12*,9 N. E. 1. Beau. 0,0 Pas trace de nuage de la journée.
- Vendredi 31 12*,9 N. N. E. 0. Beau. 0,0 Peu nuageux de 14 à 19 h. ; beau avant et après.
- Samedi 1" se ptembre 13*,0 Calme. Beau. 0,0 Nuageux à S h.; de 13 à 19 h. et à 24 h. ; beau le reste du temps.
- Dimanche 2 . . . . 16*,2 E. N. E. 2. Couvert. 0,0 Presque couvert, éclairs puis tonnerre à partir de 21 h. avec un peu de pluie.
- (
- AOUT-SEPTEMBRE 1894 -- SEMAINE DD LDNDI 27 AOUT AD DIMANCHE 2 SEPTEMBRE
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- | Vendredi | Samedi | Dimanche |
- La courbe supérieure indique ta nébulosité de ü à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer)', courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- Chute de (grêle. — Un violent orage a passé sur Pornic et ses environs dans la nuit du 22 au 23 juillet entre 2 et 5 heures du matin. La foudre est tombée près la Bernerie, aux Moutiers ; on ne signale pas de dégâts importants. La nuit du 24 au 23 a vu se renouveler le même phénomène qui a commencé à 1 h. 40 m. et n’a cessé qu’à 7 heures du matin, se dirigeant vers le nord-est et sur Nantes. Un peu moins violent comme orage, celui-ci était accompagné d’une chute de grêle, comme personne dans ce pays n’en vit jamais. Je n'avais moi-même jamais vu pareil spectacle. Pendant huit minutes, exactement, d’énormes grêlons n’ont cessé de pleuvoir, couvrant les champs, les routes et les rochers du Gourmalon, où, dès le commencement de l’orage, je m’étais placé en observation. Après cette averse mon parapluie était criblé de trous; je reçus même par ces ouvertures des grêlons qui me frappèrent rudement. Ayant mesuré la longueur de ces grêlons, je leur trouvai une moyenne de 7 à 8 centimètres. Un grand nombre mesuraient 10 centimètres. Je ne les ai pas pesés, quelqu’un m’assure en avoir trouvé de 230 grammes. Remarque intéressante • ces grêlons se présentaient sous trois formes bien distinctes. Les premiers tombés, et les moins nombreux, étaient de forme ovoïde, gros comme des œufs de pigeon; ensuite tombèrent les plus gros — comme de petits œufs de poule — et plutôt sphériques, immédiatement suivis de grêlons aussi forts mais plus larges, plus allongés et plats, l'épaisseur étant de 1 centimètre et demi en moyenne au centre et d’un demi-centimètre sur les bords. Je ne connaissais pas cette forme extraordinaire. Les
- derniers étaient ronds et plus petits, sans descendre au-dessous de la grosseur d’un œuf de perdrix. Quelques-uns des plus gros portaient une sorte de bavure — était-ce dû à la fusion? — avec l’aspect ae dentelure ou de petites stalactites.
- Contrairement encore à ce qui se voit ordinairement, le centre de ces différents grêlons n’était pas composé d’un noyau de neige, mais bien de glace limpide et compacte; entouré de deux et trois anneaux d’une glace un peu moins dense, mais toujours aussi claire et solide. Un grêlon que j’ai recueilli et mesuré au bout de vingt minutes avait 7 centimètres de longueur et offrait la forme d’un cigare. Au moment de cette grêle (3 h. 40 m.) l’orage était à son maximum, il avait déjà plu et il plut après encore quelques minutes. On sait qu’ordinairement la grêle précède l’orage. Pluie et grêle donnèrent des torrents qui, tombant du haut des rochers, s’étalaient en rejaillissant et figuraient des cascades singulières par leur couleur jaunâtre, sinon limpide et brillante. Les nuages, cumulo-nimbus épais, marchaient les uns contre les autres, laissant entre eux des vides où de temps en temps on voyait briller la Lune, tandis que la mer était couverte d’une brume intense et peu élevée. C’était un grand mais sinistre spectacle.
- A la suite de cet orage — à 6 h. 30 m. — un ras de marée se produisit dans le port de Pornic; la mer s’éleva de 70 à 80 centimètres au moins en quelques minutes et retomba de même, sans que la surface en parût troublée. J. Qcélin,
- Directeur de l’Observatoire d’Angers.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 30, à 8 h. 14 m. du soir.
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- Réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction de la « Boite aux lettres » doivent être adressées
- à M. Gaston Tissàndier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SBRV1GB DU JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES A LA LIBRAIRIE O. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- LA. SEMAINE
- L’effectif des Haras. — Au 1er janvier 1894, le nombre total des étalons existant dans les Haras nationaux s’élevait à *2078. Cet effectif se décompose ainsi : purs sangs anglais, 19b ; arabes 87 ; anglo-arabes, 207 ; demi-sang, 1806 ; trait, 7)17). Ce nombre va être progressivement élevé pendant six ans encore. En effet, conformément à la loi du 26 janvier 1892, qui a ordonné l’accroissement de l’effectif général des étalons nationaux, une première augmentation de 100 chevaux a été effectuée en 1892 et une de 50 chevaux en 1893. Cette augmentation progressive continuera à s’effectuera raison de 50 tètes par an jusqu’en 1900. On a calculé que les produits obtenus dans l’année à l’aide des étalons nationaux s’élèvent au total de 126 900 tètes. Le rapport relève ce fait, tout à l’honneur de l'élevage français, que sauf quelques rares exceptions, les importations de chevaux étrangers ont diminué progressivement depuis quatorze ans, tandis que nos exportations à l’étranger se sont élevées. Voici, d’ailleurs, les deux termes extrêmes de cette série de quatorze années :
- Année 1880 : Importations, 15 174 ; exportations, 9 628.
- Année 1895 : Importations, 25 269 ; exportations, 24 121.
- La valeur des animaux exportés en 1893 était de 21 750 850 francs, et celle des animaux importés, de~ 18 550 450 francs. C’est la Belgique qui nous a acheté le plus d’animaux, puis l’Allemagne et enfin la Suisse. Les exportations pour la Belgique ont été de 13 000 tètes en 1893; pour l'Allemagne, de 6450; pour la Suisse, de 2 474.
- INFORMATIONS
- —®— Le célèbre physiologiste et physicien allemand, Helmholtz •est mort la semaine dernière à Berlin. Né à Postdam en 1821, il avait donc soixante-treize ans. Son œuvre scientifique est considérable : nous ne saurions la résumer ici en quelques lignes. Dans une <le nos prochaines livraisons nous consacrerons une Notice biographique à l'illustre savant dont le nom mérite d’être placé à côté de •ceux des plus grands hommes de notre siècle.
- —®— La profession médicale n’exerce encore qu’un attrait médiocre sur la jeunesse féminine de notre pays de France, à ce qu’il parait. Au commencement de la présente année scolaire, la Faculté de médecine de Paris ne comptait que 16 étudiantes françaises sur 165 inscrites. Par contre, sur 164 inscriptions féminines à la Faculté des lettres, il y en avait 141 françaises, plus 7 à la Faculté des sciences et 3 à celle de droit. Les temps semblent donc être éloignés où la France s’enorgueillira de compter, à l’instar des Etats-Unis, '2000 femmes médecins.
- —— Le Colliery Guardian, de Londres annonce qu’un puissant matériel de ventilation vient d’être posé dans les mines de charbon de South Moor (comté de Durham) par la « Waddle Patent Fan an Engineering Company » de Llanelly (South Wales). Les travaux souterrains atteignent une superficie de plusieurs milles carrés, et comme, selon l’idée première, toute la mine devait être aérée par un seul ventilateur, il en a fallu un exceptionnellement puissant. 'Celui qui a été monté est le ventilateur breveté de Waddle. Il a
- 15 mètres de diamètre; il est mû par une machine horizontale de forte pression, pourvue d’un cylindre de 15 centimètres de diamètre. La vapeur d’eau, à une pression de 40 kilogrammes par centimètre carre, est fournie par trois chaudières Lancashire qui sont chauffées à un tirage forcé. Le puits à air qui communique avec le ventilateur et pour lequel il a été spécialement percé, a 5 mètres de diamètre au-dessus des tubes. C’est une pièce magnifique, maçonnée de bas en haut. Le ventilateur a été mis récemment en mouvement, et dans la première épreuve faite sous la direction de M. James Fairley, le directeur des mines, on a obtenu un volume d’air de plus de 500000 mètres cubes par minute, en ne marchant qu'avec un peu plus de la moitié de la vitesse. Quand les travaux seront tout à fait terminés et que l’on pourra disposer de toute la puissance de la machine, il est certain que les résultats que l'on obtiendra seront encore supérieurs.
- —®— La récente exposition canine de Zurich a été un véritable succès; elle avait réuni 821 sujets, ce qui est un joli chiffre, si l’on considère que c’est une des premières expositions que la Société canine suisse avait organisée dans cette ville. Les Saints-Bernards, les Schweishund, les Daehshund, les Fox-Terriers, étaient magnifiquement représentés, niais, chose assez curieuse, aucun éleveur anglais n’y a pris part. Les chiens de race ou d’origine anglaise qui y ont concouru étaient importés depuis plus ou moins longtemps en Suisse; ils formaient un groupe assez satisfaisant. En présence de ce succès, la Société se propose d’organiser, pour l’automne de l’année prochaine, sur une plus vaste échelle, une nouvelle exposition canine, qui se tiendra à Genève. Le gouvernement fédéral suisse a alloué, à cet effet, une subvention de 25 000 francs.
- —®— M. J. Vinot nous a adressé la Note suivante sur les marées d’octobre 1894 : grandes marées du vendredi 28 septembre soir au lundi 1er octobre soir, puis du lundi 15 matin au mercredi 17 soir, et enfin, du samedi 27 soir au mardi 50 matin. Aucune de ces marées n’est aussi forte que celle du dimanche 30 septembre au matin, il s’en faut de beaucoup. On peut dire que la marée du lundi 1er octobre au matin est la dernière des grandes marées d’équinoxe d’automne. Les faibles marées auront lieu du samedi 6 soir au lundi 8 soir, puis du dimanche 21 soir au mardi 23 matin, les premières plus fâibles que les suivantes.
- —®— Dans le Barbier, Beaumarchais fait dire à Rosine, expliquant à Bartholo pour quelle raison ses doigts sont tachés d’encre : « Je me suis brûlée en chiffonnant autour de cette bougie; et l'on m’a toujours dit qu’il fallait aussitôt tremper dans l’encre ; c’est ce que j’ai fait. » Le fait de l’efficacité de l’encre a-t-il été reconnu’.'
- —®— La peste bovine a fait encore une fois sa réapparition en Transcaucasie; elle sévit dans presque tous les districts du gouver-vement de Tiflis, ainsi que dans celui de Kars; la contagion gagne tous les jours du terrain et prend des proportions inquiétantes. Elle s’attaque de préférence aux bêtes de trait ; les paysans sont obligés de dételer de la charrue ou des charrettes les bœufs qui refusent d’avancer et se couchent.
- —®— M. Ern. Heusschen, directeur des mines de Guerrouma, en Algérie, a imaginé le système suivant pour réunir bout à bout deux câbles en fil d’acier. On emmanche les extrémités des deux câbles dans un bloc ovoïde en acier, percé à cet effet, dans toute sa longueur, de deux trous évasés, un peu inclinés sur l’axe. Il suffit, pour compléter l’assemblage, de donner à chaque bout de câble la forme tronconique du trou dans lequel il passe; c’est ce qu’on fait au moyen d’une broche qu’on enfonce au centre de chaque câble, de manière à écarter les fils, après quoi ou remplit le vide ainsi formé au moyen de clous d’acier qu’on enfonce jusqu’à refus.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La plupart des ventilateurs que nous décrivons sont d’origine américaine; on peut se les procurer en s’adressant à M. E. H. Cadiot, 44. rue Tailbout, ou à M. Pitot, 39, rue de Chàteaudun, Paris.
- Communications. — M. E. Lehman, à Paris, nous envoie une Note au sujet de notre article sur les navires à propulsion hijdraulique (n° 1109 du 1er septembre 1894, p. 214) : les systèmes connus jusqu’ici ont le grave inconvénient, d’après lui, d’être obligés d’aspirer l’eau et d’avoir les organes de leur mécanisme à articulations. Notre correspondant donne en outre la description, accompagnée d’un croquis, d’un nouveau système de propulseur hydraulique à refouloir de son invention. Dans ce système l’eau n’a pas besoin d’être aspirée, et rentre toute seule. L’appareil ne comporte pour toute machine qu’un seul piston, triple, agissant sur l’eau et recevant en même temps l’impulsion de la vapeur.
- M. George Hadji-Pyriacos, à Salonique, à propos de notre récent article sur un chêne foudroyé pendant l’orage du 23 juillet 1894 (n° 1108, du 25 août 1894, p. 208), nous écrit qu’il a eu l’année dernière l’occasion d’observer un singulier coup de foudre. Celle-ci, en tombant sur un arbre jeune et petit, l’avait entièrement dépouillé de son écorce. L’arbre est mort quelques jours après.
- M. le D' Vogt, à Paris, nous adresse les lignes suivantes sur les écrevisses vivantes de couleur rouge (voir p. 58 de la Boîte aux lettres n° 1110) : « Je crois devoir vous informer qu’au port de Genève, sur les bords du Rhône, dans la partie immédiatement au-dessous du lac, on prend parfois des écrevisses rouges. J’en ai vu moi-même, et j’en ai capturé avec un cerceau, en plein jour; la transparence de l’eau permet de les apercevoir facilement. Ce spectacle intéresse beaucoup les étrangers ».
- M. F. Laféseur, à Paris, nous écrit que dans le petit cours d’eau du Coulon, à Bras, dans le département du Yar, on trouve des écrevisses brun-rouge, d’autres roses avec des refle.ts rougeâtres, et quelques-unes parfaitement rouges.
- M. Masson, à Dommartin (Haute-Marne), nous fait savoir également qu’il a quelquefois vu des écrevisses rouges dans le ruisseau le Blaiseron, situé dans l’arrondissement de Yassy, département de la Haute-Marne.
- M. Leonce Aguès, à Barcelone, nous adresse une petite brochure qui a pour titre : Miscellanées mathématiques. Dans cet opuscule, l’auteur examine diverses formules mathématiques, ainsi que la limite des polygones réguliers. Ce travail, un peu spécial et abstrait, nous paraît intéressant.
- M. Fra-Jollivet-Castelot, chimiste à Lille, nous fait parvenir une brochure qui traite de l’Influence de la lumière zodiacale sur les saisons et sur les variations d’éclat des étoiles. Dans ce travail, l’auteur expose une théorie nouvelle et s’appuie sur diverses considérations qui présentent un réel intérêt.
- Renseignements. — M. J. de Sprinx, à Bruxelles. — Le prix des voitures automobiles est très élevé ; il faut compter environ 5 à 6000 francs pour en acheter une.
- M. E. Biver, à Paris. — 1° Machine Carré à fabriquer la glace, 19, rue de l’Estrapade; appareils de ménage : MM. Rouart frères, 137, boulevard Yoltaire, à Paris — 2° Glacières portatives : MM. Furderer, Jaegler et C‘% 43, rue Fontaine-au-Roi, ét M. Fumerand, 60, rue Bayen.
- M. E. C. A., à Medjana. —Veuillez nous faire connaître les conditions d’installation et d’exploitation, et nous vous indiquerons plusieurs systèmes qui pourront vous convenir.
- M. L.H. Z., àDelagoa-Bay.—Le siphon-élévateur est construit par M. Lemichel, 52, rue de Lourmel, à Paris.
- M. L. M., à Reims. — Vous trouverez des aimants puissants chez M. L. Lefèvre, 52, boulevard Voltaire, ou chez MM. Du-cretet et Lejeune, 75, rue Claude-Bernard, à Paris.
- M. P. G., à Saint-Cloud. — Nous avons déjà parlé à plusieurs reprises des diverses méthodes de sténographie ; voyez les Boîtes aux lettres du n° 1068 du 18 novembre 1893, du n° 1070 du 2 décembre 1893, et du n° 1080 du 10 février 1894.
- Un lecteur, à Bruxelles. — Nous publierons un article à ce sujet; mais il importe de faire de grandes réserves.
- M. H. Tournoüer, col. Francesa (République Argentine).— 1° Nous avons parlé de quelques modèles de barattes dans les-Petites Inventions du n° 996 du 2 juillet 1892 et du n° 1095 du 26 mai 1894. — 2° Nous ne connaissons pas cet appareil.
- M. J. de la Salle, à Saint-Etienne. — Dans l’expérience que vous nous soumettez, la charge augmentera sur le plateau B à mesure que le plateau A sera approché. Ce fait ne peut pas présenter de grandes applications.
- M. J. Calvo, h Guadalajava. — Il suffit d’écrire-à M. Cornélius Knudsen, ingénieur-opticien à Copenhague.
- M. B. Pavon, à Cordoba. — Nous avons décrit le premier modèle de ce moteur dans le n° 801 du 6 octobre 1888, p. 291 ; mais nous avons l’intention de donner une description complète des nouvelles dispositions adoptées.
- M. F. Andreu, à Mahon. — 1° En dehors des applications de l’énergie électrique à la distribution pendant le jour de la force motrice à domicile, nous croyons que les applications électrolytiques peuvent être les plus importantes. — 2° Il serait nécessaire de faire une étude complète de la production de l’aluminium ou autre métal; consultez les ouvrages d’électro-lyse. à la librairie Baudry, à Paris. — 3° Nous recevrons avec plaisir les communications que vous voudrez bien nous envoyer sur l’industrie électrique en Espagne.
- M. E. Férat, à Pantin. — Le cours d’électricité, professé au Conservatoire des arts et métiers pendant l’hiver, est public comme tous les cours qui ont lieu dans cet établissement; il suffit donc de vous faire inscrire dès l’ouverture des leçons.
- M. N. Noël, à Elvinont. — La solution employée dans le télégraphe Caselli pour recouvrir la feuille de papier sur laquelle se déplace un pointe métallique, est une solution de ferrocya-nure de potassium additionnée d’un peu de nitrate d’ammoniaque pour assurer l’humidité du papier.
- M. M. S., à Nantua. — Cet instrument ne se trouve pas en France; il faut s’adresser directement au fabricant dont nous avons indiqué l’adresse en tète de la Boîte aux lettres du. numéro dans lequel nous avons donné la description de l’appareil. 11 est, du reste, facile de construire soi-même un modèle semblable.
- M. F. Witz, à Bischwiller. — Nous vous remercions de votre nouvelle et intéressante communication. Vous nous demandez la composition de l’atmosphère : elle est donnée dans tous les traités de chimie. Quant au fluide électrique dont vous parlez, nous ne connaissons pas de travaux à ce sujet. Le temps nous fait absolument défaut pour discuter les théories scientifiques par correspondance.
- M. F. Alexandre, à Paris. — Consultez le dictionnaire de Wurtz, et les traités de chimie industrielle.
- M. J. C., à Paris. — Vous trouverez un grand article sur la fabrication du papier dans le Dictionnaire des arts et manufactures de M. Ch. Laboulaye, à la librairie G. Masson. Le nombre des traités sur cette matière est considérable ; adressez-vous aux grands éditeurs d’ouvrages scientifiques.
- Un lecteur, à Sens. — Voici des marchands de vêtements de chasse : M. E. Hertz, 11, rue Dieu, et M. J. Geiger, 71, rue de Richelieu, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Saggi, au Liban. L’auteur, qui est absent, ne nous a pas donné l’adresse du dépositaire ; regrets de ne pouvoir vous renseigner. — M. R. Chartran, à Paris. Il y a eu quelques articles publiés sur ce sujet ; mais nous ne connaissons pas d’application pratique. — M. E. D., à Paris. Nous ne croyons pas que la recette qu’on nous demande soit indiquée dans ce livre. — M. G. L., à Lyon. Les difficultés que vous signalez pour les moteurs à courants alternatifs sont bien connues des électriciens. — M. R. F., à Brest. Il faudrait construire un appareil et faire des recherches expérimentales; il ne suffit pas d’établir une théorie qui peut ne pas se vérifier en pratique. — M. J. T., à Douai. Le sujet est un peu spécial et trop technique, pour que nous puissions traiter cette question. — M. Camille Chabal, à Valleraùgue. Remerciements pour votre photographie que nous essayerons d’utiliser. Le buste est bien flou. — M. Rôles fils, à Londres. Nous avons reçu votre lettre dont nous publierons prochainement des extraits. — M. Barthélemy, à Nantes; M. C. Granet, à Saint-Maixent. Voyez' les Receltes et procédés utiles, lre série. (G. Masson, éditeur.). — M. Girard, à Nancy; M. B. N-, à Toulon. Consultez les Recettes et procédés utiles, 2' série, à la même librairie. — M. A M., à Paris; M. V. L-, à Nantes; M1Ie A. Berthet, à X. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INVENTIONS1
- Ceinture d’aeier. — La ceinture que nous présentons à nos lecteurs est formée d’une lame d’acier mince et flexible (n° 1). Au lieu d’avoir aux tabliers des cordons qui coupent la taille et qui ne se prêtent pas aux mouvements du corps, qui sont longs à mettre et à défaire, qui se nouent et qui se cassent, si l’on se sert de la ceinture d’acier, il suffit de faire aux tabliers trois boutonnières distancées d’après les boutons fixés au cercle-ceinture, afin qu’ils viennent coïncider en s’y accrochant. En un clin d’œil on a mis ou défait sa ceinture à
- Ceinture d’aeier. — 1. Aspect du cercle flexible formant ceinture. 2. Mode d’emploi pour tablier. —3. Mode d’emploi pour jeu du cheval.
- laquelle est suspendu le tablier (n° 2). Les nourrices ou les mamans qui en font l’office, la maîtresse de maison ou la bonne, qui, pour des circonstances multiples et journalières, sont appelées à ôter vivement leur tablier, trouveront dans ce système une valeur réelle. L’inventeur de ce nouveau système, M. d’Avout, a appliqué sa ceinture d’acier à la confection d’un charmant modèle de jeu de cheval pour les enfants (n° 5). La ceinture d’acier qui tient par son élasticité remplace les courroies à boucles souvent difficiles à mettre. — Le dépositaire de ces ceintures d’acier est M. Mathieu, 2, Faubourg-Poissonnière, à Paris.
- Montre-panorama, — On connaît les lunettes et les bagues minuscules qui renferment des vues microscopiques, qu’une loupe agrandit. La montre que représente notre figure est intérieurement formée d’un disque autour duquel sont cir-culairement montées douze vues minuscules photographiques (n° 1). Le disque dont nous parlons tourne dans la montre
- Montre-panorama. — 1. Vue de la montre. — 2. Mode d’emploi.
- autour de son axe. Il suffit de prendre la montrera la main, de regarder par transparence un des petits orifices contenant la loupe et sa photographie ; quand on considère le paysage ou le sujet, on fait tourner le disque et on passe à la photographie suivante (n° 2). On a douze vues à examiner. — La montre-panorama se trouve chez M. L. Bienfait. 7, Place de la Nation, Paris.
- Diffuseur d'antiseptiques ou de parfums. — L’appareil que nous représentons ci-contre (n° 1), est constitué par une chaudière en laiton d’aluminium de 250 centimètres cubes environ de capacité. Cette chaudière D est traversée par urr tube portant à sa partie supérieure une dépression formant
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- avec la partie correspondante de la chaudière une chambre de surchauffe. Au fond de cette dépression viennent aboutir deux tubes soudés sur la paroi de la chaudière C et servant à évacuer la vapeur ; ces tubes sont terminés par des ajutages de très petits diamètres et recourbés vers le naut, ils servent de support à une tige montée dans le prolongement du tube central, c’est sur cette tige qu’est disposé un disque à ailettes, A B, monté sur un axe creux. Un bouchon à joint d’amiante permet l’introduction du liquide dans la chaudière. Cette chaudière est disposée sur un pied servant également de support à une lampe à alcool en cristal E, munie d’une mèche en amiante F indéré-
- Diffuseur d’antiseptiques. — 1. Vue d’ensemble de l’appareil. 2 et 3. Coupe de l’appareil de remplissage de la chaudière.
- glable et incombustible.!On remplit la chaudière du liquide qu’elle doit contenir avec l’appareil représenté nos 2 et 3. C’est un récipient hémisphérique à double paroi qui a la capacité de la chaudière et qui permet de servir de jauge pour le remplissage. Quand on a rempli la chaudière, on la chauffe avec la lampe, les vapeurs se dégagent, s’échappent sous pression par les deux tubes, et font tourner l’hélice supérieure qui disperse les vapeurs dans l’air ambiant. Si le liquide ainsi évaporé est aromatisé par des antiseptiques, il peut servir dans la chambre d’un malade ; s’il est parfumé, il rend plus agréable à respirer l’air d’un appartement.— Cet appareil est en vente chez M. Morin, 25, Passage Saulnier, Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Le voyage depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, par Louis Vuitton fils. 1 vol. in-8° illustré de 40 gravures sur bois et de deux portraits à l’eau-forte. Préface par Emile Gautier. —Paris, E. Dentu, éditeur, 1894. Prix : 15 francs.
- A notre époque où les voyages ont tant de succès, l’ouvrage que nous annonçons de M. Vuitton sera très apprécié. L’histoire du voyage est traitée par l’auteur, depuis les temps préhistoriques jusqu’à nos jours. Les renseignements sont nombreux et précis. Les objets, coffres anciens, écrins, malles, servant aux voyageurs, sont représentés par des gravures faites d’après de curieux spécimens de collections. Le livre est instructif, anecdotique et d’un véritable intérêt.
- Introduction à l'élude des équilibres chimiques, par Paul Chroustchoff. 1 vol. in-8°. Traduit du russe par Georges Mouron. — Paris, G. Masson, éditeur, 1894. Prix 4 francs.
- Les principaux chapitres de cet ouvrage sont les suivants : Les phénomènes chimiques. — L’équilibre. — Théorie de Guldberg et Wage. — Thermodynamique (premier et second principe). — Applications du théorème de Clapeyron. — Potentiel thermodynamique. — Théorie de la dissociation de M. Planck. — Pression osmotique. — Théorie des dissolutions. — Théorie dynamique des équilibres chimiques.
- Traité de comptabilité agricole, précédé de la théorie générale de la comptabilité, par Louis Pov, comptable, et de considérations sur l’agriculture moderne, par Paul Bredin. 1 vol. in-8°. — Paris, G. Masson, éditeur, et Lyon, Emmanuel Vitte, éditeur, 1894. Prix: 10 francs.
- Fabrication de la fonte, par E. de Billy, ingénieur au corps des mines. 1 vol. petit in-8°, de Y Encyclopédie scientifique des aide-mémoire, publiée sous la direction de M. Léauté, membre de l’Institut. — Paris, Gauthier-Villars et fils et G. Masson, éditeurs. Prix : broché, 2 fr. 50.; cartonné, 3 francs.
- Les phénomènes psychiques occultes. État actuel de la question, par le Dr Albert Goste. 1 vol. in-16. 2e édition. — Montpellier, G. Goulet, libraire-éditeur. Paris, G. Masson, libraire-éditeur. Prix : 3 fr. 50.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- L’art photographique dans le paysage. Etude et pratique par A. Horsley Hinton. Traduit de Landais par II. Colard. 1 vol. grand in-8° avee 11 planches. — Paris, Gauthier-Villars et tils, imprimeurs-libraires, 1894. Prix 5 francs.
- Précis de météorologie endogène, par F. Canu, publiciste, avec préface de Philippe Gérigny. 1 vol. in-18 avec figures. — Paris, Gauthier-Villars et fils, imprimeurs-libraires, 1894. Prix : 3 fr. 50.
- Méthode pratique pour le tirage des épreuves de petit format par le procédé au charbon, par G. Chéri Rousseau. 1 brochure in-18. — Paris, Gauthier-Villars et fils, imprimeurs-libraires, 1894. Prix : 75 centimes.
- Livre d'or de l’éducation. Annuaire de l'enseignement libre. 1 vol. in-18. Administration et rédaction : M. C. A. Guérard, professeur de lettres, directeur, 92, avenue Victor-Hugo. — Paris, 1894.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS A 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 3 septembre . 16", 8 S. W. 2. Très nuageux. 2,1 Beau à 4-5 h. puis tr. nuag.; couv. ap. 17 h., q.q. averses; éclairs jusqu’après 1 h.
- Mardi 4 ...... . U’,0 N. N. E. 1. Couvert. 2,9 Très nuageux de 11 à 20 h.; couvert avant et après; un peu de pluie le matin.
- Mercredi 5 9* ,9 N. 1. Beau. 0,1 Peu nuageux le matin puis nuageux ; couvert après 20 h.
- Jeudi 6 10*,1 W. N. W. 0. Couvert. 0,0 Couvert jusqu’à 14 h.; puis très nuageux: beau après 19 h. ; q.q. coups de ton.de 13 à 15 h.: gouttes à 16 li.
- Vendredi 7 8‘,4 S. W. 1. Beau. 0,0 Très nuageux.
- Samedi 8 / 10*,8 S. W.3. Couvert. 0,0 Couvert de 4 à 18 h. ; très nuageux après ; pluie de 6 à 13 h. ; et de 14 à 16 h.
- Dimanche 9 10%7 W. N. W. 3. Couvert. 4,8 Très nuageux; q.q. averses; q.q. coups de tonnerre de 16 h. 25 à 17 h.
- SEPTEMBRE 1894 — SEMAINE DU LUNDI 3 AU DIMANCHE 9 SEPTEMBRE
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction- du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions Imrométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer)’, courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule'sèche'; courbe, en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites au parc Saint-Maur en août 4894
- par M. E. Renoü.
- Moyenne barométrique, à midi 757“",99. Minimum le 6 à 4 heures du soir, 751™”,90. Maximum le 12 à 9 heures du matin, 764““,31.
- Moyennes thermométriques : des minima 12°,90; des maxima 22°,63; du mois 17°,77 ; moyenne vraie des 24 heures, 17°,01. Minimum le 21 vers 5 heures du matin, 6°,9. Maximum le 6 à 1 h. 50 du soir, 31°,6.
- Tension moyenne de la vapeur 11““,44. Minimum le 20 à 6 heures du soir, 6“”,5. Maximum le 25 à 6 h. du soir, 18““,8. Humidité relative moyenne, 80. Minimum le’ 6 à 1 heure du soir, 37. Maximum 100 en U jours.
- Pluie, 55““,1 répartis en 21 jours.; le 8 a fourni 23”“,7 d’eau de 2 heures à 11 heures du soir. Il est en outre tombé des gouttes le 22.
- 5 jours d’orage. Le 6, quelques coups de tonnerre à. 10 heures du soir avec un peu de pluie. Le 16, tonnerre de 2 h. 30 à 4 h. 30 du soir avec un peu de pluie. Le 23, quelques coups de tonnerre de 9 heures à 10 heures du matin avec pluie. Le 24, tonnerre presque continu de 9 heures du matin à 5 h. 30 du soir avec un peu de pluie; un éclair à 9 h. 5 du soir. Le 26, tonnerre de 5 h. 50 à 6 h. 20 du soir avec un peu de pluie ; éclairs à partir de, 9 heures du soir, se continuant jusque vers 3 heures du matin le 27. Eclairs seuls le 28 à 1 heure du matin.
- 3 jours de brouillard ; un seul important, le 28, de 200 mètres, à 7 heures du matin, plus épais dans la verticale. Nébulosité moyenne, 64. Le 29 et le 31. nébulosité moyenne 8 et 6; pas trace de nuage le 50; très nuageux le reste du mois.
- Température moyenne de la Marne, le matin 19°,52. Minimum le 21 au
- matin, 17°,60. Maximum le 31 au soir, 21°,55. La rivière a été liasse et' sans variation notable.
- Les vents de la région du sud-ouest ont été très dominants.
- Relativement aux moyennes normales le mois d'août 1894 présente les résultats suivants : Baromètre plus haut de 0““.38. Thermomètre plus bas de 0°,62. Tension de la vapeur plus forte de 0““,45. Humidité relative plus forte de 5. Nébulosité plus forte de 14. Pluie plus faible de 3““,2.
- Floraisons. Le 18, deuxième floraison du Brugmansia. Le 29, Soleil à feuilles pointues.
- Relativement aux moyennes normales, l’été de 1894 présente les résultats suivants :
- Saison. Excès.
- Baromètre. 758””’,01 -t- 0““.07
- Thermomètre. 17°,23 • — 0W,14
- Tension de la. vapeur. 10”“,81 -t- 0”*“,14
- Humidité relative. 75,2 -+-1,4
- Nébulosité. 61 -+- 8,5
- Pluie totale. 138““,4 —30"”,6
- Complément du mois de juillet. Le minimum barométrique du 11 juillet est le plus bas connu en ce mois depuis 1757. On avait eu à l’Observatoire de Paris (altitude 67”,38) le 51 juillet 1816 à 5 h. 30 du soir. 739*“,85; et 740””,79 au Parc Saint-Maur (altitude 49“,30; le 26 juillet 1881. sept jours après le maximum de température extraordinaire de 38°,4.
- Errata au mois de juillet. Température moyenne de la Marne le matin, au lieu de 20°,96 lisez 21°,36 ; du mois, au lieu de 21°,55, lisez 21°.75.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 7, à 1 h. 12 m. du matin.
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- Les lettres et communications relatives à la rédaction de la n Boîte aux lettres » doivent être adressées
- à M. Gaston Tissandier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVKIB DU JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES A LA LIBRAIRIE O. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- LA. SEMAINE
- lies collections de cannes. — Nous avons publié, précédemment, une série d’articles intitulés : Ce qu’on peut faire avec une canne1, et nous avons donné la description d’une série d’objets ingénieux qui ont attiré l’attention d’un grand nombre de nos lecteurs. Les communications qui nous ont été adressées au sujet des cannes ont été très abondantes : nous en avons donné le résumé. Un de nos abonnés, M. Rolez fils, de Londres, nous adresse encore aujourd’hui des renseignements curieux au sujet des collections de cannes ; nous les reproduisons ici. Voici ce que nous dit notre correspondant :
- « Le prince de Galles et M. Grover Cleveland, président des Etats-Unis, possèdent les plus belles collections de cannes du monde. Celle du prince de Galles en contient plusieurs venant îles Indes dont une tout en ivoire, sculptée avec cet art dont les orientaux sont seuls capables. Il possède aussi une canne en bois provenant d’une des piles du vieux London bridge, pile qui fut découverte tout récemment en exécutant des réparations au pont actuel. La collection du prince contient environ 170 cannes. Celles du Président des Etats-Unis sont plus curieuses; une de ces cannes est faite avec des fragments de cornes provenant de toute sorte d’animaux à cornes, tués dans le Texas. Le l)r Haie de New-York possède la canne la plus chère existant au monde ; elle est évaluée à 5000 dollars, la pomme de cette canne contient lkg,500 d’or et est montée avec fin diamants. Elle contient aussi une montre chronomètre dont le couvercle est en or et est incrusté de 24 diamants formant le monogramme du docteur.
- INFORMATIONS
- —Le Bulletin de la Société des Ingénieurs civils mentionne l'emploi des conduites de bois à Denver (Colorado), par suite du haut prix des tuyaux en fonte dans le pays. Une canalisation établie en 1884 a un diamètre de lm,22, et est formée de douves assemblées et cerclées en fer comme les tonneaux. Une autre canalisation. établie depuis 1889, a 0ra,76 de diamètre. Elle est en pin du Texas, formée de douves de 52 millimètres d’épaisseur sur 3m,60 de longueur; les joints sont croisés sur 0m,60 à 0m,75. Les douves portent l’une contre l’autre aux abouts, avec interposition de lames métalliques qui pénètrent dans les deux et assurent une étanchéité parfaite.
- —M. R.-J. Grosse, à Ilmenau, a récemment déposé, en Allemagne, une marque de fabrique pour un nouveau thermomètre dans lequel le toluol remplacerait le mercure ou l’alcool employés jusqu’à ce jour. Les avantages de cette substitution, d’après l’inventeur, sont multiples : d’abord le toluol est un liquide d’une couleur noire foncée et qui rend la colonne très visible ; en second lieu, le point de congélation de ce liquide est très éloigné de son point d’ébullition: enfin son prix est moins élevé que celui du mercure, et sa manipulation ne présente aucun danger pour la santé des ouvriers.
- —— Les recherches entreprises au Laboratoire municipal à Taris font supposer que les intoxications occasionnées par les lan-
- 1 Vov. n° 1095 du 25 mai 1894, p. 415.
- goustes sont dues à des causes diverses ; 1° à ce que, souvent, les langoustes sont vendues mortes; 2° à ce que les langoustes.expédiées cuites des ports peuvent contenir des ptomaïnes provenant de la nourriture qui leur est donnée dans les bassins où elles sont entreposées; 3° enfin, et c’est le cas qui paraît le plus probable, à ce que les langoustes cuites sont gardées dans la glace provenant des étangs de Paris. Ces glaces sont impures ; elles renferment donc des germes de putréfaction, lesquels se développent dans la langouste, qui devient ainsi un excellent champ de culture. Effectivement, la carapace des langoustes contient des phosphates et tous les éléments propres au développement des germes.
- —®— D'après Die Natur, un chimiste allemand aurait découvert un nouveau corps composé qui jouit, paraît-il, de la remarquable propriété de se solidifier sous l’influence de la chaleur et de redevenir liquide aux températures inférieures à 0°. Ce corps, qui a reçu lç nom aecryostaz ou cryostase, serait obtenu par le mélange à parties égales de phénol, camphre et saponine auxquels on ajoute une quantité un peu moindre d’essence de térébenthine. Jusqu’à présent, on ne connaissait aucun produit possédant cette propriété de se liquéfier à froid et de se solidifier à chaud, car si certains corps, comme l’albumine, durcissent à une température un peu élevée, il est impossible de les ramener à l’état liquide, même sous l’influence de températures très basses.
- —@— Notre collaborateur, M. G. Mareschal, a ouvert une enquête qui intéressera tous les praticiens et les amateurs de photographie. Cette enquête est relative à la conservation des épreuves photographiques tirées sur papier au gélatino-chlorure genre aristotype. La question de savoir si ces papiers se conservent bien est très discutée ; les uns ont de bonnes épreuves qui datent de quatre ou cinq ans, d’autres ont des épreuves perdues au bout d’un an. Toutes les personnes qui s’occupent de photographie ont intérêt à être renseignées sur cette question importante de savoir si les épreuves positives quelles tirent actuellement ont des chances de conservation. M. Mareschal nous communique le questionnaire suivant auquel les praticiens peuvent répondre. Les réponses seront centralisées et examinées par une Commission composée des principales notoriétés photographiques ; il sera fait un rapport détaillé qui permettra peut-être de se faire une opinion sur l’inaltérabilité de ce genre de tirage : 1° état de conservation de l’épreuve, et date du tirage; 2° mode de virage et de fixage (en bains séparés ou combinés et autant que possible formule employée); 3° durée et mode de lavage; 4“ origine du papier ; 5° mode de montage, genre de colle employée. Les réportses doivent être envoyées à M. G. Mareschal, 12, rue Demours, à Paris.
- —H— Un important musée local vient d’être fondé à Bâle, sous ce titre ; Musée historique. C’est le musée de l’histoire du canton de Bâle, et le musée de l’histoire suisse. Il est installé dans une ancienne église, les Cordeliers. On y remarque un grand nombre d’objets curieux : des meubles, des céramiques, de la ferronnerie, des sculptures, un superbe retable d’autel, placé dans le chœur de l’église, etc. La Commission qui a institué ce musée, s’est ingéniée à y établir, sur remplacement des anciennes chapelles, des reconstitutions de chambres et de pièces, garnies de leur mobilier archaïque.
- —&— On parle, depuis quelque temps, d’un bois de pierre d’une grande dureté qui peut rendre des services à l’industrie. Pour la fabrication de ce bois de pierre, on se sert de sciure de sapin, de bètre, etc., que l’on mélange intimement avec de la magnésie broyée et du chlorure de magnésium, dans la proportion de 2 à 1, le tout étant ensuite humecté par un appareil à douches, et, en cet état mi-humide, comprimé en forme voulue. A l’air, cette masse comprimée se solidifie rapidement.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le balai brosse-chaîne pour bicyclettes se trouve chez MM. Marié et Cie, 17, rue Saint Maur, Paris. — Le vérascope est fabriqué par M. J. Richard, 8, Impasse Fessard, à Paris. — La boussole des électriciens ou sonde magnétique est construite par la fabrique d’Ebauches deSonceboz, près de Berne, en Suisse.
- Communications. — Un cultivateur, à Tomblaine, près Nancy, nous écrit au sujet de notre récent article sur la maladie des blés et l’oscine de l’avoine (n° 1107, du 18 août 1894, p. 179). Il nous informe que, cette année, les récoltes de blé et d’avoine sont très bonnes et que le pays n’a pas eu à souffrir des déprédations de l’insecte que nous avons signalé.
- M. Ch. Dumont, à Dijon, à propos de notre article sur les fleurs de Vencre (n° 1110, du 8 septembre 1894, p. 227) nous donne quelques renseignements intéressants. Les encres Antoine et Adrien Maurin, nous écrit notre correspondant, ne contiennent probablement aucune parcelle de fer. Depuis longtemps, on ne fabrique plus les vieilles encres à la noix de galle et au sulfate de fer qui avaient l’inconvénient d’être longues à fabriquer, d’oxyder beaucoup les plumes, et de ne pas être noires en écrivant. Les encres examinées ont dû être fabriquées avec de l’extrait de bois de campêche, du bichromate de potasse et de l’acide chlorhydrique, avec de l’acide phénique, gomme ou sucre en faible quantité; peut-être aussi contenaient-elles de l’extrait de campêche, alun et carbonate de soude. Dans une encre communicative on trouverait un oxa-late d’alumine.
- M. A. Hamon, répétiteur général au lycée Charlemagne, à Paris, en villégiature à Villers-sur-Mer (Calvados), nous écrit que le 15 septembre 1894, à 5 heures du soir, il a trouvé sur la plage de Villers-sur-Mer une bouteille cachetée à la cire renfermant un papier ainsi conçu : « Cette bouteille a été jetée le 8 janvier 1893 à Etretat (France). Prière à la personne qui la trouvera d’en informer le Journal scientifique La Nature, directeur : M. Gaston Tissandier, Paris. » La personne qui a jeté cette bouteille pourra peut-être nous donner quelques renseignements. Nous ne savons pas ce dont il s’agit.
- M. L. Ponnelle, secrétaire de l'Union amicale des anciens élèves de l’Ecole supérieure du commerce de Paris, nous adresse l’Annuaire de cette association et le Bulletin trimestriel pour les mois de janvier-mars et avril-juin 1894.
- M. E. Placet, à Paris, nous envoie une Notice sur le chrome pur et différents alliages obtenus par électrolvse. En opérant par fusion à haute température, ou en décomposant des bains aqueux, il a pu préparer le chrome à l’état pur, présentant une couleur blanche, une grande dureté, prenant un beau brillant par le polissage et inaltérable à l’air. M. Placet a également réussi la fabrication d’un grand nombre d’alliages du chrome avec les métaux simples et ensuite avec les principaux alliages de ces métaux. Parmi les divers produits préparés, nous citerons un alliage de cuivre et de chrome (0,5 pour 100), de chrome et d’aluminium, de chrome et de bronze des canons, de bronze phosphoreux, de bronze d’aluminium et de bronze de manganèse. Ces nouveaux alliages acquièrent une plus grande dureté et une plus grande résistance. Le chrome peut également fournir des alliages non magnétiques et des aciers chromés remarquables. Il est aussi possible d’effectuer des dépôts électrolytiques de chrome à la surface des divers métaux, et d’obtenir un chromage supérieur au nickelage par sa dureté et son inaltérabilité. Ces différentes préparations se trouvent actuellement à l’Exposition de Lyon.
- Renseignements. — M. G. Loiselle, à Paris. — 1° Avec la pile dont vous disposez, vous pouvez alimenter des lampes de 70 à 75 volts ; mais comme l’intensité fournie est très faible, vous pourrez n’en allumer à la fois qu’un nombre restreint. — 2° Tous les modèles de lampes peuvent convenir.
- M. P. de P, à Châteaugny. — 1° Nous indiquons toujours,, en tête de la Boîte aux lettres, quand nous les connaissons, les adresses des divers appareils que nous décrivons. — 2° Vos lettres ont été envoyées à leurs adresses.
- M. A. P, à Niort. — La construction del’audiphone n’a pas été continuée ; toutefois renseignez-vous auprès de M. Molteni, 44, rue du Château-d’Eau, à Paris : il en a construit.
- M. Ch. Richefeu, au château de Gondreville (Oise). — Le sol a besoin d’être damé pour être bien uni.
- M. J. D. N, à Bruxelles. — Vous pouvez parfaitement utiliser le courant de la distribution d’énergie électrique pour actionner vos sonneries, à la condition de placer dans le circuit une lampe à incandescence de 105 à 110 volts.
- M. E. Miclesco, à Miclesci. — Nous pensons que les voitures automobiles actuelles peuvent rendre de très grands services ; mais elles ne sauraient encore, dans bien des cas, remplacer les voitures à chevaux.
- M. C. Boyer, à Béziers. — Le moteur à gaz Charon, 40, rue Laffitte, à Paris, est très économique; il y a également le moteur Otto, 15, avenue de l’Opéra, et le moteur Niel, 22,. rue Lafayette, à Paris.
- M. Girard, à Marseille. — Vous nous demandez quelle peut être la dépense de combustible par kilowatt-heure utile dans une station centrale d’énergie électrique. Cette dépense est très variable; elle dépend de la nature du combustible, des chaudières, des machines à vapeur (à condensation ou non), et enfin du service de distribution. En France, avec une houille valant de 25 à 30 francs la tonne, il faut compter de 2 à 4 kilogrammes de charbon par kilowatt-heure utile; on a cité cependant des cas où cette dépense atteignait 5 et 6 kilogrammes.
- M. C. Garnier, à Bellevue. — Le cryogène de M. Cailletet a été décrit dans le n° 944, du 4 juillet 1891, p. 69; il a été construit par M. Ducretet, 75, rue Claude-Bernard, à Paris.
- M. le Dr Ponteil, à l’Isle-Jourdain. — Vous pourrez vous procurer des accumulateurs chez M. Dujardin, 28, rue Vavin, ou à la Compagnie des accumulateurs Tudor, M. Piaux, directeur, 19, rue de Rocroy, à Paris.
- M. A. Alves Pereira de Oliveira e Silva, à Porto (Portugal). — 1° Nous avons reçu votre livre intéressant que nous signalerons à nos lecteurs. — 2° Par des mouvements violents votre nageur pourra peut-être se redresser.
- M. P. Dubar, à Saint-Denis. — Introduisez de l’essence de pétrole dans les trous de votre meuble; ou bien enfermez ce meuble dans une pièce où vous ferez brûler du soufre (fumigations d’acide sulfureux) ; prenez garde à l’asphyxie en entrant dans la pièce.
- M. Lambert, à Paris. — 1° Nous avons indiqué la manière de construire des accumulateurs dans les Recettes et procédés utiles, 3e série, à la librairie G. Masson. — 2° Il faudrait vous renseigner auprès des différentes fabriques d’accumulateurs : Société pour le travail électrique des métaux, 13, rue Lafayette,. Société Tudor indiquée plus haut.
- M. M. Radulesco, à Buzen (Roumanie). — Adressez-vous au Directeur du Bureau international des poids et mesures, au pavillon de Breteuil, à Sèvres (Seine-et-Oise).
- M. Th. Philbert, à Paris. — Vous trouverez ces ouvrages dans l’Encyclopédie scientifique des aide-mémoire, publiée sous la direction de M. Léauté, à la librairie Masson.
- M. H. C, à Bordeaux. — Ces traités ont été publiés par les librairies VTe Dunod et Bernard, quai des Augustins, Paris.
- M. P. M, à Paris. — Le nombre des ouvrages de chimie industrielle est considérable ; adressez-vous aux diverses librai-_ ries scientifiques.
- M. R. Barré, à Paris. — Le bleu céleste, qui remplit parfois les bocaux des pharmaciens, est une dissolution d’une petite quantité de sulfate de cuivre dans l’eau, additionnée d’un peu d’ammoniaque.
- Accusés de réception. — Avis divers. — 31. A. Mercier, à Orléans. 1° Le numéro vous sera envové. 2° Remerciements pour votre communication. — 31. Herbal, à Montluçon. Il y a des colles de ce genre chez les marchands de photographie : nous n'en connaissons pas la composition spéciale. — M. L. G-, à Toulon. Il faut faire l’analyse pour connaître exactement les proportions de carbone et autres matières qui se trouvent dans cette substance ; voyez un chimiste. — M. Lion, à Paris. Nous ne saurions nous occuper de cette question qui n’est pas de notre compétence. — M. L. 31. N., à Vin-cennes. Regrets de ne pouvoir vous renseigner. — M. Fortune', à Charleroi. Il serait nécessaire de faire des essais de laboratoire. — M. G. M., à Lyon; M. D. Ii., à Paris. Consultez les Recettes et procédés utiles, 2e série. (G. Masson, éditeur.) — M. Girard, à Marseille ; M. Dumont, à Brest. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INVENTIONS1
- Lampe électrique pour laboratoire de photographie. — L’éclairage d’un laboratoire de photographie pour les diverses manipulations à exécuter est un point important, et bien souvent les lampes à verres rouge et jaune dont on se sert aujourd’hui ne donnent pas toute satisfaction. M. F. Richard a disposé une lampe électrique dans un écran particulier, et l’appareil qui sert surtout pour le laboratoire peut être aussi utilisé dans tous les appartements où se trouve déjà une distribution d’énergie électrique. Les figures ci-dessous donnent
- Lampe électrique de photographie. Détail de la lampe et mode d’emploi.
- Sécateur et ciseaux à leviers excentriques. — Les
- sécateurs connus jusqu’ici nécessitaient le développement d’une grande force, lorsqu’il s’agissait de couper une branche d’une certaine grosseur, et par le mouvement en avant du couteau écrasaient le bois, ce qui était fort nuisible, surtout quand il s’agissait de greffer ou de tailler la vigne. Le nouveau sécateur coupe-tout (fig. 1), dont la construction est basée sur l’application au couteau de l’excentrique ou levier qui en multiplie la force, produit une section absolument nette et franche sans écraser la branche le moins du monde. Comme la lame est indépendante de l’axe de la poignée et guidée par celle-ci à la partie supérieure qui dépasse, la coupe se fait en rentrant et
- Fig. 1 et 2. — Sécateur et ciseaux à leviers excentriques.
- une vue d’ensemble de cette nouvelle lanterne. Dans la figure de gauche on voit le détail du système et à droite le mode d’emploi. En L se trouve une lampe électrique à forme allongée montée sur une douille à bayonnette ordinaire, qui repose elle-même sur un socle C un peu 'massif pour en assurer la stabilité. Tout autour de la lampe, en A, est un cylindre de verre rouge rubis teinté dans la masse et dépoli; un écran B est fixé à la partie supérieure. Des fils souples D viennent se relier à une prise de courant E que l’on peut adapter dans toutes les douilles à la place d’une lampe. La puissance lumineuse la plus convenable est de 8 à 10 bougies ; le voltage peut être quelconque, mais les lampes sont ordinairement de 110 volts. Il convient seulement qu’elles n’aient pas un diamètre supérieur à 45 millimètres pour entrer commodément dans le cylindre de verre. Une attache en F permet de suspendre la lampe et de la mettre dans la position horizontale. — Cet appareil est en vente au Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- Sonnerie d'appartement. — Cette sonnerie fonctionne d’une façon continue à la manière des sonnettes électriques; mais elle n’a rien d’électrique, c’est un ressort qui la fait agir et que l’on voit sur le n° 2 de notre figure. Ce ressort va très longtemps ; après un usage prolongé une plaque blanche indique
- automatiquement quand il faut remonter le mouvement. La petite sonnerie s’accroche contre un mur avec deux clous. On tire une ficelle pour la faire agir ; la sonnerie fonctionne tant que la ficelle est tirée. Cette ficelle peut être de grande longueur. — Cet appareil a pour dépositaire M. Paul Bertrand, 19, rue d’IIauteville.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- demi-circulaire, ce qui la facilite énormément et attire la branche au lieu de la chasser comme le sécateur ordinaire. On a construit, sur ce même principe, des ciseaux qui font merveille. Ces ciseaux coupe-tout (fig. 2) présentent les mêmes avantages que le sécateur : ils coupent sans le moindre effort des épaisseurs considérables d’étoffes et même de papiers et la section est absolument nette. — Le sécateur et les ciseaux coupe-tout se trouvent chez M. Kratz-Boussac, 3, rue Saint-Laurent, à Paris.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Alliage d'aluminium et de nickel. — Au dernier meeting des ingénieurs tenu à New-York, il a été présenté quelques spécimens d’un nouvel alliage d’aluminium et de nickel; ils étaient envoyés par M. A.-E. Hunt, de Pittsburgh, et sous la forme de feuilles laminées d’un quart de pouce (6mm,25) environ d’épaisseur. Dans une de ces feuilles, un trou de 15mm,5 de diamètre avait été mandriné à froid jusqu’à 50 millimètres de diamètre. L’autre feuille, une bande de 7cm,5 de largeur sur 60 centimètres de longueur, avait été courbée en son milieu de telle façon que la flèche atteignît 5 centimètres. 11 fut constaté que la force employée pour obtenir cette courbure était la même que celle nécessaire pour produire le même effet sur une pièce similaire d’acier pesant 3o kilogrammes ; et après que le spécimen eut été placé sur le parquet et que M. C. W. Ilunt eut appuyé dessus jusqu’à ce qu’il fût redressé, il reprit sa forme primitive aussitôt que la charge fut enlevéé. En d’autres termes, il parut parfaitement élastique dans les limites données. Cet alliage est d’une belle couleur blanche, et remarquablement léger. Aucune information relative aux proportions de l’aluminium et du nickel n’a été donnée pour cet alliage, mais il est probable qu’il ne contient qu’une faible quantité de ce dernier métal, et, autant qu’on en peut juger, il paraît utilisable dans les cas où l’on désire la légèreté jointe à la solidité.
- Méthode employée à Vile d'Elbe pour combattre le phylloxéra. — On signale de l’île d’Elbe, au Ministre de l’Agriculture à Rome, un fait qui a une grande importance pour les viticulteurs et qui prouverait enfin qu’on est arrivé à des. résultats positifs, dans le problème de la destruction du phylloxéra. Le fléau a commencé à détruire dans l’île, d’une manière si rapide, les vignes, que les producteurs se trouvent aujourd’hui dans la détresse. M. Laur d’Angelo, propriétaire très érudit en agriculture, ayant le premier commencé, depuis six ans déjà, à traiter ses plantations par le sulfate de cuivre pour les préserver de la « Peronospora », de « l’Oïdium », de la tf Tignola » et de la pourriture des branches, maladie très commune dans l’île, a remarqué que ses vignes, plantées dans une propriété cernée depuis quatre ans par le phylloxéra qui sévit dans les plantations limitrophes, n’ont pas été atteintes par le parasite.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Ce fait, étant en flagrante opposition avec la rapidité de propagation ordinaire du mal, attira son attention, et il chercha à en deviner les causes. Après une infinité d’études, il put constater que le « sulfate de cuivre appliqué sous forme de bouillie, suffit non seulement à stériliser le phylloxéra, mais encore à rendre l’air ambiant nuisible à l’existence même dudit parasite ». Et voici comment il expliquerait la chose :
- pulvérisation au sulfate de cuivre, ce pluies de l’automne, de l’hiver et du e terrain et l’enrichit d’une certaine quantité*de sulfate de cuivre. Cette puissance vénéneuse rendrait au parasite niché dans les racines le milieu ambiant nuisible à son existence et à sa reproduction. Des expériences spéciales
- mit paras Après l’arrosement et la dernier, dissous par les printemps, pénètre dans
- faites par M. d’Angelo sur des vignes atteintes par le phylloxéra et déjà presque mortes ont démontré qu’une fois traitées par le sulfate de cuivre enfoui dans le terrain, ces vignes reprenaient vie et vigueur. Et cela donna encore plus de valeur à son assertion. Le système employé par M. d’Angelo consiste à donner à la vigne deux traitements liquides et cinq en poudre. Pour les traitements liquides, il emploie la chaux à 1 pour 100 et le sulfate de cuivre à 1800 pour 100. Quant aux traitements en poudre, deux sont faits au 3 pour 100 de sulfate de cuivre et trois au 5 pour 100. Ces études ont été prises en considération par le Directeur général de l’Agriculture d’Italie, et l’on espère que bientôt cette méthode deviendra générale et sauvera les vignes italiennes du terrible fléau.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS A 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 10 septembre. 10*, 1 N. N. E. 2. Couvert. 3,2 Très nuageux.
- Mardi 11 8*, 8 N. N. E. 2. Beau. 0,0 Peu nuageux de 12 à 15 h.; beau du reste.
- •Mercredi 12 7%6 N. N. E. 1. Beau. 0,0 Pas trace de nuage.
- Jeudi 13 10-, 2 N. N. E. 3. Très peu nuageux. 0,0 Très nuageux de 11 à 19 h.; peu nuageux avant et après.
- Vendredi 14 8*,5 N. N. E. 3. Beau. 0,0 Très nuageux de 10 à 19 h ; beau avant et après.
- Samedi 15 8*,5 N. N. E. 3. Beau. 0,0 Peu nuageux de 11 à 16 li.; beau avant et après.
- Dimanche 16 9*,1 N. 3. Couvert. 0,0 Peu nuageux de 7 à 16 h.; beau avant et après.
- SEPTEMBRE 1894 -- SEMAINE DU LUNDI 10 AU DIMANCHE 16 SEPTEMBRE
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, ta direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au milieu de la mer) ; courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- tes orages en France. — Les orages ont été très nombreux en France pendant le mois d’août, et ils se sont signalés partout par une grande violence. Nous en avons déjà mentionné quelques-uns; nous en avons plusieurs autres à citer. Dans la nuit du 26 au 27 août, vers 3 heures et demie du matin, un orage épouvantable a éclaté sur la ville de Four-mies (Nord) et dans les communes voisines, Wignehies, Anor-Ohain, ainsi que dans diverses autres localités. Une chute abondante de grêlons, suivie d’une trombe d'eau, auxquels se mêlait le tonnerre, a jeté l’épouvante sur la région pendant plus de quinze minutes, brisant des milliers de vitres, même en verre double, et détruisant de nombreuses toitures; on a ramassé après la tourmente des grêlons de la grosseur d’un œuf de poule, l ue pluie diluvienne a suivi la grêle, et en plusieurs endroits les maisons et les sous-sols des usines ont été inondés. On a estimé les dégâts, au total, pour Fourmies seulement, à environ 1 million. Le même orage s’est abattu sur Amiens et le département de la Somme. Les dégâts causés dans la banlieue ont été considérables ; mais, en ville, l’orage n’a causé aucun ravage. A Flixecourt (Somme), la grêle a détruit les récoltes restant dans les champs. Une trombe de vent a passé sur Ville-Saint-Ouen, renversant, broyant et déracinant les arbres. La voie du chemin de fer de Doullens a été pendant quelques heures jonchée de troncs et de débris. Dans la plaine de
- Santerre, de Rosières à Moreuil,les champs ont été dévastés. A Mézières-en-Santerre, village de 650 habitants, toutes les toitures des maisons, sans en excepter une seule, ont été enlevées. L’eau, qui tombait à torrents, a inondé les habitations, détériorant les meubles et les récoltes renfermées dans les granges. La gare de Moreuil a beaucoup soulfert. Les vitres de la marquise ont été brisées, des arbres renversés sur la voie du chemin de fer. On a également signalé, à la même date, des orages violents de pluie et de grêle, à l’ouest de la France; ils ont causé d’importants dégâts dans la région du Havre, de Granville, de Saint-Malo, de Dinan, d’Alençon; aux environs de cette ville, deux journaliers occupés aux travaux* des champs ont été tués par la foudre.
- Le 3 septembre 1894, la ville de Mende (Lozère) a été sérieusement éprouvée par des orages et des pluies abondantes.
- Le 5 septembre, dans la journée, une véritable tempête s’est abattue sur Albi (Tarn) et les environs. Pendant un quart d’heure, un vent épouvantable a soufflé, déracinant de vieux arbres, renversant les charrettes chargées, découvrant les toits des maisons; puis la grêle est venue, semant le désastre partout sur une longueur de plus de 20 kilomètres. L’aspect de la campagne après l’ouragan était lamentable. Les vignes étaient comme hachées par la mitraille; les pieds seuls restaient debout, sans feuilles et sans raisins. La vendange a été complètement anéantie.
- PHASES DE LA LUNE : P, L. le 15, à 4 h. 31 m. du matin.
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- M Supplément à « LA HA TU RE» du 2 9 septembre 1894 (n° 1113)
- ^ Publié sous la direction de M. GASTON T1SSANDIER
- Réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
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- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE 8ERVK1B DU JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES A LA LIBRAIRIE O. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- LA SEMAINE
- La production de la bière en Allemagne. — D’après une statistique officielle publiée récemment, le nombre total des brasseries existant pendant l’année budgétaire 1892-1893 était, dans les Etats de l’Empire soumis à la loi fiscale du 31 mai 1872 sur la production de la bière, de 9028, dont 4032 dans les villes et 4996 dans les campagnes. Sur cette quantité, 8460 étaient en exploitation, dont 7571 brasseries industrielles et 889 non industrielles; dans ce chiffre sont compris 2891 établissements employant des équivalents du malt. Parmi les brasseries en exploitation, 4500 industrielles et 888 non industrielles fabriquaient de la bière à haute fermentation; 3701 industrielles et 1 non industrielle, de la bière à basse fermentation. La quantité de matières soumises à l’impôt qui a été employée se décompose en 616 839 300 kilogrammes de malt d’orge, 16 037 500 kilogrammes de malt de froment et 199 700 kilogrammes d’autres grains, au total 633 076 500 kilogrammes; en 5 076 700 kilogrammes de riz, 2300 kilogrammes d’amidon, de fécule et de dextrine, 2 564 900 kilogrammes de sucre de toute espèce, 212 900 kilogrammes de sirop de tout genre, en 1 059 600 kilogrammes d’autres équivalents du malt, soit au total 8 716 400 kilogrammes. La bière fabriquée s’est élevée à 33 171 111 hectolitres, dont 7 664 839 hectolitres à haute fermentation et 25 506 272 hectolitres à basse fermentation. Le produit brut de l’impôt sur la fabrication de la bière a été de 25 906 541 marks, sur lesquels il a été remboursé 107 648 marks pour la bière exportée, soit un produit net de 25 798 695 marks, auquel il convient d’ajouter 3 590 350 marks de droits de circulation et 1 481 200 marks de droits de douane, au total un rendeiiient de 30 870 245 marks. Le nombre des ménages dans lesquels la fabrication de la bière est exempte d’impôts comme boisson de famille--s’est élevé à 38157. Ces ménages ne doivent pas comprendre plus dp 10 adultes. Il a été employé à la fabrication de la bière de tout genre en moyenne, par hectolitre, 19ls,24 de céréales et de riz et{)*,H d’équivalents du malt. Chaque hectolitre de bière a acquitté un impôt de 78 pfennigs. (D'après une Note communiquée par le Ministère de l'agriculture).
- INFORMATIONS
- —La session bisannuelle du Comité international des poids et mesures s’est ouverte le 19 septembre au pavillon de Brcteuil, sous la présidence de JL Foerster, directeur de l’Observatoire de Berlin. lies membres du Comité présents à cette réunion sont : MJL de Arrillaga. directeur de l’Institut géodésique d’Espagne; Arndtsen, directeur des poids et mesures de Norvvège; Bertrand, secrétaire perpétuel de 1 Académie des sciences; J.-R. Benoît, directeur du Bureau international; de Bodola, professeur à l’Ecole polytechnique de Budapest : Clianey, directeur des poids et mesures du Royaume-Uni; le In Gould, de Cambridge (Etats-Unis): Ilépitès, directeur de l'Institut météorologique de Roumanie ; Hirsch, directeur de l’Obser-
- vatoire de Neuchâtel, secrétaire du Comité; R. Thalèn, professeur à Upsal; Wild, directeur de l’Institut physique central de l’Empire russe.
- —®— Un étrange et curieux oiseau est récemment arrivé au Jardin d’acclimatation ; c’est le Serpentaire du Cap. Vif, alerte et fier comme un coq, il se fait admirer par son beau plumage, son aspect original et vaillant. Au Cap, sa patrie, c’est le fléau des serpents, dont il brave, exterminateur irrésistible, les morsures et le venin. Sa course est gracieuse et rapide comme un vol ; d’où son autre nom de messager. Deux cercles écarlates, entourant ses yeux, figurent une paire de lunettes rouges et sur chaque oreille, il porte une plume horizontale; d’où son troisième nom de secrétaire. Le Jardin d’Acclimata-tion a reçu encore une autre curiosité zoologique qui mérite d’être signalée. Il s’agit de quatre grands cynocéphales, de l’espèce des Hamadryas géants. L’aspect de ces grands singes est singulier ; leur voix est un mélange d’aboiement sonore et de sourd mugissement. Ces quatre singes occupent la salle des fameux orangs-outans dont ils auront peut-être le même succès.
- —— Une belle collection de quatre-vingt-quatre gardes de sabre japonaises a été offerte au Musee du Louvre par un Japonais lettré qui, depuis une dizaine d’années, est fixé en France, JI. T. Hayashi. Cette collection, qui offre le plus grand intérêt historique, montre les échantillons les plus rares de cet art extraordinaire de la ferronnerie au Japon, depuis les gardes rudes et frustes du dixième et du onzième siècle, puis les gardes d’un décor large et robuste du seizième siècle avec les triomphants objets sortis des mains de Gokinai, jusqu’aux gardes menues et délicates du dix-huitième siècle. Ces gardes seront exposées prochainement dans la salle japonaise du Louvre.
- —@— D’après les nouvelles qui nous parviennent d’Alsace-Lor-raine, le voyage que le statthalter, M. le prince de Ilohenlohe, a fait récemment à Bâle aurait une plus grande importance qu’on ne le supposait généralement. Il s’agirait du projet d’un nouveau chemin de fer stratégique qui conduirait du duché de Bade en France, et d’une autre figne menant de llufach à Seheim. Ces nouvelles voies ferrées, dont on commencerait prochainement la construction, auraient pour but de faciliter la concentration d’une force allemande considérable en face de Belfort, forteresse qui, au dire des stratégistes allemands, constitue une porte de sortie menaçante sur toute l’Allemagne du Sud.
- —M. Foerster, de l’Observatoire de Berlin, a récemment publié les résultats d’observations poursuivies, pendant une période de vingt mois, à Kasan (Russie), à Marbourg et à Bethléem (Pcnsylvanie), et ayant pour but d’élucider la question des déplacements de l’axe de rotation de ln terre. Il résulte de ces observations (au nombre de 10 000), que notre pôle se déplace suivant une spirale enroulée de l’ouest à l’est. La vitesse du mouvement est variable ; elle est actuellement en décroissance. Il faut ajouter que le déplacement total est très faible, puisqu'il ne dépasse guère 15 mètres.
- —H— D’après Engineering, le rendement actuel des usines de Neuhausen, pour la fabrication de l’aluminium, est de 3 tonnes par jour, et les procédés de fabrication en usage permettent de réduire le prix de ce produit à 4 francs le kilogramme.
- —®— De nouvelles découvertes ont été faites ces temps derniers à Delphes. On a trouvé six métopes appartenant au Trésor des Athéniens, merveilleusement conservées, des fragments de métopes appartenant au Trésor de Siphnos, et, gravé sur du marbre, un nouvel hymne avec notes dont une moitié seule est conservée.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui concerne l’appareil chronophotographique, s’adresser à Atiglo american Import office, 568, rue Saint-Honoré, Paris. — Le nouveau tire-ligne est fabriqué par the Bennett manu-facturing Company, 15-10, Chestnut Street, à Philadelphie.
- Communications. — M. le Z)r Zalewski, à Alais (Gard), nous adresse l’intéressante Note suivante, au sujet de ce que Beaumarchais fait dire à Rosine qui s’est trempée les doigts dans l’encre après une brûlure : « Vous demandez si l’encre guérit les brûlures? 11 y a six mois, je fus appelé auprès d’un enfant de huit ans qui, en soulevant une marmite pleine d’eau bouillante, s’était brûlé au deuxième degré tout un côté du corps. La mère lui avait versé tout un énorme encrier dessus et la douleur avait cessé. Je ne fis à dessein employer aucun autre remède que du coton en plaque et l’enfant guérit parfaitement malgré l’étendue de la plaie. Le fer et le tannin que contient l’encre ne sont pas contre-indiqués dans ce cas. »
- Le même correspondant nous écrit :« A propos d’Hyperoodon, je me rappelle en avoir vu un très grand à Nîmes il y a une quinzaine d’années. C’était une femelle que des pêcheurs du Grau-du-Roi avaient capturée avec son petit. On apporta l’animal à Nîmes où on le montrait aux arènes. Quand l’animal sentit mauvais on le fit emporter par l’équarisseur. A ce moment Ferrand le naturaliste, averti par M. Clément, de la Société d’histoire naturelle de Nîmes, acheta le cadavre bon marché et le fit dépecer. Le squelette fut montré pendant quelque temps à Nîmes et tous les jours arrivaient des télégrammes du Muséum de Paris demandant à Ferrand de vendre son animal, ce qui fut fait, je crois. La tête, je me rappelle, portait une profonde gouttière et deux dents seules existaient à la mâchoire inférieure. Le petit avait été enfermé vivant dans lfc canal du Grau-du-Roi et se tua contre le mur, il faisait des bonds effrayants. »
- M. J. Dalligny, administrateur de la Société La Granitique our l’exploitation de la carrière de kaolin de Kerhouriou en anvénégen (Morbihan), nous adresse un Rapport de M. L. Davv, ingénieur civil des mines, sur le gisement de kaolin de cette localité et sur l’essai de sa mise en valeur. Ce Rapport contient un grand nombre de renseignements intéressants et des études sérieuses sur l’exploitation en elle-même.
- M. F. Laféseur, à Paris, nous transmet le récit détaillé ainsi que l’explication d’une illusion d’optique qu’il a observée. Il s’agissait de deux barrières de passage à niveau du chemin de fer, formées de planchettes en bois; placé près de l’une, notre correspondant croyait remarquer que la barrière opposée avait des barreaux plus larges et plus espacés, alors qu’en réalité les traverses étaient partout égales.
- Renseignements. — M. C. C. K., à Paris. — Il y a sur les quais avoisinant l’hôtel de la Monnaie, un grand nombre de marchands de médailles et de pièces de monnaies anciennes; ils pourront vous fournir ces renseignements.
- M. E. Barncaud, à Oran. — Pour se procurer du carbo-rundum, il faut s’adresser à M.E. Acheson, the Carborundum Ca, à Monongahela (Pensylvanie, Etats-Unis).
- M. J. Vénicz, à Bertincourt. — Voici les principales revues que nous pouvons vous faire connaître : Bulletin commercial de la pharmacie, 7, rue de Jouv, Le monde pharmaceutique, 20, rue Turgot, et la Revue mensuelle des produits pharmaceutiques, 71, rue de Rennes, à Paris.
- M. P. Gay, à Paris. — La balle tirée verticalement s’élèvera à une hauteur moins grande que la distance qui sera atteinte par une balle tirée horizontalement, en raison de la pesanteur.
- M. A. Schmitt, à Marly-les-Yalenciennes. — L’article sur la destruction des mulots ou souris des champs par une épidémie de typhus a paru dans le n° 1016 du 19 novembre 1892. M. le prince A. Lieven, à Saint-Pétersbourg. — Nous ne
- croyons pas que ces appareils aient encore été appliqués dans une installation industrielle.
- M, Dubois, à Paris. — L’idée peut être avantageuse; mais il faudrait savoir si elle ne présentera pas en pratique certains inconvénients, ou si elle ne nécessitera pas des dispositions compliquées.
- M. P. D. R., à X (Gironde). — Nous croyons que vos calculs sont exacts; mais des études complètes n’ont pas encore été faites sur le sujet. On sait cependant qu’un cheval attelé à une voiture ordinaire et marchant à la vitesse de 0“.90 par seconde, exerce un effort de 70 kilogrammes, et développe une puissance de 63 kilogrammètres par seconde. Nous allons du reste étudier la question, et nous ferons un article s’il y a lieu.
- M. Ch. Feige, à Paris. — Vous pourrez essayer et comparer plusieurs appareils photographiques au Comptoir de photographie, 57, rue Saint-Roch.
- M. Marcel, à Orléans. — Ces crayons ne se trouvent pas dans le commerce ; mais il est facile de les faire faire.
- M. E. Dezaifnay, à Nantes. — Renseignez-vous auprès des libraires d’ouvrages de droit : MM. Larose et Forcel, 22, rue Soufflot, M. Marescq aîné, 20, même rue, à Paris.
- M. A. B. C., à Lorient. — Le principe sur lequel vous basez votre appareil, présentera en pratique plusieurs difficultés relatives à l’électro-aimant ; il faudra que les variations de résistance électrique soient très grandes et que la self-induction soit négligeable. Vous pourriez soumettre votre idée à la maison Richard, 8, impasse Fessart, à Paris.
- M. H. T oint, à Namur. — Pendant l’hiver, il faut garder la tortue dans une caisse et dans l’appartement.
- M. A. L., à V. — Les interruptions de courant dont vous parlez n’existent que dans les bobines de Ruhmkorff, et ce nombre est très variable par seconde. Dans les machines industrielles employées aujourd’hui, alternateurs et dynamos à courants polyphasés, les courants changent de sens un certain nombre de fois par unité de temps (25 à 133 périodes par seconde), mais ils ne sont pas interrompus.
- M. É. G., à Moulins. — 1° Ces dimensions ne sont pas données dans les traités ; elles se trouvent quelquefois indiquées dans les catalogues des constructeurs ; 2° Voyez à la librairie Michelet, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. E. Van Meerbeeck, à Anvers. — L’adresse de M. Valère, l’inventeur de la machine à courir que nous avons décrite, est : 7 2, avenue de la Grande-Armée, à Paris.
- Un abonné, à Milly. — Vous trouverez les formules nécessaires pour déterminer les dimensions des électro-aimants dans le Formulaire de Vélectricien, de M. E. Hospitalier, à la librairie G. Masson. Quant aux voltmètres et ampèremètres, il n’existe pas d’ouvrage donnant les détails de construction que vous demandez.
- M. L. Cubillo, à Trubia. — II faudrait vous adresser directement à M. Le Chatelier, 95, rue de Rennes, à Paris.
- M. W. Rosenschein, à Valcombe. — Veuillez vous renseigner auprès des fabricants suivants : M. E. Lecoultre, 9, rue Notre-Dame-des-Victoires, et MM. Olivier et fils, 41, rue de Richelieu, à Paris.
- M. G. Armenault, à Nantes. — Appareils de petite mécanique pour amateurs : M. V. Robert, 16, rue des Feuillantines, MM. Bassée et Michel, 92, rue de Bondy, et M. Figueras, 194, rue du Faubourg-Saint-Martin, à Paris.
- M. J. B., à V. — 1° Cet ouvrage est édité par la librairie Gauthier-Villars et fils; 2° Nous ne connaissons pas l’éditeur ; mais un libraire pourra vous procurer ces écrits qui datent do 1858 et ne se trouvent plus que d’occasion; 5° Ce livre a été publié par la librairie Baudrv, à Paris.
- Un abonné, à Lunéville. — 1° La librairie G. Masson a publié l'Empire de l'Air. Essai d'ornithologie appliquée à l'aviation, par L. P. Mouillard. 2° La collection du Journal ïAèronaute (Directeur M. Bureau de Villeneuve, 91, rue d’Amsterdam, à Paris) renferme un grand nombre d’articles sur les aéroplanes et le vol des oiseaux.
- Accusés de réception. —Avis divers. — M. J. A. de Faria. à Bahia. Il faudrait vous adresser directement aux fabricants que vous désignez. — M. Lataix, à Saint-Dizier. II serait nécessaire de construire un appareil et de l’expérimenter. — M. J. D., à Paris. La rédaction de La Nature est étrangère aux Annonces; nous envoyons votre lettre à l'Office de publicité. — M. L. D.,h Paris. Voyez le Dictionnaire de Bollin; il donne un grand nombre d’adresses de maisons pour fourniture d’appareils électriques. — M. L. S., à Lille. Voyez les Recettes et procédés utiles, 2e série. (G. Masson, éditeur). —M. K. L., à Charenton. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- 71
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Dressé à l’Observatoire de Paris, d'après les publications du Bureau des longitudes
- OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1894. — POSITION DES PRINCIPALES PLANÈTES
- LJanv.
- lOct.
- iDéc.
- 21• Cocher
- Fersee
- méridien
- Janv.
- Bélier
- MARS
- Poissons
- VENUS
- non'
- Baleine
- Lièvre
- Grand/Chien
- PRINCIPAUX PHÉNOMÈNES ASTRONOMIQUES
- Passage de Mercure sur le disque du Soleil, le 10 novembre 1894, en partie visible à Paris.
- On a pour le centre de la Terre :
- Temps moyen
- de Paris.
- Angle-pôle image directe.
- 1
- II
- III
- IV
- V
- Premier contact extérieur...........4h. 5m, 5s. 1
- Premier contact intérieur...........4 h. fim, 47 s. 2
- Plus courte distance des centres 4'26",2 6 h. 43 m, 45 s. 7
- Deuxième contact intérieur...........9h.20m,45s.l
- Deuxième contact extéijieur..........9h.22m,29s.3
- Les phases du passage sont visibles à Paris :
- I 4 h. 4 m, 7 du soir.
- II 4 h. 6 m, 4 du soir.
- Le soleil se couche à 4 h. 25 m.
- 99°
- 98°
- 50°
- 50°
- N.-E.
- N.-O.
- 1894.
- Décembre
- 13
- 13
- 15
- 16 20
- 8
- 10
- 10
- 11
- 12
- 15
- 19
- 25
- Nom de l’étoile.
- 27 Taureau.
- 28 Taureau. 136 Taureau.
- 47 Gémeaux. X Lion, x Poissons. X, Bélier.
- 66 Bélier.
- /' Taureau. 136 Taureau.
- 1 Ecrevisse, f Vierge, x Scorpion.
- Grandeur.
- 4 6
- 5.6 6
- 5
- 6
- 4.5 6
- 56
- 5.6 4.5 6
- 3.4
- Immersion.
- 8 h. 31 m, 8 8 h. 45 m, 2 7 h. 16 m, 7 12 h. 15 m, 3 5 m, 7 19 m, 0 33 m, 7 29 m, 3 7 h. 32 m, 3
- 18 h. 43 m, 7 7 h. 10 m, 2
- 19 h. 17 m, 9 19 h. 19 m, 8
- 15 h. 9 h. 4 h. 11 h.
- Emersion.
- 9 h. 24 m, 9 9 h. 20 m, 4
- 7 h. 52 m, 1 13 h. 12 m, 3 15 h. 22 m, 0 10 h. 34 m, 0 Àppulseâ î’4 du bord. 12 h. 42 m, 0
- 8 h. 30 m, 9
- 19 h. 29 m, 3 7 h. 54 m, 3
- 20 h. 12 m, 4 20 h. 20 m, 0
- Satellites de Jupiter.
- ECLIPSES.
- Occultatious des Etoiles par la Lune, visibles à Paris. 1894 Oct. Satellites. 1 1 Commencement. 17 b. 24m. 57 s.
- 189 V. Nom de l'étoile. Grandeur. Immersion. Emersion. 3 1 11 h. 53m. 0s.
- Octobre 7 A Sagittaire. 5.6 6 b. 59 m, 4 7 h. 22 m, 0 — 7 11
- — 10 50 Verseau. 6 7 b. 21 m, 4 8 h. 37 m, 3 — 10 1 13 b. 46 m. 25 s.
- — 14 x Poissons. 6 14 h. 54 m, 5 16 h. 1 m; 2 — 12 I
- — 15 19 Bélier. 6 5 h. 59 m, 2 6 h. 29 m, 9 — 13 111 lOh. 4m. 41s.
- — 16 66 Bélier. 6 17 h. 39 m, 7 18 h. 43 m, 6 — 14 II
- — 19 49 Cocher. 5 17 h. 29 m, 7 18 h. 43 m, 9 — 17 I 15 b. 39 m. 52 s.
- Novembre 7 70 Verseau. 6 4 h. 56 m, 1 5 h. 52 m, 3 — 19 I 10 h. 8 m. 13 s.
- — 12 47 Bélier. 6 13 b. 0 m, 0 15 h. 29 m, 6 — 20 III 12h. 40m. 23 s.
- — 15 25 Taureau. 4.5 7 h. 45 m, 3 Appulseâ 3'Odubord. — 21 H
- — 13 7) Taureau. 5 8 lï. 19 m, 6 A 'puise 1 5't du bord. — 24 I 17 h. 53m. 23s.
- Fin.
- OCCULTATIONS.
- Immersion. Emersion.
- 15 h. 26 m. 12 h. 41 m. 17 h. 18 m. 11 h. 45 m. 10h. 26 m. 13 h. 13 m. 12h.33m.16s. 12 h. 36 ir. 15h.l2n».
- 11 h.52m. 6s. 14h. 12 m
- 13 h. 36 m. 17h. Oui. 17 h. 41 m.
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- 72
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- ÉCLIPSES. OCCULTATIONS. ÉCLIPSES. OCCULTATIONS.
- I89i. Satellites. Commencement. Fin. Immersions. Emersions. 1S94. Satellites. Commencement. Fin. Immersions. Emersions.
- 26 I 12 h. lm. 4b s. 15 h. 26 m. Déc. 2 III 9 h. 14 m. 56 s. 14 h. Ont.
- 27 III 13h. 21m. 8s. 15h.52m.3s. 17 h. 54 m. 20 h. 41 m. — 2 I 15h. 59 m. 28 s. 18 h. 44 m.
- 28 I 9 h. 53 m. — 3 II 7 h. 45 m.
- 28 II 15 h. 15 m. 57 s. — 4 I 10 h. 27 m. 57 s. 13 h. 9 m.
- Nov. 1 II 9 h. 20 m. — 6 I 7 h. 36 xn.
- 2 I 13 h. 55 m. 22 s. 17 h. 14 m. — 6 II 17 h. 30 m. 8 s.
- 3 III 17h.19m.50s. — 9 III 13h.14m.45s. 17 h. 19 m.
- . 4 I 11 h. 41 m. — 9 I 17 h. 53 m. 43 s.
- ___ 4 II 17h. 51 m. 26 s. — 10 II 6 h. 47 m. 35 s. 9 h. 59 m.
- — 8 11 11 h. 43 m. — 11 I 12 h. 22 m. 15 s. 14 h. 53 m.
- r _ 9 I 15h. 49m. 4 s. — 13 I 6 h. 50m. 55 s. 9 h. 19 ni.
- _ 11 I 10 h. 17 m. 32 s. 13 h. 28 m. — 16 III 17h.l4m. 5s.
- — 13 \ 7 h. 54 m. — 17 II 9 h. 22 m. 39 s. 12 h. 13 m.
- 15 II 9h. 44m. 40 s. 14 h. 3 m. — 18 I 14 h. 16 m. 42 s. 16 h. 37 m.
- 16 I 17 h. 42 m. 53 s. — 20 I 8 h. 45m. 24s. 11 h. 3 m.
- 18 I 12 b. 11m. 22 s. 15 h. 14 m. — 22 I 5 h. 29 m.
- 20 I 9 h. 40 m. — 24 II 14 h. 29 m. 33 s. 11 h. 49 m.
- 22 II 12 b. 19 m. 53 s. 16 h. 21m. — 25 I 18 h. 23 m. 18 s. 16h. 4m.
- * 23 III 7 b. 51m. 58 s. 7 h. 53 m. 10 h. 41 m. — 27 I 12h.52m. 4s. 10 h. 30 m.
- 25 I 14h. 5m. 21s. 16 h. 59 m. — 29 I 7 h. 20 m. 45 s. 4 h. 56 m.
- 27 I 8 h. 33 m. 49 s. 11 h. 25 m. — 31 II 17h. 4m.54s. 14h. 2 m.
- — 29 II 14h. 55m. 2 s. 18 h. 37 m.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 40",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS A 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DD CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 17 septembre. 8’,9 N. N. E. 2. Beau. 0,0 Beau.
- Mardi 18 9* ,2 N. N. E. 0. Beau. 0,0 Peu nuageux à 14-15 li.; beau du reste.
- Mercredi 19 8%9 Calme. Beau. 0,0 Nuageux de 13 à 19 li.; beau du reste.
- Jeudi 20 10",7 N. W. 0. Couvert. 0,0 Couv. de 5 à 12 li.; puis nuageux, beau avant 4 h. et après 19 h.; brouillard le matin.
- Vendredi 21 10*,2 E. S. E. 1. Nuageux. 0,0 Très nuageux ; plusieurs fois du tonnerre ; quelques averses ; halo.
- Samedi 22 13*,4 S. 0. Couvert. 12,6 Presque couv., quelques coups de tonnerre de 17h. 1/2 à 18 h. 1/2; pluie à div. repr. ; br. à 6-7 h. matin.
- Dimanche 23 —— 13’,8 S. 1. Couvert. 12,8 Couvert ; pluie la moitié du temps.
- SEPTEMBRE 1894 -- SEMAINE DD LUNDI 47 AD DIMANCHE 23 SEPTEMBRE
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblements de terre en Grèce et en Algérie. — De
- fortes secousses de tremblement de terrî ont été ressenties le 14 septembre dans la matinée en Grèce, à Zante, à Tripolitza, à Léonidion et à Sparte. On n’a signalé aucun dégât.
- .Une secousse de tremblement de terre a également eu lieu le 18 septembre à 3 h. U m. du soir à Mostaganem, en Algérie. Elle a duré trois secondes; les oscillations allaient de l’est à l’ouest. Le 19 septembre, à 6 b. 50 m. du matin, une autre secousse a été ressentie à Constaiitine et a duré plusieurs secondes. La secousse a déterminé la chute de plusieurs meubles dans les maisons.
- Orages et neige en Espagne. — La température s'est brusquement abaissée en Espagne vers le 13 septembre, et le mauvais temps a régné sür toute la péninsule: Les communications télégraphiques ont été suspendues dans presque toute l’Espagne et avec l’étranger. Une grande
- tempête a eu lieu sur les côtes sud-ouest de la Méditerranée. Les petites villes de Cata, province d’Almeria, et de Javea, province d’Alicante, ont été inondées par une trombe. De nombreuses maisons ont été détruites.
- Le 14 septembre, la neige est tombée en assez grande abondance sur les massifs du Carlitte, du Puigmal et sur les montagnes de l’Andorre. Le froid a été assez vif dans la Cerdagne et a forcé à partir les nombreuses personnes qui s’y trouvaient en villégiature.
- Aurore boréale. — Une belle aurore boréale a été observée dans la nuit du 8 au 9 septembre à l’Observatoire de Juvisy, près Paris. Elle a commencé à 9 h. 15 m., s’est éteinte à 11 b. 13 m., s’est rallumée à 11 h. 20 m. et a continué avec fluctuations jusqu’à minuit. On a observé ensuite la formation de plaques lumineuses et ae rayonnements émanant du pôle magnétique, jusqu’à 2 heures. 11 y avait.eu même temps un vent nord-ouest modéré. L'aurore a repris ensuite à 2 heures un quart et s’est continuée jusqu'au lever du soleil. Ce phénomène a correspondu avec la réapparition de la grande tache au bord oriental du soleil.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 22, à 6 b. 42 m. du soir.
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- Réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction de la « Boite aux lettres » doivent être adressées
- à M. Gaston Tissandier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVIOB DU JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES A LA L1BRA1RXB O. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- LÀ SEMAINE
- Application de la dilatation des métaux par la -chaleur. — Yoici un curieux exemple de l’emploi de la dilatation des métaux par la chaleur qui a été signalé à la Société des ingénieurs civils. A la houillère de Clay Cross, en Angleterre, est établie une pompe d’épuisement souterraine mue par la vapeur ; le tuyau de refoulement de cette pompe s’élève verticalement dans un puits, il forme une colonne de 0m,165 de diamètre intérieur sur 128 mètres de hauteur, reposant entièrement sur le fond et seulement maintenue latéralement. Le 25 janvier dernier, un tuyau de cette colonne se brisa dans la partie inférieure près du raccordement avec la pompe. On fit une réparation provisoire pour continuer le fonctionnement jusqu’à ce qu’on eût la pièce de rechange, et une fois celle-ci arrivée, on se mit en devoir de la mettre en place. Pour le faire, il était nécessaire de soulever la colonne qui avait un poids considérable. L’ingénieur de la mine'eut l’idée, pour se dispenser d’un travail pénible et coûteux, d’utiliser la dilatation des tuyaux par la chaleur. A cet effet, on commença par fixer deux fortes pièces de bois par scellement dans la maçonnerie du, puits à 25 mètres au-dessus du fond, une de chaque côté de la colonne, de manière à embrasser celle-ci. Deux mâchoires pouvant être serrées par des boulons et embrassant également la colonne furent posées sur les pièces de bois. On brancha sur le bas des tuyaux un petit conduit y amenant la vapeur de la conduite actionnant la pompe souterraine, et on lança la vapeur dans la colonne. Au bout d’une heure, l’échauffement étant opéré, on serra fortement les mâchoires autour de la colonne et on défit le joint du tuyau à remplacer après avoir eu soin de fermer l’arrivée de la vapeur. Au refroidissement, les tuyaux se contractèrent et laissèrent un intervalle de 20 à 25 millimètres environ qui permit d’introduire le tuyau de rechange; une fois celui-ci en place, on desserra lentement les mâchoires pour laisser redescendre la colonne et faire le joint. L’opération entière dura quatre heures, sans aucun accroc. On peut calculer facilement que, pour 80° par exemple de différence de température, avec un coefficient de dilatation pour la fonte de 0,00001125 par degré, on a une dilatation de 0“',0009 par mètre cube et pour 25 mètres 0m,0225, soit la quantité nécessaire pour l’opération,
- INFORMATIONS
- —®— M. Forel a récemment fait une curieuse communication à l une des dernières séances de la Société vaudoise des sciences naturelles à Lausanne. Le savant physicien suisse a présenté une • collection de boules de poils d’animaux agglomérés par le roulement des vagues et déposées sur la grève immergée ou emergée du golfe de M orges, auprès des grandes tanneries. Dans certains points ces égagropiles sont assez nombreux pour former sur le sol une couche continue. Si ces produits de l’activité du lac étaient enfouis sous un dépôt de sable, ils donneraient de singuliers fossiles, bien faits pour intriguer les paléontologistes de l’avenir.
- —$$— Notre confrère le Cosmos nous apprend, d’après un journal américain, que la Société des tramways de San-Francisco, dont les
- voitures sont à traction électrique, a mis récemment en service sur son réseau une voiture de pompes funèbres actionnée également par l’électricité. Cette voiture constitue un salon de 10 mètres de longueur, divisé en deux compartiments : l’un, garni d’élégantes tentures funèbres et de riches draperies, reçoit le cercueil, tandis que l’autre est occupé par les personnes qui accompagnent le corps. Si bizarre que cette idée puisse paraître au premier abord, elle répond en réalité aux exigences des grandes villes et n’a rien de blessant pour la piété envers les morts. Ce nouveau mode de transport des défunts, en supprimant les nombreuses voitures, a, en outre, sur toutes les autres, l’avantage du bon marché et doit rendre toute concurrence impossible.
- —Le 25 septembre 1894, a eu lieu au Havre l’inauguration des tramways électriques établis par la Société des tramways du Havre avec le matériel de la Société française pour l’exploitation des procédés Thomson-Houston. La traction électrique a remplacé la traction animale; il s’agit là d’un fait qui comptera dans les annales des procédés industriels de transport. Nous pensons, du reste, consacrer une étude spéciale à cette importante installation.
- —L’éclairage au gaz comporte, à Paris, 53 000 lanternes publiques, et 2000000 de becs particuliers, consommant 265,000 000 de mètres cubes de gaz. L’éclairage électrique, né d’hier, nécessite une puissance de 50 000 chevaux alimentant 461 foyers sur la voie publique, et chez les particuliers 9000 lampes à arc et 280 000 lampes à incandescence.
- —Nous croyons devoir mettre en garde les agriculteurs qui pourraient nous lire, contre un procédé qu’emploient certains individus pour se procurer des volailles à peu près sans bourse délier. Le fait a été constaté le mois dernier. Lorsque ces industriels peu scrupuleux ont jeté leur dévolu sur une poule, ils lui donnent du grain qu’ils ont préalablement passé à l’arsenic. En quelques heures la poule devient très grosse et son engourdissement est tel que le voleur s’en rend maître très facilement et va la vendre; bien entendu, la poule meurt le lendemain.
- —En Suisse et en Allemagne, le Gouvernement fait placer bien en vue, dans les écoles, un tableau composé de six chromos, racontant, en peinture, l’histoire d’enfants allumant un incendie en jouant avec le feu. Ce tableau est intitulé : Prenons garde au feu. On a constaté dans le canton de Yaud (Suisse), depuis le placement de ce tableau dans les écoles, une diminution de 62 1/2 pour 100 dans les sinistres causés par l’imprudence des enfants.
- —D’après un journal allemand, le plus grand éleveur d’abeilles du monde serait un apiculteur de la Californie, qui ne posséderait pas moins de 6000 essaims, lui donnant chaque année 170 000 livres de miel. Le nombre total des essaims entretenus en Europe et aux Etats-Unis est d’environ 7 500 000, donnant une production annuelle de 184 000000 livres de miel.
- —L’emploi du stuc ou marbre factice serait beaucoup plus ancien qu’on ne le croit généralement; les Arabes en auraient fait usage les premiers. Dans l’Alhambra de Grenade, terminé en 1348, la décoration magnifique et d’apparence massive est toute en stuc ; elle s’est conservée intacte jusqu’à nos jours, favorisée, il est vrai, par le climat de l’Espagne.-
- —D’après le journal anglais Pioneer, le Foreign Office a entrepris depuis quelque temps des négociations avec la Chine en vue de relier les lignes télégraphiques du district de Bhamo (Birmanie) avec celles du Yunan. L’intervalle à franchir ne serait que de 200 à 300 kilomètres. Inutile d’insister sur l’importance politique et commerciale de cette ligne.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresse relative aux appareils décrits. — Plusieurs de nos lecteurs nous ont demandé l’adresse du fabricant de l’oli-vine, dont il a été question précédemment (n° 1108, du 25 août 1894, p. 207); il ne nous a pas été possible d’avoir immédiatement ce renseignement, mais nous le donnons aujourd’hui. L’olivine est en vente à la maison Àrfhur Armand, 1, boulevard Longchamp, à Marseille. '
- Communications. — M. Nanrincy Reniez, à Audrincy, nous adresse l’amusante Note que l’on va lire sur les Curieux effets de l'orage rapportés par un journal de Lille, le Progrès du Nord. « La foudre est tombée avant-hier après-midi sur la ferme de M. Cuvelaere, à Fiers. Après avoir brisé un arbre, le fluide a brisé la tartine d’un enfant au moment où il la portait à la bouche, sans lui faire aucun mal. Puis il s’en prend au bol de la fermière, qui savourait une tasse de lait, et le bol de voler en éclats, au grand effroi de la brave femme, qui en est quitte pour la peur. Poursuivant sa course et ses fantaisies, le fluide met le feu aux rideaux d'un berceau, tue en passant un malheureux chat, histoire de faire une victime. » Nous laissons au rédacteur du Progrès du Nord la responsabilité de l’exactitude de ces faits.
- M. G. Gérard, à 'Verdun, nous fait parvenir quelques photographies fort bien réussies qui ont été prises au cours d’un voyage de 1400 kilomètres accompli en bicyclette à travers le Tyrol, la Suisse et l’Italie du Nord. Notre correspondant nous écrit qu’il possède une collection de 150 clichés 9 x 12, et que son compagnon de voyage, un de ses amis, a aussi 150 clichés 9x18. Nous félicitons les deux voyageurs d’avoir accompli un si long trajet, et d’avoir su rapporter des documents aussi intéressants et parfois d’un pittoresque charmant.
- M. G. Fiévet, à Paris, nous adresse une Notice sur les laits médicinaux du château de Chaumoncel, à Sucy-en-Brie (Seine-et-Oise). Le lait recueilli dans cette laiterie contient, d’une façon constante, de 6 à 8 grammes de phosphate de chaux par litre.
- M. E. Robert, à Saint-Yorre (Allier), nous envoie la description d’un appareil pour l’embouteillage des eaux minérales ; le système répond aux exigences de l’Académie de médecine.
- M. A. Coret, à Neuilly-sur-Seine, nous communique une étude sur différentes expériences à réaliser avec un radiomètre placé dans un solénoïde; il donne à l’appareil ainsi modifié le nom d’électroradiomètre.
- M. J. Masson, à Paris, nous envoie des courbes relatives à divers problèmes mathématiques qui paraissent intéressants, mais un peu spéciaux.
- Renseignements. —• M. R. Closset, à Verviers. — Ces insectes seront probablement détruits par des fumigations d’acide sulfureux, que vous obtiendrez en faisant brûler du soufre dans la pièce.
- M. Richard Lüders, à Gôriitz. — L’article dont il s’agit a été emprunté au Colliery Guardian de Londres; nous ne pouvons rectifier ce document sans données plus certaines.
- M. J. Casalis, à Paris. — Nous ne pensons pas qu’une Société ait encore été fondée en France.
- M. J. Durenne, à Paris. — Pour faire disparaître les perce-oreilles ou foriicules, le procédé le plus simple consiste à disposer des chiffons de laine dans un récipient, près de l’endroit où se trouvent ces insectes. Ils viennent s’v réfugier en grand nombre, et on les jette dans l’eau acidulée.
- M. A. Carpentier, à Doudeville. — Nos tables décennales comprennent : 1° Index alphabétique; 2° Table des matières; 5° Liste des auteurs; 4° Liste des gravures. Elles forment un volume du format de La Nature, au prix de 10 francs. Il y a deux volumes de tables pour les vingt premières années.
- M. H. Brossette, à Dreux. — Nous ne savons pas si la fibre vulcanisée vous donnera toute satisfaction; vous en trouverez
- en dépôt chez M. de Wilde, 19, rue Jean-Jacques Rousseau, à Paris.
- M. St. Broniewski, à Krasiniec. — Ces adresses ont été données en tête de la Boîte aux lettres du n° 1110, du 8 septembre 1894.
- M. G. Leblond, à Brosse. — Nous n’avons pas de renseignements plus complets que ceux que nous avons publiés. Mais vous pourriez peut-être écrire au Directeur général de l’agriculture d’Italie, au Ministère de l’agriculture, à Rome.
- M. A. Cordeiro, à Lisbonne. — Cet appareil donne de bons résultats; nous ne saurions vous fournir ici de plus amples renseignements.
- M. E. Briouze, à Brionne. — Le spath d’Islande se clive, mais il ne peut se polir, étant beaucoup trop tendre ; il est rayé au couteau.
- M. P. Duplan, à Saint-Etienne. — 1° The continental Oxy-gen C°, 7, rue Gavarni, à Paris-Passy. — 2° Pour faire disparaître le goût de vinaigre d’un vin, le procédé le plus simple consiste à le soutirer et à lui donner un fort collage; après^ quelques jours de repos, on recommence la même opération. Si le goût aigre persiste, on prend 50 à 40 noix pour une pièce de 220 à 250 litres, on les fait griller comme du café, et on les-jette toutes brûlantes dans le tonneau. Quelques heures après, on soutire et on laisse reposer. On emploie encore quelquefois-environ 8 kilogrammes de cassonnade pour 200 litres de vin,, que l’on mélange dans un tonneau disposé à cet effet. Mais les vins ainsi préparés ne peuvent être conservés longtemps.
- M. Carlos Cusi, à Figueras. — Nous avons, en effet, entendu parler dé cet appareil; mais il n’est pas encore dans le commerce.
- M. L. Thomas, à B.; Un abonné, à Bucaramanga. — L’expérience réussit bien en observant exactement les conditions, que nous avons indiquées.
- M. A. N., à Paris. — Le dessin dont il s’agit est une vue pittoresque; il n’a pas l’importance astronomique que vous y attachez.
- M. G. L., à X. (Hérault). — Le jus de l’écorce de noix convient très bien pour cette opération.
- M. J. Labat, à La Havane. — On ne construit pas de fourneau de ce genre ; car dans nos pays l’alcool est à un prix très-élevé.
- MM. Zavalla et C'% à San Juan. — Consultez les Adresses relatives aux appareils décrits en tête des Boîtes aux lettres du n° 1079, du 5 février 1894 et du n° 1087, du 31 mars 1894.
- M. E. Zenuti, à Rotterdam. — La pendule électrique dont vous parlez a été décrite dans le n° 1085, du 17 mars 1894,. p. 245 ; le fabricant a été indiqué dans le même numéro.
- M. Dupuy, à Paris. — Le baromètre enregistreur est très utile à l’amateur. Yous en trouverez un bon modèle chez M. J. Richard, constructeur.
- M. A. Lefort, à Paris. — 1° Non. — 2° Les cochers français prennent la droite de leur route. Yous nous demandez pourquoi les trains de chemin de fer prennent la gauche. Nous vous répondrons que les cochers anglais prennent leur gauche et que les premiers trains de chemin de fer sont d’origine anglaise
- M. J. B., à Paris. — Yous pourriez essayer de gratter avec-un couteau.
- M. L. Marissiaux, à Avesnes. — Le fabricant de ce produit tient sa recette secrète ; vous trouverez une autre formule dans les Recettes et procédés utiles, lre série (G. Masson, éditeur).
- M. Champion, à Bordeaux. — Veuillez vous adresser à la direction du musée du Louvre, à Paris.
- M. A. Spaith, à Blainville. — Le vernis ordinaire à la gomme laque peut servir pour les retouches; on donne au vernis une teinte plus ou moins foncée avec l’acide picrique ou des couleurs jaunes d’aniline.
- Réponses. — N° 1540. — Liquide pour brûler dans les lanternes de bicyclette. — La composition du mélange demandé pour être brûlé dans une lanterne de bicyclette est indiquée-aans les Recettes utiles et procédés vélocipédiques, par M. Bau-dry de Saunier, en vente chez l’auteur, 36, rue Vaneau, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. E. M., à Belfort. Il n’existe pas de livre de ce genre. — Uti abonné, à Genova.
- Il y a eu plusieurs projets de revue de ce genre, mais rien n’a encore été publié. — M. T. Maisonneuve, à Nantes. L’adresse du constructeur est 'donnée en tête de la Boite aux lettres du numéro môme qui contient la description de l’appareil. — M. J. Richard, à Nancy. Il vous sera donné satisfaction. — M. C. liinal, à Marseille. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications, — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INTENTIONS1
- Chaînette de sûreté pour clés. — Dans bien des cas, fl est plus désagréable de perdre ses clés que de perdre sa bourse, surtout lorsque le trousseau comprend des clés de coffrets, coffres-forts ou de meubles anciens ayant une valeur artistique. Il était donc d’un intérêt général d’imaginer un moyen infaillible de les retrouver, en cas de perte. Ce problème, qui intéresse tout le monde, car tout le monde possède des clés, se trouve résolu d’une façon complète par l’ingénieuse Chaînette de sûreté que nous présentons à nos lecteurs, certains de leur rendre un grand service. Cette chaînette, qui a sur le traditionnel annneau l’incontestable supériorité de la souplesse, porte comme fermoir une plaque sur laquelle on lit Récompense au rapporteur à l’adresse indiquée au-dessous de cette plaque glissante. A l’intérieur, se trouve un petit parchemin sur lequel on inscrit l’adresse à laquelle on desire que
- Chaînette de sûreté pour clés. — l.Vue de la chaîne et de ses inscriptions.
- 2. Vue d’ensemble avec les clés.
- soient rapportées les clés, en cas de perte. Si l’on ne veut pas indiquer son domicile, on peut inscrire l’adresse d’un cercle, d’un café, d’un fournisseur, etc. Il suffit alors, quand les clés ont été perdues, de remettre au concierge de la maison indiquée la récompense destinée au rapporteur et on est presque certain de rentrer, à bref délai et sans le moindre dérangement, en possession de son trousseau de clés. En effet comme les clés n’ont de valeur que pour celui à qui elles appartiennent, la personne qui les trouvera s’empressera de les rapporter, soit pour toucher la récompense promise, soit pour les restituer à leur propriétaire dont l’adresse lui est ainsi connue. — La chaînette de sûreté pour clés se trouve chez M. Kratz-Boussac, 3, rue Saint-Laurent, Paris.
- Protège-plats et casseroles en amiante. — Une
- feuille de carton en amiante entourée d’un cercle en fer et agrémentée d’un anneau pour la suspendre, constitue simple-
- l'iaque d’amiante incombustible pour la cuisson des plats. Vue de la plaque et mode d’emploi.
- ment l’appareil que nous allons décrire. Étant donnée la propriété incombustible de l’amiante, on comprendra facilement l’application de cet ustensile à un usage de la cuisine, et nous sommes certains qu’il sera très apprécié par les ménagères. Placé sur un fourneau quelconque, soit au charbon, au gaz ou au pétrole, cet ustensile est un isolateur du feu direct entre l’appareil dont on se sert, soit casserole ou plat ; il communi-
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- que une chaleur nécessaire et uniforme au mets qu’on fait cuire et l’empêche de brûler ou d’attacher. Pour faire réchauffer un mets, la plaque d’amiante est d’une utilité incontestable ; si elle est employée sous un plat, elle en évite la casse, et les cuisinières soucieuses de l’éclat de leur batterie de cuisine n’oublieront pas de s’en servir quand elles sauront que le feu ne viendra plus noircir leurs casseroles, aujourd’hui surtout qu’il règne un certain luxe dans les cuisines, et qu’un parfait poli des cuivres, du nickel, voire de l’aluminium, est l’orgueil dé celles qui en ont la charge. — Cet objet est en vente chez M. Mathieu, 2, rue du Faubourg-Poissonnière, Paris.
- La poupée danseuse. — La petite ballerine que nous avons le plaisir de présenter à nos lecteurs a eu la bonne fortune de faire rire lés membres les plus austères de l’Académie des sciences devant lesquels cette « Rosita Mauri » en miniature a exécuté avec un art consommé des entrechats dignes de
- BlETRtCH* ,
- Poupée danseuse automatique. — 1. Détaiis du mécanisme.
- 2. Vue d’ensemble du jouet.
- l’Académie nationale. C’est assurément un charmant jouet : rien de plus simple, d’ailleurs, que le mécanisme animant cette gracieuse poupée. « L’âme » est, comme toujours, un mouvement d’horlogerie, dissimulé dans l’intérieur de la boîte dont le couvercle sert de théâtre à la danseuse (n° 1), une roue à rochet imprime un mouvement vertical alternatif à une petite lame métallique fixée sur l’axe même de la erémaillère engrenant dans les dents de la roue. Sur cette tige s’appuie une sorte d’aiguille, qui, traversant le couvercle, sert de support à la poupée. Celle-ci en suit donc tous les mouvements et imite à ravir le pas d’une danseuse. Un butoir permet de bloquer à volonté le mouvement d’horlogerie, et on peut régler le rythme de la danse en limitant la course du balancier, au moyen d’un bouton placé sur le côté de la boîte. N’oublions pas de dire que la boîte mystérieuse est une boîte à musique et que par conséquent la petite ballerine exécute pointes et entrechats sur les airs les plus entraînants ! L’appareil musical est représenté dans la boîte (n° 1) à gauche du mouvement d’horlogerie. Le n° 2 de notre gravure montre la boîte, vue extérieurement avec la petite danseuse sur le couvercle. — Ce jouet se trouve chez M. P. Bertrand, 19, rue d’Hauteville, Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Le centre de l'Afrique. Autour du Tchad, par P. Brunache, membre des missions Dybowski (1892) et Maistre (1894), administrateur colonial. 1 vol. m-8° de la Bibliothèque scientifique internationale, illustré de 45 gravures d’après des dessins de l’auteur. — Paris, Félix Alcan, éditeur, 1894. Prix : 6 francs.
- Le Vieil Anvers. Texte par Max Rooses. Aquarelles et dessins par Frans Van Küyck. 1 bel album avec 10 planches hors texte dont 2 en couleur. Texte français et flamand. — E. Lyon-Claesen, éditeur, 5, rue Berckmans. Bruxelles, 18941. Prix: 1 franc.
- Fortification, par E. Hennebert, lieutenant-colonel du génie. 1 vol. petit in-8° de l’Encyclopédie scientifique des aide-mémoire publiée sous la direction de M. Léauté, membre de l’Institut. — Paris, Gauthier-Villars et fils, et G. Masson, éditeurs. Prix : broché, 2 fr. 50; cartonné, 3 francs.
- Régularisation des moteurs des machines électriques, par P. Minel, ingénieur des constructions navales. 1 vol. petit
- 1 Les gravures du vieil Anvers, qui ont été publiées dans noire article sur l’Exposition belge, ont été faites d’après la collection de photographies que public M. Lyon Claesen avec son album.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- * in-8° de l’Encyclopédie scientifique des aide-mémoire, pu-
- • bliée sous la direction, de M. Léauté, membre de l’Institut. — Paris, Gauthier-Villars et fds, et G. Masson, éditeurs. Prix : broché, 2 fr. 50; cartonné, 3 francs.
- Ordres de chevalerie autorisés en France. Notice sur ces ordres, législation les concernant, par A. Daguin et Ch. Bar-dies. 1 vol. in-8°. — Paris. Ch. Mendel, éditeur, 1894.
- Traité pratique de la chasse à tir. Plaines et bois, par A. Labitte. 1 vol. in-16 avec figures. — Paris, Ch. Mendel, éditeur. Prix : 1 fr 50.
- Cours d’électricité industrielle, pi-ofessé à la Faculté des sciences de Grenoble, par M. Paul Janet, docteur ès sciences. 3" année 1893-1894. 1 vol. in-8% autographié. — Alexandre Gratier, libraire-éditeur. Grenoble. Prix : 10 francs.
- La géographie littorale, par Jules Girard, secrétaire-adjoint à la Société de géographie. 1 vol. in-8°. — Paris, Société d’éditions scientifiques. Prix : 6 francs.
- Petit traité des façons culturales et des engrais de la vigne, par A. J. Morice, propriétaire viticulteur. 1 vol. in-16 de la Bibliothèque des négociants en vins. —- Paris> J. Michelet, éditeur. 1894. Prix : 1 fr. 50.
- Traité pratique de retouche des clichés photographiques, par M. Bech. 1 brochure in-8°. — Paris, chez l’auteur, 9, cité Gaillard, rue Blanche.
- Almanach de la Société des agriculteurs de France. 5e année, 1895. 1 vol. in-16. Librairie A. Colin. — Paris. Prix : 25 centimes.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Paro Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS A 7 HEURES DO MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 24 septembre 15‘,3 S. 2. • Couvert. 13,5 Couvert; éclairs à 22 h.; tonnerre à partir de 22 h. 50; pluie la moitié du temps.
- Mardi 25 16*,1 îi, E, 3. Couvert. 12,2 Très nuageux; tonnerre jusqu’à 5 h., puis à 16-17 h. avec pluie.
- Mercredi 26 14*,3 S. S. w. 2. Peu nuageux. 0,2 Nuageux de 6 à 9 b.; couvert avant et après, pluie dans la soirée.
- Jeudi 27 12',4 N. N. W. 2. Couvert. 28,3 Couvert jusqu’à 11 li.; puis très nuageux, beau après 16 h.; pluie de 3 h. 1/2 à 7 h. 1/2.
- Vendredi 28 6',3 N. E. 1. Beau. : 0,3 Nuageux de 11 à 19 h., beau avant et après. Brouillard
- de 300 mètres à 6 heures.
- Samedi 29 4*,8 N. 0. Beau. 0,0 Presque couvert de 11 h. à 19 h., beau avant d'après, gelée blanche, quelquefois des gouttes.
- Dimanche 30 6*,0 N 2. Couvert. 0,0 Très nuageux de 6 à 19 h., beau avant et après.
- SEPTEMBRE 1894 -- SEMAINE DD LUNDI 24 AD DIMANCHE 30 SEPTEMBRE
- Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi , | Vendredi | Samedi | Dimanche
- La courbe supérieure indique ut nébulosité de Où 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indignent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer)', courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Les orages à Paris. — Plusieurs orages ont éclaté sur Paris les 24j 25 et 26 septembre 189t. Ils ont été accompagnés d’une pluie très abondante qui est tombée pendant plusieurs heures de suite avec grande violence. La foudre est tombée en de nombreux endroits, notamment le 24' septembre dans la matinée dans les jardins de l'hôpital militaire du Val-de-Grâce et sur un immeuble de la rue Louis-Blanc, et le 25 septembre sur le Palais de l’Industrie.
- Cyclones h I.o Guadeloupe et aux Etats-Unis. — Un cyclone a eu Heu, le 20 septembre, entre la Dominique et la Guadeloupe, et a causé de grands ravages dans ces contrées. A La Basse-Terre, il y a eu une grande tempête. Le paquebot Amérique, de la Compagnie générale transatlantique, s’est échoué hors des passes de la Pointe-à-Pitre. Les commu-
- nications télégraphiques avec la plupart des communes ont été interrompues. Quelques bateaux de pêche ont fait naufrage. Deux morts ont été signalées. Des dégâts considérables ont eu lieu dans l’île de Marie-Galante.
- A la même date, un cyclone a dévasté une longue bande de territoire sur une étendue de 200 milles environ, dans le Minnesota et l’Iowa, détruisant neuf villes et villages. Une soixantaine de personnes ont péri.
- Bolide vert. — M. Henry Courtois, à Muges, par Damazan (Lot-et-Garonne), nous adresse la communication suivante : « Le 25 septembre, dans la soirée, à 9 heures moins un quart, j’étais occupé à dévisser l’hé-lioscope de mon télescope Foucault pour observer la planète Mars lorsque j’ai vu la cour éclairée par une vive lumière verte. J’ai eu à peine le temps de lever les yeux pour voir un magnifique bolide vert entre Altair et Cassiopée, non loin du Zénith ; il n’a duré que trois secondes au plus, il n’y a pas eu de bruit. »
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 29, à 5 h. 53 m. du matin.
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- Supplément à « LA NATURE» du 13 octobre 1894 (n° 1115)
- Publié sous la direction de M. GASTON TISSANDIER
- Réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction de la « Boite aux lettres » doivent être adressées
- à M. Gaston Tissandier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVICIE DU JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES A LA LIBRA1RIB O. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- LA SEMAINE
- Pont sur le canal du Nord, pré»» de Kiel. — On
- construit actuellement sur le canal du Nord, à Levensau, près vie Kiel, un pont en arc de 103 mètres de portée, s’élevant à 44 mètres au-dessus de la surface de l’eau, destiné au passage du chemin de fer et d’une route de Kiel à Eckemfôrde. Les outils de levage installés sur l’échafaudage sont intéressants : ils comportent deux grues roulantes à deux treuils chacune, situées au niveau du tablier, et deux grues pivotantes situées à mi-hauteur. Ces dernières prennent les matériaux sur des bateaux et les déposent sur des wagonnets, d’où les grues roulantes peuvent les relever et les transporter à leur emplacement définitif. Tous les mouvements de ces grues s'effectuent à l’aide de l’électricité. La vitesse d’élévation se règle suivant l’importance de la charge, de telle façon que des charges de 10000 kilogrammes au maximum soient levées à mi-hauteur (22 mètres) en 15 à 14 minutes, soit lm,60 par minute. La différence de potentiel du courant ne dépasse pas 220 volts. L’installation totale est en somme double, de manière que chaque moitié puisse suffire pour la construction de ponts de moindre importance. Les électromoteurs des grues consomment 7 chevaux à la vitesse angulaire de 850 tours par minute. On en a obtenu un rendement de 84 pour 100. Les génératrices comportent deux dynamos compound de 400 tours par minute construites par la Cie Gustave Conz, de Hambourg, disposées en parallèle. Elles sont attaquées chacune par une machine à vapeur compound de 25 chevaux. Dynamos et électromoteurs sont tétrapolaires, à deux bobines inductrices à noyaux en acier Siemens-Martin. La consommation de force motrice des grues étant très irrégulière, il se peut que tous les électromoteurs soient à la fois inactifs : en prévision de ce cas, un appareil automatique insère alors une résistance en dérivation sur les inducteurs. Les résistances variables auprès des électromoteurs sont constituées par des spirales de nickeline fixées sur des plaques d’ardoise et abritées contre la pluie. Le circuit électrique comprend trois fils parallèles de 6“"”,5 de diamètre. La longueur, aller et retour, est de 1500 mètres et la perte sur la ligne de 3 pour 100 en moyenne. Pour manœuvrer une grue à pleine charge à 0m,16 de vitesse par seconde, l’électromoteur consomme 40 ampères sous 210 volts. Le poids mort de chaque grue est de 55 tonnes.
- (D’après Elektrotechnische Zeitschrift.)
- —®— L'homme volant, M. Otto Lilienthal, dont nous avons décrit l’appareil, avec beaucoup de réserves, a fait récemment une cruelle expérience ; il s’est élancé de sa tour avec ses ailes planantes qui se sont brisées. Il a été précipité contre le sol, et il a été grièvement blessé. M. Otto Lilienthal est un chercheur persévérant et un esprit audacieux. Quoique nous ne partagions pas ses idées sur l’aviation, nous déplorons l'accident dont il vient d être victime.
- —®— D’après YElectrician, la banque anglo-autrichienne et la maison Siemens et Halske ont étudié un projet complet de métropo-
- litain électrique souterrain pour la ville de Vienne. Le parcours complet entre les deux gares terminales doit durer dix-huit minutes seulement. On se propose de faire partir à de fréquents intervalles des voitures pour quarante personnes; suivant les besoins, on ajouterait d'autres voitures remorquées. La construction, très activement conduite, pourrait être terminée dans l’espace d’un an.
- —La Saint-Louis electric Brake C° a construit pour les voitures du Suburban Bailroad de Saint-Louis, un frein électrique qui fonctionne depuis plusieurs mois de la manière la plus, satisfaisante. Il consiste, en principe, en un solénoïde, formé par une bobine de fil de cuivre, à l’intérieur duquel peuvent se mouvoir dans le sens longitudinal deux pièces en fer doux reliées aux tiges de manœuvre des freins. Lorsqu’on lance les courants dans la bobine, les deux pièces de fer sont attirées l’une vers l’autre et les freins sont serrés. On peut, du reste, régler le serrage de façon à appliquer d’abord complètement les sabots sur les bandages, après quoi on desserre peu à peu, au fur et à mesure que le train ralentit sa marche.
- —®— Sait-on à combien s’élève le chiffre des cadavres d’animaux retirés de la Seine pendant l'année 1893? On compte 5652 chiens, 5307 chats, 9108 rats, 1720 poulets ou faisans, 3042 oiseaux divers, 4209 lapins, 789 porcs, 7 veaux, 4 hérissons, .35 chevaux, 15 moutons,
- 2 poulains, 15 singes, 6 serpents. Quelle jolie mixture!
- —M. Aimé Girard poursuit ses intéressantes et utiles études sur l’alimentation du bétail par la pomme de terre. M. le Ministre de l'agriculture, désirant que des bœufs engraissés suivant la méthode de M. Aimé Girard figurent au concours général de Paris en 1895, vient de prendre les mesures nécessaires pour que des bœufs appartenant aux principales races de boucherie françaises soient mis à la disposition du professeur du Conservatoire des arts et métiers et de l’Institut agronomique en vue de les préparer pour ce concours. Il est bien entendu, d’ailleurs, qu’ils n’y figureront qu’à titre de démonstration expérimentale et ne concourront pas.
- —La Section colombophile de Bâle avait organisé, le 29 juillet dernier, un lâcher de pigeons à la station de Gôschenen dans la chaîne du Gothard. Le départ eut lieu à midi un quart par un temps très favorable. Le premier pigeon arriva à Bâle à 2h 35m et effectua donc un parcours de 191 kilomètres, à travers les hautes montagnes, en deux heures vingt minutes.
- —En l’an 1714, le prince Léopold d’Anhalt-Dessau conclut un marché avec le landgrave de Ilesse-Cassel en s’engageant à lui céder un castor de son duché en retour de chaque soldat qui serait livré à son service. Ce fait historique prouve que l’animal était abondant, vers le commencement du siècle dernier, dans l’Anlialt, où il est devenu maintenant très rare.
- —®— Un cultivateur de Lausanne (Suisse) possède 180000 escargots dont il fait un élevage particulier. Il a calculé que ces 180 000 bêtes mangeaient autant d’herbe, de feuilles de choux et de choux-raves que deux vaches.
- —A la Madeleine-lcz-Lille, près Lille, un quadruple empoisonnement s’est produit à la teinturerie Léva. Quatre ouvriers ont été surpris dans les séchoirs par des vapeurs de sels de cuivre ; deux tombèrent sans connaissance, deux autres, avec des peines inouïes, se traînèrent dehors. Des secours immédiats furent donnés aux asphyxiés : trois maintenant sont hors de danger, mais le quatrième est dans un état extrêmement grave.
- —On abat annuellement, en Chine, pour être mangés, quatre millions et demi de chiens comestibles.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- Adresses relatives aux appareils décrits. — La clef
- Diamant est fabriquée par M. Ch. Denys, quincaillier, 48, rue des Acacias, à Paris. — La machine à écrire Munson se trouve chez M. Glaenzer, 55, boulevard de Strasbourg, à Paris. — Pour tout ce qui concerne le papier d’Arundo donax, s’adresser à M. Emile Grimont, 45, boulevard Saint-Michel, Paris.
- Communications. — Mme Vre F. X. Schaller, à Strasbourg, nous adresse un extrait du journal Nachrichten du 25 septembre 1894, contenant le récit d’un incendie suivi d’explosion qui est survenu le 22 septembre dans une fabrique chimique de nitrobenzine à Mulhouse. Un ouvrier âgé de cinquante-sept ans qui était chargé de la manipulation de la nitrobenzine a été complètement consumé dans l’incendie.
- M. G., à X., à propos de l’action de l’encre sur les brûlures, dont nous avons parlé dans les Informations du n° 1111, du 15 septembre 1894, nous écrit : « L’efficacité de l’encre sur les brûlures est réelle si les brûlures n'ont pas enlevé l’épiderme de la peau, si la peau n’est pas à vif. En voici un exemple: J’avais douze ans, lorsqu’en tirant un feu d’artifice à l’occasion d’une petite fête de famille, j’eus le creux de la main brûlé par un soleil qui, au lieu de s’allumer et de brûler lentement et en tournant, s’enflamma totalement et d’un seul coup au moment où je l’allumais. Le fils de l’illustre Dulong, qui était présent, me fit tremper immédiatement la main dans le contenu d’un encrier, à défaut de sulfate de fer qui n’existait pas dans le village. La douleur fut calmée aussitôt et la cloque qui s’était déjà formée fut immédiatement résorbée. Il nous dit en même temps que dans chaque famille on devrait toujours avoir une centaine de grammes de sulfate de fer pour le cas de brûlures. » Les quelques faits que nous avons cités prouvent donc bien l’action de l’encre sur les brûlures, surtout à cause du sulfate de fer qu’elle renferme.
- M. Iwan Imbert, à Ramonchamp, nous adresse quatre photographies de deux arbres de dimensions extraordinaires, un hêtre commun et un noisetier, qui se trouvent dans la commune de Benlotte-Saint-Laurent (Haute-Saône). Le noisetier a une circonférence de 1m,70 à la base, et de lm,14 à une hauteur de lm,60 au-dessus du sol. Il est très vigoureux et est couvert de fruits ; les personnes les plus âgées du pays se souviennent de l’avoir toujours vu tel qu’il est aujourd’hui.
- M, E. Mentiez, à Pau, nous envoie une notice sur les remous atmosphériques, extraite des comptes rendus du Congrès de Pau (1892) de Y Association française pour l'avancement des Sciences, et une brochure qui a pour titre : Influence des reliefs du sol sur l'intensité et la direction clés vents. Le calme de Vatmosphère à Pau. Le mistral. Le vent d'autan. Le sirocco. Les renseignements fournis par notre.correspondant sont intéressants. Mais cette question a déjà été traitée à plusieurs reprises dans La Nature, par notre savant collaborateur M. J. Plumandon.
- M. C. Lefort, à Paris, nous adresse une Notice qu’il vient d’écrire sur la Solution biologique de l'énigme cosmique. Dans ce travail, l’auteur étudie des questions relatives à la destinée des êtres vivants, à l’origine du mouvement des astres, etc., qui sont du domaine philosophique et non de la science pure.
- M. Z. Simon, à Serquigny, nous fait parvenir la description d’une nouvelle machine pneumatique basée sur le même principe que les machines ordinaires à mercure utilisées dans les laboratoires. La machine comprend deux vases communicants en tôle ou en fonte, reliés entre eux par un conduit rigide. Au-dessus du deuxième vase s’en trouve un autre maintenu par un pas de vis, et dans lequel on doit faire le vide. Un piston muni d’un volant extérieur et placé dans le premier vase permet de comprimer le mercure et de le faire passer dans le récipient dont il a été question en chassant l’air contenu.
- En lecteur, à Avignon, nous adresse la note suivante : (( Par décision ministérielle, il a été créé à Angers et à Avignon, près
- des 6° et 7e régiments du génie, une école du génie qui fonctionne, depuis le 1er octobre, dans les conditions prévues au règlement du 25 juin 1885. »
- Renseignements. — M. E. Hoyaux, à Bruxelles. — 1° Vous trouverez des articles sur l’héliogravure dans le n° 65 de La Nature, du 29 août 1874, p. 199; voyez aussi les indications à gravure dans notre table décennale (2° série). — 2° Votre procédé nous paraît bon.
- M. V. N. D. H., à X. — Vous pourriez essayer la benzine.
- M. H. Langlais, à la Ferté-Bernard. — A l’époque où il a été décrit (mai 1888), cet appareil était en vente chez M. G. Dreyfus, 32, rue de Paradis, à Paris.
- M. H. de Baucourt, à Nancy. — 1° Il existe un grand nombre de constructeurs de tours; adressez-vous à l’un d’entre eux, il pourra vous fournir l’appareil que vous désirez. — 2° Plusieurs ouvrages ont été édités par la librairie Gauthier-Villars.
- M. E. Tonis, à Moisselles. — 1° Les débits sont variables suivant les divers modèles de turbines; il faut compter, dans votre cas, de 60 à 100 litres d’eau par seconde. — 2° La section du fil doit être de 0,8 à 1 millimètre carré.
- M. Guéret, à Meung-sur-Loire. — 1° Non. — 2° Les constructeurs de machines électriques sont très nombreux; nous ne pouvons donner une adresse en particulier. — 5° Les divers éditeurs scientifiques ont publié un grand nombre de traités sur les questions électriques.
- M. L. N., à Paris. — Les procédés de renforcement sont donnés dans tous les traités de photographie.
- Un amateur photographe, à Charleroi. — Les vernis ne valent pas le satinage pour les épreuves positives.
- M. E. Poirier, à Paramaribo. — Les observations que vous nous adressez peuvent être intéressantes, mais le sujet est un peu spécial, et touche à des questions politiques que nous ne pouvons traiter; remerciements pour votre envoi.
- M. E. Finet, à Paris. — La question du mouillage des vins a été traitée dans un grand nombre d’ouvrages spéciaux ; adressez-vous aux grandes librairies scientifiques.
- M. A. S., à Draguignan. — Il n’existe pas de vases à fermeture hermétique comme celle des soudures; mais nous avons décrit dans le n° 1084, du 10 mars 1894, p. 256, un bocal pour conserves alimentaires qui pourrait vous convenir.
- M. Adamovicî, à Burdujeni. — L’essence minérale est préférable; le pétrole répand une mauvaise odeur.
- Un abonné, à Montauban. — Tous les constructeurs mécaniciens peuvent se charger de cette installation; il n’y a pas de maison spéciale.
- M. F. Teisserenc, à Ceilhes. — Vous trouverez plusieurs traités sur les cadrans solaires à la librairie Gauthier-Villars, et notamment L'art de tracer les cadrans solaires, par M. Mahistre.
- M. le Dv Don Carlos Garzci, à Piedras Negras. — Il n’y a que mystification dans les baguettes divinatoires.
- M. G. L., au Havre. — Les fumigations à l’acide sulfureux constituent un excellent moyen pour la destruction de ces parasites ; mais il faut que la salle où l’on opère soit hermétiquement fermée.
- M. C. F., à Elbeuf. — La rouille n’est pas soluble dans les liquides qui n’auraient pas d’action sur l’étoile; nous ne croyons pas que votre tache puisse être enlevée.
- M. E. Merly, à Genève. — L’explosion dont vous parlez provient de ce que, dans votre flacon, de l’air se trouvait encore mélangé avec le gaz hydrogène. Il ne faut pas allumer avant que le gaz se soit bien dégagé et que tout l’air du flacon soit chassé.
- M. Dordieux, à Leeds (Angleterre). — Remerciements pour votre lettre ; il y a une erreur typographique que nous indiquerons dans notre erratum.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. E. Priant, à Saint-Pétersbourg; M. E. James, à Genève. L’adresse du constructeur est donnée en tète de la Boite aux lettres du numéro même où l’appareil est décrit. — M. D., à Audi. Le phénomène des halos est très connu des photographes ; remerciements. — M. E. Marin, à Jolihcrt. Ce produit nous est inconnu. — M. T. P. Isaac, à Melbourne (Australie). Votre lettre a été envoyée à destination. — M. D. B., à Paris. Il faudrait consulter un ingénieur spécialiste: nous ne saurions vous indiquer ces données sans établir un projet complet d’installation. — M. Girard, à Paris. 11 s’agit d'une mesure ordinaire d’isolement, que tous électriciens pratiquent d’une façon courante; consultez les traités d’électricité. —M. L. G , à X.; M. A. Ilarher.k Bucaramanga; M. E. G. D., à Rouen Voyez les Becettes et procédés utiles, lre série. (G. Masson, éditeur.) — M. D. V., à Lyon; M. G. M., à Marseille; M. Gotcndorf, à Maisons-Laffitte. Remerciements pour vos communications. -
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à repondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INVENTIONS1
- Contrôleur de rondes. — Un contrôleur de rondes est un appareil indispensable lorsqu’il s’agit d’effectuer une surveillance sérieuse et régulière. Mais la plupart des contrôleurs construits jusqu’à ce jour sont assez compliqués, parfois volumineux, et souvent d’un prix élevé. Ce ne sont pas là les inconvénients du système de contrôleur Nolet, que nous allons décrire. Il se compose d’une montre M (n° 1 de la figure) ; dans le boîtier de derrière on place une feuille de papier préparée qui est entraînée par le mouvement de la montre et se déplace régulièrement. Quand la feuille de papier est en place, on referme le boîtier à l’aide de la clef C (n° 4) que l’on introduit dans
- Contrôleur de ronde, système Nolet. — 1. Vu de face. — 2. Vu par derrière 5. Poinçon de contrôle. — i. Clé d’ouverture et de fermeture.
- l’ouverture B, et que l’on tourne jusqu’à fermeture. La montre ainsi préparée est remise au veilleur qui se présente à des heures déterminées en certains endroits où la ronde doit être faite. En chacun de ces points se trouve un poinçon D (n° 5) maintenu à la muraille par une chaîne ; les poinçons portent à leur extrémité une lettre différente. Le veilleur arrive, saisit le poinçon D, l’enduit d’encre en l’appuyant sur un tampon encreur E porté sur la montre, et l’introduit ensuite en 0 pour laisser une trace écrite sur le papier. Pour empêcher toute tentative d’ouvrir la montre, on introduit dans l’ouverture B du pendant, un bouchon de cuivre qui se maintient par un bout de corde qu’on passe dans le trou T et au travers du bouchon, les bouts de la corde sont reliés entre eux; sur le nœud on applique un cachet à la cire. — Le contrôleur de rondes Nolet se trouve chez le fabricant, M. J. Van Lancker, horloger, 17, rue Magelein, à G and.
- Fer domestique pour les chapeaux. — Les chapeaux haute forme que l’on porte, ne gardent pas longtemps le brillant qui les caractérise ; quand ils ont passé à la pluie ou à la poussière, ils se ternissent, et lorsque, parmégarde, on les a écrasés sur une chaise, ils ont besoin du coup de fer. Nous allons faire
- rieurs obscurs ou la nuit pour des groupes, portraits, sujets animés, etc.; elle est également employée avec succès pour obtenir des effets de théâtre. Parmi les nombreux modèles plus ou moins perfectionnés, l’appareil représenté ci-dessous mérite l’attention des praticiens. AJ Etincelle est simple, pratique, de très
- Setit volume et d’un prix modeste. L’intensité de sa flamme est ue à la combustion complète de la poudre de magnésium,, contrairement à certaines lampes qui perdent jusqu’à 50 pour 100. Ce résultat est obtenu par l’effet d’un courant d’air central qui enveloppe la bouche de sortie de la poudre en formant chalumeau et fournit au magnésium l’oxygène nécessaire à son entière combustion. Le débit de la poudre de magnésium est réglé par un cône divergent qui la divise en six jets con-
- Lampe à poudre-éclair. — 1. Coupe de l’appareil montrant le réservoir de poudre de magnésium et le tube de sortie au centre. — 2. Vue extérieure de l’appareil. (Le dessin représente l’appareil demi-grandeur.)
- tinus qui s’enflamment spontanément, de sorte que l’on obtient une gerbe lumineuse de grande surface, produisant un pouvoir éclairant de 50 carcels ou 1000 bougies environ. Avec la lampe petit modèle, on peut impressionner des plaques jusqu’à 18/24 et avec le grand modèle, on opère sans difficulté jusqu’à 24/30, même en employant des objectifs grands angles (en cas d’insuffisance de recul). La lampe fournit 10 à 12 éclairs successifs ou un éclair continu de quinze secondes de durée. Le maniement de la lampe est des plus simples ; on remplit le réservoir de poudre de magnésium finement écrasée, pour éviter les petites boules qui se forment facilement quand le magnésium a été exposé à l’humidité et qui pourraient obstruer les bouches de sortie, en dévissant le bouchon qui se trouve dans le socle. Ensuite on verse de l’alcool sur la toile métallique qui recouvre l’amiante et on l’allume. A chaque pression de la poire il se produit un éclair. Après usage, laisser brûler l’alcool entièrement, pour éviter qu’il humecte la provision de poudre de magnésium non utilisée. — L'Étincelle est en vente chez M. Kratz-Boussac, ingénieur, 3’, rue Saint-Laurent, à Paris.
- Fer domestique pour les chapeaux.
- connaître un appareil qui donne ce coup de fer classique et que l’on peut faire fonctionner soi-même. Le fer employé, dont notre figure montre l’aspect, est chauffé sur une lampe à esprit-de-vin, ou sur une lampe à gaz; quand il est chaud, il est prêt à fonctionner. — L’objet que nous présentons à nos lecteurs se trouve chez MM. Brigham et Sheldon, 102, Fore Street, à Londres.
- Lampe à poudre éclair (( l’Étincelle )). — La lampe à poudre de magnésium fait partie du bagage indispensable des photographes pour photographie des grottes souterraines, inté-
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- BIBLIOGRAPHIE
- Magie blanche en famille, par Magus. 1 vol. in-8° avec de nombreuses illustrations. — Henri Gautier, éditeur, 55, quai des Grands-Àugustins, Paris, 1894. Prix, 4 francs.
- Nos lecteurs connaissent Magds. qui a publié' dans La Nature d’intéressants articles sur la prestidigitation dévoilée. Magus a un sac rempli de secrets ; il continue à le vider dans le livre que nous annonçons et que consulteront avec beaucoup d’intérêt ceux qui sont amateurs de physique amusante.
- Annuaire astronomique et météorologique pour 1895, par Camille Flammarion, exposant l’ensemble de tous les phénomènes célestes. 1 vol. in-8°; 56 figures, cartes et diagrammes.
- — Paris, librairie Plon, Nourrit et Cie. Prix : 1 franc.
- Petit manuel d’installation de la lumière électrique. L'éclairage électrique chez soi, par H. B. de Laqueuille, 1 vol. in-16.
- — Paris, librairie centrale des sciences. Prix : 1 fr. 50.
- Notice complémentaire sur la Volta-Gramme. Le transmuta-teur multiplex, par le D1 Fontaine-Atgier. 1 brochure in-8°.
- — Paris, J. Michelet, libraire-éditeur, 1894. Prix : 2 francs.
- Livret-guide géologique dans le Jura et les Alpes de la Suisse, dédié au Congrès géologique international. Publié par le Comité d’organisation en vue de la VP session, à Zurich. 1 vol. in-8°. — Paris, Félix Alcan, éditeur. Lausanne, F. Payot, libraire-éditeur. 1894. Prix : 15 francs.
- Gymnastica de natazao pratica compléta medica e hijgienica, par A. A. P. d’Oliveira e Silva. 1 vol. in-8°. Porto, typo-graphia da empreza litteraria e typographica, 1894.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Récupération de l'or et de l'argent contenus dans les résidus photographiques. — Le MoniUur de la Photographie donne une méthode facile, due à M. Clemmon, pour précipiter l’or et l’argent d»s vieux bains de virage et des bains fixo-vireurs. Il suffit d’aciduler fortement la solution avec de l’acide chlorhydrique et d’y placer un morceau d’aluminium. Aussitôt le métal en contact avec le liquide, il se forme des bulles qui augmentent peu à peu, et bientôt tout le liquide est en effervescence. L’or se précipite sur l’aluminium à l’état de poudre brune, qu’on enlève avec une brosse douce et qui tombe au fond du vase. L’opération continue jusqu’à ce que tout l’or soit précipité à l’état de poudre métallique très pure. L’argent est précipité à l’état de chlorure.
- Éclair à l'aluminium. — Le professeur Glusmapp préconise l’emploi de l’alüminium au lieu du magnésium pour l’éclair destiné à prendre des vues photographiques la nuit. L’aluminium est d’un prix bien inférieur au magnésium. Le professeur recommande le mélange suivant :
- Poudre d’aluminium .... 21,7 grammes
- Sulfure d’antimoine. .... 15,8 —
- Chlorate de potasse.............64,5 —
- Il faut prendre ses précautions en opérant le mélange. La combustion de cette poudre est très rapide, 1/17 de seconde, résultat d’un essai fait en brûlant deux petits tas de poudre ayant deux centimètres de long et un centimètre de large. En changeant la composition du mélange selon la formule suivante : Aluminium ........ 50 grammes
- Chlorate de potasse. .... 70 —
- la combustion est ralentie, elle dure environ 1/5 de seconde.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS A 7 HEURES DO MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 1" octobre . . 4-,5 N. N. E. 2. Beau. 0,0 Nuageux de 12 à 17 h. et après 22 b. ; beau le reste du temps; gelée blanche.
- Mardi 2 . . ^ . . . . 7%1 N. N. E. 3. Beau. 0,0 Peu nuageux le matin; presque couvert le soir.
- Mercredi 3 A 8% 9 N. E. 2. Couvert. 0,0 Presque couvert.
- Jeudi 4 8-, 2 N. 3. Couvert. 0,0 Presque couvert; pluie fine de 12 à 14 heures.
- Vendredi 5 9%2 N 3. Couvert. 0,6 Presque couvert.
- Samedi 6 10”,0 S. E. 0. Couvert. 0,8 Couvert; pluie fine de 2 à 7 heures.
- Dimanche 7 9* ,9 Calme. Couvert. 0,0 Couv. jusq. 11 h. ; puis nuageux, beau ap. 17 heures.
- OCTOBRE 1894 — SEMAINE DU LUNDI l'r AU DIMANCHE 7 OCTOBRE
- I Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche
- La courbe supérieure indique ta nébulosité de 0 a 10; les flèches inférieures, la. direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques {baromètre ramené à 0, au niveau de la mer)’, courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites au parc Saint-Maur en septembre 1991
- par M. E. Renou.
- Moyenne barométrique, à midi 759”",79. Minimum le 2a à 5 heures du matin, 748"",75. Maximum le 50 à 11 heures du soir, 767“",10.
- Moyennes thermométriques : des minima 9°,51 ; des maxima 19°,52; du mois 14°,42; moyenne vraie des 24 heures, 13°,54. Minimum le 29 à 4 heures du matin, 3°,7 avec trace de gelée blanche. Maximum le 1" à 2 heures et demie, 29°,3.
- Tension moyenne de la vapeur 9““,45 ; la moindre le 28 à 2 heures du £oir, 5“",2; la plus grande le 1*' à 8 h. du soir, 15"",8. Humidité relative moyenne, 81; la moindre le 19 à 1 heure du soir, 38; la plus grande 100 en 20 jours.
- Pluie, 93“",0 en 64 heures un quart réparties en 12 jours. En 5 jours du 1" au 9 il est tombé environ 10“" d’eau et en 7 jours consécutifs, du 21 au 27, il eu est tombé environ 83““, dont 21 "",2 le 22 et 83“‘“,6 le 26. Il est en outré tombé des gouttes le 6 (jour d’orage) et le 29. Il n’était pas tant tombé d’eau en septembre depuis 1883.
- Nébulosité moyenne 48. Pas trace de nuage le 12 ; temps le plus souvent beau et sans pluie du 10 au 20 et très nuageux les autres jours.
- Il y a eu 3 jours de brouillard, les 20, 22 et 28 au matin.
- 8 jours d’orage : le 2 dans la nuit; le 6, de 1 h. à 3 h. du soir, quelques coups de tonnerre lointains; le 9, à 4 heures et demie du soir, quelques coups de tonnerre à l’est-nord-est ; le 21, de 9 h. à 4 heures, plusieurs orages avec un peu de pluie: le 22, à 6 heures du soir; journée très pluvieuse; le 23, tonnerre-au sud à 4 heures et demie du soir; le 24, tonnerre dans la nuit avec forte pluie ; le 25, tonnerre à 5 heures du soir. C’est le plus grand nombre de jours d’oraçe connu en septembre.
- Température moyenne de la Marne, le matin 17°,03; le soir 17°,53. eu moyenne 17°,28. Elle a varié de 15°,03 le 30 au matin, à 22°,50 le 1" au soir. La Marne a été claire et basse tout le mois.
- Relativement aux moyennes normales le mois de septembre 1894 présente les résultats suivants : Baromètre .plus haut de 2"“,07. Thermomètre plus bas de 1°,04. Tension de la vapeur moindre de 0“”,61. Humidité relative égale à la normale. Nébulosité plus faible de 3. Pluie plus forte de 26"“,6.
- Floraisons. 1", Ilémérocalle du Japon. 18, Astère multiflorc. 21, Astère à grandes fleurs.
- Les Martinets, plus nombreux cette année que les autres Hirondelles, ont disparu vers le 51 juillet.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 6, à 7 h. 11 m. du soir.
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- Réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction de la « Boîte aux lettres » doivent être adressées
- à M. Gaston Tissandier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVICE DO JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES A LA L1BRAIRIB O. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- LA SEMAINE
- Société spélœologiqite. — M. E.-A. Martel, le célèbre explorateur des abîmes, a le projet de réunir en une société scientifique tous ceux qui s’intéressent aux explorations du inonde souterrain. Voici comment s’exprime M. E.-A. Martel à ce sujet : « Au cours des explorations souterraines que j’ai poursuivies chaque année, depuis 1888, en France, Belgique, Autriche et Grèce, j’ai acquis de plus en plus la conviction que l’initiative, les ressources et les efforts des chercheurs isolés ne parviendront jamais à approfondir, comme ils méritent de l’être, les nombreux et variés sujets d’études qui subsistent, à peine effleurés, dans les cavités naturelles du sol. Les dévoués collahoi'ateurs de mes travaux ont partagé cette conviction, et estimé comme moi, que la spélœologie ou science des cavernes, arrivée au point où les perfectionnements de l’industrie moderne nous ont permis de la pousser, revêt un double caractère de nouveauté et de spécialité, qui rend éminemment désirable la formation d’une Société spélœologique : une telle association, en effet, ayant pour objet de préparer et de subventionner les investigations souterraines méthodiques, d’en publier les résultats, d’attirer et de centraliser à l’avenir, dans un cadre unique et autonome, toutes les productions et constatations originales de cet ordre éparpillées jusqu’à présent dans les recueils lés plus divers, fournirait des appoints précieux à des branches multiples de la science. Mon Mémoire sur la spélœologie, lu en 1895 au Congrès de l'Association française pour l'avancement des sciences, à Besançon, et mon récent ouvrage Les abîmes ont cherché à démontrer comment la géographie, la géologie, la minéralogie, la zoologie, la botanique, la météoio-logie, la physique du globe, l’anthropologie, la paléontologie, l’agriculture, l’hygiène et les travaux publics sont théoriquement et pratiquement intéressés aux études souterraines de tout genre et comment la synthèse de ces études, opérée par une réunion d’adeptes spéciaux, pourrait rendre des services très appréciables. Plus tôt que je ne le pensais, l’idée ainsi émise a été bien accueillie par des personnalités dont le concours, dès maintenant assuré, permet d’escompter le succès de la fondation proposée, et de la préparer sans délai. » Nous sommes heureux de donner la publicité de La Nature aux efforts si persévérants de notre savant et énergique collaborateur, M. E.-A. Martel, qui a ouvert une voie nouvelle très féconde .à la géologie et à l’exploration du globe. G. T.
- INFORMATIONS
- —®— Le Gouvernement allemand vient de publier une statistique sur le nombre des Allemands à l’étranger et celui des étrangers on Allemagne, d’après laquelle il y a, en Belgique, 36547 Allemands, tandis qu’il y a seulement 10194 Belges en Allemagne. — En Danemark, 31 112 Allemands, et en Allemagne, 23317 Danois. — En France, 83 506 Allemands, et en Allemagne, 19 659 Français. — En Grande-Bretagne, 53591 Allemands, et en Allemagne, 15534 Anglais. — En Italie, 5234 Allemands, et en Allemagne, 15 570 Italiens.
- — Dans le grand-duché du Luxembourg, 9995 Allemands, et en Allemagne, 12 585 Luxembourgeois. — En Hollande, 28 732 Allemands, et en Allemagne, 37 055 Hollandais. —En Suède, 1622 Allemands, et en Allemagne, 10 924 Suédois. — En Suisse, 94 207 Allemands, et en Allemagne, 41 105 Suisses. — Dans l’Amérique du 5'ord, 2 784 984 Allemands, et en Allemagne, 17 550 Américains. — Au Brésil, 44 087 Allemands, et en Allemagne, 1476 Brésiliens. En résumé, il y a 3 458 665 Allemands à l’étranger, et il y a seulement 472 867 étrangers en Allemagne. Il ressort de ces chiffres que, pour 100 Allemands qui ont émigré dans d’autres pays, il ny a que 13.7 étrangers qui se soient établis en Allemagne.
- —®— Il résulte, paraît-il, d’observations sérieuses que le poids des muscles peut être augmenté dans des proportions pouvant atteindre jusqu’à 40 pour 100 lorsqu’on les soumet à l’action répétée d’un courant électrique. Cette augmentation de poids correspond à un développement absolument normal du muscle. D’après cela, il ne sera plus nécessaire, pour développer les muscles, de recourir à une gvmnastique fatigante. Il sufiira, dit le Scientific american, auquel nous empruntons ce document, de s’étendre dans une chaise longue et de soumettre le ou les membres à l’action du courant. Il sera même possible, pour gagner du temps (tune is money), d’imaginer des dispositifs qui permettent de suivre le traitement la nuit. Enfin il n'y a évidemment aucune raison pour que le traitement appliqué d’une façon rationnelle ne parvienne à faire renaître les anciennes races de géants dont on a tant déploré la disparition.
- —®— Aux Cascades de la Colombie, en Amérique, il y a une montagne qui s’est mise à voyager. Il s’agit d’une chaîne de basalte brun, à trois sommets, ayant de 10 à 12 kilomètres de longueur et s’élevant à environ 600 mètres au-dessus du niveau de la rivière. Tout le massif se déplace lentement, mais sans arrêt, descendant vers la rivière et montrant son intention de la barrer un jour ou l’autre, et de former ainsi un grand lac, des Cascades aux Dalles. Dans ce mouvement de translation et de descente, elle a déjà noyé une partie des forêts qui bordent sa base ; les ingénieurs de la voie ferrée qui longe le massif constatent que la ligne est continuellement chassée vers la rivière, et que, depuis quelques années, elle s’est déplacée de 2,n.50 à 3 mètres. Les géologues attribuent le phénomène à ce fait que le basalte qui constitue le noyau du massif repose sur des terrains meubles que les eaux entraînent continuellement, minant ainsi la montagne sous sa base ; ils pensent aussi que ces terrains peuvent, même sans le secours de l’eau, se tasser peu à peu sous la masse dont ils sont chargés.
- —®— Une belle collection de bois de renne sculptés et trouvés dans les cavernes du midi de la France va enrichir les galeries du Muséum. Ces objets ont été réunis et conservés au château de Che-verny par le marquis de Vibraye, décédé depuis quelques années déjà. Le fils du marquis de Vibraye a annoncé par lettre à M. Milne-Edwards l’envoi prochain de ces précieux et rares objets. Dans cette collection extrêmement importante se trouve un magnifique poignard à poignée sculptée représentant un renne et des figurines de femmes. La collection offerte par le marquis de Vibraye sera installée dans les nouvelles galeries qui seront construites l’an prochain au Muséum, portera le nom du donateur et sera confiée aux soins du Dr Hamy qui s’en occupe spécialement.
- —®— La Commission du chemin de fer intercontinental d’Amérique a présenté son Rapport sur le projet de construction d’une ligne allant du Mexique en Argentine, d’une longueur de 7200 kilomètres, dans le but de relier entre elles les Républiques de l’Amérique du Sud. Cette Commission avait été constituée à Washington en 1890.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. —Le kiné-toscope d’Edison se trouve chez MM. Werner frères, 85, rue de Richelieu, à Paris. — Pour tout ce qui concerne le papier photographique, le charbon-velours et le développement à la sciure de bois, s’adresser à M. Joux, 48, rue de la Victoire, à Paris.
- Communications. — M. F. Witz, à Bischwiller, au sujet de notre récent article Bolides et aérolithes tombés en Grèce en 1894 (n° 1115, du 29 septembre 1894, p. 28G), nous adresse une longue étude qui contient diverses théories intéressantes, mais qu’il serait nécessaire de discuter, d’approfondir et d’appuyer par un grand nombre d’observations.
- M. Henry Courtois, à Muges, nous écrit que le 9 octobre 1894, à 9 heures du soir, il a aperçu un bolide vert semblable à celui que nous avons signalé dans la Chronique météorologique du n° 1114, du 6 octobre 1804; ce bolide a pris naissance près de la Lune et s’est dirigé vers le sud-est. Notre correspondant ajoute qu’il invite les lecteurs de La Nature à venir faire des observations astronomiques chez lui à Muges, près la gare d’Ai-guillon (Lot-et-Garonne), tous les jours à l’entrée de la nuit, excepté le dimanche, en écrivant à l’avance. Nous remercions M. H. Courtois de l’accueil bienveillant qu’il réserve depuis longtemps à nos lecteurs.
- M. Gotendorf, à Maisons-Laffitte, nous envoie un extrait d’un journal allemand qui donne une recette pour éviter pendant l’hiver les dépôts de buée ou de gelée sur les vitres. Il suffirait de badigeonner celles-ci avec un liquide composé de 55 grammes de glycérine dans 1 litre d’alcool à 63 pour 100. Nous avions déjà indiqué un procédé qui consistait à employer la glycérine; mais la recette mentionnée nous semble préférable, parce qu’il ne reste pas sur les carreaux une couche grasse comme avec la glycérine seule.
- Renseignements. — M. G. S., h San Giorgio. — II n’existe pas de moyen Lien efficace pour éviter cette action; les vernis que l’on pourrait employer dégagent des vapeurs abondantes sous l'influence de la chaleur.
- M. P. B., h Bruxelles. — Un grand nombre de maisons de constructions électriques pourraient se charger de ces installaT tions; il nous est impossible de vous donner ici toutes les adresses que vous demandez.
- M. H. Gautié, à Montauban. — Nous n’avons jamais entendu les spécialistes faire les observations que vous signalez ; il faut que la muraille soit très humide, et que le fd lui-mème porte des traces d’humidité.
- M. H. K., à A. — 1° Vous trouverez des ouvrages de ce genre à la librairie Bergcr-Levrault, 5, rue des Beaux-Arts, à la librairie Baudoin, 30, passage Dauphine, ou à la librairie du journal Le Yacht, 55, rue de Chàteaudun, à Taris. — 2° L’écaille s’emploie pour la fabrication des peignes, montures de -lorgnons, manches d’ustensiles divers, éventails, bonbonnières, etc.
- M. M. C., à Montréal. — Il serait nécessaire de construire un modèle de moteur et de l’expérimenter pour être complètement fixé ; mais il nous semble que le projet comporte un grand nombre de complications d’un fonctionnement difficile en pratique.
- M. M. Belin, à Besançon. — Voyez les articles que nous avons publiés sur la photographie sur fond noir (Table décennale des matières, 2e série, 1885-1892).
- M. A. Tiersot, à Paris. — L’adresse que vous demandez est la suivante : MM. Merlin et Ci0, 91, boulevard Sébastopol, à Paris, usines à Vierzon (Cher).
- Un abonné, à Paris. — Vous trouverez plusieurs adresses de marchands d’appareils de ce genre dans le Dictionnaire de Bottin, à la fin de l’article Bijoutiers en or.
- M. le comté N. Morcoff, à X. (Russie). — 1° Plusieurs ouvrages ont été publiés sur ces questions par la librairie
- Dunod et la librairie E. Bernard, quai des Grands-Augustins, à Paris. — 2° La roue Pelton a été décrite dans le n° 1014, du 5 novembre 1892, p. 555.
- M. H. Chabrier, à Avignon. — Il faut vous renseigner auprès des divers fabricants de piles domestiques, dont voufs aurez les adi'esses dans les Annuaires électriques, ils vous établiront des devis et des projets ; il nous est impossible de vous fournir tous les renseignements dont vous parlez.
- M. L. Thomas, à Besançon. — 1° Remerciements pour votre indication. — 2° Nous ne vous conseillons pas d’accepter. — 3° Le pinceau à air est bien décrit dans le numéro que nous avons mentionné, et l’adresse du fabricant est donnée en tête de la Boîte aux lettres du même numéro.
- M. F. Péret, à Lille. — Adressez-vous au journal Le Yacht,. dont il a été question plus haut.
- M. Ch. Monternier, à Montpellier. — 1° 11 s’agit évidemment de l’ammoniaque liquide. — 2° Il sera difficile de remettre la glace en état sans la réargenter complètement.
- M. E. Audéoud, à Genève. — 1° La pile O’Keenan a été décrite dans le n° 743, du 27 août 1887, p. 205. — 2° Les constantes de ces diverses piles sont données dans le Formulaire de T électricien (G. Masson, éditeur).
- M. A. M., à Lille. — Voici l’adresse demandée : M. A. Foy, libraire, 81, rue de Seine, à Paris.
- M. G. B., à Clermont-Ferrand. — Il faudrait faire un projet complet de construction du moteur pour vous fournil’'ces données; nous pensons cependant qu’une longueur de 10 à 15 centimètres pourra convenir. Quant à l’épaisseur des parois, elle dépend entièrement de la qualité de la matière.
- M. P. Bambaud, à Poitiers. — L’article sur les appareils pour améliorer le rendement calorifique des cheminées d’appartement a été publié dans le n° 1082, du 24 février 1894, p. 197. L’adresse du fabricant a été donnée en tète de la Boîte aux lettres du numéro suivant.
- M. H. S. 42, à X. — Nous avons indiqué une série de procédés pour éviter la rouille sur les instruments dans la collection des petits livres Recettes et procédés utiles. Le chlorure de calcium pur permettra de. dessécher l’air; vous pourriez aussi mettre sur les appareils une légère couche de vaseline blonde.
- M. A. M., au Caire. — 1° Nous publierons prochainement un article sur cet intéressant sujet. — 2° L’adresse demandée est : 86, rue du Faubourg-Saint-Denis, à Paris. — 5° Il s’agit, en général, d’essence minérale de densité égale à 0,8 —4°. Nous pensons qu’une puissance de 8 à 10 chevaux sur l'arbre serait parfaitement suffisante.
- M. W. A. S., à Paris. — Dans la collection des manuels Roret, il se trouve un ouvrage qui pourrait vous convenir Typographie-Imprimerie, par MM. Frey et Bouchez.
- M. P. Belot, à Rouen. — Pour s’assurer que l’air dans une salle chauffée renferme de l’oxyde de carbone, il faudrait faire l’analyse de Pair; comme moyen pratique, il n’y en a pas d’autre que de s’en rapporter aux impressions de la respiration.
- M. H. Moiteaux, à Domfront. — Le charbon servant à la combustion, contient probablement du soufre qui attaque la tôle pendant la combustion.
- L'abonné 4579, à Barbonne. — Nous avons fait connaître un grand nombre de freins employés par les Compagnies de chemins de fer; voyez les tables des matières décennales.
- M. £* Richter, à Rome. — Nous avons décrit plusieurs machines à calculer; consultez la table des matières des dix dernières années.
- ilme la vicomtesse de Pontfarcy, h Céré. — 1° Une si petite masse d’eau ne saurait avoir aucune influence sur les phénomènes météorologiques. — 2° Il n’existe pas de procédés pour empêcher les verres de lampes de se casser, il faut choisir des verres de bonne qualité, qui résistent parfois très longtemps.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. E. D., à Bas-sens. Il faudrait vous adresser directement au secrétariat de l'Académie des sciences; nous n’avons pas d'autres renseignements que ceux que nous avons publiés. — M. de liécordel, à Grasse. Nous vous conseillons de consulter les ouvrages pratiques de véloci-pédic; nous ne connaissons pas la recette que vous demandez. — AI. G. L., à Paris. Il n’est pas possible de vous fournir une réponse certaine avec les renseignements que vous nous donnez; il serait absolument nécessaire de faire l’analyse du produit. — M. G. Hesse, à Paris. Cette recette a été publiée dans les Recettes et procédés utiles, 2e série (G. Masson, éditeur). —M. W. G., à Lyon; M. A. Storne Lavait, à Montevideo. Regrets de ne pouvoir vous "renseigner. — M. G. de Gautrec,h Paris; M. C. liina, à Marseille. Remerciements pour vos communications.
- Dans ta « Doue aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes l*s Questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Réglettes pour la mise en perspective ù. l'usage des dessinateurs. — Cet appareil a été nommé par son inventeur : le diapason du dessin ; c’est un petit instrument de poche permettant à tous, artistes peintres, sculpteurs', dessinateurs, de lire et d’écrire instantanément, d’après nature, sur papier, toile, ou toute matière, tous les genres de dessin, d’après nature. Il détermine les verticales, les horizontales, les obliques, les parallèles, les fuyantes et les raccourcies de toutes sortes et à tous les degrés, et permet de mettre les objets qu’on veut
- Réglette pour la perspective. — 1. Manière de se servir de l’appareil.
- dessiner en perspective. Le petit appareil se compose d’une réglette en ivoire, formée de trois branches graduées comme le montre notre gravure (n°s 1 et 2). La branche médiane est munie à sa partie supérieure d’un fil à plomb qui sert dans l’usage à la maintenir verticale, comme l’indique le n° 1. Si l’on veut avoir un profil en perspective, on peut l’obtenir en le mesurant directement, en l’inclinant; l’œil de l’observateur incline la réglette mobile, jusqu’à ce qu’elle soit parallèle avec l’objet à représenter, et il reporte l’angle obtenu avec la verticale sur son dessin. Le n° 2 de la figure fait comprendre comment on se sert des réglettes pour leur, donner les inclinaisons voulues. — Cet appareil se trouve chez M. Math. Picard, 5, rue de Londres, à Paris.
- Le crayon (( multipointes )). — Quel dessinateur n’a pas éprouvé l’ennui de la rupture inopinée de la fine pointe, taillée avec art, qui traçait une esquisse légère? il lui faut retailler son crayon, se salir les doigts; petits ennuis, soit,
- Crayon multijiointcs. — 1. Vue d’ensemble. — 2. Coupe.
- mais ennuis et perte de temps. Cet inconvénient disparaît avec l’ingénieux crayon multipointes que le dessin ci-dessus explique immédiatement. À l’intérieur d’une légère gaine métallique, ouverte à ses deux extrémités, sont superposés de petits bouts de crayon tout taillés, la pointe du dernier rentrant dans l’extrémité postérieure du précédent, et ainsi de suite (n° 2 de la figure): le crayon qui dépasse s’emploie de la manière ordinaire ; mais se brise-t-il? on l’enlève et on le fait passer en queue de file, en refoulant les autres de telle façon que celui qui était second dans la gaine devient à son tour le crayon utile : la gaine renferme un assez grand nombre de sections toutes prêtes, et peut être regarnie très facilement. — Le crayon multipointes se trouve chez M. A. Wolter, 9 bis, passage Kutzner, à Paris.
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Not -velles scientifiques est étrangère aux annonces.
- lfiseur photographique (( Bi-Reflex ». — Le but des
- viseurs est, comme on sait, de remplacer pour les photographies instantanées le verre dépoli auquel il n’est pas possible d’avoir recours quand on fait un cliché à la main. 11 est en effet indispensable que l’opérateur puisse apercevoir, directement ou indirectement, l’image que l’objectif projette sur la plaque sensible, car c’est sur cette image qu’il se guide, pour donner à son appareil une position convenable. Il en résulte que le meilleur viseur serait celui qui donnerait, non plus l’image que nous montre le verre dépoli, — car cette image est renversée et intervertie, et par conséquent difficile à juger
- Viseur photographique. — 1. Aspect du viseur ouvert. — 2. Mode d’emploi.
- rapidement, — mais la vue du sujet tel que nous l’apercevons quand nous le regardons tout simplement avec nos yeux. Le viseur Bi-Reflex répond précisément en tous points à ce desideratum. L’image qu’il nous montre n’est pas, en effet, celle que nous voyons sur la glace dépolie, mais celle du sujet tel que nous le voyons quand nous le regardons, c’est-à-dire sans renversement, ni interversion. Ce qui, dans la réalité, est en haut, est en haut dans le viseur; ce qui est à droite est à droite, etc., etc. Cette image est de plus visible en pleine lumière, et est même d’autant plus vive que la lumière est plus grande. L’appareil est représenté ouvert dans le n° 1 de la figure. Un cheval est réfléchi d’un miroir supérieur dirigé vers lui dans l’inclinaison convenable sur un miroir noir qui est horizontal. Voici comment on se sert du système. Le viseur étant ouvert et une agrafe-fermoir étant relevée pour servir de support au couvercle, on approche l’œil de 8 à 10 centimètres du bord supérieur, on avance la tête au-dessus du bord jusqu’à pouvoir embrasser le miroir inférieur (noir) tout entier. On.se déplace latéralement jusqu’à ce que le milieu de la glace supérieure coïncide avec le centre de la glace inférieure. Une ligne tracée très légèrement au milieu de la glace supérieure facilite cette opération. Cette ligne n’est pas visible sur notre figure. L’œil se trouvera alors exactement au point voulu. — Le viseur Bi-Reflex est en vente chez MM. Ed. vanier, 14, rue des Taillandiers, à Paris.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- La cristalline. — On nomme ainsi une solution de pyroxy-line ou fulmicoton dans l’alcool méthylique. Elle est analogue au collodion; mais elle en diffère par l’évaporation beaucoup plus lente du dissolvant, et surtout par la formation d’une pellicule qui n’est pas opaque et cassante comme celle du collodion, mais fortement translucide, durable et imperceptible, ce qui est un grand avantage pour les applications et pansements médicamenteux de la face. L’évaporation lente du liquide, dans lequel la pvroxyline est dissoute, est également un avantage de la cristalline, car elle en facilite le maniement. Le seul inconvénient de ce corps consiste dans l’odeur pénétrante qu’il dégage. D’après M. Philips, on obtient une cristalline élastique analogue au collodion élastique avec le mélange suivant :
- Cristalline ......... 20 grammes.
- Huile de ricin............. . 5 —
- Baume de Canada................10 —
- On obtient un vernis blanc, avec les substances suivantes :
- Cristalline....................30 grammes.
- Huile de ricin. ....... 4
- Oxyde de zinc.................. 8 —
- Suivant la Revue de chimie industrielle, la cristalline dissout facilement les acides pyrogallique et salycilique, le sublimé, et beaucoup d’autres substances médicamenteuses.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- Nouvelles briquettes de vaseline. — Oa a apporté dans ces derniers temps de grandes ameliorations dans les produits lubrifiants pour tourillons, laminoirs, etc. Nous voulons parler des briquettes de vaseline de M. Marcelin-Pernois, de Ligny (Nord). En effet, ces briquettes ont tous les avantages exigés pour un parfait graissage. De plus, elles sont très maniables, étant divisées en: pièces de \ kilogramme que l’on peut découper à l’aide d’un fil métallique suivant les dimensions des tourillons. En outre elles supportent une chaleur très élevée, et fondant lentement, la graisse ne touche pas les endroits inutiles. Par conséquent, on voit parla que ces briquettes réalisent une économie très sensible sur les autres modes de graissage. On les façonne également pour trains de laminoirs, tourillons de cviindres, coussinets ouverts, sécheurs, broyeurs, pulvérisateurs, dynamos, etc. Ces briquettes ont été adoptées par un
- grand nombre d’établissements métallurgiques pour le graissage de leurs laminoirs. Elles sont aussi employées avec beaucoup de succès dans l’industrie des métaux, étant solubles à l’eau chaude et formant une émulsion très onctueuse.
- Gravure sur verre par Vélectricité. — Un Américain a construit un appareil pour graver sur le verre, basé sur ce principe qu’un fil de platine porté au blanc laisse sur le verre une traînée claire sur un fond de couleur. L’appareil qu’il emploie se compose d’un tube métallique bourré d’amiante et traversé par deux fils conducteurs dont deux des extrémités sont reliées au générateur d’électricité et les deux autres à un fil de platine que le courant 'portera au blanc et qui laissera sur le verre la trace que nous avons indiquée plus haut. Une pointe d’ardoise permet d’appuyer le fil de platine sur le verre.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS A 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 8 octobre. . . 5M N. N. E. 0. Beau. 0,0 Beau; brouillard jusqu’à 9 h., de 200 mètres à 6 h.
- Mardi 9 5”,9 N. E. 1. Très nuageux. 0,0 Nuageux à 7 h. et à 13-14 b., beau du reste; brouillard jusqu’à 8 b., de 300 mètres à 6 b.
- Mercredi 10 6*,7 N. 0. Couvert. 0,0 Très nuageux, brouillard jusqu’à 10 b., de 100 mètres à 7 heures.
- Jeudi 11 8",2 S. 1. Très peu nuageux. 0,0 Quelques nuages de 4 à 8 h., couvert avant et après.
- Vendredi 12 11",5 N. E. 2. Couvert. 0,0 Couvert le malin, puis nuageux, beau après 15 heures.
- Samedi 13 4*,1 N. N. E. 0. Beau. 0.0 Quelques nuages jusqu'à 8 h., nuageux ensuite ; brouillard léger a 6 heures.
- Dimanche 14 6*,9 S. 1. Couvert. 0,0 Couv. de 4 à 19 h., puis nuag. av. et ap.: quelquefois de la pluie, brouill. jusqu’à 9 b., de 200 m. à 7 heures.
- OCTOBRE 1894 — SEMAINE DD LUNDI 8 AD DIMANCHE 14 OCTOBRE
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche-; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Inondations & Cuba. — A la suite d’ouragans qui ont duré plusieurs jours, il y a eu des inondations presque générales dans l’île de Cuba, à la date du 30 septembre. La ville de Sagua a été envahie par une crue subite de la rivière qui la traverse. Un grand nombre de personnes ont été noyées.
- l,a variation des précipitations atmosphériques dans la Russie d’Europe. — Parmi les nombreuses stations météorologiques disséminées sur le vaste territoire de la Russie, il n’y en a qu’une vingtaine qui aient fait des observations d’une façon continue pendant cinquante ans au moins, période nécessaire pour pouvoir établir des lois générales. En se basant sur les données fournies par ces stations, M. Heintz est arrivé aux conclusions suivantes, que nous empruntons au journal
- Ciel el Terre : 11 existe des périodes de trente à trente-cinq ans pendant lesquelles la quaulité des précipités atmosphériques (eau, neige, etc.) croît ou décroît régulièrement; ces périodes coïncident avec celles que le professeur Brückuer assigne aux variations des températures. Actuellement, on s’approche d'un minimum des précipités qui sera atteint après la lin du siècle, le maximum ayant été observé aux environs de 188(1; cependant la variation est faible : elle ne constitue que 14 pour 100 de la quantité totale de précipités, soit 60 millimètres sur 430 millimètres de la moyenne annuelle. Cette périodicité n’est pas rigoureu-e pour les régions méridionales et pour l’ouest de la Russie; quant à chacune des stations prises eu particulier, on n’y observe guère la périodicité signalée, qui perd ainsi toute sa valeur comme indication pratique.
- Tremblement «le terre en ftrèee. — Une forte secousse de tremblement de terre a encore été ressentie en Locride à la date du 30 septembre 1894. __________
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 14, à 6 b. 50 m. du soir.
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- Réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction de la a Boite aux lettres » doivent être adressées
- à M. Gaston Tissandier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- TODTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SBRVIQB DO JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES A LA LIBRAIRXB O. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- IA SEMAINE
- I/Exposltion de Bordeaux en 1893. — Nous avons a;u cette année l’Exposition d’Anvers et l’Exposition de Lyon. Voici les expositions de 1895 qui s’annoncent. Saluons l’Exposition de Bordeaux, dont les dispositions générales sont les suivantes : Article premier. La Société philomatique de Bordeaux ouvrira le 1" mai 1895 sa treizième Exposition générale des produits de l’industrie, de l’agriculture, de l’enseignement, des beaux-arts, des arts industriels et de l’art ancien, ainsi que des vins et spiritueux, de l’électricité et des sciences sociales. L’Exposition sera tenue sur la grande place des Quinconces ; elle aura une durée d’environ six mois. Cette Exposition est faite sous le patronage et avec le concours de l’Etat, du département de la Gironde, de la municipalité et de la Chambre de commerce de Bordeaux. — Article 2. L’Exposition sera internationale en ce qui concerne la généralité des produits pour la France, l’Algérie et la Tunisie, les colonies françaises et les pays de protectorat, ainsi que pour l’Angleterre, la Belgique, la Suisse, l’Italie, l’Espagne et le Portugal. Elle sera universelle et ouverte à tous les pays sans distinction en ce qui concerne seulement les vins et spiritueux, l’électricité et les sciences sociales. Pendant la durée de l’Exposition, la Société philomatique se propose de provoquer des congrès, concours et conférences sur les questions touchant à la science, à l’art, à l’industrie, à l’économie sociale, etc.; elle s’efforcera aussi d’organiser des fêtes de tout genre en vue de rehausser l’éclat de l’Exposition et d’accroître le nombre des visiteurs. — Article 3. Les demandes d’admission devront.parvenir avant le 31 décembre 1894. — Article 4. Un règlement spécial déterminera les conditions de l’envoi, de la réception, de la réexpédition des produits; dans tous les cas, les produits à exposer devront être rendus à destination avant le 15 mars 1895. — Article 5. Tout produit exposé est engagé pour toute la durée de l’Exposition et ne pourra être retiré u’avec une autorisation de la Société. — Bordeaux, dit le Comité 'administration de la nouvelle Exposition, la grande métropole du Sud-Ouest, se prête tout particulièrement à une Exposition brillante et fructueuse pour tous ; l’importance de sa population et de son commerce, le charme et la douceur de son climat, la fertilité de ses vignobles, la beauté et l’animation de son port, la variété des sites qui l’entourent, la proximité des Pyrénées et de tant de villes d’eaux, stations thermales ou balnéaires, en font à la fois un centre d’affaires considérable et un lieu de passage de prédilection pour beaucoup de voyageurs et d’étrangers l.
- INFORMATIONS
- —L’électricité occupe aujourd’hui une grande place dans l’industrie et fait chaque jour des progrès considérables ; il importe que les électriciens soient tenus au courant de ces progrès. Ln Fédération générale professionnelle des mécaniciens et chauffeurs, déjà
- 1 S'adresser, pour ce qui concerne l’Exposition de Bordeaux en 1895, au Comité d’organisation, 2, rue du \XX Juillet, à Bordeaux.
- Bien connue pour les excellents cours de chauffage et de mécanique pratique qu’elle a créés, a établi plusieurs cours d’électricité industrielle qui auront lieu aux dates suivantes : mairie du IVe arrondissement, derrière l’Hôtel de Ville. Professeur : M. J. Laffargue, ingénieur électricien. Ouverture le jeudi 8 novembre, de 9 à 10 heures du soir. — Ecole des garçons, rue Claude-Vellefaux. Professeur : M. D. Augé, ingénieur électricien. Ouverture le lundi 5 novembre, à 8 heures et demie du soir. — Ecole des garçons du XVIIIe arrondissement, 63, rue de Clignancourt. Professeur : M. Cler-bout, professeur à l’Association polytechnique. Ouverture le vendredi 9 novembre, à 8 heures et demie du soir. — Section de Saint-Denis, école rue de Châteaudun. Professeurs : MM. J. Laffargue et G. Hoff. Ouverture le vendredi 9 novembre à 8 heures et demie du soir. Des exercices pratiques dans une usine pour la mise en marche et le fonctionnement des appareils et machines électriques, ainsi que pour la pose des installations électriques intérieures, auront lieu tous les mois. A la fin du cours, des visites seront faites dans les stations centrales de Paris. A la fin de l’année, après examens pratiques, des diplômes de monteurs-conducteurs-électrieiens sont accordes par la Fédération générale professionnelle aux élèves reconnus par le Jury aptes à exercer le metier d'électricien.
- —$$— Le brouillard épais qui s’est abattu pendant quelques jours, à partir du 10 octobre, sur la basse Seine, a causé la perte du vapeur anglais Lumley, venant de Sunderland, avec une cargaison d’environ 900 tonnes de houille, à la consignation d’un armateur à Rouen. En compagnie d'un autre vapeur, ÏAlacrity, le Lumley s’était engagé en Seine lorsque, subitement, les deux steamers furent entourés d’un épais brouillard et s’échouèrent; le premier, échoué dans le sens du courant, réussit par ses propres moyens à flotter à la marée du soir et a pu continuer sa route et arriver dans l’après-midi à Rouen. Il n’en a malheureusement pas été de même du Lumley qui, échoué en travers du courant, n’a pu être remis à flot. Fortement ballotté par le flot, le navire s’est rompu en deux sous la machine et il a fallu débarquer l’équipage dans un remorqueur de Ronfleur venu pour offrir son concours.
- —$— La semaine dernière, la 5e Commission du Conseil municipal s’est rendue à l’Institut Pasteur, afin d’étudier sur place la création d’un établissement sérumthérapique. La Commission a été reçue par les docteurs Roux, Nocard et Chantemesse. A la suite d'une conférence à laquelle assistaient MM. Pasteur et Champoudry, président du Conseil municipal, il a été décidé que la cinquième Commission demanderait d’inscrire au budget de la Ville de Paris une somme annuelle de 20 000 francs pour l’entretien permanent de vingt chevaux destinés à fournir du sérum pour le département de la Seine.
- —®—• M. J. Posno a adressé à l'Académie des sciences une Note relative aux résultats fournis par un procédé de distillation des ordures ménagères. La distillation des ordures ménagères, préalablement mélangées de charbon gras, a permis d’obtenir à la fois un engrais et un combustible, en transformant l’ammoniaque obtenue en sulfate, et le résidu fixe en briquettes. L’opération, effectuée dans un petit four à gaz ordinaire, à une seule cornue, a donné une quantité de gaz suffisante pour qu’on pût l’employer comme unique combustible au chauffage du four.
- —g— U y a deux ans la Ville de Paris a fondé un laboratoire de recherches annexé à l’Ecole de physique et de chimie industrielles, 42, rue Lhomond, à Paris ; ce laboratoire, fermé pendant les vacances, vient de faire sa réouverture.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La jumelle-
- boussole de M. Géraud est construite par la maison de l’ingénieur Chevallier, 15, place du Pont-Neuf, à Paris. — Pour ce qui concerne la perforatrice rotative électrique, s’adresser à la Compagnie française pour l'exploitation des procédés Thomson-Houston, 27, rue de Londres, à Paris.
- Communications. — M. Pierre Dufay, bibliothécaire de la Ville de Blois, nous adresse une aile de pigeon voyageur marquée ŒSVPXM-791, qui a été trouvée le 15 octobre 1894, sur la terrasse du château de Blois (partie Gaston d’Orléans). Le propriétaire du pigeon voyageur reconnaîtra peut-être ce dont il s’agit.
- M. J. Van Beylen, à Anvers, nous envoie la description d’une petite installation de réveille-matin électrique qui fonctionne chez lui depuis plusieurs années, d’une façon satisfaisante. Le principe de l’installation est le suivant : à l’heure du réveil, 6 heures du matin, par exemple, une horloge située dans l’appartement envoie pendant 2 ou 5 secondes un courant dans une sonnerie continue à 3 fils placée dans la chambre des domestiques. Ce courant déclenche la sonnerie qui fonctionne jusqu’à ce que le circuit soit ouvert à l’aide d’un interrupteur à cordon. Le domestique est donc obligé de se lever pour faire cette manœuvre. L’horloge est un coucou ordinaire, dont la roue qui commande la sonnerie porte une petite cheville qui établit le contact à l’heure choisie.
- M. E. Mach, à Leipzig, nous adresse une très intéressante brochure qui a pour titre Ueber das Princip der Vergleichung in der Physik, Sur le principe de la comparaison en physique. Cette Notice contient une communication du savant professeur à la Société allemande des naturalistes et médecins en 1894, communication qui renferme un grand nombre de considérations physiques élevées.
- M. Sevin fils, à Paris, nous écrit : « Dans La Nature, n° 1113 (Boîte aux lettres), un de vos lecteurs confirme l’efficacité de l’encre sur les brûlures. Et dans le n° 1115, un autre de vos lecteurs dit, page 78 : L’efficacité de l’encre sur les brûlures est réelle, etc.... Les quelques faits que nous avons cités prouvent donc bien l’action de l’encre sur les brûlures, surtout à cause du sulfate de fer qu’elle renferme. Il y aurait certainement imprudence à laisser ce remède se propager, car l’effet attendu serait maintenant tout autre que précédemment, l’encre actuelle ne renfermant plus de tanin et de sulfate de fer, comme dans les exemples ci-dessus, d’ancienne date certainement. Depuis plus de vingt ans, l’encre à écrire est composée d’extrait de campèche traité au moyen d’oxydants énergiques avec addition d’acides violents pour foncer la liqueur. On obtient ainsi une encre acide et peu solide, mais noire en écrivant. Par suite, l’ancienne encre au tanin et au sulfate de fer, dont les bons effets sur les brûlures sont constatés ci-dessus, ne se trouve dans le commerce que dans l’infime proportion de 1 sur 1000 tout au plus (je devrais plutôt dire 1 sur 10 000). » Nous remercions notre correspondant de son avis. Nous avons dit déjà qu’il ne fallait employer que l’encre au sulfate de fer.
- Renseignements. — M. L. Stef, à Lunéville. — Nous croyons que la suppression de la gélatine peut avoir été nuisible, car la colle de peau est hygrométrique.
- M. F. Canu, à Paris. — Le siège de l'Association pour l'avancement des sciences est à l’ilôtel des Sociétés savantes, 28, rue Serpente, à Paris.
- M. P. M. C., à Saint-Julien. — 1° Nous avons indiqué la composition d’un liquide pour extincteur dans le n° 758, du 10 décembre 1887, p. 30. — 2“ Compteur Thomson, à la Société pour la fabrication des compteurs, 16, boulevard de Yaugirard, à Paris. — 3° Ce prix de vente est aujourd’hui un peu élevé, il est très rémunérateur.
- M. P. Dalle, à Château-Thierry. — Les mesures des efforts
- du coureur sur la pédale des bicyclettes nécessiteraient des expériences minutieuses qui n’ont pas encore été exécutées.
- M. J. S., à Paris. — Voyez les articles que nous avons publiés dans La Nature, sur la construction des accumulateurs.
- M. L. Klipffel, à Nancy. — Les vitres armées, qui ont été décrites dans le n° 1027, du 4 février 1893, p. 157, sont fabriquées par les usines de Tacony, en Pensylvanie (États-Unis).
- M. G. Milani, à Pise. — Nous n’avons pas d’autres renseignements plus complets sur l’appareil d’extraction des dents par l’électricité ; nous n’avons pu que le mentionner sans entrer dans des détails de description.
- M. C. Kina, à Marseille. — Nous avons reçu votre dernière lettre ; en effet une invention qui doit être brevetée ne peut être décrite auparavant dans un journal.
- M. G. Lamaille, à Paris. — Voyez les articles que nous avons publiés sur le Concours de voitures automobiles du Petit Journal dans les nos 1104 et 1108, du 28 juillet et du 25 août 1894. Les adresses des principaux constructeurs sont données en tête de la Boîte aux Lettres du n° 1110, du 8 septembre 1894.
- M. J. Plassarcl, à Paris. — On peut consulter les brevets au Ministère du commerce.
- M. J. Fraisse, à Nantes. — Nous n’avons pas expérimenté l’appareil dont vous parlez, et nous ne pouvons vous renseigner ; la rédaction du Journal est étrangère aux Annonces.
- M. Girard, à Paris. — Vous nous demandez quelle est la solution la plus économique à adopter pour la mise en marche de machines-outils dans plusieurs ateliers : le moteur à vapeur, à air comprimé ou électrique. Nous ne pouvons ici que vous indiquer des idées générales. Le moteur à vapeur, tous frais compris, serait certainement le plus économique ; viendraient ensuite le moteur électrique et en dernier lieu le moteur à air comprimé. Mais le moteur électrique permet de supprimer les transmissions intermédiaires, en plaçant un moteur de faible puissance pour la commande de chaque machine-outil. Des installations semblables ont permis de réaliser sur le' rendement industriel des économies de 25 à 30 poür 100.
- M. G. Rester, à Charenton. — 1° Il n’existe pas dans le commerce des tubes à air comprimé; adressez-vous cependant à la Compagnie parisienne de l’air comprimé, à Paris. — 2° Il est facile de faire construire un petit compresseur d’air électrique, en montant une pompe à air directement sur l’arbre d’un moteur électrique. — 3° Il y a un grand nombre de chaudières très pratiques; renseignez-vous auprès des fabricants dont vous trouverez les adresses dans le Dictionnaire de Bottin.
- M. Higg, à X. — Nous avons indiqué, dans les Nouvelles scientifiques, à l’article Bibliographie, du n° MOI, du 7 juillet 1894, un ouvrage sur l’alimentation des nouveau-nés, par M. le Dr Séverin Icard; eet ouvrage pourrait vous convenir.
- Un abonné, à Meaux. — Consultez le Guide du naturaliste préparateur et du naturaliste collectionneur, par M. G. Capus, à la librairie Félix Alcan, à Paris.
- M. B. Tuyet, à Barcelone. — Voyez les ouvrages de médecine pratique, à la librairie G. Masson.
- M. Evéquoz, à Fribourg. — Vous trouverez plusieurs traités relatifs à la distillation à l’ancienne librairie E. Lacroix, actuellement librairie Bernard Tignol, à Paris.
- M. J. M., à D. — Un grand nombre de traités ont été publiés sur l’éclairage électrique; adressez-vous aux éditeurs parisiens Baudry, Carré, Bernard, etc.
- M. A. L. M., à Bruxelles. — Fabricant de Vernis, par M. Romain, dans la collection des Manuels Roret.
- M. J. Salomon, au Lac, par Agen. — Consultez le catalogue de la Librairie agricole de la Maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris; il contient une partie spécialement consacrée aux génie rural, irrigations, machines et constructions agricoles.
- Accusés de réception. — Avis divers. —M. J. Goenaya, à Bilbao. L’adresse que vous demandez est donnée en tête de la Boite aux lettres du numéro qui contient la description de l'appareil. — M. G. Lafont, à Marseille. Le projet de l’installation que vous nous soumettez ne nous parait pas suffisamment étudié. — M. D. V., à Paris. Il faut mesurer votre accumulateur, et effectuer plusieurs essais successifs en notant les valeurs de la différence de potentiel, de l’intensité et de la capacité aux différentes heures des expériences. — M. Girard, à Arras. Nous ne connaissons pas ce nouveau moteur; mais nous allons prendre des informations. — M. Baron, à Paris; M. G. R-, à Lyon. Voyez les Recettes et procédés utiles, lre série (G. Masson, éditeur). — M. D. B., à Paris; il/. L. M., à Brest. Consultez les Recettes et procédés utiles, 2e série, à la même librairie. — M. O. P., à Yerbovec (Croatie). Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. —Il n’esi répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INVENTIONS1
- Le « stédick », plume eonpante pour rogner les épreuves photographiques. — La maison Blanzy Poure fabrique, depuis quelques années, une plume non fendue destinée à la vaccine. Cette plume, très coupante, peut être employée à la place du canif pour rogner les épreuves photographiques. Elle peut servir longtemps car elle présente deux tranchants; enfin, quand elle ne coupe plus assez bien, on peut la jeter sans regret vu le prix minime auquel elle est vendue.
- Stédick ou vaccinostyle employé pour couper Je papier. 1. Vue de la plume coupante. — 2. Mode d’emploi.
- Si on a soin d’en avoir toujours une petite provision sous la main on peut être assuré de ne plus avoir recours à l’avenir aux services du repasseur. — Cette plume se trouve sous le nom de stédick ou vaccinostyle chez les marchands de fournitures photographiques et notamment au Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- Manche « tient-tout ». — Les manches en bois des outils de toute espèce, principalement des outils d’amateurs, sont bien fragiles. Ils se démanchent ou cassent à chaque instant, ce qui empêche de continuer un travail commencé. C’est pour remédier à cet inconvénient qu’un amateur ingénieux vient d’imaginer le nouveau manche tient-tout que nous allons décrire. Ce manche fixe, en les serrant des quatre côtés à la fois, tous les outils à main ordinaires, de n’importe quelle forme, plats, carrés, ronds, ovales, etc., et leur donne une rigidité à toute épreuve. Non seulement il facilite l’usage des outils neufs, mais il rend possible et même aisé l’emploi de toute espèce d’outils cassés, lames de couteau sans tige, lames de scies, limes sans soies, etc., etc. Le manche tient-tout se compose d’une
- OtCTRICH <r-^4jMJSSU&
- Manche tient-tout. — 1. Vue de l’appareil.
- 2. Le même à une plus petite échelle avec une lime.
- poignée qui se termine par un angle droit dont la partie extérieure possède des rainures. Dans ces rainures glisse un coin sur lequel s’appuie un écrou à oreilles qui serre une tige à angle. Les deux bouts de cette dernière sont munis d’un pas de vis. L’autre extrémité de la tige est guidée par une ouverture de la poignée et serrée également par un écrou à oreilles. Le montage comme le démontage d’un outil se fait donc instantanément en serrant ou desserrant les deux écrous, et le carré formé par les deux angles peut être augmenté ou diminué de manière à fixer aussi bien une lame de 2 millimètres qu’un
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- tube de 25 à 30 millimètres. Le manche tient-tout peut également servir d’étau et fixer d’une façon parfaite un objet quelconque que l’on désire travailler. — L’appareil que nous décrivons se trouve chez M. Kratz-Boussac, ingénieur, 3, rue Saint-Laurent, à Paris.
- Le jouet du combat de taureaux. — C’est un des nouveaux jouets de fer-blanc que l’on vend sur les boulevards de Paris. 11 est tout d’actualité et offre aux regards du passant un toréador agitant un foulard devant un taureau furieux. Le toréador se sauve en courant en arrière, et le taureau le suit
- Taureau et toréador.
- en lançant des coups de corne. Voici l’explication du jouet : l’homme et la bête sont reliés à une tige métallique ; les deux tiges servant ainsi de support sont fixées à un axe vertical placé au centre d’une pièce métallique creuse qui imite un rocher. Dans l’intérieur de ce rocher est le moteur à torsion de caoutchouc généralement employé pour ces sortes de jouets à figures animées. Le taureau et le toréador, quand le ressort est tendu, tournent en décrivant un cercle dont la tige du support est le centre. —Ce jouet est construit par M. Fernand Martin, 88, boulevard Ménilmontant, à Paris.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Vérification facile d’une des lois de l'ébullition. — « Pendant l’ébullition d’un liquide, la tension de la vapeur qui s’en dégage est égale h la pression qui agit h sa surface. » Telle est la loi qu’on démontre en prenant un tube en U, bouché à l’une de ses extrémités, en remplissant de mercure la branche fermée, puis en faisant passer dans la partie supérieure de cette branche une quantité suffisante du liquide sur lequel on opère pour saturer la chambre à vapeur qui se formera sous l’action de la chaleur. On place le tube ainsi préparé dans le col d’un ballon contenant uné petite quantité de liquide, on chauffe, et, au moment de l’ébullition, on voit le mercure se mettre au même niveau dans les deux branches. Tous ceux qui ont vérifié cette loi savent combien est pénible la préparation du tube en vue de l’expérience; l'appareil modifié comme suit simplifie singulièrement cette préparation. A l’une des extrémités du tube en U est soudé un petit robinet en verre A, fermant hermétiquement; en B, à la partie inférieure, est fixé un appendice portant également un robinet C. L’emploi du tube se conçoit sans peine : on ferme le robinet C et on ouvre A ; à l’aide d’un entonnoir effilé on introduit le mercure par la branche D jusqu’à ce qu’il dépasse le niveau de A ; au-dessus du mercure et du côté de A on ajoute jusqu’en II du liquide traité. On ouvre doucement C et on laisse écouler un mince filet de mercure; le niveau s’abaisse dans les deux branches du tube et on ferme G lorsqu’il est passé sous A une quantité suffisante du liquide. On ferme ensuite A et finalement ouvrant C, on laisse écouler le mercure de la branche D jusqu’au moment où il atteint le bas de la branche aux environs de K. Pour plus de sécurité et afin d’éviter toute rentrée d’air par le robinet A, on enlève, à l’aide de papier à filtrer, l’excès du liquide en II et on le remplace par quelques gouttes de mercure. Tout cela 'se fait en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Pendant le remplissage quelques légers chocs donnés au tube font remonter les bulles d’air entraînées par le mercure. Si, malgré cette précaution, on s’apercevait, après une première expérience, qu’il y a de l’air sous le robinet, on s’en débarrasserait facilement en remplissant à nouveau la branche D et en opérant comme ci-dessus. En adjoignant un
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- thermomètre à l’appareil, on peut le faire servir à la détermination des points d’ébullition des liquides, attendu que la tension d’une atmosphère pour la vapeur dun liquide correspond, comme on le sait, à la température d’ébullition du liquide générateur. L’appareil a été construit, sur ma demande, par la maison Alvergniat, à Paris, et fonctionne très bien.
- N. Vandevyver, Répétiteur à l’Uiiiversité de Gand.
- Poudre pour encre.— En mélangeant à peu près parties égales <le sel de potassium, de l’acide sulfoeonjugué de la violaniline, du copal et du borax pulvérisés, on obtient une masse colorante qui, réduite en morceaux et broyée en poussière, donne une matière soluble dans l’eau, capable de fournir une encre de très bonne qualité.
- Le ciment de laitier.— M. R. W. Mahon, de Maryland Steel Company, a fait de nombreux essais dans le but de déterminer la résistance du ciment de laitier et le mélange qui donne les meilleurs résultats. Le calcaire employé dans les hauts fourneaux de la Compagnie provient d’une carrière des environs de Baltimore et se présente sous deux variétés différentes, l’une pauvre, l’autre riche en magnésie. C’est la première cjui convient le mieux pour la fabrication du ciment. Les laitiers sont broyés de façon à passer au tamis n° 100; on les mélange ensuite de manière à avoir une composition uniforme à 30 pour 100 de silice et au minimum 47 1/2 pour 100 de chaux. Les briquettes fabriquées de cette façon et ayant séjourné 28 jours à Pair et 27 sous l’eau, offraient une résistance à la rupture variant de 16 à 27 kilogrammes par centimètre carré.
- (The Engineer.)
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Salnt-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS A 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 15 octobre . . 5%1 N. W. 3. Beau. 1,0 Peu nuageux ; gelée blanche.
- Mardi 16 3-,4 Calme. Couvert. 0,0 Presque couv. ; gelée blanche, très brumeux le matin.
- Mercredi 17 1*,9 N. E. 1. Couvert. 0,0 Couv. de 7 à 10 h., nuag. av. et ap. jusqu’à 17 h., beau ensuite ; gelée blanche; brouillard de 7 à 9 heures.
- Jeudi 18 0*,9 N. N. E. 1. Presque couvert. 0,0 Peu nuageux jusqu’à 6 h., couvert ensuite; gelée.
- Vendredi 19 3%3 N. 1. Nuageux. 0,0 Nuageux de 7 à 19 h., couvert avant et après; halo, gelée blanche.
- Samedi 20 6-,l N. E. 2. Couvert. 5,6 Couvert jusq. 21 h., quelques éclaircies ensuite; pluie à diverses reprises.
- Dimanche 21 5*,6 S. 3. Beau. 4,3 Beau de 4à 9 h.; puis qq. éclaire., c. av. et ap. 15 li., quelq. av. ap. 17 h.; écl. à l'hor. à 5 h. du N. au N. W.
- OCTOBRE 1894 --- SEMAINE Dü LUNDI 15 AU DIMANCHE 21 OCTOBRE
- Dimanche
- Mercredi
- Samedi
- ISS5SS!
- ÉftfiBEKT"*!
- La courbe supérieure indique la neoiiiosite de 0 à 10: les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau- de la mer)', courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée..
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Ouragan À New-l’ork. — Un ouragan des plus violents, mêlé de luies abondantes, a sévi sur New-York dans la nuit du 9 au 10 octobre 1894. Une maison de sept étages, qui venait d’être construite, s’est écroulée dans Monroe Street, à 4 heures du matin. Elle n’était pas encore habitée, mais elle a démoli une plus petite maison voisine qui contenait une vingtaine d’habitants, tous couchés au moment de l’accident. 11 y a eu huit personnes tuées et deux grièvement blessées. Une autre maison, contenant une dizaine de personnes, s’est aussi effondrée, mais personne n’a été tué. L’ouragan a également sévi sur la côte et dans les parages de Lon^-lsland. Le vent a atteint une vitesse qui a été jusqu’à 120 kilomètres par heure. Il est tombé plus de 76 millimètres de pluie. Les dégâts ont été considérables. Beaucoup de petites embarcations ont été détruites ou endommagées; on a réussi à sauver la plupart des équipages. La côte a été partout couverte de débris.
- La neige dans les Pyrénées et dans les Alpes. — Le 4 octobre 1894, la neige.est tombée en grande abondance dans les Pyrénées.
- Le massif du Carlit a été couvert d’une forte couche de neige. La baraque-refuge de l’étang Liât est restée plusieurs jours ensevelie sous la neige ; devant la porte d’entrée, il y a eu une couche de 2 mètres de hauteur. Un grand nombre d’animaux ont été entraînés par les avalanches, et ont péri dans les bas-fonds.
- A la date du 14 octobre 1894, la neige est tombée en si grande quantité dans les Alpes que le 2* bataillon du 2“ régiment alpin a dû quitter ses cantonnements d’été après avoir passé par des épreuves assez rudes. Toute communication entre les cantonnements et les localités voisines a été interrompue pendant plusieurs jours; le sèrvice de ravitaillement, bien que parfaitement organisé, a dû cesser de fonctionner. Le fait se produit pour la première fois, et jamais on n'avait signalé, au mois d'octobre, une pareille chute de neige.
- Tremblements de terre en Bosnie. — Le 10 octobre 1894, à minuit43", un tremblement de terre assez violent a été ressenti en Bosnie, à Travnik et dans les environs. Il a duré de deux à trois secondes, oscillant de l’est à l’ouest. 11 était accompagné d’un bruit sourd.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 21, à 7 h. 5 m. du soir.
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- Les lettres et communications relatives à la rédaction de la « Boite aux lettres » doivent être adressées
- à M. Gaston Tissandier, 50, rue de Cbâteaudun, à Paris.
- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERViaB DU JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES A LA LIBRAIRIE O. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- LÀ SEMAINE
- Le Président de la République & l’Institut Pasteur.
- —La semaine dernière, le 23 octobre, à 2 heures, M. Casimir-Perier a visité l’Institut Pasteur. Tous les journaux quotidiens ont parlé de cette intéressante journée, nous n’y reviendrons pas longtemps; mais nous croyons devoir enregistrer les paroles qui ont été prononcées. M. le Président, après avoir été reçu par M. Pasteur, s’est rendu dans la grande bibliothèque où étaient réunis les chefs de service de l’Institut : MM. Duclaux, Roux, Metchnikotf et Grancher.
- M. Casimir-Perier s’est exprimé en ces termes :
- C’est devant le maître illustre qui honore la France et l’humanité que je veux, au nom du Gouvernement de la République, remettre à M. le l)r Roux la croix de commandeur de la Légion d'honneur. Vous l’avez méritée, mon cher docteur, et par l’ensemble de vos travaux, par vos admirables recherches sur la sérothérapie et par l’application toute récente du traitement de la diphtérie, justiciable de l’opinion publique, un Gouvernement est heureux quand il n’a qu’à se faire l’interprète des sentiments de la nation, et c’est bien la nation qui vous décerne ici un témoignage de sa reconnaissance.
- Le Président a alors remis, aux applaudissements de toute l’assistance, les insignes de commandeur de la Légion d’honneur à M. le Dr Roux, qui a répondu :
- Monsieur le Président,
- Je ne saurais vous dire combien je suis ému des paroles que vous venez de m’adresser. La haute distinction que vous me conférez est un nouvel honneur pour cet Institut et une joie que vous réserviez à son illustre chef. Ce sont tous les collaborateurs de M. Pasteur que vous récompensez en moi, et je vous remercie en leur nom. Vous faisiez tout à l’heure allusion aux derniers travaux sur la diphtérie qui ont si vivement ému l’opinion publique. Il est certain que les résultats obtenus dans le traitement et la prévention de cette affection montrent toute la puissance des méthodes bactériologiques dont M. Pasteur a été l’initiateur. Pour que cette redoutable affection soit connue et maîtrisée, il a fallu le concours de bien des travailleurs -et il serait injuste de ne pas rappeler ici le nom de M. Lœfller et celui de M. Behring, qui ont eu une si large part dans cette série de découvertes qui a abouti à la sérothérapie de la diphtérie. C’est la science bienfaitrice de toutes les nations que vous avez voulu honorer dans cet Institut.
- Le Président de la République a répliqué :
- Les paroles que vous venez de prononcer, n’en déplaise à votre modestie, sont un titre de plus à la distinction que je vous ai remise. La France a, dans tous les domaines, semé par le monde assez d’idées généreuses et fécondes, elle a servi assez puissamment la cause de l’humanité pour n’être jalouse de personne. Elle applaudit à tous les progrès pacitiques, elle reconnaît toutes les gloires. Vous avez tenu à associer à votre œuvre les noms de savants étrangers qui méritent notre estime et qui, par cela même, l’ont conquise. Le Gouvernement de la République est lier de la part qui revient à la France et que votre modestie fait peut-être trop petite. Il honore tout en vous et votre science et votre caractère.
- Le Pi ésident de la République a décerné les palmes académiques à MM. Martin et Chaillou, internes des hôpitaux, collaborateurs de M. Roux, et à Mma Daussoir, surveillante du pavillon
- de la diphtérie à l’hôpital des Enfants-Assistés. M. Pasteur a ensuite remercié, avec la plus profonde émotion, le Président de la République d’avoir récompensé l’un de ses plus chers collaborateurs et d’avoir associé dans l’éloge le nom des deux savants étrangers qui, eux aussi, ont contribué à la découverte du traitement de la diphtérie. La visite des salles de l’Institut Pasteur a eu lieu, chaque chef de service expliquant au Président de la République la nature de ses propres travaux, M. Roux exposant plus particulièrement la façon dont s’obtient et s’inocule le sérum antidiphtérique. De l’Institut Pasteur, le Président de la République s’est rendu à l’hôpital Trousseau, où il a été reçu par les différents chefs de service, et notamment par le Dr Moizard, qui a la charge spéciale des enfants frappés de diphtérie.
- INFORMATIONS
- —On s’occupe, dans le monde médical, d’une jeune femme qui, depuis douze ans, se trouve en état de léthargie. Le cas a été signalé, il y a plusieurs années, par M. le Dr Gilles de la Tourette. Marguerite Bouyenval, qui habite Thenelles, près de Saint-Quentin, mit au monde un jeune enfant qui mourut quelques heures après. La gendarmerie, guidée par la rumeur publique, alla faire une enquête, et la jeune mère, effrayée, eut une forte crise d’hystérie, à la suite de laquelle elle s’endormit profondément. Il y a de cela près de douze ans et elle dort toujours. Sa mère l’alimente avec 'ffes lavements de lait et de pcptone. Elle est(d’une maigreur effrayante et d’une pâleur cadavérique.
- —1@— Le syndicat des pêcheurs de Lille et du Vont va faire procéder prochainement à l’immersion de 4000 carpes dans la Lys et dans le canal de Seclin. On fera également une tentative d’acclimatation de la truite arc-en-ciel dans les cours d’eau de la région. D’après notre confrère le Péchew, ces poissons seront pris à l’établis- _ sement de pisciculture de Bessemont, près de Yillers-Cotterets (Aisne).
- —- Un hôtelier de Liverpool vient, après un essai des plus satisfaisants, de faire installer dans toutes les chambres de son hôtel des cheminées à gaz avec distributeur automatique, de telle sorte que si un voyageur désire faire du feu, il n’a qu’à introduire dans l’appareil autant de pièces de 10 centimes qu’il veut avoir d’heures de chauffage. Ce dispositif simplifie le service en même temps qu’il permet d’éviter toute contestation.
- —@— Des explorateurs américains, en faisant des fouilles dans le Canon del Chaco, au Nouveau Mexique, ont découvert vingt idoles de pierre, de types bien différents, de ceux connus jusqu’à ce jour, quoique appartenant assurément aux antiquités aztèques. Elles ont une forme circulaire et sont composées de disques de 6 à 15 pouces de diamètre. La partie supérieure de l’idole représente une figure humaine en relief et la partie inférieure des bras rudimentaires également en relief. Ces sculptures sont de six siècles antérieures à la conquête du Mexique par Cortès.
- —@— Le Medical Record signale une nouvelle méthode d’intoxication qui paraît avoir assez de succès aux Etats-Unis. 11 s’agit de la gazomanie. Différents industriels annoncent des inhalations d’ « oxygène composé ». Ledit « oxygène composé » n’est pas autre chose que le protoxyde d’azote, et beaucoup de patients prennent goût à l’ivresse agréable que procure l’inhalation de ce gaz. Il en est chez qui cela devient passion.
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- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les constructeurs des divers moteurs à pétrole soumis au concours de Meaux sont les suivants : M. Merlin, 91, boulevard Sébastopol, à Paris, usines à Vierzon (Cher) ; Compagnie des moteurs Niel, 22, rue Lafayette; Compagnie des moteurs universels Grob, 21, avenue de l’Opéra; moteur Griffm, MM. Dick Kerr et Cie, 19, rue Lafayette, à Paris; Société de Winterthür, près de Zurich (Suisse). Le moteur Ilornsby est fabriqué en Angleterre; nous ne connaissons pas de dépositaire à Paris. — Pour ce qui concerne les bordures de caoutchouc et les excentriques destinés au système des vitres intérieures parallèles à ouvertures contrariées du D1' Castaing, il faut s’adresser à MM. Gauthey et Hausmann, 43, rue Greneta, à Paris.
- Communications. — L'abonné 5613-4464, à Nantes, à propos de notre article sur les poiriers de France et de Californie (n° 1115, du 15 octobre 1894, p. 507), nous adresse quelques renseignements sur les arbres fruitiers de l’arrondissement d’Ancenis. Les poiriers y poussent un peu au hasard dans les haies vives qui bordent les champs, ils atteignent des dimensions qui oscillent en moyenne entre 6 et 10 mètres pour la hauteur, et 2“,50 à lm,50 pour la circonférence. La hauteur du tronc sans branches est presque toujours de 2 mètres.
- « Voici d’ailleurs, nous écrit notre correspondant, à titre d’exemples, les mesures que j’ai prises sur deux poiriers choisis au hasard : premier arbre ; hauteur, 10 mètres; hauteur du tronc jusqu’aux premières branches, 2 mètres ; circonférence à 2 mètres du soi, 2m,55. Deuxième arbre : hauteur, 8 mètres; hauteur du tronc jusqu’aux premières branches, 2 mètres; circonférence à 2 mètres du sol, lm,50. Il s’agit de poiriers à cidre, mais les autres poiriers atteignent facilement d’aussi belles dimensions. En cherchant, on trouverait facilement quelques sujets beaucoup plus remarquables que ceux que je viens de citer, et que je me suis contenté de mesurer pour donner une idée de leur taille moyenne. » —Le Petit Journal, qui avait reproduit notre article, a reçu quelques renseignements sur divers poiriers de grande dimension. Le plus curieux, sans contredit, est celui que signale M. Alexandre Aumont, son propriétaire. Ce poirier, qu'on peut voir aux Authieux-Papion (Calvados), mesure 5m,47 de circonférence et 20 mètres de hauteur. Il a rapporté, et cela avant la Révolution, 16 hectolitres de pur jus de poire, et, ce qui n’est pas banal, a subi la dîme sur sa production. Son concurrent le plus rapproché est situé à Potigny, près de Falaise, à 500 mètres de la Brèche-du-Diable et du tombeau de l’actrice de la Comédie-Française, Marie Joly. Ce poirier a produit jusqu’à 30 hectolitres de fruits, donnant environ 1200 litres de poiré. Il appartient à M. Pel-fresne, cultivateur. Enfin, le dernier mentionné est encore de taille respectable, il mesure 21 mètres de hauteur, 2“’,81 de circonférence et fournit une récolte moyenne de 1000 kilogrammes de poires. 11 se trouve dans le département du Nord et appartient à M. Carpentier.
- M. A. J/., à Bourg, à propos d’une de nos précédentes réponses relativement aux verres de lampes (Boîte aux lettres du n° 1116, du 20 octobre 1894), nous écrit qu’il existe un moyen simple pour les empêcher de casser. Ce procédé consiste à fendre complètement le cylindre de verre, suivant une de ses génératrices, à l’aide d’un diamant. La dilatation est ainsi facilitée, et le verre ne casse plus.
- Renseignements. — M. A. A., à Toulouse. — Votre idée a déjà été proposée et expérimentée par Üeghen au commencement de ce siècle. Elle n’est pas pratique, et n’a pas réussi.
- M. H. S., à X. — 1° Il faut ventiler fortement l’armoire et y mettre ensuite des substances des séchantes, telles que du chlorure de calcium pur. — 2° Ces ouvrages se trouvent à la librairie G. Masson.
- M. M. D., à S. — 1° Les procédés de la gravure, par A. der Lostalot, à la librairie Quantin, à Paris, vous donneront les renseignements que vous demandez. — 2° Veuillez nous envoyer une description accompagnée d’un dessin. Si le système nous paraît intéressant, nous’ le mentionnerons : mais nous ne pouvons décrire en détail un appareil que s’il est construit et s’il a fonctionné.
- M. A. L. J., à Châteaulin. — Consultez le catalogue de la librairie V’“ Ch. Dunod et P. Vicq, à Paris.
- M. E. A. Cédez, à Leeds. — II faut employer les logarithmes. M. C. B., à Paris. — Nous avons décrit, dans le n“ 1004, du 27 août 1892, p. 205, un petit moteur à gaz qui pourrait vous convenir. 11 avait une puissance de 5 kilogrammètres par seconde, et son constructeur était M. Guénet, 5, rue de Montmorency.
- L'abonné 5263-3195, à X. — 1° Nous ne connaissons pa& les résultats d’expériences semblables. — 2° La puissance dépensée varie suivant les conditions du travail demandé.
- M. J. P., à Paris. — Le journal américain n’indique pas la source d’électricité qui a été utilisée, on pourrait employer des piles, mais il est probable que les résultats seraient supérieurs avec des machines statiques.
- M. G. Dezaunay, à Nantes. — Ie II s’agit du chloruré d'or purifié que l’on trouve chez les marchands de produits chimiques. — 2° Il est préférable de laisser à l’abri de la lumière le flacon du révélateur à l’bydroquinone. — 3° Un flacon de révélateur commencé, s’altère plus rapidement.
- M. J. Breton, à Clairvaux. — 1° Ces numéros manquant chez l’éditeur, nous ne saurions vous les procurer. — 2° Le prix est de 3 francs.
- M. H de Beaulieu, à Beslé. — Le charbon de Berzélius est un mélange de charbon et de diverses substances, que l’on trouve tout préparé chez les marchands d’appareils et de produits pour laboratoires, notamment à la maison Paul Rousseau, 17, rue Soufflot, à Paris.
- M. H. Chevard, à Rochefort. — 1° Il y a eu en effet une virgule oubliée après le 3 ; nous ferons un erratum. — 2° 11 s’agit d’une installation de gaz pauvre ; nous allons du reste prendre des renseignements complets et nous ferons un article sur cette question.
- M. L. M., à B. — 1° 11 a paru seulement des articles de journaux sur cet appareil. — Nous avons entendu dire que ce procédé d’épuration des eaux avait fourni des résultats satisfaisants; mais nous n’avons pas expérimenté le procédé nous-mêmes. — 3° Nous ne connaissons pas de représentant à Paris.
- M. le comte P. de la Ville Baugé, à Candé. — Aucun renseignement n’a été publié jusqu’ici sur le nouveau mode de stérilisation de l’eau par un courant électrique, ni sur les accumulateurs à aluminium. Cette dernière application serait des plus importantes et modifierait entièrement la fabrication actuelle des accumulateurs; mais il y a lieu de faire toutes réserves jusqu’à ce que des preuves certaines des résultats obtenus, aient été fournies.
- M. A. B. C., à Roanne. — En général un brevet ne peut être pris si le procédé a été décrit dans un journal, ou divulgué; il faudrait vous adresser de suite à une agence de brevets.
- M. G. Midoc, à Reims. — Vous trouverez une Notice sur le calcul de l’heure de la pleine mer et sur l’établissement des ports, dans l'Annuaire pour l'an 1894 publié par le bureau des Longitudes, à la librairie Gauthier-Villars et fils.
- M. L. C., à X. — 1° Cet ouvrage ne peut se trouver que d’occasion. — 2° La maison d’optique Lutz, 65, boulevard Saint-Germain, à Paris, a publié, croyons-nous, une Notice sur le spectroscope qu’elle construit. — 5° Cours de manipulations de physique, par A. Witz, à la librairie Gauthier-Villars, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. A. Wenzel, à Paris. Nous n’avons pas l’adresse que vous demandez; tous nos-regrets. — M. J. P., à Saint-Aubin. Nous ne comprenons pas bien votre question. — M. E. Rammaert, à Verdun. Adressez-vous aux grands libraires de Paris; noüs ne croyons pas qu’il existe d’ouvrage spécial. — M. L. Monod, à Bordeaux. Regrets de ne pouvoir vous renseigner; nous ne connaissons nullement les produits dont vous parlez. — M. P., h X. Il faudrait vous adresser à un ébéniste; nous ne pouvons traiter des questions si spéciales. — M. G Samers-sausene, à Bruxelles. Ce procédé est bien connu des chimistes, qui l’emploient souvent. — M. Ch. de Blumencron, à Vienne. Remerciements pour les renseignements que vous nous donnez sur les chasses en Autriche. Quant à votre proposition, elle ne touche pas à la science, et ne saurait entrer dans notre cadre. — M. A. R., à Paris; M. Girard, à Lille, Voyez les Recettes et procédés utiles, lre série. (G. Masson, éditeur.)
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- LES ARBRES MARTYRS. — Dessins inédits de A. Robida.
- 1. Que d’ennemis ligués contre les pauvres arbres! l'n des plus cruels, sans contredit, c’est le jardinier qui taille et rogne toujours, quand il ne découpe pas ses sujets en boule, en parasol ou en canards. — 2. Le vent de la mer! Persécuteur terrible soufflant perpétuellement dans sa trompe et rabattant sur le sol tout ce qui tente de se redresser. — 3. L’avalanche. En Suisse, sous la menace des neiges, des sapins centenaires énormes, cramponnés au roc de toutes leurs racines tordues, s’obstinent à pousser, toujours brisés par l’avalanche et jamais découragés. — 4 L’arbre des villes. De tous le plus malheureux. Qu’a-t-il fait pour mériter son sort, l’infortuné emprisonné dans l’asphalte et le corset de fer? — S. Déboisement. Outre les chèvres et les animaux brouteurs d’écorces et rongeurs de branches, il y a l’homme à la hache, le bûcheron!
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- BIBLIOGRAPHIE
- Album de statistique graphique de 1895. Publié par le Ministère des travaux publics. 1 vol. in-4° avec planches en couleurs. — Paris, Imprimerie nationale, 1894.
- Récréations mathématiques, par M. Edouard Lucas. Tome IV. 1 vol. in-8°. — Paris, Gauthier-Yillars et fils, éditeurs, 1894.
- Le Chien. Élevage, hygiène, médecine, par Pœrre Miîgniv, médecin-vétérinaire. 1 vol. in-8° de la Bibliothèque de l'Eleveur. Tome II, 5e édition. Vincennes, aux bureaux de Y Eleveur, 1894. — Prix : 6 francs.
- Manuel d’Électricité industrielle, par C. Tainturier, ingénieur des arts et manufactures. 1 vol. petit in-8°, n° 1 de la Bibliothèque- Electrotechnique. — Paris, librairie industrielle J. Fritsch.
- Pour nos soldats. Conseils pratiques. Hygiène et morale du service militaire, par Gaston-Henri Niewenguowski, étudiant en médecine, et Louis Ernault, licencié en droit. 1 vol. in-16« Paris, Société d’éditions scientifiques. Prix : 1 fr. 25.
- Fourrures et plumes. L'art de les connaître, de les porter et de les conserver, par Mme Louise Rousseau. 1 vol. in-8. Ch. Mendel, éditeur. Paris, 1894. — Prix : 5 francs.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS k 7 HEURES BU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 22 octobre . . 8-,2 S. E. 2. Couvert. i,i Couvert jusq. 17 h., beau ensuite; quelques averses.
- Mardi 23 12%1 S. W. 3. Couvert. 0,2 Presque couvert jusqu’à 17 h., beau ensuite.
- Mercredi 24 11*,4 S. E. 3. Couvert. 0,0 Nuag. jusq. 7 h., p. couv., beau ap. 15 h., qq. écl. vers 21 h., pi. de9 h. 45 à 12 h. 40; av. à 2 b.30 et 3h. 25.
- Jeudi 23 11*,9 S 4. Couvert. 7,4 Couvert (usqu’à 14 h.; beau ensuite; pluie de 11 h. à 13 h. 30. Beau jusqu’à 7 h., puis très nuageux, couvert après '10 heures; petites averses dans la soirée.
- Vendredi 26 9‘,0 S. S. W. 2. Beau. 3,5
- Samedi 27 11*,1 S. S. W. 2. Beau. 0,3 Couv. j. 4h., p. beau, tr. nuag. ap. 8 h. Beau ap. 13 b., av. à 12 h., or. de 14 à 16 h.; pl. de 15 h. 10 à 15 h. 22.
- Dimanche 28 10°,1 S. S. W. 3. Nuageux. 2,8 Très nuageux jusq. 19 h., beau ensuite, quelq. éclairs à 18 h. 1/2 au S. S. E.
- OCTOBRE 1894 — SEMAINE DD LUNDI 22 AD DIMANCHE 28 OCTOBRE
- La courbe super usure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); tourbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- ^Orages et tempêtes en France. — Une violente tempête de sud-ouest a sévi sur les côtes de Cherbourg le 20 octobre dans la soirée. Toute la nuit le vent a souillé avec une grande violence. Le Gabès, qui était appareillé, faisant route pour Madagascar, n’a pu continuer sa route et a été forcé de virer de bord, revenant à Cherbourg, où il a mouillé le 21 octobre dans la matinée, à 7 heures. Un chaland des travaux de fermeture de la passe ouest qui était dans le fort de Querqueville, a été complètement rompu par suite du mauvais temps.
- On a signalé également à Calais qu’un bateau pêcheur, qui a été surpris par le vent, s’est mouillé à 3 milles de ce port, ayant 16 pavillon eu berne, et a dû demander du secours.
- A la date du 21 octobre, une série d’orages et de trombes se sont abattus sur le département de l’Ain. La ville de Bourg et les localités environnantes ont été fort éprouvées. Le bourg de Cerdon a été assailli par une véritable inondation. Les dégâts ont été considérables, mais les vendanges étaient terminées depuis quelques jours.
- Les effets de cette trombe se sont fait sentir sur un très grand rayon. Le" train parti de Bellegarde pour Bourg, à 10 heures du matin, a dû s'arrêta en route, la voie étant obstruée. Ce train, qui devait arriver à
- Bourg à midi 23, n’était pas encore arrivé à 4 heures. Les trains montant sur Bellegarde ont. subi également des retards considérables. On n’a heureusement pas eu d’accident de personne à déplorer.
- Tremblement de terre en Espagne. — Le 20 octobre, un tremblement de terre très violent s’est produit à Gudalcazar, province de Cordoue, en Espagne. Une maison, heureusement inhabitée, s’est écroulée. Il n’y a eu aucune victime dans la ville.
- Cristallisation de la neige â Moscou. — M. Pénard a fait à Moscou un grand nombre d’observations sur la cristallisation de la neige. De ces observations, il résulte, dit le journal Ciel et Terre, que pendant l’hiver, la neige tombe à Moscou à l’état de cristaux très réguliers, qui se rattachent tous au système hexagonal, mais sous des formes très variées; les quelques centaines de cristaux que l'on a décrites jusqu’ici ne représentent qu’un nombre extrêmement faibje, comparé à ce qu’il doit être réellement. D’une manière générale, on pourrait faire rentrer tous ces cristaux dans quatre types différents : l’hexagone régulier, l’étoile simple, l'étoile composée et le prisme hexagonal ; mais ce n’est là qu’une classification de pratique et les termes de passage font de toutes ces variétés une chaîne en réalité continue.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 28,’ à 6 h. 7 m. du soir.
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- Réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- Las lettres et communications relatives & la rédaction de la « Boite aux lettres » doivent être adressées
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- LA SEMAINE
- Le cotonnier en Algérie. — A la suite d’un envoi de graines fait sur l’ordre de M. Tiger, notre ministre de l’agriculture, au laboratoire botanique d’Antibes, M. Naudin, directeur de la Villa-Thuret, a examiné une nouvelle variété de cotonnier, cultivée en Égypte par M. Zafiri Parachimonos, et transmise par le consul de France à Alexandrie. Quoique l’année 1894 n’ait pas été favorable aux expériences par suite d’une sécheresse exceptionnelle en Provence, les plantes semées en différents («droits sont bien venues. Naturellement celles qui ont été plantées en bonne terre de jardin, un peu fumées et arrosées pendant la sécheresse, ont beaucoup dépassé les autres en taille et en productivité. A la date du 13 octobre, les plus beaux cotonniers ont atteint 1“,30 à lm,50, et sont chargés de grosses capsules qui n’attendent que de la chaleur pour mûrir; il ne manque à ces cotonniers qu’un peu de précocité. Cette variété ne serait donc probablement pas cultivée en France avec fruit, mais elle le serait en Algérie et en Tunisie, et mieux encore au Sénégal et dans nos autres établissements de la côte d’Afrique. Les déceptions que la culture exagérée de la vigne cause en Algérie, prouvent une fois de plus qu’en Algérie il faut varier les cultures. Celle du cotonnier pourrait peut-être devenir une ressource secondaire, en la commençant sur de petites parcelles de terrain, autour des habitations. Elle ne serait pas coûteuse. Il y a des variétés de cotonnier plus précoces mais moins productives, qui peuvent réussir dans le midi de la France, par exemple celle cultivée dans le Turkestan, et dont un vovageur, M. Edouard Blanc, a entretenu dernièrement la Société nationale d'agriculture.
- INFORMATIONS
- —@— Un nouveau tramway à vapeur, système Serpollet, a été mis en service à Paris le 30 octobre 1894, sur la ligne de la Porte de Clignancourt à la Bastille. Ce tramway est à impériale couverte et à cinquante places; toute la machinerie, chaudières et appareils de réglage, est réunie sur le devant de la voiture, à côté du conducteur, dans un grand coffret. Le 1er novembre 1894, dans la matinée, le tramway ne pouvant passer sur la voie, place de la République, >ar suite des travaux de voirie en exécution, a déraillé sur une ongueur de quelques mètres, et a traîné la voiture sur le pavé ordinaire. La pression de la chaudière est montée à 25 atmosphères, et la puissance du moteur à 65 chevaux.
- —®— Le Gouvernement allemand paraît décidé à agir énergiquement pour arrêter l’épizootie de fièvre aphteuse qui se fait sentir d'une manière si sensible, principalement sur le marché de Berlin. Le Ministre de l’agriculture a adressé à tous les présidents de gouvernement de Prusse une circulaire à cet égard, prescrivant une surveillance rigoureuse de la part des vétérinaires sanitaires sur tous les lieux d’embarquement et de débarquement du bétail destiné aux marchés ou aux abattoirs.
- —Des convois de bœufs américains arrivent depuis quelque temps à l’abattoir de Lausanne. De ces animaux de belle structure, pesant en moyenne 400 à 450 kilogrammes, quelques-uns sont noirs, • d’autres, de couleur différente, appartenant à la race anglaise sans
- cornes, dite « d’Angus » ; les rouges sont, le plus souvent, de la race de Devon ou de Durham. On apprécie beaucoup la qualité de leur viande. Mais ce sont des bêtes peu commodes à approcher.
- —®— Le Muséum d’histoire naturelle de Paris vient de recevoir un jeune éléphant mâle, de dix mois, qui a été donné par le Dr Halm, résident à Kampot, au Cambodge.
- —$$— A Delphes on a mis à jour une statue d’Apollon dans un état parfait de conservation. Cette œuvre est de l’époque qui précède Phidias. On a trouvé aussi des bas-reliefs représentant six combattants, également en bon état. Ces bas-reliefs font suite à des morceaux antérieurement trouvés ; ils faisaient partie de la base d’un monument consacré par Gélon en mémoire de la bataille d’Himère, et portent une inscription dédicatoire qui constitue un document historique et topographique de premier ordre.
- —Le journal anglais Garden and Forest indique un nouveau mode de culture des Hortensias, qui permet d obtenir des inflorescences magnifiques. Il consiste à supprimer toutes les pousses latérales de la plante, au fur et à mesure qu’elles se montrent, et à les cultiver sur tiges uniques. On place à cet effet les boutures dans des pots remplis d'un mélange de terre fibreuse, de terreau de feuilles et d’un peu de sable blanc additionné de noir animal ou de poudre d’os. Les plantes sont tenues en serre tempérée et sur couche tiède, et, dès que les boutons à fleurs sont formés, on les arrose d’engrais liquide. Les inflorescences que l’on obtient ainsi atteignent parfois de grandes dimensions.
- —Pour isoler au milieu du tumulte un bruit se produisant dans une machine et pour observer ses variations d’intensite ainsi que les points où elles se produisent, M. Rodolphe Bourcart a imaginé le moyen suivant : on s introduit dans l’oreille un tube en caoutchouc pour gaz, auquel on laisse une longueur d’environ 1 mètre. L’extrémité libre, sans pavillon, sert à étudier le bruit. Comme elle ne reçoit de vibrations sonores que celles émises par la petite portion de surface dont on l’approche, elle ne conduit à l’oreille que le bruil isolé.
- —@— M. Henri Sagnier a présenté à la Société nationale d’agriculture des échantillons de phosphates du Cotentin exploités depuis [jeu de temps dans l’arrondissement de Valognes, à Gourbesville et à Orglandes, sur une étendue de 300 hectares. Dans 1 mètre cube on trouve 400 kilogrammes de matières utiles; les deux tiers de l’acide phosphorique de ces phosphates sont solubles dans l’oxalate d’ammoniaque. La matière utile consiste surtout en os fossiles de mammifères et de poissons, dont une proportion notable s’est conservée dans des conditions très intéressantes. Ces os se rencontrent au milieu de cailloux siliceux et calcaires. Les os purs dosent, en moyenne, 30 pour 100 d’acide phosphorique, ce qui correspond à 65 pour 100 de phosphate. D’après M. Carnot, ces gisements appartiendraient à l’oligocène, et les fossiles trouvés seraient analogues à ceux de la Caroline du Sud.
- —Au cours des recherches archéologiques qu’il poursuit en Egypte, le I)r Fouquet, du Caire, a été assez heureux pour trouver deux coupes magiques royales qu’il vient d’offrir au musée du Louvre. L’une d’elles porte le nom du sultan Bibars, l’autre celui du sultan Moïad; leurs inscriptions, très bien conservées, fournissent des renseignements intéressants pour l’histoire encore incomplètement connue de ces princes mameluks. Elles seront prochainement exposées dans la salle des Faïences orientales.
- —Une Exposition industrielle doit s’ouvrir à Kioto, au Japon, du 1er avril au 51 juillet 1895. Elle comprendra les classes suivantes : manufactures, beaux-arts, agriculture, éducation, mines et métallurgie, machines.
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- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le dépôt, à Paris, du moteur à pétrole de MM. Hornsby and Sons, de Gran-tham (Angleterre), dont il a été question dans le numéro précédent, se trouve 5 et 7, rue Claude-Vellefaux. — Les moteurs électriques à courants alternatifs, dont il est parlé dans l’article sur l’Exposition de Budapest, sont construits par la maison Ganz et C‘% à Budapest ; mais il existe un grand nombre de fabricants de moteurs analogues. Les moteurs électriques à courants continus se trouvent aujourd’hui dans toutes les maisons de construction électrique.
- Communications. — M. A. Quérey, à Paris, à propos des poiriers de France et de Californie dont il a été question dans le n° 1115, du 13 octobre 1894, p. 507, et dans la Boîte aux lettres du n° 1118, du 3 novembre 1894, nous écrit qu’il possède, dans sa propriété du Besneray (Calvados), plusieurs poiriers d’une hauteur totale de 18 à 20 mètres. L’un d’entre eux a une circonférence de 3m,10 à environ 3 mètres du sol, aux premières branches. Ces arbres produisent une moyenne de 12 à 15 hectolitres de poires par an. Ces renseignements confirment ceux que nous avons donnés précédemment.
- M. Th. Gallet, à Tours, nous adresse une Notice sur le Chauffage des voitures de chemins de fer, tramtvays, omnibus et autres véhicules par l'appareil thermo-hydrotubulaire, système Gallet. L’appareil se compose d’une chaudière par wagon et d’une chaufferette par compartiment. La chaudière est à parois démontables, à circulation d’eau et se place sous le châssis de la voiture; l’entretien des feux se fait au dehors avant le départ du train. Les grilles peuvent contenir une quantité de combustible, qui consiste en du coke de tourbe, pour un chauffage minimum de dix-huit heures consécutives. Les chaufferettes sont posées simplement sur le plancher des compartiments avec des tuyaux d’arrivée et de départ pour la circulation d’eau.
- M. A. Borel, à Pontarlier, nous écrit la lettre suivante : « Dans le n° 1063 du journal La Nature, en date du 14 octobre 1893, vous donnez, page 320, une vue de l’Observatoire du Mont-Blanc d’après une aquarelle communiquée par M. Jans-sen. Vous intéresserez ce dernier et vos lecteurs en les informant qu’au moyen d’une bonne lunette et par un temps bien clair, ledit Observatoire est visible du Larmont supérieur, 1200 mètres d’altitude, près Pontarlier (Doubs), à plus de 120 kilomètres du sommet du Mont-Blanc. »
- Renseignements. — M. E. Carrez, à Morez. — 1° Il faut réduire le charbon en poudre, et faire ensuite des agglomérés à la presse. — 2° L’isolement de l’induit sera un peu faible. — 3° Cette dynamo pourra être utilisée pour les dépôts électrolytiques, mais la différence de potentiel sera trop élevée et l’intensité trop réduite.
- M. Lecœur. Le chlorure de cobalt ne donne rien de précis comme indications hygrométriques; ce qu’on fabrique est un jouet plus qu’un appareil de mesure. Le meilleur hygromètre est l’hygromètre à cheveu de Saussure.
- M. J. Delorme, à Epifan (gouvernement de Toula), Russie. L’encaustique formée de cire délayée et dissoute dans l’essence de térébenthine, convient très bien pour cirer les meubles en bois de chêne. Mettre peu d’encaustique et frotter avec du drap.
- M. Paul, à Bueil. — L’impression des caractères typographiques des journaux sur les clichés photographiques est un fait bien connu, que nous avons menlionné déjà en plusieurs circonstances.
- M. Gruzelle, à Paris. — 1° Nous ne connaissons pas ce produit, et nous n’en avons jamais entendu parler. — 2° Il v a déjà trois volumes des Becettes et procédés utiles, en vente à la librairie G. Masson, et le quatrième va paraître prochainement.
- M. J. M., a Villeneuve. — Nous pensons qu’il serait préfé-
- rable de faire tremper quelque temps le bois dans la paraffine, de le gratter ensuite à la partie supérieure, et de le recouvrir de plombagine pour effectuer le dépôt de cuivre.
- M. L’Esprit, à Paris. —Le pétrole employé avec précaution et prudence n’est pas dangereux.
- M. F. Borelli, à Marseille. — Vous pourrez vous procurer des lampes de faible puissance lumineuse chez M. G. Trouvé, 14, rue Vivienne, à Paris. Ce constructeur vous fournira également la baguette que vous désirez.
- M. le Dr Joullié, à Narbonne. — Nous avons publié déjà plusieurs recettes sur la destruction des mites et insectes divers; pour la protection des vêtements, nous vous recommanderons l’emploi des boules de naphtaline, qui donnent d’excellents résultats.
- M. Picart, à Paris. — Il y a en effet plusieurs unités pratiques qui portent le nom de nœuds : le nœud marin (nautical mile) qui est égal à 1852 mètres, et le nœud dérivé du loch. Il s’agit, dans notre article, de la première unité.
- M. G. Capitaine, à Porrentruy. — L’adresse du fabricant est donnée en tète de la Boîte aux Lettres du numéro qui contient la description de l’appareil.
- M. E. Desroziers, à Paris. — Il n’existe pas de journaux de ce genre.
- M. J. C. G., à Saint-Martin-du-Tertre. — Voyez les articles que nous avons consacrés aux compteurs horo-kilométriques pour voitures de place, lors du concours ouvert par la Ville de Paris (n°* 982 et 988, du 26 mars et du 7 mai 1892).
- M. Ch. Verax, à Paris. — Une plume à réservoir conviendrait parfaitement, il nous semble ; la maison Richard, à Paris, construit des appareils enregistreurs qui fonctionnent plusieurs semaines sans renouvellement d’encre.
- Socièdad elSitio, à Bilbao. —La disposition que nous avons décrite donne toute satisfaction; il serait difficile de placer autrement la boussole.
- Un abonné, à X. — Les marchands n’ont pas cette algue ; il faudrait aller la chercher soi-même au bord de la mer.
- M. G. Peutat, à Paris. — L’embrocation n’est pas un produit médical; c’est un mot qui vient du grec (sp.ëpo-/ri, arrosement). Il désigne une opération qui consiste à verser lentement sur les surfaces blessées ou malades, puis à les étendre au moyen de frictions, les liquides ou les médicaments que l’on doit employer.
- M. le Dr de La Harpe, à Lausanne. — Nous connaissons le Dictionnaire minuscule anglais-français que vous décrivez dans votre lettre. 11 est imprimé par l’héliogravure. Nous reviendrons sur les livres minuscules et nous parlerons de ces ouvrages modernes.
- M. J. H. B., à Reims. — Voyez les articles que nous avons publiés sur les expériences de M. Cailletet (Table des matières, des dix dernières années, 1883-1892).
- M. J. Angelvin, à Marseille. — Le tartrate neutre de potasse aurait dù vous donner des résultats satisfaisants ; on compte en général 200 à 400 grammes par pièce de vin de 250 litres. Vous pourriez aussi faire dissoudre 8 kilogrammes de cassonade dans une petite quantité d’eau et ajouter ce mélange au vin ; on brasse ensuite le liquide, on le laisse fermenter et on le soutire.
- M. L. Baudrit, à Paris. — Vous trouverez à la librairie Gau-thier-Villars et fils plusieurs ouvrages sur ces questions, notamment Traité pratique des émaux photographiques à l'usage du photographe émailleur sur plaques et sur porcelaine et Traité pratique de céramique photographique, par M. Geymet.
- M. J. Rolez, à Londres. — Vous pourrez vous procurer plusieurs ouvrages sur l’héliogravure et la photogravure à la librairie Gauthier-Villars et fils, déjà mentionnée plus haut.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. J. Vietlet, à Ganges. Nous n’avons pas de renseignements complémentaires; il faudrait vous adresser directement au Ministère de l’agriculture, à Rome.— M. A. Mariant, à Rome. Nous n'avons pas expérimenté cet appareil; nous ne saurions vous répondre. — M. Renouant, à Rouen. Le sujet dont vous parlez ne convient pas à notre journal purement scientifique. — M. Caradoc, à Bayonne. Il faut vous, adresser directement à la fabrique américaine- —M. P. G., à Troyes. Il serait nécessaire de consulter un architecte. — M. ('.h. Patouedle, à Paris. Il faudrait vous renseigner auprès d’un chimiste. — M. Wan-derth, à Gand; M. C. S-, à Epernay. Vous trouverez plusieurs ouvrages sur ces questions aux diverses librairies scientifiques de Paris. — M. G. R., à Paris. Voyez les Recettes et procédés utiles, lre série (G. Masson, éditeur). — M. R. H., à Bois-Colombes. Regrets de ne pouvoir vous renseigner. — M. F. Wilz, à Bischwiller. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison,
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- PETITES INTENTIONS1
- Piles sèches Balasny. — Les piles hydro -électriques, sans être des sources de puissance élevée, rendent cependant de grands services quand il s’agit de petites applications ou essais divers. Mais l’amateur recule souvent devant les ennuis que donnent l’entretien et la manipulation d’une pile. On a inventé un grand nombre de piles sèches, dans lesquelles les solutions sont solidifiées à l’aide d’une certaine quantité de gélatine que l’on a incorporée. Dans cet ordre d’idées, nous signalerons la nouvelle pile de M. Balasny ; les figures ci-dessous représentent la vue extérieure et la coupe intérieure de cette pile. L’électrode positive est constituée par une enveloppe extérieure en plomb A, qui sert en même temps de vase. A l’intérieur se trouve, en B, une pâte de minium ; au centre un vase poreux en parchemin C, et dans ce dernier, en D, une pâte
- Vue extérieure
- Coupe intérieure
- La pile sèche de M. Balasny.
- solidifiée de potasse et de gélatine. Au milieu du vase poreux est une plaque de zinc E,E qui est maintenue verticale et ressort à l’extérieur. Quand la solution gélatineuse versée bouillante est prise, après quelques instants, on recouvre le tout d’une couche de paraffine F, d’une couche de sable G, et enfin d’une couche de cire H. Cette pile a une force électro-motrice de 0,8 à 1 volt; elle est établie en trois modèles : un de 12 centimètres de hauteur et d’un poids de 1 kilogramme, pouvant débiter 1 ampère dans les conditions de puissance maxima, un de 18 centimètres de hauteur, d’un poids de 3 kilogrammes, d’un débit de 2,3 ampères; et un autre d’un oids de 5 kilogrammes et de 25 centimètres de hauteur, d’un ébit de 4 ampères. La puissance utile maxima de ces piles n’est pas très élevée; on compte 0,5 watt pour le premier modèle, 1,25 watt pour le second et 2 watts pour le troisième. Elles peuvent fournir respectivement des quantités d’électricité égales à 40, 120 et 250 ampères-heure. Elles ont l’avantage d’être impolarisables et de présenter sous un aspect très propre et, sous un volume et un poids relativement faibles, une source d’énergie électrique qui peut être utilisée très avantageusement par les amateurs. — Les piles sèches sont fabriquées par M. Balasny, 94, avenue de Neuilly, à Neuilly-sur-Seine.
- Câbles électriques doubles parallèles 4 œillets. —
- On trouve depuis quelque temps dans le commerce un nouveau système de deux câbles électriques parallèles, qui peut offrir quelques avantages sur les systèmes employés jusqu’ici. Ces
- Nouveaux câbles électriques parallèles à œillets.
- câbles se composent de deux fils de cuivre A et B recouverts d’une couche de coton C, d’une couche de caoutchouc D et de deux couches de coton E,F. Entre les deux câbles est une bande de caoutchouc ordinaire G, présentant deux rainures longitudinales dans lesquelles sont logés les conducteurs. Le tout est maintenu dans une tresse extérieure II munie d’œillets 1,1
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- placés de distance en distance. On comprend qu’il est facile de poser ces câbles le long des murs en plaçant simplement des clous dans les œillets. Pour les endroits humides, il sera nécessaire de prendre des tresses paraffinées, qui assureront une meilleure résistance d’isolement. Les modèles actuels de ces câbles sont fabriqués pour des sections de 2 à 4 millimètres carrés. — Les câbles doubles parallèles à œillets se trouvent chez MM. Pulsford, Triquet et Gie, 10, rue Taitbout, à Paris.
- JLe Jeu des montagnes russes. — Ce jeu de société qui nous est présenté sous le nom de jeu des montagnes russes a été inspiré d’après le vrai jeu si accidenté et qui marque sa place dans toutes les principales fêtes foraines. Comme l’indique notre figure, les pentes ae la voie ferrée sont construites dans la boîte qui se plie en deux parties. Après avoir monté les petits accessoires d’après une instruction, le wagonnet chargé de petits personnages vient s’accrocher à un
- Le jeu des montagnes russes.— 1. Vue de l’appareil. — 2. Détail du chariot. ;
- cran placé à la gare de départ, on dépose six billes dans une case du petit wagon, on tire le ressort qui fixe ce dernier et le wagonnet s’élance sur la voie ferrée accidentée ; lorsqu’il arrive à l’extrémité de sa course,, il se heurte à une petite bamère et le choc fait sauter les billes qui, au plus grand des hasards, viennent prendre leur place dans des petites cases numérotées. C’est celui qui amène le plus grand nombre de points qui, comme toujours, gagne la partie. Ce jeu est très habilement présenté, il fera les délices des enfants au moment des étrennes. — Se trouve chez M. Mathieu, 2, rue du Faubourg-Poissonnière, à Paris.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Gravure sur verre à l’aluminium. — M. Charles Margot a fait connaître dans le n° 1110 de la Nature Au 24 juin 1894, p. 67, une curieuse propriété de l’aluminium; ce métal laisse sur les composés à base de silice des traces métalliques persistantes. Pour obtenir les inscriptions et dessins sur les silicates à l’aide de l’aluminium, M. Margot indique deux procédés : l’un, à la main, en opérant sur une surface humide ; l’autre, à la meule, sans mouillage préalable de la surface à graver. Ces deux manières d’opérer offrent des inconvénients nombreux : le travail à la meule nécessite un matériel spécial et, d’autre part, il est très difficile d’exécuter, sans grande étude préalable, les inscriptions à l’aide du crayon d’aluminium sur un verre humide. 11 faut recourir aune forte friction pour obtenir le résultat voulu, et ce travail fatigue énormément l’opérateur, tout en étant d’une réalisation pénible. J’ai cherché à perfectionner cette dernière méthode de la manière suivante : la surface sur laquelle on désire graver est recouverte d’une solution sirupeuse de silicate de potassium, ou autre silicate alcalin, pendant une minute environ, puis est lavée à grande eau. C’est sur cette surface ainsi préparée et encore humide qu’il est aisé de graver à l’aide d’un crayon d’aluminium. Grâce à cette préparation, il est très commode d’écrire à l’aide de l’aluminium sur les substances siliceuses ; la pression à exercer par la main n’est pas plus forte que celle exigée pour écrire sur une ardoise en se servant d’une touche, si on a soin, bien entendu, d’opérer immédiatement après le traitement au silicate et en conservant la surface toujours humide. L’influence exercée par la solution de silicate alcalin est aisée à comprendre; grâce à son action la surface sur laquelle on écrit devient légèrement rugueuse par suite d’une faible attaque de la matière, et de plus, l’objet ainsi préparé
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- est rendu d’une propreté parfaite, condition essentielle pour une bonne réussite de l’opération. Ainsi simplifiée, la gravure sur les substances siliceuses telles que verre, porcelaine, etc., peut trouver de nombreuses applications industrielles et scientifiques. Les premières ont été indiquées parfaitement par M. Margot dans son travail publié dans La Nature, je n’y reviendrai pas; je me contenterai de signaler quelques applications scientifiques intéressantes : des dessins à l’aluminium, obtenus sur verre, peuvent être employés pour les appareils de projections si répandus actuellement. Les projections obtenues sont très nettes et ne laissent absolument rien à désirer. Ces clichés ont l’avantage d’être faciles à dessiner et d’une grande inaltérabilité. On peut aussi écrire au crayon d’aluminium les indications qu’il convient d’inscrire sur les préparations microscopiques et sur les plaques de cultures bactériologiques. En chimie, ce genre de gravure permet de graduer facilement les
- appareils spéciaux que le chimiste désire confectionner lui-ineme. La gravure à l’aide de l’aluminium ainsi simplifiée peut du reste trouver de nombreuses applications ; il suffisait a’en indiquer quelques-unes à titre d’exemple.
- Dr Albert Berger,
- Agrégé à la Faculté des sciences, chef des travaux chimiques à l’UniversitA de Bruxelles.
- Colle liquide pour porcelaine. — On obtient une excellente colle pour les faïences ou la porcelaine, en faisant fondre ensemble : Colle de poisson 20 grammes, acide acétique cristallisable 20 grammes. On chauffe ensuite jusqu’à consistance sirupeuse de manière que, par le refroidissement, la colle ainsi obtenue puisse se prendre en gelée. Quand on veut s’en servir, on met cette gelée sur le feu, pour la faire repasser à l’état liquide ; on en enduit les bords des objets cassés et on comprime fortement.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Paro Salnt-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS A 7 HEDRES DO MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES ‘OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 29 octobre . . 9*,9 S. S. W. 4. Presque couvert. 0,1 Très nuageux, petite pluie de 6 h. 45 à 7 h. 15.
- Mardi 30 12-,6 S. S. W. 4. Couvert. 0,2 Couvert jusqu’à 14 h., puis très nuageux, peu nuageux après 20 heures.
- Mercredi 31 9*,9 S. S. W. 2. Presque couvert. 0,0 Couvert jusqu'à 10 h., quelques nuages ensuite.
- Jeudi 1” novembre . 5*,3 S. S. E. 0. Nuageux. 0,0 Peu nuageux de 6 h. à 18 h., beau avant et après.
- Vendredi 2 8*,5 S. W. 2. Couvert. 0,0 Peu nuageux jusqu’à 5 h.; presque couvert ensuite; petites averses dans la soiree.
- Samedi 3 12-,2 S. S. E. 2. Couvert. 0,2 Couvert; quelques averses avant 5 h. et après 17 h. 30.
- Dimanche 4 10-,9 S. S. W. 2. Beau. 2,8 Nuageux jusqu’à 16 h., beau ensuite.
- OCTOBRE-NOVEMBRE 1894 -- SEMAINE DU LUNDI 29 OCTOBRE AU DIMANCHE 4 NOVEMBRE
- La courue supérieure indique in neuuiusité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de ta mer)', courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites au parc Saint-Maur en octobre fl 894
- par M. E. Renoü.
- r Moyenne barométrique à midi, 756““,68. Minimum le 25 à 2 heures du soir, 742"",38. Maximum le 1" à 1 heure du soir, 766“",90; mouvement arliliciel à cause de la séparation des mois, suite du maximum de septembre, 767"",11 le 30 à 11 h. du soir. Le maximum vraiment attribuable à octobre est 764”",91 le 11 à 9 heures du matin.
- Moyennes thermométriques : des minima6#,99; des maxima 14° ,63; du mois 10°,81 ; moyenne vraie des 24 heures, 10°, 12. Un seul jour de gelée —0°,1 le 18 au matin et 6 jours de gelée blanche les 1", 13, 15, 16, 17 et 19. Maximum le 9 à 1 h. 15 m., 18°,7.
- Tension moyenne de la vapeur 8““,01 ; la moindre, le 18 à 6 heures du matin, 4"",2; la plus grande le 11 à 4 h. du soir, 12““,1. Humidité relative moyenne, 86; la moindre le 16 à 1 heure du soir, 42; la plus grande, 100 en 15 joui%.
- Pluie, 31““,4 en 36 hirares un quart réparties en 12 jours.
- Nébulosité moyenne, 60. Un seul orage de 2 h. à 4 h. du soir le 27.
- 3 jours d’éclairs : le 21, à 5 heures du matin, au nord-nord-ouest; le 21 au soir, au nord; le 28, au sud-sud-est et au nord, à 6 heures et demie du soir.
- 5 jours de brouillard, le plus épais, de 100 mètres, le 10.
- Les vents ont soufflé de la région nord les 20 premiers jours du mois, puis de la région sud-sud-ouest; le vent a été faible du 5 au 20, modéré le reste du mois.
- Température moyenne de la Marne, le matin 12°,08; la journée 12°,52, du mois 12°,30. Basse et claire tout le mois.
- Relativement aux moyennes normales le mois d’octobre 1894 présente les résultats suivants : Baromètre plus bas de 0““,54. Thermomètre plus haut de0°,49. Tension de la vapeur plus forte de 0““,21. Humidité .relative normale. Pluie plus faible de 33"“,2, à peine la moitié de la quantité ordinaire. Nébulosité normale.
- Nous avons noté le 2 la floraison du Topinambour et le 27 celle des Pyrèthres de la Chine, vulgairement Chrysanthèmes.
- Les dernières Hirondelles ont été vues le 9.
- PHASES DE LA LUNE: Néant.
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- Réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- AVIS DE IA4 DMIMI§TH.4TI l»V. — L’échéance du 30 novembre étant une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés dont l’abonnement se termine avec le numéro du 24 novembre (n° 1121) de nous faire parvenir soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de décembre aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas avant le 3 décembre renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (2jvolumes, 1873 à 1882 — 1883 à 1892), au prix de 12 francs au lieu de 20 francs.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction et à la a Boîte aux lettres » doivent être adressées à M. Gaston Tissandier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- LA SEMAINE
- Laboratoire central d’électricité & Paris. — La
- Société internationale des électriciens a organisé depuis quelques années déjà ce laboratoire auquel elle vient d’ajouter maintenant une véritable école d’application. Le laboratoire central d’électricité comprendra deux services distincts : l°le service des étalonnements etessais ; 2°le service de l’Ecole d’application.—I. Service des essais. Le service des étalonnements conserve son organisation antérieure. Le laboratoire continuera à prendre des élèves admis dans les conditions indiquées par le règlement. — II. Ecole d'application. L’Ecole d’application a pour but de donner aux ingénieurs les connaissances pratiques qu’exige l’emploi si étendu de l’électricité dans l’industrie. — Conditions d'admission. Les élèves de toute nationalité seront admis sans limite d’àge. Les candidats non munis d’un diplôme reconnu suffisant auront à subir un .examen portant sur les matières suivantes : électricité (programme de la licence ès sciences physiques), notions de mathématiques, de mécanique et de physique générale nécessaires pour le développement du programme d’électricité. Les frais d’étude sont de 200 francs payables d’avance en deux moitiés : l’une à l’entrée, l’autre au 1er mars. — Enseignement. L'enseignement comprendra : 1° un cours de 30 à 35 leçons sur l’électricité industrielle; 2° un cours de 20 à 25 leçons sur les mesures électriques ; 3° une série de conférences sur des questions spéciales; 4° des exercices pratiques d’électricité ; 5° des exercices d’atelier ; 6° l’établissement de projets d’installations industrielles; 7° des visites d’usines. — Emploi du temps. Les leçons et conférences auront lieu le matin, entre 9 heures et midi. Les exercices d’atelier et de laboratoire auront lieu le matin ou l’après-midi, de 2 heures à 6 heures. Une période de un à deux mois sera laissée aux élèves après la fin des cours pour la préparation de leurs projets. — Examens. Les élèves seront examinés au milieu de l’année par leurs professeurs; à la suite de cet examen, ils auront une semaine de congé. Une deuxième série d’examens aura lieu au mois de juin. Le jury sera désigné par le Comité de direction du laboratoire et choisi parmi les membres de la Société. — Diplôme. Les élèves ayant satisfait aux examens recevront un diplôme. — Publicité des cours et conférences. Les cours pourront être suivis par des personnes autorisées par le directeur, moyennant le versement d’une redevance de 50 francs. Les conférences seront ouvertes aux membres de la Société. — Ouverture des cours. Les cours de l’exercice 1894-1895 ouvriront le 5 décembre 1894. (Pour les renseignements s’adresser, 4, rue de Staël, à Paris.)
- INFORMATIONS
- La construction du transsibérien a permis de constater la présence de gisements de houille en Sibérie. Les sondages qui ont été faits ont montré que le pays était plus riche en houille qu’on ne l’avait cru primitivement. C’est ainsi qu’on a trouvé des gisements assez importants dans le bassin du fleuve Irtich où ils doiment déjà, à 70 mètres de profondeur, un bon combustible. Mais un gisement plus important s’étend de Krasnoyarsk sur l’Yéniséi et la Katcha, et Atchinsk, sur le Tchoulim, à une distance de quelques centaines de kilomètres vers le nord. Il renferme un charbon brun de qualité moyenne, mais dont l’exploitation, en raison de la grande étendue du gisement, pourrait devenir pour le pays une source importante de richesse.
- —H— La chasse au renard, dans ces derniers temps, a été très ardente chez nos voisins d’outre-Manche. Comme d’ordinaire, ce sport traditionnel a amené un grand nombre de sportsmen dans les manoirs et chez les grands seigneurs terriens : après les grouses, il tient la première place. Voici d’ailleurs quelques comptes rendus à ce sujet. A Brocklesby, la meute a tué une moyenne de quatre renards par jour en vingt-deux sorties. A Eastbourne, neuf renards ont été tués en neuf matinées et seize poursuivis à courre, mais sans être forcés. A Goodvvood, trente-deux renards ont été forcés et tués par les chiens de cette localité, à la date du 1er octobre. A YVynnstay, la meute a eu douze sorties et a forcé et tué vingt-neuf renards. Dans le comté de Dumfries, la meute a débuté par un excellent sport : vingt et un renards ont été forcés en quelques jours.
- —Le nombre des Bulgares faisant leurs études universitaires en France a considérablement augmenté depuis ces derniers temps, les étudiants en médecine surtout forment un contingent sérieux. Pendant assez longtemps, de nombreux étudiants bulgares avaient fréquenté les Universités suisses, mais aujourd’hui le gouvernement de leur pays refuse la validité en Bulgarie des diplômes délivrés en Suisse. A la suite de cette mesure, 292 étudiants bulgares se sont fait immatriculer dans des Facultés françaises, dont environ 100 à Montpellier, plus de 80 à Paris, 30 à Nancy, 24 à Bordeaux et 15 à Marseille et à Toulouse. On prévoit que d’autres s’y rendront encore et que 350 à 400 jeunes Bulgares iront terminer leurs études dans les Facultés françaises.
- —L'importation des bœufs algériens n’a pas donné de moins beaux résultats cette année que l’année dernière. C’est ainsi qu’on a calculé que le nombre de bœufs importés en France, pendant les sept premiers mois de l’année, s’est élevé à 63 874, sur lesquels l’Algerie seule a fourni par Marseille près de 42 000 têtes, soit plus des deux tiers du chiffre total, et environ pour 12 millions de francs. On voit par ces résultats que l’élevage mérité de fixer, d’une façon sérieuse, l’attention de nos colons. Nous devons ajouter que c’est surtout la région de Bône qui fournit le plus gros chiffre de bœufs à l’exportation.
- —L’extraction des combustibles minéraux, pendant le premier semestre de la présente année, s’est élevée en France à 13 623 766 tonnes, dont 233 771 de lignite. L'augmentation sur la période correspondante de 1893 est de 584 122 tonnes. Le Pas-de-Calais figure pour 5 331 493 tonnes. Le Nord pour 2 342 036, la Loire pour 1 702 848 et le Gard pour 1 018 048. L Hérault, où se trouvent les mines de Graissessac, n’a produit que (74 000 tonnes ; c’est la conséquence de la grève. L’importation a été, en 1893, de 1 811 000 tonnes de houille crue et 50 000 de coke. Elle ne sera pas moindre cette année. La France arrivera, pensons-nous, à suffire à sa consommation.
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- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui concerne la bicyclette à moteur, s’adresser à MM. Bruel frères à Genève (Suisse). —Les accumulateurs portatifs Bristol se trouvent chezM. Cadiot, 44, rue Taitbout, à Paris. — Tachy-mètre Amsler : s’adressser au sujet de cet appareil à M. Alfred Amsler, à Schaffouse (Suisse). >
- Communications. — M. H. Anot, à Chalon-sur-Saône, nous écrit au sujet des Echos curieux que nous avons signalés dans le n° 1118, du 3 novembre 1894, p. 366. Notre correspondant nous dit qu’il existe en France divers échos également très remarquables. Il nous cite entre autres celui que l’on peut entendre sous le pont suspendu sur la Saône entre Verdun et Bragny, pont à trois travées de chacune 50 mètres. En se laçant sur le chemin de halage de la rive droite et dans l’axe u tablier du pont, on peut constater l’existence d’un écho répétant distinctement de douze à quinze fois.
- " M. L. Capelle, au Havre, nous adresse quelques, renseignements à propos de l’article que nous avons publié dans le n° 1117, du 27 octobre 1894, p. 346, sur l’emploi des moteurs à gaz dans la navigation et sur le bateau l'Idée dont il est l’inventeur. Voici les renseignements complémentaires qui nous sont signalés : la compression du gaz est poussée au delà de 140 kilogrammes par centimètre carré sans aucune condensation. L’hélice tourne à une vitesse angulaire de 300 tours par minute. Le trajet du Havre à Trouville par vent debout s’est effectué en une heure dix minutes avec 145 tonnes de scories de nickel à bord, et avec une puissance de 40 chevaux et des formes rondes au lieu de formes allongées. Ce nouveau bateau permet encore de supprimer le chauffeur à bord et de réaliser de ce chef une autre économie.
- 31. B. Faustin, à Londres, nous écrit à propos des expériences de M. Marey : mécanique animale (chute du chat), publiée dans un de nos derniers numéros (n° 1119, du 10 novembre 1894, p. 369), qu’il a vu, il y a deux ans, à Earl's court exhibition, à Londres, aux divertissements aquatiques du capitaine Boyton, un plongeur qui, au milieu d’une chute de 50 mètres environ de hauteur, exécutée les pieds en avant, se retournait complètement à 2 ou 3 mètres de l’eau et y plongeait la tête en avant. Il y avait à ce moment, à l’aquarium de Londres, un autre plongeur qui se jetait de bien plus haut et opérait un mouvement de rotation semblable à celui exécuté dans la chute du chat, qui a été reproduite par les procédés chronophotogra-phiques de M. Marey.
- 31. A. Moulinier, à Angers, nous écrit que l’inauguration du réseau téléphonique d’Angers a eu lieu le 16 octobre dernier. A cette occasion les communications ont été établies avec Saumur, Tours et Paris ; et quelques invités ont pu entendre, à l’Hôtel des Postes et Télégraphes, dans le théâtrophone, diverses parties de pièces ou romances des théâtres de Paris, de l’Opéra-Comique, des Variétés et du Théâtre-Français. La transmission s’est elfectuée avec une grande netteté. Le prix de correspondance est de 50 centimes entre Angers et Saumur, de 1 franc entre Angers et Tours et de 2 francs entre Angers et Paris.
- Renseignements. — Un lecteur, à Komrate. — Il existe, à Paris, un établissement, VInstitution des Bègues de Paris, 82, avenue Victor-Hugo, dans lequel se font les traitements que vous demandez.
- M. G. T., à Sfax. — 1° Ce système pourrait être employé, mais il serait difficile de l’appliquer à toutes les cabines d’un navire. — 2° L’utilisation de la force motrice du vent nous arait possible dans les conditions que vous indiquez, avec ynamo, accumulateurs et moteur commandant l’hélice.
- 31. L. Marissiaux, à Avesnes. — 1° Les raies ne pourront disparaître qu’en usant la lentille à la meule. — 2° Remerciements pour votre recette.
- M. J. de Cussac, à Beaune. — 1° On emploie de préférence
- le sulfate de fer parce qu’il coûte meilleur marché que le sulfate de zinc et qu’il donne les mêmes résultats. — 2° II faudrait faire des expériences pour vous répondre.
- M. Luy de Volnay, à Paris. — Adressez-vous aux grands magasins de la Ménagère, et chez MM. Allez frères.
- M. C. Clerc, à Paris; M. L. Brayer, à Nogent-1’Artaud. — Le Rapport de M. Ringelmann sur les moteurs à pétrole exposés à Meaux, au mois de mai 1894, a paru dans le Bulletin du syndicat agricole de l'arrondissement de Meaux; il faut vous adresser à M. Duclos, secrétaire de la Société, 9, chemin de Velours, à Meaux.
- M. Naquet, à Bresles. — La puissance motrice que vous obtiendrez au débit de 4000 litres d’eau par heure sera trop faible pour pouvoir être utilisée.
- M. A. D. Gihon, à Genève. — Les grands marchands de photographies de Paris ont des collections très considérables des monuments français; c’est à vous de faire un choix dans leurs collections.
- M. Carrère, à Paris. — Les détails de ces procédés n’onl pas été publiés ; ils sont tenus secrets par les fabricants.
- 31. A. A., à Nancy. — II n’y a pas d’établissement particulier pour le traitement de ces maladies.
- M. J. P., à Paris. — Pour préparer la vaseline boriquée, il faut malaxer de l’acide borique en poudre avec de la vaseline ordinaire.
- M. C. Perrin, à Cherchell. — Il faut vous adresser à des fabricants de billes de billards : M. Loreau, 1, rue de Turenne, et M. Morize, 66, rue Notre-Dame-de-Nazareth, à Paris.
- M. Fournet, à Saint-Pétersbourg. — Nous ne connaissons pas d’autre phonographe que celui d’Edison ; le dépôt, à Paris, est chez MM. Werner frères, 85, rue de Richelieu.
- M. Frater, à Toul. — La rédaction est étrangère aux annonces; il faut vous renseigner à l'Office de publicité, 9, rue de Fleurus, à Paris.
- Plusieurs lecteurs de « La Nature )> nous ont demandé les noms botaniques des sapins extraordinaires des Etats-Unis, dont il est question dans la Notice Forêts de la province de Washington (n° 1116, du 20 octobre 1894). Nous les donnons ci-après : Sapins, nommés : Fir red (rouge) Abies magnifica. Fir tvhite (blanc) Abies concolor. Fir yelloiv (jaune) Pseudotsuga Douglasii. Hemlock Spruce Abies Canadensis; Ilemlock ivhite Abies Alba. Le bois que l’on nomme en ébénisterie Pitchpin est le Pinus rigida.
- M. le comte d’Esterno, au château de la Vesores (Autun). — Le tannage des peaux dont vous parlez est semblable à tous les procédés de tannage déjà connus ; nous ne saurions vous les indiquer ici.
- M. L. C., à Paris. — Il existe à Paris, dans les diverses mairies et écoles, des cours publics de langues vivantes organisés par l’Association polytechnique et par l’Association philotechnique ; consultez les programmes qui sont affichés dans les rues.
- M. A. F., à S. — lia paru un petit ouvrage d’ombromanie, Les silhouettes animées, par Victor Bertrand, à la librairie Ch. Mendel, 118, rue d’Assas, à Paris.
- M. F. P., à Paris. — H y a une quantité de recettes de bons vernis; voyez les traités de photographie.
- M. P. F., à Bruxelles. — Vous trouverez plusieurs ouvrages de ce genre à la Librairie agricole de la maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- M. E. Houdart, à Bagnolet. — Vous pourrez avoir des renseignements dans le texte de loi relatif aux brevets d’invention. Ce dernier forme une petite brochure qui est en vente dans les librairies de droit industriel, dans la rue Soufflot et les rues avoisinantes.
- il/. D. D., à Grammont. — 1°Tables d’annuités, à la librairie Gauthier-Villars, à Paris. — 2° Ce volume va paraître très prochainement.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Moly, à Ville-franche. L’adresse des constructeurs est donnée en tête de la Boite aux lettres Au numéro qui contient la description de la machine. — M. L. Mérou, à Montpellier. Toutes les verreries pourront vous fournir des échantillons de plaques de verre • semblables. — M. J. Clément, à Paris. Nous ne croyons pas que cet ouvrage existe. — M. G. W. Uermet, à Paris. Les résultats de ces expériences n’ont pas encore été publiés. — M. A. Cassé, à Nantes; M. J. Canta-cmène, à Bucarest. Nous n’avons pas de plus amples renseignements ue ceux déjà donnés. — M. G. K., à Paris. Les procédés de sou-ure de l’aluminium sont donnés dans les Recettes et procédés utiles, 4e série, qui va paraître prochainement à la librairie G. Masson. — il/. Cayattc, à Binan; M. B. D., à Saint-Malo. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INVENTIONS1
- Allumoir électrique Ronbeand. — Le nombre des allumoirs électriques est aujourd’hui considérable; mais il en existe une quantité dont le fonctionnement laisse souvent à désirer. Nous avons été frappés par la simplicité et les heureux résultats de l’appareil de M. Roubeaud; nous en donnons la description. Une petite lampe à essence A est placée dans un circuit formé de deux piles Leelanché, d’une bobine de self-induction et d’un interrupteur B constitué par un balai C qui est
- Allumoir électrique.
- 1. Appareil simple. — 2. Appareil pouvant se manœuvrer à distance.
- adapté sur un petit levier articulé autour d’un axe fixe D. Les deux éléments Leelanché et la bobine de self-induction sont renfermés dans une petite boîte ; la lampe et l’interrupteur sont placés sur le devant de celle-ci. Le modèle le plus simple que montre la figure 1 porte sur le levier mobile une clef qui permet de manœuvrer l’interrupteur. Le balai C, au repos, se trouve au point F ; quand on tourne la clef, il vient frotter contre la tige E de la lampe, le circuit est fermé pendant quelques instants; à la rupture, l’étincelle d’extra-courant enflamme la mèche de la lampe. Le deuxième modèle que représente notre figure 2 peut être manœuvré à distance à l’aide d’une poire en caoutchouc G et d’un tuyau II. En appuyant sur la poire, on comprime l’air intérieur qui vient agir en I sur le piston d’une petite pompe; la tige J est soulevée et fait remonter le balai G comme nous l’avons fait plus haut à l’aide d’une clef. Pour voir l’heure pendant la nuit, on peut accrocher une montre sur le côté, comme le représente la figure. Dans l’emploi de cet appareil, il est nécessaire de veiller à ce que le balai ne porte pas sur la lampe au repos; il faut également allumer avec précaution, sans aller trop vite. — L’allumoir électrique est construit par M. F. Roubeaud, électricien, 94, avenue de Neuilly, à Neuilly-sur-Seine.
- La toupie-cyclone. — Charmant petit jouet qui nous vient d’Angleterre. C’est une toupie démontable formée d’un disque à bords cannelés; ce disque est percé d’un trou dans
- Toupie à air. — 1. Mode d’emploi. — 2. Détail de la toupie.
- lequel on introduit la tige centrale formant l’axe de rotation. La toupie est placée dans un godet métallique où on la fait tourner avec les doigts comme un toton. Aussitôt que la rotation est commencée, on prend un tube métallique légèrement conique qui fait partie de l’outillage et on lance un courant d’air qui sort autant que possible tangent au bord circulaire du disque. On peut ainsi, en soufflant convenablement, entretenir la rotation sous l’influence du courant d’air. — Cette toupie se trouve chez M. Paul Bertrand, 19, rue Ilauteville, à Paris.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Albnm démontable pour photographies. — Nous avons déjà signalé plusieurs systèmes d’albums dont les feuilles sont démontables; les feuillets peuvent être retirés et remis de manière qu’il soit possible de les changer de place, ou de leur substituer un autre feuillet. L’album que nous représentons ci-desSbus est un nouveau système bien construit ; la figure 1 en montre l’aspect, la figure 2 donne la disposition de son mécanisme. Chaque feuillet est muni de crochets plats qui s’introduisent dans des tiges montées contre la paroi du dos de
- Album démontable. — 1. Vue d’ensemble.
- 2. Détails du mécanisme à une plus grande échelle.
- la reliure dans l’intérieur de l’album. Pour introduire une feuille, on place les crochets en avant des tiges, puis on les pousse de manière qu’ils fassent prise. En avant de l’album, en A, est un fermoir à ressort qui maintient les feuilles, et qui peut être ouvert quand il s’agit de les remplacer ou de les retirer. — Cet album se trouve chez M. Léon Peter, 127, rue Saint-Honoré, à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Les chronomètres de marine, par E. Caspari, ingénieur hydrographe de la marine. 1 vol. petit in-8°, de Y Encyclopédie scientifique des aide-mémoire, publiée sous la direction de M. Léauté, membre de l’Institut. — Paris, Gauthier-V’illars et fils et G. Masson, éditeurs. Prix : broché, 2 fr. 50 ; cartonné, 3 francs.
- Les merveilles de la flore primitive. Étude raisonnée de la formation des plantes et des phénomènes qui ont provoqué et accompagné le développement des forêts de la période houillère, par A. Froment. 1 vol. in-8° avec 36 figures. — Paris, G. Carré, éditeur, 1895.
- L'art de construire les ballons en papier, par Eugène Fabry, professeur à la Faculté dés sciences de Montpellier 1 vol. in-8°. — Paris, Ch. Mendel, éditeur. Prix : 2 francs.
- Tableau métrique de logarithmes. Instruction. Notes et problèmes divers. Arithmétique. Changes. Intérêts composés. Annuités, par C. Dumesnil. 1 brochure in-8° et 4 tableau. — Paris, librairie Hachette et Cie.
- Notice sur les principales installations établies par la Compagnie de l’industrie électrique de Genève, par Ed. Lullin, ingénieur. 1 brochure in-16. —Genève, imprimerie suisse.
- Peru. Beobachtungen und studien über das Land und seine Bewohner wahrend eines 25 jahrigen aufenthalts. Le Pérou. Observations et études sur le pays et ses habitants pendant une période de 25 ans, par E. W. Middendorf. Yol. I. Lima avec 21 figures et 32 tableaux. Yol. IL Das Küstenland von Peru, avec 56 figures et 38 tableaux. 2 vol. in-8°. Berlin, Robert Oppenheiin, éditeur, 1894.
- Nomenclator coleopterologicus. Eine etymologische Erklarung samtlicher Gattungs-und Artnamen der Kafer des deutschen Faunengebietes. Explication étymologique des genres et espèces des Coléoptères de la faune allemande. Von Sigm. Schenkling. 1 vol. in-16. Frankfurt-am-Mein. H. Bechhold, imprimeur, 1894. Prix : 5 fr.
- Lehrbuch der experimentalphysik, von Adolph Wdllner. Erster Band. Allgemeine Physiq und Akustik. Leçons de physique expérimentale. 1er volume. Physique générale et acoustique. 5® édition, revue et augmentée. 1 vol. in-8° avec 321 figures. — Leipzig, G. Teubner, éditeur, 1895.
- Missouri botanical garden. Fifth annual report. 1 vol. in-8°. Saint-Louis, Missouri (Etats-Unis). Published bv the Board of Trustées, 1894.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Alliage adhérant au verre. — Si nous en croyons American Machinist, un nouvel alliage de cuivre et d’élain possède la propriété d’adhérer au verre avec une telle force qu’on pourrait l’employer pour souder bout à bout des tubes. C’est là une qualité intéressante à reconnaître, et pour ceux de nos lecteurs qui voudraient en faire l’essai, nous dirons que cet alliage est formé de 95 parties d’étain pour 5 parties de cuivre. On l’obtient en fondant d’abord l’étain, en ajoutant le cuivre, et en remuant le tout avec une spatule en bois. L’alliage fond à 560° C. En y ajoutant 1/2 à 1 pour 100 de plomb ou de zinc,
- on peut faire varier sa dureté et sa fusibilité. Ce produit peut également servir pour recouvrir les métaux oxydables d une couche protectrice.
- Pâte dentifrice. — Un de nos lecteurs, M. L. Marissiaux, nous fait connaître la l'ecette d’une pâte dentifrice, formée de crème de tartre, 100 grammes ; carbonate de chaux finement ulvérisé, 50; corail rouge, 15; cochenille, 40; miel blanc, 50; alun, 3; essence de menthe, 1 ; essence de lavande, 2; essence d’anis, 2. Toutes ces substances sont mélangées ensemble ; la pâte mise ensuite dans des pots bien bouchés se conserve très longtemps.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Paro Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS A 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN HILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 5 novembre . 5°,0 S. 2. Peu nuageux. 0,0 Beau jusqu’à 7 h.; nuageux de 8 h. à 12 h.; couvert ensuite.
- Hardi 6 10*,1 S. 1. Couvert. 0,0 Nuageux jusqu’à 16 h.; beau ensuite ; brouillard le soir.
- Mercredi 7 5*}1 S. S. E. 1. Couvert. 0,0 Couvert jusqu’à 8 b.; beau de 9 b. à 14 h., puis couvert ; pluie de 21 h. à minuit 10.
- Jeudi 8 7*,7 S. W. 4. Peu nuageux. 1,0 Beau jusqu’à 7 h.; couvert de 8 h. à 15 h ; nuageux ensuite; pluie de 15 h. à 15 h. 30.
- Vendredi 9 4*,2 73 te Très nuageux. 1.9 Couvert à 1 h.; beau de 4 à 5 h.; ensuite couvert; pluie fine dans la soirée.
- Samedi 10 12*,9 S. S. W. 3. Couvert. 1,5 Couvert jusqu’à 13 li.; nuageux de 14 à 21 b.; puis couvert.
- Dimanche 11 7%8 S. S. W. 4. Couvert. 0,6 Couvert jusqu’à 4 h.; nuageux de 5 h. à 14 h.; beau de 15 h. a 19 h., couvert ensuite; pluie de 21 h. à 24 h.
- NOVEMBRE 1894 — SEMAINE DU LUNDI 5 AU DIMANCHE II NOVEMBRE
- La courbe supérieure indique la nébulosité ae U a 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à O, au niveau de la mer)] courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche-; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Inondations dans le département du Mord (France). —
- Dans les derniers jours du mois d’octobre, de grandes inondations ont eu lieu dans le département du Nord, à la suite de pluies torrentielles. Aux environs de Lille, tous les villages qui bordent la Lvs et ses affluents, comme les campagnes riveraines de la Dcule et de la Marcq, ont été entièrement inondées. Les fermes se sont trouvées entourées d’eau qui, sur certains points, s’est élevée à plus d’un mètre. On a été obligé de s’y rendre en barque. Dans de nombreuses fabriques, à Roubaix et à Tourcoing principalement, le travail a dû être arrêté. A Marcq, le tramway à vapeur qui va de Lille à Tourcoing a dû interrompre son service. A Dunkerque, la campagne a été également inondée. Les dégâts pour cet arrondissement ont dépassé 3 millions.
- Les eaux ont envahi le quartier de Capecure, à Boulogne-sur-Mer. Aux usines de produits céramiques de la Verte-Voie, des fours ont éclaté au contact de l’inondation et ont provoqué un incendie considérable; des cheminées se sont écroulées. Le 31 octobre, dans la soirée, le torrent a envahi les habitations de la cour Lefrançois, de la rue Damrémont, de la rue et de l’impasse du Dalot, de la rue d’Âusterlitz. Les habitants, presque tous de pauvres ouvriers, ont dû se réfugier aux étages supérieurs. Le magasin des postes et télégraphes, situé rue Damrémont, a été inondé ;
- les produits chimiques destinés à l’entretien des piles ont fondu ; les imprimés, appareils et matériaux de toutes sortes, ont été avariés.
- On a signalé de nombreux dégâts dans la vallée de la Liane, à Pont-de-Briques, Hesdigneul et Carly. La rivière, sortie de son lit, a coupé les routes; des bestiaux ont été emportés et noyés. A Lens, par suite des pluies et du débordement du canal de la Lys, les eaux ont couvert les terres entre Aire et VVardrecques. La voie du chemin de fer du Nord a été coupée; le ballast a été emporté et la circulation interrompue. Les eaux ont emporté la voie sur divers points entre Saint-Omer et Boulogne, entre Aire et Berck. La Scarpe et la Deule ont débordé dans l’arrondissement de Douai. Les dégâts ont été surtout importants dans les arrondissements de Saint-Omer, de Montreuil, de Béthune et de Boulogne, où la crue des eaux a été si rapide sur certains points que les habitants ont à peine eu le temps de se sauver : sur un grand nombre de routes il y a eu 00 centimètres d’eau.
- Tremblement de terre à Buenos-Ayres — Une forte secousse de tremblement de terre a été ressentie à Buenos-Ayres et dans.les provinces environnantes le 23 octobre 1894. Ce sont surtout les provinces de San-Juan et de Ilioja qui ont été éprouvées. Les églises, les théâtres et de nombreuses maisons se sont écroulées. Le nombre des personnes qui ont péri est de vingt-cinq.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 5, à 3 h. 25 m. du soir.
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- Réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- AVIS DE K/AD9II1VISTHAT101K. — L’échéance du 50 novembre étant une des plus chargées de l'année, nous prions instamment MM. les abonnés dont l’abonnement se termine avec le numéro du 24 novembre (n* 1121) de nous faire parvenir soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent sera, à Paris et dans les départe-•ments, présentée dès les premiers jours de décembre aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas avant le 3 décembre renouvelé •ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales ‘(2 volumes, 1873 à 1882 — 1883 à 1892), au prix de 12 francs au lieu de 20 Irancs.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction •et à la « Boîte aux lettres » doivent être adressées à M. Gaston Tissandier, 50, rue de Ghâteaudun, à Paris.
- LA SEMAINE
- Le Soleil et la Lune en décembre 1894. — La durée •du jour va bientôt cesser de diminuer pour augmenter de nouveau. Voici ces durées de cinq jours en cinq jours, à Paris. Le 5 décembre, 8h22m ; le 10, 8h16m; le 15, 8h15m; le 20, 8h10m; le 25, 8hllm; le 30, 8k14nl. Les jours en décembre vont sembler diminuer le matin et augmenter le soir. Ainsi, du 14 au 15, du 18 au 19, du 24 au 25, la matinée semble diminuer chaque fois d’une minute, pendant que la soirée augmente d’autant. Si même on considère l’intervalle du 14 décembre au 5 janvier suivant, on voit le lever du Soleil passer de 7h48m à 7h 56m, diminuant la matinée de huit minutes, et son coucher aller de 4hlm à 4h15m, augmentant la soirée de quatorze minutes. Cette bizarrerie disparaît lors-u’on fait attention que, dans le même intervalle, le passage u Soleil au milieu du ciel va de llh55m du matin à 01,6m après midi. Cette différence de onze minutes rétablit l’équilibre qui semblait détruit par les vingt-deux minutes d’écart entre les matinées qui diminuaient de huit minutes et les soirées qui augmentaient de quatorze. Le lundi 24 décembre, a lieu le quatrième et dernier accord entre les montres et horloges et le cadran solaire. Cet accord a lieu à midi pour les points situés à 108 degrés à l’ouest de Paris, par exemple au cap Orientes du Mexique. Les ombres des objets auront une longueur triple de leur hauteur verticale à Sedan, le décembre, Laon le 2, Compïègne le 3, Bayeux le 4, Lisieux le 5, Kvreux le 6, les Héaux de Bréhat le 7, Versailles le 8, Nancy le 9, Corbeil le 10, Mortagne le 11, Chartres le 12, Nogent-le-Rotrou le 14, Saint-Aubin-du-Cormier le 15, Vitré le 19, Rennes le 20, Chaumont le 22, Montfort le 24, Sens le 26, Bar-sur-Aube le 27, Saint-Dié le 28, Fontainebleau le 30 et Ouessantle51.—ta Lune éclairera pendant plus de deux heures le soir du vendredi 30 novembre au lundi 17 décembre, pendant plus de deux heures le matin du samedi 8 décembre au lundi 24. La seule nuit du mercredi 12 au jeudi 13 aura la Lune sur l'horizon pendant toute sa durée, du coucher du Soleil à son lever. Les soirées du mercredi 19 au jeudi 27 et îles matinées du samedi 1er au jeudi 6, ainsi que du mercredi 26 à la fin du mois, n’ont point de Lune. La Lune éclaire pendant la soirée entière, du jeudi 6 au mercredi 12 et pendant la matinée entière, du jeudi 13 au mercredi 19. C’est à la latitude de Bowen, à 17 degrés du pôle Nord, que la pleine Lune au méridien, dans la nuit du 12 décembre, donnera des ombres
- • de longueur égale à la hauteur verticale des objets. Plus grande élévation de la Lune au-dessus du point sud de l’horizon, à 61 degrés 53 minutes du pôle Nord, le jeudi 13 décembre, l’observer le matin. La Lune reste dix-sept heures quarante et
- • une minutes sur l’horizon de Paris. J. Vinot.
- INFORMATIONS
- —$— Le dernier record de la traversée de l’Atlantique, dans le sens de l’ouest à l’est, vient encore une fois d’être battu. Le Lucania, de la ligne Cunard, est arrivé le 14 septembre, à Queenstown, à 5* 47m au matin, ayant accompli son voyage de New-York en cinq jours huit heures trente-huit minutes, avec une vitesse moyenne de 21,84 nœuds. Les parcours quotidiens ont été : 447, 512, 494, 514, 506 et 337 milles au bateau phare de Daunt’s Rock. Le temps était beau et les vents modérés d’entre sud-est et sud-ouest. Le trajet du Lucania vers l’est s’est accompli dans le même espace de temps qu’un précédent trajet du même vers l’ouest; mais la performance est plus élevée, car le deuxième trajet a été plus long de 23 milles, la route totale vers l’ouest ayant été de 2787 milles, tandis que celle vers l’est s’est développée en 2810 milles. Le bateau New-York, de la ligne américaine, avait établi, il y a quelques semaines, un nouveau record de Southampton à New-York ; il avait débarqué ses passagers à New-York dans le sixième jour de leur départ de Londres; mais il vient lui-même de battre sa performance de deux heures. Parti de Southampton le 8 septembre, il a passé à Fire-Island, le 14, à 2 heures après-midi, et a mis ses passagers à terre, à New-York, avant 6 heures du soir.
- —Dans la nuit de dimanche 5 novembre à lundi 6, lisons-nous dons le Chasseur illustré, M. Greluche, charpentier, à Braux (Haute-Marne), se rendit à la chasse au sanglier, à l’affût, avec trois jeunes gens ue la commune ; il faisait un clair de lune magnifique et les chasseurs, restés à quelque distance l’un de l’autre, avaient le doigt sur la gâchette de leur fusil, attendant l’arrivée d’un solitaire. Tout à coup M. Greluche, s’étant, baissé derrière un buisson, fut pris pour un sanglier et ses trois compagnons firent feu sur lui : il tomba sans proférer une seule parole; il avait été tué net. Que ce triste drame serve aux chasseurs, au sujet des précautions à prendre.
- —®— L’Allemagne, d’après ce que nous apprend l’Éleveuj', souffre à son tour d’une invasion de lapins. Dans les forêts du Rhin, en face de Strasbourg, les lapins, de garenne se sont tellement multipliés depuis deux ans, et leurs terriers s’étendent dans de telles proportions, qu’ils menacent la solidité des digues du fleuve. Les chasseurs des pays infestés, malgré leur diligence, ne parviennent pas à les exterminer; aussi le Gouvernement va-t-il prendre des mesures radicales pour arrêter ce fléau, et autoriser la destruction des rongeurs par tous les moyens possibles.
- —Depuis le mois de décembre 1893, l’Angleterre a importé du Cap des cargaisons entières de raisins. Des compartiments réfrigérants ont été installés sur les steamers chargés uu transport. Ces raisins se sont vendus en détail, à Covent Garden, à raison de lfr,85 la livre, les blancs, et de 2'r,50 la livre, les noirs, alors que les raisins provenant des cultures sous verre d’Angleterre valaient de 3", 75 à 5 francs la livre. Une ferme de Hex River, près de Capetown, ne compte pas moins de 2000 acres de vignes. Le commerce des raisins du Cap pourrait bien prendre une rapide extension.
- —Une grande chasse a eu lieu en Angleterre, en l’honneur du prince de Galles, au château de Wynegard, demeure du marquis de Londonderry. En quatre jours, près de 8000 lapins et 2000 faisans ont été tués en battue.
- —®— 2 600 000 œufs, tel est le chiffre qu’accuse la récente adjudication pour la fourniture des œufs nécessaires au service des différents établissements de l’Assistance publique à Paris. L’adjudicataire de cette gigantesque omelette fournit l’œuf à 0,085 et à 0,084 la pièce, suivant les lots.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les globes holophanes se trouvent à la Société d’éclairage hôlophane. Directeur, M. A. Engelfred, 8, rue Saint-Quentin, à Pans.
- Communications. — M. G. Isaac, à Lyon, nous fait parvenir les quelques lignes suivantes extraites du premier volume de la Chimie de Fourcroy (édition 1786), et qui prouvent que l’idée d’appliquer la chimie à la cuisine est déjà ancienne : « Quelques personnes seront sans doute étonnées de voir l’art du cuisinier, auquel on fait ordinairement si peu attention, placé au rang de ceux que la chimie peut éclairer. Il suffit, pour leur répondre, de faire observer que tous les procédés que le cuisinier met en usage sont chimiques, et que cette science ne doit pas dédaigner un art si nécessaire et qui influe tant sur la santé. »
- M. B. Faustin, à Londres, nous dit au sujet du procédé de gravure à l’aluminium de M. Ch. Margot (n° 1110, du 24 juin 1894, p. 67), que ce procédé pourrait être utilisé à graver les écrans pour la photogravure, écrans qui ne sont actuellement exécutés qu’à Chicago, et à des prix très élevés.
- M. le capitaine de S., à Lorient, adresse une Note sur les curieuses expériences de M. Marey du retournement d’un chat dans sa chute au milieu de l’air ; notre correspondant remarque qu’on a fait un rapprochement entre le mouvement du chat et celui qu’exécute un acrobate dans le saut périlleux. « Que se passe-t-il dans le saut périlleux? Dans la trajectoire montante, l’homme s’enlève la tête haute, les jambes allongées, le corps formant une ligne droite. Ce n’ëst qu’en arrivant vers le sommet de cette trajectoire que le mouvement de rotation commence. L’homme se courbe vivement en arc de cercle, les genoux au menton, exécute dans cette position une ou deux rotations rapides, se détend de nouveau, et retombe sur ses pieds. Souvent il conserve les bras étendus latéralement comme une sorte d’axe autour duquel il semble pivoter, pendant toute la durée du mouvement. Alors, suivant l’explication donnée par certains journaux, l’impulsion de rotation resterait emmagasinée pendant quelque temps avant de produire son effet? Cela semble bien improbable. Dans le même ordre d’idées l’acrobate qui exécute le « plongeon » du haut des frises d’un cirque dans le filet tendu à une dizaine de mètres au-dessous, commence par exécuter une rotation autour de ses pieds comme charnière, le corps parfaitement rigide. Ensuite, sans impulsion, sans effort musculaire des membres inférieurs, il abandonne son support, suit, toujours rigide, un arc de parabole qui doit le conduire dans le filet, la tête la première, sous un angle de chute d’environ 80 degrés; puis, soudain, à faible distance de l’arrivée, sa trajectoire change, s’infléchit fortement mi dedans, et il vient tomber, le corps légèrement incurvé, presque tangentiellement au filet. » 11 y aurait à étudier ces questions.
- L’abonné 5263, à Paris, nous adresse une Note analogue sur le gymnaste dans certains exercices du trapèze.
- Renseignements. — M. J. C., à Dourdan. — Le joint que vous indiquez n’est pas isolant; il est nécessaire de le remplacer par une bague en fibre, en caoutchouc durci, en bois bouilli dans la paraffine ou en toute autre substance isolante. La tige du paratonnerre doit être isolée complètement à sa partie inférieure et ne doit communiquer avec le sol que par le conducteur.
- M. E. Saurel, à Paris. — Il faudrait que nous connaissions votre dispositif pour savoir si nous avons déjà décrit un mécanisme semblable ou analogue.
- M. C. Ropiquet, à Corbie. — 1° Microphones : M. Postel-Yinay, 38, rue Vaneau; M. Mildé, 26, rue Laugier, à Paris. — 2° Nous signalerons volontiers ce phénomène météorologique, si vous voulez bien nous envoyer une courte description.
- M. C. Germain, à Nancy. — 1° Le voltage nous semble
- satisfaisant. — 2° Voyez les instructions relatives aux accumulateurs, publiées dans les traités d’électricité pratique. — 3° Consultez les annonces du journal.
- M. H. Vitalis, à Lodève. — Nous avons publié un grand; article sur la Conservation du lait a l'état frais, dans le n° 1078, du 27 janvier 1894, p. 138.
- M. D., à Nantes. — Voyez le Dictionnaire de Bottin; nous-ne pouvons vous faire connaître ici toutes ces adresses.
- M. le D' Burdel, à Vierzon. — L’ozoneur dont vous parlez est construit par M. Bonetti, 69, avenue d’Orléans, à Paris.
- M. G. A., à V. — Le silicate de potasse conviendra de préférence, croyons-nous ; vous pourriez toutefois essayer une dissolution de caoutchouc dans la benzine.
- if. F. L., à Paris. — Cette adresse a été donnée en tète delà Boite aux lettres du n° 1083, du 3 mars 1894.
- M. Ch. Mas, h Blidah. — Pour les plaques percées de trous et destinées à la photographie sans objectif, dont il a été question en 1890, vous pouvez vous adresser à MM. Dehors et Des-landres, 8, rue des Haudriettes, à Paris.
- if. A. Rempnoulx du Vignaud, à Champagne-Mouton. — Vous nous parlez du chauffage des serres par thermosiphons, il faut vous renseigner auprès des maisons suivantes : MM. Bohain, Besana et Quîniou, 21, rue des Roses, M. Davène, 33, rue des Tournelles, et MM. Lebœuf et Guion, 16, rue des Meuniers.
- if. E. Forneron, à Bordeaux. — 1° Nous croyons qu’untÿ nouvelle distillation seule pourra faire disparaître ce goût. — 2° Le schéma général de montage des téléphones est donné dans tous les traités d’électricité élémentaire. i
- Un abonné, à Nantes. — Il y a probablement un défaut d'isolement dans la canalisation ; il faut aussi vérifier l’état des piles, et remarquer si le trembleur est bien réglé.
- if. J. Ferez Henrique, à Bordeaux. — Ces piles constituent des sources peu importantes d’énergie électrique, qui ne diffèrent pas sensiblement des dispositifs semblables employés jusqu’à ce jour.
- if. Plante, à Concremiers. — Le prix des quatre volumes des Recettes et procédés utiles est de 2 fr. 25 (broché) et 3 francs (cartonné), pour chaque volume.
- if. B. S. H., à Paris. — La plupart des cabinets de lecture donnent en location les volumes que l’on veut lire chez soi.
- if. B. K. C., à Paris. — Nous ne pouvons apprécier les articles qu’en en prenant connaissance.
- if. M. L., à Paris. — Le fait de l’impression d’un journal sur des plaques sensibles est dû à la partie blanche du papier qui a emmagasiné de la lumière. C’est dans la Boîte aux lettres que cette question a été traitée.
- if. F. Moreau, à Podensac. — 1° Nous ne croyons pas que la fabrication ait été poursuivie. — 2° Nous n’avons pas publié d’article sur ce sujet.
- if. H. Blariaux, à Maubeuge. — Vous trouverez ce genre d’album chez M. Réségotti, 8, rue Vivienne, à Paris.
- M. G. de Heusch, à Bruxelles. — L’alcool dissout les couleurs d’aniline; vous pourriez en faire l’essai.
- if. F. Blanc, à Saint-Etienne. — 1° On a déjà songé plusieurs fois à utiliser les propriétés hygrométriques du papier ; mais il n’a pas été possible de construire un hygromètre d’après ce principe. — 2° Il s’agit d’un phénomène d’électrisation qui a été observé en de nombreuses circonstances. — 5° Nous avons publié précédemment quelques articles à ce sujet. Remerciements.
- M. L. J. G., à Niort. — Voyez les annuaires d’électricité qui donnent les adresses des Compagnies d’électricité existant en France.
- M. L. Peltier, à Nantes. — Vous trouverez plusieurs ouvrages sur la production de l’aluminium aux librairies J. Michelet et Bernard, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. —M. G. Lasselin, à Granville. Les fabricants qui livrent ces papiers photographiques ne publient pas leurs recettes; nous regrettons de ne pas les connaître. — M. Lantheaum, à Paris. Pour vous répondre^ il faudrait établir divers projets et faire une série de calculs que nous ne saurions entreprendre. — M. E. Nypels, à Maastricht. Votre lettre a été envoyée à destination. — M. À. Glor, à Champagnole. Nous avons reçu votre photographie qui est charmante, et nous vous en remercions. — M. L. B., à Oran. Nous ne connaissons pas l'adresse que vous demandez. — M. Fourman-Piot, à Dormans. Nous avons emprunté cet article au journal que nous avons mentionné, et nous n’avons pas d’autres renseignements; tous nos regrets. — M. G. Dc-ridder, à Bruxelles. Voyez les Recettes et procédés utiles. lrc série (G. Masson, éditeur). — M. J. Gotendorf, à Maisons-Laflitte. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signales par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison,
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- PETITES INTENTIONS1
- Miroir-applique pneumatique. — La glace que nous représentons ci-dessous mesure 0m,14 sur 0m,09 ; elle est biseautée, d’une fabrication soignée. Derrière cette glace est
- 1 Si
- Miroir à applique pneumatique. — t. Vue de la glace par derrière avec sou appareil pneumatique. — 2. Le miroir fixé a une surface plane.
- fixé solidement un système de rotation sphérique permettant de lui donner toutes les positions et inclinaisons voulues ; à ce genou rotatif, est fixée une branche B qui relie le système pneumatique C, permettant de fixer ce miroir sur toutes les surfaces planes, telles que portes, boiseries, fenêtres et glaces. Nous avions déjà mentionné des bougeoirs basés sur ce même principe; l’application à un miroir mérite d’étre présentée à nos lecteurs. — Se trouve chez M. Mathieu, 2, rue du Faubourg-Poissonnière, Paris.
- Coupe-ongles. — La Nature a donné précédemment la description d’un petit coupe-ongles de poche qui, par sa construction aussi ingénieuse que minuscule, ne peut servir qu’à l’usage de la toilette des mains. Celui que nous présentons dans nos figures ci-dessous est basé sur le même principe, mais la
- Coupe-ongles. — 1. La pince coupante fermée. — 2. La même, ouverte.
- pince coupante est en forme de bec d’oiseau, tandis que celle du premier instrument formait demi-cercle. Le coupe-ongles est ainsi plus fort et plus solide; il peut servir pour les ongles des pieds comme pour ceux des mains. A l’intérieur du levier A est une lime à ongles. Quand on abaisse le fermoir que l’on voit à droite de notre figure 1, un ressort détermine l’ouverture de la pince comme le montre la figure 2. — Le coupe-ongles est en dépôt à la même adresse que le miroir-applique, indiquée ci-dessus.
- Le Jeu du Renard et du Basset. — Ce jeu, qui prend sa place dans la multitude de petits jeux de société, de patience, d’équilibre ou de combinaison, ne manque pas d’intérêt. Il est formé d’un grand cartonnage carré long, orné sur le plat d’un chromo représentant un chasseur visant le renard qui s’enfuit derrière un gros arbre. Deux ouvertures sont faites à côté l’une de l’autre en haut de la boîte ; chaque ouverture a une sortie indépendante, l’une sur le côté gauche, l’autre à la base et au milieu de la boîte, au pied de l’arbre. En introduisant une petite bille dans le premier trou de gauche [Renard), elle viendra naturellement sortir à l’extrémité de sa course par la sortie de gauche, mais si l’on est assez habile en introduisant la deuxième bille dans la seconde ouverture (Basset), lorsque la première bille (renard) a frappé cinq fois, pour attraper la première bille, on fait déclencher une trappe à l’intérieur,
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nom velles scientifiques est étrangère aux annonces.
- et les deux billes sortent par le même trou de l’arbre. Si l’instant précis d’introduire la deuxième bille n’est pas bien observé, on voit chaque bille sortir par son trou respectif. Il suffit d’un peu d’exercice, de patience et de tâtonnement pour arriver à réussir. Notre figure montre, à gauche, la disposition
- Le jeu du Renard et du Basset. Vue intérieure et couvercle de fermeture.
- intérieure de la boîte, et, à droite, le couvercle qui la maintient toujours fermée. — Ce jeu se trouve à la même adresse que le miroir-applique.
- BIBLIOGRAPHIE
- La reliure du dix-neuvième siècle, par Henri Béraldi. Première partie. 1 vol. grand in-8° avec 45 planches hors texte. — Pans, librairie L. Conquet, 1895. Prix : 60 francs.
- Les histoires de la reliure sont nombreuses, mais elles finissent toujours à la fin du dix-huitième siècle, de telle sorte que les lecteurs de ces ouvrages pourraient croire qu’après le ctix-hui-tième siècle l’art du relieur a cessé d’exister. Il n’en est rien. Notre dix-neuvième siècle naissant a vanté le grand relieur Bozé-rian, et un peu plus tard il a exalté les noms des grands relieurs Thouvenin, Purgold et Simier; puis les progrès ont succédé au progrès, des artistes habiles ont dignement remplacé leurs prédécesseurs : le grand art du relieur n’a pas dégénéré à notre époque. L’histoire que nous donne M. Henri Béraldi de la Reliure au dix-neuvième siècle, est une entreprise considérable, dont la première partie vient de paraître ; la reliure n’y est nullement présentée au point de vue technique, il ne s’agit que de l’art; et la question artistique est traitée de main de maître. Le premier volume que l’auteur vient de publier est très instructif et rempli de documents. Il est magnifiquement édité et les reliures célèbres sont reproduites par de belles planches où des procédés d’héliogravure qui les représentent leur donnant leur véritable caractère. M. Henri Béraldi mérite les plus grands éloges pour ce premier volume.
- Recettes et procédés utiles. Quatrième série, par Gaston Tis-sandier. 1 vol. in-18 avec figures. G. Masson, éditeur, à Paris. Prix : broché, 2 fr. 25; cartonné, 3 francs.
- Ce nouveau volume contient, comme ses devanciers, une mine de renseignements et de documents que l’auteur a compulsés et méthodiquement réunis. Les physiciens, les chimistes, tous ceux qui pratiquent les travaux manuels, et les gens du monde eux-mêmes y trouveront des recettes et des procédés utiles, comme le dit le titre du livre.
- Progress in flying machines, by 0. Chanute C. E. 1 vol. in-8° avec (le nombreuses gravures. The American and rail-road Journal, 47, Cedar street, New-York.
- M. Chanute est un des aviateurs les plus érudits et les plus convaincus de notre époque. Il a la persuasion que la navigation, aérienne sera résolue par les appareils plus lourds que l’air, et, dans le livre que nous annonçons ici, il publie un résumé très complet de tout ce qui a été proposé et exécuté dans l’aviation, depuis les temps anciens jusqu'à notre époque; l’auteur passe successivement en revue les machines volantes, les aéroplanes, les hélicoptères, et arrive aux dernières expériences exécutées par M. Lilienthal et par M. Maxim. L’ouvrage de M. Chanute sera très précieux comme résumé historique et comme exposé théorique de la grande question de l’aviation.
- A Madagascar, par IIenri-Ph. d’Orléans, 1 vol. in-18. — Paris, Calmann-Lévy, à la librairie nouvelle, 1895.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Conservation des petits Mammifères dans un liquide. — Le procédé que nous allons indiquer, en usage chez tous les naturalistes compétents, conserve à l’animal la même souplesse
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- 4jue pendant la vie et permet d’étudier son anatomie. On emploie ordinairement l’alcool pour conserveries petits Mammifères dans des bocaux; malheureusement cette substance est d’un prix élevé. M. Lataste indique la préparation suivante pour la conservation provisoire des Vertébrés :
- Eau........................................ 1 litre.
- Acide phénique cristallisé.. 0 kilo". 005 ) A ,
- Alcool à 90«.............. 0 kilog. 005 j 0 lv’ 010
- « On prépare à l’avance une certaine quantité d'un mélange à poids égaux d’acide phénique et d’alcool, et l’on marque sur une éprouvette ou un flacon le niveau qu’en occupent 10-grammes. On n’aura plus ensuite qu’à verser cette mesu re du mélange dans chaque litre d’eau pour former le liquide conservateur. Le volume du liquide employé doit être cinq à six fois supérieur à celui de l’animal. S’il y a plusieurs animaux
- ensemble dans le même bocal, il faut veillera ce qu’ils ne se mettent point en tas et à ce que chacun soit entouré de liquide. Il faut ouvrir l’abdomen (peau et muscle) de l’animal par une incision longitudinale et presser celui-ci sous le liquide, de façon à chasser de la cavité du corps les viscères et l’air, et à faire pénétrer à leur place, une certaine quantité de liquide ; il n’est pas d’ailleurs nécessaire de vider la bête, car les intestins et autres viscères ne pourrissent point dès qu’ils sont convenablement baignés par l’eau phéniquée. Il faut, surtout les premiers jours, agiter fréquemment le bocal afin de renouveler le liquide au contact des animaux. Enfin, quand le liquide est par trop chargé de matières organiques, il faut le jeter et le remplacer par d’autre. Quand les animaux seront destinés à être mis ultérieurement en peaux, à servir à la préparation des squelettes ou à être expédiés à des correspondants, le liquide que nous avons indiqué rendra de réels services. Lataste.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS A 7 HEURES RU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DD CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 12 novembre. 12°,3 S. S. W. 6. Couvert. 0,8 Couvert le matin, très nuageux le soir, vent violent, nuit du 12 au 13.
- Mardi 13 5%7 S. S. W. 3. Quelques nuages. 0,0 Quelques nuages.
- Mercredi 11 6-,9 S. 4. Couvert. 0,0 Couvert; pluie à partir de 14 h. 30; vent fort, nuit du 14 au 15.
- Jeudi 15 11*,6 S. 5. Couvert. 6,8 Couvert jusqu’à 19 h.; puis nuageux; j tite pluie jusqu’à 7 h.; vent fort jusqu’à midi. Couvert de 7 h. à 12 h.; quelques nuages avant et après, gelée blanche, brouillard dans la soirée. Beau jusqu’à 7 h ; couvert ensuite ; brouillard le matin ; petite pluie dans la soirée.
- Vendredi 18 2,4 S. 1. Couvert. 0,0
- Samedi 17 0*,4 N. E. 0. beau. 0,0
- Dimanche 18 8*,9 S. 1 Couvert. 2,5 Presque couvert ; brouillard presque toute la journée.
- NOVEMBRE 1894 -- SEMAINE DO LUNDI 12 AO DIMANCHE 18 NOVEMBRE
- | Lundi I Mardi I Mercredi I Jeudi I Vendredi I Samedi j Dimanche j
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer)', courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Aurores boréales. —M. Ch. Constant, à Boulogne-sur-Seine, nous écrit qu’il a observé, le 13 novembre 1891, de 8 heures à 10 heures du soir, une aurore boréale très remarquable. Au nord apparaissaient des bandes lumineuses d’un rouge sombre, se déplaçant lentement de l’ouest à l’est. Trois bandes principales se reformaient constamment, à l’ouest, au nord et à l’est; celle de l’ouest était la plus nette, mais la bande nord, beaucoup plus large, montait jusqu’au zénith. L’éclat dé la pleine Lune empêchait d’observer le météore dans la direction de l’est Le phénomène a présenté la plus grande intensité de 8 heures et demie à 9 heures.
- M. G. de Rocquignv Adanson nous adresse également une intéressante observation de ce phénomène. Voici ce que nous écrit notre correspondant : « Le 13 novembre 1891, entre 8 h. 30 m. et 9 heures du soir, le ciel étant étoilé et éclairé par la Lune, j’ai constaté la présence de belles lueurs auroraies sur l’horizon nord de Moulins. L’aurore n’affectait pas la forme d’un segment circulaire comme lors de l’apparition du 28 février 1894. L’illumination se manifestait cette fois par la formation de taches ou de plaques nébuleuses rouge amarante, étendues, diffuses, variables, répar-
- ties à peu près également de part et d’autre du méridien magnétique. Par moments, l’œil croyait percevoir dans ces plaques une sorte de vibration ou de palpitation lumineuse. De 8 h. 35 m. à 8 h. 10 m., l’intensité des lueurs sanglantes parut s’accroître et s’accentuer spécialement dans -la portion de zone comprise entre la Grande Ourse, la Lyre et la Petite Ourse. Quant à l’horizon lui-même, il était moins lumineux. A un instant donné, le phénomène prit de l’ampleur et un voile rose, léger, impalpable, s’étendit sur toute la moitié septentrionale de la voûte celeste. » La teinte rosée dépassa même le zénith et notre correspondant crut reconnaître des traces de coloration jusque dans les régions méridionales directement opposées au nord magnétique. La pleine Lune, fort élevée au-dessus de l’horizon et brillant d’un vit éclat, dominait très sensiblement la splendeur du phénomène. A 9 heures, une seule tache rouge, elliptique, persistait encore et couvrait presque entièrement la Grande Ourse. Puis cette dernière lueur s’éteignit elle-même peu à peu et disparut. Le 14 novembre au matin, le ciel était couvert. Mais on distinguait au nord des traînées nuageuses déployées perspectivement en éventail et le point de divergence était situé entre le nord et le nord-nord-ouest.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 13, à 7 h. 59 m. du matin.
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