La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- F/r CE LEERS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
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- Paris. Un an. . — Six mois.
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- AVEC LES TABLES DES DIX PREMIÈRES ANNÉES ET DE LA 2e SÉRIE DES DIX ANNÉES SUIVANTES
- Paris. —Imprimerie Lahuke, rue de Fleurus, 9.
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- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- RÉDACTEUR EN CHEF
- GASTON TISSANDIER
- VINGT-QUATRIÈME ANNÉE
- 18»«
- PREMIER SEMESTRE
- PARIS
- MASSON ET C'% ÉDITEURS
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- n* AN.NÉE.
- X° 1175.
- 7 DÉCEMBRE 1895.
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- L’ÉCLAIRAGE A L’ACÉTYLÈNE
- On parle beaucoup depuis quelque temps d’un nouveau système d’éclairage obtenu avec le gaz acétylène, qui n’était connu que des chimistes et qui n’avait pas encore été utilisé. C’est M. Moissan, notre célèbre chimiste,auquel on doit tant de nouveaux et importants résultats obtenus par l’emploi des fours électriques et des hautes températures de l’arc voltaïque, qui a attiré l’attention sur l’acétylène par un mode de production qu’on ne pouvait prévoir. M. Moissan a découvert, dans un de ses fourneaux électriques, une nouvelle substance qui est douée de propriétés étonnantes; elle consiste en une combinaison entre le carbone et le calcium et constitue le carbur'e de calcium. Ce produit a l’aspect d’une masse pierreuse grisâtre, mais, quand on le plonge dans l’eau, il donne lieu à un phénomène surprenant, il décompose l’eau, et se décompose en môme temps, pour produire un gaz qui, recueilli dans un tube, peut être enflammé comme le fait le gaz de la houille. La flamme de l’acétylène est d’un très grand éclat, et d’une pureté qu’on n’avait jamais observée dans les autres flammes; elle est d’une blancheur éblouissante, et de grande puissance d’éclairage. Ne voilà-t-il pas un fait étonnant? Une matière minérale qui, baignée dans l’eau, à la température.ordinaire, déter-
- mine immédiatement la production d’un gaz combustible; on peut rallumer aussitôt qu'il s’échappe de l’eau, parce qu’il n’y a aucun danger d’explosion, même quand il est mélangé avec de l’air. M. O’Conor Sloane, au commencement de l’année 1895, a décrit le premier un appareil consistant en un ballon de verre qui, contenant des morceaux de carbure de calcium, dégageait le gaz acétylène par un tube dont il était muni à sa partie supérieure . En ouvrant un robinet, on pouvait aussitôt allumer le jet, et le transformer en une belle flamme. La première lampe à acétylène était faite1. Aujourd’hui, les constructeurs ont étudié ce système d’éclairage si singulier, si facile à produire etsi intéressant. M. Trouvé s’est récemment attaché à la question d’une lampe pratique à l’acétylène, et nous allons faire connaître le petit appareil intéressant qu’il a d’abord construit pour les amateurs. Cet appareil (fig. 2) est fait avec un petit bocal de laboratoire percé d’un trou dans son fond, et dont l’orifice supérieur est muni d’un bouchon au travers duquel on a fait passer un tube de verre effilé qui peut servir à faire brûler le gaz combustible. Ce bocal, percé par le fond, s’introduit dans un grand vase, comme le montre la figure 2 (dans le n° I). On suspend dans le bocal un petit panier en fil de
- 1 Vov. n° 1146, du 18mar i895, p. 588.
- Fig. 1. — Lampe à acétylène construite par M. Trouvé. — Le panier en lil métallique que l’on voit au milieu du récipient plein d’eau, doit être rempli de fragments de carbure de calcium quand on veut produire rallumage.
- 21e année. — l,;r semestre.
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- fer où l’on a mis des fragments de carbure de calcium. Le n° 2 de la figure 2 montre l’introduction du bocal dans le vase récipient aux deux tiers rempli d’eau ; et quand le bocal est plongé, l’eau s’y élève par le trou inférieur du bocal; l’acétylène se forme aussitôt et se dégage à l’extrémité du tube où on l’allume. On peut ajouter à ce système un ballon que l’on adapte à l’extrémité d’un support, après l’avoir rempli de gaz ; il forme un petit gazomètre (fig. 2, n° 3).
- M. Trouvé, après ces premiers essais, a construit plusieurs lampes de différentes formes, il a enfin adopté celle qui est représentée dans notre figure 1, et qui est bien combinée. Le réservoir de la lampe est en verre et l’on voit intérieurement le bocal percé à son fond et contenant le panier métallique rempli de carbure de calcium; le réservoir de la lampe est surmonté d’une monture nickelée, qui
- Fig. 2. — Appareil d’amateur pour la production du gaz acétylène.
- forme une petite coupole hémisphérique à la partie supérieure ; un tube de dégagement muni d’un bec de gaz et d’un robinet termine l’appareil. La lampe étant préparée, il suffit d’ouvrir le robinet de son bec à gaz ; l’eau du gazomètre de verre qui entoure le bocal immergé contenant la provision d’acétylène monte dans l’intérieur de ce récipient, pour baigner le carbure de calcium ; on voit les bulles de gaz se dégager, et on approche une allumette en combustion du gaz qui se dégage; l’acétylène brûle et sa belle flamme se produit1.
- Après avoir signalé la lampe à acétylène, nous croyons devoir résumer l’histoire de cette substance. L’acétylène, formé de carbone et d’hydrogène, est représenté par la formule C2IIL 11 a été découvert en 1856 par Davy, mais il a surtout été étudié par M. Berthelot. C’est un gaz incolore assez soluble dans l’eau. Il est malheureusement doué d’une odeur désagréable ; mais on pourra l’éviter dans les appareils bien construits. Gastox Tissaxdier.
- 1 M. Ducrot et a construit un bon appareil à projection à gaz acétylène. Nous ferons prochainement connaître cet appareil.
- L'ÉTENDUE DE LA YOIX HUMAINE
- Dans le dernier numéro de la Physical Revietv, publié par la Cornell University d’Ithaca, M. W. Le Conte Ste-vens publie des renseignements très intéressants sur l’étendue de la voix humaine, et cite des chiffres que nous croyons utile de résumer.
- Rappelons d’abord que le diapason normal, désigné en musique par la5 ou A3, exécute 435 vibrations doubles par seconde, et que l’«/4 ou C4 du milieu de la portée de la clef de sol représente 512 vibrations par seconde.
- La note la plus grave émise par une voix humaine est attribuée à une basse allemande, Fischer, qui vivait au seizième siècle ; il donnait le fa0 ou F0, correspondant à 43 vibrations doubles par seconde, mais, dans l’opéra moderne, une voix de basse descend rarement au-dessous de \'uti ou C, (64 périodes par seconde), limite qu’une voix masculine ordinaire dépasse facilement dans des conditions anormales. L’auteur a pu, pendant une attaque d’influenza, donner le /n0ou A0 (55 périodes par seconde), mais très faible et de qualité musicale médiocre.
- Une voix de sopraxo ordinaire atteint facilement le Cs (1024 périodes par seconde), et l’on peut dire qu’en nombres ronds, les limites des voix naturelles et normales des adultes sont 100 vibrations doubles par seconde pour une basse et 1000 vibrations doubles par seconde pour un soprano. M“e Adelina Patti peut donner jusqu’au Gg (1556 vibrations doubles par seconde), sans que la qualité du son soit sacrifiée. A Parme, en 1770, Mozart a essayé la voie de Lucrèce Ajugari, qui trillcüt sur le Dg (1152 vibrations) et a chanté plusieurs passages musicaux sur un ton plus aigu, jusqu’au CG (2048 vibrations). Un soprano américain, M"a Ellen B. Yaw, a récemment dépassé ce record, et atteint le E6 (2560 vibrations), si l’on en croit l’annonce de son imprésario. On peut donc dire que l’étendue de la voix humaine adulte, pour des sujets exceptionnellement bien doués, varie de 50 vibrations doubles par seconde pour la basse à 2500 pour le soprano. *
- La voix des enfants est beaucoup plus aiguë, et M. Ste-vens, qui a pris l’habitude de toujours se promener avec un diapason dans la poche, s’est amusé plusieurs fois à estimer l’acuité des sons, ou, plus exactement, des cris poussés par les enfants excités par le jeu. Il a trouvé, à différentes reprises, des cris correspondant à 2500 et jusqu’à 5000 vibrations doubles par seconde. Sous l’influence de l’excitation produite par la terreur ou l’enthousiasme, la voix humaine peut, par suite d’une contraction inconsciente, atteindre une limite d’acuité bien supérieure à celle du chant.
- Tous ces résultats traduits dans la notation musicale montrent que les limites extrêmes des voix ou des cris humains embrassent une étendue de six octaves, mais qu’une seule voix arrivée à son développement normal dépasse rarement trois octaves.
- Le soprano Ajugari a pu exceptionnellement donner le G2 (192 vibrations doubles par seconde), couvrant ainsi l’étendue phénoménale de quatre octaves et demie. La voix ordinaire des adultes est généralement confinée à deux octaves seulement. Les musiciens qui écrivent pour la masse ne doivent pas perdre un instant de vue ces limites, s’ils ne veulent pas voir déshonorer leur musique par des couacs, des voix de tète et autres fioritures antimusicales qui font le désespoir des auteurs... et des auditeurs. Dr Z.
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- AFFICHES ÉLECTRIQUES
- M. M. Petry a fait installer dernièrement,, devant les bureaux du New- York Herald, à New-York, des affiches transparentes construites de la façon suivante : dans des cadres en fer sont fixées des plaques de verre verticales sur lesquelles sont fixées des plaques de verre horizontales distantes les unes des autres de 3 millimètres environ. Les lettres, en cuivre émaillé noir, sont fixées dans les rainures du verre au moyen de crochets dont leur dos est muni. Les deux côtés de l'affiche sont identiques. Pendant le jour, les lettres noires se détachent sur le fond blanc du verre. Pendant la nuit des lampes à incandescence placées entre les deux plaques de verre verticales permettent de lire les affiches avec une grande facilité.
- CARTES MAGNÉTIQUES DU GLOBE
- ENTREPRISES SOUS LA. DIRECTION DU BUREAU DES LONGITUDES NOTE DE M. DE BERNARDIÈRES1
- L’étude du magnétisme terrestre, intimement liée à celle des phénomènes les plus intéressants de la physique du globe, a pris, depuis quelques années, un large essor en Europe et dans les États-Unis d’Amérique. De nombreux observatoires permanents et temporaires ont été créés et les déterminations magnétiques, poursuivies avec assiduité dans un assez grand nombre de contrées, ont permis de dresser des cartes magnétiques régionales d’une exactitude souvent irréprochable.
- Ces travaux, qui n’embrassent que des espaces circonscrits disséminés à la surface du globe, ne peuvent suffire toutefois à la construction de cartes magnétiques générales; les cartes de ce genre, publiées depuis Dupcrrev jusqu’à ce jour (notamment, en Angleterre, par l’Amirauté, et récemment en Allemagne, en Autriche et en Russie), reposent principalement sur les observations recueillies par les navigateurs et sur des résultats de valeur scientifique très diverse. Un travail d’ensemble, répondant aux progrès incessants de la science et aux perfectionnements nouveaux des instruments actuels, exige des observations nombreuses, convenablement réparties dans toutes les régions, effectuées à des époques aussi rapprochées que possible, avec des instruments semblables et des méthodes uniformes.
- La réalisation d’un programme aussi vaste incombait au Bureau des longitudes, qui s’est préoccupé, avec une constante sollicitude, de l’étude du magnétisme et a mis tous scs soins à faire enseigner aux officiers et aux voyageurs en instruction à l’observatoire de Monlsouris, les méthodes les plus précises pour la détermination des forces magnétiques terrestres. Les officiers de marine, en raison de l’importance, chaque jour croissante, qu’ils attachent à l’étude de la boussole de bord, devenue un véritable instrument scientifique, ont paru tout naturellement désignés pour exécuter, avec leur zèle et leur désintéressement accoutumés, cet important travail.
- Le Bureau des longitudes a donc fait appel au Département de la marine et a obtenu le concours le plus précieux de M. le vicc-amiral Desnard, ministre de la Marine,
- 1 Secrétaire de la Commission des Cartes magnétiques du Bureau des longitudes. Cette Note, que nous reproduisons, a été présentée à l’Académie des sciences par M. Alfred Cornu, à la séance du 11 novembre 1895. Yov. La Nature, n° 1172, du 16 novembre 1895, p. 599.
- qui a mis à sa disposition des officiers et des marins ainsi qu’une notable partie des instruments d’observation. M. le ministre des Colonies a bien voulu s’intéresser également à cette entreprise et a promis l’aide de son Département pour les observations à effectuer dans nos possessions d’outre-mer. C’est ainsi que sept missions, composées chacune d’un officier, lieutenant de vaisseau ou enseigne de vaisseau ou ingénieur hydrographe, assisté d’un aide, ont pu être organisées, de façon à embrasser une surface considérable de la Terre dans un réseau d'observations simultanées.
- Ces missions ont été réparties ainsi qu’il suit : océan Atlantique, côtes ouest d’Afrique, côtes est d'Amérique, Antilles, etc., M. Schwérer, lieutenant de vaisseau; océan Pacifique, côtes ouest d’Amérique, M. Blot, enseigne de vaisseau; océan Pacifique, Océanie, M. Monaque, enseigne de vaisseau ; océan Indien, mer Rouge, côtes sud d’Asie, côtes orientales d’Afrique, Madagascar et autres îles, M. Paqué, enseigne de vaisseau; mers de Chine et du Japon, côtes d’Indo-Chine, de Chine et du Japon, M. Terrier, enseigne de vaisseau; îles Madère, Canaries, Açores, îles du Cap-Vert, Sénégambie, M. de Vanssay, sous-ingénieur hydrographe; Islande, mer du Nord, Scandinavie, Dancmark-Écosse, M. Houcltc, capitaine de frégate, commandant la station d’Islande; M. Morache, lieutenant de vaisseau.
- Dès que le Bureau des longitudes possédera les instruments nécessaires, une huitième mis-ion sera dirigée sur Terre-Neuve ci opérera, à son retour, dans le bassin de la Méditerranée. Les observateurs ont été munis des instruments les plus perfectionnés, tant pour la détermination de la valeur absolue des éléments magnétiques que pour la mesure des variations de ces éléments. Pendant le stage qu’ils ont fait, avant leur départ, à l’observatoire de Montsouris et à celui du parc Saint-Maur, ils ont réglé leurs instruments et les ont soigneusement comparés à ceux de ce dernier établissement; ces opérations seront répétées dans tous les observatoires magnétiques qu’ils rencontreront sur leur route. Des instructions spéciales fixent l'itinéraire de chacune des missions, qui ont, en outre, reçu des instructions générales destinées à assurer l'uniformité des méthodes d’observations et dô calculs indispensable pour le rapprochement et la coor? dination des résultats. Enfin, dans le but d’obtenir la direction des courbes magnétiques à travers les océans, le Département de la Marine a bien voulu faire in-tallcr des appareils spéciaux sur certains bâtiments appelés à effectuer des voyages de circumnavigation et prescrire des déterminations fréquentes et aussi précises que possible sur les navires qui ne possèdent que les instruments ordinaires de la navigation.
- Six missions sont en route ; elles ont déjà communiqué les résul ats de leurs premières observations et doivent poursuivre leurs travaux pendant une période d’environ deux années. La mission d’Islande, qui a quitté la France au commencement du printemps dernier, sur l’aviso-tranrport la Manche, vient d’effectuer son retour et rapporte une liche moisson de mesures qu’elle a recueillies à Cherbourg, en Écosse, aux îles Shetland, tn Islande, en Norvège, où elle est remontée jusqu’à Bossekop et Ilain-merfest, en Danemark, et au c urs do scs traversées dans la mer du Nord. Deux séries complètes d’observations de variations, d’une durée de huit jours chacune, ont été effectuées à Reykiaxvik dans l’observatoire conslruit par la Manche. La comparaison de ces valeurs de grande précision avec les résultats obtenus il y a soixante ans par
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- les observateurs de la Recherche et, depuis cette époque, par les différentes expéditions qui se sont livrées à l’étude <iu magnétisme terrestre dans ces régions, présentera le plus vif intérêt.
- Le succès de la mission de MM. Ilouette et Morache fait bien augurer des travaux exécutés actuellement par nos autres observateurs dans les différentes parties du monde et est un sur garant de la haute valeur scientifique ([ue présentera l’importante entreprise dont le plan vient d’être exposé.
- LAMPE iV ALCOOL A INCANDESCENCE
- On cherche beaucoup aujourd’hui à utiliser pour l’éclairage l’incandescence de divers corps. Tout le monde connaît le bec Auer et ses similaires.
- Tous ces appareils ont le grave inconvénient de réclamer le gaz pour fonctionner. M. A. Engelfred, qui s’occupe particulière-mentdes questions d’éclairage, et dont nousravons eu l’occasion de signaler précédemment les globes holophanes pour dill'user la lumière et la rabattre sur lés surfaces à éclairer, vient de construire une lampe à alcool «à incandescence,- à laquelle il a donné le nom de bec callophane.
- Le dessin n° 1 de notre figure nous montre une vue d’ensemble de cet appareil. Il s’agit d’une lampe ordinaire à alcool avec récipient en verre;
- au-dessus se trouvent les Laml'e à alc°o1 a incandescence ... semble. —2. Détails intérieur!
- dispositions pour 1 incan- — 4. Monture et porte-globe.
- descence dont nous allons
- parler. Autour de la flamme est monté un cône Colophane qui a pour but de réunir tous les rayons lumineux et de les ramener tous à la partie inférieure pour faire utiliser l’éclairage dans les meilleures conditions.
- Sur le récipient à alcool est monté un étui cylindrique dans lequel sont placées les quatre colonnes A n° 3; elles aboutissent à un dôme B qu’elles supportent. Des mèches de coton sont placées dans ces colonnes et établissent une communication continuelle entre ce dôme et le réservoir d’alcool. Au centre se trouve une petite veilleuse portant une molette pour le réglage de la flamme. Sur le dôme vient se visser le bec proprement dit, formé, comme un bec Bunsen, d’un ajutage C (n° 2) avec une cheminée métallique portant des orifices sur les côtés et aboutissant à la partie supérieure en I) à une tète
- qui forme support. Cette dernière maintient le manchon à incandescence G qui est porté à sa partie supérieure par un crochet (n° 2) fixé sur une tige métallique transversale. Ce crochet mobile donne de l’élasticité au mouvement du manchon dans le transport de la lampe et soustrait sa tète aux efforts d’arrachement très redoutés dans le système d’attache qui est usité pour le gaz. Pour faciliter la suspension et les manipulations du manchon, le verre Y est formé de deux parties qui se raccordent en 11. Une monture F avec grille présentant une ouverture triangulaire (n° 4) recouvre la partie A et B ; au-dessus se place la galerie porte-globe E (nu 4), maintenue par trois consoles avec collier.
- Voici maintenant quelques renseignements sur le fonctionnement de cette lampe. La veilleuse est d'abord allumée, quand l'appareil est complètement installé. L’alcool monte alors dans le dôme B par les mèches dont nous avons parlé, et se vaporise. On peut facilement régler la lumière en agissant sur la molette de réglage à travers l’ouverture F. Les vapeurs arrivent en I), où on peut les enflammer. On voit alors le manchon G devenir incandescent et présenter une lumière blanche éblouissante. Nous avons essayé nous-mème cette lampe et nous avons été très satisfait des résultats qu’elle nous a fournis.
- M. À Engelfred estime qu’une lampe donnant une intensité lumineuse de 50 bougies dépense par heure environ 60 grammes d’alcool sans grille de récupération, et 40 grammes avec grille de récupération. L’alcool employé vaut 1 franc le litre contenant 800 grammes. Nous avons essayé de faire quelques essais photométriques; mais ceux-ci sont assez difficiles en raison des différences de couleur. La bougie ordinaire donne en effet une teinte plutôt rougeâtre, tandis que le bec callophane donne une teinte très nettement blanche.
- Le bec callophane peut se visser sur n’importe quel modèle de lampe muni du pas ordinaire des lampes du commerce; son emploi permet donc maintenant de réaliser les phénomènes de l'incandescence avec une simple lampe à alcool portative. C’est un nouveau progrès à enregistrer.
- X..., ingénieur.
- ; bec callophane. — 1. Vue d’en-s. — 3. Générateur de vapeurs.
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- LA N AT U H E.
- DISTRIBUTION DE L’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE
- A PARIS
- La distribution de l’énergie électrique a pris dans Paris, depuis quelques années, une extension considérable. Il est intéressant d’examiner les divers progrès réalisés dans cette voie. Nous utiliserons à cet cfTet une communication que nous avons laite le 0 novembre 1895 à la Société internationale des électriciens.
- L’énergie électrique est fournie dans Paris par des stations centrales et par des usines particulières. Ces dernières existent depuis longtemps et les pre-
- miers essais remontent à 1875, mais la première station centrale établie à Paris a été la station Drouot ', dite cité Bergère, qui a été inaugurée le 21 juin 1887. Ce n’est qu’en 1889 cependant, quelques mois avant l’ouverture de l’Exposition, que le Conseil municipal de Paris accorda à quelques sociétés l’autorisation de poser des canalisations sous la voie publique dans Paris. Les premières sociétés qui acceptèrent le cahier des charges furent la Compagnie continentale Edison, la Société d'éclairage et de force par l'électricité, et la Compagnie Popp. À cette même époque, un réseau municipal était également installé pour l’éclairage des Halles centrales 2 et de leurs abords. En 1890, une nouvelle
- Fig. 1. — Vue intérieure (le la sous-station de la Compagnie parisienne d’air comprimé et d’électricité.
- société se fondait, sous le nom de Société du secteur de Clichy, pour effectuer la distribution de l'énergie électrique dans un autre quartier de Paris; en 1892 était fondée la Société du secteur des Champs-Elysées, et en 1895 était définitivement constituée la Société du secteur de la rive gauche.
- Depuis l’origine de grandes améliorations successives ont été apportées dans les usines, dans les canalisations extérieures et dans les canalisations intérieures. Nous avons déjà parlé, dans ce journal mêmel, en diverses circonstances, de toutes ces questions. Nous avons également décrit les usines les plus importantes. Mais il est intéressant de donner à la fin de l’année 1895 un aperçu général de la puissance actuelle de toutes les stations centrales.
- 1 Yov. n° 1011, du 15 octobre 1802, p. 511.
- La Compagnie continentale Edison effectue la distribution de l’énergie électrique par le système à trois fils à l’aide des trois usines établies à la cité Bergère, à l’avenue Trudaine' et au Palais-Royal. Ces trois usines peuvent être montées en quantité ou fonctionner seules sur l’ensemble du réseau. Une sous-station d’accumulateurs est également installée rue Saint-Georges. La puissance totale de cette Compagnie est de 2-400 kilowatts; mais on installe actuellement à l’usine Trudaine une puissance de 080 kilowatts, ce qui portera à 5080 kilowatts la puissance totale. Le nombre des appareils d’utilisation installés chez les abonnés est de 88 000 lampes
- 1 Voy. n° 737, du 10 juillet 1887, p. 101.
- 2 Yoy. n° 858, du 9 novembre 1889, p. 369.
- s Yoy. n° 1158, du 10 août 1895, p. 169.
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- IA NATURE.
- à incandescence de 10 bougies et 50 moteurs d’une puissance totale de 5G,8 kilowatts.
- La Société d'éclairage et de force par l'électricité possède à Saint-Ouen une usine primaire à courants continus à haute tension, d’une puissance de G00 kilowatts, transmettant la force motrice à Paris à des stations secondaires telles cpie les usines Barbes et de la gare du Nord. D’autres usines à vapeur sont également établies dans Paris, rue de Bondy, rue des Filles-Dieu, aux Abattoirs et à la Yillette. La puissance totale actuelle est de 2025 kilowatts ; elle sera portée prochainement à 2525 kilowatts par suite de nouveaux travaux effectués à l’usine de Bondy. Toutes ces usines desservent 70 000 lampes de 10 bougies et 55 moteurs de 90 kilowatts.
- La Société du secteur de la place Clichy1 est une des usines parisiennes les mieux établies et les mieux constituées. Plie fait la distribution de l’énergie électrique par le procédé à cinq fils avec canalisation en câbles sous plomb et armés. La puissance totale de l’usine est de 2470 kilowatts pour desservir 100 000 lampes de 10 bougies et 67 moteurs de
- Puissance en Kilowatts
- Minuit 1 234- 567 89 10 11 Midi! 2 H 5 6 7 8 9 10 U Minul
- Fig. 2. — Diagramme total de la production des usines électriques de Paris pour une journée d’octobre 1895.
- 176 kilowatts. Dans ce secteur l’emploi des moteurs électriques s’est surtout développé pour la mise en marche des ascenseurs électriques.
- La Compagnie parisienne d'air comprimé et d'électricité, autrefois la Compagnie Y. Popp, dispose de deux usines à Saint-Fargeau et au boulevard Richard-Lenoir, d’une puissance totale de 2200 kilowatts. Dans ces usines des machines dynamos produisent des courants continus à 2000 ou 5000 volts et chargent des batteries d’accumulateurs réparties dans 25 sous-stations, ces dernières formant comme autant de centres secondaires de distribution. A côté des accumulateurs, il y a également des transformateurs rotatifs, formés de deux machines accouplées sur le même arbre, l’une servant de moteur et l’autre de génératrice. La Compagnie a l’intention de remplacer toutes ces sous-stations de faible puissance par deux ou trois usines secondaires de puissance plus élevée. Depuis l’année dernière, elle a aménagé la sous-station Saint-Roch, qui doit être le modèle type de ces nouvelles usines. La figure 1
- 1 Voy. n° 925, du 21 février 1891, p. 183; n° 935, du 2 mai 1891, p. 345, et n° 939, du 30 mai 1891, p. 405.
- nous donne une vue intérieure de cette usine. Elle renferme deux groupes de quatre transformateurs en tension de 80 kilowatts et un groupe de quatre transformateurs en tension de 40 kilowatts. Les circuits secondaires de distribution alimentent un réseau à cinq fils pour desservir le quartier de la place Vendôme. D’après notre figure, on peut remarquer que l’installation de cette sous-station est particulièrement soignée. Au centre se trouvent les bâtis en maçonnerie avec les transformateurs fixés dessus ; sur les côtés on distingue les tableaux de couplage, et, dans le fond, le tableau de distribution renfermant, à gauche, les circuits d’excitation des transformateurs, au centre, les départs des feeders, et, à droite, les circuits des accumulateurs. Cette usine est pourvue également de ponts roulants électriques qui rendent de grands services. L’usine Saint-
- Pùissar'7
- en Kilowatts 350 r—-----r
- Minuit
- Minuit
- Fig. 3. — Diagramme de production de lTsine des Halles à Paris, en octobre 1895.
- Roch est desservie à la fois par la station Saint-Fargeau et la station du boulevard Richard-Lenoir. On procède également en ce moment, quai Jemmapes, à la construction d’une autre usine d’une puissance de 2400 kilowatts pour commencer, afin d’effectuer la distribution par le système à cinq fils. Les feeders de cette usine seront, à la sous-station Saint-Roch, couplés en quantité avec les circuits secondaires des transformateurs dont nous avons parlé plus haut.
- La Société du secteur des Champs-Êlysées n’a pas subi de grandes modifications depuis l’article que nous avons publié1. La puissance de l’usine est de 1200 kilowatts pour desservir 75 000 lampes à incandescence de 10 bougies et 15 moteurs de 25,7 kilowatts.
- La Société du secteur de la rive gaucher utilisé, 1 Voy. n° 1036, du 8 avril 1893, p. 295.
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- LA NATL’RE.
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- dès 1897», une petite usine de 100 kilowatts établie place du Panthéon. Elle installe actuellement sur les bords de la Seine, à ïssy, une usine qui renfermera 10 alternateurs Ganz de 400 kilowatts à 5000 volts et à 42 périodes par seconde. La canalisation, en voie d’exécution, est faite par des câbles concentriques Felten et Guillaume sous plomb et armés, isolés au jute et au papier. Ces câbles ont été fabriqués à Bezons par la Société industrielle des téléphones.
- L'usine municipale des Halles centrales, comme à l’origine, a une puissance totale de 570 kilowatts, dont 240 en courants continus et 550 en courants alternatifs. On a ajouté quatre dynamos Desroziers de 42,5 kilowatts pour la charge d’accumulateurs et un alternateur volant de 58 kilowatts, mais sans augmenter la puissance des machines à vapeur.
- Si l’on fait un total de toutes les données précédentes, on trouve qu’à la fin de 1895, il y a à Paris, dans les usines centrales électriques, une puissance totale disponible de 10 965 kilowatts, et on installe encore 7980 kilowatts. Le nombre total de lampes de 10 bougies installées est de 454 567, atteignant une puissance totale de 16085 kilowatts ; il n’y a dans Paris que 154 moteurs électriques, de 551 kilowatts.
- La figure 2 nous donne un diagramme total de la production à chaque heure de la journée dans toutes les usines de Paris. On remarquera que cette production baisse à partir de minuit pour se maintenir à une valeur très faible pendant toute la journée, 500-600 kilowatts, et remonter à partir de 4 heures du soir successivement à 1591, 4465 et 6778 kilowatts. Le maximum est atteint vers 6 heures du soir, mais ne dure que fort peu de temps. Cette allure représente l’allure générale de toutes les usines de Paris. L’usine municipale des Halles seule a une courbe de production différente en raison de l’éclairage nécessité le matin pour les marchés. Dans la figure 5 nous trouvons les courbes de production en courants continus (G), en courants alternatifs (A), et la courbe totale. Nous trouvons un maximum vers 6 heures du matin et un autre maximum entre 6 et 7 heures du soir.
- La consommation d'énergie électrique par les abonnés à Paris s’est considérablement accrue, malgré les difficultés d’une lutte acharnée contre le bec Auer. En 1889 et en 1890, le nombre de kilowatts-heure vendus était respectivement de 480784 et de 2 284485; en 1894, il atteignait 7 885 454, après avoir subi dans les années intermédiaires des progressions toujours croissantes.
- A côté des stations centrales se trouvent, dans Paris, un grand nombre d’usines particulières pour desservir les théâtres, les gares, les hôtels, les grands magasins, les cafés, restaurants, cercles, les usines et les fabriques de tous genres. À la fin de 1895 on peut compter, pour toutes ces installations, une puissance de 25 760 chevaux, dont 25 000 à vapeur, 2260 à gaz et 500 à air comprimé.
- En comptant la puissance des stations centrales et des installations privées, on trouve un total de
- 48 700 chevaux pour machines à vapeur utilisées dans ces installations, sur un total d’environ 80 000 chevaux installés dans Paris à la fin de 1895. Ces chiffres prouvent nettement que la distribution de l’énergie électrique est utilisée à Paris dans une très large mesure et dans les industries les plus diverses. J. Laffargue.
- LES BAINS PUBLICS
- A BUDAPEST1
- Il n’y a pas de ville en Europe qui puisse offrir à ses habitants un nombre aussi considérable d’établissements de bains publics que la ville de Budapest. L’abondance des sources minérales que renferme le sol de la ville a pu déterminer, peut-être, la création des nombreux établissements qu’elle possède et développer le goût du bain sous toutes ses formes chez la population indigène. Toujours est-il qu’à toute époque, et maintenant encore, le bain à Budapest, à l’imitation de ce qui existait à Rome dans l’antiquité, est une des occupations journalières des habitants, qui trouvent le moyen de lui consacrer un temps appréciable et font des bains publics des lieux d’agrément et de distraction.
- Les Romains connaissaient les sources thermales de Bude. À toutes les époques de l’histoire elles ont été justement célèbres et d’importants établissements de bains en ont facilité l’exploitation. Dès l’époque du roi Mathias le hainRaez existait. Il était le bain de prédilection de ce souverain; les jardins royaux s’étendaient jusque-là et le bain, installé avec un grand luxe, était relié au château royal par un passage couvert.
- Les bains de Bude atteignirent l’apogée de leur splendeur sous la domination des Turcs. Les pachas firent édifier des établissements balnéaires d’une grande importance, dont il reste aujourd’hui de notables parties encore en service. On peut même dire que la plupart des bains actuellement existants datent de cette époque. Le bain Impérial fut construit par Hussein-Pacha, Mohammed-Pacha et Mustapha-Pacha. Sokoli-Mustapha-Pacha fit construire le bain Rudas en 1556 et le bain Royal en 1560. La salle à coupole du bain Rudas servant actuellement de bain de vapeur date de 1560 à 1570. La piscine du bain Saint-Lucas date aussi de cette époque (1568). Les Turcs avaient encore d’autres bains, entre autres le bain de l’Agha, dans le voisinage du bain Saros (ce bain a complètement disparu), et le bain des Vierges
- 1 L’arliclc que l’on va lire a été fait eh empruntant les documents à un ouvrage remarquable qui a paru récemment. Nous allons ici signaler l’ouvrage dont il s’agit; il est.dû à un architecte distingué, M. H. Pucey.
- Les bains publics à Budapest, par II. Pdcey, forment un album grand in-folio de 60 pages, avec 20 gravures dans le texte et 8 planches hors texte. (Paris, imprimerie de Dumoulin et Cie). Ce livre dans lequel des établissements balnéaires très bien installés et peu connus dans notre pays sont décrits, est rempli de faits intéressants; bien rédigé, le texte est très clair, les gravures et les plans des planches hors texte sont exécutés dans les meilleures conditions. G. T.
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- LA NATURE.
- réservé, suivant la légende, aux vierges destinées aux harems des pachas. Après la prise de [iude sur les Turcs, les hains furent en grande partie détruits. Aujourd’hui les établissements de hains de Budapest, composés de constructions provenant du temps de la domination turque et des constructions élevées depuis lors jusqu’à nos jours à diverses époques, couvrent une superficie considérable et sont fréquentés chaque jour par un nombre énorme de baigneurs. f-
- Les établissements anciens ont été complétés, modifiés et aménagés conformément aux exigences de la balnéotechnie moderne et des établissements nouveaux se sont créés. Les.principaux bains de Budapest portent les noms suivants : bain Impérial, bain Saint-Lucas, bain Raez, bain Ru-das, bain Saros, bain de l’île Sainte-Marguerite, bain du Bois-de-Ville, bain Royal, bain de la Source Ilungaria.
- A ces bains il faut ajouter le grand établissement des bains salins Elisabeth.
- Des bains d’eaux ferrugineuses et dis bains d’eau ordinaire existent également en divers points de la ville. Un certain nombre d’établissements hydrothérapiques peuvent compter aussi au nombre des établissements de bains publics. Enfin des bains de rivière sont installés en grand nombre sur le Danube.
- On peut voir, par la nomenclature qui vient d’être faite, que le nombre des établissements de bains de Budapest est fort respectable. L’importance de chacun d’eux, plus encore que leur nombre, fait comprendre combien le bain est un besoin de l’existence pour la population de cette ville et quel est le profit que doivent en tirer l’hygiène et la salubrité publiques.
- L’un des plus anciens et des plus importants est le bain Impérial. 11 est situé sur la rive droite du Danube. Ses batiments sont séparés du fleuve par une terrasse plantée de beaux arbres d’où la vue s’étend sur l’île Sainte-Marguerite, le Danube et la ville de Pest. Les embarcadères des bateaux à vapeur sont placés au pied de la terrasse et reçoivent à tout instant les arrivées de nombreux baigneurs. Derrière
- l’établissement se trouve le mont Joseph, sur les pentes duquel serpentent des allées en pente douce, d’où l’on a de jolis points de vue sur la ville et les environs. Le bain Impérial possède des sources chaudes qui fournissent un débit de 117 000 hectolitres en vingt-quatre heures, et ceci indépendamment des eaux tièdes et froides employées pour les douches et pour les mélanges avec les eaux chaudes pour les refroidir. Grâce à cette abondance tous les services du bain Impérial fonctionnent et sont alimentés par des eaux chaudes naturelles à l'exception de quelques douches de bains de vapeur qui sont alimentées en eau du Danube.
- Les eaux du bain Impérial sont employées en bains ordinaires, bains de vapeur, bains de boues, douches, bains de natation, inhalation, etc. Plusieurs médecins sont attachés à l’établissement et indiquent toutes les précautions à prendre dans l’intérêt des baigneurs. Mais quoique ces eaux puissent être utilisées dans le traitement de diverses maladies, le plus grand nombre des baigneurs ne se compose pas de malades. Il est formé principalement d’habitants de la ville qui viennent chaque jour prendre leur bain à titre de délassement, d’exercice hygiénique et d’agrément; il en est de même, d’ailleurs, dans tous les autres bains de la ville. Les bains ordinaires se prennent dans des baignoires de pierre, de marbre, de métal. Les bains de vapeur occupent ceux des bâtiments construits par les Turcs qui ont résisté aux guerres et aux révolutions, et qui comprennent, notamment, la superbe salle à coupole et les constructions qui l’entouraient.
- Tous ces bâtiments sont bien conservés et en bon état et donnent une haute idée de la façon dont les Turcs entendaient l’organisation des bains publics. La salle à coupole sur pendentifs repose sur des arcades et pilastres engagés ; elle est éclairée par en haut par un œil à la clef; au milieu, se trouve une piscine octogonale en marbre de 9 mètres de diamètre; la salle a 12 mètres de diamètre et environ 14 mètres de hauteur à la clef ; les autres salles con-
- Fig. 1. — Bain Impérial à liuda-Pesth. — N" 1. Grand bassin. — -X" 2. Une galerie intérieure. — N° 5. Bassin à renouvellement d’eau continu. — N* 4. Couloir des cabines. — N* 5. Pédicure. — IS'° 6. Coiffeur et pédicure pour dames. — N" 7. Lits de frictions et de massage. — Porte du fond au milieu : Bain de vapeur.
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- LA NATURE
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- Fig. 2. — Bain Iïudas à Buda-Pestli. — Coupole turque. Vue intérieure.
- tiguës sont de construction analogue et sont toutes voûtées. Les bains de vapeur aménagés dans ces constructions comprennent
- (fi
- grande piscine
- Mont Ge
- a eau chaude située sous la coupole, et trois piscines plus petites à eau tiède et à eau froide, un certain nombre de douches tièdes et froides et de bains de siège, des
- chambres de vapeur, des bancs de massage, la chambre à sécher, les salles du pédicure et du coiffeur et quatre-vingts cabines pour se déshabiller. Les bains de boue ou bains limoneux se composent d e deux divisions (côté des hommes, côté des femmes); dans chaque division se trouvent une piscine limo-neuse chaude (40° C.) et une tiède, des douches
- froides et tièdes, des bassins séparés pour les mains et les pieds, des bancs à transpirer sur lesquels sont
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- Fig. 3. — Bain Rudas. Coupe.
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- Fig. 4. — Bain Rudas. Plan.
- portés les baigneurs enveloppés de couvertures chaudes pour activer la transpiration. Chaque division
- comprend encore des cabinets pour se déshabiller et des salons pour faire sa toilette et se reposer sur des canapés en attendant que la température du corps devienne normale. Le bain de natation pour les hommes se compose d’un bassin à l’air libre entouré de galeries sur lesquelles sortent cent, quarante-cinq cabines. Ce bassin
- est d’une superficie de 850 mètres carrés ; il est alimenté en eaux minérales pures à 27° C. La partie sud du bassin (un tiers de la superficie) est la moins profonde, elle est réservée aux baigneurs qui ne savent pas nager. La partie nord (deux tiers de la superficie) a mètres. Au-dessus du des appareils de
- une profondeur de 2 à 4 niveau du bassin sont établis
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- LA NATURE.
- gymnastique et tous les accessoires ordinaires de la natation. Une salle de toilette et une buvette complètent rétablissement de natation pour les hommes.
- Le bain de natation pour les dames est entièrement couvert. Il se compose d’un bassin d’une superficie de 250 mètres carrés, entouré de galeries sur lesquelles sortent soixante cabines, d’une salle de douches et d’un salon de toilette. Il possède également tous les appareils de gymnastique et autres accessoires de tout établissement de natation. Comme le bain de natation des hommes, il est entièrement alimenté en eaux minérales pures à 27° C.
- Le bain Impérial comprend aussi un établissement particulier destiné au peuple. Cet établissement à prix très réduits (prix unique de 5 kreutzer, 10 centimes) est placé derrière le bain à vapeur de la grande coupole turque. 11 se compose d’une division pour hommes et d’une division pour femmes. Dans chacune d'elles se trouvent une piscine froide et une chaude, des douches et des cabines pour la toilette ; la grande division possède en plus une salle de vapeur. Le bain Impérial contient encore, outre les services particuliers que réclament les différents genres de bains qui viennent d’ètre mentionnés, tous les services que comporte un établissement de ce genre et proportionnés à son importance ; les locaux réservés à l’administration, les caisses, bureaux, etc.; les lingeries, buanderies et séchoirs, les appareils pour le chauffage du linge, les ateliers pour l’entretien du matériel, les réservoirs, les salles des chaudières et machines ; les bureaux des médecins attachés à l’établissement d’une façon permanente, les salons de repos, etc.
- Les habitants de Budapest ne manquent pas de profiter des facilités que leur offrent leurs bains publics et ils les fréquentent avec assiduité. Pour sa part, le bain Impérial ne reçoit pas moins de 450 000 visiteurs par an qui ne se gênent nullement les uns les autres, étant donnée l’énorme superficie de l’établissement, qui occupe plus de 20 000 mètres carrés, et où 1000 personnes peuvent se baigner à la fois. Certains jours le bain reçoit jusqu’à 3000 baigneurs.
- Les autres bains de Budapest comportent à peu près les mêmes services que le.bain Impérial, mais dans des proportions plus ou moins vastes suivant l’importance de chaque établissement. Parmi eux nous citerons principalement : le bain Saint-Lucas, qui ne le cède en rien au bain Impérial. La plupart des bâtiments de ce bain sont modernes. II offre entre autres un établissement de bains limoneux parfaitement organisé dont les piscines seulement occupent une superficie de 550 mètres. Son bassin de natation pour hommes a 960 mètres de surface et celui pour dames 830 mètres carrés. Il comprend également un bain spécial pour le peuple. Deux grands hôtels font partie de l’établissement. Toutes les parties de l’établissement sont éclairées à la lumière électrique et chauffées. Des traitements d’hiver y sont donnés. Ce bain occupe au total, bâti-
- ments, cours et jardins, une superficie de 36 000 mètres carrés. Certains jours il reçoit jusqu’à 5000 baigneurs. 11 appartient à une société par actions au capital de 1 000 000 de florins (2 100 000 francs), sa valeur mobilière et immobilière est estimée à 900 000 florins (1 890 000 francs). Ces quelques chiffres peuvent donner une idée de son importance. Le bain Raez, qui possède entre autres services de remarquables installations de bains de vapeur pour hommes (300 cabines) et pour femmes, ce dernier particulièrement soigné. Il ne comporte ni logements de baigneurs, ni jardins. Il distribue annuellement 600000 billets. Le bain Rudas, dont les bâtiments couvrent une surface de 10 000 mètres carrés, possède la belle coupole élevée en 1556 par Sokoli-Mustapha-Pacha, qui sert actuellement pour bains de vapeur (fig. 2 et 5), et deux établissements très confortables pour le peuple. Le bain Saros, avec sa piscine très curieuse de l’époque turque qui sert au bain commun des deux sexes, est plutôt fréquenté par la classe inférieure.
- Les établissements que nous venons de décrire offrent une quantité et une diversité de bains qu’on ne trouve nulle autre part dans de pareilles proportions; et il y a lieu de remarquer que, quoique les eaux employées proviennent, pour la plupart, de sources thermales et possèdent de véritables qualités thérapeutiques, les établissements ne sont fréquentés que par une faible proportion de malades, tandis que la majorité des baigneurs appartient à la population locale, qui n’envisage le bain qu’au point de vue diététique et de propreté. L’habitude du bain est passée dans les mœurs des habitants de Budapest comme elle était dans celles des Romains de l’Empire. L’usage en est nécessairement d’autant plus répandu qu’on s’élève davantage dans l’échelle sociale. Néanmoins, la classe inférieure ne le néglige pas, et si elle ne le pratique pas autant que les classes supérieures, c’est que le travail ne lui laisse pas toujours les loisirs suffisants pour s’y donner d’une façon plus complète. Malgré tout, elle s’y livre encore plus qu’en aucun autre pays du continent. Ou peut juger par la superficie des terrains qu’occupent les bains de Budapest de l’étendue des locaux qu’ils offrent au public et de la quantité de personnes qui peuvent en user à la fois. C’est par milliers de baigneurs qu’ils sont fréquentés chaque jour. Ils couvrent une superficie de terrain de plus de 14 hectares et délivrent chaque année une moyenne de près de 5 000 000 de billets (7000 par jour en hiver, 9000 en été).
- Il serait à désirer que nous eussions dans nos pays d’Occident des établissements analogues. Il serait bon de provoquer dans notre société, à l’exemple de ce qui existe dans la capitale de la Hongrie, le goût du bain sous toutes ses formes, et de le mettre à la portée de toutes les classes ; ce serait un grand progrès pour l’hygiène et la salubrité publique.
- IL Pl'CEY.
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- LA NATURE.
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- CORRESPONDANCE
- LA SOCIÉTÉ D’HISTOIRE NATURELLE d’a'JTUN. l’anauaire GÉOLOGIQUE UNIVERSEL.
- Nous avons reçu de M. Albert Gaudry, membre de l’Académie des sciences, une lettre dans laquelle il nous fait l'honneur de nous signaler, en termes bien élogieux qui nous sont très sensibles, des œuvres scientifiques importantes exécutées par des hommes modestes qui ont formé une Société où l’on ne s’occupe que d’histoire naturelle. Nous ne saurions parler aussi bien que notre cher maître, M. Albert Gaudry, et nous reproduisons sa lettre. G. T.
- « Cher Monsieur Gaston Tissandier,
- « Comme votre vie a été consacrée à développer l'amour de la science dans notre pays, je pense vous intéresser vous, et peut-être aussi les lecteurs de votre belle Revue, en appelant votre attention sur deux ouvrages cpie j’ai présentés à l’Académie, car ils montrent à quel point la science pure et désintéressée commence à se répandre.
- « Le premier de ces livres est un nouveau volume de la Société d’histoire naturelle d’Autun. Un de nos assistants du Muséum de Paris, M. Bernard Renault, a fondé, il y a quelques années, à Autun, une Société consacrée uniquement à l’histoire naturelle. 11 pouvait sembler douteux que cette Société, créée dans une ville dont la population ne dépasse point quinze mille âmes, pût prospérer. Pourtant, voici la septième année qu’elle publie un grand volume accompagné de magnifiques planches et renfermant des travaux d’un caractère très élevé. Le dernier volume a 694 pages. Le nombre des membres s’élève à plus de 500. Sur leur liste figurent des hommes ayant les positions les plus diverses : beaucoup de savants éminents, des députés, sénateur, ecclésiastiques, officier, professeurs, instituteurs, cafetiers, maîtres d’hôtel, fabricant de plâtre, charpentier, fleuriste, quincaillier, marchand de fer, architectes, médecins, vétérinaires, tanneur, minotier, tailleur, banquiers, magistrats, avocats, notaires, avoués, greffier, ingénieurs, sculpteur, étudiants, pharmaciens, droguiste, relieur, libraires, confiseur, menuisiers, imprimeur, huissiers, jardiniers, divers fonctionnaires de l’Etat, dessinateur, graveur, photographe, géomètres, tapissier, doreur, charcutier, ébéniste, horloger, brasseur, fondeur, marchand de bois, peintre, propriétaires, agriculteurs, nombreux employés du Creusot. Voilà véritablement quelque chose de nouveau dans notre pays. Je serais moins frappé des succès de la Société d’Autun, si elle traitait des questions de chimie et de physique qui sont si importantes par leurs applications à l’industrie. Mais cette société s’occupe exclusivement d’études d’histoire naturelle, capables d’intéresser ceux-là seuls qui aiment les côtés philosophiques ou esthétiques de l’étude de la nature. Cela me semble admirable, car cela nous montre à quel point les
- intelligences s’élèvent dans la société française.
- « J'ai présenté un ouvrage qui est intitulé Y Annuaire géologique universel. Cet annuaire renferme chaque année le résumé des travaux qui ont été faits en géologie et en paléontologie sur tous les points du globe. Le volume que je viens de remettre à l’Institut contient la citation de 2850 titres de livres, mémoires ou notes publiés dans une seule année sur la géologie et la paléontologie. En faisant le relevé pour cinq ans, je trouve 15 000 titres, soit pour dix ans 30000 et pour un siècle 300 000. L’annuaire est dirigé pour la géologie par M. Carez et pour la paléontologie par M. Ilouvillé. Malgré toute leur habileté, ces deux savants ne pourraient se charger de résumer de si immenses travaux, car la géologie est l’histoire des temps passés et l’histoire comprend tout. 12 géologues et 10 paléontologistes collaborent à l’annuaire. 11 faut jeter les yeux sur cet ouvrage, pour se faire une idée du mouvement de la géologie et de la paléontologie ; ce mouvement est l’un des caractères remarquables de notre époque.
- « Veuillez, cher Monsieur Tissandier, faire de ces renseignements l’usage que vous voudrez. Je n’ai ici d’autre but que de mettre en honneur la science que j’aime et des confrères qui s’y dévouent.
- « Votre bien affectionné « Albert Gaudry. »
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- UN MOTEUR A PÉTROLE
- DE GRANDE PUISSANCE SPÉCIFIQUE
- Si l’on en croit Y American machinist, un organe spécial américain des plus sérieux, le moteur Kane-Pcr-mington détiendrait sans contredit le record de la puissance sous un poids donné. Un moteur de huit kilogrammes aurait développé une puissance indiquée de 4,75 chevaux à la vitesse angulaire de 700 tours par minute et communiqué une vitesse de 96 kilomètres par heure à une bicyclette roulant sur de l’asphalte. Cette bicyclette, avec une provision de kérosène de 1 gallon (3U‘,7) et la pile d’inflammation, ne pèserait que 26k*,3 et ne consommerait que 300 grammes de pétrole par cheval-heure. Ces résultats seraient obtenus en faisant précéder l’étincelle d’allumage d’une étincelle plus faible ayant pour effet de brasserie mélange explosif, en donnant au piston moteur une très grande vitesse au moment de l’explosion, et grâce à l’emploi d’un certain nombre d’autres dispositifs insuffisamment décrits pour que l’on puisse se faire une opinion sur leur valeur. Nous attendons avec impatience de nouveaux renseignements sur ces moteurs que l’inventeur étudie précisément en vue de leurs applications aux machines volantes. Espérons que nous n’aurons pas à faire un long crédit à notre confrère, avant qu’il ne nous décrive en détail cette merveille de mécanique. Il n’est pas nécessaire d’insister ici sur tous les avantages que présenterait un moteur semblable à celui dont nous parlons. On sait en effet que c’estjusqn’ici la question de poids qui s’est toujours opposée aux diverses applications à réaliser. E. H.
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- LA NATURE.
- LE \IEUX-NEUF
- LA VAPEUR ET LA CHALEUR SOLAIRE
- La Nature a publié dernièrement1 la description d’un vase trouvé à Pompéi avec une boîte à feu intérieure munie de tubes creux qui la traversent. La découverte de ce vase ou d’un autre analogue remonte à une vingtaine d’années, car la Revue des Deux Mondes en fait mention dans son numéro du 1er septembre 1866.
- Sénèque, dans ses Questions naturelles (t. III, p. 24), [tarie du Draco, espèce de chaudière formée par un gros tube en spirale enroulé le long de la paroi intérieure du cylindre formant le foyer.
- Héron d’Alexandrie est encore plus explicite, et, dans ses Pneumatiques, il décrit le dispositif même du vase de Pompéi sous le nom de Miliarion, terme latin grécisé donné à l’ensemble du calorifère à cause de sa ressemblance avec les bornes miliaires.
- J’ai donné la première traduction française de celte description dans un volume aujourd’hui épuisé2; je la résume ici à l’aide de la figure qui a été habilement restituée par notre dessinateur Poyet d’après le simple dessin linéaire de Héron et qui lait voir, en outre, • le dispositif indiqué par l’ingénieur alexandrin pour produire un de ces ellets de physique amusante dont les anciens étaient si friands. La figure 1 montre au centre le foyer sous la forme d’un cylindre vertical. Tout autour était une chaudière, également cylindrique, remplie d’eau. Un certain nombre de tubes tels que K, M et N mettaient en communication ses différentes parties en passant à travers le foyer et' en augmentant ainsi la surface de chauffe.
- Le robinet T sert à prendre de l’eau chaude ; la coupe L, à introduire de l’eau froide dans la chaudière à l’aide d’un tube qui va jusqu’au fond de celle-ci ; le tube recourbé a pour but de laisser s’échapper l’air quand on verse l’eau et de donner issue à la vapeur qui peut se produire; on évite ainsi la projection de l'eau par la coupe L. On voit dans notre dessin un compartiment fermé S où l’eau ne
- 1 Yoy. n° 1169, du 26 octobre 1895, p. 347.
- 2 La science des philosophes et l'art des thaumaturges dans l'antiquité, Paris, 1882.
- pénètre point; il était destiné à animer diverses figurines par le jeu de la vapeur à l’aide d’un robinet à plusieurs entrées.
- Ce robinet se compose d’un système de deux tubes concentriques pouvant tourner à frottement doux l’un dans l’autre. Le tube extérieur A est fixé à la paroi supérieure du calorifère qu’il traverse pour descendre verticalement dans l’intérieur; il est percé de trois trous, placés à des hauteurs différentes et communiquant par de petits tubes avec les figurines dont il sera parlé tout à l’heure. Le tube intérieur P est ouvert à sa partie inférieure et communique ainsi avec l’intérieur du compartiment; il est fermé à sa partie supérieure qui débouche au-dessus du calorifère et qui peut se manœuvrer avec
- une poignée 0. Il est percé de trois trous aux mêmes hauteurs que les trous du tube extérieur, mais orientés différemment, de telle sorte que quand, par un mouvement de rotation du tube P, on amène l’un doses trous en regard du trou du tube A qui est à la même hauteur, les deux autres ne correspondent pas. Des traits tracés sur la partie visible des deux tubes indiquent les positions qu’il faut donner pour que ces correspondances aient lieu. L’un des petits tubes se termine par une tète de serpent qui regarde le foyer. Le deuxième aboutit cà un triton ayant à la bouche une trompe. Enfin le troisième porte à son extrémité un sifflet qui débouche dans le corps d’un oiseau plein d’eau.
- On voit maintenant ce qui va se passer. On retire le tube P et on projette un peu d’eau dans le compartiment fermé; cette eau coule dans le tube R qui [tasse dans le foyer et est fermé du côté opposé à son ouverture dans le compartiment fermé ; elle se réduit en vapeur. Quand on a replacé le tube P, on peut à volonté faire passer la vapeur soit dans le corps de l'oiseau qui gazouillera, soit dans celui du triton qui sonnera de la trompe, soit enfin dans celui du serpent qui soufflera sur le feu et activera la flamme1.
- On a prétendu que la vapeur avait été employée au moyen de l’éolipyle, dès le quinzième siècle, dans
- 1 La grille remplie de charbons enflammés que Héron a figurée à la partie supérieure de son calorifère paraît avoir joué à la fois le rôle de brasero et celui de comburant pour la fumée du foyer inférieur. 11 y aurait peut-être là une disposition utile à étudier.
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- LA NATURE.
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- les mines de Joachimslhal en Bohême, pour faire tourner un treuil destiné à extraire le minerai des puits. 11 est certain que, meme avant cette époque, on avait songé à utiliser la vapeur en France.
- Voici, en effet, ce que dit Vincent de Beauvais 1 à propos de Gerbert : « Il construisit, d’après les principes de la mécanique, une horloge et des orgues hydrauliques dans lesquelles le souffle, s’introduisant d’une manière surprenante par la force de l’eau chauffée, remplit les cavités de l’instrument, et, s’échappant par les tuyaux d’airain, fait rendre des sons modulés à leurs mille ouvertures. »
- Revenant à l’éolypyle, nous la voyons conseillée par Philibert Delorme pour empêcher les cheminées de fumer. « Par une autre invention, il serait
- Fig. 2. — Cheminée à éolipyle.
- comment elles chassent la fumée » (fig. 2).
- Héron avait pensé aussi à utiliser la chaleur du soleil pour élever l’eau, et l’appareil de Porta dont j’ai donné autrefois la description dans La Nature, avait été certainement inspiré par le passage suivant emprunté aux Pneumatiques de l'ingénieur alexandrin.
- « L'appareil qu'on appelle la source laisse couler l'eau dès qu'il est frappé par les rayons du soleil (fig. 5). Soit une base fermée ABCD à travers laquelle passe un entonnoir dont le tube s’arrête à très petite distance du fond. Soit encore un globe EZ d’où part un tube qui arrive près du fond de la hase et de la calotte du globe. Qu’un siphon II recourbé, adapté au globe, arrive dans l’entonnoir et qu’on verse de l’eau dans le globe ; quand le soleil donne sur le globe, l’air qu’il contient, étant échauffé,
- 1 Spéculum ma jus \ Impartie, Spéculum naluralc.
- très bon de prendre une pomme de cuivre ou deux, de la grosseur de 5 ou 6 poulces de diamètre ou plus qui vouldra, et ayant faict un petit trou par le dessus, les remplir d’eaue, puis les mettre dans la cheminée à la haulteur de 4 ou 5 pieds ou environ (selon le feu qu’on y voudra faire) afin qu’elles se puissent escbaulfer quant la chaleur du feu parviendra jusques à elles, et par l’évaporation de l’eaue causera un tel vent qu’il n’y a de grande fumée qui n’en soit chassée par le dessus 1 ».... « Et afin que vous cognoissiez mieux comme elles se doivent appliquer aux cheminées, j’en a y faict une figure cy-après, tant pour le devant d’une cheminée, que du dedans «à fin qu’il vous soit facile de cognoistre comme il les fault colloquer et eschauffer; et aussi
- Fig. 3.
- — La Source.
- chasse le liquide, et celui-ci, conduit par le siphon 11, tombe, au moyen de l’entonnoir, dans la hase. Mais lorsque le globe est mis à l’ombre, l’air passant à travers la sphère, le tube, reprendra le liquide et remplira le vide qui s’est produit, et cela se reproduira chaque fois que le soleil y entrera. »
- On remarquera que Iléron explique l’effet de la condensation de l'air dans le globe par la sortie des molécules rendues assez ténues par l’effet de la chaleur pour traverser les pores du verre-, il exprime cette opinion ailleurs à propos des ventouses. « Le feu, dit-il, qu’on y place consume et détruit l’air qui y est contenu comme il consume les autres corps, T eau ou la terre, et les transforme en substances plus ténues. » Et un peu plus loin2 : « L’eau aussi, Virs-
- 1 Architecture, liv. IX, ch. rm.
- - Page 90 de ma traduction des Pneumatiques de Héron d’Alcxaudric. Paris, Masson, 1882.
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- LA NATURE.
- qu'elle est consumée par l’action du feu, se transforme en air, car les vapeurs qui s’élèvent d’une bouillotte échauffée ne sont autre chose que les molécules d’eau rendues plus ténues qui passent dans l’air. »
- Salomon de Caus (Les raisons des forces mouvantes, Paris, 1624, livre hr, probl. XIII) a perfectionné la petite machine de Héron et l’a décrite sous le nom de Fontaine continuelle.
- • On croit généralement que la matérialité de l’air n’a été reconnue qu’au dix-septième siècle; c’est là une erreur et voici comment l'hilon de Byzance la démontre dans ses Pneumatiques.
- « Si je prends un vase vide (ou du moins supposé vide dans l’opinion commune), large au milieu et étroit au sommet comme les amphores fabriquées en Egypte, et si je le trempe dans de l’eau ayant une profondeur suffisante, il n’v entrera presque point d’eau, jusqu’à ce qu’une partie de l’air en sorte, et l’enirée de l’eau ne se fera qu’après la sortie de l'air. Voici comment je le démontre: qu’on prenne un vase à goulot étroit, comme je l'ai indiqué, au fond duquel on ait pratiqué un petit trou que l’on a bouché avec de la cire; qu’on le renverse ensuite le goulot en bas, dans une eau suffisamment profonde, en ayant soin de le tenir droit de telle façon qu’il n’incline d’aucun côté; puis qu’on l’enfonce avec les mains jusqu’à ce qu’il soit complètement submergé. Si on le retire doucement et peu à peu, on le trouvera sec à l’intérieur, et aucune de ses parties, sauf le goulot, n’aura été mouillée. I)e là ressort clairement que l’air est un corps; si. en effet, il n’était point un corps et si la cavité intérieure était vide, l’eau affluerait dedans sans qu’il se produisît aucun empêchement. Pour montrer cela encore mieux, qu'on plonge de nouveau le vase susdit avec les mêmes précautions et qu’on enlève la cire qui bouche le trou; aussitôt la sortie de l’air deviendra sensible ; on verra des bulles dans l’eau si le trou est au-dessous du niveau de l’eau, et le vase se remplira d’eau à cause de la sortie de l’air par le trou. Ce qui fait que l’air sort nécessairement, c’est le mouvement et la pression dus à l’eau, lorsque cette eau entre dans le vase. »
- Albert de Rochas.
- ACADÉMIE DES SCIENCES MORALES
- ET POLITIQUES
- La séance solennelle pour la distribution des prix a eu lieu le samedi 30 novembre sous la présidence de M. Léon Say. L’éminent orateur a prononcé un long discours résumant les rapports des commissaires, notamment ceux qui examinaient les Mémoires destinés à apprécier le socialisme et le positivisme et dont aucun n’a été couronné. M. Léon Say a rappelé à cette occasion que M. Barlhé-lemy-Saint-IIilaire, décédé le 24 novembre, avait pris part aux délibérations des sections réunies en comité secret le 17 du même mois pour arrêter définitivement la liste des lauréats. M. Jules Simon devait donner lecture d’un éloge de M. Duruy, ancien ministre de l’Instruction publique. Mais l’inimitable orateur a fait une brillante improvisation complètement différente du texte qui avait été imprimé. Il a été étourdissant de verve et de diction.
- Malheureusement ce discours échappe presque entiè-jémeiit à notre appréciation, sauf la partie dans laquelle il a établi le rôle joué par M. Duruy dans le développe-
- ment de l’instruction publique et notamment de l’enseignement des sciences. En effet, c’est M. Duruy qui a créé l’enseignement spécial, par lequel il a remplacé le système bâtard qu’on avait nommé la bifurcation. M. Jules Simon a fait remarquer que l’instruction publique ne pouvait rester ce qu’elle était sous le règne de Louis XIV, et qu’il fallait rendre hommage au grand ministre qui s’était aperçu qu’il fallait tenir compte dans les collèges de l’invention des télégraphes, des téléphones, des chemins de fer, de la photographie, etc., etc., dont on ne se doutait pas du temps du grand roi. \Y. de F.
- CHRONIQUE
- Opaelté du charbon. — M. le professeur Ch. Dufour a parlé à la Société Vaudoise des recherches qu’il a continué à faire avec M. le professeur Brunncr sur Y opacité du charbon. Ils ont trouvé qu’en regardant à travers une plaque de verre recouverte d’une couche de noir de fumée de 1/692 de millimètre, il était impossible de distinguer le Soleil. Ainsi, quand il y aurait dans l’atmosphère une couche de charbon de celle épaisseur, nous serions dans les ténèbres les plus complètes; et pour que cet effet se produise sur le globe entier, il suffirait de réduire en furnée, et de répandre sur toute la surface de la Terre, un prisme de charbon qui aurait une base carrée de 1 kilomètre de côté et 737 mètres de hauteur. Ce ne serait pas les 5A d’un kilomètre cube. Le 5 avril 1815, un navire voguait près de File de Célèbes, lorsque le volcan de l'ile de Sumbava fit une violente éruption. Dans l’après-midi, sur le pont du bâtiment, l’obscurité était telle que l’on ne pouvait pas distinguer sa main quand on la mettait devant ses yeux. Or, pour cela, il suffisait qu’il y ait dans l’atmosphère une couche de fumée représentant une épaisseur de 1/692 de millimètre de charbon. Dans certaines villes de l’Angleterre, on a souvent une grande obscurité; celle-ci est produite par la présence dans l’air d’une faible quantité de charbon dégagée par la fumée.
- Guérison des brûlures. — Il y a quelques mois, M. le Dr Thierry a signalé l’application de l’acide picrique en solution concentrée pour la guérison rapide de brûlures sans phlyctènes ou ampoules, le seul petit inconvénient qu’il présente étant de teindre la peau en jaune, teinte que des lavages à l’acide borique font disparaître rapidement. Mais l’acide picrique, dont l’emploi est excellent, a l’inconvénient de rentrer dans la catégorie des explosifs ; il n’est donc pas toujours facile de s’en procurer. M. Albert Notion signale comme un excellent succédané le permanganate de potasse, qu’il faut appliquer en solution concentrée, pendant plusieurs minutes, sur la brûlure, le plus rapidement possible après l’accident. La partie malade prend une coloration naire, la sensation vive de cuisson cesse presque aussitôt, et, un jour ou deux après le traitement, les tissus détruits se sont reconstitués et toute trace de l’accident a disparu.
- Automate!* ou automobile»*? — On sait que l’on désigne généralement les voitures sur routes sous le nom de voitures automobiles, mais ce nom nous paraît mal formé, car il est hybridement composé d’une racine grecque (autos, soi-mème) et d’une racine latine (mobilis, mobile). 11 serait plus correct de les appeler voitures automates, mot composé de deux racines grecques (autos, soi-mème, et maomai, je me meus). S’il n’est plus temps pour réagir, nous nous conformerons à l’usage, tout en
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- regrettant que les pionniers de ce nouveau mode de locomotion aient cru devoir former leur néologisme en empruntant des racines à deux jardins si différents. E. II.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 2 décembre 1895. — Présidence de M. Cornu.
- Accumulation du sucre dans les racines de betteraves. — M. Dehérain a montré, il y a trente ans, comment les phénomènes de diffusion permettaient de concevoir l’accumulation, dans un des organes de la plante, des principes immédiats qui y devenaient insolubles, mais le mécanisme de l’accumulation des principes solubles restait sans interprétation rationnelle. M. Maqucnne, en s’appuyant sur les lois du pouvoir osmotique récemment découvertes, remarque que les sucs réducteurs provenant de l’action chlorophyllienne des feuilles arrivent par diffusion jusqu’à la racine et s’y métamorphosent en saccharose. Or si deux cellules végétales sont en contact et que l’une contienne dés sucres réducteurs et l’autre du saccharose, il n’y aura équilibre osmotique que si la concentration est double dans la cellule à saccharose de la concentration dans la cellule à sucre réducteur. Cette manière de voir était susceptible d’une vérification expérimentale basée sur la loi d’abaissement des points de congélation de JRaoult. Ces vérifications ont été exécutées et confirment l’hypothèse émise. M. Maqucnne pense que les faits observés pour la betterave présentent une grande généralité, et il propose la loi suivante : tout principe immédiat peut s’accumuler quand sa formation donne lieu à un abaissement de la pression osmotique.
- L'argon et l'hélium des sources minérales. — M. Bouchard a déjà signalé la présence de l’argon et de l’hélium dans les gaz de certaines sources de la région des Pyrénées; M. Moureux annonce qu’il a constaté également l’existence de l’argon et de l’hélium dans une source du département de la Côte-d’Or. M. Troost s’est posé le problème de déterminer l’origine de l’argon et de l’hélium dans les gaz des sources minérales. Ces deux gaz proviennent-ils de l’atmosphère, ou au contraire proviennent-ils des matériaux de l’écorce terrestre? Dans ce but, il a examiné les gaz contenus dans l’eau de mer. Le spectre résultant des gaz de l’eau de mer a été trouvé très différent du spectre fourni par les gaz des sources salines. Le premier indiquait la présence d’une petite quantité d’argon, constatation à laquelle il fallait s’attendre en raison de la solubilité de l’argon dans l’eau, mais il ne révélait que des traces à peine sensibles d’hélium. M. Troost conclut que l’argon et l’hélium des sources minérales sont dus à l’action des eaux sur certaines roches avec lesquelles elles ont été en contact dans le sein de la terre. M. Bouchard avait attribué des propriétés thérapeutiques nulles à l’argon et à l’hélium des sources pyrénéennes; il ajoute aujourd’hui que puisqu’il est établi que les eaux se chargent, non point à la surface, mais dans les profondeurs de la terre, l’action physiologique de ces eaux est due aux principes minéralisateurs entraînés par les eaux en passant sur les roches qui renferment ces gaz à l’état de combinaison.
- L'aluminium industriel. — M. Moissan a recherché l’origine des résultats contradictoires auxquels on est arrivé relativement à l’usage de certains ustensiles en aluminium et qui ont valu à ce métal le nom de métal de
- la déception. Il a reconnu que la cause de ces contradictions réside dans la qualité du métal livré par l’industrie. La présence du carbone et de l’azote avait déjà été indiquée ; M. Moissan a constaté la présence du sodium qui provient de la cryolithe employée. C’est au commencement et à la fin de l’opération que l’aluminium préparé est surtout chargé d'impuretés. Une lame d’aluminium sodé mise en contact avec l’eau se pique. Le sodium décompose l’eau, puis il se forme un aluininate alcalin. La présence du carbone est également très nuisible; l’aluminium carburé se trouve aisément dans certaines conditions.
- Amalgames chromés. — Des amalgames de chrome à 8 et 20 pour 100 de chrome ont pu être obtenus. Si l’on chauffe ces amalgames dans le vide, il se produit une distillation à 500°. Le chrome ainsi préparé jouit alors de la propriété d’èlre pyrophorique à froid, dans l’oxygène comme dans l’azote. Dans ce dernier gaz il donne un azoture. Il absorbe également le bioxyde d’azote.
- Le glacier central de la France. — M. Marcelin Boule s’est appliqué à rechercher les preuves de l’existence ancienne d’un glacier dans le centre de la France. Cette question n’était pas encore bien élucidée parce que les vestiges des dépôts morainiques reposent sur un sol volcanique remanié par les eaux. L’auteur assigne à l’emplacement du glacier le cirque formé par le mont Dore et le Cézallier, dont la hauteur voisine de 1800 mètres a dii présenter des conditions favorables à la formation d'un glacier. Il a suivi pas à pas les moraines et en indique la position sur une carte. L’époque de ce glacier doit être placée à la fin du tertiaire. Les moraines reposent sur les derniers basaltes, mais sont antérieures au creusement des vallées. M. Boule distingue une deuxième époque glaciaire beaucoup plus récente qui a donné des moraines reposant sur le diluvium des vallées.
- Varia. — M. L. Roule, professeur à la Faculté des sciences de Toulouse, a recherché les poissons dont la géologie permet de découvrir les vestiges dans les terrains de la Corse. Il n’a pu trouver que trois espèces, parmi lesquelles la truite et l’anguille. Il conclut que la Corse n’a point été un foyer zoolique. — M. Joubin, professeur à la Faculté de Besançon, a déterminé le rapport des chaleurs spécifiques et en a déduit l'équivalent mécanique de la chaleur, qu’il fixe à 428 kfiogrammètres. — M. Bertrand présente deux volumes de causeries scientifiques dus à M. de Parville, consacrés aux années 1889 et 1890, dans lesquels l’auteur a groupé sous une forme attrayante les principaux travaux scientifiques de ces deux années. Cn. de Villerecil.
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- L’ÉLECTRICITÉ PRATIQUE
- ET L’ÉLECTRICITÉ AMUSANTE
- LE TIMBRE CHANTANT ET LES ÉLECTRO-VALSEURS
- Voici deux ingénieux appareils, fondés sensiblement sur le même principe, celui de la résonance, mais dont le but, la construction et l’emploi sont bien différents ; le premier est un appareil Domestique d’un usage courant, le second fera la joie des enfants, et peut-être la tranquillité des parents.
- Le timbre chantant. —-Il y a plus de trois siècle;, le père de Montaigne, voulant ménager les nerfs de son fils, le faisait éveiller au son d’une douce musique ;
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- LA NATURE.
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- et, cependant, nos ancêtres de cette époque étaient loin du déplorable état dans lequel la vie moderne a mis le système nerveux de la plupart d’entre nous. Un bruit inattendu et strident nous irrite; une trembleuse d’appartement, un appel du téléphone nous font parfois sursauter, et il n’est personne qui n’ait plus d’une fois désiré une manière moins brutale d’attirer son attention.
- L’inventeur de l'appareil que nous allons décrire, M. Guerre, électricien à Paris, a résolu le problème de la façon la plus simple et la plus élégante. Il substitue au timbre à marteau, avec interrupteur à ressort, un timbre d’acier qui est son propre interrupteur. Un électro-aimant,
- À (fîg. 1, n° 1 ), est placé à l’intérieur du timbre T, de telle sorte que ses extrémités arrivent à proximité immédiate de sa paroi; une petite pointe de platine P, fixée à un bloc d’ébonite G, amène le courant au timbre, qui le transmet à la tige sur laquelle il est fixé; de là, le circuit se continue par la bobine, et retourne à la pile.
- Yient-on à fermer le circuit, aussitôt le bord du timbre est attiré, son support lléchit légèrement, en même temps que la cloche elle-même se courbe en se refermant ; le contact est interrompu, le système revient à son point de départ, et ainsi de suite, jusqu’à ce que les vibrations propres du timbre aient atteint une amplitude suffisante pour produire elles-mêmes une interruption franche. La tige cesse alors d’être inté-ressét? par la vibration, et le timbre continue seul à viluer, sous l’action de l’électro-aimant, en donnant u# son continu et musical, assez semblable à cejui que l'on obtient en frottant le bord d’un verre de cristal.
- Le réglage de l’interrupteur est, naturellement, la
- condition essentielle du bon fonctionnement de l’appareil. Pour le rendre possible, le petit bloc C est porté sur un ressort raide, dont on fixe la position à l’aide d’une vis très dure, de manière à obtenir le maximum d’action du timbre. La figure 1, n° 2, représente
- l’instrument dans sa caisse de résonance, destinée à amplifier le son.
- Les poupées da nsantes. — Sur une feuille de tôle, formant le couvercle d’une caisse en bois, on place de petits personnages portés sur quatre tiges de crin remplaçant leurs jambes, ballantes autour de leurs articulations. Dès que l’on amène la manette A sur le contact B, il se produit un violent trémoussement de la plaque, les petits bonshommes s’agitent dans tous les sens, semblent engager des conversations, tournent sur eux-mêmes, se quittent pour se retrouver ensemble l’instant d’après. Au costume près, on les croirait en soirée, et les mouvcmcn!s parfois réguliers qu’ils
- exécutent, feraient croire que la soirée est dansante. Une boîte à musique dissimulée dans l’appareil prête à l’illusion, et console les bébés de rester seuls à la maison, tandis que papa et maman s’agitent semblablement loin d’eux.
- Le mystère est simple : le pile P fournit le courant passant par la plaque et la pointe D, dont la vis C détermine la position, de manière à exciter les électros, et à donner à la vibration l’amplitude que bébé préférera pour ses pantins. Son imagination aidant, il goûtera d’avance l’infini plaisir, encore défendu, des soirées dans le monde. G. E. G.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissanun:h
- Fig. 1. — Le timbre électrique chantant.
- Fig. 2.— Les Électro-danseurs.
- Paris. — Imprimerie Lahlue, rue de Fieurus, 9.J
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- N° 1170. — 14 DÉCEMBRE 1895.
- LA NATURE.
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- LA CATASTROPHE
- DU NAVIRE CUIRASSÉ ANGLAIS « VICTORIA ))
- Dans la soirée du 22 juin 1895, une nouvelle douloureuse se répandait dans Londres : le Victoria, cuirassé de 10 470 tonneaux, portant le pavillon du commandant en chef de l’escadre de la Méditerranée, sir George Tryon, venait de sombrer, entraînant dans l’abîme, avec l’amiral, 530 hommes et 22 officiers, sur 718 hommes. Tout d’abord on eut quelque peine à ajouter foi à la dépêche qui, de Tripoli, annonçait le cruel événement. Le Victoria était un des plus robustes bâtiments de la Hotte britannique. 11 avait
- 104 mètres de longueur et 21 mètres de largeur. Ses 14 000 chevaux lui avaient donné, à ses essais, 16“,75, vitesse très satisfaisante pour un lourd cuirassé. Quant à son armement, il se composait de deux énormes canons de 111 tonnes, accouplés dans une tourelle, à l’avant ; plus un canon de 29 tonnes, 12 de 15 centimètres, 12 de 6 livres, 9 de 5 livres à tir rapide, plusieurs mitrailleuses et 8 tubes lance-torpilles. Si l’on ajoute au poids que représente cette artillerie, 1200 tonnes de charbon et une cuirasse de 406 millimètres à la ceinture, 460 millimètres aux tourelles et 76 millimètres au pont, on comprendra comment ce puissant man-of-war, comme disent les Anglais, n’ait mis que treize minutes pour
- Fig. 1. — Catastrophe du navire cuirassé anglais Victoria, juin 1893.
- Reproduction d'une photographie instantanée laite à bord du croiseur Barham, par un officier anglais.
- se renverser, puis sombrer, malgré ses compartiments étanches.
- Ce 22 juin, à 5 heures et demie, c’est-à-dire en plein jour, l’escadre évoluant, sir G. Tryon ordonna à ses deux divisions une conversion un peu trop hardie, si bien que l’espace manquant, l’un des navires du groupe auquel n’appartenait pas le navire amiral, le Camperdown, de 10 600 tonneaux, rencontra le Victoria et l’atteignit au flanc à peu de distance de son extrémité avant ; il marchait à une vitesse de 6 nœuds. « Avant que du point où je me trouvais on aperçût le côté brisé du Victoria, écrit un officier du croiseur Barham, témoin de la catastrophe, ses hommes s’étaient déjà mis à l’œuvre pour boucher le trou avec un paillot, et j’ai pu distinguer le vice-amiral Tryon donnant des ordres,
- paraissant aussi calme qu’il l’était un quart d’heure auparavant.... Enfin des signaux du navire en détresse appelèrent à l’aide le reste de la flotte; aussi vite que possible les embarcations furent mises à l’eau; mais les événements allaient se succéder avec une rapidité terrifiante; on vit les hommes s’élancer du Victoria dans la mer et nager pour s’en écarter. De fait, seuls ceux qui se sont jetés à la mer à la première alerte, au premier ordre de l’amiral, se sont sauvés. Ceux qui, par devoir, sont restés près de leur chef ont été entraînés par le terrible remous du navire lorsqu’il chavira.
- , « Au moment du sinistre1, le spectacle a été vrai-
- ‘1 Le médecin-major du Collingwood, M. Collot, a photographié les différentes phases du naufrage ; notre gravure est la reproduction de sa dernière instantanée, qui a été agrandie-
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- îl6 année. — 1er semestre.
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- LA N AT ME.
- ment effroyable. Les deux énormes hélices, en l’absence de toute résistance, tournaient dans l’air à une vitesse prodigieuse. Quoique la mer fût alors presque calme, quand la coque s’enfonça, les ailes des hélices se mirent à battre l’eau, un énorme embrun monta dans l’atmosphère; une minute plus tard, avec un bruit d’engloutissement immense, le cuirassé disparut ; l’eau, sur une étendue de deux
- Fig. 2. — Le Camperdoum ((!) cl le Victoria (V) dans les (rois phases de leur évolution.
- cents pieds, se couvrit d’écume, sifflant et courant vers les bords du tourbillon qui marquait la tombe du Victoria. Et la mer était encore agitée, quand deux sourdes explosions se firent entendre ; en même temps une gerbe d’eau surgit, s’élevant à une grande hauteur. Elle nous apprenait que les chaudières venaient de sauter. Un moment après, la mer avait repris son calme, et rien ne marquait le point où ce drame venait d’avoir lieu si ce n’est quelques débris flottant à la surface. »
- Quant au Camperdown, ses blessures ont été peu graves; elles n’ont nécessité qu’une dépense d’environ (50 000 francs. L. Renard.
- CE QUE COÛTENT LES NAVIRES DE GUERRE
- Les navires de combat, les cuirassés surtout, coûtent fort cher; mais ils n’atteignent pas toujours le prix que nous leur avons vu donner dans quelques journaux et même dans les discussions parlementaires. M. Francis Elgar, ancien directeur des Docks-Yards et membre de la Société des Naval Archi-tects, a lu, à ce propos, un très intéressant Mémoire dans la session que cette compagnie est venue tenir en France, à la Sorbonne, au printemps dernier. Son travail a pour base les navires bâtis en vertu des Naval Ifefence Acts de 1889 et 1895, et il porte particulièrement sur les prix de revient d’un batiment construit par l'amirauté ou par l’industrie privée. La tâche n’était pas aisée, car dans un arsenal d’État, il intervient tant de facteurs qu’on ne peut obtenir que des à peu près. Des difficultés d’un autre genre, quoique moins complexes, se présentent s’il s’agit des chantiers de l’industrie. Quoi qu’il en soit, M. Elgar a pu établir un tableau dont aucune critique n’est encore venue démentir les conclusions.
- Les cuirassés de lre classe, Empress of India, Food, etc., etc, édifiés dans les arsenaux de l’État, ont coûté en moyenne 20 865 000 francs chacun et les cuirassés du vieux type construits par l’industrie privée (Ramilies, Résolution, etc.), 21 858000 fr.
- Avec les croiseurs la proportion se renverse. Ceux de lre classe doublés coûtent 9 774000 francs à l’Etat et 9 291 000 francs à l’industrie; les mêmes non doublés coûtent 10 442 000 francs à l’État et 8 916 000 francs à l’industrie. Les croiseurs de 2e classe doublés, 5 542 000 francs à l’État et 4 646 000 francs à l’industrie ; non doublés, 4 726 000 francs à l’Etat et 4 556 000 francs à l’industrie. Les croiseurs de 5e classe, 5 912 000 francs à l’État et 5 076 000 francs à l’industrie. Les contre-torpilleurs, 1 646 000 francs à l’État et 1290500 fr. à l’industrie.
- Ce sont donc, en Angleterre, les chantiers privés qui tiennent le record du bon marché dans la construction des navires, les grands cuirassés exceptés.
- En France, une statistique de ce genre est presque impossible, car il arrive fréquemment que si la coque d’un bâtiment et les accessoires sont exécutés par un de nos arsenaux, c’est le Creusot, la Seyne, la Loire, Belleville, d’Allest, Niclausse, etc., qui en fournissent les appareils moteurs, etc. Et c’est le cas du Formidable, du Magenta, du Marceau, du Jemmapes, etc. Si l’on examine les autres, ceux qui ont été construits entièrement soit par les chantiers officiels, soit par les chantiers privés, on constate qu’en France comme en Angleterre, c’est l’industrie privée qui l’emporte. Et ce fait s’explique, les chantiers privés n’ayant pas les charges auxquelles les arsenaux ne peuvent se soustraire. Néanmoins, pour des causes qu’il serait trop long d’énumérer ici, en Angleterre, la tonne de cuirassé construite à l’État ne coûte que 1020 francs (Royal Sovereign), alors que l’industrie ne peut la livrer qu’à 1170 francs. Pour le Majestic et le Magnifi-cent, de 14 900 tonneaux, ce prix pourra s’abaisser, dit-on, jusqu’à 1100 francs.
- En France, la tonne coûte plus cher qu’en Angleterre : 1200 francs pour le Formidable, 1250 francs pour le 1loche, 1500 francs pour le Brennus, 1600 pour le Jemmapes, et il paraît que ce chiffre grossira encore pour les autres cuirassés en chantier. Nous sommes loin, comme on voit, des 1020 francs du Royal Sovereign. Si l’on évalue le prix de la tonne de bâtiments moins considérables, des croiseurs par exemple, nous constatons que celle du type Suchet,Davout, Bugeaud, atteindra 870 francs, tandis que celle de navires à peu près semblables, YÆolus et le Brilliant anglais, ne dépassera pas 680 francs. N’oublions pas, en constatant cette infériorité, que l’industrie des constructions navales est l’une des plus importantes de l’Angleterre, et que chez nous elle ne florit un peu que parce que ses produits sont protégés.
- Quant à la rapidité des constructions, e|le tend à s’égaliser tous les jours Élffé^te^tfeTrx^hations. Si nos voisins ont pu lancer plusieurs de leurs grands cuirassés deux ans, un an même après leur mise en chantier, nous pouvons citer le Carnot, exécuté en trois ans, le Charles-Martel et le Jauréguiberry en deux ans; enfin le port de Brest, qui n’a consacré «pie
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- dix-huit mois à la coque du Charlemagne, compte lancer le Gaulois un an après la pose de sa première quille. U y a peu de temps, cet arsenal eût exigé dix ans et même davantage. De ce coté, il y a un progrès dont il est équitable de féliciter nos arsenaux. L. R.
- LE CHÔNE
- Les Canaques donnent le nom de chône à un arbre qui croît en abondance en Nouvelle-Calédonie. C’est, un arbre montant à une dizaine de mètres de hauteur, à belles fleurs blanches, au parfum de jasmin. Pour les botanistes, le chône n’est autre que le cerbera manghas, de la famille des apocyna-cées. Il donne, par l’incision de l’écorce, un suc laiteux, dont un médecin de la marine, M. Prat-Flottes, a cherché l’emploi. Au moyen d’une encoche faite dans le tronc et d’un récipient suspendu à l’arbre, comme le petit pot pour les pins des Landes ; on recueille en peu de temps un litre et plus d’un liquide blanc laiteux, sirupeux, insipide, inodore, et qui n’est ni irritant, ni vénéneux. En évaporant ce latex, on obtient la gomme, de couleur noire, qui se ramollit dans l’eau bouillante comme la gutta-percha. Cette substance, qui a les propriétés d’imperméabilité du caoutchouc, a sur ce dernier l’avantage d’être très soluble dans les essences hydro-carburées, le pétrole, par exemple. Le caoutchouc, la gutta-percha, s’y désagrègent ou s’y ramollissent; le chône, ou mieux la gomme de chône, s’y dissout à froid dans les proportions de 15 pour 100. C’est sur les avantages de cette préparation que M. Prat-Flottes attire l’attention. Si on étend cette solution sur un morceau de bois, une pièce de métal, le pétrole s’évapore et il reste un mince enduit, assez long à sécher, mais qui forme une enveloppe très isolante, impénétrable par l’eau. Le cuir, imprégné de cette couche gommeuse, peut rester immergé dans l’eau des heures, sans présenter la moindre humidité par porosité. Il y a mieux, on peut trouver là le moyen de se passer de cireur de bottes. En effet, la solution à l’essence de térébenthine alcalinisée forme sur les chaussures un vernis persistant. Dr X.
- LA TRACTION ÉLECTRIQUE
- PAR COURANTS TRIPHASÉS
- Une intéressante application des courants triphasés vient d’être faite à la traction électrique par la Compagnie Thomson-Houston. Une ligne de distribution a été établie en courants triphasés et celle-ci a alimenté diverses sous-stations dans lesquelles se trouvait un moteur à courants triphasés- me liant en marche une dynamo génératrice à courants continus à 500 volts. Le Bulletin de la Compagnie pour l'exploitation des procédés Thomson-Houston du 15 novembre 1895 donne quelques renseignements sur les deux applications déjà réalisées. Dans la première installation faite sur les tramways de Lowell aux Etats-Unis, il s’agissait de prolonger
- la ligne, actuellement d’une longueur de 7 km,5, de Lowell à Lakeview, jusqu’à Nashua, à une distance de 25 kilomètres. Les dynamos génératrices à courants triphasés^de la station centrale furent construites pour fournir également du courant continu dans le voisinage de l’usine ; ces dynamos, au nombre de trois, sont à quatre pôles et donnent une puissance de 120 kdowatts à 900 tours par minute sous 500 volts à courants triphasés et à 500 volts sous courants continus. Au départ, des transformateurs à insufflation d’air élèvent la différence de potentiel de 560 à 5500 volts. La première sous-station, située à 10 kilomètres de Lowell, sur les quais de la rivière Merrimac, consiste en une cabane comprenant deux salles. Là se trouvent les transformateurs-réducteurs, deux convertisseurs de courants triphasés en courants continus, les tableaux de distribution et les départs des feeders. Une deuxième sous-station semblable à celle que nous venons de décrire est installée à Nashua. La deuxième application des courants triphasés a été faite pour l’établissement d’une ligne reliant Dublin avec Pembroke, Blackrock et Dalkey, d’une longueur totale de 15 kilomètres. Les parties des lignes voisines de la station sont actionnées par des génératrices ordinaires de tramways; l’énergie est seulement transmise par courants triphasés aux sous-sta-tions de Blackrock et Dalkev. Les génératrices à courants continus à la station centrale sont au nombre de deux, d’une puissance de 100 kilowatts. 11 y a également deux alternateurs à courants triphasés à 120 kilowatts à 5000 volts et à la fréquence de 50 périodes par seconde. Dans chaque sous-station se trouvent deux moteurs synchrones de 60 kilowatts chacun à courants triphasés actionnant j>ar un accouplement une dynamo à courants continus à 500 volts. Ces intéressantes applications offrent un nouveau champ d’exploration à la traction électrique, et nous montrent encore une fois de plus toutes les ressources qu’elle peut procurer à l’industrie. J. L.
- T0RGHATTEN (NORVÈGE)
- Sur la côte de Norvège, à 220 kilomètres au nord de Trondhjem et par 65° 1/2 de latitude, l’étrange îlot de Torghatten est bien connu des touristes qui ont fait l’excursion du cap Nord. Sa forme en chapeau de gendarme posé sur la mer, G le chapeau de Torgen », et surtout l’extraordinaire tunnel naturel percé (par la flèche d’un géant, dit la légende) à travers sa masse gneissique, en font un des principaux objets signalés, entre Bergen et Ilammerfest, à l’attention des voyageurs.
- Si visité qu’il soit chaque année, le tunnel de Torghatten ne paraît pas avoir encore suffisamment arrêté la curiosité des savants.
- En 1860, A. Vibe1 l’a sommairement décrit dans les termes suivants : « L. de Buch attribuait à l’ilot entier une hauteur de 2000 pieds (628 mètres)5, alors quelle n’est, en réalité, que de 1000 pieds (514 mètres).... L’altitude de l’ouverture orientale (lisez nord-est) est de 580 pieds (119 mètres) ; celle de l’ouest (lisez sud-ouest) est un peu plus basse,
- 1 Küsten and Meer Norwcgens, supplément u" 1 aux Pcter-mann’s Mittheilungen de Gotha, p. 7.
- 3 Le pied norvégien, comme le pied allemand, vaut 0m,515S5.
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- de sorte que le sol du tunnel s’écarte peu de la ligne horizontale. La hauteur de la voûte, à l’entrée est, est de 120 pieds (58 mètres), celle de l'ouest a 220 pieds (60 mètres); au milieu, la voûte n’a que 00 pieds (28 mètres).... La longueur totale est de près de 000 pieds (285 mètres)1, la largeur varie de 100 à 150 pieds (51 à 47 mètres).... Le plus curieux c’est que, tandis que les deux entrées sont encombrées de gros éboulis, il n’y a au milieu que peu de blocs, et au contraire un sable fin et si plat qu’une voiture pourrait y circuler. »
- Vibe, en s’extasiant comme il convient sur la grandiose singularité de ce tunnel, ajoute qu’il a passé là un jour entier pour tout mesurer.
- Il faut ou bien qu’il se soit étrangement mépris, chose improbable, dans ses mesures, ou bien que l’état des lieux ait considérablement changé depuis trente ans, car voici les chiffres que donnent, d’après H. Mohn, le dictionnaire géographique de Vivien de Saint-Martin (voc. Torg, t. VI, 1894), et le guide Bædeker pour la Suède et la Norvège, de 1892 (édition anglaise) :
- Hauteur de l’ilc. .
- Altitude de l’entrée (N.-E.).
- Hauteur de la voûte (N.-E ).
- — — (milieu).
- _ _ (S.-VY.).
- Ilongueur totale..........
- Largeur ................
- Eit Bædeker ajoute que les éboulis s’étendent bien loin dans l’intérieur.
- Le 28 juin 1894, j’ai relevé moi-même les mesu-
- 1 Reclus (Géographie, t. V, p. 71) reproduit les mesures de Vibe, mais en les réduisant en mètres, d’après la longueur du pied anglais (hauteur, (il) et 50 mètres; longueur, 270 mètres).
- - Le jiicd anglais vaut 0”,50479. ,
- res suivantes qui, pour les altitudes1, ne sauraient être entachées de plus de 5 mètres d’erreur, et, pour les dimensions, prises au pas, comportent uneapproxi-mation de 10 pour 100 environ en plus ou en moins.
- Altitude de l'entrée nord-est . 140 à 145 mètres.
- — du milieu du tunnel. 115 à 120 —
- — de l’entrée sud-ouest. 125 à 150 —
- Largeur au milieu..........environ 10 —
- — à l’entrée sud-ouest . — 24 —
- Longueur environ.............150 à 100 —
- On voit de suite que mes ebilires sont bien plus rapprochés de ceux de Mobil que de ceux de Vibe. Et deux constatations surtout se dégagent de la comparaison des trois séries. 1° D’une part, l’horizontalité du tunnel rapportée par Vibe (et représentée sur la chromolithographie actuellement inexacte qui accompagne son Mémoire) n’existe plus, puisque j’ai trouvé le milieu plus bas de 25 mètres que l’entrée nord-est et de 10 mètres que l’entrée sud-ouest ; et, d’autre part, l’élévation de 20 mètres (Mohn), pour l’entrée nord-est est, à l’heure présente, beaucoup plus exacte que celle de 58 mètres (Vibe). Il en est de même pour celle du milieu, qui est certainement plus voisine de 62 mètres que de 28 ; et si l’on ajoute que le centre du tunnel est, lui aussi, absolument encombré de gros blocs, et qu’une voiture y chercherait vainement l’avenue sablée dont parle Vibe, il faut nécessairement en conclure que des effondrements ont eu lieu dans le tunnel depuis 1860, tant à l’entrée nord-est qu’au milieu; la voûte s’en est trouvée exhaussée et le plancher également.
- La longueur aurait diminué aussi de près
- 1 Double série d’observations au baromètre holostcriquc compensé de Aaudet.
- Fig. 1. — Le tuimel de Torghatteu. (D’après une photographie.)
- 824 [lieds anglais (251 mètres)1 407 — (124 — )
- 05 — (20 — )
- 204 — (02 — )
- 246 — (75 — )
- 535 — (103 — )
- 30 à 50 — (11 à 17 — )
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- des deux cinquièmes 2° L’altitude du seuil nord-est du tunnel égale, dans chaque série respective, 119, 124, ou 140-Mo mètres. Cet accroissement est-il la simple conséquence d’observations insuffisamment exactes? Provient-il de l’accumulation constante de nouveaux éboulis à l’entrée? Ou bien ne résulterait-il pas d’un exhaussement du sol de l'ile au-dessus du niveau de la mer?
- C’est à ce dernier point de vue qu’il serait intéressant de faire à Torghatten des mesures précises et continues. On sait quels débats se sont élevés entre les géologues, — principalement à propos de l'origine des fjords, — au sujet du soi-disant mouvement de charnière que la péninsule Scandinave
- exécuterait autour de son axe transversal, s'enfonçant au sud (Scanic), se relevant au nord (Bothnie)
- Or, ne peut-on pas considérer Torghatten (et peut-être quelque géologue norvégien a-t-il déjà émis cette idée) comme un témoin enregistreur de ce mouvement très lent? Non pas, assurément, en raison des seules divergences d'altitude que je viens de signaler et qui, je le répète, ne sauraient, faute de précision suffisante, fournir qu’une légère présomption et nullement une base certaine, mais à cause de l’existence même du tunnel de Torghatten.
- N’étant pas dans la roche calcaire, il ne doit point son origine au travail de corrosion et d’érosion des eaux d’infiltration chargées d’acide carbonique; d’ail-
- Fig. 2. — Ile de Torghatten (au loin!, à gauche) vue à distance. (D'après une photographie.)
- leurs la surface surincombante de l’ilot eût été, même en terrain jurassique, de trop peu d’étendue pour le permettre.
- Il est clair que l’érosion marine a foré cette gigantesque fenêtre ; quand on examine les voûtes et les parois de l’intérieur, on s’explique aisément que les vagues des tempêtes aient pu exécuter cette percée ; car la roche est assez friable, et surtout elle est divisée dans toute sa hauteur par deux systèmes de tissures verticales ou diaclases, perpendiculaires entre eux, l’un longitudinal, l’autre transversal à l’axe du tunnel; la masse était donc naturellement, et d’avance, partagée en parallélépipèdes irréguliers, que le choc des lames a dissociés peu à peu et que les intempé-
- 1 Les chiffres des largeurs sont inexplicables dans le travail de Vibe et près de trois fois trop grands.
- ries peuvent encore, de temps à autre, détacher des voûtes2 : des roches beaucoup plus dures, le porphyre de l’Esterel par exemple, et le basalte de la chaussée des Géants, en Irlande, sont trouées ainsi grâce aux fissures préexistantes ; et dans cette dernière localité il y a deux grottes côtières, plus longues et presque aussi hautes que le tunnel de Torghatten (l’une d’elles est même également percée d’outre en outre) : seulement le niveau de la mer est resté celui de ces
- 1 Yoy. de Lapparent, Traité de géologie, 5e édit., p. 557.
- 2 M. le professeur YV. J. Sollas, partageant cette manière de voir, est d’avis que l’ile a été submergée jadis d’au moins «575 pieds, — que le tunnel est bien une caverne formée par la mer, qui a provoqué la désagrégation mécanique des joints, — et que les blocs tombés depuis cette formation sont beaucoup plus abondants aux extrémités qu’au milieu (lieport of lhe Brilish Assoc. for advanc. of Se., Swansca, 1880, p 576).
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- grottes, tandis qu’à Torghatten l’altitude du tunnel est de 120 à 145 mètres aujourd’hui.
- Par conséquent, il semble difficile de nier que cette île, depuis l’époque du percement du tunnel, se soit de plus en plus élevée au-dessus des flots qui l’ont perforée. Savoir si ce soulèvement continue, et chercher à en mesurer l’intensité, se rattache donc à une question de géologie des plus importantes et des plus discutées, celle des mouvements de l’écorce terrestre.
- Ayant indiqué ainsi quelle peut être la valeur scientifique de Torghatten, rappelons encore que c’est un site d’une rare et originale grandeur, trop bien placé sur un chemin battu maintenant, pour en faire une plus longue description. Les vues ci-contre ne donnent qu’une imparfaite idée de ce majestueux épisode du splendide voyage au cap Nord. E.-A. Martel.
- LE KUDZU
- On ne saurait trop encourager à étendre et à multiplier les plantes utiles, quoique le nombre en soit grand déjà, et que tout ce qu’il y a de bon et de réellement profitable en ce genre semble à peu près connu. Dans cet ordre de choses il existe un livre précieux qui mériterait d’être plus répandu et qui se nomme Le Potager d'un curieux. Titre coquet et un peu moyen âge. Dans cet ouvrage on trouve quantité de légumes ou de fruits ignorés ou mal connus, qui pourraient garnir nos tables et varier celle d’un gourmand en quête de plaisirs nouveaux.
- Si je cite le Potager d'un curieux, c’est autant pour le louer que pour m’efforcer d’v ajouter quelque chose, et la plante dont je cherche à étendre la culture, dans un but utile, occupe dix pages de cet ouvrage. Naturellement il en est parlé d’après les textes chinois ou japonais, et les qualités qui lui sont reconnues sont les suivantes :
- La racine, qui atteint un volume assez important, contient beaucoup de fécule, et, en Extrême-Orient, les populations besogneuses utilisent cette source de nourriture. Une autre propriété de ce végétal est d’avoir, dans l’écorce de ses tiges nombreuses et grimpantes, un liber solide et incorruptible qui le fait rechercher pour la confection des filets de pêche. Cependant ce n’est pas tout. Le Kudzu sert aussi, par ses feuilles amples et prodigieusement abondantes, de nourriture pour le bétail, ce qui n’est pas à dédaigner et mérite de fixer l’attention des éleveurs de certaines contrées.
- Aussi faut-il faire quelques réserves. Si le Pueraria Thunbergiana des botanistes, ou Kudzu, un des noms vulgaires de cette légumineuse au Japon, peut végéter même avec facilité au centre de la France, c’est surtout pour la région du Midi et pour l’Algérie qu’il faut le préconiser. Cette année, l’été a été chaud et prolongé, et le Kudzu a fait merveille: il a fleuri et développé un feuillage d’une ampleur inaccoutumée sous la latitude parisienne, et il a révélé des qualités qui m’ont suggéré cet article. Cependant, comme il faut être prudent quand on encourage à la culture d’une plante fourragère inconnue dans un pays, je me bornerai à dire aujourd’hui : « Essayez, et si vous n’ètes pas satisfait du résultat, contentez-vous d’avoir fait connaissance avec une espèce relativement nouvelle, pouvant donner un bienfaisant ombrage pendant les chaleurs et, en tout cas, montrant l'exemple d’un végétal d’une vigueur tout à fait exceptionnelle. »
- Le Pueraria est une légumineuse vivace et presque ligneuse par sa base, qui peut se reproduire par le marcottage de ses nombreux rameaux. Ce n’est ([ue dans le midi de l’Europe qu’elle arrive à fructifier et mûrir scs graines, par conséquent on est assuré d’en trouver la semence dans les maisons de graineries recommandables.
- En résumé, il est assez rare de rencontrer une plante ayant autant de propriétés utiles que le Kudzu : alimentaire par sa racine, textile par ses rameaux, qui peuvent servir de liens directement, si l’on ne veut pas en extraire la filasse1, puis fournissant par ses feuilles un fourrage sain et azoté, comme en donnent habituellement les légumineuses fourragères. Enfin cette plante, dont le feuillage rappelle celui d’un Haricot gigantesque, est susceptible d’offrir une frondaison épaisse contre les ardeurs du soleil ; les tiges nombreuses et grimpantes du Kudzu pouvant atteindre de 8 à 12 mètres aisément, dans la saison d’été. J. Poisson.
- LES TOUPIES2
- J’ai l’habitude de rapporter de mes voyages quelques petits jouets : entassés dans un tiroir, ils font, à chacune de leurs visites, le bonheur de mes jeunes neveux. Voulant un jour mettre un peu d’ordre dans ce capharnaum, j’y trouvai un nombre et une variété de toupies qui m’étonnèrent : je les mis à part. L’idée me vint de les examiner en détail, de les comparer, et je fus frappé, non moins de l’ingéniosité des fabricants à apporter un élément de nouveauté à un jouet si ancien et si simple dans sa forme primitive, que de l’intérêt scientifique de certaines des combinaisons réalisées.
- Je cherchai à compléter petit à petit cet embyron de collection et me voici à la tête de 51 exemplaires tous différents et bien caractérisés. J’ai éliminé toutes les simples variantes de matière, de dimension, de forme même, à moins qu’il n’en résultat une particularité spéciale.
- Je m’en suis tenu à la stricte définition de la toupie : un corps de révolution maintenu en équilibre sur son axe vertical par le mouvement de rotation qui lui est imprimé.
- J’ai dû exclure ainsi plusieurs jouets très curieux, notamment la i( Turbine à air », la « Boite magique », ainsi que divers autres où le corps mis en rotation n’est pas une toupie proprement dite, mais un volant dont l’axe est maintenu par des supports.
- J’ai partagé mes toupies en deux grandes classes :
- I. — Celles qui tournent, dirai-je, simplement pour tourner, c’est-à-dire où l’on n’a en vue que le mouvement de rotation et l’équilibre momentané qui en résulte : je les répartis en différentes catégories suivant la manière dont le mouvement de rotation leur est imprimé.
- 1 On fait en Chine, avec le liber du Pueraria, qui porte le nom de Cù ou Ko, des étoffes très estimées et qui sont l’objet d’un commerce important. Les tissus de Ko ont des qualités spéciales et une longue durée.
- 2 On a décrit plusieurs toupies curieuses dans La Nature-Voir les deux tables décennales des matières.
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- II. — Celles dans lesquelles le mouvement de rotation est appliqué à produire un autre effet, optique, acoustique, mécanique, etc.
- Ire classe. — Toupies simples.
- 1° Toupies mises en mouvement à la main. — Cette catégorie comprend les totons. J’ai d’abord le toton ordinaire, mis eu rotation par la partie supérieure de Taxe ; celui de la figure I a la prétention, je pense, de représenter un derviche tourneur les bras ballants; le toton « toupie » (fig. 2) diffère du précédent en ce ce que les doigts le saisissent par la pointe; le toton « domino » ou « à chiffres » (fig. 5) peut servir à divers jeux; le toton « centrifuge » (fig. 4) et le toton « cyclone » (fig. 5).
- 2° Toupies à fouet. — Je n’en connais que deux types caractéristiques : le classique « sabot » (fig. 6), dont la forme conique est une des plus anciennes connues et qui répond à la signification étymologique de la toupie, et le champignon (fig. 7).
- 5° Toupies lancées. — C’est la toupie des collégiens : la toupie à « pointe courte » (fig. 8) ; la toupie à « pointe longue » (fig. 9) et la toupie « plate » (fig. 10); la figure 11 est une variante de la figure 8 : la corde, au lieu d’être libre, reste fixée à la toupie tout en lui permettant de tourner.
- Ces variétés ne diffèrent pas seulement par la forme; elles se laacent différemment; la toupie à pointe courte se tient dans la main, la pointe en bas, l’index appuyé sur le bouton, et elle est lancée en abaissant le bras de haut en bas (fig. 8, À.); la toupie à pointe longue se tient renversée, la pointe en l’air; pour la lancer le bras décrit un demi-cercle, d’arrière en avant, comme le marteau du forgeron (fig. B.); la toupie plate se tient le bras baissé et on la lance d’un mouvement horizontal, analogue à celui du ricochet, en retirant la corde à soi (fig. C.); ces deux dernières espèces de toupies sont surtout, je pense, en usage dans le Nord.
- 4° Toupies à corde tirée. —Dans cette catégorie le mouvement de rotation est donné par la corde tirée rapidement d’une main pendant que la toupie est maintenue en place.
- La toupie « hollandaise » (fig. 12) s’applique contre deux points d’appui fixes. La toupie « d’Allemagne » est maintenue dans un manche percé d’un trou où s’engage soit la partie supérieure de l’axe prolongé (fig. 13), soit la pointe même de la toupie (fig. 14), et dont elle se dégage quand elle est mise en action par la corde. Ces toupies sont généralement en bois et creuses ; on les nomme souvent toupies ronflantes. Une toupie d’un système analogue (fig. 15), en métal et à couvercle mobile, se vend comme boîte de bonbons ; l’axe est maintenu par une pièce en forme de C allongé percée de deux trous.
- Dans d’autres systèmes le point d’appui se prend sur la toupie même : ou bien la toupie sur laquelle la corde est enroulée et l’axe sont solidaires, le prolongement de l’axe pénètre dans une sorte de gaine ou manche où il tourne librement, et qui est tenu
- à la main pendant que la corde est déroulée ; ou bien la toupie est folle sur l’axe : l’extrémité de celui-ci est maintenue pour le lançage et, quand on lâche la toupie, l’axe est entraîné dans le mouvement de rotation. La toupie a Tour Eiffel » (fig. 16, presque un souvenir historique) appartient au premier type; la toupie à deux sous des bazars (fig. 17) et bien d’autres analogues ont l’axe indépendant ; à ce second type appartient aussi la toupie « acrobate » (fig. 18), sauf que l’axe, arrêté dans sa rotation par l’encoche, prend un mouvemement rectiligne sur la cordelette ou la lame de sabre qui le porte.
- Dans la toupie a Protée » ou « à combinaisons » (fig. 19), le cône en verre qui forme la toupie est maintenu au moment où l’on tire la corde par un axe mobile qui en est indépendant.
- Enfin dans le a gyroscope » (fig. 20), le mouvement de rotation est imprimé au volant intérieur en tenant en main le cercle extérieur.
- 5° Toupies de divers systèmes. — La toupie à ficelle avec mouvement de va-et-vient (fig. 21) est très ingénieuse : on tient d’une main le petit cadre inférieur dans lequel l’axe tourne librement, de l’autre la ficelle dont l’extrémité est fixée à l’axe, et on imprime à la toupie des mouvements de rotation alternatifs ; quand elle est bien lancée on lâche tout, la ficelle s’enroule dans la petite cage et la toupie tourne librement.
- La toupie « Flora » (fig. 22) a également une mise en train particulière : elle est montée sur un pas de vis et prend le mouvement de l’axe supérieur qui tourne dans une pièce en C tenue à la main ; lorsque la corde est déroulée l’axe s’arrête, la toupie se dévisse et cpntinue à tourner; les pétales de la fleur de fantaisie qu’elle représente s’ouvrent sous l’action de la force centrifuge ; la fleur s’épanouit et se referme peu à peu sous l’action de petits ressorts de rappel lorsque le mouvement se ralentit.
- J’ai deux toupies à air, l'une dite « Éolienne » (fig. 25), l’autre (fig. 24).
- La toupie à ressort (fig. 25) mérite une mention spéciale pour la simplicité de son fonctionnement; elle est trop connue pour qu’il y ait intérêt à la décrire; une variante (fig. 26) applique le ressort par en dessous, à la partie inférieure de l’axe qui sert de point d’appui à la toupie; celle-ci n’est plus qu’une couronne portant quatre ailettes ; quand on lâche le ressort la toupie s’élève un peu en l’air, retombe à terre et continue sa rotation. Dans une autre variante (fig. 27) le ressort est également en dessous, mais fait partie d’un support sur lequel la toupie peut continuer à tourner. J’ai aussi une toupie à ressort ou « remontoir adhérent » (fig. 28) qui est très bien équilibrée et tourne pendant longtemps.
- L’hélice a été également appliquée à la mise en marche de toupies : La toupie « Archimède » (fig. 29) est un simple disque muni d’une pointe ; un curseur la force à descendre le long de l’hélice, dont elle s’échappe en tournant. Dans une autre toupie dite « Alternative », le mouvement est inverse, c’est
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- l’hélice qui est déplacée verticalement (fig. 50); la toupie, tenue à la main par une gaine folle sur l’axe, prend ainsi son mouvement. La crémaillère a été employée dans divers jouets pour mettre en rotation un volant intérieur ijui les actionne; je n’en connais pas d’application à des toupies proprement dites.
- 11e Classe. — Toupies composées.
- Reaucoupde celles-ci ont été décrites dans La Nature; je me borne à les mentionner. J’ajouterai quelques mots d’explication sur celles qui sont peut-être inédites pour nos lecteurs.
- 1° Toupies à effets aeoustiques. — Parmi les toupies que j’ai rangées dans la première classe, toutes celles qui sont creuses produisent plus ou moins des effets acoustiques; elles sifllent, chantent ou ronflent par l’action de l’air dans les ouvertures dont elles sont percées.
- D'autres toupies ont été plus spécialement combinées en vue de produire des sons harmoniques. Elles sont souvent à un jeu d’anches simple donnant un seul ton. Dans la toupie à lancer en bois (fig. 51), — une variante du n° 2, — le jeu d’anches est à la partie supérieure et la rotation de la toupie produit un appel d’air, par des trous convenablement disposés; il en est de même dans la toupie (fig. 52) modèle à bon marché des bazars; le jeu d’anches est ici à l’intérieur.
- Dans le modèle (fig. 55) l’axe est indépendant du corps de la toupie : il porte un volant armé d’ailettes qui tourne dans la partie en forme de cloche ; l’air est ainsi projeté sur un diaphragme solidaire de l’enveloppe et qui porte le jeu d’anches ; le son est considérablement renforcé par cette disposition; dans l’exemplaire que j’ai conservé, la forme extérieure est celle d’une gracieuse tyrolienne.
- La toupie « harmonique » ou « chorale » (fig. 54) est à tons changeants. Le principe est autre du modèle (fig. 55) ; l’axe se termine par une sorte de patte qui l’immobilise; il s’établit une rotation de la toupie sur l’axe maintenu fixe; celui-ci porte une languette qui frotte sur un jeu d’anches porté par la toupie et il en résulte un petit air analogue à celui des crécelles à musique vendues sous le nom de « rivoltcllas ».
- 2° Toupies à effets optiques. — Je mentionne en premier lieu le « toton spectral » (fig. 56) servant de réclame au savon anglais Pears soap. C’est un simple disque.en carton portant en noir sur blanc les lignes figurées au croquis; mis en mouvement sous une bonne lumière les cercles concentriques prennent les couleurs spectrales dont l’ordre s’intervertit suivant le sens de la rotation. Je n’entre pas dans la discussion scientifique de cette expérience; il faudrait reprendre toute la théorie des vibrations de la rétine sous l’influence des couleurs.
- La toupie « caméléon » (fig. 57) a été une des premières à vulgariser les effets des disques colorés d’Helmholz; c’est une toupie à ressort. Divers systèmes de toupies, à peu près identiques sous des
- dénominations variées, indépendamment des rondelles coloriées, ont produit des effets nouveaux, dus toujours à la persistance des impressions sur la rétine, au moyen de découpures en carton fixées sur des aiguilles, de lames en fer-blanc contournées que l’on place sur l’axe, etc. La toupie « éblouissante » (fig. 58). D’autres produisent aussi des effets de thraumatrope au moyen de cartons à plusieurs faces. La toupie dite « ravissante » (fig. 59) se prête «à ces diverses expériences ; elle supporte une couronne assez pesante qui abaisse le centre de gravité de l’ensemble; la pointe tourne sur un support et, grâce à ces dispositions, le mouvement de rotation et l’équilibre persistent fort longtemps.
- 5° Toupies à effets magnétiques. — La toupie « d’induction » (fig. 40) a été décrite dans La Nature le l ijanvier 1888, ainsi que la toupie « magnéto-électrique (fig. 41). La toupie « sultane » (fig. 42) est une petite toupie à ressort très légère ; une fois lancée on approche de l'axe un barreau aimanté à bout arrondi auquel elle adhère et continue sa rotation suspendue dans le vide.
- 4° Toupies à effets dynamiques. — La toupie « hydraulique » ou « à jet d’eau » (fig. 45). La toupie « lance-hélices » (fig. 44). La toupie « à pantins » (fig. 45) se compose d’un disque mis en rotation sur un godet au moyen d’un manche ou gaine mobile et d’une corde tirée; au-dessus est suspendu par une potence un pantin articulé en carton; les rainures en saillie du disque heurtent les pieds du petit Ecossais et lui font danser la gigue nationale.
- La toupie « carrousel » est représentée (fig. 46) ; une petite table porte le carrousel sur l’axe duquel est un disque garni de poils de brosse : la toupie étant dans son équilibre de rotation, on approche le carrousel, la brosse circulaire frotte sur la partie conique striée de la toupie et le carrousel entre en mouvement rapide au son musical de la toupie qui est munie d’un jeu d’anches.
- 5° Toupies diverses. — La toupie « gyrographe » (fig. 47) se compose d’un disque en métal assez jiesant et élevé sur une pointe assez longue formée d’un bout de crayon taillé : la toupie est lancée sur une feuille de papier, et comme elle peut difficilement prendre son équilibre vertical, la pointe du crayon trace sur le papier des spirales que l'on peut faire varier en contrariant le mouvement delà toupie.
- La toupie « gigogne », dite aussi « parachute » (fig. 48), renferme une série de petites toupies coniques qui s’emboîtent l’une dans l’autre; lorsqu’on soulève la toupie-mère, une fois lancée, les petits cônes de couleurs variées s’éparpillent et tournent autour d’elle.
- Viennent enfin diverses toupies danseuses. — Les « valseuses » (fig. 50), la « danseuse » (fig. 49). I^a « valseuse » (fig. 51) est fort gracieuse et d’un joli effet ; le mouvement se donne avec un seul tour de corde sur la partie formant poulie creuse au pied et se transmet à un volant intérieur ; le corps de la danseuse tourne par entraînement et, chaque fois
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- (.olloclion de toupies de M. J, ,1.. du Bruxelles,
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- LA NATURE.
- que la petite roulette qui est sous le second pied touche lesol, il se produit un déplacement de l’axe et une sorte de mouvement de valse. J. J.,
- LES RAILS CONTINUS
- Au début des essais de soudage des rails, on n’était pas sans inquiétude sur les perturbations que pourraient produire dans les voies ferrées les dilatations ou les contractions auxquelles les rails seraient exposés aux températures extrêmes de l’été et de l’hiver. Aujourd’hui encore, où la pratique s’est prononcée en laveur du système, beaucoup de personnes pensent que les voies ne se maintiennent que dans une sorte d’équilibre instable, tout dérangement dù à une cause accidentelle devant immédiatement s’accentuer lorsque le métal est sous forte tension.
- Considérons, en ellet, une voie de 10 kilomètres, d’une seule pièce, comme il en existe aux États-Unis. Les écarts maxima de longueur que prendrait le rail s’il était libre de s’étendre ou de se contracter seraient de 5 à 4 mètres en plus et en moins de la longueur moyenne. Si, au contraire, les extrémités du rail étaient fixes, tandis que les déplacements latéraux seraient entièrement libres, la flèche de la courbe suivant laquelle le rail échapperait à la compression dépasserait 100 mètres.
- Si ces déplacements qu’indique le calcul ne se produisent pas, c’est qu’en pratique on oppose aux déformations thermiques les contractions ou les allongements élastiques en disposant convenablement les efforts qui doivent empêcher le rail de se déformer.
- Ces efforts sont considérables, assurément. Mais ils ne dépassent pas ceux que l'on peut obtenir dans l’amarrage de la voie. En laissant libre l’extrémité de la voie, et en amarrant le rail de façon que chaque unité de longueur ajoute à la force qui le maintient en place, on arrive aisément, après 100 ou 200 mètres, à disposer d’un effort total suffisant pour que le métal ne puisse éprouver ni contraction ni dilatation. L’extrémité seule éprouve de petits déplacements, aisément réduits à 1 ou 2 centimètres. Lorsque l’on a dépassé une longueur d’une centaine de mètres, le reste de la voie ne doit rien ajouter au mouvement de ses extrémités.
- Quant aux efforts latéraux, il est aisé de les calculer. La flèche que prend une poutre soutenue par deux points, sous l’action d’une charge placée en son centre, est proportionnelle au cube de sa longueur. Or, comme la flèche due à une dilatation est proportionnelle à la longueur elle-même, l’effort nécessaire pour maintenir en place une poutre dilatée, constant dans le sens de sa longueur, diminue latéralement, lorsque la poutre s’allonge, proportionnellement au carré de sa longueur. Considérable pour les petites longueurs, elle se réduit à quelques grammes dans les plus grandes déformations d’un rail de un kilomètre, et tombe à quelques centigrammes pour un rail de 10 kilomètres. Les grandes déformations
- latérales ne sont donc nullement à craindre, puisque l’on dispose, pour les vaincre, d’efforts incomparablement plus grands que ceux qu’elles exigent.
- Il n’en est plus de même dans les très petites longueurs, où les efforts deviendraient trop considérables pour l’amarrage, s’il ne possédait pas une certaine élasticité. Mais alors les déformations restent dans les limites tolérables, et ne sont plus à craindre.
- L’accident le plus fréquent dans les rails continus est la rupture d’une soudure par les grands froids. Il est inoffensif, la solution de continuité qui en résulte ne pouvant jamais laisser vide un espace bien considérable. Quant aux déformations latérales, que l’on semble tant redouter, le calcul élémentaire montre qu’elles ne présentent pas plus de dangers dans les voies continues que dans les voies sectionnées. C.-E. G.
- ---O^-O-
- LA TÉLÉGRAPHIE DES DESSINS
- On sait tous les efforts auxquels se livrent les inventeurs pour obtenir la transmission par l’électricité, la télégraphie des figures et des dessins en même temps que de l’écriture des correspondants ; nous ne rappellerons pas le pantélégraphe Caselli, dont la description se trouve dans tous les traités de physique, et nous pensons bien qu’on n’a pas oublié letélautographe, qui est né assez récemment aux États-Unis. Mais voici qu’un Américain, M. W. H. Lowd, fonctionnaire de la Compagnie du chemin de fer « Northern Pacific », à Duluth (Minnesota), vient d’imaginer une méthode sinon véritablement pratique, du moins vraiment originale, pour envoyer par télégraphe la copie d’un dessin, d’une figure, ou peut-être plus exactement le moyen de reconstituer cette figure, ce dessin.
- On peut dire que cette méthode consiste à télégraphier des indications permettant de repérer les points principaux de la figure sur un tableau de l’invention de M. Lowd, la figure se complétant ensuite par la jonction, au moyen de lignes droites, des points ainsi fixés : c’est un peu ce que les peintres appellent la mise au carreau.
- On commence, à l’aide d’un pantographe, par tracer, généralement avec un agrandissement assez important, le dessin à reproduire sur un des tableaux carrelés inventés par M. Lowd : nous donnons ci-contre la reproduction d’un coin d’un de ces tableaux. Il n’y en a bien entendu qu’un type unique : c’est une feuille de papier sur laquelle sont tracés 476 carreaux, d’un centimètre carré et demi de surface environ; chaque rangée verticale de carreaux est désignée par une ou deux lettres, par exemple CA pour la première rangée de la figure 1 ; mais en outre elle peut être représentée par un mot, (Cun dans le cas qui nous occupe), car les transmissions ont moins de chances de défigurer un mot qu’un assemblage conventionnel de lettres. Chacune des rangées horizontales est indiquée de même, de
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- sorte que rien n’est plus simple que de repe'rer un carré par l’envoi des mots désignant les deux rangées à la rencontre desquelles il se trouve.
- Mais les carrés ont une assez grande surface pour que la simple indication telle que nous venons de l’expliquer en soit par trop vague ; aussi chaque carré est en réalité disposé comme le représente le petit tableau placé en haut et à gauche de la figure 1.
- Il est partagé en neuf plus petits carrés, portant chacun un numéro : nous n’avons pu donner cette subdivision sur la portion que nous reproduisons du tableau deM. Lowd, car elle aurait été absolument illisible. On comprendra alors que de la sorte on peut préciser la localisation d’un point. C’est ainsi que le signal « Ruth Ned 8 » voudra dire que le point dont il s’agit est au milieu du petit carré numéro 8, qui lui-même se trouve dans le grand carreau placé à la rencontre des rangées Ruth (troisième horizontale) et Ned (cinquième verticale). Le signal 5/4 par exemple, à la suite de l’indication du grand carré, signifierait que le point doit être fixé au milieu de la ligne séparative des petites subdivisions 5 et 4; on comprend donc ce que voudrait dire « Ruth Bill 1/9 ». Enfin, quand le point se trouve à un sommet commun, par exemple des carrés 5, 7 ou 1 et 6, on pourra télégraphier 5/7 ou 1/6. Les subdivisions sont suffisamment petites pour que les indications soient réellement précises : on n’a du reste qu’à les multiplier pour serrer d’aussi près que possible les contours du dessin à reproduire, les lignes courbes se trouvant remplacées par des lignes brisées à petits éléments.
- Voyons une opération télégraphique suivant ce procédé. Après la reproduction au moyen du pantographe, sur la surface carrelée, l’expéditeur n’a qu’à télégraphier au destinataire les points successifs de la figure; au fur et à mesure qu’il en reçeit un, le destinataire marque le point à l’endroit voulu sur un tableau type, puis il attend, le crayon en main, l’envoi d’un nou-
- veau signal, et alors d’un trait de crayon il réunit le premier point au deuxième, qu’il lui a été facile de déterminer. Quand le tracé essentiel est obtenu, on peut au besoin envoyer des indications sur les ombres et sur des détails secondaires, et rien
- n’empêche même de télégraphier les moindres lignes. C’est ainsi que, du tracé « mis au carreau » sur la figure 1, on peut obtenir le portrait de la figure 2, qui n’est autre que celui de l’inventeur lui-même, M. Lowd.
- Pour faire comprendre complètement le procédé, donnons la formule d’envoi télégraphique de quelques lignes, en partant, par exemple, de la racine des cheveux en haut du front pour descendre vers le nez. Nous envoyons : « De Ruth Ned 8 à May Mine 6 Josie Nick 8 When Nick 2 Great Mine 5 Great Jun 6/7 RrightJun 5/6 Bright Mine 8, 7, etc. » Nos lecteurs suivent certainement ce signal et retrouvent les points de direction du tracé. On remarquera que quand on télégraphie le commencement d’une ligne nouvelle on met d’abord le mot De et ensuite une seule fois le mot à; pour simplifier, on ne répète jamais le caractéristique d’un grand carreau, quand on a besoin de signaler dans une succession immédiate deux points différents de ce même carreau : on fait suivre la désignation générale, par exemple « Bright Mine », des chiffres respectifs 8, 7, comme dans notre exemple, ce qui veut dire qu’il y a un point au milieu du petit carré 8 et un autre dans le petit carré 7 du même grand carreau.
- Sans doute le procédé est-il un peu long et compliqué, et il demande naturellement du soin de la part de celui qui télégraphie les indications comme de celui qui les reçoit et les traduit ; mais il peut rendre malgré tout de réels services quand on se trouve dans la nécessité de communiquer un plan ou un dessin par télégraphe, et il méritait à coup sur d’être signalé ici pour son originalité. Daniel Bellet.
- fox Much
- Helen
- Josie
- When OW
- Great GU
- Bright RA
- March
- Knight KG
- Foam
- Bushy Y
- Smoke SK
- Dream DR
- Gusty OX
- Corner CO
- Market K f
- Buffalo U F
- Weaver
- Fig. 1. — Diagramme pour l’envoi d’un portrait par télégraphe. Portrait au trait de l'inventeur, M. Lowd.
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- LA NATLUL.
- UN PHONOGRAPHE SIMPLIFIÉ
- Le phonographe, après être resté pendant de longues années un instrument de luxe et d’un prix inabordable, semble devenir aujourd’hui un objet de distraction que l’on peut aisément se procurer. Nous avons décrit dernièrement1 de nouveaux modèles très intéressants à main ou à mouvement d’horlogerie ; nous en ferons connaître aujourd’hui un autre également à mouvement d’horlogerie. Il n’atteint peut-être pas toute la perfection de détails que donnaient les appareils mentionnés plus haut, mais il marque de réels progrès sur les petits phonographes utilisés dans la poupée parlante et dans la montre parlante dont il a déjà été question dans ce journal2.
- Le principe de ce phonographe, dû à M. Lioret, reste toujours le même; les cylindres impressionnés sont formés de celluloïd. Us peuvent se fixer sur un arbre mis en mouvement par un simple mouvement d’horlogerie ordinaire que l’on remonte avec une clef. Le dessin n° 2 de la figure 1 accompagnant cet article nous fait voir le mouvement d’horlogerie et le cylindre ajusté. Au-dessus est fixée une membrane vibrante avec transmetteurs en caoutchouc d’un modèle déjà bien connu.
- Le cornet pour auditions à haute voix présente quelques particularités intéressantes; on en voit la coupe dans le dessin n° \. La membrane vibrante est une lame de mica placée à la partie inférieure; sur celle-ci s’appuie à l’extérieur une tige métallique recourbée en crochet, mais qui est maintenue par un ressort placé à l’intérieur du cornet. Cette disposition assure une certaine sen-
- 1 Vov. n° 1175, du 25 novembre 1895, p. 405.
- 2 Yoy. n° 885, du 17 mai 1890, p. 581, n0 1071, du 9 décembre 1895, p. 52, et u° 1104, du 28 juillet 1894. p. 144.
- sibiiité à la membrane. Les paroles ne sont pas toujours très distinctes mais les airs de fanfares sont remarquables.
- Nous avons fait fonctionner à plusieurs reprises cet intéressant petit phonographe ; sans atteindre la perfection de détails des autres appareils que nous avons déjà fait connaître, il constitue un jouet très
- simple, très amusant, qui aura le don de captiver même les grandes personnes.
- La figure 2 nous représente un autre modèle de phonographe beaucoup plus simple encore que le premier, et qui constitue bien maintenant le jouet usuel que l’on peut mettre entre les mains des enfants. Le mécanisme que nous avons décrit plus haut reste le même; le mouvement d’horlogerie est simplifié cependant, et semblable à celui qui était utilisé dans les poupées parlantes que nous avons déjà mentionnées. Sur le côté est le cylindre en celluloïd que l’on peut facilement changer à volonté. La membrane vibrante est analogue à celle dont nous avons parlé plus haut ; le cornet placé au-dessus affecte la forme cylindrique. Tout le mécanisme est renfermé dans une boîte prismatique en carton très solide, qui a le grand avantage de permettre un transport facile de l’appareil et de former en même temps une caisse de résonance pour l’amplification des sons. 11 y a un couvercle, à la partie supérieure, et une petite porte sur le côté en bas pour remplacer aisément les cylindres.
- Ces deux derniers modèles de phonographes constituent certainement jusqu’à ce jour la dernière expression de simplicité pour un appareil qui est resté longtemps un appareil de luxe et de haut prix. Nous ne serions pas étonné de trouver bientôt les phonographes dont nous venons de parler sur nos grands boulevards, dans les petites baraques du jour de Van. J. L.
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- LA NATURE.
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- UNE EXCURSION 4 ETCHMI4DZLN
- En ce moment où la question d’Arménie passionne les esprits, non seulement en Orient mais aussi en Europe, peut-être ne semblera-t-il pas hors de propos de faire plus ample connaissance avec le pays qui s’étend autour de l’Ararat.
- La voie la plus directe pour se rendre à Erivan, aux confins de la Perse et de l’Arménie russe, est d’aller prendre à Batoum le chemin de 1er du Transcaucase et de s'arrêter à la station d’Acstafa, située entre Ti-ilis, capitale de la Géorgie, et Bakou, tète de ligne du chemin de fer, dont le port important sur la Caspienne s’accroît sans cesse, tant par l’importance des gisements de naphte de la presqu’île d’Apchérou, que par les relations chaque jour plus considérables qui relient ce port à celui d’Ouzoun Ada où commence le chemin de fer transcaspien de Boukhara et Samarcande.
- Les Busses, depuis leur arrivée en Arménie en 1829, ont construit des chemins de fer et des routes. Celle d’Acstafa à Erivan, longue de 175 verstes, au travers d’une région très montagneuse et fort accidentée, avec un service postal relativement bien organisé eu égard au pays où l’on se trouve, en est une des meilleures. On peut sans s’arrêter et en vingt-deux heures franchir la distance qui sépare Acstafa d’Erivan, mais il serait regrettable d’agir ainsi aussi rapidement et de parcourir pendant la nuit, sans le voir, un pays tout à la fois bizarre et pittoresque et partout très curieux.
- On traverse, en quittant Acstala, la plaine large et
- inculte qui s’étend entre le grand Caucase au nord et les monts d’Arménie au sud, plaine surtout habitée par des nomades dont on voit disséminés les tentes et les troupeaux de moutons et de buffles, animaux assez sobres pour vivre de cette herbe longue et dure, seule végétation d’un pays aride et rarement arrosé par la pluie.
- Quelques heures suffisent à traverser celte sorte de large vallée ; peu à peu la route s’élève au travers de montagnes magnifiquement boisées; le climat brûlant de l’été permet à certaines de nos essences alpestres du Dauphiné et de la Savoie de vivre à des altitudes bien supérieures à celle où elles disparaissent sous notre climat. La route continue à s’élever jusqu’à environ 2000 mètres et parvient au pittoresque lac de Sévanga, qui atteint plus de 40 verstes dans sa plus grande étendue et dont les eaux limpides, d’un bleu sombre inconnu pour nous, baignant les rochers à pic qui les entourent et les contiennent , l’on fait comparer à du saphir liquide dans un vase de porphyre. La métaphore, si flatteuse soit-elle, n’est pas exagérée sous ce beau ciel bleu intense et cette abondante lumière qui fait sentir encore davantage l’absence complète de tout arbre qui pût en tempérer l'éclat. Mais l’aridité de ce sol ne permet à aucune végétation de se produire dans ces grandes montagnes.
- Telle est la nature du sol jusqu’à Erivan, dont la situation au milieu d’une oasis serait comparable à certains points de notre Sahara algérien si l’absence des palmiers et la masse imposante de l’Ararat qui domine toute la région avec ses 5100 mètres d’altitude ne rappelaient au touriste qu’il est ici dans
- Fig. 1, 2 et 3. — Le couvent d’Elchmiadzin, en Arménie. — Fig. 1. Une des portes d’entrée de ce couvent. — Fig. 2. Vue de l’église du couvent. — Fig. 3. Église fortifiée dans la steppe. (D’après des photographies de l’auteur.)
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- LA NAT LUE.
- ce pajs biblique immortalisé par l’arche deNoé!
- Malgré la domination russe, la population d’Erivan est demeurée ce qu’elle était autrefois. Il n’est besoin d’invoquer aucun souvenir historique, il suffît de jeter un coup d’œil sur . les habitants et d’entendre leur langage, pour s’apercevoir bien vite que l’on est entouré de Persans. Avec leur long visage tin, leur barbe noire et leurs ongles rougis au henné, ils sont restés fervents disciples de Mahomet et plutôt encore sujets du Shah que du Tzar. A chaque pas on trouve à Erivan des vestiges de la domination persane ; le palais des gouverneurs ou Sardars, les inscriptions qui couvrent les murs, et les mosquées avec leurs dômes de faïence vernie de couleur verte et bleue, tout cela indique les bornes de l’empire moscovite, et, en levant les yeux, on aperçoit, bordant la plaine, les montagnes de la frontière persane.
- On ne peut aller à Erivan sans visiter le couvent fameux d’Etchmiadzin, résidence actuelle du grand patriarche, « le catholicos » d’Arménie, chef spirituel de l’Arménie russe, persane et turque (voy. la gravure de la page 29). Pour s’y rendre, il faut une heure depuis Erivan au travers de la steppe, en franchissant les obstacles, fossés ou remblais, dans de solides voitures et au grand galop de quatre vigoureux chevaux de cette excellente race du Caucase, bondissant au milieu des nuages de sable et de poussière qui nous entourent.
- Le Catholicos, qui voulut bien nous accorder une audience et nous retenir à déjeuner, est fort affecté des atrocités commises en Turquie contre les Arméniens. Aucune justice ne leur est rendue, car leur témoignage devant les tribunaux est dénué de toute valeur s’il est contredit par celui d’un coreligionnaire du sultan. En Perse au contraire, le gouvernement du Shah est plus tolérant et les chrétiens sont à l’abri des persécutions. Le musulman persan n’est, paraît-il, pas fanatique et cruel comme le musulman turc, qu’il déteste d’ailleurs en tant qu’adversaire religieux. Le Turc, en effet, est Sunnite et n’accepte point Ali, le gendre du Prophète, reconnu par les Schiites persans.
- Sous la conduite d’un religieux, homme fort distingué et fort aimable qui est venu perfectionner ses études à Leipzig et à Paris, nous visitons le monastère. Ce couvent est fort ancien. On y remarque, parmi les plus précieux vestiges des anciennes civilisations de cette partie de l’Asie, d’importantes inscriptions cunéiformes merveilleusement conservées sur d’énormes blocs de pierre polie et qui n’ont pu encore être déchiffrées. Après leur avoir attribué une origine persane, on pense plutôt aujourd’hui qu’elles sont écrites en chaldéen, et c’est dans cette voie-là que l’on dirige en ce moment des recherches malheureusement infructueuses jusqu’à ce jour. D’autres inscriptions plus récentes attestent le passage des Romains; l’une d’elles faisait partie du tombeau d’un centurion.
- Entièrement entourée de hautes murailles, isolée
- dans la steppe asiatique, tantôt sablonneuse avec de rares cultures de cotonnier, tantôt marécageuse là où les ruisseaux tributaires de l’Arax ont encore la force de se répandre dans les rizières, l’église d’Etchmiadzin s’élève au milieu du cloître qui l’entoure et de l’hôtellerie enfermée dans ses remparts, dernier asile aujourd’hui de malheureux chrétiens persécutés par les musulmans turcs et qui abandonnent leurs villages et leurs champs, fuyant avec leurs femmes et leurs enfants devant les cruautés et les atrocités sans nom commises par les Kurdes à leur égard.
- Nous quittons enfin le monastère pour reprendre le chemin d’Erivan sous ce ciel bleu et ce soleil brûlant, entourés de la steppe plate et monotone. Parfois une caravane de chameaux se déroule lentement suivant le son grave de la cloche que le premier fait résonner à son cou, et c’est là, avec les hérons blancs dont le long col se détache dans les roseaux, tout ce qui vient animer ce paysage désert, célèbre par les traditions de la légende et dominé au sud par la cime neigeuse et les glaciers roses du grand Ararat. Henri Jourdan.
- CHRONIQUE
- Valeur hygiénique de l’opium. — La Ligue contre l’usage de l’opium avait demandé au Parlement anglais la nomination d’une commission chargée d’étudier les effets nuisibles de l’opium. Le Rapport que vient de publier cette commission, et dont la Médecine moderne donne les conclusions, s’il satisfait les intérêts commerciaux et fiscaux de l’Angleterre, n’est pas fait pour plaire aux membres de la Ligue. Le Rapport déclare en effet que le témoignage de 161 médecins interrogés a été pour ainsi dire unanime sur ce point, à savoir que « l’usage modéré de l’opium dans l’Inde doit être envisagé au même titre que l’usage de l’alcool en Angleterre. L’opium est dangereux, ou sans danger, ou même utile, suivant la mesure et la discrétion qu’on met à en user. Les indigènes de l’Inde sont d’accord avec les médecins. Il est universellement reconnu que l’usage excessif de l’opium est un mal, mais un mal dont on a singulièrement exagéré les effets. Le rapport ajoute que l’opium est employé comme stimulant par les hommes d'un âge mûr. Dans l’opinion de la grande majorité des médecins indigènes et des représentants des hautes classes, cet usage produit d’exellents résultats. Des fumeurs d’opium, ayant quinze ou vingt ans de stage, ont été présentés à la commission, qui s’est déclarée satisfaite de leur aspect et de leur vigueur. L’usage de l’opium comme stimulant physique a été prescrit par les médecins aux troupes engagées dans des expéditions fatigantes. Les conducteurs de chameaux s’en servent pour résister aux alternatives extrêmes de froid et de chaud qu’on subit dans le désert de Rajputana. Dans le Punjab. beaucoup de consommateurs ne font usage de l’opium que pendant les mois d'hiver. La commission royale conclut donc que l’opium dans l’Inde ne peut être que recommandé et qu’il n’exerce pas les effets nuisibles qu’on lui a attribués. Voilà une conclusion à laquelle ne s’attendait sans doute pas Y Anti-Opium League, mais qui est intéressante à connaître.
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- LA NATURE.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 9 décembre 1895. — Présidence de M. Marey.
- Les propriétés boulangères des farines. — M. Aimé Girard s’est appliqué à définir les propriétés boulangères des farines, c’est-à-dire leur degré respectif de convenance pour la fabrication d’un bon pain. Depuis vingt-cinq ans environ de grands perfectionnements ont été apportés dans l’outillage de la meunerie et les exigences de la consommation se sont accrues. Le pain blanc bien levé est devenu l’aliment de tous, et c’est là un progrès réel, car ce pain jouit de propriétés nutritives bien supérieures à celles du pain bis. Mais le pain blanc ne peut être obtenu qu’à l’aide de farines très blanches exemptes des débris des enveloppes du grain et du germe. Ces débris figurent au contraire, en proportion plus ou moins forte, dans les farines de second ordre. Or, ils ne sont pas assimilables. Quelques-uns d’entre eux sont inactifs dans le pain (ceux des barbes), d’autres l’altèrent (ceux du germe et du tégument). Pour l’essayage des farines, M. Girard a imaginé un procédé permettant d’isoler les débris incorporés dans une farine ; il les délaye ensuite dans un liquide visqueux où ils restent en suspension.. Ce liquide est enfin porté sous le microscope, par petites cellules carrées d’un millimètre de côté sur un dixième de millimètre d’épaisseur. L’opérateur compte alors les débris des diverses provenances, reconnaissables chacun par une forme caractéristique. On conçoit que si le volume total du liquide est connu, on peut aisément, par un calcul très simple, évaluer le nombre des débris de chaque espèce contenus dans un gramme de farine. M. Girard trouve ainsi, dans un gramme de farine supérieure, au taux de 45 pour 100 d’extraction, 2500 débris inactifs et 900 actifs. La farine première, au taux de 60 pour 100, donnant encore de très bon pain, contient 6500 débris inactifs et 4400 actifs ; la farine seconde, au taux de 70 pour 100, 19100 et 25 000 débris; enfin la farine troisième, au taux de 80 pour 100, 15 800 et 18 500 débris.
- Procédé nouveau d’analyse de l’aluminium. — M. Moissan décrit le procédé d’analyse qu’il a employé dans ses recherches sur l'aluminium industriel. Jusqu’ici, dans les laboratoires, on dosait l’aluminium par différence et l'on regardait comme du silicium le résidu complexe résultant de l’attaque du métal par l’acide chlorhydrique. Ce résidu, en réalité, contient de l’azote, du silicium, du verre et quelquefois du soufre. M. Moissan sépare d’abord le cuivre de l’aluminium, puis il dose la silice. Le fer à l’état d’oxvde est ensuite séparé du mélange d’alumine et de fer oxydé. Le poids du fer étant déterminé, il déduit celui de l’aluminium. 11 indique aussi le moyen de doser le sodium qui se trouve trop souvent dans l’aluminium du commerce et nuit beaucoup à la conservation du métal. M. Moissan indique enfin comment on peut doser le carbone et l’alumine préexistant dans le métal. Les nombreuses analyses qu’il a entreprises lui ont permis de constater qu’au fur et à mesure que l’industrie abaisse le prix de l’aluminium, elle le produit plus pur. Les trois grandes usines de la Praz (France), Newhausen (Suisse) et Piltsburg (États-Unis) peuvent fournir un métal à 99 pour 100 d’aluminium. Un échantillon de Pittsburg ne contenait que 0,27 de fer et 0,11 de silicium pour 100.
- L'affinité de l'azote. — On sait que le lithium chauffé jouit de la propriété de fixer l’azote. Mais si le métal est pur, si sa surface est brillante, la fixation de l’azote s’effectue à froid, d’une manière complète. M. Peslandres, qui fait connaître cette absorption, ajoute que la combi-
- naison est tellement radicale que l’analyse spectrale du gaz n’indique plus trace d’azote.
- La diffusion de l’acide borique dans la nature. — M. Jay a imaginé de rechercher si l’acide borique est dispersé dans la nature. La présence de l’acide borique dans quelques plantes a été observée, mais contestée. Les vins qui renferment de l’acide borique passent pour avoir été sophistiqués dans le but de favoriser leur conservation. M. Jay montre que l’acide borique se rencontre dans le sol et dans toutes les plantes. Tous les aliments en renferment. Le vin blanc en contient normalement 9 à 10 milligrammes par litre. On le trouve dans la farine de blé, de seigle, dans la paille de blé, de seigle, le houblon, la luzerne, le tabac, le liège, etc. L’auteur a ensuite recherché s’il existait dans les tissus animaux. On ne le rencontre pas dans les muscles ni dans le sang. Un kilogramme de sang examiné dans ce but spécial n’en a pas révélé de trace. L’acide borique des aliments est sans cesse excrété par le lait et les urines.
- Un minéral extraordinaire. — M. le général Venukoff présente un cube de sel gemme trouvé à Stoupkg, province d’Ickatérinoslav, qui contient une cavité intérieure dans laquelle se trouve emprisonnée une petite quantité d’eau liquide. Ce bloc de sel gemme est parfaitement transparent et laisse apercevoir fort bien, lorsqu’on le déplace, le mouvemenj du liquide. M. le général Venukoff a fait don à la Faculté des sciences de Paris d’un semblable bloc de sel gemme.
- Les travaux du reboisement en France. — M. Delié-rain fait l’éloge d’un ouvrage de M. P. Demoutzey, intitulé l’extinction des torrents par le rebobement. L’auteur a eu pour but de décrire à la fois la situation actuelle des grands travaux d’utilité publique, en cours d’exécution, et l’importance de ceux restant à accomplir pour le prompt achèvement de l’œuvre, tant par l’État que par les communes et les particuliers. Après un exposé très net de toutes les données de la question, historique, législation, description du champ d’action, exécution des mesures et travaux de tout genre ,rcsultats obtenus, il présente, à l’appui de sa thèse, une série de 56 grandes planches et de 126 vues photographiques dessinées ou prises par les forestiers reboiseurs. 11 passe ensuite à la comparaison des travaux exécutés avec ceux projetés. De cet examen, il résulte que l’on a réalisé à peine le quart de l’œuvre entreprise. Mais, des développements fournis par l’auteur, il résulte aussi que le problème posé est aujourd’hui résolu. Les faits ont largement prouvé que la solution n’est ni longue ni coûteuse, et qu’il suffit d’aider la nature par une série de petits moyens employés judicieusement et surtout avec un constant esprit de suite. M. Demoutzey démontre également que le moment est arrivé de donner aux travaux obligatoires une prompte et énergique impulsion sans laquelle on risquerait d’attendre pendant plus d’un siècle encore le précieux résultat de cette grande œuvre si heureusement commencée. Il conclut à ce qu’un délai de trente-cinq à quarante ans soit imparti pour l’achèvement de ce travail qui remplit d’enthousiasme ceux qui sont appelés à y participer à reconstituer l’ordre que la nature avait si bien établi et que l’imprévoyance ou l’égoïsme de l’homme ont changé en un véritable chaos. M. Dehérain exprime le vœu que le livre de M. Demoutzey, édité par l’Imprimerie nationale à un petit nombre d’exemplaires, soit vulgarisé afin d’éclairer les intéressés sur cette question du reboisement si obscure pour eux.
- Varia. — M. Marey annonce que le gouvernement anglais, sur l’initiative de la Société Royale de Londres, va
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- LA N AT U HE.
- provoquer, par voie diplomatique, la réunion d’un congrès scientifique international, dans le but d'arrêter les bases d’une bibliographie complète des travaux intéressant toutes les branches des sciences et d’obtenir la coopération des puissances à cette œuvre immense et féconde. —M. Cor-dier a entrepris des expériences dans le but de déterminer quelle était la surface de la peau impressionnée par le souffle électrique issu d’une pointe. Il a étudié l’effluve positif et l’effluve négatif et a trouvé que l’effluve négatif était plus condensé. — M. Castro a effectué des recherches sur la solubilité et l’activité des ferments solubles dans les liqueurs alcooliques. Ch. de Yiixedeuil.
- UN CURIEUX TRAMWAY
- La traction des voitures exige, en palier, un effort d’environ 8 à 10 kilogrammes par tonne, sur des
- voies de tramways bien entretenues; en pente, il faut ajouter à cet effort celui qui correspond à l’élévation du poids du véhicule contre la pesanteur, soit 10 kilogrammes par tonne et par centimètre de pente par mètre. A la descente, ce dernier effort se retranche du premier, c’est-à-dire qu’il agit comme une force motrice; la voiture tend alors à descendre seule, sous l’action de la pesanteur. Voici une application originale de ce principe.
- Les tramways à chevaux n’existent pour ainsi dire plus aux États-Unis; ceux qui restent encore sont considérés par les bons Yankees comme de vraies curiosités. Pourtant, ils ne sont pas tous établis sur le modèle de celui que représente notre gravure; celui-là passerait pour une curiosité, même dans les contrées où la traction mécanique est incon-
- Trumwuy à chevaux établi sur une voie en iorle jieiile.
- A la descente, les chevaux sont placés dans un chariot muni de roues pour rails et le tout descend sous l’action de la pesanteur.
- nue, car les chevaux qui le conduisent s’y promènent en voiture tout comme les voyageurs ! Voici comment.
- La ligne a été établie en 1803. à Denver, dans le Colorado, sur la 34e Avenue; elle a environ 2km,5 de longueur; comme elle est en pentes continues qui atteignent de 2 à 3 pour 100, le concessionnaire, M. Cook, en conclut que c’était gaspiller la force des chevaux que de les forcer à traîner la voiture à la descente, puisqu’elle pouvait tout aussi bien descendre toute seule sous l’action de la pesanteur. De telles idées ne doivent pas rester longtemps inexploitées. Notre homme fit aussitôt construire une « voiture » pour les chevaux. C’est une plate-forme munie de parois à claire-voie qui est très légère et roule sur de petites roues de 30 centimètres de diamètre. Les deux côtés, avant et arrière, sont munis de portes afin de permettre aux chevaux d’y entrer ou d’en sortir. Les animaux se sont très vite habi-
- tués à ce mode de locomotion et témoignent par de larges sourires et de bruyants hennissements toute leur satisfaction. Un tramway du même genre a déjà été décrit dans La Nature, dans le n° du 8 mars 1890 (p. 212). Ce tramway fonctionnait sur une voie en pente, et les mules qui tiraient en montant se trouvaient à la descente dans un chariot attaché au tramway à l’arrière. Ce tramway fonctionnait à Ontario, en Californie.
- Inutile d’ajouter que ces exploitations originales n’effrayent pas les voyageurs ; à Denver ils viennent en grand nombre, attirés par le côté pittoresque de ce véhicule, en sorte que le concessionnaire a vu à la fois et ses recettes augmenter et ses dépenses diminuer. Je doute qu’il en serait de même dans un autre pays que l’Amérique. G. P.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissanme».
- Paris. — Imprimerie Làhure, rue île Fleurus, 'J,
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- N’° 1177. — 21 DÉCEMBRE 1895.
- LA NATURE.
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- moins évasée que les nôtres. Quelques-unes de ces cloches sont d’un poids énorme. La plus grande cloche de la pagode de Rangoon, dont nous allons parler plus loin, pèse 50 000 kilogrammes. On fait résonner ces cloches en les frappant sur la paroi extérieure avec une corne de cerf ou une pièce de hois. Les frappements doivent être Lien donnés.
- Nous avons reçu d'un de nos lecteurs, M. de Ginoux, une très intéressante photographie sur une grande cloche de Birmanie. Elle ressemble à celles dont nous venons de parler. Nous reproduisons ici cette photographie (Yoy. gravure ci-dessous) et nous donnons aussi la lettre que M. de Ginoux nous a adressée au sujet de cette grande cloche birmane :
- Cloche de 5 mètres de hauteur et de 4”,50 de diamètre fabriquée par des fondeurs birmans. Elle fonctionne dans un bois en face de Mandalay.
- LES GRANDES CLOCHES
- On a beaucoup parlé dans ces derniers temps des cloches gigantesques à propos du transport de la Savoyarde qui a été fondue à Annccy-le-Yieux (Haute-Savoie). Cette cloche, pesant plus de 16 500 kilogrammes, a été transportée du lieu de sa fabrication à l’église du Sacré-Cœur, à Paris-Montmartre, et a beaucoup excité la curiosité du public1.
- Tout le monde ne sait pas que les cloches de ce genre sont très répandues dans l’Inde. Près des pagodes et des bonzeries il s’en trouve quelquefois des spécimens de très grandes dimensions. Elles sont dépourvues de battants et affectent une forme
- ’« La cloche la Savoyarde et ses dimensions ont eu un grand succès; cela m’a remis en mémoire une cloche monstre que j’ai vue l’an dernier en Birmanie, à Mingan, en face de Mandalay, sur la rive droite de l’Iraouaddv. Elle mesure 5 mètres de hauteur, 4m,50 de diamètre. Soutenue par trois fortes poutres reposant sur deux piliers de maçonnerie, elle disparaît sous un fouillis de plantes grimpantes qui l’envahissent. Les Birmans ont une grande réputation pour la fonte des cloches, dont on rencontre de beaux spécimens à Rangoon, à Prome et un peu par tout le pays. Ils excellent aussi à fabriquer des gongs d’une forme spéciale qui, frappés d’un maillet de bois qui leur imprime un mouvement de rotation, produisent des sons d’une pureté et d’une intensité incroyables. Je vous communique la photographie que j’ai prise moi-même à Mingan de cette cloche, avec une photo-jumelle J. Carpcn-
- 1 Yoy. n° 1172, du 16 novembre 1895, p. 595.
- 21° année. — 1er semestre.
- tier, pensant que cette communication pourra intéresser vos lecteurs ainsi que les fondeurs.
- Il y a encore des cloches analogues en Chine et notamment à Pékin, où l’on peut en voir une très considérable, dans le temple de la Grande Cloche; elle porte le nom de Takung-ssu et a été fondue en l’année 1578 de notre ère. Cette cloche a 5 mètres de hauteur ; elle est suspendue dans une tour construite à l’arrière du temple. Sa surface est couverte d’inscriptions qui donnent les préceptes du bouddhisme. Les lettres sur le métal sont en relief.
- Au Japon, il y a aussi de grandes cloches; à Kyoto notamment, il y en a une qui a environ 4 mètres de haut et qui pèse 7000 kilogrammes. On voit qu’elle est moins grande que notre Savoyarde du Sacré-Cœur de Montmartre, mais elle est très curieuse.
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- Une des plus grandes cloches du monde est celle de Moscou en Russie, qui a 0 mètres de hauteur et qui est exposée sur une place publique. Nous n’en disons pas plus, car cette cloche, appelée Czar Ko-lokol, a été décrite dans La Nature i.
- Après ces quelques détails sur les grandes cloches, nous parlerons un peu de leur histoire. Selon le P. Kircher, c’est aux Égyptiens qu’il faut attribuer l’invention des cloches, tpii annonçaient les fêtes d’Osiris. Elles paraissent, d’autre part, avoir été connues en Chine plus de ^(ïOO ans avant Jésus-Christ. 11 n’est pas douteux (pie les clochettes étaient très pratiquées dans l’antiquité; d’après les récits de Clément d’Alexandrie, le grand prêtre Aaron portait des sonnettes au bas de sa robe. On peut lire dans Théocrite que les anciens faisaient entendre le son de petites cloches dans les sacrifices, comme dans les mystères des Corybantcs et de Racchus. L’àne de Silène portait une clochette à son cou, ainsi que la plupart des bestiaux. Quant aux véritables cloches, elles servaient dans l’antiquité aux mêmes usages qu’à notre époque. Gaston Tissandier.
- EXPOSITION INTERNATIONALE
- DE VÉLOCIPÉDIE
- LE TROISIÈME SALON I)U CYCLE
- Le jeudi 12 décembre 1895, à 2 heures, M. Mesureur, ministre du Commerce, a inauguré la troisième exposition vélocipédique dite Salon du Cijcle, qui se tiendra jusqu’au 2b de ce mois dans la vaste nef du Palais de l’Industrie. Samedi dernier, M. Félix-Faure, président de la République, voulait bien à son tour visiter l’exposition et témoigner ainsi de l’intérêt qu’éprouvent enfin les pouvoirs publics pour notre laborieuse et colossale industrie française de vélocipèdes.
- Ce troisième Salon du Cycle renferme quelques curieuses nouveautés que j’aurai le plaisir de décrire dans un prochain numéro de La Nature. Mais évidemment l’exposition, au point de vue des innovations, se ressent de l’extrême degré de perfection auquel est arrivée la construction cycliste. On sent qu’il faudrait maintenant une révolution complète dans le type de machine adopté, une déchéance de la bicyclette, pour que l’esprit des inventeurs se mît utilement à la recherche d’heureuses trouvailles. La bicyclette est aujourd’hui tellement étudiée, tellement bien connue au point de vue de sa meilleure constitution possible, si je puis dire, qu’elle tend de plus en plus à devenir une industrie classée, bientôt classique, et que les fabricants sont obligés de se borner à s’efforcer de la construire de mieux en mieux sans en modifier le modèle.
- Il est curieux de voir, à chaque exposition, les plus antiques combinaisons mécaniques, depuis longtemps rejetées par l’expérience, se présenter avec la meilleure foi du monde comme des découvertes récentes. Je citerai ainsi toutes les inventions d’appareils à ressorts supprimant les pneumatiques ; je rappellerai à ce propos que tous ces systèmes ont été appliqués entre 1805 èt 1870 aux bicycles de bois et de fer de l’époque, avant même qu’on ne pensât à l’application du caoutchouc plein aux roues de
- 1 Yoy. n° 42, du 21 mars 1874, p. 217.
- vélocipèdes! De même les tentatives de suppression de la chaîne, transmission évidemment défectueuse lorsque la machine est mal entretenue, mais transmission certainement la plus vite qui soit jusqu’à ce jour en cyclisme, s’inspirent d’essais avortés en 1885, etc.
- Le public d’ailleurs, dont le llair instinctif n’est pas souvent en défaut, sent bien que ce ne sont pas là les questions intéressantes de la vélocipédie. 11 ne s’y arrête pas ; mais il fait au contraire de longues stations devant le garage pour bicyclettes dans un fourgon de chemin de fer qu’a imaginé M. üller. La question du transport par chemin de fer de cet encombrant et fragile bagage qu’est une bicyclette, constitue une de celles qui causent le plus de souci aux Compagnies. Le P.-L.-M. par exemple a dû, cette année, certains dimanches d’été, embarquer jusqu’à 500 bicyclettes dans une matinée dans la direction de Montgeron! M. Oller propose aux Compagnies d’adopter dans leurs fourgons à bagages deux plateaux tournants sur le plancher et sur lesquels des montants de bois formant pinces maintiendraient les bicyclettes faisant le beau, c’est-à-dire dressées sur leur roue d’arrière. On pourrait ainsi transporter sans aucun risque d’avarie vingt machines par fourgon.
- Le système dont nous parlons est présenté dans la livraison où nous écrivons ces lignes1. Nous nous bornons à signaler ici cet appareil.
- La foule stationne longtemps aussi devant le tricycle fermé qu’expose la maison Humber et qui constitue, pour la circulation dans les grandes villes, pendant l’hiver, un pratique véhicule cycliste dont nous reparlerons prochainement.
- Félicitons enfin l’administration du Salon du Cycle d’avoir cette année donné à la section des véhicules automobiles une place au milieu de la nef, réellement digne d’elle, conforme aux progrès que ce mode nouveau de locomotion accomplit chaque jour et à l’enthousiasme qu’il soulève dans le public. L. Baudry de Saunier.
- CORRESPONDANCE
- REMÈDE CONTRE LES PIQURES DES CHIQUES d’aFRIQUE ET DE L’AMÉRIQUE DU SUD
- Nous avons reçu la Notice suivante d’un de nos lecteurs de la Colombie ; nous la reproduisons ici.
- « Dans le n° 1147 de La Nature, du 25 mai 1895, j’ai lu un long article de M. Henri Dehérain qui parle des effets désastreux produits dans l’Afrique tropicale par les chiques ou pulex penetrans ; et comme mon pays natal, la république de la Colombie, est la partie de l’Amérique qui a fait le plus souffrir les Espagnols pendant la conquête du Nouveau-Monde, j’ai cru vous être agréable en vous donnant les moyens pratiques qui sont en usage journalier chez moi, pour se débarrasser de ce fléau. La première et la principale condition pour éviter que la piqûre enfle, c’est de ne pas se mouiller les pieds le jour de l’extraction de la chique, et, si possible, le lendemain de l’extraction. Il est arrivé que des gens qui n’ont pas pris cette simple précaution ont eu à souffrir pendant longtemps des fâcheuses conséquences de leur étourderie. La fièvre les a pris et ils ont été atteints d’enflures aux pieds et aux jambes. L’instrument qu’on emploie pour extraire ces insectes influe considérablement sur les conséquences qui s’ensuivent. Ainsi les épingles et tous les objets en cuivre sont rejetés chez moi en
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- pareil cas, et on se sert d’aiguilles et de canifs en acier.
- « Quand la chique commence à pénétrer dans la chair, il est très commode de l’extraire; mais si elle a déjà pondu ses œufs, il faut avoir grand soin de l’extraire en entier, sans quoi les larves qui y restent grandiront à la même place en plus grande quantité.
- « Nous avons généralement la précaution de mettre sur l’endroit d’où la chique a été extraite un peu de lard bien chaud, ou une goutte d’huile d’olive chaude, ou un peu d’alcool à 40°, afin d’éviter l'inflammation de la partie atteinte par l’insecte. Quand il arrive que le pied s’enflamme, on y applique des cataplasmes de farine de blé avec du lait bien chaud pour éviter que la blessure prenne froid, comme on dit vulgairement chez moi.
- « Aux personnes qui ont les pieds littéralement remplis de chiques, on applique du pétrole ou bien on râpe les écorces des oranges amères et on enduit les pieds de ce jus pour tuer les jeunes larves qui s’y trouvent en grandes quantités.
- « 11 est à remarquer que la race blanche, et surtout les étrangers, est plus sensible que les noirs ou les indigènes. Ceux-ci ne font pas même attention à ce petit insecte, et bien qu’ils ne prennent aucune précaution au moment de l’extraction, jamais ils ne s’en sentent malades.
- « Si je puis servir, en quelque chose que ce soit, au bien de mes semblables, avec les conseils purement pratiques que je viens de vous transmettre, je serai vraiment heureux, car j’aurai eu au moins l’initiative de la lutte à mort contre ces insectes, que d’autres plus instruits que moi auront le bonheur de terminer.
- « Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de ma considération distinguée. « Emiliano Mf.jia. »
- Medellin, départ, de Antioqma(Repul>lica de Colombia).
- NOUVEAU TUNNEL SOUS LÀ TAMISE
- On achève en ce moment en Angleterre un nouveau tunnel sous la Tamise, à Blackwall, pour relier Poplar et Gren-wich, dans la banlieue de Londres. Dans son ensemble l’ouvrage mesure 1600 mètres de longueur, dont 1100 mètres établis en tunnel au moyen de l’air comprimé, les accès sur chacune des rives ayant été faits à ciel ouvert. Dans les parties en tranchée, les murs de soutènement sont pourvus d’un revêtement en briques émaillées blanches, de même d’ailleurs que les parois du tunnel. Le percement du tunnel a été entamé en mars 1892 par l’extrémité sud, où le sol était plus favorable; en septembre 1894 le tunnel traversait le fleuve. Durant les premiers 200 mètres tout alla bien, l’avancement mensuel était de 45 mètres et la pression de l’air ne dépassait pas lke,5 à 2 kilogrammes par mètre carré ; mais on arriva bientôt en un point où le bouclier employé pour le creusement du tunnel n’était plus séparé du fleuve que par une couche de lm,80 à 2 mètres de gravier. Malgré la précaution prise d’immerger d’énormes quantités de glaise au point correspondant du fleuve, les travaux subirent un temps d’arrêt et l’avancement ne fut plus que de 7 à 8 mètres par mois; la pression de l’air dut d’ailleurs être portée à 2ks4 par mètre carré. Le nouveau tunnel est le plus grand qui ait jamais été construit, il mesure 8m,22 de diamètre; il reste encore près de 500 mètres à percer, mais les passages difficiles sont franchis et l’on compte que l’ouvrage pourra être livré au public au printemps de 1897. Le tunnel ne doit recevoir qu’une simple route pour voitures et piétons.
- EXPOSITION DU
- CENTENAIRE DE LA LITHOGRAPHIE
- Il a été organisé dans la galerie Rapp, au Champ-de-Mars, sous la haute direction de M. Paul Dupont, une très intéressante exposition internationale pour célébrer le centenaire de la lithographie. C'est en effet en 1795 que Senefelder découvrit en Allemagne le nouveau procédé d’impression qui, grâce aux patientes recherches des ingénieurs et des industriels, ainsi qu’au merveilleux talent de nos artistes, a atteint rapidement en France un développement tout à fait remarquable.
- Sans retracer l’histoire des efforts de Senefelder, sans raconter les essais des tâtonnements inhérents aux débuts de toute découverte, nous aborderons immédiatement le vif du sujet en rappelant la définition de la lithographie donnée d’une façon si claire, si précise, par Ambroise Jobard en 1828.
- « Tracez sur une pierre ou sur un métal, à l’aide d’un corps gras ou bitumineux, un dessin quelconque; décapez avec uu mélange d’acide et de gomme; humectez votre planche; passez sur le tout un rouleau enduit d’encre d’imprimerie. Il s’établira bien vite une adhérence entre le corps gras du rouleau et le corps gras du dessin, tandis que l’humidité s’opposera à l’adhérence de cette encre sur le fond (les blancs) de la planche. »
- Tel est le principe qui a servi de base commune aux industries si différentes en apparence dont les expositions particulières garnissent brillamment un aussi vaste vaisseau (fig. 1).
- Ici se dressent les belles pierres extraites des quelques gisements français exploités, car pour ce produit nous sommes tributaires de l’étranger, alors que dans notre propre sol dorment, faute de capitalistes entreprenants, de riches dépôts de ce calcaire presque pur, dense, homogène, soluble aux acides, prenant l’eau avec facilité et s’imbibant également des substances grasses.
- Là, immaculés en leur gaine de cuir de veau, sont les rouleaux, lame de la lithographie, qui arrachèrent à Senefelder ce cri sincère : « Qui nie délivrera des rouleaux de cuir ? » D’eux en effet dépend entièrement la beauté de l’encrage, partant du tirage même, et leur maniement est loin d’être aisé, non plus que leur entretien et leur conservation. Malheureusement les tentatives faites pour utiliser d’autres matières ont été peu heureuses, et le caoutchouc semble seul avoir donné quelques résultats encourageants.
- À côté trouvent place les instruments du dessinateur ou de l’écrivain lithographe : plumes, pinceaux, crayons, grattoirs, auxquels il faut adjoindre ceux plus spécialement destinés à la gravure, la pointe et le diamant, qui permettent d’assimiler la pierre à une planche de métal, mais avec un travail bien plus facile; et aussi, parmi les encres spéciales, celles plus particulièrement destinées à l’au-
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- tographie, c’est-à-dire an décalque direct sur la pierre des traits tracés sur une feuille d’un papier non encollé, souple, fin et recouvert à l’avance sur la
- face qui doit recevoir le dessin d’une légère couche de colle d’amidon. La théorie de ce procédé si pratique, comme celle du transport ou mieux du report
- Fig. 1. — Exposition du centenaire de la lithographie à la galerie Rapp, au Champ-de-Mars de Paris, en 1895. En coin de l’Exposition. (D’après une photographie.)
- sur une pierre d’une épreuve tirée sur "une autre pierre ou toute autre planche d’imprimerie (report typo-lithographique), est basée entièrement sur les principes mêmes de la lithographie (fig. 2).
- Puis nous voyons le calcaire remplacé par le métairie fer et le bronze exceptés), notamment par le zinc, qui est obtenu facilement et à peu de frais en feuilles de grandes dimensions. C’est la zincographie, mise en faveur par les travaux de Monrocq en 1870 et si brillamment utilisée pour la réimpression des cartes d’état-major. Le travail de ces planches est d’ailleurs sensiblement le même que pour la pierre ; comme elle, une fois dressées, poncées et grainées, elles reçoivent le dessin,
- puis sont acidulées, passées à la gomme et encrées. À cet art peuvent se rattacher les essais tentés pour
- reprendre et perfectionner les planches composées d’une mince feuille de métal recouverte d’un enduit calcaire artificiel. Le but poursuivi ainsi est de permettre une facile conservation en vue des tirages ultérieurs, ce que le prix, le poids et le volume des pierres permet difficilement, surtout lorsque l’on aborde les travaux en plusieurs couleurs qui exigent, comme on le sait, une planche pour chaque teinte.
- C'est en 1720 qu’un peintre-graveur de Francfort, J.-C. Leblond, fixé à Paris, cherchant à imiter les peintures à l’aide d’impressions successives sur
- Fig. 2. — Presse à bras servant principalement à taire les reports.
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- des planches différentes, eut l’idée d’utiliser le procédé connu sous le nom de manière noire qui consiste à détruire le grain d’une planche de métal grainée, en proportion de l’intensité des parties lumineuses de la gravure que l’on exécute, ce qui permet d’ohtenir la gamme complète des tons du noir intense au hlanc pur. « Cherchant les règles du coloris, dit-il, j’ai trouvé la façon d’imprimer les objets avec leurs couleurs, savoir : le rouge, le jaune, le bleu, qui donnent par leur mélange autant de teintes qu’il en peut naître de la palette du plus habile peintre. Mais il faut que ces couleurs soient employées de telle façon qu’elles percent à travers les unes des autres. »
- C’est la théorie de la chromo lithographie, qui prend de plus en plus d’importance, l’illustration en couleur ayant atteint le plus haut degré de perfection artistique, alors pourtant que le seul titre de chromo est si souvent considéré comme attaché à ces épouvantables enluminures aux tons faux et criards qui ont inondé et n’inondent que trop les faubourgs et les campagnes. Les splendides planches d’anatomie et d’histoire naturelle, les merveilleuses cartes de géographie,les délicieuses reproductions d’aquarelles, les magis-. traies copies des œuvres de maîtres, les ravissantes illustrations de tant d’ouvrages précieux, sont heureusement là pour montrer ce que peut donner cet art rendu en quelque sorte public par la phalange d’artistes incontestés dont le merveilleux talent s’étale sur tous nos murs en affiches multicolores et qui ont pour
- nom Chèret., Willette, d’Alesi, Pal. Ce dernier, créateur d’un genre tout spécial, est l’auteur de la charmante œuvre qui a annoncé la célébration du centenaire et (pie l’on a admirée dans les afliches de Paris, la photographie ayant été utilisée en typographie comme en lithographie.
- C’est à peine vingt ans après la découverte de Senefelder que Nicé-phore Niepce, petit propriétaire à Chalon-sur-Saône, eut l’idée de faire intervenir, à l’aide de 1a chambre noire, l’action de la lumière pour obtenir la reproduction des images en planches imprimables, et, dès 1827, il soumettait à un graveur de Paris, M. Lemaître, cinq petites plaques d’étain qui, a [très avoir été recouvertes d’une légère couche de bitume de Judée, avaient été impressionnées dans un appareil sans objectif, puis développées en quelque sorte dans une essence qui, dissolvant les parties non insolées et mettant le métal à nu, permit de le
- faire mordre dans un bain d’eau-forte. Ce n’est que plus tard que Pofa tevin détermina les conditions de transport de l’image d’un cliché sur une surface susceptible d’impression; gomme, gélatine, amidon, additionnés d’un sel chromique <^ii rend ces substances sensibles à l’action de la lumière qui les rend elle-même plus ou moins complètement insolubles. I)e ces procédés types dérivent : avec les autocopistes, l’impression phototypique, qui ne diffère de la lithographie que par la résistance limitée de la planche; et la photolithographie, reproduction pur l’impression de l’image fixée sur la pierre ou tout
- Fig. 3. — Type des premières presses lithographiques.
- Fig. 4. — Machine lithographique à deux cylindres pour l’impression sur métal par transport du caoutchouc.
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- autre su|>port sans l’interposition du subjeetile qui caractérise la phototypie, la planche s’obtenant directement ou par voie de report. L’on ne peut encore obtenir ainsi la douceur des demi-teintes.
- Avec les vitrines où sont entassés des services de table, des vases, des vitraux, des émaux, etc., nous abordons l’utilisation industrielle des procédés lithographiques. Il y a en effet près de soixante ans que l’ornementation de la tabletterie est faite à l’aide de décalques monochromes, et cet exemple fut rapidement suivi par les faïenceries, qui, à l’aide d’une feuille de gélatine imprimée avec une encre composée de vernis et d’oxydes métalliques facilement vitrifiahles, obtiennent un maculage plus ou moins net sur les surfaces contournées des pièces. Pour les dessins soignés on imprime les motifs en couleurs vitrifiahles sur un papier fin non collé et, après l’avoir humecté, on l’applique soigneusement sur la surface de faïence, porcelaine ou verre, enduite préalablement d’un léger vernis au copal. En une seule cuisson l’on obtient ainsi des travaux qui auraient exigé plusieurs feux en outre de l’intervention répétée de l’artiste.
- L’on a aussi construit des machines qui donnent d’un seul coup les tableaux-réclames et les vignettes des boîtes de conserve. La rigidité du métal ne se prêtant pas à une impression directe, le cylindre inférieur est revêtu d’une feuille de caoutchouc qui prend l'impression sur la pierre et la reporte toute fraîche sur la feuille de métal que l’on fait passer en pression entre les deux cylindres (fig. 4).
- La plasticité du caoutchouc permet d’obtenir de grandes finesses, mais l’on conçoit que le repérage parfait des couleurs successivement transportées exige des machines d’une précision exceptionnelle.
- Dans le modèle que nous représentons, destiné à l’impression sur des tôles épaisses, la feuille passe entre les deux cylindres sans être incurvée et se présente au receveur (qui ne se trouve plus placé à l’arrière mais au milieu de la machine) l’impression en dessous.
- Non moins intéressante est l’impression des étoffes dont l’idée première revient à un lithographe de Paris, M. Jehenne, qui décalquait par pression sur une toile vernie une chromolithographie tirée sur un papier recouvert à l’avance d’une légère couche de colle d’amidon. L’on est arrivé actuellement à imprimer directement des pièces d’étoffe entières destinées aux tentures murales sans que le repérage laisse rien à désirer.
- D’ailleurs nos gravures (fig. 1, 2 et A) montrent le degré de perfection atteint par les machines lithographiques, perfection rendue plus évidente encore par la comparaison avec la primitive presse qui servit d’unique moyen d’action aux premiers imprimeurs lithographes et d’où dérive presque directement la presse à hras encore utilisée (fig. 5).
- Nous devrions parler aussi de ce que l’on peut appeler les accessoires indispensables, merveilles de mécanique, qui sont les machines à grainer, graver,
- rogner, découper, gommer, vernir, etc. Mais cela nous entraînerait trop loin et nous nous arrêtons ici sans pénétrer dans les charmantes salles où sont groupées les œuvres des maîtres français et étrangers, œuvres admirables dues au crayon des Yernet, Isabev, Ingres, Daumier, Raffet, Gavarni, et de tant d’autres artistes célèbres. À. Laxmun.
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- LES PROGRÈS
- DE LA. MACHINE À VAPEUR
- Des études nouvelles sont sans cesse entreprises pour perfectionner la machine à vapeur et diminuer sa consommation de vapeur par cheval-heure utile. Des recherches ont été faites dernièrement surles enveloppes des cvlindres, et nous trouvons à ce sujet quelques détails intéressants dans le Bulletin de la Société des Ingénieurs civils de France.
- Des essais ont d’abord été faits en Amérique par MM. Donhon, Jacohus et Rice sur une machine à vapeur compound de grande puissance, entièrement dépourvue d’enveloppes de vapeur. Cette machine actionnait la filature de coton de la Bristol Manufacturing C° à New-Bedford (Massachusets). Les cylindres avaient des distributeurs du type Ilarris-Corliss avec excentriques distincts pour l’admission et l’échappement. Les essais ont duré 4,5 heures, la puissance mesurée à l’indicateur sur les pistons a été de 1592 chevaux; la pression moyenne à l’entrée de la machine était de 8kg,71 par centimètre carré. On a trouvé une dépense de Gkg, Ll de vapeur par cheval-heure indiqué, soit 6ke,8 par cheval-heure sur l’arbre. Ce chiffre prouve la faible importance des enveloppes de vapeur pour les machines à expansion multiple.
- D’autres expériences très intéressantes ont encore été faites par MM. Field et Saunders Morris; elles ont consisté à introduire de l’air chaud à la fois dans l’enveloppe du cylindre et à chaque extrémité du même cylindre d’une machine ordinaire sans condensation. Ln ventilateur Boot est actionné par la machine, il aspire l’air extérieur, le refoule dans une série de tubes placés entre la chaudière et la cheminée, comme un économiseur Green, et le renvoie dans les fonds creux du cylindre à la température de 280° C. L’enveloppe du cylindre est parcourue par de l’air à 200°C environ; cette haute température supérieure à la température de la vapeur doit supprimer presque entièrement les condensations intérieures. Le professeur Jamieson a fait des essais sur un moteur construit par MM. Musgrave et Cie, de Bolton, et transformé dans ce système. Deux séries d’expériences ont été faites à pleine charge et à tiers de charge environ. Les essais à pleine charge ont duré cinq heures : la machine, à la vitesse angulaire de 81,6 tours par minute, à la pression initiale au cylindre de 8k6,05 par centimètre carré, a donné une puissance indiquée de 156,75 chevaux et une puissance au frein sur l’arbre de 104,6 chevaux. La température de l’air chaud à l’entrée au cylindre était de 289". Le rendement organique du moteur a donc été de 76,5 pour 100. La consommation de vapeur a été de 8kg,42 par cheval-heure indiqué et de 11 kilogrammes par cheval-heure au frein, avec des consommations respectives delk,,ll et lkg,45 de charbon.
- Dans la seconde série d’essais, d’une durée de 3h 20, la puissance indiquée a été de 57°\6, la puissance utile au frein de 520h,5 à 82,2 tours par minute. Le rendement organique n’a atteint que 67,6 pour 100, et la consom-
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- ination de vapeur a été de 9ks,69 par cheval-heure indiqué et de 14k6,53 par cheval-heure au frein. Les consommations de charbon ont été respectivement de lkg,45 et 2kB,5. La température de l’air chaud à l’entrée au cylindre dans ce dernier cas a été de 277°.
- La même machine, essayée par le professeur Kennedy avant sa tranformation, avait donné à pleine charge une dépense de 14 kilogrammes de vapeur par cheval-heure indiqué, avec un rendement organique de 85 pour 100.
- Le professeur Kennedy estime à 5 pour 100 de la puissance totale la puissance perdue pour la mise en marche du ventilateur qui refoule l’air au cylindre.
- Les résultats de ces premiers essais semblent montrer qu’il y a réellement économie à utiliser le refoulement de l’air chaud dans les cylindres de vapeur, et il faut de plus considérerici que cetairaété échauffé parla chaleur perdue. Usera intéressantdeconnaître les recherches que les inventeurs ne manqueront pas d’effectuer encore dans cette voie avec des appareils construits spécialement. J. L.
- L’ÉCLAIRAGE DE L’AVENIR
- En présence de l’évolution nouvelle que prépare le carbure de calcium, en rendant la fabrication du gaz acétylène aussi simple qu’économique, il nous a semblé intéressant de nous reporter à plus d’un siècle en arrière, lorsque Bourgeois de Chateaublanc inventa son réverbère à l’huile qui lui valut un prix de 2000 livres décerné par l’Académie des sciences. A propos de ce réverbère, M. de Sartine écrivait au roi : La lumière qu'il donne ne permet pas de penser que l'on puisse jamais rien trouver de mieux. Parole imprudente, et combien démentie par les événements. On a eu, depuis, le gaz d’éclairage, le pétrole, les gaz riches, l’arc voltaïque, l’incandescence électrique, l’incandescence par le gaz et, enfin, dernier venu, l’acétylène, qui se pose en concurrent redoutable de tous les anciens procédés. Mais que vaudront tous ces procédés dans un siècle1? E. II.
- LE CENTENAIRE DE L’INSTITUT
- L’Institut de France, dont on fêtait le centenaire le 25 octobre 1895, a de nobles origines; elles se confondent avec l’histoire du pays. Ses aïeux ont honoré la France, aucun d’eux n’est mort sans avoir projeté autour de lui quelque éclat, sans avoir laissé derrière lui au moins une œuvre utile à l’humanité; le plus grand nombre est illustre.
- Au seizième siècle déjà ces hommes, préoccupés des plus hautes questions littéraires ou scientifiques, songeaient à unir leurs forces pour le bien de la nation française. Leurs réunions, purement privées alors, n’ont il est vrai laissé d’autres souvenirs que les ouvrages mis au jour par leurs membres, mais ces ouvrages ont aidé, dans une large mesure, aux progrès de l’esprit humain.
- Un siècle plus tard, les académies étaient créées. L'Académie française recevait ses lettres patentes d’établissement en janvier 1655 ; le cardinal de Richelieu signait son premier règlement le 22 février suivant ;
- 1 Voy. n° 1146, du 18 mai 1895, p. 588, et n° 1175, du 7 décembre 1895, p. 1.
- L'Académie de peinture et de sculpture, dont l'idée appartenait à Lebrun et dont le plan avait été dressé par de Charmois, était fondée par arrêt de la reine-régente Anne d’Autriche, le 20 janvier 1648;
- L'Académie des inscriptions et médailles, la Petite Académie, comme on l’appelait, était instituée en 1665 et composée seulement de quatre membres pris à l’Académie française. Louis XIV lui donnait un règlement le 16 juillet 1701 et confirmait son établissement par lettres patentes du mois de février 1715. Ce n’est que par suite de l’arrêt du Conseil d’État en date du 4 janvier 1716, sous Louis XV, que cette académie a pris le nom d’Aca-démie des inscriptions et belles-lettres qu’elle porte encore aujourd’hui;
- L'Académie des sciences siégeait dans la Bibliothèque de Colbert, puis dans la Bibliothèque du roi depuis le 22 décembre 1666, lorsque Louis XIV lui octroya un premier règlement le 26 janvier 1699;
- L'Académie d'architecture, dont la création est l’œuvre de Colbert et dont les membres avaient été choisis par Louis XIV, tenait sa séance d’inauguration le 51 décembre 1671.
- Ce sont ces cinq Compagnies, destinées à reparaître plus tard, qui ont été frappées de mort par la promulgation de la loi du 8 août 1795, dont le texte suit :
- « Article Ier. Toutes les académies et sociétés littéraires patentées et dotées par la nation sont supprimées. —Article II. Les jardins botaniques et autres, les cabinets, muséums, bibliothèques et autres monuments des sciences et des arts attachés aux académies et sociétés supprimées, sont mis sous la surveillance des autorités constituées, jusqu’à ce qu’il en ait été disposé par les décrets sur l’organisation de l’Instruction publique. »
- La ruine des académies était consommée le 6 thermidor an II (24 juillet 1794), par l’adoption du décret suivant présenté par Ramel à la Convention nationale :
- « Les biens des académies et sociétés littéraires patentées ou dotées par la nation et supprimées par la loi du 8 août dernier (vieux style), font partie des propriétés de la République. Les dettes passives de ces mêmes établissements sont déclarées dettes nationales.... »
- Nous sommes en 1795, la Révolution a fait son œuvre, la tourmente a tout emporté avec elle, le régime de la terreur a disparu, lui aussi; il s’agit maintenant pour ceux qui survivent de réédifier sur un sol nouveau. C’est alors que la Convention nationale prépare à la France une constitution et charge onze de ses membres : Baudin (des Ardennes), Berlier, Boissy d’Anglas, Creuzé-Latouche, Daunou, Durand de Maillane, Lanjuinais, Lesage (d’Eure-et-Loir), Louvet, La Revellière-Lépeaux et Thibaudeau, de l’accomplissement de cette mission redoutable.
- Aucun de ces législateurs n’a d’engagements avec le régime déchu, aucun n’a appartenu aux Académies expirées, la liberté de chacun d’eux est. entière, mais
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- le passé leur reste un précieux enseignement. Au milieu de difficultés sans nombre, les commissaires poursuivent leur tâche, et, cette tâche achevée, ils obtiennent de la Convention le vote de la Constitution longuement élaborée par eux. Promulguée le 5 fructidor an III (22 août 1795), la Loi constitutionnelle renferme en son titre X un article 298 ainsi conçu : « U y a pour toute la République un Institut national chargé de recueillir les découvertes, de perfectionner les sciences et les arts. »
- Les académies vont renaître, modifiées sans doute, mais unies entre elles et sûres de l’avenir. Daunou est l’âme de la Commission de Constitution, c’est à lui que revient l’honneur de cette création, il a su en faire ressortir les avantages pour le pays, il l’a défendue avec passion et, ce qui est mieux encore, il a fait partager ses idées à ses collègues.
- Le principe admis et proclamé dans la Constitution, la Commission ne s’en tiendra pas là, elle confiera encore à Daunou, dont l'influence est devenue considérable, la préparation et la rédaction définitive de la loi sur l’organisation de l’Instruction publique, du 5 brumaire an IV (25 octobre 1795) dont le titre IV va devenir la première charte de l’Institut.
- Pour la rédaction de cette loi,
- Daunou s’inspirera des idées de Talleyrand et .de Condorcet, il se rappellera aussi le beau projet de Colbert qui consistait à établir un lien étroit entre les savants, les littérateurs et les artistes, et à former, avec leur aide, un seul et môme corps où . se trouveraient réunies toutes les forces vives de la nation.
- Louis XIV y avait songé, lui aussi, quand il introduisait dans le Règlement de 1701, à l’article XLVIII, la disposition suivante : « 11 y aura toujours une union particulière entre l’Académie royale des sciences et celle des inscriptions et médailles, et chacune des premières séances d’après les assemblées publi-
- ques, ces deux Académies se tiendront ensemble, pour apprendre des secrétaires, l’une de l’autre, ce qui sera fait dans chacune. »
- Dionis du Séjour a conservé d’ailleurs le souvenir de cette tentative d’union des académies, dans une Note qu’il lut à l’Académie des sciences le 16 avril 1777 :
- « Les Académies des sciences et des inscriptions, dit-il, n’ont pas toujours eu entre elles cette relation intime qui les unit aujourd’hui. M. Colbert avoit projeté, en 1666, de ne composer qu'un seul corps littéraire, desAeadémies françoise, des sciences et des belles-lettres. Ce projet n’ayant point eu d'exécution par l’opposition persévérante de l’Académie françoise, on forma deux corps séparés des Académies des sciences et des inscriptions.... »
- Cela importe peu d’ailleurs et Daunou n’en reste pas moins le créateur de l’Institut et l’auteur de la loi du o brumaire an IV.
- Par les trois premiers articles de cette loi, l'Institut national des sciences et des arts est fondé. Il est composé de 144 membres résidant à Paris et de 144 associés répandus dans les différentes parties de la République; il s’associe des savants étrangers dont le nombre est de 24, 8 pour chacune des trois classes qui le composent.
- La première classe, celle des Sciences physiques et mathémati-ques, a 60 membres divisés en 10 sections de 6 membres, celles de : mathématiques, arts mécaniques, astronomie, physique expérimentale, chimie, histoire naturelle et minéralogie, botanique et physique générale, anatomie et zoologie, médecine et chirurgie, économie rurale et art vétérinaire.
- La deuxième classe, celle des Sciences morales et politiques, a 56 membres divisés en 6 sections de 6 membres, celles de : analyse des sensations et des idées, morale, science sociale ef législa-
- Le iluc d'Aumale, membre de l’Académie française, de l'Academie des beaux-arts et de l’Académie des sciences morales et politiques, donateur de la propriété et des collections de Chantilly à l'Inslitut de France.
- M.~d.________________________________
- Costume des premiers académiciens.
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- tion, économie politique, histoire, géographie. La troisième classe, celle de Littérature et beaux-
- arts, a 48 membres divisés en 8 sections de 6 membres, celles de : grammaire, langues anciennes,
- Première séance de l’Institut national, tenue au Louvre, le 15 germinal an IV. (D’après une estampe du temps.)
- poésie, antiquités et monuments, peinture, sculpture, architecture, musique et déclamation.
- Les associés nationaux sont répartis en pareil nombre dans les sections de chacune des classes.
- Pour ce qui concerne la formation de l’Institut, l’article 9 dispose que le Directoire exécutif nommera 48 membres qui éliront les 90 autres. Les 144 membres réunis nommeront leurs associés.
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- Quand l’Institut sera régulièrement constitué, il aura, en y comprenant ses associés étrangers, 312 membres.
- Ici Daunou s’efface et c’est Lakanal qui est chargé de préparer la liste des 48 membres électeurs.
- Le 29 brumaire an IV (20 novembre 1795), ces membres sont nommés, ils se réunissent le 15 frimaire (6 décembre) et procèdent, en huit séances, à la nomination de leurs 96 confrères. Le 24 frimaire (15 décembre), les élections achevées, l’Institut s’occupe d’un projet de règlement et d'un projet d’adresse.
- Le 1er pluviôse an IV (21 janvier 1796), le Conseil des Cinq-Cents reçoit à sa barre la députation de l’Institut qui lui apporte son règlement. Lacépède est l’orateur de la Compagnie.
- « Nous venons, au nom de l’Institut national, dit-il, vous présenter les règlements qui, au terme de
- Le dôme de l’Institut en 1805. — Vue d’ensemble et coupe.
- la Loi, doivent diriger sa marche. Amants de la liberté, nous avons cherché à écarter toutes les formes serviles des institutions monarchiques ; partisans déclarés de la République, nous lui devons une éternelle reconnoissance, car, en laissant aux lettres toute leur liberté et tout leur éclat, elle rétablit entre les différentes familles des sciences et des arts cette douce fraternité qui lie toutes les classes de la Société.
- « Nous jurons fidélité à cette alliance éternelle, contractée entre la science et la liberté. La liberté fera fleurir la science, celle-ci donnera un nouvel éclat à la liberté.
- « Les membres de l’Institut national nous ont chargé de prêter en leur nom, dans votre sein, le serment qu’ils prêtent en ce moment au milieu de leurs concitoyens : Nous jurons haine à la royauté»
- C’est Treilhard qui préside le Conseil. Il répond à l’adresse et, sur la proposition de Chénier, donne l’accolade aux membres de la députation.
- — A suivre. — Eiusest Maindron.
- LES RAYONS CATHODIQUES
- Depuis que nous avons rendu compte ici même des importants travaux auxquels avait donné lieu ce mystérieux phénomène des rayons cathodiques1, l’attention des physiciens a été attirée plus d’une fois sur leur véritable cause, les partisans des deux théories accumulant depuis lors argument sur argument, aucun d’eux ne paraissant absolument décisif.
- L’opinion anglaise, fondée sur la théorie de M. Crookes du bombardement moléculaire dans un gaz très raréfié, défendue par des champions tels que lord Kelvin, le professeur Fitzgerald, le professeur J.-J. Thomson, a regagné du terrain sur la théorie, soutenue particulièrement en Allemagne, de l’origine vibratoire de ces rayons. Nous trouvons, à l’appui de cette dernière opinion, de remarquables travaux de MM. Goldstein, Hertz, Wiede-mann et Ebert, et surtout de M. Lenard.
- Rappelons les faits. Si, dans un tube fortement évacué, on provoque des décharges électriques, on voit se produire des lueurs d’une nature particulière, dues à des rayons se propageant en ligne droite, et qui se manifestent partout où ces rayons frappent un corps quelconque, solide, liquide ou gazeux. Très indistinctes dans les gaz, ces lueurs deviennent intenses au contact des solides, brillantes même, lorsque les r ayons tombent sur certains corps phosphorescents.
- Ces rayons traversent les corps sans exception sous de faibles épaisseurs, et, tandis que leur production est intimement liée à un état très ténu de la matière autour de la cathode du tube de Crookes, leur propagation peut s’effectuer dans un milieu quelconque. On constate leur présence dans l’air à plusieurs centimètres de l’appareil, après que le rayon a traversé un septum métallique fermant le tube dans lequel on les produit. Nous appuyant sur les arguments mis en évidence par M. Lenard, nous avions pensé que la théorie de M. Crookes devait être abandonnée, et c’est dans ce sens que nous avions conclu dans notre premier article.
- Les erreurs de la théorie du bombardement une fois démontrées, il semblait relativement facile de rattacher le phénomène à un mouvement oscillatoire quelconque semblable à celui qui produit la lumière. Quelques esprits hardis avaient cru pouvoir invoquer les vibrations longitudinales de l’éther, ou bien des radiations de très courte longueur d’onde, avec lesquelles plusieurs particularités de ces rayons présentent de frappantes analogies2.
- Depuis un an, on n’a pas fait un pas dans cette direction, tandis que plusieurs faits connexes ont éloigné la théorie de M. Crookes de ce qui pouvait paraître à un certain moment une absurdité. Nous ne citerons que pour mémoire une expérience de M. J.-J. Thomson sur la vitesse des rayons cathodiques. L’éminent professeur de Cambridge s’est servi, pour déterminer cette vitesse, d’un miroir tournant autour d’un axe parallèle à la direction de la propagation dans le tube, et tombant successivement sur deux écrans distants de 10 centimètres. Les images réfléchies par le miroir, et correspondant à la première trace de lumière produite par la phosphorescence des écrans, étaient dans le prolongement l’une de l’autre tant
- 1 \’oy. n° 1104, du 28 juillet 1894.
- 3 Cette théorie a été développée d’une façon fort ingénieuse par M. Jaumann; mais M. Poincaré a démontré, tout récemment, que les hypothèses du savant professeur autrichien ne rendent pas compte de la marche rectiligne des rayons, non plus que de leur dérivation dans le champ magnétique.
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- que le miroir était en repos, tandis qu’elles se séparaient nettement lorsqu’il était animé d’un rapide mouvement de rotation.
- On peut en conclure que la propagation des rayons s’est faite avec une vitesse finie, que l’on déduit de l’écart des images. Les mesures de M. Thomson donnent une vitesse de 200 kilomètres par seconde, vitesse qu’il trouve justifiée, dans l’hypothèse du bombardement, par les efforts que la molécule éprouve au voisinage de la cathode, tandis qu’elle transporte une charge électrique.
- 11 ne faut pas oublier toutefois que le calcul de la vitesse est fondé ici sur la mesure d’un intervalle de temps d’un demi-millionième de seconde, et que, si le retard de phosphorescence du second écran, dû à un affaiblissement du rayon sur son parcours, atteint cette durée, l’expérience peut tout aussi bien conduire à des vitesses très grandes, celle de la lumière en particulier. Comme une avance de la phosphorescence du second écran est inadmissible, tout aussi bien qu’une grosse erreur en moins dans la mesure du temps, l’expérience de M. Thomson prouve seulement que la vitesse des rayons est très grande, incomparablement plus grande que celle des molécules gazeuses d’après la théorie cinétique. Ceci n’est point un argument contre les idées deM. Crookes, puisque le professeur Thomson indique la raison d’une très grande vitesse; mais cette vitesse de 200 kilomètres par seconde que donne l’expérience ne porte pas davantage atteinte à la théorie des radiations, bien que ce nombre soit en désaccord avec ce que nous savons de la rapidité des mouvements de transmission des perturbations dans l’éther.
- Il semblerait à propos de reprendre ici la discussion sur l’absence du phénomène de Doppler-Fizeau dans les rayons cathodiques. Si les rayons cathodiques sont dus à de la matière en mouvement, disaient les partisans de la théorie des radiations, on doit apercevoir un déplacement des raies spectrales, conformément à ce que l’on observe dans le mouvement des étoiles. Oronn’apas, jusqu’ici, constaté la moindre trace du phénomène. Lord Kelvin avait bien fait observer que, si l’on se limitait à des vitesses inférieures à un kilomètre par seconde, comme les indiquent certains calculs, le phénomène sera à la limite de sensibilité des instruments actuels. Mais l’argument ne tient plus si les vitesses sont considérables, et les expériences de M. J.-J. Thomson ne laissent aucun doute à cet égard.
- Toutefois, la cause ne paraît pas désespérée. Les lueurs que l’on observe peuvent, en effet, n’ètre pas dues à la matière même qui est en mouvement; au contraire, on ne les observe que lorsqu’il y a choc, et, dans ce cas, c’est la molécule en repos, ou légèrement déplacée parle choc, qui émet la lumière observée ; le phénomène de Doppler disparaît dès lors dans sa cause et il n’y a pas lieu de l’invoquer comme un argument pour ou contre. Il se pourrait qu’on l’observât un jour dans des circonstances particulières. Il n’aurait, bien certainement, pas l’intensité que lui assigne la vitesse trouvée pour les rayons cathodiques, et la cause de la divergence serait due à ce que la vitesse prise par les particules de matière sous l’action du choc serait beaucoup moindre que celle des atomes primitifs. On a, en effet, de bonnes raisons de croire qu’il en est ainsi.
- Mais peut-on admettre que des particules matérielles, même lancées avec une grande vitesse, puissent traverser des corps solides sous une épaisseur où les feuilles métalliques sont absolument opaques, et tiennent indéfiniment le vide? La chose semble difficile, et, cependant, elle n’est, pas sans posséder un certain degré de probabilité.
- Dans une expérience déjà ancienne, M. Arons a montré qu’un septum métallique très mince, placé en travers d’une auge contenant de l’eau acidulée, ne se charge pas de gaz sur ses faces, et ne donne aucune force contre-électromotrice, tandis que le courant est sensiblement affaibli lorsqu’on remplace cette feuille très mince par une plaque épaisse percée d’un trou bien supérieur en surface à la somme des pores visibles du métal.
- Que faut-il en conclure? Apparemment, qu’une molécule cassée en morceaux par l’action du courant, passe là où elle était arrêtée lorsqu’elle était entière. Les gaz se recombinent à travers la feuille de métal, et, puisque celle-ci n’oppose pas une résistance appréciable au courant, on en conclut qu’ils la traversent avec une grande facilité. D'ailleurs, les gaz sont aisément électrolysés comme les corps en solution, et il ne semble pas que rien s’oppose à ce que le phénomène, bien observé dans les électrolytes, soit possible dans les tubes de M. Crookes.
- Toutes les radiations éprouvent, dans les corps, des absorptions sélectives, complètement indépendantes de la masse traversée. Les métaux arrêtent la lumière sous quelques millièmes de millimètre d’épaisseur, tandis que l’on perçoit encore des radiations après plusieurs centaines de mètres d’eau. Il n’en est pas de même des ravons cathodiques, qui, d'après un récent travail de M. Lenard, sont absorbés rigoureusement suivant la masse de la matière traversée. Ne peut-on pas en conclure qu’il v a là comme une sorte d’action mécanique? On le voit, dans ce singulier phénomène, les faits sont contradictoires. Tandis que l’hypothèse du bombardement présente de grosses difficultés, il est d’autres particularités qui s’adaptent merveilleusement à cette conception.
- Qu’elle soit rigoureusement établie, la théorie cinétique des gaz aura reçu un appui de plus; mais il faudra encore de nombreuses expériences pour en arriver là.
- Ch.-Ed. Guillaume.
- NOUVEAU BÉTON D’ASPHALTE
- Le Comité militaire d’Autriche, qui étudie tous les problèmes des constructions utiles à l'armée, a récemment essayé un nouveau béton d’asphalte présenté sous le nom de Béton-lavaoïde, et qui se recommande parce qu’il devient dur très rapidement. C’est une poudre brune terreuse, sentant un peu le goudron et composée principalement de soufre et de laitier. L’analyse faite dans les laboratoires militaires a décelé 55,55 pour 100 de soufre, 57,85 de laitier et 0,45 d’eau. Quant au laitier, on y trouve 45,01 de silice, 22,42 d’oxyde de fer, 50,90 d’alumine et 4,16 pour 100 de chaux. Ce béton est assez cassant et ne peut guère résister aux chocs, mais il supporte des pressions élevées.
- INJECTEUR HYPODERMIQUE STËRILISABLE
- DU Dr H. MARESCHAL
- 11 y a dans le commerce un nombre très considérable d’injecteurs hypodermiques et les plus récents se démontent de toutes pièces pour le nettoyage et la stérilisation.
- Notre confrère, M. le Dr Mareschal, a remarqué cependant qu’ils présentent en général certains inconvénients dont s’aperçoivent surtout ceux qui ne
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- les utilisent pas souvent, et c’est le cas le plus fréquent; l’appareil abandonné pendant un certain temps ne fonctionne pas le jour où on en a besoin, parce que le piston est durci, l’aiguille rouillée ou bouchée, etc. D’autre part, on néglige trop souvent la stérilisation par suite des complications qu’elle nécessite : flambage des aiguilles, passage à l’eau bouillante du piston et des parties qui craignent l’action directe de la flamme. On n’a pas toujours sous la main tout ce qu’il faut pour faire ces opérations cependant très simples.
- Notre confrère a cherché à réaliser un ensemble qui, sous un petit volume, mette sous la main du médecin, ou meme du malade, un appareil d’un fonctionnement sûr, accompagné des accessoires nécessaires à la stérilisation complète et à la confection des solutions les [dus employées. Pendant le cours d’une longue campagne qu’il vient de faire à Madagascar, le I)r Mareschal s’est servi constamment de cet appareil et en a obtenu les meilleurs résultats, ce qui nous engage à le faire connaître à nos lecteurs.
- Il se compose de deux tubes soudés parallèlement (fig. 1) et renfermant, l’un, l’injecteur avec son aiguille, son tube protecteur et le stérilisateur ; l’autre, une lampe à alcool, une capsule graduée et un tube cà médicaments comprimés; entre les deux tubes se trouve une pince destinée à tenir le tube stérilisateur au-dessus de la lampe.
- L’injecteur proprement dit se compose de trois éléments principaux : I°Une ampoule en caoutchouc d’une capacité de 1 centimètre cube, dont la queue présente un canal très étroit. 2° Un embout en ébo-nite (fig. 7), qui vient coiffer très hermétiquement la queue de l’ampoule, percé d’un canal central et terminé par un ajutage semblable à celui des seringues de Pravaz. La forme de cet embout a été particulièrement étudiée [tour éviter toute fuite de liquide au moment de l’injection. Enfin 5° une aiguille du modèle ordinaire.
- On pouvait objecter à ce dispositif plusieurs inconvénients, notamment celui commun à tous les objets en caoutchouc qui se durcissent à la longue ; l’humidité constante de l’ampoule et, par suite, l’oxydation
- de l’aiguille et le développement possible de moisissures. Mais le Dr Mareschal y remédie d’une façon très simple en laissant en permanence les trois éléments de l’injecteur en contact avec une solution à 2 pour 100 de carbonate de. soude, que l’on trouve partout,. Cette solution entretient l’élasticité du caoutchouc et s'oppose à l’oxydation. Quant aux végétations cryptogamiques, s’il s’en produisait, elles seraient détruites au moment de l’ébullition.
- Quand on n’utilise pas l’injecteur on le remplit de la solution précitée et on le met en guise de bouchon sur son tube protecteur en celluloïd qui contient la môme solution (fig. 2). Cet ensemble se place dans le tube à essai destiné à la stérilisation. Au moment d’utiliser l’instrument on met de l’eau dans ce tube, on y place l’ampoule de caoutchouc vidée préalablement et, à côté d’elle, l’aiguille: puis, avec
- la petite pince et la lampe qui se trouvent jointes à l’appareil, on porte l’eau à l’ébullition (fig. 5 et A). Au moyen des comprimés renfermés dans le petit tube spécial (fig. 5) on prépare, dans la petite capsule graduée (fig. 6), la solution à injecter ; le tout se fait en cinq minutes. On est certain, par ces sages précautions, d’éviter les abcès qui se produisent quelquefois sans cause apparente et dont la provenance est due à un défaut de stérilisation ou à l’emploi d’une solution trop ancienne.
- Tous les médicaments ne peuvent pas, évidemment, être employés en comprimés ; mais on trouve sous cette forme les plus usuels, tels que le chorhy-drate de morphine par exemple.
- Le but de l’appareil n’est pas, du reste, d’être universel, il ne prétend pas détrôner la seringue de Pravaz, qui sera toujours nécessaire quand on aura à faire un dosage de nombre de gouttes déterminées ou à injecter du chloroforme, des graisses ou de la térébenthine; mais il donnera au praticien le moyen d’avoir toujours sur lui le matériel nécessaire pour faire, dans les meilleures conditions possibles, les injections hypodermiques les plus usuelles et, dans bien des circonstances, cette petite trousse lui rendra plus de services que sa trousse de chirurgie. I)r Z...
- Fig. 1 à 7. Injecteur hypodermique stérilisable du Dr Mareschal. — Fig. 1. Appareil complet. — Fig. 2. Injecteur et tube protecteur. — Fig. 3 et 4. Stérilisation. — Fig. 5. Médicaments comprimés. — Fig. 6. Capsule graduée. — Fig. 7. Embout réunissant l’injecteur à l’aiguille.
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- L’ARRIMAGE DES BICYCLETTES
- EX TRAMWAY ET EU CHEMIX I)E FER
- Le bicycliste est la joie... et la plaie des compagnies de transports en commun, car si la bicyclette a développé et développera plus encore dans l’avenir le goût des déplacements et des voyages, elle n’en est pas moins, sous sa forme actuelle, un colis des plus fragiles, des plus encombrants et des plus désagréables que l’on puisse imaginer. Dans bon nombre de villes européennes et américaines, les promenades favorites sont assez éloignées de la résidence du cycliste pour l’obliger à prendre souvent un moyen
- de transport en commun, tramway ou chemin de fer, et l’on a encore fait peu de chose jusqu’ici pour faciliter au promeneur son départ en excursion et son retour. La question se pose pourtant, chaque jour plus urgente, de trouver une solution pratique au transport simple et sûr, tant en tramway qu’en chemin de fer, du populaire et envahissant cheval d’acier.
- La bicyclette pliante de M. le capitaine Gérard, décrite ici même par notre collaborateur, M. Baudry de Saunier1, permet bien, dans une certaine mesure, de voyager en chemin de fer et même en fiacre sans se séparer de sa machine, mais son emploi n’est pas encore généralisé, et, quoi qu’on fasse, cette machine
- Fig. 1. — Le transport des bicyclettes en tramway électrique à Butte (Montagnes Rocheuses).
- serait fort mal accueillie en omnibus et entramway.
- En Amérique, un directeur de tramways électriques a pris le taureau par les cornes ; la figure J, reproduite d’après une photographie, que publie notre confrère Street Railway Review, représente le dispositif adopté à Butte (Mont.) par M. J. R. Wheaton, dispositif qui, à défaut d’élégance, présente une grande simplicité. M. Wheaton a fait disposer tout autour de la caisse de chaque voiture des tramways électriques une série de crochets auxquels les cyclistes suspendent leurs machines, et se font transporter du haut de la ville, située sur la montagne, jusque dans la vallée, sans payer aucun supplément pour le transport de la bécane. Grâce à cette adjonction, la ligne de tramways fait des affaires d’or pendant toute la belle saison. On peut loger jusqu’à dix bicy-
- clettes sur un tramway, et, en temps de presse, le nombre de bicyclettes transportées atteint quatorze, dont quatre sur le toit de la voiture, deux de chaque côté.
- Pour le transport en chemin de fer, la question est plus complexe. Jusqu’à ce jour les compagnies de chemins de fer se sont contentées de les placer dans les fourgons à bagages les unes à côté des autres, tant bien que mal, plutôt mal que bien, formant un fouillis presque inextricable de rayons, de pédales, de guidons et de freins. Au déballage, on ne compte plus les rayons cassés ni les pneus crevés, mais les compagnies n’ont cure de si minces accidents qui compromettent une partie longtemps caressée à
- 1 Yoy. n° 1175, du 25 novembre 1895, ]>. 401.
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- l’avance : les bicyclettes voyagent sans garantie... lorsque, et c’est le cas général, le voyageur n’a pas l’énergie et les poumons nécessaires ponr faire entendre au chef de gare que le sans garantie n’est qu’un bon billet, auquel cas ledit chef de gare paye... en murmurant.
- L’état de guerre sourde ainsi créé entre bicyclistes et compagnies de chemins de fer ne peut durer qu’un temps : les cyclistes consentiront sans nul doute à payer plus de dix centimes le transport garanti,
- Sc.
- Fig. 2. — Garage mobile de M. 011er pour le transport sans emballage des bicyclettes en chemin de 1er et en camion.
- Vue en coupe et en plan.
- véritablement garanti, de leurs machines, et les compagnies se décideront de leur côté à faire quelque chose pour faciliter des déplacements qui se traduiront, en fin de compte, par de sérieux bénéfices.
- Parmi les nombreux systèmes actuellement proposés ou réalisés, l’un des plus ingénieux est certainement le garage mobile conçu par M. J. Oller, étudié par son ingénieur, M. A. Varlet, et qui figure actuellement parmi les attractions les plus visitées du troisième Salon du Cycle, au Palais de l’Industrie.
- L’appareil représenté figure 2 se compose essentiellement d’un plateau tournant pouvant recevoir
- dix bicyclettes disposées verticalement autour d’un pivot central autour duquel elles rayonnent, maintenues en place par deux séries de fourches qui prennent respectivement la roue d’avant placée en haut et la roue d’arrière placée en bas. L’une des branches de la fourche est fixe; l’autre branche, montée sur des ressorts, peut s’écarter de la première sous la pression du pneumatique que les ressorts maintiennent en place de façon à éviter tout ballottement. La bicyclette est, par surcroît de précaution, maintenue par une courroie passée dans le cadre près du guidon. Le plateau qui supporte l’appareil est monté sur roulette et tourne autour du pivot,, de façon à présenter devant l’employé chargé du service, soit une case vide, soit la bicyclette qu’il s’agit de retirer du support.
- Les bicyclettes ainsi arrimées sont parfaitement indépendantes, et bien disposées afin d’avoir un abord facile pour le déchargement. Un fourgon à bagages ordinaire peut recevoir deux garages mobiles, soit vingt bicyclettes, et laisse encore entre les deux un espace libre pour deux bicyclettes ou deux tandems. Ces garages mobiles peuvent être aussi placés sur des trucks ou des wagons ouverts pendant la belle saison, lorsqu’on prévoit une affluence de cyclistes sur une ligne un jour de l'été.
- Le même dispositif, monté sur un camion ordinaire, fournira le véhicule idéal pour une entreprise de transport de bicyclettes analogue à celle qui fonctionne dans les grandes villes pour le transport des pianos. Un camionneur spécial pourra, avec cet appareil, livrer les bicyclettes non emballées, soit chez les particuliers pour le compte des compagnies ou des fabricants de cycles, soit aux gares de chemins de fer.
- Nous n’oserions affirmer que le garage mobile apporte la solution complète du problème de l’arrimage des bicyclettes en chemin de fer, mais, avec la forme actuelle des machines et des guidons, nous n’en connaissons pas de plus simple et de plus pratique; nous souhaitons d’en voir faire l’essai loyal par les compagnies, dont le statu quo a trop duré. Les cyclistes consentiront à payer une somme fixe et une somme proportionnelle à la distance pour que, à l’arrivée, leur machine soit en mesure d’exécuter la promenade projetée sans avoir fait, au préalable, visite au bécanicien, suivant l’élégant néologisme d’Alphonse Allais. X..., ingénieur.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 16 de'cembre 1895. — Présidence de M. Marey.
- Les produits de la mouture du blé. — Au mois de février 1894, une commission a etc instituée, par décret, sous la présidence du ministre du Commerce, dans le but d’établir les types de farines destinés à l’apurement des comptes d’admission temporaire des blés. Après avoir décidé que ces types seraient établis à l’aide des produits directs provenant de moutures surveillées, celle-ci a confié à une sous-commission, présidée par M. Aimé Girard, l’étude technique de la question. Trois moutures ont été alors exécutées à Paris aux moulins de M. Loir et
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- LA N AT U HE.
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- de M. Vaurv, à Marseille aux moulins de M. Maurel, qui, tous trois, avaient bien voulu libéralement mettre leurs usines à la disposition de la Commission. Ces moutures ont porté sur des quantités importantes variant de 10 000 à 20 000 kilogrammes de blé tendre à Paris, de blé dur à Marseille. Tous les produits en ont été séparément recueillis et pesés. Le rendement aux moulins a pu ainsi être fixé avec précision. Ce sont ces produits que M. A. Girard a étudiés. Il a reconnu que dans toutes les moutures de blé tendre ou de blé dur, il existe un point critique où la composition, et par suite la valeur boulangère des produits, change brusquement. Ce point se trouve entre 00 et Où de rendement pour 100. Au delà, on obtient bien encore 5 à G pour 100 de produits farineux, mais ce sont alors des produits impurs qui ne peuvent plus donner que du pain mal développé, coloré, à mie grasse et courte, dont la digestion est difficile.
- Une nouvelle maladie des feuilles de mélèze. — M. Émile Mer a remarqué depuis quelques années que dans plusieurs pépinières des environs de Nancy et de Gérardmer, les jeunes nélèzes sont plus ou moins atteints par une maladie qui n’a pas encore été signalée. Arers la tin du printemps, et dans le courant de l’été, les feuilles jaunissent, celles des branches basses en premier lieu, puis brunissent et finissent par tomber un ou deux mois avant l’époque de leur chute naturelle. Les sujets atteints ne meurent pas dès la première année, mais leur végétation devient de plus en plus languissante et ils finissent par périr. Les plants vigoureux, résistent davantage. M. Mer s’est assuré que cette maladie est causée par un champignon dont les mycéliens envahissent le parenchyme de la feuille, et dont les organes reproducteurs consistent en bouquets de conidies qui sortent par les stomates de la face inférieure, le plus souvent de chaque côté de la nervure. Quelquefois on en trouve aussi sur la face supérieure. Ces conidies propagent sans doute la maladie, dans le cours de la période végétative. Ce sont les feuilles mortes gisant sur le sol qui transmettent la contagion d’une année à l’autre, car, si à l’automne on enlève, pour les détruire, les feuilles brunes sur tous les plants d’une pépinière, la maladie est notablement enrayée l’année suivante. Ce procédé est efficace et facile à pratiquer. La maladie en question a été constatée aussi dans des plants dè mélèzes de 2 à 3 mètres de haut, mais elle ne l’a pas été sur des arbres de 00 ans en massifs ou isolés.
- Apparition d'un bolide. — M. Tisserand annonce que M. Bigourdan a aperçu à l’Observatoire de Paris, le 15 de ce mois, à 7h5m du soir, un bolide d’un rare éclat. Le diamètre de ce bolide était égal à peu près au quart du diamètre de la lune. Il se dirigeait de l’est à l’ouest et s’est montré pendant 6 à 7 secondes ; il a disparu sans éclater. M. Tisserand espère qu’en raison de son éclat, ce météore a pu être aperçu dans d’autres observatoires. Si cette circonstance s’est produite, on pourra calculer sa distance à la terre.
- Influence des couleurs sur la végétation. — M. Flammarion a entrepris des expériences dans le but de déterminer l’influence des différentes espèces de radiations solaires sur la végétation. Dans ce but, il a cultivé des plants de sensitive, sous des verres de différentes couleurs. L’examen des verres colorés l’a conduit à n’employer que des verres rouges, verts, blancs et bleus, par suite de l’impossibilité de trouver des verres d’autres couleurs ne laissant passer qu’une lumière à peu près homogène. Il a constaté une influence sensible susceptible d’être classée dans l’ordre suivant : rouge, vert, blanc,
- bleu. La végétation en lumière rouge a été très prospère, celle en lumière verte un peu moins développée, celle en lumière blanche beaucoup moins, celle en lumière bleue nulle. Le sujet d’études abordé par M. Flammarion a déjà été l’objet de recherches nombreuses. M. Paul Bert a indiqué la progression suivante : blanc, rouge, bleu, vert. M. Armand Gautier fait connaître qu’il a effectué des expériences de ce genre et qu’elleslui ontpermis d’observer que les plantes croissent très bien en lumière rouge et s’étiolent en lumière verte. A cette occasion, il a essayé l’action d’un courant de haut potentiel traversant la terre humide du vase. 11 a trouvé que dans le même temps, la croissance était trois fois plus rapide dans la terre électrisée que dans la terre naturelle. M. Armand Gautier estime que le courant agit sur la nutrition des racines M. Blanchard, de son côté, a essayé l’action de la lumière colorée sur la coloration des papillons. Il n’a pu obtenir de modification, en élevant des chenilles dans des boîtes fermées par des verres de couleur. M. Becquerel pense que les expériences de Tirmazieff sur l’influence des diverses radiations sur la végétation ont résolu la question. M. Mascart objecte que la difficulté d’obtenir des verres laissant passer une lumière homogène est une cause de trouble dans les résultats, de même que l’absorption considérable de lumière par ces verres. Il a essayé aussi l’action de l’électricité, en disposant au-dessus d’une plante le plateau d’une machine de Holtz. L’effet s’est trouvé nul. Enfin M. Cailletet rappelle qu’il a publié, il y a vingt-cinq ans, le résultat d’expériences sur la décomposition de l’acide carbonique par les feuilles en lumière verte. Dans ces conditions, l’acide carbonique n’est plus décomposé; il y a même augmentation de la quantité d’acide carbonique : les plantes vivent comme dans l’obscurité.
- Une combinaison de l'azote. — M. Rossel est arrivé à combiner directement l’azote atmosphérique en faisant passer un courant d’air sur un mélange de carbure de calcium et de magnésium chauffé. Le calcium brûle et il se produit un azoture de magnésium. Cette substance décompose l’eau. Il a obtenu également la combinaison de l’aïote avec l’aluminium et le fer.
- Varia. — M. Zeiller a opéré des recherches de botanique fossile sur des empreintes de végétaux provenant du bassin houiller du Brésil méridional. Grâce à ces empreintes, il a ’pu fixer l’àge de ces gisements, qui appartiennent à la partie supérieure du terrain houiller.
- Ch. DE VlLLEDEUlL.
- LE CHÊNE D’ABRAHAM
- Le voyageur en Terre Sainte qui a visité Jérusalem et Bethléem descend généralement jusqu’à Hébron, située au sud de ces deux villes. Parmi les curiosités du pays, les guides ne manquent pas de vous montrer, entre Aïn-Diroueh et Hébron, l’enceinte nommée Ramat El-Ivhalil (Hauteur de l’ami de Dieu). C’est là, selon la tradition juive et musulmane, qu’Abraham, après s’être séparé de Loth, vint dresser ses tentes. On désignait alors ce lieu par chêne de Mambré, parce qu’il était ombragé par un beau chêne occupant un terrain voisin de la ville de ce nom. D’après les Écritures, c’est là qu’Abraham apprit que Chodorlahomor, avec trois autres rois, ses alliés, venait d’envahir la Pcntapole; qu’il
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- dressa le plan de campagne dont le résultat fut la défaite de ses ennemis; qu’il offrit au Seigneur des sacrifices pour le remercier de l’appui qu’il lui avait prêté. C’est alors, on le sait, que le Seigneur lui apparut en songe, lui promettant de multiplier sa race comme les étoiles, etc. C’est encore près du chêne de Mambré que Sarah, qui était stérile, donna Agar comme femme à son mari ; qu’Abraham, entré dans sa quatre-vingt-dixième année, renouvela l’alliance qu’il avait faite avec le Seigneur, qu’il eut l’honneur de recevoir Dieu lui-même, sous la forme de trois anges qui lui annoncèrent que, l'année suivante, sa femme Sarah, quoique avancée en âge, lui donnerait un fils. C’est au même lieu enfin (pie
- Jacob, à son retour de Mésopotamie, alla trouver son vieux père Isaac, âgé de cent quatre ans, qui mourut là même peu de temps après.
- Il n’est pas surprenant que plus tard Ramat El-Khabil ne soit pas demeuré un lieu de vénération pour les juifs et les chrétiens seulement. Les païens eux-mêmes y avaient des autels, si bien qu’au commencement de notre ère il s’y établit une foire que Constantin fit disparaître avec le reste et remplacer par un oratoire.
- La circonférence de cet arbre célèbre, à l’endroit où il est le moins gros, est aujourd’hui de 7m,05 ; la hauteur du tronc n'a guère plus de 2 mètres. Les grosses branches s'élèvent; mais la couronne s’in-
- Chêne (l’Abraham, près d’IIébron (Palestine).
- cline assez bas pour qu’un homme puisse l’atteindre. Les plus longues branches s’étendent à une longueur de 27"\50. L’arbre est devenu la propriété des Russes, <pu l’ont entouré d’un mur de 1 mètre de hauteur eu moyenne et de 20 mètres de pourtour. Son gardien habite une maisonnette dans le voisinage; mais en dépit de ses soins l’arbre dépérit; déjà une de ses plus belles branches est tombée, entièrement desséchée. Sans doute est-ce celle que l’on remarque au pied du chêne, à la droite de notre dessin.
- Maintenant cet arbre est-il bien celui d’Abraham ? Le frère franciscain Liévin de llamme, dont les écrits sur la Terre Sainte font autorité, en doute. Saint Jérome, en effet, dit formellement que le chêne se voyait encore sous le règne de Constantin et au temps
- de son enfance (commencement du quatrième siècle). 11 semble donc en parler comme d’une chose disparue. Il est probable que le chêne que l’on admire aujourd’hui est le même que celui que décrit Daniel, l’Igonmènc russe, qui vint à Hébron vers 1115, et qu’il croyait être, d’ailleurs, celui d’Abraham.
- « L’aspect en est superbe, dit-il, quoiqu’il ne soit pas très haut. Il est noueux, branchu et chargé de glands. Ses branches penchent vers la terre. Je l’ai mesuré avec mes bras ; il a deux sagènes en circonférence (4m,20). La hauteur du tronc jusqu’aux branches est d’une sagène et demie (environ 5 mètres). » R.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandieu Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleuras, 9.
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- La bicyclette a-t-elle dit mécaniquement son dernier mot? On serait tenté de le croire si l’on s’en rapportait uniquement à la forme extérieure, qui n’a pas sensiblement varié depuis quelques années, et aux modifications de détail amenées par la mode, ou une meilleure utilisation des matériaux : jantes en bois, gros tubes, cadre horizontal, etc. Des progrès d’autre nature s’imposent cependant, et la bicyclette doit être, à notre avis, remplacée par
- des bicyclettes de types variés, appropriées aux besoins si différents des cyclistes qui les enfourchent. Les uns se préocupent de supprimer la chaîne de transmission ; de là, les acatènes, les déchaînées, etc. ; les autres cherchent une machine pour l’armée et pour les voyages, et ont créé la hicyclette pliante et la bicyclette-valise (sic); d’autres veulent faire travailler à la fois les pieds et les mains, et créent des machines à courir mano-pédivelles ; nous en passons, et des plus originales.
- À côté de ces intéressantes recherches qui indiquent beaucoup d’ingéniosité, mais qui ne modifient pas profondément, sauf les machines à courir, l’utilisation de la machine humaine, il convient de signaler les études faites de différents côtés pour réaliser le mieux possible cette utilisation, soit en plaçant le bicycliste dans les conditions les plus favo-
- Fig. 1. — Frein d'entraînement de M. Juliel, vu de face.
- Fig. 2. — Frein d’entraînement de M. Juhel. — Détails des trois pièces, détachées. — A. Roue calée sur l’axe des pédales. — B. Jante d'entraînement. —C. Jante intérieure agissant sur le lrein. — D. E, Couronne folle recevant la chaîne à la partie extérieure. — II. Bague formant frein circulaire. — I. Fente de la bague II.
- râbles de vitesse, de puissance et d’effort, soit en lui supprimant tout mouvement et tout travail inutiles. C’est cette dernière partie du problème que résout l’ingénieux système que nous allons présenter à nos lecteurs.
- Avec la bicyclette actuelle, le cycliste doit pédaler aussi bien aux descentes qu’aux montées, et freiner en retenant par les pédales ou par un frein agissant sur la roue d’avant, ou, mieux, sur la roue d’arrière. Le plus souvent, à
- tort à notre avis, le cycliste supprime son frein, le frein étant considéré comme inutile, et descend
- les pentes en re-^ tenant sa machine par une action plus ou moins énergique sur les pédales.
- Le freinage par la pédale oblige le bicycliste à produire, pour retenir sa machine dans les descentes, une puissance égale et quelquefois supérieure à celle qu'il dépense pour se mouvoir sur un terrain horizontal. Le procédé est d’ailleurs insuffisant lorsque la pente dépasse cinq centièmes et que la multiplication de la machine est un peu grande. Nous avons vu certains cyclistes freiner avec le pied appliqué sur le pneu de la roue d’avant, mais cette pratique n’est pas sans danger.
- Pour supprimer le travail négatif produit aux descentes, travail négatif dont la fatigue est positive, le frein doit donc agir sur la roue d’arrière, sur
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- 2îe année. — lei semestre.
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- i’axc de préférence, permettre au bicycliste de modérer à volonté l’allure de sa machine, tout en cessant de pédaler à partir de l’instant où la pente est suffisante pour entretenir le mouvement ou l’accélérer.
- Le frein d’entraînement circulaire de M. Juhel remplit toutes ces conditions. Il se dispose généralement sur l’axe pédalier de la bicyclette, dont il n’altère nullement l’aspect, les formes ni les dimensions. En palier ou en rampe, tout se passe comme si le frein d’entraînement n’existait pas; en pente douce, les pédales immobilisées servent de repose-pieds et laissent tourner librement le pignon, la chaîne et la roue; en pente raide, une légère pression en arrière, sans déplacement sensible des pédales, permet d’exercer un freinage plus ou moins énergique, et de régler l’allure à volonté, quelle que soit la pente.
- Le frein d’entraînement se compose de trois parties concentriques distinctes rendues libres ou solidarisées, suivant le résultat à atteindre :
- 1° Une roue de commande A calée sur l’axe des pédales et munie de deux jantes concentriques B et C (fig. 1 et 2) ;
- 2° Une couronne folle portant la roue dentée sur laquelle vient s’appliquer la chaîne de transmission C. Cette couronne folle porte aussi deux couronnes concentriques D et E qui emboîtent la jante extérieure C de la roue de commande A ;
- 5° Une bague en acier H fendue en I, garnie extérieurement d’une bande de cuir et immobilisée par une cale J fixée au pédalier de la machine. C’est cette bande de cuir qui vient faire frein sur le disque intérieur I) de la couronne dentée.
- Dans la jante B sont pratiquées des cannelures en forme de rampes a (fig. 5) au fond desquelles reposent des petits rouleaux b. Des rampes analogues c disposées en sens contraire des rampes a sont aussi ménagées dans lé disque extérieur de la couronne dentée et reçoivent les rouleaux d.
- Lorsque le cycliste pédale, il entraîne la roue A dans le sens de la marche en avant indiquée par la flèche. Les rouleaux b restent dans le fond des cannelures, tandis que les rouleaux d se déplacent, se coincent entre la jante extérieure C et les rampes c de la couronne dentée. Il y a donc entraînement de la roue dentée ainsi solidarisée avec l’axe des pédales. Si on cesse d’agir sur les pédales dans le sens du mouvement, les rouleaux b et d sont sans action et
- la couronne dentée, entraînée par la chaîne, continue son mouvement dans le sens de la marche en avant. Les pédales peuvent être immobilisées et les pieds s’y reposent, tout prêts à agir en avant ou à freiner, suivant les besoins.
- Si, enfin, le cycliste appuie sur les pédales en sens inverse du mouvement, les rouleaux b se déplacent sur les rampes a et viennent presser intérieurement l’anneau garni de cuir extérieurement. La garniture de cet anneau frottant contre la face intérieure de la couronne dentée E, en ralentit le mouvement avec d’autant plus de rapidité que l’action exercée sur les pédales est plus grande.
- On arrive ainsi, avec un peu de pratique rapidement acquise, à réglera volonté l’action du frein pour maintenir une vitesse constante dans une pente quelconque ou produire un arrêt rapide en cas de nécessité.
- Ajoutons que pour la descente par la pédale, le
- calage de la pédale au mouvement arrière fournit un point d’appui fixe qui facilite beaucoup ce mode de descente.
- L’indépendance des pédales et de la roue d’entraînement assure au cycliste une amélioration de rendement qui ne saurait être négligée, bien qu’elle ne puisse être calculée, et dont voici la raison : si, à un moment donné, le cycliste pédale en avant, mais avec une vitesse moins grande que celle des pédales au même instant, il exerce sur les pédales un effort en sens inverse, un contre-effort qui correspond à une dépense de travail perdu et à un ralentissement de la machine.
- Bien de semblable ne se produit avec le frein d’entraînement automatique : dès que le contre-effort tend à se produire, le débrayage s’opère et la roue continue son mouvement en vertu de la vitesse acquise sans qu’aucun travail négatif ne soit produit. Il en résulte que l’allure est plus uniforme et que tous les travaux négatifs sont automatiquement annulés, ce qui réduit la fatigue du cycliste dans une certaine mesure.
- L’adaptation du frein d’entraînement ne modifie en rien l’aspect ni les dimensions delà bicyclette, dont il n’augmente le poids que d’une façon insignifiante, et l’on sait combien le poids a peu d’importance en matière de tourisme cycliste : ce frein s’applique aussi bien sur l’axe de la roue d’arrière et aux aca-lenes que sur l’axe pédalier. Quant aux multiples
- Coupe suivant cd
- Coupesuivant at>.
- Coupes des organes du frein d’entraînement.
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- applications qu’il peut recevoir pour les transmissions industrielles, nous u’en parlons que pour mémoire, car leur examen sortirait de notre cadre.
- Nous estimons que l’ingénieux système appliqué aux bicyclettes par M. Juhel constitue un perfectionnement important qui sera surtout apprécié des routiers. Le frein d’entraînement et la double multiplication constituent les deux plus importants perfectionnements que puisse recevoir la bicyclette actuelle. Nous décrirons prochainement les différents systèmes de double multiplication présentés au troisième Salon du Cycle et qui nous semblent résoudre définitivement le problème.
- E. Hospitalier.
- CONCENTRATION DE L’ACIDE SULFURIQUE
- Le travail des chambres de plomb dans la fabrication de l’acide sulfurique n’amène guère ce dernier qu’à la concentration de 56° B., et de 60° B. dans les usines employant la tour de Glover. Pour obtenir l’acide à 66° B., ainsi qu’il est utile pour divers usages, on chauffe l’acide à 60° B. dans des cornues spéciales en verre ou dans des cornues en platine. 11 distille de « petites eaux » chargées d’acide sulfurique et l’acide qui reste dans les cornues se concentre de plus en plus. Les cornues de platine employées dans ce but représentent un capital considérable; aussi a-t-on grand intérêt à soigner d’uue manière très spéciale cette partie du travail. Malgré les précautions prises, le platine étant attaqué par l’acide sulfurique très concentré, on constate encore une perte de 7 grammes de métal par tonne d’acide sulfurique concentré produite. Cette perte, qui paraît faible au premier abord, est néanmoins très notable à cause des grandes quantités d’acide sulfurique que l’on concentre dans ces cornues et aussi par suite de l’abaissement du prix de l’acide et de l’élévation de la valeur du platine.
- A cet inconvénient s’en ajoute un autre moins grave, mais qui cependant quelquefois doit devenir sensible. 11 s’agit du dépôt qui se forme à l’extérieur des cornues sur le fond qui se trouve chauffé à feu nu pendant la concentration. On y remarque une couche noirâtre, adhérente, de près de 1 millimètre d’épaisseur et qui ren-lerme une certaine proportion de platine.
- En effet, ayant eu occasion de posséder quelques grammes de ce dépôt provenant de l’usine d’Ellorieta, produisant l’acide sulfurique employé à la fabrique de dynamite de Zonazo, près Bilbao (Espagne), nous en avons effectué l’analyse, qui nous a donné les résultats suivants1 :
- Matières volatiles. . . . 4,29 pour 100
- Silice..................17,50 —
- Platine.................1,08 —
- Oxyde de fer et alumine. . Traces.
- Mag nésie...............Traces.
- Le reste était formé presque entièrement de sels de potasse.
- Toutes ces matières, sauf le platine, doivent provenir des produits de combustion et de volatilisation dubois qui sert à chauffer les cornues; ces produits, par suite de la haute température à laquelle ils sont portés, attaquent
- certainement le platine avec lequel ils sont en contact,
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- 1 Cette analyse a été faite en collaboration avec M. Rabaut.
- puisqu’on retrouve dans le dépôt une proportion non négligeable de ce métal.
- On a cherché à éviter ces. causes de perte en employant pour la confection des cornues du platine doré par laminage qui résiste mieux que le métal pur, mais qui donne encore un certain déchet.
- Certaines usines ont voulu supprimer ces inconvénients d’une manière radicale, en faisant usage pour les cornues de concentration d’une substance autre que le platine. Les cornues en verre n’ont pas donné de mauvais résultats, malgré les risques de casse. On a aussi cherché à concentrer l’acide sulfurique en le faisant circuler dans des cuvettes de porcelaine disposées en cascade et chauffées par des foyers, mais cette disposition est assez encombrante.
- Enfin depuis quelque temps on emploie avec grand profit des vases en fonte. On a remarqué en effet que quand il titre plus de 64° B., l’acide dissout peu ou pas la fonte. Mais dans ces appareils, il faut empêcher les « petites eaux » de distillation de se déposer sur la fonte, qu’elles attaqueraient, étant à un degré de dilution bien plus grand que l’acide que l’on concentre. On évite cet inconvénient, soit en chauffant la cornue complète, chapiteau compris, pour éviter la condensation, soit en conservant aux cornues de fonte un chapiteau en platine.
- La fonte ne résistant à l’acide sulfurique que quand il marque plus de 64° B., on doit effectuer la concentration préalable jusqu’à ce titre dans des cornues en platine qui sont dès lors bien moins attaquées que quand on y poussait la concentration jusqu’à 6t>° B. La grande industrie se trouve donc maintenant en possession d& procédés lui permettant de produire l’acide sulfurique concentré à un prix de plus en plus faible, ce qui augmentera certainement la consommation de ce produit. A. Hébert.
- LA PUISSANCE D’UN CANON
- On serait taxé d’imposture en affirmant que la puissance d’un canon est de plusieurs millions de chevaux, et cependant rien n’est plus exact, comme nous allons le démontrer. Le canon italien de 100 tonnes, modèle 1879, lance, avec une charge de poudre de 250 kilogrammes, un projectile pesant 917 kilogrammes, à la vitesse initiale de 523 mètres par seconde. Il lui communique donc une puissance vive ou énergie cinétique de 12 772 000 kilogrammètres. La poussée exercée par les gaz provenant de l’inflammation de la poudre ne dure que moins de un centième de seconde. 11 en résulte que pendant la période active du travail de la poudre dans le canon, la puissance moyenne est supérieure à 12. millions de kilogrammètres par centième de seconde, soit 1200 millions de kilogrammètres par seconde.
- Ceci représente une puissance de 12 millions de pon-celets (ou kilowatts), ou de dix-sept millions de chevaux.
- Il y a malheureusement un revers à cette médaille. Si les gros canons sont monstrueusement puissants, leur vie active est essentiellement éphémère, car au bout d’une centaine de coups, ils sont généralement hors de service. Us ont alors activement travaillé une seconde !
- Le même calcul appliqué aux gros canons modernes, qui lancent des projectiles de 1000 kilogrammes et leur communiquent une vitesse initiale de 600 mètres par seconde, démontre davantage que ces canons développent, pendant moins d’un centième de seconde chaque fois, une puissance formidable de dix-huit cent millions de kilogrammètres par seconde, soit vingt-quatre millions
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- de chevaux. On voit par les calculs précédents que les canons modernes détiennent donc, et de beaucoup, le double record de la puissance et de l’épliémérité, s’il nous est permis de créer ce néologisme pour les besoins de notre démonstration. Courte et bonne pourrait être leur devise, si les canons savaient parler, et ne se contentaient pas de faire parler... la poudre. E. II.
- VENTILATEUR A EAU
- La ventilation dans les locaux habités en commun par un grand nombre de personnes est une question qui préoccupe depuis longtemps les hygiénistes. Elle a occupé un grand nombre de savants éminents et de chercheurs distingués; les problèmes 'qu’elle soulève ont été très étudiés. Dans les manufactures, les casernes, les hôpitaux, les écoles, dans les maisons particulières môme, il faut que l’air vicié par la respiration et les émanations de toutes sortes soit constamment renouvelé. Mais il faut aussi que ce renouvellement se fasse judicieusement et qu’en hiver il n’entraîne pas un refroidissement de la température. Bien des systèmes ont été proposés ; les uns automatiques, basés sur la différence de densité de l’air chaud et de l’air froid, comme les vitres perforées par exemple dont il a été question ici, les carreaux mobiles, etc.
- D’autres mettent à contribution des moyens mécaniques; dans beaucoup de théâtres aujourd’hui l’air est renouvelé par des ventilateurs à hélice mus par de petits moteurs électriques. Tous ces moyens sont bons ; il s’agit seulement de bien choisir celui qui convient le mieux au milieu dans lequel on se propose d’établir la ventilation.
- 11 arrive cependant qu’on est embarrassé, malgré le nombre déjà grand des procédés connus, pour opérer un renouvellement d’air constant à peu de frais ; soit que les moyens automatiques ne donnent pas un mouvement suffisant, soit que la force motrice fasse défaut. C’est pour combler cette lacune que M. Bcssière a imaginé le système que représente notre dessin, et qui fonctionne au moyen d’un simple robinet d’eau disposé en forme de pulvérisateur qui consomme très peu.
- Ainsi qu’on le voit sur la figure, l’appareil se compose d’un tube B, ouvert à ses deux extrémités et renfermé dans un second tube C fermé de tous côtés sur lequel on branche un ou plusieurs conduits d’échappement.
- Un pulvérisateur A placé vers la partie supérieure
- du tube intérieur lance une mince nappe d’eau ayant la forme d’un entonnoir renversé dont les bords rejoignent les parois du tube; il se produit de ce fait un refoulement de l’air contenu dans la partie inférieure, et par suite un appel de celui situé à la partie supérieure. Le courant d'air qui s’établit ainsi, 11e trouvant pas d’autre issue, s’échappe par les branchements faits sur le tube extérieur; il est proportionnel naturellement à la pression et à la vitesse d’écoulement de l’eau. La pression ordinaire de distribution des villes, qui atteint toujours 2 à 5 atmosphères, est suffisante; l’eau ayant servi s’écoule par un siphon Det peut, si on le désire, être utilisée à d’autres usages.
- On comprend que par ce moyen 011 peut à volonté, et suivant les circonstances, aspirer l’air d’une salle pour le rejeter au dehors, ou bien, réciproquement, aspirer l’air à l’extérieur pour l’introduire dans la pièce. La figure 1 représente la première disposition et la figure 2 la seconde.
- O11 remarquera que, par son principe môme, l’appareil, lorsqu’il fonctionne comme l’indique la figure 2, donne un air légèrement humide, ce qui du reste est recherché dans la plupart des cas; mais s’il était nécessaire d’avoir un air sec, rien ne serait plus facile que de l’obtenir en le faisant passer sur des matières desséchantes telles que le chlorure de calcium par exemple; on peut également disposer sur son passage des désinfectants comme le formol, s’il s’agit d’assainir une pièce.
- Les appareils peuvent être installés dans chaque pièce à ventiler en reliant chacun d'eux à la conduite d’eau de la maison, et, lorsque la dimension de la pièce est très grande-, on peut placer une batterie de plusieurs ventilateurs placés l’un à côté de l’autre. La condition essentielle, indispensable même, pour avoir un bon rendement, est de disposer d’une pression d’eau suffisante. Dans le cas où elle 11’cxisterait pas sur la canalisation, il faudrait la créer artificiellement, soit au moyen d’une pompe, soit en plaçant un réservoir dans les combles de la maison à une hauteur suffisante.
- La mise en marche et l’arrêt des ventilateurs de ce système sont des plus simples, puisqu’il suffit d’ouvrir ou de fermer un robinet pour obtenir l’un ou l’autre ; on peut donc en confier la direction à tout le monde, et sa grande simplicité est une garantie de bon fonctionnement. X..., ingénieur.
- Fig. 1 et 2. — Ventilateur fonctionnant par simple écoulement de l'eau.
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- LA NATURE.
- FILTRE INDUSTRIEL AU PAPIER
- Les opérations de filtration destinées à clarifier les liquides consistent à leur faire traverser des matières agissant soit mécaniquement, soit par absorption, qui retiennent d’une façon ou de l’autre les ‘éléments qui les troublent. Beaucoup de procédés divers sont actuellement en usage et varient suivant le genre de liquide à traiter ; mais il est reconnu que dans un grand nombre de cas la meilleure filtration est celle obtenue au moyen du papier placé dans un entonnoir de verre. C’est celle qui est employée dans les laboratoires, chez les pharmaciens et dans certaines industries dont les produits exigent absolument ce genre de traitement pour prendre l’aspect cristallin qu’on tient à leur donner.
- Malheureusement ce procédé très long est très coûteux si on opère industriellement ; en outre il exclut le traitement de certains liquides volatils ou tenant des gaz en suspension. 11 est en somme d’une application restreinte.
- M. Capillery s’est proposé de le rendre tout à fait industriel en construisant un appareil employant le papier à filtrer ordinaire, mais complètement fermé, de façon à éviter toute évaporation et à permettre d’opérer sous pression si on le désire. Ce filtre (fig. 1), qui est déjà employé par un grand nombre de parfumeurs, distillateurs, fabricants de produits chimiques et pharmaceutiques, se compose d’un nombre variable de grillages circulaires en étain fin (fig. 2), ébonite ou toute autre matière inattaquable, entourés d’un anneau de même matière venu de fonte. Chaque anneau est percé de deux orifices circulaires À et B, placés sur un même diamètre. Si nous superposons un nombre pair de ces plaques en les séparant les unes des autres par des rondelles de papier à filtrer (fig. 2) et que nous comprimions fortement la pile ainsi formée dans un corps de presse entre un socle et un chapeau (fig. 1), la superposition des orifices diamétraux A et B formera deux conduits verticaux qui communiqueront avec l’extérieur par deux ajutages, l’un D ménagé dans le socle et l’autre E ménagé dans le chapeau. A part ces deux conduits, l’appareil est hermétiquement clos. Si maintenant
- nous envoyons le liquide trouble dans la conduite 1) du socle et si nous considérons que tous les grillages impairs communiquent avec ce conduit par les canaux G (fig. 5) ménagés dans l’épaisseur du métal, tous ces grillages vont être remplis de liquide trouble, qui sous l’influence de la pression passera en se clarifiant à travers les garnitures de papier et se répandra dans les grillages pairs. Mais ceux-ci communiquent, par des trous analogues, avec l’autre conduit vertical qui reçoit par conséquent le liquide clair et le déverse par l’ajutage E.
- On voit donc que, par cette disposition, on peut envoyer d’une façon continue du liquide trouble par l’ajutage I) du socle pour recueillir du liquide clair par l’ajutage E du chapeau, et cela sans que le liquide soit en contact avec l’air, sans qu’il puisse se produire par conséquent évaporation ou oxydation1. On
- remarquera de plus que cette disposition permet de stériliser l’appareil en y envoyant un courant de vapeur. Le papier, qu’on met du reste en quatre ou cinq épaisseurs, étant supporté par le grillage, résiste à des pressions considérables sans se crever. On a intérêt à mettre plusieurs épaisseurs de papier parce que les défauts d’une feuille ne se superposant pas nécessairement à ceux de la suivante, on a un ensemble plus homogène ; ce n’est du reste pas une cause de dépense de plus, car la première feuille seule, celle qui est en contact direct avec le liquide trouble, est à remplacer.
- La réunion de deux plaques consécutives forme un filtre complet et la surface filtrante totale de l’appareil, c’est-à-dire son débit, sont proportionnels, toutes choses égales d’ailleurs, au nombre de plaques qui le forment. En faisant varier ce nombre et le diamètre des plaques, on obtient des appareils de débits variables qui peuvent être appliqués aux industries les plus diverses. G. Mareschal.
- 1 On peut mettre le filtre dans un mélange réfrigérant lorsqu'on a à traiter des liquides très volatils, comme cela arrive dans la parfumerie et pour certains produits chimiques. Si on filtre pendant l’été des matières sucrées dans des entonnoirs, les mouches absorbent une quantité assez notable de matière, ce qui ne peut avoir lieu ici.
- Fig. i, 2 et 3. Filtre industriel eu papier de M. Capillery. — Fig. 1. Vue d'ensemble de l’appareil. — Fig. 2. Grillages en étain isolés par des rondelles eu papier. — Fig. 3. Détails des organes.
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- LA NATURE.
- LE RENDEMENT
- DES STATIONS CENTRALES D’ÉLECTRICITÉ
- On ne soupçonne pas, généralement, dans le public, la faible utilisation qu’on obtient avec les procédés actuels d’éclairage électrique. On peut s’en rendre compte en examinant toutes les transformations que subit l’énergie avant d’être utilisée dans les lampes. On brûle du charbon pour obtenir de la vapeur; celle-ci est transmise, par des canalisations, aux moteurs qui transforment sa force élastique en puissance mécanique; celle-ci est ensuite transmise, soit directement ou par courroies, à des dynamos qui la transforment en énergie électrique qui est enfin transportée le long de conducteurs plus ou moins longs avant d’être utilisée dans les lampes quï doivent fournir la lumière.
- Tous les organes qui servent à ces transformations successives ont été l’objet de nombreuses études et de perfectionnements incessants. On pourrait donc espérer obtenir un rendement total assez bon. Il n’en est rien. Non seulement certains organes, comme les chaudières et les moteurs à vapeur, ont des rendements très bas, mais encore, dans le service des stations centrales, on les utilise dans de mauvaises conditions, par suite de l’irrégularité du service qu’on leur demande. Un ingénieur de Toronto (Canada), M. James Milne, a relevé avec soin, depuis longtemps, le rendement de chaque partie du système en service courant; les résultats qu’il a obtenus ont été présentés à la dernière session de la Canadian Elec-trical Association ; ils nous ont paru présenter assez d’intérêt pour être résumés ici.
- Nous n’entrerons pas dans le détail des faits constatés, on les trouvera dans les journaux spéciaux; nous nous contenterons d’exposer les résultats.
- Le charbon brûlé avait un pouvoir calorifique de 7146 calories, c’est-à-dire qu’il aurait pu vaporiser 15kg,32 d’eau par kilogramme de charbon, de 0° à 100° C. On a constaté que la vaporisation moyenne n’était que de 8ke,32 ; le rende-
- ment des chaudières était donc de
- 8,32
- 15,52
- = 0,6247, soit
- 62,47 pour 100. D’autre part, le poids de vapeur consommé par les moteurs, par cheval-heure indiqué, était de 12,545 kilogrammes en moyenne, ce qui, dans les conditions du fonctionnement, correspondait à 113e*1,4 par cheval et par minute ; cette puissance correspondant à 10oal,58, on voit qu’on ne transforme en énergie mécanique que 9 pour 100 de l’énergie transportée par la vapeur. Un moteur à vapeur théoriquement parfait, c’est-à-dire fonctionnant suivant le cycle de Carnot, entre les mêmes limites de température, aurait un rendement de 16,8 pour 100.
- Nous avons vu que les chaudières ont un rendement de 62,47 pour 100; la quantité de charbon brûlé, par journée de 24 heures, est de 11 550 kilogrammes. Si toute l’énergie développée par la combustion du charbon était transformée en énergie mécanique, sans perte, on pourrait donc obtenir une puissance de 5520 chevaux. Si l’on tient compte de la perte dans les chaudières, on voit que la puissance représentée par la vapeur à la sortie des chaudières est de 5520 x 0,6247 = 5523 chevaux; la puissance indiquée dans les moteurs devrait donc être de 5525 x 0,09 = 299,07 chevaux. En réalité, on n’a obtenu que 235,07 chevaux, ce qui indique une perte de 21,77 pour 100 entre les chaudières et les moteurs (rendement 78,25 pour 100).
- La puissance indiquée dans les cylindres doit être trans-
- formée, par le mouvement des pistons, en puissance mécanique directement utilisable. Les frottements du moteur'absorbent 17,7 pour 100 de cette puissance indiquée, c’est-à-dire que le rendement organique du moteur est de 82,5 pour 100. Le rendement des dynamos est de 92 pour 100. Enfin, le rendement de la canalisation qui sert à distribuer l’énergie depuis l’usine jusqu’au domicile des clients est, en moyenne, de 85 pour 100. Lorsque la charge augmente beaucoup, comme, par exemple, aux heures de forte consommation, vers 6 heures du soir, en hiver, il peut tomber à 75 pour 100.
- Nous pouvons, maintenant, estimer le rendement total du système. En représentant par 100 l’énergie correspondant à la chaleur dégagée par la combustion du charbon, nous aurons :
- Puissance calorifique du charbon : 100
- Puissance disponible à la sortie des chaudières :
- 100 X 0,6247 = 62,47
- Puissance indiquée dans les cylindres du moteur :
- 62*47 X 0,7825 x 0,09 = 4,4
- Puissance utilisable sur l’arbre des dynamos :
- '4,4x 0,823 = 5,62
- Puissance électrique disponible à l’usine :
- 5,62 X 0,92 = 5,55
- Puissance électrique disponible aux bornes du compteur, chez l’abonné : 5,55 X 0,85 = 2,85
- Soit un rendement total de 2,85 pour 100.
- On peut remarquer que le rendement des organes électriques est le plus élevé ; on obtient, en effet, aux bornes du compteur, chez l’abonné, 78,2 pour 100 de la puissance dépensée sur l’arbre de la dynamo.
- Les résultats ci-dessus ont été obtenus avec des moteurs à grande vitesse, fonctionnant sans condensation ; le seul économiseur employé était un réchauffeur utilisant la vapeur d’échappement. Il serait intéressant de connaître les résultats obtenus avec des installations différentes. Nous ajouterons que, si le courant est utilisé dans des lampes à incandescence et qu’on admette que, dans ces appareils, 97 pour 100 de l’énergie électrique est dépensée en chaleur et 3 pour 100 seulement est utilisable sous forme de lumière, on arrive à une utilisation réelle de 0,0849 pour 100 !
- On voit combien nos procédés actuels d’éclairage électrique sont imparfaits et quels immenses progrès restent encore à réaliser. Ils devront porter surtout sur la transformation directe de la chaleur en électricité et sur la transformation de l’électricité en lumière.
- G. Pellissier.
- MÉLANITE DE ZERMATT
- Un naturaliste suisse, M. A. Brun, a récemment communiqué. à la Société de physique et d'histoire naturelle de Genève, des nombreux débris de masses de mélanite de Zermatt, minéral déjà étudié par divers auteurs et notamment par MM. Damour et Marignac.
- Il est intéressant de donner ici quelques renseignements minéralogiques sur cette substance très estimée.
- Ce grenat se trouve en très petits cristaux, ou en masses mamelonnées plus-ou moins grosses, d’une couleur verte ou jaune de miel, et engagées dans l’asbeste. Les masses sont lisses ou rendues rugueuses par une multitude de facettes microscopiques du dodécaèdre rhomboïdal diversement orientées. Les cristaux les plus petits sont les plus purs; ils appartiennent au type topazolite de 48 pyra-
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- LA NATURE.
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- mides, à phénomènes opticpies d’une grande netteté. Les masses, comme les cristaux les moins purs, sont librillaires à fibres rayonnant à partir d'un centre et optiquement orientées chacune pour leur compte à allongement positif. Il en résulte l’apparence du sphérolite à croix noire. Dans les petits cristaux, la croix noire est bien nette lorsque les sections principales du nicol coïncident avec les diagonales de la face rhombe.
- Les fibres sont souvent terminées par de microscopiques facettes du dodécaèdre rhomboïdal, chaque fibre forme alors un cristal isolé, très allongé, conique, dont l’orientation optique diffère de celle voisine. L’extinction des fibres est en général oblique sur leur longueur. Les fibres sont du reste souvent courbes dans les variétés les plus transparentes. Le centre du sphérolite peut être, ou bien un grain de magnétite (en ce cas la mélanite est jaune miel, et un peu plus biréfringente), ou un fragment d’asbeste (alors le cristal est vert pâle). Il y a tous les termes de passage entre le cristal pur et la masse fibriilaire sphérique. Quelques cristaux très bien formés montrent encore des fibrilles très ténues. Si les cristaux de mélanite ont une assez forte grosseur (un centimètre cube environ), les phénomènes optiques deviennent peu nets, difficiles à interpréter. Il y a alors de nombreuses plages à macles multiples rappelant l’apparence du microcline.
- Cette variété noire de grenat présente, comme on le voit, diverses propriétés intéressantes; il serait à souhaiter que des études complètes puissent être faites à son sujet.
- LE BÂTEAU SOUS-MARIN
- « LE GOUBET »
- Les lecteurs de La Nature se rappellent certainement les articles qu’ils ont lus dans ses colonnes 1 et consacrés au torpilleur sous-marin le Goubet.
- Les expériences auxquelles ce petit navire a donné lieu, en 1890, à Cherbourg, devant une Commission officielle, lui ont été tout à fait favorables, et, à n’en juger que par le rapport de cette Commission, elles semblent bien prouver qu’il remplit les diverses conditions du programme imposé à un semblable engin.
- Que nous sachions d’ailleurs, aucun autre sous-marin, depuis lors, -- sauf peut-être le Zédé sur lequel plane un certain mystère, — n’a obtenu un pareil succès, et, par conséquent, l’intérêt n’est pas douteux de la mise à Ilot qui vient d’avoir "lieu d’un Goubet n° 2, assez semblable au n° 1 pour qu’on soit assuré qu’il se comportera aussi bien, et, malgré cela, revu et corrigé dans une mestire notable.
- Faut-il rappeler les dispositions essentielles du bateau-Goubet (ainsi nommé, on le sait, du nom de son inventeur) ? Sa forme est celle d’un fuseau engendré par la révolution d’un arc de cercle tournant autour de sa corde (fig. 3). La régularité de sa silhouette est interrompue, au zénith, par le dôme ou capot ovale qui ouvre accès dans le ventre du monstre marin, au point le plus bas, par une sorte de fausse quille qui, tout en donnant une exceptionnelle stabilité à l’appareil, constitue la suprême ressource en un péril imprévu : un tour de clef donné par un homme
- 1 Voy. n° 675, du 8 mai 1886, p. 353 et n° 887, du 51 mai 1890, p. 411.
- de l’équipage, et ce poids se détache, laissant le flotteur, instantanément délesté, remonter à la surface de f eau, aussi vite qu’un bouchon de liège.
- Dans le plan méridien horizontal, deux ailerons minces courent de bout en bout le long de la coque, s’opposant au mouvement de roulis, en même temps qu’ils servent d’appui aux torpilles automobiles dont le bateau est porteur lorsqu’il y a lieu.
- Nous aurons tout dit de l’aspect extérieur quand nous aurons signalé les rames, les hublots, l’hélice mobile dans son plan horizontal qui permet d’assurer, non seulement la propulsion, mais aussi la direction par un simple changement d’orientation de son axe, ce qui dispense d’installer tout autre gouvernail.
- Les rames articulées, qui, au repos, se rabattent le long de la coque, sont, à leurs extrémités, munies d’ailerons s’ouvrant et se repliant à la manière de pattes de canard, dans le double mouvement en avant et en arrière. Elles traversent la coque à travers des boîtes à étoupe et sont mues de l’intérieur à la manière des rames habituelles.
- Quant aux hublots, ce sont les yeux du bateau. Garnis de glaces épaisses, ils sont répartis à même hauteur autour de la coque du sous-marin, ainsi que sur la paroi verticale du capot. Ils laissent entrer la lumière diffuse dans la chambre, et ce n’est pas leur faute si, à travers la masse liquide, ils ne permettent guère de voir distinctement au delà de 10 à 12 mètres : il faut s’en prendre au milieu et le mal est le même pour tous les sous-marins.
- Le nouveau bateau est le grand frère du Goubet n° 1 : celui-ci n’avait que 6 mètres de longueur et sa coque en bronze avait été fondue d’une seule pièce, opération difficile mais qui pouvait inspirer confiance aux timides.
- Le Goubet n° 2 mesure 8 mètres de longueur pour un diamètre de lm,75 au maître-bau. Il pèse 10 tonnes environ et, la confiance étant acquise aujourd’hui, il peut se démonter en trois pièces assemblées par des collerettes intérieures solidement boulonnées. La fausse quille, à elle seule, pèse 1200 kilogrammes.
- Yoilàile dôme ouvert. Descendons dans la chambre par une échelle en fer que l’on retire aussitôt pour refermer le couvercle sur sa garniture de caoutchouc.
- Tandis que dans le premier-né des Goubet l’espace manquait un peu, ce qui forçait les deux hommes d’équipage de s’asseoir dos à dos juste dans l’axe du navire, le nouveau type est libre en son milieu ; le capitaine peut s’y tenir sur un siège tournant qui lui permet de surveiller l’extérieur par les hublots du capot; les deux matelots qui l’assistent sont assis aux deux extrémités et se font face, ayant sous la main, chacun, les organes de commande qui lui conviennent et que montrent nos figures. Tournons-nous vers l’avant (fig. 1) : nous voyons celui qui manie les rames1. Il a devant lui les manettes aa permettant d’ouvrir sur la mer le
- 1 Ici notre gravure n’a fait, comme dans la figure 2, que traduire la photographie qui représente l’inventeur.
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- LA NATURE.
- débouché des pompes dont les robinets se trouvent en bb et d’expulser, à volonté et suivant la position des valves dont on voit les volants en cc, l’eau qui sert de lest ou l’air vicié qui, grâce à l'excès de densité de l’acide carbonique, se condense dans les fonds du bateau.
- Derrière sa tète, se trouve en d l’appareil « postal », semblable au boisseau d d’un gros dont la
- peut être, soit mise à découvert pour y déposer le petit récipient hermétique qui contient les dépêches, soit mise en communication avec une cheminée verticale débouchant dans la mer, et l’objet remonte alors au niveau de l’eau par sa seule légèreté spécifique. Le cône-avant recèle également les tubes d’acier essayés à de très fortes pressions qui contiennent, comprimée sous un petit volume, la réserve d’air respirable.
- Tournons-nous et regardons vers l’arrière (fig. 2). Voilà le moteur électrique actionné par les piles qui seraient rangées de chaque côté de la chambre. La machine, au-dessus de laquelle on voit le volant qui commande les mouvements de l’hélice, masque les organes d’embrayage et de régulation ; mais on aperçoit sur les parois de la coque les verrous de déclenchement des torpilles placées extérieurement sur les ailerons, et, sur le plancher, juste en dessous du capot, la manette qui permet de faire faire un quart de tour au joint à baïonnette chargé de maintenir
- la fausse quille; ce quart de tour suffit à détacher ce lest de sûreté, en délivrant le flotteur qui, d’un
- seul coup, remonte à la surface.
- Tels sont, rapidement énumérés, les organes essentiels du sous-marin, et nous pouvons, à présent, nous rendre compte aisément de leur fonctionnement.
- A l’état naturel, le petit navire Hotte à la surface de l’eau, dont il émerge seulement de la hauteur de son dôme. C’est dire que son capitaine, par les hublots hors de l’eau, peut faire le tour de l'horizon et diriger sa marche à son aise. De loin, il n’en est pas moins fort difficile d’apercevoir ce flotteur pas plus gros qu’une bouée de sauvetage. Mais en-tre-t-on dans la zone dangereuse, le vrai rôle du sous-marin commence : un peu d’eau introduitedansles fonds, et il s’immerge juste à la profondeur voulue (A à 5 mètres généralement, 10 mètres s’il le faut).
- Ses hublots ne lui sont plus que d’un faible secours pour voir autour de lui; mais un tube optique composé d’une série de manchons télescopiques se trouve alors poussé hors de la paroi de bronze. Il s’élève jusqu’au niveau de l’eau et, par un jeu de prismes à réflexion totale, permet au capitaine de ne rien perdre de ce qui se passe à la surface.
- Il s’agit maintenant de se maintenir au degré d’immersion voulu sans variations notables. Or les causes de ces variations ne sont pas brusques; les
- Fig. 1. — Intérieur du bateau sous-marin le Goubet. L’avant de la chambre. — an. Levier de manœuvre des rames. — bb. Robinets des pompes. — cc. Valves des pompes. — d. Appareil « postal ». —• e. Logement du tube optique. — m. Dôme. — n,n. Hublots.
- Fig. 2. — L'arrière de la chambre. — f. Moteur électrique. — <j. Volant de commande de l'hélice. — i,j. Verrou de lâchage de la fausse quille. — k, k. Verrou de déclenchement des torpilles. — m. Dôme. — n, n. Hublots.
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- ruptures d'équilibre sont presque insensibles et il suffit, pour les combattre, de variations insignifiantes dans le poids du lest liquide. Un très ingénieux appareil de régulation permet d’y pourvoir automatiquement : suivant le cas, une pompe aspire ou refoule l’eau dont on peut suivre les pulsations, pour ainsi dire, dans un gros cylindre de cristal. Et la pompe elle-même, actionnée par une petite dynamo, est. commandée, dans un sens ou dans l’autre, automatiquement, par l’aiguille du manomètre, selon qu’elle heurte, à droite ou à gauche de sa position de réglage, les deux petits contacts d’un double enclenchement électrique.
- Comme on le voit, dans le Goubet, les déplace-
- ments verticaux sont indépendants des mouvements horizontaux; ils se produisent au repos aussi bien qu’en marche, ce qui le distingue nettement de toute une catégorie de sous-marins qui, comme la torpille Whitchead, ne peuvent plonger ou émerger qu’en marche, et ne se maintiennent à la profondeur moyenne de réglage qu’en décrivant les ondulations d’une perpétuelle sinusoïde, au moyen de gouvernails horizontaux qui absorbent une force notable.
- Le principal moteur n’a donc plus qu’à assurer la marche rectiligne et à vaincre le frottement qui, grâce à la forme de la coque, n’est point considérable. Avec une machine développant 2 à 3 chevaux, ce qui est bien modeste, le Goubet n° 1 a pu attein-
- Hg. 5. — Le bateau sous-mariu le Goubet, transporté, passant place (Je la Madeleine pour aller faire des expériences.
- dre une vitesse de h à 5 nœuds à l’heure1. Une machine un peu plus forte imprimera au nouveau bateau une vitesse plus grande encore. Pour fournir au moteur l’énergie électrique qui lui est nécessaire, l’inventeur a adopté une pile au bisulfate de mercure, en renonçant aux accumulateurs; quelques précautions que l’on prenne, en effet, avec ces derniers, il est difficile d'empêcher le dégagement d’hydrogène, qui a l’inconvénient, non seulement d’être irrespirable, — et à ce point de vue d’occuper inutilement une place précieuse dans l’atmosphère du bateau, — mais encore de former avec l’oxygène de l’air un mélange détonant, dangereux dans le voisinage d’une machine électrique
- 1 Le minimum fixé par le programme ministériel était de 4 nœuds.
- Cela nous amène à nous inquiéter des conditions d’habitabilité de ce microcosme en vase clos, question résolue très simplement en réglant l’écoulement constant, à travers un détendeur, de l’air oxygéné contenu sous pression dans les réservoirs d’acier, de telle sorte qu’il en arrive à chaque instant la quantité nécessaire aux poumons des trois voyageurs. La pression dans la chambre augmente ainsi, mais il suffit, pour rétablir la pression normale, d’expulser une quantité d’air vicié correspondante; cet air vicié, grâce à sa densité, s’accumule dans les basses régions du bateau ; c’est là que la pompe le puise pour le refouler à la mer. L’excès d’acide carbonique est absorbé par de la potasse caustique et l’excès de miasmes organiques par du chlorure de chaux.
- Dans ces conditions, le bateau porte avec lui nor-
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- maleincnt assez d’air neuf pour pouvoir rester de dix à quinze heures sous l’eau, ce qui est plus que suffisant, car son rôle a toujours une durée limitée; il sera toujours attaché à la défense d’une rade, et, quand il devra opérer en pleine mer, il gagnera le théâtre de ses exploits accroché aux portemanteaux d’un cuirassé : son faible poids le lui permet.
- La principale mission militaire d’un sous-marin consiste, soit à aller porter des charges d’explosif jusque sous la quille des navires ennemis, soit à lancer contre eux des torpilles à la distance réduite où lui-méme ne peut rien craindre de l’explosion. A ce propos, il est bon de remarquer la perturbation au fonctionnement du pendule régulateur qu’apporte le choc initial destiné à l’expulsion des torpilles du genre Whitehead de leur panier ou de leur tube : il en résulte que leur course n’est qu’une courbe ondulatoire avec des embardées en hauteur suffisantes pour que la torpille ait grande chance de passer sous le but. M. Goubet, frappé de ce fait, supprime l’expulsion violente et se contente d’ouvrir la mise en marche de la torpille, qui part ainsi d’elle-même et doucement sur sa route directe. C’est très simple : il y fallait songer.
- La manœuvre des torpilles peut se faire aisément au moyen de verrous traversant la paroi. Mais là ne s’arrête pas Y action extérieure du sous-marin, tout vase clos qu’il soit, et, par l’intermédiaire de leviers du même genre, on peut lui foire manœuvrer d’autres outils : des cisailles pour couper les câbles ou les fds de torpilles, des tarières, les instruments, enfin, nécessaires à la pêche des éponges, des coraux ou au relèvement des épaves.
- L’inventeur étend plus loin son ambition et son torpilleur actuel ne serait que le minuscule modèle d’un paquebot sous-marin chargé de passagers et franchissant la Manche, ou la Méditerranée, en se halant sur un câble, à 15 mètres sous l’eau. Plus de roulis ni de tangage! Yoilà plus qu’il n’en fout pour que bon nombre de gens, sujets au mal de mer, fassent des vœux pour la réussite. G. E.
- LES CABLES D’EXTRACTION DES MINES
- Dans les exploitations minières, la question des câbles d’extraction est très grave, car c’est de la solidité et du poids de ces câbles que dépendent en grande partie la facilité et la sécurité de l’extraction et du transport des ouvriers dans les puits. Ces câbles peuvent se faire soit plats, soit ronds, soit en chanvre, en aloès, en fer ou en acier, ou en produits composés.
- A ce propos il est curieux de faire un emprunt à une statistique continuée régulièrement depuis 1872 dans le district de Dortmund : c’est probablement un relevé unique en la matière. Naturellement le nombre des câbles a augmenté, passant de 114 en 1872 à 226 en 1875, pour atteindre 283 en 1893, après quelques oscillations. Ce qui est intéressant à noter, ce sont les différents types de câbles qu’on emploie. En 1884, sur 190, on en comptait 50 plats en acier, 5 plats en aloès, 159 ronds en acier, 18 ronds en fer. On peut mettre de côté immédia-
- tement ceux d’aloès : jamais il n’v en a eu plus de 14 dans tout le district, et actuellement il n’en reste plus que 2 : ils sont appelés à disparaître. On peut remarquer en outre que le chanvre est complètement abandonné depuis 1876, de même que le fer depuis 1885 pour les câbles plats.
- Prenons maintenant l’état de choses en 1895 : nous trouvons comme câbles plats 47 en acier et 2 en aloès, et comme câbles ronds 253 en acier et 1 seulement en fer. On peut aisément tirer la morale de cette statistique. D’abord c’est que les câbles plats sont peu appréciés : on suit en Allemagne un mouvement absolument opposé à celui qui se manifeste en Belgique notamment. L’acier prend de plus en plus la place de tous les autres produils, et l’on comprendra pourquoi en se rappelant les admirables câbles que l’on parvient à fabriquer en acier; ils présentent une résistance inconnue sous un poids extraordinairement réduit. On peut dire que le fer est abandonné pour tous les systèmes de câbles, car il y avait, en 1884, 18 câbles en fer et l’on n’en compte plus actuellement qu’un seul.
- Il est bon toutefois de remarquer que les différentes matières peuvent avoir des qualités spéciales suivant les circonstances dans lesquelles on se trouve. Les câbles en chanvre, dont l’usage remonte à une très haute antiquité, ne sont possibles que dans les puits secs, et il est presque toujours nécessaire de les goudronner; ils ne doivent pas supporter une charge de plus de 0ke,8 par millimètre carré de section. L’aloès, agave d’Amérique ou chanvre de Manille, se trouve au contraire très bien de l’humidité, le froid le rendant cassant ; plus léger que le chanvre, il est à même de supporter une charge beaucoup plus forte. D'une façon générale, la durée de tous ces câbles végétaux est très réduite, et elle tombe facilement à quatre ou cinq mois quand l’atmosphère du puits est mauvaise.
- Il y a un demi-siècle qu’on a commencé d’v substituer les fils métalliques, les càbfes de cette espèce ayant l’avantage, non seulement de fournir une plus grande durée et de supporter avec une plus petite section une charge autrement considérable, mais encore d’avoir une valeur marchande de vieux métal quand ils sont hors de service. Les câbles en fil de fer, auxquels on donne souvent une âme en chanvre, se rongent malheureusement très vite quand le puits contient des eaux acides, et le métal se cristallise sous l’influence des vibrations. L’acier a le même inconvénient, mais du moins il offre une résistance à la rupture tout à fait exceptionnelle.
- On voit qu’on n’a pas encore trouvé le câble idéal, qui doit être très résistant, souple et inoxydable. D. B.
- CATALOGUE GÉNÉRAL
- DES MÉMOIRES SCIENTIFIQUES
- Dans le remarquable discours qu’il a prononcé le 30 novembre 1895, dans la séance solennelle de la Société Roijale de Londres, M. Huxley a donné les plus curieux détails sur le catalogue que la Société Royale publie et sur celui dont la Compagnie a l’intention de commencer la publication avec l’assistance de l’Académie des sciences de Paris, et des autres institutions analogues. C’est le professeur Henry, de Washington, qui proposa de publier le catalogue général de tous les mémoires scientifiques, rangés par nom d’auteur. Il s’adressa à l’Association britannique dans son premier meeting, en 1831. Ce n’est qu’en 1857 que l’affaire fut présentée à la Société
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- PtOijale par le comité de l’Association. La Société Royale ne fit la demande de fonds à la Trésorerie britannique qu'en 1804 et la publication ne commença qu’en 1800. Elle dura jusqu’en 1872. Les six volumes de la première série comprennent tous les mémoires parus depuis 1800 jusqu’en 1800. On publia encore aux frais de l’État anglais les tomes VII et VIII, s’étendant jusqu’à l’année 1874, époque où le gouvernement refusa de faire de nouveaux sacrifices. Mais la Société Royale ayant obtenu du Parlement une allocation de 25 000 francs, publia quatre volumes comprenant tous les mémoires jusqu’en 1883. Les fonds non dépensés ont été placés de telle sorte qu’en 1899 la Société aura encore une somme de 25 000 francs disponible pour la publication de nouveaux volumes. En 1864, la Société avait voté en principe la rédaction d’un catalogue méthodique, mais rien ne fut fait jusqu’en 1893, époque à laquelle M. Frédéric Moud offrit à ses confrères une somme de 50 000 francs dans le but de commencer la publication. On employa douze femmes à ranger dans des boîtes 140000 fiches, représentant un peu moins de la moitié du nombre des mémoires déjà catalogués. Environ le tiers, soit 46 000, ont été rangés par ordre méthodique. Ce travail ayant déjà absorbé 37 500 francs, la Société Royale a pensé qu’il serait utile de confier l’œuvre à une association internationale. C’est sur cette proposition que M. Marev, président de l’Académie des sciences, a été chargé de sonder ses confrères, comme il l’a fait à l’ouverture de la séance du 8 décembre.
- W. DE Fox VIELLE.
- CORRESPONDANCE
- LA TÉLÉGRAPHIE DES DESSINS
- Monsieur le Rédacteur en chef,
- Je lis, dans La Nature, un article de M. Daniel Bellet sur une invention récente qu’il attribue à M. W.-II. Lowd, Américain : la « télégraphie des dessins1 )). La méthode, encore qu’un peu lente, est fort ingénieuse. Permettez-moi cependant de douter qu’elle soit absolument de M. Lowd. Je la connais en effet depuis plusieurs années; précisons : depuis 1890. J’en ai entendu développer la théorie et décrire le mécanisme par un journaliste français, M. Jules Pianelli, né à Lyon. La méthode de M. Pio-nelli était même beaucoup plus simple, en ce qu’elle réduisait considérablement les frais de la transmission télégraphique. Au lieu d’employer, pour désigner les grandes cases de son tableau, des combinaisons de mots, tels que When, Fish, Cun, Fly, etc., M. Pianelli n’avait besoin que de lettres, les 25 lettres de l’alphabet. Les rangées horizontales étaient désignées par la lettre simple, nommée première; les rangées verticales par la lettre apostrophée du signe prime usité en géométrie, et nommée seconde.
- Quant aux détails des grands cases, chose bizarre, ils étaient précisément aussi transmissibles au moyen d'un sous-tableau absolument identique à celui de M. Lowd et divisé de même en neuf petites cases représentées par des chiffres.
- L’exemple « Ruth Ned 8 )>, donné par M. Daniel Bellet, se lisait donc chez M. Pianelli : « G E- 8 ». D’où grande économie de temps et d’argent, chacune des combinaisons des 625 grandes cases ne comptant en télégraphie, chiffre compris, que pour un seul mot et s’expédiant plus vite.
- Je n’accuse M. Lowd ni de plagiat ni de contrefaçon.
- 1 Voy n° 1176, du 14 décembre 1895, p. 17.
- On prétend que certaines idées sont « dans l’air » à certaines époques. Ce que je sais, c’est que M. Pianelli avait fait, il y a deux ans, un voyage à Londres pour proposer son invention à un grand journal anglais auquel elle aurait servi à se faire transmettre des portraits et dessins par une voie plus rapide que la poste, en attendant que fonctionne le télautographe qui lui aussi était « dans l’air». Après pourparlers, le journal anglais refusa les offres de l’inventeur.
- Aujourd’hui, ce dernier est incapable de revendiquer la priorité pour sa méthode. Le pauvre garçon est, depuis trois mois, dans un asile d’aliénés et n’en sortira vraisemblablement pas de sitôt. Mais je ne suis pas le seul témoin qui puisse certifier les dires ci-dessus. D’autres personnes eurent connaissance de l’invention au moment où elle fut imaginée. Notamment M. Robert Charlie, alors secrétaire de la rédaction du National, auquel collaborait M. Pianelli, aujourd’hui secrétaire de la République française; M. Danthesse, alors au XIXe Siècle, aujourd’hui au Matin; MM. Béchet et Bergerol, correspondants à Paris du Petit Méridional; M. P. Plan, reporter au Journal des Débats.
- Bien que je n’aie aucun intérêt personnel à cette restitution de droits, j’espère que vous voudrez bien insérer cette lettre, ne fùt-ce que pour rendre hommage à la vérité. R. Yve-Plessis,
- Rédacteur à la République française, Correspondant scientifique du Petit Méridional.
- LES HUÎTRES PERLIÈRES DE CEYLAN
- On vient de publier dans un document officiel italien des renseignements assez curieux sur la pêche des huîtres perlières à Ceylan : c’est une industrie extrêmement importante qui mérite bien qu’on en dise quelques mots ici, Cette pêche s’effectue périodiquement par les soins du gouvernement sur les bancs d’huîtres qui se trouvent le long des côtes du nord-ouest de l’île : on les vend telles quelles à des commerçants sur le lieu même de la pêche, et l’excédent des recettes sur les dépenses rentre dans le budget de la colonie. Les principaux acheteurs sont des négociants indiens, qui font ouvrir et laver les bivalves surplace pour opérer immédiatement la récolte des perles.
- Nous disions que cette industrie est fort importante : voici quelques chiffres qui vont le prouver. En 1877, par exemple, il a été vendu 5157 000 huîtres ; mais ce chiffre est modeste, et si quelques années donnent des résultats plus faibles, par contre le chiffre correspondant atteint 25 927 000 en 1880, à peu près autant en 1889 et 29 600 000 eu 1891. De 1877 à 1891 il n’a pas été livré à la vente moins de 167 millions d’huîtres. Il est vrai que le bénéfice ne correspond pas forcément à la quantité d’huîtres vendues, car le cours en est variable, et il oscille souvent de 5 livres sterling 3 shillings (autrement dit 80 francs environ) à 1 livre 9 shillings et même, comme en 1880, à 15 shillings 4 pence (18fr,40) les 1000 huîtres. En 1888 on a vu le cours s’élever jusqu’à 162 francs le mille. On comprend que, dans ces conditions, les recettes soient très variables; ellessont montées, par exemple, à 2 433000 francs en 1891, tandis qu’en 1879 elles étaient seulement de 212 700 francs et de 83 855 francs en 1884.
- Quant aux dépenses, elles varient moins; cependant nous les trouvons évaluées à 110 800 francs en 1877 et à 202 000 en 1888; d’ailleurs le nombre des jours de pèche varie d’une année à l’autre, dépassant parfois 40,
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- mais sc tenant généralement entre 50 et 40. Toujours est-il que, de 187 7 à 1891 inclusivement, le budget gouvernemental a encaissé, du chef de cette industrie toute locale, un bénéfice de 8 millions 750 000 francs-.
- Nous avons parlé des perles tout à l’heure; mais on sait que la pintadine perlière possède une coquille dont la nacre est fort appréciée : aussi les acheteurs d’huîtres revendent-ils le plus souvent les coquilles à des maisons d’exportation de Colombo qui les envoient ensuite en Europe : en 1890 par exemple on a exporté 4 500 000 coquilles, représentant une valeur de 540 000 francs.
- Il paraîtrait qu’il n’y a pas eu de pèche en 1894, et pour cause : voici trois années que les bancs ne se reforment point, détruits qu’ils sont par des courants très forts ou par des poissons, on ne sait pas au juste.
- Daniel Bellet.
- ACCUMULATEURS DE CHALEUR
- A LA BARYTE
- On a souvent besoin, pour les usages industriels ou privés, d’appareils produisant pendant un temps assez long une chaleur douce et continue. Le problème a d’abord été résolu par l’emploi de bouillottes d’eau chaude qui sont d’ailleurs encore très répandues aujourd’hui. L’eau ayant ss° une très grande capacité calorifique ne perd la chaleur que l’on lui com- w §> munique qu’en un temps relativement long et peut conserver un excès de température assez sensible pendant cinq ou six heures. On eut ensuite l’idée de s’adresser pour la conservation de la chaleur à un autre principe qu’à celui de la. capacité calorifique ; on mit à profit le dégagement de la chaleur latente qui se produit pendant la solidification d’un corps préalablement fondu. L’acétate de soude fut d’abord employé; ce sel, qui cristallise avec six molécules d’eau, éprouve la fusion aqueuse vers 59° centigrades ; il se produit en même temps une absorption d’une certaine quantité de chaleur qui est restituée lentement quand le sel repasse de l’état fondu à l’état solide. On a constaté que l’acétate de soude pouvait ainsi donner quatre fois plus de chaleur qu’une chaufferette à eau. Depuis quelque temps, un ingénieur chimiste, M. Lemaître, a découvert qu’on obtenait des résultats encore plus satisfaisants dans cet ordre d’idées avec la baryte hydratée. Ce dernier corps, en effet, présente sur l’acétate de soude les avantages suivants :
- 1° L’acétate de soude peut subir la surfusion et, restant liquide au-dessous de son point de fusion, ne restitue pas la chaleur qu’il a emmagasinée. La baryte ne présente jamais ce phénomène. 2° La baryte, à poids égal, emmagasine une plus grande quantité
- de chaleur et son point de fusion est plus élevé.
- On a donc tout intérêt maintenant à remplacer l’acétate de soude par la baryte. Nous donnons dans notre figure la courbe de refroidissement d’une chaufferette à la baryte comparée à celle d’une chaufferette identique remplie d’eau bouillante. On voit que, tandis que le récipient à eau ne met que six heures pour se refroidir de 750 à 40°, la température du récipient à baryte ne descend au même point qu’au bout de quinze heures environ.
- L’utilisation de la baryte hydratée pour l’accumulation de la chaleur se pratique de la même façon qu’avec l’acétate de soude. La matière est mise dans des récipients ad hoc, qui sont ensuite hermétiquement fermés. Pour réchauffer ces divers appareils, il suffit de les plonger dans l’eau bouillante pendant un certain laps de temps, temps qui varie d’ailleurs .suivant la dimension des appareils. Ceux-ci sont ensuite transportés dans les endroits où ils doivent être utilisés.
- Les accumulateurs à la baryte sont certainement très économiques, le prix des appareils n’étant guère plus élevé que ceux des autres sytèmes et la dépense étant faite une fois pour toutes, car on n’a jamais à renouveler le contenu, qui est inaltérable et qui n’attaque pas le métal; de plus, les récipients, étant hermétiquement fermés, ne donnent lieu à aucun dégagement insalubre. La forme que l’on donne aux appareils varie natu-rellement avec l’usage auquel ils sont destinés. On peut en faire des chaufferettes de bureau, de voitures, des chauffe-plats, des moines, des chauffe-manchons, des dermothermes1; mais la principale application doit être le chauffage des wagons. Un certain nombre de compagnies de chemins de fer français et étrangers ont déjà mis en pratique le chauffage à l’acétate de soude. Nous ne doutons pas que, d’ici peu, les accumulateurs de chaleur à la baryte remplaceront ce dernier système et se répandront de plus en plus, leur supériorité sur le chauffage à l’eau bouillante étant nettement établie par l’économie de temps, de manutention et d’argent qu’ils procurent. Enfin, peut-être, pourra-t-on appliquer les propriétés de ces appareils au chauffage des appartements, des serres, etc., et remplacer ainsi dans une certaine mesure les poêles mobiles dont l’emploi a parfois été signalé par des accidents plus ou moins funestes. A. Hébert.
- 1 Les dermothermes sont des appareils permettant aux médecins de maintenir pendant un certain temps une température assez chaude sur une partie malade du corps.
- Courbe de refroidissement d'une chaufferette à la baryte comparée à celle d'une chaufferette remplie d’eau et d'un même modèle.
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- L’ÉTAT SPHÉROÏDAL DE L’EAU
- EXPÉRIENCE DE JI. LAVINGTON FICHTER
- On sait en général qu’une goutte d’eau, projetée sur une plaque métallique chauffée au rouge, ne se volatilise pas immédiatement. Cette eau affecte une l'orme sphérique, semble rouler à la surface de la plaque et ne se convertit que lentement en vapeur. Ce phénomène, désigné par les physiciens sous le nom de caléfaction, constitue un état spécial connu sous le nom de quatrième état de Veau.
- La ligure ci-dessous nous montre dans le n° 2 l'eau dans le tube de la chaudière avant le chauffage, et le n° 1 nous fait voir le tube de la chaudière sur le feu, avec un arrachement pour représenter l’eau à l'état sphéroïdal.
- Les expériences de Boutigny ont permis d’établir que l’eau ainsi caléfiée se maintenait à une certaine distance de la plaque par suite de la formation d’une couche de vapeur qui empêchait le contact. L’eau ne touchant pas le métal, ne reçoit pas directement la chaleur émise, de sorte que sa température ne dépasse pas 96°. L’eau à l’état sphéroïdal est donc à une température inférieure à celle de son point d'ébullition.
- Laissons refroidir cette plaque, il arrivera un moment où la vapeur qui empêchait le contact n’aura plus une tension suffisante pour maintenir à distance l’eau qui se trouve à sa surface. A ce point précis, il se produira une vive ébullition avec dégagement considérable de vapeur. On n’ignore pas, en effet, qu’un litre d’eau, sous la pression atmosphérique, produit 1700 litres de vapeur. C’est en se basant sur ces faits que sont expliquées certaines explosions de chaudières dites : explosions foudroyantes.
- Il est recommandé, en principe, au chauffeur, lorsque les tôles de sa chaudière ont été portées accidentellement au rouge, de bien se garder d’alimenter, de faire tomber le feu delà grille et de laisser refroidir lentement l’appareil. Or, le journal le Meunier signale diverses expériences auxquelles s’est livré M. Lavington Fichter au sujet de la caléfaction de l’eau dans les chaudières à vapeur et dont les résultats sont en discordance complète avec les recommandations actuellement en vigueur.
- Les expériences ont été faites sur une chaudière du Lancashire dans laquelle on laissait tomber le niveau de l’eau de façon à découvrir complètement les tôles, qui ne tardaient pas à rougir. A ce moment on injectait de l’eau sous pression au moyen d’un appareil débitant 150 litres à la minute.
- Au commencement de l’alimentation, on constatait au manomètre une hausse de pression; mais celle-ci ne tardait pas à baisser au fur et à mesure qu’augmentait la quantité d’eau injectée. Voici le fait brutal. Sans le commenter en aucune façon, et sans nous arrêter aux protestations qu’il peut soulever, cherchons à nous l’expliquer en analysant les phénomènes qui peuvent surgir pendant les différentes phases de l’expérience :
- En injectant de l’eau sous pression et en grande quantilé, on a constaté dès le début une augmentation de pression, puis celle-ci a diminué progressivement jusqu’à descendre au-dessous de la pression de régime. Ce résultat s’explique facilement. En effet, l’eau injectée augmente le volume d’eau de la chaudière et diminue par suite le volume de vapeur; la pression de cette dernière, en vertu même de la loi de Mariotte, doit nécessairement augmenter.
- D’autre part, l’injection continuant, la masse totale de l’eau prend une température moyenne relativement basse, la vapeur en contact se condense en partie, d’où baisse de pression.
- Mais l’eau injectée diminue, non seulement la tension de la vapeur qui se trouve dans la chambre à vapeur, mais aussi celle de la couche de vapeur interposée entre l’eau et le métal. Il arrive un moment où cette tension n’est plus suffisanle pour maintenir l’eau à distance, et le contact a lieu. L’état sphéroïdal de l’eau est alors détruit. Il se produit bien un dégagement brusque de vapeur, mais celle-ci rencontre une masse d’eau qui est à température assez basse pour condenser l’excès de vapeur nuisible ou tout au moins pour ramener la tension de cette vapeur à une allure normale. Quand la pression et la température de régime seront rétablies, le chauffeur pourra alors, en toute sécurité, jeter bas son feu et vérifier l’état des tôles de sa chaudière.
- Si téméraire que soit l’expérience tentée, elle mérite d’être examinée attentivement et prise en sérieuse considération, car il pourrait se faire que les errements actuels attribués à la pratique ne fussent dus qu’à la routine passée à l’état pratique. Quoi qu’il en soit, ne semble-t-il pas que les recommandations que l’on fait au chauffeur dont la chaudière a reçu un coup de feu viennent en contradiction avec les expériences de Boutigny? Une explosion de chaudière pouvant se produire brusquement par le refroidissement des tôles, n’est-il pas dangereux de lui recommander, en pareil cas, de jeter bas son feu, de se garder d’alimenter et de laisser refroidir lentement l’appareil?
- État sphéroïdal de l’eau, dans un tube de chaudière.
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- LA NATURE.
- Jeter bas son feu! Mais, pour cela, il faut ouvrir la porte du foyer, par laquelle va s’engouffrer l’air extérieur qui, venant frapper directement la tôle rougie, la refroidira très vite. Et si, pendant cette opération, cette tôle rougie, c’est-à-dire affaiblie, vient à se déchirer, ce qui est très admissible, la vapeur, faisant brusquement irruption, peut atteindre le chauffeur, qui ainsi est exposé, sinon à une mort presque certaine, au moins à des brûlures dont les conséquences peuvent être très graves. Ne pas alimenter ! C’est ne pas lutter, c’est ne pas chercher à opposer à la vapeur, qui tout à l’heure va se produire brusquement et dont l’énorme pression viendra s’exercer directement sur les tôles, un obstacle capable de diminuer sa tension. En un mot, les coutumes en usage semblent bâter le moment fatal où l’eau changera d’état sans qu’il ait été rien tenté pour diminuer l’effet foudroyant que peut produire sa transformation en vapeur.
- Les expériences de M. Lavington Fichter met ten t donc sous un jour tout nouveau cette question si importante qu’il serait intéressant d’examiner et d’approfondir, puisque la vie de notre semblable est enjeu.
- Jolly,
- Ingénieur des Arls et Manufactures.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- CONCOURS DE L’ANNÉE 1895
- Séance annuelle publique «lu 23 déc. 1895
- Présidence de M. Marey
- L’Académie des sciences a tenu aujourd’hui sa réunion solennelle. M. le Président a ouvert la séance par un discours dans lequel, après avoir rappelé que les fêtes du centième anniversaire de l’Institut ont été attristées par le deuil causé par la mort de M. Pasteur, il passe rapidement en revue l’œuvre des membres que l’Académie a perdus dans l’année. Le début du discours de M. Marey est consacré à M. Verneuil. Après avoir signalé les protestations de M. Yerneuil contre ce que celui-ci nommait les audaces et les imprudences de la chirurgie moderne, il conclut :
- « Était-ce donc un esprit rétrograde que. celui de notre confrère? L’histoire de toute sa vie protesterait contre une telle insinuation. Mais la révolution profonde qui s’est produite à notre époque dans la chirurgie opératoire explique et justifie le rôle de pondérateur que Verneuil a cru devoir prendre vers la fin de sa carrière.
- (( Plus jeune de quelques années que notre regretté confrère, j’ai cependant assisté à ses débuts : en 1849 il était déjà l’un des jeunes hommes que l’opinion désignait à un brillant avenir; Verneuil n’a pas trahi ces espérances.
- « Anatomiste consommé, il fut un des promoteurs de l’application du microscope au diagnostic des tumeurs; clinicien non moins habile, il s’est attaché à montrer l’influence des maladies constitutionnelles sur l’évolution des lésions chirurgicales. Enfin, devenu chef (l’École, il s’efforça d’initier les élèves à la précision du diagnostic, discutant avec eux sur l’opportunité des différents moyens de traitement qu’il convenait d’employer avant de recourir à une opération sanglante, cette ultima ratio de la chirurgie.
- « On conçoit le trouble profond que devait apporter dans
- 'esprit de Verneuil la révolution dont je parlais tout à
- l’heure et qui se produisit vers 1871, lorsque les théories de notre illustre confrère Pasteur furent appliquées par Lister à la chirurgie opératoire : on vit alors que les plaies chirurgicales guérissent presque toujours sans complications quand on a soin de les mettre à l’abri des microbes infectieux. De jeunes hommes rapportaient d’Angleterre les procédés du maître, s’astreignant aux minutieuses pratiques destinées à détruire les germes microbiens, sur leurs mains, sur leurs instruments, sur les pièces de pansement et jusque dans l’atmosphère des salles d’opérations. Ces adeptes de la nouvelle méthode avaient des succès merveilleux.
- « L’innocuité de l’instrument tranchant accrut l'audace des opérateurs, et tandis que nos anciens maîtres avaient une crainte presque superstitieuse d’ouvrir la cavité du péritoine ou même celle d’une articulation, la génération nouvelle, n’avant plus ces frayeurs, n’hésitait devant aucune intervention chirurgicale. Un organe profond était-il le siège de douleurs persistantes, on soulageait le malade en enlevant cet organe.
- « La chirurgie devait-elle donc se réduire à l’habileté opératoire? La précision du diagnostic par laquelle on détermine le siège précis d’une lésion ne servait-elle de rien? Était-il donc inutile de discerner l’altération passagère d’un organe de sa dégénérescence irrémédiable?
- « Verneuil ne le pensa pas, et il se fit le champion de la chirurgie conservatrice dans tous les cas où elle était praticable. Il montra que l’ablation d’un organe douloureux ne supprime pas toujours les troubles que cette douleur avait fait naître, tandis qu’elle peut entraîner les plus graves conséquences pour la santé physique ou morale de l’opéré.
- « Et si la chirurgie moderne s’est assagie, si elle tend à user avec plus de discrétion des avantages immédiats de l’antisepsie, la lutte ardente de Verneuil contre l’abus des opérations n’est pas étrangère à cette réaction salutaire.
- « Mais s’il a combattu les excès auxquels peut entraîner la méthode antiseptique, Verneuil était trop clairvoyant pour méconnaître les bienfaits de cette méthode et pour ne pas saisir la haute portée de la doctrine microbienne dont elle dérive. »
- Puis, vient le tour de M. Pasteur. L’œuvre de l’illustre savant a déjà été l’objet de tant d’appréciations que M. Marey se montre avec raison très sobre d’aperçus; nous signalerons seulement le passage suivant qui constitue un jugement parfaitement équitable sous une forme brève.
- « Si chacune des découvertes de Pasteur est admirable, plus merveilleux encore est l’enchaînement qui les relie entre elles. Nul mieux que lui n’a montré la puissance de la pensée humaine poursuivant une idée juste et simple dans toutes ses conséquences, dans tous ses développements. »
- M. Marey parle ensuite du baron Larrey, associé libre ; puis il relate la mort des sept membres correspondants dont les noms suivent : Sir Arthur Cayley, mathématicien anglais; James Dana, zoologiste, minéralogiste et géologue américain ; Cari Vogt, le collaborateur d’Agassiz dans ses recherches sur la marche des glaciers, qui fut aussi un zoologiste et un paléontologiste éminent; Ludwig, l’un des plus illustres parmi les physiologistes d’Allemagne. On lui doit l’invention de méthodes expérimentales précises auxquelles la physiologie moderne doit la plupart de ses progrès.
- Il fut un des initiateurs de l’emploi de la méthode graphique et des appareils inscripteurs si répandus aujourd’hui dans les laboratoires de physiologie.
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- LA NATl'KE.
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- Il créa la méthode des circulations artificielles par laquelle un organe, détaché du corps d’un animal, est maintenu vivant au moyen d’un courant de sang qu’on y fait pénétrer par les artères et qui en ressort par les veines.
- Soumis à la circulation artificielle, un cœur continue à battre pendant des heures entières, un muscle à se contracter et à faire du travail, une glande à verser sa sécrétion. Ramenée à ces conditions simplifiées, la fonction des organes se prête à l’étude avec une facilité singulière. Enfin la méthode des circulations artificielles fournit une base solide à la chimie biologique, car elle permet d’analyser comparativement le sang qui entre dans un organe et celui qui en sort, et par conséquent d’apprécier les modifications chimiques produites clans le sang par la fonction de cet organe.
- Puis Huxley, naturaliste, physiologiste et philosophe anglais ; Lovén, zoologiste suédois; le chimiste Ilethriegel. M. Marcv termine en appelant l’attention publique sur l’attribution du prix biennal de 20 000 francs revenant tour à tour à chacune des cinq académies. Le lauréat de cette année, M. Raoult, de Grenoble, a découvert une relation numérique entre le poids moléculaire d’une substance et le retard du point de congélation du liquide qui la dissout, ainsi que la tension des vapeurs de ce liquide.
- « La méthode de M. Raoult e^t maintenant employée par les savants du monde entier, elle jette une lumière nouvelle sur la constitution moléculaire des corps. ))
- Puis viennent la lecture de la liste des récompenses reproduite ci-dessous et enfin la lecture, par M. Bertrand, d’une Notice historique sur la vie et les travaux de l’amiral Paris.
- Géométrie. — Prix Francœur : M. Jules Andrade. — Prix Poncelet : M. G. Robin.
- Mécanique. — Prix extraordinaire de (5000 francs : un prix de 2500 francs est décerné à M. Mottez, un prix de 1500 francs est décerné à M. Ilouette, et un autre prix de 1500 francs à M. Gosselin, une mention très honorable de 500 francs est attribuée à M. Baucher. — Prix Montyon : M. Galliot. — Prix Plumey : MM. Pollard et Dudebout. — Prix Fourneyron : perfectionnement de la théorie de la corrélation entre le volant et le régulateur. Le prix est décerné à MM. Marié et Lecornu.
- Astronomie. — Prix Lalande : M. Maurice Hainy. — Prix Yalz : M. Denning.
- Physique. — Prix L. La Caze (physique) : M. Edmond Bouty.'
- Statistique. — Prix Montyon : le prix est attribué à MM. Alfred Martin et Charles Baltet. Une mention honorable est attribuée à MM. Ilovelacque et Hervé.
- Chimie. — Prix Jecker : un prix de 6000 francs est décerné à M. Tanret; un prix de 2000 francs à M. Renard, et un autre prix de 2000 francs à M. Burcker. — Prix
- L. La Caze (chimie) : M. Le Chatelier.
- Minéralogie et géologie. — Grand prix des sciences physiques : décerné au travail qui contribuera le plus à l’avancement de la paléontologie française, en traitant d'une manière approfondie : des animaux articulés, des terrains houillers et des terrains secondaires en les comparant aux types actuels. Le prix est attribué à M. Charles Brongniart. — Prix Bordin : décerné au Mémoire qui contribuera le plus à la connaissance de l’histoire naturelle (zoologie, botanique ou géologie) du Tonkin ou de nos possessions de l’Afrique centrale. Le prix est partagé entre MM. de Pousargues et Barrat. — Prix Ilelesse :
- M. llelafond.
- Botanique. — Prix Desmazièrcs : M. Borzi (Antonino).
- — Prix Montagne : M. F. Renauld. — Prix de la Fons-Melicocq : M. Géneau de la Marlière.
- Anatomie et zoologie. — Prix Tliore : M. P. Mégnin.
- — Prix Savigny : non décerné cette année.
- Médecine et chirurgie. — Prix Montyon : trois prix sont décernés : à MM. Gangolphe, Imbert, Teissier; trois mentions sont attribuées à MM. Cbipault, Gouguenbeim et Glovcr, Polaillon ; des citations à MM. Bellini et Victor Parant. — Prix Barbier : le prix est partagé entre MM. Jules Bœckel et Ilupuy ; une mention très honorable est accordée à M. Bernhard. —Prix Bréant : non décerné cette année.
- — Prix Godard : M. Émile Reymond. — Prix Chaussier : M. le I)1' Lancereaux. — Prix Bellion : le prix est décerné à M. Vaillard; deux mentions honorables sont attribuées à MM. Vincent et Rouget, et à MM. Mauclaire et Detroye.
- — Prix Mège : M. Émile Baudron. — Prix Dusgate : la Commission ne décerne pas de prix cette année, mais une mention honorable est attribuée à M. le l)1' Icard. — Prix Lallemand : le prix est partagé entre MM. Ilalipré et Toulouse. Des mentions sont attribuées à MM. Chervin et Debierre.
- Physiologie. — Prix Montyon (physiologie expérimentale) : le prix est décerné à M. Maurice Artus. Une mention est accordée à M. Tissot. — Prix L. La Caze : M. I)as-tre. — Prix Pourat : des actions vaso-motrices des matières virulentes. Le prix est décerné à M. Charrin. — Prix Martin-Damourette : le prix est partagé entre MM. Besson et Cristiani. Une mention honorable est attribuée au Dr de Keating llart. — Prix Philipeaux : M. Chabrié.
- Géographie physique. — Prix Gay : étudier le régime de la pluie et de la neige sur toute la surface de la Terre. Le premier prix est décerné à M. Angot. Un deuxième prix à l’auteur du Mémoire portant pour épigraphe : « Pourquoi pas? ))
- Prix généraux. — Prix Biennal : le prix Biennal est attribué cette année, par l’Académie des sciences, à M. Raoult, professeur à la Faculté des sciences de Grenoble. — Prix Montyon (arts insalubres) : M. Gérardin.
- — Prix Trémont : M. B. Renault. — Prix Gegner : M. Paul Serret. — Prix Petit d’Ormoy (sciences mathématiques pures ou appliquées) : le prix est attribué à feu M. Albert Ribaucour. — Prix Petit d’Ormoy (sciences naturelles) : M. Pomel. — Prix Leconte : le prix Leconte, d’une valeur de 50 000 francs, est décerné à lord Rayleigh et à M. Ramsay. — Prix Tchihatchef : M. Gustave Radde. — Prix Gaston Planté : MM. Jacques et Pierre Curie. — Prix Cahours : le prix est partagé entre MM. Lc-beau, Simon, Varet. — Prix Saintour : M. Termier. — Prix Alberto Levi : décerné à celui qui aura découvert le moyen sur de prévenir ou de guérir la diphtérie, ou bien partagé entre ceux qui auront fait simultanément la même découverte. Le prix Alberto Levi, d’une valeur de 50 000 francs, est partagé entre MM. Behring et Roux. — Prix Kastner-Boursault : M. Baudot. — Prix Laplace : M. Bachellery. — Prix Félix Rivot : le prix est attribué à M. Bachellery et à M. de Ruffi de Pontevès Gevaudan; et à MM. Delemer et Labordère. Ch. de Yilledeuil.
- BRIQUETTES DE PÉTROLE
- Nous allons faire connaître ici un procédé peu connu qui pourra peut-être devenir utile pour nos lecteurs.
- M. Maestracci, officier de marine, a trouvé une formule assez simple, pour obtenir des briquettes de pétrole
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- LA NATURE.
- maniables, analogues à celles du charbon. En voici la description sommaire :
- On mélange à un litre d’huile de pétrole, 150 grammes de savon trituré, 10 pour 100 de résine et 553 grammes de soude caustique. On fait chauffer ce mélange en ayant soin de l’agiter; dès que la solidification commence, ce qui a lieu au bout de quarante minutes environ, on surveille de près la marche de l’opération. Si le mélange tend à déborder, ou verse dans le récipient quelques gouttes de soude. Ou continue à remuer jusqu’à ce que la solidification soit complète; l’opération terminée on coule la malière dans des moules, pour en faire des briquettes qu’on passe ensuite pendant dix ou quinze minutes dans une étuve. Il ne reste plus qu’à les laisser refroidir ; on peut employer ces briquettes quelques heures après leur fabrication .
- Aux trois éléments qui constituent le mélange, il est utile d’ajouter 20 pour 100 de sciure de bois et 20 pour 100 d’argile ou de sable, afin de rendre les briquettes de pétrole plus économiques et plus solides. Des essais de chauffage faits à Marseille, sur des remorqueurs, avec des briquettes, il résulte qu’elles ont fourni, à poids égal, trois fois plus de chaleur que les briquettes de charbon ordinaires, sans laisser aucun déchet. Il serait possible, paraît-il, avec quelques légères modifications dans les foyers, de supprimer la fumée et d’augmenter la production du calorique dans une telle proportion qu’un kilogramme de pétrole solidifié équivaudrait à 4 kilogrammes de houille1.
- SERINGUE
- A INJECTIONS SOUS-CUTANÉES
- Les injections sous-cutanées sont aujourd’hui de pratique courante dans l’art de traiter nos maladies, Mais l’introduction sous notre épiderme de liquides toxiques ou virulents ne va pas sans quelques précautions : un dosage précis est de rigueur. Ces conditions ne sont pas aussi faciles à remplir qu’on pourrait le croire et compliquent forcément l’instrument. Prenons pour exemple un des meilleurs types actuellement en usage. Voici de quoi se compose la seringue E. Fournier :
- Le corps de l’instrument est constitué par un tube de cristal bien calibré, plus ou moins gros, et gradué en centimètres cubes ou fractions de centimètre cube,
- 1 D’après la Revue métallurgique.
- suivant l’usage auquel on le destine. On a eu soin de chiffrer cette graduation dans les deux sens, de telle sorte qu’on puisse sans difficulté lire immédiatement les quantités de liquide introduites ou expulséés.
- Ce tube qui, pour faciliter son maniement, est muni de deux oreillettes à l’une de ses extrémités, est étiré par l’autre bout, et se termine par une pointe tronconique convenablement rodée pour recevoir, à frottement dur, l’ajutage porte-aiguille. Tel quel, le cylindre est donc un tube de cristal tout nu, sans garnitures adhérentes, et par suite rien n’est plus facile que de le tenir propre.
- L’organe essentiel de la seringue est le piston, qui est ici formé d’une rondelle en caoutchouc spécial (fig. 2), serrée entre deux disques métalliques. Le bouton à molette J permet de resserrer ou d’écarter à volonté les deux disques; la rondelle de caoutchouc se trouve ainsi plus ou moins comprimée, de manière à régler son frottement sur les parois de cristal.
- L’instrument sera complet si l’on y ajoute un ajutage mobile M coiffant le bout rodé du cylindre par son extrémité m", tandis que sa pointe m' peut recevoir les aiguilles de toutes formes et de toutes provenances que l’on trouve aujourd’hui dans le commerce courant : aussi bien l’aiguille de Pravaz que la canule d'oph-talmologie R, à pointe mousse, qui sert à l’exploration et au lavage du canal lacrymal. Enfin, dans certains cas et spécialement pour l’injection des sérums, on facilite la manœuvre en interposant un tube flexible en caoutchouc terminé par un second ajutage O, à deux fins : le bout o" pouvant recevoir les aiguilles à sérum, tandis que le bout o' est calibré pour les aiguilles du commerce.
- Cette courte description suffit à montrer comment l’instrument satisfait aux conditions énoncées, aussi bien pour un dosage rigoureux que pour’une facile asepsie. En ce qui concerne cette dernière condition, on voit, en effet, que l’appareil se démonte complètement et se réduit en éléments simples qu’il est très facile de nettoyer. Il suffit pour cela de les plonger dans un vase rempli d’eau qu’on porte à l’ébullition; et pour faciliter l’opération il n’est pas mauvais de prévoir quelques accessoires, sinon indispensables, tout au moins fort utiles : on ne saurait trop faciliter les opérations si délicates auxquelles ce petit outillage est destiné. A cet égard, jamais l’arsenal chirurgical n’aura été si bien pourvu que de nos jours. G. E.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleuras, 9.
- Seringue E. Fournier. — N° 1. Vue d’ensemble. — N° 2. Piston et garniture métallique (J, bouton à molette commandant la double tige F et G, et réglant l'écartement des disques du piston. — N" 3. Ajutage mobile recevant l’aiguille en m' et s’engageant en m” dans le bout rodé du cylindre; It, canule d'ophtalmologie. — N" 4. Tube de caoutchouc avec ajutage O pour injection do sérum. — N" o. O, ajutage à deux lins. — N° 6. Panier pour l’ébullition. — N'° 7. Pince. — N° 8. Éprouvette graduée.
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- LA NATURE.
- — A JANVIER 1 8',Mî.
- MACHINE A CALCULER
- LA RAPIDE
- Lu machine à calculer La Rapide sert à effectuer les quatre règles fondamentales de l’arithmétique et plus spécialement la multiplication et la division. Elle comporte neuf chiffres au multiplicande et huit au multiplicateur, si l’on se contente d’un produit de 15 chiffres, suffisant pour les petits calculs, dix chiffres au multiplicande et neuf au multiplicateur lorsqu’on veut un produit de J 8 chiffres pour les calculs plus étendus.
- L’arbre moteur de la manivelle porte sur son pourtour 9 disques destinés à faire apparaître, au moyen de leurs cames, dans les petites lucarnes pratiquées à cet effet, les chiffres de la partie droite du chariot. Chaque disque-came porte un levier.
- L’extrémité des 9 leviers apparaît à l’extérieur de la machine, dans les entailles bordées chacune de 9 chiffres. Ces leviers portent chacun 9 dents. Toutes les fois qu’une de ces dents est engrenée par un mouvement de la manivelle motrice, il sort du disque un cran qui agit sur les engrenages du chariot, communiquant eux-mêmes avec des roues chiffrées de 0 à 9. Entre chacun des engrenages du chariot se trouve une pièce retenue par eux et qui ne fonctionne que lorsque ceux-ci ont accompli un tour complet, c’est-à-dire après le 9 de la roue chiffrée." Cette pièce se presse alors contre un petit taquet fixé par un ressort aux disques, dans la partie supérieure de la machine. Au moment où cette pièce vient à presser la tige, cette dernière actionne la roue voisine de gauche qui, avançant d’un cran, fait paraître ainsi les dizaines, centaines, etc., dans les grandes lucarnes de droite.
- Pour effectuer une multiplication on écrit, au moyen de l’extrémité des leviers, le multiplicande sur les bordures des entailles, et Ton tourne autant de tours de manivelle qu’il y a d’unités dans le dernier chiffre du multiplicateur ; puis on pousse le
- ‘24e année. — 1er semestre.
- chariot d’un cran vers la droite et Ton imprime à la manivelle autant de tours qu’il y a d’unités contenues dans le chiffre exprimant les dizaines, etc. Le multiplicateur s’écrit automatiquement à gauche dans les petites lucarnes, tandis que le produit s’écrit à droite dans les grandes lucarnes du chariot.
- Le chariot porte à chacune de ses extrémités un écrou à oreilles qui fait l’office d’effaceur et ramène, au moyen d’un seul tour, tous les chiffres des lucarnes à zéro. Ces écrous sont fixés au moyen de goupilles sur un arbre portant les disques numéroteurs; ils agissent tant qu’il reste un seul chiffre autre que zéro dans les Incarnes. Enfin une sonnerie communiquant avec le dernier engrenage du chariot
- prévient mécaniquement l'opérateur que la machine est arrivée à la fin de sa course, et qu'à partir de ce moment les retenues ne se font plus.
- Pour les additions et les multiplications, la manivelle de l’arbre moteur se tourne de l’avant à l’arrière ; pour les soustractions et les divisions, l’impulsion est donnée en sens inverse, ainsi qu’il résulte des llèches indicatrices placées sur la plaque supérieure de la machine, entre la dernière rainure de manoeuvre des leviers et l’extrémité de l’arbre de couche.
- Les tours de manivelle donnés de l’arrière à l’avant, c’est-à-dire dans le sens soustractif, font apparaître dans les lucarnes de gauche des chiffres rouges, tandis que dans le sens additif les chiffres sont blancs. Ce système permet de multiplier par dix moins un, par exemple, au lieu de neuf, d’où il résulte une économie de temps.
- Le chariot glisse dans une entaille pratiquée sur le socle de la machine; ce socle porte 10 rainures dans chacune desquelles peut entrer la pointe de la poussette, attachée au chariot et servant à le déplacer, pour lui faire successivement actionner les disques des dizaines, centaines, etc. L’arbre moteur porte à son extrémité gauche un engrenage communiquant par un intermédiaire avec le numéroteur, qui
- Machine à calculer de M. Odhner.—N° 1. Vue de côté d’un disque actionnant la roue chiffrée.— N° 2. Le même disque, \u de face. — N° 3. Vue d’ensemble de l’appareil.
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- LA NATURE.
- indique, lui, par les petites lucarnes, le nombre d’impulsions données à la manivelle. Le numéroteur porte des roues chiffrées de 1 à 9, d’un côté en rouge, de l’autre en blanc, plus le zéro quiestblanc. Toutes les roues de l’appareil sont en acier.
- La machine à calculer dont nous parlons a été inventée en 1892, par M. Odhner, après quinze années de travail. Les dimensions de la machine sont : longueur 0m,50, largeur 0m,15, hauteur 0m,12. Elle fait tous les calculs : addition, soustraction, multiplication, division, racine carrée et cubique; calculs d’intérêts et de change. L’opérationsuivante :
- 545 444 455 x 257 514 == 140 550 488 852 962 a été exécutée en 55 secondes.
- 552 525 624 : 544555 = 610,6597 et reste 00000442605, opération faite en 40 secondes.
- Les racines carrées et cubiques sont exécutées dans le même temps qu’il faut employer [tour écrire les termes. Voici un exemple d’une racine carrée exécutée en 58 secondes.
- V/700652 = 857,reste851.
- Nous avons essayé cette machine, qui fonctionne avec beaucoup de précision et qui est facile à manœuvrer. Il y a un bien grand nombre de machines à calculer; celle que nous faisons connaître aujourd’hui nous paraît digne d’être placée parmi les appareils les plus pratiques. Gaston Tissandier.
- LE LAC D’ASPHALTE DE « LA BREA *
- A 72 kilomètres de Port d’Espagne et dans la partie sud-ouest de l’île de la Trinidad, se trouve le village de la Bréa, situé sur une langue de terre qui s’avance dans le golfe de Paria. Bien que construite sur le bord de la mer, cette bourgade, dont le nom en espagnol signifie poix ou asphalle, ne possède aucun port et présente simplement une petite rade inaccessible aux navires, à cause du peu de profondeur des eaux. Les bateaux qui, deux fois par semaine, desservent la Bréa, ne peuvent débarquer leurs voyageurs ou marchandises à quai ; de petits canots à rames les conduisent à terre.
- Sur près de 6 kilomètres de longueur, émergent de l’océan des récifs noirs qui ont l’aspect de rochers, mais ne sont, en réalité, que des amas d’asphalte s’avançant assez loin dans la mer. Une immense forêt vierge étend de tous côtés sa végétation luxuriante, sauf en un seul endroit occupé par les maisons des habitants de la Bréa. Aux alentours du village, la végétation atteint une telle densité qu’elle s’oppose à la venue de la brise; aussi, à certaines heures de la journée, la chaleur y est intolérable.
- Par lui-même, le village présente un aspect des plus singuliers; les blocs d’asphalte, dont le plus grand nombre atteignent un poids de plusieurs tonnes, se font jour de toutes parts. Le sous-sol se compose, en majeure partie, d’un gigantesque banc de la même matière. Les murailles des habitations, extrêmement légères du reste, semblent défier toutes les lois de l’équilibre. Bien peu sont perpendiculaires ; elles s’inclinent d’une façon inquiétante, tantôt à droite, tantôt à gauche, reprennent à certains moments une position verticale, puis, sous les pous-
- 1 Ces opérations nous ont été envoyées par le constructeur de la machine à eaieulor.
- sées du sous-sol, se penchent de nouveau d’un autre côté.
- En sortant du village, dans les directions nord, ouest et sud, le terrain s’élève graduellement en pente douce, atteint l’altitude de 145 mètres au-dessus du niveau de la mer, et conduit aux abords inférieurs du lac d’asphalte qui occupe, pour ainsi dire, le sommet d’une colline. De ce point, le sol continue à monter doucement, de telle sorte que, contrairement à ce qui existe dans les grandes étendues d’eau, la surface de ce lac a une position légèrement en pente, la partie la plus élevée se trouvant orientée vers l’est.
- La superficie approximative de cet étrange lac atteint un peu plus de 76 hectares; sa forme est circulaire, et tout fait supposer qu’il renferme plusieurs millions de tonnes d’asphalte. Son aspect est vraiment singulier : on dirait d’un vaste étang desséché que sillonnent en tous sens d'innombrables ruisselets. Çà et là, existent nombre de petits îlots recouverts d’une végétation rabougrie, servant de refuge à des milliers d’oiseaux à l’éclatant plumage et dont le gazouillement jette une note gaie au milieu de ce morne paysage.
- La surface du lac laisse voir, d’endroits en endroits, d’énormes boursouflures qui, de temps à autre, crèvent, livrant passage à des gaz répandant aux environs l’odeur caractéristique de l’hydrogène sulfuré., Les bulles de ce même gaz font bouillonner l’eau des ruisselets. Au centre du lac, s’aperçoit une grande tache de couleur plus sombre et où le dégagement du gaz est beaucoup plus actif que partout ailleurs : c’est la Source, l’endroit où l’asphalte semi-liquide affleure et se renouvelle sans cesse, venant des entrailles de la terre.
- On peut, sans courir de danger, circuler sur une partie du lac, à la condition toutefois de ne pas stationner trop longtemps à la même place. Mais, si l’on poussait la tentative jusqu’à s’approcher de la tache centrale, de ce point où, par suite de l’élévation de la température, l’eau des ruisseaux est constamment en ébullition, il n’en serait plus de même. L’audacieux qui oserait s’aventurer ainsi payerait cher sa témérité : s’enlisant de plus en plus, il ne tarderait pas à être englouti dans cet abîme sans fond.
- On a cherché par de nombreuses explications à déterminer les causes qui ont présidé à la formation de ce lac bizarre. L’explorateur Crosby estime que l’asphalte filtrant à travers les couches inférieures de grès ou de roches schisteuses, se renouvelle constamment. Ainsi qu’il a pu s’en rendre compte, la température de l’asphalte aux abords de la Source atteint, en temps ordinaire et durant la journée, 95° centigrades ; la nuit on ne constate plus que 51°, jamais moins.
- Les couches d’asphalte constamment renouvelées émergeant de la Source, soulèvent les anciennes par lits successifs tendant à s’étaler horizontalement. Ce travail se trouve grandement facilité par la consistance semi-fluide de la matière bitumineuse. Cela tient à la présence de certaines huiles ou essences minérales qui jouent le rôle de dissolvants. Au bout de quelques jours, par suite de l’action continue des rayons solaires, ces essences s’évaporent peu à peu; l’asphalte prend une dureté plus grande s’accentuant de plus en plus et susceptible de supporter un poids assez considérable.
- En 1851, a commencé l’exploitation de ce lac qui paraît inépuisable. En effet, depuis cette époque, le travail n’a pas chômé un seul instant. Quatre compagnies locales ont obtenu du gouvernement la concession moyennant une redevance s’élevant au cinquième de l’asphalte extrait, qui fait retour à la couronne. Ch. Marsillon.
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- LA NATURE.
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- LES TRAMWAYS À FORTES DÉCLIVITÉS
- Les tramways sont des petits chemins de fer astreints, comme condition essentielle, à ne gêner en rien la circulation des autres voitures ou des piétons, sur les voies qu’ils empruntent. Les difficultés qu’on éprouve à gravir de fortes déclivités sont donc plus considérables dans l’industrie des tramways que dans celle des chemins de fer, car on ne peut songer à adopter, dans les rues d’une ville, les procédés en usage sur les chemins de fer de montagne : crémaillère, rail central de Fcll, câble.
- Ün peut citer, cependant, deux exemples de tramways à crémaillère ; ce sont : le tramway qui est établi dans les rues de Neufchâtel, en Suisse, et celui qui circule dans les rues de Barmen, en Saxe.
- Celui-ci, dontla figure 1 représente l’aspect, est un tramway électrique qui offre plusieurs particularités intéressantes. La voie commence dans un bâtiment situé dans Cleferstrasse, au milieu de la ville; elle traverse le chemin de fer de Berg-Mark sur un pont en fer long de 20 mètres et large de 9. Après avoir croisé Kampstrasse, elle s’engage dans Luisenstrasse, qui est très abrupte, puisque la pente y atteint 185 millimètres par mètre; elle croise Gewerbes- I chustrasse, suit Luisenstrasse sur une longueur d’environ 400 mètres, et, après avoir traversé Lichtcnplatzerstrasse, elle pénètre dans les bois de Barmen. Elle aboutit sur les hauteurs des collines, non loin de la tour des Fous.
- Sa longueur totale atteint 1650 mètres. La station inférieure est à l’altitude 159m,66, à environ 5m,40 au-dessus de Cleferstrasse; la station terminus esta l’altitude 529,20. La différence de niveau est donc de 170 mètres, ce qui correspond à une déclivité moyenne de 10 pour 100 environ. Les rampes les plus raides sont dans Luisenstrasse; elles atteignent, comme nous l’avons dit, 18,5 pour 100.
- La ligne est, sur toute sa longueur, à double voie et à l'écartement de 1 mètre. Entre les rails de chaque voie, se trouve la crémaillère du système Iliggenbach. La figure 2 en représente la coupe; l’intervalle entre les dents est de 75 millimètres; la distance des montants latéraux en fer, de 90 millimètres; la crémaillère est fabriquée par bouts de 5 mètres. Gomme on le distingue clairement sur nos gravures, la crémaillère ne fait pas saillie sur la chaussée; elle n’en doit pas moins être une gêne considérable pour la circulation. La voie de roulement est établie, sur les routes, en rails Broca, et, partout où les autres voitures ne peuvent passer, en rails Yignole saillants. Les rails et la crémaillère reposent sur des traverses en fer distantes de 1 mètre les unes des autres.
- Les voitures contiennent 28 places assises et 6 ou 8 places de plate-forme; leur longueur est de 8 mètres et leur plus grande largeur de 2m,45. Le coffre est divisé en quatre compartiments ; les deux du milieu sont accessibles par les côtés et les deux
- autres par les plates-formes. Chaque voiture est à deux essieux ; sur chacun de ceux-ci est montée une roue dentée engrenant avec la crémaillère. Deux moteurs électriques de 60 chevaux chacun, à quatre pôles, indépendants l’un de l’autre, actionnent ces roues par l’intermédiaire d’un train d’engrenages qui réduit la vitesse angulaire aux limites voulues.
- Une des particularités les plus intéressantes de cette ligne, c’est que les moteurs sont disposés pour travailler comme générateurs, lors de la descente, et pour lancer leur courant sur la ligne. On peut, d’après les constructeurs, utiliser environ 65 pour 100 du travail mécanique engendré par la descente du wagon sous l’action de la pesanteur. La moitié environ de la puissance nécessaire à l'exploitation de la ligne est donc fournie par les wagons. La station centrale peut ainsi être équipée avec des moteurs et des générateurs plus faibles, ce qui procure une économie évidente.
- Cette disposition procure, en outre, un autre avantage considérable pour une ligne de montagne; les moteurs électriques ne peuvent tourner à une vitesse plus considérable que celle pour laquelle ils ont été calculés ; à la descente, ils absorbent le travail produit par la pesanteur comme le feraient des freins ordinaires, ce qui assure une grande sécurité pendant la descente. En outre, l’usure des freins et du bandage des roues est supprimée et l’on sait que cette usure ainsi que les réparations et l’entretien auxquels elle donne lieu sont une source de dépenses importantes dans les chemins de fer de montagne. Cependant, pour que la sécurité des voyageurs soit complète, les voitures sont munies de tous les freins ordinaires employés sur des lignes du même genre ; mais ceux-ci ne sont pas appliqués en temps ordinaire, le freinage électrique étant plus que suffisant.
- La canalisation électrique est à conducteur aérien ; la prise de courant se fait au moyen du trolley à archet de Siemens, commele représente la figure. La tension de distribution est de 500 volts. Cette installation est en service depuis plusieurs années et a, paraît-il, donné pleine satisfaction; mais l’emploi de la crémaillère empêche que l’usage de cette disposition se généralise.
- La traction par câble sans fin placée dans une conduite souterraine a été le plus souvent adoptée, jusqu’à présent, sur toutes les lignes de tramways qui présentent des déclivités importantes. La plus forte rampe qui ait été gravie par ce système est, croyons-nous, celle de Hyde Street, à San Francisco, qui atteint 21 pour 100. Toutefois, la traction funiculaire ne saurait convenir dans tous les cas. Par suite, en effet, du prix très élevé de l’établissement de la canalisation souterraine et de la puissance considérable absorbée par les frottements du câble en mouvement, ce mode de traction ne peut être économiquement adopté que sur les lignes à trafic très intense. Lorsque cette dernière condition n’est pas réalisée, la traction électrique est beaucoup plus économique.
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- LA NATURE.
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- Aux Etats-Unis, où le trolley a pris un développement prodigieux, on avait adopté un moyen terme. Les tramways électriques peuvent remonter sans aucun procédé spécial des rampes très importantes ; à Amsterdam (États-Unis), des rampes de 15,5
- pour 100 ont pu être abordées par des voitures à adhérence simple. Partout où la déclivité est plus importante, on installait une ligne funiculaire; le restant de la ligne était équipé par les procédés électriques ordinaires. Cette solution n'allait pas
- Fig. 1. — Tramway électrique à crémaillère établi à Barmeu (Saxe), sur une pente de 18,5 pour 100.
- sans des dépenses d’exploitation exagérées, comme on le conçoit aisément. C’est ainsi que, dans la ville, de Providence (llhode-lsland, U. S. A.), la ligne de College Hill était desservie par un traniAvay à câble, bien que toutes les autres lignes exploitées par la même compagnie fussent à trolley, et cela en raison des pentes qu’on y rencontrait et qui, sur une longueur d’environ î215 mètres, variaient entre 7,5 et 15 pour 100, comme le représente le profil de la voie, que nous publions en ligure 4. La traction funiculaire coûtait fort cher à la Compagnie, et la ligne de College llill était une source de pertes. La traction funiculaire y a été récemment remplacée par un système à contrepoids qui a donné toute satisfaction et sur lequel nous croyons intéressant d’insister, car il peut rendre, dans bien des cas, de réels services. Des installations à peu près semblables existent, depuis deux ans environ, sur les lignes de Washington Street, à Seattle, et de Front Street, à Portland, dans l’État d’Orégon. Elles ont toutes été installées sous la direction de l’inventeur, M. J. P. S. Kuhlmann.
- Le principe est d’employer un confrepoids roulant dans une conduite souterraine et relié à un câble sans fin passant, en haut et en bas de la voie, sur des poulies. Si le contrepoids est au sommet de la cote, une voiture montante saisira le câble au moyen d’un grip et sera assistée dans sa montée par la
- descente du poids. La voiture suivante, qui descend la côte, saisit le câble et remonte le poids, qui se trouve prêt à servir pour aider la voiture montante qui viendra ensuite. On voit que, dans ce système, les voitures doivent se succéder dans un ordre régulier, une voiture descendante devant succéder à une voiture montante et vice versa. L’effort nécessaire pour vaincre l’action delà pesanteur est contrebalancé par la pesanteur elle-même, c’est-à-dire dans des conditions aussi économiques que possible.
- A Providence, l’installation fut particulièrement difficile, le système funiculaire devant être maintenu en service jusqu’au moment où le système à contrepoids serait lui-même prêt à le remplacer. On commença par tendre le fil du trolley au-dessus d’une
- Fig. 2. — Coupc de la voie du tramway de Barmeu, montrant la crémaillère établie au niveau du sol.
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- L A N A T LT.
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- des voies de la ligne à câble, puis on creusa, de l’autre coté de la rue et parallèlement à la voie, un caniveau fermé, armé de bois, dont les dimensions intérieures sont de 58 X 06 centimètres (fig. 4). Le contrepoids est disposé dans ce caniveau (lig. 5),
- il est formé de deux blocs de fer, pesant ensemble 5,5 tonnes et montés sur des roues de 25 centimètres de diamètre, qui roulent sur des rails.
- Les voitures pèsent environ 6,5 tonnes à vide; les départs ont lieu, dans les deux directions, toutes les
- Fig. 3. — Tramway électrique équilibré, établi dans Fillmore Street, à San Francisco, sur une pente de 23,5 pour 100.
- cinq minutes; il passe donc une voiture, soit montante, soit descendante, toutes les deux minutes et demie. Les cars remontent facilement la rampe avec une vitesse , égale à celle qu’on atteint sur une rampe de 4 pour 100, le controleur étant placé sur la sixième combinaison, c'est-à-dire avec un seul des moteurs en service, le second moteur étant mis en court circuit; toutefois, lorsque le nombre de voyageurs est grand, la descente se fait seulement par l’action de la pesanteur, en appliquant les freins.
- À Seattle, les pentes, dans Washington Street, atteignent 1 1, 14 et 16 pour 100, chacune pour une longueur de 160 mètres environ. A Portland, les pentes sont de 12 et 14 pour 100 sur une longueur totale de 150 mètres environ. C’est surtout lorsque
- les pentes sont de faible longueur que ce système est avantageux, car, dans le cas contraire, les frottements et la mise en marche d’un câble de grande longueur
- exigeraient plus de force que n’en peuvent fournir la puissance des moteurs et l’action de la pesanteur.
- L’entretien de ces installations est à peu près nul et les avantages du système sont évidents : possibilité de remonter des rampes quelconques avec une faible consommation de puissance et en conservant <à l’ensemble de l’installation un caractère d’unité des plus favorables à une exploitation rationnelle et économique.
- Enfin, tout récemment, le 5 août 1895, on a inauguré, sur la ligne de Fillmore Street, a San Francisco, un tramway plus remarquable encore, car la pente y atteint 25,5 pour 100. C’est la plus impur-
- iixaxcoaxca:
- Fig. i et 5. — Tramway électrique à contrepoids de Providence établi sur une pente niaxima de 15 pour 100. — Profil longitudinal et coupe transversale.
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- TU
- LA N A TU UE.
- tante qui ait encore été abordée par un tramway. Le principe du système employé est analogue à celui que nous venons de décrire ; il en diffère en ce que le contrepoids est supprimé, la voiture descendante équilibrant directement le poids de la voiture montante. Nous représentons, dans la figure 5, l’aspect de cette ligne au moment de la construction. Notre gravure, reproduite d’après une photographie, montre très nettement la pente de la voie.
- La traction est faite par trolley, avec conducteur aérien. Ce système a souvent été décrit dans La Nature.
- Un câble sans fin est placé sous la voie; il passe, à chaque extrémité de la montée, sur des poulies ; il porte deux crampons qui y sont solidement fixés et dont l’extrémité fait légèrement saillie au-dessus de l’ouverture supérieure de la conduite; la position de ces crampons sur le câble est telle que, lorsque l’un d’eux est à l’extrémité inférieure sur une voie, l’autre est à l’extrémité supérieure, sur l’autre voie. Lorsqu’une voiture montante approche de la rampe, elle passe, au moyen d’un aiguillage, sur la voie où se trouve le crampon; elle se fixe à celui-ci au moyen d’une barre d’attelage et attend que la voiture descendante ait fait la môme opération à l’extrémité supérieure de la pente. Chacune des voitures est munie de deux moteurs de 25 chevaux chacun qui peuvent, pendant un certain temps, fournir un travail double. Dans les essais qui ont été faits, on a reconnu qu’une voiture fortement chargée pouvait être remontée par une voiture vide qui descendait, le contrôleur de celle-ci étant placé sur la seconde combinaison (les deux moteurs en série, une faible résistance extérieure étant introduite dans leur circuit) et les moteurs de la voiture montante étant au repos. C’est un résultat très remarquable qui prouve l'excellence de cette solution très simple d’un problème assez difficile. G. Pellissier.
- COMÈTE DE SWIFT1
- Cette comète, qui a été découverte le 20 août 1895, présente dans sa marche des particularités assez curieuses. Avec quatre bonnes observations, M. Schulhof a calculé les éléments de cette comète, et leur trouve une très grande analogie avec ceux qui ont été donnés pour la fameuse comète de Lexell qui, en 1767, passa si près de Jupiter que cette grosse planète changea la durée de sa révolution de cinquante ans en cinq ans, et en 1779, par l’effet du même Jupiter en sens contraire, passa de sa période de cinq ans à une de plus de vingt ans. Découverte par Messier en juin 1770, son orbite fut immédiatement calculée par Lexell, qui trouva une période de cinq ans et demi, et pendant toute la durée de sa visibilité, la comète suivit exactement l’orbite trouvée par le géomètre. Cette comète, bien visible, de plus de 2 degrés de largeur de noyau, quatre fois celle de la Lune, l’une de celles qui se sont le plus rapprochées de la Terre,
- 1 1895, t. II. — I jes lecteurs qui voudraient se reporter aux articles précédemment publiés sur les comètes, pourront consulter nos deux séries de Tables décennales.
- n’avait jamais été vue avant 1770 et n’est pas revenue depuis. On est pourtant à peu près certain qu’elle est revenue en 1776, mais qu’elle ne pouvait êlre sur l’horizon que pendant lo jour, et que ce n’est qu’après 1779 qu’elle a été perdue de nouveau. Sa plus petite distance à la Terre a été, en 1770, de 2 400 000 kilomètres, six fois environ celle de la Lune.
- Or, Leverrier a calculé les éléments de l’orbite qu’a dû suivre, après 1779, la comète de Lexell, et ceux que M. Schulhof déduit des quatre observations les plus précises que l’on a faites depuis le 20 août, des éléments qui ressemblent tous, à de petites différences près, à ceux que Leverrier a trouvés. Il arrive en outre, avec ses éléments, qu’au commencement d’avril 1886, la comète a dû se trouver assez près de Jupiter, ce qui est un point de ressemblance de plus avec la comète de 1770.
- Déjà l’an dernier, l’habile calculateur avait montré que la comète trouvée le 20 novembre 1894 n’était autre chose que la comète de Vico, perdue depuis 1844, mais calculée alors avec une telle exactitude que, après cinquante ans d’invisibilité, sa marche suffisait pour la reconnaitre. Si, comme il y a tout lieu de l’espérer, ce que les observations que l’on continue à en faire décideront sans doute, celle-ci n’est autre que la célèbre comète de 1770, ce sera un bien beau triomphe pour le calculateur infatigable qu’est M. Schulhof, dont le mérite n’a d’égal que sa modestie1,
- J. Yinot.
- LE CENTENAIRE DE L’INSTITUT2
- Voici donc l’Institut organisé sur de puissantes bases. Chaque année, scs trois classes doivent publier leurs travaux. Tous les ans, la Compagnie tout entière doit tenir quatre séances publiques, rendre compte au Corps législatif des progrès des sciences, publier les programmes des prix qu’elle propose et juger les concours auxquels ils donnent lieu ; elle doit encore annuellement nommer vingt citoyens chargés de voyager pendant trois ans aux frais de la République et de faire des observations relatives à l’agriculture, dans les départements et à l’étranger; elle a, en outre, mission de choisir six de ses membres qui devront voyager ensemble ou séparément, en vue de faire des recherches sur les diverses branches des connaissances humaines, autres que l’agriculture. Dorénavant, c’est l’Institut lui-même qui aura à pourvoir seul à la nomination de ses membres, seul aussi il réglera la marche de ses travaux. Les séances ordinaires de ses classes se tiendront au Louvre, dans les salles de l’ancienne Académie des sciences ; les séances publiques des trois classes réunies auront lieu au Louvre aussi, mais dans la salle des Cariatides.
- De ces séances publiques, la première qui ait été tenue est celle du 15 germinal an IV (4 avril 1796), à laquelle le Directoire assista et dans laquelle furent entendues différentes lectures ; après le président du Directoire Letourncur, Daunou y prononça, au nom de l’Institut, l’un de ses plus beaux discours; il y retraça avec autorité le but de l’établissement de la
- 1 Journal du Ciel.
- 2 Suite. — Yoy. n° 1177, du 21 décembre 1895, p. 39.
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- Compagnie et y exposa d’une manière magistrale les devoirs qui incombaient «à ses trois classes.
- Cette solennité, popularisée par la gravure, a laissé dans les recueils de l’époque, d’ineffaçables souvenirs.
- Un point important restait seul à déterminer : c’était celui relatif à l’indemnité pécuniaire qui devait être attribuée à chacun des membres. 11 y fut pourvu par la loi du 29 messidor an IV (17 juillet 1796); l’indemnité, qui ne pouvait être sujette à aucune réduction ni retenue, lut fixée à 1500 francs; c’est à ce chiffre qu’elle s’élève encore aujourd’hui. Sur cette somme un prélèvement de 300 francs était effectué, comme aujourd’hui encore, pour former les droits de présence à partager entre les membres assistant aux séances. En l’an IV, le nombre des membres titulaires de l’Institut étant de 144 , ce prélèvement fournissait une somme de 43 200 francs à répartir par année; aujourd’hui, les membres étant au nombre de 229, la somme à répartir est de 68700 francs. Chacun des académiciens touchait donc, en 1796, une somme fixe de 1200 francs à laquelle s’ajoutait sa part de droits de présence; c’est ainsi que cela se passe de nos jours.
- Pendant deux années, les réunions se poursuivirent au milieu du plus grand calme, jusqu’au moment où le Directoire, accomplissant le coup d’Etat de l’an V, frappait de proscription, par ses décrets des 19 et 22 fructidor (5 et 8 septembre 1797), cinq membres de l’Institut : Barthélemy, Pastoret, Sicard, de Fontanes et Carnot.
- Mises en demeure de pourvoir immédiatement au remplacement des fruotidorisés, les classes intéressées obéirent. La section des Arts mécaniques de la Première classe, à laquelle appartenait Carnot, procédait, suivant le règlement, à un scrutin préparatoire qui porta sur douze noms et fit ressortir comme premiers candidats les trois noms de Bonaparte, de J.-V.-M. de Lacroix Dillon et du marquis de Monta-lembert.
- Parmi les membres de l’Institut qui, tous, devaient prendre part à l’élection, y eut-il des hésitations? On l’ignore. Ce qu’on sait, c’est qu’un poète tenta de les prévenir ; l'Almanach des Muses de l’an VI en fait foi. A ce moment, la classe de Littérature et Beaux-Arts possédait dans sa section de Poésie : Marie-Joseph Chénier, Écouchard Lebrun, J. Delille, J.-F. Ducis, Collin d’Harleville et de Fontanes, ce dernier atteint lui-même par les décrets.
- Ecouchard Lebrun saisit la meilleure de ses plumes et lança le petit papier suivant, auquel, on en conviendra, il était difficile de résister :
- Sur la proposition de nommer Bonaparte à la place de Carnot, à l'Institut national, section de méchanique.
- Collègues amans de la gloire,
- Bonaparte en est le soutien;
- Pour votre méchanicicn Prenez celui de la victoire.
- Du coup, Bonaparte fut élu ; il obtint l’unanimité
- moins sept voix. Ceci se passait le 5 nivôse an VI (25 décembre 1797). Le lendemain même, Bonaparte remerciait par lettre et venait prendre place au sein de la Première classe.
- Sa nomination devait exercer une influence considérable sur les destinées de l’Institut; dès son entrée d'ailleurs, il y fut traité de manière particulière. Andrieux ayant à lui faire parvenir une épître dédicatoire accompagnant des morceaux de musique signés de Reicha, terminait sa lettre d’envoi de la manière suivante : « Je salue le héros que j’ai l'honneur d’avoir pour collègue. »
- Au retour d’Egypte, Bonaparte reprenait sa place au milieu de ses confrères, le 1er brumaire an VIII (23 octobre 1799), et l’Institut lui offrait, quatre jours plus tard, une médaille gravée par Duvivier et frappée en platine. La lettre officielle accompagnant cette médaille débutait de la manière suivante : « La médaille, citoyen confrère, que l’Institut national nous charge de vous faire passer, doit, par la nature du métal dont elle est formée, durer presque autant que votre gloire.... »
- L’Institut entrevoyait alors la possibilité d’apporter quelques modifications à son organisation et cherchait un protecteur qu’il espérait rencontrer en Bonaparte. Le 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799), le Directoire était renversé et Bonaparte se faisait proclamer Consul; le 1er germinal suivant (22 mars 1800), la Première classe de l’Institut lui décernait la présidence de ses assemblées. Là son passage fut marqué par la critique qu’il fit du mode d’élection en vigueur. Ces critiques devaient recevoir un plein effet trois années plus tard.
- Bonaparte s’était familiarisé sans peine avec son titre de membre de l’Institut, il le jugeait honorable entre tous et recherchait volontiers les occasions de prouver sa sympathie à ses confrères. Voulant qu’ils prissent plus officiellement place dans les grands corps de l’État, le 23 floréal an IX (13 mai 1801), par l’arrêté consulaire qui suit, il leur donnait un costume :
- Article I. Il y aura, pour les membres de l’Institut national, un grand et un petit costume. — Article II. Les costumes sont réglés ainsi qu’il suit : Grand costume. Habit, gilet ou veste, culotte ou pantalons noirs, brodés en plein d’une branche d’olivier, en soie, vert foncé; chapeau à la française. Petit costume. Mêmes forme et couleur, mais n’ayant de broderie qu’au collet et au parement de la manche, avec une baguette sur le bord de l’habit1.
- L’Institut, de son côté, profondément attaché à Bonaparte, se montrait respectueux autant que reconnaissant. Le 5 germinal an X (26 mars 1802), à l’occasion de la paix signée à Amiens, la Compagnie était reçue par le premier Consul et son président prononçait les paroles suivantes : « Dans ce jour mémorable, la gloire dont votre nom se couvre est d’un genre jusqu’à cette heure inconnu. Guerrier
- 1 Ce petit costume n’a jamais été mis en usage.
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- LA NATüni:.
- sans module, à force de modération, de sagesse, de les haines, tous les ressentiments, toutes les ambi-bienveillance générale et d’humanité, calmant toutes tions et faisant accepter à l’Europe une paix univer-
- >1. G as Ion Boissier, M. Henri Wallon,
- Secrétaire perpétuel de l’Académie française. Secrétaire perpétuel de l’Académie des inscriptions et belles-lettres.
- selle et durable, vous-même vous rendez inutiles et superflues cette valeur indomptable, ces qualités brillantes, ces vertus énergiques qui, à la guerre, vous avaient fait rapidement égaler les généraux vantés dans l’histoire....
- « Peut-être en ce discours une teinte d’éloge offense votre âme indulgente sur tout le reste, mais sur ce point seul trop sévère, car le ciel ne veut point qu’aucun homme, pas même vous, possède toutes les sortes de courage, et il vous a refusé celui de supporter la louange la plus légère et la mieux méritée.... »
- Le 26 prairial an X (15 juin 1802), Bonaparte répondait à ces marques d’attachement et d’admiration par la création du prix sur le galvanisme, affirmant une fois de plus l’intérêt qu’il portait au renom de
- Première cour de (D'après une photographie spôci
- l’Institut, sur lequel il avait d’ailleurs les yeux
- fixés d’une manière constante. Cet intérêt se manifestait d’une façon plus éclatante encore par la loi du 5 pluviôse an XI (5 janvier 1805), préparée par Chaptal et signée du premier Consul, au palais de Saint-Cloud. Cette loi réorganisait l’in-stituten quatre classes :
- La première, celle des Sciences physiques et mathématiques ;
- La seconde, celle de la Langue et de la Littérature françaises ;
- La troisième, celle à'Histoire et de Littérature anciennes',
- La quatrième celle des Beaux-Arts.
- C’était, sans qu’on s’en rendît compte encore, un acheminement vers le retour aux Académies. L’article 8 de la loi accentuait d’ailleurs cette tendance : « Les nominations aux places vacantes seront faites par chacune
- l’Institut de France, dément exécutée pour La Nature.)
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- des classes où ees places viendront à vaquer; les I La première classe (l'Académie des sciences) sujets élus seront confirmés par le premier Consul1. » ! était divisée en dis sections de six membres ; celles
- Salle des séances solennelles. (D’après une photographie spécialement exécutée pour La Nature.)
- de géométrie, mécanique, astronomie, physique générale, chimie, minéralogie, botanique, économie rurale et art vétérinaire, anatomie et zoologie, médecine et chirurgie, et une section nouvelle de trois membres : celle de géographie et navigation.
- Elle s’augmentait encore de deux Secrétaires perpétuels, hors sections, l’un pour les sciences mathématiques, l’autre pour les sciences physiques. Elle avait huit associés étrangers et cent correspondants.
- La deuxième classe (YAcadémie française) était
- 1 Cette disposition particulière est appliquée de nos jours à toutes les élections de membres et d’associés étrangers; ces élections sont confirmées par le Chef de l’Etat.
- Costume d’uu académicien en 1840.
- composée de 40 membres. Elle était chargée de la confection du dictionnaire de la langue française et devait examiner, sous le rapport de la langue, les ouvrages importants de littérature, d’histoire et de sciences. Elle avait un Secrétaire perpétuel pris dans son sein.
- La TROISIÈME classe ( Y Académie des inscriptions et belles-lettres) était composée de 40 membres avec un Secrétaire perpétuel pris dans son sein ; elle avait en outre 8 associés étrangers et 60 correspondants. Elle avait pour objet l’étude des langues savantes, des antiquités et des monuments, de l’histoire, de toutes les sciences morales et politiques en rapport avec l’histoire. Elle
- Costume d’un académicien en 1895.
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- devait aussi enrichir la littérature française des ouvrages grecs, latins et orientaux, et s’occuper de la continuation des recueils diplomatiques.
- La quatrième classe (les Académies de peinture, de sculpture et d'architecture) était composée de 28 membres divisés en sections : de peinture (10 membres), de sculpture (6 membres), d’architecture (6 membres), de gravure (3 membres), de composition musicale (3 membres). Elle avait un Secrétaire perpétuel ne faisant partie d’aucune section, 8 associés étrangers et 36 correspondants.
- Parce qui précède, on voit que l’Institut, par l’organisation de pluviôse an XI, était composé de la manière suivante :
- Membres. Associés étrangers. Correspondants.
- Première classe.. 65 8 100
- Deuxième classe. 40
- Troisième classe.. 40 8 60
- Quatrième classe. 20 8 36
- Ï74 24 Ï96
- En possession de cette loi qui lui donnait toutes les satisfactions désirables, l’Institut prépara immédiatement ses règlements intérieurs et les fit approuver par le premier Consul, le 19 floréal an XI (9 mai 1803).
- Un peu moins d’un an plus tard avait lieu l’attentat de la rue Saint-Nicaise, l’affaire de la « machine infernale ». Miraculeusement échappé au danger, Bonaparte recevait l’Institut le 30 pluviôse an XII (20 février 1804) et Regnaud de Saint-Jean-d’Angély prenait la parole au nom du corps tout entier :
- « Le gouvernement anglais, disait-il, pouvait, en frappant une seule tête, frapper la République entière. Veuve du héros qui l’a sauvée, la patrie voyait renaître tous ses malheurs. Nous perdions en vous, citoyen premier Consul, la garantie du repos de nos familles, de la paix de nos cités, de la gloire de nos armées, du salut de notre pays.... »
- Napoléon est proclamé Empereur; le 21 prairial an XII (10 juin 1804), l’Institut se rend à Saint-Cloud pour lui porter ses félicitations. Les circonstances s’opposent à ce qu’aucun discours soit prononcé. Quelques paroles seulement sont échangées entre l’Empereur et les membres de la députation.
- Au retour à Paris, l’Institut consigne dans ses procès-verbaux le discours préparé par son président : « L’Institut national vient mêler ses vœux et ses félicitations aux acclamations de tous les Français ; il vient déposer aux pieds de Votre Majesté impériale l’hommage de son inviolable dévouement et de sa respectueuse reconnaissance.... »
- La cérémonie du sacre a lieu le 11 frimaire an XIII (2 décembre 1804). L’Institut est reçu par l’Empereur le 20 frimaire. « Sire, dit le président, l’Institut national vient avec empressement féliciter Votre Majesté impériale et lui renouveler, dans cette auguste circonstance, les sentiments d’amour et de respect tju’il lui a voués à jamais....»
- L’Empereur répond : « J’agrée les sentiments que
- le président de l’Institut national me témoigne. Je me fais gloire d’être membre de ce corps célèbre. Toutes les fois que j’ai assisté à ses séances, j’ai eu occasion de me convaincre des talents et du bon esprit de ceux qui le composent.... »
- Peu de temps après, par un décret du 29 ventôse an XIII (20 mars 1805), l’Empereur, voulant apporter au palais du Louvre de sérieux changements intérieurs, donne à l’Institut, pour y tenir ses séances, le Palais des Quatre-Nations ; il le charge aussi de décerner les Prix décennaux qu’il vient de fonder et crée un Concours sur le croup.
- Un peu plus tard, l’Empereur demande à l’Institut de former un tableau général de l’état et des progrès des sciences, des lettres et des arts depuis 1789 jusqu’au 1er vendémiaire an X, et décide que ce tableau lui sera présenté tous les cinq ans.
- L’Institut se met à l’œuvre et présente son premier rapport, celui de Delambre et Cuvier, le 6 février 1808.
- Napoléon est à l’apogée de sa puissance, la paix signée à Vienne le 14 octobre 1809 lui permet d’organiser son empire, mais il n’a point d'héritier direct et songe à l’avenir. C’est alors qu’il rompt les liens qui l’unissent à Joséphine et épouse Marie-Louise, le 2 avril 1810. A cette occasion, l’Institut se réunit extraordinairement et, adoptant le projet préparé par Vaudoyer, décide qu’il fera illuminer le Palais des Quatre-Nations.
- Bientôt, hélas! va commencer la campagne de 1812, puis celle de 1813. A la suite de celle-ci, l’Empereur veut consacrer le souvenir de la victoire qu’il a remportée à Wurtschen sur les Prussiens et les Russes. A cet effet, les 22 mai et 10 juin 1813, il signe deux décrets affectant 25 millions à l’érection d’un monument qui sera élevé sur le mont Cenis, regardant Paris.
- Par un autre décret également daté du 10 juin, l’impératrice Marie-Louise charge l’Institut de France, celui du royaume d’Italie, les Académies de Rome, d’Amsterdam, de Turin et de Florence, d’établir un concours pour l’exécution du monument dont il s’agit. Les projets seront reçus à l’Institut de France et soumis à l’Empereur, de façon que les travaux puissent être commencés au printemps de 1814.
- Le vœu de Napoléon reçut un commencement d'exécution, mais 1813 s’achevait au milieu d’une conflagration générale et les événements se précipitant, le 5 avril 1814, le Sénat proclamait la déchéance de l’Empereur.
- Deux jours plus tard, la veille même du jour où Louis XVIII était proclamé roi, l’Institut se réunit en séance générale. L’un des secrétaires perpétuels — il vaut mieux peut-être que son nom n’ait pas été conservé — lit un discours qu’il termine, dit le procès-verbal, « en proposant de déclarer que l’Institut de France adhère à l’acte du Sénat qui prononce la déchéance de Napoléon Bonaparte et des membres de sa famille.... »
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- Adoptée par l’Assemblée académique, cette décision conduisit l’Institut à solliciter l’honneur d’être reçu par l’Empereur de Russie; le Moniteur du 12 avril 1814 a conservé le souvenir de cette réception, où le président prononça un discours :
- « Sire, dit-il, durant le cours des guerres où nous précipita l’ambition d’un homme, l'Institut de France fut toujours en paix, en relation d’amitié avec les savants, les gens de lettres, les artistes de l’Europe.... Avec la liberté, nous recouvrons le roi que nos vœux appelaient. Nous sommes toujours une nation fière et nous redevenons une nation aimante.... »
- En réponse à cette démarche toute spontanée, le 21 avril, l’empereur Alexandre et le roi de Prusse prenaient place au sein de l’Institut et y entendaient un nouveau discours du président.
- La veille de ce jour, Napoléon avait fait, à Fontainebleau, ses adieux à sa garde, et, le 4 mai, l’ile d’Elbe lui ayant été concédée en toute souveraineté, il en prenait possession. Son séjour y fut de courte durée; le 1er mars 1815, il débarquait au golfe Juan et parvenait à Paris le 20 du même mois.
- L’Institut oublia vite ses précédentes résolutions et ne voulut point qu’il en fût tenu compte. Le 28 mars, réuni en assemblée générale, il rédigeait une adresse à l’Empereur.
- « Sire, les sciences que vous cultiviez, les lettres que vous encouragiez, les arts que vous protégiez, ont été en deuil depuis votre départ. L’Institut, attaqué dans son heureuse organisation, voyait avec douleur la violation imminente du dépôt qui lui était confié, la dispersion prochaine d’une partie de ses membres. Nous appelions avec toute la France un libérateur, la Providence nous l’a envoyé.... »
- Napoléon entendit la lecture de cette adresse le 2 avril. Comment reçut-il ces nouvelles assurances de dévouement, nul ne le sait, mais le 10 du même mois, Carnot, alors ministre de l’Intérieur, Carnot fructidorisé, Carnot que Bonaparte avait remplacé naguère à l’Institut, faisait parvenir à la Compagnie la lettre suivante :
- « Monsieur le Président, l’Empereur a reconnu l'inconvénient qu’il y a de laisser vacante, dans la section de mécanique de la première classe de l’Institut, la place que Sa Majesté est obligée de laisser inactive de fait. Sa Majesté tient cependant à honneur d’avoir dû cette distinction scientifique, comme simple particulier, aux suffrages de ses anciens collègues; mais aujourd’hui, en sa qualité d’Empe-reur, le titre de Protecteur de l’Institut est celui qu’il convient de lui donner dans les listes qui seront imprimées, sans cependant oublier d’y rappeler qu’il a été élu le 5 nivôse, an VI.... »
- Napoléon conserva le titre de Protecteur de l’Institut jusqu’à la fin des Cent-Jours. A ce titre, il figure sur l’annuaire de la Compagnie de l’année 1815.
- Ernest Maindron.
- UNE VICTOIRE DES MOUSTIQUES
- Ou ne peut s’empêcher de se rappeler la table Le Lion et le Moucheron, quand on songe à la puissance des infiniment petits, ou même tout simplement quand on voit de simples moustiques, avec leur dard pourtant si faible, réussir à rendre complètement inhabitables certaines régions du globe. Un de nos confrères de la presse américaine en racontait récemment un exemple bien caractéristique.
- Il existe dans l’Amérique du Sud une certaine rivière Yolador qui descend des plateaux neigeux de la chaîne de montagnes appelée sierra de Santa Martha, et qui, en dépit de son modeste volume, pourrait avoir une grande importance, car elle roule dans ses sables une très forte quantité d’or. Le lit de la rivière, où abonde le métal précieux, est aisément accessible, et cependant l’on ne rencontre personne dans la région : c’est tout simplement que les moustiques s’v trouvent en nuées si serrées qu’ils découragent et rendent impossibles toutes les tentatives des laveurs d’or.
- 11 paraît que le géographe Elisée Reclus, qui a fait une exploration très complète de la sierra de Santa Martha, et qui parcourut le premier la plaine située sur le cours inférieur de la Yolador, avait songé à établir une colonie agricole dans ces terres fertiles ; mais il se heurta à cette vraie plaie, les moustiques, et il fut forcé de battre en retraite et d’abandonner son projet. 11 fit part de sa découverte au consul français de Rio-IIacha, il lui dit que le sable de la rivière était pour ainsi dire de l’or pur : à cette nouvelle notre agent fit des démarches et obtint la concession de la région.
- Il était prévenu des difficultés ou plutôt de la difficulté qu’il allait rencontrer. Il emporta avec lui une vaste tente en gaze sous laquelle il pouvait vivre au grand air, à l’abri des moustiques, tout en surveillant ses travailleurs; ceux-ci, en dépit delà chaleur étouffante, devaient porter des vêtements épais, de gros gants, d’énormes et lourdes bottes ; ils devaient avoir un voile autour de la figure. Pendant deux jours, pas davantage, l’essai fut continué : à la fin du deuxième jour, employés et chef de l’entreprise abandonnèrent la lutte.
- Notre concessionnaire voulait pourtant tirer parti de sa concession, et il réussit à trouver un Italien entreprenant qui n’hésita point à chercher fortune au milieu de ces sables aurifères : il avait beaucoup ri quand on lui avait affirmé que les moustiques réussiraient à le chasser d’un endroit où l’on pouvait pour ainsi dire ramasser l’or à pleines mains. Il partit, emmenant avec lui six compagnons qui partageaient sa confiance : ils n’avaient même rien emporté pour se défendre contre les piqûres. Au bout d’une demi-heure de séjour sur les bords de la rivière, ils avaient perdu toutes leurs illusions et ils s’enfuyaient le plus vite possible au milieu de véritables tortures. C’est à peine s’ils trouvèrent leur route, car leurs yeux étaient horriblement gonflés par les piqûres; ils étaient presque aveugles.
- Les seuls êtres vivants qui puissent impunément s’aventurer dans cette contrée sont les Indiens habitant les montagnes voisines : ils sont absolument insensibles aux moustiques, et cela tout simplement parce qu’ils sont couverts de lèpre qui forme comme une sorte de croûte protectrice. Mais il ne faut pas songer à employer ces sauvages au lavage de l’or, ils se refusent à tout travail et pour eux l’or n’a aucune valeur. D. B.
- A suivre. —
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- LA N AT U K K.
- UNE NOUVELLE LOI D’ACOUSTIQUE
- Il est connu depuis longtemps que les vibrations sonores se propagent avec des vitesses diverses selon les rapports existant entre l’élasticité et la densité des différents milieux qui leur servent de véhicule; dans le fer, cette vitesse est de 5127 mètres environ; dans le bois de sapin, 5522 ; dans l’air, à la température de zéro, 552,8. On sait également que dans un meme milieu, quel qu’il soit, tous les sons, graves ou aigus, conservent une marche uniforme ; mais ce qu’on n’a pas encore observé, à ma connaissance du moins, c’est que cette transmission a lieu avec des intensités relatives inégales, certains milieux conservant plus de force aux sons graves, tandis que d’autres propagent plus énergiquement les sons aigus. C’est ce (pic démontre l’expérience suivante.
- Dans un chalet à trois étages, construit principalement en bois de sapin, et que j’ai eu le plaisir d'habiter plusieurs années, j’ai observé ce phénomène, que n’expliquent pas les lois d’acoustique connues.
- Un piano étant placé au premier étage, au ras du mur, toutes les fenêtres de la maison étant fermées, mais toutes les portes intérieures ouvertes, l’observateur va se placer au troisième étage, exactement au-dessus du piano, pendant qu’un aide exécute sur cet instrument, dans un mouvement modéré, une gamme en dixièmes *, en ayant soin de frapper les deux notes bien simultanément.
- Pour parvenir à l’observateur, le son peut donc suivre deux trajets bien distincts : le premier, par le bois, d'une longueur de 7 mètres, est parcouru en 0",00210 (dans le bois de sapin, le son parcourt environ 5522 mètres par seconde; donc, il franchit
- 1 7
- 1 mètre en de seconde, et 7 mètres en
- 5522 5522
- 1 J’ai choisi la gamme en dixièmes, dans cette démonstration, et non celle en octaves, alin que les deux sons soient aisément distingués, môme par une oreille peu exercée. Le phénomène est ainsi plus apparent.
- c’est-à-dire : û//,00210); nous pouvons, sans inconvénient, le considérer comme instantané.
- Le trajet aérien, tant vertical qu’horizontal, par les couloirs et l’escalier, est de 50 mètres.
- En comptant que dans l’air le son franchit environ 540 mètres par seconde, à la température de 21°, il emploie à l’effectuer 0",088255. Le rapport
- , , 0,088255
- entre ces deux nombres est - = 42, ce qui
- signifie que, dans le cas présent, le son arrive à l’oreille de l’observateur environ quarante-deux fois plus vite par le mur que par l’air.
- Piano
- - Parcours aerien'\
- Observateur
- 3*1“ Étage.
- Il est donc tout naturel de penser qu’il percevra deux fois chaque note, une première fois transmise par le mur, une seconde fois par l’air, et que l’effet sera à peu près celui-ci :
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- LÀ NATURE.
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- mais ce qui était imprévu, c’est que les deux sons arrivent avec des intensités relatives différentes et inverses dans chacune de ces deux transmissions ; dans le rapide parcours par le mur, le son grave acquiert une prépondérance considérable, tandis que le trajet aérien favorise si bien la note aiguë, que voici l’effet nettement perçu par un observateur non prévenu :
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- et qu’il lui faut une attention soutenue et une oreille délicate pour s’apercevoir qu’en réalité on entend deux fois chaque son, la note grave absorbant entièrement l’attention lors de la première transmission, tandis qu’à la deuxième on ne distingue que le son le plus aigu, comme je le représente ici graphiquement au moyen de caractères de grosseurs différentes.
- Per l'air.
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- Par le bois.
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- etc...::
- Le même fait se produit de la même façon dans toute l’étendue de l’échelle musicale. Si, abandonnant la gamme en dixièmes, on fait entendre une série d’accords largement espacés :
- il semble que les deux mains sont jouées soigneusement l’une après l’autre, comme par une jeune pensionnaire anglaise.
- raison des différentes vitesses du son dans l’air et dans les corps solides, un manque apparent de simultanéité.
- Le phénomène est indubitable, et il me paraît difficile de lui trouver une explication plus simple que celle que j’en donne ici. Reste à voir quel parti on peut tirer de sa connaissance.
- Cela pourrait conduire à comprendre la cause réelle de curieuses répercussions du son, jusqu’ici restées mystérieuses, qui ne sont pas des échos dans le sens véritable du mot, telles que celle qui a été fréquemment observée à certaines places du Cirque d’Iliver, qui trouverait ainsi son explication par la transmission, avec des intensités variables, selon qu’ils sont graves ou aigus, des sons de l’orchestre parles parois ou tels autres corps solides (planchers, banquettes, boiseries quelconques), et par le milieu ambiant, l’air, que l’on considère en général, et à tort, comme leur seul et unique véhicule.
- 11 y aurait là une étude intéressante à faire pour les architectes constructeurs de salles de concert ou de théâtres.
- On pourrait peut-être aussi, en approfondissant la question, arriver à expliquer ainsi pourquoi certaines salles sont bonnes pour les voix et mauvaises pour les instruments, ou inversement, ou encore, meilleures pour certains instruments que pour certains autres.
- Toute voix ou tout instrument n’émet jamais qu’un son accompagné d’harmoniques quelconques, qui caractérisent son timbre, le son réellement pur n’existant que théoriquement. Or, ce qui se produit pour le son principal ne pouvant manquer de se produire à l’égard de ses harmoniques, il s’ensuit que lesdits harmoniques, selon qu’ils sont plus ou moins graves ou aigus, sont propagés, dans les conditions décrites ci-dessus, avec des degrés d’intensité différents, ce qui peut aller jusqu'à dénaturer le timbre propre de la voix ou de l’instrument.
- On peut répéter cette expérience dans un laboratoire, avec le dispositif suivant, ou tout autre analogue (voy. la figure ci-dessous).
- De cette expérience, que j’ai maintes fois répétée et fait contrôler par diverses personnes, notamment M. Bcrthelier, alors premier violon solo à l’Opéra, il me semble qu’on peut déduire cette loi :
- Lorsque, dans un milieu fermé, le son peut se propager à la fois par les parois solides et par l’air, les parois transmettent avec plus de force les sons graves, tandis que l'air agit de même à l'égard des sons aigus, ce qui peut produire, en
- mn
- Expérience d’acoustique. — S. Sonomètre dont les deux cordes, qu’un aide pincera bien simultanément, sont accordées à des hauteurs distinctes. — V. Verge de sapin longue de 7 mètres. — T. Tuyau acoustique de 50 mètres de développement, traversant, s’il se peut, l'un et l’autre, une cloison, avant de parvenir à l’oreille de l’observateur.
- Le phénomène se produira de la même manière.
- Albert Lavignac,
- Professeur d’Harmonie au Conservatoire de Paris.
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- LA NATURE.
- STATISTIQUE
- DES TREMBLEMENTS DE TERRE
- On vient de publiera Londres, sous forme de catalogue, une liste assez complète, croyons-nous, et sans contredit fort intéressante, de tous les tremblements de terre qui se sont produits en Chine, en Sibérie, dans l’Asie centrale, en Russie, et dont l’intensité a pu être plus ou moins scientifiquement déterminée, depuis l’an 59G avant Jésus-Christ jusqu’en 1887.
- Pendant ces vingt-cinq siècles ou à peu près, — en réalité 2485 années, — on n’a pas relevé, dans les différents pays que nous avons cités plus haut, moins de 2390 tremblements de terre bien distincts, soit environ un par an en moyenne. Les secousses de l’enveloppe de notre globe se sont produites dans 500 localités diverses.
- Yoici à présent la distribution géographique des tremblements de terre signalés.
- 710 ont eu lieu en Chine.
- 549 — dans la Sibérie orientale,
- 590 — dans le Caucase,
- 202 — dans l’Asie centrale,
- 121 — en Asie Mineure et en Perse,
- 188 — dans la Russie d’Europe,
- 50 — dans la Sibérie occidentale.
- Au point de vue de la superficie des pays considérés, c’est dans la région du Caucase que les tremblements de terre semblent être le plus fréquents. Puis viennent, par ordre décroissant, la Chine, la Sibérie, le Turkeslan, la Russie centrale et méridionale, et enfin les Provinces baltiques et la Finlande, où la moyenne des secousses ne dépasse pas 15 ou 18 par siècle. X. West.
- CHRONIQUE
- Volant en fer pour machines à vapeur. —
- On sait que les énormes volants employés jusqu’ici pour les machines à vapeur sont en fonte; mais il est arrivé souvent des ruptures qui ont causé les plus graves accidents. M. A. Bollinckx a construit dernièrement, pour une machine de 500 chevaux, un volant en fer, sur lequel la Revue industrielle donne quelques renseignements. Ce volant a 7m,5 de diamètre et pèse 8000 kilogrammes; le même volant en fonte aurait eu un diamètre de 5m,G et un poids de 10 000 kilogrammes. Cette diminution de poids permet d’économiser une puissance de 8 chevaux ; à la fin de l’année, après un certain nombre d’heures de fonctionnement, il en résultera une grande économie d’énergie et par suite de combustible. Ce volant est formé de deux centres en fonte, qui ont été enfoncés à la presse sur l’arbre de couche ; ils reçoivent à frottement 24 bras constitués par des poutrelles qui sont réunies au moyen de segments et forment comme autant de rayons ; sur ces derniers segments sont rivées de chaque côté des équerres tournées avant la pose de la jante. Celle-ci est formée de six parties en tôle. Les trous pour le passage des rivets ont été forés à l’aide d’une perceuse actionnée par un moteur électrique qui était branché sur la distribution d’énergie électrique servant déjà à des ponts roulants et à des machines-outils. Le volant en fer a une jante de lra,25 de largeur avec une épaisseur de 20 millimètres au milieu et de 8 millimètres sur les côtés. 11 sera pourvu de deux joues en bois pour éviter la perte de puissance qu’il engendrerait en agissant comme ventilateur. Cet essai de
- construction d'un volant en fer est des plus intéressants, et mérite de fixer désormais sérieusement l’attention des ingénieurs. J. L.
- Tentative de vol d’un tramway électrique. —
- Il est dit que rien, en Amérique, ne se fait comme ailleurs, et le fait que nous allons citer, invraisemblable au premier abord, devient admissible après explication. Le fait s’est passé à Cincinnati, si l’on en croit Electrical Review qui nous raconte ainsi l’aventure. Le motorman (cocher électricien) et le conducteur d’un tramway électrique, arrivés à l’extrémité de la ligne, avaient abandonné leur voiture et étaient entrés un instant dans la salle d’attente pour se chauffer et se reposer, lorsqu’ils entendirent un bruit qui leur fit lever la tète. Ils aperçurent alors leur voiture conduite par deux hommes et filant à toute vitesse. Au même instant arrivait une seconde voiture sur laquelle ils montèrent pour se mettre à la poursuite de la première qui filait à plus de 30 kilomètres par heure. La voiture poursuivie perdait du terrain et s'approchait de la ville lorsqu’elle ralentit son allure; les deux voleurs sautèrent à bas du tramway et se sauvèrent à toutes jambes. Les poursuivants atteignirent bientôt la voiture abandonnée et revinrent au point de départ continuer leur service. On pense que les voleurs avaient l’intention de faire une course sur la ligne dans la ville, d’empocher la recette et d’abandonner la voiture à la première alerte, ce qu’ils firent d’ailleurs avant d’avoir réalisé un seul versement. Si les cochers et les conducteurs américains avaient une livrée ou un costume, de pareilles tentatives seraient à peu près impossibles, mais le fait n’en est pas moins à signaler comme étude de mœurs d’un peuple chez lequel les attaques à main armée par des hommes masqués sont encore assez fréquentes. G. P.
- Ltilité des protecteurs sur les voitures de tramways. — Nous avons décrit ces appareils dans une Notice antérieure1 et nous émettions sur leur efficacité un jugement qui est complètement confirmé par ce qui suit : D’après un rapport fait à la Commission officielle des chemins de fer de l’État de Massachusetts, les résultats obtenus sur les lignes de la West End Company, à Boston, ont été les suivants : Pendant les trois dernières années, 547 personnes furent renversées par des voitures de tramways électriques qui sont toutes munies de protecteurs en vertu d’une loi spéciale qui rend l’usage de ces appareils obligatoire. Sur ce nombre, 301, ou 80,7 pour 100, ne reçurent aucune blessureou que des contusions insignifiantes ; 40, ou 14,5 pour 100, reçurent des blessures plus sérieuses; enfin G,ou 1,7 pour 100, furent tuées. On peut donc en conclure, sinon à l’efficacité absolue des protecteurs, du moins à leur utilité incontestable. Une autre constatation importante se dégage de ce rapport. Pendant la période où les chiffres ci-dessus ont été relevés, le trajet effectué par toutes les voitures en service a été de 84 784 500 kilomètres, soit 2120 fois le tour de la terre. En d’autres termes, il y a à Boston une personne renversée par une voiture de tramway électrique toutes les fois que le trajet parcouru par les voitures est égal à 0,11 fois le tour de la terre, et une personne tuée lorsque ce parcours est égal à 505 fois le tour de la terre! Ces chiffres sont rassurants. G. P.
- Le plus vieil herbier du monde. — Cet herbier se trouve au Musée d’Égyptologie du Caire. Il se compose d’un grand nombre de couronnes et de guirlandes
- 1 Voy. n° 1121, du 24 novembre 1894, p. 415.
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- LA NATURE.
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- de fleurs recueillies dans d’anciens tombeaux égyptiens et conservées en très bon état pour la plupart. Certaines fleurs, mieux protégées que d’autres et malgré leur extrême délicatesse, ont gardé leurs couleurs d’une manière étonnante. Des Pastèques, ou Melons d’eau, par exemple, ont montré, après immersion, qu’elles possédaient encore leur matière colorante verte. Cela paraîtra surprenant, si on se souvient que certains sarcophages datent de 2500 ans avant Jésus-Christ, comme ceux d’Ahmès Ior et de Ramsès II. Il est cependant assez difficile de préciser leur âge avec exactitude, car dans plusieurs cas les tombes ont été ouvertes, et il est presque impossible de savoir si les fleurs appartiennent à la première ou à la seconde période. Elles ne peuvent, dans tous les cas, avoir moins de 5000 ans, alors que le plus ancien herbier d’Europe n’en a guère que -400. Parmi les plantes de cette collection on trouve r les Lotus bleu et blanc, le Pavot rouge, le Pied-d’Alouette d’Orient, la Rose-Trémière, différentes espèces de Chrysanthèmes, des Grenades, des feuilles de Saule et de Céleri, plusieurs espèces de Graminées de l’époque gréco-romaine, etc.1.
- Le Mndar (Calotropis giganlea R. Br.) est un arbrisseau élégant, assez élevé et très robuste, que l’on rencontre partout à l’état sauvage sur la côte de Coromandel, au Malabar, aux Moluques, à Java, à Timor, au Sénégal, etc. Le liber de la tige donne une filasse excellente qui ressemble à celle du chanvre et que l’on utilise de la même manière; on en fait aussi d’excellentes lignes pour la pèche. Des échantillons de cette fibre ont été soumis à l’examen d’un chimiste français, directeur d’une fabrique de papier, qui a déclaré que cette substance pourrait valoir, comme matière première, jusqu’à 1000 francs la tonne, rendue dans un port de France; les frais de collection dans l’Inde, de nettoyage, d’emballage et de chargement, coûteraient au plus 25 francs la tonne. Le suc laiteux de la plante, concentré à l’air, constitue une substance semblable au caoutchouc ou plutôt à la gutta-percha, non seulement par son aspect, mais encore par la propriété qu’elle possède de devenir plastique, après avoir été malaxée dans l’eau chaude. A l’état liquide, ce suc est employé par les corroveurs indiens pour épiler les peaux avant le tannage; il est aussi usité, de temps immémorial, dans la médecine hindoue et cyngalaise. Les graines, renfermées dans des capsules offrant la grosseur d’un citron, sont entourées d’un duvet très fin, composé de filaments soyeux longs de 10 à 12 centimètres, auquel on attribue, dans l’Inde, la propriété d’arrêter les hémorragies et de modifier d’une façon très salutaire les plaies de mauvaise nature. L’écorce de la racine est altérante, tonique et diaphorétique ; son principe actif semblerait dû à une résine âcre et une substance amère que l’on rencontre dans sa composition. Elle est usitée dans les affections cutanées et particulièrement l’éléphantiasis. Enfin, on est parvenu depuis peu à extraire de la racine même une matière colorante d’une certaine valeur, susceptible de recevoir une application industrielle2. M. V.-D. B.
- Énergie et puissance d'une avalanche. — On
- a calculé que l’avalanche de la Gemmi, du U septembre 1895, représentait une énergie de 4 400 000 000 de tonnes-mètre. Mais, comme tous les grands nombres, celui-ci ne dit rien à l’esprit. Pour en donner une idée plus concrète, M. Preller a fait une estimation ingénieuse et frappante. Le phénomène, qui a duré environ une mi-
- 1 D’après la Revue horticole.
- 2 D’après la Revue des sciences naturelles.
- nufe, a développé pendant cette minute une puissance de 1 000 000 de chevaux-vapeur. L’énergie correspondante suffirait pour alimenter 90 000 lampes à incandescence de 16 bougies pendant une année, à raison de cinq heures par jour.
- Nouvelles comètes. — Le 16 novembre, une brillante comète, avec queue, a été découverte à l’observatoire Lick, par M. Perrine. Au moment de sa découverte (17h2“1 temps local), elle occupait la position suivante :
- Ascension droite = 13h 44m. Déclinaison N. = 1° 40'.
- Dès le 18, le nouvel astre était observé dans divers observatoires d’Europe. A l’observatoire d’Uccle, le 20, d’après les constatations faites par M. E. Stuyvaert, la comète se présentait comme une nébulosité condensée vers le centre, avec un faible noyau ; une petite queue en éventail s’étendait vers le nord-ouest. A 17h47m5, temps moyen d’Uccle, sa position apparente était :
- a = 15h 5201 44’6. o = 0°15'6.
- Le 21 novembre, aux États-Unis également, M. le professeur Brooks, de Gencva (New-York), a découvert une comète à 14 heures (temps local), par
- 9h51m48s d’ascension droite et 17° 40'de déclinaison S1. ——
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 50 décembre 1895.
- Nous remettons le compte rendu de cette séance à la semaine prochaine, en raison des congés du 1er jour de l’an, l’Imprimerie générale ayant été fermée pendant les trois premiers jours de la semaine.
- L’ÉLECTRICITÉ ATMOSPHÉRIQUE
- AU SOMMET DE LA TOUR EIFFEL
- Dans une séance de la Société française de physique, M. Chauveau a fait connaître les procédés d’observation employés par le Bureau central météorologique dans diverses recherches sur l’électricité atmosphérique au voisinage du sommet de la Tour Eiffel. Il a rappelé d’abord la disposition de l’enregistreur de M. Mascart, et a indiqué quelques modifications au point de vue pratique. Une forme nouvelle a été donnée au réservoir d’eau pour assurer un écoulement à peu près constant pendant vingt-quatre heures. La pile à eau ordinairement employée pour charger les secteurs de l’électromètre était variable avec le temps et se trouvait encore modifiée chaque fois que l’on renouvelait le liquide évaporé. On a remplacé la pile à eau par la pile au sulfate de magnésie, dont la force électromotrice est très constante. Des dispositions spéciales ont été prises pour éviter le déplacement continuel du zéro de l’électromètre. Au milieu du vase de verre contenant l’acide sulfurique et dans lequel plongeait le conducteur de charge, on a placé un vase plus petit, lesté avec du mercure et renfermant de la glycérine ; la tète de l’aiguille plongeait dans le liquide sans toucher au mercure. Un cavalier de platine établissait une communication entre l’acide sulfurique et la glycérine. L’enregistreur à horloge de M. Mascart a été remplacé par un cylindre de Richard monté horizontalement et sur
- 1 D’après Ciel et Terre.
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- LA NATURE.
- lequel le papier photographique était enroulé, la face sensible en dedans.
- M. Chauveau a décrit ensuite l’installation de ses appareils au-dessus de la plate-forme du troisième étage de la Tour. Le réservoir d’eau avait été placé à l’extrémité de l’un des quatre arceaux qui soutiennent la lanterne du phare et le tube d’écoulement s’allongeait jusqu’à lra,50 environ de la carcasse métallique de l’arceau. Dans ces conditions, et bien que le jet d’eau se produise à l’intérieur d’une surface fictive reliant les pointes des paratonnerres latéraux de la terrasse au paratonnerre central, l’intensité des phénomènes observés était environ vingt-cinq fois plus considérable qu’au voisinage du sol, et les potentiels à mesurer dépassent fréquemment 80C0 volts.
- Cependant, dans les conditions spéciales où l'on se trouve à cette altitude, dans un air net de toutes poussières, l’isolement des différentes parties de l’appareil peut être obtenu facilement et l’on a pu employer avec le même succès, tantôt des isoloirs à la paraffine, tantôt des isoloirs en verre desséché par l’acide sulfurique.
- La difficulté véritable réside dans la mesure de ces potentiels élevés.
- Il y a quelques années,
- M. llopkinson, puisMM.Ayr-ton, l'erry et Sumpner, ont signalé et étudié ce fait que la déviation de l’aiguille dans l’électromètre à quadrants, présente, pour des potentiels croissants, une valeur limite qui, si la sensibilité restait constante, correspondrait à 3000 volts ou 3500 volts. L’explication théorique de ce phénomène n’a pas été donnée jusqu’ici.
- Il est facile de voir qu’elle est une conséquence de l’existence du couple directeur électrique et d’un défaut de symétrie inévitable dans le système formé par l’aiguille et les secteurs.
- A défaut d’un instrument qui ne paraît pas encore avoir été réalisé sous une forme appropriée aux observations d’électricité atmosphérique, on a pu, par un artifice fort simple, utiliser l’électromètre à quadrants pour la mesure de très hauts potentiels, tout en restant dans les limites ordinaires de la sensibilité de cet appareil. Il suffit, pour cela, de placer, entre la source et l’électromètre, une cascade de petits condensateurs bien isolés. En faisant varier le nombre des éléments de la cascade, on peut donner à l’aiguille telle fraction que l’on veut du potentiel primitif. ^ _
- IA SCIENCE PRATIQUE
- VENTILATEUR AMORTISSEUR POUR CABINE TÉLÉPHONIQUE
- Les cabines téléphoniques sont disposées de façon à étouffer le sou et aussi les personnes qui y séjour-
- nent; on n’y a pas ménagé la moindre ventilation, pour que la conversation, qui doit se faire à voix assez haute, ne soit pas entendue au dehors. On sait combien à Paris les communications s’obtiennent parfois difficilement et c’est un véritable supplice lorsqu’il faut rester dix minutes dans une de ces boîtes capitonnées.
- Nous reconnaissons que la question est assez délicate, car d’un côté s’il faut, pour bien des raisons, assurer la ventilation de la cabine, il est indispensable aussi de garantir d’une façon absolue le secret de la conversation ; il se traite souvent là des affaires importantes de famille ou de commerce, auxquelles les intéressés seuls doivent prendre part.
- Aussi crovons-nous utile de signaler aux personnes que la question intéresse, une disposition simple et ingénieuse imaginée par M. II. Me-nier et appliquée depuis quelques mois dans ses bureaux.
- A la partie supérieure de la cabine (fïg. 1) est ménagée une large ouverture au-dessus de laquelle est placée une caisse ouverte aux deux bouts. Dans celle-ci sont disposés de distance en distance des cadres en bois de la dimension de la caisse, reposant sur des tasseaux et recouverts de drap. Au milieu de chacun d’eux est ménagée une large ouverture; d’autres cadres plus petits, également recouverts de drap et supportés par des cordons attachés aux parois de la caisse, viennent s’interposer entre les premiers. Cette disposition en chicane permet à l’air une large circulation et l’expérience a démontré qu’elle annule complètement les vibrations. Pour s’assurer de cette dernière condition M. H. Menier a fait installer un de ces appareils sur une ouverture pratiquée dans le mur séparant deux pièces et il a constaté que deux personnes placées à 1 mètre de distance de chaque côté ne pouvaient converser même à haute voix.
- Cette disposition résout donc d’une façon complète, et à peu de frais, le double problème de la ventilation du son ; il serait à désirer qu’elle soit bientôt appliquée à toutes les cabines téléphoniques publiques. G. M.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier
- Ventilateur amortisseur pour cabine téléphonique.
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fieurus, 9.
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- N° H 80. — 11 JAN VIER 1 890. LA NATURE.
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- PANORAMAS PHOTOGRAPHIQUES
- LE CYCLOItAMA ÉLECTRIQUE DE M. CHASE
- Fig. 1. — Vue d’ensemble du panorama photographique ou cyclurama de M. Chase.
- Malgré leur valeur artistique et le talent énorme dépensé pour leur édification, les plus beaux panoramas ont lassé le succès. Cédant aux goûts du jour, l’un s’est transformé en cirque, l’autre en piste de patinage, un troisième en piste vélocipé-dique, elc.
- L’invention que nous allons décrire aujourd’hui dans ses grandes lignes, semble appelée, si la réalité répond aux espérances de l’inventeur, à remettre les panoramas à la mode et à leur assurer dans l’avenir de nouveaux succès et une existence plus durable et moins éphémère.
- L’idée de M. Chase, un véritable Américain — de Chicago, — qui travaille depuis plusieurs années déjà 24° année. — 1er semestre.
- à perfectionner ses appareils, met à profit les progrès et les découvertes les plus récentes en matière
- de photographie panoramique, d’appareils de projection, d’éclairage électrique, de kiné-toscopes, de cinématographes et tous autres systèmes permettant de représenter fidèlement les phénomènes du mouvement et de la vie, aussi bien que les vues et les paysages inanimés.
- La possibilité de faire défiler devant le public un grand nombre de vues en un temps très restreint, et de les animer à volonté, donne aucyclorama une animation vraie et une variété remarquable qui font absolument défaut aux divers panoramas ordinaires.
- 6
- Fig. 2. — Appareil de projection complet.
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- LA NATURE.
- Disons, pour rendre hommage à la vérité, que l’invention des panoramas photographiques est essentiellement française : elle a été exposée dans une conférence magistrale faite par M. le colonel Moëssard, attaché à l’état-major de l’armée, le 43 mars 1892, au Conservatoire national des arts et métiers. Nos lecteurs que la question intéresse trouveront dans cette conférence la description de tous les appareils panoramiques, tant au point de vue de la production des épreuves qu’à celui des applications nombreuses que ces appareils peuvent recevoir : vues instantanées, vues multiples, vues verticales ou inclinées, vues topographiques et, enfin, projections panoramiques sur un écran demi-cylindrique. La
- Fig. 3. — Plate-forme de l’opérateur et des appareils de projection suspendus au milieu de la salle.
- péroraison de cette conférence est à citer tout entière :
- « Avec des objectifs à projection de 25 centimètres de foyer, on produit sur un écran de 7 mètres de rayon des images de 8m,50 de longueur sur 2m,10 de hauteur, représentant la moitié environ du panorama complet. Les rayons allant aux deux extrémités de la vue font entre eux un angle de 67° seulement, au lieu d’un angle de 470° que font leurs correspondants dans la nature. Ce dispositif ne réalise donc pas exactement la conception théorique de la projection panoramique, et s’impose par la nécessité de montrer la vue à un nombreux auditoire, qu’on ne peut supposer concentré tout entier au centre du cylindre.
- « Il est permis d’espérer qu’on fera mieux dans l’avenir et que le temps viendra où l’on pourra projeter des panoramas complets dans des salles spé-
- ciales, analogues à celles qu’emploient les panoramas historiques; et le problème sera tout à fait résolu quand, à la vérité du rendu que donne la photographie, on pourra joindre la magie des couleurs, c’est-à-dire quand la belle découverte de M. Lippmann aura produit tous ses fruits. »
- Ces paroles prophétiques sont aujourd’hui réalisées et même dépassées, sinon au point de vue de la couleur, du moins à celui du mouvement, car depuis 1892, les kinétoscopes, les cinématographes et les ehronophotographes sont passés dans la pratique, et permettent d'animer un panorama photographique circulaire complet, tel que le concevait M. le colonel Moëssard en 4892.
- M. Chase utilise un panorama ordinaire, mais dans lequel les spectateurs sont de plain-pied avec le plancher du cylindre creux de 50 mètres de diamètre et de 10 mètres de hauteur sur lequel sont projetées les photographies placées dans un appareil
- Fig. 4. — Principe du panorama photographique. — B. Appareil
- de projection. — E. Tige de suspension. — F. Haubans. — G, G.
- Paroi circulaire formant écran de projections.
- de projection suspendu au centre de la salle, comme un gros lustre.
- Nous donnons dans la figure 1 une vue d’ensemble du panorama tel que le conçoit l’inventeur, et tel qu’il l’a déjà réalisé sur une plus petite échelle, en 1894, avec des appareils d’expérience, au Chicago Lire Cyclorama de Chicago. La figure 2 montre l’aspect de l’appareil à projection complet. La figure 5 indique le mode de construction de la plate-forme suspendue sur laquelle sont placés l’opérateur, les appareils de projection, leurs chariots et les lampes électriques qui éclairent ces appareils. Le diagramme (fig. 4) donne une idée générale du principe du système.
- On comprendra que rien n’est plus facile que de transformer un panorama ordinaire en cyclorama électrique. Il suffit de peindre la toile de fond en blanc et de suspendre au milieu de la salle l’appareil de projection combiné par M. Chase.
- L’appareil, suspendu au milieu du panorama par un tube en acier et des haubans en fil d’acier (fig. 3 et 4), a 2m,50 de diamètre et 3 mètres de hauteur. L’opérateur est placé au milieu sur une plate-forme circulaire et entouré d’une table annulaire supportant huit chariots sur lesquels sont montés les projecteurs, les lanternes, les kiné-
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- LA NATURE.
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- toscopes, les cinématographes et tous les dispositifs nécessaires pour animer la scène et produire les transformations.
- Chaque projecteur est alimenté par une lampe électrique spéciale, et les fils conducteurs qui amènent le courant traversent le tube de suspension. La table annulaire porte les commutateurs et les rhéostats à l’aide desquels on règle la lumière d'après les effets à produire.
- Les projecteurs sont munis de diaphragmes iris qui permettent d’obtenir des effets d’évanouissement, de disparition graduelle, des effets de nuit, d’aurore ou de crépuscule. Les projecteurs, au nombre de huit, sont doubles, ce qui permet de préparer une vue et de la mettre au point pendant que les spectateurs en observent une autre, et la transformation d’un tableau en celui appelé à lui succéder ne s’opère que lorsque tout est bien réglé.
- Des réglages très précis des chariots supportant les projecteurs permettent d’ajuster parfaitement les vues et de les mettre au point pour obtenir la continuité nécessaire à l’illusion. Les huit vues photographiques positives qui produisent un panorama de 90 mètres de circonférence et de 10m,50 de hauteur ont ensemble 2m,10 de longueur et 20 centimètres de hauteur.
- Les rayons émanant de chacun des huit appareils de projection, sont tels qu’ils se recouvriraient les uns les autres et chevaucheraient déplorablcment si des encadrements fixées sur les lentilles et soi-gneusemeut réglés une fois pour toutes et pour chaque vue, ne supprimaient les parties des vues qui empiéteraient les unes sur les autres sans cette précaution.
- Lorsque le panorama immmobile est bien réglé, on peut en animer à volonté telle ou telle partie en y projetant, par des procédés déjà appliqués dans d’autres circonstances, des nuages mouvants, des effets de lune, des projecteurs, des navires, des batailles navales, etc.
- En combinant cet appareil avec le kinétoscope d’Edison ou le cinématographe de MM. Lumière, on pourra, comme nous l’indiquons au début de cet article, animer une rue en y projetant le passage d’une procession, d’un régiment, d’une manifestation politique, ou toute vue d’un événement d’actualité auquel le fond fixe du panorama servira de cadre.
- C’est en août 1894 que M. Chase a fait ses premières expériences dans le Chicago Fire Cyclorama. Une photographie panoramique de 10 centimètres de hauteur et de 80 centimètres de développement total a été projetée cycloramiquement sur un écran circulaire de 48 mètres de .circonférence et de 4m,50 de hauteur.
- D’après notre excellent confrère The Western Elec-trician, de Chicago, chez lequel nous avons puisé les éléments de cet article, cette expérience préliminaire, bien que rustique et faite dans des proportions insuffisantes, a beaucoup surpris et intéressé les privilégiés invités à assister à cette séance à sensa-
- tion, dont l’inventeur prépare une édition nouvelle.
- L’idée de M. Chase est des plus ingénieuses; nous souhaitons tout succès à ses nouveaux appareils établis dans des proportions plus en rapport avec les effets à produire. Avec les progrès rapides de l’électricité, de l’optique et de la photographie, nul doute que le cyclorama ne touche bientôt à la perfection, et ne soit appelé à figurer parmi les principales attractions de l’Exposition de 1900.
- X..., ingénieur.
- HORLOGES ET MONTRES SOLAIRES
- AU JAPON1
- Les horloges japonaises du dix-septième siècle, construites en fer, étaient de forme cubique comme les horloges européennes du seizième siècle. Elles n’en différaient que par la gravure de leurs faces et par les disques de leurs cadrans, qui étaient généralement en métal laqué de diverses couleurs, avec les heures dorées. Plus tard, on fit cette forme d’horloge, avec la caisse clôturant le mouvement, tout en cuivre et de moins grandes dimensions. Concu-remment aux gravures en plein, on en fit de repercées et de gravées à jour, d’une ornementation très délicate. Des colonnes tournées, gravées et même émaillées, en ornaient les angles; elles étaient quelquefois dans des pièces très riches, surmontées de perles de couleur en verre fondu (fig. 1). Vers le: dix-huitième siècle, on plaçait ces horloges dans des cages de diverses formes, comme cela se pratiquait surtout en Europe. Les plus belles furent celles surélevées, qui permettaient aux poids de descendre (fig. 2). Il y en avait en porcelaine, en bois et enfin en laque. Elles se composaient de quatre pieds surmontés d’une lanterne.
- La forme la plus commune est une espèce de pyramide tronquée pleine sur ses quatre faces, en bois naturel ou laqué, sur laquelle se posait l’horloge, ou, d’autres fois, dans un caisson à lanterne surmontant la pyramide, comme dans celle à quatre pieds. Une ouverture, à la hase de la pyramide, permettait de remonter les poids, lesquels étaient en cuivre ou en plomb, soit demi-sphériques, soit lenticulaires, soit cylindriques.
- Dans les pièces montées sur pieds dont les poids étaient visibles, on les dissimulait souvent dans des glands de même soie que la corde qui les soutenait.
- U y eut d’autres cages ou caisses dans lesquelles se plaçaient encore les horloges : elles rappelaient par leurs formes les horloges hollandaises du dix-septième siècle et se suspendaient au mur. Elles sont en bois, ayant, sur les côtés, de coquettes petites portes vitrées, le tout soutenu par deux consoles (fig. 3).
- Dans les deux genres de caisses que nous venons de signaler, des ouvertures sont ménagées à leur faîte, sur trois faces, afin que le son du timbre
- 1 Voy. n° 1163, du 14 septembre 1895, p. 247.
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- placé sur le haut de l’horloge se puisse bien entendre; elles sont, à l’intérieur, garnies d’étoffe,
- Fig. — Horloge japonaise à colonnes du dix-huitième siècle.
- sont de dispositions de caisse et de mouvement absolument japonaises. Elles se composent d’une tête vitrée et d’un corps pu caisson rectangulaire très allongé. Le tout est en bois. Le mouvement, placé dans la tète, est complètement à jour ; sa décoration consiste dans la gravure ou la ciselure de la platine ou barrette du devant et dans des colonnettes de métal placées aux angles. Certaines de ces barrettes en cuivre sont admirables de dessin ; il y en a de découpées à jour, comme de la dentelle, et gravées en taille-douce. D’autres sont ciselées avec le plus grand soin ; certaines même l’ont été par des maîtres qui n’ont pas craint de signer leur nom.
- Nous en possédons une portant le nom de Kou-niyouki (fig. 4, np 5).
- Les caisses verticales se ressemblent toutes beaucoup : à leur base est un petit tiroir pour rece-
- pour empêcher la poussière d’entrer. D’autres formes d’horloges, que nous appellerons verticales(fig. 4, n° 4 ),
- Fig. 2. — Horloges à caissons surélevés. N” i. Porcelaine. — N° 2. Laque.
- voir la clé ; ces pièces se suspendaient au mur (fig. 5). Les cartouches mobiles, au nombre de douze, sur lesquels sont gravées les heures et constituant le cadran, sont aussi à peu près tous de même forme. Le cadran se compose donc de ces douze cartouches posés sur la longue tablette de bois garnissant la face de l’horloge et servant de couvercle à une caisse renfermant le poids moteur sur lequel est fixé un style dont la forme varie à l’infini. Ce style, monté sur une tige fixée au poids, descend dans une ouverture ménagée près de l’une des parois de la caisse, au fur et à mesure de la marche du mouvement. Les douze cartouches de métal dont nous venons de parler sont montés de telle façon qu’on les peut régler à la main, conformément à l’heure qu'ils doivent indiquer. Les plus savants des cadrans verticaux sont
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- ceux à lignes gravées sur la tablette servant de cadran, laquelle, dans ce cas, est en cuivre.
- Sur cette plaque sont tracées douze lignes verticales, qui correspondent aux douze quinzaines d'une demi-année.
- Vingt-quatre autres lignes courbes, disposées horizontalement, indiquent, par leur section avec les lignes verticales, les heures et les demies d’une journée.
- Les lignes horizontales ont des courbes s’éloignant progressivement les unes des autres dans un sens et se rapprochant de l’autre, ce qui permet de mesurer la différence de longueur des jours et des nuits entre eux. Pendant six mois de l’année on lit l’heure dans un sens et pendant les six autres on la lit en sens inverse (fig. 4, n° 3). On obtient ainsi, comme dans les cadrans à cartouches mobiles, les heures longues et les heures courtes, selon la saison.
- La section des courbes avec les perpendiculaires marquant ces différentes heures est indiquée par une légère barrette rectiligne placée horizontalement sur la plaque gravée ;
- Fig. 5. — Montre solaire japonaise.
- compte que douze par jour au lieu de vingt-quatre. Les périodes des heures se trouvent suffisamment éloignées du lever au coucher du soleil pour que le
- elle est montée sur le poids moteur et fonctionne comme les index des précédents cadrans verticaux. Les horloges japonaises sonnaient l’heure et la
- demie; mais il y a ici une particularité curieuse que nous allons expliquer.
- Les primitives horloges ont eu la sonnerie européenne de un à douze, avec ou sans demies. Ensuite les Japonais ont divisé leurs son-neries de manière qu’elles correspondent avec leurs heures, c’est-à-dire en comptant de 9 à 4, sans les demies. Enfin ils ont fait la sonnerie avec les demies et voici quelle a été leur combinaison. La demie est sonnée alternativement par un coup ou par deux. Exemple : pour indiquer neuf heures et demie, la sonnerie frappe un coup; pour huit heures et demie, elle en frappera deux ; pour sept heures et demie, elle recommencera à frapper un coup, pour en frapper deux à la demie suivante. Ce système a un avantage qui s’explique. Les heures, au Japon, correspondent à deux heures des nôtres, puisqu’on n’en
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- Fig. 6. — Montre solaire japonaise du dix-huitième siècle.
- coup seul ou les deux coups d’une demie ne puissent pas être confondus; ils servent, au contraire, à préciser la demie de l’heure à laquelle elle correspond.
- rig. 4. — Horloges verticales japonaises des dix-huitieme et dix-neuvième siècles.
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- Dans certaines horloges de forme verticale, les Japonais ont eu l’ingénieuse idée de prendre pour moteur du mouvement un rouage de sonnerie actionné par un ressort. Cette sonnerie comporte une détente qui rencontre, à chaque heure et demi-heure, les tiges prolongées des douze cartouches sur lesquels sont gravées les heures et douze autres cartouches faisant ornement, qui sont intercalés entre les précédents et indiquent les demies. La détente soulevée par ces tiges fait fonctionner la sonnerie comme il convient. Tous les jours on remonte le poids sonnerie jusqu’en haut du caisson qui le renferme, et là le carré du remontoir du ressort de cette sonnerie se présente devant un trou percé dans la planchette servant de cadran, et, avec la même clé qui a servi à remonter la corde du mouvement, on remonte le ressort de la sonnerie (fig. 4, nos 1 et 2).
- Nous allons indiquer, d’après Kaempfer, comment, au Japon, l’heure était annoncée au public, pendant la nuit.
- Les gens du guet le faisaient, dans certaines villes, en frappant deux rouleaux de bois l’un contre l’autre.
- Dans d’autres, on se servait de différents instruments. Ainsi, l’on faisait connaître la première heure après le coucher du soleil en battant un tambour. La seconde, en battant un gum-gum (c’est un instrument en forme de grand bassin plat qui, étant frappé, fait un bruit fort et perçant). La troisième, ou minuit, en sonnant une cloche ou plutôt en la battant avec un bâton de bois. Puis ils recommençaient pour les suivantes. Le sonneur ou réveilleur, dont l'emploi est de mesurer le temps, était le dernier des officiers publics.
- Souvent la cloche qui sonnait les heures du jour était celle d’un temple. C’était surtout le lever et le coucher du soleil qu’on annonçait avec le plus de soin.
- Concurremment aux horloges mécaniques, les Japonais se servaient de cadrans solaires portatifs ; certains ont une forme sphérique aplatie (fig. 5) et s’ouvrent comme une boîte à charnières. Au centre de l’une des demi-sphères de ces boîtes est fixé un petit gnomon dont l’ombre atteint la surface plane de la périphérie, et celle-ci est divisée, selon le système japonais, en douze heures. L’autre moitié de la petite boule contient dans sa cavité cylindrique une aiguille aimantée, oscillant librement dans le plan horizontal. Au-dessous de l’aiguille se trouvent quatre caractères distants les uns des autres de 90° et désignant les quatre points cardinaux. La surface plane circulaire de cette demi-sphère est également divisée en douze parties correspondant à celles du côté opposé et marquées des mêmes nombres, mais dans l’ordre inverse. Pour faire usage du cadran solaire, il suffit de l’orienter par le moyen de l’aiguille aimantée, et alors la direction de l’ombre du petit style permet d’estimer l’heure plus ou moins approximativement (fig. 5).
- D’autres cadrans solaires se composent de deux cuvettes renfermant : l’une la boussole et l’autre le
- style. Ces deux parties se replient l’une sur l’autre et sont renfermées entre deux platines (fig. 6). Cette disposition est essentiellement japonaise ; l’autre forme a été faite souvent en Hollande, pour le Japon.
- Les Japonais avaient comme proverbe : « Le style et le disque, malgré leur grande utilité, ne sont pas aussi précieux qu’un pouce d’ombre. »
- Les cadrans solaires sphériques dont nous venons de parler, ainsi que les horloges que nous avons décrites, sont faits par les horlogers qui, en japonais, se nomment To-Kci. L’horloger s’appelleTo-Kei-Ski, et la maison de l’horloger To-Kei-Yo.
- Planchon.
- COLLECTION DE DESSINS
- PROVENANT DE L’EXPEDITION DE D’ENTRECASTEAÜX
- Trois années s’étaient écoulées, depuis que La Pérouse avait, pour la dernière fois, donné de ses nouvelles en quittant Botany-Bay, le 10 mars 1788.
- La Boussole et l'Astrolabe faisaient route alors vers la Nouvelle-Calédonie avec des équipages décimés par les accidents de mer et les rencontres avec les sauvages qui avaient attristé le séjour des deux navires au Port-des-Français et aux îles des Navigateurs. Tout portait à redouter que quelque nouveau désastre eût mis fin à l’expédition au milieu des îles mélanésiennes souvent dangereuses d’accès et habitées par des populations inhospitalières. Aussi la Société d’histoire naturelle de Paris crut-elle devoir, au commencement de 1791, solliciter en faveur des marins ainsi disparus la bienveillante intervention de l’Assemblée nationale. En réponse à la requête des naturalistes parisiens, l’Assemblée décrétait le 9 février suivant, que le roi serait « prié de donner des ordres à tous les ambassadeurs, résidens, consuls, agens de la nation auprès des différentes puissances, pour qu’ils aient à engager, au nom de l’humanité, des arts et des sciences, les divers souverains auprès des quels ils résident, à charger tous les navigateurs et agens quelconques qui sont dans leur dépendance, en quelque lieu qu’ils soient, mais notamment dans la partie australe de la mer du Sud, de faire toutes recherches des deux frégates françaises la Boussole et V Astrolabe)).... L’Assemblée décrétait, en outre, que le roi serait « prié de faire armer un ou plusieurs bâtimens » sur lesquels seraient embarqués « des savants, des naturalistes, des dessinateurs » et de « donner aux commandants de l’expédition la double mission de rechercher M. de La Pérouse, d’après les documens, instructions et ordres qui leur seraient donnés, et de faire en meme temps des recherches relatives aux sciences et au commerce, en prenant toutes les mesures pour rendre cette expédition utile et avantageuse à la navigation, à la géographie, au commerce, aux arts et aux sciences ».
- Deux frégates furent armées à Brest, la Recherche, commandée par Bruny d’Entrecasteaux, chef de division des armées navales, et l’Espérance, par Huon de Kermadec, major de vaisseau. Une douzaine d’officiers, d’Auribeau, de Trobriand, de Rossel, etc., ayant rang de lieutenants, étaient mis sous les ordres de ces deux officiers supérieurs, et, conformément au vœu exprimé par l’Assemblée, un ingénieur hydrographe, le célèbre Beautemps-Beaupré, un ingénieur géographe, Jouvency, deux astronomes, l’abbé Bertrand et le bénédictin Dom Pierson,
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- cinq naturalistes, La Billardière, Ventenat, Deschamps, Riche et Blavier, enfin le jardinier botaniste La Haye, composèrent à bord des deux frégates une sorte d’état-major scientifique. Deux dessinateurs étaient adjoints aux savants. L’un, appelé Ely, placé sur Y Espérance, se fit débarquer au Cap, avec Bertrand et Blavier. L’autre, nommé Piron, monté sur la Recherche, a fait le voyage jusqu’à Java; c’est à lui que sont dus la plupart des dessins rapportés par l’expédition et publiés,soit dans Y Album de La Billardière en l’an VIII de la République, soit un peu plus tard, en 1807, dans la planche X de Y Atlas hydrographique de Beautemps-Bcaupré. Je voudrais rappeler la courte carrière artistique de ce dessinateur qui n’était pas sans mérite, à l’occasion d’une série de dessins et de croquis, portant sa signature, que j’ai récemment obtenus par voie d’échange d’un excellent ami de Florence, le professeur E.-1I. Giglioli, et dont j’ai dressé le catalogue détaillé, que l’on trouvera dans le prochain Bulletin de la Société de géographie.
- Piron, l’auteur de ces œuvres, avait reçu l’enseignement technique que l’on donnait alors. 11 dessinait fort convenablement un paysage, et, à l’imitation de Lantara, dont souvent il s’est inspiré, il s’attachait à rendre, avec une pittoresque exactitude, les jeux de la lumière et les formes des nuages, le port des arbres et les divers aspects des roches. D’Entrecasteaux a rendu plusieurs fois justice à son goût et à sa précision.
- Ses figures d’animaux étaient suffisantes, mais il réussissait mal à rendre la physionomie humaine. Dans ses dessins originaux, plus encore que dans les gravures que Copia en a tirées, les grandes figures en pied sont de proportions incorrectes et de formes exagérées. Les raccourcis y sont presque toujours défectueux, le tronc est souvent trop court, la boîte crânienne trop petite dans toutes ses dimensions (il est de ses personnages qui ont jusqu’à neuf tètes de hauteur), les cuisses sont trop longues et mal attachées et tout l’ensemble des masses musculaires offre des contours tourmentés, parfois invraisemblables.
- Les portraits en buste sont meilleurs, et il en est, comme celui de Finau, le chef de Tonga-Tabou, qui ont paru d’une grande vérité.
- Piron s’est prodigué pendant toute', a campagne. Dès le débarquement à Ténériftè, il fait partie du groupe qui tente, inutilement d’ailleurs, l’ascension du fameux Pic, et toujours, depuis lors, il recherche les occasions de se rendre utile, en dessinant figures et paysages. Il accompagnait Labillardière et La Haye dans la reconnaissance où les Français se trouvèrent pour la première fois en contact avec les Tasmaniens, et le récit de l’entrevue nous le montre se laissant noircir par un sauvage avec de la poussière de charbon. A la Nouvelle-Calédonie, à la Vendola dans le groupe de l’Amirauté, à Amboine, aux îles des Amis, partout, il dessine de son mieux des portraits de naturels, et lorsque, arrivé à Sourabaya, le 27 octobre 1795, il voit commencer la série de ses infortunes, il est en possession d’un gros portefeuille de documents intéressants et variés.
- On sait comment un lieutenant, deux enseignes de vaisseau, les trois naturalistes et le peintre du voyage, qui ne partageaient pas les opinions royalistes de d’Auri-beau, devenu chef de l’expédition à la mort de d’Entre-casteaux, furent livrés aux Hollandais comme prisonniers de guerre et conduits de Sourabaya à Samarang.
- Piron et Labillardière, transférés au fort d’Anké, au milieu des marécages à quelques kilomètres à l’ouest de
- Batavia, contractèrent dans ce milieu malsain une dyssen-terie des plus violentes. Et lorsqu’il fut enfin possible aux pauvres prisonniers de gagner l’Ile de France (9 germinal an III), Labillardière seul profita de la permission. Trop malade pour pouvoir supporter une traversée de six semaines, Piron resta à Batavia, où il est mort peu de temps après. Au moment de se séparer de son compagnon d’infortune, le malheureux artiste l’avait prié « d’accepter un double des dessins de costume et de paysage qu’il avait faits dans le cours de la campagne )).
- Ce sont ces planches qui ont servi au graveur Copia à exécuter la plupart des figures de l’atlas qui accompagne les deux volumes de Labillardière C
- Le consciencieux artiste avait probablement refait tout à loisir les feuilles ainsi sauvées pendant le séjour prolongé des frégates françaises dans les eaux de Sourabaya.
- Celles, au nombre de vingt-sept, que j’ai procurées au Muséum faisaient probablement partie des minutes con-seivées par Piron et avaient appartenu à Webb avant d’entrer dans la bibliothèque de M. E. II. Giglioli. Conservées désormais à notre laboratoire d’anthropologie, elles rappelleront aux personnes qui fréquentent cet établissement le souvenir d’un voyage qui ne fut pas sans utilité pour la science et pour la patrie, malgré sa triste fin.
- Le malheureux Piron, oublié de presque tous, de Labillardière en particulier, a toutefois reçu un juste hommage des hydrographes du voyage, qui avaient utilisé ses crayons. Une île de la Louisiade, sur la bande nord de cet archipel, porte encore aujourd’hui le nom de Ile Piron. E.-T. Hamy,
- De l'Institut.
- TREMBLEMENT DE TERRE EN NORMANDIE
- DU 6 DÉCEMBRE 1895
- Nous reproduisons quelques renseignements qui ont été envoyés au journal de M. E. Vimont, les Sciences populaires, sur le tremblement de terre qui a eu son action en Normandie dans plusieurs localités. «Un tremblement de terre s’est manifesté à Dragueville (Manche), dit M. Paul Rouland, le vendredi 6 décembre 1895, dix-huit minutes après le coucher du soleil. Le ciel avait été, pendant toute la journée, excessivement brumeux, et un épais brouillard, humide et glacé, imprégnait l’horizon d’une couche énorme de vapeurs condensées, ce qui rapprochait très sensiblement le cercle de visibilité ; la pluie fine et froide, soulevée en tourbillons par un fort vent d’ouest, a duré très pénétrante pendant toute la matinée, et n’a cessé que vers midi. Pendant toute la soirée, de gros cumulus n’ont pas discontinué de sillonner le ciel, poussés par des vents nord-ouest et nord-nord-ouest qui ont pris naissance vers 2 heures du soir. A 4h15 (heure locale) le soleil touchait l’horizon en montrant son disque pâle à travers les nuages, alors condensés sur lui. Plus au nord une rougeur effrayante avait envahi tout le ciel, qui semblait, à cet instant-là, s’illuminer des lueurs pourpres d’un lointain incendie. A 4h30 un grand roulement, pareil à celui d’une charrette lancée au galop et venant très distinctement du nord-ouest, a mis nombre de personnes dans l’anxiété. Je n’ai pas ressenti d’autre secousse ni entendu d’autre bruit. Le ciel rouge du couchant s’est peu à peu assombri, et à 6 heures du
- 1 L’atlas se compose, comme l’on sait, de 44 planches, dont 27 reproduisent des dessins de Piron.
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- LA NATURE.
- soir, une forte ondée de grêle s’est abattue sur les campagnes, alors plongées dans une profonde obscurité. » Voici d’autres observations faites dans plusieurs localités. « Nous avons ressenti, le 6 décembre 1895, dit l’Observateur, vers 4h 15 du soir, un tremblement de terre. Partout autour de nous, notamment à Granville, à Saint-Malo, à Saint-Servan, à Saint-Pierre-de-Plerguen, à Dol, les mêmes fortes secousses ont été ressenties. Ailleurs, en Bretagne, la secousse paraît avoir été encore plus forte et a causé quelques dégâO. »
- M. lloullin, gardien-cbef au Mont-Saint-Michel, a écrit à ce sujet les lignes suivantes : « Je tiens à vous faire connaitre que, le 0 décembre courant, vers 4h 50 du soir, il s’est produit, au Mont-Saint-Michel, un tremblement de terre. On a entendu un bruit sourd, semblable au roulement du tonnerre, suivi de deux oscillations bien marquées, qui ont duré environ deux secondes et demie. Dans notre cuisine, située dans la pièce supérieure du Donjon (Châtelet), on aurait cru être balancé par le roulis d’un navire : buffet, assiettes, casse-
- Fig. 1. — La Pierre calée (Peyro clabado). (D’après une photographie.)
- PLATEAU DU SIDOBRE
- (TARN )
- On a déjà donné ici plusieurs descriptions des grands spectacles naturels de la France dont la connaissance n’était pas très répandue; nous citerons notamment les gorges du Tarn et le bois de Païolive.
- C’est encore dans le Tarn qu’existent les groupes de rochers singuliers que nous allons faire connaître.
- A 15 kilomètres de Castres, dans le Tarn, on arrive, après 7 kilomètres d’une côte assez rapide, au village de Lacrouzette, coquettement adossé sur les flancs du plateau du Sidobre. Ce plateau, d’une altitude moyenne de 600 mètres, est presque entièrement recouvert de rochers granitiques, sortes de géants aux formes les plus bizarres et produisant un effet des plus saisissants. Les carriers assez nombreux qui habitent ce village exploitent ces rochers et ont malheureusement fait disparaître les plus curieux. Un rocher remarquable par ses dimensions et la posi-
- roles, tout dansait. C’était une trépidation épouvantable. » On a écrit de Cuguen (Ille-et-Vilaine) : « Vendredi, G décembre 1895, vers 4h 50 du soir, un tremblement de terre s’est fait ressentir dans notre commune et dans celles environnantes. Les trépidations, qui ont duré à peu près vingt secondes, étaient suffisamment fortes pour qu’une personne se trouvant sur la route pût sentir la terre osciller sous ses pieds. Dans les maisons habitées, la vaisselle s’entre-choquait comme si une main invisible l’eùt agitée, et les vitres vibraient à se briser. Vers minuit, une secousse analogue, mais moins forte, se fit aussi sentir. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que cela arrive, et il n’y a pas plus de deux à trois ans, une secousse semblable se produisit. Les mouvements lents de l’écorce terrestre qui se font sentir sur les côtes du Cotentin et de la Bretagne depuis le moyen âge, époque à laquelle le Mont-Saint-Michel, Jersey et Àurigny touchaient à la terre ferme, ne se transformeraient-ils pas en tremblements de terre sérieux? »
- Fig. 2. — Pierre dite les Trois Fromages. (D’après une photographie.)
- tion d’équilibre qu’il occupe, Peyro clabado (fig.l), aurait eu le même sort, si l’autorité locale n’était pas intervenue. La hauteur de Peyro clabado (Pierre calée), ainsi appelée parce qu’elle est maintenue sur le rocher qui lui sert de support par un autre petit rocher qui a la forme d’un coin), n’a pas moins de 6m,50, sa longueur 10 mètres et sa largeur moyenne 4m,5 (son volume approche donc de 500 mètres cubes). L’état d’équilibre de ce rocher est un objet d’étonnement pour le touriste. A Sidobre ils sont nombreux aussi, les rochers auxquels leur masse imposante, leur situation ou leur forme ont fait donner un nom distinctif. C’est ainsi qu’on peut voir lou Capel dal ritoa (le Chapeau de curé), immense tricorne reposant comme Peyro clabado sur un rocher plus petit. Lous très Prou-maxës (les trois Fromages), trois rochers superposés (fig. 2), lou roc de l'Aouco (le rocher de l’Oie), etc.
- Quelquefois aussi, ces rochers forment un magni-
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- Fig. 3. — Un groupe de rochers sur le plateau de Sidobre. (D’après une photographie.)
- fique ensemble (fig. 3) ; d’autres ne reposant que sur quelques points, sont si bien équilibrés qu’il suffit de la plus petite poussée pour les faire osciller ( rochers tremblants ).
- Sur cinq rochers tremblants qu’on nous fit voir, le plus petit n’avait pas moins de 15 mètres cubes. Lorsque ces rocs, arrondis pour la plupart, manquent de point d’appui, ils roulent dans les bas-fonds et y forment des amoncellements (compi erres). Entre ces rochers placés au hasard, l’espace est parfois assez grand pour former de petites grottes tantôt à sec, tantôt servant de lit aux ruisseaux qui descendent du plateau .
- Ces derniers, quelquefois mis a découvert, forment des cascades successives, qui sont très belles à la saison des
- Fig. 4. — Un habitant du plateau de Sidobre, à Lacrouzette (Tarn). (D’après une photographie.)
- pluies, c’est-à-dire quand les ruisseaux se sont transformés en torrents. Le saut de la Ferrière est une
- partie de la plus belle de ces cascades. La provenance de ces roches est assez controversée. A-t-on devant
- soi des blocs erratiques? C’est probable. Ou bien le plateau était-il primitivement recouvert d’une roche granitique continue? C’est l'avis de quelques autres. Des failles se seraient d’abord produites, qui seraient devenues crevasses, détachant ainsi des blocs. Ces derniers, par les intempéries, se seraient arrondis et auraient formé des noyaux (rochers actuels).
- Mon incompétence en la matière ne me permet pas de porter un jugement. La seule chose que je puisse ajouter en terminant, c’est qu’il y a là quelque chose de fort beau à voir, même pour celui qui vient de visiter les gorges du Tarn et
- les labyrinthes de Montpellier-le-Vieux. Les habitants de Sidobre offrent aussi un grand intérêt
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- de curiosité et un aspect rustique tout particulier; notre photographie (fig. 4) en donnera une juste idée par le portrait d’un bûcheron.
- Henri Gau.
- Préparateur de physique au Lycée d'Aix, en Provence.
- L’EMPLOI DU TERRE
- EN ÉLECTRICITÉ
- Sous ce titre, M. E. Sartiaux, chef des services électriques à la Compagnie des chemins de fer du Nord, a fait à la Société des ingénieurs civils une conférence des plus intéressantes qui a été reproduite dans le Bulletin du mois de novembre 1895. M. E. Sartiaux a d’abord très ustement insisté sur tous les usages et les services que les isolants rendent aux électriciens. Les isolants connus jusqu’ici, le caoutchouc, l’ébonite, la fibre vulcanisée, le mica, le bois durci, l’ivorine, la stabilité, la marbrite, la porcelaine, le marbre, l’ardoise, etc..., présentent tous des inconvénients plus ou moins grands; leur prix est quelquefois élevé, leur travail difficile. Les produits sont d’autres fois mélangés de substances nuisibles. Le verre au contraire est une substance inaltérable, d’une grande résistance au point de vue électrique, et peut présenter, pour certaines qualités, une grande résistance mécanique à l’écrasement. Pour toutes ces raisons, le verre devrait être très employé dans les appareils électriques si les verriers avaient bien voulu répondre aux demandes des électriciens. Les applications sont en effet des plus multiples; M. E. Sartiaux en énumère quelques-unes. Le verre constitue les plateaux des machines électrostatiques de nos laboratoires, les bouteilles de Levde, les vases de batterie, les baguettes, les tabourets, etc., ainsi qu’une série d’autres appareils analogues. Toutes les pièces de support des électromètres Mascart sont formées par des colonnes de verre. Les miroirs des galvanomètres sont découpés dans des ballons de verre de 1 mètre de diamètre. Les vases pour piles sont fabriqués en verre. Les verriers fabriquent aussi des globes de tous genres, teintés en blanc, pour lampes à arc, des tulipes, des réflecteurs de toutes formes et de toutes colorations pour lampes à incandescence. Les lentilles à échelons pour phares, pour projecteurs sont en verre, ainsi que les miroirs des projecteurs. Il nous faudrait encore citer les isoloirs en cristal, les lames en verre pour condensateurs, les ampoules en verre pour lampes à incandescence, des blocs en verre brut semblables à ceux dont on s’est servi à Londres pour isoler le rail central qui amène le courant aux locomotives du chemin de fer de la City and South London railway.
- M. E. Sartiaux a parlé longuement de la fabrication des vases en verre pour renfermer les accumulateurs. Il a mentionné d’abord les premiers essais qu’il avait faits avec M. Sarcia. Une carcasse métallique était formée par des fers cornières dans lesquels étaient logées des glaces polies pour deux des côtés et des glaces brutes pour les deux autres. Les glaces étaient soudées à la carcasse métallique par un mastic à chaud, inattaquable aux acides. Le prix de revient de ces vases était très élevé. Divers vases fabriqués par le soufflage à l’air comprimé ou à la canne présentaient dans le verre des épaisseurs très inégales, surtout dans les angles et dans les fonds. Des vases ont pu être enfin fabriqués dernièrement à l’usine de la Compagnie des glaces de Saint-Gobain par le procédé de moulage du verre dû à M. Appert. On a égale-
- ment fabriqué en verre moulé des isolateurs en forme de cuvette pour reposer les accumulateurs, des dalles à rainures, des crémaillères, ainsi que des tasseaux triangulaires, des tubes, des baguettes et des lames. Le verre est encore employé pour la confection des rhéostats électriques, ainsi que des interrupteurs de haute tension.
- Cette communication aura le grand intérêt d’attirer à la fois l’attention des verriers et des électriciens sur un sujet de haute actualité et dont l’importance industrielle ne saurait échapper à personne. J. L.
- EXPÉDITION POLAIRE DE M. ANDRÉE
- LA CONSTRUCTION DU BALLON
- De retour à Stockholm, au mois de juillet 1895, M. Andrée a provoqué des propositions de la part des constructeurs de ballons, tant d’Allemagne que de France. Le chef de l’expédition du Pôle Nord n’a reçu de nos voisins de l’Est que des étoffes recouvertes d’un vernis au caoutchouc, ne donnant qu’une imperméabilité insuffisante. Au contraire, les échantillons français ont été trouvés irréprochables comme couture et comme vernissage. Avec des aérostats ainsi construits, la conservation du gaz qu’ils renferment est, pour ainsi dire, indéfinie. Le coefficient de diffusion des échantillons français le Pôle-Nord pourrait flotter pendant trois années consécutives, s’il ne subissait d’autres pertes de gaz que celles de la sortie du gaz.
- A Paris, la difficulté n’a point été de trouver un constructeur capable, mais de choisir entre MM. Besançon, Lachambre et Mallet, les trois constructeurs qui ont répondu à l’appel de M. Andrée.
- Le pongée de Chine a été reconnue supérieure à la soie française, à cause non pas tant de sa solidité que de son élasticité, élément non moins indispensable. Cette étoffe est supérieure à toutes les soies et réellement remarquable.
- M. Lachambre étant parvenu à se procurer en quantité suffisante une pongée offrant une résistance de 1600 kilogrammes, tant sur la chaîne que sur la trame, par mètre linéaire, a obtenu la commande définitive pour le prix de 50 500 francs, y compris le filet et la nacelle.
- M. Andrée a prié les concurrents de M. Lachambre de recevoir une indemnité en considération des sacrifices qu’ils ont faits, du zèle qu’ils ont montré et des succès qu’ils ont obtenu.
- M. Mallet avait présenté des échantillons de pongée d’une résistance dépassant 1 600 kilogrammes, mais il n’y avait pas dans le commerce le nombre de pièces nécessaires pour constituer une enveloppe sphérique ayant 1320 mètres carrés.
- A la dernière heure, M. Besançon a mis sous les yeux du délégué de M. Andrée une étoffe tissée en France avec de la soie pongée venant de Chine, mais cette étoffe, n’ayant pu subir les épreuves réglementaires avec les instruments imaginés par M. Andrée, n’a pu être admise au concours.
- Nous sommes persuadé que la maison Lachambre saura se tirer avec honneur de la mission difficile dont elle a été chargée. Elle peut compter sur le concours des experts en navigation aérienne à qui M. Andrée ferait l’honneur de demander le concours de leur expérience. Nous citerons un fait qui prouvera l’intérêt qu’excite l’entreprise de M. Andrée et le soin que l’ingénieur suédois met à l’exécution de toutes les parties de son programme.
- Lorsque M. Andrée est venu à Paris, au mois de juin, le New-York Herald lui a offert une somme de 100 000 fr.,
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- à condition qu’il réserverait dans sa nacelle un siège pour un de ses rédacteurs; mais M. Andrée n’a pu accepter, parce qu’il aurait fallu augmenter le volume de l’aérostat qu’il vient de réduire au minimum afin de le rendre plus maniable.
- Le ballon sera doublé dans la partie inférieure et triplé dans la partie supérieure. Ces diverses étoffes seront collées et cylindrées de manière à constituer un tissu unique sur lequel on appliquera successivement plusieurs couches d’un excellent vernis préparé dans l’usine de M. Arnoul, à Saint-Ouen-1’Aumône.
- La construction aura lieu par panneaux et non par fuseaux. Les coutures seront triples et recouvertes de bandes d’étoffe collées en dedans et en dehors. Le filet sera fabriqué en chanvre d’Italie paraffiné avec soin et les cordes passées les unes dans les autres afin d’éviter la nécessité des nœuds.
- Le ballon n’a pas de soupape de vidange à la partie supérieure. A la place qu’elle occupe ordinairement se trouve uu cercle en bois doublé d’étoffe et servant à l’attache du filet, à l’aide d’un gros cordage qui l’entoure. Le filet est recouvert d’une chemise en étoffe vernissée pour empêcher l’accumulation de la neige.
- Pour remplacer la soupape de vidange, le ballon sera pourvu d’une corde de déchirure, dont les aéronautes se serviront pour organiser leur descente, lorsqu’ils jugeront qu’il est temps de terminer leur voyage. Il y aura dans la partie équatoriale deux petites soupapes de manœuvre de 23 centimètres. Le poids total de l’enveloppe ne doit pas dépasser 100Ü kilogrammes, et celui du filet 600. Le poids total du matériel montant, est estimé actuellement à 2000 kilogrammes, de sorte qu’il restera 2400 kilogrammes de force accumulable disponible pour les voyageurs, leurs vivres et leurs instruments.
- Nous n’entrerons pas dans le détail des agrès, qui seront modifiés à la suite des expériences faites tant à Stockholm qu’à Paris, où les membres de l’expédition polaire feront des ascensions au printemps avant de parlir pour le Spitzberg. W. de F.
- LA HAUTEUR DU Y0L DES OISEAUX
- Le soir du 7 octobre 1895, M. Robert II. West observant, à Beyrouth, le passage de la lune devant le groupe des Pléiades, remarqua des vols d’oiseaux traversant le disque lunaire; de 7h30 à 9h50, a-t-il écrit au journal anglais Nature, ces passages se présentèrent avec plus ou moins de régularité, tantôt par un seul oiseau à la fois, tantôt par groupes de deux, de trois et même de quatre. Il en compta de 50 à 60 ; mais en tenant compte du temps où il quittait la lunette, il estime que pendant ces deux heures, il a dù en passer de 200 à 250. Tous, sauf un, se dirigeaient au sud. Leurs silhouettes étaient très nettes dans la lunette, un réfracteur de 12 pouces avec un pouvoir grossissant de 90. Tous volaient en battant des ailes, aucun ne planait. La lune était très basse, sa hauteur pendant tout le temps de l’observation ayant été entre 5 et 15°. Ces oiseaux mettaient de 4 à 8 secondes à traverser le disque ; la différence de leurs dimensions était très marquée et les plus gros mettaient toujours le moins de temps dans ce parcours. En admettant pour le vol une vitesse moyenne de 32 kilomètres à l’heure, la distance devait être d’environ 8000 mètres pour ceux qui traversaient le disque en 8 secondes, et de 4000 pour ceux qui le traversaient en 4 secondes. En tenant compte de la hauteur de la lune, ces chiffres correspondent pour ces
- groupes à des altitudes comprises entre 800 et 1500 mètres. Considérant les dimensions des oiseaux dans la lunette, M. West estime que ces chiffres ne sont pas trop faibles. D’après la position de l’Observatoire, le 'vol avait lieu, soit au-dessus de la mer elle-même, soit au-dessus de la ligne du rivage. M. West rappelle que dans le Dictionnaire des oiseaux de Newton, les estimations données pour la hauteur du vol des groupes d’oiseaux voyageant, sont plus élevées que celles qu’il donne lui même1.
- LE CINÉMATOGRAPHE A PARIS
- Depuis la nouvelle année, le cinématographe de MM. Lumière, de Lyon, ce merveilleux appareil de projections photographiques animées dont La Nature a publié une description complète et intéressante2, est visible à Paris, à la Salle des Conférences, au boulevard des Capucines.
- Les vues que nous décrivions alors défdent sous les yeux des spectateurs enthousiasmés qui ne marchandent pas leurs applaudissements à l’invention de MM. Lumière et à l’habile artiste qui la met en œuvre, M. Clément Maurice, dont les magnifiques agrandissements photographiques garnissent la salle d’exposition. Vienne la belle saison, et les attractions parisiennes se montreront chaque jour plus nombreuses et plus variées au cinématographe. Grâce à cet appareil, tout le monde pourra voir revivre la sortie de l'église du mariage mondain de M. X... avec M"“ Y..., la fin de la course du Grand Prix, le défilé des cuirassiers de la revue du 14 juillet et les innombrables scènes vécues chaque jour dans notre Paris si pittoresque. C’est là le côté amusant du cinématographe. Mais que d’applications utiles à l’enseignement des arts et des sciences, à l’enregistrement et à la conservation des grandes scènes théâtrales, etc., n’aurons-nous pas à enregistrer lorsque l’appareil, d’un prix modique en somme, se sera généralisé, démocratisé, et sera entre toutes les mains comme le sont aujourd’hui la jumelle photographique et le vérascope! Quelle joie éprouveront nos neveux à faire revivre leurs ascendants grâce à des épreuves cinématographiques soigneusement conservées !
- Que nous voilà loin des épreuves de Daguerre obtenues après quinze minutes de pose en plein soleil, et quelle joie éprouverait le véritable inventeur du panorama et de la photographie s’il pouvait voir, ne fùt-ce qu’un instant, les progrès réalisés depuis un demi-siècle dans la voie nouvelle dont il fut le pionnier incontesté! E. II.
- LA GROTTE DU MAS-D’AZIL
- Les amateurs de pittoresque vont quelquefois chercher bien loin les sites agrestes et mystérieux dont ils ont cependant de beaux représentants sous la main. Ainsi les amateurs de grottes, les spéléologues, ne manquent pas de nombreux sujets d’étude en France même, comme l’ont démontré les belles découvertes de M. Martel. Une des grottes les plus émotionnantes de France est certainement celle du Mas-d’Azil, à laquelle M. Ernest Bousquet3 a consacré récemment une intéressante description que
- 1 D’après le Cosmos.
- 2 Voy. n° 1161, du 51 août 1895, p. 215.
- 3 E. Bousquet. Le Mas-d’Azil et sa grotte. Foix. Imprimerie Barfhe.
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- nous allons résumer en l’accompagnant d’une photographie.
- Le Mas-d’Àzil est un chef-lieu de canton de l’arrondissement de Pamiers. A 500 mètres environ, au sud de la ville, la route qui va du Mas-d’Azil à Saint-Girons, ensuivant la petite rivière de l’Arize, se perd dans l’entrée de la grotte, trou noir creusé dans le flanc abrupt d’une montagne haute de 140 mètres. La grotte a 410 mètres de longueur, elle ne donne passage qu’à la rivière et à la route. Du côté de Saint-Girons, l’ouverture apparaît sous une arche de 80 mètres de hauteur surmontée de plusde 100 mètres de roches. La hauteur du lit de la rivière à la voûte est de 80 mètres au sud et de 15 mètres au nord. On y distingue deux grottes successives. Celle du nord ressemble à de profonds couloirs de cloître avec, au milieu, un énorme pilier naturel de 7 à 8 mètres de diamètre. Cette partie se termine par un grand portail qui donne accès dans la deuxième grotte. C’est une vaste nef ressemblant à celle des grandes cathédrales, dont elle a la majesté.
- A 15 mètres au-dessus de la rivière, une galerie très étroite, taillée dans le roc, contourne cette enceinte. Sur cette galerie, presque à l’entrée, on voit une sorte de statue de moine placée dans une niche : c’est une fausse stalagmite que l’on désigne dans le pays sous le nom de le Moine ou de la-Statue.
- Sur la rive droite de la rivière s’ouvrent de petites grottes supérieures très humides et peuplées de chauves-souris. Dans une des dernières, on remarque un trou au fond duquel sont les restes d’un ours fossile. « En revenant un peu sur ses pas, décrit M. E. Bousquet, on trouve une des choses les plus curieuses à voir dans ces grottes, ce, qu’on appelle
- le Pont du diable. Comme point de vue, c’est un des plus beaux et des plus grandioses que l’on puisse imaginer. Jamais féerique décor du théâtre du Châtelet ou de la Porte-Saint-Martin n’a pu vous donner une idée, même approximative, delà perspective qui se déroule, à travers un jour tamisé, à vos yeux émerveillés. En face de vous, un pont qui relie deux masses de roches, un pont étroit et à dos d’âne, où on ne peut parvenir qu’avec beaucoup d’adresse et de sang-froid, et sur lequel passent cependant en badinant les gamins et les jeunes gens du pays. Sous le pont noir, un grand trou de lumière indécise par lequel vous apercevez au fond, bien au-des sous de vous, la route et la rivière venant du grand jour et disparaissant sous vos pieds dans un profond et enténébré mugissement qui vous fait songer à la mer ! »
- Du côté nord, sur le flanc de la roche, à 55 mètres au-dessus de la rivière, se trouve une galerie qui monte jusqu’au haut de la montagne : c'est le Solitaire, passage en partie naturel, en partie dû à la main de l’homme, du temps des Romains. Les inscriptions y pullulent. Sur la même face, on remarque aussi d’autres galeries, mais difficilement accessibles.
- La grotte du Mas-d’Azil a été habitée pendant les époques préhistoriques, comme en témoignent les silex, les foyers, les ossements qu’on y a trouvés. L’homme en a été chassé à plusieurs reprises par des inondations.
- Tout autour du Mas-d’Azil, il y a de nombreux dolmens, ce qui est intéressant à noter car il n’en existe nulle autre part ailleurs dans le département del’Ariège. H. Coupin.
- Une entrée Je la grotte du Mas-d’Azil. (D’après une photographie.)
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- UNE TOITURE D’INSPECTION
- SUR LES CHEMINS DE FER AMÉRICAINS
- On a signalé à diverses reprises les petits véhicules, notamment du type tricycle, qui sont employés sur certains réseaux français et dans plusieurs pays étrangers, pour transporter rapidement les agents chargés de l’inspection des voies ou de quelques légères réparations. Ces véhicules rendent des services, mais ils ont des inconvénients nombreux que l’on saisit sans que nous les énumérions tous. D’abord ils sont mus par celui-là même qui les monte, par suite ils ne se déplacent pas très vite et ne peuvent guère transporter d’appareils; puis, ils ne sont généralement disposés que pour une seule personne, tandis qu’il serait fort avantageux de pouvoir transporter en tel ou tel point de la voie un certain nombre d’ingénieurs et d’agents ayant à faire une étude spéciale, et avec tout leur matériel. On conviendra qu’il ne serait guère pratique dans ce but de chauffer une locomotive, qui d’ailleurs ne peut prendre sur sa plate-forme qu’un nombre très restreint de personnes, en outre du mécanicien et du chauffeur. Afin de répondre à ces desiderata, la compagnie de chemins de fer américaine Missouri, Kansas and Texas Railroad vient de faire construire dans ses ateliers de Parsons une voiture d’inspection d’un type fort intéressant et qui rend des services signalés.
- Il ne s’agit plus d’un véhicule mû par la force musculaire et transportant une ou deux personnes, mais bien d’une voiture à quatre roues pouvant offrir six places sur l’avant, sans compter le siège du mécanicien et celui d’un conducteur installés à l’arrière. Notons tout de suite que les appareils de manœuvre, levier de mise en marche, commande du frein, etc., se trouvent en double, respectivement à l’avant et à l’arrière de la voiture qui peut être dirigée d’une quelconque des plate-formes ; en fait, pendant les tournées d’inspection, c’est l’ingénieur en chef qui dirige la machine du siège très confortable de l’avant.
- Ce véhicule, disposé d’une façon très pratique,
- possède des coffres où mettre les instruments des ingénieurs, niveaux, profils, plans, etc.; puis l’huile nécessaire et les approvisionnements de toute espèce; on y a notamment ménagé un réservoir à glace pour donner de l’eau glacée aux inspecteurs, cette boisson étant absolument nécessaire aux habitudes américaines. Ce car, par le beau temps, ne présente qu’un toit soutenu par quelques montants, sur lequel sont installés à l’avant une grosse lanterne; à l’arrière, une cloche d’avertissement et un sifflet, et que dépassent le tuyau de la cheminée et une sorte d'entonnoir par lequel on déverse l’eau dans le réservoir d’alimentation. Mais on peut abaisser tout autour du véhicule des stores pour le soleil et dè plus des rideaux de cuir épais percés d’une ouverture garnie d’une
- glace, ce qui permet aux voyageurs de s'abriter complètement tout en surveillant l’extérieur.
- Nous avons parlé du réservoir d’eau : il est placé immédiatement derrière la double rangée de sièges de l’avant; il est protégé extérieurement par un revêtement de bois qui présente du haut en bas une sorte de glace permettant de juger du niveau de l’eau. On le remplit par sa partie supérieure, comme nous l’avons dit; il contient environ 800 litres d’eau, tandis que la réserve de charbon est d’un peu moins d’une demi-tonne. La chaudière, est du type vertical; les deux cylindres du moteur ont 127 millimètres de diamètre et une course de 205; ils sont, du reste, d’une disposition assez spéciale sur laquelle nous n’insisterons point. La chaudière, qui a 762 millimètres de diamètre extérieur, compte 61 tubes de 57 millimètres; la surface de grille est de 28 décimètres carrés environ, tandis que la surface de chauffe totale est de 6m2,70.
- Nous ne pouvons signaler les détails secondaires, qui font pourtant de ce véhicule un système fort intéressant; remarquons toutefois que les roues sont d’un modèle tout nouveau présentant ensemble solidité et légèreté. Le bandage est en acier, il a 24 millimètres d’épaisseur et il est réuni au moyen de fer fondu, par des plaques d’acier doubles ; ces plaques, formant joues, sont fixées d’une part au bandage et
- Une voiture d’inspection sur les chemins de fer américains.
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- d’autre part au moyeu par 8 boulons. Entre elles, est disposé un matelas de bois de 3 centimètres d’épaisseur, mais un évidement intérieur y est ménagé où on loge une certaine masse de plomb, qui joue le rôle du contrepoids des roues de locomotives. L’ensemble de Y inspection car pèse un peu plus de 5 tonnes, et, avec plein chargement et personnel au complet, la machine et ses roues de 70 centimètres de diamètre lui donnent une vitesse qui peut atteindre 56 kilomètres par heure; il est, bien entendu, muni d’un frein à vapeur et même d’un enregistreur de vitesse. II paraît que la compagnie qui l’emploie, en est très satisfaite. Daniel Bellet.
- CHRONIQUE
- Les dépenses d’etablissement «lu prolongement de la ligne du chemin de fer de Sceaux.
- — Les ingénieurs de la Compagnie du chemin de fer d’Orléans ont fait récemment un relevé général de toutes les dépenses d’établissement qui ont été nécessaires pour le prolongement de la ligne du chemin de fer de Sceaux; il est intéressant de faire connaître la répartition de ces dépenses. Le total s’est élevé à 8 800 000 francs pour une longueur de ligne de 2km,115, soit 4 065 000 francs par kilomètre. Les frais généraux et de personnel ont absorbé 760 000 francs. 11 a été nécessaire d’acquérir un immeuble pour la gare terminus et de payer diverses indemnités; la dépense a été de 1 460 000 francs. Mais ce capital rapporte l’intérêt des diverses locations à des particuliers. Les ouvrages d’infrastructure ont nécessité une dépense de 5 500 000 francs, dont 5 640 000 poulies terrassements, ouvrages d’art et tabliers métalliques, 400 000 francs pour les égouts, conduites d’eau, de gaz, canalisations télégraphiques et téléphoniques, 500 000 pour la consolidation des anciennes carrières, et le surplus pour la viabilité provisoire pendant l’exécution des travaux, le rétablissement des chaussées, trottoirs, plantations, déplacement de divers édicules, mesures de protection pour l’Observatoire, etc. Les ouvrages de superstructure, voies, signaux, et l’établissement des stations, bâtiments, passerelles, bureaux, ont coûté respectivement les sommes de 300 000 et 440 000 francs. L’installation électrique a dépensé au total 540 000 francs. Ces chiffres donnent une faible idée des dépenses qui seraient indispensables dans Paris pour l’établissement d’un réseau souterrain. J. L.
- L'excitation nerveuse par les courants fréquents. — M. Wedenskv, de l’Université de Saint-Pétersbourg, a reproduit l’action paralysante du curare en excitant les nerfs moteurs par des courants fréquents et violents. Sous l’influence de ce traitement irritant, les muscles, au lieu de se contracter, se distendent à peu près entièrement et finissent par se trouver dans la condition où les amène l’action du curare. A mesure que l’intensité et la fréquence des excitations s’atténuent, les muscles tendent à reprendre leur contractilité et à revenir à leur état normal. ^ ^
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 50 décembre 1895. — Présidence de M. Marey.
- Explorations sous-marines. — S. A. le prince de Monaco fait connaître les résultats de sa campagne d explo-
- rations sous-marines de 1895, accomplie à bord d’un navire muni d’un outillage perfectionné et propre aux recherches en eau profonde. Le navire est parti de Lisbonne pour les Açores, puis est revenu dans la Manche. Des dragages ont pu être opérés sur des fonds de 4200 mètres et des nasses ont été déposées à cette profondeur. Un grand nombre de sondages et de prises d’eau ont été également effectués, quelques-uns à des profondeurs dépassant 5000 mètres. La zoologie a donné d’excellents résultats. De très grands macrures de 80 centimètres et de superbes holoturies de 40 centimètres ont été ramenés de 4000 mètres, ainsi que la faune ordinaire de ces fonds. A 1500 mètres la nasse a donné aussi de très bonnes prises. Des échinodermes, des mollusques et des poissons ont été capturés en abondance. C’est ainsi qu’en vingt-quatre heures la même nasse a enfermé 555 animaux, dont 500 poissons, de grandes crevettes roses et des céphalapodes. Un des plus intéressants épisodes de ce voyage a été le spectacle d’une chasse au cachalot. Grâce à la sagacité du prince de Monaco, cet épisode a été une des sources les plus fécondes en résultats heureux. Prévoyant que l’estomac du cachalot pouvait être le réceptacle d’êtres encore inconnus, le navire se tint dans le voisinage de l’animal, lors de son agonie. Dans les dernières convulsions, celui-ci rejeta dans un vomissement des débris de grands céphalopodes extrêmement curieux. Ces débris coulaient, par suite de leur densité légèrement supérieure à celle de l’eau de mer, et allaient être à jamais perdus pour la science, lorsque le prince, par une inspiration heureuse, fit donner quelques tours inverses d’hélice qui eurent pour effet de provoquer un remous ascendant, grâce auquel les débris remontèrent à la surface et purent être recueillis par des hommes placés dans une embarcation. Ces débris représentaient un poids de 100 kilogrammes. Deux des céphalopodes dont ils provenaient sont absolument nouveaux et constituent des trouvailles sans pareilles : l’un, en effet, avait le corps couvert d’écailles et dépassant 90 centimètres, l’autre portait une couronne tentaculaire dont les bras étaient munis de ventouses présentant chacune une griffe analogue à celle des grands carnassiers. Tous ces céphalopodes sont essentiellement pélagiques et ne reposent jamais sans doute sur le fond. Les investigateurs sont donc à peu près dans l’impossibilité de les atteindre directement.
- Une propriété des rayons cathodiques. — Les propriétés des rayons cathodiques ont été décrites dans les numéros de La Nature du 28 juillet 1894 et du 21 décembre 1895; M. J. Perrin a découvert une particularité de ces rayons qui avait échappé aux précédents expérimentateurs. En faisant arriver dans un cylindre isolé creux dont on peut transmettre la charge à un électromètre, on constate que la gerbe radiante qui s’échappe de l’électrode négative apporte de l’électricité négative sur le cylindre. M. J. Perrin a constaté que l’électrode positive produit une décharge analogue invisible et plus courte. Cette expérience paraît susceptible d’être utilisée avantageusement pour l’explication du phénomène des rayons cathodiques.
- Action de la lécithine sur la croissance. — L’action de la lécithine a été essayée sur du frai de grenouille. On a formé deux lots de têtards, l’un élevé dans l’eau léci-thinisée et l’autre dans l’eau ordinaire. Les premiers têtards se sont distingués des seconds par une croissance beaucoup plus rapide. Le poids des têtards du premier lot
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- est devenu triple de celui des têtards du second; la taille a été également accrue dans une très forte proportion.
- Préparation pratique de l'argon. — M. Maquenne a déjà signalé la propriété du carbonate de baryte qui, ehauffé avec le magnésium et le charbon, se réduit et fixe l’azote gazeux. Il signale aujourd’hui une expérience des plus commodes à réaliser en quelques minutes dans un amphithéâtre et qui consiste à chauffer dans un tube fermé rempli d’air un mélange de chaux calcinée et de magnésium en poudre. L’oxygène et l’azote sont absorbés en même temps par le calcium qui prend naissance dans ces conditions. Si le tube où se fait l’expérience est en communication par une de ses extrémités avec un tube dressé verticalement, on voit le mercure monter rapidement dans celui-ci. A la vérité il n’atteint pas 76 centimètres et ne s’élève guère au delà de 75. Si l’absorption est complète, c’est-à-dire si le résidu est de l’argon, la tension de ce gaz empêche seule la colonne mercurielle d’atteindre 76 centimètres.
- De la germination. — L’influence des ferments oxydants prend de jour en jour une importance de plus en plus grande dans la science, en physiologie végétale ou animale, selon la remarque de M. Armand Gautier. Le sang à la vérité ne contient pas de ferment oxydant, mais les muscles et les tissus renferment une substance soluble qui détermine l’oxydation. L’aldéhyde introduite dans le sang peut y persister, mais si l'on fait intervenir le ferment des muscles elle est transformée. Ce ferment existe de même dans les graines, côte à côte avec la substance oxydable, mais sans agir sur elle ; c’est la lac-case qui a été découverte dernièrement par M. Bertrand. Au moment du travail de la germination, par l’action combinée de la chaleur et de l’humidité, le ferment et la substance oxydable, c’est-à-dire la laccase et le philotion sont mis en contact et l’oxydation se produit.
- Varia. —M. Cornu fait connaître que M. Hardy, inventeur d’une méthode permettant de déceler la présence, dans un gaz, d’un autre gaz de densité différente, sans action chimique sur le premier, au moyen des battements observés sur deux tuyaux sonores identiques vibrant l’un sous l’influence du gaz pur et l’autre sous l’influence du mélange gazeux, est arrivé à perfectionner son appareil de manière que les battements puissent être perçus à distance au moyen du téléphone. Cette méthode, imaginée en vue du grisou, paraît appelée à rendre les plus grands services, dans l’état de perfection où l’a amenée son auteur. — M. Daubrée annonce que M. Suess a déduit du rapprochement d’un nombre énorme de fossiles provenant de tous les points du globe une classification du trias en quatre étages subdivisés eux-mêmes en plusieurs parties.
- Séance du 6 janv. 1896. — Présidence de MM. Marey et Cornu.
- Variation des éléments magnétiques. — M. Moureaux discute les observations magnétiques faites à Paris et à Perpignan, d’une façon régulière, pendant l’année 1895. Les observations dites de Paris ont été effectuées à l'observatoire du Parc Saint-Maur. Toutes ces observations ont permis de constater qu’à Paris la variation séculaire avait été de 5',9 et à Perpignan de 6',1 pour la déclinaison de l’aiguille aimantée. Quant à l’inclinaison, la variation moyenne annuell0 a été de 2',5 à Paris et de 5' à Perpignan ; la variation de la composante horizontale 0,0055 à
- Paris et 0,0057 à Perpignan. La détermination absolue de la composante horizontale présente de très grandes difficultés. Il faut estimer à 0,001 l’incertitude. M. Mascart espère réduire cette incertitude à 0,0002 l’année prochaine, par l’emploi d’une méthode appropriée.
- Traitement et guérison d'une tumeur très grave. — M. Lannelongue fait connaître un cas de guérison d’une énorme tumeur obtenu sans intervention chirurgicale proprement dite. II s’agit d’une de ces tumeurs d’ordre incertain considérées soit comme des anévrismes artérioveineux, soit comme des tumeurs érectiles, qui ont été, depuis Dupuytren, l’objet de l’attention des chirurgiens. Dupuytren a proposé la ligature des artères, mais cette méthode ne donne pas de résultats durables et elle n’est pas toujours pratique. Les chirurgiens modernes, mieux armés, au point de vue opératoire, penchent pour l’extirpation, qui n’est également pas toujours possible. Le sujet exceptionnel auquel M. Lannelongue a donné ses soins est une femme du département de l’Aveyron. Elle portait au cou, depuis sa naissance, une petite tumeur qui paraissait devoir rester stationnaire. Elle se maria, eut trois enfants, puis la tumeur se mit à grossir et acquit bientôt un volume extraordinaire. L’excroissance occupait tout le cou jusqu’aux oreilles, passait sous le maxillaire inférieur et venait soulever la langue contre le palais. La malade éprouvait des douleurs intenses, était incommodée de bruits continus dans les oreilles et ne pouvait dormir. La langue était dénudée d’épiderme, de telle sorte que la présence d’un liquide quelconque dans la bouche provoquait des douleurs intolérables. La malade se soutenait tant bien que mal à l’aide d’une sorte de bouillie, aussi l’état général de santé était-il très médiocre. M. Lannelongue, avant de prendre un parti, soumit la malade à l’examen de plusieurs collègues de l’hôpital, qui considérèrent le cas comme désespéré. Ne voulant point tenter la ligature des carotides, qui eût été extrêmement dangereuse, il se résolut à pratiquer autour de la tumeur des injections de chlorure de zinc, bien qu’il y eût à craindre que la coagulation du sang n’amenàt une embolie. Cet accident ne survint pas après les premières injections; il se produisit une oblitération partielle des artères et M. Lannelongue continua les injections pendant trois mois. La tumeur étant alors réduite au quart de son volume initial, et l’état de la malade étant devenu très satisfaisant, M. Lannelongue pensa qu’il convenait de laisser agir la nature. 11 l’envoya la malade dans son pays. Depuis il n’a cessé de la surveiller. Elle est revenue le trouver après trois années; la tumeur n’avait plus que la grosseur d’une noisette. Ce succès n’est pas la guérison sans doute, dans le sens absolu du mot, mais il constitue néanmoins un bienfait inespéré pour la malade.
- Du rôle de la fièvre dans les maladies infectieuses. — M. Chiesse, interne en médecine à Montpellier, s’est appliqué à déterminer le rôle de la fièvre dans certaines maladies infectieuses. Dans ce but, il a communiqué à des lapins l’infection du staphylocoque. Dans cet état, ces animaux vivent plusieurs semaines et meurent des abcès particuliers déterminés par le virus. M. Chiesse a essayé sur ces lapins l’effet du refroidissement dû à un badigeonnage de teinture de« gaïacol. La mort se produit alors dans un intervalle de 24 à 56 heures. Il restait à démontrer que cette différence d’action n’était pas due à une action toxique du gaïacol. A cet effet, des lapins badigeonnés au gaïacol ont été placés dans une étuve à 37°; la survie s’est alors manifestée. Il paraît donc établi que la fièvre a son importance et son utilité par l’hypcrthcrmie qu’elle entre
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- tient. Cette expérience, dit M. d’Arsonval, est à rapprocher de celle de M. Pasteur sur le refroidissement de la poule infectée du virus charbonneux.
- Décès. — L’Académie enregistre la nouvelle de la mort de l’astronome anglais Ilind.
- Élection. — M. Cliatin est élu vice-président pour l’année 1896 par 44 voix, contre 11 données à M. Friede, et 1 à M. Van Tiegem.
- Varia. — M. Delebecque a étudié les eaux des acs du littoral landais. — M. Milne-Edwards signale une exploration géologique et géographique de l’ile d’Anticosti (golfe du Saint-Laurent). Ch. de Villedeuil.
- PHOTOGRAPHIE EN BALLON
- Nous publions ici une photographie en ballon qui donne la vue de Râle, en Suisse: Cette photographie est une des meilleures qu’un amateur, M. E. Suter, a faites, le 16 juin 1895, dans le ballon l'Urania, capitaine E. Spelterini.
- L'ascension a eu lieu à 5 heures de l’après-midi, l’aérostat s’est élevé de l’usine à gaz de Râle, et à 6 heures la descente a eu lieu près d’Ilten, au pied du Jura. Le temps était très beau, le courant aérien n’avait qu’une très faible vitesse venant du nord-
- Photographie en ballon, exécutée par M. E. Suter dans le ballon l’Urania, le 16 juin 1895. Vue de Bâle en Suisse. (Reproduction directe par l’héliogravure.)
- ouest. L’altitude maxima fut de 2700 mètres au-dessus du niveau de la mer. L’appareil photographique était une chambre à main construite par M. E. Suter. Cette chambre contient 20 plaques 15 X 18. L’obturateur était de 1 /40e de seconde.
- Nous avons donné précédemment de nombreux articles sur la photographie en ballon. Ces notices ont été développées dans un ouvrage spécial auquel nous renvoyons nos lecteurs1.
- Nous rappellerons ici que le premier aéronaute qui
- 1 La photographie en ballon, par Gaston Tissandier, avec une épreuve photoglyptique du cliché obtenu par MM. Gaston Tissandier et Jacques Ducom, à 600 mètres au-dessus de l ile Saint-Louis, à Paris, et de 8 ligures dans le texte, 1 vol. in-8°, Paris, Gauthier-Villars, 1886.
- ait résolu de faire de la photographie en ballon, c’est Nadar, en 1858. 11 ne réussit d’abord qu’à obtenir des images peu visibles. En 1868, il monta dans le ballon captif de Giffard, et il réussit à obtenir une vue assez nette de l’Arc de Triomphe de Paris, avec les avenues qui l’entourent.
- Avec les perfectionnements modernes de la photographie, de ses produits et de ses appareils, avec les obturateurs à grande vitesse et les plaques sensibles au gélatino-bromure, la photographie en ballon devient une opération qu’on peut admirablement réussir. Gaston Tissandier.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fieurus, 9.
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- N» H 81.
- 18 JANVIER 1896.
- LA NATURE.
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- MACHINE A ÉCRIRE « LA DACTYLE »
- Les machines à écrire ne sont encore employées en France que dans les grandes administrations et les maisons du haut commerce.
- Nous sommes très en retard, sous ce rapport, sur les Anglais, et surtout sur les Amé-i ricains, les deux peuples les plus pratiques du monde, et qui économisent le mieux leur temps.
- Les principales raisons de la difficulté de l’introduction de ces machines sont : leur prix élevé,
- Fig. 1. — Vue d’ensemble de la machine à écrire Dactyle.
- Leurs divers avantages sont : rapidité plus grande
- de l’écriture, qui peut atteindre le triple de l’écriture à la main, la constance et la lisibilité des caractères imprimés, la possibilité de faire plusieurs exemplaires d’un seul coup au moyen de papiers minces et de papiers décalquants, la moindre fatigue pour l’écrivain et la suppression des accidents nerveux chez les personnes qui écrivent
- leur poids considérable et l’apprentissage difficile. | beaucoup. On nous présente une nouvelle machine
- française appelé Dactyle (fig. dactylographes, mot nouveau qui désigne en français les écrivains à la machine, comme on appelle calligraplies les écrivains à la plume. Des machines américaines de ce système existent depuis plusieurs années aux États-Unis, où, dans le courant de cette année, leur construction a pris une extension considérable. La Dactyle est simple de mécanisme et elle ne coûte que 200 fr.
- Elle est très petite, rapide et ne pèse que 5k?,700
- 1) en l’honneur des
- Fig. 4. — Châssis commandant les secteurs
- ; elle permet au dac-
- 2îa auaée.
- semestre.
- tylographe de voir ce qu’il écrit depuis le commen-_____________________ cernent de la page jusqu’au caractère même qu’il imprime. Le clavier est disposé de telle manière qu’il est très facile à apprendre. La figure 1 représente l’appareil vu d’ensemble.
- Le mécanisme de cette machine est ingénieux : Un barillet portant en relief 84 caractères disposés sur trois couronnes, de 28 caractères chacune, sert à l’impression; l’encrage est direct. Cebarillet reçoit son mouvement d’un pignon satellite. Sur ce pignon
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- LA NATURE.
- sont fixées trois pièces : l’une, sorte de cœur denté; l’autre, une étoile à crans et la troisième une manivelle. L’ensemble de ces trois pièces est traversé par un arbre, l’arbre du barillet. Celui-ci porte à son extrémité une rainure, et un verrou permet de fixer le barillet dans sa position le long de l’arbre, tout en lui permettant de tourner autour de cet arbre.
- Le satellite et le barillet sont de mouvements solidaires, grâce à la manivelle fixée au satellite et qui entre à frottement doux dans un œillet d’acier de la partie inférieuredu barillet (fig. 2). Le satellite est placé entre deux secteurs dentés, engrenant avec lui, secteurs ayant pour axe de rotation un arbre horizontal, perpendiculaire à l’arbre du barillet que nous appellerons, comme l'inventeur* arbre de l’action.
- Ce satellite, tout en tournant librement autour de l’arbre du barillet, est maintenu par une pièce fixée à l’arbre de l’action. L’arbre du barillet y peut monter et descendre. Cette pièce forme came à sa partie inférieure ; c’est la manche de l’action (fig. 5).
- Deux doigts d’acier, diamétralement opposés, tournent aussi autour de l’arbre de l’action ; ils sont réglés pour affleurer les bords du cœur denté. Le doigt supérieur porte des dents d’engrenage à sa partie inférieure ; le doigt inférieur travaille par percussion. Les deux secteurs dentés, outre les dents qui correspondent à ceux du satellite, portent, à la partie inférieure, des dents d’engrenage et forment camé. La figure 4 représente deux petits châssis, munis tous deux d’un bras portant des dents et une sorte de crochet, tournant sur un grand axe commun, situé derrière et en has de la machine. Ils sont placés en dedans d’un grand châssis portant un bras denté. Chaque petit châssis commande, par son bras denté, le mouvement à un des deux secteurs ; au repos, il accroche la came dudit secteur denté par le crochet dont son bras est muni, le maintenant immobile.
- Le grand châssis engrène avec le doigt supérieur, et est muni d’une équerre s’avançant au-dessus des bords avant des deux petits châssis.
- Chaque clé, ou levier portant les touches, tourne autour du grand axe des châssis, et est munie de deux crans, l’un correspondant au bord avant d’un petit châssis, l’autre correspondant au bord avant du grand châssis. Des ressorts appropriés maintiennent les pièces.
- Enfonçons une clé, celle du P par exemple, située à gauche. Pour commencer, le premier cran de la clé enfonce le petit châssis de gauche, le crochet de son bras lâche la came du secteur de gauche, et les dents dudit bras le font tourner. Pendant ce mouvement le secteur de droite est maintenu par le crochet du petit châssis de droite. Le satellite entraîné par le secteur de gauche roule sur celui de droite immobile ; l’arbre du barillet s’incline sans tourner ; le barillet exécute un double mouvement, il suit le mouvement de l’arbre du barillet tout en tournant autour de lui d’un certain angle vers la gauche.
- Pendant ce mouvement les dents de la pièce de cœur, grâce à la forme excentrée de cette pièce,
- restent à la meme distance du doigt supérieur immobile qu’elles affleurent.
- Continuons à enfoncer la clé, le second cran vient alors appuyer sur le bord avant du grand châssis qui attaque le doigt supérieur et le fait s’abaisser brusquement dans le cran du cœur diamétralement opposé au cran correspondant à la lettre P; le doigt inférieur, par inertie (l’abaissement étant brusque), entre dans le cran de P et le cœur se trouve maintenu entre les deux doigts.
- Le grand châssis abaissé enfonce lui-même, par l’équerre dont il est muni, le petit châssis de droite, dont le crochet lâche la came du secteur de droite.
- A partir de ce moment, les trois châssis, commandant le mouvement des deux secteurs et du doigt supérieur, descendent ensemble, le barillet passe sur l’encreur, puis se pose sur le papier où la lettre P s’imprime.
- La place de la lettre est assurée en outre par le cran correspondant de l’étoile qui, au moment où le barillet va toucher le papier, entre dans un guide rectifîcateur situé au-dessous.
- Pendant le mouvement de descente, la came de la manche de l’action pousse en arrière le système d’avancement du chariot. Quand le barillet se remet en place de départ, un ensemble de deux doigts agit par un ressort sur la crémaillère dont le chariot est muni. Un doigt fait avancer le chariot, un autre l’arrête à la place voulue, pour l’impression suivante.
- Une touche ovale d’espacement n’agit que sur le système d’avancement du chariot, sans faire bouger le barillet; elle sert aux intervalles de mots.
- Deux clés, majuscules et chiffres, permettent,par l’intermédiaire d’un levier, actionnant une came, de faire monter l'arbre du barillet dans la manche de l’action, de façon que le barillet monte d’une rangée de lettres ou de deux, sans que pour cela le mouvement angulaire du barillet soit changé.
- Chacune des 28 touches de la machine permet ainsi d’imprimer trois caractères, situés sur une même génératrice du cylindre du barillet ; ce sont, en général, une minuscule, la même lettre majuscule et un chiffre ou signe de ponctuation.
- Un verrou, situé à gauche, permet de fixer le barillet dans une de ses deux .positions hautes, si on veut avoir les deux mains libres, et n’écrire que des majuscules ou des chiffres.
- Le chariot est assez spécial; un timbre sonne pour avertir l’écrivain qu’il approche de la fin de sa ligne, et n’a plus que onze signes devant lui. La machine ne pèse que trois kilogrammes, elle est pourtant fort stable, grâce à sa forme.
- Enfin un petit appareil, le tabulaire, qui s’ajoute à la machine, permet de faire des factures et des tableaux de chiffres rapidement et facilement.
- Reposant sur quatre pieds de caoutchouc, elle fait, comparativement aux autres, fort peu de bruit en écrivant. Le clavier est bien disposé, et les touches sont moins petites et moins serrées que dans les autres machines à écrire. Gaston Tissandier.
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- ‘EXPOSITION INTERNATIONALE
- DE YÉLOCIPÉDIE
- TROISIÈME SALON' DU CYCLE
- I)ans un précédent article1, j ugeant de l’ensemble du troisième Salon du Cycle, nous avons indiqué que les formes générales de la bicyclette ne subiraient pas encore de modifications importantes cette année. Les bicyclettes 1896 auront donc absolument les mêmes lignes que leurs sœurs de 1895 : tubes de grosseur moyenne (28 millimètres), horizontalité de la partie supérieure du cadre, pédalier étroit, rayons tangents le plus souvent renforcés, etc. On verra cependant, par les exemples qui suivent, que l’esprit inventif des chercheurs d’améliorations n’a pas chômé et que nos machines cyclistes s’approchent de plus en plus de la perfection. Encore davantage de sens pratique, de condescendance aux désirs des touristes, des voyageurs, des balladeurs pour employer le terme vulgaire, de ces balladeurs qui forment aujourd’hui la .plus grande majorité des cyclistes, et le juge le plus difficile n’aura qu’à applaudir aux immenses progrès de la fabrication vélocipédique.
- La légèreté, qui ne constitue un avantage pour un cycle que si elle n’est pas obtenue aux dépens de la rigidité, est demandée nécessairement à l’aluminium. Mais l’aluminium est un métal mou, assez peu homogène, dont on ne semble pas encore avoir trouvé l’alliage exact qui lui donnera le raide, l’élasticité et la constance indispensables. Notons cependant les curieuses machines en tubes d’aluminium brasé de M. Rupalley; et les cadres dits en luminum qui sont coulés d’une seule pièce, sans aucune brasure. Le luminium, au dire du fabricant, est un alliage d’aluminium « traité par des procédés chimiques et mécaniques qui sont à l’aluminium ce que l’acier est au fer » (sic). Cette découverte permettrait la construction de machines de piste de 6 kilogrammes et de machines de route de 10 kilogrammes, qui posséderaient, en sus de leur extrême légèreté, la vertu précieuse d’être inoxydables. Il faut souhaiter que les essais auxquels ce nouveau traitement de l’aluminium donne heu en ce moment confirment les espérances des inventeurs.
- L’acier est ainsi menacé par l’aluminium comme l’est la bicyclette à chaîne par la bicyclette sans chaîne. Car, enchaînée ou désenchaînée, quelle est la meilleure machine? Les partisans de la chaîne répondent avec raison qu’ils reconnaissent les défauts graves de leur préférée, mais qu’ils la conservent parce qu’elle seule (et le fait est exact) possède tous les records de vitesse et de fond du monde, les désen-, chaînées n’ayant jamais battu le moindre temps ou la moindre distance. Les amateurs de bicyclettes sans chaîne répliquent, avec raison également, qu’ils ne sont pas des coureurs, mais de simples promeneurs, qu’une machine un peu moins rapide mais
- 1 Yoy. n° 1177, du 21 décembre 1895, p. 3i.
- un peu plus pratique leur sourit davantage, que la chaîne craque, s’allonge, se détend, pince les doigts, salit les vêtements et finalement casse 1
- Les premiers exposent la nouvelle chaîne anglaise Simpson (fig. 1), dont tous les sportsmen ont parlé dès son apparition, car, sur une machine munie de ce système, le record du monde de l’heure a été presque immédiatement battu. Ainsi qu’on le voit, les fiasques des maillons M sont découpés à jour en forme de triangles; aux deux angles de la base, ils sont reliés par des tourillons rivés presque à fleur du fiasque; à l’angle du sommet au contraire, le rivet est dépassant de chaque côté d’environ 2 millimètres. Il faut bien remarquer que la roue dentée d’une bicyclette munie d’une telle chaîne ne diffère aucunement des roues dentées ordinaires, mais qu’au contraire le pignon P est constitué par deux plaques parallèles entaillées formant une gorge profonde dans laquelle passe la chaîne; elle s’accroche à ce pignon par les extrémités seulement des rivets dépassant qui viennent se placer dans les entailles. Il serait trop long de discuter ici les mérites de cette innovation à qui la pratique saura donner son juste dù, et dont je me borne à signaler l’ingéniosité.
- Les partisans de la suppression de la chaîne présentent une dizaine de types de machines plus ou moins nouvelles dont je signalerai les trois que voici : YAcatène-César, le Cyclet et la Wattcyclette, tous trois curieux pour des motifs différents.
- L'Acatène-César (fig. 2) est le modèle le plus, connu, celui qui a prouvé des qualités par une longue expérience. Le mouvement du pédalier est transmis à la roue motrice par l’intermédiaire d’un arbre creux tournant sur le tube qui forme la partie inférieure du cadre à droite. Cet arbre porte à chaque extrémité un pignon qui engrène en un bout avec la roue dentée du pédalier, en l’autre avec la roue dentée qui porte le centre de la roue motrice. Ce mécanisme, qui exige un choix tout spécial de l’acier et un onéreux outillage pour la taille précise de ces pignons d’angle que le moindre défaut ferait coincer, est enfermé dans de petites boîtes carters en aluminium qu’on emplit de vaseline; en sorte que ni la poussière ni l’eau même ne peuvent y pénétrer, que la lubrification est parfaite, et que l’aspect de cette machine, dont on n’aperçoit pas de lien entre le pédalier et la roue motrice, est très particulier et cependant fort élégant.
- Le Cyclet (fig. 5) est plus radical encore dans la révolution. Il supprime et la chaîne, et les pignons d’angle, et tout intermédiaire entre le pédalier et l’axe de la roue motrice. C’est sur cette roue même que sont montées, sur le centre m, les manivelles. Elles portent des couronnes dentées intérieurement qui actionnent une petite roue n dentée aussi et montée sur le centre même de la motrice. Tout le mécanisme est protégé des impuretés de la route par une double feuille de celluloïd. Ce dispositif curieux oblige le cavalier à pédaler au-dessous et même en arrière de lui-même, dans une position
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- qui n’est pas encore de mode. Il a l’avantage de réduire la longueur delà machine et de faciliter ainsi son logement.
- La Wattcyclette (fig. 4) n’est pas une machine à mouvement circulaire du pédalier, comme le sont en général les bicyclettes ; elle est actionnée par les pesées alternatives de chaque jambe sur l’extrémité de deux grands leviers placés de chaque côté du cadre.
- Ces leviers supportent en leur milieu une petite roue dentée qui fait mouche autour d’une autre, montée sur l’axe même de la roue motrice. Le jeu de cette machine se comprend sans plus longue explication. On voit que le chemin parcouru par la pédale est ici moindre que dans le mouvement circulaire d’une bicyclette ordinaire, et que cependant la force obtenue est théoriquement supérieure, puisque le coup de pédale se donne pendant une durée égale et
- Fig. 3. — Le Cyclet.
- (D’après une photographie.)
- aux lecteurs de La Naturel, et qui actionne la roue motrice, je signalerai le frein Hochet, qui semble le meilleur type des freins à levier actionnant la roue directrice.
- Le frein Hochet (fig. 5) dégage absolument l’avant de la machine. On n’aperçoit que le bout extrême
- 1 Voir n° 1178, du 28 décembre 1895, p. 49.
- avec un levier beaucoup plus long. Ainsi s’accroît d’année en année la vitesse des machines, et, par une inconséquence assez étrange, plus les machines deviennent rapides, moins on cherche à se garantir de leurs excès de vitesse souvent si dangereux!
- Le dernier Salon du Cycle ne peut plus nous avoir laissé d’illusions à ce sujet : de plus en plus on supprime les freins. A-t-on tort, a-t-on raison? Au point de vue de l’esthétique, on fait bien, car le frein dépare l’aspect d’une bicyclette; mais au point de vue de la sécurité du cavalier, si habile soit-il, on a cent fois tort, et, en été, chaque dimanche avec ses accidents le prouve tristement !
- Donc les constructeurs ont cherché à allier le beau et l’utile, et nous ont présenté des freins aussi invisibles que possible. Outre le savant frein de M. Juhel, que notre collaborateur M. Hospitalier décrivait dernièrement
- Fig. 4.
- La Wattcyclette. (D’après une photographie.)
- du levier qui forme une manette dissimulée sous la poignée du gouvernail, et le sabot du frein qui fait friction sur la roue directrice. Pour le reste, il est invisible. Sa tige a passe à l’intérieur de la douille de direction où se trouve caché également le ressort de rappel du frein. Elle affecte en son extrémité b une forme conique qui fait qu’au moyen de la simple vis de réglage supérieure c, on la fait monter
- Fig. 1 et 2. — Transmissions de bicyclettes. — Fig. 1. Chaîne Simpson; P. Pignon; M. Maillon; It. Roue. — Fig. 2. Mouvement « Acatène ».
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- à la hauteur voulue dans le tube d qui porte le sabot du frein. Ce dispositif des plus ingénieux est tout à fait indispensable pour l’ajustage du gou-
- vernail et du frein à la taille de tous les cavaliers.
- La bicyclette a d’ailleurs tendance à se faire plus petite, tant dans ses détails comme le frein, comme
- Fig. 5. — Frein Rochet.
- Fig. 6. — Bicyclette pliante Hénault.
- Fig. 7. — Pompe démontable.
- les roues (qu’on fait maintenant égales et souvent de 0in,70 de diamètre au lieu de 0m,75), que dans son ensemble. On cherche de toutes façons à la plier. A côté de la bicyclette du capitaine Gérard, on apercevait au Salon la bicyclette Hénault, dite va-par-tout et que la figure 6 représente ployée, privée de sa selle et de ses roues pour la clarté du dessin. Le cadre a la forme usuelle. Les tubes supérieur et inférieur, ainsi que le gouvernail, sont articulés en m, n, o, p; chaque articulation est recouverte, pour le redressement de la machine, par un solide manchon, m' par exemple. C’est là une solution simple du problème de la mise en sac de la bicyclette !
- Les accessoires cyclistes sont eux-mêmes devenus démontables!
- Après la lanterne de poche extensible, modeste lanterne vénitienne en étoffe, voici la pompe à pied de MM. Desponts et Godefroy qui se défait en quatre morceaux (fig. 7) entrant les uns dans les autres et qu’on emporte facilement accolée à un
- tube de la bicyclette. Cette invention d’apparence si futile est d’une importance capitale pour tous les cyclistes. Aucune pompe à main en effet n’est suffisante pour gonfler à bloc les pneumatiques actuels, dont les valves sont généralement très dures. Une pompe à pied est indispensable. Mais, jusqu’ici, les pompes de ce système étaient'fort lourdes et fort encombrantes. Je me fais un plaisir de signaler ici la très pratique invention delà pompe démontable, qui rendra service à tous les touristes.
- Je me permettrai enfin de donner un aperçu d’une nouveauté dont, au récent Salon, la forme étrange a continuellement attiré la foule et prêté à des commentaires bienveillants dans toute la presse, le tricycle fermé (fig. 8) que la maison Hum-ber a construit en exécution d’un de mes projets.
- Les cyclistes expérimentés savent en efïet que, dans les grandes villes, le seul instrument à pédales qui soit réellement pratique, tant pour sa stabilité sur les terrains les plus glissants que pour sa facilité
- Fig. 8. — Triplctte fermée de la maison Humber. (D’après une photographie.)
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- d’évolution au milieu des voitures, supérieure à celle de la bicyclette, c’est le tricycle, petit, ramassé, à roues basses. Mais le tricycle ne protège pas davantage que la bicyclette de la pluie, de la boue, des ,éclaboussements! Il fallait réaliser le rêve d’un 'tricycle où le cavalier fût à couvert en tout temps, où, le transport à vélocipède devenant de plus en plus une incomparable commodité de la vie, il pût, l’hiver, se rendre à ses occupations, voire même à ses invitations, en tenue rigoureusement correcte, élégante au besoin, sans une maculature. Le tricycle fermé que représente la gravure et dans lequel on pénètre par une porte d’arrière maintenue par de vigoureux élastiques, est un tricycle ordinaire surmonté d’une carcasse démontable en tubes d’aluminium recouverte d’une toile imperméable. L’appareil complet ne pèse que 17 kilogrammes. C’est une voiturette à pédales destinée seulement à la circulation dans les villes encombrées.
- C’est aussi, si l’on veut, une protestation contre les voitures de place surannées et le service des chevaux misérables, dont chaque Salon du Cycle avance d’année en année davantage la déchéance fatale. L. Baudry de Saunier.
- TRAMWAY ATTAQUÉ PAR DES YOLEURS
- EN AMÉRIQUE
- Nous signalions, dans un de nos derniers numéros, la tentative audacieuse de deux voleurs qui avaient essayé de s’approprier une voiture de tramway1. Voici un fait encore plus étrange et qui est assez caractéristique des mœurs américaines pour trouver place dans nos colonnes. Cinq hommes masqués et armés ont attaqué une voiture de tramway électrique de la North Shore Electric Tramway Company, dans Chicago, près de Berwin Avenue, non loin d’Evanston. Comme il convient dans ces sortes d’aventures, la nuit était sombre, le ciel était sans lune. Les brigands coupèrent les fils conducteurs pour éviter que la voiture en détresse pût être secourue par d’autres voitures venant dans une direction ou dans l’autre. Ils crièrent: « Handsup! » (Levez les mains), ce que les voyageurs, au nombre de dix-huit, firent immédiatement ; tandis que deux d’entre eux tenaient les voyageurs en respect au bout de leur canon de revolver, les trois autres fouillèrent tranquillement les poches des victimes et les « soulagèrent » de leurs bijoux, de leur argent et autres valeurs. Grâce à la position élevée des bras, les voyageurs ne pouvaient se défendre; un seul l’essaya, il fut grièvement blessé. L’opération (!) terminée, les brigands s’éloignèrent sans être inquiétés. Peu de mois avant l’exposition de 1893, une voiture de tramway funiculaire fut attaquée non loin de Jackson Park, c’est-à-dire dans une partie très peuplée de la ville. Et, pas plus dans ce cas que dans celui que nous relations plus haut, un seul voyageur ne songea à se défendre ! L e cas est si fréquent qu’une loi spéciale a autorisé les conducteurs, cochers et mécaniciens de tramways à porter telles armes défensives qu’ils jugeraient convenable. G. P.
- 1 Yoy. n° 1179, du 4 janvier 1896, p. 78.
- LE CENTENAIRE DE L’INSTITUT1
- La dernière organisation, ou plutôt la dernière transformation de l’Institut, date de 1816; par son ordonnance du 21 mars de cette année, Louis XVIII rétablit les Académies.
- « Nous nous sommes proposé, dit-il, de donner aux Académies une marque de notre royale bienveillance, en associant leur rétablissement à la restauration de la monarchie et en mettant leur composition et leurs statuts en accord avec l’ordre actuel de notre gouvernement. »
- L’article 1er de cette ordonnance est ainsi conçu :
- « L’Institut sera composé de quatre Académies dénommées ainsi qu’il suit, et selon l’ordre de leur fondation, savoir: l’Académie française; l’Académie royale des Inscriptions et Belles-Lettres ; l’Académie royale des Sciences; l’Académie royale des Beaux-Arts.
- Les articles suivants disposent : 1° que l’Académie française reprendra ses anciens statuts ; 2° que l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres conservera l’organisation et les règlements de la 5e classe de l’Institut; 5° que l’Académie des Sciences conservera l’organisation et la distribution en sections de la lre classe; 4° que l’Académie des Beaux-Arts conservera l’organisation et la distribution en sections de la 4e classe.
- Par ces mêmes articles, il est ajouté aux Académies des Inscriptions et Belles-Lettres, des Sciences et des Beaux-Arts, une classe d’académiciens libres, au nombre de 10 pour chacune de ces Académies; ces académiciens libres, tout en jouissant des mêmes droits que les autres académiciens, n’ont d’autre indemnité que celle du droit de présence.
- Par l’ordonnance de 1816, l’Institut est donc composé de 174 membres titulaires et de 30 académiciens libres; les associés étrangers restent au nombre de 24 et les correspondants au nombre de 196.
- Nous touchons maintenant à l’époque contemporaine. Le 26 octobre 1832, Louis-Philippe rétablit l’ancienne classe des sciences morales et politiques sous le titre d’Académie des Sciences morales et politiques. C’est à M. Guizot qu’appartient l’honneur de cette création.
- Le nombre des membres de l’Académie nouvelle est fixé à 50, divisés en cinq sections de 6 membres, celles de : philosophie; morale; législation, droit public et jurisprudence; économie politique et statistique; histoire générale et philosophique. 12 membres sont nommés directement par le roi et chargés de compléter l’Académie par des élections successives. Un Secrétaire perpétuel sera également nommé par voie d’élection.
- Le 5 mars 1835, l’Académie des Sciences morales et politiques décide qu’elle aura 5 académiciens
- 1 Suite. — Yoy. n° 1179, du 4 janvier 1896, p. 70.
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- libres, 5 associés étrangers et 50 correspondants au moins, 40 au plus.
- A cette époque l’Institut est donc composé de *205 membres titulaires, 55 académiciens libres, 29 associés étrangers et 226 correspondants.
- Le 14 avril 1855, une nouvelle section de politique, administration et finances, composée de 10 membres, est créée par décret impérial. Le 7 janvier 1857, une nouvelle place d’académicien libre, une nouvelle place d’associé étranger et sept nouvelles places de correspondants sont créées à l’Académie des Sciences morales et politiques, pour la nouvelle section.
- Le 25 avril 1865, les correspondants de l’Académie des Beaux-Arts sont portés de 40 à 50 et répartis ainsi qu’il suit : section de peinture, 14; section de sculpture, 8; section d’architecture, 8; section de gravure, 4 ; section de composition musicale, 6; correspondants libres, 10.
- Le 9 mai 1866, la section de politique, administration et finances de l’Académie des Sciences morales et politiques, est supprimée et ses membres sont répartis dans les sections précédemment existantes.
- Le 5 janvier 1866, la section de géographie et navigation de l’Académie des Sciences est portée de 5 à 6 membres.
- Le 20 janvier 1887, 4 membres libres sont ajoutés aux 6 membres libres déjà existants au sein de l’Académie des sciences morales et politiques.
- En tenant compte de cette faculté particulière dont jouit l’Académie des Sciences morales et politiques d’élire, non pas de 50 à 40 correspondants, mais bien de 40 à 50 (en 1895, elle en a 48), il résulte de ce qui précède que l’Institut est actuellement composé de la manière suivante :
- Académies Membres. Membres Associés Corres-
- libres. étrangers. pondants.
- Française. . . . Inscriptions et 40
- Belles-Lettres. 40 10 8 50
- Sciences 68 10 8 100
- Beaux-Arts.. . . Sciences morales 41 10 10 50
- et politiques. 40 10 6 48
- 229 40 52 248
- En réalité, l’Institut a disparu après avoir vécu ses plus belles et ses plus utiles années, de 1795 à 1816. Aujourd’hui, selon le vœu de Louis XVIII, les Académies lui ont succédé; un lien fragile les unit encore il est vrai, mais ce lien pourrait disparaître sans que les Académies elles-mêmes en fussent atteintes; elles sont absolument indépendantes les unes des autres, elles ont chacune leur budget spécial, des fondations de prix qui leur sont particulières et dont elles disposent à leur gré; de ce fait, elles sont puissamment riches. La séance publique annuelle que l’Institut tient tous les ans, le 25 octobre, s’appelle la séance publique des Cinq Académies. Les académiciens portent, sans aucun doute, le titre de membres de l’Institut, mais le titre
- qui les touche le plus est celui de l’Académie à laquelle ils appartiennent. Demandez à un membre de l’Académie française — j’excepte le duc d’Aumale — ce qu’il en pense.
- Quatre fois par an cependant, très rarement davantage, car il peut y avoir des séances extraordinaires, le premier mercredi de chaque trimestre, les membres de l’Institut se réunissent en corps, mais ces séances ne sont pas publiques ; c’est dans l'une d’elles, généralement celle d’octobre, qu’ont lieu l’attribution du Prix Volney, décerné sur la proposition d’une commission spéciale, et l’attribution du Grand prix biennal que chacune des Académies distribue à tour de rôle1.
- C’est aussi dans l’une de ces séances — celle-là fut une assemblée extraordinaire — que fut rédigé le document suivant, dont l’auteur, autant qu'il nous souvient, est M. Ravaisson, membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.
- « L'Institut de France s'est réuni en assemblée générale le 18 septembre 1870. Préoccupé, au milieu de toutes les douleurs de la patrie, des intérêts qu'il a la mission spéciale de défendre, il a rédigé et publie la déclaration suivante :
- « Lorsqu’une armée française, en 1849, mit le siège devant Rome, elle prit soin d’épargner les édifices et ouvrages d’art qui décorent cette ville. Pour prévenir tout risque de les atteindre par ses projectiles, elle se plaça même dans des conditions d’attaque défavorables. Dans notre temps, c’est ainsi que l’on comprend la guerre. On n’admet plus pour légitime d’étendre la destruction au delà des nécessités de l’attaque et de la défense ; de soumettre, par exemple, aux effets de la bombe et de l’obus des bâtiments qui ne servent en rien de lieu fort.
- « Moins encore admet-on qu’il soit permis de comprendre dans l’œuvre de ruine des monuments empreints du génie même de l’humanité, qui appartiennent à l’humanité tout entière, qui forment, pour ainsi dire, le patrimoine commun des nations cultivées, et l’héritage sacré qu’aucune ne peut anéantir ou entamer sans impiété envers les autres et envers elle-même.
- « Une armée allemande, en faisant le siège de Strasbourg, en soumettant la ville à un bombardement cruel, vient d’endommager gravement son admirable cathédrale, de brûler sa précieuse bibliothèque.
- « Un tel fait, qui a soulevé l’indignation universelle, a-t-il été l’œuvre d’un chef secondaire, désavoué depuis par son souverain et son pays? Nous voulons le croire. Nous répugnons à penser qu’un peuple chez lequel les sciences, les lettres et les arts sont en honneur, et qui contribue à leur éclat, se refuse à porter dans la guerre ce respect des trésors de science, d’art et de littérature, auquel se reconnaît aujourd’hui la civilisation. Et pourtant, on a
- 1 Pour le Grand prix biennal, voir La Nature, n° 632, du 11 juillet 1885, p. 82.
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- lieu de craindre que les armées qui entourent en ce soumettre à toutes les chances d’un bombardement moment la capitale de la France ne se préparent à destructeur les monuments dont elle est remplie.
- M. J. Bertrand, Secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences, M. Bertheiot, Secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences,
- pour les sciences mathématiques. pour les sciences physiques *.
- Palais de l'Institut. — Antichambre de la Salle des séances. (D’après une photographie spécialement exécutée pour La Nature.)
- les raretés de premier ordre, les chefs-d’œuvre de tout genre, produits des plus grands esprits de tous les temps et de toutes les contrées, l’Allemagne y
- comprise, que renferme dans ses musées, ses biblio-
- 1 Tous les portraits que nous publions dans la série des articles du Centenaire de l’Institut sont dus à M. Eug. Pirou.
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- Palais de l’Institut. — Salle des séances de l’Académie des Sciences, de l’Académie des Beaux-Arts, et de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.
- Salle des séances de l’Académie française et de l’Académie des Sciences morales et politiques. (D’après des photographies spécialement exécutées pour La Nature.)
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- thèques, ses palais, ses églises, cette antique et splendide métropole. Nous répugnons, encore une fois, à imputer aux armées de l’Allemagne, aux généraux qui les conduisent, au prince qui marche à leur tête, une semblable pensée. Si néanmoins, et contre notre attente, cette pensée a été conçue, si elle doit se réaliser, nous, membres de l’Institut de France, au nom des lettres, des sciences, des arts, dont nous avons le devoir de défendre la cause, nous dénonçons un tel dessein au monde civilisé comme un attentat envers la civilisation même ; nous le signalons à la justice de l’histoire; nous le livrons par avance à la réprobation vengeresse de la postérité.
- « Réunis en assemblée générale, comprenant les cinq Académies dont l’Institut de France se compose : Académie française, Académie des Inscriptions et Relles-Lettres, Académie des Sciences, Académie des Reaux-Arts, Académie des Sciences morales et politiques, nous avons voté la protestation qui précède à l’unanimité.
- « Nous l’adressons à ceux de nos confrères qui n’assistaient pas à cette assemblée, soit qu’ils appartiennent à la France, soit qu’ils appartiennent à des nations étrangères, ainsi qu’à nos correspondants français ou étrangers; nous la leur adressons avec la confiance qu’ils y adhéreront et qu’ils y apposeront comme nous leur signature. Nous l’adressons, en outre à toutes les académies; elle restera dans leurs archives. Nous la portons enfin, par la publicité, à la connaissance du monde civilisé tout entier. » — A suivre. — ErNEST MaINDRON.
- LA CONTAGION PAR LE LIVRE
- Depuis que les grandes découvertes de la bactériologie ont décelé la cause intime des maladies infectieuses, les hygiénistes et les médecins se sont efforcés de préciser les modes de contage pour en déduire des mesures prophylactiques efficaces. Si nos devanciers ont pu, par une sorte de prescience, ou mieux par des observations patientes et raisonnées, reconnaître la source de telle contagion, leur assertion ne reposait le plus souvent que sur des données hypothétiques. Pour affirmer il faut, comme aujourd’hui, le contrôle expérimental positif, irréfutable. L’origine hydrique de la fièvre typhoïde, du choléra, est aujourd’hui appuyée sur la démonstration la plus rigoureuse; mais par quelles voies nous viennent d’autres maladies, la grippe, la coqueluche, etc.? Par l’air, par le contact des personnes ou des objets? Tout autant de questions dont l’étude progresse peu à peu.
- L’ensemble de ces recherches mériterait à coup sûr une revue : je ne prendrai aujourd’hui qu’un petit coin de ces expériences d’hvgiène. Les objets qui ont été au contact des malades peuvent, on le sait, servir de véhicule aux germes contagieux de certaines affections. Un jouet d’un malheureux enfant mort de diphtérie et manié par lui dans les derniers jours de sa maladie, est oublié dans un tiroir; un autre enfant découvre ce jouet, deux ans plus tard en ouvrant par hasard le meuble. Quelques jours après, sans qu’on puisse découvrir d’autre source de contagion, il contracte la diphtérie.
- Dans quelle mesure les livres, les journaux qui
- traînent dans les chambres de malades, qui circulent dans les mains de tous les habitants d’une salle d’hôpital, peuvent-ils servir de véhicule aux germes pathogènes? Peuvent-ils même garder à leur surface les souillures microbiennes et risquer ainsi d'être dangereux pour d’autres malades? C’est ce problème que divers expérimentateurs ont tenté de résoudre. Il ne s’agit pas là de la vieille histoire de la cour des Médicis ou des princes italiens où les feuillets d’un livre savamment imprégnés d’un poison subtil foudroyaient en peu d’heures le malheureux qui humectait de sa salive les doigts occupés à tourner les pages de l’in-folio toxique. Vieille histoire et combien peu véridique ! Mais sur nos livres modernes ce peut être le microbe le plus dangereux, le plus terrible, qui s'étale effrontément et n’attend que l’occasion propice pour frapper un inconscient, un distrait qui aura la fâcheuse habitude de tourner, comme les princes du temps passé, d’un doigt mouillé, les feuillets du livre infecté.
- Que les érudits et les amoureux de lecture se rassurent un peu. Si les pages d’un livre, qui a roulé d’un lit à un autre, recueillent de-ci de-là des germes, ce sont le plus souvent des moisissures, celles qui fourmillent dans les poussières des parquets, des murs, celles qui voltigent dans l’air de nos villes et de nos appartements, ou des microbes non pathogènes. Mais enfin, de temps à autre, on y trouve des germes moins innocents. Un médecin de Saint-Pétersbourg, le docteur Tvouskolavski, a examiné à cet égard les registres et les feuilles d’observations des hôpitaux. A la sortie de l’imprimerie, ces papiers sont indemnes de microbes. Quand ils ont circulé pendant quelques jours dans les salles de malades on y trouve une moyenne de ‘25 à 40 germes par centimètre carré; 5 fois seulement sur 70 examens, on rencontra des microbes pathogènes, bacille pyocyanique, septique ou tuberculeux.
- Deux professeurs du Val-de-Grâce, MM. Du Cazal et Casin, ont repris ces recherches et ont constaté, comme le médecin russe, qu’il existe sur tous les livres, abandonnés depuis longtemps aux malades, de grandes quantités de moisissures et des microbes de divers genres, dont un seul pathogène, le staphylocoque. Un livre neuf, pris dans une librairie, n’était pas d’ailleurs plus aseptique, mais il ne contenait que des microbes saprophytes et tout autant de moisissures.
- Ces expérimentateurs ont alors procédé d’autre façon, ils ont imprégné des papiers, des feuillets de livres, avec les produits vecteurs de microbes, crachats, salive, etc., les ont laissé sécher ; puis, prélevant des fragments de ces papiers, les ont fait macérer dans des bouillons de culture, dont ils ont alors vérifié la teneur par l’examen bactériologique et par l’inoculation aux animaux. Or, leurs expériences, répétées un très grand nombre de fois, leur ont donné ce résultat curieux, qu’ils n’ont jamais pu retrouver dans leurs bouillons, encore moins les inoculer, les bacilles de la fièvre typhoïde et de la tuberculose. Par contre, les résultats ont été positifs avec les microbes de la suppuration (le streptocoque), de la pneumonie et de la diphtérie.
- La conclusion à tirer de ces expériences, que j’ai résumées bien sommairement, c’est qu’il ne faut pas mettre entre les mains d’une personne en bonne santé, et surtout d’un enfant, d’un adolescent, un livre qui aura traîné dans la chambre, sur le lit d’un malade atteint d’affection contagieuse. Si le livre est sans valeur, jetez-le au feu, ce sera le plus sûr moyen d’empêcher une cause de con-
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- tamination accidentelle. Si le livre doit être conservé, et la chose se peut sans danger, il faut le désinfecter. Ici le problème est plus délicat; les moyens de désinfection suffisamment puissants pour anéantir la vitalité de ces terribles petits parasites risquent fort de détruire à la fois le microbe et son habitation. Les vapeurs de formaldéhyde, un des plus récents et des meilleurs agents, donnent une désinfection parfaite et n’endommagent pas le livre; le passage à l’étuve est encore un bon moyen à la condition que le livre ne soit pas relié. Comme il n’est pas dans les habitudes d’un malade atteint de ces graves maladies de feuilleter toute une collection d’in-folios, il n’y aura pas lieu, pour le commun des mortels, de recourir à ces moyens. Ils pourraient être recommandés tout au plus pour les bibliothèques d’hôpital. Mais ce qu’on peut retenir, au moins comme simple habitude de propreté, c’est de ne pas tourner les feuillets d’un livre, quel qu’il soit, avec le doigt mouillé par les lèvres. On évitera toujours de récolter les moisissures et les microbes saprophytes, si anodins qu’ils puissent être.
- Dr A. Cartaz.
- U MLLE DE NGAOUNDÉRÉ
- EN ADAMAOUA
- Sans rivaliser d’importance économique avec les grandes villes, telles que Yola, Kouka, ou Kano, Ngaoundéré est cependant une des principales agglomérations urbaines du Soudan central (fig. 1). Elle est placée sous la domination des Foulbé, cette race qui se distingue des nègres par la clarté du teint et dont les tribus sont disséminées depuis l’Ouadaï jusqu’aux rivages de l’océan Atlantique. Elle représente l’une des formes de leur civilisation.
- Or ces Foulbé sont musulmans, et Ngaoundéré est une colonie musulmane établie au milieu des populations païennes. C’est un des avant-postes de l’Islam vers le sud. Elle est dans la zone d’intluence de l’Allemagne, depuis le traité franco-allemand du 4 février 1894, mais elle a des rapports si fréquents avec le Congo français que nous ne pouvons pas nous en désintéresser. Si donc, au point de vue ethnographique, elle mérite une description, elle n’en est pas moins digne sous le rapport de la géographie politique.
- A dire vrai, avant 1892, nous ne savions rien d’elle, sinon qu’elle existait. L’Allemand Edouard Flegel y avait bien pénétré en août 1882, mais, plus préoccupé de commerce que de science, il ne prenait pas le temps dans ses lettres de se répandre en longs récits descriptifs.
- Depuis trois ans, au contraire, nos connaissances ont beaucoup augmenté. La possession de l’arrière-pays du Cameroun ayant suscité la convoitise des Français et des Allemands, on s’est efforcé, de part et d’autre, d’atteindre Ngaoundéré, qui en forme la citadelle. Des Européens y ont pénétré à plusieurs reprises. M. le lieutenant de vaisseau Mizon y a séjourné du 4 au 29 janvier 1892. M. Ponel, administrateur colonial, envoyé en 1895, par M. de Brazza, auprès du sultan Zouveiro à Yola, traversa
- Ngaoundéré à l’aller et au retour de son voyage. Les deux Allemands von Uechtritz et Passarge sont restés neufjours dans le voisinage de la ville en janvier 1894. Et enfin, quelques mois après, M. Goujon, administrateur colonial, y a fait un séjour prolongé. En recueillant les témoignages de ces différents voyageurs, en les comparant, en les fondant les uns dans les autres, on peut tenter de donner une description de Ngaoundéré1.
- La fondation de la ville est l’un des épisodes de l’expansion des Foulbé, le plus grand événement politique et social qui se soit produit au Soudan central pendant la première moitié du siècle. Les tribus foulbé, nomades et pastorales, erraient dans le Soudan, passant avec leurs bœufs de pâturage en pâturage, elles vivaient en assez bons termes avec les sédentaires, agriculteurs et commerçants, et payaient aux maîtres du pays la dîme de leurs troupeaux. Mais, au commencement de ce siècle, éclata une de ces pestes bovines comme il s’en propage parfois en Afrique. Les Foulbé perdirent leurs troupeaux et furent ruinés. Alors ils se soulevèrenl, se ruèrent sur les villages haoussa et nègres, chassèrent les chefs, et assujettirent, du moins partiellement, les populations au milieu desquelles, auparavant, ils n’étaient que tolérés. C’est ainsi que furent fondés les sultanats de Sokoto et de Mouri.
- Une de ces tribus foulbé était établie sur la rive droite de la Bénoué, face à la ville actuelle de Yola. Commandée par un chef nommé Adamo, elle traversa la rivière et s’empara du grand village nègre de Gourin. A la nouvelle de cette victoire, ceux des Foulbé qui n’avaient pas encore fait fortune arrivèrent de tous côtés pour participer au pillage. Mais bientôt ils furent trop nombreux autour de Gourin. Sous l’action de l’élan qui les animait, ils se dispersèrent dans l’Adamaoua. Les uns s’établirent à l’ouest de Gourin, à Yola, d’autres à l’est, à Reï-Bouba, d’autres encore au sud-ouest, à Banyo et à Tibati. C’est par l’une de ces bandes que fut fondée Ngaoundéré, non pas en 1820, comme l’avance le Dr Passarge, mais beaucoup plus probablement vers 1840, comme le suppose M. Mizon.
- Ngaoundéré est établie sur un plateau ondulé et caillouteux, à la surface duquel surgissent de-ci de-là des chaînons granitiques ou des cratères de volcans éteints. Il a une altitude élevée. La ville est à 1062 mètres au-dessus du niveau de la mer et M. Mizon a relevé, à 50 kilomètres au nord et au sud, des hauteurs de 1200, de 1500 et même de
- 1 Nous avons fait usage des documents suivants : Louis Mizon, Itinéraire de la source de la Bénoué au confluent des rivières Kadeï et Mambéré. Bull. Soc. géogr. Paris, 4895, p. 542-375. —Les royaumes foulbé du Soudan central. Annales de géographie, t, IV, p. 346-368. — Dr Passarge. Adamaua, Bericht ueber die Expédition des Deutschen Kamerun-Komitees in den Jahren 1893-1894. 1 vol. in-8°, Berlin, 1895. — Ed. Ponel. La Haute-Sangha. Annales de géographie, t. V, p. 72-89. Nos figures ont été dessinées d’après des gravures publiées par la Deutsche kolonial-Zei-tung, de Berlin.
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- 1400 mètres. Aussi le climat y est-il rigoureux pendant l’hiver, et dans ce pays, qui est situé seulement entre 7° et 8° au nord de l’Équateur, on voit parfois l’eau geler. La flore et la faune y sont pauvres. On ne se croirait pas dans une région tropicale. « Les mimosas à gomme, les palmiers à huile, les palmiers borassus, les boabahs, si abondants dans la vallée de la Bénoué, sont inconnus. » Et ni flamants, ni canards, ni marabouts n’animent les rivières de leur présence.
- Ce n’est donc pas plus la douceur du climat que les facilités de la vie matérielle qui ont exercé un attrait sur les Foulbé.
- Us se sont établis dans cette contrée par nécessité stratégique.
- Ngaoundéré est une place de guerre.
- Le mot même de Ngaoundéré signifie forteresse, d’après M. Mizon. Telles les nombreuses Fer té, répandues sur notre territoire, et dont le nom, corruption du mot latin firmita-tem, rappelle que ces villes ou ces villages, d’allure aujourd’hui bien pacifique, étaient naguère des lieux fortifiés.
- Ngaoundéré a bien l’aspect d’une forteresse. Établie sur un dos d’âne, elle est entourée de trois côtés par des cours d’eau, qui forment des défenses naturelles. Elle est ceinte d’une muraille haute de 3 à 4 mètres, épaisse de lm,50 en bas, de 50 centimètres à la partie supérieure. Ce mur, de teinte rougeâtre, a été orné par les artistes indigènes de dessins etde sentences religieuses qui se détachent en gris. Il est crénelé et percé de meurtrières. Un fossé court à l’extérieur; à l’intérieur il y a un chemin de ronde et une marche sur laquelle montent les tirailleurs. Deux portes donnent accès dans la ville. •Notre gravure (fig. 2) représente l’une d’elles. C’est une maison en terre, surmontée d’un haut toit conique en herbe. Deux battants très solides ferment l’entrée.
- La superficie que contient cette enceinte n’est pas très étendue : 1 kilomètre de longueur sur 500 mètres de largeur. Aussi aucune parcelle de terrain n’a-t-elle été perdue. Les maisons se pressent les
- unes contre les autres. Il n’y a pas de jardin. Les rues sont très étroites, celle qui traverse la ville de l’est à l’ouest exceptée. La résidence du gouverneur, le tata, est établie au centre. Elle consiste en un groupe de maisons entouré d’un mur de 6 mètres de hauteur. Une seule porte permet d’y entrer. Il y a naturellement une mosquée à Ngaoundéré, comme dans toute bonne cité musulmane.
- Dans celte ville vivent côte à côte des populations d’origines très diverses. Les maîtres sont les Foulbé. Comme nous l’avons dit, la clarté du teint est l’une des différences les plus caractéristiques qui existent
- entre cette race africaine et les autres. On prétend même que certaines tribus ont la peau aussi blanche que les Européens. Mais les Foulbé de Ngaoundéré se sont fréquemment unis avec des esclaves noires, et ils participent plus du type nègre que la majorité de leurs congénères.
- Les hommes sont habillés à la mode musulmane.Les femmes déploient toute l’ingéniosité de leur imagination dans des ajustements de coiffure élégants et bien seyants (fig. 3). C’est l’habitude des femmes d’Afrique et il ne manque pas d’Européennes qui ressemblent en cela aux Africaines. Comme on le voit d’après notre gravure, leurs cheveux sont arrangés d’une manière qui n’est pas dépourvue d’originalité. Leur tête est surmontée de coussinets de cheveux, hauts comme la main, épais de deux doigts et rectangulaires. Des rubans colorés,( bleus, jaunes et rouges, sont enroulés autour. Les femmes portent généralement deux de ces coussinets et parfois un seul. Le Dr Passarge a rencontré une femme qui en avait quatre sur la tête. Les tempes sont ornées de bourrelets de cheveux, gros comme le poing, ronds, parsemés de perles bleues. Les cheveux de l’occiput sont noués sur la nuque.
- Les Haoussa forment un autre groupe de la population de Ngaoundéré. Ce sont des commerçants habiles et entreprenants; mais leur avidité et leur absence
- Ngornou
- Kilomètres.
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- Fig. 1. — Carte de l’Adamaoua et du Cameroun allemand.
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- Fig. 2. — Mur d’enceinte et une des portes de Ngaoundéré, en Àdamaoua.
- de scrupules les font mépriser dans tout le Soudan. I L’importation continue et il se tient toujours à Ici, comme ailleurs, ils ont accaparé le trafic, et | Ngaoundéré un important marché d’esclaves. Le
- Dr Passarge assista ainsi à une triste scène de mœurs africaines, dont le mur de la ville et la rivière formaient le décor ; c’était un soir, des hommes assis en groupe prenaient le frais tout en causant. Des femmes et des filles venaient puiser de l’eau, puis partaient en bavardant, la cruche sur l’épaule ou sur la tète. Des enfants piaillaient et pleuraient. Au milieu de ces groupes apparut une caravane d’esclaves de guerre récemment capturés, enchaînés, maigres jusqu’aux os, épuisés, poussés en avant par leurs gardiens. Elle pénétra dans la porte’ et disparut dans la ville.
- Pendant son séjour dans la Haute-Sangha, en 1893, M. de Brazza
- des hyènes, qui se chargent, concurremment avec fit présent au gouverneur de Ngaoundéré de deux les vautours, de dépecer et de ronger les cadavres. défenses d’éléphant. C’étaient des pièces de choix,
- leur richesse leur donne une certaine puissance politique.
- Ni les Eoulbé, ni les Ilaoussa ne sont nombreux. Le gros des habitants est formé d’abord par la population autochtone, soumise il y a une cinquantaine d’années, les Mboum, puis par les esclaves.
- Ceux-ci ont été amenés en nombre considérable, à la suite des guerres, comme en témoignent d’une manière tragique les milliers de squelettes répandus sous les murs de la ville. Des crânes blancs ricanent de toutes parts, et le pied heurte ici un fragment de côte, là un tibia, et plus loin un fémur. Toutes les nuits, les environs de la ville retentissent des cris
- Fig. 3. — Femme oulbé, à Ngaoundéré, avec sa coiffure élevée. (D'après une photographie.)
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- d’ivoire fin, et si lourdes que les porteurs succombaient littéralement sous le faix. Abbou ben Aïssa, tel est son nom, apprécia fort ce cadeau, mais certainement il aurait encore éprouvé plus de satisfaction, si on lui avait envoyé une chaîne d’esclaves.
- Ce gouverneur porte en l'oulbé le titre de lamido.
- Il dépend absolument du sultan de Yola, qui lui confère l’investiture. La charge n’est pas héréditaire. A la mort du dernier lamido, son fils Bello a été évincé, malgré ses importants services et ses victoires, au profit de son cousin Abbou ben Aïssa.
- Le lamido lève des taxes : dîmes des produits de la terre, dîmes des troupeaux, droits de marché et de circulation accordés aux marchands, cadeaux extorqués aux voyageurs européens. Après le ramadan, il envoie un important présent au sultan de Yola. « Trois fois par semaine il rend la justice, et chaque vendredi il chante lui-même la prière à la porte de son tata. » Il est fort occupé aussi à exercer ses soldats. Pendant le séjour de M. Mizon, il y avait chaque mercredi exercice sur le Champ (le Mars. Abbou ben Aïssa faisait manœuvrer ses cavaliers et ses archers, M. Mizon, les soldats de son escorte. « Et de longues discussions s’engageaient au retour sur la valeur réciproque des soldats. »
- Les Foulbé vivent, en effet, dans un état constant de mobilisation, pour maintenir leur domination sur les peuples soumis, et aussi par ambition de l’étendre. Leur autorité s’exerce maintenant au sud jusqu’au confluent de la Mambéré et de la Kadéi, et jusqu’à la limite des pays mfan. La conquête n’a pas toujours été aisée. Ils ont rencontré de la part des Baïa, qui habitent autour de Koundé, une résistance énergique. Sous la conduite de Bello, l’armée resta cinq ans absente de Ngaoundéré. Une grande action eut lieu entre Yambaka et Mandé. M. Mizon a traversé le champ de bataille, et les centaines de squelettes qui blanchissent dans la plaine témoignent du nombre comme de la valeur des combattants. Actuellement, c’est surtout vers l'est et le sud-est de Ngaoundéré que les Foulbé s’efforcent de gagner du terrain.
- Après avoir soumis les païens, ils cherchent à se les assimiler. Ils emploient deux procédés. Us placent à côté des*chefs indigènes des résidents qui les conseillent, les dirigent et répandent des idées nouvelles. En outre, ils attirent à Ngaoundéré les fils de ces chefs. Ces enfants, élevés au milieu des Foulbé, s’imprègnent de leurs coutumes, reviennent chez eux musulmans, et sont à leur tour des agents de propagande.
- C’est une grosse question de savoir dans quelle mesure cette absorption de tribus isolées par la grande communauté musulmane sera nuisible ou favorable à l’expansion coloniale de l’Europe. On ne saurait la discuter en quelques lignes, et encore moins la trancher à la légère. Réservons-la donc pour l’instant.
- Mais à un point de vue simplement humain, on
- ne peut pas considérer d’un mauvais œil ce progrès des musulmans. Us pratiquent, il est vrai, la traite des esclaves. Mais dans les pays ou ils exercent leurs razzias, ils n’introduisent pas une nouveauté, puisque la capture des esclaves est précisément le principal, sinon le seul motif des guerres incessantes des nègres. Or, sous d’autres rapports, les musulmans font œuvre utile. Sous leur influence, les nègres abandonnent des ornements barbares qui les défigurent, apprennent à se vêtir et à se draper dans des étoffes de coton, renoncent à l’anthropophagie. Les musulmans les rendent plus civilisés, moins sauvages. Ils attirent à l’intérieur delà communauté humaine de pauvres êtres qui vivent aux confins de l’humanité et de l’animalité L Hexri Dehérain.
- CHRONIQUE
- Les colorations de certains insectes de l’ordre des Lépidoptères. — M. Émile Blanchard a fait à l’Académie des sciences (séance du 16 décembre 1895) une intéressante communication que nous reproduisons ici : « J’ai fait de nombreuses expériences en vue de modifier la couleur de certains Lépidoptères ; ces expériences ont porté particulièrement sur le papillon connu sous le nom vulgaire de Paon de jour ( Vanessa Io), de tous nos Lépidoptères le plus richement coloré. Prenant dé jeunes chenilles à peine au sortir de l'œuf, je les plaçais dans des boîtes sous des verres, les uns rouges, les autres verts ou bleus, d’autres encore violets. Au jour de l’éclosion, aucune couleur n’avait subi la plus légère modification. Des individus élevés dans une complète obscurité étaient éclos aussi brillamment parés que les individus élevés en pleine lumière. Gomme les chenilles du Paon de jour se nourrissent d’orties, dans des boîtes bien closes, les tiges d’orties, passant par de petits trous au fond de la boîte, étaient reçues dans un vase rempli d’eau, de façon à n’ètre pas souvent renouvelées ; le moment venu où un renouvellement devenait nécessaire, l’opération se faisait dans une chambre tout à fait obscure. Malgré tous les soins, aucune nuance de l’aile des papillons ne fut altérée. On avait pourtant un point de départ qui semblait bien indiqué : l’action de la lumière. Une petite espèce du genre des Vanesses, connue sous le nom vulgaire de Carte géogra*. phique, à raison du dessin de ses ailes, a deux générations annuelles ; chez les individus dont toutes les métamorphoses s’accomplissent en été, les ailes sont noires; c’est la Vanessa prorsa. Chez les individus dont les chrysalides passent l’hiver, les ailes sont fauves : c’est la variété Levana. »
- --0^0---
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 13 janvier 1896. — Présidence de M. Cornu.
- L'équivalence énergétique du travail musculaire. — M. Chauveau expose le principe d’une méthode qu’il vient d’employer dans des recherches entreprises en vue de déterminer la dépense énergétique consommée dans le travail positif et dans le travail négatif des muscles. Le travail positif, c’est le travail nécessaire pour élever une charge, le travail négatif, celui' qui correspond à l’abaissement d’une charge. Selon la remarque de M. Chauveau, le travail positif comporte un effort pour déplacer la charge
- 1 D'après le Deutsche colonialzeitung.
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- et un effort pour la soutenir ; le travail négatif est au contraire allégé du travail mécanique de descente. Il résulte de ces considérations qn’il existe entre les deux travaux un supplément de consommation qui représente le double du travail mécanique. Expérimentalement, on ne peut déterminer sur le muscle le travail chimique résultant de l’énergie dépensée, travail chimique qui a pour conséquence la combustion glycosique. Mais ce travail se reflète très exactement sur l’ensemble des échanges respiratoires. M. Chauveau a imaginé dans ce but un outillage perfectionné qui lui a permis de constater l’exactitude de la proposition ci-dessus énoncée.
- Découverte d'un glacier. — M. Fabre, inspecteur des forêts, a découvert dans les montagnes d’Aubrac la trace d’un glacier de l’époque du pliocène. Ce glacier, situé à une altitude moyenne de 1400 mètres, s’étend sur une longueur de 20 kilomètres. 11 a laissé des vestiges figurés par des moraines et des mamelons moutonnés. Particularité remarquable, l’écoulement des glaces s’est produit dans un sens différent de celui qu’il aurait aujourd’hui. Il résulte de cette circonstance qu’à l’époque du pliocène, cette région présentait un relief différent.
- Un nouvel étalon lumineux. — M. Violle a construit un étalon lumineux à flamme d’acétylène; il a observé qu’à pression égale, le pouvoir éclairant de l’acétylène est 21 fois plus considérable que celui du gaz d’éclairage.
- De la formation du bois parfait. — Dans certaines essences, la région centrale du tronc des arbres se distingue de la région périphérique par une supériorité de propriétés physiques et mécaniques; elle s’en distingue aussi par une coloration brune plus ou moins accentuée. La première de ces régions est désignée sous le nom de duramen, ou bois parfait, la seconde sous le nom d'aubier. Le chêne fournit le type le plus caractérisé du bois parfait. Ce n’est qu’au bout de quinze ou vingt ans que l’aubier du chêne commence à se transformer en duramen. On admet que les modifications qui s’y produisent, pour amener un changement aussi important dans les qualités du bois, sont considérables. M. Emile Mer a reconnu que le bois parfait du chêne ne diffère essentiellement de l’aubier que par une proportion plus forte de tanin et par une fixation de cette substance sur certains éléments. Le tanin, d’abord contenu à l’état de solution dans les rayons médullaires et les cellules ligneuses, quitte peu à peu la cavité de ces éléments, pour en imprégner les parois, ainsi que celles des vaisseaux et principalement celles des fibres. A mesure que ces parois se dessèchent, le tanin s’oxyde et brunit. Telle est l’explication de la coloration du bois parfait. Cette fixation du tanin sur les fibres se produit pendant de nombreuses années. Aussi celles-ci se chargent-elles de plus en plus de tanin, ce qui explique pourquoi le cœur du chêne augmente de densité à mesure qu’il vieillit. D’autres essences possèdent aussi un bois parfait bien distinct (orme, châtaignier, etc.), mais il en est plusieurs qui, bien que classés parmi les bois durs (charme, hêtre, frêne), ne passent pas pour avoir un bois parfait, parce que les propriétés de la région centrale ne diffèrent pas sensiblement de celles de la région externe. M. Mer a reconnu que, dans ces arbres, le bois central est toujours plus riche en tanin et plus coloré que le bois périphérique; par conséquent on doit aussi y reconnaître l’existence d’un duramen. Seulement les différences dans Jes proportions de tanin étant généralement faibles, la différence dans les propriétés physiques des deux bois est également peu appréciable.
- La respiration des graines en germination. — M. de Rey Pailhade, en poursuivant ses recherches sur le phi-lotion et la laccase, vient de reconnaître que la laccase oxyde rapidement le philotion, en produisant de l’acide carbonique, fait qui explique la respiration des graines et permet de concevoir le mécanisme de la respiration des cellules animales, si riches en philotion. Cette indication complète les considérations par lesquelles M. Armand Gautier a appelé l’attention de l’Académie sur une Note de M. de Rey Pailhade relative à la coexistence de la laccase et du philotion dans les graines, au cours de la séance du 30 décembre 1895.
- Élection. — M. Marcel Bertrand est élu membre de la section de minéralogie, en remplacement de M. Pasteur, par 47 voix contre 4 données à M. Michel Lévy et 3 à M. de Lapparent.
- Varia. — M. G. Ilermite présente un Mémoire sur les résultats de l’ascension à grande hauteur de l’aérophile. — M. Charpentier, de Nancy, décrit sous le nom d’oscillations rétiniennes consécutives de l’impression lumineuse un phénomène d’impressions successives dont l’intensité va en décroissant. Ch. de Villedeuil.
- QUELQUES ILLUSIONS D’OPTIQUE
- Plusieurs illusions d’optique me paraissent ressortir d’un même système d’explications, que j’exposerai après avoir décrit quelques cas particuliers.
- Il y a trentë-cinq ans, F. Zôllner publiait une série de dessins analogues à celui de notre figure 1, et depuis cette époque de nombreux savants ont donné les explications, d’autant plus ingénieuses qu’elles sont moins exactes, du remarquable phénomène par lequel les deux lignes épaisses de ce dessin, qui sont rigoureusement parallèles, paraissent diverger vers le haut1.
- Sur la figure 2, le même phénomène apparaît encore plus nettement, mais ici ce n’est plus une illusion, car le dessinateur a représenté correctement un bâtiment de forme bizarre, dont la partie la plus éloignée est plus large que la façade la plus voisine. Un bâtiment analogue, de forme rectangulaire, serait représenté par la figure 3, où la perspective a été observée. Le spectateur a donc raison de dire que les lignes de la figure 3 représentent des lignes parallèles. De là, il n’y a qu’un pas pour dire qu’elles sont parallèles et que, par conséquent, les lignes similaires de la figure 2 ne sont pas parallèles (alors qu’elles le sont en réalité). — C’est par une assimilation involontaire qu’on est conduit à croire que les lignes de la figure 1 ne sont pas parallèles.
- Cette expérience me rappelle la mésaventure d’un artiste qui, rètenu par un accident dans une auberge de province, et ne se trouvant pas en fonds, proposa d’acquitter sa note en peignant une enseigne qui représentait une diligence arrêtée devant la porte de l’Hôtel de la Poste. L’aubergiste, avant
- 1 Yoy. dans La Nature, 1er semestre de 1876, p. 292 et 293, l’explication des illusions d’optique de llering et de Zollner, donnée par M. Bontemps, d’après llelinlioltz.
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- d’accepter ce payement en nature, fit venir l’homme le plus expert du village, en matière de carrosserie. Celui-ci, un charron, n’hésita pas à piquer l’une des pointes d’un compas au centre du moyeu de la roue de la diligence. Faisant pivoter l’instrument, il décrivit avec l’autre pointe un cercle régulier, qui différait beaucoup de l’ellipse tracée par le peintre, en disant sentencieusement : « Je ne vous dis que ça! »
- Il va sans dire que l’enseigne fut refusée avec dédain. Il était inutile d’expliquer au charron que dans la perspective, un cercle doit être représenté par une ellipse, et cependant un enfant n’eût pas hésité, en regardant la peinture, à dire que les roues lui paraissaient rondes et nullement ovales.
- Tout dessin représentant des objets réels en perspective, doit altérer les dimensions des lignes et leurs angles. Il en résulte qu’habitués à regarder les objets, nous sommes enclins à faire des rectifications des images que nous en recevons, rectifications systématiques dont la persistance explique la pseudoscopie de Zdllner.
- La figure 4 produit une illusion non moins frappante : il faut les mesurer pour être sûr que les lignes AB, CD sont rigoureusement égales.
- Qu’on se reporte à la figure 6, on aura peine à croire que les lignes ab et cd sont parfaitement égales, car on sait bien que l’armoire est moins haute que la chambre. Je prie de remarquer que, sur ce dessin, les extrémités de la ligne ab aboutissent à des lignes analogues à celles qui sont aux extrémités de la ligne AB de la figure 4. Même analogie entre les lignes CD et cd des figures 4 et 6. Or il serait facile de multiplier les exemples analogues et de remarquer que, quand nous regardons les objets qui nous environnent, la disposition AB se rencontre souvent pour des lignes verticales voisines, tandis que la disposition CD ne s’offre à nos regards que pour des lignes loin-
- taines telles que ab et ef de la figure 6. Donc, dans notre besoin de connaître la dimension réelle et non la grandeur apparente des objets, nous prenons l’habitude d’estimer plus longues les lignes du
- système CD que celles du système AB, et nous conservons cette habitude quand sa raison d’être n’existe plus, par exemple quand nous regardons la figure 4.
- Le Dr Green, de Saint-Louis (Missouri), a fait connaître une jolie illusion fournie par la figure 5. Le cercle supérieur paraît plus grand que le cercle inférieur et l’explication est analogue aux précédentes : on ne peut s’empêcher de penser que l’image représente deux disques en papier à travers lesquels on a piqué une épingle, servant d’essieu à deux roues qui, si elles étaient égales, devraient être figurées inégales sur le dessin. Cette expérience de Green est encore rehaussée quand, au lieu d’un dessin, on en fait deux, destinés à être vus dans un stéréoscope1.
- Toutes les illusions d’optique dont il vient d’être question et d’autres analogues, me paraissent s’expliquer ainsi : Quand des lignes tracées sur un plan affectent des dispositions analogues à celles que l’œil est habitué à rencontrer dans la représentation perspective d’objets, l’appréciation des dimensions et des positions de ces lignes est faussée par l’interprétation habituellement évoquée par des lignes ainsi disposées2.
- Emile Javal.
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- 1 Voyez planche F de mon Manuel de strabisme. Paris, Masson, 1896.
- 2 Les illusions dont il a été question ici, présentent celte particularité de disparaître à peu près complètement
- si l’on fait usage d’un éclairage instantané pour observer les dessins. Elles augmentent, au contraire, quand on parcourt la figure du regard. Cette remarque, déjà ancienne, vient à l’appui de mon explication.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier
- Fig. 1 ii 5. — Fig. 1, 2 et 5. Illusion des lignes parallèles.
- Fig. 4. Illusion sur la longueur des lignes. — Fig. 5. Illusion des cercles.
- Fig. 6. — Illusion des lignes verticales.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1182. — 25 JANVIER 181H1. LA NATURE.
- LA PERMÉABILITÉ DE LA TERRE
- Quand, dans un champ cultivé, on fait pratiquer une excavation pour suivre le développement des racines et qu’on examine une paroi verticale bien dressée à la bêche, on est très frappé de voir combien la terre est compacte, serrée; elle paraît former une masse continue et on est étonné que l’air puisse y pénétrer et y circuler librement.
- Or, pour que les plantes puissent vivre, croître, se développer normalement, il ne suffit pas que leurs tiges et leurs feuilles s’épanouissent dans une atmosphère oxygénée, il faut encore que leurs racines respirent, et l’oxygène leur est nécessaire.
- L’existence même des plantes suffit donc à montrer qu’habituellement l’air pénètre dans le sol et même s’y renouvelle aisément, car l’air qui séjourne quelque temps dans un vase fermé, au contact de la terre, perd très vite son oxygène, qui est métamorphosé en acide carbonique; si, dans le sol, l’air ne se renouvelait pas, il serait privé d’oxygène; or, toutes les analyses de l’air extrait de la terre y décèlent au contraire une forte proportion d’oxygène.
- Les terres sont donc habituellement perméables à l’air, mais le sont-elles toujours? Le sont-elles toutes au même degré? Et si parfois elles ne le sont qu’ineomplètement et si même elles deviennent imperméables, à quelle cause est due cette imperméabilité?
- C’est pour résoudre ces questions que nous avons disposé, M. Demoussy, préparateur au Muséum, et moi, l’appareil représenté par la ligure ci-dessus; dans une allonge A est placée la terre en expériences, elle est en poudre fine; l’allonge est fixée par un bouchon en caoutchouc capable de tenir le vide à une fiole tubulée; à la tubulure de cette fiole est adapté, par un caoutchouc à vide, un tube qui se recourbe à angle droit et vient se fixer sur une planai" année. — 1er semestre.
- chette verticale ; sur ce tube C sont soudés deux tubes 1), IV qui, après s’être rapprochés, descendent dans une petite cuve à mercure; des robinets de verre E, E' permettent de les mettre en relations ou de les isoler d’une trompe à eau F actionnée par le courant d’eau fourni par un robinet fixé sur le mur du laboratoire. — Des divisions de centimètre en centimètre sont tracées sur une feuille de papier collée sur la planche entre les deux tubes.
- Quand on veut mouiller la terre, on y déverse de la pluie à l’aide d’un pulvérisateur G dont le principe
- est analogue à celui des appareils en usage pour répandre des parfums ; le courant d’air est fourni par une souftlerie dont l’orifice est encore fixé sur le mur du laboratoire.
- Lorsque la terre fine placée dans l’allonge-est bien tassée, on aspire l’air de la fiole à l’aide de la trompe F ; si la terre est très perméable, qu’elle soit traversée à chaque instant par une quantité d’air égale à celle qu’enlève la trompe, la pression dans la fiole R est égale à la pression atmosphérique et le mercure ne s’élève pas dans les tubes D, I)'; mais, si au contraire l’air éprouve une certaine résis tance à traverser la terre, il en pénètre dans la fiole moins que n’en enlève la trompe, la pression diminue, le mercure s’élève dans les tubes, d’autant plus haut qu’est plus grande la différence entre la pression dans la fiole B et la pression atmosphérique, et on conçoit que la hauteur qu’atteint le mercure dans les tubes D, D' mesurant cette différence, indique la perméabilité plus ou moins grande de la terre mise en expériences quand elle est sèche ou qu’au contraire elle a reçu des quantités de pluies croissantes.
- Les terres arables sont formées de quatre éléments différents : de sable, d’argile, de calcaire terreux et d’humus. Si l’on commence à chercher la perméabilité à l’air de ces divers éléments, on la trouve très différente ; tandis que le sable même très fin, sec ou humide, est absolument perméable, qu’il laisse passer
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- Appareil pour l’étude de la perméabilité de la terre.
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- l’air librement et que, lorsqu’on actionne la trompe, le mercure ne s’élève pas dans les tubes, il en est tout autrement du calcaire et surtout de l'argile; quand on y déverse de la pluie, l’eau pénètre difficilement au travers de la masse, forme rapidement une couche à la surface, l’air ne passe plus, le mercure s’élève et atteint 74 centimètres, limite du vide que l’on peut obtenir avec la trompe à eau employée; l’humus de la tourbe est au contraire très perméable.
- L’eau qui surmonte l’argile ou le calcaire terreux finit par s’écouler, même quand on cesse de l’attirer en arrêtant la trompe, mais le mercure reste suspendu dans les tubes pendant longtemps et c’est seulement après un ou deux jours que la pression se rétablit dans la fiole IL
- Si on place de la terre dans l’allonge A, on reconnaît bien vite que la perméabilité décroît avec son degré de finesse, avec son tassement, on reconnaît en outre qu’elle décroît encore avec la quantité d’eau déversée ; il arrive qu’une terre qui est très perméable quand elle a reçu 50 ou 100 centimètres cubes d’eau en pluie, devient de plus en plus imperméable à mesure que la pluie est plus prolongée; si cependant, après chaque afflux d’eau, on pèse l’allonge pour connaître, d’après son augmentation de poids, la quantité d’eau qu’elle retient, on trouve que cette quantité n’augmente pas ; ainsi ce n’est pas l’eau interposée entre les molécules de terre qui empêche le passage de l’air.
- Si on se rappelle en outre que la perméabilité est d’autant moindre que la terre est plus fine et plus tassée, on arrive à cette idée que la terre devient imperméable quand l’eau délaye les parties les plus fines, les entraîne dans les interstices que laissent entre elles les molécules de terre, puis les abandonne quand son mouvement se ralentit ; peu à peu ces interstices s’obstruent, se bouchent, et l’imperméabilité se produit.
- On ne voit, en effet, la terre devenir tout à fait imperméable à l’air et le mercure s’élever dans les tubes annonçant un vide complet, qu’autant que la terre est couverte par une couche d’eau; aussitôt que cette couche disparaît, que l’air extérieur peut atteindre la couche de terre, il s’y précipite et le mercure descend.
- Il est visible, d’après ces observations, que si on pouvait rendre les petites molécules de terre assez stables, assez solides, assez résistantes pour qu’elles ne soient plus désagrégées, délayées par l’eau, on aurait chance de conserver la terre perméable. Or, nous savons qu’une molécule de terre est un petit agrégat de sable cimenté par l’argile coagulée ; cette coagulation de l’argile est déterminée par le carbonate de chaux dissous par l’acide carbonique fourni par la combustion lente de l’humus.
- Cette intluence décisive des sels de chaux sur la coagulation de l’argile, par suite sur la stabilité des agrégats de terre, enfin sur la perméabilité, est facile à montrer par une jolie expérience due à M. Schlœsing.
- On délaye de l’argile dans l’eau distillée, où elle
- reste en suspension; on conserve ainsi pendant plusieurs heures cette eau boueuse sans la voir s’éclaircir; mais si on y verse une petite quantité d’une dissolution saline, de sel marin par exemple, ou encore d’un sel de chaux, très vite, l’aspect du liquide se modifie, on voit apparaître dans cette masse tout à l’heure homogène de petits flocons d’argile, qui lentement descendent dans le liquide, et bientôt se réunissent au fond du vase, laissant au-dessus d’eux une eau presque limpide. L’argile peut donc affecter deux états très différents : tantôt elle est délayable dans l’eau, passe au travers des filtres, se laisse entraîner; tantôt, au contraire, elle est stable, ne se délaye plus, reste sur le filtre et laisse couler au-dessous d’elle une eau limpide.
- L’eau pure délaye l’argile, l’eau chargée de sels la coagule et la précipite, de là la limpidité des eaux de la mer et la production des deltas à l’einbouehure de tous les grands fleuves, qui déposent l’argile qu’ils avaient entraînée aussitôt que leurs eaux deviennent saumâtres.
- Tant que la terre renferme des sels de chaux dissous, son argile coagulée résiste à l’action de la pluie, la terre est perméable, mais si une pluie persistante enlève les sels de chaux dissouts, l’argile se laisse entraîner, les interstices par lesquels l’eau et l’air circulaient se bouchent, la terre devient imperméable.
- On est averti de cette imperméabilité par la persistance de l’eau dans toutes les parties déclives; si, en hiver, l’eau reste dans les sillons, la terre est, imperméable.... Le remède est facile à indiquer, il faut chauler ou marner, et parmi beaucoup d’autres, un des avantages des chaulages que mettent en lumière les expériences que nous venons de décrire, est précisément de conserver la terre perméable à l’eau et à l’air. P.-P. Dehékain,
- do l’Institut.
- CURIOSITÉS CINÉMATOGRAPHIQUES
- Le principe de réversibilité et d’inversion des phénomènes a déjà donné lieu à de curieuses observations de la part des physiciens, mais aucun d’eux ne conduit à de plus bizarres et, disons le mot, à de plus folles conceptions que celles auxquelles on arrive dans l’hypothèse d’un retour en arrière en fonction du temps. L’esprit de l’homme est rapidement arrêté, d’ailleurs, dans cette voie, et ces conceptions d’un retour au passé se limitent à un retour en arrière comme point de départ, suivi d’un examen des événements dans leur succession chronologique naturelle. Ce que l’esprit de l’homme est impuissant à réaliser, de simples instruments de physique peuvent le faire chaque jour, et suppléer à son activité intellectuelle en frappant certains sens, l’ouïe et la vue en particulier, comme le feraient des événements et des phénomènes se succédant dans l’ordre chronologique inverse, c’est-à-dire en remontant dans le temps.
- Ces réflexions, d’une philosophie transcendante et nuageuse en apparence, nous sont inspirées par le phonographe et le cinématographe. On sait déjà qu’en faisant tourner le phonographe à l'envers, on reproduit les sons
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- dans l’ordre inverse où ils ont été émis, et on obtient de la sorte une véritable cacophonie dont les maisons de fous ne donnent qu’une vague idée. Cependant, lord Kelvin a utilisé le principe de la réversibilité de la voix phonographique à la désignation d’une unité électrique : Puisque la résistance d’un conducteur est l’inverse de sa conductance et que la première se mesure en ohms, il a paru logique à l’illustre physicien anglais de mesurer la seconde en mhos, et c’est ainsi qu’a été créée l'unité aujourd’hui universellement adoptée dans le langage électrique.
- Il nous a semblé que, pour les phénomènes de la vue, le cinématographe permettrait de remonter dans le temps comme le phonographe permet de remonter dans le temps en matière d’acoustique : il suffirait, pour cela, de faire dérouler les photographies successives en sens inverse de leur ordre naturel. Nous laissons à nos lecteurs le soin de s’imaginer à quelles singularités, à quels actes incompréhensibles assislerait le spectateur. Les choses les plus prodigieuses ne sont rien devant la réalité des images déroulées sous les yeux des spectateurs. Le buveur prend son verre vide et le repose plein; le fumeur voit la fumée naître dans l’espace et entrer dans son cigare qui s’allonge avec le temps ; le lutteur qui a jeté ses vêtements les voit revenir sur lui-même et le recouvrir tandis qu’il se livre à des contorsions auxquelles nous ne comprenons rien, puisque nous n’avons jamais vu les phénomènes ou les événements les plus ordinaires de la vue se dérouler en remontant dans le temps.
- Nous pensons qu’une séance de cinématographe devrait être complétée par le curieux spectacle d’une ou deux vues déroulées à l’envers, mais en ayant soin de prévenir les spectateurs, pour qu’ils ne se croient pas sujets d’un rêve ou d’une hallucination. E. II.
- YÉLOCIPÉDIE
- l’EiXTRAINEMEiXT DAxVS les courses, les records ET LES MATCHS
- Le goût des courses de bicyclettes ne quitte maintenant le public ni l’été, ni l’hiver. A Paris seulement, les vélodromes découverts de Buffalo et de la Seine attirent de mai à novembre, chaque dimanche, une dizaine de mille de spectateurs. De novembre à mai, le vélodrome couvert du Palais des Arts Libéraux, au Champ-de-Mars, réunit en nombre presque aussi considérable les fervents des tournois cyclistes. Le nom des principaux coureurs devient une sorte de petite propriété nationale et tous les journaux consacrent une rubrique à leurs performances. Bref, la véloeipédie-sport est entrée dans nos mœurs autant que la vélocipédie-tourisme et la vélocipédie-mode de transport. Ajoutons que la première a été incontestablement l’éducatrice des deux autres, et que les perfectionnements dans la légèreté, la rigidité, le roulement de nos machines de route, nous sont tous venus de la piste.
- Presque tout le monde aujourd’hui sait en quoi consistent un vélodrome et une piste. Bien peu de personnes, par contre, peuvent analyser à fond le spectacle qui s’y donne et se rendent compte de toutes les difficultés qu’il présente.
- Une des questions les plus importantes actuellement dans le sport cycliste est celle de l’entraîne-
- ment1. Les entraîneurs, les « pacemakers », ceux qui font le pas, pour employer l’expression anglaise, sont des comparses qu’il serait aujourd’hui impossible d’omettre pendant même la plus modeste réunion de courses.
- Le spectacle donné sur les pistes est, en effet, de deux genres bien différents. Le public y voit le plus souvent des courses, c’est-à-dire de réels combats sur roues entre adversaires dont le désir est, non pas d’arriver rapidement au poteau, mais d’y arriver avant le rival, quel que soit le temps employé à cette fin. 11 faut alors au coureur des jambes certes, mais aussi de la tête, de la tactique et de l’à-propos ! 11 faut qu’il connaisse les faiblesses de ses adversaires et les siennes propres; qu’il ne fasse aucun effort inutile; qu’il ne se laisse point enfermer dans le peloton, etc., en un mot qu’il joue la petite guerre. C’est là du vrai et du bon sport. Lorsque la course se livre entre deux hommes seulement qui se sont porté défi sur une distance déterminée, on dit qu’il y a match.
- Le public est, d’autre part, convié souvent à des tentatives de records. En ce cas, ce ne sont plus des hommes qui luttent les uns contre les autres. C’est un seul homme qui « marche contre la montre », c’est-à-dire s’efforce de couvrir en un temps donné plus de distance que jamais coureur n’en a couvert dans les mêmes circonstances; ou bien, de courir une distance donnée dans un temps moindre que personne ne l’a jamais fait.
- Or qu’arrive-t-il, dans le premier cas, en course1! Chaque homme, livrant bataille, se refuse à prendre une position qui lui donnerait la moindre défaveur. Aucun ne consent à marcher le premier, à prendre la corde, à passer devant, parce qu’il servirait ainsi d’entraîneur à son ennemi et lui couperait le vent. Il en résulte que, une fois le signal du starter donné, au lieu de voir les coureurs s’élancer, le public est surpris d’apercevoir qu’ils marchent le plus lentement possible, font de l’équilibre presque sur place pour forcer leurs adversaires à prendre la tête et à mener le train. L’épreuve, dès lors, est une course d’attente de 2, 5, quelquefois 10 kilomètres, terminée par un déboulé de 200 mètres où la victoire appartient, non toujours à l’homme le meilleur, mais à celui qui était le mieux placé au moment du démarrage final. Le public se désintéresse de ces épreuves monotones, et le sport, dans ces conditions, devient un jeu d’enfants.
- Ile même, dans les tentatives de records, si l’on abandonne le recordman à lui-même, il est vite annihilé en partie par des ennemis qui ne devraient rien
- 1 Les mots entrainement et entraîneur ont chacun un double sens. Entrainement désigne à la fois la méthode que le coureur emploie pendant de longues semaines pour arriver à se mettre en forme ; et le service d’entraîneurs qui l’aide, le jour de l’épreuve venu, à accomplir la meilleure performance possible. Entraîneur désigne à la fois l’homme qui dirige, comme pour un cheval, la préparation du coureur; et le cycliste qui, sur piste ou sur route, aide le coureur dans sa tentative.
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- avoir à faire avec le sport, tels que l’ennui, le découragement, le vent, etc.... L’homme ne rend pas alors tout ce que son être de muscles et de nerfs renferme de qualités, et l’épreuve est moralement faussée.
- C’est ainsi que la nécessité des entraîneurs s'est imposée peu à peu à tous les genres d’épreuves. Pour forcer les coureurs à marcher de bout en bout de la course, on a placé devant eux d’autres cyclistes qui, eux, n’ont d’autre souci que de mener un train vigoureux et de couper l’air. Ils se relayent à tour de rôle. C’est au meilleur homme à les suivre, et à gagner. De même, pour mettre un recordman à l’abri des ennemis que je viens de signaler, on l’entoure de cyclistes qui, sans le toucher jamais, le « tirent », c’est-à-dire le forcent à maintenir un
- train déterminé derrière la roue qui le précède.
- Les entraîneurs de piste, qui font ainsi le « pa-cing », sont en général des coureurs de deuxième et de troisième ordres qui, n’ayant pas de chances d’ètre jamais placés quand les grands ténors de la pédale sont en scène, se chargent de leur faire pousser leurs notes les [dus élevées. 11 y a trois ans, les entraîneurs étaient montés à bicyclette simple comme les coureurs qu’ils entraînaient. On voyait alors souvent le spectacle hilarant de l'entraîneur, trop faible quoique sortant tout frais du quartier, dépassé par l'entraîné, encore supérieur à lui malgré sa fatigue! On eut alors recours à des machines plus rapides, à des tandems, puis à des triplettes, puis à des qua-druplettes. De nouvelles machines étaient ainsi créées, et aussi tout un art nouveau : l'Entraînement.
- Fig. 1 — Quadruplette Gladialor. (D'a
- Il ne faut guère insister, je pense, pour démontrer les difficultés mécaniques qu’offre, par exemple, la construction d’une quadruplette (fig. 1), d’une machine tout en tubes, reposant sur le sol par deux points seulement éloignés l’un de l’autre de (1 mètres, et destinée à supporter le poids de quatre hommes lancés à la vitesse de 60 kilomètres à l’heure! Le choix minutieux des tubes, le calcul de leur épaisseur, de leur portée, le soin méticuleux des brasures où une seule manque peut être fatale à toute l’équipe, la rigidité de cette frêle machine qu’est une bicyclette et que cependant l’effort combiné de quatre hommes tirant par les chaînes sur un seul coté du cadre ne parvient pas à faire dévier, tous ces tours de force de mécanique prouvent à quelle perfection est arrivée aujourd’hui notre fabrication française.
- A titre de curiosité, je dirai qu’une tri [dette pèse environ ob kilogrammes, une quadruplette 42 ; que
- ris une photographie de M. ltarenne.)
- la première développe 7m,50 et la seconde 8'", 25 La direction des bicyclettes à places multiples, comme le tandem, la triplet te, la quadruplette, etc., se fait quelquefois par tous les guidons reliés ensemble. Mais l'expérience a démontré qu’il était préférable de laisser la direction de la machine à un seul cavalier, celui de devant. Les guidons des cavaliers 2, 7>, 4 sont alors immobiles. Ce n’est pas dire cependant que ces cavaliers d’arrière ne puissent avoir aucune action sur la direction de la machine. Bien au contraire, l’équipier placé tout à fait en queue est généralement le plus habile du lot; c’est lui qui sert en quelque sorte de gouvernail et, par une simple inclinaison du buste, fait incliner l’appareil dans le sens qui lui plaît. Si les trois cavaliers d’arrière savent bien monter, le cavalier d’avant peut, au besoin, lâcher le guidon, tour qui semble être acrobatique el qui ne l’est guère, car les quatre cavaliers n’en forment en réalité qu’un seul, très
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- épais, et le moindre cycliste sait avec quelle facilité, en se rejetant légèrement en arrière, on peut lâcher les mains sur une bicyclette simple !
- L’Entraînement ayant à sa disposition de si merveilleux instruments, qui atteignent souvent la vitesse d’un train express, ne rendit pas encore ce qu’on attendait de lui. 11 manquait à ces nombreuses équipes le grand ressort des entreprises réussies qu’on appelle la discipline! Jusqu’à l'année dernière, on peut dire que le pacing se fit en France tout à l’ait au hasard. Une équipe entraînait pendant quelques tours de piste le recordman, puis, fatiguée, se retirait de la piste tout à coup, l’abandonnant à ses propres forces. Heureux recordman, si
- quelque autre équipe, voyant sa détresse, se précipitait à son secours! Mais, alors même, une grosse faute s’était infailliblement produite : l’équipe remplaçante ne savait pas faire la reprise, c’est-à-dire se substituer à la première sans que le recordman subît, d’à-coup dans sa marche. Elle l’emmenait trop vite, et le recordman donnait un sureffort nuisible à l’issue de sa tentative ; ou bien elle marchait trop lentement, et le recordman perdait des secondes entières dans ces hésitations.
- On peut louer sans réserves M. Mercier, le directeur sportif de la manufacture française Gladiator, d’avoir, le premier, créé réellement chez nous une Ecole d’Entraînemcnt et d’avoir ainsi rapidement
- J-’iy. 2. — Lu recordman change d’entraîneurs. Lu triplette du premier plan va entraîner; colle du second plan vient d'entraîner. Derrière, à droite, le recordman. (D’après une photographie instantanée de M. J. Beau.)
- amélioré les records de fond et de demi-fond.
- M. Mercier, dès qu’il eut annoncé son projet, reçut près de trois cents demandes d’admission de jeunes gens qui, pour la plupart occupés toute la journée, désiraient consacrer leurs matinées ou leurs soirées à ces « classes sportives ». 11 en élimina immédiatement les deux tiers, reconnus peu aptes à ce travail, puis composa ses équipes avec le reste.
- A l’avant d’une équipe, il place de préférence un homme grand et fort afin qu’il soit plus maître de sa machine et reçoive seul le vent en protégeant à la fois ses camarades et le coureur à entraîner. Il fait d’abord monter cet homme seul, puis lui adjoint l’équipier d’arrière, le gouvernail ainsi que je l’ai dit, un homme de petite taille le plus souvent. Lorsque ces deux hommes de tète et de queue sont
- d’accord, il intercale l’équipier ou les équipiers manquants, et exerce toute l’équipe à acquérir l’unité dans le coup de pédale, qualité essentielle d’une équipe vite. L’endurance, qui s’obtient par l’habitude, est une qualité moins précieuse, attendu que les équipes sont relayées souvent, par exemple tous les trois tours pour les distances de 50 kilomètres, si l’on veut conserver la vitesse de 48 kilomètres à l’heure sur une piste de 353,n,35, soit 25 secondes au tour.
- Quand les équipes ont acquis la vitesse, ainsi que l’assurance du moins relative dans les virages (car peu de coureurs abordent les virages sans hésitation), M. Mercier les exerce aux « reprises », c’est-à-dire aux changements d’entraîneurs devant le coureur sans presque qu’il s’en aperçoive (lig. 2). Pour
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- arriver à ce résultat, l’équipe remplaçante part en avant du groupe. L’équipe qui tire en ce moment le coureur se place derrière, à droite, amène l’homme en contact avec la remplaçante et, s’assurant qu’elle peut sans danger se rejeter vers la barrière, vient se placer aussitôt derrière les équipes en réserve au point désigné de la piste. Chaque équipe étant numérotée d’avance et toutes étant rangées en lile, les départs et les changements se font sans peine sur l’ordre du chef entraîneur. Le seul devoir d’une équipe est d’ètre docile et de maintenir exactement, sans la ralentir ni l’activer, la vitesse lixée par le sportsman qui dirige le coureur.
- Ainsi qu’on le voit, le service des pistes vélocipé-diques, dont nous n’avons examiné ici qu’une des nombreuses parties, est très complexe. L’entraînement est, à vrai dire, l'aléa peut-être le plus considérable d’une réunion de courses et la cause la plus fréquente des insuccès. 11 est par contre l’atout majeur de la réussite, et un coureur de deuxième ordre, pourvu de bonnes équipes d’entraîneurs, bien disciplinées, est infailliblement vainqueur d’un coureur de premier ordre mal tiré.
- Triplettes, quadruplâtes, quintuplettes î Où s’arrêtera la longueur des machines pour l’entrainement? En Amérique, on a construit dernièrement une « nonaplette » ! Mais ce sont là de pesantes fantaisies qui ne peuvent rouler que sur des lignes droites. En effet nos pistes n’ont pas de virages à rayons assez longs pour permettre l’évolution facile à des bicyclettes de plus de quatre places ; et si la maison Gladiator vient de construire une quintu-plette qu’on aperçoit déjà sur les vélodromes, du moins a-t-elle placé son cinquième cavalier en arrière de la roue directrice, pédalant au centre de cette roue par un mouvement multiplicateur, en sorte que l’appareil n’a pas une longueur supérieure à celle d’une quadruplette. Nos pistes ont été construites pour la plupart il y a quatre ans, en vue de vitesses de 50 à 40 kilomètres à l’heure, alors qu’aujourd’hui ces vitesses montent parfois à 65 kilomètres. On prévoit le moment ou elles devront toutes être démolies et reconstruites sur des données nouvelles et bien étudiées.
- Mais qui peut certifier que ces nouvelles pistes elles-mêmes ne seront pas trop petites dans deux ou trois ans, et qu’en 4900 une « décaplette » — à moins que ce ne soit une simple bicyclette automobile utilisée pour l’entraînement — ne fournira pas un train de 100 kilomètres à l’heure?
- L. Baudry de Saunier.
- DESCENTE DU GOUFFRE DE GAPING-GHYLL
- (ANGLETERRE)
- Dans la partie nord-ouest du comté de York (Angleterre), les formations de calcaire carbonifère qui ont pour centre la montagne dIngleborough (altitude 724 mètres), sont percées de cavernes et sur-
- tout d’innombrables puits naturels, appelés Pot-Iloles ou Swalloic-IIoles (avaleurs)1.
- La principale caverne est celle de Clapham ou d’ingleborough. Il y a près de soixante ans que son exploration est complètement achevée ; et, dès 1849, M. Farrer en a donné le plan très exact2. Elle s’ouvre au sud d’Ingleborough-IIill, à 2 kilomètres nord du joli bourg de Clapham, dans l’immense et pittoresque domaine de M. J. Farrer (Ingleborough Hall), qui en laisse gracieusement le libre accès aux visiteurs. Le guide, M. llarrison, est fort aimable et intelligent.
- La grotte a deux ouvertures ; l’une, la plus basse, à 825 pieds (252 mètres) d’altitude, laisse passer une puissante source qui forme immédiatement le Clapham-Beck ; on la nomme Beck-Ileatl (tête du ruisseau) ; et il est impossible d’y pénétrer au delà de quelques pas, la roche arrivant à lleur d’eau : c’est un joint élargi entre deux strates. À 50 mètres à gauche, et 7 mètres plus haut (altitude 850 pieds ou 259 mètres), la deuxième ouverture, porche surbaissé large de 47 mètres et haut de 5, est la véritable entrée de la grotte. De tous temps on avait pénétré à 70 mètres dans l’intérieur (ancienne caverne). En 4857, un jardinier de M. Farrer, nommé llarrison, rompit une barrière de stalagmite et l’on put alors, en deux ans de recherches effectuées par MM. James Farrer, Matthew Farrer et lord Eldon, pousser à travers une galerie ayant le plan général d’un demi-cercle, jusqu’à 702 yards (642 mètres) de l’entrée.
- Là, on entendit le bruit d’un torrent. M. James Farrer, l’oncle du propriétaire actuel, atteignit même une nappe d’eau qu’il explora à la nage, une bougie au chapeau et une corde autour des reins, mais il ne put avancer loin; ultérieurement M. J. Birkbeck ne réussit pas mieux.
- Une série de fissures dirigées nord-ouest-sud-est recoupent la galerie principale et ont été nommées les « Arcades gothiques ». Ce sont des diaclases transversales, tantôt élargies en fuseaux, tantôt remontant assez haut, mais fort étroites, dans la voûte et faisant office de drains naturels.
- M. Phillips s’est très bien rendu compte que le courant d’eau a jadis passé par la galerie principale (qu’il avait forée aux dépens des strates horizontales et de leurs joints), et que les diaclases verticales ont laissé filtrer l’eau qui a déposé les concrétions. Celles-ci sont fort abondantes et assez jolies; elles peuvent rivaliser par places avec les stalactites de Mitchelstown en Irlande, mais nullement avec celles des grandes grottes du continent. La section de la caverne est de moyenne dimension; nulle part la
- 1 Congrès géologique international de Londres, 1888, p, 505. — Davis and Lees, West Yorkshire, in-8°. Londres, Reve’, 1878, 1880 (2e édit.), 414 p. et pl. (avec bibliographie de 492 articles). — Dakvxs, Tiddemann, etc., The Geology of Ingleborough. Memoirs of the geological Survey, in-8°, 103 pages, Londres, Eyre 1890, p. 1.
- 2 Quarterly journal of the geological Society of London, t. V, 1849, p. 49-51, On Ingleborough-Cave.
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- voûte ne s’abaisse à moins de lm,25 du sol : en un point seulement on a dû se servir de la mine; mais sa plus grande élévation n’atteint que 18 mètres dans la dernière chambre, appelée Giant’s-llall (la salle du Géant, de 10 mètres de diamètre à peine).
- A Ingleborough, lors des grands orages, les eaux, remplissant toutes les crevasses de la montagne, s’en échappent par les moindres tissures de sa base : alors, naturellement, un torrent furieux bondit, non seulement hors de Beck-llead, mais encore par l’ouverture supérieure de la grotte, qui, après avoir été l’issue primitive, joue encore le rôle de trop-plein, comme à la Rjéka, la Bonnette, etc. M. le professeur Hughes a pu assister, en juillet 1872, à vin spectacle de ce genre qu’il a fort bien décrit, en expliquant quelle intluence de pareilles masses liquides, à plusieurs atmosphères de pression sous terre, pouvaient exercer sur l’élargissement des cavernes et la destruction de leurs parois les moins résistantes. 11 a vu des quantités de sable et de galets énormes expulsées de la bouche de la grotte, avec de gros fragments de stalactites arrachés par le cataclysme.
- A l’extrémité de la dernière arche gothique, qui donnait accès au Giant’s-Hall aujourd’hui bouché depuis 1872, j’ai reconnu (le 51 juillet 1895) l’existence, non pas d’un seul, mais de trois passages aboutissant à l’eau courante : ce sont les trois conduites, fort rapprochées l’une de l’autre, par lesquelles les orages font monter le torrent souterrain, tout chargé de sable et de galets. Tous ces passages descendent assez rapidement, on ne peut les suivre qu’en rampant péniblement, et le niveau de l’eau, très élevé le jour de ma visite, m’a empoché de renouveler les anciennes investigations de MM. Farrer et Birkheck; la strate rocheuse du plafond mouillait presque complètement, ne me laissant plus la place nécessaire à la tète; la circulation doit s’opérer entre des joints peu ouverts, en amont comme en aval, et je suis porté à croire que toute pénétration ultérieure est, la plupart du temps, impossible dans l’un et l’autre sens : une dernière expérience, après une longue sécheresse, sera cependant nécessaire pour trancher la question.
- Tout au moins, il est bien prouvé que le ruisseau souterrain contemporain est contigu à trois différents points de son'ancien parcours : au fond, au milieu (Radie s-Cushion) et à l’entrée (Beck-Head).
- En sortant d’Inglehorough-Cave, il faut, au lieu de redescendre à Glapham, traverser la source de Bcck-IIead, remonter le vallon à sec du bois de Clapdale et gagner la ravine de Trou'-Gill ; c’est un défdé rocheux des plus pittoresques, qui ferait très bonne figure parmi les créneaux du Causse Méjean ou des Alpes Dolomitiques ; il fut assurément le lit aujourd’hui desséché d’un ancien ruisseau aérien ; en haut même de la ravine, son thalweg subsiste, creusé dans le plateau tourbeux (Clapham-Botloms), où se voient encore plusieurs entonnoirs d’effondrement encombrés de rochers et de buissons, à travers
- lesquels les pluies seules peuvent passer (Bar-Pot-Ilole, etc.). Après 2 kilomètres de parcours et 150 mètres d’ascension seulement, on arrive au plus grand de tous ces entonnoirs, le Gaping-Ghyll (la vallée qui bâille), à 410 mètres environ d’altitude. Celui-ci n’est pas bouché; il est régulier, profond de 10 mètres, et ouvert du côté du nord par une tranchée naturelle, où un ruisseau tombe de strate en strate, comme sur les marches d’un cyclopéen escalier : c’est le Fell-Beck qui, recueillant les eaux d’environ 250 hectares de tourbières sur le liane sud-est d’inglehorough-llill (où la carte indique une vingtaine de sources), s’engloutit actuellement tout entier dans Gaping-Ghyll; il est évident que jadis il dépassait l’obstacle1, soit que ce dernier ne fût pas encore ouvert, soit que l’eau du ruisseau fût suffisamment abondante pour couler librement au dehors, à travers la gorge de Trow-Gill; reproduction exacte, aux détails près, de ce qui a pu se produire aux goules du Réveillon, de Roque de Corn, etc.9.
- Toujours est-il que maintenant, au fond de l’entonnoir, à 400 mètres d’altitude environ, un trou de 8 à 10 mètres sur 4 à 5 mètres 3 baille, bien digne de son nom, noir et vertical comme le plus parfait abîme des Causses ; très dangereux d’accès, car aucune muraille ne l’entoure et l’entonnoir est plein d’herbe rendue glissante par la vapeur d’eau, il avale d’un trait le Fell-Beck, brusquement brisé en une mystérieuse et fumante cascade souterraine. Ce ne peut être que lui qui va reparaître à Beck-llead (à 1647 mètres à vol d’oiseau), après s’être laissé entrevoir au pied de Giant’s-Hall (à 1220 mètres de distance).
- Un sondage difficile montra à M. Hughes que la profondeur totale était de 560 pieds (110 mètres) en dessous du plateau de tourbe4.
- Cette mesure est exacte et le sondage remarquablement précis, comme on le verra tout à l’heure.
- 11 y a une quarantaine d’années, M. J. Birkheck, membre de l’Alpine Club, avait tenté la descente de Gaping-Ghyll : le volume de l’eau, la rupture d’un toron de sa corde, coupé par une roche, le mirent en sérieux danger et le forcèrent à s’arrêter sur une corniche, à moins de 200 pieds de profondeur. A
- 1 Ainsi que l’admet M. Tiddcmann (Geology of Ingleborough, p. 57).
- 3 Yoy. les Abhnes, par A. Martel. 1 vol. in-4°, p. 297. — Cli. Dcïagrave, 1874.
- 3 Les dimensions de 20 pieds sur 8 (6 mètres sur 2“,50) seulement données par Speiglit me paraissent trop faibles. Cependant je n’en ai pas pris la mesure exacte. Quant à l’altitude, la carte au 10 560e place le sommet de l’entonnoir un peu plus bas que la courbe de niveau de 1350 pieds (411ra,75), et quatre observations barométriques repérées sur l’altitude du pont de Clapbam, à 510 pieds (155m,55), m’ont fourni une moyenne de 410 mètres pour le sommet de l’entonnoir et de 400 mètres pour le bord même du gouffre. L’altitude de 1380 pieds donnée par Speight est donc trop forte (421 mètres).
- 4 Phillips ne lui avait attribué que 150 pieds (45m,75), Speight donne 356 pieds et 385 depuis le plateau, ceci est trop.
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- 80 pieds au-dessous du sol, il avait été pris en écharpe par un affluent souterrain jaillissant d’une fissure latérale (Phillips, Yorkshire, p. ol).
- Le Ie1' août 1895, j’ai réussi à atteindre le fond du gouffre, qui, d’après mon sondage, exactement conforme à celui de M. Hughes, a bien 110 mètres de profondeur depuis le plateau de tourbe, et 100 mètres depuis le bas de l’entonnoir. J’ai dû ce succès à mes échelles de cordes et à mon téléphone, et surtout à l’obligeance de M. J. Farrer, le propriétaire d’in-gleborough-Ilall.
- Pendant trois jours, ce dernier avait eu l’extrême amabilité de faire creuser une tranchée d’un mile (1609 m.) pour détourner la pliis grosse partie du Eell-Beck, à mon intention, afin de me faciliter l’entreprise. Sans cet inespéré concours elle eût été impossible : à cause des pluies du mois de juillet le ruisseau était considérablement gonflé; il y avait eu des inondations dans toute la contrée; et le lpr août même, le travail de détournement n’était pas parvenu à écarter du gouffre la totalité du courant. Néanmoins ce qui restait n’était plus que pénible et gênant, et ne présentait d’autre réel danger que celui delà chute des pierres.
- J’avoue cependant que cette descente de 100 mètres, durant vingt-trois minutes, sous une douche d’un débit égal à une petite cascade, fut réellement fort désagréable (fig. 1 ). Aucun vêtement imperméable ne pouvait me garantir de la complète pénétration de l’eau; elle cinglait durement même dans le dernier tiers du parcours. Le plus incommode pour moi fut l’imbibition de mon appareil téléphonique, dont le fonctionnement se trouva ainsi quelque peu com-
- promis : mes ordres pour les manœuvres parvenaient bien à la surface, mais je ne percevais pas les réponses dans mon récepteur plein d’eau. Je tiens à signaler que, en l’absence de toute personne habituée à mes procédés de descente, c’est ma femme qui, postée au bord du vertigineux gouffre, dut se charger de correspondre avec moi par le téléphone pendant l’expédition. Enfin tout se passa sans accident, sinon sans incidents; le câble téléphonique, pris dans une fissure de roche, rompit tandis que j’opérais l’ascension de retour (qui dura vingt-huit minutes), mais j’étais déjà à moitié hauteur et à portée de la voix; aucune des pierres détachées des saillies de roc par les mouvements des cordes ne m’atteignit ; à deux reprises, un nœud malencontreux, arrêtant le halage, me laissa plusieurs minutes immobile sur l’échelle au plus fort de la froide douche, etc. Je ne veux pas m’al-tarder ici aux détails de cette curieuse et émouvante excursion. Sans la cascade et avec mes compagnons habituels, elle eût été d'une facilité exemplaire : sauf pendant les trente derniers mètres, l’échelle appuie assez commodément sur la paroi ; de plus, on voit clair jusqu’au fond, circonstance indispensable d'ailleurs, parce que je ne sais trop quel luminaire pourrait résister au choc des colonnes d’eau et d’air qui tourbillonnent dans le gouffre.
- Gaping-Ghyll est un abîme d’érosion, une diaclase élargie par l’eau (fig. 2), comme la plupart des grands avens des Gausses:à la différence de ceux-ci, il n’est pas achevé, pas hors de service. 11 fonctionne toujours en tant que puits d’absorption; et c’est le meilleur | des arguments pour la théorie de la formation des
- Fig. 1. — Gouffre de Gaping-Gliyll. — Descente du premier puits.
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- puits d'érosion d(> haut eu lias (voy. les Abîmes, p. 6 et 517); .à ee point de vue d’ailleurs, il a beaucoup d’émules aux alentours.
- La fissure d’où M. Birkbeck avait vu jaillir un affluent, à 80 pieds de profondeur, est tout simplement le débouché d'un puits latéral secondaire, que
- .VL le professeur Hughes avait reconnu en 1872 à quelques mètres en amont du trou principal. (iràce au travail ordonne par M. Farrer, cet affluent ne coulait pas le jour de ma descente et ne m’a pas entravé comme M. Birkbeck.
- La corniche sur laquelle ce dernier s’est arrêté se
- Fig. 2. — Gouffre, de Gaping-Ghyll, après le passage du puits.
- trouve à 55 mètres environ de profondeur; c’est plutôt une terrasse (ce tpae nous appelons un redan, dans nos souffres de France) longue de A mètres et large de 2. Les coupes ci-jointes (fig. 5) servent à montrer quel intérêt elle présente pour l’histoire du gouffre: là, en effet, se trouve la plus grande largeur, parce que, sur ce point, se concentrent les efforts mécaniques tant, de la chute d’eau principale que de
- l’affluent dérivé par la fissure de M. Hughes; or il est bien curieux de remarquer que, l’affluent ne coulant pas toujours et étant sans doute moins abondant que l’autre gros bras, n’a pas jusqu’à présent terminé l’approfondissement de la partie du puits qu'il vient frapper : le rétrécissement du gouffre, en dessous de la terrasse, provient de ce que, par suite de la courbe des deux chutes d’eau, la
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- plus forte 11e tombe, pas (si ce u’est lors des crues) en temps ordinaire sur la terrasse : j’ai pu en effet y prendre pied et m’y mettre à l’abri de la cascade; c’est la seconde chute, assurément intermittente, qui a contribué surtout, par son obliquité, à évider ainsi la portion .médiane du gouffre; mais il lui reste encore à peu près 15 mètres d’épaisseur de strates rocheuses à emporter, pour que la terrasse ait disparu, et pour que le puits soit régulièrement conique jusqu’à la grande salle qui le termine.
- Car, à 70 mètres sous l’orilice du gouffre, l’échelle cessait subitement de s’appuyer sur la paroi rocheuse, et oscillait à la fois dans l’eau de la cascade et le vide d’une immense caverne. Après 50 mètres de cette descente pendulaire toujours si ennuyeuse, et ici particulièrement pénible sous la chute accélérée du ruisseau, je prenais pied sur un sol uni,
- formé de sable noir et de galets ronds, semblables à ceux d’Ingleborough-Cave.
- Comme le montre le plan (fig. 5), Gaping-Gh\ll aboutit donc à une grandiose nef, longue de 150 mètres, large de 20 à 55, haute de 25 à 50. Elle pourrait contenir une cathédrale dont 011 logerait la ilèche dans le gouffre même. Celui-ci n'est autre que la cheminée d’une colossale chaudière où tous les rôles sont renversés : la cheminée conduit l’eau froide au récipient, au lieu d’en tirer de la vapeur brûlante.
- Il n’y a pas une seule concrétion sous le dôme géant, et il ne peut y en avoir, puisqu’il doit être souvent plein d’eau; cependant trois choses y sont admirables et m’ont laissé une impression aussi vive que les profondeurs de Rabanel et de Jean Nouveau : premièrement l’horizontalité presque absolue de la voûte et surtout du sol, cette plate plage souterraine
- de sable et de galets, de 4000 mètres carrés de surface, où l’imagination populaire, en des poétiques temps passés, n’aurait pas manqué de placer un palais de Niebelungen ; certes il existe quelques vides caverneux de plus grandes dimensions (Adelsberg, Han-sur-Lesse, Dargilan, Gradisnica, Mammoth-Cave), mais aucun, je crois, n’offre semblable régularité; tous ont un plancher plus ou moins bouleversé, tandis que celui de Gaping-Ghyll semble tout prêt pour quelque valse de sabbat. Deuxièmement, l’harmonieux murmure et la légèreté transparente du voile d’eau qui tombe de là-haut, gracieux comme ces cascatelles des Alpes qu’une brise éparpille sur les roches en poudre de diamant; ici, nul souille ne rompt la mathématique descente; l’ovale colonne liquide semble une stalagmite mouvante, trop rapidement formée pour se figer. Troisièmement, la faible lueur du jour qui fdtre dans l’eau, indiciblement décomposée par les millions de prismes de ses gouttelettes, ne rappelant rien des lumières que connaissent les yeux humains, et achevant de don-
- ner à l’antre l’émotionnante attraction du « jamais vu ». C’est une des plus extraordinaires scènes souterraines qu’il m’ait été donné de contempler.
- A 20 mètres de distance du pied de la cascade, on cesse de voir clair d’ailleurs : et c’est à l’aide de nombreuses bougies disposées tout autour de la salle, que j’ai dû en lever, fort sommairement, le plan, en une heure un quart seulement.
- 11 est constant que l’action de l’eau a, tant par corrosion que par érosion, excavé la grotte ; la fissuration, la multiplicité et l’horizontalité des strates du calcaire carbonifère ont singulièrement facilité son travail.
- Mais je ne saurais dire si cette grande caverne est simplement une expansion du gouffre qui la surmonte, ou si elle représente une portion agrandie d’une ancienne rivière souterraine, passant justement sous l’abîme.
- En effet, à chaque extrémité, un talus d’éboulis à pente raide ferme la salle; éboulis détachés des voûtes, en gros fragments anguleux, non roulés ni
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- arrondis par l’eau, oc qui prouve qu'ils sont d’àgc relativement récent; décollements des strates de la voûte, ils barrent entièrement le passage : il faudrait les déblayer pour chercher les prolongements de l’antre; étant descendu tout seul, je n’ai pu songer à entreprendre ce travail. Mais, en gravis.vmt celui du sud-est, qui est dans la direction d’bigle-borough-Cave, j’ai nettement entendu à travers les interstices de ses blocs le bruit d’un ruisseau. C’est bien certainement de ce coté que s'effectue l’échappement des eaux de crue; au pied du talus sud-est, j’ai trouvé un couvercle de boîte de conserves en étain, tombé d’en haut et assez léger pour avoir été entraîné par les courants jusqu’au talus. Aucun autre objet, ni ossements, ni buis morts, n’étaient visibles; les graviers et cailloux du Fell-Reck ensevelissent tout.
- Selon la prédiction qu’en avait laite M. Hughes (On Caves), l’eau du torrent aérien n’a point ici d’issue praticable à l’homme ; elle fdtre en plusieurs endroits à travers les sables et galets du fond ; les canaux qui la conduisent vers Giant’s-llall ne pourront être découverts que si l’on désobstrue l’extrémité du sud-est.
- A l’angle nord-ouest également, il y a une petite galerie assez haute, large de 1 mètre, longue de 10, qui conduirait peut-être à d’autres couloirs ou salles, si on en retirait le sable qui la bouche.
- Quelle peut être l’épaisseur du dépôt alluvial? Quels débris animaux renferme-t-il? A quelle profondeur gît le sol originaire de la grotte recouvert par ces graviers? Voilà ce qu’un trou de sondage seul pourra apprendre.
- Je puis dire seulement que, le 1er août 1895, l’altitude de ces graviers était de 500 mètres au-dessus du niveau de la mer, soit 48 mètres plus haut que la source de Reck-Ilead, — que l’eau de la chute, avant de s’infiltrer, marquait 12°C., —et que l’humidité de la caverne était considérable.
- La différence de niveau jusqu’à la rivière qui coule derrière Gianl’s-IIall, doit être de 40 mètres environ; pour 1220 mètres à vol d’oiseau, cela donne 5,28 pour 100 de pente. Or, la grotte si tourmentée de Saint-Marcel d’Ardèche (voy. les Abîmes, p. 70 et 79) n’a que 4 pour 100 de pente. Il est donc probable que, du fond de Gaping-Ghyll à Giant’s-llall, il existe, au moins par places, de vraies chutes d’eau et des accidents importants. Seraient-ils accessibles une fois les talus éventrés, ou bien se trouveraient-ils défendus contre la curiosité de l’homme par des siphons ou des passages trop bas comme ceux de Giant’s-llall, c’est ce que les futures explorations nous diront.
- Car, à deux reprises déjà depuis ma descente, MM. Calvert, Rooth, Gray, Green, etc., de Leeds, ont essayé de la renouveler ; chaque fois le mauvais temps et l’abondance de l’eau les ont arrêtés comme M. Rirkbeck. M. Calvert n’a pu atteindre que 250 pieds.
- Il est à souhaiter qu’ils ne se laissent pas décourager par ces insuccès ; Gaping-Ghyll, on l'a vu par
- tout ce qui précède, est un gouffre du plus haut intérêt; et il ne faut peut-être pas désespérer d’éla-blir un jour sa communication directe avec Inglebo-rough-Cavc. E.-A. Martel.
- L’ÉCLAIRAGE A BERLIN
- D’après les statistiques les plus récentes, on peut considérer que Berlin est une des villes européennes les mieux éclairées, au point de vue tant de l’électricité que du gaz. Pour celui-ci, on n’en consomme pas moins de 102 millions de mètres cubes par an ; à Paris la consommation est de 287 millions, mais il faut songer quelle différence il y a entre les populations relatives de ces deux capitales. Pour l’électricité, les stations centrales fournissent le courant à 5075 lampes à arc, à 121 000 lampes à incandescence et enfin à 077 moteurs. 11 faut bien dire du reste que les habitants de Berlin ne se montrent pas encore satisfaits, et on voit chaque jour se créer de nouveaux établissements destinés à alimenter l’éclairage. L’emploi du gaz dans les rues date seulement de 1820; ce fut une compagnie anglaise, l'Impérial Cas Association, qui, à partir du 1er janvier de cette année, se chargea de l’entreprise de l’éclairage des rues avec le nouveau procédé ; sa concession portait sur vingt et un ans et lui donnait la faculté d’user concurremment des lampes à huile et des becs de gaz. A l’expiration de son contrat, ce fut la municipalité elle-même qui se chargea d’assurer l’éclairage, en tenant à honneur de demeurer au courant de tous les progrès.
- On a ainsi adopté d’une manière très large les becs ou lampes Siemens du type dit régénérateur ; on recourt aussi à d’autres dispositifs très lumineux, et également à un certain nombre de becs Àuer. Pour donner des chiffres complets, nous dirons qu’actuellement on compte au total 25 552 réverbères à gaz ; dans cet ensemble il y a 6005 brûleurs Brav, 55 brûleurs Auer, 549 Siemens, le reste n’étant que des becs ordinaires. Pour ce service public, la consommation est de 17 167 000 mètres cubes, ce qui représente une dépense de 2 490 000 marks ou environ 5110 000 francs. Pour fournir tout le gaz nécessaire à la consommation publique ou privée, il y a cinq usines possédant 5005 cornues et 21 gazomètres.
- L’usage de la lumière électrique dans les rues date de 1880 seulement; à cette époque, Siemens et Ilalske avaient installé quelques foyers à titre de simple essai. Les autorités municipales n’étaient pas alors bien disposées pour ce nouveau procédé d’éclairage ; mais bientôt les objections et l’opposition disparurent, et en 1882, une ou deux des grandes voies de la capitale étaient éclairées à l’électricité. Six ans plus tard, un grand mouvement se produisait en faveur de cette invention si précieuse, et l’on adoptait le système en question pour quelques-unes des rues et des places de Berlin. Aujourd'hui, on compte dans cette ville cinq stations centrales alimentant les différents foyers que nous citions au commencement; mais il ne faut pas oublier qu’il existe environ 500 installations privées, et que, de ce fait, le chiffre total des foyers électriques atteint 10 557 lampes à arc et 205 532 lampes à incandescence.
- Avant de finir, nous ferons remarquer, ce qui est assez curieux, qu’il existe encore à Berlin, comme sur les quais de Paris, des systèmes d’éclairage un peu primitifs, puisque l’on ne compte pas moins de 1200 lampes à pétrole réparties dans certaines rues. 1). B.
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- LA NATURE.
- UN MOTEUR A PETROLE
- Los moteurs à pétrole connus jusqu’ici sont très nombreux ; mais ils présentent tous des dimensions élevées, un poids considérable et ne sont pas à l’abri d’inconvénients plus ou moins prononcés. Le moteur Pygmée, (pie représente la figure ci-dessous, et que nous avons eu dernièrement l’occasion d’examiner en détail, se distingue au contraire par des dimensions très réduites, un poids Irès faible, et une construction robuste et soignée; il est entièrement équilibré et ne donne pas de trépidations.
- Le moteur est formé de deux cylindres avec circulation d’eau, et comprend deux soupapes d’admission d’air placées à la partie supérieure, deux appareils vaporisateurs fixés sur le côté à droite, et deux soupapes d’échappement que l’on aperçoit en avant à gauche. Un peu au-dessous de ces dernières soupapes se trouve un arbre horizontal qui les commande et (pii actionne en même temps un système de régulation agissant sur elles. Cet arbre horizontal est relié à l’arbre moteur au moyen d'engrenages (jue l’on distingue sur notre figure.
- L’ensemble du moteur repose sur un bâtis qui forme tambour et qui renferme l’arbre moteur, les bielles et les pistons. Ce bâtis forme bain d’huile pour les organes de transmission, et présente sur les côtés deux ouvertures fermées par des plaques que l’on peut facilement enlever pour le dégagement des pistons et des bielles. L’arbre moteur sur lequel sont attelées les deux bielles est supporté par des coussinets formés d’une douille en bronze qui est coupée sur une partie de sa longueur seulement pour pouvoir donner le serrage nécessaire. Les pistons étant calés à 180° sur cet arbre, le moteur se trouve équilibré de lui-même et peut marcher à de très grandes vitesses sans inconvénients. Les soupapes d’admission d’air ont pour elfet d’assurer dans les cylindres le complément d’air nécessaire pour former le mélange explosif. Le vaporisateur, d’un modèle tout spécial qui supprime les carburateurs à barbotage, mérite une description particulière. Il présente une grande surface de chauffe et se trouve porté au rouge par une lampe à pétrole placée en dessous, et que l’on peut éteindre au bout d’un quart d’heure de marche ;
- les explosions successives du moteur entretiennent ensuite une chaleur suffisante. Il sert d’abord à la vaporisation du pétrole et ensuite à son inflammation. La masse gazeuse en effet est refoulée au moment de la compression dans la partie la plus chaude, et la déflagration instantanée a lieu, sans qu’il se produise jamais de ratés d’allumage.
- Ce moteur peut également fonctionner avec le gaz ordinaire, le gaz pauvre ou la gazoline. 11 suffit de remplacer les vaporisateurs par un robinet muni de deux soupapes pour admet Ire à la fois le gaz et l’air et régler le dosage de la composition du mélange explosif; il faut aussi remplacer les deux soupapes d’admission d’air par deux tubes d’ignition ou par deux bougies d’inllammation électrique. Pour la
- marche avec l’essence ordinaire, on place des pulvérisateurs spéciaux à la place des robinets d’admission de gaz.
- Telles sont les principales dispositions de ce nouveau moteur. Il nous reste maintenant à donner quelques indications sur les divers modèles et les prix de revient de l’énergie fournie. Ces moteurs se construisent pour des puissances variant de 2 à 25 chevaux. Le modèle le plus faible, 2 chevaux, nous semble surtout très intéressant en raison de ses faibles dimensions ; il a une hauteur de 48 centimètres sans le socle, une longueur de 45 centimètres et une largeur de 42 centimètres, il pèse 90 kilogrammes, et tourne à la vitesse angulaire de 800 tours par minute. La dépense, pour une puissance de 2 chevaux, atteint environ 500 grammes de pétrole par cheval-heure; au prix de 0fr,50 le litre de pétrole ordinaire, il ne faut pas compter plus de 0fr,50 le cheval-heure. Alimenté au gaz, un moteur de 4 chevaux n’a pas dépensé plus de 0lr,25par cheval-heure.
- Ces prix peu élevés, ainsi que les divers avantages dont nous avons parlé plus haut, nous semblent de nature à assurer à ce moteur un certain succès ; car les applications en seront nombreuses. Les inventeurs l’utilisent du reste dans la construction de voitures automobiles, dont un premier modèle a figuré au Salon du Cycle, ainsi que pour la mise en marche des machines-outils dans les ateliers, pour la production de force motrice et d’éclairage électrique dans les châteaux, et pour la commande de machines diverses dans les exploitations agricoles. J. L.
- Moteur à pétrole le Pygmée. Modèle d’une puissance de deux chevaux.
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- LA NATURE.
- WAGONS-POSTE AUX ÉTATS-UNIS
- L'administration des Postes, aux Etats-Unis d’Amérique, a mis en service courant sur YErié Railroad, entre New-York et Chicago, un certain nombre de wagons-poste perfectionnés. Elle les désigne sous le nom caractéristique de « Burglar and Collision proof Mails », c’est-à-dire à Y épreuve des voleurs et des collisions. Ces voitures ont extérieurement l’aspect- de véritables forteresses blindées ambulantes. Pans un délai très court, elles remplaceront sur tous les réseaux américains les anciens véhicules spécialement destinés au transport des dépè-
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- ches. Les autorités intéressées ont pris cette détermination pour des raisons très importantes concernant la sécurité de leurs agents chargés du classement et de la répartition en cours de route des correspondances publiques et privées qu’ils emportent dans le train. Elles poursuivaient, en outre, un autre but, celui de s’opposer le plus possible aux vols commis fréquemment dans les anciens wagons; ces derniers offraient, en effet, toute facilité aux malfaiteurs de s'y introduire, tout en échappant à la vigilante surveillance des convoyeurs.
- A maintes reprises, les journaux américains nous ont apporté le récit de terribles accidents, autrement graves, du reste, que ceux qui se produisent mal-
- Wugon-poste adopté aux États-Unis.
- heureusement encore sur nos chemins de fer européens. Ces catastrophes fréquentes, dues en grande partie à la vitesse insensée imprimée à leurs trains par des mécaniciens sans vergogne, qui se rient de l’existence des voyageurs abandonnés à leur imprudente témérité, ont cependant d’autres causes toutes spéciales. Lorsqu’ils construisaient leurs voies ferrées, les Américains cherchaient surtout à aller vite et à gagner ainsi beaucoup de temps. Les ingénieurs chargés de diriger les travaux de construction du réseau ne pouvaient, dans ces conditions, prendre toutes les précautions voulues pour établir des voies solides, résistant à une fatigue extrême occasionnée par un trafic des plus considérables et des plus actifs. Dès lors rien de surprenant à ce qu’il se produisit d’innombrables déraillements; souvent aussi
- de graves collisions, ces dernières amenées par de regrettables défauts de surveillance.
- Avec les anciens wagons postaux construits sur le même type que les voitures à voyageurs, et possédant comme elles un couloir central et deux plateformes aux extrémités, l’accès en était rendu facile. Malgré les défenses absolues imposées aux voyageurs étrangers à ce service de pénétrer à l’intérieur de ces wagons réservés, il arrivait souvent que, sous un prétexte quelconque, une ou plusieurs personnes s’v introduisaient subrepticement. Il se produisait des vols et des détournements de valeurs, au grand préjudice de l’administration, obligée à des remboursements toujours onéreux pour elle.’
- Enfin, directement attelées à la locomotive, afin d’éviter, aux aiguillages et aux croisements de voies,
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- de fausses directions, rendues possibles par suite des dimensions très grandes de ces voitures, elles subissaient les effets néfastes du premier choc, au moment d’une collision. Dans ces conditions, la situation des agents des postes devenait des plus périlleuses ; de là naissaient des difficultés sans nombre pour l’administration, qui n’arrivait pas à recruter le personnel sérieux et honnête, suffisant pour assurer le service régulier. 11 était donc de la plus extrême urgence pour elle de remédier à tous ces inconvénients.
- Les ingénieurs des diverses compagnies de chemins de fer avaient entrepris de nombreuses études, afin de donner pleine satisfaction au service des postes, en créant un nouveau type de voiture répondant au desideratum voulu. Pendant une année entière on procéda à des essais incessants ; en fin de compte, l’administration jeta son dévolu sur un système de wagon-poste imaginé par M. E. W. Grieves, directeur du matériel roulant à la Société du Baltimore and ohio Railroad. Cette voiture réunissait en effet les avantages requis par les exigences du futur service auquel on la destinait.
- L’inventeur a tout d’abord supprimé les plateformes extérieures ; il n’existe plus de couloir central mettant en communication le nouveau wagon-poste avec les autres véhicules composant le train. Les portes ménagées à chacune des extrémités des anciennes voitures et ayant la même destination, n’existent plus. Cette précaution met désormais à l’abri des visites indiscrètes et importunes les employés des postes, qui peuvent, en toute tranquillité, se livrer à leurs travaux ordinaires.
- La caisse de ces voitures a intérieurement 18 mètres de longueur; ses parois se composent de solides plaques d’acier, rivées et boulonnées sur des montants également en acier. Les longerons supportant l’ossature métallique de cette caisse sont fortement entretoisés entre eux. Leurs extrémités reposent sur deux trucks à trois paires de roues chacun et à boggies, afin de faciliter le passage du véhicule dans les courbes de faible rayon, comme aussi aux aiguillages et croisements de voies, évitant ainsi tout danger de déraillement ; les trains franchissent, en effet, la plupart du temps ces endroits difficiles sans ralentir leur vitesse. Disposées symétriquement de chaque coté de la voiture et largement éclairées par de petites fenêtres aux glaces épaisses et résistantes, les tables des employés sont très spacieuses. Elles leur offrent un emplacement bien suffisant pour éviter tout encombrement, et dès lors ces agents peuvent procéder à l’aise au triage et au classement des correspondances que le public leur confie. En outre, le plafond porte, enchâssées dans les têiles d’acier qui le composent, de longues rangées de glaces translucides, inondant tout l’intérieur du wagon-poste de Ilots de lumière.
- La nuit, l’éclairage s’assure au moyen de lampes à huile et à gaz comprimé; les premières servent
- exclusivement, à cause de leur lumière plus douce et moins fatigante, aux employés. Celles à gaz illuminent brillamment l’immense compartiment, qui possède un aménagement intérieur offrant tout le confort et les commodités désirables aux divers agents en service.
- Afin d’éviter des pertes de temps dans la manutention des dépêches, de minuscules chemins de fer reçoivent les paquets ficelés et cachetés et les transportent en face de celui des commis chargé de centraliser les correspondances pour la distribution aux stations. Plusieurs petits wagonnets aboutissant, d’autre part, aux deux portes ouvertes dans les parois latérales de la voiture, reçoivent les ballots déposés par les bureaux expéditeurs et les conduisent aux agents qui procèdent à un premier classement, terminé ensuite en cours de route. Sans avoir besoin de quitter sa place, chacun accomplit le travail spécial qui lui incombe.
- Des lits de repos disposés les uns au-dessus des autres, comme les couchettes dans une cabine de navire, occupent une extrémité de la voiture, celle opposée à la locomotive. Séparée du bureau proprement dit par une cloison métallique, la chambre à coucher, sorte de petit dortoir, abrite pendant leur sommeil les agents désireux de prendre un peu de repos et que leurs collègues suppléent momentanément dans leur travail. Cela n’offre, du reste, aucun inconvénient pour la régularité du service, de nombreuses heures s’écoulant pendant que le train dévore l’espace entre deux arrêts successifs.
- L’autre partie, la plus étroite du wagon, que l’on attelle comme précédemment derrière la locomotive, constitue le magasin où s’entassent d’énormes sacs renfermant les journaux et tous les imprimés. Dans la pensée de M. E. W. Grieves, ce magasin, bondé de journaux, doit aider singulièrement à amortir le choc produit dans une collision. C’est un véritable tampon d’une élasticité et d’une résistance suffisantes, pour permettre d'éviter tout écrasement du wagon-poste. La solidité de la membrane est si considérable que, dans des essais exécutés pour expérimenter cette résistance, ces voitures n’ont éprouvé aucune déformation sérieuse ou grave.
- En somme, les nouveaux wagons-poste imaginés par le savant ingénieur du Baltimore and ohio Railroad et adoptés par l’administration, offrent, malgré leur apparence extérieure massive, de très grands avantages sur tous les véhicules similaires. Us présentent, grâce à leur ingénieux aménagement intérieur, un confortable très apprécié par les employés, peu habitués jusqu’alors à ce bien-être. De plus, l’accès de ces voitures est, par leur disposition, rendu impossible aux malfaiteurs. Aussi, se sachant en sécurité et suffisamment protégés contre les accidents qui peuvent survenir en cours de route, les agents des postes, n’ayant plus les appréhensions d’autrefois, exécutent tranquillement leurs travaux délicats. Cir. Marsiixox.
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- line source «l’acide carbonique. — 11 y a plus de six mois, on poursuivait un forage à Sondra, près de Gotha; on était arrivé à la profondeur de 188 mètres; un fait bien curieux se produisit tout à coup; la sonde fut projetée en l'air et l’on vit jaillir avec une très forte pression un jet d'eau chargé de gaz aride carbonique. Pendant vingt-quatre heures on ne put reprendre le travail, mais au bout de ce temps l'éruption, qui était causée par de l’acide carbonique, se calma suftisamment pour permettre de poursuivre le sondage. A peine avait-on descendu G métros plus bas, que le gaz jaillissait avec une nouvelle violence, et cette fois les ouvriers devaient s'enfuir pour sauver leur existence. Cette source prodigieuse faisait un bruit épouvantable ; des instruments en fer des plus pesants avaient été jetés en l’air comme de simples halles de caoutchouc; on a estimé que chaque heure, il sortait du trou de sonde des milliers de mètres cubes de bioxyde de carbone. A des intervalles d’une heure et demie à deux heures, on voyait jaillir de l'eau minérale à 50 mètres de hauteur : cette eau ressemblait par sa composition à celle de la source fameuse de Liebenslein, qui se trouve à peu de distance de Sondra. C’est seulement en octobre qu'on a pu recouvrir le trou de sonde de Sondra et capter l’eau jaillissante : l’appareil qu’on a installé sur l’orifice, et qui a plusieurs fois été emporté, comporte deux robinets, un pour le gaz, un autre pour l’eau, et enfin un manomètre de gaz qui doit être composé de 98 pour 100 d’acide carbonique très pur et de "2 pour 100 d’azote; il sort à une température de 4°, 44; quant à l’eau, elle contient aussi du soufre. D’ailleurs on doit, pour la mettre en bouteilles, user de verre très résistant. Le forage qui a amené cette découverte était poursuivi à la recherche de sels de potassium. D. b.
- La défense des berges des fleuves. — La
- défense des berges des fleuves ou des canaux contre les érosions dues aux courants de toute sorte constitue une question de première importance ; le capitaines Tades a imaginé un système assez heureux pour protéger les rives du Mississipi ; ce sont des matelas faits de branchages, de broussailles, dont on forme une sorte de tissu à l’aide de fil de fer et qu’on immerge à l’endroit même qu’on veut protéger au moyen de blocs de pierre jetés à l’eau. Quand ces matelas de bois sont constamment dans l’eau, c’est fort bien ; mais malheureusement le bois se décompose très vite quand il est alternativement exposé à l’air et à l’eau. Pour obvier à cet inconvénient, un ingénieur italien, M. G. Villa, a imaginé de faire des matelas composés de briques ou de tuiles, ne restant pas indépendantes comme dans le canal de Kicl, où elles ne protègent rien, mais reliées les unes aux autres par des tils métalliques, de zinc, par exemple, passant par des trous ménagés dans ce but à travers les briques. Celles-ci ne peuvent naturellement se déplacer, bientôt des colmatages se font dans leurs interstices, et le matelas devient partie intégrante de la berge qu’il consolide. Il paraît qu’on a essayé ce système avec assez de succès en Italie, notamment sur près d’un kilomètre de la rive de l'Olona, aux environs de Milan, où ce revêtement, dit-on, tiendrait parfaitement depuis cinq ans. D. B.
- lin croiseur autrichien. — On va mettre sur chantier, en Autriche, un nouveau croiseur à éperon du type dit « 1) ». Il aura 112 mètres de long, lfi'n,50 de large, et un déplacement de G J 00 tonneaux métriques. Il
- aura une ceinture cuirassée complète faite de métal har-veyisé ou d’acier au nickel d’une épaisseur maxima de 27 centimètres; la cuirasse des redoutes et des tourelles sera de 257 millimètres, et celle du pont aura 57 centimètres. On disposera un canon Krupp de 25G millimètres à l’avant et un autre à l’arrière, tous deux mus à l’électricité; ce seront ensuite huit autres pièces Krupp à tir rapide et de 15 centimètres. Les deux machines, à triple expansion, développeront 12 000 chevaux et donneront 20 nœuds. I). B.
- Le cintVmatograplie «le UK. Lumière. — Dans notre numéro du 11 janvier 189G, page 01, on a imprimé que le cinématographe de MM. Lumière, qui fonctionne à Paris, se voyait à la Salle des conférences. Il y a là une erreur que nous voulons rectifier; c’est dans une salle spéciale du Grand Café que l’on doit aller (14, boulevard des Capucines). Cette salle où le spectacle se donne est installée dans le sous-sol; elle est très bien organisée pour exécuter les remarquables projections du cinématographe dont nous avons précédemment donné la description l.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 20 janvier 1896. — Présidence de M. Cornu.
- Perfectionnement au mouvement du pendule des horloges. — Le mouvement du pendule d’une horloge éprouve une perturbation par suite de l’impulsion que lui communiquent les rouages. On s’est appliqué à rendre cette perturbation constante, de manière à obtenir une marche uniforme de l’horloge, et par ce moyen le problème du mouvement régulier des aiguilles a été pratiquement résolu. M. Lippmann a recherché une autre solution. Il part de cette remarque que si l’impulsion se produit sur le pendule pendant le mouvement de descente, avant le passage par la verticale, l’horloge avance, tandis que si l’impulsion se produit pendant la montée, après le passage par la verticale, l’horloge retarde. M. Lippmann a imaginé de communiquer l’impulsion au pendule lorsqu’il occupe un même point de l’arc qu’il décrit. La premièi’e impulsion a lieu pendant la montée et la seconde pendant la descente qui suit. Par cette combinaison l’effet des deux impulsions sur la marche de l’horloge s’annule. L’auteur a préparé un projet de solution mécanique basé sur ce principe, mais cette solution n’a pas été réalisée dans la pratique. En revanche, il a inventé un dispositif électrique qui satisfait complètement, en théorie comme en pratique, aux conditions du problème. Grâce à ce système l’horloge conserve une marche uniforme.
- La perméabilité des terres arables. — M. Dehérain et M. Demoussv ont étudié les conditions de perméabilité des terres arables. On trouvera dans le présent numéro de La Nature une description détaillée de l’appareil qu'ils ont employé, ainsi que l’exposé des conclusions qu'ils ont tirées de leurs expériences.
- Découverte de fossiles. — M. Blcicher annonce la découverte à Liverdun (Meurthe-et-Moselle) d’un gisement important de fossiles situé à une profondeur de 4 mètres. Ges fossiles sont compris dans une couche de terrain appartenant au tertiaire supérieur. C’est la première fois qu’un
- 1 Voy n° 1161., du 51 août 1895, p. 215
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- LA NATURE.
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- terrain de cette nature est signalé dans l’est de la France.
- La photographie au travers des corps opaques. — M. Poincaré soumet à l’Académie des photographies qui ont été obtenues d’après le procédé de M. Rothgen par M. le IP Oudin. On sait qu’en utilisant les radiations cathodiques, le savant allemand a réussi à photographier certaines parties du squelette humain. C’est cette expérience que M. Oudin a reproduite avec un plein succès pour une main et différents objets, notamment une boussole enfermée dans une boîte de bois.
- Varia. — M. Henry, professeur à l’école forestière de .Nancy, a étudié la composition de la couverture des forêts, c’est-à-dire de l’amas de détritus qui se forme à l’automne sur le sol. Cu. ne Villedeuil.
- ROCHERS A FIGURES ANIMÉES
- LE HOCHER DU ZOUAVE
- Nous continuons aujourd’hui la longue série de Notices accompagnées de reproductions de photographies que nous avons publiées sur les roches à figures animées. Nous faisons connaître un rocher très singulier qui semble être une œuvre d’un sculpteur; cette pierre présente l'aspect d’une grande tète de zouave, et domine une masse de rochers imposante, qui est souvent couverte par la mer et qui se trouve en Bretagne, près de Roscoff.
- C’est un de nos lecteurs, M. Laboureur, qui nous a ' “ ---------------------------- ”--- ‘
- Rocher à figure animée, représentant une tête de zouave. (Fac-similé d’une photographie faite, en août 1895, près de Roscoff (Finistère), au bord de la mer.)
- présenté cette curiosité, en nous adressant une bonne photographie que nous reproduisons ci-dessus. Voici ce que nous écrit notre correspondant :
- « J’ai pris cette photographie du rocher du Zouave dans un voyage en Bretagne, et j’ai profité d’une grande marée d’août qui découvrait la roche presque entièrement pour aller prendre le portrait de cette tète en pierre, chose qui n’avait pas encore été faite. Le rocher dont nous parlons est ordinairement à fleur d’eau et généralement on ne voit pas la tête ; il est très dangereux pour la navigation.
- « H y a quelques années un grand navire de 80 mètres, la Vendée, poussé par la tempête, est allé s’ouvrir sur lui. Tout l’équipage (18 hommes) a péri.
- « L’épave de ce navire, dont la coque est tout en
- fer, repose sur un fond de sable à 200 mètres environ sur le côté droit du rocher. La grande marée l’ayant mis à sec entièrement, j’ai pu photographier ce navire, dont l’extrémité des mâts émerge seule en temps ordinaire. L’entrée du port et la côte de Roscoff sont parsemées de ces roches à fleur d’eau ; quelques-unes ont un volume énorme; les marins du pays les nomment des cailloux.
- « C’est grâce à l’obligeance du capitaine Servet, trésorier de la marine à Roscoff, qui connaît admirablement ces parages d’un abord très dangereux, que j'ai pu prendre ces photographies à la grande marée du mois d’août 1895. »
- I.c Propriétaire-Gérant : G. Tissaxmeh l’ui'is. — Imprimerie Laiiike, rue de Fleurus, 9.
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- N" 1183. — 1" FÉVRIER 1891».
- LA NATURE.
- m
- DE M. LE PROFESSEUR
- Les rayons cathodiques sont devenus rapidement célèbres ; est-ce à tort ou à raison? nous le saurons bientôt..., peut-être. Quel que soit leur rôle dans la brillante découverte du professeur Rontgen, dont toute la presse s’occupe depuis quinzejours, nous ne regretterons pas de les avoir fait connaître à nos lecteurs il y a plus de dix-huit mois1, car les découvertes merveilleuses qui viennent de voir le jour touchent de bien près à ces rayons. Leur nom engage le moins possible leur théorie future ; il nous indique simplement que leur point d’émission est la cathode d’un tube de Crookcs ; mais il est encore trop précis pour le nouveau phénomène, auquel M. Rontgen donne simple-mentlenom d’JU-Strahlen, rayons X, que nous leur conserverons, faute de mieux, dans cet article.
- Nous ne reviendrons pas sur le détail des très belles expériences faites jusqu’ici sur les rayons cathodiques ; nos précédents articles contiennent la description de leurs particularités essentielles. Rappelons . toutefois que ce singulier phénomène, parti de l’électrode négative d’un tube dans lequel le vide a été poussé très loin, consiste en une émission de quelque chose, matière pondérable ou vibration, qui chemine en ligne droite avec une grande vitesse non inférieure à 200 kilomètres par seconde, traverse tous les corps sous une faible épaisseur, y est absorbée proportionnellement aux masses traversées, se diffuse dans les gaz, se dévie dans un champ magnétique, produit de vives phosphorescences, impressionne les préparations sensibles, et décharge rapidement les corps électrisés. Ces rayons semblent s’éteindre dans l’air, après un parcours de
- 1 Yoy. Rayons cathodiques, n° 1104, du 28 juillet 1894, p. 129 (Article de M. Cli.-Ed. Guillaume avec figures).
- CONRAD RONTGEN
- quelques décimètres, et traversent quelques centièmes de millimètre des métaux les moins denses.
- On a attribué les rayons cathodiques soit à un bombardement moléculaire (Crookes) ou atomique, soit à des vibrations très courtes de l’éther, soit enfin à des oscillations longitudinales de ce milieu. Peut-être découvrira-t-on un jour de telles oscillations, mais elles ont un peu joué jusqu’ici le rôle des maladies nerveuses en médecine; on y vient chaque fois qu’un phénomène semble inexplicable. On a ainsi quelque chance de tomber une lois sur le bon, et celui qui aura ce singulier bonheur aura fait une grande découverte ; il vaut la peine de s’y essayer.
- Cela dit, passons rapidement en revue les expériences que M. Rontgen vient de communiquer à la Société des sciences naturelles de Wiirtzbourg et dont le Dr Oudin a présenté les résultats à l’Académie des sciences. Un tube de Crookes est complètement enfermé dans du papier noirci, de façon à être complètement invisible, meme dans l’obscurité absolue. Si l’on amène, dans son voisinage, un morceau de papier recouvert de platino-cyanure de baryum, on voit le sel s’illuminer brillamment; cette phosphorescence est encore visible à 2 mètres du tube, et l’on démontre aisément que le point d’émission est le tube lui-même. On voit donc qu’un agent jusqu’ici inconnu traverse un écran que ni la lumière ultra-violette, ni la lumière solaire, ni celle de l’arc électrique, ne peuvent pénétrer. Jusqu’où va cette transparence? Les expériences de M. Rontgen nous renseignent très complètement là-dessus. Un livre de mille pages est facilement traversé ; il en est de même de planches de plusieurs centimètres d’épaisseur; une
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- LES RAYONS X
- W IL H E L M
- Fig. 1. — Ombre radiographique obtenue sur une plaque au gélatino-bromure d’argent après vingt minutes d'exposition aux radiations d’un tube de Crookes à travers une plaque d’aluminium de deux dixièmes de millimètre d’épaisseur.
- Fig. 2. — Boussole impressionnée dans une boîte fermée.
- 24» année. — 1er .semestre.
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- LA NATURE.
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- plaque d’aluminium de 15 millimètres d’épaisseur même n’oppose pas un obstacle insurmontable au passage des rayons. D’une manière générale, les corps sont d’autant plus opaques qu’ils sont plus denses, mais il n’existe aucune proportionnalité entre ces deux propriétés. Ainsi, le platine est six lois plus opaque <[ue le zinc, et deux cents lois [dus que l’aluj minium. La relation serait plutôt, grossièrement celle du carré de la densité, mais on ne peut tirer aucun argument délinitil' du petit nombre de faits connus jusqu’ici. Rien que la densité soit un facteur très important de la transparence, il n’est pas le seul qui agisse sur le phénomène; ainsi, le spath d’Islande est beaucoup [dus opaque que le verre, l’aluminium et le quartz. La phosphorescence n’est pas le seul phénomène par lequel les rayons X se révèlent à nous; ils affectent les préparations photographiques, et c’est dans cette direction que l’on trouve en ce moment le meilleur procédé de leur étude et leur plus importante application. L’action sur les sels d’argent est-elle directe ou non? On n’en sait rien encore; elle peut n’étre que secondaire, une phosphorescence primaire de l’émulsion, visible ou invisible, pouvant à son tour produire l’action que l’on constate.
- On n’a pas pu, jusqu’ici, voir les nouveaux rayons ; il n’a pas été possible de les réfracter, et, par conséquent, de les concentrer par des lentilles, et, malgré certaines expériences qui semblent indiquer une réflexion à la surface des métaux, il n’est pas absolument sûr que l’etfet existe. Les poudres métalliques sont encore très transparentes, ce qui indique, en tout cas, une réflexion très faible. L’arrangement moléculaire des corps, si important lorqu’il s’agit de la lumière, ne paraît pas affecter sensiblement les rayons X; ainsi le quartz et le spath d’Islande sont également transparents dans tous les sens.
- Nous avons dit que l’action était encore sensible à une assez grande distance de l’appareil ; on peut en conclure que l’air est relativement très transparent pour cette radiation. Des mesures précises ont montré que l’action décroît avec le carré de la distance ; cette loi est caractéristique de l’absorption nulle ; disons de l'absorption très faillie, pour rester dans les limites de ce que montre l’expérience.
- Enfin, les champs magnétiques les plus intenses se sont montrés sans aucun effet sur les nouveaux rayons.
- Que conclure de tout cela? Apparemment, que les rayons X, bien que partageant quelques-unes des propriétés des rayons cathodiques, en diffèrent à tel point, et par des particularités si caractéristiques, qu'on ne peut leur attribuer la même nature1. Le siège de l’émission paraît être le point où les véritables rayons cathodiques frappent leur enveloppe, qu’elle
- 1 L'identité des rayons cathodiques et des rayons X est sans doute tort improbable : elle n’est pas rigoureusement impossible; les premiers sont d'autant moins absorbés et diffusés qu’ils sont moins divisés par l’aimant; peut-être en existe-t-il une catégorie qui ne sont ni divisés ni diltusés; s’ils existent véritablement, ce sont les seuls qui [missent se manifester en dehors d’un tube d’une certaine épaisseur.
- soit en verre ou en métal. De là, ils rayonnent dans tous les sens, se propageant en ligne droite avec une vitesse encore inconnue, sensiblement la môme dans tous les corps.
- S’ils ne sont pas les rayons cathodiques, ils sont leurs descendants directs, ce qui donne une singulière importance pratique à ces derniers. Le pouvoir photographique des nouveaux rayons, en môme temps ([ue leur puissance de pénétration, leur assigne une nouvelle place parmi nos [dus importants moyens d’investigation. On a pu, en effet, par leur moyen, photographier des objets invisibles et complètement enfermés. 11 n’est môme nullement nécessaire, pour cela, de découvrir la plaque. Il suffit de l’exposer, enfermée dans son châssis, à la radiation partie du tube, après avoir interposé l’objet dont on veut connaître la structure. Un porte-monnaie, posé sur le châssis, laisse voir son contenu comme s’il était ouvert ; l’ombre des pièces de monnaie suffit, en cfïet, pour les reconnaître. L’une des plus curieuses, parmi les photographies qu'a montrées M. Rontgen, est celle d’une main dans laquelle les chairs ne révèlent leur existence que par une ombre peu marquée, tandis que les os ressortent vigoureusement et donnent des contours parfaitement nets (fig. 1). Une boussole, enfermée dans sa boîte, montre son aiguille et toutes ses divisions (fig. 2), avec une netteté comparable à celle que l’on obtient par tout autre moyen photographique.
- Est-il nécessaire d’insister sur les immenses applications de cette nouvelle découverte? La possibilité de voir dans le corps humain donnera au médecin un puissant moyen d’investigation. Un os brisé montrera toutes ses esquilles, que l’on pourra rechercher à l’endroit précis où elles se trouvent ; une balle, une aiguille môme révélera sa présence par l’ombre qu’elle projettera sur l’écran ou sur la plaque sensible.
- Et maintenant, il ne reste plus qu’une question à résoudre, qu’il est encore indiscret de poser. Que sont les nouveaux rayons? Les phénomènes découverts par M. Crookes nous avaient conduits directement à un mystère; en voilà deux maintenant.
- Eu.-Eu. Guillaume.
- CURIEUSE EXPLOITATION SOUFRIÈRE
- On est en train d’essayer aux mines du lac Charles, dans la Louisiane, un procédé bien curieux d’extraction du soufre sans excavation ni déblais. On commence par enfoncer, comme on le fait pour les forages, un tube de 25 centimètres de diamètre à travers le sol jusqu’à la surface du gisement de soufre, qui se trouve a 160 mètres de profondeur ; puis on glisse intérieurement au premier tube un autre de 15 centimètres seulement, et l’on comprime dans l’espace annulaire ainsi formé de l’eau portée à la température de 115° C environ. En arrivant au milieu du soufre elle le liquéfie, et il paraît qu’on peut alors pomper cette substance à raison de 5 tonnes à l’heure. I). B.
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- LA NATURE.
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- LE CENTENAIRE DE L’INSTITUT1
- Ce document historique, qui représente à lui seul un anniversaire, a une grande valeur, il a été imprimé, mais n’a jamais liguré dans aucun recueil. Les circonstances ayant rendu sa distribution impossible, son tirage a été perdu et nous croyons qu'il serait difficile maintenant de s’en procurer quelque exemplaire.
- Depuis cette effroyable guerre de 1870, un quart de siècle s’est écoulé. Au dehors, on célèbre bruyamment de sanglants anniversaires, nous répondons en fêtant le centenaire de l’Institut de France, d’une œuvre qui nous vaut plus de gloire (pie bien des batailles gagnées. Pendant cette période, peu de faits importants se sont accomplis au Palais des Quatre-Nations ; un seul peut-être mérite d’être conservé à l’histoire : en 1871, l’Académie française a élu au nombre de ses membres le duc d’Aumale; en 1880, l’Académie des Beaux-Arts lui a donné une place parmi ses membres libres ; depuis 1889, l’Académie des Sciences morales et politiques le compte au nombre des membres de sa section d’histoire générale et philosophique. A l’Institut, on le voit, la noble figure du duc domine, il est devenu sans décret, tout naturellement et tout simplement, le généreux protecteur de la Compagnie tout entière.
- En 1880, la loi d’expulsion des princes a frappé deux académiciens : le duc d’Aumale et le prince Napoléon. Dans la séance de l’Académie française du 15 juillet, M. Duruy étant directeur, M. Sully-Prud-honime chancelier, M. Caro remplissant, en l’absence de M. Camille Poucet, les fonctions de secrétaire perpétuel, M. Duruy prononça les paroles suivantes :
- « Messieurs, je crois être l’interprète des sentiments de l’Académie en exprimant ses regrets pour l’absence forcée d’un de scs membres les plus éminents. »
- Une note fut envoyée à ce sujet aux journaux, elle reproduisait les paroles de M. Duruy et se terminait ainsi :
- « L’Académie, par un vote unanime, charge son directeur de transmettre à M. le duc d’Aumale l’expression des regrets de la Compagnie. »
- On a su quelques jours plus tard que les paroles prononcées par M. Duruy avaient été rédigées, discutées et approuvées par plusieurs académiciens qui avaient pris l’initiative de la protestation. La séance ayant été ouverte, le directeur les a prononcées après avoir pris place au bureau ; cette protestation, très digne dans sa forme, avait donc un caractère absolument officiel.
- On prêta un moment à l’Académie des Beaux-Arts, à laquelle appartenait également le duc, l’intention de protester, comme l’Académie française, contre son expulsion; mais la situation de l’Aca-
- 1 Suilc et lin. — Voy. n° 1181, du 18 janvier 1896, p. 102.
- demie des Beaux-Arts eût été particulièrement délicate, le prince Napoléon, également expulsé, lui appartenant au même titre que le duc d’Aumale. Cette dernière protestation fut donc abandonnée.
- Le duc d’Aumale se montra vivement touché de cette marque de respectueuse sympathie; c’est à elle probablement, c’est aussi aux démarches réitérées que tentèrent les Académies près des pouvoirs publics, pour obtenir, en ce qui le concernait, le retrait de la loi d’expulsion, que l’Institut dut, le 25 octobre suivant, le don royal de Chantilly que le duc d’Aumale lui fit par divers actes notariés.
- Aujourd’hui l’Institut de France a Palais à la ville et Château à la campagne. 11 ne l’a pas oublié quand est venue l’époque de son centenaire. Chantilly a pris sa place dans les fêtes organisées à cette occasion, et ces fêtes pleines de simplicité n’ont pas été sans grandeur. Leur programme tenait en quelques lignes.
- Le mercredi 23 octobre 1895, à 10 heures du matin, sous la présidence de Mgr Perraud, de l’Académie française, a été célébré à l’église Saint-Germain-l’Auxcrrois, par l’abbé Duchesne, de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, un service funèbre en mémoire des membres décédés depuis la fondation de l’Institut. Mgr Perraud y a paraphrasé en chaire le mot de Socrate : « Philosopher, c’est apprendre à mourir. »
- Dans la même journée, à 2 heures, au palais de l’Institut, il y eut une réception intime, par les membres, des associés étrangers et des correspondants; le soir, M. Poincaré, ministre de l’Instruction publique, les réunissait dans une soirée de gala.
- Le lendemain, jeudi 24 octobre, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, eut lieu la séance solennelle des Cinq Académies, à laquelle assista M. le Président de la République.
- Après l’exécution de la Marseillaise, que l’assistance écouta debout, M. Ambroise Thomas, président de l’Institut pour 4895, prononça quelques paroles qui furent immédiatement suivies de l’ouverture du Joseph de Méhul; M. Jules Simon prononça ensuite un admirable discours.
- L’orchestre de l’Opéra se fit entendre de nouveau et exécuta Mors et vitaâe Gounod, puis M. Poincaré répondit à M. Jules Simon par un discours d’une grande élévation de pensée, f^a séance fut close par une dernière exécution de l’hymne national.
- Le soir même, à l’Ilôtcl Continental, eut lieu un banquet auquel assistaient 267 membres de l’Institut. M. Poincaré y prononça une courte allocution; M. Max Muller, associé étranger de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, et lord Kervin, associé étranger de l’Académie des Sciences, y prirent également la parole.
- Le vendredi 25 octobre, les membres de l’Institut étaient réunis au Théâtre-Français. La Comédie donnait en leur honneur les 2e et 5e actes du Cid, le 2e acte de YÉcole des femmes et les Femmes savantes.
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- LA NATURE.
- 1 r>2
- Avant la représentation de cette dernière œuvre, M. Mounet-Sully, entouré du personnel de la Comédie-Française, avait lu la poésie : L'Institut
- de, France, composée par M. Sully-Prudhomme.
- Le soir, au palais de l’Élysée, le Président de la République donna une grande réception à laquelle
- Le vicomte Henri Dclabordc,
- Secrétaire perpétuel de l'Académie des Beaux-Arts.
- les membres de l’Institut de France furent conviés. La dernière journée, celle du samedi 26 octobre,
- Jl. Jules Simon, secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences inorales et politiques.
- fut réservée au duc d’Aumale. Les académiciens quittèrent Paris à 1111 20m ; à Chantilly les attendait
- Reproduction par l'héliogravure de la médaille gravée par J.-C. Cliaplaiu, à l’occasion du don de Chantilly à l'Institut de France
- pur le duc d’Aumale.
- une réception qui conserva, pendant toute sa durée, un caractère intime. Malheureusement, le duc, frappé par un accès de goutte, ne put abandonner une petite voiture où son médecin le condamnait à l’im-
- mobilité. Ce furent les familiers de la maison qui montrèrent aux nouveaux venus les trésors accumulés dans la princière demeure.
- À l’occasion de ce déplacement, unique dans les
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- LA NATURE.
- I
- lOtl
- annales académiques, le duc d’Aumale avait lait imprimer, pour être distribué à chacun de ses visiteurs, un charmant ouvrage dont tous les exem-
- plaires étaient reliés. Cet ouvrage, de format in-12, est illustré de deux jolies eaux-fortes et d’un plan. Il porte le titre suivant : Chantilly, visite de l'in-
- ^ L.
- Fêtes tlu Centenaire. — Menu, programmes et invitations.—Au milieu, à droite, invitation à la soirée ministérielle du 23 octobre 1895; au coin, en haut, à droite et aux deux coins du bas, le programme de cette soirée; dans le bas, au milieu, l une des cartes d'invitation à la séance solennelle du 24 octobre à la Sorbonne; au centre, le menu du dîner, à Tliotel Continental; au milieu, en haut, le programme de la représentation du 25 octobre, à la Comédie-Française; à côté, dans le coin de gauche, la page de couverture de ce meme programme, plus réduite que le programme lui-même; au milieu, à gauche, près du menu, l'invitation présidentielle à la réception de l’Élysée, le 25 octobre.
- stitut de France, 26 octobre 1895. Itinéraire.
- On l’a vu, les rédacteurs du programme des fêtes du centenaire ont eu recours au théâtre et n’ont point dédaigné même le banquet réservé jusqu’ici à
- de moins doctes réunions. Ignore-t-on que depuis plusieurs années, à cet égard, l’Institut s’est modernisé? Il a son banquet annuel lixé au 25 octobre, à l’issue de la séance publique des cinq Académies.
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- LA A1 A TL HE.
- Le premier de ces banquets a eu lieu en 1886 ; le souvenir en a été conservé dans une complainte, sur l’air de Fualdès, rimée par un membre de l’Académie des Beaux-Arts :
- Ecoutez, noble assistance,
- Je m’en vais vous ressasser Comme ça vient de s'passer Dedans l’Institut de France,
- Cejourd’bui vingt-cinq du mois;
- J’en suis encore plein d’émois.
- D’abord derrière une grand’table,
- Six présidents prennent rangs,
- Serrés comme des harengs,
- Avec un air respectable ;
- Ça commence on ne peut mieux,
- \’en a pas un seul de vieux.
- Cela se continue pendant quatorze strophes.
- Dieu soit loué! Poètes, réjouissez-vous, Ecouchard-Lcbrun a enfin trouvé un digne successeur.
- Ernest Maindron.
- LE CHEMIN DE FER TRANSSIBÉRIEN
- Un événement important s’est accompli en Russie, le 17 décembre 1895. On a procédé à l’inauguration de la ligne de Tcheliabinsk à Ekaterinenbourg, dans l’Oural. Par suite de l’exécution de ce tronçon, dont la longueur n’est que de 250 kilomètres, le réseau des chemins de fer sibériens se trouve en communication directe avec Pétcrsbourg. Le Rapport du Comité du Transsibérien présenté à l’empereur de Russie nous apprend que l’extrémité orientale du réseau qui, l’an dernier, s’arrêtait aux bords de l’Obi, a été reportée cette année jusqu’à Krasnoïak, sur les bords du Jenisseï. Par suite de cette extension, la ligne de Sibérie s’étend de Pétcrsbourg à Krasnoïak. La distance des deux terminus est de 4600 kilomètres. Encore 500 kilomètres et le Transsibérien égalera le Transcontinental américain, car la distance de New-York à San-Francisco n’est que de 5100 kilomètres. Lorsque le Transsibérien sera terminé, la longueur totale de la grande artère russe de Pétcrsbourg à Vladivostock, au nord de la Mandchourie, dans la mer du Japon, dépassera 7000 kilomètres. Les deux tiers de cette ligne immense seront prochainement livrés à la circulation, été comme hiver. Les travaux sont poussés activement sur divers points de la dernière section, qui sera probablement terminée avant l’échéance de 1900, primitivement fixée pour son achèvement. Actuellement, du moins en été, la moitié environ des 2400 kilomètres qui restent à parcourir pour atteindre l’extrémité orientale de l’empire, le sont par les steamers du lac Baïkal et du fleuve Amour. Le tracé de cette immense artère serait singulièrement abrégé si la Russie obtenait de la Chine la cession d’un port plus méridional que Vladivostock et la permission de construire un chemin de fer à travers la Mandchourie, mais que diraient les ancêtres de la dynastie régnante si les os de leurs ancêtres devaient être déplacés pour livrer passage au rail des barbares ! Du reste, M. le vicomte Jules de Cuverville, délégué du ministère de l’Instruction publique, vient de rentrer à Paris, après avoir étudié sur place le chemin Transsibérien et exécuté un voyage de 5000 kilomètres dans les steppes kirghises. Cet explorateur fera prochainement une grande conférence politique, géographique et commer-
- ciale sur l’état actuel de cette grande entreprise et la colonisation en Sibérie. Le local et le jour de la conférence, qui sera faite sous les auspices et avec le concours de l’administration, seront annoncés par la presse politique. Les curiosités qu’il a rapportées de son voyage seront exposées au Comptoir général de photographie, à Paris. AV. de F.
- MESURE DE IA DURETÉ DES CORPS
- FONDÉE SUR l’eMPUOI DU MICROSCOPE
- Après un historique complet et abrégé de tous les essais tentés en vue de déterminer la dureté des métaux, M. Paul Jannettaz a présenté à la Société des ingénieurs civils l’appareil qu’il emploie pour la production des rayures et qui est fondé sur le principe indiqué par Seebeck. La pointe rayante est fixée à l'extrémité d’un fléau de balance; quand celui-ci a été rendu horizontal, et, par suite, la pointe verticale, on amène cette dernière au contact du corps à rayer, qui doit lui-même présenter une surface horizontale et bien polie. On charge alors la pointe avec des poids et on entraîne au-dessous d’elle le corps à rayer maintenu constamment horizontal; dans ces conditions, si le corps est homogène, il se produit une rayure très régulière. Malgré de sérieux avantages, le système à fléau de balance n’est pas indispensable et tout dispositif permettant d’avoir une pointe exactement verticale peut convenir. Les pointes employées étaient en acier trempé ; leurs angles étaient variables ; d’ailleurs, il est nécessaire de faire des essais avec un jeu de pointes de substances différentes et très dures, telles que le corindon et le diamant. Les rayures produites sont examinées avec de forts grossissements au microscope : l’oculaire de celui-ci est muni d’une division micrométrique, de sorte qu’il est facile d’apprécier la largeur de la raie avec une grande approximation. Des essais faits sur une série d’échantillons d’acier provenant de la Compagnie des Forges de Châtillon et Commentrv ont montré que cette méthode pouvait permettre de donner une classification sclérométrique des métaux. Cette méthode est également susceptible de mettre en évidence des défauts d’homogénéité ; c’est ainsi qu’on a pu constater dans certains échantillons de cuivre électrolytique des variations considérables dans la largeur des raies produites. On voit donc que le microscope, qui a déjà permis de si importantes études de micrométallographie, est appelé à rendre aux ingénieurs de sérieux services pour l’étude de la dureté.
- LA CONSOMMATION
- DES MACHINES A YAPEUR
- A propos de notre récent article sur Les progrès de la machine à vapeur, paru dans le n° 1177, du 21 décembre 1895, p. 58, nous avons reçu de M. II. Bollinckx, à Bruxelles, des renseignements très intéressants sur les consommations de vapeur des diverses machines qu’il construit. Il nous a fourni les résultats d’un grand nombre d’essais exécutés sur ses machines en diverses fabriques. Leur puissance varie dans d’assez grandes proportions, depuis les plus faibles jusqu’aux plus élevées ; ces machines sont à condensation ou non. Toutes les conditions d’expériences ont été observées.
- Nous avons réuni les principales données dans les tableaux suivants ; le premier tableau se rapporte aux machines à
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- LA NATURE
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- condensation, et le second aux machines sans condensation.
- MACHINES A CONDENSATION
- <D 3 a S _ 3^
- 3 . .2* x ~ o £ 2 O Ü.’O 3 —"H Renseignements
- — g o 2 “ô cz -, !T, — ,'li ° «27.0 .2 » = £ 9 S sL, 3 C « Ci Ifi > JZ Je» 5.g-= O = « a |J H 32 divers. Noms des machines.
- P t S O - a 3 ü S
- 23 c' ~
- kg KO
- 23 5,66 10,08 1,100 Hider 1893.
- 46 1,40 8,66 0,870 Cor] iss 1893.
- 62 6,46 7,70 0,775 Corliss 1891.
- 70 5,02 7,80 0,780 Corliss 1893.
- 77 5,60 n 7,06 0,800 Corliss 1891.
- 81 6,61 7,74 0,775 Corliss.
- 120 6,00 6,20 0,620 Compound-Corliss 1891.
- 173 5,71 6,67 0,670 Compound-Corliss 1892.
- 107 6,60 6,01 0,600 Compound-Corliss 1891.
- 213 4,66 7,36 0,710 Compound-Corliss 1893.
- 211 6.16 6,68 0,670 Corliss 1891.
- 305 6,20 5,16 0,550 Compound-Corliss 1891.
- Ces diverses consommations ont été relevées sur des machines installées dans différentes usines et fabriques de Belgique, à la suite d’essais effectués par l’Association pour la surveillance des chaudières à vapeur.
- Les machines à vapeur sans condensation sont beaucoup moins employées que les machines à condensation ; nous avons pu relever cependant les chiffres suivants :
- MACHINES SANS CONDENSATION
- O P ,3T >< r- P p c x CC ^ O _ J* -S *d g rt S *d o . 2-ép, ~ .2* o .P Renseignements
- — p S p <p sJ o s o divers.
- o J ^ 17, o B S- 3 ^ H 3
- H « rt -« i. r1 — O P s s 75 O C3 cr. a o 2 Noms des machines.
- x O *5 17 V. P X Ci O U c* 3,75 3 23 KG 11,97 § 8 > ê 2 U KG 1,500 Rider 1891.
- 18 5 13,85 1,400 Rider 1895.
- 58 5,70 12,89 1,290 Rider à tiroirs 1893.
- 77 5,50 9,93 1,000 Corliss 1891.
- 1(M 5,07 12 12 1,220 Corliss 1895.
- 111 6,50 ü! 88 0,090 Corliss 1891.
- Les résultats que nous faisons connaître sont des plus intéressants, parce qu’il s’agit d’essais réellement pratiques et industriels. On remarquera que pour les machines à condensation, à une pression sensiblement la même 5,66 et 6,20 atmosphères, la consommation de vapeur a varié de 10,98 à 5,46 kilogrammes par cheval-heure indiqué pour des puissances de 25 à 305 chevaux. On a compté une production de vapeur de 10 kilogrammes environ par kilogramme de charbon brûlé. M. Bollinckx nous fait observer avec juste raison que, dans tous ces essais, l’eau des purges n’a pas été renvoyée à la chaudière; par ce moyen il aurait été en effet possible de réduire encore les consommations. Nous avons surtout remarqué l’essai de la machine de 505 chevaux indiqués, qui a donné une consommation de 5,46 kilogrammes de vapeur à 6,2 atmosphères par cheval-heure indiqué. Cette machine, qui avait une enveloppe de vapeur, a été fournie à la Société anonyme La Vesdre pour le peignage et la filature de laine, à Verviers.
- En ce qui concerne les machines à vapeur sans condensation, pour des pressions variables de 5,75 à 6,50 atmosphères, et des puissances de 17 à 111 chevaux indiqués, la consommation a varié de 14,97 à 9,88 kilogrammes de vapeur par cheval-heure indiqué.
- Les renseignements de ce genre, en aussi grand nombre, circonstanciés et détaillés, sont très utiles, parce qu’ils permettent de fixer nettement les idées sur des questions importantes et souvent inconnues. .1. L.
- LES PIERRES DE TÈTE
- De tout temps, les peintres ont aimé reproduire les scènes de la vie médicale ; mais, à aucune autre époque, cette tendance n'a été plus accusée qu’au moyen âge. Saisissant sur le vif les sujets les plus bizarres en apparence, ils ont reproduit, de main de maître, c’est le cas de le dire, le tableau réaliste des troubles neuropathiques, des lésions pathologiques les plus variées. Dans des toiles célèbres on peut voir, dans les attitudes de la plus scrupuleuse exactitude, les images des grandes névroses, comme l’hystérie, des malformations, comme le pied bot, le rachitisme. Le bel ouvrage de Charcot et Didier, Les démoniaques et les malades dans l'art, a remis en lumière le grand nombre d’œuvres artistiques où se retrouvent les scènes de ce genre. Encore s'étaient-ils restreints à un point spécial de la pathologie.
- Un de nos jeunes confrères, dont l’érudition artistique ne le cède en rien aux connaissances médicales, le I)r Henry Meige, a voulu glaner à son tour dans ce riche champ d’observations, et, dans une série d’études fort remarquables parues dans la Nouvelle Iconographie de la Salpêtrière 1, il nous donne une critique aussi sagace qu’intéressante des principales œuvres des « Peintres de la médecine)). Il a bien voulu mettre, ce dont je le remercie infiniment, à la disposition de La Nature les épreuves de quelques-uns des dessins qui illustrent son dernier Mémoire relatif aux opérations sur la tète. Nos lecteurs pourront juger, par ces spécimens, de l’intérêt artistique de ces recherches.
- C’est surtout dans les Écoles flamande et hollandaise que l’on trouve reproduites ces scènes de la vie médicale, scènes tantôt véritables, tantôt purement satiriques. Des tableaux nous donneront l’image réelle d’une femme qui se meurt d’hydropisie cardiaque, comme dans la toile célèbre de Gérard Dou, au musée du Louvre; d’une jeune anémique, comme dans la malade de Van Hoogstraaten, au musée d’Amsterdam ; d’une hystérique, comme la Possédée de Rubens, etc. Le plus souvent ce sont, au contraire, des scènes de charlatans, de véritables caricatures ; les sujets abondent et, à cette époque, ainsi que de nos jours, charlatans et arracheurs de dents ne chômaient pas. Comme dans nos parades de foire et comme avec les Mangins du dix-neuvième siècle, les opérateurs et médecins de rencontre, les médi-castres de tous genres faisaient étalage de leur savoir en public, et le boniment, comme j’en ai cité des exemples 2, ne manquait ni d’esprit ni d’entrain. Ce sont là les scènes que les peintres flamands se sont surtout évertués à reproduire, en les flagellant de leur crayon satirique.
- Les dessins que nous mettons sous les yeux de nos lecteurs reproduisent des scènes d’opérations de
- 1 Vov. n08 5, 4, 5 et 6, 1895. L. Bataille, éditeur.
- 2 Pseudo-médecins et charlatans. Voy. n° 972, du 16 janvier 1892, p. 106.
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- LA NATURE.
- pierres de la tète. On peut se demander de quelle opération les maîtres peintres ont Lien voulu se moquer. 11 n’existe pas sur le cuir chevelu de ces productions calculcuses, comme on en rencontre dans les canaux de quelques glandes ou dans certains réservoirs de l’organisme, vésicule biliaire, vessie. On ne connaît guère, comme tumeur se prêtant à une opération faite par un médicastre de rencontre ou par des farceurs, comme nous les montrent ces dessins, que le kyste sébacé, la vulgaire loupe, dont le contenu caséeux peut devenir quelquefois crétacé et d’une dureté se rapprochant de celle de la pierre. 11 existe aussi des lipomes disséminés au front, sur le crâne, toutes productions pouvant être libérées
- assez aisément par quelques coups de bistouri. Les grandes interventions sur la tête étaient assurément connues dans ce temps-là, puisque la trépanation, connue d’Hippocrate, remonte, ainsi que l’a démontré Rroca, aux temps préhistoriques. Mais nos compères ne se seraient pas avisés de tentatives aussi audacieuses, et s’ils n’avaient eu que des loupes à extraire, pas n’était besoin de faire jaillir triomphalement une pierre, des monceaux de pierres.
- Dans une interprétation fort judicieuse de ces gravures, le I)r Henry Meige arrive à conclure qu’il s'agit là d’opérations, la plupart du temps, purement factices, s’adressant à des sujets à esprit détraqué. Au lieu de parler d’araignées dans le pla-
- Fig. 1. — « Les pierres dans la tète. » Gravure d'après un dessin de Pierre Brueghel le Vieux, au cabinet des estampes du Musée d'Amsterdam (Ecole flamande seizième siècle).
- fond, au quinzième et au seizième siècle, on disait vulgairement des individus mal équilibrés, un peu toqués, qu’ils avaient une pierre dans la tète, et si, d’aventure, un de ces malheureux reprenait son bon sens, on disait non moins couramment qu’on lui avait extrait une pierre de la tète. Cette locution remonterait, paraît-il, aux romans dn roi Arthur et, comme le fait observer notre confrère, elle éclaircit tout à fait le mystère de ces dessins d’opérations sur la tête.
- Si la locution était courante dans le public, quoi d’étonnant à ce que les charlatans de l’époque ne s’en soient emparés pour faire croire aux innocents et aux naïfs qu’ils tenaient en main le procédé le plus sûr de guérir à jamais leur terrible infirmité? Ne voit-on pas, de nos jours, des aliénés persuadés
- qu’un serpent leur dévore les entrailles, qu’on leur perce le crâne à coups de vrille ; ne voit-on pas de simples maniaques obsédés par des idées similaires ? Les neurasthéniques n’ont-ils pas le casque qui pèse sur leur tète et leur étreint le cerveau ; les hystériques n’ont-ils pas leur fameux clou, et tous ces gens-là, moins éduqués que de nos jours, et même en l’étant au degré le plus élevé que l’on puisse supposer, ne sont-ils pas prêts, dans le paroxysme de leurs souffrances, à subir toutes les opérations que l’on voudra pour être à jamais délivrés? Il en était de même jadis et plus encore, à l’époque où la sorcellerie n’avait encore perdu aucun de ses droits. Il me paraît donc logique de regarder, avec M. Meige, ces opérations comme de pures fantasmagories de charlatans ; les dessins, du reste, sont là pour le
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- prouver. Voyez celui de Brueghel le Vieux, du Musée d’Amsterdam (fig. 1). Nous sommes dans une véritable officine ; on opère sans trêve ni merci. Trois chirurgiens ne sont pas de trop pour répondre à l’al-iluence des malades. Un manant, déjà opéré, regarde d’un œil narquois son voisin qui hurle de douleur, repousse les aides pendant que l’opérateur s’apprête à retirer la fameuse pierre; il a pris pour cela des ])inces formidables. A droite, un autre opérateur, coiffé d’un long bonnet droit fantastique, pratique l’incision libérât rice ; au fond, un aide s’escrime sur un gros ventru pendant qu’un quatrième s’efforce de persuader un malheureux qui ne demande qu’à gagner la porte. Ces scènes de douleur n’impressionnent pas les gros moines, l’un affalé, anéanti, porté par un bon rustre qui salue l’assistance de son bonnet de loutre, l’autre montrant son mal et venant réclamer le salut.
- Un autre dessin, de Brueghel le Vieux également, est encore plus suggestif. C’est une vraie caricature, une charge à fond contre les charlatans. La scène ne se passe plus dans une boutique, c’est en plein vent, avec les tréteaux sur les tonneaux, que l’opérateur (il est seul, cette fois) exerce son merveilleux talent. La foule accourt, et quelle série de types : les uns ahuris, les autres épouvantés, les autres jubilant comme à l’approche du sauveur! Un malheureux vient de passer par les mains de l’opérateur; un aide verse un Uniment réparateur sur la plaie béante pendant que la victime contemple d’un œil mélancolique le fameux caillou extrait de sa tête. Celui-là va être mis sur la chaise fatale; avec sa lanterne le chirurgien examine avec soin le corps du délit ; le
- patient hurle, mais une matrone lui maintient solidement la tête. Regardez celui qu’on apporte; il a sur le front une tumeur plus grosse qu’une orange. Caché sous une escabelle, un compère est là avec un panier plein de pierres, prêtes à être passées au moment voulu, comme la muscade au prestidigita -teur, et c’est un compère sur lequel on peut compter, il sera muet; ses lèvres sont closes par un cadenas. L’intention satirique de ce curieux dessin est, du reste, notée par le peintre lui-même dans le petit croquis hors cadre, sur lequel il a apposé sa signature. C’est un gros œuf contenant un opérateur et sa victime; les pierres plcuvent de la tête et viennent tomber hors de la coquille. On retrouvera dans le
- tableau deJanSteen(fig. 2) la même intention satirique, quoique la scène soit traitée d’une façon moins fantaisiste. L’opérateur doit être un homme connu ; ce n’est plus sur la place publique qu’il opère, c’est chez lui, dans un confortable intérieur hollandais; mais il ne manque pas non plus de compères adroits, la matrone, son aide habituelle, à l’air narquois, et le gamin qui rit de cette bonne farce et qui passe, à mesure, les cailloux que le madré charlatan fait couler sur le cou du patient, exaspéré de douleur.
- La scène figurée dans le tableau de Jérôme Van Achen (fig. 5) passerait pour moins grotesque, si ce n’étaient l’allure et l’accoutrement fantaisistes del’opé-rateur ; sa robe, son bonnet, jusqu’à l’escabeau bizarre sur lequel il se grandit, tout est extraordinaire. La figure sereine du patient ne l’est pas moins. A coup sur, si on vient de lui extraire quelques pierres de la tète, que l’autre médecin montre
- Fig. 2. — «;-Lcs pierres de tête. » Tableau de Jean Steen. (Musée lioijmans, à Rotterdam.)
- Fig. 3. — « Les pierres dans la tête. »
- Tableau de Van Achen (Yan Bosch). Musée d’Amsterdam. (École hollandaise, seizième siècle.)
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- aux assistants, on a du lui faire de l’anesthésie locale. 11 sourit d’un air béat, comme si on venait de lui faire disparaître par enchantement la plus atroce douleur.
- Les scènes d’opérations de pierres sont fort nombreuses : M. Meige a pu recueillir les dessins de plus d’une douzaine qu’il reproduit dans son intéressant travail, et peut-être en est-il qui lui ont échappé.
- C’est une série qu’il va continuer, je l’espère, et que je me permettrai, s’il le veut bien, d’utiliser pour La Nature. 11 y a, dans ces études de tableaux, inconnus souvent de ceux qui pourraient s’y intéresser le plus, un double profit pour l’art et pour la science. IL A. Cautaz.
- LES COUPS DE FEU DE CHAUDIÈRES
- et l’état sphéroïdal de i/eau
- M. Jolly a signalé dans La Nature1 les expériences faites en Angleterre par M. Lavington Fletcher sur les explosions de chaudières provoquées par l’alimentation d’un générateur au moment où, par manque d’eau, les tôles de ce dernier se trouvaient à découvert et, par suite, à très haute température. Les conclusions de l’auteur de cet article peuvent prêter à un malentendu et, si elles blâment avec raison les coutumes en usage, elles peuvent laisser croire qu’il n’est pas des cas, tout à fait particuliers, pour lesquels elles ne sauraient être acceptées sans réserves. Dans l’ouvrage publié en 1895 par M. Ch. Bel-lens sur les chaudières à vapeur, les expériences de M. Lavington Flechter sont décrites en détail et les opinions formulées par ces deux ingénieurs méritent d’attirer toute notre attention.
- Ainsi que nous l’avons dit, le but des expériences de M. Flechter était de s’assurer si, après avoir laissé rougir les tôles d’une chaudière par manque d’eau, on pouvait alimenter sans craindre que les effets résultant, soit d’un dégagement considérable de vapeur provenant de la caléfaction de l’eau, soit de la contraction des tôles, ne provoquent une explosion.
- Sans entrer dans le détail des expériences qui furent faites dans cette voie, nous pouvons résumer comme suit les conclusions émises par les expérimentateurs2 :
- 1° L’opinion généralement acceptée sur les effets delà projection de l’eau sur les tôles portées au rouge n’est admissible que dans certains cas.
- 2° Dans la majorité des cas, lorsque les ciels de foyers sont découverts, le mieux à faire est d’ouvrir l’alimentation, quand celle-ci se fait en arrière de l’autel : de cette façon on raffermira les tôles et on donnera au chauffeur le temps de tirer son feu. Cette règle ne saurait être absolue et elle ne doit être appliquée qu’avec la plus grande prudence.
- 3° La manœuvre de tomber les feux est dangereuse, car, ne pouvant pas reconnaître à quel point d’affaissement se trouve le foyer, le chauffeur reste exposé tout le temps qu’il tire les feux.
- 4° Le chauffeur ne doit jamais pousser les feux sans s’assurer, par l’inspection du tube de niveau, que les tôles ne sont pas à découvert.
- 5° Une chaudière dont les feux sont violents et dont on a laissé, par manque d’eau, les tôles rougir, est un appareil
- 1 Vov. n° 1178, du 28 décembre 1895, p. 61.
- 2 Cli. Bellens, Traité des chaudières à vapeur.
- dangereux et il est impossible de remettre les choses en état sans courir des risques.
- 0° On devrait munir les chaudières d’une soupape de sûreté pour manque d’eau : celles-ci est imposée dans les cahiers des charges de l’association des propriétaires d’appareils à vapeur de Manchester. L’expérimentateur recommande en outre d’introduire l’eau d’alimentation de manière qu’elle ne soit pas projetée contre les foyers et, dans tous les cas, à l’arrière de l’autel.
- Ces conclusions sont d’ailleurs confirmées, en ce qui concerne l’explosion due au dégagement instantané d’un volume considérable de vapeur (conséquence de l'hypothèse de l’état sphéroïdal de l’eau avant le refroidissement des tôles), par une expérience bien simple que l’on peut réaliser de la manière suivante : Dans une casserole en tôle (étamée ou non) dont on a préalablement frotté le fond, sur sa face intérieure, avec un tampon imprégné de matière grasse (huile de lin), on verse de l’eau distillée.
- Après avoir porté le récipient sur un feu très vif ou mieux encore sur le dard d’un fort chalumeau à gaz, on chauffe jusqu’à l’ébullition. Un peu avant que cette dernière se produise, on constate la formation, sur le fond du récipient, de très grosses bulles de vapeur; puis la tôle rougit, d’abord à la partie la plus chauffée, et ensuite, par conductibilité, cet excès de température gagne les parties avoisinantes et le fond ne tarde pas à être rouge sur toute sa surface. Dans ces conditions, le liquide devrait être à l’état de caléfaction. Il n’en est pas ainsi et, quoique la quantité de vapeur produite à ce moment soit notablement inférieure à celle qui se produirait pendant une ébullition normale, on constate que l'état sphéroïdal n’existe pas ; l’ébullition est très mouvementée et le fond reste rouge tant que l’on continue à chauffer.
- En laissant ensuite refroidir la tôle du fond noirci et, lorsqu’elle a atteint une température assez basse (170°), l’eau reprend contact direct avec la tôle en produisant un sifflement caractéristique. Même à ce moment, on ne constate pas la production d’un volume notable de vapeur.
- Quoique ce phénomène soit dû à la présence de la matière grasse qui, en isolant l’eau de la tôle chauffée, n’a pas permis à cette dernière de se refroidir par contact, il fournit une preuve que l’élat sphéroïdal d’une masse d’eau un peu considérable ne peut se produire.
- Les expériences de MM. A. Witz, Hirsch et autres, sont toutes concluantes sur ce point.
- Remarquons que dans les expériences de M. Hirsch, expériences que j’ai exécutées moi-même au Conservatoire des arts et métiers1, le coup de feu n’est certain qu’en opérant avec de l’eau pure (eau distillée). Les essais exécutés avec de l’eau ordinaire n’ont pas été assez nombreux pour que l’on ait pu tirer des conclusions très nettes rapportées aux conditions ordinaires de la pratique, et les résultats obtenus ont été parfois contradictoires.
- Pour celte raison et pour toutes ses conséquences, il serait nécessaire que ces études fussent reprises avec le plus grand soin ; la voie ouverte par MM. Durston, Hutton, Yarrow et Fletcher en Angleterre, Aimé Witz et J. Hirsch en France, mérite d’attirer l’attention et le précieux concours des savants et des industriels. C’est là une question qui prend une importance de plus en plus grande tous les jours, étant donné le développement croissant des installations de force motrice.
- La sécurité des chauffeurs est tout entière attachée aux résultats des investigations qui seront faites sur les causes
- 1 Annales du Conservatoire des arts et métiers, 2e série, tome I.
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- souvent méconnues des explosions de chaudières et sur les moyens de les éviter. Gustave Gauthier,
- Ex-préparateur de mécanique au Conservatoire des arts et métiers.
- Professeur à l’Association polytechnique.
- L’UTILISATION DES \IEUX BOUCHONS
- La plus connue et la plus mauvaise manière d’utiliser les vieux bouchons de liège consiste à les faire resservir au même usage, au grand détriment de la conservation ou de la qualité du vin qu’ils bouchent. Mais il e-t un certain nombre d’autres applications moins connues et plus utiles des vieux bouchons qui forment un des résidus importants des grandes villes. On en fait d’excellents calorifuges, tantôt pour empêcher le refroidissement des conduites de vapeur, tantôt pour mettre obstacle au réchauffement des glacières et des magasins à glace. Le liège pulvérisé est très avantageux pour le remplissage des colliers en cuir des chevaux, et, si l'on en croit le Scientific American, on se servirait depuis peu de copeaux de liège, soit neufs, soit coupés dans des vieux bouchons, pour remplir les pneumatiques des roues de bicyclettes, que l’on gonfle néanmoins avec de l’air. En cas de crevaison, le cycliste roule sur le liège et peut rejoindre l’étape sans rester en panne. Le dispositif signalé par notre confrère mérite d’être expérimenté par les touristes appelés à voyager souvent sur des mauvaises routes. Signalons encore comme application des bouchons et des déchets de liège les tapis pour salles de bains et les bouées de sauvetage à bon marché.
- TÉLÉPHONIE MILITAIRE
- A FIL UNIQUE NON ISOLÉ, SYSTÈME P. CIIAROLLOIS
- Parmi les ressources que la science moderne met à la disposition des armées en campagne, la télégraphie et la téléphonie sont certainement de celles qui, malgré leur apparence modeste, constituent néanmoins un des facteurs les plus importants de la victoire dans nos guerres modernes.
- Grâce à leur précieux concours les commandants d’armées peuvent centraliser entre leurs mains, et cela presque instantanément, toutes les indications voulues, leur permettant de disposer le plus utilement possible de leurs unités de combat. Grâce à elles, toutes les opérations peuvent acquérir un remarquable degré de précision et de rapidité. Elles permettent, en effet, la transmission des ordres dans toutes les directions avec la netteté et l’instantanéité du commandement direct.
- Les progrès introduits continuellement dans la science de la guerre la rendent de jour en jour plus complexe et plus délicate. La rapidité dans l’exécution des mouvements est devenue une nécessité primordiale, à tel point que le gain de la victoire résulte le plus souvent de la promptitude des opérations, aussi bien dans l’offensive que dans la défensive.
- Entre deux nations belligérantes, on peut dire, en effet, que le triomphe des armes est en quelque sorte assuré à celle qui effectuera sa mobilisation dans le minimum de temps, en transportant le plus loin possible et dans le moindre délai la plus grande masse d’hommes munis d’armes à tir rapide et dont l’approvisionnement serait promptement renouvelé.
- Une fois en campagne, en dehors des grandes voies ferrées et autres, les troupes se trouvent généralement disséminées sur de grandes étendues de terrain et le plus souvent dépourvues de communications régulièrement établies entre elles.
- C’est alors qu’intervient le rôle de la télégraphie et aussi de la téléphonie, bien que cette dernière n’ait pas su encore affirmer son droit d’existence d’une manière indiscutable, et cela d’abord parce qu’elle est la dernière venue et ensuite, il faut bien le dire, parce que les appareils et installations employés jusqu’à ce jour n’offraient pas toutes les qualités voulues pour donner complète satisfaction.
- C’est en apportant tous ses soins à l’étude de cette importante question, que le capitaine P. Cha-rollois, du 115e de ligne, est arrivé à lui donner une très heureuse solution après de longs et laborieux efforts. C’est en cherchant à donner à l’emploi du téléphone en campagne toutes les qualités pratiques qui lui manquaient, à savoir: simplicité, légèreté et solidité, facilité et rapidité d’installation, commodité dans la communication; c’est en cherchant à rendre facilement maniable ce très précieux auxiliaire du commandement, que le capitaine Cha-rollois a été amené tout d’abord à n’employer pour ses transmissions téléphoniques qu’un fil unique en se servant de la terre comme fil de retour.
- Ce premier point est déjà capital, en lui-même, mais sa valeur s’en trouve encore augmentée par la constatation de l’inutilité de l’isolement de ce fil. En effet, à la suite de nombreuses expériences, le capitaine Charollois a constaté qu’un fil métallique déroulé sur le sol, sans aucune précaution d’isolement, avait la propriété de conduire à des distances relativement. grandes — une vingtaine de kilomètres au moins — les courants induits circulant entre deux téléphones électriques, ou meme simplement magnétiques, placés aux extrémités de ce fil unique considéré comme ligne, le retour étant fait parla terre.
- Des expériences multiples et des essais nombreux ont conduit le capitaine Charollois à employer en dernier lieu le fil bimétallique en cuivre rouge pur à àme d’acier. Ce fil présente les qualités voulues pour cet emploi, conductibilité, solidité, légèreté, souplesse; il est inoxydable et peu coûteux.
- Le capitaine Charollois a également étudié un transmetteur et un récepteur microphoniques d’une sensibilité tellement grande que les conversations peuvent être échangées à haute voix, à distance, sans avoir à se pencher sur l’appareil comme cela se pratique avec les téléphones ordinaires.
- Pour obtenir plus de netteté dans la correspondance, et surtout pour rendre plus distinctes les sonneries d’appel, on emploie de petites piles sèches ajoutées au transmetteur et renfermées avec celui-ci dans une boîte en tôle servant de protection.
- Le poste téléphonique ainsi formé est porté à dos d’homme et la communication est obtenue par le déroulement du fil à l’aide d’une bobine dérouleuse spéciale, le retour s’effectuant par la terre, grâce à
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- l’emploi de tiges, ou de baïonnettes meme, enfoncées dans le sol et reliées au poste par des cylindres prise de terre.
- Les figures 1 à 6 montrent les différentes phases de l'établissement d’une ligne téléphonique militaire système Charollois à fil unique nu. La figure 1 montre le soldat muni d’un poste téléphonique électrique fixé par des bretelles sur le dos, comme les sacs ordinaires, et tenant à la main une bobine dérouleuse. Les figures 2 et 5 représentent le poste volant en fonctionnement, la baïonnette enfoncée dans le sol pour le retour du courant. La figure 4 représente l’installation à poste fixe du poste volant rendu stationnaire. La figure 5 montre l’appareil transmetteur.
- Au lieu d’un téléphone électrique, et bien qu’il ne présente aucune complication, on peut se contenter d’un téléphone magnétique, qui est encore plus simple. Le capitaine Charollois a en effet imaginé et construit des transmetteurs-récepteurs microphoniques d’une simplicité et d’une sensibilité remarquables.Le téléphoniste militaire porte l’appareil suspendu au képi près de l’oreille pour écouter et le porte à la bouche pour parler. Pour plus de commodité, on peut également se servir de deux téléphones, servant l’un d’écouteur et l’autre de parleur, ce dernier étant suspendu par un cordon sur la poitrine.
- Organisation du service téléphonique régimentaire. —Cette organisation comporte deux services distinct :
- 1° Service de régiment, assuré par les sapeurs;
- 2° Service de compagnie, assuré dans chaque compagnie par quatre soldats et un caporal désignés par le capitaine.
- Service de régiment. — Le service de régiment a pour objet d’établir les communications téléphoniques entre le régiment et les états-majors de brigade et de division, ainsi que pour toutes les opérations exigeant des lignes de grande longueur.
- Les champs de tir, polygones et stands sont également desservis par ces lignes téléphoniques mobiles, qui rendent les plus grands services dans l’exécution des feux de guerre et des tirs réglementaires. Ces
- lignes, établies avec du fil de 6/10 de millimètre, peuvent avoir jusqu’à 20 kilomètres de longueur et doivent souvent rester en position plusieurs jours sans être relevées. En conséquence, elles sont établies avec un certain soin et nécessitent le matériel suivant :
- Matériel de régiment. — 6 bobines dérouleuses; 6 kilomètres de fil bimétallique 6/10 ;
- 6 téléphones magnétiques ; o perches bambou à crochet ; 4 cylindres prise de terre; 4 crochets de suspension pour téléphone. Le poids de la bobine complète chargée de 1 kilomètre de fil est de 5ke,500.
- Service des compagnies. — Ce service a pour objet de permettre à la compagnie d’établir dans toutes les circonstances de campagne, sur son terrain d’opération, une ou plusieurs lignes téléphoniques pouvant atteindre une longueur totale de 4 kilomètres .
- Les principaux Cas d’emploi sont les suivants : Relier la grand’garde aux petits postes et à la réserve d’avant-postes ; transmettre à la grand’garde les renseignements recueillis par une patrouille ; emploi dans les cantonnements ; liaisons de postes détachés dans les terrains accidentés, montagneux ou boisés, etc. Appréciation des distances dans l’instruction du tir.
- L’établissement de ces lignes de compagnie ayant toujours lieu en terrains tranquilles, il est inutile de suspendre le fil, qui est déroulé simplement sur le sol. Aussi, le matériel de compagnie a-t-il été réduit à son plus simple volume en employant du fil de 4/10 de millimètre enroulé sur une bobine de dimensions réduites et en supprimant les perches en bambou.
- Matériel de compagnie. — 2 bobines dérouleuses ; 4 kilomètres de fil bimétallique de 4/10 de millimètre (2 kilomètres par bobine) ; 4 téléphones magnétiques ; o cylindres prise de terre ; 5 crochets de suspension de téléphone. Le poids de la bobine complète chargée de 2 kilomètres de fil est de 2fe«,500.
- Établissement d'une ligne de régiment (fig. 6) — Soit une ligne de 6 kilomètres à établir : le caporal ou un téléphoniste supplémentaire prend position au point A en fixant son téléphoné à l’oreille et
- Fig. 1.
- Soldat, poste téléphonique volant au dos, déroulant le fil de la ligne.
- Fig. 2.
- Appel pour la sonnerie d’un poste volant.
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- en le reliant par l’un de ses conducteurs à la ligne et par l’autre conducteur à son épée-baïonnette enfoncée dans un sol humide. La première équipe commence à dérouler le fil. Pour ce déroulement, le porteur de la bobine (fig. 1) marche dans la direction B à la vitesse du pas accéléré, sans se préoccuper du fil qu'il laisse derrière lui. Il a soin dans sa marche de se diriger sur les points d’appui où le fil peut être accroché ou suspendu.
- Son camarade, muni de la perche à crochet, le suit et accroche le fil aux supports naturels qu’il trouve à proximité : arbres, maisons, haies, etc. A défaut de supports naturels, on laisse le fil à terre, en choisissant de préférence les sillons, fossés, etc. La ligne, suspendue ou laissée à terre, doit être à l’abri de toute atteinte pouvant amener sa rupture.
- La première équipe ayant déroulé ses 2000 mètres, le porteur du téléphone s’installe en a', poste intermédiaire, comme il a été fait au point A et entre de suite en correspondance téléphonique avec son camarade de tête de ligne. Le porteur de la perche de la première équipe devenant disponible, se tient prêt à se porter sur la ligne pour reconnaître et réparer toute rupture accidentelle pouvant se produire, rupture indiquée par la cessation de communication. Ces deux hommes ont de cette façon la surveillance et la garde de la fraction qu’ils ont posée; ils en deviennent pour ainsi dire les cantonniers.
- La deuxième équipe, ayant raccordé son fil à la ligne, procède comme il vient d'être expliqué pour la première. L’opération se continue ainsi jusqu’en B.
- La ligne de 6 kilomètres comprendra quatre postes téléphoniques : deux extrêmes, têtes de ligne A et B, et deux intermédiaires a' et a" destinés à la surveillance de la ligne.
- Tous ces postes sont en relation entre eux.
- Ce dispositif de ligne militaire explique comment la surveillance est exercée rigoureusement, les ruptures accidentelles réparées sans retard, et enfin comment une ligne de 25 kilomètres a pu être relevée en une heure aux manœuvres de l’Est. L’ordre ayant été donné simultanément à tous les postes de relever
- au même instant, chaque équipe a repris le fil qu’elle avait posé.
- Il est bien entendu que lorsque le pays est tranquille, la ligne bien posée et qu’on ne craint pas d’accident, les postes intermédiaires peuvent être supprimés, l’audition n’en est que meilleure aux postes extrêmes. Dans le but d’assurer la plus grande mobilité aux téléphonistes de régiment, ces hommes reçoivent aux manœuvres et en campagne la solde franche attribuée aux isolés, afin qu’ils puissent vivre en tout endroit où ils sont retenus par leur service spécial. Cette mesure a été adoptée aux manœuvres de l’Est.
- Établissement d’une ligne de compagnie. — Cette opération ne nécessite pas les soins de protection d’une ligne de régiment. Elle consiste simplement à dérouler le fil à terre en suivant toutefois les fossés, sillons ou sinuosités du sol où la ligne est à l’abri des ruptures. Les prises de ligne et de terre sont les mêmes que précédemment. Communications avec téléphonistes en marche. — Dans quelques opérations, telles que reconnaissances, patrouilles, explorations, etc., il est utile pour la tête de ligne d’avoir des communications constantes avec les fractions en marche. Dans ce cas, le téléphoniste mobile tient de la main gauche son épée-1 aïon-nette reliée au téléphone qui est suspendu à son oreille. Le courant est alors établi d’une manière permanente, même pendant la marche, par le corps du téléphoniste et ses pieds qui foulent le sol.
- Tout appel lancé de la tète de ligne est distinctement perçu par le téléphoniste ou cavalier en marche, qui s’arrête et répond. Dans ces conditions, le chef qui est à la tête de ligne a toujours en main ses fractions détachées et peut envoyer à tout instant ses ordres et instructions. Le téléphoniste ou le cavalier, ainsi en communication par le corps, doit marcher autant que possible sur la terre ou l’herbe, afin d’assurer par les pieds ou les sabots du cheval un bon contact avec le sol.
- Emploi par la cavalerie. — Ce système téléphonique peut rendre de grands services à la cavalerie pour la transmission rapide des renseignements
- Fig-, 5.
- Poste volant en cours de communication avec la station de départ.
- Fig. -i.
- Poste volant rendu stationnaire.
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- LA NATURE.
- U2
- recueillis parles reconnaissances et vedettes. Les procédés de communication sont les mêmes que pour l'infanterie. Toutefois le cavalier peut, comme il est expliqué ci-dessus pour le fantassin, être en relation constante, même en marche, avec son poste d’origine. Son téléphone, suspendu à l’oreille, est en relation directe avec la ligne par l’un de ses conducteurs.
- Fig. 5. — Appareil transmetteur du poste téléphonique.
- L’autre conducteur est relié au mors, par suite à la terre, par le corps et les sabots du cheval.
- Dans le cas où il serait nécessaire d’établir très rapidement une ligne téléphonique, on peut faire
- Ligne
- Fig. 6. — Établissement d’une ligne de régiment.
- dérouler le fil par un cycliste. Étendant l’application de sa téléphonie à fil nu aux usages habituels, le capitaine Charollois a créé également une série d’appareils répondant aux besoins ordinaires et formant tout un système de téléphonie civile qui peut être utilisé en de nombreuses circonstances.
- (!.-L. Pesce,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- CHRONIQUE
- Les modes barbares. — La Société protectrice des animaux, à New-York, est parvenue à faire cesser la mode, très répandue parmi les Américains cet hiver, de porter sur leurs toilettes des Caméléons vivants attachés à une petite chaîne d’or retenue au corsage par une épingle de
- luxe, de même qu’il y a quelques années on portait des Scarabées du Brésil. Cette mode a même fait fortune parmi les jeunes élégants. Elle avait commencé à l’Exposition de Chicago. Il y avait dans la section de la Floride un comptoir où l’on vendait des Caméléons attachés à des épingles, et les visiteurs en emportèrent des centaines de mille. Le Caméléon fit fureur. La demande augmentait constamment ; plusieurs maisons en approvisionnèrent Chicago, où ces petits animaux furent expédiés par grandes caisses. Depuis, presque tous les marchands de nouveautés aux Etats-Unis ont continué à en vendre des quantités. Un commerçant français dans Broadway, à New-York, qui les faisait payer d’abord un dollar, dut, par suite de la concurrence, réduire les prix à 57 cents, puis à 27. Mais, sur l’intervention d’agents de la Société protectrice des animaux, il en a suspendu la vente, au grand désespoir de ses clients, Par suite de cette intervention, il est devenu difficile de se procurer des Caméléons et l’on en offre de nouveau maintenant un dollar et plus. Les gens qui achetaient des Caméléons, a déclaré un agent de la Société protectrice des animaux, les traitaient comme un simple joyau ou une pierre. On les tenait cruellement enchaînés, sans les nourrir et sans les protéger contre le froid. Aussi mouraient-ils par centaines. Les dames dansaient toute la nuit, ayant ces pauvres petites bêtes aux trois quarts mortes sur leur poitrine. La Société y a mis le holà et l’humanité vient de l’emporter sur ce nouveau caprice barbare et tyrannique de la mode1. G. de G.
- Chauffage des wagons de marchandises. —
- Pendant l’hiver 1894-1895, dont la rigueur exceptionnelle a été générale dans tous les pays d’Europe, les chemins de fer allemands ont mis en circulation des wagons de marchandises munis d’un appareil de chauffage, afin de remédier à la gelée des produits transportés. Plus d’une fois, en effet, cette gelée s’était produite malgré les soins les plus minutieux donnés à l’emballage. Les wagons, d’après le Moniteur industriel, étaient munis d’une double paroi où circulaient les gaz de la combustion d’un foyer. Un thermomètre extérieur et bien apparent permettait de contrôler la température intérieure. Les wagons ont été mis en service sur la voie ferrée qui relie Coblentz et Wiesbaden à Berlin, et ont circulé chaque semaine à l’aller et au retour depuis le 4 décembre 1894 jusqu’à la fin de février 1895. Ils ont permis de transporter dans d’excellentes conditions de conservation des fleurs, des légumes, des fruits, de la bière, du vin, des liqueurs, des eaux minérales, etc.
- Neuf mille vipères. — Un rédacteur d’un journal du Puv nous révèle l’existence d’un type fort original, le nommé Gourtol, plus généralement appelé le « Tueur de vipères ». A l’occasion de la foire de Saint-André, il a établi sur la place du Breuil une baraque où il s’exhibe, vêtu d’un costume complet en peaux de vipère : veston, gilet, pantalon, masque, cravate et bonnet pointu surmonté de quatre queues de ces reptiles. Il nous raconte qu’il a fallu 900 peaux pour faire son costume. Depuis le commencement de 1889 jusqu’à ce jour, il a déposé à la préfecture 9175 tètes de ces vilaines bêtes. C’est en 1895 qu’il en a tué le plus, 2502, qui lui ont été payées par la préfecture à raison de 50 centimes par tète. Mais il est probable que l’on a trouvé qu’il gagnait trop à ce métier, et le prix a été réduit à 25 centimes. C'est un tort, car c’est de l’argent bien gagné.
- 1 D’après la Revue des sciences naturelles appliquées.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 27 janvier 1806. — Présidence de M. Cornu.
- La photographie des parties intérieures du corps. — M. Lannelongue vient d’entreprendre des expériences, dans le but de constater la possibilité d’utiliser, pour le diagnostic et la thérapeutique des maladies internes, le procédé photographique découvert par M. Rontgen. Malgré l’imperfection de l’outillage et les tâtonnements inhérents à des expériences nouvelles fort délicates, il a pu obtenir, avec le concours de MM. Oudin et Barthélemy, des résultats significatifs. Ses recherches ont d’abord porté sur un fémur atteint d’ostéomyélite. La photographie a révélé un évidement intérieur de l'os. Ce l'ait corrobore les idées que M. Lannelongue a émises, il y a bientôt quinze ans, sur le développement de cette lésion. Le siège de la maladie est dans le canal central de l’os; la destruction du tissu osseux s’opère du centre à la périphérie. Le deuxième organe examiné est une main d’un enfant de onze ans atteinte de tubercule sur le médium. La photographie montre la première phalange épaissie par le gonflement inflammatoire. La deuxième phalange apparaît plus pale; le tissu osseux est raréfié. On devine de petits canaux par lesquels les parties molles sont envahies par les fongosités de l’intérieur de l’os. Enlin une main macérée depuis longtemps dans l’alcool chargé d’acide arsénieux a donné une photographie montrant encore le siège interne de la lésion. Si l’on considère que ces résultats sont en quelque sorte, provisoires, on conçoit qu’il est permis d’espérer, avec M. Lannelongue, que la méthode est susceptible de fournir des données beaucoup plus importantes pour le diagnostic de certaines lésions. M. Dufour, de Lausanne, envoie également une photographie d’une main d’enfant très jeune. L’une des phalanges du petit doigt est incomplète. Des bagues en aluminium placées sur les doigts n’ont pas été traversées par des rayons. M. Perrin a photographié de même une grenouille. L’épreuve montre très bien le squelette et les poumons. Sur une photographie d’un poisson on aperçoit les écailles, la colonne vertébrale et les détails du tube digestif.
- Propriétés des radiations de Rontgen. — M. Perrin a de plus effectué l’étude des radiations. En interposant un écran sur leur trajet, il a constaté que ce trajet est rigoureusement rectiligne. A l’aide de fentes, il a obtenu des images des fentes, très nettes sur les bords. Pas de traces de franges de diffraction, donc pas d’interférences. Au moyen de miroirs d’acier et de verre, il a encore constaté que les radiations de Rontgen ne se réfléchissaient pas. En disposant derrière une fente un prisme de cire de 00° d’angle réfringent, il n’a pu relever de différence entre l’image donnée par les radiations qui ont traversé le prisme et celle fournie par les rayons issus directement de la fente. Donc la réfraction est nulle. Un prisme de para-line, de 50° d’angle réfringent, a donné également des résultats négatifs. Enfin, sont transparents pour les radiations de Rontgen : le Dois, le carton, la cire molle, la parafine, les feuilles d’or battu ; demi-transparents : le verre et le fer en lame très mince ; opaques : le quartz et le sel gemme. La transparence paraît dépendre de la densité, mais elle dépend aussi de l’épaisseur. D’après une expérience de M. Oudin, la longueur du trajet parcouru par les radiations paraît aussi exercer une action, mais, chose singulière, les noirs et les blancs de l’épreuve sont à la fois moins accentués.
- La désinfection par l'aldéhyde formique. — On a songé à utiliser la combustion lente de l’alcool méthylique
- en présence de la mousse de platine qui donne de l’aldéhyde formique, pour désinfecter les appartements sous l’action antiseptique de cette dernière substance. Mais ce procédé ne donne que fort peu d’aldéhyde formique et introduit en outre de l’oxyde de carbone. Pour obvier à ce double inconvénient, M. Brochet propose de dépolvmé-riser letrioxyméthvlène, qui est une substance solide, par un courant d’air chaud. L’aldéhyde formique se dégage et la température est un obstacle à la tendance de ce dernier corps à se polymériser.
- Photographie à travers des corps opaques. — M. d’Ar-sonval décrit une expérience de M. Gustave Lebon, dans laquelle la photographie est obtenue au travers de corps opaques, à l’aide des rayons ordinaires. L’auteur dispose un cliché contre une plaque sensible. Le système des deux plaques est enfermé dans une boîte en bois close, fermée par une lame de fer de 3 millimètres d’épaisseur du côté du cliché. Une lampe à pétrole est placée devant la lame de fer. Après une pose de deux à trois heures, on retire la plaque sensible et on développe l’image, qui apparaît nettement. L’image est encore meilleure, si l’on recouvre la boîte de bois d’une lame de plomb que l’on rabat en avant. Une expérience distincte faite à l’aide d’une source de chaleur obscure a permis de constater que les rayons calorifiques ne jouent aucun rôle dans le phénomène.
- La vaccination des sujets mordus par les serpents. — M. Calmette, directeur de l’Institut Pasteur de Lille, a préparé un sérum spécial destiné au traitement des personnes mordues par des serpents venimeux. Ce sérum a été envoyé à M Hankin, d’Agra (Inde anglaise), qui l’a expérimenté avec succès. Dans ce pays les indigènes empoisonnent souvent les troupeaux de leurs ennemis en introduisant dans le rectum des animaux un chiffon imprégné de venin de serpent. Le sérum préparé par M. Cal-mette a été employé avec un plein succès au traitement de ces malheureuses bêtes. Enfin un Annamite qui avait été mordu par un naja et qui avait reçu l’injection une heure après la morsure, alors que le membre était déjà enflé, a pu être sauvé.
- Élection. — M. Rouché est élu académicien libre par 35 suffrages, contre 29 donnés à M. Lauth et 1 à M. Linder.
- Ch. de Villedeejl.
- LÂ SCIENCE AU THÉÂTRE
- LA TÈTE DE MORT ENCHANTÉE, (( LE MASQUE DE BALSAMO ))
- Présentée sous le titre de la Tête de mort enchantée, cette expérience de physique amusante fit longtemps les délices du théâtre Robert-Houdin.
- Reprise aujourd’hui sous une autre forme par les frères « Isola », elle n’obtient pas moins de succès et nous semble mériter par cela même d’être expliquée à nos lecteurs, après que nous leur aurons dévoilé, toutefois, le truc de la Tète de mort enchantée.
- « Mesdames et messieurs, voici sur cette table un crâne, triste débris de ce qui fut un homme ! Ajoutant au pouvoir du prestidigitateur celui de médium, je vais imprégner d’un fluide mystérieux cette tête de mort qui, s’animant, deviendra attentive et obéissante à vos ordres. »
- Et alors, sous l’action des passes plus ou moins magnétiques du prestidigitateur qui présentait l’expé-
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- LA NATURE.
- rience, le crâne s’inclinait et semblait saluer les spectateurs. « Afin de vous ôter toute idée de préparations, mécanisme quelconque, je poserai cette tète sur une plaque de verre reposant elle-même sur deux chaises (fig. 1). La transparence de la glace et sa non-conductibilité pour l’électricité sont de surs garants que je ne m’aiderai pas de cette fée merveilleuse pour provoquer les mouvements du crâne.
- « Voici maintenant quelques dés que je vais jeter en l’air..., comme ceci, et recouvrir d’un mouchoir. D’autre part voici un jeu de dominos dont je prierai un spectateur de reformer la chaîne, selon les règles adoptées, c’est-à-dire le deux avec le deux, le six avec le six, etc., etc. Ceci étant fait, notre tête de mort va frapper autant de coups qu’il y aura eu de points amenés par les dés jetés au hasard sur cette table; puis devinant, malgré la distance qui la sépare de ces dominos, ceux placés à chaque cxtré-de la chaîne du jeu, elle s’abaissera encore autant de fois qu’il y a de points marqués sur ceux-ci. ».
- Alors, au grand émerveillement des spectateurs, la tête de mort s’inclinait, marquant le nombre de points amené par les dés. R placée ensuite une main d squelette, l’expérience de la tête de mort enchantée ne changea que de nom, et le secret, que voici, resta toujours le même : Sur la table, à proximité de la main du prestidigitateur, est placée une boulette de cire molle, fixée à un fil qui se rend dans la coulisse où un compère peut le tirer à volonté. Après avoir fait examiner la tête de mort, le prestidigitateur, en la reposant sur la table, applique la boulette de cire sur le sommet du crâne. Après l’expérience un simple coup d’ongle enlève toute trace du truc, bien simple, car le moindre mouvement du fil fait basculer la tête.
- Quant à deviner le chiffre amené par les dés, rien déplus facile. Ceux-ci sont des dés pipés, c’est-à-dire qu’on y a introduit, du côté opposé au chiffre qu’on désire avoir, une petite masse de plomb, qui amènera nécessairement en regard du spectateur ce chiffre connu du compère caché dans la coulisse. Pour les dominos le procédé est encore plus simple : il suffit de garder un des dominos, le 5-4, supposons. Lorsque la chaîne sera formée, les deux extrémités du jeu donneront les mêmes nombres de points,
- c’est-à-dire un 5 et un 4 ! Le compère qui aura retiré le domino du jeu n’aura qu’à tirer le fil autant de fois qu’il sera nécessaire.
- Reprise par les frères Isola, cette expérience est présentée d’une autre façon : La tête est remplacée par un masque en bois posé à plat sur un guéridon et pouvant légèrement basculer de façon à répondre aux questions qu’on lui pose. Jusqu’ici rien d’extraordinaire, mais lorsque le prestidigitateur apporte le guéridon au milieu de Vassistance et que le masque y continue impassiblement ses mouvements, alors l’étonnement se lit sur les figures des spectateurs (fig. 2). Et vraiment il y a de quoi, et il pourrait en être de même de nos lecteurs si nous ne leur dévoilions pas la façon dont peut être réalisée cette expérience :
- Dans la partie qui forme le menton du masque, une petite tige de fer de 4 à 5 centimètres de longueur est logée dans l’épaisseur du bois. Peinte de la même couleur que le masque, elle ne peut pas être remarquée Un électro-aimant à armatures très plates est incrusté dans la tablette supérieure du guéridon, de façon que les noyaux N et N/ (fig. 3) soient en regard de la plaquette de fer, lorsque le masque sera posé sur le guéridon. Deux contacts électriques, en métal inoxydable, terminent deux des pieds du guéridon et viennent s’appliquer sur deux autres contacts fixés dans le plancher de la scène, de façon à fermer un circuit électrique qui relie l’électro-aimant avec un bouton de contact placé dans la coulisse. A chaque pression sur celui-ci, il est évident que le courant circulant dans l’électro-aimant, la plaque de fer sera attirée et par suite le masque basculera et semblera répondre aux questions du prestidigitateur.
- Lorsque le guéridon est apporté dans la salle, au milieu des spectateurs, on le place à un endroit convenablement repéré pour que les pieds, munis de contacts, viennent s’appliquer sur deux petites plaques en métal fixées dans le plancher et établissant de la sorte une communication entre l’électro-aimant et le compère, deus ex machina.... Carolus Karl.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandieu Paris. — Imprimerie Lahube, rue de Fleurus, 9.
- La tète de mort enchantée, « le masque de Balsamo ».
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- N* 1184. — 8 FÉVRIER 1896.
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- OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES
- DES COURANTS AÉRIENS BARO-THERMO-HYGROMÈTRE ENREGISTREUR
- Cet instrument a été établi à la demande de M. Laurence Rotch, l’éminent directeur de l’Observatoire météorologique de Blue Hill, dont on a pu apprécier la science et l’aménité à l’Exposition universelle de 1889, où il était représentant des États-Unis pour la classe XV. L’appareil est fort bien construit par M. Richard, l’habile constructeur d’appareils scientifiques de mesure et d’enregistrement.
- M Laurence Rotch se propose, avec ce système, de poursuivre des expériences qu’avait déjà tentées le regretté amiral Mouchez, et qu’il n’a pu conduire à
- bien. Il s’agit de déterminer simultanément la température et l’état hygrométrique aux différents points de l’atmosphère dont la hauteur est déterminée au moyen du baromètre.
- Ce genre de détermination avait été essayé à l’aide de ballons captifs, mais cette manière de faire n’a pas donné de bien bons résultats à cause des coups de vent qui déplacent rapidement le ballon, le font baisser à tel point qu’il n’est plus d’aucune utilité. Aussi M. Rotch a-t-il pensé qu’il obtiendrait de meilleurs résultats en enlevant les appareils de mesure au moyen d’un cerf-volant; par ce moyen le vent qui amenait des perturbations dans les essais en ballon deviendrait un auxiliaire précieux et une condition de réussite dans le nouveau programme. Mais pour réaliser ses idées, il fallait des instruments
- Baro-thermo-hygromètre enregistreur destiné à être attaché à un ballon captif par temps calme ou à un cerf-volant par le vent. A gauche, vue d’ensemble de l’appareil; à droite, la cage à grillage métallique où il est placé pendant l’ascension.
- très légers, car on ne peut demander à un cerf-volant d'enlever un poids considérable; aussi M. Rotch, qui possède déjà un grand nombre d’instruments enregistreurs que lui a fournis la maison Richard frères de Paris, s’est-il de nouveau adressé avec confiance à cette maison pour réaliser son programme.
- C’est ce nouvel appareil que représente la figure ; il est composé d’un baromètre, d’un hygromètre et d’un thermomètre enregistrant simultanément leurs indications sur un même cylindre. Le baromètre qui occupe la partie inférieure est un appareil tellement répandu et employé que nous ne reviendrons pas sur sa construction. 11 ne diffère du reste des types courants que par l’application de l’aluminium à la composition de ses pièces et par le papier recevant les inscriptions en altitude, de sorte que le diagramme montre à quelle hauteur a séjourné le cerf-volant.
- Au-dessus du baromètre est monté l’hygromètre ;
- c’est le modèle courant à faisceau de cheveux et à cames correctrices. Ses indications donnent l’humidité relative ou le point de saturation d’humidité en 1/100 effectif, de façon à ne pas avoir de table de correction et de lire directement sur le diagramme l’humidité relative.
- Le sommet de l’instrument est occupé par le thermomètre ; c’est le modèle à tube métallique de construction courante de la maison Richard, basé sur la dilatation d’un liquide et dont les variations agissent sur un levier portant la plume écrivant des diagrammes. Tous les organes composant ces trois appareils sont en aluminium et ne pèsent ensemble que lke,200, le tout contenu dans une cage en treillis également en aluminium afin de protéger l’appareil contre les chocs.
- Le poids total avec la cage est de 1270 grammes. C’est le minimum qu’il a été possible d’atteindre pour pouvoir conserver à toutes les pièces la force
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- ‘21° aimée.
- Ier semestre.
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- suffisante de résistance, ainsi que pour l’amplification des indications. Gaston Tissandier.
- LA. FORCE DES MACHOIRES
- Un dentiste de Jacksonville, le Dr Black, a déterminé expérimentalement la force exercée par les mâchoires humaines en mastiquant la nourriture, et la force maxima qu’elles peuvent exercer. Les expériences, faites à l’aide d’un dynamomètre spécial, ont porté sur cent cinquante personnes de tous âges, sexes et constitutions. La plus faible force exercée a été produite par une fillette de sept ans : 13ke,6 avec les incisives et 30 kg avec les molaires. Le record a été détenu par un médecin de trente-cinq ans qui a, sans effort apparent, amené l’instrument à fond de course, 122 kg, sans que l’on ait pu déterminer le maximum de la force exercée. La plupart des patients ont pu exercer normalement une force de 45 kg avec les molaires et une force double avec les incisives. Les conditions physiques ne semblent pas jouer un rôle appréciable sur l’effort, qui dépend surtout de l’état des membranes péridentales, et non pas du développement musculaire de l’individu. Enfin, toujours d’après le Dr Black, et le Scientiftc American, en exerce, en mastiquant les aliments quotidiens, des efforts beaucoup plus grands queceux nécessaires à cette opération.
- LES RAILS CONTINUS
- M. Ch.-Ed. Guillaume exposait dernièrement ici même i les considérations théoriques qui militent en faveur de Uadoption des rails continus dans l’industrie des tramways. Les résultats pratiques obtenus en Amérique depuis que le soudage des rails a été essayé, corroborent entièrement les conclusions de notre collaborateur.
- Le succès remporté dans le soudage des voies de tramways, alors qu’on ne peut souder les voies de chemins de fer sans que les rails se brisent en hiver ou se courbent en été, lient principalement à ce que, dans le premier cas, les rails sont presque complètement enfouis dans le sol. Le périmètre d’un rail plat américain, de 17cm,5 de hauteur, est de 73 centimètres. Sur cette longueur, 16 centimètres environ, soit 22,4 pour 100 seulement, sont exposés à l’air libre; le restant, soit 77,6 pour 100 de la surface totale, est enfoui dans le sol. Il en résulte d’abord que le métal n’est jamais soumis à la température réelle de l’air extérieur; il a à peu près la même température que le sol, c’est-à-dire se rapprochant plus de la moyenne; ensuite, et c’est là le point le plus important, le rail est maintenu fortement, en chacun de ses points, par le sol qui l’enserre et se soude pour ainsi dire à lui; le rail étant ainsi maintenu, les efforts en chaque point ne se transmettent pas aux points voisins et ne peuvent s’accumuler; bien que le rail soit continu, on n’a donc à considérer que la somme des efforts relatifs à une faible longueur.
- Ainsi, à Saint-Louis (États-Unis), les rails de Baden Street ont été soudés à l’électricité2 dans le printemps de 1894. D’après le Bureau météorologique, la température de l’air, pendant la durée de l’opération, fut de 17°,22 C., avec un maximum de 37°,22 C. et un minimum de —10° C. L'ensemble de la voie comprend 2203 joints. Pendant les fortes chaleurs de l’été, qui
- atteignirent au maximum 37°,78C., on n’observa aucune déformation de la voie. Pendant l’hiver suivant, la température la plus basse fut de —24°,44 C.; 72 joints, soit 5,27 pour 100 de la totalité, se brisèrent; on observa que les ruptures tenaient à ce que le soudage avait été mal fait; aucun des points brisés n’indiquait qu’il y eût eu arrachement d’une soudure. La proportion des arrache-chements (5,27 pour 100) est relativement très élevée, ce qui tient à la hâte avec laquelle le travail avait été exécuté et à la négligence qu’y avaient apportée les ouvriers; d’ordinaire, cette proportion est environ dix fois plus faible: b Cleveland elle a été de 0,18 pour 100 seulement, sur 3400 joints.
- Toujours à Saint-Louis, une autre voie fut soudée par le procédé Falk 1 ; elle comprend 744 joints qui furent faits en octobre et en novembre 1894; la température extérieure était en moyenne, pendant l’exécution du travail, de 10°,56 C., avec un maximum de 28°,89 et un minimum de — 7°,78. Pendant l’hiver, la proportion des ruptures fut de 0,42 pour 100.
- Dans aucun cas les rails ne s’écartèrent de plus de 5 centimètres; les ruptures étaient à peine visibles.
- D’après ce qui précède, la plus grande différence de température qui ait été observée entre le moment de la pose et le plus grand froid de l’hiver est de 41°,66 C. Le coefficient de dilatation linéaire de l’acier est d’environ 0,0000115 ; l’allongement ou la contraction maxima sont donc de 41,66 x0,0000115 = 0,00047909 de la longueur totale du rail. Or, l’allongement d’une barre d’acier de la qualité du rail est de 0,000425 environ par 1000 kg : cm2. La surface de la section droite du rail étant de 55 centimètres carrés, on voit que l’effort total est, au maximum, de :
- 1000 x0,00047909 x55 0 000425
- = 61983
- soit 62 000 kilogrammes environ.
- La charge pratique pour la limite élastique de l’acier étant de 5000 kg : cm2, on voit qu’avec des écarts de température de 40 à 45°, qui ne seraient jamais dépassés dans nos climats, la limite d’élasticité n’est jamais atteinte. Les allongements et les contractions peuvent donc avoir lieu indéfiniment, tant que les joints sont bons, sans qu’aucun accident se produise sur le rail, car on sait que toutes les déformations inférieures à la limite d’élasticité ne produisent aucun trouble.
- En admettant que la charge de rupture soit double, c’est-à-dire égale à 6000 kg : cm2, on a donc, eu égard à la résistance des rails eux-mêmes, un coefficient de sécurité égal à 5. Une voie établie dans ces conditions peut donc rester inaltérée, dans les limites de température communes à nos climats.
- Une autre conséquence intéressante se dégage des faits observés. Pour un écart de température de 41°,66, chaque rail de la voie de Baden Street se serait contracté de 2m,52 s’il avait été libre sur toute sa longueur. En réalité, aucun des intervalles entre deux arrachements n’a dépassé 5 centimètres, et la longueur totale de la contraction observée n’a pas dépassé 15 centimètres pour l’un quelconque des rails. Ceci montre, comme nous le disions au début de cette Note, que ie rail est maintenu en chacun de ses points, par les crampons sur les traverses et surtout par l’action, du sol qui l’emprisonne, et que, par conséquent, les efforts dus aux actions thermiques ne s’additionnent pas sur toute la longueur de la voie. G. Pellissier.
- 1 Voy. n° llô7, du 16 mars 1895, p. 241.
- ----------
- 1 Voy. n“ 1176, du 14 décembre 1895, p. 26.
- 2 Voy. n° 1071, du 9 décembre 1895, p. 17.
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- LES INSTALLATIONS D’HORLOGERIE
- DES ÉTABLISSEMENTS DUFAYEL
- Les magnifiques constructions que vient d’édifier la maison Dufayel au pied de la butte Montmartre pour y loger ses immenses magasins, dressent maintenant sur la rue Clignancourt leur coupole hardie dont le phare électrique se trouve presque de niveau avec le sol de l’église du Sacré-Cœur. Une visite à ce Palais du Crédit suffit à montrer que le propriétaire n’a rien négligé pour faire de son établissement un des plus beaux monuments de la capitale.
- Nous ne voulons dans ces lignes que signaler les appareils d’horlogerie exécutés par la maison Château et dans lesquels figurent des dispositifs curieux et absolument originaux.
- Les horloges sont au nombre de deux, l’une en bas du grand escalier du Dôme, l’autre appliquée contre la verrière de la façade. Cette verrière est en outre percée de quatre trous permettant de loger quatre cadrans à double face. Le cadran central, de 5 mètres, donne l’heure. Les trois autres, de lm,50, indiquent, celui de gauche la pression barométrique, celui de droite les lunaisons, et celui du haut les quantièmes. Ce dernier cadran possède trois aiguilles de même centre et de longueurs différentes donnant, la plus petite le jour de la semaine, la moyenne le nom du mois, et la plus grande le jour de ce mois. Une minuterie ingénieuse permet à ces trois aiguilles de fonctionner régulièrement.
- La figure 1 représente l’horloge de la façade, vue de l’intérieur. Le mécanisme occupe un espace très restreint et le balancier n’a que 0m,865 de longueur environ. Le poids unique, que l’on voit à droite suspendu par une chaîne Galle, n’a qu’une course de 80 centimètres environ. La chaîne est maintenue par un tendeur qu’on a placé symétriquement à gauche du mécanisme. Aussitôt que le poids est arrivé à quelques centimètres du sol, un contact électrique met en action une petite machine dynamo que l’on voit sur la figure, au-dessus et à droite de l’horloge. Cette dynamo remonte le poids jusqu’à sa position supérieure, où il provoque un nouveau contact qui coupe le courant. Ce courant est celui de l’éclairage de l’établissement. Les rouages du mouvement sont presque tous localisés dans la partie centrale de l’horloge dont la grande roue actionne le cadran des quantièmes.
- Les sonneries sont installées en haut de la coupole. Elles utilisent dix cloches groupées extérieurement sur l'arrondi. Les quatre quarts sont marqués par un air divisé en quatre parties dont il défile une au premier quart, deux au second, trois au troisième et les quatre à l’heure. Les heures viennent après la quatrième partie. Le déclenchement de ces sonneries est fait par des contacts envoyés de l’horloge.
- La figure 2 représente le mécanisme de ces sonneries. Il occupe la partie de gauche. La partie de
- droite renferme un cylindre qu’on peut déclencher en appuyant sur un bouton et dont les picots permettent de jouer automatiquement des airs. Un clavier de dix touches, également visible sur la figure, donne la facilité d’employer les cloches à des accompagnements de la musique organisée par l’administration. Le remontage du carillon mécanique et des sonneries se fait, comme celui de l’horloge, par une dynamo recevant le courant d’éclairage de la maison.
- Un dispositif ingénieux et nouveau dans la description duquel nous n’entrerons pas ici, et qu’on aperçoit occupant la partie droite de l’horloge, permet d’utiliser les indications d’un baromètre anéroïde ordinaire et de les faire reproduire fidèlement par le grand cadran de lm,50 de la façade. Grâce à ce système, on peut donner au cadran des baromètres un diamètre illimité, ce qui serait tout à fait impossible avec l’indication directe par une aiguille montée sur le tube barométrique.
- La seconde horloge (chronologomètre), qui remet électriquement à l’heure celle de la façade dont nous venons de parler, est représentée par la figure 5. Toutes ses roues sont montées sur une forte colonne d’acier, ce qui lui donne un cachet d’originalité et attire sur elle une attention que justifie l’examen des nombreuses pièces qui la composent.
- Le mouvement proprement dit, avec son échappement et son balancier, se trouve en arrière de la colonne. Le système de remontage est entièrement dissimulé dans l’intérieur de la colonne et le poids se meut dans une petite excavation pratiquée en dessous du socle. Le mouvement actionne d’abord le petit cadran vertical le plus rapproché du sol et sur lequel se meuvent deux aiguilles. L’une, dont la pointe est visible à travers une fenêtre ronde, marque l’heure sidérale. L’autre donne l’heure solaire moyenne. La différence des heures est obtenue parce que les deux aiguilles sont montées, la première sur une roue de 565 dents et la seconde sur une roue de 566 dents, ces deux roues engrenant en bas avec le même pignon qui transforme le temps solaire moyen en temps sidéral plus court. En arrière de ce cadran s'en trouve un autre disposé horizontalement et sur lequel se lisent les jours de la semaine. Au-dessus, formant la partie centrale de l’horloge, est placé le calendrier,' au milieu duquel est fixé le Soleil, immobile. Il est divisé en 565 jours. (Chaque année bissextile nécessite une remise à l’heure d’un jour, le 1er mars.) 11 est formé de trois couronnes concentriques, l’intérieure et l’extérieure fixes, celle du milieu pouvant se mouvoir dans un certain angle (de sept jours) en glissant sur les deux autres au moyen d’un bouton placé en dessous. Sur la couronne intérieure sont gravés les 565 jours de l’année et les principales fêtes ecclésiastiques. L’extérieure porte les noms des mois.
- Enfin la couronne mobile indique les noms des jours de la semaine. Chaque année, le 14 avril, on fait coulisser cette dernière de façon à faire coin-
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- LA NATURE.
- cider le jour de Pâques avec la date à laquelle tombe cette fête.
- Extérieurement, à la triple couronne dont nous avons parlé, on voit deux cadrans symétriquement placés par rapport au Soleil et qui tournent autour de lui en une année et en même temps sur eux-mêmes, par suite de leur roulement sur une grande roue fixe. Celui de ces cadrans que l’on voit à gauche porte en son centre la Terre inclinée de 23° 2 7'sur l’écliptique. Par suite du mouvement de roulement signalé, la Terre fait un tour sur elle-même en vingt-quatre heures et un autour du Soleil en trois cent
- soixante-cinq jours. En même temps la Lune, inclinée de 5° 8'47" par rapport à l’axe terrestre, décrit autour de notre globe son mouvement vrai de façon à indiquer les éclipses le jour où elles doivent se produire. La ligne des nœuds tourne dans le sens rétrograde en dix-liuit ans et deux tiers (Cycle de Méthon). Un ingénieux système d’engrenages permet de réaliser ces divers mouvements pendant que l'aiguille mobile, sur la couronne argentée du cadran, marque constamment
- Fig. 1. — Horloge de la façade.
- Fig. 2. — Mécanisme des sonneries.
- l’âge
- de notre satellite1.
- 1 Le système d’entraînement de la Terre et celui de la Lune autour de notre globe sont extrêmement compliqués. Les mouvements réalisés par Wagner et Collin étaient loin d’être d’accord avec les données astronomiques. Pour réaliser, en particulier, le mouvement vrai de la Lune, M. Chateau a imaginé un point d’appui artiliciel à son train d’engrenage. Ce point d’appui est constitué par un contrepoids circulaire qu’une coulée de plomb maintient fixe autour de l’axe de la Terre. Tout le système est, du reste, parfaitement dissimulé, de manière à ne point gêner la symétrie de l’ensemble.
- L’autre cadran, celui de droite, porte une division en mois lunaires suivant la règle de l’année musulmane simplifiée, en admettant une période de trente-deux mois lunaires1. Le quantième est indiqué par un prolongement de la grande aiguille du cadran
- central mobile autour de l’axe du Soleil. Ce prolongement est fixé au centre du cadran lunaire, sur lequel il pivote. Le cadran tourne sur lui-même grâce au roulement sur la circonférence de la grande roue.
- La partie libre de la grande aiguille cachée par le soleil est terminée par un disque. Ce disque donne les indications nécessaires au changement annuel de la position de la couronne mobile par rapport aux deux couronnes fixes du calendrier,
- et la petite pointe par laquelle il se termine sert à marquer sur cette couronne mobile le jour de la semaine. Au-dessus du calendrier on voit une roue portant un petit disque, et derrière elle un cadran, avec, au-dessus de ce cadran, un autre disque de même grandeur. La roue fait un tour en quatre ans, tandis que le cadran qui porte l’indication des jours de la semaine en fait un en vingt-huit ans. Il résulte de ces dispositions que chaque année bissextile, le disque de la roue vient se placer sur la même verticale que le petit disque fixe supérieur. Entre les deux se trouve indiqué exactement sur le cadran le jour où tombe le 29 février. Des deux disques, l’inférieur mobile porte une petite aiguille et la mention année
- 1 Les mois lunaires ont vingt-neuf et trente jours.
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- bissextile, le supérieur fixe l’indication 29 février.
- Le mouvement de l’horloge qui s’est transmis à des roues et engrenages tournant de plus en plus lentement à mesure qu’on s’élève sur la colonne centrale, traverse alors à nouveau la colonne pour faire tourner en un siècle l’aiguille de la grande et large couronne du fond, sur laquelle sont inscrits en une spirale à quatre spires les 400 millésimes de 1600 à 2000. Cette aiguille se compose de deux parties coulissant l'une sur l’autre, la partie mobile s’allongeant au fur et à mesure, guidée par un talon qui s’engage dans une rainure en spirale calculée sur les spires de la couronne.
- Les millésimes sont formés chacun de quatre chiffres gravés séparément sur de petits disques de cuivre fixés à la couronne par des vis qui la traversent et sont retenus en dessous par des écrous.
- En 2000 on pourra enlever les 1600 petits disques et former une nouvelle série de 400 années sans rien changer au mécanisme, les indications de 1600 à 2000 devant se reproduire identiquement de 2000 à 2400. Outre les 400 millésimes, la couronne ren-ferme encore 4800 indications de mois et 4800 indications de jours. L’espace réservé à chaque millésime est divisé en douze parties, portant chacune le nom d’un des mois de l’année avec l’indication du nombre de jours de ce mois.
- Enfin, en arrière de cette couronne, se trouve un dernier cadran divisé en quarante secteurs donnant pour quarante siècles, de 1600 à 5600, les indications nécessaires à la reconstruction du cadran séculaire que nous venons de décrire. Ce cadran doit faire son tour en 4000 ans, et son aiguille indique constamment dans quel secteur il faut chercher ces indications.
- Tout cet ensemble est logé dans une grande cage de glace à la partie supérieure de laquelle trois cadrans ordinaires donnent encore l’heure sur la face et les deux côtés adjacents.
- Si l’on résume le travail de gravure qu’a occasionné cette pièce remarquable, on trouve que plus de 15 000 indications sont données par les divers cadrans, indications comprenant environ 25 000 mots et près de 100 000 lettres ou chiffres gravés sur cuivre. Cette horloge, commencée par Wagner et appelée
- par son inventeur chronologo-mètre, avait été achevée par son successeur Collin, et installée par lui au Grand Café Parisien, disparu il y a une quinzaine d’années et situé à peu près à l’emplacement actuel de la Bourse du Travail.
- Bien que son ancienneté ne soit pas considérable, elle a eu une existence agitée. Lors de la fermeture du Café Parisien, elle fut démontée et mise au Mont-de-Piété. Elle y resta jusqu’à l’an dernier, époque où elle y fut vendue. Naturellement elle sortit de cet établissement dans un état pitoyable. Sa restauration nécessita d’autant plus de temps et de soin que M. Chateau fut obligé de rectifier les rouages planétaires, qui avaient été calculés sur des données erronées.
- Ces deux horloges fonctionnent régulièrement depuis plusieurs mois. Leur bonne marche constitue une expérience très intéressante et concluante, en particulier en ce qui concerne la transmission électrique à distance des indications barométriques sur des cadrans de très fortes dimensions. Il y a là la solution d’un problème général dont les cas particuliers sont extrêmement nombreux. L. Reverchon.
- Fig. 3. — Le chronologomètre. — Le calendrier dont il est parlé dans l’article (p. 148, col. 2) est tracé sur la deuxième pièce circulaire, au milieu de l'appareil.
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- LA. MIELLÉE VÉGÉTALE
- C’est un fait bien connu que certains végétaux, les arbres notamment, laissent voir à leur surface, en certaines circonstances, une matière sucrée, connue sous le nom de miellée ou de miellat.
- La véritable nature de ce phénomène vulgaire a été longtemps méconnue. Pour les uns, la matière sucrée viendrait toujours de pucerons vivant à la surface des feuilles; pour les autres, elle serait toujours due au végétal lui-mème. Comme il arrive souvent en pareil cas, la vérité était entre les deux. La production de miellée par les pucerons est un phénomène indéniable, mais elle n’est pas exclusive. M. Gaston Bonnier1 vient en effet de montrer que les plantes peuvent aussi en créer en dehors de la présence de tout organisme animal. Le matin, on peut suivre l’apparition des gouttelettes de miellat qui se renouvellent lorsqu’on a essuyé avec soin la surface de la feuille avec du papier buvard. En adoptant un dispositif spécial qui lui permettait d’examiner, par réflexion, au microscope, la surface d’une feuille sur un rameau encore attaché à l’arbre, M. G. Bonnier a pu constater que les fines gouttelettes sortent par l’ouverture des stomates.
- On peut observer la miellée, au printemps, sur les feuilles des épicéas, des sapins argentés, des pins d’Autriche, en juin et juillet sur les feuilles des chênes, des érables, des trembles, des vignes, des bouleaux. Citons encore les feuilles et les tiges des seigles, les pédoncules de plusieurs espèces d’Erysimum, les feuilles des salsifis. Dans certaines années un grand nombre de plantes se mettent à produire une quantité de miellée, alors qu’habituellement elles n’en sécrètent pas.
- Quel que soit le lieu de sa production, le miellat est très recherché par les abeilles, surtout lorsqu’il y a pénurie de fleurs nectarifères. C’est ainsi qu’en 1895, M. Bonnier a vu les abeilles ne plus aller à la miellée d’épicéa, de chêne ou d’érable, pendant la floraison des robiniers, pour y retourner ensuite quand les fleurs de ces arbres étaient fanées et avant la floraison du sainfoin ; lorsque le sainfoin était bien fleuri, elles abandonnaient encore la miellée pour y revenir en été, avant la floraison des bruyères.
- Pour étudier les variations de la production de la miellée s-uivant les circonstances naturelles, M. G. Bonnier mettaitla branche de la plante observée à l’abri des insectes mellifères, au moyen d’une gaze suffisamment fine, et mesurait avec une pipette graduée la quantité de liquide exsudé. Il a ensuite fait varier la lumière, l’état hygrométrique, etc. De ses expériences, il conclut que la miellée directe se produit pendant la nuit, et cesse ordinairement dans la journée ; son maximum de production est au lever du jour. La production de la miellée des pucerons peut au contraire se maintenir pendant toute la journée et se ralentit pendant la nuit. Les conditions qui favorisent la production de la miellée végétale sont les nuits fraîches intercalées entre des journées chaudes et sèches. L'élévateur de l’état hygrométrique et l’obscurité favorisent la production de la miellée.
- M. G. Bonnier a pu provoquer artificiellement la sortie du liquide sucré par les stomates des feuilles pouvant produire de la miellée, en plongeant les branches dans l’eau et en les mettant à l’obscurité dans de l’air saturé. Dans ces conditions, les feuilles peuvent produire de la miellée alors que les branches restées sur les mêmes arbres n’en produisent pas. Henri Coüpin.
- 1 Revue générale de botanique, 1896.
- LA VÉGÉTATION DE LA BASSE-CALIFORNIE
- La Basse-Californie est une presqu’île qui s’étend parallèlement au continent américain à partir du 52° de latitude nord jusqu’au 22°, c’est-à-dire un peu au delà du tropique du Cancer. Elle fait partie des États mexicains et ses limites sont : au nord, le désert du Colorado, à l’ouest, l’océan Pacifique, et à l’est le golfe de Californie. Sa largeur est exiguë (20 à 25 lieues en moyenne) par rapport à sa longueur (550 lieues à peu près).
- La température de cette presqu’île et son état hygrométrique sont exceptionnels. Les pluies y sont fort rares, aussi la végétation s’en ressent-elle. Celle-ci n’a comme représentants qu’un nombre restreint de plantes herbacées et très peu d’arbres. Les plantes grasses telles que les Cactées s’y rencontrent assez abondamment et parfois avec une taille gigantesque. Les Fouquiéracées, composées de quelques espèces très intéressantes, se développent presque exclusivement en ce point du globe. Quant aux Yucca qui dominent la série des espèces arborescentes, ils s’accommodent parfaitement des conditions de sécheresse excessive de cette contrée, ce qui leur a valu le nom de Palmiers du désert. Enfin, on trouve encore deux ou trois Prosopis de la famille des Légumineuses et un curieux Figuier dont nous parlerons plus loin.
- On comprend que dans un tel pays, les ressources du sol soient dans les métaux qu’on extrait de ses profondeurs bien plus que dans des cultures rémunératrices.
- La flore de la Basse-Californie est donc pauvre, et elle ne lui est pas absolument spéciale, puisqu’elle s’étend au delà de la frontière, dans l’Arizona, et dans les contrées voisines que les États-Unis ont enlevées auMexique, ainsi quele long de la côte mexicaine située de l'autre côté du golfe de Californie. Cette flore, en résumé, ne caractérise pas seulement la Basse-Californie, mais toute cette région américaine.
- Pour se défendre contre une évaporation presque constante, les végétaux de ce pays ont dû revêtir des formes étranges, en diminuant les surfaces évaporantes que sont habituellement les feuilles; aussi celles-ci sont-elles rares ou éphémères. Dans tous les points où l’eau manque, on ne rencontre que coteaux desséchés et pierreux, d’où surgissent des arbres tordus ou des arbustes dépourvus de feuilles. Seules les Cactées tranchent par leur teinte verte, sur l’ensemble misérable du paysage. Mais une pluie abondante survient-elle, on voit alors, au bout d’un temps très court, deux ou trois jours à peine, cette nature, morte en apparence, prendre un aspect nouveau. L’élément vivifiant si ardemment attendu donne à ces végétaux une parure jle fête. Une magnifique végétation herbacée vient bientôt recouvrir ce sol désolé et surchauffé, qui ne bénéficiait même pas des rosées, à laquelle la chaleur emmagasinée s’opposait.
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- Toutefois ce bel horizon ne sera que de courte durée. Il peut cependant persister plusieurs semaines, à moins que l’action des vents et les ardeurs du soleil ne viennent à bref délai faire changer le décor. Là est toute l’explication de la végétation étrange de la Basse-Californie. Si, par hypothèse, l’humidité se prolongeait, si les pluies étaient fréquentes, on y trouverait la flore tropicale avec toutes ses formes.
- La fertilité du sol de ce pays n’est donc pas contestable quand l’eau y arrive. Nous savons, par des témoins, que des missionnaires entreprirent autrefois des cultures, aujourd’hui encore prospères, bien qu’elles soient entre des mains inexpérimentées. Ces premiers cultivateurs captaient dans les vallées les eaux des pluies par des barrages, de façon à les maintenir le plus longtemps possible à l’avantage des cultures entreprises.
- Si les arbres à feuillage de ces régions perdent leurs feuilles aussitôt que la saison sèche revient, le tissu lâche et mou de leur tige, ainsi que l’écorce et la moelle, tiennent assez d’eau en réserve pour leur permettre desupporter les chaleurs persistantes sans périr. Les Fouquiéracées, représentées par trois ou quatre espèces seulement, sont, avec les Cactées, des exemples de ce phénomène.
- La portion de la presqu’île qui regarde le Pacifique est plus favorisée que le versant qui longe le golfe de Californie. La brise de mer venant de l’ouest humidifie l’atmosphère de ce côté, sans atteindre la côte orientale, aussi les espèces végétales qui sont rabougries à l’est sont bien mieux développées sur la côte occidentale. C’est là que l’on rencontre le Torote et le Lomboy, arbres de taille moyenne, dont les feuilles et les fleurs disparaissent peu de temps après leur éclosion. Cependant leurs rameaux sont souvent couverts d’une frondaison rappelant un peu les Lichens de^pde taille qui tapissent la surface des arbres de nos forêts. Ce sont là des Broméliacées du genre Tillandsia, dont nous reparlerons plus loin, qui vivent en épiphytes, pressées les unes contre les autres et qui ne rencontreront pas les conditions d’humidité nécessaires sur le versant opposé de la montagne.
- Le Torote appartient au genre Bursera, dont quelques espèces sont exploitées au Mexique pour l’essence que l'on extrait du tronc et des rameaux de l’arbre. Depuis la conquête de l’Amérique, on donne le nom de Linaloé à ces espèces spéciales. La structure de leur bois est toute particulière. Les fibres ligneuses y sont rares et l’élément qui domine est le parenchyme ligneux, c’est-à-dire un tissu à paroi mince et n’ayant pas la forme allongée des fibres; puis des rayons médullaires de même consistance; en sorte que, lorsqu’on veut fendre ce bois, il résiste et repousse, grâce à son élasticité, les coins que l’on essaie d’y faire entrer. Une autre particularité est à signaler. L’essence du Linaloé que l’on obtient par distillation du bois n’existe pas dans ce bois à l’état sain. Pour qu’elle apparaisse dans les cellules du parenchyme, il faut qüe le bois soit nécrosé, c’est-
- à-dire mort. Lorsqu’une branche un peu grosse a été brisée, — et les naturels ne se privent pas de mutiler ces arbres, — l’altération qui s’en suit gagne de proche en proche et, au fur et à mesure, on voit, par la teinte brune qui apparaît, l’essence remplir les cellules du bois. C’est alors que, par distillation, on obtient l’essence de Linaloé qui sert en parfumerie1.
- On a essayé autrefois d’utiliser l’écorce de Torote, qui contient une forte proportion de tannin (10 à 12 pour 100), mais l'exploitation en a été abandonnée à cause des frais de transport des écorces.
- Le Lomboy est moins intéressant. C’est une Eu-phorbiacée arborescente du genre Jatropha, à bois mou également, qui perd ses feuilles pendant la saison sèche, comme le précédent. Néanmoins, son écorce contient un suc rouge qui tache d’une façon indélébile et qui possède peut-être, au point de vue chimique, des propriétés de quelque valeur.
- Pour revenir aux Broméliacées, dont il est question plus haut, nous devons ajouter qu’elles sont probablement le seul exemple connu d’individus de cette famille utilisés comme plantes fourragères. L’espèce que l’un de nous a observée est le Tillandsia recurvata, vulgairement appelé Tojin, qui couvre les rameaux des arbres susnommés, et qui est mangé avec avidité par les animaux, à défaut d’autres plantes plus succulentes, pendant la sécheresse,
- Cependant il y a une autre espèce de fourrage qui étonnera au moins autant le lecteur, bien qu’elle ait son analogue en Algérie et dans les régions où croît le Figuier de Barbarie, que les dromadaires ne dédaignent pas. Sous le nom deYisnaga, on désigne, dans tout le Mexique, de volumineuses Cactées appartenant au genre Echinocactus (fig. 1), et qui, avec l’âge, atteignent 2 mètres et quelquefois jusqu’à 3m,20 de hauteur, comme l’a constaté le Dr Weber. Ces plantes offrent des côtes longitudinales proéminentes et garnies d’épines recourbées en crochet; le diamètre de leur tronc peut atteindre 60, 70 et même 80 centimètres. Quand le fourrage manque, les habitants enlèvent, au moyen d’un instrument spécial nommé ma-chete, toutes les épines du Visnaga, en écorchant du haut en bas le sommet des côtes qui les portent; puis ils débitent en tranches, comme on le ferait d’un gâteau de Savoie, la masse charnue de ces Visnaga pour la donner au bétail et aux chevaux, qui en sont très friands. Enfin, les épines même de ces Echinocactus sont utilisées ; elles servent à faire des hameçons pour la pêche.
- D’autres Cactées sont au moins aussi curieuses et aussi utiles que les Visnaga, ce sont les Pitayas, dont le nom s’applique à des Cereus de diverses espèces. Ces plantes sont de véritables arbres fruitiers. En effet, beaucoup d’entre elles ont des fruits sucrés et acidulés qu’on mange soit tout frais, soit en confitures, ou qu’on fait sécher comme des pruneaux et dont les Figues de Barbarie qui se vendent
- 1 J. Poisson. — Sur le Linaloé. — (Association française pour l’avancement des sciences. — Congrès de Blois, 1884.)
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- dans le Midi sont les équivalentes. Les Pitayas dulce, P. agria, P. barbona, etc., sont de ce nombre.
- Enfin, d’autres encore portent le nom de Cardon (fig. 2). Ceux-ci forment des arbres qui atteignent, lorsqu’ils sont vieux, une hauteur de 15 à 18 mètres avec un diamètre de 60 à 80 centimètres à la base. Leur forme en candélabres les font distinguer à de grandes distances ; l’une de ces espèces est attribuée au Cereus giganteus ou au Cereus Pringlei, qui en est très voisin.
- On comprend que de pareilles plantes aient besoin d’un tissu de soutien. Le tronc et les branches ont à leur centre une moelle très large, qui se détruit avec l’àge et qui forme ainsi un véritable tuyau ayant le cylindre ligneux pour parois. Le bois dont il est
- Fig. 1. — Visnaga (Echinocactus Penmsulæ.)
- dans toutes les contrées analogues aux parties stériles de la Basse-Californie. Ces Yuccas sont appelés dans cette dernière région Datyl Cimarron. Ils sont plus nombreux et mieux développés sur le versant du Pacifique, et le spécimen figuré ci-contre (fig. 5) est certainement le plus volumineux exemplaire qui soit connu.
- On a cherché à utiliser les Yuccas1 en employant leurs feuilles riches en filaments pour faire de la pâte à papier. Leur souche, dans certaines régions du Mexique, sert comme savon, à cause de la forte proportion de saponine qu’elle contient. En Basse-Californie, l’intérieur du tronc est utilisé pour la confection des matelas. On laisse à cet effet macérer le tronc quelque temps dans l’eau, puis l’intérieur est extrait, battu et exposé au soleil. 11 reste alors une
- 1 Voy. n° 720, du 19 mars 1887, p. 247.
- formé, quoique peu résistant, est assez homogène et sa disposition cylindrique en assure la solidité. Aussi, utilise-t-on les Cardons comme bois de construction et comme combustible.
- Beaucoup d’autres espèces de Cactées, mais de taille réduite et de formes variées, garnissent le sol. Celles-l'a n’ont qu’un intérêt purement scientifique.
- Les Yuccas sont les seuls arbres gardant leurs feuilles, et comme ce sont des Monocotylédones ayant une ressemblance plus ou moins grande avec les Palmiers, on les nomme, aux États-Unis et au Mexique, Palmiers du désert, ou encore Arbres à baïonnettes, Adam’s Needle, etc. Ces plantes et les Cardons sont à peu près les seuls végétaux arborescents que l’on rencontre dans le désert de Mohava, de la Sonora et
- Fig. 2. — Cardon (Cereus Pringlei.)
- masse fibreuse qui, étant assouplie, prend à peu près la consistance du crin. Les jeunes arbres sont les plus estimés pour cette extraction, les vieux étant trop pauvres en fibres souples.
- Comme arbre intéressant, le Ficus Palmeri mérite d’être cité. Il croit toujours sur le flanc des falaises basaltiques des ravins, en enfonçant ses nombreuses racines adventives dans les fissures du roc pour y chercher l’humidité. Ce qui est étrange, c’est que les branches, mais surtout les racines, sont aplaties et non cylindriques. Ces dernières, quand l’arbre est âgé, se sont rencontrées et soudées entre elles, puis, arrivées sur la roche, elles se moulent sur cette dernière comme le ferait une matière molle semi-fluide et ayant un aspect blanchâtre inattendu. Dans de bonnes conditions, ce Figuier, qui ne perd ses feuilles que par des chaleurs exceptionnelles, donne des fruits comestibles de la grosseur
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- Fig. 3. — Datyl Cimarron (Yucca brevifolia ?).
- d’une noix toute l’année. Les anciens Indiens les estimaient beaucoup, et la possession du Zelate, nom qu’ils donnaient à cet arbre, était souvent disputée entre eux avec énergie.
- C’est aussi en Basse-Californie que l’on trouve un arbrisseau ayant un peu l’apparence d’un jeune olivier, à rameaux divariqués et à feuilles opposées, mais protégées par un épiderme renforcé ; on dirait des feuilles métalliques couvertes d’un léger feutrage. Quand Nuttall,qui fut longtemps et à juste titre le premier botaniste américain, eut en main un échantillon de cette espèce, il comprit immédiatement qu’elle devait former un genre nouveau. Il en fit le genre Simmondsia, qui vint prendre place dans une petite famille à côté du Buis, c’est-à-dire dans les Buxacées, sous le nom de Simmondsia Californica. Quand la saison le permet, cet arbrisseau donne des
- fleurs sans éclat, bientôt suivies de fruits secs ayant l'aspect et le volume d'un gland de chêne, et dont l’amande est une source d’alimentation de la région'. Si, par malheur, l’humidité n’a pas été suffisante, la récolte est manquée. On comprend que dans un tel pays, où les ressources sont aussi limitées, cette récolte intéresse au plus haut point les habitants, qui sont réellement éprouvés quand elle fait défaut.
- Nous terminerons cette nomenclature de végétaux curieux ou utiles par le Cirio (fig. 4), qui peut passer, à jmste titre, comme le Welwitschia de la côte occidentale d’Afrique et le Didiera de Madagascar, pour l’un des plus étranges représentants du règne végétal.
- 11 fut remarqué pour la première fois en 1751 par les Jésuites qui parcouraient la presqu’île pour y établir des missions. 1 Voy. L. Diguet. Bull. Soc. Acclimatation, 1895.
- Fig. 4. — Cirio (ldria columnana).
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- U en est parlé par le Père S. J. Clavigero dans son Ilistoria de la Baja o antigua California. La description en est faite assez longuement par lui, qui avait remarqué la bizarrerie du végétal.
- Le Cirio pousse à peu près comme une Cactée, avec cette différence qu’il porte des feuilles périodiquement comme les autres plantes dont nous avons parlé. Ces feuilles sont les unes épineuses et persistantes, tandis que les autres sont normales et tombent lors de la sécheresse. Dès le jeune âge, la tige se renfle déjà en dôme, mais les rameaux qui naissent sur cette tige hypertrophiée sont totalement différents et disparaissent en partie, tandis qu’ils persistent au sommet de cette tige. Celle-ci, avec le temps, s’élèvera tout d’une pièce comme une colonne, sans jamais se diviser, à moins qu’un accident ne vienne la briser, auquel cas elle se bifurquera. Le long de cette tige unique les rameaux latéraux cités plus haut la garnissent plus ou moins, mais ceux du sommet, plus forts, feront une couronne persistante au Cirio, et ce sont ceux-là qui produiront l’inflorescence. Cette inflorescence prend la forme d’une panicule rameuse, sorte de gerbe de feu d’artifice, de couleur jaune paille et portant des fleurs d’ailleurs sans éclat.
- La tige est couverte d’une écorce, sorte de peau luisante parcheminée (rhytidome), pour résister le plus possible à la transpiration. Au-dessous, on trouve une couche d’un centimètre d’épaisseur de cellules épaissies presque osseuses (sclérenchyme), formant un rempart contre l’évaporation en même temps qu’un soutien pour le Cirio1 qui, comme son nom l’indique, a l’apparence d’un cierge. Plus à l’intérieur, on trouve une ou deux rangées de faisceaux fîbro-vasculaires peu résistants, et finalement, au centre, une moelle considérable.
- La nature molle de ce végétal avait fait penser qu’on pourrait en tirer parti. (On peut, au moyen d’un sabre ou d’une lame rigide, perforer facilement le tronc du Cirio.) L'International Company, qui s’est formée pour l’exploitation des terrains et des produits agricoles et autres de la partie nord de la Basse-Californie, avait pensé que l’on pourrait faire de la pâte à papier avec la moelle de ce végétal. On en a malheureusement sacrifié une grande quantité, puis on a renoncé à cette entreprise, à cause des dépenses qu’entraînait le transport de la matière première.
- Au point de vue botanique, le Cirio a une histoire qui mérite d’être racontée. A la suite de la poussée de population qui arriva dans la Haute-Californie au moment de la découverte de l’or dans ce pays, son développement fut rapide, et des établissements scientifiques entre autres furent créés, pour répandre le plus de' connaissances possible dans ce nouveau centre. Des voyages d’exploration furent entrepris dans des contrées encore mal connues, et, quoique la stérilité de la Basse-Californie eût été
- 1 Dans la langue Cochima, cette plante s’appelait Milapa. Ce sont les Espagnols qui lui ont donné le nom de Cirio.
- observée par les missionnaires qui avaient parcouru ce pays au milieu du dix-huitième siècle, des savants y pénétrèrent et en rapportèrent des matériaux d’étude intéressants.
- Vers 1859, le Dr J. A. Veatch, qui était un con-chyliologiste, mais à qui la botanique n’était pas étrangère, récolta des plantes en même temps que des animaux, et notamment le Cirio en fleur. Cette espèce, ainsi que plusieurs autres, furent communiquées au I)r Kellog, qui était botaniste et qui faisait partie, comme le Dr Veatch, de l’Académie des sciences naturelles de Californie. C’est dans le Bulletin de cette Académie que fut publiée, en 18591, cette nouvelle Fouquiéracée sous le nom d'Idria columnaria. La petite famille à laquelle appartient le Cirio n’était composée jusqu’alors que de trois espèces, qui toutes habitaient la même région. L’Idria est un quatrième représentant et il vit en compagnie de deux d’entre elles, 1 eFouquiera splen-dens et le F. floribunda, très répandus dans ce pays. Il est bien singulier de voir que quatre types d’une famille, encore assez mal connue des botanistes, et dont la place dans la classification a été très discutée, soient cantonnés en ce point du globe : trois espèces en Basse-Californie -et une autre, le F. spi-nosa, de l’autre côté du golfe, c’est-à-dire sur la côte mexicaine du continent américain.
- L. Diguet et J. Poisson.
- ENTRETIEN DU MOUYEMENT D’UN PENDULE
- SANS PERTURBATION
- Tel est le titre d’une communication des plus importantes, tant au point de vue théorique que pratique, faite par M. G. Lippmann à l’Académie des sciences dans sa séance du 20 janvier 1896. En voici la substance : nous renvoyons pour les détails aux comptes rendus.
- Un pendule attelé à une horloge n’oscille pas avec la même régularité qu’en liberté : frottements du mécanisme et impulsion du moteur produisent des modifications appréciables auxquelles on a remédié jusqu’ici, dans les horloges de précision, par une construction habile, grâce à laquelle la perturbation est rendue sensiblement constante, et, par suite, d’une correction facile.
- M. Lippmann, prenant le taureau par les cornes, a recherché s’il ne serait pas possible de supprimer ces perturbations, et il est arrivé à cette conclusion — confirmée par l’expérience — qu’il serait plus facile de faire disparaître les perturbations d’un pendule attelé à ce mouvement d’horlogerie que de maintenir ces perturbations constantes.
- Pour arriver à ce résultat, dont l’importance est évidente, M. Lippmann a, tout d’abord, démontré la proposition suivante dont ses appareils ne sont, en fait, qu’une application pratique :
- Pour qu'une impulsion instantanée, considérée isolément, ne produise aucune perturbation dans l'oscillation d'un pendule oscillant librement, il faut et il suffit qu'elle ait lieu exactement au moment oh le peyidule passe par sa position d’équilibre.
- 1 Proceedingsof the Calif. Acad, of Nat. sciences, t. II, p. 35.
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- LA NATURE.
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- Pour réaliser une série d’impulsions instantanées égales s’exerçant en un point déterminé de la course d’un pendule oscillant librement, on peut avoir recours à deux dispositifs, l’un électrique, construit et fonctionnant à la Sorbonne, l’autre mécanique, mais qui n'a pas été expérimenté. C’est seulement ce dernier que nous indiquerons.
- Le principe du système électrique consiste à utiliser les oscillations du pendule à mettre un condensateur en charge sur une pile qui le charge chaque fois d’une manière sensiblement instantanée. Un inverseur périodique intercalé entre la pile et le condensateur permet d’inverser le signe delà charge. Les charges et décharges successives du condensateur traversent des bobines à l’intérieur desquelles oscille un barreau aimanté horizontal suspendu au pendule; elle produisent donc sur le barreau une série d'impulsions alternativement positives et négatives de très courte durée, rigoureusement égales, puisqu’elles dépendent seulement de la force électromotrice de la pile et de la capacité du condensateur, quantités essentiellement constantes. La qualité des contacts et la résistance du circuit ne jouent aucun rôle sur la grandeur et les époques des impulsions, époques que l’on peut faire coïncider exactement avec le passage du pendule par sa position d’équilibre. Il n’y a jamais d’étincelle de rupture, car le condensateur se charge chaque fois à refus, et la rupture se produit toujours sur un circuit traversé par un courant nul.
- L’égalité des impulsions alternativement de sens contraires est assurée, lors même que la pile viendrait à varier avec le temps par le fait que la valeur moyenne des impulsions pendant une série de secondes d’ordre pair, est égale à celle des impulsions intercalaires d’ordre impair pendant le même temps.
- Un appareil installé sommairement à la Sorbonne par M. Lippmann a toujours régulièrement fonctionné. C’est là un résultat important et, ajouterons-nous contre la modestie de l’auteur, une découverte industrielle plus importante encore, car elle va donner un nouvel essor à la chronométrie de précision et à l’horlogerie électrique, assez délaissée jusqu’à ce jour, pour des raisons diverses. L’ingénieux pendule sans perturbation de M. Lippmann est appelé à résoudre des problèmes intéressants. E. H.
- LES OMBRES RADIOGRAPHIQUES
- DE M. LE PROFESSEUR WILHELM CONRAD RÔNTGEN
- Les récentes expériences de M. le professeur W. C. Rôntgen, de l’Université de Würtzbourg, ont mis en émoi, depuis le commencement de l’année, le monde scientifique et aussi le gros public, généralement assez indifférent aux questions de science abstraite et de théorie pure. La forme originale et saisissante sous laquelle les expériences ont été présentées n’a pas peu contribué à ce succès, et l’imagination aidant, la presse quotidienne a vu dans les travaux, d’ailleurs des plus intéressants, du savant allemand, une découverte à laquelle on a attaché déjà les noms les plus divers : la photographie de l’invisible; la photographie à travers les corps opaques; la photographie par les rayons cathodiques, l’électro-photographie, etc.
- Aucun de ces noms ne nous paraît justifié, car, d’une part, il ne saurait être question d q photographie
- à propos de rayons invisibles, et, d’autre part, les impressions obtenues ne sont, en fait, que les ombres des objets d’épaisseurs et de densités différentes interposés entre la source rayonnante — le mot rayonnant étant pris dans son sens le plus vague et le plus étendu — et la plaque impressionnée par phosphorescence ou par modification chimique analogue à celle due aux rayons lumineux. Ce serait, de plus, devancer de beaucoup la théorie et l’expérience que d’attribuer les effets découverts par M. le professeur Rôntgen aux rayons cathodiques. Notre collaborateur et ami Guillaume a ici même1, en exposant l’état actuel de la théorie des phénomènes découverts par le savant allemand, bien prémuni nos lecteurs contre une extrapolation excessive des propriétés des rayons cathodiques, et conservé, pour qualifier la cause de phénomènes que nous allons exposer, le nom modeste de rayons X que nous leur donnerons aussi, jusqu’à plus ample informé.
- Les rayons X de M. le professeur Rôntgen sont donc la cause et les ombres radiographiques l’un des effets de ces rayons. Nous nous proposons ici de compléter le savant article de M. Guillaume en fournissant quelques indications relatives à ces effets, en passant en revue les expériences faites en France et à l’étranger depuis un mois.
- Voici, tout d’abord, le procédé expérimental employé par M. le professeur Rôntgen :
- La décharge produite par une grande bobine d'induction traverse un tube à vide d’Hittorf, deCrookes ou de Lenard. Ce tube est enveloppé dans une feuille de papier noir, mais si on approche une feuille de papier recouverte, sur l’une de ses faces, deplatino-cyanure de baryum, cette feuille de papier devient brillamment fluorescente sous l’influence des radiations excitées dans le tube à vide par le courant d’induction. Il est indifférent que la face sensible du papier se trouve tournée du côté du tube ou du côté opposé. Les radiations X traversent le carton noir qui arrête les rayons ultra-violets, la lumière du soleil et celle de l’arc électrique, ils agissent à travers un livre imprimé de mille pages, à travers deux jeux de cartes, à travers des blocs de bois de 2 centimètres à 3 centimètres d’épaisseur ; une feuille d'étain interposée produit à peine une légère ombre; une épaisseur d’aluminium de 15 millimètres réduit considérablement l’action fluorescente des radiations, mais sans l’éteindre complètement. Le verre est peu transparent auxrayonsX, le cristal l’est moins, une feuille d’ébonite de plusieurs centimètres d’épaisseur est transparente. Si l’on interpose la main entre le tube et le papier fluorescent, les os produisent des ombres noires et les tissus qui les entourent, des ombres plus légères, leur densité étant plus faible que celle des os.
- Les expériences ont établi que l’accroissement d’épaisseur du milieu interposé réduit l’action fluorescente des rayons X, et que, pour une même
- * Yoy. n° 1185, du 1er février 1896, p. 129.
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- épaisseur, la densité du milieu augmente l’influence absorbante. La fluorescence se produit également bien avec le sulfure de calcium, le verre d’urane, le spath d’Islande, etc. Les plaques photographiques sont sensibles aux radiations X, et comme le bois, opaque aux radiations lumineuses, est transparent pour les radiations X, on peut faire toutes les expériences radiographiques en plein jour, en laissant simplement les plaques sensibles dans des châssis photographiques ordinaires hermétiquement fermés.
- C’est par ce procédé qu’ont été obtenues les deux épreuves reproduites dans notre dernier numéro, la main et la boussole.
- M. Rontgen a également obtenu l’ombre radiographique de pièces de monnaie dans une boîte, d’une serrure à travers une porte, etc.
- D’après les premières expériences faites par M. Swinton, en Angleterre, une bobine de Ruhmkorff, même de grand modèle, ne produit pas dans les tubes de Crookes une excitation suffisante pour que les ombres radiographes se développent nettement, à moins d’employer un long temps de pose. On obtient de bons résultats en utilisant les appareils deM. Tesla, le primaire étant alimenté à 2000 volts et déchargé continuellement à travers l’air et douze bouteilles de Léyde du volume d’un demi-gallon chacune, deux litres environ.
- L’ombre radiographique d’une main reproduite dans notre dernier numéro a été obtenue par une exposition de vingt minutes d’une plaque photographique ordinaire à travers une feuille d’aluminium de deux dixièmes de millimètre d’épaisseur, avec un tube de Crookes renfermant certaine substance blanche phosphorescente (du sulfure de baryum probablement) placé à 5 centimètres de distance environ du centre de la main. Ce temps de pose a pu être réduit à quatre minutes en remplaçant l’aluminium par une feuille mince de fibre vulcanisée noire. Le verre des tubes de Crookes présentant une opacité toute spéciale aux rayons X, ils doivent en absorber une grande partie : s’il en est ainsi, il est probable que le temps de pose pourra être considérablement réduit en faisant usage d’un tube composé en partie d’une feuille d’aluminium, comme dans les expériences de M. Lenard.
- Les premières expériences faites en France l’ont été au laboratoire de M. Le Roux, à l’Ecole supérieure de pharmacie, par M. G. Seguy, et répétées ultérieurement par MM. les Drs Oudin et Barthélemy, Lannelongue, etc. La figure 1 est la reproduction aune échelle réduite de l’ombre radiographique d’une montre en or avec chaîne en argent faite spécialement pour La Nature par M. Seguy, à l’aide du dispositif expérimental représenté figure 2. Une batterie de 6 éléments de pile au bichromate de potasse P actionne une bobine de Ruhmkorff T dont le secondaire peut donner une étincelle d’environ 10 centimètres. Le secondaire de cette bobine est relié à un tube de Crookes B dans lequel le vide a été fait à un millionième d’atmosphère (1 milligramme par centimètre carré). M. Seguy a utilisé une boule dont l’anode porte une étoile à huit branches. Cet appareil lui a servi à démontrer la réflexion des rayons cathodiques : mais l’étoile est inutile pour les expériences de radiographie. La chaîne et la montre sont placées dans une boîte en bois F derrière laquelle est fixée la plaque sensible au gélatinobromure G enveloppée dans une feuille de papier noir. Il y a environ 12 centimètres de distance entre le tube de Crookes et la plaque sensible. Une planche de bois de 1 centimètre d’épaisseur a donné, après trente-cinq minutes de pose, une épreuve très nette mais très faible. En substituant à la planche une feuille d’aluminium de 1 demi-millimètre d’épaisseur, on a obtenu, avec le même temps de pose, une épreuve très vigoureuse dont la figure 1 est une reproduction.
- On voit, par ces quelques indications, combien les expériences de M. Rontgen sont faciles à répéter et à varier à l’infini. On entrevoit déjà un grand nombre d’applications des ombres radiographiques, à la médecine et à la chirurgie en particulier, mais c’est là un domaine que notre incompétence absolue en la matière nous interdit de franchir, et nous passons volontiers la plume à d’autres collaborateurs, n’ayant eu pour objet que de fournir à nos lecteurs les indications générales nécessaires à la reproduction de ces belles et intéressantes expériences.
- E. Hospitalier.
- Fig. I. — Ombre radiographique d’une montre en or et de sa chaîne en argent. (Epreuve obtenue par M. Seguy pour La Nature.)
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- RAYONS INVISIBLES (RAYONS X)
- DE M. WILHELM CONRAD RÔNTGEN. - EXPÉRIENCES DE M. PULUJ, DE TRAGUE
- C’est un fait bien établi dans la science que les rayons lumineux ne font qu’une partie des phénomènes du rayonnement. Laissons tomber un rayon de soleil à travers un petit trou pratiqué dans le volet d’une fenêtre, en recueillant le rayon sur un prisme. Les différents rayons, émis simultanément par le soleil, subiront une réfraction différente selon leur nature, ils seront plus ou moins déviés de la ligne droite et se logeront sur un écran l’un à côté de l’autre, en présentant ce qu’on nomme « le spectre », cette bande lumineuse d’arc-en-ciel où se succèdent : le rouge, l’orangé, le jaune, le vert, le bleu,
- l’indigo et le violet, vraie gramme chromatique lumineuse. On sait que le vrai spectre s’étale considérablement des deux côtés du spectre visible : au delà du rouge on a trouvé les rayons invisibles « calorifiques » agissant sur le thermomètre, et au delà du violet on a trouvé des rayons également invisibles agissant sur la plaque photographique et nommés pour cela même « rayons actiniques ».
- Il y a une quinzaine d’années que Maxwell a tiré des considérations théoriques sur l’électro-magné-tisme la supposition qu’il pourrait y avoir encore une espèce de rayons qui, peu de temps après, ont
- été en effet découverts expérimentalement par M. llertz (de Carlsruhe) et nommés depuis « rayons électromagnétiques ».
- Or, les quatre espèces de rayons connus jusqu’à présent, les rayons calorifiques, lumineux, actiniques et électromagnétiques, bien que très divers l’un de l’autre, appartiennent à un seul et même ordre de phénomènes, affectant les mêmes phénomènes de la réflexion, la réfraction et la polarisation.
- Mais voilà qu’en décembre 1895 M. Rôntgen (de Würtzburg) publia la découverte d’un nouveau genre de rayons invisibles qui n’affectent pas les propriétés nommées : ni les surfaces des corps, ni le passage à travers les corps ne les dévient de la propagation rectiligne, et ils ne se laissent pas polariser. De plus, ces rayons passent à travers la plupart des corps transparents ou non, et l’influence du milieu ne se
- traduit que par une absorption plus ou moins grande. Les rayons nouveaux agissant sur la plaque photographique, il s’ensuit de l’ensemble de leurs qualités qu'on peut bien obtenir, à l’aide de ces rayons mystérieux, des images de transparence, mais non pas des photographies à l’aide d’une chambre optique. Il reste à dire que M. Rôntgen démontra la présence de ses rayons seulement dans ces appareils à décharge électrique dans le vide qui sont généralement connus sous le nom de tubes de Hittorf, de Crookes et de Puluj (prononcez Poulouy) et qui se distinguent des tubes dits de Geissler principalement par un degré supérieur de raréfaction du gaz contenu.
- La découverte de M. Rôntgen fit dans le monde savant une sensation énorme, bien compréhensible d’ailleurs, et beaucoup de physiciens se sont actuel-
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- lement adonnés à l’investigation des nouveaux rayons problématiques.
- Je suis bien heureux de pouvoir communiquer quelques épreuves faites par le nouveau procédé et mises gracieusement à ma disposition par M. le professeur J. Puluj à Prague. Théoricien aussi profond qu’expérimentateur habile, M. Puluj est, comme nous l’avons dit, particulièrement spécialiste dans les appareils électro-lumineux qui portent son nom * et que l’on peut voir à Paris au Conservatoire nationab des arts et métiers.
- Nous reproduisons ici une image transparente d’une main normale d’une jeune fille de onze ans. L’image de la main normale nous présente à travers la chair, prefcpie aussi transparente verre,
- l’ombre des os dans leurs positions natureW^Tet avec leurs cavités normales. Les métaux étant ah général moins transparents flue la chair et les os, on voit sur cette main normale une hague et un bracelet en forme d’ellipses (fig. 1), ce qui prouve, d’après M. Puluj, la forte divergence de ces rayons problématiques. Une autre image d’une main tuberculeuse que M. Puluj a également faite (fig. 2), nous trahit les ravages faits par la maladie dans les os, surtout dans les phalanges de l’index, devenues plus poreuses.
- L’action des nouveaux rayons sur la plaque photographique étant seftïblable à celle des rayons acti-niques, le développement s’effectue d’après les règles ordinaires. La manipulation purement photographique des plaques reproduites ici a été faite par M. Pfeiffer dans l’atelier de M. II. Eckert, photographe de la cour impériale et royale d’Autriche à Prague.
- La figure 5, au trait, montre la disposition des expériences : le tube lumineux B, actionné par un
- Fig. ô. — Appareil (le M. le professeur J. Puluj pour les expériences des rayons' X.
- grand appareil Ruhmkorff A, émet les rayons en question qui passent à travers les objets à examiner et viennent impressionner la plaque C contenue dans le châssis qu'on ne découvre pas, attendu que les rayons traversent facilement le bois et le carton.
- M. Puluj expérimente en ce moment sur la photographie des organes contenant des projectiles, entre autres il opère sur un sujet fort remarquable : un jeune homme qui s’est logé une balle dans la tète et
- qui, néanmoins, est resté en vie et paraît même tout à fait normal. Les résultats obtenus jusqu’ici donnent déjà tout lieu de croire que la chirurgie tirera du procédé nouveau une large part au profit de l’humanité. P. Klementitch de Engelmeyer.
- CHRONIQUE
- Indicateur et enregistreur de la puissance des machines ù. vapeur. — Le Bulletin de la Société de l’industrie minérale nous donne la description de nouveaux appareils fort intéressants dus à M. Potier. H s’agit d’appareils indicateurs et enregistreurs de la puissance des machines à vapeur. L’indicateur est formé par un levier coudé d’équerre fixé à la tige du régulateur correspondant à la came de réglage du tiroir. Ce levier vient buter contre un bras d’un autre levier d’équerre tournant autour d’un axe, et dont l’autre bras porte une flèche qui se meut devant un cadran. Un contrepoids permet de faire appuyer constamment le bras contre le levier. La flèche suivra donc tous les mouvements du régulateur et par suite ceux des ouvertures des tiroirs. 11 sera facile de graduer le cadran à l’aide d’une série de diagrammes pris sur le cylindre. L’appareil enregistreur est composé d’un levier fixé au levier du régulateur correspondant à la came du tiroir. Le mouvement de ce levier est rendu rectiligne au moyen d’un guide qui passe dans une rainure pi’atiquée dans le levier. Ce dernier porte à son extrémité un ressort muni d’un index en laiton, se déplaçant sur une bande de papier minéralisé fixée sur un tambour qui est actionné par un mouvement d’horlogerie. L’index suit tous les mouvements du régulateur et trace une courbe qui indique à chaque instant la puissance du moteur. On peut graduer à l’avance les bandes de papier à l’aide de diagrammes pris sur le cylindre. En planimétrant ensuite les différentes courbes, on obtient le travail produit dans un temps donné. M. Potier a fait remarquer que cet appareil lui paraissait d’une grande facilité pour faire les essais de moteurs, et que le travail ainsi déterminé était plus exact que celui calculé en ne prenant des diagrammes que toutes les
- 10 ou 15 minutes, surtout lorsque la puissance est très
- variable. J. L.
- Cuivrage galvanique de l’aluminium. — On a
- déjà essayé à de nombreuses reprises de recouvrir l’aluminium de divers métaux, afin d’avoir des produits utilisant la légèreté de l’aluminium et d’un aspect à la fois plus agréable. Les résultats obtenus jusqu’ici n’ont pas été très satisfaisants. M. Charles Margot, professeur au cabinet de physique de l’Université de Genève, dont nos lecteurs connaissent l’ingénieux procédé1 d’inscription sur verre à l’aide de pointes d’aluminium, a obtenu le cuivrage galvanique de ce métal par un procédé qu'il fait connaître dans les Archives des Sciences physiques et naturelles de Genève.
- 11 est d’abord nécessaire de décaper la pièce au moyen d’un carbonate alcalin pour rendre la surface de l’aluminium striée et poreuse ; on lave ensuite fortement à l’eau courante, on immerge dans une solution chaude d’acide chlorhydrique au 1/20 et on lave à l’eau pure. Il faut ensuite obtenir un cuivrage préalable par une mise au bain de simple trempe dans une solution peu concentrée et légèrement acide de sulfate de cuivre jusqu’à obtention
- 1 Yoy. n° 1100, du 50 juin 1894, p. 67.
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- d’un dépôt uniforme. On lave à grande eau pour chasser toute trace de chlore et on met au bain traverse par le courant électrique. Ce procédé a donné à M. Margot de bons résultats. J. L.
- Tramcnr à. acide carbonique. — On a bien souvent fait dans divers pays et aux Etats-Unis des essais de moteurs à acide carbonique pour les voitures de tramways. La Dernière Nouvelle a rappelé que, en France même, en 1894, MM. Francq et de Marchena, ingénieurs, ont fait breveter un moteur de véhicules à acide carbonique liquide combiné avec la vapeur d’eau accumulée dans un récipient d’eau chaude. Il y a là une conception technique et scientifique originale. L’emploi de ces deux fluides permet, en effet, de supprimer tout échappement de vapeur en utilisant la chaleur latente de cette vapeur pour produire le réchauffement et mieux utiliser la détente de l’acide carbonique, et obtenir une nouvelle quantité de travail mécanique, à laquelle vient s’ajouter celui produit par la vapeur d’eau. L’acide carbonique liquéfié permet aussi d’emmagasiner, sous un faible poids et sous un petit volume, une quantité considérable d’énergie mécanique et constitue ainsi, par sa combinaison avec la vapeur d’eau, un accumulateur parfait.
- Un balance-cuvettes électrique. — Les photographes savent combien il est souvent fastidieux d’agiter longtemps les cuvettes dans lesquelles se trouvent les plaques à révéler. Le journal L'Etincelle électrique nous donne la description d’un appareil imaginé par un de ses lecteurs pour confier cette opération à un moteur élec-trique>Ce dernier a d’abord été obtenu par une série de transformations d’un moteur magnéto-électrique à armature Siemens à double T ; mais il est facile de se procurer un autre moteur tout prêt à fonctionner. Une petite courroie transmet le mouvement du moteur à une poulie et de là à une deuxième qui porte une bielle. Cette dernière est fixée à une planchette mobile autour d’un axe maintenu en son centre; c’est sur cette planchette que l’on pose la cuvette à agiter. Il est possible, par certaines dispositions, de faire commander plusieurs planchettes à la fois, et par suite de mettre en mouvement plusieurs cuvettes. L’appareil est ingénieux et peut rendre service aux photographes. J. L.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 3 février 1896. — Présidence de M. Cornu.
- La photographie à travers les corps opaques. — M. G. Lebon décrit une nouvelle expérience établissant que la lumière qui intervient dans son expérience photographique mentionnée dans le compte rendu de la dernière séance, n’est pas de la lumière de fluorescence. Cette hypothèse a été émise pour expliquer les résultats obtenus par M. Lebon. Il paraît bien prouvé par l’auteur qu’il faut rejeter cette explication. Pour faire ressortir cette preuve, il supprime le cliché. La plaque sensible est recouverte d’une feuille de papier percée d’une ouverture circulaire. Au-dessus de cette ouverture, il dispose une médaille en aluminium de 4 millimètres d’épaisseur. Le disque de la médaille déborde sur l’ouverture, de telle façon qu’elle ne touche pas la plaque sensible. Cette médaille porte une inscription sur l’une de ses faces et une effigie sur l’autre face. Elle est placée de manière que la surface portant l’inscription soit contiguë à la plaque sensible. Dans ces conditions, s’il y avait fluorescence, il est bien évident que l’épreuve devrait reproduire l’inscription. Un constate
- précisément le contraire. En révélant l’image, on voit apparaître le dessin de la face opposée à la plaque sensible. L’image ne fait d’ailleurs que reproduire les différences d’épaisseur de la plaque, d’où résulte une inégale transparence pour les rayons lumineux. Le temps de pose est de trois heures. M. Mascart semble croire que les rayons ultra-violets qui, après avoir traversé une lame d’argent mince, impressionnent une plaque sensible, sont susceptibles de jouer un rôle dans l’expériendfffé M. Lebon. Mentionnons encore Quelques découvertes de propriétés des radiations de —ftvmtgen : 1° Cfts radiations agissent sur les corps électrisés de la même manière que les rayons, ultra-violets. Si l’on prend un bon électromètre isolé pouvant conserver sa charke pendant longtemps et si l’on recouvre cet électromètre aqne boîte en aluminium, on observe que les feuilles retombâi^My|rue instantanément sous l’effet des radiations da^mS^gCTi. Avec une boîte en lailln, ce métal étant opaqi* pour lesdites radiations, le phénomène ne se produit pa^ %° L’arc électrique ne donne pas de radiations de Rôntgen, car une plaque’.sqpsible masquée par une plaque en aluminium ne donne rien au développement. 3° La transparence a été étudiée pour quinze métaux différents, en employant successivement comme écran, devant une plaque sensible, des lames d’une épaisseur uniforme de 0mm,2. Le platine et le mercure ont été trouvés opaques, l’aluminium très transparent. Le platine à l’épaisseur de 0mm,01 est un peu transparent.
- Le développement de la mouche Calliphora. — M. La-boulbène décrit une particularité du développement de la mouche Calliphora vomitoria. Le céjjps de cette mouche, au moment de sa formation, é£V Dpr-mou et elle doit sortir d'une enveloppe assez dureAfu moyen de contractions des muscles de l’abdomen, elle fait saillir une vésicule céphalique qui soulève un des panneaux de l’enveloppe. On peut artificiellement obtenir la production de cette vésicule céphalique en pressant l’abdomen de l’insecte. Quand elle est raffermie au contact de l’air chaud, l'insecte ne produit plus ces mouvements de contraction de l’abdomen. Cette vésicule est donc un organe transitoire.
- Découverte d'ossements fossiles de serpent. —M. Sauvage, de Boulogne, annonce la découverte, dans les terrains crétacés du Portugal, des vestiges d’un serpent du genre de celui trouvé déjà dans le cénomanien des environs d’Angoulême et dans les grès de l’île d’Aix.
- Varia. — M. de Launay a étudié les caractères géologiques des conglomérats aurifères de l’Afrique australe. — MM. Meslans et Girardet d’une part et M. Colson d’autre part, ont préparé, par des voies différentes, les fluorures d’acétyle et de propionyle. — M. Venukoff présente une carte montrant l’état d’avancement des opérations géodé-siques en Sibérie et dans les pays limitrophes. — M. Branly a étudié la résistance des lames minces et leurs variations de conductibilité. Ch. de Villedeuil.
- ——
- LE PLATEAU DE SIDOBRE
- Nous avons reçu une lettre d’un de nos lecteurs, professeur de géologie des plus distingués, qui connaît le Sidobre et a étudié cette étonnante localité. Nous reproduisons ici ce que nous fait savoir notre correspondant :
- « J’ai lu dans La Nature1 l’article de M. Gau sur le
- 1 Yoy. il0 1180, du 11 janvier 1896, p. 88.
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- LA NATURE.
- Sidobre. C’est avec raison que l’auteur attire l’attention sur cette région, qui est une des plus curieuses du Midi. J’ai eu à la parcourir dans toutes ses parties afin de relever exactement le tracé des contours géologiques de la feuille de Castres pour le service de la carte géologique de la France, et ces études, terminées récemment, m’ont amené à m’occuper de ces blocs de granit du Sidobre. Peut-être mes observations, qui ont été faites avec précision, intéresseront-elles les lecteurs.
- «Le Sidobre est un massif granitique d’intrusion au milieu des assises cambriennes. Il a sensiblement la forme d’un losange dont la grande diagonale serait orientée N.E.-S.O. 11 est très homogène, saufsur les bords, où se voient quelques lambeaux de schistes entraînés parla roche éruptive. A la surface du sol et partout où, le massif a été entaillé par les érosions, comme dans la vallée del’Agout, on reconnaît un grand nombre de tissures, se groupant toutes autour de noyaux dont la composition minéralogique est d’ailleurs identique à celle de toute la masse.
- C’est une structure que l’on connaît très bien dans les roches éruptives actuelles, quand elles se sont refroidies très rapidement : c’est la structure dite perlitique. Toutes ces fissures de retrait déterminent autour des noyaux de forme plus ou moins sphérique, mais toujours à contours arrondis, et de volume plus ou moins grand, des sortes de handes ou écailles granitiques. Or, par ces fissures, l’eau de pluie, chargée d’acide carbonique, pénètreà l’intérieur de la masse et la décompose suivant ces écailles qui se désagrègent et se transforment en arènes. Pour peu que les eaux superficielles puissent agir mécaniquement et enlever les arènes, il ne restera que
- les noyaux granitiques qui n’auront pu être entraînés vu leur poids, et qui se trouveront en place accumulés les uns sur les autres ou dans des positions telles que celles signalées par M. Gau.
- « Le plus souvent les blocs de granité sont accumulés dans les dépressions qui correspondent aux ruisseaux, comme s’ils avaient été charriés par un cours d’eau. Ce fait s’explique par l’entraînement plus facile des arènes dans ces dépressions où l’eau se rassemble en plus grande quantité. Ce qui prouve
- que ce ne sont pas les eaux qui ont roulé ces blocs, c’est que les compter res ne dépassent pas la région même du Sidobre; les ruisseaux qui en partent ne présentent l’accumulation de blocs que tant qu’ils coulent sur le granité; mais, dès qu’ils passent sur un autre terrain , les galets de granité sont en petit nombre et de faibles dimensions ; cesont là les seuls blocs entraînés par les eaux.
- « Quant à l’origine glaciaire des blocs du Sidobre, elle est inadmissible : les blocs glaciaires sont anguleux, marqués de stries, disséminés à la surface du sol ; ceux du Sidobre sont toujours arrondis, ils ne portent aucune strie et, comme je viens de le dire, ils semblent être cantonnés dans la région. Ils ont tous d’ailleurs la même composition minéralogique que le granité sur lequel ils reposent ; ils en proviennent à coup sûr, et la façon dont la masse se désagrège me paraît ne laisser aucun doute sur leur origine. » J. Bergeron,
- Professeur (le géologie à l’École centrale des Arts et Manufactures.
- 1 Voyez pour cette cascade l’article précédent.
- ].c Propriétaire-Gérant : G. Tissandier Paris. — Imprimerie Laiiurë, rue de Fleurus, 9.
- Partie de la cascade de la Ferrière, Lacrouzette (Tarn.) (D’après une photographie de M Gau1.)
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- LA NATURE.
- N* H 85. — 15 FÉVRIER 1890.
- RECHERCHES RÉCENTES
- SUR LA PROPAGATION DES SONS
- Bien que l’acoustique soit un peu délaissée au profit de la physique générale, de l’électricité, de l’optique, on peut encore enregistrer chaque année dans ce domaine des travaux intéressants, ou même d’une grande importance; quelques résultats inattendus montrent qu’il y a encore place pour de nombreuses recherches, et que le sujet est bien loin d’être épuisé.
- L’an dernier, MM. Raps et Krigar-Menzel appliquaient une méthode interférentielle à l’étude de la variation de la pression dans les tuyaux, et enregistraient ainsi, sans l’intermédiaire d’une membrane, les mouvements de l’air, qu’il était ensuite aisé d’analyser. Les mêmes auteurs, en se servant d’une méthode photographique , inscrivaient le mouvement des cordes, et parvenaient à corriger son équation par des termes empiriques.
- Nous nous contenterons de mentionner ces recherches, désirant rendre compte de deux mémoires récents, concernant plus spécialement la propagation des vibrations sonores; dans l’un, dû à deux physiciens genevois, MM. Perrot et T)ussaud,se trouve décrite une intéressante vérification des lois de la réfraction du son, en même temps qu’un dispositif expérimental, particulièrement propre à servir dans les cours élémentaires; dans l’autre, M. Violle, l’éminent professeur du Conservatoire, rend compte de ses très belles recherches sur la propagation des sons dans les tuyaux, et trouve la preuve expérimentale de quelques points délicats de la théorie, en même temps qu’il met en évidence des faits nouveaux et inattendus.
- La réfraction du son. — Il y a plus de quarante ans, Sondhaus montrait qu’une lentille de col-lodion remplie d’acide carbonique produit une con-.centration du son ; cette expérience, classique aujourd’hui, resta presque isolée jusqu’aux travaux de M. Neyreneuf, qui forment un ensemble important de recherches acoustiques. Ce physicien parvint à montrer la réfraction dans une lentille formée de deux feuilles de caoutchouc dans laquelle on introduisait
- Vf année. — 1er semestre.
- de l’eau. M. Ilesehus, de son côté, en étudiant les conditions de la propagation du son dans une lentille remplie de copeaux d’ébonite, cherchait à établir une analogie avec la propagation de la lumière dans un milieu matériel, les rapports de dimension des ondes et des particules de matière étant, dans ces deux cas, du même ordre de grandeur.
- C’est dans la direction des travaux de M. Neyreneuf qu’ont porté les recherches de MM. Perrot et Dussaud. Remarquant que les nombreuses surfaces traversées affaiblissent considérablement le son, ils s’arrêtèrent au dispositif suivant : un fût, rempli d’eau, est fermé par une membrane de caoutchouc, fortement ligaturée, de manière a être partout en contact avec le liquide (fîg. ci-dessous). En retirant une certaine quantité d’eau, on provoque une dépression de la feuille de caoutchouc, qui reste adhérente à la surface du liquide courbée en cuvette. Le ménisque
- forme alors l’une des faces d’une lentille concave, convergente pour les ondes passant del’eau dans l’air, puisque la vitesse du son est plus grande dans le liquide que dans le milieu gazeux qui le surmonte. La source sonore, un timbre dans les expériences actuelles , est placée dans l’axe du fût ; l’expérience consiste alors à chercher le foyer conjugué de la source, pour une courbure donnée du ménisque.
- Dans ce but, un des observateurs surveille attentivement le son qui lui parvient par un tuyau faisant suite à un cornet acoustique, tandis que l’autre explore le champ à l’aide du cornet. Le premier tourne le dos à l’appareil, afin de ne pas être influencé par des idées préconçues, dans les mesures où il est trop facile de s’illusionner sur les sensations.
- On s’attachait, du reste, à conserver au ménisque une courbure constante, en faisant, au besoin, manœuvrer une petite pompe servant à évacuer l’air qui filtrait par les joints, et se rassemblait près des bords de la membrane.
- Les premières expériences ont montré qu’il était difficile, en déplaçant le cornet suivant l’axe de l’appareil, de découvrir l’endroit où le son était le plus intense. En revanche, on observait une très grande amplification du son lorsque, dans un mouvement horizontal du cornet, on arrivait à couper l’axe. Ces résultats s’expliquent aisément, l’appareil étant de
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- Dispositif de MM. Perrot et Dussaud pour l'étude de la réfraction du son.
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- LA NAT U HL.
- révolution, mais le ménisque n’étant pas aplané-tique. Toutefois, on trouvait sans trop de difficulté une tranche d'air dans laquelle le renforcement au passage par Taxe était particulièrement marqué, et où le son prenait un caractère métallique.
- En faisant varier la courbure du ménisque, les auteurs ont obtenu des foyers dont les distances à la surface liquide était comprise entre 50 centimètres et 120 centimètres environ. La différence entre les nombres observés et les résultats calculés en partant de la courbure de la surface est faible, mais toujours de même signe, ce que l’on peut attribuer au fait que les observateurs comptaient la mesure à l’ouverture du pavillon du cornet, tandis qu’il eût sans doute été {dus correct de considérer l’observation comme se rapportant à un point intérieur. Du reste, si l’on calcule la distance focale non {dus par la courbure moyenne du ménisque, mais, au contraire, en découpant celui-ci en plusieurs zones, on voit que le foyer se compose d’une droite plus ou moins étendue, et que le point trouvé par l’expérience est compris dans le segment de la plus grande intensité.
- La -propagation du son dans les tuyaux. — Les premières expériences exécutées par M. Yiolle, en commun avec M. Vautier, datent de {dus de dix ans. Les observateurs utilisèrent, dans ce but, une conduite créée pour l’alimentation d’eau de Grenoble; pendant le court espace de temps compris entre l’achèvement de la conduite et son utilisation, on avait dû se borner aux phénomènes principaux, et laisser, pour une autre occasion, l’étude de certains détails qui n’avaient pas pu être entièrement élucidés.
- C’est dans la conduite d’Achères que les nouvelles recherches ont été exécutées. Cette conduite, qui doit servir à l’épandage des eaux d’égout, a une longueur de 5 kilomètres, avec un diamètre de 5 mètres. Au point de vue acoustique, elle est très différente de celle de Grenoble. Dans cette dernière, le souffle accompagnant le son se propage beaucoup après que tout bruit a disparu ; la joue ou des membranes tendues le signalent alors que l’oreille ne perçoit plus rien, tandis qu’à Achères, le souffle se dissipe rapidement, pendant que le son proprement dit continue à se propager. A Grenoble, le coup de vent était encore sensible après un parcours de 50 kilomètres et plusieurs réflexions ; à Achères, le son était perceptible après 25 kilomètres et sept réllexions sur les extrémités du tuyau. La conduite est tellement sonore que, dans le calme de la nuit, la chute d’une goutte d’eau s’entend d’un bout à l’autre.
- Le fait le plus aisé à constater dans ces expériences était la différence de portée du son suivant sa hauteur. La portée maxima de 25 kilomètres que nous avons indiquée, se rapporte à la flûte d’orgue de 16 pieds, donnant 52 vibrations doubles par seconde. À mesure que le son s’élève, sa pénétration diminue, de telle sorte que le fa de la petite flûte perd tout caractère musical au bout de 5 kilomètres, et que le ré bémol produit par 4450 vibrations com-
- plètes par seconde est détruit à 1800 mètres de l’origine, où il n’existe plus que comme un bruit, s’éteignant du reste 200 mètres plus loin. Mais, ce qu’il y a de très curieux, c’est que les mêmes sons, existant comme harmoniques dans une vibration complexe, ont alors une grande portée, et suivent le son fondamental. La conduite agit comme un analyseur ; elle décompose le son en ses facteurs, apporte d’abord le son fondamental, et le fait suivre de ses harmoniques en commençant par le plus élevé. La théorie indique, en effet, qu’il doit exister, en même temps, une vitesse de propagation et un coefficient d’extinction un peu plus fort pour les sons aigus que pour les sons graves. Mais les expériences inattendues de M. Yiolle nous montrent que l’air, une foi^ écarté de sa position d’équilibre par le passage d’un1 son grave, devient plus facilement perméable aux sons aigus. Il y aurait comme une sorte de viscosité ou de frottement au départ, qui, une fois vaincu,1 n’intervient plus pour les vibrations immédiatement1 consécutives.
- Ce phénomène est si marqué, que ce sont les notes1 graves qui font revenir avec elles les sons' les plus aigus; ainsi, le son produit par 785 vibrations doubles ne revient pas au point de départ lorsqu’il est émis directement par la trompette, tandis qu’il se fait entendre comme sixième harmonique de l'ut,.-Dans le son complexe émis par le violoncelle ou le sarrussophone, on perçoit très bien, au retour,1 jusqu’au huitième harmonique, suivi des sixième,' cinquième, quatrième et troisième. Dans d’autres1 cas, le second est encore assez intense, mais le septième fait constamment défaut.
- Cette analyse ne se produit que lorsque l’émission' est bien pure. La moindre hésitation se traduit au retour par une cacophonie, qui fait, de la conduite, un juge inexorable pour les moindres fautes.
- La déformation du son dont nous avons parlé plus haut, et qui, dans le cas de la vibration émise par un instrument de musique, consiste en une dégénérescence du son en bruit, produit, dans d’autres cas, de curieux effets; ainsi, lorsqu’on allume, à une extrémité de la conduite, une petite quantité de poudre-éclair, on entend d’abord un bruit fusant; puis, au bout d’un instant, l’onde revenant après un parcours de 6 kilomètres s’est tellement ramassée sur elle-même qu’elle produit absolument Leffet d’un coup de pistolet.
- La cause de ce singulier phénomène est sans doute analogue à celle qui provoque le retour des harmoniques. Les premières ondes qui frappent l’air ont à lutter contre sa viscosité; elles sont amorties et retardées; puis, les ondes qui suivent trouvent un milieu plus perméable, et prennent une avance, en même temps que leur affaiblissement diminue; l’arrivée simultanée au point de départ des ondes émises pendant un temps appréciable occasionne alors le puissant renforcement du son qu’indique l’expérience. Cn.-En. Guillaume.
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- LA NATURE.
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- LA CIRCULATION MONÉTAIRE EN 189!)
- Le Journal Officiel du 2 février publie un Rapport adressé au Président de la République par la Commission de contrôle et de circulation monétaire qui renferme quelques renseignements de nature à intéresser nos lecteurs, et que nous allons résumer.
- Pendant l’année 1895, l’administration des monnaies a frappé pour 158 098 044 francs de pièces diverses au nombre de 54 537 752, dont 116116 950 francs pour la France en 21 107 546 pièces, et le reste pour l’Indo-Cbine, la Tunisie, la Rolivie, le Chili, la Grèce, le Guatemala, Haïti, le Maroc et la principauté de Monaco. Cette dernière a fait frapper pour deux millions de francs représentés par 20 000 pièces de 100 francs. En France, on n’a pas frappé de pièces d’une valeur supérieure à 20 francs ; par contre, on a fabriqué 7 200 000 pièces de cinquante centimes, un million de pièces de deux centimes et trois millions de pièces de un centime. Ces petites pièces de billon ne circulent que dans les quartiers excentriques où l’or n’est pas abondant.
- La Commission de contrôle a étudié, au double point de vue du poids et du titre, les pièces au millésime de 1894 prises dans la circulation, car il est de règle, en matière de monnaie, de ne considérer le jugement sur la fabrication d’une année comme définitif qu’après que les résultats obtenus par le contrôle des échantillons prélevés au cours de cette fabrication ont été confirmés, l’année suivante, par un nouvel examen de pièces provenant de la même émission et prises dans la circulation. Elle a également étudié les pièces d’or portant un millésime quelconque et celles, sans distinction de millésime, prélevées de même dans la circulation. Cet examen a conduit la Commission aux conclusions suivantes :
- Les pièces françaises émises en 1895 par l’administration des monnaies sont droites de poids et de titre. De même des pièces frappées pendant la même année pour l’Indo-Cbine. Les résultats des constatations opérées au commencement de 1895 sur les monnaies émises en 1894 sont confirmés par les récentes épreuves sur les pièces de ce dernier millésime prises dans la circulation. Comme précédemment, la Commission appelle toute la sollicitude des pouvoirs publics sur l’entretien de la circulation monétaire et formule le vœu que les mesures nécessaires soient prises, d’une part, pour mener de front, avec une rapidité suffisante, la réfection des pièces d’or de 20 et de 10 francs, d’autre part, pour commencer au moins la réfection des monnaies divisionnaires les plus détério-
- L’ÉLECTRICITÉ AU JAPON
- Une installation d’énergie électrique vient d’être effectuée à Kioto (Japon); c’est le Bulletin de la Compagnie française pour Vexploitation des procédés Thomson-Houston qui nous l’apprend. Une usine hydraulique d’une puissance de 2000 chevaux renferme 20 roues Pelton de 120 chevaux chacune, qui commandent 12 dynamos. La puissance disponible est de 455 kilowatts à courants continus à 500 volts, de 250 kilowatts à courants alternatifs simples à 1000 et à 2000 volts, et de 240 kilowatts à courants alternatifs biphasés à 2000 volts. On installe actuellement un alternateur de 240 kilowatts à courants triphasés à 2000 volts. Cette usine dessert un réseau très important d’éclairage dans la ville de Kioto. Nous mentionnerons en particulier le plan incliné d’une longueur de 700 mètres
- avec une pente de 7 centimètres par mètre qui a été construit pour faire passer directement les bateaux du canal à la rivière, en raison de la différence de niveau qui existe. Un moteur électrique de 50 chevaux actionne un câble sans fin qui met en mouvement deux wagonnets submergés, l’un montant, l’autre descendant. Ces wagonnets prennent les bateaux et les transportent. Le réseau dù tramway électrique comprend 26 voitures Tbomson-llouston. J. L. >
- LES GL0SS0MÈTRES
- Les glossomètres sont des instruments destinés à mesurer la longueur de la langue des abeilles. On se demandera peut-être quel intérêt peut bieil offrir cette mesure. Si l’on remarque que les insectes dont nous parlons puisent le nectar, dont ils l'ont le miel, dans la corolle des fleurs, où il est sécrété pai* des glandes appelées nectaires, placées le plus souvent au fond de cette corolle, on comprendra tout de suite qu’une abeille dont la trompe est longue pourra butiner sur certaines fleurs à corolles profondes, là où une autre ne le pourra pas, si sa trompe est trop courte.
- 11 en résulte que si, par une sélection bien entendue, on arrive à créer une race composée d’abeilles à trompe très longue, celte race sera éminemment apte à faire d’amples récoltes, au grand profit de l’apiculteur qui sait très bien qu’il existe des fleurs très mellifères, comme le trèfle ordinaire, par exemple, dans lesquelles un fort petit nombre d’abeilles seules peuvent venir puiser le nectar que d’autres insectes viennent y prendre à leur aise parce qu’ils sont pourvus de longues trompes.
- 11 est donc permis de penser, avec M. Charton-Froissard, que, le glossomèlre permettant de reconnaître les colonies où les abeilles ont la trompe plus longue, il sera facile d’y prendre les mères pour la reproduction. Ces instruments méritent donc bien d’attirer quelques instants notre attention. Nous en décrirons deux types bien tranchés, celui de M. Legros et celui de M. Char ton.
- Le premier nous paraît présenter un grand degré de perfection, le second se recommande par sa simplicité. 11 estbon de dire tout de suite que M. Legros procède d’une façon toute particulière pour opérer la sélection chez ses abeilles. Pensant avec logique que la longueur de la trompe doit être proportionnée à la taille de l’insecte, il cherche à augmenter cette taille, et il y réussit, en augmentant la grandeur des cellules dans lesquelles se développent les larves. Cela est facile aujourd’hui avec l’emploi de la cire gaufrée. Ce sont, on le sait, des feuilles de cire présentant la forme du fond des cellules, et sur lesquelles les abeilles n’ont plus qu’à bâtir les parois, ce qui leur économise du travail, et les oblige à construire régulièrement. Son glossomètre lui sert ensuite à constater les résultats obtenus ; il se compose d’un vase en verre C (tîg. \ ) suspendu sur des cercles à roulis pour assurer l’horizontalité du liquide sucré dont on le remplira, et par suite le parallélisme de la surface de ce liquide avec le couvercle qui recouvre le vase.
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- LA NATURE.
- Ce couvercle B est percé d’ouvertures circulaires de 2 millimètres de diamètre au travers desquelles les abeilles viennent puiser le sirop, et qui seront assez éloignées des bords pour les empêcher de lécher le liquide qui s’élève tout autour contre les parois par capillarité. On introduit dans le vase un flotteur en liège muni d’une tige (a) qui sort au dehors par une ouverture percée au centre du couvercle. L’extrémité de cette tige porte un index qui se meut, quand le niveau du liquide baisse, devant une échelle permettant, comme le montre la figure 1, de lire les dixièmes de millimètre. Voici, d’après M. Legros, la manière d’employer ce glosso-mètre :
- « 1° Ajuster exactement la lame horizontale (A) ou index de la tige du flotteur sur la première ligne de l’échelle, en poussant le flotteur en liège traversé par l’aiguille (a) jusqu’à toucher le dessous du couvercle perforé. 2° Emplir bord à bord le récipient (C) de liquide miellé. 3° Poser le couvercle; mettre le glossomètre tout près de la sortie des abeilles, à l’entrée sur le tablier de la ruche, où il sera facile de le surveiller. Lorsque le récipient ne bouge plus, soulever la barrette (R) placée au-dessous du vase jusqu’à ce que le bouton (E) qu’elle porte au milieu et en dessus vienne toucher le fond du verre et l’immobiliser afin d’éviter que le poids des abeilles fasse pencher le vase de côté ou d’autre. En lisant sur l’échelle la profondeur où l’abeille a pu atteindre, ajouter au total sept dixièmes de millimètre, épaisseur du couvercle perforé.
- J’ai trouvé, ajoute cet api-culteur, après bien des observations, que 1 abeille commune ordinaire atteint le sirop de miel à 6 millimètres 5 dixièmes. L’abeille que j ai améliorée par sélection l'atteint à 7 millimètres 5 dixièmes et 'espère obtenir davantage encore. »
- Le glossomètre de M. Charlon est construit tout différemment. C’est une petite caisse longue en métal dont le fond est incliné (fig. 2), affleurant d’un bout et présentant à l’autre une profondeur de
- 12 millimètres. Par-dessus se trouve un couvercle muni de toile métallique à travers les mailles de laquelle les abeilles viennent prendre le liquide sucré contenu dans cette petite auge. Les mailles sont carrées et ont 2 millimétrés de cote. Sur le fond de la boîte est gravée une échelle de 10 centimètres, divisée par dix lignes transversales et dix lignes longitudinales qui, disposées comme le montre la figure, donnent des mesures de 1 millimètre.
- « Comme ce fond est incliné de 1 centimètre sur une longueur de 10 centimètres, il en résulte que chaque division de 1 millimètre marquée sur le fond se trouve descendre d’un dixième de millimètre1. » M. Char ton place cet instrument dans l’intérieur de la ruche après l’avoir rempli de liquide sucré, et s’ètre assuré que le fond de la ruche est bien horizontal. Au bout de quelque temps, on constate jusqu’à quel point de l’échelle le niveau a descendu. A la suite d’une série d’expériences, ce second apiculteur a trouvé que la langue ou trompe de l’abeille varie de 7 millimètres 1 dixième à 9 millimètres 5. Il n’est pas étonnant que les deux observateurs que nous venons de citer aient obtenu des résultats aussi différents, car il est bien évident que les mailles carrées de la toile métallique permettent à l’abeille d’engager sa trom pe, dont la coupe est aplatie, beaucoup plus avant que dans le trou circulaire.
- D’autres modèles de glossomètres seront certainement construits dans l’avenir; on ne saurait trop engager leurs auteurs à rendre leurs résultats comparables les uns aux autres en adoptant un type d’ouverture uniforme. La forme circulaire nous paraît être la plus rationnelle et le diamètre de 2 millimètres semble le mieux convenir. Moyennant cette entente, les glossomètres rendront certainement à l’apiculture de réels services. A.-L. Clément.
- 1 Charlon-Froissanl. Apiculteur, n° 9, année 1894.
- —0—
- Fig. 1. — Glossomètre de M. Legros, réduit de 1/4 environ.
- IV. 2. — Glossomètre de M. Charton, réduit de 1/4 environ.
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- LA NATURE.
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- LE CHOIX lUTIOXm DU
- DÉVELOPPEMENT D’UNE BICYCLETTE
- Cette question importante du choix du développement d’une bicyclette a été traitée jusqu’à ce jour d’une façon assez fantaisiste et arbitraire par les fabricants de machines, qui se contentent le plus souvent d’indiquer sur leurs catalogues un seul développement pour la course sur piste, un autre pour la course sur route et un troisième pour la route, sans tenir compte des rampes inaxima, de la puissance normale du bicycliste et d’un certain nombre d’autres facteurs non moins importants.
- Fig. 1. — Type du coureur.
- fatiguera la machine humaine, et réduira son rendement ainsi que son travail journalier. L’outil, la bicyclette dans le cas particulier, doit être combiné pour placer l’ouvrier, le bicycliste, dans les conditions les plus voisines des conditions normales; nous devons donc étudier d’abord quelles sont ces conditions normales, et voir ensuite comment nous pourrons le mieux les réaliser ou, tout au moins, ne nous en écarter que très peu. Nous serons ainsi amené à considérer une bicyclette théorique à développement idéal, une bicyclette intermédiaire à développement unique, et, enfin, la bicyclette de l’avenir, à double multiplication, répondant à tous les besoins de la pratique, et qui, une fois adoptée par les touristes, ce qui ne saurait tarder, mettra fin à la vieille querelle des coureurs et des montagnards, les Montaigus et les Capulets du cyclisme.
- Un simple coup d’œil jeté sur les figures 1 et 2
- L'expérience aujourd'hui acquise permet de traiter simplement la question, et il nous a paru intéressant de l’exposer sans formules, à l’aide de quelques chiffres et tableaux qui fixeront rapidement les idées sur les valeurs moyennes des facteurs qu’il convient de prendre en considération pour la solution complète du problème.
- Un bicycliste peut être considéré comme un moteur animal actionnant une pédivelle (par opposition à manivelle), et capable de produire sans fatigue une certaine quantité de travail dans de bonnes conditions de rendement, pourvu que ce travail lui soit demandé dans des conditions normales de vitesse, d’effort et de puissance. Tout écart notable dans la valeur de l’un de ces trois facteurs caractéristiques
- Fig. 2. — Type du touriste.
- montre d’ailleurs quelles tendances différentes caractérisent le touriste et le coureur. Le coureur sur piste, couché sur sa machine pour couper le vent, jambes et bras nus, pédale à toute vitesse et développe — cette exagération s’est vue — jusqu’à 9 mètres. Le touriste monte droit, avec aisance et liberté ; sa machine est munie d’un frein, sa chaîne protégée par un carter, et le développement de sa machine est toujours inférieur à 5 mètres. Nous allons exposer les raisons qui conduisent ou conduiront à abaisser encore ce développement, à défaut d’une double multiplication si souvent souhaitée, et enfin réalisée aujourd’hui.
- Vitesse angulaire de l'axe des pédales. — Quelle que soit la puissance d’un cycliste, il ne peut dépasser une certaine vitesse angulaire de l’axe des pédales très nettement établie aujourd ’hui par l’expérience.
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- LA NATURE.
- f 00
- Le tableau ei-dessous résume les vitesses fournies dans différentes conditions.
- Johnson (sur 1600 mètres)..............
- Terront (sur bicycle de 1",30 et 1(M>km).
- Allure forcée. . ".....................
- Bonne vitesse pratique sur route. . . . Vitesse normale soutenue...............
- taire de l’a\' e des pédales
- En tours Eu tours
- >ar minute. par heure.
- KO 8388
- 116 7000
- 100 6000
- 00,0 5100
- 83,3 5000
- Dans nos calculs, nous admettrons comme valeur normale de la vitesse angulaire que peut soutenir un touriste, 5000 tours par heure, correspondant à 10 000 coups <lepédale pendant le même temps, soit un peu moins de trois coups par seconde.
- Puissance mécanique d'un cycliste. — Ce facteur, le {tins important pour le choix d’une multiplication
- Rampes en centièmes
- 7
- O)
- 6 2
- 5 E
- c
- «
- O
- Fig. 3. — Conditions de marche d'un bicycliste muni d’une machine à multiplication idéale, avec laquelle il pédalerait toujours dans les mêmes conditions de vitesse, de puissance et d’effort. Les rampes en centièmes"sont portées en abscisses ; les ordonnées indiquent le développement d en mètres (à droite), et les vitesses v en kilomètres par heure (à gauche).
- appropriée, est entièrement variable avec la constitution du bicycliste, son entraînement, etc., etc.
- Nous citerons comme chiffre extrême la puissance développée par le coureur Dubois, soutenant pendant quatre heures un train de 56 kilomètres par heure, produisant ainsi 159 tonnes-mètre (159 000 kilo-grammètres) par heure, ou 58,6 kilogrammôtres par seconde, plus d’un demi-cheval. Le. chiffre de 140 tonnes-mètre par heure constitue donc une limite maxima atteinte par l’élite des professionnels, mais au-dessous de laquelle le touriste doit rester à distance respectueuse.
- Pour fixer les idées par quelques chiffres, nous admettrons trois puissances, correspondant à un touriste ordinaire, fort et très fort.
- Puissance Puissance
- en tonnes-mètre en kilogrammètres
- par heure. par seconde.
- A. Touriste ordinaire. 50 K
- B. — fort.... 75 21
- G. — très fort.. 1(K) 28
- Ces trois puissances correspondent respectivement à un travail de 10,15 ou 20 kilogrammètres par tour des pédales à l’allure normale, justifiée ci-dessus, de 5000 tours de l’axe des pédales par heure. Les femmes, les jeunes gens de seize à dix-huit ans, pourront considérer comme s’appliquant à leur cas particulier les chiffres donnés pour 50 tonnes-mètre par heure; les chiffres donnés pour 75 tonnes-mètre par heure s’appliquent aux hommes faits, de vingt à quarante ans ; ceux donnés pour 100 tonnes-mètre par heure sont relatifs aux touristes très musclés et très entraînés. Pour simplifier lé langage, nous désignerons par la suite chacun de nos trois touristes types par le chiffre représentant sa puissance exprimée en tonnes-mètre par heure.
- Poids du bicycliste. — Nous admettrons que le touriste monté sur sa machine pèse, avec elle, 80 kilogrammes. C’est là une valeur moyenne.
- Nature du terrain. — Nos chiffres se rapportent à un terrain ordinaire constitué par du macadam en bon état, et sur lequel roule une bicyclette bien construite, munie de pneus normalement gonflés, le vent ayant une vitesse nulle. Dans ces conditions et pour des vitesses touristes, ne dépassant jamais 25 kilomètres par heure, M. Bourlet a trouvé que l’effort de traction F nécessaire pour tirer une bicyclette est représenté par la formule :
- F = 0,009/ 4- 0,05 v2 kilogrammes, f étant le poids du cycliste, y compris la machine, en kilogrammes, v sa vitesse en mètres par seconde.
- Rampes. — Nos calculs vont jusqu’à des rampes de six centièmes. En pratique, on rencontre rarement des rampes supérieures et le calcul montre que le développement d’une bicyclette disposée pour monter rationnellement ces rampes serait absolument irréalisable, même dans les conditions les plus favorables, celles du touriste 100.
- Développement idéal. — Nous avons maintenant tous les éléments pour calculer ce que nous pouvons appeler le développement idéal d’une bicyclette. Ce développement est, pour chacun des touristes considérés, celui qui les ferait travailler à puissance constante et à vitesse angulaire des pédales constante. Pour obtenir ce résultat, il faudrait construire une bicyclette à multiplication automatiquement variable, réduisant la vitesse de la roue motrice et, par suite, la vitesse du cycliste, sans modifier l’effort sur les pédales ni la vitesse des pédales. Un touriste montant une machine ainsi disposée ne s’apercevrait des accidents de la route que par son aspect, et nullement par les efforts à exercer, puisqu’il pédalerait toujours dans les mêmes conditions de vitesse, de puissance et d’effort sur les pédales.
- Pour chaque touriste et chaque inclinaison de la route, il y a donc une certaine vitesse et un développement correspondant pour lesquels le bicycliste travaille dans des conditions mécaniques identiques à celles de sa vitesse normale en palier.
- Le tableau ci-après (p. 167) donne les vitesses normales que peuvent atteindre nos trois touristes sur
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- LA NATURE.
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- les différentes rampes, ainsi (pie les développements correspondants. Les vitesses v sont exprimées en kilomètres par heure et les développements d correspondants en mètres. Il fixe, pour chaque touriste de puissance donnée, et pour chaque rampe, le développement et la vitesse qui répondent à la meilleure utilisation de la machine humaine dans des conditions normales : un développement plus faible n’utilise pas toute la puissance du touriste; un développement plus grand l’oblige à forcer sur la pédale, tout en réduisant notablement le train.
- Puissance normale du touriste.
- Hampes —
- en 50 75 TOO
- centièmes , —— — -
- V d V d V d
- 0 24,5 4,9 29,0 5,8 32,5 0,5
- 1 20,5 4,1 25,5 5,1 29 » 5.8
- 2 17 » 3,4 22,0 4,4 20 » 5,2
- 3 11 » 2,8 19,0 3,8 23 » 4,0
- 4 12 » 2,4 10,8 3,3 20,5 4,1
- 5 10 » 2,0 14,5 2,9 18,3 3,7
- 6 y » 1,8 12,9 2,0 16,4 3,3
- Un coup d’œil jeté sur ce tableau et sur les courbes de la figure 3, qui n’en sont que la traduction graphique, suffit pour voir combien les bicyclettes actuelles sont loin de répondre aux exigences réelles du tourisme. Supposons, pour fixer les idées par un exemple, un touriste fort (75), capable, avec un développement de 5m,8, de soutenir un train de 29 kilomètres par heure en palier. Survienne une rampe de quatre centièmes, le même touriste doit, pour être utilisé dans les mêmes conditions, réduire son train à 15km,8 par heure, soit un peu plus de la moitié, pour ne pas augmenter sa puissance normale, et son développement à 3m,16 pour ne pas exercer un effort plus grand.
- A défaut de la multiplication idéale que nous avons supposée, il faudra, en attendant les machines à deux multiplications dont le dernier Salon du cycle nous a fourni des exemples nombreux, et quelques-uns pratiques, adopter un développement intermédiaire qui, sans exagérer les efforts du bicycliste, lui permettra de franchir les côtes de trois à quatre centièmes, quitte à descendre de machine lorsque la rampe dépasse cette valeur.
- A cet égard, deux tendances très distinctes se manifestent : les constructeurs de bicyclettes qui sont, en général, d’anciens coureurs, ne pensent qu’à la vitesse et aux grands développements ; leurs machines de touristes sont construites pour développer de 4m,80 à 5m,25, ce qui est manifestement excessif, même pour le touriste 100, comme l’indique le tableau. D’autre part, certains touristes amateurs du pittoresque, tels que l'Homme de la montagne, préconisent surtout les petits développements, petits jusqu’à l’excès.
- Pour lui, le touriste condamné à rouler éternellement à plat devrait développer 4m,5 au plus, de 4 mètres à 3m,75 pour les terrains moyennement accidentés et de 3m,50 à 3 mètres pour la montagne.
- Les chiffres sont trop absolus et ne tiennent pas compte du facteur le plus important : la puissance normale du touriste.
- Notre tableau montre le rôle important joué parle facteur caractéristique de la puissance normale du touriste, et la valeur moyenne des rampes. On peut admettre, en restant dans les limites de la pratique, que le touriste doit pouvoir, en choisissant sa machine, monter des rampes de deux centièmes sans forcer et franchir exceptionnellement des rampes de quatre centièmes en forçant un peu. Dans ces conditions la machine du touriste 50 ne doit pas développer [dus de 3™,50; celle du touriste 75 plus de 4m,20, tandis que le touriste 100 peut facilement développer 5m,20.
- Avec des machines ainsi respectivement développées, les cyclistes devront pédaler un peu plus vite en palier pour atteindre les vitesses indiquées, ou faire un sacrifice sur la vitesse s’ils ne peuvent pas pédaler plus vite, mais ils ne seront pas arrêtés en pratique par les rampes de quatre centièmes, rampes rarement dépassées sur nos belles routes françaises. Les développements indiqués sont d’ailleurs des maxima, car le vent contraire, la houe, la neige, le mauvais entretien des routes, etc., sont autant de facteurs qui plaident dans le sens cher à l’Homme de la montagne, et doivent conduire aux faibles développements.
- Double multiplication. — A défaut d’un système de multiplication variable, idéal, on peut espérer voir avant peu dans le commerce une double multiplication pratique, et l’on est conduit à se demander quelles sont les valeurs les plus avantageuses à adopter pour les deux développements. On peut admettre que ces multiplications permettront, l’une de rouler en rampe de un centième à puissance normale, et l’autre en rampe de quatre centièmes dans les mêmes conditions. Suivant la fatigue momentanée du touriste, il changera de multiplication lorsque la rampe sera comprise entre deux et trois centièmes, et se donnera de la vitesse en palier en pédalant un peu plus vite, puisque, en n’exerçant qu’un faible effort, on peut facilement produire jusqu’à 6000 tours de pédale par heure (100 tours par minute).
- Le tableau ci-dessous résume, pour nos trois touristes, les conditions de marche avec l’une ou l’autre multiplication :
- Puissance du touriste.
- „ 50 75 100
- Développement, a grande vitesse, en mètres . . 4,1 54 f^o
- Vitesse à 5000 tours par heure, en km. par heure. 20,5 25 1 50’
- „ - 6000 — . - 21,0 30,6 30
- Développement a faible vitesse, en mètres. . . 2,4 3,2 4,1
- Vitesse à 5000 tours par heure, en km. par heure. 12,0 lo)ü 20(5
- Avec les développements indiqués ci-dessus, notre touriste 75, par exemple, monterait des rampes de un centième au train de 25 kilomètres par heure et des rampes de quatre centièmes au train de 16 kilomètres par heure, tandis qu’il devrait descendre de machine s’il conservait son développement de 5 mètres.
- L’avenir et le développement du tourisme sont
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- LA NATURE.
- donc, ces quelques chiffres le prouvent, intimement liés à l’invention d’un système pratique de double multiplication, avecchangementrapidesans descendre de machine. Bien des solutions ont été données au problème, et quelques-unes présentées au dernier Salon du cycle nous ont paru le résoudre définitivement. E. Hospitalier.
- UN PLAN INCLINÉ POUR BATEAUX
- AU SEIZIÈME SIÈCLE
- On sait que la navigation intérieure dispose actuellement de trois moyens pour faire franchir aux bateaux les différences de niveau qui existent soit
- entre les biefs successifs d’une même rivière, soit entre deux voies navigables accolées et ne communiquant pas directement entre elles. Le premier, de beaucoup le plus fréquemment appliqué, est celui des écluses à sas dont l’invention est attribuée à l’ingénieur italien Visconti, et qui ont été importées en France par Léonard de Vinci au début du seizième siècle1. Le second consiste dans l’emploi de plans inclinés qui permettent de haler les navires soit à sec sur un chariot d’échouage, soit à flot dans un sas mobile rempli d’eau2. Enfin, l’éminent ingénieur anglais Edwin Clark a créé en 1875 le fameux élévateur d’Anderton pour relier le canal de Trent et Mersey à la Weaver (Lancashire), appareil fonction-
- Fig. 1. — Plan incliné pour bateaux à Ning-Po (Chine). (D'après un dessin exécuté d’après nature par M. Albert Tissandier.)
- nant par la descente et l’élévation simultanées de deux sas métalliques supportés par des pistons de presse hydraulique, et dont le principe a été utilisé il y a peu d’années pour les magnifiques ascenseurs de la Louvière (Belgique) et des Fontinettes (France).
- Seul de ces trois systèmes, celui des ascenseurs est véritablement une conquête de notre siècle, car les plans inclinés se trouvent dans divers pays et ont fourni des installations intéressantes et très complètes dès le seizième siècle, époque aussi féconde au point de vue de l’essor considérable donné de toutes parts aux sciences théoriques et à leurs applications qu’à celui de la renaissance littéraire. On trouve également des plans inclinés à l’état rudimentaire chez un certain nombre de peuples asiatiques particulièrement en Chine, et notre figure 1, due au crayon de notre collaborateur, M. Albert Tissandier,
- pendant son premier voyage dans l’Asie, représente un de ces appareils pris d’après nature à Ning-Po.
- Le plan incliné proprement dit est constitué par un dallage de 5 mètres de largeur entre les murs qui forment les bajoyers; la pente est d’environ 50°. Il ne s’agit ici que de jonques de faible tonnage dont la descente ou la montée sont obtenues à l’aide de deux cabestans conjugués; l’accrochage s’opère à l’arrière pour la descente, le poids du bateau et de son chargement agissant comme force motrice, et les câbles, formant frein, et à l’arrière aussi pour la montée. La figure \ représente la remonte et le maître
- 1 La première écluse à sas établie en France a été construite sur la Vilaine en 1538.
- 4 Le canal Morris, entre la Delaware et l’IIudson, comprend 23 plans inclinés, dont le plus important rachète une hauteur de 30m,50 sur une longueur de 335m,50.
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- Fig. 2. — Plan incliné pour bateaux, installé au seizième siècle sur les lagunes de la Brenta.
- pêcheur se tient à l’arrière pour commander la manœuvre. Ces jonques ne portent pas de quille et il leur faut évidemment une construction très solide pour leur permettre de résister aux chocs que ce mode inégal de traction leur fait subir, ainsi qu’au poids de leur cargaison qui n’est plus contre-balancé par la pression hydraulique. Il est vrai que sous le climat humide et chaud, les dalles du plan sont toujours recouvertes d’une couche assez épaisse de vase qui aide considé-rahlement les opérations. Tout autre, et bien plus perfectionné au point de vue des détails de construction et d’exploitation, est le système qui fonctionnait dès la fin du seizième siècle sur les lagunes où se jette la Brenta, à cinq milles environ
- de Venise. Nous en trouvons la description et en extrayons la figure (fig. 2 et 5) d’un très curieux ouvrage publié en 1607 à Padoue et intitulé Novo teatro di machine et edifici, di Vittorio Zonca.
- Ici, comme on devait franchir le cordon littoral qui sépare l’Adriatique de la lagune, et réciproquement, le plan incliné présente deux pentes en sens inverse l’un de l’autre ; l’appareil est à double voie et chacune est desservie par un manège spécial. Ces derniers, très simples et robustes comme construction, sont pourvus d’un engrenage à lanterne à douze fuseaux actionnant une roue à trente-six taquets, organisme encore en usage actuellement chez les Chinois, ainsi qu’on a pu le constater à l’Exposition de
- Fig. 3. — Complément explicatif de la figure 2 ci-dessus. — A. Chariot en madriers carrés avec ses roues, dont on adaptera les dimensions à celles des bateaux; B. Plan incliné fait en forme d’angle obtus pour porter le chariot; C. Roue en bois de noyer ou de chêne avec ses ferrures; F. Axe de fer des roues, avec ses armatures en fer qui sont désignées par les lettres F, F, F ; BB. Dalles de grandes pierres pour monter le chariot; SS. Files de fortes pierres; G. Anneaux de fer, sur lesquels se fixent les cordes qui tirent le chariot avec la barque ; D. Lanterne sur l’arbre que fait tourner le cheval et qui porte douze fuseaux (Légende traduite). Gravures reproduites d’après un livre italien publié à Padoue en 1607 sous le' titre : Novo teatro di machine et edifici, di Vittorio Zonca, architetto delta communita de Padoua. (D’après un exemplaire de la Bibliothèque de M. Gaston Tissandier.)
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- 1878. D’après le texte italien, le manège de droite remorque les barques de la lagune vers le fleuve, et celui de gauche, celles allant du fleuve vers la lagune. Elles reposent sur un chariot assez analogue aux chantiers sur lesquels nous manœuvrons actuellement les tonneaux ; ce chariot est porté par quatre galets en bois d’un pied de diamètre et de trois quarts de pied d’épaisseur, cerclés de fer et montés sur des axes de meme métal. A chacune des extrémités des longrines, de forts anneaux permettent d’accrocher les câbles de traction. Le chariot roule lui-même sur une voie en pierres de taille B soigneusement dressées, qui tient la place de nos rails actuels. L’appareil est donc disposé suivant la plupart des principes mécaniques que nous préconisons aujourd’hui : commande par un moteur relativement puissant, et suffisamment régulier, dépôt des bateaux sur un ber pour leur éviter les frottements sur le plan incliné, substitution du frottement de roulement au frottement de glissement, etc. Il n’y manque, pour ainsi dire, que l’économie de force motrice obtenue par la descente d’un des bateaux formant contrepoids à la montée de l’autre. Mais on observera qu’il aurait fallu pour la réaliser d'une manière continue, attendre la coïncidence de deux opérations en sens inverse, ce qui •pouvait ne pas se produire fréquemment, ou l’établissement d’une double voie avec un chariot formant contrepoids et de freins, organismes un peu compliqués pour l’époque.
- Quant à l’emploi d’un manège, il était commandé par l'impossibilité d’emprunter à l’eau la force motrice, puisque la lagune et la mer qu’il s’agissait de réunir devaient avoir à peu près le même niveau. Autrement, il est probable qu’on aurait eu recours aux roues à aubes, car il en existe de nombreuses applications dans l’ouvrage de Zonca.
- L’auteur est du reste parfaitement familiarisé avec la théorie du levier et des engrenages. Il indique en outre que le sommet du plan incliné est à une hauteur telle au-dessus du niveau des eaux, qu’il est noyé pendant les crues, de manière que la navigation n’ait pas besoin d’emprunter la force motrice spéciale pour franchir le cordon littoral, et que les files de pierres qui servent de voie aux galets se terminent par de fortes assises pour assurer la solidité de l’ouvrage. On voit que l’installation était établie dans des conditions excellentes et qui font véritablement honneur aux ingénieurs italiens du seizième siècle. En même temps cette curieuse description démontre que les plans inclinés pour bateaux sont contemporains des écluses à sas. S’ils n’ont pas fait, jusqu’à nos jours, l’objet d’applications aussi nombreuses que ces dernières, c’est qu’elles présentent des avantages de simplicité de manœuvre, de solidité et de facilité d’entretien qui permettent d’en confier le fonctionnement à des agents d’ordre inférieur, et de réduire au minimum les interruptions de service sur les canaux et rivières navigables. G. Richou,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- IA LUMINATION
- L’importance grandissante de la photométrie, au double point de vue scientifique et industriel, a conduit à coordonner cette science mieux qu’elle ne l’avait été jusqu’à ces derniers temps, et à établir une terminologie rigoureuse des grandeurs dont on peut rencontrer l’expression dans toute recherche de cet ordre. A’ous reviendrons très prochainement sur l’ensemble de la question. Pour le moment, nous désirerions en attaquer un point particulier, qui se résumera dans la discussion des propriétés de la grandeur que M. Eric Gérard vient de baptiser la lumination, dans son ouvrage Les mesures électriques, destiné à devenir promptement classique.
- La lumination, que les Anglais nomment time-illumina-tion, ou time-exposure, est le produit d’un éclairement par la durée de l’exposition. C’est numériquement la quantité de lumière reçue dans un temps donné par l’unité de surface.
- Cette grandeur est fort importante à considérer, car de sa valeur dépend en partie la totalité de l’effet produit.
- Quelques auteurs, trop superficiels, ont même admis, sans preuve suffisante, que la lumination était le seul facteur de l’action photographique. Les travaux de MM. Ranyard, Abnev, Broca, et ceux deM. Pickering dont nous avons parlé dernièrement, ont prouvé qu’il n’en est rien, et que toute photométrie photographique basée sur cette hypothèse pèche dans ses fondements. Cette propriété n’est suffisamment exacte que dans des conditions moyennes d’éclairement et de durée; elle n’est plus vraie pour les poses très courtes ou très longues, non plus que pour les éclairements extrêmes. La lumination n’est pas davantage le seul facteur de la vision, bien qu’un certain nombre d’auteurs l’aient prétendu, et que M. Eric Gérard, lui-même, soit tombé dans la même erreur, la seule peut-être que l’on puisse rencontrer dans son livre. Il est bien évident que la même quantité de lumière reçue par l’œil pendant une seconde, ou répartie sur la vue d’un homme, ne lui procurera pas du tout la même impression. Dans le premier cas, il pourrait être facilement ébloui, tandis que, dans l’autre, il n’arrivera même pas à percevoir la moindre impression. Et cependant il y a, dans cette manière d’envisager le phénomène, une part de vérité. L’éclairement, indépendamment même des conditions de sensibilité de l’œil, n’est pas le seul facteur de la sensation ; la quantité totale prend une grande importance dans les phénomènes de très courte durée. Elle est même, dans certains cas, le seul facteur à considérer. Mais, où se fait le partage? Où le rôle de l’éclairement perd-il ses droits en faveur de la quantité? Il est aisé de le prévoir, même sans aucune recherche spéciale, et de fixer la durée maxima du phénomène lumineux dont l’intensité visuelle est donnée par la quantité totale de lumière reçue. Faisant abstraction de phénomènes physiologiques subtils,nous pouvons assimiler l’œil à un galvanomètre, que l’on emploiera soit comme instrument de régime, soit comme balistique. Dans le premier cas, l’intensité du courant est le seul facteur de son indication, indépendamment de la durée du phénomène, à la condition qu’elle soit au moins égale à celle d’une oscillation amortie. Dans le second cas, l'indication ne dépend que de la quantité totale d’électricité qui a traversé l’appareil, pourvu que la durée delà décharge soit une petite fraction de la demi-période d’oscillation. Entre les deux cas extrêmes, on peut considérer le phénomène limite dans lequel la durée de la décharge, supposée d’intensité à peu près
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- constante, est de l’ordre d’une demi-oscillation. C’est la limite où l’un peut envisager l’oscillation du galvanomètre comme donnant une mesure approximative de la quantité d’électricité qui l’a traversé.
- Or, la demi-période du galvanomètre peut être assimilée à la durée des impressions lumineuses résiduelles. Une impulsion donnée à l’oeil persiste, en s’affaiblissant, jusqu’à ce que notre organe visuel ait repris son état normal. L’impression qu’il a reçue se conserve et se répartit jusqu'au moment où le pourpre rétinien a repris ses propriétés. Pendant tout ce temps, l’impression dépendra de sa répartition. Comme l’aiguille du galvanomètre, l’œil possède une certaine inertie qui étale l’impression sur un temps déterminé. Cette durée de disparition de l’impression se détermine facilement, en montant, par exemple, une lampe à incandescence sur la platine d’un tour et en déterminant la vitesse de rotation pour laquelle le cercle lumineux formé par les positions successives de la lampe commence à être complet. La durée du tour entier sera précisément celle de l’impression résiduelle pour un éclairement donné. Tandis que pour les durées très faibles la lumination est le seul facteur de l’impression, il sera encore le facteur important pour cette période limite; l’éclairement devra seul entrer en ligne de compte pour une durée un peu plus considérable. L’impression visuelle dépend uniquement de la lumination pour une durée totale de l’ordre du dixième de seconde; c’est évidemment trop peu pour que l'on puisse la considérer comme toujours seule en cause. Ch.-Ed. Guillaume.
- LÀ R1YIÈRE SOUTERRAINE DE MIDROÏ
- (ardèche)
- Les recherches de palethnologie que, depuis plusieurs années déjà, je poursuis dans les départements du Gard, de l’Ardèche et du Vaucluse, m’ont amené à explorer des cavités souterraines, avens, cavernes, rivières, qui sillonnent la région des Causses. J’ai découvert ainsi, en 1894, la rivière souterraine de Midroï, et je l’ai trouvée si curieuse que je viens la signaler à ceux qu’intéressent ces explorations des profondeurs de la terre. La rivière de Midroï se trouve dans le canon de l’Ardèche que j’ai décrit ici même1, au commencement de ce défilé de la Madeleine. Elle est située sur la rive gauche, et son orifice de sortie, masqué par une riche végétation qui tranche sur les rochers d’alentour, est à un niveau de 7 mètres au-dessus des eaux moyennes de l’Ardèche. Le 28 août 1895, j’entrepris l’exploration de cette rivière, et, muni du matériel nécessaire pour ce genre de recherches, nous pénétrâmes tout d’abord dans la galerie que j’avais visitée l’année précédente. Sur le sol argileux et glissant, il nous fallut porter, non sans peine, les différents instruments, l’appareil photographique, notre bateau Berthon le Microbe, etc. Cette première galerie, d’une largeur moyenne de 4 mètres, d’une hauteur de 5 mètres, se réduisant par endroits à quelques centimètres, n’offre rien de bien particulier. Après avoir parcouru 145 mètres, nous arrivons au lac qui
- m’avait arrêté l’année dernière. Nous procédons au lancement du Microbe, et en route vers l’inconnu. Entre les parois lisses et polies par les eaux, nous avançons sur ce nouveau Styx dont la profondeur assez uniforme est de 2m,50 (fig. 1). Après quelques détours, le lac se resserre; une arcade se dresse devant nous, puis une seconde : ce sont les portes de M y cènes placées à l’entrée de la deuxième galerie. Le lac ne va pas plus loin et notre navigation est pour l’instant terminée. Amarrant le bateau à la première arcade, nous nous hissons sur la deuxième, à cheval sur la partie terminale du lac dans lequel nous précipiterait la moindre glissade, et nous entrons dans cette deuxième galerie au milieu de sveltes colonnes de stalactiles finement crénelées sur les bords. Un changement de direction, et nous voici dans la salle du Dôme, dont la voûte dépasse 10 mètres. La galerie se bifurque : une partie se dirige plein nord ; nne autre s’ouvre en face, vers le sud (fig. 1 ). C’est d’abord une muraille de stalagmite qui nous barre le chemin ; puis il nous faut franchir une série de gours dont quelques-uns sont encore pleins d’eau, et nous entrons ensuite dans le couloir des Eboulis, énormes blocs détachés de la voûte ou des parois, entraînés parles eaux, usés, polis, qui dans cette pente rapide s’entassent les uns sur les autres en un véritable chaos. Autour de ces blocs, nous marchons sur les Oublies, fragments minuscules de stalactite usés, aplatis par la violence des eaux. Encore un gour de 2 mètres de profondeur séparé d’un nouveau lac par une masse de stalagmites sur laquelle il faudrait pouvoir se tenir en équilibre pour hisser le bateau. Elle est si étroite que nous ne pourrions y arriver ; il faudra inventer tout un système de balistique pour faire franchir à notre Microbe, qui se balance à 200 mètres de là, cette passe difficile. Et c’est grand dommage d’être arrêtés, car depuis un moment, la rivière oblique fortement à l’ouest, vers la source de Rochemale, que nous considérons comme l’évent de Midroï. Avec toutes les précautions requises, nous prélevons dans ce gour des échantillons d’eau que nous ensemençons dans des tubes de gélose en vue des recherches de microbiologie que nous poursuivons sur les eaux des cavernes. Le thermomètre qui, au dehors, marquait 29°, est tombé à 14°. Le baromètre indique que nous nous trouvons à 41 mètres au-dessus de l’orifice de sortie de la rivière. Jolie chute, en 350 mètres de parcours. Après quelques instants de repos, nous revenons sur nos pas et, traversant à nouveau la salle du Dôme, nous nous engageons dans la galerie sud. C’est vraiment féerique et comparable à tout ce que nous offrent de plus beau les salles magiques de Saint-Marcel1. Dans cette succession de petites salles réunies par d’étroits couloirs où l’on ne passe qu’en rampant, les stalactites se pressent devant nous innombrables, resplendissantes, s’allongeant en minces fuseaux, en gracieuses colonnettes, en merveilleux pendentifs,
- 1 Yoy. n° 1043, du 27 mai 1893, p. 407.
- 1 Yoy. n° 1015, du 12 novembre 1892, p. 373.
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- LA NATURE.
- intactes et immaculées. Quelques pas plus loin, dans le couloir des Diamants, le spectacle devient grandiose. La voûte, les parois, le sol même sont tapissés de cristaux taillés à facettes qui dans leur blancheur éblouissante scintillent sous nos lampes. M’absorbant dans cette scène des Mille et une Nuits, j’entends tout à coup mon batelier Suau qui s’écrie : « Monsieur, il y a un chien ». Et voici que dans la demi-obscurité du fond de la salle, je l’entrevois à mon tour. U est couché et il nous regarde, mais il ne se lève pas à notre approche ; c’est un bloc de stalagmite qui pendant quelques secondes nous a bien intrigués. Revenus de notre surprise, nous examinons la salle et nous allons d’enchantement en enchantement. De la voûte, pendent deux larges rideaux de stalactite de près de 3 mètres de hauteur et séparés l’un de l’autre par quelques centimètres seulement, juste assez pour que nous puissions introduire entre eux notre lampe. Leur minceur les rend translucides et nous saisissons les moindres détails de leur structure, tels qu’ils résultent du long travail des siècles. Suivant que les eaux calcaires se sont ou non chargées de sels de fer, des bandes alternantes brunes ou blanches se sont déposées sur toute la longueur du voile, simulant, dans leur régularité, lçs bandes des plus riches tissus sortis du métier le plus perfectionné. De toutes les cavernes que j’ai visitées, c’est cette salle qui m’a laissé la plus forte impression des merveilles que l’on peut rencontrer au sein de la terre. Quittant à regret cette salle des Draperies, nous continuons notre marche, mais nous ne tardons pas à être arrêtés : de ce côté la rivière ne va pas plus loin. Nous avons parcouru 500 mètres dans cette resplendissante hypogée et dans cette salle encore, nous nous trouvons à 48 mètres au-dessus de l’orifice de sortie de la rivière. Il est intéressant de faire remarquer que, dans la galerie nord, c’est précisément à cette hauteur que nous avons été arrêtés après avoir parcouru la même distance, si bien qu’on pourrait en quelque sorte superposer les deux branches de la rivière. Avant de revenir, nous prélevons un deuxième échantillon d’eau pour nos recherches. Il provient d’une goutte d’eau qui, en moins d’une
- année certainement, aurait relié entre elles une stalactite et une stalagmite, et jamais nous n’avions mieux observé ce phénomène de réunion des concrétions calcaires. Un troisième échantillon d’eau est prélevé sur la voûte suintante et, puisque nous parlons de ces recherches microbiennes, indiquons les résultats que nous avons obtenus.
- D’une façon générale, les tubes à culture dans lesquels on a ensemencé de l’eau provenant de la voûte suintante, des stalactites en formation, des gours dans lesquels l’eau n’a pas été remuée depuis longtemps, restent stériles, c’est-à-dire que les eaux ne renfermenl pas de microbes. Mais si l’on examine une goutte d’eau provenant des évents ou de ces belles sources qui s’échappent des fissures du rocher, ou
- encore des gours ou lacs de ces rivières souterraines dans lesquels les microbes n’ont pu se déposer, des colonies microbiennes se développent; le filtre calcaire n’est plus suffisant et s’il arrête les grosses impuretés des eaux tombées sur le plateau, il laisse passer les infiniment petits que sont ces microbes. C’est qu’en effet, et bien que l’épaisseur de la masse calcaire soit souvent supérieure à 250 mètres, le filtre n’est pas homogène : il est fissuré et par ces failles, par ces diaclases dans lesquelles la circulation est pourtant assez lente pour que l’eau, entrée boueuse sur le plateau, ressorte à la source d’une pureté admirable, les microbes continuent à cheminer. A la vérité les microbes que j’ai rencontrés ne sont pas pathogènes, mais on comprend toute l’importance de ces recherches : si des microbes banaux entraînés par les eaux tombées sur le plateau peuvent être retrouvés à 250 mètres au-dessous de lui. rien n’empêche que des microbes nocifs, le microbe delà fièvre typhoïde, par exemple celui delà diphtérie, celui du choléra, qui vivent dans les eaux, ne puissent aussi s’y rencontrer. Il y avait là tout un intéressant problème d’hygiène et de prophylaxie publique à étudier. Méfions-nous donc de ces belles sources cristallines, si sur le plateau d’où elles proviennent, il y a eu des épidémies. Elles peuvent renfermer des microorganismes, les uns indifférents, les autres dangereux. Les microbes que j’ai trouvés
- NORD
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- Colonne d'alb;
- Fig. 1. — Plan île la rivière souterraine de Midroï. (Dressé par l’auteur.)
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- Fig. 2. — Rivière souterraine de Midroï dans l’Ardèche. (D'après une photographie.)
- appartiennent au genre microcoque : deux d’entre eux (M. auranliacus et M. citreus) se développaient en belles colonies orange et jaune citron; un troisième (M. aquatilis) ne donnait aucune matière colorante. Dès la vingtième heure, j’avais obtenu des colonies microbiennes.
- Qu’est-ce donc, en résume, que cette rivière souterraine de Midroï (fig. 2)? Une grande fissure par laquelle s’écoulent les eaux drainées sur le plateau par les avens, les orifices, les cavités de tout genre qui font de la masse des Causses une énorme éponge. Dans les siècles passés, alors que la quantité d’eau qui tombait sur le causse était considérable, Midroï devait fonctionner d’une façon régulière et peu à peu s’est élargie la fissure; mais aujourd’hui, elle ne fonctionne que par intermittence : son évent suffit à assurer le débit et je dois
- Fig. 3.
- maintenant parler de cet évent, la belle source de
- Rochemale qui sort du rocher à environ 100 mètres à l’ouest de l’orifice de Midroï. Par cette faille étroite dont la communication avec Midroï est, sinon démontrée, rendue au moins fort probable, s’échappent par heure 220 000 litres d’eau. Que l’on suppose l’apport doublé à la suite de grandes pluies et l’eau qui ne peut s’échapper de Rochemale en aussi grande quantité et dans un môme laps de temps, monte et regorge dans toutes les mailles de l’éponge. Que l’apport augmente encore et l’eau reflue dans la rivière de Midroï qui fonctionne alors et dont le niveau peut s’élever de plusieurs mètres, ainsi qu’en témoignent les traces de lavage laissées par des inondations récentes
- Un passage dans la rivière souterraine de Midroï. (D'après une photographie.)
- sur les parois de la rivière et qui sont très visibles sur notre photographie. C’est qu’en effet, il
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- existe au sein même des causses, une réserve d’eau considérable et éminemment variable : c’est un véritable lac, et par les mille fissures, par toutes les mailles de ce lieu intérieur, s’écoulent les eaux du plateau, tantôt par l’évent de Rochemale, tantôt, et lors de pluies abondantes seulement, lorsque l’évent ne suffit plus à sa tache, par la rivière de Midroï, qui constituent pour l’Ardèche des affluents d’un ordre tout spécial et dont on connaît plusieurs exemples dans les rivières du type de l’Ardèche ou du Tarn. I)r Paul Raymond.
- CHRONIQUE
- Appareil destiné à la fabrication directe du beurre au moyen du lait. — Ce problème résolu par M. Lezé, professeur à l’école de Grignon, présente une importance pratique réelle à une époque où la concurrence étrangère se fait si durement sentir dans le commerce des produits de laiterie. Dans la préparation directe du beurre, on réalise une économie notable, car on évite de passer par cet intermédiaire de l’écrémage et du travail subséquent, si difficile et si délicat, de l’acidification de la crème ; on évite tous les déchets, conséquence des manipulations nombreuses auxquelles on doit se livrer pour atteindre le but poursuivi. L’idée de l’inventeur, un Suédois, M. Salénius, consiste à écrémer du lait chauffé à 65° ou 70° et à baratter la crème séparée dans l’appareil lui-même, après avoir ramené, toutefois, cette crème à la température de 15°. La solution est des plus ingénieuses, des plus élégantes. L’appareil, qui tourne à 6000 ou 6500 tours, comprend deux bols superposés montés sur le même axe. Dans le bol inférieur, on introduit le lait chauffé, on l’écrème à cette température élevée qui détermine une pasteurisation de la matière. Puis le lait écrémé est évacué chaud encore, tandis que la crème monte dans le bol supérieur. Là elle est refroidie par un courant d’eau glacée circulant pendant la rotation, et on la fait se baratter elle-même en en projetant une certaine portion prélevée par un tube de prise contre la crème en mouvement. Cette machine sort des ateliers du constructeur suédois Aordenfelt et son fonctionnement paraît irréprochable. La machine est encore à peine connue en France, où elle a été essayée seulement à l’école de Poligny ; mais en Suède, elle est déjà d’usage courant et les produits qu’elle donne jouissent sur le marché d’une excellente réputation de qualité et de conservation facile et longue1.
- La transpiration des chiens. — A l’étal normal, un chien exécute 20 à 50 mouvements respiratoires par minute; mais dès qu'il s’agite ou court au grand soleil, cette vitesse s’accroît jusqu’à 300 et 350 mouvements. M. Charles Richet, dit VEleveur, qui a recherché les causes de cette accélération, est arrivé à conclure qu’elle favorise l’évaporation pulmonaire et le refroidissement du corps. C’est donc une sorte de transpiration pulmonaire. M. Richet a constaté par des pesées qu’un chien dont la respiration est ainsi accélérée, décuplée, perd en une heure 15 grammes de vapeur d’eau par kilogramme de poids du corps, quantité représentant une déperdition de chaleur de 6000 calories, c’est-à-dire la chaleur nécessaire pour élever de 1 degré la température de 6 litres d’eau. L’accélération de la respiration est un moyen de
- 1 D’après le Bulletin de la Société d'encouragement, séance du 27 décembre 1895.
- réfrigération suppléant au défaut de transpiration des chiens, d’où le nom de polypnée hypothermisante ou réfiigérante qui lui a été donné. Les chiens transpirent donc par la langue, ainsi que le veut un dicton populaire.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 10 février 1896. —Présidence de M. Cornu.
- L'origine des abcès tuberculeux. — M. Lannelongue s’est préoccupé de déterminer la nature des microbes qui interviennent dans la formation des foyers de suppuration que l’on observe chez les tuberculeux. Ces abcès sont-ils la conséquence de l’action du bacille de la tuberculose ou, au contraire, sont-ils le fait d’association de bacilles différents ? La question restait obscure parce que chez les tuberculeux la plupart des suppurations peuvent montrer le bacille de la tuberculose. M. Lannelongue a procédé à ces recherches par l'examen direct des suppurations et par la méthode des inoculations. Il a distingué tout d’abord les foyers fermés, c’est-à-dire à l’abri du contact de l’air, et les foyers ouverts. Cinquante-sept foyers fermés ont été examinés ; ils n’ont donné des microbes étrangers que dans six cas, c’est-à-dire dans une proportion du dixième. Sur cinq foyers ouverts, au contraire, on a observé cinq fois des bacilles étrangers. M. Lannelongue pense que ces microbes étrangers sont introduits de l’extérieur, au cours du long traitement de ces accidents. Il remarque encore que, chez les tuberculeux, les suppurations ont le caractère froid; mais, néanmoins, on constate quelquefois des poussées inflammatoires aiguës. Sur les cinquante-sept cas rapportés on a noté quatorze cas de poussées inflammatoires; il paraît donc probable qu’elles dépendent de l’intervention du seul bacille de la tuberculose.
- Les propriétés des rayons de Rôntgen. — M. Meslans a étudié la transparence de quelques corps pour les rayons de Rôntgen. Il a observé que le diamant, le graphite, le charbon de sucre, le noir animal sont traversés. Les alcaloïdes sont également transparents, mais le soufre, l’iode et le silicium sont opaques. Les sulfates d’alcaloïdes sont opaques. Par conséquent l’introduction d’une molécule opaque dans un composé suffit pour arrêter les radiations. M. Charles Henry a opéré une importante constatation sur l’augmentation de rendement de radiations de Rôntgen par l’emploi du sulfure de zinc phosphorescent. Après avoir déposé une couche de sulfure de zinc phosphorescent sur l’une des faces de pièces de monnaie absorbantes pour ces radiations, il est parvenu à photographier derrière elles l’ombre d’un fil de fer tendu. M. Charles Henry montre ensuite que le sulfure de zinc phosphorescent émet, en même temps que ses rayons verts, une grande quantité de radiations de Rôntgen actifs photographiquement quel que soit l’éclairage qui ait excité la phosphorescence. 11 croit que sa méthode permettra de développer pour le diagnostic l’application de la photographie jusqu’ici limitée à des cas simples et de recueillir l’ombre d’organes situés, comme le poumon et le cœur, derrière d’autres corps plus ou moins opaques, tels que le sternum.
- L'atténuation des toxines par Vélectricité. — MM. d’Ar-sonval et Charrin ont étudié l’action des divers modes d’emploi de l’électricité sur les toxines. D’autres savants ont déjà essayé l’action des courants continus. Mais il est à remarquer que dans ce procédé l’action électrique proprement dite est accompagnée de phénomènes électro-
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- lytiques modifiant les toxines, et que Loti ne peut séparer les effets des deux causes. Ils ont employé les courants oscillants de la bobine d’induction, et, dans ce cas, l’effet produit doit être attribué à l’ébranlement moléculaire dû à la décharge électrique. La toxine est placée dans un tube en U. Deux fils de platine plongeant dans les branches du tube amènent un courant à haute fréquence de trois quarts d’ampère environ. Les recherches des deux expérimentateurs ont porté sur le bacille diphtérique et le bacille pvocianique. Après un quart d'heure d’action électrique ainsi réglée, la toxine diphtérique électrisée a été inoculée, à la dose de 2 centimètres cubes, sur des cobayes. L’un de ces animaux a péri trois jours après l’inoculation, les deux autres survivent encore, après douze jours. Des cobayes témoins inoculés avec la même toxine non électrisée sont morts au bout de vingt, vingt-cinq et vingt-six heures. Des résultats semblables ont été obtenus à l’aide de la toxine du bacille pvocianique. Or, comme suivant une expérience célèbre de M. d’Arsonval, à laquelle se sont prêtés MM. Cornu et Marev, on peut faire circuler impunément dans le corps de l’homme des courants de haute fréquence très puissants, il paraît possible d’entrevoir qu’on puisse par cette voie atténuer les toxines dans l’organisme vivant. Enfin, il résulte encore d’autres expériences de MM. d’Arsonval et Charrin que les toxines électrisées sont immunisantes. Les-toxines diphtériques et pyocianiques, inoculées à des cochons d’Inde ayant reçu préalablement les toxines électrisées, sont restées sans effet, alors que des animaux témoins ont péri.
- Préparation d'un corps nouveau. — M. A. Granger décrit un sulfophosphure d’étain obtenu en faisant réagir le phosphore sur le bisulfure d’étain. Ce corps qui répond à la formule SnP2 Sn S se présente sous forme d’écailles cristallines dont l’aspect rappelle l’oligiste micacé des volcans. Insoluble dans les acides, il est attaqué par le brome.
- Préparation du'carbure d'uranium. — M. Moissan a préparé au four électrique un carbure défini d’uranium en chauffant un mélange d’oxyde d’uranium et de charbon. Ce carbure d’uranium se décompose en présence de l’eau froide.' Il abandonne un tiers de son carbone en carbures gazeux riches en inéthane ; l’autre partie du carbone produit des carbures liquides et solides ainsi qu’une matière bitumineuse. 11 est vraisemblable que cette décomposition compliquée tient à des phénomènes de polymérisation qui se manifestent au moment de la décomposition. La présence de l’hydrogène peut être due, d’un autre côté, à l’action secondaire d’un sous-oxyde d’uranium décomposant i’eau à 1a. température ordinaire.
- La vallée du Rhône à l'époque du crétacé supérieur. — M. Douvillé a étudié les bancs d’hippurites de la vallée du Rhône. Cet animal peu connu a été jusqu’ici inutilisé en géologie. Les formes très variables avec le temps des fossiles qu’il fournit permettent au contraire de l’employer utilement. Il est précieux en ce sens qu’il a vécu à de faibles profondeurs, de telle sorte que la disposition des bancs d’hippurites donne un moyen de suivre les variations du rivage de la mer. C’est le travail qu’a fait M. Douvillé pour la vallée du Rhône, à l’époque du crétacé supérieur.
- Décès. — M. Cornu prononce l’éloge de M. J. Reiset, décédé dans le courant de la semaine précédente.
- Varia. — M. Vigouroux a préparé le siliciure de cuivre cristallisé. — M. Cumenge montre que l’on doit attribuer à une précipitation chimique les dépôts aurifères de l’Afrique australe. Il a réalisé une expérience qui paraît
- fournir une explication satisfaisante du phénomène. Sous l’action de l’acide carbonique, il produit, dans certaines conditions expérimentales, une précipitation de silice entraînant de l’or dissous. Ch. de Villedeuil.
- LE RIRE DU CHIEN
- Alphonse Karr a dit : « L’homme est le plus gai des animaux; bien plus, il est le seul gai, le seul qui rie. » Toussenel est aussi explicite : « Lé rire est une faculté caractéristique de l’homme. »
- Gratiolet est également de cet avis : « Quand l’homme respire facilement un air pur, frais et que n’altère aucune souillure, la houche se dilate légèrement, la lèvre supérieure découvre plus ou moins les incisives supérieures et les coins de la bouche se relèvent alors avec grâce ; lés muscles qui déterminent ce mouvement agissent en même temps sur les pommettes, et, lés relevant, soulèvent légèrement l’angle externe des yeux, qui deviennent un peu obliques. Ce mouvement d’une respiration agréable s’appelle le sourire, ét l’on distingue dans le langage le sourire des lèvres et le sourire des yeux ; mais ce sourire des yeux est dans l’homme consécutif au service de la bouche, et ne dépend d’aucun muscle spécial. Aucun animal mammifère n'a le sourire de la bouche-, mais le sourire des yeux existe dans les animaux carnassiers, et, ne pouvant dépendre du sourire buccal, il a pour cause déterminante un petit muscle qui agit sur l’angle externe de l’œil. Les chiens, on le sait, ont ce sourire des veux au suprême degré1. »
- Et ailleurs : « Le sourire réel et simple, c’est-à-dire ce mouvement qui élève l’angle de la bouche, est exclusivement propre à l’espèce humaine. Il n’y a plus rien de semblable même dans les singes les plus élevés. Parmi les carnassiers, les animaux des genres ursus, canis et hyæna ont certains mouvements qui rappellent le sourire, mais qui ne permettent point la comparaison. Au-dessous des animaux mammifères il n’y a plus de mobilité dans la face, et partant plus de sourire possible2. »
- Darwin3 admet, lui encore, chez le chien une sorte de rire, mais il le considère comme une simple grimace. « Certains chiens expriment d’une manière très particulière une disposition d’esprit agréable, gaie en même temps qu’alfectueuse ; je veux dire par une sorte de rictus. Sommerville avait fait cette remarque il y a longtemps :
- Avec un rire flatteur le chien caressant Te salue; il s’accroupit, ses narines se dilatent largement, Il ondule, et ses yeux à la noire prunelle S’humectent de douces caresses et d’humble joie.
- La Chasse, liv. I.
- « Le fameux lévrier écossais de Walter Scott, Maïdo, avait cette habitude, qui est du reste commune
- 1 Gratiolet, De la physionomie, p. 23.
- 2 Gratiolet, De la physionomie, p. KH).
- 3 L'expression des émotions chez l'homme et chez les animaux, p. 130.
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- chez les terriers; je l’ai constatée aussi chez un roquet et chez un chien de berger. M. Rivière, qui a porté tout particulièrement son attention sur cette expression, m’apprend qu’elle se manifeste rarement d’une manière complète, mais très communément à un faible degré. Sa lèvre supérieure se rétracte alors, comme pour le grognement, de sorte que les canines se découvrent ; en même temps les oreilles se portent en arrière; toutefois l’aspect général de l’animal indique clairement qu’il n’est pas irrité :
- « Le chien, dit sir C. Bell, pour exprimer la tendresse, renverse légèrement les lèvres, il grimace et renitle en gambadant , d’une manière qui ressemble au rire1. » Certaines personnes considèrent en effet cette grimace comme un sourire; mais si c’était réellement un sourire, nous verrions ce même mouvement se reproduire d’une manière plus accusée encore quand l’animal pousse des aboiements de joie. Or, il n’en est rien, on voit seulement l’aboiement et la grimace en question se succéder fréquemment.
- Malgré le profond respect que m’inspirent le nom de Darwin et ceux des autres, observateurs que j’ai cités, je me permettrai de faire remarquer qu’il est difficile d’aboyer et de rire en même temps, et que certains chiens emploient le rire pour manifester leur joie en même temps que les frétillements de la queue et tous les autres symptômes de leurs congénères.
- Il ne faut pas pousser les analyses trop loin, sous peine de ne point rester dans la vérité. Pour tout le monde, le rire n’est autre chose qu’une expression joyeuse de la face donnée par un mouvement de la bouche ;
- personne assurément ne s’inquiète de savoir, pour en juger, à quels muscles elle est due.
- Or, n’est-ce pas un bon rire, bien franc, bien affectueux que celui que reproduit la gravure ci-contre (fîg. 1) faite d’après la photographie instantanée d’une petite chienne fox-terrier que je possède et qui prend très gentiment cette expression toutes les fois qu’elle veut manifester du plaisir ou une grande joie? La figure 2, donne aussi l’expression d’une chienne toute souriante. Cette photogravure représente une belle chienne de l’espèce du chien de berger écossais genre Coley. La physionomie de cette bête est fort gracieuse.
- Notre langue possède du reste une expression caractéristique, celle de rire canin. Les dictionnaires le définissent en disant qu’il se produit par la contraction du muscle canin qui est le muscle élévateur de l’angle des lèvres et ils le donnent
- comme synonyme de rire sardonique, parce qu’il ne se produit que d’un seul côté de la bouche. Cette synonymie n’est pas toujours juste, comme on peut le voir dans la figure 1.
- Un de mes amis a un terrier qui rit également et, chose singulière, qui, au bout de quelques mois a appris à rire à un épagneul, son compagnon habituel.
- Cette éducation d’un animal par un autre n’est point aussi rare qu’on peut le croire : je connais un petit chien de la Havane, grand ami du chat de la maison ; il a pris de lui l’habitude de se mouiller les pattes avec la langue et de s’en frotter le museau pour le nettoyer.
- \T,e d’Aiglun.
- Le Propriétaire-Gérant : G. ïissamukk
- Fig. 1. — Chienne terrier, au moment de son rire. (D’après une photographie.)
- Fig. 2. — Chienne riant
- reproduite d’une photographie par la photogravure.
- 1 The Anatomy of expression, p. 140.
- Paris. — Imprimerie Laiicre, rue de Fleuras, 9.
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- N° 1 186. — 22 FÉVRIER 1 896.
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- LE SPHINGURE DU MEXIQUE
- En même temps que les deux Athérures dont nous avons parlé dans un article précédent, le Jardin zoologique d’acclimatation du Rois de Boulogne a reçu, l’an dernier, un autre représentant de la famille des Hystricidés, une sorte de Porc-Épic provenant, non plus de l’Afrique tropicale, mais de l’Amérique du Nord et appartenant à l’espèce que les naturalistes désignent sous le nom de Sphig-gure ou Sphin-gure du Mexique (Sphiygurus ou Sphingurus mexicanus).
- Comme cet animal, de caractère encore plus morose que les Athérures, reste d’ordinaire accroupi sur une branche, dans le fond de sa cage, on ne peut que difficilement se rendre compte de ses formes . générales; mais quand il se décide à bouger, on voit qu’il est à peu près de la taille d’un Chat, qu’il a le corps allongé, la queue très développée, fortement renflée à la base et graduellement atténuée vers l’extrémité, les pattes robustes, la tête forte et le museau obtus.
- Les narines viennent s’ouvrir au bout d’une sorte de groin, très court, tronqué obliquement et garni seulement d’un duvet très fin. La tête est arrondie; mais le rond n’est pas renflé comme chez d’autres Porcs-Épics du Nouveau-Monde que l’on désigne vulgairement sous le nom de Coendous. En revanche les pattes sont conformées exactement de la même façon que chez ces derniers animaux; elles sont presque dénudées dans leur portion terminale qui est tournée légèrement en dedans et, quoique le pouce ne soit pas opposable aux autres doigts, qui sont armés, comme lui, de griffes recourbées, les
- extrémités des membres peuvent saisir fortement les branches et y adhérer grâce aux rugosités qui hérissent leurs faces palmaires et plantaires. En outre, comme chez certains Singes, le bout de la queue, où les poils sont remplacés par de petites écailles, peut remplir le rôle d’un organe de préhension en s’enroulant autour d’un rameau. Tout cela est admirablement approprié au genre de vie des Sphingures et des Coendous, qui sont des animaux essentiellement grimpeurs et arboricoles.
- La tête, le tronc et la plus grande partie des membres et de la queue du Sphin-gure mexicain sont couverts d’un pelage de couleur foncée, d’un brun tirant au noir. Sur les parties inférieures et sur les flancs, de nombreuses épines apparaissent au milieu de la fourrure et contrastent par leur teinte plus claire avec le ton général de la robe, tandis que sur le dos les piquants, qui sont d’un jaune soufre, avec la pointe noire, sont presque complètement dissimulés, au moins à certaines saisons, sous les poils qui sont plus allongés, plus brillants que sur le reste du corps et qui ont une tendance à devenir légèrement crépus. Enfin sur la base de la queue s’insèrent des poils raides et épineux de couleur noirâtre.
- Le Sphingure du Jardin d’acclimation est demeuré, pendant tout le temps que nous avons pu l’observer, parfaitement immobile et comme engourdi dans sa cage. Il se comportait exactement comme celui que Brehm a eu l’occasion d’étudier au Jardin zoologique de Hambourg et qui ne se mettait en mouvement qu’au coucher du soleil. Quand on venait à le toucher, dit Brehm, il faisait entendre un cri plaintif, semblable au gémissement d’un jeune Chien,
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- Sphingure du Mexique.
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- et si l’on insistait, il ne cherchait pas à fuir, mais se couchait par terre, hérissait ses piquants et manifestait sa colère par des grognements. Cet animal était, parait-il, incommodé par de nombreux parasites contre lesquels les poudres insecticides restèrent sans etfet, et il exhalait une odeur très désagréable <[ue Brehm attribue à une sécrétion particulière. Nous n’avons rien observé de semblable chez le Sphingure du Jardin d’acclimatation. D'un autre côté Brehm rapporte que le Sphingure du Jardin zoologique de Hambourg allait à son abreuvoir aussitôt après avoir mangé, plongeait sa patte dans l’eau et la léchait pour se désaltérer, ce qui ne concorde pas avec les observations faites par d’Azara sur un animal du môme groupe.
- Les Sphingurcs, que F. Cuvier a cru devoir séparer des Coendous à cause de leur front déprimé, de leur groin plus court et de leurs incisives marquées d’un sillon longitudinal, les Sphingures, disons-nous, appartiennent tous à la faune du Nouveau-Monde et occupent une aire géographique très vaste, s’étendant du Mexique à la République Argentine. Les naturalistes distinguent actuellement plusieurs espèces de ce groupe. La plus anciennement connue est précisément celle dont nous venons de parler. Elle a été mentionnée en effet, il y a plus de deux siècles, par François Hernandez1 sous le nom de Hoitzlacuatzin que lui donnaient les anciens Mexicains. On la trouve, au sud du 22e degré de latitude nord, dans les forets du sud de la Californie, des provinces méridionales du Mexique et de l’Amérique Centrale. Dans l’Amérique méridionale vivent le Sphingure à queue noire (Sphingurus melanurus Natterer) dont les domaines comprennent les Guyanes et le nord du Brésil, et le Sphingure velu (Sphingurus villosus F. Cuvier) dont l’aire d’habitat empiète un peu sur celle de l’espèce précédente et s’étend d’autre part à travers le Brésil méridional jusque dans le Paraguay. Enfin aux Antilles on a signalé une quatrième espèce, le Sphingure pâle (Sphingurus palli-dus Waterhouse). Ces diverses formes ne sont malheureusement pas toutes assez largement représentées dans les Musées de l’Europe pour qu’on puisse déterminer exactement leurs relations et les limites de leurs variations.
- Le Sphingure velu mesure près d’un mètre du bout du museau à l’extrémité de la queue, qui entre pour près de moitié dans la longueur totale. Il est couvert d’une abondante fourrure, d’un brun noirâtre tiqueté de fauve, dans laquelle se cachent plus ou moins des piquants rétrécis à la base et terminés en pointe acérée, qui rendent assez dangereux le maniement des dépouilles de cette espèce de Rongeur et qui justifient le nom d'insidiosus donné à une de ses variétés. C’est évidemment l’animal que don François d’Azara a décrit à la fin du siècle dernier sous le nom de Cuiy ou Coaiy, dans son Essai sur l'histoire naturelle des quadrupèdes de la province
- 1 Nova planlarum, animalium et mineralium historia, in-folio, Home, 1051.
- du Paraguay. « Je lâchai dans mon appartement, dit ce voyageur1, un Couiy adulte qu’on avait pris et je l’ai gardé un an sans lui donner d’eau, parce qu’il ne boit pas. Étant effrayé, le Couiy court avec toute sa vitesse, et un homme peut alors l’atteindre de son pas ordinaire, parce qu’il ne sait pas galoper. H s’appuie sur le talon et alors les pointes des quatre pieds font un angle de quarante-cinq degrés en dehors, et il marche sans plier les articulations des boulets, comme si elles n’avaient pas de jeu.
- « Toutes ses actions ont le caractère de la lenteur. Son goût sédentaire est poussé si loin qu’il passe quelquefois vingt-quatre et quarante-huit heures sans changer de lieu, ni même de posture. Il ne se meut jamais que pour manger, et c’est communément vers 9 heures du matin et à 4 heures do l’après-midi ; car je ne l’ai vu se remuer qu’une seule fois à la clarté de la lune et une autre fois à celle d’une lumière artificielle. Les premiers jours, il grimpait partout et il se mettait sur la pomme ou sur le dos d’une chaise, mais jamais sur rien de plat ; mais ayant monté un jour sur la fenêtre, et s’étant placé sur le rebord du volet, il ne chercha pas depuis une autre place. Il y passait, sans plus de mouvement qu’une statue, tout le temps qu’il n’employait pas à manger, et il y était dans-une posture étrange, parce que, sans se tenir ni sur les pattes de devant ni sur la queue, et s’attachant seulement par les pieds de derrière, il plaçait son corps dans une situation plus voûtée que celle du Lapin. Il avait les pattes de devant jointes, pendantes, touchant presque celles de derrière, et son museau baisait presque ces dernières. Quoiqu’il entrât du monde et qu’on parlât, il ne regardait pas et ne se dérangeait pas d’un fil jusqu’à l’heure de descendre pour manger. » •
- Ce Sphingure aimait beaucoup le pain, le maïs, le manioc, et mangeait indifféremment toutes sortes d’herbes, de fleurs et de fruits, mais dédaignait absolument la viande et, à plus forte raison, ne s’attaquait à aucune proie vivante. Lorsque quelques-uns des petits Oiseaux que son maître avait apprivoisés venaient à s’approcher de sa mangeoire, il manifestait une vive terreur et se hâtait de regagner son perchoir. II fit exactement de même un jour qu’il trouva sur son chemin le cadavre d’un petit Rat que d’Azara y avait placé avec intention. Son appétit était des plus modérés et il se contentait de goûter tour à tour aux divers aliments placés à sa portée, en les soulevant et en les maintenant au besoin contre sa bouche avec ses pattes de devant, à la façon des Agoutis. Il ne cherchait pas à mordre et se laissait d’ordinaire toucher impunément : c’est seulement lorsqu’on le touchait avec une certaine violence qu’il redressait ses piquants en contractant brusquement sa peau, sans faire aucun mouvement du tronc ni des membres. Quand on l’appelait par
- 1 Essai sur l’histoire naturelle des quadrupèdes de la province du Paraguay, trad. franc, de Moreau Sainl-Mcry Paris, 1801, t. II, j». 11)5
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- son nom il tournait quelquefois la tète, mais le plus souvent il avait l’air absolument étranger à tout ce qui l’entourait et restait figé dans son immobilité, le regard perdu dans le vide. D’Azara remarqua cependant que cet animal avait l’odorat assez fin, puisque, toutes les fois que l’on apportait le chocolat de son maître, ou qu’on entrait dans la chambre avec des fleurs, il dilatait ses narines.
- On sait quelles histoires absurdes ont été racontées sur le Porc-Epic d’Europe (llystrix cristala) qui, prétendait-on, avait la faculté de détacher ses épines et de les lancer comme des traits contre ses ennemis. Les mêmes fables ont été débitées sur les Sphin-gures et sur les Coendous, leurs proches parents ; mais d’Azara a fait justice de toutes ces balivernes. A propos de la croyance, générale de son temps, que les aiguillons du Couiy, ainsi projetés et implantés dans la chair, s’y enfonçaient d’eux-mêmes progressivement, il ajoute : « Voici uniquement ce qui est réel ; lorsque le Couiy hérisse ses pointes pour sa défense, il en tombe quelques-unes, par la tension de la peau, à laquelle elles sont peu adhérentes. Il arrive encore que si l’on n’arrache pas les épines qu’il a fichées, par exemple, aux Chiens imprudents qui le mordent, le lendemain on voit ces épines plus enfoncées, non qu’elles le soient en effet, mais parce qu’elles paraissent l’être à cause de l’enflure de la partie piquée. » D’Azara raconte cependant une chose assez bizarre, à savoir que ces mêmes aiguillons, si acérés, n’empêchent nullement le Jaguar de faire sa proie des Sphingures et qu’ils se retrouvent absolument intacts et en grande quantité dans les excréments du Carnassier.
- Les Coendous, auquels nous avons fait allusion à plusieurs reprises, et qui constituent le genre Syne-theres, se distinguent extérieurement des Sphingures par leur taille généralement plus forte, leur front plus bombé et leurs piquants plus nombreux et plus uniformément répartis sur toute la surface du corps. Us ont les mêmes mœurs et habitent les mêmes contrées de l’Amérique du Sud que les Sphingures, mais ne s’avancent probablement pas jusque dans l’Amérique Centrale. Ceux d’entre eux qui vivent en Colombie, au Venezuela et à la Guyane, ont naturellement attiré les premiers l’attention des voyageurs et se trouvent déjà très exactement décrits dans un ouvrage publié en 1751 et intitulé : Voyage du chevalier des Marchais en Guinée, isles voisines et à Cayenne*, fait en 1725, 1720 et 1727. « Les Indiens, dit des Marchais, appellent Cuandù l’animal que les Portugais nomment Ourico cachiero. Je crois qu’on le pourroit appeler Chat épineux. Il est pour l’ordinaire de la taille et de la grandeur d’un bon Chat, à qui il ressemble assez, excepté que la tête est pointue, et que ses jambes et ses pieds approchent beaucoup de ceux des singes. Depuis les oreilles jusque vers le milieu de la queue, il est couvert, au lieu de poils, d’aiguillons de trois ou
- 1 Voyages du Chevalier des Marchais en Guinée, t. III, p. 288.
- quatre pouces de longueur comme des tuyaux de plumes, creux, ronds, pointus et forts, dont la partie la plus voisine du corps est noire et la pointe blanche ou tirant sur le blanc. La partie de la queue qui n’a point d’aiguillons est couverte d’un poil comme la soyc des cochons. Ses jambes en sont aussi couvertes, mais les aiguillons sont plus courts. Ses pieds sont partagez en quatre doigts, avec un commencement de pouce. Sa queue est aussi longue que tout son corps et même plus. Elle est forte et pliante. 11 s’en sert comme les singes, pour se suspendre aux branches des arbres. Il vit de fruits et de racines. 11 marche lentement et a de la peine à monter aux arbres, parce que ses ongles sont trop longs et que, n’ayant pas de pouce, il ne peut point embrasser assez fortement. »
- Des Marchais ne manque pas de réfuter en passant les erreurs commises par des auteurs de son temps qui attribuaient au Coendou, comme au Sphingure, l’adresse d’un archer émérite; il constate que le Coendou est un animal essentiellement nocturne, mais il l’accuse, bien à tort, de préférer aux fruits, qui constituent sa nourriture ordinaire, la chair des volailles pour lesquelles, dit-il, cet animal serait aussi dangereux que les Fouines et les Renards s’il n’était gêné par son armure pour pénétrer dans les poulaillers.
- D’autre part, trompé sans doute sur le bruissement que produisent les piquants en frottant l’un contre l’autre, notre voyageur suppose que le Coendou est incommodé du poumon, parce qu’il souffle en marchant. « Malgré son asthme et sa pneumonie, ajoute-t-il, on ne laisse pas de le manger sans crainte de contracter ses infirmitez. La meilleure manière de l’apprêter est de le mettre à la broche. Il est meilleur de cette façon que bouilli ou en ragoût. » Les Indiens de l’Amérique du Sud font, en effet, grand cas de la chair des Sphingures et des Coendous, qui est, dit-on, tendre et délicate, et qui doit avoir à peu près le même goût que la chair du Porc-Épic, comparée, par ceux qui en ont goûté, à la viande de Veau.
- On sait que dans l’ancienne pharmacopée figurait une piedra del porco qui n’était autre chose qu’un bézoard extrait de l’estomac du Porc-Épic vulgaire. Certaines parties du corps du Coendou passaient aussi pour avoir des vertus médicinales. Les Indiens prétendaient notamment que les piquants appliqués sur le front d’une personne affligée de violents maux de tète, s’y attachaient comme des Sangsues et en tiraient les humeurs âcres, causes de la maladie; ils croyaient aussi que quelques-uns de ces piquants, réduits en poudre et mélangés à du vin, jouissaient de la propriété de dissoudre les calculs de la vessie.
- L’espèce dont nous venons de parler est le Syne-theres prehensilis des naturalistes modernes. Elle est représentée au Brésil, au Pérou et en Bolivie, par le Couendou de Rrandt (S. Brandti) et par deux autres espèces, même assez mal connues (S. nycthe-mera et S. holiviensis) et dont l’une est peut-être
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- identique à l’Orico (Synetheres ou Sphingurus spinosus) de F. Cuvier. Il est intéressant de constater que les Coendous vivaient déjà, durant une période antérieure à la nôtre, exactement dans les mêmes contrées, puisque des restes d’animaux de ce genre ont été trouvés par M. Lund dans les cavernes du Brésil. E. Oüstalkt.
- LA CANGUE DE SUPPLICE EN CHINE
- En Chine on emploie un grand nombre de procédés d’emprisonnement, de punitions et de châtiments, car les crimes sont nombreux et souvent
- d’une monstruosité horrible. Il ne faut pas exagérer, comme on l’a fait, le nombre des infanticides en Chine, mais, si nous en croyons le Scientifîc American, il est encore trop fréquent dans certaines régions de ce pays. Dans la province de Canton, notamment, il est dit par ceux qui connaissent le fond des choses, et qui sont en situation de bien connaître la vérité, que, chaque année, une centaine d’enfants sont encore tués par leurs mères. La gravure ci-dessous, qui est faite d’après la reproduction d’une photographie et qui est par conséquent d’une parfaite exactitude, montre le mode d’emploi de la cangue qui est adoptée pour le châtiment des malheureuses mères ayant eu la férocité d’accomplir
- Les châtiments en Chine. •— La cangue, appareil de supplice appliqué à des mères infanticides.
- (D’après une photographie.)
- cet abominable crime de l’infanticide. Celles que nous représentons sont au nombre de trois, réunies par deux planches qui s’ouvrent, contenant chacune un demi-cercle; les demi-cercles en regard se rejoignent, et forment alors un cercle complet quand les deux planches sont rapprochées. Pour placer les victimes, deux bourreaux soutiennent la planche du fond, et les criminelles sont placées de telle sorte que leur cou pénètre dans le demi-cercle; quand la seconde planche est réunie par devant à la première, les cous sont enveloppés d’un cercle, les deux planches munies par-dessous de barres de fer que l’on ferme avec des cadenas, qui rend la capture invincible. La cangue est lourde à porter, et ceux qui l’ont ne peuvent pas porter la main pour
- manger. La durée de la capture se prolonge longtemps, et les criminelles sont fort maltraitées.
- La cangue est un instrument de supplice qui est très usité dans plusieurs contrées de l’Asie. Cet appareil a des formes différentes ; il est fait le plus souvent pour un seul criminel, et dans ce cas il a une forme triangulaire, il est en bois et percé de trois trous dans lesquels on engage le cou et les deux poignets du patient. Quelquefois on a cité des cangues de bois, où les prisonniers étaient liés derrière le dos par les coudes, les autres avaient les poignets pris dans des cangues lourdes. Les cangues autour du cou sont souvent massives ; il y en a qui pèsent jusqu’à 100 kilogrammes. G. T.
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- BICYCLETTE SOCIABLE
- DE LA. PUXNETT CYCLE MANUFACTURING C°
- Si la bicyclette semble avoir atteint aujourd’hui la perfection et une forme presque définitive, il n’en est pas de même, semble-t-il, pour les cycles à deux personnes. Pour s’en convaincre il suffit de voir les innombrables modèles présentés aux Salons du Cycle, et qui n’ont guère, en pratique, franchi les portes des expositions. Le seul modèle qui ait obtenu jusqu’ici un légitime succès est le tandem. Très favorable à
- Fig. 1. — Bicyclette à deux places. Vue d’ensemble de l’appareil.
- l’intérêt et tout le succès de ce sport moderne.
- La différence essentielle entre la bicyclette et le tricycle au point de vue des secousses peut être d’ailleurs facilement mise en évidence par une comparaison nautique : une bicyclette est analogue à un bateau sur lequel on n’éprouverait que les effets du tangage, le tricycle peut être assimilé à un bateau éprouvant à la fois le tangage et le roulis. Sur l’asphalte et le pavé de bois — la mer d’huile — la différence n’est pas sensible : sur le pavé — la mer démontée — il n’en va pas de même, et tout l’avantage est pour la bicyclette.
- La Punnett Cycle Manufacturing C°, de Rochester (N. Y.), a cherché à résoudre le problème d’une bicyclette sociable en créant le modèle que nous
- la course, il présente pour la route, les excursions et les parties de plaisir, l’inconvénient capital de placer les deux voyageurs l’un devant l’autre : celui qui occupe la place de devant bouche la vue du terrain à celui qui est derrière, et le voyageur de derrière n'entend que très difficilement ce que lui dit son compagnon placé devant.
- Les sociables, en grand nombre, ont été imaginés pour remédier à cet inconvénient, mais ils sont tous à trois roues, partant fort encombrants, assez lourds, et n’ont rien des agréments de la bicyclette ou du tandem, l’équilibre sur deux roues qui fait tout
- Fig. 2. — Bicyclette à deux places, avec ses deux voyageurs.
- présentons à nos lecteurs d’après le Scientific American. Cet appareil, dont les dispositions se comprennent à la simple inspection des figures, n’est pas autre chose qu’une bicyclette à deux sièges parallèles, chacun des cyclistes actionnant la roue de derrière par une chaîne distincte. À cet effet, la roue de derrière est montée sur un long axe aux extrémités duquel sont disposés les deux pignons : le cadre, ouvert comme un cadre de machine de dame, est double et repose sur cet axe et sur la fourche de la roue d’avant, commandée par un double guidon. Les deux roues se trouvent donc chargées à la façon du bât d’un mulet, mais il n’est pas nécessaire, paraît-il, que les deux voyageurs aient le même poids pour maintenir lequilibre : une légère inclinaison
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- de la machine en marche suffit pour compenser la différence. Il suffit aussi qu’un seul des cyclistes sache monter la machine pour que l’on puisse voyager à deux en toute sécurité.
- L’enfourchement de la machine est tout spécial : la bicyclette est d’ahord inclinée pour permettre au premier voyageur de s’installer commodément ; ceci fait, la machine est replacée dans la position verticale et mise en route par le second voyageur, qui la lance en montant par la pédale. La descente de machine se fait de la même façon, mais en opérant naturellement la série de manœuvres indiquées en sens inverse.
- On remarquera sur le dessin de gauche que les deux tiges des deux cadres supportant les selles sont reliées entre elles par une harre transversale dont le milieu porte un fourreau pouvant également recevoir une tige de selle. Ce dispositif a pour but de permettre de placer l’une des selles au milieu de la machine lorsque celle-ci est éventuellement conduite par une seule personne, qui agit alors sur les pédi-velles extrêmes et commande la direction par les poignées extrêmes du guidon. Cette position est disgracieuse et le cycliste se trouve placé dans de mauvaises conditions de travail, mais il peut tout au moins conduire la machine pendant quelque temps pour aller chercher son compagnon de cyclisme, reconduire la machine au remisage, etc.
- Nous ignorons l’accueil que le public réservera à la bicyclette sociable, mais elle nous a paru assez intéressante et assez originale pour être présentée à nos lecteurs, d’autant mieux qu’il s’agit d’un appareil qui a déjà reçu un certain nombre d’applications en Amérique. X..., ingénieur.
- L’ÉTAT SPHÉROÏDAL DE L’EAU
- ET LES CHAUDIÈRES A VAPEUR
- Dans un article récent1, M. Jolly se fonde sur les expériences de Boutigny et sur celles de M. Lavington E. Fletcher pour critiquer les règles habituellement données aux chauffeurs en vue du cas, toujours dangereux, où une partie de chaudière vient à rougir. Les conclusions qui vont suivre sont assez différentes des siennes. Le sujet est digne d’attention, car, ainsi que M. Jolly le dit fort bien, la vie humaine est en jeu. Quelques remarques, d’abord, sur les données qu’il invoque et dont M. Gautier vient d’entretenir à son tour les lecteurs de La Nature2.
- C’est Boutigny lui-même qui, cédant à une pente naturelle de l’esprit, a proposé d’expliquer par « l’état sphéroïdal » certaines explosions de chaudières que leur violence faisait considérer comme mystérieuses. À l’appui de cette thèse, nulle raison tirée de l’étude de ces explosions mêmes ; son opinion ne repose que sur ses expériences de laboratoire n°* 55 à 47. Il est facile de reconnaître que la démonstration ne porte pas. Considérons par exemple la 39a expérience, demeurée classique, et dont la figure ci-jointe représente le dispositif.
- On fait chauffer, presque au rouge, le fond d’une bou-
- 1 Voy. n°1178, du 28 décembre 1895, p. 61.
- 2 Voy. n° 1185, du 1er février 1896, p. 158.
- grammes d’eau
- teille métallique, « et l’on y projette 2 distillée, au moyen d’une pipette ; on retire la lampe et l’on bouche fortement. Quelques instants après, un léger bruissement se fait entendre : c’est l’eau qui passe de l’état sphéroïdal à l’état liquide. L’instant qui suit ce bruit est signalé par une violente explosion, et le bouchon, s’il n’est pas attaché, est lancé en l’air avec beaucoup de force. Ce phénomène s’explique facilement : l’eau, en passant de l’état sphéroïdal à l’état liquide, mouille le fond de la chaudière et se réduit instantanément en vapeur; d’où l’explosion et la projection du bouchon1 ».
- Voilà, dira-t-on, l’image d’une explosion de chaudière à vapeur. Regardons-y déplus près.
- Tout d’abord, « l’état sphéroïdal », qui n’est que le résultat complexe des lois ordinaires de la physique et de la mécanique2, se produit assurément dans le cas indiqué, mais arrive-t-il qu’il affecte, en proportion notable, l’eau d’une chaudière industrielle? Cela ne s’ensuit point, les conditions n’étant les mêmes ni quant à la masse d’eau en jeu, ni quant à la pression et aux températures. En fait, la discussion de cette question exigerait une distinction entre les différents caractères du phénomène de Boutigny, l’analyse des expériences de M. Hirsch5, rappelées par M. Gauthier, et de celles de M. de Swarte et de M. Witz4 ; mais il n’est pas indispensable d’entrer ici dans ces détails.
- En effet, entre la bouteille ci-dessus et une vraie chaudière à vapeur, existe une différence incontestable, qui domine le débat. La paroi de la bouteille représente une masse et un volume métalliques, qui ne sont pas négligeables relativement à la masse de l’eau et à la capacité du vase; lorsque, par suite du contact du liquide avec le métal, l’équilibre de température s’établit entre eux, la chaleur cédée par la paroi suffit à produire, malgré la valeur élevée de la chaleur latente de vaporisation de l’eau, une quantité de vapeur suffisante pour développer à l’intérieur de cette capacité une pression peut-être importante. Au contraire, dans une chaudière ordinaire, comme le disent MM. Hirsch et Debize, « la masse de métal susceptible de rougir est trop petite (relativement) et la quantité de chaleur qu’elle peut emmagasiner est trop faible pour déterminer, dans la masse d’eau contenue dans la chaudière, une élévation de température et par suite un accroissement de pression un peu notable. C'est ce qu'il est facile de vérifier par un calcul élémentaire5. »
- C’est faute d’avoir fait ce calcul que Boutigny, et d’autres théoriciens à sa suite, ont attribué au contact de l’eau avec une tôle surchauffée de chaudière, des effets de pression subits et formidables, qu’il ne peut pas avoir.
- Ce qui, au point de vue de la pression, se produit en réalité quand ce contact a lieu, les expériences de M. Fletcher l’ont mis en évidence. Reportons-nous au résumé qu’en donne M. Jolly, ou à celui, un peu plus détaillé, qui en a été fait par M. Sauvage :
- 1 Annales de Chimie et de Physique, 3e série, t. XI, 1844,
- p. 20.
- 2 Cf. notamment la thèse de doctorat de M. Gossart, 1889.
- 3 Annales du Conservatoire des arts et métiers, 2" série, 1.1.
- 4 Comptes rendus, t. CXIII, CXIV et CXV.
- 6 Leçons sur les machines à vapeur, t I, p. 990.
- Expérience de Boutigny relative à l’état sphéroïdal.
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- « Les essais portaient sur une chaudière du type Lan-cashire, à deux foyers intérieurs cylindriques.... Les expériences consistaient à abaisser le plan d’eau au-dessous des ciels de foyer, à les laisser s’échauffer jusqu’au rouge, puis à alimenter abondamment. En opérant avec des soupapes calées1, cette alimentation produisait au premier instant une certaine élévation de pression, ne dépassant pas 5 kilogrammes par centimètre carré, puis la pression retombait rapidement. En opérant pendant que les soupapes soufflaient, on n’a constaté aucune élévation de la pression, qui, au contraire, s’abaissait bientôt2.
- L’élévation de pression du début, observable dans le premier cas, était le résultat du contact de l’eau avec la paroi surchauffée, qui lui cédait une partie de sa chaleur en produisant une vaporisation rapide, mais limitée et passagère.
- C’est d’ailleurs une erreur de croire que les explosions par manque d’eau comportent nécessairement une élévation de pression. Lorsqu’une chaudière est insuffisamment alimentée, la partie de la surface de chauffe qui se trouve découverte d’eau, étant chauffée d’un côté et mal rafraîchie de l’autre, prend une température excessive, à laquelle le métal perd sa résistance, se déforme, et fréquemment se déchire : c’est là tout le phénomène. Il est clair qu’une élévation de pression coïncidant avec cet affaiblissement ne peut qu’aggraver les choses; mais elle n’est nullement nécessaire pour que la déchirure se produise, et, en fait, les explosions de ce genre ont lieu le plus souvent sans qu’il y ait élévation de la pression à aucun instant du phénomène.
- La même remarque s’applique à tous les genres de coups de feu, tels que ceux qui résultent des dépôts épais, des enduits gras ou des défauts de circulation.
- Dans ces conditions, sont-elles mauvaises ou bonnes, les instructions d’après lesquelles le chauffeur, s’il constate qu’une partie de sa chaudière est venue à rougir, doit se garder d’alimenter et doit jeter bas les feux?
- La question de l’alimentation ne se pose que si la surchauffe est le résultat d’un abaissement du plan d’eau. Dans ce cas, en alimentant, le chauffeur s’expose éventuellement à produire une certaine élévation dépréssion, modérée il est vrai, mais qui, coïncidant avec la diminution de résistance causée par la surchauffe, peut risquer de donner le coup de grâce à la tôle affaiblie. En outre, en certains cas, on peut craindre que la contraction du métal l’expose à se gercer, surtout s’il est aigre3 * 5. A la suite des expériences de M. Fletcher, la Manchester steam users Association, dans une instruction du 19 octobre 1894, maintient en fin de compte le conseil ancien : Abstenez-vous d’alimenter sur des foyers découverts.
- Maintenant, faut-il jeter bas le feu? Si l’opération était sans danger, il faudrait assurément répondre : oui, jetez le feu ou couvrez-le ; car l’éventualité qui menace votre chaudière, c’est que le chauffage, se prolongeant, élève la température de la tôle à un degré où elle va peut-être se déchirer sous la pression intérieure; tandis qu’en arrêtant le chauffage, vous avez chance de supprimer la cause à temps pour prévenir l’effet.
- Malheureusement, durant le temps de l’opération, l’explosion peut survenir et brûler mortellement les personnes présentes, en commençant par l’opérateur. Cela
- 1 Des mesures de précaution toutes spéciales avaient été prises.
- 2 Annales des Mines, 9e série, t. VI, 1894, p. 664. Les
- expériences de M. Lavington E. Fletcher ont été publiées par
- Engineering, 1891, 1er semestre.
- 5 Hirsch et Debize, loc. cit.
- est arrivé. De là des distinctions nécessaires, bornons-nous à citer des cas extrêmes. Si l’on dispose d’un jette-feu qui permette de réaliser instantanément, par une manœuvre sans danger, la suppression du chauffage, qu’on se hâte de s’en servir. En l’absence de ce dispositif, dans tel cas où la chaudière surchauffée contient néanmoins un grand volume d’eau à haute température et où son explosion menace de produire hors de la chaufferie des effets dynamiques meurtriers, il sera salutaire de pouvoir abattre le feu avant l’instant critique où les parois atteintes par la surchauffe commencent à se déformer. Si l’explosion ne risque pas de porter la mort au loin, soit qu’il ne reste plus que peu d’eau dans l’appareil, soit que le type de celui-ci ou les circonstances de son emploi excluent les effets dynamiques meurtriers, il serait tout à fait inhumain de permettre au chauffeur de s’exposer; il doit seulement, suivant le conseil de l’Association de Manchester, se retirer et donner l’alarme.
- 11 y a mieux à faire que tout ce qui précède : c’est de prendre, dans l'installation, l’entretien et la conduite des chaudières, les mesures utiles pour que leurs parois ne se trouvent jamais surchauffées. C. Walckenaeh,
- Ingénieur des Mines,
- LA FAINE
- Il y a certainement peu de nos lecteurs, même peut-être peu de voyageurs, ceux qui ne sont pas du service forestier, connaissant bien la matière, les propriétés, la valeur de la faîne, que produit en abondance, mais seulement tous les sept ans, le hêtre des forêts, que l’on pourrait appeler l'Olivier du Nord. L’huile de faîne peut être comparée à la bonne huile. Elle se vend, sur place, l,r,70 le kilogramme et peut se conserver pendant plusieurs années, si elle est tenue à l’abri de l’air dans un récipient en verre hermétiquement bouché. Dans les années exceptionnelles, généralement septennaires pour les mêmes arbres, le rendement est de 50 hectolitres de faînes par hectare. Une forêt de hêtres de 10 000 hectares, traitée en futaie pleine, produira seulement sur 4000 hectares; mais traitée en taillis sous futaie, les porte-graines y sont plus rares, et le rendement ne doit y être que pour ‘2000 hectares, soit un rendement de 60 000 hectolitres pour 10 000 hectares de bois de tout âge, représentant 1 200 000 francs ou 600 000 francs de bénéfice net, la main-d’œuvre, pour la récolte, le transport, la fabrication étant estimée être la moitié de la recette brute. Le hêtre occupe, dans les bois domaniaux et communaux, une surface de 500 000 hectares. C’est donc un produit net de 50 millions de francs que l’on peut en retirer, avec une main-d’œuvre bien entendue, laquelle peut être réalisée avec un outillage simple et de peu de prix. La faine est une ressource précieuse pour la population rurale. Elle tombe naturellement du 15 au 50 septembre, et dès le 1er octobre, au plus tard, la récolte doit commencer. Elle devient difficile dès que la pluie ou la neige arrivent. La graine de faîne peut être traitée par n’importe quel moulin pour graine de colza ou d’œillette. Sa récolte exige : un râteau en bois ; une corbeille ; un passe-callots, tamis grossier servant à séparer la faîne des gros débris ; un autre tamis, plus fin, ou clisse. Tout ce matériel coûte de 16 à 24 francs. Une famille de deux personnes aidées par deux enfants peut gagner 20 francs par jour pendant un mois. La faîne, mise en sac, est versée sur des aires couvertes, remuée chaque jour et ressuyée, puis vannée et portée au moulin.
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- LA NATURE.
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- APPAREILS DE NETTOYAGE ET DE REMPLISSAGE POUR CRUCHONS
- Le nettoyage des cruchons ayant contenu de l’huile est assez laborieux. L’action d’une dissolution chaude de potasse doit être aidée par un travail de brassage long et pénible. Il faut ensuite rincer à l’eau pure et faire sécher.
- Ces opérations sont très simples mais exigent du temps et du travail, aussi sont-elles généralement très négligées. Presque toujours on se contente de s’assurer que le récipient n’a pas contracté une trop mauvaise odeur. S’il sent mauvais, pour aller vite et éviter le séchage, on le rince avec un peu d’huile, toujours la même, qui se charge ainsi de tous les microbes provenant des maisons mal tenues et les répartit uniformément à la clientèle. Pour arriver à un nettoyage parfait, la grande Huilerie de Neuilly a étudié une installation qui résout la question d’une façon complète et très bien étudiée.
- Le principe de ces appareils consiste à injecter en abondance dans chaque cruchon, sous une pression considérable et par un grand nombre de lilets régulièrement distribués, d’abord une dissolution bouillante de potasse, puis de l’eau fdtrée. On opère sur dix cruchons à la’fois, chacun d’eux étant animé d’un mouvement de rotation autour de son axe, afin que chaque point de la surface intérieure vienne passer avec facilité et sûrement, plusieurs fois sous un jet.
- Voyons, comment ce résultat a été obtenu.
- L’appareil de nettoyage proprement dit E (fig. 1) se compose d’un gros tube horizontal en fer portant 10 petits tubes verticaux fixes, en acier, fermés au sommet et percés chacun de 110 petits trous. Ces petits tubes servent d’axe à des étoiles en fonte qui tournent autour. Un rayon de l’étoile plus long que les autres est percé à son extrémité d’un trou vertical. Une grande tige horizontale en fer, actionnée par un levier, porte autant de pivots verticaux qu’il y a d’étoiles, chaque pivot venant s’introduire, avec régularité, dans le trou de la tige de l’étoile.
- En manœuvrant le levier à droite et à gauche, on communique à chaque étoile, par la grande tige, un mouvement alternatif de rotation. Les 110 petits jets viennent ainsi frapper avec force chaque partie de la surface intérieure du cruchon posé renversé sur l’étoile, le petit tube vertical pénétrant à l’intérieur, avec beaucoup de précision.
- On fait arriver, sous une pression de deux atmosphères, d’abord une dissolution bouillante de potasse; le liquide, sortant du cruchon, tombe dans une grande auge qui l’amène sur un couloir mobile autour d’un axe horizontal et de là s’écoule dans un
- réservoir inférieur situé dans une autre pièce.
- Cette dissolution est ramenée à son degré de concentration habituel pour servir à nouveau.
- Après la potasse on lance dans l’appareil de l’eau filtrée, sous une pression de 2 atmosphères. Cette eau tombe dans l’auge, on fait basculer le couloir et le liquide est envoyé directement à l’égout. Chaque cruchon reçoit 1 5 litres de dissolution de potasse et 15 litres d’eau.
- Pour chauffer la dissolution, on l’amène dans la chaudière À (fig. 1, appareil de nettoyage) par un tuyau spécial. De là elle s’écoule dans le réservoir B situé à un niveau inférieur. On la met ensuite en contact avec l’air comprimé à deux atmsophères contenu dans le récipient C. Il suffit alors d’établir la communication entre C et E pour que la dissolution s’y précipite.
- L’air comprimé est obtenu très simplement en faisant arriver sous pression l’eau de la ville dans le réservoir B plein d'air à la pression atmosphérique. Cet air, refoulé dans le réservoir C, remonte à deux atmosphères la pression de l’air détendu par l’opération précédente.
- D’après cela on voit que la pression de refoulement n’est pas constante. Il faudrait pour cela que le volume du réservoir d’air comprimé fût infiniment grand par rapport à celui du réservoir de refoulement. En pratique, en donnant au premier
- APPAREIL DE REMPLISSAGE
- APPAREIL OE NETTOYAGE
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- Fig, 1. — Tracés schématiques explicatifs des appareils de remplissage et de nettoyage des cruchons d'une usine.
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- Fig. 2. — Appareil (le remplissage à l'usine de la Grande huilerie de Neuilly-sur-Seine.
- Fig. 3. — Appareil de nettoyage à la Grande huilerie de Neuilly-sur-Seine.
- réservoir un volume double de celui du second, on obtient des résultats très satisfaisants.
- Le réservoir D est un simple accumulateur à air
- comprimé. L’eau sous pression de la canalisation comprime de l’air à la partie supérieure du réservoir, il suffit d’ouvrir un robinet pour obtenir la chasse
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- LA NATURE.
- nécessaire au rinçage simultané de dix cruchons.
- L'autre appareil de remplissage (fig. 1, à gauche) et pesage automatique permet de remplir dix cruchons à la fois. Un palan différentiel, accroché à une chèvre, soutient un palonnier auquel le fût à vider est suspendu par deux chaînes. Un tube de fer étamé porte un entonnoir à sa partie supérieure et supporte dix récipients de même capacité. Le niveau de l’huile est maintenu constant dans l’entonnoir au moyen d’un tube de verre communiquant avec le trou de fausset par un tube en caoutchouc. L’air ne peut entrer dans le fût et par suite laisser couler le liquide que lorsque le niveau de l’huile dans l’entonnoir découvre l’orifice inférieur du tube de verre.
- Pour remplir les cruchons, le robinet inférieur étant fermé, on ouvre celui du haut. L’huile remplit le récipient et monte dans le petit tube oblique en verre où elle prend le niveau de celle contenue dans l’entonnoir. On ferme le robinet supérieur et on ouvre celui du bas. L’huile s’écoule dans le cruchon placé au-dessous pendant que l’air entre par le petit tube. Il est à peine besoin de dire qu’on remplit les dix cruchons en même temps. Un cylindre en porcelaine, pénétrant dans chaque récipient par un presse-étou-pes, permet de régler l’appareil une fois pour toutes en l’enfonçant plus ou moins. On fait ainsi varier le volume du récipient jusqu’à ce que le poids de l’huile fournie soit rigoureusement exact.
- Le niveau du liquide dans l’entonnoir n’est pas absolument constant, mais le diamètre du petit tube de verre est très faible, de telle sorte qu'en pratique la variation de poids n’est jamais supérieure à 2 grammes, ce qui est suffisant.
- Ces appareils paraissent, à première vue, un peu compliqués; ils sont, au fond, très simples et très robustes. Un enfant peut les faire fonctionner et la manœuvre des robinets s’apprtnd en moins d’une heure. Nos gravures de la page 185 (fig. 2 et o) montrent la disposition des deux appareils et leur mode d’emploi dans l’établissement d’huilerie où ils fonctionnent. E. B., ingénieur.
- UN ÉTALON PHOTOMËTRIQUE
- A L’ACÉTYLÈNE
- M. J. Yiolle a envoyé dans une des dernières séances de l’Académie des sciences une note sur un intéressant étalon photométrique fonctionnant à la lumière de l’acétylène1. Nous reproduisons ici la note de M. Yiolle.
- « Comme étalons de lumière, les flammes présentent, au point de vue pratique, des avantages qui les ont fait employer presque exclusivement jusqu’à ce jour. Il est certain, en effet, qu’un gaz de composition chimiquement variable, brûlant dans des conditions définies, peut servir utilement d’étalon secondaire.
- « L’acétylène, dont une étude magistrale de M. Ber-tlielot a depuis longtemps montré toute l’importance, paraît convenir très bien pour cet usage. M. Moissan a donné le moyen de préparer facilement ce gaz à l’état de pureté par la simple action de l’eau sur le carbure de
- 1 La Note a été présentée par M. Mascart.
- calcium, qui, lui-même, se fabrique dans le four électrique.
- « Si l’on brûle l’acétylène sous une pression un peu forte et dans un bec qui l’étale en une large lame mince, on obtient une flamme parfaitement fixe, très éclairante, d’une blancheur remarquable et d’un éclat sensiblement uniforme sur une assez grande surface. En plaçant devant la flamme un écran percé d’une ouverture de grandeur déterminée (que l’on peut d’ailleurs faire varier suivant les besoins), on obtient une source convenant très bien pour les mesures photométriques usuelles.
- « Suivant ces principes, posés dans une séance déjà ancienne (21 juin 1895) de la Société française de physique, j’ai fait construire par M. Carpentier, que je tiens à remercier de son précieux concours, une lampe étalon d’un emploi facile. L’acétylène arrive par un petit orifice conique, entraîne avec lui l’air nécessaire, puis il pénètre par un trou étroit dans un tube où se fait le mélange et qui se termine par un bec papillon en stéatite semblable à ceux du gaz d’éclairage.
- « On peut employer, soit la flamme entière, soit une portion seulement, nettement limitée. Dans le modèle établi, la flamme est enfermée dans une sorte de boîte dont l’une des faces porte un diaphragme à iris, permettant de prendre immédiatement sur la lampe le nombre de bougies dont on a besoin, tandis que l’autre face peut recevoir des ouvertures calibrées à l’avance.
- « La flamme entière correspond à plus de 100 bougies, sous une pression de 0,50 m. d’eau. La dépense d’acé-tvlène étant alors de 58 litres à l’heure, on voit que le pouvoir éclairant de l’acétylène est supérieur à 20 fois celui du gaz de houille brûlé dans un bec Bengel (donnant 1 carcel=9,6 bougies pour 105 litres), et encore au moins 6 fois celui du même gaz de houille dans un bec Auer (donnant 1 carcel pour 50 litres).
- « Le spectrophomètre montre d’ailleurs que dans toute l’étendue du spectre, depuis C jusqu’à F, la lumière de l’acétylène diffère peu de celle du platine en fusion, qui sert de définition à l’unité absolue et à laquelle se rattache la bougie, définie le 1/20 de l’unité absolue. »
- LES BALLONS MILITAIRES
- ET LEURS ENNEMIS
- Lors du siège de Paris, quand l’armée allemande vit s'élever dans l’espace, puis s’éloigner et disparaître, les aérostats portant les dépêches adressées au gouvernement de Tours ou de Bordeaux, elle comprit que son investissement ne serait complet que si ces messagers imprévus étaient arrêtés dans leur course. Des ordres furent donnés pour qu’on tirât sur tous les aérostats que l’on apercevrait. Quelques-uns furent visés, mais sans succès. On commanda alors à M. Krupp des sortes de couleu-vrines montées sur de petites plates-formes mouvantes. Elles arrivèrent trop tard. D’ailleurs nos ballons ne quittaient plus Paris que la nuit.
- Parallèlement, on reconnaissait la nécessité de reprendre les expériences faites par les armées de la première République, et d’utiliser les ballons captifs pour déterminer la position de l’ennemi et suivre ses mouvements. On n’a pas oublié ce qui fut tenté dans ce sens à l’armée de la Loire, et mieux que personne les lecteurs de La Nature savent avec quelle patrio-
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- tique patience et quelle clairvoyante ardeur M. Gaston Tissandier a lutté pour que les enseignements du passé ne soient pas perdus. Ses prévoyants efforts ne sont pas restés stériles. Dans toutes les armées de l’Europe on considère aujourd’hui le ballon comme l’un des instruments de guerre les plus essentiels. Si l’on ne le dirige pas encore, on l’emploie, en attendant, pour découvrir au loin l’emplacement des troupes, des batteries et les travaux de l’adversaire. Au reste son heure était venue. L’augmentation de la portée des armes, qui oblige désormais à entamer la lutte à des distances considérables, à élargir le champ des batailles, et l’adoption du principe du tir indirect, ont rendu indispensables des observatoires élevés. Or, à ce point de vue, le ballon captif est sans rival.
- Il faut donc s’attendre, lorsque deux armées seront en présence, à voir surgir de l’un et de l’autre camp des ballons à l’aide desquels chacun s’efforcera de se renseigner sur les dispositions de l’autre. Nul état-major ne l’ignore. Aussi, tous ont-ils étudié les moyens les plus pratiques de se débarrasser de cet espion aérien, et cette recherche a donné lieu, en France, en Allemagne (1885 et 1887), en Autriche (1894 et 1895), en Russie (1890 et 1891), à une série d’expériences dout plusieurs résultats peuvent être considérés comme définitifs.
- Le premier consiste dans l’élimination du fusil de petit calibre en service partout, d’abord parce que l’aérostat sera toujours trop loin du tireur; ensuite parce que s’il arrive jamais que telle circonstance rapproche celui-ci de son but, ses projectiles ne présenteront pour le ballon qu’un danger relatif. La diffusion du gaz à travers les petits orifices qui lui seront faits est insignifiante. Toutes les expériences l'ont démontré.
- Le seul ennemi possible du ballon est l’obus à balles. C’est donc avec ce genre de projectiles qu’on a opéré les expériences. Ce qu’il fallait déterminer tout d’abord, c’était l’altitude du ballon et la distance à mettre entre l’aérostat et le canon pour qu’il échappe aux injures de son adversaire, sans nuire à son rôle d’observateur, et aussi combien de trous il fallait lui faire pour qu’il tombât. Cette altitude a varié entre 200 et 800 mètres, et la distance entre 5000 mètres et 5000 mètres. Voici les résultats les plus décisifs.
- Des tirs exécutés à 5200 mètres sur un aérostat planant à 200 mètres ont donné jusqu’à 25 balles sur 50 coups (Russie, 1891 ). A 5000 mètres, sur un ballon planant à 250 mètres, on a obtenu 20 balles sur 26 coups (Allemagne, 1885 et 1887), etc. Mais si le ballon s’élève à 800 mètres et que la batterie conserve cet espace de 5000 mètres, on ne loge plus que 2 balles sur 65 coups et 5 balles sur 80 coups (Autriche 1894 et 1895).
- Or toutes ces blessures peuvent n’être pas mortelles. On a constaté plusieurs fois qu’il en était pour les balles que crache l’obus en éclatant et même pour ses éclats, ce qu’il en était pour les balles de
- fusil. Des ballons crevés par des trous dont le nombre s’est élevé jusqu’à 18, conservaient leur force ascensionnelle, d’autres redescendaient, mais très lentement. Toutefois, il a suffi d’une déchirure un peu large pour que l’aérostat revînt sur le sol assez rapidement.
- On a cru pouvoir conclure de ces résultats que pour soustraire à peu près le ballon à l’atteinte des projectiles, il était nécessaire d’observer la distance de 5000 mètres et l’altitude de 800 mètres. On s’est un peu trop hâté. Le nouveaux essais exécutés le 10 juillet dernier en Autriche ont établi que si la règle était juste pour un ballon dont les oscillations ne dépassent pas une vingtaine de mètres, elle cessait de l’être pour un aérostat qui se déplace.
- On avait pris pour ces nouvelles expériences un ballon nommé le Budapest, de 10 mètres de diamètre horizontal et de 14 mètres de diamètre vertical et on l’avait laissé monter à 800 mètres. Une batterie de huit canons de 8 centimètres avait été placée à 5250 mètres du treuil; il en résultait un angle de tir de 25° à 27°, d’où nécessité de creuser des trous dans le sol pour enterrer les crosses des affûts, ce qui n’est pas un petit inconvénient quand on opère sur un terrain dur ou rocailleux. Néanmoins on se mit à l’œuvre et le tir était commencé lorsqu’on s’aperçut que le ballon changeait de place. Une équipe d’aérostatiers bien abritée faisait ingénieusement mouvoir la voiture-treuil à l’aide d’un cable. Il fallut recommencer le réglage, le pointage, etc., et cela à deux reprises. En résumé, on tira 80 obus, c’est-à-dire toutes les munitions allouées pour l’expérience. Quand le ballon fut redescendu, on constata qu’on ne lui avait fait que trois trous de faible dimension, lesquels n’avaient pas compromis sa puissance aseentionnelle. Or, pour les produire, il n’avait pas fallu moins de 10000 balles ou éclats que représentaient ces 80 obus.
- Les officiers autrichiens en ont conclu qu’un ballon attaqué dans les conditions ci-dessus avait grande chance de demeurer indemne, et que ce n’est pas seulement l’aérostat qu’on devra s’efforcer d’atteindre, mais la voiture-treuil et ses servants, ce qui exigera le concours de deux batteries ayant chacune leur objectif.
- En ce qui concerne l’altitude, on estime que celle de 800 mètres ne saurait être dépassée, quelque intérêt qu’ait l’aéronaute à se soustraire aux coups de l’ennemi. Au delà de cette hauteur, les observations deviennent incertaines; elle suffit d’ailleurs. Quant à la distance, on croit quelle doit être maintenue entre 8 et 40 kilomètres. C’est le maximum. Le mouvement à imprimer au treuil est essentiel. Mais si la nécessité en est, en effet, démontrée, nous croyons qu’on fera bien de perfectionner les moyens de l’exécuter, car si l’on se contente de promener le ballon sur une même ligne, ses adversaires, au lieu de le suivre, se borneront à l’attendre au retour et le tireront immanquablement quand il se représentera dans leur champ de tir.
- On devra donc, pensons-nous, varier les directions
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- de ce va-et-vient et peut-être aussi l’altitude du ballon. De cette façon, on réduira l’ennemi à enterrer ses crosses et à les déterrer sans cesse, à régler et à dérégler son pointage, etc.,etc., et pendant qu’il se livrera à ces longs et minutieux travaux, l’aéronaute aura tout le temps de faire ses observations.
- L. Renard.
- IA PRÉSERVATION DES POTEAUX EN ROIS
- PLANTÉS DANS LE SOL
- Les canalisations électriques aériennes nécessitent dans bien des cas l’emploi de poteaux en bois sur lesquels sont fixés les supports qui maintiennent les câbles. La préservation de ces poteaux en bois plantés dans le sol est une question qui a déjà vivement préoccupé les ingénieurs.
- Elle comporte en effet de très graves intérêts; car on estime qu'en Europe par exemple, il y a en service environ 20 millions de poteaux pour canalisations télégraphiques, électriques, etc., etc.
- Le bois posé en terre s’attaque rapidement, et chaque année on est obligé de remplacer un certain nombre de poteaux ; on apprécie que pour l’Europe cette dépense d’entretien peut atteindre par an une somme de vingt millions de francs.
- On a essayé de prolonger la durée de ces poteaux par l’injection de sels métalliques, sulfates de cuivre, de fer, le créosotage. On a obtenu certains résultats, mais les pluies dissolvent et entraînent bientôt toutes ces substances.
- M. Wohl a étudié longtemps cette question, et a imaginé un manchon spécial garde-bois qui lui a donné de bons résultats pratiques. Il est d’abord prouvé par des observations fréquentes que l’attaque des bois se produit sur une longueur de 25 à 50 centimètres à partir du sol, profondeur à laquelle pénètrent ordinairement les pluies dans la terre. M. Wohl enferme cette partie dans un manchon en grès vernissé, formé de deux parties demi-cylindriques qui se rejoignent. Un intervalle est laissé entre le poteau et la paroi interne du manchon ; on le remplit d’une substance hydroluge mélangée avec du sable siliceux et du petit gravier, de façon à
- former un ciment qui devient très adhérent en séchant. On entoure ensuite le poteau d’une petite garniture d’étoupe collée sur son pourtour à la hauteur du manchon; on recouvre le tout d’une couche de ciment inclinée pour assurer l’écoulement de la pluie. On fixe après quelques clous ou chevilles pour former une carcasse au ciment. Nous avons représenté dans les figures ci-dessous, 1, 2, 5. les dispositions adoptées. Dans la figure 1 on voit la partie d’un poteau fixée en terre et attaquée par l’humidité ; la figure 2 nous montre le poteau revêtu du garde-bois avec le mélange placé intérieurement et l’étoupe à la partie supérieure; la figure 5 nous donne une vue extérieure de l’appareil.
- Des expériences très sérieuses ont prouvé que ce système pouvait assurer aux poteaux en bois une durée cinq fois plus longue environ. La dépense
- d’application du système est de 2fr,50 pour les poteaux de dimensions moyennes et de 5fr,50 pour les grandes dimensions. Des essais ont été entrepris par la direction gérjérale des Postes et télégraphes, et diverses compagnies de chemins de fer.
- Ce système de protection peut convenir à tous les poteaux et pieux employés pour les installations les plus diverses, clôtures de propriétés, jardins, herbages, dans les mines, dans les travaux du génie, de l’artillerie, etc. Dans les mines et dans les houillères, le manchon garde-bois servira pour la préservation et la consolidation dans les galeries des pieux et des poteaux de soutènement des charpentes. Les parties inférieures de ces dernières en effet sont fixées dans un sol ordinairement humide et pourrissent rapidement en nécessitant souvent leur remplacement. Les poteaux ont quelquefois la forme carrée ; M. Wohl fabrique également des manchons carrés pour ces poteaux.
- Il serait intéressant que ces appareils garde-bois soient essayés sur une grîmde échelle ; ils peuvent offrir un grand intérêt, et apporter des économies considérables. En comptant en effet seulement sur une durée double des poteaux, la dépense réduite à l’entretien simple des manchons représenterait une somme bien faible auprès de la dépense de renouvellement des poteaux. J. L.
- Fig. 1, 2 et 5. — Système de préservation des poteaux plantés. — Fig. 1. Poteau piqué en terre et détérioré par l’humidité. — Fig. 2. Poteau entouré du garde-bois; coupe intérieure. — Fig. 3. Vue extérieure de l’appareil.
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- TRAMWAY A AIR COMPRIMÉ
- Comme nous le disions récemment, en parlant des tramways de Nantes1, et en montrant qu’ils ont réussi tant au point de vue financier qu’au point de vue de l’exploitation proprement dite, l'air comprimé rend de grands services comme mode de propulsion : on ne peut point lui reprocher de nuire à la perspective comme les fils pour véhicules à trolley, pas plus que de produire du bruit ou d’émettre des vapeurs efi rayant les chevaux comme les systèmes à eau surchauffée. Ce sont ces avantages qui ont amené la Compagnie générale des Omnibus de Paris à essayer de ce mode de traction pour la ligne du Louvre à Saint-Cloud, pour celle du Louvre à Sèvres et à Versailles et enfin pour celle du Cours de Vin-cennes à Saint-Augustin.
- Mais en face de ces avantages on trouve des inconvénients assez graves. Une voiture à air comprimé, que ce soit une automobile ou une locomotive, ne peut point s’alimenter en cours de route d’une façon continue comme le véhicule muni d’un moteur électrique, qui reste en contact constant avec la ligne sur laquelle frotte le trolley : elle porte avec elle sa réserve de force motrice emmagasinée dans des réservoirs, ainsi que dans le cas de l’emploi des accumulateurs. Il faut donc, pour se mettre en route, qu’elle aille à l’usine de compression faire le plein de ces réservoirs : or l’usine ne peut pas toujours être sur la ligne même, et chaque lois qu’il faut renouveler l’approvisionnement de fluide, un nouveau voyage est indispensable, ce qui en-
- 1 Voy. n° 1110, du 10 novembre 1805, p. ÔS2.
- traîne une perte de temps plus ou moins considérable, et par suite un mauvais emploi du matériel roulant et une importante perte d’argent.
- Pour remédier partiellement à cet inconvénient, on a été amené à doter les véhicules de réservoirs pouvant contenir la plus grande quantité possible
- d’air, et pour cela on emploie, d’une part, des récipients nombreux, et, d’autre part, on y accumule l’air sous des pressions considérables : 40 et 50 atmosphères sont les chiffres courants et même on arrive à 80 atmosphères pour les nouveaux tramways parisiens. La conséquence , on le comprend immédiatement , est d’accroître dans une proportion considérable le poids de la voiture : sur les tramways nogentais, qui sont bien connus des Parisiens
- amis des excursions dans la banlieue, les réservoirs, en tôle d’acier de forte épaisseur, sont au nombre de 9 et forment un poids de 4 tonnes. Dans les tramways parisiens, où l’on a osé aborder la pression énorme de 80 atmosphères, on a pu se contenter de tôles épaisses seulement de 13mm,5, qui travailleront à plus de 14 kilogrammes par millimètre carré, mais on ne peut arriver à ce résultat qu’en employant un métal de qualité exceptionnelle ; et encore ces cylindres pèsent-ils 2800 kilogrammes.
- Ces réservoirs multipliés et fort épais constituent donc un poids mort considérable qu’on traîne inutilement1 et à grands
- 1 Notons que, pour éviter le retour des véhicules jusqu’à l’iisine de compression, la Compagnie des Omnibus a installé deux conduites à haute pression, l’une de 2100 mètres, l’autre de 4200 mètres, entre l’usine de Boulogne et deux points des lignes où circulent les voitures à air comprimé. Ces canalisations à pareille pression sont d’une installation très délicate.
- Fig. 1. — Tramway à air comprimé de M. Coati.
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- frais et qui contribue à fatiguer outre mesure les rails et à détériorer les voies.
- Un système assez original, et qui est dù à M. Conti et à M. Popp, a pour but de remédier à ces inconvénients en permettant aux tramways (fig. 1) de s’alimenter d’une façon presque continue en cours de route et d’éviter le retour fastidieux et coûteux à l’usine de compression.
- L’air est comprimé à des pressions relativement faibles 1 dans une usine centrale qui peut être loin du tracé des lignes, ce qui permet d’utiliser les forces motrices naturelles là où elles se trouvent; cet air est ensuite envoyé dans une conduite placée à proximité de la ligne du tramway, l’établissement de cette canalisation étant assez facile, par suite des pressions modérées auxquelles on a recours. L’idée générale consiste à installer sur le parcours des prises d’air assez rapprochées, où la voiture peut mettre son réservoir en relation avec la conduite et renouveler à chaque instant son approvisionnement : on comprend tout de suite que de la sorte le réservoir n’a pas besoin d’une grande capacité, pas plus que d’une grande résistance, et l’allègement est assuré de ce cbet.
- Mais il y a un point particulièrement intéressant; c’est que l’alimentation se fait sans arrêts spéciaux, les prises étant installées aux stations, aux bureaux de contrôle, et, de plus, cette alimentation est automatique.
- En temps ordinaire, le seul signe de la prise d’air est une plaque de fonte bitumée B, au niveau de la chaussée et au milieu de U entre-rails (fig. 2). Quand une voiture arrive, son avant-train passe sur la pédale A encastrée dans la gorge du rail, et où seul le boudin des roues de tramways peut l’atteindre : cette pédale s’abaisse, puis est ramenée à sa position première par un ressort antagoniste, mais par son mouvement d’abaissement, et au moyen d’un dispositif simple que nous n’avons pas à expliquer, elle admet l’air comprimé dans le cylindre. Cela fait jaillir hors de la chaussée une espèce d’ajutage, qui soulève le volet faisant partie de la plaque. Les choses sont disposées de telle sorte que l’ajutage s’engage
- 1 8 à 10 atmosphères suffisent, ce qui prouve que les pressions supérieures sont inutilement obtenues dans les tramways ordinaires : elles ne répondent qu’aux besoins d’emmagasi-nement.
- dans un joint placé sous le tramway, où il ouvre une communication avec le réservoir de la voiture1 : l’air comprimé pénètre dans celui-ci. Puis, quand les voyageurs sont montés, le tramway repart sans que le conducteur ait à s’occuper de rien : en effet, l’arrière-train presse à son tour sur la pédale et ce second mouvement coupe l’admission de l’air dans le cylindre et fait abaisser l’ajutage, en même temps que fermer la plaque.
- Sans que nous entrions dans d’autres détails on voit que, les prises étant assez rapprochées, l’alimentation est pour ainsi dire continue. > Les avantages du procédé s’indiquent d’eux-mêmes ' : nous en avons déjà cité quelques-uns; il n’y a plus besoin
- de fortes près-1 sions dans les réservoirs, ni, par suite, d’épaisses parois; enfin la production à l’usine peut être continue,puisque la consommation l’est sensiblement elle-même, et l’on sait que c’est là une situation éminemment favorable à une usine.
- Nous pourrions ajouter que le moteur compound à détente variable est au centre de la voiture sous la caisse; l’air est réchauffé deux fois par un feu de
- coke. A la suite d’essais conduits à Paris, la Municipalité de Saint-Quentin a donné à M. Popp la concession de son réseau de tramways ; les travaux d’exécution ont été longs à se préparer et nous ne savons pas quand ils seront exécutés ; quoi qu’il en soit, le système que nous avons décrit nous paraît offrir des qualités originales dignes d’être citées. Il semble réunir les avantages de l’air comprimé et d’une alimentation presque continue.
- Dakiel Bellet.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 17 février 1896. — Présidence de M. Cornu.
- Propriétés des carbures de cérium et de lithium. — M. Moissan a préparé le carbure de cérium cristallisé eu chauffant au four électrique de l’oxyde de cérium avec du carbone. Ce carbure de cérium jouit de la propriété.de décomposer l’eau à la température ordinaire, en donnant un mélange de 75 pour 100 d’acétylène, 20 pour 100 de méthane et 5 pour 100 d’autres carbures d’hydrogène. Cette propriété de décomposer l’eau paraît subir des varia-
- 1 11 y a un second récipient de réserve.
- Fig. 3. — Usine centrale (A) et les wagons avec les tuyaux de prises d’air comprimé
- dans le sol.
- Fig. i. — Coupe des tuyaux de prises d’air comprimé sous la voie.
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- tions dépendant de la température. Avec de l'eau glacée la proportion d’acétylène augmente. La présence d’une petite quantité d’acide chlorhydrique ou sulfurique dans l’eau paraît également exercer une action sur la proportion d’acétylène. On voit donc que par sa réaction sur * l’eau, le carbure de cérium se rapproche du carbure d’uranium. Si l’on chauffe du lithium métallique dans un courant d’acétylène, on obtient une masse blanche transparente; c’est le carbure de lithium. Ce corps brûle dans la vapeur d’iode et dans la vapeur de soufre; il possède à un haut degré le pouvoir réducteur. 11 décompose l’eau à 100° en donnant de l’acétylène pur. Mais comme l’on peut également préparer le carbure de lithium au four électrique, on peut inversement utiliser sa réaction sur l’eau pour préparer commodément l’acétylène pur en grandes quantités. En effet, un kilogramme de carbure de lithium donne 587 grammes de ce gaz.
- La rotation de Vénus. — On sait que la durée de la rotation de Vénus sur son axe est un élément sur lequel les astronomes sont loin d’être fixés. On admettait, il y a quelques années, que cette planète tournait sur elle-même en 23 heures 1/2, lorsque M. Schiaparelli annonça que cette durée était en réalité de 224 jours. Or 224 jours, c’est précisément le temps qu’emploie la planète pour accomplir sa révolution autour du Soleil. Cette coïncidence ne constituait pas d’ailleurs une anomalie dans la nature, car la Lune se trouve dans le même cas. M. Perrotin a entrepris d’élucider la question en utilisant pour des observations spéciales de Vénus le nouvel observatoire du mont Mounier. Le principal obstacle pour les observations de Vénus, c’est l’atmosphère terrestre et non la faible dimension de l’astre ou l’insuffisance des instruments. On conçoit que l’observatoire du mont Mounier, situé à 2000 mètres d’altitude, réalise des conditions exceptionnelles, à ce point de vue. Des images excellentes ont été obtenues du 2 décembre 1895 au 5 février 1896. 11 résulte de ces observations que la rotation est certainement comprise entre 195 jours et 224 jours. Enfin, l’aspect des bords a été trouvé, parM. Perrotin, identique à l’aspect qu’il avait observé lors d’une opposition précédente, circonstance qui exige une égalité absolue des mouvements de rotation et de révolution de la planète. La durée de 224 jours paraît donc bien confirmée. Une autre difficulté des déterminations de ce genre réside dans ce fait que les seules régions du disque utilisables sont deux anneaux périphériques assez étroits. L’anneau extérieur renferme des taches blanches très brillantes, l’anneau intérieur, contigu au premier, des taches obscures dont quelques-unes envoient des prolongements dans l’anneau extérieur. La partie du disque intérieure au deuxième anneau est uniformément d’un blanc jaune éclatant.
- Étude de la marche comparée. — Les travaux de M. Marey sur l’étude des mouvements au moyen de la photographie instantanée ont inspiré deux expérimentateurs qui ont étudié à Ceylan une espèce de marche pratiquée par certains professionnels. Dans cette marche, que l’on peut appeler la marche par inflexion, le genou est ployé à tout instant. La conséquence de cette disposition est que la trajectoire du centre de gravité du corps approche beaucoup d’une ligne droite, tandis que dans la marche ordinaire elle présente périodiquement des ressauts que l’on peut d’ailleurs constater aisément en examinant une série d’instantanés d’un marcheur, ou même en suivant de l’œil le mouvement du sommet de la tête d’un homme en marche. Or ces oscillations verticales du corps repré-
- sentent un travail inutile qui correspond à un travail de force perdue pendant la phase élévatoire. Il est donc désirable que cette dépense soit éliminée ou tout au moins rendue aussi faible que possible, puisque de cette façon on économise l’effort du marcheur, et par suite sa fatigue. La marche par inflexion réalise cette condition. Elle a été proposée pour l’armée française, et enseignée pratiquement dans un corps de troupe par un officier dévoué à cette entreprise. Les résultats ont été excellents, mais néanmoins les auteurs estiment qu’ils peuvent encore être améliorés.
- La lumière noire. — M. d’Arsonval confirme que les faits révélés parM. Lebon relativement à la perméabilité de certains métaux pour certaines radiations associées aux rayons lumineux ordinaires, ont été constatés par d’autres observateurs. Il montre de superbes épreuves obtenues par M. Henri Murat, du Havre, qui ne permettent plus de conserver aucun doute sur la réalité du phénomène. Une plaque sensible est enfermée dans une boîte de bois dont l’une des faces, celle qui fait face à la plaque sensible, est fermée par une plaque de cuivre. La plaque de cuivre est éclairée par un bec A-uer. Entre cette plaque et la couche sensible, M. Murat a disposé une raie. Puis, après un éclairage prolongé, la plaque a été soumise aux manipulations usitées pour la révélation des images. On a vu apparaître alors l’image de la raie très nette. Sur l’une des épreuves, on peut suivre les cartilages des nageoires et l’ombre du foie et du cœur. Ces épreuves sont fort belles. Chose remarquable, l’épaisseur de la lame de cuivre est sans influence. L’épaisseur de celle-ci peut varier de quelques dixièmes de millimètre à quelques centimètres sans que le phénomène soit altéré. M. G. Lebon résume dans une Note les idées que lui ont inspirées un nombre considérable d’expériences variées sur la transparence des métaux pour les radiations qui agissent dans ses expériences. Il crée pour elles le nom de lumière noire et émet l’avis, basé sur un ensemble de faits, qu’elles se propagent comme les radiations électriques.
- Varia. — M. Ledé a réuni dans une brochure un groupe de renseignements montrant la nécessité d’une application obligatoire de la loi sur la protection de l’enfance qui peut abaisser de 27 pour 100 la mortalité des nouveau-nés à 15 pour 100. — M. Schlœsing fils a effectué des recherches eudiométriques extrêmement précises sur la combustion d’échantillons de grisou provenant de mines de charbon. — M. Niewenglowski a vérifié la propriété des substances phosphorescentes d’émettre des radiations traversant les corps opaques. — M. Bouty a étudié les propriétés des flammes sensibles et montré qu’elles forment de véritables lentilles acoustiques.
- Ch. de Vu.ledeur.
- LA CHAUDIÈRE A TAPEUR MIXTE
- SYSTÈME SOLIGNAC
- Un modèle spécial de chaudière à vapeur, sensiblement différent des systèmes connus jusqu’à ce jour, a dernièrement été imaginé par M. Solignac, dont le nom est déjà connu de nos lecteurs pour plusieurs inventions ingénieuses. Dans les chaudières actuelles, la vapeur se forme directement au contact des surfaces de chauffe, et est ensuite entraînée avec l’eau jusqu’au dôme de vapeur. Dans la nouvelle chaudière, la masse d’eau est emmagasinée dans un réservoir étanche et hors du feu. La vapeur
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- est produite dans un faisceau tubulaire indépendant soumis à l’action du foyer. L’eau surchauffée et sous pression provenant du réservoir est injectée dans le faisceau tubulaire à travers un ajutage de très petit diamètre. A sa sortie de l’ajutage, l’eau surchauffée est déjà pulvérisée ; sous l'action du foyer elle se réduit à l’état de brouillard impalpable et de vapeur très sèche. Elle retourne alors au réservoir où elle se eondense et où elle abandonne toute sa chaleur latente de vaporisation. Cette nouvelle chaudière peut donc être définie comme une chaudière sans foyer alimentée par un générateur de vapeur à injection d’eau surchauffée. Le principe de cet appareil ne manque pas, comme on le voit, d’ingéniosité et surtout d’originalité, en s’écartant des voies suivies jusqu’à ce jour pour la production de la vapeur; mais il était intéressant de savoir si les résultats obtenus en pratique répondraient aux espérances de l’inventeur. Des essais ont été faits le 9 janvier 1896 par Y Association parisienne des propriétaires d'appareils à vapeur sur une chaudière installée à la station centrale d’électricité du faubourg Saint-Denis. Nous allons indiquer sommairement les principaux résultats qui ont été obtenus. La chaudière essayée avait 180 tubes de 24 millimètres de diamètre intérieur, une surface de chauffe de 35 mètres carrés et une surface de grille de 5m2,20. L’essai a duré sept heures, de 5 heures du soir à minuit, à la pression de 10kg,5par centimètre carré.
- La température de la vapeur était de 187° et la température de l’eau d’alimentation était de, 55° de 5 heures à 9 heures et de 55° de 9 heures à minuit. La vaporisation par heure et par mètre carré de surface de chauffe a atteint 56ke,42. Le charbon employé était des briquettes d’Anzin, ayant donné à l’analyse 3,2 pour 100 de cendres, 16,8 pour 100 de matières volatiles et 80 pour 100 de coke net. On a brûlé 71k*,42 de charbon brut par heure et par mètre carré de grille. Pendant l’essai, la vaporisation a été de 8kg,64 par kilogramme de charbon brut sans déduction du charbon passé au travers de la grille, de 9kg,71 par kilogramme de charbon brut avec déduction faite du charbon passé au travers de la grille, et de 10kg,ll par kilogramme de charbon net. Ces résultats pour un premier essai sont très remarquables et nous prouvent qu’il est encore possible, par certains dispositifs, d’obtenir la production de la vapeur d’une manière économique. J. L.
- RÉCRÉATIONS SCIENTIFIQUES
- LA. SIGNATURE D’UN PHOTOGRAPHE
- Je crois qu’il sera agréable aux amateurs de photographie qui ne connaissent pas mon procédé, de connaître la façon dont je me sers pour signer mes photographies surtout quand il s’agit de groupes.
- Le procédé que j’emploie ne demande qu’un peu de travail. Yoici les opérations que j’exécute successivement :
- 1° Je me fais photographier, ma tète ayant crevé un écran de papier, en ayant soin que les déchirures soient bien visibles, comme le montre la ligure 1. 2° Le cliché relevé, je le couvre soigneusement de papier noir ne laissant de visible que le contour de ma tète.
- 5° Je découpe un papier noir de la forme de ma tète et j’imite des déchirures que je colle sur le cliché du groupe que je veux reproduire pour y faire paraître mon portrait; ayant imprimé le groupe, la place de mon portrait se trouve ainsi en blanc.
- 4° Je prends le cliché (qui est de 4 centimètres carrés) de mon portrait afin de le placer où l’épreuve l’exige. Je mets ce cliché dans le châssis-presse; je couvre mon épreuve de papier noir pour ne laisser de visible que la partie où doit se trouver mon portrait. Je prends l’épreuve déjà imprimée et par transparence je fais coïncider la partie restée en blanc sur l’épreuve avec mon portrait à reproduire. La figure 2, représente seulement la moitié d’une photographie d’un bateau sur l’eau; nous n’avons pris que la partie dans laquelle se trouve la signature de l’auteur de la photographie, c’est-à-dire par sa tète apparaissant au milieu d’un bouquet d’arbre, comme si le papier de l’épreuve avait été déchiré. Lucien Jougla,
- à Pelotas, San-Pedro (Brésil). Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier
- Fig. 1. — Moyen de préparer la signature du photographe.
- Fig. 2. — Moitié de l'épreuve positive d’une photographie dans laquelle se trouve la tête de l’opérateur paraissant se montrer en trouant le papier de l’épreuve.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- N# 1187
- . —20 FÉVRIER 1800. LA N AT U HE. . 105
- LES FIACRES A PNEUMATIQUES
- Depuis deux semaines, on trouve aux stations de voitures de Paris — quand le succès qu’ils ont leur permettent d’y faire de courtes apparitions — des fiacres munis de roues à pneumatiques. Une vingtaine circulent dès maintenant, tous appartenant à la Société coopérative La Nouvelle, qu’on a plaisir à citer pour l’amour du progrès dont elle donne ici la preuve.
- Les quatre roues de chacun de ces fiacres sont simplement d’énormes roues de bicyclettes, à rayons
- tangents. Elles ont été fournies par la maison Michelin, qui a entrepris la démonstration, par des exemples roulants, des nombreux avantages que peut procurer, aux voituriers et entrepreneurs de transport de personnes, l’application des pneumatiques. Jusqu’à ce jour en effet les voitures montées sur ces coussins d’air appartenaient toutes — sauf l'omnibus ainsi suspendu qui circule en Angleterre depuis une année — à de simples particuliers qu’on était tenté de taxer de sybaritisme. Or l'expérience démontre que, avec une telle voiture, non seulement le voyageur bénéficie des plus sérieux avantages, tels que l’absence de cabots, de trepida-
- Un dos premiers fiacres avec roues à pneumatiques à Paris. (D’après une photographie.)
- tion de vitres, la possibilité de parler même à voix basse à un compagnon, d’écrire sans peine, etc., mais encore le loueur lui-mème fait une économie notable sur ses frais de traction et d'usure du matériel.
- Des différents rapports des grandes compagnies, il résulte en effet que l’entretien et le renouvellement d’une voiture ressortent à 2fr,60 par jour, dont la majeure partie est absorbée par les réparations continuelles aux roues, les essieux rompus, les feuilles de ressorts à remplacer ou à rebander, les ferrures des portes, les lanternes à replacer, bref toutes les réparations nécessitées par la trépidation qui ébranle la voiture. Or le pneumatique supprime cet ennemi terrible et terriblement onéreux. De l’avis des ingénieurs compétents, la dépense quotidienne
- 249 année. — 1er semestre.
- d’entretien et de réparation d’une voiture peut ainsi tomber à la moitié, soit à lfr,50 seulement.
- La cavalerie elle-même bénéficie, à l’emploi des pneumatiques, d’avantages très réels. Les rapports de toutes les compagnies attestent — quoi qu’en puisse penser l’esprit gouailleur des Parisiens — que la vitesse des fiacres augmente d’année en année, pour raison simple de concurrence. Cette augmentation de vitesse s’est produite par une augmentation très importante du compte moteurs, c’est-à-dire du compte chevaux. Or la roue en fer actuellement employée procède, aux allures vives, par bonds successifs correspondant à chaque saillie du sol à franchir. Ces ressauts non seulement sont une déperdition de force importante, mais produisent encore des à-coups continuels qui font qu’en réalité le che-
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- val travaille par démarrages continuels, c’est-à-dire avec une fatigue anormale. La roue munie d’un pneumatique, au contraire, épouse la forme des saillies du terrain; elle les franchit sans secousse en demandant peu de force ; elle utilise par conséquent beaucoup mieux la vitesse acquise et ne fatigue pas le cheval, qui est toujours dans les traits. Bref, des expériences très sévères ont établi, en faveur du pneumatique comparé au bandage en fer, une diminution variant d’un quart à un demi dans l’effort de traction, avec cette particularité que, plus le terrain est mou, c’est-à-dire devient pénible pour le cheval, plus le bandage pneumatique, creusant moins son ornière, est roulant, comparé au bandage ferré.
- Cette bonification sur la traction est d’ailleurs encore accrue par la diminution du poids du véhicule. Grâce en effet à la disparition de la trépidation, on peut, à solidité égale, gagner jusqu’à ‘20 pour 100 sur le poids de la voiture. Les pneumatiques réalisent ici la transformation qu’ils ont fait subir aux bicyclettes qui, pesant 18 kilogrammes en 1890, avec caoutchoucs pleins, sont tombées à l‘2 kilogrammes en 1896, avec caoutchoucs gonilés d’air, à solidité égale. L’économie de poids sur les quatre roues seules du fiacre est de 50 kilogrammes environ, c’est-à-dire 10 pour 100 du poids de la voiture.
- On peut en somme évaluer, d’après les expériences dynamométriques, que les pneumatiques économisent un tiers du travail. Si, pour rester en dessous de la vérité, on admet que les pneumatiques n’économisent qu’un dixième des frais de relais (6fr,60), soit 0fr,66, et, par suite, un dixième des frais de palefreniers (ltr,10), soit 0fl,l 1, et qu’on additionne cette économie avec celle de lfr,r>0 que j’ai signalée plus haut sur les frais de réparations, on voit qu’au total ils diminuent d’au moins 2fr,07 par jour et par voiture le coût de l’usure et de la traction, c’est-à-dire procurent une recette considérable en fin d’année. Ici même, je laisse de côté à dessein le bénéfice que les loueurs trouveront certainement dans l’élévation de la « moyenne » que leur fourniront leurs cochers, le public montrant déjà, par le succès qu’il fait aux vingt fiacres nouveau modèle actuellement en service, sa préférence pour ces véhicules enfin confortables.
- Les avantages que je viens de relater ne sont pas théoriques, ainsi qu’on pourrait le croire. Les cochers de ces vingt voitures s’accordent à trouver que les chevaux peinent moins, que la vitesse s’accroît en même temps que la sûreté de la direction (les roues ne chassant plus sur les rails), et que les réparations de la voiture sont de moitié moins fréquentes. Quant à la fragilité des pneumatiques, il y a longtemps qu’elle est reconnue pour fausse, depuis que leur fabrication est arrivée à une perfection relative; l’éclatement est presque impossible, et la perforation par un clou ne peut pas survenir, le bandage ayant une épaisseur de près de 5 centimètres.
- Les fiacres à pneumatiques vont donc contenter tout le monde et les loueurs. Les carrossiers pour-
- ront construire des voitures plus légères; les chevaux rentreront à l’écurie moins fourbus ; et lés piétons eux-mêmes (on peut en faire l’essai partiel en plaçant son pied sous une de ces voitures en marche) pourront désormais se faire écraser sans presque s’en apercevoir! L. Baudry de Saunier.
- ___^ A___
- LES IDÉES ACTUEU.ES
- SUR LES RAYONS CATHODIQUES
- L’effervescence de la première minute faiblit, et l'on commence à raisonner le singulier phénomène découvert par le professeur Rôntgen; il semble déjà moins mystérieux, et on entrevoit la possibilité de l’expliquer sans avoir recours à aucune notion nouvelle.
- Les expériences de l’éminent professeur ont fait le tour des sociétés savantes, et ont été discutées avec intérêt. Nulle part peut-être on n’a dit à ce sujet des choses aussi intéressantes qu’à la Société française de physique. 11 y a près de deux ans, lorsque je rendis compte, dans une séance de cette société, des belles expériences de M. Lenard, j’exprimai un vœu qui fut traduit presque textuellement en ces termes, dans un article que publia peu de temps après, dans la Revue générale des sciences, M. Lucien Poincaré :
- « Ne serait-il pas très à souhaiter qu’après la brillante imagination d'un Anglais, après le patientet habile labeur d’un Allemand, leclair génie d’un Français vienne, enfin, dissiper les derniers brouillards, éclairer les points encore obscurs, élucider définitivement une question qui reste un peu confuse? »
- Il me semble que ce vœu est bien près de s’accomplir, s’il ne l’est déjà, car les opinions émises dans la dernière séance de la Société de physique contiennent bien probablement en germe celles de l’avenir. Ilàtons-nous de le dire, c’est un jeune physicien, M. Raveau, qui nous semble être arrivé le plus près d’une théorie satisfaisante, fondée sur une remarque du professeur Schuster. Si nos lecteurs veulent bien se reporter à notre premier article de La Nature1, ils y verront un fac-similé d’une épreuve de M. Lenard représentant l’aspect des taches photographiques produites par les rayons cathodiques déviés ou non déviés par un aimant ; deux de ces figures sont particulièrement instructives ; elles montrent que l’ensemble se compose de deux espèces bien distinctes de rayons, les uns à peu près insensibles à l’aimant les autres étalés par le champ magnétique en une bande assimilable à un spectre. Nous avons émis, dans notre dernier article2, l’opinion que les rayons de Rontgen dérivent des rayons cathodiques, sans être eux-mêmes des rayons cathodiques. Cette opinion nous semble bien établie aujourd’hui. Mais alors, on en conclura avec une très grande probabilité que les photographies de M. Lenard provenaient en même temps des deux espèces de rayons : les uns, les véritables rayons cathodiques, étaient déviés; les autres, qui forment plus particulièrement l’objet des études actuelles, ne sont pas déviés. Nous avons insisté, dans une série d’articles, sur les raisons qui militent pour ou contre les deux hypothèses possibles concernant les rayons cathodiques. Les faits étaient jusqu’ici contradictoires ; certains phénomènes s’adaptaientmerveilleuscment à l’hypothèse du bombardement, tandis que d’autres
- 1 Yoy. n“ 1104, du ‘28 juillet 1894, p. 151.
- 2 Yoy. n° 1185, du 1vr février 189(1, p. 1 ‘29.
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- indiquaient l’existence d’une radiation et rendaient la première hypothèse fort improbable. Cette contradiction n’a plus rien qui doive nous surprendre, s’il est vrai que l’on a opéré jusqu’ici sur un mélange de deux phénomènes absolument dissemblables. Retenons donc comme très probable que les investigations de M. Lenard et de la plupart de ceux qui se sont occupés de la question ont porté à la fois sur les rayons cathodiques et sur les rayons Rontgen.
- Il n’est pas douteux, du reste, que ces derniers sont essentiellement différents des rayons primitifs. Ils naissent au point d’impact des premiers sur un corps quelconque, comme le montrent les expériences assez précises déjà de M. Rontgen et celles de MM. Benoist et llurmuzescu; ils s’affaiblissent en effet en raison du carré de la distance, comptée à partir du point d'impact. D’autre part, un tube de Crookes en forme de sphère, recevant uniformément la radiation de la cathode, émet des radiations par tous ses points, dans toutes les directions; le cône d’ombre produit par les petits objets qu’il éclaire disparaît en effet à une petite distance en arrière, comme si la sphère entière était uniformément éclairée. Nous voyons donc que, si les rayons marchent en ligne droite à partir du point où ils sont produits, il n’en est pas moins vrai qu’ils ne vont pas en ligne droite de la cathode aux objets extérieurs au tube. L’idée que nous venons d’émettre, et qui nous semble courante aujourd’hui, est donc parfaitement motivée. Cette idée est de la plus haute importance pour la théorie du phénomène; elle fait, en effet, disparaître toutes les difficultés rencontrées jusqu’ici et qui semblaient insurmontables. Une partie des laits observés pourra, comme par le passé, s’expliquer par le bombardement, les autres feront intervenir une radiation. Le classement est déjà fait, les hypothèses-devront être essayées, l’une avant l’impact, l’autre après, à la condition que la paroi traversée soit suffisamment épaisse. Si elle était trop mince, il resterait dans le faisceau quelque chose du rayonnement primitif de la cathode.
- Et maintenant, quelle hypothèse devra-t-on appliquer aux rayons de Rontgen? C’est là véritablement que commence la difficulté. Nous avons dit, dans notre dernier article, que les vibrations longitudinales de l’éther avaient été essayées, sans grand succès du reste, ce qui ne signifie pas que cette idée doive être rejetée ; il suffira peut-être d’en modifier l’application. Mais, si l’on peut s’en passer encore une fois, on pourra la garder en réserve dans l’arsenal futur pour la faire donner dans un cas encore plus embarrassant.
- On se souvient que Lenard avait pensé pouvoir expliquer les phénomènes étudiés par lui en partant de l’hypothèse des longueurs d’onde très courtes. Les difficultés paraissaient très grandes. Il nous semble que M. Raveau les a levées en grande parlie. On aurait été fort embarrassé, il y a un quart de siècle, par le fait qu'une radiation ultraviolette, qui est en général très réfrangible, soit susceptible de traverser les corps sans être ni déviée ni fortement absorbée. La réfraction anomale découverte en 1862 par M. Leroux était considérée comme un phénomène exceptionnel; entrevue dans les formules des théoriciens', elle a été reconnue expérimentalement, depuis lors,dans un grand nombre de cas. Ce singulier phénomène consiste, comme on sait, en un renversement dans l’ordre des réfrangibi-lités, renversement irrégulier du reste, et qui coïncide en général avec une absorption intense des radiations. Ainsi,
- 1 Voir en particulier sir W. Thomson, Conférences publiques et allocutions, traduites par 1*. Lugol; ÎNotes par M. Brillouin.
- l’eau possède une bande intense d’absorption dans l’infrarouge, et, au delà de cette bande, son indice serait, d’après les dernières recherches, de 8,5. Ce fait, qui parut au début fort invraisemblable, a été vérifié par un grand nombre de méthodes. De même, la fuchsine, la evanine, et d’autres substances, qui sont fortement absorbantes dans une partie du spectre visible, ont un indice de réfraction qui passe par un minimum, égal à 0,85 environ pour la fuchsine à l'extrémité violette du spectre.
- Enfin, Kundt et ses élèves, MM. Rubens, du Bois et d’autres ont trouvé que plusieurs métaux ont un indice inférieur à l’unité dans tout le spectre visible. 11 est donc naturel qu’ils y possèdent une forte absorption,et que, la bande une fois passée, ils redeviennent plus transparents. La théorie indique, en effet, la possibilité d'une courbe des indice. Ce scoefficient passe au-dessous de l’unité à l’extrémité de la bande, et remonte ensuite asymptotiquement vers l’unité. Si l’on a admis jusqu’ici que la plupart des corps sont complètement absorbants pour les faibles longueurs d’onde, c’est peut-être seulement parce que l’on n’avait pas su jusqu’ici produire d’ondes assez courtes. Déjà ce principe avait été démenti, dans un cas qui semblait isolé. Il y a fort longtemps que M. de Chardonnet a montré la transparence de l’argent à la lumière ultra-violette. Un laboratoire photographique fermé par une lame très mince d’argent, bien que complètement obscur, exposerait à tous les accidents, car des rayons très actiniques y entreraient en grande quantité.
- Nous reviendrons à une autre occasion sur les faits qui ont, du reste, été exposés ici même dans deux excellents articles de notre ami Hospitalier et de M. de Engclmever ; nous avons voulu seulement esquisser aujourd’hui une théorie qui paraît probable; si elle est exacte, les nouveaux phénomènes seront moins isolés et moins mystérieux qu’on ne le pensait ; ils n’en seront que plus intéressants, puisqu'ils compléteront une œuvre jusqu’ici inachevée. Cii.-Ed. Guillaume.
- LES CIGARETTES DE THÉ
- Si l’on en croit le Caneli’s SalurJay Magazine, le dernier cri de la mode anglaise consiste à fumer des cigarettes de thé vert ; un grand nombre d’adeptes de cette nouvelle mode appartiennent à la haute société de Londres. Un médecin qui a eu l’occasion de soigner des malades atteints de neurasthénie et d’insomnie occasionnées par cette nouvelle pratique, affirme qu’un bas-bleu anglais dont les nouvelles ont actuellement le plus grand succès, fume, en travaillant, de vingt à trente cigarettes de thé par jour. A la table d’une autre grande dame très connue, on fume des cigarettes de thé après le dîner, et trois actrices en vedette offrent deux fois par semaine des five o'clock smoking tea; il s’est fondé à Kemington, quartier de résidence de Londres, un petit club dans le même but. Un fumeur de thé en consomme jusqu’à 900 grammes par semaine, et celte nouvelle manie, pour ne pas employer une expression plus sévère, se développe avec une telle rapidité, qu’un certain nombre de débitants de tabac offrent actuellement des paquets de cigarettes de thé à leurs clients. On peut donc aujourd’hui s’empoisonner avec l’alcool et l’éther en boissons, la morphine en injections, le tabac, l’opium et le thé en fumigations. La civilisation est, par certains côtés, précieuse et estimable, mais par instants on regrette l’état de nature en observant les causes de décadence physique qu’elle engendre.
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- LA NAT U HE.
- UNE MACHINE À VAPEUR DE NEWCOMEN
- EN FONCTIONNEMENT PRÈS DE BRISTOL
- La Nature a donné, l’année dernière, la description d’une machine de Thomas Newcomen étaldie par l’inventeur dans la vallée de Fairbottom, à mi-chemin entre Ashton-under-Lyne et OIdham (Lan-cashire)1. Ce vénérable reste du siècle dernier était dans un état de délabrement complet ; exposé à toutes les intempéries et abandonné par ses propriétaires, les légataires du comte de Slam-fort et Warring-ton, il doit être maintenant couché sur le sol, et à l’état de ruines éparses.
- Plus heureuse est la machine du même type installée à la mine de houille appartenant à la Asthon Vale Iron C° de Bedminster, et destinée, comme la précédente, à l’épuisement des eaux des galeries souterraines. Le puits dit South Liberty, qu’elle assèche à 225 mètres de profondeur environ, est situé à 5 kilomètres de Bristol. 11 a été foncé il y a 150 ans, et la machine étant très probablement sa contemporaine, remonte ainsi à 1745. La mine est encore en exploitation et fournit annuellement un certain tonnage. La machine marche cinq heures par jour et six jours par semaine ; il est bien probable que c’est la plus ancienne machine d’exhaure qui soit demeurée en fonctionnement régulier.
- Nous empruntons la description de ce curieux appareil à un article publié dans Engineering, par
- 1 Yoy n° 112!). du 1!) janvier 1K1I5. p. 125.
- M. Bryan Donkin, ingénieur civil, qui l’a découvert, et en a donné divers dessins. Notre ligure n° 1 représente la vue de l’installation générale, et nos figures nos 2 et 5, les détails du balancier reproduits d’après des photographies.
- On se rappelle que la pompe à vapeur de Nevvco-men n'est qu'une machine à simple elfet, où l’action de la vapeur se borne à équilibrer la pression atmosphérique pendant la première partie de la course du piston. Lorsque celui-ci est arrivé en haut de course, on envoie sous lui une certaine quantité d’eau froide qui condense la vapeur : l’excès de la pression atmosphérique sur la pression rémanente fait alors descendre le piston. La tige de ce dernier est reliée à l’extrémité d’un balancier qui commande à son autre bout les tiges des pompes, en sorte que pendant la montée du piston, ces tiges arrivent à fond de course, et remontent lors de sa descente.
- La machine en question était autrefois alimentée par deux chaudières dites en meule s de foin (haystack) à cause de leur forme, et qu’on a dù^con-damner il y a une trentaine d’années. Depuis lors, on emploie d’autres générateurs placés dans le voisinage, mais qu’on n’ose pas faire marcher à plus de lk®,25 en raison de la vétusté du moteur.
- Son cylindre a lm,65 de diamètre et 5ra,o5 de hauteur : il est constitué par deux anneaux en fonte superposés à un fond conique destiné à évacuer l’eau de condensation : le tout pèse environ 6 tonnes. Le piston commande un balancier en chêne de 7m,20 de longueur sur lm,20 de hauteur, formé d’un certain nombre de madriers assemblés entre eux et
- Fig. 1. — Ancienne machine à vapeur de Newcomen fonctionnant actuellement près de Bristol, en Angleterre.
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- LA N A TUNE.
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- superposés. 11 est armé de tirants en 1er forgé qui relient les étriers des extrémités : l’ensemble pèse à peu près 5 tonnes. A chaque bout du balancier sont disposés des secteurs sur lesquels viennent s’accrocher d’un côté la chaîne qui porte la tige du piston à vapeur et celle qui manœuvre la pompe d’alimentation située à gauche du cylindre (fîg. 1), et de l’autre les chaînes qui soutiennent les tiges de trois pompes. Notre ligure 2 donne la vue du côté gauche du balancier, et la figure 5, une vue générale du même organe : l’homme qui y est représenté est le mécanicien chargé de surveiller le fonctionnement du vénérable engin. Son père et son grand-père remplissaient avant lui le même office, et il a raconté à M. Bryan Donkin qu’il avait commencé si jeune qu’il était obligé de
- monter sur un bloc de bois pour atteindre et manœuvrer facilement les leviers des soupapes.
- La distribution s’opère à l’aide de trois organes placés tout près du fond du cylindre; le premier,
- A (fig. 4), est cylindrique et sert à l’introduction de la vapeur; le second, B, est un tiroir amenant l’eau d’injection, et le troisième, C, un clapet pour évacuer l'eau de condensation.
- Les deux premiers se manœuvrent automatiquement à l’aide de petits balanciers actionnés
- par des mouvements de sonnette. Ceux-ci sont commandés par une tige à taquets reliée comme les autres au balancier. Les tiges des pompes sont, comme nous l’avons dit, au nombre de trois. La
- Fi<r. 2. — Vue du balancier.
- Fig. 3. — Vue de
- première pompe est placée au fond du puits et se décharge dans la seconde disposée vers le milieu, et celle-ci dans la troisième, qui refoule à hauteur du
- sol ; elles ont toutes trois 0m,25 de diamètre. La pompe d’alimentation du réservoir d’eau d’injection se trouve dans la chambre de la machine, et est commandée par une chaîne venant du balancier et passant sur des poulies de renvoi pour atteindre le piston à simple effet.
- La machine fait 10 à H courses par minute. On la fait travailler avec une couche de plusieurs centimètres d’eau au-dessus du piston, de manière qu’en cas de fuite, lors de la condensation, cette eau descende sous le piston et contribue au maintien du vide en prévenant les rentrées d’air.
- 11 aurait été intéressant de connaître l’effet utile de la machine; M. Bryan Donkin n’indique pas la quantité d’eau montée, mais il s’est donné la peine de prendre un
- diagramme à l’indicateur de Watt, ce qui n’avait jamais été effectué jusqu’ici. Nous reproduisons ce diagramme dans la ligure 5 : le vide obtenu correspond à 0m,52 de mercure. A cet effet, on a percé le cylindre pour y adapter l’instrument à la manière ordinaire , mais ce n’est qu’avec de grandes difficultés et au milieu d’un nuage de poussière de charbon et de
- vapeur qu’on a pu obtenir le tracé. Il donne, avec un nombre de courses de 10 par minute, un travail de 55 chevaux environ, résultat très faible en com-paraison de ce qu’on pourrait avoir actuellement
- çauclic du balancier. Attache des chaînes des tiges de’pompe sur le balancier.
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- LA NATURE.
- uvee un cylindre moteur de dimensions analogues.
- La machine du jmits South Liberty a sans doute ses jours comptés, et elle-ira bientôt' rejoindre au
- Fig. 4. — Organes de la distribution.
- South Kensington Muséum les premières machines de Watt, de Tredgold et de Stephenson. En atten-
- Prresion atmosphérique
- Fig. 5. — Diagramme obtenu à l'indicateur de Watt.
- dant ce repos mérité, elle remplit encore tous les jours son office avec un craquement de balancier à chaque coup de piston, curieux exemple d’une des premières installations d’épuisement demeurée presque intacte après un fonctionnement de 150 ans.
- G. Rien ou,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- LES CÂBLES ET FILS TÉLÉGRAPHIQUES
- D’après M. W. IL Preece, le très distingué ingénieur en chef du service télégraphique de Londres, le réseau des lignes anglaises a actuellement un développement de 58 240 kilomètres, ce qui représente une longueur de 555600 kilomètres de fils. Dans ce nombre sont compris cent trente-cinq câbles sous-marins ayant une longueur totale de 5200 kilomètres environ.
- À la fin de 1804 il y avait, sur toute la surface du globe, 1504 câbles télégraphiques dont 994 appartenant à divers États et 510 à des compagnies particulières, formant un réseau total de 281 000 kilomètres. Le développement actuel, toujours d’après les évaluations de M. W. II. Preece, atteint 510 000 kilomètres à peu près.
- Il v a quarante-quatre ans, il n’existait encore qu’un seul câble sous-marin : celui qui fut posé vers le milieu de ce siècle entre Douvres et Calais et dont la longueur ne dépassait pas trente-sept kilomètres. 11 appartenait à une compagnie privée.
- tendant l’année 1894, le nombre des dépêches trans-
- mises par tous les bureaux réunis de l’Angleterre, de l’Ecosse et de l’Irlande, a été de 65 651 549. A ce chiffre, il convient d’ajouter 5 960 451 dépêches envoyées à l’étranger et 5 407 442 télégrammes reçus de l'étranger.
- Pour les grands câbles de l’Atlantique et du Pacifique, la vitesse moyenne de transmission est d’environ dix-neuf mots par minute (pour une longueur variant de 4000 kilomètres à 5000 kilomètres). Par fil aérien, au contraire, avec une même longueur et dans des conditions analogues, la vitesse peut atteindre quarante-deux mots à la minute. Cette différence provient de causes multiples, principalement de la capacité et de la résistance de la ligne considérée.
- Ainsi, la vitesse de transmission ne dépend pas de l’intensité du courant, mais du nombre de vibrations ondulatoires qu’on peut envoyer en une seconde par le même fil. Chaque lettre de l’alphabet représente cinq de ces vibrations. Les câbles transatlantiques en transmettent nuit et jour à peu près sept cents à la minute. X. West.
- CORRESPONDANCE
- CHIEN ET CHAT
- Saint-Alban-les-Eaux (Loire).
- Monsieur Gaston Tissandier,
- Je viens de lire avec un réel intérêt l’article d’une de vos dernières livraisons1 : Le rire du chien. Il se termine par une observation d’éducation d’un animal par un autre qui m’a engagé à vous faire part d’un fait un peu de ce genre.
- Un de mes voisins de campagne laisse, pendant son absence, un domestique pour garder ses chevaux et sa villa. Le gardien a un très beau chien mouton; mais les rats ayant fait leur apparition dans la maison, il résolut de se procurer un chat. Le petit chat était trop petit pour prendre les rats. Souvent absent, le gardien ne lui donnait pas à manger et le petit chat miaulait bien inutilement. Le bon gros chien s’évertuait à lui apporter des os, mais le pauvre petit animal n’y trouvait jamais rien à prendre. Un jour que je me trouvais à table chez moi, j'entends les cris suivants poussés par ma bonne : « Oh! Monsieur, venez donc voir, venez donc, je vous en prie ! » Je me lève et cours à la croisée où la jeune fille regardait en levant les bras de stupéfaction.
- Voici ce qui se passait : Le gros chien jappait à la porte de fer qui donnait sur la route, appelant, comme il en a l’habitude. Il vient presque tous les jours chez moi chercher les restes de soupe et les os que ma bonne lui met de côté. Mais l’animal n’était pas seul : sur son dos, et ses deux petites pattes de devant lui serrant le cou pendant que les deux de derrière largement écartées s’étaient grippées dans l’épaisse toison du dos, le petit chat était juché !
- Le gros toutou avait évidemment, en voyant les souffrances de son petit ami, pensé à la maison hospitalière où il était souvent reçu, et il arrivait avec son petit camarade. Mais comment avait-il pu le faire monter sur son dos et lui avait-il fait ainsi franchir les quatre-vingts mètres qui séparent les deux habitations? Inutile de dire que le grand chien se coucha sans broncher en face de son pauvre petit malheureux, pendant le bon quart d’heure que ce dernier mit à lécher la petite assiettée de lait qui lui fut donnée! Le lendemain, le même spectacle nous a été donné; pendant trois jours le chien est revenu
- 1 Yoy. n° 1185, du 15 février 180G, p. 175.
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- portant son petit chat sur son dos comme le premier jour. Depuis quelque temps cependant, le petit chat vient à pied, mais toujours accompagné de son protecteur. Votre lecteur et abonné assidu,
- F. Pothier,
- Propriétaire à Saint-Alban (Loire).
- LE PREMIER BANDAGE PNEUMATIQUE
- On a considéré avec raison comme un grand progrès l’application du bandage pneumatique, le pneu comme on dit en langue cycliste, à la bicyclette; mais on pourrait s’étonner que ce progrès n’ait pas été réalisé plus tôt, car, il y a cinquante ans, on pouvait voir circuler, parmi les élégants équipages du parc de Londres, un coupé sans ressorts, dont les roues étaient munies d’un bandage spécial qui n’était autre qu’un pneumatique. L’inventeur était un ingénieur, M. Robert W. Thomson. « Mon invention, dit-il, dans son brevet de 1845, consiste dans l’application de bandages élastiques aux jantes des roues de voitures, dans le but de rendre leur déplacement plus facile, et de diminuer le bruit qu’elles font en roulant.
- Le pneu en 1845. — Fig. 1. Tuyau à deux bandes. Fig. 2. Tuyau à trois bandes. — Fig. 3. Pompe.
- J’emploie de préférence une ceinture creuse composée d’une matière imperméable à l’air et à l’eau, telle que le caoutchouc ou la gutta-percha. Je gonfle d’air cette ceinture creuse, et de cette façon les roues se trouvent toujours rouler sur un coussin d’air, qu’elles marchent sur le sol, des rails ou une piste quelconque. » L’inventeur explique plus loin qu’il se sert de plusieurs épaisseurs de toile saturée et recouverte de caoutchouc en solution et collées les unes aux autres ; mais il ne dit pas comment il faisait la jonction pour obtenir un tube circulaire continu. Il indique qu’on doit faire la vulcanisation par les vapeurs de soufre, pour obtenir la souplesse et la résistance au froid, et qu’il faut entourer le tube d’un recouvrement de toile ou de cuir.
- Les figures ci-dessus, que nous trouvons dans le Scien-tific American, ainsi que les renseignements sur ce bandage, feront comprendre comment il était construit. La jante B (fig. 1), beaucoup plus large que d’habitude, est renforcée d’acier, elle reçoit le tube intérieur G recouvert de cuir D. Ce dernier recouvrement était fait au moyen de deux bandes de cuir longeant le tube et fixées tous es 10 à 12 centimètres sur la jante par des boulons; les bords extérieurs étaient ensuite rivés ensemble ou réunis par une troisième bande (fig. 2). Un tuyau permettant de gonfler le tube intérieur traversait la jante et était
- muni d’une fermeture avis; une petite pompe (fig. 5), que l’inventeur appelait condensateur, servait au gonflement.
- Le public ne pouvait manquer de remarquer cette voiture peu ordinaire, car le diamètre du bandage une fois gonflé atteignait 15 centimètres, et, bien que le coupé pesât 500 kilogrammes, les jantes étaient maintenues à 6 centimètres du sol. Dans un article au sujet des roues à pneumatiques, le Mechanic's magazine de Londres donne le résultat de quelques expériences faites par une importante maison de carrosserie sur l’invention de Robert Thomson. Essayées sur une route unie et dure, les nouvelles roues diminuaient l’effort de la traction d’environ moitié ; sur une route nouvellement empierrée, l’effort de traction était dix fois moins grand qu’avec les roues ordinaires. L’inventeur avait du reste travaillé la question à fond et il avait prévu dans son brevet plusieurs modifications que nous voyons reparaître aujourd’hui. C’est ainsi qu’il se proposait, pour localiser le déplacement de l’air, de nouer le tube de place en place, de façon à le diviser en compartiments étanches et à obtenir ainsi une plus grande résistance à l’écrasement.
- On ne sait pas au juste pourquoi l’invention n’eut pas de succès à l’époque. Il est probable que l’industrie du caoutchouc, qui n’était pas alors développée comme elle l’est aujourd’hui, ne permit pas de la rendre pratique. Toujours est-il qu’on n’y pensait plus depuis longtemps quand John Boyd Dunlop, qui ne la connaissait probablement pas, eut l’idée d’appliquer des pneus à un vélocipède. Il a eu depuis de nombreux imitateurs, et cela prouve une fois de plus qu’il est à l’heure actuelle bien difficile qu’une invention soit vraiment nouvelle. G. M.
- LES TOMEENS
- (irlande)
- « A deux miles de Tulla, à l’est d’Ennis (comté de Clare, Irlande occidentale), les Tomeens sont un paysage de rivière excessivement curieux : le courant passe à travers une série d’arcades calcaires, avec certaines ouvertures semblables à d’abruptes tranchées de chemins de fer1. A Kiltanon sont les célèbres tomines, immenses passages voûtés naturels dans le calcaire, à travers lesquels la rivière Ardsollus déroule un cours extraordinaire. Ils présentent une scène d’une magnificence à jamais inoubliable pour ceux qui l’ont contemplée2. »
- Voilà tout ce que j’avais pu apprendre, de fort attirant il est vrai, sur une curiosité naturelle d’Irlande qui ne doit guère être connue en France.
- J’ai eu grand plaisir à l’examiner le 21 juillet 1895, tout en constatant que cette admiration de Murray et de Kinahan est entachée d’une certaine exagération, quant à l’échelle dumoins. Les Tomeens5, de dimensions très modérées, paraîtraient chose mesquine près des grandeurs colossales des deux Saint-Canzian dans le Karstet deBramabiau en France. Ils se composent, sur 500 ou 600 mètres environ de longueur, d’une succession de petits tunnels, séparés par des tranchées plus ou moins longues; la rivière coule dessous et au fond ; les tunnels sont
- 1 Murray, Ireland, p. 537.
- 2 Kinahan, Geologij of Ireland, p. 326.
- r' Orthographe, do la carte anglaise au 10560".
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- LA NATURE,
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- formés par la destruction des strates calcaires horizontales, et les tranchées par l'affaissement des portions de la voûte de l'ancienne galerie originaire, jadis unique. La ligure 1 représente la sortie de l'un de ces tunnels, vue du fond de l’une des tranchées. Comme la différence de niveau entre la rivière et la surface du sol ne dépasse guère 5 mètres en moyenne, et comme l’épaisseur des voûtes demeurées en place atteint seulement 2 à 5 mètres, l’ensemble, manque complètement de grandeur ; la perte de l'Argens, dans le Yar1, due aux memes • causes, est peut-être plus imposante, quoique plus courte.
- Mais les Tomcens, placés dans un cadre d’uné grâce incomparable, au milieu du splendide parc vert de M. Molony, en pleins bois luxuriants, restent néanmoins une très réelle et surprenante curiosité, que le nouveau guide Baddeley pour l’Irlande a eu grand tort de ne pas mentionner. On y voit quatre tunnels principaux et trois grandes tranchées intercalaires; de plus, les plafonds non écroulés étant percés déjà d’une demi -douzaine d’étroits regards, c’est par dix fois environ que l’on peut retrouver la rivière sous ses pieds, en cheminant sur les ruines de ce qui a été jadis un seul et même passage souterrain. Ici, il est parfaitement démontré que les écroulements de cavernes peuvent se résoudre en vallées continues ; celle des Tomcens est demeurée inachevée. L’une de mes photographies (fig.2) fait voir,
- 1 V. les Abîmes, p. 419, et La Nature n° liGG, p. 301.
- dans le lit de la rivière, un énorme bloc de pierre tombé de l’arcade naturelle; c’est une portion de strate calcaire qui s'est détachée de la voûte ; il est fort intéressant desurprendre ainsi sur le fait le mode de démolition des tunnels calcaires parles eaux souterraines.
- Quelque jour, assurément, à moins que la rivière ne tarisse, tout ce qui reste des plafonds s’écroule ra, puis sera emporté par les eaux. Mais il faudra encore bien des siècles, car le courant est faible, et M. Molony m’a assuré qu’il n'avait jamais fait l’observation personnelle ni entendu parler d’aucun éboule-ment contemporain.
- La solidité réelle de ces porte-à-faux, d’apparence si fragile, donne singulièrement à réfléchir sur la longueur des temps et sur l’énormité des volumes
- aqueux, nécessaires à la perforation des cavernes géantes d ’ Amérique , d’Autriche-Hongrie, de France, de Belgique, etc.
- Les Tomcens sont à 50 mètres d’altitude moyenne, à 10 kilomètres de la poétique ruine de Quin- Ab be y , l’une des plus jolies d’Irlande sous son velouté manteau de lierre ; on se rend aux Tomcens en deux heures de voiture, d’Ennis ou d’Ardsollus, et l’accès du parc privé qui les contient est gracieusement ouvert aux visiteurs.
- C’est, entre Limerick et les grandioses falaises de Moher, une excursion d’un jour, très recommandable aux amateurs de jolis sites et d’intéressants phénomènes naturels. E.-À. Martel.
- Fig. i. — Sortie de Fini des tunnels des Tomcens en Irlande. (D’après une photographie de l'auteur.)
- Bloc de pierre tombé d’une arcade naturelle des Tomcens. (D’après une photographie de l’auteur.)
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- LE CHAT SAUVAGE DE SIAM
- Nous avons vu au Jardin d’acclimatation une petite merveille zoologique. C’est le Chat mignon de Sium (Felis minuta), espèce extrêmement curieuse et rare. Ce félin farouche, également remarquable par sa beauté singulière et son étonnante férocité, se trouve installé dans la vaste salle des llamadryas. Tous les Chats sauvages, en force et en grandeur, en puissance, en agilité, l'emportent sur le Chat domestique. Tout au contraire, le Chat mignon se distingue par une taille des plus modestes. Sa robe est un prodige d’éclat et de beauté. Sur un fond roux se dessinent, avec une régularité géométrique,
- des taches circulaires d’un noir superbe. La queue assez courte, que gonfle la colère, est chargée d’anneaux noirs qui se succèdent à distance égale, comme des bracelets de velours.
- La tète, d’un jaune clair comme le reste du corps, est sillonnée de bandes noires, délicates et fines, que Ton dirait tracées d’un pinceau léger, bien d’élégant et de coquet, de gracieux, de fini, d’harmonieux, comme ce merveilleux dessin si bien tracé. Il semble qu’en touchant à ces lignes, à ces marques, à ces bandes, on les effacerait. Ce n’est plus un chat, c’est un pastel. On dirait un animal peint.
- Chai. Siiuvügc de Siam, vivant arliiolU'inetil. au Jardin d'acclimatation. (Dessiné d'après nature.)
- La gorge est d’un blanc très pur, et le cou, souple et, mince, est aussi cravaté de blanc. Ajoutez de très fines lignes noires. Large, arrondie et noire, l’oreille porte à sa base une éclatante marque blanche.
- Le museau, quelque peu allongé, est paré de moustaches toujours hérissées et menaçantes.
- A droite et à gauche du nez rose, de petites taches noires, comme semées au hasard, simulent à souhait des grains de tabac.
- De chaque côté des yeux s’étendent de jolies taches blanches, bandes symétriques et légères. Le chat sauvage de Siam est une sorte de panthère en raccourci, une façon de léopard de Lilliput. Il n’est pas plus gros qu’un petit chat de gouttière ; il est gracieux, il est coquet, il est mignon; on voudrait passer la main sur la douce fourrure de son dos
- finement velouté. Prenez garde! c’est un ennemi terrible, indomptable, qui ne craint rien, ne connaît personne. Il est souvent en colère et semble vouloir dévorer tous ceux qui le regardent avec quelque attention. Quelquefois sa colère se transforme en une fureur sans trêve et sans apaisement. Un calme vient aussi par moments. Chaque visiteur qui s’approche de sa cage, attiré par l’incomparable éclat de sa robe éblouissante, n’est pas toujours très bien accueilli. Quand le chat sauvage est très coléreux, il s’élance comme un trait, gueule ouverte et moustache hérissée, le dos voûté, la queue énorme, l’œil en feu, la patte levée, la griffe meurtrière, le corps frémissant, et, malgré soi, on ne peut se défendre d’une impression d’émotion. Dr Z.
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- IA MONTRE OMÉGA.
- Ce n’est point le lieu d’insister sur les avantages techniques très réels d’une montre qui vient d’ètre mise en vente sous le nom A'Oméga, et dans laquelle les constructeurs ont réussi à rassembler un certain nombre d’importants perfectionnements. Nous nous proposons seulement de décrire ici l’ingénieux mécanisme de mise à l’heure appliqué à cette nouvelle pièce et qui sera, nous en sommes persuadé, très apprécié de ceux qui auront à s’en servir.
- La couronne a, comme dans toutes les montres à remontoir, la double fonction d’actionner le barillet et les aiguilles; ici, cette dernière fonction est obtenue, non
- Fig, 1.
- plus à l’aide d’une poussette latérale, mais par une simple traction exercée sur la tige du remontoir. Lorsque celle-ci est à fond, la bascule A est complètement libre, tan dis que le pignon coulant C est en prise avec les dents du rochet attenant au pignon de commande du remontoir
- (fig. 1). Lorsque, au contraire, on exerce une traction sur la couronne (fig. 2), le levier coudé E tourne autour de son pivot E, et, glissant sur l’extrémité du bras supérieur de la bascule A, la force à redescendre, et à mettre en prise la roue qu’elle porte avec la minuterie I), tandis que, d’autre part, elle reste actionnée par le pignon coulant qu’elle a entraîné par une gorge circulaire. La bascule est, du reste, bridée par la pièce B, qui l’empêche de se soulever. Lorsqu’elle cesse d’ètre en prise avec la minuterie, son mouvement est limité vers le haut par le ressort F, contre lequel elle est pressée doucement par un autre ressort qui a pour fonction de la dégager dès que le levier coudé lui rend sa liberté.
- Ce système très simple fonctionne d’une façon irréprochable, comme nous avons pu nous en assurer. L’absence de poussette latérale réduit au minimum les ouvertures de la montre, par lesquelles la poussière est
- toujours prête à s'insinuer dans le mécanisme. La fermeture à vis du boîtier, imitée des systèmes américains, assure une étanchéité aussi parfaite que possible, en même temps que l’absence de charnières supprime une cause de destruction prématurée des goussets. C.-E. G.
- L’UTILISATION DE LA MATIÈRE
- DANS LE CANON ET LA MACHINE A VAPEUR
- Dans une Note récente, relative à la puissance d’un canon1, nous établissions combien le canon était, au point de vue de la puissance, supérieur à toutes les machines connues, mais nous démontrions aussi, du même coup, combien courte était sa vie. 11 nous a paru intéressant de compléter cette première Note en montrant combien, au point de vue de l’utilisation de la matière, le canon était intérieur à toutes les autres machines qu’il domine cependant de si haut si l’on ne considère que la puissance.
- Nous avons établi, dans la Note à laquelle nous faisons allusion, que le canon italien de 100 tonnes produit 12 770 000 kilogrammètres par coup et doit être hors de service au bout d’un grand maximum de 100 coups. C’est donc, pour un poids de 100 000 kilogrammes, un travail total de 1 277 000 000 kilogrammètres, correspondant à une utilisation spécifique de la matière engagée dans sa construction égale à 13 000 kilogrammètres par kilogramme, en nombre rond.
- Considérons, d’autre part, une bonne machine à vapeur de puissance moyenne dont le poids, exagéré à dessein pour notre démonstration, est de 300 kilogrammes par cheval de 75 kilogrammètres par seconde. Cette machine pourra facilement fonctionner vingt ans, à raison de 300 jours par an et de 10 heures par jour, soit pendant 20 x 300 x 10 = 60000 heures ou 00 000 x 5 600 = 216 000 000 secondes.
- Puisque, pour la machine considérée, il faut 300 kilogrammes de matière pour produire 75 kilogrammètres par seconde, il faudra 4 kilogrammes de matière, en moyenne, pour produire 1 kilogrammètre par seconde. Il en résulte que 1 kilogramme de matière travaillant pendant 216 000 000 de secondes produira
- 216 000 000 ^nnnnnni-i -----------= 54 000 000 kilogrammètres.
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- Un kilogramme de matière utilisée dans un canon produit donc treize mille kilogrammètres seulement, tandis qu’il en produit cinquante-quatre millions au moins dans une bonne machine à vapeur ordinaire avant que l’un et l’autre ne soient mis à la ferraille.
- Le métal est donc plus de quatre mille fois mieux utilisé dans la machine de paix, le moteur à vapeur, que dans la machine de guerre, le canon. Les turbines hydrauliques ou à vapeur fourniraient des chiffres encore plus élevés en faveur des outils industriels. Et nunc erudimini....
- Si nous recherchons, d’autre part, l’utilisation de la matière du projectile, nous trouvons — résultat paradoxal en apparence, mais justifié par les chiffres — que ce projectile, en supposant même qu’il ne serve qu’une seule fois, est mieux utilisé que le canon. En effet, avec la vitesse initiale de 600 mètres par seconde dont il est animé, chaque kilogramme de ce projectile représente une énergie de mouvement (énergie cinétique) égale à 18 000 kilogrammètres. C’est là son utilisation comme engin de destruction : elle est d’environ 50 pour 100 supé-
- 1 Vov. n’ 1178, du 28 décembre 1805, p. 51.
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- rieure à l'utilisation correspondante du canon pendant, sa vie entière d’une seconde.
- Enfin, si l’on considère que la poudre a exercé son action sur le projectile pendant moins d’un centième de seconde pour lui communiquer son énergie cinétique, on arrive facilement à ce résultat que la matière du projectile a obéi à la poudre à raison de vingl-quatre mille chevaux par kilogramme. Le canon, lui, malgré sa grande puissance absolue, ne servait à chasser le boulet qu’avec une puissance spécifique relativement faible de cent soixante-dix chevaux par kilogramme seulement.
- E' H'
- IMITATION EXPÉRIMENTALE
- DES GRANDS TRAITS OROGÉNIQUES
- DF. L’EUROPE
- A la suite (le M. le professeur Suess (de Vienne) et depuis une dizaine d’années, l’attention des observateurs s’est portée sur cette circonstance remarquable que, dans notre hémisphère, les principaux massifs montagneux se sont soulevés les uns après les autres dans un ordre réglé par leur situation géographique, de telle sorte que les plus anciens ayant surgi dans les régions hyper-boréennes, les autres se sont constitués successivement «à des distances de plus en plus grandes du pôle.
- On peut ainsi distinguer sur la carte que nous reproduisons ici (fig. 1) dans l’extrême nord un relief, prodigieusement modifié d’ailleurs par les interminables érosions qu’il a subies et qui daterait de temps antérieurs à la période cambrienne. Au sud de ce continent archéen, une seconde ride se présente, comprenant les Grampians en Écosse et les Alpes Scandinaves, la chaîne calédonienne> dont la formation se rattacherait à l’époque silurienne. Durant la période carbonifère aurait surgi la chaîne hercynienne, comprenant, avecles montagnes du Portugal, notre Bretagne, le Plateau central, les Vosges, l’Ardenne, les Sudètes et le massif de l’Oural. Sous le nom de ridement alpin, on peut considérer un bourrelet dont les Alpes ne sont qu’un détail, comprenant à l’ouest les Pyrénées, à l’est les Carpathes et le Caucase, et qui date, au moins pour l’acquisition de son relief principal, des temps tertiaires. Enfin, plus au sud, il paraît légitime d’ajouter à la série le
- soulèvement apennin qui comprendrait le Grand Atlas, les Apennins, les sommets de l'Archipel grec, Chypre, etc., et dont la formation, toute récente encore, ne serait pas terminée aujourd’hui.
- L’intérêt principal de ees faits, qui révèlent si nettement l’existence d’une loi générale présidant à la constitution des reliefs terrestres, est de nous faire pénétrer d’une manière aussi certaine qu’imprévue dans l’économie même de la matière fluide qui constitue le noyau de notre globe. Les choses se passent en effet, d’après ce qui précède, comme si cette substance nucléaire, après avoir été d’abord, sous l’inlluence de la force centrifuge, distendue vers l’équateur, subissait, au cours de la diminution de volume consécutive au refroidissement spontané de la terre, un rappel dirigé vers les pôles.
- En d’autres termes, chaque fuseau du globe se comporte comme une bande de caoutchouc fixée à un
- bout et ayant subi à son autre extrémité une traction qui va maintenant constamment en diminuant.
- C’est cette conséquence que j’ai voulu soumettre au contrôle de l'expérience, et j’ai employé dans ce but le petit appareil dont le portrait est sous les yeux du lecteur (fig. 2). 11 consiste essentiellement en un support de bois sur lequel peut être plus ou moins tendue une feuille rectangulaire de caoutchouc. Celle-ci, large de 10 centimètres et longue de 40, est fixée à l’une de ses extrémités, tandis que l’autre bout est attaché à un axe qui peut tourner sous l’action d’une manivelle. Cette bande, quia 11 millimètres d’épaisseur, est préalablement tendue, puis recouverte d’une couche de plâtre à mouler de 5 centimètres environ d’épaisseur. Quand le plâtre a acquis une consistance convenable et qui peut d’ailleurs varier d’un cas à l’autre dans des limites assez larges, on laisse la bande élastique revenir peu à peu sur elle-même. On voit alors se reproduire une sorte de miniature des phénomènes orogéniques auxquels l’Europe doit ses caractères actuels.
- A un moment donné le plâtre se ride près du point fixe représentant le pôle (fig. 4, A) et constitue un vrai système montagneux avec des cassures, compliquées de chevauchements et d’autres accidents caractéristiques. La bande continuant à se raccourcir tout
- Fig. 1. — Disposition générale des massifs montagneux on Europe.
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- doucement, un deuxième soulèvement apparaît plus loin du point fixe, c’est-à-dire dans une région moins septentrionale, et à ce soulèvement en succèdent d’autres à des distances déterminées, comparables à celles qui séparent sur le méri-dien des accidents naturels et de façon à faire concevoir comme une espèce de rythme des montagnes dont la considération pourra être fructueuse. A ce point de vue il y a contraste absolu entre les résultats produits par la rétraction du caoutchouc et ceux qu’on obtient par refoulement suivant la méthode de James Hall, reprise tout récemment par M. AVillis.
- J’ai naturellement été très désireux de passer de ces effets, obtenus sur le plan, à des résultats produits sur une surface sphérique, et dans ce but j’ai construit un second appareil représenté dans la figure 5. Cette fois la bande de caoutchouc, coupée en forme de carré de 20 centimètres de côté, a été solidement pincée entre deux cadres circulaires en fer, puis déposée sur une demi-sphère en bois et amenée par une traction de haut en bas à s’y modeler d’une manière exacte. Sur la surface hémisphérique de caoutchouc ainsi obtenue on a moulé une calotte de plâtre; et, au moment convenable, le caoutchouc a été tout doucement rendu à la liberté de se contracter. Dans ces nouvelles conditions, l’expérience présente des difficultés particulières. La principale provient de l’énergique frottement (pie la boule de bois exerce sur la face inférieure du caoutchouc de façon à modifier sensiblement le phénomène de la rétraction. Cependant on voit se faire ici des cassures
- i. — Appareil pour la production des reliefs successifs sur le plan. (1/6 de la grandeur naturelle.)
- Fig. 3. — Appareil pour la reproduction des reliefs successifs sur une surface sphérique. (1/8 de la grandeur naturelle.)
- et des bourrelets grossièrement concentriques au pôle, et qui se déclarent successivement de plus en plus loin de lui (fig.5). En attendant que l’appareil soit
- perfectionné s’il est posssible à cet égard, je suis revenu à la première disposition, et parmi les produits qu’elle a procurés je citerai seulement deux ou trois exemples d’imitation de caractères intéressants de la structure des montagnes. Tout d’abord il importe de noter (fig. 4, A) la production simultanée de cassures parallèles entre elles ; et en outre d’un système de cassures conjuguées de façon à dessiner des réseaux sensiblement orthogonaux, avec prédominance, ordinairement très marquée, de l’un des systèmes sur l’autre.
- Quand la masse plastique sur laquelle on opère présente des épai-sissements transversaux comme en procure à l’écorce terrestre, soit l’exercice d’énergiques dénudations, soit l’injection des roches profondes, on détermine de part et d’autre de ces bourrelets une structure imbriquée comprenant des chevauchements en relation avec des cassures synclinales et reproduisant une disposition remarquablement fréquente dans les préa lpes par exemple (fig. 4, B).
- A l’inverse, si la masse présente des dépressions transversales (fig. 4, C), les chevauchements obtenus sont en relation avec des fracturas anticlinales, ce qui est encore un trait éminemment caractéristique. Dans certains cas on voit aussi, le long de certaines cassures, se dessiner des décollements amygdaloïdes du genre de ceux que les géologues ont signalés dans la tectonique des Alpes et qui ont
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- déterminé, pour en citer un seul exemple, la constitution et l’autonomie du massif du mont Blanc. Enfin, pour ne pas abuser davantage de l’attention
- de lignes de fractures plus ou moins parallèles au méridien, rappelant notre Oural, rappelant aussi la cote abrupte du rivage occidental des deux Amériques, et d’autres grands accidents géograp h i q u e s.
- Ici, comme dans tous les exemples précédents, on peut remarquer, entre les zones de soulèvements,des surfaces restées planes et reproduisant les caractères des Vor lande de M. Suess.
- À ces différents résultats expérimentaux, je n’ajouterai plus qu'un mot : le dispositif que j’ai employé pour opérer dans le plan rappelle beaucoup celui qu'Alphonsc Favre a décrit dans un travail justement célèbre. Mais le géologue
- du lecteur, je me bornerai à mentionner, dans les expériences sur la demi-sphère, la proJuction (fîg. 5), avec les bourrelets concentriques au pôle,
- suisse, attaché tout entier, comme son élève et continuateur M. Schardt, à l’étude des contournements
- des couches, ne s’est aucunement occupé des relations en surface des accidents produits. Il n’a rien constaté de ce qui concerne l’àge différent des fractures ou leur con-j u g a i s o n m u -tuelle.
- D’un autre côté, De Chan-courtois a cherché à reproduire sur un ballon de caoutchouc recouvert d’une couche de stéarine les grandes lignes de la distribution des montagnes; mais, jdacé au même point de vue que son maître Elie de Beaumont, il n’a jamais paru soupçonner que les pôles fussent dans
- Fig. 4. — Orogénie experimentale. — A. Cassures produites successivement depuis le haut (le la ligure jusqu’au bas. Imitation des reseaux de chevauchements et de la structure amygdaloïde. —11. Influence d'un bourrelet transversal. Production de cassures synclinales. — C. Influence d une dépression transversale. Production de cassures anticlinales. (D'après des photographies de 31. 3Iassat.)
- Fig. 5. — Cassures successives obtenues sur un hémisphère de plâtre. (Photographie de 31. 31assat.)
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- des conditions autres qu’un point quelconque de la surface terrestre, fùt-il pris à l’équateur. Cette circonstance suffit pour que ses expériences n’aient aucune relation directe avec celles qui viennent d’ètre décrites.
- A ces différents égards, mon travail ne paraît faire double emploi avec aucun de ceux qui l’ont précédé. Le rôle qu’il révèle à la composante tangentielle de la contraction spontanée du globe m’a semblé de nature à fournir une explication rationnelle des faits observés dans la géographie générale de l’Europe, sans me dissimuler comment, à première vue, il peut sembler imprudent de comparer de minuscules produits de laboratoire aux grandes manifestations de la nature. Stamslas Meunier.
- CHRONIQUE
- Un curieux tramway électrique. —Nous avons signalé précédemment1 le principe de la récupération utilisé dans l’industrie des tramways électriques : lorsque la pente d’une voie de tramway est suffisamment importante pour que l’effort-moteur dû à l’action de la pesanteur soit plus grand que l’effort résistant provenant des frottements et de l’inertie, les véhicules se mettent en marche par la seule force de la pesanteur; si les essieux sont munis de moteurs électriques, en raison de la réversibilité de ceux-ci, un courant sera engendré qui pourra être utilisé soit dans des accumulateurs, soit dans les moteurs d’autres voitures. C’est ce principe qui doit être appliqué par la Marquette Iron Range Railroad Company, dans l’État de Michigan (États-Unis d’Amérique), pour Je transport des minerais, s’il faut en croire Engineering News. La ligne, depuis les mines jusqu’au lac Supérieur, aurait environ 2i kilomètres de longueur; elle est en pente continue depuis les mines jusqu’au lac, la déclivité étant de 1 pour 100 environ. Les trains descendants seraient formés de 10 à 15 wagons chargés, pesant chacun 25 tonnes environ. Les trains montants seraient formés d’un nombre égal de wagons vides qui, par conséquent, pèseraient beaucoup moins que les premiers. Ceux-ci engendreraient le courant qui serait lancé dans les lignes et servirait à actionner les moteurs des trains montants. En raison de la différence entre le poids des deux trains, il serait inutile d’avoir d’autre source de courant; les mouvements des trains seraient donc dépendants les uns des autres comme dans le cas des wagons liés par un câble qui montent et descendent sur un plan incliné.
- G. P.
- Le glucinium. — Il se pourrait qu’avant longtemps le métal glucinium vînt à prendre une réelle importance dans l’industrie électrique. Du poids atomique 9,1 et du poids spécifique 2, la résistance à la traction du glucinium est plus grande que celle du fer et sa conductibilité équivalente il celle de l’argent. Ce métal serait donc plus résistant, mécaniquement, que le fer, meilleur conducteur que le cuivre et, en outre, plus léger que l’aluminium. D’après le Journal des Inventeurs, ce s données se vérifient toutes par l’expérience. Nul doute que le glucinium ne tardera pas à être employé dans l’électricité, d’autant plus que sa valeur marchande sera d’environ 200 francs par kilogramme, ce qui est 160 fois moins cher que le même
- 1 Voy. n° 1171), du A janvier 1890, p. 07.
- volume de platine et 10 fois moins cher que le même poids de ce dernier métal.
- Bougies au tannin. — On fait macérer pendant un quart d'heure 5 parties de gélatine dans 20 parties d’eau; on y ajoute ensuite 25 parties de glycérine anhvdre et on chauffe, jusqu’à dissolution complète. A cette masse chaude on ajoute 2 parties de tannin dissous à chaud dans 10 parties de glycérine anhydre. La coagulation qui se manifeste d’abord disparait en continuant à chauffer. Après évaporation de l’eau, on coule dans des moules chauffés que l’on refroidit ensuite dans la glace. De cette façon on obtient des bougies transparentes. L’élimination de l’eau se constate par pesée, ou en déposant une goutte de liquide sur un objet froid. Celle-ci doit rester claire et transparente. (D’après le Journal de Pharmacie d'Anvers.)
- Historique du terme : cheval-vapeur. — C’est à James Watt, l’inventeur de la machine à vapeur, que l’on doit l’introduction dans l’industrie de l’expression cheval-vapeur. La puissance représentée par ce vocable, c’est-à-dire celle qui permet d’élever un poids de 75 kilogrammes à 1 mètre de hauteur en une seconde, est notablement supérieure à la puissance du cheval; celle-ci, en effet, n’est, en moyenne, que de 50 kilogrammètres par seconde, comme on l’a constaté dans des expériences soigneusement faites avec 250 chevaux, et elle devait être la même à l’époque de Watt, car la force du cheval n’a pas dù varier depuis. Comment cet homme de génie en est-il venu à introduire dans la technique une expression aussi impropre? Le journal allemand Promelheus en donne l’explication suivante : Une des premières machines à vapeur construites par Watt devait être installée à la brasserie de Wibread (Angleterre) pour y remplacer les chevaux actionnant jusque-là un jeu de pompes. Pour obtenir une machine d’un aussi bon rendement que possible, pouvant pomper autant d’eau qu’un bon cheval, le brasseur détermina la capacité de travail de celui-ci, en le faisant travailler pendant huit heures, sans interruption, sous le fouet. 11 obtint ainsi le chiffre respectable de 2 millions de kilogrammes d’eau élevée. Le travail ainsi effectué, ramené à la seconde, faisait ressortir à 75T!lkjgrammes la quantité d’eau élevée, à la seconde, à lTaètre de hauteur, et Watt l’adopta, sous le nom de cheval-vapeur, comme base de tous ses calculs. Malgré son inexactitude, le nom de cheval-vapeur est resté à cette mesure conventionnelle.
- École d’horticulture de Genève. — L’Ecole d’horticulture de Genève (Suisse) commencera sous peu une nouvelle année scolaire. Cette utile institution, dit la Revue horticole, donne aux jeunes gens qui se vouent à l'horticulture une instruction complète dans toutes les branches horticoles pratiques et théoriques. Quatorze professeurs y enseignent la floriculture, l’arboriculture, la culture maraîchère, l'architecture paysagère, la culture forestière, la viticulture, la zoologie, l’apiculture, la botanique, la chimie et la météorologie. La pratique occupe une grande partie de la journée ; elle est enseignée par cinq chefs de culture. L’École n’accepte que des internes. La durée des études est de trois ans, au bout desquels il est délivré un diplôme d’horticulteur aux élèves qui ont passé un examen satisfaisant. Les demandes de programmes, renseignements, etc., doivent être adressées à M. Edm. Vaucher, directeur de l’École à Châtelaine, près Genève.
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- LA NATURE.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 24 février 1896. —Présidence de M. Corso.
- Du rôle de certains phagocytes. — Sous le nom de phagocytes, on désigne depuis quelques années des cellules ainiboïdes qui sont aptes à saisir par leurs pseudopodes les corpuscules se trouvant dans leur voisinage. Généralement, ces phagocytes concourent à la nutrition ou à la défense de l'organisme contre les microbes qui tendent à pénétrer dans ses tissus. M. Joannès Chatin décrit un mode de phagocytose particulier a l’huitre. Cette phagocytose, produite par l’intervention de certaines cellules conjonctives, a pour but de débarrasser le sang du mollusque de tous les résidus excrémentitiels qui ne sauraient s’v accumuler sans le vicier rapidement.
- Découverte de vestiges d'animaux fossiles à Madagascar. — M. Deperret, professeur à la Faculté de Lyon, a examiné des vestiges de fosses extrêmement intéressants, découverts, à 46 kilomètres au sud de Majunga, par M. le médecin-major chargé de l’hôpital militaire installé en ce lieu. Cet officier a relevé ces débris sur un plateau de 120 mètres d’altitude situé le long de la rivière. Le terrain appartient au crétacé supérieur, bien caractérisé par certains fossiles. Il a été trouvé un humérus énorme provenant d’un dinosaurien appartenant au groupe des sauropodes et des vertèbres d’un autre dinosaurien du groupe des titanosauriens, enfin une dent d'un ptéropo le carnassier du groupe des mégalosauriens. Ces ve'tiges paraissent révéler des relations étroites entre les fossiles des Indes anglaises et ceux de Madagascar.
- Les animaux des cavernes obscures. — M. Armand Viré a étudié les cavernes du Jura, au point de vue zoologique. Il y a constaté l’existence d’arachnides, de mollusques, de six espèces de crustacés. Il a étudié le développement de l’œil chez ces animaux et a constaté des variations considérables suivant l’habitat des animaux. Chez ceux qui vivent à l’entrée de la caverne et reçoivent un peu de lumière, les yeux sont pourvus de pigment, tandis que chez ceux des régions obscures les yeux sont dépourvus de pigment. Chez certains les yeux sont suppléés par des poils tactiles qui prennent alors une extrême importance. En outre beaucoup de carnassiers sont réduits à vivre de végétaux et de moisissures; les crustacés, à la manière des vers de terre, avalent la vase, pour y chercher les petits organismes. De là des modifications de la bouche et des voies stomacales. Enfin M. Viré a observé que chez les animaux dépourvus de pigment replacés à la lumière, on voyait bientôt réapparaître le pigment sous les téguments.
- La lumière noire et les radiations de Rontgen. — M. Lebon présente une nouvelle Note sur les radiations auxquelles il a donné le nom de lumière noire, radiations qui caractériseraient une forme d’énergie intermédiaire entre la lumière et l’électricité. 11 traite plus spécialement des différences de propagation que l’on observe entre la lumière noire et les radiations de Rontgen. Tandis que le papier noir est opaque pour la lumière noire, il est traversé par les radiations de Rontgen. Au contraire, le cuivre, transparent pour les premières radiations, ne laisse point passer les radiations de Rontgen. Celles-ci traversent bien les substances organiques, tandis que la lumière noire les pénètre médiocrement. MM. Lumière ne croient pas à la réalité de la lumière noire. Ils ont essayé sans succès d'impressionner une plaque sensible, derrière une plaque
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- de cuivre. D’après eux, l’impression ne se produit jamais lorsque l’on prend la précaution de coller du papier noir sur la ligne d’encastrement de la plaque de cuivre. Il n’v aurait donc eu en jeu, dans les expériences qui ont été pratiquées par M. Lebon et ses imitateurs, que la lumière ordinaire ayant filtré par les joints. MM. Dariex et de Rochas ont cherché une explication du phénomène de l’insensibilité de l’œil humain pour les radiations de Rontgen. Dans ce but ils ont étudié la transparence du cristallin et du corps vitré, pour ces radiations. Ils ont constaté qu’un œil de porc dégagé de la sclérotique est imperméable. L’œil étant tenu entre deux doigts de l’un des opérateurs, une plaque sensible impressionnée par les radiations a montré l’ombre des os des doigts, l’ombre atténuée des tissus et enfin une tache noire occupant la place de l’œil : celui-ci n’est donc pas traversé; il est par suite impossible que la rétine les perçoive.
- La désinfection par l'aldéhyde formique. — M. Schut-zenberger communique, au nom deM. Trillat, un procédé de désinfection basé sur l’emploi de la solution d’aldéhyde formique. Cette solution, qu’il est aisé de se procurer, est à 40 pour 100. Si l’on essaye do lancer la substance sur les murs, les tentures ou les objets à désinfecter, au moyen d’un pulvérisateur, on se heurte à une difficulté, qui est la polymérisation de la substance antiseptique. M. Trillat propose un moyen pratique d’utiliser la solution d’aldéhyde. Il enferme la solution dans un autoclave et lance le jet de vapeur lorsque la pression a atteint 5 ou 4 atmosphères. Dans ces conditions, la polymérisation ne se produit pas.
- La propriété du carbure de manganèse. — Ce corps a déjà été préparé par MM. Troost et llautcfeuille, sous l’action de la température du four à vent. Ils en ont étudié les propriétés. M. Moissan l’a préparé également au four électrique et a déterminé sa réaction sur l’eau. Celle-ci est décomposée par le carbure de manganèse; il se produit un mélange gazeux de 60 pour 100 de méthane et de 40 pour 100 d’hydrogène, correspondant à la décomposition de 6 M/t3 par 6 II2 O.
- Varia. — M. de Lapparent présente un traité de géographie physique dans lequel il établit les relations de la géographie et de la géologie. — M. Meslin s’est appliqué à déterminer l’origine des rayons cathodiques; il conclut à un phénomène de phosphorescence dont le siège ne serait ni l’anode ni la cathode. — M. Guntz a étudié les propriétés des métaux retirés des amalgames par distillation à basse température. Ch. de Yilledeuil.
- PIERRES ARTIFICIELLES EN BÉTON1
- M. le commandant Dolot a fait connaître les avantages qui ont été le résultat de l’emploi de pierres de taille factices, en béton de ciment, pour la construction d’un bâtiment militaire à Tunis2.
- Il n’est peut-être pas sans intérêt de décrire les procédés employés pour la fabrication de ces pierres par la maison Coignet, de Paris, dont les produits jouissent depuis longtemps d’une réputation méritée. Le béton Coignet, de même que celui dont on a fait usage à Tunis, ne comporte pas l’emploi de cailloux : il se compose exclusivement de sable mélangé à une certaine proportion de chaux et de ciment.
- 1 D’après une Xolicc du capitaine du génie Boilel (Revue du génie militaire).
- 2 Revue du génie militaire, 1895, l. X, p. 510.
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- LA NATURE.
- Les dosages le plus souvent employés sont les suivants :
- Sable de rivière ou de carrière......... 1 m3
- 1° l Chaux faiblement hydraulique............ 125 kg
- Ciment à prise lenle.................... 50 kg
- Sable de rivière ou de carrière......... 1 m3
- Chaux éminemment hydraulique, .... 175 kg
- ro ( Sable (in (de fontainebleau ou analogue) . . I in3 ( Chaux éminemment hydraulique...............210 kg
- 11 va sans dire qu’on pourrait adopter des dosages plus riches. Les matières sont d’abord mélangées à sec, puis humectées avec une minime quantité d’eau (90 litres environ pour les quantités précédentes) et enfin malaxées énergiquement de façon à assurer l’homogénéité aussi complète que possible de toute la masse. Dans une fabrication en grand, toules ces opérations se font mécaniquement.
- La pâte ainsi préparée, qui a l’apparence de sable à mouler plutôt que de mortier, est versée en couches minces dans les moules préparés pour la recevoir. Ces moules sont en bois, en tôle, en zinc fondu ou en plâtre, suivant le nombre des pièces à fabriquer et la complication plus ou moins grande de leur forme : ils se divisent en morceaux soigneusement assemblés,maintenus par des boulons et d'autant plus nombreux que la forme de la pièce est moins simple.
- PourévileiT’adhé-rence du moule et de la pâte, les moules en bois sont rabotés et il suffit de les essuyer soigneusement après chaque opération ; les moules en tôle ou en zinc sont recouverts d’une couche très mince d’essence de téré-
- les endommagent pas; leur résistance à la compression, variable avec leur dosage et leur âge, peut atteindre 500 à 550 kilogrammes par centimètre carré, alors que la résistance de la pierre d’Euville, premier choix, est, dans les mêmes conditions, de 550 kilogrammes environ.
- Leur prix est de 50 francs pour les blocs parallélipiné-diques d’un volume de 0m3,050 à 0m3,150. Les mêmes procédés sont employés pour la fabrication du béton de marbre et de la mosaïque. Les petits fragments de marbre ou d’émaux sont placés au fond ou sur la surface latérale du moule qu’on remplit ensuite de béton; quand les pièces ont acquis une résistance suffisante, le marbre est poli à l'aide de meules spéciales.
- UN CHIEN EN TANDEM
- Il y a deux ans, nous avons reproduil dans La Nature une photographie qui a attiré l’attention des
- d’un chien traînait la
- amateurs de bicyclette1; il s’agissait
- Attitude d uu chien bicycliste accompagnant sou maître. M. Henri de Thicrsant. (D’après une photographie de M. Paul Tissandier.)
- q u t
- bicyclette montée par son maître, et qui était surtout employé à cette traction dans les montées.
- Le dresseur de ce chien était le I)r Madcuf, qui a souvent eu des idées originales. Non seulement le chien lui rendait de grands services dans les montées , mais sur les bonnes routes plates, il le tirait avec beaucoup d’énergie et, en entraînant son
- benthine; enfin les moules en plâtre, généralement employés pour les pièces de forme compliquée, sont passés au vernis à la gomme laque. On évite l’emploi des corps gras qui laisseraient des traces sur les pierres. Les couches successives sont pilonnées au moyen d’un pilon du poids de 7 kilogrammes, formé d’un bout de madrier de champ, muni à son extrémité d’une bande de fer de quelques millimètres d’épaisseur. Dans les angles, on pilonne au moyen d’un bourroir ou refouloir en bois qu’on frappe avec un maillet. Après' le pilonnage, la surface de chaque couche est grattée au moyen d’une sorte de peigne métallique afin d’assurer sa liaison avec la suivante.
- Aussitôt que la pièce est terminée, on démoule et on fait disparaître la trace des joints à l’aide de spatules métalliques. Les pièces sont laissées en place pendant quatre jours ; après ce laps de temps, elles ont une résistance suffisante pour pouvoir être transportées. On les conserve généralement à l’air libre et on ne les met en œuvre que quelques semaines après leur fabrication.
- Les pierres factices ainsi fabriquées sont très homogènes et très compactes; la gelée et les intempéries ne
- maître avec une satisfaction visible, il le faisait marcher à grande vitesse.
- Nous reproduisons aujourd’hui une photographie qui représente un chien gordon écossais de pure race accompagnant son maître sur un tandem à double direction; le gordon est perché devant son maître et sait se tenir en équilibre.
- Ce chien est seulement un simple touriste ; il ne lui conviendrait pas de se prêter à la traction d’un vélocipède. L’exercice que nous représentons ne pouvait être fait qu’aux descentes ; aux montées le chien trottait à côté de la machine.
- Nos lecteurs bicyclistes qui ont des chiens pourront s’exercer à ce dressage de leur bête; on pourrait faire exécuter, pour la commodité du toutou, un petit siège qu’on attacherait bien équilibré. G. T.
- 1 Yoy. n° 1081, du 17 février 1894, p. 191 et 206.
- Le l'roprictaire-Gérant : G. Tissa.nuieh Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- N° H 88.
- 7 MARS 1890.
- LA NATURE.
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- L’AMIANTE DU CANADA
- Fig. 1. — Mine d’amiante à Perkins-Mills, au Canada.
- La meilleure espèce d’amiante est celle que l'on trouve au Canada.
- C’est elle qui donne les fibres les plus fines, les plus flexibles, les plus solides et les plus propres aux usages industriels et en particulier à la filature et au tissage.
- L’amiante qu’on trouve en Italie a une longueur de fibres parfois considérable mais n'a aucune solidité et ne peut être filé industriellement. Celui qu’on extrait de
- connue jusqu ici
- Fia
- A
- <D
- est court, très coloré et moins solide que celui du
- Canada. C’est pour ces raisons que l’industrie recherche de préférence les produits de ce dernier pays et les paye même un peu plus cher que les autres : cependant les prix actuellement pratiqués, même pour l’amiante du Canada, ne dépassent pas 500 francs la tonne et sont si peu rémunérateurs que la plus grande partie des mines sont aujourd’hui
- droite, aspect de l’amiante sur un morceau de son minerai.
- A gauche, carton et toile d’amiante après des échantillons communiqués par l’auteur.)
- l’Oural et des gisements du Cap de Bonne-Espérance
- fermées. La production de l’amiante dans ce pays,
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- 24° aimée. — 1" semestre.
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- qui était d’environ 20 000 tonnes par an en 1891, est tombée en 1894 à 8091 tonnes, dont 6229 ont été exportées.
- Ce sont les découvertes des gisements de l’Oural et du Cap qui ont fait tomber ainsi le cours de cette matière, qui valait encore en 1891, lorsque j’ai ouvert, avec le concours de M. Henry Hamelle, la première mine française du Canada, environ 2000 francs la tonne pour la première qualité, 1500 pour la seconde, et 800 à 1000 pour la troisième qualité. A ces prix, il y avait une belle marge de bénéfices dans l’extraction de ce minerai. Mais la baisse étant survenue juste au moment où nous commencions sérieusement l’exploitation et ayant pris tout de suite une importance considérable, ce qui valait 2000 francs étant tombé à 800 francs, nous crûmes prudent de ne pas continuer et décidâmes la fermeture de nos mines, ce en quoi nous avons eu raison, ainsi que l’avenir l’a prouvé.
- L’extraction de l’amiante au Canada est localisée dans la province de Québec. On ne l’a trouvé jusqu’ici en quantités suffisantes pour être exploitées que dans un espace relativement restreint situé entre Québec et Montréal, au sud de ces deux villes. Les localités où se trouvent les principales mines sont Thetford, Coleraine, le Lac Noir et Dan ville. On a découvert il y a quatre ans un gisement assez intéressant dans l’Ottawa, au nord de cette ville, dans le district de Templeton : nous avons les premiers ouvert une mine dans ce gisement à Perkins-Mills ; mais la faible longueur delà fibre dans cette contrée, ainsi que sa rareté dans la serpentine à laquelle elle est mêlée, ont empêché cette exploitation d’être lucrative ; nous y avons donc renoncé après quelques mois d’essais infructueux. Une compagnie anglaise qui s’est obstinée à travailler une mine très voisine de la nôtre y a perdu une somme considérable et a été obligée de fermer également. La figure 1 donne une vue d’ensemble de la mine de Perkins-Mills.
- L’amiante du Canada se trouve emprisonné sous forme de veines plus ou moins étendues dans des roches ignées extrêmement dures connues sous le nom de serpentine et d’amphibole. Ce sont, comme l’amiante lui-même, des silicates multiples de magnésie, chaux, alumine et potasse. Quand on désagrège au moyen de la mine les roches dures et qu’on les réduit en fragments, on trouve au milieu de .ces fragments une pierre verdâtre quelquefois presque blanche. Si l’on gratte cette pierre avec l’ongle, on en sépare une libre blanche brillante, soyeuse, très fine et souple, qui est constituée par l’amiante pur. La ligure 2 montre de l’amiante sur un morceau de son minerai, ainsi qu’un morceau de carton et de toile d’amiante.
- Cette désagrégation des roches amiantifères s’effectue parfois sous l’effet des phénomènes naturels, par la gelée et le dégel. Une certaine quantité de libres se trouvent ainsi mises en liberté, sont entraînées par les eaux au moment de la fonte des neiges et s’amassent en flocons dans le fond des
- ruisseaux, arrêtés par une branche d’arbre ou par une pierre en saillie. C’est ainsi du reste que la présence de l’amiante dans certains points du Canada a été découverte. Les sauvages, Durons, Iroquois et autres, recueillaient ces flocons de fibre textile, cette laine de montagne comme ils disent dans leur langage expressif, et en faisaient des bas, des gants, du fil, etc. L’Européen ou l’Américain civilisé, voyant ces objets et ayant reconnu leur nature minérale, chercha la roche qui produisait ces fibres si blanches, et, l’ayant reconnue, il l’exploita; voilà l'origine des mines d’amiante du Canada qui ont eu leur heure de prospérité et ont amené dans ce pays bien des millions.
- La roche dans laquelle l’amiante est emprisonné étant extrêmement dure, on ne peut extraire le minerai que par la mine. On opère exactement de la même manière que pour le phosphate, dont j’ai indiqué le mode d’exploitation dans La Nature1 il y a quelques années. On perce, soit à la main, soit à la machine, des trous assez profonds dans la roche, on les remplit de dynamite et de poudre de mine, on fait sauter et on réunit à l’usine tous les fragments dans lesquels l’examen préalable a permis de constater la présence de la fibre, pour la dégager de son entourage au moyen d’un petit marteau d’acier à manche court.
- On sépare par ce moyen le minerai de sa gangue et on le trie à la main en mettant de côté toutes les parties ayant plus de 2 centimètres de longueur, ce qui correspond à la première qualité, puis tout ce qui est compris entre 1 et 2 centimètres, ce qui donne la seconde qualité, et enfin ce qui a moins de 1 centimètre, qui fait la troisième qualité.
- Il reste encore dans les débris de serpentine ou d’amphibole qui forment le résidu de ce travail une quantité de fibres assez importante pour qu’on ait songé à l’extraire par des moyens mécaniques. C’est ce que deux compagnies anglaises viennent d’entreprendre. Se plaçant sur des chutes d’eau, qui sont si communes dans ce beau pays, afin d’avoir la force gratuitement, ces compagnies ont installé de puissants moulins broyeurs et des pulvérisateurs « Cyclone », ce qui leur permet de réduire en poudre 100 tonnes par jour déminerais abandonnés et d’en retirer encore une quantité d’amiante assez élevée. Cet amiante est très court et de faible valeur, mais comme il ne coûte pour ainsi dire rien à produire, c’est une source de bénéfices qui vient Rajouter et qui permet de payer un peu mieux les ouvriers de la mine.
- Les fibres de première et de seconde qualité sont employées actuellement à la filature et au tissage. On les transforme en fils et en tissus dont les applications sont nombreuses : vêtements de pompiers, linceuls pour l’incinération des corps, dans les cas de crémation, coussins et matelas de protection des chaudières des torpilleurs, presse-étoupes pour les machines à vapeur; tentures pour les décors de théâtres, etc.
- On arrive aujourd’hui à tisser cette fibre d’une
- 1 Yoy. a0 015, <lu 15 décembre 1890, p. 25.
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- manière tellement habile qu’un mètre carré ne pèse que 520 grammes. Ce sont du moins les résultats que nous avons constatés dans l’usine de MM. Hamelle et Chedeville à Saint-rierre-lez-Elbeuf, qui ont poussé cette industrie au plus haut degré de perfection.
- Quant aux troisièmes qualités, on s’en sert pour l'aire du papier, du carton d’amiante, des bourrages de matelas calorifuges, des enduits et peintures ignifuges pour les maisons et les théâtres. Les lecteurs de La Nature ont du reste déjà lu dans ce journal la description des diverses utilisations de cet intéressant minéral.
- Disons en terminant ces lignes que son cousin germain, le mica, autre silicate multiple qui, au lieu de cristalliser en fils, a cristallisé en plaques, se rencontre en abondance dans tous les endroits où l’on trouve l’amiante ou le phosphate au Canada, et que, grâce aux besoins sans cesse croissants de l’électricité, son extraction devient chaque jour plus importante et prend peu à peu la place que celle de l’amiante a perdue par suite de la concurrence étrangère. A. Ladureau,
- Ingénieur chimiste.
- LES MÉFAITS DE LA FOUDRE
- AUX ÉTATS-UNIS
- De 1890 à 1894, la foudre a causé la mort, aux Etats-Unis, de 1120 personnes : 120 en 1890, 204 en 1891, 251 en 1892, 209 en 1895 et 556 en 1894. Ces nombres sont certainement encore au-dessous de la vérité, car les renseignements pour les régions éloignées sont naturellement incomplets par suite de la difficulté de les réunir.
- De 1884 à 1892, le fluide électrique a causé 5516 incendies, entraînant une perte matérielle d’environ 70 millions de dollars. Les bâtiments frappés par la foudre ont surtout été les greniers et les hangars agricoles (2555), puis les maisons particulières (664) et enfin les églises (104).
- La foudre semble avoir des préférences géologiques, car pour 1 fois qu’elle est tombée sur le calcaire, elle est tombée 7 fois sur l’argile, 9 fois sur le sable et 22 fois sur les terrains d’alluvion.
- Elle préfère de beaucoup certains arbres à d’autres : pour 1 fois qu’elle a frappé le bouleau, elle a atteint 15 fois le pin et 54 fois,1e chêne.
- En 1894, en outre des personnes tuées, il y eut 551 personnes gravement atteintes. Les dégâts aux propriétés, pendant la même année, furent les suivants : 268 granges détruites, causant une perte de 407 500 dollars; 55 églises endommagées, perte inconnue; 261 habitations, et un certain nombre de fabriques, d’élévateurs, de réservoirs d’huile, etc., avec une perte de 551 000dollars.
- Aux méfaits de la foudre, il faut ajouter ceux provoqués par le vent. En 1895, 599 morts ont été amenées par cet agent atmosphérique parfois si violent, surtout dans les lornadoes, ce fléau des grandes plaines américaines. En 1892, on avait compté 252 morts par la même cause.
- Depuis 1891, le (( Weather Bureau » de Washington a donne ordre à ses agents de le renseigner, à la fin de chaque mois, sur les cas de mort occasionnés par la foudre et le vent et sur le montant des dégâts survenus aux propriétés1.
- 1 D’après Ciel et Terre.
- ÉLÉPHANTS DÉBARDEURS ET C0LT1NEURS
- Aux Indes anglaises, les éléphants mâles et femelles rendent de signalés services en mille circonstances diverses. Les uns, objets de la vénération du peuple, vivent dans les temples hindous ; ils semT Lient tiers du rôle qu’ils jouent, lorsque, harnachés richement d’étoffes de pourpre et d’or, ils s’avancent solennellement en longues théorios, entourés des prêtres bouddhistes leurs gardiens. D’autres, sur la frontière afghane, à Gruelta et à Peshawur, trament de lourdes pièces d’artillerie de leur allure calme et tranquille, sans qu’ils paraissent déployer le moindre effort musculaire, et sans aucune fatigue apparente.
- Mais, ceux de ces animaux qui sans contredit accomplissent un travail demandant à la fois de l’intelligence et une force prodigieuse, se rencontrent principalement dans les immenses chantiers de bois de construction dans la province du Burnab. Là, existent des éléphants débardeurs et coltineurs, d’une adresse telle que les meilleurs ouvriers habitués de longue date à manier de pesants fardeaux ne montrent pas plus d’habileté que ces pachydermes. Rien n’est plus curieux ni plus intéressant que de voir ces animaux à l’œuvre. Sous la conduite de leurs cornacs juchés sur leurs puissantes épaules, ils exécutent avec une docilité absolue, une rapidité et une dextérité sans égales, le travail qui leur in-combe; jamais ils ne refusent leur concours.
- Le plus important de ces chantiers, celui de Rangoon, reçoit la majeure partie des bois de charpente qui proviennent de forets sans bornes longeant le fleuve majestueux l’Irrawaddy. C’est une voie par laquelle arrivent flottés, jusque sur les marches de l'Est indien, les gigantesques troncs de bois de teck.> Ces énormes poutres forment de longs radeaux abandonnés au gré des eaux et suivent le courant qui les transporte lentement mais sûrement au port. En avant du chantier de Rangoon, existe une vaste lagune où, à demi enfouis dans la vase, s’arrêtent ces radeaux. Quelques ouvriers indigènes s’occupent au fur et à mesure de leur arrivée, à trancher à coups de hache les liens qui unissent les troncs équarris.
- C’est alors que commence le travail des éléphants; Plongeant sans hésitation la lourde masse de leurs corps dans les eaux bourbeuses de l’Irrawaddy, ils se dirigent en toute hâte vers les pièces de bois. Chacun de ces animaux appuie l’extrémité de sa trompe sur la partie du tronc émergeant de l’eau, puis, d’un puissant effort, il le pousse et le conduit vers le rivage, jusqu’à complet atterrissage (tîg. 5)» L’intelligente initiative du pachyderme le dirige dans son labeur, son cornac se borne en etfet à lui désigner de la voix et du geste la poutre à guider et conduire à terre. De nouveaux commandements deviendraient superflus; l’éléphant, comprenant à merveille ce qui lui reste à faire, s’exécute toujours de bonne grâce et avec diligence.
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- LA NATURE.
- Douze de ces animaux, onze mâles et une seule femelle, travaillent constamment dans le chantier. De tous ses compagnons la femelle est de beaucoup la plus intelligente, aussi la charge-t-on des opérations délicates. C’est elle qui, a la scierie mécanique, présente aux dents de l’outil la pièce de bois que l'on doit débiter. Elle se sert de sa trompe comme d’une main; enlève au fur et à mesure les planches achevées et les range symétriquement en tas, afin d’activer leur séchage. Dès que la sciure s'amoncelle, menaçant de tout envahir, l’intelligent animal, de son souffle puissant, la disperse au loin, évitant ainsi l’encombrement qui ne tarderait pas à se produire.
- Mais, dès que a cloche sonne, indiquant aux ouvriers l’heure des repas, ni menaces, ni caresses ne parviendraient à retenir sur le chantier cette femelle avisée qui, peu de minutes auparavant, faisait preuve de la plus grande activité. Elle comprend que tout travail cesse momentanément et qu’elle aussi a bien le droit de prendre quelques instants d’un repos bien mérité. Bien mieux, par ses barètements aux intonations particulières, elle semble sévèrement admonester ceux de ses compagnons qui s’attardent dans l’achèvement d’un travail commencé. Son agitation ne prend définitivement fin qu’après avoir vu le dernier éléphant regagner
- en toute hâte l’écurie et le râtelier communs.
- Dès que le contremaître donne le signal de la reprise du travail, chacun des pachydermes se remet à l’ouvrage. L’un, entourant de sa trompe
- puissante une énorme pièce de bois, la tire à terre, et, saisissant avec une habileté vraiment surprenante le moment exact où elle se trouve à demi sortie de l’eau, il l'empoigne et la transporte, prise au milieu de sa longueur, au tas où il doit la déposer (fig. 1). Il arrive fréquemment que le poids de ces troncs d’arbre est tellement considérable que, malgré son extra-ordinaire vigueur, l’animal ne peut seul en opérer le transport. Un de ses compagnons,-voyant son embarras, arrive vite à son aide. Tous deux unissent leurs elforts;avec une remarquable entente, chacun tient ferme dans sa trompe la pesante poutre par ses extrémités et dès lors le transport au tas s’opère facilement(fig.2). Mais bientôt l’amoncellement des pièces de bois augmente. Il faut les ranger méthodiquement pour éviter qu’elles ne glissent les unes sur les autres. Rien ne semble plus facile à ces intéressants et intelligents animaux. Si l’emploi de la trompe ne suffit pas, ils'font usage de leurs défenses. Us les piquent dans le bois et poussent successivement chaque tronc jusqu’au moment où le tas présente une régularité absolue,
- Fig. 1. — Un travailleur au long nez.
- Fig. 2. — Travail d’ensemble.
- Fig. 5. — Éléphant conduisant une pièce de bois vers le rivage.
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- LÀ NATURE.
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- aucun d’eux ne dépassant les autres (fig. 4 et 5).
- On reste en vérité confondu en constatant toute l’intelligence et la réflexion mises en œuvre par ces éléphants dans l’exécution des travaux qu’on leur demande, et qui varient chaque jour. Quelle que soit leur occupation, et pourvu que leurs cornacs n’exigent pas d’eux un labeur au-dessus de leurs forces, ces animaux font preuve d’un extrême bon vouloir; ils montrent en outre une ardeur égale et soutenue qui ne faiblit jamais.
- Seule la parole leur fait défaut pour exprimer les pensées qui les agitent. Cependant leurs conducteurs, habitués de longue date à leurs agis-sements, affirment qu’ils comprennent ces pachydermes, {tout comme ces derniers savent se comprendre entre eux sans qu’il puisse y avoir le moindre doute à cet égard.
- En effet, par des modulations variées imprimées à leurs cris, ils s’appellent mutuellement à l’aide. Lorsque l’un d’eux se trouve momentanément arrêté dans l’accomplissement de son travail, et cela pour une cause quelconque, il barète d’une manière tout à fait spéciale. Aussitôt un de ses compagnons qui entend l’appel se détache et vient au secours de l’éléphant impuissant. Cela se passe non seulement au grand chantier de Rangoon, mais aussi dans ceux de moindre importance que l’on rencontre un peu
- partout, le long du cours de l’Irrawaddy. Nombreux ou pas, ils ne manquent jamais de s’entr’aider, bien souvent avec un empressement qui se trouve, hélas ! moins fréquemment parmi nos semblables.
- En très peu de temps, quelques semaines au plus, les éléphants nouveaux venus ont compris ce qu’on désire d’eux et deviennent aussi habiles que leurs compagnons plus anciens sur le chantier. Avec autant d’intelligence que ces derniers, ils ne tardent pas à exécuter leur labeur quotidien. On conçoit aisément de quels soins assidus les propriétaires de ces animaux, précieux , auxiliaires dans les travaux de débardage et de coltinage, les entourent. Pour eux en effet, un éléphant mâle ou femelle, bien portant et vigoureux, représente une économie considérable sur le prix de revient de la main-d’œuvre, un de ces animaux accomplissant à lui seul et à meilleur compte le travail de plusieurs robustes ouvriers réunis.
- Dans la journée, un moment de repos leur est accordé (fig. 6). Dura nt la saison chaude, ces pachydermes restent exposés aux torrides rayons d’un soleil de feu, rendus plus pénibles encore par le voisinage des eaux somnolentes de l’Irrawaddy. Us se montrent très sensibles aux morsures de l'astre incandescent, succombent parfois sous le choc d’une congestion cérébrale. C’est pourquoi,
- Fig. i. — Éléphant empilant des pièces de bois.
- Fig. S. — Éléphant rangeant une pièce de bois.
- Fig. 6. — Un moment de repos.
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- aux heures les plus brûlantes de la journée, leurs propriétaires les affublent d'une sorte de • easque léger qui leur couvre le sommet de la tôle et les protège contre les atteintes de ces meurtriers rayons. Ils évitent ainsi la perte de ces utiles collaborateurs, que l’homme, quoi qu’il lasse, ne parviendrait pas toujours à remplacer d’une manière avantageuse. Gu. Marsillon.
- U FRÉQUENCE DES 0R4GES
- La statistique des orages, comme celle de beaucoup d’autres phénomènes atmosphériques, nous a toujours paru quelque peu arbitraire. Bien souvent il nous a été impossible d’utiliser, dans certaines études, les nombres fournis par les meilleures publications météorologiques, parce que ces nombres n’avaient pas une signitication bien définie. C’est surtout lorsqu’on veut comparer la fréquence des orages dans deux localités, et à plus forte raison dans deux pays, que l’on manque de données précises.
- Il n’est pas de bonne comparaison sans l’emploi d’une commune mesure. Il est donc nécessaire que tout phénomène qui est compté comme orage dans une station le soit aussi dans les autres lorsqu’il s’y manifeste.Tout d’abord ce principe si logique et même si naturel semble très facile à appliquer; mais il n’en est malheureusement pas ainsi quand on passe à la pratique.
- Les manifestations atmosphériques désignées sous le nom d’orages peuvent, en effet, avoir tous les degrés d’intensité, depuis le simple éclair ou le coup de tonnerre à peine perceptible, jusqu’aux plus formidables éclats de la ioudre meurtrière ou incendiaire, accompagnés de pluies torrentielles, de vents destructeurs et de grêles dévastatrices. D’un autre côté, le même orage peut frapper le lieu d’observation de bien des façons différentes : ou très légèrement, ou avec une intensité beaucoup moindre que les localités voisines, ou avec une violence extrême. Un observateur qui ne fera qu’entrevoir un pâle éclair, qui n’entendra qu’en prêtant l’oreille un roulement lointain de tonnerre, qui ne recevra que de rares gouttes d’eau aussitôt évaporées, comptera-t-il le phénomène comine orage au même titre que son voisin dont le pays sera incendié par le feu du ciel, ravagé par la grêle, bouleversé par le vent, inondé par des torrents de pluie? Évidemment non, comme les bulletins de nos correspondants nous permettent de le constater fréquemment. Et cependant il n’est guère possible de tenir compte de toutes les,nuances, surtout dans les statistiques.
- C’est pour cela qu’on pourrait se contenter de distinguer : 1° Les orages qui se manifestent en totalité ou en partie au zénith du lieu d’observation ; — 2° ceux qui passent dans le voisinage; — 3° le tonnerre éloigné; — 4° les éclairs lointains.
- Quoique sommaire et nette, cette classification présente encore quelques difficultés dans son application.
- Les éclairs lointains, le tonnerre éloigné, les orages voisins seront signalés par un observateur zélé, placé dans un endroit silencieux, jouissant d’un horizon bien découvert ; ils échapperont à un correspondant moins attentif, ou même excellent, s’il se trouve dans des conditions défavorables pour voir et entendre ce qui se passe dans les environs, comme cela arrive souvent, même dans les observatoires. C’est ce qui fait que deux observateurs, installés dans deux localités voisines, voire dans la même localité, ne signalent presque jamais le même nombre annuel d’orages. Quelquefois aussi on néglige les faibles orages; peut-être même les forts orages qui n’ont pas intéressé l’agriculture en bien ou en mal; mais en revanche il est rare qu’on oublie de signaler les orages à grêle, surtout quand ils ont causé des dégâts.
- Que doit-il arriver lorsque l’on note comme orage les éclairs lointains qui demandent quelquefois, pour être aperçus, une grande vigilance, ou un heureux hasard? Alors certainement les nombres des o: âges comptés dans les diverses stations d’observation cessent d’être comparables. A Clermont-Ferrand, le nombre annuel des journées d’orages augmente à peu près de moitié si l’on y ajoute les jours pendant lesquels il y a eu tonnerre dans le voisinage, et il devient presque double lorsqu’on lui
- adjoint aussi les jours qui n’ont donné que des éclairs lointains. (Voir le diagramme.)
- Ce qu'il y a de plus grave c’est que l’inexac-titude numérique s’augmente d’une erreur de fait ; car l’orage qui passe loin d’une station, ou même dans le voisinage d’une station, n’est pas un orage qui atteint cette station. Quand le ciel est pur et que l’air est calme, ce n’est pas l’orage; c’est le beau temps, quelque troublé que soit l’atmosphère dans les localités environnantes. Aussi, pendant une des dernières séances de la Société météorologique de France, le savant et consciencieux météorologiste qui dirige l’observatoire du Parc-Saint-Maur, M. Renou, disait que, raisonnablement, il n’est pas possible de compter comme orage à Paris des éclairs vus de la capitale, mais provenant d’un orage en Auvergne. C’est bien évident. Mais l’évidence n’est pas moins grande si l’orage, au lieu d’étre en Auvergne, se trouve dans le Bourbonnais, ou dans le Nivernais, ou même simplement en dehors de Paris.
- 11 nous semble que chaque station météorologique, tout en enregistrant les divers genres de manifestations électriques, devrait posséder des instructions assez précises pour ne compter comme jours d’orage que les jours pendant lesquels la station même aurait subi l’orage. Les orages, en effet, pour tous ceux qui les ont observés de leurs propres yeux, ou qui les ont étudiés assez en détail, ont quelquefois, dans certaines régions si ce n’est partout, des dimensions fort restreintes. Que de fois avons-nous reconnu, de visu ou sur nos cartes d’étude, que de violents orages, nettement délimités, n’avaient qu’un kilomètre ou deux de largeur, et parcouraient à peine 10 à 20 kilomètres pendant leur existence éphémère? C’est parce que beaucoup d’orages n’atteignent que deux ou
- 16 1880 1885 1890 18!
- Journées d’orages, de tonnerre et d’éclairs à Clermont-Ferrand.
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- trois communes et peuvent rester inaperçus à 8 ou
- 10 kilomètres de distance, qu’il est nécessaire, pour les observer tous, d'organiser un réseau régulier et assez dense de stations sur toute la surface du territoire à étudier.
- Quand les orages auront été comptés dans ces conditions et d’après les principes que nous venons d’exposer, on en déduira exactement leur fréquence annuelle dans une station : elle sera donnée tout simplement par le nombre même des jours d’orage observés. La fréquence des orages dans un pays, par exemple en France, en Espagne, etc., sera exprimée par la moyenne déduite d’un grand nombre de stations régulièrement espacées.
- Pour donner une idée des erreurs considérables qu’on commettrait en opérant autrement, il suffira de dire qu’à Clermont-Ferrand, où il y a en moyenne 17 orages vrais par an, on compte 35 journées qui présentent des manifestations électriques quelconques, tandis qu’il y en a 74 pour le département du Puy-de-Dôme, et 260 pour toute la France. En conséquence, on ne pourra établir de comparaison exacte qu’entre les pays pour lesquels la fréquence orageuse aura été établie d’après les mêmes règles. Il ne serait donc pas rationnel de dire, par exemple, sans tenir compte de la nature des manifestations électriques et sans faire intervenir l’étendue des territoires ou le nombre et la répartition des stations d’observation, qu’il y a en France autant de journées orageuses qu’en Russie, deux fois plus qu'en Angleterre, cinq fois plus qu'au Caire, et quinze fois moins qu’en Abyssinie.
- Alalheureusement il est probable que dans aucun pays l’observation des orages n’est organisée de façon à fournir des nombres rigoureusement exacts. Cela n’empêche pas les statistiques d’être fort nombreuses. Il faut s’en contenter pour le moment puisqu’on n’a pas mieux ; mais on ne doit les accepter et en faire usage qu’avec les restrictions qu’elles comportent. J.-R. Plumandon,
- Météorologiste à l’Observatoire du Puy de Dôme.
- LE DÉVELOPPEMENT EN FRANCE
- DES TRAMWAYS A TRACTION MÉCANIQUE
- Le tramway à traction mécanique étant la question du jour, il est intéressant de suivre le développement en France de ce genre de locomotion (si apprécié du public) pendant les dix dernières années.
- En 1885, il existait, dans 9 départements, 15 lignes de tramways ayant une longueur totale exploitée de 230 kilomètres. Le service était assuré au moyen de 107 locomotives représentant une puissance de 2960 chevaux-vapeur.
- 11 n’y avait pas une seule ligne dans le département de la Seine.
- Les départements les mieux partagés étaient le département de l’Aisne, avec trois lignes d’une longueur totale exploitée de 30 kilomètres, possédant 10 locomotives représentant une puissance de 90 chevaux-vapeur; le département de la Loire, avec une ligne d’une longueur totale exploitée de 39 kilomètres, possédant 54 locomotives représentant une puissance de 1560 chevaux-vapeur; le département du Nord, avec 4 lignes d’une longueur totale exploitée de 95 kilomètres, possédant 44 locomotives représentant une puissance de 1043 chevaux-vapeur; le département de Seine-et-Oise, avec deux lignes d’une longueur totale exploitée de 12 kilomètres, possédant 11 locomotives représentant une puissance de 237 chevaux-vapeur.
- En 1895, il existait, dans 25 départements, 67 lignes de tramways ayant une longueur totale exploitée de 1256 kilomètres. Le service était assuré au moyen de 582 locomotives représentant une puissance totale de 21 844 chevaux-vapeur.
- Les départements les mieux partagés étaient : le département des Rouches-du-Rhône, avec 5 lignes d'une longueur totale exploitée de 18 kilomètres, possédant 16 locomotives représentant 424 chevaux-vapeur ; le département de la Côte-d’Or, avec 4 lignes d'une longueur totale exploitée de 147 kilomètres, possédant 15 locomotives représentant 2715 chevaux-vapeur; le département de la Dordogne, avec 2 lignes d’une longueur totale exploitée de 122 kilomètres, possédant 8 locomotives, représentant 1072 chevaux-vapeur; le département de l’Isère, avec 5 lignes d’une longueur totale exploitée de 143 kilomètres, possédant 27 locomotives représentant 3020 chevaux-vapeur; le département du Nord, avec 4 lignes d’une longueur totale exploitée de 124 kilomètres, possédant 61 locomotives représentant 1613 chevaux-vapeur; le département du Rhône, avec 4 lignes d’une longueur totale exploitée de 42 kilomètres, possédant 39 locomotives représentant 1345 chevaux-vapeur.
- Enfin, le département de la Seine (qui ne possédait aucune ligne en 1885), avec 12 lignes d’une longueur totale exploitée de 101 kilomètres, possédant 54 locomotives, représentant 2320 chevaux-vapeur. Le développement a été particulièrement rapide à Paris, dans ces dernières années.
- Si nous représentons, en 1885, le nombre des départements possédant un service de tramways, le nombre des lignes en service, le nombre des kilomètres exploités, le nombre des locomotives et la puissance de ces machines, par le chiffre 1, nous voyons qu’en 1895 il existe environ trois fois plus de départements possédant un service de tramways, exploitant 4,5 fois plus de lignes, d’une longueur exploitée 5,5 fois plus grande, possédant 3,5 fois plus de locomotives représentant une puissance 7,5 fois plus grande. E. Ode,
- Contrôleur des Mines.
- DESSINS SUR YERRE ET SUR PORCELAINE
- Le Praticien indique deux procédés pour dessiner sur verre. Le premier consiste à écrire ou dessiner sur les plaques de verre ou de porcelaine, à l’aide de crayons spéciaux formés d’une matière vitrifiable et qui existent tout fabriqués dans le commerce. Lorsque le dessin est terminé, on passe la plaque au four; la matière déposée par le dessinateur se vitrifie et devient inaltérable. Le second procédé consiste à employer des couleurs spéciales, dénommées céramo-peinture, émail, etc., qui produisent un bel effet décoratif et s’appliquent sur toutes sortes d’objets sans nécessiter le passage au four. On trouve ces peintures spéciales chez les marchands de couleurs.
- APPAREIL AUTOMATIQUE POUR
- L’AGRANDISSEMENT ET LA RÉDUCTION
- DES CLICHÉS PHOTOGRAPHIQUES
- Depuis que les petits appareils photographiques ont pris l’extension que l’on constate tous les jours, les moyens d’obtenir facilement des agrandissements s’imposent de plus en plus.
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- LA NATURE.
- Les constructeurs de ces appareils ont été du reste généralement au-devant de l’objection qu’on pourrait leur faire au sujet de la faible dimension des images et livrent, en même temps que l’appareil photographique, un appareil spécial permettant de faire le tirage du positif à un format quatre fois plus grand que le cliché. Ce sont de véritables appareils d’agrandissement, mais d’une construction simple, dans lesquels on n’a à s’occuper ni de la mise en plaque, ni de la mise au point, puisque les proportions du cliché et de l’épreuve positive restent constantes.
- L’appareil que nous représentons (voir la figure) a été construit par M. Gaumont dans le but de donner à l’opérateur une latitude plus grande, aussi bien dans la dimension du cliché que dans celle de l’épreuve positive, tout en restant cependant automatique, c’est-à-dire ne nécessitant pas de mise au point.
- A cet effet l’objectif, monté vers l’extrémité d’une caisse en forme de pyramide tron- . quée, peut se déplacer d’une certaine quantité dans le sens de la longueur de la caisse. Mais ce déplacement, qui devait rester relativement petit pour que l’appareil garde des proportions maniables, ne suffirait pas pour modifier d’une façon sensible le rapport. d’agrandissement. Il a fallu pour cela changer automatiquement, le foyer(.de l’objectif. On y arrive en interposant une lentille supplémentaire entre les deux autres. Ainsique le représente notre gravure (n° 2), ces lentilles E sont montées sur un ruban d’acier fixé dans' une position1 immuable par ses extrémités C et I) et? traversant’l’objectif' à la place du diaphragme en passant sur, deux poulies fixées aux extrémités';de la planchette ,'d’objectif. Au moyen d’un ’bouton moleté A, agissant sur une crémail-1ère B, on peut, de l’extérieur de la caisse, faire monter ou descendre cette planchette. Il s’ensuit que le point d’appui du.ruban’GI) sur les poulies change de,place et que les lentilles supplémentaires E viènnent 'successivement se présenter au eéntre de l’objectif. Cette position est exactement repérée sur un cadran qui se trouve au-dessous du bouton de manœuvre (n° 1 ) et le chiffre marqué par l’aiguille indicatrice indique la proportion de l’agrandissement. Pour les appareils construits jusqu’à présent on a le
- choix entre 2 fois, 2 fois et demie, 5 fois et 4 fois la grandeur du cliché.
- Celui-ci peut varier de la dimension4x4 jusqu’à 9 X 12 en passant par diverses dimensions intermédiaires ; il se place, dans de petits cadres disposés ad hoc, à la partie supérieure de l’appareil, où il est protégé par un volet à charnière. A l’autre extrémité se trouve un châssis 18x24 à rideau, qui peut recevoir soit un papier au gélatino-bromure, soit une glace sensible.
- Lorsque tout est ainsi disposé et qu’on a décidé le rapport d’agrandissement qu’on veut obtenir en tournant l’aiguille en face du chiffre choisi, on met l’appareil au jour en ayant soin de ne pas le tourner vers le soleil, mais vers la partie opposée du ciel; puis on ouvre le rideau du châssis inférieur et on découvre le volet qui masque le cliché.
- La pose est toujours assez longue, 3 ou 4 minutes, même par belle lumière, parce que le constructeur,voulant réduire la longueur de l’appareil, pour le rendre très portatif, a dû prendre un objectif à très court foyer ; il s’ensuit que les diaphragmes sont très petits. Mais cela n’est pas un inconvénient, car le temps de pose est d’autant plus facile à obtenir exactement qu’il est plus long. Si on doit poser par exemple 4 minutes, on a le temps de vérifier exactement cette pose et une erreur de quelques secondes n’a pas grande importance; tandis que si on ne doit poser que 4 secondes, il faut beaucoup d’attention pour arriver juste et on peut facilement se tromper du quart de la pose jugée nécessaire.
- Il est clair que l’appareil est réversible, c’est-à-dire qu’en plaçant un cliché à la partie inférieure, à la place du châssis, et en mettant à la partie supérieure un petit châssis contenant une glace sensible, on fait des réductions, ce qui a souvent son utilité pour faire avec des 18x24 ou des 13x18 des clichés destinés à la projection.
- ‘ Cet appareil rendra donc doublement service aux amateurs en leur permettant de faire sans aucune installation spéciale deux opérations qui nécessitent généralement un matériel assez coûteux.
- G. Mareschal.
- Appareil de,. M, Gaumont pour l'agrandissement et\la réduction des clichés. 1. Vue d’ensemble. — 2. Details intérieurs.
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- LES RUINES DE NHON-TO
- Fig. 3. — Détail des trois statues du miêu de Nhon-To,
- Nhon-To est situé à 15 kilomètres au sud de Tou-rane. Une seule tour (fig. 1), haute de 7m,50, qui semble plutôt être le portail d’autres monuments dis-
- parus, subsiste encore. Aucune trace de sculptures ni d’ornements. Toute la construction, jusques et y compris les filets et linteaux, est en briques ;
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- LA N AT Ü UE.
- l’espace intérieur s’élève jusqu’au sommet plat et fermé de la tour. La végétation désagrège ce qui reste, des racines ont pénétré et-circulent dans-l’in-térieur des murailles ; des matériaux éboulés gisent de tous côtés.
- Derrière la tour, un miêu (fig. 2) (chapelle bouddhique annamite) renferme trois statues en grès, peintes, de rare facture. La statue du milieu (tîg. 5) mesure 1 mètre de haut et pèse approximativement 180 kilogrammes; elle repose sur un éléphant sculpté dans la face antérieure du socle. Les deux autres statues ont 65 centimètres de hauteur et pèsent 70 kilogrammes.
- Dans le miêu figuraient sur un autel deux statuettes en bronze, d’origine chinoise, représentant, l’une, Kwan-Yin (hauteur, 51 centimètres), la couronne ornée d’un Bouddha, méditant, les jambes croisées; l’autre, Koui (hauteur, lm,97), la main droite levée, la gauche sur la hanche, vêtu du tienyé (robe à banderoles flottant par derrière), avec, sur la nuque, l’ouverture pour y placer les baguettes parfumées. Toutes deux, ainsi que les statues en grès, avaient la tête couverte d’un morceau de cotonnade rouge. Les notables n’ont pu m’en dire la provenance.
- Les Annamites, qui n’observent plus du bouddhisme que certains rites confus et irraisonnés, ont subordonné à leur vague religiosité les objets votifs et iconologiques abandonnés par les peuples qui les ont précédés, ou qui ont été amenés à séjourner plus ou moins longtemps chez eux, par les hasards de la guerre ou du négoce.
- L’espace compris entre la tour et la pagode du village est en forêt ainsi que les alentours immédiats des ruines. Sur le même territoire, mais à 1 kilomètre au sud de la tour, existe un caveau renfermant une statue en grès de même origine que les trois précédentes. Les briques qui ont servi à la construction proviennent d’une tour qui se trouvait à l’emplacement du caveau. Les gens du village lui ont conservé l’appellation de « thap hoi » (tour des barbares), et prétendent que le caveau et la statue sont tjames. Aucun notable n’a pu ou voulu m’indiquer ce qu’étaient devenus les débris de la tour, qui ont dû servir à la restauration de quelque grande pagode1. G. Paris.
- LA CATASTROPHE DE L’ALTELS2
- Le récent éboulement du glacier de l’Altels a été soigneusement étudié dans ses relations avec d’autres phénomènes du même genre, par plusieurs géologues suisses. Le professeur Heim, de Zurich, a été chargé de présenter un rapport complet sur l’accident; ce travail, pour lequel il a été nécessaire de rassembler une grande quantité de documents divers, vientd’étre publié3. De son
- 1 J’ai découvert depuis lors, au village de Bo-Mang, à environ i kilomètre du caveau, une stèle en forme d’écusson, avec une ligne de faîte sur l’épaisseur, couverte d’inscriptions sur toutes ses faces. Je l’ai estampée.
- . 2 Yoy. n°1170, du 2 novembre 1895, article de l’auteur.
- 3 Voy. n° 1180, du 22 février 1890, Bibliographie,
- côté M. Forel,: de Morges, connu de tous nos lecteurs pour ses importants travaux sur les montagnes et les lacs, vient de donner, dans les Archives des sciences physiques de Genève, une autre étude sur cet éboulement, de laquelle nous extrayons les détails qu’on va lire.
- M. Forel classe les catastrophes glaciaires en quatre catégories : éboulement d’un glacier à sec ; éboulement par accumulation d’eau ; dérivation des eaux d'écoulement ; formation d’un lac temporaire par barrage d’un vallon, et rupture subséquente de la digue.
- On remarque, du reste, que la plupart de ces accidents se répètent à intervalles plus ou moins éloignés, et qu’à peu d’exceptions près, les glaciers dont on connaît des catastrophes récentes en avaient déjà occasionné de semblables à des époques plus ou moins reculées. Les archives des communes renseignent assez complètement sur ces phénomènes, et souvent sur les circonstances météorologiques connexes, permettant d'établir des relations de cause à effet. La statistique de M. Forel porte sur quinze cas des quatre catégories que nous avons énumérées. Les causes déterminantes des accidents peuvent du reste se ranger sous trois chefs distincts ; une crue extraordinaire du glacier, un temps chaud et un temps humide. Dans ces deux derniers cas, la cohésion du glacier diminue, ou bien il se produit des accumulations anormales d’eau et de glace dans le glacier ou dans ses environs.
- La dernière catastrophe de l’Altels avait eu lieu en 1782, le 17 ouïe 18 août. Une masse énorme de glace était descendue dans la vallée, broyant tous les obstacles, détruisant les pâtures. Ce phénomène est fidèlement rapporté en langage valaisan, dans les registres de la commune de Loèche-les-Bains, par Johann-Joseph Lo-retan, ancien bailli et écrivain public.
- Voici ce que raconte le Bailli : « Qu’il soit fait notoire à chacun qu’en l’an 1782, le 18 du mois d’août1, par un effrayant et terrible éboulement du glacier, tout le bétail qui se trouvait sur l’alpe de Winteregg, dans la partie appelée l’Alte Malte, a été anéanti sans qu’il s’échappât une seule vache ; c’est ainsi que, de ces bêtes, les unes ont eu leur corps partagé en deux, tellement qu’une moitié gisait ici, l’autre là ; les autres ont eu les cornes arrachées, d’autres la tète ou un membre séparé du tronc ; beaucoup ont été transportées sur les Rebhaldcn, quelques-unes jusque sur les Rieben.
- « Les chalets du Winteregg ont été tellement ébranlés par le fracas et les secousses de cet éboulement, que les bergères qui s’y trouvaient s’attendaient, terrifiées, à les voir s’écrouler sur elles. Ce qu’ont été l’effroi, la douleur, les gémissements des infortunés atteints par ce désastre, chacun peut se le figurer, d’autant plus qu’il n’v a pas eu seulement perte de bétail, mais encore mort d’hommes et deuil. » Et plus loin : « Quel triste sort que celui de Catherine Lener, la veuve du susnommé Joseph Lener, qui a perdu son mari, ses deux vaches, son fromage et son beurre ! Tout ce qu’elle possédait était sur l’alpe et a été écrasé par les pierres et le glacier. »
- Bien que le nom du glacier de l’Altels ne ligure pas dans la chronique de Loretan, il n’y a aucun doute sur la similitude des deux catastrophes ; dans les deux cas, le terrain recouvert par les glaces avait à peu près les mêmes limites, les débris se sont étalés sur le vallon du Schxvarzbach, entre les alpes de Winteregg et Spital-matte. 11 est particulièrement intéressant de comparer
- 1 Les victimes de l'accident sont portées à la date du 17 août sur le registre des décès de Loèche.
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- maintenant les circonstances météorologiques qui ont précédé les deux éboulements.
- On possède déjà des observations assez complètes sur la température dans la deuxième moitié du dix-huitième siècle. Leurs résultats sont difficilement réductibles aux mesures actuelles, mais ils sont comparables entre eux pour une série d’années, ce qui est ici le point important.
- La Chronique d'histoire naturelle de Brügger dit que l’été de 1872 fut court mais horriblement chaud. Les observations de d’Annone à Bàle, celles de Spriingli, dans la vallée de l’Aar, les mesures faites à Genève par Charles de Lurières concordent pour établir un excès très sensible de la température de juin et juillet 1782 sur les températures moyennes d’une longue série d’années. Les calculs de M. Maurer, du Bureau central météorologique de Zurich, établissent que la température moyenne des deux mois qui ont précédé la catastrophe est d’environ k degrés au-dessus de la moyenne. La température du mois d’août 1782 fut variable, mais il est à remarquer qu’elle fut extraordinairement élevée dans les journées qui précédèrent immédiatement la chute du glacier.
- Le dernier automne est encore présent à la mémoire de tous. A partir du milieu d’août, jusqu’à la fin de septembre, la température resta très élevée, avec une absence presque totale de pluie dans toutes nos régions.
- L’analogie semble évidente. Tandis que certains accidents de glaciers sont dus à des causes diverses, ceux de l’Altels sont bien certainement favorisés par une longue série de jours chauds et secs. C’est, pour le moment, l’indication la plus précise que l'on puisse donner aux habitants de la vallée de Loèche et aux touristes qui passent laGemmi ; lorsque le glacier de l’Altels aura repris les dimensions qu’il avait lors du dernier accident, on devra se méfier beaucoup des étés chauds, et éviter les abords du glacier. E.-A. Martel.
- SOUSCRIPTION INTERNATIONALE
- l'OUR
- LE MONUMENT PASTEUR1
- La ville qui a vu naître M. Pasteur, celle où il a passé sa jeunesse, d’autres villes, centre de régions qui ont bénéficié de ses découvertes, se proposent de lui élever un buste ou une statue, pour perpétuer dans leurs murs le souvenir d’un fils glorieux, ou reconnaître les services rendus aux industries locales.
- Il nous a paru qu’en dehors de ces hommages si mérités M. Pasteur devait avoir à Paris un monument, érigé au moyen d’une souscription internationale et destiné à rappeler, aux yeux de tous, Français et étrangers, les services que ses travaux ont rendus à l’humanité. Sa mémoire est de celles que tous les peuples peuvent célébrer d’un commun accord, car ils lui doivent des moyens de victoire et de lutte contre des ennemis communs : la maladie et la mort.
- Tel est le sentiment qui a présidé, à la formation du Comité de patronage dont la liste est ci-jointe. Ce comité s’est réuni pour la première fois le mercredi 11 décembre 1895, dans la Bibliothèque de l’Institut Pasteur, et a émis à l’unanimité le vœu que le monument de Pasteur s’élevât sur une des places de Paris.
- Pour en couvrir les frais, une souscription publique est ouverte à Paris, rue Ddtot, 25, par les soins d’une commis-ion composée des membres du conseil de l’Institut
- 1 Siège social de la souscription, rue Dutot, 25, à Paris.
- Pasteur. Cette commission a en outre mission de provo" quer, en France et à l'étranger, la formation de comités de patronage chargés d’organiser les souscriptions locales ou régionales.
- Une commission spéciale va s’occuper de suite d’élaborer un projet de monument, de chercher un emplacement et de s’entendre pour cela avec les pouvoirs publics.
- Pour savoir quelle ampleur on donnera au projet, il est nécessaire de se faire une idée de l’importance que prendra la souscription. C’est au nom du Comité parisien que nous venons vous demander de contribuer à son succès dans la mesure que vous croirez possible, soit par voire action personnelle, soit par votre cotisation, en nous renvoyant, après l’avoir rempli, le bulletin de souscription ci-joint, dont nous ferons toucher le montant chez vous si vous le préférez. Si vous nous envoyez de l’argent, vous recevrez une quittance numérotée et provenant d’un registre à souche. Nous croyons inutile d’insister au sujet de cet hommage à rendre à un grand Français.
- Signé : J. Bertrand, président, de l’Académie française, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences; J. Simon, vice-président, de l’Académie française, secrétaire perpétuel de l’Académie des science morales et politiques; Grancher, secrétaire, de l'Académie de médecine, professeur à la Faculté de médecine; Brouardel, de l’Académie des sciences et de l’Académie de médecine, doven de la Faculté de médecine; A. Christophle, gouverneur honoraire du Crédit Foncier, député de l’Orne; comte Delviorde, secrétaire perpétuel de l’Académie des beaux-arts; Düclaux, de l’Académie des sciences et de l’Académie de médecine, directeur de l’Institut Pasteur; Magnin, gouverneur de la Banque de France, vice-président du Sénat; baron A. de Rothschild, banquier; Roux, sous-directeur de l’Institut Pasteur ; Wallon, secrétaire perpétuel de l’Académie des inscriptions et belles-lettres.
- La circulaire ci-dessus est accompagnée d’une liste du Comité de patronage. Elle comprend M.le Président de la République, les Présidents du Sénat et de la Chambre, tous les Ministres, les Préfets de la Seine et de police et les Présidents du Conseil général de la Seine et du Conseil municipal, des Sénateurs et des Députés, des membres de l’Institut, etc., etc.
- UN BOLIDE A SISTERON
- Le lundi 6 jamier, un bolide a traversé notre ciel vers 5h5'du soir, direction est-ouest, ou mieux sud-est-ouest. Le bolide avait, pour deux observateurs placés à la distance de 10 kilomètres environ l’un de l’autre, à très peu près la forme suivante :
- La boule du sommet B était rouge vif; la couronne C
- d’un bleu pâle; la queue, d’un rouge blanc comme certaines fusées volantes. Vitesse très grande; la boule paraissait de la dimension d’un moyen ballon rouge à hydrogène. Je suis un peu en retard pour vous faire cette communication, mais je tenais à connaître sur ce météore les impressions d’un ami que je savais en route dans là montagne, et qui l’a très bien observé de l’altitude de 1000 mètres. G. Tardieu.
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- LA NATURE.
- ÉLECTRICITÉ PRATIQUE1
- BOITE DE MESURES ÉLECTRIQUES
- Dans l’industrie électrique l’ingénieur a besoin d’effectuer de temps à autre des mesures précises pour apprécier le fonctionnement d’une installation.
- 11 est quelquefois nécessaire de connaître exactement le débit d’un réseau, d’une dérivation qui alimente des arcs, l’intensité consommée par un moteur pour un service déterminé. Les mesures à effectuer ne peuvent être faites approximativement avec les premiers appareils venus, dont on ne connaît pas toujours le degré d’exactitude; il faut au contraire des appareils à la fois simples et pratiques et donnant des indications justes. 11 est donc intéressant de faire connaître les appareils qui répondent à ce but. Les principaux éléments à déterminer sont l’intensité, la différence de potentiel et la puissance ; nous avons déjà décrit à plusieurs reprises divers appareils de mesure des plus intéressants, et dernièrement encore2 les appareils de MM. Arnoux et Chauvin. Mais le plus souvent les mesures doivent être effectuées sur des points déterminés d’une usine, d’un atelier, d’une installation quelconque, d’un réseau de distribution. Les appareils de mesure doivent être transportés en ces différents points. A cet effet, MM. Arnoux et Chauvin ont construit la caisse de mesures que représente la figure ci-jointe, et qui renferme le voltmètre, l’ampèremètre et les shunts nécessaires pour déterminer dans de bonnes conditions de 0,1 à 1000 ampères, et de 1 à 600 volts, soit de 0,1 à 600 000 watts. Le voltmètre est un voltmètre apériodique de précision, semblable à ceux que nous avons décrits précédemment, d’un diamètre de 15 centimètres, étalonné en volts légaux; il est gradué en 150 divisions et muni de cinq sensibilités différentes avec un maximum de déviation respectivement pour 5, 50, 150, 300 et 600 volts. Une borne de ce voltmètre est commune, et diverses autres bornes correspondent aux différentes sensibilités. Un inverseur-interrupteur placé sur le côté permet d’interrompre ou de changer à volonté le sens du courant. Ce voltmètre peut rester en circuit, mais dans les
- 1 Voy. n° 1160, du 24 août 1895, p. 208.
- 8 \oy. n° 1149, du 8 juin 1895, p. 27.
- mesures de précision il est préférable de ne le laisser que le temps nécessaire aux mesures. La boîte renferme également un ampèremètre apériodique de précision, gradué en 100 divisions. lieux cordons souples d’un mètre de longueur, terminés par des fiches coniques, permettent de brancher l’appareil sur les différents shunts à employer. Ces derniers, qui sont également renfermés dans la boîte, permettent d’obtenir le maximum de déviation respectivement pour 1, 5, 10, 50, 100, 500 et 1000 ampères. On voit que l’on peut apprécier 1 ampère à raison de 1 centième d’ampère par division, et lOOOampères à raison de 10 ampères par division. Les shunts sont munis de mâchoires suivant le courant maximum qu’ils doivent supporter ; à leurs extrémités se trouvent deux trous coniques dans lesquels s’enfoncent les fiches des cordons souples . de l’ampèremètre. Les shunts peuvent rester constamment en circuit. Ils ont été soigneusement étalonnés en microhms à la température de 15°; on peut donc les utiliser pour déterminer la valeur d’une résistance inconnue placée en circuit avec l’un d’entre eux, par la méthode des déviations.
- Il suffit, en effet, de faire une première lecture avec un circuit donnant une certaine intensité et ayant aux bornes une différence de potentiel donnée. L’appareil est muni de son shunt ordinaire. On intercale ensuite la résistance dans le circuit du shunt et on fait une deuxième lecture. De ces deux données on déduit la valeur de la résistance.
- On voit que deux appareils, un voltmètre et un ampèremètre, avec divers shunts appropriés, suffisent pour déterminer les éléments de fonctionnement d’une installation, l’intensité, la différence de potentiel et la résistance. Ces diverses valeurs permettent donc d’apprécier toutes les conditions de marche d’une installation.
- La boîte de mesures électriques que nous venons de faire connaître nous semble de nature à permettre à l’ingénieur électricien de faire rapidement et sans complications toutes les mesures dont il peut avoir besoin dans son service ; c’est donc un appareil réellement pratique et de grande utilité.
- J. Laffargue.
- Boîte de mesures électriques.
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- LES PETITS APPAREILS PHOTOGRAPHIQUES
- Les petits appareils photographiques sont devenus, depuis quelque temps, très nombreux et ont beaucoup contribué à donner le goût de la photographie à une certaine classe d’amateurs qui redoutent avant tout un matériel encombrant, une installation longue et minutieuse. Ils ne permettent certainement pas de faire des études aussi complètes que leurs frères aînés, les appareils classiques avec pied; mais ils suffisent dans bien des cas et, pour le voyage, ils tendent de plus en plus à les remplacer.
- D’une façon générale les résultats qu’ils donnent sont en raison de la qualité de l’objectif dont ils sont munis, et c’est grâce aux perfectionnements apportés
- par certains détails de construction dont le lecteur appréciera l’importance à la description de chacun d’eux. Mais ils ont deux parties communes dont nous parlerons ici une fois pour toutes : les objectifs sont jnontés de façon à permettre la mise au point depuis 2 mètres jusqu’à l’infini. Une échelle graduée indique la position de l’objectif pour chaque distance.
- Les obturateurs sont à vitesse variable réglable par un bouton placé à l’extérieur, ils ne démasquent pas l’objectif quand on les arme.
- Tous trois sont à magasin; les plaques, au nombre de dix-huit, sont empilées dans un logement spécial, après avoir été placées chacune dans un petit cadre destiné à l’isoler de sa voisine.
- Nous avons fait représenter à la partie supérieure la vue extérieure de l’appareil et en dessous le mode de changement de plaque qui lui est propre.
- Simili-jumelle de M. Z ion. — Les plaques
- dans la construction de ces instruments qu’ils ont pu prendre rapidement une grande extension, car on peut aujourd’hui, avec des objectifs ayant une ouverture relativement très grande par rapport au foyer, couvrir, de façon complète, une plaque de format suffisant pour que l’agrandissement ne soit pas indispensable.
- Nous avons pensé qu’il serait utile de faire connaître à nos lecteurs quelques-uns de ceux de ces appareils qui donnent les meilleurs résultats, et nous commencerons aujourd’hui par les plus anciens en date qui n’ont pas encore été décrits ici ; nous en ferons connaître ultérieurement d’autres de construction plus récente.
- Les trois systèmes que représente notre gravure diffèrent par le mode de changement de plaques et
- (fig. 1), au nombre de dix-huit, sont renfermées dans un châssis O qui est fermé par un rideau R et peut être complètement séparé de l’appareil. Cette disposition permet d’emporter avec soi deux châssis et d’en avoir toujours un chargé de plaques neuves.
- Le constructeur a adopté un mode de changement de plaque qui ne nécessite presque pas de mécanisme et basé sur le même principe que celui que nous avons décrit il y a une dizaine d’années à propos de l'alpiniste de M. Enjalbert. Sur l’un des côtés du châssis où les plaques sont empilées se trouve un sac en peau épaisse S (bien imperméable à la lumière) qui se replie et se trouve enfermé en temps ordinaire sous un couvercle, mais qui se déploie au moment du changement. Avant de faire le déclenchement de l’obturateur, on a eu soin d’ouvrir le rideau, et c’est au moment où on le referme que la plaque qui vient d’être impressionnée se trouve poussée dans le sac. On la saisit avec la main et on
- Fig. 1, 2 et 3. Petits appareils photographiques.
- Fig. 1. Simili-jumelle de M. Zion. — Fig. 2. Jumelle photographique de M. Mackenstein. — Fig. 3. Sténo-jumelle de M. Joux.
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- l’amèné dans la position indiquée en pointillé sur notre dessin; on la pousse ensuite sous les autres et on replie le sac.
- Une ouverture munie d’un verre rouge est pratiquée dans le magasin pour permettre de voir le numéro que porte chaque châssis ; cela remplace un compteur.
- Le viseur est constitué par une lentille fixe, plan concave, placée à l’extrémité d’un tube qui suit l’appareil dans toute sa longueur et qui porte comme oculaire une lentille plan convexe à l’autre extrémité. Dans un modèle plus récent le tube est supprimé afin de réduire encore le volume de l’appareil, et les lentilles, montées l’une en l'ace de l’autre sur l’un des côtés, se rabattent et ne tiennent pas de place quand on n’opère pas. Ce viseur donne des images très brillantes qui ne sont inversées dans aucun sens.
- L’objectif est un anastigmat de la construction de M. Zion, il est muni d’un diaphragme iris et donne des images très fines.
- L’obturateur fonctionne au doigt ou avec une poire, il permet de faire la pose, et, dans ce cas, il reste ouvert tout le temps qu’on appuie sur le déclenchement. Dans l’instantané, le réglage des différentes vitesses est obtenu au moyen d’un bouton T qui ouvre plus ou moins la lumière pratiquée dans un piston où l’air se comprime ; ce réglage est très sùr et a l’avantage d’ètre toujours identique.
- Jumelle photographique de M. Mackenstein. — Le magasin se sépare à volonté de la jumelle et on peut en avoir plusieurs de rechange. Il est divisé en deux compartiments (fig. 2) 0 et 0', l’un contenant les glaces neuves, l’autre recevant les glaces impressionnées. C’est avec le rideau R, qui ferme le magasin, que se fait la manœuvre. On l’ouvre avant de déclencher l’obturateur, et, lorsqu’on le referme, il pousse la plaque d’un magasin dans l’autre; la suivante est prête pour une nouvelle opération. Ce changement de plaque est très rapide et permet de saisir différentes phases d’un même phénomène. Le constructeur a prévu le cas où, s’étant préparé à faire une épreuve et ayant ouvert son châssis, l’opérateur renonce à son projet; il serait alors obligé d’attendre pour le refermer qu’il ait impressionné la plaque. Pour éviter cela on a disposé un bouton qui, lorsqu’on le pousse, fait abaisser un peu le paquet de plaques et permet au rideau de passer sans en entraîner aucune.
- L’appareil est muni de deux viseurs afin de permettre d’opérer en tenant l’appareil soit à hauteur des yeux, soit à hauteur de la poitrine. Le premier, V', est constitué par une petite lunette qui se rabat et entre dans un logement pratiqué dans l’épaisseur de la chambre; l’autre, Y, se compose d’une lentille qui concentre l’image sur un miroir à 45°. Dans les deux l’image est très nette.
- L’objectif est un Zeiss muni du diaphragme iris. L’obturateur se manœuvre au doigt ou avec une poire et donne la pose et l’instantané ; il se modère avec un frein et la plus grande vitesse est très rapide,
- car nous avons vu parmi les épreuves obtenues celle d’une torpille en l’air. Lorsque le magasin est enlevé on trouve dans la chambre, du coté des viseurs, un verre dépoli qu’on peut faire coulisser du côté de 1 objectif si on veut vérifier l’exactitude de la mise au point, indiquée d’ailleurs sur une échelle graduée.
- Un compteur qui manœuvre automatiquement chaque fois qu’on ouvre le rideau indique le nombre des plaques impressionnées.
- Sténo-jumelle de M. doux. — Dans cet appareil la chambre noire augmente de volume au moment du changement de plaque pour se réduire ensuite au minimum. Elle est formée en effet de deux parties rentrant l’une dans l’autre (fig. 3) et articulées du côté de 1 objectif, de sorte que le fond, qui porte le paquet de plaques, double de volume quand on tire sur l’anneau B; la partie du magasin U qui s’écarte ainsi entraîne toutes les plaques, sauf une, qui se trouve retenue par un crochet et qui tombe en 0' dès qu’elle n’est plus soutenue par les autres ; elle se glisse sous celles-ci quand on referme l’appareil. Ce changement de plaque est rapide, mais il faut, pour que l’opération réussisse, tenir la chambre verticalement, l’objectif dirigé vers le ciel, puisque la glace impressionnée tombe par son propre poids. Un compteur marque automatiquement le nombre de plaques impressionnées.
- Le viseur est constitué par une lentille qui se rabat dans l’épaisseur de la chambre; la vision se fait à hauteur des yeux.
- L’objectif est un Zeiss muni du diaphragme iris. L’obturateur, qui se manœuvre au doigt ou à la poire, se règle par une tension plus ou moins grande du ressort et peut faire la pose et l’instantané; il présente une particularité très intéressante, c’est qu’il ne peut pas s’armer tant que le changement de plaque n’a pas été fait; il est peu d’amateur photographe auquel il ne soit arrivé, avec n’importe quel modèle d’appareil, de faire deux épreuves sur la même plaque : c’est quelquefois drôle comme résultat, mais en général on préfère ne trouver sur son cliché que ce qu’on a voulu y mettre. Le block-système de l’appareil de M. Joux évite complètement les insuccès de ce genre ; dès qu’on sent une résistance au moment d’armer l’obturateur, on est averti que la plaque précédemment impressionne n’a pas été changée et on répare son oubli. G. M.
- CHRONIQUE
- Assainissement de la ^-ille de Berlin. — M. F. Launay, ingénieur des Ponts et Chaussées, a récemment publié dans les Annales des Ponts et Chaussées un Mémoire sur la question importante dont nous donnons le titre. Berlin compte depuis peu une population de 1 600 000 habitants, c’est-à-dire le double de ce qu’elle était il y a vingt ans, et une superficie de 6310 hectares. La longueur totale des égouts est de 745 kilomètres. Le tout à l’égout y a été appliqué d’une manière générale et systématique, avec transport des eaux par refou-
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- lement jusqu’aux champs d'irrigation où elles sont épurées par épandage sur des terrains qui embrassent aujourd’hui une superficie de plus de 9000 hectares. En 1886 MM. A. Durand Clave et Petsche ont publié dans les Annales des Ponts et Chaussées une note traitant du sujet de l’assainissement de Berlin. Les présents documents se borneront à décrire la situation ' actuelle et à exposer ce qui a été fait depuis l’époque précitée. La .quantité d’eaux d’égout refoulées par les usines a été en moyenne, par jour, pour l’année 1895-94, de 174 000 mètres cubes. Ces travaux ont exercé une influence incontestable sur l’amélioration de l’état sanitaire de Berlin ; la mortalité a, de 1875 à 1892, passé de 5 pour 100 à 2 progressivement et en raison inverse de la proportion d’immeubles reliés à l’égout. Les dépenses d’établissement avaient atteint, à la lin de 1895, le chiffre de 88 millions de marcs, dont 60 millions pour la canalisation ; cette dépense ressort à 56,42 marcs par habitant. La dépense faite pour un mètre cube évacué dans l’année est de 1,59 marc. Les dépenses annuelles éclosent à 5 millions de marcs environ, défalcation faite des recettes du service, soit 1,90 marc par habitant et 0,046 par mètre cube. En somme, l’assainissement de Berlin constitue l’entreprise de ce genre la plus considérable qui existe actuellement. Son succès donne une force nouvelle aux principes sur lesquels elle repose et qui vont être appliqués à l’assainissement de Paris. Telle est du moins la conclusion du Mémoire de M. Launay. Il fait, d’ailleurs, ressortir les facilités plus grandes que présente la situation de Paris, surtout à cause de la nature des terrains où se fera l’épandage. Déplus, à Berlin, la densité de la population et la nature très plate du sol ont amené des difficultés particulières.
- Un nouvel éperon. — On vient de faire l’essai, dans les deux régiments de dragons de la garnison de Metz, d’un nouvel éperon inventé par un maître serrurier de cette ville. Cet éperon permet, parait-il, aux cavaliers qui en sont munis, de monter en quelques secondes au sommet des poteaux télégraphiques dont ils ont à couper les fils. Un rapport a été adressé sur ce sujet par le général de Hæseler, commandant le seizième corps, au ministère de la guerre à Berlin, qui a mis à l’étude l’adoption de cet éperon dans toute la cavalerie allemande.
- Collection de photographies de la Société de Géographie. — La Société de Géographie a fait appel à tous ses membres, aux explorateurs,’ aux missionnaires et aux amateurs, en vue d’augmenter ses collections photographiques déjà importantes. Elle accueillera avec reconnaissance les photographies présentant un caractère géographique ou ethnographique (vues de paysages, de lieux habités, de monuments, de types humains) et plus particulièrement celles qui proviendront des régions peu connues ou incomplètement explorées.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 2 mars 1896.—Présidence de M. Cornu.
- Observations de pendule dans le vide. — M. Bigour-dan a effectué des observations d’intensité de la pesanteur sur un pendule oscillant dans le vide, à température constante. Dans ces conditions, on peut prolonger la durée du mouvement oscillatoire, pendant plus d’un jour, et les durées des oscillations restent uniformes, ou du moins on peut tenir compte de l’effet dû à la décroissance de l’amplitude. Ces observations sont susceptibles
- d’une extrême précision, car si l’on admet, selon la remarque de M. Tisserand, que la correction de l’horloge de comparaison est déterminée avec une erreur de ± 0%05, l’erreur qui est commise sur la durée du jour sidéral n’est pas beaucoup plus considérable. M. Bigourdan a fait usage d’une étuve permettant de réaliser la constance de la température, dans la limite d’un dixième de degré centigrade, c’est-à-dire très sensiblement dans les conditions théoriques. Dans cette étuve le mouvement du pendule subit des altérations qui dépendent directement de variations de la pression. Ce fait est confirmé par l’examen des marches horaires de la pendule de l’Observatoire de Paris correspondant à la fin de l’année 1891 et au commencement de 1895, époque caractérisée par des sauts considérables de la pression barométrique. La pendule de l’Observatoire étant installée dans les caves de l’Observatoire, à une profondeur de 27 mètres, est soumise à une température consente; par suite les variations de sa marche horaire ont reflété exactement celles de la hauteur barométrique.
- La pénétration de la lumière au travers des corps opaques. — Dans la dernière séance, MM. Lumière ont annoncé qu’ils n’avaient pu réussir à reproduire les expériences de M. Lebon relatives à la pénétration de la lumière au travers des corps opaques, du cuivre notamment, alors que d’autres opérateurs ont vérifié ces expériences. L’explication de ces résultats contradictoires est donnée aujourd’hui. 11 a été reconnu que si l’on expose directement à la lumière une plaque de cuivre recouvrant un cliché, la lumière ne passe pas; mais si l’on recouvre à son tour la plaque de cuivre par une glace, la lumière traverse et donne une image pâle sur la plaque sensible. Le premier mode d’expérimentation est celui de MM. Lumière, le second est celui de M. Lebon. Dès lors, il est naturel d’attribuer le phénomène à la nature des radiations spéciales qui peuvent être mises en action dans la seconde expérience. Or, sous l’action de la lumière, la glace devient fluorescente et émet des radiations auxquelles il conviendrait de rapporter le rôle actif, car on sait, par des expériences dues à M. Henry, que les corps fluorescents émettent des radiations susceptibles de traverser les métaux. M. Becquerel, de son côté, communique une série d’expériences montrant l’activité des radiations émises par les corps fluorescents. M. d’Arsonval remarque que les sources de lumière qui donnent une fluorescence jaune verdâtre, telles que les lampes Sxvan, paraissent devoir fournir presque à coup sur des résultats, tandis que celles qui donnent une fluorescence violette ne donnent que des radiations inactives. Les glaces qui ont donné des résultats produisaient précisément la première phosphorescence ; il n’en eût pas été de même avec des glaces à base de plomb. 11 y aurait donc un rapport direct entre la couleur et l’activité.
- Application des rayons de Rôntgen. — M. Delbet, chirurgien des hôpitaux, ayant à extraire de la main d’une malade une aiguille qui y était enfoncée et que l’on ne savait où chercher, a eu recours aux rayons de Rôntgen pour déterminer la position exacte de l’objet. Une épreuve de la main a montré très nettement l’ombre de l’aiguille et l’opération a été pratiquée avec un plein succès sur cette donnée. MM. Girard et Bordas ont utilisé ces mêmes radiations pour l’examen des engins explosifs. Ils montrent une épreuve d’un livre à cavité intérieure renfermant des fragments de métal. Ils ont, en outre, noté nombre de faits utiles à la détermination des matières explosives : l'acide picrique est transparent, le ferro-cyanure opaque,
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- d’autres poudres sont assez transparentes. M. Carpentier a comparé l’effet des radiations de Rôntgen à celui d’une bougie; il a trouvé que \ bougie placée à 1 mètre pendant 2 secondes représente l’intensité photographique de ces rayons.
- L'observatoire de l'Âigoual. — Cet observatoire météorologique, qui fut fondé en 1885, sur l’initiative du général Perrier, de l’Institut, est rattaché maintenant à l’administration des forêts. M. Fabre, inspecteur des forêts, fait connaître que cet établissement fonctionne aujourd’hui dans les meilleures conditions. Une bourrasque a pu être observée à Montpellier et à l'Aigoual, circonslance qui a permis de calculer sa vitesse de propagation.
- Varia. — M. Cornu signale parmi les ouvrages envoyés à l’Académie, un volume intitulé Contrôle des installations électriques au point de vue de la sécurité, traitant :
- 1° des définitions des termes usités en matière d’électricité; 2° des définitions des dispositifs usuels; 3° des conditions de bon établissement des canalisations.
- Ch. DE VlLLEDEUlL.
- LE BATEAU ROULELR BAZIN
- On s’occupe, dit-on, dans les chantiers de construction de Saint-Denis, en port de Seine, de la construction du bateau rouleur du système deM. Bazin. Ce navire, dont on a beaucoup parlé dans ces derniers temps, est destiné à rouler sur l’eau.
- Nous ne dirons rien de l’appréciation que l’on aurait à faire de ce singulier monument aquatique ; quelques ingénieurs des constructions navales et plusieurs de nos officiers généraux des plus émi-
- Bateau à roue de M. Bazin, représenté d’après un modèle en petit.
- nents, parmi lesquels M. le contre-amiral Coulom-beaud, considèrent cette conception comme réalisable.
- Notre gravure représente le modèle qui a été construit du bateau sous la direction de M. Bazin, son inventeur. Le navire-rouleur se compose essentiellement d’une plate-forme supportée par d’énormes flotteurs creux, à forme d’avant très fine, qui la maintiennent à environ six mètres au-dessus de l’eau. Les arbres de 80 centimètres de diamètre, en acier, qui transmettent le mouvement de rotation aux rouleurs, passent en dessous et au travers de la plate-forme, maintenus par de robustes coussinets. Sur la plate-forme se trouvent les chambres des machines, les chaufferies, les cabines des passagers et les divers services. Une ou deux hélices devront donner l’impulsion au navire (jui, lancé dans la direction à suivre, roulera littéralement sur l’eau en donnant très peu de frottement. M. Bazin veut com-
- pléter son projet par l’adjonction d’un gouvernail hydraulique, toujours en action. Ce gouvernail se compose d'une colonne verticale, placée à l’arrière du bâtiment et manœuvrée par le timonier. De cette colonne s’échappe un puissant jet d’eau sous pression qui agit par réaction sur la mer. La poussée de ce gouvernail se trouvera ainsi toujours utilisée, en tout ou partie, et permettrait même au navire, en stoppant les machines du rouleur et du propulseur, de se rendre à son poste de mouillage à la vitesse d’un demi-nœud ou d’un quart de nœud.
- Plusieurs de nos lecteurs nous ont demandé des renseignements sur ce projet, que nous ne pouvons nous empêcher de trouver singulier. Il est prudent à notre avis de n’en rien dire davantage.
- X..., ingénieur.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissanmer . Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1189.
- 14 MARS 1896.
- LA NATURE.
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- LÀ PISTE EN SPIRALE DU PALAIS-SPORT A PARIS
- Fig. 1. — Vue perspective de la salle et de la piste en spirale.
- L’extension considérable prise journellement par le sport cycliste n’a pas seulement déterminé la création d’un outillage très complet et très perfectionné pour obtenir une fabrication aussi soignée qu’économique des divers types de cycles.
- Pour les apprentissages et les exercices de vitesse, de nombreux vélodromes se sont installés à Paris, les uns en plein air, les autres dans de grandes constructions enlevées à leur destination première (Galerie des Machines, Palais des Arts libéraux, au Champ-de-Mars). Les pistes de ces divers manèges sont des natures les plus diverses : sol, planches, asphalte, mais jusqu’à ces derniers temps, aucune d’elles ne présentait d’inclinaison qui donnât au coureur l’ef-
- fort de la rampe à gravir, et l’agrément de la descente. Ce résultat est aujourd'hui obtenu par la piste
- hélicoïdale ou en spiraleétablie dans l’ancien bâtiment du panorama de la rue de Berri, et qui a pris le nom de Palais-Sport.
- Ce bâtiment, construit sur un terrain carré d’environ 40 mètres de coté, présentait en plan la forme d’un polygone elliptique de 16 côtés, avec des diamètres de 56 mètres et de 37m,60. C’était une construction légère à pans de fer avec remplissage en briques, close par une couverture à charpente métallique : le lanterneau central avait sa base à 27 mètres au-dessus du sol naturel/ Une plate-forme centrale en charpente établie à 5m,4ü de hauteur recevait le public.
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- La piste en spirale est installée au premier étage dans une vaste salle qui a les mêmes dimensions que l’ancien panorama, et à laquelle on accède par de larges escaliers. Nous indiquerons comment on a tiré parti de l’entre-sol et du rez-de-chaussée pour les emplacements réservés aux débutants, les services de toilette des abonnés, et les accessoires, tels que salle d’exposition, remise, etc.
- Notre figure 1 donne une vue perspective de la salle et de la piste en spirale. Celle-ci se détache d’une piste plane circulaire constituée par le plancher même de la salle : elle a 28"\50 de diamètre, et est entièrement libre, sauf la partie minime occupée au centre par un garage üller. La piste en spirale se développe ensuite en hélice le long des murs. Sa largeur totale de 4m,50 est divisée en deux parties, l’une intérieure, réservée à la montée, l’autre attribuée à la descente et placée contre le mur de manière à réduire au minimum l’importance des accidents qui pourraient se produire. La figure 2 donne l’aspect du haut de la piste. Un treillis à la fois léger et résistant, et de plus presque invisible, la protège d’ailleurs sur toute la circonférence intérieure. Les pistes sont séparées l’une de l’autre par un coffrage en bois de section triangulaire. Chacune d’elles comporte un élargissement et une légère surélévation aux points de rencontre, celle de montée à sa partie supérieure, celle de descente à son arrivée sur la piste plane, de manière que les coureurs attaquent aisément les virages qui réunissent les deux voies. Ces virages, à section parabolique graduée, sont l’un, celui du haut, nu, l’autre, celui du bas, revêtu d’une feuille de caoutchouc pour augmenter l’adhérence. Un tapis feutré est posé sur les 28 derniers mètres de la piste descendante pour aider à amortir la vitesse avant d’arriver au virage.
- La pente commune de la piste en spirale est de 0m,027 par mètre dans le sens longitudinal, et de 0m,03 dans le sens transversal. La hauteur totale atteint 11 mètres répartis en quatre spires complètes : il reste entre chaque spire une distance moyenne de 2m,75, suffisante pour la circulation. D’autre part, la hauteur de la base du lanterneau au-dessus du plancher étant de 20“’,60, et celle de ce même plancher aux naissances des arbalétriers de 13m,20, l’aspect architectural est satisfaisant.
- Chaque piste présente un développement de 500 mètres, soit, pour l’ensemble, 1000 mètres, et, grâce aux virages qui les relient, elles peuvent être parcourues sans interruption, si l’on veut faire succéder l’effort de montée au plaisir de la descente, et réciproquement : la circulation sur la piste plane permet encore d’intercaler à volonté entre les deux le travail normal.
- La construction étant, comme nous l’avons dit, très légère, n’ayant à soutenir que la toiture, on ne pouvait songer à utiliser les murs proprement dits pour soutenir la piste en spirale. On a donc dù établir en face de chacun des montants de l’édifice primitif un montant intérieur. L’ensemble de
- ces piliers forme un polygone concentrique au premier : les montants correspondants des deux ossatures sont réunis par une solive en treillis; entre deux rangées successives de montants régnent trois limons hélicoïdaux, dont l’intermédiaire sépare les deux pistes : ils sont pourvus de cornières inférieures sur lesquelles reposent des solives rayonnantes en sapin. C’est sur ces solives qu’est cloué le parquet formant les pistes.
- Les piliers intérieurs sont des fers U accolés et leurs pieds s’appuient sur des colonnes creuses en fonte qui traversent l’entre-sol et le rez-de-chaussée. Ces colonnes sont fortement entretoisées par une série de poutrelles disposées sous les planchers et parallèlement aux deux axes du bâtiment : elles sont également reliées aux anciens montants. L’ensemble constitue ainsi une charpente parfaitement rigide. Sauf pour les colonnes dont nous venons de parler, l’acier a été exclusivement employé pour toute la structure métallique.
- La partie qui demeure utilisable dans l’espace annulaire laissé entre les murs et la piste plane, le reste étant occupé par la première spire, est consacrée à un promenoir pour les spectateurs et à une remise provisoire pour les bicyclettes en attente : cette dernière est en communication avec la grande remise du rez-de-chaussée par un monte-charge. Le promenoir a été élargi dans la partie où il atteint le pied de la piste en spirale. A cet endroit sont placés un buffet et le départ d’un escalier qui dessert une série de salons de repos disposés à l’origine de chaque spire. Les spectateurs peuvent ainsi monter jusqu’au sommet du bâtiment pour jouir du coup d’œil de la salle.
- L’éclairage est obtenu pendant le jour à l’aide de la couronne vitrée de 5m,50 de largeur qui servait dans l’ancien Panorama à éclairer la toile de fond ; la lumière est d’ailleurs tamisée par un vélum qui permet en même temps de cacher les fermes métalliques. Le soir, treize lampes à arc, disposées à diverses hauteurs dans la partie médiane de la salle, et des lampes à incandescence piquées sur le pourtour fournissent un éclairage d’un heureux effet. La piste de descente est en outre desservie par un cordon de lampes à incandescence qui suit l’inclinaison de la poutrelle intermédiaire entre les deux pistes. Le courant électrique est fourni par le secteur des Champs-Élysées.
- Le mur qui forme le fond de la construction et qui limite la piste de descente est recouvert d’une toile panoramique représentant des paysages variés, champs, prairies, moissons, villages lointains, dus au pinceau de MM. Rubé et Moisson. Cette toile très ensoleillée donne à l’ensemble de la salle un aspect aussi gai que pittoresque. Avec un éclairage intensif comme celui de la soirée, les treillis sont pour ainsi dire invisibles et le spectateur voit tout le poux-tour des deux pistes et les cyclistes qui les parcourent. L’effet obtenu est charmant.
- Le chauffage est assuré par cinq calorifères prin-
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- LA NATURE.
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- eijumx établis au rez-de-chaussée. De plus, on a installé, pour un fonctionnement provisoire en cas de grands froids, une série de gaines sur lesquelles on pourrait placer des poêles. La ventilation de la salle s’effectue naturellement par le lanterneau : le renouvellement de l’air se fait par appel à l’aide de bouches de ventilation à registre mobile et en communication avec l’extérieur, disposées de 7 en 7 mètres sur le pourtour de la nef et au niveau du plancher.
- Nous avons tenu à décrire tout d’abord la piste en spirale du Palais-Sport, qui constitue une nouveauté très intéressante : mais cette installation n'aurait pas répondu à tous les desiderata, car elle ne peut naturellement être utilisée que par des personnes déjà complètement maîtresses de leurs mouvements; en outre le confort moderne exige pour les abonnés des cabinets de toilette, des salles d’hydrothéra-
- g. 3. — Plan du premier étage. — A et 15. Arrivée et départ de la piste en spirale. — C. Piste horizontale. — D. Piste en spirale. — E, F, G. Promenoir et buffet. — H. Remise des bicy-
- clettes de service.
- pie, etc. Enfin on avait à prévoir le remisage et la réparation des machines des abonnés ou des exposants.
- L’entre-sol est consacré aux exercices des débutants et aux accessoires dont nous venons de parler : il comprend à cet effet deux salles, l’une ayant la forme d’un segment de cercle de 26m,80 de corde et de 15 mètres de llèche, destinée aux leçons en commun, l’autre, polygonale, de 15 mètres de largeur sur 12 de profondeur, réservée aux leçons particulières. Les cabinets de toilette, les salles de douches et de massage, etc., occupent avec l’escalier d’accès les espaces intermédiaires.
- Au rez-de-chaussée, à la suite du couloir et du vestibule d’entrée, sont établis un « salon du cycle », salle de lecture, de repos et d’exposition pour les modèles de machines les plus nouveaux, les bureaux de l’administration, etc. Le reste, soit environ les deux tiers de l’emplacement disponible, est occupé par une remise capable de recevoir 500 bicyclettes et un atelier de réparations. C’est entre ce remisage et celui du premier étage qu’est installé un monte-charge à main qui dessert en même temps l’entresol.
- La ligure 2 donne la piste en haut de la spirale et la figure 5 le plan du premier étage.
- L’éclairage des deux étages inférieurs est obtenu par des lampes à arc et des bouquets de lampes à incandescence.
- L’installation générale du Palais-Sport nous paraît bien comprise, et la piste en spirale qui en constitue la partie attractive mérite l’attention des cyclistes amateurs aussi bien que des constructeurs. L’idée en a été conçue et étudiée par la Société nouvelle de construction du système Tollet et réalisée par MM. Humbert et Chochod, ingénieurs de cette société et anciens élèves de l’École centrale.
- G. Richou,
- Ingénieur des arts et manufactures.
- CHAUFFE-BAIN PAR LE GAZ
- Le Comité des Arts économiques de la Société d’encouragement a entendu une communication de M. Henri Rouart, rapporteur, sur un appareil qui a été présenté par M. Morineau. 11 s’agit d’un chauffe-bain agissant par le gaz. Voici en quels termes s’est exprimé M. Rouart : « Il existe déjà, et depuis longtemps, une grande variété d’appareils de cette nature; mais celui de M. Morineau présente quelques particularités curieuses. L’eau est chauffée instantanément à la température de 45° à 60° par son passage en couche mince dans un appareil à tubes concentriques, analogue à celui étudié et appliqué, sous le nom d’appareil capillaire, par des constructeurs de Paris. Les chiffres donnés à cet égard par M. Morineau sont intéressants, — 12 litres d’eau chauffés à 45° en une minute, avec une consommation de 60 litres de gaz. Ces données laissent prise à des doutes, mais il faut noter que les expériences industrielles sont vraiment difficiles à faire à cause de l’imperfection des appareils de mesure. Un point à remarquer dans le système est une ingénieuse combinaison de soupape à gaz qui permet de produire l'allumage ou l’extinction des brûleurs par l’ouverture ou la fermeture du robinet d’accès de l’eau dans la baignoire, et, par conséquent, à la volonté du baigneur. Voici le moyen employé pour obtenir ce résultat : On allume, bien entendu, un veilleur près de la rampe à gaz. La soupape d’arrivée du gaz est reliée par une tige rigide à un petit piston mobile dans un evlindre. L’ouverture du robinet met en rapport ce piston avec la pression d’eau de la ville. Il est soulevé, et entraîne avec lui la soupape à gaz, qui se trouve ainsi ouverte. Si le baigneur ferme le robinet d'accès de l’eau, la pression d’eau tombe dans les conduites situées au delà de lui ; la soupape à gaz retombe, grâce à la possibilité d’écoulement de l’eau qui la soutient. Cet écoulement se fait par un trou capillaire toujours ouvert et dont le suintement continuel pendant le chauffage du bain est sans importance. La soupape de vidange de la baignoire est mue par la même disposition ingénieuse. En outre, le robinet d’accès de l’eau porte des combinaisons variées de façon que, par le seul mouvement fait par le baigneur plaçant la clef du robinet sur les marques d’un cadran, on obtient indifféremment l’arrivée de l’eau froide, l’allumage du gaz, l’arrivée de l’eau chaude ou d’un mélange d’eau froide ou d’eau chaude, des douches froides ou chaudes et la vidange de la baignoire. »
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- LA NATURE.
- DANGER DES POÊLES A PÉTROLE
- MAL CONSTRUITS
- Il est arrivé tout récemment, à Paris, une explosion d’un poêle à pétrole qui doit servir d’enseignement pour l’avenir. A quelque chose malheur doit être hon. En faisant connaître aux nombreux lecteurs de La Nature les circonstances de cet accident, nous indiquerons les précautions à prendre, et elles sont bien simples, pour éviter qu’il puisse se renouveler.
- Un constructeur de poêles à pétrole d’un nouveau système, sans mèche ni odeur, ni fumée, a eu, sans hésitation, l’extrême imprudence de placer, sur le poêle même, le réservoir fermé de pétrole, et cela dans le but de pouvoir convertir facilement ce poêle en un fourneau de cuisine au pétrole. La figure ci-dessous que nous donnons pour faciliter l’explication montre comment le constructeur avait disposé son premier appareil. Il se composait d’une partie inférieure au centre de laquelle existait le brûleur de gaz de pétrole, car avant de s’enflammer le liquide était converti en vapeur, par un procédé présentant beaucoup d’analogie avec celui que l’on retrouve dans les lampes à souder bien connues, car les plombiers s’en servent constamment. En brûlant, le jet de vapeur de pétrole chauffait, non seulement l’intérieur même de l’appareil garni d’amiante, mais aussi un petit récipient d’évaporation muni d’une soupape qui était, au moyen de deux petits tubes, en communication avec le réservoir placé un peu plus haut.
- Le pétrole raffiné était, en effet, contenu dans un réservoir formé d’un tube en cuivre de 5 centimètres de diamètre et enroulé en couronne, de 1 litre de capacité et posé sur le couronnement circulaire de cette partie inférieure du poêle servant de fourneau de cuisine. La partie supérieure était une colonne cylindrique fermée par le haut et contenant un tuyau disposé de manière à envoyer au dehors ou dans une cheminée les gaz brûlés.
- Le constructeur de cet appareil breveté a voulu l’essayer avant d’en construire plusieurs spécimens pour le commerce. A cet effet, après avoir mis un demi-litre de pétrole raffiné dans le réservoir muni d’un bouchon de fermeture, et après l’avoir chauffé pendant cinquante minutes, une violente explosion se produisit, renversant la devanture du magasin ainsi que les deux cloisons qui le séparaient de deux ateliers contigus, soulevant le plancher à tel point que le carrelage en a été bouleversé, et qu’une commode a sursauté assez pour avoir son marbre cassé, et enfin en projetant à 15 mètres les débris du poêle. La commotion de l’air a été tellement puissante, que les vitres de la maison située de l’autre côté du passage de 10 mètres ont été presque toutes brisées en morceaux. Heureusement pour le constructeur, il s’était un moment absenté de son magasin, sinon il est de toute probabilité qu’il eût été tué ou fortement blessé s’il y était resté.
- Que s’était-il passé? Le pétrole, surchauffé daus son réservoir fermé, s’est mis sous pression, et celle-ci est devenue assez forte, probablement 10 atmosphères, pour faire éclater le tube en cuivre à sa partie soudée. Le pétrole chaud est passé subitement d’une haute pression
- à la pression atmosphérique, et une assez grande partie du pétrole s’est subitement convertie en vapeur qui, avec l’air du magasin, a formé un mélange détonant auquel il ne manquait qu’un point en ignilion pour s’enflammer ; ce point était là : c’était le brûleur en activité.
- La Nature a déjà donné, en 1880, une notice intéressante qui faisait connaître les proportions d’air et de vapeurs de pétrole pour constituer des mélanges explosifs analogues à ceux que donnent le grisou et le gaz d’éclairage, mais plus puissants, au moins pour ce qui concerne le gaz, car le pétrole est un des corps les plus riches en calories, environ 1 *2 000 par kilogramme, tandis que les meilleures houilles n’en contiennent pas plus de 9000, et que le gaz d’éclairage n’en contient que 10 000.
- Lorsqu’il y a 5 parties d'air seulement pour 1 partie de vapeurs de pétrole, il n’y a pas explosion, parce que la quantité d’air est insuffisante, mais elle devient trop grande lorsqu’elle atteint 15 à 18 parties; entre ces deux limites les explosions sont d’abord très faibles, puis elles augmentent progressivement jusqu’à un maximum qui comprend 7 à 9 d’air pour 1 de vapeur, et au delà les explosions diminuent d’intensité jusqu’au point où elles n’en produisent plus. Les explosions dues aux vapeurs de pétrole sont nombreuses, elles sont surtout produites à bord des navires qui transportent en vrac ce combustible liquide. Nous citerons aussi l'explosion qui s’est produite en 1884, boulevard Bonne-Nouvelle, au coin de la rue Saint-Denis, dans une cave où des infiltrations avaient amené, d’une arrière-boutique voisine, des vapeurs hydrocarburées. Enfin, en 1889, la terrible catastrophe d’Anvers, qui a fait sauter une cartoucherie et fait plus de cent victimes, a été reconnue, en fin de compte, avoir pour cause initiale une explosion de vapeurs de pétrole contenues dans un réservoir vide d'une pétrolerie voisine. C’est sur un de nos rapports que la vraie cause de ladite catastrophe a été mise en lumière, puisque le tribunal d’Anvers, à la suite de notre déposition comme témoin, a abandonné la poursuite pour cause d’homicide par imprudence, et n’a retenu, vis-à-vis du propriétaire belge et de l’ingénieur français de la cartoucherie, que le délit de « dépôt de poudres non autorisé )).
- L’importance des effets dynamiques de l’explosion qui vient de se produire, avec un demi-litre seulement de pétrole, ne peut être mise en doute; les faits sont là pour le démontrer; du reste elle peut trouver son explication par l’application de la théorie, quoiqu’elle soit encore aujourd’hui incomplète en ce qui concerne les vapeurs de pétrole.
- Un réservoir fermé contenant du pétrole devient un véritable obus explosif, si sa température peut s’élever. La puissance des effets dynamiques dépend, avant tout, de l’instantanéité du phénomène, ainsi, au surplus, que cela existe pour tous les explosifs.
- 11 faut donc bien se garder de placer du pétrole dans des réservoirs exposés à être chauffés. Il ne faut pas oublier que les vapeurs de pétrole, quoique plus lourdes que l’air, peuvent s’y disséminer en formant, dans de certaines proportions, un mélange explosif très dangereux; ci un point en ignition se trouve dans le voisinage imiréiiat. S. Périsse,
- Ingénieur-expert.
- Poêle à pétrole construit tl’unc façon défectueuse.
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- PROCEDE SIMPLE DE PHOTOGRAVURE
- On sait l’importance considérable qu’a prise la I livres et quel essor elle lui a donné. Aujourd’hui on photogravure pour l’illustration des journaux ou des | n’écrit plus un mot sans y joindre la reproduction
- Fig. 5. — Préparation de l’armature, ajutage. Fig. 4. — Armature terminée.
- d’une photographie ou d’un dessin au trait, pour le plus grand bien de la clarté du texte et du plaisir des yeux. Malheureusement les manipulations auxquelles il faut se livrer pour obtenir un cliché ne sont pas à la portée de tout le monde, loin de là, et l’on en est réduit à s’adresser à un fabricant.
- Quel essor nouveau prendrait encore la photogravure si l’amateur pouvait fabriquer lui-même ses blocs d’imprimerie ! C’est la question qu’a cherché à résoudre le Dr E. Brard1, ce qu’il a d’ailleurs fait avec un plein succès. Nous voudrions en dire ici quelques mots pour faire connaître au moins le principe du procédé.
- Les manipulations ne sont qu’au nombre de cinq :
- 1 Dr E. Brard. La Photogravure moderne, Ch. Mcndel, éditeur.
- 1° Obtention du cliché photographique négatif. Tout le monde est au courant de cette question; il faut bien entendu le faire aussi bon que possible.
- 2° Préparation d'une plaque gélatinée, soit lisse, quand on cherche à reproduire une gravure, soit quadrillée, quand on veut avoir la reproduction d’une photographie avec les demi-teintes. On sensibilise en plongeant dans le liquide ci-dessous, et en laissant sécher à l’obscurité :
- Bichrom.de potasse 12gr.
- i| Bichrom.d’ammon. Ggr.
- Eau...........lOüOgr.
- 3° Impression des plaques gélatino-bichromatées. Cette opération se fait au châssis-presse, comme pour l’obtention des positifs. C’est la partie la plus délicate, car il faut bien calculer le temps d’exposition à la lumière.
- 4° On développe la plaque avec de l’eau d’abord
- Fig. 5. — Coulée du Pyritol.
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- LA NATURE.
- fraîche, puis de plus en plus chaude jusqu'à ce que le relief soit bien net.
- 5° Formation de la planche typographique. On se sert pour cela d’une pyrite spéciale, que M. Rrard désigne sous le nom de pyritol ; elle est dure comme du métal, fond à 115° et se solidifie très vite. Cependant, pour lui donner une plus grande résistance, on la renforce, comme nous allons l’indiquer, avec une armature en métal d’imprimerie.
- Le cliché à la gélatine bichromatée est retiré de l’eau, épongé et mis à plat sur une table. On y place une lame de carton laissant au centre un blanc pour toute la partie que l’on veut tirer. Sur ce cadre en carton, on place un cadre en laiton, à parois verticales ; on a ainsi une sorte de boîte ouverte dont le fond est occupé par la gélatine. Il faut que le plan supérieur de cette boîte soit à 25 millimètres de la gélatine pour que le cliché puisse prendre place au milieu des caractères d’imprimerie.
- La face interne de la bordure et la gélatine étant huilées, on verse une petite couche de pyritol qui moule exactement les creux et les reliefs du cliché. C’est à ce moment que l’on place l’armature, soutenue par deux baguettes auxquelles elle est attachée par un fil de plomb reposant sur le bord de la bordure : son plan supérieur est parallèle à la gélatine. On coule de nouveau du pyritol, de manière à réunir la première couche à l’armature, jusqu’à moitié environ de la hauteur de celle-ci.
- En laissant refroidir le tout et en soulevant les diverses parties du moule, on a un cliché typographique qui n’a pas besoin d’ètre cloué sur un paral-lélipipède de bois et qui peut tout de suite prendre place dans les formes de l’imprimeur.
- Le procédé est très simple et à la portée de tout le monde. Les reproductions que M. Brard, dans son travail, donne avec son procédé, sont fort bonnes, au moins pour la reproduction des dessins au trait. Elles sont moins parfaites pour les reproductions des photographies ; mais, comme M.Brard le reconnaît lui-même, son procédé est perfectible. Henri Coüpin.
- PENDULE ÉLECTRIQUE
- L’appareil se compose essentiellement d’un montant métallique M, d’un pendule P, d’un électro-aimant E et d’une ou deux piles électriques, placées dans le socle qui supporte tout l’appareil. Le mouvement pendulaire s’obtiendra par l'action de l’électro-aimant sur le pendule P. L’action attractive, pour être efficace, devra être tangen-tielle au mouvement du pendule. Elle devra agir au moment où le pendule est encore dévié de sa position verticale, et être d’assez courte durée pour ne plus se faire sentir au moment oà le pendule se trouve dans la position verticale.
- Le montant M qui soutient le pendule au moyen du ressort r, est en communication continuelle avec l’un des pôles de la pile P située dans le socle. L’autre pôle de la pile est en communication continuelle avec l’électro-aimant E qui est d’autre part en communication avec la plaque d’ébonite R par le fil f. Le balancier porte un solfier métallique G qui est relié à la plaque d’ébonite R
- par un fil de platine p. C’est sur cette plaque d’ébonite que vont s’opérer les ruptures et fermetures du courant.
- Il serait impossible de continuer l’explication sans donner le détail de la plaque d’ébonite. Cette plaque est en communication par les deux bornes b b' d’une part avec le pôle de la pile par l’intermédiaire de l’éleclro-aimant F comme nous l’avons déjà vu, et d’autre part avec l’électro-aimant E' dont nous verrons l’usage tout à l’heure. La borne b' communique par un fil aux deux points métalliques s s' situés chacun an fond de deux rainures i> t et v' V qui sont parallèles entre elles, et ne sont pas perpendiculaires aux petits côtés du rectangle. Les points d’entrée v’ t, sont situés sur une même droite perpendiculaire aux petits côtés du rectangle et dans le plan d’oscillation du fil de platine p.
- Supposons que le pendule oscille de gauche à droite. Il entraînera avec lui le fil de platine p. Le fil p pénétrera
- Pendule électrique. — A gauche, vue en avant; à droite, vue en coupe; au milieu, détails de la plaque d’ébonite servant à établir et à rompre les communications.
- dans la rigole vf t' par le point v' et touchera le point métallique s. Le balancier d en ce moment est encore dans sa position oblique. Dès que le contact aura fieu, le courant sera fermé, et l’électro-aimant E attirera le morceau de fer doux h fixé à la partie inférieure du poids A et donnera une impulsion au balancier. Mais le courant n’aura été fermé que pendant un laps de temps très court, ce qui fait que, lorsque le pendule passera par la position verticale, l’influence de l’électro-aimant ne se fera plus sentir. Le pendule continuera sa course vers la gauche et entrera en revenant dans la rainure vt par le point t. Dans cette rainure se trouve un point métallique s', symétrique du point s et agissant de la même manière. Le balancier recevra une nouvelle impulsion.
- Ce mouvement pendulaire peut actionner une horloge d’une manière simple. Le pôle de la pile qui est en relation avec l’électro-aimant E est mis en communication avec l’électro-aimant E' au moyen d’un fil f' ; cet électroaimant E' est lui-même en communication avec les points métalliques nn' de la plaque d’ébonite R par la borne b. Toutes les fois que le fil de platine p touchera un des points n ou n', le courant sera fermé, passera par l’électro-aimant E'. qui attirera le levier II'. Ce levier à chaque attraction fera tourner la roue d’un cran.
- L’intervalle qui sépare la pièce de fer doux p de l’élec-
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- LA NATURE.
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- tro-nimant E peut être augmenté ou diminué à volonté au moyen de l’écrou m. Les oscillations peuvent être réglées par la boule B. A. Anthoinoz,
- Architecte.
- LA TRACTION ÉLECTRIQUE
- PAR CANALISATIONS SOUTERRAINES
- La traction électrique par canalisations souterraines est certainement un des problèmes les plus difficiles qui soient actuellement soumis aux électriciens. Les trolleys aériens fournissent une solution très simple pour la traction, et des plus avantageuses, malgré les quelques difficultés qui se sont élevées à propos des phénomènes d’électrolyse produits par le courant de retour par les rails. Mais les trolleys aériens ne sont pas toujours applicables dans les grandes villes, ou ne le sont du moins qu’en des parties périphériques, où leur besoin est souvent moins pressant qu’au centre de la ville1.
- Les électriciens ont donc été forcés de chercher un système de canalisation souterraine, établie en fils nus dans des caniveaux; sur ces fils devaient venir frotter des contacts portés par la voiture automobile. 11 était donc nécessaire de laisser une ouverture pour le passage de ce contact. C’était ouvrir une porte à l’eau, à la boue et aux divers immondices qui se trouvent sur la voie publique: le contact ne pouvait être assuré dans de bonnes conditions. Toutes les inventions qui sont survenues à ce sujet ont donc eu pour but de créer un système de canalisation souterraine dans lequel les câbles de communication seraient à l’abri des objets extérieurs pouvant pénétrer par la rainure centrale.
- Ces systèmes sont actuellement très nombreux, et nous ne pouvons ici que passer en revue les plus importants. Mais nous établirons tout de suite une division très nette et nous distinguerons : 1° les canalisations à contact continu par frottement d’un trolley ; 2° les canalisations à contacts répartis sur différents points par artifices divers. Ce sont ces deux parties que nous allons étudier successivement.
- Les canalisations à contact continu par frottement d’un trolley sont les plus nombreuses et nous connaissons jusqu’à ce jour, parmi les principaux, les systèmes suivants : Holroyd Smith, Siemens et Halske, Love, Jenkins, Griffin, Munsie Coles, Johnson, Robert Zell, Washington, Universal electric C°, Schefbauer, Waller-Manville, Hœrde, etc., etc. Dans presque tous ces systèmes le caniveau ne renferme que les conducteurs secondaires. Les fils d’alimentation ou feeders se trouvent placés sur le côté ou dans le voisinage. Le retour est effectué par un deuxième conducteur et non plus par les rails comme pour les trolleys aériens.
- 1 La question de la traction électrique a été étudiée en détail dans une brochure : Les tramways électriques, de M. Henri Maréchal, ingénieur des Ponts et Chaussées, et dans le Rapport sur la traction électrique de l’Association amicale des ingénieurs électriciens que nous avons signalé dans le n° 1169, du 26 octobre 1895, p. 351.
- Le système Holroyd Smith, représenté par notre figure 1, a été appliqué en 1885 au tramway de Rlackpool, en Angleterre, et il a fonctionné jusqu’à ce jour sans de grandes avaries. De 1885 à 1892, il a été exploité par une compagnie particulière, et depuis 1892, il est aux mains de la municipalité. Le caniveau est en tôle de fer, fixé sur un rail et reposant sur une série de supports métalliques. Des traverses en bois placées dans le caniveau à la partie supérieure supportent des isolateurs en porcelaine qui maintiennent le câble. La partie inférieure du caniveau peut recevoir les eaux de pluie sans aucun dommage pour les câbles ; de distance en distance se trouvent des poches de vidange. Dans les premiers modèles, le caniveau se trouvait au milieu de la voie. Avec le système dont nous venons de parler, il était nécessaire d’établir deux caniveaux, un sur la voie montante et l’autre sur la voie descendante. L’inventeur a imaginé un autre modèle (fîg. 2) à grand caniveau unique de 11,1,70 de hauteur pour les deux voies. Ce grand caniveau, semblable à un égout, permet le passage d’un homme; l’entretien et le nettoyage des câbles et des contacts peuvent donc être assurés dans de bonnes conditions sans craindre les amas de boues et d’eaux. C’est ce dernier système qui a été préféré pour Paris, et une concession a été accordée pour l’établissement, avec ce grand caniveau, d’une ligne de traction électrique, de la place Cadet à la place Montmartre. Les avantages de ce système sont nombreux et on écarte ainsi tous les inconvénients pouvant provenir des petits caniveaux, comme l’a fort bien fait ressortir, avec de nombreux arguments à l’appui, M. Ch. de Tavernier dans un article de la Revue technique. La dépense est peut-être plus élevée ; mais il s’agit de solutions pratiques.
- En 1887, la maison Siemens et Halske a établi à Budapest le système de canalisation représenté par la figure 3. Le canal souterrain est formé par des châssis en fonte ovoïdes raccordés par un canal en béton de même section. Une ouverture à la partie supérieure se trouve en communication avec la fente du rail. Sur les châssis sont portés horizontalement des isolateurs en porcelaine pour maintenir les câbles. Ce système est exploité à Budapest depuis 1887 ; il y a actuellement quatre lignes semblables alimentées par une seule usine. Les résultats fournis ont été satisfaisants; cependant les opinions de divers ingénieurs sur la valeur pratique de ce système ont été fort différentes. En 1894, l'ingénieur en chef de la ville de Newcastle disait que la rainure pratiquée dans le sol pour laisser passer le collecteur de courant atteignait de 34 à 50 millimètres et que cette largeur serait la cause de graves inconvénients dans les rues ordinaires où des roues à bandage étroit tomberaient dans l’ornière et causeraient des courts-circuits. M. Launay pensait au contraire que ce conducteur souterrain paraissait constituer une solution très heureuse du problème de la traction électrique dans les grandes villes. M. Henri Maréchal, dans la brochure que nous avons mentionnée
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- plus haut, l'ait remarquer avec juste raison que l'on ne peut visiter les conducteurs et leurs supports qu’à la condition de démolir la chaussée; c’est là un inconvénient très grave pour Paris. De plus, à Paris, la direction des travaux n’accepte pas de rainure supérieure à 29 millimètres ; les chaussées supportent des charges très lourdes, le pavage en bois donne de fortes poussées, il pourrait se faire que la rainure vînt à se rétrécir de façon à empêcher le
- F'g- i-
- Canalisation à petit caniveau système Ilolroyd Smilli.
- passage du frotteur. M. Ch. deTavernier partage entièrement cette manière de voir, et nous dit, dans l’article que nous avons déjà cité, qu’on s’exposerait incontestablement, en exploitation, aux plus graves mécomptes en adaptant à Paris, sauf sur de petites largeurs ou sur des points spéciaux, le petit caniveau souterrain, qu’il s’agisse du type de Budapest, même perfectionné, ou des caniveaux de Blackpool.
- Parmi les autres canalisations nous citerons le
- Fig. 2.
- Le même système à grand caniveau.
- système Love (fig. 4), adopté en Amérique, il consiste en une conduite souterraine formée par des plaques en fonte démontables ; deux fils sont soutenus par des isolateurs à la partie supérieure, le frotteur est un chariot à deux roues à gorge pressant
- sur deux fils. Les feeders sont placés sur le côté. Les résultats obtenus jusqu’ici à Chicago et à Washington n’ont pas été très favorables. Aussi dans une partie de cette dernière ville a-t-on adopté un système modifié du souterrain de Budapest, les isolateurs
- Fig. 3.
- Système de canalisation Siemens et Halske établi à Budapest.
- étant fixés verticalement et non horizontalement.
- Le système de canalisation Zell (fig. 5), formé par un caniveau divisé en trois parties, deux à la partie supérieure dans lesquelles se trouvent les câbles, et une à la partie inférieure située dans le prolongement de la rainure centrale et servant à recueillir les eaux et les boues. Les contacts sont portés par une tige centrale avec deux courbures pénétrant dans les parties dont nous avons parlé.
- Le système Griffin (fig. 6) est également formé par un caniveau en fonte divisé en deux parties ; l’une sert au drainage, l’autre porte le câble sur
- Fig. 4.
- Système de canalisation Love, appliqué en Amérique
- lequel s’appuie le contact relié à la tige centrale par un support coudé. Le système Hœrde (fig. 7) est une modification du système Love ; il consiste en un caniveau en fonte présentant à la partie supérieure un couloir longitudinal dans lequel est fixé le conducteur sur isolateurs. Le contact est assuré par une lame spéciale fixée à la voiture et traversant la rainure. Dans le système Petersen (fig. 8), les deux conducteurs sont établis dans une partie du caniveau entièrement fermée. Le couvercle est formé d’une lame flexible qui se soulève pour le passage de la tige coudée servant à établir les contacts.
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- Tels sont les principaux systèmes de canalisations souterraines à caniveaux pour traction électrique.
- A côté des canalisations à contact continu par frottement d’un trolley se trouvent également, comme nous l’avons dit plus haut, les canalisations à contact réparti sur différents points par artifices divers. Parmi ces derniers systèmes nous citerons le système Lineff, le système électro-magnétique Van Depoele, le système Claret-Vuilleumier. Il y a peu de temps
- également la puissante Société Westinghouse a imaginé aussi un tramway électro-magnétique.
- Dans le système Lineff, le courant est envoyé pendant le passage de la voiture à des parties de rails isolés et placés au centre de la voie ; ce résultat est obtenu à l’aide d’un puissant électro-aimant qui soulève une barre de 1er flexible. Des dispositions analogues se retrouvent dans les systèmes Yan Depoele et Westinghouse, dont on ne connaît pas
- Fig. 5. Fig- 6-
- Système de canalisation Zell. Système de canalisation Griflin.
- encore d’application fonctionnant en pratique.
- Pour le système Claret-Vuilleumier, nous avons déjà décrit précédemment les principales dispositions adoptées dans l’installation de l’Exposition de Lyon. On procède en ce moment à Paris aux derniers pré-
- Fig. 7.
- Système de canalisation Hœrde.
- donner quelques prix d’établissement ; les dépenses connues sont très variables et ne s’appliquent qu’à une ligne déterminée.
- Ce que nous venons de dire montre que les électriciens sont encore loin d’être fixés sur la valeur pratique de ces divers systèmes. Mais ils ne tarderont pas d’avoir à ce sujet des éléments sérieux d’appréciation. Depuis bientôt quatre ans, en effet, Paris possède la traction électrique par accumulateurs1, traction qui a déjà rendu certains
- 1 Voy. n° 1015, du 12 novembre 1892, p. 369; n“ 1135, du 2 mars 1895, p. 214, et n° 1147, du 25 mai 1895, p. 410.
- paratifs pour la mise en marche d’une ligne installée d’après ce système de la place de la République à la porte de Romainville ; il sera important de se rendre compte de ce fonctionnement.
- Pour compléter nos renseignements, il faudrait
- Fig. 8.
- Système de canalisation Petersen.
- services; et dans un avenir très rapproché, il y aura également une ligne à canalisation souterraine à grand caniveau, système Holroyd Smith. Des expériences et des observations très suivies permettront de connaître les avantages et les inconvénients pratiques des uns et des autres, et d’établir quels sont les modèles qui peuvent convenir à notre grande capitale. Paris se sera laissé devancer par un excès de prudence ; mais il sera enfin définitivement fixé. Le meilleur enseignement est toujours celui de la pratique et de l’expérience. J. Laffargue.
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- LES ROUTES FRUITIÈRES
- Il y a longtemps déjà que les sociétés d’agriculture demandent la plantation d’arbres fruitiers le long des routes départementales et nationales.
- A l’étranger les plantations fruitières faites sur l’accotement des routes ont donné les meilleurs résultats. Dans le Wurtemberg, la Saxe, la Bavière, le Hanovre, dans le Grand-Duché de Luxembourg, en Autriche, les routes fruitièies donnent au Trésor des rendements importants. En Saxe le budget des routes fruitières est des plus satisfaisants, et on évalue à près de deux millions de francs le bénéfice réalisé de ce chef par l’État au cours des quatorze dernières années.
- En Wurtemberg on a complètement renoncé aux plantations d’essences forestières le long des routes. Une loi a généralisé les plantations d’arbres fruitiers et en a réglementé l’exploitation. C’est le propriétaire riverain qui a la charge de la plantation : le service de la voirie assure la protection et l’entretien de ces arbres. Ce service, très bien organisé, fonctionne d’une façon très économique. Il a été établi dans des conditions à peu près identiques dans le Palatinat et la Bavière. Dans ces régions chaque cantonnier est doublé d’un sylviculteur. On donne à ces petits agents toutes les facilités désirables pour augmenter leurs connaissances agricoles. Ils sont placés sous la surveillance d’inspecteurs ruraux qui dirigent les travaux. Ce personnel spécial se recrute en partie par la voie du concours. Ces « sylviculteurs voyers » passent un examen et suivent des cours. Ils obtiennent parfois des bourses destinées à compléter leur instruction.
- Le cours qui est professé à Landschut, en Basse Bavière, a déjà permis de recruter un personnel fort apte à l’entretien et à la taille des arbres. En Autriche, en Moravie et en Bohème, les routes fruitières, qui sont très nombreuses, sont en général plantées de pruniers. Dans ces plaines fertiles qui rappellent la région d’Argentan, il y a au bord des routes des plantations considérables. Les arbres sont mis en place à la distance de 6 mètres environ : ils sont l’objet de soins exceptionnels et il n’est pas rare de voir, dans la région de Hradisch surtout, des jeunes pommiers recouverts de paille jusqu’à mi-tronc. Les vieux pommiers sont nettoyés soigneusement et badigeonnés à la chaux, pour les préserver des mousses et des maladies crypto-gamiques. A Drosing, en Moravie, le long des chemins, l’acacia alterne avec le cerisier et le pommier.
- Dans le Tyrol, où la culture des arbres fruitiers est très appréciée, les plantations routières sont nombreuses.
- Il n’est pas rare de rencontrer dans ces régions, surtout à Iloffgarten, des vergers de 2000 à 3000poiriers et pommiers. Et ce ne sont pas seulement les routes, les chemins de moyenne communication que l’État et les communes ont ainsi utilisés, les compagnies de chemins de fer sont elles aussi venues à la rescousse : beaucoup ont planté leurs chaussées, la bordure de leurs talus, les espaces compris entre la voie et les propriétés voisines.
- On ne peut guère citer les essais faits à l’étranger en matière de plantations routières sans parler du Grand-Duché de Luxembourg. C’est la terre d’élection de l’arbre fruitier. Les efforts faits par le gouvernement du Grand-Duché pour développer la culture fruitière sont des plus intéressants et des plus remarquables. Nulle part les ressources n’ont été mieux employées, les encouragements mieux distribués et mieux compris. L’État a établi un service agricole qui a pour mission spéciale de propager le progrès agricole, de diriger et d’exécuter la plupart des
- travaux techniques, tels que les plantations d’arbres fruitiers, les drainages, les irrigations, les réunions territoriales, les champs d’expérience, l’établissement de chemins d’exploitation, etc.
- A la suite de l’hiver de 1879 à 1880 qui détruisit des milliers d’arbres fruitiers, le Grand-Duché dut procéder à des plantations considérables. Le gouvernement vota des crédits destinés à être répartis à titre de prime entre les propriétaires qui plantaient un certain nombre d’arbres. Les statistiques officielles évaluent à 470 000 le nombre des arbres plantés de 1883 à l>90 grâce à l’intervention de l’État. Un pays qui fait l’impossible pour encourager le développement de l’agriculture devait songer à la transformation de ses routes. Ce fut d’abord l’État qui opéra les plantations d’arbres fruitiers sur ses routes, les communes suivirent assez vite l’exemple. Les résultats furent si encourageants que bientôt elles plantèrent les chemins secondaires de communication et même les chemins d’exploitation particulière.
- Dans le courant de l’année 1890,1a commune d’Ettel-bruck a fait planter sur les bords de ses chemins vicinaux plus de 600 arbres fruitiers. Le même effort s’est produit dans presque toutes les communes rurales, et parfois encore dans des proportions beaucoup plus considérables. Des communes de 500 à 1000 habitants ont planté 1000 à 2000 arbres fruitiers sur les chemins.
- Aujourd’hui les statistiques relèvent que les arbres fruitiers plantés sur les routes et les chemins du Grand-Duché sont au nombre de 54156, parmi lesquels on compte : 11547 cerisiers, 15622 pommiers, 3572 poiriers, 295 pruniers. 1636 noyers,348 merisiers, 48 châtaigniers, 5096 sorbiers. Si l’on songe qu’en 1880 le total des arbres fruitiers plantés sur le bord des routes s’élevait à peine à 4721, on se rendra compte des efforts déployés par l’État et les communes. Est-il nécessaire d’ajouter que l’administration ne s’est pas contentée d’encourager les plantations routières? Elle s’est appliquée à faire des cantonniers autant d’arboriculteurs. Un professeur de l’École agricole réunit chaque année un certain nombre de cantonniers et d’agents voyers, afin de leur donner les instructions théoriques et pratiques les plus indispensables pour l’entretien, l’élagage, la taille, etc., des arbres fruitiers. Actuellement tous les cantonniers et les agents voyers du Grand-Duché sont en état de donner aux arbres fruitiers des routes et des chemins tous les soins nécessaires.
- Le service est organisé d’une façon extrêmement simple. On s’est appliqué à éloigner toutes les complications administratives. Avgp une allocation relativement peu onéreuse pour le budget de l’État, il est possible, ainsi que le constatait M. J. l’h. Wagner, le professeur à l’École agricole de l’État, de subvenir à tous les besoins. D’ailleurs l’État et les communes trouvent déjà dans le produit des arbres plantés sur les routes des ressources appréciables.
- Nous nous contenterons de citer les résultats obtenus dans la commune d’Echternach. La route nationale qui va d’Echternach à Wasserbillig et qui longe la rivière la Sûre a été plantée d’arbres fruitiers sur une longueur d’environ 20 kilomètres. La récolte de ces arbres, qui sont des sujets encore jeunes, a été vendue en 1892 à raison de 3500 francs, et la récolte de 1893 a atteint le prix de 5500 francs. Les arbres sont des pommiers plantés en 1885, à la distance de 10 mètres, tantôt des deux côtés de la route, tantôt d’un seul côté. Quelques-uns ont été plantés en 1880. On évalue à 3 ou 400 foudres — de mille litres — la récolte de pommes de 1893.
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- Les plantations de pommiers faites en bordure se composent presque uniquement de variétés à cidre. Le gouvernement du Grand-Duché a fait tous ses efforts pour développer l’industrie cidrière. En cela il a eu non seulement le projet de doter le pays d’une source importante de revenus, mais il a eu aussi une pensée morale. Il a voulu substituer le cidre et le poifij à l’eau-de-vie qui avait une tendance fâcheuse à prédominer dans la consommation indigène. Les dangers de l'alcoolisme, qui a fait tant de ravages en Belgique et en Hollande, ont alarmé très justement le gouvernement grand-ducal. Il s’est efforcé de réagir : il s’est dit que lorsque les pommiers à cidre plantés dans les dix dernières années et ceux que l’on planterait encore seraient en plein rapport, on oublierait l’alcool pour le cidre : boisson moins chère, agréable et hygiénique. Et déjà ses efforts ont abouti.
- — A suivre. — Emmanuel Ratouin.
- L’ARMÉNIE
- Les événements qui, depuis près de dix mois, ont ensanglanté les possessions asiatiques de la Turquie et particulièrement l’Arménie, ont appelé, d’une façon toute particulière, l’attention sur ce malheureux pays.
- Opprimé et pillé par des gouverneurs jaloux de faire grosse et rapide fortune, massacré par le musulman qui l’a toujours considéré comme un esclave et qui hait en lui un giaour, le sort de l’Arménien serait vraiment digne de pitié, s’il ne se laissait berner de décevantes illusions et de trompeuses espérances. Excités par l’Angleterre qui leur a fait entrevoir nous ne savons quelle restauration impossible d’un empire indépendant disparu depuis Tigrane II, encouragés par la « Société unie arménienne » qui siège à Constantinople, par les réfugiés de Londres, les Arméniens se sont concentrés à Zeitoun dont ils ont presque anéanti la garnison turque. Contre cette ville sont aujourd’hui dirigées des forces avec lesquelles se trouvent les consuls européens qui ont pour mission d’empêcher un massacre général.
- Très étendue jadis, l’Arménie, qui n’est pas une entité géographique, s’est vue diminuée par ses puissants voisins. Ce sont les Russes qui se sont emparés de tout le bassin de l’Araxe et-4a Perse qui en a détaché un morceau qu’elle a réuni à ses possessions. En fait, l’Arménie comprend l’espace qui s’étend entre la Mésopotamie et la mer Noire, la province de Sivaset la Perse, soit environ 306 954 kilomètres carrés et 2 758 680 habitants.
- Pays entrecoupé de hautes chaînes neigeuses et volcaniques qui courent parallèlement au rivage de la mer Noire, l’Arménie possède un climat très rigoureux dans ses parties élevées, moyen dans ses vallées et très chaud quand on s’approche de la Mésopotamie. A ces zones climatériques répondent des aires botaniques et zoologiques variées qui nous permettent de réunir dans une même nomenclature le cerisier et le figuier, le poirier et le palmier, l’àne et le chameau, le sanglier et l’hyène. Quant
- au lion et à l'autruche, ce sont des animaux qui, pour avoir habité ces régions, en ont depuis longr temps disparu. Parmi les productions les plus renommées, il faut citer les pastèques et les melons qui atteignent des dimensions colossales et pèsent jusqu’à 25 et 30 kilogrammes, les vignes qui fournissent des vins exquis, et, parmi les animaux, des chèvres mohair dont le nom a été donné aux tissus fabriqués avec leurs poils, des moutons à grosse queue qu’on exporte en immenses troupeaux dans toutes les villes du littoral et jusqu’à Constan tinople, et des chevaux élevés surtout dans le sud de l’Arménie, qui sont au loin recherchés comme étalons et qui atteignent des prix considérables.
- Presque partout le sol est d’une fertilité merveilleuse — certains diraient parce qu’on ne l’a pas épuisé par une culture intensive — et l’on fait dans certains districts jusqu’à trois récoltes par an.
- Si les habitants étaient un peu plus laborieux, s’ils avaient la sécurité qui leur fait défaut, s’ils ne craignaient d’être exploités par leurs gouverneurs et par les agents qui devraient les protéger, s’ils ne redoutaient d’être pillés par les Kourdes qui les ont toujours traités comme des esclaves, peut-être alors sentiraient-ils le besoin de laisser à leurs enfants autre chose que des dettes et la perspective d’une misérable existence.
- Si la surface du sol est généreuse, l’intérieur garde d’immense trésors inexploités et inconnus. Mines de cuivre, de fer, d’étain, de plomb argentifère, de charbon, de marbre, on n’a que l’embarras du choix ; mais trois obstacles s’opposent à la mise en valeur de ces sources de prospérité : le manque de capitaux, de combustibles et de routes. Partout ailleurs qu’en Arménie, l’Européen serait venu avec sa science, son expérience des affaires et son argent, exploiter ces mines, mais l’insécurité l’a toujours arrêté. Le bois fait à ce point défaut qu’en certains districts les habitants n’ont pour se chauffer en hiver que la fiente de leurs animaux, et cependant l’Arménie était jadis un pays éminemment forestier; mais une exploitation effrénée, contraire à tous les principes requis pour la conservation, a amené presque partout une disette de bois absolue. Quant aux routes, elles n’existent pas le plus souvent, ce sont de véritables sentiers qu’on ne peut suivre qu’à pied, à cheval ou monté sur un chameau; le char est presque partout inconnu et les chemins de fer sont dans l’enfance. Dans ces conditions le transport de la moindre marchandise réclame un temps considérable et revient à des prix exorbitants, et si elle n’est pas elle-même d’une grande valeur, il vaut mieux la laisser perdre ou la vendre sur place qu’essayer de la transporter sur un marché quelconque où elle arriverait grevée de frais de transport tels qu’elle serait hors d’état de lutter contre les produits similaires.
- Aussi le paysan ne se sent-il pas encouragé, il ne produit que pour sa consommation personnelle, et, s’il arrive une mauvaise année, si les récoltes ni an-
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- quent, il est tout de suite au-dessous de ses affaires et obligé de recourir à l’usurier.
- C’est ce qui arrive non seulement aux Arméniens mais aux quelques Turcs qui ont abandonné la vie pastorale pour se livrer à l’agriculture. Ceci nous amène à parler de la population.
- Il n’y a pas de race arménienne et l’Arménien actuel n’est que le descendant de tous les peuples qui ont été transplantés, qui ont colonisé, dominé ou traversé le pays : Assyriens, Juifs, Grecs, Romains, Sedjoukides, Tartares ou Turcs, tous ont laissé quelque peu de leur empreinte sur la race, qui est bien le plus merveilleux composite qu’on puisse imaginer. Et cela est facilement compréhensible, l’Arménie se trouvant sur la route qu’ont de tout temps suivie les grandes invasions asiatiques. A coté de ces Arméniens se trouvent les Turcs et particulièrement les Kourdes, dont le nom est appliqué à toute une région : le Kurdistan. Très ignorants, pillards effrontés, toujours prêts à prendre les armes et versant le sang avec facilité,sans souci des lois, — certains refusentsys-tématiquemen t l’impôt, la contribution et le service militaire,
- — les Kurdes se divisent en deux fractions dont l’une s’est pliée à la culture et est par conséquent moins féroce que la seconde ; celle-ci continue l’élevage des chevaux et des bestiaux. Ce sont ce qu’on appelle les tribus kotchères. Leur ignorance et leur fanatisme sont facilement exploités et l’on n'a pas eu grande peine à les lancer, au cours des événements qui viennent de se passer, contre les Arméniens. S’ils paraissent aujourd’hui soumis au gouvernement turc, et nous venons de montrer combien ils le sont peu, celui-ci n’a pu obtenir ce semblant d’obéissance qu’au prix de luttes incessantes, se renouvelant sans motif et au cours desquelles il a dû s’emparer des principaux chefs et les déporter afin d’obtenir de leurs complices cette soumission plus apparente que réelle.
- Mais les relations de vainqueur à vaincu, bien que l’asservissement des Arméniens à la Turquie remonte au quinzième siècle, ne suffisent pas à expliquer ces prises d’armes continuelles, ces froissements jour-
- naliers de deux populations appelées à vivre côte à côte et qui ne se sont pas mêlées. Il y a encore la question de religion. On sait que les Arméniens appartiennent pour la plupart au catholicisme depuis le quatrième siècle, époque à laquelle ils ont embrassé la doctrine d’Eutykès; mais on rencontre également chez eux des israélites, des grégoriens, des catholiques, des protestants, des grecs orthodoxes, des syriens, des coptes et des nestoriens. Une vraie tour de babylone religieuse! Ce n’est pas tout encore, les chrétiens n’ont pas le privilège de se diviser en un nombre de sectes infini. A côté des musulmans on rencontre les têtes-rouges, que les Turcs considèrent comme chrétiens, parce qu’ils boivent du vin, ne voilent pas leurs femmes et pratiquent le baptême et la communion ; les yezidi, également haïs et persécutés par les chrétiens et les musulmans ; les sortis, les babis et les sleb, qui ont une horreur invincible du vol et de l’injustice.
- 11 est facile de comprendre que toutes ces sectes, jalouses les unes des autres , entretiennent chez les individus des ferments de haine et de violence que le moindre événement n’aura pas de peine à exaspérer. C’est ce qui est arrivé l’an dernier, et l’on n’a pas oublié les massacres qui se sont produits en différents endroits et dont l’Europe essaye en ce moment d’empêcher le retour dans les six vilayets de Kharpout, Erzeroum, Bitlis, Van, Diarbekir et Mossoul qui constituent aujourd'hui l’Arménie.
- Devant le déploiement considérable des troupes turques, les esprits semblent se calmer un peu; les puissances occidentales ont obtenu du sultan des réformes qui, si elles sont appliquées, alors que toutes celles qui ont été décrétées jusqu’ici sont restées lettres mortes, donneront satisfaction aux justes et légitimes réclamations des Arméniens. Ils ont hâte de ne plus être exploités, emprisonnés, massacrés, sans que personne s’intéresse à leur misérable sort. Ils ont la prétention d’être traités en hommes et non plus en parias ; on ne saurait les en blâmer. G. Marcel.
- (to ÆyjfojjrjruSc.
- L’Arménie actuelle.
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- LES RUINES DE BUONG-AN
- Fig. 1. — La tour de Buong-An dans l’Annam. (D’après une photographie.)
- en a fait tous les frais.
- Lorsqu’on arrive de Tourane par la route mandarine au bac de la citadelle de Quang-Nam, si, au lieu de prendre ce bac, on continue à cheminer sur la rive gauche de l’ar-royo,. on rencontre, à 1500 mètres plus loin, un autre bac qui serait le point terminus du voyage par eau, si Ton était venu de Tourane en sampan. A partir de ce point, le chemin s’éloigne au nord-oue§t de Tarroyo pour tourner, à 500 mètres plus loin, brusquement au nord/sur le territoire de Buong-An. On se trouve alors en présence de trois tours tchames dont Tune est encore bien conservée (fig. 1). Elle diffère de toutes celles que j’ai vues jusqu’à ce jour. De forme octogonale, ainsi ([ue le dôme, * qui est
- fermé complètement, sévère d’attributs, l'architecte | racines ont rampé sur
- Fig. 2. — L’élépliant de grès. (D’après une photographie.)
- Tandis que les sculptures prédominent dans les tours de Qua-My et de Kuong-My, les seules pierres sculptées qu’on aperçoit à Buong-An sont en corniches à chaque angle du chapiteau octogonal et ont été dégrossies en quelques coups de burin. Avec cinq petits motifs ogivaux en relief de brique qui sont répartis à égale distance sur chaque côté de la frise, nous avons toute l’ornementation.
- L’entrée se trouve à Test, agrémentée d’un portique dont les faîtes du comble, les arcades et la voussure sont autant d’ogives. Un arbre, qui a pris naissance sur un pan du faîte, étend ses branches dans l’espace au-dessous et en avant du portique, tandis que ses la muraille jusqu’au sol.
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- LA NATURE.
- Il ne se trouve aucun monolithe digne de ce nom, pas plus aux encadrements des portes qu’aux arêtes de la construction, sobres aussi, simulant en vague une corniche de piédestal et une autre d’entablement. Les Annamites ont élevé à l’intérieur un mièu en briques, dans lequel ils ont superposé des fragments de pierres qu’ils ont recouverts de vêtements bariolés en papier.
- Les deux tronçons de tours au nord-est et au sud-est de la grande, sont entièrement enveloppés de racines et couverts de ramées. Un arbre a écarté ses racines de chaque côté de leur entrée et leur a fait un fronton. La tige s’élève en panache sur l'ensemble. D’autres racines, énormes, enlacent de l’intérieur à l’extérieur les pans de murailles, et semblent vouloir en éviter l’effondrement dernier après l’avoir préparé. Un éléphant, en grès (fig. 2), orné d’un collier caparaçonné, garde l’entrée du parvis; les Annamites lui ont adjoint un tigre, de même dimension, mais en maçonnerie de briques (fig. 1). La grande tour a 11 mètres de hauteur. G. Paris.
- LES COLLECTIONS D’INSECTES
- OFFERTES AU MUSÉUM PAR LES PETITS-FILS ET FILS DE FEU MM. JULES ET GUSTAVE FALLOU 1
- M. E.-L. Bouvier a publié une Notice bien curieuse dans le Bulletin du Muséum, sur un don magnifique qui a été fait au Muséum. 11 s’agit de la Collection de Lépidoptères de M. Jules Fallou. Le Muséum doit cé riche et inestimable présent à la générosité des petits-fils .du regretté spécialiste; avec un désintéressement et une piété filiale qui les honorent, ces Messieurs ont littéralement abandonné à la science les trésors que leur grand-père avait passionnément rassemblés, et ils ont réalisé le plus cher de ses vœux en les ouvrant le plus largement possible aux recherches des naturalistes. La collection de Lépidoptères de M. Jules Fallou, dit M. L. Bouvier auquel nous empruntons quelques extraits de son Rapport, renferme à peu près tous les Papillons connus de France et des pays circonvoisins. Elle est remarquable par son bel arrangement, par l’irréprochable état de tous les spécimens qui la constituent (de 25 000 à 30 000), par le choix de ces derniers, qui représentent tous des variations spécifiques intéressantes, enfin par le soin minutieux avec lequel sont préparées les chenilles qui accompagnent la plupart des espèces. Beaucoup de ces spécimens ont été obtenus par Jules Fallou à partir de la chenille ou de la chrysalide, et cette qualité, qui est fort rare, n’est pas une des moindres de la collection qu’avait réunie le savant et consciencieux entomologiste.
- Parmi les nombreuses raretés dont les donateurs viennent d’enrichir le Muséum, il faut citer : celle du Thaïs medesicaste ab. Honoratii où le rouge envahit les ailes postérieures, celle d'Apalura iris ab. Beroe où les bandes blanches disparaissent, une aberration presque
- 1 À tous les naturalistes qui désireront connaître et étudier ces collections, le laboratoire d’entomologie du Muséum sera largement ouvert; toutes les richesses qu’on y conserve ont été déposées là pour eux, et ils ne sauront mieux honorer la mémoire des deux Fallou qu’en venant étudier, dans cet établissement, les précieux matériaux qu'on a bien voulu nous confier.
- noire du LimeniPs sybilla, enfin toute une série de types de la Chelcnia Cervini, découverte par J. Fallou, et de la Ch. Quenselii. Je vous prie d’examiner attentivement les séries de ces deux dernières espèces ; elles yous prouveront que les entomologistes sérieux ne méritent guère le reproche, qu’on leur fait souvent, de multiplier sans raisons le nombre des espèces. Voici maintenant des spécimens plus rares et parfois uniques : des hermaphrodites à'Aglia Tau, d'Argynnis Paphia, de Cleogene lulearia. 11 faut mentionner aussi, parmi les jolies choses qui fourmillent dans la collection, une belle série de Noctuelles du genre Plusia; mais les autres cartons ne sont pas moins intéressants, et il n’y en a guère moins de 200. Au reste, a dit M. E.-L. Bouvier, là ne s’est pas bornée la libéralité des petits-fils de Jules Fallou. Il présente quelques boites de la Collection d'insectes utiles et nuisibles que le distingué entomologiste avait réunie et qui a été présentée au public, on sait avec quel succès, dans plusieurs expositions récentes. Cette collection nous a été également donnée, et, comme elle est d’un très grand intérêt au point de vue des applications de la science, je me propose de l’installer dans quelques vitrines spéciales de nos grandes galeries. Examinez cette boîte qui renferme les parasites du chou, cette autre qui réunit les innombrables parasites du rosier, et vous aurez quelque idée de la richesse de cette collection et du talent d’observateur que Jules Fallou a dû dépenser pour la rendre si parfaite. Enfin, pour mettre le comble à leurs largesses, les généreux donateurs ont également offert an Muséum la Collection d'Hémiptères français et exotiques de leur père Gustave Fallou. Cette collection ne compte guère moins de 250 cartons, et comme vous pouvez en juger d’après cette boîte de Fulgorides, elle ne le cède en rien", pour la conservation et le bon choix des spécimens, à la collection de Rapillons. Le fils avait hérité des qualités entomologiques du père, et c’est à lui que le Muséum devra de voir en partie comblée une lacune fâcheuse de ses collections d’insectes.
- CHRONIQUE
- Le meldomètre. — Ce nom bizarre, formé d’une racine anglaise (to melt, fondre) et d’une racine grecque (metron, mesure), a pour objet de rappeler le but de l’appareil qu’il sert à désigner. Le meldomètre, présenté par M. le professeur Ramsay et M. Eumerfapoulos à la Société de physique de Londres, est destiné à la détermination rapide et précise des points de fusion des substances fondant à une température élevée. Il a été imaginé par M. le docteur Joly, de Dublin, et se compose essentiellement d’une lame mince de platine chauffée par le passage d’un courant électrique. Les substances à étudier sont placées en petite fragments sur la lame de platine et leur température de fusion se déduit de l’allongement de la lame de platine au moment où la fusion se produit sous l’action d’un courant d’intensité régulièrement croissante. La graduation de l’appareil a été faite à l’aide de corps dont les points de fusion sont connus. MM. Ramsay et Eumorfopoulos ont fait une série de mesures sur le point de fusion des sels de sodium, de lithium, de strontium, de baryum, de calcium et de plomb, mais les résultats trouvés ne concordent pas avec ceux obtenus antérieurement par d’autres expérimentateurs avec des méthodes différentes, sans que l’on puisse encore expliquer les différences. Le grand avantage du meldomètre — un nom malheureux, décidément — réside dans la
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- facilité qu’il offre de faire des déterminations sur des échantillons très petits, et, par suite, d’une très grande pureté : par contre, il ne se prête pas à la détermination des points de fusion des corps qui subissent une modification chimique lorsqu’on les chauffe à l’air libre. E. 11.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 9 mars 1896. — Présidence de M. Cornu.
- Préparation des carbures d'yttrium et de thorium. -—MM. Etard etMoissan ont préparé le carbure d’yttrium et le carbure de thorium. Le premier de ces deux composés décompose l’eau en donnant 06 pour 100 d’acé-lvlène, ‘20 à ‘25 pour 100 de méthane et un résidu composé d’hydrogène et d’éthylène. Le thorium est ce métal rare qui, mélangé à d’autres corps simples, donne au bec Auer son incandescence. L’oxyde de thorium, quand il est absolument pur, tel que celui employé par MM. Etard et Moissan, ne fournit au bec Auer qu’une teinte livide tirant sur le lilas, sans pouvoir éclairant ; cette propriété est le meilleur caractère permettant de juger de la pureté du thorium. Quand on chauffe de l’oxyde de thorium avec du charbon au four électrique, il se forme un composé cristallisé transparent qui est un carbure de thorium. Ce nouveau corps jouit d’un pouvoir réducteur très énergique. Il brûle dans l’oxygène et la vapeur de soufre avec un éclat éblouissant. En présence de l’eau froide, il se décompose de suite en donnant naissance à un dégagement violent de carbure d’hydrogène riche en acétylène. L’analyse du carbure de thorium a conduit les auteurs à lui assigner la formule C2Th. M. Moissan et M. Lengfeld, de l’Université de Chicago, ont également préparé et étudié un carbure de zirconium. Cette substance est très stable; elle n’est pas décomposable par l’eau.
- La combinaison de l'oxygène et de l'hydrogène. — Après avoir remarqué que les gaz se prêtent mieux que les solides ou les liquides aux expériences de haute précision sur l’affinité chimique, en raison de la possibilité de réaliser plus complètement l’homogénéité de température et de mélange des substances, M. Armand Gautier expose que ses recherches ont porté sur l’oxygène ou l’hydrogène. L’auteur a institué ses expériences en partant de ce principe que, quelque petite que soit la quantité de gaz combinés, cette quantité peut devenir mesurable si le mélange se renouvelle. Il a constaté ainsi qu’en figurant les résultats par une courbe dont les abscisses sont le temps exprimé en secondes et les ordonnées les volumes de gaz combinés, la courbe à la température constante de 510° est sensiblement une droite jusqu'à l’ordonnée de 15 secondes. A partir de cette ordonnée, elle se relève subitement et devient presque verticale jusqu’à l’ordonnée de 15 secondes. Enfin, un peu après 15 secondes, elle s’infléchit brusquement et devient parallèle à l’axe des abscisses. La proportion du volume des gaz combinés au volume initial du mélange détonant est de 58/1000. Ce résultat est important, car la combinaison est réalisée à une température très éloignée de la température de dissociation de la vapeur d’eau. Ce résultat peut être vérifié en prenant un ballon de verre auquel on a soudé un tube capillaire. Après avoir rempli le ballon du mélange détonant à 0°, on le scelle à la lampe, puis on le porte à la température de 550° environ. Ensuite on porte le ballon dans la glace fondante, on brise la pointe et l’on voit le mercure monter dans le tube capillaire. Ici les résultats sont différents suivant la nature du verre du ballon. La
- conclusion de ces expériences est que, à température constante, il existe une limite au delà de laquelle la combinaison ne se manifeste plus au sein du mélange, en présence du produit de la conbinaison des éléments, quelle que soit la durée de l’expérience.
- Propriétés des radiations phosphorescentes. — M. Troost décrit une expérience qui met en évidence les propriétés des radiations phosphorescentes de traverser des corps opaques pour les rayons ordinaires. Il remplit une boîte cylindrique de fer-blanc de blende hexagonale (sulfure de zinc cristallisé), et ferme la boîte par une plaque de verre. Puis il pose dans l’obscurité la boîte en question sur une enveloppe de carton noirci servant à conserver les plaques photographiques au gélatino-bromure. La boîte métallique repose par la face fermée par la lame de verre. La blende a été préalablement soumise à l’illumination produite par la combustion d’un ruban de magnésium. Dans ces conditions, elle acquiert la phosphorescence. Les radiations de phosphorescence traversent la boîte et viennent impressionner la glace. M. Troost pense que les ampoules de Crookes, qui sont coûteuses, et dont le maniement est délicat, pourront être remplacées par des appareils de cette espèce. — M. Becquerel qui, dans la dernière séance, a montré que les corps dont la durée de phosphorescence est de 1/100e donnentpdes radiations qui, non seulement sont susceptibles de traverser certains métaux, tels que l’aluminium et le cuivre, mais sont encore actives après cent cinquante heures, a étudié les radiations de phosphorescence à un autre point de vue. Il démontre qu’elles déchargent les corps électrisés. En approchant d’un électréînètre de llurmulescu, en dehors de la cage de^ verrez une plaque d’aluminium traversée par d'es radiations de phosphorescence, on voit les feuilles tomber au bout d’un certain temps. On peut également obtenir le rapprochement des feuilles en plaçant la plaque d’aluminium à 2 ou 5 centimètres au-dessous des feuilles. -M Becquerel emploie comme corps phosphorescent le sulfate double d’uranium et de potasse. Il a pu vérifier également que ces radiations sont susceptibles de réflexion par deux expériences. Sur une plaque photographique dans l’obscurité, il pose deux morceaux de sulfate double d’uranium de forme différente. L’un des morceaux sert de témoin, l’autre est recouvert d’une petite plaque’*'d’acier poli. En révélant l’image après quelque temps d’exposition, les deux fragments ont donné des images absolument différentes. Celle du premier fragment était nette, celle du second entourée d’une auréole due à la lumière diffuse émise par le miroir. Dans une autre expérience, en plaçant au foyer d’un petit miroir sphérique de métal poli un fragment de sulfate et en recouvrant d’un écran ce fragment sur la face opposée au miroir, les radiations sont renvoyées parallèlement à Taxe principal et peuvent impressionner une plaque photographique. M. Becquerel pense qu’il y a sans doute emmagasinement de lumière par les corps phosphorescents.
- Production commode des radiations de Rôntgen. — Le mode actuel de production des radiations de Rôntgen présente cet inconvénient que le verre de l’ampoule s’échauffe en face de l’électrode négative, se ramollit et se perce. M. d’Arsonval signale un procédé qui consiste à faire plonger l’extrémité supérieure de l’ampoule dans une capsule de celluloïde contenant de l’eau. On évite ainsi réchauffement du verre, et de plus on peut augmenter l’intensité du courant, ce qui permet de développer une belle fluorescence. L’électrode latérale peut
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- même être supprimée ou plutôt être placée dans l’eau, qui joue alors le rôle d’anode.
- Varia. — M. Stanislas Meunier a examiné la constitution de la météorite tombée à Madrid. — M. Macé de Lepinay décrit un procédé pour la détermination de la masse du décimètre cube d’eau distillée prise à la température du maximum de densité. Ch. de Yilledeuil.
- • ÉLECTRICITÉ PRATIQUE
- GÉNÉRATEUR TUBULAIRE A OZONE ACTIONNÉ PAR UN MOTEUR ÉLECTRIQUE
- Tout le monde connaît aujourd’hui les propriétés thérapeutiques de l’ozone et les nombreux services que ce gaz rend tous les jours dans l’industrie.
- Les plus illustres médecins lui attribuent des propriétés bienfaisantes très remarquables même pour les plus graves maladies.
- Dans l’industrie, il nous faut citer le blanchiment des tissus, des laines, des pâtes, des couleurs, etc., la rectification des alcools, le vieillissement artificiel des cognacs, des vins, la stérilisation des eaux, des vins, de l’air, etc., etc. La Nature a déjà, à plusieurs reprises, décrit ces diverses applications.
- M.G. Séguy, ingénieur, qui, depuis 1885, a poursuivi de longues études sur l’ozone, s’est rendu compte qu’il était nécessaire d'avoir un appareil simple, automatique, et fonctionnant d’une façon très régulière sans aucun dérangement. Après avoir construit une série de modèles les plus divers, il vient de combiner un nouveau générateur tubulaire sursaturateur à ozone, qui nous intéresse tout d’abord par ses ingénieuses dispositions et ensuite parce qu’il met en jeu un moteur électrique de faible puissance.
- La figure ci-jointe nous donne une vue d’ensemble de cet appareil. A la partie supérieure se trouve le générateur tubulaire proprement dit, formé de trois cylindres de verre réunis entre eux de façon à établir une circulation complète et laissant les deux extrémités libres. Chacun de ces cylindres renferme un noyau de sept tubes entourés intérieurement et extérieurement d’hélices en aluminium. Le courant électrique envoyé par la machine que nous allons décrire plus loin, traverse tous ces tubes, un pôle se trouvant réuni aux hélices intérieures et l’autre pôle
- aux hélices extérieures. Le courant se propage donc à travers le verre et il se forme des milliers de petites étincelles. Ce système d’hélices de 2400 tours a donc pour but d’augmenter considérablement la production de l’ozone. L’air arrive par le tube que l’on voit en haut recourbé, traverse successivement les trois tubes, et sort après s’ètre transformé en ozone sursaturé.
- Le courant électrique est fourni par les trois circuits secondaires des bobines d’induction 1, 2, 3 <[ue l’on voit au-dessous sur le tableau et qui donnent chacun 50 000 volts. Les circuits primaires de ces bobines sont alimentés par une petite machine dynamo placée à gauche à la partie inférieure de notre figure. Cette dynamo peut fournir
- une différence de potentiel de G à 8 volts et une intensité de 15 à 18 ampères. La dynamo génératrice est mise en mouvement par le moteur électrique accouplé suç le môme arbre et qui est alimenté par les circuits de distribution de ville. Grâce à cette disposition il est possible d’avoir une production continue d’ozone sans grande difficulté. Ce générateur tubulaire peut donner, selon la vitesse du courant gazeux intérieur, et selon la section du tube de débit, environ 9 mètres cubes par heure d’oxygène ozoné à raison de 14 à 20 milligrammes par litre. C’est là une nouvelle application intéressante des moteurs électriques que nous enregistrons avec plaisir. Ce nouvel appareil est en réalité très commode à la fois pour l’abonné et rend service aux compagnies d’électricité. Il serait en effet très difficile pour un abonné désireux de produire de l’ozone d’avoir un système de piles, qu’il serait nécessaire de renouveler de temps à autre, que l’on ne pourrait faire fonctionner qu’à certaines heures, etc. Avec le moteur électrique on n’éprouve rien de semblable. Un petit moteur de 200 watts environ pourra suffire. Le volume de ce moteur sera très réduit et n’occupera pas un grand emplacement. À la différence de potentiel de 110 volts, l’intensité sera à peu près de 1,8 à 2 ampères; il sera donc possible de mettre en circuit le moteur à la place de quelques lampes. J. L.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissanuier Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
- Vue d’ensemble du générateur tubulaire d’ozone de M. G. Séguy, à commande électrique.
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- N° 1190. — 21 MARS 1896.
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- UNE EXPÉRIENCE DE YITESSE
- SUR CHEMIN DE FER EN AMÉRIQUE
- C’est en Angleterre et aux Élats-Unis que les trains de voyageurs à grande distance marchent le plus vite. La raison en est simple : en ces deux contrées seulement, les Compagnies de chemins de 1er se font concurrence pour de longs parcours. Tandis que nous n’avons qu'une ligne de Paris à Bordeaux, à Lyon ou à Nancy, il y en a deux, trois et plus de Londres à Manchester ou à Edimbourg, de New-York à Chicago ou à Washington. Les Compagnies rivales cherchent à gagner la clientèle en multipliant le
- nombre des trains et en réduisant la durée du trajet. Ce n’est pas tout profit pour elles cependant, car la grande vitesse coûte cher.
- Quoi qu’il en soit, l’émulation de vitesse entre les compagnies concurrentes produit d’assez remarquables résultats sur les lignes américaines. Ainsi, l’on va de Washington à Baltimore en 45 minutes ; il y a 64 kilomètres; de Washington à New-York en 5 heures, 552 kilomètres; mais il convient de déduire 22 minutes employées au transbordement sur deux cours d’eau que le chemin de fer franchit au moyen de bacs. C’est une vitesse de 85 kilomètres à l’heure dans le premier cas et de 78 dans le second. Pendant l’Exposition on allait de New-York à Chicago
- Locomotive attelée au train rapide américain entre Érié et Buffalo.
- en 20 heures, soit à raison de 79 kilomètres à l’heure, arrêts compris. Par trains spéciaux, on avait même été plus vite encore, et, par exemple, le voyage de Washington à New-York avait été accompli en 4hllm.
- Il ne s’agit pas ici de la vitesse que peut atteindre une locomotive roulant seule avec son tender, sur une voie plate et sans courbes, et dont on relève le passage entre deux bornes kilométriques lorsqu’elle est lancée à fond ; ce sont là des essais qui n’intéressent que les ingénieurs. Nous voulons parler de ce qu’on appelle avec raison la vitesse commerciale, c’est-à-dire la vitesse d’un train de poids normal parcourant une ligne de longueur telle qu’il y ait des arrêts nécessaires en route. Aumois d’août 1895, en Angleterre, un train se rendit de Londres à
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- Aberdeen en 8h 52ra, y compris le temps employé pour deux arrêts en route, la distance est de 869 kilomètres (à peu près celle de Paris à Marseille), ce qui correspond à une vitesse commerciale de 101km,8 à l’heure. Ce train relativement léger ne pesait que 67 tonnes.
- Dès qu’ils apprirent ce résultat, les ingénieurs américains voulurent faire mieux. On ne peut pas obtenir tous les jours et sur tous les réseaux les conditions essentielles d’une telle épreuve. Il faut une ligne de grande longueur, en parfait état d’entretien, avec des rampes faibles et des courbes à grand rayon, qui ne soit coupée ni par des bacs, comme il y en a encore aux États-Unis, ni par des traversées dans les rues des villes, où la vitesse est obligatoirement ralentie. Ce n’est pas tout encore : il importe de
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- choisir un jour sans gelée, ni brouillard, ni vent, car les circonstances météorologiques influent sur la marche. En septembre, la Compagnie New-York Central lança de New-York à Buffalo (698 kilomètres) un train qui fit le trajet en 6h52m avec deux arrêts. Ce train pesait 122 tonnes et se composait, outre le fourgon, de deux voitures ordinaires et d’un sleeping-car. Il y avait place pour 220 voyageurs assis. A la suite de cet essai, la marche normale des trains rapides entre New-York à Buffalo fut fixée à 8 heures de route, soit 88 kilomètres à l’heure. II faut dire (pie cetteJigne est une des mieux établies de l’Amérique du Nord; elle a quatre voies sur presque toute sa longueur ; les traverses ne sont espacées que de 72 centimètres d’axe en axe, et le block-system, qui garantit la sécurité de l’exploitation, y est en vigueur d’un bout à l’autre.
- Les Américains ne se tinrent pas satisfaits de cette épreuve, parce qu’on pouvait leur objecter que le parcours en était bien moindre que celui de Londres à Aberdeen, 698 kilomètres au lieu de 869. La Compagnie LakeShore and Michigan voulut recommencer l’expérience entre Chicago et Buffalo, distance 816 kilomètres. L’un de ceux qui prirent place dans le train, M. IL P. Bobinson, directeur d’un journal spécial de chemins de fer, a donné le récit de l’aventure dans le Mac Lare s Magazine, auquel nous en empruntons quelques détails. C’était le 24 octobre, il n’y avait pas de vent, mais de la brume et de la gelée, en sorte que les rails n’étaient pas en parfaite condition d’adhérence. Le train, formé avec deux wagons-salons de 42 tonnes chacun et un wagon particulier de 54 tonnes, soit au total 138 tonnes, était par conséquent plus lourd que dans les épreuves précédentes. Il devait y avoir quatre arrêts en route pour changer de locomotive, et le départ était fixé à 3h50m du matin, sans doute afin de moins entraver le service de jour.
- La constatation des heures et des incidents de marche était organisée comme il suit. Au centre de l’un des wagons-salons, se trouvaient deux pointeurs munis de montres à secondes bien réglées, et près d’eux un secrétaire pour enregistrer leurs déclarations. Debout devant une fenêtre, l’inspecteur de la section parcourue signalait à haute voix le passage devant chaque station. Au départ, la nuit était noire et il fallait toute l’expérience de cet inspecteur pour reconnaître les divers points de la voie à mesure que le train défilait devant eux. La vitesse de marche atteignit assez vite 105 kilomètres, et s’éleva même un moment jusqu’à 110, mais sans que la machine fut capable de maintenir cette allure. A 4h54m on atteignait Elkhart, premier arrêt désigné, à 140 kilomètres de Chicago; la vitesse moyenne n’avait guère dépassé 98 kilomètres. C’était, paraît-il, la section de ligne la moins favorable sous le rapport des pentes et des courbes, et le brouillard avait contribué à ralentir la marche.
- Deux minutes et onze secondes suffirent pour changer la locomotive ; [mis le train reprit son allure.
- Cette fois, on atteignit quelque temps la vitesse de 125 kilomètres. Cependant, au lever du soleil, les rails devinrent humides, ce qui retarda la marche. On arrivait au second arrêt, Toledo (354 kilom.), ayant obtenu une vitesse moyenne de 103 kilomètres. Le changement de machine prit 2m 28s. Au sortir de cette gare, il existe un pont de bateaux qui doit être, en temps ordinaire, ouvert à la navigation; on avait pris soin de le fermer à l’avance. La voie devenait d’ailleurs d’un tracé plus favorable aux allures rapides. On dépassa donc bientôt la vitesse de 110 kilomètres, et les voyageurs se reprenaient à espérer qu’ils rattraperaient le temps perdu sur les deux premières sections. Par malheur, au moment où le train était le mieux lancé, un ouvrier de la voie fit le signal d’arrêt. Ce n’était pas une erreur comme on fut tenté de le croire tout d’abord. Il y avait un rail endommagé, et le passage d’un train rapide aurait pu amener un accident. L’arrêt ne fut que de 2'“ 5S ; mais le ralentissement avant l’arrêt, la mise en marche après, faisaient perdre du temps. Bref on arrivait à la troisième station, Cleveland (526 kilom.), à 8h5Qm, n’ayant réalisé qu’une vitesse moyenne de 97 kilomètres depuis Toledo.
- Les voyageurs ne pouvaient se dissimuler que le succès de l’entreprise était à ce moment bien compromis, puisque sur les deux premiers tiers du parcours, il y avait infériorité de vitesse manifeste en comparaison du train anglais de Londres à Aberdeen. Cependant le changement de locomotive ne dura que lm 45s à Cleveland, et le train prit aussitôt une telle allure, soit que le mécanicien fut plus habile, soit que la voie lut meilleure, que la vitesse de 137 kilomètres à l’heure fut constatée entre deux stations consécutives. En arrivant à Érié (679 kilom.), dernier arrêt, on relevait 107 kilomètres pour vitesse moyenne depuis Cleveland.
- A Érié, 2m18s d’arrêt pour atteler la nouvelle locomotive; puis on repart. Cette fois, la marche du train fut aussi accélérée qu’on aurait pu le concevoir, l’allure de 120 kilomètres à l’heure fut promptement atteinte, conservée pendant plus d’une heure et même parfois dépassée. Le train s’arrêtait dans la gare de Buffalo à llh30m30s; il avait franchi les 816 kilomètres en 8hlm, arrêts compris, soit une vitesse commerciale d’à peu près 102 kilomètres, et une vitesse de marche moyenne de 104 kilomètres. On prétend, d’après les constatations faites au passage des stations, avoir dépassé 148 kilomètres à l’heure en certaines parties de la dernière section.
- Les détails que contient le journal de route sont nécessaires pour que l’on apprécie à leur juste valeur tous les incidents qui peuvent troubler une épreuve de cette sorte. Le temps perdu à relayer la locomotive, le malencontreux arrêt en pleine voie entre Toledo et Cleveland, l’obscurité et la brume des premières heures du voyage, tout cela se mesure par quelques minutes de retard; et, si l’on nous avait donné le profil eu long de la voie, les rampes et les [tentes nous expliqueraient sans doute les
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- variations d’allure survenues en divers points. Cependant le succès dépendait, avant tout, de la puissance des machines employées et de l'habileté des mécaniciens qui les montaient. Les locomotives attelées en tète du train de Chicago à Érié étaient d’un même type, à quatre roues accouplées de lm,85 de diamètre et à boggie, et d’un poids de 47 tonnes; elles passent pour être les moins fortes de toutes les machines express construites récemment aux Etats-Unis. D’Erié à Ruffalo, ce fut une machine à six roues accouplées de 1111 ,(»8 et à boggie, un peu plus lourde que les précédentes ; elle pesait 51 tonnes 1/21.
- Maintenant, que conclure de cette belle expérience? Nous ne sommes pas près d’obtenir, avec les locomotives actuelles, des trains à l’allure de 100 kilomètres à l’heure, puisqu’il a fallu tant d’efforts pour y arriver dans un voyage d’essai. Mais il semble bien que la vitesse commerciale de 80 kilomètres puisse être dès à présent obtenue sur toutes les lignes construites avec un profil favorable et en bon état d’entretien. Tout au moins ce serait un progrès considérable par rapport à la marche des trains sur nos lignes françaises en ce qui concerne les longs trajets2.
- H. Blerzy.
- CORRESPONDANCE
- LE BOLIDE DD 18 FÉVRIER 1896 OBSERVÉ A CAMBRAI IIALO DE TOURCOING OBSERVÉ EN 1893
- M. Y. Yasseur, archiviste-bibliothécaire à Tourcoing, nous adresse une lettre qui donne deux observations météorologiques.
- 11 s’agit d’abord d’un bolide qui a été vu le mardi 18 février, à Cambrai, huit jours après la chute de la météorite qui est tombée le mardi 10 février à Yallecas, près de Madrid. M. Stanislas Meunier, le savant professeur de géologie au Muséum, a pu recevoir un fragment de cette météorite, et il a reconnu que ses caractères coïncidaient avec ceux de deux autres échantillons de météorites de la collection de la galerie de minéralogie du Muséum.
- Le mardi 18 février 1896, je m’acheminais d’Escau-dœuvres sur Cambrai. Parvenu à environ 1 kilomètre de cette ville (il était alors 8h 50” du soir), j’aperçus devant moi, c’est-à-dire vers l’ouest, un bolide, d’un diamètre apparent d’environ 0”,15, d’une lumière blanche comme celle de l’électricité. Je l’ai vu tomber sur un parcours apparent de 4 ou 5 mètres, laissant après lui une traînée lumineuse et alors éclater. Ses éclats nombreux furent lancés dans toutes les directions, offrant comme l’aspect d’autant d’étoiles filantes.
- Arrivons à ce que nous écrit M. Yasseur sur un halo solaire observé à Tourcoing en 1895.
- Le 9 février 1895, vers 7 heures du matin, profitant d’une forte gelée, par un temps clair je fis une
- 1 Le Mac Lurës Magazine (février 1890), auquel nous empruntons le dessin de l’une de ces machines, donne aussi les portrait des cinq mécaniciens qui les conduisirent pendant l'épreuve du 24 octobre 1895.
- - \oy. Courses de trains-express en Angleterre, n° 1108. Ou 19 octobre 1895, p. 331.
- promenade dans le but de reconnaître l’abornement de la commune.
- Je me dirigeai vers le nord-ouest et suivis la ligne de démarcation jusqu’à la limite nord-est. J’avais donc, de cette façon, le soleil derrière moi ou de côté. C’est ce qui fit que je n’aperçus pas plus tôt un météore vraiment curieux. Lorsque, retournant vers la ville, j’eus franchi un rideau d’arbres et de haies, vers 8h15”, je m’arrêtai absolument émerveillé. Le soleil apparaissait resplendissant d’une auréole d’un blanc éclatant. Deux grands arcs irisés lui étaient concentriques avec moins d’intensité dans leur partie centrale. A droite et à gauche du soleil, dans le petit arc apparaissaient comme deux images solaires de diamètre à peu près égal à celui du soleil. Ces images envoyaient des rayons pâles et allongés à droite et à gauche. Au zénith apparaissait un arc tangent d’une très grande intensité, et le petit arc avait aussi un arc tangent mais fort peu défini. Il est bien probable que si j’avais pu \oir le phénomène plus tôt, il devait être plus beau encore, car un fermier, M. Lerouge, m’a dit avoir vu le météore depuis le lever du soleil. Des fermiers que j’avais rencontrés le matin venant au marché de la ville me disaient que nous aurions probablement un changement de temps parce que, de grand matin, la lune avait un cercle ; j’en conclus que la lune avait eu, elle aussi, son halo.
- A 8h45”, je dus quitter mon point d’observation, et revenir à mon bureau, de sorte que je ne saurais préciser le moment où le météore disparut.
- La matinée a été très belle, mais la pluie commença à tomber vers 2 heures de l’après-midi, et depuis et pendant sept ou huit jours, nous eûmes un gros temps accompagné d’un vent très violent.
- LES CÉCIDIES FLORALES
- Ce titre a besoin d’être expliqué. On sait que les plantes sont souvent attaquées soit par des champignons, soit par des insectes. Ces parasites amènent dans l’hôte qu’ils envahissent des perturbations qui se manifestent au dehors par des avortements, des hypertrophies ou des modifications d’organes. Toutes ces modifications d’origine parasitaire sont réunies sous le nom de cécidies-, celles qui sont produites par des plantes sont des phycocécidies, celles qui sont occasionnées par des animaux sont des zoocéci-dies. La plupart des galles que tout le monde connaît rentrent dans cette dernière catégorie1.
- Les cécidies qui apparaissent sur les feuilles, les tiges ou les racines, commencent à être bien connues; il n’en est pas de même de celles qui se produisent dans les fleurs et dont l’étude vient d’être faite avec beaucoup de soin par M. Molliard2.
- Notre intention n'est pas d’analyser ici ce travail trop technique ; nous nous contenterons de citer quelques exemples pour donner une idée
- 1 Quand les modifications on question se produisent chez des animaux, on les appelle des thilacies. Celles-ci se divisent en phycolhilacies et zoothilacies, suivant qu’elles sont produites par des végétaux ou des animaux.
- - M. Molliard. — Les cécidies florales. Thèse de la Faculté des sciences de l’aris, 1895.
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- de ces cécidies et attirer l’attention sur elles.
- Dans les Dipsacus pilosus, attaqués par un champignon, le Peronospora viticola, les inflorescences malades se reconnaissent tout de suite à l’aspect plus lourd, la couleur brune des pétales, l'absence d’étamines saillantes au dehors de la corolle et des bractées florales plus courtes, dont l’extrémité aciculée dépasse moins longuement les pétales. Le même champignon attaque aussi la scabieuse (Scabiosa columbaria), mais produit des modifications diffé-
- rentes de celles du cas précédent. Ici, dans les capitules peu attaqués, la forme des corolles est peu modifiée, mais les étamines ne sont plus saillantes au dehors, comme dans le type sain. Quand les Heurs sont très attaquées, la forme des corolles est très modifiée, il n’y a plus ni étamines ni styles et le pédoncule est légèrement tordu. Un botaniste non prévenu en ferait certainement une espèce nouvelle. Un fait curieux à signaler, c’est que le champignon, bien qu’envahissant toute la plante, ne forme
- Exemples de Cécidies florales. —IS°* 1 et 2. Dipsacns pilosus, attaqué par le Peronospora violacea. — 1. Capitule sain. — 2. Capitule attaqué. — N"‘ 3, i et 5. Scabiosa arvensis, attaqué par le même champignon. — 5. Capitule sain. — 4. Capitule peu attaqué. — 5. Capitule très attaqué. — N“ fl. Matricaria inodora, attaqué par le Peronospora Radii. Sommité fleurie attaquée. — N°* 7 et 8. Arabis sagittata, attaqué par un Aphis (insecte). — 7. Sommité normale. — 8. Sommité attaquée.
- de spores qu’au niveau des lleurs, c’est-à-dire dans une partie dépourvue de chlorophylle.
- On reconnaît facilement les pieds de Matricaria inodora, attaqués par le Peronospora radii, à leur aspect rabougri et à leurs feuilles petites, avec des pédoncules souvent tordus sur eux-mêmes et des capitules plus ou moins concrescents. Dans les capitules malades, les fleurs périphériques ont des ligules de formes variées, ne s’étalant pas, enchevêtrées les unes dans les autres et cachant plus ou moins les lleurs centrales avortées, normales ou irrégulières.
- Les trois exemples précédents montrent des phycocécidies. Comme exemple de zoocécidies nous présenterons au lecteur Y Arabis sayittata attaqué par un puceron. On voit que les individus attaqués possèdent un axe florifère court dont les nœuds sont très rapprochés et dont les rameaux secondaires prennent une grande importance. Les inflorescences, au lieu d’être grêles et élancées, sont globuleuses et souvent colorées en rouge violacé. Les lleurs restent longtemps épanouies et les pétales s’allongent beaucoup. 11e.mu Coupes.
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- LES SOURCES DE PÉTROLE
- LE LOS ANGELES
- [1 y a de nombreuses années, des sondages pratiqués aux environs de Los Angeles, Californie, avaient démontré que ce terrain, sur lequel poussent à profusion orangers et citronniers, renfermait du pétrole. Une Société locale avait môme commencé une exploitation rudimentaire de ces sources, mais les résultats obtenus se montraient sous un aspect tellement désavantageux, que la Compagnie concessionnaire, sans aucune hésitation, ne tarda pas à se dissoudre. C’est à peine, en effet, si elle parvenait à recueillir quelques barils de cette huile minérale.
- Les habitants oublièrent bien vite les mésaventures de l’infortunée Société exploitante et rapidement le silence se fit sur ces événements. Comme par le passé, les citoyens de Los Angeles continuèrent à se livrer avec ardeur à la culture de leurs orangers, source de fructueux revenus pour tous. De l’existence du pétrole il n’était plus question; la première tentative, opérée en 1859, semblait, en effet, écarter toute pensée de recommencer des sondages qui, en somme, n’avaient donné que des déboires aux anciens investigateurs complètement ruinés.
- La prospérité toujours croissante de Los Angeles, son climat d’une extrême douceur, n’avaient pas tardé à attirer l’attention de tous sur ce séjour enchanteur.
- A l’approche de l’hiver, accouraient des contrées plus septentrionales de nombreux malades venant respirer l’air embaumé par les douces senteurs que les orangers répandaient au loin. Si tous ne se retiraient pas guéris, la majeure partie de ces convalescents rencontraient un réel soulagement à leurs terribles maux. Aussi en peu de temps ne tardèrent pas à surgir de tous côtés de riantes villas au milieu de ces bois odorants.
- Les'spéculateurs, alléchés par l'afflux de plus en plus considérable d’étrangers, songèrent alors à profiter des circonstances ; bientôt une Société immobilière se fonda, qui acquit une énorme étendue de terrain aux environs de la ville. Elle se mit de suite à l’œuvre et construisit un grand nombre de maisons de campagne, dans l’espoir de les céder avec de gros bénéfices, aux nouveaux arrivants. Vaine
- espérance; pour des causes diverses, toutes ces villas no trouvèrent aucun acquéreur. Les années se succédèrent ainsi sans apporter d’amélioration sensible aux affaires de la Société immobilière. En 1886, son capital, immobilisé et improductif, menaçait de la conduire à une prompte faillite.
- C’est alors qu’il vint à l’esprit des administrateurs d’employer les dernières ressources dont disposait la Société, à pratiquer des fouilles permettant de retrouver les anciennes sources de pétrole. Leur découverte eût permis de récupérer, grâce à leur exploitation, une partie du capital englouti dans une spéculation malheureuse. Les actionnaires consultés autorisèrent leur conseil d’administration à procéder aux sondages nécessaires. Les travaux commencèrent immédiatement, sur une des collines avoisinant Los Angeles, et non loin de l’endroit où
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- on 1859 avaient on lieu les recherches de la Compagnie d'exploitation pétrolière, disparue depuis longtemps déjà.
- Dès que les habitants apprirent les nouveaux projets de la Société, ils ne cessèrent de déverser leurs sarcasmes sur cette entreprise qu’ils considéraient comme l’œuvre d'insensés. De tait, les événements semblaient leur donner amplement raison. Un puits avait été foncé et sa profondeur atteignait plus de trois cents mètres sans qu’un seul instant il y ait eu apparence du voisinage d’une source d'huile minérale. Sans se laisser décourager par l’insuccès qui paraissait s'acharner après elle, l’infortunée compagnie continuait l’œuvre qu’elle avait entreprise. Elle ne se doutait guère alors que la nature allait aider puissamment scs constants efforts.
- Les travaux de fonçage du puits allaient cahin-caha ; les années se succédaient, et aucun indice ne pouvait faire prévoir ce qui allait se produire. Soudain, dans la nuit du 15 au 16 juillet 1894, une épouvantable détonation souterraine se ht entendre, que les habitants, surpris en plein sommeil, crurent être les préludes d’un tremblement de terre. Du puits, s’élança dans les airs une véritable trombe de pétrole qui, entraînant avec elle les déblais, les outils des ouvriers, et jusqu’à d’énormes pierres, inonda au loin la campagne. L’air, auparavant chargé des odeurs suaves des orangers, s’empuantit rapidement aux émanations qui s’échappaient du torrent d’huile minérale.
- Moins de vingt-quatre heures après l’apparition inattendue du pétrole, la municipalité de Los Angeles, à la suite des plaintes unanimes des habitants désespérés tout d’abord de voir à jamais détruites leurs plantations d’orangers, avait sommé la Société de combler son puits malencontreux. Mais la réflexion vint vite et la population comprit rapidement tous les avantages qu’elle pourrait tirer des nouvelles richesses qui se présentaient. Entre temps, la Société immobilière qui, par un heureux hasard, allait se transformer en Compagnie pétrolière, avait requis à prix d’or tous les travailleurs disponibles, les employant à la construction d’immenses réservoirs.
- Elle put ainsi emmagasiner le pétrole dont la source paraissait inépuisable, et régulariser promptement sa production. A l’heure actuelle, la Ca'i-fornian oit Company est devenue une société riche et puissante, après avoir éprouvé, comme nous venons de le dire, des déboires paraissant insurmontables. Le succès qu’elle venait de remporter ne tarda pas à donner naissance à de nombreuses exploitations similaires sur le territoire de Los Angeles. Chaque propriétaire voulut avoir son puits et sa source de pétrole ; bien peu consentirent à se livrer comme par le passé à la culture des orangers et des citronniers qui cependant avait été la première et unique cause de la richesse des habitants de cette ville.
- A la fin de l’année 1895, on comptait à Los An-
- geles 400 exploitations pétrolières distinctes, toutes en pleine activité et donnant des rendements rémunérateurs. De toutes parts et à perte de vue, apparaissent les énormes pilones surmontés d’ailes gigantesques qui, tournant à la brise, actionnent les pompes aspirantes fonctionnant dans les puits. Elles déversent le pétrole brut dans de grands réservoirs de contenance variant entre 25 000 et 55000 barils, constamment vidés et remplis par de nouveaux approvisionnements. Tout fait prévoir, en effet, que la nappe souterraine fournissant l’huile minérale est inépuisable.
- Quelques-uns de ces puits donnent, en vingt-quatre heures, des quantités de pétrole vraiment extraordinaires. L’un d’eux, et non le plus important, donne régulièrement pendant ce laps de temps un peu plus de 500 barils d’huile. On estime en somme que la production totale journalière n’est jamais inférieure à 5000 barils. La Santa Fe Terminal Railroad, qui a poussé ses voies à proximité de chacun des puits d’extraction, consomme à elle seule, pour le chauffage de ses locomotives, près de 600 barils de pétrole par jour. D’innombrables établissements industriels, fondés depuis une époque récente, absorbent, en outre, sur place, un tiers de la production totale. Le reste s’expédie au loin, jusque dans les raffineries. Ch. Mausiui.on.
- L’HORLOGE D’APPARTEMENT
- AU MOYEN AGE
- La date précise de l’origine de l’horloge d’appartement est assez obscure. Toutefois, nous pouvons constater, par les documents qui nous sont parvenus sur ce sujet, que l’on a employé l’horloge d’appartement en même temps que l’horloge de clocher. Ainsi on peut comparer l’horloge du pont de Caen, placée en 1514 et qui est une des premières connues, en tant qu’horloge de clocher, avec celle d’appartement signalée dans l’inventaire de Philippe le Bel, qui régna de 1285 à J 514. « Un Reloge d’Ar-gent tout entièrement sans fer à deux contrepoids d’argent emplis de plomb qui fut du Roy Philippe le Bel. »
- Pour étudier les formes des horloges datant des siècles passés, deux moyens nous sont offerts. D’abord les représentations et ensuite les pièces originales. Nous trouvons des représentations d’horloges dans des œuvres d’art de toutes sortes, en sculpture, en peinture, en gravure, même dans les tapisseries. Les dates de ces documents offrent de précieux renseignements pour la date des horloges elles-mêmes. Quand les pièces originales sont datées, l'étude en est facile, mais il n’en est pas toujours ainsi. C’est alors qu’il faut tenir compte de la persistance des traditions afin de ne pas tomber dans de grossières erreurs-
- Nous ne possédons aucune description ni aucun document nous indiquant la forme des horloges au
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- quatorzième siècle. Seuls, les inventaires qui nous sont parvenus nous en révèlent l’existence en indiquant les matières qui les composaient ainsi que leur poids et leur ornementation.
- Les documents plus précis ne commencent qu’au siècle suivant. Si l’on est forcé de procéder par supposition relativement aux formes des horloges du quatorzième siècle, on est en droit de penser qu’elles ont été fort belles, car à cette époque où régnait le bon goût, les ouvriers orfèvres ou les forgerons habiles ne manquaient pas. Comme ces pièces n’étaient destinées qu’aux plus grands seigneurs, on devait nécessairement chercher à les orner le plus possible. Nous trouvons une preuve de leur luxe dans les matières qui les composaient, car l’or, l’argent et les pierres fines étaient employés dans leur construction.
- Ainsi, dans l’inventaire des meubles et joyaux du Roi Charles Y, commencé le 21 janvier 1579, il est dit : « Ung Reloge d’argent blanc semé sur ung pillier qui s'appelle Orlogium athas pesant 5 marcs, 5 onces, 5 estellins. » Jusqu’alors ce n’étaient que les rois ouïes princes qui possédaient des horloges. Le premier particulier qui en eut une fut, dit-on’, un astronome nommé Waltherus qui, en 1484, s’en servait pour ses observations.
- La sonnerie a été employée dans les horloges d’appartement, très probablement dès son origine. Au quinzième siècle toutes les horloges en étaient à peu près pourvues. En 1420, Philippe le Ron avait a Ung petit Reloge quarré en argent doré et es-maillé des signes du Zodiaque avec un tymbre dessus pour sonner les heures ».
- A partir du quinzième siècle des documents suffisamment nombreux vont nous permettre d’étudier les formes et décorations des horloges d’une façon certaine; car dès lors nous pouvons mettre à contribution les deux sources de renseignement dont nous parlons plus haut.
- Les primitives horloges n’avaient pas toujours de caisses renfermant le mouvement : souvent une simple ossature en fer soutenait le rouage et le cadran garnissant le devant (fig. 1 A). Celle que nous représentons ici fait partie de notre collection.
- Vu la rusticité des rouages, une fermeture absolue ne s’imposait pas, car la poussière ne pouvait avoir aucune action sur eux. Puis les ouvriers qui avaient construit l’horloge devaient être assez désireux de laisser admirer leur travail. D’autres fois les dimensions de certaines roues étaient telles qu’elles dépassaient en dehors de la cage et empêchaient de renfermer le mouvement. Nous en trouvons les exemples dans l’horloge d’un manuscrit ancien de la bibliothèque nationale, dans une vignette du tableau de la civilisation (l’horloger) datant de la fin du quinzième siècle, et encore dans un manuscrit de la même époque appartenant à la Ribliothèque de Rouen, « les Étiques d’Aristote ».
- 1 Bailly. Astronomie moderne.
- D’autres horloges avaient les panneaux composant la caisse qui renfermait le mouvement complètement ajourés; ces pièces sont remarquables par la richesse de leur ornementation ; telle est celle existant encore au Musée de la ville de Rourges (fig. 1 R) ou celle que nous avons détachée d’une fort belle tapisserie de Yan Eyck (1595-1440) représentant l’histoire de la Vierge (fig. 2) et dans laquelle une femme allégorique dite la Tempérance tient une horloge dans ses mains.
- A la fin du quinzième siècle nous voyons des horloges complètement closes : telle est celle que tient dans sa main la statue de la Tempérance qui orne l’un des angles du tombeau de François II à Nantes, sculpté par Michel-Colomb, qui vécut de 1451 à 1512 et dont nous avons détaché l’horloge que nous donnons ici (fig. 4). Nous venons de parier ci-dessus, de Tempérances avec horloges, il nous faut donner ici un autre exemple.
- L’iconographie chrétienne nous apprend qu’à partir du quinzième siècle la vertu cardinale la Tempérance est presque toujours symbolisée par une femme tenant le plus souvent une horloge dans une main comme nous venons de le dire, ou encore la portant sur la tète (fig. 5) ; de l’autre main elle tient ou un frein de cheval, ou une sorte de binocle; rarement cette main reste inoccupée. Quelquefois encore le mors de cheval est placé sur la figure même de la femme. Avant le quinzième siècle cette même vertu est toujours représentée par une femme, mais avec des attributs différents.
- Ainsi au Musée du Louvre il existe une statue en marbre de l’école Italienne du quatorzième siècle représentant une Tempérance tenant un bouquet de fleurs dans la main.
- Nous ajouterons à ces détails, que pendant le dix-septième siècle l’horloge commence à disparaître. La femme conserve cependant le mors. Telle est la statue de la Tempérance du monument funéraire d’Henri de Longueville sculpté par F. Auguier, au Musée du Louvre. D’autre part la Ribliothèque nationale possède quelques gravures représentant des Tempérances sans horloges. Les attributs qu’elles tiennent sont des fleurs, le frein, le binocle ou le foliot d’horloge qui est le balancier primitif.
- Nos recherches, dirigées dans ce sens, nous ont fait découvrir là une source de renseignements dont nous avons profité pour l’histoire que nous . avons entreprise, des formes de l’horloge.
- Dans la sculpture nous en avons trouvé ; au tombeau de Louis XII à Saint-Denis, où la statue tient une horloge aux armes de France, au tombeau de Georges d’Amboise à Rouen (fig. 5), sculpté par Rolland le Roux (1516-1525), au jubé de Limoges construit de 1555 à 1535, dans la façade du château d’Usson à Echebrune (1530-1550), à la cathédrale d’Amiens sur un tombeau, dans la chaire de l’église de Saint-Étienne-du-Mont, dans les tapisseries du palais de Madrid (1500 à 1508 (combats des Vices et des Vertus (fig. 6) par Jean de Maubeuge, prove-
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- nant du château de Duerstede, propriété de Philippe I tent le chemin des Honneurs, le Vice, la Justice, la Foi. de Bourgogne, évêque d’Utrecht, lesquelles représen- | L’Arithmétique a été symbolisée aussi par une
- Fig. 1. — A. Horloge sans caisse. Fig. 2. — Horloge à panneaux ajourés,
- B. Horloge à panneaux ajourés. d’après une tapisserie de Van Eyek au palais de Madrid.
- Fig. 3. — Horloge d’après le fac-similé d'une miniature d’un manuscrit de la Bibliothèque de Rouen.
- femme tenant une horloge (fig. 7). Cet emblème se trouve au Musée du Louvre dans un plat d’étain faisant partie de la collection Sauvageot, et une autre dans la décoration d’une horloge horizontale, signée Lévy à
- Fig. 4. — Horloge Clause. (Tombeau de François II.)
- Aix-la-Chapelle 1620, au Kensington de Londres. Au Musée du Louvre, collection His de la Salle, il y a un dessin de Paul Véronèse (1528-1588) représentant une femme debout ayant sous ses pieds un
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- homme. La Notice porte : « La Vertu terrassant le I Toutes ces horloges sont relativement petites ; elles Vice » ; la femme tient l’horloge de ses deux mains. I ont de 0m,40 à 0m,50 de hauteur. Celles que nous
- Fig. 5. — Tempérance du tombeau de George d'.tmboisc à Rouen.
- Fig. 6. — Tempérance d'une tapisserie du palais de Madrid. Extrait du tableau.
- avons trouvées dans les représentations de scènes diverses dans les peintures confirment le fait, d’après les proportions des personnages.
- Les horloges étaient ordinairement accrochées
- simplement au mur; on en plaçait cependant aussi sur support. Dans un manuscrit de la fin du quinzième siècle appartenant à un collectionneur de Paris, M. le marquis de Panisse, nous avons vu
- Fig. 7. — L’arithmétique.
- Étain de François Briot
- une miniature représentant le Jugement dernier, dans laquelle se trouve une horloge posée sur un support, ou console percée pour le passage des cordes soutenant les poids (fig. 8). Cette horloge, d’aspect assez
- Fig. 8. — Horloge d’après un manuscrit du quinzième siècle. Extrait d'une miniature représentant le Jugement dernier.
- lourd, est en fer, le rouage est visible sur le côté; le cadran occupe toute la face ; il est composé d’un disque peint en rouge avec les 12 heures blanches ; le centre du disque est bleu avec une rosace d’or.
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- Il est donc établi partout ce qui précède que, dès les quatorzième et quinzième siècles, l’horloge avait atteint son plus haut degré d’intérêt artistique et décoratif et qu’elle avait été faite dès lors en métaux les plus précieux, puis exécutée en 1er de la plus merveilleuse façon; qu’enfîn le cuivre y était déjà employé, soit ciselé, soit repoussé.
- Il est à remarquer que dans toutes les horloges de ces primitives époques on n’a pas cherché à dissimuler ou à dénaturer la destination de l’objet par une ornementation particulière. Le cadran y est grand et permet de bien voir l’heure, la cloche proportionnée à la cage et bien disposée pour que rien n’en atténue le son. C’est donc bien là une horloge. I)u reste elle conservera jusqu’à nos jours, ces caractères généraux dont on s’est tant éloigné ensuite dans les pendules.
- C’est pendant le quinzième siècle, sous le règne de Charles VII, que le ressort moteur fut inventé. Cela amena une profonde révolution dans la destination des horloges, car elles peuvent dès lors être portatives. Mais cela n’a pas eu d’influence sur leurs formes et l’horloge est toujours la même, qu’elle soit à poids ou à ressorts.
- Il n’est pas venu à notre connaissance d’horloges originales à ressort du quinzième siècle, et tant qu’aux documents de représentation, ils ne sont pas à consulter, vu ce que nous avons dit déjà : que le ressort n’influençait pas sur les formes, et par conséquent on ne peut pas distinguer avec certitude dans un dessin les unes des autres. L’horloge à ressort a dû être très rare à l’époque, vu la difficulté de fabriquer le ressort, et comme ces pièces devaient moins bien marcher et coûter plus cher, il a fallu que la fabrication de cet organe fût perfectionnée pour que l’emploi en devînt plus fréquent, ce qui n’a eu lieu que dans le siècle suivant. Planchon.
- LES ROUTES FRUITIÈRES1
- La production du cidre est aujourd’hui l’objet d’une industrie importante. Aux 15 022 pommiers que l'État a fait planter sur les accotements des routes il convient d’ajouter les 241 000(241 960 pour être tout à fait d’accord avec les statistiques officielles) que les particuliers ont plantés eux-mêmes. Les récoltes que donnent ces arbres sont l’objet d’un commerce d’exportation dont l’importance s’accroît tous les ans. Des communes de la vallée de la Styr ont triplé leurs revenus. Il en a été de même dans presque toutes les communes des cantons de Rewich, Guvenmacher, Echternach, Luxembourg, Mersch. La marche progressive de l’industrie cidrière est en outre confirmée, ainsi que le fait remarquer M. le professeur à l’Ecole d’Ettelbriick, par les pressoirs vendus annuellement. Depuis quinze ans cette vente suit une marche ascendante très sensible ; chaque année le nombre des pressoirs vendus augmente beaucoup, et d’une manière absolument régulière.
- « Au commencement de l’époque précitée, lisons-nous
- 1 Tov. n° 1189, du 14 mars 1896, p. 234.
- dans son intéressant Rapport sur l’arboriculture fruitière, cette vente comprenait 10 pressoirs par an, aujourd’hui elle comprend annuellement 200 pressoirs à vin et à cidre pour la vallée de la Moselle seule. Il est à espérer que nous persisterons dans cette voie heureuse et qu’après une vingtaine d’années l’eau-de-vie sera partout supplantée par le cidre et le poiré, qui formeront désormais la boisson pour ainsi dire exclusive de nos populations agricoles.
- Nous nous sommes étendus à dessein sur les efforts faits par l’Etat dans le Luxembourg pour aménager des routes fruitières. De tous les pays étrangers c’est assurément, semble-t-il, celui qui doit nous intéresser le plus. La température moyenne, le sol, les cultures, sont les mêmes qu’en France» On peut sous ce rapport l’assimiler à un département français de la région de l’Est, et si nous devons chercher un champ d’expériences c’est là que nous devons le trouver. Nos industrieux voisins nous ont donné un exemple salutaire. Ils ont montré la voie à suivre et ils ont procédé avec une méthode, une sagesse, une économie, une application aux travaux, que nous avons intérêt à imiter.
- En France, où en sommes-nous à l’heure actuelle? Quels sont les efforts tenté*, les expériences faites? Nous ne pouvons songer ici à passer en revue tous les essais qui se sont produits dans nos départements. Le cadre de cette étude n’y suffirait pas. Nous devons nous borner à citer quelques exemples dans les régions les plus opposées. 11 serait injuste tout d’abord de prétendre que la question « n’a pas fait un pas ». Beaucoup de départements possèdent des routes fruitières, mais combien le nombre des plantations e?t restreint; comme les tentatives faites sont insignifiantes, et comme nos ingénieurs paraissent avoir manqué de cet esprit de suite dont nos voisins du Luxembourg ont donné tant de preuves ! L’établissement des routes fruitières s’est heurté tout d’abord chez nous à « l’objection du maraudage ». On a réédité à satiété le sic vos non vobis de Virgile. C’est pour le maraudeur que vous allez planter, s’écriait-on. Les fruits des arbres passeront dans sa besace. C’est lui qui les cueillera. Vous n’aurez que ses restes. L’exagération était manifeste : il convient de faire évidemment la part de ce facteur. Mais le maraudage s’exerce aussi en Franconie, en Bavière, en Wurtemberg, dans le grand-duché de Bade, en Autriche, dans tous les pays qui ontdes routes fruitières, et cependant les rendements obtenus ont été des plus rémunérateurs. Toute plantation, assurément, a ses avantages et ses inconvénients.
- Les essences forestières ont les leurs. Le peuplier et Forme, préconisés comme étant par excellence des arbres de route, sont des voisins fort désagréables pour les propriétés des riverains. Leurs racines, qui s’étendent jusqu’à dix mètres et au delà, causent aux récoltes des dommages sérieux. Les arbres fruitiers sont des voisins moins encombrants et moins dangereux. Il en est d’ailleurs qui rendent le maraudage assez laborieux et assez malaisé. Le châtaignier et le cerisier sont du nombre. Et ces essences ont été adoptées assez vite par l’administration. Le pommier, si en faveur à l’étranger, a été très souvent l’objet d’un exclusivisme absolu dont nous avons tenu à avoir les motifs.
- Dans les départements normands, dans le Calvados, dans la Manche, des routes plantées de pommiers auraient pu donner des résultats appréciables. Le service vicinal dans le Calvados n’a pas cru devoir tenter l’expérience. Il prétend que la tête du pommier serait encombrante et
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- gênante pour la circulation. Les agents voyers de ce département qui ne compte aucune route fruitière seraient plus favorables aux plantations de poiriers à cidre, mais ces arbres se développent encore trop à leur avis. Dans la région, les plantations qui donnent les meilleurs résultats, aussi bien sur le bord de la mer que dans le centre du département, sont celles des ormes tortillards.
- L’Orne, la Sartlie, la Mayenne sont, comme le Calvados, dépourvus de routes fruitières. Ce n’est donc pas du côté des départements normands qu’il faut chercher une initiative qui semble sourire assez peu à l’administration locale d’ailleurs. Dans l’Est, par contre, divers essais ont été tentés. Dans les Vosges des cerisiers ont été plantés sur les chemins de grande communication, et le Conseil général ayant émis un vœu en faveur des routes fruitières, le service vicinal a décidé d’essayer les plantations de pommiers à cidre de la variété Rouge de Trêves. Il a constitué une pépinière qui renferme 60 000 sujets, et, en comptant ceux qui ont été achetés et qui sont bons à être mis en place, on peut prévoir que, dans cinq ou six ans, les routes, sur une longueur de 600 kilomètres au moins, seront plantées en pommiers Rouge de Trêves, variété qui, comme on sait, donne de l’excellent cidre. C’est là une mesure excellente, et qui se réalise dans des conditions d’économie très appréciables. Le département de la Meuse a lui aussi des chemins fruitiers plantés en cerisiers. Dans le Centre, dans le Char, l’essai des plantations fruitières a été tenté sur les chemins de grande communication, mais sur un faible parcours seulement. La route de Rourges àNevers par Cosne est plantée de noyers; sur d’autres routes on a essayé des plantations de cerisiers, de pommiers et de poiriers. Les arbres sont aujourd’hui en valeur et donnent des fruits, mais depuis la décision du Conseil d’Etat qui a déclaré que, de même que le sol des chemins de toute catégorie, même des routes départementales déclassées, appartient aux communes, de même aussi les arbres plantés le long de ces voies demeurent leur propriété, le service vicinal n’exécute plus de plantations fruitières.
- Mais les communes réalisant d’assez importants bénéfices, il faut espérer qu’elles continueront, en les prenant à leur charge, les essais faits par l’administration. Depuis plusieurs années la question des routes fruitières est à l’étude dans le département du Loiret. Le Conseil général se montre favorable aux projets de plantations d’arbres fruiliers, mais aucune solution n’est encore intervenue et le Loiret n'a qu'un assez insignifiant échantillon de chemin fruitier : les plantations d’alignement dans ce département se réduisent à une vingtaine de pommiers qui s’échelonnent le long d’une route départementale.
- L’Eure-et-Loir n’est guère plus riche, et le service vicinal de ce département paraît même ignorer ses maigres richesses et se désintéresser de la question.
- Dans la région du Sud-Est, l’arrondissement de Nyons, dans la Drôme, a fait des essais assez heureux. Cet arrondissement est le seul où existentjdes plantations fruitières. Les voies vicinales sont, dans le reste du département, bordées de peupliers, de sycomores, de platanes, d’acacias, de chênes, de frênes, etc., suivant les altitudes et les expositions. Mais les expériences faites dans la région de Nyons, et particulièrement sur les chemins de grande communication n0" 14 et 15 de la commune de Sainte-Euphémie, sont de nature à encourager les communes du reste du département à essayer de la culture routière. Les plantations faites dans la commune de Sainte-Euphémie sont composées d’amandiers, de châtaigniers,
- de tilleuls, de cerisiers. La commune étant peu étendue, les sujets sont peu nombreux : on compte 235 amandiers, 28 châtaigniers, 1)0 tilleuls et 30 cerisiers. C’est un champ d’expérience que l’administration a évidemment voulu créer. Le montant de l’adjudication de la récolte de 1894 s’est élevé à 256 francs. La vente de la fleur de tilleul a produit 155 francs, ce qui donne un revenu de 1 fr. 72 par pied de tilleul. Ces arbres ont été plantés de 1872 à 1875, ils ont donc de vingt à vingt-cinq ans d’existence. Le prix moyen d’un plant est de 1 franc, les frais de plantation de 0 fr. 50, auxquels on peut ajouter 0 fr. 50 pour les manquants, ce qui porte à 2 francs le prix de revient d’un arbre. Les frais d’exploitation et d’entretien sont de peu d’importance. Ils consistent en un élagage pratiqué tous les deux ou trois ans. Pour les arbres d’un à vingt ans on peut les évaluer à 0 fr. 05 par pied et par an et à 0 fr. 10 pour les arbres au-dessus de vingt ans. Le tilleul, tout en donnant une ombre très précieuse, produit un revenu très appréciable et supérieur de près du double au rendement du peuplier. Or le peuplier est considéré par la plupart des agents vovers comme étant l’arbre d’essence forestière
- o *1
- qui était le plus avantageux pour les budgets vicinaux. Dans le Sud-Ouest, la Ilaute-Garonne, le Tarn-et-Garonne, les Hautes-Pyrénées, le Lot-et-Garonne possèdent des routes fruitières, mais les plantations sont en général peu étendues. Dans le Lot-et-Garonne les essais se continuent grâce à l’intelligente initiative du préfet de ce département, M. Bonnefoy-Sibour, qui a encouragé de tout son pouvoir les communes soucieuses d’ajouter à leurs revenus à venir tout en améliorant leurs chemins.
- l e département ne possédait, il y a quelques années, en fait de routes fruitières, qu’un tronçon insignifiant planté de cerisiers ; une partie de la route d’Agen à Nérac a été plantée de noyers, et tout récemment une tentative nouvelle a été faite dans la commune de Roquefort-d’Agen, sur une ancienne route départementale que l’on a plantée de châtaigniers. Les frais de plantation sont moins élevés encore que ceux que nous signalions au sujet des plantations de la commune de Sainte-Euphémie, dans l'arrondissement de Nyons. L’on peut prévoir que l’exploitation et l’entretien seront aussi faciles et qu’ils n’entraîneront que des frais aussi réduits que ceux que nous énumérions.
- Nous ne pouvons songer à mentionnner ici tout ce qui a été tenté en fait de plantations fruitières dans les Cha-rentes, la Vienne, les Deux-Sèvres, la Vendée, le Morbihan, les Côtes-du-Nord, le Finistère, dans quelques-uns de nos départements méditerranéens; le cadre de cette étude, nous le répétons, ne permettrait pas de pareils développements. Mais les quelques exemples que nous avons donnés et que nous avons choisis dans les régions les plus différentes, les plus éloignées les unes des autres, permet de voir que ce qui a été fait est bien peu de chose auprès de ce qui reste à faire.
- L’Allemagne, l’Autriche, le Luxembourg ont su tirer de leurs routes un parti plus avantageux. Si l’on songe que la France possède un réseau de 38 000 kilomètres de routes nationales et 34000 kilomètres de routes départementales, soit 72 000 kilomètres de larges voies, on regrette que l’on n’en ait pas encore retiré un revenu plus productif pour le trésor et qu’on n’ait pas saisi en même temps l’occasion de mettre un terme aux légitimes réclamations des riverains qui se plaignent des dommages faits à leurs récoltes par les arbres d’essence forestière.
- Emmanuel Ratoin.
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- LES TUYAUX MÉTALLIQUES FLEXIBLES
- Les tuyaux métalliques rendent de grands services dans les diverses industries, depuis les plus faibles usines qui ont quelques mètres de canalisations de petit diamètre à établir pour faire écouler des vapeurs, des gaz, des eaux, etc., jusqu’aux plus grandes fabriques qui ont de grandes quantités de vapeur et de liquides divers à canaliser. Aussi, on a cherché depuis longtemps à fabriquer des tuyaux métalliques de toutes sortes répondant aux besoins industriels. On a d’abord pris des tuyaux en plomb, puis des tuyaux en zinc ; puis sont venus des tuyaux en cuivre rouge, étamés ou non à l’intérieur, qui ont été adoptés de préférence aux tuyaux en plomb en raison de leur légèreté. On a eu l’occasion d’essayer également, surtout pour les conduites d’eau et de gaz, des tuyaux en fonte.
- Ceux-ci ont le grave inconvénient d’avoir quelquefois une fonte un peu poreuse, quoique sans défaut ; il en résulte que, sous une pression un peu forte, l’eau suinte à travers les parois. On a fabriqué également des tubes en fer et des tuyaux en tôle et bitume. Tous ces tuyaux ont donné des résultats très satisfaisants ; mais ils n’étaient pas flexibles. On pouvait, en les travaillant, leur faire épouser des formes déterminées ; mais il n’était pas possible de les changer de place sans de nouveau les faire travailler pour leur donner de nouvelles formes. Aussi on a toujours regretté de ne pas avoir des tuyaux métalliques flexibles pouvant se déplacer facilement, aller à droite ou à gauche, et canaliser des liquides sans donner des fuites ou des pertes. 11 existait bien des tuyaux à gaz en caoutchouc revêtus d’une partie métallique flexible ; mais les usages de ces tuyaux étaient de beaucoup réduits et limités. Il faut ajouter que le caoutchouc était rapidement détérioré et mis hors de service par une série de brisures et de cassures se produisant en tous sens.
- Aussi est-ce avec un vif intérêt que nous avons examiné les tuyaux métalliques flexibles de M. Leva vasseur, et que nous avons visité l’usine de construction de M. Ch. Rudolph, à Paris. Depuis le
- mois de mars 1895, cette usine fabrique une série de ces tuyaux que nous allons passer en revue.
- Ce fabricant construit divers tuyaux métalliques flexibles simples et doubles de diamètres variables, soit en acier galvanisé ou en bronze, en acier nickelé ou en laiton. Le principe de fabrication consiste à prendre des bandes métalliques, acier galvanisé ou bronze, à les faire passer dans une première machine destinée à leur donner un profil déterminé (fîg. 1 ) et ensuite à les porter dans une machine pour les enrouler (fig. 2). Les bandes d’acier peuvent être, au préalable, galvanisées en les faisant passer successivement dans un bain d’acide chlorhydrique pour les décaper, ensuite dans un bain d’étain, et finalement dans une toile d’amiante pour les essuyer. La vitesse de déplacement est réglée pour que toutes les opérations soient terminées en temps voulu. Les
- bandes d’acier ou de bronze sont enroulées sur une bobine placée à gauche ep avant dans la figure 1. La bande se déroule entraînée par un mouvement et vient traverser une matrice qui lui imprime un profil déterminé et que l’on peut varier à volonté ; elle s’enroule ensuite sur un rouleau placé à la partie inférieure de la machine à droite. En sortant de cette machine nous portons la bande de métal profilée sur un tour animé d’un mouvement circulaire à l’aide d’une courroie qui est à son tour actionnée par la machine motrice de l’atelier, et nous faisons enrouler en spirale cette bande de telle sorte que les parties profilées viennent pénétrer l’une dans l’autre et s’aplatir ensuite pour sortir en donnant un joint parfait. On peut voir dans les nos 6 et 7 de la figure 5 des exemples montrant la jonction des deux lames. Le n° 0 est le tuyau simple avec deux crochets repliés l’un sur l’autre et aplatis ensuite et renfermant des fils d’amiante introduits aux points indiqués dans des petites courbures supplémentaires placées à la suite de la première grande courbure ; le n° 7 nous montre un autre profil pour les tuyaux doubles.
- Les tuyaux fabriqués de cette manière sont en effet jusqu’ici très nombreux. 11 existe d’abord des tuyaux métalliques simples à fil de caoutchouc pour le gaz, l’eau, l’arrosage et tous les usages domestiques. Ces tuyaux ont des diamètres variables de 8
- Fig. 1. — Machine à profiler les bandes de métal
- fabrication des tuyaux métalliques flexibles.
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- à 50 millimètres, sont essayés à des pressions de 10 kilogrammes par centimètre carré et se font en acier galvanisé, en bronze, en acier nickelé, en bronze décoré et en métal blanc.
- Le dessin n° 2 de la figure 5 représente ce modèle avec un raccord spécial. Le n° h nous montre un tuyau pour la vapeur, les liquides chauds, les huiles et le pétrole à une pression de 20 kilogrammes parcentimètre carré;les diamètres intérieurs peuvent varier de 10 à 70 mill i mètres et se font en acier galvanisé et en bronze. Le n° 5 nous montre le raccord servant à réunir entre eux plusieurs tuyaux et dont nous allons parler plus loin. Dans le n° 5 sont représentés des modèles de tuyaux doubles pour hautes pressions de gaz, d’eau, d’air comprimé à fil de caoutchouc ou d’amiante, résistant à des pressions de 200 kilogrammes par centimètre carré. Il existe, comme on le voit, deux tubes superposés, rentrés l’un dans l’autre, respectivement en acier ou en bronze. Les diamètres intérieurs sont compris entre 8 et 55 millimètres et entre 15 et 70 millimètres. Pour la vapeur et les liquides chauds, il est préférable d’employer des tuyaux doubles à intérieur en bronze, avec un tube extérieur soit en acier, soit en bronze.
- Il est intéressant de savoir comment se monteat les raccords sur ces divers tuyaux. Pour les tuyaux destinés aux vapeurs et aux grandes pressions, on place le tuyau dans le raccord et l’on introduit à l’intérieur du tuyau une bague en cuivre rouge que
- l’on mandrine à force de façon à la faire serrer le tuyau sur le raccord. On obtient ainsi une liaison parfaite. On réunit les deux tuyaux par un écrou
- ordinaire à pas devis. Les tuyaux pour l’arrosage sont soudés à l’intérieur du raccord.
- Dans le n° 1 de la lig. 5 se trouve un petit tuyau métallique en acier galvanisé, en laiton ou en bronze, destiné à former une couverture métallique protectrice pour les lils et les câbles électriques. Cette protection pourrait, en effet, il nous semble, dans bien des cas, remplacer l’armature de plomb dont on couvre les câbles et qui amène bien souvent des accidents de toute nature.
- Ces tuyaux permettraient d’abord le remplacement facile du câble placé à l’intérieur si, pour une raison ou pour une autre, l’isolement venait à être compromis. Un tube aussi souple et aussi flexible ne serait pas difficile à placer dans les encoignures et dans les angles. Le marteau n’aplatirait pas aussi facilement ce tuyau que le tube en plomb. Enfin l’acier ou le bronze résisteraient mieux à des attaques chimiques diverses qui n’épargnent pas le plomb, et qui nous donnent bientôt des hydrocarbonates et autres composés de plomb.
- M. Rudolph nous a encore lait valoir un certain nombre d’avantages de ces tuyaux. Ils sont très propres, légers, d’un aspect gracieux et peuvent recevoir une couleur assortie aux décors. Us présentent une très grande étanchéité ; on peut tirer et marcher sur le tuyau et le plier sans que le gaz ou
- Fig. 3. — Divers modèles de tuyaux métalliques flexibles.
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- les liquides s’arrêtent de circuler. Ces tuyaux peuvent enfin être nettoyés très facilement, même à l’intérieur. Ajoutons qu’il existe un modèle de tuyaux en métal blanc qui peuvent rendre les plus grands services pour le soutirage des vins, de la bière, etc.
- Ces divers tuyaux nous ont semblé intéressants, parce que, malgré leur robuste constitution leur permettant de résister à de hautes pressions, ils conservent une grande flexibilité. Leurs applications seront innombrables; ils sont du reste déjà employés dans un certain nombre de fabriques pour diverses industries, ainsi que dans plusieurs compagnies de chemins de fer pour le chauffage par la vapeur, pour les freins à vide et à l'air comprimé.
- J. Laffakgue.
- CHRONIQUE
- Une exposition d'automobiles en Angleterre. —
- Sous le patronage de la Reine et la présidence du prince de Galles, FImpérial Inslitute de Londres prend l’initiative d’une exposition internationale de moteurs et un Congrès des industries de moteurs, plus spécialement des moteurs appliqués aux véhicules sur routes. Cette exposition, qui se tiendra dans les bâtiments de l’Institut du 1) mai au 8 août 1896, est organisée par le Molor Car Club Syndicale, sous la direction du Motor Car Club. Nous venons de recevoir le programme de cette exposition qui promet, dans les conditions où elle se présente, d’obtenir un très grand succès. Voici la répartition des quinze sections entre lesquelles se partageront les machines et produits exposés : Section I. Véhicules d’agrément mus par la vapeur, l’huile (pétrole ou gazoline), l’électricité, l’air comprimé ouïes ressorts. —Section II. Automobiles sur routes pour les affaires ou le transport des marchandises, la force motrice étant empruntée à l’un des procédés indiqués ci-dessus. — Section III. Charrues automobiles et autres mécaniques agricoles analogues.
- — Section IV. Cycles automobiles, actionnés par l’un des moyens ci-dessus indiqués. — Section V. Roues, bandages, axes, ressorts, selles, coussins et parties détachées employés dans les appareils ci-dessus énumérés. — Section VI. Appareils de navigation aérienne à moteurs.
- — Section VU. Exemples de voitures et de véhicules non automobiles. — Section VIII Cycles non automobiles, mais présentant quelque nouveau principe dans leur construction. — Section IX. Cartes routières, guides de chemins de fer et d’hôtels, livres de vues à l’usage des touristes. — Section X. Valises, portemanteaux, appareils de cuisson, tentes, paniers à pique-nique et ustensiles divers du touriste. — Section XI. Canots, yachts et bateaux mus par la vapeur, l’huile, l’électricité ou l’air comprimé. — Section XII. Lampes et signaux appliqués aux voitures, véhicules sur routes, canots, yachts et bateaux. — Section XIII. Montres, horloges, boussoles, podomètres et autres appareils de voyageurs. — Section XIV. Machines fixes, dynamos et moteurs. — Section XV. Modèles d’inventions, en mouvement ou inertes, ayant un rapport avec les sections précédentes. La France, qui est le berceau de l’automobile, tiendra à honneur d’ètre largement représentée à cette importante exhibition spéciale. Ecrire, pour tous renseignements, à M. le secrétaire du Motor Car Club, Institut impérial, Londres.
- Tannage électrique. — Depuis 1850, dit VElec-trical Review, de nombreux essais, surtout empiriques, ont été faits en vue d’accélérer les procédés de tannage au moyen du courant électrique. Parmi les tentatives scientifiques effectuées, on peut citer le procédé de Groth. Dans le but d’abréger le temps nécessaire à l’obtention des résultats que procure le système de Groth, qui a réussi dans une certaine mesure, Folsing a récemment suggéré l’emploi d’extraits, tels que ceux de pin, de chêne, etc., pour remplacer l’écorce de chêne ordinairement employée. Ces extraits doivent être préalablement purifiés, clarifiés et décolorés. Il prétend que cette petite modification hâtera les procédés Worms et Râlé, qui prennent 48 à 144 heures pour des peaux minces, aussi bien que le procédé Groth, qui peut demander jusqu’à trois mois dans le cas d’épaisses peaux de bœuf. Folsing a de plus imaginé un procédé perfectionné qui convient pour le tannage des peaux aussi bien minces qu’épaisses, et qui ne demande que de trois à six jours pour la transformation des peaux brutes en cuir. Ce procédé est sommairement le suivant : la fosse à tanner a une capacité de 15 000 litres; sa largeur est de 2 mètres et sa longueur de 5 mètres environ. Des électrodes de cuivre nickelé sont fixées aux murs les plus longs de la fosse, et dans cette dernière, les peaux sont suspendues de manière que le courant les traverse à angle droit. Le courant est de 12 ampères, et sa force électro-motrice de 12 volts. La matière tannante est de l’extrait de chêne mélangé d’extrait de ciguë en petite quantité, le tout clarifié et décoloré par un procédé électrolytique spécial. Folsing a constaté qu’il réussit ainsi à obtenir un bon cuir en 72 heures avec des peaux de vache légères, en cinq jours avec des peaux de vache épaisses, et en six jours avec de fortes peaux de bœuf1.
- Les chiens enragés en Angleterre. — Le nombre des chiens enragés que l’on trouve àLondres depuis quelque temps devient inquiétant. Dans les onze premiers mois de l’année dernière, il en a été signalé et tué 40, alors qu’en 1892 il y en a eu 5 seulement. Il est donc question, en ce moment, de remettre en vigueur l’ordonnance sur le musèlement des chiens que la loi permet au Conseil du comté de publier. Mais il y a une petite difficulté. Gomme tous les corp élus, le Conseil du comté a peur des électeurs et les électeurs londoniens ont beaucoup de chiens et n’aiment pas à les museler. Les édiles londoniens flottent ainsi actuellement entre la crainte de laisser augmenter le lléaiz de la rage et celle de mécontenter leurs électeurs. Ce n’est pas seulement à Londres, du reste, que l’on signale une recrudescence de l’hydro-phobie. Dans les comtés de Middlesex, de Surrev, d’Essex, de Lancashire. de Yorkshire, Cheshire, Herfordshire, Der-bishire et Durham, il a fallu ordonner le musèlement des chiens. Mais, comme les chiens et l’hydrophobie ne tiennent aucun compte des limites administratives, il en résulte que l’hydrophobie se propage avec une rapidité effrayante. Cela indique que la seule mesure efficace serait un acte du Parlement ordonnant la destruction de tous les chiens errants, qu’on distinguerait des autres par une médaille imposée à ceux-ci.
- Sel répandu dans l'atmosphère. — Après la violente tempête du 22 décembre 1894, on trouva en An-gletere, dans l’intérieur des terres, les plantes et aussi les fenêtres incrustées de sel. Le sel lancé avec les embruns par la tempête avait été transporté jusqu’à une
- 1 M. T. Electricien.
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- distance d’au moins 150 à 70 milles anglais. On trouva des objets couverts de sel même à Birmingham, à 55 milles du canal de Bristol et à près de 100 milles de la haie de Corrdigan. Déjà, après la grande tempête de janvier 1850, on avait vu dans l’intérieur de l’Angleterre, près d’IIuddersfield, à 80 milles de Scarborough et 00 milles de Liverpool, du sel sur les feuilles des arbres.
- Peinture au goudron. — On peut faire d’excellentes peintures au goudron, d’après ce que rapporte le Journal des Usines à gaz, et les employer avantageusement au lieu et place des peintures à l’huile très coûteuses. Ces peintures, dit-on, protègent, à poids égal, une surface de 25 pour 100 supérieure à celle que recouvriraient des peintures à l’huile, et sont par elles-mêmes brillantes et vernissées. De plus, leur siccativité est très grande, deux ou trois heures suffisent. Elles s’appliquent très facilement sur les plâtres frais, les murs humides, le ciment, le bois, les métaux; elles sont spécialementhydrofuges et acquièrent rapidement une dureté qui leur permet de supporter tous lavages et lessivages. Enfin, la proportion d’acide phonique qu’elles contiennent leur donne des propriétés désinfectantes.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 16 mars 1896. — Présidence de M. Corxd.
- Principe d'un accumulateur de lumière. — Les corps phosphorescents transforment et émettent dans l’obscurité, selon une fonction décroissante du temps, la lumière qu’ils ont absorbée. M. Henry, après quelques recherches sur l’émission des rayons de llôntgen par le sulfure de zinc phosphorescent préparé selon le procédé industriel qu’il a imaginé, a pensé qu’il serait intéressant de rechercher un moyen de régler et surtout de retarder cette déperdition lumineuse. Dans ce but, il a soumis d’abord, mais sans succès, le sulfure de zinc à une pression de 100 kilogrammes par centimètre carré. Il a ensuite interposé, entre les deux pôles d’un électro-aimant puissant, une plaque de verre enduite de ce corps, sans obtenir de cette plaque des résultats notables. Enfin il a appliqué, immédiatement après l’illumination, des verres colorés, en particulier des verres jaune-vert; l’action qui s’est exercée a été reconnue très faible si elle existe. On sait que la chaleur précipite l’émission lumineuse de même que le frottement et la percussion, sans doute à cause de la chaleur dégagée : ce fait, qu’il est facile d’observer sur une surface phosphorescente, dans les endroits où elle est en contact avec la chaleur de la main, peut être enregistré par la plaque photographique. L’expérience réussit très bien en appliquant dans la chambre noire, contre le côté sensible d’une plaque au gélatinobromure, un papier enduit de sulfure de zinc préalablement illuminé pendant dix minutes, puis en posant la main sur la face non enduite du papier. An bout d’une minute de pose, on obtient, au développement, une ombre nette de la main. Avec du papier ordinaire, on n’obtient rien dans ces conditions, ainsi qu’il est aise de s’en assurer. M. Henry a eu l’idée que réciproquement les froids intenses doivent entraver l’émission lumineuse, et l’expérience a confirmé remarquablement cette indnetion. H plonge dans un mélange réfrigérant à — 79° un tube rempli de sulfure de zinc venant de subir l'illumination. La partie qui émerge perd sa lumière rapidement et jtus ou moins complètement. Lorsqu’on retire le tube ûu mélange réfrigérant la partie immergée a perdu tou' éclat, mais si l’équilibre de température se rétablit, cette
- partie redevient très brillante et l’émission de lumière s’opère. Enfin il constate que l’émission atteint le maximum auquel peut donner lieu l’expérience dans les conditions normales. Soit que le sulfure de zincait séjourné dans le mélange réfrigérant, soit qu’il soit resté à l’air libre, la quantité de lumière totale émise reste la même; seules les quantités émises dans le même temps diffèrent. Cette expérience prouve que le froid empêche l’émis>ion lumineuse. Il serait donc facile d’imaginer dès maintenant un dispositif permettant d’emmagasiner la lumière solaire et de la restituer pendant la nuit à l’heure voulue ; mais actuellement, selon la remarque de l’auteur, un accumulateur de lumière fondé sur le froid aurait peu de chance d’ètre pratique, si ce n’est dans les régions polaires où le froid ne coûte aucun travail. Enfin, suivant une autre expérience de M. Henry, si l’on remplit à moitié de sulfure de calcium un tube étroit, et si l’on place ce tube à l’intérieur d’un autre tube de même longueur rempli complètement de sulfure de zinc, et si l’on illumine le sulfure de zinc, on constate que l’appareil étant ensuite placé dans l’obscurité, le sulfure de zinc bril'e plus longtemps à la partie inférieure qu’à la partie supérieure du tube. On a trouvé que le nitrate d’urane, l’alumine, le fluorure de calcium, émettent des radiations ultra-violettes, qui au bout de plusieurs heures retardent encore la déperdition lumineuse normale. Il serait possible également de trouver dans l’électricité des moyens de modifier la loi d’émission des corps phosphorescents. Le sulfure de zinc placé dans un champ magnétique produit par un courant de haute fréquence ou exposé dans l’ampoule de Crookes aux courants d’inductions ordinaires, acquiert un éclat supérieur à son éclat de saturation dans des conditions normales.
- Décès. — M. le Président annonce la mort de M. Sappev, membre de la section d’anatomie et zoologie, survenue le vendredi 15 mars. La séance est levée en signe de deuil.
- Élection. — L’Académie désigne, en comité secret, pour la place de membre du Bureau des longitudes, M. Guyon, capitaine de vaisseau.
- Varia. — M. Guignard fournit une explication de la couleur des crucifères, d’après leur anatomie. — M. Cliarpy a étudié la structure et la constitution des alliages de cuivre et de zinc. — M. Miguel Merino, de l’Observatoire de Madrid, décrit les circonstances qui ont caractérisé la chute du bolide du 10 février 189G. — M. Tisserand démontre, à l’aide d’une élude des marches de la pendule de l’Ohservatoire, pour la fin de 1894 et le commencement de 1895, que cette pendule, bien qu’enfermée hermétiquement dans une cage qui paraissait devoir la soustraire aux variations de la pression atmosphérique, a subi nettement les effets de ces variations. — M. Hamv a opéré des recherches sur les erreurs provenant des variations de la température dans les instruments d’astronomie. — M. Crova communique les résultats de ses déterminations actinométriques poursuivies à Montpellier pendant l’année 1895. Ch. de Yilledeuil.
- RÉSULTATS D’EXPLOITATION
- DES TRAMWAYS FRANÇAIS
- Le Journal officiel du 5 mars vient de publier, comme il le fait périodiquement du reste, une statistique des chemins de fer d’intérêt local et des tramways exploités en France. Cette statistique comprend les résultats d’exploitation du 1er janvier au 50 septembre pour les années
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- 1894 et 1895. Nous croyons intéresser nos lecteurs en y relevant quelques chiffres.
- Tramways du déparlement de la Seine. — La longueur totale exploitée au 50 septembre 1895 est de 558 kilomètres, avec une recette moyenne journalière de 206 francs par kilomètre et un coefficient d’exploitation de 91 pour 100. C’est le chemin de fer funiculaire de la place de la République à Belleville qui fait la plus grosse recette journalière (566 francs par kilomètre), avec un coefficient d’exploitation de 89 pour 100. Le coefficient d’exploitation des lignes employant la traction par l’air comprimé est de 128 pour 100 pour les lignes de Sèvres à Saint-Cloud, et de 97 pour 100 pour les lignes de. Charenton à Saint-Maur. Les tramways à accumulateurs sont comptés avec les tramways à chevaux, dans des conditions qui rendent la répartition impossible.
- Tramways autres que ceux du département de la Seine.—La longueur totale exploitée au 50 septembre 1895 est de 441 kilomètres, avec une recette journalière moyenne de 70 francs par kilomètre et un coefficient d’exploitation de 75 pour 100. Ce sont les tramways électriques du Havre qui détiennent le record de la recette journalière : 225 francs par kilomètre, avec un coefficient d’exploitation très remarquable de 52 pour 100. Les tramways à air comprimé de Nantes ne fon qu’une recette journalière de 156 francs par kilomètre. avec un coefficient d’exploitation de 72 pour 100. Lorsque les tramways du Havre étaient exploités par des chevaux, la recette journalière était de 177 francs par kilomètre seulement, et le coefficient d’exploitation atteignait 70 pour 100. On voit, par ces chiffres, quels, avantages la traction électrique présente sur les chevaux et l’air comprimé. Les tramways de Rouen, à traction par chevaux, accusent une recette journalière de 98 francs par kilomètre et un coefficient d’exploitation de 81 pour 100. On procède actuellement à leur transformation générale et complète, et 1 on a adopte la traction électrique. Nous pouvons affirmer, sans être grand prophète, que’ dans deux ou trois ans nous aurons à signaler un accroissement important de la. recette kilométrique journalière accompagné d’une réduction importante du coefficient d’exploitation.
- RÉCRÉATIONS SCIENTIFIQUES
- LE FOLIOSCOPE
- Tout le monde connaît le zootrope, qui est une boîte ronde sans couvercle, et dont la fermeture
- circulaire est munie de petites fenêtres allongées qui passent une à une sous les yeux de l’observateur regardant sans bouger. Le cylindre mis en mouvement fait passer des rouleaux contenant une série de photographies instantanées d’animaux à la course ou d’hommes faisant des exercices ou courant, et tous les objets en mouvement. Le zootrope a été fait en jouets qui fonctionnaient bien, mais voilà que vient de paraître un objet bien plus simple encore que le zootrope jouet et qui donne le même résultat que cet appareil ingénieux. 11 s’agit d’un album double dont nous représentons dans la gravure que nous publions ici les deux exemplaires brochés ensemble dos à dos. Lés pages de ce double album ont 5 centimètres de hauteur et donnent chacune diverses reproductions d’une danseuse qui lève et abaisse les bras et les jambes et d’un forgeron qui bat son fer rouge, ou d’un gymnaste qui fait du trapèze.
- Le fonctionnement de cet album est très simple et très facile à exécuter ; il suffit de tenir l’album verticalement entre les doigts de la main gauche, et, de la main droite, on fait courber l’extrémité des feuillets de manière que la tranche forme un biseau sur lequel se posera le pouce, et que l’index et le médius soutiendront en dessous.
- On laisse glisser aussitôt le pouce de la main droite sur la tranche, ni trop lentement, ni trop rapidement, pour qu’il n’y ait pas d’arrêt dans le défilé des figures successives, ni de feuillets inaperçus.
- Avec quelques tâtonnements on arrive à le bien faire fonctionner, et les pages des mouvements se succédant on voit le forgeron battre son fer et la danseuse qui fait ses pas.
- Les deux albums réunis fonctionnent des deux côtés. En retournant cet album sens dessus dessous, on a deux autres séries à faire voir ; le dessus et le dessous des feuillets ayant chacun des séries de personnages en mouvement qui forment ainsi deux spectacles de figures à chaque volume, il y a donc quatre séries d’images dans le petit album double.
- G. T.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier
- Le folioscope double-album jouant le rôle du zootrope.
- Paris. — Imprimerie Laiiuiie, rue de Fleuras, 9.
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- N8 1191.
- 28 MARS 1896.
- LA NATURE.
- UNE MINE D’OR A MADAGASCAR
- Le cadre qui m’est réservé ne me permet pas de m’étendre aujourd’hui sur la formation, la première installation, les difficultés, en un mot sur les débuts mêmes des mines d’or à Madagascar. Les premières qui aient fonctionné dans cette île furent certainement celles de la côte ouest, dont le siège central se fixait bientôt à Maevatanana, c’est-à-dire à peu près à moitié route du chemin qui va presque directement de Majunga à Tana- Fig-!--narive, voie qu’a suivie le général Duchesne, dont les efforts ont été couronnés par le merveilleux succès que l’on sait : entrer sans coup férir à la tête de 5000 hommes, dont la moitié à peine étaient complètement valides, dans une ville de plus de 100 000 âmes, défendue par la nature elle-même, sans parler du climat qui, à mon avis, a été jugé plus meurtrier qu’il ne l’est en réalité. Je crois que personne ne se rend encore bien compte des ressources de notre nouvelle conquête. Je ne parlerai au lecteur que sur une partie des rendements miniers : l’extraction de l’or. Le terrain malgache renferme presque partout des quantités notables d’or natif, et si nous prenons la côte ouest, nous constatons une étendue de terrain de plus de 80 kilomètres de longueur, sur une largeur de moitié environ, dont les alluvions sont aurifères, et donnent à la battée des rendements fort intéres-
- sants. Qu’est-ce en réalité que le travail à la battée Notre gravure ci-dessous l’indique sans qu’il soit bien
- besoin d’explications (fig. 1). Les hommes employés à ce travail piochent le sol dans les endroits reconnus les plus avantageux , les plus riches, ramassent quelques pelletées dans une écuelle en bois, ronde, ou, comme le représente notre dessin, dans une espèce de plat peu profond, carré. Le laveur d’or s’assied sur le bord d’un ruisseau à courant peu rapide, commence par malaxer la terre argileuse, par déglutiner le contenu de sa battée. Le courant entraîne la terre
- et les matières légères;
- Vue d’une équipe de laveurs d’or à la battée, se livrant à leurs opérations sur la côte ouest de Madagascar.
- (D’après une photographie prise sur place par l’auteur.)
- Fig. 2. — Le Firingalava, rivière aurifère.
- Vue d’ensemble prise sur un bord.
- (D’après une photographie faite sur place par l’auteur.)
- un coup de main particulier et qui s’acquiert assez rapidement aide à ce nettoyage, et bientôt le fond du récipient ne contient plus guère que du gravier assez lourd, des parcelles de fer noirâtres et les petites pépites dont la densité est encore supérieure. Là commence le travail méticuleux : généralement tous les fonds de battées sont réunis et finis par un surveillant plus capable et aussi, disons-le, plus sûr. Après quelques lavages successifs il ne reste bientôt plus en présence que de l’or et quelques parcelles de minerai de fer, dont on débarrasse bientôt l’or, qui apparaît avec sa couleur vive jaune, légèrement rougie en général par les oxydes de fer. Le travail est simple, on le voit, et rémunérateur, puisqu’un homme peut en moyenne
- 17
- 21® année. — 1er semestre.
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- LA NATURE.
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- dans ces terrains produire près d’un gramme d’or par jour, soit environ trois francs, quand un salaire de 20 à 50 centimes lui est suffisant. Comme corollaire de la battée, l’on emploie le sluice ou canal factice, à fond garni de claies qui retiennent l’or au passage. C’est encore dans le domaine de l’installation primitive. Mais cette façon d’opérer est trop longue pour ceux qui visent grand et veulent arriver vite. Ils ne se contentent plus des sables préparés par la nature elle-même, par des siècles de lavages du liane des montagnes dont les pluies désagrègent les terres. Ils s’attaquent aux montagnes elles-mêmes, aux filons qu’ils croient les plus riches, avec le ferme espoir d'y rencontrer les gros morceaux. C’esl alors qu’interviennent les broyeurs, les concasseurs, les malaxeurs, qui nécessitent usines, installations coûteuses (surtout dans de tels pays). Le quartz est réduit en poussière plus ou moins riche en or, enrichissant dans un cas, ruinant dans l’autre le trop avide spéculateur. A mon humble avis les mines d’or malgaches seront surtout fructueuses pour le travailleur à la battée et au sluice. Certains terrains sont riches, certaines rivières encaissées dans les roches ont leur fond formé d’un sable d’un rendement sérieux. Le Firingalava, dont nous donnons une vue d’ensemble (fîg. 2), en fut un exemple; certains bas-fonds réservaient de réelles surprises. Mais, je le répète, c’est trop simple pour qui a un besoin absolu de courir les chances d’une trouvaille merveilleuse. Le sable aurifère nous réservera de temps à autre la surprise d’une pépite extra, renfermant 4 ou 5 grammes. Ce que cherchera celui qui croit aux mines d’or, c’est le filon ininterrompu. Malheureusement il ne se rencontre pas souvent.
- * Georges Chapin.
- ASSOCIATION FRANÇAISE .
- pour l’avancement des sciences CONGRÈS IJE CARTHAGE (Tirais 1896)
- Le vingt-cinquième congrès de l’Association française pour ravancement des sciences va s’ouvrir à Tunis le lrr avril, sous la présidence de M. Dislère, conseiller d’État, ancien ingénieur de la marine, président du conseil de l’Ecole coloniale.
- Voici quel est le programme de ce vingt-cinquième congrès.
- Mercredi 1eravril. — A 8h 30m du matin, séances de sections (élections des bureaux, communications). A lh50m, séances de sections. A 4h 50m, séance générale au théâtre (discours du Résident Général et du président, rapports du secrétaire et du trésorier. — Jeudi, 2 avril. Dans la matinée et l’après-midi, séances de sections. Le soir, conférence sur la Tunisie, par M. Marcel Dubois, professeur à la Faculté des lettres de Paris. — Vendredi, 5 avril. Dans la matinée, séances de sections. — L’après-midi, excursion générale à Bizerte. — Samedi, 4 avril. Le matin, séances de sections. Dans l’après-midi, séance de clôture (Assemblée générale). — Dimanche, 5 avril,
- et jours suivants. Un grand nombre d’excursions auront lieu comme dans tous les congrès précédents. Voici la liste de celles que l’on pourra choisir :
- A. Souk-Arrhas, Tebessa. — B. 1° Kroumirie, Souk-Arrhas, Tebessa. — C. 2' Kroumirie, Souk-Arrhas, Tebessa. — D. Medjez-el-Bab, Teboursouk, Schemtou. — E. Schemtou, Teboursouk, Medjez-el-Bab. — F. Zaghouan,; Kairouan, Sousse. — G. Sousse, Kairouan, Zaghouan. *rr-t IL Ie Teboursouk. — I. 2° Teboursouk. —K. 1° Medjez-el-Bab, Schemtou. — L. 2° Medjez-el-Bab, Schemtou. —-M. Zaghouan, Nabeul. — N. Nabeul, Zaghouan. — 0. 1° Nabeul. — P. 2e Nabeul. — Q. 5” Nabeul.
- A l’occasion du vingt-cinquième congrès de l’Asso-ciation française, qui va se tenir à Tunis, M. René Millet, Résident Général de la Tunisie, dans le but de faire connaître le pays, a organisé une grande excursion à travers la Tunisie.
- Cette excursion, à laquelle prendront part environ cinquante notabilités appartenant aux lettres, aux sciences, au journalisme et à la colonisation, aura une durée d’environ trois semaines depuis le départ de Marseille jusqu’au retour dans cette ville. Un bateau de la Compagnie générale transatlantique, confortablement aménagé et faisant la traversée en 36 heures, partira de Marseille le lundi 30 mars, et déposera les voyageurs à Tunis le mercredi matin 1er avril. Le séjour dans cette ville durera jusqu’au dimanche de Pâques (5 avril) et permettra à ceux des membres qui le désireront de suivre les travaux du congrès, et à tous de visiter Tunis et ses environs, ses souks et son quartier arabe, puis Carthage et les ruines d’Oudna, Zaghouan et le port de Bizerte. Le départ de l’excursion proprement dite aura lieu le lundi de Pâques (6 avril). On visitera la vallée de la Medjerda, les grandes forêts et les beaux sites de la Kroumirie, Aïn-Draham, les villes antiques de Schemtou et de Bulla-Regia, Teboursouk, les ruines de Dougga, les restes de Zanfour (l’antique Assuras), d’Ellez, de Maktar, de Medeina, le plateau des Ouled-Ayar, la Kessera, Kairouan, Sousse, le Sahel tunisien et ses forêts d’oliviers, Mehdia, l’amphithéâtre d’El-Djem. Toutes les dispositions sont prises pour assurer aux voyageurs le plus grand confort possible, tant dans le transport, qui se fera en voitures, que pour le coucher et la nourriture.
- Des relais seront organisés pour permettre aux voyageurs qui le désireront d’accomplir, soit complètement, soit en partie, le voyage à cheval, et visiter ainsi quelques points inaccessibles aux voitures. Le retour de Tunis à Marseille se fera également par un bateau de la Compagnie transatlantique. Le gouvernement tunisien prendra à sa charge tous les frais de logement, de nourriture et de transport depuis le départ de Marseille jusqu’au retour à ce port.
- M. René Millet, Résident Général de la République française à Tunis, nous a fait l’honneur de nous inviter, comme directeur du journal La Nature, à y prendre part ; nous lui adressons ici l’expression de nos remerciements et de notre reconnaissance, mais les nécessités de nos fonctions ne nous permettent pas de quitter pendant un mois notre Bureau de rédaction; mon frère, M. Albert Tissandier, qui est un voyageur de premier ordre, me remplacera.
- Gaston Tissandier.
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- SIOUT
- (haute Égypte)
- SON COMMERCE AVEC LE SOUDAN
- Siout passe pour la ville la plus importante de la Haute Égypte. 11 est difficile de dire si le chiffre de sa population justifie cette opinion, les habitants se dérobant par système, ici comme dans le reste du pays, à toute tentative de recensement; mais les apparences du moins ne la démentent pas.
- La superficie de Siout est étendue. Ses rues sont animées. Les habitants s’y pressent en foule, et l’agent qui, par ordre du commandant de la police, nous servait de guide avait fort à faire pour nous frayer un passage ; il lui fallait souvent user d’arguments très énergiques pour obliger les gens à se ranger.
- Ue plus, si la plupart des maisons y sont construites comme dans tous les villages d’Égypte, en briques d’argile séchées au soleil, ce qui, de loin, leur donne l’apparence de tas de boue, il s’y rencontre cependant un certain nombre de demeures particulièrement somptueuses. Entourées de jardins soignés, où des jets d’eau rafraîchissent l’air, peintes de couleurs voyantes, déj à du dehors elles donnen 11’impression de la richesse, impression qui se confirme quand on pénètre à l’intérieur. Assurément nous ne saurions louer sans réserve tout ce que nous y avons vu. Nos yeux d’Occidentaux sont quelque peu choqués par les alliances de tons des soies qui recouvrent le mobilier. Les dorures ont été prodiguées de divers côtés sans aucune discrétion.
- Tout ce luxe révèle le goût du clinquant. D’autre part, les serviteurs nègres qui nous présentaient sucreries et sirops ont des façons qui contrastent étrangement avec la correction de nos « gens de maison ». Mais du moins il y a de la soie, des dorures, du luxe et beaucoup de serviteurs. Bref, un air d’opulence règne dans ces maisons.
- C'est le commerce avec le Soudan qui a fondé la fortune de Siout. Actuellement ce commerce est anéanti. Voici douze ans qu’il a pris fin, depuis que les Mahdistes sont les maîtres du Soudan oriental, depuis que les Anglais, venus soi-disant en Égypte pour sauvegarder ses intérêts, l’ont laissé dépouiller de ses possessions de l’Afrique intérieure.
- Mais, parmi les habitants de Siout, il en est encore quelques-uns qui ont participé à ce trafic. Ils se laissent facilement interroger. Ils parlent même avec complaisance de ce passé brillant, comme un vieillard en retraite s’étend volontiers sur son beau temps. D’autre part, rien n’a changé dans les lieux. La scène est déserte. Les acteurs ont quitté le théâtre. Mais les décors sont toujours en place. On peut donc assez aisément se figurer la pièce.
- Chaque année il arrivait à Siout une caravane, souvent deux, et parfois trois. Elles se formaient non dans la capitale du Darfour, El Fascher, mais à Kobbé, la principale ville commerciale. Les départs
- avaient lieu de fin novembre à février. Le voyage s’effectuait en quarante jours, et si régulièrement que la route était nommée route de quarante jours (derb el urbain), du temps employé à la parcourir. Cet itinéraire était imposé par les conditions géographiques. Il fallait de toute nécessité passer par les points d’eau : simples puits ou oasis.
- De Eobbé la caravane atteignait Sagaoui en dix jours, Legia en huit, Sélima en six, Bérice en huit, Chargueh en deux. Elle arrivait enfin sur les crêtes de la chaîne libyque qui domine Siout (fig. 1) et descendait les pentes de la montagne en une niasse désordonnée et confuse. Sept à huit cents chameaux avançaient lentement, balançant des ballots ou de grands coffres en bois armés de ferrures. Au milieu d’eux et de leurs guides marchaient péniblement des esclaves attachés. On apercevait quelques commis de négociants à califourchon sur des baudets, les jambes pendantes, frôlant le sol de leurs larges babouches rouges. On distinguait aussi quelques personnages de marque à cheval sur des bêtes spécialement dressées, habituées par un entraînement progressif à boire avec une extrême sobriété.
- Ce voyage était très pénible. C’est à peine si les chameaux trouvaient ici ou là quelque maigre végétation à brouter. Les malingres n’y résistaient pas. Il n’y avait pas de caravane qui ne dut en laisser quelques-uns derrière elle.
- Les hommes ne souffraient pas moins. Aussi était-ce avec bonheur que leurs yeux, éblouis par la lumière implacable du désert, par ces sables de couleur éclatante, blanche, jaune, orangée, se fixaient enfin sur le paysage enchanteur et reposant de la vallée du Nil, des orges et des blés verdoyants, des champs de fèves, des bouquets de palmiers. Au milieu, le fleuve majestueux se déroulant en un long ruban argenté. Tout près enfin, au pied de la montagne, Siout, masse brunâtre d’où s’élancent ses minarets blancs. Spectacle maintes fois désiré, non plus entrevu dans un rêve, mais bien réel et qui signifiait pour tous ces hommes avides et rendus de fatigue : gain et repos. La caravane descendait donc le long du liane de la montagne (fig. 5). Bien qu’il ne soit plus guère frayé, le sentier qu’elle suivait est encore visible aujourd’hui ; sous le climat sec de l’Égypte, l’histoire ne s’efface pas du sol, où les hommes l’écrivent inconsciemment.
- L’usage voulait que la caravane ne pénétrât pas dans la ville, mais contournât le pied de la montagne, longeât le cimetière (fig. 2) et s’arrêtât dans une grande plaine sablonneuse nommée remelat. On dressait les tentes. Toute une ville nouvelle se formait, pour deux mois.
- C’était dans Siout un grand événement que l’arrivée de la caravane. La date en était prévue, car, à l’oasis de Bérice, un des guides avait pris les devants pour venir l’annoncer. Toute la population était sur pied. Et les amis, heureux de se revoir, échangeaient ces saluts compliqués et ces marques démonstratives d’affeclion dont les Orientaux sont
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- si prodigues. On déchargeait les chameaux, puis les marchandises étaient apportées en ville, non dans le bazar même, mais dans des entrepôts spéciaux, voisins du bazar, nommés okelles.
- J’ai visité plusieurs de ces okelles. Elles se ressemblent beaucoup et c’est les décrire toutes que d’en décrire une seule. Une grande enceinte rectangulaire en maçonnerie, couverte d’un toit en bois, au milieu duquel une lanterne pentagonale laisse pénétrer la lumière. A l’intérieur, sur le pourtour, dix ou douze grosses colonnes cylindriques et massives supportent une galerie, qui court tout le long du premier étage. Sous le préau du rez-de-chaussée, sur la galerie du premier s’ouvrent de vastes pièces,
- fermées par de lourdes portes, armées d’énormes loquets en bois.
- Les okelles sont maintenant abandonnées. C’est un lieu de débarras. On y jette les tonneaux et les paniers vides. Quelques pauvres diables sont assis dans des coins, ratatinés sur eux-mêmes, dans cette pose si humble de gens qui semblent chercher à tenir sur terre le moins de place possible.
- Mais dans ce lieu, aujourd’hui silencieux et désert, régnaient jadis le bruit et l’animation.
- Des tapis étaient étendus sous le préau et sur la galerie du premier. Les négociants se tenaient devant la porte ouverte de leurs bureaux, les jambes croisées, et discutaient avec les acheteurs tout en
- Fig. 1. — Vue de Siout et de la chaîne libyque.
- fumant des cigarettes, et en buvant du café dans des tasses minuscules, préambule nécessaire de toute opération commerciale.
- Devant chacun d’eux étaient étalées les marchandises arrivées par la caravane : dents d’éléphants, dont quelques-unes atteignaient 2 mètres de longueur, cornes de rhinocéros, morceaux de bois d’ébène. Plus loin les ballots de plumes d’autruche, ici les blanches, naguère si estimées qu’une seule plume se vendait parfois 50 ou 60 francs, là les noires et les grises, espèces moins appréciées. Certains paniers contenaient des petits pains ronds et noirâtres de fruits de tamarin, dont on fait des boissons rafraîchissantes, d’autres de la gomme, mais en petite quantité, car la belle gomme du Kordofan venait surtout par le Sennar; d’autres du carbonate
- de soude, nommé ici natron, d’autres enfin de la graine de schisme1, remède efficace, prétend-on, contre les ophtalmies.
- Plusieurs de ces matières premières étaient travaillées dans les échoppes voisines, dans le bazar même. On fabriquait avec l’ivoire des manches de cannes et de chasse-mouches, des damiers, des trictrac, des fume-cigarettes ; avec la corne de rhinocéros, des manches de poignards; avec l’ébène, de grosses cannes lourdes.
- C’était aussi dans les okelles qu’étaient réunies les marchandises que la caravane emportait au retour :
- 1 Abrus precatorius. L’infusion est employée contre les maladies d’yeux depuis un temps immémorial, car on trouve cette petite graine rouge à huile noire dans les cercueils des momies.
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- colliers en perles de verre de toutes couleurs, col- à Siout même, étoffes de soie, toiles de lin, quincailliers en grains d’ambre jaune, étoffes de coton teintes lerie, gros bracelets d’argent, armes, parfums, su-
- cre, riz, café. L’arrivée de la caravane provoquait aussi des transactions en dehors de l’enceinte des okelles. Comme on élève beaucoup de chameaux au Darfour, et qu’un petit nombre suffisait à rapporter les marchandises de retour, la majeure partie de ceux qui figuraient dans chaque caravane était vendue à Siout.
- Les esclaves donnaient également lieu à un important trafic. Les nègres étaient exposés ou bien sous des tentes, dans le campement même de la caravane, ou bien à l’intérieur de la ville, dans des locaux spéciaux, qui appartenaient aux grands négociants. Les femmes étaient représentées par une proportion de quatre sur cinq. Musulmans et Coptes se livraient en toute tranquillité de conscience à ce trafic de bétail humain, qui n’a pas médiocrement contribué à fonder la fortune de Siout. Les rapports commerciaux entre le Darfour et Siout, tels que nous avons tenté de
- les décrire, ont existé pendant des siècles. Ils commencèrent à se modifier, voici une vingtaine d’années, au moment où le khédive Ismaël s’emparait du Darfour, et, se rendant sans enthousiasme à de pressantes sollicitations, sévissait contre les marchands d’esclaves.
- Un procès retentissant intenté à des marchands d’esclaves, et qui aboutit à leur condamnation, arrêta même subitement le commerce.
- En 1879, lorsque l’Autrichien Rodolphe Slatin fut nommé gouverneur du Darfour, — ce même Slatin, qui depuis a connu des fortunes si diverses, prisonnier des Mahdistes pendant douze ans, maintenant Pacha, et colonel dans l'état-major égyptien, — lorsque, disons-nous, Slatin fut nommé gouverneur du Darfour, il tenta de renouer ces relations commerciales, sources de grands profits pour le pays. Il réussit à faire partir une caravane de 800 chameaux, d’où les esclaves étaient
- Si but
- i AÔou Hammed
- Fig. 3. — Ancienne route des caravanes entre le Darfour et Siout.
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- éliminés. Mais le soulèvement du Madhi et les graves événements dont le Soudan fut peu après le théâtre, empêchèrent le renouvellement de cet essai.
- Comme nous le disons plus haut, ce commerce est actuellement anéanti. C’est à peine si quelques hommes isolés réussissent de temps à autre, et non sans risques, à traverser le désert. Les jeunes hommes de Siout ne connaissent plus ce passé que par ouï-dire. Seuls les vieillards peuvent en perler d’expérience. Il faut se hâter de recueillir leurs témoi-gnagnes, avant que tous n’aient été rejoindre leurs ancêtres dans la tombe.
- Justement l’un de ces vieux commerçants soudanais venait de mourir, peu de temps avant mon arrivée à Siout. Le hasard voulut qu’un jour, ayant gravi les premières pentes de la montagne, par ce même sentier que les caravanes suivaient naguère, j’aperçus, dans le cimetière, les parentes du mort venues, selon l’usage musulman, se lamenter sur sa tombe. Assis à l’ombre d’un petit mastaba, qui me garantissait contre le soleil ardent de cette après-midi de janvier, je les voyais, vêtues de leurs longues robes noires, s’avancer lentement en procession. Tout autour régnait un grand silence. Seul le cantique funèbre parvenait jusqu’à moi : une mélopée traînante et monotone, d'où pointaient des cris suraigus, sortis d’une voix fraîche de jeune femme. Elles ne pensaient qu’à leur cher disparu, et ne voyaient pas au delà de leur douleur présente, et cependant devant cette route déserte, au souvenir de ces okelles silencieuses, il me semblait que ce n’était pas seulement d’un mort que ces pleureuses menaient le deuil, mais de tout un passé de l’Afrique.
- Hexri Dehérain.
- Assouan, février 1896.
- LA GÉOGRAPHIE PHYSIQUE
- Je n’apprendrai rien à personne en disant que l’enseignement de la géographie a fait de grands progrès en France depuis vingt-cinq ans. Quand j’étais écolier, cet enseignement se présentait sous la forme de longues listes de noms propres — caps, golfes, montagnes — alignés sans aucun ordre rationnel. Cette méthode, si l’on peut appeler méthode une pareille manière de faire, a été très améliorée. Nos professeurs attirent plutôt l’attention de leurs élèves sur les grandes lignes que sur les détails. Les cartes destinées aux écoles sont plus exactes et plus claires, les livres moins rébarbatifs. En reléguant au second plan les purs exercices de mémoire, en se faisant surtout par les yeux, l'étude de la géographie est devenue moins aride; elle a donné de meilleurs résultats.
- Si, dans le haut enseignement, les progrès réalisés sont considérables, ils sont restés du même ordre. Jusqu’à ces derniers temps, en France du moins, on a regardé la géographie physique comme une science purement descriptive, ayant pour unique objet de reconnaître et d’inventorier les divers accidents de la surface du globe. Mais la géographie physique ainsi comprise ne saurait mériter le titre de science. Son hut véritable est de donner la raison des divers accidents géographiques ou topographiques, de les expliquer, de se livrer à la recherche
- des relations de cause à effet qui est le principe même de toute science.
- De divers côtés, à l’étranger, en Angleterre, en Allemagne et surtout en Amérique, on a compris, depuis longtemps, que pour asseoir la géographie physique sur des bases rationnelles et pour vivifier son enseignement, il fallait s’adresser surtout à la science qui s’occupe de la structure de l’écorce terrestre, des causes qui la modifient continuellement, qui président à son évolution, c’est-à-dire à la géologie. Les Américains des Etats-Unis, que n’embarrassent pas de longues traditions universitaires, et dont l'esprit pratique n’est souvent, en définitive, qu’un esprit logique, ont senti depuis longtemps qu’il ne fallait pas comprendre sous la même dénomination deux choses essentiellement différentes. Us considèrent la géographie politique comme se rattachant à l’histoire des nations, comme représentant un terme actuel et transitoire de l’évolution des peuples, et ils en ont confié l’enseignement au professeur d’histoire. A côté ils ont créé des chaires de géographie physique, dans lesquelles on enseigne une géographie qui n’est nullement subordonnée à l’action humaine, qui la domine au contraire, qui relève des sciences d’observation et des procédés scientifiques, et ils ont confié ces chaires à des hommes de science.
- Certes, on peut citer, en France, des noms illustres parmi ceux des hommes qui ont compris la géographie physique et ont plaidé en faveur de l’intervention des sciences, en particulier de la géologie. Mais leurs leçons n'ont guère été écoutées et la géographie physique a gardé, pour la plupart des professionnels, un caractère purement artificiel. On peut même se demander si cette manière superficielle de comprendre la science, nullement conforme aux qualités d’esprit de notre nation, n’explique pas, jusqu’à un certain point, le peu de goût que professent, dit-on, les Français pour la géographie.
- Heureusement, notre pays paraît enfin décidé à entrer dans la voie que lui ont indiquée Elie de Beaumont, Bel-grand, Élisée Reclus, de la Noë, de Margerie, etc. Un cours de géographie physique, qu’on ne saurait tarder à transformer en chaire magistrale, est professé depuis quelques années à la Sorbonne, par un savant géologue, M. Charles Yélain. En donnant à leurs Annales de Géographie une tournure tout à fait scientifique, MM. Vidal-Lablache et ses collaborateurs ont montré qu’ils avaient à cœur d’introduire dans le haut enseignement les méthodes géographiques nouvelles.
- Sous le titre de Leçons de géographie physique1, M. de Lapparent vient de publier un livre qui permettra aux lecteurs français d’apprécier les méthodes nouvelles et l’importance des résultats auxquels ces méthodes conduisent. L’éminent géologue s’est proposé, non pas d’écrire un traité complet sur la matière, mais de présenter au public français les notions qu’ont apportées à la science un grand nombre de savants contemporains de divers pays. Avec sa netteté de vue et son grand talent d’écrivain, il a su relier toutes ces observations en un corps de doctrines logiquement enchaînées et formant une base solide pour l’enseignement géographique rationnel. Qu’un pareil livre n’ait pu être écrit que par un géologue, c’est tout à fait naturel. De même que, suivant l’expression d’un savant anglais, la géologie peut être définie : l’étude du passé à la lumière du présent, la géographie physique doit être l’étude du présent à la lumière du passé. Or, ce passé n’est pas le même pour toutes les régions ; chaque pays a eu ses vicissitudes propres. Comme les êtres vivants,
- 1 Paris, Masson et 0ic.
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- les formes géographiques traversent successivement des périodes de jeunesse, d’àge mùr, de vieillesse, et chacune de ces périodes offre des traits particuliers. Le rôle du géographe éclairé par des notions de géologie — qu’on pourrait d’ailleurs rendre fort élémentaires — est de retrouver cette évolution, d’en fixer le terme présent à la simple vue d’un paysage ou même d’une carte bien faite. Dès lors une unité géographique ne lui apparaît plus tomme un assemblage plus ou moins capricieux de formes pu d’accidents pouvant varier à l’infini et n’obéissant à aucune loi. Il y voit, au contraire, un édifice harmonieux, conçu et préparé en quelque sorte de longue main, et au façonnement duquel ont concouru un grand nombre d’agents dont chacun a laissé sa trace caractérisée par un modelé particulier. Une carte géographique bien faite sera plus éloquente pour le géographe de la nouvelle école que pour le géographe d’autrefois. Il y a plus, et M. de Lappa-rent l’a bien montré dans sa magnifique conférence du 20 février à la rue Serpente, le premier seul est en mesure de lire complètement une carte, c’est-à-dire d’en tirer tous les renseignements qu’elle peut fournir. On trouvera, par exemple, dans le livre de M. de Lapparent, l’explication de phénomènes de capture d’un cours d’eau par un cours d’eau voisin; on y verra comment la Moselle, qui se jetait autrefois dans la Meuse, a été détournée au profit de la Meurthe, et l’on ne sera pas surpris d’apprendre que ce curieux phénomène, passé inaperçu de tous les géographes français, a été révélé à un géographe américain, M. Davis, par la lecture d’une simple carte géographique.
- Il me paraît inutile d’insister sur l’importance de ces conceptions nouvelles au point de vue de l’enseignement même élémentaire de la géographie. Il est évident que les profe>seurs y puiseront une méthode d’exposition plus logique, et qu’en faisant appel à la raison de leurs élèves, ils rendront leurs leçons plus claires et plus attachantes.
- 11 est piquant de constater que c’est au moment même où la géologie, partout en honneur à l’étranger, rend un tel service à l’enseignement, qu’elle est à peu près exclue des programmes d’instruction secondaire et qu’elle est réduite à la portion congrue dans l’enseignement supérieur! M. Boule.
- LES YOYAGES DE M. ALBERT TISSANDIER
- CAMBODGE ET JAVA
- C’est au commencement de l’année 1885 que mon frère Albert Tissandier, architecte, et collaborateur de La Nature, résolut d’entreprendre des voyages de longue durée pour admirer les grands spectacles de la nature dans les pays lointains, et les monuments d’anciennes civilisations. 11 parcourut d’abord les Etats-Unis d’Amérique et, à son retour, il publia dans La Nature une série de Notices intitulées Lettres d'Amérique qui furent très remarquées et qui forment huit chapitres dans huit livraisons de la quatorzième année de La Naturel.
- Voici l’énumération succincte de l’expédition pendant laquelle le voyageur a recueilli partout des
- 1 Yoy. quatorzième année, 1886. Premier semestre, p. 7, 44, 82, 150,198, 247, 295, 355. Il compléta ces articles pour publier son premier livre dans la Bibliothèque de La Nature. Ce livre était intitulé Six mois en Amérique, 1 vol. in-8° illustré. (Paris, G. Masson, éditeur, 1886.)
- documents de haut intérêt, et d’après nature une innombrable quantité de dessins : New-York : Les chemins de fer aériens. Les théâtres. — La lumière électrique aux États-Unis. — Philadelphie : Les fds télégraphiques. Les grands magasins. L’usine Baldwin. — Pittsburg : Le gaz naturel et le pétrole. Une ville naissante. —Le plan incliné de Cincinnati.
- Après ces curiosités observées et décrites, M. Albert Tissandier a été voir des régions alors peu visitées; il a passé à Louisville, il a vu la Mammoth-Cave (caverne gigantesque), il est resté dans l’Utah et l’Arizona, à Kanab et sur le plateau de Kaïbab; il a séjourné avec des Indiens peaux-rouges dans leurs forêts, et a parcouru les canons du Colorado, un des lieux les [dus merveilleux du monde, où il est resté plusieurs jours pour représenter par un habile crayon les immenses ravins et les gigantesques murailles de rochers. Après ces beautés sauvages, les grands paysages verdoyants ont été visités : Yellostowne Park, dans le Wyoming, où l’on admire des geysers célèbres dans le monde entier. Le voyage se continue par un séjour à Minneapolis, avec ses moulins à farine et ses scieries renommées. La pérégrination se complète par une tournée dans le Dakota, où l’on peut étudier le grand travail agricole des Américains. M. Albert Tissandier change sa direction en allant visiter Chicago, la Nouvelle-Orléans, Boston, monte au mont Washington et revient à Paris. Peu de temps après, il allait voir les travaux de l’isthme de Panama.
- M. Albert Tissandier, après ce voyage, en entreprit un autre en 1887 dans les Indes; le voyage dura huit mois. Deux ans après il entreprit son voyage autour du monde (1890-1891) et partit de Paris après avoir obtenu une mission archéologique du Ministre de l’Instruction publique. Le voyageur alla à Pondichéry, d’où il fit une grande traversée dans les Indes; il visita Calcutta, Bénarès, Agra, Delhi, Kashmir, Ulwur, Bombay, Bijapour, Ceylan, Singapoor, puis après les Indes il se rendit à Shanghaï, à Pékin, grande capitale de la Chine, et il finit son voyage par de grands parcours au Japon et revint en France par l’Amérique.
- Il rapporta des documents du plus haut intérêt et notamment 200 dessins d’après nature qu’il ne cessa de produire pendant un voyage de dix-huit mois de durée. Ces dessins au crayon sont exécutés avec un véritable talent et représentent des monuments et de grands spectacles de la nature. Revenu à Paris, M. Albert Tissandier exposa à la Société de géographie ses œuvres, qui furent très appréciées par de nombreux visiteurs L
- 1 La Nature publia de nombreux dessins reproduits par la gravure sur bois. M. Albert Tissandier les accompagnait des récits de ce qu’il avait vu. Ces articles furent ensuite augmentés de texte et de dessins encore inédits, se transformèrent en un livre magnifique dont voici le titre : Voyage autour du monde. Inde, Ceylan, Chine, Japon, 1887-1890-1891. Texte et dessins par M. Albert Tissandier, chargé d’une mission de l’Instruction publique. 88 gravures et 24 planches hors texte. 1 vol. in-4°. (Paris, G. Masson, éditeur, 1892.)
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- Le voyageur ne se tint pas à ce tour du monde, I se consacra à trois régions où les beautés naturelles il repartit en exploration en 1893, et, cette fois, il j et les monuments de l’art humain des temps anciens
- Fig. 1. — Guerriers khmers en pierre sculptée. Fragment pris sur les tableaux des portes d’Angkor-Vat.
- peuvent compter parmi les plus belles curiosités exécuté de nombreux dessins; il a aussi levé des du monde. Il a fait des expéditions nouvelles, et plans, surtout au Cambodge, où sont les ruines
- Fig. 2. — Dessins obtenus sur tissus avec de la cire coulant goutte a goutte pour recouvrir les dessins tracés. (Dessins d’après nature de M. Albert Tissandier.)
- khmères, et à Java, où le touriste peut admirer aussi Tissandier eut encore une mission du Ministre de dos merveilles d’antiques monuments. M. Albert l’Instruction publique Au retour de ce voyage,
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- Fig. 3. — Vue d’ensemble d’un des ateliers des dessinateurs de sarrongs, à Batavia.
- Javanaises recouvrant avec de la cire bouillante le tracé déjà marqué sur l’étoffe: (D’après une photographie.)
- Fig. 4. — Vue du sanctuaire principal de Tjandi Loro Djonggrang, prise sur le côté ouest.
- (D’après une photographie.)
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- qu’il acheva par un séjour en Australie, il consacra de longs mois à terminer à Paris ses dessins et les plans qu’il avait levés1; il travailla à faire de tous ces documents un nouveau livre qui est encore très remarquable et qui porte le titre de Cambodge et Java2. Nous allons le faire connaître à nos lecteurs.
- Nous ne ferons pas ici une Notice bibliographique, mais nous reproduirons quelques-unes des curiosités visitées et des gravures extraites du livre avec le texte qui les explique.
- Nous signalerons les ruines d’Angkor-Vat au Cambodge, qui comptent parmi les plus curieuses ; à côté de grands monuments elles comprennent trois pavillons, surmontés chacun d’un dôme, et reliés par des portiques; les entrées ainsi groupées sont surnommées, d’après les bonzes, le Cuc-moha-réach ou les grottes royales. Nous reproduisons du texte les curiosités qui se voient aux embrasures des fenêtres de ces pavillons.
- Les embrasures des fenêtres et les tableaux des portes sont couverts de haut en bas d’ornements ayant, comme à Banh-Yong, l’aspect d’une étoffe brodée tendue sur les murs. Parmi les rinceaux de feuillages, je remarquai, à côté d’animaux fantastiques, d’intéressants petits motifs représentant des guerriers khmers dans différents costumes. L’un d’eux vient de lancer sa flèche, ayant tendu son arc; un autre porte une massue. Yoici un soldat khmer dans une posture de combat, tenant un sabre levé pour en frapper son ennemi ; un autre lutte en se défendant avec son bouclier. Quelques-uns m’ont semblé plus curieux encore. Ceux qui tiennent une massue et une hache ont la tète couverte d’un grand masque ressemblant à quelque figure de démon ou à un animal d’aspect fantastique (voy. fig. 1). Sans doute les guerriers khmers s’affublaient-ils ainsi pour effrayer leurs ennemis, à la manière des Chinois qui imaginaient autrefois les épouvantails et les masques les plus effrayants. Les Japonais également, dès le sixième siècle de notre ère, lors de l’apparition du bouddhisme en leur pays, adoptèrent les masques pour leurs danses religieuses et les représentations théâtrales. Peut-être prirent-ils en cela l’exemple sur les Chinois et les Khmers.
- Nous donnerons à présent quelques détails sur des curiosités signalées à Java dans l’ouvrage de M. Albert Tissandier, sur une fabrique d’un tissu désigné dans l’ile de Java sous le nom de sarrong. Yoici une gravure (fig. 3) qui offre l’aspect d’une salle d’un de ces établissements; il s’agit de l’atelier des dessinateurs, qui font des compositions avec un crayon sur l’étoffe même.
- L’ouvrier commence par étaler devant lui l’étoffe qu’il veut décorer; c’est une sorte de calicot de provenance
- 1 Les dessins et les plans du nouveau voyage de M. Albert Tissandier ont été présentés aux visiteurs de l’Exposition annuelle des tableaux au Palais de l’Industrie, où il a obtenu une médaille. Ces documents ont eu beaucoup de succès dans la grande salle de la Société de géographie.
- 2 Cambodge et Java. Ruines khmères et javanaises, 1893-1894. Texte et dessins parM. Albert Tissandier, chargé d’une mission par M. le Ministre de l’Instruction publique. 30 planches hors texte et une carte, 52 gravures et plan. (Paris, G. Masson, éditeur, 1896.)
- européenne généralement, dont la qualité est variable suivant le prix futur de l’objet. II trace premièrement sur le tissu par un léger trait le dessin qui sera l’ornement du sarrong. Cette opération faite, il s’agit de recouvrir tout le Iracé d’une légère couche de cire fondue. Il emploie pour cela un instrument tout spécial, fort simple d’ailleurs. L’objet est en cuivre, c’est un petit réservoir (O™,02 de longueur environ) dont le fond est muni d’un léger tube recourbé à son extrémité. Quelquefois, pour faire des tracés plus épais, ce réservoir possède deux de ces tubes très rapprochés l’un au-dessus de l’autre. L’extrémité opposée aux petits tubes sert à fixer l’instrument dans un manche de bambou. La cire bouillante remplit le réservoir et coule goutte à goutte en s’échappant de ce conduit pour recouvrir exactement tout le dessin.
- L’opération, grâce à la main exercée de l’ouvrier, se fait encore assez rapidement. Un réchaud toujours allumé, sur lequel sont posés à la fois un grand nombre de ces petits réservoirs, est placé auprès de celui qui travaille. Il a toujours ainsi, sans perte de temps, sa provision de cire bouillante toute liquide. L’étoffe a été recouverte de cire sur certaines de ses parties, tandis que les autres sont restées intactes ; c’est alors qu’elle est livrée au teinturier qui la mettra dans un bain de couleur rouge par exemple, faite avec le Manboukou, poudre extraite de l’écorce de l’arbre Morinda citrifolia (famille des Ru-biacées). La teinture prend partout sur les parties de l’étoffe où la cire n’a pas été posée. On attend alors que le tout soit bien sec. La cire se détache facilement ensuite après un trempage de deux jours dans l’eau froide. Le dessin qu’elle recouvrait reparaît tout entier, blanc comme le calicot lui-même et ressortant sur le fond devenu rouge. Les ornements restés blancs doivent-ils être rehaussés de tons bleu indigo, il faut recouvrir une seconde fois l’étoffe de cire, partout où le bleu ne doit pas paraître sur le dessin et la retremper dans un nouveau bain de teinture. Elle sera décorée maintenant de trois tons, rouge, indigo et blanc. Pour chaque teinte à donner, c’est une opération, très délicate par suite de la finesse des tracés ou de l’abondance des couleurs, à recommencer de la même manière. On conçoit combien sont longs et minutieux tous ces remaniements divers, surtout lorsqu’on considère la décoration étrange et compliquée de ces jolies étoffes. Elles sont toujours pleines de fantaisie et très harmonieuses de couleurs, c’est leur plus grand mérite. La gravure n" 3 montre l’intérieur d’un des ateliers où se dessinent ces sarrongs dont la dimension est environ de 2 mètres de longueur sur 1 mètre de largeur. On les expose pour les faire sécher sur des sortes de tréteaux. Des femmes sont souvent employées au tracé des dessins. Nous voyons à gauche, sur la gravure, l’une d’elles occupée à faire le premier tracé sur le calicot. D’autres étoffes tendues ont reçu une première ou une deuxième teinture, des femmes les recouvrent de cire afin de leur donner une nouvelle couleur. La figure n° 2 représente un curieux fragment de ces dessins sur toile représentant des wajangs (marionnettes ombres chinoises) simulant une conversation animée avec les gestes expressifs employés dans les pantomimes.
- Nous parlerons à présent, d’après le livre que nous mentionnons, des ruines d’un sanctuaire célèbre à Java, celui de Tjandi Loro Djonggrang (fig. 4).
- Par suite du déblaiement graduel des terres qui cachaient les ruines et qu’on continue d’exécuter, le sanc-
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- tuaire principal de Tjandi Loro lljonggrang, voué au dieu Siva, est dégagé aujourd’hui, de même que ceux qui l’entourent. On en voit l’ensemble complet. Nous donnons (fig. 4) l’aspect de ce sanctuaire pris sur sa face, côté ouest. On distingue tout au fond, dans la petite salle sacrée, la statue de Gonesh, fils de Siva et de Parvati. Elle est pour ainsi dire complète et y trône encore sous la voûte restée presque intacte. Les temples de la plate-forme principale et les petits sanctuaires de Tjandi Loro Djong-grang élevés sur trois rangs le long de la deuxième enceinte constituaient une nécropole dont la composition simple et très nette devait produire un effet considérable. Les rois de Mataram, les grands prêtres et les princes royaux ont été ensevelis, selon toute probabilité, vers le huitième siècle de notre ère, dans ces lieux sacrés qu’on désigne aujourd’hui sous le nom de groupe des lemptes de Prambanam.
- Nous nous arrêterons ici, et nous avons dû nous borner à donner seulement quelques spécimens de l’ouvrage qui a été inspiré par un troisième voyage de M. Albert Tissandier. L’auteur a su résumer tout ce qu’il a pu admirer en un texte simple et très clair. Ses études nouvelles sont dignes de celles qui les ont précédées, et il mérite encore les plus sincères éloges. Gaston Tissandier.
- LE GAZ D’ÉCLAIRAGE
- ET LES TUBES DE CAOUTCHOUC
- Des recherches récentes faites indépendamment et simultanément par M. H. Grosheintz, d'une part, et par M. Zulkowsky d’autre part, il résulte que les tubes de caoutchouc traversés par du gaz d’éclairage l’absorbent et le diffusent, mais avec une absorption dominante. Cette absorption dépend de la qualité des tubes qui renferment des quantités très variables de matières fixes. Ainsi, en procédant par incinération, on obtient trois classes de caoutchouc bien distinctes :
- Le caoutchouc noir renferme 0,5 à 1,5 pour 100 de matières fixes
- — rouge — 11 à 12 — —
- — gris — 52 à 55 — —
- En pratique, il s’agit de faire un choix de tubes de
- caoutchouc, destinés à amener du gaz à des appareils d’éclairage. On choisira le caoutchouc renfermant le plus de matières fixes, ce sera celui qui fera le plus d’usage, avant d’être mis à la réforme par suite de l'intolérable odeur qu’il répandra dans l’appartement. Les caoutchoucs noirs, qui sont les plus chers, sont ceux qui, à cause de l'odeur qu’ils répandent, font le moins d’usage. M. Grosheintz recommande l’emploi du caoutchouc gris et particulièrement du caoutchouc gris à petit diamètre : 4 millimètres intérieur et 8 millimètres extérieur, qui, naturellement, présentant un poids de caoutchouc moindre au mètre courant, absorbera moins de gaz et répandra moins d’odeur.
- LE T0T0N CHROMOGÈNE
- M. Charles Benham a publié, en novembre 1894, un disque dont une moitié est noire et dont l’autre, blanche, présente quatre groupes de trois arcs de cercle concentriques de 45°, dont les rayons dé-
- croissent de la périphérie au centre du disque pour un observateur qui les voit à sa gauche1. Si on place au centre du disque un petit axe de rotation et si on fait tourner le toton dans le sens des aiguilles d’une montre, sens que j’appellerai direct, appelant rétrograde le sens inverse, les quatre groupes d’arcs concentriques présentent, pour une certaine vitesse, l’aspect de cercles colorés de teintes intenses qui sont, pour la grande majorité des sujets, de la périphérie au centre: rouge, jaune, vert, bleu. Si on fait tourner le toton dans le sens rétrograde, la situation des couleurs se renverse et les teintes, toujours de la périphérie au centre, sont respectivement le bleu, le vert, le jaune, le rouge. Ces apparences, jusqu’ici inexpliquées, ne sont pas sensibles à tous les yeux sans exception ; elles subsistent à un éclairage monochromatique ou à travers des verres colorés ; nous sommes donc en présence d’excitations rétiniennes particulières, indépendantes de la longueur d’onde et dont il s’agit de restituer le mécanisme.
- Si on dispose deux disques, mi-hlancs, mi-noirs, suivant un axe de symétrie passant par leurs centres, le blanc de l’un se trouvant du même côté de Taxe que le noir de l’autre et réciproquement, si l’on trace sur chacun des demi-disques blancs des groupes d’arcs de cercle symétriques, on obtient (figure supérieure du diagramme 1) un nouveau toton que j’appelle B, l’autre que j’appelle A étant le toton de Charles Benham : si l’on fait tourner B dans le même sens que A, la situation des couleurs se renverse pour B, c’est-à-dire que B présente du bleu à la périphérie quand A donne du rouge, et réciproquement. Si A tourne dans le sens direct et B dans le sens rétrograde, ou si A tourne dans le sens rétrograde et B dans le sens direct, la situation des couleurs est la même dans les deux disques.,
- Il nous faut faire ici la généralisation d’une expérience courante : quand l’œil plongé dans la nuit rencontre dans le champ visuel un objet lumineux, il se déplace dans la direction de l’objet afin d’en faire coïncider l’image avec la fovea; il se dirige, en fait, toujours du noir absolu au blanc par le noir relatif. D’autre part, c’est à l’extérieur du disque qui correspond au maximum d’amplitude de ses mouvements que se portera de préférence un œil doué de muscles reposés. Si l’on généralise ces faits et si on les applique au cas actuel, l’œil parcourra les arcs concentriques du toton dans un sens particulier que j’appellerai sens normal du mouvement ovulaire et qui procède du demi-disque noir, noir absolu, au demi-disque blanc à travers les arcs concentriques extérieurs qui, lors de la rotation lente, apparaissent, en vertu de la persistance des impressions, comme un gris ou un noir relatif. Cette remarque permet de poser la loi précédente sous cette forme, plus intéressante : quand les disques A et B tournent dans un sens contraire au sens normal du
- 1 Yoy. n° 1140, du 6 avril 1895, p. 504.
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- mouvement oculaire, on voit rouge à la périphérie, bleu au centre (fig. 2, I); quand les sens sont conformes, on voit bleu à la périphérie, rouge au centre (fig. 2, II).
- D’autre part, l’œil tend toujours à suivre les déplacements d’un corps dont le mouvement n’est pas trop rapide ; il tendra donc à suivre la rotation du disque; mais c’est toujours à la périphérie du disque, où la vitesse linéaire est maximum, qu’un œil doué de muscles reposés et tendant à l’action ira de préférence; mais, en même temps, dans le cas où le sens du mouvement oculaire et le sens de rotation du disque sont contraires, l’œil est sollicité par des directions contraires. Si les deux forces sont égales, il restera fixe : l’image de l’arc concentrique le plus périphérique se peindra sur la fovea.
- Au contraire, dans le cas où il y a concordance entre le sens du mouvement oculaire et le sens de rotation du disque, l’œil se déplacera ; il décrira des cercles concentriques de rayons décroissants, jusqu’à son centre de rotation; s’il fixe un point, il ne pourra fixer que le centre du disque où le déplacement est insensible ; donc, dans ce cas, c’est l’arc le plus central qui excitera la fovea et c’est l’arc extérieur qui excitera la périphérie rétinienne.
- Or nous savons qu’en général la fovea, relativement aveugle pour le bleu, peu sensible pour le vert, est très sensible au rouge; au contraire, la périphérie rétinienne, relativement aveugle pour le vert et pour le rouge, n’est sensible qu’au bleu ; donc, dans le cas de contradiction entre le sens du mouvement oculaire et le sens de rotation du disque, quand la fovea fixe la périphérie des disques et qu’elle reçoit une excitation quelconque, l’impression consécutive pendant le passage du demi-disque noir ne peut-être que rouge. De même, quand la périphérie de la rétine reçoit l’image du centre des disques, l’image consécutive ne peut être que bleue.
- Dans le cas de conformité entre les sens du mouvement oculaire et du mouvement des disques, les apparences colorées s’expliquent évidemment de
- même. Les zones, dites moyennes, de la rétine, sensibles au vert et au jaune, donneront une image consécutive verte et jaune chaque fois que les éléments sensibles au vert et au jaune auront été excités en majorité.
- On comprend très bien pourquoi une faible vitesse et le demi-disque noir sont indispensables.
- Comme la vitesse optima pour l’apparition des teintes est constante pour chaque sujet et indépendante dans une très large mesure de la grandeur de l’image rétinienne et de l’éclairage, je fonde sur la connaissance de cette vitesse un indicateur, construit, avec son habileté ordinaire, par M. Ph. Pellin, et que je place à la base d’un cône multiplicateur ou réducteur de la vitesse inconnue dans un rapport facile à connaître par le rapport des deux poulies sur lesquelles s’enroule la corde (fig. 3)..
- Au point de vue physiologique, le toton chro-mogène permet de diagnostiquer les différences des aptitudes motrices des yeux et peut-être aussi les différences de sensibilité des fovea à la couleur : beaucoup de sujets voient vert où on voit ordinairement rouge. Quelques sujets ne voient aucune couleur, sans doute à cause d’une fatigue excessive des muscles des yeux, fatigue qui peut provenir, comme on le sait, d’un excès de travail cérébral.
- Pour faciliter la mesure de la vitesse du disque en vue des applications physiologiques, j’échancre dans la moitié noire du disque un secteur blanc de 60° (fig. 4). Ce secteur permet de compter très facilement, avec un chronomètre à pointage de Redier, le nombre moyen de tours à la seconde (deux en général) le plus favorable à l’apparition des couleurs.
- Dans le toton chromogène, construit par M. Ph. Pellin, la figure est collée sur un disque de zinc monté sur un pivot très lourd qui tourne sur une plaque de verre ; le mouvement dure ainsi pendant deux ou trois minutes avec la lenteur favorable à l’apparition de ces beaux phénomènes.
- Charles Henry.
- Fig. 1 à t. — Le toton chroinogène. — Fig. 1. Les deux types du toton. — Fig. 2. Apparences suivant que le sens de rotation du toton est conforme (II) ou contraire (I) au sens normal du mouvement des yeux indiqué par les flèches terminant les arcs concentriques. — Fig. 3. Indicateur de vitesse fondé sur le toton chromogène : II est l’arbre dont il faut mesurer la vitesse de rotation ; on opère par réduction de vitesse dans le cas de la figure. — Fig. 4. Toton chromogène, appliqué aux études physiologiques, construit par M. Ph. Pellin.
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- FONTAINES LUMINEUSES
- Une innovation vient d’être apportée au fonctionnement des fontaines lumineuses par M. A. Adamolî, l’industriel bien connu, de Bakou (Caucase). Nous sommes heureux d’en faire connaître les principaux avantages à nos lecteurs que cette question intéresse et de leur donner, en même temps, une description succincte de cette ingénieuse invention, que nous croyons appelée à un grand avenir, aussi bien à l’étranger qu’en France.
- Les majestueuses fontaines lumineuses de l’Exposition universelle de 1889, que tous les visiteurs ont pu admirer, n’ont obtenu leur grand et légitime succès que grâce à de savantes combinaisons de mouvements de leviers, de cordages et de poulies destinés à faire mouvoir les châssis qui portaient les verres colorés ; mais cette remarquable installation était coûteuse et compliquée.
- C’est précisément cette complication que l’invention de M. Adamoff supprime. A chaque gerbe ou fontaine est atfecté un appareil appelé Roue prismatique Adamoff, qui se compose de deux parties principales : un moteur hydraulique à piston et une roue ; le tout supporté par un bâti en fonte. Le piston du moteur communique son mouvement alternatif à la roue, au moyen d’une came dans laquelle viennent successivement s’engager des galets en acier disposés régulièrement et en circonférence sur un plateau solidaire de la roue. Cette dernière, de forme prismatique à base de polygone régulier, tourne en porte-à-faux dans son support. Elle est disposée pour recevoir les châssis dans les.quels sont placés les verres colorés, et ces châssis peuvent être,
- avec une grande facilité, remplacés pendant la marche.
- Cette roue est installée dans une pièce au-dessous de la fontaine. Une ouverture fermée par des verres transparents est ménagée au-dessous du bassin pour permettre le passage des rayons lumineux à travers les verres colorés de la roue polygonale. La figure ci-jointe nous montre du reste exactement les diverses dispositions adoptées. Dans la salle souterraine placée au-dessous de la fontaine, nous voyons
- à droite les différentes parties du moteur hydraulique et au centre la roue polygonale portant sur son pourtour les divers châssis pour le fixage des verres.
- Le foyer utilisé est une lampe à arc placée dans un réflecteur pa-raboïdal que l’on aperçoit dans la figure sur le côté à gauche.
- Ce foyer lumineux est situé, soit directement à l’intérieur de la roue, soit à l’extérieur. Dans ce dernier cas, le faisceau lumineux est dirigé sur un miroir plan qui le renvoie à son tour dans la direction convenable. L’énergie électrique pour le fonctionnement de l’arc est fournie par une petite usine électrique séparée et parvient au tableau de distribution indiqué à gauche contre le mur. Ce tableau renferme un interrupteur, un coupe-circuit, ainsi qu’un voltmètre et un ampèremètre ; du tableau, des fils aboutissent directement à la lampe. Un jeu de robinets et de soupapes permet de faire tourner la roue par intermittences, et de régler à volonté la durée des arrêts. On conçoit donc que si l’on a, par exemple, dix ou quinze appareils groupés dans une chambre de manœuvre, ces appareils étant tous soumis à la pression d’une même conduite d’eau, on puisse régler tous les moteurs à la même allure
- Nouvelle disposition d’une fontaine lumineuse électrique.
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- et obtenir ainsi des changements réguliers de couleurs dont les combinaisons sont déterminées à l’avance.
- On conçoit, en outre, que l’on peut obtenir une très grande variété d’elTets en donnant aux moteurs des vitesses différentes et en faisant se succéder rapidement des couleurs variées. X., Ingénieur.
- SOCIÉTÉ D’EXCURSIONS
- DES AMATEURS DE PHOTOGRAPHIE
- Comme les années précédentes, la Société a offert aux familles et aux amis de ses membres une séance extraordinaire de projections; mais le local choisi en 1895 s’étant trouvé trop petit pour contenir les nombreux invités, M. Mors avait gracieusement mis à la disposition de ses collègues sa magnifique salle de spectacle qu’il a fait construire près de son hôtel, 8, rue des Marronniers, et la séance qui y a été donnée a été en tous points réussie. En l’absence du président d’honneur de la Société, M. Gaston Tissandier, retenu par d’autres occupations, M. A. Londe présidait cette réunion tout intime, assisté de MM. le comte des Fossez, G. Rolland et L. Beau. On remarquait parmi les assistants MM. Bordet, Gauthier-Villars père, Gobert, S. Pector, de la Société française de photographie : M. Bucquet, président du Photo-Club de Paris; Monod, conseiller à la Cour; Sainte-Claire-Deville, Levassor, Osisis, Dr Genouville, Térilion, Wallon, Mou-chelet, Pouthier, etc., et beaucoup de membres de la Société d’excursions accompagnés de leurs invités. La commission, formée de MM. le comte des Fossez, Londe, Mors et A. Rolland, avait composé un programme fort attrayant, et M. Molteni, aidé de M. Drouet, a fait défiler sur l’écran les intéressantes projections choisies qui provenaient des collections de MM. Ambroselli, Balagnv, Beau, Demachy, Drouet, comte des Fossez, Faure-Beaulieu, Lagrange, Lemovne, Londe, Mouchelet, Mouton, Mors, Pouthier, A. et D. Rolland, Wallon. Le programme comportait des souvenirs des excursions organisées par la Société en 1895 (Bords de la Marne en temps de neige, — Forêt de Fontainebleau, — Milly-Arbonne, — Cour des Comptes, — Maintenon, — Les Andelvs, — Rouen, — Chaville, — Versailles, — Musées du Trocadéro, — du Louvre, — du Luxembourg), puis un voyage sur les côtes d’Afrique, de M. Allemane, membre de la Société. Après le cortège du bœuf gras de 1896, de M. le comte des Fossez, M. Géo-Richard a projeté ses épreuves en couleurs. La seconde partie comprenait : un peu partout et un peu de tout, par les membres de la Société, dont plusieurs ont recueilli des applaudissements mérités ; — le congrès de l’Union nationale de Lyon et l’excursion à la Grande Chartreuse, de M. le comte des Fossez; — des projections d’épreuves à travers les corps opaques, présentées et accompagnées d’une explication par M. A. Londe; — treize jours en Corse, commentés avec brio par son auteur, M. L. Bonnard; — et enfin des épreuves d’illumination et de feux d’artifice.
- La Commission avait pensé qu’il serait intéressant de faire, en séance, une expérience au moyen des rayons de Rôntgen, et ça n’a pas été un des moindres attraits de cette matinée, qui a eu lieu le dimanche 15 mars, à 2 heures et demie. Une magnifique rivière en diamants avait été obligeamment prêtée par un des premiers bijoutiers de Paris : elle contenait intentionnellement des pierres fausses. Elle a été photographiée en séance, suivant
- le dispositif usité, et le cliché a été développé immédiatement par M. Cousin, devant tous les assistants. Le cliché, réduit, a été ensuite projeté, et on a pu se convaincre que si les rayons traversaient le vrai diamant, ils ne traversaient pas le diamant faux : en effet, les pierres fausses se présentaient sur l’écran en taches noires.
- Cette séance, qui ne s’est terminée qu’à 5 heures trois quarts, avait fortement intéressé les assistants, qui ont tenu à la voir dans son entier ensemble, et c’est un succès de plus à mettre au compte de la Société d’excursions, dont l’utilité est aujourd’hui incontestable et dont le but est bien défini : le travail en commun, et le progrès par tous et pour tous.
- LES ASCENSIONS DE M. STRINDBERG
- M. Strindberg, physicien suédois qui, avec MM. Andrée et Eckholm, complétera l’équipage du ballon polaire, est arrivé à Paris dans le double but de se familiariser avec les expériences aérostatiques, et d’étudier la manœuvre d’une voile et d’un guide-rope à l’instar des agrès imaginés par le chef de l’expédition pour courir vent arrière des bordées vers le sommet boréal de l’axe du monde.
- Sa première ascension a été exécutée vendredi 20 mars à 2h 20m du soir, à bord de l’aérostat la Suède, pavoisé aux couleurs franco-suédoises. M. Strindberg était accompagné de MM. Lachambre et W. de Fonvielle, sous les yeux desquels il a accompli les manœuvres nécessitées par l’ascension. Celles-ci ont été fort intéressantes, quoique facilitées par le temps magnifique qu’il faisait.
- La Suède a été visée pendant quarante-cinq minutes par les observatoires municipaux de la tour Saint-Jacques et de Montsouris. A partir de ce moment l’aérostat, qui planait à l’est de Saint-Denis, à une altitude de 1000 mètres, a complètement disparu.
- La vitesse moyenne de la traversée de Paris, exécutée à une altitude de 700 à 800 mètres, a été trouvée de 20 kilomètres à l’heure, tandis qu’à terre elle n’était que de 15 mètres. Cette augmentation de vitesse est parfaitement normale. L’air était tellement humide que le cercle d’horizon n’avait pas plus de 900° de distance angulaire. Il était très sombre dans tous les azimuts, de sorte qu’il semblait que l’on planait au-dessus du cratère d’un volcan. Cet effet singulier et pittoresque s’est prolongé pendant toute la durée de l’ascension. En dehors de Paris l’air était beaucoup plus humide que dans l’intérieur.
- La direction générale du vent était sud-est à terre et sud-ouest dans l’air, mais les aspérités du sol produisaient, comme d’ordinaire, des déviations locales. Les milliers de Parisiens qui suivaient attentivement le ballon l’ont vu très distinctement se détourner du côté de la gare du Nord et franchir les fortifications au-dessus de la porte de la Chapelle. La vitesse moyenne de l’ascension a été de 30 kilomètres à l’heure. A 6h 30“ elle se terminait à Ressons-sur-Matz, à 101 kilomètres de Paris. La vitesse moyenne avait été de 30 kilomètres par heure. A terre régnait, vers 5 heures, un vent frais qui est tombé avec le soleil comme il arrive lorsque la situation générale est satisfaisante.
- A la descente, des paysans ont saisi le guide-rope, mais une rafale est survenue et a été assez vive pour que les neuf personnes qui avaient saisi le câble aient été obligées de le lâcher. L’incident s’est produit près de la ligne qui conduit à Compiègne. La résistance du guide-rope, qui avait 150 mètres de longueur, a été suffisante pour qu’un
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- LA NATURE.
- train de marchandises gagnât de vitesse le ballon. On a cm un instant qu’une collision allait se produire. Mais M. Lachambre ayant jeté avec beaucoup d’à-propos un sac de lest, l’aérostat s’est relevé et a traversé la voie. De l’autre côté, des bras robustes ont saisi de nouveau le ballon ; comme les paysans étaient cette fois au nombre d’une trentaine, l’arrêt a été complet.
- CHRONIQUE
- Étude de la marche «les nuages. — L’été dernier, un Congrès de météorologistes s’est réuni à Upsal. Il a été décidé que l’on étudierait, dans tous les pays représentés au Congrès, la marche des nuages d’après les procédés proposés par les météorologistes suédois. Les observations commenceront au mois de mai 1896 et elles dureront jusqu’au mois de mai 1897. M. Mohn, directeur de la météorologie du royaume de Norvège, a obtenu de son gouvernement la création à Ilammerl'est d’une station pour ce genre d’observations si utiles au progrès de la météorologie. A la suite de cette création, les observations seront faites depuis l’équateur jusqu’à l’extrémité boréale de l’Europe. En effet, le gouvernement néerlandais a décidé d’établir à Java une station d’observations de nuages, en combinaison avec le système général.
- Les tics professionnels. — On sait que les différentes professions donnent à la longue, à ceux qui les exercent, des allures, des tics ou des difformités spéciales caractéristiques et facilement reconnaissables à un œil exercé. A un bal récent donné par une corporation dans une grande ville américaine, on a pu observer l’allure spéciale et nettement définie du conducteur de tramways électriques, alias motovman ou wattman : ce spécialiste perche toujours sur un seul pied... en Amérique. La cause est des plus simples : pendant le service, le motor-man doit se tenir sur un pied et tenir l’autre relevé pour pouvoir, à chaque instant, faire résonner le timbre, le gong, qui sert là-bas d’avertisseur aux lieu et place de l’horrible trompette des tramways pai'isiens. Dans des villes comme New-York, et des rues comme Broadway, la fonction n’est pas une sinécure, et la servitude du travail s’est changée en habitude. Quel argument en faveur de la théorie évolutionniste !
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 23 mars 1896. — Présidence de M. Cornu.
- Application médicale des rayons de Rôntgen. — M. Lannelongue mentionne deux cas dans lesquels les ravons de Rôntgen ont été utilisés avec succès au diagnostic de lésions. 11 s’agit d’abord d’une jeune fille de vingt ans qui, à la suite d’une entorse contractée en jouant du piano, avait été prise de douleurs très vives dans l’avant-bras. Ces douleurs avaient d’abord paru devoir disparaître sous l’action de massages. L’électricité avait été essayée inutilement, et les muscles de l’avant-bras s’étaient atrophiés. Les douleurs paraissant avoir leur siège principal sur la tète du radius, on concluait à l’existence d’une exostose en ce point, et l’on opinait pour une opération. M. Lannelongue ayant cru reconnaître un cas d’hystéro-traumatisme, a fait usage des rayons de Rôntgen pour confirmer son diagnostic. La photographie obtenue a montré que l’os était intact. Dans un autre cas, une femme de cinquante-sept ans était atteinte d’une affection^
- du genou qui empêchait le tibia de se replier sur le fémur. M. Bourcy, médecin des hôpitaux, qui avait examiné la malade, avait conclu à l’existence d’un corps étranger logé dans le genou et engendré par une arthrite chronique sèche. La photographie dudit genou a révélé, en effet, l’existence d’un corps lenticulaire placé entre le fémur et le tibia, indiquée par un centre noir entouré d’une enveloppe obscure, correspondant à un centre osseux entouré de tissu cartilagineux, comme il arrive dans ces sortes de productions. M. le professeur Guyon présente également trois photographies dues à M. le Dr Delbet. La première est celle d’une main dans laquelle est logée une balle de revolver que la palpation ne permet pas de trouver; la deuxième, celle d’une fraclure de jambe non consolidée; la troisième, celle d’un coude ayant subi l’opération de la résection.
- La richesse en nitrates des eaux du bassin de la Seine. — M. Sclilœsing a entrepris un travail d’ensemble sur le régime des eaux du bassin de la Seine, au point de vue de leur richesse en nitrates. Ses recherches ont porté sur les eaux de la Seine, de la Marne, de l’Yonne et de l’Oise. Elles lui ont permis de constater qu’il y a un régime concordant relativement à la teneur des eaux en nitrates résultant de l’identité des conditions climatériques du bassin de la Seine. Après de longues séries de pluies les eaux ruissellent sur le sol et ne se chargent pas beaucoup. Un temps sec froid prolongé faisant disparaître les végétations aquatiques qui font une grande consommation de nitrates et les rivières ne recevant que des eaux qui ont filtré dans le sol, la proportion des nitrates atteint son maximum, soit 9 milligrammes par décimètre cube dans la Seine et 8,5 dans la Marne. Au contraire une période de sécheresse d’été prolongée donne lieu à un minimum, parce que les végétations aquatiques acquièrent alors leur intensité. C’est ainsi qu’il note un maximum en février 1895 et un minimum en septembre.
- Les plantations des promenades de Paris. — M. Mangin, en continuant ses recherches sur les conditions de développement des arbres des promenades parisiennes, a constaté que la proportion de l’acide carbonique dans les gaz confinés dans le sol atteint 20 pour 100, et que la quantité d’oxygène est nulle. Il a étudié également la végétation des plantes croissant dans un air vicié par la respiration d’autres plantes de la même espèce. R a reconnu que, dans ce cas, la respiration est ralentie et que le rapport du volume d’acide carbonique produit au volume d’oxygène absorbé est différent du rapport normal.
- Propriétés des rayons de Rôntgen. — M. Cailletet décrit une expérience du prince Galitzin entreprise en vue de déterminer à quel genre de vibrations correspondent les radiations X. Ces radiations peuvent-elles se polariser? Pour élucider ce point, l’auteur fait tomber les radiations sur une plaque mince de tourmaline. En tournant la plaque de tourmaline de manière à la placer dans une position convenable, on obtient une épreuve beaucoup plus faible. Les rayons X peuvent donc se polariser; par suite, ils seraient dus à des vibrations de l’éther comme les autres radiations lumineuses.
- Propriétés des radiations de phosphorescences. — M. Becquerel signale la rapidité avec laquelle le sulfure de calcium cesse d’émettre des radiations. La blende hexagonale nouvellement préparée est très active mais perd assez rapidement cette activité. M. Becquerel rapporte qu’il a essayé tous les moyens pour exciter de nouveau la propriété lumineuse, chaleur, électrisation, réfri-
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- gération, mais sans succès. Au contraire, l’activité du nitrate d’urane est très persistante.
- Varia. — M. Demarçay a trouvé dans les terres de la gadolinite un métal placé entre le samarium et le gadolinium, dont le spectre est un spectre de lignes, mais il n’a pas encore réussi à préparer ce métal. — MM. Buguet et Gascard indiquent une méthode pour reconnaître les pierres précieuses telles que corindon, perles, turquoises, à l’aide des rayons de Rôntgen. — M. Léon Vaillant, par une étude des coprolithes héliçoïdes et la considération des circonvolutions et des valvules de l’intestin, a trouvé que ces corps provenaient d’animaux pulmonés. — M. le IV I âvon, de Marseille, fait connaître les résultats obtenus dans cette ville au moyen du traitement antirabique découvert par M. Pasteur. La proportion des décès a été de un demi pour cent. Ch. de Villedeuil.
- ATTELAGE DES ÂNES
- A LA GUIMPE
- Les petits propriétaires des environs de Poitiers ont une façon particulière d’atteler leurs ânes, appelée par eux attelage à la guimpe, que je n’ai constatée nulle part ailleurs.
- L’usage de la guimpe tend au reste à disparaître, comme Varau (sorte de charrue fort primitive en bois et sans versoir qui n’existe pour ainsi dire plus aujourd’hui, et qu’un homme d’esprit appelait plaisamment la charrue de Triptolème), dont elle était l’accessoire habituel.
- J’ai pensé que la singularité de cet appareil pourrait peut-être intéresser les lecteurs de La
- Nature, d’autant plus que l’usage de moins en moins fréquent de ce vestige du passé donne quelque intérêt à le signaler avant qu’il disparaisse complètement. Il est juste de reconnaître que, jusqu’à ce jour, il a rendu de grands services aux cultivateurs.
- Le harnachement se compose d’un joug plus ou moins bien façonné auquel s’attelle le timon ou la barre d’attelage. Ce joug, muni de deux mantelets ou coussins, est placé sur le garrot des ânes et tenu par deux courroies (le plus souvent deux cordes), l’une faisant l’office de sous-ventrière en passant sous les ars, l’autre contournant l’encolure à la naissance du poitrail. Quatre cordes attachées au joug forment les traits et maintiennent deux sortes de bricoles de cuir rembourré en forme d’ellipse. Ces bricoles ne s’adaptent pas au poitrail, mais s’appliquent à la tête de la bête sur le front et sur le chanfrein. C’est donc par ces deux points que tirent les ânes et aussi
- un peu par le garrot, par suite de la position penchée que prennent les animaux en tirant.
- Quels motifs ont pu faire adopter ce système? Je n’en vois pas d’autres que l’économie, comme dans l’usage du joug pour les bœufs, car il semble que la traction par les épaules doit donner plus de force que ce mode un peu barbare. Cela s’explique par la position peu fortunée de ceux qui attellent ainsi. Ce sont, je l’ai dit, de petits propriétaires ayant deux et rarement quatre ânes, et possédant au plus quelques hectares; gens sobres et économes ayant acquis par toute une vie de labeur quelques champs dont la terre est légère, facile à travailler par conséquent et qu’ils labourent d’ailleurs peu profondément.
- P. de Moissac.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandieu Paris. — Imprimerie Lauuke, rue de Fleuras, 9.
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- N“ 1192.
- 4 AVRIL 1896.
- LA NATURE.
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- MINUIT AU CAP NORD
- Bien que La Nature ait déjà publié, il y a quelques années, sous la signature du sympathique et regretté député alsacien au Reichstag allemand, M. Charles Grad, un article sur le cap Nord1, il n’est peut-être pas inopportun d’y ramener une fois encore nos lecteurs.
- M. Grad, en effet, a été privé, par les circonstances, d’y contempler le spectacle sans pareil du soleil de minuit. Puis les difficultés d’escalade qu’il décrit, et qui pourraient effrayer les promeneurs, n’existent plus : au lieu d’une « ascension rude,
- plus rapide qu’un escalier, sur des pierres qui glissent, où il faut s’aider des mains et marcher en tête de colonne pour échapper aux pierres croulantes, ces voltigeurs bien connus des alpinistes », on trouve maintenant un excellent sentier en zigzag; la pente en est raide assurément ; mais on l’entretient avec soin, et chaque année il est pourvu d’une corde neuve qui sert de rampe et d’appui. Enfin on n’est plus contraint de se confier aux seuls bateaux-poste, qui ne pouvaient pas toujours, à cause des nécessités de leurs services marchands, faire coïncider exactement avec l’heure de minuit leur courte escale au cap Nord : ce contretemps exposait trop souvent au mécompte qu’a du subir M. Grad.
- Le soleil de minuit et le cap Nord. (D’après une photographie.)
- Aujourd’hui, aller au cap Nord n’est plus un voyage : c’est une simple excursion aussi facile que charmante, sur les beaux vapeurs voués, spécialement pour cette croisière, au service des touristes. En huit jours de Trondhjem, ou en douze jours de Bergen, la plus agréable navigation y conduit et en ramène, de cap en île et de fjord en détroit; les trois quarts du trajet s’effectuent derrière la digue des skjœrgaard ou archipels côtiers, qui protègent contre le mal de mer les visiteurs les moins marins.
- Torghalten, déjà décrit ici*, les escarpements neigeux des Lofoten, vrais sommets d’Alpes immergées, les grands glaciers du Svartisen et du Lyngenf-jord, sont des tableaux magnifiques et inoubliables
- 1 Voy. n° 542, du 20 octobre 1883, p. 330.
- 2 Voy. n° 1176, du 14 décembre 1895, p. 19.
- ï'r année. — 1er semestre.
- pour quiconque les a une seule fois contemplés.
- Et l’incomparable diorama que ces côtes du Nord-land déroulent ainsi devant le paquebot trop rapide, se termine par un dernier tableau, véritable apothéose, dont on ne vantera jamais assez la grandeur.
- Jamais, en effet, il ne faudra renoncer à dire, après tant d’autres, combien est idéale la beauté de ces transparentes nuits diurnes de juin ou juillet, combien est impressionnante et indescriptible la splendeur d’un glorieux soleil de minuit au cap Nord : plus ou moins au bord (selon la date plus ou moins rapprochée du 13 mai ou du 50 juillet) d’un horizon distant de 67 kilomètres *, l’astre, se mouvant de l'ouest à l'est horizontalement, cesse de
- 1 L’altitude du cap Nord, à la colonne de granit commémorative de la visite du roi Oscar en 1873, est de 315 mètres,
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- LA NATUKEo
- descendre : il semble craindre de pénétrer en ces désolés domaines du froid, où gisent le Spitzberg et la Terre François-Joseph, sous leurs linceuls de glaces perpétuelles, et, plus loin, cet inconnu du pôle que le Norvégien Nansen vient peut-être de révéler. Les vagues elles-mêmes, ridant à peu près sans repos l’océan Glacial arctique, comme il sied à une mer aussi sombre et inclémente, se pressent de fuir le Nord et d’atterrir aux trois pointes européennes qu’elles heurtent les premières, Nord-Cap, détaché dans une île, Nordkyn, appartenant au continent, et, en arrière, Svarholtklübben, la falaise aux bruyants millions d’oiseaux de mer. Il importe, paraît-il, que le ciel ne soit pas trop pur à cette heure sincèrement solennelle ; il faut des nuées chevauchant sur la mer polaire, assez clairsemées pour ne point voiler ce que les païens grecs eussent appelé le dieu, assez répandues pour recueillir, sur les ourlets de leurs contours, toute la gamme des ors polychromes versés par le septentrion; on dit qu’un firmament intact, d’une rareté extrême d’ailleurs, ne laisse pas assez de sauvagerie à la scène qu’on vient chercher là; on dit que cette scène gagne à être un peu farouche, atteignant toute sa majesté dans les larges éclaircies d’une demi-tempête ; la latitude impose ce caractère, et ni la raison ni l’imagination ne sauraient être satisfaites si le cap Nord leur offrait, en guise de soleil de minuit, une paisible aurore méditerranéenne; le paysage qui sert de cadre au tableau est empreint lui-même d’un cachet grave et austère : très régulier de formes, le cap est le plus imposant des monuments, du côté de l’ouest surtout, tout droit et tout noir ; comme l’éperon d’acier d’un cuirassé titanesque, il coupe en deux la mer où il tombe. Sur les flancs de cette étrave ne convient-il pas que le flot rugisse? Si les vagues n’ont pour elle que des caresses, la sensation se trouvera faussée et l’on oubliera que l'Islande, si fatale à nos pêcheurs, dépasse à peine le cercle polaire à 125 lieues dans le Sud.
- La gaieté va mal à ces bords : un reflet de péril y plaît mieux.
- Aux premiers et derniers jours du phénomène seulement, à la fin de mai et de juillet, on sera gratifié de ces embrasements du ciel que le printemps et l’automne offrent si souvent à nos climats plus
- d’après mes observations barométriques du lor-2 juillet 1894. (D’après Bædeker, 968 pieds ou 295 mètres, d’après Ch. Mar-tins 308 mètres, d’après Keilhau 306 mètres.) Des matelots ont dit à M. Ch. Grad que, par un temps clair, la pointe du Spitzberg doit être visible (Annuaire Club alpin français, 1884, p. 132). Cette pointe étant à 640 kilomètres du cap Nord, la chose est impossible, puisque du sommet du Horn-Sound, un des plus hauts points mesurés du Spitzberg (1386 mètres d’altitude), situé justement à cette extrémité sud, la vue ne s’étend qu’à 142 kilomètres en mer. Même en additionnant ce champ de vision et celui du cap Nord, on n’arrive qu’à un total de 209 kilomètres, ce qui est loin de permettre au regard de franchir librement l’horizon d’un point à l’autre. — Température en bas à 10 heures du soir, 7° (eau et air) ; au sommet à 11 heures et demie du soir, 2° 1/2, le 1er juillet 1894.
- tempérés. Aux dates voisines du solstice d’été le soleil reste trop au-dessus de l’horizon (25 à 50°) pour empourprer le Zénith : ses rayons n’acquièrent point l’obliquité nécessaire pour s’éteindre tous, hormis les rouges, dans l’épaisseur de l’atmosphère terrestre; ne comptez point qu’alors le soleil de minuit allume de vrais incendies de nuages. Mais étudiez bien la finesse et la variété des reflets changeants qu’il pose, très doux, sur la mer en une lumière inconnue, nouvelle : ce n’est ni la lune, ni le soleil; c’est un troisième astre qui n’a rien de « déjà vu ». Même exempt de brume, il se laisse regarder en face, et sa photographie parait faite à la lueur du magnésium. Sa permanence au ciel semble l’épuiser; on dirait qu’il ménage ses forces pour les longs jours à passer sans sommeil. Cette substitution de la durée à l’éclat est bien le facteur principal de la surprise réelle, de l’impression indéfinissable que fait subir un beau soleil de minuit. — Tel je l’ai vu, — avec la plus heureuse proportion de nuages, de ciel bleu et de ressacs, — renonçant à l’analyser davantage et convaincu qu’une variation continue doit l’affecter, que chaque jour l’effet en est modifié, et qu’un séjour prolongé au cap Nord serait pour un peintre poète une alternance de joies intimes et de découragements profonds : tant le sublime spectacle est impossible à fixer par le pinceau comme par la plume. Gardons-nous bien surtout de souhaiter au profit de ce dilettante la construction d’un hôtel au Cap Nord ; il est déjà bien assez menacé, nous a-t-on dit, par le projet d’un odieux funiculaire.
- Une autre sorte de représentation se déroule souvent sur cette scène de plus d’un demi-tour d’horizon, entièrement rempli par la mer glaciale : c’est, pendant la longue et totale nuit des mois d’hiver, la flamboyante féerie des aurores boréales. Mais elle n’a pas de spectateur au cap Nord même : car quel touriste ou littérateur a eu ou aura jamais la patience d’aller attendre si loin, dans l’isolement froid et noir, une fantastique apparition de ce genre, sans autre but que la gloriole d’une vaine curiosité satisfaite ou d’une description inutile à tenter? E.-A. Martel.
- APPLICATION INDUSTRIELLE DES RAYONS I
- Èn dehors des expériences de laboratoire, les propriétés nouvelles des radiations des tubes de Crookes, si magistralement révélées par M. le professeur Rôntgen, n’avaient été utilisées jusqu’à ce jour que pour des recherches d’ostéologie ou des indications chirurgicales, fort intéressantes d’ailleurs. On a proposé d’appliquer les rayons X au contrôle de l’homogénéité des plaques métalliques, et à la reconnaissance de la nature des objets, opaques aux rayons X, enfermés dans une boîte scellée. On sait aussi que ces rayons permettent de distinguer avec la plus grande facilité les vrais diamants des faux : les vrais sont transparents, les faux sont opaques. Notre confrère de Londres,Electrical Review, propose d’utiliser les rayons X
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- LA NATURE.
- au contrôle des installations intérieures des canalisations électriques. Sans ouvrir les moulures et sans enlever l’isolant des fds, les rayons X permettront de révéler les grosseurs des fils, les joints et leurs imperfections. On pourra aussi savoir si les fils sont soudés ou non, si les ligatures sont régulièrement enroulées, etc. Il va sans dire que cette application ne serait nullement pratique s’il fallait prendre chaque fois une ombre radiographique à l’aide d’une plaque sensible. Même pour la distinction à faire entre les diamants vrais et faux, le procédé photographique serait long et coûteux, et, par suite, inapplicable. Le mieux est d’utiliser les propriétés fluorescentes du platino-cyanure de baryum, dont le seul inconvénient est le prix élevé (plus de 5 francs le gramme). Ce corps, finement pulvérisé dans un mortier d’agate, est mis en suspension dans un mucilage ou dans du collodion normal et étendu en couche épaisse sur un carton bristol assez épais pour n’être plus translucide. Le papier ainsi préparé devient fluorescent et, sous l’influence des rayons X, il donne des images instantanées très nettes des objets inlerposés entre lui et l’ampoule. Il faut avoir soin de recouvrir l’ampoule d’une étoffe noire ou d’un papier noir, et de tourner du côté de l’ampoule la face du carton non recouverte de platino-cyanure. L’observateur se place de l’autre côté du bristol, comme s’il voulait voir l’ampoule à travers le carton. La netteté de l’image ainsi obtenue dépend de l’état du tube de Crookes et de la distance du carton à l’ampoule qu’il faut faire varier pour mettre au point. La fluorescence disparaît avec l’excitation du tube, et le carton fluorescent sert indéfiniment aux expériences qui, présentées ainsi, sont plus économiques, plus frappantes, plus rapides et plus variées qu’avec le procédé des plaques sensibles, utile seulement lorsqu’il s’agit de conserver les images obtenues.
- Si l’on en croit une dépêche récente adressée de New-York par Edison à lord Kelvin, à Glasgow, le tungstate de chaux cristallisé fournirait des effets fluorescents beaucoup plus intenses que le platino-cyanure de baryum. C’est donc, jusqu’à nouvel ordre, avec le tungstate de chaux qu’il conviendrait de former dès à présent les écrans fluorescents. E. II.
- , LE CANAL DU RHÔNE À MARSEILLE
- La Note publiée dans les Nouvelles scientifiques d’un précédent numéro de La Nature1, contient contre le canal projeté des objections qui méritent d’être discutées.
- Ce canal, y est-il dit, serait un doublement inutile du canal Saint-Louis, qui répond aux besoins qu'il est appelé à desservir.
- Arrêtons-nous d’abord à cette assertion.
- Le canal Saint-Louis est situé à dix ou onze lieues de Marseille. Il faut donc, pour y «arriver, franchir une assez longue étendue de mer dans le golfe du Lion, renommé pour la violence des tempêtes de vent du nord-ouest (mistral) qui y sévissent assez fréquemment.
- Les navires à vapeur qui font le service entre le port de Marseille et Saint-Louis sont et doivent être absolument en état de lutter contre la fureur des flots. C’est là un premier inconvénient auquel parerait un canal prenant sa naissance dans le port même de Marseille. D’autre part, les transporteurs à vapeur dont il vient d’être question sont obligés de rompre charge à Saint-Louis, les mar-
- 1 Yoy. n° 1189, du 14 mars 1896, Nouvelles scientifiques, article de tète, La Semaine, p. 57.
- chandises qu’ils y apportent devant être transbordées sur les bateaux du Rhône.
- Il résulte de ce transbordement des frais sérieux qu’on éviterait si les marchandises, destinées à l’intérieur de la France, partaient de Marseille sur des bateaux propres à la navigation fluviale.
- Sans y insister autrement, on voit bien que le canal projeté ne peut être en aucune façon le doublement du canal Saint-Louis, puisqu’il permet le chargement immédiat, à bord des péniches, des matériaux que celles-ci peuvent transporter sur le Rhône et sur toutes les voies navigables auxquelles il donne accès.
- Plus loin la Note en question ajoute que pour tirer parti des avantages que pourrait procurer cette voie économique donnant accès à la Méditerranée pour la France et VAllemagne centrale, il faudrait supposer le Rhône navigable.
- Puis on dit encore que les conditions auxquelles le trafic du fleuve se trouve desservi ne sont pas favorables et qu'une voie navigable n'a d'intérêt que si les transports y sont possibles à très bon prix.
- Tout d’abord le Rhône est-il navigable? Il faut bien qu’il le soit ; pourquoi aurait-on exécuté le canal Saint-Louis s’il ne devait faciliter l’entrée d’un cours d’eau navigable?
- D’ailleurs le chiffre du tonnage transporté actuellement par le Rhône est de 200 000 tonnes.
- Le tonnage transporté par le chemin de fer entre Marseille et Lyon était, en 1879, de 2600 000 tonnes, il croit de 100 000 tonnes environ par an; dans une dizaine d’années il sera donc de 4 millions de tonnes environ.
- Le tonnage total du courant de transport de Marseille à Lyon sera donc, au moment où le canal sera construit (si, comme tout permet de l’espérer, ce grand travail d’utilité publique est sanctionné par le vote des Chambres), de 4 200 000 tonnes au minimum, ce mode d’évaluation ne tenant pas compte de l’accroissement des transports qui résultera probablement de l’amélioration du Rhône.
- Le tonnage annuel probable du canal sera donc au moins de 1 400 000 tonnes.
- Ces données, que nous devons à une des personnalités les mieux informées sur cette question, ne sauraient laisser place à l’équivoque. Dire que le tonnage actuel, en dépit des difficultés souvent grandes d’accéder au Rhône et des faits imputables à la rupture de charge à Saint-Louis, est actuellement de 200 000 tonnes, c'est que ce fleuve est navigable.
- La question des prix pratiqués par telle ou telle compagnie n’est pas une objection sérieuse. Évidemment ils baisseront le jour où les chalands, tout chargés pour leur destination, partiront directement de Marseille.
- Quant à Yutilisation industrielle de l'étang de Berre, elle ne saurait être qu’une conséquence incidente de l’exécution de cette voie, mais les motifs essentiels qui militent en faveur de cette création sont d’un ordre plus général puisqu’il s’agit de relier directement Marseille à tout l’intérieur et aux pays voisins, Suisse, Allemagne, par une voie très économique : c’est pour Marseille une question vitale, et c’est pour la France le seul moyen de réagir contre la concurrence que font et feront à son transit les tunnels du Saint-Golhard etduSimplon.
- C’est en se montrant sceptique à l’égard de l’utilité de certains grands travaux qu’on empêche les projets sérieux d’aboutir, tandis que l’Italie et l’Allemagne perfectionnent leur outillage commercial et finissent par nous ruiner en profitant de notre inertie. t L. Yidal.
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- TYPES DIVERS DE TRANSPORT ET D’EIMYGAMYGE DE CHA.RBON
- DANS LES STATIONS CENTRALES DE PRODUCTION D ELECTRICITE AUX ETATS-UNIS
- La manutention mécanique du charbon est depuis longtemps en honneur aux États-Unis, et spécialement pour les stations centrales d’électricité établies dans les grandes villes, où la main-d’œuvre humaine atteint des prix excessifs.'
- Voici quelques types des modes de transport et d’emmagasinage appliqués à New-York par la « C. W. Hunt Company ».
- Nous en empruntons la description et les dessins
- a notre confrère anglais Engineering.
- La figure 1 représente la disposition adoptée quand l’usine est à proximité d’un mur de quai, ce qui est le cas du bâtiment des générateurs et du magasin à charbons de la Brooklyn Heights Railroad C°. Une grue à vapeur placée sur le quai actionne une benne A qui porte de 1 à 1 tonne et demie. Les poutrelles de support M du renvoi de mouvement peuvent tourner autour d’un axe vertical de manière à se rabattre contre les piliers B, laissant ainsi le quai libre quand on n’a pas de chaland à décharger. La manœuvre n’exige que l’emploi d’un treuil à vapeur ; la benne descend ouverte dans la cale ; le relevage en détermine la fermeture automatique, et quand elle atteint le sommet des supports d’une trémie intérieure au massif B, elle s’ouvre automatiquement au-dessus de cette trémie.
- L’économie obtenue sur le déchargement des navires à bras d’hommes est considérable, car on estime qu’à New-York l’opération que nous venons de décrire ne coûte que 15 centimes par tonne. L’usure du matériel est faible, les réparations à la benne peu onéreuses, et l’ensemble de ce genre de dépenses n’excède pas 10 centimes par tonne montée. La benne fait envi-
- Disposilion intérieure du bâtiment.
- bords roulant sur des
- Fig. 2. — Transporteur.
- ron une ascension par minute, en sorte que sa capa-
- cité de déchargement va-, rie de 60 à 80 tonnes à l’heure.
- Après avoir élevé le charbon dans la trémie de réception, il faut le transporter dans celle de distribution C, située à la partie supérieure du bâtiment des chaudières. L’opération s’exécute à l’aide d’un « transporteur » (fig. 2) constitué par une série de godets en tôle accrochés sur une chaîne sans fin, de manière à demeurer toujours dans la position verticale, quelle que soit celle de la chaîne. Les axes qui relient les maillons portent des galets à rerails. Le chargement des godets s’exécute par deux systèmes différents : l’un par mesurage où l’on fournit à chaque godet un volume déterminé, et qui convient pour les morceaux d’une certaine grosseur, l’autre par alimentation continue, où le godet passe sous une trémie sans fond. Le mouvement est donné à la chaîne par une roue à taquets. Les godets ont ordinairement 180 litres de capacité et passent à une vitesse de quinze par minute en fournissant 50 tonnes à l’heure. Dans les cas urgents et de peu de durée, la vitesse peut être portée à 25 godets par minute : on transporte alors 80 tonnes à l’heure.
- La figure 1 montre la disposition intérieure du bâtiment. Le transporteur a dû être adapté sur une construction déjà édifiée, ce qui a imposé un parcours assez compliqué et notamment des changements de direction à angle droit, tant dans le sens horizontal que dans le sens vertical, ce qui montre avec
- quelle grande facilité cet appareil est susceptible de se prêter aux situations les plus diverses.
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- LA NATURE.
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- La trémie de distribution G placée à la partie supérieure du bâtiment (fig. 1 ) peut contenir aisément 6000 tonnes. Les décharges sont établies au-dessus du long couloir qui sépare les générateurs, et des descentes amènent au pied de chacun d’eux et à chaque étage le charbon destiné à la consommation.
- Les figures 5 et 4 représentent une autre installation faite à la « Southern Power station » de la « Brooklyn Ileigts Railroad G0 ». Cette station fournit aux tramways électriques de la partie sud de Brooklyn les 12 000 chevaux-vapeur qui leur sont nécessaires. Le déchargement des houilles s’opère à l’aide
- d’un treuil à vapeur et d'une benne analogues à ceux qui ont été déjà décrits; ces appareils sont placés à l’extrémité d’un wharf de 250 mètres de longueur relié au bâtiment des générateurs par une estacade. A la suite de celle-ci se trouve le magasin à charbons, puis un réservoir d’eau et enfin le bâtiment proprement dit. Des wagonnets à voie deOm,55 et'portant chacun 2 tonnes et demie sont mus par un câble sans fin et reçoivent les charbons déchargés des bateaux. La vitesse des wagonnets est faihle, car on cherche plutôt à accroître la production par l’augmentation de leur nombre. Un ouvrier accom-
- Fig. 3. — Vue générale de l'installation de la houille à la Southern Power Station de la Brooklyn Heigts Railroad and C\
- pagne chaque wagonnet jusqu’au point de déchargement et le ramène à l’extrémité extérieure du wharf où on lâche le câble pour procéder à une nouvelle charge. Les fonds de ces véhicules sont inclinés dans le sens latéral et la houille est déversée automatiquement sur les deux côtés de la voie, et
- en un point quelconque du magasin, qui contient 8000 tonnes. Un transporteur Hunt sans fin, analogue au précédent, reprend ensuite le combustible dans le sous-sol du magasin, passe ensuite sur un pont métallique qui se trouve jeté au-dessus du réservoir et vient alimenter les trémies des générateurs.
- Magasin' ai charbon
- Fig. 4. — Coupc explicative de l’installation ci-dessus.
- Le personnel employé pour cette série d’opérations se réduit à quatre personnes, savoir : un mécanicien préposé à la décharge du navire ; un homme, à bord de celui-ci, pour surveiller le travail de la benne; un chargeur pour les wagonnets, enfin un homme décrochant les véhicules du câble moteur, et conduisant en même temps le treuil à vapeur qui l’actionne. Le rendement de cette installation est d’environ 60 à 80 tonnes à l’heure, comme la précédente.
- Comme on peut le voir par ces descriptions, les appareils transporteurs de la « C. W. Hunt Company » trouvent principalement leur application dans des stations de production de force motrice qui exi-
- gent un énorme emmagasinage de charbon. Grâce à la continuité du mouvement du transporteur proprement dit, ces installations constituent un progrès sensible sur l’emploi des grues ordinaires déposant sur des wagonnets qui doivent eux-mêmes être ensuite déchargés. La capacité de transport est en effet augmentée, tandis que les manutentions et, par suite aussi, la production des menus sont réduites au minimum. On peut, par contre, reprocher à ce système d’obstruer les quais, et de les asservir à l’alimentation des établissements qui se trouvent sur leurs rives, ce qui en restreint forcément l’application à des cas particuliers. Il n’en est pas de même d’un nouveau système de transporteur dit : Trans-
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- LA NATURE.
- porteur Temperley, dont on peut voir en ce moment même fonctionner à Clichy une remarquable installation pour l'approvisionnement en matériaux de tout genre des chantiers de M. Chagnaud, entrepreneur d'une partie du nouveau collecteur de Clichy. X..., ingénieur.
- ALLIAGES COLORÉS D’ALUMINIUM
- On doit à MM. Robert-Austen et Ilunt, chimistes anglais, la découverte d’un remarquable alliage d’or et d’aluminium, formé de 78 parties du premier métal et de 22 parties du second. On a cité récemment cet alliage, qui possède une teinte pourpre caractéristique, comme susceptible d’applications à la bijouterie et à la frappe de la monnaie; ce dernier emploi serait fondé sur le fait qu’il ne peut être imité, car si les proportions indiquées gont altérées, la coloration change du tout au tout. Cependant il y aurait de sérieuses réserves à faire sur l’emploi pratique de cet alliage qui ne paraît pas réunir les qualités exigées de résistance et de malléabilité qui pût en permettre l’application aux travaux de burinage. On obtient aisément l’alliage à teinte pourpre mais préparé, il est vrai, en quantité minime; il possède une structure cristalline et se pulvérise au moindre choc du marteau.
- La coloration anormale de cet alliage le classe absolument en dehors des combinaisons nombreuses qu’il est possible de faire entre les métaux, où la couleur dérive de celles des métaux constituants : ainsi le cuivre allié au zinc ou à l’étain produit des alliages variés dont la teinte passe graduellement du rouge au jaune et au blanc selon les proportions. Dans l’union de deux métaux à teinte blanche ou blanc bleuâtre, zinc, étain, argent ou aluminium, on obtient encore des alliages dont la coloration ne diffère pas sensiblement de celle des composants, c’est-à-dire qu’elle reste blanche.
- Cette règle est loin d’être absolue, et l’alliage pourpre d'or et d’aluminium n’en est pas la seule exception. L’aluminium donne, avec un certain nombre de métaux, des alliages fortement colorés, même lorsque le second métal est franchement blanc. Nous avons fait nous-mème de nombreux essais pour allier l’aluminium, le platine, le palladium, le nickel et le cobalt. L’alliage de l’aluminium à l’un de ces métaux ne présente aucune difficulté si l’on opère sur des quantités minimes de métal. L’essai peut se faire au moyen d’un chalumeau à gaz, alimenté par un fort courant d’air, en réunissant les fragments métalliques au fond d’un petit creuset taillé dans un bloc de charbon de bois.
- A la température du rouge vif, la combinaison s’effectue brusquement, elle est accompagnée d’un dégagement de chaleur intense, qu’active encore une combustion partielle de l’aluminium qui porte au blanc éblouissant le culot métallique en fusion. Cette expérience peut même donner lieu, dans le cas du platine, à une explosion violente qui projette en tous sens des gouttelettes de métal ; anssi exige-t-elle quelques précautions.
- Ce mode d’opérer, commode et rapide lorsqu’il s’agit de nombreux essais, produit forcément une certaine proportion d’alumine qui peut rester incorporée à l’alliage et en altérer quelque peu les propriétés. Il serait préférable, pour être fixé sur la nature de ces alliages, de les produire en quantités assez notables et à l’abri d’une trop forte oxydation. Les indications formulées ici ne doivent être considérées que comme approximatives.
- 1° Alliage de platine (72 parties) et d’aluminium (28 parties). Possède une belle couleur or jaune, laquelle peut, lorsqu’on fait varier les proportions de l’alliage dans de faibles limites, prendre la teinte violacée, verdâtre et parfois rouge-cuivre. Cet alliage est dur, cassant et à structure cristalline. La combinaison jaune est stable; les autres se désagrègent au bout de peu de temps, et le petit culot métallique se transforme en poudre grisâtre.
- 2° Alliage de palladium (72) et d’aluminium (28). Cet alliage prend souvent une belle couleur rose cuivré. La texture en est cristalline ; il est dur, cassant, et ne subit pas de modification avec le temps.
- 3° Alliage de cobalt (75 à 80) et d’aluminium (20 à 25) couleur jaune paille, tirant sur le brun; lorsqu’il vient d’ètre formé, cet alliage est extrêmement dur et raye le verre; texture cristalline. Cet alliage se pulvérise sous le choc du marteau. Il n’offre aucune stabilité et se réduit spontanément en poudre au bout de quelques jours.
- 4° Alliage de nickel (82) et d’aluminium (18). Cet alliage a une coloration prononcée jaune paille, la dureté de l’acier trempé, et il résiste bien au choc du marteau. La cassure, à grain serré, est semblable à celle de l’acier ou du bronze des cloches. Il est susceptible de prendre un beau poli. Cet alliage est stable et conserve bien son éclat.
- Ces alliages sont intéressants du fait de leurs colorations variées, mais, à part l’alliage de nickel, ils ne semblent pas .se prêter à un emploi quelconque. Plusieurs de ces alliages, et probablement tous, doivent être considérés comme des combinaisons chimiques à proportions définies. Le fait que certaines colorations ne se manifestent que si les métaux alliés le sont dans certains rapports bien déterminés, qu'ils se forment subitement au rouge vif, avec une élévation de température parfois si considérable qu’il en résulte une explosion véritable, nous montre qu’il y a plus qu’un simple mélange. Au moment de la combustion d’une partie de l’aluminium, le métal liquéfié devient aussi éblouissant que l’arc électrique.
- D’autre part, la combinaison effectuée est souvent d’une extraordinaire instabilité ; elle se détruit d’elle-même au bout de quelques heures ou de quelques jours. Cela indique en tous cas une association moléculaire bien différente de celui qui constitue l’alliage simple ou mélange de deux corps métalliques. Chaules Margot,
- Préparateur à l’Université de Genève.
- SYSTÈME DE RÉGULATEUR ÉLECTRIQUE
- OU MODÉRATEUR INSTANTANÉ
- Voici encore une fois l’électricité mise à contribution. Tous les navigateurs, nous dirions même toutes les personnes qui ont effectué une traversée en mer, par un gros temps, à bord d’un navire mû par une hélice, savent et ont éprouvé les effets de « l’emportement de la machine )). On appelle ainsi l’accélération brusque des mouvements des divers organes qui actionnent l’hélice, et de l’hélice elle-même, quand, dans les coups de tangage, le navire plonge de l’avant. L’hélice ne se meut plus alors dans un milieu homogène et suffisamment résistant pour lui offrir un point d’appui utile à la propulsion du navire. II se produit un mouvement de bascule sur place, et les résistances étant partiellement annihilées d’une façon brutale, la force énorme destinée à les vaincre se transforme en une augmentation brusque de vitesse de tous ces organes. On conçoit qu’il en résulte un ébranlement considérable, nuisible à toutes les pièces, et tel, parfois, qu’il
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- provoque des ruptures dangereuses pour la sécurité de la navigation, et fort onéreuses pour le budget d’entretien des bâtiments.
- Un moyen efficace, le plus ordinairement mis en pratique pour maîtriser ces emportements, consiste à fermer partiellement la prise de vapeur, à l’aide d’un levier à main, qui se trouve à la portée de l’homme de quart. Mais cette manœuvre demande une attention continuelle, au moment même où l’homme doit exercer une surveillance générale plus active et plus sérieuse encore qu’en temps ordinaire. Il existe certainement plusieurs systèmes de manœuvre automatique pour assurer le fonctionnement de ces « modérateurs ». Mais tous les moyens de régulation connus sont soit défectueux, soit excessivement chers d’installation, et délicats d’entretien.
- Dans le but d’éviter ces inconvénients, un mécanicien chargé du service des navires a imaginé un système électrique de manœuvre automatique très simple et très ingénieux. L’appareil affecte la forme générale d’un parallélépipède, est peu volumineux, et d’une construction presque enfantine II est constitué essentiellement par :
- 1° Le corps même, ou enveloppe, creusé d’une gouttière demi-cylindrique, dont chaque extrémité est terminée en demi-calotte sphérique à concavité interne. Les parois de cette gouttière doivent être en matière isolante;
- 2° Une petite sphère métallique, conductrice de l’électricité, d’un diamètre un peu moindre que le petit diamètre de la gouttière, suffisant pour qu’elle se meuve facilement d’une extrémité à l’autre de celle-ci ;
- 5° Des fils conducteurs fixés dans l’épaisseur des parois de la gouttière, vers l’une des extrémités, de sorte qu’ils puissent être mis en communication par l’intermédiaire de la sphère. Un couvercle ferme le tout.
- Considérons l'appareil en place, et fixé immuablement, de manière que le grand axe de la gouttière soit parallèle au grand axe du navire, et que les fils soient engagés à l’extrémité de cette gouttière située dans la direction de la proue. Aussitôt que, dans un coup de tangage, l’arrière du navire se soulève, l’appareil est soumis à la même inclinaison, de haut en bas, et d’arrière en avant; la sphère roule à l’extrémité « proue » de la gouttière, et établit la communication nécessaire à la fermeture partielle du distributeur. Tous les mouvements se ralentissent aussitôt. Ils reprennent leur vitesse normale dès que la communication est interrompue, c’est-à-dire dès que la sphère s’est écartée des conducteurs, quand le navire a repris sa position normale.
- Nous n’insisterons pas sur l’importance pratique d’un procédé capable, sinon de prévenir ou d’anéantir les effets des emportements, du moins de les modérer au point que l’on puisse sûrement éviter un accident, et ne pas être à la merci d’une simple distraction. J. Simond.
- LE FROID DANS L’EUROPE OCCIDENTALE
- Tout le monde sait que le soleil est la principale cause des variations de la chaleur à la surface de la terre. C’est le soleil qui fait que les régions équatoriales ont un été perpétuel, que les contrées polaires subissent un hiver presque ininterrompu, et que l’été et l’hiver alternent invariablement dans les zones tempérées.
- Cependant si la, grande oscillation annuelle et même la variation diurne de la température dépen-
- dent essentiellement du soleil, il y a d’autres causes secondaires qui interviennent souvent pour atténuer ou pour exagérer la chaleur et le froid. D’abord ce sont les mouvements de l’atmosphère, que nous constatons d’une manière locale, par les vents qu’ils produisent : les vents du sud augmentent ordinairement la chaleur en été et diminuent le froid en hiver, parce qu’ils apportent, dans l’endroit où ils soufflent, l’air relativement chaud des contrées plus méridionales; les vents du nord ont, naturellement, un résultat contraire. Le degré de pureté et de limpidité de l’air atmosphérique modifie aussi la température en modérant ou en activant les radiations calorifiques : les gelées nocturnes du printemps et de l’automne sont presque toujours la conséquence de cette dernière action. Enfin il est probable que bien des refroidissements, soudains et plus ou moins localisés, peuvent être attribués à l’abaissement, jusqu’au niveau du sol, de l’air toujours glacial des couches élevées de l’atmosphère : tels sont les froids relatifs, circonscrits et momentanés, qui suivent les orages et même certaines autres perturbations atmosphériques plus générales.
- La répartition et la propagation du froid sont réglées par ces différentes causes auxquelles s’ajoutent quelques influences beaucoup moins importantes. S’il est bien difficile, sinon impossible, de faire la part de chacune d’elles, on peut au moins, dans quelques cas favorables, constater leur effet d’ensemble. C’est ce que nous avons fait pour le coup de froid qui vient de se produire dans l’Europe occidentale, du 19 au 26 février 1896, ainsi que pour trois autres froids antérieurs.
- Les cartes ci-contre sont dressées à l’aide des documents fournis par le Bureau central météorologique de France, et les courbes tracées sur chaque carte représentent les limites occidentales des régions dans lesquelles le froid, à 7 heures du matin, a atteint 0°, ou — 5°, ou — 10°, selon la carte considérée. Les nombres inscrits aux extrémités de chaque courbe indiquent les dates du mois dont le nom se trouve en légende.
- Ainsi, d’après la figure 1, les gelées n’atteignaient pas la France le 20 février 1896 à 7 heures du matin, puisque la courbe de 0° se trouve encore à l’est du Rhin. Le 21, elles envahissent quelques départements de l’Est, et gagnent ensuite progressivement : le 22, Pariset Lyon; le 23, le Mans, en épargnant encore le Plateau Central;le 24, Brest, Roche-fort, Clermont et Avignon. Le 25, elles s’étendent à toute la France, en ne respectant qu’une partie du littoral de la Provence, depuis Marseille jusqu’à la frontière italienne.
- La figure 2, qui se rapporte à la même période, montre la progression des froids de — 5°. La courbe qui les délimite à l’ouest s’est avancée, en six jours, des frontières de la Russie jusqu’aux bords de l’Atlantique, entre Bordeaux et Rochefort. Pour la France, le maximum de froid avarié suivant les régions : on a constaté 8°,2 à Paris, — 8°,9 à Besan-
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- con, 9°,0 à Nancy, — 9°,1 à Limoges, — 10°,6 à Clermont, et probablement davantage dans quelques localités.
- Nous ne croyons pas devoir décrire les autres cartes (fig. 5 à 6) qui sont analogues aux deux premières et qu’on interprétera sans difficulté. Elles sont inutiles à notre Notice.
- Il résulte de l’examen de nos six cartes que la propagation du froid s’effectue généralement du nord-est au sud-ouest ou de l’est à l’ouest dans la moitié occidentale de l’Europe. Ce n’est pas seulement parce que la Russie, à cause de son climat continental, a des froids plus précoces ou plus intenses que les pays de l’Occident ; c’est aussi parce
- que les mouvements de l’atmosphère transportent fréquemment dans nos régions l’air froid de l’Europe orientale. Il en est ainsi toutes les fois qu’une dépression suffisamment importante occupe le bassin de la Méditerranée. Alors des vents d’est ou de nord-est régnent durant plusieurs jours en France, en Suisse, en Allemagne, en Autriche et même jusqu’en Russie. C’est ce qui est arrivé pendant la période de froid que nous venons de subir et dont j’ai parlé plus haut ; de sorte que ce froid s’est surtout propagé par convection, c’est-à-dire par le transport, de l’est à l’ouest, des couches inférieures de l’atmosphère. J.-R. Plumandon,
- Météorologiste à l’Observatoire du Puy de Dôme.
- Fig 2
- FÉVRIER 1896 Marche de la courbe -S‘
- Fig . 1. ?
- FÉVRIER 1896 Nlarchedelacourbe 0?
- ixejles
- Vienne
- Fig 3-
- JANVIER 1896 ffarcttt<feiacourbe-5‘
- Londres
- Vienne
- Fig. 6.
- JANVIER 1896 Marche de la courbe-10
- .elles
- Cartes météorologiques dressées par l’auteur,
- Fig ,<f. :
- JANVIER 1896 1
- Marche de la courbe 0“
- CHEMIN DE FER DE L00K-0UT-M0UNTA1N
- DANS LE TENNESSEE
- L’État du Tennessee, aux États-Unis d’Amérique, a tenu à posséder aussi son chemin de fer de montagne. C’est en effet près de Chattanooga que viennent de se terminer les travaux de construction d’une ligne appelée à rendre de très grands services aux nombreux touristes qui, à la belle saison, aflluent dans ces parages. L’ascension de Look-Out-Mountain présentait de réelles difficultés pour ceux qui aiment à gravir les flancs escarpés des montagnes. Partout des précipices succèdent aux précipices, et les rares sentiers grimpant à travers ces abîmes, gardent encore le souvenir de bien des chutes mortelles.
- Ce chemin de fer, construit par une société locale
- de Chattanooga, est une ligne à traction funiculaire, entièrement rectiligne. Elle commence aux portes mêmes de la ville et a son terminus au sommet de la montagne, à une altitude de 2000 mètres environ. La voie ferrée franchit d’un seul bond les parois rocheuses de Look-Out-Mountain, considérées jusqu’alors comme entièrement inaccessibles. Sur tout le parcours, d’une longueur de 3000 mètres, on ne rencontre nulle part un palier, mais bien une succession de rampes dont la plus rapide, sur 1510-mètres, atteint une inclinaison de soixante-deux pour cent.
- Cette rampe est de beaucoup la plus considérable et la plus rapide de toutes celles qui existent actuellement sur les divers chemins de fer de montagne, à crémaillère ou autres, que l’on trouve dans le
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- monde entier. La ligne funiculaire du mont Vésuve avoir des pentes d’une raideur extraordinaire, n’ap-et celle de Pittsburg, passant l’une et l’autre pour prochent que de très loin celle du Look-Out-Moun-
- 1. Voiture sous l’abri à voyageurs, au sommet de Look-Out-Mountain. — 2. Usine centrale et station des voyageurs au terminus de la ligne. — 3. Au pied de la grande rampe. — 4. Vue de la ligne partant du sommet de Look-Out-Mountain. — 3. Une des voiturps à voyageurs. •— 6. Vue de la ligne partant du pied de la montagne. — 7. Commencement de la grande rampe. — 8. Aiguillage de la voie d’évitement située à mi-chemin de la ligne.
- tain Railway. Les difficultés de construction ont été très grandes, aussi on considère le travail comme
- une remarquable œuvre de l’art de l’ingénieur il fait le plus grand honneur à MM. Guild et Wite
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- Afin d’éviter des glissements qui n’auraient pas manqué de se produire sur toute la longueur de la grande rampe, les constructeurs ont solidement relié les unes aux autres les traverses de chêne supportant la voie, par de longues pièces de bois de charpente de même essence. Ces poutres assemblées bouta bout se trouvent ainsi rendues solidaires les unes des autres et forment un ensemble extrêmement résistant. Les traverses, placées à 60 centimètres d’axe en axe, sont boulonnées sur ces sortes de longuerines posées elles-mêmes sur une épaisse couche de béton de grosses scories.
- Des crampons et tirefonds fixent les files de rails aux traverses ; et à des intervalles égaux, on a donné aux éclisses une forme spéciale, elles ont l’apparence d’un T dont la grande branche se trouve encastrée profondément dans le béton. On a choisi ce dispositif pour pouvoir empêcher également la voie de chevaucher sur les traverses, ce qui arriverait presque constamment eu égard à la très forte déclivité. La voie étant unique, les ingénieurs ont ménagé, à mi-chemin du parcours total, une voie d’évitement, afin que les deux trains, montant et descendant, puissent se croiser.
- De chaque côté des rails, et intérieurement à la voie, existent, sur toute la longueur de la ligne, deux files parallèles de poutrelles en bois de chêne, reliées de deux en deux traverses à ces dernières, à l’aide de longs boulons. Grâce à ce dispositif, les griffes des freins automatiques que portent les voitures saisissent entre leurs mâchoires les poutrelles, et, en cas de danger, peuvent instantanément arrêter l’ascension ou la descente du Véhicule, quelle que soit sa vitesse. Cet arrêt immédiat se produirait infailliblement, à cause de la puissance des freins, et aussi parce que plate-forme et éléments constitutifs de la voie forment un tout des plus résistants.
- Deux voitures, contenant chacune 80 places, font le service courant; l’une d’elles descend lorsque la seconde monte. L’inclinaison des rampes variant considérablement le long du parcours, il importait d’éviter que les voyageurs assis eussent à souffrir du manque d’horizontalité des sièges. On a très ingénieusement paré à ce grave inconvénient en installant à l’intérieur des voitures des fauteuils à bascule qui, automatiquement, conservent leur aplomb absolu, sans que le touriste s’aperçoive un seul instant de la plus ou moins grande inclinaison que prend le véhicule ascendant ou descendant.
- À l’extrême sommet de la montagne, se trouve installée l’usine centrale dans laquelle fonctionne un puissant treuil à vapeur de la force de 200 chevaux. Autour du tambour central, un solide câble d’acier, capable de résister à une traction de 50 tonnes, enroule ses spires. Les deux extrémités de ce câble unique s’attachent aux voitures montante et descendante, et s’y relient de telle manière qu’à moins d’une rupture fortuite, mais qui n’est pas à redouter, le décrochage soit rendu impossible. Lors même que cet accident se produirait, l’action énergique des
- freins automatiques s’opposerait à toute chute du véhicule, se trouvât-il au milieu de la grande rampe.
- Au moment précis où la voiture ascendante atteint le terminus, au sommet de Look-Out-Mountain, les roues heurtent un levier incliné aflleurant les rails et qui, sous l’influence du choc produit, met en mouvement un débrayage. Ce dernier actionne le tambour du treuil à vapeur, le rend instantanément fou sur son axe et met fin à l’effort de traction qui s’opérait sur le câble. En outre, grâce à un dynamo-métrographe fonctionnant sous les yeux du mécanicien, ce dernier se rend compte très exactement, à chaque instant, du travail auquel se trouve soumis le câble, aussi bien à la montée qu’à la descente.
- Enfin, en même temps que l’usine centrale, existe un bâtiment servant de station et renfermant, malgré les faibles dimensions de la construction, tout le confortable que les voyageurs sont en droit d’exiger. Une salle de lecture et un excellent buffet fournissent aux plus exigeants des distractions suffisantes pour leur faire prendre patience, en attendant qu’ils puissent prendre place dans la voiture qui doit les ramener sains et saufs à Chattanooga. Ajoutons que station, ligne et voitures sont éclairées à la lumière électrique. Le contraire paraîtrait invraisemblable, dans ce pays du progrès quand même.
- Le cahier des charges des travaux de construction imposé à l’entrepreneur par les ingénieurs, MM. Guild et Wite, qui avaient établi le projet définitif de la ligne Look-Out-Mountain, prévoyait que la durée de ces travaux n’excéderait pas six mois. Grâce à la bonne volonté de cet entrepreneur, et à l’énergie déployée par les ingénieurs, tous ont accompli un véritable prodige. Dans un délai de quatre-vingt-dix jours la ligne, complètement achevée, était livrée à l’exploitation. Ch. Marsillox.
- LES TRA.MWÀTS ÉLECTRIQUES À ROUEN
- La vieille capitale de la Normandie, imitant l’exemple de la ville du Havre en 1894, vient de remplacer tous ses tramways par des tramways électriques ; l’inauguration a eu lieu le 22 mars 1896. L’ancien réseau desservi par des tramways à chevaux comprenait 8 lignes d’une longueur totale de 25 460 mètres; on y a ajouté 8 autres lignes d’une longueur de 11 607 mètres. Le réseau électrique a donc aujourd’hui une longueur totale de 37 kilomètres.
- La station centrale est établie sur la rive gauche de la Seine, rue Lemire, à peu de distance du fleuve; elle renferme 3 chaudières Babcock et Wilcox d’une surface de chauffe de 160 mètres carrés; à la sortie des chaudières se trouve un économiseur Green. La vapeur est fournie à 3 machines Corliss-Farcot à un seul cylindre, tournant à la vitesse de 70 tours par minute; elles sont munies d’un volant de 7 mètres de diamètre. Chacune d’elles commande par une courroie une dynamo de 200 kilowatts hypercompoundée à 550 volts à pleine charge et 500 volts à vide. Ces dynamos tournent chacune à 425 tours par minute et pèsent 9900 kilogrammes. Le tableau de distribution est d’un nouveau modèle ; il se compose d’un
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- panneau en ardoise pour chaque dynamo avec un interrupteur automatique, deux interrupteurs principaux à rupture brusque, un interrupteur de champ, un rhéostat de champ et un ampèremètre apériodique Weston. Chaque panneau de feeder comporte un interrupteur automatique, un ampèremètre Weston, un interrupteur rapide à main et un parafoudre.
- Les feeders sont actuellement au nombre de 4, d’une section de 200 millimètres carrés et d’une longueur de 0000 mètres. Ils consistent en des câbles isolés au caoutchouc, sont placés directement en terre, et aboutissent respectivement boulevard Cauchoise, au Champ-de-Mars. à la place de la Mairie et à la place Saint-Sever. Les feeders de retour sont en câble nu de 150 millimètres carrés noyé dans un caniveau en bois rempli de bitume.
- La ligne aérienne est constituée par un fil de cuivre de 8,25 millimètres de diamètre, suspendu dans l’axe des voies à l’aide de fils d’acier transversaux. Ces derniers sont maintenus par des poteaux en acier, au nombre de 1200, et d’une hauteur de 7 mètres au-dessus du sol. Sur les quais les poteaux sont à double console, et l’éclairage sera assuré par 27 lampes à arc. On installera également 4 autres lampes à arc sur le pont Boïeldieu et 5 sur le pont Corneille. Des lampes à incandescence, au nombre de 162, seront réparties en divers points des lignes. L’énergie électrique pour cet éclairage sera fournie par la Société normande d’électricité qui effectue déjà la distribution dans la ville.
- La voie est formée actuellement par des rails Broca pesant AA kilogrammes par mètre, et ayant un écartement de \m,AA. On rencontre des rampes de 4,5 à 5 centimètres par mètre avec des courbes d’un rayon de 20 mètres au minimum. Les rails sont réunis entre eux par de fortes éclisses et un fil de cuivre spécial.
- Les voitures sont au nombre de 50 pour le moment, elles renferment 24 places d’intérieur et 16 places de plate-forme; la longueur totale est de 8 mètres, et le poids d’une voiture chargée est de 7 tonnes. Le trolley consiste en une poulie en bronze à gorge profonde et à coussinets en graphite. Elle est mobile autour d’un axe maintenu par la perche. Nous n’insisterons pas sur les autres dispositions que nous avons déjà fait connaître à plusieurs reprises, et nous dirons seulement que chaque voiture renferme un contrôleur, permettant de coupler entre eux des moteurs avec des résistances appropriées pour faire varier graduellement la vitesse. Nous trouvons ensuite des résistances additionnelles pour les couplages, des coupe-circuits, des parafoudres, un interrupteur principal, et des lampes à incandescence pour l’éclairage de l’intérieur.
- Les moteurs sont des moteurs de 25 chevaux, pesant 660 kilogrammes, à faible vitesse angulaire, attaquant les essieux des roues par une seule paire d’engrenages baignant dans l’huile.
- Les tramways électriques fonctionnent dans Rouen depuis le mois de janvier 1896, et l’inauguration date du 22 mars 1896.
- Il y a déjà quelque temps que les tramways à chevaux ne donnaient plus satisfaction et que l’on parlait d’un projet de traction plus rapide et plus commode. La traction électrique a été choisie de préférence, et tous les tramways à chevaux ont été remplacés.
- Cette transformation complète de la traction dans la ville de Rouen est due à la Compagnie française pour l'exploitation des procédés Thomson-Houston. Les ré-
- sultats déjà acquis mettent en relief tous les avantages pratiques que peut procurer la traction électrique dans une ville industrielle. J. L.
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- IA RENAISSANCE DES MOUZAÏA '
- Situés dans le sud-ouest d’Alger, au cœur de la partie du massif de l’Atlas qui s’étend de Blidah à Médéah, les mines de Mouzaïa comprennent des gisements de cuivre gris argentifère, des minerais de fer et de riches filons de cuivre pyriteux. Tous ces gîtes se trouvent sur le versant sud du djebel Mouzaïa, dont le pic le plus haut, dit de Tamesguida, mesure 1604 mètres d’altitude.
- Quant au village de Motizaïa-les-Mines, il est assis sur les rives de l’ouàd Mouzaïa, qui coule au pied de la montagne, à 12 kilomètres environ de la ville de Médéah, autrefois capitale du Titeri. Découverts peu de temps après notre occupation de l’Algérie, les gisements dont nous venons d’indiquer le site n’ont été l’objet d’un commencement d’exploitation qu’à partir de 1844. D’abord concédés par arrêté ministériel en date du 22 septembre de cette année 1844, ils le furent à titre perpétuel en conformité des dispositions de la loi du 21 avril 1810, par décret impérial du 1er mars 1855.
- La concession mesure une superficie de 5562 hectares. Dès l’année 1855, les actions des mines de Mouzaïa étaient en grande faveur ; la Bourse de Paris les cotait haut; on se les arrachait; c’était un engouement extraordinaire, à ce point qu’il en était chaque jour question, non seulement dans les journaux, mais encore sur la scène de nos théâtres parisiens. C’est ainsi que, dans l’amusante Chasse aux corbeaux, comédie-vaudeville représentée au Palais-Royal, notre gai Labiche créait un personnage comique ayant sans cesse à la bouche ce juron sensationnel : « Nom d’un petit Mouzaïa! » Cette faveur se conçoit car l’importance des filons et la richesse du minerai de cuivre gris argentifère, dûment constatées, étaient bien de nature à donner aux exploitants des bénéfices exceptionnels.
- D’où vient donc que, finalement, le succès attendu ne se soit pas réalisé et que des gisements métallifères d’un prix inestimable aient été, vers 1866, frappés de discrédit? C’est que les minerais extraits des mines de Mouzaïa, ne pouvant pas alors être traités sur place, devaient nécessairement se charger sur des voitures à destination d’Alger et que, si riches qu’on pût les supposer, il leur était impossible de supporter les énormes frais d’un tel transport.
- Mais depuis lors les choses ont changé de face. Du fait de l’ouverture du chemin de fer de Blidah à Médéah, les conditions du transport se trouvent singulièrement modifiées, de sorte que les produits de l’exploitation ont recouvré leur valeur naturelle. Aussi une société française, constituée en 1891, a-t-elle eu l’heureuse inspiration de reprendre des travaux depuis longtemps abandonnés. Elle a méthodiquement procédé à l’étude des anciens gisements
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- de cuivre gris argentifère comme à celle des gîtes déminerais de fer.Ayant, d’ailleurs, porté ses investigations dans des parties de la concession encore inexplorées, elle y a découvert de précieux fdons de cuivre pyriteux.
- Il convient de jeter un coup d’œil analytique sur ces richesses d’ordre divers.
- La constitution des gisements de cuivre gris argentifère est généralement assez simple et leur examen permet d’admettre trois périodes de dépôts. En effet, dans la majeure partie des fdons, les deux parois des épontes sont occupées : l’une, par du fer carbonate spathi-que; l’autre, par du sulfate de baryte, et le cuivre gris se trouve entre les deux. Parfois ce cuivre se présente sous forme de lentilles plus ou moins allongées et de puissance variable.
- Les fdons cuprifères ont été classés en différents groupes désignés sous les noms de Mont-pensier, Aumale, Isly,
- Nemours, Joinville,
- Sainte-Barbe, le Caïd, etc.
- Des essais faits, en 1890, à l’École supérieure des Mines il appert que la teneur moyenne des minerais extraits de ces gîtes divers peut s’évaluer à 30 pour 100 de cuivre et 600 grammes d’argent à la tonne de minerai.
- Jusqu’en ces derniers temps, on ne s’occupait nullement des minerais de fer qui se trouvent dans la concession, attendu que la question des transports en rendait l’exploitation absolument impossible. Mais aujourd’hui que Y Ouest-Algérien a établi une station à Mouzaïa même, ces minerais peuvent facilement s’expédier sur Alger et acquièrent, de ce fait, une valeur importante. Formés d’hématites rouges et brunes, certains gîtes mesurent
- plusieurs kilomètres de longueur avec des puissances en minerai qui s’élèvent à l’épaisseur de 15 à 20 mètres. Analysée au laboratoire de l’École des Mines, l’hématite brune accuse 59,22 pour 100 de fer;
- l’hématite rouge, 59,49 pour 100. En ce qui concerne l’importance éventuelle de l’exploitation, il est permis d’admettre que les produits annuels pourraient s’élever à plusieurs centaines de mille tonnes.
- Les fdons de cuivre pyriteux, découverts par la nouvelle Société de Mouzaïa, se trouvent à environ 380 mètres au-dessus du village du Camp-des-Chênes. L’étude d’un de ces gîtes a démontré qu’il comporte une veine massive dont la teneur moyenne en cuivre est de 16,94 pour 100. Étant donné, d’ailleurs, le développement total et la puissance des filons, il est permis d’admettre qu’on se trouve en présence d’une masse de 160000 tonnes de cuivre. La production annuelle pouvant s’évaluer à 3000 tonnes, la régularité de l’exploitation semble devoir être assurée pour une période d’environ cinquante ans. Et le traitement du minerai pourra vraisemblablement avoir lieu sur place car le Service des mines à découvert un gisement de combustible minéral sur les rives de l’ouâd Taskroum, dans le sud et à quelques kilomètres de Médéah.
- 11 est souvent question des cuivres du Tonkin et de ceux de Madagascar. Pourquoi en aller chercher aussi loin, quand nous en avons en Algérie, à notre porte? Félicitons-nous de la renaissance des Mouzaïa, car nous ne serons plus désormais tributaires de l’étranger. Ll-Colonel Hennebert.
- Fig. 1. — Vue du massif des mines de Mouzaïa.
- Uu train de chemin de fer de Médéah à Blidah.
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- NORD
- Kilomètres-
- Fig. 2. — Carte indiquant le site des mines de Mouzaïa.
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- LA NATURE.
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- L’OPHIOPHAGUS ELAPS OU SERPENTIVORE
- La sagesse des nations, à qui rien n’échappe, a formulé cet adage fameux : « Les loups ne se mangent pas entre eux », dans la louable intention de démontrer que, parmi les animaux, l’homme était le seul qui vécût aux dépens de ses semblables. Il y a beaux jours que l’observation de la nature a fait justice de cet adage et de bien d’autres d’ailleurs, et l’animal qui nous occupe est un de ceux qui démentent avec le plus de rudesse la vieille formule sentimentale. Ophio-phagus, disent les savants; ser-pentivore, dit le vulgaire; les deux noms sont parfaitement synonymes et veulent dire mangeur de serpents.
- L’Ophiophagus elaps ou serpen-tivore est donc un serpent et même un serpent venimeux qui fait des serpents sa nourriture préférée. Bien plus encore, sa taille énorme, qui atteint 4 mètres de longueur, en fait le géant des serpents venimeux, et son venin, d’une violence extrême, ne le cède en rien à celui des diverses espèces les plus redoutées.
- On comprend que la réunion de qualités aussi remarquables ait frappé d’admiration les hommes auxquels il était donné de les contempler. Aussi n’est-on pas surpris que les Hindous lui aient décerné le titre de « Roi des serpents ». Quand le serpentivore sent le besoin de prendre quelque chose, il se rend, disent-ils, dans une clairière, se redresse en gonflant le cou, et siffle d’une façon particulière. Aussitôt, de tous les points de la forêt, les serpents, qui savent ce que siffler veut dire, accourent à l’appel et se rangent autour du monarque, qui choisit le plus appétissant, fond sur lui et le dévore. Les survivants,
- n’ayant plus rien à faire, se retirent alors avec toute l’humilité qui convient à des sujets soumis.
- Quoi qu’il en soit de sa royauté, l’Ophiophagus elaps est un des plus splendides et des plus complets serpents venimeux. Sur le fond vert olivâtre se détachent des marbrures noires et blanches d’un brillant remarquable. A la moindre alerte, il redresse la partie antérieure du corps, gonfle son cou à la manière des Najas, dont il est proche parent, et siffle avec force. Sa taille gigantesque, ses yeux étincelants,
- ses brillantes couleurs en font alors un animal d’aspect vraiment formidable. Joignez à cela un venin extrêmement actif dont la quantité est en rapport avec la grande taille de l’animal, et vous vous rendrez compte de la ter-reurqu’il inspire.
- Enfin, ce qui est plus grave,
- 1’Ophiophage n’est pas seulement le plus puissant des serpents venimeux, c’est encore sans con-tredit un des plus belliqueux. Loin de fuir l’homme, comme la plupart des autres reptiles, il l’attaque, le poursuit sans relâche, et sans être arrêté par aucun obstacle, car ce redoutable monstre joint à une agilité peu commune la faculté de nager avec vitesse et de grimper en un clin d’œil sur les arbres les plus élevés. Cantor raconte l’histoire d’un officier anglais qui fut poursuivi par un Ophiophage et, sur le point d’être atteint, ne dut son salut qu’à un stratagème. Il laissa tomber sa coiffure et, pendant que le serpent s’acharnait avec rage sur cette proie inoffensive, put gagner une retraite sûre. Nicholson raconte avoir vu mourir en trois heures un éléphant mordu par un Ophiophage, L’ère de dispersion de ce serpent est assez étendue. On le trouve dans tous les pays baignés par l’océan Indien, l’Inde, l’Indo-Chine, Sumatra, Java, les îles
- Ophwphagus elaps ou serpentivore.
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- LA NATURE.
- de la Sonde, les Philippines et aussi, peut-être, dans le nord de la Nouvelle-Guinée.
- Heureusement, il n’est très abondant nulle part, sans cela les lieux qu’il fréquente deviendraient inhabitables. Bien qu’il préfère les serpents à toute autre nourriture, il s’accommode fort bien de petits mammifères et d’oiseaux. « Faute de grives, on mange des merles. »
- Au Jardin d’acclimatation et à la ménagerie du Muséum d’histoire naturelle où des Ophiophages ont vécu quelque temps en captivité, on les nourrissait surtout de rats. Leur attitude, leur caractère étaient très ressemblants à ceux des Najas. Comme eux, à la vue d’un animal, ils se dressaient, élargissaient le cou, si filaient avec force et se précipitaient sur leur proie, la mordaient, puis, dès qu’elle était devenue immobile, l’avalaient.
- Les deux individus qui ont vécu presque simultanément au Muséum d’histoire naturelle et au Jardin d’acclimatation étaient doués de caractères différents. Le pensionnaire du Muséum, qui était long de 2 mètres et d’une beauté remarquable, se montrait d’une férocité et d’une irritabilité excessives. Dès qu’un visiteur s’approchait, il se dressait, gonflait le cou et, se précipitant avec violence contre le grillage qui le séparait de l’importun, se meurtrissait cruellement le museau. M. le professeur Léon Vaillant, dans la crainte de perdre prématurément un spécimen rare et dont l’étude présentait un puissant intérêt, fut bientôt obligé de le soustraire à la vue du public.
- L’exemplaire du Jardin d’acclimatation était au contraire assez débonnaire et voyait sans trop se fâcher défiler devant sa prison les nombreux visiteurs qu’attirait le désir de contempler sans danger le roi des serpents. P.-E. Juillerat.
- CHRONIQUE
- Les ascensions de M. Strimlberg. — Le dimanche 22 mars 1896, M. Strindberg a exécuté sa seconde ascension avec le ballon la Suède. Il est parti comme la première fois de l’établissement aérostatique de M. La-chambre. Le ballon était sous la direction de M. Machu-ron. M. Paul Decauville, sénateur de Seine-et-Oise, avait pris place dans la nacelle et exécutait sa première ascension. Cet habile ingénieur a commencé par consacrer son activité à la traction sur rail, ensuite il a étudié les navires et il s’occupe maintenant de la locomotion aérienne. Le départ a été exécuté à lh 50“. Le ballon s’est dirigé dans la direction nord-ouest. Il s’est rapidement élevé à l’altitude de 900 mètres. Puis il a traversé le bois de Boulogne et une condensation subite l’a fait descendre presque jusqu’à terre au-dessus de Houilles. M. Machuron ayant jeté plusieurs fois du lest, le ballon a repris son mouvement ascensionnel, et quelques minutes après il se trouvait à l’altitude de 2000 mètres. L’aérostat s’est maintenu pendant environ trois quarts d’heure à cette hauteur, et des observations nombreuses ont été prises à l’aide d’un psychromètre préparé par M. Jaubert, directeur des services météorologiques de l’Observatoire de Monlsouris. Celui-ci, à la demande de la légation de Suède, a été
- mis à la disposition de l’expédition polaire. Mais un nuage supérieur ayant produit une condensation rapide, le ballon est descendu avec une vitesse d’environ 5 mètres par seconde. Il s’est produit un choc à terre dans lequel un des instruments de l’expédition, destiné à lamesure des vitesses horizontales et imaginé par M. Eckholm, a été endommagé. Il est actuellement en réparation. Cet accident, qui a interrompu l’ascension, s’est produit à Méru, lh 40“ après le départ, sur les limites du département de Seine-et-Oise.
- Photographie des couleurs. — Dans une Note présentée à l’Académie des sciences, M. G.-A. Richard indique un nouveau procédé par lequel il obtient en positif sur verre des reproductions de couleurs. C’est la méthode indirecte, celle de Ducos du Hauron, qui est employée; après avoir obtenu les trois négatifs avec écrans colorés en rouge, jaune et bleu, M. Richard tire par contact trois positifs sur plaque au gélatino-bromure. Il s’agit maintenant de donner à chacun de ces positifs la couleur qui lui convient et c’est là jusqu’à présent qu’échouent toujours ceux qui ont cherché à utiliser celte méthode. Le nouveau procédé consiste à substituer par une réaction convenable une couleur organique à l’argent réduit qui compose l’image. On y arrive par la transformation chimique du dépôt argentique en un sel capable de fixer ou de précipiter la couleur que l’on veut employer : le positif ainsi mordancé ne retient la couleur qu’aux endroits antérieurement noirs et cela proportionnellement à l’intensité de ces noirs. On peut arriver au même résultat par la transformation de l’argent en un sel capable de réagir sur les dérivés de la houille pour former ainsi sur place des couleurs organiques artificielles. Comme on le voit il s’agit simplement de réactions chimiques agissant sur la constitution même de la couche pour teinter les positifs l’un en rouge, l’autre en jaune et enfin le troisième en bleu, tandis que jusqu’à présent on employait des moyens de coloration autres, tels que les poudres ou une teinture. La superposition des trois monochromes obtenus par le procédé de M. G.-A. Richard rend bien toutes les couleurs du modèle en donnant même le gris et le noir, ainsi qu’une grande variété de bruns et de verts. Nous reviendrons sur le sujet quand l’inventeur, tout à fait devenu maître de son procédé, nous donnera les explications nécessaires pour faire connaître à nos lecteurs la manière d’opérer. G. M.
- La concurrence des chemins de fer en Angleterre. — Quoiqu’elle se soit légèrement apaisée maintenant, la concurrence entre les diverses compagnies de chemins de fer a été parfois des plus vives en Angleterre, et elle a amené souvent des abaissements de tarifs absolument surprenants. Nous en trouvons un exemple dans l’histoire du chemin de fer d’Edimbourg à Glasgow : en 1855, quand le chemin de fer calédonien mit en exploitation la ligne réunissant ces deux villes, la rivalité entre les deux compagnies fit descendre les tarifs d’une façon extraordinaire. Auparavant on payait en première classe 8 shillings, en seconde 6 shillings et en troisième 4 shillings; dès lors on ne paya plus respectivement que 1 shilling, 9 pence et ô pence, c’est-à-dire, pour parler en francs, qu’un voyage qui coûtait 4fr,64 ne revenait plus qu’à 60 centimes. Ces prix absolument anormaux furent maintenus pendant une année et dqmie. Il est juste d’ajouter qu’ils coûtèrent cher aux actionnaires de l’ancienne compagnie, qui virent leurs dividendes diminuer d’un point et demi. En 1857 un cas analogue se produisit quand on ouvrit au trafic la ligne sur Liverpool de la G. N.,
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- LA NATURE.
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- autrement dit de la Great Northern, en concurrence avec la voie de la London and Norlh Western. Les deux compagnies abaissèrent leurs prix jusqu’à 7 shillings G pence en première classe et 5 shillings en seconde pour le voyage aller et retour de Londres à Liverpool, ce qui représente une distance de 400 milles. Cela mettait le tarif sur le pied de 1 penny, 10 centimes, par 7 milles, ou 11 2G5 mètres. Dans ce cas comme dans le précédent, du reste, c’était exploiter à perte; mais il en est résulté néanmoins un grand bénéfice pour les voyageurs. D. B.
- La prochaine éclipse de soleil. — Dans la dernière séance de la Société britannique d’astronomie, il n’a été uniquement question que de la grande éclipse du 9 août, que le gouvernement français fera observer au Japon. Un grand nombre de suggestions ont été présentées pour cette importante occasion. En Russie, le zèle est exceplionnelleinent actif. L’observatoire de Pulkowa enverra une observation à l’embouchure du fleuve Amour. L’Académie res sciences de Saint-Pétersbourg a choisi la Nouvelle-Zemble, où se rendra aussi la Société des naturalistes de Kazan. La Société de géographie de Pétersbourg enverra le directeur de l’observatoire d’Irkousk à Olek-minsk, sur la Léna. Les professeurs Glasenopp etL. J. Vu-chikhovsky iront à leurs frais observer l’éclipse en Finlande. Le nombre des adhésions reçues par la maison Cooks pour l’expédition de touristes dirigée vers le fiord Vadso est si considérable qu’elle a frété un second navire pour ce remarquable voyage d’exploration. Au steamer Garonne elle a joint le steamer Lusilania. Le premier navire quittera Londres le 24 juillet et l’autre le 31.
- \V. de F.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 30 mars 1896. — Présidence de M. Cornu.
- Découverte d’une propriété des rayons cathodiques. — M. Gouy indique une propriété des rayons cathodiques qui n’avait encore été signalée par aucun observateur. En chauffant au chalumeau des tubes de Crookes qui avaient été longtemps en usage, il a constaté que le verre prend d’abord un aspect mat provenant du développement d’une infinité de petites bulles imperceptibles. Si l’on continue à chauffer, on voit apparaître des petites bulles de gaz à l’intérieur de la masse vitreuse, produites par la réunion des plus petites bulles. De même le verre qui a été soumis à des rayons cathodiques intenses dégage des bulles de gaz.
- La perméabilité des corps aux différentes radiations. — M. Becquerel a comparé la puissance de pénétration des radiations émises par les corps phosphorescents et des radiations de Rontgen. Il a employé séparément, comme moyens de recherche, les plaques photographiques et l’électromètre. Les résultats déduits des deux procédés ont été très concordants. M. Becquerel a constaté d’une manière générale que les corps soht beaucoup plus transparents pour les radiations de phosphorescence que pour les radiations de Rontgen. Ainsi le platine, le cuivre, qui Sont très peu perméables à ces dernières, sont très aisément traversés par les premières. Le quartz, qui arrête complètement les radiations de Rontgen, est diaphane pour les radiations de phosphorescence. Le cuivre est aussi transparent pour ces dernières que l’aluminium est perméable pour les radiations de Rontgen. Enfin une bande de verre pilé s’est montrée plus transparente pour les radiations de phosphorescence qu’une pareille épaisseur de verre fondu. 11 est à remarquer que le verre
- pilé, par suite du jeu des réflexions irrégulières qui se produisent à l’intérieur, est absolument opaque pour la lumière ordinaire.
- Les mœurs des fourmis. — M. Charles Janet, de Beauvais, a effectué des observations sur les rapports de certains insectes avec les fourmis. 11 y a dans les nids de fourmis des insectes qui y ont leur résidence habituelle. Parmi ces derniers il en est un qui porte des poils en rapport avec des glandes sous-cutanées sécrélant un liquide sucré dont les fourmis sont très friandes. M. Janet a observé dans les nids de fourmis un autre insecte de la famille des Lepisma saccharinea. Le Lepisma est plus connu sous le nom de poisson d’argent; on le trouve dans les vieux livres. Ce nouvel hôte est extrêmement avide des gouttelettes sucrées dont il a été question; aussi est-il poursuivi par les fourmis, auxquelles il n’échappe que par sa mobilité. Les fourmis le dévorent en quelques minutes lorsqu’elles l’atteignent.
- Varia. — M. de Mesly a étudié l’alchimie des Grecs et des Chinois. — M. Meslin indique un procédé permettant d’obtenir en quelques secondes des photographies à l’aide des rayons de Rontgen. — M. Tisserand présente le tome IV de son traité de mécanique céleste dans lequel il expose la théorie du mouvement des satellites de Jupiter et de Saturne. Il étudie également dans ce volume les théories relatives à la figure des comètes et traite de la vérification de la loi de Newton d’après l’ensemble des observations, selon les travaux de Le Verrier et Newcomb.—M. Guillaume expose dans un volume les théories imaginées au sujet des rayons de Rontgen et traite de la photographie au travers des corps opaques. Ch. de Villedeuil.
- UN PROCÉDÉ DE YIS10N
- DES OBJETS PLACÉS DANS L’OBSCURITÉ
- Parmi les curiosités publiées à la suite des expériences de Rontgen, l’une des plus intéressantes est certainement celle que nous fait connaître The Electrical Enyineer, de New-York. Le moyen de rendre visibles à un observateur des objets placés pour lui et pour les autres observateurs dans une parfaite obscurité a été découvert et réalisé par un de nos compatriotes, établi en Amérique depuis de longues années, M. G. d’Infreville, et il nous a semblé intéressant d’en signaler le principe à nos lecteurs. Des industriels habiles en tireront certainement des applications utiles ou amusantes. Pour rendre visibles des objets placés dans l’obscurité, sans faire disparaître cette obscurité, il suffit d’amener sur ces objets des radiations obscures, et d’interposer entre l’œil de l’observateur et les objets un appareil qui transforme ces radiations et les rende visibles. Le système inventé par M. d’Infreville comprend donc deux appareils distincts : une source de radiations non lumineuses et un transformateur de radiations obscures en radiations visibles. La source des radiations non lumineuses est constituée par une lampe à arc enfermée dans une boîte : la lumière émise par l’arc est décomposée par un prisme, et occultée par un écran qui ne laisse arriver sur les objets que les radiations ultra-violettes, bien au delà au spectre visible. Ces objets se trouvent ainsi inondés de radiations obscures, de lumière noire dirait M. G. Le Bon avec la terminologie qu’il a adoptée. Pour les rendre visibles, il suffit de les observer avec une lunette ou une jumelle appropriée. Cette lunette est constituée par une lentille de quartz capable de réfracter les rayons ultra-violets
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- LA NATURE.
- sans les absorber. L’image formée parla lentille de quartz vient frapper une lame de verre mince enduite d’une substance fluorescente convenable, du sulfate de quinine ou du platino-cyanure de baryum, par exemple. L’image ainsi rendue fluorescente s’observe par transparence avec un oculaire interposé entre la plaque et l’oeil de l’observateur. Si la substance fluorescente est disposée sur une surface opaque, on l’observe par réflexion. On peut également employer un prisme de quartz à réflexion totale dont la face réfléchissante est recouverte de la matière fluorescente. Voilà donc un moyen de rendre visibles des objets placés dans une réelle obscurité, soumis à des radiations invisibles pour l’œil ordinaire. On devine à quelles indiscrétions, voulues ou non, se prête le système maginé par M. d’Infreville. Heureusement que l’auteur indique un remède infaillible contre l’abus possible de ces révélations. Si, dans le voisinage des objets ou des personnes, on dispose une solution de sulfate de quinine ou un morceau de verre d’urane, ces produits deviendront fluorescents dès qu’ils recevront les radiations obscures révélatrices : on sera ainsi averti de l’indiscrétion si on ne peut l’empêcher. Tel est le principe des recherches poursuivies par M. d’Infre-ville lorsque l’annonce des rayons X l’a obligé à publier ses premiers résultats avant que ses travaux ne soient achevés. Nos lecteurs voudront bien reconnaître que ces travaux présentent un certain caractère d’originalité, et qu’à défaut d’applications utiles, ils pourront en recevoir de curieuses, ne fùt-ce que dans le domaine de la prestidigitation et dans celui du pseudo-spiritisme. E. II.
- --o^><-
- ÉLECTRICITÉ PRATIQUE
- ACCUMULATEURS PORTATIFS 1
- Les amateurs électriciens et beaucoup d’industriels également recherchent depuis longtemps des accumulateurs légers, portatifs, d’un volume très restreint et en même temps très maniables. Nous avons eu dernièrement l’occasion d’examiner divers modèles de la Société des accumulateurs légers, et de faire sur l’un d’eux quelques expériences.
- Ces accumulateurs sont formés de plaques de diverses dimensions, semblables à la plaque (fig. 1), ayant leurs supports en plomb antimonié et présentant de petits quadrillages à biseaux pour recevoir la matière active. Celle-ci, par certains procédés, , 1 Voy. n° 1120, du 17 novembre 1894, p. 3Qb.
- sèche et reste adhérente au métal. Les plaques sont ensuite montées sur un support et écartéès les unes des autres à une distance de 2 à 5 millimètres. La figure 2 nous donne la coupe intérieure de deux accumulateurs; les plaques ne touchent pas le fond et sont renfermées dans une boîte rectangulaire en celluloïd avec un couvercle maintenu solidement à la partie supérieure. On a ménagé des petits trous pour l’écoulement des gaz. Le liquide est composé de 10 parties d’acide sulfurique et de 90 parties d’eau distillée.
- Ces modèles d’accumulateurs se construisent pour des modèles de 3, 5 et 7 plaques avec des capacités respectives de 1, 3 et 5 ampères-heure pour des poids de 70, 140 et 225 grammes. D’autres modèles sont également fabriqués sur demande.
- L’accumulateur à deux éléments que nous avons fait fonctionner, à 7 plaques positives et 6 plaques
- négatives, d’un poids total de lks,110, soit 0ks,550 par élément, nous a donné un débit de 2 ampères pendant 3 heures, avec une différence de potentiel de 4 volts au début, et 3,6 volts ensuite. “A la fin de la décharge, pendant un quart d’heure l’intensité est tombée à 1,75 ampère. La capacité totale a donc atteint 6,5 ampères-heure. Un accumulateur à 15 plaques simples, d’un poids total de lks,300, a fourni un débit de 22 ampères pendant 45 minutes, soit une capacité de 16,5 ampères-heure. La différence de potentiel était au début de 2,2 volts et à la fin de 1,4 volt.
- Les usages de ces petits accumulateurs peuvent être des plus nombreux. NOUS rappelons d’abord la canne électrique lumineuse, dont nous avons donné la description dans le n° 1074, du 30 décembre 1893, p. 78. Les piles qui actionnaient la lampe placée dans le pommeau de la canne sont remplacées par ces nouveaux accumulateurs. Citons encore les lampes portatives diverses, les lampes pour mines, les appareils pour allumage. La figure 3 montre un tube avec accumulateurs et lampe pour adapter à une bicyclette; dans la figure 4 nous voyons une boîte d’accumulateurs pour lanterne de voyage. J. L.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Ti.ssa.muk.u
- Fig. 1, 2, 3, 4. — Accumulateurs électriques portatils.
- Paris. — Imprimerie Lauuiie, rue de Fleuras, 9.
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- NJ H93. — H AVRIL 1806.
- LA NATURE.
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- MACHINE A CALCULER
- FELT ET TARRANT
- La Nature a déjà donné la description de la machine à calculer de M. Odhner1. Nous en décrirons une autre, basée sur des principes notablement différents et due à MM. Felt et Tar-rant, de Chicago.
- La machine comporte une série de touches rangées en colonnes et analogues aux touches des machines à écrire (fig. 1). Les touchesdechaque colonne sont au nombre de neuf et numérotées.
- La machine comporte autant de
- colonnes qu’il y a Fig. 1.
- de chiffres dans
- les nombres sur lesquels on opère. En avant et au bas de chaque colonne se trouve une fenêtre dans laquelle on peut faire apparaître les chiffres de 0
- à 9. Il existe une ^___________________________
- fenêtre en plus à L gauche.
- Les touches d’une même colonne agissent sur un même levier L (fig. 5) et par son intermédiaire sur un disque. La profondeur dont chacune peut s’enfoncer et la longueur du bras de levier sur lequel elle agit sont telles que, poussées à fond de course, elles font avancer le disque de 1/10, 2/10,
- 9/10 de tour.
- Grâce à un encliquetage convenable les touches et le levier L reviennent à leur position initiale sans entraîner le disque D dans leur mouvement de recul. Ce disque porte les chiffres de 0 à 9 qui apparaissent dans les fenêtres. Grâce à un doigt convenablement placé, lorsqu’un disque, après avoir
- 1 Voy. n° 1179, du 4 janvier 1896, p. 65. 24e année. — Ier semestre.
- montré le chiffre 9, avance d’un cran et montre le chiffre 0, il fait avancer d’un cran le disque voisin/ à gauche. Ainsi en frappant la touche 2 de la première colonne, nous augmentons de deux unités le nomb. qui apparaissait primitivement dans les fenêtres^!
- En frappant Id^ touche 5 de la deuxième colonne, nous ajoutons cinq dizaines, et ainsi de suite.
- Addition. — Après avoir ramené à 0 tous les chiffres apparaissant dans des fenêtres, on frappe successivement tous les nombres à additionner, et cela de deux façons différentes : l°on frappe l’une après l’autre toutes les touches correspondant à un
- même nombre ; 2° on frappe d’abord toutes les touches correspondant aux unités des divers nombres, puis les touches correspondant aux dizaines, etc.,
- __________________________ en un mot, on
- J suit le même ordre qu’en faisant une addition sans machine. La seconde méthode est plus rapide, mais, pour être facilement pratiquée, exige que les nombres
- La machine à calculer Felt et Tarrant.
- Fig. 2. — Mode d’emploi de la machine.
- soient écrits régulièrement les uns au-dessous des autres. La première méthode, un peu moins rapide, s’applique à des nombres disposés d’une façon quelconque et permet de lire sommes partielles l. Multiplication. — De même que dans un grand
- au fur et à mesure les
- 1 A propos de la description qui est donnée ici d’une nouvelle machine à écrire, nous rappellerons que ces appareils sont en très grand nombre. Le Conservatoire des arts et métiers, à Paris, a une des plus belles collections qui existent des machines à calculer anciennes et modernes. Nos lecteurs peuvent la visiter. !
- 19
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- LA NATURE.
- nombre d’autres machines, la multiplication s’opère par additions successives. On peut encore procéder de deux façons différentes. Soit à foire la multiplication 524x589. On peut frapper :
- 9 fois la touche 4 8 fuis la touche 40 5 fois la touche 400
- 9 fois la touche 20 8 fois la touche 200 5 fois la touche 2000
- 9 fois la touche 500 8 fois la touche 5000 5 lois la touche 30 000
- On peut aussi frapper :
- 9 lois la touche 4 9 fois la touche 20 9 fois la touche 500
- 8 fois la touche 40 8 fois la touche 200 8 fois la touche 5000
- o fois la touche KM) 5 fois la touche 2000 5 fois la touche 50000
- Avec le premier mode, on a des séries comprenant plusieurs lois de suite le même nombre de coups et l’obligation de courir sur toute l’étendue du clavier. Avec le second mode on doit chaque fois frapper un nombre de coups différent, mais on n’a à se déplacer que sur une meme ligne horizontale. C’est ce second mode que nous préférons.
- Soustraction. — La soustraction s’opère d’après le principe suivant : retrancher 54 524 équivaut à ajouter 45676 et retrancher 100000. Le second nombre se tire du premier en retranchant chaque chiffre de 9, sauf le chiffre extrême à droite qui doit être retranché de 10. Chaque touche porte en plus petits caractères, et d’une couleur différente, ladiffé-
- ; , L
- Fig. 3. — Schéma explicatif.
- rence entre 9 et le chiffre principal. Pour retrancher un nombre A d'un nombre B, on frappera le nombre B à la façon ordinaire, puis le nombre A en se servant des petits chiffres indiqués sur les touches. Des détails de mécanisme dans lesquels nous ne pouvons entrer ici servent à effectuer simplement la soustraction de 1000, 10 000, 100 000, etc., suivant le cas, et à corriger l’erreur d’une unité sur le dernier chiffre.
- Division. — On opère par séries de soustractions. Si, par exemple, le quotient a 5 chiffres, on soustrait du dividende, autant de fois qu’il est possible, le diviseur multiplié par 100, puis le diviseur multiplié par 10, puis le diviseur lui-même.
- Nous passons sous silence l’appareil permettant de ramener les 0 dans toutes les fenêtres après exécution d’un calcul.
- Dans la machine Odhner, de même que dans la machine Thomas, on doit d’abord écrire un nombre en amenant le curseur des unités au droit du chiffre correspondant, puis le curseur des dizaines au droit du chiffre correspondant, etc. Pour ajouter une, deux, trois fois ce nombre, on donne un, deux, trois tours de manivelle; pour l’ajouter dix, vingt,
- trente fois, il fout déplacer le chariot d’un cran et donner un, deux, trois tours de manivelle. Avec la machine Felt et Tarrant, pour ajouter un nombre il suffit de frapper autant de touches qu’on a de chiffres. Pour l’écrire une seconde fois il faut recommencer la même opération. Pour l’ajouter dix, vingt, trente fois, il faut recommencer une, deux, trois fois l’opération en se déplaçant d’un rang vers la gauche, etc. Mettre au point une série de curseurs est beaucoup plus long que de frapper une série de touches; mais, d’autre part, tourner la manivelle est plus court que recommencer à frapper la série de touches. La machine Felt et Tarrant est d’autant plus avantageuse qu’on a à écrire un moins grand nombre de fois chaque nombre.
- Nous en avons eu une en main, ainsi que des machines Odhner et Thomas, ces dernières fort différentes comme principe, mais équivalentes comme marche des manipulations. La machine Felt et Tarrant nous paraît beaucoup plus rapide pour l’addition. De même pour la multiplication lorsque les deux facteurs changent constamment. Les machines Odhner et Thomas sont préférables pour la multiplication lorsqu’un des facteurs demeure constant dans un grand nombre d’opérations. Même en dehors de ce cas les machines Odhner et Thomas reprendraient l’avantage pour les multiplications si l’un des facteurs avait un très grand nombre de chiffres, dix par exemple.
- Dans la machine Felt et Tarrant il ne reste aucune trace des manipulations successives. Si l’on n’a pas frappé la touche voulue, si on n’a pas frappé le nombre de fois voulu, si on n’a pas enfoncé la touche à fond de course, autant de causes d’erreurs que rien ne signale; au contraire, dans les autres machines, le multiplicande reste écrit au moyen des curseurs et peut être vérifié, tandis que le multiplicateur, au fur à mesure des tours de manivelle, s’inscrit dans des fenêtres ad hoc. Un modèle spécial a été créé par MM. Felt et Tarrant avec bande de papier où viennent s’imprimer au fur et à mesure les nombres additionnés et les sommes partielles. Le contrôle est alors parfait mais la machine devient compliquée et coûteuse.
- Telle que nous l’avons décrite, avec huit colonnes de touches et neuf fenêtres, c’est-à-dire neuf chiffres pour les sommes ou 'produits, la machine a environ les dimensions suivantes : largeur 25 centimètres, longueur 55, hauteur 12. Elle nous paraît appelée à rendre de grands services d’abord pour les additions, et ensuite pour les multiplications dans le cas indiqué plus haut. P. Lauriol.
- LES CONSTRUCTIONS
- DE LA MARINE DE GDERRE BRITANNIQUE
- On a souvent insisté sur la rapidité avec laquelle on mène à bien, en Angleterre, la construction même des plus grands cuirassés dans les chantiers privés et dans
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- les arsenaux; voici, d’autre part, quelques chiffres qui montreront bien l’importance des additions qu’on fait chaque année à la flotte militaire de la Grande-Bretagne.
- Pendant la seule année 1895, on a mis à flot un ensemble de 36 navires, non compris, bien entendu, les torpilleurs, mais y compris les contre-torpilleurs ou tor-pedo-desiroyers, comme on dit en anglais. Ces 56 navires représentent un tonnage total de 136 762 tonneaux, et leurs machines réunies ont une puissance de 274 800 chevaux indiqués; ces constructions n’ont pas entraîné une dépense de moins de 210 millions de francs. Ajoutons que, dans ces bâtiments neufs, la part des arsenaux est de 8 navires et 70 550 tonneaux, ce qui laisse 28 navires et 66 112 tonneaux pour les chantiers privés.
- Pendant les six dernières années, l’augmentation totale de la flotte britannique a été de 158 unités et de 516 042 tonneaux.
- Dans les années précédentes à 1895, qui a été une année remarquable, les constructions se répartissent de façon fort inégale entre les chantiers de l’État et ceux de l’industrie privée. On a pu remarquer que les travaux, tout en se faisant assez vite dans les premiers, coûtent un peu plus cher que dans les seconds.
- Avant de finir, nous citerons, par ordre d’importance de production, les arsenaux anglais, qui sont Portsmouth, Chatham, Pembroke, Devonport et Sheerness. En prenant une moyenne sur les six années que nous avons considérées, nous voyons que le premier produit annuellement 13 751 tonneaux, le deuxième 13 271, tandis que le troisième offre le chiffre plus modeste de 8856 ; enfin Devonport se présente seulement avec 6817 tonneaux et pour Sheerness le total ressort seulement à 2432 tonneaux. D. B.
- VALEUR SANITAIRE DU PAVAGE EN ROIS
- La valeur du pavage en bois au point de vue sanitaire a fait l’objet de nombreuses controverses : pendant que la plupart des ingénieurs préconisaient ce mode de revêtement à cause de la douceur qu’il donne au roulement des véhicules, et de sa facilité d’entretien qui compense le prix élevé de premier établissement (20 francs par mètre carré), un certain nombre d’hygiénistes et de directeurs de travaux municipaux le déclaraient impropre à répondre aux conditions nécessaires de la salubrité urbaine en raison de sa perméabilité. Non seulement on incriminait la pénétration des eaux pluviales, qui peut amener la pourriture des blocs, mais aussi celle de tous les liquides impurs répandus sur la surface des chaussées. Cette introduction de matières organiques s’effectuerait encore par les joints et viendrait créer un foyer pestilentiel sur la couche de béton qui sert de forme supportant le pavage. Enfin on accusait le bois de fournir par la sécheresse une fine poussière très dangereuse pour les muqueuses des organes respiratoires.
- M. Petsche, ingénieur des Ponts et Chaussées, vient, dans une communication récemment faite devant la Société des ingénieurs et architectes sanitaires de Francel 2, de faire justice de ces préjugés
- Il fait, tout d’abord, remarquer que l’extension du
- 1 Voy. Génie sanitaire, n° de mars 1896.
- 2 11 s’agit ici, bien entendu, de pavage soigneusement exécuté sur une forme en béton parfaitement dressée, avec blocs en bois durs et résineux jointoyés au ciment, tel qu’il se fait à Paris et à Londres.
- vage en bois dans les grandes villes est de jour en jour plus considérable (à Londres les surfaces ainsi revêtues représentent plus de 2 000 000 de mètres carrés, à Paris environ 1 000 000 de mètres carrés, à Sidney plus de 20 kilomètres de voies) sans qu’on ait observé dans aucun des quartiers ainsi pavés la présence de mauvaises odeurs ou l'éclosion d’épidémies.
- Passant ensuite à la question de la poussière, M. Petsche se demande comment le pavage en bois pourrait donner plus de poussières dangereuses que le macadam et même le pavage en pierre. Il ne s’use en effet que de * 2 à 5 millimètres par an dans la plupart des voies, de 4 à 5 millimètres dans les voies à moyenne circulation, et de 1 centimètre au plus sur les voies les plus fréquentées. En outre, une grande partie des détritus qu’il pourrait fournir à l’atmosphère est entraînée à l’égout par les lavages, tandis que le macadam, qui s’use de 10 centimètres par an, ne saurait être lavé à grande eau.
- Vient ensuite l’objection relative à la perméabilité des joints : elle est réduite à néant par ce fait que si le pavage est arrosé et bien gravillonné, les blocs se serrent énergiquement et les joints se maintiennent indemnes de toute imprégnation : on le constate aisément, à Paris du moins, lorsqu’on démonte des chaussées pavées en bois ; les joints au ciment sont demeurés imperméables et la forme n’est pas souillée.
- L’argument de l’absorption des liquides organiques et des germes par le bois, et de sa tendance à la décomposition, paraît au premier abord beaucoup plus sérieux, et ne peut être combattu que par des expériences directes. Déjà M. Mac Garcie Smith, bactériologiste de Sidney, avait prouvé, par des inoculations restées infructueuses sur des cobayes, que les cultures microbiennes faites avec du bois de pavage datant de dix ans ne contenaient aucun organisme pathogène. M. Petsche a prié M. le Dr Miquel de reprendre la question. Voici la méthode employée 1 : on prélève aseptiquement (autant que cela est possible dans une atmosphère toujours chargée de 5 à 6000 bactéries par centimètre cube) 1 décigramme de sciure de bois au fond d’un trou foré dans le pavé, avec une mèche stérilisée au feu et refroidie ; on dilue cette sciure dans 100 centimètres cubes d’eau stérilisée, et l’on ensemence, après une agitation prolongée, dans de la gélatine nutritive privée de tout germe.
- Les essais ont porté sur des pavés neufs et sur des pavés ayant de sept à huit ans de service, ainsi que sur le béton de, la forme sous-jacente. Les conclusions du savant bactériologiste sont des plus rassurantes : En résumé, dit-il, les chaussées en pavés de bois ne sont pas perméables aux bactéries ; l’enduit de mortier qui se trouve sous les pavés et qui recouvre la chappe est relativement peu chargé de microbes. La fondation de béton en renferme encore moins, et ce n’est que quand on arrive au sable recouvrant le sol que le chiffre des microbes redevient normal.
- Ainsi donc les craintes exprimées au sujet des conditions sanitaires du pavage en bois sont sans fondement, et, retournant les reproches adressés à ce mode de revêtement, M. Petsche fait à son profit, et non sans raison, le procès du macadam et du pavage en pierre, qui ne peuvent ni l’un ni l’autre supporter des lavages à grande eau, et dont le second présente, au point de vue des joints, une infériorité manifeste. I)1’ Z...
- 1 Rapport de M. le Dr Miquel.
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- LA NATURE.
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- LA PHOTOGRAPHIE PRATIQUE
- UNE CHAMBRE d’aTELIER
- Nous avons souvent donné à nos lecteurs la description d’appareils photographiques bien construits destinés aux touristes et aux amateurs pour la pose et pour l’instantané. Aujourd’hui nous croyons rendre service aux photographes professionnels et aux amateurs qui ont à leur disposition une terrasse de pose, en leur décrivant une chambre d’atelier qui nous a paru bien conçue et bien construite.
- L’arrière-corps de cette chambre glisse sur des roulettes encastrées dans des rainures. Dans le maniement, on se sert des boutons à cuvettes L et K que l’on pousse ou que l’on attire à soi ; la mise en plaque et la mise au point se font ainsi rapidement ; un tour ou deux donnés à chacun des deux boutons à cuvettes L et K immobilisent le corps de chambre. La mise au point absolue se fait en employant le volant H qui actionne, par un pignon d’angle, une vis d’Archimède; le mouvement est plus doux et plus précis qu’avec la crémaillère. Quand on a besoin d’un long foyer ou que l’on fait un agrandissement (le tirage de la chambre étant de deux mètres), la partie antérieure A occupe la position indiquée en lignes poin-tillées A'.
- Dans cet appareil dont nous venons de parler le corps médian B est mis en fonctionnement par la vis d’Archimède. L’opérateur se trouvant à l’arrière de sa chambre, sans quitter de l’œil la glace dépolie, peut faire avancer ou reculer le corps B. Dans les modèles actuellement en usage, cette partie de la chambre ne pouvait être manœu-vrée qu’à la main.
- Les avantages du nouveau système sont les suivants : 1° Avec une chambre 50x60, on peut obtenir un cliché de cette dimension et, en passant par tous les intermédiaires, jusqu’à 9x12. Personne n’ignore que les photographes ont toujours deux appareils, l’un pour les formats jusqu’à 18 X 24 ou 21 x27 et le second pour les formats de grandes dimensions. La nouvelle combinaison permet, en plaçant l’objectif sur le corps B et à l’aide, au besoin, d’un cône rentrant, d’arriverjusqu’à lOou 12 centimètres de foyer.
- 2° Cette chambre nouvelle peut servir en outre d’appareil d’agrandissement ou de réduction. Dans chacun de ces cas on remplace, à la partie antérieure À, les planchettes destinées à supporter les objectifs par une boîte construite de la manière suivante : la boîte s’ouvre à l’aide de charnières ; à la partie antérieure se trouvent, d’abord un volet plein glissant dans des rainures servant d’obturateur, ensuite un verre dépoli destiné à diffuser la lumière et à empêcher la reproduction sur le cliché des objets étrangers placés devant l’appareil, enfin, à la partie postérieure, un jeu d’intermédiaires peut recevoir les négatifs ou positifs à agrandir ou à réduire.
- Chaque corps de la chambre peut être immobilisé d’après les besoins du travail; suivant les différentes longueurs de foyer à employer, on peut rendre fixe A ou le corps B. Le corps A peut occuper la position A' et le corps B la position A. Ils peuvent alternativement rester immobiles ou être actionnés par le volant H. Si le corps A doit fonctionner et B rester immobile, on desserre la vis B et sa semblable sur le même plan et l’on serre la vis I) et celle correspondante placée de l’autre côté. Si au contraire le corps B doit se mouvoir et A rester fixe, c’est l’opération inverse qu’il faut exécuter.
- 5° Doit-on reproduire des gravures ou un objet opaque quelconque, on adapte alors à l’endroit indiqué en pointillé un support ad hoc, les parties A et B sont immobilisées à l’endroit exigé par le foyer de l’objectif, et l’opérateur derrière sa chambre fait manœuvrer avec le volant H la partie A'l)' et au besoin la partie C. 11 est inutile d’insister sur le parallélisme absolu qui règne dans toutes ces opérations, donc pas de déformations, puisque toutes les parties de l’appareil glissent dans les mêmes rainures. Cet appareil supprime donc la chambre obscure dont se servaient les photographes pour leurs travaux d’agrandissements et de réductions.
- En résumé, dans le modèle que nous faisons connaître, toutes les opérations sont faites avec rapidité et précision. Cet appareil est dû àM. E. Poulenc. Nous croyons qu’il intéressera les lecteurs amateurs de photographie qui ont des ateliers bien disposés. X..., ingénieur.
- Chambre photographique d’atelier.
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- LES RAYONS X ET LE DIAMANT
- On sait que M. Rôntgen a été amené à distinguer les radiations qu’il a appelées rayons X en constatant quelles traversent le carton et le papier noirs, opaques pour les radiations lumineuses reconnues jusque-là. Il constatait bientôt que tous les corps, voire ceux qui sont réputés les plus opaques, laissent passer plus ou moins aisément les radiations nouvelles.
- Nous avons pu constater nous-mêmes que l’or en feuille mince paraît aussi transparent que le papier et l’un de nous a observé que le platine divisé qui constitue l’image des photocopies au platine ne modifie pas sensiblement la transparence du papier qui le porte, si bien que les rayons X n’ont pu donner la copie d’une telle image appliquée sur le gélatinobromure d’argent d’une plaque sensible extra-rapide.
- Toutefois, à épaisseur égale, la transparence pour les rayons X varie beaucoup suivant des lois complexes et peu connues encore, parmi lesquelles on peut retenir cependant que le carbone, dans ses divers états, ainsi que ses composés non métalliques, ont une transparence beaucoup plus grande que les substances métalliques simples ou composées. Le diamant, le graphite, les charbons amorphes sont transparents, et parmi eux le jais, variété brillante de lignite que la joaillerie emploie beaucoup et imite souvent comme elle imite si bien le diamant.
- Le diamant est imité le plus souvent par des verres denses riches en plomb, d’indice élevé; parfois on taille en brillants le cristal de roche, le corindon, le grenat décoloré, etc. 11 était intéressant de rechercher si les rayons X permettraient de différencier nettement le diamant de ces imitations. Nous y avons réussi par deux méthodes, dérivées des deux caractères essentiels par lesquels M. Rôntgen a distingué les rayons X :
- 1° Action sur les préparations photographiques.
- 2° Action sur les substances fluorescentes.
- Méthode graphique. — Diamants et imitations sont déposés sur du papier noir qui enveloppe une plaque au gélatino-bromure extra-rapide. Au-dessus, à quelques centimètres, est un tube de Crookes
- actionné par une grosse bobine de Rulnnkor J. Après impression, développement et fixage, on trouve sur le fond noir du phototype les silhouettes des corps mis en expérience. La différence est si considérable entre les taches données par le diamant et celles qui proviennent des faux diamants que le doute n’est pas possible. La transparence relative du diamant est telle que des poses un peu longues font entièrement disparaître sa trace, et, dans nombre de nos clichés, nous ne pourrions la retrouver si nous ne l’avions d’avance sûrement repérée.
- Le groupe 1 de la figure montre une rose légèrement teintée en jaune, et dont la silhouette est bien moins noire que celle des huit faux brillants disposés en losange tout autour.
- Le groupe 3 permet de comparer un brillant monté sur la boucle d’oreille qui en est ornée, à
- un faux brillant qui est notablement plus petit et montre pourtant une opacité incomparablement plus grande. La figure A en bas montre le pendant posé à plat. Le brillant n’y a pas laissé de trace. Ces deux diamants, valant 1600 francs, ont un diamètre d’environ 8 millimètres.
- Nous avons trouvé les mêmes différences entre les brillants de 14 millimètres valant 20 000 francs et un faux brillant B qui est
- un peu plus petit. Nous avons aussi reconnu la
- silhouette d’un grenat décoloré taillé en brillant et jouant assez bien le diamant, mais surabondamment trahi par son opacité pour les rayons X.
- La figure 4 porte en A une rivière de brillants cousue sur un velours noir qui n’a pas même laissé de trace. En B est une rivière de faux brillants, à jour comme les vrais, et posée sur le même velours.
- Enfin la figure 2 montre en A un anneau de jais naturel dont les attaches sont beaucoup plus opaques; plus opaque également l’anneau de jais faux R, qui ne se distingue pas de sa monture. Dans l’anneau A sont 3 boutons de jais peu teintés, reliés par des fils de métal dont on suit les formes jusqu’au travers de l’épaisseur du jais. Au milieu de l’anneau des jais faux, on voit un bouton de jais dont la base est fort opaque. Nous avons soupçonné là, dissimulée, une plaque de fer destinée à fixer le crochet. Un aimant, en effet, attira énergi-
- Groupe 1. A, Diamant vrai entouré de huit faux.— Groupe 2. A, Jais vrai; B, Jais faux. — Groupe 5. A, Diamant vu de face et de profil ; en B, Diamants faux. — Groupe 4. B, Rivière de diamants faux ; A, Rivière de diamants vrais.
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- LA NATURE.
- quemcnt cette base de bouton à armature occulte.
- Les différents verres employés à imiter le diamant, comme aussi le quartz, le grenat blanc, se sont montrés incomparablement plus opaques. Il en est de même du corindon (oxyde d’aluminium) que nous nous attendions quelque peu, en raison de la transparence de l’aluminium, à trouver moins opaque que les autres pierres étudiées, et qui n’a pas donné de sensible différence. Nous nous proposons toutefois de compléter cette dernière comparaison sur des échantillons de mêmes épaisseurs et peut-être alors trouverons-nous une opacité moindre pour le corindon, et, en général, des opacités spécifiques variables pour ces différentes substances, différences qui permettront sans doute de les distinguer aussi les unes des autres.
- Méthode optique. — Si la méthode graphique fournit un document précieux et durable, elle peut parfois sembler longue et compliquée. Les observations de Rontgen sur la fluorescence produite par les rayons X nous ont permis de répéter les essais précédents plus vite et aussi sûrement.
- On peut enfermer le tube de Crookes dans un papier noir, et recevoir les rayons X sur un papier couvert de matière fluorescente telle que le platino-cyanure de baryum. Dans l’obscurité, on interpose les diamants à étudier. Les faux font tache noire sur le fond fluorescent; les vrais ne portent qu’une légère pénombre et semblent avoir été enlevés de leur monture. U est plus commode d’opérer en pleine lumière. Pour cela nous avons placé le papier fluorescent au bout d’un tube de métal, face nue au dehors. On regarde le champ fluorescent par l’autre bout. En amenant les bijoux au contact de la face nue du papier, on voit en noir les ombres portées par les faux diamants et par les montures métalliques tandis que celles des vrais diamants sont presque invisibles.
- Ce dernier dispositif ressemblant à celui que vient d’employer M. Salvioni en répétant les expériences de M. Rontgen, peut être varié de bien des façons, et a l’avantage de simplifier le manuel opératoire; si bien que, dans un laboratoire, il suffit de quelques secondes pour juger de l’authenticité d’un diamant libre ou monté sur un bijou quelconque. Ces expériences ont été faites au cabinet de physique de l’École des sciences de Rouen, avec des tubes assez mauvais, et nos poses les plus courtes ont été obtenues à l’aide de deux lampes à incandescence Gérard choisies dans un lot d’une centaine. Pour réduire la surface de la source des rayons X et augmenter la netteté des silhouettes, nous avons employé des diaphragmes en verre épais.
- Ajoutons enfin qu’il est peut-être fâcheux que l’on continue à appeler photographies les images obtenues avec les rayons X, qui n’ont pas grand’chose de commun avec la lumière. Nous appellerions volontiers Xographie la production des images permanentes à l’aide des rayons X et Xoscopie l’observation des rayons X par la fluorescence.
- Abel Ruguet et Albert Gascard.
- COMMENT ON DRESSE LES CHIENS
- DE CIRQUE
- LE SAUT PÉRILLEUX. -- LES ÉQUILIBRES
- Les procédés employés par les dresseurs de chiens pour obtenir certains équilibres et surtout le saut périlleux sont demeurés jusqu’à présent complètement inconnus. Ce dernier exercice paraît à bien des personnes tout à fait extraordinaire, presque inexplicable; plusieurs vont jusqu’à supposer qu’on ne peut pas Renseigner et que c’est une faculté naturelle chez certains sujets, comme la culbute aérienne du pigeon dit « le culbutant », si connu en Angleterre .
- Les gens de cirque, fort jaloux de leurs petits secrets professionnels, ont, jusqu’à présent, soigneusement caché leurs moyens d’action ; ils n’ont même pas hésité à lancer les curieux sur de fausses pistes, ce qui est cruel.... Aussi les chroniqueurs, instruits par l’expérience et devenus prudents, ne sont-ils pas prodigues de renseignements précis quand ils parlent du dressage; ils se contentent de cultiver l’anecdote. Le livre relativement le plus documenté qui ait été écrit sur Les jeux du Cirque (je veux dire le charmant ouvrage de M. Hugues Le Roux) renferme seulement cinquante à soixante lignes ayant trait à la théorie et à la pratique du dressage du chien. 11 valait mieux, certes, user de cette discrétion plutôt que s’exposer à rapporter une de ces énormités que le vieil Adams, le dresseur d’ours, mourant et repentant, s’accusait d’avoir répandues dans le monde.
- Nous croyons être mieux placé que beaucoup d’autres pour traiter cette question; car, non content d’avoir interviewé des saltimbanques, non content de les avoir vus à l’œuvre, pendant des mois, dans presque toutes les grandes villes d’Europe, nous avons souvent vérifié leurs méthodes en les pratiquant pour notre amusement personnel. C’était le bon parti à prendre pour être exact dans l’étude très complète que nous voulions écrire.
- Apprenez, d’abord, qu’il existe beaucoup moins de gens sachant dresser un chien au saut périlleux que de messieurs ou de demoiselles exhibant des chiens qui le font, et cela parce que la plupart les achètent tout dressés. Le saut périlleux constitue une grosse difficidté, et à part X., Y. et Z., aucun des montreurs que vous avez vus jusqu’à présent à Paris, aucun n’a, de sa vie, dressé un chien au saut périlleux ; je les connais tous, et, qui mieux est..., je connais leur fournisseur londonnien.
- J’avais beaucoup entendu parler de cet Anglais et je désirais vivement le voir à l’œuvre, car je l’estimais fort habile homme ; mais hélas ! il me paraissait difficile de trouver son adresse dans l’indicateur des industriels de Londres ! Je m’en désolais, quand je pensai à prendre conseil d’Ilamlyn, le grand marchand d’animaux qui m’avait déjà fourni des documents très précieux sur le commerce des bêtes fauves. Il me promit de me faire faire la connais-
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- sance de sir W. Atteston et il tint bientôt parole.
- Celui que je désirais visiter habite dans un sombre faubourg de Londres, sur les bords de la Tamise, non loin de l’endroit où débarquaient les soldats de Trafalgar. Nous pénétrâmes d’abord, en poussant une porte battante, dans une vaste cour encombrée de voitures réformées, de machines hors d’usage et où l’herbe pousse haute. Le dresseur demeure au fond, dans un bâtiment en ruine : il n’y a pas de rez-de-chaussée. J’entends que, seuls, les quatre murs se dressent, troués de portes sans battants, et de fenêtres sans persiennes; on a l'impression d’une bizarre construction sur pilotis au milieu d’une mer d’herbages. On grimpe au premier par une échelle placée extérieurement. Un homme apparut, me lança une corde ; nous nous aidâmes tant bien que mal et nous parvînmes dans une vaste pièce qui sert à la fois d’« antichambre » et de salle de répétition. L’hôte de ces lieux est un personnage à tête énorme de pochard impénitent au corps de « poussah » apoplectique comme on n’en voit qu’à Londres. Nous causâmes et, sur ma prière, il consentit à « travailler » devant nous. Il n’était pas trop brutal, et, bien qu’ayant la moitié de la main droite emportée par je ne sais quel accident, il maniait ses bêtes avec une dextérité de bon jongleur.
- Je m’attendais à surprendre un procédé spécial très expéditif, or, sir W. Atteston opérait comme j’avais toujours vu faire; mais avec quelle incomparable maestria! Ses chiens sont les plus merveilleux du monde!
- J’ai lu, il y a quelques années, un article sur le dressage, écrit par une personne étrangère au sujet, dans lequel était rapportée une interview de Marwelle sur le saut périlleux. Il y était dit ceci : « Beaucoup de gens apprennent le saut périlleux aux jeunes chiens en lançant de haut en bas contre un mur une balle de caoutchouc qu’ils ont fait sentir à la bête. Au lieu de revenir en arrière, quand elle est arrêtée par le mur, la balle monte dans une direction verticale, et le chien lancé suit le mouvement. Au moment où la balle, son mouvement ascensionnel terminé, décrit une courbe et retombe, le chien, pour l’attraper, se renverse et le saut périlleux se fait tout seul. » Je crois que l’on pourrait essayer longtemps cette méthode; le dresseur qui la donnait si complaisamment ne risquait pas de se créer des rivaux bien redoutables.
- Voici comment Atteston et presque tous ceux que je connais s’y prennent. On choisit de préférence, pour cet exercice, des chiens qui sautent très droit, projetant de bas en haut la partie antérieure du corps, on leur passe sous les pattes de devant, aux aisselles, une corde longue de deux mètres environ que l’on noue sur les épaules de façon que les deux bouts dépassant le nœud aient la même longueur. Ainsi harnaché, vous placez le chien sur un tapis un peu rembourré, et, tandis qu’un servant prend l’un des bouts de la corde, vous saisissez l’autre dans la main gauche, la gueule
- du chien se trouvant tournée vers votre main droite» armée d’une baguette (fig. 1). Vous excitez alors votre sauteur à franchir la baguette : au moment où ses pattes de devant la touchent, vous tendez la corde et, repoussant le haut du corps du chien en arrière au moyen de la baguette, vous le faites tourner autour de la corde prise comme pivot; le servant vous aide en poussant le train de derrière.
- Il y a aussi une méthode allemande (la première est américaine), qui consiste à se servir seulement du collier et de la laisse comme instruments de projection; le saut obtenu en s’y prenant ainsi n’est jamais correct ni droit; de plus, on risque, en l’employant, de briser bien des pattes. Je ne parlerai pas d’un affreux système de boîte à clous inventé par quelque vilain personnage : il est aussi ridicule qu’odieux.
- Quelle que soit la méthode mise en usage, le but est toujours difficile à atteindre et il ne faut pas compter y parvenir avant A ou 5 mois de bon travail quotidien. Les séances sont très fatigantes pour les bêtes et pour les gens ; les petits chiens donnent, comme on pense, moins de peine que les gros; pour ces derniers, il faut quelquefois requérir deux aides et la baguette devient un solide trapèze soutenu par des cordes attachées au plafond.
- Les meilleurs chiens sachant faire le saut périlleux simple qui aient été exhibés à Paris sont d’anciens pensionnaires d'Atteston, ils étaient présentés par un Anglais fort correct. Ensuite viennent ceux de Wallenda et de Marwelle.
- On complique le saut périlleux en lui donnant pour point de départ un support, ou même une pyramide de chiens munis de panneaux. C’est là le principal attrait du numéro de Groosvenor. Mme Doré possède un petit griffon d’Ecosse (Irisch terrier), Paddy, qui, haut de 25 centimètres aux épaules, franchit, d’un formidable saut périlleux en arrière, une barrière d’un mètre, — ce qui est prodigieux.
- On a beaucoup essayé le saut périlleux en avant ; on a dû renoncer au saut de pied ferme et employer le tremplin. En imprimant une impulsion au corps du chien quand il est en l’air, on est parvenu à le décider à plonger en avant; mais, après un épouvantable massacre, on n’a jusqu’à présent obtenu ce mouvement que d’une façon très incomplète. Magrini, le régisseur de Mme Alegria, a perdu dernièrement un petit caniche qui promettait de dépasser ses prédécesseurs dans cet exercice dangereux.
- Le saut arabe est un saut périlleux de côté, avec départ sur trois pattes au lieu de quatre : celles de derrière et l’une de celles de devant (fig. 2). Un chien sauteur ordinaire peut être instantanément transformé en un sauteur arabe : il suffit de lui attacher, avec un élastique, la patte qui doit rester inactive.
- Arrivons aux équilibristes.
- On a échafaudé de fort belles théories pour expliquer comment un acrobate peut se tenir en équilibre sur un fil de fer et s’y trouver aussi à l’aise que par terre ; une académie de médecine y a perdu
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- son latin et quelques-uns de ceux qui s’occupent de spiritisme ont fini par conclure que le prodige est dû principalement à un phénomène d’hypnotisme déterminé par la fixité du regard sur un point de mire; la même opinion a été exprimée par M. Hugues Le Roux.
- C’est chercher bien loin une explication qui se trouve dans un principe élémentaire de physique. Il n’y a rien de semblable dans ces exercices ; l’hypnotisme n’y a jamais joué aucun rôle.
- Il y a, en acrobatie, deux sortes d’équilibre : celui
- sur un point fixe (la terre, un piédestal, une corde (boule, trapèze, corde ou fil lâches). Dans le pre-ou un fil tendus), et celui sur un point mobile mier cas l’acrobate garde son aplomb parce qu’il
- Fig. 3. — Répétition dé jà marche sur les pattes de devant.
- Fig. 4. — L’équilibre sur une boule posée sur un trapèze.
- Fig. 5. — Le chien se prépare à se jeter du haut d’une table.
- ramène son centre de gravité au-dessus de son point de suspension; dans le second parce qu’il ramène son point de suspension au-dessous de son centre de gravité : il n’y a pas plus de malice que cela. Il le fait sans fatigue, parce que tous ses mouvements, d’abords réfléchis, sont devenus instinctifs. Je sais qu’un peu de mystère n’est pas pour nuire au métier
- et que les acrobates tiennent fort à passer pour des êtres extraordinaires, d’une essence très différente des autres mortels ; mais c’est vraiment leur prêter trop la main que d’écouter leurs contes de la mère l’Oie. D’ailleurs, s’il restait quelques amateurs du merveilleux pour professer la très curieuse histoire de l’hypnotisme, l’exemple de vulgaires caniches leur
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- montrerait très vite combien ils sont loin de la vérité.
- Je vous prie instamment de croire que mon petit chien Marquis n’est pas somnambule, je n’ai jamais vu ses yeux pleurer ni devenir fixes..., il n’a jamais su ce qu’on entend par point de mire; cela ne l’empêche pas d’exécuter, sur les pattes de devant, les exercices d’Eugénie Pétrescu et de se dresser sur une boule posée sur un trapèze, comme Erminia Chelly.__
- Ces marches sur les pattes de devant sont assez longues à obtenir.
- Le dresseur assouplit d’abord les reins de son élève en cambrant sa taille et en lui frictionnant la colonne vertébrale (fig. 3) ; puis il lui fait sauter la cravache. Au moment précis où le chien va retomber à terre, il le cingle au ventre de bas en haut et le force à se tenir, une seconde, sur les pattes de devant. La répétition finit
- Fig. 7. — L’équilibre de la boule roulante.
- par donner à l’équilibriste la force et l’adresse de rester dans cette position un temps suffisant. On peut alors lui apprendre à valser la tète en bas, à monter un escalier, à se jeter d’une table (fig. 5). Ce travail a été réalisé très heureusement par Miss Doré et par Karl Aix.
- Le cylindre est plus facile à manœuvrer que la
- boule, cela va de soi ; sur ces appareils comme sur la corde et le trapèze , le chien prend lui-mème l’équilibre; la crainte de tomber lui dicte les parades à faire ; et ces exercices, qui paraissent si difficiles, font plus d’honneuràl’élève qu’a son maître. Les équilibres dans la main ne constituent pas une difficulté sérieuse. Le chien, une fois habitué à se tenir raide, les reins cambrés (fig. 6), la tête relevée vers la queue (on la lui met quelquefois dans la gueule),
- Fig. 8. — Le jeu du ballon.
- Fig. 6. — Manière d’allonger le corps du cliien pour les équilibres dans la main.
- le dresseur le tient à volonté à l’extrémité d’un doigt, sur deux pattes ou même sur une seule, absolument comme il ferait d’une baguette ou d’une bouteille. 11 peut même le jeter en l’air, le faire tourner sur lui-même et le rattraper toujours en équilibre; ce n’est plus qu’une question d’adresse de sa part : le chien est devenu passif. Mais malheur au montreur
- qui manquerait son coup ! Il pourrait rayer cet exercice de son programme ; car il aurait perdu la confiance de son élève, et ici la confiance fait tout !
- Les Parisiens ont eu dernièrement l’occasion d’applaudir, à l’Olympia, une dresseuse qui, depuis quelques années, a complètement renouvelé le dressage du chien, je veux parler de Miss Doré, la créa-
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- tricedcla danse serpentine... canine, imitée ensuite par les dresseurs : Tchernoff, Marwelle, Neragucl, Ricardo et Richard. L’explication de cet exercice ne rentre pas dans le cadre que nous nous sommes tracé, mais Miss Doré vient d’innover les équilibres d'objets exécutés par des chiens, et cela mérite d’être noté ici. La savante dresseuse possède un caniche d’une docilité merveilleuse, qui obéit aux moindres mouvements des yeux et qui, guidé par une mimique invisible pour les spectateurs, retient en équilibre une houle placée sur un bâton horizontal (fig. 7) ainsi qu’un appareil chargé de plats tournants et de cristaux ; il termine ses exercices en projetant un ballon en l’air, au moyen d’une raquette qu’il tient dans la gueule (fig. 8). Un de ses camarades, ayant une lampe allumée posée sur la tête, valse sur les pattes de devant.
- Voilà de curieuses innovations! Ajoutons que nous sommes redevable à Miss Doré de toutes les photographies instantanées qui, reproduites par la gravure, servent à illustrer notre article.
- Pierre IIachet-Souplet.
- L’ASSOCIATION FRANÇAISE
- POUR LAVAXCEMENT DES SCIENCES a CARTHAGE AVRIL 1896
- Il y a quinze ans, en 1881, l’Association française tenait sur la terre d’Afrique sa réunion annuelle : c’était la première fois que ses membres se décidaient à venir dans une partie de terre française moins connue, moins visitée que nos vieilles provinces. Le succès de cette session fut complet; près de douze cents membres avaient répondu à l’invitation de la municipalité d’Alger. Sept ans plus tard, une nouvelle session se tenait à Oran avec un succès égal, et l’année dernière, quand la ville de Tunis demanda au Congrès de franchir une troisième fois la Méditerranée, la proposition fut adoptée avec enthousiasme. L’organisation du Congrès fut rapide et, grâce aux bons efforts des membres du comité local, de son président, M. Machuel, et du zélé secrétaire, le Dr Loir, tout fut prêt à l’époque indiquée pour recevoir les hôtes attendus. Plus de quatre cents membres arrivaient par divers paquebots, affrontant les ennuis d’une mer fort mauvaise à cette époque, et se trouvaient réunis le 1er avril pour l’ouverture du Congrès.
- Le Résident général, M. R. Millet, a favorisé de tout son pouvoir l’élan des Tunisiens pour donner au Congrès de Carthage tout l’éclat désirable. Il a, dans une improvisation chaleureuse, remercié les membres du Congrès d’être venus affirmer, par la tenue de la session dans cette partie de l’Afrique, le lien qui la rattache à la mère patrie ; il a insisté sur le rôle que des hommes de science sont appelés à rendre dans ce pays de protectorat. « Le Français, dit-il, est éminemment sociable par l’intelligence. Il faut donc apprendre à comprendre les civilisations et les peuples différents de nous-mêmes. Rien ne sera plus facile ici. Car le peuple de ce pays est des plus ouverts qui soient à nos idées, à nos sciences, à nos arts. Nous devons nous efforcer de comprendre son génie propre, de faire ce que fit Rome qui, avec une merveilleuse souplesse, sut adapter son tempérament et sa mythologie au
- tempérament et à la mythologie pourlant si différents de vingt peuples divers. »
- Le président, M. Dislère, en sa qualité d’ancien ingénieur de la marine, avait choisi comme sujet l’histoire et les progrès de la navigation entre la France et la Tunisie. Prenant la question au début de la période ancienne, il montre que depuis trois mille ans les relations maritimes n’ont cessé, avec des intervalles parfois un peu longs, il est vrai, d’unir Carthage à sa colonie marseillaise, la Provence aux pays barbaresques, la France enfin aux ports de Tunis, de Sousse, Sfax, Bizerte. Cet exposé brillant ne saurait être même analysé, car c’est l’histoire même de toutes les entreprises maritimes qui s’associent à l’histoire ancienne comme à notre histoire contemporaine. M. Dislère montre, en terminant, « que l’expansion coloniale est un besoin de l’heure présente, une nécessité inéluctable de l’heure future. Les nations européennes, comprimées dans leurs frontières économiques, aspirent toutes à des débouchés pour leurs industries. Que sera-ce le jour où chaque peuple, se réservant de plus en plus strictement la fourniture de ce qu’il peut consommer, ne pourra plus songer à déverser sur ses voisins l’excédent de sa production?... L’Association française, en s’unissant à ce grand mouvement colonisateur, apporte, dans la limite de ses moyens d’action, sa part au développement de la grandeur nationale sur la côte africaine. ))
- Mercredi, une grande partie des congressistes se sont rendus au Bardo, conduits par M. Revoil, adjoint au Résident général, et M. Gauckler, inspecteur des antiquités et arts de la Régence. C’est avec un étonnement plein d’admiration que les visiteurs ont parcouru les salles du musée Allaoui. Cet ancien palais de Mohamed Bey a été transformé en un musée dont les riches collections feraient envie ’a plus d’un de nos musées européens : des mosaïques de toute beauté et dans un état de conservation parfaite, de riches collections qui s’enrichissent tous les jours grâce à l’intelligente et infatigable activité du jeune inspecteur. On inaugurait, ce jour-là, une salle nouvelle qui renferme les plus beaux spécimens de l’art antique.
- Le lendemain, le chemin de fer italien emmenait presque tous les membres du Congrès à Carthage. Tout le monde avait voulu visiter les ruines et les vestiges de l’antique cité. Ces ruines et ces vestiges, il faut les chercher, il faut les découvrir dans les profondeurs du sol. De-ci de-là émergent quelques pans de muraille, quelques débris; mais ce sont les fouilles, dirigées par le savant P. Delattre, qui peu à peu permettent de reconstituer l’histoire et les grandeurs de la cité carthaginoise.
- L’excursion générale, d’une demi-journée, a conduit le Congrès à Bizerte, ce merveilleux port que l’on s’étonne de voir si lentement aménagé au point de vue de la défense et de l’installation d’un grand arsenal militaire. Favorisée par un soleil radieux, cette excursion a été des plus intéressantes.
- A la clôture du Congrès, les membres de l’Association se sont divisés en plusieurs groupes, se dirigeant les uns sur Sousse, Kairouan, les autres sur la Kroumyrie, Tebessa, etc.
- Le Congrès de Tunis, auquel on a donné le nom de Carthage pour unir, dans un même sentiment, le passé glorieux et le présent avec toutes ses espérances de brillant avenir, ce Congrès aura eu un grand succès et laissera chez tous les meilleurs souvenirs. Il est juste d’adresser nos plus sincères remerciements aux deux organisateurs, MM. Machuel et D1' Loir. A. Cartaz.
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- PRODUCTION DIRECTE DE L’OXYGÈNE
- ET DE L'AIR LIQUIDES
- Liquéfier directement l’oxygène et l’air atmosphérique en partant des mêmes gaz à la température ordinaire, sans l’emploi de basses températures obtenues par les nombreux procédés artificiels connus (éthylène liquide, acide carbonique, chlorure de méthyle, ammoniaque, etc.), tel est le problème résolu par M. le Dr Hampson à l’aide d’appareils d’une très grande simplicité, récemment expérimentés dans les usines de la Brin Oxygen Company, à Londres. Voici les principes de ce procédé de liquéfaction, appelé, comme celui que nous avons récemment décrit1, et dù à M. Linde, de Munich, à faire passer très prochainement l’air et l’oxygène liquides dans la pratique industrielle courante. Supposons, pour fixer les idées, qu’il s’agisse de liquéfier l’oxygène. Cet oxygène est tout d'abord comprimé, à l’aide de pompe, à la pression de 170 atmosphères et refroidi à la température ordinaire. Il traverse un long serpentin roulé sous forme de trois cylindres concentriques, en allant de la périphérie au centre, et thermiquement isolés les uns des autres par des cloisons athermanes. Après avoir traversé ce long serpentin, l’oxygène vient se détendre brusquement à la pression atmosphérique et subit, du fait de la détente, un refroidissement considérable. Avant de s’échapper dans l’atmosphère, il circule méthodiquement autour du serpentin entre les cloisons et fait avec ce serpentin un échange de chaleur. Le gaz détendu s’échappe sensiblement à la température ambiante, tandis que l’oxygène arrivant dans le serpentin à cette même température se refroidit pendant son parcours, et ceci, de plus en plus, au fur et à mesure de la durée de fonctionnement. A la mise en marche de l’appareil, l'oxygène se détend en partant de la température ambiante, mais un peu plus tard, son passage dans le serpentin l’ayant refroidi, la détente se fait en partant d’une température plus basse. Au bout de quelques minutes, la température graduellement décroissante est assez basse pour qu’une partie de l’oxygène se condense, se liquéfie, et vienne se rassembler au bas de l’appareil. Le gaz qui s’échappe non liquéfié est recueilli et renvoyé aux pompes de compression. Le procédé est continu, et la puissance de production ne dépend que des dimensions de l’appareil et de la puissance des pompes de compression qui alimentent le détenteur. La température s’abaisse indéfiniment et n’est limitée, dans chaque cas, que par le point de liquéfaction du gaz à la pression considérée. L’air se liquéfie exactement par le même procédé, mais l’ajustement de la détente est un peu plus délicat.
- On voit, d’après ce que nous venons de dire, que la fabrication de l’air liquide exige seulement de la force motrice, des pompes de compression et un détendeur à circulation méthodique. C’est là un matériel des plus simples, et si l’emploi de l’air liquide se généralise dans certaines applications industrielles, il y a là, pour les stations centrales de distribution d’énergie électrique, une utilisation de jour qu’elles auraient grand intérêt à ne pas traiter comme une quantité négligeable. Dans quelques années, l’air et l’oxygène liquides se vendront en bouteilles comme l’acide carbonique, le chlore, et, avant peu, l’acétylène. E. II.
- 1 Voy. n° 1172, du 16 novembre 1895, p. 399. Cette première Notice portait le titre : Fabrication industrielle de l'air et de l’oxygène liquides.
- COMMENT
- LES FLEURS ATTIRENT LES INSECTES
- C’est un fait aujourd’hui universellement reconnu que les insectes rendent de grands services aux végétaux en venant récolter le nectar sur les fleurs et faciliter en même temps — et inconsciemment — la fécondation. On connaît même de nombreuses Heurs qui, sans les insectes, ne donneraient jamais de graines.
- D’autre part, il est difficile de ne pas reconnaître que les lleurs sont des organes voyants au premier chef, des organes de réclame comme le disait le regretté Vesque. Est-ce là la raison pour laquelle les organes floraux sont si visités par les insectes? Beaucoup de biologistes le pensent et ne sont même pas éloignés de croire que la corolle a été créée (ou s’est créée) spécialement pour attirer les bestioles ailées.
- Mais, avant de se faire une opinion à cet égard, il est bon de rélléchir que la Heur n’est pas seulement un organe coloré; c’est aussi la partie du végétal la plus odorante et celle qui est la plus riche en nectaires, source inépuisable de nectar. Dans cet ensemble complexe, quelle est la partie attractive pour les insectes? Est-ce la couleur, est-ce l’odeur? That is the question.
- M. Félix Plateau, le savant physicien-naturaliste belge, a entrepris quelques expériences pour élucider ces différents points1. Il a expérimenté sur des dahlias simples, dont les fleurons tubuleux du centre étaient jaunes et dont les fleurons périphériques étaient rouges, roses ou saumon. Cette baie était adossée à un mur couvert de vigne vierge, de sorte que les fleurs se détachaient très bien sur le fond vert.
- Dans des papiers légers, de couleurs vives, rouge vif, violet, blanc et noir, on découpe des carrés de 8 à 9 centimètres de côté et, en leur centre, on enlève une rondelle circulaire du diamètre d’un cœur jaune de dahlia. On en habille ensuite des fleurs de dahlia, en les fixant avec des épingles; de cette façon, les fleurons périphériques sont entièrement cachés. A côté des fleurs ainsi préparées, on en a laissé un certain nombre intactes. En une heure, M. Plateau a noté sur les premières les visites suivantes :
- Carré rouge. Carré violet. Carré blanc. Carré noir. Bourdons. 2090 Papillons. 8 fi 3 1
- Mégachiles. 10 0 0
- Des fleurs (ou plus exactement les inflorescences) habillées étaient tout aussi visitées que celles qui n’étaient pas masquées.
- Mais les insectes ne seraient-ils pas attirés par la couleur jaune des fleurons centraux? Pour répondre à cette objection, M. Plateau a découpé dans du papier vert et dans du papier blanc des disques de 2 à 2 centimètres et demi de diamètre et, au moyen
- 1 Académie royale de Belgique.
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- d’une seconde épingle, a attaché un de ces disques sur le centre des capitules déjà garnis d’un carré, de manière à cacher, sans l’écraser, le groupe des fleurons jaunes tubuleux. Voici le tableau des visites observées en une heure.
- Carré rouge Carré violet Carré violet Carré noir et et et et
- disque blanc, disque vert, disque blanc, disque blanc. Bourdons. 1011 Papillons. 11 6 4 3
- Mégachiles. 10 0 1
- Le chiffre total des visites est donc resté sensiblement le même. M. Plateau a aussi exécuté quelques expériences dans lesquelles il garnissait le capitule de dahlia soit simplement d’un disque central cachant les fleurons tubuleux, soit d’un cylindre de papier blanc entourant ces fleurons, soit enfin d’un cylindre semblable, plus un carré noir masquant en même temps les fleurons ligulés du pourtour. Partout les résultats ontétéanalogues.
- Il est donc bien évident, d’après ces expériences, que la forme des fleurs ou des inflorescences ne joue pas de rôle ou n’a qu’un rôle très peu important pour attirer les insectes.
- Restait à examiner si la couleur prêtait à une conclusion analogue, car, dans les expériences précédentes, les disques colorés cachaient bien les fleurs mais tranchaient néanmoins sur le fond vert constitué par le mur de vigne vierge. Comme il était impossible de prendre des papiers verts ayant exactement la même teinte que celle du feuillage, M. Plateau a pris de larges folioles de vigne vierge bien vertes et a découpé au milieu de chacune d’elles un trou circulaire du diamètre d’un cœur jaune de dahlia ; il les a ensuite fixées à un capitule au moyen d’une ou de deux épingles. Il n’y a plus alors de visible dans l’inflorescence, en fait d’organes floraux, que le groupe de fleurons jaunes, si peu important, d’ailleurs, qu’un observateur non prévenu ne les aperçoit pas. Malgré cela, les inflorescences sont tout aussi visitées que si on les avait laissées intactes.
- Pour répondre à l’objection que les insectes voient
- la forme et la couleur du cœur jaune des capitules masqués, M. Plateau a ajouté, à chacune des vingt inflorescences déjà garnies d’une grande foliole de vigne vierge, une foliole plus petite, fixée par une ou deux épingles en avant du groupe jaune central des fleurons tubuleux. « Ru coup, dit M. Félix Plateau, les inflorescences ont entièrement disparu; impossible d’en deviner la présence. Pour apercevoir quelque chose des fleurons tubuleux, il est nécessaire de s’approcher tout près et de regarder de côté. Malgré cela, malgré l’heure un peu avancée, malgré la circonstance défavorable que le soleil s’est déplacé et que les dahlias sont actuellement à l’ombre, les insectes arrivent encore en plein vol aux capitules masqués, et, en une heure d’observation, on note le nombre de visites ci-dessous : Bombus,
- vingt-huit fois ; Vanessa, six ; Pieris, trois ; Me-gachile, une.
- « Les inflorescences intactes ne sont pas plus visitées qu’avant l’installation de l’expérience. Ce qui est surtout intéressant à observer, ce sont les allures curieuses des insectes : un Bombus, par exemple, est attiré vers une des inflorescences habillées de vert, attiré évidemment par autre chose que la forme ou la couleur ; il hésite, tournoie, repart, revient, constatant un obstacle entre lui et le cœur jaune dont les émanations excitent sa convoitise; enfin, guidé par ces émanations, il s’insinue entre la grande foliole et la petite qui, tant que dure la récolte du nectar et du pollen, est secouée par les poussées déterminées par le dos de l’hyménoptère. »
- M. Plateau conclut que la forme et la couleur des fleurs n’ont pas un rôle attractif, et que les insectes sont guidés vers elles par un autre sens que la vue, sens qui est probablement l’odorat.
- Yoilà un cas nettement constaté. Mais en sera-t-il de même pour toutes les fleurs autres que le dahlia et surtout celles dont les émanations sont moins odorantes? Ce sont là des questions à examiner. Nous ne saurions trop engager nos lecteurs à se livrer à ce genre d’études qui ne présente que peu de difficultés. Henri Coupin.
- Fig. 1 à 7. Expériences de M. Plateau sur les fleurs. — Fig. 1. Capitule de dalliia simple intact. — Fig. 2. Capitule garni d’un carré de papier coloré, de façon à ne laisser à découvert que les fleurons tubuleux. — Fig. 5. Capitule garni d’un carré de papier cachant les fleurons ligulés et d’un disque de papier masquant les fleurons tubuleux. — Fig. i. Capitule dont le groupe central des fleurons tubuleux est entouré d’un tube de papier.— Fig. 5. Capitule muni d'un carré de papier cachant les fleurons ligulés et d’un tube de papier entourant les fleurons tubuleux. — Fig. 6. Capitule dont les fleurons ligulés périphériques sont masqués par une foliole de vigne vierge. — Fig. 7. Capitule dont les fleurons ligules périphériques et les fleurons tubuleux centraux sont masqués par deux folioles de vigne vierge.
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- ACCUMULATEUR A NAVETTES
- DE M. G.-R. BLOT
- Depuis la mémorable découverte de M. G. Planté, en 1860, les accumulateurs électriques ont été l’objet de recherches et d études nombreuses de la part des électriciens. On a cherché à augmenter la capacité de ces appareils, leur débit, leur solidité, en employant des oxydes rapportés. On s’est toujours heurté à diverses difficultés ; si l’intensité de la charge ou de la décharge s’élevait au delà d’une valeur normale, les pastilles tombaient, l’accumulateur était détérioré plus ou moins. Aussi M. le I)1' d’Àrsonval avait l’habitude de faire aux divers constructeurs électriciens une demande qu'il a fait connaître dans une communication récente à la Société internationale des électriciens. « Donnez-moi, leur disait-il, un accumulateur rustique qui s’accommodera de tous les régimes, que je pourrai mettre au besoin en court circuit, et qui ne laissera à cet exercice ni sa capacité, ni sa carcasse. » Au commencement de 1895, M. Blot présenta un accumulateur au Dr d’Àrsonval en lui disant de faire sur lui les diverses expériences dont il parlait. Avant d’examiner les divers résultats qui furent obtenus, nous allons donner la description de l’appareil. L’accumulateur Blot est du type Planté à plomb, sans aucun oxyde. Il est formé par une série de bandes de plomb venant s’enrouler en AB (fig. 1), comme du fil sur une navette.
- Celle-ci est constituée par une àme solide en plomb antimo-nié avec des fourches à la partie supérieure et inférieure. Deux bandes de plomb parallèles s’enroulent l’une sur l’autre; l’une d’elles est simplement striée à sa surface, l’autre, au contraire, est plissée et quadrillée. On a donc ainsi une série de lames alternées. Ces diverses navettes sont coupées en deux parties pour donner la lame C (fig. 2) qui constitue un des éléments de la plaque S (fig. 5). Une plaque est, en effet, formée par une série de navettes, variable suivant la puissance de l’appareil, toutes soudées sur un cadre extérieur S en plomb antimonié. On remarquera sur notre figure que les bandes de plomb ne tombent pas jusqu’à la partie inférieure du cadre ; de même dans le sens transversal, les navettes sont un peu séparées les unes des autres. 11 en résulte que les lames de métal ne sont retenues par aucun obstacle et peuvent libre-
- ment se dilater au moment du foisonnement pendant les diverses opérations chimiques.
- Les plaques sont suspendues à un cadre en plomb dur portant deux lames de glace sur lesquelles elles viennent reposer. Elles se trouvent ainsi suspendues dans la cuve de l’accumulateur. La figure 4 ci-jointe nous montre nettement cette disposition avec des tubes de verre entre les diverses plaques.
- Des expériences très sérieuses et des plus rigoureuses ont été faites sur ces accumulateurs par le Dr d’Arsonval, par M. Preece, et au Laboratoire central d’électricité. Les expériences de M. d’Arsonval ont eu pour but de mettre en évidence le degré de résistance de ces accumulateurs; les autres expériences sont relatives aux rendements et à la capacité.
- M. d’Arsonval a trouvé que l’on peut demander à ces accumulateurs des débits allant jusqu’à 25 ampères par kilogramme. On peut les fermer en court circuit, les recharger ensuite; la capacité conserve sa même valeur. Après un très grand nombre d’expériences, on ne retrouve jamais au fond des vases un dépôt quelconque ou des traces d’oxydes.
- Ces accumulateurs ont conservé leur charge pendant trois mois; au bout de quatre mois, ils avaient perdu environ un tiers de leur charge. Des éléments ont été laissés à l’air libre à se sulfater; après une charge, ils ont fonctionné comme précédemment.
- Les expériences du Laboratoire central d’électricité à Paris ont montré que les rendements en quantité ont varié de 89 à 45 pour 100 pour des débits de 1 à 6 ampères par kilogramme. Les capacités ont respectivement été de 15 et 14 ampères-heure pour des débits de 0,5 et 1 ampère par kilogramme d’électrode.
- Des expériences très nombreuses et très variées, qui ont duré plus d’un an, ont aussi été faites par M. Preece à Londres. Tous les résultats ont concordé avec ceux que nous avons fait connaître.
- Les diverses expériences dont nous venons de parler ont été faites simultanément, et l’on ne s’est pas contenté de faire quelques essais sur divers éléments, mais les accumulateurs ont été conservés pendant plus d’une année, et les essais de charge et de décharge ont été répétés un très grand nombre de fois.
- Les renseignements fournis jusqu’à ce jour sur l’accumulateur Blot nous prouvent que les électriciens ont enfin un accumulateur robuste et solide,
- Fig. 1 à 4. — L’accumulateur à navettes Blot. — Fig. 1. Navette entière. — Fig. 2. Moitié de navette. — Fig. 3. Plaque montée. — Fig. 4. Vue d’ensemble d’un accumulateur.
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- LA NAT U HE.
- se pliant docilement à toutes leurs exigences; il nous reste maintenant à voir tous ces résultats sanctionnés par la pratique courante dans une installation électrique. Nous serons bientôt satisfaits, car l’inventeur vient d’établir une grande usine de construction à Amiens, et s’apprête à fournir de nombreuses batteries pour toutes sortes d’utilisations. J. Lafkargue.
- LA CULTURE DU CACAO AU CONGO
- M. Dybowski a fait à la Société nationale d'agriculture une intéressante communication sur la culture du cacaoyer au Congo. La France, dit-il, importe des quantités de plus en plus grandes de cacao, et cependant ses colonies n’en produisent pour ainsi dire pas, bien que le tarif douanier y soit très favorable pour la production. À son entrée en France, le cacao étranger nve 104 francs de droit par quintal, tandis que celui ucs colonies ne paye que 52 francs, soit la moitié. Les conditions pour la réussite du cacaoyer existent dans certaines de nos colonies. 11 exige un sol fertile et un terrain sain où l’eau ne séjourne pas, un climat où le thermomètre ne descende, à aucun moment de l'année, au-dessous de 22° et où la quantité d’eau qui tombe soit de l1”, 70 à lm,80 par an. La culture du cacaoyer est donc impossible sur la côte orientale de l’Afrique, mais très possible, au contraire, sur la côte occidentale. Au Congo, la température moyenne est de 27 à 28° et la quantité d’eau est de 2m,50 à 2m,60. U n’y a guère que trois mois de sécheresse relative au Congo.
- Les essais tentés au Congo depuis 1890 ont été très favorables, puisqu’en 1895 les plantations sont en pleine production, alors qu’il faut six à sept ans, dans l’Amérique du Sud, pour obtenir cette pleine production. Tandis qu’au Nicaragua les arbres produisent de 15 à 50 fruits, on en obtient 70 à 80 au Congo et 2ke,500 de graines de cacao par arbre au lieu de 1 kilogramme en Amérique. La qualité est plutôt supérieure en Afrique. Au prix de 10 2 fran es les 100 kilogrammes, les arbres plantés à 5 mètres en tous sens et rendant chacun 2 kilogrammes, on voit que le rendement produirait 1000 francs à l’hectare. L’expérience a été faite sur 80000 pieds plantés dans la baie de Libreville, sur les bords de l’Ogoué, et elle a prouvé que nous avons, dans notre colonie du Congo, une culture très lucrative qui y réussit très bien ; aussi se produit-il un mouvement intense en faveur de cette culture.
- CHRONIQUE
- Les brouillards de Londres et les compagnies de chemins de fer. — Voici quelques détails sur les dépenses qu’entraînent les brouillards de Londres, spécialement pour les compagnies de chemins de fer. Si, pour les industries ordinaires, on se contente d’allumer les becs de gaz, avec un succès du reste plus ou moins complet, sur les lignes ferrées innombrables qui sillonnent Londres et ses faubourgs, il faut des précautions toutes particulières et une armée de fog-men, « d’hommes de brouillard », qu’on répartit de faction le long de la ligne, tant que le brouillard dure ; ces sentinelles d’un nouveau genre sont relevées par d’autres au bout d’un certain temps. Ces employés auxiliaires ont pour mission de placer des signaux de brouillard, des pétards sur le passage des
- trains : ces pétards éclatent et avertissent io mécanicien qu’il faut ou ralentir ou s’arrêter, qu’un danger le menace. Pendant un brouillard de janvier 1888, la Compagnie du NorthAVestern Raihvav a dù recourir à 2402 fog-men ; dans une circonstance analogue, le chemin de fer Midland a mobilisé une armée de 4000 auxiliaires. Au point de vue des dépenses, il ne faut point oublier le prix des pétards, que les Compagnies achètent par grosses; en novembre et décembre 1890, le chemin de fer Soulh-Westcrn en a employé 118 760. Cerlainement ces pétards se vendent fort bon marché : une grande usine de Birmingham les livre à 18 cents la grosse; mais il en faut acheter de si grandes quantités que, dans le courant d’une année, cela entraîne une énorme dépense pour les compagnies anglaises.
- Le coût des chemins de fer en Australie occidentale. — Tout dernièrement, on mettait en adjudication en Australie la construction d’une voie ferrée de Mullexva à Cue, et elle était adjugée moyennant une somme forfaitaire de 10 880 francs au mille anglais de 1609 mètres, c’est-à-dire quelque chose comme 6780 francs au kilomètre. Il ne faut pas avoir une grande expérience de la construction des chemins de fer pour savoir que le coût kilométrique d’établissement d’une voie ferrée, même bon marché, s’élève le plus souvent aux environs de 100 000 francs. Comment les entrepreneurs australiens de l’ouest peuvent-ils construire à des prix aussi bas, surtout quand on songe que ce prix de 6780 francs comprend tout l’équipement de la voie, depuis les bâtiments des gares jusqu’aux remises à machines, à l’exception toutefois des rails et de leurs attaches? Le secret du mystère est assez simple, mais est fort curieux par rapport à nos habitudes européennes. Les entrepreneurs, tant qu’ils n’ont pas complètement terminé la ligne qu’ils ont mission d’établir, ont le droit de livrer à l’exploitation pour leur compte les sections déjà achevées et ils trouvent ainsi une large compensation au bon marché auquel ils ont accepté l’adjudication. D. B.
- Les voitures automobiles et la poste. — Les
- voitures automobiles entrent de plus en plus dans les mœurs, et nous n’en voulons pour preuve que la décision prise par une administration postale qui n’a pas craint de rompre avec les anciens errements : il est vrai qu’il ne s’agit point d’une administration européenne. Le directeur des Travaux publics de Colombo, dans l’île de Ceylan, vient d’être autorisé par le Gouvernement de l’île à acheter un certain nombre de voitures à gazoline, du type Daimler paraît-il, afin de transporter les malles postales du Bureau central des Postes aux gares de chemins de fer. La distance que ces nouvelles voitures ont à parcourir est de 52 kilomètres; on compte une économie de 60 pour 100 par rapport aux dépenses qu’entraînait le service des chevaux. D. Bellet.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 7 avril 1896. — Présidence de M. Ciiatin.
- Les rayons de fluorescence et les rayons de Rôntgen. — M. S. Thomson a dirigé ses recherches sur les radiations émises par les corps fluorescents. Le platino-cyanure de potassium lui a donné les résultats les plus intenses. Il a pu obtenir sur un écran l’ombre du squelette de la main. 11 a ensuite cherché les conditions dans lesquelles on doit faire le vide dans les tubes de Crookes. On sait
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- que, pour chaque gaz, il existe une pression critique variable avec l’espèce du tube. Les rayons X apparaissent lorsque la pression est voisine de cette valeur critique; il faut ensuite dépasser la pression critique pour obtenir le minimum de la résistance de pénétration des rayons. Le caractère des rayons est lui-même variable; si le vide est modéré, il n’existe pas de grande différence entre la pénétration des chairs et des os. Si le vide est poussé plus loin, la différence devient plus manifeste. Quand la pression dans l’intérieur du tube de Crookes est extrêmement faible, les os deviennent transparents.
- Composition du riz provenant d’anciennes récoltes• — M. Balland rapporte dans une lettre que des officiers d’administration ont trouvé à Hué, dans la réserve des magasins, du riz qui, au dire d’un mandarin âgé, doit être emmagasiné depuis un siècle. Ce riz présentait le goût de vieux. Une certaine quantité de grains, dans la proportion de 15 pour 100, étaient colorés en noir violacé. Cette couleur est celle du riz local frais. D’après des analyses chimiques portant sur ce riz ancien, les matières grasses sont celles qui tendent à disparaître le plus rapidement.
- Varia. — M. Lafay communique la suite de ses recherches sur la déviation des radiations de Rônfgen par l’éleclro-aimant; il a constaté qu’ils peuvent s'électriser positivement ou négativement, et que l’air diminue la déviation des rayons électrisés positivement. — M. Mascart présente le bulletin de la Commission météorologique de l’Hérault. — La ville de Montpellier invite l’Académie des sciences à se faire représenter à l’inauguration du buste de Mocquain-Taudon qui aura lieu le 26 avril. Ce buste est érigé à titre d’hommage au poète provençal, et non au savant. Ch. de Villedeuil.
- CORRESPONDANCE 1
- CONGRÈS DE CARTHAGE ------ TOURNÉE EN TUNISIE
- 2 avril 1896.
- Mon cher frère,
- Il est assez difficile de te raconter tout ce que j’ai fait depuis hier dès mon arrivée à Tunis. Le programme qui nous a été préparé par le Résident, M. Millet, est chargé et nous laisse bien peu de temps pour écrire des lettres. — Hier, aussitôt après notre première visite d’mage à la Résidence, on nous a menés au Bardo, ancien palais du Bey de Tunis, en dehors de la ville. On y admire le musée antique, où l'on trouve de nombreux objets et des restes des plus intéressants. Des mosaïques de Carthage, des vases et des débris de statues y sont fort beaux. — Notre retour s’est exécuté ensuite en finissant notre journée dans les Souks ou le grand bazar arabe de la ville. C’est l’endroit le plus attrayant que l’on puisse voir dans la ville, tout y est pittoresque. Nous y sommes retournés encore ie soir après notre dîner pour voir les illuminations qu’on y avait disposées à notre intention. Ces illuminations ont lieu généralement une fois par an, à l’occasion du Ramadan, mais, en l’honneur du Congrès de Carthage, le Bey a donné l’ordre de les refaire encore une fois. On ne peut se faire idée de l’effet extraordinaire produit par la foule au milieu de toutes les petites rues couvertes qui constituent les Souks, avec leurs boutiques éclairées de mille façons. Le mouvement y était indescriptible; dans
- 1 Lettre adressée à M. Gaston Tissaiulier par son frère, M. Albert Tissandier. Nous reproduisons cette lettre textuellement.
- quelques rues il y avait des danseuses, dans d’autres des représentations en ombres chinoises. Tout cela formait un spectacle charmant bien extraordinaire. II a fallu quitter le bazar pour aller prendre le thé chez le Résident, qui d’ailleurs est charmant pour nous. Il nous a installés fort agréablement dans une grande maison où nous sommes tous réunis, ce qui facilite beaucoup nos départs d’excursions.
- Ce matin, il y avait un déjeuner chez M. et Mme Millet, ensuite une grande excursion aux ruines de Carthage. J’ai rencontré là le Dr Cartaz, qui m’a dit qu’il allait envoyer une Notice sur les travaux du Congrès1.
- De Carthage il ne reste rien pour ainsi dire, mais on sait son emplacement antique, et il faut avouer que c’est le plus beau qu’on puisse voir. Le Musée Saint-Louis, qu’on a installé auprès des anciens vestiges, est très intéressant par les nombreux débris qui le composent. Une salle surtout, toute remplie des vases, des miroirs de bronze, des cymbales, etc., trouvés dans la nécropole ancienne, la Carthage punique, a excité la curiosité générale. Nous étions très nombreux. Le Congrès de Carthage est composé de plus de cinq cents membres cette année, et nous sommes une cinquantaine d’invités du Résident2.
- Depuis quelques jours on avait fait sur le territoire de Carthage des fouilles qui ont été heureuses; on nous eu a donné la primeur. Il s’agit de mosaïques fort belles, qui ornaient sans doute une villa. L’une d’elles représente des personnages dînant sur des tables ornées de mets divers. Les convives sont assis sur des banquettes ayant de hauts dossiers. Une autre représentait des ruisseaux au centre desquels on remarque des canards, des corbeaux, admirables d’exécution. La dernière mosaïque, plus grossière, représentait des ruisseaux plus simples. D’après M. de la Blanchère, l’archéologue qui était avec nous, avec M. Gauekler, notre guide dans les ruines, ces curieuses mosaïques dateraient du quatrième siècle environ et seraient par conséquent postérieures à la Carthage proprement dite.
- Je me trouvais dans cette excursion avec M. Levasseur, de l’Institut, M. G. Boissier, secrétaire perpétuel de l’Académie française, M. Chailley-Bert, que mon frère et moi nous avons vu jadis chez M. Paul Bert lorsqu’il demeurait près du Jardin des Plantes.
- Nous venons de rentrer à Tunis et nous allons dîner avec M. et Mme Millet, puis nous finirons la soirée à la Résidence, illuminée à giorno en l’honneur du Congrès.
- A Carthage nous avons eu aussi une autre cérémonie ; on a remis la croix d’honneur au Père Delattre de la part du gouvernement. Le Père Delattre compte parmi les Pères Blancs installés à Carthage par le cardinal Lavi-gerie, et il travaille depuis quinze ans environ à des découvertes de toutes sortes, en archéologue distingué, parmi toutes les ruines environnantes. Presque tout ce qui est dans le Musée de Saint-Louis a été trouvé par lui.
- Demain nous partons à 6 heures du matin pour Bizerte, un des plus curieux points du littoral tunisien. Nous y verrons d’importantes pêcheries. On a organisé pour nous, à ce qu’il paraît, une fantasia de mille Arabes. Ce sera fort beau et très pittoresque d’aspect. — Samedi, grand déjeuner à Polinville, aux environs de Tunis, chez M. Potin (le célèbre épicier parisien), et visite de ses grands vi-
- 1 Voy. p. 298.
- 2 M. Albert Tissandier remplaçait son frère qui avait reçu l’invitation comme directeur de La Nature.
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- LA NATURE
- gnobles dans l’après-midi. Enfin dimanche nous partirons pour nos grandes pérégrinations dans l’intérieur.
- — A suivre. — Albert TissaN'DIER.
- LA BISE DU 9 JANVIER 1896
- A GENÈVE
- La bise du 9 janvier 1896 restera célèbre à Genève comme une des plus violentes dont on ait souvenir. Le vent commença à souffler du nord-nord-est pendant la nuit du 8 au 9, et «à 7 heures du matin sa vitesse atteignait déjà 56 kilomètres à l’heure. Cette vitesse ne fit qu’augmenter pendant toute la
- journée du 9; on n'a pu malheureusement en relever aucune indication exacte ; par suite, en effet, de la violence du vent, Tanémographe Richard de l’Observatoire s’est trouvé faussé; il a enregistré cependant des vitesses de 75 kilomètres à l’heure et au-dessus, et le directeur de l’Observatoire assure que la vitesse de 90 kilomètres autrefois enregistrée a été dépassée pendant la journée du 9. Cette vitesse équivaudrait à 25 mètres à la seconde et ferait supporter aux édifices exposés à la tempête une pression d’environ 80 kilogrammes par mètre carré.
- La durée des vagues du lac Léman enregistrée par M. Forci, de Morges, dans les environs du port de Genève, a été reconnue égale à cinq secondes, dépas-
- Le givre à Genève, le 9 janvier 1896. Restaurant sur le lac de Genève envahi par des remparts de glace couverte de stalactites.
- (D’après une photographie reproduite par la photogravure.)
- sant de trois dixièmes de seconde le maximum observé lors de l’ouragan du 20 février 1879. La température était de — 5°,1, celle des eaux du lac de -h 5°,5.
- Nous laisserons de côté les dégâts matériels de toute nature produits par une pareille tempête pour ne nous attacher qu’à un phénomène des plus curieux résultant des actions combinées du vent, de l’eau et du froid : les eaux du lac, emportées par la bise à d’assez grandes distances, se congelaient aussitôt qu’elles rencontraient un obstacle, revêtant au bout de peu de temps d’une épaisse carapace de glace les branches des arbres, les réverbères et les barrières des promenades et des villas, ainsi que les routes du bord du lac, où la circulation des voitures et des tramways à vapeur a été interrompue.
- C’est ainsi que la tonnelle d’un restaurant situé au bord du lac à Versoix a été convertie, comme le montre la photogravure qui accompagne ces lignes, en une sorte de rempart de glace tapissé de magnifiques stalactites et de stalagmites bien formées.
- Il nous a paru intéressant de conserver un souvenir de ce curieux phénomène; il fut d’ailleurs assez éphémère, car après avoir soufflé pendant quarante-huit heures, le vent tomba complètement et la température remonta de plusieurs degrés, amenant la disparition rapide et complète de ces amas de glace. Le tableau de cette congélation était grandiose. Pierre Munier,
- Ingénieur E. C. P.
- Le Propriétaire-Gérant : G- Tissandier
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleur us, 9.
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- iV 1194. — 18 AVRIL 1890.
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- LES P0TAM0CHÈRES OU CHÉROPOTAMES
- U existe en Afrique et à Madagascar des Sangliers qui diffèrent un peu des nôtres par l’aspect extérieur et par la structure, et qui, pour ce motif, ont été rangés, par le naturaliste anglais J. E. Gray, dans un genre particulier, le genre Chéropotame ou mieux Potamochère (Potamochœrus). Ces Sangliers se distinguent, en effet, de ceux de nos pays par leur taille plus faible, par leurs formes moins lourdes, par leur poil plus lin, plus soyeux, souvent teint de couleurs vives chez l’adulte, par leurs oreilles plus pointues et paraissant d’autant plus allongées qu’elles se terminent généralement par un pinceau de poi 1 s, par leur groin un peu plus développé et par leur face plus tourmentée, la peau étant soulevée, de chaque côté, entre le nez et l’œil, par une protubérance osseuse qui correspond à l’alvéole de la canine supérieure. Ces protubérances, qui sont plus accusées chez les mâles que chez les femelles, rappellent, avec des dimensions beaucoup plus réduites, celles qu’on observe sur la face d’un autre Porcin de la faune africaine, le hideux Phacochère
- d’Éthiopie. Les Potamochères offrent aussi quelques particularités dans la conformation du crâne et dans la dentition, leurs dents molaires ayant une structure plus simple que d’ordinaire et la première paire de prémolaires faisant défaut à la mâchoire inférieure, parfois même aussi à la mâchoire supérieure; mais, comme nous le verrons tout à l’heure, ces Porcins ont sensiblement l’es mêmes mœurs, le même genre de vie, le même régime que nos Sangliers et ne sont pas aussi strictement attachés au voisinage des eaux que pourrait le faire croire leur nom scientifique de Potamochère, qui signifie littéralement Cochon de rivière.
- La valeur du genre Potamochère est donc discutable. Quoi qu’il en soit, les naturalistes reconnaissent actuellement dans ce groupe trois espèces dont les domaines sont fort inégaux. En effet, tandis que
- Ve anuei). — Ier semestre.
- Potamochère de Guinée appelé aussi Potamochère à pinceaux.
- le Potamochère africain (Potamochœrus africanus) occupe une grande partie du continent noir, remontant depuis le cap de Bonne-Espérance, à travers l’Afrique intérieure et le long de la côte orientale, jusqu’à la région des grands lacs et au Ixilima-Ndjaro, le Potamochère de Guinée ou Potamochère à pinceaux (P. guineensis, P. porcus ou P. peni-cillatus) ne se trouve que dans l'Afrique tropicale, sur les côtes du golfe de Guinée, au Cameroun, dans le Togoland, probablement au Dahomey et certainement dans la région de l’Ogôoué (Gabon), et le Potamochère d’Edwards (P. Edwardsi) est propre à la grande île de Madagascar.
- Le Potamochère africain est désigné par les Boers sous le nom de Bosch Vark ou Bosch Vaark et par
- les colons anglais sous le nom de Bush Pig qui, comme Bosch Vaark, signifie Cochon de broussailles; il est appelé Ingulabi par les Cafres, Njulvi par les nègres de la région du Zam-bèze, Ngrue, Grue, Kipanga, Njegere par les indigènes de l’Afrique orientale allemande. A l’âge adulte, c’est un animal d’aspect imposant, mesurant 1 mètre et demi de longueur sur 75 centimètres de hauteur au garrot et portant une double paire de défenses qui se dirigent obliquement à la mâchoire supérieures verticalement à la mâchoire inférieure. Son pelage est long et généralement de couleur foncée, d’un brun noirâtre passant au noir sur la région postérieure des joues, les côtés du cou, les épaules et les membres, au brun jaunâtre ou grisâtre sur le dos. La face est d’un gris blanc ; les oreilles, taillées en pointe et fortement relevées, avec un petit pinceau terminal, sont garnies intérieurement de poils blanchâtres et le long de l’échine se dresse une crinière noire, plus ou moins mélangée de blanc. Chez certains individus la crinière devient même entièrement blanche ; chez d’autres la majeure partie de la robe tire au brun rouge et au roux ; chez d’autres encore le pelage est chiné et la face offre au-dessous des yeux une double tache blanche. Bref, on constate dans cette espèce de notables variations de couleur, dont quelques-unes
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- paraissent indépendantes du sexe et de Page. Les jeunes se distinguent toujours des vieux par leur face plus lisse et leur pelage orné de bandes longitudinales.
- D’après Rohm, les Potamochères africains vivent en bandes dans les fourrés humides et dans les marécages, qu’ils quittent à la tombée de la nuit pour faire des incursions dans les terrains cultivés. Les ravages qu’ils causent dans les champs sont quelquefois si considérables et en même temps si difficiles à prévenir que les pauvres nègres de l’Ouganda aiment mieux céder la place à ces terribles maraudeurs. Les Cafres savent mieux se défendre, et dans plusieurs districts ils sont parvenus à anéantir complètement les ennemis de leurs cultures, par la méthode suivante : des ouvertures sont ménagées dans les clôtures des jardins potagers où l’on cultive des potirons et d’autres légumes, et immédiatement en arrière de ces passages sont creusées des fosses au fond desquelles se dressent des pieux acérés. Heureux de trouver un accès facile dans un enclos où les attend un bon repas, les Potamochères se précipitent tète baissée, tombent dans les fosses et sont achevés à coups de sagaies par les Cafres qui se tiennent à l’affût et que les cris des animaux blessés avertissent du succès de leur combinaison. En revanche, si l’on en croit le capitaine Drayson, les Zoulous n’aiment pas beaucoup à se trouver brusquement, dans la brousse, sur le passage d’une bande de Potamochères, car ils redoutent beaucoup les blessures que ces bêtes sauvages font avec leurs défenses et qui, dit-on, guérissent difficilement. Comme les Sangliers, les Potamochères n’hésitent pas d'ailleurs à faire tête aux chasseurs qui se trouvent parfois en assez mauvaise posture. C’est ainsi que le voyageur Delegorgue, pour éviter la charge furieuse du Bosch Vaark auquel il venait d’envoyer un coup de fusil, ne trouva d’autre moyen que de sauter pardessus lui. « L’animal, dit-il1, passa sous mes jambes sans rien rencontrer, et roula derrière moi par l’effet de mon coup. Nous le saisîmes aussitôt, le maîtrisant du genou, et le saignâmes à la gorge.
- « Un côté de son corps était recouvert d’une couche épaisse de boue condensée comme un ciment durci. L’un des miens m’en fit l’observation, à laquelle je ne prêtai aucune attention, d’autant que l’animal sortait d’un endroit fangeux lorsque je l’avais tiré. 11 me semblait tout naturel qu’il fût plus sale sur un liane que sur l’autre. « 11 était joliment malade, » dit un Cafre, qui, de la pointe d’une baguette, s’efforçait d’enlever la croûte formant comme un large plastron, et cet homme me fit voir quatre profondes coupures partant de l’épaule, se prolongeant jusqu’à l’arrière de la fesse : c’était une égratignure faite par les quatre griffes d’un Lion. Le Sanglier avait pourtant échappé; il était en voie de guérison lorsque je le rencontrai. Suivant son instinct, il passait une partie du jour couché dans
- 1 Voyage dans l’Afrique australe, t. I, p. 514.
- la lange tiède sur la partie blessée ; la douce chaleur de la boue lui valait un cataplasme, en même temps que la présence d’une couche épaisse empêchait les Mouches d’y déposer .leurs larves, cause principale de la mort des animaux blessés qui ne recourent point à cette précaution, car en quelques jours les vers pullulent dans leurs plaies et les rongent vivants. »
- Les défenses des Bosch Vaarks sont récoltées précieusement par les nègres de l’Afrique australe et servent à faire des colliers, parures ordinaires des guerriers zoulous.
- A la lisière des bois, dans les plaines du territoire de Natal, croissent des arbres dont les fruits ressemblent à de grosses oranges, à écorce très épaisse et à pépins nombreux. Ces fruits, lorsqu’ils sont mûrs et que le vent les fait tomber, entrent pour une large part dans l’alimentation des Bosch Vaarks, qui se mettent à leur recherche aussitôt que le soleil a disparu de l’horizon. Dans ces promenades nocturnes les Potamochères impriment sur le sol humide les traces de leurs pieds, traces qui, d’après le capitaine Drayson, se distinguent toujours facilement de celles des Antilopes : celles-ci, en effet, affectent la forme d’un À dépourvu de barre transversale et recoupé au contraire par une barre verticale, tandis que les empreintes des Potamochères ressemblent à un M privé de traits horizontaux G
- Dans ces derniers temps on a cru pouvoir identifier au Potamochère africain l’espèce de Porcin que F. Cuvier, Sganzin et P. Gervais avaient décrite sous le nom de Sanglier à masque (Sus larvatus) et auquel ils avaient assigné pour patrie l’Afrique australe, l’Afrique orientale et Madagascar, ou l’une de ces contrées seulement ; mais il nous paraît probable que ce Sanglier à masque, que Brehm a représenté avec les oreilles tombantes d’un Cochon domestique, correspond aussi, par certains côtés, à l’espèce que M. Grandidier a nommée Potarnochœrus Edwardsi et qui est originaire de Madagascar.
- Le Potamochère de Madagascar diffère un peu par les teintes de sa robe du Potamochère africain, dont il n’est séparé que par le détroit de Mozambique : il a les côtés du corps d’un brun tirant fortement au rouge, la crinière dorsale d’un jaune pale ou blanchâtre, les joues marquées d’une longue tache grise, les oreilles brunes, avec un pinceau de poils très foncés au sommet, les membres noirâtres et la queue noire, terminée par une touffe brune. Cependant il y a à peine une trentaine d’années que les naturalistes ont reconnu la validité de cette espèce qui avait été signalée au siècle dernier par Buffon et par Daubenton sous le nom de Sanglier de Madagascar et à laquelle, dès 1661, Flacourt avait fait allusion en ces termes, dans sa Relation de la grande isle de Madagascar : « Il y a des porcs sangliers une grande quantité dans les bois, qui sont grand dommage aux vivres de ce païs, ces san-
- 1 Woml, The lllustrated Nalural Ilistoru, Mamnialin, p. 749.
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- gliers (principalement les masles) ont deux cornes à côté du nez, qui sont comme des callositez; ils sont presque aussi dangereux qu’en France, y ayant souvent des chiens qui en sont blessez, mesme un Français a pensé perdre la vie, ayant été blessé d’un sanglier poursuivy de chiens lorsqu’il estoit à la ch asse. La chair de ces sangliers, quand ils sont gras, et principalement des femelles et des jeunes, est bien délicate. » Le Potamochère d’Edwards se trouve principalement sur la côte sud-ouest, aux environs de Mouroundara, et est connu des indigènes sous le nom de Lambou.
- La troisième espèce de Potamochère fut mentionnée également, dès le milieu du dix-septième siècle, par Georges Margralf ou Margrave de Liebstadt qui, dans son Histoire naturelle du Brésil1, le désigna sous le nom de Sanglier de Guinée (Porcus guineensis), mais qui, tout en reconnaissant son origine africaine, affirma qu’elle avait été transportée en Amérique. Gette assertion, reproduite par divers auteurs, a beaucoup intrigué les naturalistes modernes, habitués à tenir compte du témoignage de Margrave. Ils ont cherché à savoir s’il existait encore sur quelque point de la Guyane ou du Brésil, à l’état domestique ou à l’état sauvage, des représentants du Sanglier de Guinée. Le résultat de cette enquête a été absolument négatif. On n’a pas même pu découvrir le plus léger indice d’une acclimatation de Potamochères opérée soit par les nègres, soit par les colons européens du Brésil dans le cours du dix-septième ou du dix-huitième siècle, la moindre preuve que des animaux de ce genre eussent été domestiqués à une époque quelconque dans leur pays natal. Comme on ne peut guère supposer que Margrave s’est trompé et qu’il a confondu un Pécari américain avec un Potamochère africain, on est forcé d’admettre, avec le professeur J. Reinhardt, que Margrave avait réellement vu au Brésil un Sanglier de Guinée, mais que ce Sanglier était un sujet isolé, importé à titre de hôte curieuse. M. Reinhardt rappelle, en effet, que de 1656 à 1642 Margrave fut attaché à la personne du prince Maurice de Nassau-Siegen, qui était alors capitaine-général des possessions hollandaises au Brésil et qui se plaisait à peupler le parc de sa résidence de Freiburg, près Becifc (Pernambuco), d’une foule d’animaux rares empruntés à la faune des deux mondes.
- Le Potamochère de Guinée n’atteint pas tout à fait la taille de ses congénères et s’en distingue constamment, à l’Age adulte, par son pelage plus brillamment coloré et par scs oreilles terminées chacune par un long pinceau; mais il a, comme les autres Potamochères, une sorte de barbe rude sur le menton et sur les joues, et le long de l’échine une crinière raide allant de la nuque à la racine de la ([ueue, dont l'extrémité est munie d’une touffe de poils grossiers. La couleur dominante de la robe est un rouge brunâtre très chaud, tirant à l’orangé sur
- 1 Historiæ rerum naturalium Drasiliæ, 1048.
- les flancs et se fondant graduellement dans la teinte grise ou blanchâtre des parties inférieures du corps. Par un brusque contraste les membres sont d’un brun foncé, presque noirs, et le front est couvert d’une plaque noire que limitent inférieurement des sourcils d’un blanc pur. Les oreilles, très velues, sont aussi de couleur sombre, avec un ourlet et un plumet blancs, et les joues sont encadrées par des favoris grisonnants. Enfin la crinière dessine une raie d’un blanc jaunâtre qui recoupe longitudinalement la teinte du dos.
- Cette livrée, beaucoup plus élégante que celle des autres Porcins, est malheureusement presque toujours souillée de boue; car, comme nos Sangliers, les Potamochères de Guinée aiment à se vautrer dans la fange. Les forêts marécageuses des bords du Fernan-Vaz et de l’Ogôoué offrent des conditions particulièrement favorables à leur santé; néanmoins ils s'accommodent assez bien de notre climat. Un couple de Potamochères de Guinée que les Anglais désignent sous le nom vulgaire de Red River-llogs et que nous appelons souvent Potamochères à pinceaux, s’est môme reproduit à diverses reprises à Londres, dans les Zoological Gardens ; malheureusement, deux ou trois fois de suite, les petits ont été tués par leur propre mère et c’est à grand’peine . qu’on a pu en sauver quelques-uns, qui se sont bien développés. Des animaux de la môme espèce ont vécu ou vivent encore au Jardin zoologique d’Amsterdam, à la ménagerie du Muséum d’histoire naturelle de Paris, au Jardin zoologique d’acclimatation du Bois de Boulogne, et c’est d’après un magnifique spécimen appartenant à ce dernier établissement qu’a été exécutée la figure qui accompagne cet article. Le Jardin zoologique de Londres a reçu également du Zoulouland deux Potamochères africains et le Jardin des Plantes a possédé pendant quelque temps un Potamochère de Madagascar. En ménagerie, ces animaux sont infestés de parasites et succombent parfois à des affections vermineuses.
- E. Oüstalet.
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- CONSTRUCTIONS MIXTES
- AVEC OSSATURE MÉTALLIQUE
- Les constructions mixtes avec ossature d’acier enveloppée de ciment ont donné lieu depuis quelques années à des applications de grande importance, notamment pour l’exécution des canalisations en pression de grand diamètre, l’établissement des ponts, réservoirs, planchers de grande portée, etc. : nous les retrouvons en particulier dans les grands travaux exécutés récemment pour la ville de Paris en vue de la création de nouveaux champs d’épandage des eaux d’égout; elles ont servi à constituer par exemple la conduite de refoulement d’Àrgenteuil, dont le diamètre atteint, comme on sait, lm,80 pour une longueur de 1500 mètres, et aussi tout le réseau de distribution de la plaine d’Achères, composé
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- LA NATURE.
- de tuyaux d’une longueur totale de 14 kilomètres avec des diamètres variant de 0m,400 à lm, 10.
- Il y a là un type d’ouvrage très curieux, et nous avons cru intéressant de donner quelques détails à ce sujet en nous aidant des renseignements publiés par l’importante revue spéciale le Génie sanitaire.
- L’inventeur de ce type de construction, M. Bonna, s’est proposé d’obtenir des tuyaux ou autres ouvrages possédant la résistance nécessaire pour supporter les fortes pressions, tout en conservant en même temps une élasticité suffisante pour résister sans rupture aux surcharges exceptionnelles; il emploie à cet eflet une armature métallique constituée par des profilés en acier auxquels il ajoute même des tôles pleines en cas de besoin, cette armature étant noyée dans le ciment.
- Les dispositions adoptées sont étudiées de façon à utiliser de la manière la plus rationnelle les qualités respectives des deux types de matériaux em-
- ployés, les aciers travaillant à la traction pendant que les ciments travaillent à la compression.
- Les dimensions des ouvrages à exécuter se calculent dès lors en partant de cette distinction fondamentale, en attribuant à chacun des éléments à mettre en œuvre les formules de résistance qui le concernent.
- 11 est facile de reconnaître que les ouvrages ainsi
- constitués sont susceptibles d’une résistance importante, car, suivant la remarque de M. Considère, le fer noyé dans le ciment peut travailler jusqu'à sa limite d’élasticité avant que le béton commence à se fissurer, il s’y trouve donc placé dans d’excellentes conditions, à l’abri des déformations, et sa durée peut égaler celle du ciment lui-même.
- On sait du reste que le ciment acquiert avec le temps une augmentation de résistance considérable qui enlève ainsi toute inquiétude à ce point de vue.
- oooooooooooooooooo
- O O O O q
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- q o o o
- Fig. 1. — Coupc longitudinale montrant la disposition des tuyaux mixtes à tôle intérieure avec les joints.
- Fig. 2. — Fabrication de l’armature en acier des tuyaux mixtes.
- Comme exemple de la grande résistance que ces ouvrages peuvent présenter, le Génie sanitaire cite d’ailleurs une expérience exécutée en 1895 par M. Launay, ingénieur en chef des travaux d’assainissement de la Seine, qu’il est intéressant de mentionner ici.
- Un tuyau de 0m,500 de diamètre, composé d’un tube intérieur en tôle d’acier enveloppé d’une armure hélicoïdale de spires en acier profilé noyée elle-même dans un remplissage en mortier de ciment de
- Fig. 3. — Descente en galerie des tuyaux et fabrication des bagues pour joints.
- 55 millimètres d’épaisseur, avait été calculé pour résister à une pression de 20 mètres d'eau en adoptant comme coefficient de tension maxima 8 kilogrammes par millimètre carré; à l’essai, il put supporter une pression six fois supérieure, atteignant 118 mètres, correspondant pour l’acier à la tension de llh&,5, avant qu’il ne se produisît aucun suintement.
- M. A. Bonna fait observer en outre que ces conduites mixtes peuvent supporter un service prolongé
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- LA NATURE
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- sans qu’on ait à redouter aucune détérioration résul- En ce qui concerne les variations de température tant de l’hétérogénéité des éléments employés. par exemple, les expériences effectuées au Labora-
- Fig. 4. — Vue (l’enseml>lc montrant les diverses opérations pour le moulage des tuyaux.
- Fig. 5. — Enlèvement, au moyen d’une grue, du mandrin après le moulage.
- toire de l’École des Ponts et Chaussées par MM. Durand Claye et Debray ont démontré qu’elles n’avaient aucune action nuisible, car les coefficients de dilatation des fers et aciers, compris entre 0,0000150 et
- Fig. 6. — Prolongement du siphon de 1 mètre passant sous la Seine à llerblay.
- 0,0000148, présentent une valeur sensiblement égale à celle des ciments, 0,0000155.
- On s’est attaché d’autre part à mesurer la lorce d’adhérence du mortier de ciment avec le fer, et on
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- a reconnu qu’elle pouvait atteindre une valeur de 40 à 47 kilogrammes par centimètre carré, presque égale par conséquent à la résistance propre du ciment, de sorte qu’il n’y a pas à redouter l’effet de désagrégation résultant d’un défaut d’adhérence.
- Ajoutons enfin que les expériences effectuées par M. Considère sur des pièces de fer immergées depuis plusieurs années dans des maçonneries à la mer ont montré que le fer se conservait exempt de rouille et parfaitement adhérent au ciment, ce qui écarte également toute crainte d’oxydahilité.
- Au début, immédiatement après qu’elles sont posées, les conduites en ciment ne sont pas complètement étanches ; pendant quelque temps on observe une transsudation à l’extérieur résultant de la porosité du béton après le moulage; l’eau sous pression tend alors à traverser les parois de la conduite, mais elle arrive bientôt à bouclier elle-même les pores du béton par la chaux entraînée qui se carbonate. Il convient du reste, lorsque la pression d’eau vient à dépasser 15 mètres, de recourir à des dispositions spéciales pour assurer l’étanchéité. C’est ainsi que dans la grande conduite d’Argenteuil et dans le réseau d’Acbères, dont la pression atteint 40 mètres, M. Ronna a adopté un assemblage comportant l’application d’un tube en tôle d’acier rivée ou plombée placé à l’intérieur ou dans la partie médiane du tuyau en dehors de l’armature en acier profilé qui reste toujours noyée dans le ciment. C’est le type représenté dans la figure 1.
- Les figures 2 à 0 représentent les diverses étapes de la fabrication des tuyaux mixtes ainsi constitués ; on voit dans la figure 2 l’installation de l’armature formée d’une série de fers à section en croix enroulés en cercles pour dessiner le tuyau. Les fers a croix employés ont une largeur de bras qui varie de 6 à 22 millimètres et une hauteur totale variant de 6 à 40 millimètres, suivant le diamètre du tuyau et l’importance de la pression à supporter.
- Pour les tubes de petits diamètres ces fers sont roulés simplement en spirale continue; sur les grands, ils sont constitués de préférence par des anneaux indépendants et rivés. Ils sont toujours reliés entre eux par des barres en acier dites génératrices, de même section que les frettes. Ces génératrices portent à la partie supérieure des encoches régulièrement espacées pour recevoir et encastrer la base des frettes, suivant la disposition représentée dans le corps longitudinal figure 1.
- L’armature ainsi obtenue est ensuite noyée dans le béton pour constituer le tuyau. A Argenteuil la coulée avait lieu verticalement : l’armature était disposée autour d’un mandrin central en acier, et enveloppée par trois coquilles extérieures en tôle d’acier, laissant un vide égal à l’épaisseur du tuyau.
- lin chariot roulant en charpente métallique, figure 4, sur lequel étaient placées les auges pour la préparation du mortier de ciment ainsi que l’outillage accessoire, permettait de mouler des tuyaux de 2m,50 et même de 3 mètres de hauteur.
- La figure 5 représente l’enlèvement du mandrin après le moulage au moyen d’une grue qui servait également à la mise sur wagons des tuyaux moulés.
- La descente en galerie des tuyaux est représentée dans la figure 5, qui donne également la vue de l’atelier de fabrication des bagues pour joints, d’un tracé analogue à celui qui est représenté figure 1.
- La disposition adoptée pour la réunion de deux tuyaux successifs comporte un premier joint intérieur composé d’une feuille d’amiante caoutchoutée, collée avec de la céruse et recouverte d’une bague en plomb soudée et matée sur le tube pour en épouser toutes les formes. Un second joint en enveloppe, destiné à assurer la résistance du premier, est composé d’une bague en acier et ciment.
- De distance en distance, des joints de compensation sont ménagés sur les conduites pour permettre la dilatation.
- La figure G représente les tuyaux mis en place constituant la galerie de 1 mètre de diamètre qui prolonge les siphons passant sous la Seine à Herblay. Un y remarquera les bagues de joint apparentes dont nous venons de parler. L. R.
- CORRESPONDANCE
- CONGRÈS DE CARTHAGE. ----- TOURNÉE EN TUNISIE1
- 4 avril 1896.
- Mon cher frère,
- Notre journée d’hier à Bizerte a été, de tous points, étonnante et nous sommes revenus charmés. Il y a trois heures de chemin de fer de Tunis pour s’v rendre et on passe à travers une belle campagne fort riche en blé, en vignes, etc. Il y a aussi de grandes terres encore incultes, toutes fleuries d’asphodèles en cette saison, ce qui les rend admirables à voir. Nous côtoyons enfin le lac intérieur Garaat-Achkel, puis celui de Bizerte, et nous voici à destination. A la gare même une magnifique surprise nous attendait. Près de 1500 cavaliers arabes montés sur des chevaux et des mulets sont en ligne, formant une haie. Les chefs des campagnes environnantes sont là aussi en grand costume pour nous recevoir et honorer la venue du Résident qui est avec nous. De nombreux Kroumirs, hommes des montagnes aux longues jambes nues, armés de longs fusils, sont venus à notre rencontre, ainsi que quelques Aissaouas exaltés qui se livrent aux contorsions affreuses et aux exercices qui leur sont habituels. Le coup d’œil général est réellement féerique avec le beau soleil que nous avons ; partout s’élèvent des clameurs joyeuses de bienvenue et des fusillades bien nourries exécutées par les Kroumirs nous assourdissent. On arrive près du port de Bizerte et nous montons dans des barques remorquées par un petit vapeur pour aller faire la visite du lac.
- Le lac de Bizerte forme un port naturel dont les conditions sont exceptionnelles. 11 est immense, ayant de 12 à 15 kilomètres de largeur sur une longueur de 18 kilomètres. Sa profondeur est de 15 mètres en moyenne et de 50 dans ses parties les plus basses. 11 est capable de recevoir des flottes entières qui seraient abritées à merveille.
- Nous avons été voir un de nos jolis croiseurs-torpilleurs,
- 1 Suite. — Voy. n° 1195, du 11 avril 1896, p. 505.
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- le Condor, qui était à l’ancre, puis dans une partie du lac une pêcherie assez importante qui appartient à l’administration du port. On a établi un léger barrage sur une longueur d’un kilomètre, sur lequel des blets sont maintenus. Les poissons, dorades, mulets et loups de mer, y viennent en grand nombre et sont capturés pour être envoyés frais au marché de Tunis et salés à Marseille. Les pécheurs ont en moyenne une récolte de 6 à 7000 kilogrammes par jour, ce qui donne une récolte d’environ 250 000 francs par an. On pourrait en avoir beaucoup plus, mais malheureusement Bizerte n’a pas encore de correspondance directe par bateau avec la France et ses habitants attendent impatiemment l’heureux jour où ils pourront enfin avoir leur port organisé tout à fait.
- Arrivés près de la pêcherie, on nous a fait assister à une levée de blets. La pèche a été miraculeuse, les hommes amenant vers eux des centaines de belles dorades et de loups de mer. Revenus à Bizerte, un déjeuner agréablement servi sous un hangar drapé de tentures et de feuillages nous attendait. Nous avons été ensuite visiter le fort d’Espagne, où les Français ont installé une batterie destinée à défendre l’entrée du port et d’où le panorama de la mer est splendide. Cette promenade a été très pittoresque, une partie des invités étaient en voiture, d’autres à cheval ou à âne, et tous nous étions escortés par les cavaliers arabes que nous avions déjà vus à notre arrivée. On galopait à qui mieux mieux, nous formions ainsi une troupe vraiment originale. Après cette visite au fort d’Espagne nous avons assisté au spectacle le plus curieux : celui de la grande fantasia préparée pour les invités du Résident.
- Je n’oublierai de ma vie la scène que j’ai eue devant les yeux. Les différentes parties qui composent la fantasia sont toutes intéressantes. C’est d’abord une fusillade exécutée par les Kroumirs, un simulacre de combat, et une véritable voltige faite avec les fusils. Ces hommes sont adroits et gracieux au possible lorsqu’ils font tourner leur fusil autour de leur tète et autour des reins en faisant des gambades légères. Vient ensuite le tournoi. Deux Arabes, vêtus à ravir de robes jaunes ou violet clair et drapés dans leur burnous blanc, sont montés sur un beau cheval richement caparaçonné dont la croupe est couverte d’une longue draperie de soie aux couleurs éclatantes. Les beaux cavaliers s’approchent et simulent un combat acharné. Ils se menacent avec leur fusil ou semblent lutter corps à corps, faisant tourner et sauter leur cheval de mille façons compliquées et extraordinaires. Tout cela est exécuté de mains de maîtres; quels hardis cavaliers que ces Arabes! Le spectacle continue encore quelques moments et nous montre d’autres exercices d’adresse et de vaillance. Les hommes font même aussi quelques scènes semblables à celles que nous avons dans nos cirques. Ce qui est le plus intéressant, c’est le tournoi, qui rappelle certainement celui qu’on pouvait admirer au moyen âge et dont la tradition a du être conservée par les cavaliers arabes. R fallait quitter cette ble pittoresque, éclairée par un soleil éclatant, pour reprendre le chemin de Tunis, où nous avons passsé une soirée agréable dans les concerts arabes.
- Je te quitte, mon cher Gaston, pour aller à Potinville. Nous sommes invités à déjeuner par M. Potin, puis nous visiterons sa curieuse plantation. Demain dimanche, comme je te l’ai dit, nous partons pour notre grand voyage. 11 faudra m’écrire : poste restante à Sousse. Je ne serai de retour à Tunis que dans une quinzaine.
- Albert Tissandier.
- PIERRES ARTIFICIELLES EN BÉTON
- La Nature a publié récemment1 un article intitulé: Pierres artificielles en béton.
- « Cet article m’a rappelé, nous écrit un de nos lecteurs, quelques expériences que j’ai eu l’occasion défaire sur des bétons ; je vais en donner connaissance.
- C’est pendant les expériences ajant pour but de constater la dureté des bétons que je remarquai leur rapidité de prise; j’en conclus qu’il serait avantageux de les employer dans les constructions destinées à mettre des hommes, des armements ou du matériel à l’abri des projectiles explosifs. Des essais ont été faits dans les mêmes conditions, sur des bétons âgés de huit jours seulement, et les résultats ont été satisfaisants.
- On peut en conclure que ces bétons suppléeront dans la fortification passagère aux blindages en charpente, avec avantage et économie, puisqu’ils sont équivalents, comme résistance, aux ouvrages de fortification permanente.
- La comparaison entre le sable du Rupel et celui du Rhin fait ressortir la grande influence du sable dans la dureté des bétons; de deux blocs confectionnés avec des matériaux semblables, celui dont le sable est le plus pur ou siliceux, sera le plus résistant. Le sable de l’Escaut ou du Rupel son affluent contient beaucoup plus d’alumine que celui du Rhin ou de la Meuse; c’est à cette cause que j’attribue la différence dans les duretés des bétons. ))
- LA COLLECTION
- DES GÎTES MINÉRAUX ET MÉTALLIFÈRES
- a l’école supérieure des mines
- Les belles collections de minéralogie, paléontologie et géologie de l’École des mines sont bien connues du public ; mais fort peu de personnes, même dans le groupe très spécial qui s’occupe des mines, savent qu’il s'y trouve également une collection, dite des gîtes métallifères ou de géologie appliquée, dans laquelle toutes les principales mines du monde, à l’exception des mines de houille, sont représentées par des échantillons de leurs minerais, des roches encaissantes et par tous les spécimens de nature à éclairer sur leur constitution.
- Cette ignorance tient à deux causes principales : d’abord la collection en question est toute récente ; commencée par notre prédécesseur, M. Fuchs, et continuée par nous depuis six ans avec le concours actif de notre préparateur, M. Durassier, elle vient seulement d’être organisée sous une forme définitive et ouverte au public2; en outre, située dans une partie des bâtiments de l’École toute différente de celle où sont placées les autres collections, elle a été, jusqu’ici, un peu difficile d’accès.
- Nous croyons cependant le moment venu d'en parler et, disons-le franchement, de faire, en bon conservateur de Musée soucieux de l’avenir des objets précieux confiés à sa garde, un peu de réclame pour elle. Il est, en effet, désireux que les nombreux documents déjà réunis profitent à ceux
- 1 Voy. n° 1187, du 29 février 1896, p. 207.
- 2 Les collections de l’Ecole des Mines sont visibles les mardi, jeudi et samedi, de 1 heure à 4 heures.
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- ({uc ccs questions intéressent, et, d’autre part, une collection de ce genre, qui a besoin de s’enrichir constamment pour ne pas déchoir, ne peut le faire qu’en recourant fréquemment à la complaisance et à la générosité des exploitants ou propriétaires de mines, qu’il est bon par suite de renseigner sur son but et sur son développement.
- Un petit accroissement récent de nos richesses sera peut-être de nature à piquer la curiosité de quelques personnes, en ce moment où il est tant question de mines d’or; c’est dans cette collection ([ue nous venons de déposer une très importante série de minerais d’or et de roches du Transvaal, rapportée par nous d’une mission que le ministère de l’Instruction publique a bien voulu nous confier dans ce pays.
- Qu’on nous permette un petit renseignement topographique à la façon des guides Joanne(fig. 5). Quand on est arrivé par l’escalier G dans le vestibule d’en-
- trée de l'Ecole des mines, au n° GO du boulevard Saint-Michel, si l’on veut aller à la collection de gîtes métallifères, il faut tourner à gauche au rez-de-chaussée, au lieu de monter le grand escalier comme pour
- les autres collections ; on traverse alors un hall H, où se trouvent des modèles de machines, et l’on arrive dans une première salle d’entrée L, où sont exposées deux vitrines comprenant un certain nombre de types généraux et d’échantillons destinés à représenter les lois d’ensemble des gîtes métallifères.
- En outre de cette salle, cinq autres ont été appliquées à notrecollection. Le classement adopté est celui par métalloïde ou métal dominant dans chaque gîte1 : c’est-à-dire que nous avons les salles suivantes :
- Salle A. (fig. 5). —Carbone (diamant, graphite, pétrole, etc.Silicium (quartz, feldspath, gemmes diverses, pierres à aiguiser, ardoises...). Borates, Soufre et pyrite. Nitrates. Phosphates. Sels dépotasse
- (0”,50 de large sur 0”,50 de haut.)
- Fig. 2. — Minerais de zinc du Laurium (Grèce) avec cristal de gypse. (1“,80 de long sur 1 mètre de haut.)
- et de soude. Pierres à bâtir, pierres à chaux, pierres à ciment. Gypses. Barytines. Strontianites. Minéraux magnésiens (écume de mer, giohertite, serpentine).
- Salle B. — Aluminium. Fer. Chrome. Tungstène. Titane. Nickel. Cobalt.
- Salle C. — Etain. Cuivre.
- Salle B. — Antimoine. Arsenic. Bismuth. Vanadium. Zinc. Plomh. Filons complexes.
- 1 II correspond exactement à celui que nous avons suivi dans notre Traité des gites minéraux et métallifères (2 vol. tîaudry), où, d’autre part, nous renvoyons constamment à cette collection. *
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- Fig. 3. —• Collection des gîtes minéraux et métallifères de l’École supérieure des mines. — Salle A : Diamant, Soufre, Phosphates, Sels gemmes, etc.
- (D’après une photographie prise sur place spécialement pour La Nature.)
- Fig. 4. — Collection des gîtes minéraux et métallifères de l’École supérieure des mines. — Salle E : Métaux précieux. (D’après une photographie.-^rise sur place spécialement pour La Nature.)
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- Salle E. (fig. 4) Mercure. Argent. Or. Platine.
- Les échantillons sont disposés, soit dans des armoires verticales adossées au mur, soit sur des dressoirs sous verre au centre des pièces, soit (et de préférence toutes les fois que nous l’avons pu) dans des tables vitrées placées devant les fenêtres.
- Nous nous sommes attaché à faciliter les recherches par tout un système de pancartes, fiches, étendards, etc.
- A l’entrée de chaque salle, une pancarte suspendue indique les principales collections qui y sont représentées, avec leur place. Chaque armoire vitrée porte, en haut, le nom du métal qui y figure et, à chaque tablette, on voit, sur le verre même, la subdivision correspondante (telle que graphite, jais, bitume, asphalte, etc..., quand il s’agit du carbone). Ayant ainsi reconnu approximativement la place du gisement que l'on cherche, on n’a plus qu’à lire quelques-uns des étendards disposés en tête de chaque série d’échantillons pour trouver ce gisement lui-même.
- D’ailleurs, un double catalogue par substances et par pays permet de s’assurer, tout d’abord, si le gîte que l’on veut étudier se trouve représenté dans la collection.
- Nous ne pouvons songeràdonner ici même une simple énumération des mines, figurées pour la plupart par un nombre important de spécimens; mais nous croyons que, grâce au zèle des anciens élèves de l’École des mines répartis dans toutes les régions du monde, grâce aux expositions universelles où bien des pays étrangers, le Mexique et le Brésil notamment en 1889, nous ont laissé piller leurs vitrines, grâce enfin aux nombreux voyages entrepris par M. Fuchs ou nous-même dans l’intérêt de l’École, cette collection est arrivée à représenter aujourd'hui, pour l’étude des gîtes métallifères du globe, une véritable richesse.
- Il ne s’agit pas là, bien entendu, ni d’échantillons minéralogiques, ni de curiosités paléontologiques éveillant l’attention par leur beauté propre, mais de types choisis pour former par leur ensemble une sorte d’illustration, de figuration en petit des gisements, pour permettre à ceux qüi ne les connaissent
- que par une description de s’en faire une idée un peu précise et, dans une certaine mesure, d’en examiner, comme s’ils étaient sur place, quelques particularités.
- D’autre part, ceux — et ils sont nombreux, croyons-nous — qui, désirant se procurer quelque substance minérale, ne savent trop à quel coin du globe s’adresser, pourront trouver là d’utiles, sinon de complets renseignements.
- On se rendra compte de la variété des gîtes représentés par ce fait que les phosphates de la Somme ou de la Caroline y coudoient les borates et les écumes de mer d’Asie Mineure, que les pyrites du Rhône s’y trouvent non loin des asbestes du Canada ou des diamants du Cap, qu’après avoir vu les fers de Bilbao ou de Mokta el lladid, on tombe bientôt
- sur les minerais d’étain des Détroits, les manganèses du Caucase, les nickels de la Nouvelle-Calédonie, les cuivres du lac Supérieur, les calamines du Gard ou du Lau-rium (fig. 1 et 2), les minerais d’argent du Comstock ou les poudingues aurifères du Wit-watersrand.
- Nous ajouterons seulement que, comme complément à cette collection d échantillons minéralogiques, nous avons commencé à organiser, indépendamment de la bibliothèque générale de l’École des mines, une bibliothèque spéciale, où nous essayons de recueillir et de classer toutes ces brochures sur les mines, ces monographies, qui généralement deviennent bientôt introuvables, ainsi qu’une série de plans, coupes et cartes des mines, qui, le jour où elle sera plus développée, présentera certainement le plus haut intérêt.
- L. de Launay,
- Ingénieur des Mines.
- L’ÉRYTHRÉE ET L’ABYSSINIE
- Dans une lettre adressée, le 7 juillet 1885, à la Société de géographie de Rome, Ménélik s’exprimait ainsi : « Jusqu’ici le nom du royaume de Choâ a été en honneur auprès de la Société de géographie de Rome, j’espère qu’à l’avenir notre nom sera pleinement honoré de vous. »
- ?• Salle C Salle B
- Sa lu A
- Salle E
- Plan. — F. Porte monumentale. — G. Escalier d’honneur. — II. Hall des
- Fig. 5.
- modèles. — K. Vestibule. — L. Entrée : an, généralités. — Salle A : a, métalloïdes; b, métaux alcalins; c, métaux alcalino-terreux; d, métaux terreux; fff, collection des élèves; (/y g, collections régionales. — Salle Ii : a, aluminium; b b, fer ; c, chrome tungstène ; d, manganèse ; e, nickel cobalt ; f, Suède ; ÿ, Lau-rium (Grèce). — Salle C : aaa, étain; bbbb, cuivre; ccc, Chili; d, Monte-Catini (Toscane); e, Mensuela (Espagne). —• Salle R : an, antimoine-arsenic; b, bismuth-vanadium; cc, zinc; ddd, filons complexes; e, plomb; /, Freyberg (Saxe); g, Harz (Hanovre) ; h, Scbemnitz (Hongrie) ; i, Vialas (France) ; j, Laurium (Grèce). — Salle E : a an, mercure; b b, argent; c, or; d, côtes du Pacifique (Etats-Unis); <’, Transvaal.
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- LA NATURE.
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- Je doute que le nom de Ménélik soit encore honoré aujourd'hui par les Italiens autrement que comme celui d’un ennemi très habile, très lin, qui leur a inlligé une de ces défaites sanglantes qui marquent d’une pierre noire certaines époques de la vie des nations! Depuis tout à l’heure trois mois, les journaux nous parlent de l’Erythrée, de l'Abyssinie, sans que nous sachions bien exactement comment les Italiens ont pris pied et se sont établis sur le rivage africain de la mer Rouge. Quelques pas en arrière ne nous semblent donc pas déplacés.
- On désigne communément sous le nom d’Érythrée la colonie que les Italiens ont fondée sur les bords de la mer Rouge, au-dessous et à l’ombre du plateau abyssin. Avouons tout d’abord qu’aucune dénomination ne pouvait être plus fausse, les anciens désignant sous le nom d’Erythrée la mer des Indes, la mer Rouge n’étant qu’une extension, qu’un golfe relativement peu important de ce vaste océan.
- Après la prise de Magdala en 1868, alors que l’armée anglaise se fut retirée, l’Abyssinie se trouva en proie aux dissensions, aux luttes intestines de ses princes. L’un deux, Kassaï, prince du Tigré, qui se prétendait issu des anciens rois du pays, reprit le grand dessein de Théodoros et s’efforça de réunir sous sa domination l’Abyssinie tout entière.
- Avec l’aide d’un officier anglais, le général Kirkham, qui instruisit les 2400 hommes qui formaient l’armée du Tigré et lui apprit à se servir des 800 fusils et des 12 obusiers que lui avait laissés le vainqueur de Magdala, lord Robert Napier, Kassaï défit les différents ras, vainquit et fit prisonnier, en 1871, Gobazye, qui gouvernait l’Amhara, et reçut enfin la soumission de Ménélik, qui régnait sur le Choa.
- Couronné sous le nom de Johannes, Kassaï inspira aussitôt de l’inquiétude à l’Égypte, qui engagea la lutte avec lui pour la possession de la province de Rogos.
- Le 1er juillet 1872, une armée égyptienne, forte de 8000 hommes, partit de Massaouah sous les ordres de Munzinger pacha, et s’empara de la province de Rogos ainsi que de Keren sa capitale.
- A ce moment Johannes était engagé dans une guerre contre les Gallas, mais il usa, dès qu’il le put, de représailles et anéantit presque entièrement l’armée égyptienne. Les événements qui se passèrent en Egypte à cette époque mirent fin à la lutte. Les Anglais occupèrent Souakim en 1884 et envoyèrent un batiment à Massaouah pour empêcher qui que ce soit de s’emparer de ce port important, sans l’occuper eux-mèmes, dans l’espérance d’amener le Négus Johannes à prendre parti contre le Mahdi.
- L’année suivante, 1885, vit, par suite d’un accord secret, ilotter côte à côte les pavillons égyptien et italien, mais, au mois de septembre, Massaouah, évacuée par les forces égyptiennes, fut déclarée colonie italienne.
- A ce moment nombre d’explorateurs italiens s’abattirent sur l’Abyssinie : Antinori, Cecchi, Ghiarini, Martini, Gessi, Matteucci, Rianchi, Antonelli, Giu-
- letti, Miani, Piaggia e tuttir quanti. Quelques-uns périrent misérablement, mais tous voulaient étudier le pays aux points de vue scientifique et économique et se rendre compte des ressources et des facilités que rencontreraient leurs compatriotes pour s’y établir.
- Il n’y avait pas encore deux ans que les Italiens s’étaient installés à Massaouah qu’un commerce très important était né. On importait des tissus et des filés de coton, du blé, des farines, des conserves alimentaires, des spiritueux, des verroteries ; à l’exportation, c’étaient des peaux, du musc, de l’ivoire, du café, de la gomme, de l’or, des perles et de la nacre.
- Cependant, dès 1887, les hostilités éclataient entre les troupes du général Géné et le ras Alula, un des vassaux du Ncgous qui avait vu dans l'occupation de Vua et de Santi l’intention arrêtée d'envahir l’Abyssinie ; Alula infligeait le 26 janvier, près de Dogali, une éclatante défaite à la colonne Christoforis.
- L’Italie ne pouvait rester sous le coup de cet échec. Des renforts furent envoyés sous les ordres du général San Marzano.
- A ce moment Johannes dut tourner toutes ses forces contre les mahdistes qui avaient envahi le nord de son empire, mais il fut défait et tué dans une épouvantable bataille qui dura trois jours, du 10 au 12 mars 1889.
- Les compétitions entre le ras Mangascia, désigné par Johannes pour son successeur, et Ménélik, souverain du Choa, permirent aux Italiens de s’établir à Keren et à Asmara, et lorsque Ménélik eut soumis à peu près tous les compétiteurs, il s’empressa de conclure avec l’Italie le traité d’Ucciali, dont l’article 17, qui, suivant les Italiens, établissait leur protectorat sur l’Abyssinie, protectorat formellement répudié par Ménélik, devait amener les si graves événements qui viennent de se dérouler et de porter au prestige de l’Italie un coup si funeste.
- En 1895, craignant l'invasion des derviches, les Italiens s’avancèrent de Keren à Agordat, et, malgré les efforts de ceux-ci, s’emparèrent de Kassala le 17 juillet 1894. Cette verte leçon réfréna pour un temps les entreprises des derviches et les Italiens purent se retourner contre l’Abyssinie, à laquelle ils tenaient plus que jamais à imposer leur protectorat. La révolte du chef indigène Rala-Agos fournit au général Rara-tieri l’occasion de pénétrer dans le Tigré. Le 30 septembre 1894, il entrait à Adua sans avoir eu à combattre. Mais à son retour en Érythrée, il fut attaqué par le ras Mangascia, qu’il défit à Coatit le 14 janvier 1895. Le 25 mars, les Italiens occupaient Adigrat; en automne, ils s’installaient à Makallé, battaient encore Mangascia à Antaloet à Debra-Ailat, et le général Arimondi portait ses avant-postes à Amba-Alagi. C’est là que, attaqué par les forces très supérieures de Makonnen, venu du Choa, fut tué le major Toselli. Le général Arimondi dut se retirer en toute hâte jusqu’à Adigrat, abandonnant à son malheureux sort la garnison de Makallé qui dut capituler le 21 janvier 1896. Tout le monde a encore présente
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- LA NATURE.
- à la mémoire la si complète défaite à Adua du général Baratieri, qui perdit tous ses canons, ses convois et laissa 10000 hommes sur le champ de bataille avec les généraux Dabormida et Arimondi.
- L’Abyssinie est un immense plateau extrêmement escarpé qui, au nord-est et à l’est, domine la mer Rouge et le pays d’Afar. Au nord et à l’ouest, il s’étage vers la Nubie ; au sud et au sud-est, il regarde KalFa et le pays des Gallas.
- Loin d’être uniformément plat, le pays est coupé de failles gigantesques, de vallées profondes, de montagnes escarpées, de plaines mamelonnées; c’est un ensemble presque chaotique. Du lac Tsana, tout au sud, sort l’Abaï ou Nil Bleu, dont les sources furent visitées au seizième siècle par les Pères Paez etLobo, puis redécouvertes par Bruce en 1770. Au fond d'une sorte de canon qui s’évase et s’élargit parfois, roule le Takazzé, affluent de l’Atbara, lui-même affluent du Nil. Quant au Mareb, dont le nom a été plus d’une fois prononcé dans ces derniers temps, il est encore moins navigable que les précédents, car il se perd plusieurs fois.
- Le plateau si élevé de l’Abyssinie est dominé par deux chaînes principales, le Semen, entre le Takazzé et le lac Tsana ou Tana, et les monts du Godjam, où l’on trouve des pics presque aussi élevés que le mont Blanc.
- A ces altitudes si diverses répondent trois régions naturelles des hautes et basses terres et les pays intermédiaires . Dans les basses terres le thermomètre varie de 40° en été à 22° en hiver. La végétation est ' exubérante et l’on y cultive le dourrah et le dogoussa, le colon et l’indigo, on y voit prospérer le bananier, le dattier, le baobab, le gommier, l’ébénier, la canne de sucre comme on disait au seizième siècle, le safran, le caféier, etc. On y chasse le lion, l’hyène, la panthère, l’éléphant, l’hippopotame et le rhinocéros, la girafe, le zèbre, la gazelle et l’antilope.
- La région intermédiaire, où la température oscille entre 27° et 14° centigrades, rappelle leclimat de l’Andalousie et de la Sicile, c’est la plus riche et la plus féconde ; là poussent avec les productions de l’Europe méridionale celles de pays plus chauds. Le froment et l’orge y réussisent admirablement, tandis que l’abricotier, l’oranger, le citronnier, le pêcher, la vigne se mêlent à l’euphorbe et aux palmiers de diverses espèces. Enfin dans les parties les plus élevées croissent de maigres forêts à la végétation
- rabougrie; seuls des pâturages abondants permettent l’élevage de bons chevaux et de nombreux bestiaux.
- Les différentes provinces de l’Abyssinie sont : le Tigré, dont la frontière est formée parle Takazzé, et dont la capitale Adua a succédé à Axoum aujourd’hui ruinée; l’Amhara, dont la capitale est Gondar, et le Ghoa, dont la ville principale est Ankobé. A son tour chacune de ces grandes régions est divisée en petites provinces : l’Amacen, l’Agami, l’Enderta, etc.
- Dans le Tigré se parle le geez, apparenté à l’hébreu et à l’arabe, langue apportée par les émigrants sémitiques qui s’y sont établis, tandis que l’amharique est la langue des aborigènes. Elle diffère elle-même du galla, idiome parlé par les tribus qui habitent au sud de l’Abyssinie, qui y ont fait depuis des siècles des incursions répétées et se sont installés dans certaines de ses provinces méridionales.
- Il nous faut compléter ces trop rapides détails par quelques renseignements sur Massaouah, capitale de l’Érytbrée, colonie dont les limites ont été fixées par le traité d’Ucciali.
- Construite sur une île madréporique, Massaouah, quand on arrive du large, a l’air d’une ville, avec ses maisons en pierres et en arcades, son beau quai que prolonge une longue digue qui la relie au continent. Sur l'ile Taulud se trouvent le palais du gouverneur, le casino des officiers, l'hôpital et nombre de bâtiments importants. Quant au centre de la ville, il a gardé sa physionomie arabe avec ses rues étroites et tortueuses et ses maisons à terrasses. L’eau douce n’existe pas à Massaouah, on a dù aller la chercher à Monculto et l’amener par un système de canalisation. A la pointe d’Abd-el-Kader s’élève la gare, les magasins, les ateliers du chemin de fer de Saati. Ce ne sont pas les seuls travaux dus au génie italien, qui a tracé de nombreuses routes carrossables et installé un Decauvillc ayant son point de départ à Gheraz et qui se bifurque sur Archico, Otumbo et la pointe d’Abd-el-Kader.
- Avant la guerre le principal article de commerce à Massaouah était la nacre, qui se pêche aux îles Dahla et dont on exportait annuellement 500 000 francs à Vienne et à Londres. Quant au commerce des perles fines, qui était aussi fort important, il échappe à toute statistique, se faisant presque toujours sous le manteau. Gabriel Marcel.
- Carte de l’Érythrée, du Tigré et de l’Amara.
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- LA NATURE
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- ROUES ÉLÉVATOIRES EN USAGE AUX INDES ET AU JAPON
- Fig. 1. — Roue élévatoire employée aux Indes. (D’après nature.)
- Parmi les appareils mécaniques répondant aux besoins primordiaux des peuples jeunes ou à civilisation relativement arriérée, figurent, avec les outils propres à désagréger et retourner le sol, les engins destinés à l’élévation de l'eau. L'industrie agricole étant la première de toutes en date comme en importance, on conçoit qu’elle ait suscité, dès les temps les plus anciens, la création de machines susceptibles de favoriser les irrigations, appoint indispensable de la main-d’œuvre humaine. C’est ainsi que notre noria actuelle était connue et employée par les Égyptiens sur les rives des canaux du Delta du Nil.
- M. Albert Tissandier, au cours de son récent voyage aux Indes anglaises et au Japon, a également trouvé, outre les seaux à bascule suspendus par une perche à un grand levier avec contrepoids, encore en usage dans l’ouest de la
- France pour l’arrosage maraîcher près des villes, les curieuses roues élévatoircs dont nous reproduisons l’aspect d’après ses dessins originaux.
- La figure 1 représente une roue élévatoire en fonctionnement près de Lahore ; au lieu des augets que nous plaçons entre les jantes de la roue pour contenir l’eau puisée, le constructeur hindou a, comme les Égyptiens, muni son appareil d’un certain nombre de récipients en poterie fixés sur une double corde formant chaîne sans fin et destinée au même service. Le fond de chaque vase est percé d’un petit trou, qui facilite l’immersion en favorisant la sortie de l’air. Ces espèces de cruches ne prennent au ruisseau voisin qu’un bien faible volume en comparaison de ce que recueilleraient nos augets ordinaires, sans parler de la fragilité de la matière substituée au bois. Il faut dire également
- Fig. 2. — Autre roue élévatoire au Japon.
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- LA NATUKE.
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- que le manège qui donne le mouvement à ce grossier appareil n’est pas plus perfectionné ; le support du pignon de commande consiste en un véritable tronc d arbre a peine équarri et dont les bouts s’engagent dans des piles de pierre; les engrenages à lanternes qui actionnent la roue sont des plus rudimentaires et absorbent une puissance considérable.
- Lnfin, pour pouvoir recueillir à l'intérieur de la roue 1 eau qui tombe des pots avant leur entière révolution, l’arbre de couche n’est fixé que sur la jante intérieure : on peut ainsi disposer entre les deux jantes un couloir qui reçoit l’eau perdue et l’amène latéralement au réservoir. Ces inconvénients sont d’ailleurs très relatifs dans un pays où la main-d’œuvre est à très bon marché. En outre ces installations si peu perfectionnées ont l’avantage de la rusticité et de la simplicité, ce qui permet d’en confier 1 entretien et la réparation au premier venu. La roue élévatoire représentée dans la figure 2 est d’un usage très fréquent dans les rizières du Japon. Ses aubes se terminent par une planchette tangente à l’extrémité du rayon. Ces planchettes permettent à l’homme qui sert de moteur de poser ses pieds pour faire tourner l’instrument, et forment en même temps écope pour le puisage de l’eau. Ces roues, construites en bois de cèdre, sont extrêmement légères : aussi, l’homme qui les manœuvre les déplace-t-il aisément et les emporte-t-il sous son bras. Lorsque le cours d’eau où l’on puise est sensiblement en contre-bas des terres à arroser, on procède par relevages successifs en creusant dans la berge des vasques qu’on remplit et qu’on vide successivement les unes dans les autres jusqu’à ce qu’on arrive à un point qui domine les rizières.
- X..., ingénieur.
- COMÈTES ET PLANÈTES DE 18931
- Comète 1S95 I (d 1894). — C’est la comète périodique d’Enckè, calculée par M. Backlund et retrouvée le 51 octobre 1894 ou le 1er novembre par MM. Perrotin, M. Wolf (photographiquement) et Curelli. Voir Bulletin W[, p. 262.
- Comète 1895 H (a 1895). —Découverte par M. L. Swift le 20 août à Echo Mountain (Californie). Elle était assez brillante et les premiers éléments ont indiqué une courte durée de révolution, fixée ensuite à 7 ans 19 à très peu près. D’après M. Schulhof elle pourrait être identique à la célèbre comète de Lexell ; s’il n’y a pas identité il paraît du moins bien certain que les deux astres ont une origine commune.
- Cette comète a été observée encore en janvier 1896.
- Comète 1896 (b 1895). C’est la comète de M. Faye, retrouvée à Nice par M. Javelle, le 26 septembre. Elle est encore observable.
- Comète (1895 III c 1895). — Comète brillante, découverte le 16 novembre, par M. Perrine, à l’observatoire Lick. Elle était observable le matin, son, éclat croissait rapidement et l'on a pu croire qu’elle serait visible en plein
- 1 D'après le Bulletin astronomique publié sous les auspices de l'Observatoire de Paris, par M. F. Tisserand, membre de l’Institut, avec la collaboration de MM. 6. Bigourdan, O. Callan-dreau, et H. lladau.
- jour au voisinage de son périhélie, mais elle ne paraît pas avoir été observée dans ces conditions. Après avoir été quelque temps observable le soir, elle est redevenue presque aussitôt comète du matin et a pu être observée encore en février 1896 : cela était d’autant plus désirable que les mauvais temps persistants de décembre 1895 n’ont pas permis d’en faire, à celte époque, beaucoup d’observations.
- Comète 1895 IV {d 1895). — Découverte le 2 i novembre par M. Brooks à Phelps. Elle a été annoncée comme brillante, mais quand elle a été vue en Europe elle était large, diffuse, presque sans concentration et assez difficile à pointer. Elle paraît n’avoir été observée que jusque vers le milieu de décembre et le mauvais temps a géné aussi ses observations. Ses éléments présentent une grande ressemblance avec ceux de la comète de 1652 qui était fort brillante et présentait une longue qvieue.
- Auleurs delà
- Planètes. découTerte. Lieux. Dates, Remarques. 25 février
- m» 599 Max Wolf Heidelberg
- BQ - — „„ . ( Obs.insuffisantes pour 2o février j(,|lr,)W soll
- BR — — 25 février Identique à 579.
- BS — — 25 février identique à 503.
- BT 401 — — 16 mars
- BU 400 Cliarlois INice 15 mars
- BV Max Wolf Heidelberg •la mars Identique à 205.
- BVV 402 Cliarlois Nice 21 mars
- BX 403 — — 18 mai
- BY 404 — — 20 juin
- BZ 405 — — 23 juillet
- CA — — 25 juillet Identique à 536.
- CB 400 — — 22 août
- cc 407 Max Wolf Heidelberg 13 octobre
- Cl) — — 15 octobre
- CE Cliarlois Nice 9 décembre
- CF Max Wolf Heidelberg 11 décembre
- L(j — ,
- Telles sont, en résumé, les principales comètes et planètes de l’année 1895. G. B.
- Le sondage le pins profond. — Le sondage le plus profond qui ait été encore fait est, d’après YOester-reichische Zeitschrift fur Berg and Hultenivesen, celui qui a été exécuté par l’administration fiscale prussienne à Paruschowitz, près Rvbnilz, dans la Haute-Silésie. Ce sondage, commencé le 26 janvier 1892, a été achevé le 17 mai 1895, après avoir atteint la profondeur de 2005m,54. 11 avait pour objet la recherche de couches de houille. On en a trouvé 80 dont la puissance totale est de 89m,5, mais il a servi à des constatations scientifiques d’un haut intérêt. L’accroissement de température a été trouvé de 1° pour 54m, 1, ce qui se rapproche considérablement des chiffres généralement admis, et que nous avons indiqués, savoir 28,20, chiffres de lord Kelvin, et 54,40, résultats obtenus au Gothard. Le travail a été exécuté en 599 jours, ce qui donne un avancement moyen de 5m,05 par jour. La dépense a été de 94 000 francs, ce qui correspond à 47 francs par mètre courant. L’administration fiscale prussienne a, depuis quinze ans, fait exécuter 400 forages dont la longueur collective est de 150 000 mètres, soit en moyenne 550 mètres chacune, et qui ont coûté ensemble 16 millions de francs en nombre rond, ce qui fait pour le mètre courant un prix moyen de 120 francs.
- Traction électrique mixte à trolleys et à accumulateurs. — La Chronique des travaux cite une installation intéressante, faite à Hanovre, de traction électrique mixte à trolleys et à accumulateurs. A l’exté-
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- LA NATURE
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- rieur de la ville et dans les faubourgs, les voitures empruntent le courant à une ligne aérienne. L’énergie électrique, en même temps qu’elle actionne les moteurs, charge aussi la batterie d’accumulateurs que porte la voiture. En arrivant dans les quartiers centraux de la ville, la voiture continue sa route sur une voie ordinaire, et la force motrice est alors fournie par la batterie. Actuellement le nombre de voitures en service est de 52 ; il v en aura 62 prochainement. Chaque voiture porte 2 tonnes 1/2 d’accumulateurs de la fabrique de Ilagen, et la Compagnie paye annuellement 2000 francs par voiture pour l’entretien de ces batteries.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 15 avril 1896. — Présidence de M. Cornu.
- L’éclairage au moyen du gaz acétylène. — Un bec Manchester alimenté d’acétylène donne une flamme possédant un vif éclat. En recueillant les produits de la combustion, M. Gréhant a reconnu que le rapport du volume d’acide carbonique produit au volume d’oxygène consommé est égal 'a 0,8, nombre caractéristique de l’acétylène dans la combustion eudiométrique. Les produits de combustion ne renfermaient d’ailleurs aucune trace de gaz combustible. M. Gréhant a en outre effectué des expériences analogues à celles dontM. Le Chatellier a présenté la description vers la fin de l’année dernière, sur la combustion de l’acétylène. Il a trouvé que le mélange le plus explosif était formé de 1 volume d’acétylène et 9 volumes d’air. Il faut, quand on emploie l’acétylène, surveiller l’introduction de l’air dans le gaz, car ces mélanges détonnants sont très dangereux.
- La nitrification naturelle dans les terres. — M. De-hérain montre que la pratique de la jachère, très répandue dans l’ancienne culture, était parfaitement justifiée par la pénurie d’engrais dont on souffrait à cette époque. Il est curieux de constater que, par le seul empirisme, les cultivateurs étaient arrivés à faire produire à leurs terres les nitrates que nous répandons aujourd’hui après les avoir fait venir du Pérou. M. Dehérain a constaté que les terres laissées en jachère forment des quantités de nitrates qui, calculées en nitrate de soude, ont varié de 500 à 860 kilogrammes par hectare, pendant la saison comprise entre mars 1895 et mars 1896. Les terres emblavées en produisent infiniment moins, car, desséchées par les plantes qui y puisent l’eau qu’elles évaporent par leurs feuilles, ces terres ne présentent plus les conditions favorables à l’action du ferment nitrique. Pendant la dernière saison, alors que les terres emblavées de Grignon n’ont pas fourni une seule goutte d’eau de drainage, les terres laissées en jachère ont été saturées d’eau dès le commencement de l’automne et ont fourni des eaux de drainage abondantes en nitrates. Aujourd’hui que la production du fumier est plus importante que jadis, et que nous pouvons acquérir du nitrate de soude, nous n’avons plus intérêt à laisser les terres en jachères pendant toute une année.
- Température des couches supérieures de l’atmosphère. — MM. Hermite et Besançon font connaître les résultats fournis par l’ascension d’un ballon non monté parvenu à la hauteur de 14 000 mètres. La température minima n’a pas été aussi faible que dans l’ascension du 20 octobre, où elle est descendue à —70°. Ils espèrent que la hauteur de 20 000 mètres pourra être atteinte et donnera des
- résultats importants au point de vue de la composition de l’atmosphère et des mouvements atmosphériques. MM. Hermite et Besançon présentent l’année 1895 de la revue « l’Aérophile ».
- Influence de la lune sur la pression barométrique. —-M. Garrigou-Lagrange s’est appliqué à mettre en évidence l’influence lunaire sur la pression barométrique. Il a constaté l’existence d’une onde diurne variable suivant que la déclinaison est positive ou négative; un terme de la théorie de Laplace non employé dans l’expression des marées joue ici un rôle appréciable. En tenant compte de la période des révolutions lunaires, l’auteur trouve, pour une durée embrassant cent quatre-vingt-six années, que la pression barométrique moyenne calculée reproduit presque rigoureusement la pression barométrique moyenne.
- Les eaux de sources et de rivières. — M. Schlœsing continue ses recherches sur la teneur des eaux de sources en nitrates. Il montre que les véritables eaux de source présentent une teneur sensiblement constante, tandis que les eaux de rivière et de suintement ont au contraire un titre variable; on peut donc ainsi, en quelque sorte, reconnaître a priori les eaux réellement potables.
- Varia. — M. de Jonquières offre à l’Académie une lettre du mathématicien allemand Gauss, adressée à M. Poulet de l’Isle, professeur au lycée d’Orléans. Cette lettre contient des renseignements sur les travaux de Gauss, ainsi qu’une appréciation élogieuse des travaux des mathématiciens français. — M. Lafav continue ses études sur les rayons de Rontgen ; il signale aujourd’hui cette partipularité qu’il est indifférent de les électriser avant ou après les avoir fait traverser un champ magnétique.— Les rayons de Rontgen ont été appliqués à la détermination photographique des denrées falsifiées.
- Ch. de Villedeuil.
- IA THÉRAPEUTIQUE DES INDIENS
- DE LA GOAJIRA
- Bien des gens ignorent complètement l’existence de la presqu’île de la Goajira1 et des Indiens qui l’hahitent : le fait est que c’est un territoire encore vierge, on peut le dire, de l’envahissement des hlancs. Cette presqu’île se trouve à l’ouest et à l’entrée du golfe de Maracaïbo. Ce golfe y forme à son extrémité occidentale Vensanida ou baie arrondie de Calabozo. La Goajira est disputée par le Venezuela et les Etats-Unis de Colombie. Ces deux États se la disputent, mais d’une façon toute platonique, car ils n’ont pas encore osé y envoyer des troupes, par crainte des Indiens qui habitent le pays.
- Ces Indiens se tiennent autant que possible à l’écart des blancs et en général des étrangers à leur race ; quelques-uns d’entre eux sont pour ainsi dire délégués aux échanges avec les habitants du Venezuela et de la Colombie, les objets d’échanges consistant, de leur côté, en chevaux, bœufs et moutons que ces Indiens élèvent
- 1 On dit aussi Goajires ; les Espagnols disent Goajiros et Guajiros. Le territoire de Groajire occupe une superficie de 6500 kilomètres carrés peuplés en 1873 de 29250 habitants. De leur côté les Etats de Colombie dont la Goajire forme l’angle nord-est font un « territoire national » non seulement de la moitié nord-occidentale baignée par la mer des Antilles, mais de la presqu’île tout entière. La Goajire est de fait indépendante.
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- LA NATURE.
- en assez grand nombre, parfois aussi en écailles de tortues. Dans une récente communication à la Société de géographie commerciale, M. F. Serret pouvait faire remarquer combien est primitive l’industrie de ces populations : c’est à peine si les femmes cultivent un peu la yucca, le maïs, les ignames, et si elles réussissent à faire des hamacs et des étoffes grossières avec des fibres extraites par broyage du pila ou du magney.
- Si nous en croyons les diverses affirmations de M. Serret, qui aurait vécu sur les frontières du pays, ces primitifs auraient certaines pratiques médicales qui ne sont que récemment entrées dans notre thérapeutique ou qui même précèdent des recherches modernes dont le résultat n’est pas encore pleinement atteint.
- C’est ainsi que la cautérisation, aulrement dit les pointes de feu, est le moyen curatif auquel ils ont le plus souvent recours, notamment pour les névralgies rebelles et les maux de dents ; ils emploient également la cautérisation pour neutraliser les effets du venin des flèches, et l’on conviendra que ce n’est pas si mal trouvé pour des sauvages, lis connaissent malheureusement la phtisie pulmonaire, et ils la traitent au moyen du fiel de tortue; un missionnaire qui a, pendant trois ans, habité Rio
- Hacha, affirme que les résultats de celte méthode seraient merveilleux. Enfin l’on connaît les essais que l’on poursuit actuellement pour obtenir la vaccination, l’immunité contre les morsures de serpent, et c’est assez récemment que nos physiologistes ont observé que chaque espèce de reptile est réfractaire à son propre venin. Or les Indiens de la Goajira, ces primitifs qui vont couverts d’un seul petit morceau d’étoffe, considèrent comme acquis que tout serpent porte en lui-même, mais dans son fiel et non dans ses glandes buccales, l'antidote de son venin. Dès que l’un d’eux a été mordu, ses camarades s’empressent de se procurer un serpent de même espèce que celui qui l’a blessé, et, avec le fiel, ils préparent une potion qu’absorbe la personne atteinte. Une ou deux heures après, paraît-il, l’enflure qui s'était produite perd sa couleur livide, en même temps que disparaissent l’engourdissement et la douleur; la fièvre tombe graduellement et le blessé ne tarde pas à cire rétabli.
- Naturellement nous laissons la responsabilité de ces dires à celui qui les a produits; mais on conviendra que souvent, par la simple observation, les sauvages arrivent à des méthodes précieuses. D. B.
- EFFETS D’OPTIQUE DE LIGNES PARALLÈLES
- M. Ch. Brunot, à propos de l’article de M. Javal, sur les illusions d’optique, paru dans La Nature Ç nous envoie d’intéressantes appréciations sur des illusions connues. Ne pouvant insérer tout son travail, nous en extrayons les figures ci-dessus, que nous croyons inédites, et où les lignes droites et parallèles non seulement cessent de sembler parallèles, mais paraissent courbes.
- A ce propos, rectifions une erreur typographique de l’article de M. Javal; p. 112, ligne 4, lire plus courtes au lieu de plus longues.
- « Mais je vais plus loin encore, nous écrit notre correspondant : s’il est une chose à laquelle la vision perspective des objets a habitué l’œil, c’est a ligne droite; celle-ci en effet se conserve toujours intacte en perspective. Il semble donc que jamais l’œil ne devra se méprendre quand il sera mis en présence d’une ligne droite, et, cependant, cette mésaventure même ne lui est point épargnée dans les figures dont je viens de parler et dont je crois être le premier éditeur. »
- 1 Yoy. n° 1181, du 18 janvier 1896, p. 111.
- Nous ajouterons quelques réflexions générales sur les illusions d’optique. Celles-ci sont aujourd’hui bien connues et ont été étudiées sous toutes sortes de formes dans les laboratoires des physiologistes et des physiciens ; nous en avons du reste déjà lait connaître un grand nombre1. Mais il esta remarquer que de toutes ces illusions, la plus frappante est certainement celle qui se rapporte aux lignes parallèles placées à distance et (pii paraissent légèrement courbes. Dans l’exemple donné plus haut par M. Ch. Brunot, les lignes sont marquées par une série de traits inclinés qui agissent certainement beaucoup sur l’œil pour déterminer les effets saisissants dont nous parlons. Nous avons aussi essayé quelquefois de prendre uniquement deux lignes parallèles, et de les placer à une certaine distance. L’effet, sans être aussi net que celui dont il est question plus haut, est cependant réellement marqué.
- 1 Voy. table des matières 2e série (G. Masson, éditeur), ainsi que le n° 1021, du 24 décembre 1892, p. 63, n° 1064, du 21 octobre 1893, p. 521, et n° 1106. du 11 août 1894,]). 175.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissaxdier
- Caris. — Imprimerie Laiiude, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1195. — 25 AVRIL 1896.
- LA NATURE.
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- IA PIERRE DRUIDIQUE
- DE BOISSY-MAUGIS (ORNE)
- Le département de l’Orne ne compte point parmi les plus riches en monuments mégalithiques. 11 ne sera donc pas sans intérêt d’observer un moment celui dont nous donnons ici l’image. C’est un dolmen parfaitement caractérisé et assez peu connu à cause de son éloignement de tout village, de toute voie importante de communication. Il est situé dans un taillis, sur une haute et déserte colline couverte de bois rabougris, d’arides et stériles bruyères, et dépendant de la commune de Boissy-Maugis. Ce lieu
- porte, dans la contrée, le nom de Bois de la Pierre. Etait-ce la forêt sacrée où s’accomplissaient de sanglants mystères? Sommes-nous devant l’un des autels de Theutatès, protecteur des arts'et des voyageurs, ou seulement en présence du mausolée d’un grand chef celtique? Le nom de pierre druidique qu’on attribue à ce monolithe semblerait attester la première hypothèse, et sa situation dans un lieu élevé paraît d’autre part confirmer la croyance que les hommes de la pierre polie habitaient les plateaux à demeure et ne descendaient que de temps en temps dans la vallée. iVu surplus, sur toutes ces questions, on en est encore réduit aux conjectures.
- Quoi qu’il en soit, le monument dont nous parlons
- La pierre druidique de Boissy-Maugis (Orne).
- est formé d’une dalle colossale de silex, de couleur grisâtre et de forme ovale, mesurant 4m,60 dans sa plus grande longueur, 2m,80 dans sa plus grande largeur, et d’une épaisseur, d’ailleurs inégale, d’environ 70 centimètres. Cette dalle n’est pas absolument horizontale, mais assez sensiblement inclinée dans sa largeur, puisque son élévation au-dessus du sol, qui est de 78 centimètres d’un côté, atteint à peine 30 centimètres de l’autre. Elle repose sur cinq pierres de diverses hauteurs, dont quatre sont posées verticalement, la dernière horizontalement : celle-ci, en poudingue et paraissant d’installation postérieure, dépasse de 75 centimètres l’arête du dolmen.
- Tel qu’il se présente, le monument est d’un caractère à la fois plein de grandeur et de mystérieuse simplicité. On ne saurait trop déplorer la barbare
- habitude qu’ont les touristes, heureusement fort rares, d’en briser çà et là des morceaux pour en emporter les éclats.
- La partie supérieure, pleine d’aspérités, de cette table monumentale, offre un certain nombre de cavités ; on reconnaît à l’examen que celles-ci ne sont point formées au hasard. C’est ainsi que l’attention se porte d’abord sur une sorte de cuvette centrale d’où part une petite rigole aboutissant à un trou parfaitement cylindrique, qui traverse la pierre de part en part et servait évidemment à laisser écouler le sang des sacrifices. Une autre cavité plus profonde est toujours remplie d’eau. « C'est une ressource », disent les paysans des alentours. On n’a pas souvenir qu’elle ait jamais tari, et un tel événement serait pour eux le présage de graves catastrophes. La face
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- 24e année. — Ier semestre.
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- LA NÀTUHE.
- opposée de la dalle est au contraire absolument plane.
- Le sol que recouvre ce monument présente une légère dépression. Il sert d’abri naturel aux animaux des bois. Nous ignorons s’il a jamais été sérieusement fouillé. M. Louvel, chef d’institution à Begmalard, possède un grattoir et deux jolies haches en silex poli qui en proviennent, et révèlent en ce lieu des restes néolithiques intéressants.
- Bien que peu visitée, ainsi que nous l’avons dit, la pierre druidique de Boissy-Maugis a été signalée par tous les hommes que captive l’histoire locale, et il y a peu de temps, dans son numéro de juillet 1892, la Revue Normande et Percheronne en a donné une jolie gravure pour frontispice à une pièce de vers, prêtant ainsi une valeur inattendue au modeste sonnet que l’auteur de ces lignes a jadis consacré à ce vestige vénérable des premiers âges de son pays.
- Le voisinage d’un si mystérieux monument a naturellement donné lieu à un certain nombre de légendes. C’est ainsi que, suivant les uns, il a été apporté une nuit par la Bonne Vierge dans son tablier. D’autres affirment que, le samedi, la même Bonne Vierge y vient laver sa lessive. Pour la plupart la Grousse Pierre est immuable, intangible, et la tradition veut qu’un châtelain de Voré ait tenté en vain de la renverser après avoir mobilisé dans ce but tous les chevaux dont pouvaient disposer ses nombreux fermiers1. Comme je m’informais de toutes ces choses auprès d’une bonne femme du voisinage :
- « Tout ça, Monsieur, me dit-elle, c’est point vrai, vous savez ben. Tout ça..., c’est du temps qu’ n’on guillotinait 1’ monde. » Et comme je souriais malgré moi de cette interprétation un peu trop moderne du rôle énigmatique des dolmens : « Oui, reprit-elle avec énergie, vous pouvez ben dire que c’est eune guillotine, allez ! parce que ça’n n’est eune. »
- Je m’en voudrais de disputer à ma bonne femme le privilège du’mot de la fin.
- Comte de Moucheron.
- ÉCLAIRAGE DES TRAMCARS
- PAR L’ACÉTYLÈNE A PARIS
- La Compagnie des tramways de Paris et du département de la Seine vient, sur l’initiative de son directeur, M. Broca, de procéder à un essai d’éclairage par le gaz acétylène sur une de ses voitures circulant entre la Madeleine et Gennevilliers.
- L’installation faite par les inventeurs comporte un générateur d’acétylène, une canalisation et des becs placés dans les lanternes d’intérieur et de plate-forme.
- Le gazogène est placé sur la plate-forme d’arrière, sous l’escalier; malgré son peu de volume, il peut, sans être rechargé, produire plus d’un mètre cube d’acétylène. Or, le coefficient de luminosité de l’acétylène, d’après les mesures photométriques les plus récentes, étant environ
- 1 La terre de Yoré a été acquise au siècle dernier par Helvétius. Le Bois de la Pierre, qui en dépendait, appartient aujourd'hui au comte Albert île Mua.
- quinze fois plus grand que celui du gaz ordinaire, le poids du gazogène étant, en ordre de marche, de 12 kilogrammes, on voit qu’il peut, néanmoins, fournir une quantité considérable de lumière. La production du gaz se fait au moyen de la réaction signalée autrefois par Yerneuil, et bien connue aujourd’hui, de l’eau sur le carbure de calcium. Grâce à une disposition spéciale des organes de l’appareil, la production se fait d’une façon rigoureusement proportionnelle à la consommation, sous une pression de 15 centimètres d’eau seulement. Un dispositif de chicanes neutralise l’effet des trépidations et des secousses auxquelles l’appareil est soumis.
- La canalisation est reliée par un joint hydraulique au gazogène, et l’ensemble est suffisamment hermétique pour ne laisser émaner absolument aucune odeur. Le bec de la lanterne d’intérieur est un papillon à gaz ordinaire de faible débit, monté sur une bougie en porcelaine. Au contraire le bec de la lanterne d’arrière, devant avoir une très faible consommation, a reçu une disposition d’appel d’air et ne brûle pas plus de 4 litres de gaz à l’heure.
- Le tramcar est suffisamment éclairé pour qu’il soit possible de lire commodément un journal de toutes les places des banquettes. Il faut pour cela que la puissance lumineuse du bec central soit au moins de six carcels. Elle peut être au besoin instantanément doublée.
- Il n’est pas possible de préciser, sur une expérience d’aussi courte durée, la valeur de la consommation journalière de carbure de calcium pour l’éclairage du tramcar pendant toute la durée de son service de nuit. Néanmoins il est déjà acquis que la dépense sera sensiblement moindre qu’avec l’éclairage au pétrole, et une grande économie résultera de la substitution de l’emploi du nouveau système à acétylène à celui des lampes électriques.
- L’éclairage de ce tramcar fonctionne régulièrement tous les soirs, depuis le 27 février, sans qu’aucune interruption ou qu’aucun accident soit survenu. Cette régularité de marche et cette élévation du rendement lumineux doivent être attribuées à la fixité de la production et de la pression de débit de l’acétylène. L’absence de toute réserve de gaz, et la pression infime de 13 centimètres d’eau qu’il a seulement à supporter, éliminent complètement tout danger d’explosion ou d’incendie, et ce sont là les facteurs principaux des qualités d’une installation d'éclairage publique.
- Les manipulations nécessaires au chargement du gazogène sont confiées à un simple manœuvre. L’eau de chaux, résultat final de la décomposition du carbure, n’étant pas caustique, le maniement des appareils n’offre absolument aucun danger.
- Les accumulateurs électriques qui, jusqu’ici, fournissaient la lumière incontestablement la plus perfectionnée dans les tramcars, ne présentent pas cet avantage, car leur poids total est de 125 kilogrammes, et la solution d’acide sulfurique qu’ils renferment se répand assez facilement hors des vases, lors des pénibles manipulations qu’ils exigent pour être enlevés ou remis en place.
- Il serait désirable que des essais entrepris sur de plus larges bases fournissent des éléments complets d’appréciation du système de MM. Létang et Serpollet, dont nous venons de parler, et que d’autres Compagnies, suivant l’initiative donnée, fassent profiter le public des perfectionnements les plus récents que les progrès de la science permettent de réaliser dans l’aménagement et le confort des véhicules1.
- 1 D’après le Moniteur industriel.
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- APPAREIL A FABRIQUER LE BEURRE
- RADIATEUR SALÉNIUS
- La Nature a mentionné récemment1 un très intéressant appareil appelé Radiateur, qui a pour but de fabriquer directement du beurre avec du lait préalablement pasteurisé et dont l’intérêt est assez grand pour que nous en donnions la description.
- Cet appareil, qui vient de figurer avec honneur au concours agricole de cette année au Palais de l’Industrie, a été inventé par M. Salénius, de Stockholm, ingénieur fort versé dans les questions laitières. Il a été introduit en France par M. Nordenfelt, le célèbre ingénieur suédois qui, délaissant, pour quelque temps du moins, ses engins favoris de guerre, n’a pas dédaigné de s’occuper d’un engin de paix, intéressant au plus haut degré l’alimentation publique.
- Cet appareil, qui a déjà obtenu de très nombreuses récompenses en Suède, en Allemagne et en Angleterre, fonctionne avec succès depuis près de deux ans environ.
- Un modèle présenté au Ministère de l’Agriculture et du Commerce a été soumis, en juillet dernier, à des essais exécutés à l’école pratique de laiterie de Poligny sous l’habile direction de MM. H. Friant, directeur de l’École, et M. V. Houdet, professeur de chimie et de technologie.
- MM. Friant et Houdet ont relaté les résultats de leurs expériences dans un Mémoire auquel nous empruntons la plus grande partie des éléments de la présente Note2.
- Le Radiateur proprement dit se compose d’un bâti en fonte A (fig. 2), d’un bol écrémeur N, d’un bol baratteur en acier R et de trois enveloppes en tôle étamée qui s’emboîtent l’une dans l’autre.
- Le bâti comprend une couronne d’assise, réunie à l’enveloppe du bol écrémeur par deux montants, dont l’un A supporte une console R. Cette couronne est percée de quatre orifices, qui donnent passage à des boulons fixés au ciment dans des trous pratiqués dans le sol; chacun d’eux est pourvu d’un fort anneau de caoutchouc qui, en séparant la couronne du sol, favorise la verticalité de l’axe pendant la marche. Le montage du Radiateur n’exige donc aucune fondation spéciale. Les deux montants sont réunis par trois gaines directrices D,E,K, garnies d’une douille en bronze. La première de ces gaines D renferme la crapaudine à billes que l’on élève ou abaisse, selon les besoins, à l’aide d’un écrou de réglage C ; les billes sont recouvertes d’une épaisse capsule, sur laquelle pivote l’extrémité inférieure de l’arbre F, qui traverse un évidement occupé par la poulie motrice G, avant de s’engager dans la deuxième gaine E, que lubrifie un graisseur I.
- L’arbre F est relié à celui du bol L par un assem-
- ♦
- 1 Yoy. le n° 1185, du 15 février 1896, p. 174.
- 2 Bulletin du Ministère de l'Agriculture et du Commerce (octobre 1895).
- blage H formé d’une coquille traversée en son milieu par une goupille fixe, dans laquelle s’enfourche l’échancrure pratiquée dans l’extrémité inférieure de l’arbre du bol, lequel arbre est ainsi rendu solidaire du premier F.
- Le fond de l’enveloppe en fonte du bol écrémeur est percé d’une ouverture circulaire, munie d’un coussinet à billes M, où aboutit le tube graisseur I, et qui réduit notablement les frottements de l’axe pendant le fonctionnement de l’appareil.
- Sur le fond du bol écrémeur N se trouve en saillie l’extrémité conique de l’arbre qui occupe le centre de la chambre de distribution du lait 0. Ce cône est surmonté d’un large tube S d’amenée du lait, évasé à ses extrémités. L’évasement inférieur s’applique sur le fond du bol et laisse échapper le lait, par quatre ouvertures latérales ; l’évasement supérieur T constitue la chambre de distribution de l’eau froide, qui est amenée par un tube X, lequel entoure le tube d’amenée du lait V ; dans l’intervalle de ces évasements sont soudées quatre ailettes qui maintiennent vingt-cinq cloisons superposées P. La paroi de la chambre de distribution d’eau froide est percée à sa partie supérieure de six orifices m, sur lesquels viennent s’adapter un même nombre de réfrigérants tubulaires U, qui tapissent la face interne du bol baratteur R. L’eau qui s’en échappe tombe dans l’enveloppe moyenne i, pour être évacuée par un ajutage latéral.
- Le bol baratteur R est fixé sur le bol écrémeur N par un assemblage spécial. Sur son pourtour inférieur viennent s’ouvrir six petits tubes coudés n, par lesquels sort le lait écrémé, qui se rassemble dans l’enveloppe inférieure k, pour se déverser par l’ajutage q et être élevé ensuite au moyen d’une pompe centrifuge qui l’amène sur un réfrigérant. La crème y arrive par une ouverture pratiquée dans le fond et se répand en une couche mince à la surface des réfrigérants tubulaires U, qui la ramènent rapidement à la température normale du barattage. Celui-ci s’accomplit lorsqu’au moyen d’une poignée a, placée au-dessus de l’appareil, on amène l’ouverture à bord tranchant du tube baratteur Y en contact avec la couche de crème et en sens inverse de la rotation.
- La crème pénètre alors avec force dans ce tube, s’en échappe, après avoir subi des chocs multipliés qui provoquent l’agglomération des globules buty-reux en suspension, par cent vingt petits trous d* 2 millimètres de diamètre percés dans la paroi, vient ensuite se projeter violemment en filets minces sur la couche de crème, dans une direction contraire à celle du bol, et s’élève enfin, pour sortir par deux ouvertures latérales supérieures et tomber, sous forme de beurre en grains, dans l'enveloppe supérieure g, où quatre palettes h, animées d’un mouvement lent par une crémaillère circulaire à rochet, ramassent le mélange qui sort par la vanne/?. Si, au contraire, on pousse la poignée a, le bec d’emprise du tube baratteur est éloigné de la couche
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- de crème qui sort alors intacte par la vanne p. Le Radiateur peut donc servir d’écrémeuse seulement, ou, simultanément, d’écrémeuse et de baratte. La poignée a du tube baratteur porte le distributeur automatique du colorant b et le thermomètre c qui indique la température du barattage, que l’on peut faire varier à volonté en augmentant ou en diminuant l’alimentation de l’eau froide. Enfin, la console R supporte une armature mobile Z en fer forgé, qui maintient le tube baratteur Y, et l’entonnoir d’alimentation d, qui reçoit le lait au sortir du pasteurisateur.
- L’eau froide pénètre par un large tube qui s’ouvre en f sur le couvercle de l’enveloppe supérieure et est vissé sur la chambre de distribution T.
- Pour le montage on installe d’abord l’intermédiaire, puis le Radiateur, de façon que le brin de retour de la courroie qui passe dans la gorge de la poulie motrice du Radiateur soit exactement perpendiculaire à l’axe longitudinal de l’intermédiaire.
- L’intervalle entre ces deux appareils doit être de 2m,50, mesurés d’axe en axe. Les diamètres des poulies de transmission ont été calculés de manière à obtenir la vitesse de 930 tours à l’intermédiaire et celle de 6000 tours par minute au Radiateur, vitesses recommandées par l’inventeur.
- Pour monter le Radiateur il faut élever la crapaudine, la remplir d’huile et serrer l’écrou de réglage ; placer la poulie motrice dans son évidement et y introduire en même temps la partie inférieure de l’arbre; mettre la goupille de la poulie, descendre l’arbre fixé au bol dans ses gaines, en ayant soin d’enfourcher son extrémité inférieure dans l’assemblage qui doit la recevoir ; fixer le compte-tours à sonneries ; munir le bol écrémeur de ses chambres de distribution et de ses cloisons numérotées de 1 à 25, le relier au bol baratteur par un assemblage sans écrou; ajuster les réfrigérants tubulaires en commençant par le n° 6 ; visser le tube qui surmonte la chambre de distribution d’eau ; emboîter successivement les trois enveloppes superposées, placer enfin le tube baratteur, le
- thermomètre, l’entonnoir d’alimentation et l’armature de la console, en serrant ses écrous, et remplir les graisseurs.
- Après avoir versé le lait dans le bac d’alimentation de 200 litres, on embraye l’intermédiaire et on passe la courroie sur la poulie fixe de la pompe centrifuge qui amène le lait dans le pasteurisateur, dont l’agitateur est mis en mouvement par une courroie qu’entraîne l’arbre de transmission. Le lait ayant atteint la température de 70° et le Radiateur mis en marche ayant acquis sa vitesse normale de 6000 tours constatée au compte-tours qui sonne à chaque centaine de révolutions de l’arbre, on ouvre le robinet d’alimentation de l’eau refroidie avec des morceaux de glace et ensuite le robinet d’admission du lait; une minute après, le beurre en grains imprégné de son babeurre sort de la vanne p ; on le recueille dans une cuve en chêne.
- Pendant la marche, il est facile de faire varier la iluidité de la crème en agissant sur le débit d’alimentation et de maintenir constante la température convenable du barattage en augmentant ou en diminuant l’arrivée de l’eau dans les réfrigérants tubulaires du bol baratteur, suivant la température de celle-ci et du lait au sortir du pasteurisateur.
- Dès que la quantité de lait à dénaturer est épuisée, on verse 3 à 4 litres du lait maigre dans le bol écrémeur, afin de chasser tout le beurre restant dans le bol baratteur, on débraye l’intermédiaire et l’on arrête le moteur; enfin, l’on démonte le Radiateur pour en faire le nettoyage méticuleux, pièce par pièce, à l’eau bouillante et à l’eau froide, en suivant une marche inverse de celle indiquée pour le montage. Après chaque opération, il reste un résidu visqueux dans les bols, dans celui d’écrémage notamment, non seulement contre la paroi, mais encore sur les cloisons. Un examen microscopique y a fait découvrir une multitude de micro-organismes et de débris de toutes sortes. L’analyse chimique y révèle la présence de 1,5 pour 100 de phosphate
- Fig. 1. — Coupe verticale du radiateur. — A, bâti; B, console du support à pivot ; C, crapaudine à billes ; D, coussinet inférieur de la commande; E, coussinet supérieur de la commande ; F, arbre moteur ; G, poulie de commande; II, tète de l’arbre moteur; 1, graisseurs; K, coussinet inférieur de l’arbre du bol; L, arbre du bol ; M, coussinet supérieur de l'arbre du bol; N, bol d’écrémage; O, cône de distribution du lait gras; P, cadres réfrigérants du lait; Q, joint des deux chambres du bol ; R, bol de barattage ; S, arrivée du lait gras; T, arrivée de l’eau froide ; U, cadres réfrigérants de la crème; V, conduit du lait gras; X, conduit de l’eau froide ; Y, tube de barattage ; Z, support à pivot; a, levier du tube de barattage; b, réservoir de matière colorante ; c, thermomètre ; fl, réservoir d’alimentation du lait gras; e, tige du régulateur; f, réservoir d'arrivée de l’eau froide; g, chambre d’évacuation du beurre; h, raclette d’évacuation du beurre; i, bassin de sortie de l’eau froide; k, bassin de sortie du lait écrémé; l, sortie de l’eau froide; m, conduit de la crème ; n, conduit du lait écrémé ; o, joint étanche ; p, sortie du beurre ; q, sortie du lait écrémé.
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- de chaux. A cause de leur nocivité pour les animaux, les liquides restant dans les deux bols, ainsi que les eaux de lavage, doivent être immédiatement éloignés.
- Aussitôt l’arrêt du Radiateur, MM. Friant et Houdet ont pesé le beurre brut, c’est-à-dire le beurre en grains mélangé de son babeurre, puis agité le tout avec un ribot à long manche pendant deux minutes avant de malaxer à sec. Le babeurre a été pesé et le beurre ramassé en rouleaux de 1 à 2 kilogrammes pour être placé sur des liteaux de chêne, dans une caisse fermée d’un couvercle, que l’on peut remplir de morceaux de glace en été ; enfin, vingt-quatre heures après, on a de nouveau malaxé, puis pesé.
- Voici, d’après leschiffresrelevés dans une série d’essais, les observations qui en ont été tirées : la durée nécessaire à la mise en mar-chedu Radiateur, le moteur et le générateur étant prêts à fonctionner, est d’environ un quart d’heure; lebeurre apparaît à la vanne de sortie une minute après l’introduction du lait dans le Radiateur; mais, en réalité, le processus de l’écrémage et du barattage ne demande que 15 à 18 secondes lorsque le Radiateur est en pleine marche.
- Les rendements en beurre ne paraissent pas être influencés par suite de faibles écarts en deçà et au delà de la température de 70°. Le refroidissement du lait au cours de l'écrémage oscille entre 7° et 10°.
- Le débit doit être estimé à 650 litres à l’heure. Le rendement du beurre brut, qui peut être considéré comme étant celui de la crème lorsque le tube baratteur est au repos, est en moyenne de 10 pour 100.
- Voici quelles ont été les diverses conclusions for-
- Fig. 2. — Appareil à fabriquer le beurre. Vue d’ensemble.
- mulées par MM. Friant et Houdet sur le Radiateur.
- Au point de vue mécanique, le Radiateur est une machine très ingénieuse et parfaitement construite, qui fonctionne avec une régularité irréprochable. Malgré la vitesse considérable à laquelle il tourne et l’absence de toute fondation, il ne produit ni bruit, ni trépidations. Son montage est des plus simples et à la portée du personnel des laiteries. Sa mise en marche n’offre aucune particularité, les préparatifs et les précautions qu’elle comporte
- étant identiques à ceux qu’exigent tous les centrifuges.
- Au point de vue industriel, le Radiateur olfre également de sérieux avantages. L’emplacement nécessaire n'est que de 25 mètres carrés, y compris l’espace réservé aux manutentions.
- La main-d’œuvre est réduite au minimum. Deux hommes suffisent, en effet, pour surveiller, l’un le moteur et le générateur, l’autre le Radiateur et ses accessoires. Ils se partagent ensuite les travaux de nettoyage et de malaxage. Il peut fonctionner, soit simplement comme écré-meuse et donner de la crème pasteurisée qui peut être ultérieurement acidifiée par l’ensemencement de ferments lactiques, soit à tout instant de la marche simultanément comme écrémeuse et comme baratte.
- Le lait entier est pasteurisé, écrémé, et sa crème barattée à l’abri presque complet du contact de l’air, condition très favorable que ne réalise aucune autre méthode de fabrication. On a cependant la faculté de ne traiter que du lait chauffé à 50° ; il suffit pour cela de modérer l’admission de la vapeur d’eau dans le pasteurisateur.
- Pendant la marche, la crème pasteurisée est instantanément portée à la température convenable,
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- que l’on maintient constante en réglant l’admission de T eau froide. Cela a pour conséquence d’éviter et le réchauffage ou le refroidissement préalable de cette crème et les défectuosités du beurre qui proviennent de l’élévation de température se produisant quand on emploie les barattes ordinaires.
- Non seulement le travail est continu, mais il est possible d’agir sur tous ses éléments et de les faire varier, pendant qu’il s’exécute, entre les limites, suivantes, quant à la température: 50° à 70° pour l’écrémage et 12° à 20° pour le barattage.
- Quant à la qualité, le beurre ne laisse rien à désirer, bien que la crème n’ait pas été acidifiée : elle est, du reste, rendue indépendante de l’habileté professionnelle du personnel.
- Le Radiateur fournit économiquement un bon travail avec un minimum de constructions, de matériel, de main-d’œuvre et de temps. Il constitue un réel progrès dans le matériel des laiteries. G.-L. P.
- L’AUTOMOBILE-CLUB DE FRANCE
- L’Automobile-CIub de France, société d’encouragement dont le but est de développer l’industrie automobile et toutes celles qui s’y rattachent, fondé il y a quelques mois à peine, vient d’inaugurer ses salons de la place de l’Opéra, le 15 avril.
- Pour atteindre son but, l’Automobile-Club organise des courses, concours, expositions, conférences et congrès, met une bibliothèque à la disposition de ses membres, leur concède une carte spéciale qui leur assure certains privilèges, patronne des garages et remisages spéciaux, et crée un lieu de réunion avec secrétariat à Paris, dans le but de recevoir les adhérents, de centraliser les demandes et de faire toutes les démarches intéressant les membres du Club.
- Ce programme montre que la nouvelle Société répond à un véritable besoin, à l’époque d’évolution rapide des moyens de transport que nous traversons : le succès est certain puisque plus de cinq cents adhérents ont déjà répondu à l’appel des fondateurs. Le club a pour présidents d’honneur MM. Marcel Deprez et Georges Berger. Le bureau est ainsi composé : Président : M. le baron de Zuylep de Nyevelt. Vice-présidents : MM. le comte Albert de Dion, Henri Menier. Secrétaire général :M. PaulMeyan. Secrétaire technique : M. le comte Henri de la Valette. Trésorier-banquier : M. André Lehideux-Yernimmen.
- Les salons de l’Automobile-Club sont admirablement situés, au cœur même de Paris, luxueusement aménagés et seront certainement très fréquentés des Chauffeurs — tel est le sobriquet par lequel on désigne déjà les membres du Club — dès que l’organisation sera complète, dans une quinzaine de jours environ. Un club purement sportif et technique où l’on ne jouera pas au baccara est bien fait, on l’avouera, pour tenter tous ceux, et ils sont nombreux, qui s’intéressent au triomphe rapide et définitif de la locomotion mécanique.
- Pour faire apprécier le mouvement formidable qui est la raison d’être du club des chauffeurs, il nous suffira de rappeler le succès de la course des voitures sans chevaux en 1894, celui de la course Paris-Bordeaux l’an dernier, la place considérable prise par les voitures automobiles au troisième Salon du cycle en décembre 1895, les deux expositions quQvont s’ouvrir cette année même en Angle-
- terre, malgré la législation absurde et surannée qui régit la matière chez nos trop conservateurs voisins, et, at lasi but no the least, l’éclosion récente de cinq périodiques exclusivement consacrés à l’automobile. C’est, tout d’abord, La locomotion automobile, revue mensuelle paraissant à Paris depuis le commencement de 1894, puis La France automobile, revue hebdomadaire dont le premier numéro porte la date du Ie1' février 1896, également éditée à Paris.
- En Angleterre, nous avons à signaler The Autocar, revue mensuelle paraissant à Londres depuis quelques mois. Les Etats-Unis ont également deux revues mensuelles nées avec l’année courante : The Horseless Age, de New-York, et The Motocycle, de Chicago.
- A la France revient l’honneur d’avoir vu naître la première voiture à vapeur sur routes, celles de Cugnot, d’avoir construit les premières voitures à vapeur et à gazoline, d’avoir fondé le premier journal consacré à l’automobile, et d’avoir créé le premier club automobile. Ce n’est donc pas sans une certaine fierté patriotique que nous saluons l’inauguration de Y Automobile-Club de France, et que nous applaudissons à ses succès, présents et à venir. X..., ingénieur.
- ESSAI DE POUDRE SANS FUMÉE
- AUX ÉTATS-UNIS ET EN ANGLETERRE1
- Le lieutenant anglais M. Mason, dans un Rapport adressé au Département de la marine de son pays, donne les résultats des essais qu’il a faits avec la poudre sans fumée manufacturée à Newport pour les canons de 15 pouces (53 centimètres) de la marine. La plus grande vitesse moyenne obtenue a été de. 2287 pieds (697 mètres! par seconde avec 14,8 tons de pression; la charge était de 525 livres (147kî,4). Une charge de 315 livres (142k*,9) a donné une vitesse de 2271 pieds (692 mètres) et 14,8 tons de pression, et dans d’autres essais une vitesse de 2224 pieds (678 mètres) par seconde et 12,4 tons de pression. Une charge de 300 livres (156 kilogrammes) a donné une vitesse de 2187 pieds (667 mètres) et une pression de 12,8 tons. Avec seulement 201 livres (91k*,2) on a obtenu 1558 pieds (475 mètres) par seconde et une pression de 5,8 tons. Dans son Rapport, le lieutenant Mason dit : « Cette poudre consiste en bandes ayant 61 centimètres de longueur, 44 millimètres de largeur et une épaisseur de 3mm,2. Une de ces baguettes tenue verticalement à l’air libre et allumée à la partie supérieure brûle complètement en 74 secondes. Cette poudre est presque sans fumée. Après chaque coup on n’a vu qu’un peu de fumée bleue et une très petite quantité de vapeur, et tout cela disparaissait très rapidement, si rapidement qu’un canon à tir rapide placé sur l’arrière du canon de 15 pouces aurait eu sa ligne de mire dégagée au bout de 5 ou 6 secondes. II sortait de la bouche, à chaque coup, une flamme brillante de 15 à 50 mètres de longueur. La chaleur du coup était sensible à la distance de 25 à 50 mètres à gauche et en arrière du canon. Au toucher, l’âme, à la bouche, était parfaitement propre après le coup, mais elle avait pris une couleur d’un noir bleuâtre foncé2. »
- 1 Nous avons parlé déjà à plusieurs reprises de la poudre sans fumée, notamment dans le n° 872, du 15 février 1890, p. 161; dans le n° 885, du 17 mai 1890, p. 571; dans le n° 889, du 14 juin 1890, p. 17 ; dans le n° 895 du 12 juillet 1890, p. 97 ; dans le n° 1119, du 10 novembre 1894, p. 582, et dans le n° 1171, du 9 novembre 1895, p. 578.
- 2 Army and Navy Register et Revue maritime.
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- RECHERCHES RÉCENTES
- SUR LES RATONS DE RÔNTGEN
- Lorsqu’on étudie, après coup, l’histoire d’une découverte importante, on est surpris de voir combien de fois elle a été frôlée, jusqu’au moment où l’on a su la regarder en face. Les phénomènes qui attirent si vivement l’attention aujourd’hui sont de ce nombre: on les lit sans peine entre les lignes d’un grand nombre de Mémoires anciens, et l’on reste surpris de n’avoir pas su les y trouver plus tôt. Nous sommes tellement habitués à considérer la science comme définitivement close, que tout phénomène singulier nous trouve aveugles jusqu’au moment où il nous éblouit.
- Nous ne referons pas ici l’histoire préliminaire des rayons de Rôntgen; nous avons, du reste, essayé de l’écrire dans un ouvrage où nous les avons suivis jusqu’aux applications actuelles, et auquel nous renverrons nos lecteurs *, désirant nous limiter, dans cet article, aux faits les plus récemment mis au jour.
- Toute découverte éclatante en entraîne une foule d’autres ; la croyance à la perfection d’une branche de la science une fois ébranlée, on regarde autour de soi avec le doute du chercheur, et on voit partout les faits contingents. Souvent même le premier fait disparaît sous ses développements; tsl fut presque le cas pour la grande découverte de l’argon, immédiatement suivie de celle plus surprenante peut-être de l’hélium. Tels sont aussi les rayons X, primitivement liés, pour leur production, au tube à vide, mais qui s’en séparent aujourd’hui, et prennent une extension qu’on n’eût pas soupçonnée au début.
- Bien que l’on eût suivi, en France, les travaux étrangers sur les décharges dans les gaz, on ne leur avait apporté, depuis quelques années, que de faibles contributions; la scène a changé; de toutes parts on est à l’œuvre, et c’est de France que sera partie, cette fois, l’idée généralisatrice qui rattachera la nouvelle découverte aux phénomènes connus.
- On étend, en ce moment, les travaux de M. Rôntgen dans trois directions distinctes. D’une part, on cherche à mieux discerner les propriétés des nouveaux rayons, soit pour les utiliser, soit pour découvrir leur véritable nature. D’autre part, on perfectionne l’outillage servant à les produire et à s’en servir, de manière à en obtenir des effets nouveaux; dans cette voie, le progrès marche rapidement. Enfin, on cherche des sources de production de ces rayons différentes du tube à vide, et, ce qu’il y a de plus surprenant, on les trouve, et on montre du même coup que des rayons ayant des propriétés si merveilleuses ne constituent pas un phénomène exceptionnel.
- Nous traiterons successivement ces trois points de vue.
- Propriétés des rayons X. — Les expériences de
- 1 Le* rayons X et la photographie à travers les corps opaques (Gauthier-Villars et fils).
- M. Rôntgen concernant la réfraction et la réflexion des rayons X avaient conduit à des résultats douteux; malgré un certain nombre de travaux faits depuis lors, ils ne le sont guère moins aujourd’hui.
- Pour la réflexion, plusieurs observateurs, et des plus soigneux, sont arrivés à des conclusions franchement négatives. Les plus longues poses ne donnaient pas la moindre trace d’impression lorsqu’on cherchait à renvoyer les rayons sur une plaque avec un miroir en métal poli. Dans quelques cas, la plaque s’est trouvée impressionnée. MM. Imbert et Ber-tin-Sans, à Montpellier, MM. Battelli et Garbasso, à Pise, pensent pouvoir ainsi conclure, de leurs recherches, que les rayons X éprouvent une sorte de réflexion diffuse sur certaines surfaces.
- Voici, par exemple, le dispositif employé par les physiciens italiens.
- L’ampoule à vide est placée dans un tube de zinc, courbé à angle droit (fig. 1) et au coude duquel on a mis un miroir métallique M. En regard de l’autre branche du tube se trouve une plaque photographique P dans son châssis; pour plus de sécurité, une épaisse feuille de métal F occupe l’espace compris en ligne droite entre le tube et la plaque. Après la pose, on trouve la plaque impressionnée dans toute la région en regard de l’intérieur du tube. Le résultat semble net; et cependant, il n’est pas absolument convaincant. Nous savons, en effet, que les composés du zinc sont susceptibles de donner, par phosphorescence, des radiations visibles ou invisibles, et l’on sait, depuis quelque temps, que certaines de ces radiations traversent les corps opaques à la lumière ordinaire. 11 se peut donc que l’attaque de la plaque soit due à ces rayons secondaires et nullement à la diffusion des rayons X eux-mêmes sur le miroir.
- La réfraction a été étudiée avec beaucoup de précision au laboratoire de l’École normale supérieure, par M. J. Perrin. Il a trouvé, en se servant de prismes d’aluminium, un indice égal à 0,9996. Toutefois, nous n’insisterons pas trop sur ce résultat qui n’est peut-être pas à l’abri de tout reproche. Pour le moment, il nous paraît sage de l’interpréter en disant que l’indice des rayons dans l’aluminium est compris entre l’unité et le nombre que nous venons d’indiquer. S’il est vrai que l’indice est légèrement inférieur à l’unité, les nouvelles expériences s’accordent parfaitement avec la théorie que nous avons développée dans notre dernier article, et qui conduisait à attribuer les nouveaux rayons à des vibrations lumineuses de très faible longueur d’onde. La figure 2 représente, en effet, la marche de l’indice de réfraction au travers d’une bande d’absorption, limitée ici en A et B. Dans toute la bande, l’indice est anormal, et l’absorption une fois passée, il remonte asymptotiquement vers l’unité.
- MM. Benoist et Hurmuzescu, à Paris; Dufour, à Lausanne; J.-J. Thomson, à Cambridge; Righi, à Turin, et d’autres observateurs encore, ont annoncé que les rayons X, tombant sur un corps électrisé.
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- le déchargent rapidement. Nous donnons (fig. 5) une vue d’ensemble de l’appareil qui a servi à MM. Benoist et Hurmuzescu dans les expériences qualitatives faites en vue d’étudier cette propriété des rayons.
- Un électroscope à feuilles d’or est enfermé dans une boîte en laiton, dont la paroi antérieure, faisant face au tube, est constituée par une lame mince d’aluminium. La face opposée est transparente; elle est munie d’un rapporteur servant à mesurer l’angle d’écartement des feuilles d’or. Celles-ci peuvent être observées grossièrement dans le miroir M, l’opérateur restant près de la bobine, ou, avec plus de précision, dans la lunette L. Tout l’appareil, y compris les isolants, est enfermé dans la caisse métallique, de' façon à éviter absolument les actions électrostatiques étrangères à celles que l’on veut mesurer. La face opposée à l’appareil producteur des rayons est seule constituée par un diélectrique, cè qui n’a pas d’inconvénients pour des recherches approximatives.
- On peut, à l'aide de cet appareil, étudier plusieurs des facteurs qui influent sur la rapidité de décharge des corps par les rayons X; la qualité du tube, la manière dont il est actionné, la nature des milieux interposés, etc. Ce procédé est d’une très grande utilité; if est rapide et d’une exécution facile. Sans qu’il soit encore:possible de définir la relation qui existe entre l’action électrique du tube et.son action pho- i tographique, il est infiniment probable que ces deux actions ont une allure assez semblable pour qu’on puisse prendre, entre certaines limites, l’une d’elles comme un indice de ce que sera l’autre1. Or les tubes se modifient avec le temps, comme nous le verrons , plus loin. U y a donc un grand intérêt à être renseigné d’avance sur le meilleur temps de pose permettant d’obtenir des images irréprochables. L’électroscope fournira ce renseignement en quelques secondes, et deviendra un précieux indicateur pour les opérateurs désireux d’arriver à de bons résultats sans laisser trop de part au hasard.
- Il convient, toutefois, si l’on veut posséder des données véritablement scientifiques sur le phéno-
- 1 Dans une Note présentée récemment à l’Académie, M. J. Cliappuis indique que les deux actions sont sensiblement proportionnelles.
- mène, de remplacer l’électroscope par un électromètre tel que celui que représente notre figure 4.
- Ici, le récepteur des rayons est parfaitement défini; c’est une plaque de métal P placée derrière une fenêtre circulaire de la caisse en laiton, fermée par une lame d’aluminium. Le récepteur est relié à l’aiguille fixe E de l’électromètre, tandis que l’aiguille mobile, située au-dessus de la première, est mise à la terre, ainsi que la cage, par son fil de suspension, qui est en métal. La tige à laquelle est fixée l’aiguille mobile porte un petit miroir dont la position se lit sur une échelle semi-transparente. La fenêtre postérieure, couverte d’une vitre, peut être très réduite, de telle sorte que la protection contre les actions électriques est parfaite.
- Trois séries distinctes de recherches peuvent être entreprises à l’aide de cet appareil. Il conviendra d’abord de voir si la nature du métal servant de récepteur aux rayons a une influence quelconque sur la déperdition de l’électricité. MM. Benoist et Hurmuzescu avaient pensé pouvoir conclure, de quelques expériences préliminaires, que la nature du récepteur était sans action bien sensible sur l’intensité de la décharge ; des recherches plus précises ont montré que la décharge augmente avec l’opacité du corps pour les rayons X. L’effet est plus considérable aussi avec deux lames minces superposées qu’avec une seule lame. En second lieu, on étudiera l’absorption des rayons dans des plaques que l’on mettra en avant du récepteur, et qui intercepteront une partie du flux d’énergie émané du tube. Ce sera l’étude de la transparence des corps, plus rapide et plus précise par cette méthode que par le procédé photographique. Enfin, on cherchera si le milieu ambiant a une influence sur la rapidité de la décharge de l’électromètre.
- La durée très courte de chaque expérience de mesure permet de conserver au tube des propriétés semblables pendant un groupe de recherches comparatives, condition nécessaire si l’on veut que les résultats aient quelque valeur. *
- Deux facteurs, en effet, influent sur les phénomènes engendrés par les rayons ; leur intensité varie d’un tube à l’autre, se modifie avec le temps et change du tout au tout suivant le mode d’excitation des ampoules. De plus, les rayons ne forment pas
- Fig. 1. — Appareil de MM. Bat-telli et Garbasso pour l’étude de la réflexion des rayons X.
- Fig. 2. — Diagramme, des valeurs de l’indice de rétraction n dans une bande'd’absorption. (Les longueurs d’onde dimi-. nueilt de gauche à droite.)
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- un faisceau homogène; ils ne sont pas monochromatiques. MM. Benoist et Ilurmuzescu ont de'mon-tré, en effet, que, suivant leur provenance, les rayons X possèdent à des degrés divers la faculté de
- traverser les corps. En d’autres termes, le 'résidu que l’on mesure derrière un même écran n’est pas une fraction constante du flux incident. Par exemple, après le passage à travers une lame d’aluminium
- Fig. 3. — Appareil de MM. Benoist et Ilurmuzescu pour l’étude préliminaire des actions électriques dues aux rayons de ROntgen.
- de 0mm,l d’épaisseur, l’intensité des rayons est réduite à une fraction comprise entre 0,8 et 0,95 environ du llux primitif.
- Les données que l’on pourra recueillir sur la transparence des corps devront donc se rapporter à des rayons d’une qualité bien définie, sous peine de n’avoir aucune signiftca tion.
- C’est sans doute en grande partie pour cette raison que les résultats trouvés par divers observateurs présentent de notables divergences.
- M. Rontgen, tout en admettant l’influence prépondérante de la densité sur le pouvoir absorbant des corps, avait déjà signalé des inversions dans le tableau comparatif de ces deux propriétés. MM. Battelli et Garbasso, au contraire, qui ont étudié un grand nombre de corps, pensent que l’ordre des densités est aussi rigoureusement
- celui des opacités. Ils ont, malheureusement, laissé de côté quelques corps qui détruisent franchement
- l’harmonie du tableau. Ainsi, le cristal à base de plomb, le spath fluor, le quartz, dont la densité est voisine de celle de l’aluminium, sont beaucoup plus opaques. Pour ces corps, les transparences aux rayons X sont exactement opposées à celles qu’ils présentent à notre œil, de telle sorte qu’un objet composé de cristal et d’aluminium sans aucune superposition, projetterait, à la lumière ordinaire, une ombre qui serait exactement le négatif de l’ombre portée dans l’éclairement par les rayons X.
- L’opacité de certains corps aux rayons X permet de les caractériser aisément. Ainsi, MM. Gascard et Buguet ont trouvé que les diamants sont beaucoup
- Fig. I. — Appareil perfectionné, servant à la mesure précise des actions électriques des rayons.
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- plus transparents que leurs imitations; il en est de même du jais et de diverses autres pierres employées en bijouterie1.
- Suivant M. Meslans, le carbone est très transparent, ainsi que tous ses composés purement organiques. Mais l’addition d’un élément minéral, métal ou métalloïde, augmente beaucoup l’opacité. Il semble, du reste, que cette dernière soit due surtout à un certain atome de la molécule, qui emporte, dans toutes ses combinaisons, la propriété d’absorber les rayons X ; ainsi, le plomb et ses composés restent opaques dans toutes les liaisons possibles, et c’est à sa présence que le cristal doit sa grande opacité; ce dernier est, en effet, d’après M. Chabaud, incomparablement plus réfractaire au passage des rayons que les verres ayant en gros la même composition, mais ne contenant pas de plomb.
- Suivant le professeur J.-J. Thomson, de Cambridge, la propriété que possèdent les rayons X de décharger les corps électrisés tient à ce qu’ils rendent conducteur le milieu ambiant. Cette qualité du milieu persiste même pendant un court instant ; on le montre en dirigeant sur un électroscope l’air qui vient d’être traversé par les rayons. La décharge se produit encore, ce qui montre que le gaz a éprouvé une modification de nature chimique. D’autres expériences conduisent à penser que le gaz s’ionise à l’action des rayons; sa molécule se brise en ses parties constituantes, et l’atome voyageant seul vient neutraliser les charges des corps voisins.
- Cette décomposition n’est pas limitée aux gaz ; sous l’action des rayons, la paraffine, le soufre, deviennent pour un instant conducteurs et égalisent le potentiel des corps complètement immergés dans la masse.
- Ces propriétés ne sont pas sans analogie avec des phénomènes connus depuis quelques années. On sait que la lumière ultra-violette décharge les corps électrisés, et le mécanisme de cette action a été trouvé soit dans la pulvérisation du métal par cette lumière particulière, soit dans la décomposition du gaz ambiant. La première opinion a été émise par MM. Lenard et Max Wolf, qui l’ont soumise au contrôle de très ingénieuses expériences. La seconde théorie est celle de M. Arrhénius, qui l’a aussi étayée de bons arguments. Il paraît donc probable que les deux actions se superposent pour produire l’effet que l’on constate. Nous reviendrons, du reste, dans un prochain article, sur cette question fort intéressante de la pulvérisation des métaux par la lumière.
- Nous ferons remarquer encore que cette variation de conductibilité des métalloïdes sous l’influence des rayons X présente une frappante analogie avec les phénomènes auxquels donne lieu le sélénium fondu, et qui étaient à peu près isolés jusqu’ici, au moins en ce qui concerne les corps solides. On se souvient des magnifiques applications que Graham
- 1 Voy. n° 1193, du 11 avril 1896, p. 295.
- Bell a faites de ces particularités il y a quelque quinze ans.
- Nous voyons que les rayons X possèdent un certain nombre de propriétés qui frappent à première vue comme d'inexplicables singularités. Toutefois, un examen plus attentif nous montre quelles sont, avec une intensité un peu plus grande, celles de certaines espèces de lumière, parfois limitées à un petit nombre de corps, alors que, pour les rayons X, elles deviennent très générales.
- Les oscillations de très courte longueur d’onde doivent traverser tous les corps; en effet, dès que la longueur d’onde se rapproche des dimensions moléculaires, la matière apparaît, pour le mouvement éthéré, avec une certaine discontinuité, et l’onde la traverse sans trop de peine. En même temps que l’absorption, la réflexion et la réfraction doivent disparaître1.
- Enfin, MM. Galitzine et de Karnojitzky viennent de réussir une expérience que M. Rôntgen avait tentée et qui lui avait donné un résultat négatif. Faisant passer les rayons X par les tourmalines croisées, les physiciens russes ont observé une diminution bien marquée de l’action des rayons. Ils en concluent que ceux-ci sont polarisables, et que la direction de l’oscillation est transversale2.
- C’est une première preuve non douteuse que les rayons X sont de la lumière. Comme toutes les prétendues contradictions à cette théorie n’existent pas, il n’y a plus lieu, semble-t-il, de recourir pour le moment à une autre hypothèse.
- — A suivre. — Cn.-Eü. GUILLAUME.
- EXPOSITION
- DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PHYSIQUE A PARIS LES 7 ET 8 AVRIL 1896
- On ne saurait être toujours en progrès; depuis quelques années, l’Exposition de la Société de physique était allée sans cesse en augmentant, en quantité comme en qualité ; elle était plus modeste cette fois, bien qu’encore fort intéressante. Il ne faudrait pas en conclure qu’il y ait un recul momentané dans les recherches de physique et dans la construction des instruments. Le Congrès de l’Association française, qui prenait fin à Tunis au moment où l’Exposition s’ouvrait à Paris, avait provoqué un drainage dont cette dernière s’est ressentie ; puis, dans ces derniers mois, on a pris d’assaut les rayons de Rôntgen, et d’autres questions ont été négligées. Les plus beaux résultats dans ce domaine ne sont peut-être pas les plus apparents, et nos lecteurs savent que les laboratoires français ont apporté à l’ensemble de la question une riche moisson de faits nouveaux.
- Nous avons entrepris d’exposer ici l’ensemble de la question, et il nous semble superflu d’en détacher ce
- 1 M. G. Sagnac fixe à 4 centièmes de micron la limite supérieure des longueurs d’onde des rayons de RôntgeH.
- 2 Ce qui précède était déjà composé, lorsque M. Becquerel et M. A.-M. Meyer ont publié le résultat négatif d’expériences analogues. M. Becquerel se servait de tourmalines, M. Meyer a
- Ifait usage de lames minces d’hérapathite, un iodo-sulfatc de quinine cristallisé.
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- qui figurait à l’Exposition; nous nous bornerons à mentionner les très belles épreuves obtenues à l’aide des rayons X par MM. Imbert et Bertin-Sans, par MM. Bucretet et Lejeune, enfin par M. V. Chabaud. M. Silvanus-I1. Thomson avait apporté de Londres de remarquables clichés obtenus à laide du tube focus (ou à foyer).
- Deux expériences fort intéressantes, dues à M. Gouy et à M. Lafay, nous révèlent deux propriétés bien curieuses des rayons cathodiques et des rayons X qui en dérivent. Dans la première, l’éminent physicien de Lyon nous montre que les gaz, dans le tube à vide, pénètrent dans les parois du verre, où elles s’implantent grâce à leur énorme vitesse. On les fait aisément apparaître en chauffant le tube. M. Lafay a obtenu une déviation des rayons X ayant traversé une plaque de métal électrisée : il croit pouvoir en conclure que l’on rend à ces rayons les propriétés des rayons cathodiques, lorsqu’on leur communique de nouveau la charge électrique qu’ils ont perdue à la traversée des parois du tube. L’argumentation est ingénieuse, mais elle est si grosse de conséquences qu’il nous parait prudent d’attendre des résultats plus complets pour en tirer aucune conclusion. L’expérience est nouvelle et originale; nous ne croyons pas qu’on puisse l’assimiler à d’innombrables travaux auxquels la première nouvelle de la découverte du professeur Rontgen a donné naissance, et dont il ne reste rien aujourd’hui.
- Nous signalerons enfin, pour la production des rayons X, les très beaux tubes à gros fil qu’exposait M. Chabaud.
- Parmi les plus brillantes nouveautés, l’éclairage à l’acétylène a été la plus remarquée. Ce gaz, dont on parlait vaguement l’an dernier, a conquis le droit de cité dans l’éclairage, et menace l’électricité d’une sérieuse concurrence. Quelques becs de gaz ordinaire, que l’on avait laissé allumés par mégarde, faisaient la plus piteuse figure entre les arcs de la Société Cance et celle de l’héliogèneet le brillant éclairage à l’acétylène installé par M. G. Trouvé.
- Dans cette direction, les appareils prennent la forme industrielle. Une installation complète pour la production domestique du nouveau gaz, exposée par M. Bullier, attirait très vivement l’attention, tandis que MM. Ducretet et Lejeune nous montraient une série d’appareils destinés soit à l’examen, soit à l’utilisation du carbure de calcium. Les lampes exposées sont déjà de divers modèles, les unes sont destinées à l’éclairage des wagons, d’autres sont portatives, d’autres enfin, à forte intensité, servent à l’éclairage des grands espaces. M. Maurice de Thierry exposait deux appareils producteurs de l’acétylène, tandis que M. Violle montrait une application de ce gaz à la construction d’une lampe étalon. Cette dernière, construite avec le plus grand soin par M. Carpentier, donne, suivant M. Yiolle, de très bons résultats. Nos lecteurs connaissent assez la haute compétence de l’éminent professeur du Conservatoire pour augurer favorablement du nouvel étalon. M. Lequeux et la Société centrale des produits chimiques exposaient aussi des réservoirs à acétylène.
- Puisque l’optique nous a donné les deux grosses expériences les plus remarquables, nous irons jusqu’au bout de son domaine avant de passer à d’autres questions.
- Nous parlerions plus à notre aise de quelques-uns des appareils exposés, si, dans un but assurément louable de groupement, on n’avait pris l’habitude de placer ensemble, dans la salle du rez-de-chaussée, la plupart des appareils d’optique, y compris les lanternes de projections, servant à montrer sur l’écran les expériences nouvelles. De la sorte, la salle reste constamment dans l’obscurité, et l’on n’y distingue guère que le profil des belles collec-
- tions d’appareils de M. Duboscq et de M. Pellin. Ce dernier exposait encore l’intéressant stéréoscope de M. Cazes, que nous avons décrit ailleurs l’an dernier, celui du Dr Parinaud, plusieurs photomètres auxquels s’attachent les noms de MM. d’Arsonval, Cornu, Mascart, Violle, un photomètre pour les rayons X, de M. Meslin, et plusieurs autres appareils.
- MM. Nachet et Secrétan avaient à l’Exposition, le premier, quelques microscopes de différents types, le second, plusieurs théodolites.
- M. Silvanus-P. Thompson projetait une fort jolie expérience fondée sur la polarisation de la lumière. Des secteurs étroits en mica sont taillés de telle sorte que leur plus grande longueur soit parallèle à l’axe optique, puis rassemblés de façon à former un cercle. De cette manière, tous les rayons du cercle sont parallèles à l’axe optique. Si l’on fait passer, perpendiculairement au plan du cercle, un faisceau de lumière polarisée, on voit apparaître les croix noires et blanches. Celles-ci tournent autour du centre lorsqu’on interpose une lame de quartz dont on modifie l’épaisseur traversée en changeant son inclinaison,
- — A suivre. —
- UN ARBUSTE DE MADAGASCAR
- LE (( VONIMPANORO ))
- Durant mon séjour de quinze mois dans la grande île africaine, en 1887-88, j’eus l’occasion de remarquer et d’étudier sous divers aspects une plante, à mon avis, d’un intérêt tout particulier pour l’industrie. Les figures ci-après, mieux que toute description, don-
- (D’après un dessin de l’auteur.)
- neront l’idée de la plante en général, de ses fleurs, de la forme de sa graine.
- La feuille allongée (fig. 2, n° 4) est d’un vert foncé, la fleur rosée est fort élégante (fig. 2, nos 1, 2 et 3), puis le fruit, qui s’ouvre au moment de la maturité complète, laisse échapper la graine avec son parachute soyeux. C’est le fruit qui offre quelque intérêt, non par sa graine, mais par son soutien;
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- ces fils soyeux de 4 et 5 centimètres de longueur ont une certaine résistance malgré leur finesse. Le fruit dont nous parlons est d’un vert légèrement teinté de rouge, il semble au premier abord assez banal. C’est
- au moment des pluies, à l’annonce des grandes bourrasques qui commencent l’hiver, en septembre, à Madagascar, que son enveloppe se déchire dans sa longueur et laisse apercevoir cette quantité de petits
- Fig. 2. — La fleur et la feuille du Vonirnpanoro. — N° 1. La fleur. — N° 2. Vue eu dessus. — N* 3. Vue eu dessous.
- N° 4. Lue feuille moyenne. (Grandeur naturelle.)
- grains noirs, disposés bien régulièrement au niveau de l'ouverture et laissant encore cachées au sein du fruit leurs ailes, c’est-à-dire ces petits flocons de soie qui leur serviront à se porter au loin au moindre coup de vent.
- C’est une véritable soie végétale brillante et non cassante au toucher, d’une longueur, à l’état sauvage, de 4 centimètres et plus.
- Je sais que dans certains villages de la côte ouest, oitj’ai pu le voir moi-même, le Malgache récolte la soie, dont la plupart du temps il ne sépare même pas la graine, et garnit de ce moelleux produit des espèces de coussins ou oreillers fort doux, et dont souvent les femmes riches hovas se servent pour adoucir la dureté de leurs fdanzanes. Le filanzane est la chaise à porteur utilisée dans toute l’ile ; il se compose pour les hommes d’un simple siège soutenu de chaque côté par un long bambou dont un bourjane (ou porteur spécial) soutient chaque extrémité.
- — Pour ma part je ne saurais laisser passer ce mot de bourjane sans dire la merveilleuse endurance de ces gens par un seul exemple. Cinq hommes seulement, se relayant avec la fréquence que l’on sait, sont arrivés à me faire faire, dans une seule journée, de 4 heures du matin à 8 heures du soir, une traite de 80 kilomètres. — Le filan-
- zane pour la femme remplace le siège par une espèce de grand panier allongé dans lequel elle se
- tient accroupie. — 11 est certain que cette application de la soie du Vonirnpanoro ne saurait être bien intéressante. Je n’ai voulu la citer que pour prouver que ce produit n’est pas sans être connu dans certaines parties de l’ile. Mais je ne sache pas que, jusqu’à présent, on ait tenté de le tisser; peut-être à cause de la longueur relativement courte des soies. Ce ne saurait être, je crois, une réelle difficulté. La culture a su façonner les produits naturels et les rendre aptes à donner les résultats les plus inattendus. Par des sélections, par des soins journaliers, on augmente telle ou telle faculté, et le Vonim-panoro ne refuserait pas d’obéir à la main qui lui imposerait des modifications.
- Aujourd’hui que de vaillants champions de notre civilisation s’expatrient pour Madagascar, que nous pouvons considérer comme terre française, j'ai voulu leur rappeler cet arbrisseau, et si jamais quelqu’un des nôtres a le bonheur de mettre à profit avec succès mon observation, je serai heureux d’avoir contribué à la réussite de ses essais. Georges Chapin.
- —><><—
- Fig. 4.
- Graine à l’état libre.
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- POMPE PNEUMATIQUE
- DE GRANDE PUISSANCE
- En raison de la grande vogue et des nombreuses expériences que l’on réalise sur les tubes vides d’air de Crookes, il nous a paru intéressant de porter à la connaissance du monde scientifique un dispositif de machine à mercure à vide, que M. Séguy a imaginé et qui lui a donné de bons résultats. Cette pompe permet de répéter facilement et à peu de frais des expériences relatives au vide.
- Les avantages de cette machine sont nombreux; on peut réaliser, à l’aide des huit chutes dont elle est composée, les vides les plus parfaits dans un espace de temps très restreint, en deux heures pour une capacité d’un litre.
- La distribution du mercure dans les tubes de chute s'opère par un canal central unique percé d’autant de petits trous qu’il y a de chutes, ce qui permet la plus parfaite régularité dans le débit et la marche de cette pompe.
- Elle est montée d’une façon très pratique et très sommaire, et l’on peut l’utiliser sans risque de casse, de rentrée d’air ou d’insuccès.
- Elle est formée, comme on peut le voir dans la figure qui accompagne cet article, de huit tubes en verre verticaux réunis à leur partie inférieure à un réservoir horizontal, et à leur partie supérieure à un tube qui vient rejoindre divers récipients.
- Pour la mettre en fonction, il suffit, après avoir placé, soit par une soudure, soit par un lutage quelconque, la pièce à vider et avoir fermé préalablement tous les orifices, de remplir de mercure le flacon placé en haut sur la tablette et immédiatement la trompe se met en marche.
- Si l’on veut accélérer les résultats, on commence par retirer, à l’aide d’une adduction réservée à cet effet, l’air jusqu’à 1 millimètre, au moyen d’une pompe pneumatique ou autre, puis on isole d’une façon définitive la machine à vide en continuant par
- la fonction des huit chutes. Cet appareil peut être utile aux professeurs soucieux d’obtenir et de préparer des tubes spectraux avec des gaz purs; raréfiés avec cette machine ils donnent les raies au spectroscope avec une grande netteté. Cette pompe a été combinée de telle sorte qu’elle ne possède aucun robinet sur le circuit du vide, elle ne donne aucune trace de vapeurs, offrant ainsi le double avantage d’une grande pureté, jointe à l’obtention d’un vide poussé loin et obtenu rapidement.
- Un autre avantage est la garantie quelle offre contre les fuites, accidents bien connus de tous ceux qui s’occupent de ces questions de vide.
- La nouvelle machine ne comporte pas de robinet, et ne se compose que de tubes fermés à la lampe. Elle est munie d’un appareil à acide phosphorique anhydre servant à dessécher.
- La rentrée d’air par la base des tubes de chute est rendue impossible, ces derniers étant enfermés et plongeant dans le mercure qui se trouve contenu dans un récipient à huit adductions et qui constitue un mode de fermeture parfait, évitant la poussière et l’oxydation sur le mercure. Le récipient dans lequel on recevra le trop-plein du godet devra être obturé par un couvercle, qui ne livrera passage qu’au bec du godet de sûreté des huit chutes. Avec cette pompe on peut aisément obtenir le millionième d’atmosphère.
- M. G. Séguy nous a montré les diverses parties de cette machine et nous en a fait voir le maniement. 11 nous a semblé en effet que cet appareil, d’une grande simplicité et donnant des résultats très appréciables, pouvait rendre d’utiles services en ce moment où les études se portent sur les tubes à vide.
- Cette pompe a permis à l’inventeur de faire dans des tubes ou des boules des vides que l’on pouvait faire traverser par une étincelle électrique de 0m, 17 produite par une bobine d’induction.
- Il est intéressant de voir perfectionner les machines à produire le vide ; car au fur et à mesure
- Pompe pneumatique permettant d’obtenir des vides résistant au passage de 0m,17 d’étincelle électrique d’une bobine d’induction.
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- LA NATURE.
- que le degré de vide atteint augmente, on voit toujours apparaître des phénomènes plus curieux et plus bizarres. En poussant le vide au delà des limites actuelles, on peut donc être encore assuré d'observer de nouveaux phénomènes. G. T.
- LES ASCENSIONS DE M. STR1NDBERG
- LE COMPAGNON DE VOYAGE DE l’eXPÉDITION AÉRIENNE DE M. ANDRÉE AU POLE NORD
- M. Strindberg a continué la série de ses expériences sur le guide-ropage, à Paris, avec le ballon la Suède, mis à sa disposition par M. Henri Lachambre, le constructeur du ballon polaire.
- La quatrième ascension a été exécutée le 8 avril, à
- 1 lh 20. Le ballon est parti dans la direction du sud. Après s’être élevé à 1300 mètres le ballon est redescendu et le guide-rope a été employé pendant une demi-heure. Le vent était très faible, M. Strindberg avait emporté dans le ballon un anémomètre qui a indiqué un retard de
- 2 mètres sur un vent de '4m,G0. Au passage de Juvisv, il a fallu remonter le guide-rope, et par conséquent jeter du lest. Comme l’on n’a point touché à la soupape, le ballon s’est élevé à 2700 mètres. Il a plané à cette hauteur pendant une heure. Un nuage l’a fait descendre rapidement dans une forêt. La vitesse de la descente a été de 4m,60 par seconde, à peu près égale à celle qu’avait le ballon dans son mouvement horizontal. La Suède s’étant déchirée au contact des arbres, l’ascension a dù être arrêtée à 2h50 sur le territoire de la commune d’Étrechy, près d’Étampes.
- La cinquième ascension a été exécutée à 10 heures, le 10 avril. M. Strindberg dirigeait cette fois le ballon. Le vent était sud-est. La Suède ne s’est élevée qu’à 900 mètres. Bientôt après M. Strindberg, s’étant suffisamment approché de terre, s’est mis à guide-roper, mais l’opération a été interrompue par le soleil qui souleva le ballon et l’entraîna à une altitude de 1800 mètres, malgré un trou fait l’avant-veille dans les forêts et qui n’avait pas été raccommodé. La température à cette altitude n’était plus que de 5°. Le ballon redescend à la suite d’un coup de soupape, et le guide-ropage continue pendant 57 kilomètres, parcourus en deux heures et demie, soit avec une vitesse moyenne d’environ 4m,50 par seconde, mais s’élevant quelquefois à 6. Le retard produit par le guide-rope en traînage et accusé par l’anémomètre était d’environ 2 mètres par seconde, le même que l’avant-veille, circonstance bien curieuse, mais conforme à la théorie. Le guide-ropage donnait lieu à des secousses gênantes, que l’on pourrait atténuer dans les prochaines ascensions en attachant le guide-rope au ballon par un ressort en caoutchouc du système Giîfard. C’est une condition essentielle. Sans cela les observations avec les instruments scientifiques ne pourraient être faites en cours de route que d’une façon imparfaite. La descente a été exécutée à Ro-milly, près de Troyes, au milieu d’un millier de spectateurs qui ont acclamé l’aéronaute du ballon polaire.
- Les ascensions ont été interrompues pendant près de huit jours par une tempête venant d’Amérique, et que le New-York Herald a annoncée. Une emballée s’est produite le 16 au matin, mais la Suède n’a pu en profiter, les voiles que l’on devait ajouter au ballon n’étant point encore disposées. Le 17 tout était prêt pour commencer le gonflement à 5 heures du matin; mais le vent a recommencé.
- CHRONIQUE
- Laminage de l’aluminium. — Le journal Iron Age nous apprend que la A. Garrisson Foundry Company, de Pittsburg, vient de construire pour la Pitts-burg Réduction Company un train destiné au laminage de l’aluminium qui possède des caractéristiques intéressantes. Ce train consiste en un mill ébaucheur de 28 x 84 pouces et un mill finisseur de 28 x 84 pouces du modèle le plus récent dans lesquels les cages pèsent 30 000 livres anglaises l’une et les plaques de fondation 1000 livres anglaises par pied courant du train. L’engrenage à vis du mill ébaucheur est actionné au moyen de poulies reliées par des clavettes à une commande fixée au cylindre supérieur, tandis que le mouvement est communiqué au cylindre finisseur supérieur (qui n’est pas accouplé avec le cylindre ébaucheur supérieur, de façon à éviter tout tintement désagréable et à fournir ainsi une plaque absolument lisse et finie) par des roues planes et par des courroies. On a pu ainsi éviter des arbres suspendus sujets à des désagréments nombreux. Le mill ébaucheur est muni d’une table à bascule hydraulique placée du côté du train où se trouve placé l’ouvrier chargé du placement du lingot et qui a pour but de faciliter la manutention rapide des gros lingots. Le train est actionné par une machine Porter-Allen horizontale automatique du modèle le plus récent.
- Les voles ferrées. — Les voies ferrées s’accroissent dans le monde entier dans des proportions considérables. Une étude très remarquable vient d’être publiée par le comité des travaux de Londres sur l’importance des voies ferrées dans différents pays; nous en extrayons les renseignements suivants. Au 51 décembre 1895, les chemins de fer exploités en Europe mesuraient un total de 25 875 530 kilomètres. L’Allemagne tient la tète du tableau avec 4 812 890 kilomètres, et la France vient immédiatement après avec 3 905 460 kilomètres. L’Angleterre ne compte qu’en troisième ligne avec 3 606 710 kilomètres, et en quatrième ligne la Russie .avec 5 515 750. Mais avant la fin de l’année 1896, la troisième place appartiendra à la Russie, qui a 562 000 kilomètres de voies ferrées en construction, tandis que la Grande-Bretagne en prépare à peine 105 kilomètres. L’Autriche possède 3172 540 kilomètres de chemins de fer; l’Italie, 1 144 790; l’Espagne, 1 282 990; la Suède, 975 290; la Belgique, 585 650; la Suisse, 427 290; la Hollande, 281 690; la Roumanie, 272 510; le Portugal, 247 520 et le Danemark, 239 360 kilomètres. On voit que si l’on rapporte la longueur de voies ferrées à la surface occupée, la Belgique est le pays qui possède le plus de voies ferrées.
- La pression du gaz naturel. — 11 est intéressant de connaître les variations de pression-du gaz naturel; YÉcho des mines nous fournit à ce sujet quelques renseignements. L’inspecteur d’État Leech, dans un rapport qu’il a rédigé sur le gaz naturel dans l’Indiana, déclare que, depuis 1886, des moulins et des usines représentant réunis une valeur immobilière de plusieurs millions de dollars et employant plus de 20 000 ouvriers, ont été gagnés à son emploi peu dispendieux. La surface d’ori-rige du territoire à gaz était de 2500 milles carrés; mais, à raison des empiétements de 1 Aau salée, le territoire en question a diminué quelque peu d’étendue. La pression d’origine dans le rocher était de 525 livres anglaises par pouce carré. La pression est tombée à 250 livres
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- anglaises par pouce carré et continuera à tomber jusqu’à ce que le chiffre de 200 livres soit atteint. Une source fortuite de gaz se produira avec 50 livres, mais, règle générale, les sources sont noyées lorsque la pression descend au-dessous de 200 livres. Il y a toutefois encore plusieurs milliers d’arpents de territoire riche en gaz naturel qui n’ont pas encore été touchés. Ces arpents de territoire sont la propriété de certaines compagnies qui les gardent en réserve pour s’en servir plus tard.
- L’utilisation du Niiagara. — On procède actuellement à l’installation d’une troisième turbine de 5000 chevaux identique aux deux autres déjà en service, et dont nous avons donné précédemment la description. On sait que le bâtiment est aménagé pour recevoir dix turbines semblables, mais on étudie une modification éventuelle des sept autres unités de 5000 chevaux qui restent encore à installer. En effet, les turbines déjà en service actionnent les dynamos à courants alternatifs diphasés placées au niveau du sol par un arbre en tôle de 42 mètres de longueur. Dans le nouveau dispositif, la dynamo serait placée au fond du puits, directement au-dessus de la turbine, et l’on économiserait ainsi les 42 mètres d’arbre de transmission. La simplicité des dynamos autoriserait cette modification.Les connexions au tableau se feraient à l’aide de six fils par dynamo, deux pour l’excitation et quatre pour les courants alternatifs diphasés. Nous décrirons à nos lecteurs ce dispositif nouveau, dans le cas où il serait effectivement réalisé lors de l’installation d’une quatrième turbine.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 20 avril 1896. — Présidence de M. Cornu.
- Invasion d’insectes. — M. Perrier signale un cas d’invasion d’insectes qui s’est produit à Harfleur. Deux maisons de cette localité ont été envahies par le Glyciphagus domesticus. L’introduction des insectes a été opérée par une domestique arrivant de Cherbourg. Le transport s’est effectué sur les cheveux de cette femme pour l’une des maisons, qui a été bientôt complètement infestée ; dans l’autre maison il s’est effectué par une pelisse que la domestique y avait abandonnée. Les maisons ont été débarrassées en brûlant du soufre, les cheveux de la femme au moyen de lavages pratiqués avec la liqueur de Van Swieten.
- Les truffes d’Afrique. — M. Chatin signale la découverte en Tripolitaine d’une nouvelle espèce de terfas qui lui a été envoyée et qu’il a examinée. Il ne s’agit pas, en réalité, d’une espèce nouvelle, car elle avait été déjà rencontrée à Alep et en Algérie, mais cette espèce n’avait pas encore été notée en Tripolitaine, où l’on constate maintenant la présence de trois espèces de terfas. Celle-ci possède une chair blanche et consistante. Elle se trouve dans un sable aride contenant des matières azotées, du phosphore, de la chaux, de la potasse et du fer. La plante nourricière est une cistacée annuelle de quinze centimètres de hauteur. La terfas vit sur la plante vivante et se nourrit ensuite des produits de sa décomposition. Il est à remarquer que la truffe se développe sur des végétaux de grandes dimensions (chêne), tandis que les terfas vivent aux dépens de plantes herbacées. Les terfas se rencontrent dans presque tout le bassin de la Méditerranée, car elles existent en Sicile.
- Influence des courants sur les bacilles. — M. Lortet, de Lyon, a étudié l’influence des courants d’induction sur
- l'orientation des bacilles vivants. M. Lortet avait déjà trouvé que certains organismes peuvent s’orienter dans le sens du courant, sous l’influence des courants induits, tandis que les courants directs sont sans action. Il a constaté le même phénomène sur les bacilles vivants; ils s’orientent immédiatement dans le sens du courant. Au contraire le courant ne produit aucun effet sur les bacilles morts.
- Varia. — M. Martel décrit les particularités d’explorations souterraines d’abîmes opérées en hiver dans la région des Causses. — M. de Jonquière présente une Note de Poinsot (datée de 1807) sur la traduction, par Poulet de l’Isle, des disquisitiones de Gauss. — M. Bertrand décrit un sucre dérivé de la sorbite qui réduit la liqueur cupro-potassique. — M. Ferrand a étudié les phosphosulfures, M. Allairel’extraction des alcools méthyliques. — M. Sauva-geau présente un ouvrage consacré aux algues du golfe de Gascogne. — La conservation indéfinie des matières animales exposées à l’air par les temps les plus chauds a été réalisée au moyen de l’iode et de ses sels employés à
- très petites doses. Ch. de Villedeuil.
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- BOTTINE-BRODEQUIN
- La fatigue du pied se compose de la fatigue occasionnée par les imperfections de la chaussure et de la fatigue qui est la conséquence inévitable du travail produit; si celle-ci est irréductible, il n’en est pas de même de la première. -
- La bottine-brodequin est caractérisée par cinq choses: 1° le quartier est celui de la bottine, mais il est fendu sur le cou-de-pied et pourvu d’œillets (n° 1 de la figure) ; 2° l’empeigne est celle du brodequin, mais la languette est cambrée et on y ajoute un tirant; la bottine-brodequin se chausse et se déchausse comme une bottine, sans délacer', 5° l’absence des coutures de côté qui réunissent l’empeigne et le quartier du brodequin; 4° la faculté d’adapter un petit soufflet de chaque côté; 5° la forme du talon, plus bas à sa partie arrière.
- La compression du coup-de-pied est aussi facile à éviter qu’avec le brodequin ordinaire, puisqu’il est possible de faire jouer le lacet. La circulation du sang n’est jamais gênée avec cette chaussure qui se prête aux variations de volume que le pied subit suivant la température et le travail auquel il est soumis. La liberté des articulations est entière, la jambe n’est pas bridée comme avec le brodequin et l’articulation de la cheville peut jouer librement dans tous les sens.
- Les frottements sur la peau sont supprimés puisque, la languette étant cambrée et l’empeigne indépendante des quartiers, l’empeigne adhère toujours au pied; il ne peut par suite se produire de blessures au cou-de-pied.
- Le cuir ne peut plus former de plis pendant la marche à cause du glissement du quartier sur l’empeigne, —dû encore à l’indépendance de ces deux parties, — d’où économie des forces nécessaires pour produire ces plis et économie pécuniaire, car le cuir se détériore vite où se forment ces plis.
- La suppression des coutures de côté est avanta-
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- geuse aussi au point de vue économique. Ces coutures de nos brodequins sont toujours défaites, leurs réfections nombreuses entraînent des dépenses et la détérioration de ces parties, de sorte que la chaussure militaire manque souvent par là.
- Grâce encore à l’absence de ces coutures, l’intérieur de la bottine-brodequin est facile à visiter et à nettoyer.
- Le quartier, d’une seule pièce, sans couture à l’arrière, mais légèrement cambré et pourvu d’élastiques, est très souple ; les blessures à la cheville, au talon et au tendon d’Achille sont impossibles.
- Les blessures à la plante du pied ne peuvent plus se produire car les articulations jouent librement et le glissement de la plante sur la semelle — dû à la résistance que rencontrent le cou-de-pied et le bas de la jambe dans le brodequin rigide — ne peut avoir lieu. Les blessures à cette partie sont en effet attribuées à ce « glissement » qui développe de la chaleur et tend les chairs. Le soufflet n’est pas indispensable, car la poussière, les graviers et l’eau ne peuvent pénétrer qu’ex-ceptionnellement et dans des circonstances tout à fait défavorables, par les côtés dépourvus de soufflet.
- L’expérience m’a en effet prouvé que l’eau ne peut pénétrer par les côtés non garnis, à cause sans doute du mouvement continuel qui se produit et de l’ajustage des deux parties.
- Je n’en suis pas partisan parce qu’il complique la chaussure; cependant, comme il peut être adapté sans inconvénient pour le bon fonctionnement de celle-ci et qu’il est une garantie, il pourrait être admis pour la chaussure de ceux qui sont appelés à marcher à travers champs par les temps pluvieux.
- Le talon plus bas à la pointe présente deux avantages : commodité et économie.
- Commodité. — La commodité est due à la forme, qui est plus naturelle et se rapproche davantage de la forme arrondie du talon humain.
- La chaussure la plus commode n’est-elle pas aussi celle dont le talon est légèrement usé?
- En donnant cette forme au talon neuf, dès le premier jour il porte à plat lorsque le pied pose à terre, et non pas uniquement sur la pointe, dont l’arête disparaît si vite.
- Économie. — L’économie résulte de ce que la partie du talon soumise à l’usure étant plus large, les parties que le travail élimine forcément sont prélevées sur une plus grande surface ; l’usure en hauteur se fait plus uniformément, est plus lente, d’où réfections moins fréquentes et économie.
- De plus, la base sur laquelle le pied repose est plus large, l’homme est plus à l’aise et moins exposé aux accidents.
- En résumé : la bottine-brodequin a tous les avantages de la bottine et du brodequin sans avoir leurs inconvénients.
- La rapidité avec laquelle la bottine-brodequin se chausse et se déchausse présente des avantages en temps de paix, mais surtout en temps de guerre.
- La forme du talon procure commodité et économie.
- Avec la bottine-brodequin, l’usure des membres n’est pas hâtée et les blessures peuvent être évitées,
- d’où suppression des cas d’indisponibilité motivés par les blessures aux pieds, résultat que les Allemands s’efforcent d’obtenir par tous les moyens. Le prix de revient serait sans doute un peu plus élevé que celui du brodequin actuel, mais à cause du jeu rationnel de toutes les parties de la bottine-brodequin et des soins que l’homme donnerait à une chaussure de son goût, les réparations seraient moins fréquentes et la durée plus longue.
- La bottine-brodequin pourrait sans doute être portée par l’armée, mais son emploi pourrait aussi être limité aux enfants, aux écoles, aux sous-officiers et à la marine.
- La bottine-brodequin est, je crois, une chaussure aussi rationnelle et aussi hygiénique que possible, construite en vue de son utilisation par les département de la Guerre et de la Marine.
- Mais ceux qui ont souffert à table, au bureau et en chemin de fer; ceux que la chaussure habituelle gêne pour monter ou descendre les escaliers, pour gravir les pentes raides, sauter des fossés et des talus ; ceux qui ont des occupations actives à l’atelier ou au magasin pourront, eux aussi, grâce à ces dispositions, s’éviter toute douleur. F. Boschet.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandiek
- La bottine brodequin de M. F. üoschel.
- l.Mode de disposition des différentes parties. —2. Vue de profil. — 3. Vue de face.
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleuras, 9.
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- KINÉT0SC0PE À VUES MULTIPLES
- Les appareils qui ont [tour base la chronophoto-graphie se répandent, de plus eu plus et avant peu on en trouvera dans toutes les villes de quelque importance. Dans le kinétoscope d’Edison que nous avons décrit ici1, une seule personne peut regarder l’unique sujet qui s’y trouve; [tour les débuts de
- l’exploitation c'était suffisant, mais avec la concurrence qui existe maintenant il faut arriver à une baisse de prix, et il est difficile de demander 50 centimes pour faire voir une image pendant quelques secondes.
- M. Joly a songé à faciliter les exploitations de ce genre en permettant de placer quatre images différentes dans l'appareil, chacune d’elles pouvant être vue en même temps par quatre personnes. De cette
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- Fig. 1 à 4. — Kinéloscope à vues multiples. — Fig. \. Vue d'ensemble du mécanisme. — Fig. 2. Détail de l’obturateur et des bandes Fig. 3. Disposition intérieure des oculaires. — Fig. 4. Vue extérieure de l’appareil.
- façon, l’exploitant, en demandant seulement 10 centimes à chacun de scs clients, récolte tout de même 40 centimes en moins d’uce minute, et comme il est tout prêt à montrer trois autres images successivement, il est probable que, s’il a un peu d’éloquence, on se laissera aller à un nouveau versement de la même somme, de sorte qu’en fin de compte il aura encaissé lfr,60 en moins de cinq minutes.
- Pour arriver à ce résultat, M. Joly a disposé l’ap-
- 1 Yoy. n° 1116, du 28 octobre 1894, p. 325.
- 24e année. — 1er semestre.
- pareil verticalement; il se divise en deux parties : barrière qui porte tout le mécanisme (fig. 1) et l’avant qui porte les oculaires (fig. 5 et 4).
- Les bandes en celluloïd sur lesquelles se trouvent les images sont réunies bout à bout, mais, pour ne pas allonger indéfiniment la longueur à enrouler, on a répété deux fois la même disposition, en mettant l’un au-dessus de l’autre deux systèmes identiques G et 1), qui sont formés chacun de deux bandes collées l’une au bout de l’autre (fig. 2). Pour permettre de voir successivement toutes les images, les
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- — -à
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- oculaires sont montés sur une glissière verticale et peuvent prendre deux positions qui les placent soit en lace de G, soit en face del). Cette manœuvre s’opère très simplement en tirant de l’extérieur un levier A ((îg. 1) qui les fait monter ou descendre tous les quatre à la fois.
- Un moteur électrique M commande à volonté, au moyen d’un engrenage E, l’une ou l’autre bande; la manœuvre des oculaires par le levier A agit du reste en même temps sur un commutateur G qui distribue le courant de telle sorte que c’est toujours la bande en face de laquelle se trouvent les oculaires qui se met en marche.
- Une disposition spéciale très simple coupe le courant lorsque la moitié de la bande a passé, c’est-à-dire lorsque l’un des sujets est épuisé; il suffit d’appuyer sur un bouton pour remettre l’appareil en marche et faire voir l’autre sujet.
- Ensuite on devra déplacer les oculaires pour répéter la même série d’opérations sur l'autre bande. Celles-ci sont montées sur des bobines sur lesquelles elles s’enroulent et se déroulent en gardant une tension qui est donnée une fois pour toutes au moment du montage par un ressort à barillet B. Elles passent sur une série de cylindres qui leur font prendre les quatre positions nécessaires pour qu’elles se présentent normalement devant l’axe de chaque objectif. Derrière elles se trouve un tambour T percé d’une fente suivant une de ses génératrices et renfermant deux lampes à incandescence : une en face de chaque bande. C’est ce tambour qui forme l’obturateur destiné à produire l’éclairage et les éclipses indispensables pour produire l’illusion cherchée; il est réglé de façon que le passage de la fente en face d’une image coïncide exactement avec l’instant où celle-ci se trouve vis-à-vis d’un oculaire. Cette disposition est représentée à une plus grande échelle sur notre gravure (fig. 2). 11 est clair qu’il n’y a jamais qu’une des deux lampes qui est allumée, celle qui est destinée à éclairer la bande en face de laquelle se trouvent les oculaires ; quand on change ceux-ci de place le commutateur G porte une disposition qui éteint la lampe devenue inutile et allume l’autre.
- Toutes les manœuvres se font au moyen d’un petit tableau placé sur l’arrière de la caisse qui porte le mécanisme, à portée de la main de la personne qui exploite l’appareil et hors de la vue du public; il suffit de fermer un commutateur et de pousser ensuite un bouton pour que la première bande se déroule en présentant successivement toutes ses images aux quatre oculaires; comme nous l’avons dit plus haut, le courant se trouve coupé automatiquement dès que cette première bande est passée et il suffit d’appuyer sur le bouton pour que le moteur reprenne sa marche et fasse défiler la seconde bande. Cette première série épuisée, on abaisse les oculaires en lace du système U et on recommence la même série d’opérations.
- Les bandes sont les mêmes que celles du kiné-
- toscope et il est facile de les changer. Cela demande cependant un certain temps, mais les mêmes sujets peuvent être exploités pendant une journée entière et on a le temps ensuite de préparer la journée suivante en plaçant d’autres bandes.
- Dans l’avenir c’est la variété et le choix des sujets qui feront le succès des appareils de ce genre. Actuellement on obéit encore au sentiment de curiosité qui pousse à regarder la reproduction photographique du mouvement, quel que soit le sujet représenté; mais dans peu de temps on sera blasé et les sujets intéressants, tels que les actualités, les défilés de calvacades, etc., auront seuls le don d’attirer le public.
- La possibilité de substituer rapidement un sujet à un autre devient alors indispensable si on veut retenir le spectateur pendant un certain temps, et ce sera là un des éléments du succès de cet appareil.
- G. M.
- LE CERF-VOLANT HARGRAVE
- En dehors des recherches de Franklin sur l’électricité atmosphérique, le cerf-volant a reçu peu d’applications scientifiques et a plutôt été utilisé comme jouet.
- Dans quelques cas spéciaux il peut cependant remplacer les ballons pour des observations thermo-métriques ou hygrométriques à faible hauteur et l’on peut, en outre, l’employer, comme l’a fait M. À. Battut1, à obtenir des photographies d’une grande étendue de terrain.
- Mais les diverses formes usitées jusqu’à présent sont assez difficiles à manier et ne se maintiennent en l’air que grâce à d’habiles manœuvres, qui consistent à saisir le moment opportun où il faut lâcher ou amener la corde ; en outre ils ne peuvent enlever que de faibles poids.
- Nous trouvons dans le identifie American la description d’un nouveau type de ces engins, imaginé par M. Margrave, qui paraît donner, à tous les points de vue, des résultats bien supérieurs à ceux obtenus avec le modèle classique.
- Ainsi qu’on le voit sur la figure ci-après, l’appareil a l’aspect d’une boîte longue et peu profonde, sans fond ni couvercle. Il est formé de lattes en sapin recouvertes de toile. En réunissant deux appareils ensemble et en attelant plusieurs couples ainsi composés l’un devant l’autre, en tandem, sur la même corde, on obtient une très grande force d’ascension.
- Bien qu’on ait construit, sous cette forme, de très grands cerfs-volants ayant jusqu’à 2m,50 sur 0m,80, il semble préférable de s’en tenir à des dimensions plus faibles pour pouvoir les manœuvrer avec plus de facilité.
- La carcasse est faite en sapin sans employer ni clous, ni vis, qui enlèveraient de la solidité; les
- 1 Vov. ii° 825, du 23 mars 1889, p. 257.
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- lattes sont réunies entre elles au moyen de fil de cordonnier et l’on consolide ensuite les ligatures en les enduisant de colle forte. On recouvre ensuite avec de la toile de coton ou de la percaline qu’on encolle avec de l’amidon dissous dans de la benzine pour que la dessiccation se fasse plus rapidement.
- L’avantage de cette forme consiste surtout à permettre une grande stabilité en l’air, même quand la corde est fixée à terre et abandonnée à elle-même. Dans ces conditions, un appareil ayant 1 mètre dans sa plus grande dimension peut porter 3 à 4 kilogrammes par un vent de 25 à 30 kilomètres à l’heure, la corde gardant une inclinaison de 40 à 50 degrés.
- Avec un cerf-volant de lm,80 de longueur sur
- Élévation
- Vue d’ensemble du cerf-volant de M. Ilargrave.
- lm,25 de largeur et 0m,60 de profondeur, on pourrait enlever un poids de 5 à 6 kilogrammes très facilement et le laisser toute une journée en l’air avec un déroulement de 1600 mètres de corde. L’inventeur attela six de ces systèmes en tandem deux à deux et il put se faire enlever à plusieurs mètres de terre, sans insister sur cette expérience qui aurait pu présenter quelque danger au moment de la descente ; il avait eu soin de faire tenir l’extrémité de la corde par plusieurs hommes afin de limiter à son gré son ascension.
- A notre avis, c’est surtout pour des expériences de photographie que ce système de cerf-volant pourrait être utilisé ; on pourrait ainsi employer des appareils de grande dimension et obtenir des levés topographiques intéressants sans un matériel coûteux. Quant aux risques courus par les appareils, ils seraient, paraît-il, à peu près nuis, car, au moment de la descente, le cerf-volant ne plonge pas brusquement comme les systèmes que nous connaissons, mais descend lentement comme un parachute. On fera bien, néanmoins, de faire quelques essais à vide avant d’employer des appareils de prix à ce mode d’ascension ; l’essai est, en somme, peu coûteux et pourra tenter quelques amateurs.
- C. M.
- U BOUTEILLE
- qu’on ne peut remplir qu’une fois
- Il y a un problème très intéressant, mais aussi très difficile à résoudre, au sujet des liquides qui ont acquis une grande réputation, tels que les parfums, les liqueurs, etc., c’est celui de la bouteille qu’on ne pourrait plus remplir une fois qu’elle a été vidée. On comprend tout l’intérêt que présente la question pour éviter la contrefaçon et quels services un tel engin rendrait aux propriétaires des spécialités en renom; car personne n’ignore que les bouteilles de ces grandes marques, une fois vidées, sont souvent utilisées pour renfermer des produits inférieurs, qui sont ensuite, grâce à l’apparence de leur enveloppe, vendus comme authentiques.
- Bien des inventeurs ont déjà consacré leurs veilles à la solution de la question, et des centaines de brevets ont été pris tant en France qu’à l’étranger, mais sans que jusqu’à présent aucune des bouteilles imaginées ait présenté les qualités requises.
- La question est en effet assez complexe et les objections sont même très nombreuses à la possibilité de construire une pareille bouteille.
- Les uns disent que la forme actuelle ne doit pas être modifiée, d’autres prétendent, que la forme n’a aucune importance.
- Le fait est que si c’est l’élégance seule de la bouteille qui fait vendre le produit, cela n’est pas une bien grande recommandation pour celui-ci. D’un autre côté il faut bien que le marchand ait une forme à lui, qui, à première vue, caractérise bien l’authenticité du contenu. Il paraît donc important de pouvoir conserver à la bouteille une forme quelconque qui ne soit pas ou peu modifiée par le système de sûreté.
- Mais, dira-t-on, puisqu’on a pu remplir la bouteille une première fois, on pourra bien la remplir une seconde.
- A cela on peut répondre que c’est précisément le système à inventer qui, s’ajoutant à la bouteille, après le premier remplissage, doit être tel qu’on ne puisse pas l’enlever sans casser celle-ci.
- En outre il doit être inaccessible à un fil de fer qui le ferait manœuvrer de façon à permettre l’introduction d’un liquide ; à moins que le temps employé à l’opération ne soit tellement long qu’il suffise à compenser, par le prix de la main-d’œuvre, la différence entre le prix de la marchandise de qualité inférieure et celle qui est authentique.
- Quant à l’objection qui consiste à dire qu’on pourra toujours percer un trou dans la bouteille pour faire pénétrer par là le liquide ou faciliter un nouveau remplissage par le goulot, elle n’est pas très sérieuse, car il serait fort difficile pour ne pas dire impossible de reboucher ce trou sans que cela soit visible. Il y aurait également à compter avec plusieurs autres difficultés.
- Le prix de revient doit évidemment entrer en ligne de compte; mais, comme il s’agit ici de protéger d’une façon efficace des produits toujours chers, on peut en somme admettre qu’une augmentation dans le prix du flacon ne serait pas un inconvénient bien grave. La dépense serait peu élevée en comparaison des résultats à atteindre.
- En France et à l’étranger on a proposé des prix importants pour la solution du problème; mais, quelle que soit l’importance de ces prix, ce n’est rien en comparaison des revenus que pourrait donner la vente d’une bouteille de ce genre. - Dr Z.
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- LES PUFFING HOLES
- OU TROUS SOUFFLEURS
- Parmi les grottes que l’effort des vagues a taillées sur les rivages maritimes aux dépens des formations géologiques les plus diverses, il en est qui donnent lieu, pendant les grosses mers, à un phénomène à la fois curieux et imposant : ce sont les trous nommés en anglais puffing ho les, blow holes, blowers, canon h oies, spouting caves, en français trous souffleurs ou trous canons.
- Le géologue irlandais Kinahan les a définis « des trous perpendiculaires communiquant avec une caverne horizontale, où la mer peut pénétrer. Lors des
- grandes marées et des grosses tempêtes, l'air comprimé dans la caverne élève l’eau en grandes volutes écumeuses à travers le trou perpendiculaire1. »
- Ce jaillissement pousse parfois, avec un fracas violent, de puissantes gerbes d’eau à plusieurs mètres de hauteur : comme le montre la vue (pie nous donnons ici, prise sur la cote de Elle d’Iona, en Écosse, un puf fin g hole en action ressemble à un véritable geyser (fig. I); la projection du liquide et le bruit détonant qui l’accompagne justifient amplement le nom de trous souffleurs ou trous canons.
- Je citerai comme exemples de ces sortes de cavernes les suivants : le blower de Pile Maurice; ceux de Flamborough Ilead et de Whitby (comté d’York,
- Fig. 1. — Puffing hole ou spoutiny cave (cuve jaillissante) île loua (Iles Hébrides) eu activité. (D'après une photographie.)
- Angleterre)1 ; ceux de Glassen Rock, près Doocaher (îles d’Arran, Irlande), l'un à 25 mètres, l’autre à 78 mètres uu bord de la mer; Mac Swines Canon an cap llorn Head (nord de l’Irlande)2; puffing holes de Kilkee et de Loop Jlead, près de l’embouchure du Shannon (Irlande); M. Armand Janet (de Toulon) en a trouvé aussi sur la côte de Provence.
- J’ai pu, au mois de juillet 1895, pénétrer par une mer calme dans celui de Kilkee, dont la gravure ci-après (fig. 2) fait voir l’orifice à peu près carré ;et je me suis rendu compte de son fonctionnement, que la coupe et le plan m’aideront à faire comprendre (fig. 5).
- La roche des belles falaises, très accidentées, de Kilkee est un schiste ardoisier compact, mais exces-
- 1 Caves-of the earlh, p. 4(5 el 47, Londres, in-12, 1855.
- 2 Voy. n° 10(50, du 25 septembre 1893, p. 271.
- sivement fissuré. Ses strates sont légèrement inclinées vers la mer. A fleur d’eau, les vagues en ont disloqué et emporté quelques-unes, pratiquant ainsi une excavation, basse à l’entrée, qui se relève vers le fond : la voûte de la petite caverne (longue de 50 à 40 mètres) est percée, presque en son milieu, d’une fissure étroite, oblique à la s.urface de l’eau, perpendiculaire au pendage des strates, élargissement évident de quelque diaclase préexistante, qui recoupait toute la masse. C'est une vraie cheminée dans le toit de la grotte.
- Par une mer tranquille, on voit tout simplement, d’en haut, à travers l’orifice supérieur de la cheminée, l’eau calme ou doucement agitée. Mais que le
- 1 Valleys and fissures, p. 49. Londres, 1878, in-8°.
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- LA NATURE
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- vent souffle et que les lames se gonflent, la scène change : pressées les unes derrière les autres, les vagues accourent battre sans trêve la falaise; à son pied, dans l’ouverture basse elles pénètrent, déjà
- sous une certaine pression, forcées par celles qui les suivent ; engouffrées dans l’excavation élargie, elles s’y détendent et, trouvant la cheminée libre, s’échappent au dehors, en colonne liquide, comme
- celle qui sort de l’ajutage d’un jet d’eau. Deux causes provoquent le jaillissement du flot emprisonné dans la caverne : l’une, indiquée par M. Ki-nahan, est bien la force de réaction de l’air comprimé à plus d’une atmosphère dans les derniers recoins de la grotte remplie d’eau; l’excès de pression cherche un dégagement tout naturel dans la cheminée, qui livre passage à la colonne d’air et d’eau, avec détonation à l’air libre; l’autre cause est l’obstruction perpétuelle de la basse ouverture d’entrée par les vagues arrivant sans cesse du large : son étroitesse y laisse l’eau affluer seulement, mais non refluer ; ainsi emprisonné aux deux bouts horizontaux de la caverne, le liquide qui y pénètre n’a
- d’issue commode que par le haut, assez largement ouvert. La coupe suffit à démontrer au surplus qu’un
- puffing hole tel que celui de Kil-kee n’est pas autre chose qu’une véritable pompe foulante.
- En retombant sur le sol, la colonne d’eau, qui entraîne parfois de gros galets dans son ascension, creuse la roche au sommet de la cheminée, tant par corrosion chimique que par érosion mécanique. Ainsi l’ouverture extérieure revêt la forme d’un entonnoir à gradins, provenant de l’inégale dégradation des strates. A la longue le tout peut s’agrandir au point de disparaître complètement.
- E.-A. Martel.
- PUFF1NG-H0LE de K i Ikee ( I rl aride )
- Coupe verticale
- Mer agitée
- Plan de l'orifice.
- calme
- Fig. 3. — Coupe et plan du puffing hole de Kilkee (Irlande) dressés par l’auteur. Coupe. Yue du jet. —Plan. Orifice du trou; de lu à 20 mètres de largeur.
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- EXPOSITION
- I)E LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PHYSIQUE1 A PARIS LES 7 ET 8 AVRIL 1896
- Les miroirs japonais ont, depuis longtemps, intrigué les physiciens; M. Thomson a réussi à les imiter par un procédé extrêmement simple. Une plaque de laiton, légèrement convexe, est d’abord polie de façon à donner de bonnes images; elle est ensuite recouverte d’un vernis protecteur et attaquée à l’acide nitrique suivant un dessin pratiqué dans le vernis. L’immersion doit être très courte. Le miroir étant nettoyé, les parties attaquées se détachent en creux; mais il est aisé de les faire disparaître par un nouveau polissage à l’aide d’un cuir enduit de potée d’étain et affectant la forme sphérique. Les bords des creux s’usent et s’effacent, mais les dépressions subsistent, et le miroir renvoie leur image dans le faisceau lumineux qu’il réfléchit.
- IN'oublions pas les belles expériences de M. Cotton sur les milieux colorés doués du pouvoir rotatoire, un peu trop spéciales peut-être pour que nous puissions les décrire ici, les appareils de M. Jobin, dont l’excellente construction est très appréciée de tous ceux qui ont à faire des mesures de précision dans la haute optique, le cylindrographe de M. le colonel Moessard, l’appareil photomicrographique de M. Yvon, enfin un bloc de spath d’Islande, parfaitement limpide, pesant 13 kilogrammes, que M. Jobin est parvenu à se procurer à prix d’or et qui constitue une pièce rare aujourd’hui.
- M. Nachet exposait quelques objets auxquels se rattache le touchant souvenir de Léon Foucault. Il conviendra de revenir, dans un article spécial, sur les résultats très remarquables obtenus, dans la photographie en couleur, par M. G.-A. Richaud, dont M. Molteni projetait les clichés.
- L’électricité et le magnétisme étaient représentés par quelques bons instruments et d’intéressantes expériences. La maison Gaiffe, qui s’est fait, depuis les mémorables expériences du docteur d’Arsonval, comme une spécialité de la haute fréquence, présente cette année le matériel complet pour les expériences physiologiques et médicales, ainsi que divers appareils destinés à de curieuses expériences à l’aide de ces courants.
- Nous décrirons, à propos des rayons X, l’un des générateurs construits dans la maison Gaiffe; nous nous bornerons à signaler pour le moment les singuliers effets que l’on obtient à circuit ouvert lorsqu’une bobine est accordée sur la période de l’oscillation développée dans le générateur. Les étincelles et les effluves qui s’échappent alors de l’extrémité libre de la bobine montrent qu’il s’y produit comme un coup de bélier électrique. Les corps médiocrement conducteurs, des tiges de bois, une orange ou une pomme, placés sur le bout libre de la bobine, s’illuminent brillamment.
- Ces expériences, dues au Dr Oudin, nous montrent que les courants de haute fréquence nous réservent encore bien des surprises.
- La réputation des galvanomètres Arnoux et Chauvin n’est plus à faire, non plus que celle des machines Rechmewsky. Les premiers exposaient un grand nombre de modèles de leurs excellents instruments de mesure, parmi lesquels nous signalerons en particulier un galvanomètre enregistreur dont l’aiguille est garnie d’une molette pour diminuer le frottement sur le papier.
- 1 Yoy. n° 1195, du 25 avril 1896, p. 33(1.
- M. Rechniewsky avait, à l’exposition, deux nouveaux types de machines, construites dans les ateliers Postel-Vinay.
- La maison Cadiot, qui s’est consacrée aux petits moteurs, montrait une série de dynamos en miniature et de moteurs à pétrole depuis un huitième de cheval. M. Doi-gnon exposait des dynamos d’une puissance encore plus faible. Enfin la Société des anciens établissements Cail expo-ait la dynamo construite pour le laboratoire des recherches de physique à la Sorbonne, et dont la différence de potentiel aux bornes atteint 5000 volts en marche normale. C’est une tentative particulièrement intéressante en ce moment où une recrudescence d’intérêt se fait sentir dans l’étude des décharges dans les gaz. Il ne faut pas oublier en effet que l’on a obtenu des résultats des plus intéressants dans ce domaine, en se servant de courants continus au lieu des décharges intermittentes des bobines.
- La maison Digeon et fils a créé des modèles en bois de machines dynamos, montrant l’extérieur et la coupe de la machine ; nous les recommandons tout spécialement à l’attention des professeurs chargés d’enseigner l’électricité industrielle.
- Voici enfin de fort intéressantes expériences sur les axes magnétiques de la magnétite, présentées par M. P. Weiss, professeur à Rennes. Le minéral étudié par M. Weiss possède la curieuse propriété d’avoir trois axes de perméabilité magnétique, dont deux sont rectangulaires. Une lame circulaire, taillée dans le plan de ces axes et placée verticalement entre les pôles d’un aimant, tourne sur elle-même jusqu’à ce qu’un de ses axes ait pris la direction des lignes de force du champ. La constitution de ce minéral est rendue palpable à l’aide de petits morceaux d’un treillis de fil de fer, auxquels on donne la forme des lames de magnétite. Eux aussi se placent dans le champ (voir la figure), de telle sorte que la direction de l’un des systèmes de fils soit dans les lignes de force. Cette dernière expérience, que l’on peut varier de bien des manières, est fort démonstrative, même indépendamment de sa relation évidente avec la magnétite.
- L’utilisation des équipages comme couples thermo-électriques a permis à M. Torchebœuf de simplifier la construction des appareils servant à la démonstration des expériences d’Ampère; c’est du moins à ce but que les destine l’inventeur ; peut-être les trouvera-t-on plus appropriés à la démonstration des courants thermoélectriques ; mais ceci dépend de l’ordre choisi dans l’enseignement, et nous sortirions du sujet en insistant.
- M. Jules Richard, à qui la météorologie doit ses meilleurs instruments, a mis son inépuisable ingéniosité au service de questions nouvelles. Un ensemble des instruments météorologiques destinés à être emportés par un cerf-volant, et ne pesant que 1270 grammes, a été construit par lui pour M. Rotch, directeur de l’observatoire de Blue Hill. Une girouette électrique, commandée par M. G. Menier, permet de questionner à distance l'instrument. qui ne répond qu’à la demande, mettant en marche une aiguille lorsqu’on établit un contact. Enfin, puisqu’il faut tout enregistrer, M. Richard avait construit, d’après les plans de M. Rivoire, un piano inscrivant fidèlement le mouvement de toutes les touches.
- Le calcul mécanique était représenté par quatre instruments : le planimètre de Prytz, que connaissent nos lecteurs, et celui de Petersen, présentés respectivement par M. üospitalier et M. Lamotte, la nouvelle machine à calculer de M. Desché, et enfin un appareil destiné à donner
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- la représentation continue d’une fonction algébrique du neuvième degré, et par conséquent de fournir les solutions de l’équation obtenue en égalant cette fonction à zéro. Les opérations de ce genre ont pris, depuis quelques années, une grande extension ; l’Analeterre nous en donne l’exemple par les études suivies qu’on y poursuit pour la construction de machines destinées à décomposer mécaniquement une fonction périodique en ses harmoniques. C’est la mise en machine du théorème de Fou-rier que la nature résout sans cesse par le phénomène de la résonance.
- Nous enregistrerons pour finir deux nouveaux résultats industriels. La manufacture de Saint-Gobain, allant au-devant d’un besoin toujours plus impérieux de posséder de grands vases en verre, a réussi à confectionner des bacs cylindriques de 1 mètre de hauteur, contenant 200 litres, et des bacs rectangulaires de dimensions plus modestes, pouvant contenir près de 100 litres.
- D’un autre côté, M. Werlein, l’habile opticien, ayant reconnu que l’alumine fondue, déchet de fabrication de l’aluminium, est douée d’une grande dureté, en a construit des meules au moyen d’un agglomérant très tenace. Ces meules travaillent sans usure appréciable les aciers les plus durs ; on propose même de s’en servir au lieu des fleurets garnis de diamants des perceuses employées dans l’attaque des roches. Si le procédé donne ce qu’on en attend, on réalisera dans ce travail une sérieuse économie.
- Nous voudrions pouvoir tout citer, mais l’énumération qui précède est déjà longue; nous nous proposons, du reste, de revenir sur plus d’un point que nous n’avons pu qu’effleurer.
- Les réunions ne se sont pas limitées aux salles de l’Exposition. M. J. Perrin, à qui l’on est redevable de belles recherches sur les rayons X, a été très applaudi dans la très intéressante conférence qu’il a faite sur cette question dans une des salles de la Sorbonne. Enfin, les membres de la Société ont pu suivre, dans la magnifique usine de MM. Menier, à Noisiel-sur-Marne, toutes les opérations qui, partant du cacao, ne l’abandonnent qu’en chocolat sucré, paqueté, emballé et prêt à être expédié. Ce coup d’œil dans une usine admirablement agencée a émerveillé chacun. Nos lecteurs nous pardonneront de ne pas trop insister, de crainte de leur mettre l’eau à la bouche. Cii.-Ed. Guillaume.
- COPERNIC
- ET LES DÉCOUVERTES GÉOGRAPHIQUES DE SON TEMPS1
- Les grands événements géographiques qui, à la fin du quinzième siècle et au commencement du seizième, se suivirent pendant le court espace de trente années, marquent une époque sans analogue dans l’histoire de la science et de l’humanité. À la découverte de l’Amérique par Colomb, en 1492, succède bientôt la traversée du cap de Bonne-Espérance aux Indes Orientales, où Gama aborde en 1498. Puis Magellan, parti de l’Espagne en 1519, découvre en 1520 le détroit qui porte son nom, et aborde, le 16 mars 1521, aux Philippines, où il reçoit la mort; le seul navire de son expédition qui revoit l’Europe, rentre au port de San Lucar, le 6 septembre 1522, trente-sept mois après son départ.
- 1 Extrait du Journal des Savants, décembre 1895.
- Parmi les conséquences si nombreuses et si diverses que les incomparables découvertes de ces trois grands navigateurs ont fait éclore, la lumière qu’elles ont apportée à l’explication du système du monde mérite d’etre examinée avec quelques détails.
- Malgré la difficulté des communications à cette époque, la prodigieuse nouvelle de l’expédition de Colomb se répandit rapidement, non seulement en Espagne, mais dans toute l’Europe. Elle se propagea par les ambassades des souverains, les correspondances des savants, les rapports des marchands et des voyageurs. Partout, dès les dernières années du quinzième siècle, on admirait le hardi navigateur qui, à la suite d’une étude approfondie des vieux portulans et de la lecture des anciens philosophes, s’était convaincu delà possibilité de réussir dans son courageux projet, et qui, grâce à une invincible persévérance, avait pu obtenir d’Isabelle d’Espagne le moyen d’aller conquérir un nouveau monde. Le voyage de circumnavigation de Magellan vint compléter et étendre les vues nouvelles que celui de Colomb avait suggérées aux esprits attentifs.
- L’immense accroissement d’un hémisphère, qui venait en quelque sorte de surgir tout à coup dans les régions adaptées aux usages de l’homme, ne pouvait être compris dès lors comme ayant l’importance qu’il devait acquérir. Comment eût-il été possible de soupçonner les conséquences si multiples que réservait l’avenir? Cependant il est un homme de génie, Copernic, dont ces événements devaient frapper vivement l’attention. Comme nous allons le voir, il confirmait les opinions nouvelles qui germaient dans ce puissant esprit, alors rempli de méditations sur les mouvements célestes. La démonstration géographique de l’isolement et de la sphéricité de notre planète allait le conduire à des analogies d’une importance capitale.
- Ce n’étaient pas des notions vagues sur des régions naguère tout à fait inconnues qui se répandaient dans son esprit. Il lui arrivait des documents bien précis, comme il le fallait à un esprit aussi rigoureux. En effet, un changement très considérable venait de s’opérer dans le mode de propagation des travaux géographiques. Aux cartes manuscrites s’ajoutèrent alors des cartes et, dès 1507, des globes imprimés. Ce nouveau procédé mécanique de publication apportait une diffusion de connaissances incomparablement plus rapide et plus étendue : les découvertes qui se succédaient avec une stupéfiante célérité se répandaient de même sans retard dans le public éclairé.
- L’examen des planisphères imprimés peu de temps après la découverte du Nouveau Monde, la plupart comme suppléments aux éditions de Ptolémée, fait bien comprendre le mouvement que ces publications devaient opérer dans les idées générales de géographie jusqu’alors en circulation.
- Rien de plus intéressant à ce sujet que la collection systématique des plus anciennes cartes imprimées, publiées par M. Nordenskiôld et réunies en
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- un magnifique allas, sous le nom de Facsimile atlas, Stockholm, 1889.
- Comme exemple, je citerai deux planisphères édités,l’un en 1505, à Erihourg, par Grégoire Reisch, l’autre, par Ruysch, la première carte gravée où figure le Brésil, imprimée en 1508, à Rome. En 1512, paraissait à Cracovie, dans le pays mémo de Copernic, celui de Jean de Stohnicza. Deux autres planisphères étaient publiés un an plus tard, en 1514, à Strasbourg. Je mentionnerai encore dans la période qui a précédé de peu d’années l'achèvement du grand ouvrage de Copernic : Ptolomaeus; editio Syh'ani, Venetiis, 1511 ;—Margarita philosopliica nova, Strassburg, 1515, par Grégoire Reisch; — Petrus Appianus, Viennae 1520; — Laurent ins Frisius, Ptolemaeus,
- Argentorati, 1522; —
- Libro di Benedetto Bor-done, Vinegia, 1528*.
- Cette nombreuse série de publications, à en juger par ce qui nous reste, témoigne de l’intérêt avec lequel le public savant accueillait les faits si extraordinaires qui se produisaient.
- Copernic avait évidemment connaissance de beaucoup de ces cartes et devait en tirer de judicieux enseignements, au point de vue vers lequel son attention se portait sans cesse.
- Lorsque l’Amérique fut découverte, Copernic avait vingt et un ans et faisait ses études à Cracovie. Quatorze ans plus tard, vers 1502, il était arrivé à son immortelle conception.
- Si l’on met les conditions dans lesquelles le grand astronome poursuivait ses recherches en parallèle avec l’examen de ces divers planisphères contemporains où les contours de l’Amérique étaient chaque jours tracés plus nettement, on saisit des rapprochements significatifs qui ne sont certes pas l’effet du hasard. J’emprunte d’intéressants détails biographiques au volume remarquable et trop peu connu, fruit de recherches très approfondies, paru il y a un demi-siècle, dont on est redevable à Jean Czynski2.
- 1 M. Henry llarrisse, dans sa Cartographia amcricana velustissima (p. 305 à 636 de sa Discovery ofNorlh America, I'aris-Londres, 1802, grand in-4°), décrit près de deux cents cartes et glottes, tant gravés que manuscrits, construits de 1501 à 1536.
- a liopernik et scs travaux, Paris, 1817. Je tiens aussi à citer la Vie de Copernic, écrite par M. Camille Flammarion, Paris, 1872.
- Avide de poursuivre ses études, Copernic s’était rendu, à l’àge de dix-huit ans, de Thorn, ville polonaise, où il était né de parents polonais, à l’université de Cracovie, alors renommée dans tous les pays de l'Europe, qui lui envoyaient des disciples. Tout en s’occupant surtout de philosophie et de médecine, le jeune Copernic y suivait assidûment l’enseignement d’Albert Brudzewski, dont les travaux astronomiques jouissaient d’une réputation européenne et qui porta bientôt un vif intérêt à son disciple. Celui-ci, après avoir bien profité de son séjour à Cra-covic, résolut de visiter Rome et les universités d’Italie, où il était attiré par la renommée de plusieurs astronomes. 11 avait vingt-trois ans lorsqu’il commença à réaliser son projet. Un détail montrera
- la variété d’aptitudes de Copernic. Afin de mieux tirer parti de son voyage, il avait consacré à la peinture tout le temps tpie lui laissaient ses études principales. Bientôt il put non seulement très bien peindre le paysage, mais aussi se distinguer par des portraits d’une extrême ressemblance. Lajoie qu’éprouva Tycho-Brahé en recevant l’image de Copernic peinte par lui-même fait juger du talent remarquable de l'artiste.
- D'après les archives de l'université de Pa-doue, qui s’en fait honneur, Copernic reçut dans cette institution les deux couronnes de philosophie et de médecine. Le grade de docteur en celte dernière science, qui lui fut conféré, ne resta pas un simple titre honorifique. Rlus tard, dans ses diverses résidences, il voulut se vouer au soin des malades indigents; lui-même leur préparait des médicaments, et avec tant de soins et d’habileté que les pauvres le considéraient comme leur providence. Dans de fréquentes excursions à Bologne, il connut le professeur Dominique Maria de Eerrare, qui, frappé de la haute intelligence du jeune Polonais, l’admit dans son intimité et le jugea même digne d’occuper la chaire d’astronomie dans la capitale de la chrétienté. L’auditoire nombreux et choisi qu’il attira à ses leçons de Rome rappela les plus beaux succès jusqu'alors connus. Quoiqu’il se livrât à des recherches qui préparaient son admirable découverte, il présentait encore à ses élèves l’exposé de l’ancienne astronomie.
- Copernic enseignant.
- (D’après le tableau du peintre A. Gerson, de Varsovie.)
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- Portrait de Copernic. (D'après une gravure ancienne en taille-douce de la collection de M. Gaston Tissandier.)
- Ea légende est reproduite par la photogravure.
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- Lorsqu’il revint à Cracovie, après quatre années de séjour hors de son pays, il fut fort bien accueilli, non seulement à cause de ses grandes connaissances, mais aussi pour l’aménité de son caractère ; le grade d’académicien de Cracovie qu’il reçut était très recherché.
- C’est vers 4502 que la lumière se fit complète dans ses idées; il les élabora pendant cinq années. En 4507, les ayant fixées définitivement, il se mit à écrire. Pour établir avec certitude son système, il voulut en déduire les tables des mouvements célestes, de manière qu’il fût possible de les prédire avec précision. Ce contrôle exigea de persévérantes études, qui ne durèrent pas moins de vingt-trois ans. L’œuvre De revolutionibus orbium cœlestium, qui portera le nom de Copernic jusqu’à la postérité la plus reculée, fut terminée en 1550 et parut seulement en 1545, lors des derniers moments du grand astronome.
- Si la longueur d'exécution de ce travail fut telle, c’est que l’observation et les recherches astronomiques étaient loin d’occuper seules le temps de Copernic dans la petite ville de Frauenbourg, où il s’était fixé depuis 1540, après avoir embrassé l’état ecclésiastique en 1504, alors qu’il était encore à Cracovie. D’abord il y remplissait avec beaucoup d’exactitude les fonctions de chanoine. De plus, comme médecin habituel des pauvres de la ville, il leur donnait beaucoup de son temps, tout précieux qu’il fût. Des cures réputées miraculeuses lui firent une si grande renommée que les malades de contrées éloignées arrivaient auprès de lui et que des médecins distingués faisaient appel à son savoir.
- En dehors de ses occupations, Copernic ne négligeait aucune occasion de se rendre utile, sauf à sortir de la vie contemplative dans laquelle il se serait plu, et à devenir un homme d’action. Nous ne croyons pas inutile de le montrer par trois exemples. Nommé administrateur des biens du diocèse, il s’aperçut d’usurpations des chevaliers de l’ordre teutonique, et il ne craignit pas d’entamer avec ces hommes puissants une longue lutte, dont il sortit victorieux ; mais il eut ensuite à subir les vengeances de ses adversaires. Le commerce souffrait beaucoup d’abus nombreux dans la circulation des monnaies : des villes diverses avaient le privilège d’en frapper, et la valeur nominale était loin de correspondre à la réalité. Copernic, dans un mémoire imprimé, qui est encore conservé dans les archives de la ville de Kœnigsberg, exposa en détail la cause du mal, ainsi que le moyen d’y porter un remède et de préserver le commerce de calamités incalculables. Les habitants de Frauenbourg manquaient d’eau et ils devaient aller en puiser dans une rivière éloignée de la ville d’une demi-lieue. Copernic éleva les eaux de la rivière à l’aide d’une écluse et les conduisit au pied de la montagne, où elles possédaient assez de force pour qu’un mécanisme aussi simple qu’ingénieux les fit monter jusqu’en haut de la tour de l’église. Afin de poursuivre son œuvre principale, il
- lui fallut donc autant de fermeté que de génie.
- L’impression profonde que les récentes découvertes géographiques produisirent sur l’esprit de l’illustre astronome n’est pas une simple supposition, une probabilité résultant du raisonnement. La réalité de cette filiation dans ses idées, malgré la différence de leur aspect, ressort de la déclaration même de Copernic. Pour s’identifier avec sa disposition d’esprit, il n’est pas sans intérêt de connaître les termes textuels dans lesquels il s’exprime.
- Dès les premières pages de son livre1, après avoir établi que la terre et les eaux forment un seul et même globe et que les mers qui pèsent sur le fond de leur lit continuent la sphéricité de notre planète : « Cela sera beaucoup plus évident, ajoute l’auteur, si l’on tient compte des îles découvertes de notre temps, sous les princes d’Espagne et de Portugal, et particulièrement de celle qui, du nom du commandant de la Hotte, est nommée Amérique, et que l’on pense être un autre monde à cause de sa grandeur encore ignorée, et de beaucoup d’autres îles naguère inconnues ; ce qui fait que nous nous étonnons moins des antipodes et des antichtones. La raison géométrique force de croire que l’Amérique, d’après sa situation et d’après son diamètre, est à l’opposé de l’Inde gangétique. D’après tout cela il est évident pour moi que la terre et l’eau s’appuient sur un seul centre de gravité. Comme la terre est plus pesante, ses parties entr’ouvertes (idéhiscentes) sont rempli par l’eau et, pour cette raison, l’eau est peu de chose en comparaison de la terre, bien que peut-être il apparaisse plus d’eau à la surface. Il est donc nécessaire que la terre, avec les eaux qui l’entourent (curn circumfluentibus aejuis), ait la figure que son ombre nous montre. Cette ombre produit en effet l’éclipse de lune avec la circonférence d'un cercle parfait. La terre n’est donc pas plane comme le pensait Héraclite, ni creuse comme le pensait Démocrite, ni cylindroïde comme le disait Anaximandre, ni portée à sa partie inférieure sur des racines infinies (ex inferna parte radicibus crassitudine submissa), selon l’opinion de Xéno-phane ; mais elle est d’une sphéricité absolue (rotun-ditate terra cum aqua unum absoluta) comme le pensent les philosophes. »
- Ces lignes nous font bien connaître le point de vue où se plaçait alors Copernic et l’importance capitale qu’il attachait à la démonstration palpable de la sphéricité de la terre telle qu’elle ressortait des nouvelles conquêtes de la géographie. On peut être surpris de son insistance à appuyer sur cette démonstration, alors que, depuis plus de vingt siècles, la sphéricité de la terre avait été admise par Aristote et par d’autres grands esprits, notamment d’après la rondeur de l’ombre qu’elle projette sur la lune pendant les éclipses. Mais l’illustre astronome exigeait une certitude absolue pour ce fait fondamental. Les résultats si glorieusement conquis par les navi-
- 1 Livre I, chapitre ht, page 2 de, l’édition de 1545.
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- gateurs apportaient donc une révélation précieuse aux astronomes : la découverte laite sur notre globe se rétléchissait en quelque sorte dans les profondeurs du ciel.
- Remarquons toutefois que, si les découvertes géographiques étaient devenues incontestables, on en méconnaissait dans ces premiers temps les véritables auteurs, puisque Copernic dépossède Colomb en faveur d’Améric Vespuce; mais cette confusion dans les personnes n’importait pas à son sujet.
- Ainsi la découverte du Nouveau Monde acheva de fixer irrévocablement la conviction de Copernic ; il restait en effet démontré,comme il le dit lui-même, que la terre forme avec l’eau un globe unique1; qu’elle n’est pas démesurément grosse et qu’il peut exister au-dessous de nous des habitants qui ont les pieds opposés aux nôtres. La terre ne faisait donc pas une exception dans le sytème du monde. Dès lors pourquoi resterait-elle immobile, tandis que d’autres planètes parcourent l’espace? Pourquoi n’étant pas le corps le plus grand, ni le plus brillant, devrait-elle occuper le centre de l’univers? Telles sont peut-être les pensées qui le conduisirent à la sublime interprétation du monde céleste. En plaçant le soleil au centre des planètes comme sur un trône royal, il lui attribue le gouvernement de la famille des astres de notre système : Ita profecto tanquam in solioregali sol residens circumagenlem gubernat astrorum familiam. Après avoir comparé l’ancien système à un monstre hideux, indigne de la sagesse divine, « Notre globe, dit-il avec une éloquente poésie, devient une note harmonieuse dans le grand concert sidéral ».
- Aujourd’hui on a peine à comprendre l’effet d’incrédulité que produisit, sur les hommes instruits comme sur les hommes du peuple, la révélation de ce mécanisme si simple, mais si contraire aux apparences; le grand mathématicien qui l'annonçait passait pour un visionnaire ou un fou, et les histrions en amusaient la foule sur les places publiques, tandis qu’il en appelait au jugement de la postérité.
- Depuis que ces analogies dans les mouvements de notre système sont démontrées, combien d’autres rapprochements ont été scientifiquement reconnus entre l’histoire de notre petite planète et celle d’autres corps célestes ! A partir de leur origine, les uns et les autres ont passé par des transformations semblables , et ces rapprochements, qui s’éclairent mutu el-lement, nous ramènent à l’unité de constitution de l’univers, que concevait déjà le génie de Descartes. L'étude des épaves célestes connues sous le nom de météorites, qui arrivent de temps à autre sur la terre, a contribué, par bien des renseignements certains, relatifs à leur composition, à nous faire connaître d’autres liens non moins intimes de parenté entre les astres répandus dans l’immensité des espaces.
- Parmi les conceptions émises dans l’antiquité par
- 1 Czvnski, Kopernik et ses travaux, p. 30.
- les philosophes, sur notre globe et les autres planètes, il en est qui fournissent les preuves de la merveilleuse perspicacité de leurs auteurs.
- Pythagore, on le sait, regardait déjà la terre comme une sphère, et il en contestait l’immobilité. D’après Aristarque de Sainos, la terre tourne autour du soleil comme centre, de même que les autres planètes, ainsi qu’il résulte de termes bien précis d’un écrit d’Archimède1.
- Cependant ces vues intuitives restaient confinées dans le domaine spéculatif. Aussi les voyons-nous perdre tout crédit pendant une longue série de siècles. Sous la toute-puissance de la doctrine d'Aristote, pour qui le ciel entier se mouvait autour de la terre immobile, le double mouvement de notre globe paraissait une absurdité; il semblait d’ailleurs en opposition avec le témoignage des sens. En ce qui concerne ce sujet, l’homme de génie si extraordinaire, qui d’ailleurs avait affirmé la sphéricité de notre globe, avait suivi une fausse voie. D’après Aristote, il y avait, en effet, une distinction tranchée entre les phénomènes célestes et ceux du monde sublunaire. Là haut, l’ordre, la régularité, l’harmonie, la pureté inaltérable, l’incorruptible; ici-bas, le trouble et la confusion, causés par le mélange et la grossièreté des éléments en conflit. Combien une telle démarcation s’écartait de l’unité et de la simplicité que nous révèle l’univers!
- Le premier parmi les modernes, en 1444, le savant cardinal Nicolas de Cusa, réputé par l’étendue de ses connaissances, entreprit de ressusciter l’hypothèse sur le mouvement de la terre et l’immobilité du soleil. Il paraît que les ides du cardinal furent transmises à Copernic, grâce à deux intermédiaires, Georges de Peurbach, son élève, qu’il entretenait chez lui, et Regiomontanus. Mais il y avait loin de ces aperçus de génie à une démonstration sans réplique. Comme on le voit dans sa dédicace au pape, Copernic connaissait bien aussi les divers aspects sous lesquels les anciens s’étaient représentés l’ordonnance du monde, et avec la plus parfaite loyauté il se plaît à leur rendre hommage. A. Daubrée,
- de l’Institut.
- LE
- SECTEUR ÉLECTRIQUE DE LA RIVE GAUCHE
- A PARIS
- Une partie fort importante de la ville de Paris, la rive gauche de la Seine, ne possédait pas encore jusqu’ici une distribution d’énergie électrique. Une société avait d’abord été formée il y a quelques années ; puis elle n’avait donné aucune suite à ses projets. En 1894, la concession fut enfin cédée à une société qui commença aussitôt à desservir quelques abonnés dans la rue Soufflot, à la Sorbonne et dans diverses rues avoisinantes, en utilisant une petite
- 1 Archimedis Arenarius, Oxonii, 1676, traduit par Pey-raud, 1807, chapitre Ier.
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- LA NATLHE.
- usine à courants continus établie près du Panthéon et n’ayant, jusqu’à ce jour, effectué aucun service.
- Les études et travaux préliminaires commencèrent bientôt, et, dans les premiers mois de 1895, l’emplacement de la nouvelle usine était choisi, le terrain acheté, le système de distribution arrêté, et la période des travaux s’ouvrait aussitôt.
- La Compagnie du secteur électrique de la rive gauche a choisi un système de distribution à courants alternatifs à 3000 volts avec station centrale située 59, quai d’fssy, à Issy-sur-Seine, en dehors de Paris, sur les bords de la Seine. Les travaux ont été menés très rapidement, et, dans les premiers jours du mois de janvier 1896, l’énergie élec-
- trique étaif fournie aux abonnés. Disons aussi que tout le matériel, chaudières, machines à vapeur, alternateurs, dynamos à courants continus, a été fourni, installé et aménagé par les grandes Usines du Creusot, dont la réputation n’est plus à l’aire comme constructeurs.
- La station centrale se compose de deux grands bâtiments accolés l’un à l’autre. Le premier, constituant la salle des chaudières, a une longueur de 94 mètres et une largeur de 18 mètres; le second, la salle des machines, a une longueur totale de 105 mètres sur 14m,50 de largeur. Pour le moment, une moitié seulement de ces bâtiments est construite. Ces deux bâtiments consistent en de vastes
- Fig. i. — Vue intérieure de la salle des machines, à l’usine du secteur de la rive gauche à Issy-sur-Scmc.
- salles en pans de fer et briques avec fermes, elliptiques pour la salle des machines.
- Les chaudières, construites par le Creusot, sont des chaudières multitubulaires d’une surface totale de chauffe de 210 mètres carrés, d’une surface de grille de 450 mètres carrés pouvant fournir 5000 kilogrammes de vapeur par heure à la pression de 12 kilogrammes par centimètre carré. Les chaudières ne sont actuellement qu’au nombre de sept, mais elles doivent plus tard être au nombre de 20. L’alimentation peut se faire en eau de Seine et de préférencë en eau de condensation, comme nous allons l’expliquer plus loin.
- La salle des machines ne renferme maintenant que trois machines à vapeur horizontales compound de 700 chevaux à la vitesse angulaire de 125 tours
- par minute. Ces machines sont formées par deux cylindres accouplés sur le même arbre et commandent directement chacune un alternateur Ziper-novvski. La figure 1 nous donne une vue intérieure de l’usine actuelle. On aperçoit dans le fond cinq machines à vapeur et alternateurs dont trois sont installés et deux le seront prochainement. Au premier plan, vers le milieu de la ligure, sont les machines excitatrices. Dans le coin à gauche se trouve le tableau de distribution et dans le coin à droite une fosse où sont installées les pompes nécessaires à la condensation. On voit à la partie supérieure de la salle un pont roulant, se déplaçant dans toute la longueur, et ayant servi au montage. On remarque également les fermes elliptiques dont nous parlions plus haut et sur lesquelles repose la toiture.
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- à refroidir, dans un condenseur par surface, la vapeur d’échappement des machines; elle est refoulée par une pompe spéciale ou pompe de circulation à travers le faisceau des tuhes des condenseurs, elle fait ensuite retour à la Seine. La vapeur des machines, après condensation, est prise par des pompes verticales à pistons ou pompes à air mises en marche par des moteurs à pilon et refoulée dans des filtres où elle abandonne toutes les matières grasses qu’elle pouvait contenir. Re là elle passe dans une hache centrale, où les petits chevaux viennent la puiser pour l’alimentation des chaudières. Les petits chevaux peuvent également, par une tuyauterie, prendre l’eau dans les galeries d’amenée et de retour à la
- Vue d'ensemble du tableau de distribution.
- Les alternateurs, du modèle Zipernowski, déjà bien connu, ont une puissance de 400 kilowatts, à 3000 volts et à la fréquence de 42 périodes par seconde; ils sont à 40 pôles et à inducteurs mobiles.
- Les machines excitatrices, au nombre de deux pour le moment, sont des machines à courants continus à 0 pôles, donnant 630 ampères et 110 volts à la vitesse angulaire de 200 tours par minute. Elles sont actionnées directement par des machines à vapeur horizontales à un seul cylindre.
- Avant de parler de la distribution électrique proprement dite, nous allons expliquer en quelques mots les dispositions adoptées pour la condensation.
- L’eau de Seine est amenée par une galerie et sert
- Seine pour les divers besoins de la chaufferie, et même pour l’alimentation des chaudières dans le cas de marche à échappement à l’air libre. En effet, toutes les machines sont disposées pour marcher à condensation ou à air libre suivant les circonstances.
- Tous les alternateurs et machines excitatrices sont réunis au tableau central de distribution, dont on peut voir une vue d’ensemble dans la figure 2. Il est placé sur un balcon à 2m,50 au-dessus du sol, et a une longueur totale de 19 mètres. Nous ne pouvons ici insister sur tous les détails et sur tous les appareils qui s’y trouvent. Nous dirons seulement qu’il peut être divisé en six parties. Au centre se trouvent les circuits des machines excitatrices avec tous les appareils nécessaires pour les faire manœuvrer,
- interrupteurs, coupe-circuits, voltmètres, ampèremètres, etc. A gauche et à droite viennent les circuits des alternateurs, à l’extrémité de gauche le rhéostat de charge et le rhéostat automatique de réglage d’excitation, et enfin, à l’extrémité de droite, les départs des feedevs, ou circuits d’alimentation.
- Le rhéostat de charge est formé par une série de rhéostats en fil de maillechort, permettant d’atteindre une puissance de 400 kilowatts ; il sert au couplage en parallèle des alternateurs. Avant d etre mis en service sur les circuits extérieurs, un alternateur est chargé avec ce rhéostat, et lorsque le synchronisme de phases avec un alternateur déjà sur le réseau est atteint, le couplage est effectué. Le synchronisme est observé à l’aide d’un appareil spécial, appelé indicateur de phases.
- M' \
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- LA NATURE.
- La distribution de l’énergie électrique est etï'ec-tuée par léeders. De l’usine partent 2 feeders de 200 millimètres carrés de section, qui suivent le boulevard Victor, la rue Lecourbe, et prennent l’un le boulevard Montparnasse, et l’autre le boulevard des Invalides ; ils viennent ensuite se rejoindre à la jonction du boulevard Saint-Micbel et du boulevard Saint-Germain. Le réseau, une lois achevé, comprendra 8 feeders de 200 millimètres carrés chacun.
- Les câbles utilisés sont des câbles concentriques isolés au jute et au papier, sous plomb et armés, système Felten et Guillaume, construits par la Société industrielle des téléphones. Ils ont. été placés directement en terre; des boites de jonction et de dérivation servent à établir les jonctions ou croisements nécessaires.
- Les transformateurs, du modèle Zipernowski, sont en général placés chez les abonnés. La compagnie du secteur a cependant établi des sous-sta-tions de transformateurs rue du Bac, rue Soufllot, rue de Grenelle et rue Danton, pour desservir une canalisation secondaire en cuivre nu sur isolateurs en porcelaine dans des caniveaux en béton sous trottoirs.
- Nous ne parlerons pas ici des lampes à arc et à incandescence; mais nous signalerons spécialement que le secteur a l’idée de développer beaucoup les applications de jour de l’énergie électrique, et notamment les ascenseurs électriques et meme la traction électrique si l’occasion se présente.
- Nous mentionnerons en particulier l’installation faite dans les nouveaux laboratoires de la Sorbonne. Les professeurs ont demandé du courant continu; pour leur donner satisfaction, la Compagnie a établi un convertisseur qui change le courant alternatif en courant continu à l’aide d’un moteur asynchrone qui met en marche un moteur synchrone commandant par courroie une dynamo à courants continus.
- Telles sont, brièvement résumées, les principales dispositions d’une nouvelle entreprise très intéressante de distribution d’énergie électrique. La ville de Paris est actuellement pourvue entièrement, du moins dans ses grandes artères, d’un réseau de distribution. Si les compagnies électriques veulent bien, à l’occasion, faire certaines concessions à leurs abonnés, elles pourront lutter avantageusement et victorieusement contre le gaz ordinaire, les becs Auer, sans oublier les becs à acétylène, malgré tous les services que peuvent rendre ces divers modes d’éclairage. «I. Laffaugue.
- CHRONIQUE
- Action du chlore sur les alcools de la série grasse. — M. A. Brochet, chef des travaux pratiques à l’École de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris, a présenté à la Faculté des sciences de Paris une thèse de doctorat très intéressante à propos de l’action du chlore sur les alcools de la série grasse. Nous ne pouvons développer ici toutes les expériences et tous les résultats qui ont été obtenus; nous nous contenterons
- de faire une analyse sommaire de ce travail. L’auteur a d’abord, dans une première partie, étudié successivement les alcools primaires, l’alcool méthvlique, l’alcool éthylique, l’alcool propylique normal et l’alcool isobutylique. Un chapitre spécial a été consacré à l’étude de l’action des halogènes sur l’aldéhyde formique. Dans une deuxième partie, M. Brochet a passé en revue les alcools secondaires et tertiaires, et notamment l’alcool isopropylique, octyli-que et amylique tertiaire. Cette action du chlore sur les alcools de la série grasse a fourni divers corps intéressants dont les formules ont été établies après des analyses nombreuses et des plus rigoureuses. Il y a lieu d’êlre étonné, et avec juste raison, comme le dit fort bien M. Brochet dans l’introduction de sa thèse, lorsque l’on voit certains produits, peut-être les plus répandus dans les laboratoires, tels que les alcools, n’ayant pas été soumis à l’action du chlore, cet agent qui, par ses modes d’action variés, a donné naissance à de si nombreuses séries de composés intéressants. La proposition donnée par la Faculté comme seconde thèse a été les méthodes de mesure des indices de réfraction. C’est avec la plus vive satisfaction que l’on doit accueillir des études semblables si importantes qui mettent en relief les propriétés de nouveaux corps, et qui font faire des progrès étonnants à cette science si merveilleuse de la chimie. J. L.
- Migration d’oiseaux. — La Revue scientifique a signalé un fait qui peut intéresser les naturalistes. Le
- 10 mars, dans la matinée, entre 10 heures et demie et
- 11 heures, des oies sauvages, groupées en triangle au nombre d’environ deux cents, passaient à une grande hauteur au-dessus de la commune de la Béorthe (Vendée). Elles remontaient vers le nord. Sur leur route, mais en sens inverse, un épais nuage noir s’avançait, quoiqu’on ne sentît aucun vent à la surface du sol. Lorsque les oies rencontrèrent le nuage, elles furent brusquement dispersées ; on les voyait errer à tous les coins de l’horizon, par petits groupes de quatre ou cinq, poussant des cris éperdus. Le nuage continuant sa marche, elles furent refoulées à 5 kilomètres en arrière. Ce n’est qu’au bout de trois quarts d’heure qu’elles parvinrent à se rallier et à se reformer en bande, à peu près à l'endroit où la rencontre était survenue. Ce fait pourrait peut-être s’expliquer de la façon suivante : le nuage, qui d’ailleurs n’a pas donné une goutte d’eau, avait l’aspect oiageux; il pouvait être chargé d’électricité ; les oies, en arrivant au contact, auraient alors reçu une forte secousse : de là leur déroute et leur émoi. Mais il est surprenant que des oiseaux accoutumés aux migrations n’aient pas été instinctivement avertis du danger et ne se soient pas détournés quelque peu de leur chemin pour s’y soustraire.
- La bicyclette au Soudan. — La chose doit paraître étrange et à nos lecteurs et encore bien davantage aux nègres qui ne connaissaient point encore ce produit de la civilisation européenne. C’est M. Gavraud qui a écrit à la Société de géographie commerciale que la bicyclette vient de faire son apparition au Soudan au moins en deux exemplaires. La première est employée par M. Gavraud lui-même à hita; la seconde appartient à M. l’enseigne de vaisseau Baudry, qui vient de s’engager avec elle à Bafoulabé, sur la route deKita et de Say.
- La nouvelle comète. — Cet astre, dont on ne connaît pas encore la trajectoire, a été découvert le 15 avril par M. Swift, à l’observatoire d’Ectro-Mountain, en Californie. Par suite d’une négligence, la nouvelle découverte n’a été télégraphiée à Kiel que le 17 avril. A ce moment, il était très difficile de voir l’astre dans le crépuscule.
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- LA NATURE.
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- Puis la lune est venue encore compliquer la situation. La nouvelle comète se meut lentement en ascension droite, car à Liek Observatory, où elle a été observée trois jours après, elle n’avait varié que de 1 minute; mais elle avait passé de 15° 40' N à 18° 20', soit près de 1° par jour. Elle se mouvait donc dans un plan presque perpendiculaire à l’équateur céleste. Elle se trouvait un peu à l’est des Pléiades, et ne doit pas être sortie du Taureau. M. Swift, qui a fait cette nouvelle découverte, est un vieillard de 70 ans, cependant ses amis viennent de célébrer avec quelque solennité le dix-neuvième anniversaire de sa naissance. Comme on peut croire à première vue que nous nous trompons, nous devons nous hâter d’ajouter que M. Swift est né le 29 février 1820. On ne peut donc célébrer sa fête, qui en Angleterre et en Amérique est le jour de la naissance, que tous les quatre ans. Depuis le 29 février 1820, jusqu’au 29 février 1896, il n’y a eu que dix-neuf 29 février.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 27 avril 1896. — Présidence de M. Cornu.
- Préparation d’un nouveau corps. — M. A. Granger a préparé un sesquiphosphure de fer représenté par la formule Fe2 P3. 11 en décrit le mode de préparation et en indique les propriétés. Le sesquiphosphure de fer s’obtient en faisant agir la vapeur de phosphore sur le chlorure ferrique chauffé légèrement. Ce corps est d’une couleur gris clair; il est cristallisé, dur, peu altérable, doué de l’éclat métallique ; il n’est pas magnétique.
- Mesure des odeurs de l'air. — Pour évaluer l’intensité des odeurs de l’air dues à certaines causes, M. Gérardin part de ce principe que, lorsqu’une vapeur est brûlée par l’oxygène, la variation du volume de vapeur est proportionnelle à la quantité d’oxygène qui disparaît. En mesurant cette dernière quantité on peut donc avoir une idée du volume de vapeur contenue dans un espace donné. Il a pu vérifier ainsi que les vapeurs de différentes substances dégagées par une même surface d’évaporation n’arrivent pas dans le même temps au maximun de diffusion. Il faut quinze minutes à l’alcool amylique pour développer ce maximum, vingt minutes au pétrole, trente à la benzine, une heure environ au camphre.
- Les huîtres de France. — M. Milne-Edwards présente une Note de M. Roger sur la culture des huîtres en France. On met en vente actuellement un milliard d’huîtres représentant une valeur de 17 millions et demi. Cette vente présente un accroissement de 32 pour 100 par rapport à la vente d’il y a un certain nombre d'années. Toutefois la récolte n’augmente pas à cause de la mortalité et parce que l’on prend les petites huîtres. La petitesse des huîtres livrées à la consommation est une cause d’infériorité ; il vaudrait mieux, selon la remarque de l’auteur, diminuer la production, ce qui permettrait de satisfaire à la consommation au moyen d’animaux de plus grande dimension.
- La photographie au travers des corps opaques. — M. Becquerel présente un cliché curieux obtenu par M. Leroux, à l’aide des premiers appareils qui servaient, il y a deux mois, à reproduire les expériences de Rontgen. Des ciseaux d’épaisseur inégale dans leurs différentes parties, enfermés dans une boîte de carton relativement épaisse, ont donné une image offrant une altération rose sur les parties les plus épiisses. Un cliché positif préparé à l’aide du négatif réaliserait cette particularité que les parties les plus épaisses seraient les plus claires. En résumé, on
- conclut de cette expérience que les parties les plus épaisses ont été les mieux traversées.
- Une lettre de Lavoisier. — M. Grimaux offre à l’Académie la deuxième édition de la biographie de Lavoisier, qu’il a composée. Ce volume renferme une lettre inédite de Lavoisier adressée par ce savant à la Convention, le jour même de sa mort. Lavoisier demandait un sursis, afin de pouvoir poursuivre ses études relatives au système des poids et mesures. La lettre ne fut pas lue à la Convention; elle fut renvoyée au comité d’instruction publique où siégeaient Fourcroy et Gui ton de Morveau. Le comité passa à l’ordre du jour et l’exécution fut accomplie. La communication de cette lettre soulève un mouvement de curiosité.
- Les anneaux de Saturne. — M. Flammarion a effectué, en son observatoire de Juvisy, des observations des anneaux de Saturne. Il a aperçu dans les anses des anneaux deux nouvelles divisions que d’ailleurs il n’a pu suivre dans les autres parties des anneaux.
- Varia. — M. Parenty a imaginé un thermomètre à gaz enregistreur. — M. Zenger développe des considérations sur l’état allotropique des gaz. — M. Colson a étudié le mode d’action des rayons X sur la plaque photographique. — M. Causse en étudiant certains lartrates et bitartrafes, a constaté que ces corps, bien que dérivés de l’acide tartrique droit, dévient à gauche le plan de polarisation.
- Ch. de Vidledeuh,.
- CORRESPONDANCE
- CONGRÈS DE CARTHAGE ------ TOURNÉE EN TUNISIE 1
- Maktar, 10 avril 1896.
- Mon cher frère,
- Le voyage-excursion des invités du Résident s’exécute de la plus merveilleuse façon. Le gouvernement du Bey de Tunis a voté pour ce voyage une somme de près de 00 000 francs pour tous les frais, et c’est avec le plus grand luxe possible que nos pérégrinations sont faites. Nous avons parcouru tout d’abord les plaines qui entourent Tjebourda, où l’on voit de curieux gourbis arabes. Les gens du pays cultivent les terres d’une façon sauvage et leurs champs mal entretenus sont entremêlés de jujubiers et d’autres broussailles ; ils ont aussi un bien maigre bétail, mais le pays est superbe et si les colons viennent travailler en ces régions, il deviendra l’un des plus riches du monde. Arrivés à la station de Medj-el-Bab, nous quittons le chemin de fer; dix-sept landaus, attelés à quatre chevaux, nous attendent, et c’est ainsi que nous voyagerons désormais. Près du village de Medj-el-Bab, plusieurs centaines d’Arabes nous entourent pour nous faire escorte. Tous les habitants du pays forment une haie fantastique de chaque côté de la route : les costumes colorés et les burnous blancs font le plus heureux effet éclairés par les rayons du soleil. Nous déjeunons en cet endroit pittoresque, puis nous gagnons Testour, étonnant village arabe où les habitants nous reçoivent également en grande pompe. Le Caïd nous fait pénétrer dans sa maison, et nous offre un goûter dans son patio, décoré et fleuri pour la circonstance. On nous laisse entrer dans la curieuse mosquée et nous faisons l’ascension du joli minaret orné d’anciennes faïences. Le soir nous étions arrivés à Tebourstouck où, comme toujours, 300 cavaliers du pays viennent nous escorter. Cette ville est très curieuse. De Tebourstouck nous sommes allés à Beja. Toute la route est pittoresque au possible, partout des champs de culture
- * Suite. — Yoy. n° 1194, du 18 avril 1896, p. 310.
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- LA NATURE.
- oo.
- magnifiques et des vues grandioses des montagnes. Près de Beja 7000 cavaliers arabes en grand costume, le fusil à l’épaule ou l’épée en main, nous attendent alignés sur un haut talus qui domine la rivière Djcrleja. Nous passons à gué la rivière, escortés d’un nombre considérable de piétons et de cavaliers du pays. Dans cette plaine aux horizons lointains formés de montagnes bleues, cette foule d’Arabes formait le spectacle le plus extraordinaire qu’on puisse voir. Les Caïds de la province avaient préparé pour nous un lunch, champagne, gâteaux, etc., et une fantasia à grand spectacle a commencé. La journée a été terminée par une visite à la ville de Beja, où d’autres réceptions curieuses ont été faites en notre honneur.
- Notre voyage est mouvementé au delà de toute expression, et c’est à peine si nous avons le temps de prendre même quelques notes. Levés à 5 heures du matin, nous courons toute la journée pour nous coucher vers 10 heures dans des lieux divers, et recommencer le lendemain.
- On nous installe le plus souvent dans les salles des écoles des villages pour coucher, mais hier et aujourd’hui nous couchons sous la tente.
- Ces tentes sont très confortables et on a réquisitionné, pour les garnir, les plus beaux tapis que possèdent les riches Arabes du pays.
- Nous avons vu la ville d’Elkef, encore toute couverte d’antiques ruines romaines, et l’immense plaine de Sers, si riche en céréales.
- Une fête splendide nous a été donnée hier à notre campement de Darfour, près de l’antique ville ruinée des Assuras. Enfin aujourd’hui nous voici à Maktar, où les vestiges romains sont curieux. 11 pleut malheureusement à torrents.
- Hier, à Darfour, les Caïds du pays nous ont offert un superbe déjeuner (cuisine arabe); sous la tente, vingt-deux plats ont été servis, cousouss, agneaux rôtis entiers, sucreries à la rose, pâtisseries extraordinaires, etc. Le soir, le plateau de Sers a été embrasé par les feux de joie placés devant nos cinquante-deux tentes où nous avons dormi; plus de 5000 Arabes étaient campés auprès de nous. On nous a donné, dans une fantasia, le simulacre d’une razzia arabe. Une chasse aux faucons intéressante a été préparée pour nous.
- Nous allons bientôt être à Kairouan, la ville sainte, puis nous gagnerons Sousse. Là se prend le bateau pour aller à Gabès. Albert Tissandier.
- — A suivre. — ___. a .
- UN VÉLOCIPÈDE
- A BON MARCHÉ
- Les ligures ci-dessus donnent l’aspect de deux modèles de vélocipèdes à bon marché, qui n’ont pas de pédales et qui fonctionnent avec les pieds,
- que le monteur fait marcher en poussant sur le sol. C’est en somme l’ancienne draisienne, mais le petit appareil peut facilement être construit ; on est cependant d’abord porté à ne le considérer que comme un jouet pour un jeune touriste.
- Le fabricant de ce petit appareil, M. Paul Clerc, le désigne sous le nom de la Célérelte, vélo sans chaîne, sans pédales, se poussant en s’appuyant à terre, le plus simple des vélos. Le cadre est en bois, les roues en fer. La vitesse peut atteindre de 10 à 20 kilomètres à l’heure. Le système apprend l’équilibre et exerce les muscles.
- La figure 2 représente l’appareil, que l’on peut très bien faire soi-mème ; la roue est en bois avec des roues à caoutchouc creux. Si on veut l’avoir toute
- faite, elle coûte 12fr,50 ; avec creux fort, 25 francs ; avec roues métalliques, pneumatique et billes, 85 francs (lîg. 1).
- Le constructeur de ce système en décrit les qualités de la manière suivante : avantages sur la bicyclette, meilleur marché, bien plus légère, plus solide, moins volumineuse, pliante (on sépare les deux trains en retirant une broche), moins fatigante, pas de multiplication, course du pied plus longue, apprentissage plus facile, le pied touchant terre à volonté, propulsion libre n’exigeant pas constamment la vitesse des jambes comme les pédales, repos complet des piedsauxdescentes, on n’a qu’à se laisser aller. Ces petites machines peuvent doubler la vitesse de la marche avec moins de fatigue. Repos complet aux descentes. La Célérelte est un petit vélo de promenade. Elle ne saurait assurément être comparée à la bicyclette que les constructeurs savent si bien fabriquer depuis plusieurs années, mais le petit appareil dont nous parlons peut très bien servir à se promener tranquillement à la campagne. Du reste, aux descentes, il permet de goûter aussi le plaisir de la vitesse acquise sans efforts. On voit que la draisienne des premiers âges de la vélocipédie est susceptible de rendre quelques services à un grand nombre de marcheurs, aux porteurs de lettres à la campagne, et à ceux qui ont souvent de grandes courses à faire sur les routes. G. T.
- Le Propriclaire-Gérant : G. Tissandier Paris. — Imprimerie Lahuhe, rue de Fleuras, 9.
- /?/sr,i/ïxi\
- Lue draisienne en bois fabriquée à la lin du dix-neuvième siècle.
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- M 1197. - 9 MM 1890.
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- ELECTR0PH0T0GMPHIE
- Les ressemblances singulières que présentent les différentes formes de l’énergie se manifestant par les variations élastiques de l’éther se sont accrues depuis quelques années dans des proportions considérables. Chaleur et lumière se sont tout d’abord confondues, puis Maxwell, par une théorie purement mathématique, et Hertz expérimentalement, ont montré que les phénomènes électriques étaient dus eux aussi à des ondulai ions de l’éther et qu’ils ne différaient des précédents que par la longueur d’onde.
- 11 était cependant étrange de constater que la chaleur, la lumière et l’électricité, jouissant des mêmes propriétés cinétiques, possédant meme . vitesse de propagation, mêmes dimensions physiques, agissaient rarement d’une façon comparable sur les matériaux chimiques. C’est même sur ce fait que M. Gustave Lebon s’est appuyé pour démontrer l’existence d'une lumière noire. C’est surtout sur la non-activité des ondes électriques sur une plaque sensible qu’il en a conclu à l’existence de rayons spéciaux traversant les substances opaques et doués de propriétés photogéniques. Cette expérience a été reprise d’ailleurs par MM. Lumière d’une part et d’Arsonval de l’autre.
- Au laboratoire de la photographie Ogereau, nous avons pu constater expérimentalement l’activité photogénique des ondes électriques.
- Plaçant une plaque sensible sous un négatif à l’abri des rayons lumineux dans une sorte de diélectrique à lames d’air, la plaque s’impressionne.
- Voici notre manière d’opérer qui donne des résultats très satisfaisants et dont le dispositif est
- dù à l’habileté de M. de Bouillanne, le directeur du laboratoire. Le cliché et la plaque sensible sont placés gélatine contre gélatine (nous employons les plaques ordinaires) ; nous déposons ces deux plaques au fond d’une boîte en carton (la simple boîte qui a servi à envelopper les plaques sensibles) ; nous refermons et nous plaçons la boîte entre deux lames métalliques reliées chacune aux bornes d’une bobine
- d’induction de 7 à 10 centimètres de longueur d’étincelles (fig. 1).
- Après un temps déposé qui ne dépasse pas treize minutes, nous développons notre cliché. L ’ image apparaît alors sans difficulté dans un bain d’énergie moyenne. L’image ainsi obtenue est très riche et les détails viennent avec une rare valeur. Les ombres n’ont pas cette opacité que l’on retrouve trop souvent dans les positifs ordinaires. Enfin le tout possède une douceur et un modelé surprenants.
- Cet ingénieux dispositif nous permet de garantir l’opacité complète pour la lumière blanche et même
- pour les rayons deM. Gustave Lebon, la lumière noire. Nous avons donc en consé-quence écarté toute action ac-tiniqueordinaire.
- Nous avons constaté un certain nombre de phénomènes intéressants ; il nous reste à les développer et à discuter en même temps les conditions de l’expérience.
- Le nombre des interruptions dans la bobine joue un rôle prédominant sur le temps de sensibilisation de la plaque ; celle-ci est d’autant plus rapidement impressionnée que le nombre de fréquences est plus grand. L’impression, toutes choses égales d’ailleurs, ne semble pas être facteur du temps de pose. Nos premières expériences ont été effectuées avec un temps de pose supérieur à trois quarts d’heure.
- Or depuis nous avons pu abaisser ce temps de
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- Fig. 2. — Schéma du dispositif employé dans les expériences des auteurs.
- 2i° année. — lor semestre.
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- LA NATURE.
- pose jusqu’à quinze minutes sans faire varier les résultats d’une façon sensible.
- Mais ce qui semble, selon nous, jouer le plus grand rôle, c’est, après l’intensité du courant (fonction, comme nous le savons, du nombre de fréquences), la nature des lames métalliques, armature du condensateur, et peut-être leur distance. Nous avions expérimenté tout d’abord entre deux lames, l'une de cuivre et l’autre de plomb. Ce premier résultat répondit à nos espérances. Nous fîmes varier alors la nature du métal et nous remplaçâmes le cuivre et le plomb par deux plaques de fer, puis de nickel, et les résultats varièrent du tout au tout : la photographie ne vint pas.
- Si la distance des plaques est trop faible nous avons une étincelle et le résultat obtenu est complètement négatif. Nous nous trouvons donc là dans les conditions d’un diélectrique ordinaire.
- On pourrait nous objecter que ces expériences ont un certain rapport avec celles entreprises il y a quelques années par MM. Niewenglowski d’une part, et Laoureux de l’autre, expériences où ils ont montré que si, de deux plaques photographiques placées en contact, l’une d’elles est impressionnée, la phosphorescence de la gélatine exposée précédemment à la lumière suffit pour fixer l’image sur la deuxième. Mais dans ce cas le temps de pose est supérieur à plusieurs heures et l’image ne vient que grâce à des révélateurs très énergiques. La phosphorescence dans notre cas ne joue aucun rôle, comme nous avons pu le constater en exposant pendant le même temps nos deux plaques à l’abri des rayons lumineux et de l’influence des ondes électriques.
- Nous devons encore éliminer toute explication venant de la lumière noire, celle-ci, comme nous l’avons déjà dit, ne traversant pas le papier noir. Or les boîtes de plaques sont, comme tout le monde le sait, enveloppées de papiers noirs.
- MM. Lumière et d’Arsonval ont discuté les expériences de M. Lebon, et M. d’Arsonval a montré que les résultats que l’on attribuait à tort à la lumière noire n’étaient dus en réalité qu’à des phénomènes de phosphorescence, M. Charles Henry ayant prouvé de son côté que les rayons émis par les lames de verre par phophosrescence étaient très riches en rayons X capables d’impressionner une plaque sensible même après leur passage au travers des corps opaques.
- Rappelons ici les expériences de MM. Boudet de Paris, et Tommasi1 :
- En 1886, ces messieurs ont obtenu, par l’action de l'effluve électrique, des effets comparables à ceux produits par la lumière ordinaire. En plaçant une plaque sensible entre les deux bornes d’une machine de Holtz et en laissant passer l’effluve pendant quelques instants, ils ont pu obtenir l’impression photographique.
- Mais ces phénomènes sont plutôt dus à l’action
- 1 Vov. n° G87, du 51 juillet 1880, p. 159; n° 702, du 13 novembre 1880, p. 574 etn° 710, du 8 janvier 1887, p. 94.
- lumineuse de l’effluve. (Ils portent d’ailleurs le nom d’effluvographie.)
- Ils doivent donc être complètement écartés de nos expériences, qui en diffèrent par la durée du temps de pose, les variations que nous leur avons fait subir et surtout par l’absence (complète de toute action lumineuse, quelque faible fût-elle.
- Peut-être pourrait-on attribuer l’action photogénique que nous avons obtenue aux ondes électriques se transformant dans l’enceinte en ondes lumineuses (rayons X ou ultra-violets) impressionnant la plaque.
- Mais il nous paraît plus logique d’attribuer purement et simplement cette action aux ondes électriques elles-mêmes, pouvant agir sur les matières chimiques d’une façon rigoureusement comparable aux ondes lumineuses.
- Quelques anomalies, que nous avons d’ailleurs constatées, semblent nous promettre des résultats intéressants que nous nous réservons d’étudier complètement, et nous pensons que ces faits pourront jeter un jour nouveau sur les phénomènes actino-électriques, peut-être sur les rayons de Rôntgen, peut-être même sur les théories de l’éther.
- Jules Robinet et Auguste Perret.
- ESSAIS RAPIDES DES HUILES A GRAISSER
- 1° Pouvoir lubrifiant. — Le principe mis en jeu est celui sur lequel reposent presque tous les appareils similaires pour déterminer la qualité lubrifiante des huiles. Seulement la simplicité de l’appareil présenté consiste dans ce que la moindre usine peut l'installer sans beaucoup de frais et l’installera, vu l’intérêt qu’on trouvera à vérifier la qualité d’une matière qui est d’une consommation de tous les instants. Non seulement il peut en résulter une économie sur la quantité, mais on pourra aussi éviter la détérioration du matériel, en ayant le moyen de reconnaître si le lubrifiant employé est corrosif. Fig. î.
- Toute dépense évitée, si petite soit-elle, est appréciable ; souvent les bénéfices ne sont composés que par la somme des petites économies.
- Voici comment on peut s’installer pour déterminer d’abord le pouvoir lubrifiant « relatif » d’une huile. Sur un arbre de transmission de l’usine, on monte une poulie P en fonte, ayant une gorge plate à rebords (fig. 1). Son diamètre est D. On la recouvre d’une bande métallique en cuivre ou en laiton à cause de la flexibilité. A chacune des extré-
- Scliéma de l'appareil qui détermine le pouvoir lubriliunt de l'Huile.
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- LA NATURE.
- %
- m >
- Fis. 2.
- mités, on fixe un poids À et A H-B. Ce dernier entraîne A et, lorsqu’il repose à terre, l’enroulement a lieu sur la demi-circonférence (voir fig. 1). Si on examine la figure, on remarquera un ressort S, placé de façon à limiter le poids À -t- B dans le cas d’un soulèvement de bas en haut. Enfin, de l’autre coté, on voit le tasseau t, qui soulèvera une petite brosse circulaire r trempant dans un récipient d’huile q, lorsqu’il tendra à descendre. Cette brosse venant toucher la poulie P, la graissera en temps opportun. La durée d’une expérience pourra être marquée soit par un compteur de tours, soit par une montre à déclic, mise en marche automatiquement avec l’arbre sur lequel est fixée la poulie. En supposant la poulie non graissée et le tout dans la position qui est indiquée sur la figure, si on met en marche dans le sens indiqué par la llèehe, grâce au frottement, le poids A + B est soulevé de terre d’une certaine quantité qu’on peut limiter plus ou moins en tendant le ressort S en conséquence. Avec le poids A qui descendra comme contre-partie, le tasseau t fera lever la roue r qui graissera la poulie P. Ce graissage aura pour effet de faire glisser le tout en arrière, A H-B retombera, le tasseau t n’influencera plus le balai circulaire et le tout ne se remettra à fonctionner que lorsque le lubrifiant recommencera à manquer et ainsi de suite. Le ressort S a pour but de limiter l’entraînement du poids A -f- B et réduire au minimum la course du tasseau t. On conçoit de suite que, suivant le diamètre de la poulie et la vitesse de l’arbre, on doit calculer ou simplement chercher par expérience la valeur du poids A et celle du supplément B. Fi~3. Si ce n’était la complication qui éloigne-Le tube rait de la simplicité annoncée a priori, gradue. fau(jraj^ p0ur chaque essai, étudier en se mettant dans les mêmes conditions que dans chaque cas particulier d’application. Or, dans la pratique, les données que l’on obtiendra de ces essais comparatifs seront suffisantes.
- Lorsqu’on aura opéré ainsi pendant un certain nombre d’heures ou pendant un certain nombre de jours, on pèsera la quantité d’huile restante et on aura un point de départ qui pourra servir de terme de comparaison avec la quantité d’une autre huile consommée dans des conditions identiques.
- Il reste, il est vrai, de l’huile après la poulie, après le balai, qu’on peut introduire, au début, imbibé et
- retirer de même; mais si l’on a soin de faire durer, ainsi qu’il est nécessaire, chaque expérience plusieurs jours, on voit de suite que l’on peut réduire les erreurs à peu de chose, surtout si, par des pesées spéciales, on cherche à en tenir compte pour unecer taine quantité. La surveillance de l’opération, n’étant plus de tous les instants, est parfaitement pratique.
- 2° Détermination de l'acidité. — Comme complément à ce qui précède, il convient de savoir si
- l'huile employée est neutre ou acide, et nous allons résumer quelques renseignements qui sont très simples, provenant du « Cercle des Arts et Métiers de Toulon ».
- 1° Pour reconnaître si une huile est acide on peut employer aussi bien l’un ou l’autre des procédés suivants :
- On prend un tube à essais ordinaire (fig. 2) sur lequel on marque deux divisions 1, 2 correspondant à deux volumes égaux. On verse un premier volume d’huile et un deuxième volume d’alcool à 90° dans lequel on a mis quelques gouttes de teinture de eurcuma. On agite quelques instants le tout de façon à obtenir un mélange intime. L’huile est acide si la couleur rouge devient jaune vif; elle est neutre si aucun changement ne survient.
- Au lieu du second volume d’alcool, on le remplace par une solution de carbonate de soude à saturation. On agite. Si l’huile est acide, il se forme du savon sirupeux, sinon la séparation des deux liquides se produit en les laissant reposer Mais ces deux analyses qualitatives ne peuvent donner aucune indication de quantité à première vue.
- Pour atteindre ce résultat, versons dans la première expérience ci-dessus de l’hydrate de soude avec précaution, nous neutraliserons encore l’acide et la teinture rouge réapparaîtra.
- On voit qu’on peut, en évaluant la quantité d’hydrate de soude versée, apprécier le degré d’acidité.
- On prend une solution de l«r,40 d’hydrate de soude pur dans un mélange en parties égales d’eau et d’alcool, le tout formant 100 centimètres cubes. Puis on choisit un tube de 0,018 de diamètre et 0,25 de longueur, bien calibré. Ce tube se gradue ainsi que l’indique la figure 5 : H est limité à 10 grammes d’huile, A volume égal d’alcool à 90°.
- En dessus de ao, on trace 15 divisions dont chacune est le 1/10 de ab. Quand on possède un pareil tube, on procède comme suit à l’essai : on remplit de l’huile à essayer le volume II et le volume A d’alcool. On ajoute trois gouttes de teinture de curcuma. Ayant bouché avec un bouchon en caoutchouc, on agite. Suivant que la couleur est bien rouge ou jaune, on juge si l’huile est ou non acide. —Si elle est jaune, on neutralise l’acide par la solution d’hydrate de soude préparée comme il a été indiqué plus haut et on en verse jusqu’à ce qu’on ait ramené la couleur au rouge caractéristique. Chaque division du tube donne 1/100 d’acidité.
- Ces quelques essais exécutés soigneusement et à plusieurs reprises nous permettront donc de ,déterminer nettement pour chaque huile le pouvoir lubrifiant. Nous connaîtrons également le degré d'acidité par les deuxièmes expériences dont nous avons parlé. Ces essais sont absolument indispensables si l’on veut assurer le graissage des machines dans de bonnes conditions et sans crainte de détériorer quelques organes. D. C., Ingénieur.
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- LA NATURE.
- LES ANIMAUX RESSUSCITANTS
- On connaît l’extrême résistance à la chaleur des bacilles et de leurs spores. 11 est souvent nécessaire, pour obtenir une stérilisation complète, d’élever la température jusqu’à 125°. Les Protozoaires et les Protophytes ne sont pas les seuls êtres qui jouissent de la propriété remarquable de supporter de fortes températures. Certains animaux beaucoup plus élevés en organisation, les Rotifères, les Tardigrades et les Anguillules, présentent aux variations de température une résistance très considérable.
- Dans une longue série d’expériences entreprises sur ces animaux, nous avons pu nous assurer que, lorsqu’ils sont desséchés lentement et aussi complètement que possible, ils peuvent supporter sans périr une température variant entre MO0 et 115° pendant quelques minutes. Ils restent sans aucun danger une demi -heure à 100° et 2h 50 à 80°. On peut même, ainsi que cela nous est arrivé plusieurs fois, les faire passer très rapidement de — 40° à -f- 100°, sans qu’il en résulte pour eux aucun préjudice. Chose extraordinaire, ces animaux, qui supportent ainsi de hautes températures, sont tués par une exposition de moins d’une heure à la lumière directe du soleil.
- Leur résistance aux élévations de température, même lorsqu’ils sont dans leur milieu naturel, dépasse tout ce que nous connaissons. Tandis que nous voyons tous les protoplasmes animaux se coaguler aux environs de 42°-45°, et les manifestations vitales disparaître sans espoir de retour à cette température, nos animaux supportent impunément une élévation de 47° à 50° selon les milieux où ils vivent ordinairement.
- L’asphyxie est également chez eux difficile à obtenir. Ils peuvent séjourner cinq jours dans de l’eau privée d’oxygène par une ébullition prolongée, et isolée de l’atmosphère par une couche d’huile. S’ils sont desséchés, ils peuvent passer sans aucun danger
- plusieurs mois dans le vide; ils en sont quittes pour revenir à la vie plus lentement que ceux desséchés le même temps à l’air.
- On conçoit aisément que des animaux aussi extraordinaires aient longtemps étonné les savants, et fait naître de fort nombreuses discussions.
- Aujourd’hui la reviviscence des Rotifères ne fait aucun doute, mais il demeure entendu que ce mot de reviviscence est un terme impropre, la vie n’étant point suspendue chez eux pendant la dessiccation, mais simplement modifiée. Ils sont en anhydro-biose. Un pareil état s’observe assez fréquemment chez des animaux appartenant aux groupes les plus divers Les œufs de certains crustacés (Apus, Branchipus, Daphnia), des Turbellariés, des Entomostracés, des
- Insectes; certains Mollusques terrestres, enfin un Vertébré, le l’ro-topterus et peut-être la Grenouille, peuvent par une progressive déshydratation être amenés à un état d’anhydrobiose complet et maintenus pendant des temps fort longs dans cet état sans perdre la faculté de reprendre leurs mouvements lorsqu'on les hydrate de nouveau. Toutes les graines présentent également cette remarquable propriété. Nous savons en effet que Girardin fit germer des graines de haricot de l’herbier de Tourne-fort après cent ans; et que M. R. Brown procéda de même pour des graines de Nelumbiuni speciosum de la collection sir Hans Sloane, dont elles faisaient partie depuis plus d’un siècle et demi.
- On peut donc conclure que l’anhydrobiose et la reviviscence qui en est le complément ne sont point des phénomènes accidentels, mais bien au contraire un véritable mode réactionnel du protoplasme à certains changements du milieu.
- Chez les Rotifères et les Tardigrades, que nous avons spécialement étudiés, cette faculté très amplifiée leur permet de subir de plus rapides et plus considérables changements, mais à part cette particularité intéressante, ils ne diffèrent point des animaux susceptibles d’anhydrobiose. Denis Lance.
- i. — 1 et 2. Rlii/.opocles. 5 et 6. Anguillules.
- 5 et l. Rotifèret
- Les animaux ressuscitants.
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- LA NATURE.
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- HÀLICHŒRUS
- TL’É Sl'R LICS COTES RE IA NORMANDIE
- Les collections zoologiques de la Faculté des sciences de Caen viennent de s’enrichir d’un superbe Ilalichœrus mâle, de forte taille, qui est une des pièces remarquables du Musée.
- Cet animal a été tué le 30 juillet 1895, à l’embouchure de l’Orne, sur le banc de sable connu sous le nom de « Rnnc des Oiseaux », par un habile tireur, M. Valentin, lieutenant au 36e de ligne, qui s’est empressé d’oifrir son intéressante capture au Musée zoologique. Je suis heureux de pouvoir lui adresser mes sincères remerciements.
- 11 est à souhaiter que l’exemple de M. Valentin soit suivi par les personnes qui possèdent des objets rares ou curieux d’histoire naturelle. Le crédit annuel de 500 fr. accordé par la ville pour l’entretien des collections zoologiques sul'lit à peine à entretenir les pièces actuelles et ne permet pas d'en acquérir de nouvelles.
- L ' II alichœras mis à ma disposition a été disséqué avec soin par les élèves du laboratoire. 11 mesurait 2m,25 de longueur, de l’extrémité de la tête à celle de la queue, sur lm,25 de circonférence dans sa partie la plus renflée. L’usure des dents, la proéminence des saillies osseuses de la tète nous indiquèrent que nous avions affaire à un animal déjà âgé, que nous avons reconnu comme appartenant à l’espèce II. griseus (Nilss.). Nilsson l’avait précédemment désigné sous le nom de Phoca annellata. Il a aussi reçu les noms de Phoca cucullata (Bodd.), et de Halichœ-rus grypus ou gryphus, suivant les auteurs.
- Quoique ayant l’aspect des Phoques, les Halichœres s’en distinguent nettement par quelques caractères extérieurs et surtout par des caractères de dentition faciles à constater sur l’échantillon du Musée. Les dents, au nombre de 34, comme chez les Phoques, sont toutes coniques et recourbées ; les inférieures, égales, courtes, séparées également par un intervalle vide. Les deux incisives externes du haut simulent des canines et sont marquées d’un canal étroit à leur partie postérieure; les quatre intermédiaires, plus longues, sont égales entre elles. Les canines inférieures,
- Ilalichœrus mâle, tué par un chasseur, à l’embouchure de l’Orne.
- sillonnées en arrière et en dedans, s’engagent dans un intervalle des canines supérieures qui sont semblables. Les molaires sont triangulaires; les supérieures convexes sur leur face externe, recourbées, les troisième et quatrième les plus grandes; les inférieures pyramidales, les deuxième et troisième plus grandes. Le pelage, quoique variant avec l’âge, sert aussi à caractériser l’animal.
- Chez les jeunes, le corps est gris, avec des taches noires qui se touchent ou grises et noires mélangées, blanchàtreendessous avec taches gris-brun peu nettes. Avec l’âge, les taches noires du dessus deviennent plus séparées et disparaissent peu à peu. La teinte générale, uniforme, varie du gris cendre au gris de glace, gris d’argent brillant et quelquefois presque blanc ou jaunâtre.
- Notre animal est de couleur gris cendre, tirant sur le gris d’argent. Il devait, au moment où il a été
- tué, changer de fourrure; on voit encore très bien par place les poils de l’ancien pelage, plus longs et plus clairs, de couleur jaunâtre, se distinguant nettement des poils plus foncés, nouvellement développés, qui forment la nouvelle fourrure. L’organisation interne est à peu de chose près celle des Phoques et ne nous a rien offert de particulier à signaler. Le tube digestif a été examiné avec soin par un travailleur du laboratoire, M. Yaullegeard, qui a recueilli plusieurs parasites.
- Dans la bouche et l’estomac se trouvaient de nombreux Ascaris qui avaient dû, depuis la mort, remonter de l’intestin. L’estomac, rempli de débris de squelettes de poissons, renfermait également des Ascaris, ainsi quel’intestingrêle, qui mesurait environ 32 mètres de longueur. Tous ces Ascaris appartenaient à l’espèce Ascaris osculata (Rud.).Dans l’intestin on a aussi recueilli de nombreux échantillons à'Echinorhynchus stramosus (Rud.), fixés dans la paroi au moyen de leur trompe; rares dans la première partie, ils étaient de plus en plus abondants, à mesure qu’on se rapprochait du rectum. Dans cette dernière partie du tube digestif, ils étaient en nombre considérable. En résumé, on peut dire que les Éehinorhynques sont de plus en plus nombreux à mesure que l’on s’éloigne de l’estomac.
- En raison de la guerre acharnée que l’on fait
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- LA NATURE.
- actuellement à tous les Mammiières marins, le moment où les Ilalichœres disparaîtront pour toujours de la surface du «lobe n’est peut-être pas éloigné. Leur nombre semble avoir déjà fortement diminué. Au commencement du siècle, époque à laquelle vivait Nilsson, cette espèce de Pinnipèdc se trouvait en assez grande abondance dans toutes les mers qui environnent la péninsule Scandinave. Aujourd’hui il semble devenu beaucoup plus rare, cependant on l’observe encore dans la Baltique et la mer du Nord. Il se tient la plupart du temps en pleine mer et va rarement dans les archipels et les golfes. Il dort debout dans l’eau et parfois si profondément qu'on peut l’approcher assez près pour pouvoir le tirer. Il vient aussi se reposer et dormir sur les rochers déserts et éloignés de la cote. C’est là que de grand matin, au lever du soleil, les chasseurs Scandinaves viennent le tirer. On le prend aussi avec des filets placés près des rochers éloignés. Il se nourrit de harengs et d’autres poissons, dont il peut manger une quantité incroyable.
- En janvier ou février, la femelle donne naissance, sur les glaciers, à un ou deux petits pourvus d’une fourrure blanche et laineuse. On utilise sa peau et sa graisse. La peau d’un adulte est presque aussi grande que celle d’un bœuf, on l’emploie dans l’industrie1.
- L’Halichœrus grisem qui fait le sujet de cette Note est, je crois, le premier individu que l’on ait tué sur les côtes de Normandie et probablement sur les côtes de France.
- Bouvier2, dans ses Mammifères de la France, ne le mentionne pas, et notre sympathique collègue M. Cadeau de Kerville3ne le cite pas dans sa F aime de Normandie.
- 11 est permis de supposer que l’individu qui nous occupe a dù s’égarer à la poursuite de quelque bande de poissons et que, fatigué par la pleine mer, il est venu se reposer sur le banc de sable des Oiseaux où il a été tué. Dr J. Joyeux-Laffue,
- Professeur à la Faculté des sciences, Directeur du Laboratoire de Luc-sur-Mer.
- UN SIPHON ROTATIF
- M. Maillet, professeur en retraite, a imaginé dernièrement un siphon rotatif à courant inverse, que nous avons eu l’occasion de voir fonctionner et qui mérite d’être mentionné.
- Ce siphon se compose d’une cuvette A placée à la partie inférieure et reliée par des montants B à un auget circulaire E. Les montants B sont réunis à leur partie supérieure par une traverse C présentant
- 1 La plupart de ces détails sur les mœurs ont été tirés de l’ouvrage de Nilsson [Scamlinciviæ Faima, t. I, Lund, 1820), imprimé en suédois. J’ai cru devoir donner ces quelques renseignements en raison de la grande difficulté que l'on a à trouver des détails dans les ouvrages français.
- 2 Bouvier, Les Mammifères de la France, 1 vol., 1891.
- 3 Gadcau de Kerville, Faune de la Normandie (Mammifères), 1*88.
- au centre une ouverture pour laisser passer la manivelle T. L’auget E est divisé en deux parties I et J par une cloison médiane circulaire 0. Des écoulements d’eau sont ménagés en K et L. Au centre de l’appareil se trouve un tube B monté sur une crapaudine X établie dans la cuvette inférieure A. Ce tube R est muni d’une tige Y maintenue par trois minces lames de fer; cette tige sert de pivot au tube. Celui-ci vient déboucher dans une chambre S, fermée par une calotte Z qui est soudée sur le couvercle supérieur du cylindre. Deux tubulures U sont ménagées sur ce cylindre. Celui-ci peut être recouvert par un couvercle qui porte la manivelle T dont nous avons déjà parlé. La chambre S porte des branches horizontales et rayonnantes F qui se recourbent et viennent se réunir à un tube circulaire G. Au-dessous de ce tube, de distance en distance, se trouvent des ajutages cylindriques II dirigés horizontalement suivant le contour du tube circulaire G. Le
- Coupc intérieure du siphon rotai if de M. Maillet.
- tube R, la chambre S avec les branches F forment le système mobile de l’appareil, qui peut être mis en mouvement par la manivelle T.
- Le fonctionnement de cet appareil est des plus simples. Pour l’amorcer, on ferme d’abord avec un obturateur l’ouverture n, on bouche les becs L du tube circulaire avec des bouchons de caoutchouc. On remplit d’eau la cuvette inférieure A, l’auget E, ainsi que le tube d’ascension B et la chambre S. On bouche sous l’eau les tubulures II avec des bouchons de caoutchouc, on visse l’obturateur m. Pour mettre l’appareil en marche, il suffit d’enlever l’obturateur n, de déboucher les ajutages II, et de tourner la manivelle T. On voit aussitôt l’eau monter de la cuvette A dans l’auget E, si l’on a bien donné au mouvement un sens inverse aux directions des tubulures IL II est facile d’expliquer ce qui se passe. Quand le système est en mouvement de rotation autour de son axe, par l’effet de la force centrifuge, il se produit un vide partiel dans la chambre S, ce qui détermine l’ascension de l’eau par le tube B. Si on vient à arrêter l’appareil il ne se désamorce pas, tant que l’eau dans l’auget E recouvre les tubulures II. En effet, dans la chambre S se trouve un vide partiel créé par le mouvement centrifuge ; la pression extérieure maintient donc le niveau de l’eau à
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- une certaine hauteur dans la chambre S. Il en est de même pour la colonne R. Si l’on remet le système en marche, le vide se produit de nouveau, et l’eau remonte par le tube 1t. La chambre close S peut donc être considérée comme clapet de retenue.
- Ce nouveau siphon rotatif inverse est certainement intéressant et peut servir dans les cabinets de physique pour démontrer les effets d’ascension d’eau par suite du vide partiel créé par le mouvement rotatif. Peut-être pourra-t-on en appliquer également le principe dans l’industrie ; mais aujourd’hui les pompes centrifuges sont très répandues et très appréciées pour tout ce qui concerne l’élévation des eaux. J. L.
- L’HERBE A LA PUCE
- Me trouvant au Canada, il y a quelques années, pour exploiter des gisements de phosphate de chaux et d’amiante, j’ai été la victime d’un petit accident que presque tout le monde connaît dans ce pays et dont bien peu de personnes ici ont entendu parler : j’ai touché involontairement une herbe connue là-bas sous le nom d'herbe ù la puce et j’en été malade plusieurs jours.
- Voici dans quelles circonstances : durant les courtes vacances que m’obligeaient à prendre les jours fériés très communs en ce pays, je recevais chez notre excellent consul général de France, le comte de Turenne, une hospitalité exquise dans une magnifique propriété qu’il habitait près de Québec. Un matin, revenant des mines que je dirigeais, je traversai, pour couper au plus court, une grande et belle pelouse qui régnait devant le château de M. de Turenne. Une heure après, je commençai à ressentir des démangeaisons très vives dans le bas des jambes qui ne firent que croître durant deux jours et aboutirent à une véritable éruption vésicante. J’eus le bas des jambes extrêmement enflé, douloureux et couvert de pustules depuis la naissance de la chaussette jusqu’à l’extrémité des orteils ; d’où impossibilité absolue de marcher et obligation de rester inactif plusieurs jours, ce qui ne fut pas sans me gêner beaucoup. Dès que j’eus reconnu que l’éruption dont je souffrais ne pouvait être attribuée qu’à une cause animale, je me plongeai les pieds dans un bain faible de bichlorure de mercure et très peu de temps après les démangeaisons que je ressentais cessèrent.
- Ayant pu alors monter en voiture, je me fis conduire chez un des meilleurs médecins de Québec et lui demandai quel était le mal dont j’étais atteint et ce qu’il fallait faire. C’est lui qui m’expliqua que cette affection était due à une herbe très connue des chasseurs et des coureurs des bois de l’Amérique du Nord, sous le nom d’herbe à la puce, mais que personne n’avait encore étudiée et dont on ne connaissait ni la famille ni l’espèce. Il paraît que chaque année il y a un très grand nombre de personnes qui ont à la figure, aux mains ou aux pieds, des éruptions causées par cette maudite herbe : les parties de chasse, de pèche ou de canotage dont les Canadiens sont si amateurs sont très souvent interrompues par ce désagrément. Il en résulte même parfois des conséquences fort graves pour les animaux qui en mangent; j’en eus la preuve quelques jours après avoir été moi-même victime de cet accident. J’étais couché chez le comte de Turenne, quand, au milieu de la nuit, un de ses palefreniers vient le réveiller pour le prévenir qu’un de ses chevaux, une bête
- magnifique de quelques milliers de francs, récemment arrivée d’Angleterre, se tordait de douleur dans son box et qu’il craignait un dénouement fatal. On envoya immédiatement à Québec chercher un vétérinaire qui soigna le cheval énergiquement et l’on eut le bonheur de le sauver.
- On aurait été très embarrassé pour connaître la cause des coliques terribles du cheval si, en même temps qu’elles se produisaient, on n’avait pas observé sur les bras d’un valet d’écurie qui avait coupé dans le parc l’herbe' qu’il avait donnée au cheval, l’éruption caractéristique produite par la mauvaise herbe. Voilà donc trois cas, le mien, celui du palefrenier et celui du cheval, qui ont coïueidé et qui montrent l’origine commune et la présence de cette herbe dans le parc du Consulat général.
- Comment expliquer le mode d’action de cette herbe funeste ? Ce qui s’est passé sur moi, cette vésication complète des deux piedsà partir du bord de la chaussette jusqu’à l’extrémité des orteils ne peut laisser aucun doute sur l’origine animale de cette indisposition. L’herbe à la puce est donc une herbe spéciale sur laquelle vivent et se développent des quantités de petites bêtes microscopiques qui grimpent le long des membres et y déterminent une vésication analogue à celle du thapsia. Il suffit de marcher sur cette herbe pour que les petits animaux dont elle est couverte se répandent sur vos souliers, grimpent ensuite sur vos chaussettes et redescendent alors jusqu’au bout des pieds ; il suffit de mettre la main dessus, puis de porter cette main au visage pour avoir en peu d’heures toute la figure gonflée comme par un érysipèle.
- Si cet article tombe sous les yeux d’un botaniste qui ait pu reconnaître cette affreuse herbe et qui puisse la décrire et la cataloguer, il rendra, ce faisant, un véritable service à tous les Canadiens et aux Américains du Nord des Etats-Unis en leur permettant de se mettre en garde contre ce fléau. A. Ladurkau,
- Ingénieur-Chimiste.
- LA GRANDE LUNETTE
- DE L’OBSERVATOIRE D’ASTRONOMIE PHYSIQUE
- DE MEUDON
- La lunette construite à l’Observatoire de Meudon est un des appareils d’astronomie les plus remarquables de notre époque. Elle est due aux efforts et à la persévérance de notre grand savant M. Janssen, à qui l’on est redevable de tant d’entreprises utiles aux progrès des sciences. La gravure ci-après offre l’aspect de cet objet de grandeur inusitée.
- Cette lunette d’équatorial remplit la coupole de Meudon. Elle est double, et comprend une lunette astronomique et une lunette photographique associées. Voici la description que M. Janssen nous a adressée :
- « La lunette astronomique porte un objectif de 85 centimètres de diamètre, celui de la lunette photographique est de 62. Ces deux objectifs ont sensiblement le même foyer, qui se forme à 16m,16 pour l’objectif astronomique, et à 15ra,90 pour l’objectif photographique.
- « Les deux instruments sont réunis dans un même corps de lunette formé par une série de sept manchons d’acier de forme quadrangulaire, de 90 centimètres de largeur sur lm,70 de hauteur. Le man-
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- LA NATURE.
- chon central est plus court et formé avec de la tôle | plus forte; il reçoit, à chaque extrémité, trois manchons de même diamètre, mais plus longs. L’ensemble forme un tube rectangulaire très rigide. Ce tube est divisé à l’intérieur par une cloison longitudinale qui le décompose en deux corps distincts et s’oppose au mélange des rayons.
- « Les objectifs sont fixés à la tête du tube, et dans un même plan. Pour les protéger dans l’intervalle des observations, cette extrémité du tube porte deux volets qui doivent se joindre et se fermer comme les portes d’une armoire. Pendant les observations, ces volets doivent s’appliquer sur les parois du tube où ils sont retenus par des verrous.
- « La lunette astronomique est munie de deux micromètres. 1° Un micromètre à fils de platine pour les mesures de déclinaison. Son champ est de trente minutes environ. La vis qui commande le iil mobile a un pas correspondant à vingt secondes et son tambour est divisé en 100 parties. Ce micromètre possède une série de trois oculaires qui, étant portés sur des coulisses, peuvent parcourir tout le champ. 2° Un micromètre à fils d’araignée ayant un champ de seize secondes; son cadre intérieur porte une série de fils fixes horaires et de déclinaison. Pour l’étude des vis qui commandent les fils mobiles, on a muni le micromètre d’un équipage portant trois fils distincts entre eux et distants de : un dixième de tour de vis, un demi-tour et un tour. Cet équipage peut se déplacer dans le champ, de manière qu’en mesurant la distance de ses fils en différents points du champ, on obtient les valeurs relatives du tour de vis pour ces points. Chaque tour de vis donne les dix secondes et leurs tambours sont divisés en 100 parties. Les fils sont rendus brillants par le moyen de quatre petites lampes à incandescence, placées dans l’intérieur de la boîte. Les tambours sont éclairés par des lampes fixées dans leur voisinage. Les oculaires de ces micromètres donnent des grossissements variant de 600 à 2400.
- « Dans la lunette photographique l’objectif de cette lunette a, comme nous venons de le dire, un diamètre de 62 centimètres. Le châssis portant la plaque sensible donne un champ de 60 centimètres. 11 est susceptible de mise au point par le moyen d'une vis de rappel portant une aiguille qui se déplace sur un cercle divisé permettant d’estimer un dixième de millimètre. En avant du châssis, on a disposé un volet intérieur indépendant qui, mobile autour d’un axe, peut s’abaisser ou se relever, pour permettre ou interdire l’accès de la lumière quand le volet du châssis a été tiré; on évite ainsi les inconvénients qui résulteraient, pour l’image, de l’ébranlement qui se produit toujours sur la lunette, quand on tire le volet du châssis pour les poses.
- « Cette lunette est munie de plusieurs chercheurs. L’un d’eux, de 6 pouces d’ouverture, forme une excellente lunetteries autres sont à grand champ. Un quart de cercle muni d’un fil à plomb et mobile autour d’un axe qui lui permet de se placer toujours
- dans un plan vertical donne la position de la lunette à un quart de degré près.
- « La déclinaison se lit à l’aide d’une lunette spéciale placée à côté de l’oculaire de la lunette et, en ce point, sont également placées deux manettes pour le rappel et le fixage en déclinaison.
- « Nous allons parlera présent de l’ascension droite. Quoique le mouvement d’horlogerie et le cercle horaire soient très éloignés de l’observateur, et que la plate-forme prenne des déplacements considérables, on a pu néanmoins conduire les transmissions relatives aux mouvements en ascension droite. Ces mouvements sont commandés en outre par des manettes placées près du mouvement, et c’est en ce point également que se font les lectures du cercle horaire.
- « Le cercle denté «pii accompagne le cercle horaire n’a ici pour fonction que de commander les déplacements en ascension droite de la lunette. C’est un arc de cercle denté avec une grande précision qui, sous l’action du mouvement d’horlogerie, entraîne la lunette pendant les observations ou pendant les poses photographiques. L’optique de ce bel instrument est due «à MM. Henry frères, et toute la partie mécanique est l’œuvre de M. Gautier. »
- On a pu s’étonner que l’observatoire, dont la création fut arrêtée en principe en d 876, ait mis un temps aussi long à se terminer (et il ne l’est pas encore).
- « Il est donc nécessaire, comme l’a dit M. Janssen à l’Académie des sciences, ne serait-ce que [tour dégager notre responsabilité, de donner à cet égard quelques explications. Je dirai même que ces explications, je les dois à l’Académie, car c’est à l’avis favorable qu’elle a bien voulu émettre à la demande du Gouvernement ; c’est à sa haute autorité, et au concours bienveillant et si autorisé de sa Commission, qu’est due la création de cet observatoire, le premier en France, exclusivement consacré à l’Astronomie physique.
- « D’une manière générale, on peut dire que si cette création a été aussi retardée, c’est qu’elle s’est déroulée à travers deux périodes financières bien différentes : une première, encore favorable, où les crédits de création ont été votés ; une seconde où les difficultés financières s’accusaient de plus en plus et dans laquelle non seulement les ressources nécessaires pour l’achèvement n’ont pu être accordées, mais où l’on a dû subir de cruelles réductions du budget ordinaire lui-même, réductions qui, ne pouvant porter sur le personnel, mirent en souffrance les publications et les travaux.
- « Les crédits accordés par les Pouvoirs publics à l’Administration des Bâtiments civils pour la restauration de l'édifice, son appropriation et l'édification de la grande coupole, ayant été insuffisants et des crédits supplémentaires n’ayant pu être accordés, il fallut prendre sur les crédits pour les instruments et les publications, le prix de la grande coupole et de celles qui abritent le télescope de 1 mètre et la lunette photographique.
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- hnnrlto astronomique de 51. Janssen, membre de l’Institut, directeur de l'Observatoire d’astronomie physique à Meudon.
- (D’après une photographie.)
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- LA NATURE
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- « J’étais très désireux en effet, ajoute M. Janssen, de terminer ce qui concernait notre grande lunette, dont j’étais impatient de me servir.
- « Si l’on totalise les dépenses qui ne nous incombaient pas, mais que nous dûmes subir, sous peine de voir tout arrêté, on arrive à la somme de plus de cent trente-cinq mille francs qui fut distraite de nos crédits, pour instruments, travaux et publications extraordinaires.
- « Dans cette situation, nous fûmes obligé de renoncer, pour le moment, à la construction des petites coupoles pour les lunettes de 8p°, pour le cercle méridien que nous possédons, pour le magnétisme dont nous avons les principaux instruments. Nous dûmes également renoncer provisoirement à une publication très coûteuse, mais qui aurait eu un haut intérêt, à savoir, celle des meilleurs clichés parmi les quatre mille clichés de grandes images solaires obtenus à l’Observatoire depuis 1876 et qui forme une partie importante de l’histoire de la surface solaire pendant ce siècle.
- « Je me contentai de reproduire les plus remarquables de ces images au point de vue des faits nouveaux que ces études firent découvrir ; à savoir, les vraies formes de la granulation solaire dans les facules, dans les stries des taches et à la surface générale du Soleil ; et surtout les formes périodiquement variables du réseau photosphérique découvert par la photographie, à Meudon. Ces spécimens ont figuré à l’Exposition de 1889 et valurent à l’Observatoire un diplôme d’honneur. Cette publication, quoique beaucoup trop réduite, fit cependant connaître ces faits nouveaux dans le monde savant, et nos photographies, qui n’ont pas été surpassées, formeront école, je l’espère, à l’étranger. Mais notre budget ordinaire subissait aussi de cruelles réduc-tions.
- « D’un autre côté, les études que j’avais entreprises sur les gaz de l’atmosphère dans le laboratoire créé dans les écuries du château, et qui visent les applications aux atmosphères planétaires, nous entraînaient à des dépenses nouvelles pour lesquelles le crédit extraordinaire, dû à la bienveillance de l’Administration supérieure de l’Instruction publique, fut bientôt épuisé. Dans ces circonstances, je n’hésitai pas à sacrifier, comme je l’avais fait depuis dix ans, la forme au fond. Et voilà comment j’ai été amené, pour ne pas arrêter nos études, à retarder la publication de nos Annales et à demander aux Comptes rendus la publicité de nos travaux. Du reste, cette publication si efficace et si appréciée est parfaite pour notre genre de travaux, dont les résultats peuvent se résumer en quelques pages. Dans cette circonstance encore et quoique d’une manière indirecte, l’Académie est venue à notre secours, et son aide nous a permis d’employer aux travaux eux-mêmes des ressources qui eussent été absorbées en publications. Mais je désire ajouter que les matériaux de plusieurs volumes de nos Annales sont prêts et n’attendent plus que les crédits nécessaires pour paraître.
- « Je viens de parler delà photographie solaire créée à Meudon et qui, certainement, a été le point de départ de la photographie stellaire, si brillamment reprise par MM. Henry frères et dont le centre est à l’Observatoire de Paris. Mais à Meudon nous avons encore inauguré la photographie des comètes, la photométrie photographique.
- « Nous avons continué l’étude des raies telluriques, tant à Meudon qu’au mont Blanc, et tout dernièrement en Afrique, dans un voyage dont je rendrai compte à l’Académie, celle des spectres d’absorption des gaz de l'atmosphère terrestre et spécialement celle des spectres d’absorption de l’oxygène, spectres si importants obéissant à des lois si imprévues, et qui ouvrent des perspectives nouvelles en mécanique moléculaire. En 1891 et 1892, nous avons aussi repris l’étude des atmosphères planétaires de Mars, Vénus, Jupiter, au télescope de 1 mètre d’ouverture. Cette étude, que j’avais commencée en 1867, immédiatement après la découverte du spectre de la vapeur d’eau et à la suite de laquelle j’avais annoncé notamment la présence de la vapeur d’eau dans l’atmosphère de la planète Mars, a confirmé ces premiers résultats. Ils font été encore tout récemment par MM. Huggins et Vogel1. »
- Par les quelques lignes précédentes que nous avons empruntées aux communications de M. Janssen à l’Académie des sciences, on peut apprécier la grandeur de l’œuvre entreprise et menée à bien par l'éminent astronome. Gaston Tissandier.
- LE DERNIER RECENSEMENT
- DE LA POPULATION PARISIENNE
- Le Bulletin municipal officiel du 50 avril vient de publier les résultats provisoires du dénombrement de la population présente dans la ville de Paris le 29 mars dernier. La population totale s’élève à 2 511 955 habitants, contre 2 424 705 au 12 avril 1891, soit une augmentation, en quatre années, de 87 250 habitants. La population a subi une diminution totale de 1894 habitants dans les 1er, 2e, 5°, 4e, 5e, 8e, 9e et 10e arrondissements, et un accroissement total de 106198 habitants dans les 6e, 7% 11e, 12e, 15e, 14°, 15e, 16e, 17e, 18e, 19e et 20e arrondissements. L’arrondissement qui a perdu le plus grand nombre d’habitants est le 8e, 4767 sur 106 770; celui qui a gagné le plus est le 15e, 15 707 sur 117 470 : il est suivi de près par le 16e, qui s’augmente de 15 577 habitants, avec 88187 en 1891. Les arrondissements les plus stationnaires sont le 5e, qui perd 576 habitants sur 116 525, le 9e, qui en perd 680 sur 120 665, et le 10e, qui en perd 774 sur 154559. En résumé, l’accroissement de la population parisienne se porte sur les arrondissements de la périphérie; les arrondissements du centre restent sensiblement stationnaires, avec une tendance marquée à la dépopulation dans le 2e arrondissement (quartiers Gail-lon, Vivienne, Mail et Bonne-Nouvelle) et dans le 8e (Champs-Élysées, Faubourg du Roule, Madeleine et Europe).
- 1 D’après un Mémoire publié en 1894, dans les Comptes-rendu de VAcadémie des sciences, par M. Janssen.
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- LA NATUHE.
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- CORRESPONDANCE
- CONGRÈS DE CARTHAGE. ---- TOURNÉE EN TUNISIE1
- Mon cher frère,
- Depuis ma dernière lettre que je t’ai écrite de Sfax, notre voyage a toujours continué, de plus en plus étonnant. La pluie et le mauvais temps nous ont laissés à Maktar. Nous avons traversé une curieuse forêt de pins rabougris entourée de hauteurs, dont les silhouettes dénudées étaient très caractéristiques, pour visiter Kesscra. Le village est extraordinaire comme pittoresque, étant construit parmi d’immenses rochers calcaires qui sont dominés par une antique forteresse byzantine aujourd’hui ruinée. Une source délicieuse, le Ros el Âïn, est toute la fortune de ce village qui ne ressemble à rien de ce qu’on peut voir ; elle coule dans un vallon charmant, vraie forêt d’oliviers, en petites cascades et cours d’eau d’un aspect presque idéal. On nous avait dressé une tente dans un des plus jolis endroits de ces bocages frais et verdoyants où nous aurions tous voulu rester longtemps, mais il fallait partir pour gagner notre campement du soir de Sidi-Mahamed-ben-Ali. Le chemin, qu’on avait cependant réparé par endroits pour noire caravane, était presque impossible pour nos calèches attelées de quatre chevaux, quelques-unes sont restées un moment en détresse ; mais bientôt tout a été réparé et nous avons pu gagner le haut plateau après avoir passé plusieurs fois à gué des oueds ou rivières presque desséchées. Arrivés encore une fois sur les hauteurs nous apercevons les cavaliers arabes avec leur Caïd qui sont venus à notre rencontre pour nous faire escorte. Ils sont là plus de 2000 vêtus de riches costumes. Beaucoup d’entre eux ont des chevaux magnifiques tout harnachés de plaques d’argent et de broderies. Ce sont les Djelass, les meilleurs cavaliers de Tunisie, paraît-il. J’en remarque quelques-uns, coiffés de hauts bonnets garnis de plumes d’autruche, qui nous saluent, montés debout sur leur selle; ils sont superbes à voir et ont grande allure. Le Caïd et son fils sont les plus riches seigneurs du pays, ils font un gracieux compliment au Résident et nous reçoivent avec la plus grande cordialité. Notre troupe se remet en marche, escortée cette fois par ces 2000 cavaliers qui galopent autour de nous en faisant des fantasias étranges. C’est un tableau incroyable, mais ce qui met le comble à sa beauté, c’est le paysage sauvage et grandiose qui lui sert de cadre.
- Notre chevauchée continue longtemps sa route dans une plaine haute inculte, couverte de romarins en fleurs qui nous embaument; puis ce sont des endroits sablonneux. Tout notre monde descend alors pour aider les chevaux de nos voitures et nous gagnons enfin notre campement, placé dans un site pittoresque d’où nous dominons tout le pays.
- Le Caïd était venu en ce lieu depuis six jours pour tout faire préparer. On nous a dressé des tentes magnifiques toutes garnies de beaux tapis d’Orient. Une grande cuisine installée sous une tente était pour nous seuls, le Caïd ayant voulu nous offrir un dîner arabe qu’on préparait depuis plusieurs jours. Il nous a fait servir une quantité de plats d’un goût parfumé assez extraordinaire, avec le couscouss traditionnel; mais la surprise de ce repas, semblable aux agapes que savaient se donner les anciens seigneurs du moyen âge, a été les rôtis que les Arabes ont apportés presque en triomphe sur des brancards ornés de feuillage. Nous applaudissons avec enthousiasme à la
- 1 Suite. — Yoy. n° 1196, du 2 mai 1896, p. 351.
- vue d’un sanglier entier et d’un jeune chameau qu’on dispose sur nos tables auprès du Résident. (Le chameau rôti, par parenthèse, a une chair succulente fort agréable au goût.) Après notre dîner on nous a donné en spectacle une nouvelle fantasia éclairée à la lueur de torches faites de branches d’olivier imbibées d’huile et de goudron et des danses exécutées par des négresses. Le campement arabe de toute notre escorte, qui était venue avec les femmes et les enfants, se composait de près de 4000 personnes. Tout ce monde accompagne notre Caïd avec une foule de chameaux et les provisions nécessaires pour plusieurs jours, aussi offrait-il un aperçu incomparable.
- La nuit de sommeil a été courte comme tu peux le penser, avec tous ces spectacles différents si imprévus et si intéressants à observer. Le lendemain il fallait être debout à 4 heures du matin pour gagner une nouvelle étape. Notre voyage s’exécute sur des hauteurs désertes couvertes d’arbustes rabougris. On déjeune en plein air à Cheri-Chera. C’est presque une oasis, le lieu où on a capté une source pour conduire son eau à Kairouan. Les Romains, d’ailleurs, connaissaient fort bien cet endroit; on remarque encore les énormes débris d’un ancien aqueduc construit par leurs soins. Nous descendons les hauteurs pour entrer dans une immense plaine aux horizons sans fin qui conduit à Kairouan. L’aspect est absolument désertique ; cependant ces plaines incultes pourraient être fertiles. Les oliviers, la vigne prospéreraient facilement dans ces lieux désolés. Par moments, à l’horizon, on voit les traces d’anciennes cultures, quelques vieux oliviers, qui témoignent qu’autrefois ces déserts ont été tout autres qu’actuellement.
- Notre entrée à Kairouan a été merveilleuse en tous points. Il y a dans cette ville 45 000 habitants qui tous tenaient à nous voir et à fêter le Résident. Toute la ville était sur pied, des arcs de triomphe de verdure étaient partout dressés. Dans les rues, sur notre passage, les Arabes en rangs serrés formaient la haie, tandis que sur toutes les terrasses on pouvait voir les femmes voilées qui nous regardaient passer. Les femmes juives, à visage découvert, coiffées de leur bonnet doré et pointu et vêtues d’étoffes éclatantes, saluaient aussi notre arrivée. La bienveillance était partout témoignée par cette foule indigène.
- Kairouan possède deux mosquées fort curieuses : celle du Barbier du Prophète, un peu semblable aux constructions charmantes de l’Alhambra de Grenade, toute remplie encore de faïences aux dessins et aux reflets sans pareils. La grande mosquée enfin, intéressante surtout par la quantité de colonnes ornées de chapiteaux antiques et byzantins qui ont été pris dans des ruines dont les traces ont disparu pour la plupart aujourd’hui. Tout cela vient prouver la civilisation extraordinaire que les Romains ont su apporter en ces pays pendant une durée de près de quatre siècles. Les ruines considérables que nous avons vues partout sur notre passage, à Bejà, à Kef, à Maktar, etc., sont les restes de villes considérables qui étaient reliées entre elles par des chemins détruits aujourd’hui. Il y avait donc partout une population importante qui savait vivre avec luxe et plaisir, comme le montrent les restes de vastes théâtres et d’hippodromes.
- Tout cela est disparu par les guerres, les exactions sans nombre des beys, les famines et les maladies. On nous disait qu’au Kef, par exemple, il y avait, il y a environ quarante ans, plus de 30 000 âmes dans la ville. Par suite d’épidémies fatales et des abus d'impôts presque impossibles à payer et qui ruinaient les habitants, il n’y a plus, actuellement, que 0000 habitants. La France a
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- donc fort à faire pour rétablir l'antique splendeur de ce magnifique pays. On doit dire qu'il y a lieu de s’étonner et d'admirer l’immense effort qu'elle a fait depuis l’époque où elle protège la Tunisie. Ou peut donc bien augurer de l’avenir, qui promet la grande richesse et la prospérité.
- Notre soirée à Kairouan a été fort amusante ; nous avons assisté à une partie de la cérémonie exécutée tous les soirs par les Aissaouas dans leur mosquée.
- Hier, comme tu le sais par la dépêche que je t’ai envoyée, j’ai reçu tes lettres qui m’ont fait grand plaisir. Nous ne sommes restés à Sousse que le temps de déjeuner et de passer par la ville, où on nous a fêtés comme à Kairouan. Albert Tissaxdier.
- LE STÉRÉOSCOPE INVERSEUR
- Le photographe qui, muni d’un appareil stéréoscopique, s’aviserait de faire avec son cliché un positif sur verre, directement par contact, serait bien surpris en regardant ensuite dans son stéréoscope de voir les premiers plans reportés en arrière, tandis que les derniers plans viendraient en avant; il obtiendrait ce qu’on a nommé la pseudoscopie.
- Ce fait est bien connu des amateurs de stéréoscope, qui savent qu’il est indispensable, lorsqu’ils tirent un positif de leur cliché, de mettre à droite l’image qui a été obtenue à gauche et réciproquement. On démontre géométriquement la nécessité de cette inversion en se basant sur l’examen de deux troncs de cônes ; mais cette démonstration est trop longue pour que nous puissions la reproduire ici, et nous renvoyons aux traités spéciaux ceux qui voudraient la connaître.
- Quoi qu’il en soit de la théorie, le fait ne laisse pas que d’ètre assez gênant dans certains cas. Lorsqu’on fait un tirage sur papier, rien n’est plus simple, pour se conformer à la règle, que de se souvenir qu’il faut séparer ses deux images, et les inverser sur le support où on les colle; mais si on tire un positif sur verre, cela se complique un peu, car il faut alors, ou bien couper le négatif et le raccorder ensuite dans le sens voulu, ou bien se servir d’un châssis spécial, comme il en existe plusieurs modèles, qui permet de faire le tirage, en deux fois il est vrai, mais sans rien couper. Or les vues stéréoscopiques sur verre sont à tous les points de vue bien préférables à celles sur papier et elles tendent de plus en plus à se généraliser chez les amateurs.
- MM. Carpentier et Gaumont ont tout récemment construit un système de stéréoscope qui permet de voir le relief normal sans faire l’inversion ; ils ont pour cela utilisé deux petits prismes A à réflexion totale qu’ils placent devant les lentilles de l’appareil comme le montre la figure ci-dessous.
- On sait en effet que, quand on regarde au travers d’un prisme de ce genre en tenant la face hypoténuse dans un plan vertical perpendiculaire au plan de l'image, celle-ci se trouve inversée, la droite est reportée à gauche et réciproquement. Or inverser ainsi chaque image sur place donne le même résultat que si on les déplaçait Lune par rapport à l'autre, pourvu toutefois qu’on opère sur l’envers de l’image, sans quoi les objets ne se trouveraient pas dans leur vrai sens et, dans le cas où il y aurait des inscriptions, celles-ci, se trouvant également inversées, deviendraient illisibles. Comme il n’est question ici
- que de vues transparentes, il n’y a aucun inconvénient à les placer à l’envers dans le stéréoscope.
- On pourra objecter qu’avec un tel système il ne serait plus possible de regarder les vues faites jusqu’à présent et dans lesquelles on a tenu compte de la nécessité de transposer les images. Mais les constructeurs ont prévu le cas et ils ont eu soin de monter les prismes dans un petit tube qui glisse à frottement doux sur la monture E de sorte qu’il est très facile de les retirer, comme on le voit en I), et d’avoir alors un stéréoscope ordinaire. Des boutons C et R permettent de régler la mise au point et l’écartement des objectifs.
- Ce nouveau type d’appareil contribuera à répandre le goût de la photographie stéréoscopique chez les amateurs, qui étaient souvent rebutés par la manipulation, pas toujours très commode, dont nous avons parlé.
- Il y a déjà plusieurs années que M. Drouin a eu l’idée d’appliquer ce principe des prismes pour placer l’image stéréoscopique dans son véritable sens en l’examinant sur le verre dépoli même de la chambre noire. À cet effet l’opérateur se munit de deux petits prismes à réflexion totale montés sur un support articulé, et, lorsqu’il est sous le voile noir, il peut se rendre un compte exact de l’effet qui sera produit et chercher quelle est la meilleure position à donner aux objectifs pour obtenir le maximum de relief. G. M.
- Stéréoscope inverseur.
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- •IA HERNIE DU CHOU
- Le chou, comme beaucoup d’autres plantes alimentaires, est attaqué pendant sa végétation par une foule d’insectes, qui se focalisent sur ses feuilles pour les dévorer. Mais son ennemi de beaucoup le plus redoutable est un champignon parasitaire, qui attaque tout son tissu radiculaire. Il produit une altération particulière de la racine, connue sous le nom de hernie, maladie digitale, au gros pied du chou.
- La hernie du chou est une des maladies les plus curieuses du règne végétal. Elle a été la cause de véritables désastres dans plusieurs contrées européennes et dans quelques-uns de nos départements français. Ainsi, elle a sévi avec une intensité toute particulière dans plusieurs parties de l’Allemagne, en Russie, en Alsace, dans les Vosges, la Vienne, etc.
- J’ai eu l’occasion de la remarquer dans diverses localités de l’arrondissement de Marvejols, et notamment à la ferme-école de Chazeirollettes, où j’ai dû prendre toutes les mesures énergiques possibles pour limiter son extension.
- En examinant une planche de choux,pendant le courant de la végétation, on pouvait apercevoir quelques pieds jaunâtres, d’un aspect souffreteux, se comportant à la façon des végétaux dont les racines auraient été en partie coupées par les insectes. Si nous venions à extraire un de ces sujets, nous étions étions étonnés des modifications profondes subies par les racines. Elles s’étaient gonflées à la façon des racines charnues, et pouvaient être comparables, quant à leur ensemble, aux racines des dahlias.
- Les radicelles étaient à peu près disparues et la plante finissait par mourir, ou bien alors ne végétait que péniblement, pour ne donner dans la suite que des produits dérisoires.
- Toute cette protubérance charnue devenait alors la proie des bacilles; elle entrait en pleine voie de décomposition, et répandait une odeur fétide.
- Quelquefois, il se formait au-dessus de la partie malade un nouveau collet de racines qui, en s’agrandissant, pouvaient donner une vigueur toute
- nouvelle à la plante, à moins qu’elles ne devinssent elles-mêmes le siège de nouvelles lésions.
- La photographie jointe à ce travail permettra de se rendre compte des caractères de l’affection. Les trois sujets qu’elle représente, appartenant à la variété dite de Schweinfurt, ont servi à mes études micrographiques, et proviennent du jardin de la ferme-école de la Lozère. Le chou de gauche offre une particularité intéressante, à cause du collet de racines formé au-dessus de la partie contaminée.
- Toutes les variétés de choux n’ont pas la même résistance à la maladie. Les unes, comme les choux-fleurs et les choux moelliers, sont attaquées avec une grande facilité, tandis que les choux de Bruxelles et les broccolis sont relativement résistants.
- La hernie du chou apparaît généralement vers le mois de juillet; la tubérosité, tout d’abord minime, va en s'accentuant à mesure que la plante se développe. 11 est néanmoins facile de prévoir, au moment du repiquage, la proportion des choux qui doivent être atteints. A cette époque on peut déjà remarquer sur les radicelles une série de petites boursouflures, signes précurseurs de la maladie prochaine. Toutes ces perturbations végétales sont dues à un champignon inférieur de la famille des myxomycètes : le Pta&modriophoria Brassicae. Ce parasite a été étudié dans ses différentes phases par M. Woronine.
- D’après lui, il n’existerait pas de remèdes curatifs, et on en serait réduit à des moyens prophylactiques, consistant dans l’arrachage et la suppression, au moment du repiquage, des choux qui paraissent contaminés.
- Cependant la chaux vive semblerait avoir une action assez énergique pour déterminer la disparition du Plasmodiophora. Des expériences entreprises à ce sujet, dans le département de l’Ailier, par M. Seltensperger, professeur spécial d’agriculture, semblent être assez concluantes.
- Le remède consisterait à déposer au pied de chaque plan, dans une sorte de cuvette de 5 à 6 centimètres de profondeur, une poignée de chaux vive.
- Pour ma part, j’avais essayé en Lozère, mais sans toutefois obtenir de bien grands résultats, de
- La hernie du chou.
- (D’après une photographie reproduite par la photogravure.)
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- LA NATURE.
- tremper les jeunes plants, au moment du repiquage, dans un lait de chaux.
- Il est à souhaiter que la question reçoive d’ici peu une solution définitive, et qu’un remède radical et infaillible vienne purger à jamais nos cultures de cette maudite affection. Albert Yilcoq,
- Professeur d’agriculture à Montargis (Loiret).
- CHRONIQUE
- La culture de la luzerne dans l’Argentine.
- — Cette culture mérite d’étre signalée pour les conditions exceptionnelles dans lesquelles elle se présente, surtout dans la province de Cordoba : on peut dire que c’est une spécialité de cette province, qui se livre du
- reste à un élevage intensif. Dans ces terrains légers,
- riches en sels de chaux, ni trop secs ni trop humides, possédant une couche végétale assez épaisse et un sous-sol perméable sillonné de courants aquifères, la hauteur de la luzerne dépasse toujours un mètre, ce dont nous n’avons guère idée en France. Le minimum des coupes est de trois, souvent de quatre, et l’on peut le porter à cinq avec des irrigations. Ce rendement est splendide, principalement vers la cinquième année, et il arrive à dépasser soixante tonnes par hectare. La superficie cultivée en
- luzerne dans la province est naturellement énorme, on
- l’évalue à 250 000 hectares, et il y a un grand nombre de propriétaires qui ont des plaines de plusieurs milliers d’hectares couvertes de cette plante. Ajoutons qu’elle présente une qualité précieuse de résistance : sa durée extrêmement longue n’est jamais inférieure à quinze ou vingt ans, et l’on cite une ferme, la « Carlota », dont certaines luzernes toujours florissantes remontent au commencement du siècle. D. B.
- Les ennemis du système métrique. — Une Commission du Congrès des Etats-Unis avait présenté à la Chambre des représentants un projet de loi rendant obligatoire l’usage du système métrique à partir du 1er janvier 1901. Nous avons le regret d’apprendre à nos lecteurs que, contrairement à toutes les prévisions, cette assemblée a rejeté la proposition en première lecture et à une très grande majorité. Ce succès inexplicable de l’esprit de routine se relie à des polémiques ardentes publiées dans le Times contre le système décimal des poids et mesures en général et le mètre en particulier. Nous ne suivrons pas les défenseurs des bizarres unités anglaises dans leurs divagations. Une des plus curieuses est, sans contredit, de soutenir que le pied britannique est la dix-millionième partie... de l’axe du monde! Plus habiles que les astronomes de la première République française, ceux des Pharaons auraient même tenu compte de l’aplatissement de la Terre, quantité dont la valeur n’est même point connue de notre temps avec une précision définitive.
- Réclame américaine. — C’est à qui détiendra le record de l’originalité dans la réclame. Les trois paires de gentlemen qui se promènent sur nos boulevards parisiens tous les jours, de 5 à 7 heures, en annonçant à tour de rôle le détail du spectacle d’un music-hall, paraîtront bien vieux jeu devant le nouveau truc imaginé par un pharmacien de New-York, truc qui a fait pendant quelques jours la gaieté des salles de spectacle de la ville principale des États-Unis. Ce pharmacien de génie a imaginé d’offrir des fauteuils d’orchestre à un certain nombre d'individus sincèrement chauves, après avoir fait
- peindre sur leur crâne poli, en indigo bien criard, le nom du remède qu’il veut lancer. Le crâne-réclame, mis à la dernière mode, prend place aux fauteuils et se découvre gravement, comme s’il ignorait les illustrations qui recouvrent son ivoire. Et le public de se tordre, et de répéter partout, le lendemain, l’incident qui a égayé le spectacle, sans oublier, naturellement, le nom de la médecine si ingénieusement avertie. Il n’y a vraiment qu’en Amérique où l’on sache encore s’amuser en société.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 4 mai 1896. — Présidence de M. Cornu.
- La surface lunaire. — MM. Lœwy et Puiseux présentent le premier fascicule de leur allas lunaire. Ce fascicule se compose de six feuilles dont l’une est un spécimen non amplifié des clichés obtenus au grand équatorial coudé de l’Observatoire de Paris. Les cinq autres planches sont des héliogravures de 0ra,50 sur 0”,60 reproduisant des portions choisies de ces clichés, agrandies dans une proportion telle que le diamètre lunaire serait de 2m,60. Les planches héliogravées sont très riches en détails et présentent le relief d’une façon très nette. Les recherches du IP Wcinek, de Prague, ont déjà montré que les agrandissements des photographies lunaires permettent de compléter et de rectifier les meilleurs dessins, tout en offrant sur eux l’avantage d’une absolue authenticité. M. Lœwy et Puiseux se placent à un point de vue différent. L’emploi de feuilles de grande dimension donnant la facilité d’embrasser d’un coup d’œil des régions étendues, leur semble éminemment propre à faciliter les études comparatives et à faire entrer dans une voie nouvelle la sélénélogie, science jusqu’ici un peu confuse Les caractères les mieux connus et les mieux étudiés de la surface lunaire sont les cirques, vastes entonnoirs larges de 50 à 150 kilomètres, entourés de remparts d’une saillie médiocre. Leur intérieur montre une plaine unie d’où surgit fréquemment une montagne centrale absolument isolée. Très nombreux dans les régions montagneuses et sur les plateaux élevés, les cirques deviennent relativement rares dans les grandes taches sombres que l’on distingue à l’œil nu sur la lune, désignées improprement sous le nom de mers. Ces plaines, celles du moins qui ont gardé une forme nette et des contours arrêtés, ressemblent absolument aux arènes intérieures des cirques et ne s’en distinguent que par des dimensions plus vastes. Les hauts plateaux sont traversés par des sillons rectilignes. Ceux-ci forment par leurs intersections un réseau polygonal et suivent de préférence la direction des tangentes aux remparts des cirques. La distribution des teintes n’est pas moins digne d’attention que le relief. Les parties déprimées ont, en général, une teinte sombre; une vive blancheur revêt, au contraire, la plupart des parties élevées ainsi que les sommités centrales des cirques. Parfois, ces teintes blanches s’éparpillent en traînées qui rayonnent autour des centres déterminés jusqu’à d’énormes distances et franchissent tous les accidents de terrain placés sur leur trajet sans en altérer le relief. Cet ensemble apparaît d’une manière fixe dans les lunettes; les changements que l’on croit y remarquer se réduisent presque toujours à des jeux de lumière dus à la variation de l’éclairage et du point de vue. Cette fixité montre que l’on se trouve en présence d’un monde très différent du nôtre. Suivant certains savants, la lune serait, en effet, privée d’eau ainsi que d’atmosphère, et même ces deux facteurs si actifs du relief terrestre ne seraient intervenus à au-
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- cuiie époque dans l’histoire de notre satellite. Les entonnoirs en si grand nombre n’auraient rien de commun avec les volcans. Une école adverse se place au point de vue opposé et considère la surface de la lune comme modelée par des forces analogues à celles que nous voyons à l’œuvre sur la terre. MM. Lœwy et Puiscux rencontrent dans l’étude de leurs photographies de sérieux motifs de s'en tenir à une opinion moyenne. Pour eux, l’atmosphère de la lune est assurément très raréfiée, mais on n’est pas en droit d’en nier l’existence et l’on conçoit qu’elle ait pu autrefois être beaucoup plus dense et jouer par suite un rôle important. De même, se refusant à considérer exclusivement les cirques lunaires comme des cratères formés avec explosion, ils admettent qu’un grand nombre d’entre eux doivent leur origine à des éruptions qui ont préparé l’affaissement d’une vaste portion de la croûte. Si î’on adopte cette manière de voir, beaucoup de particularités de la structure des cirques se relient entre elles et s’éclairent d’une façon inattendue. La réalité des éruptions volcaniques est encore attestée par les auréoles et les traînées blanches dont il a été parlé plus haut; elles s’expliquent très bien par des jets de cendres parvenus à de grandes hauteurs par suite d’explosions soudaines puis dispersés ensuite par les vents. Des éruptions accompagnées d’intumescences ne sont pas les seules causes possibles d’affaissement. Il doit s’en produire, sur la lune, comme sur la terre, sous l’action du refroidissement progressif. A cette cause se rattachent les grands badins déprimés désignés par le nom de mers, qui sont analogues aux fosses méditerranéennes étudiées par les géologues à la surface de la terre. Enfin, si l’on remonte à une antiquité plus reculée, on peut chercher à se représenter dans quelles conditions une première croûte a pu se constituer sur le globe lunaire encore fluide. On conçoit que les scories formées à la surface et progressivement accrues se sont agglomérées en bancs de plus en plus vastes. La jonction de ces bancs ainsi que leur rupture ont dû s’effectuer suivant certaines lois et donner lieu à la formation d’un réseau dont la photographie révèle aujourd’hui les traces visibles. On voit quelles conclusions variées et curieuses font entrevoir les travaux accomplis dans ces derniers temps à l’Observatoire de Paris : la géologie s’v trouve intéressée presque au même degré que l’astronomie. Il n’est d’ailleurs aucunement prouvé que toute activité soit éteinte à la surface de la lune et la comparaison des photographies actuelles avec les documents passés ou futurs pourra, en établissant avec précision des changements indiscutables, montrer dans quel sens se poursuit l’évolution de notre satellite.
- La loi des tempêtes. — M. Fave propose une explication de ce fait que dans l’œil de la tempête, c’est-à-dire dans la région où l’air est calme, on rencontre des oiseaux, des papillons, des poissons volants qui s’y trouvent retenus comme dans une enceinte fermée. La violence des vents qui circulent autour de la région du calme constitue la cause qui empêche ces animaux d’en sortir. Les vents qui précèdent l’œil rabattent les oiseaux, etc., à terre. Lorsque l’œil passe, opération qui dure une heure ou deux, ils se relèvent et sont emprisonnés dans le centre de la tempête, qui présente de faibles mouvements verticaux et se déplace horizontalement avec la vitesse de l’ouragan.
- Les annélidés du golfe de Gascogne. — M. Roule a étudié plus de 50 espèces différentes d’annélides provenant du golfe de Gascogne, où elles sont distribuées sui-
- vant la profondeur. On sait que dans le voisinage des côtes de France et d’Espagne on rencontre un plateau sous-marin situé à 100 ou 200 mètres du niveau de l’océan. Ce fond renferme un nombre si considérable d’annélides que les marins l'ont nommé le fond à pointes d’alène, à cause de la ressemblance des enveloppes de ces animaux avec des pointes d’alène. En quittant ce plateau, on trouve des fonds de 700 à 800 mètres lapissés de polypiers à branches entre-croisées, puis ensuite les grands fonds de plus de 4000 mètres que le Travailleur a explorés. Dans les grands fonds on rencontre les même annélides, depuis les Açores et Madère, la Norvège, jusqu’aux États-Unis et même jusqu'à la Patagonie.
- La sérothérapie de l’infection urinaire. — Pour prévenir et guérir l’infection urinaire, on propose d’opérer des injections des cultures de l’organisme produisant cette infection, le coli-bacillus. En raison de l’impossibilité d’isoler la toxine par filtration, il convient d’injecter les produits de la culture à des animaux dont on recueille le sérum. Cette dernière substance injectée à des animaux les rend réfraclaires à l’infection résultant des cultures pures. L’expérience a été réalisée sur des cobayes, animaux très sensibles à l’action des coli-bacillcs de culture; elle a été également contrôlée sur des chiens.
- Varia. — M. Gentil a opéré des recherches sur Page des ophites d’Algérie et reconnu qu’ils appartiennent au hiiocène. —M. le Dr Laveran a étudié le microorganisme du paludisme. Ce microorganisme est le même sur tous les points du globe; les différences qui ont pu être relevées font voir qu’il s’agit d’un être polymorphe; sur un même malade on a pu observer des corps amiboïdes et ensuite des corps en croissants. — M. Georges Friedel décrit les propriétés des zéolithes: ils condensent les gaz ammoniac, hydrogène sulfuré, anhydride carbonique, en quantité considérable et peuvent également absorber des matières colorantes.— M. Balland indique la composition chimique des maïs de diverses provenances.
- Cii. de Villedeuil.
- RADIOGRAPHIES PAR LES RAYONS X
- UTILISATION DES ÉCRANS FLUORESCENTS
- A LEUR PRODUCTION RAPIDE
- Voici deux méthodes indiquées à notre confrère Nature, de Londres, par deux correspondants, pour réduire considérablement le temps de pose dans la production des radiographies par les rayons X.
- La première méthode, indiquée par M. L. Bleekrode, consiste à former un écran fluorescent avec de la schee-lite, ou tungstate de calcium naturel, pulvérisé sous forme de poudre grossière et étendu en couche uniforme sur une feuille de papier peu épais à l’aide d’une émulsion à la gélatine. Le papier ainsi préparé est posé horizontalement sur une plaque sensible au gélatino-bromure, le côté fluorescent en dessous, et contre la couche sensible de la plaque.
- Dans ces conditions, un tube de Crookes (type à foyer de M. Newton) alimenté par une bobine donnant de 12 à 15 centimètres d’étincelle fournit des radiographies d’objets en vingt-cinq secondes; les doigts demandent quatre-vingt-dix secondes, mais la radiographie obtenue est assez nette pour que l’on aperçoive le chas d’une aiguille piquée dans la peau.
- La seconde méthode, indiquée par M. J. William Gif-ard, consiste à employer une plaque sensible en cellu-
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- loïd posée, la couche sensible en dessous, sur un écran au platino-cyanure de baryum, le platino en dessus, le tout enfermé dans du papier noir. Ce dispositif réduit au quart le temps de pose. Le grain du platino-cyanure s’aperçoit, mais on peut le faire disparaître en porphy-risant le produit. On conçoit que cette seconde méthode oblige à faire usage de plaques sensibles en celluloïd, le verre n’étant pas transparent aux rayons X.
- Un de nos lecteurs, M. P. Basilewsky, à Nice, dans la Boîte aux lettres du n° 1195, du 1 1 avril 1890, nous a indiqué un procédé semblable qui lui a donné des résultats très satisfaisants.
- ÉLECTRICITÉ PRATIQUE
- APPAREILS ÉLECTRIQUES DIVERS
- Ils sont nombreux déjà les petits appareils que divers constructeurs ont lait fonctionner au moyen de petites piles électriques au bichromate; nous ne citerons que les petites lampes portatives, les bijoux, etc., etc.
- M. E.Yohwinkel, fabricant à Vienne, a trouvé encore de nouveaux petits appareils que nous croyons utile de faire connaître à nos lecteurs. Signalons tout d’abord la pile utilisée, et dont on voit dans la ligure 1 la coupe et le plan. Un cylindre en ébonite A présente trois ouvertures longitudinales; dans chacune sont placés une petite feuille de platine Pet un cylindre de zinc Z. Des bornes B à la partie supérieure permettent de coupler en tension les trois éléments. La surface de platine atteint au total de 40 à 80 centimètres carrés suivant les modèles. On peut obtenir 6 volts et une intensité de 2 à o ampères. Cette pile peut d’abord être utilisée dans une lampe portative (fig. 2). Une petite lampe est montée dans un globe en cristal taillé à la partie supérieure d’une boîte ; la pile est fixée dans le haut et reliée à la lampe. Le liquide, constitué par une solution de bichromate de potasse, n’occupe que la moitié du volume total de la boîte. En renversant l’appareil, comme le montre notre figure, le liquide descend et vient remplir les ouvertures cylindriques dont nous avons parlé plus haut. Pour éviter toute dérivation, les extrémités des zincs sont recouvertes d’un caoutchouc inattaquable et d’un cachet de cire. La durée de fonctionnement est environ de lh 50.
- La figure 5 nous montre l’adaptation de la pile à une canne : celle-ci consiste en un tube conique fermé à la partie inférieure, et renfermant le liquide. La pile est vissée à la partie supérieure avec une rondelle de caoutchouc et au-dessus se trouve le pommeau en verre de la canne. Celui-ci peut également être placé dans une boîte en métal que l’on ferme à volonté. La pile employée dans la canne renferme trois éléments d’une surface de platino totale de 00 centimètres carrés. Pour faire fonctionner la canne, il suffit de l’incliner, comme le représente la figure n° 5. Une canne remplie pèse 510 grammes ; elle a une longueur de 85 centimètres, et une largeur de 55 millimètres au pommeau et de 15 millimètres au bas. Les figures 4 et 5 nous l'ont, voir des lampes semblables disposées avec un réflecteur et un projecteur. La lampe de la figure 0 est adaptée
- sur un monocle et reliée par un cordon de soie à un modèle spécial depilenedonuant qu’une durée de 45 minutes de lumière. Ces différents petits appareils montrent qu’il est encore possible de trouver diverses dispositions nouvelles et intéressantes en ce qui concerne ces petites utilisations de l’énergie électrique.
- Aux divers appareils dont nous venons de parler, nous ne pouvons faire qu’un seul reproche concernant les piles au bichromate. Il est vrai que le liquide est renfermé dans des vases qui ne peuvent s’ouvrir que pour le remplacement des matières usées. On peut encore objecter que la durée d’éclairage ne sera pas trop longue. 11 faut cependant observer que la quantité de liquide, surtout dans les appareils des figures 2 et 5, est suffisamment grande pour assurer une certaine durée.
- On pourrait encore employer des accumulateurs de faibles dimensions, qui, sous un faible volume, auraient renfermé de plus grandes quantités d’énergie électrique, ainsi que nous le disions dans un récent article concernant ces appareils L J. L.
- 1 Voy. n° 1192, du 4 avril 1890, p. 288.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissaxmer
- Fig. 1 à 6. — Fig. 1. Coupe et plan de la pile. — Fig. 2. Petite lampe portative à renversement. — Fig. 5. Canne électrique. — Fig. 4 et 5. Lampes à réflecteur et à projecteur. — Fig. 6. Monocle électrique.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuras, 9.
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- N° J 1 U8. — 10 MAI 1 890.
- LA N AT U UE.
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- LE TRICYCLE AUTOMOBILE BOLLÉE
- Les Parisiens ont pu voir la semaine dernière un petit automobile, à trois roues, rasant le sol, traverser rapidement les rues et les boulevards, évoluer avec facilité au milieu des encombrements de voitures et disparaitre dans la cohue des passants sans autre bruit que celui de l’échappement des gaz brûlés. Cet appareil, que la curiosité du public, de plus en plus préoccupé des questions automobiles, a suivi avec intérêt partout où il s’est présenté, est dû à un constructeur mécanique du Mans, M. Léon llollée, à (pii sa machine à calculer et ses instruments mathématiques ont déjà donné une notoriété. M. Bollée, après avoir parcouru sur ce tricycle près de 4000 kilomètres à titre d’essai, est venu, alïirme-t-il, du Mans à Paris en sept heures, soit à une allure de 50 kilomètres à l’heure. Disons immédiatement que le tricycle automobile en question ne renferme d’innovations en aucune de ses parties, mais qu’il réunit avec adresse tous les progrès que l’industrie des voitures automobiles a réalisés aujourd’hui. Ce n’est pas un tour de force banal pour un constructeur que d’avoir, en deux mois, conçu et exécuté, avec les données que lui fournissait l’expérienee générale, un véhicule aussi simple et aussi robuste!
- L’aspect du tricycle Bollée est celui d’une voitu-rette très basse et très longue, assez peu plaisante à nos yeux encore inaccoutumés à ces instruments de locomotion. Le peu d’élévation du véhicule lui donne une stabilité complète, car son centre de gravité n’est placé qu’à 40 centimètres au-dessus du sol ; stabilité qui est accrue par la largeur relative du triangle de base (lm,10 sur lm,25) et par la position des roues directrices à l’avant. La forme allongée du tricycle, très propice à la vitesse, lui donne une vague apparence de torpilleur, et quiconque l’a vu filer en palier à 50 kilomètres à l’heure, et à 45 dans les descentes, reconnaîtra que ce surnom de torpilleur de route est pleinement justifié. Le véhicule pèse en ordre de marche 160 kilogrammes.
- Le moteur est à pétrole (essence minérale) et à quatre temps, comme d’ordinaire. Il n’a qu’un seul cylindre, avec refroidissement par des ailettes, et de
- année. — 1er semestre.
- forme très allongée afin que la détente soit la plus complète possible. Le brûleur est combiné de telle sorte que la flamme fasse retour sur elle-même dans un réverbère. Le carburateur est l’appareil classique de MM. Panhard et Levassor. On remarque en l’inspectant qu’un esprit pratique a combiné toutes ces pièces, a placé par exemple toutes les soupapes à portée de la main, contrairement aux usages reçus, et a, en un mot, réduit le moteur à pétrole ordinaire à sa plus simple expression. Ce moteur, d'après des essais que nous n’avons pu contrôler, ferait de 800 à 1200 tours à la minute et 165kilogrammè-tres par seconde, soit près de 2 chevaux 1/2. La commande du moteur sur la roue motrice, qui est la roue d'arrière, est établie par une courroie, et non par une chaîne ainsi que l’admettent la plupart des constructeurs. Trois engrenages de tailles dilférentes permettent au conducteur de passer, selon les
- besoins, à trois vitesses différentes à partir de 8 kilomètres à l’heure, et de gravir, même par route boueuse, des côtes de 10 pour 100, extrêmement rares en France. La roue motrice mesure 75 centimètres de diamètre, et les deux directrices 85; toutes trois sont montées sur roulements à billes et munies de pneumatiques démontables Michelin.
- La figure jointe à ces notes donne une idée exacte du tricycle Bollée. Ainsi qu’on le voit, la personne qui est à l’avant ne concourt pas à la direction du véhicule. L’avant, c’est la place de la caisse d’échantillons que peut emporter le voyageur de commerce, des marchandises que va livrer un fournisseur ; c’est, plus galamment, la place d’une dame. Le conducteur est à la seconde place ; ses pieds reposent de chaque côté sur une plate-forme garnie d’un paillasson ; il suffit qu’il recule le talon pour peser sur la commande d’un frein énergique dont le sabot est tangent à la circonférence du volant. De la main droite, la personne arrière dirige le véhicule au moyen d’une roue horizontale qui, par un engrenage très simple, incline à droite ou à gauche les roues d’avant, la direction étant en somme celle des tricycles Olympia encore usités il y a trois ou quatre ans. De la main gauche, le conducteur tient un levier presque vertical, légèrement penché en avant et qui lui permet, en quelques mouvements, de réaliser
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- Le tricycle tandem de M. Bollée.
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- LA NATURE.
- plusieurs manœuvres importantes : s’il pousse ce levier en avant, il tend la courroie de transmission et fait par conséquent démarrer le véhicule aussitôt que le moteur a été mis en marche à l’aide d’une manivelle, selon le procédé connu; si, à la position médiane du levier, il en tourne à droite ou à gauche la poignée, il embraye le moteur sur l’une ou l’autre des trois vitesses; enfin, s’il ramène le levier en arrière, il détend la courroie, par conséquent supprime la transmission, et en même temps serre un deuxième frein sur la roue motrice.
- Au résumé ce tricycle ne constitue pas une invention, mais un ensemble de dispositions heureuses d’inventions connues. M. Bollée, se rappelant Molière, a pris son bien où il le trouvait, et il a eu raison. Le succès qu’il a eu à Paris lors de son trop court {tassage le lui a bien prouvé. Ajoutons que ce tricycle, qui porte une provision d’essence suffisante {tour 120 kilomètres, ne dépense guère plus de 2 centimes par kilomètre, et que, si sa direction est à la portée de toutes les mains, son prix d’achat se rapproche de la portée de toutes les bourses moyennes. M. Bollée a eu là une conception bien nette, suivie d’une très habile exécution, de la voiturette automobile construite selon les principes du cyclisme, et pour laquelle une si énorme clientèle est déjà prête. Son plus grand mérite, et c’en est un bien réel, consiste à être arrivé premier dans cette Yoie. L. Baudry de Saunier.
- L’EXPOSITION D’ÉLECTRICITÉ
- DE LA (( SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DES ÉLECTRICIENS ))
- Nos lecteurs savent que la Société internationale des électriciens a organisé une exposition qui a eu lieu dans les salons de la Société d'encoaragetnenl les 2, 5 et 4 mai. Cette exposition a été très visitée; nous allons en faire connaître à nos lecteurs les principales parties.
- D’une manière générale l’Exposition ne renfermait pas de grande découverte destinée à amener des changements notables dans l’état actuel de l’industrie électrique; on y trouvait de nombreux appareils de détail qui ont montré tous les perfectionnements survenus depuis quelques années et qui ont nettement établi que l’énergie électrique pouvait rendre de grands services dans les foyers domestiques. Une distribution a été installée en courants continus et en courants alternatifs, et tous les appareils ont fonctionné sous les yeux des visiteurs. La lumière du jour a été supprimée, et les lampes ont toutes été allumées le jour, comme en pleine nuit. L’énergie était fournie par le réseau du secteur de la rive gauche, qui alimeniait deux transformateurs, l’un de 25 kilowatts et l’autre de 10 kilowatts à 250 volts. Pour fournir également des courants continus, un transformateur de 10 kilowatts desservait un convertisseur ou moteur synchrone combiné sur le même arbre avec une dynamo génératrice à courants continus, donnant 140 volts et 40 ampères à 1250 tours par minute; un moteur asynchrone spécial à courants alternatifs servait uniquement au démarrage. La machine à air comprimé de 15 chevaux de la Société d’Encouragement servait également pour actionner une machine à courants continus et fournir du courant à quelques exposants.
- Dans la salle du rez-de-chaussée, les secteurs ou compagnies d’électricité de la ville de Paris ont organisé une exposition collective faisant voir l’intérieur d’un appartement pourvu d’une distribution d’énergie électrique. C’est d’abord la salle à manger, garnie d’une table splendidement ornée avec lustres et lampes, et motifs de décoration électriques. Vient ensuite le salon, avec des guirlandes formées de petites lampes électriques de grandeurs variables et imitant des chaînes. Dans le cabinet de toilette, des lampes sont répandues à profusion à gauche et à droite et permettent d’observer intégralement toutes les images détachées dans la glace. Enfin, dans une petite cuisine placée sur le côté, nous trouvons des radiateurs de 8 ampères, des chauffe-plats de 2,5 et 5 ampères sur lesquels chauffe un bifteck; un cuisinier vous fait cuire une côtelette, l’eau chauffe pour le thé dans une bouillotte qui consomme 5 ampères. Cette exposition est réellement intéressante pour montrer au public quelques-unes des applications possibles de l’énergie électrique. Ces applications ont leur intérêt. « Je payerai le prix qu’il faudra, me disait un jour une personne désirant s’abonner à un secteur, si je puis le matin me procurer un peu d’eau chaude par une simple manœuvre et sans être obligé d’allumer le gaz. » Une bouillotte réservée à cette usage doit donc aussi figurer dans le cabinet de toilette ; et quelles ne sont pas les autres applications que l’on pourrait trouver encore?
- Si nous continuons notre promenade dans les diverses salles, nous trouvons une série d’appareils, déjà connus en grande partie, mais qu’il est bon d’observer de nouveau. Dans le vestibule d’entrée, mentionnons le signal automatique d’alarme qui a pour nom la Sentinelle, et qui consiste en divers contacts de sonnerie établis sur une horloge. Ce signal fonctionne et prévient le veilleur chaque fois que l’heure est arrivée de faire un service; si, après un temps déterminé, le service n’est pas rempli, elle prévient le directeur de l’usine par une sonnerie spéciale.
- Dans la salle de l’entresol, nous trouvons M. Radiguet avec ses ingénieux petits appareils pour amateurs, une installation d’éclairage électrique avec piles, petites machines à vapeur, allumoir automatique, électrophore, appareils pour rayons de Rontgen, etc. La maison Ducretet et Lejeune nous montre ses nombreux appareils pour répéter les expériences de Tesla, de Rôntgen, avec écrans fluorescents; nous voyons aussi la machine à courants continus et polyphasés et divers appareils, boîtes de résistances, creuset, compteur électrique. La maison V. Reclus présente une distribution d’heure et de sonneries, ainsi que divers modèles de cloches électriques et de grandes horloges. La maison Gaifl'e a construit divers appareils électro médicaux. M. Bonetti nous montre une machine statique à grand débit, des ozoneurs électrostatiques, et des tubes de Rontgen actionnés par une machine statique. Le Dr Foveau de Courmelles expose des tableaux muraux rhéostatiques pour courants de ville, des appareils pyrogalvaniques et divers autres appareils. M. Patin a fabriqué des petits alternateurs pour médecins, ainsi que de petits moteurs à courants alternatifs de 1 cheval, et un grand ampèremètre pour courants continus et alternatifs. La maison Parvilléc frères nous montre un tableau complet de divers modèles d’isolateurs, de ferrures et d’accessoires divers en porcelaine; ce tableau donne de précieuses indications sur les modèles d’isolateurs à employer dans une installation.
- Dans la salle B, au premier étage, sont installés les récipients en verre moulés par le procédé Appert, à la
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- LA NATURE.
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- manufacture des glaces et produits chimiques de Saint-Gobain, Chauny et Cirev, pour bacs rectangulaires, cylindriques, et pour isolateurs. Nous voyons ensuite divers modèles d’accumulateurs Tudor, dont un de 120 ampères-heure à une charge de 500 ampères, des accumulateurs Blot, des moteurs électriques de la maison Lépine, un grand nombre de petits moteurs et de petites dynamos à courants continus, alternatifs et triphasés, construits par M. Blondeau, la pile siphoïde de M. A. Ridel, les innombrables appareils de M. Trouvé, les téléphones domestiques de M. Bénard. La Société Le Carbone nous montre tous les échantillons qu’elle fabrique comme charbons de lampes à arc, charbons pour piles, pour balais, pour creusets, vases poreux, filtres, etc. Dans la même salle, nous avons exposé, au nom de la Fédération générale des chauffeurs-mécaniciens, les résultats obtenus depuis 1890 par les cours d’électricité industrielle. En 1895-1890, six cours à Paris ont réuni près de 500 élèves. Un deuxième tableau montre quelques travaux des élèves ayant suivi les cours de seconde année (épissures, poses de -canalisations, petits anneaux Gramme, inducteurs, etc.). La maison Mildé donne aussi des renseignements sur l’Ecole d’apprentis électriciens qu’elle a établie dans ses ateliers.
- Nous arrivons enfin dans la grande salle A, magnifiquement ornée par les lustres les plus décoratifs et les mieux aménagés, et splendidement éclairée par des lampes répandues de tous côtés à profusion, lampes à incandescence, lampes à arc Bardon, Brianne, Cance, etc. Pour ne pas prolonger outre mesure cette description, nous nous contenterons de passer une revue rapide des objets étalés. La maison Beau et Bertrand Taillet a exposé quelques-uns de ces ravissants lustres, appliques et appareils de luxe qui ornent nos élégants salons parisiens. Le Bureau de contrôle, dirigé par notre excellent ami G. Roux, nous fait voir les progrès qu’il accomplit tous les jours. Viennent ensuite les lampes à arc Brianne, les nombreux appareils si utiles et si pratiques de la maison Arnoux et Chauvin, dont nous avons déjà parlé à plusieurs reprises, un nouveau modèle de compteur Brillic avec divers perfectionnements. M. L. Rau, ancien directeur de la Compagnie continentale Edison, a offert à la Société des électriciens la première lampe à incandescence fabriquée en France en 1882 à la Société Edison à Ivry-sur-Seine; cette lampe était exposée. Les anciens établissements Clémançon, la Compagnie générale de travaux d’éclairage et de force, qui ont accompli des prodiges pour l’installation si précipitée de cette exposition, nous font apprécier un appareillage des plus soignés pour installations, coupe-circuits, interrupteurs, douilles, raccords isolants, griffes, bras, etc. Mentionnons, en particulier, un interrupteur avec coupe-circuit de 1000 ampères, des interrupteurs à cinq pôles, un tableau sur marbre pour marche à trois fils.
- La maison Carpentier fait entendre un piano enregistreur, elle nous fait voir aussi un grand chronographe universel à entraînement électrique, un nouveau modèle de bobine d’induction de Ruhmkorff à isolant liquide, et le mégohmmètre qu’elle construit. La maison Soleau a décoré magnifiquement l’estrade du fond avec toutes sortes de lustres et de bronze et entre autres avec un splendide motif de Chéret. Nous trouvons ensuite successivement les appareils de la Société anonyme Cance, de la maison J. Uichard, de la maison Mildé pour les installations d’éclairage, les compteurs de la Compagnie pour la fabrication des compteurs, le compteur Déjardin, les globes Fré-dureau, les postes téléphoniques domestiques Ch. Mildé,
- les lampes à incandescence homogènes de la Société anonyme pour la transmission de la force, les lampes de la Compagnie générale des lampes à incandescence, les lampes Cruto, etc. En cfe qui concerne la Compagnie pour la fabrication des compteurs, nous signalerons tout spécialement le bipolaire disjoncteur qu’elle a construit pour limiter l’intensité traversant le compteur à une valeur déterminée dans le cas de court circuit sur une installation.
- Au milieu de la grande salle, étaient encore installés les expositions de la Société industrielle des téléphones, qui nous montre un choix complet d’appareillage très assorti, une lampe à arc système de Courval à courants alternatifs fonctionnant parfaitement par 5 en tension sur 110 volts, divers petits interrupteurs et un allume-cigare.
- M. Vedovelli nous soumet divers modèles de fantaisies en perles pour lampes à incandescence, fantaisies qui seront certainement appréciées pour les éclairages intérieurs. La maison Genteur construit toutes sortes d’appareils pour usines et installations. MM. Durand et Guinier construisent des plafonnières remarquables et divers appareils très soignés. M. Doignon nous montre divers modèles de mo-
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- teurs de faible puissance à courants continus, allant à 2 et 5 kilogrammètres par seconde. Les uns actionnent un ventilateur, d’autres une machine à coudre et un tour.
- En résumé, cette exposition a été un exemple intéressant et frappant de quelques appareils se rapportant à l’industrie électrique, et il y a lieu de féliciter hautement la Société internationale des électriciens, et en particulier son ancien éminent président, M. Potier, pour les succès si légitimement acquis. J. Laffaugue.
- LE TRANSPORTEUR TEMPERLEY
- L’outillage des grands ports de commerce reçoit incessamment des perfectionnements qui ont pour objet de réduire au minimum le temps nécessaire à la manutention des marchandises (déchargement des navires, mise en magasin ou sur wagons, etc.). Après avoir employé des grues à vapeur isolées, on a, sur un grand nombre de quais, établi, pour les appareils de levage, des distributions générales de force motrice au moyen de l’eau sous pression, et Ton tend aujourd’hui à remplacer ce mode de commande par Télectrieité. Mais quel que soit le mode de transmission de la force motrice employée, on reproche aux grues actuelles des quais de ne déposer les charges enlevées aux navires qu’en décrivant autour d’un axe vertical des arcs de cercle dont l’amplitude est variable. Il en résulte une augmentation considérable du chemin parcouru par les charges par rapport à la distance rectiligne qu’elles ont réellement à suivre ; d’autre part, le mouvement de rotation ne peut avoir qu’une vitesse très faible, et il en est de même pour la mise en train et l’arrêt à cause de l’inertie des masses émouvoir.
- On conçoit donc qu’il y aurait de très sérieux avantages à obtenir un transport en ligne droite, et à simplifier en même temps les appareils de levage. Ces résultats sont obtenus par le transporteur Temperley que nous avons cité sommairement dans un article sur les types divers de transport de charbon1. La figure 1 donne une vue générale
- 1 Voy. n° 1192, du 4 avril 1896, p. 276.
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- de cette installation exécutée par M. Chagnaud, entrepreneur de ces travaux. Nous y reviendrons plus loin après avoir donné les détails nécessaires sur l’appareil Temperley, que nous empruntons à une communication de M. P. Guéroult à la Société des ingénieurs civils de France.
- 11 se compose d’un chariot spécial auquel vient s’accrocher la charge et qui se meut sur une poutre en acier à section de double T. Cette poutre porte à son extrémité une poulie sur laquelle s’enroule le càhïe du treuil de manœuvre. Sous la semelle de l’aile inférieure de la poutre qui sert de chemin de roulement au chariot, on remarque des ressauts ou des évidements correspondant aux divers points où la
- charge doit être successivement descendue ou levée.
- Le chariot mobile (fig. 2 à 7) est disposé de manière à se fixer automatiquement sur la poutre lorsque la charge doit recevoir un mouvement d’élévation ou de descente. Cette immobilisation se produit toutes les fois que la charge, par suite de son ascension, vient se suspendre au crochet du chariot mobile, ou que celui-ci, par son mouvement sur la poutre, vient rencontrer les ressauts ou évidements déjà mentionnés.
- La figure 2 représente le chariot dont un des flasques du bâti a été supposé enlevé, fie bâti sert de support à quatre galets roulant sur l’aile inférieure de la poutre et porte l’axe de la poulie sur
- Fig. 1. — Transporteur Temperley à Clichy.
- laquelle passe le câble de treuil. Autour de cet axe peut pivoter le crochet de suspension de la charge. Ce crochet, formé de deux tôles découpées entre lesquelles passe la poulie, présente trois branches : l’une constitue le crochet proprement dit, la suivante porte le cliquet à fourche dont le talon vient buter sur les dents d’une plaque de garde, et enfin la troisième, à l’extrémité de laquelle est une entre-toise qui, en s’engageant dans l’évidement e de la simple came, détermine la rotation de cette pièce, le déplacement simultané de Taxe mobile et la rotation de la double came. La dent de celle-ci se dégage alors de l’évidement et permet au chariot de se déplacer sur la poutre, quand la balle placée à l’extrémité du câble de treuil est venue, après avoir soulevé le cliquet, buter sur la branche médiane du
- crochet, et la fait tourner autour de son axe.
- L’accrochage s’effectuant automatiquement et la balle reposant sur le crochet du chariot mobile, les pièces du mécanisme prennent la position de la figure 5. On y voit que la dent de la double came ne pouvant plus s’engager dans les évidements des ressauts, le chariot sera libre de desc mdre ou de monter le long de la poutre. Par contre, lorsque la dent rencontrera un ressaut ayant une saillie plus grande que ceux placés dans le trajet entre les deux extrémités de la poutre, elle fera tourner la double came, et ce mouvement de rotation ramènera toutes les pièces du mécanisme dans la position de la figure 2 : dès lors, en laissant aller le câble, la marchandise pourra descendre.
- Pour fixer le chariot à l’an des points correspon-
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- mû
- dant aux ressauts et évidements disposés sur la semelle de l’aile inférieure de la poutre, l’homme préposé au treuil fait dépasser par le chariot le point en question, puis le ramène en sens inverse. Dans le premier mouvement, le linguet fixé sur la double came remonte la pente donnée à la poutre et ne permet pas à l’arrêt de ladite came de s’engager dans un évidement ; mais comme le moyeu du linguet est maintenu par un ressort à boudin dans toutes les directions imposées par la réaction des ressauts, le mouvement donné en sens inverse fait tourner la double came autour de son axe, et les pièces mobiles prennent les positions de la ligure 2, dans lesquelles la charge est susceptible de montée ou de descente.
- L’axe o mobile,commun aux deux cames et qui doit assurer la fixation du chariot, est guidé dans deux coulisses rectilignes pratiquées dans les llasques du bâtis.
- L’inclinaison de la poutre facilite le mouvement du chariot dans le sens contraire à celui duhalage, quand on veut fixer le chariot dans une position déterminée.
- La suppression du mouvement de rotation permet de réduire à son minimum le trajet parcouru par la charge : il en résulte un accroissement considérable dans la rapidité des opérations. M. P. Guéroult cite, à cet égard, la comparaison qu’il a laite au Havre des résultats obtenus simultanément par une grue hydraulique et un transporteur Temperley desservant les deux écoutilles d’un cargo-boat chargé de blé en sacs : le transporteur faisait 40 opérations à l’heure avec 10 à 12 sacs de 120 kilogrammes, et la grue le même nombre avec 6 sacs, soit pour le premier 48 à 50 tonnes et pour le second 28 tonnes à l’heure.
- L’installation du chantier de M. Chagnaud (fig. 1) comporte un appareil fixe établi sur un pont de service en charpente au-dessus du chemin de halage.
- La poutre a 16 mètres de longueur. Au droit des palées de rivière viennent se placer les bateaux apportant les matériaux, et un train de 6 wagonnets est refoulé par une locomotive jusqu’à l’extrémité du pont. Le transporteur, actionné par un treuil électrique, prend successivement la caisse de chaque wagonnet, la descend sur le chaland, puis la remonte pleine et la repose sur son truck. L’opération s’exécute avec une rapidité et une précision parfaites. La force de l’appareil est de 1400 kilogrammes et il peut manutentionner 50 tonnes à l’heure. 11 emploie un
- potentiel de 60 ampères à 200 volts. Deux trains sont généralement en attente, l’un occupé au chargement, l’autre garé par la locomotive sur une seconde voie et qu’elle amène après avoir dégagé le premier dès qu’il est rempli.
- Nous avons cité particulièrement cette installation parce qu’elle donne toute satisfaction et qu’on peut la voir actuellement en fonctionnement sur la rive droite de la Seine, à Clichy, mais il y aurait beaucoup d’autres applications du transporteur Temperley intéressantes à signaler, soit en appareils fixes, soit en appareils mobiles. Nous nous bornerons à indiquer une opération très curieuse et admise aujourd’hui dans toutes les flottes européennes, celle du ravitaillement en combustible d’une flotte en pleine mer et en marche à l'aide de transporteurs Temperley : on peut établir l’appareil soit sur le navire ravitaillé lui-même, soit sur l’autre. En 1894, l’Amirauté anglaise, dans un essai fait sur le Royal Sovereign, l’un de ses plus puissants cuirassés, a constaté que par une mer calme et sous une vitesse de 10 nœuds à l’heure, on avait pu faire passer d’un bord à l’autre 40 tonnes à l’heure et par appareil. A Toulon, en 1895, le Richelieu a été ravitaillé également en pleine mer à la vitesse de 6 nœuds 1/2
- Linguetfaisant entrer la dent delà double came dans l'arrêt
- Linguet retroussé par l'arrêt.
- . F.g.5
- Linguet
- avant d'être retroussé
- Chariot se mouvant sur la poutre la charge étant suspendue au crochet.
- Double came
- Chariot verrouillé sur lapoutre le cable étant libre de lever oude descendre lacharge.
- \Sjmpfe came
- Pdu / ie
- Flasque J
- Crochet
- \ Poulie
- >.suspension
- Crochet
- l/ne dos flasque# du. bâti' <it*> chariot a été supposée f/iZraw fxrnr laisser ooir lcr cames et autres organes.
- Cheville
- Extrémité laplus basse de la poutre montrant le dernier arrêt et les blocs de bois
- Fig. 2 à 7. — Schéma du transporteur automatique. Temperley.
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- et à raison de 50 tonnes de charbon «à l’heure.
- Ces essais ainsique l’installation faite par M. Cha-gnaud montrent ce qu’il est possible d’attendre des transporteurs Temperley : ils n’exigent d’ailleurs qu’un treuil mû par la vapeur, le gaz, le pétrole ou l’électricité, et se prêtant aussi bien aux installations provisoires qu’aux installations fixes. G. Richou, Ingénieur des Arts et Manufactures.
- L’INDUSTRIE AURIFÈRE
- DU TRANSVAAL
- La fin du dix-neuvième siècle, où nous vivons, méritera d’être appelée plus tard un âge d’or, non pas au figuré malheureusement, mais au sens propre du mot. A tous les coins du globe, en effet, il semble que fou trouve, chaque jour, de nouvelles sources, d’où le métal précieux ruisselle à flots. C’est un peu une mode de les chercher, c’est un peu un hasard de les rencontrer; mais cette mise en valeur simultanée de tant de gisements d’or est aussi le résultat naturel de tout un ensemble de circonstances économiques et sociales très complexes : prise de possession rapide de la terre par la civilisation, malaise industriel général poussant à de nouvelles entreprises, surabondance de la production en toutes choses contribuant à la baisse progressive de l’intérêt, fuite des capitaux effarés, d’une part vers les placements lointains, où ils se croient plus en sûreté que dans nos vieux pays malades, de l’autre vers cette industrie spéciale de l’or, dont il semble que le produit échappe aux lois générales du commerce et ne puisse diminuer de valeur, etc.
- La conséquence visible est l’ouverture continuelle de nouveaux champs d’or : un jour, dans l’Afrique du Sud ; le lendemain, en Australie Occidentale; puis en Nouvelle-Zélande; dans l’Oural; en Sibérie, dans la province de l’Amour; ou encore au Venezuela; en Colombie; dans les Guyanes; au Colorado, dans le fameux district de Cripple creek; jusqu’aux abords du cercle polaire, dans l’Alaska, etc.
- Toutes les parties du monde ont concouru à cet accroissement extraordinaire de la production de l’or qui, en huit ans, l’a fait passer presque du simple au double : 160000 kilogrammes en 1888, 311 000 en 1895. Mais, entre tous les pays, le Transvaal a participé puissamment à cet essor, puisque sa production, qui était nulle en 1886, a atteint 77 000 kilogrammes en 1895, laissant ainsi derrière elle celle de tous les autres pays, y compris les États-Unis et l’Australie. Ce n’est donc pas uniquement par un effet de la réclame ou des spéculations auxquelles les actions de ses mines ont donné lieu, que ce pays occupe autant l’attention depuis quelques années, et si, comme on l’a dit, un milliard de l’épargne française est allé s’engouffrer dans cette industrie transvaalienne, ce milliard du moins, à la condition qu’il ait été placé, comme on doit le
- croire, avec quelque discernement, sert à faire vivre, dans l’ensemble, une entreprise colossale et très sérieuse, qui le rémunérera dans l’avenir plus ou moins largement : ce n’est peut-être pas de l’argent placé à aussi gros intérêts que certains enthousiastes l’ont cru; mais c’est très loin d’être, comme on l’a prétendu, de l’argent jeté à la mer.
- Dans le Transvaal même, il est un district favorisé entre tous, c’est le Witwatersrand, dont le centre est à Johannesburg et dont la seule production, très loin encore d’avoir atteint son apogée, a, en 1895, dépassé 70 000 kilogrammes, ou 207 millions de francs. Jamais, sans doute, pareille accumulation d’or n’avait été rencontrée par l’homme dans l’écorce du globe. Il est donc intéressant d’étudier ce gisement et de dire comment s’y présente l’or, comment on l’en extrait, et comment on l’élabore. C'est ce que nous allons essayer de faire1.
- lu Géologie des gisements et nature des minerais. — Les gisements d’un métal quelconque peuvent, on le sait, se présenter sous quatre formes principales : inclusions plus ou moins disséminées dans une roche éruptive ; filons ; dépôts sédimentaires de préparation mécanique et dépôts sédimentaires de précipitation chimique. D’une façon générale, les sédiments sont plus recherchés que les filons, pour cette double raison que la régularité de leur dépôt est beaucoup plus grande et qu’en outre, ayant été formés à peu près horizontalement, ils ont, malgré les accidents géologiques postérieurs qui ont pu les déplacer, une moindre tendance à s’enfoncer rapidement à de grandes profondeurs que les filons, toujours à peu près verticaux.
- Pour l’or, on connaissait, depuis longtemps, les trois premières formes de gîtes, c’est-à-dire les inclusions, les filons et les placer s, ou dépôts de préparation mécanique; les gîtes du Witwatersrand semblent, au contraire, représenter une forme, jusque-là inusitée (au moins en de grandes proportions), celle des dépôts de précipitation chimique aurifères. Nous disons, semblent, parce qu’il y a là une hypothèse théorique encore débattue; mais, en tout cas, quelle que soit leur origine, ils se comportent pratiquement — et c’est là l’essentiel — comme s’ils étaient de véritables dépôts sédimentaires ; c’est-à-dire qu’on exploite là des couches de minerai d’or absolument comme ailleurs on peut exploiter des couches de fer ou de houille, ou simplement des bancs de pierre de taille.
- De là vient, en grande partie, l’extraordinaire fortune de ce district ; car il ne faudrait pas s’imaginer, d’après les produits considérables qu’il donne, que les minerais y sont spécialement riches; au contraire, leur teneur est, en général, assez faible et
- 1 Nous ne pouvons donner ici qu’un très bref résumé de ce sujet, que nous venons de traiter longuement dans un ouvrage d’ensemble, intitulé : Les Mines d’or du Transvaal, géographie, histoire, organisation financière, géologie, exploitation, métallurgie, résultats économiques (1 vol. de 530 p. chez P. Baudry, éditeur à Paris).
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- l'on n’y trouve nulle part ces belles cristallisations d'or natif, prêtes à être montées en épingles de cravate, qui font, dans d’autres régions, l’admiration des visiteurs et qui, en même temps, introduites à propos dans un broyage d’essai, fournissent des teneurs, qualifiées de moyennes, propres à éblouir les plus sceptiques. En moyenne, la teneur des minerais du Witwatersrand, dans les exploitations actuelles, est d’environ 20 grammes, soit 60 francs d’or à la tonne; comme les irais oscillent, le plus souvent, autour de 55 francs, il reste environ 25 francs de bénéfice par tonne, il est, dès lors, à prévoir que l’on exploitera, de plus en plus, à mesure que l’industrie se développera, toute une catégorie de minerais, négligés jusqu’ici, mais pouvant encore donner des bénéfices, et que, par suite, la teneur moyenne tendra à diminuer encore. D’une façon générale, dans un district aussi étendu que celui-là, et où l’on dispose de masses de minerais pauvres en quantités presque illimitées, la valeur du rendement moyen doit avoir une tendance logique à se rapprocher peu à peu du prix de revient, puisque tous les minerais de valeur supérieure donnent encore un certain profit et que l’on a, par suite, avantage à les traiter.
- La seule circonstance qui empêche l’accomplissement absolu et immédiat de cette loi en maintenant la teneur moyenne assez élevée, c’est que la main-d’œuvre fait défaut, que les installations manquent et que, par suite, dans la hâte fébrile où l’on est de donner le plus vite possible des résultats financiers, on commence, tout naturellement, par s’attaquer aux minerais les plus riches, avec lesquels les bénéfices sont des plus considérables.
- Les minerais du Transvaal présentent un aspect très spécial et, la première fois qu’on en voit un échantillon, on a peine à croire que ce soit là réellement un minerai d’or : « bien pauvre », est-on porté à s’écrier, et pauvre, en effet, minéralogiquement; car qu’est-ce que 20 grammes d’or par
- 1
- 1000 kilogrammes de minerai? Une teneur de r-.
- ° 50 000
- alors que, pour un minerai de fer, par exemple, la
- ..... ... 15000 A ., m
- teneur exploitable serait (le ^ (50 pour 100),
- soit 15 000 fois plus forte; dans un échantillon de taille normale, pesant environ 500 grammes, que l’on peut avoir en mains, il ne doit y avoir, en moyenne, que 6 milligrammes d’or; il est donc peu surprenant que ces 6 milligrammes d’or soient absolument invisibles à l’œil nu, et qu’il faille prendre un microscope pour les découvrir à grand’peine, ou plutôt faire subir à la roche un travail compliqué de broyage et de préparation mécanique pour arriver à les isoler.
- Ces minerais sont constitués par un poudingue, un conglomérat, une sorte de nougat, formé de galets de quartz stériles soudés les uns aux autres par une pâte siliceuse, dans laquelle sont dispersés des cristaux de pyrite de fer, auxquels l’or est associé.
- Cette nature du minerai, qui n’est pas douteuse et
- dont on se rend aisément compte en l’examinant avec un peu de soin, sautait, pour ainsi dire, aux yeux dans la partie superficielle des gisements, sur laquelle ont porté les exploitations dans les premières années.
- Là, en effet, la pyrite de fer ayant été décomposée et dissoute, ou transformée en oxyde de fer par la circulation des eaux superficielles, toujours chargées d’oxygène de l’air dans les couches du sol voisines de la surface, il en était résulté, à la place de ces cristaux de pyrite, toute une série de petits trous, rendant la roche friable et presque désagrégée. Mais surtout, comme la pyrite de fer est tout parliculiè-ment concentrée sur le pourtour des galets de quartz, qu’elle semble envelopper, ces galets s’étaient trouvés séparés du ciment encaissant, et reposaient seulement, comme de grosses billes, dans leurs alvéoles, en sorte que le moindre coup de marteau les en détachait; on voyait alors parfois, dans le vide laissé par le galet, apparaître un peu d’or natif, que la disparition de la pyrite, où il était d’abord renfermé, s’était trouvé mettre en évidence; et c’est même ainsi, par la facilité spéciale que l’on a eue, tout d’abord, à recueillir cet or libre dans des appa-
- Fig. \. — Section d’une couche aurifère (South Rcef) en demi-grandeur naturelle.
- reils très rudimentaires, ou même à l’apercevoir directement, que l’attention a pu être appelée, au début, sur ces roches d’un aspect inusité, où rien ne semblait indiquer la présence abondante et continue d’un métal précieux.
- Aujourd’hui que les exploitations sont descendues à de grandes profondeurs, atteignant déjà souvent 500 mètres suivant la verticale, il n’est plus question de cette désagrégation superficielle et l’on trouve, au contraire, des roches, dans lesquelles les galets sont tellement soudés au ciment encaissant, que le tout se fend ensemble, suivant un plan, sous les coups de marteau, et que la nature du minerai apparaît seulement par la forme des sections des galets se détachant en clair ou en foncé sur la pâte, un peu comme, dans les marbres noirs du terrain carbonifère, se dessinent en blanc les coupes des fossiles. Ce qu’on voit, en résumé, c’est une roche ayant l’air presque entièrement formée de quartz, avec des taches plus ou moins accentuées, qui sont des galets, et, de place en place, les traînées brillantes de la pyrite. Comme ces galets de quartz sont souvent très peu arrondis, mais, au contraire, anguleux, ou du moins à peine émoussés, nous avons vu plus d’une personne, en les examinant sur un échantillon isolé, dire : « Mais c’est là une simple brèche de dislocation mécanique, analogue à celles que l’on rencontre constamment dans les filons de quartz
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- pyriteux et aurifère connus dans tous les points du du monde ». En réalité, l'origine sédimentaire des bancs de conglomérats qui renferment l’or (sinon de l’or lui-mème) n’est nullement contestable.
- Nous venons de dire que les couches aurifères n’étaient pas extraordinairement riches; sont-elles du moins très épaisses? A ce propos, plus d’un lec-
- teur sera sans doute étonné d’apprendre que la figure l ci-jointe lui représente en demi-grandeur naturelle l'épaisseur complète d'une des couches les plus riches du Witwatersrand, le South Recf, en un point où elle est très fructueusement exploitée.
- Cela ne veut pas dire, bien entendu, que l’épaisseur est toujours aussi faible; elle peut facilement
- Fig. 2. — L’affleurement d’une couche d'or. (Mine de Buffelsdoorn.)
- atteindre. 2 ou 5 mètres pour la couche principale, dite le Main Rccf, et, en moyenne, dans les calculs relatifs à la valeur d’une concession, on estime cette épaisseur à environ 1 mètre; mais, quand on admet cette moyenne de 1 mètre, cela tient plutôt aux nécessités de l’exploitation qu'aux conditions memes du gisement. Il ne faut pas croire, en effet, qu’une couche de minerai se distingue des couches stériles qui l’accompagnent, comme un livre des livres qui
- le touchent dans une bibliothèque; en réalité, la distinction, entre le minerai et le stérile se fait par un passage progressif et la limite en est parfois toute conventionnelle; des deux côtés du banc aurifère proprement dit, il y a souvent encore une certaine teneur en or, et la nécessité d’abattre une hauteur suffisante pour pouvoir placer des ouvriers dans les chantiers conduit normalement à extraire d’abord, puis à broyer sous les pilons de l’usine, les ro-
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- ches correspondant à cette épaisseur d’un mètre.
- Ainsi donc, en résumé, les couches de minerai du Transvaal ne sont ni très riches, ni très épaisses;
- mais l'allure sédimentaire de ces dépôts fait qu’ils présentent une continuité, une constance relative dans la teneur, absolument inconnues jusqu’alors
- Fig. 4. — Un chantier d’abattage en exploitation. (Mine de Salisburv.)
- Fig. 5. — Installations extérieures. A gauche, la batterie; à droite, le chevalement du puits incliné. (Mine de Geldenhuis Estate.)
- pour les filons d’or ; là est le secret de leur fortune et c’est pour cela seulement qu’il a pu s’y créer, sur une zone d’affleurements atteignant déjà 60 ki-lomèties de long et chaque jour s’allongeant à
- mesure que les découvertes se poursuivent, une ligne d’exploitations minières à peu près continue, telle que les bassins houillers, par exemple, en présentent fréquemment, mais telle que
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- l’on n’était pas habitué à en rencontrer pour l’or.
- Dans le sens perpendiculaire également, suivant l’inclinaison des couches, où les progrès de la mise en valeur sont nécessairement moins rapides, parce qu’ils exigent des travaux de recherches coûteux, on a pu déjà, après la première ligne de concessions d'affleurement, en travailler une seconde, ne possédant pas l’affleurement des couches aurifères et, par suite, dite de niveau profond (de deep level), puis une troisième. En raison de la pente des couches, qui, assez forte souvent à l’affleurement, paraît, d’une façon générale, tendre à diminuer en profondeur, la plupart des ingénieurs du pays estiment qu’on pourra exploiter fructueusement une zone de 1200 à 1500 mètres de large, et les enthousiastes ont môme été prendre des concessions (piquer des daims, suivant l’expression consacrée) jusqu’à 5 kilomètres de l’affleurement. En admettant seulement une bande de 1 kilomètre de large sur 60 kilomètres de long, faisant le cube approximatif du minerai qu’elle peut contenir et partant de cette remarque générale que les territoires des récentes compagnies du Rand sont calculés, en moyenne, de façon à contenir 2 millions de tonnes de minerai, on voit qu’il reste encore de quoi alimenter nombre de sociétés nouvelles ou n’étant arrivées, jusqu’ici, à aucun résultat pratique; car les compagnies ayant commencé à donner une production d’or ne dépassent pas le nombre de 75 : ce qui est, d’ailleurs, déjà, en soi-même, un chiffre très considérable.
- Cette accumulation, sur un même point, d’innombrables sociétés, se touchant les unes les autres, a des conséquences générales qu’il est aisé de prévoir ; comme l’or est un produit, pour la vente duquel il n’existe pas encore de concurrence, la rivalité entre les mines ne peut exister que pour se procurer la main-d’œuvre noire, et là elle cause une gêne sérieuse; mais, par contre, la concentration dans un aussi petit espace d’une si énorme industrie y a amené déjà la création d’une grande ville, avec un réseau de voies ferrées, le développement de mines de houille en état d’alimenter les mines d’or, en un mot l’organisation de tout le pays et le groupement de tous les intérêts dans le seul but de favoriser le développement de ces travaux miniers. Ce sont là des avantages dont ne pourra jamais jouir une mine isolée dans un district lointain, et, si nous faisons remarquer, en outre, combien le rapprochement de ces mines lacilite leur surveillance réciproque et diminue, par suite, les dangers de fraude, on connaîtra les principales raisons pour lesquelles ces mines du Witwatersrand ont conquis à tel point la faveur des. capitalistes de tous pays et pourquoi l’on y accepte volontiers des taux de capitalisation qui, ailleurs, avec moins de sécurité, de régularité dans le gisement et de facilités d’être bien renseigné, paraîtraient parfois très insuffisamment rémunérateurs.
- Nous avons dit que les dépôts aurifères du Witwatersrand étaient des couches de conglomérats. Ces couches présentent une direction générale est-ouest.
- avec un plongement vers le sud ; mais, à une distance variable entre 50 et 60 kilomètres' dans la direction du sud, on retrouve d’autres couches semblables plongeant, au contraire, vers le nord et qui ont quelques chances pour constituer la réapparition des premières de l’autre côté d'un thalweg souterrain, c’est-à-dire d’un pli synclinal, dont diverses autres observations de géologie générale semblent également prouver la présence.
- Ce synclinal est, croit-on, connu, dès à présent, sur environ 180 kilomètres de long, depuis Ruflelsdoorn au sud-ouest jusqu’à Modderfontein au nord-est, et l’on conçoit très bien la possibilité théorique de rencontrer son prolongement au delà.
- Sur toute cette étendue, les dépôts peuvent présenter des variations locales; mais leurs caractères généraux restent les mêmes et rien n'indique, par exemple, ni dans le sens nord-sud, ni dans le sens est-ouest, qu’en approchant de leurs extrémités connues, on approche des bords du bassin où ils ont pu se former.
- Si l’on ajoute à cela que, dans diverses autres régions du Transvaal et des pays voisins, on retrouve des conglomérats semblables (sauf la teneur en or), dans la même position stratigraphique, on est amené à penser que le synclinal actuel du Witwatersrand pourrait bien être seulement un lambeau d’une grande formation, plissée par un phénomène géologique et démantelée dans ses parties hautes par l’érosion.
- Ce que nous disons là ne s’applique, d’ailleurs, bien entendu, qu’aux conglomérats, considérés en temps que terrain géologique ; car l’or, qui fait leur valeur et leur intérêt pratique, a infiniment de chances pour n’y constituer qu’un phénomène accidentel et destiné à disparaître à une distance plus ou moins grande de la région actuellement exploitée.
- Dans la zone même des exploitations, la richesse est très nettement répartie par taches, que séparent des zones pauvres plus ou moins larges, et aucune de ces taches riches n’a encore, jusqu’ici, donné des rendements comparables à ceux obtenus dans les plus anciennes exploitations aux environs immédiats de Johannesburg.
- L’observation des gisements et des minerais nous a conduit à penser, pour diverses raisons qu’il serait trop long de développer ici, que l’or, avec la pyrite de fer et la silice qui l’accompagnent, constituait, dans les conglomérats, un dépôt de précipitation chimique, de même nature que ceux qui se sont produits dans les fentes filoniennes et qui ont constitué les fdons et, sans doute, de même origine. Nous croyons, en outre, que cette précipitation aurifère a dû être contemporaine de la sédimentation des conglomérats.
- Nous n’entrerons pas dans le détail des diverses couches exploitées, qui forment surtout la série dite du Main Reef (ou couche principale), avec son leader (ou couche accessoire) et son South Reef (ou couche du sud), puis accessoirement celles du Rlack Reef (ou
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- couche noire), du Rietfontein Reef, du Kimberley Reef, etc., et nous nous contenterons de décrire, en quelques mots, la façon dont se font les exploitations.
- Quand le travail n’est pas encore commencé et que l’on arrive dans une région encore vierge, la couche de conglomérat aurifère, ou reef, généralement plus dure et plus résistante à l’érosion que les grès encaissants, apparaît souvent sous la forme d’une longue saillie, d’une crête, d’une sorte de muraille rocheuse dressée au milieu du plateau nu et désert (ainsi que le montre la fig. 2).
- On commence alors l’exploitation, c’est-à-dire que, s’installant sur cette crête rocheuse avec une machine à vapeur et une pompe, on commence à creuser, dans la couche de minerai, un puits incliné, qui en suit la ligne de plus grande pente, puits à partir duquel, de distance en distance, presque toujours tous les 50 mètres, on fait, à droite et à gauche, toujours dans l’épaisseur de la couche, des galeries de niveau horizontales (voir, par exemple, la iig. 5 ci-jointe), qu’on relie enfin les unes aux autres de distance en distance par de petites descenderies inclinées. Cet ensemble de tunnels, les uns inclinés, les autres horizontaux, a pour but de reconnaître l’ensemble du gisement, de savoir où en sont les parties plus ou moins riches et surtout de donner une série de points d’attaque aussi nombreux que l’on voudra, où l’on pourra ultérieurement placer des mineurs noirs (Cafres et Zoulous) pour abattre le minerai. C’est ce que l’on appelle le traçage ou développement, tandis (pic le travail ultérienr sera l’abatage (stoping).
- Pour réaliser cet abatage, on part généralement d’une galerie de niveau, le long d'un de ces petits tunnels inclinés que nous avons appelés des descenderies (winze, raise),et l’on met, d’abord, en haut de la descenderie, deux ouvriers qui, se tournant le dos, commencent à creuser la roche l’un à droite, l'autre à cauclie. Ouand ils sont suffisamment avancés, on
- O ...
- en place deux autres un peu plus bas et ainsi de çuite jusqu’à ce qu’on ait atteint la galerie inférieure.
- De la sorte, un chantier d’exploitation présente constamment la forme d’un grand triangle placé dans le plan de la couche et ayant la pointe en bas, sur les cotés duquel on a parfois 50 ou 60 noirs travaillant à la fois.
- C’est ce que nous avons cherché à représenter dans la figure h, où l’on voit une sorte de grotte inclinée comprise entre deux plans distants d’à peu près lm,50, l’un qui est le toit de la couche, l’autre qui en est le mur et limitée à droite et à gauche par deux fronts de taille allant se réunir dans le bas sur la droite. De distance en distance, quelques boisages supportent la paroi de rocher supérieure, qui pourrait s’effondrer. A travers ces boisages, on aperçoit, dans le fond, sur la gauche, les mineurs noirs occupés à forer, à coups de massette frappant sur une poin-terolle, les trous de mine qui, chargés à la dynamite, feront plus tard éclater le rocher.
- A chaque poste, c’est-à-dire deux fois par jour,
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- on produit ces explosions; on charge alors les débris de minerai dans des wagonnets et on les porte jusqu’au puits incliné, par lequel ils sont extraits au jour (fig. 5).
- Là, il ne reste plus qu’à leur faire subir un triage sommaire avant de les soumettre au traitement métallurgique destiné à concentrer et à recueillir les parcelles d’or éparses.
- — A suivre. — L. DE LaUNAY.
- L’ÉLECTRICITÉ EN ESPAGNE
- La Naiuraleza nous apprend que la Compagnie générale madrilène d’électricité a passé un marché avec la succursale de la maison Siemens et Halske de Berlin, établie à Madrid, 45, rue San-Jeronimo, pour plus de 1 million de francs de câbles destinés à étendre le réseau d’éclairage, les demandes augmentant sans cesse. La maison Siemens fournit également les câbles des stations centrales qui sont en cours d’installation à Barcelone et à Séville. La Société des Téléphones de Madrid, fondée avec le capital étranger et dont la haute administration résidait à Paris, vient d’acquérir ses lettres de naturalisation et passe à la Compagnie péninsulaire des Téléphones, dont le siège est à Barcelone. Cette Compagnie, qui doit son origine à l’énergique initiative d’un groupe de capitalistes catalans, a pour objet la centralisation du plus grand nombre possible de réseaux téléphoniques sous une direction unique et un Conseil d’administration à la tète duquel se trouve un financier de capacités reconnues, 1). Emique Parellada. En outre du réseau de Madrid et de celui de Barcelone, qui a servi de base à la Compagnie péninsulaire, d’autres se sont successivement rattachés à l’entreprise espagnole; Santander et Bilbao sont de ce nombre, et avec ces villes une foule d’autres localités importantes de la Catalogne. Si rien ne vient entraver son activité, on peut être persuadé de l’importance que prendra prochainement le Compagnie péninsulaire, qui finira par être la Société générale des Téléphones en Espagne. I).
- UN EFFONDREMENT
- PRODUIT PAR LE SABLE COULANT A BOUX (bohème)
- Aussi bien que chaque médaille doit avoir son revers, chaque industrie est fatalement accompagnée de quelque mal spécial : tantôt ce sont des maladies professionnelles qui frappent les ouvriers engagés dans l’industrie, tantôt ce sont des maux se répandant dans le voisinage : des rivières empoisonnées par les égouts, l’air empesté par les fumées et le gaz, etc. Les industries employant la vapeur — et légion en est le nombre — sont sous le coup de l’explosion, et le mal est aussi désastreux pour l’intérieur de l’usine que pour son entourage. Quant à l’industrie houillère, celle qui dessert toutes les autres aussi bien que la vie privée de l’homme, elle est inculpée, elle aussi, de péchés originaux, dont le plus connu, le plus « populaire » pour ainsi dire, est certainement l’explosion du grisou, de ce gaz fulminant qui se dégage naturellement en dedans de la couche du
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- LA NATURE.
- charbon durant des siècles géologiques de longueur inappréciable, et qui reste cloisonné dans des cavités souterraines, inconnues et perfides.
- Il y a un autre mal encore qui accompagne l’industrie minière en général et celle de la bouille en particulier: c’est le sable coulant. Heureusement celui-ci n’est pas si répandu que bien d’autres. Néanmoins le sable coulant produit des désastres, et nous en verrons un triste exemple.
- Mais d’abord demandons-nous : qu’est-ce que le sable coulant? C’est du quartz pur et fin, imprégné fortement d’eau et coulant presque aussi facilement qu’une eau boueuse. C’est un corps physique de caractère bien étrange que le sable coulant. Contenu en dedans des couches terrestres, il conserve à l’infini sa mobilité, prêt à s’écouler par un orifice naturel ou artificiel quelconque. En 1890 on creusait un puits artésien dans la ville de Schneidemühl, en Silésie (Crusse), quand tout à coup on rencontra, dans une profondeur d’unecin-quantaine de mètres, un réservoir de sable coulant.
- Aussitôt on a eu la fontaine artésienne, mais ce n’était pas ce qu’on cherchait, c’était un sinistre : figurez-vous un lac souterrain, dont l’eau, qui n’est pas une eau pure, mais un mélange coulant d’eau et de sable, réside sous le poids des couches terrestres dont la pression s’évalue dans le cas mentionné à près de 10 atmosphères. Il est clair que l’équilibre est aussitôt rompu, que le liquide trouve un échappement. Et c’est bien ce qui a eu lieu à Schneidemühl : une fontaine de sable liquide monta à une hauteur considérable, en expulsant les instruments du percement. Et en môme temps qu’une inondation sablonneuse se répandait sur la surface du sol, celui-ci s’affaissait, se creusait et se crevassait sur l’étendue du lac souterrain, en entraînant avec lui les habitations qui le couvraient.
- Mais voilà le curieux : tant que la masse coule elle conserve les qualités d’un liquide. Si un obstacle quelconque vient à l’arrêter pour un moment, ou même à ralentir sa course, la consistance de la masse change: l’eau se dégage et le sable s’affaisse, en formant une couche tellement résistante, même étant humide, que pour l’enlever ultérieurement, il faudra employer la force mécanique; quant à l’eau
- qui s’en dégage, elle coule librement sur son lit sablonneux.
- Prenons une certaine quantité de sable coulant, désséehé artificiellement, et essayons d’en faire du sable coulant. Mettons-le dans une éprouvette et versons prudemment de l’eau dessus. Instantanément l’eau est engloutie, et si l’on a mesuré le volume du sable ou bien son poids, l’on verra qu’il engloutit une quantité d’eau voisine de 50 pour 100 en volume ou bien de 120 pour 100 en poids. Le reste se tient au-dessus de la couche de sable. Si l’on perce maintenant un petit trou dans le fond de l’éprouvette, on verra l’eau pure s’écouler : le sable forme une espèce de filtre immobile. De même : en renversant l’éprouvette, on verra le sable conserver sa forme à la façon d’un bouchon. 11 suit de cette expérience qu’on n’obtient pas ainsi le sable coulant. Pour ceci il faut
- retourner l’expérience. Prenons donc de l’eau dans une éprouvette et versons-y le sable sec en filet mince, tout en agitant l’éprouvette légèrement. Alors on obtient ce gruau assez épais mais coulant facilement, qu’on nomme le sable coulant. Pour que le mélange conserve sa mobilité, deux conditions sont nécessaires: 1° la quantité d’eau contenue ne doit pas descendre au-dessous de 21 pour 100 en poids environ ; 2° le tout doit être continuellement, quoique légèrement, agité. Dès qu’on augmente la proportion ou bien qu’on interrompt l’agitation pour un instant, la masse s’affaisse, tout en retenant environ 20 pour 100 d’eau, dont le surplus, s’il existe, monte au-dessus.
- Les expériences décrites sont très décisives; mais si l’on veut en déduire l’explication pour la formation du sable coulant dans la nature, on rencontre des difficultés considérables. Attendu qu’on est amené à supposer une agitation continue de la couche terrestre, dont l’immobilité est pourtant bien évidente, quelques érudits, tels que Joula Schrôcken-stein et autres, veulent y voir un courant d’eau, traversant la couche d'un bout à l’autre. Mais cette admission transforme seulement le problème sans le résoudre, parce qu’on ne sait pas pourquoi le sable ne s’échappe pas avec l’eau aux endroits où, forcément, l’eau sort de la couche, en s’engageant dans des canaux souterrains. La difficulté de répondre à
- O—»" Endroits ohotographiés. Æi) Endroits dévastés par W? te sable.
- Fig. 1. — Plan de la ville de Doux (Bohême), avec les destructions causées par le sable coulant.
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- cette dernière question augmente encore avec la considération que dans cette hypothèse on est forcé de recueillir une énorme quantité d’eau. Le tout bien considéré, d’autres érudits, plus prudents, avouent qu’ils ne savent pas la genèse du sable coulant dans la nature.
- Voilà assez de théorie.
- Voyons maintenant quel désastre le sable coulant peut produire.
- Le royaume bohème, ou bien, d’après l’idiome national, le royaume tchèque, est le diamant de la couronne des Habsbourg, qui gouvernent l’empire d’Autriche : l’industrie minière y ileurit aussi bien que l’agriculture et les manufactures de toute nature . Les principaux produits de l’industrie minière sont : la houille, la lignite (houille brune), le fer, le plomb et l’argent. C’est surtout la région de la lignite qui nous intéresse actuellement au plus haut point.
- Klle s’étale le long de la frontière nord-ouest, presque rectiligne, du royaume : la ville de karlsbad
- marque son extrémité de l’ouest, ainsi que celle de l’est. Les principaux centres de l’exploitation sont les villes de Komolau, Brüx, l)ux et Teplitz. On y trouve de la lignite tertiaire, dont les couches forment tantôt des plans inclinés, tantôt des bassins en cuvette, sortant au jour sur les bords de ces bassins et s’enfonçant au milieu à des centaines de mètres sous le sol. La lignite est couchée ici entre de fortes couches d’argile schisteux, qu’on appelle ici « Let-ten » (imperméable à l’eau). Cette imperméabilité présente bien des avantages pour l’extraction de la lignite, attendu qu’elle préserve les corridors de l’infiltration de l’eau ; mais en revanche cette môme qualité donne naissance à des bassins souterrains de
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- sable coulant qui, étant souvent situés au-dessus des corridors, ne sont rien moins que l’épée de Damoclès. Ce sont surtout les parties des mines qui sont déjà exploitées, où le minerai est extrait et dont les cavités souterraines ont été dépourvues des bois de soutien, comme c’est la coutume de faire.
- Le plafond de ces cavités finit par céder à la pression des couches supérieures, engendrant des crevasses qui peuvent bien ouvrir un passage au sable coulant contenu dans quelque bassin voisin. Voilà précisément ce qui a eu lieu l’année passée à Doux. Voici ce qui arriva :
- A 10 heu res du soir, le 19 juillet 1895, tout à coup le gaz s’éteignit dans la partie septentrionale de la ville, voisine de la gare. Bientôt le sol commença à s’affaisser, entraînant des maisons avec. Ce mouvement du sol dura jusqu'à 10 heures du matin suivant. Une vraie nuit apocalyptique : tempête, averse, orage, obscurité (due à l’absence du gaz), les éclairs dévoilant des « instantanées » épouvantables: des familles, sautées du lit, se sauvant demi-nues, à travers les maisons, tombant à leur côté, des gens effarés par la panique, fuyant le péril sans savoir où est le salut, ne reconnaissant plus les rues déformées, tombant dans des crevasses boueuses, aveuglés par la pluie, l’obscurité et les éclairs. Bien des fortunes et bien des santés ont été ébranlées cette nuit ! Quant aux vies, c’est à n’y pas croire, il n’y a eu que deux hommes, un gamin et un vieillard, qu’on n’a plus retrouvés.
- L’aspect que présenta le quartier le lendemain était terrifiant. Vous pouvez vous en faire une idée d’après les photographies (p. 581, fig. 2 et 5), dont quelques-unes prises par moi-même sur place : les peintres de décors de théâtre peuvent en profiter pour des scènes de ballets infernaux.
- A présent regardons le plan du quartier (fig. 1 ). L’affaissement du sol commence de l’est et marche vers l’ouest, accompagnant ainsi le mouvement du sable, dont plus de 90 000 mètres cubes s’écoulèrent dans les corridors d’exploitation de la lignite qui sont indiqués sur le plan pointillé et dont le point le plus proche est éloigné de 200 mètres (en ligne horizontale) de la crevasse principale, c’est-à-dire du point B (voir le plan). La ligne AB représente la forme qu’affecte le réservoir du sable coulant, inconnu jusqu’alors, étudié après la catastrophe. La courbure près de B, faisant le col AB, est apparemment due au pied souterrain de la montagne en phonolithe, située au sud-ouest de la ville et appelée Schlossberg. Au centre du réservoir, dans la région b c, la couche du sable coulant a 19 mètres d’épaisseur, tandis que le long de la ligne AB son épaisseur ne mesure pas plus d’un mètre environ. Aussi cette couche est-elle fortement inclinée, de l’est, où elle est à une dizaine de mètres au-dessous du sol, à l’ouest, où elle descend à une profondeur d’une quarantaine de mètres.
- On se demande comment le sable contenu dans le réservoir souterrain situé au-dessous de la ville
- a pu, à un moment donné, se faire voie vers les corridors miniers qui existaient depuis bien des années. Question d’autant plus intéressante qu’on n’a pu constater la présence du sable coulant dans la zone limite ; au moins on ne l’a pas rencontré dans un percement qu’on a effectué quelques années auparavant dans le voisinage de la lettre B (voir notre plan). Cette question est restée ouverte, quoiqu’il y eu investigation judiciaire. Ainsi l’endroit même où le sable fit son entrée dans les mines est resté indéterminé, ce qui donne naissance à des rumeurs fâcheuses parmi la population. Mais il importe de dire que la compagnie propriétaire des mines en question a dédommagé la plupart des propriétaires des habitations écroulées, immédiatement après la catastrophe. Klemextitcu de Lxgelmeyeh.
- SIXIÈME ASCENSION DE M. STRINDBERG
- La sixième ascension deSI. Strindberg a etc exécutée le 18 avril 18% avec leBrcnnus, ballon du cube de 1600 mètres. Le ballon portait trois voiles, une grande voile d’une surface de 50 mètres carrés llanquée à droite et à gauche de deux voiles latines de 8 à 9 mètres carrés. La partie inférieure de la grande voile était bordée sur une vergue de 4 mètres de longueur constituée de trois bambous assemblés à la suite l'un de l’autre. Le Brennus emportait deux guide-rope ayant, l’un 125 mètres de longueur, et l’autre 200. Le premier pesait 56 kilogrammes et le second 28. M. Strindberg avait réglé son jeu de lest de manière qu’il traînât à terre une longueur de 45 mètres du premier guide-rope et 120 mètres du second. Le ballon s’est enlevé à 12h50ra en présence de M. Cail-letet, de l’Institut, qui a pris des clichés du départ.
- La descente a eu lieu à Egreville, dans le département de la Marne. Les circonstances atmosphériques étaient très favorables. Le vent soufflait avec une vitesse de 18 kilomètres à l’heure. Le retard produit par la friction des guide-rope n’a été que de lkm,6, tandis qu’il était de 2 kilomètres dans les expériences antérieures, quoique le poids des guide-rope à la traîne fût proportionnellement moins considérable. La différence doit être attribuée à l’effet de la voilure, qui accélérait le mouvement dans une proportion notable. Un autre avantage de la voilure, c’est qu’il n’y avait pas de coups de rabat, le ballon s’appuyant sur l’air avait une stabilité plus grande. Il se produisait un véritable effet de cerf-volant. La force vive du ballon étant augmentée, les guide-rope étaient obligés de lâcher prise lorsqu’ils s’accrochaient, ce qui est arrivé à huit ou dix reprises différentes. Une fois le dégagement a été produit par une petite rafale qui a fait basculer le ballon d’une façon alarmante pour les trois voyageurs. La stabilisation de l’aérostat pendant le traînage est un fait très intéressant, mais la constatation la plus importante a été d’établir que la théorie de M. Andrée est exacte, et que l’on peut dévier un aérostat de la ligne du vent en changeant l’orientation de l’attache des guide-rope, au moyen d’un palan attaché au cercle. En les soulevant alternativement à droite et à gauche on a obtenu une trajectoire en zigzag. M. Strindberg a mesuré l’angle de déviation avec un instrument imaginé par M. Ekholm, et il a trouvé une valeur de 9°.
- La voilure du Brcnnus avait été copiée sur celle du
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- Ballon polaire et avait subi une réduction proportionnelle au rapport du maître couple de ces deux aérostats. Mais le développement de la misaine ayant été gêné par le vent tt le Brennus n'avant pas à la traîne un poids de guide-rope suffisant, la Société de physique de Stockholm a admis, dans sa séance du 28 avril, à la suite d’une communication de M. Strindberg, que le chiffre de 50° annoncé par M. Andrée comme possible n’a rien d’exagéré.
- Les voyageurs aériens ont opéré des manœuvres lors de la descente. Elles ont été très nettement aperçues par les spectateurs, au nombre de 800 à 900, qui ont assisté à l'atterrissage, line conversation que j’ai eue en dînant à la table d’hôte m’a donné l’idée de charger le maître d’école d’Egrevillo de faire une enquête sur l’impression des braves gens qui nous avaient si bien accueillis. Une trentaine de témoins, choisis parmi les personnes les plus sérieuses, interrogés, ont déclaré unanimement qu’ils avaient aperçu très nettement le changement de direction à l’heure à laquelle, les manœuvres ayant cessé, le ballon avait repris la ligne du vent. Quelle sera l’étendue des services que pourra rendre cette déviation artificielle, c’est ce que l’expérience indiquera prochainement, mais il est désormais établi que le procédé imaginé par M. Andrée n’est point une chimère, et que les aéronautes du Pôle Nord ont à leur disposition un moyen nouveau de diminuer les périls de leur audacieuse entreprise.
- W. DE FONVIEI.LE.
- CHRONIQUE
- Le ballon le (( Pôle-Nord )). — Nous avons publié déjà tous les détails de la préparation de l’expédition projetée par l’ingénieur Andrée, de Stockholm, qui sera accompagné dans son voyage aérien d’exploration par MM. Ekholm et Strindberg. Le ballon, construit par M. IL Lachambre, aéronaute, est aujourd’hui terminé; son volume est de 4500 mètres cubes, son diamètre de 20m,50 ; il est sphérique ; l’étoffe est de soie ponghée, triple et double, caoutchoutée et vernie à la surface extérieure. Ce ballon, qui est très fort et bien exécuté, est gonflé d’air et il a été exposé du dimanche 10 mai au 44 mai au Dôme central du Champ-de-Mars. Le Président de la République a inauguré cette exposition le matin,
- 10 mai, à 9h 50 ; M. Faure a élé reçu par M. II. Lachambre ;
- 11 a examiné le ballon, la nacelle, le fdet. qui est pendu et ouvert, et regardé les détails exposés des échantillons d’étoffes, des coutures et de la soie caoutchoutée qui les rend imperméables. 11 y avait aussi des appareils et des soupapes. M. Faure est venu accompagné du général Tournier, secrétaire général de la Présidence. Il y avait autour de lui une délégation de la Suède et de la Norvège où se tenaient au premier rang M. Due, ministre de Suède et de Norvège, le général Mathieu, directeur honoraire de l’artillerie, le général de la Rocque, directeur de l’artillerie de la marine, le comte Wrangel, secrétaire de la légation de Suède, le vice-consul de Suède, M. G. Nord-ling, M. de Nordenfelt; M. Poubelle, préfet de la Seine, était présent, ainsi que M. Decauville, sénateur, M. Noël, ingénieur, M. Camille Gravis, aéronaute aquarelliste d’Amiens, l’amiral Sallandrouze de Lamornaix, M. A. Ma-churon. M. le Président de la République avait aussi auprès de lui MM. le commandant et le capitaine Renard, «pii dirigent rétablissement d’aérostation militaire de Cha-lais-Meudon, et M. Gaston Tissandier; il s’est, pendant sa présence dans la salle du ballon, entretenu par moments
- avec eux. M. le Président de la République française a paru s’intéresser beaucoup à la visite dont nous venons de parler, ainsi qu’à l’étonnante expédition de M. Andrée.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 11 mai 1896. — Présidence de M. Corxii.
- Les eaux de source et les eaux de rivière.— M. Schlœ-sing communique la suite de ses travaux sur le caractère chimique des eaux de source. Celles-ci doivent avoir une composition chimique constante, ce qui les différencie des eaux de fausses sources, c’est-à-dire des eaux de rivière de ruissellement. Il a étudié les eaux des sources qui alimentent Paris : la Vanne, la Dliuys, l’Avre. Ses expériences ont commencé il y a quatorze mois et durent encore. Dans les eaux delà Vanne et de laDhuys le titrage de l’acide, nitrique varie peu; la courbe représentative offre des oscillations courtes; la courbe représentant les dosages de la chaux suit les mêmes variations que celle de l’acide nitrique. Ces quantités sont indépendantes des débits des sources. L’Avre, au contraire, présente des variations autres. En mars 1895, les eaux titraient 12 milligrammes par litre d’acide nitrique; un mois plus tard, 0 milligrammes; en juin, 12 à 15 milligrammes. Le mois d’août accuse un abaissement prononcé. M. llum-blot, ingénieur en chef, ayant communiqué à l’auteur un relevé du débit des sources, celui-ci a constaté qu’au minimum d’acide nitrique correspond le débit le plus élevé. On voit qu’après les pluies d’hiver le titre acide baisse; après le mois de juillet qui fut très pluvieux, on remarque aussi une baisse sensible. La courbe des dosages de la chaux reproduit, en les réduisant, les mêmes accidents que ceux de la courbe de l’acide nitrique. On est conduit à penser que dans les eaux de l’Avre il y a un mélange de deux eaux, l’une de source vraie, à caractère chimique constant, l’autre de ruissellement, à caractère chimique variable. On peut imaginer qu’après les pluies, l’étendue du bassin fournissant des eaux s’étend et que celles-ci se trouvent en contact avec une masse plus considérable de plâtre et de matières organiques ; de là la variation de la teneur en chaux et en acide nitrique. M. Berthelot fait remarquer que dans les eaux de la Vanne fournies à Paris, la Ville fait entrer des eaux de drainage de marécages ; il y a donc aussi des mélanges. Mais ces mélanges ne se font plus que rarement, à la suite de très grandes sécheresses, et depuis le commencement des travaux de M. Schlœsing, le cas ne s’est plus produit. M. A. Gautier s’élève contre l’idée généralement admise que les eaux de source ont une composition chimique constante. Il cite certaines eaux du département de l’Aude qui, analysées par d’Orchiac, lui ont donné 86 grammes de sel marin par litre ; trente ans plus tard, on trouvait 50 grammes ; des analyses récentes ont indiqué 15 grammes, et, deux ans après celles-ci, on a trouvé 89 grammes. C’est cependant une vraie eau de source captée à une altitude de 1000 mètres. L’eau d’Orezza a donné des quantités de fer variant entre 156 milligrammes par litre et 56 milligrammes. Deux ans après la dernière analyse, on notait 66 milligrammes. Cette eau ne contient pas un microbe par litre, d’après les recherches de MM. Gautier et Miquel; à ce point de vue elle est unique parmi les eaux minérales. Selon M. Gautier on ne peut donc dire que les eaux de source aient une composition constante. M. Schlœsing objecte que les deux eaux citées ne sont pas des eaux potables, mais des eaux minérales
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- LA NATURE.
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- dont la composition chimique peut variée suivant les circonstances.
- Les travaux de la carte du Ciel. — M. Cornu annonce que la quatrième conférence relative à la construction d’une carte générale du Ciel s’est réunie le lundi 11 mai, à l’Ohservatoire de Paris. De nombreux savants étrangers assistaient à cette conférence. L’œuvre entreprise il y a dix ans, sur l’initiative de l’amiral Mouchez, se poursuit régulièrement. Dix-huit observatoires étrangers participent à cet immense travail que complètent des déterminations précises de positions relatives des étoiles tirées de mesures micrométriques exécutées sur les clichés.
- Varia. — M. Lippmann présente un ouvrage en deux volumes de M. Laffargue sur les applications mécaniques de l'énergie électrique. — M. Puiseux développe des con-
- Stalues peintes du temple do Bick-Nho. (D’après une photographie.)
- sidérations sur les déformations lunaires. — M. G. Lebon présente une Note sur la lumière noire.
- Cil. DIÎ \ ILLEDEL'IL.
- CURIEUSES STATUES
- AU TEMPLE DE NHAX-T1IO
- Guingamp, 9 mars 18%.
- Mon attention a été attirée par l’article que vous avez consacré, dans votre numéro du 7 mars, au temple de Nhan-Tho, au sud de Touranc. J'ai résidé pendant deux ans dans cette région et j’ai été à même de voir deux temples analogues plus au sud que celui que vous décrivez.
- Ces deux temples ont pour caractère commun la forme de la façade qui subsiste seule. Elle comporte trois tours carrées en briques, surmontées d’une pyramide quadrangulairc, et placées en ligne droite.
- Le premier de ces temples, situé à 40 kilomètres environ au midi de Tourane, près du village de lxé-Xuycn, est le moins bien conservé. Les tours sont hautes de 8 à 10 mètres. Des débris de sculptures sont épars sur le sol, aux alentours, et présentent nettement le caractère brahmanique des statues hindoues.
- Près de ce temple se trouve une pierre portant une inscription dont le déchiffrement pourrait donner de précieux renseignements sur l’histoire des peuples kmers ou autres qui ont construit ces monuments.
- Le second temple se trouve au village de Bick-iMio, à 15 kilomètres environ plus au sud. Ses trois tours, assez bien conservées, sont hautes d’une quinzaine de mètres au moins. On y trouve des statues brahmaniques, et aussi trois autres présentant un caractère différent. Ces statues, dont la [dus grande a presque la hauteur d’un homme, sont en granit et encore peintes en partie. La photographie ci-jointe en représente deux.
- Les Annamites n’ont conservé aucune tradition relative à ces monuments. Us y rattachent une idée religieuse, car ils construisent toujours auprès un petit temple bouddhique. B. des M.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissanweii Paris. — Imprimerie Lauuhe, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1199. — 25 MAI 1896.
- LA NATURE.
- VIBRATIONS TOURNANTES DES CORDES
- EXPERIENCES 1)E M. A. CORNU
- Fig. 1. — Appareil (le M. Cornu pour l’étude des vibrations tournantes des cordes
- Le problème de la corde vibrante est depuis longtemps classique; il présente en effet cette particularité de conduire rapidement, avec peu de calculs, à des résultats approchés qu’il est ensuite aisé de vérifier et qui ont une très grande importance pratique; il est loin cependant d’être épuisé, soit par les mathématiques, soit par l’expérience; et ce ne sont pas seulement des épis que l’on glane dans ce champ très fructueux ; ce sont de véritables touffes laissées intactes par ceux qui l’ont exploré. M. A. Cornu, l’illustre président de l’Académie des sciences, vient de révéler, par un beau travail expérimental, un de ces coins ignorés, qu’avaient frôlé sans le voir tous ceux qui se sont occupés jusqu’ici de la corde vibrante.
- On connaît depuis longtemps ces sons anormaux que donnent parfois les cordes frottées par l’archet, et qui font le désespoir des débutants. Tant que la note ainsi produite est supérieure au ton fondamental de la corde, il n’est pas nécessaire d'avoir recours à aucune idée nouvelle; mais la chose se gâte lorsque le son produit est au-dessous du ton fondamental; alors la théorie est en défaut, et il faut introduire un principe nouveau dans les formules.
- Duhamel avait déjà tenté d’expliquer les sons anormaux, dans son mémoire classique sur la corde vibrante; sa théorie semble plausible à première vue, bien qu’un peu compliquée ; c’est, du reste, une théorie par à peu près, bien difficile à vérifier.
- Le problème n’avait pas fait un pas depuis plus 24* auawi. — Ier semestre.
- Fig. 2. — Diagramme de la vibration complète d’uue cordc.
- Fig. 5. — Le même anamorphose par la rotation lente du miroir.
- d’un demi-siècle, lorsque M. Cornu le reprit, pour l’élucider complètement, en l’abordant simultanément par la théorie et par l’expérience.
- Tout système de forces agissant sur un corps peut se réduire à une force et un couple; c’est dans certains cas particuliers seulement que toutes les forces peuvent se combiner en une résultante unique. Si nous examinons ce qui se passe pour une corde actionnée par un archet, il devient immédiatement évident que celui-ci, agissant à la surface de la corde et non en son axe, doit lui communiquer simultanément des vibrations transversales et des vibrations tournantes ; ces dernières sont dues au couple existant dans le système auquel se réduisent toutes la corde.
- Comment cette idée simple a-t-elle pu échapper si longtemps aux chercheurs? C’est ce que comprendront seuls ceux qui savent combien la science est parsemée d’œufs de Christophe Colomb.
- 11 restait à mettre en évidence ces mouvements tournants, et à les étudier en détail. Lorsqu’il ne s'agit que d’une expérience de démonstration, le dispositif à adopter est extrêmement simple. On fixe sur la corde un morceau de liège, portant un petit disque de carton bien équilibré, sur lequel on trace un rayon servant de repère. Lorsque la corde, attaquée bien franchement, ne donne aucun son anormal, la ligne noire s’étale simplement en une bande à bords à peu près parallèles; mais, aussitôt que l’on parvient à produire un son anormal vigoureux, cette bande s’élargit à ses
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- les forces agissant sur
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- LA NATURE.
- extrémités, en formant une sorte d’éventail.
- Cette expérience, si nette, est impropre à l’étude précise du mouvement de la corde; le moment d’inertie du système additionnel est trop considérable pour qu’on puisse le négliger; il introduit, dans le mouvement, une perturbation très appréciable qui peut même le dénaturer complètement. 11 était nécessaire, pour obtenir des données précises, d’opérer avec un dispositif infiniment plus délicat. En découpant, dans une lame de verre servant de couvre-objet en microscopie, un petit morceau de quelques millimètres carrés de surface, on obtient un excellent petit miroir, dont le poids n’excède pas quelques milligrammes, et que l’on fixe sur la corde avec une goutte de gomme, sans craindre d’introduire dans son mouvement aucune perturbation appréciable.
- Examinons maintenant les indications du miroir. Supposons que nous concentrions sur lui un faisceau de lumière dont l’axe est perpendiculaire à la corde ; s’il est lui-même parallèle à l’axe de celle-ci, il réfléchira le faisceau dans le plan perpendiculaire à la corde, contenant la source de lumière. Si, maintenant, la corde exécute des vibrations transversales, le miroir s’inclinera de droite à gauche, et fera décrire au rayon un arc dans un plan qui contient la corde vibrante; les oscillations tournantes, au contraire, déplaceront le faisceau dans un plan perpendiculaire, de telle sorte que le diagramme des mouvements du faisceau donnera, par ses abscisses et ses ordonnées, les deux mouvements de vibration simple et de torsion, complètement séparés.
- Le point lumineux, reçu sur un écran, y dessine une courbe fermée, en général très complexe; elle est fortement écrasée dans le cas des sons normaux, tandis que les sons anormaux l’étalent en hauteur. Cette courbe renseigne complètement sur l’amplitude du mouvement de la corde dans les deux directions; mais elle est insuffisante pour l’analyse complète du mouvement en fonction du temps. Il faut, pour cela, faire usage d’un procédé chrono-photographique, permettant de mesurer, à chaque instant, la déformation de la corde dans les deux directions. On y parvient en interrompant la lumière de la source à l’aide d’un disque percé de trous équidistants. Afin de faciliter l’analyse du diagramme, on a soin d’agrandir un peu un trou sur dix, de façon à marquer les dizaines par un trait large. Le diagramme photographique contient alors tout ce qu’il faut pour connaître exactement tout le mouvement; mais, si l’on n’employait pas un artifice particulier, son dépouillement serait extrêmement pénible; pour le faciliter on interpose, sur le trajet du faisceau lumineux, un miroir auquel on donne une rotation lente; alors la courbe ne se ferme plus, ses diverses périodes cessent de se superposer, et, si l’on a eu soin de tracer une première courbe d’un trait continu, qui sert à indiquer le sens du mouvement, on possède toutes les
- données nécessaires pour représenter dans tous ses détails le mouvement de la corde.
- L’appareil de M. Cornu, que représente notre figure 1, était agencé de telle sorte que les interruptions correspondent à des dix-millièmes de seconde. Le diagramme donne donc, à cet intervalle de temps, une petite portion du mouvement de la corde.
- Les figures 2 et 5 sont la reproduction exacte de deux diagrammes correspondants. Ces relevés ont été obtenus avec une corde vibrant à raison de 192 périodes par seconde; le point où était fixé le miroir était voisin d’une extrémité, tandis que la corde était excitée tout près de l’autre extrémité. Les courbes correspondent au son normal. On voit que, même dans ce cas, les vibrations de torsion ont une grande importance.
- La première de ces deux courbes, bien que fort compliquée, se ferme exactement, à tel point que l’on peut superposer, sur le même diagramme, un certain nombre de périodes sans élargir beaucoup la ligne tracée par le point lumineux, à la condition toutefois que la corde soit attaquée d’une façon bien régulière, ce à quoi l'on parvient avec un peu de pratique.
- On reconnaît sans peine, dans la figure 5, l’allure générale de la précédente courbe; mais la rotation du miroir a déplacé les points successifs d’une quantité constante, de façon à étendre la courbe en hauteur. Le tracé obtenu directement ne se compose que des petits segments marqués d’un trait fort et numérotés de 0 à 55°. Il est aisé, en se servant au besoin de la première courbe, de réunir tous les tracés successifs par un trait continu ; il est bon cependant de garder sur le diagramme les traits originaux, qui indiquent par leurs distances successives les vitesses que prend le miroir.
- Les sons anormaux peuvent être produits à volonté, avec un peu de pratique; il suffit, pour cela, d’appuyer fortement sur l’archet abondamment colophané. Les vibrations parasites peuvent alors prendre une importance si grande quelles deviennent synchronisantes, c’est-à-dire qu’elles imposent aux vibrations transversales des périodes particulières. C’est pour cette raison que l’ensemble de ces vibrations, qui semblent cependant tout à fait indépendantes les unes des autres, engendre des courbes fermées. Les vibrations tournantes deviennent naturellement très intenses dans un système de fort diamètre et doué d’un moment d’inertie considérable en même temps que d’un moment de torsion faible. Par exemple, un ressort à boudin fixé par ses extrémités les donne avec une très grande intensité.
- L’acoustique musicale n’est pas le seul domaine dans lequel ces vibrations présentent de l’intérêt; on les retrouve dans une foule de problèmes de l’élasticité, qui deviendront plus clairs lorsque ces vibrations auront été mises en évidence.
- Ch.-Ed. Guillaume.
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- LA NATURE.
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- LE SYMPÀLMOGRAPHE
- APPAREIL D’IRISATION RAPIDE DU VERRE, DES MÉTAUX ET DES FAUSSES PIERRES
- SI. Charles E. Benham, de Colchester, vient d’appliquer d’une façon très ingénieuse le principe des pendules conjugués au tracé, sur des plaques de verre ou de inétal, de fins réseaux qui, convenablement éclairés, produisent des effets de coloration très riches et très variés. L’appareil de SI. Benham, auquel il donne le nom de sympalmo-graphe, n’est qu’une modification et une simplification de l’harmonographe de Tisley dont nous avons donné autrefois la description1. Voici le principe de l’appareil :
- Deux pendules très lourds oscillent sur des couteaux en acier dans deux plans rectangulaires, leurs axes étant placés dans un même plan horizontal aux deux extrémités d’une diagonale d’un carré. Chacun de ces pendules commande une tige qui se meut dans un plan horizontal et décrit ainsi une droite; mais si les deux tiges sont reliées à leur point d’intersection, le point commun, sollicité à la fois par les deux pendules, décrira une courbe plus ou moins compliquée. Dans le cas où les deux pendules oscilleraient avec la même amplitude et la même fréquence, sans amortissement, ils décriraient un cercle; si les amplitudes sont différentes, le cercle se transforme en ellipse, et si le mouvement est amorti, l’ellipse devient une spirale d’autant plus serrée que l’amortissement est plus faible.
- Le synchronisme s’obtient par tâtonnements, en surchargeant l’un ou l’autre des pendules; l’amortissement est d’autant plus faible que les pendules sont plus lourds. On arrive ainsi à tracer une spirale dont le pas est de l’ordre des centièmes de millimètre. En disposant au point de rencontre des deux tiges une pointe en diamant très légèrement chargée et en la faisant promener sous l’action des pendules, sur une lame de verre, cette pointe trace une courbe continue d’une très faible profondeur; la surface du verre, ainsi légèrement striée, reproduit toutes les couleurs de l’arc-en-ciel avec une variété et une richesse de tons très remarquables, surtout si l’on a soin d'employer comme source de lumière un bec de gaz, une lampe à incandescence, ou tout autre point lumineux plus ou moins défini. La lumière diffuse, celle du jour par exemple, donne des effets moins brillants. Des verres .ainsi taillés, montés en broches, émettent des reflets et des irisations des plus chatoyants. Du papier noir couvert de gélatine humide pressée contre une lame de verre dont elle a épousé les reliefs, reproduit les effets de coloration avec autant d’intensité que la lame de verre elle-même. En tenant la glace près de l’œil et en regardant un foyer lumineux au travers, on aperçoit de magnifiques foyers d’interférence.' Si la lame de verre ainsi gravée est exposée pendant une minute à des vapeurs d’acide fluorhydriquc, les vapeurs élargissent les raies, et la lampe présente alors des effets d’opalescence indescriptibles.
- Les métaux polis, l’acier et le nickel, produisent des effets analogues, mais le poli doit être aussi parfait que possible et présenter l’aspect connu sous le nom de poli spéculaire.
- En dehors de l’intérêt de curiosité qui s’attache aux résultats obtenus par M. Ch. Benham avec le syinpal-mographe, nous croyons que l’art de la bijouterie en tirerait des effets nouveaux, ne fùt-ce que dans l’imitation plus parfaite des diamants, en donnant aux fausses pierres la propriété de jeter des feux spéciaux. X..., ingénieur.
- 1 Voy. n° 556, du 8 novembre 1879, p. 561.
- LE VOYAGE IMPOSSIBLE
- De son temps, Empédocle avait cru tout savoir.... tout, excepté cependant ce qui se passe au centre de la Terre. Or cela, il brûlait du désir de le connaître et la légende veut que, pour en venir à ses fins, il ait osé s’aventurer dans le cratère de l’Etna. Cette tentative de descente aux Eli fers se rapporterait à l’an 405 av. J.-C.
- Depuis lors, la question a piqué la curiosité de quantité de bons esprits. On a parlé, si nous ne nous trompons, de certain projet moderne de pénétration dans les limbes et, tout récemment encore, un député rêvait de faire d’un petit voyage souterrain le clou de l’Exposition de 1900.
- Cela est-il sérieux?
- Jules Verne nous a raconté que l’étonnant Arne Saknussem, savant alchimiste du seizième siècle, est parvenu sans trop de difficultés au centre du globe; il nous a même transcrit cette inscription gravée par le savant sur un roc de l’Islande :
- Audax viator et terrestre centrum attinges Quod feci. Arne Saknussem.
- Sur cette donnée fantaisiste, notre ami Jules Verne a brodé l’odyssée de l’amusant professeur Otto Liden-brock qui, sur la foi de Saknussem, descend dans le cratère de l’IIécla, exécute une intéressante pérégrination souterraine et remonte à la surface du globe par ce cratère de l’Etna qu’Empédocle aurait pratiqué en sens inverse vingt-deux siècles auparavant.
- Le roman géographique est charmant d’un bout à l’autre, mais ce n’est qu’un roman et, puisqu’on persiste à vouloir pénétrer les mystères de l’intérieur de notre planète, il convient de désabuser des curieux intrépides. Le meilleur moyen de rafraîchir leur ardeur par le moyen d’une douche bienfaisante, c’est de leur démontrer mathématiquement l’impossibilité d’un voyage de ce genre, impossibilité dont le sens intuitif aurait dû leur faire révélation.
- Faisons donc un peu d’analyse.
- Au cours de sa recherche de la solution d’un haut problème de mécanique, M. Ed. Collignon, inspecteur général des Ponts et Chaussées, avait, il y a quelques années, l’occasion d’étudier incidemment le mouvement d'un point pesant sur une corde de la sphère terrestre. Pour traiter ce problème particulier, le sagace géomètre supposait : que le globe est homogène et de densité constante; que, par suite, la pesanteur varie à l’intérieur proportionnellement à la distance au centre. Il formulait, en outre, cette hypothèse que le glissement du point développe un frottement proportionnel à la pression normale qu’il exerce sur la droite directrice et que le coefficient f de ce frottement est connu.
- Nous allons emprunter à notre excellent camarade Collignon une partie de l’intéressant Mémoire dont il a hien voulu nous faire hommage.
- Comment les choses vont-elles se passer?
- Abandonné sans vitesse au point A, le mobile
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- LA NATURE.
- pesant, qui glisse suivant la direction AB, se trouve, au bout d’un temps t, à une distance IM = x du milieu 1 de la corde AB (voyez la ligure).
- Observons que la pesanteur agit sur le mobile suivant la direction MO. Or, g étant à la surface du globe, l’accélération due à la pesanteur, ou la force rapportée à l’unité de masse pour une distance au
- centre égale à B, cette force se réduira à g pour
- une distance 0M = ?\ Ladite force q-~ se décom-
- pose d’ailleurs en deux : l’une, proportionnelle à MI, et agissant suivant la direction du mouvement, est
- (IX
- égale à ; l’autre, normale à la trajectoire et proportionnelle à 01 — a, peut se représenler par —
- Cela posé, une élégante opération de calcul infinitésimal permet à fauteur d’établir cette équation du mouvement d’un point pesant ;
- sur une corde de la sphère :
- x — fa -b (c — fa) cos t y/~
- La vitesse est d’ailleurs donnée par l’équation :
- L’auteur démontre, d’autre part, que le mobile s’arrêtera en un point H situé en deçà du point B d’une quantité BH = 2/a. Quant à la durée T du trajet, elle résulte de la formule :
- Vf
- laquelle est, comme on le voit, indépendante de la direction de la corde AB et ne dépend pas davantage du coefficient f. S’il n’y avait pas de frottement, le mobile irait jusqu’au point B, et atteindrait ce point dans le même temps.
- M. Ed. Collignon tire de là des conclusions aussi curieuses qu’inattendues.
- « A une époque, dit-il, où l’on n’est pas effrayé des longs tunnels, il semble qu’il y aurait un grand avantage à employer un moyen de locomotion dont la Pesanteur ferait, à peu près, tous les frais, et que, en lardant le globe dans des directions rectilignes, on parviendrait à établir des communications rapides entre les points géographiques les plus éloignés. Ce qui caractériserait ce mode de transport, c’est que le voyageur aurait toujours à descendre pour aller au but qu’il voudrait atteindre et que les trajets prendraient tous le môme temps, quelle que fut la distance à parcourir. »
- Ce temps, qui n’est pas long, est, comme il a été dit plus haut, donné par la formule :
- Figure schématique explicative. — 0, centre de la terre ; OA = R, le rayon terrestre; AB, la corde suivant laquelle le point pesant doit se mouvoir; 01 = a, îa distance de cette corde au centre ; 2 c, la longueur de ladite corde; OM = r, la distance au centre du mobile M à un moment donné ; IM — x. sa distance au milieu I de la cordc à ce moment.
- T =
- V?-
- Qu’on fasse dans cette expression B =6 5(56 400 mètres, rayon moyen du globe, et g = 9,8088, on trouve pour T la valeur
- 42 minutes, 11 secondes,
- durée d’une brièveté fantastique pour un voyage tel que la traversée de Londres à Melbourne, par exemple, ou le trajet de Paris à Tombouctou.
- Hàtons-nous de déclarer qu’un voyage de ce genre est du domaine de l’impossible. Sans s’arrêter à la foule d’objections qu’on peut opposer aux hypothèses qui ont servi de base à ses calculs, M. Ed. Collignon voit un obstacle absolu à la réalisation des parcours dont il s’agit dans les énormes pressions qui seraient développées dans l’air, aux profondeurs qu’il faudrait nécessairement atteindre pour des voyages d’une étendue notable.
- Voici, d’ailleurs, un tableau exposant le nombre d’atmosphères correspondant à la pression qui s’exercerait aux différentes profondeurs 1 (voy. la note).
- 11 faut donc admettre dans toute la région centrale du tunnel — dès qu’il aura pénétré un peu profondément dans les couches souterraines — une sorte de mur infranchissable, formé par l’air atmosphérique comprimé, dans lequel les corps lancés à partir de la surface du globe viendraient s’arrêter, s’écraser, peut-être s’enllammer.
- A quelle profondeur au-dessous du niveau des mers peut-on descendre dans un puits librement aéré? Il est admissible que la pression de trois atmosphères est la limite extrême des pressions qu’on puisse impunément suhir. A cette limite correspond celle de 8750 mètres de profondeur, et c’est à peine si, quand on y est parvenu, le premier cinquième de la croûte du glohe se trouve entamé. Cette profondeur, on est encore bien loin de l’avoir atteinte dans les puits de mine les plus fameux qu’on ait ouverts jusqu’à présent.
- Fait curieux à constater!... Ce chiffre de 8750 mètres exprime aussi, à peu près, la limite des hauteurs auxquelles on ait pu s’élever dans l’atmosphère terrestre.
- I)e toutes ces considérations, on peut donc conclure que jusqu’ici, à moins de 9 kilomètres, tant au-dessus qu’au-dessous du niveau des mers, par une série de circonstances des plus intéressantes, l’homme se voit arrêté par le fatidique Nec plus ultra. L'-Coloncl IIennebert.
- 1 A la surface du globe — 1 atmosphère.
- A la profondeur de 1 cinquième du rayon terrestre. = 31 517 X 1058 atmosphères.
- A la profondeur du quart
- de ce rayon. = 105 BIX) X 107' atmosphères.
- A la profondeur de la moitié
- dudit rayon. = 191210xl0,2B atmosphères.
- Au centre du globe. = 52218 X 1Ü169 atmosphères.
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- LA NATURE.
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- RÉGULATEUR À GAZ AUTOMATIQUE
- SYSTÈME A. TOBLER
- La lutte incessante qui se livre entre les deux industries rivales du gaz et de l’e'lectricité devient de jour en jour plus intéressante par les ingénieuses combinaisons nouvelles et les nombreux progrès récents introduits presque quotidiennement dans leurs différentes applications.
- Cette émulation a produit, dans ces dernières années, des résultats vraiment merveilleux et inespérés en faisant rendre à chacun des éléments constitutifs de ces industries le maximum d’effet.
- Grâce à cette concurrence de chaque instant, nous avons pu voir, peu à peu, se perfectionner, d’une manière surprenante, l’industrie du gaz, sinon dans ses moyens de production, du moins dans ses applications.
- Après avoir parcouru une assez brillante carrière, cette industrie semblait être devenue stationnaire, comme si elle avait atteint son apogée.
- Cela tenait non pas à ce qu’il n’y eut plus de progrès nouveaux à réaliser, mais bien à ce que, la nécessité ne s’en faisant pas sentir d’une manière absolue, les producteurs de gaz appliquaient l’adage : « le mieux est l’ennemi du bien » et considéraient comme chose inutile de dépenser leurs efforts en un zèle apparemment superflu.
- Le développement assez rapide de l’cclairage électrique venant à menacer sérieusement l’existence de l’industrie du gaz, celle-ci s’est mise aussitôt fébrilement à l’oeuvre et, en peu d’années, a enfanté des merveilles ; tant il est vrai que la nécessité crée l’organe.
- L’emploi des becs intensifs, soit à récupération, soit à incandescence, est venu marquer de grandes et décisives étapes en faveur du gaz, en utilisant d’une manière rationnelle son pouvoir calorifique, entièrement négligé jusqu’alors, pour en augmenter le rendement lumineux.
- Un autre facteur restait, dont on n’avait pas encore tenu suffisamment compte dans l’emploi du gaz : c’est sa pression.
- L’influence de ce facteur fatalement capricieux, sur le rendement économique, a une importance capitale. C’est de lui que dépendait encore une des
- Coupe intérieure du régulateur à gaz automatique Tobler.
- rares sources d’économie à réaliser ; le régulateur automatique système Tobler est venu combler cette lacune.
- On a créé depuis longtemps déjà, pour les besoins de la consommation, une série de brûleurs à trous, à fente, à couronne, etc., dits becs papillon, bougie, Manchester, Rengel, etc., présentant chacun des avantages particuliers suivant les conditions dans lesquelles ils sont employés.
- A chacun de ces becs correspond, on peut dire, une pression optima différente. Cette pression d’utilisation du gaz, si variable déjà suivant le type de bec choisi, est malheureusement loin d’être constante dans la canalisation qui distribue le gaz. Elle est, bien au contraire, soumise à des variations incessantes et à des perturbations qui ont leur contrecoup immédiat sur la dépense du gaz ; la fixité de débit dépendant en effet, pour un même bec fonctionnant bien, presque uniquement de la pression sous laquelle le gaz arrive à ce bec.
- On peut dire qu’il est à peu près impossible de rendre invariable la pression dans la canalisation de distribution par suite des multiples causes d’altération qui s’échelonnent du gazomètre aux brûleurs: longueur du réseau desservi par l’usine; diamètre de la canalisation, sans omettre les coudes et étranglements qu'elle présente et ceux offerts par les branchements et colonnes montantes, etc. On sait, d’autre part, que la pression, dans une même canalisation, varie aussi suivant les heures de la journée. Au début de la soirée elle est très forte; elle tombe lorsque l’allumage général est fini et elle se relève au fur et à mesure des extinctions successives.
- L’augmentation de la pression a pour double conséquence, d’abord, d’entraîner une augmentation proportionnelle de la dépense de gaz, ensuite del’uli-liser d’une manière incomplète et irrationnelle. La hausse de pression prise par rapport à celle du type de brûleur choisi présente, en effet, l’inconvénient de laisser échapper une grande partie du gaz sans le brûler, d’où perte dans la consommation, sans oublier les inconvénients qui s’ensuivent, dans les locaux habités: viciation de l’air, entraînement de charbon par la flamme devenue légèrement fuligineuse et par suite moins éclairante.
- Pour obvier à ces divers inconvénients, MM. Tobler
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- LA NATURE.
- et Mot construisent, depuis près de deux ans, un régulateur de pression automatique permettant de maintenir constante, dans une canalisation déter-mine'e, la pression choisie, quelles que soient d’ailleurs les variations alternativement subies par le gaz dans la canalisation de distribution.
- Ce but a été facilement et simplement atteint par l’emploi d’une soupape équilibrée à valves obturatrices (voyez la figure), placée entre le compteur et les brûleurs, et qui a pour objet de régler le débit du gaz en faisant varier son introduction de la conduite d’adduction aux brûleurs, le volume écoulé dans un temps donné étant fonction de la pression et de la section.
- L’équilibre de la soupape est obtenu au moyen d’une petite cloche métallique G montée sur le même axe vertical A que les valves obturatrices et flottant dans un bain de mercure M contenu dans un récipient annulaire, comme l’indique la figure.
- A la partie supérieure de la tige A formant axe, on vient placer des rondelles de plomb R dont on fait varier le nombre suivant la pression que l’on veut obtenir.
- La pression d’arrivée du gaz détermine le soulèvement plus ou moins grand de cette cloche. Celle-ci entraîne dans son mouvement ascensionnel les valves obturatrices et ferme plus ou moins l’orifice d’ame-née, déterminant, par cet étranglement, une réduction dans le débit et par suite dans la pression. Le mouvement oscillatoire de la cloche, et par suite des valves, régularise d’une manière parfaite cette pression que l’on peut établir à volonté, par le nombre des rondelles appliquées sur la cloche.
- Cet ingénieux appareil est fort simple, robuste et de faible volume. Ses organes essentiels sont protégés par une solide boite en fonte dans laquelle ils se trouvent scellés, à l’abri de toute atteinte.
- Ce régulateur se pose très simplement au moyen d’un raccord et d’une soudure. Pour la facilité de la pose il est muni de deux tubulures d’adduction, l’une inférieure T et l’autre latérale T', suivant la position que l’on veut lui donner par rapport au compteur.
- Sur la tubulure de sortie T", qui est unique, se trouve une vis V pour permettre la vidange de l’eau entraînée dans la canalisation.
- L’économie procurée par ce régulateur varie de 15 à 50 pour 100 de la consommation, suivant la nature des installations et les pressions du gaz à la sortie du compteur. Sur 1000 expériences faites il résulte que l'économie moyenne réalisée s’élève à 26,87 pour 100.
- A la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest on réalise TP la gare d’Auteuil une économie de 54,67 pour 100.
- Cette économie se vérifie aussi bien avec les becs Auer qu’avec les becs ordinaires. A l'Asile des aliénés, à Charenton, on a obtenu, avec des becs de ce genre, une économie de 25 pour 100.
- En outre de cette économie de gaz, le régulateur permet également d’en réaliser une autre fort
- importante dans l’emploi des becs à incandescence : celle des manchons.
- En effet, en régularisant la pression, on n’est plus sujet aux à-coups brusques dus aux variations intermittentes de pression, à-coups qui déterminent de véritables chocs du gaz contre les manchons et en entraînent si souvent la rupture. Le régulateur supprime ces coups de bélier à la manière des réservoirs d’air placés sur les canalisations d’eau.
- G.-L. Pesce,
- Ingénieur des Ails et Manufactures
- L’INDUSTRIE AURIFÈRE
- DU TRANSVAAL1
- Le traitement des minerais du Transvaal comprend : d’abord, un broyage en fine poussière, puis une amalgamation ; les résidus ayant échappé à faction du mercure sont alors, par un appareil de préparation mécanique variable suivant les cas, séparés en deux catégories : d’une part, les éléments lourds (pyrite de fer et or) formant les concentrés, auxquels on a appliqué jusqu’ici principalement le procédé de chloruration Plattner et qu’on commence à traiter au cyanure de potassium ; d’autre part, les tailings (ou résidus proprement dits), qui sont soumis à l’action de dissolutions cyanurées. Après ces diverses opérations, il reste encore 8 à 10 pour 100 de l’or des minerais dans des boues fines, légères et rebelles à la pénétration des liqueurs cyanurées, qu’on appelle les slimes (ou schlamms). Ces boues sont accumulées au fond de grands bassins de dépôt, en attendant que l’on soit arrivé, par des essais en cours, à démontrer la possibilité pratique d’en extraire l’or fructueusement. Cette extraction de l’or des slimes, qu’on réussira, sans doute, à réaliser au moins partiellement, constitue aujourd’hui, pour les minerais du Witvvatersrand, leur meilleure chance de plus-value.
- En résumé, on applique, tour à tour, à l’or l’action de ses trois dissolvants principaux : le mercure, le chlore et le cyanure de potassium. Nous allons décrire successivement, en quelques mots, ces diverses opérations de dissolution, qui sont venues s’ajouter les unes aux autres à peu près dans l’ordre où nous les avons énumérées, à mesure que le pays se développait et que la métallurgie y faisait des progrès : c’est-à-dire qu’au début, de 1887 à 1890 environ, on s’est borné à traiter par le mercure des minerais qui, à cette époque, étant des minerais superficiels, contenaient, par une remarque faite précédemment, la plus grande partie de leur or à l’état libre; puis, quand on est arrivé en profondeur, dans les mines, à la zone où l’or est associé à de la pyrite de fer non altérée, on a dû songer à des réactifs plus énergiques et l’on a commencé à appliquer le chlore; enfin, vers 1891 environ, le cyanure de potassium a fait son apparition, et la découverte de cet agent précieux, réalisée par une bonne fortune extraordinaire juste au mo-
- 1 Suite et fin. — Yoy. n° 1198, du 16 mai 1896, p. 574.
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- LA NATURE.
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- ment où elle devenait presque nécessaire pour ces minerais du Rand, auxquels elle s’est appliquée de suite merveilleusement, a, dans une large mesure, contribué à l’essor pris, depuis ce moment, par l’industrie du pays. Aujourd’hui le procédé au cyanure semble avoir une tendance à se substituer progressivement aux autres ; il a déjà détrôné la chloruration et, dans certains cas spéciaux, on commence à s’en servir directement, sur le minerai broyé, sans emploi préalable du mercure.
- Dans la pratique courante du Transvaal, les deux premières opérations, broyage et amalgamation, se font dans le même grand batiment qu’on appelle la batterie, ou le moulin (mill).
- Là, des pilons, associés par groupes de cinq, en nombre variable (100, 120, 160, jusqu’à 200)
- broient constamment le minerai mélangé d’eau, dans des mortiers, avec un vacarme assourdissant. La nuit même, ce travail n’arrête pas et ces batteries, éclairées par de grands fanaux électriques, dessinent, dans la plaine, sur tout le long alignement rectiligne des mines du Main Reef, une sorte de grande voie lumineuse qu’on aperçoit de très loin quand on rentre, dans l’obscurité du soir, vers Johannesburg. Pour actionner ces pilons, il faut une puissance considérable, 2 chevaux à 2 chevaux et demi par pilon, et, si l’on tient compte du travail nécessité par toutes les installations correspondantes d’extraction, d’épuisement, d’éclairage, de pompage, destinées à l’exploitation et à l’élaboration complète du minerai, on arrive à un total de 5 à 6 chevaux par pilon.
- Il en résulte que chacune des mines du Rand a une machinerie très développée : 1U00 chevaux, par exemple, à la Geldenhuis Estate ou à la Simmer and Jack, 1900 à la Geldenhuis Deep, 600 à la Crown Reef, etc., et c’est par la visite de ces chambres de machines — qui, pour la beauté, le fini et la grandeur des installations, rivalisent souvent avec celles de nos mines européennes — qu’on doit commencer logiquement la visite d’une mine du Rand.
- La figure 1 représente un coin de la chambre des machines à la Modderfontein, l’une des plus récentes et des plus perfectionnées du Rand, que l’on achevait d’installer au moment où nous l’avons photographiée en septembre 1895. On y voit, derrière la machine motrice de la batterie, dont on est occupé à placer l’arbre de transmission, la grande machine à comprimer l’air verticale. Ces air-compressors, suivant l’expression anglaise, servent à actionner, dans les profondeurs de la mine, les perforatrices, au moyen desquelles on fore les trous de mine.
- Dans la batterie elle-même, le spectacle est celui que représentent les deux vues ci-jointes, figure 2 et 3, prises à la Geldenhuis Estate.
- Ces batteries sont divisées en trois étages, formant comme trois gradins successifs : sur le gradin supérieur, vers la droite (fig. 2), arrive, dans des wagonnets, le minerai, qui descend par des trémies jusqu’aux mortiers situés à l’étage au-dessous et là est pulvérisé par les pilons; de ceux-ci on n’aperçoit, derrière les
- charpentes, que des tronçons des tiges, avec les tuyaux d’amenée de l’eau.
- Au pied des mortiers, plus à gauche (fig. 5), sont les plaques d’amalgamation, où coule ce qu’on appelle la lavée ou la pulpe, c’est-à-dire le minerai broyé entraîné par un courant d’eau et s’échappant des mortiers à travers une grille. Ces plaques, faites d’une feuille de cuivre argenté et amalgamé portée par un bâti de bois, ont, en moyenne, lra,40 de large sur 2ra,40 de long. Les parcelles d’or, en coulant doucement sur le mercure, sont retenues par lui et, une fois par jour, on recueille l’amalgame formé, en grattant la plaque avec des racloirs en caoutchouc ou en acier; on obtient ainsi l’amalgame d’or, que l’on comprime dans une toile grossière pour chasser, à travers la toile, l’excès de mercure, et l’on en fait, de cette manière, des boules grosses comme le poing, qu’il suffit, ensuite, de distiller pour volatiliser le mercure, tandis que l’or reste au fond du creuset.
- Environ 2 mètres au-dessous des tables d’amalgamation, la figure 2 laisse apercevoir, dans sa partie sombre, vers la gauche, d’autres appareils que l’on nomme les frue vanners. En même temps, cette figure met bien en relief la modification qui s’est produite récemment dans le mode de traitement usité à Johannesburg. En effet, sur la moitié de la batterie la plus ancienne, à gauche, ces frue vanners existent pour 60 pilons ; au contraire, tous les 60 pilons de droite, les plus récents, n’en ont pas, non parce que l’installation n’est pas complète, mais parce qu’on renonce de plus en plus à l’emploi de ces appareils, utiles dans certains cas sans doute, mais coûteux et délicats.
- Les frue vanners sont formés d’une courroie de caoutchouc, animée à la fois d’un mouvement sans fin dans le sens longitudinal et d’un mouvement alternatif transversal. Par ce vannage (d’où leur nom), on obtient la séparation entre les parties les plus lourdes du minerai qui, en dépit des secousses, adhèrent par leur poids à la courroie et les parties les plus légères, que ces mouvements déplacent et qu’entraîne un courant d’eau. L’appareil produit donc : d’une part, des concentrés, où se retrouve la plus grande partie de l’or, et, d’autre part, des résidus quartzeux, encore légèrement aurifères, qui, suivant leur degré de finesse, se nomment des tailings quand ils sont à l’état de sables, ou des slimes, quand ils forment des boues légères, impalpables, restant indéfiniment en suspension dans l’eau.
- Ainsi que nous l’indiquions plus haut, on substitue aujourd’hui à ces frue vanners des appareils plus frustes, du type des spitzluten allemands, c’est-à-dire de grandes caisses en bois en forme de pyramides, ayant leur pointe en bas, où pénètre, par le fond, un courant d’eau ascendant, dont on règle la pression de manière qu’il soit capable d’emporter les parties les plus légères du minerai, qui lui-même y arrive en haut, tandis que les plus lourdes, c’est-
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- LA NATURE
- à-dire les concentrés, tombent, malgré tout, en bas.
- Quand on fait des concentrés proprement dits par les frue vanners, on leur applique souvent la chloruration, c’est-à-dire qu'après avoir soumis les concentrés à un grillage oxydant pour transformer le fer en sesquioxyde, on fait réagir sur eux un courant de chlore, ayant pour effet de dissoudre l’or en chlorure d’or.
- Après quoi, on précipite l’or par l’action d’un sel réducteur, le sulfate de protoxyde de fer.
- Le traitement par la cyanuration s’applique également parfois à ces concentrés ; mais, dans tous les cas, c’est par lui qu’on extrait l’or des tailings et qu’on essaye actuellement de l’extraire des s limes.
- Le cyanure de potassium a, en effet, — par une propriété, qui était depuis longtemps connue et même appliquée en galvanoplastie, mais qui n’a été
- utilisée pour le traitement des minerais d’or que récemment,— la faculté de dissoudre l’or à l’état de cyanure double d’or et de potassium, avec une facilité remarquable : les parcelles d’or extrêmement fines, qui sont disséminées dans les résidus broyés duWitvva-tersrand, mises en présence d’une dissolution de cyanure, même extrêmement diluée, jusqu’à tenir seulement 0,01 pour 100 (1/10 000e) de cyanure, s’y dissolvent elles-mêmes avec une grande promptitude, tandis que le reste du minerai (et en
- Fig. 2. — Ensemble de la batterie à la Geldenbuis Estate, montrant à droite les pilons et à gauche les frue vanners.
- particulier la pyrite) est inattaqué. Il suffit alors de précipiter l’or de ce cyanure double, soit par le zinc (procédé Mac Arthur Forrest), soit par l’électricité (procédé Siemens et Halske), pour obtenir de l’or en poudre plus ou moins impur, qu’on raffine d’abord
- sommairement et qu’on coule ensuite en lingots. Voici comment se pratique cette cyanuration.
- Le terrain des environs de Johannesburg, où se trouvent les principales mines, étant généralement très plat, on n’a souvent pas pu y placer les appareils
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- LA NATURE
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- Fig. 3. — Pilons et tables d’amalgamation à la Geldenhuis Estate.
- Fig. 4.
- Cuves de cvanuration à la New-Comet
- Fig. 5. — Canal (l’amenée des tailings, cuve de cyanuration et tas de résidus à la New-Cliimes.
- Fig. G. — Cuves de cyanuration, canal d’écoulement des résidus Fig- 7.
- et bassin de dépôt des tailings et des sûmes à Geldenhuis Estate. Moulin et cuves de cyanuration à la New-Chimes.
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- LA NATURE.
- successifs de manière que les résidus descendent de l’un à l’autre, simplement par la gravité. On commence donc, à la sortie de la batterie, par les remonter, soit par une grande roue à godets, soit par des pompes, jusqu’à un canal en bois soutenu en l’air sur des échafaudages, qui les conduit, dans un courant d’eau, vers les cuves de cyanuration.
- La figure 7 montre, par exemple, la disposition réciproque des divers appareils à la New-Chimes, depuis la batterie à droite avec ses hautes cheminées de tôle noires jusqu’aux cuves de cyanuration et aux tas de résidus sur la gauche. Ces cuves de cyanuration, la figure 4, prise à l’usine de la New-Comet (East Rand), en représente un des types les plus récents et les plus perfectionnés.
- Comme on le voit, il y a là deux rangées de cuves juxtaposées, l’une à environ 6 mètres au-dessus du sol sur des charpentes de bois, l’autre à 1 mètre seulement de hauteur.
- Cette disposition a pour but de commencer, d’abord, dans les cuves supérieures, le lessivage au cyanure, que l’on continuera dans les cuves du dessous. En passant de l’une à l’autre série de cuves par un déchargement presque automatique (qui se fait, sous les premières cuves, dans des wagonnets poussés ensuite sur des rails au-dessus des cuves inférieures), les sables à traiter sont complètement bouleversés dans leur disposition primitive et remis en contact avec l’air : ce qui est essentiel pour que les réactions puissent s’opérer complètement. Quand on examine ces cuves plus en détail, on voit qu’elles sont formées de douves de bois verticales, maintenues par un certain nombre de cercles de 1er, avec une profondeur d’environ 2m,50 et un diamètre de 6 mètres. A leur base se trouve un double fond à claire-voie couvert d’un filtre en natte de coco, recouvert lui-même d’une toile d’alfa, et, entre les deux fonds, est une couche de cailloux ou de sable grossier.
- L’opération, pour bien réussir, demande une répartition très égale des sables à traiter et une homogénéité très grande de leur masse, de manière que la dissolution cyanurée ne soit pas amenée à filtrer tout entière d’un côté où sa circulation serait plus aisée, en laissant intacte une autre zone plus compacte.
- Pour réaliser ce point essentiel, on commence souvent par faire subir aux sables une préparation mécanique très complète, ayant pour effet de les classer en un certain nombre de catégories, d’une grosseur de grains différente, catégories qui seront ensuite traitées séparément dans des cuves distinctes, et l’on n’est arrêté, dans cette classification très utile, que par le matériel considérable de cuves qu’elle exige ultérieurement.
- Étant donnée une certaine catégorie de sables, que l’on veut traiter en une fois dans une même cuve, on cherche alors à la répartir, dans cette cuve, d’une façon aussi homogène que possible : c’est ce que l’on obtient par le distributeur tournant Butters et Mein représenté sur la gauche de la figure 5, qui
- montre la cuve de cyanuration et les tas de résidus de la New-Chimes.
- Ce distributeur, formé de bras inégaux, par lesquels s’écoule le courant d’eau apportant les sables, reçoit, de ce fait même, un mouvement de rotation.
- La figure 5 montre, en outre, une disposition assez ingénieuse, que l’on trouve dans un petit nombre d’usines (Crœsus, etc.) : c’est, à l’intérieur de la cuve, une autre enveloppe concentrique laissant, entre elle et la première, un espace annulaire. Cette seconde enveloppe n’est pas fixe; mais on l’élève peu à peu, à mesure qu’on remplit la cuve de sables, en introduisant des planches de bois dans des glissières préparées d’avance. Le but est qu’à chaque instant du remplissage la partie la plus légère, flottant à la surface de l’eau, puisse passer par-dessus cette sorte de seuil et s’écouler : on évite de cette manière d’avoir, dans la cuve, une trop grande quantité de ces houes fines, constituant les sûmes, qui empêche-ràient et retarderaient la circulation du cynanure.
- Quand, de cette manière, la cuve a été remplie de sable, on laisse écouler l’eau et on fait arriver le cynanure, en dissolution pouvant tenir depuis 1/10000e jusqu’à 6/100e : ce cynanure filtre alors à travers la masse en se chargeant d’or, passe dans le double fond et s’écoule de là au dehors quand on le veut, par un robinet en fer adapté au fond de la cuve.
- Le traitement est d’une durée très variable suivant le degré de finesse et de compacité des sables et d’autant plus long que ceux-ci sont plus fins. En moyenne, il dure de trois à cinq jours; mais, avec les concentrés, on est amené à le prolonger jusqu’à quatorze jours. C’est une raison de plus pour taire d’avance une classification très complète des sables, de manière à ne pas immobiliser aussi longtemps un matériel coûteux pour la catégorie de sables à grains relativement gros, avec laquelle ce traitement peut être abrégé.
- Quand cette dissolution par le cynanure est terminée, les produits en sont de trois natures : on a, d’une part, une liqueur de cyanure d’or, dont nous verrons bientôt le traitement ; de l’autre, des résidus sableux appauvris d’or, et enfin des boues légères, (sûmes), non traitées au cyanure (en raison de leur compacité qui empêche la filtration) et accumulées pour l’avenir. La figure 6, qui représente les installations de la Geldenhuis Esta te, montre comment, au-dessous des cuves de cyanuration et de la batterie, les résidus et les boues, entraînés par un courant d’eau, vont s’accumuler au fond de la vallée dans de grands étangs artificiels, obtenus au moyen d’une digue en terre barrant le thalweg L L’eau qui a servi aux opérations est, ainsi que celle accumulée pendant la saison pluvieuse, remontée par des pompes jusqu’aux ateliers et utilisée ainsi un certain nombre de fois : ce qui est une économie intéressante dans un pays oh ce liquide précieux est aussi rare.
- Quant à la précipitation de l’or, nous avons dit
- 1 Sur notre vue, la plus grande partie du bassin de dépôt que l’on aperçoit est comblée et à sec.
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- LA NATURE.
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- qu’elle se faisait tantôt par le zinc, tantôt par l’électricité.
- La réduction par le zinc a lieu dans de petites caisses, dites extracteurs on zinc-boxes, où l’on met du zinc en copeaux et où l’on recueille, tous les quinze jours ou tous les mois, le précipité d’or, qu’on mélange alors avec du nitrate de potasse et grille pour oxyder le zinc; après quoi, on le fond en lingots avec du bicarbonate de soude, du borax et delà silice.
- La réduction par l’électricité, moins employée jusqu’ici, s’opère en prenant pour électrodes négatives de très minces feuilles de plomb et pour électrodes positives des plaques de fer. Le fer se dissout à l’état de ferrocyanure de potassium et l’or se précipite sur le plomb.
- Nous ajouterons seulement, pour terminer, quelques indications sommaires de prix de revient.
- Voici, par exemple, le prix du traitement d’une tonne de sables (tailings), soit avec précipitation par le zinc, soit avec précipitation électrique. La grande économie, dans le second cas, tient à ce que l’emploi de l’électricité permet d’employer une liqueur de cyanure beaucoup plus diluée et de récupérer, en outre, une partie du cyanure consommé :
- Traitement avec Traitement avec
- précipitation au zinc, précipitation électrique.
- Main-d’œuvre.........
- Cyanure de potassium.
- Chaux................
- Zinc.................
- Plomb................
- Foi'.................
- Soude caustique . . . Charbon..............
- fr. fr.
- 2,50 2,50
- 2 0.60
- 0,10 0,10
- 1,10 »
- » 0,15
- » 0.25
- » 0,50
- 0,30 »
- 6,00 4,10
- Quant au prix de revient complet de l’extraction et du traitement d’une tonne de minerai broyée, il est, par exemple, le suivant dans la mine de la Crown Recf, qui représente assez bien une moyenne :
- fr.
- Abatage, extraction, épuisement........................ 20,40
- Transport du minerai de la mine à l'usine.......... 0.20
- Broyage................................................. 3,75
- Frais généraux.......................................... 3,20
- Traitement au cyanure (sur 600 kilogrammes de tailings correspondant à une tonne de minerai). . . 5,60
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- Le prix de revient représente la valeur de 11 grammes d’or : c’est-à-dire que, dans l’état actuel des choses, il faut, en moyenne, pour qu’un minerai couvre ses frais, qu’il rende à l’extraction 11 grammes d’or, par conséquent qu’il en renferme aux essais au moins 13 ou 14. Nous sommes loin, on le voit, des exploitations hydrauliques californiennes ou australiennes, qui arrivent parfois à pouvoir traiter fructueusement des minerais tenant un tiers de gramme d’or par mètre cube. Néanmoins, dans une mine déjà organisée, toute une catégorie de dépenses, et notamment les frais généraux, étant supportées par les minerais riches, on peut accessoirement traiter, dès aujourd’hui, avec un léger bénéfice, une certaine proportion des minerais pauvres descendant au-dessous de la teneur que nous venons de calculer.
- En résumé, le rendement d’ensemble de toute la
- série des traitements est environ celui que donne le tableau suivant, représentant les opérations de la Crown Reef d’avril 1894 à avril 1895.
- Tonnes lire ivées : 180 700 Or retiré par tonne. Or perdu.
- à 18e',35 d’or (in par (onne, donnant °/o K*’. °/0
- batterie .... 180 700 tonnes. 10.50 57,76
- concentrés. . . résidus sableux 5 700, soit 3 °/„ 1,04 5,78 0,11— 0,67
- (tailings) . . résidus argileux 119 200 — 66°/0 3,50 19,21 1,45= 8.20
- (slimes). . . 55 800 — 31 °/0 1,75= 9,97
- 180 700 15,04 81,31 3,31 = 18,84
- Comme on le voit, la proportion d’or extraite est à peu près les 8/10 de l'or total : elle oscille, suivant les mines, de 80 à 85 pour 100. Si le traitement des slimes, actuellement essayé, réussit, comme on l’espère, on pourrait peut-être obtenir encore 7 à 8 pour 100, c’est-à-dire extraire 88 à 93 pour 100 de l’or.
- Ce traitement des slimes, dont on voit par suite le grand intérêt, comprend, en principe, une classification très rigoureuse des boues légères confondues sous le nom de slimes et dans lesquelles une partie, formée de sables quartzeux très fins, se prête encore à la filtration du cyanure et ensuite un traitement isolé des boues proprement dites dans des cuves munies d’appareils spéciaux, qui auront pour effet de les maintenir constamment en mouvement et en suspension. La première opération a commencé à s’exécuter à la Robinson au mois de janvier 1896, et a donné de bons résultats; la seconde, qui est la plus délicate, sera, croyons-nous, prochainement organisée. L. De Launay.
- LES Y0ILES EN PAPIER
- Aux très nombreuses applications qu’a déjà reçues le papier, on peut ajouter son emploi pour les voiles de navires. D’après le Handels Muséum, les voiles en papier sont déjà en usage aux États-Unis, pour les yachts et navires analogues. Elles sont plus économiques que les voiles en toile et peuvent être rendues à peu près inusables à l’aide d’une série de préparations que nous allons indiquer/Pour la fabrication, on ajoute à la pâte à papier du bichrOTnate de potasse, de la glu, de l’alun, du silicate alcalin et de la graisse ; on passe cette pâte à la machine et on obtient une feuille d’une certaine épaisseur. On superpose deux feuilles de ce papier avant dessiccation et on les fait passer entre des rouleaux sous une très forte pression ; on a ainsi un papier mince et très résistant. On le traite alors par une dissolution d’acide sulfurique, qui convertit la surface en une sorte de parchemin. On lave avec une solution de soude, on sèche et on lisse. On obtient ainsi un papier très fort, très résistant, et à l’abri de toute déchirure. Pour faire les voiles, ajoute la Revue industrielle, à laquelle nous empruntons ce document, on colle les lés avec une pâte analogue à celle qui entre dans la composition du papier. La bordure de la voile est formée par l’insertion d’une corde dans un pli du papier rabattu et collé sur le corps. Cette voile offre certains avantages, comme on le voit; il serait intéressant de savoir si en pratique elle se comporte aussi bien que les voiles en toile.
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- LA NATURE.
- LA STATUE EN CUIVRE GALVANIQUE
- DE SAINT FIDÈLE
- A PALAZZOLO SULL’OGLIO
- Une statue colossale de saint Fidèle, obtenue par l’électrolyse, vient d’être érigée sur la tour du Peuple, à Palazzolo Sull’Oglio.
- Cette statue, que représente notre gravure (fig. 2), ne mesure pas moins de 7 mètres de hauteur; son poids n’est que de 800 kilogrammes. Coulée en bronze, elle eût pesé au moins plus de 50 tonnes. Ce lait a une importance capitale, puisque la statue est placée au sommet du dôme qui termine la grande Torre dell Popolo, ainsi qu’on peut le voir sur la figure 1, reproduite d’après une photographie ; il montre une lois de plus tous les services que les artistes et les architectes peuvent retirer de l’emploi intelligent de la galvanoplastie.
- Palazzolo se trouve à peu près à égale distance entre Brescia et Bergame; c’est l’ancien Palatiolum des Romains ; son industrie, très importante, qui consiste surtout dans le tissage du coton et de la soie, lui a valu, en Italie, le surnom de Manchester Bresciana.
- La légende veut que saint Fidèle, vaillant soldat romain et l'un des premiers martyrs chrétiens, l’ait habitée. C’est pourquoi saint Fidèle est le patron de la ville. La Tour du Peuple, qui est un des plus beaux campaniles d'Italie, est ainsi nommée parce qu’elle fut élevée sur la demande de la population en l’honneur du saint. Elle est ronde; cette forme lui fut donnée par force, car elle a comme hase la plus grande tour de l’antique château fort qui servait à la défense de la ville. Ce fut en 1805 qu’elle fut projetée; un décret préfectoral du 26 janvier 1804 en autorisa la construction; ce décret fut confirmé sept ans plus tard. Un prêtre nommé Torrazza fut l’âme de ce mouvement populaire; en peu de temps, il réunit, par souscription, tous les fonds nécessaires à l’exécution du projet. Les travaux furent dirigés par Bessoni, Berenzi, auteur d’un projet d’arc de triomphe en l’honneur de Napoléon Ier, Gio-
- vanni Battista, qui dessina et construisit la partie supérieure en forme de temple grec, enrichie d’une belle colonnade et d’ornements qui devaient servir à un autre arc triomphal en l’honneur du grand empereur. La coupole fut reconstruite de nos jours, sous une forme plus gracieuse, par Arcionni, architecte de Brescia.
- La statue de saint Fidèle, placée sur cette coupole, a été modelée en argile par M. Antonio Ricci. Elle est très remarquable (fig. 2).
- L’opération de la fonte galvanique a été faite dans les établissements artistiques pour les applications
- de la galvanoplastie du comte Yittorio Turati, à Milan. L’habileté avec laquelle elle a été conduite fait le plus grand honneur aux ingénieurs qui y ont pris part.
- L’œuvre du sculpteur fut d’abord moulée en plâtre; le moule fut ensuite divisé en 17 parties, sans compter les accessoires tels que la lance, l’épée, la palme. L’œuvre originale fut détruite.
- Chacune des parties fut métallisée à la plombagine et placée dans le bain galvanique. Pour faciliter le dépôt du cuivre sur le plâtre, un réseau de fils métalliques, épousant les formes de la surface à reproduire, était placé tout près d’elle et y était assujetti par des petites chevilles ou épingles. Le bain était formé d’une solution à base de sulfate de cuivre. Une fois la première couche de cuivre déposée sur le moule, le réseau métallique était enlevé; dans quelques pièces, cependant, il fut laissé et fut recouvert aussi de cuivre galvanique afin de former comme une armature interne à la pièce elle-même.
- La durée de l'opération était de dix à douze jours, quelquefois plus ; l’intensité du courant était réglée de façon à obtenir un métal d’une très grande cohésion. L’épaisseur de la couche métallique déposée est de près de 4 millimètres. La surface de la statue est d’environ 40 mètres carrés. Le courant était engendré par une dynamo de 600 ampères sous 4 à 6 volts, et mise en marche par un moteur à gaz de 4 chevaux.
- 11 nous reste à donner quelques détails sur le mode d’assemldage des différentes pièces et sur le
- Fig. 1. -— La statue eu cuivre galvanique de saint Fidèle qui vient d’être érigée sur la Tour du Peuple, à Palazzolo Sull’Oglio (Lombardie). (D’après une photographie.)
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- LA NATURE.
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- montage de la statue sur sa carcasse. L’ensemble lut construit de façon que la statue entière put être expédiée et mise en place en cinq pièces différentes : les jambes, le tronc, la tète et les deux bras, sans compter les accessoires.
- Ces diverses pièces furent ensuite réunies par superposition de parties creuses et. de parties en relief obtenues directement par la galvanoplastie, et qui sont assujetties par des vis. Chacune de ces cinq sections est formée de deux, trois ou quatre pièces fortement soudées au zinc et à l’étain.
- Les différentes pièces sont montées sur une armature à poutrelles très simple et à la fois très solide. Elleest composée de deux montants qui entrent par les pieds delà stàtue, qui épousent la courbure des jambes et qui se prolongent jusqu’à l’épaule; ces deux poutrelles sont réunies par deux traverses à la hauteur du siège et à celle des épaules. Delà traverse supérieure, partent trois autres poutrelles qui constituent respectivement l’armature de la tête et l’armature des bras. A la hauteur de la ceinture et à la hauteur des épaules sont placés deux forts cercles en fer sur lesquels les deux traverses sont assujetties.
- L’armature se prolonge à 5 mètres au-dessous de la hase de la statue pour permettre son montage sur la coupole. Il était, en effet, nécessaire d’assurer à cette construction une très grande solidité, en raison de la surface considérable offerte au vent et de la situation exposée de la tour.
- Le prix de revient de ce travail est de beaucoup inférieur à celui de la fonte ; il est d’environ 8 à 10 francs le kilogramme, soit 6000 à 8000 francs au total.
- La reproduction de l’œuvre originale est absolu-
- ment parfaite jusque dans ses moindres détails, comme on pouvait s’y attendre par l’emploi de la galvanoplastie. De plus, en raison de l’oxydation qui s’est produite par le séjour prolongé dans le bain acide, le cuivre a pris à sa surface la teinte du bronze qui convenait; cette surface a été ensuite repassée avec une patine métallique à l’huile cuite.
- Ce travail nous montre toutes les ressources que peut fournir la galvanoplastie pour des opérations de ce genre. Un simple moteur à gaz de 4 chevaux
- actionnant une dynamo génératrice qui transmettait le courant électrique dans des bains de sulfate de cuivre appropriés a suffi pour obtenir la partie métallique que l’on désirait. Il faut remarquer aussi que les revêtements de cuivre ont épousé exactement toutes les formes qui avaient été tracées.
- L’aspect artistique de cette œuvre est très heureux, ainsi qu’on peut le voir sur nos gravures. Le saint est représenté debout ; son attitude est simple et énergique; sa physionomie est douce; il porte, de la main droite, la lance du guerrier et, de la main gauche, la palme du martyr. Ses dimensions étaient imposées par les proportions du bâtiment.
- Les difficultés qu’auraient présentées l’exécution, le transport et surtout la mise en place de la statue si on l’avait faite d’une seule pièce, par le procédé Lenoir, par exemple, ont été supprimées par la méthode des moulages fractionnés que nous avons décrite, méthode qui présente l’inconvénient d’exiger l’emploi de soudures nombreuses, mais qui était seule applicable dans ce cas. Tant au point de vue artistique qu’au point de vue industriel, cette œuvre méritait donc d’être signalée. G. Pellissier.
- Fig. 2. — Vue de la statue de saint Fidèle dans son atelier de fabrication. Les ouvriers sont représentés à la même échelle que la statue.
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- LA NATURE.
- L’EXPOSITION DU PHOTO-CLUB
- La photographie aussi a maintenant, comme la peinture, son Salon des Champs-Elysées, dont le vernissage ou la répétition générale, comme on le préférera, a eu lieu hier.
- Il y a deux ans déjà que le Photo-Club de Paris eut l’idée d’organiser une exposition internationale d'œuvres photographiques ayant un caractère réellement artistique. La première eut lieu dans la salle Petit, la seconde chez l)urand-Ruel. Les envois devenant plus nombreux à mesure que croissait la vogue mondaine de la photographie, ces locaux furent jugés insuffisants, et cette année l’exposition a dù s’installer dans les galeries du garde-meuble des Champs-Elysées.
- Pour bien accuser ses tendances, le comité du Photo-Club a chargé de l’admission des œuvres envoyées un comité choisi parmi des artistes de haute valeur, présidé par M. Gérôme, de l’Institut, et dans lequel se trouvent MM. Guillaume Dubufe, François Flameng, Montenard, le statuaire René de Saint-Marceaux, le graveur Jules Jacquet, M. Armand I)ayot, inspecteur des beaux-arts, etc.
- Sur 1800 œuvres envoyées tant par des amateurs que par des professionnels, 600 seulement ont été jugées dignes de figurer dans cette élite de la photographie et sont exposées sur un pied parfait d’égalité, le comité ayant écarté le système de récompenses graduées, la classique distribution de prix, et résolu de laisser au seul public le soin d’apprécier comme il convient les œuvres plus ou moins méritantes. Une médaille, à titre de souvenir, est remise à chaque exposant. L’original est dù au burin de M. Paul Roussel, prix de Rome de l’année dernière. Cette œuvre d’art, d’une exécution délicate, représente « la Lumière unissant l’Art et la Science ».
- Comme observations générales on est frappé tout d’abord des progrès réalisés par les exposants français qui, dans les deux premières tentatives de ce genre, paraissaient distancés par leurs concurrents étrangers. On peut constater également une tendance générale à employer des procédés donnant une plus grande durée aux œuvres, visant à l’inaltérabilité, tels que le charbon, ou bien permettant un travail plus délicat, des éclairages plus variés, comme la gomme bichromatée. Ce procédé a une certaine analogie avec le procédé Gillot pour la reproduction de dessins à la plume. Au lieu de gratter le papier pour obtenir les blancs et les lumières, l’opérateur le lave tout simplement aux endroits voulus. M. Robert Demachy obtient ainsi des effets intéressants; citons, entre autres, sa tête de jeune fille lisant, son essai de sanguine.
- M Bucquet, président du Photo-Club, expose de beaux paysages, agrandissements au charbon. Mlle A. Rucquet a envoyé une'jolie sanguine : Attelage de bœufs à Pavie. Notons encore les portraits à la gomme bichromatée de M. Brémard, représentant Mlle C. de M..., de l’Opéra, drapée à l’antique.
- L’école anglaise fournit une série de très beaux portraits, ceux surtout de M. William Crooke, dans la manière d’anciennes gravures.
- Comme innovation le comité avait décidé d’admettre cette année des études de nu, à la condition, cela va sans dire, qu’elles ne pussent choquer en rien les visiteurs même les plus pudibonds. Les études de ce genre de M. René Le Bègue, un amateur parisien, représentant des femmes en plein air, sous bois, au bord de cours d’eau, étendues sur des rochers, dans des grottes, témoignent d’un grand sens artistique joint à une originale fantaisie d’esprit.
- L’école autrichienne a envoyé des paysages supérieure-
- ment traités, comme la Vue stgrienne et le Lac de Hallstatt du baron A. de Rothschild, les Vues de Poméranie et de Hatnbourg du docteur Ilenneberg, de Vienne.
- Les photographes belges ont cherché volontiers des scènes de reconstitutions historiques composant de petits tableaux avec des personnages revêtus de costumes d’autres époques, comme En 1830 de M. Selb, d’Anvers, Néron, l’Homme préhistorique de M. Alexandre, de Bruxelles. Ce dernier expose aussi un Passage de défilé sous bois par l'avant-garde d'un régiment d'infanterie belge, formant un vivant tableau militaire1. L. d’U.
- Nouvelle exploration «lu gouffre de (iaping-tàliyll (Angleterre). — Samedi et dimanche 9 et 10 mai, M. Calvert et quatre de ses amis de Leeds (York-shire) sont descendus dans le gouffre de Gaping-Ghyll (Ingleborough), profond de 100 mètres, et exploré pour la première fois le 1er août 1895 par M. Martel2. Équipés pour une longue expédition, ils ont pu rester une dizaine d’heures sous terre, se glisser dans d’étroites fissures à travers les talus d’éboulis qui avaient arrêté le premier visiteur dans sa solitaire descente et découvrir envii-on 1 kilomètre de galeries à stalactites. Les difficultés à surmonter les ont empêchés d’aller jusqu'au bout de ces galeries. L’exploration sera prochainement continuée. Nous en reparlerons avec plus de détails. (D’après le Brad-ford Observer, du 14 mai 1896.)
- Tremblement «le terre du 13 mars 18!M> au Chili. — Le vendredi 15 mars, le Chili a été éprouvé par de violentes secousses terrestres. On distingue en ce pays le véritable tremblement de terre (terremoto) et les légères trépidations du sol (temblor). Les phénomènes de mars et antérieurs en janvier sont à la limite extrême des temblores Le plus violent a eu lieu à Santiago à 91' 49“ du soir ; il fut tel qu’en un moment il ne resta plus personne dans les maisons, qui semblaient comme tordues ; on se réfugiait dans les rues, au milieu des cris d’épouvante des femmes et des enfants. Le Conseil municipal était en séance ; en un clin d’œil, la salle des délibérations se vida. Conseillers, employés et public se bous-r culaient dans les couloirs. Les secousses ont duré deux minutes; les pendules se sont arrêtées. C’est à Valparaiso que la violence a été maxima. Presque tous les édifices publics ont été endommagés ; le nombre des maisons particulières menaçant ruine était considérable. Il est juste de dire que c’étaient les plus mal construites. Deux personnes sont mortes de frayeur; un agent de police, qui se sauvait à toutes jambes, est tombé dans une excavation. Le vendredi 15, il y a eu vingt et une secousses; le sol a continué à trembler, par intervalles, pendant plusieurs jours. Deux navires, arrivés de haute mer, ont ressenti, à l’ouest de Valparaiso, des chocs formidables; là sans doute était l’épicentre, et il est à craindre que l’île de Juan Fernandez (l’ile de Robinson) ait été fortement éprouvée. Depuis 1865, on n’avait pas constaté de temble-ment de cette violence au Chili. C. de Cordemoy.
- Sur la latitude du Cap. — Le Dr Gill, qui avait déjà discuté, dans l’Introduction du Catalogue du Cap, pour 1885, les corrections à apporter aux latitudes de Greenwich et du Cap et au calcul des réfractions, a contrôlé les résultats obtenus au moyen des déterminations
- 1 D’après un article du Temps paru le 14 mai.
- 2 Voy. n° 1182, du 25 janvier 1896, p. 118.
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- fondamentales faites à Poulkova, par M. Nyrén, au cercle vertical. Il faudrait diminuer les réfractions de 2/1000 de leur valeur. La correction à la latitude de Greenwich serait seulement de 0",1, moindre par conséquent que celle trouvée par M. Stone. A la séance de la Société, M. Downing, parlant des discordances des distances zénithales mesurées par différents instruments, a dit que la méthode suivie à Greenwich, et d’après laquelle on réduit les distances zénithales à la moyenne des résultats réfléchis et directs, ne lui paraît pas fondée ; il faudrait prendre comme correctes les observations faites directement.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 18 mai 1896. — Présidence de M. Cornu.
- Propriétés de l'uranium. — M. Moissan a poursuivi ses recherches sur l’uranium. 11 prépare ce métal en réduisant l’oxyde par le carbone, sous l’action électrique. On peut encore l’obtenir en traitant un chlorure double par les métaux alcalins. L’uranium présente une affinité très grande pour l’azote; ce gaz donne des azotures qui colorent le métal en jaune. La fonte d’uranium peut s’affiner; le métal est doux, d'une couleur blanche; il peut prendre un beau poli. On peut aussi le limer. L’uranium est su«ceptible de se carburer; il donne alors des produits analogues aux aciers. A l’état de pureté il n’est pas magnétique; le magnétisme observé provient d’impuretés contenant du fer. L’uranium s’oxyde dans l’air et plus facilement dans l’acide carbonique. Réduit en poudre fine, il brûle à froid dans le fluor, où il disparaît entièrement lorsqu’il est absolument pur. Dans le chlore, il brûle à une température peu élevée. Il est volatilisable ; chauffé dans un courant de gaz ammoniac, il donne naissance à des azotures. M. Becquerel fait connaître que les sels d’uranium émettent dans l’obscurité des radiations susceptibles de se réfléchir, de se réfracter, de traverser l’aluminium, le platine et le cuivre, d’agir sur des plaques photographiques. Tous les sels d’uranium, fluorescents ou non, jouissent de ces propriétés. Il en est de même du métal pur en poudre. Des sels, contenus dans des enveloppes de plomb épaisses de plusieurs millimètres, hermétiquement closes et enfermées depuis plus de trois mois dans des boîtes de carton noir placées elles-mêmes dans une chambre noire, agissent sur des plaques photographiques disposées sur les enveloppes de plomb. L’impression est aussi forte au bout des trois mois qu’au début. Exposés au soleil, ces sels prennent un léger accroissement d’énergie lumineuse, mais temporairement ; ils reviennent rapidement à leur état normal, qu’ils conservent.
- Physiologie des animaux non alimentés. — M. Chauveau a étudié le mécanisme de la transformation de la graisse en nitrates de carbone chez les animaux non alimentés. Ses recherches ont pour base les expériences de Reiset sur les échanges respiratoires des animaux hibernants. La marmotte en état d’hibernation augmente de poids; cette augmentation est due à une absorption d’oxvgène. On a constaté que pour 15 grammes d’oxygène absorbé elle n’exhale que 7 grammes d’acide carbonique. La graisse finit par disparaître presque totalement et l’augmentation de poids est réellement due à une oxydation de celte graisse.
- Un nouvel électrolyseur. — M. D. Tommasi a imaginé un électrolyseur se composant d’une cuve rectangulaire dans laquelle plonge une paire d’anôdes. Au milieu de ces
- anodes est disposée la cathode, laquelle est constituée par un disque métallique animé d’un mouvement de rotation. Une partie du disque émerge du liquide de la cuve; elle frotte, dans son mouvement, contre deux racloirs qui ont pour but, non seulement d’enlever le dépôt électrolytique, au fur et à mesure qu’il se produit, mais encore de dépolariser la surface du disque. Les avantages que présente cet électrolyseur peuvent se résumer ainsi : 1° la polarisation est entièrement supprimée; 2° la résistance du bain est considérablement diminuée; 5° la densité du liquide est la même dans toutes ses parties, grâce à la rotation continue du disque.
- Les mouvements des glaciers. — En 1894, sur l’initiative du professeur Forel, une commission internationale s’est fondée pour l’étude du mouvement des glaciers ; le prince Roland Bonaparte a été chargé des glaciers français. M. Janssen présente les résultats obtenus par le prince Roland Bonaparte. Les premiers travaux de ce genre reposaient sur des indications fournies par les montagnards. A ces moyens un peu illusoires, on a ensuite substitué des repères placés sur les glaciers. Mais on n’avait tiré jusqu’ici de cet excellent procédé toutes les données qu’il pouvait fournir par suite de l’insuffisance des procédés employés pour le relèvement des repères. Le prince Roland Bonaparte s’est servi du théodolite pour déterminer les déplacements des repères par rapport à des points fixes pris en dehors des glaciers. Grâce à cette méthode, il a pu suivre toutes les phases du mouvement. Ses recherches ont porté sur 25 glaciers. 11 joint à son travail des photographies et des coupes qui mettent en évidence les particularités du mouvement.
- Découverte de fossiles. — M. Marcelin Boule décrit un animal qu’il a pu reconstituer en réunissant divers fragments trouvés aux environs de Brioude. Il a pu former une mâchoire complète. Cet animal, le Cadurcoterium, diffère des fossiles européens et se rapproche d’espèces trouvées en Patagonie. Il avait la taille d’un petit rhinocéros.
- Élection. — M. Müntz est élu membre de la section d’économie rurale, en remplacement de M. Reiset, par 53 voix, contre 15 données à M. Laboulbène.
- Varia. — M. Charles Henry signale une relation générale entre les intensités lumineuses et les sensations. — M. Trouvé présente divers appareils d’éclairage à l’acétylène. — M. Lindet a étudié le caractère et la séparation des principaux acides contenus dans les végétaux. — M. Adam Ostoia d’Ostaszewo Ostaszew,ski décrit un appareil ingénieux destiné à reproduire les mouvements des planètes dans leurs orbites. Ch. de Yilledecil.
- VOYAGE AU PÔLE NORD EN BALLON
- PROJET DE M. S. A. ANDRÉE
- Le 24 avril a eu lieu à la salle des séances de la Société de Géologie et de Géographie de Stockholm un meeting en faveur de l’expédition polaire de M. Andrée. La présidence a été donnée à M. IL Hildebrand, directeur du Cabinet des Médailles du royaume. M. Strindberg, père du collaborateur deM. Andrée, faisait partie du Comité.
- La séance a été ouverte par un discours de M. Andrée sur les préparatifs de l’expédition polaire et sur ses perspectives. Les trois étages du hangar pour le gonflement sont construits, et on peut visiter une vaste construction dans les ateliers de M. Sivedberg. Le générateur
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- LA NAT UH E.
- à gaz hydrogène va bientôt être terminé chez M. E. Ek. Le steamer la Vierge est dans le dock de Gothembourg. Le bateau en toile, qui pèse 40 kilogrammes, a été construit à Lilljeliolm. Il peut porter 5 personnes et 000 kilogrammes de provisions. Il se plie de sorte qu’on peut le hisser dans les filets du cercle où les vivres sont placés en réserve. M. E. Govanson a construit une cuisine à l’aide de laquelle on peut faire chauffer les vivres à 10 mètres au dehors du plancher de la nacelle.
- L’expédition partira de Gothembourg le 7 juin, et arrivera au Spitzberg le 17 ou le 18. Mais à partir de ce moment, M. Andrée ne se charge point de prédire ce qui arrivera. Il ne sait si l'expédition a devant elle un long voyage en ballon, ou en traîneau et en bateau.
- M. Ekholm a ensuite pris la parole pour énumérer les instruments scientifiques que l’expédition emportera : trois sextans, un horizon artificiel à mercure, deux chronomètres, deuxchronoscopes, des cartes magnétiques approximatives de la région inexplorée dressées par M. Carlheim-Gyllens-kiold, une boussole spéciale imaginée par M. Ekholm, un psychromètre d’Asseman, un actinomètre d’Arago, neuf boussoles, un anémomètre, des appareils enregistreurs, trois lunettes, deux appareils photographiques, un électromètre, un appa-
- reil pour la récolte des bactéries, des appareils pour rapporter de l’eau.
- Enfin M. Strind-berg a donné des détails sur la construction du ballon polaire qu’il a vu transporter sous le Dôme central du Chainp-de-Mars.
- Après la séance un banquet a eu lieu dans les salons de l’Hôtel
- Continental. Le baron Nordenskioldt, a
- Destructions de tuyaux accomplies par des rats. — 1. Tuyau de plomb.
- 2. Tuyau de caoutchouc. (D’après des photographies des objets adressés à La Nature.)
- de l’expédition un toast auquel sement répondu.
- M.
- porté au succès Andrée a chaleureu-
- de nombreuses constatations, je sais que la Compagnie des tramways vient de me charger de la fourniture des batteries nécessaires à l’éclairage de quinze voitures et je crois qu’aucun ordre n’a été donné aux fabricants d’appareils à acétylène. D’ailleurs, il ne restera plus, pour le moment et pour cette ligne, aucune voiture à éclairer à l’acétylène ou autrement. Le poids brut des accumulateurs d’une automobile est d’environ 80 kilogrammes et non pas de 125 comme le dit obligeamment l’article ; déplus, ces appareils sont absolument hermétiques et surtout inodores, ce qui leur constitue un gros avantage.
- Permettez-moi, en terminant, de dire quelques mois sur le prix de revient de l’éclairage par accumulateurs. L’entretien complet des batteries est assuré par ma maison à raison d’une très faible rétribution mensuelle; quant à l’énergie, il ne faut pas oublier que, dans tout dépôt de traction mécanique, existent des ateliers de réparation et de construction, et conséquemment une machine à vapeur; or, la dépense de vapeur afférente à la charge des accumulateurs est une infime portion de la dépense totale; mais sans faire intervenir cette considération, voici rigoureusement les dépenses : les voitures de la Compagnie seront éclairées au moyen de trois lampes de
- chacune douze bougies ; une pareille lampe consomme : 50 watts, soit poui une heure 50 watts-heure ; en tenant compte du rendement des accumulateurs et en ne supposant celui-ci que de 0,75, on trouve : 50 : 0,75 — 40 watts-heure, ou encore : 40: 750 = 0,0545 cheval-heure électrique à fournir à la charge. Le coût du cheval-heure étant d’environ 0fr,0G5, on 0fV,00555 comme dépense par heure et par lampe de
- M. Pisca.
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- DlïïTjOÇH*.
- douze bougies.
- ÉCLAIRAGE DES TRAMCARS
- PAR l’aCÉTYLÈSE A PARIS 1
- Nous recevons d’un de nos lecteurs la Note suivante ;
- Monsieur le Rédacteur en chef,
- Je lis dans le numéro de ce jour de votre estimable journal un article sur l'éclairage des tramcars à l'acétylène, dans lequel je relève quelques points erronés. La Compagnie des tramways de Paris et département de la Seine a en effet expérimenté l’acétylène; mais je ne crois pas que les résultats aient été aussi concluants que veut bien le dire l’auteur de l’article. L’éclairage à l’acétylène a été essayé concurremment et comparativement ; la voiture automobile n° 9 était éclairée par des accumulateurs et la voiture n° H par du gaz acétylène ; il s’agit, comme l’on sait, de la ligne Madeleine-Asnières-Gennevilliers.
- Tout en ignorant les termes du Rapport fait à la suite
- DESTRUCTIONS COMMISES PAR LES RATS
- Les invasions des rats dans les maisons domestiques ou industrielles sont épouvantables ; ces mauvaises bêtes à dents font quelquefois des dégâts extraordinaires.
- Les documents que nous envoie un de nos lecteurs, M. Denolly, aux verreries de Grande-Vallée (Seine-Inférieure), nous donnent une juste idée des dévastations de messieurs les rats. Voici ce que nous écrit notre correspondant ;
- Je vous envoie par la poste un morceau de tuyau de plomb rongé par les rats ; ce tuyau, qui servait à amener l’eau dans mon laboratoire, a été complètement rongé en plusieurs endroits; des tubes de caoutchouc ont également été rongés.
- Je crois ce fait assez rare et j’ai cru devoir vous le signaler.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier
- 1 Voy. n° 1195, du 25 avril 1896, p. 522.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuras, 9.
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- N* 1200.
- 30 MAI 1896.
- LA NATURE.
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- SUR UNE FORME DE TURE DE CROOKES
- PERMETTANT D’OBTENIR AVEC LES RAYONS X DES PHOTOGRAPHIES d’üNE TRÈS GRANDE NETTETÉ
- Le passage de la décharge électrique dans les tubes de Crookes destinés à la photographie par les rayons X, produit, comme on sait, une altération
- rapide du degré de vide efficace dans ces appareils. C’est cette raison qui a conduit les constructeurs à donner actuellement, aces ampoules, de très grandes dimensions.
- M. E. Colardeau a montré qu’il en résulte de très grands inconvénients pour la netteté des images photographiques que ces tubes sont destinés à fournir. En s’appuyant soit sur des faits établis et bien
- Fig. î. — Objets divers (chiffres, plumes, engrenages) photographiés à travers un châssis à l’aide d’une ampoule de Crookes.
- connus, soit sur les résultats d’expériences qu’il a exécutées avec des tubes de formes appropriées, il a fait voir que pour qu’une ampoule de Crookes donne des ombres photographiques bien nettes, c’est-à-dire présentant sur leur pourtour une pé-nombre aussi étroite que possible, il est utile que ce tube satisfasse aux trois conditions suivantes : 1° la cathode (qui est supposée plane) doit être de dimensions restreintes ; 2° le
- faisceau de rayons cathodiques qui s’en échappe dans une direction normale à sa surface doit être coupé par la paroi du tube à une faible distance de cette cathode; 5° la cathode doit avoir sensiblement le même diamètre que le tube, de manière à former une cloison le partageant en deux compartiments. Par cette disposition, il n’y a guère que la face de la cathode, tournée du même côté que l’anode, qui émette des rayons cathodiques. On a ainsi l’avantage d’éviter la double région d’émission des rayons X que donnent un grand nombre d’ampoules dans lesquelles
- Fig. 2. — Los mêmes objets photographiés à l'uiile du tube étroit de M. E. Colardeau représenté figure i (p. 102).
- la cathode fonctionne par ses deux faces, et de concentrer sur la seule région conservée la presque totalité de la radiation cathodique.
- En se fondant sur ces considérations, il y avait
- lieu de penser qu’on obtiendrait des photographies très nettes avec un tube cylindrique de faible diamètre contenant une cathode d’un diamètre à peu près égal, et assez profondément enfoncée dans ce tube pour ne se trouver qu’à faible distance de la paroi anticathodique.
- Pour permettre d’apprécier les résultats obtenus, nous avons reproduit ci-contre, deux épreuves d’objets divers faites à travers un châssis photographique fermé, l’une (fig. 1) avec une des ampoules courantes du commerce, l’autre (fig. 2) avec le tube en question dont les dimensions sont à peu près celles d’une cigarette et que notre figure 4 reproduit en vraie grandeur. La figure 3, qui représente des aiguilles, une paire de ciseaux, etc., donne une idée des excellents résultats obtenus par M, Colardeau. Comme la très faible capacité d’un pareil tube
- 26
- Fig. 5. — Photographies de ciseaux, aiguilles, agrafes, etc. renfermés dans un étui en cuir à coins métalliques.
- 21“ année. — 1er semestre.
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- LA NATURE.
- donnerait lieu à une altération très rapide de son degré de vide efficace, par le fait du passage de la décharge, il est utile, pour le rendre pratique, de lui souder latéralement une ampoule assez volumineuse ^ avec laquelle il com-
- munique et qui évite cet inconvénient.
- Malgré ces faibles dimensions, ce tube est une source énergique de rayons
- X.
- La ligure 5, qui
- 3
- représente des objets divers renfermés dans un étui en cuir analogue à un portefeuille, résulte d’un cliché très net et très vigoureux obtenu en cinq minutes avec une bobine donnant six centimètres d’étincelle. La distance de l’objet au tube était de 15 centimètres. Une minute de pose suffit pour obtenir des clichés encore passables ; on obtient même une impression faible, mais nette, avec une pose de une seconde, à travers deux feuilles de papier noir, à la distance de 5 centimètres.
- Gaston Tissandier.
- Fig. i. — Aspect et dimensions du tulie de M. E. Colardeau, ayant servi à obtenir les épreuves des figures 2 et o.
- LES BALLONS CAPTIFS EN ESPAGNE
- Le général Azcarraga, de l’armée espagnole, a récemment chargé deux officiers du bataillon des télégraphes (génie), le lieutenant-colonel Suarez de la Vega et le capitaine Itojas, de se rendre en Allemagne, en Angleterre, en France et en Italie pour étudier le matériel des parcs aérostatiques que possèdent ces diverses puissances et se rendre compte, en outre, du matériel aujourd’hui disponible chez les constructeurs civils des pays visités. On s’est beaucoup occupé en Espagne, dans ces derniers temps, de la question des ballons captifs et des services à en attendre en campagne.
- Les études faites au ministère de la guerre ont fait incontestablement ressortir l’utilité de ces engins; aussi les journaux militaires en ont-ils vivement préconisé l’emploi à Cuba, où ils permettront de recueillir, avec des observateurs exercés, des renseignements que les accidents du sol empêchent trop souvent d’obtenir à l’heure actuelle. Il paraît donc probable que le général Azcarraga va créer à bref délai des parcs aérostatiques de campagne qui donneront au corps expéditionnaire de Cuba des observatoires d’une valeur incontestable. Et nous disons à bref délai, car les officiers du génie désignés plus haut doivent accomplir leur mission le plus rapidement possible. Il est bon de rappeler ici que les ballons captifs ont donné de bons résultats au Tonkin, au Soudan et dans l’Afrique centrale, où les Français et Us Anglais s’en sont servis à différentes reprises. L’Italie, elle aussi, avait envoyé à Massaouah, en 1887, un parc aérostatique composé de deux ballons (200 mètres cubes
- et 140 mètres cubes), mais il y a bien longtemps qu’on n’en entend plus parler. L’Angleterre prépare également un parc aérostatique pour les opérations du Soudan égyptien.
- UN ACCIDENT
- SUR UN CHEMIN DE FER A CRÉMAILLÈRE
- Étant donnés l’appui que fournit la crémaillère aux convois dans ces sortes de chemins de fer, et le grand nombre de freins de sûreté dont sont munis les véhicules circulant sur ces voies, on n’admet guère qu’il s’v puisse produire des déraillements. Il vient pourtant d’arriver un accident de cette nature sur un chemin de fer à crémaillère tout nouvellement inauguré en Grande-Bretagne.
- Il s’agit du chemin de fer incliné qui fait l’ascension du mont Snowdon en partant de Danberis : il a un développement de 7 kilomètres et demi et s’élève de 042 mè-
- 1
- très; la rampe la plus forte y est de -—qz/ La voie a été
- établie avec les plus grands soins, scellée à des blocs de béton et posée sur des traverses métalliques ; la crémaillère est du système Abt, assez connu pour que nous n’ayons pas à y insister. Avant sa mise en exploitation, la ligne avait été, bien entendu, l'objet d’un examen complet, on avait essayé les freins, notamment le frein automatique de la locomotive. Quelques jours plus tard on mettait en circulation le premier train de voyageurs : il redescendait la locomotive en avant, non accouplée aux wagons, mais les retenant seulement sur la pente. En attaquant une courbe, et pour une raison qui n’a pas pu être éclaircie, peut-être par suite d’un affaissement dû à une gelée, la locomotive perd le contact avec la crémaillère, sa roue spéciale n’engrène plus avec les dents de celle-ci. Durant quelque 400 mètres elle descend ainsi très rapidement, malgré la mise en action du frein; puis les roues d’un des côtés viennent porter sur la crémaillère, et enfin, déraillant complètement, la machine prend la tangente à une courbe et se trouve précipitée d’une hauteur de près de 200 mètres.
- Par une chance heureuse, le mécanicien et le chauffeur avaient pu sauter de la locomotive au moment voulu; d’autre part, l’ingénieur en chef du chemin de fer, qui se trouvait dans les voitures, avait tranquillisé tout le monde par son calme, et, mettant en jeu les freins, avait pu arriver à arrêter complètement les deux wagons ; une seule personne, perdant la tète, avait sauté pendant que les véhicules marchaient encore et s’était blessée à mort. Mais une autre complication s’était produite : un second train, suivant le premier d’un peu près, était venu heurter les wagons ainsi arrêtés en pleine voie; heureusement tout le monde à ce moment était descendu des voitures, et il n’y eut aucun accident de personne.
- C’est, croyons-nous, la première fois qu’il arrive un événement de cette sorte sur un chemin de fer à crémaillère. On a fait une enquête pour mettre à jour la cause de la catastrophe, mais jusqu’à présent l’on n’a pu trouver une explication quelconque. On a seulement constaté que le rail situé à l’intérieur de la courbe où a commencé le déraillement est beaucoup plus bas qu’il ne le devrait par rapport au rail extérieur. D’ailleurs, il ne semble pas qu’on doive incriminer la crémaillère Abt, qui a maintes fois fait ses preuves ; c’est toutefois un avertissement de surveiller avec grand soin, principalement aux courbes, les mouvements de la voie dans ces chemins de fer inclinés. D. B
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- LA NATURE.
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- LE SIPHON DE LA. CONCORDE
- SOÜS LA. SEINE A PARIS
- Depuis de nombreuses années, par suite du développement donné au réseau d’égouts, les collecteurs d’Asnières et Marceau étaient devenus insuffisants. Un nouveau grand collecteur, dit collecteur de Clichy, est aujourd’hui en construction. Le siphon de l’Alma, qui sert actuellement à amener dans le collecteur Marceau les eaux recueillies par le collecteur général de la rive gauche, est également devenu incapable de débiter toutes les eaux déversées dans ce collecteur et il a été nécessaire d’établir un deuxième siphon sous la Seine, pour suppléer à l’insuffisance du premier.
- Ce deuxième siphon, dont l’emplacement a été fixé près du pont de la Concorde, doit, dans l’avenir, être l'origine du nouveau grand collecteur; mais, provisoirement, ce collecteur s’arrêtera à la place de la Trinité et le siphon déversera ses eaux dans le collecteur actuel d’Asnières. Le supplément de débit amené ainsi dans ce dernier sera, d’ailleurs, largement compensé par la mise en service du collecteur de Clichy, qui recevra les eaux de plusieurs collecteurs secondaires s’écoulant actuellement dans le collecteur d’Asnières.
- Le nouveau siphon est, d’ailleurs, d’un système bien différent de celui de l’Alma. En effet, tandis que ce dernier se compose de deux conduites immergées dans le lit de la Seine, le siphon de la Concorde est constitué par un véritable tunnel de 1m ,80 de diamètre intérieur, creusé dans le sous-sol de la rivière. Ce mode de construction a été adopté à la suite du succès obtenu dans le percement d’un tunnel analogue exécuté entre Clichy et Asnières, en 1893-1894, et qui, comme nous l’avons vu, est situé à l’origine du grand émissaire des eaux d’égout de Paris, communément désigné sous le nom d'aqueduc d'Achèves. Les ingénieurs de la Ville ont pensé que l’emploi d’un tunnel unique présentait, non seulement une plus grande économie, mais aussi plus de sécurité et plus de facilités de nettoyage que l’emploi des conduites immergées. De plus, le montage d’un groupe de conduites destinées à être immergées exige que l’on ait à sa disposition, au moins sur l’une des rives, un espace considérable, et leur immersion ne peut avoir lieu qu’en interrompant momentanément la navigation.
- Pour donner une idée de l’économie réalisée par un tunnel métallique sur des conduites immergées, nous ferons seulement remarquer que le siphon d’Herblay, sur l’aqueduc d’Achères, qui est constitué par deux conduites immergées de 1 mètre de diamètre intérieur, a coûté 1600 francs le mètre courant, tandis que le siphon de Clichy-Asnières, dont le diamètre est de 2m,30, n’a coûté que 2000 francs le mètre courant. Or, dans le premier cas, la section totale des deux conduites n’est que de lm2,56, tandis que dans le second elle est de 4m‘2, lo, de sorte que,
- en définitive, le mètre carré de section du siphon d’Herblay coûte 1025 francs par mètre courant, tandis que celui du siphon de Clichy ne coûte que 455 francs.
- Ces diverses raisons nous paraissent justifier amplement le choix fait par MM. Bechmann et Launay, ingénieurs en chef de l’assainissement de Paris, du tube unique et souterrain employé pour les siphons de Clichy et de la Concorde. L’exécution de ces deux siphons a été confiée à M. Berlier, ingénieur à Paris, lequel, dans les deux cas, a pris ces travaux à ses risques et périls et moyennant un forfait qui était de 1 000 000 de francs pour le siphon de Clichy et de 475 000 francs pour celui de la Concorde.
- Mode de construction. — La méthode de percement adoptée par M. Berlier consiste dans l’emploi simultané d’un bouclier d’avancement pour attaquer le terrain, et de l’air comprimé pour éviter les irruptions d’eau. Ce procédé a, d’ailleurs, été appliqué plusieurs fois avec succès en Angleterre et aux Etats-Unis, mais aucun essai n’en avait encore été fait en France, et si M. Berlier ne l’a pas inventé, il a eu au moins le mérite de l’avoir importé chez nous et d’y avoir fait de grandes modifications qui l’ont rendu pratique dans des terrains bouleversés et inondés.
- C’est au célèbre Brunei, le constructeur du premier tunnel sous la Tamise, qu’il faut attribuer l’invention du bouclier d’avancement et de protection, et c’est même grâce à cette invention que ledit tunnel put être exécuté (1825-1843). Depuis cette époque, le bouclier a reçu de nombreux perfectionnements et a servi à la construction de trois autres tunnels à Londres, sous la Tamise. Le premier a été un petit passage pour piétons, exécuté en 1868-1869; le deuxième, achevé en 1888, est un grand tunnel pour chemin de fer comportant deux tubes séparés, de 3m,20 de diamètre, et enfin le troisième, actuellement en construction, comporte un immense tube de 9 mètres de diamètre, destiné à fournir un passage pour voitures et piétons.
- Aux États-Unis, on s’est également servi, en 1890, d‘un bouclier pour percer un grand tunnel de 6m,40 de diamètre sur la rivière Saint-Clair, entre le lac Huron et le lac Saint-Clair. Enfin, à peu près à la même époque, on a essayé d’achever par ce procédé un grand tunnel entrepris depuis 1874, sous l’Hudson, à New-York, et dans lequel on avait peu à peu renoncé à tous les autres procédés.
- Il va sans dire que le bouclier a reçu des formes et des dispositions spéciales suivant les dimensions des tunnels à l’exécution desquels il a été employé, et suivant les idées des divers constructeurs. Nous nous bornerons à donner ici les principales dispositions du système employé par M. Berlier.
- L’évidement du sol se fait au moyen d’un cylindre en acier muni à l’avant d’une garniture tranchante ou couteau, qui découpe dans le sol une ouverture circulaire. Ce cylindre porte en arrière un prolongement qui enveloppe provisoirement le dernier anneau
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- en fonte mis en place et destiné à former le revêtement de la galerie. Des presses hydrauliques permettant de faire avancer le bouclier en prenant appui sur le dernier anneau, et cet avancement est facilité par le déblaiement préalable qu’un ouvrier a opéré par la porte ménagée dans la face du bouclier. Dans ce mouvement, le prolongement du bouclier l'orme protection et sert de gabarit pour recevoir les divers segments d’un nouvel anneau.
- Nous allons arriver à la description du siphon de la Concorde que M. l’ingénieur Rerlier nous a ouvert.
- IHan et profil en long. — En plan, le siphon suit une ligne droite sensiblement parallèle au pont de la Concorde et située à environ 40 mètres en amont (fig. 1). Partant du quai d’Orsay, sur la rive gauche de la Seine, il aboutit sous la place de la Concorde, à l’origine du collecteur d’Asnières, au
- point où celui-ci reçoit le collecteur des quais de la rive droite.
- Le profil en long comporte d’abord une partie verticale ou puits, coupée à angle droit par le commencement de la galerie, qui est en palier sur une longueur de 12m,17. A partir de ce point la galerie est en rampe de ÜUI,008 par mètre sur 117™, 10, puis une courbe de 200 mètres de rayon, développant 21m,80, raccorde cette première rampe avec une autre de 0m,1105 sur 8(>'",5fi de longueur. La longueur totale développée, mesurée depuis l’axe du puits jusqu’à l’extrémité de la galerie, est de 2o8m,o0.
- On voit que la hauteur entre le niveau moyen de la rivière (cote 27m,5o) et le point le plus bas de la galerie n’est que de 11 m,02, tandis qu’elle atteignait 22 mètres au siphon de Clichy. Des sondages préalables avaient montré que l’on n’aurait pas trouvé
- PLACE
- LAN GENERAL
- Concorde
- CONCORDE.
- Quai d'Orsay
- PLACE DE LA CONCORDE
- PROFIL EN LONG
- . jjL- Rorujiteurdéveloppée
- .Rampe de O, oS par mètre ,rur HJ Tnio
- Rampe de o *7*1103 par mètre surR$?t36-... *1
- Fig. 1. — Le siphon de la Concorde, construit et fabriqué par M. Berlier, ingénieur. — Plan général et profil en long
- un terrain plus favorable pour le percement de la galerie, même en descendant notablement plus bas, et, d’autre part, cet abaissement aurait obligé de recourir, pour atteindre le niveau fixé à l’extrémité, à une rampe plus forte, qui n’eût pas été sans présenter des inconvénients pour l’évacuation des déblais de la galerie.
- Dimensions de l'ouvrage. — Le puits et la galerie sont entièrement cuvelés avec des anneaux en fonte. Les anneaux du puits sont d’une seule pièce; ils ont un diamètre extérieur de 5m,28 et un diamètre entièrement libre, à l’intérieur des collerettes, de 3 mètres (fig. 2). L’épaisseur de la partie annulaire et des collerettes est de 0m,0o, mais celles-ci sont renforcées par 20 nervures également réparties sur le pourtour. L’assemblage de 2 anneaux consécutifs est obtenu au moyen de 40 boulons de 0m,026 de diamètre et les joints sont faits avec une corde spéciale caoutchoutée et du ciment de Portland. Chaque anneau a 1 mètre de hauteur et porte 10 bossages
- percés et taraudés, destinés à recevoir la lance filetée par laquelle se fait l’injection de ciment dont nous parlerons plus loin.
- Le cuvelage du puits avec lequel se lait le raccordement de la galerie se compose de deux anneaux cylindriques assemblés par deux collerettes dressées au tour et dont l’ensemble a une hauteur de 5 mètres (fig. 2). Le tout est renforcé par des nervures verticales et horizontales, et présente symétriquement deux ouvertures correspondant à l’intersection de deux cylindres. L’une reçoit la pièce spéciale de raccord du puits avec la galerie et l’autre est fermée par un tampon destiné à être enlevé dans le cas où le siphon devrait être ultérieurement prolongé vers la rue de Bourgogne. Cette éventualité serait notamment réalisée si l’on effectuait, par le quai d’Orsay, la jonction entre la gare des Invalides et le chemin de fer d’Orléans.
- Nous avons récemment visité le siphon dont nous venons de donner la description d’après les docu-
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- Fig. 2. — Vue perspective du siphon sous l'eau. (D’après une photographie.)
- Fig. 5. — Aspect d’ensciiihie montrant la disposition des travaux, avec l’iisine pour actionner les compresseurs, a gauche.
- Coupe du puits et du tuhe au tond de la Seine.
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- ments que nous devons à M. Berlier. Nous avons été depuis le fond du puits jusqu’au bout du tunnel que forme le siphon, et qui est construit au fond de la Seine. Cette promenade est très intéressante.
- Gaston Tissandier.
- le
- CHEMIN DE FER LE PLUS SEPTENTRIONAL
- DE L’EUROPE
- L’ingénieur suédois A. L. Uggla, attaché à la gare centrale de Stockholm, vient de publier dans le Jernbanebladet, en français « le journal de chemin de fer », une étude fort intéressante sur « le chemin de fer le plus septenirional de l’Europe ».
- Cette voie ferrée, qui se trouve dans la partie boréale de la Suède, a une longueur de près de 500 kilomètres, c’est-à-dire la distance de Paris à Saint-Nazaire, et se trouve à une latitude analogue à la partie méridionale du Groenland. Sa construction a eu lieu dans de telles conditions qu’elle mérite d’attirer non seulement l’attention des ingénieurs français, mais du public français entier. Contrairement à ce qui a lieu dans les pays tempérés, les travaux les plus difficiles ont été exécutés, non pas dans le court été de cette région, mais en plein hiver. N’ouhlions pas que la température y descend parfois jusqu’à —40°C, c’est-à-dire jusqu’au point de congélation du mercure; n’oublions pas non plus qu’on a dù construire plusieurs centaines de kilomètres de routes pour pouvoir transporter les matériaux nécessaires à la construction de cette voie ferrée.
- Jetons d’abord un coup d’œil sur la carte de cette région (lig. 1). Le chemin de fer qu’on vient de construire prend son point de départ à Laangsele pour tinir à Boden. Il commence à peu près à la hauteur du détroit de Quaken, qui partage le golfe de Botnie en deux parties et où la distance entre la côte de la Suède et celle de la Finlande n’est guère que de 75 kilomètres. Cette ligne ferrée traverse les deux provinces de Westerbotten et de Norrbotten, dont la superficie est de 166 000 kilomètres carrés, un peu moins du tiers de la surface de la France. Sa population est de 255 698 habitants, soit 1,5 habitant par kilomètre carré; la France en a 71.
- Cette contrée, nullement déshéritée par la nature, mais presque totalement délaissée par l’homme, renferme d’immenses richesses, non encore exploi-lées. Elle s’incline depuis la Norvège jusqu’au golfe de Botnie en forme de terrasses, coupées par des vallées profondes, et renferme une multitude de cours d’eau turbulents qui s’étalent souvent en vastes lacs, et parfois se perdent dans d’immenses marais. Le sol se compose en grande partie de rochers de gneiss dont la nuance d’un beau grenat ou d’un rouge vif tranche admirablement avec la couleur sombre des grandes forêts qui couvrent le pays. Au pied de ces rochers coulent des cours d’eau dont la nuance et le
- goût ferrugineux révèlent la richesse minérale du sol. Quant à la culture, il va sans dire qu’il faut la chercher avec des lunettes, et cependant en cherchant on en trouve. La température varie entre H-56°Cet —40°G; l’homme y supporte donc une température variant de 70°C. On peut compter en moyenne que pendant 200 jours de l’année les eaux sont prises par les glaces; mais la chaleur du court été développe la végétation avec une telle rapidité qu’en deux mois l’orge et le seigle arrivent à maturité. La débâcle des rivières a lieu généralement vers la fin de mai ou au commencement de juin, alors que le golfe de Botnie est encore couvert de glaçons qui gênent la navigation. A partir de fin septembre les lacs et les cours d’eau se couvrent de nouveau de leur manteau de glace.
- La population du pays se trouve naturellement concentrée dans le voisinage de la cote et surtout à l’embouchure des innombrables rivières. Bans l’intérieur elle est très peu dense à cause de la difficulté des moyens de communication, qui y sont encore à l’état où ils étaient en France au douzième siècle. Du 20 novembre au 15 avril les voyages se font en traîneaux, attelés de rennes, sur la neige et les glaces. C’est la période de l’année où les relations sont le plus faciles entre les habitants; au printemps et pendant une partie de l’été, le débordement des cours d’eau et des lacs rend les voyages, sinon impossibles, au moins très difficiles.
- C’est dans cette contrée que le gouvernement suédois avait décidé de prolonger sa voie ferrée principale, dans un but humanitaire et dans un but d’économie politique. 11 faisait appel à ses ingénieurs. Nous allons les voir à l’œuvre.
- Il y a environ quarante ans que la Suède commença la construction de la première voie ferrée. A cause de sa situation boréale, ces constructions ont évidemment pris naissance dans sa partie méridionale, où la population est le plus dense. Cependant peu à peu le chemin de fer avança de plus en plus hardiment vers le nord, où il fallait bien le construire si on voulait tirer partie des grands trésors qui se trouvent dans les immenses solitudes du pays. Pour pouvoir développer le commerce, l’industrie et le bien-être de la population, la construction du chemin de fer s’imposa. Dès 1875 la ligne ferrée avait atteint le Storvik et en 1894 elle fut menée jusqu’à Boden, non loin de la frontière de la Finlande. Quelques années avant, le gouvernement suédois avait acheté le chemin de fer de Gil-livare, que la compagnie anglaise qui exploite les mines de fer à cet endroit avait fait construire.
- Dès l’année 1885-84 l’assemblée législative suédoise avait accordé les sommes nécessaires pour l’étude d’une voie ferrée au nord du fleuve d’Aan-german. Ces études prenaient leur point de départ à Iljelta, entre les gares de Laangsele et Sollefteaa, en passant par Vannas pour aboutir à Boden, point terminus du chemin de fer de Gillivare. Ces travaux préliminaires décidèrent le gouvernement suédois à
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- reporter la ligne ferrée plus à l’intérieur du pays, au lieu de suivre à peu près la côte, comme l’indiquait son premier projet. Il fut donc décidé de faire passer le chemin de fer de Laangsele par Skorped, Bjôrna, Vannas, Degerfors, Jorn, Elfsbyn, jusqu’à Boden. La longueur totale de cette voie ferrée est de 496,6 kilomètres.
- Les études préparatoires demandèrent beaucoup de temps et beaucoup de frais. Il fallait tracer plusieurs lignes, éviter autant que possible de grandes constructions qui étaient nécessaires à cause des nombreux et profonds cours d’eau qui sillonnent le pays. Les pentes ne devaient pas être trop raides, et le maximum de l’inclinaison ne devait pas dépasser 16 millimètres par mètre courant. Les dépenses occasionnées par ces études s’élevèrent à 448 595 francs. Somme considérable, mais qui permettait en revanche de diminuer de 70 kilomètres le trajet primitivement adopté.
- Les nombreuses et profondes vallées, les pentes raides où cette ligne ferrée devait forcément passer, obligèrent d’employer de fortes pentes et de fortes courbes. Naturellement les pentes ne pourraient être distribuées d’une manière uniforme en raison de la configuration du terrain. On trouve, sur la ligne de Laangsele à Boden, des pentes dont l’inclinaison est de 1 : 62,5 occupant une longueur totale de 160 516 mètres, soit 52,2 pour 100 du chemin de fer entier. Les courbes de 500 mètres de rayon ont ensemble 5749 mètres de longueur, à peine 1 pour 100 de l’étendue de la ligne, tandis que des courbes entre 500 et 500 mètres de rayon ont un développement total de 85 085 mètres, ou plus de 17 pour 100 de la longueur totale de la voie ferrée.
- Les travaux, qui commencèrent au printemps 1887, n’avancèrent que lentement pendant les trois premières années. L’État ne disposait que de fonds très limités. Mais, dès 1890, l’assemblée législative suédoise accorda : pour la construction de la ligne 54458 100 francs, plus de 1 911 250 francs pour le matériel roulant. En 1891, l’année où l’activité a été la plus forte, on dépensa la somme de 5 560 000 francs pour les travaux de terrassement, déblais et remblais, et 924 550 francs pour le matériel roulant, soit au total 6 484 550 francs.
- Parmi les travaux de terrassement il faut signaler le creusement de la grande tranchée près du lac Sel, la formation du banc de terre dans le lac Bjorn, enfin le tunnel de Tallberg. Pour arriver à la gare du lac de Sel du fleuve d’Aangerman, il était nécessaire de traverser le lac, à moins qu’on ne voulût creuser un tunnel en dessous. Malgré que le chemin de fer, depuis le fleuve d’Aangerman jusqu’au lac, s’élève successivement par une rampe de 1 : 62,5, il fallait encore baisser le niveau du lac de lm,50. On commença par entreprendre le creusement de la grande tranchée, où les difficultés furent considérables et dépassèrent celles qu’on avait rencontrées ailleurs en Suède. On fit d’abord sauter la partie méridionale de la colline qui était composée de ro-
- cher; ensuite on rencontra une terre glaise peu compacte qui ne pouvait résister contre les pressions supérieures et qu’il fallait contenir provisoirement par des galeries en bois. Ces travaux étaient d’autant jtlus laborieux que la pluie tomba sans trêve ni merci, ce qui fatiguait les hommes. Il fallait employer une équipe considérable pour venir à bout des glissements de terrains. Les galeries furent dans la suite remplacées par des maçonneries jusqu’à une hauteur de 5 mètres. Quant à la voie proprement dite, on ne pouvait pas penser à la poser directement sur les terres glaises ; il fallait d’abord enlever cette terre meuble jusqu’à une profondeur de 2 mètres, ensuite on construisait dans le fossé une longue caisse en bois que l’on remplissait de sable grossier. Les frais de ces travaux s’élevèrent à la somme de 215658 francs. On enleva 84 794 mètres cubes de terre, dont 28 266 mètres cubes de vases. Les maçonneries s’élevèrent à 4146 mètres cubes.
- Pour diminuer autant que possible la grande quantité de terre nécessaire pour la formation d’un remblai dans le lac de Bjorn, dont le fond est peu ferme, les ingénieurs se décidèrent à submerger une natte fabriquée de fascines, longue de 250 mètres avec une largeur de 50 mètres et remplie de
- 57 910 fascines couchées en sept rangées les unes au-dessus des autres. Cette immense natte, fabriquée sur les glaces du lac, fut ensuite submergée à travers sa surface solide par l’ouverture retenue ouverte dans ce but. Les deux extrémités de la natte furent d’abord chargées avec de la terre, ce qui obligea sa partie centrale de prendre une forme ovale et de diminuer ainsi la quantité de terre nécessaire pour former le remblai. Pour éviter que la natte ne dérivât de la place qui lui était destinée, on la fixa au fond du lac par des pieux coupés à une même hauteur et assemblés au moyen d’un tenon dans les traverses. Cette charpente servit de soubassement à la voie ferrée.
- C’est immédiatement au nord de la rivière üre qu’on rencontre l’unique tunnel qu’on a été obligé d’établir sur toute la ligne Laangsele-Boden. On y travailla jour et nuit pour éviter un arrêt dans la pose des rails sur la ligne. La longueur du tunnel est de 140 mètres, les frais de construction ont été de
- 58 272 francs, soit près de 417 francs par mètre courant.
- Sur cette ligne de 498km,6 de longueur on a remué, tant en déblais qu’en remblais, 5 705 710 mètres cubes de terre, pierres et vases. On y a fait sauter 126228 mètres cubes de rochers et construit 40 828 mètres cubes de maçonnerie.
- Si l’on partage également ces masses de terres et ces rochers sur toute la ligne, on trouvera par kilomètre 11145 mètres cubes de terre et 255 mètres cubes de rochers.
- Pendant 65km,46, soit 15 pour 100 delà voie ferrée, la ligne est composée soit de tranchées, soit de remblais de plus de 2m,50 de hauteur ou de profondeur. Sur un seul parcours de 12km,55 on a dù
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- faire 1951 mètres de déblais et de remblais de plus de 2m,50 de hauteur et de profondeur.
- Le terrassement a coûté la plus grande partie de la somme dépensée pour la construction de la ligne, soit 28,8 pour 100 ou 9 725 721 francs. I)e cette somme 8 980277 francs ont été dépensés pour le terrassement proprement dit et 685272 pour les mines qu’on lit jouer pour faire sauter les rochers. Le prix moyen par mètre cube de remblais ou de déblais est de 1 fr. 52, et par mètre cube de rochers sautés 5 fr. 44. Pour permettre aux cours d’eau de peu d’importance de traverser les terrassements, on y a construit 9 8 5 rigoles d’une longueur totale de 12 085 mètres. Les frais occasionnés par ces constructions ont été de 1 467 162 francs.
- Les nombreux cours d’eau qui sillonnent le pays traversé par le chemin de fer de Laangsele-Boden ont obligé de construire un grand nombre de ponts; soit 78.
- Parmi ceux-ci 68 ont une ouverture de plus de 5 mètres et traversent l’eau sur une largeur totale de 2513m,7.
- Seulement pour 4 ponts la partie supérieure a été commandée à l’étranger, le reste des matériaux pour la construction des ponts a été fourni par la Suède.
- Parmi les 78 ponts les plus considérables sont : le pont d’Aangermann, de Logde, d’Ore, d’U-meaa, de Vindel, de Ske-lefteaa, de Byske et de Luleaa. Nous nous arrêtons seulement au pont d’Àangerman, le plus haut et le plus long qui ait été construit jusqu’à ce jour en Suède. C’est celui qui a coûté le plus de frais parmi les ponts et qui a été le plus difficile à entreprendre.
- Pour achever et faire passer le chemin de fer jusqu’au lac de Sel, il fallait employer une rampe de 1 ; 62,5 et élever le tablier du pont jusqu’à 40,n,5 au-dessus du niveau le plus élevé des eaux du fleuve. Le pont d’Àangerman a une longueur de 295m,9; il est divisé en cinq arches, dont la plus grande, celle du milieu, a une ouverture de 76m,4; une a 51m,8; deux ont 44m,8 déportée, enfin la plus petite n’a que
- I 24m,5. Les terre-pleins auxquels le pont aboutit ont été construits entièrement en maçonnerie, le reste du pont entre les piles est en fer. Les piles elles-mêmes sont des chevalets de fer supportés par des piles en maçonnerie.
- Les travaux préparatoires commencèrent tard dans l’automne 1887, avec un grand nombre d'ouvriers pour que le fondement du pont pût être achevé de décembre en avril. Il peut sembler étrange de voir entreprendre de tels travaux au cœur même de
- l’hiver, dans la période de l’année où les jours sont les plus courts et la température la plus rigoureuse. La raison dominante a été qu’on voulait profiter des basses eaux du fleuve, et éviter de mettre obstacle aux flottages, ce qui aurait occasionné de fortes pertes au commerce de bois. Pour que les travaux pussent se faire, jour et nuit, sans que les ouvriers aient à souffrir du froid, les ingénieurs suédois firent élever des baraques en bois, aussi bien sur les glaces du fleuve que sur la terre ferme. Ces baraques , toujours chauffées, furent continuellement éclairées avec toutes espèces de lumière artificielle, depuis la chandelle jusqu’à l’électricité, et les travaux furent ainsi menés rapidement et avec succès dans le temps voulu.
- Les berges du fleuve se composent de sable et de terre glaise reposant sur des couches de graviers. II fallait donc creuser assez profondément de chaque côté pour arriver à un sol solide. Sur la berge nord il fallait faire des remblais jusqu’à 9 mètres de profondeur et la maçonnerie fut élevée à une hauteur de 21 mètres, depuis sa base. On rencontra un sol solide plus vite sur la berge sud, et par conséquent les maçonneries n’atteignaient que 12m,5 de hauteur. Toutes les piles construites sur la terre ferme reposent sur des graviers. Celle de la berge sud atteint une hauteur de 8m,2; celle du nord de 5m,8. Le fond du fleuve est composé de roc vif, sur lequel furent établis les basements des piles ; après avoir dévasé le fond du fleuve, on posa le
- iHar>aran(
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- .OALARNE
- Fig. 1. — Carte île la .Norvège et de la Suède, depuis Stockholm jusqu’à l’océan Glacial. — Le nouveau chemin de fer est indiqué par une ligne noire.
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- pourlour do l’assise du socle cl dans les maçonneries on fixa les attaches destinées à soutenir les poutres en 1er qui forment la partie supérieure des piles. La
- maçonnerie des socles a respectivement 8'”,5 et 7"',5. Ces opérations étaient longues et pénibles. Los maçonneries nécessaires à ces constructions
- Fig. 2. —• Pont d’Aangerman. (I)’aprcs une photographie.)
- Pont de Lodge. (D'après une photographie.
- étaient considérables; on n’employa pas moins de 5744 mètres cubes.
- La partie supérieure du pont est composée de cassetins en fer et formée de barres de fer plates
- avec des branches transversales et horizontales. Le poids total de ces masses de fer s’élève au poids de 625,7 tonnes, dont 189 tonnes pour les chevalets qui portent le tablier du pont. Tous les maté-
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- riaux sortent des usines de Motala. On a du construire des charpentes sur chaque berge du fleuve pour arriver à établir la partie supérieure du pont, sauf pour la partie centrale où ce procédé dut être abandonné à cause du violent courant du fleuve qui aurait occasionné des frais en dehors du résultat obtenu, et aussi pour, comme nous l’avons déjà dit, ne pas gêner le flottage pendant l’élé. On entreprit en même temps la construction de la partie supérieure du pont de chaque côté du lleuve. A cette lin, tout le matériel nécessaire à sa partie septentrionale fut transporté, pendant l’hiver, sur les glaces et déposé sur la rive nord avant que le dégel ne vînt rendre cette opération difficile. Pour la pose de la partie centrale on travaillait également de chaque côté à la lois. Les barres de fer plates qui forment les cassetins furent soutenues par des chaînes de retenue au fur et à mesure qu’on avançait sur le fleuve, tandis que des chaînes de suspension relièrent les deux côtés du pont. Ces travaux, entrepris au commencement du mois de mai, furent terminés dans les premiers jours du mois de septembre, soit en quatre mois.
- Les dépenses occasionnées par la construction de ce pont s’élèvent à la somme de 690252 francs, dont 552646 francs furent versés aux usines de Motala, tant pour le matériel fourni que pour la pose de la partie supérieure du pont.
- La partie supérieure de tous les ponts construits sur la voie ferrée de Laangsele-Boden pèse ensemble 5847,7 tonnes, et a coûté la somme de 2 201 452 fr., soit 570 francs par tonne, y compris les frais de transport et la pose. Enfin les dépenses que ces
- 78 ponts ont occasionnées s’élèvent au total à la somme considérable de 4 871 572 francs.
- Les rails dont on se sert sur ce chemin de fer sont du modèle de 1878 et sont fabriqués tant en Suède qu’en pays étrangers. On a employé 28 851,57 tonnes de rails en acier, dont 10 212,75 de fabrication suédoise. Ces derniers ont coûté 1 450 719 francs, ou 142 francs par tonne. Les 18 618,62 tonnes de fabrication étrangère ont coûté 2102 805francs, soit 115 francs par tonne. La tonne de rails revient donc en moyenne à 122fr,94. Les frais totaux de tous les rails avec accessoires s’élèvent à la somme de 4170 000 francs. La plus grande longueur de rails posés dans une année a été de
- 79 705 mètres lorsque la pose eut lieu seulement d’un côté ; mais on arriva à poser dans une année 147 706 mètres de rails, après avoir commencé de poser les rails à chaque bout de la ligne.
- Pour les travaux de terrassement on a employé au total 1 694 240 mètres cubes de graviers. L’emploi de cette énorme quantité de graviers vient principalement de ce qu’il fallait souvent enlever entièrement les terrains trop peu solides et les remplacer par des graviers, avant de commencer la construction de la voie ferrée proprement dite. Pour le transport de ces graviers on employa 6 locomotives et 250 wagons. La pose de tous les rails ainsi
- que le lest revient à 8 564 610 francs. On trouve 24 gares sur la ligne; de plus on a exécuté les terrassements nécessaires pour des lignes secondaires conduisant jusqu’à 24 points de ralliement pour les réservistes. Près des gares on a construit 20 004 mètres de rails pour des voies de garage et 127 aiguillages. Vu que plusieurs gares présentèrent des difficultés pour l'établissement des réservoirs d’eau pour les locomotives, on a dû construire 8 réservoirs d’eau particuliers avec ateliers pour les pompes. Toutes ces constructions ont coûté ensemble 2 055 855 francs. Les gares les plus importantes, celles de Vannas et de Boden, ont coûté respectivement 595 270 francs et 280 155 francs.
- On trouve sur la ligne 150 maisons de garde; et près des 18 gares on a construit 18 maisons pour les chefs des gares. Ces constructions ont coûté ensemble 1 051 761 francs.
- Pour la circulation à travers la voie ferrée on a établi 20 grands passages et 910 petits, avec 16 215 mètres de routes, 5 viaducs et 6 ponts; travaux qui ont coûté 245 574 francs. Une clôture en bois encadre toute la voie ferrée; elle a une longueur de 950 606 mètres et a coûté 468 058 francs. Le télégraphe est établi le long de toute la ligne par doubles files.
- Les grands travaux qui furent exécutés et la construction des nombreux ponts sur la ligne de Laangsele-Boden obligèrent d’employer jusqu’à 4580 ouvriers à la fois, ce qui augmenta considérablement les frais de construction de celte voie ferrée. Enfin le manque presque total de routes dans cette partie de la Suède obligea d’en faire construire le long du trajet de ce chemin de fer pour pouvoir faire transporter les matériaux nécessaires. Pas moins de 518km,4 de routes furent construites, soit la distance de Paris à Granville, ce qui demanda beaucoup de temps et d’ouvriers. N’oubliez pas que la ligne traverse des distances énormes sans population et qu’il fallut que les ingénieurs employassent des maisons démontables pour loger plusieurs milliers d’ouvriers ; de plus il fallut les nourrir et les soigner en cas de nécessité absolue. Ajoutez enfin à ce que nous avons déjà dit la température de cette partie éloignée de l’Europe, et on se rendra peut-être compte des difficultés que les ingénieurs suédois durent surmonter pour mener à bonne fin cette entreprise considérable. On dut construire en tout 492 baraques, chacune assez grande pour pouvoir loger 50 à 40 hommes.
- A la fin de l’année 1894 les frais de la construction du chemin de fer de Laangsele-Baden s’élevèrent à la somme de près de 54 millions de francs, soit environ 69 000 francs par kilomètre. Il faut encore ajouter que le matériel roulant revient à la somme de 1911250 francs, soit 5855 francs par kilomètre.
- Pendant qu’on entreprenait la construction de cette voie ferrée principale, une ligne secondaire fut menée jusqu’à (jrnskôldsvik pour être dirigée plus tard vers la frontière de la Finlande. Signalons
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- que la diète de Finlande vient de décider le prolongement de sa ligne de chemin de 1er jusqu’à sa rencontre avec celle de la Suède, malgré les efforts de la Russie pour faire construire une ligne qui mène vers la mer Blanche.
- Nous terminons ce petit article sur le chemin de fer de Laangsele-Roden par un intéressant tableau synoptique sur les frais de sa construction.
- 'rais totaux. Par kilomètre. °/o <>e la somme
- fr. fr. cuti è ri:
- Terrassements D 723 721 19 302 28.8
- Ponts, tunnels, etc.. . . G 338 333 12 173 18.7
- Grands et petits passages 213 371 188 0.72
- Gares 2033 853 1081 6
- Clôture 108 038 338 1,1
- Indemnité pour les récoltes 13 770 87 0,1
- Maisons des chefs des
- gares et maisons des
- gardes. . Pose des rai Is ainsi que 1 031 701 2 070 5,1
- le lest . . 8 301 010 10 779 21,7
- Télégraphes et signaux . 111 981 302 0.11
- Equipement 121123 230 0,37
- Arpentage . Etudes pour le trajet de 11 928 21 0,01
- la ligne . 118 393 909 1,03
- Provisions et transports. 2 101 992 1 957 7.5
- Administration 1 387 128 3183 1.7
- Divers . . . 789032 33 811 728 1583 08 930 2,55
- Em. HaNSEN-BlANGSTED. •A—
- BASSE TEMPÉRATURE
- DES PUITS DE MINE
- Les savants ne paraissent pas, à l’heure qu’il est, être bien d’accord sur la chaleur intérieure de notre globe. On a dù se borner, jusqu’à présent, à de simples observations relatives à l’élévation de la température dans les puits de mines ou autres forages verticaux, sans que les nombreuses constatations faites aient permis d’établir une loi bien précise à ce sujet. Parmi les dernières observations relevées dans cet ordre de recherches nous devons signaler à nos lecteurs une des plus anciennes. Il existe, dans l’État du Nevada, aux États-Unis, une mine d'argent fort productive appelée The Comstock Silver Mines, dont les galeries ont un développement d’environ 400 kilomètres. Au niveau de 820 mètres au-dessous du sol, la température de l’air s’élève à 52 degrés centigrades, et celle de l’eau qu’on y rencontre atteint 67°,2. Dans un autre puits voisin mais plus profond ( Ycllotv Jacket Shaft), qui descend à 930 mètres sous le sol, le thermomètre se tient continuellement à 77° centigrades, et les ouvriers ne peuvent pas y travailler plus de dix à quinze minutes de suite. Encore le mineur, dans ce puits, ne donne-t-il pas plus de deux heures de travail par jour, et est-il payé au taux quotidien de 25 francs. Les mines de Comstock, d’où l’on a extrait, depuis leur origine, pour environ 1 milliard 800 millions d’argent, sont considérées comme les plus chaudes qui existent ou du moins qui soient en exploitation régulière. On cite aussi la mine de Playa de Ora, dans l’Amérique du Sud, située à 4 kilomètres seulement de l’Équateur, où la température, sans atteindre les mêmes maxima, est cependant très élevée, surtout relativement au peu de profondeur des galeries. D’ailleurs, de l’ensemble des observations relevées sur différents points, il semble résulter que la loi empirique d’accroissement de la température telle qu’on l’a toujours
- acceptée jusqu’à présent, faute de mieux, ne correspond que très vaguement aux récentes constatations de la géologie. X. West.
- LA DÉMOLITION D’UNE CHEMINÉE D’USINE
- La Nature a donné à plusieurs reprises des détails sur les opérations curieuses de réparations exécutées sur des cheminées d’usines ; voici une opération toute différente, mais qui n’en mérite pas moins d’être signalée pour la façon dont elle a été menée à bien. Depuis déjà quatre années, les établissements de la fabrique de papier Grove, à Manchester, sont abandonnés, et l’on procède à leur démolition ; on voulait abattre la haute cheminée, mais dans les conditions les plus économiques et sans recourir à un échafaudage. Cette cheminée était du type octogonal ; elle avait plus de 80 mètres de haut et de 8 mètres de diamètre à la base ; on estimait son poids total à au moins 4000 tonnes. On résolut de l’abattre pour ainsi dire d’une seule pièce; mais la question se compliquait, en ce qu’au nord de l’usine s’étendent des rues bordées de maisons et qu’il fallait par conséquent diriger la chute vers le seul' côté libre où se trouvaient des terrains vagues. C’était le côté sud ; sur cette face, on se mit à démolir en sous-œuvre la moitié de la base de la cheminée, que l’on soutenait par des bois de charpente, des sapines posées au fur et à mesure. On avait préalablement saturé ces bois de paraffine. Quand cette demi-section fut achevée, M. Smith, l’entrepreneur qui s’était chargé de la démolition, fit mettre le feu à toute la charpente de soutien ; immédiatement s’élevaient des nuages de fumée noire, et, au bout de dix minutes, la cheminée commençait par s’incliner, puis s’effondrait presque sur elle-même, en télescopant, comme disent les Anglais, et en ne couvrant de ses débris qu’une surface très limitée.
- Le procédé est à recommander pour éviter la projection des débris au loin et pour simplifier et activer l’opération. D. B.
- LES MOUVEMENTS VERTICAUX
- DE L’ATMOSrHÈRE
- Si la terre n’était animée d’aucun mouvement, si le poids spécifique de l’air qui l’enveloppe était le môme dans toutes les régions atmosphériques de même altitude, les forces de gravité et de pression seraient partout en équilibre dans l’atmosphère. Cette dernière resterait perpétuellement immobile; ses couches d’égale densité conserveraient toujours une forme ellipsoidale semblable à celle de la surface terrestre, et tous les baromètres, au niveau des océans, marqueraient sensiblement la même pression.
- Deux causes principales modifient cet état de repos : la chaleur rayonnée par le soleil et la rotation de la terre sur elle-même. La première, par ses fluctuations continuelles, donne naissance, dans la masse aérienne, à des mouvements sans cesse éteints et renaissants dont la forme, l’intensité et l’amplitude varient à l'infini, et qui sont encore modifiés de differentes façons par la seconde : de là les vents réguliers et irréguliers, les alisés, les moussons, les tourbillons atmosphériques de toutes grandeurs, trombes, tornades, cyclones, etc.
- Mais outre ces mouvements, plus ou moins vio-
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- LA NATURE.
- m
- lents, que nos sens suffisent ordinairement à percevoir quand ils se produisent dans notre rayon d’observation, il en est d’autres qui nous échapperaient sans les instruments spéciaux qui nous permettent de les découvrir : tels sont les mouvements verticaux que la radiation solaire imprime à l’ensemble de l’atmosphère dans toutes les régions où cette radiation, sous l’influence de nombreuses causes perturbatrices, devient périodiquement plus forte ou plus faible. Les observations barométriques enregistrées à Clermont-Ferrand depuis 1875 et au sommet du Puy de Dôme depuis 1879, mettent très bien en évidence les mouvements atmosphériques verticaux qui se produisent au-dessus de la France centrale.
- Dans notre pays, les variations calorifiques de la radiation solaire présentent deux cycles simples qui correspondent respectivement à des intervalles de temps d’un jour et d’un an. La figure 1 montre que dans la région du Puy de Dôme, le minimum annuel de température se manifeste en janvier, et le maximum en juillet-août. La pression de 732 l’atmosphère, à Cler- 737 mont et au Puy de 730 Dôme, est en corréla- ^ tion intime avec ces variations de tempé- 728
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- Fig. 1. — Courbes île lu pression atmosphérique et des températures à la suriacc du sol à Clermont et au I’uy de Dôme.
- phases analogues.
- D’après vingt et une années d’observations, la pression moyenne, à Clermont, est de 728 millimètres (exac-tement 727“m,91) ; au Puy de Dôme, elle est seulement de 658 millimètres (exactement 638mm,05), d’après dix-sept ans d’observations. Nous avons représenté, sur la figure 1, les variations de la pression moyenne mensuelle dans les deux stations, en faisant coïncider la hauteur moyenne 728 millimètres de la courbe de Clermont avec la hauteur moyenne 638 millimètres de la courbe du Puy de Dôme. De sorte que ces deux courbes, outre qu’elles donnent les variations mensuelles des pressions, indiquent aussi les écarts de ces pressions par rapport à leurs valeurs moyennes annuelles. Au premier coup d’œil jeté sur le diagramme, on voit que, pendant la période d’hiver, la courbe de Clermont est au-dessus de la courbe du Puy de Dôme, tandis quelle passe au-dessous en été. Cela signifie qu’en hiver, à Clermont, la pression est plus au-dessus ou moins au-dessous de sa valeur moyenne, qu’elle ne l est au sommet du Puy de Dôme; qu’en été, au contraire, elle est moins au-dessus et plus au-dessous. On pourrait traduire ce fait plus simplement en disant qu’en hiver la pression de l’atmosphère est, relativement à sa valeur moyenne, plus forte à Clermont qu’au Puy de Dôme, et que c’est le contraire en été.
- La figure 1 montre encore : 1° que ces écarts de pression présentent deux phases maxima qui coïncident, l’une avec le maximum de chaleur, l’autre avec le maximum de froid ; 2° qu’ils tendent vers zéro en mars-avril et en octobre-novembre, époques auxquelles la température de l’air passe par sa valeur moyenne dans les couches atmosphériques voisines de la surface terrestre.
- On en conclut immédiatement que ce sont les variations de la chaleur de l’air qui occasionnent cette différence de marche dans les deux courbes, et le phénomène s’explique fort simplement : le refroidissement hivernal diminue progressivement le volume de l’air atmosphérique; celui-ci devient plus dense dans les couches basses et se trouve ainsi accumulé en plus grande masse au-dessous de l’altitude du Puy de Dôme. Il y a alors, au-dessus de la cime de la montagne, une moindre quantité d’air qu’en été, et c’est de là que provient la diminution de pression qu’on y observe. Au contraire, le réchauffement estival dilate l’air atmosphérique, de sorte qu’une partie de
- r.LoWf . . 1 . 1
- celui qui se trouvait entre les deux stations pendant l’hiver passe peu à peu au-dessus du sommet du Puy de Dôme, à mesure que la chaleur augmente. Il y a alors, au-dessus de la station de la montagne, une plus grande quantité d’air qu’en hiver, et il en résulte l’augmentation de pression qu’on y constate. D’ailleurs, môme dans le cours d’une seule journée, la variation diurne de la chaleur solaire absorbée par l’air détermine successivement à toutes les longitudes des mouvements verticaux alternatifs. On le reconnaît à l’examen de la figure 2, qui donne les variations horaires moyennes de pression à Clermont et au Puy de Dôme, pendant le mois d’avril,
- 1
- d’après dix années d’observations. La courbe - (£-+-/')
- li
- représente les oscillations de la température moyenne de la couche d’air comprise entre Clermont (/) et le sommet du Puy de Dôme (C). On voit que pour l’effet barométrique produit, le froid nocturne correspond au froid hivernal du cas précédent, cl la chaleur de l’après-midi à la chaleur estivale. Les variations barométriques, bien moindres, naturellement, que celles de la période annuelle, sont exprimées, dans l’échelle de gauche, en centièmes de millimètres à partir de la pression moyenne qui correspond au zéro de l’échelle.
- Les courbes de la période diurne sont plus régulières que celles de la période annuelle parce que nous avons pu utiliser un plus grand nombre d’observations, et que les perturbations acciden-
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- LA NATURE.
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- telles sont ainsi plus complètement éliminées. I
- Du sommet du Puy de Dôme, nous avons fréquemment observé le double mouvement vertical diurne de l’atmosphère, lorsqu’il était rendu visible par des nuages, de la bruine ou des poussières. En septembre 1895, M. Janssen a aussi constaté, de la cime du mont Blanc, que les nuages et les vapeurs ont un mouvement ascendant pendant la matinée et un mouvement descendant durant la soirée.
- L’importance de ces mouvements verticaux de l’atmosphère est, considérable, et l’on peut dire qu’ils sont la cause secondaire de toute la circulation atmosphérique. La température de l’air, en effet, qui dépend de l'influence calorifique du soleil, va en décroissant de l'équateur aux pôles, et la différence, aux points extrêmes, est, en moyenne, d’au moins 40°. L’atmosphère est donc beaucoup plus dense dans les régions polaires que dans les pays équatoriaux, où les mouvements verticaux ascendants ont une amplitude et une persistance incomparablement plus grande. Alors les surfaces atmosphériques d’égale densité, au lieu d’être parallèles entre elles et 'a la surface terrestre, sont séparées par des intervalles d’autant plus grands qu’elles sont plus proches de l'équateur, et, par suite, la hauteur de l’atmosphère décroît de l’équateur aux pôles. Il en résulte un écoulement d’air qui s’effectue dans les parties élevées de l’atmosphère et qui va des régions équatoriales aux régions polaires. Ce premier courant produit, vers les pôles, une accumulation d’air, et la pression qu’y supportent les couches inférieures se trouve augmentée. Ces couches inférieures se déplacent donc. Elles vont dans la direction du minimum de pression, c’est-à-dire qu’elles coulent vers l’équateur, où la force ascensionnelle de l’air échauffé par le soleil crée une raréfaction permanente.
- Ainsi, sous la seule influence du soleil, et par suite du mouvement vertical ascendant qu’elle fait naître, le système des vents existe déjà à l’état rudimentaire : un vent supérieur ou courant équatorial soufflant de l’équateur aux pôles, et un vent inférieur ou courant polaire soufflant des pôles à l’équateur. Ce double courant, qui s’établit toujours entre une région chaude et une région froide, s’observe fréquemment, dans de plus petites proportions, sous le nom de brises de terre et de mer, entre les continents et les océans, et sous la dénomination de brises des montagnes entre une contrée montagneuse et les plaines qui l’environnent.
- Les mouvements verticaux alternatifs, dont nos diagrammes ont montré l’existence, sont aussi de
- même nature que ceux qui provoquent l’extension de l’atmosphère au-dessus des contrées équatoriales. Ils se développent ordinairement dans de vastes espaces avec une lenteur et une régularité peu capables de provoquer des troubles atmosphériques. Mais on conçoit cependant que la radiation solaire doit quelquefois varier beaucoup d’intensité dans des régions très voisines de même altitude. Dans ce cas, elle donne naissance à un courant ascendant local bien caractérisé qui porte rapidement dans les hautes régions l’air chargé de vapeur d’eau des couches inférieures de l’atmosphère : des perturbations plus ou moins violentes en sont alors la conséquence.
- Nous avons observé beaucoup de perturbations atmosphériques qui ont eu celte origine ; mais nous préférons nous appuyer sur celles qui ont été signalées par d’autres météorologistes. De cette façon nos conclusions ne pourront pas être soupçonnées d’avoir subi l’influence d’idées plus ou moins systématiques. 11 nous suffira d’ailleurs d’en citer une seule, car celle-ci sera doublement probante : d’abord par
- les faits qu’elle pré-' sente,et ensuite à cause
- 10 de la grande notoriété
- 9 du météorologiste qui
- 8 l’a étudiée, M. Lan-
- 7 caster, inspecteur à
- a l’Observatoire royal de
- 5 Belgique.
- h « Les pluies dilu-3 viennes qui ont accom-
- pagné les orages du 10 juin 1895 — dit M. Lancaster, dans son ouvrage Le climat de la Belgique en 1895 — peuvent être rangées parmi les plus violentes que nous ayons eu à enregistrer dans le cours de ce siècle. A l’observatoire d’Uccle, le pluviomètre a reçu, en trente-cinq minutes, 61 millimètres d’eau. Des précipitations d’une telle intensité sont comparables aux averses des tropiques. Examinons rapidement dans quelles circonstances ce phénomène exceptionnel s’est produit.
- « Le 10 juin, au commencement de la matinée,-un minimum barométrique secondaire, peu profond, s’observait sur notre pays. Ce minimum était évidemment dù aux températures élevées qui régnaient sur nos régions en ce moment, et qui faisaient de la Belgique comme un îlot de chaleur à-la surface de l'Europe. Sous l'influence de la température très élevée, la dépression se creusa légèrement dans le courant de la matinée, et l’air étant dans un calme presque complet, toutes les circonstances favorables à la formation de mouvements orageux se trouvèrent réunies. Vers midi, les agents atmosphériques avaient achevé leur œuvre, et sur un grand nombre de points du territoire éclataient en même temps des orages plus ou moins violents. Tous ces orages avaient un caractère local,.
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- Fig. 2. — Courbes des variations horaires moyennes de pression à Clermont et au I'uy de Dôme.
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- LA NATURE.
- comme en témoignent les observations reçues des stations qui les ont éprouvés, et comme le montrent surtout les constatations faites à l'Observatoire et dans les environs.
- Disons, en passant, que nous avons, à maintes reprises déjà, signalé la formation de tourbillons atmosphériques dans ces conditions, et fait voir que ces troubles, en apparence très faibles, avaient souvent, par l’intensité des phénomènes dont ils étaient accompagnés : coups de foudre, pluies torrentielles, grêles désastreuses, les plus graves conséquences. »
- On reconnaîtra qu'il est inutile d’ajouter autre chose après cette description, puisqu’on y trouve, appliqué à un fait particulier bien authentique, tout ce que nous avons dit plus haut d’une manière générale. J.-R. Plujjandon,
- Météorologiste à l’Observatoire du Pny de Dôme.
- ——
- LES INCONVÉNIENTS
- DES SELLES PNEUMATIQUES
- Dans un des derniers numéros de La Nature, un lecteur s’étonne que les fabricants cyclistes n’aient pas encore songé à une selle pneumatique. Ce lecteur est évidemment un cycliste un peu nouveau dans le métier, car les selles pneumatiques existent depuis 1890, au lendemain de l’invention ou plutôt de l’application des pneumatiques de roues. On en a successivement essayé une dizaine de modèles depuis six ans, de toute provenance et de toute fabrication. Toutes ont été jugées absolument défectueuses.
- Elles le sont en effet de nature si je puis dire : 1° Parce qu’elles sont pneumatiques, c’est-à-dire délicates, munies d’une valve qui fuit ou fuira, d’une chambre à air qui se crève ou se crèvera; qu’elles sont donc une chance d’arrêt de plus pour le cycliste; 2° et surtout parce qu’elles produisent l’effet contraire à celui qu’on supposerait a priori. En effet les ischions s’enfoncent moelleusement dans ce coussin, mais en chassant l’air tant à l’avant que sur les côtés de la selle. L’avant, qui devrait être souple afin de ne pas blesser le périnée, et les côtés, qui devraient offrir aux muscles fessiers un support malléable, deviennent au contraire durs comme du bois et blessent le cavalier; 5° enfin parce que l’air se déplaçant continuellement sous le cavalier, en suivant les coups de pédale, n’offre pas un point d’appui fixe à ces grands leviers que sont les jambes. Le cavalier roide sur sa selle, et n’avance pas. L. B. de S.
- CHRONIQUE
- Conférence Scientla. — Dix-huitième banquet, offert, le21 mai 1896, à M.Lippmann, membre de l’Institut, professeur à la Faculté des sciences et inventeur de la photographie des couleurs. La réunion a eu lieu dans les salons de YHôtel Continental, où il se trouvait 72 convives. M. Lippmann avait à sa droite M. Cailletet, de l’institut, et à sa gauche M. R. Bishoffsheim, de l’Institut. M. d’Ar-sonval, de l’Institut, professeur au Collège de France, présidait la séance ; il avait à sa droite le prince Roland Bonaparte, et à sagaucheM. Bartholdi. A la suite de ces messieurs, on voyait M. le lieutenant-colonel de Rochas, M. le prince Bibesco, M. Davanne, M. Bonvalot, M. Beraldi, les trois fondateurs de la Scientia ; Ch. Richet, Max de
- Nansouty, Gaston Tissandier, MM. Maurice Buquet, le Dr Henocque,1] Gariel, Vallot, Albert Tissandier, Filhol, Salomon, Pierre Masson, Dr Richer, Dr Régnault, Dr Topinard, Dr Javal, Dr Darier, MM. Lhaut, L’Hôte, Mareschal, Pellissier, Mareuse, les deux frères Philippe, comte Arnaud de Grainmont, Jules Richard, Dr Ranque, L. Bâclé, baron de Guerne, J. Poisson, Certes, Rivière, Brull, A. Gatron, E. Janssen, Octave Rochefort, Venukoff, P. Bouchez, Pesce, Mareuse, Fleury, etc., etc. Au dessert, M. Lippmann a pris la parole; il a parlé des sciences en général, de la physique, de l’électricité, et il a ajouté d’intéressantes considérations philosophiques. M. d’Arsonvul a fait des éloges à M. Lippmann ; il a rappelé ses travaux importants et il a surtout entretenu ses auditeurs de la grande découverte de son collègue de l’Institut, la découverte de la photographie des couleurs. Des projections de ces photographies en couleurs ont été faites par M. Berget avec le concours de M. Molteni. M. Lippmann donnait lui-même des explications. Ces projections, qui offraient aux yeux des tableaux admirables, ont été chaleureusement applaudies, et les applaudissements s’adressaient à M. Lipprnan et à M. d’Arsonval.
- Application des cartouches de gaz liquéfiés.
- — Le dernier cri en matière d’estampage de métaux nous est fourni par un très original appareil présenté à la récente soirée de la Société Royale, de Londres, par MM. Read Campbell et Cie. Cet appareil a pour but de fournir à chacun le moyen rapide, économique et facile d’obtenir de l’eau de Seltz chez soi, ou en voyage, même au cœur de l’Afrique centrale (sic). A cet effet, l’acide carbonique liquide à la pression de 60 atmosphères est renfermé dans des petites cartouches en acier en forme de poire dontleplus grand diamètre ne dépasse pas
- 16 millimètres. Une de ces cartouches est fixée à l’embouchure d’une bouteille à eau de Seltz rcnfeimant de l’eau ordinaire, et maintenue en place à l’aide d’une monture spéciale. En montant la cartouche sur la bouteille, un minuscule bouchon enébonile qui formait la pointe de la poire est brisé et le gaz s’échappe dans la bouteille, où il vient se dissoudre dans l’eau. Chaque cartouche pèse moins de 10 grammes et l’on peut en emballer 5000 dans une caisse cubique de 50 centimètres de côté. Le bagage et la provision de cartouches nécessaires à la fabrication de l’eau de Seltz ne sont donc ni bien lourds ni bien encombrants. Les cartouches ont été soumises à une pression de 900 atmosphères sans se briser. Si on vient à les chauffer, le bouchon en ébonite se ramollit et laisse échapper le gaz. Quelle voie nouvelle ouverte par ce procédé pour l’utilisation de l’acétylène à l’éclairage de tous les véhicules, depuis la bicyclette jusqu’à l’omnibus ! Attendons-nous à trouver prochainement chez tous les épiciers des poires de gaz liquéfiés pour toutes sortes d’applications. Mais il faudra bien avoir soin de ne pas confondre, car une poire d’acétylène mise à la place d’une poire d’acide carbonique ne produirait pas dutoutle même effet, et réciproquement.
- L’industrie de la culture des huîtres en France. — L’industrie ostréicole française produit actuellement plus d'un milliard de mollusques par an, et fournit à la population maritime un revenu brut de
- 17 millions et demi de francs. Malgré cette importance, sur certains points du littoral, une crise de mévente fait souffrir l’industrie ostréicole, et dans une Note récente présentée à l’Académie des sciences par M. Georges Roché, l’auteur, en compulsant les statistiques dressées avec soin depuis une vingtaine d’années, arrive à cette
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- LA NATURE.
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- conclusion que c’est moins à la multiplicité des concessions accordées par l'État sur le domaine public maritime qu’à la tendance des parqueurs à faire produire à leurs concessions des quantités de mollusques disproportionnées avec les débouchés actuels de leur industrie qu’est due cette importante crise de l’ostréiculture. De 187-4 à 1889, la surface occupée par l’ostréiculture a augmenté progressivement, mais elle est en voie de diminution depuis cette époque, et, malgré cette diminution, la production totale a augmenté sans que la valeur du produit ait crû proportionnellement. Comparée à 1877, la proportion de 1894, ramenée à l’hectare, s’est augmentée de 52 pour 100, tandis que le produit en argent a diminué de 89 pour 100. Comparée à 1882, la production de 1894, ramenée à l’hectare, s’est augmentée de 75 pour 100, tandis que le produit est encore inférieur de 4,5 pour 100. Le coût de la main-d’œuvre, la mortalité et beaucoup d’autres causes de pertes sont, à l’heure actuelle, plus considérables qu’autrefois, en raison de la grande quantité d’huîtres cultivées par hectare; la situation présente paraît donc à peine plus avantageuse que celle de la plus mauvaise année de production et nettement moins avantageuse que celle d’une année moyenne, quant aux rendements, du moins si l’on ne considère que les bénéfices laissés par l’ostréiculture aux ostréiculteurs. Ceux-ci, recueillant une rémunération toujours décroissante de leurs travaux, veulent produire tous les ans plus de mollusques, espérant récupérer par leur quantité ce que leur faible valeur leur fait perdre sur les gains des années passées, et bien que la trop grande fabrication à l’hectare ait l’inconvénient de fournir des produits de moins belle qualité. Ceci ne s’applique, du reste, qu’aux centres de demi-élevage. Étant donné le prix très bas auquel, dans les centres de production, est livrée l’huître cultivée, celle-ci cessera bientôt d’être considérée comme un produit alimentaire de luxe et pénétrera jusque dans les bourgades de notre pays, ainsi que le font beaucoup d’autres ressources tirées de la mer. C’est dans l’élargissement des débouchés et non, comme cela est préconisé par certains parqueurs, dans la restriction de la production qu’il faut chercher la solution de la crise ostréicole actuelle. Tous nos vœux sont pour l’exactitude de cette savoureuse conclusion à laquelle la statistique a logiquement conduit M. Georges Roché.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 26 mai 1896. — Présidence de M. Corkd.
- Enregistreur musical. — M. Rivoire présente un appareil susceptible de s’appliquer à tous les pianos, grâce auquel on peut obtenir une sorte de sténographie de tout morceau joué. On conçoit aisément qu’un tel appareil soit destiné à rendre des services aux compositeurs, aussi bien qu’aux membres de jury et aux professeurs. Chacune des quatre-vingts notes du clavier est représentée sur un papier sans fin d’une hauteur de vingt centimètres, réglé comme le papier à musique ordinaire, et sur lequel chaque note s’inscrit par un trait gros dont la longueur correspond à la durée de la note, et la position en hauteur à la situation de cette note dans l’échelle musicale. On conçoit dès lors que, lorsqu’un accord est frappé, les ditléi entes notes actionnées traceront autant de traits semblables. Une barre de mesure facultative, manœuvrée avec le pied gauche, permet la décomposition du dessin musical en mesures. Le rouleau de papier indique donc les notes
- frappées et accuse en même temps, au premier coup d’œil, leur synchronisme. La lecture du graphique est extrêmement facile, grâce à une image mobile, un petit clavier que le musicien fait courir sur son dessin perpendiculairement à la direction des lignes, car chacune des touches figurées du clavier mobile vient recouvrir la note enregistrée. Les rouleaux de papier se déroulent avec une vitesse del“,25 à la minute, et le mouvement d’horlogerie qui provoque le déroulement peut fonctionner pendant vingt minutes. Au bout de ce temps il faut remonter le mouvement; la bande peut durer une heure. L’appareil a été construit par la maison J. Richard; il s’adapte au-dessous du clavier. L’enregistrement est produit par une tige verticale qui s’enfonce sous la pression de la touche, vient appuyer sur l’extrémité d’un fléau et en relève l’autre extrémité. En se relevant, cette extrémité du fléau entraîne une deuxième tige verticale fixée elle-même, par sa partie inférieure, à l’extrémité du fléau très court. Ce dernier mouvement produit le mouvement de l’axe du court fléau et cet axe entraîne à son tour une tige terminée par une molette encrée qui, en s’abaissant, vient tracer sur le papier le trait gras représentatif de la note.
- Un appareil volant. — M. Langley donne la description d’une machine volante qu’il a fait construire et qu’il a expérimentée en présence de témoins, dont M. Graham Bell. Cette machine est construite d’après les recherches de M. Langley qui prouvent qu’un appareil présentant un plan incliné peut s’élever dans l’air, s’il est animé d’une grande vitesse horizontale. L’appareil destiné à réaliser cette conception est en acier ; il pèse 20 kilogrammes et son poids moyen au décimètre cube est d’environ 1 kilogramme. Il est pourvu d’hélices actionnées par un petit moteur à vapeur. On l’a vu s’élever contre le vent, en décrivant des courbes d’une centaine de mètres de diamètre, et retomber après une course aérienne ayant duré une minute et demie. Dans une deuxième expérience l’appareil est tombé à 276 mètres du point de départ, après avoir fourni une trajectoire évaluée à 900 mètres, en une minute et demie. La vitesse de propulsion était donc de 10 mètres par seconde. Le vol paraissait aisé, il était extrêmement régulier.
- Influence des engrais sur la récolte des fleurs. — MM. Hébert et Truffaut présentent une étude physiologique des cyclamens de Perse ; ils montrent que les engrais très riches, loin de modifier avantageusement leur culture au point de vue horticole, provoquent un développement considérable des feuilles au détriment des fleurs. Les analyses indiquent d’ailleurs que les cyclamens avantageux ou désavantageux ont une composition analogue. On doit donc agir surtout au point de vue physique sur le mdieu de culture employé si l’on veut améliorer le rendement.
- Bactéries dévoniennes. — Dans de précédents travaux M. Bernard Renault a démontré l’existence des bactéries dans les terrains permien, houiller, et dans le culm. Aujourd’hui il révèle leur présence dans un terrain plus ancien encore, dans les schistes dévoniens à cypridines de Saalsfeld en Thuringe. Il en décrit deux espèces nouvelles, les micrococcus dévoniens A et B ; il montre en outre que si le genre de gymnosperme Aporoxylon a été considéré par Unger comme dépourvu de ponctuations, c’est qu’elles avaient disparu sous l’action de ces microbes.
- Les algues de VAtlantique. — M. Sauvageot, qui a étudié les algues du golfe de Gascogne, a constaté des différences par rapport aux algues des côtes de Bretagne.
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- LA NATURE.
- Certaines algues armoricaines, vivant sur les rochers que découvre la mer, ne se trouvent pas dans le golfe de Gascogne. Est-ce un phénomène de distribution géographique suivant les latitudes? M. Sauvageot résout affirmativement la question, car il a retrouvé des algues brunes qui manquaient vers la Corogne ; mais il les a retrouvées en même temps que d’autres espèces que l’on rencontre aux Canaries. Il en conclut que la limite de distribution se trouve à la hauteur de la Corogne.
- Varia. — M. Raoult présente une Note sur les tensions de vapeur de dissolution. — M. Gouy démontre expérimentalement que l’indice de réfraction des rayons X est extrêmement faible, s’il existe.— M. Bertrand a découvert une deuxième diaslate oxydante. Ch. de Villedeuil.
- L’ACÉTYLÈNE PRATIQUE
- Dans ces derniers temps l’attention du public s’est portée avec intérêt sur l’acétylène, qui devait, disait-on, remplacer avec avantage tous les systèmes d’éclairage domestique. Malheureusement, on avait, trop espéré et l'indifférence à l’égard de ce malheureux gaz, qui ne donnait pas tout ce qu’il avait promis, remplaçait l’engouement du début. Mais pendant que le public passait trop vite de l’enthousiasme à la froideur, des chercheurs essayaient de trouver une application judicieuse du nouvel éclairage. Plusieurs appareils pour la production et la combustion de ce gaz ont été décrits ici. Nous venons à notre four présenter aux lecteurs de La Nature une nouvelle combinaison qui nous semble parfaite. L’appareil une fois chargé alimente, sans qu’il soit besoin de s’en occuper, un bec ordinaire pendant neuf heures, moyennant une dépense del kilogramme de carbure de calcium. Ce bec, semblable à un brûleur à gaz ordinaire, donne une lumière de 50 bougies et, nous le répétons, pendant neuf heures consécutives.
- L’appareil, en tôle galvanisée, mesure environ 50 centimètres de hauteur sur 50 de largeur et affecte la forme d’un cylindre A muni d’un faux fond k'k'. Dans ce cylindre un autre cylindre B forme gazomètre. Au-dessus de B se trouve un entonnoir E dans lequel on verse le carbure et qu’on referme avec la vis Y. Auparavant, on a rempli d’eau l’appareil jusqu’au niveau N et on a eu soin d’immobiliser le levier L avec l’arrêt T. L’appareil est prêt à fonctionner : dégageons le levier. l)e son propre poids, il viendra buter sur le faux fond et ouvrira légèrement l’entonnoir. Un peu de carbure glissera et immédiatement le gaz produit soulèvera le gazomètre B. Le levier soulevé avec l’appareil ne butera plus et le. carbure cessera de tomber. Mais à mesure que le gaz s’échappera par le tuyau M puis par, le tuyau N, le gazomètre baissera et, lorsqu’il
- viendra de nouveau toucher le faux fond, le levier butera de nouveau, ouvrant l’entonnoir. Cette manœuvre automatique se continue jusqu’à épuisement de la provision de carbure, sans arrêts et sans qu’il soit nécessaire de toucher à l’appareil. On voit que le maniement est des plus simples et quels services peut rendre un gazomètre aussi portatif, donnant une lumière éclatante.
- Pour être complet dans notre description, disons que le robinet P sert simplement à vider l’eau de l’appareil et que le robinet de niveau sert à fixer la quantité d’eau nécessaire.
- Cet appareil nous a semblé absolument intéressant pour la projection. Il ne faudrait pas croire qu’il va remplacer les éclairages intensifs à l’oxygène, tels que ceux obtenus avec les carburateurs oxyéthériques de Molteni ou de Mazo, qui donnent de 600 à 800 bougies; mais à coup sur il est plus pratique que la lampe à pétrole à mèches multiples, qui, toujours plus ou moins disposée à fumer et à sentir mauvais, ne donne que 80 à 100 bougies au maximum. Pour employer à l’éclairage d’une lanterne de projection l’appareil ci-dessus, on emploie un jeu de 5, 4 ou 5 brûleurs, placés les uns derrière les autres et donnant 150, 200 ou 250 bougies de lumière. Ces brûleurs sont commandés par un seul robinet et ne demandent aucun réglage; ils sont disposés l’un derrière l’autre, légèrement en escalier, et un réflecteur permet d’obtenir le maximum de clarté. Avec 5 brûleurs on a une lumière fixe pendant trois heures, pendant plus de deux heures avec 4, et, avec 5 brûleurs, il est possible d’éclairer plus d’une heure et demie sans toucher à l’appareil.
- Le jeu des brûleurs se fixe comme un chalumeau ordinaire sur un cendrier et l’on peut centrer comme avec ce dernier, en avançant ou reculant ce cendrier et en faisant glisser le jeu de haut en bas ou de droite à gauche.
- Nous croyons être utile aux projectionnistes en leur signalant ce nouvel éclairage intensif, qui rendra aussi de grands services dans les agrandissements photographiques et sûrement dans les éclairages domestiques, si le fabricant veut construire des appareils moins portatifs mais débitant plus de gaz pendant le'même laps de temps.
- C’est là une idée que nous lui suggérons et nous sommes sûr que bien des grands établissements fabriquant actuellement leur gaz par différents procédés adopteraient l’acétylène, y trouvant à la fois augmentation de lumière produite et économie. Aluer.
- Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandier
- Niveau
- Paris. — Imprimerie Laiilke, rue de Fleurus, 9.
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- LA NATURE
- VINGT-QUATRIÈME ANNÉE — 1896
- PREMIER SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Abcès tuberculeux (L’origine des), 174.
- Académie des sciences morales et politiques, 14.
- Académie des sciences (Séances hebdomadaires de 1’), 15, 31, 46, 62, 79, 94, 110, 127, 143, 159, 174, 190, 207, 223, 239, 255, 271, 287, 302, 318,335,350,366,383, 399, 415.
- Accumulateur à navettes de M. G.-R. B lot, 301.
- Accumulateur de lumière (Principe d’un), 255.
- Accumulateurs de chaleur à la baryte, 60.
- Accumulateurs portatifs, 288.
- Acétylène (Éclairage à 1’), 1, 416.
- Acide sulfurique (Concentration de 1’), 51.
- Acoustique (Une nouvelle loi d’), 76.
- Affiches électriques, 3.
- Air liquides (Production directe de l’oxygène et de 1’), 299.
- Algues de l’Atlantique (Les), 415.
- Alliages colorés d’aluminium, 278.
- Altels (La catastrophe de P), 218.
- Aluminium (Laminage de P), 334.
- Aluminium (Procédé nouveau d'analyse de P), 31.
- Aluminium industriel (L’), 15.
- Amalgames chromés, 15.
- Amiante du Canada (L’), 209.
- Animaux des cavernes obscures, 207.
- Animaux fossiles à Madagascar (Découverte de vestiges d’), 207.
- Animaux ressuscitants (Les), 356.
- Annélides du golfe de Gascogne (Les), 367.
- Annuaire géologique universel (L’), 11,
- Appareil à fabriquer le beurre. Radiateur Salénius, 323.
- Appareil volant, 415.
- Arbuste de Madagascar (Un). Le Vonim-panoro, 331.
- Argon (Préparation pratique de P), 95.
- Argon et l’hélium des sources minérales (L’), 15.
- Arménie (L’), 235.
- Ascensions de M. Strindberg (Les), 270, 286, 334, 382.
- Assainissement de la ville de Berlin,
- 222.
- Association française pour l’avancement des sciences. Congrès de Carthage (Tunis 1896), 258, 298, 303, 510, 350, 565.
- Atmosphère (Les mouvements verticaux de P), 411.
- Attelage des ânes à la guimpe, 272.
- Aurifère du Transvaal (L’industrie), 374, 390.
- Automates ou automobiles, 14.
- Automobile-Club de France (L’), 326.
- Avalanche (Énergie et puissance d’une), 79.
- Azote (L’affinité de P), 51.
- Azote (Une combinaison de P), 47.
- U
- Bacilles (Iniluence des courants sur les), 335.
- Bactéries dévoniennes, 415.
- Bains publics à Budapest (Les), 7.
- Balance-cuvettes électrique (Un), 159.
- Ballon le Pôle-Nord (Le), 583.
- Ballons captifs en Espagne (Les), 402. j
- Ballons militaires et leurs ennemis (Les), 186.
- Bandage pneumatique (Le premier), 199.
- Baro - thermo - hygromètre - enregistreur, 145.
- Bateau rouleur Bazin (Le), 224.
- Bateau sous-marin le Goubel (Le), 55.
- Berges des fleuves (La défense des), 127.
- Béton d’asphalte (Nouveau), 45.
- Beurre au moyen du lait (Appareil destiné à la fabrication directe du), 174.
- Bicyclette (Le choix rationnel du développement d’une), 165.
- Bicyclette à frein d’entraînement système A. Juhel, 49.
- Bicyclette au Soudan (La), 350.
- Bicyclette sociable, 181.
- Bicyclettes en tramway et en chemins de fér L’arrimage des), 45.
- Bise du 9 janvier 1896 à Genève (La), 304.
- Blé (Les produits de la mouture du), 46.
- Bolide (Apparition d’un), 47.
- Bolide à Sisteron (Un), 219.
- ïl
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- 418
- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- Bolide du 18 février 1896 observé à Cambrai, 243.
- Borique dans la nature (La diffusion de l’acide), 31.
- Botlinc-brodequin, 335.
- Bouclions (L'utilisation des vieux), 139.
- Bougies au tannin, 206.
- Bouteille qu’on ne peut remplir qu’une fois (La), 339.
- Briquettes de pétrole, 63.
- Brouillards de Londres et les Compagnies de chemins de fer (Les), 302.
- Brûlures (Guérison des), 14.
- c
- Câbles d'extraction des mines (Les), 58.
- Câbles et fils télégraphiques (Les), 198.
- Cacao au Congo (La culture du), 302.
- Canal du Rhône à Marseille (Le), 275.
- Langue de supplice en Chine (La), 180.
- Canon (La puissance d’un), 51.
- Carbonique (Une source d’acide), 127.
- Carbure de manganèse (La propriété du), 207.
- Carbure d’uranium (Préparalion du), 175.
- Carbures de cérium et de lithium (Propriétés des), 190.
- Carbures d’yttrium et de thorium (Préparation des), 239.
- Carte du ciel (Les travaux de la), 384.
- Cartes magnétiques du globe, 3.
- Cartouches de gaz liquéfiés (Application des), 414.
- Catalogue général des mémoires scientifiques, 58.
- Cécidies florales (Les), 243.
- Cerf-volant Ilargrave (Le), 338.
- Chambre photographique d’atelier (Une), 292.
- Charbon (Opacité du), 14.
- Chat sauvage de Siam (Le), 201.
- Chaudière à vapeur mixte système Soli-gnac (La), 191.
- Chaudières et l'état sphéroïdal de l’eau (Les coups de feu des), 138.
- Cbaulfage des wagons de marchandises, 142.
- Chauffe-bain par le gaz, 227.
- Chemin de fer à crémaillère (un accident sur un), 402.
- Chemin de fer de Sceaux (Dépenses d'établissement du prolongement du), 94.
- Chemin de fer de Look-out-Mountain dans le Tennessee, 280.
- Chemin de fer en Amérique (Expérience de vitesse sur), 241.
- Chemin de fer le plus septentrional de l’Europe (Le), 406.
- Chemin de fer transsibérien (Le), 134.
- Cheminée d'usine (La démolition d’une),
- 411.
- Chemins de fer en Angleterre (La concurrence des), 286.
- Chemins de fer en Australie occidentale (Le coût des), 302.
- Chêne d’Abraham (Le), 47.
- ChéropotamesouPotamochères(Les),305.
- Cheval-vapeur (Historique du terme), 206.
- Chien (Le rire du), 175.
- Chien en tandem (Un), 208.
- Chien et Chat, 198.
- Chiens (La transpiration des). 174.
- Chiens de cirque (Comment on dresse • les), 294.
- Chiens enragés en Angleterre (Les), 254.
- Chiques d’Afrique et de l’Amérique du Sud (Remède contre les piqûres des), 34.
- Chlore sur les alcools de la série grasse (Action du), 350.
- Chône (Le), 19.
- Chou (La hernie du), 365.
- Cigarettes de thé (Les), 195.
- Cinématographe à Paris (Le), 91, 127.
- Cinématographiques (Curiosités), 114.
- Cloches (Les grandes), 35.
- Combinaison de l’oxygène et de l’hydrogène, 239.
- Comète (La nouvelle), 350.
- Comète de Swift, 70.
- Comètes (Nouvelles), 79.
- Comètes et planètes de 1895, 318.
- Constructions mixtes avec ossature métallique, 307.
- Contagion par le livre (La), 106.
- Copernic et les découvertes géographiques de son temps, 345.
- Cordes (Vibrations tournantes des). Expériences de M. A. Cornu, 385.
- Corps (Préparation d’un nouveau), 351.
- Courants aériens (Observations météorologiques des), 145.
- Croiseur autrichien (Un), 127.
- Cruchons (Appareils de nettoyage et de remplissage pour), 184.
- Cuivrage galvanique de l’aluminium, 158.
- Cvelorama électrique de M. Chase (Le), 81.
- ü
- Désinfection par l’aldéhyde formique (La), 143, 207.
- Dessins provenant de l'expédition de d’Entrccasteaux (Collection de), 86.
- Dessins sur verre et sur porcelaine, 215.
- Destructions commises par les rats, 400.
- Diamant et les rayons X (Le), 293.
- Distribution de l’énergie électrique à Paris, 5.
- Dureté des corps fondée sur l’emploi du microscope (Mesure de la), 134.
- E
- Eaux de sources et de rivières (Les), 319, 585.
- Éclairage à Berlin (L’), 123.
- Éclairage à l’acétylène, 1, 519.
- Éclairage des tramcars par l’acétylène à Paris, 522, 400.
- Éclairage de l’avenir (L’), 59.
- liclipse de soleil (La prochaine), 287.
- École d’horticulture de Genève, 206.
- Effondrement produit par le sable coulant à Boux (Bohême) (Un), 379.
- Élections à l’Académie des sciences, 96, 111, 145, 255, 599.
- Électricité atmosphérique au sommet de la Tour Eiffel (L’), 79.
- Électricité au Japon (I/), 165.
- Électricité en Espagne (L’), 379.
- Électricité pratique et l’électricité amusante (L’), 15.
- Électricité pratique. Boîte de mesures électriques. Accumulateurs portatifs, Appareils électriques divers, 220, 288. 368.
- Électrolyseur (Un nouvel), 399,
- Ëlectrophotographie, 355.
- Électrovalseurs (Les), 15.
- Éléphants débardeurs et coltineurs, 211.
- Engrais sur la récolte des fleurs (Influence des), 415.
- Enregistreur musical, 415.
- Éperon (Un nouvel), 223.
- Érythrée et l’Abyssinie (L’), 314.
- Étalon photométrique à l’acétviène (Un). 186.
- État sphéroïdal de l'eau. Expérience de M. Lavington Fichter, 61, 182.
- Excitation nerveuse par les courants fréquents (L’), 94.
- Excursion à Etchmiadzin (Une), 29.
- Expédition polaire de M. Andrée. La construction du ballon, 90.
- Explorations sous-marines, 94.
- Exposition d'automobiles en Angleterre, 254.
- Exposition de la Société française de physique à Paris, 530, 542.
- Exposition d’électricité de la Société internationale des électriciens, 370.
- Exposition du Photo-Club (L’), 598.
- Exposition internationale de vélocipédie. Troisième Salon du cycle, 54, 99.
- F
- Faine (La), 183.
- Farines (Les propriétés boulangères des), 51.
- Fiacres à pneumatiques (Les), 195.
- Fièvre dans les maladies infectieuses (Du rôle de la), 95.
- Filtre industriel au papier, 53.
- Fleurs attirent les insectes (Comment les), 299.
- Fontaines lumineuses, 269.
- Fossiles (Découverte de), 127, 399.
- Foudre aux États-Unis (Les méfaits de la), 211.
- Fourmis (Les mœurs des), 287.
- Froid dans l’Europe occidentale (Le), 279.
- G
- Gaz d’éclairage et les tubes de caoutchouc (Le), 267.
- Gaz naturel (La pression du), 334.
- Géographie physique (La), 262.
- Germination (De la), 95.
- Gîtes minéraux et métallifères à l’École supérieure des mines (La collection des), 311.
- Glacier central de la France (Le), 15.
- Glaciers (Les mouvements des), 399.
- Glossomètres (Les), 163.
- Glucinium (Le), 206.
- Gouffre de Gaping-Ghyll (Angleterre (Descente du), 118, 398.
- Grotte du mas d’Azil (La), 91.
- H
- llalichœrus tué sur les côtes de la Normandie, 557.
- Halo de Tourcoing observé en 1893 245.
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- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- Herbe à la puce (L’), 559.
- Herbier du monde (Le plus vieil), 78.
- Horloge d’appartement au moyen âge (L’), 246.
- Horlogerie des établissements Dufayel (Les installations d’), 147.
- Horloges et montres solaires au Japon, 83.
- Huiles à graisser (Essais rapides des), 354.
- Huîtres de France (Les), 351, 414.
- Huîtres perlières de Ceylan (Les), 59.
- I
- Illusions d’optique (Quelques), 111.
- Indicateur et enregistreur de la puissance des machines à vapeur, 158.
- Injecteur hypodermique stérilisable du Dr II. Mareschal, 43.
- Insectes (Invasion d’), 555.
- Insectes de l’ordre des Lépidoptères (Les colorations de certains), 110.
- Insectes offertes au Muséum par les petits-fils et fils de feu MM. Jules et Gustave Fallou (Les collections d’), 258.
- Institut (Le centenaire de F), 59, 70, 102, 151.
- Irisation rapide du verre, des métaux et des fausses pierres, 387.
- IC
- Kinétoscope à vues multiples, 337.
- Kudzu (Le), 22.
- L
- Lac d’asphalte de la Bréa (Le), 66.
- Lampe à alcool à incandescence, 4.
- Latitude du Cap (Sur la), 398.
- Lavoisier (Une lettre de), 351.
- Lécithine sur la croissance (Action delà), 94.
- Lithographie (Exposition du centenaire de la), 55.
- Lumière (Principe d'un accumulateur de), 255.
- Lumière au travers des corps opaques (La pénétration de la), 223.
- Lumière noire (La), 191.
- Lumière noire et les radiations de Rônt-gen (La), 207.
- Lumination (La), 170.
- Lunaire (Surface), 366.
- Lune sur la pression barométrique (Influence de la), 319.
- Lunette de l’Observatoire d’astronomie physique de Meudon (La grande), 359.
- Luzerne dans l’Argentine (La culture de la), 366.
- M
- Machine à calculer Felt et Tarrant, 289.
- Machine à calculer La Rapide, 65.
- Machine à écrire La Dactyle, 97.
- Machine à vapeur (Les progrès de la), 38.
- A\9
- Machine à vapeur de Mewcomen en fonc- | tionnement près de Bristol (Une), 196.
- Machines à vapeur (La consommation des), 134.
- Mâchoires (La force des), 146.
- Magnétiques (Variations des éléments), 95.
- Marche comparée (Étude de la), 191.
- Marine de guerre britannique (Les constructions de la), 290.
- Matière dans le canon et la machine à vapeur (L’utilisation de la), 202.
- Mélanite de Zermatt, 54.
- Meldomètre (Le), 238.
- Mélèze (Une nouvelle maladie des feuilles de), 47.
- Miellée végétale (La), 150.
- Mine d’or à Madagascar (Une), 257.
- Minéral extraordinaire (Un), 31.
- Minuit au cap Nord, 275.
- Modes barbares''(Les), 142.
- Monétaire en 1895 (La circulation), 163.
- Montre Oméga (La), 202.
- Monument Pasteur (Souscription internationale pour le), 219.
- Moteur à pétrole (l'n). 124.
- Moteur à pétrole de grande puissance spécifique (Un), 11.
- Mouche Callipliora (Le développement de la), 159.
- Moustiques (Une victoire des), 75.
- Mouzaïa (La renaissance des), 285.
- Mudar (Le), 79.
- N
- Navire cuirassé anglais Victoria (La catastrophe du), 17.
- Navires de guerre (Ce que coûtent les), 18.
- Ngaoundéré en Adamaoua (La ville de), 107.
- Niagara (L’utilisation du), 535.
- Nitrates des eaux du bassin de la Seine (La richesse en), 271.
- Nitrification naturelle dans les terres . (La), 319.
- Nuages (Étude de la marche des), 271.
- 0
- Observatoire de l’Aigoual, 224.
- Odeurs de l’air (Mesure des), 551.
- Oiseaux (La hauteur du vol des), 91.
- Oiseaux (Migration d’), 350.
- Ombres radiographiques de M. le professeur Wilhelm Conrad llôntgen (Les), 155.
- Ophiophagus Elaps ou Serpentivore (L’), 285.
- Opium (Valeur hygiénique de F), 30.
- Optique des lignes parallèles (Effets d’), 320.
- Orages (La fréquence des), 214.
- Ossements fossiles de serpent (Découverte d’), 159.
- Oxygène et de l’air liquides (Production directe de F), 299.
- Ozone actionné par un moteur électrique (Générateur tubulaire à), 240.
- P
- Panoramas photographiques, 81.
- Pavage en bois (Valeur sanitaire du), 291.
- Peinture au goudron, 255.
- Pendule dans le vide (Observations de), 223.
- Pendule des horloges (Perfectionnement au mouvement du), 127.
- Pendule électrique, 230.
- Pendule sans perturbation (Entretien du mouvement d’un), 154.
- Perméabilités des corps aux différentes radiations, 287.
- Pétrole de los Angeles (Les sources de), 245.
- Phagocytes (Du rôle de certains), 207.
- Phonographe simplifié (Un), 28.
- Photographie au travers des corps opaques (La), 128, 143, 159, 351.
- Photographie des couleurs (La), 286.
- Photographie en ballon, 96.
- Photographies de la Société de géographie (Collection de), 222.
- Photographiques (Appareil automatique pour l’agrandissement et la réduction des clichés), 215.
- Photographiques (Les petits appareils),
- 220.
- Photogravure (Procédé simple de), 229.
- Physiologie des animaux non alimentés, 399.
- Pierres artificielles en béton, 207, 311.
- Pierre druidique de Boissy-Maugis (Orne) (La), 321.
- Pierres de tète (Les), 155.
- Piste en spirale du Palais-Sport à Paris (La), 225.
- Plan incliné pour bateaux au seizième siècle, 168.
- Plantations des promenades de Paris (Les), 271.
- Plateau du Sidobre (Tarn), 88, 159.
- Poêles à pétrole mal construits (Danger des), 228.
- Pompe pneumatique de grande puissance, 333.
- Potamochères ou chéropotames (Les), 305.
- Poteaux en bois plantés dans le sol (La préservation des), 188.
- Poudre sans fumée aux États-Unis et en Angleterre (Essai de), 326.
- Protecteurs sur les voilures de tramways (Utilité des), 78.
- Puffing-holes ou trous souffleurs (Les),
- 349.
- Puits de mine (Basse température des),
- 411.
- R
- Radiations de llôntgen (Production commode des), 239.
- Radiations phosphorescentes (Propriétés des), 239, 271.
- Radiographies par les rayons X. Utilisation des écrans fluorescents à leur production rapide, 367.
- Rails continus (Les), 26, 146.
- Rayons cathodiques (Les), 42, 94, 19&) 287.
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- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- m
- Rayons de fluorescence et rayons de Rontgen (Les), 502.
- Rayons de Rontgen (Application médicale des), 271.
- Rayons X (Application industrielle des), 274.
- Rayons X de M. le professeur W. C. Rontgen (Les), 129, 143, 157, 174, 223, 271, 527.
- Rayons X et le diamant (Les), 293.
- Reboisement en France (Les travaux du), 51.
- Recensement de la population parisienne (Le dernier), 502.
- Réclame américaine, 366.
- Récréations scientifiques. La signature d’un photographe. Le folioscope, 192, 256.
- Régulateur à gaz automatique, système A. Tobler, 389.
- Régulateur électrique ou modérateur instantané, 278.
- Rhône à l’époque du crétacé supérieur (La vallée du), 175.
- Rivière souterraine de Midroï (Ardèche) (La), 171.
- Riz provenant d’anciennes récoltes (Composition du), 503.
- Rochers à figures animées. Le rocher du Zouave, 128.
- Roues élévatoircs en usage aux Indes et au Japon, 317.
- Roules fruitières (Les), 234, 250.
- Ruines de Nhon-To (Les), 217.
- S
- Saturne (Les anneaux de), 351.
- Science au théâtre (La). La tète de mort enchantée, Le masque de Balsamo, 143.
- Science pratique (La). Ventilateur amortisseur pour cabine téléphonique, 80.
- Scientia (Conférence), 414.
- Secteur électrique de la rive gauche à Paris (Le), 347.
- Sel répandu dans l’atmosphère, 254.
- Selles pneumatiques (Les inconvénients des), 414.
- Seringue à injections sous-cutanées, 64.
- Sérothérapie de l’infection urinaire (La), 367.
- Siout (Haute-Égypte). Son commerce avec le Soudan, 259.
- Siphon de la Concorde sous la Seine à Paris (Le), 403.
- Siphon rotatif (Un), 558.
- Société d’excursions des amateurs de photographie, 270.
- Société d’histoire naturelle d’Autun (La),
- 11.
- Sondage le plus profond (Le), 318.
- Sons (Recherches récentes sur la propagation des), 161.
- Soufrière (Curieuse exploitation), 150.
- Sphingure du Mexique (Le), 177.
- Stations centrales d’électricité (Le rendement des), 54.
- Statue en cuivre galvanique de saint Fidèle à I’alazzolo Sull’Oglio, 596.
- Statues au temple de Nhan-Tho (Curieuses), 584.
- Stéréoscope inverseur (Le), 564.
- Sucre dans les racines de betteraves (Accumulation du), 15.
- Sympalmographe (Le), 587.
- Système métrique (Les ennemis du), 366.
- T
- Tannage électrique, 254.
- Télégraphie des dessins (La), 26, 59.
- Téléphonie militaire à fil unique non isolé, système P. Charollois, 139.
- Température des couches supérieures de l’atmosphère, 319.
- Tempêtes (La loi des), 567.
- Terre (La perméabilité de la), 113.
- Terres arables (La perméabilité des), 127.
- Thérapeutique des Indiens de la Coa-jira (La), 519.
- Tics professionnels (Les), 271.
- Timbre chantant (Le), 15.
- Tomeens (Les), 199.
- Torghatten (Norvège), 19.
- Toton chromogène (Le), 267.
- Toupies (Les), 23.
- Toxines par l’électricité (L’atténuation des), 174.
- Traction électrique mixte à trolleys et à accumulateurs, 318.
- Traction électrique par canalisations souterraines, 231.
- Traction électrique par courants triphasés (La), 19.
- Traits orogéniques de l’Europe (Imitation expérimentale des grands), 203.
- Tramcar à acide carbonique, 159.
- Tramway (Un curieux), 32.
- Tramway à air comprimé, 189.
- Tramway attaqué par des voleurs en Amérique, 102.
- Tramway électrique (Un curieux), 206.
- Tramways à traction mécanique (Le développement des), 215.
- Tramways électriques à Rouen (Les), 282.
- Tramways français (Résultats d'exploitation des), 255.
- Tramways à fortes déclivités (Les), 67.
- Transport et emmagasinage de charbon dans les stations centrales d’électricité aux États-Unis (Types divers de), 276.
- Transporteur Temperley (Le), 371.
- Tremblement de terre du 6 décembre 1895 en Normandie, 87.
- Tremblement de terre du 15 mars 1896 au Chili, 398.
- Tremblements de terre (Statistique des), 78.
- Tricycle automobile Bolléc (Le), 569.
- Truffes d’Afrique (Les), 335.
- Tubes de Crookcs (Sur une nouvelle forme de), 401.
- Tumeur très grave (Traitement et guérison d’une), 95.
- Tunnel sous la Tamise (Nouveau), 55.
- Tuyaux métalliques flexibles (Les), 252.
- U
- Uranium (Propriétés de F) 599.
- y
- Vaccination des sujets mordus par les serpents (La), 143.
- Végétation (Influence des couleurs sur la), 47.
- Végétation de la basse Californie (La), 150.
- Vélocipède à bon marché (Un), 552.
- Vélocipédic. L’entrainement dans les courses, les records et les matches, 115.
- Vélocipédic (Exposition internationale de). Le troisième Salon du cycle, 54, 99.
- Ventilateur à eau, 52.
- Ventilateur amortisseur pour cabine téléphonique, 80.
- Vénus (La rotation de), 191.
- Verre en électricité (L’emploi du), 90.
- Vieux-neuf (Le). La vapeur et la chaleur solaire, 12.
- Vipères (Neuf mille), 142.
- Vision des objets placés dans l’obscurité (Un procédé de), 287.
- Voies ferrées (Les), 334.
- Voiles en papier (Les), 595.
- Voiture d’inspection sur les chemins de fer américains (Une), 93.
- Voitures automobiles et la poste (Les), 302.
- Voix humaine (L’étendue de la), 2.
- Vol d’un tramway électrique (Tentative de), 78.
- Volant en fer pour machines à vapeur, 78.
- Voyage au pôle Nord en ballon. (Projet de M. S. A. Andrée, 399.
- Voyage impossible (Le), 587.
- Voyages de M. Albert Tissandier. Cambodge et Java, 263.
- W
- Wagons-poste aux États-Unis, 125.
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- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Aiglun (Y,e). — Le rire du chien, 175.
- Ai.bkr. — L’acétylène pratique, 416.
- Anthoinoz (A.). — Pendule électrique, 230.
- B. (E.), ingénieur. — Appareils de nettoyage et de remplissage pour cruchons, 184.
- Raclé (L.). — Constructions mixtes avec ossature métallique, 307.
- Baudry re Saümer (L.). — Exposition internationale de vclocipédie. Le troisième Salon du cycle, 34, 99. — Véloei-pédie. L’entraînement dans les courses, les records et les matches, 115. — Les fiacres à pneumatiques, 193. — Le tricycle automobile Bollée, 369.
- Bellet (Daniel). — La télégraphie des dessins, 26. — Les câbles d’extraction des mines, 58. — Les huîtres perlières de Ceylan, 59. — Une victoire des moustiques, 75. — Une voiture d’inspection sur les chemins de fer américains, 93. — L’éclairage à Berlin, 123. — Curieuse exploitation soufrière, 130. — Tramway à air comprimé, 189. — Les constructions de la marine de guerre britannique, 290. — La thérapeutique des Indiens de la Goajira, 319. — Un accident sur un chemin de fer à crémaillère, 402. — La démolition d’une cheminée d’usine, 411.
- Bergeron (J.). — Le plateau de Sidobre, 159.
- Blerzy (H.) — Une expérience de vitesse sur chemin defer en Amérique, 241.
- Boscuet(F.). —Bottine-brodequin, 335.
- Boule (JL). — La géographie physique, 262.
- Buguet (Abel). — Les rayons X et le diamant, 293.
- C. (D.). — Essais rapides des huiles à graisser, 354.
- Caiuaz (Dr A.). — La contagion par le livre, 106. — Les
- pierres de tète, 135. — L’Association française pour l’avancement des sciences à Cartilage, avril 1896, 298.
- Chapix (Georges). — Une mine d’or à Madagascar, 257. — Un arbuste de Madagascar. Le Vonimpanoro, 331.
- Clément (A. L.). — Les glossomètres, 163.
- Coupin (IL). — La grotte du mas d’Azil, 91. — La miellée végétale, 150. — Procédé simple de photogravure, 229. — Les cécidies florales, 243. — Comment les fleurs attirent les insectes, 299.
- Daubrée (A.), de l’Institut. — Copernic et les découvertes géographiques de son temps, 343.
- Dehérain (Henri). — La ville de Ngaoundéré en Àdamoua, 107. — Siout (Ilaute-Egvpte). Son commerce avec le Soudan, 259.
- Dehérain (P. P.), membre de l’Institut. — La perméabilité de la terre, 113.
- Diguet (L.). — La végétation de la Basse-Californie, 150.
- Engelmeyer (P. Klementitcii). —Rayons invisibles (Rayons X), de M. W. Conrad Rôntgen, 157. — Un effondrement produit par le sable coulant à Boux (Bohême), 379.
- Fonvielle (W. de). — Académie des sciences morales et politiques, 14. — Catalogue général des mémoires scientifiques, 58. — Expédition polaire de JL Andrée. La construction du ballon, 90. — Le chemin de fer transsibérien, 134. — Sixième ascension de M. Strindberg, 382.
- Gascard (Albert). — Les rayons X et le diamant, 295.
- Gau (Henri). — Plateau du Sidobre (Tarn), 88.
- Gaudry (Albert). — Correspondance. La Société d’histoire naturelle d’Autun. L’annuaire géologique universel, il.
- Gauthier (Gustave). — Les coups de feu de chaudières et l’état sphéroïdal de l’eau, 138.
- Guillaume (Ch.-Ed.). — Le timbre chantant et les électro-valseurs, 15. — Les rails continus, 26. — Les rayons cathodiques, 42. — Les rayons X de JL le professeur Conrad
- Rôntgen, 129. — Recherches récentes sur la propagation des sons, 161. — La lumination, 170. — Les idées actuelles sur les rayons cathodiques, 194.— La montre Oméga, 202.
- — Recherches récentes sur les rayons de Rôntgen, 327. — Exposition de la Société française de physique à Paris, 330, 342. — Vibrations tournantes des cordes. Expériences de JL A. Cornu, 385.
- IIachet-Souplet (P.). — Comment on dresse les chiens de cirque, 294.
- IIamy (E. T.), de l’Institut. — Collection de dessins provenant de l’expédition de d’Entreeasteaux, 86.
- Hansen-Blaxgsted (Em.). — Le chemin de fer le plus septentrional de l’Europe, 406.
- Hébert (A.). — Concentration de l'acide sulfurique, 51. — Accumulateurs de chaleur à la baryte, 60.
- IIennebert (L'-Coloxei.). — La renaissance des Jlouzaïa, 283.
- — Le voyage impossible, 387.
- Henry (Charles). — Le toton chromogène, 267.
- Hospitalier (E.). —Un moteur à pétrole de grande puissance spécifique, 11. — L’éclairage de l’avenir, 39. — Bicyclette à frein d’entraînement, système A. Juhcl, 49. — La puissance d’un canon, 51. — Le cinématographe à Paris, 91.
- — Curiosités cinématographiques, 114. — Entretien du mouvement d’un pendule sans perturbation, 154. — Les ombres radiographiques de JI. le professeur W. C. Rôntgen, 155. — La circulation monétaire en 1895, 163. — Le choix rationnel du développement d’une bicyclette, 165. — L’utilisation de la ipatière dans le canon et la machine à vapeur, 202. — Le meldomètre, 238. — Application industrielle des rayons X, 274. — Un procédé de vision des objets placés dans l’obscurité, 287. — Production directe de l’oxvgène et de l’air liquides, 299.
- J. J. (Ingénieur). — Les toupies, 22.
- Javal (Emile). — Quelques illusions d’optique, 111.
- Jolly. — L’état sphéroïdal de l’eau. Expérience de JL Laving-ton Fichter, 61.
- Jougla (Lucien). — Récréations scientifiques. La signature d’un photographe, 192.
- Jourdan (Henri). — Une excursion à Etclimiadzin, 29.
- Joyeux-Laffuie (Dr J.). — llalichœrus tué sur les côtes de la Normandie, 357.
- Juii.lerat (P. E.).— L’ophiophagus elaps ou serpentivore, 285.
- Karl (Carolus). — La science au théâtre. La tête de mort enchantée Le masque de Balsamo, 143.
- Ladureau (A.). — L’amiante du Canada, 209. — L’herbe à la puce, 559.
- Laffargue (J.). — Distribution de l’énergie électrique à Paris, 5. — La traction électrique par courants triphasés, 19. — Un phonographe simplifié, 28. — Les progrès de la machine à vapeur, 38. — L’emploi du verre en électricité, 90. — Un moteur à pétrole, 124. — La consommation des machines à vapeur, 134. — L’électricité au Japon, 163. — La préservation des poteaux en bois plantés dans le sol, 188.— La chaudière à vapeur mixte système Solignac, 191.
- — Electricité pratique. Boîte de mesures électriques, 220-
- — La traction électrique par canalisations souterraines, 231. — Générateur tubulaire à ozone actionné par un moteur électrique, 240. — Les tuyaux métalliques flexibles, 252. — Les tramways électriques à Rouen, 282. — Electricité pratique. Accumulateurs portatifs, 288. — Accumulateurs à navettes de JL G.-R. Blot, 501. — Le secteur électrique de la rive gauche, 547. — Un siphon rotatif, 358. — Electricité pratique. Appareils électriques divers, 368. — L’exposition d’électricité de la Société internationale des électriciens, 370.
- Lance (Denis). — Les animaux ressuscitants, 356.
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- LISTE DES AUTEURS PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE.
- Landrin (A.). — Exposition du centenaire de la lithographie,
- 35.
- Launay (L. de). — La collection des gîtes minéraux et métallifères à l’Ecole supérieure des mines, 311. — L’industrie aurifère du Transvaal, 374, 390.
- Lauriol (P.). — Machine à calculer Felt et Tarrant, 289.
- Lavigxac (A.). — Une nouvelle loi d’acoustique, 76.
- IL (B. des).— Curieuses statues au temple de Nhan-Tho, 384.
- Maixdron (Ernest). — Le centenaire de l’Institut, 39, 70, 102,131.
- Marcel (G.). — L’Arménie, 235. — L’Erythrée et l’Abvssinie,
- 514.
- Mareschal (G.). — Filtre industriel au papier, 53. — Ventilateur amortisseur pour cabine téléphonique, 80. — Le premier bandage pneumatique, 199.— Appareil automatique pour l'agrandissement et la réduction des clichés photographiques, 215. — Les petis appareils photographiques, 221. — Kinétoscope à vues multiples, 337. — Le cerf-volant Har-grave, 358. — Le stéréoscope inverseur, 364.
- Margot (Ch.). —Alliages colorés d’aluminium, 278.
- Marsillon (Cii.). — Le lac d’asphalte de « La Brea », 66. — Wagons-poste aux Etats-Unis, 125. — Eléphants débardeurs et coltineurs, 211. — Les sources de pétrole de Los Angeles, 245. — Chemin de fer de Look-out-Mountain dans le Tennessee, 280.
- Martel (E.-A.). — Torghatten (Norvège), 19. — Descente du gouffre de Gaping-Ghyll (Angleterre), 118. — Les Tomeens (Irlande), 199. — La catastrophe de l’Atels, 218. — Minuit au cap Nord, 273. — Les puffing-holes ou trous souffleurs. 340.
- Mejia (Emiliano). — Remèdes contre les piqûres des chiques d’Afrique et de l’Amérique du Sud, 34.
- Meunier (Stanislas). — Imitation expérimentale des grands traits orogéniques de l’Europe, 203.
- Moissac (P. de). — Attelage des ânes à la guimpe, 272.
- Moucheron (Cte de). — La pierre druidique de Boissy-Mau-gis (Orne), 521.
- Munier (P.). —La bise du 9 janvier 1896, à Genève, 304.
- Ode (E). — Le développement en France des tramways à traction mécanique, 215.
- Obstalet (E.). — Le Sphingure du Mexique, 177.— Les Pota-mochères ou Chéropotames, 305.
- Paris (C.). — Les ruines de Nhon-To, 217. — Les ruines de Buong-An, 237.
- Pellissier (G.). — Un curieux tramway, 32. — Le rendement des stations centrales d’électricité, 54. — Les tramways à I fortes déclivités, 67. — Tramway attaqué par des voleurs j en Amérique, 102. — Les rails continus, 146. — La statue en cuivre galvanique de saint Fidèle à Palazzolo Sull’Oglio, 396.
- Périssé (S.). — Danger des poêles à pétrole mal construits, 228.
- Perret (A.). — Electrophotographie, 353.
- Pesce (G. L.). — Téléphonie militaire à fil unique non isolé, système P. Charollois, 139.— Appareil à fabriquer le beurre. Radiateur Salénius, 323. — Régulateur à gaz automatique système A. Tobler, 389.
- Pisca (M.). — Éclairage des tramcars par l’acétylène à Paris. Correspondance, 400.
- Planchon. — Horloges et montres solaires au Japon, 83. — L’horloge d’appartement au moyen âge, 246.
- Plumandon (J. R.). — La fréquence des orages, 214. — Le froid dans l’Europe occidentale, 279. — Les mouvements verticaux de l’atmosphère, 411.
- Poisson (J.). — Le Kudzu, 22. — La végétation de la Basse-Californie, 150.
- Pothibr (F.). — Correspondance. Chien et Chat, 198.
- Pucey (IL). — Les bains publics à Budapest, 7.
- R... — Le chêne d’Abraham, 47.
- Ratouin (E.). — Les routes fruitières, 234, 250.
- Raymond (Dr Paul). — La rivière souterraine de Midroï (ârdèche), 171.
- Renard (L.). — La catastrophe du navire cuirassé anglais « Victoria », 17. — Ce que coûtent les navires de guerre, 18. — Les ballons militaires et leurs ennemis, 186.
- Reverchox (L.). — Les installations d'horlogerie des établissements Dufayel, 147.
- Richoc (G.). — Un plan incliné pour bateaux au seizième siècle, 168. — Une machine à vapeur de Newcomen eu fonctionnement près de Bristol, 196. — La piste en spirale du Palais-Sport à Paris, 225. — Le transporteur Temperley, 371.
- Robinet (J.). — Electrophotographie, 353.
- Rochas (Albert de). — Le vieux-neuf. La vapeur et la chaleur solaire, 12.
- Simond (J.). — Système de régulateur électrique ou modérateur instantané, 278.
- Tardieu (G.). — Un bolide à Sisteron, 219.
- Tissandier (Albert). — Congrès de Carthage. Tournée en Tunisie, 303, 310, 351, 363.
- Tissandier (Gaston). — L’cclairage à l’acétylène, 1. ___ Les
- grandes cloches, 33. — Machine à calculer La Rapide, 65. — Photographie en ballon, 96. — Machine à écrire La Dactyle, 97. — Observations météorologiques des courants aériens. Baro-tliermo-hygromètre enregistreur, 145._
- La canguc de supplice en Chine, 180. — Un chien en tandem, 208. — Récréations scientifiques. Le folioscope 256.— Association française pour l’avancement des sciences! Congrès de Carthage (Tunis 1896), 258. — Les voyages de
- M. Albert Tissandier, Cambodje et Java, 263. _____ Pompe
- pneumatique, de grande puissance, 333. — Un vélocipède à bon marché, 352. — La grande lunette de l’observatoire d’astronomie physique de Meudon, 359. — Sur une nouvelle forme de tubes de Crookes, 401. — Le siphon de la Concorde sous la Seine à Paris, 403.
- Vidal (L.). — Le canal du Rhône à Marseille, 275.
- Vilcoq (Albert). — La hernie du chou, 365.
- Villedeuil (Ch. de). — Comptes rendus hebdomadaires de l'Académie des sciences, 15, 31, 46, 62, 94, 110, 127 143 159, 174, 190, 207, 223, 239, 255, 271, 2H1, 303 >19’ 335,351,366,583,599. ’ ’’ ’
- Vinot (J.). — Comète de Swift, 70.
- Walckenaer (C.). — L’état sphéroïdal de l’eau et les chaudières à vapeur, 182.
- West (X.). — Statistique des tremblements de terre, 78. ____
- Les câbles et fils télégraphiques, 198. — Basse température des puits de mine, 410.
- X..., ingénieur. — Lampe à alcool à incandescence, 4. _ L’arrimage des bicyclettes en tramway et en chemin de fer, 45. — Ventilateur à eau, 52. — Panoramas photographiques. Le cyclorama électrique de M. Chase, 81. — La bicyclette sociable de la Punnett Cycle manul'acturing C°, 181 — Le bateau rouleur Bazin, 224. — Fontaines lumineuses, 269. — Types divers de transport et d’emmagasinage de charbon dans les stations centrales d’électricité aux États-Unis. 276. — La photographie pratique. Une chambre d’atelier, 292. — Roues élévatoires en usage aux Indes et
- au Japon, 517. —L’Automobile-Club de France, 326.______Le
- sympalmographe, 387.
- X... (Dr). — Le chône, 19.
- Yve-Plessis (R.). — La télégraphie des dessins, 59.
- Z... (Dr). — L’étendue de la voix humaine, 2. — Injectcur hypodermique stcrilisahle du Dr H. Mareschal, 43. — Le Chat sauvage de Siam, 201. — Valeur sanitaire du pavage en bois, 291. — La bouteille qu'on ne peut remplir qu’une fois, 359.
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- TABLE DES MATIÈRES
- N. B. Les articles de la Chronique, Imprimés dans ce volume en petits caractères, sont Indiqués
- dans cette table en lettres italiques.
- Astronomie.
- Comète de Swift (J. Vinot).......................... 70
- Comètes et planètes de 1895 (G. B.)...................518
- La grande lunette de l’observatoire d’astronomie physique de Mcudon (Gaston Tissandier)...................359
- Nouvelles comètes..................................... 79
- La rotation de Vénus..................................191
- La prochaine éclipse de soleil........................287
- La nouvelle comète....................................350
- Les anneaux de Saturne................................551
- La surface lunaire....................................500
- Les travaux de la carte du ciel.......................584
- Physique générale.
- L’éclairage à l’acétylène (Gaston Tissandier).......... 1
- I/étendue de la voix humaine (Dr Z.)....................... 2
- Lampe à alcool à incandescence (X., ingénieur) .... 4
- Le vieux-neuf. La vapeur et la chaleur solaire (Albert
- de Rochas)............................................. 12
- Un phonographe simplifié (J. L.).......................... 28
- L’éclairage de l’avenir (E. H.)........................... 59
- Les rayons cathodiques (Ch.-Ed. Guillaume)................ 42
- Une nouvelle loi d’acoustique (Albert Lavignac) .... 76
- Quelques illusions d’optique (Émile Javal)................111
- Les rayons X de M. le professeur Wilhelm Conrad ïîont-
- gen (Ch.-Ed. Guillaume)................................129
- Mesure de la dureté des corps fondée sur l’emploi du
- microscope.............................................134
- Entretien du mouvement d’un pendule sans perturbation
- (E. H.)................................................154
- Les ombres radiographiques de M. le professeur W. Conrad
- Rôntgen (E. Hospitalier)...............................155
- Rayons invisibles (Rayons X) de M. W. C. Rôntgen. Expériences de M. Puluj, de Prague (P. Klementitch de Engelmeyer)...............................................157
- Recherches récentes sur la propagation des sons (Ch.-Ed.
- Guillaume).......................................... 161
- La lumination (Cii.-Ed. Guillaume).......................170
- Un étalon photométrique à l’acétylène....................186
- Les idées actuelles sur les rayons cathodiques (Ch.-Ed.
- Guillaume)............................................195
- L’utilisation de la matière dans le canon et la machine
- à vapeur (E. II.).....................................202
- Le toton chromogène (Charles Henry;......................267
- Application industrielle des rayons X (E. H.)........274
- Un procédé de vision des objets placés dans l’obscurité
- (E. II.)..............................................287
- Les rayons X et le Diamant (Abel Buguet et Albert
- Gascard)..............................................295
- Production directe de l’oxygène et de l’air liquides
- (E. H.).................'...........................299
- Effets d’optique de lignes parallèles....................520
- Éclairage des tramcars par l'acétylène à Paris, 322 . . 400
- Recherches récentes sur les rayons de Rôntgen (Ch.-Ed.
- Guillaume)............................................327
- Pompe pneumatique de grande puissance (G. T.). . . . 335
- Kinétoscope à vues multiples (G. M.).....................337
- Le cerf-volant Hargrave (G. M.)..........................338
- La bouteille qu’on ne peut remplir qu’une fois (Dr Z.). 539
- Un siphon rotatif (J. L.)................................358
- Radiographies par les rayons X. Utilisation des écrans
- fluorescents à leur production rapide.................367
- Vibrations tournantes des cordes. Expériences de M. A.
- Cornu (Ch -En. Guillaume).............................385
- Le svmpalmographe. Appareil d’irisation rapide du verre, des métaux et des fausses pierres (X..., ingénieur). . 387
- Sur une nouvelle forme de tubes de Crookes (Gaston
- Tissandier)...........................................401
- L’acétylène pratique (Alber).............................416
- Opacité du charbon....................................... 14
- Un nouvel étalon lumineux................................111
- Perfectionnement au mouvement du pendule des
- horloges..............................................127
- La photographie des parties intérieures du corps. . 145
- Photographie à travers des corps opaques. 143,
- 159................................................... 351
- Propriétés des radiations de Rôntgen............145. 174
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- TABLE DES MATIÈRES.
- La lumière noire..................................
- La lumière noire ei les radiations de Rôntgen. . .
- Observations de pendule dans le vide..............
- La pénétration de la lumière au travers des corps
- opaques........................................
- Application des rayons de Rôntgen.................
- Le meldomètre.....................................
- Propriétés des radiations phosphorescentes........
- Production commode des radiations de Rôntgen . .
- Principe d’un accumulateur de lumière.............
- Propriétés des rayons de Rôntgen..................
- Propriétés des radiations de phosphorescences . . . Découverte d’une propriété des rayons cathodiques. La perméabilité des corps aux différentes radiations ............................................
- Les rayons de fluorescence et les rayons de Rôntgen.
- Ij’éclairage au moyen du gaz acétylène............
- Laminage de l'aluminium...........................
- La pression du gaz naturel........................
- Électricité théorique et appliquée.
- Affiches électriques.....................................
- Distribution dé l’énergie électrique à Paris (J. Laf-
- fargue) ...............................................
- La traction électrique par courants triphasés (J. L.). .
- La télégraphie des dessins (Daniel Bellet)...............
- Le rendement des stations centrales d’électricité (G. Pel-
- lissier)...............................................
- La télégraphie des dessins (R. Yve-Plessis)..............
- L’emploi du verre en électricité (J. L.).................
- Téléphonie militaire à fil unique non isolé système
- P. Charollois (G.-L. Pesce)............................
- L’électricité au Japon (J. L.)...........................
- Les câbles et fils télégraphiques (X. West)..............
- Électricité pratique. Boîte de mesures électriques (J. Laf-
- fargue)................................................
- Pendule électrique (A. Antiioinoz).......................
- La traction électrique par canalisations souterraines
- (J. Laffargue)........................................
- Électricité pratique. Générateur tubulaire à ozone actionné par un moteur électrique (J. L.)..................
- Fontaines lumineuses (X..., ingénieur)...................
- Les tramways électriques à Rouen (J. L.).................
- Électricité pratique. Accumulateurs portatifs (J. L.) . . Accumulateurs à navettes de M. G.-R. Blot ( J. Laf-
- fargue) .................. ............................
- Le secteur électrique de la rive gauche à Paris (J. Laf-
- fargue)................................................
- Électricité pratique. Appareils électriques divers (J. L.).
- L’Électricité en Espagne.................................
- La statue en cuivre galvanique de saint Fidèle à Palazzolo
- Sull’Oglio (G. Pellissier).............................
- Tentative de vol d’un tramway électrique................
- Cuivrage galvanique de l’aluminium.......................
- Un balance-cuvettes électrique..........................
- L'atténuation des toxines par l’électricité..............
- Un curieux tramway électrique............................
- Tannage électrique......................................
- Traction électrique mixte à trolleys et à accumulateurs .................................................
- Un nouvel électrolyseur..................................
- Photographie.
- Panoramas photographiques. Le cyclorama électrique de
- M. Chase (X..., ingénieur).........................
- Le cinématographe à Paris (E. IL). . .........91,
- Photographie en ballon (Gaston Tissandier)............... 96
- Curiosités cinématographiques (E. II.)...................114
- Appareil automatique pour l’agrandissement et la réduction des clichés photographiques (G. Maresciial) . . . ‘215
- Les petits appareils photographiques (G. M.).............221
- Procédé simple de photogravure (Henri Coupin). . . . ‘2‘29
- Société d’excursions des amateurs de photographie. . . 270
- La photographie pratique. Une chambre d’atelier (X..., ingénieur) ...............................................292
- Électrophotographie (J. Robinet et Auguste Perret) . . 555
- Le stéréoscope inverseur (G. M.).......................564
- L’exposition du Photo-Club..............................59<X
- La photographie au travers des corps opaques. . . 128
- La photographie des couleurs.............................286
- Chimie générale.
- Concentration de l’acide sulfurique (A. Hébert). ... 51
- Filtre industriel au papier (G- Maresciial)......... 55
- Accumulateurs de chaleur à la baryte (A. Hébert). . . 60
- Briquettes de pétrole.................................. 64
- Curieuse exploitation soufrière (D. B.)................150
- Le gaz d’éclairage et les tubes de caoutchouc.......267
- Alliages colorés d’aluminium (Charles Margot)..........278
- Les propriétés boulangères des farines.............. 51
- Procédé nouveau d’analyse de l'aluminium............ 51
- L’affinité de l’azote............................... 51
- La diffusion de l’acide borique dans la nature. . . 51
- Les produits de la mouture du blé................... 46
- Une combinaison de l'azote.......................... 47
- Préparation pratique de l’argon..................... 95
- Une source d’acide carbonique.......................127
- La désinfection par l’aldéhyde formique. . . 145, 207
- Préparation d'un corps nouveau......................175
- Préparation du carbure d’uranium....................175
- Propriétés des carbures de cérium et de lithium. . 190
- Le glucinium...........................................206
- Bougies au tannin......................................206
- La propriété du carbure de manganèse................207
- Préparation des carbures d’yttrium et de thorium . 259
- La combinaison de l’oxygène et de l’hydrogène. . . 259
- Peinture au goudron.................................255
- La richesse en nitrates des eaux du bassin de la
- Seine............................................271
- Les eaux de sources et de rivières.....................519
- Action du chlore sur les alcools de la série grasse. . 550
- Préparation d’un nouveau corps......................551
- Mesure des odeurs de l’air..........................551
- Les eaux de source et les eaux de rivière..............585
- Propriétés de l'uranium................................599
- Cartouches de gaz liquéfiés.........................414
- Météorologie. — Physique du glohe. Géologie. — Minéralogie.
- Cartes magnétiques du globe entreprises sous la direction du Bureau des Longitudes. Note de M. de Ber-
- nardières ............................................. 5
- Correspondance. L’annuaire géologique universel (Albert
- Gaudry)................................................ 11
- Mélanite de Zermatt........................................ 54
- Câbles d’extraction des mines (D. B.)..................... 58
- Statistique des tremblements de terre (X. West) ... 78
- L’Électricité atmosphérique au sommet de la Tour Eiffel. 79 Tremblement de terre en Normandie du 6 décembre 1895.................................................. 87
- Plateau du Sidobre (Tarn) (Henri Gau)...................... 88
- La grotte du mas d’Azil (II. Coupin)....................... 91
- 191
- 207
- 225
- 225
- 225
- 258
- 259
- 259
- 255
- 271
- 271
- 287
- 287
- 502
- 519
- 554
- 554
- 5
- 5
- 19
- 26
- 54
- 59
- 90
- 159
- 165
- 198
- 220
- 250
- 251
- 240
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-
-
- TABLE DES MATIÈRES.
- 425
- Descente du gouffre de Gaping-Ghyll (Angleterre) (E.-A.
- Martel), 118.......................................598
- Roches à figures animées. Le rocher du Zouave. . . . 128
- Observations météorologiques des courants aériens. Baro-thermo-hygromètre enregistreur (Gaston Tissandier) . 145
- Le plateau de Sidobre (J. Bergeron)...................160
- La rivière souterraine de Midroï (Ardèche) (Dr Paul
- Raymond)...........................................171
- Imitation expérimentale des grands traits orogéniques
- de l’Europe (Stanislas Meunier)....................205
- L’amiante du Canada (A. Ladureau).....................209
- Les méfaits de la Foudre aux États-Unis...............211
- La fréquence des orages (J.-R. Plumaxdon).............214
- La catastrophe de l’Altels (E.-A. Martel).............218
- Un bolide à Sisteron (G. Tardieu).........................219
- l.c bolide du 18 février 1896 observé à Cambrai. Halo
- de Tourcoing observé en 1893 ...................... 243
- Les sources de pétrole de Los Angeles (Ch. Marsillon). 245
- Une mine d’or à Madagascar (Georges Chapin)...........257
- Minuit au cap Nord (E.-A. Martel).....................275
- Le froid dans l’Europe occidentale (J.-R. Plumaxdon). . 279
- La renaissance des Mouzaia (Lieutenant-colonel IIenne-
- bert)..................................................285
- La bise du 9 janvier 1896 à Genève (Pierre Munier). . 304
- La collection des gîtes minéraux et métallifères à l’École
- supérieure des mines (L. de Launay)..................511
- Les puffing-holes ou trous souffleurs (E.-A. Martel). . 540
- L’industrie aurifère du Transvaal (L. de Launay), 374, 390 Un effondrement produit par le sable coulant à Boux
- (Bohême) (P. Ki.ementitch de Engelmeyer).............379
- Le voyage impossible (L’-colonel IIexnebert)...........587
- Basse température des puits de mine (X. West). ... 411
- Les mouvements verticaux de l’atmosphère (J.-R. Plu-
- mandon)..............................................411
- Un minéral extraordinaire............................... 51
- Apparition d’un bolide................................. 47
- Energie et puissance d’une avalanche................... 79
- Variation des éléments magnétiques...................... 95
- Découverte d'un glacier................................111
- La défense des berges des fleuves......................127
- Découverte de fossiles, 127 .......................... 399
- Découverte d’ossements fossiles de serpent.............159
- La vallée du Rhône à l’époque du crétacé supérieur. 175
- L'observatoire de l’Aigoual.............................224
- Sel répandu dans l'atmosphère...........................254
- Étude de la marche des nuages...........................271
- Le sondage le plus profond. ...........................518
- Température des couches supérieures de l'atmosphère ...........................................519
- Influence de la lune sur la pression barométrique. 319
- La loi des tempêtes.....................................367
- Tremblement de terre du 15 mars 1896 au Chili . . 398 Les mouvements des glaciers........................399
- Sciences naturelles. — Zoologie. Botanique. — Paléontologie.
- Correspondance. La Société d’histoire naturelle d’Autun
- (Albert Gaudry)........................................ 11
- Le chêne (Dr X).......................................... 19
- Le kudzu (G. Poisson).................................... 22
- Le chêne d’Abraham (U.).................................. 47
- Les huîtres perlières de Ceylan (D. Bellei).......... 59
- Une victoire des moustiques (D. B.).................. 75
- La hauteur du vol des oiseaux............................. 91
- La miellée végétale (Henri Coupin).......................150
- La végétation de la Basse-Californie (L. Diguet et J.
- Poisson)...............................................150
- Les glossomètres (A.-L. Clément).........................163
- Le rire du chien (Vicomte d’AiGLux).......................175
- Le Sphingure du Mexique (E. Oustalet)...............177
- La faîne............................................185
- Correspondance. Chien et Chat (F. Pothier)..........198
- Le Chat sauvage de Siam (Dr Z.).....................201
- Éléphants débardeurs et eoltineurs’ (Ch. Marsillon). . 211
- Les collections d'insectes offertes au Muséum par les petits-fils et fils de feu MM. Jules et Gustave Fallou. . . . 238
- Les cécidies florales (II. Coupin)..................245
- L’Ophiophagus Elaps ou Serpentivore (P.-E. Juillerat). . 285
- Comment les fleurs attirent les insectes (Henri Coupin). 299 Les Potamochères ou Chéropotames (E. Oustalet). . . 305
- Un arbuste de Madagascar. Le vonimpanoro (G. Chapin). 331
- Les animaux ressuscitants (Denis Lance)...............336
- Ilalichœrus tué sur les côtes de la Normandie (Dr J. Joyeux-
- Laffuie)..........................................357
- L’herbe à la puce (A. Ladureau).......................559
- Une nouvelle maladie des feuilles de mélèze. ... 47
- Influence des couleurs sur la végétation............ 47
- Le plus vieil herbier du monde........................ 78
- Le mudar............................................ 79
- De la germination................................... 95
- Les colorations de certains insectes de l’ordre des
- Lépidoptères........................................ Il0
- Delà formation du bois parfait......................111
- La respiration des graines en germination...........111
- Neuf mille vipères....................................142
- Le développement de la mouche Calliphora..............159
- La transpiration des chiens...........................174
- École d'horticulture de Genève......................206
- Du rôle de certains phagocytes......................207
- Découverte de vestiges d'animaux fossiles à Madagascar................................................207
- Les animaux des cavernes obscures.....................207
- Les plantations des promenades de Paris...............271
- Les mœurs des fourmis.................................287
- La culture du cacao au Congo...........................302
- Composition du riz provenant d’anciennes récoltes. 305
- Invasion d'insectes....................................335
- Les truffes d’Afrique..................................335
- Migration d’oiseaux....................................350
- Les huîtres de France..................................351
- Les annélides du golfe de Gascogne.....................567
- Physiologie des animaux non alimentés..................399
- L’industrie de la culture des huîtres en France . . 414
- Algues de l’Atlantique.................................415
- Bactéries dévoniennes . . .............................415
- Géographie. — Voyages d'exploration.
- Torghatten (Norvège) (E.-A. Martel)........................ 19
- Une excursion à Etchmiadzin (Henri Jourdan).............. 29
- Le lac d’asphalte de La lirea (Ch. Marsillon).............. 66
- Collection de dessins provenant de l’expédition de d’En-
- trecasteaux (E.-T. IIamy, de l’Institut)................ 86
- Expédition polaire de M. Andrée. La construction du
- ballon (W. de F.)....................................... 90
- La ville de Ngaoundéré en Adamaoua (Henri Dehérain) . 107
- Les Tomeens (Irlande) (E.-Â. Martel).......................199
- L’Arménie (G. Marcel)......................................235
- Siout (Ilaute-Égypte). Son commerce avec le Soudan
- (Henri Dehérain)........................................259
- La géographie physique (M. Boule).........................262
- Les voyages de M. Albert Tissandier. Cambodge et Java
- (Gaston Tissandier).....................................265
- Le canal du Rhône à Marseille (L. Vidal)..................275
- L’Érythrée et l’Abyssinie (Gabriel Marcel)................314
- Copernic et les découvertes géographiques de son temps
- (A. Daubrée, de l’Institut).............................343
- Collection de photographies de la Société de géographie...............................................225
- Sur la latitude du Cap................................. . 398
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-
-
-
- 426
- TABLE DES MATIÈRES.
- Anthropologie» — Ethnographie. Sciences préhistoriques.
- Horloges et montres solaires au Japon (Planciion). . . 85
- La eangue de supplice en Chine (G. T.)...............180
- Les ruines de Nhou-To (C. Paris:.........................217
- Les ruines de Buong-An (C Paris).........................237
- L’horloge d’appartement au moyen âge (Planchon) . . . 246
- La pierre druidique de Buissy-Maugis (Orne) (Comte de
- Moucheron)............................................321
- Curieuses statues au temple de Nhan-Tho (B. des M.). . 584
- Mécanique. — Art de l’ingénieur. Travaux publics. — Arts Industriels.
- Les bains publics à Budapest (H. Pücey)................ 7
- Un moteurà pétrole de grande puissance spécifique (E. IL). 11 Les rails continus (C.-E. G. et G. Pellissier). . . 26, 140
- Un curieux tramway (G. P.).'........................... 52
- Les grandes cloches (Gaston Tissandier)................ 53
- Nouveau tunnel sous la Tamise............................. 55
- Les progrès de la machine à vapeur (J. L.)............. 38
- Nouveau béton d’asphalte. ................................ 45
- I/arrimage des bicyclettes en tramway et en chemin de
- fer (X., ingénieur).................................... 45
- Bicyclette à frein d’entraînement système A. Juhel
- (E. Hospitalier). ..................................... 49
- La puissance d’un canon (E. H.)........................ 51
- Ventilateur à eau (X., ingénieur)......................... 52
- L’état sphéroïdal de l’eau. Expérience de M. Lavington
- Fichter (Jolly)........................................ 61
- Machine à calculer La Rapide (G. Tissandier)........... 65
- Les tramways à fortes déclivités Pellissier) .... 67
- Une voiture d’inspection sur les chemins de fer américains (Daniel Beli.et).................................. 93
- Machine à écrire La Dactyle (Gaston Tissandier) .... 97
- Vélocipédie. L’entraînement dans les courses, les records
- et les matches (L. Baudry de Saunier)...............115
- L’éclairage à Berlin (D. B.)..............................125
- Un moteur à pétrole (J. L.)................................124
- Wagons-poste aux États-Unis (Cu. Marsillon)................125
- Le chemin de fer transsibérien(W. de F.)................134
- La consommation des machines à vapeur (J. L.). . . . 134
- Les coups de feu de chaudières et l’état sphéroïdal de
- l’eau (Gustave Gauthier)................................138
- Les installations d’horlogerie des établissements Dul'ayel
- (L. Beverchon)..........................................147
- Le choix rationnel du développement d’uiie bicyclette
- (E. Hospitalier)..................................... 165
- Un plan incliné pour bateaux au seizième siècle(G. R'ciiou). 168 Bicyclette sociable de la Punnett Cycle Manufacturing C°
- (X., ingénieur)........................................181
- L’état sphéroïdal de l’eau et les chaudières à vapeur
- (C. Walckenaer)...................................... 182
- Appireils de nettoyage et de remplissage pour cruchons
- (E. B., ingénieur)................................... 184
- Tramway à air comprimé (D. Bellet)........................189
- La chaudière à vapeur mixte système Solignac (J. L.). 191
- Les fiacres à pneumatiques (L. Baudry de Saunier). . . 193
- Une machine à vapeur de Newcomen en fonctionnement
- près de Bristol (G. Rjchou)............................196
- Le premier bandage pneumatique (G. M.)................199
- La montre oméga (Cu. E. G.)...............................202
- Pierres artificielles en béton.................. 207, 311
- Le développement en France des tramways à traction
- mécanique (E. Ode).....................................215
- La piste en spirale du Palais-Sport à Paris (G. Riuhou) . 225
- Dangers des poêles à pétrole mal construits (S. Périsse). 228 Une expérience de vitesse sur chemin de fer en Amérique (H. Blerzy)..................................... 241
- Les tuyaux métalliques flexibles (J. Laffargue). . . . 252
- Résultats d’exploitation des tramways français..........255
- Types divers de transport et d’emmagasinage de charbon dans les stations centrales de production d’électricité aux États-Unis (X..., ingénieur)...............276
- Chemin de fer de Look-out-Mountain dans le Tennessee
- (Ch. Marsillon)......................................280
- Machine à calculer Felt et Tarrant (P. Lauriol). . . . 289
- Constructions mixtes avec ossature métallique (L. B.). . 507
- Roues élévatoires en usage aux Indes et au Japon
- (X..., ingénieur)....................................517
- Essais rapides des huiles à graisser (D. C.)............354
- Le tricycle automobile Bollée (L. Baudry de Saunier). 569
- Le transporteur Temperley (G. Riciiou)..................371
- Régulateur à gaz automatique système A. Tobler (G. Pesce) 589 Un accident sur un chemin de fer à crémaillère (D. B.) 402
- Le siphon de la Concorde sous la Seine à Paris (Gaston
- Tissandier) .........................................405
- Le chemin de fer le plus septentrional de l’Europe (Eh.
- II*nsen-Blangsted)...................................406
- La démolition d'une cheminée d’usine (D. B.)............411
- Les inconvénients des selles pneumatiques...............414
- Automates ou automobiles................................ 14
- Volant en fer pour machines à vapeur.................... 78
- U'ilité des protecteurs sur les voitures de tramways. 78
- Les dépenses d'établissement du prolongement de ta
- ligne du chemin de fer de Sceaux..................... 94
- Chauffage des wagons de marchandise.....................142
- Indicateur et enregistreur de la puissance des machines à vapeur........................................158
- Tramcar à acide carbonique..............................159
- Historique du terme : cheval-vapeur.....................206
- Chauffe-bain par le gaz.................................227
- Une exposition d’automobiles en Angleterre..............254
- La concurrence des chemins de fer en Angleterre. . 286
- Les brouillards de Londres et les compagnies de chemins de fer............................................302
- Le coût des chemins de fer en Australie occidentale. 302
- Les voitures automobiles et la poste....................302
- Les voies ferrées.......................................354
- L*utilisation du Niagara................................335
- Physiologie. — Médecine. — Hygiène.
- Remède contre les piqûres des chiques d’Afrique et de
- l’Amérique du Sud (Emiliano Mejia)................
- Injecteur hypodermique stérilisable du Dr H. Mareschal
- (DrZ.). . . ..............,.....................
- Seringue à injections sous-cutanées (G. E.)..........
- La contagion par le livre (Dr A. Cartaz).............
- Les pierres de tête (Dr A. Cartaz)...................
- La force des mâchoires...............................
- Les cigarettes de thé................................
- Valeur sanitaire du pavage en bois (Dr Z.)...........
- La thérapeutique des Indiens de la Goajira (D. B.). .
- Guérison des brûlures................................
- Valeur hygiénique de l’opium.........................
- L’excitation nerveuse par les courants fréquents. . Traitement et guérison d’une tumeur très grave. . Du râle de la fièvre dans les maladies infectieuses. L’équivalence énergétique du travail musculaire. .
- L’origine des abcès tuberculeux......................
- L’atténuation des toxines par l’électricité..........
- Etude de la marche comparée..........................
- Assainissement de la ville de Berlin.................
- Les chiens enragés en Angleterre.....................
- Les tics professionnels..............................
- 34
- 44
- 64
- 106
- 135
- 146
- 195
- 291
- 319
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-
-
-
- TABLE DES MATIÈRES.
- Ail
- Application médicale des rayons de Rôntgen. . . 271
- Influence des courants sur les bacilles.............335
- La sérothérapie de l’infection urinaire.............367
- Agriculture. — Acclimatation. Pisciculture.
- La perméabilité de la terre (P.-P. Dehéiuin).............115
- La faîne.................................................183
- Les routes fruitières (Emmanuel Ratouin). . . . 234, 250
- Attelage des ânes a la guimpe (P. de Moissac)..........272
- Appareil à fabriquer le beurre. Radiateur Salénius
- (G.-L. P.)............................................323
- La hernie du chou (Albert Vilcoq)......................505
- Les travaux du reboisement en France................... 31
- La perméabilité des terres arables.......................127
- Appareil destiné à la fabrication directe du beurre
- au moyen du lait......................................174
- La nitrification naturelle dans les terres...............319
- La culture de la luzerne dans l’Argentine..............300
- Art militaire. — Marine.
- La catastrophe du navire cuirassé anglais Victoria
- (L. Renard)............................................ 17
- Ce que coûtent les navires de guerre (L. R.).............. 18
- Le bateau sous-marin Le Goubet (G. E.).................... 55
- Les ballons militaires et leurs ennemis (L. Renar:»). . 180
- Le bateau rouleur Bazin (X., ingénieur)................224
- Système de régulateur électrique ou modérateur instantané (J. Simono)..........................................278
- Les constructions de la marine de guerre britannique
- (D. B.)................................................290
- Essai de poudre sans fumée aux États-Unis et en Angleterre ....................................................520
- Les voiles en papier......................................595
- Explorations sous-marines................................. 94
- Un croiseur autrichien....................................127
- Aéronautique.
- Expédition polaire de M. Andrée. La construction du
- ballon (W. de F.)...................................... 90
- Photographie en ballon (Gaston Tissandier)........... 90
- Les ballons militaires et leurs ennemis (L. Renard). . . 180
- Les ascensions de M. Strindberg. . . . 270,280,534, 382 Voyage au pôle Nord en ballon. Projet de M. S. A. Andrée. 599
- Les ballons captifs en Espagne.........................402
- Le ballon « le Pôle-Nord »..........................585
- Appareil volant........................................415
- Notices nécrologiques. — Histoire de la science.
- Le centenaire de l’Institut (E. Maindron). 59, 70, 102, 131 Souscription internationale pour le monument Pasteur. 219 Une lettre de Lavoisier..........................351
- Sociétés savantes.— Congrès et associations scientifiques. — Expositions.
- Académie des sciences morales et politiques (W. de F). 14
- Académie des sciences (Comptes rendus des séances hebdomadaires de F) par Ch. de Villedeuil, 15, 31,
- 46, 62, 79, 94, 95, 110, 127, 145, 159, 174, 190, 207,225, 239, 255, 271, 287,302, 319, 335,351,366,
- 383................................................ 599
- Exposition internationale de vélocipédie. Le troisième
- Salon du Cycle (L. Baudry de Saunier)........54, 99
- Exposition du centenaire de la lithographie (A. Landrin). 35 Association française pour l’avancemont des sciences. Congrès de Carthage (Tunis 1896) (Gaston-Tissandier,
- A. Cartaz)................................... 258, 298
- Congrès de Carthage. Tournée en Tunisie (A. Tissandier)................................ 305, 510, 551, 565
- L’Automobile-Club de France (X., ingénieur).............326
- Exposition de la Société française de physique à Paris les
- 7 et 8 avril 1896 (Ch.-Ed. G.)............... 330, 542
- L’Exposition d'électricité de la Société internationale des
- Électriciens (J. Laffargue)............................370
- L’Exposition du Photo-Club................................598
- Élections à l'Académie des sciences. 96, 111, 143,
- 255....................................................399
- Science pratique et récréative*
- L Électricité pratique et l’électricité amusante. Le timbre
- chantant et les électro-valseurs (C.-E. G.)............. 15
- Les toupies (J. J., ingénieur)................................. 22
- La science pratique. Ventilateur amortisseur pour cabine
- téléphonique................................................ 80
- La science au théâtre. La tète de mort enchantée, Le
- masque de Balsamo (Carolus Carl)............................145
- Récréations scientifiques. La signature d’un photographe.
- Le l'olioscope................................... 192, 256
- Un vélocipède à bon marché (G. T.). 0 _....................352
- Variétés. — Généralités. —— Statistique.
- Catalogue général des mémoires scientifiques......... 58
- Tramway attaqué par des voleurs en Amérique (G. P.). 102
- L’utilisation des vieux bouchons........................159
- La circulation monétaire en 1895 (E. II.)...............163
- La préservation des poteaux en bois plantés dans le sol
- (J. L)...............................................188
- Un chien en tandem (G. T.)..............................208
- Dessins sur verre et sur porcelaine.................... 215
- Attelage des ânes à la guimpe (P. de Moissac). ..... 272
- Comment on dresse les chiens de cirque. Le saut périlleux. Les équilibres (P. IIachet-Souplet)...............294
- Bottine-brodequin (F. Boschet)................... . 356
- Le dernier recensement de la population parisienne. . . 562
- Destructions commises par les rats......................400
- Les modes barbares......................................142
- Un nouvel éperon....................................... 223
- Les ennemis du système métrique.........................366
- Réclame américaine......................................366
- FIN DES TABLES
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- T
- •* *
- ERRATA
- Page 505, col. 2, lignes 51 et 54. Au lieu de : ruisseaux,
- Il faut : rinceaux.
- Page 511, col. 1, ligne 57. Au lieu de : lilc,
- Il faut : foule.
- Page 552, col. 1, ligne 4. Au lieu de : Djerleja,
- Il faut : Medjerdah.
- Page 554, col. 2...................Article sur Les voies fer-
- rées.
- Dans les nombres qui expriment la longueur totale des voies ferrées, il y a deux chiffres de trop, ha France a par exemple 59 054 kilomètres de voies ferrées, et non 5 905 460 kilomètres. Il en est de même pour les autres pays.
- Paris. — Imprimerie Lahcre, rue de Fleurus, 9.
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- Réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction de < La Nature » et de son « Supplément s,
- « Boîte aux lettres », etc., doivent être adressées à M. Gaston Tissandier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVICE DD JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES A LA LIBRAIRIE O. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Piqûres d’insectes. — Parmi les nombreux procédés recommandés pour combattre la douleur résultant des piqûres d’abeilles, araignées ou autres animaux de ce genre, et les accidents d’inflammation qui en sont la suite, en voici un nouveau. Il a été employé avec succès contre les morsures de scorpions et convient bien également pour les piqûres moins sérieuses. C’est le chloral camphré. Ce médicament s’obtient en broyant lentement dans un mortier de l’hydrate de chloral à parties égales avec du camphre en poudre. En appliquant ce produit sur le point lésé, la douleur cesse presque aussitôt par suite de l’action anesthésique et calmante des deux corps formant la base du mélange. 11 faut alors employer les applications chaudes de solution boriquée pour empêcher le gonflement des tissus, administrer un peu de cognac ou quelques gouttes d’acétate d’ammoniaque pour remonter le malade, combattre le collapsus. 11 est bon de se rappeler qu’on a vu survenir des accidents graves à la suite de simples piqûres d’abeilles, de moustiques, chez des sujets délicats ou peu résistants. Je ne parle pas des piqûres dans la bouche, sur les lèvres, qui entraînent des complications inquiétantes par la rapidité d’absorption du venin, et surtout l’œdème de la muqueuse qui peut amener l'obstruction des voies respiratoires. Comme tout le monde n’a pas sous la main du chloral camphré, on le remplacera, avec autant d’efficacité, sinon contre la douleur, du moins contre l’inflammation, par un peu de teinture d’iode à laquelle on ajoutera quelques gouttes de laudanum.
- Traitement des névralgies. — Voici une formule de traitement local des névralgies qui est bien supérieure aux vieux liniinents de la pharmacopée ancienne, mais qui, il est vrai, ne peut pas être employée sans discernement.
- Menthol..........................1 gramme
- Gaïacol .........................1 —
- Alcool absolu...................20 grammes
- A l’aide d’un pinceau, badigeonner doucement le trajet du nerf irrité ou la partie douloureuse, faire avec le doigt une légère friction sur le même point et recouvrir d’une compresse d’ouate modérément serrée. Cette fonnule ne convient pas pour les enfants; elle ne doit pas être appliquée sur des régions où la peau est très fine. Tout au moins la quantité doit-elle être très petite.
- Contre la diarrhée. — Un remède efficace et peu coûteux; il a été expérimenté avec grand succès par le docteur Drews dans la diarrhée infantile, si tenace et parfois si grave. C’est un dérivé du tannin traité par l’éther, le tannigène, poudre fine, gris jaunâtre, sans goût, ni odeur, ni saveur, très peu soluble dans l’éther ou l’eau chaude. Il faut l’administrer tel quel, en poudre, ce qui est facile, à raison de son insipidité, ou en cachets, ou dans un liquide légèrement alcoolisé. Cet agent a l’avantage, sur beaucoup d’autres médicaments astringents, de traverser l’estomac et la partie supérieure de l’intestin
- sans se décomposer; ce n’est qu’en progressant dans le tube digestif qu’il se dédouble sous l’influence des sucs intestinaux. Son emploi est sans danger, et son action très rapide et très efficace. Dr X..
- INFORMATIONS
- —®— Le Maschinen-Constructeur donne des renseignements intéressants sur les expériences faites récemment avec les nouvelles locomotives compound mises en service sur la ligne du Saint-Gothard. Les locomotives ont une longueur de 14m,12, y compris le tender. Leur poids à vide est de 60 tonnes. Elles ont été accouplées deux à deux, lors des essais, pour remorquer 120 tonnes, 6 wagons-salons et 1 fourgon. La vitesse obtenue a été de 40 à 48 kilomètres à l’heure sur des rampes de 26 millimètres par mètre et de 105 kilomètres à l’heure en palier, ce qui correspond à une production de puissance de 1200 chevaux-vapeur. La vitesse moyenne est actuellement de 60 kilomètres par heure, si bien que le trajet entre Lucerne et Chiasso peut s’opérer en quatre heures et demie au lieu de six comme autrefois.
- —®— Un concours sera ouvert le 16 mars 1896, à l’Ecole vétérinaire de Toulouse, pour la nomination à cette école d’un professeur de pathologie bovine, ovine, caprine, porcine et d’obstétrique. Les candidats doivent adresser leur demande au ministère de l’Agriculture quinze jours au moins avant la date fixée pour l’ouverture du concours. Le programme de ce concours se distribue à Paris au ministère de l'Agriculture (direction de l’agriculture) et dans les trois écoles d’Alfort, de Lyon et de Toulouse.
- —H— L’importation de chevaux d’Amérique continue en Autriche. MM. Morgenstern et Ruzicka font venir actuellement de New-Vork un chargement important composé de bêtes des meilleures races et d’excellents trotteurs. On peut dire aujourd’hui qu’un tiers des chevaux de luxe existant en Europe est importé d’Amérique.
- Notes cyclistes. — Par décision du Conseil municipal de la ville de Paris en date du 22 novembre dernier, les autorisations pour courses vélocipédiques dans les avenues du bois de Boulogne ne seront accordées que pour des matinées du dimanche, de 9 heures à 11 heures, et sur le pourtour de la piste de Longchamp, dans la partie indiquée en rouge sur le plan. M. le Préfet de la Seine donnera suite à ces demandes dans l’ordre où elles parviendront à l’Administration. Aucune autorisation ne sera accordée pour les dimanches où seraient données des coursés à l’hippodrome de Longchamp.
- — Le chien de campagne et le roquet des villes sont, on ne le sait que trop, les ennemis de la bicyclette. On a déjà imaginé, pour se défendre contre leurs attaques plus ou moins pressantes, le coup de pied en arrière, qui n’est pas à la portée de tous, la cravache, le fouet, les bombes à pétards et le revolver du bicycliste logé dans la poignée. Mais le dernier mot en matière de défense anticanine est, sans contredit, la pompe à poivre disposée près de l’axe des manivelles et qui a pour effet, par la manœuvre d’un bouton disposé sur le cadre et actionnant directement le piston de la pompe, de projeter sur l’animal hargneux du poivre ou toute autre matière pulvérulente de natuie à l’aveugler, à le faire éternuer ou crier, en un mot, à le distraire de ses poursuites intempestives. Sans avoir expérimenté le procédé, nous croyons pouvoir le recommander aux touristes qui abordent des pays neufs pour la bicyclette, infestés de chiens peu ou pas civilisés. Un ami de la bicïclette.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La lampe à acétylène décrite se trouve chez M. G. Trouvé, 14, rue Yi-vienne, à Paris. — La lampe à alcool à incandescence est fabriquée par M. A. Engelfred, 8, rue Saint-Quentin, à Paris. — Pour le timbre chantant et les électro-danseurs s’adresser chez M. Guerre, électricien, 36, rue de Clignancourt, à Paris.
- Communications. — M. G. Le Camus, à Cabezac (Aude), au sujet du procédé de photographie des couleurs, dont il a été question dans le n° 1172, du 16 novembre 1895, p. 394, nous écrit que le procédé de superposition de trois plaques impressionnées séparément et ne laissant passer l’une que les rayons jaunes, l’autre que les rayons rouges, et la troisième que les rayons bleus, n’est pas nouveau, pas plus que les émulsions qui servent à recouvrir ces trois plaques. (Voy. la Notice que nous avons publiée sur ce sujet dans la chronique du n° 1173, du 23 novembre 1895, p. 415.)
- M. le DT L. Ballin, à Lyon, nous fait parvenir une brochure, due à M. E. Dumoulin, et parue eh 1876, dans laquellé se trouve décrit presque exactement le même procédé de photographie des couleurs que celui dont nous avons parlé.
- M. E. Bauche, à Paris, nous envoie la photographie d’un dolmen représentant une tête de chien et prise près de la mer, entre Pornic et la Bernerie, dans la Loire-Inférieure.
- M. F. Chirsoli, à Ravenne, ajoute un nouveau renseignement à ceux que nous avons déjà donnés concernant les skis ou patins à neige que le Cycliste avait introduits à Saint-Etienne. Ces appareils étaient vendus 20 à 30 francs la paire. Des articles descriptifs et très détaillés concernant ce sport avaient été publiés dans le journal.
- Renseignements. — M. Poutignat, à Ambert. —1° Nous avons publié dans le n° 1163, du 14 septembre 1895, p. 251, sur l’installation et l’exploitation des moteurs à gaz, à petroleet à vapeur, un article qui vous fournira les renseignements que vous demandez. — 2° Vous trouverez des moteurs à gaz et à pétrole à la Société des industries économiques (moteur Charon), 40, rue Laffitte, et à la maison Otto, 15, avenue de l’Opéra, à Paris.
- M. Naatz, à Paris. — Veuillez excuser notre retard à vous fournir le renseignement demandé. Nous avons expliqué le procédé dont il s’agissait dans notre réponse à M. Desjardins (Boîte aux lettres du n° 1174, du 30 novembre 1895).
- M. C. de Seegner, à Fiume. — Nous pouvons vous indiquer les journaux suivants: La décoration intérieure, mensuel par M. A. Simoneton, éditeur M. Aulanier, 13, rueBonaparte, à Pans ; L’ameublement, en couleur, 2, rue de Lancry ; et le Journal manuel de peintures appliquées à la décoration, en couleur, 2, rue Mignon, à Paris.
- M. A. Weber, à Puteaux. — Vous trouverez diverses formules de dorure dans les Becettes de l’Electricien de M. E. Hospitalier, à la librairie G. Masson.
- M. A. L., à Amiens. — Vous pourriez essayer une pile formée de zinc, acide chlorhydrique ordinaire plus ou moins dilué, avec un dépolarisant composé d’acide azotique et d’eau acidulée sulfurique. Ce dernier mélange serait placé dans un vase poreux avec un charbon.
- M. 0. Bone, à Saint-Bertbevin. — Pour vous répondre, il faudrait faire certains calculs que nous ne pouvons développer ici ; voyez les traités élémentaires de mécanique.
- M. le Dr Saric, à Rauzan. — Vous pourrez vous procurer des ouvrages de ce genre à la librairie Dunod et Vicq, à Paris.
- M. M. Bref, à Beauregard. — 1° La lampe VÉclatante est en dépôt, 38, rue de Chabrol, à Paris. — 2° Vous trouverez probablement ce produit chez un pharmacien.
- M. R. V. , à X. — Il n’y a que M. Villon qui aurait pu vous renseigner ; mais vous avez dù apprendre sa mort par notre Notice nécrologique. — 2° Pour une fourniture de 10 kilogrammes le prix de l,r, 15 par kilogramme de carbure de calcium,
- prix que nous avons annoncé en tète de la Boîte aux lettres du n° 1160, du 24 août 1895, est le plus bas prix qui ait été fait ’à ce jour.
- Louis Calame, Colin, Suisse. — Le journal l’Industrie électrique a reproduit les Instructions ; le directeur de ce journal vous en a envoyé un exemplaire.
- M. Edgard Monjean, près Caen. — La lettre vous a été envoyée directement.
- M. Edmond Carres, à Besançon. — 1° Le choix dépend aussi du prix du pétrole. — 2° Adressez-vous à la maison Niel, 22, rue Lafayette, à Paris.
- Un abonné, à Porto. — 1° Ces appareils donnent des résultats très satisfaisants. — 2° La presse ordinaire convient très bien.
- L’abonné 6723, à Argelès. — 1° Vous pourriez consulter le Traité de physique mathématique de M. Résal, le Cours de physique de MM. Jamin et Bouty et divers autres traités de physique à la librairie Gauthier-Villars. — 2° Il n’v a pas d’autre procédé que d’user la glace sur une certaine épaisseur.
- M. G. L., à Sedan. — Il faut demander cet ouvrage aux divers éditeurs de Paris : E. Carré, 3, rue Racine; Fritsch, 50, rue du Dragon, et Baudry, 15, rue des Saints-Pères.
- M. M. Jeanjean, à Anvers. — Vous aurez cette adresse au Secrétariat de l’Académie des sciences au Palais de l’Institut, à Paris.
- M. C. Vichy, à Paris. — Ce sont des fabricants spéciaux qui construisent ces moules et ne les vendent pas.
- M. Mauricea, à Melle. — L’adresse de M. Chomeau est donnée en tête de la Boîte aux lettres du numéro qui contient la description de ces appareils.
- M. M. R. , à Paris. — Il vous faut écrire directement à M. Danvsz, à l’Institut Pasteur.
- M. G. Marie, à Paris. — Ces projets nous sont bien connus; nous attendons que l’exécution en soit avancée pour en parler.
- M. H. Gautié, à Montauban. — Il faut gratter le parquet et le raboter à la paille de fer ; on lui rend ensuite son brillant avec de l’encaustique et une brosse à frotter.
- M. E. Zobel, à Paris. — Adressez-vous à la Société des Ingénieurs civils, 10, cité Rougemont.
- M. A. D., à Paris. — Il est certain que la flamme de Bunsen donne une plus grande chaleur ; on cherche parfois à l’éviter en raison des soudures qui ne tiendraient pas.
- M. J. Royer, à Enghien. — Ces appareils n’ont pas une force portante aussi grande ; ils en sont réduits à de simples jouets.
- A/. Derogy, à Paris. — La maison A. Engelfred, 8, rue Saint-Quentin, fabrique une lampe à alcool à incandescence qui fonctionne également avec le pétrole ; voyez la description dans le présent numéro.
- M.F.Le Tourneaux, à Paris. — Vous pourriez prendre quelques conseils chez M. E. Deyrolle, naturaliste, 46, rue du Bac.
- M. E. Barrère, à Bayonne. — Il serait nécessaire d’adresser une demande au Bureau central météorologique de France, 176, rue de l’Université, à Paris.
- M. L. Eynard, à Paris. — Nous avons publié plusieurs articles pour expliquer l’action de l’huile sur la mer ; voyez la table des matières, 2e série, 1883-1892, à la librairie G. Masson.
- M. L. Roux, à Mexico. — 1° Nous décrirons prochainement un appareil de projection alimenté par le gaz acétylène et fabriqué par M. Ducretet; cet appareil est actuellement en construction — 2° Il faut préparer soi-même ces perles de magnésium, en suivant le procédé que nous avons indiqué. — 3° Ecrivez directement à MM. Lumière, à Lyon, pour connaître le prix de cet appareil.
- A/. Léon Bergerat, à Lille. — De l’alcool, contenant un peu d’acide phéniquê, conviendrait très bien.
- M. A. Pétry. à Liège. — La librairie Gauthier-Villars et fils, à Paris, a fait paraître les Récréations mathématiques de M. E. Lucas, en 4 volumes.
- M. H. Commessy, à Allonne. — Il faudrait vous adresser directement à des fabricants d’objets en celluloïd : La Compa-nie française, H, rue Bailly, la Compagnie parisienne, 4, boulevard Sébastopol, à Paris.
- M. G. G., à Paris. — Nous ne pensons pas que ces piles vous donneront satisfaction ; il serait préférable de prendre une pile O’Keenan à écoulement. Le constructeur estM. Mors, 8, avenue de l’Opéra.
- M. C. Kina, à Marseille. — Il est nécessaire que nous nous rendions compte du fonctionnement de votre appareil avant d’en donner la description. Veuillez nous en envoyer un modèle. (Voir la suite de la Boite aux lettres page 3' des Nouvelles scientifiques.)
- Dans ta « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre A toutes les questions, ni à insérer toutes les communications.— Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- BOITE AUX LETTRES [Suite).
- M. C. R., à Paris. — 1° Les constructeurs des accumulateurs Peyrusson sont : MM. Pantier et Cie, à Angoulême. — 2° Ces piles peuvent convenir directement pour la galvanoplastie. — 3° Ces prix sont très variables, surtout pour des puissances aussi faibles. — 4° Le prix d’un branchement dépend de la longueur à canaliser, de la colonne montante. Il faut compter de 6 à 800 francs. — 5° Dans votre cas, il ne faudrait pas intercaler une résistance dans le circuit, mais brancher un transformateur rotatif formé d’un moteur électrique à 110 volts entraînant directement une génératrice donnant 5 ou 6 volts pour galvanoplastie. Le prix de l’énergie électrique est alors de 0fr,06 l’hecto-vratt-heure.
- M. L. Piria, à Bruxelles. — Il faut vous adresser au secrétariat de l’Académie des sciences, à Paris.
- M. H. Despiney, a Anse. — Pour le violoncelle-piano, il faut écrire à M. de Vlaminck, professeur, 35, rue Jean-Laurent, au Vésinet (Seine-et-Oise).
- M. F. Michaelis, à Yolinlzevo (Russie). — Vous pourriez demander ces renseignements au Chasseur, 19, boulevard Montmartre, ou au Chasseur pratiqua, 56, rue Jacob, à Paris.
- M. A. Grangier, à Dinard. — Nous avons indiqué toutes ces adresses des voitures automobiles en tête de la Boîte aux lettres du n° 1153, du 6 juillet 1895, et dans les Renseignements.
- Un abonné, à Paris. — Vous trouverez de nombreuses formules et recettes dans Les Odeurs et les Parfums, par Piesse, à la librairie J. Baillière, 19, rue Hautefeuille.
- M. S. Bouvart, au Quesnoy. — Nous avons publié sur la fabrication des liqueurs deux articles qui pourraient vous intéresser, dans le n® 915, du 13 décembre 1890, p. 22, et dans le n° 996, du 2 juillet 1892, p. 75.
- M. E. Chibout, à Paris. — Le fait que vous mentionnez n’a pas besoin d’être rappelé; toutes les chaudières tubulaires sont fondées sur le même principe.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Fournier, à Paris. Cette question est maintenant traitée dans notre journal; remerciements pour vos offres. — M. Pujat, à Touggourt. Votre lettre a été envoyée au constructeur, M. Lemichel, o2, rue de Lourmel, à Paris. —M. L. Danos, à Tarbes. Ce renseignement a été extrait d’un journal étranger, et nous ne pouvons vous répondre.
- — M. J. Platania, à Aciréale. II n’existe pas de robinets semblables.
- — Casino de Zaragoza; M. E. Lancesseur, à Rouen. Voyez les Recettes et procédés utiles, 1" série (G. Masson, éditeur). — M. A. Corel, à Neuilly-sur-Seine ; M. J. Cavenard, à Paris; M. Go-tendorf, à Maisons-Laffitte. Remerciements pour vos communications.
- — M- A. Hudellet, à Jasseron; M. V'anvincq Reniez, à X. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- — La suite de la Boîte aux lettres de cette semaine au prochain numéro. —
- PETITES INVENTIONS1
- Le mouilleur pratique. — Voici un petit appareil qui ne manque pas d’ingéniosité malgré sa simplicité. II est tout en bois, il est creusé en dedans comme le montre la coupe de
- Mouilleur à éponge toujours humectée par un réservoir intérieur rempli d’eau.
- notre dessin (n° 1) ; le n° 2 fait voir l’orifice, dont la partie inférieure à la base est perforée de petits trous qui correspondent à une éponge cousue (n° 3) extérieurement. Une bouche de soupape que nous faisons voir dans le n° 4 complète l’appareil. Il est facile de se rendre compte que la cavité intérieure étant
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- remplie d’eau, humecte constamment par les trous l’éponge percée ; prenant l’appareil à la main comme le fait voir le n° 5, on la trouve toujours mouillée pour passer sur les bords gommés des enveloppes, sur les timbres-poste, etc. Le mouilleur peut aussi être utilisé pour effacer la craie sur les tableaux noirs et l’écritoire d’ardoise. — L’objet décrit se trouve chez M. Mathieu, 131, Galerie de Valois, Palais-Royal. Paris.
- Le monocycllste.—Le monocycle représenté ci-dessous va être compris dans les jouets nouveaux et amusants du prochain joui' de l’an. Le vélocipède, la bicyclette, le tandem, le tricycle ont été faits ; le monocycle devait être l’objet des études des constructeurs de jouets français toujours à la recherche d’innovations pour amuser les enfants. ,Ce jouet est composé d’une grande roue
- Le monocycle mécanique. — N° 1. Vue extérieure de l’appareil en fonction. — IS'° 2. Grande roue creuse. — 3. Axe de rotation. — N” 4. Roue
- motrice intérieure.
- (n° 1 ) creuse, dans laquelle roule une autre roue motrice en lomb (n° 2) renfermée dans l’intérieur de cette première, ün outon central (n° 3) commande cette roue motrice par l’impulsion qu’on lui donne à l’aide d’une ficelle. La vitesse et le poids de cette roue motrice entraînent la grande roue par frottement, lui donnent l’équilibre et la vitesse nécessaires pour faire marcher le petit appareil. — Se trouve à la même adresse que le mouilleur pratique.
- Bilboquet pnenmatiqne. — On connaît les bougeoirs qui peuvent se fixer, par une rondelle de caoutchouc, à la surface d’une glace contre laquelle on les applique. Ils sont percés intérieurement, ce qui permet de faire le vide ; la pression extérieure de l’air ambiant les maintient adhérents à la glace. Le bilboquet que le lecteur a sous les yeux a des propriétés toutes particulières. Sa boule n’est pas en bois; elle est creuse et légère tout en ayant une surface solide et résistant à une pression. Cette boule est attachée à un bout d’une ficelle et
- Bilboquet pneumatique.
- l’autre bout de la ficelle est fixé à la poignée. Cette poignée, à sa partie supérieure, n’a rien pour entrer dans un trou, mais elle est reliée à une rondelle de caoutchouc creux, ayant les bords comme ceux d’une cuvette, et pouvant former un contact adhérent; quand le bilboquet est bien conduit, les bords de la petite cuvette de caoutchouc peuvent se fixer à la boule. L’expérience n’est pas facile à réussir. — Ce bilboquet se trouve chez M. Henri Chasles, 7 bis, rue du Louvre.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- BIBLIOGRAPHIE
- Causeries scientifiques. Découvertes et inventions, progrès de la science et de l’industrie, par Henri de Parviixf,. 31° année. 1890. 1 vol. in-16. — Paris, J. Rothschild, éditeur, 1895. Prix : 3 fr. 50.
- Sous une forme méthodique et des plus agréables, M. Henri de Parville nous présente la suite de ses causeries scientifiques que tout le monde a pu apprécier. Nous trouvons des renseignements détaillés sur les diverses découvertes les plus importantes dans divers chapitres ayant pour titres respectifs : astronomie, physique, mécanique, chimie, hygiène, médecine et physiologie, art des constructions, histoire naturelle, variétés. Nous lisons en particulier des Notices très intéressantes sur la photographie des couleurs, la téléphonie à grande distance, l’eau potable, la diphtérie à l’Institut Pasteur, etc., etc. Ce livre offre une lecture agréable et instructive.
- Les sources d'énergie électrique, par E. Estaunié, ingénieur des télégraphes. 1 vol. in-8° de la Bibliothèque des sciences etf de l’industrie, Paris, ancienne maison Quantin, Librairies-Imprimeries réunies. Prix : 7fr,50.
- Code du cycliste, par MM. Léon Garnier et Paul Dauvert, rédacteurs de la Jurisprudence des conseils de Préfecture. 1 brochure in-8°. Librairie administrative Berger-Levrault et Cie, Paris, 1895.
- Essais sur la philosophie des sciences. Analyse mécanique, ar C. de Freycinet, membre de l’Institut. 1 vol. in-8°. — aris, Gauthier-Yillars et fils, imprimeurs-libraires, 1896. Prix : 6 francs.
- Exercices méthodiques de calcul intégral, par Ed. Brahy, docteur ès sciences physiques et mathématiques. 1 vol. in-8°. — Paris, Gauthier-Villars et fils, 1895.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 25 novembre. 1°,7 N. E. 3. Couvert. 0,0 Couvert.
- Mardi 26 — 0°,1 E. N. E. 2. Beau. 0,0 Beau ; nuageux à 24 h.
- Mercredi 27 4°,3 S. E. 2. Nuageux. 0,0 Nuageux ; gelée blanche.
- Jeudi 28 7#,2 S. S. E. 2. Couvert. 0,0 Couvert; pluié le tiers du temps; brouillard dans la soirée.
- Vendredi 29 7°,6 S. 2. Couvert. 4,3 Très nuageux; un peu de pluie à 9 h. 1/2 et gouttes à 20-21 h.
- Samedi 50 7°,6 S. 2. Couvert. 0,6 Presque couvert; un peu de pluie à 1 h. et de 17 à 18 h. Très nuag., le soir surtout; un peu de pluie à 14 h. 1/2.
- Dimanche 1" déc.. . 6°,9 W. 2. Nuageux. 1,0
- NOVEMBRE-DÉCEMBRE I8S5 -- SEMAINE DU LUNDI 25 NOVEMBRE AU DIMANCHE 1er DÉCEMBRE
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indignent. courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à labrx à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée. *
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Orages et tempêtes. — Une violente tempête de nord-est a soufflé, le 24 novembre 1895, sur la Manche. En raison de la bourrasque, la malle 4e South-Eastern, qui part ordinairement de Boulogne-sur-Mer à 2k 18“ de l'après-midi, n'a pu quitter ce port pour Folkestone. Le Foam, qui devait arriver à Calais a 2 heures de l’après-midi, a dû rebrousser chemin et retourner à Douvres. Pendant son retour à Douvres, ce bateau a essuyé la plus terrible tempête qui se soit élevée dans le détroit depuis un quart de siècle. La barque norvégienne Isbaaden, partie • de Kragerœ our Lowestoft avec un chargement de glace, a sombré au large de Has-oroug'li, près Yarmouth. Les douze hommes composant son équipage ont péri.
- I,a neige. — La température s’est fort refroidie le 24 novembre 1895 et la neige a fait sa première apparition à Paris dans la nuit du 24 au 25 novembre. Vers minuit, il est tombé quelques flocons. Le matin, vers 9 heures, la neige est tombée de nouveau, mais pendant quelques minutes seulement, sans laisser de traces sur le sol. De Périgueux, on signalait à la même date que la neige était tombée en abondance sur la région. Dans
- l’Ariège, les montagnes ont été couvertes d’énormes couches de neige pendant quelques jours. A la même date, la température s’était brusquement abaissée et la neige était également tombée à Nantes, Longwy, Chalon-sur-Saône, Moulins, Bourges, Montluçon, Lons-le-Saunier, Annecy, Thiers, Mende, Châtellerault, Roanne, Privas, Bordeaux, Cette, Carcassonne, Périgueux et Tarbes.,Le 24 novembre, un violent ouragan s’est déchaîné sur l’île d'Elbe.
- A Turin, à Acqui, en Piémont, la neige est tombée en abondance. Un train de Gênes à Acqui a été bloqué à Campo-Ligure. Le 26 novembre, la neige est tombée en telle quantité dans la Haute Italie que la circulation sur quelques lignes de chemins de fer a été interrompue.
- A Massa-Carrare un violent ouragan a causé des dommages qu’on a évalués à un demi-million.
- Bolide. — M. A. Henry, à Longuyon (Meurthe-et-Moselle), nous écrit que le 21 novembre 1895, à 5k 7” du soir, il a pu observer un magnifique bolide. Le météore se déplaçait horizontalement et lentement du nord au sud à environ 45°. Après avoir parcouru 12 à 15° il éclata en lançant dans tous les sens des fragments qui d’abord étaient blancs, puis sont devenus rouges et se sont éteints moins d’une demi-seconde après.
- PHASES DE LA LUNE : Néant.
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- Les lettres et communications relatives à la rédaction de « La Nature » et de son « Supplément »,
- « Boîte aux lettres », etc., doivent être adressées à M. Gaston Tissandier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVICE DU JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES A LA LIBRAIRIE O. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- LA SEMAINE
- Deuxième Congrès international de chimie appliquée & Paris en i 896. — On sait qu’un premier Congrès international de chimie appliquée s’est tenu à Bruxelles et à Ail ver s, du 4 au 11 août 1894, sous le patronage du Gouvernement belge, et qu’il décida, dans sa séance plénière qui mit fin à ses travaux, que le deuxième Congrès aurait lieu à Paris en 1896 et serait organisé par Y Association des chimistes de sucrerie et de distillerie de la France et des colonies. L’Association des chimistes vient, conformément à cette décision, de former un Comité de patronage et une Commission d’organisation, et nous avons reçu récemment le programme provisoire donné par cette Commission. D’après ce programme, le Congrès sera accompagné d’une grande exposition internationale des industries chimiques et agricoles organisée par un Comité spécial indépendant du Congrès. Le Congrès sera divisé en dix sections. — Section I. Sucrerie. — Section II. Industrie de la fermentation : Alcools, Vins, Bières, Cidres, Vinaigres. — . Section III. Industries agricoles : Laiterie, Féculerie, Meunerie, Panification, etc. Procédés de fabrication et analyses de contrôle. Matières alimentaires et conserves : Procédés de fabrication et recherches de la pureté et des falsifications. — Section IV. Chimie agricole : Engrais, Terres, Eaux résiduaires, Alimentation du bétail. — Section V. Analyses officielles et commerciales des matières soumises à l’impôt et aux droits des douanes, Appareils de précision. — Section VI. Industries chimiques, Produits chimiques et pharmaceutiques, Corps gras, Tannerie, Caoutchouc, Teinture, Couleurs et Apprêts, Papiers, Verrerie, etc. — Section VII. Photographie. — Section VIII. Métallurgie, Mines, Explosifs. — Section IX. Biologie : Analyses médicales, médico-légales, pharmaceutiques et hygiéniques. Aliments, Boissons, Eaux potables et usées, etc., Microscopie, Microbiologie, Spectroscopie, etc. — Section X. Electrochimie. Un compte rendu officiel de tous les Rapports présentés et des discussions auxquelles ils donneront lieu sera publié1.
- INFORMATIONS
- —®— Le Gouvernement égyptien a résolu de dresser la carte géologique de l’Egypte : celle-ci sera commencée l’année prochaine ot le travail durera trois ans, les dépenses étant estimées à 625 000 francs environ.
- —$— Le château d’Amboise, dont le duc d’Aumale s’est rendu acquéreur dernièrement, va être restauré. Les travaux, dont le montant s’élève à 1500000 fràncs, seront dirigés par M. Ruprich-Robert fils, avec la haute assistance- de M. Daumet, architecte, membre de l’Institut.
- —Le Naturaliste annonce qu’un minéral nouveau, la Loran--dite, a été récemment trouvé à AUchar en Macédoine sur du réalgar
- 1 La cotisation de membre du Congrès est fixée à 10 francs, que -chaque adhérent est prié de vouloir bien faire parvenir, en même temps que son adhésion, à M. le Trésorier du Congrès, 156, boulevard Magenta, à Paris.
- et décrit par Krenner. Il se présente en cristaux prismatiques courts ou appartenant au système du prisme rhomboïdal oblique. La couleur passe du rouge cochenille au rouge kermès. Les cristaux sont transparents et flexibles comme ceux de gypse.
- —®— 718 navires, jaugeant ensemble 115 688 tonneaux, ont assé en août dernier par le canal de la Baltique. Il en avait passé 00 en juillet. Cette augmentation est entièrement due toutefois au fait que le canal a été ouvert au passage des navires calant 6m,50. Parmi les bâtiments jaugeant au-dessus de 100 tonneaux, 295 ont pris cette nouvelle voie maritime ; sur ce nombre 60 se rendaient ou venaient de Hambourg. -
- . —@— Les journaux anglais annoncent la mort de Joseph Bells, le premier homme qui ait conduit une locomotive. C’est à Bells que Stephenson avait confié la conduite de sa célèbre locomotive The Rocket. Bells avait quatre-vingt-trois ans.
- Notes cyclistes. — Comme on le démontre facilement en s’appuyant sur les tables dressées par M. Boürlet dans son Traité des bicycles et bicyclettes, un cycliste capable de gravir des rampes de un centième à la vitesse de 26 kilomètres par heure, avec un développement de 5 mètres et une puissance de 50 tonnes-mètre par heure, devrait réduire sa vitesse à 14kil,5 par heure et le développement de sa machine à 2m,9 poùr franchir des rampes de cinq centièmes. Étant donné qu’en présence d’une rampe semblable le cycliste ne peut que descendre de machine, et qu’il en ' sera ainsi tant que l’on n’aura pas trouvé’ un système vraiment pratique de double multiplication, nous nous permettons d’indiquer une solution provisoire qui fera bondir les coureurs et les virtuoses du tourisme, mais qui mérite d’être étudiée par les touristes sérieux. Notre solution consiste à munir la bicyclette d’une seconde paire de pédales légères agissant directement, soit sur la roue d’avant, soit sur la roue d’arrière. Les pédales mises sur la roue d’avant obligeraient à raccourcir la machine, à cintrer le guidon pour laisser passer les jambes et à munir le cadre d’une seconde selle sur laquelle le bicycliste se placerait pour monter les côtes en actionnant la roue d’avant qui, avec un diamètre de 75 centimètres, fournirait un développement de 2m,56. Il serait, croyons-nous, préférable de placer la seconde paire de pédales sur la roue d’arrière : on monterait les côtes qn pédalant très en avant et en se reculant le plus possible sur la selle, qu’il faudrait légèrement allonger à cet effet. Dans les deux cas, on franchirait les côtes de cinq centièmes à la vitesse de 10 kilomètres à l’heure en fatiguant moins quen palier, et surtout moins qu’en roulant sa bicyclette tenue à la main. L’accroissement de poids de la machine.serait de peu d’importance pour un touriste, et l’on aurait la certitude de ne jamais rester en route, en cas de rupture de chaîne. Les pédales auxiliaires seraient naturellement démontables et complètement supprimées pour les excursions en pays plat. Dans tous les cas, les pédales non utilisées tourneraient à vide, ce qui ne présente aucun inconvénient. Lès vœux de l’Homme de la montagne seraient ainsi plus que comblés. Un constructeur voudra-t-il essayer pour savoir ce que vaudrait l’idée en pratique? L’essai ne demanderait que des modifications insignifiantes dans les proportions du cadre, l’axe de la roue d’arrière et le montage de la selle.
- — Le Polo à tricycle. Tel est le jeu nouveau auquel nous av-ons assisté le 1er décembre 1895, entre 10 et II heures, au bois de Boulogne, près de la Porte-Maillot. Ce jeu est identique, aux dimensions de la pelouse et à sa nature près, au polo à cheval que nous avons précédemment décrit. C’est le cheval d’acier à trois roues qui rem-
- Flace la plus noble conquête, et le divertissement est agréable, "si on en juge par l’animation de ceux qui le pratiquaient et l’intérêt qu’y prenaient les spectateurs.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Plusieurs de nos lecteurs nous ont déjà demandé des adresses de fabricants de skis ou patins à neige ; nous pouvons leur indiquer le constructeur suivant que nous a obligeamment fait connaître notre abonné, M. L. Dupont, de Genève : M. Melchior Jakober, à Glarus (Suisse). — Les phonographes que nous décrivons se trouvent chez M. Chomeau, 33, passage du Havre, à Paris.
- Communications. — M. H. Serrin, à Paris, nous adresse une photographie représentant le dispositif qu’il a établi pour s’entraîner utilement chez soi à bicyclette. La roue d’avant de la bicyclette est fixée sur une planche en bois, la roue d’arrière est maintenue au-dessus du sol sur des supports spéciaux et peut tourner librement par l’entraînement des pédales. Cette roue commande par un cordon en cuir placé sur sa jante une transmission intermédiaire qui actionne à son tour une petite dynamo. On peut ainsi produire 20 volts et une intensité variable de 5 à 7 ampères, soit de 100 à 140 watts, que l’on peut employer à la charge d’accumulateurs. Si l’exercice dure quelques heures par jour, l’énergie emmagasinée peut atteindre, comme on le voit, une certaine valeur.
- Renseignements. — M. Seyert, au Mans. — 1° Il faudrait s’adresser aux fabricants qui font des billes pour enfants. — 2° Vous trouverez des billes en acier chez tous les grands fabricants de bicyclettes.
- M. E. P., à Paris. — La composition exacte des solutions dans lesquelles on trempe les tissus n’est pas connue ; les chimistes en ont, du reste, trouvé un grand nombre que l’on utilise de tous côtés.
- M. Michaux, à Etrechy. r— 1° Dans les locomotives à air comprimé, la pression s’abaisse évidemment au fur et à mesure que la quantité d’air dans le réservoir diminue. —2° A la détente, il se produit un abaissement considérable de température. Pour éviter une trop basse température, on réchauffe l’air à l’entrée. Dans les tramways de Vincennes-Saint-Augustin, à Paris, on injecte de la vapeur d’eau avec de l’air.
- M. C. M., à X. — Nous ne connaissons pas en particulier de fabricant d’ivoire artificiel. Mais nous avons indiqué, dans le premier volume des Recettes et procédés utiles (G. Masson, éditeur), une recette pour le faire soi-mème.
- M. E. Per aux, à Nancy. — 1° Vous pourrez vous procurer la brochure de M. Genaille à l’Association pour l’avancement des sciences, rue Serpente, à Paris. Pour ce qui concerne l’autre brochure, nous n’avons pas d’adresse plus complète que celle que nous avons donnée, et nous n’avons pas gardé le document. — 2° Nous devons donner à nos lecteurs des articles très variés, et les questions de mathématiques sont bien spéciales. — 3° Ces jumelles se trouvent dans le commerce ; voyez la Note que nous avons publiée en tète de la Boîte aux lettres du n° 1157, du 3 août, 1895.
- M. A. Talin,.k Monte-Carlo. — 1° Vous aurez plusieurs ouvrages de phototypie à la librairie Gauthier-Villars, à Paris. — 2° Nous n’avons pas d’autres renseignements. Tous nos regrets.
- M. P. Lavillac, à Paris. — 1° Pour ce qui concerne la solubilité de ces substances à diverses températures, consultez Y Agenda du chimiste, 1895, à la librairie Hachette. — 2° Il faut exposer ce vêtement en caoutchouc à des vapeurs ammoniacales.
- L’abonné 7654, à Orbais. — 1° Nos articles paraîtront prochainement. — 2° Une lampe semblable est actuellement en essais. — 3° et 4° Voyez les Recettes et procédés utiles, 2e série, à la librairie G. Masson. — 5° Le téléphone nous semble préférable ; vous trouverez des petits postes domestiques à la maison Mildé, 26, rue Laugier, à Paris.
- M. Gouin, à Hué (Annam). —l°Ce dépôt dans les piles est formé par du chlorhydrate d’ammoniaque cristallisé ; il y a également quelquefois des sels doubles dont la nature n’est
- pas bien définie. Ces dépôts se produisent lorsque le liquide est trop saturé. Il faut aussi avoir soin de le filtrer. — 2° Il faut dissoudre ce dépôt à chaud, et étendre ensuite d’eau. — 3° Il est nécessaire de renouveler de temps à autre le bioxyde de manganèse. — 4° Le charbon de cornue concassé peut servir. — 5° Il faut paraffiner les têtes des électrodes. — 6° Remerciements pour votre intéressante photographie panoramique de la ville d’Aden. — 7° Adressez-vous à YOffice de publicité, 9, rue de Fleurus, à Paris.
- M. L. de Maindreville, à Aramont. — Vous vous plaignez que notre journal n’a fait aucun progrès depuis dix ans ; vous faites erreur. Nous venons d’apporter de grandes améliorations en ce qui concerne le papier et le tirage. Nous vous ferons remarquer également que nos illustrations sont toujours très soignées, et que nos articles sont signés par des collaborateurs distingués et compétents. Il peut, comme vous le dites, nous arriver de faire paraître des articles avec quelques retards;, mais nous tenons par-dessus tout à donner des renseignements exacts et étudiés. Tous ces avantages compensent bien le léger surcroît de dépense que vous signalez par rapport aux journaux similaires..
- M. A, B., à Paris; M. A. Gascard, à Bihorel-lès-Rouen. — Il faudrait vous renseigner auprès des grands horlogers de-Paris : MM. Chateau père et fils, 118, rue Montmartre; M. J. Wagner, 47, rue des Petits-Champs, et P. Garnier, 6, rue Taitbout.
- M. Uricelli, à Preuilly. — n existe en France et surtout à l’étranger un grand nombre de stations centrales, qui distribuent pendant la journée l’énergie électrique pour force motrice, quelquefois au compteur, le plus souvent à forfait par an. Vous aurez des renseignements en consultant l’ouvrage que nous avons mentionné dans une réponse précédente à un de nos lecteurs, dans la Boîte aux lettres du n° 1173, du 23 novembre 1895.
- M. V. D., à Roubaix. — Le journal l’Eleveur, dirigé par M. P. Mégnin, 6, avenue Aubert, à Vincennes (Seine), vous conviendra parfaitement.
- M. R. Oheix, à Loùdéac. — Cette machine à écrire a été longtemps en vente chez un grand nombre de marchands à Paris ; l’adresse du constructeur en Angleterre est : the miniature pocket type writer, Swan Arcade, à Bradfo'rd.
- M. E. H. M. D., à Bruxelles. :— Pour cette construction, il faut une tôle douce spéciale ; on emploie aussi un acier particulier, dit acier Robert.
- M. H. Dutheil, à Billom. — L’expérience que nous avons décrite a été faite au laboratoire; nous n’avons pas d’autres renseignements que ceux que nous avons publiés, l’auteur est mort dernièrement.
- M. M. B., à Valenciennes. — Il n’y a pas d’observations assez complètes pour répondre à votre question du volume d’eau répandu sur la surface au globe.
- M. L. Guermonpres, à Lille. — Appareils à douches avec pompe à pression : M. Delaroche, 22, rue Bertrand; M. Chevalier, 162, rue du Faubourg-Saint-Denis, à Paris.
- M. A. Granoux, à Marseille. — 1° La librairie Fritsch, 30, rue du Dragon, à Paris, a publié dernièrement un bon ouvrage sur la Dynamo. — 2° Voyez Electrolyse, par H. Fontaine, à la librairie Baudrv.
- M. J. G. F., à Chicago. — Librairie encyclopédique de Roret, 12, rue Ilautefeuille, Paris.
- M. E. R., à Paris. — Il existe différents produits chimiques épilatoires ; mais ils peuvent être dangereux à employer. Nous avons indiqué, dans les Recettes et procédés utiles 2e série (G. Masson éditeur), un procédé d’épilation par l’électricité que vous pourriez peut-être essayer.
- M. J. Martin, à Paris. — Consultez notre article sur le nettoyeur mécanique André, dans le n° 931, du 4 avril 1891, p. 287 ; cet appareil se trouve, 15, rue Royale. Nous avons publié aussi une Notice sur l’emploi du permanganate de potasse pour l’épuration des eaux dans Hygiène et Santé des Nouvelles scientifiques du n° 1026, du 28 janvier 1893.
- M. M. Rodieux, à Lausanne. — Nous avons vu faire cette expérience sur une chaise, qui était montée sur charnières et pouvait se plier. Le prestidigitateur avait alors les bras libres ; il se remettait en place pour se montrer aux spectateurs.
- Un lecteur vosgien. — 11 n’existe pas de traité spécial ; voyez les ouvrages de métallurgie.
- M. H. Haghen, à Gand. — Nous n’avons pas eu à ce sujet de plus amples renseignements ; mais vous pourriez vous adresser directement au journal que vous citez, à Berlin.
- (Voir la suite de la Boite aux lettres page 5e des Nouvelles scientifiques.)
- Bans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren~ seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- BOITE AUX LETTRES {Suite}.
- Un abonné, à Hautson. — Nous avons, en effet, appris dernièrement que cette Société était en liquidation.
- Accusés de réception. — Avis divers. —M. L. E„ à X. Il faudrait entreprendre divers essais de laboratoire pour fondre ce caoutchouc. — M. L. Pointe, à Nully. Le renseignement que nous avons publié nous a été donné par le constructeur lui-même. — M. A. Caillault, à Champigny. Votre lettre a été envoyée à la maison Ch. Champigneulle bis et Cie, 96, rue Notre-Dame-des-Champs, à Paris. — M. P. Robertet, à Paris. Nous ne savons si cette fabrication a donné réellement des résultats sérieux; nous n’avons pas eu de détails particuliers. — M. Gignan, à Nogaro. Regrets de ne pouvoir vous.renseigner.
- COURS ET CONFÉRENCES
- Muséum d'histoire naturelle.
- Cours de zoologie, reptiles, batraciens et poissons. — M..Léon Vaillant, professeur, a commencé ce cours le mardi 12 novembre 1895, à 1 heure, dans l’amphithéâtre du rez-de-chaussée des galeries de zoologie, et le continuera à la même heure, les jeudis, samedis et mardis suivants.
- Cours de physiologie générale. — M. N. Gréhant, professeur, a commencé ce cours le mardi 3 décembre, à 10 heures, et le continuera les mardis et jeudis, à la même heure, dans l’amphithéâtre d’anatomie comparée.
- Cours d'anatomie comparée. — M. H. Filhol, professeur, a commencé ce cours le mercredi 4 décembre 1895, à 2 heures, dans l’amphithéâtre d’anatomie comparée, et le continuera les lundi, mercredi et vendredi de chaque semaine, à la même heure.
- Cours de botanique, organographie et physiologie végétale. — M. Ph. Van Tieghem, professeur, membre de l’Institut, a commencé ce cours le samedi 7 décembre 1895, à 8 heures et demie du matin, dans l’amphithéâtre de la galerie de minéralogie, et le continuera les mardi, jeudi et samedi de chaque semaine, à la même heure.
- Cours de zoologie, animaux articulés. —M. E.-L. Bouvier, professeur, a commencé ce cours le mercredi 11 décembre 1895, à 10 heures, dans la nouvelle galerie de zoologie, et le continuera les lundis, mercredis et vendredis suivants, à la même heure.
- PETITES INTENTIONS1
- Le dé À coudre coope-lil et enfile-aijçi*Hle. — Le dé
- à coudre que nous présentons à nos lecteurs (figure ci-dessous), par sa forme et son aspect, ne diffère pas des autres dont on se sert depuis des siècles, seulement on lui adjoint deux appa-
- Nouvelle cafetière. — La nouvelle cafetière que nous décrivons ici a le grand avantage de fournir une notable économie sur les appareils similaires, et d’épuiser complètement le café en donnant un liquide plus fort et plus savoureux. Cette cafetière est formée d’un récipient, métallique V muni d’une tubulure et d’un manche M (n° 1). Le réservoir-filtre (n° 2), qui se place à l’intérieur du premier récipient, est composé d’un vase B avec un fond R, et présentant des toiles métalliques F avec un couvercle C, ainsi qu’une tubulure T partant de la base pour remonter à la partie supérieure. Pour
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- Nouvelle cafetière. —1. Récipient. — 2. Réservoir-filtre. —3. La cafetièré sur le feu. — 4. La cafetière renversée au moment de verser le café. 1
- se servir de la cafetière, on verse de l’eau déjà tiède dans lq réservoir à eau jusqu’au bord, on place 6 à 8 grammes dé poudre de café sur la grille à tenon, on place par-dessus une grille à manchon. Un place ensuite le réservoir-filtre dans lé récipient V, et on le retourne en le posant sur le feu (n° 3). Au bout de quelques instants, un filet de vapeur s’échappe par le goulot; on retire le tout et on retourne la cafetière (n° 4). Le café est terminé; dix minutes suffisent à cette opération! Cet appareil fournit, comme nous le disions en commençant, un excellent liquide qui conserve tout l’arome du café. — La nouvelle cafetière se trouve chez M. Kratz-Boussac, 3, rue Saint-Laurent, à Paris. ‘ !
- l u humecteur de boutonnières. — On se demandé avec anxiété où et quand s’arrêteront les progrès de la civilisation et les petits raffinements de l’existence, lorsque l’on voit breveter et construire le petit appareil que nous allons décrire d’après le Scientifie American. Le but que s’est proposé l’inventeur, M. Charles Miller, de New-York, est de faciliter le boutonnage des faux cols et des manchettes empesés qui, lë progrès aidant, deviennent de plus en plus identiques à des carcans et des’ menottes d’acier. Pour résoudre le problème1, M. Miller a combiné un petit appareil composé (n° 1) d’un
- reils très utiles. En effet on peut voir en A qu’il a été adapté une petite lame d’acier pour couper le fil; cela supprime l’emploi des ciseaux et même des dents, car beaucoup de personnes ont le grand tort de couper leur fil avec leurs dents. Au bord de la partie ouverte, du dé est un petit appareil qui facilite l’enfile-ment du fil; on fait passer la tête de l’aiguille dans un tube métallique B en tenant l'aiguille dans l’axe de ce tube, et le passage du fil dans le trou de l’aiguille ne fatigue plus. — Le dé que nous décrivons se trouve chez M. Mathieu, 131, galerie de Valois, au Palais-Royal, Paris.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction, dps Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- manche creux formant réservoir d’eau, terminé par une partie ovale dans laquelle est une éponge qui vient humecter une languette poreuse que l’on introduit dans la boutonnière à assouplir. Tout un dispositif que l’on comprend à la simple inspection du n° 2 sert à maintenir l’éponge humide et toujours prête à servir. L’eau arrive en quantité suffisante pour ramollir l’empois autour de la boutonnière, et le bouton entre... comme un gant. Le n° 3 représente un modèle plus simple constitué par une simple lame triangulaire munie de deux petites éponges latérales. Si le bizarre appareil de M. Miller réussit, le dernier cri du snobisme sera de faire blanchir son linge à Londres et de se faire adoucir les boutonnières à l’américaine.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- BIBLIOGRAPHIE
- Analyse des engrais, par L. L’Hôte, chimiste-expert près les tribunaux, ancien répétiteur d’analyse chimique à l’Institut agronomique. 1 vol. petit in-8° de l'Encyclopédie scientifique des aide-mémoire publiée sous la direction de M. Léauté, membre de l’Institut. — Paris, G. Masson et Gauthier-Yillars et fils, imprimeurs-éditeurs. Prix : broché, 2 fr. 50 ; cartonné, 5 francs.
- Annuaire astronomique et météorologique pour 1896, par Camille Flammarion. 1 vol. in-18. — Paris, librairie Plon, Nourrit et Gie, et librairie Ernest Flammarion. Prix : 1 fr. 25.
- Études hydronomiques. Influence des traces de certaines substances sur les mouvements et aspects de la surface de Veau. Filage de l'huile, par M. Charles Rittèr, membre de la Société météorologique de France. 1 brochure in-4°. Paris, Veuve Ch. Dunod et P. Vicq, éditeurs. 1895.
- Sur l’origine du monde. Théories cosmogoniques des anciens et des modernes, par H. Faye, membre de l’Institut. 1 vol. in-8°. — Paris, Gauthier-Villars et fils, imprimeurs-libraires, 1896. Prix : 6 francs.
- Thinking, feeling, doing, by E, W. Scripture, director ofthe Psychological Laboratory in Vale University. Flood and Vincent, Meadville Penna. 1895.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49-,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 2 décembre. 6°,9 W. S. W. 2. Couvert. 0,0 Très nuageux.
- Mardi 3 6°,9 S. S. W. 2. Couvert. 0,0 Couvert; pluie dans la soirée.
- Mercredi 4 5°,2 W. S. W. 2. Nuageux. 1,3 Nuageux jusqu’à 16 h.; couvert ensuite ; gelée blanche; halo; pluie jusqu’à 1 h.; gouttes dans la soirée.
- Jeudi 5 9°,2 S. W. 4. Couvert. 0,1 Couvert ; gouttes dans la soirée.
- Vendredi 6 12°,0 W. S. W. 5. Couvert. 0,0 Éclaircies à 20-21 h ; couvert le reste du temps ; pluie à diverses reprises.
- Samedi 7 4°,0 W. S. W. 5. Peu nuageux. 8,3 Nuageux ; pluie et neige à diverses reprises.
- Dimanche 8 1°,2 W. N. W. 2. Beau. 0,9 Beau le matin ; nuageux le reste du temps.
- DECEMBRE (895 - SEMAINE DU LUNDI 2 AU DIMANCHE 8 DÉCEMBRE
- Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche. |
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indignent. courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer) ; courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites au Pare Saint-Maur en novembre 1893
- par M. E. Renou.
- Moyenne barométrique à midi, 757“”,38. Minimum le 12 à 2 h. du soir, 736"“,17. Maximum le 1" à 10 heures du matin, 769““,91.
- Moyennes thermométriques : des minima 6° ,31; des maxima 12°,32; du mois 9°,33; moyenne vraie des 24 heures 8°,86. Les minima ont varié de —1°,4 le 24 à 14°,9 le 7. Les maxima de 1°,7 le 24 à 19°,5 le 16. 11 y a. eu 3 jours de petite gelée et 8 jours de gelée blanche.
- Tension moyenne de la vapeur, 7““,49. .La moindre 2”“,7 le 24 à 7 heures du matin. La plus grande 12”“,4 le 7 à 9 heures du matin. Humidité relative moyenne 83,5. La moindre 44 le 1" à midi et 1 heure du soir. La plus grande 100 en 9 jours.
- Pluie 57““,4 en 68 heures trois quarts, réparties en 17 jours. Le jour le plus pluvieux, le 23, a fourni 13““,8 d’eau en moins de 11 heures. Il voltigeait quelques grains de neige le 23 à minuit et le 24 à 10 heures du matin. Il y a eu 7 jours de brouillard ; le plus fort, de 200 mètres, le 15, à 7 heures du matin. Nébulosité moyenne, 69. Vents de sud à sud-ouest dominants ; veut du nord-nord-est au nord-est très fort dans la journée du 24.
- Le 4, on a entendu, entre 1 et 4 heures du soir, quelques faibles coups de tonnerre à l’ouest.
- Température moyenne de la Marne, le matin, 8°,76; dans l’après-midi, 8°,90 ; ,1e mois, 8°,83. Elle a varié de 5°,89 le 29 à 10°,90 le 18. Très claire la première moitié du mois, devient assez trouble vers le 20.
- Son niveau faible les premiers jours, elle atteint 3“,70 dans la nuit du 18 au 19.
- Floraison des Chrysanthèmes communs (Pyrèthres de la Chine) le 5. Chimonanthus flagrans lé 25.
- Relativement aux moyennes normales, le mois de novembre 1895 présente les résultats suivants : Baromètre plus haut de 0““,06. Thermomètre plus haut de 2°,78 ; on ne trouve dans ce siècle que le mois de novembre 1821 et surtout novembre 1852 qui aient des moyennes plus élevées. Tension de la vapeur plus forte de 1““,41. Humidité relative moindre de 1 à 2. Pluie plus forte de 7““,7. Nébulosité moindre de 2.
- Relativement aux moyennes normales, l’automne de 1893 présente les résultats suivants :
- Saison. Écarts. Baromètre. . . 758““,20 -t- 0,56 Thermomètre. . . 12°,10 + 2,01 Tension de la vap. 8““,28 + 0,22
- Saison. Écarts.
- Humidité relative. 78,2 — 7 Pluie ...... 113““,7 —48,9
- Nébulosité. ... 45 —16
- L’année météorologique 1895 présente les résultats suivants :
- Année. Écarts. Barom. à midi. 757“”,51 —0,32 Therm. moy. vraie 9°,67 — 0,32 Tension de la vap. 7,11 —0,40 Humidité relative. 77 —2 Pluie.................. 491,3 — 79,7
- Année. Écarts.
- Nébulosité. ... 51 — 9
- Jours de gelée . . 78-4-12
- Jours de pluie. . 147 -4-20
- Jours de tonnerre. 33-4-6
- Jours de brouill. 41 -4-1
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 2 décembre, à 6 b. 48 m. du matin.
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- N° 1177 (2! Décembre 1895), du journal « LA NATURE »
- M. GASTON TISSANDIER, directeur
- Réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction de a La Nature » et de son « Supplément »,
- « Boîte aux lettres », etc-, doivent être adressées à M. Gaston Tissandier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVICE DU JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES A LA LIBRAIRIE G. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- La lièvre chez les enfants. — Le paludisme n’est pas rare chez les enfants. A Paris même on l’observe assez fréquemment et nombre de médecins pourront vous citer des cas de fièvre grave, voire même de véritables accès pernicieux survenus chez des bambins au moment de la percée d’un égout, du maniement de terres imprégnées par les gaz échappés des conduites, etc. Chez eux, comme chez l’adulte, le vrai remède est la quinine. Mais combien difficile est l’absorption de ce médicament, son amertume est sans pareille. Les pilules, les cachets qui empêchent de percevoir, au passage dans la bouche, cette amertume, sont en général fort difficiles à avaler; l’enfant tortille l’un ou l’autre dans sa bouche, la pilule fond, le cachet crève, la quinine se répand : « Oh ! c’est amer ! » exclame le bébé, et il crache le tout en pleurant. Il reste l’argument suprême de M. Purgon ou encore les onctions d’une pommade contenant une assez forte dose du sel. Quelques plantes peuvent suppléer, dans une certaine mesure, la quinine; la feuille de saule et ses dérivés, la salicine, le buis, la germandrée. Parmi les plantes communes, une des plus actives, à ce point de vue, est Yhelianthus annuus, vulgairement connue sous le nom de tournesol, soleil. Tous les petits jardins possèdent au moins un pied de cette belle plante à larges fleurs d’un beau jaune doré. Or, la teinture alcoolique de fleurs possède des propriétés fébrifuges très nettes. Les paysans russes, très pénétrés des vertus de cette plante, se couchent, aussitôt qu’ils sont saisis par la fièvre, sur un lit de feuilles d’hélianthe. Les études poursuivies par un professeur distingué de Rio-de-Janeiro, le Dr Moncorvo, ont confirmé le bien fondé de cette coutume. Sur plus de soixante enfants il a pu supprimer des accès graves de paludisme, sans autre médication que la teinture de fleurs d’héliantlius à la dose de un à quelques grammes, suivant l’âge. Cette teinture a une saveur et une odeur fort peu pénétrantes et qui peuvent être aisément masquées dans une potion sucrée et aromatisée. Dr X....
- INFORMATIONS
- —©— D’après l'Indépendance belge, la plus grande carpette du monde est celle qui a été offerte au pape Léon XIII par un groupe de dames belges. Elle a été fabriquée par la maison Guillon, de Bruxelles, et n'a pas moins de 14 mètres de diamètre, 154 mètres carrés de surface, et a été faite entièrement à la main par des jeunes filles de 15 à 16 ans. Elle compte exactement 2 800000 points. Cette carpette sera posée dans les appartements privés de Léon XIII, dans la tour Léonine, au Vatican. Ce magnifique cadeau a fait l’admiration du pape et de son entourage, qui ont chaudement manifesté leur admiration en présence de ce véritable tour de force de l’industrie et de l’art belges.
- —®— Le 8 décembre, à 9 heures et demie du matin, le bouilleur d’une machine à vapeur appartenant à M. Vandescal, fabricant de plâtre à Quincy-Ségy (Seine-et-Marne), a fait explosion. La chaudière, du poids de 2500 à 3000 kilogrammes, a été projetée à 20 mè-
- tres de hauteur et est allée tomber de l’autre côté de la route en brisant la cime d’un des peupliers qui la bordent. Trois ouvriers ont été blessés, mais peu grièvement. On se demande comment cet accident n’a pas dégénéré en véritable catastrophe. Les dégâts matériels sont estimés à 14000 francs.
- —Le pistolet Borchardt à répétition, précédemment expérimenté dans l’armée autrichienne, a reçu divers perfectionnements. Aujourd’hui, cette arme offre l’aspect d’un pistolet dont la crosse, perpendiculaire au canon, se trouve, non pas à l’extrémité postérieure de la boîte de culasse, mais sous cette boite qui fait saillie en arrière. Le pistolet présente donc la figure d’un T dont le canon et la boîte de culasse seraient la barre horizontale et dont la crosse serait le jambage vertical. Cette disposition a pour effet de placer le centre de gravité de l’arme de la manière la plus favorable au tir. Le magasin contient huit cartouches. Il se trouve à l’intérieur de la crosse, qui s’ouvre par-dessous. Le calibre est de 6mm,7. Le mécanisme est automatique. Après le départ du coup, il s’ouvre, rejette l’étui vide, introduit une nouvelle cartouche dans la chambre, se ferme et s’arme. Le tireur n’a qu’un seul mouvement à faire, le mouvement de doigt qui agit sur la détente pour faire partir le coup.
- —©— On annonce que le gouvernement égyptien a renoncé, sur l’opposition des puissances, et en particulier de la France et de l’Allemagne, à la construction que les ingénieurs anglais avaient projetée d'un grand réservoir dans les environs de l’île de Philæ.
- —©— On signale une grande' mortalité parmi les écrevisses de plusieurs cours d’eau de la Finlande occidentale, et particulièrement du comté de Wiborb. Ces crustacés meurent comme des mouches, victimes d’une maladie épidémique;
- —©— Notre confrère anglais Nature a fait le calcul que M. J.-D. Bockefeller, un richissime américain, a donné successivement, en plusieurs années, à l’Université de Chicago, une somme totale de près de 38 millions de francs.
- Notes cyclistes. —Notre confrère E. Bongin, du Vélo, dans ses Notes d’un touriste, enviait les courageux cyclistes qui roulent dans les rues de Paris, au milieu des voitures, tandis que les pauvres piétons attendent tristement l’omnibus ou le tramway, trop souvent pleins, hélas ! Le secret d’un pareil courage n’a rien de bien passionnant, et le signataire de ces notes hâtives, qui bicyclette à Paris tous les jours, bien qu’il ait atteint la grande maturité, se fait un plaisir de révéler à son confrère quelques trucs qui rendent la circulation on ne peut plus facile. Tout d’abord, le calme, le sang-froid et le sacrifice de la grande vitesse sont indispensables au cycliste qui veut impunément traverser Paris à toute heure, en tout point et en tous sens. Il ne devra pas, malgré l’avis contraire des professionnels; monter un tricycle, mais bien une bicyclette, qui passe partout. Sa machine, plutôt lourde, sera munie d’un frein puissant et ses pneumatiques garnis d’antidérapants. Un indicateur de vitesse toujours consulté lui permettra de ne jamais dépasser 15 à 16 kilomètres par heure ; il montera très bas, pédalant un peu en arrière, comme dans la bicyclette Gérard, de façon à pouvoir mettre pied à terre sans descendre de machine, et enfin, point capital, il adoptera une faible multiplication qui lui permettra, aidé par le frein, d’arrêter presque instantanément et de se lancer très vite s’il est poursuivi à l’arrière. Ainsi outillé, le cycliste peut impunément se risquer dans Paris. Nous lui dirons, dans une autre Note, comment il peut se garer de ses ennemis naturels, et, le cas échéant, leur faire la nique. Un ami de la bicyclette.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — L’injecteur hypodermique stérilisable du l)r H. Mareschal est fabriqué par M. Brenot, 29, rue des Gravilliers, à Paris.
- Communications. — M. H. Bollinckx, constructeur mécanicien, à Bruxelles, qui s’attache avec grande attention à la question des avantages réciproques des moteurs à vapeur et à gaz, nous écrit qu’il serait très intéressant pour les acheteurs ue dorénavant les constructeurs de moteurs à vapeur, en venant leurs machines, fassent connaître: 1° la puissance absorbée à vide ; 2° la consommation de vapeur par cheval-heure indiqué, à pleine charge et à moitié charge. De même les constructeurs de moteurs à gaz devraient donner : 1° la puissance absorbée à vide ; 2° la qualité du gaz ; 3° la consommation de gaz par cheval-heure indiqué, à pleine charge et à moitié charge. Ces renseignements permettraient de déterminer dans des cas spéciaux la supériorité des uns ou des autres. Nous partageons entièrement l’avis de notre correspondant; mais nous désirerions que chaque fois que cela sera possible, des procès-verbaux d’expériences rigoureuses soient publiés, ainsi qu’il a été fait dans diverses circonstances.
- M. L. Ferrus, capitaine au 13e régiment d’artillerie, à Vin-cennes, en réponse à la demande que nous adressait l’abonné 37, à Lunéville, concernant les skis (Boîte aux lettres du n°1172, du 16 novembre 1895), nous envoie l’adresse de M. Paul de Vivie, à Saint-Etienne, que nous avons donnée précédemment. Il nous indique également la manufacture française d’armes à Saint-Etienne, ou à Paris rue du Louvre, et le Schutzmark Tourist, 26, Kôthenerstrasse, à Berlin. Le capitaine Ferrus demande que notre abonné veuille bien lui faire connaître les résultats pratiques obtenus en France avec les skis.
- M. J. Quélin, à l’Observatoire météorologique municipal d’Angers, nous adresse les résultats qu’il a obtenus de 1889 à 1894 par l’application de sa théorie sur le déplacement périodique des vents avec une formule qu’il a adoptée. Pendant le printemps, le vent parcourt, dans le sens rétrograde, la somme des rhumbs parcourus dans le sens direct pendant l’hiver. Le même rapport existe entre l’automne et l’été. Le rhumb a la valeur du seizième de la rose des vents. Le vent direct se déplace dans le sens des aiguilles d’une montre; le vent rétrograde se déplace dans le sens contraire.
- Renseignements. — M. G. Trouillet, à Paris. — Il faut laisser les clichés photographiques sécher librement ; les pellicules sensibles ne sauraient supporter le chauffage au-dessus d’un bec de gaz.
- M. A. Maestro, au Caire. — 1° Nous ne saurions vous renseigner en ce qui concerne la question de brevet. — 2° Un fourneau de ce genre peut marcher sans pompe; il serait nécessaire de voir l’appareil dont vous parlez pour l’apprécier.
- M. G. M. Z., à X. — Consultez le catalogue des ouvrages photographiques de la librairie Gauthier-Villars, à Paris.
- M. J. Collart, à Paris. — 1° L’eau de ce puits peut être altérée par la présence de la chaîne de cuivre. — 2° Le paratonnerre n’empêche pas d’établir un parafoudre sur la ligne de distribution électrique. — 3" L’installation de la pompe dont vous parlez n’offre aucun danger. — 4° Dans votre cas, il n’y a à craindre que l’action du cuivre sur l’eau.
- M. H. Delvaille, à Bayonne.— La disposition dont vous parlez pouvait être essayée pour des trains, mais elle n’a aucune raison d’être pour une voiture automobile.
- M. J. H., a Paris. —Nous avons fait connaître un traitement de l’alopécie dans Hygiène et Santé '(Nouvelles scientifiques du n° 1028, du 11 février 1893).
- M. J. A. Faria, h Nazareth, Bahia. — Un arrosement avec de l’eau additionnée d’acide sulfurique suffirait pour tuer l’arbre sans le couper.
- M. E, Slif, à X. — Consultez les tables décennales de La Nature ; vous verrez tout ce qui a été fait à ce sujet.
- M. A. Dané, à Agen. — Dans les laboratoires, on fabrique tous les appareils, boules soufflées, tubes, etc., en travaillant le verre à l’aide de chalumeaux et de souffleries spéciales que vous trouverez à la maison Victor Chabaud, 10, rue de la Sorbonne, à Paris.
- M. J. Plassard, à Paris, — Le journal l’Ingénieur civil, 49, rue Montorgueil, publie une liste très complète et une analyse sommaire des brevets français.
- M. Touchebeuf, à Lyon. — Cet appareil n’a donné aucun résultat et a été abandonné depuis longtemps.
- M. E. Marion, àBuxy. — Les détails de cette préparation ne sont pas connus; mais vous trouverez des poudres phosphorescentes chez M. Menitz, 37, passage Jouffroy, à Paris.
- M. L. G. B., à Niort. — 1° Plusieurs ouvrages sur les chaudières et machines à vapeur ont été édités à la librairie Baudry, à Paris. — 2° Voyez des traités de téléphonie à la librairie Carré et à la librairie Michelet, à Paris.
- Un chimiste, à Turin. — L’appareil pour la fabrication de l’alcool artificiel est un appareil de laboratoire qu’il faut monter soi-même.
- M. T. D., à X. — La composition de cette solution n’est pas connue ; mais on sait qu’elle est à base d’oxyde de thorium.
- M. Tortelier, à Rennes. — L’adresse de M. Contant est donnée en tête de la Boîte aux lettres du n° 1174, du 30 novembre 1895; nous n’avons pas eu la lettre dont vous parlez.
- M. Ridel, à Paris. — De quelle exposition voulez-vous parler?
- M, 0. Witz, à Moscou. — La manière de préparer le papier^
- Sole Wilke est indiquée dans les Recettes de t'électricien, de [. E. Hospitalier, à la librairie G. Masson.
- M. P. Gazelles, à Paris. — Adressez-vous à la maison Paul Rousseau, 16, rue des Fossés-Saint-Jacques, à Paris.
- M. M., à S. — Il faudrait vous adresser au ministère du Commerce et de l’Industrie.
- M. P. Lippem, à Gand. — Écrivez directement à M. Raoul Pictet, à Genève.
- M. Frentesaux, au Mans. — Nous ne connaissons pas la nouvelle pile dont vous parlez. Mais pourquoi passer par l’intermédiaire d’accumulateurs pour l’inflammation de moteurs à étrole ? Nous avons vu dernièrement utiliser dans ce but des obines d’induction et des piles à liquide immobilisé de la Société de fabrication, 98, rue d’Assas, à Paris.
- Un abonné, à W. — L’éclairage électrique par piles présente une série de difficultés et n’est réellement pas pratique.
- M. Lemm Weber, à Anvers. — Nous ne connaissons pas d’ouvrage spécialement écrit dans ce but ; adressez-vous aux grands éditeurs de Paris.
- M. C. R., à X. — Il faut demander ce renseignement directement à l’auteur de l’article.
- M. G. Toussaint, à Fumay. — On peut durcir le plâtre de moulage en le badigeonnant avec une solution de silicate de soude ou de sulfate de zinc.
- M. E. D., à Saint-Maurice. — Les méthodes de sténographie sont aujourd’hui très nombreuses ; chacune a ses avantages et ses inconvénients. Nous vous conseillons de lire la brochure : Quelle est la meilleure sténographie ? Étude comparative des divers systèmes sténographiques, par M. J.-P.-A. Martin. Adressez-vous à M. Limouzain, 40, rue Coquillière, à Paris.
- M. H. Archer, à Genelard.—1°M. Radiguet, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, et M. Chomeau, 33, passage du Havre, à Paris. — 2° Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. L. Vervoort, à Anvers. Il serait necessaire de faire quelques essais pour pouvoir vous répondre. — M. H. Winlsch, à Kennelbach. Cette substance est encore peu connue; il faudrait en faire l’analyse chimique. — M. J. N., à Paris. Nous n'avons pas vu de renseignements publiés à ce sujet. — M. A. H. B., à Auxon. Il n’existe pas d’autre lampe semblable. — M. R. Tuyet, à Barcelone. 1° Ce moyen ne serait guère pratique. 2° Remerciements. — M. G. Stadler, à Gand. Nous avons fait quelques recherches; mais nous n’avons pas trouvé de renseignements. — M. E. Berthoud, à B. Nous avons déjà indiqué plusieurs adresses; remerciements. —M. A. Leyrisson, à Tonneins.
- Il nous est impossible de formuler un avis sur votre appareil sans en avoir une description complète. — M. Ch. Clément, à Autun. Nous n’avons pas de recette spéciale à vous faire connaître. — M. E. Chesnêe, à Rouen. Nous ne pouvons vous donner d’autres renseignements; l’auteur de l’article est décédé. — M.H. Laurent, à Paris. Voyez les Recettes et procédés utiles, 1™ série (G. Masson, éditeur). — M. A. H., à Rouen; M. L. Masson, à Bruxelles. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- — La suite de la Boîte aux lettres de cette semaine au prochain numéro. —
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren~ seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES MENTIONS1
- Pince pour notes, factures, etc. — Ce petit appareil, d’une construction très ingénieuse, nous semble appelé à un certain succès parmi les articles de bureau. On a toujours besoin de conserver en évidence, pendant quelques jours au moins, certains papiers concernant une affaire en cours d’exécution, des factures à solder, etc. On peut les réunir facilement au moyen de cette pince qu’on accroche ensuite au mur. Elle est formée de deux tubes concentriques glissant à frottement doux l’un sur l’autre et fendus tous deux suivant une génératrice. Un ressort en acier en forme de fer à cheval vient engager ses extrémités dans des glissières taillées obliquement sur les tubes, de telle sorte que si on appuie sur les extrémités du ressort, on fasse tourner ces tubes en sens inverse l’un de l’autre ; il en résulte un léger déplacement qui a pour effet d’amener en face l’une de l’autre les deux fentes pratiquées suivant la génératrice ou de les éloigner de cette position, ce qui correspond à l’ouverture ou à la fermeture de la pince. Pour y placer des papiers, on appuiera donc simplement, comme l’indique la figure 2, sur les extrémités du ressort, et, dès qu’on abandonnera celui-ci à lui-même, les papiers seront fortement serrés entre les bords des deux tubes (fig. 1) qui forment la mâchoire de la pince. Outre l’usage dont nous avons parlé tout à l’heure, l'appareil sert à suspendre, d’une façon très solide,
- Pince pour tenir les papiers d’affaires.
- une bande de papier ou d’étoffe; pour cela, il suffit de replier sur elle-même l’extrémité de la bande, puis de passer un morceau de bois rond, un crayon par exemple, dans le pli ainsi formé et de l’introduire dans la mâchoire de la pince. — Cet appareil se trouve chez M. Lehmann, 56, rue de Bondv, à Paris.
- Nouvelle valve automatique pour pneumatiques de bicyclettes. — Les bicyclistes se plaignent beaucoup des différents pas de vis dont sont munies les pompes actuelles pour pneumatiques et réclament l’unification de la valve. L’appareil que nous décrivons ici supprime tous les inconvénients des pas de vis, car il ne comporte qu’une baïonnette. Les dessins ci-joints nous montrent les différents détails de cette valve. Elle se compose d’un tube A (n° 1 ) taraudé et terminé par un champignon B contenant un clapet C qui forme soupape, étant retenu par un faible ressort. Ce clapet est en communication avec la chambre à air D. A l’intérieur de la valve se trouve une pièce en cuivre E fermée à la partie inférieure par un chapeau Z (n° 2) en cuivre. Une rondelle de caoutchouc F est appliquée très fortement par un ressort à boudin. Une autre rondelle de caoutchouc se trouve en G. Par-dessus se visse un bouchon II qui est relié à l’extrémité d’un tube creux I renfermant à l’intérieur une soupape avec un clapet à bille L à l’extrémité J. Ce tube porte sur les côtés deux tiges KK. La bille ferme hermétiquement l’ouverture J à l’aide d’un ressort à boudin poitant sur la pièce E. Au centre est une tige qui vient s’appuyer en L et sur le chapeau Z dont nous avons parlé. Le guide-pompe (n° 3) est formé d’un tube creux N muni à l’extrémité sur le côté de fenêtres R, et maintenu dans un tube N dans lequel sont percées deux mortaises à baïonnette 0. Une rondelle de caoutchouc V est située à environ 4 millimètres de l’extrémité du tube N. Le numéro 4 nous montre le montage complet de l’appareil. Le guide-pompe est emboîté dans les tiges à baïonnette KK sur le bouchon II. L’extrémité du tube N appuie sur la bille L et la tige centrale chasse le chapeau Z en le dégageant de la pièce E. Il s’est formé autour du tube N un joint étanche qui empêche toute entrée de
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- l’air extérieur. L’air injecté dans la pompe pénètre alors à l’intérieur du pneumatique en soulevant le clapet C. Quand l’opération du gonflement est terminée, il suffit d’enlever le .guide-pompe en sortant les crochets K des mortaises de la baïon-
- Nouvelle valve automatique. — 1. Valve. — 2. Vue intérieure. 5. Guide-pompe. — 4. Vue d’ensemble de la valve montée.
- nette. — La nouvelle valve automatique se trouve chc^ M. Kratz-Boussac, 3, rue Saint-Laurent, à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE .
- Souvenirs et récits d'un aérostier militaire, de l'armée de la Loire, par Gaston Tissandier, 1870-1871. Avec une lettre auto-r raphe du général Ghanzy et de nombreuses illifsti-ations de .-A. Poirson. Deuxième édition. 1 vol. in-8°. Maurice Dreyfous, éditeur, 20, rue de Tournon, Paris, 1896.
- Réparation d’un trou fait au ballon de l’armée de la Loire par une branche d’arbre. (Figure extraite du livre de M. Gaston Tissandier.)
- La première édition de ce livre, qui est rempli de tableaux émou- . vants et véridiques, a été tirée à un assez grand nombre d’exem- : plaires. Elle a été épuisée. Une seconde édition lui succède, qui a non moins bon aspect que la première et dont le prix est moins élevé. On trouve dans cet ouvrage des récits authentiques sur l’histoire merveilleuse de la poste aérienne par les ballons du siège de Paris et les pigeons voyageurs, et des efforts de la lutte de l’armée de la Loire, où les aérostats captifs dirigés par MM. Tissandier ont joué un rôle. Ces souvenirs ont été appréciés par tous ceux qui aiment la patrie. Le livre est fort bien illustré par un artiste de talent, V.-A. Poirson, qui est mort il y a quelques années, très jeune encore ; nous donnons ci-dessus un spécimen de ces compositions exécutées d’après les indications de l’auteur.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- Les affiches illustrées, par Ernest Maindron, 1886-1895. Ouvrage orné de 6 4 lithographies en couleur et de 102 reproductions en noir et en couleur, d’après les affiches originales des meilleurs artistes. Paris artistique, G. Boudet, éditeur. Paris, 1896. _
- M. Ernest Maindron a publié un premier volume sur les Affiches illustrées dont il est le premier collectionneur. Il offre aujourd’hui aux amis des beaux livres un second volume qui est une œuvre magnifique et de grand art ; on y admire des illustrations fort bien faites, et des planches en couleur de Grasset, de Fraipont, et du maître Chéret, qui sont délicieuses, G. T.
- Vieux papiers, vieilles images. Cartons d'un collectionneur, par John Grand-Carteret. 46 gravures documentaires dans le texte et 6 planches hors texte, dont 5 coloriées. 1 vol. in-8°. Chez A. Le Vasseur et Cie. Paris, 1896.
- Voilà un livre qui compte parmi les plus attrayants, comme Grand-Carteret sait les faire. Les pages sont remplies d’anciennes
- gravures qui sont le délice des amateurs et des connaisseurs aimant les vieux papiers et les vieilles images. Livre amusant, livre étonnant, livre aux surprises; nous félicitons son auteur. G. T.
- La topographie, par P. Moessard, lieutenant-colonel du génie breveté, professeur de topographie à l’École spéciale militaire et à l’École supérieure de guerre. 1 vol. petit in-8° de VEncyclopédie des aide-mémoire, publiée sous la direction de M. Léauté, membre de l’Institut. Paris, Gauthier-Villars et fils et G. Masson, éditeurs, Paris. Prix ; broché, 2 fr. 50, cartonné, 3 francs.
- Le naufrage de la « Jeannette » dans l’océan Glacial arctique, raconté par les membres de l’expédition. — Ouvrage illustré de nombreuses gravures, d’après les dessins faits sur nature. 1 vol. in-8°, Maurice Dreyfous, éditeur, à Paris.
- Les cépages orientaux, par J.-M. Guillon, répétiteur de viticulture à l’École nationale d’agriculture de Montpellier. 1 vol. in-8°. Paris, Georges Carré, éditeur, 1896. Prix : 4 francs.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 9 décembre. 0°,6 S. 2. Couvert. 0,0 Nuageux jusqu’à 5 h.; couvert ensuite; pluie ou bruine à diverses reprises.
- Mardi 10 8°,2 W. S. W. 2. Couvert. 1,1 Couvert ; bruine à partir de 5 heures du soir.
- Mercredi 11 5°,2 N. E. 0. Couvert. 0,3 Couvert jusqu’à 14 h.; très nuageux ensuite; gouttes à 19 h. Éclaircies à 4-5 b.; couvert le reste du temps; pluie à partir de 18 b. ; gelée blanche.
- Jeudi 12/ 6°,1 S. S. W. 2. Couvert. 0,2
- Vendredi 13 3°,2 W. 4. Peu nuageux. 8,0 Nuageux; pluie jusqu’à 1 h. 1/4; gelée blanche.
- Samedi 14 6°,0 W. 3. Couvert. 0,0 Nuageux de 12 à 18 li.; couvert avant et après ; pluie après 21 b. 1/2.
- Dimanche 15 6°,3 S. S. E. 2. Couvert. 6,2 Couvert jusqu’à 18 li., puis éclaircies, beau après 19 h.; pluie la moitié du temps.
- DECEMBRE 1895 -- SEMAINE DU LUNDI 9 AU DIMANCHE la DECEMBRE
- ,a courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent, rbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer)', courbe plus mince, thermomètre a labrt a île sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- K>es effeti» de la lune sur la distribution des pressions.
- — A la séance du 5 novembre 189a de la Société météorologique de France, sous la présidence de M. Janssen, M. Poincaré a résumé la suite de ses études relatives aux effets des révolutions synodique et anomalistique de la lune sur la distribution des pressions dans la saison d’été. Les résultats de ce travail, entrepris au moyen des cartes du Signal-Office pour 1883, ont été présentés déjà à la Société, en ce qui concerne l’hiver. La saison de printemps a fait l’objet d’une communication à l'Académie des sciences, qui se trouve insérée aux Comptes rendus du 30 septembre dernier, et à laquelle s’est reporté l'auteur en revenant seulement sur quelques points particuliers. Presque identiques pour les trois mois lunaires de l’été, les courbes des pressions moyennes, de la zone 10° à 30°, montrent quelle y serait la régularité des phénomènes s’il n’y avait d’autre agent que le soleil. Les diagrammes quotidiens et les diagrammes par secteurs de 10° mohtrent l’action de la révolution synodique. Suivant les jours lunaires, les deux maxima de la nuit et du jour s’élèvent ou s’abaissent ; les deux tninima du soir et du matin se déplacent, s’élargissent, s’approfondissent,
- ou se relèvent. Dans la dernière semaine du mois lunaire, notamment, le maximum de la nuit s’efface, et les deux minima sont mis en communication.
- Ces faits influent considérablement sur la marche, et probablement aussi sur l’intensité des dépressions, ou des mouvements tourbillonnaires élémentaires, qui, pour progresser vers le nord, sont obligés de passer successivement par les affaissements que leur présente la couche annulaire en rotation. M. Poincaré a donné en exemple la marche de deux dépressions parues, l’une sur l’Amérique à la nouvelle lune de juillet, l’autre sur le Pacifique à la nouvelle lune d’août. Dans ce dernier cas, un des mouvements tourbillonnaires constituants semble avoir traversé le Pacifique de l’est à l’ouest avec une vitesse de propagation atteignant 1/6 de celle de l’onde représentée par la courbe annulaire.
- «olide. — M. Robert Villatte des Prugnes, ingénieur agronome, à Vallon-en-Sully (Allier), nous écrit que le 21 novembre, à 5bo" du soir, dans le petit village de Givarlais, arrondissement de Montluçon, il a aperçu dans le ciel, vers le nord-est, un énorme point lumineux d’un vert très brillant. Ce bolide, d’abord immobile, se déplaça bientôt assez rapidement et disparut derrière une maison.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 9, à 7 b. 19 m. du matin.
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- Les lettres et communications relatives à la' rédaction de « La Nature » et de son « Supplément »,
- « Boîte aux lettres », etc., doivent être adressées à M. Gaston Tissandier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVICE DO JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES A LA LIBRAIRIE G. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- LA SEMAINE
- Destruction des lonps. — Le Bulletin du ministère de l'Agriculture a récemment publié le relevé des loups tués pendant l’année 1894 et la nomenclature des primes payées en vertu de la loi sur la destruction de ces animaux. Pendant cette année, il a été tué 245 loups, louves et louveteaux, et il a été alloué 17 300 francs de primes. Les départements dans lesquels il a été tué le plus grand nombre de loups sont les
- suivants :
- Charente.............................51
- Haute-Yienne.................. . . 42
- Dordogne............................ 33
- Yienne. ... .........................19
- Creuse...............:............14
- Deux-Sèvres..........................13
- Meuse ...............................12
- Haute-Marne.......................... 8
- etc., etc.
- Sur les 245 animaux abattus, on comptait 6 louves pleines, 114 loups ou louves non pleines et 125 louveteaux. Depuis l'application de la loi, le nombre des animaux tués chaque, année diminue progressivement comme le montre le tableau suivant :
- 1882 (4 mois) 423 loups détruits
- 1883 — 1316 —
- 1884 — 1035 —
- 1885 — 900 —
- 1886 760 —
- 1887 — 701 —
- 1888 — 505 —
- 1889 — 515 -
- 1890 — 461 —
- 1891 — .. 404 —
- 1892 — 327 —
- 1893 — 261 —
- 1894 — 245 —
- Le nombre des loups tués pendant cette période s’élève à
- 7853 et le montant des primes payées à 578 220 francs. En 1894, on a compté 62 départements dans lesquels il n’a été tué nucun animal de cette espèce.
- INFORMATIONS
- —®— Le 10 décembre, à Scy (près de Ciney, en Belgique), un bolide a été observé vers 5h24m (temps local), à l’Ono. Il a pris naissance à environ 40° au-dessus de l’horizon et s’est dirigé obliquement vers le nord-ouest. Son diamètre apparent mesurait 6- centimètres. Sa couleur, nous dit Ciel et Terre, était blanc jaunâtre et il a été visible pendant une demi-seconde. Il n’a pas laissé de traînée. Le 12, vers 6h 30m du soir, un bolide a été vu à Gembloux. Parti un peu au sud-ouest de la Polaire, il est tombé obliquement en .inclinant au sud-ouest.
- —@— Le comité qui s’est formé pour honorer la mémoire de Huxley a décidé, définitivement, de consacrer le montant de . la souscription à l’érection d’une statue de Huxley qui sera placée au Musée d'histoire naturelle et à la fonte d’une médaille qui prendra place au Royal College of Science. Le surplus, s’il en est, séra employé, de façon non encore déterminée, aux progrès de la science biologique.
- —©— M. le Dr A. Benkisser (de Carlsruhe) recommande, d’après le Scalpel, de se servir de l’acide tartrique pour faire disparaître les traces de sang souvent si difficiles à enlever des mains du chirurgien (surtout au niveau des rainures péri-unguéales), ainsi que pour nettoyer rapidement divers objets ensanglantés, tels que pinces à pansements, instruments, éponges, brosses à ongles, etc. Pour cela, il suffit de laver — sans employer de savon — les mains ou les objets en question dans une cuvette remplie d’eau tiède tenant en dissolution une cuillerée à café d’acide tartrique, puis de les rincer dans l’eau pure. Lorsqu’il s’agit d’olyet poreux ou d’étoffes, il faut en exprimer soigneusement la solution tartrique avant de les rincer. L’acide tartrique dissout facilement les pigments sanguins, qui don-neht au liquide une coloration brunâtre particulière.
- —©— Comme les années précédentes, M. Maxime Cornu, professeur de culture au Muséum d histoire naturelle, met à la disposition des établissements publics d’instruction des collections de graines' et de plantes vivantes, appartenant soit à des espèces utiles, soit à. des espèces ornementales. Les demandes doivent parvenir à M. le directeur du Muséum d’histoire naturelle, 57, rue Cuvier, à Paris, avant le 25 décembre. Les plantes offertes étant distribuées comme des spécimens de collection, il n’est donné généralement qu’un exemplaire de chaque sorte. ..........
- —@— L’entreprise connue sous le nom de Canal de Jonage, déclarée d’utilité publique parles loisdes 9 juillet ét 13 décembre 1893, et dont la Société lyonnaise des forces motrices du Rhône est concessionnaire, a pour but la distribution, dans la ville de Lyon et sa banlieue, d’une puissance de 20 000 chevaux, créée à Cusset-Yilleurbanne, aux portes de la ville, par une dérivation du Rhône. La conception de cette entreprise est due à un ingénieur bien connu de Lyon, M. J. Raclet, administrateur délégué de la Société des forces motrices du Rhône.' La dérivation d’une partie du Rhône à Jonage donnera, très du Grand-Camp, une chute capable de fournir à l’industrie yonnaise une puissance de 12000 chevaux au moins.
- —©— Les cycles de toutes sortes se multiplient aux Etats-Unis, les usines deviennent de plus en plus nombreuses, des cercles vélo-cipédiques, masculins et féminins, se créent de tous côtés, et voici un détail qui montre d’une façon bien curieuse l’essor de ce sport. Le United States Patent Office, autrement'dit le Bureau des brevets des Etats-Unis, publie périodiquement, comme tous les bureaux de brevets, un catalogue des inventions patentées ; or, cet office vient de faire paraître, suivant cette habitude, un Recueil des inventions, relatives aux vélocipèdes. Cela se nomme Recueil des brevets de cycles, vélocipèdes et organes auxiliaires accordés aux Etats-Unis de 1889 à 1892. Or, ce relevé, fait par M. James T. Allen, inspecteur du service, né comprend pas moins de deux énormes volumes, l’un de 454, l’autre de 1049 pages. Du reste, pour les brevets relatifs à cette matière toute spéciale pris postérieurement à 1892, il se publie un fascicule périodique. En dehors de l’intérêt de curiosité qu’il présente, le Recueil en question péut évidemment rendre de grands services à ceux qui s’occupent de cette industrie. D. B.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES*
- Adresses relatives aux appareils décrits. — L’adresse du fabricant de filtres en papier est M. Cappillery, au Vigan. — Le ventilateur à eau est construit par M. L. Bessière, II, rue Torricelli, Paris.
- Communications. — M. Bénézet, contrôleur du télégraphe à la Compagnie de l’Ouest, à Dol de Bretagne, nous adresse la Notice suivante sur un tremblement de terre survenu dans cette région le 6 décembre 1895 : « Il était très exactement 4h24', heure de Paris. La première secousse, assez violente, n’a duré que deux secondes environ. La deuxième, à cinq secondes d’intervalle, a été plus violente et plus longue, quatre secondes au moins. L’orientation du phénomène était approximativement est-ouest. Mon appréciation à ce sujet est basee sur l’observation suivante : Sur une étagère dont la direction est exactement perpendiculaire au méridien du lieu, se trouvaient plusieurs Bouteilles, dont deux vides. Ces deux dernières ont été renversées, le goulot vers l’est. Une cheminée rectangulaire, dont le petit côté a la même orientation, a eu son sommet projeté sur le sol du même côté. La hauteur barométrique, relevée au baromètre Fortin, était alors de 757 millimètres. La dépression qui se produisait depuis le matin s’est encore accentuée après le passage des ondes. Elle atteignait 755 à 6 heures du soir. »
- M. L. H. Daloz, à Dorchester, nous écrit au sujet de la omme de terre monstre dont nous avons donné la description ans le n° 1175, du 23 novembre 1895, p. 416. Nous avions reproduit la photographie d’après le Scientific American, qui certifiait le fait. Notre confrère a fait ensuite une rectification et a reconnu qu’il y avait eu supercherie dans le grossissement
- {ihotographique. Nous avons déjà mentionné cette erreur dans es Errata au tome II de l’année 1895.
- Renseignements. — M. P. L., à Paris. — Adressez-vous directement au Laboratoire central d’électricité, 4, rue de Staël.
- M. P. S., à Toulon. — La glace de l’eau de mer est un peu salée : elle se forme avec agitation et elle emprisonne dans l’intérieur des cristaux d’eau un peu salée.
- M. J. P., à Courbevoie. — Cette opération est difficile pour un amateur; il n’y a pas d’autre moyen que de dépolir le verre en le frottant avec du grès en poudre.
- M. Peyron, à Vitry-sur-Seine. — Vous trouverez ces renseignements dans le Dictionnaire de géographie universelle de M. Vivien de Saint-Martin, à la librairie Hachette, à Paris.
- M. A. R., à Rouen. — Vous pourriez employer l’acier Robert, 149, rue Oberkampf, à Paris.
- M. R. Wolf, à Chelles. — 1° Il faudrait faire quelques mesures sur ces accumulateurs. Si la charge ne se fait pas, la différence de potentiel est peut-être trop faible. — 2° Les plaques des divers systèmes en bon état et bien assemblées peuvent donner de bons résultats.
- M. de Monhoudon, à Marolles-les-Braux. — La réparation des vieux parchemins est bien difficile à réussir; on risque toujours d’altérer l’écriture.
- M. A. Glorian, à Lille. — L’adresse que vous demandez est donnée en tète de la Boîte aux lettres du n° 1175, du 7 décembre 1895, qui contient la description de l’appareil.
- M. C. Gibault, à P. —Il existe en effet des toiles d’amiante; voyez chez MM. Albasini, Allard et Cie, 11, rue de la Cerisaie, et à la Compagnie générale de l’amiante, 11, rue de Rocroy, à Taris.
- M. H. de la Broise, à Angers. — 1° Nous ne connaissons pas d’appareil de ce genre ; mais il serait facile de faire établir une disposition semblable. — 2° Adressez-vous à la librairie G. Masson, à Paris.
- M. M. G. P. V., à X. — 1° Cette pile peut vous convenir. — 2° Il sera nécessaire de faire faire ces vases sur commande. — 5° Moteurs électriques de faible puissance : M. J. Ulmann,
- 16, boulevard Saint-Denis; M. Lépine, 4, rue d’Hauteville, à Paris.
- M. A. Benoist, à Paris. — II n’est pas nécessaire d’avoir un bec à très faible ouverture; un bec à gaz d’éclairage convient très bien.
- M. M. P., à Paris. — Le fabricant que nous avons indiqué n’a pas encore de représentant à Paris.
- M. J. Rtleiroseila, à Porto ; M. D. Dobbelaere, à Courtrai. — Toutes ces adresses de fabricants sont données dans le dictionnaire deBottin; nous ne pouvons les indiquer ici, elles sont trop nombreuses.
- M. S. Arozena, à Santa-Cruz de la Palma. — Vous trouverez des ouvrages de ce genre à la librairie 0. Doin, 8, place de l’Odéon, ou à la librairie J. Baillière, 19, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. Peltzer, à Verviers. — Nous avons indiqué à plusieurs reprises des adresses de fournisseurs de carbure de calcium, notamment entête de la Boîte aux lettres du numéro 1160, du 24 août 1895.
- M. H. Herry, à Gand. — 1° Il faut que les surfaces d’électrodes soient établies dans certaines proportions, mais il y a intérêt à développer les surfaces positives. — 2° La pile de Lalande et Chaperon a une force électro-motrice trop faible.
- — 3° Nous pensons qu’il s’agit aussi d’une pile au sulfate de cuivre.
- M. X., h Épinal. — Il faudrait demander cet ouvrage à la Librairie agricole de la Maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- M. G. Gaston, à Cambrai. — Nous pouvons vous citer le Dictionnaire usuel des sciences médicales, par les D" Decham-bre, Mathias Duval et Lereboullet, à la librairie G. Masson. Tous les ouvrages de ce genre emploient nécessairement des expressions techniques.
- M. J. Fabre, à Bizanet. — Vous pourriez demander ce renseignement à M. Vilmorin-Andrieux, 4, quai de la Mégisserie, à Paris.
- M. J. M., à E. (Aube). — 1° Consultez les Notes cyclistes, nous parlerons des systèmes de double multiplication. — 2° Voyez à la librairie Michelet, 25, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. G. Boutand, à Tunis. — Ie Ces analyses doivent être exécutées par des chimistes; ces travaux ne sont pas faits gratuitement. — 2° Consultez les traités de minéralogie à la librairie Gauthier-Villars. — 3“ Cet appareil n’est plus fabriqué et n’a pas reçu de grandes applications.
- M. E. à Courbevoie. — 1° Nous pensons qu’il est possible de construire une dynamo de ce genre. — 2° Les éléments de calculs des dynamos sont donnés dans le traité La dynamo, à la libraison Fritsch, 30, rue du Dragon, à Paris.
- M. G. Chaulaire, à Paris. — Pour déterminer la puissance de cette machine, il est indispensable de faire des essais ; les éléments que vous nous indiquez ne nous permettent pas de donner une valeur même approximative.
- M. J. J. K., h Nice. — Vous trouverez ces renseignements dans l’ouvrage La photographie moderne, de M. Albert Londe, à la librairie G. Masson.
- M. L. Détour, à Halluin. — Il faudrait vous adresser directement à la Société que nous avons citée dans notre article.
- M. A. Rottièr, à Evron. — 1° et 2°. Il faut demander les renseignements aux constructeurs que nous avons fait connaître en tête des Boîtes aux lettres des numéros qui contiennent les descriptions des appareils. — 3° Lanternes de projection au étrole : M. Molteni, 44, rue du Château-d’Eau; M. Mazo, 0, boulevard Magenta, à Paris.
- Questions. — N° 1350. — M. Ricardo O'Neill, à Lisbonne, nous demande un procédé simple et facile pour un amateur de donner aux objets dorés la teinte vieil or.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Delpert, à Paris. Il faudrait essayer ce système pour savoir quelle est sa valeur pratique. — M. Durand, à Lille. L’analyse chimique seule pourra vous faire connaître la nature de ce produit. — M- Dubois, à Paris. Nous ne pensons pas que la force motrice dont vous disposez soit suffisante pour actionner ce moteur. — M. L. M., à Arras. Les résultats de vos calculs ne sont pas exacts; vous avez oublié de diviser par 2, — M. G. V., à Paris; M. Héraud,k Marseille. Voyez les Recettes et procédés utiles, 1” série, à la librairie G. Masson.
- — M. Lerot, à Paris; M. X., à Nice; Un lecteur, à Brest. Ces renseignements sont donnés dans les Recettes et procédés utiles, 3° série, à la même librairie que ci-dessus. — M. Lafont, à Paris. Remerciements pour votre communication. — M. P. Duchâteau, à Schaerbeck. Remerciements pour votre communication; mais vous donnez une démonstration qui est déjà bien connue.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- 15
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Dressé A l’Observatoire de Paris, d’après les publications du Bureau des longitudes
- JANVIER-FÉVRIER-MARS 1896. — POSITION DES PRINCIPALES PLANÈTES.
- lFév.
- • Cocher
- IMars
- Passage eu méridien à minuit
- Persée
- Moue lie £»
- vJUPITEIl
- rî TjL \
- Bélier
- NEPTL
- Petit Chien
- Orion'
- SO -EIL
- Baleine
- Lièvre
- Grand /Chien
- Bouyier
- Hercul
- Dauphin
- Poissons
- ihiucus
- Aigle et Aitinoüs
- ^ Verse
- Serpent
- ATUftNE
- Corbeau]
- U R ANUS
- 1 Jarw.
- 1 Mars
- MARS.
- orpion
- Sagittaire
- Poisson Austral
- PRINCIPAUX PHENOMENES ASTRONOMIQUES
- Satellites de Jupiter.
- ÉCLIPSES. ____ OCCULTATIONS.
- 1886. Satellites. Commencement. Fin. Immersion. Emersion.
- Janvier 1 I 8 h. 16 m. 1 s. 11 h. 7 m.
- — 1 II 16 h. 8 m. 49 s.
- — 5 II 9 h. 16 m.
- — 6 I 15 h. 41m. 19 s. 18 h. 25 m
- — 7 III 16 h. 26 m. 49 s.
- — 8 I lOh. 9m. 48s. 12 h. 51 m.
- — 8 II 18 h. 44 m. 32 s.
- — 10 1 7 h. 17 m.
- — 12 II 8 h. 2 m.41 s. 11 h. 31 m.
- — 13 I 17 h. 35 m. 13 s.
- — 15 I 12 h. 3 m. 43 s. 14 h. 34 m.
- — 17 I 6 h. 32 m. 11 s. 9 h. 0 m.
- — 19 II 10 h. 38 m. 19 s. 13 h. 45 m.
- — 20 IV 13 h. 52 m. 18 s. 19 h. 17 m.
- — 20 I 19h.29m.15s.
- — 22 I 13 h. 57 m. 49 s. 16 h. 18 m.
- — 24 I 8 h. 23 m. 10 h. 44 m.
- 26 II 16h. 4m. 11 s. 13 h. 4 m.
- — 29 III 7 h. 52 m. 42 s.
- — 29 I 18 h. 7 m. 31 s. 15 h. 41 m.
- — 30 II 5 h. 21 m. 47 s. ,
- — 31 I 12h.36m. 5s. 10 h. 7 m.
- Février 2 I 7 h. 4 m. 45 s.
- — 2 II 15 h. 18 m.
- — 5 III 11 h. 51m. 48 s. 7 h. 3 m.
- — 5 I 17 h. 25 m.
- — 6 II 7 h. 57 m. 21 s.
- — 6 IV 12h.26m.36s.
- — 7 I 14h. 30m. 36s. 11 h, 51 m.
- ÉCLIPSES. OCCULTATIONS.
- 1896. Satellites. Commencement, Fin. Immersion. Emersion.
- Février 9 I 8h. 59m. 19s. 6 h. 17 m.
- — 9 II 17 h. 33 m.
- — 12 III 15h.51 m. 9s. lOh. 21 m.
- — 13 11 10 h. 32 m. 53 s. 6 h. 41 m.
- — 14 I 16h.25m.17s. 13 h. 36 m.
- — 16 I 10h.54m. 3s. 8 h. 2 m.
- — 19 III 13 h. 42 m.
- — 20 II 13h. 8m.21 s. 8 h. 58 m.
- — 21 I 15 h. 21 m.
- — 23 IV 6h.31m.44s.
- — 23 I 12h. 48 m. 54s. 9 h. 48 m.
- — 25 I 7 h. 17 m. 37 s.
- — 27 11 15h. 43m. 47s. 11 h. 16 m.
- Mars 1 I 14h.43m.54s. llh. 35m.
- — 3 I 9h. 12m. 38 s. 6 h. 2 m.
- — 5 II 13 h. 37 m.
- — 8 I 13 h. 23 m.
- — 9 II 7h.36m.50s.
- — 10 I llh. 7m.46s. 7 h. 50m.
- — 10 IV 10 h. 25 m. 15 h. 4 m.
- — 12 111 7 h. 51 m. 14 s.
- — 15 I 15 h. 12 m.
- — 16 11 lOh. 12m. 4s.
- — 17 I 13h. 2m.59s. 9h.40m.
- — 19 III 8h. 19m. 0s. 11 h.51m. 0s. 7 h. 24 m.
- — 19 I 7 h. 31m. 51 s.
- — 23 II 12h.47ml5s. 7h. 37m.
- — 24 I 11 h. 30 m.
- — 26 III 12 h. 18 m. 30 s. 7 h. 28 m. 11 h. 6 m.
- — 26 I 9h.27 m.Ils.
- — 27 IV 14 h. 2 m. 55 9. 7 h. 18 m.
- — 30 11 10 h. 6 m.
- — 31 I 13 h. 22 m.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Éclipse partielle de lame, le 28 février I89G, en partie visible à Paris.
- Temps moyen de Paris.
- Entrée de la Lune dans la pénombre, 28 février à . . . 5 h. 25 m, 0-
- Entrée dans l’ombre, 28 février à..............• A 6 h. 25 m, 7-
- Milieu de l’éclipse, 28 février à.................... 7 h. 55 m, 1-
- Sortie de l'ombre, 28 février à...................... 9 h. 24 m, S.
- Sortie de la pénombre, 28 février à..................10 h. 23 m, 1.
- Grandeur de l’éclipse =0,871, le diamètre de la lune étant un.
- Image directe.
- Angle au pôle pour l’entrée dans l’ombre. ........ 85°
- Angle au pôle pour la sortie de l’ombre ......... 330°
- Lever de la Lune à Paris, 28 février, à S b. 32 m.
- Éclipse annulaire de Soleil, le 13 février 1896, invisible à Paris.
- Commencement de l’éclipse générale, 13 février, à 2 h. 3 m, 2, temps moyen de Paris, dans le lieu, longitude = 141° 22' 0. de Paris, latitude =58° 4'A.
- Commencement de l’éclipse annulaire, 13 février, à 3 h. 40 m, 9, temps moyen de Paris, dans le lieu, longitude = 129°58’E. de Paris, latitude = 75° 48' A.
- Commencement de l’éclipse centrale, 13 février, à 3 h. 48 m, 1, temps moyen de Paris, dans le lieu, longitude = 115° 20' E. de Paris, latitude = 75° 49' A.
- Fin de l’éclipse centrale, 13 février, à 5 h. 17 m, 9, temps moyen de Paris, dans le lieu, longitude = 26° 45' E. de Paris, latitude = 40° 53' A.
- Fin de l'éclipse annulaire, 13 février, à 5 h. 25 m, 1, temps moyen de Paris, dans le lieu, longitude = 24° 2' E. de Paris, latitude = 37° 48' A.
- Fin de l’éclipse générale, 13 février, à 7 h. 2 m, 7, temps moyen de Paris, dans le lieu, longitude = 8° 45' 0. de Paris, latitude = 10° 18' A.
- Occultations des Étoiles par la Lune, visibles à Paris.
- 1896. Nom de l’étoile. Grandeur. Immersion Emersion.
- Janvier i n1 Ecrevisse. 6 14 h. 37 m, 5 Appuis» 1 2'9 du btrd.
- 3 v Lion. 5.6 12 h. 55 m, 2 Appuis» 1 A'3dsburd.
- — 6 y Vierge. 5 15 h. 34 m, 3 16 h. 28 m, 0
- — 19 14 Poissons. 6 6 h. 3 m, 2 6 h. 34 m, 5
- — 26 1648 B.A.C. 6.7 7 h. 18 m, 6 8 h. 26 m, 4
- — 29 2991 B.A.C. 6.7 18 h. 59 m, 2 19 h. 33 m, 8
- — 30 3209 B.A.C. 6.7 6 h. 58 m, 1 7 h. 21 m, 7
- — 30 i Lion. 6 16 h. 39 m, 9 17 h. 32 m, 6
- Février 1 79 Lion. 6 12 h. 30 m, 2 Appuis» 1 î'8 du b«rd.
- — 1 u Lion. 4.5 20 h. 4 m, 3 20 h. 13 m, 7
- — 9 t Sagittaire. 3.4 19 h. 4 m, 4 20 h. 16 m, 7
- — 22 9484 Lalande. 6.7 11 h. 34 m, 7 12 h. 20 m, 2
- — 23 136 Taureau. 5.6 6 h. 5 m, 0 Appuis» A i'A du (tard.
- — 25 j*.1 Ecrevisse. 6 11 h. 59 m, 7 Appuis» A O'I du bord.
- — 27 v Lion. 5.6 8 h. 59 m, 2 9 h. 12 m, 5
- Mars 2 83 Vierge. 6 12 h. 15 m, 8 13 h. 22 m, 3
- —. 5 5603 B.A.C. 6.7 14 h 18 m, 7 15 h. 23 m, 3
- — 19 18 Taureau. 6.7 7 h. 55 m, 1 9 h. 0 m, 9
- — 19 19 Taureau. 5 8 h. 23 m, 8 Appuis» A 3'8 du bord.
- — 25 4 Lion. 6 14 h. 51 m, 0 15 h. 15 m, 5
- — 27 7Ô Lion. 6 10 h. 12 m, 4 11 h. 8 m, 6
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- VENT PLUIE EN
- OBSERVATIONS THERMOMÈTRE DIRECTION ET FORCE ÉTAT DU CIEL OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- 7 HEURES DU MATIN DE 0 A 9 HlLlilMËl KÜlï
- Lundi 16 décembre. 1°,0 S. S. W. 2. Beau. 10,7 Couvert de 9 à 23 h.; peu nuag. avant; nuag. après; un
- peu de pluie à 17 h. 30-19 h.; gelée blanche. ,
- Mardi 17 3°,9 S. E. 2. Couvert. 0,1 Presque couvert jusqu’à 17 h.; nuageux ensuite ; gelée
- blanche.
- Mercredi 18 0°,0 E. S. E. 2. Beau. 0,0 Nuageux à 1 h. et de 19 h. à 21 h.; couvert ensuite;
- beau le reste du temps.
- Jeudi 19 — 0°,9 N. N. E. 3. Couvert. 0,0 Couvert, brumeux.
- Vendredi 20 ... . — 0°,9 N. N. E. 3. Couvert. 0,0 Couvert; pluie fine de 14 h. 30 à 16 h.; bruine dans la
- soirée.
- Samedi 21 0°,9 N. N. W. 2. Couvert. 0,2 Couvert saut quelques éclaircies dans la soirée ; gouttes de 17 à 19 h.
- Dimanche 22 ... . — 2°,8 E. 0. Peu nuageux. 0,1 Nuageux à 1 h. et de 7 h. à 18 li.; beau le reste du
- temps.
- DÉCEMBRE 1895 -- SEMAINE DU LUNDI 16 AU DIMANCHE 22 DÉCEMBRE
- Lundi I Mardi I Mercredi ( Jeudi | Vendredi | Samedi j Dimanche |
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer)', courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Orages et tempêtes. — Pendant les premiers jours du mois de décembre 1895, une série d’orages et de tempêtes s'est abattue sur l’Europe. A Paris, le 7 décembre, un vent violent accompagné d’abondantes averses n’a pas cessé. Le matin, vers 7 heures, il est tombé de la grêle mêlée de pluie et de neige fondue. La température a baissé et le soleil s’est ensuite montré dans quelques éclaircies. Du 8 au 16 décembre, la pluie est également tombée en grande abondance. A Epinal, la pluie a provoqué, à la même date, une nouvelle crue de la Moselle. La rivière s’est subitement élevée ; à 5 heures du soir, elle atteignait 1 mètre au-dessus du niveau ordinaire. A Remiremont les eaux se sont élevées à plus de 2 mètres au-dessus du niveau normal. La digue du canal s’est rompue à Châtel-Nomexy en deux endroits sur une longueur totale de 150 mètres, à la place même où elle fut coupée le 27 avril 1895, lors de la catastrophe de Bouzey.
- En Alsace-Lorraine une violente tempête a sévi pendant deux jours sur la région, occasionnant de sérieux dégâts. La neige est tombée sur toute la ligne des Vosges.
- Un orage violent, accompagné d’éclairs et de coups de tonnerre, d’une
- intensité extraordinaire, s’est abattu le 6 décembre, à minuit, sur Berlin. En même temps la neige est tombée en abondance.
- Une tempête d’une violence sans précédent a eu lieu le 7 décembre sur toute la Belgique. Elle a causé des dégâts sans nombre et aussi plusieurs cas de mort. Les rues de Bruxelles ont été couvertes de décombres, et la circulation dans la capitale était presque complètement interrompue. Les bateaux d’Ostende ont dû suspendre le service d’Angleterre.
- Le 5 et le 6 décembre, des ouragans violents ont également eu lieu en Angleterre, la pluie est tombée en très grande quantité, et le vent a fait de nombreux désastres.
- Une violente bourrasque >’est déchaînée le 6 décembre dans la soirée sur la ville de Vienne, en Autriche, brisant les vitres des fenêtres et arrachant les tuiles et les enseignes. Quelques personnes ont été blessées.
- 'Tremblement de terre. — Le 7 décembre 1895, uii peu après 9 heures et demie du matin, trois légères secousses de tremblement de terre se sont fait sentir à Lorient, séparées par des espaces presque inappréciables. Différents phénomènes ont été observés : il y a eu de la vaisselle brisée, des cadres déplacés, etc., mais aucun accident sérieux.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 16, à 6 h. 39 m. du matin.
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- Les lettres et communications relatives à la rédaction de « La Nature » et de son « Supplément »,
- « Boîte aux lettres », etc-, doivent être adressées à M. Gaston Tissandier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVICE DU JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES A LA LIBRAIRIE G. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- LA SEMAINE
- Explosion d’un récipient diacide carbonique. —
- M. Périsse a parlé récemment, à une $es séances de la Société des ingénieurs civils de Frayç^, d’une explosion dernièrement survenue à Paris d’un récipient d’acide carbonique liquide. Le Bulletin de la Société, du 6 décembre 1895, a publié un autre fait de ce genre qui s’est produit dans l’Inde et qui a été mentionné par le colonel Shepherd à YEngineer de Londres. Le 19 mai 1895, un récipient, contenant de l’acide carbonique liquide, a fait explosion à la gare d’Amribsar, dans le Punjab, au moment où il venait d’être déchargé d’un wagon. Ce récipient était un cylindre d’acier sans soudure, essayé par le fabricant sous une pression de 3750 livres par pouce carré, soit environ 265 kilogrammes par centimètre carré, ainsi qu’il était marqué sur le récipient même. Son diamètre était de 0m,170 et sa longueur de 0m,75 ; au moment de l’explosion, il n’était pas tout à fait rempli d’acide carbonique liquide et pesait 40 kilogrammes avec sa charge. Quatre de ces récipients avaient été expédiés de l’usine de production à diverses destinations et. après avoir fait pendant la nuit un parcours de plus de 100 kilomètres, étaient arrivés à la gare de bifurcation d’Amribsar ou ils devaient être transbordés dans un autre train. Le temps était très chaud, mais rien n’indique que le déchargement ait été fait au soleil. Trois récipients avaient été déchargés du wagon sur le quai, un grand et deux petits, lorsqu’un de ces derniers fit explosion, avec un grand bruit, au moment où il venait d’être déposé sur le sol. Yoici quels furent les effets mécaniques de l’explosion. Le plus grand des trois récipients fut simplement roulé sur le quai et tomba sur la voie située à 0m,90 en contre-bas. Le cylindre voisin de celui qui avait fait explosion fut lancé du quai par-dessus un hangar à marchandises de 10 mètres environ de hauteur et tomba à une distance de 90 mètres de sa position primitive sans avoir subi le moindre dommage, si bien qu’il fut de suite relevé et envoyé à destination. Enfin les débris du cylindre qui a fait explosion ont été lancés à 27 mètres de distance dans la direction opposée; on a retrouvé un gros morceau et six petits. La
- {>esée de ces morceaux a fait évaluer à plus de 2 kilogrammes e poids de ce qui n’a pas été retrouvé. L’examen des débris a fait constater l’existence d’une fissure. Le métal était d’ailleurs de bonne qualité.
- INFORMATIONS
- —®— La Société régionale vénitienne pour la pêche et la pisciculture, dont le professeur italien Merehinelli est secrétaire, s’occupe en ce moment d’introduire le Saumon de Californie dans les cours d’eau de la région. Elle s’est adressée à l'Aquarium du Trocadéro, à Paris, pour se procurer des œufs, et, le 4 novembre 1895, un colis renfermant 2000 œufs embryonnés de Salmo Quinnat est parti pour Vicence, où se trouve le siège de la Société. Les succès remarquables que cette Société a déjà obtenus en introduisant les
- Corégones du lac de Constance dans le lac de Garde sont un sûr garant qu’elle mènera à bien cette intéressante et utile tentative.
- —C’est un fait bien connu que les chevaux perçoivent des bruits ue nous, faibles humains, ne pouvons entendre. Un correspondant e YÉleveur affirme que lors du grand tremblement de terre de la Riviera (Rivière de Gênes), les chevaux, bien avant la catastrophe, donnèrent les signes d’une inquiétude qui allait toujours grandissant. Les habitants n’entendirent de bruits souterrains que quelques secondes avant la première secousse, et les chevaux, depuis plus de soixante-douze heures, avaient manifesté leur inquiétude.
- —On emploie actuellement à Bakou un procédé d’extraction du goudron, bitume et vernis de naphte, dû à M. Adiassewitch. On opère sur les résidus acides, auxquels on fait subir une distillation à haute température ; on introduit sous la masse de l’air chaud et on fait agir un courant électrique. En continuant ce traitement pendant un temps suffisant, on obtient le bitume solide. Un appareil commandé par une machine de 16 chevaux permet d’obtenir environ 40 000 kilogrammes de bitume par jour. Ce produit a son application dans la fabrication de l’asphalte, des vernis, des étoffes imperméables, de l’ébonite, etc. L’utilisation de leurs dérivés de la série aromatique a également une importance considérable.
- —On a essayé toutes sortes de procédés pour empêcher le phylloxéra de dévorer les vignes : on a enterré notamment au pied des ceps des tomates, du tabac, du maïs et bien d’autres choses. On n’a guère réussi, il faut l’avouer. Le journal espagnol el Defensor, de Grenade, préconise l’ail comme moyen de défense. Un cultivateur du village de Valor, dit-il, village célèbre par sa production d’ail, eut l’idée d’enterrer au pied de ses vignes phylloxerées des aulx dont il ne pouvait se défaire, la vente ayant manqué. Le phylloxéra fut, paraît-il, détruit complètement. Nous publions cette méthode singulière sous toute réserve.
- Notes cyclistes. — Bien que les nouveaux véhicules automoteurs qui figurent au Salon du Cycle n’aient pas encore été tous baptisés, on n’a pas lieu d’être satisfait des noms qui commencent à se répandre. Un des premiers soins de Y Automobile-Club de France, actuellement en voie de création, devra être d’user de son autorité pour fixer la terminologie qui s’égare, à notre avis, dans des néologismes d’une décevante inexactitude. Exemple : on désigne sous le nom de pétrolette certaines bicyclettes à moteurs à gazoiine. Or, il n’a jamais été construit, jusqu'à ce jour, de moteur à pétrole pour bicyclette. Quel nom donnera-t-on alors aux mêmes bicyclettes le jour où l’on parviendra à les actionner par de vrais moteurs à pétrole, le pétrole lampant des épiciers ou kérosène? D’antres proposent motocycles, pour les cycles à moteur, réservant le nom d’automobiles pour les voitures que certains voudraient appeler voiturettes. En Angleterre, on lance le nom autocar, et la série continue, sans méthode et sans souci des caractères techniques des véhicules, de leur destination, de la fonction rationnelle des noms composés, etc. Sans prendre parti dans le débat, il nous semble grand temps de crier casse-cou et de souhaiter une entente rapide et définitive.
- — Ceux que les machines à double multiplication intéressent n’ont plus aujourd’hui que l’embarras du choix. Nous avons vu, au Salon du Cycle, un changement de vitesse à double chaîne, deux à chaîne sautante, quatre ou cinq systèmes à chaîne unique agissant les uns sur l’axe des pédales, les autres sur la roue d arrière, et, enfin, une acatène à deux vitesses avec action directe par les engrenages. Ces progrès, aujourd'hui acquis, ménagent d’agréables promenades aux touristes pour la saison prochaine.
- Un ami de la bicyclette.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La machine à calculer se trouve chez M. Desché, constructeur, 64, rue de Turenne, Paris.
- Communications. — M. P. Nieuwland, à Anvers, nous a envoyé la description d’un nouveau moteur polyphasé asynchrone de son invention. Les dispositions qu’il a réalisées permettent d’obtenir lé maximum du rendement par l’utilisation de tous les courants induits, en faisant déterminer aux courants de Foucault une action motrice utile au lieu de leur laisser exercer des actions nuisibles. L’induit de ce moteur est constitué par un disque métallique qui est exposé par sa face seulement au fchamp magnétique. Cet induit est subdivisé en un grand nombre de conducteurs radiaires en dérivation les uns sur les autres. Cette disposition peut être obtenue de plusieurs manières; l’auteur nous donne divers schémas. Dans un autre modèle l’induit est caractérisé par un disque en un ou plusieurs métaux appropriés, divisé en un grand nombre de rayures métalliques par des cloisons isolantes qui se trouvent insérées entre deux cercles cencentriques réunissant les extrémités des rayons. Notre correspondant nous indique encore que l’inducteur comprend un enroulement en spirale d’une tôle découpée en crêne-lures latérales, et qu’un induit se trouve de chaque côté de l’inducteur pour équilibrer les attractions magnétiques.
- MM. È. Bloxkam et J. Desforges, à Paris, nous adressent une Notice relative au moteur à gaz et à pétrole Dawson. Les divers modèles ont des puissances variables de un quart de cheval à 16 chevaux ; la vitesse angulaire est respectivement de 1100 tours et 550 tours par minute. Les constructeurs peuvent également établir sur commande des moteurs de 500 chevaux. Le moteur Dawson se distingue par sa grande vitesse angulaire, son emplacement réduit, son prix d’installation restreint, l’emploi de poulies de petits diamètres et la suppression de courroies et des transmissions intermédiaires. Ce moteur présente une grande régularité de marche à toutes les charges, un rendement élevé et un fonctionnement très économique.
- M. H. Anol, à Chalon-sur-Saône, nous fait parvenir la description d’un nouveau système de passerelle ou pont volant à l’usage des armées en campagne. Ce système, dû à un officier supérieur du génie suisse, a été construit par les Chantiers du Creusol, et aété expérimenté dernièrement avec plein succès. Ce système consiste dans des chevalets articulés qui supportent une poutre horizontale travée par travée. Toute la charpente de la passerelle est métallique, le tablier est composé de plateaux fixés par des brêlages. La poutre est formée par la juxtaposition bout à bout de divers éléments de longueur et de poids réduits pour la facilité du transport et de la manœuvre. Le chevalet se compose de quatre pieds ou béquilles tubulaires qui portent près de la pointe une plaque de tôle destinée à empêcher ou à limiter l’enfoncement dans le sol de la rivière; il comprend également une traverse supérieure munie à ses extrémités de montures articulées dont chacune reçoit un pied. Pour le lancement, il suffit de porter en avant une des paires de béquilles du chevalet, de pousser la poutre, de reporter en avant la seconde paire de béquilles et de donner un nouveau mouvement pour s’avancer ainsi dans la rivière par larges enjambées.
- Renseignements. — M. J. B., à Rouen. — L’encre d’imprimerie ne saurait être enlevée sur le papier; on a souvent essayé, mais il n’v a pas de procédé.
- M. le Dr Deboys, à Paris. — Nous avons publié un article sur les glaces platinées dans le n° 928, du 14 mars 1891, p. 259; les fabricants de ces glaces sont MM. E. et II. Dodé, 99, boulevard de Charonne, à Paris.
- IJabonné 7727, à Paris. — Vous trouverez divers traités sur la culture en serre à la Librairie agricole de la Maison rustique, 26, rue Jacob.
- M. J. Poulain, à Marseille. — Ces sortes de colles figent
- quand on les laisse refroidir; il faut les maintenir au bain-marie pour pouvoir s’en servir.
- M. À., à Rivière-Blanche. — Vous trouverez du vernis noir pour meubles chez tous les marchands de couleurs.
- Un abonné, à Toulouse. — Ces armes se trouvent ordinairement chez les armuriers.
- M. Delisle, à Paris. — Agence de brevets : M. Armengaud aîné, 21, boulevard Poissonnière, à Paris.
- M. J.-B. Avel, à Vic-le-Comte. — Nous avons déjà fait connaître à plusieurs reprises diverses adresses de marchands chez qui on pourrait se procurer du carbure de calcium à des prix raisonnables ; voyez notamment en tête de la Boîte aux lettres du n° 1160, du 24 août 1895.
- M. Em. J., à Bagdad. — 1° Phonographes : M. Werner, 85, rue de Richelieu, à Paris. — 2° Téléphones : M. Postel-Vinay, 8, rue des Volontaires ; M. Mildé, 26, rue Laugier, et la Société des téléphones, 25, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, à Paris.
- M. L. J., à Charleroi. — Un marchand de produits chimiques pourra vous procurer cette substance.
- M. E, D., à Gand. —Consultez l’Agenda du chimiste 1895; vous trouverez dans le tableau donnant les propriétés principales des corps organiques, p. 258 et suivantes, divers corps satisfaisant aux conditions que vous indiquez.
- M. G. Garbe, à Saint-Valery-sur-Somme. — Il est difficile de déterminer la section du fil sans faire quelques calculs en connaissant la nature du fer. Vous pourriez toutefois essaver, du fil de 1 à lmm,l de diamètre pour l’induit, et de 0mm,'7 à 0mm,8 pour les inducteurs. L’excitation en dérivation sera très difficile, à une aussi faible puissance.
- Mme la comtesse de Bernaud, à Montpellier. — 11 existe un très grand nombre de méthodes de sténographie ; nous vous indiquerons en particulier la méthode de M. Menet, à Montigny Lencoup (Seine-et-Marne), la méthode de M. Prévost-Delaunay, à la librairie Dubos, 150, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. G. Clouzot, à Niort. — 1° Si vous voulez bien nous donner quelques renseignements sur ce cyclone, nous les indiquerons dans nos communications. — 2° L’hyposulfite de soude peut en effet remplacer le chlorhydrate d’ammoniaque dans la pile; mais les constantes de la pile ne restent plus les mêmes.
- Accusés de réception. —Avis divers. — M. Véry, à Brest. Il serait nécessaire de faire quelques essais de laboratoire pour pouvoir vous répondre. — M. Leroux, à Paris. Pour avoir la puissance électrique, il faut multiplier la différence de potentiel en. volts par l’intensité en ampères ; si vous divisez ces deux facteurs, l’un par l’autre, vous obtenez la résistance. — M. D. B., à Lyon; M. V. Roux, à Paris. Consultez les Recettes et procédés utiles, lro série, à la librairie G. Masson. — M. Girard, à Marseille; M. Lenoir, à Versailles. Ces recettes sont données dans les Recettes, et procédés utiles, 2e série, à la même librairie que ci-dessus. — M. D. L-, à Paris; M. Dubois, à Lille. Remerciements pour vos communications.
- COURS ET CONFÉRENCES
- Union coloniale française
- CONFÉRENCES DE 1896
- Salle de la Société de Géographie, 184, boulev. St-Germain, Paris.
- A 8 heures et demie du soir.
- Jeudi 9 janvier. M. de Montebello, député. L’armée coloniale. Présidence de M. Léon Sav, député, membre de l'Académie française. — Jeudi 25 janvier. M. Charles Roux, député. Comment avoir des colonies prospères. Présidence de M. le prince d’Arenberg, député. — Jeudi 6 février. M. Marcel Dubois, professeur de géographie coloniale à la Sorbonne. Les colonies et Venseignement géographique. Présidence de M. Ilelcassé, député, ancien ministre des Colonies. — Jeudi 27 février. M. d’Es-tournelles, député. Le recrutement des fonctionnaires des colonies. Présidence de M. Ribot, député, ancien président du Conseil des ministres. — Jeudi 5 mars. M. Ulysse Pila, membre de la Chambre de commerce de Lyon. Dix années de luttes aux colonies. Présidence de M. Aynard, député, président de le Chambre de commerce de Lyon. — Jeudi 19 mars. M. J. Chailley-Bert, publiciste, secrétaire général de l’Union coloniale français e. L’Œuvre de colonisation et l’éducation nationale. En organisant cette série de Conférences, l’Union coloniale française se conforme à sa devise : Servir la cause coloniale.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le hindi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Théâtre optique pour tableaux virants. — Lorsqu’on regarde un sujet quelconque, un pantin par exemple, au moyen d’une lentille à plusieurs courbes, et qu’on promène ensuite ce pantin dans toutes les directions, on voit son corps et ses membres se livrer aux mouvements les plus variés comme si en
- Lentille ondulée déformant les objets et leur donnant l’aspect du mouvement. — 1. L’opérateur. — 2. La lentille à courbes. —5. Le pantin animé de haut en bas par l’opérateur.
- réalité il était vivant. Notre figure représente cette lentille derrière laquelle on imprime au pantin des mouvements en rapport avec le genre d’exercice qu’il exécute. Un clown portant un poids, paraîtra faire des efforts pour le soulever. S’il tient son chapeau en équilibre sur le nez, il fera des mouvements de jambes et de torse pour maintenir cet équilibre. Un danséur fera des sauts en agitant les jambes, puis sa poitrine se soulèvera comme s’il était essoufflé. Une gravure de navire en mer imitera le mouvement des vagues. Dans un bouquet on verra les feuilles s’allonger comme s’il croissait à vue d’œil. Chacun pourra, outre les échantillons qui accompagnent ce jouet, se faire une collection de sujets au moyen de chromos, gravures, photographies, et imaginer de petites scènes théâtrales appropriées au personnage. La lentille, qui a 25 centimètres carrés, est montée sur deux pieds, entre lesquels on fait passer la tige qui porte le pantin. Elle est formée par deux feuilles de verre, l’une plane, l’autre courbe, mastiquées dans un cadre de cuivre, formant ainsi un réservoir qui est rempli d'eau. — Cet appareil se trouve chez M. T. Munier, 24, rue Rochebrune, Paris.
- Le couteau ù. poisson. — Rien n'est aussi désagréable et difficile comme d’écailler les poissons, et je suis certain que les personnes qui s’occupent de cuisine nous sauront gré de leur
- Couteau à poisson.
- signaler en cette place un instrument si pratique qui comblera la lacune existant à ce sujet. Ainsi que le montrent nos figures, ce couteau, par sa construction, quand on s’en sert bien, débarrasse les poissons de leurs déchets; quand on écaille un poisson avec un couteau ordinaire, il en résulte qu’étant obligé de gratter les écailles h contre-sens, elles sont projetées parfois au dehors du plat. L’appareil que nous présentons à nos lecteurs se divise en deux parties, n°* 1 et2. La première partie, n°l , est le couteau proprement dit ; d’un côté, le dos, en forme d’une
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est'étrangère aux annonces.
- double rangée de dents coupantes et espacées les unes des autres (c’est cette partie qui sert à enlever les écailles) ; de l’autre côté est la lame arrondie qui sert à ouvrir, à couper et à parer le poisson. La deuxième partie, n° 2, est formée d’une joue cintrée qui vient se fixer par deux petits boutons sur le couteau, et qui, pendant l’opération, reçoit toutes les écailles, les emmagasine, et les empêche de se disperser. Lorsqu’on n’a pas de poisson à écailler, ce couteau, débarrassé de sa joue mobile, a l’avantage de rendre l’office d’un excellent couteau de cuisine servant à tous les usages. Le n° 3 indique la manière d’opérer. — Ce couteau est en vente chez M. Mathieu, 131, galerie de Valois, Palais-Royal, Paris.
- L’instructeur pneumatique, — Ce nouveau jeu procède par questions et réponses. Il comprend 5 tableaux dont chacun comporte 24 questions, réparties sur le pourtour, et les 24 réponses correspondantes disséminées à l’intérieur du cadré formé par les questions. Pour se servir de l’appareil, il ne faut laisser qu'une seule feuille à la fois sur la plaque vernie ; on la met d’ailleurs dans un sens quelconque par rapport aux côtés de la boîte. Supposons que l’on opère avec le tableau intitulé : Inventions et découvertes. Veut-on par exemple poser la question : « Quel est l’inventeur de l’imprimerie? )) Il suffit pour cela d’enfoncer le poinçon en os dans le petit trou du çaoutchouc correspondant àla question. Pour trouver la réponse, on prend l&.baguette pneumatique que l’on tient verticalement le caoutchouc en bas, et on la promène sur toutes les réponses en appuyant assez fortement le caoutchouc sur la plaque vernie, bien au centre des trous découpés dans le papier. Quand on arrive à la réponse voulue : « Gutenberg (1450), né
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- Jeanne Dare?
- L’instructeur pneumatique. — 1. Vue des plaques vernies noires ; à la surface aboutit le tube inférieur caché dans la boîte qui fait communiquer la case de la demande fn” 2) dont le tube est bouché avec un poinçon avec la ca*e de la réponse où l’on a appuyé la baguette à rondelle de caoutchouc.
- à Mayence », la baguette pneumatique reste adhérente à la. plaque vernie ; elle refuse de la quitter à moins d’une traction assez forte et indique de cette, façon la solution cherchée. — Cet appareil se trouve chez M. Henri Chasles, 7 bis, rue du Louvre.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Le saucisson de cheval. — Chaque année, l’abattoir de Vil-’ lejuif, le seul qui reçoive des chevaux, sacrifie pour la boucherie près de 20 000 chevaux (17 000 au recensement de 1893). Les 120 boucheries hippophagiques ne débitent en général, comme viande de boucherie, du reste parfaitement saine et bonne, que les beaux morceaux. Le reste est haché et transformé en saucisson. 11 n’y a jusque-là rien de mal. Le saucisson de cheval, aussi bien que la viande, peut être prisé par les consommateurs, plaire et être ingéré comme le meilleur saucisson de Lyon, lequel, je l’espère, ne contient pas encore de produit hétéroclite. Mais le diable, c’est que ce saucisson, fabriqué avec les restes de nos fins coursiers des boulevards, est souvent vendu comme saucisson de porc, des plus authentiques. Allez donc, vous, ménagère, reconnaître l’un de l’autre. Même apparence,' même fumet, même enveloppe argentée. Un histologiste a bien prétendu qu’on peut reconnaître la provenance d’après la configuration différente des cellules graisseuses chez les divers! animaux, et il se fait fort de trancher la difficulté, même sur un saucisson cuit. En tout cas le moyen n’est pas à la portée du premier venu, celui que je vais indiquer non plus; mais il suffit d’être teinté de quelque peu de notions chimiques pour arriver à dévoiler la fraude. Ce procédé, dù à Brautigam, a été essayé par M. Nocard, qui l’a reconnu parfait. Voici la manière d’opérer : La viande ou le saucisson sont finement hachés, mis
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- à bouillir, pendant une heure, dans quatre fois leur poids d’eau ; un vrai pot-au-feu, comme vous voyez. Quand le bouillon est refroidi, on ajoute un peu d’acide nitrique ordinaire, de 5 à 5 pour 100, puis on filtre. Prenez alors un peu de ce liquide dans un tube à expérience, faites couler le long de la paroi du verre un peu de solution aqueuse d’iode-iodurée. S’il s’agit de viande de cheval, vous verrez se produire un cercle rouge brun-violacé qui n’existe jamais avec la viande de bœuf, de mouton, de porc, de poulet. Les fabricants de saucissons ajoutent souvent de la farine et l’amidon donne avec l’iode une coloration bleue intense due à l’iodure d’amidon qui masquerait le résultat de l’expérience. Il faut alors précipiter au préalable l’amidon avec l’alcool à 80° ou avec l’eau de baryte. Ce procédé de reconnaissance de la viande de cheval réussit également très bien pour l’examen des conserves qui contiennent souvent autre chose que du bœuf. Dr X.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Procédé pour obstruer les fissures et pores de la fonte de fer. — M. A. Demaeght, chimiste à Bruxelles, nous adresse l’intéressante Note suivante : Divers moyens ont été préconisés jusqu’à ce jour; l’emploi d’un produit chimique ou autre tel que le sel ammoniac, l’urine, est actuellement d’un usage courant pour provoquer la formation d’un sel de fer facilement oxydable qui fournit bientôt une certaine quantité d’oxyde de 1er hydraté; c’est celui-ci qui aveugle les fuites que l’on a parfois grand intérêt à oblitérer dans les cylindres métalliques. Ce procédé présente cependant l’inconvénient d’être fort long; plusieurs jours sont souvent nécessaires pour obtenir un résultat complet, c’est-à-dire une étanchéité parfaite. De plus faut-il considérer la formation de l’oxyde de fer hydraté aux dépens même de la pièce à rendre étanche. Nous sommes parvenus à combler les fissures et pores de la fonte d’une façon aussi rapide que certaine. Voici le processus à suivre. On introduit dans le cylindre jusqu’à le remplir une certaine quantité de perchlorure de fer (produit liquide du Codex belge). On comprime ensuite le liquide jusqu’à le faire perler sur la surface externe du cylindre; le cylindre se trouve alors tout entier injecté de perchlorure de fer dans son épaisseur. La cavité est ensuite purgée de perchlorure ; on l’essuie avec soin de manière à retrouver la surface brillante du métal alésé. On remplit ensuite d’ammoniaque à 22° Baumé et on recommence la compression. Une double décomposition ne tarde pas à s’opérer dans l’épaisseur de la paroi du cylindre; le perchlorure de fer se transforme, sous l’influence de l’ammoniaque, en oxyde de fer hydraté, spumeux d’abord, grumeleux et compact ensuite sous l’influence de la pression interne; il reste aussi du chlorure ammoniaque, qui attaquera le fer plus tard en le transformant ultérieurement en un composé oxvdé qui vient s’ajouter au premier. Les fuites constatées au début de l’opération, qui ne demande pas plus de deux heures de travail, sont complètement aveuglées dès que l’ammoniaque suinte extérieurement; il suffit alors de soutirer cette base, qui peut servir presque indéfiniment comme le perchlorure de fer antérieurement soutiré. Il reste à remarquer que, tandis que dans le procédé ordinairement appliqué jusqu’à ce jour, l’obturation a lieu (( aux dépens mêmes de la fonte » du cylindre, il n’en est plus de même ici, et qu’au contraire c’est une véritable injection d’hydrate de fer étrangère dans sa formation au métal du cylindre, qui fournit tout le travail. Le résultat est rapide et certain.
- Coloriage des photographies. — Voici, sur ce sujet, quelques recettes pratiques empruntées au Wilson’s Magazine. Les papiers aristotypes et les papiers au collodion ne nécessitent aucune préparation préliminaire, pourvu toutefois qu’on fasse usage de couleurs liquides et transparentes. Au contraire, l'épreuve doit être recouverte d’une couche de vernis lorsqu’on se sert de couleurs pour aquarelles. Quant aux couleurs elles-mêmes, elles se divisent en couleurs opaques et couleurs transparentes. Les premières sont des couleurs pour aquarelles, en tubes ou en pains. Les secondes sont liquides. En général, on obtient de bons résultats en mélangeant ces deux espèces de couleurs. Les demi-teintes et les détails sont peints avec les couleurs transparentes, tandis que les couleurs opaques sont employées pour les grandes ombres, en les additionnant d’un
- peu d’albumine. Les couleurs opaques le plus employées sont ; le bleu de Prusse, le cobalt, le jaune de cadmium, l’ocre jaune, la terre verte, le jaune de Mars, le rouge indien, la terre d’ombre, la terre de Sienne et le blanc d’argent. Ces couleurs finement broyées sont mélangées avec la mixture suivante : Albumine filtrée, 100 centimètres cubes; Carbonate d’ammoniaque, 5 grammes ; Glycérine, 3 centimètres cubes ; Ammoniaque, 4 centimètres cubes ; Eau, 25 centimètres cubes. Cette mixture bien préparée se conserve assez longtemps. Les couleurs que l’on obtient dans ces conditions sont très adhérentes et permettent l’emploi de la presse à satiner. Quant aux couleurs transparentes, on les applique en teintes plates, sans s’occuper des lumières et des ombres. Sur les parties de chair, généralement retouchées sur l’épreuve, il est bon d’étendre une légère couche d’albumine avant de commencer le travail de peinture. Les fonds seront également recouverts d’une couche de vernis au mastic avant d’être peints. Pour appliquer aux épreuves sur albumine des couleurs opaques, il faut, après coloriage, passer sur l’image une couche de collodion normal à 3 pour 100. Évidemment ce procédé n’est pas applicable aux épreuves sur papier au collodion.
- BIBLIOGRAPHIE
- Notre expédition au Pôle Nord et la découverte du passage du Nord, A. E. Nordenskiold. Ouvrage illustré d’après les documents authentiques publiés par Alfred Nançon. — 1 vol. in-8% Maurice Dreyfous, éditeur, à Paris.
- De l'hygiène en Haïti, par Perpignand-Lafontant, médecin en chef de l’hôpital militaire de Jacmel (Haïti). 1 vol. in-18. VTe Ch. Dunod et P. Vicq, éditeurs. Paris. 1896. Prix : 2fr,50.
- L'or. Propriétés physiques et chimiques. Gisements. Extraction. Applications. Dosage, par Léopold Weill, ingénieur civil des mines, chargé de mission au Transvaal. Introduction par M. U. Le Verrier, professeur de métallurgie au Conservatoire des arts et métiers, professeur de physique à l’École des Mines. 1 vol. in-16. Paris, librairie J.-B. Baillière et fils. 1896. Prix ; 5 francs.
- Les mines d'or de la France, par Castelnau (M. F.), ingénieur civil des Mines, avec une préface de M. Le Verrier, ingénieur en chef des Mines. 1 vol. in-18. Paris, J. Michelet, 1896.
- Manuel de Vélocipédie. — Locomotion, vélocipèdes, construction, par Louis Lockert, ingénieur. Terminé par l’art de monter et de diriger la bicyclette, par G. Rivière, Recordman. — 1 vol. de l’Encyclopédie Roret. L. Mulo, éditeur, à Paris.
- Carnet du cyclisme pour l’année 1896, par Baudry de Saunier.
- 1 petit album portefeuille cartonné. A la librairie du Vélo. Paris, Prix : lfr,50.
- Un diplomate anglais au début du siècle, par M. le Mu de Nadaillac, correspondant de l’Institut. 1 brochure in-8°; Extrait du Correspondant. Paris. De Sove et fils, imprimeurs, 1895.
- The new potato culture, by Elbert S. Carman, second édition, revised and enlarged. 1 vol. in-18. The rural publishing Company. Times building. N.-Y.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- I.es crues. — Vers le milieu du mois de décembre 1895, la pluie est tombée en très grande abondance dans le département de la Gironde et dans les départements voisins. Il en est résulté des crues des rivières traversant ces contrées. A la date du 16 décembre, la crue de la Garonne était assez élevée : elle dépassait 5 mètres devant Marmande, et atteignait 4“,95 devant la Héole. Sur ces points, il n’y avait pas danger immédiat à de telles cotes. A la m ime date, on écrivait de Castelsarrasin que la pluie, qui n’avait cessé de tomber pendant plusieurs jours, avait grossi les rivières et cours d’eau. La Garonne était sortie de son lit et avait déjà envahi les prés et la route de Belleperche. Les travaux de construction du pont du chemin de fer de la Gimone étaient absolument submergés ; on apercevait à peine le sommet des piquets soutenant les échafaudages. Le fleuve mesurait 4”,49 à l’étiage du pont de Saint-Aignan.
- Ii» nei^e. — Le 18 décembre 1895, la neige a fait son apparition sur plusieurs points de la région toulousaine, notamment à Luchon, où elle est tombée abondamment, à Mazamet, à Vic-Bigorre. A Toulouse, elle est tombée toute la matinée le 19 décembre.
- A la même date, il est tombé 50 centimètres de neige dans les cantons de Mont-Louis et Saillagouse (arrondissement de Prades), ainsi qu’en Andorre. Dans la journée du 2t) décembre, la neige est également tombée en flocons serrés à Cransac, dans le département de l’Aveyron.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 24 à 5 h. 31 m. du matin.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Avis. — En raison des congés ; du Jour de l’An, l’Imprimerie a été fermée les trois premiers jours de cette semaine; le tirage du présent numéro ayant été fait avant les jours de congé, nous avons été contraint d’ajourner notre Bulletin météorologique. La livraison de la semaine prochaine comprendra deux bulletins complets, et rien ne manquera ainsi dans la collection météorologique hebdomadaire. Il n’y aura qu’un retard de huit jours pour un des bulletins.
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- Réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction de « La Nature » et de son « Supplément »,
- « Boîte aux lettres », etc., doivent être adressées à M. Gaston Tissandier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVICE DO JOURNAL (.ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES A LA LIBRAIRIE G. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- L’antisepsie intestinale. — Comme ce bon M. Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir, nos aïeux pratiquaient d'antisepsie avant la lettre, et un peu sans s’en douter. Sans remonter bien loin dans l’histoire de la médecine, on voit que les agents purgatifs, joints à l’émission sanguine, formaient la quintessence de toute médication. Edulcorants, laxatifs, petits et grands clystères jouaient un rôle prépondérant dans la thérapeutique, et Molière ne s’est pas fait faute de bafouer ce ridicule excès des Purgons et Diafoirus de l’époque. Gros mangeurs, plus sédentaires et menant, d’une façon plus générale, une vie moins étourdissante, nos ancêtres avaient besoin, de temps à autre, de rafraîchir leurs entrailles. La mode s’en est du reste perpétuée de nos jours dans certains milieux et il n’est guère de spécialité « dite purgative » qui ne jouisse d’un crédit sérieux. Il y a, dans cette habitude de ramoner l’intestin à tout propos, et même hors de propos, une idée rationnelle. M. Gilbert l’a démontré en prouvant bactériologiquement que la purgation est un moyen d’antisepsie intestinale des plus efficaces. On se doutait un peu que l’élimination des matières fourmil-Jant de microbes, que l’active sécrétion intestinale consécutive à l’administration d’un purgatif nettoyait à fond, suivant l’expression vulgaire, le tube digestif en entraînant du même -coup les microbes qui y fourmillent. Il fallait en donner la preuve. M. Gilbert examine, au point de vue bactériologique, un milligramme des produits excrémentitiels d’un sujet en parfaite santé ; ce milligramme contient le chiffre respectable de .G7000 microbes de divers genres; en calculant sur le taux de la nutrition normale et des évacuations régulières, cela représente environ 12 milliards de germes par 24 heures. On donne .à ce sujet d’expérience un purgatif ordinaire (15 gr. sulfate de soude et 15 gr. sulfate de magnésie). C’est la classique eau de Sedlitz. Les six évacuations produites montrent à chaque fois ,une augmentation considérable du chiffre des microbes, 280 000, 300 000, etc. One moyenne de 272 000 en chiffres ronds, soit -dans la journée un total de 411 milliards, trente-quatre fois plus que dans les conditions normales. Le jour suivant les fèces étaient pauvres en germes, 1350 par milligramme ; dans les vingt-quatre heures 500 millions, soit un chiffre vingt fois moindre . qu’à l’ordinaire. Cette diminution n’est, bien entendu, que momentanée, mais elle prouve que les purgatifs amènent, par l’élimination considérable de microbes, une désinfection temporaire aussi complète qu’on peut l’espérer dans un canal où fourmillent les agents d’infection les plus graves.
- Dr X.
- INFORMATIONS
- —®— À partir du 1er janvier 1896, la taxe des conversations téléphoniques dan3 Paris a été ramenée de 50 centimes à 25 centimes pour 5 minutes. Entre Paris et des localités distantes de 25 kilomètres, le tarif est de 25 centimes pour 5 minutes. Au delà de
- 25 kilomètres et jusqu’à 100 kilomètres, la taxe est portée à 50 centimes pour 5 minutes. Au-dessus de 100 kilomètres, la taxe subit une augmentation de 50 centimes par 100 kilomètres ou fraction de 100 kilomètres; la taxe des messages téléphonés reste fixée à 50 centimes. Le montant d’un abonnement principal au téléphone est de 400 francs ; ce prix est porté à 600 francs pour les cercles et. cafés. Les abonnés pourront contracter des abonnements supplémentaires moyennant une redevance annuelle de 50 francs.
- —@— La tempête qui a eu lieu dimanche 29 décembre 1895, sur les côtes anglaises, a causé de nombreux sinistres, mais le plus terrible de ces malheurs a été la perte, à Kingstown, en Irlande, d’un bateau de sauvetage monté par 16 hommes, dont aucun n’a échappé à la mort. Un trois-mâts était signalé en perdition, échoué sur les bancs. Deux bateaux de sauvetage sortirent successivement pour lui porter secours. Tous deux chavirèrent au moment où ils allaient l’atteindre, mais tandis que le second bateau se redressa, ce qui permit aux 12 hommes de son équipage de se sauver, le premier au contraire resta la quille en l’air, et les malheureux marins qui le montaient furent tous noyés. L’équipage du navire, qui a été démoli par la mer le lendemain, ajoute le Yacht, a pu être recueilli par un remorqueur.
- —®— L’éclairage électrique fait beaucoup de progrès en France, on en jugera par les notes suivantes que nous empruntons à Y Industrie électrique : Coutras (Gironde). — Inauguration de Téclairage. — Le projet d’éclairage électrique dont la municipalité de Coutras avait été saisie en avril dernier, est aujourd’hui un fait accompli. Depuis le 1" octobre, une puissante dynamo établie à la grande minoterie de Mm8 Éloi Sarrazin fournit l’énergie électrique pour l’éclairage de la ville et des particuliers. — Saint-Loup-sur-Sémouse (Haute-Saône). — Station centrale. —Suivant l’exemple de Montbozon, encore unique dans tout le département, le chef-lieu de canton de Saint-Loup vient de constituer, sous la raison sociale : Pierre et Cie, une Société au capital de 300 000 francs pour la construction et l’exploitation d’une station hydraulique d’électricité. — Serres (Bouches-du-Rhône). —Eclairage. •— Le Soleil du Midi nous apprend que la ville de Serres, coquettement bâtie sur la rive droite du Buëcn, va avoir aussi son éclairage électrique. MM. Augier et Gauthier ont pris l’initiative de cet important travail et sous peu aura lieu l’inauguration de ce nouveau mode d’éclairage.
- —Le Progrès médical a récemment publié la curieuse et tragique histoire d’un pêcheur qui, ayant saisi entre ses dents une plie vivante, l’avala et mourut par obstruction du pharynx. Ce fait, pour intéressant et curieux qu’il soit, n’est pas isolé, M. R. Blanchard en a cité deux autres dans son Traité de zoologie médicale « On a signalé, dit-il, des cas où de petits Pleuronectes, saisis entre les dents par des pêcheurs qui cherchaient à les détacher de leur ligne ou de leurs filets, ont glissé dans la bouche et causé une asphyxie mortelle. Dans le cas d’Attilio Prati, le poisson occupait la partie inférieure de la trachée et se trouvait même engagé dans la bronche droite ; dans celui de Tempesti, il obstruait la glotte et le larynx. » Nous indiquerons ici la source de ces deux observations : T. A. Prati. Un pesce vivo, net bronco destro. Lo Sperimentale, XLIV, 1874, p. 494. — G. C. Tempesti, Morte cagionala da un pesce penetrato nella laringe. Lo Sperimentale, XLIV, 1874, p. 581. Dans les trois cas àctucllement connus, il s’agissait donc de Pleuronectes, c’est-à-dire de poissons plats.
- —®— Une statue en bronze, offerte par M. J. Medill, sera bientôt érigée dans Lincoln Park, à Chicago, à la mémoire de Benjamin Franklin.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui concerne la bicyclette à frein d’entraînement, qui a été décrite dans le n° 1178, du 28 décembre 1895, p. 49, s’adresser à M. A. Juhel, 19, rue Montrozier, à Neuilly-sur-Seine.
- Communications. — M. le Dr A. Cordes, à Genève, à propos de l’injecteur hypodermique stérilisable du Dr H. Ma-reschal, et dont nous avons donné la description dans le n° 1177, du 21 décembre 1895, p. 45, nous écrit que l’asepsie des seringues peut être obtenue plus facilement encore par l’emploi du celluloïde transparent aseptique; cette idée, croit notre correspondant, appartient au Dr Roussel. M. le Dr Cordes a fait avec ces seringues, depuis trois ans, des centaines d’injections de différents liquides, et il en a fait faire davantage ar les malades, leurs gardes-malades, leurs femmes de cham-re, sans un accident septique. Les liquides sont tenus en provision dans des tubes-flacons de celluloïde transparent. Les aiguilles trempent dans une huile aseptique qui monte par capillarité jusqu’à la tète de l’aiguille. Celle-ci ne se rouille ni ne se bouche jamais. Elles sont ensuite placées dans une trousse de poche, où sont ménagés des puits en os de très petit calibre intérieur, pleins d’une solution de carbonate de soude qui les garantit contre la rouille. Il suffit, de temps à autre, d’hu-mecter le piston avec l’huile aseptique; on évite ainsi la perte de temps qu'exige la stérilisation à la lampe. Les trousses et seringues en celluloïde transparent, ainsi que l’huile aseptique et les médicaments hypodermiques, se trouvent chez M. Mous-nier, 26, rue Houdan, à Sceaux.
- M. le Dr C. Biol, à Mâcon, nous donne quelques renseignements sur un orage qui a éclaté dans cette ville le 24 décembre à 5 heures du soir. Cet orage était accompagné de violents éclairs bleu violet et de coups de tonnerre se succédant avec rapidité. La pluie tombait en grande abondance, le baromètre indiquait 744.
- M. Durozoi, à Paris, nous adresse une Notice explicative sur le fonctionnement et les détails d’un hydro-élévateur et une Notice sur un pulsateur à air comprimé. Ces appareils sont construits par les établissements Veuve Martin, au Mans (Sarthe).
- Renseignements. — L'abonné 6465, à Troyes. — Notre dernier article sur les porteurs aériens par câbles a paru dans le n° 1147, du 25 mai 1895, p. 406: MM. Teste, Pichat et Moret, constructeurs à Lyon, entreprennent ces installations.
- Un abonné, à Hautson.— Cette pile ne pourra certainement pas faire fonctionner pendant deux heures de suite une lampe ae 16 bougies.
- M. F. Peabody, à Bordeaux. — Il faut vous adresser directement à M. Ch. Henry, maître de conférences à la Faculté des sciences, à la Sorbonne, à Paris.
- M. L. H. H., à Lyon. — Le siège de cette association est à l’Hôtel des ingénieurs civils, 10, cité Rougemont, à Paris.
- M. L. Claret, à Cannes. — Le Potager d'un curieux, dont il est question dans notre article sur le Kudzu (n° 1176, du 14 décembre 1895, p. 22), a été écrit par MM. Pailleux et Bois et édité par la Librairie agricole de la Maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- M. A. Vaulhier, à X. — L’adresse du fabricant que vous demandez est donnée en tète de la Boîte aux lettres du nc 1175, du 7 décembre 1895.
- M. J. Biremont, à Aire-sur-l’Adour. — 1° Nous avons indiqué une recette à ce sujet dans le petit livre des Recettes et procédés utiles, 4° série, à la librairie G. Masson. — 2° Consultez les articles que nous avons déjà publiés sur les explorations souterraines; notre collaborateur M. Martel a donné divers conseils sur les précautions à prendre; voyez la table des matières 2e série 1885-1892. — 5° Adressez-vous au Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M, F. Teisserenc, à Ceilhes. — Nous avons entendu parler
- de cette pile; mais nous n’avons pas fait d’expériences à son sujet.
- Un étudiant, à Lisbonne. — Il arrive souvent que dans l’expérience du vide dans une cloche, cette dernière éclate sous la pression extérieure; quelquefois elle résiste en raison de sa nature même et eu égard également au vide relatif.
- M. L. Maître, à Besançon. — Nous n’avons pas sur cette machine pour fabriquer les graisses neutres d’autres renseignements que ceux publiés dans l’article que vous rappelez; notre collaborateur Villon est mort dernièrement.
- M. G. L., à Paris. — Vous trouverez diverses petites brochures sur la bobine de Ruhmkorff, à la librairie Michelet,
- 25, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. J. Sonnet, au Fournav. — 1° Le carbure de calcium est préparé en mélangeant parties égales de chaux en poudre et de carbone, et en soumettant le tout à l’action d’un courant intense dans le four électrique. Voyez les notes de M. Moissan à l’Académie des sciences (n° 1085, du 5 mars 1894, p. 225). — 2° Pour empêcher les volumes de moisir, on recommande de placer daus les bibliothèques des morceaux de drap imbibés d’essence de térébenthine.
- M. le Dr X., à Rouen. — 1° Chimiste expert : M. L’Hôte, 16, rue Chanoinesse, à Paris. — 2° Il n’y a pas de procédé connu ; mais il serait facile de faire quelques essais de laboratoire.
- Un abonné, à Annecy. — Pour détruire les mulots, vous pourriez essayer le virus qui a déjà donné à M. J. Danysz d’excellents résultats pratiques; voyez notre article à ce sujet dans le numéro 1160, du 24 août 1895, p. 198. Il faut vous adresser à M Danysz, à l’Institut Pasteur.
- M. A. M., à Paris. — Il est certainement possible de déchiffrer une lettre écrite avec des caractères inconnus ; mais une longue et patiente étude peut seule faire connaître la clef, lorsqu’elle est ignorée.
- M. E. Scherrer, à Clermont-Ferrand. — 1° Le patin à roulettes ne peut convenir que sur de bonnes routes. — 2° Il est difficile d’avoir les détails que vous demandez ; ce qui se fait dans les armées n’est pas divulgué.
- M. L. de Belleval, à Aix. — 1° Pour se procurer ce produit, il faudrait s’adresser à un marchand de plantes, par exemple à M. Vilmorin-Andrieux, 4, quai de la Mégisserie ; il pourrait peut-être en faire venir. — 2° D’après les renseignements fournis, le suc du chône assure l’imperméabilité, et il est sans inconvénient pour le cuir.
- M. le QB., à Hyères. — Plusieurs ouvrages ont été publiés sur les courants alternatifs ; vous en trouverez un de MM. Bedell et Crehore, traduit en français, à la librairie Carré, 5, rue Racine, à Paris.
- M. le Dr A. Hubert, à Béziers. — Vous pouvez demander ce programme au siège de la Société d'Encouragement, 44, rue de Rennes, à Paris.
- M. P. Ané, à Carcassonne. — Le bateau démontable en bois quia été décrit dans le n° 1150, du 26 janvier 1895, p. 144, est fabriqué par M. Duchêne, constructeur de bateaux, à Angers.
- M. L. Flesselle, àEssômes. — Il n’est guère possible d’entrer dans de plus amples détails pour un article de ce genre. Il s’agit d’un tube télescopique de faibles dimensions; des prismes à réflexion totale permettent très bien de voir à 45°.
- M. J. Michel, à Challes. — Nous avons envoyé votre lettre à MM. Pelliot et Hofmann, marchands de produits chimiques,
- 26, rue du Roi-de-Sicile, à Paris.
- Un électricien, à Paris. — Les dimensions des moteurs à gaz ou à pétrole sont déterminées par le calcul ; vous trouverez des renseignements à ce sujet dans l’ouvrage de M. Witz, Les moteurs à gaz et à pétrole, à la librairie E. Bernard, 55 ter, quai des Grands-Augustins.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. E. V. G., à Cherbourg. Pour pouvoir vous répondre, il faudrait faire quelques essais de laboratoire. — M. E. Guignabaudet, à Paris. Nous avons indiqué plusieurs modes de reliure semblables; nous ne pouvons vous renseigner sans de plus amples indications. — M. E. J., à Paris; M. F. Alliaume, à Paris. L’adresse que vous demandez est donnée en tête de la présente Boîte-aux-lettres. — M. G. M., à Paris. Il ne nous est pas possible de vous répondre sans examiner votre appareil. — M. Lefebvre, à Arras. Votre formule n’est pas exacte; il y a une erreur dans vos calculs. — M. O. D., à Laon. Vous trouverez un procédé de bronzage des canons de fusil dans les Recettes et procédés utiles, lro série (G. Masson, éditeur). — M. D- V., à Lille; M. Durand, à Marseille. Voyez les Recettes et procédés utiles, 2e série, à la même librairie que ci-dessus. — M. G. Berthenson, à Saint-Pétersbourg. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les rcn~
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications.— Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS*
- Le dédivographe. — On perfectionne tous les jours les détails de construction de la bicyclette, et dans peu de temps elle sera devenue un instrument parfait, se pliant à toutes les exigences humaines. Mais jusqu’ici les cyclistes ne possédaient pas un appareil qui, installé sur leurs machines, pouvait leur indiquer à tout instant si les routes parcourues étaient planes,* de niveau ou en pente. L’appareil Rahon que nous mentionnons
- Le déclivograplie Rahon.
- ici permet de remédier aux lacunes signalées. Il est formé de deux niveaux d’eau ordinaires cintrés, placés parallèlement l’un à côté de l’autre. Les deux tubes sont placés en sens inverse, avec des inclinaisons opposées. L’ensemble de l’appareil est monté sur un support qui permet de l’adapter sur le guidon de la bicyclette, comme le montre la figure ci-dessus. Lorsque la route est de niveau, les deux bulles d’air des niveaux restent aux extrémités. Lorsque le niveau s’élève ou s’abaisse, l’une des deux bulles se déplace et vient occuper sur la graduation diverses positions qui indiquent exactement le nombre de centimètres par mètre pour la montée ou la descente. Cet appareil est très léger, il ne pèse que 100 grammes. Ses indications peuvent être très précieuses au cycliste pour l’avertir à tout instant de la situation où il se trouve et de l’effort qu’il doit accomplir pour marcher.— Pour ce qui concerne le déclivographe, s’adresser à M. le Directeur des ateliers du Progrès, à Sedan (Ardennes).
- Nouveau compas à. calibrer. — On connaît les inconvénients des compas d’épaisseur ordinaires. Si, une fois réglés et fixés, ils indiquent correctement le diamètre à donner à un
- Compas à calibrer. — N0 1. Dispositif pour cylindres pleins. N” 2. Dispositif pour cylindres creux.
- cylindre ou à un trou, ils ne font pas connaître exactement, eh cours de travail, l’épaisseur de matière à enlever pour atteindre le diamètre exact. C’est une lacune que comble très habilement et très simplement un nouveau compas à calibrer que nous présente 1 ’American Machinist. Cet appareil se présente sous deux formes distinctes, suivant qu’il s’agit de mesurer l’épaisseur d’une plaque, le diamètre d’un cylindre plein (n8 1) ou le diamètre intérieur d’un cylindre creux (n° 2). Il se compose d’un compas d’épaisseur ordinaire dont l’une des branches porte articulé en C, près de son extrémité, un levier dont l’un des bras appuie contre la pièce à mesurer et l’autre bras, très long, se déplace devant une échelle graduée a. Un ressort S
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- fixe la position du levier à zéro, mais permet au levier de se déplacer légèrement lorsqu’une pression est exercée à son extrémité. Les longueurs des bras de levier sont calculées pour donner l’indication en dixièmes ou en vingtièmes de millimètre, sur l’échelle a, de la différence d’épaisseur ou de diamètre entre la pièce en cours de travail et la pièce finie. On conçoit combien cette indication est utile toujours et dans le travail au chariot tout particulièrement. On peut, en effet, dans ce dernier cas, connaissant d’une part la différence entre le diamètre réel et le diamètre atteint après une ou deux passes, et, d’autre
- Ïiart, le pas de la vis qui commande l’avancement de l’outil sur e chariot, régler exactement cet avancement pour terminer la pièce en une seule passe. Les mécaniciens de précision apprécieront à sa valeur ce perfectionnement apporté à leur outillage.
- Moteurs électriques. — Les diverses petites machines-outils, dont nous avons donné la description dans le n° 1168, du 19 octobre 1895, p. 323, peuvent aussi être commandées par des moteurs électriques. Dans la figure ci-dessous, on voit en 1 un moteur Gramme qui actionne par une courroie la scie circulaire n° 2 ; toutes les autres machines-outils peuvent être ainsi mises en marche. Les machines n° 3 et n° 4 sont des machines Siemens et Edison. Tous ces moteurs ont des induits en T Siemens et fonctionnent avec une différence de potentiel variable de* 1,5 à 6 volts, et une intensité de 1 à 5 ampères. Le collecteur de courant est remplacé par un simple redresseur. Les formes extérieures des inducteurs affectent des formes bien connues jusqu’à ce jour. On peut ainsi, en utilisantjces
- Moteurs étectriques pour la commande des machines-outils. — 1. Moteur Gramme actionnant une scie circulaire. — 2. Scie circulaire. — 3. Moteur Siemens. — L. Moteur Edison.
- moteurs, installer des petits ateliers avec commande électrique et mettre en marche toutes les machines, en évitant les complications que nécessitent les arbres, poulies et courroies. On peut aussi installer, s’il le faut, des appareils de renvoi pour accélérer ou retarder à volonté la vitesse angulaire. -— Les moteurs électriques et les accessoires nécessaires pour la commande des machines-outils se trouvent chez M. E. Chomeau, 33, passage du Havre, à Paris.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- La pluie. — Dans les derniers jours du mois de décembre 1893, la pluie est tombée en grande quantité à Paris. Ces pluies ont modifié le régime des eaux de la Seine; une crue subite a été accompagnée d’un courant d’une extrême violence. Il en est résulté plusieurs accidents de bateaux. Un brouillard intense s’est abattu également sur la Seine pendant plusieurs jours, et les bateaux parisiens ont dù interrompre leur service.
- On a signalé également des pluies abondantes accompagnées de neiges, dans les environs de Bodez ; on a eu à déplorer plusieurs victimes.
- Du 20 au 23 décembre 1893, les pluies persistantes ont causé de nouvelles inondations en Belgique; le niveau des eaux de la Senne et. du Maelbeek s’est élevé considérablement.
- A Bruxelles, les habitants de certaines régions ont eu leurs souterrains inondés. Le fait s’est renouvelé trois fois en moins de trois semaines.
- A Anvers, pendant plusieurs jours, il a fait un temps épouvantable ; le vent a souillé en ouragan sur le fleuve. Les navires dans le port ont pu résister cependant. .
- Pendant trois jours, à Malines, la pluie n’a cessé de tomber. Aussi les eaux de la Dyle ont grossi à vue d’œil et ont menacé d’envahir la ville.
- Depuis Malines jusque près de Louvain, quantité de prairies et de champs ont été inondés. On a annoncé également des inondations partielles à Weerde et à Sempst.
- Dans les provinces de Liège et de Namur a eu lieu une crue menaçante de la Meuse et du Iloyoux. A Yvoir, un pont s’est écroulé. Trois ouvriers qui y travaillaient ont été entraînés par la violence du courant et ont été noyés.
- Tremblement de terre en Italie. — Une très forte secousse de tremblement de terre s’est produite le 28 décembre 1893, au village de Cicciano, près de IN'ola, en Italie.
- Il y a eu quelques morts et des blessés.
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse,, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- pression barométrique
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- DÉCEMBRE 1895-JANVIER 1896. - SEMAINE DU LUNDI 50 DECEMBRE 1895 AU DIMANCHE 5 JANVIER 1S96.
- PRESSION BAROMETRIQUE
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- Réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- La désinfection du linge dans les ménages. —
- Dans les maladies contagieuses, il est recommandé de plonger les draps, mouchoirs, linge de corps, tous les objets qui ont pu être infectés par le malade, dans des solutions désinfectantes, avant de les envoyer au blanchissage. On annihile ainsi la vitalité des microbes disséminés dans le linge et partant la contamination de l’entourage ou des blanchisseurs. Un des meilleurs désinfectants, un des moins coûteux, est, comme je l’ai dit, le sulfate de cuivre, en solution plus ou moins étendue. Mais il ne faut pas oublier que la lessive pure et simple, bien faite, avec des eaux savonneuses concentrées, est, elle aussi, un bon moyen de désinfection. Si ce n’était la question de dissémination des germes pendant le séjour dans l’appartement, pendant le transport du linge à la blanchisserie, on aurait, dans bien des cas, un moyen suffisant de préservation. Une solution au centième de savon renfermant 67 pour 100 d’acides, 10 pour 100 d’alcalis combinés et 0,05 pour 100 d’alcali libre, tue en douze heures tous les bacilles typhiques; une solution à 10 pour 100 les tue en moins d’une heure. Si l’eau savonneuse est chaude, de 15 à 50°, l’action est beaucoup moins énergique et bien moins rapide; il faut vingt-quatre heures pour les solutions faibles, une heure et plus pour les solutions fortes. Ces expériences ont été répétées un très grand nombre de fois par MM. Jolies, et dans les conditions les plus variées ; pour se rapprocher des conditions de la désinfection pratique, ils imbibaient des morceaux de toile avec des liquides contenant le bacille typhique, les laissaient sécher et les plongeaient dans l’eau savonneuse à 20°; puis on prenait, au bout d’un certain temps, un fragment de la toile et on faisait des cultures; toutes sont restées stériles, après quelques heures d’immersion. On peut donc compter sur le blanchissage bien fait à l’eau de savon modérément concentrée (et pas trop chaude) pour détruire les microbes pathogènes les plus ordinaires et désinfecter le linge sans l’endommager. Cela ne veut pas dire qu’il faille renoncer à la pratique de l’immersion dans le sulfate de cuivre. Ce sera un moyen de plus et l’on ne se repentira jamais de faire de la désinfection aussi absolue que possible. Dr X....
- INFORMATIONS
- —On a abattu, dans les environs de Wettmar, près de Hanovre (Prusse), une perdrix dont la cuisse droite donnait naissance à deux pattes; l’une était de constitution normale, et l’autre dotée d’un seul doigt et impropre à tout service. Le Chasseur illustré nous apprend que cette perdrix phénoménale est conservée dans une collection particulière.
- —®— Au Breuil-sous-Orbais (Seine-et-Marne), une chasse bien émouvante a eu lieu en décembre 1895; un grand sanglier s’est précipité dans le Surmelin pour traverser cette rivière en aval et tout près du pont. Un chasseur, M. Hoyon, tire sur l’animal ses deux -coups de fusil. Le sanglier, blessé seulement, rebrousse chemin et
- traverse le village. Plusieurs habitants, armés de fourches et de bâtons, se mettent à sa poursuite. Le sanglier blesse ensuite plusieurs personnes et il est tué par M. Leduc-Renault ; il pesait 100 kilogrammes.
- —— Un bolide remarquable a été observé le dimanche 15 décembre 1895, à 7 heures du soir. Voici la relation qu’en a donnée M. Bigourdan à l’Observatoire de Paris : « J’ai aperçu, dit-il, ce bolide d’abord dans le Taureau, derrière de légers nuages dont il s’est dégagé bientôt. Son diamètre apparent est allé d’abord en augmentant et a atteint huit minutes environ, soit le quart de celui de la pleine Lune ; il a diminué ensuite et le bolide s’est éteint graduellement, mais rapidement, sans éclater et sans qu’on ait entendu aucun bruit. La durée de l’apparition a été estimée de six à sept secondes; la trajectoire apparente, longue d’environ 50°, à peu près horizontale et haute de 45°, était dirigée de l’est à l’ouest. Quand le bolide s’est éteint, il avait dépassé le méridien de 15° environ.
- —Utilisant les qualités exceptionnelles de souplesse et de résistance des libres de la ramie, M. Beluze vient d’employer cette substance à la fabrication des courroies de transmission. Il imprègne les libres de ramie de goudron, ce qui les rend imperméables à l’eau, à la vapeur, inattaquables aux acides. Ces courroies, extrêmement solides, ne s’effilochent pas à la suite de fréquents débrayages, tandis qu’une courroie de cuir double, large de 150 millimètres, coûtant 21fr,50, se rompt à 3821 kilogrammes, et une en coton supérieur, du prix de 12fr,75, ne supporte que 5976 kilogrammes. Il paraîtrait qu’une courroie de même largeur en ramie à huit plis se romprait seulement à 12000 kilogrammes.
- —Le service hydrographique, dans l’état actuel des choses, n’étant pas exactement tenu au courant de toutes les modifications qui surviennent dans les eaux du littoral, les renseignements hydrographiques seront désormais centralisés dans chaque port militaire par l’un des services placés sous l’autorité du chef de l’état-major pour être transmis ensuite au bureau hydrographique. Cet officier aura donc sous sa surveillance le service des archives hydrographiques, ainsi que le dépôt des cartes et documents nécessaires à la navigation.
- —Il vient de se créer, avec siège social à Vienne (Autriche), un club autrichien de chiens de luxe. Les membres de la nouvelle Société ont désigné pour leur président le baron de Weissenbach, l’éleveur bien connu de Saint-Bernard.
- —©— Il y a eu, dans la nuit du 2 janvier 1896 et dans la matinée du 5, des tremblements de terre en Perse, à Khalkhal, région située au Nord de Miana (province d’Azerbiyan). Le premier tremblement a détruit en entier l'important village de Zanjabad et en partie plusieurs autres villages. Il a coûté la vie à 500 personnes. L’autre secousse; beaucoup plus violente, a été ressentie à plusieurs dizaines de milles à la ronde et a détruit plusieurs villages. La ville de Goi a été détruite, et il y a eu un grand nombre d’habitants de tués.
- —L’ouverture de l’Exposition nationale de Cognac, qui promet d’être intéressante, est fixée au 25 janvier prochain et sera installée dans les bâtiments communaux. Les produits suivants y seront admis : vins, spiritueux, vinification, agriculture, hygiène, alimentation, commerce, industrie1.
- 1 Pour renseignements, écrire à M. A. Vigé, secrétaire général à Bordeaux, 6, place de la Bourse.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits.—La seringue à injections sous-cutanées de M. E. Fournier, qui a été décrite dans le n° 1178, du 28 décembre 1895, p. 64, se trouve chez M. Fournier, pharmacien, 114, rue de Provence, à Paris. — Pour ce qui concerne la machine à écrire la Dactyle, s’adresser à M. 0. Rochefort, ingénieur, 46, boulevard Haussmann, à Paris. — Les divers appareils décrits dans l’article sur le troisième Salon du Cycle se trouvent aux adresses suivantes : Chaîne Simpson, 16, King Street, Saint-James, Londres SW; Àcatène-César, chez MM. Aucoc et Darracq, 18, boulevard Montmartre, à Paris; le Cyclet, chez M. Drzewiecki, 5, villa Damont, à Paris-Passv; la Wattcyclette, chez M. H. d’Aucourt, à Blainvilliers, par Montfort-l’Amaury ; le frein Rocket, à la Compagnie générale des cycles, 74, rue de la Folie-Regnault, à Paris; la Bicyclette pliante Hénault, 57, avenue de Saint-Ouen, à Paris; la Pompe démontable, chez MM. Desponts et Godefroy, 55, boulevard de Belleville, Paris; le Tricycle couvert, chez llumber, 19, rue du Quatre-Septembre, à Paris.
- Communications. — M. le Dr de Chazelles, à Loches, à propos de notre article sur YAthérure africain paru dans le n° 1172, du 16 novembre 1895, p. 385, nous adresse quelques Notes intéressantes. Notre correspondant a passé une année dans la rivière Claire, affluent du fleuve Rouge, au Tonkin, et il a eu en sa possession deux athérures en liberté, dont l’un pendant cinq mois. Ces animaux étaient de caractère très doux, s’apprivoisaient facilement, couchaient dans la case, et venaient au-devant de leur maître quand il avait été absent pendant plusieurs jours, mais sans dépasser une distance de 150 mètres. Le dernier grimpait sur les genoux avec de petits grognements de joie ; lorsque quelqu’un entrait dans la case, l’athérure se dressait en hérissant ses piquants et en faisant cliqueter sa queue chargée de crins blancs. Il savait répondre à son nom et accueillait par des gloussements l’Annamite chargé de lui apporter sa nourriture. Il vivait en très bonne intelligence avec un petit singe et il arrivait souvent que ce dernier dormait en tenant l’athérure entre ses bras. M. le Dr de Chazelles a eu l’occasion de voir chez les indigènes un grand nombre d’athé-rures apprivoisés.
- M. Sevin, à Paris, nous écrit que les couleurs nécessaires pour le coloriage des photographies, dont il a été question dans les Nouvelles scientifiques du n° H 79, du 4 janvier 1896, se trouvent chez lui, 97, boulevard Sébastopol, et chez M. Target, 26, rue Saint-Gilles, à Paris.
- Renseignements. — M. Vanvincq Reniez, à Audruicq. — Pour vous donner une indication, il faut que nous connaissions le débit de la chute d'eau en litres par seconde.
- M. A. B., r Puteaux. — 1° Nous n’avons pas entendu parler d’explosion de ce genre. — 2° La pile Daniell, au sulfate de cuivre, est ordinairement employée pour ces applications.
- M. P. Lesourd, à Tours. — Nous n’avons pas d’adresse plus complète ; mais nous pensons que celle donnée précédemment suffit.
- M. A. Daniel, à Stains. —Vous pourriez demander des numéros spécimens du Bulletin de la Société des produits chimiques, 9, place des Vosges, et du Moniteur des produits chimiques et de la droguerie, 19, rue Jean-Jacques-Rousseau, à Paris.
- M. X. Y. Z. — Une des plus importantes fabriques de boîtes à musique est celle de M. Brémond, à Genève.
- M. G. Nossi, à Borgo Lorenzo. — Voyez les adresses que nous avons indiquées en tête de la Boîte aux lettres du n6 1153, du 6 juillet 1895, et du n° 1160, du 24 août 1895.
- M. R. A., à Neuilly. — Lisez le livre La Navigation aérienne, par Gaston Tissandier, dans la Bibliothèque des merveilles, à la librairie Hachette.
- M. E. C., à Alger. — Vous trouverez peut-être quelques
- renseignements dans les traités de numismatique ; consultez la Numismatique moderne, par A. Blanchet, dans la collection des manuels Roret.
- M. M. Bernheim, à Bâle. — Adressez-vous directement à la grande fabrique de machines de Draper, à Ilopedale (Massa-chusets), dont il est question dans l’article.
- M. Th. Lefebure, à Bruxelles. — Les recettes utiles de La Nature sont réunies en quatre volumes avec tables alphabétiques qui permettent de trouver toutes les recettes demandées (G. Masson, éditeur).
- M. Berthelin, à Paris. — Cet appareil ne se trouve qu’en Amérique, mais vous pourriez le demander à M. Bertrand, 19, rue d’Hauteville.
- M. Laviada, à Giyon. — Consultez l’ouvrage de M. Nanot, Fabrication du cidre, à la Librairie agricole de la Maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- M. Belloc, à Rome. — Vous trouverez des paillons à envelopper les bouteilles chez M. E. Durand, 18, rue Bichat, à Paris ; on pourra peut-être vous renseigner sur les machines à fabriquer ces paillons.
- M. le F‘° B. d’Azy, à Saint-Benin-d’Azy. — Vous pouvez mentionner dans votre journal divers faits scientifiques empruntés à La Nature, à la condition de citer toujours la provenance.
- M. L. M., à Paris. — Nous ne pensons pas qu’il exista fin tel bandage ; voyez à la maison G. Richard, 24, rue du Quatre-Septembre.
- M. V. Hagemann, à Brooklyn. —Il serait nécessaire de faire une analyse complète de ce minerai ; vous pourriez vous adresser à l’École nationale des mines, boulevard Saint-Michel, à Paris.
- M. F. Andreu, à Mahon. — 1° La librairie Tignol, à Paris, a publié un ouvrage sur l’aluminium. — 2° Il faudrait soumettre cette question à un chimiste expert.
- M. M. Vincent, à Genève. — Adressez-vous au Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. M. P., à Beaulieu. —Il faudrait demander ce renseignement aux bureaux du service municipal de la voie publique, place de l’Hôtel-de-Ville, à Paris.
- M. M. Biten, à Bonchamps. — Un grand nombre d’ouvrages ont été publiés sur toutes ces questions ; renseignez-vous auprès des diverses librairies industrieUes de Paris; Bernard, Dunod, Baudry, Carré, etc.
- M. Higg, à Evian. — Société météorologique de France, 7, rue des Grands-Augustins, à Paris.
- M. Fogat, à Saint-Ouen. — Adressez-vous à M. Menitz, 37, passage Jouffroy, à Paris.
- M. A. Molineaux, à Boston. — Ces lampes fonctionnent très bien; écrivez à M. Müller, pharmacien, 40, rue de la Bienfaisance, à Paris.
- M. L. D., à Paris. — 1° Bourrelets Jaccoux pour portes et fenêtres, 37, rue de l’Échiquier. — 2° U faut nettoyer les vases et les zincs et prendre des agglomérés spéciaux pour piles Le-clanché. — 3° Remerciements.
- M. E. Fouquet, à Paris. — Dans notre article sur les torpilleurs anglais à grande vitesse, paru dans le n° 1095, du 26 mai 1894, p. 413, nous avons dit, en efifert, que le torpilleur Chevalier filait 27,22 nœuds ; deux torpilleurs anglais donnaient des vitesses de 27 et 28,02 nœuds par heure.
- M. A. Tondaz, à San José de Costa-Rica. — 1° Nous avons publié diverses recettes pour la métallisation des fleurs dans les Recettes et procédés utiles, 3e série, à la librairie G. Masson. — 2° Ces procédés ne sont pas connus.
- M. L. de B., à Paris. — 1° Nous vous conseillons de vous adresser aux grands libraires parisiens. — 2° Cette question est bien spéciale et devrait être soumise à un chimiste. — 5° L’avantage revient aux feeders à partir d’un rayon de distribution de 500 mètres environ.
- M. P. Moureau, à Paris. — 1° La densité de l’acétylène est de0,92. — 2° Oui. — 3° L’acétylène attaque le cuivre; il y a danger. — 4° Ce gaz est stable dans les limites ordinaires de. température. — 5° Ces émanations sont toxiques.
- M. J. Fardel, à Lille. —1° Il n’existe pas de traité spécial ; quelques Notices seulement sont publiées par les fabricants de ces machines. — 2° L’imperméabilisation des tissus est obtenue par le silicate de potasse; voyez les procédés indiqués dans les Recettes et procédés utiles, lre série, dont il est question plus loin.
- M. C. Douté, à Montreuil. — Ces calculs détaillés n’ont pas été publiés.
- (Voir la suite de la Boite aux lettres page 3* des Nouvelles scientifiques.)
- Dans ta « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- il. L. Bourdil, à Narbonne. — Il nous faudrait une description plus complète et un dessin de cet appareil ; nous en publierons volontiers la description s’il nous paraît intéressant.
- M. H. de Beaulieu, à Beslé. — 1° Ces formules sont données dans le même petit ouvrage indiqué p. 26. — 2° Capsules en étain pour bouteilles : M. Lambert et fils, 33, rue de Volta, M. Blanchard fils, 10, rue du Trésor, à Paris.
- M. A. Spaeth, à Blainville. — Il faudrait vous adresser directement au journal auquel nous avons emprunté cet extrait, la Bevue des sciences naturelles appliquées, 41, rue de Lille, à Paris.
- M. A. Débat, à Arcachon. — Il s’agit du frein d’entraînement de M. A. Juhel, qui a été décrit dans le n° 1178, du 28 décembre 1895.
- Accusés de réception. — Avis divers. — Cercle de l'Avenir, à Yauvert. Nous ne connaissons pas de procédé spécial ; mais il serait facile de faire quelques essais de laboratoire. — M. Jülhe, à Saint-Mandé. Il faudrait nous rappeler les sujets traités dans les Mémoires dont vous parlez. — M. E. B., à Paris; M. J. P., à Rouen. Nous publierons prochainement des détails plus complets à ce sujet. — MM. Cjéraud et Rey, à Saint-Etienne. Nous avons décrit déjà beaucoup de tire-bouchons ; nous ne saurions encore revenir sur cet appareil. Remerciements. — M. J. M., k D. Il faudrait essayer quelques matières colorantes et faire diverses expériences de laboratoire. — M. P. M., à Cérisiers. Il n’existe pas de journal tel que vous le désirez. — M. P. B. D., à Quintin. Un marchand de produits chimiques pourra vous fournir ce produit. —M. H. Loubée, à Paris ; M. le Dr Caënens, à Rouen. L’adresse que vous demandez est donnée en tête de la présente Botte aux lettres. — M. E. Re-boul, à la Gaillardière. Nous n’avons pas reçu l’article dont vous parlez dans votre lettre. —M. G. R., à Lille; M. Géo, à Marseille; M. X. V., à Paris. Consultez les Recettes et procédés utiles, lro série, à la librairie G. Masson. — M. N. Joucher, à Versailles; M. G D-, à Paris. Voyez les Recettes et procédés utiles, 3e série, à la même librairie que ci-dessus. — M. D. Toomey, à Paris ; M. Deboys, à Paris ; M. Waller Schmidt, à Genève. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- PETITES MENTIONS1
- Séchoir démontable pour clichés photographiques. — Maintenant que la mode est aux petits appareils, on cherche à s’encombrer le moins possible en voyage et cependant
- Séchoir démontable pour clichés photographiques; à droite, détail du système.
- on est souvent désireux d’avoir avec soi le matériel nécessaire aux diverses opérations du développement. Parmi les choses nécessaires dans ce cas, voici un petit séchoir démontable qui est en même temps assez élégant. Les rainures sont en celluloïd rouge, les barres de traverse qui les maintiennent en celluloïde blanc imitant l’ivoire et les N qui servent de support en aluminium ou bronze poli. Rien n’est plus simple que de monter l’appareil en introduisant les branches supérieures des X dans une des rainures extrêmes de la bande de celluloïd ; lorsqu’il est au contraire démonté, les pièces peuvent se placer l’une sur l’autre et ocçuper un volume des plus restreints. Un chevalet pour 18 clichés 9x12 ou 61/2x9 n’occupe que 15 centimètres de long et présente toute la solidité désirable. — Chez M. Leh-mann, 56, rue de Bondy, à Paris.
- Cadre pour dispositifs. — L’amateur photographe qui a un joli cliché de paysage ou un groupe de famille qu’il veut pouvoir regarder souvent, en fait un positif sur verre qu’il accroche à une fenêtre : il arrive cependant qu’on se fatigue d’avoir toujours la même image sous les veux et on voudrait pouvoir la changer de temps en temps. Le petit cadre que représente notre dessin permet de faire ce changement avec la plus grande facilité. Il est formé de rainures en cuivre enjolivées de guillochés et muni d’une chaînette pour l’accrochage. Ainsi que le représente la partie supérieure du dessin, l’un des
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- côtés est monté à bascule sur une glissière ; il suffit de le tirer à soi et de le faire basculer pour ouvrir Je cadre, ce qui permet d’y introduire facilement un verre dépoli et un cliché. Dans le cas où l’on veut mettre deux 9 x 12 ou quatre 6 1./2 x 9, il
- Cadre pour diapositifs photographiques; à droite, détail.
- y a de petites séparations pareilles aux bordures du cadre et très faciles à placer entre chaque épreuve. — Se trouve à la même adresse que le séchoir démontable ci-contre.
- Cadenas A secret. — Nous allons présenter ici une serrure mobile que Tonne peut ouvrir avec la petite clef qui l’accompagne sans connaître le secrèt du système. — Cet objet doit être considéré comme un jouet amusant ; un très bon casse-tête. Pour ouvrir le cadenas, on ne peut rien obtenir en introduisant la clef dans l’ouverture de la serrure indiquée dans le n° 1 de notre gravure ; il faut, pour réussir à ouvrir, retourner le cadenas, comme le montre le n° 2 de la figure, entrer la clef entre les deux côtés du Cadenas, et pousser à gauche entre' les deux plaques. On fait ainsi un petit effort qui fait agir un, xês-
- sort, et la fermeture en demi-cercle sort d’elle-même, le cadenas est ouvert. — Ce petit cadenas, bien inventé, se trouve chez M. de Yère, 39, rue de Trévise, Paris.
- COURS ET CONFÉRENCES
- Association française pour l’avancement des sciences. — Conférences de 1896. — Les Conférences auront lieu au siège de l’Association, 28, rue Serpente, et 14, rue des Poitevins (Hôtel des Sociétés savantes), les jeudis, à 8 heures et demie très précises du soir. — Jeudi, 16 janvier, M. Emile Alglave, professeur à la Faculté de droit de Paris. L’alcoolisme et les moyens de le combattre (avec projections et expériences). — Jeudi, 23 janvier. M. Charles Richet, professeur à la Faculté de médecine de Paris. La méthode en bibliographie et la classification décimale. — Jeudi, 50 janvier. M. le Dr Fernand Delisle. Madagascar. — Géographie, mœurs et coutumes des pays malgaches (avec projections). — Jeudi, 6 février. M. Brouardel, membre de l’Institut, doyen de la Faculté de médecine de Paris. Pasteur et son œuvre (avec projections). — Jeudi, 13 février. M. Edouard Blanc, explorateur. La nouvelle frontière anglo-russe en Asie (avec-projections). — Jeudi, 20 février. M. À. de Lapparent, ancien ingénieur des mines. L’art de lire les cartes géographiques (avec projections). — Jeudi, 27 février. M. André Lebon, député des Deux-Sèvres, ancien ministre. La législation ouvrière sous la troisième République. — Jeudi, 5 mars. M. Louis Léger, professeur au Collège de France. La Bohême et les Tchèques (avec projections). — Les projections seront faites par M. Molteni.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- BIBLIOGRAPHIE
- Annuaire pour l'an 1896, publié par le Bureau des longitudes. 1 vol.petit in-18, Paris, Gauthier-Villars et fils. Prix: 1 fr. 50.
- Ce volume contient une série de Notices des plus intéressantes, notamment Les forces à distance et les ondulations, par A. Cornu; Les travaux de Fresnel en optique, par A. Cornu; Sur la construction des nouvelles cartes magnétiques du globe, par M.de Bernardières; Sur une troisième ascension à l’observatoire du sommet du mont Blanc et les travaux exécutés pendant l'été de 1895 dans le massif de cette montagne, par M. J. Jans-sen; Notice sur la vie et les travaux du contre-amiral Fleu-riais, par M. de Bernardières ; Allocutions prononcées aux funérailles de M. E. Brunner, par MM. J. Janssen et F. Tisserand.
- Exposé élémentaire des principes fondamentaux de la théorie atomique, par Georges Denigès, professeur agrégé à la Faculté de Bordeaux. 1 vol. in-8°, 2 édition, Bordeaux, Feret et fds, éditeurs, 1895. Prix : 3 fr. 50.
- L'enseignement classique en France. Ce qu'il estf ce qu'il pourrait être, par Olivier Benoist. 1 brochure in-8°, Paris, Imprimerie générale Lahure.
- Petit mémorial des électriciens, 1896. Renseignements techniques, 1 vol. petit in-18, Paris, L. Boudreaux, éditeur, 8, rue Hautefeuille. Prix : 0 fr. 50.
- . Nous signalons à nos lecteurs ce petit recueil précieux de renseignements électriques; il contient cette année des instructions sur l’emploi des accumulateurs au plomb, sur les dérangements des dynamos et les moyens d’y remédier, et sur les brevets d’invention.
- Annuaire pour l’an 1896 publié par la Société belge d’astronomie. Guide de l’amateur astronome et météorologiste. 1 vol. in-8°. Bruxelles, Institut national de géographie, 1896.
- De l’influence des produits thyroïdiens sur la croissance, par le Dr E. Hertoghe, à Anvers, 1 brochure in-8°, Bruxelles, F. Rayez, imprimeur.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES 1)U MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT D0 CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 6 janvier. . . —1®,3 N. 2. Presque couvert. 0,0 Beau de 4 à 6 li.; nuageux de 7 à 8 li.; couvert le reste du temps.
- Mardi 7 — 0°,7 N. N. E. 3. Couvert. 0,0 Couvert.
- Mercredi 8 —1°,0 N. N. E. 2. Couvert. 0,0 Éclaircies à 8 h., à 20-22 h.; couvert le reste du temps ; brouillard à 16 h.
- Jeudi 9 —1°,5 N. N. E. 5. Beau. 0,0 Couvert à 1 h.; beau ensuite.
- Vendredi 10 ... . — 5°,5 N. N. E. 3. Beau. 0,0 Nuageux de 11 à 15 h. et à 20 li.; beau le reste du
- Samedi 11 — 6°,5 N. N. E. 3. Beau. 0,0 temps. Beau jusqu’à 20 h.; puis nuageux ensuite; couvert apr. Couv.; petite neige fine une partie du temps jusqu’à 7h., disparaît dans la journée; brouill. de 1000-àlOh.
- Dimanche 12 ... . 0°,0 N. N. E. 2. Couvert. 0,4
- JANVIER 1396 -- SEMAINE DU LUNDI 6 AU DIMANCHE 12 JANVIER
- La courbe supérieure t unique eu nébulosité de O a 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer)’, courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites au Parc Saint-Maur en déceaibre 1995
- par M. E. Renou.
- Moyenne barométrique à midi, 754"-,74. Minimum le 13 à 1 h. du soir 739",40. Maximum le 28 à 10 heures du matin, 769—,04.
- Moyennes thermométriques : des minima 3°,08; des maxima 7° ,83; du mois 5°,46 ; moyenne vraie des 24 heures 5°,26. Minimum le 23 vers 7 heures et demie du matin —o°,l ; le plus grand minimum a été 11°,0 le 6. Maximum 13°,3 le 30; le plus petit des maxima a été 0°,2 le 19. Il y a ®u 8 jours de gelée et 10 jours de gelée blanche.
- Tension moyenne de la vapeur, 5",93. La moindre 3",3 le 20 à midn La plus grande 10",0 le 30 à 1 heure et 4 heures du soir. Humidité relative moyenne 87. La moindre 50 le 13, à 3 heures du soir. La plus grande 100 en 11 jours.
- Pluie 55",6 en 94 heures, réparties en 20 jours; la journée la plus pluvieuse, le 15, a donné 14",7 d’eau en 13 heures de chute environ.
- Le /, il est tombé un peu de neige à plusieurs reprises avec pluie.
- Ce mois sombre et humide a eu une nébulosité moyenne de 80.
- Vents de sud à l’ouest-sud-ouest très dominants ; ils ont été plusieurs fois très forts de l’ouest-nord-ouest à l’ouest-sud-ouest les 6 et 7.
- Température moyenne de la Marne, le matin, 5°,17; dans l’après-midi, 5°,25; le mois, 5®,2I, variant de 2°,20 le 23 à 7®,90 le 6; assez claire au commencement du mois, très trouble à la fin; elle s’est élevée de 2”,61 le 7 à 4”,45 le 31.
- Relativement aux moyennes normales, le mois de décembre 1895 présente les résultats suivants : Baromètre plus bas de 4",16. Thermomètre plus haut de 3°,07, Tension de la vapeur plus forte de 0“,80. Humidité relative plus faible de 2. Nébulosité plus forte de 9. Pluie plus forte de 10",0.
- Il y a eu des Violettes, des Pensées, des Arabis verna et des Soucis en fleur tout le mois. Le Saxifrage à larges feuilles a commencé à fleurir le 23.
- Le 26, à 1 heure du soir, passage d'Oies sauvages s’éloignaut vers l’ouest-sud-ouest.
- PHASES DE LA LUNE: D. Q. le 7, à 3 h. 34 m. du soir..
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- Les lettres et communications relatives à la rédaction de « La Nature » et de son « Supplément »,
- « Boîte aux lettres », etc., doivent être adressées à M. Gaston Tissandier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERV.CS DU JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES A LA LIBRAIRIE G. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- LA. SEMAINE
- L’armée coloniale italienne en Erythrée. — Les
- récents événements qui se sont déroulés, en même temps que l’importance de la question des armées coloniales, donnent de l’intérêt aux quelques détails suivants sur l’armée coloniale que
- fiossède l’Italie en Erythrée. Nous rappellerons d’un mot que les taliens ont commencé par établir un chemin de fer reliant leur centre d’action de Massaouah à Saati, au pied de la côte abrupte qui mène au plateau d’Abyssinie; puis ils se sont mis à construire une bonne route avec des rampes douces escaladant cette pente et permettant d’atteindre le plateau à 2300 mètres d’altitude. Ils n’ont point négligé les fortifications dans tous leurs établissements, mais il n’y a guère qu’à Massaouah même qu’ils aient établi des forts enterrés suivant la méthode la plus perfectionnée; ailleurs ils ont élevé des fortins, partie en pierre de taille, partie revêtus de panneaux mobiles en tôle d’une épaisseur suffisante pour résister à un armement un peu inférieur aux fusils à répétition des derniers modèles européens. Quant aux soldats, ce sont surtout des indigènes, pris indifféremment parmi les chrétiens ou les musulmans. Les uns comme les autres forment de bonnes troupes. On les paye lfr,50 par jour; il est vrai que, comme les auxiliaires coloniaux français, ils ont avec eux leurs femmes, ou leur femme quand ils sont chrétiens, et leurs enfants, qu’ils vivent chez eux, en famille. Il leur faut pourvoir à l’entretien de tout ce monde, mais ils dépensent én général 10 centimes par jour pour leur nourriture, et, au bout d’un certain temps, parfois cinq ans, parfois dix ans, ils ont mis suffisamment daigent de côté pour retourner chez eux et devenir de grands personnages. Aussi ces simples soldats regardent-ils avec dédain les chefs abyssiniens, se considérant déjà •comme des grands seigneurs. Ils se tiennent fort bien au feu, on en a eu la preuve récente pendant les désastres qu’ont supportés les troupes italiennes, composées presque exclusivement d’auxiliaires. Les meilleurs fantassins sont les Soudanais; quant à la cavalerie, elle est montée sur des petits chevaux égyptiens, au pied sùr et vif, les cavaliers portant des étriers courts où ils -appuient seulement l’orteil ; ces mêmes chevaux sont trop peu -vigoureux pour l’artillerie, et celle-ci est tirée tout bonnement par des noirs robustes. D. B.
- INFORMATIONS
- —Les travaux de construction du monument funèbre où reposeront définitivement les restes de M. Pasteur ont été commencés à l’Institut de la rue Dutot, il y a un mois environ, et sont poussés avec activité. Ce monument, situé à peu près à hauteur du centre du bâtiment de façade, occupera l’emplacement qui servait de vestibule entre le laboratoire Chamberland et l’économat. Deux portes latérales donneront accès sur un large perron intérieur; quelques marches de marbre conduiront à la chapelle voûtée, de 16m,40 de longueur sur 5 de largeur, au centre de laquelle se trouvera le caveau, édifié sur un puits de 8 mètres de profondeur; un dôme élégant, avec motifs religieux et allégoriques, recouvrira l’emplace-
- ment où sera déposé le corps de l’illustre savant; un chemin latéral,
- [lassant des deux côtés du caveau, permettra de gagner le fond de a chapelle funèbre.
- —®— On prépare depuis quelques semaines l’aménagement d’une magnifique chute de 172 mètres de hauteur obtenue sur l’Arve, à Servoz (Haute-Savoie). Dans l’installation que l’on va construire, une puissance de 13 600 chevaux pourra être développée. La dépense totale, si l’on en croit les projets, ne sera pas supérieure à 1 350 000 francs, ce qui mettra à 100 francs au maximum le prix d’installation du cheval-vapeur. Ce sont là, dit YEclairage, des conditions exceptionnellement avantageuses qui permettent de prévoir un succès industriel des mieux caractérisés pour cette importante installation.
- —Voici la description succincte que donne YElektrische Zeitung d’un fer électrique à souder. La pointe du fer consiste, comme à l’ordinaire, en un morceau de cuivre, placé à l’extrémité d’un tube dans lequel se trouve du charbon dont la position peut être modifiée à la main ; un arc est formé entre ce charbon et l’extrémité inférieure du morceau de cuivre ; dans certains cas un bloc de graphite est placé à la partie supérieure interne du morceau et il est facile de le remplacer quand il est usé. Les constantes électriques nécessaires varient, suivant l’inventeur, entre 25 volts pour 3 ampères et 33 et 55 volts.
- —Le musée du Luxembourg, à Paris, a été récemment soumis à quelques remaniements. Les changements de la galerie de sculpture se sont bornés, d’après la Semaine du bâtiment, à l’introduction de la cheminée de Dalpeyrat, à l’encadrement de porte de Delaherche et d’une vitrine renfermant les beaux vases et les beaux plats émaillés que le peintre Gazin exécuta de 1871 à 1873 et qu’il a offerts cet été au musée. On a trouvé inutile d’ih-troduire dans la galerie de nouveaux marbres, le projet d’annexe qui comporte l’adjonction de la terrasse devant être réalisé prochainement.
- —L’usage des tuiles et des carreaux en papier se généralise depuis quelque temps en Espagne. Leur fabrication a complètement supplanté en certains endroits l’ancienne industrie des pannes et carreaux en terre cuite. On trempe les produits venant des manufactures de papier dans du silicate de potasse, ce qui les rend insensibles aux variations de temps et leur donne, en outre, une certaine incombustibilité. D’après le Cosmos, on donne aux tuiles et aux pannes-carreaux une belle apparence en les pressant et les colorant de diverses façons et finalement en les recouvrant d’une laque.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Contre le hoquet. — Un procédé à rapprocher de celui que nous avions conseillé, boire lentement un demi-verre d’eau en faisant obturer les conduits auditifs par un aide de bonne volonté. Ce procédé, indiqué par le Dr Varongot, de Rennes, a l’avantage de supprimer l’assistance d’un tiers. Il consiste à boire de l’eau par petites gorgées, sans respirer, en se pinçant les narines. Il est rare que le moyen échoue. Voici l’explication physiologique qu’en donne notre confrère : repos du diaphragme que la déglutition d’un peu d’eau et d’air permet de prolonger sans effort : cette déglutition crée des mouvements péristaltiques de l’œsophage et de l’estomac qui rompent le spasme du diaphragme. Dr X....
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les triple ttes, quadruplettes et quintuplettes sont en vente à la maison Gladiator, 78, boulevard Montmartre, à Paris. — Le moteur à pétrole Pygmée se trouve chez M. Léon Lefebvre, 4, rue Com-mines, à Paris. — Les accumulateurs de chaleur à la baryte, décrits dans le numéro 1178, du 28 décembre 1895, page 60, se trouvent à la Compagnie internationale de chauffage hygiénique, M. Lemaître, directeur, 159, rue du Faubourg-Poissonnière, à Paris.
- Communications. — M. N. Lallié, à Nantes, nous fait connaître les résultats de quelques expériences intéressantes u’il a effectuées récemment. On prend un fil de fer de 60 ou 0 centimètres de longueur et d’un diamètre de 2 ou 5 millimètres, on le recouvre d’une ou plusieurs couches de fil de cuivre isolé. On fixe ensuite la tige, par une de ses extrémités, à un bloc de bois, de telle sorte que, par son propre poids et en vertu de son élasticité, elle s’infléchisse. En faisant traverser le fil de cuivre par un courant assez intense, la tige de fer tend à se redresser et son extrémité décrit de courtes oscillations. Le phénomène reste le même lorsque la tige a été préalablement polarisée par l’application à une extrémité de l’un des pôles d’un aimant permanent. De même, si la tige de fer est polarisée par un aimant, toute flexion brusque qu'on lui fait subir détermine des courants dans le fil qui l’entoure. Ces effets sont très intéressants et méritent de fixer l’attention des physiciens.
- M. J. de Rey-Pailhade, à Toulouse, nous écrit au sujet de la Note que nous avons publiée sur la germination, dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences (n° 1180, du 11 janvier 1896, p. 95). C’est lui qui a découvert le philothion et ses propriétés chimiques ; il est l’auteur de l’intéressant travail présenté à l’Académie, son nom a été omis par mégarde dans notre analyse.
- Renseignements. — M. Machato, à Quelmiano (Côte orientale d’Afrique).— Adressez-vous à la Revue du Cercle militaire, 37, rue Bellechasse, à Paris; on pourra vous faire connaître ce constructeur.
- M. Handausch, à Batavia. — Le centimèlre-conformateur est en vente chez M. Lhéon, 1, rue d’Argenson, à Paris.
- M. A. Viellerobe, à Lima. — Il faudrait soumettre votre demande à M. Magnell, ingénieur à Stockholm.
- M. P. da Nonseca, à Loanda. — Ces appareils ne se trouvent pas dans le commerce.
- M. P. T., h B.... — Il faut répandre du tan dans les allées.
- M. E. S., à Paris. — Pour utiliser pendant le jour dans votre usine le travail produit pendant la nuit par votre turbine hydraulique, il faudrait faire commander une dynamo qui chargerait des accumulateurs. Le lendemain dans la journée les accumulateurs fourniraient l’énergie à un moteur électrique qui actionnerait une partie des transmissions ou machines-outils de votre usine, en même temps que la turbine fonctionnerait aussi. Le rendement total industriel de cette transformation pourrait atteindre environ 50 pour 100.
- M. t. Marchand, à Paris. — L’adresse demandée est 1, rue de Compiègne.
- M. L. Rivière, à Bourg-de-Péage. — 1° Consultez les Recettes de Vélectricien, pw M. E. Hospitalier, à la librairie G. Masson. — 2“ Les ouvrages d’électricité sont très nombreux ; c’est à vous de faire un choix en vous adressant aux divers éditeurs.
- M. G. D., à Plessis-Trévise. — 1° Vous trouverez plusieurs traités de mécanique à la librairie Gauthier-Villars et à la librairie E. Bernard, à Paris. — 5° Nous recevrons volontiers quelques renseignements sur votre voiture à pétrole, et notamment sur les dispositions des organes moteurs et de transmissions, conduite pratique, entretien, etc.
- M. A. Soult, à Hellemmes. — 1° Il n’y a pas d’autre moyen
- que de ventiler fortement. — 2° Pour ce qui concerne les accumulateurs de chaleur à la baryte, dont il est question dans le n° 1178, du 28 décembre 1895, p. 60, voyez l’adresse que nous donnons en tête de la présente Boîte aux lettres.
- M. Gathier, à Paris. — Les changements de vitesse seront décrits dans La Nature. La solution dont vous parlez est la moins employée en pratique.
- M. A. B., h Paris. — Vous trouverez une série de comparaisons hydrauliques très intéressantes pour expliquer les phénomènes électriques dans le journal l’Etincelle électrique, directeur M. Claude, 30, rue du Dragon.
- M. P. Moly, à Villefranche. — L’École municipale de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris, 42, rue Lhomond, à Paris, pourrait vous convenir; voyez l’article que nous avons publié à ce sujet dans le n° 571, du 10 mai 1884, p. 376.
- M. Jourdaine, à Paris. — La fabrication des vernis exige certains tours de main et certaines préparations; consultez le Fabricant de vernis, par A. Romain, dans la collection des manuels Roret.
- M. E. Laurent, à Poitiers. — 1° Ce procédé est déjà utilisé. — 2° Journaux électriques anglais et américains : Èlectrical Review, 22, Paternoster Row, London E. C.; ihe Electrician, Salisbury court, Fleet Street, London ; the Electrical Engineer, 203, Broadway, New-York; the Electrical World, 253, Broadway, New-York.
- Un abonné, à Doullens. — Le meilleur procédé est d’employer de la terre pourrie humectée d’huile.
- M. J. Picot, à Bruxelles. — Le système de joint dont vous parlez nous paraît intéressant, mais” un peu trop spécial pour nos lecteurs.
- M. de Rigaud, à Paris. — Pour donner la description de votre procédé, nous attendrons qu’il ait été mis en œuvre et qu’il ait fourni des résultats.
- M. 0. D., à Laon. — Le procédé dont vous parlez n’a été publié nulle part; il faudrait faire des recherches pour l’étudier.
- M. José Monclus, à Barcelone. — La phonographe que nous avons décrit dans le n° 1173, du 23 novembre 1895, p. 403, pourrait vous convenir; vous le trouverez chez M. Werner, 85, rue de Richelieu, à Paris.
- Un abonné, à Howory (Russie). — 1° Pour empêcher la formation de la rouille dans les citernes en fer, il n’y a pas d’autre procédé que de les revêtir intérieurement d’un enduit ou d’un émail, comme nous l’indiquons dans les Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie G. Masson. — 2° Nous avons publié un article sur la rectification des alcools mauvais goût par l’électricité, dans le n° 539, du 29 septembre 1883, p. 283.
- M. H. Vitalis, à Lodève. — Vous trouverez plusieurs ouvrages sur les champignons à la Librairie agricole de la Maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris, notamment le Champignon de couche, par J. Lachaume. M. J. Moyen a publié également, à la librairie J. Rothschild, 13, rue des Saints-Pères, à Paris, sur les Champignons, un excellent traité de mycologie suivi de la description des espèces utiles et dangereuses.
- M. D. K., au Havre. — 11 n’y a pas d’agences spéciales; il faut vous mettre en relations avec de grandes entreprises.
- M. H. I., à Paris. — Pour ce qui concerne cette préparation, il faut vous adresser directement à M. Ch. Henry, maître de conférences à la Sorbonne.
- M. A. Bacot, à Fontainebleau. — Vous pouvez vous reporter à l’indication d’un ouvrage aéronautique que nous avons donné dans la Boîte aux lettres dun“ 1181, du 18 janvier 1896, au bas de la page 26, 1” colonne.
- M. H. Haghen, à Gand. — 1° Cette expérience est un essai de laboratoire. — 2° L’auteur de l’article est mort dernièrement et nous ne savons pas le sel qu’il a voulu désigner.
- M. Loquet, à Saint-Denis. — Dans l'Encyclopédie chimique de M. Frémy, tome X, applications de chimie organique, il se trouve un chapitre spécial sur les colles et gélatines, à la librairie Dunod et Vicq, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris; voyez aussi la Chimie industrielle de Payen.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. E. G., àjBour-goin. Nous ne connaissons pas les paquebots dont vous voulez parler. — M. Busson, à Nice. La disposition que vous proposez serait, croyons-nous, plus avantageuse. — M. Z. X. Y. Il faut faire une analyse chimique. — M. L. O., à Versailles. 1° On n’a pas public d’autres renseignements que ceux que nous avons indiqués. 2° Ce fabricant nous est inconnu. — Un lecteur, à Genève. Nous n’avons pas d’adresse spéciale. — M. Dubois, à Lyon. Voyez les Recettes et procédés utiles, 4re série (G. Masson, éditeur). — M. E. Garnier, à Paris. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Calendrier commercial pour 1896. — Par sa composition originale, ce calendrier n’a pas seulement l’attrait de la curiosité, il a aussi, au point de vue utilitaire, un avantage considérable sur toutes les publications similaires. Polyglotte, il donne les mois et les jours en dix langues : allemand, anglais,
- CALENDRIER COMMERCIAL
- POLYGLOTTE INTERNATIONAL UNIVERSEL
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- Calendrier commercial polyglotte, etc., de M. Jules Rameau.
- des charnières c et par un fermoir métallique. Pour l’ouvrir, il suffit de dégager, en le soulevant à la main, le fermoir d’une saillie e qui le maintient fixe, lorsque l’album est fermé. La face antérieure A peut alors être rabattue autour des charnières cc et venir prendre la position représentée sur le n° i. Dans son mouvement de rotation, elle entraîne trois feuillets A1, A2, A3, qui sont rabattus sur elle, lorsque l’album est fermé. Sur les deux faces de ces feuillets sont ménagés des cadres pour des photographies. Le feuillet A1 est rabattu en avant de la face A et chacun des feuillets A2 et A3, à droite ou à gauche de cette même face. Lorsque l’album est fermé, contre la fâce
- Eostérieure C sont rabattus plusieurs cadres D, E, F, G, H, \ E', F', G', H'. Ces divers cadres sont réunis à leurs parties inférieure et supérieure par des tiges 1,2,3, 4, 5, 6, 1', 2', 3', 4', 5', 6', qui forment avec les côtés supérieurs et inférieurs des cadres des parallélogrammes articulés. Lorsque l’album est ouvert, ainsi que le montre la fig. 1, on peut développer ces divers cadres plus ou moins à droite et à gauche de la face C qui en supporte elle-même plusieurs. Cette boîte a en outre dans son intérieur une boîte à musique toute montée. Quand on ouvre le couvercle, un ressort fonctionne et met en action le mécanisme musical. Les photographies exposées, groupées et formant un tableau bien ordonné, se voient ainsi avec accompagnement d’un orchestre. — Pour tout ce qui concerne cette boîte-album, il faut s’adresser à M. Weiss, 12, rue Merccéur, Paris.
- Pile Sicard et Folle. — La pile que nous faisons connaître dans les lignes suivantes présente quelques nouveaux avantages sur les piles existantes. L’élément se compose (fig. 1 et 2) d’un cylindre en zinc de 16 centimètres de nauteur et
- espagnol, français, hollandais, italien, portugais, roumain, russe et suédois, et son usage devient universel par la mise en concordance, en regard, du Calendrier Julien (employé dans les pays d’Orient) et du Calendrier Grégorien. Enfin les renseignements commerciaux pratiques et journaliers : tarifs des postes, télégraphes, colis postaux, transports par chemins de fer et maritimes, des effets de commerce pour les relations entre la France et les pays d’Europe, les heures des différentes capitales correspondant au midi à Paris, les tableaux des poids, mesures et monnaies des différents pays, les drapeaux en couleurs des diverses nations, les portraits des principaux chefs d’État, des tarifs télégraphiques internationaux, des poids et mesures des différents pays, en font un calendrier international bien imprimé et bien illustré. Ce sont des tableaux superposés qui donnent ces renseignements. Notre gravure montre l’un des tableaux, c’est celui des drapeaux de tous les pays du monde. — Cet almanach se trouve chez M. J. Rameau, 4, rue Flatters, à Paris.
- Boite-album mécanique et musicale pour les épreuves positives à exposer. — La gravure ci-dessous donne dans son n° 1 l’aspect de cette boîte merveilleuse complètement ouverte. La figure 2 représente la boîte entr’ouverte.
- Cet album étrange se distingue des albums ordinaires en ce qu’il repose sur sa face inférieure, qui offre une étendue suffisante pour^qu’il puisse se maintenir verticalement en équilibre. 11 est recouvert d’une étoffe quelconque appropriée, velours, peluche, etc., et peut être décoré à volonté sur sa face antérieure A, par exemple par des coins a, par un écusson B, par
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Pile Sicard et Falle. — i. Vue d’ensemble. — 2. Coupe intérieure.
- d’un diamètre de 10,5 centimètres, formant à la fois vase extérieur et pôle négatif; au centre, maintenu dans une matifre spongieuse (sciure de bois ou autre), se trouve un cylindre en charbon formant aggloméré, composé de sulfate de zinc, sulfate double de potasse et d’alumine, acide sulfurique et bichromate de potasse. Le liquide consiste en de l’eau salée contenant 80 grammes de sel par litre d’eau, que l’on introduit dans la cuvette supérieure et qui s’écoule à l’intérieur de la pile, par des trous ménagés à cet effet. Avant de faire fonctionner la pile, il est nécessaire de laisser imbiber le liquide pendant dix à quinze minutes. D’après les résultats des essais effectués par le Laboratoire central d'électricité, la force électro-motrice est de 2,03 volts ; la durée est variable suivant le modèle. Un élément a fonctionné pendant 20 jours avec une intensité de 150 milliampères au début, et de 35 milliampères ensuite avec des variations très faibles jusqu’à la fin de la décharge. La pile n’exige qu’un faible entretien et donne un fonctionnement régulier. — S’adresser à M. Ghavenon, constructeur à Ygrande (Allier).
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Fabrication des vases en papier durci. — La pâte à papier, qui se prête à un si grand nombre d’emplois industriels, permet, lorsqu’on sait s’en servir, de fabriquer des vases imperméables, élastiques et inattaquables aux acides, qui font le bonheur des chimistes. Ils se prêtent aussi à des usages variés, qu’il est à peine besoin de signaler, dans l’économie domestique, et notam ment pour remplacer les potiches, plus ou moins sino-japo-naises, destinées à contenir des bouquets de fleurs. Ces vases peuvent se mouler, se vernir, s’émailler, se peindre, suivant
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- les goûts les plus variés : mais ils ont surtout l’avantage d’échapper aux funestes conséquences du coup de plumeau, qui détruit la belle ordonnance des garnitures de cheminées et donne lieu aux plus désolantes altercations suivies d’inutiles revendications et de demandes de dommages-intérêts toujours mal accueillies. Les personnes nerveuses peuvent même les jeter à la tête de leurs contradicteurs avec beaucoup moins de bruit et d’inconvénient que lorsqu’il s’agit des produits de la céramique : avec le vase en papier mâché, le dommage, dans ce dernier cas, reste tout moral : c’est toujours autant de gagné. M. A. Petit, dans le Cosmos, a indiqué sommairement, ainsi qu’il suit, leur mode de fabrication. On prend une pâte à papier composée de 85 parties de pâte de bois et 15 parties de pâte de chiffons; on lui donne la forme désirée, par les procédés employés dans la fabrication de la pâte de porcelaine. Les ustensiles obtenus sont séchés à l’air libre, puis à l’étuve, et, après, introduits dans un
- vase clos où l’on maintient un vide assez complet, pendant quatre heures au moins. Alors, on laisse pénétrer dans le vase un mélange de 100 parties d’essence de pétrole, 25 de colophane, 56 d’huile de lin et 25 de paraffine, et on chauffe à 75° ; ce mélange pénètre intérieurement tous les pores des ustensiles en pâte de papier; un quart d’heure y suffit. Les objets sont retirés du mélange où ils plongent, égouttés et placés dans une chambre où on élève la température à 100°, pour chasser toute l’essence de pétrole, qui a servi de véhicule aux autres produits. Quand ils sont bien secs, ils passent dans une étuve chauffée à 75°, et dans laquelle on les soumet à l’action d’un courant d'air électrisé qui oxyde les matières grasses dont les ores sont remplis. Pour terminer, on les plonge pendant une eure dans un nouveau bain composé de 100 parties d’huile de lin, 5 d’huile de ricin et 15 de colophane, et on les sèche de nouveau dans l’air ozoné.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de Franco
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL
- Lundi 15 janvier.. . 0°,8 S. W. 1. Couvert.
- Mardi 14 2°,8 S. S. W. 4. Couvert.
- Mercredi 15 0°,0 S. S. W. 2. Couvert.
- Jeudi 16 3°,6 W. S. W. 2. Beau.
- Vendredi 17 . ... 7°, 2 S. W. 2. Couvert.
- Samedi 18 6°,2 W. S. W. 2. Couvert.
- Dimanche 19 ... . 4°,9 N. E. 1. Couvert.
- PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- 0,4 Couvert, un peu de pluie à midi et gouttes dans la soirée ; gelée blanche.
- 1,6 Éclaircies à 16 li.; beau après 20 h.; couvert le reste du temps; pluie de 6 h. à 15 h.
- 3,5 Nuageux jusqu’à 6 h.; puis couvert; beau après 20 h.; pluie à plusieurs reprises ; tempête à 3 km. à 13 h.
- 1,9 Peu nuageux le matin; couvert le soir; gouttes vers 13 h. 30 ; gelée blanche.
- 1,5 Couvert ; quelquefois de la pluie fine le matin.
- 0,7 Couvert.
- 0,0 Couvert.
- JANVIER 1896 — SEMAINE DU LUNDI 15 AU DIMANCHE 19 JANVIER
- La courbe supérieure indique In nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: combe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer)', courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule seche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Crues de la Seine et de la Marne. —Les pluies abondantes de la première quinzaine de janvier ont provoqué une inondation partielle qui a ravagé les berges peu élevées des environs de Paris. À Neuilly, notamment, les îles du fleuve ont été envahies parles eaix. Le froid =ec “arrêté la marche ascendante de l'eau, sur les berges de Pile BeaudoUde i île d Amour, de Pile Rothschild ; les arbres ont cependant été déracinés. Ouelques-uus sont tombés dans Peau. On a dû abattre certains autres dont la chute serait survenue. En 1876, ces trois îles furent entièrement submergées par la crue.
- Le 7 janvier 1896, la Marne a subi une forte crue; la navigation a été interrompue sur la rivière ; la vallée de la Marne et la plaine d’Ay ont été igi ondees. r J
- La neige. A la date du 1b janvier 1896, la température était très ngoureuse dans la Corrèze. Les rivières étaient gelées et le froid avait déjà lait une victime. Un jeune homme de vingt ans, Jean Farges, domestique a Ciergoux, a été trouvé mort sur une roule, à 3 kilomètres de
- Neuvic, tué par une congestion provoquée par le froid. La neige est tombée avec abondance et une couche épaisse a couvert le sol.
- A la même date, pour la première fois, cet hiver, la neige est tombée à Grenoble. Le sol eu a été recouvert d’une couche de 15 centimètres. La circulation a été difficile. Les trains ont eu des retards.
- A Strasbourg, dans la soirée du il janvier, la neige est tombée en assez grande abondance et les premiers traîneaux ont fait leur apparition dans les rues de la ville. Dans le courant de la nuit du 11 au 12 janvier, le thermomètre est descendu à 6° au-dessous de zéro. Le vent, qui soufflait du sud, a sauté de nouveau au nord et le ciel s’est éclairci.
- Tremblements de terre. — Dans la nuit du 10 au 11 janvier 1896, i S" 40", une forte secousse de tremblement de terre, avec grondement souterrain, a été ressentie à Coblence. Ce phénomène sismique a eu lieu dans la direction de l’est à l’ouest.
- A Laybach, dans la nuit du 13 au 14 janvier, à 1" 28", il s’est produit une secousse modérément forte.de tremblement de terre, qui avait un mouvement vibratoire et qui a duré environ deux secondes. Elle était accompagnée d’un grondement souterrain.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 14, à 10 h. 29 m. du soir.
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- Réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction de « La Nature » et de son « Supplément »,
- « Boîte aux lettres », etc-, doivent être adressées à M. Gaston Tissandier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVICE DU JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSEES A LA LIBRAIRIE G. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- LÀ SEMAINE
- Congrès pour l’étude de la tuberculose. — Ce
- congrès a adopté les résolutions suivantes : 10 Les viandes de boucherie ne doivent être livrées à la consommation qu’après avoir été reconnues saines par un inspecteur compétent. L’inspection des viandes doit être généralisée et se faire dans les villages comme dans les villes. Le service d’inspection devrait être organisé sur un plan plus ou moins analogue à celui qui vient d’être réalisé en Belgique. — 2° Il y a lieu d’encourager l’installation, dans les abattoirs publics, d’appareils destinés à stériliser les viandes provenant d’animaux tuberculeux, de façon à en permettre l’utilisation sans danger. Des appareils de ce genre fonctionnent déjà d’une façon satisfaisante dans plusieurs
- {iays étrangers. — 3° Il y a lieu de reviser les dispositions de 'arrêté du 28 juillet 1888 relatives à la tuberculose des bovidés et, spécialement, d’exiger que tout animal présenté aux concours de reproducteurs, organisés ou subventionnés par l’Etat, ait été préalablement soumis à l’épreuve de la tuberculine. Ces résolutions seront soumises au Conseil supérieur de l’agriculture *.
- INFORMATIONS
- Jeudi, 23 janvier 1896, à la Sorbonne, M. Maurice Griveau a donné, à son auditoire de plus en plus sympathique et conquis à ^ ses points de vue, le tableau poétique et scientifique de Varc-en-ciel. La leçon était ainsi divisée : l’arc-en-ciel dans la nature, spectacle et phénomène ; l’arc-en-ciel au laboratoire, révélateur des astres, gamme harmonique des tons ; l’arc-en-ciel dispersé, répartition de ses teintes dans le paysage. Dans ce cadre, le professeur a su faire tenir la théorie du prisme et du spectre solaire, en ses lignes essentielles, les résultats vraiment merveilleux, esthétiques, de l’analyse spectrale dénonçant nos principaux métaux ou métalloïdes en les astres ; mais l’attrait principal et l’originalité de cette leçon consistait dans la localisation des teintes de l’arc-en-ciel sur les ciels levants et couchants, les terrains, les eaux, les feuillages et ! les fleurs. L’attitude du public est très encourageante pour la suite i. de ces études neuves, qui participent à la fois de la science et de
- I la poésie, et que l’auteur sait présenter, à la fois, en savant et en
- I artiste.
- —Nous avons parlé très souvent des oranges doubles ou triples dont on nous a envoyé souvent des spécimens. On nous [ demande des renseignements au sujet de ces monstruosités. Nos lecteurs pourront lire à ce sujet un article de M. Carrière, avec figures, qui est publié dans le volume de 1883 de l’excellente Revue horticole, pages 19 et suivantes. L’explication de ce cas n’est pas, comme on peut le croire, dans l’influence du sujet sur la greffe, même avec des surgreffages successifs. C’est un simple cas tératologique, un dédoublement des carpelles, comme on en voit dans d’autres plantes. Mais ce phénomène, observé depuis bien longtemps, ce qui fait qu’on a appelé ces fruits des Maravillas, attire toujours l’attention des observateurs.
- 1 D’après les Informations du ministère de VAgriculture.
- —— Voici de curieux renseignements sur l’élevage des porcs aux Etats-Unis. L’Amérique du Nord ne doit pas, comme on le croit en général, ses succès dans cette branche de production aux conditions du sol et à son climat, qui est, au contraire, assez peu favorable à l’élevage des porcs à cause de sa grande variabilité, mais au développement de la culture du maïs. Les neuf dixièmes des porcs américains sont engraissés avec le maïs ; ce mode d’alimentation prédomine même dans les contrées où cette céréale manque et doitetre achetée. Sur un total de 52300000 porcs recensés en 1892, un million et demi seulement étaient élevés sur les côtes de l’océan Pacifique et dans l’Ouest. La majeure partie se trouve dans les Etats du Centre-Nord et Centre-Sud, où l’on cultive le maïs.
- —Un des agents de la grande Compagnie anglaise résidant à Edmonton (Canada), a reçu il y a quelques semaines, des chasseurs de fourrure opérant dans l’extrême nord du Dominion, 205 peaux de bœufs musqués, 137 d’ours, 3500 de martres, 550 de castors, 50 de loutres, 50 de renards croisés, 100 de renards rouges, 10 de renards argentés, 15 de carcajous, 7 de loups, 108 de lynx, 500 de visons, 2000 de rats musqués. L’ensemble de ces dépouillés est évalué à 20 000 dollars. C’est là une très belle saison [Le Chasseur illustré).
- —©— On s’occupe activement, à Athènes, de la construction du vélodrome sur lequel seront disputées les épreuves vélocipédiques pendant les fêtes de Pâques prochain; 2000 mètres et 10000 mètres avec entraîneurs. Il avait été un moment question de faire venir un spécialiste français: mais S. M. le roi de Grèce ayant proposé au Comité les plans du Vélodrome de Copenhague, qu’il avait lui-même rapportés du Danemark, aucune décision n a encore été prise. Quoi
- u’il en soit, il est entendu que la piste sera en ciment et possédera
- es virages relevés.
- Notes cyclistes. —La police de New-York vient d’expérimenter avec un plein succès l’emploi de policemen montés à bicyclettes, i—avec leurs bottes,— et, grâce à leur concours, un certain nombre de camelots, de voleurs, de maraudeurs, de voituriers et même... de cyclistes ont déjà été arrêtés. Il est question d’affecter des bicyclettes ail service des rondes et des patrouilles, qui pourront ainsi parcourir cinq et six fois le district dont elles ont la surveillance, au lieu de ne le parcourir qu'une seule fois, laissant le champ libre aux escarpes une fois la ronde passée. Le jour où nos sergents de ville iront à bicyclette, que de contraventions pour des lanternes absentes ou non allumées !
- — Si l’on en croit notre excellent confrère Le Vélo, toujours bien renseigné, les fabricants de pneumatiques ont décidé de provoquer, entre tous les constructeurs de valves et de pneumatiques, un grand congrès qui se tiendrait sous peu et dont le but serait de rechercher un raccord unique s’adaptant à toutes les valves et s’appliquant à tous les systèmes. Tous les touristes apprécient l’utilité de cette entente et font des vœux ardents pour sa prompte réalisation, avant le début de la saison prochaine, si possible. Une fois l’entente établie, ceux qui n'auront pas sur leurs pneus le raccord international utiliseront une pièce intermédiaire fixée une fois pour toutes sur leur valve : le bout femelle de cette pièce sera au pas de leur propre valve et le bout mâle conforme au type international. Ils pourront alors rouler en toute sécurité : la première pompe rencontrée sera la bonne. Espérons que l’entente se fera sur le pas métrique et non sur le pas anglais. A la veille de la disparition du système suranné de mesures anglaises, l’adoption du pas anglais serait une concession impardonnable. Us ami de la bicyclette.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Communications. — M. P. Baret, à Ramleh-Bacos (Alexandrie, Égypte), nous informe que, le 17 décembre 1895, un énorme bloc de glace formé de grêlons agglomérés est tombé sur la route d’Alexandrie à Marient, avec un bruit semblable à un coup de tonnerre. Ce bloc mesurait 12 mètres cubes environ ; la chaussée a été rompue sur une longueur de 8 mètres. Cette masse s’èst rompue très rapidement.
- M. D. Héron, au Vésinet, nous écrit qu’à la fin du mois de décembre 1895, malgré les quelques gelées qui ont eu lieu, la végétation s’était maintenue et qu’il restait encore cette année un grand nombre de fleurs qui ont ordinairement disparu à cette époque. Aux fêtes de Noël, notre correspondant a pu cueillir les fleurs suivantes : pétunia, pyrethre, agératum, calcea, verveine, géranium, phlox de Drummond, soleil miniature, co-reopsis nain, campanule pyramidale, mouroudia, capucine anglaise, eccremocarpus, pied-d’alouette, muflier. Sur les pelouses d’un potager se trouvaient des pâquerettes, pissenlit, seneçon, violette et fraisier. Dans ces diverses fleurs, on ne compte pas à dessein les chrysanthèmes, suphorine, rose de Noël, osmanthus, dont la floraison est toute normale à cette époque.
- M. B. Solarha, à Salonique (Turquie), nous écrit que sous les auspices et par l’initiative de M. J. Zaghikian, président, il s’est formé dans cette ville une association des amateurs photographes, qui échangera volontiers des vues d’Orient contre des vues d’Europe avec les membres d’associations semblables. Nous félicitons notre correspondant et nous souhaitons à la nouvelle société toute chance et tout succès.
- M. E. Chêneau, au Havre, nous a envoyé une série de circulaires relatives au travail du fer vénitien. Un outillage spécial très simple rend ce travail facile à l’amateur et permet certains effets artistiques.
- Renseignements. — M. R. L.,k Chaux-de-Fonds. — On peut comparer les huiles et les graisses entre elles au moyen d’un appareil spécial, appelé éprouvette de Mac Naught, et dont la description est donnée dans le Dictionnaire des arts et manufactures de Laboulaye, à la librairie G. Masson.
- M. J. W., à Bruxelles. — Le mélographe et le mélotrope de M. J. Carpentier ont été décrits dans le n° 754, du 25 juin 1887, p, 49.
- Un abonné, à Saint-Imier. — Il faudrait vous adresser à l'Office de publicité, 9, rue de Fleurus, à Pans; nous ne conservons pas les feuilles d’annonces.
- M. J. Platania, à Aciréale. — 11 n’y a pas de machines domestiques pour faire du chocolat ; mais on peut faire du chocolat chez soi avec de petits appareils.
- M. N. 0., à Nantes. — La maison qui a construit cette pendule est probablement la maison Billoret et Mora, Daloz successeur, 95, boulevard Richard-Lenoir, à Paris.
- M. Roussel, à Paris. — Toutes ces piles ne sont plus fabriquées depuis longtemps; nous pensons que pour la charge de vos accumulateurs, il serait préférable de prendre une pile O’Keenan au sulfate de cuivre, chez M. Mors, 8, avenue de l’Opéra.
- M. H. Gascon, à l’Arba, près Alger. — Demandez ces graines à la maison Vilmorin-Andrieux, 4, quai de la Mégisserie, à Paris.
- M. Denis, à l’Ile-Bouchard. — Plusieurs journaux publient les listes des brevets délivrés en France, entre autres F Ingénieur civil, 49, rue Montorgueil, à Paris.
- M. G. Chas, à Biarritz. — Consultez La Dynamo, par E. Boistel, à la librairie Fritsch, 50, rue du Dragon, à Paris.
- MM. Amelin et Renaud, à Paris. —Notre article sur l’alcool artificiel a paru dans le n° 1150, du 15 juin 1895, p. 55; jusqu’ici ce procédé n’â été expérimenté que dans des essais de laboratoire.
- Un abonné, à Saint-Etienne. — 1° Nous avons indiqué un
- vernis transparent pour instruments d’optique dans les Recettes et procédés utiles, 5* série, à la librairie Masson. — 2° Tous les modèles de lanternes peuvent convenir à la condition qu’il y ait des verres rouge et jaune ; vous en trouverez plusieurs modèles au Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris. — 5° Si votre lettre nous est parvenue, nous avons répondu.
- M. le Dr G. Le Bon, à Paris. — Ces accumulateurs, dont on parle beaucoup en ce moment, ne doivent pas, à notre avis, offrir les qualités qu’on leur attribue; nous aurons bientôt l’occasion de faire quelques essais.
- M. E. de R., à Paris. — On ne connaît pas d’autres renseignements sur ce nouveau bec qui est encore en expériences.
- M. H. D., à Pantin. — 1° Il faut enduire la surface intérieure de ce réservoir d’une couche de goudron assez épaisse. — 2° Cette tuyauterie peut causer de graves inconvénients.
- Un électricien, à X. — 1° Vous trouverez des détails sur la construction des dynamos dans l’ouvrage indiqué plus haut. — 2° Pièces détachées : M. Radiguet, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, M. Chomeau, 55, passage du Havre, à Paris.
- M. J. H. T., à Paris. — Une couche de goudron est l’enduit qui convient le mieux ; mais il faut la renouveler de temps à autre.
- M. X. F., à Z. — Il est possible que les cornues en fonte soient employées en Bohême depuis dix ans pour la concentration de l’acide sulfurique ; mais nous pouvons vous affirmer que ce mode de concentration n’est connu que depuis quelques années dans nos pays.
- M. G. Dejaunay, à Nantes. — La noix de kola est très bonne pour soutenir dans une longue marche ; vous trouverez diverses préparations chez M. Natton, pharmacien, 55, rue Coquillière, à Paris.
- M. Millet, à Caen. — Vous pouvez vous servir de la peinture à l’huile ; vous ferez une couleur grise en mélangeant peu à peu jusqu’à la teinte voulue du blanc d’Espagne avec du noir de fumée.
- M. G. Rougane, à Châteaumorand ; M. Grayo, à Paris, M. D. Bürkli, à Zurich. — Pour ce qui concerne les accumulateurs à la baryte, qui ont été décrits dans le numéro 1178, du 28 décembre 1895, page 60, voyez l’adresse que nous avons donnée en tète de la Boîte aux lettres du numéro 1182, du 25 janvier 1896.
- M. J. Boivin, à Amiens. — Pour ces ouvrages de sucrerie, voyez à la librairie Fritsch, 50, rue du Dragon, à Paris.
- M. C. D. Parepa, à Bucarest. -—Nous avons déjà donné des adresses de fournisseurs de ces produits en tête des Boîtes aux lettres du numéro 1155,du 6juületl895, et du numéro 1160, du 24 août 1895.
- L'abonné n° 20, à Arles. — 1° Ouvrages de médecine pratique à la librairie G. Masson. — 2° Adressez-vous à la librairie Flammarion, 26, rue Racine, à Paris. — 3° Ce petit livre sera fait prochainement.
- M. A. B., à Longwy. — L’éditeur des cahiers de M. Y. Jacquot, L'art de dessiner simplement, est M. II. Laurens, 6, rue de Tournon, à Paris.
- M. E. de Truché, à Varennes. — Baromètres et thermomètres de précision : maison Alvergniat, V. Chabaud, successeur, 10, rue de la Sorbonne; M. Richard, 8, impasse Fessart, à Paris.
- M. Fea Carlo, à Rimini. — Cette charrue électrique n’a été décrite que sommairement dans les journaux électriques ; demandez un catalogue à la maison Zimmermann, à HaUe (Westphalie, Allemagne).
- M. E. Piquet, à Boulogne-sur-Mer.— Vous pourriez demander ce documenté la Société météorologique de France, 7, rue des Grands-Augustins, à Paris.
- M. A. Auerbach, à Berlin.— Le ventilateur-amortisseur pour cabine téléphonique, que nous avons décrit, est dû à M. H. Menier qui l’a construit pour son usage.personnel; mais il ne se trouve pas chez les constructeurs.
- M. M. Degeorge, à Garches. — 11 n’existe pas de panneaux semblables dans le commerce ; mais il est facile d’en faire préparer soi-même. Peut-être même pourrez-vous vous inspirer dans leur construction de l’amortisseur dont il est question ci-dessus.
- M. L. Aubert, à Marseille. — Ouvrages sur les chutes d’eau : E. Bernard et Cie, éditeurs, 53ter, quaides Grands-Augustins, à Paris.
- M. F. Borelli, à Marseille. — Nous vous conseillons d’employer des boules de naphtaline.
- (Voir la suite de la Boite aux lettres page 3* des Nouvelles scientifiques.)
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- BOITE AUX LETTRES [Suite).
- M. Videau, à Bordeaux. — Cette machine à écrire a été longtemps en vente chez un grand nombre de marchands à Pans. L’adresse du constructeur anglais est : The miniature pocket type AVriter, Swan arcade, Bradford.
- M. L. Lebrun, à Genève. — Il faudrait vous adresser à diverses cliniques pour maladies des yeux : Dr Galezowski, M, rue Dauphine; Dr Landolt, 27, rue Saint-André-des-Arts; Dr Dehenne, 24, rue Monsieur-le-Prince, à Paris.
- M. M. Lechuga, à Mexico. — Il n’existe pas de traité spécial sur ce sujet ; des renseignements ont seulement été publiés par les journaux.
- MG. Monjo, à Alger. — 1° Bulletin hebdomadaire du cours des métaux neufs et vieux, 71, rue de Lyon, à Paris. — 2° Il n’existe pas de journal de ce genre.
- M. F. Gôhns, à Celle. — Pour ce qui concerne la balle-parachute dont nous avons donné la description dans le n° 1174, du 30 novembre 1895, il faut vous adresser à M. Dévot, 6, rue Jeanne-Hachette, à Paris. •
- M. A. C., à Mont-de-Marsan. — 1° Dans cette pile les solutions de sulfate de cuivre et de soude caustique doivent être presque saturées ; nous ne connaissons pas les sels que les auteurs ont voulu désigner. — 2° Pour l’éclairage, nous vous conseillons plutôt de faire une pile Daniell ordinaire à sulfate de cuivre à écoulement et de charger des petits accumulateurs.
- M. A. Gérard, à Soignies. — Voyez cette adresse en tête de la Boîte aux lettres du numéro qui contient la description de l’appareil (n° 1179, du 4 janvier 1896).
- M. L., au cercle militaire, à Pau. — 1° Consultez notre article Conseils aux abonnés à une distribution d'énergie électrique (n°1090, du 21 avril 1894, p. 331). — 2° Il faut «ompter une dépense moyenne de 3,5 watts par bougie. — 5° L’énergie électrique est vendue en général à l’hectowatt-heure, le prix varie de 0fr,10 à 0tr,15; la tarification est faite quelquefois à l’ampère-heure sous une différence de potentiel constante.
- M. le Dr G. Maunoury, à Chartres. — Pour exécuter les expériences de Rontgen, il faut une bobine de Rumhkorf de 10 centimètres d’étincelle, et une boule de Crookes; vous trouverez cette dernière chez M. Seguy, 53, rue Monsieur-le-Prince, à Paris.
- Questions. — N° 1351. — Un de nos abonnés, à X., nous envoie un cure-dent sur lequel est imprimée en creux et en lettres transparentes l’inscription suivante : Grand Hôtel Angers. Il nous demande par quel procédé cette inscription a pu être faite; un de nos lecteurs peut-il nous renseigner?
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. P. R., à Bruxelles. Il n’existe pas de traité spécial. — M. Reliais, à Paris. Nous pensons que cet appareil ne pourrait donner aucun résultat. — M. Mengin, à Pau. Avant de donner cette description, nous attendons les résultats des expériences. — M. E. G. D., à Nevcrs. Ces renseignements se trouvent dans tous les ouvrages de chimie; c’est à vous de faire un choix. — M. X. Y, Z. Cette description n’a pas été donnée. — M. Lesourd, à Tours. Nous n’avons pas d’adresse plus complète. — M. A. Thumahn, à Guebwiller. Nous allons prendre des informations. — M. C. Tabuteau, aux Salins-d’Hyères. Nous ne connaissons pas d’autre adresse que celle que vous indiquez et qui nous a été donnée en 1891. — M. J. C. Fardel, à Lille. Renseignez-vous à la librairie Michelet, 25, quai des Grands-Augustins, à Paris. — M- A. J. de Brito e Cunha, à Lisbonne. L’adresse du fabricant est donnée en tète de la Boîte aux lettres du numéro qui contient la description de l’appareil. — M. L. Fitzki, à Buenos-Ayres. Nous utiliserons votre intéressante communication dans un prochain numéro. — M. A. Bernheim, à Mulhouse. Nous avons reçu vos photographies; mais des sujets analogues ont souvent été traités dans La Nature. Remerciements. — M. E. M. Petit, à Montevideo. Vos photographies sont intéressantes, mais ne sauraient convenir à notre journal. — M. E. Vigneroux, à Paris. L’adresse du fabricant nous est inconnue. — M. A. G., à Lyon ; M. Legrand, à Paris. Voyez les Recettes et procédés utiles, lre série (G. Masson, éditeur). —M. Z. Caria, à Guimaraès; M. D., à Paris; M.J. Bisson, à Bourges. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- PETITES INVENTIONS1
- Cfaauffe-fer électrique. — Les appareils à chauffer les fers fonctionnent ordinairement avec le gaz ; mais il est difficile avec eux d’arriver à une température déterminée. On les chauffe toujours trop, et on est obligé ensuite de les refroidir en les trempant dans l’eau. Ces inconvénients n’existent pas avec le chauffe-fer électrique représenté dans les figures
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces
- ci-dessous. Il est formé en principe d’un fil d’un alliage de platine, noyé dans une composition spéciale. Le tout est renfermé dans un manchon de laiton. On aperçoit dans la figure de gauche l’ouverture dans laquelle on introduit les appareils à chauffer, et dans la figure de droite la prise de courant pour mettre l’appareil en circuit. On remarquera trois contacts; l’appareil renferme en effet deux circuits permettant d’atteindre la température de 250° avec une intensité de 1,5 ampère à 110 volts pendant cinq minutes, et la température de 400° avec une intensité de 2,2 ampères à la même différence de potentiel et la même durée de temps. Cet appareil présente de
- Chauffe-fer électrique. — Vue en avant et vue en arrière.
- rands avantages sur les appareils similaires à gaz, et permet 'obtenir des températures assez élevées avec une faible dépense d’énergie électrique. — Le chauffe-fer électrique est fabriqué par la maison F. flenrion, à Nancy.
- Annonces lumineuses électriques. — On connaît les rampes lumineuses à gaz employées par bon nombre de théâtres pour annoncer en lettres de feu le titre de leur spectacle. Lorsque le spectacle change, on revisse d’autres lettres sur la rampe pour modifier convenablement le titre. C’est cette idée que la Dickinson Electric Supply C°, de New-York, vient de mettre en pratique à l’aide de lampes à incandescence électriques. Sur un tableau noir isolant sont montées autant de douilles que le nom à faire ressortir compte de lettres. Sur chacune de ces douilles vient se fixer une lampe à incandescence d’une forme spéciale que montre nettement la figure ci-dessus. Le bout de la lampe, au lieu d’être hémisphérique, se termine par une partie plate, de forme rectangulaire, formant fond noir sur lequel Se détache, en dépoli ou en couleur, la lettre de l’alphabet que
- Annonces lumineuses électriques.
- cette lampe doit illuminer. Ces lettres interchangeables permettent de faire varier l’annonce à volonté. On peut leur donner jusqu’à 15 centimètres de hauteur et elles nous paraissent tout particulièrement propres aux réclames de vitrines des luxueux magasins de nos boulevards. — Ces lettres se trouvent à la Dickinson Electric Supply C°, 150, Nanan Street, New-York.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Préservatif de la rouille.—Voici une formule pour préserver les objets de la rouille : on fait fondre une partie de résine dans 6 ou 8 parties de saindoux, qu’on laisse refroidir en ayant . soin d’agiter constamment. La pâte fluide ainsi obtenue garantit les objets métalliques dé la rouille et de ses conséquences. Elle ne peut s’enlever qu’au moyen d’un lavage à la benzine.
- Emploi de la tourbe dans les sols calcaires1. —Au Congrès tenu à Reims lors du concours régional, M. Mathieu a fait une conférence qu’il est utile de signaler, sur l’emploi de la tourbe comme amendement dans les sols de Champagne. Après avoir insisté sur l’importance de l'humus et des matières organiques
- 1 D’après le Journal de l’Agriculture.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- pour obtenir une végétation normale et des récoltes régulières, il a montré les bons effets qu’on peut obtenir par l’emploi de la tourbe comme amendement dans les terrains calcaires. Il a exposé ces essais comme il suit : « J’ai pensé qu’il pouvait être intéressant d'effectuer de nouvelles expériences en me plaçant dans les conditions ordinaires de la culture en Champagne ; elles ont été commencées aux semailles de 1893 et les résultats sur les récoltes de 1894 ont été tels que plusieurs cultivateurs se sont empressés d’employer aux dernières semailles des tourbes noires, riches en humus et à -.décomposition lente. Je sais que quelques-uns se proposent déjà de généraliser cette application aux semailles prochaines; des maraîchers mêmes ont commencé à se servir de ces tourbes pour remplacer le terreau et ils s’en trouvent très bien. Cet emploi est d’ailleurs très facile : on sème la tourbe à l’état pulvérulent, ou réduite en miettes très fines à l’aide d’un broyeur, comme on sème de
- l’engrais, ou on la répand à la pelle; une dose réduite même à 4 ou 5 quintaux à l’hectare donne des effets nettement appréciables, mais on peut aller beaucoup plus loin, sans craindre la verse des céréales ; étant donné le prix de revient très bas de ce produit même broyé, tamisé, prêt à être semé, il est permis d’espérer que dans de nombreuses exploitations, soit voisines des tourbières, soit à proximité des voies ferrées, il sera possible d’augmenter sensiblement la fertilité et par suite les rendements, par son application rationnelle. » A la suite de cette conférence, M/L. Clerc, vice-président du Comice de Vouziers, a exposé les résultats qu’il avait pu obtenir sur de mauvais sols calcaires de la commune de Semide, près Vouziers. L’addition de tourbe sur une parcelle de calcaire gréveux, afin de retenir les engrais dans les couches arables, a donné des résultats satisfaisants pendant plusieurs années; ils étaient frappants surtout pendant les années sèches.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de FrâJXOG
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 20 janvier.. . 3°,9 N. N. E. 2. Couvert. 0,0 Couvert; trace de bruine à 7.h.
- Mardi 21 3°,0 E. 1. Couvert. 0,0 Couvert ; bruine à 23-24 h. ,
- Mercredi 22 0°,4 S. S. W. 2. Couvert. 0,0 Couvert; brouillard à 1 h.; traces de bruine.
- Jeudi 23 1°,9 „ s. 0. Couvert. 0,0 Couvert le matin, puis nuageux ; beau après 17 h.; trace de bruine à 5 h.
- Vendredi 24 ... . — 4°,2 N. N. E. 1. Beau. 0,0 Beau le, matin ; couv. le soir; brouill. de 600 m. de 13 à 18 h., tr. atm., 2 kil. le m.; trace de bruine à 21 h.
- Samedi 25 0°,1 S. W. 2. Couvert. 0,0 Couvert, atm. très brumeuse le matin, claire le soir, pluie fine à 21-22 h.
- Dimanche 26 . . . . 5°,9 S. 2. Couvert. i,o Couvert; pluie de 1 à 9 h.; brouillard de 10 à 12 h., de 800 à 400 mètres.
- JANVIER 1896 — SEMAINE DU LUNDI 20 AU DIMANCHE 26 JANVIER
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du veut. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée, n
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- La grêle à Lyon. —M. A. Guétant, à Lyon, nous signale que le 24 décembre 1895, vers 5 heures et demie du soir, un violent orage de grêle, avec éclairs et coups de tonnerre, s’est abattu sur la ville de Lyon. La température était de 6 à 7°, et le baromètre était très bas. Les grêlons qui tombaient eu abondance avaient la dimension de très gros pois ou de petites noisettes ; ils ont recouvert les avenues d’une couche de quelques centimètres d’épaisseur. Un orage de grêle à cette époque est un fait bien extraordinaire.
- Un bolide. — M. Gudefin, à Montpont (Saône-et-Loire), nous a écrit, à la date du 28 décembre 1895, pour nous faire connaître qu’il a pu observer également le bolide mentionné dans nos chroniques météorologiques du
- 7 et du 21 décembre 1895. Ce bolide est apparu le 21 novembre 1895 à 5k 5“ du soir, au nord-est, près de l’étoile p de la constellation du Cocher.
- La neige à Grenoble. — Pour la première fois, cet hiver, le 20 janvier 1896, la neige est tombée dans l’après-midi et pendant toute la nuit suivante. Le sol en a été recouvert d’une couche de 15 centimètres. La circulation était difficile. Les trains ont eu des retards.
- Tremblement de terre en Autriche. — Dans la nuit du 14 au 15 janvier 1896, à lk 28“ du matiu, il s’est produit à Laibach, en Autriche, une secousse modérément forte de tremblement de terre, qui avait un mouvement vibratoire et qui a duré environ deux secondes. Elle était accompagnée d’un grondement souterrain, mais elle n’a été remarquée que par un petit nombre de personnes et n’a causé -aucune inquiétude à la papulation.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 23, à 2 h. 51 m. du matin.
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- N° 1184 (8 Fêorier 1896), du journal « LA NATURE »
- M. GASTON TISSANDIER, directeur
- Réservé aux abonnés et aux acheteurs aii numéro, au moment de la publication du journal.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction de « La Nature » et de son « Supplément »,
- « Boite aux lettres », etc., doivent être adressées à M. Gaston Tissandier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVICE DU JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES A LA LIBRAIRIE G. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- LÀ SEMAINE
- Les déplacements du pôle. — M. Chandler, dont les importants travaux sur cette question ont mérité le prix YVatson, décerné d’après le rapport des trois grands savants, M-M. Newcomb, Gould et Hall, est l’astronome qui a le plus et le mieux étudié cette question. Il a été conduit naturellement par elle à l’étude de la constante de l’aberration. On sait, du reste, ses nombreux et importants travaux sur les étoiles variables. Nul, mieux que lui, ne méritait cette récompense. Mettant à profit, sans idées préconçues, les observations faites à Honolulu et à Berlin ; celles de Pond, de 1825 à 1835, qui lui ont fourni 7176 déterminations de la déclinaison de 36 étoiles; puis celles de M. Nvren à Poulkowa, de Greenwich, San Francisco, Lyon, etc..., il est arrivé à la précision la plus grande possible sur ce sujet si intéressant. On sait qu’il y a peu d’années que cette cause d’incertitude dans les observations astronomiques a été soupçonnée. Prise d’abord pour un effet local, propre à chaque observatoire, du aux variations climatériques, elle n'a é|é reconnue que pendant ces dernières années comme ayant une cause astronomique réelle ; nos observatoires d’Europe éprouvent une variation de latitude dans un sens, pendant que ceux de San Francisco et d’Honolulu en accusaient dans le sens opposé. Relier toutes ces observations les unes aux autres et arriver à mettre en évidence un léger mouvement elliptique de notre pôle Nord à la surface de la Terre ; fixer la période de ce mouvement à un peu plus d’un an, 431 jours ; en donner l’amplitude d’environ une demi-seconde d’arc, n’a pas été un mince travail. Or ce travail a été si bien conduit qu’aujourd'hui M. Chandler en est arrivé à annoncer les variations de latitude quelques années à l’avance. On ne peut donc pas lui ménager les applaudissements1.
- • INFORMATIONS
- —La récente séance de la Conférence Ampère a bien réussi. Le conférencier, M. Lépinav, médecin-vétérinaire, directeur de la Société l’Instruction, a fait une conférence sur la rage, dans laquelle il a rendu hommage à la mémoire du Grand Pasteur, auquel la poétesse Marie-Louise Bergeron, bien connue dans les milieux littéraires, a dédié une ode qu’elle a lue ,aux applaudissements de l’assistance. M. Trasbot, le directeur de l’Ecole vétérinaire d’Allort, a terminé la soirée par une allocution dans laquelle il a retracé les travaux et les luttes de Pasteur et montré l’immensité des bienfaits que notre compatriote a faits à la cause de l’humanité.
- —@— L’Exposition d’Aviculture installée dans le Palmarium du Jardin d’acclimatation a été clôturée le samedi 18 décembre 1895, à 5 heures. L’aspect général de cette exposition était de nature à satisfaire l’œil le plus délicat. Coqs et poules étaient installés dans de très élégantes cages placées sur deux rangs dans le Palmarium, dont les extrémités étaient occupées par les pigeons. Les lots exposés, fort nombreux, comprenaient des oiseaux de haut mérite. A 3 heures et demie, M. Devouges, commissaire-priseur, a procédé à la vente aux enchères annoncée, vente semblable à celles universellement
- 1 D’après le Journal du Ciel.
- connues du Jardin zoologique d’Anvers. En prêtant son concours à l’organisation de ces expositions mensuelles et en créant les ventes qui doivent les clôturer, le Jardin d’acclimatation remplit bien le programme que se sont proposé ses fondateurs : Introduire en France, faire connaître au public et vulgariser par l’exposition et la vente, les animaux susceptibles de rendre à l’homme des services quelconques, qu’il s’agisse de l’alimentation, des profits à en tirer ou simplement de l’agrément à èn obtenir.
- —@— M. Henri Coupin, préparateur à la Sorbonne, nous informe qu’il a été chargé de rédiger un annuaire des naturalistes français.
- Il prie les personnes désireuses dé figurer sur cette liste (qui sera distribuée à la plupart des Bibliothèques et des Sociétés savantes) de lui envoyer (rue Monge, 38, à Paris) : 1° leur nom; 2° leur adresse; 3° leur spécialité.
- —®— Le journal anglais Nature annonce que l’expédition autrichienne organisée pour l’exploration de la mer Rouge vient d’établir des stations météorologiques à Yedda, à Kosseir et aux îles des Frères, à une soixantaine de kilomètres de la côte de la Haute-Egypte. Ces stations ont été pourvues d’appareils enregistreurs, et il y a tout lieu d’espérer quelles fourniront des renseignements intéressants sur la météorologie, fort peu connue, de ces régions.
- —®— La municipalité de Balaklava, en Crimée, a récemment passé un contrat avec un entrepreneur du nom de Plastunolf, propriétaire d’une machine servant à ramener à la surface de l'eau les navires submergés. D’après le Monde thermal, Plastunolf est chargé de retrouver les débris des bâtiments étrangers coulés à fond pendant la guerre de Crimée; il s’engage, aux termes du contrat, à livrer à la ville de Balaklava là centième partie des matériaux et le 4 pour 100 des sommes d’argent et des objets précieux que sa machine extraira des profondeurs de l’Océan.
- —®— Le Conseil général de la Haute-Loire a décidé de créer pne école de laiterie pour les jeunes filles. Il a nommé une Com^ft mission composée de conseillers généraux, du professeur départemental d’agriculture et du directeur de la ferme-école du département. Le ministre de l’agriculture a délégué M. Friant, directeur de l’école pratique de Poligny (Jura), pour aider la Commission dans
- cette organisation.
- Notes cyclistes. — D’après le identifie American, une grande fabrique de pneumatiques américains serait à la veille d’introduire sur le marché un appareil électrique d’une très grande simplicité pour la vulcanisation du caoutchouc. Cet appareil serait construit pour fonctionner normalement à 110 volts, potentiel ordinaire et courant des distributions d’énergie électrique. Il se fixerait sur les canalisations existantes aux lieu et place d’une lampe à incandescence et permettrait à tout homme d'une intelligence ordinaire de réparer facilement et rapidement tous les pneumatiques et les enveloppes en vulcanisant sur place la partie endommagée. Attendons de voir les résultats de cet appareil avant de porter un jugement sur sa valeur... ou sur son existence.
- __ Rappelons que l’Académie des sciences a mis au concours,
- pour sujet du prix Fourneyron à décerner en 1897, la question sui-
- * ^Donner la théorie du mouvement et discuter plus particulièrement les conditions de stabilité des appareils vélocipé-diques {bicycles, bicyclettes, etc.) en mouvement rectiligne ou curviligne sur un plan soit horizontal soit incliné.
- Les pièces de concours, manuscrites ou imprimées, devront être déposées au Secrétariat de l'Institut avant le Ier juin 1897.
- En AMI DE LA BICYCLETTE.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le baro-thermo-hygromètre enregistreur a été construit par M. Richard, 8, impasse Fessart, à Paris. — Les appareils d’horlogerie des établissements Dufayel ont été exécutés par la maison Chateau père et fds, 118, rue Montmartre, à Paris.
- Communications. — M. P. Godefroy, au Mans, nous écrit que dernièrement il a trouvé un poulet dont les os, après la cuisson, étaient absolument noirs. La chair était blanche et avait bon aspect; mais personne n’a osé y toucher. Un chien et un chat qui se sont partagé le poulet n’en ont nullement été incommodés. Un de nos lecteurs pourrait-il nous dire à quelle cause il faut attribuer celte bizarrerie? Au mode de nutrition ?
- M. J. J. Gras, télégraphiste à Paris, à propos de notre récent article sur la Télégraphie desdessins (n° 1176, du 14 décembre 1895, p. 26), nous écrit que dès 1878-1880, il avait imaginé un système semblable de transmission par l’appareil Morse, consistant en la détermination par abscisses et ordonnées de lignes repérées' sur des quadrillages dont les indices étaient transmis. Une Notice détaillée fut envoyée à cette époque à différents ministères, à l’Administration des télégraphes, au Jury de l’Exposition d’électricité, etc. Mais il s’agisssit d’une application à la télégraphie militaire, et la publicité de cette Notice ne fut pas continuée, par discrétion. Lette méthode fut présentée en 1880, au général Nugues, au camp de Saint-Maur, et envoyée au ministère de la Guerre, où elle fut enregistrée, le 1er juin 1880, sous le n6 1005, Notre correspondant joint à sa Notice l’exemple d’une transmission faite complètement en cinq minutes et reconstituée ; elle est relative à un état de lieux comprenant trois sinuosités d’une rivière, avec l’indication de sa largeur, une route avec bifurcation, un bois, l’emplacement d’une batterie d’artillerie, d’un peloton de cavalerie et d’un bataillon d’infanterie. L’antériorité ne fait aucun doute d’après les documents dont nous fait part M. Gras, et nous le félicitons vivement d’avoir imaginé à une époque déjà lointaine une méthode aussi ingénieuse qui pouvait rendre de grands services au point de vue militaire.
- Renseignements. — M. J. Bouchardet, à Pureza. —-L’expérience est difficile à réaliser. On peut absorber l’acide carbonique et l’oxygène de l’air, mais il reste toujours l’azote.
- M. J. N. Madeira, à Lisbonne. — Bagues électriques : M. Aubin, 8, rue Thévenot, à Paris, M. Osselin, 3, rue du Maine, à Asnières (Seine).
- M. H. Gautié, à Montauban. — 1“ Nous avons indiqué diverses recettes pour nettoyer les vieilles gravures; mais il faut procéder avec grande précaution. — 2° 11 faut frotter énergiquement le verre avec une peau.
- L'abonné 274-6745, à Lisbonne. — Le glaçage du papier dont vous parlez doit être obtenu, il nous semble, par une couche de gélatine.
- M. E. S., à Bruges. — Vous trouverez divers petits traités onnant des détails sur des expériences faciles d’électricité, et entre autres Le guide pratique de l'amateur électricien, par E. Keignart, à la librairie Michelet, 25, quai des Grands-Augus-tins, à Paris.
- M. H. Laplagne, à Tulle. — Nous avons fait connaître un procédé pour améliorer les vins par l’eau ozonée, dans le n° 1068, du 18 novembre 1893, p. 586.
- M. P. L., à Pari'’. — Vous trouverez diverses formules d’enduits dans les Recettes de TElectricien, par E. Hospitalier, à la librairie G. Masson.
- M. J. Goffart, à Tanger. — Vous pourrez lire quelques renseignements sur le traitement des ordures ménagères dans le n° 1081, du 17 février 1894, p. 187 ; n° 1097, du 9 juin 1894, p. 22; n° 1139, du 30 mars 1895, p. 282, et n° 1163, du 14 septembre 1895, p. 251. L’incinération est certainement le mode de destruction qu’il vous conviendrait d’adopter; vous
- pourriez demander des renseignements sur des fours spéciaux à M. Grouvelle, 71, rue du Moulin-Vert, à MM. Geneste et Ilerscher, 42, rue du Chemin-Vert, et à M. Davène, 33, rue des Tournelles, à Paris.
- M. E. Gallier, à Vascœuil. — L’emploi des tubes dont vous parlez pour les envois est très onéreux ; le poids est augmenté et, par suite, les frais de poste dans des proportions considérables.
- M. E. Remy, à Mulhouse. — 1° Il n’existe pas à ce sujet d’ouvrage spécial; des articles de journaux ont seuls encore été publiés. — 2° Le cuivre est fortement attaqué. — 3° Ce gaz peut former des mélanges explosifs.
- M. A. Rouquayrol, à Souillac. — 1° Il serait nécessaire de faire quelques recherches de laboratoire pour trouver un moyen d’utiliser cette huile. — 2° Traités de géométrie analytique et de trigonométrie sphérique, à la librairie Gauthier-Villars, à Paris.
- M. Léon B., à Paris. — Pour trouver .tous ces ouvrages, il faut vous-même faire un choix dans les catalogues des librairies industrielles ; voyez aussi les éditeurs du quai des Grands-Auçustins.
- M. G. de V., k Rouen. — 11 n’y a pas encore pour les projections d’autres appareils que ceux que vous mentionnez; MM. Ducretet et Lejeune construisent un appareil à gaz acétylène.
- M. G. Dehay, à Arras. — Une voiture automobile pourra en effet vous rendre de grands services. La voiture à pétrole sera préférable; adressez-vous à MM. Panhard et Levassor, 19, avenue d’Ivry et à MM. Peugeot frères, 52, avenue de la Grande-Armée, à Paris.
- M. Varemont, à Gand.— Vous pourriez demander ce renseignement concernant le télémètre du contre-amiral Fleuriais à M. Janssen, président de la Commission de VAnnuaire du Bureau des longitudes, à l’Observatoire physique de Meudon (Seine-et-Oise).
- L’abonné 7154, à Largentière. — On ne peut certifier l’innocuité des alliages employés dans la construction de ces appareils.
- L'abonné 7169, à Porto. — Les annonces concernent êxclu-sivement Y Office de publicité, 9, rue de Fleurus, à Paris.
- M. L. Jasseron, à Beaufort. — Vous consulterez avec grand profit les ouvrages de M. Saunier sur l’horlogerie, entre autres le Guide-Manuel de l'horloger, le Recueil des procédés pratiques, etc.; adressez-vous 154, rue Saint-Honoré, à Paris.
- M. R., à Angers. — 1° Il faut consulter les ouvrages de chimie ou faire quelques recherches à cet égard. — 2° Le microscope, son emploi et ses applications, par le Dr J. Pelle-tan, à la librairie G. Masson.
- M. E. B., à Marseille. — A l’époque où nous avons parlé du teclorium (n° 1066, du 4 novembre 1895), il fallait s’adresser à M. E. Lambert, mécanicien à Bar-sur-Aube.
- M. le Br Perchet, à Autet (Haute-Saône). — 1° A propos de l’ouvrage Le Potager d'un curieux, voyez la Note que nous avons publiée dans les Renseignements de la Boîte aux lettres du n° 1180, du 11 janvier 1896. — 2“ Pour vous procurer ces graines, il faut vous adresser à une grande maison de fleurs et de plantes, par exemple la maison Vilmorin-Andrieux, 4, quai de la Mégisserie, à Paris.
- M. E., à C. — 1° L'Amateur photographe, directeur : M. G. Rongier, 21, boulevard Saint-Germain, à Paris. — 2° Le prix est de 10 francs.
- M. A. Z., à Paris. — Les porte-plumes à réservoir d’encre se trouvent à la Compagnie française de Vautocopiste, 9, boulevard Poissonnière, chez M. Mathieu, 19, rue d’Hauteville, ou chez M. Kratz-Boussac, 3, rue Saint-Laurent.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Beert, à Garni ; M. O. Brasseur, à Gand. Les adresses des constructeurs que vous demandez ont été données en tète des Boîtes aux lettres des numéros qui contiennent les descriptions des appareils. Nous avons la coutume de toujours indiquer ces adresses à cette place, quand nous les connaissons. — M. Sarrabezolles, à Toulouse. Envoyez-nous une Notice descriptive de votre appareil avec dessin, et nous vous ferons connaître notre avis. — M. F. B., à M. La question que vous nous soumettez demande une série de calculs un peu longs que nous ne pouvons faire. — M. J. M. d’Oliveira, à Braga. Nous ne comprenons pas l’objet de votre demande. — il/. L. P. V-, à Mantes. Voyez les Recettes et procédés utiles, 1™ série (G. Masson, éditeur). — il/. Dubois, à Lyon. Remerciements pour votre communication. — M. P. Delaslre, à Reinosa. Nous ne connaissons pas de maison de ce genre en Espagne. — M. S. S. /., à Marseille. Une bonne colle forte peut servir; nous avons déjà ainsi collé quelques petits objets en écaillé.
- Dans ta « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux tes ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INTENTIONS1
- Fermeture des trous de serrure. — On a déjà souvent imaginé différents appareils pour rendre les serrures incrochetables; celui que nous décrivons remplit le même but, mais il permet également de fermer les trous des serrures et de mettre l’intérieur des locaux ou appartements à l’abri des indiscrétions,
- Serrure de sûreté. — 1. Vue d'ensemble de la serrure.
- 2. Détail de l’organe qui agit. — 3. Le voleur désappointé.
- même si les clefs se trouvent ou non danâ les serrures à l’intérieur. La ligure ci-jointe représente l’appareil, qui consiste uniquement en une plaque que l’on place extérieurement en dedans sur la serrure et qui affecte la forme que montre le dessin (n° 2). La clé étant placée à l’intérieur dans la serrure se trouve emprisonnée par le cache-entrée ; il n’est donc pas possible de pouvoir crocheter une telle serrure. On remarquera également que ce système permet d’éviter toute indiscrétion. Cet appareil est des plus simples, et son prix est des plus minimes ; nous sommes per^ suadés qu’il est appelé à rendre de grands services. — L’appareil pour fermer les trous de serrure se trouve chez M. A. Paris, 15, rue Bonnefin, à Bordeaux-Bastide.
- Sécateur & lame glissante. — Le sécateur que nous faisons connaître ici à nos lecteurs présente de nouvelles dispositions ; il est à double tranchant et à lame glissante. Comme le montre notre dessin (n° 1 ), une lame se déplace enlaissanlune
- Cisaille de jardin.
- 1. La cisaille ouverte. — 2. La cisaille au moment de son action.
- petite butée circuler dans une glissière ménagée à cet effcl. Cetle lame porte à son extrémité une tige qui est reliée à un ressort fixé à l’une des branches du sécateur. Vers le milieu de cette tige est réunie, mobile autour d’un point central, une deuxième tige qui vient se tixer sur la deuxième branche du sécateur. L’appareil étant ouvert, si l’on tesserre les deux branches, la deuxième tige vient appuyer sur le ressort et entraîne à la fois la première lame. On voit aussi lesdeux lames I ranchantes se déplacer en glissant l’une corn re l’autre (n° 2). Cette disposition esJ^j&S plus avantageuses, et permet de couper les branches auS'rvprès que possible du bourgeon. L'inventeur construit sur le même principe plusieurs autres modèles de sécateurs. — Cet intéressant appareil se trouve chez M. Tatin, fabricant, rue Taillebourg, à àaint-Jeaa-d’Angély (Charente-Inférieure).
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère' aux annonces*
- Le taohymètre-éclalr Thouvenin. — Nos lecteurs se souviennent peut-être d’avoir vu décrit jadis par La Nature un phonotélémètre dù au capitaine Thouvenin; le même inventeur vient de créer un tachymètre donnant immédiatement la vitesse à l'heure d’un mobile quelconque quand il se déplace sur une base kilométrée ou hectométrée, locomotive sur une voie, piéton, bicycliste, cheval, etc., sur une route. Le tachymètre se compose d’un coté, comme le phonotélémètre, d’une excellente montre à remontoir portant une petite boussole au pendant, et en outre, concentriquement au cadran, un cur-vimètre pouvant mesurer jusqu’aux hectomètres sur les cartes au 1/100 000, au 1/80 000 et enfin sur les cartes russes de 3 verstes au pouce. De l’autre côté est le tachymètre proprement dit. Il a pour base un chronomètre à 15 secondes qu’on commande au moyen du remontoir et contenant un petit enregistreur en quart de cercle notant les tours ou quarts de minute. Le cadran comprend encore, s’enroulant sur elle-même intérieurement à la graduation en secondes, une spire en colimaçon, où se trouvent inscrits les chiffres de 150 à 40; ce sont les vitesses calculées à l’heure. Chaque volute de la spire a une couleur particulière et une lettre qui correspondent à un petit voyant de même couleur et à une lettre sur lesquels l’aiguille de l’enregistreur peut s’arrêter. En effet, pressons le bouton du chronographe en passant devant une borne kilométrique ; puis pressons-le de nouveau devant la suivante, ce qui arrête le système. Lisons alors ce qu’indique l’aiguille : pour cela il faut demander à l’enregistreur sur quelle volute on doit lire; son
- Le tacliyniètre-écJuir Thouvenin.
- bras pointera, je suppose, la volute rose D. Nous devrons donc porter nos regards sur cette volute à son point d’intersection avec la grande aiguille, et nous lisons 90, ce qui signifie que nous marchions à 90 kilomètres à l’heure. Bien entendu, pour les faibles vitesses, on prend comme base l’hectomètre; et ce petit appareil ingénieux permet sans complication aucune des expériences très variées, grâce à tout un barème résumé dans l’étroite surface du cadran. (En vente chez MM. Hachette etCie, libraires, 79, boulevard Saint-Germain, à Paris.)
- BIBLIOGRAPHIE
- Paris au hasard, par Georges Montorgceil. Illustrations composées et gravées sur bois par Auguste Lepère. 1 vol. in-8°. — Paris. Imprimé pour M. Henri Beraldi, 1895.
- M. Henri Beraldi, notre éminent bibliophile, continue à faire de très beaux livres, qu’il fait éditer lui-mèmc. L’ouvrage que nous signalons est un tableau fort amusant, humoristique et philosophique de Paris; il compte douze chapitres. L’illustration, faite entièrement par M. Auguste Lepère, ne comprend pas moins de 220 compositions dans le texte. Comme toujours, l’artiste brille par son originalité, il exécute des dessins fort agréables à voir et qui ont souvent un côté plaisant; le bois est taillé largement, et ce sont parfois des oppositions complètes entre le noir et le blanc. Le Paris au hasard est très bien tiré sur les presses à bras de l’imprimerie Lahure, l'impression du texte et celle des illustrations ont été exécutées séparément. Le tirage de cet ouvrage a été fait , sur les bois mêmes. Quand tout a été terminé les bois ont été détruits. Le tirage est unique et à 150 exemplaires numérotés à la presse sur papier vélin des Papeteries du Marais. 100 exemplaires seulemeut de ce livre rare sont mis en vente à la librairie Conquct, rue Drouot, à Paris. G. T.
- La musique et les musiciens, par Alrert Lwignac, professeur d’harmonie au Conservatoire de Paris. Ouvrage contenant 94 figures et 510 exemples en musique. 1 vol. in-18. — Paris, librairie Ch. Delagrave. Prix ; broché, 5 francs.
- Les sincères amateurs de musique, les admirateurs passionnés ; de cet art sont nombreux, mais il en est beaucoup qui sont inca-
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- pables. faute d’un peu d'érudition spéciale, d’analyser une œuvre et de comprendre l’émotion qu’elle leur procure. C’est pour eux ue M. Albert J.avignac, l’excellent professeur d’harmonie du onservatoire, a écrit le bel ouvrage dont nous venons de donner le titre. Ce livre, bien exposé, avec beaucoup de clarté, dévoile à tous ce qu’on pourrait appeler les dessous de la musique, ses procédés intimes, scs movens d’action. Tout est traité de main de maître dans ce travail utile et instructif, depuis l’acoustique et la physiologie musicale jusqu’à l’orchestration moderne, en passant par l’harmonie, le contre-point, la fugue, dont les problèmes les plus ardus sont présentés d’une plume légère. L’auteur mérite des félicitations sincères pour son œuvre, car il sait enseigner, et faire bien comprendre ce qu’est le grand art musical. G. T.
- Géométrie descriptive. Point. Ligne droite. Plan, par M. A. Gouilly, répétiteur à l’Ecole centrale. 1 vol. petit in-8° de Y Encyclopédie scientifique des aide-mémoire publiée sous la direction de M. Léautf., membre dé l'Institut. — Paris, Gauthier-Villars et fds et G. Masson, éditeurs. Prix : broché, 2 fr. 50; cartonné, 5 francs.
- L'argent. Géologie. Métallurgie. Rôle économique, par L. de Launay, professeur à l’Ecoie supérieure des mines. 1 vol. in-16 de Y Encyclopédie de chimie industrielle. — J. Baillière et fds, éditeurs, Paris, 1896.
- Annuaire de l’Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique. 1896. 62° année. 1 vol. in-16. Bruxelles. F. Bayez, imprimeur de l’Académie royale.
- Agenda du photographe et de l'amateur, 1896, par Charles Me.ndel. 1 brochure grand in-8°. Ch. Mendel, éditeur, 118, rue d’Assas, Paris. Prix : 1 franc.
- Les maladies infectieuses. Causes et traitement, par L. Ca-pitan. 1 vol. in-16. — Paris, Rueff et C!°, éditeurs, 1896.
- Bulletin of the United States fish Commission. Vol. XIV, for 1894 M irshall Mac Donald, commissioner. 1 vol. grand in-8°. — Washington, Government Printing Office, 1895.
- Annuario délia Stampa italiana, 1895, par Henry Berger, pubblicista. 1 vol. in-8°. Milano.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 43“,30). — Bureau central météorologique de Franoe
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi.27 janvier.. . 6°,2 E. 0. Couvert. . 0,2 Couvert; brouillard jusqu’à 9 h.; de 200 m. à 7 h.
- Mardi 28 4°,5 S. E. 2. Couvert. 0,0 Couvert; petite pluie à partir de 16 h. 30.
- Mercredi 29 4°,5 N. E. 3. Couvert. 5,7 Couvert le matin, puis nuageux; beau après 15 li.; brouillard à 1 h.
- Jeudi 30 — 2»,7 N. E. 2. Couvert. 0,0 Beau jusqn’à 5 h.; couvert ensuite.
- Vendredi 31 ... . —1°,9 N. N. E. 1. Couvert. 0,0 Couvert ; brouillard toute la journée, de 300 à 1000 m.
- Samedi 1" février . — 0°,6 N. E. 2. Couvert. 0,0 Couvert; brouillard jusqu’à 7 h.; de 1000 à 1200 m.
- Dimanche 2 0°,0 N. E. 0. Couvert. 0,0 Couvert; brumeux.
- JANVIER-FEVRIER 1896 -- SEMAINE DU LUNDI 27 JANVIER AU DIMANCHE 2 FÉVRIER
- Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi I Samedi I Dimanche | *
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer) ; courbe plus mince, themnomètre à l’abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites au Parc Saint-Maur en janvier 1896
- par M. E. Renou.
- Moyenne barométrique à midi, 767"“,17. Minimum 742““,28 le 14 à 1 h. du soir Maximum 780“”,9 le 30 à 11 heures du matin.
- Moyennes thermométriques : des minima 0°,79; des maxima 4°,63; du mois 2°,72; moyenne vraie des 24 heures 2°,50. Minimum — 7°.l le 11 au matin ; maximum 9°,6 un peu avant 1 heure du soir. 11 y a eu 12 jours de gelée dont 3 sans dégel. 8 jours ont offert une température moyenne au-dessous de zéro, il y a eu en outre 5 jours de gelée blanche.
- Tension moyenne de la vapeur, 4““,92; la moindre 1““,4 le 11 à 9 heures du matin. La plus grande 8““,1 le 26 à midi. Humidité relative moyenne 87. La moindre 55 le 11, à midi. La plus grande 100 en 15 jours.
- Pluie 19”“,5 en 41 heures, réparties eu 8 jours; il y a eu de plus 5 jours de pluie qui n’a pas marqué au pluviomètre. Il est tombé le 12 au matin 4““ de neige, qui a fondu eu grande partie dès 11 heures du
- matin.
- Nébulosité moyenne 80. Il y a eu 12 jours de brouillard et 3 jours dans lesquels la transparence de l’air a été de 1500 à 3000 mètres.
- Vents très dominants de nord-nord-est à nord-est, presque toujours faibles.
- Température moyenne de la Marne, le matin, 3°,74; le soir, 3°,85; pour le mois, 3°,80. Elle a varié de 0°,60 le 11 à 6°,38 le 3; peu élevée et moyennement trouble tout le mois.
- Relativement aux moyennes normales, le mois de janvier 1896 présente les résultats suivants : baromètre plus haut de 6““,23 ; thermomètre plus haut de 0°,70 ; tension de la vapeur plus grande de 0“,13; humidité relative plus grande de 1 ; pluie moindre de 14““,5 ; nébulosité plus forte de 10.
- Le Nardosmia llagrans a fleuri depuis le 25.
- Le mois de janvier est souvent plus chaud que cette année ; le baromètre offre aussi de temps en temps une moyenne plus élevée, mais la hauteur maxima du 30janvier, 780““,91, est rare; ou en trouve cependant une plus grande, le 17 janvier 1882, à 10 heures du matin, 782““,13.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 30, à 9 h. 5 du matin.
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- Réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction de « La Nature » et de son « Supplément »,
- « Boîte aux lettres », etc., doivent être adressées à M. Gaston Tissandier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVICE Dü JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSEES A LA LIBRAIRIE G. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- LÀ SEMAINE
- L’estacade flottante de Chatham, en Angleterre. —
- La deuxième section de l’estacade flottante, destinée à protéger la Medway et Chatham contre l’attaque des torpilleurs, a été essayée avec succès en présence d’un grand nombre d’officiers de la marine, dont plusieurs appartenaient à l’amirauté. Cette estacade à laquelle on travaille depuis une année environ, et qui doit barrer la rivière immédiatement au-dessus de Port-Victoria, à l'extrémité d’en amont du port de Sheerness, a entraîné de grandes dépenses. On a dépensé environ 150 000 francs rien que pour les fondations et les points fixes à terre. Elle est formée de très grosses pièces de bois et d’un réseau de cordages en fil de fer. Les canonnières Firm, Banterer, Grappler, Mistletoe et Walchful, qui sont pourvues de filets pare-torpilles, lui servent de supports. On pense que cette estacade flottante mettra la partie supérieure de la Medway complètement à l’abri des attaques des torpilleurs *.
- INFORMATIONS
- —©— Dans une des dernières séances de la Société météorologique de France, M. l’abbé Maze a donné la description du thermomètre employé par le médecin languedocien Jean Rey, en 1631 ; cet instrument avait à peu près la forme de nos thermomètres modernes. M. Maze a fait ensuite l’histoire du premier thermomètre à alcool que l’on ait vu à Paris. Cet instrument avait fait partie d’un don du grand-duc de Toscane à la reine de Pologne. Desnoyers, secrétaire de la reine et ami de Boulliau, lit parvenir à ce dernier, d’abord la description et le dessin des thermomètres, puis un de ces instruments. A partir du 25 mai 1858, Boulliau fit régulièrement pendant trois ans des observations à Paris. De son côté, Desnoyers faisait en Pologne des observations avec un instrument qu’il avait préalablement comparé avec le thermomètre envoyé à Paris. M. l’abbé Maze a retrouvé les deux séries d’observations, celle de Paris dans un manuscrit conservé à l’Observatoire, celle de Pologne éparse dans trois manuscrits de la Bibliothèque nationale.
- —®— M. Sallas, d’après Nature de Londres, va quitter l’An-
- Î;leterre au mois de mars pour se rendre à Sydney, où il prendra a direction d’une expédition géologique. Il se rendra à l’île Funifuti -dans le Pacifique, pour y faire des sondages profonds dans un atoll de coraux. Un vapeur sera mis à la disposition de l’expédition; une somme de 200f0 francs a été accordée par la Société Royale pour défrayer les autres dépenses.
- —. Le Ier janvier dernier, M. Constant Guichon, propriétaire et conseiller municipal à Matougues, actuellement à Morlaix (Finistère), allait, accompagné de son fils et de deux amis, chasser les oiseaux de mer sur la rivière de Penzès. A l’approche de la nuit, nos chasseurs se disposaient à regagner leur voiture, quand M. Guichon remarqua à fleur d’eau, à 50 mètres environ, quelque chose qu’il prit pour un oiseau plongeur. Epauler et faire feu fut l’affaire d’un instant. M. Guichon s avança d’environ 25 mètres et reconnut -qu’il venait de tirer sur un poisson dont la nageoire dorsale émer-
- 1 D’après United Service Gazette.
- geait au-dessus de l’eau. Il fit feu une seconde fois et appela son fils et ses amis qui s’empressèrent d’arriver. Le poisson, affolé par ses blessures, se rapprochait du bord. Un dernier coup de fusil lui fut tiré à 3 mètres de distance. Il se débattit quelques instants, laissant échapper une longue traînée de sang, lança en l’air une faible colonne d’eau et vint de lui-même expirer sur la rive. M. Guichon venait de tuer un jeune marsouin de l’espèce dite dauphin-souffleur. Il pesait 52 kilogrammes et mesurait 1 ™,75 de longueur. Voilà ce qui peut s’appeler une chasse extraordinaire.
- —®— Le mois de mai va voir s’ouvrir à Londres, ou, plus exactement, au Palais de Cristal de Sydenham, une exposition internationale de la voiture ou, si l’on veut, des véhicules de toutes sortes : l’exposition sera du reste aussi rétrospective, si bien qu’on y verra les carrosses historiques des siècles passés en même temps que les voitures à vapeur ou même électriques, c’est-à-dire les derniers produits de notre civilisation et de l’industrie. L’exposition recevra également les accessoires de la carrosserie. Le lord-maire en a accepté la présidence d’honneur, et parmi les membres du comité nous trouvons le nom de M. James Dredge, un des directeurs de notre excellent confrère Engineering.
- —Des recherches intéressantes ont été entreprises au cours d’un voyage au cap de Bonne-Espérance, par M. le Dr G. .Schott. Les mensurations ont été faites à l’aide d’un statoscope. Par un vent alizé assez fort, la durée des vagues fut de 4m8", leur longueur de 34m,50, leur vitesse à la seconde 7m38, soit environ 27 kilomètres à l’heure. Par une forte brise, leur longueur atteint 78 mètres et leur vitesse 108 à 109 mètres à la seconde. Des vagues de 9 secondes, de 120 à 128 mètres de longueur, et de 52 kilomètres à l’heure, ne se rencontrent qu’en cas de tempête et quand la force du vent est représentée par 9 sur l'échelle duodécimale. Quant à la hauteur des vagues, par vent très fort, elle atteint 9 à 10 mètres. Avec l’alizé ordinaire, la hauteur des vagues est de lm,50 à 2 mètres.
- —@— L’Aquarium du Trocadéro, si bien dirigé par le Dr Jousset de Bellesme, vient d’adresser récemment : 2000 œufs de Salmo-Fon-tinalis à M. Reclus, directeur de l’établissement de pisciculture de Limoges; 2000 œufs de Salmo-Fontinalis également, au laboratoire municipal de pisciculture de AVassay, que dirige M. Bernardin de Chaulaire, qui nous annonce que ces œufs sont arrivés en bon état, sans perte notable ; 2000 œufs de truites à la jeune société de pisciculture de Cherbourg qui, née d’hier, s’applique dès à présent au repeuplement, sous la direction de son très actif président, M. le docteur Offret.
- Notes cyclistes. — Dans une amusante fantaisie publiée par le Vélo du 31 janvier, notre confrère Frantz Reichel, rééditant l’hypothèse connue de la réinvention de la bougie en ce siècle de gaz et d’électricité, suppose que la bicyclette militaire est en usage depuis les temps les plus reculés, lorsqu’un inventeur, M. Maquignon, découvre le cheval, en introduit l’usage sur notre planète et prétend le substituer dans l’organisation de la défense nationale à la bicyclette. On devine à quelles curieuses broderies se prête le thème : nous ne retenons que la conclusion des hippophobes, qui sont, en réalité, les vélophobes d’aujourd’hui. « Le comble de la prétention est que l’Union Cavalière de France entrevoit la possibilité de remplacer les automobiles par des voitures remorquées par des chevaux. Ça, c’est de la démence ! Le cyclisme militaire a heureusement fait ses preuves, et ce n’est pas le cheval qui viendra le supplanter. » Tout l’article serait à citer si la place ne nous était mesurée, mais nos lecteurs savent où le trouver. Un ami de la bicyclette.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les appareils de téléphonie militaire, dont il est question dans ,1e n° H83, du 1er février 1896, p. 139, se trouvent chez M. P. Charollois, 31, rue Bergère, à Paris.
- Communications. — M. P. Ravoux, à Remiremont, à
- nos de l’avis que nous avons publié dans les Renseignements j Boîte aux lettres du n° 1183, du 1er février 1896, et disant que l’éditeur des cahiers de M. V. Jacquot, l’Art de dessina' simplement, était M. H. Laurens, 6, rue de Tournon, à Paris, nous écrit qu’il est le seul éditeur de ces cahiers, et qu’il y a erreur de notre part. L'adresse que nous avons mentionnée nous a cependant été donnée.
- M. Durozoi, à Paris, nous adresse une description de son moteur aérifère vertical avec compresseur d’air et pulsateur
- Kur élévation automatique de l’eau. Le moteur fonctionne à ide des courants aériens ; il agit sur un compresseur d’air qui envoie l’air comprimé à un pulsateur placé au fond d’un puits. Celui-ci aspire l’eau et la refoule sous pression dans un tuyau de refoulement. Les ailes des divers modèles de moteurs
- fieuvent avoir de 2 à 6 mètres. Il serait intéressant d’avoir sur e fonctionnement de cet appareil quelques résultats d’expériences sérieuses.
- M. E. Vedovelli, à Paris, nous envoie des circulaires relatives aux fils fusibles étalonnés pour coupe-circuits qu’il fabrique, et à des plafonniers et ornements décoratifs en perles pour lampes à incandescence.
- M. A. G. S., à Turin, nous fait parvenir une petite notice donnant la description du dispositif qu’il a adopté pour construire un électrophore à roues, et le faire fonctionner d’une façon commode et rapide.
- M. Vanvincq Reniez, à X., au sujet du fait des os d’un poulet, noirs après la cuisson, que nous avons signalé dans les Communications du n° 1184, du 8 février 1896, nous écrit qu’il a eu l’occasion d’observer pareil phénomène et que la cause était due à du sulfate de fer donné à haute dose pour combattre la diphtérie.
- Un abonné, à Saint-Cyr-du-Gault, nous écrit, à ce même sujet, que le poulet dont il s'agit devait être d’une race appelée nègre ou avoir comme ascendant un individu de cette race. La race nègre a les plumes et la peau blanche, mais le squelette noir.
- Renseignements. — M. P. de Siptilz, à Moscou. — Nous avons donné la description de porteurs aériens par câbles dans le n° 1123, du 8 décembre 1894, p. 23, et dans le n° 1147, du 25 mai 1895, p. 406. Adressez-vous à la maison Teste, Pichat et Moret, constructeurs à Lyon.
- M. Dubois, à Paris. — Vous trouverez le matériel nécessaire pour répéter les expériences de Rontgen au Comptoir général de photographie, chez MM. Gaumont et Cie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- Un lecteur, à Paris. — Ce que vous demandez ne peut pas se faire sans autorisation et sans patente.
- Un abonné, à Paris. — La roue hydraulique Pelton a été décrite dans le n° 1014, du 5 novembre 1892, p. 355.
- Un lecteur, à Moscou. — 1° Il s’agit d’essais qui ont été effectués en Amérique; ce four n’est pas construit en Europe. — 2° L’adresse que vous demandez est donnée dans les Renseignements de la Boîte aux lettres du n° 1167, du 12 octobre 1895.
- Mme veuve A. Rollin et fils, à Lyon. — Nous avons donné la description de presses à forger dans le n° 1057, du 15 avril 1895,
- E). 307 ; mais il s’agit d’appareils puissants construits spécia-ement pour les arsenaux ou de grandes fabriques.
- M. J. Van C., à Saint-Pol-sur-Mer. — Vous trouverez des
- Setites lampes semblables à celles que vous demandez chez . J. Decoudun, 101, rue du Faubourg-Saint-Denis, à Paris.
- M. M. H., à Saint-Berthevin. — Nous avons déjà publié plu-
- sieurs articles sur les rayons X et les ombres radiographiques dans le n" 1183, du 1er février, et n° 1184, du 8 février 1896.
- M. M. Jacquinet, à Suippes. — Consultez L’amateur électricien, par Keignart, à la librairie J. Michelet, à Paris.
- M. Deraeve, à Gand. — La fabrication des agglomérés pour
- fuies est toute spéciale ; il faut d’abord préparer le mélange et e soumettre ensuite à une pression assez elevée.
- M. H. Spirgel, à Nancy. — Envoyez-nous une Notice descriptive de votre appareil ; si le système nous paraît intéressant, nous,en donnerons volontiers la description.
- E. Mercelis, à Maliaçs. — 1° Pour réparer ce plateau, il faut le chauffer légèrem^ît et le soumettre à une certaine pression entre deux parties planes; l’opération est assez difficile. — 2° Appareils de physique : MM. Ducretet et Lejeune, 75, rue Claude-Bernard, M. Rousseau, 16, rue des Fossés-Saint-Jacques, M. Pellin, 21, rue de l’Odéon, à Paris.
- M. E. F., à Chalon-sur-Saône. — Les principales maisons d’électricité pourront vous louer ce matériel : MM. Sautter-Ilarlé, 26, avenue de Suffren, maison Bréguet, 19, rue Didot, M. Hillairet, 22, rue Vicq-d’Azir, Société l’Eclairage électrique, 15, place Vendôme, à Paris. Adressez-vous aussi à la maison Borssat, 45, rue de Tanger.
- M. A. Sureau, à Gualequaychie. — Il a paru sur ce sujet un ouvrage de M. Tesla en Amérique ; adressez-vous à la librairie Johnston, 253, Broadway, à New-York.
- M. Dion, à Lens. — Il s’agit simplement d’adresse de main. M. T. A., à Paris. — Nous avons déjà fait connaître plusieurs systèmes d’auto-reliure dans les Petites Inventions.
- M. L. Jager, à Montpellier. — Il serait nécessaire de demander ce renseignement aux maisons spécialistes : MM. Lebeuf et Cia, 37, avenue de Saint-Mandé, à Paris.
- Un lecteur, à Rouen. — 1° La consommation de combustible dans un paquebot transatlantique atteint environ 250 tonnes par jour de vingt-quatre heures. — 2° L’ambre gris se trouve sur les côtes de Madagascar, des Moluques et du Japon. L’ambre jaune existe dans les dunes sablonneuses qui bordent la Baltique entre Memel et Kœnigsberg. Il y a plusieurs maisons à Paris qui s’occupent du commerce de l’ambre brut : M. E. Diem, 34, rue de Chabrol, M. A. Pajot, 22, rue des Quatre-Fils.
- M. M. F., à Longwy. — Ce renseignement pourra vous être fourni par des parcheminiers : MM. Frérot et Goussard, 5, rue Saint-Bon, maison Mercier, 1, rue du Sommerard, à Paris.
- M. Fontaine, à Clermont. — Nous avons déjà publié plusieurs articles sur ce nouveau mode d’éclairage.
- M. Lhermille, à Soissons. — Nos derniers articles sur les rayons de Rontgen ont dû vous donner satisfaction.
- M. Bellot, à Paris. — 1° Votre appareil était certainement niai construit. — 2° Pour désulfater une batterie d’accumulateurs, il n’y a pas d’autre moyen que de la charger et décharger successivement jusqu'à ce que toute trace de sulfatation disparaisse. — 3° Vous pouvez employer ces baguettes, mais il faut les paraffiner. — 4° Cette capacité dépend entièrement de la conduite de la charge.
- M. G. Pélissier, à Paris. — 1° Cette adresse est donnée en tête de la présente Boîte aux lettres. — 2° Des expériences sérieuses ont montré que ces rayons devenaient dangereux pour la vue et dénaturaient la couleur des objets.
- Réponses. — N° 1351. — Inscription en creux et en lettres transparentes sur un cure-dent. — Les cure-dents sont d’abord chauffés dans un récipient contenant de la cendre. On les appuie ensuite sur des caractères en fer en relief. On voit alors apparaître ces caractèies en transparent sur le blanc mat de la plume. (Communiqué par un abonné, à Paris.)
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. C. Fallswright. à New-York City. Nous ne saurions répondre à votre question ; tous. nos regrets. — M. J. Oudemant, à Utreehl; M. G. Hélies, à Château-la-Croix; M. A. Mennesson, àVerberie; M. L. Lambert, à Paris; M. L. Castillon, à Saint-Pétersbourg. Les adresses des fabricants de ces appareils sont données dans le numéro même qui contient la description, en tête de la Boîte aux lettres, aux Adresses relatives aux appareils décrits. — M. F. Teissercnc, à Ceilhes. L’adresse que vous demandez est donnée en tète de la présente Boîte aux lettres — Un abonné, à Entre-Rios (République Argentine). 1° Nous n’avons pas d’adresse; 2° il faut consulter un chimiste : nous ne pouvons vous répondre. — M. E. A/., à Bordeaux. Nous avons, fait quelques recherches, et nous ne retrouvons pas l’article dont vous parlez. — M. Dufon, à X.; M. Lefard, à Lyon; M. G. V-, à Bordeaux. Consultez les Recettes et procédés utiles, lro série (G. Masson, éditeur). — M. L. Marchetti, à Paris. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes, les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux teth-es reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INTENTIONS*
- L’heure & divers points du globe. — L’appareil que nous décrivons est un cadran équatorial qui permet d’indiquer rapidement toutes les heures du globe, et qui peut être adapté aux montres, pendules et horloges. Dans ce système, l’équateur est représenté par deux couronnes concentriques mobiles a et b (Kg. 1 et 2) fixées ou marchant avec les deux aiguilles
- JÜücico ..
- Fig. 1. — Horloge pour déterminer l’heure à divers points du globe. a, b. — Couronnes concentriques mobiles; sur les côtés corrections et indications.
- d’une montre, d’une pendule ou d’une horloge ; la petite couronne a (fig. 1 et 2), divisée en 12 parties égales, porte sur ses divisions les caractères de l’alphabet de A à L et tourne avec l’aiguille des heures ; l’autre couronne b, divisée en GO parties
- Sio-de-Janeiro
- Fig. 2 et 3. Montre servant au même usage.—2. Montre munie des couronnes mobiles a et b. — 3. Cadran postérieur portant les indications.
- numérotées de 0 à 59, suit la grande aiguille dans sa marche. Entre ces deux couronnes et limité par elles se trouve l’espace libre et fixe du cadran sur lequel on inscrit les heures et les minutes. Ces couronnes tournant avec les aiguilles et faisant en
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- Fig. 4. — Ruban à rouleau breloque sur lequel sont inscrites les indications.
- douze heures et en une heure le tour du cadran, les différentes 'divisions des deux couronnes se trouvent dans un rapport constant et indiquent à tout moment les heures du monde entier par sections de 15 minutes de longitude. Il suffira donc de connaître l’heure et la minute qu’il est dans une ville au moment où il est midi au méridien que l’on aura choisi : Paris, Greenxvich, etc., et d’inscrire sur des plaques adaptées aux deux côtés d’une pendule (fig. 1), le boîtier de sa montre (fig. 3), sur un ruban à rouleau servant de breloque (fig. 4), le nom de la ville suivi du caractère et du nombre donnant son heure et
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- sa minute précédé du signe — ou + indiquant que l’heure que l’on va lire est avant ou après l’heure marquée par les aiguilles, c’est-à-dire que ce point est à l’ouest ou à l’est du méridien choisi, pour déterminer à tout moment exactement à la minute et par simple lecture, l’heure qu’il est dans cette ville. La seule précaution à prendre sera d’ajouter une unité à l’heure indiquée par la petite couronne chaque fois que le chiffre de la couronne mobile extérieure sera égal ou supérieur au chiffre minute du cadran ; rien à changer à la lecture s’il lui est inférieur. Les deux cercles nécessaires peuvent être construits en verre, en corne et en toutes matières transparentes, et être appropriés à toutes les montres. L’inventeur construit aussi deux breloques, l’une, figure 4, contenant sur un ruban les noms de 280 villes, l’autre portant sous un verre le cadran équatorial dont les aiguilles, manœuvrées par une tête à remontoir, peuvent être mises à l’heure donnée par sa montre et indiquer ainsi par simple lecture et simultanément l’heure de 280 points du globe. — La fabrication ne se fait que sur commandes qui doivent être adressées à M. Bloume, 73, rue Blanche, Paris.
- COURS ET CONFÉRENCES
- Muséum d‘histoire naturelle
- Cours de culture. — M. Maxime Cornu, professeur, a commencé ce cours le lundi 3 février 1896, à 9 heures du matin, dans l’amphithéâtre de la Galerie de Minéralogie, et le continuera, les lundis, mercredis et vendredis suivants.
- Ce cours aura pour objet : l’exposé des cultures subtropicales dans l’Afrique du Nord, principalement de celles qui sont usitées dans nos possessions et dans les régions voisines ou analogues; l’étude des cultures qui peuvent être entreprises par nos colons (plantes industrielles, textiles, fourragères, à parfums; primeurs; plantation des Eucalyptus, etc.) et des végétaux utilisables dans nos colonies (alfa, palmier nain, raquettes, chêne-liège, scille, etc.).
- Cours de minéralogie. — M. A. Lacroix, professeur, commencera ce cours le mercredi 19 février 1896, à 4 heures, dans l’amphithéâtre de la Galerie de Minéralogie, et le continuera les vendredis et mercredis suivants, à la même heure ; à partir du 11 mars, le cours aura lieu à 4 heures trois quarts.
- Le professeur traitera des minéraux des roches sédimentaires ; après avoir passé en revue les propriétés physiques et chimiques de ces minéraux, il étudiera les conditions de leurs gisements en insistant sur ceux qui se trouvent dans le bassin de Paris.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Peinture au goudron. — On peut faire d’excellentes peintures au goudron, d’après ce que rapporte le Journal des usines à gaz, et les employer avantageusement au lieu et place des "peintures "à l’huile peu coûteuses. Ces peintures, dit-on, protègent, à poids égal, une surface de 25 pour 109 supérieure à celles que recouvriraient des peintures à l’huile, et sont par elles-mêmes brillantes et vernissées. De plus, leur siccativité est très grande, deux ou trois heures suffisant. Elles s’appliquent très facilement sur les plâtres frais, les murs humides, sur le ciment, les bois, les métaux; elles .sont spécialement hydrofuges et acquièrent rapidement une dureté qui leur permet de supporter tous lavages et lessivages. Enfin, la proportion d’acide phénique qu’elles contiennent leur donne des propriétés désinfectantes.
- Transformation des clichés au gélatino-bromure sur verre en clichés pelliculaires. — Il y a nombre d’opérations photographiques qui exigent l’emploi des clichés retournés. Si on a à faire des clichés sur verre, au gélatino-bromure, le procédé le plus pratique consiste à les transformer en clichés pcllicu-laires. On y arrivera facilement et à coup sûr de la façon suivante : le cliché à décoller de son support est recouvert d’une couche de collodion pour émaillage étendue de la même façon qu’on collodionue une glace. D’autre part on prend un verre d’une dimension un peu supérieure à celle du cliché, et après l’avoir bien nettoyé et talqué ou frotté avec un peu de cire en dissolution dans de l’essence, on le collodionne également. Quand les couches de collodion sont bien sèches on lait immerger le cliché dans une dissolution étendue d’acide fluorhydrique. Au bout de dix minutes, si la solution est assez forte (5 à 6 pour 10D environ) la couche de gélatine collodionnée se séparé du verre sans aucune difficulté et sans déformation aucune. On sort le cliché du bain acide au moment où il commence à se décoller, sans attendre qu’il soit complètement séparé du verre. On le lave abondamment sous la pissette et on le recouvre d’une feuille de papier ordinaire, préalablement distendue par une immersion de quelques minutes dans l’eau. On chasse l’eau en excès et les bulles interposées avec un rouleau de gélatine, et
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- saisissant le papier par un coin on enlève ensemble le cliché âéparé de son verre et le papier. Cette opération doit se faire çans aucun effort, le cliché devant se séparer de lui-même du verre. Toute traction aurait pour effet de briser la lame dé gélatine collodionnée. On lave de nouveau le cliché appliqué sur la feuille de papier avec un mince fdet d’eau, et de façon qu’il reste toujours bien appliqué sur ce support provisoire, puis on trempe le verre collodionné dans l’eau, et on le retire en le tenant horizontalement de façon qu’il reste recouvert d’une petite couche de liquide. On applique par-dessus le cliché et sa feuille de papier en faisant porter la gélatine contre le èollodion de ce verre. On chasse de nouveau avec un rouleau l’eau en excès et les bulles d’air, on enlève la feuille de papier çt on laisse sécher complètement (douze heures environ). Au bout de ce temps on incise avec un canif les bords du cliché et celui-ci se sépare sans difficulté de la lame de verre. On a alors une couche de gélatine comprise entre deux lames de collodion sans épaisseur appréciable, qui forme un cliché pelliculaire parfait absolument homogène, n’ayant donc aucune
- tendance à s'enrôler. Ces clichés" sont très solides, ne risquent pas de se casser comme les verres et peuvent être employés dans tous les sens. Ils se conservent parfaitement sans aucune altération et sous un volume très restreint, entre les feuilles d’un cahier. Ils peuvent voyager sans crainte. Nous avons appliqué ce procédé depuis, huit ans à tous les formats du 9/12 au 30/40 et nous n’avons jamais eu d’accidents. Toutes les marques de plaques peuvent être ainsi traitées. Cependant dans les marques qui emploient des gélatines tendres ou en couches très minces, les pellicules détachées du verre sont tellement minces qu’elles ont une tendance à se fixer, ce qui, dans certains cas peut être un inconvénient. Il faut alors les doubler d’une mince couche de gélatine, ce qui se fait en géla-tinant la couche de collodion qui se trouve sur le verre nu, avant d’y reporter le cliché. On peut préparer très longtemps d’avance ces verres munis de collodion gélatine. Après dessiccation on les conserve dans des boîtes quelconques. Leur emploi est absolument le même que celui des glaces simplement collodionnées. M. Kuss.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ETAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 3 février. . . 0°,0 E. 3. Couvert. 0,0 Couvert jusqu'à 13 h., puis nuageux; beau après 15 h., petit brouillard bas à 22 h.
- Mardi 4. ; — 4«,0 N. 1. Beau. 0,0 Beau le matin, puis très nuageux, couvert après 14 h-, petit brouillard à 1 b., très brumeux.
- Mercredi 5 — 0°,1 S. W. 0. Couvert. 0,0 Couvert, très brumeux Tp. A, 10 km à 10 h.
- Jeudi 6 0°,0 S. E. 2. Couvert. 0,0 Couvert, trace de brume à 4-5 h., brumeux.
- Vendredi 7 — 0°,9 S. 1. Couvert. 0,0 Couvert, trace de brume à 5-7 h., brumeux.
- Samedi 8 — 3°,1 S. S. W. 2. Brouillard. 0,0 Couvert le matin, beau le soir; brouillard jusqu’à 9 h.; de 400 m. à 7 li.; brumeux l'après-midi.
- Dimanche 9 .... . . 0°,5 S. 2. Très nuageux. 0,0 Beau jusqu'à 5 h.; très nuageux le reste du temps, brumeux.
- FEVRIER 1896 — SEMAINE DU LUNDI 3 AU DIMANCHE 9 FEVRIER
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiq courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à O, au niveau de la mer)', courbe plus mince, thermomètre à l'a boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- I.e froid en Belgiqne pendant le mois de décembre f8fK». — Alors qu’en France nous n’avons pas eu de grands froids au mois de décembre 1895, il n’en a pas élé de même en Belgique. Nous trouvons à ce sujet quelques renseignements très intéressants dans la Revue climatologique mensuelle de décembre 1895, publiée par M. A. Lancaster dans Ciel et Terre. La neige est tombée en assez grande abondance et d’une façon irrégulière ; la plus grande épaisseur de la couche neigeuse a été constatée le 25 décembre 1895. Elle mesurait 20 centimètres à Arlon, 18 à Jlaredsous, 15 à Clavier, 12 à Liège, 11,5 à Iluy-Statte, 10 à Gand et à Lanquesaint, 8 à Diest, 7 à Herstal et 5 à Iseghem. Le nombre de jours de gelée a été considérable en certains points ; on a compté 25 jours aux Tailles, 2f jours à Libramont, à Beauplateau, à Ville-du-Bois, à Iles-treux, 25 jours au Barrage de la Gileppe, 22 jours à Arlon, Saint-Roch,
- 20 jours à Carlsbourg, Ilerve, Ciergnon, Maeseyck et Uechtel. Dans un très grand nombre d’autres localités, le nombre de jours a atteint suecessi-vement 19, 18,17, 14, 13 et 10. La température minima s’est abaissée à —15°,7 à Beauplateau, —15°,6 à Ville-du-Bois, —14° à Gembloux et à Iluy, —13°,5 au Barrage de la Gileppe, — 11°,9 à Uechtel. —10°,8 à Lierre, — 8° à Ostende et — 6°,8 à Mons. C’est surtout la seconde quinzaine du mois de décembre qui a été froide et neigeuse; la première quinzaine avait été douce et pluvieuse. La moyenne lhermométrique a été assez relevée malgré les minima que nous avons constatés plus haut. Du 1" au 17, elle a été de 4°,6; du 18 au 29, elle s’est abaissée à — 1°,1.
- Ajoutons que le régime cyclonique a presque constamment régné sur la Belgique en décembre 1895. Dans la première quinzaine les basses pressions se trouvaient généralement au nord-ouest de l’Europe; dans la seconde quinzaine, elles ont occupé le sud-ouest et le sud du continent.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 6, à 0 h. 48 m. du matin.
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- 1186 (22 Féorier 1896), du journal « LA NATURE »
- M. GASTON TISSANDIER, directeur
- Réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction de « La Nature » et de son « Supplément*», '
- « Boîte aux lettres », etc., doivent être adressées à M. Gaston Tissandier, 50, rue de Châteaudun, à Paris. ;
- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVICE DO JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.)
- DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES A LA LIBRAIRIE G. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS. :
- LA. SEMAINE
- Canaux maritimes en Prusse. — Le canal de la Baltique à la mer du Nord paraît avoir enfanté des projets ambitieux encore, et il est sérieusement question de faire de Berlin un port de mer. L’on affirme que ce projet ne rencontrerait pas de grandes difficultés techniques, et que ce serait une simple question d’argent. La dépense est évaluée à 250 millions, soit un tiers de plus seulement que celle qu’a entraînée le canal qui vient d’être inauguré. Le petit lac deTegel, situé à l’ouest, dans la banlieue de Berlin, deviendrait le port. Sur le terrain entre le lac et la capitale, seraient installés les docks. De Tegel le tracé passerait par Lubars, Schildow, Mühlenbeek, Schônwald, Baseldorf, Wandlitz, Klosterfelde, Larke et Ruhls-dorf sur le canal de Finow, lequel est au même niveau que le canal projeté, ce qui dispenserait de toute écluse sur le parcours. Après avoir traversé le canal de Finow, le tracé se continuerait par Grafenbrück, Steinfurth et Lichterfelde à Ebers-wald, où existe une notable déclivité à travers la vallée de FOder, ce qui entraînerait la construction de deux écluses. A Port-Leyeet à Oderberg le projet utiliserait la basse portion du canal de Finow, le quitterait à Ilohensaatheuer, suivrait la rive gauche de l’Oder, passerait à Schwed, Gatow et Garz, et entrerait dans l’Oder àîïreifenhagen, ayant préalablement traversé une écluse. Le trajet de Berlin à ce point demanderait 17 heures. La navigation dans ce canal se ferait à la remorque, parce que, par mesure d’économie, la section n’aurait que 21 mètres de largeur au fond, 57 mèties à la surface, et 7m,50 de profondeur. A Stettin, les navires de Berlin pourraient charger rapidement les marchandises descendant par l’Oder, gagner sans délai les eaux profondes de Stettin à Swinemünde, point où ils entreraient dans le canal qui vient d’être terminé, les conduisant jusqu’à la mer du Nord. Le projet exposé ci-dessus est considéré comme le plus praticable parmi ceux qui veulent faire de Berlin un port de mer1.
- INFORMATIONS
- —La Société de spéléologie se réunira le lundi 2 mars, en séance extraordinaire, à 8 heures et demie du soir, dans la grande salle de la Société d’acclimatation, 41, rue de Lille, pour entendre deux conférences (avec projection à la lumière oxhydrique), l'une de M. A. Viré, sur ses recherches scientifiques dans les cavernes du Jura en 1895 (animaux aveugles; modifications de leurs organes -sous l’influence du milieu ; — les ctiff-dwellers du Puits Billard ; l’abri sous roche de Baume-les-Messieurs, etc.) ; — l’autre de M. J. Yallot, sur les cavernes sous-glaciaires.
- -y®— Les. membres du Conseil d’arrondissement de la Flèche avaient, lors de la dernière session, émis le vœu de voir constituer par l’Etat l’assurance contre la mortalité des animaux de ferme. A ia suite des conférences faites par M. G. Cavaignac aux réunions des «comices de l’arrondissement de Saint-Calais, les municipalités essayent -de former des associations mutuelles contre la mortalité du bétail.
- 1 D’après Engineering, de Londres.
- —®— Le doyen des chiens semble être, d’après VÉleveur, un chien courant de demi-sang, appartenant à un habitant d’ïelm, près de Washington. Cet animai est, en effet,, né au mois de juin 4870 et aurait donc aujourd’hui vingt-cinq ans èt demi. Au cours, de sa longue carrière, il a donné la chasse à nombre de daims, de cerfs et de chats sauvages, et même de couguars et d’ours. Ce vétéran des prairies est très sourd et ses pieds sont déformés par la goutte et aussi par la vieillesse. En dehors de ces infirmités, il se porte très bien et a encore accompagné son maître à la chasse aux grouses cette année.
- —®— Les villages du Texas sont infestés de serpents qui rendent l’élevage de la volaille impossible. Ils pénètrent dans tes basses-cours et dévorent les poussins, les poulets, les oisons et les canetons. Ils sont même très friands des œufs, qu’ils avalent tout entiers, sans briser la coque. Les aviculteurs et fermiers ont alors imaginé de déposer des œufs de porcelaine dans les basses-cours. Les serpents s’y laissent prendre, les avalent et, ne pouvant lès digérer, meurent étouffés. Le procédé a réussi à les débarrasser déjà d'une centaine de reptiles.
- —M. Campbell, de l'observatoire Lick, a observé le spectre de la comète Perrinè et l’a trouvé du type ordinaire, consistant en un faible spectre continu; les raies brillantes et les bandes démontrent la présence du carbone et de l’azote incandescents. Une photographie prise par M. Colton, le 18 novembre, au même observatoire, dit le journal Ciel et Terre, montre une queue de 1° de longueur, tandis que sur une autre photographie, prise le 26 novembre, la queue a 5° de long. Au nord de celle-ci, il y a une - deuxième queue, plus courte, faisant avec la première un angle , de 50°. La queue courte est intrinsèquement la plus brillante. D’après une éphéméride de M. G. M. Searle, la comète a atteint son maximum d’éclat le 17 décembre; cet éclat était alors 70. fois celui que l’astre avait au moment de sa découverte.
- —@— L’administration du British Muséum a reçu récemment . -communication du testament du naturaliste Henry Seebohm, .décédé il y a trois mois. M. Henry. Seebohm cède à la section d’histoire naturelle de cet établissement, dont les collections sont exposées à Soutli-Kensington, plus de 16 000 oiseaux empaillés et 235 squelettes d’animaux. Ces collections intéressent surtout le' gibier à plumes, notamment la grive et le pluvier, à l’étude desquels le célèbre ornithologue avait consacré ses dernières années. Mais il ne ; reste plus de place dans les galeries de South-Kensington et des constructions nouvelles devront être élevées avant qu’on puisse recevoir et installer ce legs important.
- —Le nouveau système d’éclairage électrique des wagons à voyageurs qui a été adopté par le London, Tilbury and. Southend Railway a été soumis à un grand nombre d’ingénieurs et d’experts, qui ont effectué le mois dernier dans les wagons de cette compagnie un parcours entre la Fenchurch station et Grays, et vice versa. D’après Engineering, le système, qui est dû aü génie inventif de M. Gill, a été utilise par 'MM Stone et Cie, de Deptord. Chaque wagon possède une dynamo qui lui est propre, qui s’y trouve fixée et qui est actionnée par une courroie et par une poulie calée sur l’essieu du wagon. Le courant fourni est envoyé dans une batterie d’accumulateurs du poids de 3 kilogr. chacun. Il y a plusieurs détails ingénieux qui obvient aux difficultés qu’on rencontre avec l’emploi de celte méthode d’éclairage.
- —$$— Un syndicat pour l’exploitation des gisements de pétrole de l’Amérique méridionale s’est formé à Kimberley. Son capital sera de 6000 livres sterling et son but l’exploitation des sources pétrolifères du district de Carnaryon.
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- Adresses relatives aux appareils décrits. —Le système de garde-bois pour la préservation des poteaux en bois plantés dans le sol se trouve chez M. Wohl, 40, boulevard Montparnasse, à Paris.
- Communications. — M. P. Boittier, à Paris, nous écrit à propos de notre récent article sur les ombres radiographiques (n° 1184, du 8 février 1896, p. 155) et nous dit que, puisque le verre est peu transparent ‘ aux rayons X' il faudrait prendre pour la construction du tube producteur un corps de transparence plus grande. C’est ce que nous avons déjà dit dans l’article précité à la lin de la page 156.
- Renseignements. — M. le lieutenant de M., à Joigny. — Nous nous servons de la photo-jumelle et nous en sommes très satisfait.
- M. V. Perraud, à Lyon. — Vous pourriez essayer d’imperméabiliser les divers produits employés en vous servant de silicate de potasse mélangé à de l’argile en poudre, de la craie ou du feldspath ; vous incorporeriez ce mélange dans votre pâte.
- M. L. de Gruyter, à Amsterdam. — M. A. Engelfred, 8, rue de Saint-Quentin, Paris.
- M. P. Gérard, à Saint-Dié. — Le compteur n° 1 dont vous parlez fonctionne d’une façon très satisfaisante ; mais le compteur n° 2 est certainement un appareil plus parfait.
- M. G. M. L. M., à X. — Vos assertions prêtent parfois à des objections ; diverses théories sont actuellement examinées par nos plus grands savants.
- M. Hermary, à Tours. — Les diverses considérations que vous nous soumettez ne sont pas dépourvues d’intérêt; mais, elles ne peuvent servir dans le cas actuel pour fixer la nature des rayons nouveaux.
- Mme E. Croissant, à Morlaix. — Nous avons parlé de la destruction des mulots ou souris des champs dans le n° 1016, du 19 novembre 1892 et dans le n° 1160, du 24 août 1895. Pour les divers produits à employer, il faut vous adresser à M. Danysz, à l’Institut-Pasteur, à Paris.
- Un abonné, à Meulan. — Nous pensons qu’il suffit, comme
- 1)our l’écriture ordinaire que l’on veut dorer, de passer une égère couche de colle et d’appliquer ensuite la feuille d’or. Voyez du reste l’ouvrage Relieur par MM. Lenormand et Maigne, dans la collection des manuels Roret. Un chapitre spécial est consacré à l’art du doreur.
- M. A. C., au Reynon (Haute-Vienne). — Nous vous signalerons l'Abrégé du nouveau traité de Varpentage, par M. Lefèvre, à la librairie Gauthier-Villars, à Paris.
- M. L. Cailloux, à la Rochelle. — 1° Cette puissance peut varier de 2 à 4 chevaux. — 2° Cette adresse a été donnée précédemment.
- M. A. da Schio, à Yicence. — Vous trouverez des photographies en couleurs au Comptoir général de photographie à Pans.
- . M. L. Knab, à Folembray. — Un chimiste nous a également fait les mêmes réponses, sans toutefois donner une affirmation.
- M. Hanin, à Paris. — On pourrait certainement faire l'expérience dont vous parlez et qui offrirait un certain intérêt ; mais elle ne s’applique pas aux phénomènes nouveaux.
- M. H. Bouffé, à Cannes. — Consultez les Recettes de l'électricien par E. Hospitalier, à la librairie G. Masson.
- M. P. Y. Dreyfus. — L’enlèvement pratique des étiquettes vitrifiées sur des bouteilles n’est pas possible. .
- M. E. Audra, à Paris. — On a en effet constaté des bruits semblables dans quelques installations; mais, après divers essais, on est parvenu à les supprimer.
- M. E. Mares, à Montpellier. — 1° Demandez cet ouvrage à la librairie Gauthier-Villars, à Paris. — 2° Graisseurs continus : M. Ed. Bourdon, 74, rue du Faubourg-du-Temple; M. Henry, 117,boulevard delà Villette, à Paris.
- M. Rennesson Vasset, à Donchery. — La paraffine bien
- appliquée nous semble de nature à éviter toute oxydation sur des boulons destinés à relier les éléments d’une batterie d’accumulateurs. Essayez aussi une couChe de peinture au minium. On peut également souder entre elles les tiges des accumulateurs ; ce dernier moyen est peu commode pour la visite individuelle des plaques, mais il assure toute propreté.
- M. Latour, à Beaume. — 1° Voyez la Boîte aux lettres du n" 1160, du 24 août 1895. — 2° Adressez-vous à MM. Lumière frères, à Lyon.
- M. F. Chassat, au Dorât. — Cette adresse a été donnée en tête de la Boîte aux lettres du n° 1185, du 15 février 1896, dès que nous l’avons connue.
- M. L. Brouquier, à X. — Les roues hydrauliques Pelton ne se trouvent pas en France; adressez-vous à MM. Fraser et Chalmers, 43, Threadneedle Street, à Londres E. C.
- M. A. Talobre, à Issoire. — Machines à glace : appareils Carré, 19, rue de l’Estrapade ; appareils Fixary, à la Cie des moteurs à gaz, 15, avenue de l’Opéra; appareils Raoul Pictet, 16, rue de Grammont, à Paris.
- M. Pedro Pon, à Figueras. — 1° Un ouvrage spécial a été publié, Experiments with alternale currents of high polential and high frequency, by Nikola Tesla, à la librairie Johnston Company, 253, Broadway, à New-York. — 2° Voyez divers ouvrages à la librairie Gauthier-Villars et fils, à Paris, notamment Sur la viscosité des gaz très raréfiés, par William Crookes.
- M. M. Machato, à Quelmine (Côte orientale d’Afrique). — Votre lettre a été envoyée à M. Lefebvre, 10 rue Erard, à Paris.
- M. V. Tertrais, à Nantes. — Nous avons déjà publié quelques articles sur les moteurs à gaz pauvre, et nous sommes rêts à examiner le système dont vous parlez, si vous voulez ien nous envoyer quelques renseignements.
- M. Fouquet, à Grugies. — Nous croyons que ce traité est édité à la librairie Baudry, 15, rue des Saints-Pères, à Paris.
- M. le Dr H. F., à Bruxelles. — Consultez l’ouvrage Fabricant et épurateur d'huiles végétales et animales, par MM. de FonteneUe, Malepeyre et Dalican, dans la collection des manuels Roret, à la librairie encyclopédique de Roret, à Paris.
- M.R. C., à Paris. — Si vous désirez une batterie d’accumulateurs de faible capacité, vous pouvez les faire vous-même en suivant les instructions données dans les Recettes et procédés utiles, 38 série (G. Masson, éditeur). Pour une batterie importante, renseignez-vous auprès des divers fabricants.
- M. A. P., à Avignon. — Il n’y a pas encore de traité sur cette question; quelques expériences seules ont été faites.
- Un abonné, Paris. — Un peu de cire dans de l’alcool parfumé conviendra très bien.
- M. R., à P.-L.-M. — 1° Le stuc est un enduit formé d’un mélange de chaux et de marbre pulvérisé. On obtient une autre espèce de stuc en faisant cuire dans un four de la pierre à plâtre; on la réduit en poudre, on la passe au tamis, et on la gâche avec de l’eau dans laquelle on a fait dissoudre de la colle forte et de la gomme arabique. — 2° Il n’est guère possible d’obtenir ce résultat que par divers vernis ou ciments métalliques déposés à la surface de l’objet.
- M. L'Huillier, à Nancy. — Pour vous procurer de l’aluminium en plaques, adressez-vous à MM. Bernard frères, 9, rue Edouard-Detaille, ou à la Société électro-métallurgique, 41, rue Notre-Dame-de-Lorette, à Paris.
- M. C. F., à Beauvais. — Vous trouverez les renseignements que vous demandez dans l'Ouvrier monteur électricien, à la librairie Bernard Tignol, et dans divers ouvrages publiés à la librairie Baudry et à la librairie G. Carré, à Paris.
- M. Ch. Brunot, à Paris. — Votre communication ne saurait être insérée après l’article du D1' Javal ; le sujet a été suffisamment traité.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. G. Chauvège, à Versailles. Nous avons déjà donné la photographie de formes semblables. Remerciements. — M. E. Galliard, à Paris. Nous ne savons pas l’appareil dont vous voulez parler. — M. Rogivue, à Moscou. Nous ne connaissons pas l’adresse du fabricant; tous nos regrets. — M. L. Teissier du Cros, à Vallerangue. Le document que vous nous avez envoyé est très intéressant ; nous allons faire quelques recherches pour examiner de quelle invention il s’agit. Remerciements. — M. Gallois, à X. Il vous faut un indicateur de courant. — M. Guillau, à Brest. L’appareil dont vous parlez ne
- reut pas donner des indications exactes. — M. Tiron, à Marseille.
- 1 faut faire un prélèvement et soumettre la matière à un chimiste. — M. V. D., à Agen; M. Géron, à Lille. Voyez les Recettes et procédés utiles, lre série (G. Masson, éditeur). — M. Giraud, à Paris; M. Fauchet, à Paris. Remerciements pour vos communications. — M. L. G., h Paris. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signa lés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes lès-communications.— Il n’est répondit qu’aux'lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INTENTIONS1
- Nouveau système de thermomètre médical, à maxima. — Le laps de temps nécessaire pour obtenir, par le thermomètre, la température maxima, est un inconvénient
- Thermomètre médical.
- dont la gravité se fait surtout sentir lorsqu’il s’agit de l’application médicale. Les instruments les plus délicats, malgré l’extrême ténuité du verre qui forme le réservoir mercuriel, mettent encore 10 et quelquefois même 12 minutes pour atteindre le degré maximum. C’est à l’effet d’obtenir plus promptement l’indication thermométrique, que l’on a construit le réservoir que nous allons faire connaître. En comparant entre elles les cuvettes A et A' B (fig. 1 et 2), on remarque que la seconde cuvette, grâce à la disposition des deux tubes concentriques A' B, contient la même quantité de mercure que la cuvette A, mais répandu sur une surface sensiblement plus grande et en une couche infiniment plus mince, d’où il résulte ue la matière dilatable C, contenue dans la cuvette A' B, se date d’autant plus vite qu’elle offre à l’action de la chaleur plus d’étendue et moins d’épaisseur. Dans la nouvelle disposition cet inconvénient n’existe pas, car le tube intérieur B, subissant les mêmes changements que le tube extérieur A', il se rétrécit ou s’élargit dans les mêmes proportions, et l’un compense ainsi l’action mécanique de l’autre. — Le thermomètre se trouve chez M. Mathieu, 131, galerie de Valois, Palais-Royal, Paris.
- Le robinet autoclave. — Ce nouveau robinet a l’avantage de supprimer la manœuvre d’ouvrir et de refermer la clef à chaque bouteille qu’on veut remplir; il suffit de présenter la
- Robinet autoclave.
- 1. Vue d’ensemble de l’appareil. —2. Mode d’emploi.
- bouteille en l’introduisant dans le bec d’écoulement du robinet et de faire pression en soulevant la bouteille pour la voir se remplir; lorsqu’elle est pleine on la retire et le robinet se ferme automatiquement. — Le robinet autoclave se trouve à la même adresse que le thermomètre médical.
- Petit apjtpj'ell pour nettoyer les pipes. — Ce petit appareil qui sert à nettoyer les pipes nous est importé d’Angleterre, où l’usage de la pipe est très répandu et admis un peu
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère ï*ux annonces.
- partout, même dans la rue, pour les gentlemen. Dans une espèce de cartouche métallique (n°.l) on verse un quart environ d’eau et un quart d'alcool à 90°, on ferme l’étui et on introduit le bout de la pipe dans le caoutchouc (n° 2) et l’on fait chauffer l’appareil au-dessus d’une bougie comme le montre la figure B ; une fois en ébullition la vapeur passant dans la pipe la nettoie
- Appareil pour nettoyer les pipes.
- A. Ensemble du système. — B. Mode d’emploi.
- admirablement sans la déculotter. — Même adresse que le therr momètre médical ci-contre.
- BIBLIOGRAPHIE
- Die gletscher lawine an der Altets, par le professeur Albert Heim, avec 4 phototypies et 2 planches en couleurs contenant 5 figures, in-40, 63 pages. — Zurich, 98sle*, Neujahrblatt der Naturforsehenden Gesellschaft, in Zurich, 1896.
- Mémoire détaillé sur les circonstances, les causes probables et les précédents de l’avalanche de l’Altels survenue le 11 septembre 1895, sur le chemin de la Gemmi (Alpes Bernoises). L’éminent professeur de géologie de Zurich a donné dans cet important travail le procès-verbal complet des conditions et observations de cette catastrophe.
- Chimie des matières colorantes artificielles, par A. Seyewetz, chef des travaux à l’Ecole de chimie industrielle de Lyon, et P. Sisley, chimiste-coloriste. Premier fascicule. Considérations générales. Matières colorantes nitrées. Matières colorantes azoxyques. Matières colorantes azoïques (lre partie); 1 vol. in-8°. Paris, G. Masson, éditeur. 1896. Prix : 6 francs.
- Cours de physique de l’École Polytechnique, par M. J. J a.min. Premier supplément par M. Bouty, professeur à la Faculté des sciences de Paris. Chaleur. Acoustique. Optique. 1 vol. in-8°. Paris, Gauthier-Villars et fils. 1896.
- Traité théorique et pratique des courants alternatifs industriels, par F. Loppé et R. Bouquet, ingénieurs des arts et manufactures. 1vol. in-8°. 2e volume. Partie pratique. Paris, E. Bernard et Cie, imprimeurs-éditeurs. 1896. Prix : 15 francs.
- Annuaire de l’observatoire municipal de Montsouris pour l'année 1896. Météorologie. Chimie. Micrographie. Applications à l’hygiène. 1 vol. in-18. Paris, Gauthier-Villars et fils.
- Missouri geological Survey. Vol. IV et vol. V. Paleontology of Missouri, part. I et part. II, by Charles Rollin Keyes; Vol. VI et VII. Lead and zinc deposits, section I et II, by Arthur Wjnslow, assisted bv James D. Robertson. 4 volumes grand in-8°. Jefferson citv, Tribune Printing Company, State printers and binders, 1894.
- The honey bee. A manual of instruction in apiculture, bÿ Frank Benton. U. S. Department of agriculture. Division of entomologv. 1 brochure in-8°. — Washington, Government Printing Office, 1895.
- Proceedings of the seventh annual meeting of tlie Association of économie entomologists. U. S. Department of agriculture. Division of entomologv. 1 brochure in-8°. — Washington, Government Printing Office, 1895.
- Bergens Muséums Aarbog for 1894-95. 1 vol. in-8°. Bergen, 1896.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Le halo photographique. — Dans le numéro 1159, du 17 août 1895, p. 180, La Nature a publié un article sur le
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- Halo photographique. Je fais ici quelques observations : Ce désagréable phénomène provient en effet de la réflexion des rayons lumineux qui sont diffusés par la gélatine sensible et viennent l’impressionner malencontreusement après avoir subi la réflexion totale sur la deuxième surface de la plaque. Pour empêcher ce phénomène, il faut que la surface postérieure.de la plaque soit en contact optique avec un milieu dont l’indice de réfraction soit sensiblement le même que celui du verre ; il faut, de plus, que ce milieu soit rendu absorbant, par du noir de fumée ou de l’ocre. Si la recette que vous donnez réussit, cela vient de ce que le mélange d’eau, de glycérine et de dextrine a un indice de réfraction très supérieur à celui de l’air, mais on peut chercher des liquides possédant mathématiquement l’indice désiré. M. Cornu, dans une communication qu’il fit à l’Académie des sciences, il y a quelques années, analysa ces phénomènes avec sa précision habituelle et donna la formule d’un mélange d’essences diverses remplissant exactement le but.
- On peut aussi opérer d’une autre façon ; ce qu’il faut éviter, c’est la réflexion spéculaire sur la surface extérieure de la plaque. Il suffit pour cela que cette face soit dépolie, alors la lumière qu’élle recevra sera en partie transmise, eh partie réfléchie, mais sous forme diffusé, et le phénomène du halo sera évité. Jadis, lorsqu’on préparait soi-même ses plaques, j’ai souvent employé ce moyen, aontle seul inconvénient est que le positif est un peu plus lent à tirer, mais qui donne des résultats remarquables comme netteté pour les contre-jours. Aujourd’hui, il faudrait évidemment que l’on fabriquât des plaques sur verre dépoli destinées à ce genre d’épreuves. Je suis bien sûr que MM. Lumière n’hésiteraient pas à livrer au commerce quelques douzaines de plaques qui seraient certainement bien accueillies par les amateurs soucieux d’obtenir de bons clichés tout en étant dispensés des opérations assez ennuyeuses, des ocrages ou badigeonnages de benzine caoutchoutée, etc.., qu’on est ensuite obligé de laver avant de tirer le positif. René Lacour.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 10 février . . 5°,9 S. S. W. 2. Couvert. 2,5' . Couvert ; un peu de pluie; brouillard dans la soirée.
- Mardi 11 7°,8 S. W. 1. Couvert. 0,4 Beau de 14 à 21 li.; couvert av. et apr.; bruine à 1 li.; brouillard.
- Mercredi 12 —1°,1 S. W. 1. Beau. 0,0 Peu nuageux le matin, beau le soir; brouillard av. le jour.
- Jeudi 15 3°,7 N. W. 1. Couvert. 0,2 Presque couvert ; gouttes de 5 h. 30 à 7 h. 50.
- Vendredi 14 ... . 2°,5 N. E. 2. Couvert. 0,0 Nuageux jusqu’à 13 li.; beau ensuite.
- Samedi 15 — 2°,1 N. N. E. 1. Nuageux. 0,0 Beau jusqu’à 5 h.; couvert ensuite ; petit brouillard.
- Dimanche 16 . . . . 3°,9 N. N. E. 2. * Couvert. 0,0 Couvert jusqu’à 8 h., puis nuageux; beau après 13 h.; brouillard à 6-7 h.
- FÉVRIER IB96 -- SEMAINE Dü LUNDI 10 AU DIMANCHE 16 FÉVRIER
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer) ; courbe plus mince, thermomètre à l'abri à
- boule Sèche .* COUrbe en noinf.illé. thpr*nnmè/vfi n Vnhri n hnule winni/lpp
- courbe en pointillé, thermomètre à Vabri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- l*© bolide de Madrid. — Un bolide remarquable a éclaté le 9 février 1896 au-dessus de Madrid. L’Institut météorologique, dirigé par le professeur Amicis, a donné quelques renseignements sur ce météore. C’est a 9k 29“ 30' qu’on vit dans le ciel sans nuages, par un soleil superbe et presque sans vent, un embrasement subit de l’atmosphère. La lumière était d’un blanc bleuâtre. Immédiatement après on observa près du zénith une tache blanche pareille à de la fumée ; elle était orientée du nord-est au sud-ouest, de 6° de long et de 1° de large; de forme semi-circulaire avec convexité vers l’est; au centre et près du sommet de la courbe se voyait une condensation de ton rougeâtre comme ont les nuages au coucher du soleil. L’aspect général de la tache était celui d’un nuage de cirrho-cumulus assez léger.
- A 9k 30“ 4’)’ on entendit une explosion sourde, intense, suivie de, plusieurs autres. Le tout dura deux minutes environ. D’après la durée de temps de soixante-dix secondes qui s’est écoulée entre le phénomène lumineux et le premier son, on peut admettre une hauteur de 24 kilomètres. Le nuage disparut lentement ; trois heures après on apercevait encore un
- léger cirrhus vers l’est et le nord-est à 20 degrés au-dessus de l’horizon. La colonne barométrique monta subitement de 1 millimètre 6 dixièmes, puis revint à son niveau et baissa de 7 dixièmes après une oscillation complète de 2 millimètres 3 dixièmes.
- Un a ramassé un petit fragment de l’aérolithe à 6 kilomètres de Madrid. Dans le village de Vallecas, près de Madrid, une parcelle minuscule blessa au front un pharmacien. Dans un jardin particulier, près du champ de courses de Madrid, un fragment pesant près de 500 grammes a été recueilli. Un autre morceau, de 150 grammes environ, est tombé aux pieds d’un promeneur à la Castellana.
- Au moment de l’explosiou on a ressenti, de différents côtés, des secousses comparables à des secousses de tremblement de terre. Aux environs de Madrid, une maison s’est effondrée, des cloisons ont été renversées, des vitres brisées. On a assuré également qu’une commotion particulière avait été ressentie à des distances assez grandes.
- Il s’agit, en résumé, d’un bolide important mais qui n’offre pas de faits nouveaux. La Nature, à de nombreuses reprises, a donné des articles sur des bolides et des aérolithes.
- PHASES LE LA LUNE : N. L. le 43, à 4 b. 22 m. du soir.
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- N° 1187 (29 Février 1896), du journal « LA NATURE »
- M. GASTON TISSANDIER, directeur
- Réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction de « La Nature » et de son « Supplément »,
- « Boîte aux lettres », etc-, doivent être adressées à M. Gaston Tissandier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERV.CS DU JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES A LA LIBRAIRIE G. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- LA SEMAINE
- Exposition d’art photographique dn Photo-Clnh. —
- (Paris, 3' année). — Règlement. — Art. 1er. La 3° Exposition internationale d’art photographique du Photo-Club de Paris aura lieu à Paris, galerie des Champs-Elysées (avenue des Champs-Elysées, 72). Elle restera ouverte du mardi 12 au dimanche 31 mai inclus, de 10 heures du matin à 6 heures du soir. — Art. 2. Le but de l’Exposition est essentiellement artistique. — Art. 3. Ne pourront y figurer que les œuvres qui, en dehors d’une bonne exécution technique, présenteront un réel caractère artistique, par le choix du sujet, son éclairage ou la composition du tableau (paysages, scènes de genres, études, etc.). — Art. 4. Chaque épreuve devra être présentée séparément, soit dans un cadre, soit montée sur bristol sous verre. Elle devra porter au verso le nom de son auteur et le titre du sujet et être accompagnée, autant que possible, d’une note contenant des renseignements sur le procédé employé. — Art. 5. Le format des épreuves n’est pas limité. Chaque exposant ne pourra exposer un nombre d’épreuves supérieur à dix, quel que soit leur format. — Art. 6. Les œuvres exposées pourront avoir déjà figuré à d’autres expositions et concours, sauf aux précédentes Expositions d’art photographique du Photo-Club. Aucun tableau ne pourra être retiré avant la fermeture de l’Exposition. —Art. 7. Les emplacements sont donnés gratuitement. Les exposants n’auront à supporter que les frais d’expédition et de retour de leurs envois. — Art. 8. Les demandes d’admission devront être adressées avant le 20 mars 1896, à M. le Secrétaire général du Photo-Club, 40, rue des Mathurins, à Paris. — Art. 9. Les envois devront parvenir au plus tard au Photo-Club de Paris, le 23 avril, délai de rigueur. La réexpédition des œuvres admises ou non, sera faite au plus tard dans les quinze jours qui suivront la clôture de l’Exposition. — Art. 10. Un jury d’admission composé de onze membres choisis parmi les notabilités appartenant aux diverses branches de l’art, et dont la liste sera communiquée aux exposants au mois d’avril, examinera les envois et choisira ceux qui lui sembleront dignes de figurer à l’Exposition. Ses décisions seront sans appel. — Art. 11. Il n’y aura pas de récompenses. Chaque exposant recevra une plaquette commémorative gravée à son nom. — Art. 12. Une carte d’entrée permanente sera délivrée à chacun des • exposants. Cette carte sera rigoureusement personnelle*. Le Secrétaire général, Le Président, Paul Bourgeois. Maurice Bucqüet.
- INFORMATIONS
- —@— Le fusil suédois est actuellement un Remington transformé de valeur insuffisante en regard des nouvelles armes en usage dans les principales armées européennes. Le ministre de la guerre a charge depuis quelque temps déjà une commission de
- 1 On peut demander une note d’adhésion au Photo-Club de Paris KL rue des Mathurins, Paris.
- rechercher un modèle d’arme à répétition. Après avoir examiné et expérimentés divers fusils : le Krag-Jorgensen, le Mannlicher, le Mauser, etc., la commission s’est prononcée pour la mise en essai de ce dernier modèle. La nouvelle arme, à répétition, d’après les renseignements donnés par le Tir national, est du calibre de 6m,5. La cartouche, en tenant compte du poids du chargeur, pèse 25'r,2 : seule elle pèse 23*r,14. Celle du fusil modèle 1867-89 actuellement en usage pèse 30*r,8. L’allègement est d’environ un quart. C’est un avantage considérable qui permettra d’augmenter beaucoup le nombre des cartouches portées par l’homme ou par les caissons.
- —®— En Italie un nouveau règlement de gymnastique à l’usage de l’infanterie a été mis en vigueur à la date du 24 octobre 1895. On a cherché à diminuer le nombre des exercices pour insister sur ceux qui présentent une importance réelle. L’ascension à la corde est recommandée comme développant les muscles des bras et des mains. Quelques appareils, la barre fixe, l’appareil à chevilles pour le saut, ont été modifiés. Un assez grand nombre de mouvements ont été supprimés.
- —©— Le Giornale militare ufficiale du 1er février 1896 annonce la création, au 3a régiment du génie, d’une section photographique de campagne qui dépendra de la brigade des spécialistes (mécaniciens-éleetriciens et aérostiers). Cette section fonctionnera à partir du lEr avril 1896.
- —©— Il est des bronzes vernis qui ont l’aspect du bronze doré. Pour connaître la vérité on n'a qu’à toucher l’objet avec une baguette de verre préalablement trempée dans une dissolution de bi-chlo-rure de cuivre. Si l’objet a été doré, le point touché doit rester intact, tandis qu’il présente une tache brune s’il n’y a pas eu d’or de déposé à sa surface.
- —®— Notre confrère Joseph Vinot continue ses cours gratuits, rue du Fouarre, 14, tous les dimanches à 2 heures et demie, jusqu'à Pâques. Le dimanche 1er mars, il exposera les essais tentés pour utiliser en astronomie les rayons X.
- Notes cyclistes. — Nous avons signalé autrefois les revendications d’un Américain de New-York, réclamant en sa faveur le record de l’âge en bicyclette : quatre-vingt-quatorze ans. Chicago a voulu sa revanche et Chicago la tient, détient et retient : un jeune homme — pauvre jeune homme — de vingt ans, nommé Spark, se proclame le cycliste le plus lourd du monde, et il accuse le poids respectable de 216 kilogrammes. Nous avons pu contempler, il y a quelques jours, la photographie du sujet dans le salon d exposition du Vélo : le chiffre de 216 kilogrammes, s’il est exagéré, ne paraît pas l’être de beaucoup, et nous ne soulèverons, malgré notre poids respectable, aucune réclamation personnelle contre ce record chica-goan.
- — Le Paris-Vélo vient d’ouvrir un concours relatif à un raccord unique de pompe qui puisse s’adapter à toutes les valves, dont l’adaptation soit simple, rapide, et qui ne puisse se détacher ni se perdre. Des prix, dont un de 100 francs offert par le Touring Club de France, seront distribués aux lauréats. Nous applaudissons chaleureusement à l’initiative prise par notre confrère, car elle constitue un acheminement vers l’idéal, un raccord universel adopté uuefois pour toutes par tous les fabricants.
- — Le premier fiacre à bandages pneumatiques vient de faire son apparition dans Paris et le présent numéro de La Nature en donne la description. C’est un succès de plus à l’actif indirect de la bicyclette, car sans elle cette application serait encore restée longtemps ignorée. Avant la fin du siècle, tous les fiacres seront munis de bandages pneumatiques, si toutefois il reste des fiacres à chevaux, étant donné les progrès actuels des automobiles. Un ami de la bicyclette.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Quelques lecteurs nous ont demandé où l’on pouvait se procurer Valgo-sine, indiquée par notre regretté collaborateur, A.-M. Villon, pour la neutralisation des huiles. Ce produit se trouve chez MM. Poulenc frères, 92, rue Vieille-du-Temple, à Paris. — Montre Oméga, chez MM. Brandt et frère, 20, rue Richer, Paris.
- Communications. — M. L. Teissier du Cros, à Valle-raugue (Gard), nous a adressé une feuille du Rapport officiel sur l’Exposition de 1855, dans laquelle se trouve un décret spécial daté du 9 janvier 1856, signé par Napoléon et par E. Rouher, portant : « Il est accordé, à titre de récompense exceptionnelle, à M. Sudre, à Paris, collaborateur de la XXVIP classe, la somme de 10 000 francs à titre d’indemnité pour son invention de la téléphonie ». Nous avons consulté à la Bibliothèque nationale le rapport officiel. La classe XXVII est consacrée spécialement à la fabrication des instruments de musique. Dans le rapport de la classe IX (industries concernant l’emploi économique de la chaleur, de la lumière et de l’électricité), il n’est nullement question de téléphonie. Dans les rapports du jury, on parle d’un M. A. Sudre, à Paris, pour sa belle exposition des minerais de Pontrieux et des produits métallurgiques qui en proviennent. Il n’existe donc aucun document prouvant que la téléphonie était connue à l’époque; nous ne pouvons expliquer l’existence de ce mot dans le décret rappelé plus haut.
- L’abonné Z, à X, à propos de la question que nous a posée M. Godefroy au sujet d’un poulet dont les os étaient noirs après la cuisson (n° 1184, du 8 février 1896), nous fait connaître que ce fait ne peut être expliqué que par l’ingestion d’une certaine quantité de sulfate de fer avec la nourriture. Il nous rappelle l’expérience suivante : si l’on écrit avec une encre composée de 100 grammes d’eau et de 30 grammes de sulfate de fer, l’écriture n’apparaît pas; mais si l’on fait chauffer la feuille de papier, elle apparaît en un beau noir.
- Renseignements. — M. Gevaert, à Liège. — Ces tubes sont en vente chez M. Seguy, 53, rue Monsieur-le-Prince, à Paris.
- M. A. Coletti, à Trévise. — L’éclairage par piles n’est pas pratique; vous pourriez plutôt prendre une batterie d’accumulateurs que vous loueriez chargés pour la circonstance à un électricien de la ville.
- Un abonné, à Anvers. — Cousultez le Traité des feux d’artifice de M. A. Denisse, chez l’auteur, à Bry-sur-Marne (Seine).
- M. P. Plancher, à Belfort. — Pour déterminer ces dimensions, il serait nécessaire de faire une série de calculs que nous ne pouvons entreprendre; vous pourriez voir divers ouvrages et entre autres l'Amateur électricien de Keignart, à la librairie Michelet, 25, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. J. J. V., à Nice. — 1° Vous trouverez des renseignements sur toutes ces formalités au secrétariat de la Faculté de médecine, à Paris. — 2° Consultez l'Annuaire de la presse française et du monde politique', chaque journal est mentionné avec ses diverses spécialités, vous pourrez faire un choix.
- M. Ch. L., à Hem. — 1° Adressez-vous à la Société d’encouragement, 44, rue de Rennes, à Paris. — 2° Voyez divers traités sur les engrais à la Librairie agricole de la Maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- M. S., h S.— Il serait nécessaire de mettre dans ces vasistas des bourrelets pour calfeutrer. Adressez-vous à M. Jaccoux, 36, rue de l’Echiquier, à Paris.
- Un ouvrier, à Lyon. — Il n’y a pas d’ouvrage spécial sur le mode de construction de ces appareils ; des descriptions seules ont été publiées dans les journaux. ^
- M. S. D. Touffas, à Sainanond (Égypte). — Machines à faire les pointes de Paris : M. Dubos, 17, rue du Terrage; M. Gran-din, 18, rue Basfroi, à Paris.
- M. F., h Tolède. — Les moteurs à gaz pauvre sont réelle-
- ment pratiques et très économiques ; ils peuvent très bien commander les machines dynamos dans la station centrale dont vous parlez.
- M. M. S. Bjelovucie, à Jagnkia (Dalmatie). — 1° Moulins à vent : MM. Anceaux et Kuntzel, 10, boulevard de la Contrescarpe, à Paris ; M. Beaune, 66, avenue de la Reine, à Boulogne (Seine). — 2° Les constructeurs que vous citez ne figurent pas dans le dictionnaire de Bottin. Adressez-vous à MM. Amelin et Renaud, 39, rue J.-J. Rousseau, à MM. Sloan et Carter, 3, rue du Louvre, à Paris, ou à M. A. Dardel, à Melun (Seine-et-Marne).
- M. Bousquin, à Paris. — Ce fait extraordinaire est certainement obtenu par un système semblable à celui que vous mentionnez ou à celui de la double vue de Robert Houdin.
- M. A. Kressma?in, à Bordeaux. — Nous ne vous conseillons pas d’adopter ce mode d’éclairage ; toutefois, si vous ne trouvez pas d’autre solution, essayez une pile O’Keenan avec accumulateurs, chez M. Mors, 8, avenue de l’Opéra, à Paris.
- M. E. Sauvage, au Havre; Mme Fve J. Branget, à Pont-de-Pany (Côte-d’Or). — Plusieurs lecteurs nous ont déjà demandé, comme vous, les adresses de fabricants de double multiplication. L’article sur le choix rationnel du développement d’une bicyclette (n° 1185, du 15 février 1896, p. 165) sera suivi d’un article spécial sur les systèmes de double multiplication ; les adresses des fabricants seront alors indiquées.
- M. E. Bricard, à Alençon. — Dans le n° 1182, du 25 janvier 1896, p. 124, nous avons décrit le moteur à pétrole Le Pygmée, qui est destiné à une voiture automobile et non à une bicyclette.
- M. C. Diesrkeer, à Mons. — Adressez-vous au fabricant que nous avons fait connaître aux Adresses relatives aux appareils décrits (Premier paragraphe de la Boîte aux lettres); n° 1185, du 15 février 1896.
- M. le professeur F. Marco, à Turin. —Pour les accumulateurs de chaleur à la baryte, même réponse que ci-dessus; mais il s’agitd’une autre livraison (n°1182, du 25 janvier 1896).
- M. le DT M. Cassaigneau, à Montréal-du-Gers. — Il faudrait vous adresser à une maison spéciale de construction qui vous donnerait des indications, par exemple à la maison H. Carpentier, 73, boulevard Soult, à Paris, MM. Imbert frères, à Saint-Chamond (Loire).
- Un abonné, à Brest. — Pour ces divers ouvrages, adressez-vous à la librairie Gauthier-Villars et à la librairie Carré, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M\f. Thiolon et Mariette, à Paris. Nous n’avons pas encore eu l’occasion d’examiner ce moteur. — M. J.-F. Fabre, à Bédarieux. Il s’agit d’une affaire commerciale au sujet de laquelle nous regrettons de ne pouvoir vous renseigner. —M. Anthoinoz, architecte à X Nous avons reçu votre communication que nous utiliserons. Nous ne nous avez pas donné votre adresse ; nous vous aurions écrit directement. — L’abonné B., à Rouen. La composition et les procédés des vernis émaux à froid ne sont pas divulgués par ceux qui les fabriquent. Nous ne pouvons vous renseigner sur des recettes qui n’ont pas été publiées. — M. Ch. O., à Paris. Il y aurait quelques objections à faire à votre explication; nous ne pouvons les développer ici. — M. Lioré, à Paris. Nous ne connaissons pas d’encre semblable ; mais il nous semble qu’en prenant quelques précautions on peut effacer le crayon sur le papier sans laisser de trace. — M. T. Sévère, en Gironde. Nous ne savons si l’on fait usage de ces boules en métal ; il faudrait consulter un chimiste ou un docteur. — M. P. Duclou, à Bordeaux. Nous n’avons jamais décrit cette fabrication. — M. D. B., à Paris ; M. Julien, à Marseille. Consultez les Becettes et procédés utiles, lr0 série (G. Masson, éditeur). —M. Léon A., à Versailles. Voyez le même petit livre que ci-dessus, 3° série, à la même librairie. — M. Véi o, à Lille ; M. Durand, à Lyon. Remerciements pour vos communications. — M. F. Bathurst, à Londres. Votre lettre a été envoyée à M. Ch. Margot, à Genève. — M. Card, à Paris. Nous vous avons répondu directement.
- COURS ET CONFÉRENCES
- muséum d'histoire naturelle
- Cours de physique appliquée aux sciences naturelles. — M. H. Becquerel, professeur, membre de l’Institut, a ouvert ce cours le lundi 24 février 1896, à 1 heure de l’après-midi, dans le grand amphithéâtre, et le continuera les lundi, mercredi et vendredi de chaque semaine, à la même heure.
- Cours de Paléontologie. — M. Albert Gaudry, professeur, membre de l’Institut, commencera le cours de Paléontologie le mercredi 11 mars 1896 à 3 h. 1/2, dans l’amphithéâtre d’anatomie comparée, et le continuera le vendredi et le mercredi de chaque semaine à la même heure.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants gui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes, les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison..
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS*
- Le coupe-volaille. — Cèt appareil est pratique pour découper à table toute espèce de volailles ou gibiers. Ainsi que
- Le coupe-volaille.
- Vue de l’appareil et mode d’emploi.
- le fait comprendre notre figure, ce nouvel instrument est composé d’une longue lame forme yatagan, une seconde pièce coupante plus courte est adaptée au long couteau et transforme l’appareil en un sécateur qui permet de couper les jointures et la carcasse, parties les plus difficiles à séparer. Voici un ustensile de table qui permettra à tout le monde de bien découper les volailles. — Se trouve chez M. Mathieu, galerie de Valois, Palais-Royal, Paris.
- Bec mobile extincteur s’adaptant sur tontes les lampes & pétrole. — Le petit appareil dont l’aspect est donné par la figure ci-dessous est très bien imaginé. Il devrait être adapté sur toutes les lampes au pétrole, étant donné qu'il se fait sur tous les calibres de lampes en cours. Il se pose sur le bec même et doit y rester toujours. Il a pour effet, si l’on vient à renverser une lampe allumée, de l’éteindre immédiate-
- Bec mobile pour les lampes à pétrole.
- >’• 1. Vue de l’appareil. — N° 2. Coupe. — 3. Mode d’emploi.
- ment en tombant, de sorte que tout danger d’incendie est écarté, car, par la chute de la lampe, le bec mobile passe pardessus la mèche en l’éteignant instantanément. Il a pour effet également de moucher la lampe et de la mettre d’une hauteur égale, et c’est une chose très importante que les mèches des lampes au pétrole soient très régulières, si on veut un bel éclairage et si on ne veut pas qu’elles fument ; pour cela il suffit de tourner en tous sèns le bec mobile. — On peut se procurer ce système à la même adresse que l’appareil précédent.
- Le péle-orange. — Le petit instrument que nous présentons ici est ingénieux au point de vue pratique, et c’est un petit objet élégamment construit ; il sert, comme l’indique son titre, à enlever les écorces des oranges avec régularité. En tenant le fruit de la main gauche, comme le montre en A notre figure, tenantj’instrument de la main droite, on introduit le petit crochet en haut de l’orange dans le trou naturel fait par la naissance de la queue, et l’on tire doucement en suivant les contours, en ayant soin de s’arrêter à 5 millimètres du bas del’orange. Le couteau (n“ 1) qui se trouve placé sous le crochet (n° 2) fait
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- l’incision de l’écorce en la détachant du fruit; à l’aide du pouce et de la petite spatule (n® 3), on saisit l’écorce en tirant doucement afin de la détacher et on arrive ainsi à former une tulipe. Avec la petite spatule on pourra enlever délicatement la petite peau blanche qui recouvre la chair. Quelques oranges ainsi
- Le pèle-orange. — N®* 1, 2, 3. Vue de l’appareil. A. Mode d’emploi. — B. Résultat obtenu.
- épluchées et dressées sur une assiette sont d’un très artistique effet. — Cet ingénieux instrument se trouve à la même adresse que les appareils précédents.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Moyen de perforer le verre. — Un des lecteurs de La Nature, M. L. Fitzki, à Buenos-Ayres, nous fait connaître un moyen de perforer le verre. On prend une lime à trois coins, on brise la pointe d’un violent coup de marteau; un des trois coins est taillé en biseau ; on prend la lime dans la main, on appuie ce coin sur le verre au moyen du pouce en lui imprimant un mouvement de droite à gauche et vice versa, en ayant soin d’humecter le verre avec une solution d’alun de fer à saturation dans de l’essence de térébenthine; à défaut de cette composition on peut se servir de pétrole ordinaire, mais le travail marche plus lentement. En opérant de cette façon, on peut perforer un carreau de vitre ordinaire en moins de cinq minutes. Pour des trous de plus grandes dimensions, on colle sur le verre un morceau de bois dans lequel on a découpé un trou de la dimension de celui que l’on désire faire et dans lequel peut entrer un tuyau de laiton qu’on remplit d’émeri ou de sable continuellement humecté d’eau ; on fait tourner le tuyau entre les mains ou au moyen d’un appareil giratoire quelconque ; le travail est assez lent, mais réussit bien ; de cette façon on découpe dans le verre un trou correspondant au creux du tuyau, car la partie correspondant au métal s’use par le frottement.
- Ciment inattaquable aux acides. — Un bon enduit de ciment résistant à l’action des acides s’obtient en mélangeant ensemble, aussi intimement que possible, de l’amiante pure, en poudre fine, avec une solution épaisse et sirupeuse de silicate de soude, tel qu’il se vend dans le commerce : ce silicate doit être, au point de vue chimique, modérément alcalin.
- Production du fer par un nouveau procédé. — Sous ce titre sensationnel, M. Hadfield a fait à la réunion de l’fron and Steel Instituie une communication sur la production de lingots de fer pur, sans soufflures, servant, pour le moment, à certains besoins de l’électricité. M. Hadfield est parvenu à fabriquer un petit lingot de 99,50 pour 100 de fer, avec 0,03 de carbone, seulement, 1,17 de silice et 0,81 de cuivre. C’est en traitant au creuset à garniture basique de l’oxyde de fer avec de l’aluminium granulé et un flux basique, que ce résultat a été obtenu. M. Hadfield admet que si l’aluminium coûtait environ 2fr,50 le kilogramme, le procédé pourrait peut-être devenir pratique. On aurait alors une méthode directe pour produire le fer. En tous cas, ajoute M. Hadfield, il y a là une découverte scientifique intéressante. Au début de ses recherches, M. Hadfield était arrivé à obtenir un métal rayant le verre. M. Snelus, au cours de la discussion qui a suivi la communication, s’est demandé si un tel métal ne pourrait pas remplacer le diamant noir employé au perçage des trous dans les roches dures. M. Stead pense qu’il faut s’en tenir au point de vue scientifique auquel M. Hadfield lui-même semble s’arrêter pour le moment.
- (Moniteur industriel.)
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- BIBLIOGRAPHIE
- Géométrie descriptive. Sphère, cône et cylindre de révolution, sections coniques, par A Goüillt. 1 vol. petit in-8° de l’Encyclopédie scientifique des aide-mémoire publiée sous la direction de M. Léauté, membre de l’Institut. Paris, Gau-thier-Yillars et fils et G. Masson, éditeurs. Prix : broché 2 fr. 50, cartonné 5 fr.
- Formulaire aide-mémoire du photographe, publié sous la direction de Gaston-Henri Niewenglowski. 1 vol. in-8°. 2e édition. Paris, Société d’éditions scientifiques. Paris. 1896. Prix : 5 francs.
- Les nouveautés chimiques. Nouveaux appareils de laboratoire. Méthodes nouvelles de recherches appliquées à la science et à l'industrie, par Camille Poulenc, docteur ès sciences. 1 br.in-8°.Paris. J.-B. Baillière et fils,éd., et chez Poulenc frères.
- Notice sur un projet d'ascenseur pour le mont Blanc, par M. Paul Issartier. 1 brochure in-8° extraite du Bulletin de la Société scientifique de Marseille. Typographie Barthelet et Cie, Marseille, 1896.
- La menuiserie, choix et travaux préparatoires des bois, l'art d'assembler les bois, la menuiserie en bâtiment, par Aristide Postiers, professeur à l’Ecole des arts industriels d’Angers. 1 volume in-16 de la Bibliothèque des connaissances utiles. Paris, librairie J.-B. Baillière et fils. 1896. Prix : 4 fr.
- Création et direction des usines au point de vue administratif, par L.-B. AuRiENTiset A. Folin. 1 vol. in-16. Paris, librairie E. Bernard. 1896.
- Report of S. P. Langley, secretary of the Smilhsonian institution for the year ending June 1895. 1 brochure in-8°. Washington, Government printing office. 1896.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 17 février . . -3°,7 N. E. 2. Beau. 0,0 Pas trace de nuages; atmosphère très brumeuse le matin, claire le soir.
- Mardi 18 — 2°,5 S. E. 1. Beau. 0,0 Beau le matin, nuageux le soir.
- Mercredi 19 — 0°,8 S. E. 1. Beau. 0,0 Nuag. jusq. 13 h.; couv. ensuite; atm. brumeuse le matin, claire le soir; un peu de pluie de 17 à 18 h.
- Jeudi 20 9°,0 S. E. 2. Très nuageux. 0,2 Très nuageux, atmosphère claire.
- Vendredi 21 ... . 3°,4 E. N. E. 2. Peu nuageux. 0,0 Nuageux jusqu’à 14 li., presque couvert ensuite; gelée blanche, horizon brumeux.
- Samedi 22 0°,8 E. N. E. 2. Nuageux. 0,0 Nuageux ou couvert jusqu a 7 h.; beau ensuite; atmosphère claire.
- Dimanche 23 .. . . -3°,3 N. E. 3. Beau. 0,0 Pas trace de nuage; atmosphère claire.
- FEVRIER 1896 -- SEMAINE DU LUNDI 17 AU DIMANCHE 23 FEVRIER
- Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche
- La courbe supérieure indique ta nébulosité de 0 n 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer)\ courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Un bolide à Bordeaux. — Le 12 février 1896, vers 9 heures trois quarts du matin, un bolide est tombé non loin de Bordeaux. Deux personnes qui se trouvaient dans un champ à Sores entendirent une légère détonation et, au même moment, aperçurent, à 500 mètres, une traînée de feu assez semblable à une forte fusee de couleur jaunâtre qui devint d’un rouge vif avec des feux blanchâtres à l’extrémité. La gerbe lumineuse se dirigea obliquement de haut en bas et de l’ouest à l’est et alla plonger dans Li rivière la Leyre. La détonation sembla se produire à 30 mètres enviro i au-dessus du sol.
- Un ouragan en Australie. — A la date des 25 et 26 janvier 1896, un ouragan d'une violence extraordinaire a sévi dans le nord de la colonie du Queensland Les communications télégraphiques ont été interrompues. La plupart des maisons des villes ont été fortement endommagées et les hangars aux marchandises ont été détruits. Les dégâts dans un seul port se sont élevés à 750 000 francs, et, pour tout le district ravagé, ils ont
- atteint 12 ou 13 millions. Plusieurs navires caboteurs ont disparu et beaucoup de personnes ont péri dans les inondations.
- Le climat de l’île Forniose. — Notre confrère Ciel et Terre donne quelques renseignements intéressants sur le climat de l’île Formose. Le climat est chaud, même au nord ; la température moyenne atteint 27°C.; l’écart moyen est de 11° (janvier, 16° 2; juillet, 28° 2). La situation de l’île, au sud-est de la région asiatique des moussons, donne lieu à une distribution particulière des pluies. A la mousson sud-ouest d’été succède la mousson nord-est d’hiver, laquelle, soufflant sur le chaud Kuro-Shiwo, amène de fortes pluies sur la côte nord-est. Il en résulte qu’il y a sur une rande partie du nord de l’île deux saisons pluvieuses. A Ki-Luug, la chute ’eau atteint 3 mètres ; elle a un maximum entre janvier et mai, et un maximum secondaire entre août et octobre. A Tam-Sin, la précipitation est de 1900""“ ; décembre y est sec et les grosses pluies arrivent au printemps. A Tai-Nau, sur la côte nord-ouest, l’hiver est très doux, surtout en décembre et en janvier, mais avec l’été arrivent des chaleurs et des pluies d’une violence tropicale ; le thermomètre monte jusqu'à 38° et de toute la journée ne descend pas au-dessous de 32 à 33°.
- 'PHASES DE LA LUNE ; P. Q. le 21, à 9 h. 21 m, du soir.
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- Réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction de « La Nature » et de son « Supplément b,
- « Boîte aux lettres », etc., doivent être adressées à M. Gaston Tissandier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVICE DO JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSEES A LA LIBRAIRIE 6. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- LÀ SEMAINE
- Exposition impériale britannique de Montréal (Canada). — Montréal est le centre d'une population de 15 millions d’habitants, établis à moins de douze heures de chemin de fer de cette ville. La ville de New-York n’est qu’à onze heures de Montréal; Boston à dix heures. Montréal même mesure 7km,242 de longueur sur 3km,2 de largeur; sa population •dépasse 250 000 habitants. Son commerce a prospéré d’une façon prodigieuse, il a doublé depuis 1870. Elle possède le plus grand port de la Puissance, avec une douzaine de lignes transatlantiques, dont elle est le point d’attache. Elle est le quartier
- fénéral des chemins de fer du Pacifique Canadien, du Grand runk, etc., qui emploient toute une armée d’ouvriers dans leurs ateliers. La ville de Montréal est une des plus belles du monde et, pendant la belle saison, fin mai à octobre, elle est un centre d’attractions pour des milliers de touristes venus dé toute part. Elle a un service superbe de tramways électriques. Il y a beaucoup de grandes industries, telles que : fabriques de” tabac, d’étoffes, sacs, caoutchouc, brasseries, tissage de soie, filatures de coton, etc., etc. On comprendra facilement le caractère de l’Exposition qui s’ouvrira dans cette ville, le 24 mai 1896, par la classification suivante de sa section industrielle :
- Groupe I. Architecture et forêts. — II. Moyens de transport. — 111. Industries générales. — IV. Industries alimentaires. — Y. Pêcheries fluviales et maritimes. — VI. Hygiène. — VII. Machines. — VIII. Eclairage. — IX. Arts industriels. — X. Chauffage. — XI. Géologie. — XII. Ameublement. — XIII. Sauvetage. — XIV. Horticulture. — XV. Assurances. — XVI. Divers *.
- INFORMATIONS
- —£$— Pendant les douze mois de l’an 1895, 820 personnes habitant l’Angleterre ont perdu la vie dans des accidents de chemins -de fer, tandis que 1054 personnes ont succombé à des accidents de voiture. Il s’agit des gens tués ou mortellement blessés dans des voitures ou dans des wagons. Quant aux écrasés, quant à ceux qui ont été broyés par un train ou foulés aux pieds par un cheval, ils se partagent en 253 victimes sur la voie ferrée et 372 victimes des chevaux et des voitures. Ce serait donc le chemin de fer qui offrirait la plus grande sécurité. Le même travail nous renseigne sur d’autres causes de mort violente. Nous y lisons que la foudre a fait 15 victimes, l’insolation 41, le froid 91, le foot-ball 16, les bains froids 2172, le cricket 5. Les suicidés se divisent en 2052 hommes et seulement 677 femmes.
- —®— Les directeurs du Palais de Cristal de Londres ont décidé d’ouvrir pendant les mois de mai et de juin une exposition de véhicules de toutes sortes : depuis les voitures historiques et voitures de cour jusqu’aux derniers types d’automobiles ou voitures sans
- 1 D’après la Revue industrielle des mines, de la métallurgie. Liège et Paris.
- chevaux. Ces dernières seront exhibées en mouvement dans les jardins. L’exposition contiendra toutes les nouvelles inventions concernant les voitures et le harnachement. Le Lord-Maire a accepté la
- Erésidence du Conseil honoraire, qui comprendra : sir Frederick ramwell Bart; sir David Salomons; M. James Dredge; sir Henry Tueman YVood; Mr. George J. Jacobs, président de l’Institut des constructeurs de voitures en Angleterre.
- —L’Exposition des chiens du Shipperke-Club de Bruxelles a été très réussie, et ces expositions en plein hiver ont beaucoup de succès. La classe des grands chiens était remarquable. Le groupe des chiens d’arrêt était composé de sujets de toute première valeur.
- —Le Jardin d’acclimatation a reçu un jeune ours de Sumatra ou ours Bruan (Helarctos malayanus) à peine gros comme un chien de petite taille, et qui fait la joie de tous les visiteurs de l’établissement. Rien d’amusant comme les attitudes que prend ce petit animal, pour grimper à l’arbre placé dans sa vaste cage, ou pour en descendre. Son amabilité est parfaite et il accepte avec la meilleure grâce du monde toutes les petites tracasseries que ne cessent de lui faire les enfants. G’est dans la galerie des liamadryas qu’a été installé ce nouveau pensionnaire. La proximité des cynocéphales géants ne paraît nullement le préoccuper.
- Notes cyclistes. — Le Touring Club de France avait mis au concours la question suivante : Donner la définition de la bicyclette considérée comme mode de locomotion. Vingt-deux Mémoires ou Notes avaient été envoyés au Comité du contentieux chargé de distribuer les récompenses. Après examen et discussion, des diverses formules proposées, le Comité a émis l’avis que la bicyclette n’est ni une voiture ni une monture, et il a adopté la définition suivante : La bicyclette est un appareil de locomotion mû par l'homme et destiné à accélérer sa vitesse. Au nom des saines définitions, nous protestons contre le mot accélérer, introduit à tort dans cette définition. La bicyclette augmente bien la vitesse de l’homme, mais ne • l’accélère pas, une vitesse plus grande qu’une autre vitesse et une vitesse accélérée sont deux notions essentiellement différentes et pour lesquelles le distinguo est de rigueur. Notre collaborateur, M. Baudry de Saunier, ne nous en voudra pas de cette critique à sa définition classée première par le Comité du contentieux.
- — Le Cosmopolitan Magazine, à New-York, organise une course d’automobiles qui aura lieu entre Hull-Park, à New-York, et Irvington, le samedi 30 mai prochain. Il sera distribué 15 000 francs de prix. Une particularité intéressante du concours est l’attribution de coefficients aux points accordés aux différentes qualités du moteur. La vitesse comptera pour 50; la simplicité et l’endurance pour 25; la facilité de manœuvre et la sécurité pour 15; le coût du véhicule pour 10.
- — L’entraînement... mécanique continu. Le Vélo nous apprend ue Murphy, un coureur américain, — naturellement, — a entamé es négociations avec le Southern Pacific Railway pour un essai de record avec entraînement par une locomotive. La piste, en ligne droite et en palier, serait établie entre les deux rails, et l’arrière de la locomotive serait muni d’une sorte de bouclier se rabattant sur les côtés. Avec une multiplication de 2m,75 (8m,64 de développement) Murphy pense couvrir le mille (1609 mètres) en moins d’une minute, et rouler ainsi pendant cette minute à la vitesse de 96 kilomètres par heure. On n’a pas encore proposé d’atteler directement la locomotive à la bicyclette, mais on y viendra. On se demande quel intérêt peuvent bien présenter des records dans ces conditions, car il est impossible de leur trouver aucune signification ni aucune portée. Un ami de la bicyclette.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — L’appareil automatique pour l’agrandissement et la réduction des clichés photographiques de M. Gaumont se trouve au Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris. — Pour la boîte de mesures électriques, s’adresser à MM. Arnoux et Chauvin, constructeurs électriciens, 186, rue Championnet, à Paris.
- Communications. — M. J. Joyeux-Laffuie, professeur à la Faculté des sciences de Caen, nous .envoie une Notice sur un cas de tumeurs symétriques d'origine parasitaire, qu’il a eu l’occasion d’étudier chez une alouette. Cette brochure èst extraite du Bulletin de la Société Linnéenne de Normandie.
- M. P. Berger, professeur de clinique chirurgicale à la Faculté de médecine de Paris, nous fait parvenir une fort intéressante brochure ayant pour titre Résultats de Vexamen de dix mille observations de hernies recueillies à la consultation des bandages au Bureau central, du 4 février 1881 au 11 août 1884. Cette Notice, éditée par la librairie Félix Alcan, est extraite du neuvième congrès français de chirurgie (1895).
- Renseignements. — M. F. A., à Ville-Savary. — Vous nous demandez s’il est possible de répéter les expériences de Rôntgen avec une machine électrostatique de Wimshurst. Nous avons consulté divers expérimentateurs, et voici ce que nous pouvons vous répondre : On peut en effet réussir l’opération, mais il y a un très grand inconvénient. La boule de Crookes se charge comme un condensateur, il se produit bientôt une décharge intérieure, et la boule est percée.
- M. F. Utrilla, à Malaga. — 1° Cette adresse a été donnée précédemment : M. 0. Rochefort, 46, boulevard Haussmann, à Paris. — 2° Les jumelles hyperdioptriques décrites dans le n° 1157, du 3 août 1895, sont construites à la maison de l’ingénieur Chevallier, 15, place du Pont-Neuf, à Paris.
- MM. Negrelti et Zambra, à Londres ; M. H. Roux, à Clermont-Ferrand. — Vous trouverez ces appareils chez M. G. Trouvé, 14, rue Vivienne, et chez MM. Ducretet et Lejeune, 75, rue Claude-Bernard, à Paris.
- M. N. Rosheleff, à Paris. — 1° Il a été question d’un fusil 5 acide carbonique liquéfié en 1890, dans le n° 894, du 19 juillet 1890, p. 110; mais nous ne croyons pas qu’il ait été donné suite à cette invention. 2° Nous ne connaissons pas d’application de ce genre.
- M. L. 0. S. 0., à E. M. — Les pâtes pur porcelaine dure à Sèvres ont la composition suivante : silice, 58 pour 100; alumine, 34,5 ; chaux, 4,5 ; potasse, 3. Les porcelaines de Saint-Amand sont formées d’une pâte contenant : silice, 75,3 pour 100; alumine, 8,2; soude, 5; chaux, 10; divers, 1,5. Votre terre pourrait peut-être être utilisée, il y aurait quelques expériences à faire ; nous vous conseillons de consulter un chimiste.
- M. Ficatier, à Moulins. — Voyez l’article que nous avons publié sur cette machine à écrire dans le n° 1181, du 18 janvier 1896, p. 97 ; l’adresse du fabricant est donnée en tête de la Boîte aux lettres du même numéro.
- M. P. Delastre, à Reinosa. — 1° Pour cet ouvrage, voyez à la Librairie agricole de la Maison rustique, 26', rue Jacob, à Paris. — 2° Nous ne pouvons vous renseigner à ce point de vue.
- M. E. G. de Angulo, à Madrid. — Vous trouverez des appareils de chauffage électrique chez M. F. Nave, 5, avenue de l’Opéra, et en général chez tous les marchands d’appareils électriques.
- M. C. G. Zissu, à Bucharest. — Adressez-vous à l’auteur de l’invention désigné dans l’article, M. Lézé, professeur à l’École d’agriculture de Grignon (Seine-et-Oise).
- M. F. Poquillon, à Bourg. — Nous avons décrit dans les Petites Inventions du n° 1120, du 17 novembre 1894, un petit allumoir électrique très pratique; le constructeur est M. Rou-beaud, électricien, 94, avenue de Neuilly, à Neuilly-sur-Seine. M. R. Favril, à Wimy. —La librairie G. Masson a publié un
- ouvrage de M. Peligot qui pourrait vous convenir, Le verre, son histoire, sa fabrication.
- L'abonné n° 294, à Paris. — Vous pourriez vous adresser à la maison Vilmorin, 4, quai de la Mégisserie; elle vous fournirait peut-être quelques renseignements. Nous ne connaissons pas d’installation spéciale.
- M. le Dr Luigi Castellani, à Firenze. — Pour la préparation de l’oxygène, on emploie toujours la décomposition au rouge du bioxyde de manganèse, du chlorate de potasse, de l’oxyde de mercure et du bioxyde de baryum. Dans le n\586, du 23 août 1884, p. 179, nous avons fait connaître les procédés de MM. Brin frères, pour la fabrication industrielle de l’oxygène, par la baryte chauffée au rouge.
- L’abonné n° 1234, à X. — La lampe à gaz acétylène donne une flamme magnifique ; l’humidité dont vous parlez n’a aucune influence.
- M. D. A., à Paris. — Le matériel nécessaire pour répéter les expériences de Rôntgen comprend une batterie de 6 éléments de pile au bichromate, une bobine de RuhmkorfT donnant 6 à 8 centimètres d’étinCelle, une boule de Crookes, un châssis pour photographie, et divers petits accessoires. Il faut compter environ une dépense totale de 200 francs. Le Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, fournit des caisses spéciales toutes préparées et renfermant les divers appareils dont nous parlons plus haut.
- M. Lerant, à Bordeaux. — Vous nous demandez s’il est plus avantageux jiour vous de placer dans votre usine une machine à vapeur de 10 chevaux ou d’installer un moteur électrique en vous abonnant à la Société d’électricité, pour actionner une meule et quelques petites machines-outils. Le moteur électrique est certainement la meilleurs solution à adopter; les dépenses d’installation et d’exploitation seront moins élevées. La manoeuvre des appareils électriques sera également plus aisée.
- M. Bourdon, à Marseille. — Nous avons décrit dans les Petites Inventions du n° 1182, du 25 janvier 1896, une nouvelle pile due à MM. Sicard et Falle, qui semble répondre aux conditions que vous demandez.
- M. Durand, à Brest. — La Nature a souvent parlé des locomotives en service dans les diverses compagnies de chemins de fer; voyez les tables des matières décennales lr“ et 2e série, ainsi que les volumes parus depuis l’impression de la 2e table.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. A. B., à Lyon. On ne peut déterminer la puissance de cette chute d’eau, sans connaître la hauteur de la chute; c’est, un élément essentiel. — M. Dion, à Paris. Il est nécessaire de faire des mesures sérieuses sur celte pile, si vous voulez connaître exactement son débit, sa durée et ses principaux éléments de fonctionnement. —M. R. 8., à Paris. Vous ne pourrez apprendre à faire les analyses chimiques qu’en travaillant pendant un certain temps dans des laboratoires de chimie; adressez-vous au Conservatoire des arts et métiers. — M. Girard, à Lille; M. Leclerq, à Paris. Consultez les Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie G. Masson, — M. S. Roquet, à Angers. Voyez le même petit livre que ci-dessus, 4” série, à la même librairie; vous trouverez diverses compositions pour faux d’artifice de couleur. — M. P. L-, à B. Regrets de ne pouvoir vous renseigner. — M. Durand, à Paris. Remerciements pour votre communication.
- COURS ET CONFÉRENCES
- Muséum d’histoire naturelle
- Cours de géologie. — M. Stanislas Meunier, professeur, a fait, le dimanche 1er mars 1896, à 5 heures, dans le grand amphithéâtre du Muséum d’histoire naturelle, à l’occasion du bolide de Madrid et des autres bolides récents, une conférence sur les pierres tombées du ciel.
- Cours de zoologie, mammifères et oiseaux. — M. Milne-Edwauds, professeur, membre de l’Institut, commencera ce cours le lundi 9 mars 1896, à 2 heures. Les leçons auront lieu les lundis, mercredis et vendredis à 2 heures, dans la salle des Cours de la Galerie de Zoologie, et elles seront complétées par des conférences faites dans les Galeries ou dans la Ménagerie, à des jours et heures qui seront indiqués par des affiches spéciales.
- Cours de zoologie, annélides, mollusques et zoophytes. — M. Edmond Peruieu, professeur, membre de l’Institut, commencera ce cours le mardi 10 mars 1896, à 1 heure et demie, dans la salle des Cours des Galeries de Zoologie (deuxième étage), et le continuera à la même heure, les mardi, jeudi et samedi de chaque semaine.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui soûl signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les reiv seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Piège à souris. — On a reconnu que les pièges à souris en bois étaient de peu de durée, étant donné que lorsqu’une souris a été prise dans un piège en bois, elle y laisse une odeur dont il est difficile de le débarrasser et qui empêche les autres souris de venir se faire prendre. On est donc obligé d’avoir recours au métal, qui, n’ayant pas le désagrément signalé plus haut, offre une garantie et une solidité parfaites. Celui que nous présentons, par sa construction spéciale, est appelé à donner des résultats satisfaisants. Sa forme est circulaire, agrémentée de cinq trous ou cinq pièges : pour arriver à l’appât placé après
- sonnerie jusqu’au but B et on dit : 3 dents = 3 hectomètres, soit au total 8 kilomètres 3 hectomètres. — Sur chaque curvimètre est marquée l’échelle à laquelle l’instrument doit servir. Ce curvimètre se fait à toutes les échelles en usage. — Même adresse que pour le Piège à souris.
- Le masticateur de table. — Lci Nature a donné la description d’une fourchette à 16 dents dite masticatoire1; le masticateur de table que nous présentons ici est un instrument qui diffère du premier, et qui a aussi ses qualités. Il a la forme d’une cisaille et se compose de 6 ou 8 lames d’acier de 67 millimètres de longueur sur 22 millimètres d’épaisseur,* adhérentes à deux branches en aluminium. Ces
- l*iègc à souris. — 1. Vue de l’appareil. — 2. Mode d'emploi.
- une tige qui se trouve au fond du piège, la souris, en pénétrant dans l’ouverture, est forcée de faire jouer le ressort, qui ne manque pas de l'étouffer. La manière de tendre le piège est très simple : on pique un petit morceau de lard après les cinq tiges qui sont sous le siège, puis on abaisse les ressorts en les arrêtant à l’aide des petits crochets que la souris fera jouer en pénétrant dans le trou. — Ce piège se trouve chez M. Mathieu, 131, galerie de Valois, Palais-Royal, Paris.
- Le curvimètre de poche à sonnerie. — Le petit curvimètre que représente notre figure ci-dessous (n° 1) a l’avantage d’être d’un usage facile et peu encombrant. D’une grande simplicité, il peut permettre de compter directement les distances exactes sur les cartes sans qu’on soit obligé de reporter en-
- Le curvimètre de Boche à sonnerie. — 1. Détail de la roue dentée et vue d'ensemble de l’appareil. — 2. Mode d’emploi. — A CB. Une route à mesurer.
- suite l’instrument. La mesure des distances est ainsi rendue très rapide et très facile, ce qui est particulièrement utile à MM. les officiers, touristes, vélocipédistes, excursionnistes, etc..., en campagne. Vu son petit volume (de la dimension d’un tire-ligne), il trouve sa place dans la poche ou dans un carnet. Sur fine carte au 1/80000 par exemple, on veut savoir la distance exacte d’un point à un autre, par exemple de A à B. On met la pointe de la dent de la molette marquée O sur le point de départ A, et, faisant rouler celle-ci sur le tracé, on compte le nombre de sons que fait entendre le curvimètre et on dit de A à B, 8 sonneries, soit 8 kilomètres. Comme de C à B il n’y a pas un son (1 kilomètre), on compte les dents depuis la dernière
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nou-v:lles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Le masticateur de table.
- lames en acier s’entre-croisent entre elles dans un ajustage parfait, et remplissent en fonctionnant l’office d’une mâchoire, c’est-à-dire que, comme les incisives et les molaires, elles coupent ou broient en même temps. Le maniement est simple, facile et inoffensif, et quelque inhabile que l’on soit, on peut en quelques secondes réduire rapidement sur une assiette, au moment de la manger, la viande à l’état de pulpe aussi fine qu’on le désire sans qu’elle ne perde rien ni de son arôme ni de son goût. La facilité avec laquelle on peut porter sur soi ce petit instrument qui est renfermé dans une pochette en drap, en fait une véritable mâchoire de poche. Les personnes qui ont de mauvaises dents trouveront cet instrument très précieux; celles atteintes de maux d’estomac et qui digèrent difficilement, les grands et les petits à qui les médecins recommandent des viandes crues ou saignantes, seront bien aises d’utiliser cet appareil. — Même adresse que pour le Piège à souris.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Le Vélo-Valise. — M. Leloup a pu construire une bicyclette que l’on peut plier en quatre morceaux dans une petite valise, dont les dimensions exactes sont : 60, 40 et 22 centimètres. Cette invention très ingénieuse se recommande à l’attention des amateurs. La nouvelle bicyclette porte des roues qui n’ont que 30 centimètres de diamètre ; pour remédier aux inconvénients de ces petites dimensions, on a agrandi la roue dentée des pédales qui contient cinq fois plus de dents que le pignon de la roue motrice, et la machine avance de 4m,71 par tour de pédale. D’autre part, les tubes horizontaux du cadie, au lieu d’être formés par une pièce unique, se composent de deux parties, qui peuvent être rapprochées et enserrées très fortement dans un écrou. Pour démonter la bicvclette, il suffit de desserrer les deux écrous du cadre; la bicyclette se trouve alors en deux morceaux que l’on peut réunir par une courroie et porter facilement sous le bras ou à la main. Pour pouvoir mettre la bicyclette dans la valise, il faut encore détacher le guidon et la selle, qui s’enlèvent comme dans les bicyclettes ordinaires. Le Vélo-Valise Leloup réalise une idée assez ingénieuse : elle est particulièrement intéressante pour les touristes-amateurs, pour les vieillards et les enfants, pour tous ceux qui ne cherchent pas à faire de leur machine le théâtre d’exercices d’acrobates, mais y voient seulement un merveil leux instrument d’exercice physique, des plus hygiéniques et des plus salutaires pour tous. C’est à ceux-là que l’invention mérite d’être signalée, à ceux qui, depuis longtemps, récla ment une bicyclette pliante, facile à transporter2. E. Hoffmann.
- 1 Voy. n° 1170, du 2 novembre 1893 (Nouvelles scientifiques, P-91).
- 2 \oy. La bicyclette pliante; n° 1175, du 25 novembre 1895, p. 401.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- BIBLIOGRAPHIE
- La photographie h travers les corps opaques par les rayons électriques, cathodiques et de Rôntgen, avec une étude sur les images photofukurales, par E. N. Santini, 1 vol. in-16, Paris, Charles Mendel, éditeur, 1890. Prix : 2 fr.
- lowa geological Survey. Volume IV. Third annual Report, 1894, with accompanying papers. 1 vol. in-8°. Des Moines. Published for the lowa geological Survey, 1895.
- Smithsonian Contributions to Knowledge. — On the Densities of oxygen and hydrogen and on the ratio of their atomic weights, by Edward W. Morley, 1 brochure grand in-4°. — Smithsonian miscellaneous collections. — Indexes to the literatures of cérium and lanthanum, by W. II. Magee. — Index to the literature of didymium 1842-1895, by A. C. Langmuir. 2 brochures in-8°. — The Exhibil of the
- Smithsonian Institution at the Cotton States Exposition. — An account of the Smithsonian Institution, its origin, history, objects and achievements. 2 brochures in-8°. —City of Washington, published by the Smithsonian Institution. 1895.
- Mobilisarea. Partea I. Organisatiunea. Conferente facute la Scoala superiora de Resboiu de Maior Al. Averescu in anul 1895-1894. 1 vol. in-8°. Bucarest. Publications du Cercle militaire. 1895.
- Resboiul de Munte de Raronul F. de Kuhn. Traduction du capitaine Weil. 1 vol. in-8°. Bucarest. Publications du Cercle militaire. 1895.
- Conferente administrative tinute la Scoala superiora de Resboiu de intendant Rengescu Dabijain anul 1890-1895. Fascicula IA — IIA. 2 vol. in-8°. Bucarest. Publications du Cercle militaire. 1895.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS .1 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 24 février . . -4»,1 N. N. E. 3. Beau. 0,0 Pas trace de nuage.
- Mardi 25 — 5°,9 N. N. E. 4. Beau. 0,0 Nuageux de 8 à 16 h.; beau avant et après.
- Mercredi 26 — 8°,0 N. 1. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 9 h., presque couvert ensuite; halo.
- Jeudi 27 — 0«,9 N. 3. Couvert. 0,0 Couvert le matin, nuageux le soir; halo.
- Vendredi 28 . ... 1°,7 S. S. W. 3. Couvert. 0,0 Éclaircies de 21 à 23 h.; couv. le reste du temps ; un peu de bruine le matin.
- Samedi 29 6°, 9 W. 2. Couvert. 1,0 Couvert; pluie faible à diverses reprises.
- Dimanche 1" mars. 7°, 7 W. S. W. 2. Couvert. 0,6 Couvert; gouttes à diverses reprises; pluie à 11 h.-miriuit.
- FÉVRIER-MARS 1896 -- SEMAINE DU LUNDI 24 FÉVRIER AU DIMANCHE 1er MARS
- La coui be supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Ijis courbes du milieu indiquent: couioe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer): courbe plus mince, thermomètr* à l’abri à boule seche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée. •
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- El» neige. — A la date du 26 février 1896, la neige est tombée en grande abondance à Budapest. La circulation cil ville a été rendue difficile par la neige qui s’amassait sur le sol. Des tourmentes de neige ont été signalées de plusieurs contrées de la Hongrie. A la m'une date, a eu lieu à Belgrade une tempête de neige qui a duré deux jours et a causé de grands dégâts. De nombreux déraillements ont eu lieu sur la ligne du chemin de fer Lapowa-Kragiyewac. Plusieurs wagons ont été brisés et la circulation des trains a dû être arrêtée pendant quelques jours.
- I*es slaces flottantes des mers antarctiques. — Le journal anglais Nature publie quelques renseignements intéressants sur les glaces flottantes des mers antarctiques. On sait que le nombre des glaces flottantes rencontrées entre le cap de Bonne-Espérance et l’Australie est beaucoup plus considérable en certaines années que dans les autres. Ainsi, dans les dernières, on a vu arriver, dans ces parages, une ' quantité extraordinaire d’énormes icebergs. Pour expliquer ce fait, on a supposé qu il fallait l’attribuer à des chutes de neige exceptionnelles, accélérant
- la marche des glaciers antarctiques. Mais M. Russell, dans une Note lue devant la Société royale de la Nouvelle-Galles du Sud, établit que cette explication n’est pas acceptable, attendu que le mouvement d’un glacier dépend surtout de la déclivité du sol sur lequel il s’écoule, et qu’en tout cas, la surcharge de la quantité de neige tombée en un an ne saurait augmenter sa marche dans une proportion justifiant l'énorme multiplication du nombre des icebergs, que l’on constate de temps à autre. Il faut, de toute évidence, qu’il se produise, à des intervalles irréguliers, séparés souvent par plusieurs années, une force suffisante pour briser et désagréger les montagnes de glaces qui se sont formées lentement sur les rivages. M. Russell pense qu’il faut chercher cette cause dans l’action des volcans du continent antarctique, qui, au moment d’entrer en éruption, secouent le sol et brisent la masse des glaciers. 11 est intéressant de citer, à l’appui de l'opinion émise par M. Russell, un Rapport du bureau hydrographique des Etats-Unis, décrivant les glaces flottantes rencontrées dans l’ocean Atlantique sud, à l’est du cap Horn. Ce Rapport dit que les icebergs étaient de telles dimensions, qu’ils n’avaient pu se former sur des îles petites ou de terre basse, mais seulement sur un continent assez vaste pour posséder de grands glaciers.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 28, à 8 h. 1 m. du soir.
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- Les lettres et communications relatives à la rédaction de « La Nature » et de son « Supplément »,
- « Boîte aux lettres », etc-, doivent être adressées à M. Gaston Tissandier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVICE DO JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSEES A LA LIBRAIRIE O. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- IA SEMAINE
- Canal dn Rhône à Marseille. — M. A. Hauet, dans une des dernières séances de la Société des Ingénieurs civils, a fait une intéressante communication sur la question du canal du Rhône à Marseille et il a dit qu’elle est de celles qui reviennent périodiquement et ne semblent pouvoir aboutir. Il avait pensé, à ce sujet, traiter de l’organisation défectueuse des travaux publics en France, mais depuis la mise à l’ordre du jour de sa communication, un livre a paru tout récemment, écrit avec beaucoup de bonne humeui par un ancien ministre des Travaux publics, M. Yves Guyot. Dans ce livre se trouvent beaucoup de choses que voulait dire M. Hauet. Ce sera pour ses collègues plaisir et profit de lire le livre de M. Guvot au lieu d’entendre M. Hauet. Le canal projeté serait un doublement inutile du canal Saint-Louis qui répond aux besoins qu’il est appelé à desservir. L’utilisation industrielle de l’étang de Berre pour en faire la banlieue de Marseille regarde uniquement cette ville. L’État doit s’en désintéresser. M. Hauet a terminé en disant qu’il est heureux d’avoir soulevé une question aussi importante ui, dans la prochaine réunion, sera discutée par des collègues 'une compétence et d’une autorité incontestables. M. le Président a ajouté que la question du canal de MarseiUe au Rhône est, en effet, d’un très grand intérêt. Quand on jette les yeux sur une carte orographique du bassin de la Méditerranée, on est frappé de voir une longue et unique trouée formée par le bassin du Rhône et de la Saône, pénétrant profondément dans les terres, et reliée facilement au bassin du Rhin par le canal du Doubs. Si on fait abstraction des considérations politiques qui ont évidemment bouleversé les conditions économiques de l’Europe centrale depuis 1870, on ne peut pas ne pas reconnaître l’immense importance d’une grande voie navigable si elle était méthodiquement établie dans la vallée. C’eût été la voie économique qui aurait donné accès à la Méditerranée pour la France et l’Allemagne centrale. Cette voie tournait tous les chemins de montagne de la Suisse, chemins inévitablement d’une exploitation chère. Nul doute que Marseille n’eût alors bénéficié de l’accroissement considérable du trafic du port de Gênes. Mais cette hypothèse suppose cette voie navigable. Or le Rhône remplit-il ces conditions? Tout le monde sait que le trafic de ce fleuve est depuis longtemps desservi par les bateaux à vapeur de l’ancienne Compagnie Bonnardel. Mais à quelles conditions? Une voie navigable n’a d’intérêt que si les transports y sont possibles à très bon prix. Est-ce bien le cas sur le Rhône? Si oui, le canal de Marseille au Rhône aura son utilité pour le port de Marseille; si non, à quoi servira-t-il?
- INFORMATIONS
- —M. de Luynes a fait une très intéressante communication à la Société d’Encouragement sur la fabrication de l'or brillant français, par la Société chimique des métaux précieux. M. de Luynes n’a fait qu’attirer l’attention sur ce remarquable produit, qui permet de remplacer sans brunissage, pour la décoration de la por-
- celaine, l’or pur par une composition chimique. Ce produit, jusqu’en 1893, nous était presque en totalité fourni par l’Allemagne; depuis 1893, la Société chimique des métaux précieux fabrique un or brillant supérieur aux produits étrangers et qui a, dès aujourd’hui, fait ses preuves dans l’industrie, aussi bien qu’aux essais de laboratoire, notamment à la manufacture de Sèvres. Ce produit méritait donc, à tous égards, d’être signalé à la Société.
- —®— M. E. Renard, médecin principal de lre classe, déduit d’observations faites dans le 1er corps d’armée que les cas de fièvre typhoïde constatés dans l’armée dans ces dernières années ne proviennent plus que du retour ou de l’arrivée dans les corps de troupe de soldats intoxiqués pendant les manœuvres ou dans les campagnes. L’assainissement des casernes et l’usage d’eaux de sources ou filtrées, qui ont tant contribué à restreindre la morbidité et la mortalité, remplissent donc leur but. L’efibrt doit se porter désormais sur l’assainissement des campagnes.
- —Il résulte d’une communication, adressée par le ministère de l’Instruction publique à la Société nationale d’horticulture de France, qu’une partie du Palais de l’Industrie de Paris sera mise à sa disposition pour la prochaine exposition de Chrysanthèmes. Espérons que, cette fois, l’emplacement sera convenable et suffisant, et qu’il réalisera ainsi les vœux des visiteurs et des exposants.
- —®— A propos des cahiers Interprétations pour dessiner simplement, dont II. P. Ravoux, de Remiremont, est coéditeur, nous informons nos lecteurs que M. Geisler, fabricant aux Chatelles, a le droit de vente en gros de ces cahiers.
- Notes cyclistes. — Dans le Bulletin de la Ligue nationale de l'Education physique, M. Ch. Quincerot fait observer, avec quelque apparence de raison, qu’il n’est pas rationnel, en France du moins, de conduire sa bicyclette de la main droite en se plaçant à la gauche de la machine. La prudence indique au cycliste de se plâcer à droite, entre la bordure du trottoir et la machine, place où il est moins sujet à se faire heurter par les véhicules de toute sorte, et qui lui permet de profiter du trottoir tout en laissant rouler la machine sur la chaussée, sur laquelle il tiendra moins de place; enfin, dernier avantage appréciable, il aurait la main droite libre. Tout cela serait parfaitement exact s’il n’y avait pas plusieurs raisons, dont une d’ordre anatomique, et sur laquelle nous n’insisterons pas, d’adopter le côté gauche comme côté moutoir normal de la bicyclette; la courbure prononcée donnée aux routes pour l’écoulement des eaux impose même rigoureusement ce côté aux cyclistes montant très haut. Il est donc egalement rationnel de rester, en conduisant la machine, du côté où on l’enfourche, lorsque les motifs qui la font conduire à la main ont disparu, malgré les bonnes raisons données par notre confrère contre les usages actuels. Le touriste doit apprendre à conduire sa machine, à la monter et à la descendre indifféremment d’un côté ou de l’autre, afin de profiter, dans chaque cas, des avantages particuliers que ce cas présente, sans que l’on puisse formuler de règle invariable sur la question soulevée par M. Quincerot.
- — En-critiquant, dans notre dernier numéro, la définition de la bicyclette officiellement adoptée par le Comité de contentieux, — pourquoi le Comité de contentieux en cette affaire?— du Touring-Club de France, nous avons, sur un texte ambigu, attribué cette définition inexacte à M. Baudry de Saunier. Notre collaborateur nous écrit pour nous dire que, tout en classant première sa définition, le Comité du Touring-CIub en a approuvé une autre. Dont acte. Mais qui nous donnera une définition, légalement et mécaniquement exacte, de la bicyclette ? Un ami de la bicyclette.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les petits appareils photographiques que nous avons décrits dans le n° 1188, du 7 mars 1896, p. 221, se trouvent aux adresses suivantes : Simili-jumelle Lion, 7, rue de Jouy, Jumelle photographique de M. Mackenstein, 15, rue des Carmes, Sléno-jumelle de M. Joux, 48, rue de la Victoire, à Paris. — Le générateur tubulaire à ozone est construit par M. Séguv, ingénieur, 53, rue Monsieur-le-Prince, à Paris.
- Communications. — M. Silas. à Vienne, à propos de la question qui nous a été posée par M. L. Teissier au Cros dans la Boîte aux lettres du n° 1187, du 29 février 1896, nous adresse la réponse suivante : Le décret impérial du 9 janvier 1856, qui accorde à M. François Sudre, à Paris, une indemnité de 10 000 francs pour son invention de la téléphonie, a simplement reproduit le terme que Sudre avait appliqué dès 1828 à son système de télégraphie acoustique, expérimenté avec succès à Toulon en 1829. Larousse, t. XIV,
- . 1550 (1875), parle longuement de la téléphonie de Sudre. égnier, dictionnaire français-allemand, édition de 1866, traduit téléphonie par Férnredekunst (art de parler à distance), et Littré, 1872, dit au mot téléphonie (tïjXe, loin; çmvÿ], voix) : Art de correspondre à de grandes distances à l’aide du son. Il est juste de faire observer que la téléphonie de Sudre n’avait rien d’électrique, car il s’agissait uniquement de signaux sonores transmis au loin au moyen de cloches, de clairons ou d’autres instruments bruyants, mais le terme date des travaux de Sudre et figure dès 1828 dans les Mémoires de l'Institut.
- M. J. Beloin, au Mans, nous écrit à ce même sujet que le système de téléphonie dont il est question était appliqué au moyen de clairons, tambours, et même de canons. Une brochure spéciale a élé publiée sur cette invention ; elle avait pour titre : Langue musicale universelle inventée par M. F. Sudre, également inventeur de la téléphonie musicale, 1866. 1 vol. in-12. M. L. Figuier a traité cette question dans les, Merveilles de la science, tome II, 1868, au chapitre xiv, intitulé La téléphonie ou télégraphie musicale. On y voit que la première expérience a été faite en séance publique le 23 octobre 1823, et, après de nombreux détails sur les résultats obtenus dans la suite, M. L. Figuier ajoute que le Jury de l’Exposition de 1855, présidé par le prince Napoléon, accorda à M. François Sudre un prix de 10 000 francs pour son invention de la langue musicale et de la téléphonie. Nous avons ainsi des explications très nettes sur la phrase du décret du 9 janvier 1856, mais il nous semble que le Rapport officiel sur l'Exposition de 1855 aurait dû rappeler les précédents et motiver la décision prise.
- M. le Dr Ph. Tissié, à Bordeaux, nous envoie une Brochure qu’il vient de faire paraître, et qui a pour titre : Notes et photographies prises sur les attitudes vicieuses de la colonne vertébrale provoquées chez les enfants par les diverses méthodes d’écriture en usage dans les écoles primaires. Cette Notice contient une étude très intéressante sur un sujet de grande importance et est accompagnée de plusieurs ligures montrant en photogravures les attitudes d’un jeune enfant.
- M. V. Chabaud, successeur de la maison Alvergniat, à Paris, nous informe qu’il fabrique et construit des tubes de Crookes pour les expériences à effectuer avec les rayons Rônt-gen. Il ajoute qu’il modifie tous les jours sa fabrication suivant les données scientifiques nouvelles sur ce sujet.
- M. Maxime Banvillet, à Barbezieux (Charente), nous écrit :
- « Je viens de lire l’explication donnée par un abonné de La Nature au sujet de la question posée par M. Godefroy relative à un poulet dont les os étaient noirs. Cette explication a sa valeur, mais ne serait-il pas plus naturel de penser tout simplement que ce poulet appartenait à la race des poules dites négresses, dont le duvet est blanc mais dont la peau et les os sont complètement noirs? Des spécimens de cette curieuse espèce se trouvent à l’Ecole d’aviculture de Sanvic, créée en
- 1894. J’ai pensé que ce fait était de nature à intéresser vos lecteurs, puisqu’il semble répondre à la question posée. »
- Renseignements. — M. A. Guelaud, à Dijon. — Pour ce qui concerne cette machine, voyez le n° 1181, du 18 janvier 1896, p. 97, et lès adresses relatives aux appareils décrits en tète de la Boîte aux lettres du même numéro.
- M. G. M., h Lille. — Il ne nous est pas possible de publier régulièrement des renseignements semblables; consultez le journal L’Industrie électrique, 9, rue de Fleurus; il fait connaître à époques fixes les statistiques des stations centrales de Paris, de France, des tramways électriques, etc.
- M. Archon, à Limoges. —Pour des moteurs à gaz ordinaire,, il faut compter sur des dépenses de 7 à 800 litres de gaz par cheval-heure utile, en comptant une puissance de 10 à 20 chevaux. Le moteur Charon ne consomme dans ces mêmes conditions que 500 litres.
- M. F. E., à Passy. — Les traités dont vous parlez ont en effet très souvent le grave défaut d’être très théoriques et nullement pratiques; nous croyons que vous trouverez l’ouvrage:
- ue vous cherchez à la librairie Dunod et Vicq, 49, quai des
- rands-Augustins. Nous vous citerons entre tous Pratique de la mécanique appliquée à la résistance des matériaux, par.. P. Planat.
- M. N. F., à Saint-Malo. — Nous n’avons pas sur la laque, d’autres renseignements que ceux déjà publiés dans le numéro que vous rappelez ; notre collaborateur, M. J. Villon, est décédé.
- M. Eivina Grieg, à Bergen. — 1° Lampes à acétylène M. G. Trouvé, 14, rue Vivienne; MM. Ducretet et Lejeune, 75, rue Claude-Bernard, à Paris. — 2° Lampes à alcool à incandescence : M. A. Engelfred, 8, rue Saint-Quentin, à Paris.
- M. A. Guélant, à Lyon. — Voici quelques adresses de fabricants de longues-vues : Maison de l’ingénieur Chevallier, 15, place du Pont-Neuf; M. Bouzendroffer, 130, rue du Bac; M. Colmont, 37, avenue de la République, à Paris.
- M. E. J., à X. — Nous avons publié un article sur le cinématographe de MM. Lumière, dans le n° 1161, du 31 août 1895, p. 215.
- M. J. Gaudet, à Paris. — C’est au journal La Papeterie, 9, rue Lagrange, que nous avons emprunté l’article cuir artificiel; adressez-vous au directeur de ce journal.
- M. A. Draihtac, à Paris. — Vous nous demandez des gaz qui brillent spontanément dans l’air. Il y en a un, l'hydrogène phosphoré, mais c'est un gaz puant, qui n’a aucun usage.
- Accusés de réception. — Avis divers. — W. .4. Kress-mann, à Bordeaux. Nous ne pouvons vous faire connaître ces dimensions; adressez-vous à un fabricant de moulins à vent. — M. Jemssen, à Saint-Nicolas. Nous n’avons pas d’autre adresse que celle donnée dans l'article; mais elle suffit. — M. F. Panoux, à Madrid. Nous publierons ultérieurement un article sur la double multiplication; nous ne pouvons vous faire connaître l'adresse que vous demandez. — M. Dulong, à Arcueil. Il faut faire faire l’analyse chimique complète pour connaître ces divers éléments. — M. A It-, à Paris. Voyez les Recettes et procédés utiles, 1™ série, à la librairie G. Masson, — M. Dcvillers, à Nangis ; M. E. Jac-quart, à Neuilly. Remerciements pour vos communications. — M. N. R. N., à Buenos-Ayres. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- COURS ET CONFÉRENCES
- Muséum d'histoire naturelle
- Gours de botanique. Classifications et familles naturelles. — M. Edouard Bureau, professeur, a commencé ce cours le mercredi 11 mars 1895, à 1 heure, dans l’amphithéâtre de la Galerie de Géologie. Il traitera, comme les années précédentes, des plantes fossiles et des plantes vivantes, dans deux séries de leçons qui seront le complément l’une de l’autre. Les leçons commenceront le vendredi 1er mai, à 1 heure, et se continueront les lundis, mercredis et vendredis suivants. Elles auront lieu dans la salle de Cours, rue de Buffon, n° 63. Des herborisations seront annoncées par des affiches particulières.
- Cours de chimie appliquée aux corps organiques. — M. Arnaud, professeur, comrtiencera ce cours le samedi 14 mars 1896, dans l’Amphithéâtre de Chimie du Muséum d’histoire naturelle, rue de Buffon, 63, à 4 heures et demie, et le continuera les lundis, jeudis et samedis suivants, à la même heure.
- Cours d’anthropologie. — M. E.-T. Hamv, professeur, membre de l’Institut, commencera ce cours le jeudi 19 mars 1896, à 3 heures, dans l’Amphithéâtre d’Ànatomie comparée, et le continuera les samedis, mardis et jeudis suivants, à la même heure.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INVENTIONS1
- Cafetière à infusion concentrée. — Ce qu’on recherche toujours dans la construction des cafetières, c’est la façon de faire le café de telle sorte que l’arome ne s’évapore pas. La figure ci-conlre montre un appareil avec lequel on peut résoudre ce problème, car le café s’y fait d’une façon toute concentrée. La cafetière se démonte en trois parties, le corps n° 1, la boîte n° 2, le bassin n° 5. On met de l’eau froide dans le corps (1) jusqu’au filet formant le milieu de la cafetière (C) et la quan-
- Cafetière à infusion concentrée.
- tité nécessaire de café moulu (selon le nombre de tasses qu’on veut faire) dans la boîte B, on ajuste le bassin, le cylindre n° 5, sur la boîte en ayant soin de faire fonctionner la baïonnette D qui sert de fermeture. On fait glisser le couvercle E jusque sur la boîte et on lui fait faire un quart de tour à droite pour qu’il s’accroche après le bassin par les deux crochets figurés en F ; ceci est indispensable, car il ne faut pas que la poudre de café touche l’eau avant qu’elle ne soit en complète ébullition. Placer l’appareil B dans le corps n° 1, en ayant soin d’obtenir une fermeture hermétique avec le couvercle. La cafetière se chauffe sur un feu quelconque, et lorsque l’eau est en ébullition l’avertisseur n° 4 fait entendre un sifflement ; alors on retire la cafetière du feu, on fait faire au bouton de porcelaine n° 5 un quart de tour à gauche et on l’enfonce doucement afin que le filtre où se trouve le café vienne plonger dans l’eau bouillante, et cela jusqu’à la fin de la course de la tige correspondante ; on laisse infuser sept à dix minutes, ensuite on relève le bouton pour remettre la tige accrochée en haut comme elle l’était avant l’infusion, et on verse le café après l’avoir laissé reposer un instant. Avec cette cafetière on peut faire toutes espèces d’infusions, soit de thé, de tisanes, etc. — Cette cafetière se fait de plusieurs grandeurs, depuis 1 tasse jusqu’à 8, 10 tasses; elle se trouve chez M. Mathieu, 131 à 133, galerie de Valois, Palais-Royal, Paris.
- Piège & mouches. — L’inventeur et constructeur du nouveau piège à mouches que nous décrivons ici nous apprend
- Piège à mouches.
- passage, c’est tou' ours en hauteur qu’elles cherchaient une issue. C’est ce qui explique pourquoi il a construit son piège sur ces données, et il ajoute que pour que les mouches se fassent prendre facilement, il faut que l’appàt qui doit les attirer ne soit pas à découvert et qu’elles doivent presque user de ruse pour y parvenir. Notre figure montre dans le n° 1 l’appareil dans son ensemble accroché, car il peut être suspendu ou simplement posé sur une table ou tablette. Le n° 2 montre tes-détails de construction. L’ensemble est formé d'une toile métallique. Dans la cloche principale A s’emboîte une autre cloche fabriquée de la même manière B, en forme de cône avec une ouverture au sommet C. Le pied D, sur lequel viennent reposer les deux parties réunies précédemment expliquées, possède une plate-forme au centre, où l’on dépose l’appàt, confiture, sucre, fruits, miel, etc., etc., et enE sont disposées les ouvertures ou portes d’entrée circulaires; une fois que les mouches sont entrées, leur vol en hauteur les conduit à l’orifice C, par où elles se croient libres, et au contraire elles sont prisonnières jusqu’à leur mort. — Pour ce qui concerne tout renseignement à prendre sur l’appareil que nous venons de décrire, même adresse que la cafetière à infusion. Paris.
- Écrou Indesserrahle. — On sait qu’en général les écrous ont le grave défaut de se desserrer peu à peu, lorsqu’ils restent quelque temps sur une même pièce sans être touchés. Un de nos abonnés, M. P. Demoerloose, à Bruxelles, nous a fait connaître dernièrement un modèle très intéressant d’écrou indes-serrable qu’il a eu l’occasion d’observer. Les figures ci-jointes nous montrent un modèle de boulon muni de cet écrou (n° 1), et deux plaques de métal retenues l’une sur l’autre à l’aide de ce boulon. Ce dernier est constitué comme un boulon ordinaire; il présente seulement sur le rebord extérieur, parallèlement à
- Écrou mdesserrable. — 1. Boulon muni de cet écrou; détail des pièces.
- 2. Boulon maintenant 2 plaques de métal.
- l’axe, une rainure profonde de 2 à 4 millimètres. Unerondelle en fer doux E (n° 1), munie de plusieurs ailettes, s’enfile sur le boulon ; elle porte une petite came triangulaire qui doit pénétrer dans la rainure dont il a été question. Le nombre des ailettes de la rondelle est égal au nombre des faces de l’écrou plus une. L’écrou B porte sur chacune de ces faces une encoche C taillée comme le montre la figure n° 1. Les ailettes de la rondelle doivent pénélrer sans jeu dans ces encoches. La figure n° 2 nous montre le mode d'emploi de cet écrou. On l’enfile à travers deux plaques de métal, on place ensuite la rondelle et l’écrou. On serre ce dernier jusqu’à ce qu’une des ailettes pénètre dans une encoche ; on replie alors cette ailette comme nous l’indique la figure n° 2. La coïncidence n’est possible que pour une seule ailette à la fois et non pas pour plusieurs comme semblerait l’indiquer notre figure vue un peu sur le côté. Cet écrou a été essayé avec succès dans diverses administrations et notamment au chemin de fer. — Pour ce qui concerne l’écrou indesserrable, s’adresser à il. A. Robyns, 359, rue Rogier, à Bruxelles.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- qu’avant de construire son piège il a observé la mouche d’une façon toute particulière et qu’il a remarqué que toutes les mouches, aussitôt qu’elles venaient de sucer une nourriture quelconque, prenaient immédiatement leur vol perpendiculairement, et que si elles rencontraient un obstacle leur barrant le
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Contre le hoquet. — Un moyen très simple, que j’ai vu employer dans le Nord par un bon vieux grand-père, c'est de prendre une bonne prise de tabac. Les priseurs d’habitude n’en retireraient probablement aucun bénéfice; mais sur une pituitaire non accoutumée à l’herbe à Nicot, l'effet est irrésistible. Cinq, six bons éternuements coupent net les spasmes de hoquet. Dr X....
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- CO
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- BIBLIOGRAPHIE
- Les Fermentations, par P. Schutzenberger, membre de l’Institut. 1 vol. in-8° de la Bibliothèque scientifique internationale, publiée sous la direction de M. E. Alglave. — Paris, Félix Alcan, éditeur. 1896.
- Théorie scientifique des couleurs et leurs applications à l'art et à l’industrie, par CW N. Rood, professeur de physique au Columbia-College de New-York. 1 vol. in-8°de la Bibliothèque scientifique internationale. Paris, Félix Alcan, éditeur. 1895.
- Les chenils et leur hygiène, comprenant la construction rationnelle des habitations des chiens et les règles de l'hygiène dans l’élevage, Talimentation et les maladies, par Pierre Mégnin, ancien vétérinaire de l’armée. 1 vol. in-8° de la
- Bibliothèque de l’Éleveur. Yincennes, aux bureaux du journal L’Eleveur. 1896. Prix : 4 francs.
- I. Manuel élémentaire d’électricité industrielle.—II. Manuel pratique du conducteur de dynamos et moteurs électriques. 2 vol. de la Petite Encyclopédie électro-mécanique publiée sous la direction de Henry de Graffigny. Paris. Librairie E. Bernard et Cie. 1896. Prix : lfr,50 chaque volume.
- Annuaire de l’Observatoire royal de Belgique, par F. Folie, directeur de l’Observatoire. 1896. 5e année. 1 vol. in-16. Bruxelles. Ilavez, imprimeur de l’Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique. 1896.
- Annuaire géologique universel, par L. Carez, docteur ès sciences. Année 1894. Tome XL 1 vol. in-8°. — Paris, Comptoir géologique de Paris. Février 1896.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49-,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES OU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 2 mars. . . . 4°,2 W. 3. Beau. 1,0 Beau de 5 à 8 h.; très nuageux av. et ap.; qq. averses.
- Mardi 5 . 6°,1 S. S. W. 5. Couvert. 0,1 Couvert ; éclairs au N. à 20 h.
- Mercredi 4 4»,5 S. W. 4. Nuageux. 6,5 Presque couvert; qq. averses l’après-midi.
- Jeudi 5 5°,1 S. W. 3. Couvert. 1,7 Très nuageux ; pluie à diverses reprises avec grêle.
- Vendredi 6 7°,8 W. S. W. 3. Couvert. 1,4 Quelques éclaircies; pluie vers 2 h.
- Samedi 7 10’,2 W. S. W. 4. Couvert. 0,3 Couvert; pluie la moitié du temps.
- Dimanche 8 12°,1 W. S. W. 3. Couvert. 8,1 Couvert ; pluie à diverses reprises.
- MARS 1896 — SEMAINE DU LUNDI 2 AU DIMANCHE 8 MARS
- j Lundi 1 Mardi ) Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche
- La courbe supérieure indique La nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée. ,
- Réamné des observations météorologiques faites au Parc Saint-Maur en février 1890
- par M. E. Renou.
- Moyenne barométrique à midi, 766'"”,89; minimum 751“”,52 le 21 à 3 heures du soir; maximum 775”“,12 le 3 à 11 heures du matin.
- Moyennes thermométriques: des minima —0#,57; des maxima 6° ,89; du mois 3°,16; moyenne vraie des 21 heures 2°,77. Minimum —8°,4 le 26 au matin ; maximum 15°.8 le 20 à 2 heures du soir. Il y a eu 21 jours de gelée dont 11 consécutifs, du 30 janvier au 9 février, mais aucun sans dégel, le moindre maximum ayant été de 0°,5 le 1" du mois. Il y a eu de plus 3 jours de gelée blanche.
- Tension moyenne de la vapeur 4““,70; la moindre 1““,6 le 24 à 2 heures et 3 heures du soir ; la plus grande 9",1 le 10 à 3 heures du soir. Humidité relative moyenne 82; la moindre 26 le 24, à 3 heures du soir; la plus grande 100 en 16 jours.
- Pluie 4“°,9 en 21 heures et demie, réparties en 6 jours. II y a eu de plus 2 jours de gouttes, 9 jours de brouillard et 2 jours où la transparence de l’air a atteint un minimum de 1500 à 3000 mètres Nébulosité moyenne 60. Le ciel a été beaucoup plus couvert au commencement du mois qu’à la lin ; on n’a pas vu trace de nuage les 17, 23 et 24.
- Vents uniquement du nord au sud par l'est.
- Température moyenne de la Marne, le matin, 4°,69; le soir, 4°,87; le mois, 4°,76; elle a varié de 3°,60 le 27 à 6°,68 le 22; du commencement à la fin du mois elle s’est abaissée assez régulièrement et sa transparence a augmenté de même.
- Relativement aux moyennes normales, le mois de février 1896 présente les résultats suivants : Baromètre .plus haut de 7",89, c'est la
- Elus grande hauteur moyenne en février depuis 1849. Thermomètre plus as de 0°,99. Tension de la vapeur moindre de 0*“,46; humidité relative moindre de 2. Pluie moindre de 30“”,5; nébulosité moindre de 8.
- L’hiver de 1895-1896 présente les résultats suivants :
- Moyennes. Écarts. Baromètre. . . 762“”,93 -+- 3,32 Thermomètre. . . 3°,51 -f- 0,93 Tension de la vap. 5““,19 -j- 0,20
- Moyennes. Écarts. Humidité relative . . 85 * — 2
- Pluie................. 80 — 34,9
- Nébulosité.............73 -t-4
- Le 10, floraison du Perce-neige; le 20, un Papillon, le coliade-citron; le 28, Oies sauvages allant au nord-est.
- Erratum au mois de janvier. Température. Maximum, lisez 9°,6 le 16, un peu avant 1 heure du soir.
- PHASES DE LA LUNE D. Q. le 6, à 11 h. 38 m. du matin.
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- N° U90 (2/ Mars 189B), du journal « LA NATURE »
- M. GASTON TISSANDIER, directeur
- Réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction de < La Nature » et de son « Supplément »,
- « Boîte aux lettres », etc., doivent être adressées à M. Gaston Tissandier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVICE DU JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES A LA LIBRAIRIE G. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- LÀ SEMAINE
- L’expédition Nansen et le Pôle Nord. — Lorsque toute la Presse a reproduit, avec accompagnement de commentaires enthousiastes, les télégrammes d’Irkousk annonçant l’heureuse arrivée de l’explorateur Nansen, les lecteurs de La Nature ont pu se montrer surpris de notre silence. Si nous avions eu le moindre espoir de voir se réaliser les vœux que formaient unanimement les millions d’admirateurs du courage de l’explorateur norvégien, nous aurions manifesté la satisfaction que nous eussions éprouvée d’enregistrer de semblables nouvelles, mais nous savions que l’océan Glacial ne se franchit pas au milieu de l’hiver, et que, par conséquent, on reconnaîtrait bientôt le peu de fondement des rumeurs accueillies avec une facilité si rapide. Nous n’àvons pas eu le courage de détromper nos concitoyens victimes d’un enthousiasme naïf. Nous avons préféré laisser au temps le soin de le faire. Ce mouvement inconsidéré, mais honorable pour le savant qui en est l’objet, a eu le bon résultat d’attirer l’attention sur la nécessité d’explorer les régions septentrionales de la Sibérie, sur lesquelles M. Nansen a pu se replier en cas d’échec. Une amicale discussion s’est élevée entre M. Wiggins et le baron Toll sur les moyens de se rendre au cap Tchelouskine, promontoire qui termine la partie boréale de l’Asie. Il paraît que l’on fera partir une expédition maritime de l’embouchure de la Léna. Ce navire, après avoir exploré le cap et les mers voisines, se rendra à l’archipel de la Nouvelle-Sibérie, où Nansen devait toucher, suivant l’itinéraire qu’il avait adopté. L’expédition ne se repliera vers le sud qu’après avoir placé des dépôts de vivres tant au cap que dans l’archipel. II n’est point superflu de faire remarquer que l’itinéraire ae M. Nansen est pour le moins aussi incertain que celui de M. Andrée, puisque le Frarn doit être incorporé dans une banquise, qui suit probablement les caprices des courants sous-marins. L’on aurait tort de supposer l'expédition Nansen compromise parce que l’on n’a point de ses nouvelles. M. Nansen a emporté des vivres pour cinq ou six années, et l’on n’attend pas de nouvelles du Fram avant le commencement de l’été 1896. Quant à toutes les hypothèses faites sur la route qu’il a suivie, et les succès qu’il a pu obtenir, toutes ces informations sont purement fantaisistes et pèchent par la base, quels que soient les experts qui aient été interviewés; il est absolument impossible de rien savoir. W. de F.
- INFORMATIONS
- —Une des ascensions les plus faciles à faire dans les Alpes, à une altitude supérieure à 4000 mètres, est celle du Breithorn de Zermatt (4171 mètres). Le sommet offre une vue magnifique sur le massif du mont Rose, le Cervin, qui est tout près, les chaînes pennine, bernoise, les Alpes Graies, etc. L’accès de la montagne n’offre en temps ordinaire ni difficulté, ni danger d’aucune sorte. C’est une longue montée dans la neige. Une dame un peu habituée aux courses à pied l’accomplira sans peine. On part de Zermatt, d’où l’on atteint en quatre ou cinq heures, par les glaciers de Saint-Théodule, le col de Saint-Théodule (3422 mètres), où se trouve une
- petite auberge, modeste mais assez chère, qui possède quelques lits. De l’auberge au sommet, on ne compte guère plus de trois heures pour des marcheurs ordinaires. En revenant, on pourrait, du col de Saint-Théodule, descendre sur leBreuil, et de là se rendre à Châ-tillon dans la vallée d’Aoste. Un guide de Zermatt au sommet coûte 30 francs, plus le pourboire. Il suffit pour deux personnes. Pour les provisions, dîner, coucher, petit déjeuner à l’auberge, accessoires, etc., il faudrait bien compter 25 à 30 francs par personne. Le tout pour deux personnes n’atteindrait donc pas même 100 francs. (D’après le Tour du monde.)
- —©— Une éclipse de soleil aura lieu le 9 août 1896 et sera complète pour le nord de la Russie, la Sibérie et le Japon. Le gouvernement russe a désigné d’ores et déjà une commission de trois astronomes de l’observatoire Nicolas, à Pullkoff, pour étudier cet intéressant phénomène astronomique. La commission partira d’Odessa au mois de mai sur des croiseurs de la flotte volontaire russe pour gagner Yladivostock et, de là, l’embouchure du fleuve Amour, où elle s’établira pour faire scs observations.
- —®— D’après ce que rapporte la Revue de chimie industrielle, on augmente le durcissement du mortier en le mêlant avec de l’eau sucrée à la place d’eau ordinaire ; 5 à 6 kilogrammes de sucre par 100 litres d’eau suffisent. C’est 1 e mortier en sucre.
- —Le programme de la future exposition canine que la Société central-e pour l'amélioration des races de, chiens en France organise chaque année sur la terrasse de l’Orangerie des Tuileries, a été publié récemment. Cette : Exposition aura lieu du 19 au 26 mai 1896. Les engagements seront reçus jusqu’au 1er mai, au bureau de la Société, 40, rue des Mathurins, à Paris.
- —®— Le cadmium est employé à la constitution de nouveaux accumulateurs. Ces appareils/d’après le Moniteur industriel, se composent d’une plaque positive ordinaire et d’une plaque négative d’un alliage de plomb, antimoine et cadmium; comme liquide, on met une solution de sulfate de cadmium additionnée de 10 pour 100 d’acide sulfurique. Pendant la charge, l’axvgène, le peroxyde de plomb et le cadmium se déposent; à la décharge, le cadmium se combine à l’acide pour reconstituer le sulfate de cadmium, tandis que l’hydrogène libéré par l’acide se porte au positif et réduit le peroxyde de plomb. On évite ainsi la sulfatation du négatif.
- —Le Messager des finances de l’Empire russe donne un exposé de l'état de l’industrie métallurgique en Russie à la fin de l’année 1895. La fonte de fer a donné lieu, l’année dernière, à une production supérieure à 1 302 000 tonnes métriques contre 1140008 en 1891. L’accroissement dépasse donc 14 pour 100. Cette masse métallique a été transformée ainsi qu’il suit : acier, 490 000 tonnes ; fer, 448 000, le reste étant utilisé en nature. Cette production d’acier provient de commandes de rails faites par l’administration supérieure, pour le chemin de fer transsibérien.
- —©— La Société centrale de sauvetage des naufragés a envoyé la dépêche suivante :
- Ile de Bréhat (Côtes-du-Nord), 7 mars 1896.
- Le canot de la Société centrale de sauvetage des naufragés, sorti, la nuit dernière, pour porter secours à une gabare en détresse au nord de l’île de Bréhat, a sauvé un homme, et trois enfants, et mis la gabare en sûreté.
- Ces actes héroïques sont souvent accomplis par les sauveteurs de nos ports. -
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- Adresses relatives aux appareils décrits. — A la suite des divers articles parus dans La Nature sur la bicyclette (n® 1178, du 28 décembre 1895, p. 49, et n® 1185, du 15 février 1896,' p. 165), plusieurs lecteurs nous ont demandé des renseignements sur les bicyclettes à double multiplication. En attendant la publication d’un article spécial, nous pouvons leur indiquer les adresses des fabricants suivants : Gladiator, 18, boulevard Montmartre; M. Cohendet, 166, quai Jemmapes; American Importing C°, place de la Madeleine ; La Métropole, 17, rue Saint-Maur, à Pans, et M. Ch. Belot, 24, rue du Poinçon, à Bruxelles. — Les tuyaux métalliques flexibles sont fabriqués par M. Rudolph, 74, rue Amelot, à Paris. — Le Folioscope, édité par M. Watilliaux, fabricant de jeux, 110, rue Vieille-du-Temple, à Paris, se trouve chez les papetiers et marchands de jouets.
- Communications. — M. le ÜT Foucaud, à Orléans, nous fait part d’une expérience intéressante : si on dépose sur une carte en aluminium une goutte de nitrate neutre de mercure, on ne voit d’abord rien, mais au bout d’une demi-heure ou trois quarts d’heure, il se produit une végétation fort curieuse. Ce sont des filaments délicats qui prennent naissance, longs parfois de 20 à 50 millimètres et formant un vrai bouquet. Au moindre contact, le tout s’écroule, il ne reste que de la poussière et un trou du diamètre de la goutte.
- M. P. Teycheney, à Baurech (Gironde), nous envoie la Note suivante sur une curieuse observation d’un phénomène atmosphérique : (( Le dimanche 25 février, à 8h 50m du soir, j’ai vu dans le ciel, dans la direction du sud-ouest au nord-est, une bande blanchâtre se dessinant très nettement et affectant la forme d’un arc-en-ciel de très grande dimension dont le sommet passait au zénith. La partie dirigée vers le sud-ouest était très accentuée et donnait tout d’abord l’illusion d’une comète; mais les dimensions anormales et la forme singulière de ce phénomène renversèrent bien vite cette hypothèse. De 8h 55ra à 9 heures, l’intensité alla en décroissant; enfin, à 9h50m, le météore avait complètement disparu. »
- M. Gorjonnet, à Saint-Mandé, nous fait connaître que, depuis la fin de 1895, la ville de Papeete, île de Tahiti, dans les établissements français de l’Océanie, possède l’éclairage électrique. La force motrice est empruntée à une usine hydraulique située à environ 2 kilomètres de la ville. Les rues sont éclairées par des lampes à incandescence de 16 bougies et les places par des lampes à arc.
- M. J. Ferra, à Gharlv; l'Abonné n° 12456, à Arc-et-Senans; M. le Dr L. Lamotte, à Beauvais, nous écrivent au sujet du poulet dont les os étaient noirs (voy. Boîte aux lettres du n° 1184, du 8 février 1896), et nous disent qu’il existe en effet une race de poules appelées négresses, dont les os sont noirs après la cuisson.
- M. J. Goffart, à Tanger, nous demande s’il est dans les habitudes des fourmis de nicher au haut des arbres ou au moins des grands buissons ayant une hauteur de 2m,50 au moins. Il a eu dernièrement l’occasion de faire une observation de ce genre.
- M. A. Morvat, à Fevdey-sur-Leysin (Suisse), nous envoie une chenille parfaitement vivante qu’il a trouvée le 22 janvier 1896, rampant sur la neige, au milieu de la route, à 1400 mètres d’altitude environ. Il suppose que c’est la chaleur estivale qui a eu lieu depuis le 1er janvier qui a permis à cette chenille de se développer.
- M. A. Ridelnous transmet une Notice sur une pile siphoïde. Cette pile est au bichromate à deux liquides et renferme des vases poreux rectangulaires dont l’une des parois est aménagée pour remplir l’office d’un siphon, en ajoutant un tube de verre. La pâte magnésienne qui entre dans la fabrication de ces vases est à la fois plus poreuse et plus résistante aux acides.
- Renseignements. — M. E. Z., à Bourgoin. — On fait de la bonne désinfection en plaçant l’objet à désinfecter dans une chambre que Ton peut bien fermer et en y faisant brûler du soufre dans une capsule de terre cuite.
- M. G. K., à Y. — 1® Voyez la Note publiée en tête de la Boite aux lettres du n° 1160, du 24 août 1895. — 2° 11 faudrait vous renseigner auprès de fabricants d’ébénisterie pour églises : MM. Roussel et Laverlochère, 50, boulevard Richard-Lenoir ; MM. Martin et Chamouillet, 14, rue Yivienne, à Paris.
- M. E. Leprince, à Montreuil-sous-Bois. — 1° Vous pouvez parfaitement charger des accumulateurs avec une dynamo compound, en plaçant dans le circuit un disjoncteur automatique et en recommandant une certaine surveillance pour le fonctionnement de cet appareil. — 2° Il faudrait examiner les traités des compagnies et voir si elles n’ont pas le monopole de l’éclairage.
- M. Menjaud, à Jouy. — Nous n’avons publié que quelques renseignements sommaires sur la fabrication du celluloïd dans le n° 905, du 4 octobre 1890, p. 286.
- M. Albert, à Paris. — Adressez-vous aux autorités municipales des diverses villes que vous devez traverser; les usages peuvent être différents.
- M. A. Picut, à Genève; M. U. Mammartund, à Ivangst». L’adresse que vous demandez est donnée en tête de la Boite aux lettres du numéro qui contient la description de l’appareil..
- M. J. M., à Villeneuve. — Les Comptes rendus de l'Académie des sciences ont publié cette Note dans le numéro que nous avons indiqué.
- M. B. Garin, à Bruxelles. — Il faudrait consulter la Revue des chemins de fer pour avoir à ce sujet des renseignements complets; voyez à la librairie Dunod et Vicq, à Paris.
- M. A. Maussas, à Buenos-Ayres. — Les renseignements sont donnés dans l'article qui a paru dans le n° 1178, du 28 décembre 1895, p. 60.
- M. J. Fesser, à la Côte-Saint-André. — Il faut vous procurer les catalogues des divers fabricants d’appareils photographiques et comparer leurs prix et leurs produits.
- M. E. B., à Paris. — Vous pourriez consulter Fabricant de vernis, par M. Romain, dans la collection des manuels Roret.
- M. H. Dethirey, à Melun. — Voyez les ouvrages de M. P. Mé-
- fnin, dans la Bibliothèque de l'Eleveur, 6, avenue Aubert, à incennes.
- M. E. Zoulfikar Pacha, au Caire. — Il y a eu erreur de la part de notre confrère, qui a été mystifié.
- M. D. M. Almenara, à Lima. — Presses pour huileries : M. Morane aîné, MM. Desmarais et Ci6 successeurs, 10, rue du Banquier, à Paris.
- M. H. Servant, à Vienne. — Nous pensons que l’enduit qui conviendrait le mieux serait peut-être une couche de goudron.
- M. Chapitel, à Chapouval. — Renseignez-vous auprès de M. Andriveau-Goujon, 4, rue du Bac, à Paris.
- M. Girard, à Paris. — Pour les eaux d’alimentation des chaudières, il est préférable d’avoir recours à l’épuration préalable, plutôt que de mettre dans l’eau divers produits qui peuvent attaquer les tôles des chaudières. En ce qui concerne les appareils épurateurs, adressez-vous à M. Chevalet, 91, rue des Marais; à M. Hovvattson, 165, avenue du Roule, ou à M. Philippe, 124, boulevard Magenta.
- M. P. D., à Margaux. — 1° Pas d'adresse spéciale à vous faire connaître. — 2° M. G. Trouvé, 14, rue Vivienne, à Paris.
- M. Ch. Dupont, à Saint-Mihiel. — Ces questions ne sont traitées que d’une façon théorique dans la plupart des ouvrages ; en ce qui concerne les accumulateurs, consultez l’ouvrage de M. Montpellier, publié récemment à la librairie Grelot, 16, rue des Fossés-Saint-Jacques, à Paris.
- M. J. Jenyen, à Rosario de Santa-Fé. — 1° Cet ouvrage est publié par la librairie Bernard Tignol, à Paris. — 2° Nous ne connaissons pas cette adresse.
- Un ingénieur, à Tarbes.—Nous avons publié une Note sur les bateaux en papier dans le numéro 755, du 19 novembre 1887, page 594.
- M. E. R., a Saint-Brieuc. — En ce qui concerne votre demande, nous pensons qu’il s’agit d’un ciré.
- M. le D-Colonel H., à Caen. — 1° Vous pourriez essayer le procédé que nous avons indiqué pour les verres des lampes à gaz et qui consiste dans l’emploi d’une rondelle métallique ; voyez les Recettes et procédés utiles, 2° série, page 155, à la librairie G. Masson. — 2® Demandez ces ouvrages à MM. Ber-ger-Levrault et Cie, 5, rue des Beaux-Arts, à Paris.
- (Voir la suite de la Boite aux lettres page 5* des Nouvelles scientifiques.}
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison'.
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- BOITE AUX LETTRES [Suite).
- MM. Grill et Camroux, à Nîmes. — Moteurs à pétrole : M. H. Brulé, 31, rue Boinod; M. E. Durand, 163, avenue Victor-Hugo, à Paris; M. L. Seguin, 14, quai du Petit-Genne-villiers (Seine).
- M. A. Soret, à Ouilly-le-Vicomte. — 1° Il n’v a encore aucun procédé industriel pour utiliser ce gaz. — 2° Le carbure de calcium est toujours fabriqué jusqu’ici dans le four électrique.
- M. H. Berger, à Milan. — Nous ne nous souvenons pas d’avoir reçu le livre que vous mentionnez, ni votre lettre.
- M. D. H., à Paris. — Pour mesurer l’intensité, il faut prendre la différence de potentiel aux bornes d’une résistance connue.
- L’abonné 1319-1301, à Bourg. — Nous avons décrit la lampe à acétylène qui se fabrique actuellement, dans le n° 1175, du 7 décembre 1895; adressez-vous à M. G. Trouvé, 14, rue Vivienne, et à MM. Ducretet et Lejeune, 75, rue Claude-Bernard, à Paris.
- Abonné 284, à Gand. — Voici les réponses à vos questions : 1° Le grossissement est de 3 à 10 fois celui de l’image donnée par l’objectif ordinaire. IL s’applique à toutes les distances. Il faut une chambre à long tirage. — 2° Non, pour les petites distances de 2 à 12 mètres seulement. — 5° Non, il faut l’objectif entier. — 4° Nous ne comprenons pas bien la question.
- M. A. Gasser, à Mantoche. — 1° Pulvérisateurs pour liège : M. Dalbouze, 208, rue Saint-Maur; M. Mongin aîné, 8, rue Sedaine, à Paris. — 2° Fabriques de linoléum : Société générale du linoléum, 25, boulevard Haussmann ; Compagnie française du linoléum, 21, boulevard Haussmann; MM. Perès et Durand, 93, boulevard Sébastopol, à Paris.
- M. le Dr Angelby, à la Ferté-Gaucher. — Vous pourriez essayer le procédé pour le durcissement des pierres que nous avons indiqué dans les Recettes et procédés utiles, l‘e série, à la librairie G. Masson.
- M. E. L., à Elbeuf. — Calorifères : MM. J. Grouvelle et Arquembourg, 71, rue du Moulin-Vert; MM. Lebœuf et Guion, 14, rue des Meuniers; MM. Geneste et Herscher, 42, rue du Chemin-Vert, à Paris.
- M. L. A. Paseggi, à Montevideo. — Nous avons donné ces renseignements en tête de la Boîte aux lettres du n° 1160, du 24 août 1895.
- Un abonné, à Saint-Étienne.— Il faut consulter les comptes rendus de l’Académie des sciences des mois de février et mars pour avoir tous ces renseignements.
- M. E. Boré, à Paris. — Voyez cette adresse en tète de la Boîte aux lettres du même n° 1188, du 7 mars 1896.
- M. Ruttner, à Budapest. — Vous pourrez vous procurer cet appareil chez M. Adrian, 11, rue de la Perle, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. L. Thibaut, à Laghouat. Votre lettre a été envoyée à destination. — M. Gauchet, à Cherbourg. Les adresses que vous demandez sont indiquées en tète de la Boîte aux lettres. — M. A. de Voinsino, à Marseille. Nos derniers articles à ce sujet ont dû vous donner toute satisfaction. — M. Fauquet, au Petit-Qucvilly. Le fabricant a été très occupé; c’est ce qui explique le-retard dont vous parlez. — Un lecteur, à Moscou. Nous n’avons pas d’autres renseignements. — M. A. Batut, à Enlaure (Tarn). Vos observations nous ont paru très justes. — M. L. Sorn de Bonne, à Estrées. Nous ne connaissons pas d’ouvrage spécial sur ce sujet. — M. E. B., h M. Nous n’avons pas d’autres renseignements sur ces produits. — M. Bernard, à Paris. Il n’existe pas de livre sur ce sujet: nous ne pouvons faire les recherches pour vous fixer sur cette antériorité. — M. C. Wilhelm, à Neuf-eliàtel. Voyez les Recettes et procédés utiles, lr* série, à la librairie G. Masson. — M. P. Lebocq, à Paris. Le petit ouvrage des Recettes et procédés utiles, 2° série, donne la composition d’une colle pour faire adhérer du papier sur de la tôle. — M. M. Farman, à Paris; M. R. P. L., à Saint-Pétersbourg; M. E. Amaury, à Paris; M. C. Kina, à Marseille; M. E. Perrin, au Blanc; M. Brun, à Paris; M. II. Dubois, à Dinard; M. F. Witz, à Bischwiller. Remerciements pour vos communications. — M. J. Del Vernie, à Milan. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- PETITES INVENTIONS'
- Stéréoscope simplifié. — Dans le but de répandre la photographie stéréoscopique parmi les amateurs, M. Gaumont vient de construire une sorte de face à main qui permet de voir le relief dans d’aussi bonnes conditions qu’un stéréoscope ordinaire et qui a l’avantage de coûter beaucoup moins cher et d’être très portatif. L’appareil se compose de deux lentilles
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Srismatiques, fixées aux extrémités d’une pince métallique, ont les branches peuvent être écartées à volonté, et maintenues à l’écart voulu au moyen d’un coulant qui glisse sur les branches. Les conditions exigées d’uu bon stéréoscope sont ainsi remplies, puisqu’on peut faire varier très facilement, suivant la conformation des yeux, la distance entre les oculaires ; de plus, l’appareil étant tenu à la main, la mise au point se fait simplement et instinctivement en le rapprochant ou l’éloi-
- Stéréoscope simplifié. — 1. Vue de l’appareil. — 2. Mode d’emploi.
- gnant de la figure. Le prix de l’appareil étant très réduit on peut en avoir un assez grand nombre pour que plusieurs personnes puissent examiner en même temps une collection de vues stéréoscopiques ; en outre, sa disposition permet de voir les images lors même qu’elles seraient montées sur un album, ce qui est impossible avec les appareils en forme de petites chambres dans lesquels il faut glisser les épreuves l’une après l’autre. — Le stéréoscope simplifié se trouve au Comptoir de photographie, 57, rue Saint-Roch.
- Boutons simplifiés sans fil. — A qui d’entre nous n’est-il pas arrivé de voir se découdre un bouton, et cela au moment où on y pense le moins et surtout au moment où l’on n’a personne sous la main possédant du fil et les aiguilles nécessaires pour le recoudre? La petite invention que nous signalons ci-contre vient combattre les inconvénients des boutons cousus :
- Boutons simplifiés. — 1 et 2. Vue du bouton de haut et coupe. — 5. Détail du bouton, partie inférieure. — 4. Détail du bouton. — 5. Mode d’emploi,
- un simple petit trou fait avec un poinçon ou un canif permet avec ces nouveaux boutons de les poser instantanément. Il suffit de passer la tige (n° 5) dans le petit trou et d’appliquer la tète du bouton (n° 1) en appuyant fortement. Le bouton se trouve mis en place et ne se défera jamais. Ces boutons si simples se font de toutes grandeurs, en tous genres de. métal, et sont très bon marché. — Se trouve chez M. Mathieu, 131, galerie de Valois, Palais-Royal.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Les os calcinés comme engrais. — Le Gardeners Magazine indique les os calcinés comme fournissant un excellent engrais pour la culture des Chrysanthèmes. Au fond des pots on remplace les tessons ordinaires par des os calcinés depuis plusieurs mois ou même depuis un an. Les racines adhèrent promptement à ces os et les plantes croissent avec une vigueur remarquable. Procédé économique et facile à expérimenter.
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- BIBLIOGRAPHIE
- La reliure du dix-neuvième siècle, par Heniu Beraldi. Troisième partie. 1 vol. in-4% avec 80 reliures reproduites en planches hors texte en héliogravures. — Paris, librairie Conquet, 1896.
- L'œuvre qu’a entreprise M. Henri Beraldi, Tardent bibliophile, sous le titre que nous venons de reproduire ci-dessus, est une de celles que les amis des beaux livres considèrent comme les plus belles et les plus admirables du siècle. Le texte est d’un grand intérêt, le papier est d’une qualité de premier ordre, la reproduction des 80 reliures en tirages hors texte d’héliogravure est exécutée avec un art vraiment étonnant. Ce livre que nous présentons ici est le troisième de la série; il donne l’histoire des relieurs célèbres, retracée en un style excellent; les travaux exécutés par ces artistes, qui sont pour la plupart nos contemporains, sont signalés avec une exactitude absolue. On ne saurait faire . trop de compliments à l’auteur èt à l’éditeur de cet ouvrage. G. T.
- L'orientation nouvelle de la politique sanitaire, par le professeur Proust, inspecteur général des services sanitaires.
- i vol. in-8° avec figures et une carte en couleur. — Paris, Masson et C‘% éditeûrs, 1896. Prix : 10 francs.
- Pouvoir calorifique des combustibles solides, liquides et gazeux, par Scheurer-Kestner. 1 vol. petit in-8°. — Paris, G. Masson, éditeur, 1896. Prix : 5 francs.
- L'intelligence des animaux, par G. J. Romanes, secrétaire de la Société linnéenne de Londres pour la zoologie. Précédé d’une préface sur l’évolution mentale par Edmond Perrier, professeur au Muséum d’histoire naturelle de Paris. 1 vol. in-8° de la Bibliothèque scientifique internationale, publiée sous la direction de M. Em. Alglave. Tome second. Les vertébrés. — Paris, Félix Alcan, éditeur.
- Les palmipèdes domestiques et d'agrément. Description des espèces et des races de cygnes, d'oies et de canards. Elevage et engraissement, par Pierre Mégnin, ancien vétérinaire de l’armée. 1 vol. in-8° de la Bibliothèque de VEle-veur. —Vincennes, aux bureaux de l'Eleveur, 1896. Prix : 3 francs.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 45“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL . PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 9 mars. . . , 10°,2 W. 3. • Couvert. 3,3 Couvert ; pluie à diverses reprises.
- Mardi 10 ’5°,8 N. N. E.;-3. Beau. 3,2 Couvert jusqu’à 6 li.; qq. nuages de 11 à 15 h.; beau le reste du temps.
- Mercredi 11 1°,3 S. 1. . Couvert. 0,0 Nuageux jusqu’à 5 h,; couvert ensuite ; gelée blanche.
- Jeudi 12 9®,0 W. S. W. 2. Couvert. 0,0 Couvert ; qq. averses.
- Vendredi 13 ... . 3°, $ N. E. 2, Couvert. 1,4 Couvert jusqu’à 16 li.; puis nuageux ; beau après 19 h.
- Samedi 14 — 0°,9 N. E. 0. Beau. 0,0 Peu nuageux de 11 à 15 li.; beau av. et ap.
- Dimanche 15 ... . 0®,9 N. E. 0. Brouillard. 0,0 Couvert de 7 à 14 h.; beau av., nuageux ap.; brouillard le matin.
- MARS 1896 — SEMAINE Dü LUNDI 9 AU DIMANCHE 15 MARS
- | Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi ( Vendredi | Samedi | Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, In direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer)', courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- crues. — La Seine a été grossie dernièrement par suite des nombreuses pluies qui ont eu lieu de tous côtés. Le 11 mars, à Paris, elle avait alteint les cotes suivantes : au pont d’Austerlitz, 3“,10, au pont de la Tournelle, 2™,94, au pont Royal, 3",95; à l’écluse de Bezons, —le seul endroit où la hauteur des eaux ne soit pas influencée par les barrages, — 4”,04. Dans la nuit du 11 au 12 mars, la crue a continué; elle a été de 15 centimètres. La circulation des bateaux-mouches a dû être interrompue ; les eaux atteignaient, au pont Royal, la cote de 4”,30.
- A la même date, la crue du Rhône à Givors a causé des pertes que Ton peut évaluer à 100000 francs.
- Depuis Chasse le lleuve a formé un immense lac mesurant environ 4 kilomètres de longueur.
- L’eau est montée de près de 6 mètres, en quelques heures, et a envahi les quais et les rues de Lyon, de l’Entrepôt, de Strasbourg, etc., etc., où l’on n’a plus circulé qu’en bateau pendant quelques jours.
- Vers la gare d’eau et le bassin du canal de Givors à Rive-de-Gier, les magasins ont eu principalement à souffrir. Un marchand de chiffons a subi, à lui seul, plus de 10 000 francs de pertes. De l’avis général, il faut remonter au mois de janvier 1882 pour constater une situation aussi déplorable.
- Dans la nuit du 11 au 12 mars, à Verdun-sur-le-Douhs, la Saône a subi une crue de 4 centimètres à l’heure. Cette nouvelle marche ascensionnelle a provoqué.un ralentissement dans l’écoulement du Doubs, qui s’est écoulé d’une façon très inquiétante. A Navilly, le maximum de 1882 a été dépassé déjà de 5 centimètres. Longepierre est totalement sous les eaux, à l’exception de la place de l’Eglise où campent les habitants. L’école et le presbytère ont été transformés en dortoirs. Une maison s’est écroulée hier, ainsi qu’un mur. Les dégâts sont considérables. Dans une seule ferme, on compte 60 porcs noyés.’ A Chalon, le niveau des eaux a affleuré au quai. La Saône a charrié des débris de toutes sortes.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 14, à 10 h. 57 m. du matin.
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- LÀ SEMAINE
- Accroissement des collections anthropologiques du Muséum en 1895. —Le nombre des objets entrés au Muséum dans l’année qui vient de s’écouler s’élève à 1728. C’est un chiffre considérable, d ù en partie aux épreuves photographiques qui ont été tirées pour prendre place dans les nouvelles galeries dont l’aménagement va commencer incessamment. Parmi les photographies dont le Muséum ne possède pas les clichés, j'en signalerai 23 rapportées de l’Inde par M. Lionel Dècle, 9 exécutées au Transvaal par M. et Mnie Eug. Simon, 32 représentant une partie des sujets qui ont figuré à l’Exposition soudanaise du Cnamp-de-Mars et toutes celles qui constituent l’im-
- Bortant Album anthropologique du Muséum Godefroy, de lambourg. Les séries ostéologiques se sont accrues de crânes du llaut-Üubanghi (don de M. Viancin), de Boulou (lieutenant Biaise), de Sakalave (prince H. d’Orléans), du Dahomey, de Sarakhoullé (D1" Suard), du Transvaal (M. Eug. Simon), de la Nouvelle-Bretagne (musée de Dresde), au Groenland (M. Rabot), d’anciennes sépultures de Russie (baron de Baye), etc. MM. Louis Roule et Félix Régnault ont donné une mâchoire humaine trouvée dans la grotte de l’Estelas (Pyrénées-Orientales), et M. le Dr Donnezan a laissé mouler le crâne qu’il avait recueilli dans la même grotte. La collection des moulages s’est enrichie du buste, du bras et de la jambe d’un Galla moulé sur le vivant au laboratoire de la rue de Buffon. Je citerai encore parmi les pièces curieuses le moulage intracrânien de Gambetta et le masque de Richelieu, offerts par M. Talrich. Les positifs sur verre pour projections augmentent toujours de nombre. L’année dernière, il en a été exécuté 379, qui ont servi au cours de M. Hamy. J’ai déji appelé l’attention sur l’importance de ce matériel de démonstration, qui, au point de vue de l’enseignement, va placer la chaire d’anthropologie du Muséum dans une situation incomparable1. R. Y.
- INFORMATIONS
- —Les curieux monuments qu’on rencontre dans certaines régions de l'Amérique du Nord et qu’on appelle des mounds, à peine connus il y a un demi-siècle, ont, depuis cette époque, fait l’objet de nombreux travaux. L’exploration systématique de ces monticules artificiels, parfois de forme si originale, est actuellement à l’ordre du jour aux Etats-Unis et tout récemment le Bureau of Ethnologie de Washington publiait sur ce sujet un remarquable travail d’ensemble dû à la plume de Cyrus Thomas. Notre savant collaborateur, M. de Nadaillac, a résumé récemment, en un grand article paru dans la Revue des questions scientifiques de Bruxelles, l’état actuel de nos connaissances sur les mounds et sur leurs constructeurs, les mound-builders. On le lira avec intérêt et profit, dit XAnthropologie, car M. de Nadaillae a su, comme toujours, traiter une question difficile avec clarté, méthode et en un style agréable.
- 1 D’après XAnthropologie. — Rédacteurs en chef : MM. Boule, Yerseau. Paris. G. Masson et G’®, éditeurs.
- —@— Le pont Mirabeau, qui relie les quais d’Auteuilet de Javel, est terminé, mais ne sera livré à la circulation que dans quelques mois. Il est formé de 3 travées, deux de 36 mètres sur les rives et la troisième de 100 mètres. Le pont, entièrement construit en métal, mesure 180 mètres de longueur environ; le poids de la charpente métallique atteint près de 5000 tonnes. Sa construction a été commencée au mois de mai 1893. C’est le vingt-neuvième pont de Paris. Ses prédécesseurs immédiats furent le pont Sully, le pont Tolbiac, le pont de Passy et le pont au Double, ce dernier achevé en 1881.
- —@— Les vieux souliers ne sont pas perdus pour l’industrie moderne. Lorsqu’ils sont absolument hors de service, on les. découd; le vieux cuir est soumis à de longues manipulations qui le transforment en une sorte de cuir artificiel, qui prend l’apparence des plus beaux cuirs de Cordouc. Sur cette pâte, en Amérique, on imprime les plus élégants dessins. L’industrie française, dit XIngénieur civil, auquel nous empruntons ces documents, moins perfectionnée que celle d’Amérique, se contente, paraît-il, de recouvrir avec cet enduit les malles et les sacs de voyage. Une autre industrie, assez prospère en France, consiste en la transformation des vieux souliers en souliers neufs. C’est la principale occupation à laquelle se livrent les militaires internés à la prison de Montpellier. Le plus grand nombre des vieux souliers est fourni par l’Espagne. On les découd, et on arrache tous les clous, puis les morceaux sont mis à tremper dans l’eau pour les assouplir un peu, et on y taille à l’emporte-pièce des empeignes de souliers d’enfants ou de fillettes. La semelle est également utilisée de la sorte. Les plus petits morceaux sont employés pour faire les talons Louis XV, qui furent si à la mode il y a quelques années. Les morceaux un peu plus grands et amincis forment les semelles des souliers de bébés. Et les clous? Avec un aimant on sépare ceux de fer de ceux de cuivre et ces derniers se vendent un prix encore assez élevé. L’entrepreneur de la prison militaire disait que le prix qu’il en retirait couvrait presque complètement ses déboursés pour l’achat des vieux souliers. Les dernières rognures, les débris qu’on balaie ne sont pas encore transformés en cuir de Cordoue, mais ils forment un excellent engrais très recherché par certains agriculteurs.
- —Un fait extraordinaire s’est produit aux Buttes, à Dinan. Deux pommiers qui, à l’automne de 1895, avaient produit une certaine récolte, ont fleuri dans le courant de janvier 1896. La fructification s’est faite, au grand étonnement de leur propriétaire, et ils ont donné des pommes qui ont été arrêtées dans leur croissance par la gelée des derniers jours de février. Les pommes étaient très petites, pas plus grosses que des noisettes. Le fait est bien rare d’une pareille fructification en hiver.
- —H— Un concours avait été ouvert dans la Côte-d’Or, sous la direction du professeur départemental, par le service des champs d’expériences et de démonstration, à l’effet de récompenser les agriculteurs ayant obtenu dans l’année les plus forts rendements et les meilleurs résultats économiques dans la production du blé et de l’avoine à l’aide du nitrate de soude. Dans son rapport, le jury a formulé les conclusions suivantes : « Des visites que nous avons faites et des résultats qui nous ont été transmis, il ressort que l’application de 100 kilogrammes de nitrate de soude en couverture a produit des excédents moyens de grains de 5 à 6 quintaux pour le blé et de 5 à 8 quintaux pour l’avoine. De sorte que, malgré le bas prix du blé, par l’emploi du nitrate de soude, cette culture est encore rémunératrice. L’effet du nitrate de soude sur l’avoine n’est pas moins certain, et cette céréale, moins exigeante que le blé, s’accommode de doses plus faibles. »
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui concerne les fontaines lumineuses de M. Adamoff, s’adresser à Mme Vve Cransac, 4, rue Geoffroy-Marie, à Paris.
- Communications. — M. P. Gorce, à Nancy, nous adresse une épreuve photographique qu’il a obtenue récemment et qui représente un rocher garni de broussailles sur lequel jouaient quatre chats. Dans le fond à gauche on aperçoit la tête d’un chien formée par deux ou trois pierres du rocher.
- Un abonné, à X..., à propos de la communication ayant pour titre l'Huile sur l’eau, son influence sur la pêche, qui nous a été envoyée par le marquis de Camarasa, et qui a paru dans le numéro 1070, du 2 décembre 1893, page 10, nous écrit que, pour distinguer les fonds au bord de la mer, il se sert d’un cadre en bois à bords peu relevés sur lequel il a hermétiquement plaqué à la partie inférieure une vitre bien étanche pour que l’eau ne puisse pas y pénétrer. Il place ce cadre sur l’eau, et il peut ainsi distinguer très nettement les objets ou poissons qui se trouvent dans le fond.
- Renseignements. — M. le Dr P. Biosca, à la Havane. — A l’époque où nous en avons donné la description, cette montre se trouvait chez M. A. Schwob, 19, boulevard Bonne-Nouvelle, à Paris.
- M. H. de Ronseray, à Paris. — Il faut vous adresser aux constructeurs de bateaux-canots : MM. Bertin frères, à Argen-teuil; M. Tellier, 52, quai de la Râpée, à Paris.
- M. G. Schneider, à Corbeil. — Pour ces ouvrages, il faut vous adresser aux librairies Fourneau-et Croville-Morant, 18 et 20, rue de la Sorbonne, à Paris.
- Un lecteur, à Saint-Imier.— Fabricants de jouets : M. Chauvin, 24, rue Chariot; M. Kratz-Boussac, 3, rue Saint-Laurent; M. Duhotoy, 115, rue Saint-Maur, à Paris.
- M. Diego Yung, à la Palma (Uruguay). — Merci pour vos aimables compliments. Nous avons transmis à notre administrateur vos réclamations sur l’inexactitude de vos réceptions des numéros de La Nature; mais cela est dù très probablement à la poste de votre pays.
- M. G. Julien, à Paris. — Consultez le dictionnaire Larousse, il contient un grand article sur la truffe. Vous pouvez même vous faire envoyer la feuille qui contient cet article moyennant 25 centimes, en écrivant à l’administration du dictionnaire, 19, rue du Montparnasse.
- M. Gayard, au Château-de-Vauville.— 1° Nous pouvons vous indiquer les sociétés suivantes d’assurances contre la mortalité des animaux : l’Avenir, 42, boulevard du Temple; le Bétail, 166, boulevard Magenta; la Garantie fédérale, 38, rue des Bourdonnais, à Paris. — 2° Le procédé que vous indiquez est connu depuis longtemps et a été essayé à de nombreuses reprises; il faut trouver de bons accumulateurs solides, on travaille à les fabriquer. — 3° Des essais se poursuivent sur ces divers alliages. — 4° Nous avons décrit une lampe à acétylène dans le numéro 1175, du 7 décembre 1895.
- M. Ed. Siefert, à Mulhouse. — Vous trouverez des poudres phosphorescentes chez M. Menitz, 37, passage Jouffroy, à Paris.
- M. E. Leprince, à Montreuil-sous-Bois. —1° et 2°. Nous vous avons répondu dans notre précédente Boîte aux lettres. — 3° La pile dont vous parlez est la pile Sicard et Falle qui a été décrite dans les Petites Inventions du n° 1182, du 25 janvier 1896.
- M. L. Curé, à Gray. — La Nature publie très souvent des descriptions de moteurs à gaz ou à pétrole quand il se présente de nouveaux modèles intéressants. Vous trouverez l’indication d’un grand nombre de descriptions dans la table des matières 2e série 1883-1892. Nous avons aussi fait paraître une étude très complète sur les moteurs à pétrole à propos du concours de Meaux, dans le n° 1118, du 5 novembre 1894, p. 355.
- M. Ch. Bono, à Paris. — Adressez-vous à M. G. Mareschal, directeur du journal Photo-Gazette, 12, rue Demours.
- M. A. Soult, à Hellemmes. — 1° Il est absolument nécessaire que le vide soit aussi parfait que possible. — 2® La pompe à mercure suffit parfaitement. — 3° Adressez-vous aux divers marchands de produits photographiques; ils ont des papiers semblables.
- M. Varémont, à Gand. — L’autographomètre a été décrit dans le n° 722, du 2 avril 1887, p. 273.
- M. P. Méry, à Draguignan. — 1° Il existe divers modèles de fours électriques suivant les quantités de carbure à produire. MM. Ducretet et Lejeune, 75, rue Claude-Bernard, à Paris, ont construit un four pour faibles intensités. — 2° Pour une même consommation, l’intensité lumineuse produite par le gaz acétylène est 15 fois plus considérable. — 3° Le carbure de calcium est produit dans un four électrique par un mélange de chaux vive et de charbon en poudre ; la dolomie ne peut être employée.
- M. E. Lancesseur, à Rouen. — Il n’y a pas d’ouvrage spécial ; mais un chimiste peut expérimenter les vernis existants et les modifier pour atteindre le résultat cherché.
- M. le DT Armaignac, à Bordeaux. — Vous trouverez des tubes de Crookes chez M. Seguy, 53, rue Monsieur-le-Prince ; chez M. V. Chabaud, successeur d’Alvergniat, 10, rue de la Sorbonne; chez MM. Ducretet et Lejeune, 75, rue Claude-Bernard, et au Comptoir général de photographie, à Paris.
- MM. Vorwcrk et Cie, à Barmen. — Pour la photographie des couleurs, dont il a été question dans le n°1172, du 16 novembre 1895, p. 394, adressez-vous à MM. Borda, 546, rue Saint-Honoré, à Paris.
- M. X., à Paris. — Vous nous demandez les prix de revient relatifs de l’éclairage à gaz à bec ordinaire, à bec Auer, ou à la lumière électrique à incandescence. Nous pouvons vous donner les renseignements suivants : Pour obtenir une intensité lumineuse de 10 bougies pendant une heure, il faut compter une dépense de 100 litres de gaz à 0'r,30 le mètre cube, soit 0fr,03. Le bec Auer nous procurera, tous frais comptés, une économie qui atteindra à peine 25 pour 100 ; c’est le chiffre que nous avons trouvé dans plusieurs essais pratiques. La dépense avec le bec Auer, dans le cas considéré, sera donc de 0fr,0225. Pour l’éclairage électrique à incandescence, il faut compter des dépenses de 2,5 à 3,5 watts par bougie; prenons une moyenne de 3 watts. Pour 10 bougies pendant une heure, la dépense sera de 30 watts-heure. Le prix de revient sera donc de 0f‘,035, au prix moyen de 0fr,ll l’hectowatt-heure. En considérant donc trois sources lumineuses brûlant pendant le même temps à la même intensité lumineuse, l’éclairage électrique semble coûter plus cher que le gaz et le bec Auer. Mais il faut considérer également les conditions pratiques. La lampe à incandescence se prête à des allumages et extinctions aisés et rapides; le gaz et le bec Auer ne peuvent être éteints et rallumés aussitôt. Il en résulte que dans une journée ces becs brûlent un certain nombre d’heures, mais ne sont réellement utiles que pendant quelques heures. La lampe à incandescence au contraire peut n’ètre allumée que pendant les heures d’utilisation.
- M. Dubois, à Paris. — Le moteur est évidemment la partie la plus importante et la plus essentielle de la voiture ; il faut avoir un modèle de moteur complètement défini et construit avant de faire une automobile.
- M. Laurent, à Lyon. — Ce tramway est actuellement en construction et fonctionnera dans quelques semaines.
- M. Lerant, à Arras. — On a déjà fait de nombreux essais sur ce mode d’utilisation du vent; mais les résultats n’ont pas toujours été très heureux.
- M.Duarte Ferreira, Puito Basto (Portugal).— Voici l’adresse du journal dont vous nous parlez ; écrivez à la librairie Dunodet Vicq, 49, quai des Grands-Augustins, Paris. Il faut que nous fassions des recherches pour répondre à votre deuxième question
- M. A. Paris, à Boraeaux-Bastide. — Nous avons reçu votre lettre et votre carafe à couvercle; nous la ferons connaître à nos lecteurs.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. A. Coudray, à Montoison. Nous n avons pas d’autres renseignements que ceux contenus dans notre article: adressez-vous directement aux fabricants. — M. H. Olom, à Pontoise. Nous ne connaissons pas de traités de ce genre. — M. Dion, à Brest. Il est nécessaire de faire à ce sujet une série d’expériences suivies, en ayant soin d’effectuer des mesures très précises. — L’abonné na C 12, à Paris. Vous trouverez une recette pour détruire les courtilières dans le petit livre des Recettes et procédés utiles, lr“ série (G. Masson, éditeur). — M. G. L. C., à Paris. Nous avons indiqué une recette dans le même petit livre que ci-dessus, 2a série, à la même librairie. — M. D. V.. à Paris. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Dressé à l’Observatoire de Paris, d’après les publications du Bureau des longitudes
- AVRIL-MAI-JUIN 1896. — POSITION DES PRINCIPALES PLANÈTES.
- PRINCIPAUX PHENOMENES ASTRONOMIQUES
- 1896. Satellites. Avril 2 1
- III
- Mai
- Juin
- 2
- 6
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- 10
- il
- 13
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- II
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- Satellites de Jupiter.
- ÉCLIPSES.
- Commencement. Fin.
- lih. 22m.34 s.
- 13 h. 18 m. 1 s. 7 h. 14m. 34s. 7 h. 46 m. 48 s.
- OCCULTATIONS.
- Immersion. Emersion. 7 h. 50 m.
- 11 h 15 m.
- 12 h. 36 m.
- 9 h. 44 m.
- ÉCLIPSES.
- OCCULTATIONS.
- 1896. Satellites. Commencement. Fin. Immersion.
- — 3 I 10 h. 12 m. 25 s.
- — 10 1 8 h. 53 m.
- — 13 III 8 li. 17 m. 47 s.
- — 19 I 8 h. 31m. 36s.
- — 20 III 8 h. 56 m.
- —' 20 II 9li. lm.49s.
- Occultations des Planètes et des Étoiles par la Lune, visibles à Paris.
- .11 s. 12h.48m. 9s. 11 h. 38 m. 1896. Nom de l’étoile. Grandeur. Immersion. Emersion.
- 9 h. 49 m. 50 s. Avril 7 Mars. — 22 li. 57 m, 5 23 li. 4 m, 0
- 9 h. 42m. 16s. — 19 A Gémeaux. 5 10 h. 24 m, 6 11 h. 16 m, 3
- 7h.52m. 6s. — 26 83 Vierge. 6 10 h. 5 m, 6 11 h. 14 m, 5
- 12h. 24m. 41 s. — 28 4 Scorpion. 6.7 15 h. 8 m; 1 15 h. 34 m, 6
- 11 li. 57 m. 44 s. 8 h. 5 m. — 30 6072 B.A.G. 6 12 h. 19 m, 3 13 h. 29 m, 1
- 42s. llh.52m. 4s. Mai 17 7 Ecrevisse. 6.7 9 h. 40 m, 7 9 h. 55 m, 0
- 9 h. 37 m. — 21 u Lion. 4.5 It h. 1 m, 8 12 h. 5 m» 7
- 9 h. 59 m. — 30 7049 B.A.C. 6.7 12 h. 59 m, 9 13 h. 19 m, 9
- 8 h. 2 m. 8 s. — 31 30 Capricorne. 5.6 Il h. 18 m, 3* 12 h. 15 m, 2
- 10 h. 51 m. Juin 3 14 Poissons. 6 13 h. 27 m, 9 14 h. 8 m, 0
- 11 h. 57 m. — 13 82 Gémeaux. 6.7 8 h. 27 m, 6 9 h. 17 ni, 5
- 9 h. 57 m. 34 s. — 14 Jupiter. — 10 h. 4 m, 5 10 h. 54 m, 5*
- 11 h. 25 m. — 17 76 Lion. 6.7 7 h. 59 m, 7 8 h. 36 m, 6
- 8 h. 52 m. — 21 4 Scorpion. 6.7 9 h. 8 m, 9 9 h. 48 m, 1
- 91i.26m.14s. — 24 6127 B.A.G. 5 12 h. 8 m, 5 13 h. 18 m, 4
- 10 h. 23 m. — 28 li Capricorne. 5.6 15 h. 43 m, 5 16 h. 54 m, 8
- 8h. 17 m. 18s. — 50 8094 B.A.C. 5.6 11 h. 2 m, 9 11 h. 50 m, 7
- 9 h. 7 m.
- 9 li. 40 m. . * L’astre est sous l'horizon.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- BIBLIOGRAPHIE
- Géométrie descriptive. Changements de plans de projections, rotations, trièdres, polyèdres, par A. Gouiixy, ingénieur des Arts et Manufactures, répétiteur à l’Ecole centrale. 1 vol. oetit in-8°de l'Encyclopédie scientifique des aide-mémoire, mbliée sous la direction de M. Léauté, membre de l’Institut, -•ans, Gauthier-Villars et fils et G. Masson, éditeurs. Prix : iroché 2fr,50, cartonné 3 francs.
- Calcul du temps de pose en photographie, par Henri Bour-sault, chimiste à la Compagnie des chemins de fer du Nord. 1 vol. petit in-8° de Y Encyclopédie scientifique des aide-mémoire, publiée sous la direction de M. Léauté, membre de l’Institut. Paris, Gauthier-Villars et fils et G. Masson, éditeurs. Prix : broché 2fr,50, cartonné 3 francs.
- Les monnaies des landgraves autrichiens de la Haute-Alsace, par Ernest Lehr, membre correspondant de la Société industrielle, l’un des auteurs de la Numismatique d’Alsace. 1 brochure in-8\ Nouvelle description entièrement refondue et considérablement augmentée. Supplément au bulletin de février 1896 de la Société industrielle de Mulhouse. En vente chez MM. Berger-Levrault et Cie, à Paris. 1896.
- La Cornoïde, par Alberto Sanchez. 1 brochure in-8\ San Salvador. Imprimerie Nationale. Amérique Centrale.
- Les derniers cadrans solaires du Perche, par le Comte de Moucheron. 1 brochure grand in-8°. Extraite de la Revue percheronne, décembre 1895.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 16 mars . . .. 6°,0 S. 2. Couvert. 0,0 Très nuageux ; gelée blanche ; halo à 15 h.; gouttes à 20 h.; atmosphère claire.
- Mardi 17 8°,0 S. S. W. 1. Couvert. 0,0 Très nuageux de 18 à 21 h. ; couvert av. et ap.; halo à 16 h.; un peu de pluie fine.
- Mercredi 18 8°,1 S. 2. Couvert. 0,0 Éclaircies de 10 à 13 h.; cour. av. et ap.; qq. fois des gouttes le mat.;pluie à part, de 21 h. 40; atmosph. claire
- Jeudi 19 8°,4 S. S. W. 2. Couvert. 9,8 Coüv. jusqu’à 20 h.; nuageux ensuite ; horizon brumeux.
- Vendredi 20 ... . 2°,8 S. 2. Couvert. 0,0 Couv. de 5 à 10 li.; puis nuag. jusqu’à 12 h.; beau le reste du temps ; gelée blanche ; brouillard jusq. 9 h.
- âàmedi 21 4°,8 S. 2. Peu nuageux. 0,0 Nuag. jusq. 7 h., et de 12 à 18 h.; beau le reste du temps ; gelée blanche ; atmosph. claire.
- Dimanche 22 ... . 6°,1 Calme. Quelques nuages. 0,0 Nuag. de 14 à 18 h.; beau le reste du temps; gelée blanche; brum. le mat.; atmosph. très claire à 16 h.
- MARS 1896 --- SEMAINE DU LUNDI 16 AU DIMANCHE 22 MARS
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Un orage en (tresse. — M. F. Tardy publie dans un Bulletin de la Société météorologique de France des renseignements très complets et très intéressants sur l'orage survenu eu Bresse le 24 décembre 1895 dans la soirée. Cet orage a été très violent et a été accompagné de tonnerre et de grêle. Dès 4 heures et demie, on apercevait des éclairs : à 5 heures et demie, à Bourg, on commençait à entendre le tonnerre, qui se répéta aussi fort et aussi fréquent que dans les gros orages d’été, jusqu'à 7 heures et demie. Pendant ces deux heures, il est tombé 16"“ d’eau, mais la plus grande partie de cette eau est tombée en moins d’une demi-heure en rafales, accompagnées de quelques grêlons ayant la grosseur de très gros pois et même de noisettes sur quelques points. Vers 7 heures et demie, l’orage s’éloigne, le tonnerre cesse à Bourg, mais fait rage à Siman-dre, où il tombe 2S““ d’eau en trente minutes, avec de la grêle et des édairs très étendus. Vers 8 heures, ou entend un dernier coup et l’orage oA fini en ce point, mais se prolonge dans le sud toute la nuit. Le baromètre, qui était à 742““ le 22 au matin, baissait lentement et régulièrement; il ne marquait plus que 754““ le 24 au matin. Au moment de l’orage, il était descendu à 730*“ et, dès 8 heures du soir, il remontait et marquait dqjà 732"", hauteur à laquelle il était encore vers minuit. Le 25 au matin, il marquait 735"", puis if est remonté régulièrement jusqu’au 28 au soir,
- marquant alors 752"". I/orage a duré de la tombée de la nuit jusqu’à 10 heures du soir à Nantua. A Thioles, commune de Simandre (Ain), on a vu des éclairs dès 4 heures du soir, ils étaient sur la Bresse; à 5 heures et demie, ils étaient sur le mont Nivigne, le sommet le plus élevé de la première chaîne du Jura appelée Revermont; de 7 à 8 heures, ils étaient sur Simandre et sur la vallée du Surau, puis ils descendirent au sud et à minuit ils étaient dans la direction du sud vers le Pont-d’Ain. Le 25, vers 2 heures du matin, on voyait encore des éclairs lointains du côté du Dauphiné. A Thioles, cet orage a versé 2j™“ d’eau, accompagnée de grésil qui a blanchi le sol Du côté d’Ambronav, il y a eu une grêle abondante, avec de gros’grêlons, quelques-uns comme des œufs de poule. On cite quelques points où la foudre est tombée, elle a même mis le feu en quelques endroits.
- En terminant sa Notice, M. F. Tardy rappelle que les orages à la Noël sont rares. Il en a déjà noté un eu 1880; il avait tonné le 24 décembre, et il était tombé en même temps un peu de grêle. Cet orage a traversé tout le département de l’Ain et Lyon. Le tonnerre est tombé pendant cet orage à Cras et y a tué une femme.
- Les anciens mentionnent l’orage de 1822, qui eut lieu pendant la messe de miuuit et, à la sortie de la messe, la place devant l’église Notre-Dame de Bourg était absolument pleine d’eau. On cite encore, dans la région, un autre orage qui serait survenu à la même époque, il y a environ cinquante ans.
- PHASES DE LA LUNE : P. 0. le 22, à 0 h. 6 m. du soir.
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- Les lettres et communications relatives à la rédaction de « La Nature » et de son a Supplément »,
- « Boîte aux lettres », etc-, doivent être adressées à M. Gaston Tissandier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVICE DU JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES A LA LIBRAIRIE G. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Traitement des brûlures. — J’ai donné déjà bien des recettes de pansements pour les brûlures de tous genres et de tous degrés, les unes excellentes, les autres bonnes, quand on n’a rien de mieux sous la main. Elles doivent, les unes et les autres, céder le pas à une méthode de pansement utilisée depuis quelque temps et qui a sur les autres une supériorité incontestable. C’est l’emploi d’un corps bien connu, surtout utilisé par les histologistes, comme colorant, et qui entre en rand, à l’état de sel de combinaison, dans la préparation es plus redoutables explosifs : c’est l’acide picrique. Le Dr Thiérv, qui a eu le premier l’idée d’utiliser cet agent, n’emploie plus d’autre pansement pour n’importe quel genre de brûlure. L’acide picrique a en effet des avantages marqués sur toutes les autres méthodes : c’est un antiseptique énergique, qui n’est pas caustique, comme on pourrait le croire, et qui n’est pas toxique, employé en compresses, bains, ou même en poudre directement sur les plaies. Je n’irai pas combattre les ignorants qui, à l’annonce de ce mode de pansement, ont frémi d’horreur et reculé d’effroi. Mais c’est un explosif des plus dangereux! Apprenez un peu la chimie, bonnes gens, le picrate de potasse ou mieux les picrates, oui, mais l’acide picrique, pas du tout. L’effet le plus remarquable est l’analgésie rapide de la plaie. Tout le monde sait, par expérience, la cuisson pénible provoquée par une brûlure légère du bout du doigt : ces brûlures superîicielles du premier degré sont, sinon les plus graves, du moins les plus douloureuses, et quand elles atteignent une surface étendue du tégument, le supplice est horrible. Eh bien, l’acide picrique appliqué sur ces larges foyers enflammés et couverts de phlyctènes, amène en quelques instants une détente et une disparition complète de la douleur. Enfin il est un autre avantage de l’acide picrique, c’est qu’il favorise, plus que tout autre corps, la cicatrisation de la plaie, par la kératinisation des tissus, c’est-à-dire la formation d’une couche épidermique. Ses inconvénients? Il en a, c’est incontestable, mais combien légers, en présence de ses avantages. 11 colore en jaune les tissus et d’une façon pénétrante, tenace. Vous penserez à juste titre qu’un blessé se souciera médiocrement d’être teint en citron ; quant aux aides chargés d’appliquer ces pansements, ils s’en garantiront au moyen de gants de caoutchouc. Les draps, les alèzes, les pièces de vêtement, de tissu végétal, rie restent pas tachés ; la coloration jaune disparaît à la lessive. Il faut se servir d’une solution saturée d’acide picrique. 11 est facile de la préparer en jetant dans un litre d’eau bouillante 10 à 15 grammes d’acide picrique; laissez refroidir et décantez. La solution sera prête à être employée en compresses, en bains locaux. Dans les grandes brûlures, un malade pourra être immergé, tel quel, sans enlever les parties de vêtements, plus ou moins adhérentes, dans un grand bain de cette solution; les douleurs s’atténueront au point de permettre le nettoyage et le déshabillage avant un pansement définitif. Pour les brûlures légères, on place une compresse de gaze imbibée
- de cette solution saturée, on recouvre d’ouate hydrophile de façon à absorber l’eau, car c’est surtout comme pansement sec qu’agit cet acide, et vous ne touchez plus à la plaie avant deux ou trois jours. Economie de pansement, apaisement rapide de la douleur, cicatrisation plus hâtive et plus facile qu’avec tout autre agent, tels sont les avantages de la méthode imaginée par le Dr Thiéry et qui doit naturellement prendre le pas sur toute autre. Dr X...
- INFORMATIONS
- —M Henri Burguières; qui habite, au bord du lac de Côme, le magnifique domaine de ViIIa-Capouana, près de Varenne, est vice-président de la Société lombarde pour la protection du poisson. Il a été chargé, il y a quelques années, par le Ministre de l’Agriculture, d’introduire dans le lac de Côme un excellent poisson du lac de Constance, le Corégonus Schinzii (Weissfelchen). M. Burguières a. installé dans sa propriété un établissement de pisciculture très complet et il a pu faire éclore des quantités considérables d’œufs de ce Salmonidé. Lopération paraît avoir très bien réussi, car de nombreux exemplaires de ce poisson ont déjà été capturés par les pêcheurs du lac de Côme. Des reproducteurs ont été repris, des fécondations artificielles opérées, et sur les produits de cette dernière campagne, M. Burguières a pu envoyer, récemment, à l’Aquarium du Trocadéro, 30000 œufs de Corégonus Schinzii. Parvenus en très bon état, ils sont actuellement en voie d’éclosion dans le laboratoire de cet établissement.
- —@— Pour éviter les actions électrolytiques sur les conducteurs enfouis dans le sol, M. J. Farnham propose le procédé suivant, applicable aux tramways à trolley. Isoler là dynamo génératrice du sol, et relier son pôle négatif à un conducteur isolé suivant .la voie ; ce conducteur sera relié aux rails à des intervalles de 60 mètres environ, par d’autres conducteurs de pins faible section. L'originalité du système, d’après la Revue industrielle, consiste en ceci : les résistances de ces derniers conducteurs croissent à mesure que l’on se rapproche de la dynamo, de telle sorte que la résistance entre la dynamo et un point quelconque des rails est indépendante de la position de ce point; on réduit ainsi considérablement, si l’on n’annule pas la différence de potentiel entre les extrémités des rails, seule cause des dérivations qui produisent les effets électrolytiquès.
- —®— La Chambre de commerce de Paris, qui réclamait depuis de longues années la création d’un port sur la Seine dans la banlieue amont de Paris, vient d’obtenir satisfaction. En effet, les études préparatoires entreprises par le service de la navigation sont actuellement terminées. Le nouveau port va être construit à Ivry, en amont du pont de Conllans. La Chambre de commerce de Paris, qui désire doter ce port de tous les perfectionnements modernes pour éviter toute perle de temps dans le chargement et le déchargement des péniches, a demandé au ministre des Travaux publics ta concession de l’outillage de ce nouveau port appelé à un très grand développement.
- —Une importante transmission de force motrice, d’environ 3400 chevaux, doit prochainement être effectuée au Mexique à une distance de 60 kilomètres, de Tenancingo à Mexico. La force motrice sera empruntée à deux chutes d’eau à Tenancingo. La distribution sera faite en courants polyphasés à.12 000 volts. On comptera des moteurs pour une puissance de 2000 chevaux, ainsi que l’éclairage de la ville de Mexico. Tous les travaux seront exécutés par la maison Siemens et Halske, de Berlin, qui vient d’être déclarée concessionnaire.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Mt/euf sc.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les accumulateurs portatifs sont fabriqués par la Société des accumulateurs légers, 49, rue des Archives, à Paris.
- Communications. — M. H. de Baucourt, à Nancy, nous envoie l’épreuve photographique d’une carpe qu’il a obtenue à l’aide des rayons X avec M. Herbellat, du lycée de Nancy. On distingue très nettement toutes les parties osseuses intérieures et notamment le tube digestif.
- Renseignements. — M. P. A.,k Joigny. — Il n’existe pas de vitres telles que vous les demandez; elles n’effectueraient pas, du reste, une ventilation aussi complète et aussi efficace que les vitres parallèles à ouverture de circulation d’air dont il est question dans le n° 1118, du 3 novembre 1894, p. 363.
- M. Ferrer, à Barcelone. — 1° L’adresse de ce constructeur est donnée en tête de la Boîte aux lettres du numéro même qui contient la description de ces tuyaux. — 2° Un litre de gaz acétylène pèse 1*%165 à la température de 0°.
- M. A. Lacroix, à Boulogne-sur-Mer. — Votre remarque est très juste; on a déjà pensé à fabriquer des tubes en aluminium; mais c’est une construction difficile à entreprendre.
- M. Dauchin, à Beauvais. — Il faut demander ce produit chez des marchands de produits chimiques : MM. Poulenc frères, 92, rue Vieille-du-Temple ; M. Paul Rousseau, 16, rue des Fossés-Saint-Jacques, à Paris.
- M. A. de M., à Londres. — Chauffe-bains : M. F. Besnard, 28, rue Geoffrov-l’Asnier; M. Delaroche, 22, rue Bertrand, et M. Porcher E., 52, rue d’Hauteville, à Paris.
- L'abonné H. M., à Paris. — 1° La description complète de ce système de tramway a été donnée dans un Bulletin de la Société des ingénieurs civils en 1895; adressez-vous au secrétariat, 10, cité Rougemont. — 2° Consultez Les débuts d’un amateur photographe, par M. Ducom, à la librairie Carré.
- M. A. Dulen, à P. — Vous aurez cette adresse au siège de la Société d’encouragement, 44, rue de Rennes, à Paris.
- M. B. K., à Gand-Rabot. — Il n’y a pas d’ouvrage spécial; mais il est question de cette fabrication dans le manuel Roret Papetier et Régleur, de MM. J. Fontenelle et Poisson; il traite des industries annexes, encres, cirages, etc.
- M. G. Larousse, à Paris. — Voyez les renseignements donnés en tête de la Boîte aux lettres du n° 1160, du 24 août 1895.
- M. Duarte Ferreira Pinto Basto, à Aveiro (Portugal). — 1° Crayons à matières vitrifiables : MM. Baignol et Farjon, 99, boulevard Sébastopol; M. J. Faber, 9, rue du Faubourg-Saint-Denis, à Paris. — 2° Couleurs céramo-peinture : M. L. Berville, 25, rue de la Chaussée-d’Antin ; MM. Blanzy, Poure et Cie, 107, boulevard Sébastopol, à Paris.
- M. L. D., à Angoulême. — Nous pouvons vous indiquer l’ouvrage suivant sur la meunerie et installations de minoterie ; Là meunerie, la boulangerie, la biscuiterie et les autres industries agricoles alimentaires, par M. Touaillon, à la Librairie agricole de la Maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris. Vous pourriez aussi consulter le catalogue de la Bibliothèque de l'enseignement agricole publiée sous la direction de M. A. Müntz, à la librairie Firmin-Didot, 56, rue Jacob, à Paris.
- M. Dubergier, à Lille. — Il ne vous est pas possible de charger votre batterie de 60 accumulateurs avec votre dynamo donnant 110 volts et l’intensité de charge 65 ampères, fl est nécessaire d’avoir une dynamo pouvant fournir au maximum 150 ou 160 volts, ou mieux une dynamo auxiliaire donnant 50 volts et 65 ampères. Pour la charge des accumulateurs, cette dernière dynamo, qui porte le nom de Survolteur, sera montée en tension avec la première. Nous pensons que cette dernière solution est celle qui vous convient de préférence.
- M. D. F., à Lyon. — Vous nous demandez des renseigne-
- ments sur les montages des diverses piles étalons dans les laboratoires. Nous ne pouvons vous donner ici toutes les explications nécessaires; mais vous les trouverez, notamment celles qui concernent la pile Clark, l’étalon du Post-Office, l’étalon de M. Fleming, la pile de MM. Baille et Férv, l’étalon Gouv, dans les Recettes de l’électricien, par M. E. Hospitalier, à la librairie G. Masson.
- M. G. S., à Lille. — Les machines à vapeur verticales et à grande vitesse, avec ou sans condensation, consomment environ
- 10 à 12 kilogrammes de vapeur par cheval-heure.
- M. E. Duval, à Saint-Jouin. — Renseignez-vous pour ces divers objets à la Compagnie française du celluloïd, 11, rue Bailly, à Paris.
- M. G. Midoc, à Reims. — La Note que nous avons publiée contient tous les renseignements qui nous ont été envoyés à ce sujet.
- M. E. S., à Bruges. — 1° Voyez toutes les données que nous avons fait connaître dans les Recettes et procédés utiles, 2° série, pour construire soi-même une machine dvnamo-élec-trique. — 2° Vous trouverez ces appareils chez MÜ Radiguet, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris. — 3° Il ne faut pas essayer de construire une dynamo d’une puissance inférieure à 100 ou 150 watts ; dans ce cas, une machine de 1/5 de cheval pourra suffire.
- MM. Ch. Lechler et fils, à Feuerbach. — Pour ce qui concerne la peinture au goudron dont il est question dans le n° 1190, du 21 mars 1896, p. 255, il faut vous adresser au Journal des usines à gaz, dont le directeur est M. Ph. Dela-haye, 65, rue de Provence, à Paris.
- M. le Dr B., à Rouen. — 1° Renseignez-vous au journal indiqué ci-dessus. — 2° Ces nouveaux chauffe-bains ont été présentés à la Société d’encouragement, 44, rue de Rennes, à Paris.
- M. G. Gomes Barbosa, à Paredos de Coura (Portugal). — Il suffit, pour dépouiller le linge du savon dont il est imbibé, de bien le laisser dans l’eau en l’agitant, le retirer, le tordre, et le relaver dans une eau claire et pure jusqu’à ce que le savon ait disparu.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. G. M., à Paris.
- 11 est absolument nécessaire de faire l’analyse chimique de ce charbon pour connaître exactement sa composition. — M. Dubois, à Bordeaux. Nous ne pouvons nous occuper de dresser des devis; adressez-vous à un architecte. — M. Géraud, à Tarbes. Cette construction présente certaines difficultés; il serait préférable d’acheter l’objet tout préparé. — M. Cheneveau, à Marseille. Il nous semblé que l’appareil dont vous parlez ne pourra fonctionner que si la vitesse angulaire de l’arbre est considérablement réduite. — M. Collot, à Paris. Nous avons déjà publié des photographies semblables. Remerciements. — M. Lermitte, à Laon. Essayez l’expérience en ayant soin de faire de bons contacts, et vous réussirez. — M. L. Le Blanc, à Marseille; M. Richard, à Arras; M. Martin, à Alençon; M. Vérand, à Lille. Voyez les Recettes et procédés utiles, lr* série, (G. Masson, éditeur). — M. A. R., à Verneuil. Consultez les Recettes et procédés utiles, 2e série, à la même librairie que ci-dessus. — M. Guëto, à Doîïa Mencia. Regrets de ne pouvoir vous renseigner. — M. Dumond, à Lille ; M. Benoist, à Nancy. Remerciements pour vos communications.
- COURS ET CONFÉRENCES
- Bibliothèque Forney (bibliothèque municipale professionnelle d’art et d’industrie). — Conférences publiques et gratuites 1896. — Ces conférences, instituées par la Commission de surveillance de la Bibliothèque Forney, seront faites au siège de cette Bibliothèque, rue Titon, 12, près la rue de Montreuil (XIe arrondissement), aux jours et heures indiqués ci-après. — Jeudi 2 avril, à 8 heures et demie du soir. La photographie des couleurs, par M. Léon Vidal, professeur à l’Ecole nationale des arts décoratifs. Projections par M. Molteni et expériences diverses à l’appui des faits exposés. — Jeudi 9 avril, à 8 heures et demie au soir. L’art et l'industrieT par M. Bigeon, professeur suppléant des collèges et lycées. Projections par M. Molteni. — Jeudi 16 avril, à 8 heures et demie du soir. L'industrie dans les régions boréales, par M. le Dr La Bonne, chargé de missions scientifiques. Projections. — Jeudi 23 avril, à 8 heures et demie du soir. L’éventail, par M. Ostolle, artiste-peintre. — Jeudi 30 avril, à 8 heures et demie du soir. La construction dans les hautes régions, par M. le Dr Maurice de Thierrv, attaché à l’Observatoire Janssen du sommet du mont Blanc. Projections par M. Molteni. —Jeudi 7 mai à 8 heures et demie du soir. Le style dans les arts décoratifs, par M. Roger-Milès. Projections par M. Molteni.
- Dans la « Boite aux lettres » la kédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renr
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison*
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INVENTIONS1
- Peigne spirale. — Composé de trois tiges recourbées, comme le montre la figure ci-dessous, ce peigne est d’une douceur sans égale pour les dames qui en font emploi; il emmagasine parfaitement les pellicules et poussières que l’on a dans les cheveux et le nettoyage du peigne est très rapide et parfait. Il est également d’une très bonne fabrication, ce qui lui
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- Peigne spirale. — 1. Ensemble du peigne.
- 2. Disposition des dents du peigne. — 3. Mode d’emploi.
- assure beaucoup de durée. Le n° 1 de notre figure montre l’ensemble du peigne, le n° 2 donne la disposition des tiges recourbées qui constituent les dents du peigne. Le n° 3 montre le mode d’emploi, qui est le même que celui de tous les peignes. — Le peigne à spirale se trouve chez M. J. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, Paris.
- Un tire-bouchon sans défaut. — Nous allons encore mentionner une précieuse trouvaille, le dernier tire:bouchon. De celui-ci, croyons-nous, ôn pourra dire que ce n’est pas seulement un tire-bouchon de plus, mais qu’il offre divers avantages. Le bouchage mécanique des bouteilles comprime si fortement les bouchons à présent, que le débouchage ne peut plus guère s’opérer qu’avec des systèmes de leviers très puissants. U en est plusieurs, couramment usités, qui remplacent la force du poignet pour l’extraction par un engrenage que l’on
- Un bon tire-bouchon. — N* 1. La pince. — N* 2. Mode d’emploi.
- N° 3. La pince fermée.
- fait fonctionner sans peine. Mais, si la vis se trouve faussée, uelque peu seulement, ou si la main lui fait subir la moindre éviation, le goulot de la bouteille se casse, et il faut en tamiser le contenu, afin de n’ètre pas exposé à avaler quelques menus débris de verre, ce qui devient très dangereux. Il importait donc d’éviter absolument toute déviation de la vis en débouchant. C’est un des grands avantages du tire-bouchon dont nous donnons la figure. En outre le débouchage se pratique, avec ce nouveau modèle, bien plus aisément, car on n’a qu’à tourner toujours pour que la vis pénètre dans le bouchon à une profondeur déterminée et ensuite remonte d’elle-mème et entraîne aussitôt le bouchon au dehors sans interruption ni secousse. De plus le goulot, quelles qu’en soient la forme et la grosseur, se trouve emboîté par deux parties de cercle formant tenailles. Tout cela est très simple et très pratique. Ce tire-bouchon se trouve à l’adresse du peigne spirale, décrit ci-dessus.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.'
- Rasoir de sécurité. — Le rasoir dont nous allons parler a du mérite. Il procure à celui qui s’en sert la satisfaction de se raser lui-même, quand il n’a pas la moindre notion de l’art de se raser. La besogne n’est pas plus difficile que celle de couper les feuillets d’un livre nouveau avec le couteau à papier. La fine lame du rasoir ne peut taillader l'épiderme de celui qui le fait agir, même dans un cas de distraction. On est forcément protégé contre tout accident, par une sorte de gaine
- Le rasoir de sûreté pour les débutants. — N” 1 et 2. Gaine placée sur lu lame et empêchant la possibilité d’uue coupure. — N° 3. Mode d’emploi.
- (voy. n09 1 et 2 de la figure ci-dessus) disposée de façon à ne laisser au rasoir que la possibilité de glisser sur vos joues, de les rendre douces et unies, comme à l'heureux temps où l’on n’avait pas encore le duvet de la seizième année. Cette gaine protectrice se place sur la lame (voy. n° 3) et se retire le plus facilement du monde. Il y a pour cela près du manche un petit bouton qui obéit à la pression voulue. Si bien que plus tard, quand on a fait son apprentissage avec cette gaine protectrice, on a appris à avoir une sûreté qui permet de se raser soi-même à lame libre. — Ce rasoir se trouve à la même adresse que le peigne spirale.
- BIBLIOGRAPHIE
- Stigmates biologiques et sociologiques de la criminalité, par le Dr J. Dallemagne, professeur de médecine légale à l’Université de Bruxelles. I vol. petit in-8° de VEncyclopédie scientifique des aide-mémoire publiée sous la direction de M. Léauté, membre de l’Institut. — Paris, G. Masson et Gauthier-Villars et fils, éditeurs. Prix : broché, 2 fr. 50; cartonné, 3 francs.
- Stigmates anatomiques de la criminalité, par le Dr J. Dallemagne. I vol. petit in-8° de Y Encyclopédie scientifique des aide-mémoire publiée sous la direction de M. Léauté, membre de l’Institut. — Paris, G. Masson et Gauthier-Villars et fils, éditeurs.
- Des soins à donner aux malades. Hygiène. Surveillance médicale, par A. Demmler, membre correspondant de la Société de chirurgie de Paris. 1 vol. petit in-8° de Y Encyclopédie scientifique des aide-mémoire publiée sous la direction de M. Léauté, membre de l’Institut. — Paris, G. Masson et Gauthier-Villars et fils, éditeurs.
- Xènophon. Extraits, avec notice, analyses, index et notes, par Victor Glachant, professeur au lycée Buffon. 1 vol. petit in-8° de la collection Lantoine. — Paris, G. Masson, éditeur.
- Sénèque. Extraits, avec une introduction, un index et des notes, par Jules Legrand, professeur au lycée Buffon. 4 vol. petit in-8° de la collection Lantoine. — Paris, G. Masson, éditeur.
- Cicéron. Extraits, avec une introduction, des analysés et des notes, par H. Lantoine, secrétaire de la Faculté des lettres de Paris. 1 vol. petit in-8° de la collection Lantoine. — Paris, G. Masson, éditeur.
- Bulletin de la Société astronomique de France et revue mensuelle d’astronomie, de météorologie et de physique du globe. 9e année, 4895. 4 vol. in-8° avec 440 figures. — Paris, au siège de la Société, Hôtel des Sociétés savantes, 4895.
- Astronomie astrophysique, géodésie, topographie et photo-grammélrie pratique avec méthodes d’observation et exemples numériques, par Gel ion Towne, membre de la Société
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- géographique de Paris. 2 vol. in-18 jésus. — Paris, librairie astronomique et géographique de E. Bertaux. Prix : brochés, 12 francs ; reliés, 15 francs.
- Guide du photographe amateur, par A. Granger, ex-préparateur du cours d’analyse chimique à la Faculté des sciences de Paris. 1 vol. in-8° delà Bibliothèque de chimie pratique. — Paris, Rueff et C1’, éditeurs, 1895.
- Madagascar. L'expédition au point de vue médical et hygiénique. U acclimatement et la colonisation, par le Dr Jean Lémure. 1 brochure in-8° avec une carte de Madagascar. — Paris, librairie J.-B. Baillière, 1896.
- Le climat de la Belgique en 1895, par A. Lancaster. 1 vol. in-18pl0o année, à Bruxelles.
- La reproduction des couleurs par la superposition des trois couleurs simples, du noir et du vernis, par Robert Stein-
- heil. 1 grand album in-4° avec 150 planches en chromo-typograjpliie, Berger-Levrault et C‘% libraires éditeurs. — Paris. Tirage sur papier émail, 80 francs. 1896.j
- Le nouveau palais du Parlement hongrois à Budapest. Étude par Henri Pucey, architecte. 1 brochure in-4°. Extrait du journal L'Architecture. — Paris, G. Delarue, éditeur, 1896.
- The San José scale : its occurences in ihe United States with a full account of its life history and the remedies to be used against it, by L. 0. Howard and C. L. Marlatt, 1 broch. in-8°. Washington, Government PrintingOffice, 1896.
- Das Tierreich. 1 broch. in-8° publiée par la Société zoologique allemande. Heliozoa, par le Dr Fritz Schaudinn, assistant à l’Institut zoologique de l’Université de Berlin. Imprimerie Friedlünder et fils, Berlin, 1896.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DB 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 23 mars . . . 5°,9 E. 0. Beau. 0,0 Beau le mat.; nuageux le s.; gelée blanche.
- Mardi 24 9°,0 E. N. E. 0. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 16 h.; nuageux ensuite.
- Mercredi 25 9°,1 S. S. E. 2. Très nuageux. 0,0 Très nuageux ; lialo ; gouttes à 22 h.
- Jeudi 26 8°,8 S. S. W. 4. Couvert. 0,0 Couvert le mat.; éclaircies le s.; plusieurs averses.
- Vendredi 27 . ... 8°,0 N. W. 4. Nuageux. 2,3 Nuageux; halo ; quelques averses av. 6 h.
- Samedi 28 2°,1 S. W. 2. Nuageux. 0fi Très nuageux; gelée blanche; halo; averses; grêle à
- Dimanche 29 ... . 3°,9 W. N. W. 3. Beau. 6,2 Très nuageux; gelée blanche; averses, avec grêle à 15 h.
- MAR» 1896 --- SEMAINE DD LUNDI 23 Aü DIMANCHE 29 MARS
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer) ; courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri , à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- Tremblements de terre. — Le 19 mars 1896, dans la matinée, de légères secousses de tremblement de terre, accompagnant un violent orage, ont été ressenties dans les communes de Villevêque, Pellouailles, Saint-Syl vain-le-l'lessis, dans le département de Maine-et-Loire. Au grand effroi des habitants, meubles et vitres ont tremblé et quelques lézardes se sont produites aux murs de certaines maisons.
- Le 14 mars, de fortes secousses de tremblement de terre ont été ressenties au Chili, notamment dans la ville de Santiago.
- lies crues du Khône. — Dans le commencement du mois de mars, le Rhône a suhi plusieurs crues très élevées. Le 12 mars 1896, à Beau-caire et à Roquemaure, il atteignait S mètres au-dessus de l’étiage. A Pont-Suint-Esprit, les quais et les quartiers qui les avoisinent sont restés pendant quelques jours sous l’eau.
- A la même date, à Givors, le Rhône a envahi plusieurs rues de la ville. La circulation n’a pu avoir lieu que par bateaux. Les dégâts ont été très importants.
- A Tarascon, le- Rhône est monté-à 4 mètres et demi au-dessus de l’étiage.
- l.es vents supérieurs. —M. Hauvel a fait une série d’études très intéressantes sur les vents supérieurs, et il a fait connaître à la Société météorologique de France les principaux résultats qu’il a obtenus comme suite à ses précédentes études sur la marée atmosphérique. Les amas d’air, immobilisés aux confins de l'atmosphère en regard du soleil, de la lune, et à l’opposé de ces astres, engendrent un vent général Est, dont la vitesse au-dessus dë ta zone équatoriale terrestre est très grande. Le courant se propage jusqu’au sol en prenant la vitesse de rotation diurne et en se resserrant jusqu’à la largeur d’une bande voisine de l’équateur. Les afflux d’air de compensation, jusqu’à 10 kilomètres environ au-dessus du sol, présentent certaines analogies avec les vents alizés. On déduit de l’examen des variations diurnes du baromètre dans les stations équatoriales que la base du segment d’ellipsoïde, séparé de la rotation diurne et opposé au soleil, se trouve à environ 75 kilomètres du sol. L’éclairage d’une petitè partie de là base de ce segment donne, pfar réflexion dans la haute'atmosphère et ensuite par réfraction, l’image appelée lumière zodiacale.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 29, à 5 h. 31 m. du matin.
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- Réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction de « La Nature » et de son « Supplément »,
- « Boîte aux lettres », etc-, doivent être adressées à M. Gaston Tissandier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVICE Dü JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES A LA LIBRAIRIE O. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- LA SEMAINE
- Le centenaire de la porcelaine à Limoges. — La
- ville de Limoges se prépare à célébrer cette année le Centenaire de l’introduction de la porcelaine dure en France. Les origines de cette grande industrie ne remontent en effet qu’à un siècle environ, et le moment a paru opportun, en un temps où l’on fête un peu partout des centenaires, pour montrer les progrès accomplis et le point de perfection aujourd’hui atteint par cet admirable produit de l’art industriel français. La Société Gav-Lussac, qui a eu l’initiative de l’idée, s'est entendue avec ïa ville de Limoges pour organiser en son nom ce centenaire. Elle ouvrira à cet effet, au l*r juillet prochain, une Exposition qui sera installée dans les locaux de l’Hôtel de Ville de Limoges. Cette Exposition est destinée, en principe, à retracer l’histoire de la fabrication depuis l’origine jusqu’à nos jours, à marquer les étapes parcourues et les perfectionnements réalisés dans le choix des matières premières, dans l’outillage, dans la cuisson, dans la forme et dans le décor des pièces. La porcelaine dure n’v figurera pas seule, et le Comité, pour en augmenter l’attrait, a décidé qu’une importante section, relative à la décoration architectonique, serait ouverte à tous les produits céramiques, grès, terres cuites, faïences, etc. Il n’est pas douteux que cette manifestation, qui intéresse l’art industriel français tout entier, n’obtienne un très vif succès. Nous savons que les grandes fabriques de Limoges s’y préparent activement et d’importantes maisons de céramique, françaises et étrangères, ont déjà fait parvenir leur adhésion pour leurs produits décoratifs. Nous aurons occasion de revenir sur ce sujet; ceux de nos lecteurs que la question intéresse plus particulièrement recevront d’ailleurs tous les renseignements désirables, en s’adressant à M. le Directeur de l’Exposition nu Centenaire, à l’Hôtel de Ville, à Limoges.
- INFORMATIONS
- —M. G. Faleonnier a obtenu une brique en verre souftlé; il a parlé de son origine, de sa fabrication, de sa fermeture à chaud, de ses formes, de sa pose, du montage en panneaux pour toitures arec joints imperméabilisés, puis il a traité des qualités isolatrices <ie cette brique contre le froid, la chaleur, le bruit et l’humidité ; il a cru pouvoir affirmer que les avantages de ces mur» de 6 centimètres d'épaisseur équivalent à ceux que présentent des murs de maçonnerie de 80 centimètres, tout en apportant la lumière dans F les locaux. On en fait des toitures, mais surtout des encadrements
- , et des remplissages. Si solide qu’il soit, le verre employé ne pour-
- j rait servir à construire entièrement une maison. D’ailleurs, cela ne
- ï serait pas à recommander au point de vue esthétique. Après avoir
- : indiqué sommairement les applications des briques en verre soufflé
- F dans l'habitation, M. Faleonnier a appuyé vivement auprès des ingé-
- l nieurs sur l’utilité de leur emploi dans toutes les circonstances où
- i des besoins d’isolation contre le froid et contre la chaleur se font
- | sentir.
- 1 —®— L’année dernière, à la suite d‘un travail exécuté à l’ob-
- servatoire du mont Hamilton, M. W. W. Campbell concluait que ta vapeur d’eau n’existe pas dans l’atmosphère de Mars. Ce résultat étant en opposition avec ceux de MM. Janssen, Huggins, Vogel, etc., ces deux derniers astronomes ont repris la question et maintiennent leur opinion antérieure. De son côté, M. Janssen a récemment donné des détails sur ses observations et indiqué les conditions qui lui paraissent les plus propres à assurer le succès de ces recherches : choisir des stations très élevées, une saison très froide, et étudier les raies de la vapeur d’eau qui, dans les circonstances où l’on se trouve placé, ne peuvent être produites par l’action de l’atmosphère terrestre; et si l’on est obligé de s’adresser à des groupes pour lesquels notre atmosphère intervienne, employer la Lune comme terme de comparaison.
- —©— Le gouvernement italien se propose de construire les bâtiments suivants : un contre-torpilleur du type Daring dont la vitesse ne sera pas inférieure à 28 nœuds, deux torpilleurs de haute mer d’au moins 24 nœuds, deux croiseurs du type Cnprera d’au moins 23 nœuds et un croiseur cuirassé de 8000 à 10 000 tonneaux de déplacement dont la vitesse sera d’au moins 22 nœuds. Les plans des trois torpilleurs doivent être terminés et l’on ne peut, par conséquent, tarder à commencer leur construction. On a décidé d’allonger les cales 3 et 4 à Castellamare, où vont être mis en chantier trois bâtiments. Deux de ces bâtiments seront construits sur les cales susdites et le troisième sur celle où se trouvait le Vettor-Pisani.
- —©— D’après les calculs d’un expert électricien de Berlin, le développement total des lignes télégraphiques du monde entier atteint actuellement un million sept cent un mille kilomètres. Si l’on compte que chaque ligne possède trois, quatre, cinq fils et quelquefois plus, on verra que notre globe est comme entouré d’un véritable réseau de plusieurs millions de kilomètres, soit environ vingt fois la distance de la Terre à la Lune. Cet immense réseau télégraphique est ainsi réparti : Amérique, 873 000 kilomètres; Europe, 009 000; Asie, 107 200; Afrique, 33 400; Australie, 70 000; et Océanie, 2400.
- —La direction des télégraphes allemands a fait une enquête sur l’influence exercée par les réseaux téléphoniques des villes sur l’électricité atmosphérique, en vue d’établir si les dangers de la foudre se trouvaient augmentés ou diminués du chef .de la présence des kilomètres de fils que comportent les réseaux téléphoniques actuels. D’après Das Weller, l’enquête a montré que la présence des fils téléphoniques tendait à affaiblir la violence du tonnerre et à diminuer les dangers de la foudre. Les relevés faits pour 340 villes pourvues d’un réseau téléphonique, d’une part, pour 560 non pourvues de réseau de ce genre, d’autre part, montrent que h; danger de dommages causés par la foudre variété la première catégorie à la seconde, dans la proportion de 1 à 4,6. La moyenne des coups de foudre par heure d’orage est d’ailleurs de 5 pour les villes sans téléphone et de 5 seulement pour celles pourvues d’un réseau téléphonique.
- —@— M. Henri Menier a récemment fait l’acquisition de l’ile d’Anticosti, à l’embouchure du Saint-Laurent. M. Menier se trouve unique propriétaire, moyennant 800 000 francs, de cette terre, grande une fois et demie comme la Corse, couverte d’une immense forêt et peuplée seulement de 300 habitants. Le nouveau propriétaire se rendra cet été, dans un de ses yachts, à Anticosti, où il compte installer des pêcheries, des homarderies et un élevage modèle de castors, dont la race est menacée d’extinction au Canada.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- M«.j£itf SC-
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour ce qui concerne le pendule électrique décrit dans le n° H 89, du 14 mars 1896, p. 230, il faut s’adresser à M. A. Anthoinoz, architecte à Thonon (Haute-Savoie). — Machine à calculer : M. P. Lauriol, 83, boulevard Saint-Michel, à Paris.
- Communications. — M. J. Vautier, à Sotteville-lès-Rouen, nons fait connaître un résultat curieux de travail industriel obtenu au dépôt des machines de la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest dans cette ville. On a pu faire un cordon de tournure d’acier de 78m,50 de longueur d’un seul morceau en diminuant un bandage d’une roue de tender. L’enroulement est uniforme et a 0m,U07 de largeur. L'épaisseur du métal est de 1 millimètre. Le travail a été fait sur un tour à roue actionné par une machine à vapeur.
- M. Arhard, à Paris, au sujet de la montre Oméga que nous avons décrite dans le n° 1187, du 29 février 1896, p. 202, nous écrit qu’il possède depuis dix ans une montre semblable qui a été construite par MM. Redard et fils, à Genève.
- M. P. Basilewsky, à Nice, nous informe qu’il a pu diminuer notablement la durée de pose dans les expériences avec les rayons X en prenant une plaque photographique, côté sensible en dessus, en plaçant dessus une feuille de papier enduite de platino-cyanure de baryum, de manière que les deux couches préparées se touchent. On enveloppe le tout dans deux ou trois feuilles de papier noir, et l’on place dessus les objets que l’on désire photographier. En opérant de la sorte, notre correspondant a obtenu avec un tube de Crookes et une bobine de 10 centimètres d’étincelles une image parfaite de menus objets, tels que chaîne de montre, lorgnon, crayon, etc., en trois minutes, une boîte de compas fermée en quatre minutes, et le squelette complet d’une main vivante en six minutes. On prépare facilement le papier au platino-cyanure en pulvérisant finement ce sel, en le délayant dans une solution de 10 pour 100 de gomme arabique et en badigeonnant aussi régulièrement que possible une feuille de papier à l’aide d’un pinceau.
- M. L. Ber eau, à Paris. — A propos de la demande qui nous a été adressée par M. Goffart, de Tanger, dans les Communications du n° 1190, du 21 mars 1896, nous écrit que, attaché au service municipal des plantations de la Ville de Paris, il a eu l’occasion de rencontrer souvent des nids de fourmis sur des arbres à des hauteurs de 30 mètres.
- Renseignements. — M. Ch. Staehling, à Riarritz. — Voyez l’article La Semaine, dans les Nouvelles scientifiques du n° 1187, du 29 février 1896. L’adresse que vous demandez est 40, rue des Mathurins, à Paris.
- MM. Bousseau, Olivier et Cie, à Paris. — Le concessionnaire actuel du phonotélémètre du capitaine Thouvenin est M. A. François, 96, rue du Faubourg-Saint-Martin, à Paris.
- M. Monnerat, àAngoulème. — 11 existe un grand nombre de polycopies qui peuvent vous donner toute satisfaction. Nous vous citerons entre autres : Société du Polycopie, 44, rue des Petites-Écuries; MM. Dagron et Cie, 74, rue Amelot, à Paris.
- M. A. Demeurdre, à Soignies. — Nous avons publié dans le n° 874, du 1er mars 1890, p. 203, un article de M. Ed. Lucas, ayant pour titre : Chinoiserie arithmétique ; un carré magique de cinquante-quatre siècles. Nous ne croyons pas qu’il ait paru à ce sujet un ouvrage spécial.
- M. A. E., à Liège. — Les fabricants de carton-pâte qui sert pour cartonniers, papetiers, etc., sont nombreux : Krantz frères, 52, rue de Flandre, à Paris; Lourdelet, Maricot et Cio, 165, rue du Vivier, à Aubervilliers (Seine), etc.
- M. X. S.,'d Tunis. — Il faut vous adresser à une agence de brevets : M. Armengaud aîné, 21, boulevard Poissonnière; M. E. Rarrault, 58 bis, rue de la Chaussée-d’Antin, à Paris.
- M. J. P., h Paris. — Le carcel vaut 10 bougies ; le carcel-heure vaut donc 10 bougies-heure.
- M. le Dr H. Taillefer, à Ghâteauneuf. — On ne peut dire que cette lampe soit encore très pratique ; il y a diverses précautions à prendre dans son emploi.
- M. Maydell Legraf, à Saint-Denis (île de la Réunion). —• 1° Nous n’avons pas de nouvelles à ce sujet. 2° Nous n’avons vu aucun appareil de ce genre. 3° Voyez les adresses de fabricants de carton-pâte données plus haut.
- M. J. Bolles, à Gôrz (Autriche). — Adressez-vous à M. Mol-teni, 44, rue du Château-d’Eau, à Paris.
- M. L. Bousseau, à Paris. —Les voitures automobiles Peugeot et Panhard et Levassor donnent toute satisfaction.
- M. A. Schelcher, à Paris. — Ces expériences doivent être faites avec du courant alternatif; mais il est facile de monter un moteur à courants continus pour actionner un petit alternateur produisant la puissance nécessaire.
- M. A. Wallon, à Vichy. — Il ne s’agit pas d’un ouvrage, mais d’un journal hebdomadaire, 8, rue François Ier, à Paris.
- M. H. Pironon, à Clermont-Ferrand. — 1° L’adresse demandée est 113, boulevard Sébastopol, à Paris. — 2° On compte en général 8 à 10 ampères-heure par kilogramme de plaque.
- M. Tournaire, à Nîmes. — Nous n’avons pas connaissance qu’un accident soit arrivé avec ce métal.
- M. A. Daniel, à Stains. — Adressez-vous à la librairie Gauthier-Villars, à Paris.
- M. G. A., h Clermont. — La librairie agricole de la Maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris, a publié à ce sujet divers traités, notamment Traité des constructions rurales, par M. Rouchard-Huzard, et Les bâtiments agricoles, par MM. Dumur et Cugnet.
- Accusés de réception. —Avis divers. — M. Hochet, à Paris. It serait nécessaire de faire des essais de laboratoire pour trouver la colle qui pourrait convenir. — M. A. Wunderlich, à Bruxelles. Pour vous répondre, il faudrait faire des recherches que nous ne pouvons entreprendre. — M. P. Paurée, à Paris. Nous ne savons pas quel est l’appareil dont vous voulez parler. —M. S. Vergnes, à Bordeaux. Nous ne connaissons pas cet appareil. — M. H. G., à Nîmes. Il ne nous est pas possible de répondre à toutes vos questions ; consultez des traités de chimie. — M. Handausch, à Batavia. Nous ne nous souvenons pas d’avoir reçu les photographies dont vous parlez. — M. E. Soye, à Bordeaux; M. A., à Albi. Nous avons donné précédemment quelques renseignements à ce sujet; remerciements. — M. le comte Pustoivski, à X. Il faut vous adresser directement au fabricant; nous ne pouvons intervenir dans ces questions. — M. A. Iiicco, à Catanc. Nous n’avons pas eu d’autres renseignements que ceux déjà publiés; l’adresse du constructeur nous est inconnue. — M. Maître, à Besançon. Nous n’avons pas d’adresse spéciale; l’auteur de l’article est mort dernièrement. — M. J. L., à Incarville. Des essais de laboratoire pourraient seuls vous fixer à ce sujet. — M. V. Bablon, à Paris. Remerciements; nous examinerons volontiers vos épreuves. — M. F. Berg, à Lyon. Il faut vous adresser aux grandes maisons de produits chimiques.
- — M. Hélie, à Niort; M. L. S. B., à Tongres; M. O. Chabert, à Paris. Voyez les Becettes et procédés utiles, 1™ série (G. Masson, éditeur). — M. A. J. B., à Paris. Cette recette est donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 3e série. — M. A. Delille, à Douai. Consultez le même petit livre, 4e série, à la même librairie que plus haut. — M. B., à Anvers. Vous pourriez essayer la peinture au mica [Recettes et procédés utiles, 4e série). — M. L. Pierron, à Besançon; M. E. Bibeaud, à Lucerne; M. C. Kina, à Marseille. Remerciements pour vos communications. — M. F. Witz, à Bisch-willer. Il nous est impossible de répondre à toutes vos questions.
- — M. L. Semel, à la Neuville-en-Hcz ; M. D. Gérard, à Bruxelles. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- COURS ET CONFÉRENCES
- Cours de géologie. — M. Stanislas Meunier, professeur, commencera ce cours le mardi 14 avril 1896, à 5 heures, dans l’amphithéâtre de la galerie de géologie, et le continuera les samedis et mardis suivants, à la même heure.
- Cours de pathologie comparée. — M. Chauveau, membre de l’Institut, professeur, ouvrira ce cours le mardi 21 avril 1896, à 2 heures un quart, au laboratoire de pathologie comparée, et le continuera les jeudis, samedis et mardis suivants, à la même heure.
- Cours de physique végétale. — M. Georges Ville, professeur. — M. Léon Maquenne, docteur ès sciences, professeur intérimaire, ouvrira ce cours le jeudi 16 avril 1896, à 11 heures, dans l’amphithéâtre de géologie, et le continuera le samedi et le jeudi de chaque semaine, à la même heure.
- Dans ta « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants gui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INTENTIONS1
- Encrier à clapet. — Nous avons reçu récemment un encrier à clapet qui nous paraît très pratique, parce que l’encrier ne fonctionne que lorsque la plume y est introduite; la surface de l’encre ne s’évapore pas, restant à l’abri, car le clapet se referme en s’abaissant quand la plume est retirée. Nous représentons l’aspect d’ensemble de cet encrier dans le n° 1 de
- notre gravure, où l’on voit la plume qui fait tourner le clapet autour de l'axe supérieur, sur lequel le clapet est monté. Le n° 2 donne la coupe de l’encrier. On y remarque la disposition de ce petit appareil. Le réservoir de cet encrier et le clapet mobile sont en verre. Le couvercle de l’encrier et la monture du clapet sont en métal. Le n° 2 montre le clapet quand l’encrier ne sert pas, le clapet vertical fermant l’entrée. L’encre ne peut avoir le contact de l’air ambiant et ne s’épaissit pas par évaporation. On voit dans la coupe que la surface de l’encre est au-dessous du clapet. La fermeture au-dessus de l'encre est formée par le couvercle métallique. Le clapet de verre se soulève très facilement sous la simple action du contact de la plume. — L’encrier à clapet se trouve chez M. P. Bertrand, 19, rue d’IIauteville, Paris.
- Le jeu du Golf. — 1° A l’aide d’agrafes en fil de fer (fig. 1) que-vous accrochez après une table, vous fixez la tresse (fig. 2) tout autour de la table et sur champ, c’est-à-dire verticalement et non à plat, et vous intercalez entre les agrafes les petits supports (fig. 5), afin de bien maintenir la tresse qui doit faire le tour de la table et qui a pour objet d’empêcher les billes de
- Le jeu du Golf. Jeu de société.
- tomber. — 2° Placer les 4 disques (fig. 4) percés d’un trou au centre, aux quatre coins de l’intérieur de l’enceinte du jeu (un disque à chaque coin) et à une distance de 15 à 25 centimètres de la tresse, suivant la grandeur de la table. — 5° Chaque joueur choisit un club (maillet) (fig. 6) et une bille de couleur correspondante (fig. 5). Si l’on est quatre joueurs, on forme deux camps. Si l’on est plus ou moins chacun joue pour son propre compte. — 4° Placez la petite rondelle de drap à l’une des extrémités de la table (fig. 7) et à égale distance des deux disques qui occupent cette extrémité ; cette petite rondelle est
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- le point de départ des joueurs. Après que l’on a tiré au sort l’ordre des joueurs, chacun à son tour doit s’efforcer de faire entrer sa bille dans les trous percés au centre des disques, et cela jusqu’à ce qu’il ait pris successivement tous les disques dans l’ordre qu’ils occupent sur la table. — 5° On ne joue qu’un coup à la fois, mais quand une bille est entrée dans un trou, son propriétaire peut l’en retirer et jouer de suite un nouveau coup, en partant de l’endroit situé entre le disque qu’il vient de quitter et la tresse voisine. — 6° Un joueur peut, si cela lui convient, envoyer sa bille sur une bille adverse ; s’il la touche, il a le droit avec son maillet de l’envoyer à l’extrémité de la table afin de retarder sa marche et a droit à jouer un nouveau coup. — 7° On n’a pas le droit dans un même coup de frapper plusieurs fois les billes adverses. — 8° Quand on joue à deux camps, si l’un des joueurs se trouve en avance sur son partenaire et veut prêter assistance à celui-ci, il doit le faire avant de prendre le dernier trou. — Si la table est recouverte d’un tapis, le résultat de ce jeu est meilleur. — Ce jeu de société est en vente chez M. Mathieu, 131, galerie de Valois, Palais-Royal, Paris.
- Les chrysanthèmes faits avec un morceau de bois. — Nous parlerons, et à titre de curiosité, de l’échantillon qui nous a été présenté, qui est un travail manuel nous paraissant présenter un certain intérêt artistique. Il consiste en trois chrysanthèmes en bois. Quinze minutes environ ont suffi à l’artiste pour confectionner chacune de ces fleurs d’un seul morceau au moyen d’un simple couteau de poche. Ces chrysanthèmes sont jaune, rose et blanc; un bain de teinture appro-
- Chrysanthèmes laits avec un morceau tic bois. — 1. Vue du bouquet. — 2. Chrysanthème (le bois vu par derrière; on voit ce qui reste du morceau de bois fixé sur une tige de 1er.
- prié a terminé l’opération. La reine-marguerite est également imitée par le même procédé. Montées en bouquets, avec un peu de verdure, ces fleurs, diversement nuancées, produisent un très curieux effet. Dans certains cas de décoration, elles sembleraient être préférables, par la rigidité de leurs pétales, aux fleurs en étoffe que l’humidité de l’air étiole assez facilement. — L’auleur de ces fleurs artificielles est M. Jeanty Dérogis, à Talais (Médoc).
- BIBLIOGRAPHIE
- Les radiations nouvelles. Les rayons X et la photographie à travers les corps opaques, par Ch.-Ed. Guillaume, docteur ès sciences, adjoint au Bureau international des poids et mesures. — Paris, Gauthier-Villars et fils, 1896.
- Reconstitution du vignoble, par L. Ravaz, directeur de la station viticole de Cognac. 1 vol. petit in-8° de Y Encyclopédie scientifique des aide-mémoire, publiée sous la direction de M. Léauté, membre de l’Institut. Paris, G. Masson et Gauthier-Villars et fils, éditeurs. Prix : broché, 2 fr. 50; cartonné, 3 francs.
- Répertoire des réactifs spéciaux, par Ferdinand Jean et G. Mercier. 1 vol. petit in-18. En vente chez les auteurs, 17, rue du Faubourg-Saint-Denis et 158, rue Saint-Jacques, à Paris. Prix : 2 francs. 1896.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Les mortiers d'hiver. — Pour l’exécution des maçonneries pendant l’hiver, on a préconisé l’emploi de l’eau chaude dans la fabrication du mortier ; on leur communique une dureté considérable, en mélangeant du ciment de Portland avec de l’acide chlorhydrique ou avec une solution saturée de soude. La compo-
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- sition la plus favorable, d'après M. Bernhofer, qui la préconise, est de 1 litre de ciment de Portland ou de chaux, 3 litres de sable de rivière et 2 litres d’eau contenant en dissolution un kilogramme de soude. La gelée paraît sans influence sur un mortier de ce genre. Mais l’acide chlorhydrique et la soude devaient faire songer tout naturellement au sel marin qui les contient sous une forme particulièrement économique et maniable. On n’y a pas manqué, on a fait des essais et ils ont donné aussi des résultats favorables qui sont à relater. C’est la Société des ingénieurs et architectes autrichiens qui y a procédé. De petits murs de 1 mètre de long, 2 mètres de haut et 30 centimètres d’épaisseur, ont été construits l’hiver dernier, en briques et moellons. Le mortier employé était à hase de chaux seule, de ciment romain, de ciment de Portland, d’un mélange de chaux et de ciment de Portland, ou enfin d’un mélange de chaux et de ciment de laitier. Dans chaque cas, on dosait deux tiers de sable et un tiers d’agglutinant. Les essais furent faits en employant, pour le gâchage, de l’eau à -f- 25° centigrades, ou de l’eau froide additionnée de 7 pour 100 de
- sel de cuisine. La température descendit pendant l’expérience à 16° au-dessous de zéro. Voici ce que l’on a constaté, en démolissant, au bout de six mois, les petites murettes. Le mortier de chaux, de ciment de laitier ou d’un mélange de ciment de Portland et de chaux, avait mal résisté. Le ciment romain, au contraire, s’était parfaitement comporté. Les mortiers préparés à l’eau chaude tout simplement avaient mieux résisté que les mortiers salés préparés à l’eau froide. Enfin, le mortier de Portland préparé à l’eau chaude avait donné les meilleurs résultats. M. Rabut, le savant ingénieur des Ponts et Chaussées, conseille, avec expériences pratiques à l’appui, la préparation du mortier avec le carbonate de soude anhydre dans la proportion de 1 kilogramme de carbonate par 10 litres d’eau mise dans des tonneaux à la disposition des maçons. Avec cet auxiliaire chimique, aisé à se procurer, l’hiver peut venir, aucun chantier n’interrompt son travail et les ouvriers comme les entrepreneurs s’en trouvent bien*.
- 1 D’après 1 e Journal des Travaux publics, 9 janvier 1896.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES BU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 30 mars . . . 3°,3 N. 2. Couvert. 1,1 Très nuageux de 11 à 17 h.; presq. couv. le reste du temps; halo, qq. averses avec grêle; gelée blanche.
- Mardi 31 3°,6 N. 3. Couvert. 1,8 Couvert; un peu de pluie à 5 h.; atmosph. très claire.
- Mercredi l,f avril. . 4°,0 Calme. Couvert. 0,0 Couvert jusqu’à 21 h.; puis nuageux; beau après 22 h.; pluie de 15 h. 1/4 à 18 li. 1/2.
- Jeudi 2 3°,0 N. N. W. 2. Couvert. 0,7 Couv. de 4 à 10 h. et de 14 à 20 h.; nuageux le reste du temps ; gelée blanche ; quelques averses.
- Vendredi 3 0°,3 N. 2. Presque couvert. 9,3 Beau jusqu’à 5 h.; couvert ou très nuageux ensuite; gouttes à 17 h. 1/4; atmosphère claire.
- Samedi 4 3°,5 N. N. W. 2. Peu nuageux. 0,0 Très nuageux; couvert après 18 h.; gelée blanche; gouttes à 22-23 h.
- Dimanche 5 5°, 7 N. E. 2. Couvert. 0,7 Couvert jusqu’à 9 h.; nuageux; beau apr. 17 h.; bruine forte de 4 à 6 h.
- MARS-AVRIL 1896 — SEMAINE Dü LUNDI 30 MARS AU DIMANCHE 5 AVRIL
- Vendredi
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Samedi
- Dimanche
- .MIDI ‘ S, VIN ii MIDI 6 MIN 6 MIDI 6i MIN 6-VMlDI• 6 MIN 6 MIDI 6 MIN 6 MIDI 6
- C MIDi 5 Mi N
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer)', courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- M cm ii nié des observations météorologiques faites au Parc Saint-Maur en mars fl SOS
- par M. E. Renou.
- Moyenne barométrique à midi, 735"“,95. Minimum 734"“,83 le 4 à 5 heures du matin. Maximum 766”“,86 le 10 à 8 heures du soir.
- Moyennes thermométriques : des minima 4° ,95; des maxima 13°,25; du mois 9°, 10; moyenne vraie des 24 heures 8°,61. Minimum —1®,2 le 14 à 6 heures du matin. Maximum 22°,6 le 24 à 2 h. 30 du soir. Il y a eu 2 jours. Je petite gelée à glace les 14 et 15 et 13 jours de gelée blanche.
- Tension moyenne de la vapeur 6““,39. Minimum 2““,9 le 26 à 2 heures du soir. Maximum 10”“,2 le 8 à midi. Humidité relative moyenne 76,8. Minimum 23 le 24, à 4 heures du soir. Maximum 100 en 5 jours.
- Pluie 48“”,2 en 43 heures, réparties en 17 jours; plus 3 jours de gomttes et jours où il est tombé un peu dé grêle. 1 seul jour de brouillard le 15, de 150 mètres d’abosd, qui a uni avant midi. Nébulosité moyenne 69. A part les jours du plus grand froid et de la plus grande chalei», le ciel a été couvert o>u très nuageux.
- Les vents ont soufflé presque uniquement du sud au nord-ouest. Le
- vent a été fort les 26 et 27 et du nord-ouest dominant. Eclairs le 3 à 8 heures du soir du côté du nord.
- Température moyenne de la Marne, le matin, 8°,71 ; l'après-midi, 9*,06) du mois, 8°,88. Elle A varié de 4°,42 le 1" à 12°,60 le 25. Sa trans-
- Earenoe, assez grande les premiers jours, est devenue très faible dès le 8.
- a Marne, basse au commencement du mois, a atteint sa plus grande hauteur le 18 à 3 heures et demie de l’après-midi, 5“,92.
- Relativement aux moyennes normales, le mois de mars 1896 présente les résultats suivants : Baromètre plus bas de 1““,68. Thermomètre plus haut de 2°,66. Tension de la vapeur plus forte de 1”,13. Humidité relative plus forte de 2. Pluie plus forte de 9“",7. Nébulosité plus forte de 12.
- Floraisons : 8, Arabis vernia. 10, Saule marceaux. 16, Mahonia, Crocus. 18, Abricotier. 20, Jonquille. 22, Thlaspi, Tulipe, Giroflée. 21, Groseillier à grappes, Brugnon, Anémone, Narcisse. 25, Pêcher plein vent, Merisier. 26, Glechonia. 27, Coucou, Ficaire, Groseillier à maquereaux, Prunier, Cerisier.
- Les 11 et 12, passage d’oiseaux que nous croyons être des Cigognes, se dirigeant entre l’est-nord-est et le nord-est.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 5, à 0 h. 34 m. du matin.
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- Réservé aux abonnés et .aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction de « La Nature » et de son « Supplément »,
- « Boîte aux lettres », etc-, doivent être adressées à M. Gaston Tissandier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVICE DU JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES A LA LIBRAIRIE G. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- LA. SEMAINE
- Nouvelle comète Perrine. — Le 13 février dernier, le professeur E. Lamp, de l’observatoire de Kiel, ayant fait une observation de la comète découverte en novembre par M. Perrine, astronome à l’observatoire Lick (mont Hamilton, Californie), en télégraphia les résultats à ce dernier, qui, le 16, expédiait à son tour à Kiel le télégramme suivant : « Comète Kiel du 13 février a été observée par Perrine et trouvée nouvelle. » Gomme M. Lamp ne pouvait douter que la comète observée par lui le 15 février ne fût identique à la comète Perrine de novembre, il conclut que l’annonce d’une nouvelle comète reposait sur une erreur. Toutefois, lorsqu’il voulut de nouveau observer la comète vue le 13, il constata avec étonnement qu’une seconde comète se trouvait dans les environs de la première. De sorte que M. Perrine avait bien réellement découvert une nouvelle comète (le 15). La nouvelle fut aussitôt télégraphiée à tous les observatoires, et bientôt de nombreuses observations du nouvel astre furent recueillies. Au début de ces observations, la nouvelle comète Perrine était brillante et très facile à voir dans une lunette de 5 centimètres d’ouverture, mais elle n’était pas visible à l’œil nu. Elle est sans queue, arrondie, de 2' de diamètre, et présente une condensation centrale et diffuse d’environ 20" d’étendue, qui ressort bien sur le reste de la nébulosité. Par instants, on a soupçonné un petit point stellaire au centre de cette condensation. Actuellement, la comète est faible et elle perd de son éclat de jour en jour. L’ancienne comète Perrine était, vers le milieu de février, comparable à une nébuleuse de la classe II et à peu près visible avec la même facilité qu’une étoile de 12° grandeur. Elle est arrondie, avec un diamètre de 50" environ ; au centre, qui est plus brillant, se trouve une condensation demi-diffuse, assez stellaire et qui se fond graduellement avec le reste de la nébulosité1.
- INFORMATIONS
- —®— Dans une des dernières séances de l’Académie de médecine, M. Laveran a analysé un travail de MM. Vincent et Burot sur le paludisme à Madagascar. Les auteurs concluaient qu’au point de vue clinique le paludisme et ses accès aigus ne diffèrent en rien de ce qu’ils ont vu dans les autres pays intertropicaux. Ils admettent l’action préventive de la quinine, et conseillent aux colons d’en prendre une dose d’au moins (br,30 et quelquefois jusqu’à 0er,50 et 0‘r,75 chaque jour où ils prévoient une fatigue; oü au moins deux fois par semaine. Pendant la dernière expédition, on donnait la quinine à la dose de 0‘r,10 à 0*r,20 les quatre premiers jours de la ^semaine : les résultats étaient faibles en raison de l’insuffisance de la dose.
- —$$— Depuis le commencement du mois de mars 1896, l’avenue •de la République et l’avenue Gambetta, à Paris, sont éclairées à la lumière électrique, à l’aide de 108 lampes à arc Eck qui ont été placées dans des candélabres semblables à ceux des boulevards. Ces
- L D’après Ciel et Terre. • -
- candélabres sont disposés sur des refuges au milieu de la chaussée à une distance moyenne de 40 mètres les uns des autres. La fourniture de l’énergie électrique est faite par la station centrale établie en dehors de Paris, à la porte de Romainville, et qui doit alimenter en même temps le tramway Claret-Vuilleumier à canalisation souterraine jusqu’à la place de la République. La différence de potentiel de distribution est de 500 volts ; les lampes à arc sont montées par 9 en tension. Le service du tramway électrique doit commencer prochainement.
- —La Revue scientifique nous apprend que M. A. Spencer, membre du Conseil du comité de Londres, en présence des nombreux accidents qui se sont produits en Angleterre depuis quelque temps par l’emploi de lampes à pétrole de mauvaise fabrication, abandonnées à des mains inhabiles, a rédigé une sorte de petit manuel en treize articles, indiquant les conditions que doivent remplir les lampes, et les précautions que doivent prendre ceux qui s’en servent. 11 conseille un récipient en métal, et condamne le verre et la faïence, comme étant fragiles ; et le récipient ne doit présenter aucun orifice par où le pétrole puisse s’écouler si la lampe est renversée. L’auteur ajoute qu’il ne faut pas remplir la lampe pendant que la mèche est enflammée. II conseille encore de ne jamais laisser brûler à petite flamme; les dangers d’explosion sont alors plus considérables qu’en cas de flamme normale. Pour éteindre, baisser la mèche, et souiller, non pas dans le verre, de haut en bas, mais en travers de l’orifice, perpendiculairement à l’axe du verre.
- —Notre confrère Engineering annonce qu’un projet de loi vient d’être déposé devant le Parlement danois pour l’adoption du système métrique de poids et mesures en Danemark. La commission nommée pour étudier la question est tout entière favorable à la proposition. Plusieurs grandes corporations commerciales ont d’ailleurs adressé des pétitions dans le même sens au Parlement. C’est un nouveau succès à enregistrer en faveur de notre système métrique.
- —$— A la fin du mois de mars 1896 est décédé M. J. Belle-ville à l’âge de soixante-treize ans. M. Belle ville est l’inventeur des chaudières multitubulaires qui ont pris aujourd’hui dans l’industrie fine si grande extension. Son invention, fruit d’une grande expérience, a rendu les plus utiles services. Dans ces dernières années surtout, où l’industrie a réclamé de grandes forces motrices, les chaudières Belleville, grâce au faible espace qu’elles occupaient, ont permis de résoudre bien souvent des problèmes difficiles.
- COURS ET CONFÉRENCES
- Muséum d’histoire naturelle
- Cours de physiologie végétale appliquée à Vagriculture. — M. P.-P. Dehérain, professeur, membre de l’Institut, a commencé ce cours le mardi 14 avril 1896, à 2 heures, dans l'amphithéâtre de la Galerie de Minéralogie, et le continuera jes samedis et mardis suivants, à la même heure.
- Cours de physique végétale. — M. Georges Ville, professeur. — M. Léon Maquenne, docteur ès sciences, professeur intérimaire, a ouvert ce cours le jeudi 16 avril 1896, à 11 heures, dans l’amphithéâtre de Géologie, et le continuera le samedi et le jeudi de chaque semaine, à la même heure.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Communications. — M. le I)v Azoulay, à Paris-Auteuil, nous adresse l’intéressante Note suivante au sujet de l’emploi économique de l’éclairage au gaz par manchons incandescents : « On couvre l’ouverture supérieure du verre de la lampe ou du bec, nous écrit notre correspondant, à l’aide d’une mince feuille de corps incombustibles et infusibles (aluminium, tôle, mica, cuivre, etc.), et cela aux trois quarts environ. On produit ainsi un filage de la flamme qui vient lécher la paroi interne du manchon sur une plus grande hauteur et, par suite, on obtient un éclairage plus grand avec une dépense de gaz moindre. L’avantage du filage ou de l’obturation partielle du verre de lampe est d’autant plus grand que le débit du gaz est plus faible. Quand le manchon est très incandescent, l’obturation atténue l’éclat. C’est donc dans l’éclairage en veilleuse que les résultats sont les meilleurs. L’économie peut être de moitié et même plus. Je ne pourrais pas garantir qu’il ne se forme,
- Ear combustion incomplète, des gaz quelque peu délétères. » e procédé que nous mentionnons nous paraît très intéressant; mais il serait absolument nécessaire de s’assurer que les gaz délétères dont il est question n’offriront aucun inconvénient.
- M. le Dr J. de Montmollin, à Neuchâtel, nous écrit la lettre suivante : « Me trouvant, il y a huit ans, sur les bords du Léman, je m’amusai à dépecer une Férâ. Frappé de la ressemblance de l’os hyoïde de ce poisson avec l’instrument de jet des Australiens, je le lançai d’une chiquenaude à 3 mètres de distance. L’os revint à mes pieds. Le boomerang en miniature existait donc avant l’apparition de l’homme sur la terre. Il n’a fallu qu’un hasard à l’Australien pour le découvrir et le copier dans des dimensions plus grandes. Il n’y a donc rien de nouveau sous le soleil. »
- M. Maurice Vincent, à Genève, nous fait connaître un intéressant procédé qu’il a appliqué pour la photographie stéréoscopique afin d’éviter de couper les photocopies et surtout les phototypes pour obtenir des diapositifs stéréoscopiques. Ce procédé n’est applicable que lorsqu’on peut faire deux poses successives. La chambre noire est montée sur une planchette fixée au pied et peut se déplacer sur cette planchette perpendiculairement à l’axe des objectifs. On place d’abord l’appareil sur la gauche de la planchette, puis on découvre l’objectif de droite. On fait ensuite mouvoir la chambre noire de 15 centimètres de gauche à droite, puis on découvre l’objet de gauche. La première vue prise sur la gauche et tirée avec l’objectif de droite se trouve sur la partie droite du cliché, tandis que la seconde vue prise sur la droite avec l’objectif gauche se trouve sur la partie gauche du cliché. Une fois le cliché retourné, c’est-à-dire vu du côté du verre, les deux vues sont à leur place. Au lieu de deux objectifs on peut ne se servir que d’un seul; dans ce cas, pour tirer la première vue de gauche on place l’objectif à droite. Ensuite on pousse la chambre noire à droite et on déplace la planchette d'objectif de 70 à 75 millimètres sur la gauche. On tire alors la seconde vue. La distance entre les axes des deux objectifs, ou le déplacement de la planchette d’objectif (suivant qu’on emploie deux objectifs ou bien un seul), représente la distance à laquelle les points semblables se trouveront sur le cliché et sur les épreuves. Cette distance doit être de 70 à 75 millimètres. Par contre on peut déplacer la chambre noire de plus de 15 centimètres, surtout lorsque les premiers lans ne sont pas très rapprochés. La distance à laquelle les eux vues auront été prises l’une de l’autre est représentée par le déplacement de la chambre noire moins la distance qui sépare les deux objectifs si l’on se sert de deux, ou moins le déplacement de la planchette d’objectif si l’on se sert d’un seul objectif.
- M. F. Robineau, à Niort, nous a adressé quelques renseignements sur une nouvelle locomotive compound de la Compagnie du Nord et les expériences qui ont été effectuées. Notre
- correspondant nous écrit que cette machine à 4 cylindres, d'un poids à vide de 43 tonnes, avec une charge de 302 tonnes, a développé sur le crochet d’attelage du tender, en montant une rampe de 14 millimètres par mètre, une puissance de 866 chevaux à la vitesse de 45 kilomètres par heure.
- Renseignements. — M. Ryc Zeittaw, à Cellule. — 1° Travaux de micrographie : M. Bourgogne, 34, rue du Cardinal-Lemoine; M. Tramond, 9, rue de l’Ecole-de-Médecine, à Paris. — 2° Il faudrait faire une analyse chimique pour connaître la nature du dépôt. — 3° Photographies microscopiques : M. Le-gorgeu, 13, rue Béranger; M. Arnoult-Lépine, 171, rue Saint-Jacques, à Paris.
- M. S. Arozena Renriquez, à Santa Cruz de la Palma. — Ouvrages d’histoire naturelle : MM. Deyrolle, 46, rue du Bac; M. 0. Doin, 8, place de l’Odéon, à Paris.
- M. C. F. Rooney, à Lisbonne. — 1° Il n’existe pas de traité spécial. — 2° Eclairage au pétrole : lampe L’Eclatante, lampe La Polaire à incandescence par l’essence de pétrole, 56, rue de Chabrol ; Société générale d’éclairage des villes, 22, rue Turgot, à Paris.
- M. L. Geisler, aux Châtelles (Vosges). — Nous avons pris bonne note de votre adresse et nous l’indiquerons chaque fois que nos lecteurs nous demanderont cet ouvrage.
- M. Sourdis, à Lyon. — Il y a lieu d’accepter avec grande réserve les résultats dont vous parlez.
- M. de Lacerda, à Porto. — Voyez les ouvrages de photogra-hie à la librairie Gauthier-Yillars et à la librairie G. Carré, à aris.
- M. le comte L. Cigala, à Ispas (Autriche). — 1° Nous ne savons pas ce que vous voulez désigner par Ilb. — 2° Ce produit n’était pas connu des Latins.
- M. A. B., à Puteaux. — 4° La pile à deux liquides offre plus de constance et un débit plus régulier. — 2° L’eau acidulée sulfurique est préférable.
- M. A. Tauxe, à Strasbourg. — Votre procédé nous paraît intéressant ; mais il serait nécessaire que vous nous donniez une Notice avec quelques renseignements pour le faire connaître à nos lecteurs.
- M. H. Dethire, à Melun. — Adressez-vous au Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. J. Christensen, à Copenhague. — Il faut vous renseigner directement auprès des constructeurs : M. G. Trouvé, 14, rue Vivienne; MM. Ducretet et Lejeune, 75, rue Claude-Bernard, à Paris.
- Un abonné, à Troyes. — Essayez de verser au bas du mur du chlorure de chaux ou de la fleur de soufre, dont l’odeur ne plaît pas aux chiens.
- M. Chaponnière, à Souk-el-Khemis (Tunisie). — 1° Turbines hydrauliques : MM. Laurent frères et Collot, constructeurs à Dijon; M. A. Leprince, 41, boulevard Barbés, à Paris. — 2° Divers essais peuvent seuls vous faire trouver un mode de marquage convenable.
- M. L. Monterde, à Bourg (Rhône). — 1° 11 faut prendre les becs qui se trouvent dans le commerce. — 2° Le gaz acétylène ne peut pas encore être utilisé dans ces conditions.
- M. F. A., k Paris. — Adressez-vous à la librairie G. Masson.
- M. H. Lucas, à Auxon. — Appareils pour la production de la glace : maison E. Carré, Aubert et Cu, successeurs, 4, rue Claude-Vellefaux ; M. Douane, 23, avenue Parmentier, à Paris.
- M. M. R., à P. L. M. — 1° Le courant électrique permettrait certainement d’obtenir rapidement des températures élevées. — 2° Pour vous fournir tous ces éléments, il serait nécessaire de faire quelques recherches et études que nous ne pouvons entreprendre. — 3° Il n’existe pas de livre sur ce sujet.
- M. S. G., h Troyes. — Nous ne pensons pas qu’il y ait un bouton pour contact électrique de sonnerie disposé comme vous nous le demandez; mais il est facile d’en construire un.
- M. A. Dumas, à Vouziers. — 1“ Nous avons voulu parler de la téléphonie électrique; remerciements. — 2* Il vous suffit de nous faire connaître les phénomènes météorologiques que vous pouvez observer, en nous écrivant une lettre.
- M. J. B., à Vannes. — Il n’y a pas de formule spéciale; il faut essayer quelques vernis prépares avec des quantités différentes d’ambre.
- Mm° la C'aM* E. H., à Saint-Raphaël. — Couveuses artificielles à réglage automatique : M. Voitellier, 4, place du Théâtre-Français; M. Gombault, 63, rue du Bac, et M. Philippe fils, 16, quai du Louvre, à Paris.
- (Voir la suite de la Boîte aux lettres page 3* des Nouvelles scientifiques.)
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes-les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- BOITE AUX LETTRES {Suite}.
- M. M. Z/., à Marseille. — Vous trouverez peut-être quelques renseignements dans le Bulletin des travaux publics au Ministère des Travaux publics, à Paris.
- M. F. Rossi, à Perale. — Cette adresse est donnée en tète-de la Boîte aux lettres du numéro qui contient la description de ces tuyaux : M. Rudolph, 74, rue Àmelot, à Paris.
- M. Calais, au Mans. — Vous trouverez diverses recettes pour des graisses de ce genre dans les petits ouvrages vélocipédiques, à la librairie du Vélo, à Paris.
- M. Lebègue, à Epernav. — 1° Les proportions ne sont pas déterminées ; il faut ajouter l’aldéhyde formique en faible quantité. — 2° Renseignez-vous auprès de M. P. Rousseau, 16, rue des Fossés-Saint-Jacques, à Pans.
- M. P. B., au Havre. — Demandez cette indication aux librairies Michelet et J. Baillière, à Paris.
- M. Recaredo F. Radillo, à Orbigo. — 1° Consultez l’ouvrage Typographie-Imprimerie, par MM. Frey et Bouchez, dans la collection des manuels Roret. — 2° Machines typographiques : M. Ragueneau, 8, rue Joquelet; M. Durand, 163, avenue Victor-Hugo; M. Dubuc, 15, rue Saint-Romain, à Paris.
- M. A. T., à Tolzac. — Adressez-vous à la maison L. Ber-ville, 25, rue de la Chaussée-d’Antin, à Paris.
- M. F. Giroud, à Habana. — Nous ne pouvons discuter des questions scientifiques aussi élevées, qui nécessitent de nombreuses expériences et de grandes recherches.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. M. C. K., à Annecy. Cette question n’est pas de notre compétence; il faut vous adresser à un docteur spécialiste. — M. P. A., à Joigny. Nous regrettons de ne pouvoir vous donner satisfaction. — M. E. J., à Sulzern. L’adresse que vous demandez est donnée en tête de la Botte aux lettres du numéro même qui contient la description de ces appareils. — M. Leroy, à Lille. II est très facile de connaître cette résistance; il suffit de la mesurer à l’aide du pont de Wheat-stone.'—M.D. R., à Lyon. Cette puissance s’exprime en watts; il faut multiplier l’intensité en ampères par la différence de potentiel en volts. — M. A. B., à Lyon ; M. Dulotig, à Marseille, M. Franck, à Schlestadt. Consultez les Recettes et procédés utiles, lr* série, à {la librairie G. Masson. — M. E. J., h X. Voyez les Recettes et procédés utiles, 4* série, à la même librairie que ci-dessus. — M. Lacroix, à Alger; M. H. Frédéric, à Paris; M. P. Cliver, à Paris. Remerciements pour vos communications. — M. A. Langlet, à Marseille-le-Petit. Les questions que vous traitez sont trop spéciales et en dehors des sujets scientifiques qui nous occupent. — M. P. Mayor, à Lausanne. — Le problème qne vous nous posez est certainement intéressant; mais il est trop technique pour nos lecteurs. Il faudrait vous adresser à un astronome.
- PETITES INVENTIONS1
- Un petit moteur électrique. — Le petit moteur électrique dont il est question est formé par deux bobines à double T montées à 90 degrés l’une de l’autre sur un même arbre. La figure ci-jointe nous montre les principales dispositions de l’appareil. Nous voyons dans le n° 2 de la figure ci-dessous les deux bobines fixées sur un arbre; dans le n° 1 est représenté le bâti même du moteur, comprenant les inducteurs reposant sur
- ün moteur électrique de faible puissance. — 1. Vue d’ensemble des inducteurs et du moteur. — 2. Bobines calées à 90" de l'arbre.
- 3. Ailettes d’un ventilateur.
- un trépied. On aperçoit à gauche le collecteur, et à droite le prolongement de l’arbre sur lequel on peut fixer les ailettes d’un ventilateur (n# 3) ou une poulie pour transmission. Les deux bobines ne sont pas reliées électriquement, de telle sorte qu’en
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est. étrangère aux annonces.
- marche normale, l’une d’elles est toujours hors du circuit! La consommation est de 0,65 ampère à 110 volts; le moteur peut en effet, à l’aide d’une prise de courant, se brancher sur les circuits de distribution. Le rendement industriel atteint environ 50 pour 100, chiffre assez élevé pour un moteur d’aussi faible puissance. — Le petit moteur électrique décrit ci-dessus se trouve chez M. Chomeau, électricien, 33, passage du Havre, à Paris.
- Carafe A fermeture automatique. — La carafe que nous représentons ci-dessous présente un mode de fonctionnement ingénieux. Le remplissage de cette carafe s’exécute sans sortir le couvercle. Le couvercle couvre constamment l’ouverture de la carafe et empêche, par suite, l’introduction des
- Carafe à fermeture automatique. — t. Le couvercle.
- 2. Le couvercle ouvert. — 3. Le vidage de la carafe.
- insectes, de la poussière et autres impuretés. L’écoulement du liquide s’obtient en penchant la carafe dans n’importe quel sens, sans se préoccuper du couvercle. L’appareil est en métal extra-blanc avivé. Le couvercle est composé de deux parties (n° 1 ), reliées entre elles par deux charnières; une seule partie s’ouvre (n° 2), pour laisser écouler le liquide et permettre de remplir sans ôter l’appareil. La partie non ouvrante est montée sur une tige filetée qui reçoit deux petits écrous et se trouve maintenue, au centre du col-goulot, par une entretoise; les deux écrous font contre-serrage l’un sur l’autre pour éviter le desserrage de l’écrou inférieur, sur lequel le pivotement du couvercle s’effectue. Les écrous servent à régler le fonctionnement du couvercle, c’est-à-dire à le soulager pour lui éviter trop de frottement sur les bords du col-goulot, et aussi pour lui permettre de pouvoir démonter le couvercle afin de nettoyer les pièces. En résumé, ce couvercle automatique a pour but de remplacer les fragiles bouchons en verre et de pouvoir se servir d’une carafe, dont l’orifice sera ainsi constamment obstrué, sans avoir à se préoccuper en quoi que ce soit de sa couverture. - Les carafes à couvercle automatique se trouvent chez M. Pérard, 21, cours de l’Intendance, à Bordeaux.
- Le sécateur-greffoir. — Voici la manière de se servir de ce sécateur, qui nous paraît bien construit. Prendre le sécateur
- 3
- Le sécateur-greffoir. — 1. L’appareil. — 2. L incision dans les branches. 3. La jonction des branches.
- d’une main ; de l’autre le bois ou le sarmant que l’on désire greffer, l’appuyer bien d’aplomb dans la cannelure de la partie inférieure (après, bien entendu, avoir laissé ouvrir l’instrument) et presser les branches d’un coup sec, comme si on voulait couper un rameau avec un sécateur ordinaire. Le ressort à boudin fait rouvrir l’instrument à chaque coup. Les lames étant très minces, font une section nette sans blesser l’écorce, ce qui est le prin-
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- cipal pour la réussite de la greffe. — La manœuvre est facile à exécuter. — Pour ce qui concerne le sécateur que nous venons de décrire, il faut s’adresser à M. Maurice Tatin, à Saint-Jean-d’Angély ( Charen te-Inférieu re ).
- BIBLIOGRAPHIE
- La photographie de l'invisible au moyen des rayons ultraviolets, de la phosphorescence et de l'effluve électrique,
- {>ar M. G. N. Niewenglowski. 1 brochure in-8°. — Paris, I. Desforges, éditeur, 1896. Prix : 1 fr. 50.
- L'année scientifique et industrielle, fondée par Louis Figuieb. Trente-neuvième année, 1895, par Emile Gautier, 1 vol. in-10. — Paris, Hachette et Cie, éditeurs, 1896.
- Traction mécanique des tramways. Moteurs à vapeur sans feu ou à eau chaude, systèmes L. Francq, Lamm et Mes-nard. 1 brochure in-8°. Compagnie continentale d'exploitation des locomotives sans foyer. — Paris, 1896.
- Note sur les verres des vitraux anciens, par M. Léon Appert, ingénieur. 1 vol. in-8°. — Paris, Gauthier-Villars et fils, imprimeurs-libraires, 1896.
- La photocollographie simplifiée. Phototypie, par L. Tranchant. 1 brochure in-8°. — Paris, H. Destorges, éditeur, 1896. Prix : 2 francs.
- Le climat de la Belgique en 1895, par A. Lancaster, météorologiste-inspecteur à l’Observatoire royal de Belgique. 10' année. 1 vol. petit in-8°. Bruxelles, Ilayez, imprimeur. 1896.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTIOK ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 6 avril. . . . 7°,0 W. S. W. 0. Couvert. 0,0 Couvert; gelée blanche; gouttes à 7 h.
- Mardi 7 10°,0 N. W. 2. Couvert. 0,0 Couvert, sauf éclaircies dans la soirée.
- Mercredi 8 8°,2 N. W. 0. Beau. 0»0 Beau de 7 à 11 h.; très nuageux avant et après; halo.
- Jeudi 9 11°,1 N. W. 0. Couvert. 0,0 Presque couvert ; quelques nuages dans la soirée.
- Vendredi 10 ... . 8°,4 W. N. W. 2. Couvert. 0,0 Beau à 1 h. et après 20 h.; couvert le reste du temps.
- Samedi 11 6°,0 S. W. 3. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 7 h.; couvert ensuite. Gelée bi an cite.
- Dimanche 12... . 8°,5 N. W. 2. Éclaircies. 0,6 Très nuageux ; quelques averses avec un peu de grêle à 18 h. 45.
- AVRIL 1896' - SEMAINE DD LUNDI 6 Aü DIMANCHE 12 AVRIL
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer)’, courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- Chaleurs extraordinaires en Australie. — Le mois de janvier a été marqué, en Australie, par des chaleurs d’une intensité exceptionnelle, et même sans précédent en certains points, comme le rapporte notre confrère Ciel et Terre.
- A l’Observatoire de Sydney, on a constaté, le 4 janvier, 35°,1 ; le 6, 40°,7; le 13, 4"2°,5. Cette dernière température est la plus élevée h Sydney depuis 1839. Dans la colonie de Victoria, des maxima encore plus prononcés ont été enregistrés. Un grand nombre de stations indiquent 45°, et à Mildura on a noté près de 50° (48°,9). Un grand nombre de personnes ont succombé aux effets de ces chaleurs torrides.
- Tremblement de terre au Chili. — De violentes secousses de tremblement de terre se sont produites vers le 13 mars 1896 à Valpa-rqiso. Un savant américain les a attribuées à un phénomène d’attraction déterminé par la conjonction du soleil et de la lune. Elles se sont renouvelées le 29 mars 1896 dans la journée. La population, dont une bonne partie a passé la nuit en plein air lors de la précédente commotion, qui a endommagé plusieurs édifices, a quitté ses habitations pendant plusieurs jours.
- Ce bolide de Cambrai. — M. Henry Gravez, à la Louvière (liai-naut, Belgique), à propos du bolide que nous a signalé M. Vasseur dans le n" 1190, du 21 mars 1896, p.-243, nous écrit qu’il a eu l’occasion d’observer ce même phénomène à 8I,37“ du soir (heure de Greenwich). Le bolide était gros en apparence comme les deux poings, tombait du sud vers l’ouest suivant un angle d’environ 45°. 11 disparut à l’horizon en laissant derrière lui une trace lumineuse.
- Tempête à. Perpignan. — Le 29 mars 1896, une tempête de vent nord-ouest, accompagnée de rafales de pluie, s’est abattue sur Perpignan et les environs. Un grand nombre d’arbres fruitiers ont eu leurs branches cassées par le vent. Les dégâts ont été importants.
- La neige. — A la date du 31 mars 1896, on écrivait de Nîmes que, dans la région des Basses-Cévennes, du côté d’Alais et du Vigan, les montagnes étaient de nouveau couvertes de neige. La température s’était abaissée à 0°.
- Le 5 avril 1896, à 5 heures du matin, la neige est tombée en abondance sur Dijon et ses environs. Quelques jours auparavant, le thermomètre marquait 20°.
- PHASES DE LA LUNE : Néant.
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- Les lettres et communications relatives à la rédaction de « La Nature » et de son « Supplément »,
- « Boîte aux lettres », etc-, doivent être adressées à M. Gaston Tissandier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVICE DO JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSEES A LA LIBRAIRIE G. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- LA SEMAINE
- Exposition de la Société internationale des Électriciens. — Les expositions qui se sont succédé depuis une •quinzaine d’années ont permis d’apprécier le mouvement industriel important produit par les applications nouvelles de l’électricité. Les machines destinées à produire le courant fondées sur des principes nouveaux, les entreprises d’intérêt public se développant au dehors dans les rues de nos villes, ont surtout retenu l’attention. D’autres branches industrielles ont coopéré cependant à l’extension de l’électricité, en la faisant pénétrer dans nos demeures, et en la pliant à nos usages domestiques. La Société internationale des électriciens a pensé qu’il convenait de mettre en lumière les progrès réalisés dans la construction des appareils très variés imaginés pour répondre à ces besoins. Elle désire également donner l’occasion de se produire aux progrès réalisés dans les appareils électriques employés comme moyens thérapeutiques, et dans les appareils destinés à l’enseignement et à la vulgarisation de l’électricité. Pour ces motifs, elle a organisé une exposition des spécialités suivantes :
- Électricité domestique. — Électricité médicale. — Appareils d'instruction ou de vulgarisation. — Cette exposition aura lieu les 2, 5 et 4 mai 1890, de 2 à 11 heures au soir, dans les salles de l’Hôtel de la Société d’encouragement à 4’industrie nationale, 44, rue de Rennes. — Les emplacements et le courant électrique seront mis gratuitement à la disposition des exposants, qui devront être membres de la Société internationale des électriciens. — Les demandes d’admission à la Société des électriciens, ainsi que les demandes d’emplacement pour l’exposition, doivent être adressées le plus tôt possible, à M. le Président de la Société internationale des électriciens, 44, rue de Rennes. — La classification suivante a •été dressée, à titre d’indication seulement, tout en laissant aux exposants une grande latitude pour les appareils à proposer :
- Canalisation. Fils et câbles conducteurs, isolateurs divers, petit appareillage, interrupteurs, coupe-circuits, etc.— Lumière. Appareillage de lumière, lustrerie, verrerie, lampes à incandescence, lampes à arc, charbons à lumière. — Contrôle. Appareils de manœuvre, enregistreurs, compteurs. — Force. Moteurs domestiques, ventilateurs, monte-charges, ascenseurs, •machines à coudre et outils domestiques commandés électriquement. — Chauffage et Divers. Radiateurs, bouillottes, fers à •repasser, avertisseurs d’incendie, etc. — Téléphonie, Horlogerie, Bijouterie. Téléphones et leurs accessoires, horlogerie électrique, bijoulerie électrique. — Electricité médicale. Machines statiques, machines d’induction, galvanocaustie, appareils divers. — Instruction et vulgarisation. Bobines de Rhuin-korff, tubes de Geissler et de Crook.es, machines statiques, condensateurs, appareils divers.
- A. Potier,
- Président de la Société internationale des électriciens ;
- .Injîéiûeur en chef des Mines, membre de l'Institut.
- INFORMATIONS
- —M. Georges-Adolphe Richard a exposé à la Société française de physique le procédé qu’il a inventé pour obtenir des photographies en couleurs. Ce procédé dérive de celui imaginé par Charlos Cros et Ducos du Hauron. Ce qui constitue l’originalité du procédé de M. G.-A. Richard est la manière d’obtenir les trois positifs colorés en rouge, en jaune et en bleu. Ces positifs sont tirés sur des plaques ou des pellicules ordinaires du commerce, et la couleur voulue est substituée à l’argent réduit soit par un mordançage qui permet de fixer une couleur d’aniline, soit en transformant le sel d’argent en un composé capable de réagir sur les dérivés de la houille pour donner sur place la couleur désirée. Deux diapositifs sont tirés sur verre, et le troisième est tiré sur pellicule; celui-ci est introduit entre les deux autres, qui se font face par le côté impressionné. Les trois couleurs sont ainsi très rapprochées, et leur superposition reproduit le sujet coloré avec une grande fidélité, comme l’ont montré les projections qui ont été faites, par M. Mol-teni, de plusieurs de ces épreuves.
- —@— II est en ce moment fortement question du métropolitain au Conseil municipal de Paris. Ce réseau serait absolument distinct, sans aucune liaison avec les grandes Compagnies déjà existantes. Il serait construit à voie étroite avec un matériel spécial mû par l’électricité. On établirait une ligne circulaire suivant autant que possible les boulevards extérieurs. On ferait ensuite une ligne transversale dans la direction est-ouest de la place de la République au boulevard de Courcelles, et dans la direction du nord au sud. Le Conseil municipal devra décider si le métropolitain sera aérien ou souterrain, ou à la fois aérien et souterrain en diverses parties du parcours.
- —l/électricité commence à prendre place dans la réclame et nous ne larderons pas à voir remplacer sur les boulevards les distributeurs de prospectus à la main par des distributeurs électriques. A l’intérieur d'une petite colonne creuse, en fer nickelé, se trouve enroulé un électro-aimant dont les deux bras sortent à droite et à gauche du sommet de la colonne, à environ lm,20 du sol. Les prospectus ou cartes d’annonces, armés à une de leurs extrémités d’une petite pince en fer, sont attirés par l’action magnétique et viennent se suspendre au bras de l’électro-aimant d’où chacun peut les prendre et au besoin les remettre. La colonne est surmontée d’une petite lanterne renfermant une lampe à incandescence électrique assez puissante, de sorte que, la nuit, l’appareil s’aperçoit de loin et possède déjà, de ce fait, un certain « pouvoir d’attraction » sur le public. (Electricien.)
- —@— Il est question d’établir à Paris de nouvelles lignes de tramways électriques avec accumulateurs. Ces lignes seraient les suivantes : de la Madeleine à Courbevoie, par le pont de Neuilly; de la Madeleine à Neuilly; de la Madeleine à Courbevoie par le pont Bineau; de la Madeleine à Levallois-Perret; de la Porte-Maillot à Saint-Ouen.
- —©— Notre confrère le Yacht, dans un de ses derniers numéros, examine l’emploi possible de l’acétylène comme gaz moteur. On pourrait l’employer, dit-il, soit à l’état liquide, car il se liquéfie très facilement sous pression, soit en le fabricant directement. Dans le cas d’applications à des machines marines, ajoute-t-il, les deux moyens peuvent être considérés. L’idée nous paraît excellente, mais nous ne croyons pas que l’on puisse encore la mettre en pratique; il est nécessaire auparavant d’étudier et de mieux connaître les diverses propriétés de ce gaz.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui concerne l’appareil à fabriquer le beurre : s’adresser à M. Nordenfelt, 8, rue Auber, à Paris. — La pompe pneumatique de grande puissance est construite par M. G. Séguy, ingénieur, 53, rue Monsieur-le-Prince, à Paris. — La bottine-brodequin a été fabriquée par l’auteur de l’article lui-même ; elle ne se trouve pas dans le commerce.
- Communications. — M. C. Kina, à Marseille, à propos de l’article récent sur la Valeur sanitaire du pavage en bois, paru dans le n° 1193, du 11 avril 1896, p. 291, nous écrit qu’il existe pour le pavage un autre produit bien supérieur, et ui consiste en de l’asphalte comprimé. Ce produit, trouvé ernièrement par M. Malo, ingénieur des asphaltes de France à Paris, offre de grandes garanties de solidité et de propreté. Les carreaux utilisés pour le pavage sont fabriqués avec de la roche asphaltique naturelle comprimée à la presse hydraulique. La pose de ces carreaux est des plus simples ; ils se placent les uns à côté des autres sans joint sur un lit de mortier de ciment établi lui-même sur une couche de béton hydraulique. On saupoudre ensuite la surface avec du ciment en poudre, on le fait pénétrer dans les interstices avec un balai et on arrose légèrement. Ces carreaux sont, paraît-il, très élastiques et résistent aux chocs sans s’user beaucoup. Leur épaisseur varie de 2 à 6 centimètres suivant les usages auxquels ils sont destinés. Le prix n’est pas trop élevé ; il est de 3 fr. 75 le mètre carré pour une épaisseur de 20 millimètres et de 4 fr. 25 pour une épaisseur de 25 millimètres. D’après les renseignements fournis par notre correspondant, ces nouveaux carreaux en asphalte comprimé présenteraient un grand intérêt ; il serait utile qu’ils soient employés dans les rues et sur les trottoirs des grandes villes pour fournir des preuves pratiques de leur résistance à l’usage et de leurs divers avantages.
- M. P. Saux, à Paris, nous envoie la Note suivante : « Au cours des travaux de voirie que l’on exécute dans la petite ville d’Aurignac, on a mis à jour, superposés, des bancs de coquillages, d’huîtres de mer, et une couche de matière noire et molle. La station magdalénienne d’Aurignac (Haute-Garonne), étudiée par M. Lartet, se trouve située au N. E. de Saint-Gaudens, à une distance de 20 kilomètres. Il semble donc que l’on puisse rapporter ces récentes découvertes au système des Pyrénées. En effet, la ville d’Aurignac est bâtie sur le roc, à une altitude de 430 mètres. C’est sur le flanc méridional de la colline que l’on fait sauter à la poudre de mine que l’on a mis à jour ces bancs et cette couche noire, qui sont d’une épaisseur de plus d’un mètre sur une étendue inconnue. On n’y a trouvé jusqu’à ce jour que quelques ammonites. A 2 kilomètres de la ville et à la base d’un volcan, « la Labo », éteint depuis des siècles, se trouve le petit établissement thermal de Barlhète, fréquenté seu ement en été par les habitants de la région. Je serais heureux de savoir si ces dépôts de coquilles sont susceptibles d’être utilisés en agriculture comme engrais, soit en les employant en nature, soit en leur faisant subir une préparation. »
- M. F. de Mare, à Paris, nous fait connaître les résultats d’une expérience qu’il a faite en vue de démontrer que les rayons X sont réfléchis par les corps qui sont opaques pour eux. Il a réalisé l’expérience en disposant sous une ampoule de Crookes successivement lin carton, une vignette en cuivre ajouré d’une surface égale à un quart de celle du carton, une pellicule sensible, une vignette en cuivre ajouré de mêmes dimensions que la première, mais placée à droite, et au-dessous une planchette de fermeture. L’épreuve que nous envoie notre correspondant montre en effet que la vignette placée au-dessous de la pellicule a formé réflecteur et est venue en plus clair que le fond. Il y a là un sujet intéressant qui appelle de nouvelles recherches.
- M. P. Crosse, à Paris, nous transmet aussi quelques résultats de ses recherches sur les rayons de Rœntgen. Il nous dit
- que l’air se trouve électrisé au voisinage de l’ampoule, et que cette dérivation est surtout favorisée par le tube de Crookes qui sert de diffuseur au courant.
- Renseignements. — M. F. J/., à Paris. — Vous trouverez un album pour la pose des sonneries électriques, à la librairie J. Michelet, 25, quai des Grands-Augustins.
- M. C. C., à Marseille. — 1° Ouvrages sur la transmission de l’énergie électrique, aux librairies Baudry et Carré, à Paris. — 2° Pour des installations électriques de ce genre, adressez-vous à la maison Sautter, Harlé et Cie, 26, avenue de Suffren, à la maison Bréguet, 19, rue Didot, ou à la maison Hillairet, Huguet et Cie, 22, rue Vicq-d’Azir, à Paris.
- Un abonné des Landes. — 1° Le courant électrique rend certainement de grands services en médecine ; mais il y a lieu de faire des réserves en ce qui concerne toutes les applications dont vous parlez. — 2° Nous ne connaissons pas les résultats industriels de ces accumulateurs. — 3° De l’eau chaude suffit à dissoudre ce sel. — 4° Le télémètre du capitaine Heurtant a été décrit dans le n° 753, du 5 novembre 1887, p. 363, et le
- honotélémètre du commandant Thouvenin dans le n° 830, du
- 7 avril 1889, p. 339.
- M. S. Henry, à Languyon. — La définition de la bicyclette, donnée par M. Baudry de Saunier, et modifiée comme nous l’avons indiqué dans les Notes cyclistes des Nouvelles scientifiques du n° 1188, du 7 mars 1896, nous semble très précise et parfaitement acceptable.
- M. Norenrof, à Bordeaux. — Veuillez consulter les catalogues de la Librairie agricole de la Maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- M. Favette, à Lisbonne. — 1° Il n’existe pas d’ouvrage sur ce sujet. — 2° Ce nouveau transporteur n’a pas encore été décrit.
- Cercle du Progrès, à Montélimar. — Appareils pour l’éclairage à l’acétylène: M. G. Trouvé, 14, rue Vivienne; MM.Ducre-tet et Lejeune, 75, rue Claude-Bernard; maison Chardin, 5, rue de Châteaudun, à Paris.
- M. A. de C., à X. — On pourrait en effet placer la toile métallique dont vous parlez; mais pour ne pas s’opposer au tirage, il faudrait une toile à mailles peu serrées qui n’empêcherait peut-être pas le passage des escarbilles enflammées. Le dispositif pourrait être essayé.
- M. A. C. L. — Adressez-vous à la librairie du journal Le Yacht, 55, rue de Châteaudun, à Paris.
- M. Laurent Vervoort, à Anvers. — 1° Nous avons lu la description de votre nouveau système de roue ; il est difficile de porter un jugement sans avoir examiné la construction et le fonctionnement pratique. — 2° Adressez-vous à un marchand de produits chimiques. — 3° Ce produit n’est pas encore en France et ne se trouve qu’en Amérique.
- M. A. Durand, au Havre.— Pour ce qui concerne les ouvrages sur la législation des brevets d’invention, nous pouvons vous indiquer les adresses suivantes : Traité pratique des brevets d'invention, par Armengaud aîné, 21, boulevard Poissonnière; ouvrages de Pouillet et ouvrages divers, à la librairie Larose, 22, rue Soufflot, et à la librairie Marescq, 20, rue Soufflot, à Paris.
- M. G. L, à Paris. — Vous pourrez vous procurer de la blende prismatique chez MM. Bécus et Cie, au Comptoir géologique de Paris, 53, rue Monsieur-le-Prince ; chez M. E. Boubée, H, place Saint-André-des-Arts; ou chez M. Pisani, 8, rue Fur-stenberg, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Rogivue, à Moscou. Nous vous avons déjà répondu; nous n’avons pas d’autre indication sur cet appareil que celle donnée dans l’article. — M. E. Rouveyre, à Paris. Ce recueil ne se rapporte pas aux questions scientifiques; si toutefois quelques lecteurs nous demandent des renseignements sur ce sujet, nous ferons volontiers connaître votre publication. — M. le Dr Mitry, à Tiarct. Nous avons reçu votre intéressante communication, et nous vous en remercions; mais nous ne pouvons la publier en raison de son caractère trop technique. — M. D. R., à Lyon. Il est absolument nécessaire que vous suiviez un cours d'électricité industrielle, si vous voulez connaître les termes et expressions usités en électricité pratique. — M. G. M., à Lille. Votre calcul est exact; il s’agit d’une équation du second degré à résoudre. — M. J. Saussié, à Paris. 1° Pour le nettoyage des éponges, consultez les Recettes et procédés utiles, 1™ série (G. Masson, éditeur). 2° L’eau de savon tiède convient très bien pour nettoyer les brosses à cheveux. — L’abonné X. Y., à Bordeaux. Voyez le petit ouvrage dont il est question ci-dessus. — M. L. Fournier, à Paris. Regrets de ne pouvoir accepter votre proposition.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INVENTIONS1
- Anneau acoustique amortisseur. — L’invention que nous signalons ici a un but réellement utile. On sait combien il est difficile parfois de bien entendre au téléphone quand on se trouve dans une pièce où il se fait du bruit. Ce
- Anneau acoustique amortisseur. — 1. Vue de l'anneau.
- 2. L’anneau monté sur un téléphone. — 3. Mode d’emploi.
- dernier est souvent assez fort et l’oreille ne peut plus percevoir les sons. Si nous prenons un anneau en caoutchouc, formant une sorte de bourrelet rempli d’air (n° 1), et si nous l’adaptons à un téléphone (n° 2), en le passant simplement autour de celui-ci, l’audition devient nette et les sons tout à fait perceptibles. Nous formons en effet tout autour de l’oreille comme une sorte d’amortisseur de tous les bruits extérieurs, qui les isole, et protège parfaitement l’oreille. Le n° 3 de notre figure montre le mode d’emploi. On voit qu’un appareil très simple, qu’il est très facile d’adapter aux téléphones existants, peut rendre de grands et utiles services. — L’anneau acoustique amortisseur est construit par M. Doléans, 6, rue Dancourt, à Paris.
- Le tubophone. — Voici un jouet bien simple qui fera les délices des enfants ; il se nomme le Tubophone. Ainsi que le montre notre figure, ce nouveau jouet est construit bien simplement sur une planchette en sapin en forme de triangle
- Le tubophone.
- coupé au sommet; deux montants en même bois sont cloués de chaque côté et sur champ; ces montants sont perforés de trous assez grands dans lesquels passe un fil de coton auquel est suspendu un tube en bronze d’une grosseur et d’une longueur déterminées, variant entre 10 à 25 centimètres ; à l’aide de petites boules en bois fixées à l'extrémité d’un jonc très flexible, on tapote sur les tubes, qui dégagent un son très harmonieux et très intense. Chaque tube correspond aux notes régulières de la gamme : avec un peu de pratique on arrive à jouer des morceaux très agréables à l’oreille. Ce jouet rappelle les petits ocarinas à palettes de verre qu’on faisait autrefois, qui avaient l’inconvénient de casser vivement et que les parents ne voulaient pas offrir aux enfants dans la crainte qu’ils se coupent avec les verres. — Le tubophone se trouve chez M. Mathieu, 151, galerie de Valois, Palais-Roval.
- Le pèse-lettre démontable À double cadran. —
- Ce pèse-lettre est tout en métal. Le pied en demi-cercle, ainsi
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- que le plateau (n° 2), sont mobiles, et cela permet de mettre ce pèse-lettre à plat dans une boîte (n° 4). Le quart de cercle BC porte deux numérotages ; l’un allant de 1 à 50 grammes pour les lettres ou objets précieux, l’autre de 50 à 250 grammes pour les petits objets ou paquets. Suivant que l’on utilise l’un ou l’autre cadran, on abaisse (n° 3) ou on relève le contrepoids (D) représenté dans notre figure. Lorsque le contre-poids
- Le pèse-lettre démontable à double cadran.
- est levé on pèse jusqu’à 250 grammes. — Le pèse-lettre démontable se trouve à la même adresse que le tubophone.
- COURS ET CONFÉRENCES
- Muséum d’histoire naturelle
- Enseignement spécial pour les voyageurs
- année 1896
- Les leçons ont commencé le mardi 21 avril, à 10 heures du matin, dans l’amphithéâtre de la Galerie de zoologie, et continueront les jeudis, samedis et mardis suivants, à la même heure. Dans des Conférences pratiques faites dans les laboratoires ou sur le terrain, les auditeurs seront initiés à la récolte ou à la préparation des collections, aux relevés et aux opérations photographiques. Les jours et heures de ces conférences seront indiqués à la suite des leçons. A. Mii.ne-Edwards,
- Directeur du Muséum.
- Programme des cours. — 21 avril, M. Milne—Edwards. Leçon d’ouverture-, 23, M. IIamy. Anthropologie-, 25, M. Verseau. Ethnographie; 28, M. E. Oustalet. Mammifères-, 50, M. E. Oustalet. Oiseaux. — 2 mai. M. L. Vaillant. Reptiles et poissons; 5, M. E. Perrier. Mollusques; 7, M. Bernard. Vers et Zoophytes; 9, M. Bouvier. Crustacés, Myriapodes, etc.; 12, M. Cti. Brongniart. Insectes; 14, M. H. Filiiol. Anatomie comparée; 16, M. E. Bureau. Botanique (Phanérogames); 19, M. Morot. Botanique (Bois, Cryptogames); 21, M. St. Meunier. Géologie; 23, M. Gréhant. Hygiène; 2(5, M. Boule. Paléontologie ; 28, M. 11. Becquerel. Météorologie ; 30. M. Lacroix. Minéralogie. — 2 juin. M. M. Cornu. Plantes vivantes; 4 juin, M. le colonel Laussedat, directeur du Conservatoire des arts et métiers. Utilisation de la photographie dans la construction des cartes et plans; 6 et9 juin, M. Davanne. Photographie en voyage.
- BIBLIOGRAPHIE
- Manuel théorique et pratique du strabisme, par E. Javal, membre de l'Académie de médecine. 1 vol. in-8°, avec 44 figures dans le texte, une planche en couleurs et un étui contenant 48 cartons. — Paris, G. Masson, éditeur. 1896.
- Les Tramways, voie et matériel, par R. Seguela. 1 vol. petit in-8° de Y Encyclopédie scientifique des aide-mémoire, publiée sous la direction de M. Léauté, membre de l’Institut.
- — Paris, Gauthier-Villars et G. Masson, éditeurs. Prix : broché, 2 fr. 50 ; cartonné, 3 francs.
- Traité d'élevage des coqs et des poules. Les poulaillers de Biamont, par Pierre Revir. 1 vol. in-8° avec 150 dessins.
- — Paris, J. Michelet, éditeur. 1896. Prix : 5 francs.
- Annuaire général de. la vélocipédie, de l'automobile et des
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- industries qui s'y rattachent. 1898. 1 vol. in-16. F. Thévin et Ch. Iloury, Paris.
- Les vignes américaines. Adaptation. Culture, greffage, -pépinières, par P. Viala et L. Ravaz. 1 vol. in-8° de la Bibliothèque de l'enseignement agricole. — Paris, librairie de Firrain-Didot et Ci<!.
- Les petits problèmes du photographe, par E. Wallon. 1 vol. in-16. Paris, G. Carré, éditeur. 1896.
- Cribeauval, lieutenant-général des armées du Roy, premier inspecteur général du corps royal de l'artillerie 1715-1789, par le lieutenant-colonel Hennebert. 1 vol. in-8°. Berger-Levrault et Cle, libraires-éditeurs. 1896.
- Nouveau manuel complet du confiseur et du chocolatier.
- 1 vol. in-18 de l’Encyclopédie Roret. Nouvelle édition refondue par A. M. Villon, ingénieur-chimiste. — Paris, L. Mulo, libraire-éditeur. 1890.
- Indian meteorological memoirs being occasional discussions and compilations of meteorological data relating to India and ihe neighbouring countries, published under the direction of J. Eliot, meteorological reporter to the Government of India. Vol. IX. Part. II et III. 2 brochures in-4°. — Calcutta. Office of the superintendent of Government Printing, India, 1895.
- Fiftieth annual report of director of the astronomical obser-vatory of Harvard College, by Edward C. Pickering. 1 brochure in-8°. — Cambridge, published by the University. 1895.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 13 avril . . . 5°,5 N. W. 4. Beau. 0,3 Nuageux; atmosphère claire.
- Mardi 14 3°,7 S. S. W. 2. Très nuageux. 0,0 Très nuageux jusqu’à 9 lu; couvert ensuite. Gelée bl.; halo; pluie de 8 h. 45 à 19 h.
- Mercredi 13 6°,1 N. 3. Couvert. 4,9 Très nuageux le matin, puis nuag.; beau après 19 h.
- Jeudi 16 3°,4 N. 1. Beau. 0,0 Beau jusq. 9 h.; puis nuag.; pr. eouv. ap. 15 lu; halo ; Trp" à 8 km. à 7 h.; atm. claire à 16; gouttes à 24 h.
- Vendredi 17 ... . 9°,9 W. N. W. 3. Très nuageux. 2,6 Très nuag. jusq. 17 lu; beau ensuite; pluie de 2 h. 30 à 5 h. 30. Goutt. à 12 lu; hor. tr. brum. à 7 h. cl. à 19.
- Samedi 18 8°,4 W. N. W. 2. Très nuageux. 0,0 Beau jusq. 6 lu; tr. nuag. ens.; gel. bl. Tp à 4 km. à 7 h.; horizon assez clair à 16 h.
- Dimanche 19 ... . 7°,5 Calme. Beau. 0,0 Beau jusq. 15 h.; très nuag. ens. Gelée bl.; halo Tp à 3 km. à 7 11.; atm. claire à 16 h.
- AVRIL 1896 -- SEMAINE DU LUNDI 13 AU DIMANCHE 19 AVRIL
- | Lundi ( Mardi | Mercredi ( Jeudi | Vendredi I Samedi I Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer)) courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- lia chaleur au mois de mars l§DO. — M. A. Lancaster, le célèbre météorologiste de l’observatoire de Bruxelles, vient de publier dans Ciel et Terre des renseignements intéressants sur la chaleur qui a eu lieu du 21 au 25 mars. Pendant cette époque, une partie de l’Europe a éprouvé plusieurs jours des températures presque estivales. Le thermomètre est monté à 20° et davantage sur 1 Angleterre, la Belgique, le nord de la France, le sud de la Hollande et l’Allemagne occidentale. Ces chaleurs, exceptionnelles pour l’époque, ont eu pour cause un anticyclone dont le centre se trouvait sur l’Europe centrale, et qui faisait souffler sur les pays que nous venons de citer des vents de sud à sud-est, d’origine continentale. Un ciel pur ou peu nuageux permettait au soleil d’inonder de ses rayons bienfaisants toute l’étendue de ces pays. Les maxiina thermométriques relevés en Belgique ont varié de 15°,3 à 25°. C’est la journée du 2i qui a été la plus chaude. Partout, dans l’après-midi de ce jour, le thermomètre a indiqué plus de 20°. Le lendemain encore, la température a été très élevée, mais dans la soirée, deux dépressions, venant du large, se sont avancées vers nos régions et ont troublé l’atmosphère. Le ciel s’est couvert, la pluie s’est mise à tomber et des orages ont même été observés de divers côtés, principalement sur notre littoral et dans une
- grande partie de l’Allemagne. Le 26, le maximum tbermomélrique n’était plus que de 10 à 12° en Belgique, soit inférieur de près de 10° à celui de la veille.
- Il y a soixante ans, en 1836, une vague de chaleur semblable à celle de ces jours derniers fut observée presque aux mêmes dates, c’est-à-dire du 18 au 21; on nota alors, à Bruxelles, les maxima suivants : le 18, 17°,4; le 19, 19°,0; le 20, 20°,4; le 21, 20°,7.
- Un maximum de 20° en mars est un phénomène très rare : sur soixante-quatre années d’observations, le fait ne s’est présenté que cinq fois : en 1836, 20°,4 le 20, 20°,7 le 21; en 1841, 20°,9 le 26; en 1862, 20°,2 le 27; en 1890, 21°,7 le 28; et en 1896, 20°,4 le 22, 21°,5 le 24, 20°,6 le 23.
- Ces poussées anormales de chaleur sont toujours de courte durée : trois à cinq jours en général.
- Les maxima constatés du 22 au 25 mars 1896 dans quelques pays ont été les suivants : le 22 mars, 17° à Oxford, 20° à Londres, 20° à Paris, 20° à Lyon, 19° à Mulhouse, 18° à Carlsruhe, 24° à Cheinnitz, et 19° à Berlin; le
- 23 mars, 17° à Londres, 22° à Paris, 25° à Bamberg et 20° à Berlin; le
- 24 mars, 21° à Londres, 23° à Paris, 20° à Carlsruhe ; le 25 mars, 17° à Londres, 22° à Cbarleville, 21° à Paris, 20° à Mulhouse, 24° à Munster et 21° à Berlin. On remarque, d’après ces chiffres, qu’il a fait moins chaud au midi de la France qu’au nord et dans les contrées limitrophes.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 13, à 4 b. 32 m. du matin..
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- Les lettres et communications relatives à la rédaction de « La Nature » et de son a Supplément », a Boîte aux lettres », etc., doivent être adressées à M. Gaston Tissandier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVICE DO JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOITENT ÊTRE ADRESSÉES A LA LIBRAIRIE G. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- IA SEMAINE
- Les vins allemands. — Contrairement à ce que l’on oroit généralement en France, de l’autre côté du Rhin l’industrie vinicole occupe une place considérable. Pour en donner idéé, nous nous bornerons à citer les quelques chiffres qui suivent : les vignobles allemands couvrent une superficie de 120 000 hectares et la production annuelle dépasse 227 millions de litres, représentant 83 750 000 francs. Le centre principal de la production est l’Alsace-Lorraine, puis viennent, par ordre décroissant, la Bavière, le grand-duché de Bade, les Provinces Rhénanes, le royaume de Wurtemberg et le grand-duché de Hesse-Darmstadt. Depuis une quinzaine d’années, comme en France, c’est le phylloxéra qui a causé le plus de ravages aux vignobles allemands. Pour lutter contre le fléau, les viticulteurs préconisent le traitement au bisulfure de carbone ou bieu détruisent radicalement les vignes contaminées. En vins rouges, la récolte de l’année dernière a été assez mauvaise ; les vins blancs, au contraire, étaient remarquables. L’Allemand boit relativement peu de vin, aussi les producteurs d’outre-Rhin exportent-ils à l’étranger; en Suisse, en France, en Autriche, en Russie et principalement en Angleterre. Dans ce dernier pays, l’Allemagne a importé plus de 4 millions et demi de litres de vin pendant l’année 1805. X. West.
- INFORMATIONS
- —M. Em. Marchand a fait récemment, à l’observatoire du Pic du Midi, des études intéressantes sur la lumière zodiacale. Il a publié la Note suivante que nous reproduisons : a Quand l'atmosphère a sa transparence normale, la lumière zodiacale est visible toutes les nuits au Pic du Midi. Des observations faites depuis 1892 résulte la confirmation nette de ce fait déjà énoncé que cette lumière fait le tour entier de la sphère céleste, de sorte que la matière cosmique très diluée à laquelle on l’attribue s’étend au delà de l’orbite terrestre. En reportant sur une même carte toutes les limites de cette lumière observées depuis trois ans, on trouve que la zone lumineuse a une largeur de 14°; et son axe est très voisin d’un grand -cercle qui aurait une inclinaison de 6° à 7° sur l’écliptique, avec une longitude de 70° pour le nœud ascendant. Or l’équateur solaire est incliné sur l’écliptique de 7° et la longitude de son nœud ascendant est voisine de 74°; de sorte que l’axe de la lumière zodiacale coïncide sensiblement avec la trace du plan de l'équateur solaire. »
- —®— l’n hygiéniste italien, M. G. Palozzi, s’est livré à une série d’expériences qui lui ont prouvé que la fumée qui se dégage pendant la combustion du bois est un désinfectant très efficace, capable de détruire les germes pathogènes suspendus dans l’air, fixés aux murs et aux meubles, ainsi que ceux qui se trouvent dans les mailles des tissus des vêtements. Il estime que la fumée de bois est un moyen très commode et très économique pour la désinfection des chambres de malades ou autres locaux contaminés. Pour que cette désinfection soit aussi complète que possible, on doit employer du
- bois assez humide pour qu’il produise une grande quantité de fumée ; on aura soin, pendant la combustion, de tenir hermétiquement fermées les portes et les fenêtres de la chambre; enfin, on renouvellera cette fumigation plusieurs fois de suite, à des intervalles de douze heures.
- —Il y a quelque temps déjà que l’on est arrivé à fabriquer avec ie jus du sucre de la betterave, additionné de levure de bière, un liquide fermenté, riche en couleur, riche aussi en alcool, auquel on a donné le nom de vin. La consommation de ce liquide serait déjà assez importante et augmenterait de jour en jour.
- Notes cyclistes. — La préfecture de police croit devoir rappeler qu’aux termes d’une ordonnance, rendue en date du 19 mars 1896, toute voiture, soit à moteur mécanique, soit attelée, qui circulera à Paris et dans les communes du ressort de la préfecture de police, avec des roues pourvues de bandes de caoutchouc, doit être munie d’un ou de plusieurs grelots ou clochettes. Les grelots ou clochettes ne doivent porter aucun dispositif d'arrêt. Ils doivent être suffisamment sonores pour prévenir le public de l’approche du véhicule. Toutes les contraventions seront transmises aux tribunaux compétents. Il va sans dire que ces recommandations s’appliquent également bien aux cyclistes, sous cette réserve,' cependant, que l’on n’exige pas de ces derniers un appareil fournissant un son continu. Et puisque nous parlons de signaux acoustiques, signalons un dispositif élégant construit en Amérique. Un timbre minuscule de la grosseur d’une poignée coiffe l’une des extrémités du guidon et se trouve ainsi complètement dissimulé. On l’actionne par un petit bouton également invisible. Pour ceux qui tiennent à conserver la symétrie de leur guidon sans contrevenir aux règlements de police, l’emploi du timbre-poignée est tout indiqué.
- — Depuis un an, une lutte terrible est engagée, à la quatrième page des journaux spéciaux, entre les caténiens et les aeaténiens : des flots d’encre ont coulé sans trancher la question toujours pendante de la supériorité de la chaîne sur l’engrenage, ou inversement, et tous les records successivement conquis et reperdus par l'un ou l’autre des deux organes de transmission rivaux n’ont pas fait avancer d’un pas cette question. Il n’a pas encore été fait, à notre connaissance du moins, une seule expérience sérieuse, impartiale et indépendante, qui détermine les rendements respectifs des divers modes de transmission de mouvement dans les bicyclettes en fonction des efforts et des vitesses variables auxquels ces transmissions sont soumises. La question présente cependant une importance assez grande pour qu’une association puissante telle, que le Tou-ring-Club de France en entreprenne l’étude et en publie les résultats. Il en sortirait un enseignement dont profiteraient à la fois les constructeurs et les cyclistes de bonne foi, aussi perplexes aujourd’hui que l’âne de Buridan.
- — Pour vérifier, démonter et nettoyer commodément sa bicyclette lorsqu’on n’a pas de support à sa disposition, on peut employer le procédé suivant que nous indique le Wheel Talk. On prend une chaise ordinaire et on la renverse sur le sol en la laissant reposer sur le bord antérieur du siège et sur le bord du dossier. On obtient ainsi un plan incliné formé par le dossier et les deux pieds de derrière. C’est sur ce plan incliné que vient reposer la bicyclette renversée, la selle portant sur le dossier de la chaise, le guidon pris dans les deux pieds de derrière. On constitue ainsi un support très stable, que l’on trouve partout, et qui permet de vérifier à l'aise les roulements, les coussinets, le pédalier, la chaîne, et de procéder tranquillement au nettoyage de la machine. Recommandé aux touristes dans l’embarras.
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- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le kiné-toscope à vues multiples se trouve au Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris. — La draisienne est construite par M. Paul Clerc, 7, rue de l’Estrapade, à Paris.
- Communications. — M. E. Lebocq, à Paris, nous fait connaître une petite recette pour faire disparaître le hoquet. 11 a employé et fait employer ce moyen à de nombreuses reprises, et les résultats ont toujours été satisfaisants. Aussitôt qu’on se sent pris, nous écrit notre correspondant, i! faut enrouler le coin d’un mouchoir, de manière à l’introduire dans la partie inférieure des fosses nasales, et chatouiller la muqueuse avec le mouchoir jusqu’à ce que l’on ait obtenu trois éternuements au moins. A ce moment-là, le hoquet est toujours passé.
- M. Ch. Margot, à Genève, nous écrit à propos de l’article qu’il nous a donné récemment sur les Alliages colorés d'aluminium (n° 1192, du 4 avril 1896, p. 278). L’alliage d’or et d’aluminium à couleur pourpre dont il est question a été attribué à tort à MM. Roberts Austen et Hunt ; il a été découvert par M. Roberts Austen tout seul, qui en a indiqué la composition dès le 4 juin 1891.
- Renseignements. — M. A. C., à Angoulème. — Chaudières pour bateaux à vapeur : M. Arm. Girard, 40, quai de la Loire ; M. Montupet, 19, rue de la Voûte; M. Serpollet, 27, rue des Cloys, Paris.
- M. Ch. Reinhart, à Saravezza. — Le petit appareil dont vous nous donnez la description nous paraît amusant, mais un peu trop délicat pour fournir quelques indications même approchées.
- M. J. Céjy, à Strasbourg. — 1° Le procédé est applicable ; adressez-vous à M. J. Danysz, à l’Institut Pasteur, à Pans.— 2° Il n’existe pas d’ouvrage spécial sur ce sujet.— 5° Votre remarque nous paraît juste.
- M. A. D., à Rordeaux.— Il faudrait consulter un chimiste; renseignez-vous auprès de M. L’Hôte, expert, 37, rue de Bourgogne, à Paris.
- M. D. Zanardelli, à Rome. — 1° L’Encyclopédie Roret a publié Briquets, allumettes chimiques soufrées, phosphorées, amorphes, par MM. Maigne et Brandely. — 2° Machines pour la fabrication mécanique des allumettes : Société industrielle nouvelle internationale, 14, rue Ernest-Renan, à Saint-Denis (Seine).
- Un lecteur, à Condom. — Pour ce qui concerne les phonographes, écrivez à MM. Werner, 85, rue de Richelieu, à Paris.
- M. A. Planté, à Concremiers. — Il faut vous adresser à l’Office de publicité, 9, rue de Fleurus, à Paris.
- M. A. Wounanwith, à Vierzon. — Nous avons publié plusieurs articles sur le tannage électrique ; consultez la table des matières décennale, 2* série, 1883-1892, à la librairie G. Masson.
- M. D. Grosrenaud, à Biskra. — 1° Moulins à vent pour meuniers : M. L. Beaume, 66, avenue de la Reine, à Boulogne (Seine); M. G. Anceaux, 10, boulevard Contrescarpe, à Paris. — 2° Votre lettre a été envoyée à destination.
- M. U. Van den Berghe, à Bruxelles. — Nous croyons que l’installation dont vous parlez a été faite par la maison Sautter Harlé et Cie, 26, avenue de Sufi'ren, à Paris.
- M. J. Jouly, à Cannes. — Adressez-vous à la librairie E. Bernard ou à la librairie Baudry, à Paris.
- M. Heymann, à X. — 1° Nous avons publié un article sur les images latentes révélées par l’haleine dans le n" 1034, du 25 mars 1893, p. 262. — 2° Consultez les Récréations scientifiques et la Physique sans appareils, par M. Gaston Tissandier, à la librairie G. Masson. Nous avons également publié un grand nombre d’expériences de physique amusante dans toute la collection de La Nature.
- M. Ch. Le Rebours, à Paris. — L’adresse que vous deman-
- dez a été donnée en tête de la Boîte aux lettres du n° 1180, du 11 janvier 1896.
- M. P. R., h Paris. — 1° Jumelles de théâtre et de campagne, maison Baille-Lemaire, 26, rue Oberkampf. — 2° Nous ne connaissons pas d’autres systèmes d’éclairage.
- M. R. Fourmy, à Marseille. — 1° Il conviendrait de consulter l’ingénieur des mines de la contrée. — 2° Les moteurs à pétrole sont très nombreux : adressez-vous à M. Burlon, 168, boulevard de la Yillette; à M. Cuinat, 10, rue Saint-Quentin, à Paris, et à MM. Merlin, à Vierzon.
- M. Prinsac, à Montélimar. — Pour établir d’une manière rigoureuse ces diverses comparaisons, on ne peut s’en rapporter qu’aux résultats de l’expérience.
- M. A. Eymard, à Grenoble; M. F. Pilain, à Lyon. — Pour ce qui concerne les accumulateurs Blot qui ont été récemment décrits dans le n° 1193, du 11‘avril 1896, p. 301, il faut s’adresser à M. G. Margaine, ingénieur-conseil du fabricant, 19, boulevard Haussmann, à Paris.
- M. S. B., à Auxon. — Il existe un grand nombre d’appareils réfrigérants basés sur ce principe ; adressez-vous à M. Schaller, 332, rue Saint-Honoré, à Paris.
- M. S. de Locqueneucle, à Bruxelles. — Le renseignement dont vous parlez, concernant les espèces d’arbres, a été donné par la Revue horticole ; l’erreur, s’il y en a, ne peut provenir que de la classification établie.
- M. P. P., à Saint-Malo. — Il faut adresser cette demande à la librairie G. Masson.
- M. G. A. C., à X. — Nous ne connaissons pas le nom de ce missionnaire; notre Note a été empruntée à une communication de M. Serret, à la Société de géographie commerciale, 8, rue de Tournon, à Paris.
- M. J. G., h M. — Renseignez-vous auprès des constructeurs compétents ; votre question se rapporte surtout à des détails de pratique.
- M. G. M., a Paris. — Nous pensons que vous aurez cerlai-nement une marche plus avantageuse avec un moteur électrique de faible puissance pour commander chacun des tours.
- M. Lelong, à Lille. — Marchands divers de graisse consistante : MM. Compère, Faucher et Cie; M. II. Ilamelle, 21, quai de Valmy, à Pans; MM. Stern frères etCie, à Levallois-Perret, (Seine). “
- M. Richard, à Beauvais. — Pour vous rendre compte s’il y a des glissements de la courroie, il faut mesurer la vitesse angulaire du volant de la machine et de la dynamo ; én tenant compte des diamètres respectifs des poulies, vous pourrez calculer la vitesse angulaire avec laquelle devrait fonctionner la dynamo.
- M. Leclerc, à Cambrai. —Appareils pour la pulvérisation de l’émeri : M. Fortin, 34, rue Sedaine ; 31. Brochand, Savy et Cia successeurs, 162, rue de Charenton, à Paris.
- M. L. V., à Lille. — Voyez l’adresse que nous avons indiquée en tète de la Boite aux lettres du n° 1180, du 11 janvier 1896.
- L'abonné n° 1195, à Epinal. — Vous trouverez des Notices contenant ces renseignements à la librairie Dunod et Vicq, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. Durand, à Paris. — Dans votre installation électrique intérieure, il est absolument nécessaire que l’interrupteur général bipolaire soit placé sur le circuit avant le compteur, et que le coupe-circuit général soit installé après ce même contact. Avec ces dispositions, on peut supprimer l’installation toute seule pour la visiter, on peut retirer le compteur du circuit et l’empêcher de fonctionner à vide.
- M. le Dr G. Laporte, à Saint-Estèphe. — Vous pourriez demander ces Notices et ces prospectus aux constructeurs, MM. Rouart frères, 137, boulevard Voltaire, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. X. R., à Bordeaux. Il faut consulter les catalogues des diverses librairies industrielles. — M. G. Chabert, à Paris. Nous n’avons pas ces renseignements ; il serait nécessaire de consulter les guides vélocipédi-ques. — M. A. Lenoir, à Paris. Ces machines sont trop spéciales et trop techniques; nous ne pouvons en donner la description. — M. A. R., à Lyon. Il faut connaître d’abord la puissance utile qui vous est nécessaire; vous déterminerez ensuite la puissance de la machine en tenant compte des rendements. — M. L. G., à Lille. Le sujet ne peut être traite en quelques lignes; c’est une étude complète à entreprendre avec expériences à l’appui. — M. A. Marie, à Carentan ; M. D. R., à Paris. Consultez les Recettes et Procédés utiles tr* série (G. Masson, éditeur). — M. L. Mortier, à.Paris. Nous avons donné plusieurs recettes de colles pour céramique dans le petit livre indiqué ci-dessus.— M. C. D., à Bruxelles. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- Dans ta « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren~ seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INTENTIONS1
- Le chasse-noyau. — Voici un petit instrument qui sera bien apprécié des ménagères qui font des confitures de cerises particulièrement, car elles ont dù éprouver beaucoup d’ennuis à retirer les noyaux des cerises destinées à être transformées en confitures. Avec ce petit appareil, on place la cerise sur la petite cuvette en porcelaine (n° 1), et, en tenant l’appareil en main, on fait une pression en posant le pouce sur la petite
- populaires accompagne chaque instrument, de sorte qu’on peut avoir ainsi tout un répertoire. — Se trouve à la même adresse que le chasse-noyau.
- L’épingleur automatique. — Cet appareil est destiné à réunir plusieurs feuilles de papier, correspondance, coupons, et même des échantillons de tissus. On connaît les petits systèmes qui remplissent le même but, mais qui doivent être chargés à nouveau après chaque opération; tandis que l’automatique peut fonctionner cent quarante-quatre fois de suite,
- palette (n° 2) ; la tige, terminée par une griffe, perce la cerise qu’on a placée préalablement sur la cuvette, et le noyau tombe seul par le trou pratiqué sous la petite cuvette. — Se trouve chez M. Mathieu, 131 à 133, galerie de Valois, Palais-Royal, Paris.
- La trompette Merveilleuse. — La trompette dite Merveilleuse est un jouet qui charmera les enfants quand ils sauront qu’avec cet instrument on peut jouer toutes sortes d’airs sans connaître la musique; la construction est une petite merveille, étant donnée la simplicité avec laquelle on fait manœuvrer cette trompette. Les morceaux de musique sont construits sur des lamelles de métal fixées sur une bande de cuir, tous les morceaux sont numérotés et chaque numéro correspond au
- La trompette Merveilleuse.
- titre imprimé sur la boîte qui le renferme. On introduit le morceau de musique, par le bout où est gravé le numéro, dans l’ouverture pratiquée sous la clef à engrenage en le poussant jusqu’au moment où, en appuyant sur la clef, on le fait avancer d’un cran : on réunit les deux extrémités du morceau de musique à l’aide d’une petite goupille afin d’en former un cercle ; puis on souffle dans l’embouchure en faisant jouer la clef qui fait avancer le morceau de musique d’un cran à chaque mouvement de la clef en plaçant la note à l’endroit voulu où se trouve la sortie du vent. Dans la boule représentée est renfermée une poire en caoutchouc qui forme une chambre d’air qui donne aux notes leur valeur de durée. Il y a une façon de faire jouer la clef plus ou moins vite afin de donner aux notes leur valeur respective, noire, blanche, ronde, croche, etc., etc.... Avec un peu d’étude on arrive à jouer les morceaux d’une façon très harmonieuse. Une nomenclature des airs connus et
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- L’épingleur automatique.
- longueur de la bande qui l’enroule. A chaque coup une agrafe est séparée et une autre est mise en place et en avant pour le coup suivant. La seule précaution à prendre consiste en ce que l'épaisseur du papier à rassembler rie dépasse pas les deux tiers de la longueur des griffes de l’agrafe, pour que l’autre tiers ayant traversé le papier se rabatte en dessous. Cet appareil se recommande non seulement par son côté pratique, mais aussi par son système simple et solide. Voici son mode d’emploi. Placez l’appareil sur une base solide et réunissez les papiers à rassembler sur l’enclume ; donnez un coup sec sur le plateau du piston. Pour remplacer la bande métallique il suffit d’appliquer son extrémité sur la base de la spirale où, en la poussant légèrement, elle s’enroulera d’elle-même; on entre l’ouverture qui se trouve à la base de la spirale et on la pousse dans l’appareil jusque sous le couteau du piston. L’appareil se trouve ainsi prêt à fonctionner. En renouvelant la bande, il faut faire attention que la dernière agrafe soit sortie. — Se trouve chez M. Bertrand, 19, rue d’Hauteville, à Paris.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Soudure de l'aluminium. — M. L. G. Delamothe, électro-chimiste à la Moore Bronze and Plate Company, à New-York, nous adresse une Note intéressante sur un nouveau procédé de soudure de l’aluminium, qu’il vient d’expérimenter avec succès. On prend 160 grammes d’étain, 40 grammes de zinc, 10 grammes de britama et 10 grammes d’argent. Le britania est un composé formé de 100 parties d’étain, 8 d’antimoine et 2 de cuivre. On se sert du britania en raison du cuivre et de l’antimoine qu’il contient. Les diverses substances dont il est question plus haut sont fondues ensemble dans un creuset ; au moment de couler on doit retirer le creuset du feu et y ajouter environ 1 gramme de phosphore en remuant constamment avec une baguette de fer jusqu’à parfaite combustion, après quoi on peut couler en lingot mince. Cette soudure, qu’on pourrait appeler soudure d’amalgame, s’emploie de la manière suivante : on prend la partie de l’aluminium que l’on désire souder, après l’avoir bien nettoyée avec du papier de verre à l’endroit où doit avoir lieu la soudure, on chauffe cette partie sur un bec Bunsen ou sur une lampe à alcool jusqu’à ce que la soudure ci-dessus mentionnée commence à fondre quand on la met en contact. Après en avoir laissé fondre une petite quantité, on la répand avec une brosse en verre en frottant dans le sens de la soudure qu’on veut opérer sur 1/2 centimètre de largeur jusqu’à parfait étamage, opération qui se fait en quelques secondes. Une fois les parties étamées ainsi des deux côtés, elles peuvent être assemblées à la soudure ordinaire, en se servant pour décaper de la résine dissoute dans l’huile de lard, ou de la stéarine. Par ce moyen on peut souder l’aluminium avec le cuivre, le plomb ou toüt autre métal, en se servant du chalumeau, du fer à gaz ou du fer ordinaire.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- BIBLIOGRAPHIE
- Service d'incendie dam les villes el les campagnes en France et à l'étranger, par le lieutenant-colonel Raincourt et Marcel Grégoire. 1 vol. in-18 de la collection des manuels Roret. L. Mulo, libraire-éditeur. Paris. — Prix : 2 fr. 50.
- Théorie moléculaire du récepteur Bell, par M. Reçu, 1 brochure in-8°. Chéron, éditeur. Paris. — Prix : 5 francs.
- Smithsonian contributions to knowledge. Hodgkins Fund. The composition of expired air and its effects upon animal life, by J. L. Billings, S. Wkir Mitchell, and H. Bergev. 1 brochure in-4°. City of Washington, published hy the Smithsonian Institution, 1895.
- Studies from the gale psijchological laboralory, edited by Edward W. Scripture, instructor in experimental Psycho-
- logy. Volume III, 1895. 1 brochure in-8°. Yale Unirersity, New Haven, Conn.
- Die Fortpflanzungs geschwindigkeit der Schwerkraftstrahlen und deren wirkungsgesetze, von Rudolf Mewes, ingénieur und phvsiker. 1 brochure in-8°. M. Krayn, éditeur. — Berlin, 1896.
- Annals of the astronomical observatory of Harvard College. Vol. XL. Part. IV. Observations made at the Blue Hill meteo-rological observatory, Massachusetts, in the year 1894, under the direction of A. Lawrence Rotch. 1 brochure in-4°. — Cambridge, John Wilson and son, 1895.
- Observations of the New England weather service in the year 1894. J. Warren Smith, Weather Bureau, directeur. 1 brochure in-4°. Annals of Harvard College observatory.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMETRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 20 avril . . . 9«,4 N. E. 2. Couvert. 0,0 Couvert le m.; puis nuageux; beau après 18 h.
- Mardi 21 5°,2 N. N. E. 3. Beau. 0,0 Beau; gelée blanche.
- Mercredi 22 6°,4 N. 2. Peu nuageux. 0,0 Quelques nuages ; gelée blanche ; halo.
- Jeudi 23 7°,8 N. W. 3. Beau. 0,0 Très nuageux ; gelée blanche.
- Vendredi 24 ... . 6°,1 N. N. W. 2. Couvert. 0,0 Couv. le m. ; puis nuageux ; beau ap. 14 h.; gelée blanche.
- Samedi 25 5°,5 S. W. I. Quelques nuages. 0,0 Quelques nuages le m.; très nuageux le s.; gelée bl.; halo ; un peu de pluie à 19 h.
- Dimanche 26 ... . 8°,8 S. W. 1. Couvert. 0,1 Beau jusq. 6 11.; presq. couv. ensuite; petit brouillard à 5-6 b.; un peu de pluie à 20 h. 40.
- AVRIL 1896 — SEMAINE DD LUNDI 20 AD DIMANCHE 26 AVRIL
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer)', courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- Orages et tempêtes en mars 1390. — Le Bulletin mensuel de la Commission météorologique du Calvados du mois de mars 1896 donne quelques renseignements sur les orages et tempêtes survenus pendant ce mois. Les journées des 4, 28 et 29 mars ont été signalées par de nombreuses manifestations électriques, mais ces premiers orages de l’année ne peuvent être attribués ni à de printanières chaleurs, ni aux faibles dépressions qui, venant du sud, donnent naissance aux orages d’été. Au contraire, dans ces trois journées, d’importantes bourrasques avaient leur centre sur la mer du Nord; le gradient était des plus accentués ; les vents d’ouest et nord-ouest soufflaient avec violence ; la température était basse et la neige et la grêle tombaient fréquemment. Ces orages appartenaient donc bien aux orages d’hiver qui accompagnent toujours, ainsi que nous 1 avons fait remarquer, les plus fortes tempêtes, quelle que soit d’ailleurs l’époque de l’année. Les tempêtes sont survenues aux mêmes jours que les orages. Les vents de sud-ouest à nord-ouest ont soufflé avec violence les 4 et 5 mars sur la Manche, et du nord-ouest sur toutes les côtes françaises les 27-29.
- Ces derniers coups de vent ont causé la perte totale d'un navire appartenant à la Compagnie des bateaux à vapeur, faisant le service entre le Havre et Caen : la Normandie. Ce navire quittait Boulogne le 26 au matin, par une mer simplement agitée, et avant que les cônes de tempête
- ne fussent hissés. Le commandaut devait se croire d’autant plus à l’abri de tout danger que le baromètre, en hausse continue, semblait indiquer un retour au beau, appréciation que confirmaient tous les principes actuellement enseignés par la météorologie. Il n’en était rien ; le Baromètre s’abaissait dans la soirée sous l’action d’une iorte bourrasque annoncée par les nuages et, dans la nuit, vers 2 heures, le vent soufflait en tempête : c’est à ce moment qu’a dû se produire la catastrophe.
- Deux chutes de foudre ont été signalées, l’une, le 4 mars, par M. Bastard, à Pierrefitte; l’autre, à Lisores, le 28, sur un peuplier. En certains endroits de cette commune, la grêle avait la grosseur d’un œuf de pigeon. Dans tout le département, la grêle avait un volume assez considérable.
- Inondations au Canada. — On écrit de Montréal, à la date du 20 avril 1896, que des inondations considérables ont causé pour 1 million de dollars de dégâts dans les communes de l’est, au Canada. La ville de Richmond et une partie de Sherbrooke ont été submergées. Des centaines de familles ont abandonné leurs maisons.
- Un grand nombre de moulins et d’usines sur les bords du Saint-Francis ont été emportés. Des viaducs en fer ont été détruits. La circulation a été entravée sur le chemin de fer de Québec-Central et sur les lignes du district de Richmond.
- Un certain nombre de maisons ont également été renversées à Stannes et à Isle-Degrâce.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 20, à 10 h. 56 m. du soir.
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- Réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction de < La Nature » et de son « Supplément »,
- « Boîte aux lettres », etc-, doivent être adressées à M. Gaston Tissandier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVICE DU JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSEES A LA LIBRAIRIE G. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- LA SEMAINE
- Une selle de caoutchouc pneumatique. — En
- voyant un de ces coussins pneumatiques en caoutchouc, que l’on fabrique depuis longtemps pour les sièges de bureau et autres, je me suis demandé pourquoi nos fabricants de bandages pneumatiques n’avaient pas encore eu l’idée, que je partage, de construire des selles pour bicyclettes pneumatiques aussi. Tout me fait croire que ce serait le dernier mot du confort en ce genre, en même temps que ce serait le siège le plus rationnel. En effet, la tête des os iliaques pénétrant et se mouvant, ainsi que toutes les parties en contact, dans le siège, éviterait ce glissement en arrière qui, selon moi, est cause que les coureurs et beaucoup de cyclistes amateurs prennent cette position penchée en avant qui est évidemment antihygiénique, indépendamment de la perte de force qui est la conséquence d’une telle posture, car il est évident que l’effort musculaire joint au poids du corps dans la position verticale doit avoir une résultante plus élevée que si cet effort n’est dû qu’au seul jeu des muscles. Qu’un de nos fabricants fasse sienne cette idée que je vous soumets et nous combine un modèle de selle basée sur ce principe, d’une forme et dans des conditions que son expérience de la matière ne pourra manquer de lui suggérer. Alexandre Sureau.
- INFORMATIONS
- —©— Voici l’histoire des bolides, depuis trois mois, que publie le journal Ciel et Terre : « Le 16 mars, vers 6h 20m du soir, un bolide a été observé à Linsmcau à travers une épaisse couche de cumulus. Le 8 avril, à Domburg (Hollande), M. L. Errera, membre de l’Académie des sciences de Belgique, a vu passer à travers le ciel, à 8h38m (heure d’Amsterdam), un beau bolide, dont l’éclat était sensiblement supérieur à celui d'une étoile de première grandeur. Il s’est dirigé assez lentement de l’est-nord-est vers l’ouest-sud-oucst, laissant derrière lui une traînée lumineuse qui a persisté pendant quelques secondes. Ce même météore a été remarqué en Angleterre, ainsi que nous l’apprend l’artieulet suivant, extrait d’une correspondance adressée de Londres à un journal de Bruxelles : « Un météore d’une grande intensité lumineuse a traversé le ciel de Londres dans la soirée du 8 avril, à peu près vers 8 heures et demie. Le phénomène, offrant l’apparence d’une grosse boule de feu, a marché de l'est à l’ouest avec une majestueuse lenteur, qui permettait de l’observer à loisir. Vers la fin de son parcours, le méteore a fait explosion sans qu’aucun bruit parvînt à la terre, et la boule de feu s est éparpillée dans les nues en gerbes de flamme. »
- —©— La direction des télégraphes allemands a fait une enquête sur l’influence exercée par les réseaux téléphoniques des villes sur l’électricité atmosphérique, en vue d’établir si les dangers de la foudre se trouvaient augmentes ou diminués du chef de la présence des kilomètres de lîls que comportent les réseaux téléphoniques actuels. D'après Das Wetter, l’enquête a montré que la présence des fils téléphoniques tendait à affaiblir la violence du tonnerre et à diminuer les dangers de la foudre. Les relevés faits pour 340 villes
- pourvues d’un réseau téléphonique, d’une part, pour 560 non pourvues de réseau de ce genre, d’autre part, montrent que le danger de dommages causés par la foudre varie de la première catégorie à la seconde, dans la proportion de 1 à 4,6. La moyenne des coups de foudre, par heure d’orage, est d’ailleurs de 5 pour les villes sans téléphone et de 3 seulement pour celles pourvues d’un réseau téléphonique.
- —©— Au cours d’une mission à El-Goléa, le service de la télégraphie a fait des observations curieuses sur la réparation de barres à mine. Le creusement des trous pour la plantation des poteaux a été effectué en général dans un calcaire dolomitique extrêmement dur, qui usait rapidement les barres à mine. On a remédié, dans une certaine mesure, à cette rapidité d’usure en réduisant la largeur du taillant au diamètre de la barre et en donnant la valeur de 30° à l’angle de leurs faces. Il fallait, néanmoins, les réparer fréquemment sur une forge portative au charbon de bois. Pour maintenir à une température au-dessous de 60° l’eau nécessaire à la trempe, ce qui est une condition essentielle pour obtenir de la dureté, on improvisa un réfrigérant au moyen d’une toile tendue entre quatre pieux à 1 mètre au-dessus du sol.
- —©— Dernièrement, un équipage anglais, frustré dans son juste espoir d’un hallali mouvementé, faisait le siège du terrier où le renard aux abois avait cru prudent d’abriter son brush menacé, quand, du trou, sortirent successivement : un pigeon, un lapin, un blaireau, enfin le renard lui-même. Pour grande que fut, à la vue de cette procession inattendue, la surprise de l’assistance, elle ne saurait être comparée à la stupeur de cet autre chasseur qui, ayant mis son furet au terrier, vit sortir un renard, mais un renard assez impudent pour s’en aller en emportant le furet î
- —©— C’est le 19 mars qu’a eu lieu, à l’Hôtel des Sociétés savantes, rue Serpente, 28, et rue Danton, le premier déjeuner mensuel des Africains, qui aura lieu dorénavant au même endroit, le troisième jeudi de chaque mois, et réunira, s£lns distinction d’opinion, toutes les personnes « qui s’intéressent au développement de l’influence « française en Afrique ». M. Chautemps, ancien ministre des Colonies, qui avait bien voulu accepter de présider ce déjeuner amical, empêché au dernier moment par une indisposition, s'excuse par télégramme adressé à M. H. Tarry, promoteur du banquet, de ne pouvoir y assister, et le prie de saluer de sa part les convives. La présidence est alors offerte à M. Martineau, président de la Commission d’organisation du banquet et secrétaire général du Comité de Madagascar.
- —©— Une grande exposition générale d’horticulture se prépare déjà à Hambourg pour 1897. Cette vaste entreprise est en préparation. Un fonds de garantie de 400000 marks est déjà voté. L’Exposition sera ouverte de mai à octobre. Elle sera internationale. Latat prêtera gratuitement le terrain. L’annonce qui nous est adressée par le Comité dit qu’à la tête sera placé le bourgmestre de Hambourg, Dr Monckberg.
- Notes cyclistes. — Un terrible accident s’est produit le dimanche 3 mai, à 11 heures et demie, sur la place de la Concorde. Un bicycliste de vingt ans, M. Louis Roche, sculpteur, demeurant quai de la Tournelle, a été écrasé par l’omnibus Hôtel de Ville-Porte Maillot. Ce jeune homme traversait la place à une grande allure. Apercevant l’omnibus devant lui, au lieu de faire un crochet pour l’éviter, il crut avoir le temps de passer, mais il fut atteint par les chevaux, jeté à bas de sa machine et le lourd véhicule lui passa sur le corps et le tua. Un ajij de la bicyclette.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui concerne le siphon rotatif, s’adresser à M. Maillet, 12, avenue des Gobelins, à Paris. — Le stéréoscope inverseur est construit par le Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris. — Les divers appareils électriques sont fabriqués par M. E. Vohwinkel, électricien, IV Alleegasse, 65, Vienne (Autriche). — Le kinétoscope à vues multiples, décrit dans le n° 1196, du 2 mai 1896, p. 357, est en vente chez M. Ch. Pathé, 72, cours de Vincennes, à Paris, et non au Comptoir général de photographie, comme nous l’avons indiqué par erreur entête delà Boîte aux lettres correspondante.
- Communications. — il/. J. Bouchard, à Paggar Alam, Lahal Palembang (Sumafra), au sujet du poulet dont les os étaient noirs, qui nous a été signalé par M. Godefroy, au Mans (Boîte aux lettres du n° 1184, du 8 février 1896), nous écrit que dans la Malaisie cette variété de poulets est bien connue. Les indigènes en préfèrent la chair à ceux dont les os sont blancs, la disant plus savoureuse. Ces poulets sont particulièrement nombreux à Java, et plus petits que ceux de la race ordinaire. Tout le monde en mange et personne n’en a jamais été incommodé.
- Renseignements. — M. le Dr Dubois, à Cluny; il/. P. Le-sieur, à Corbie; M. V. E., à X. ; M. E. Cantin, à Graçay. — Les adresses que vous demandez sont les suivantes : La locomotion automobile, 7, rue du Faubourg-Montmartre, à Paris. Prix : 6 francs par an. La France automobile, 4, rue du Faubourg-Montmartre, à Paris. Prix : 12 francs par an.
- M. A. Espina, à Madrid. — 1° Renseignez-vous auprès du fabricant indiqué à la fin de notre article. — 2° Voyez les diverses adresses que nous avons déjà données dans les Renseignements du n° 1195, du 25 avril 1896.
- M. G. Alexandresco, à Galatzi. — Maisons et baraques portatives : Compagnie des constructions démontables, 51, rue Lafayelte, à Paris; MM. Duclos et C!o, quai de Seine, à Courbevoie (Seine).
- M. H. Lapierre, à fionnard. — Dans les conditions que vous nous indiquez, nous croyons qu'un moteur à pétrole ou à gaz pauvre vous conviendra de préférence au moteur à vapeur. Le choix entre le pétrole et le gaz pauvre dépend d’une série de conditions locales que seul vous pouvez apprécier.
- M. T. Gilbert, à Bruxelles. —Vous consulterez avec profit l’ouvrage Perspective appliquée au dessin et à la peinture, par M. Vergnaud, dans l'Encyclopédie Roret, à la librairie L. Mulo, à Paris.
- M. A. L., à Brest. — Nous ne pouvons vous conseiller l’emploi de piles pour la charge de vos accumulateurs: il serait préférable de prendre un moteur à pétrole de 2 chevaux et une dynamo donnant 6U à 65 volts et 1Ü à 12 ampères.
- J M. Biot, à Dax. — Le déclivographe dont vous parlez a été décrit dans les Petites Inventions du n° 1180, du I I janvier 1896; l’adresse du fabricant est indiquée à la fin de l'article.
- M. A. B., à Cherbourg. — Nous avons publié de nombreux articl-s sur les dernières locomotives des chemins de fer; voyez la table des matières décennale 2° série, 1883-1892, à la librairie G. Masson.
- J7. Dulong, à Montauban. — Pour une machine électrique, il ne faut pas considérer seulement le prix d’achat ; il faut encore voir si la machine est robuste, solide, et fonctionne dans de bonnes conditions de rendement. Il est préférable de dépenser une somme plus élevée pour l'achat, et d’avoir une machine qui soit économique dans l’exploitation.
- M. Cailland, à Blois. — Ces verres pour l’éclairage lxolo-phane se trouvent chez M. A. Engell'red, ingénieur, 8, rue de Saint-Quentin, à Paris.
- M. F. Isse, à Marseille. — On vend les manchons tout préparés pour l’éclairage au gaz par incandescence, mais non le régu-
- lateur ; adressez-vous à la Société nouvelle d’incandescence par le gaz, 47, rue du Louvre; à la Compagnie parisienne du bec Deselle-Gillet, 7, rue des Petites-Ecuries; et à la Compagnie le régulateur incandescent, 41, rue de Paradis, à Paris.
- M. Fournier, à Calais. — Vous pourriez demandez ce renseignement au secrétaire général de la Société de Phvsique, M. Pellat, 44, rue de Rennes, à Paris.
- M. Gerbaut, à Verviers. — Vous trouverez ces renseignements dans le Dictionnaire de géographie universelle de M. Vivien de Saint-Martin, à la librairie Hachette, à Paris.
- Un abonné, à Mons. — Demandez ces renseignements à la maison Peugeot frères, 22, avenue de la Grande-Armée ; chez MM. Ducan, Suberbie et Ci8, 46, rue Halévy, et chez MM. Clément et Cie, 34, rue du Quatre-Septembre, à Paris.
- M. R., à P. L. M. — 4° Le gaz acétylène dégage 315,7 calories kilogramme-degré par kilogramme. Le pouvoir calorifique du gaz ordinaire est en moyenne de 11192 calories kilogramme-degré par kilogramme. — 2° Le gaz acétylène ne peut être mélangé impunément à l’air. M. Gréhant a trouvé que 1 volume d’acétylène et 9 volumes d’air donnaient un explosif très violent; voyez la Note que nous avons publiée dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences, séance du 43 avril 4896, dans le n° 4194, du 48 avril 4896, p. 349. — 3° Nous avons déjà fait connaître plusieurs constructeurs de ces appareils dans nos précédentes Boîtes aux lettres, notamment dans celle du n° 1195, du 25 avril 4896.
- M. P. Dale, à X. — Cette pile ne se trouve pas dans le commerce ; il faut la disposer soi-même en se procurant du sélénium cristallisé chez les marchands de produits chimiques.
- M. G. P., à Alger. — 1“ Tours parallèles:MM. Barriquandet Marre, 127, rue Oberkampf; M. Ducommun, 18, boulevard Magenta; M. Iluré, 218, rue Lafavette; M. Bouhey, 43, avenue Daumesnil, à Paris; MM. Peugeot frères, àValentigney (Doubs). — 2° Vous trouverez des ouvrages sur l’art du tourneur à la librairie Michelet, à Paris; voyons aussi les Albums du tourneur parisien, par D. Guilmard, dans la collection des manuels Roret.
- M. Durai, à Dijon. — 1° Votre boîte pour voyages contiendra utilement de l’ammoniaque, de l’éther, de 1 alcoolat de mélisse ou de l’élixir de chartreuse et de l’eau phéniquée. — 2° La solution d’acide picrique a donné de bons résultats pour traiter les brûlures, mais n’a pas été essayée pour les piqûres d’insectes.
- M. Marty, à Lyon. — Vous nous demandez s’il est vrai qu’un croiseur français sera lancé à Cherbourg le 27 mai. Oui, le fait annoncé est véridique. Voici des détails que nous venons de lire dans l'Ingénieur civil. Il s’agit d’un croiseur de deuxième classe qui a été nommé le Cassard. Mis en chantier à Cherbourg en 4894, c’est un bâtiment en acier de 99m,25 de longueur, de 13m,68 de largeur, avec un déplacement de 3952 tonneaux. La puissance de la machine est de 9500 chevaux et la vitesse prévue 49",25. 11 sera armé de six canons de 164, quatre de 400, dix de 47 et onze de 37 millimètres, tous à tir rapide, et de deux tubes lance-torpilles sur l’eau.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. A. Maggiani, à Venise. Nous ne comprenons pas votre question. — M. E. Die ht, à Thaon-les-Vosges. Nous avons donné votre adresse à l’ingénieur-conseil de celte nouvelle fabrique. — M. Lelong, à Marseille. Il faut prendre le degré hydrotimétrique de votre eau avant et après l’épuration. — M. Lesourd, à Nevcrs. Nous vous conseillons d’attendre les résultats d’une expérience d’assez longue durée avant de fixer définitivement votre choix. — M. A. C-, à Alger. Il faut employer des dissolutions saturées et non des solutions étendues comme vous l’avez fait. — M. Millet, à Nantes. La deuxième disposition dont vous parlez conviendrait certainement mieux que la première. — M. Dubois, à Paris; M. Lérion, à Chartres. Voyez les Recettes et procédés utiles, lr* série, à la librairie G. Masson. — M. A. It., à X.; M. G. F., à Lyon. Consultez le même petit ouvrage, 2“ série, à la même librairie que ci-dessus. — M. G. R., à Lille; M. Thibaudcau, à Paris. Remerciements pour vos communications.
- COURS ET CONFÉRENCES
- Muséum d’histoire naturelle.
- Cours de botanique. Classifications et familles naturelles. — M. Edouard Bureau, professeur, a commencé ce cours le vendredi 1er mai 1896, à 4 heure, dans la salle de Cours, rue de Bufl'on, n° 63, et le continuera les lundis, mercredis et vendredis suivants, à la même heure.
- D'ins a « Botte aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- VARIATIONS SUR LES RAYONS X. — Dessins et texte inédits de A. Robida.
- Études sur les rayons Rôntgen. — 1. Indiscrétions prochaines de la photographie par les rayons Rüntgen. Une maison. Le secret de la vie privée percé à jour. — 2. Une caisse de banquier. Vérilication commode. Si elle ne loge que le diable ou des toiles d’araignée on le saura tout de suite. — 3. Un portefeuille ministériel et ce qu’il peut y avoir dedans. — 4. Les mystères du rêve. Avec un peu de bonne volonté, ne pourrait-on arriver à les percer? — 5. La lutte contre le microbe. Les rayons Rüntgen permettant d’avoir le portrait exact de l’ennemi photographié sur ses positions, peut-être des batteries de tubes vont le pulvériser. — 6. Connais-toi toi-même, dit le sage. Rien de plus facile maintenant. — 7. Constatations d’un opérateur pessimiste. Ce qu’il y a dans le cœur de quelques-uns. — 8. Constatations dans le cerveau de quelques penseurs trop profonds. — 9. Une malle suspecte. — 10. Vous ne voulez pas dire qui est-ce qui a mangé la tarte? nous allons bien le savoir avec les rayons Rôntgen! — 11. Le costume de demain. Seul possible désormais pour éviter les indiscrétions de la nouvelle photographie.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Le halo photographique. — Dans les Recettes et procédés utiles du n° 1186 de La Nature du 22 février, p. 47 des Nouvelles scientifiques, a paru une Note intitulée : Le halo photographique, dans laquelle l’auteur, M. René Lacour, propose le dépolissage de la face postérieure des glaces photographiques pour éviter le halo. Or j’ai précisément fait breveter ce procédé il y a quelques mois. J’ai pensé que pour éviter la réflexion des rayons lumineux par la face postérieure de la glace vers la couche sensible, le mieux était de détruire cette surface réfléchissante par un dépolissage. Comme moyen complémentaire j’applique ensuite sur cette face dépolie une couche convenablement colorée qui, pénétrant par mouillage dans toutes les anfractuosités du dépoli, absorbe tous les rayons que ce dernier réfléchirait sans cela vers la couche sensible et qui, bien que diffusés, pourraient encore causer sinon un halo proprement dit, du moins un voile plus ou moins sensible. Parmi toutes mes expériences, je vous citerai la suivante : J’ai fait une épreuve positive provenant d’un cliché 15/18 dont une moitié seulement avait été dépolie sur sa face postérieure et recouverte ensuite d’un vernis noir. Des deux mêmes vues, —
- un entre-bâillement de rideaux devant une fenêtre ouverte, — disposées côte à côte sur ce même cliché, l’une présentait un halo considérable; c’est celle qui correspondait à la moitié non dépolie du cliché. Les deux poses ont eu la même durée, six minutes, et ont été faites dans le même quart d’heure, c’est-à-dire avec un égal éclairement. Elles ont été développées et fixées ensemble étant sur la même glace, et, enfin, le tirage de la positive a été fait avec la même durée d’exposition pour les deux moitiés du cliché. Or j’ai remarqué que les deux moitiés de la positive sont venues aussi vite l’une que l’autre, et plutôt avec un avantage de rapidité pour le côté dépoli. J’explique ce fait par la plus grande réflexion de lumière produite par la portion restée polie, en sorte que la moindre transparence de l’autre portion se trouve compensée par une plus grande absorption de lumière allant ensuite agir sur le papier sensible. J’ai même eu parfois plus qu’une compensation, le tirage du positif se faisant notablement plus vite, sous la portion dépolie du cliché que sous la portion restée polie. J’ajoute que j’ai employé des dépolis très doux et qu’il est probable qu’avec des dépolis plus accentués il cesserait d’v avoir compensation entre l’augmentation d’absorption et la diminution de transparence. V. Bablon.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- observations 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 27 avril . . . 10°,5 S. W. 2. Couvert. 0,0 Peu nuageux de 9 à 16 h. ; très nuageux avant et après; horizon brumeux à 7 h.; clair à 13.
- Mardi 28 12°,8 S. S. W. 2. Couvert. 0,0 Couv.; quelques averses; pluie dans Ja soirée; horizon brumeux a 7 h.; très clair à 12 h.
- Mercredi 29 10°,0 S. S. W. 2. Couvert. 7,6 Couvert le m.; quelques éclaircies le s.; halo; pluie à plusieurs reprises-; atmosphère très claire.
- Jeudi 30 8°,9 W. 1. Beau. 2,1 Nuageux; gouttes à 13 et 18 h.; atmosphère claire. Très nuageux de 8 à 16 h.; peu nuag. av. et ap.; gel.
- Vendredi 1" mai. . 6°,2 N. 2. Quelques nuages. 0,0 bl.; pet. averse à 13 h.; pluie à 15 h.; atm. tr. claire. Nuag. à I h. et de 8 à 20 h ; beau le reste du temps ;
- Samedi 2 6°,1 N. 3. Beau. 0,7 qq. fois des gouttes et uu peu de grêle, atm. claire. Nuageux jusq. 20 h.; beau ensuite ; lioriz. brum. à 7 h.;
- Dimanche 3. . . . . 7°, 2 N. N. E. 4. Couvert. 0,0 très clair à 17 h.
- AVRIL-MAI 1896 --- SEMAINE DD LUNDI 27 AVRIL AD DIMANCHE 5 MAI
- j Lundi
- Mardi | Mercredi | Jeudi
- Vendredi | Samedi | Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer) ; courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé des observation» météorologiques faites au Parc Saint-Maur en avril A 806
- parM. E. Renou.
- Moyenne barométrique à midi, 762“",28. Minimum 752"",17 le 29 à 4 heures du soir. Maximum 770““.33 le 19 à 8 heures du matin. Moyennes thermométriques : des minima 4°,78; des maxima 14°,53; du mois 9°,66. Moyenne vraie des 24 heures 9°,34. Minimum —0°,2 le 3 vers 5 heures du matin. (Minimum —0P,1 le 16.) Maximum 21°,6 le 27 vers 2 h. 30 du soir. Il n'y a eu que 2 jours de très petite gelée et 12 jours de gelée blanche.
- Tension moyenne de la vapeur 6““,08; la moindre 2“,8 le 13 à 1 heure du soir; la plus grande 10"",6 le 28 à 5 heures du soir. Humidité relative moyenne 70; la moindres28 le 16, à 2 et3 heures du soir; la plus grande 100 en 3 jours.
- Pluie 19”“,9 en 34 h. 30m. réparties en 9 jours; il y a eu de plus 7 jours où il est tombé des gouttes. Les 2 et 12 il y avait quelques grains de grêle mêlés à la pluie ; un seul jour de petit brouillard à 5 heures du matin le 26. Nébulosité moyenne 61. Ni éclairs, ni tonnerre. Les vents
- exclusivement du sud-ouest au nord-ouest par l'ouest, le vent a été fort du sud-ouest dans l’après-midi du 11. Température moyenne de la Marne 10°,30 le matin et 10°,89 dans l'après-midi; en moyenne 10°.59. Elle a varié de 7°,54 le 4 à 13°,65 le 29. Très trouble au commencement du mois, surtout les 5 et 6, elle s’est éclaircie vers la fin ; son niveau s’est abaissé progressivement en restant au-dessous de la moyenne du printemps,
- Relativement aux moyennes normales, le mois d’avril 1896 présente les résultats suivants : Baromètre plus haut de 7““,36 ; c’est l’excès le plus grand depuis 1870. Thermomètre plus faible de 0°,27 ; tension de la vapeur „ plus forte de 0“",01 ; humidité relative plus forte de 1. Pluie plus faiblcJ de 21““,5. Nébulosité plus forte de 7. 1
- Floraisons : le 7, Dielytra. 15, Laurier-cerise. 16, Alliaire. 28, Lamiuni.| labum, Cerisier de Sainte-Lucie. 23, Cassis, Lilas. 24. Pommier, Coignas- f sier. 26. Marronnier. 28, Aneholie. 29, Epine-vinette. 30, Pivoine en arbre-1
- Arrivée des oiseaux : le 5, Fauvette à tète noire. 9, Hirondelle de clic ; minée. 20, Rossignol. 25, Martinet. 27, Loriot. |
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 27, à 1 h. 57 m. du soir.
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- 1/98 (/6 Mai 1896), du journal « LA NATURE »
- M. GASTON TISSANDIER, directeur
- Réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction de « La Nature » et de son « Supplément »,
- « Boîte aux lettres », etc., doivent être adressées à M. Gaston Tissandier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- TOUTES LES COMMUNICATIONS QUI CONCERNENT LE SERVICE DU JOURNAL (ABONNEMENTS, RÉCLAMATIONS, CHANGEMENTS D’ADRESSE, ETC.) DOIVENT ÊTRE ADRESSÉES A LA LIBRAIRIE G. MASSON, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS.
- LA SEMAINE
- E,e troupier français à, Madagascar, — Le correspondant du Times qui était à Madagascar pendant la guerre fait les plus grands éloges de l’attitude des troupiers; il vante leur tact, leur courtoisie, leur scrupuleuse probité. Dans cette ville de 100 000 habitants, ajoute-t-il, la troupe de l’Algérie, les sauvages du Dahomey « furent aussi disciplinés que les soldats européens » malgré les privations et les cruelles épreuves d’une longue marche à travers un pays dévasté. Le lendemain du jour de l’entrée des troupes, dit M. Knight, je me promenai dans la ville et je vis que les Français étaient déjà au mieux avec les naturels et leur payaient à des prix exorbitants tout ce qu’ils achetaient. Au marché, un poulet valant ordinairement A0 centimes leur était vendu 2fr,50 qu’ils payaient sans marchander. Je ne crois pas que des troupes aient eu une meilleure attitude dans un pays conquis. Il n’est pas douteux, quoi u’on ait pu dire, que les Français ont conduit cette campagne e la façon la plus humaine. Les excès commis au début des opérations par quelques soldats sakalaves ne se sont jamais renouvelés. Le général Duchesne a tenu les troupes sous la discipline la plus stricte et ceux qui ont commis des actes de brutalité ont été sévèrement punis. La conduite des soldats dans la capitale a été admirable et a surpris tout' le monde. Aucune plainte n’a pu être formulée contre eux et, ce qu’il y a de plus remarquable, aucun Ilova n’a été maltraité. Les troupes d’Algérie, les enrôlés dahoméens eux-mêmes se sont admirablement tenus; ils ont payé tout ce qu’ils ont acheté, et, comme aucun tarif n’avait été édicté, on les a outrageusement volés. En arrivant à Tananarive, ils avaient tous six mois de solde en poche et quelques jours ont suffi pour que non seulement leurs ennemis ae la veille, mais aussi les négociants mauriciens, qui ne vendaient qu’avec un bénéfice de 600 pour 100, les aient -complètement dépouillés de leur argent. Cette appréciation de la part d’un étranger est des plus flatteuses pour notre vaillante armée. Nous ne pouvons que regretter que de pareils excès n’aient pas été aussitôt réprimés et que nos soldats aient eu à en souffrir.
- Société Photographique de Lille, Salon de 18ÎM».
- — On nous informe que l’ouverture de cette Exposition, primitivement fixée au 23 mai, est reportée au 27 juin. Les adhésions seront reçues jusqu’au 20 mai, au siège de la Société; les envois devront parvenir à l’adresse ci-dessus, pour le 15 juin, au plus tard. Le jury d’admission, à cette Exposition, est ainsi constitué : Agache, Alfred, artiste peintre à Paris; Bourgeois, Paul, secrétaire général du Photo-Club de Paris; Maurice Bucquet, A. 0. >J«, président du Photo-Club de Paris; Den Duyts, >J<, artiste peintre à Bruxelles; Flameng, François, artiste peintre à Paris; Morot, Aimé, artiste peintre à Paris; Rosset-Granger, Edouard, artiste peintre à Paris. — Pour tous renseignements, règlements, bulletins d’adhésion et d’envoi, s’adresser au siège de la Société Photographique de Lille, 116, rue de l’Ilôpital-Militaire, à Lille.
- INFORMATIONS
- —Un esssai vient d’être fait en Amérique, à Nevvark, en vue d’utiliser le réseau de tramways électriques pour assurer, d’une manière rapide et économique, l’arrosage des rues traversées par ces voies. On se sert, dit le Moniteur industriel, de wagons-citernes, mus également par un trolley prenant le courant sur le conducteur aérien de la ligne. Chaque wagon porte deux pulvérisateurs placés l’un sous le châssis, l’autre sur le côté, dont le débit peut être réglé au moyen d'un levier placé sur l’avant du châssis, près de la main du conducteur. Le premier sert à arroser entre les rails. Le second lance sur le côté un jet suffisamment puissant pour couvrir la demi-largeur de la chaussée, les voies étant posées le long des trottoirs. Il en résulte que dans son voyage d’aller et retour, le wagon-citerne a arrosé complètement toute la chaussée, et cela avec une rapidité inconnue dans nos grandes villes. Chaque wagon porte 11 mètres cubes d’eau, et pèse en charge environ 15 tonnes.
- —®— L’addition de l’aluminium dans l’acier le rend plus doux, ce qui facilite la taille de la lime, de sorte que les dents sont plus accusées et mieux taillées que dans les limes ordinaires ; d’autre part, lorsque la lime est trempée, on obtient une dureté exeptionnelle.
- —Dans des travaux de dérochement exécutés dernièrement sous l’eau au port d’Emmerich, on a été conduit à employer la poudre noire en gargousses étanches, amorcées avec du bickford imperméable. La principale difficulté résidait dans l’établissement, sous l’eau, de bourrages résistants. On y est parvenu, avec plein succès, en coulant dans le trou de mine, après chargement, du eiment à prise rapide, à l’aide d’un entonnoir de lm,50 à 2 mètres de longueur. Les forages ont été exécutés, dans de la maçonnerie, au moyen de forets tubulaires (tubes à gaz) dentés sur leur tranche.
- —®— D’après un Rapport de la légation anglaise à Tokio, il y avait, au 1er mars 1895, au Japon, un total de 3409 kilomètres de lignes de chemin de fer, sans compter 1715 kilomètres de voie non achevée encore, ni 1600 kilomètres de voie dont la construction est d’ores et déjà décidée. Ces lignes sont construites par des ingénieurs anglais, et avec des matériaux anglais.
- —$$— Sur l’initiative et avec un don de MM James Veitch etfds, horticulteurs à Chelsea, Londres, la Société royale de Londres vient sous ce titre d’instituer des concours qui auront lieu à chaque présentation de fleurs ou de fruits, entre ses assemblées générales de juin 1896 et juin 1897, l'exposition dite « Temple Show » exceptée. Un premier et deux seconds prix sont attribués à la Pomme ainsi qu’à la Poire de meilleur goût.
- —©— D’après ce que nous rapporte le Journal des transports, la première locomotive électrique Baldwin Westinghouse vient d’être reçue sur le réseau américain. Elle pourra être utilisée à volonté, soit par le système américain à trolley, soit par le système de transmission d'énergie au moyen de transmissions bien combinées.
- COURS ET CONFÉRENCES
- Muséum d’histoire naturelle.
- Cours de dessin appliqué à l’étude des plantes. — M. A. Faguet commencera ce cours le samedi 16 mai 1896, à 3 heures, et le continuera les mardis, jeudis et samedis suivants, à la même heure, dans la salle des cours de dessin (porte d’Austerlitz).
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui concerne le tricycle automobile, s’adresser à M. Bollée, au Mans.
- Communications. — M. E. Poillon, à Amiens, nous adresse une brochure contenant le Rapport sur la grille Kudlicz qu’il a présenté à la Société industrielle d’Amiens. Cette grille peut s’appliquer aux générateurs à vapeur et aux foyers de tout genre ; elle a l’avantage de brûler complètement et dans les meilleures conditions, tous les combustibles. Elle est surtout appliquée pour brûler les combustibles à bon marché : charbons maigres, poussiers de houille, de coke, lignite, anthracite, escarbilles, tan, sciures. La Notice donne une description de la grille et montre les diverses dispositions adoptées pour l’installer sur une chaudière cylindrique horizontale ordinaire, et sur une chaudière à foyer intérieur. Nous trouvons ensuite les résultats d’une série d’essais très remarquables; dans la Haute-Silésie, avec une production de vapeur de 35lB,72 par mètre carré de surface de chauffe et par heure, la grille a donné une vaporisation de 6ks,05 par kilogramme de combustible, ce qui est un bon rendement pour une chaudière à bouilleurs. De nombreux essais ont été faits dans diverses contrées et notamment chez M. Gamounet à Amiens. Ajoutons encore que la grille Kudlicz supprime naturellement la fumée noire, puisqu’elle n’utilise que des combustibles maigres.
- M. R. Oppenheim, éditeurà Berlin, nous envoie deux exemplaires d’un nouveau journal photographique qu’il vient de fonder, Photographische Mitheilungen, journal pour la photographie scientifique et artistique, dirigé par le professeur H. W. Vogel.
- L'abonné n° 1706-5814, h Caudebec-en-Caux, à propos de notre article sur une selle de caoutchouc pneumatique, paru dans La Semaine des Nouvelles scientifiques du n° 1197 du 9 mai 1896, nous écrit qu’un tel système de selle est fabriqué par la Société L'Hirondelle, à Saint-Etienne (Loire) ; le dépôt est à Paris, 42, rue du Louvre. On dit que ces selles échauffent et que les médecins préfèrent des selles dures sans jeu de mâts.
- Renseignements. - M. A. R., a Paris. — Il existe plusieurs lampes à arc qui fonctionnent très bien sur courants alternatifs et sur courants continus. Nous vous citerons entre autres la lampe Brianne et la lampe de Courval. La première est construite par MM. Bisson Bergès et Cie, 8, rue de Rocroy ; et la seconde par la Société industrielle des Téléphones, 1, rue des Entrepreneurs, à Paris.
- M. G. M., h Lyon. — Vous trouverez des ouvrages de ce genre à la Librairie agricole de la Maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- M. D. L., à Paris. — Il est possible de fabriquer soi-même un petit moteur de ce genre.
- M. F. Violi, à Los Angeles. — 1° Appareils de chauffage électrique: M. Nave, 5, avenue de l’Opéra, à Paris. — 2° Piles portatives: M. Radiguet, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris.
- M. A. F orgues, à Béziers. — Les deux appareils ont leurs avantages spéciaux ; il ne nous est guère possible d’établir une comparaison entre eux.
- M. H. Pellet, à Paris. — Nous avons fait connaître dans les Recettes et procédés utiles, 2e série (G. Masson, éditeur), une formule de colle pour faire adhérer du papier et du carton sur de la tôle. Vous pourriez peut-être essayer cette recette.
- M. Ch. Rolland, à Marseille. —Notre collaborateur M. Villon est mort déjà depuis quelque temps; nous avons publié une Notice nécrologique, dans le n° 1172, du 16 novembre 1895, p. 398.
- M. F. F. Andréa, à Mahon. — 1° Adressez-vous à des marchands de produits chimiques; nous ne connaissons pas de
- fabrique spéciale. — 2° L'Encyclopédie scientifique des aide-mémoire, publiée sous la direction de M. Léauté, a fait paraître lusieurs livres sur les falsifications des boissons, le lait, la ière, etc. ; voyez à la librairie G. Masson et à la librairie Gaulhier-Villars, à Paris.
- M. D. Grossenaud, à Biskra. — Nous avons indiqué plusieurs fabricants de carbure de calcium en tète des Boîtes aux lettres du n° 1153, du 6 juillet 1895, et du n° 1160, du 24 août 1895. Une grande fabrique a été installée dernièrement aux chutes du Niagara. M. A. Peeters, ingénieur, à Alexandrie (Egypte), fournit du carbure de calcium à 45 francs les 100 kilogrammes.
- M. J.-M. Cadablès, à Bordeaux. — M. Minet a fait paraître à la librairie Bernard Tignol, à Paris, un petit ouvrage sur l’aluminium, sa fabrication, son emploi et ses alliages.
- M. C. Kina, à Marseille. — Nous pensons comme vous qu’il serait très important de trouver un appareil enregistreur des mouvements de l’aiguille aimantée; cette boussole-enregistreur rendrait de grands services.
- M. L. Dardoize, à Montbrison. — Pour l’article que nous avons publié sur le cerf-volant Ilargrave, les renseignements ont été empruntés au Scientific American, qui ne fournit pas de plus amples détails.
- M. S. T., à Pontarlier. — Pour tout ce qui concerne le tectorium qui a été décrit dans le numéro 1066, du 4 novembre 1893, il faut vous adresser à M. E. Lambert, mécanicien à Bar-sur-Aube.
- M. G. R., k Blois. — Les résultats que nous avons mentionnés dans l’article sur les accumulateurs Blot ont tous été obtenus par des expériences.
- M. A. Bourlana, à Angoulême. — Le pinceau à air, décrit dans le numéro 1073, du 23 décembre 1893, p. 55, se trouve à l’adresse : Air Brush Mfg G0, Rockford, Illinois (États-Unis d’Amérique).
- M. V. S., à Oran. — Vous nous demandez quand le chemin de fer transsibérien sera terminé. On dit en Russie qu’il pourra fonctionner le premier jour de 1900. On pourra faire en quarante jours — ô Jules Verne ! — le tour de notre planète.
- M. Pelisson, à Paris. — Pompes centrifuges : M. II. Carpentier, 73, boulevard Soult; M. L. Dumont, 55, rue Sedaine.
- M. F. Pottier, à Paris. — 1° Cet article a été emprunté au journal américain mentionné, qui ne donne pas les détails de construction. — 2° L’adresse que vous demandez est la suivante : Scientific American, Miinn and C°, 361, Broadway, New-York.
- M. A. des Chaumes, à Paris. —La statistique des tramways électriques en Europe, dressée à la date du 10 mars 1896, par le journal L'Industrie électrique, porte que les tramways de Bâle ont été installés par la maison Siemens et Halske et sont à conducteur aérien avec retour par les rails, à la différence de potentiel de 500 volts.
- M. A. R., al. — Vous pouvez employer également des courants continus et des courants alternatifs pour ces divers appareils.
- M. D. V., à Arras. — L’expérience seule peut vous permettre de déterminer ces coefficients; il vous suffit d’avoir un galvanomètre sensible et des résistances connues variables.
- M. E. Carpy, à la Châtre. — 1° Ecrivez directement à l’Ecole de chimie de Lyon; la lettre parviendra certainement. — 2° Ballons et sujets comiques pour fêtes : M. Oreste-Martin, 58, boulevard Sébastopol; M. Pasturel et ses fils, 123, rue d’Avron ; M. Vilain, 5, cité Magenta, à Paris.
- M. J. Tonis, à Moiville. — Ce modèle de pile Leclanehé peut donner une intensité de 1 à 2 ampères avec une différence de potentiel de 1,5 volt par élément.
- Accusés de réception. — Avis divers. — AL L. Capon. à Ethe. Nous ne connaissons pas de procédé spécial. — AL Dubois. à Lille. Il faut déterminer à l’avance la puissance calorifique du combustible, en opérant sur une quantité prélevée dans toute la fourniture. — M. L. Véron, à Paris. Vos calculs sont inexacts; relisez ce qui concerne les baromètres dans les Physiques de Dgion et Fernet, de Ganot, etc. — M. L. G., à Brest, il suffit de faire l’analyse chimique de ce produit. — M. Dulong, à Nantes. L’éclairage par piles n'est pas pratique ; il offre des difficultés d’entretien et des manipulations un peu longues. — M. Richaud, à Culaz ; M. L. Botmeu, à Bruxelles; M. C. Andreottc, à Cognac. Nous, transmettons vos lettres à l’auteur de l’article. — AI. Lorlal, à Versailles; Af. V. R., à Blois; AI. G. M., à Paris. Voyez les Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie G. Masson. — M. I\ Vint, à Roanne. Nous avons indiqué les moyens de noircir le laiton dans le môme petit livre des Recettes et procédés utiles, 4e série, à la même librairie que ci-dessus. — AI. G- S., à Paris; M. Gi-roux, à X. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Botte aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toute* les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INVENTIONS1
- Trompe d’avertissement pour les bicyclistes. —
- Voici une petite trompe musicale qui fonctionne facilement, qui est légère, qui tient sans gêner dans une poche, et qui produit un son assez puissant pour être entendu de loin par les promeneurs ; ceux-ci sont avisés à distance convenable du passage de la bicyclette, Ki-yi sont les désignations que cet
- s’opère, le fumeur n’a plus qu’à presser légèrement le piston de temps à autre afin de renouveler la couche de tabac au-dessous du trou du tuyau d’aspiration. Le couvercle cendrier recueille les cendres si sa grille est à larges mailles, ou les empêche de s’échapper si cette grille est à mailles étroites. La pipe à piston peut encore se fumer dans toutes les positions que le fourneau peut prendre sur l’axe, et notamment dans celle que figure le profil renversé. Les fourneaux des modèles n°8 2 et 3 étant inamovibles, l’allumage en est opéré de la façon
- Trompe d'avertissement pour les bicyclistes.
- 1. Vue de la trompette. — 2. Mode d'emploi.
- Pipe à piston. — 1. Vue de haut en bas. — 2. Piston tiré. 5. Coupe du système.
- instrument utile donne aux notes de la gamme qui peut être produite en appuyant les doigts sur le caoutchouc comme si on jouait de la flûte. En changeant la tension du caoutchouc, on peut obtenir un son plus aigu ou plus doux. En roulant la trompette dans la paume de la main, on obtient une variété de sons très amusante à jouer. — Cette trompe se trouve chez M. P. Bertrand, 19, rue d’IIauteville, Paris.
- Le tire-manche. — Ce petit appareil est très commode et absolument pratique lorsqu’il s’agit de mettre un vêtement par-dessus un autre, veste de dame, pardessus d’homme, etc. Il a pour effet d’empêcher les manches de dessous de remonter en haut des bras. Ainsi que le fait voir notre figure (n° 4), l’appareil est formé d’une sorte de pince sur laquelle glisse une
- Le tire-manche. — 1. Vue du systè
- bague de serrage, et est terminé paf un anneau. Avant de mettre son vêtement, on pince la manche fortement en A, et on enfile l’anneau dans le pouce B (n° 2) ; de cette façon la manche ne peut remonter plus haut que sa position naturelle. Le n° 3 montre le mode d’emploi. - Ce petit objet se trouve chez M. Mathieu, 131 et 133, Galerie de Valois, Palais-Boyal, Paris.
- Pipe à piston. — Le principe fondamental de la pipe à piston réside dans ce fait : que le fourneau en est disposé de manière que la fumée aspirée ne pénètre la charge de tabac que par faibles couches, qui sont successivement consumées. Le système est complété par l’adjonction d’un piston et d’un couvercle-cendrier à grille, ainsi qu’il est figuré aux dessins ci-contre. Le fourneau du type n° 1 étant monté à « fïoque » et pivotant à frottement doux sur l’axe P, il suffit de l’amener, d’un demi-tour de main, dans la position du profil renversé ; puis, après l’avoir chargé et allumé, de lui faire reprendre sa position primitive. Au fur et à mesure que la combustion
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- la plus simple par le renversement complet de la pipe. La pipe à piston a des avantages; elle ne « jute » pas, au sens que l’on donne à cette expression, et elle ne s’encrasse pas comme les autres pipes. Sa pompe n’a donc d’autre but que de recueillir la salive qui s’échappe involontairement de la bouche de certains fumeurs. Elle ne peut pas « juter » parce qu’aucune condensation de vapeur ne se produit dans la charge du fourneau. Aussi le tabac est-il brûlé à l’état sec jusqu’à la dernière parcelle. L’absence de condensation permet encore au fumeur de la laisser s’éteindre à moitié fumée, et de la rallumer au bout d’un certain temps sans que le tabac ait perdu de ses qualités, puisqu’il n’est pas imprégné de nicotine. — Cette pipe se trouve chez M. G. nenaut, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Figures contemporaines tirées de fAlbum Musiani. Soixante biographies, notices, autographes et portraits gravés sur bois par A. Brader. Causerie préliminaire par Armand Silvestre. Second volume. Paris. Librairie contemporaine, Henri Flourv, 1, boulevard des Capucines, 1896.
- M. Maria ni a publié le second volume des Figures contemporaines. Ce tome est aussi intéressant que celui qui l’a précédé. Il y a de très bons portraits accompagnés de la biographie et d’autographes représentés; nous citerons M“e Juliette Adam, MM. Jules Barbier, Burtholdi, Mlle> Brindeau, Emma Calvé, Louise Théo; MM. Albert Christophe, Benjamin Constant, Alexandre Dumas fils, Ludovic Halévy, Arsène Houssaye, Jules Lefebvre, Catulle Mendès, Régamey, Henri Rochefort, Richepin, duchesse d’Uzès, Sarcey, etc. Ce livre est bien édité et fait honneur à son auteur.
- Les applications mécaniques de Vénergie électrique, par J. Laffargue, ingénieur-électricien, licencié ès sciences physiques. IP partie. J. Fritsch, éditeur. Paris, 1896. Prix : 10 fr. 75 cartonné.
- Ce deuxième volume de l’ouvrage de M. Laffargue est entièrement consacré à l’examen des installations particulières. Il passe en revue les applications mécaniques de l’énergie électrique dans les usines, les fabriques et les ateliers, dans les mines, dans la marine, à la ferme, à la campagne, dans diverses industries, et il donne les prix de revient de l’installation et de l’exploitation. Chaque chapitre contient diverses considérations sur les principes de la transmission électrique dans les différentes applications traitées, sur les avantages, l’économie, la simplicité, la facilité des mesures, la comparaison, les autres modes de transmission. Prie deuxième partie de chaque chapitre renferme une analyse complète et détaillée des installations réalisées jusqu'à ce jour.
- Chimie des matières colorantes artificielles, par A. Seyewetz, chef des travaux à l’Ecole de chimie industrielle de Lyon et P. Sisley, chimiste coloriste. Deuxième fascicule. 1 vol. in-8°. — Paris, Masson et C1”, éditeurs, 1896.
- Histoire naturelle de la France, dix-septième partie. Cœlentérés, échinodermes, protozoaires. 4 vol. in-48, avec 187 figures, par Albert Grange r, membre de la Société Linnéenne
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- or»
- de Bordeaux. Les fils d’Émile Devrolle, éditeurs. Paris. Prix : 5 fr. 50.
- Le sommeil tiers de notre vie. Pathologie, physiologie, hygiène, psychologie, par Marie de Manaceïne. Traduit du russe avec l’autorisation de l’auteur par Ernest Jaubert. 1 vol. in-12. — Paris, G. Masson, éditeur, 189G.
- Rapport annuel de l’année 1895 sur les services municipaux de l’approvisionnement de Paris. Préfecture du département de la Seine. Direction des affaires municipales. 1 vol. in-4°. Paris, Imprimerie municipale, 1896.
- L’Asie inconnue. A travers le Tibet, par Gabriel Boxyalot. 1 vol. petit in-18. Paris. E. Flammarion, éditeur.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 4 mai .... 8°,0 N. 3. Beau. 0,0 Nuageux de 10 à 20 h.; beau av. et ap.
- Mardi 5 7°,8 N. N. E. 3. Beau. 0,0 Beau jusq. 10 h.; nuageux ens.; les parhélies sans halo.
- Mercredi 6 .... . 8°,3 N. N. E. 3. Beau. 0,0 Nuageux de 12 à 19 li.; beau av. et ap.
- Jeudi 7 10°,8 N. N. E. 2. Beau. 0,0 Beau le m.; nuageux le s.
- Vendredi 8 11°,3 N. 2. Très nuageux. 0,0 Nuageux de 6 à 16 h.; beau av. et ap.
- Samedi 9 11°,2 N. E. 2. Beau. 0,0 Beau. •
- Dimanche 10. . . . 12°,1 N. E. 2. Beau. 0,0 Beau.
- MAI 1896 — SEMAINE DU LUNDI 4 AU DIMANCHE 10 MAI
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu inüiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer) ; courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- Les hautes pressions en janvier A8JM*. — On sait qu’au mois de janvier 1896 des hautes pressions ont été observées eu divers endroits. A la séance du mois de mars de la Société météorologique de France, M. le secrétaire général a communiqué, à ce sujet, diverses Notes qui lui ont été adressées de Jersey par le Père Dechevreus. L’auteur explique le déplacement persistant d’un maximum de pression près des Açores par une périodicité du retour de ce phénomène en janvier, sous l’action du soleil et de la lune, laquelle offrirait un minimum à peu près tous les dix-neuf ans, soit pour un cycle de Melon. L’auteur a vérifié que le baromètre s’abaisse lorsque la distance de la lune diminue, en se servant des observations faites à Paris depuis 1757. L’auteur, eu calculant les attractions différentielles du soleil et de la lune comme proportionnelles au cube du diamètre apparent de ces astres, et d’après la méthode appliquée par Lap’.ace pour les marées, a trouvé un maximum pour 1884-1885 et un minimum pour 1894-1895. Comme le minimum se serait présenté en décembre 1895, l’auteur pense que si l'effet, ne s’est produit qu’un mois après, ce retard prouverait que l’action lunaire exige de quatre à cinq semaines pour avoir son plein effet sur l'atmosphère. En décembre 1895, la lune était plus éloiguee en moyenne d’un ravon terrestre qu’eu décembre 1885, et l'auteur trouve un rapport de 95 à 100 pour l’intensité de l’attraction différentielle lunaire. En faisant intervenir les déclinaisons de l’astre, il trouve le rapport de 92 à 100; et enfin il obtient 96 à 100, en combinant l’action du soleil à celle de la lune.
- Oscillations du baromètre et mouvements lunaires. —
- Dans une des dernières séances de la Société météorologique de France, M. Garrigou-Lagrange a fait une communicatiou sur les oscillations du baromètre qui accompagnent les mouvements lunaires dans l’hémisphère boréal. L’auteur, d’accord avec M. Poincaré et faisant suite à ses travaux, a été étudier l’année 1882-1883 entre les parallèles 10° et 70° pour 12M3* de Paris. Il résulte de son exposé que l'onde produite par la révolution tropique est importante, mais qu’elle n’avait été reconnue ni
- par les observations, ni théoriquement, malgré que Laplace ait porté dans ses formules un terme qui tient compte de la déclinaison de la lune, c'est-à-dire de cette onde. En rétablissant le terme que Laplace fit disparaître dans l’étude des marées, par la raison que les observations de Brest n’indiquaient pas d’influence perceptible dans ce sens, et dans l’étude de l’atmosphère par des raisons d’analogie, l’auteur trouve une oscillation qui dépend du signe de la déclinaison de la lune. Observant que la concordance d’un point du cycle anomal istique avec un point de la révolution tropique ne se déplace que de cinq heures et demie environ par révolution, et que, pour revenir à la concordance initiale, il faut environ neuf ans, l’auteur constate que, théoriquement, la pression barométrique est algébriquement accrue d’une fonction dans laquelle entre la différence des inverses du cube de la distance lunaire; en sorte qu’au périgée l’accroissement est positif, tandis qu’il est négatif à l’apogée. Des diagrammes, étendus par un tracé théorique à dix cycles de révolution du nœud, soit à 186 ans, confrontés avec les résultats fournis par les observations pendant plus de la moitié de ce cycle, montrent une certaine concordance et un minimum vers 1840.
- Variation horaire delà pluie en France. — Dans une séance de la Société désignée dans l'article précédent, M. Angot a fait une communication sur la variation horaire de la pluie en France. Sauf pour quelques observatoires, la quantité de pluie est notée seulement le matin et le soir, vers 6 heures. En utilisant les cinq années d’observations du Bureau Central, fauteur a montré que, pendant les mois froids, la quantité de pluie est en moyenne supérieure à 0,125 de la chute d'eau des vingt-quatre heures, pour chaque période de trois heures, de minuit à midi ; et inférieure à 0,125 entre midi et minuit, par périodes de trois heures. Entre mai et septembre, orages à part, c’est l’inverse qui a lieu et d’une façon plus tranchée. Quant à la fréquence, elle atteint 14 pour 100 de 6 à 7 heures du matiu, en janvier, et de 3 à 4 heures du soir, en juillet, tandis que les autres heures ne comportent que 5 à 6 pour 100 en janvier, et 6 ci 7 pour 100 en juillet.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 4, à 3 h. 35 m. du soir.
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- N° U 99 (23 Mai 1896), du journal « LA NATURE »
- M. GASTON TISSANDIER, directeur
- Béservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- AVIS DE I/ADMINUSTKATIOIS. — L’échéance du 31 mai étant une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés dont l'abonnement se termine avec le numéro du 30 mai (n° 1200) de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l'abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de juin aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas avant le 3 juin renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (2 volumes, 1873 à 1882 — 1883 à 1892), au prix de 12 francs au lieu de 20 francs.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction et & la a Boîte aux lettres » doivent être adressées à H. Gaston Tissandieb, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- LA SEMAINE
- Perdu dans les neiges au fiondran. — Les chutes •de neige tardives, qui semblent vouloir perpétuer l’hiver dans le Briançonnais, ont fait une victime ces jours derniers dans la garnison de Briançon. On sait que les ouvrages fortifiés de la frontière alpine sont occupés en toute saison par des détachements de troupes. Le Janus, qui commande le passage du mont Genèvre, et dont l’altitude est supérieure à 2500 mètres, se trouve dans ce cas. Le sergent Colomb, du 159e, qui a péri dans la nuit du 1er au 2 mai, assailli par une épouvantable touraiente de neige, entre le mont Genèvre et le Gondran, appartenait au détachement qui occupe le Janus. Il avait obtenu la permission de descendre à Briançon, et avait pris, pour rejoindre son poste, l’itinéraire du mont Genèvre, plus agréable en été, mais difficile en hiver, par suite des grandes quantités de neige. Maigre la difficulté du trajet, le sergent pouvait croire qu’il lui serait possible de rejoindre son poste par cette voie. Il était du reste accompagné par un jeune soldat, médecin auxiliaire au Janus. Lorsque les deux hommes arrivèrent au Genèvre, le 1er mai dans l’après-midi, la tourmente faisait rage. Ils se mirent néanmoins en route vers 5 heures. Quelles difficultés eurent-ils à vaincre, et comment purent-ils s’égarer dans les pentes du Gondran? Ceux-là seuls peuvent en avoir une idée, qui se sont trouvés aux prises avec une véritable tourmente dans les Alpes pendant l’hiver. Toujours est-il qu’à un moment donné ils se trouvèrent séparés, et que le sergent seul se dirigea vers le Gondran, tandis que le médecin errait pendant toute la nuit dans les pentes et se retrouvait finalement au Genèvre à 5 heures du matin.—On demanda immédiatement par télégraphe au Janus si le sergent était rentré. Il fut répondu négativement, et l’on partit à sa recherche. On le trouva un peu avant midi, près de la crête du Gondran, étendu ù la renverse au pied d’une pente un peu forte, et déjà recouvert de vingt-cinq centimètres de neige. Il avait probablement essayé de gravir cette pente, aveuglé par la tourmente et à bout de forces. Renversé dans la neige, soit par une glissade, soit par un coup de vent, il n’avait pas eu la force de se relever. Aussitôt qu’on l’eut trouvé, on le transporta dans l’ouvrage le plus rapproché, et, durant deux heures et demie, on essaya par tous les moyens, mais en vain, de le ramener à la vie. Ses obsèques ont eu lieu à Briançon quelques jours après. G. C.
- INFORMATIONS
- —®— Il est question, en Belgique, d’organiser une expédition antarctique. Le pôle Sud est à la mode. Le public semble s’int<> resser au projet : des négociants offrent, par exemple, d’abandonner au profit du projet 20 pour 100 de leurs recettes pendant
- trois jours, et il est question de demander au gouvernement de s’intéresser à la tentative. Pour passer à la région opposée du globe, il faut noter que, d’après une dépêche Reuter récente, venue d’Irkutsk, la nouvelle qui a été domiée récemment au sujet de Nansen, d’après laquelle l’explorateur aurait découvert enfin le pôle, est absolument apocryphe, et ne repose sur aucune donnée sérieuse.
- —®— Un électricien de Pittsburg a imaginé un réchaud électrique en vue de rafraîchir les puits à pétrole, c’est-à-dire d’en activer le débit lorsqu’il faiblit. On obtenait jusqu’ici ce résultat par l’explosion d’une charge de dynamite. Ordinairement, quand le débit d’un puits diminue, cela provient, dans les puits à huile de Pensyl-vanie, d’un dépôt de paraffine ; dans les champs de l’Ouest, le dépôt obstructeur consiste en une couche d’asphalte. Le réchaud électrique dont nous parlons, lit-on dans VElectricien, descendu au fond du
- Ïrnits et alimenté par un courant convenable, développe une cha-eur suffisante pour fondre le dépôt, et le puits reprend toute son activité.
- —Le 27 juillet prochain doit s’ouvrir, à Paris, le deuxième Congrès international de chimie appliquée, où se continuera l’œuvre que le Congrès de Bruxelles, en 1864, a entreprise. En dehors des questions techniques, qui ont trait à la chimie industrielle, le Congrès aura à résoudre, tout au moins à discuter, les procédés d’analyse employés tant pour guider le fabricant que pour garantir le consommateur et le fisc. Plusieurs de ces questions ont été soulevées au Congrès de Bruxelles, et les Commissions internationales qui ont été nommées à cette époque apporteront au Congrès de Paris de nouveaux éléments de discussion. Le Côngrès est organisé en dix sections représentant les industries ci-après : produits chimiques, électro-chimie, matières colorantes et teintures, produits pharmaceutiques, métallurgie et mines, sucrerie, vinification, brasserie, distillerie, laiterie.
- —Une importante exposition agricole aura lieu à Kiew de juillet à octobre 1897; elle comprendra 17 sections dont voici les principales : section agricole (1 agriculture, 2 horticulture et viticulture, 3 sylviculture, 4 élevage, 5 agriculture, sériciculture, pisciculture, 6 engrais, 7 machines agricoles). Section industrielle (1 salins et mines, 2 industries textiles, 5 produits alimentaires, 4 métallurgie, 5 machines, instruments, appareils). Ferme et ménage. Les produits étrangers sont admis, mais hors concours. Les demandes d’admission devront être adressées à l'Association d’agriculture de Kiew avant le 1er janvier 1897.
- —Une intéressante conférence a été faite par M. Henri Becquerel, professeur au Muséum, membre de l’Institut. Cette conférence, qui a eu lieu sur La photographie à travers les corps opaques, a été faite le 17 mai à 3 heures; elle était très intéressante. Des projections exécutées par M. Molteni accompagnaient les paroles de l’orateur.
- —L’usage du système métrique tend décidément à se généraliser : voici qu’à son tour la Russie se préoccupe des mesures à prendre pour son adoption. La question a été soumise par le ministre du Commerce et de l’Industrie au Congrès industriel national qui se tient en ce moment à Nijni-Novgorod.
- —©— On annonce que des installations de chauffage au pétrole vont être faites sur les cuirassés Charlemagne, en achèvement à Ilot, et Gaulois, en construction, à Brest. Les essais doivent avoir lieu prochainement à bord du premier de ces bâtiments ; l’administration du port a procédé récemment à l’achat de 20 tonnes de ce combustible.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- ’ Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui concerne le régulateur à gaz automatique système A. Tobler, s’adresser à M. G.-L. Pesce, ingénieur, 32, rue de la Pompe, à Paris-Passy.
- Communications. — M. D. F., à R., nous envoie les résultats de quelques expériences qu’il a effectuées dernièrement sur les résistances électriques de fils de cuivre, de fer et de laiton.
- M. Ledoux, à Mâcon, nous transmet les plans d’un nouvel appareil à vent destiné à élever l’eau. Le moteur fait fonctionner une pompe qui aspire l’eau dans un puits et la refoule à quelques mètres au-dessus du sol. Un appareil a déjà été construit et a donné quelques résultats.
- Renseignements. — M. Jursik, à Paris. — Vous trouverez du sulfure de zinc phosphorescent au Comptoir géologique de Paris, 53, rue Monsieur-le-Prince, ou chez M. Menitz, 37, passage Jouffroy, à Paris.
- M. Franck, à Schlestadt. — Il vous a été répondu dans la Boîle aux lettres du n° 1194, du 18 avril 1896. Le salpêtre se forme sur les murs humides ; il suffit donc de faire disparaître l’humidité des murs.
- M. L. Henry, à X. — Voyez à la librairie Gauthier-Villars, à Paris. Dans le grand dictionnaire de Larousse, vous trouverez aussi quelques renseignements sur le jeu de dames ainsi que l’indication de divers ouvrages anciens sur cette question.
- M. G. R., à Neuilly. — Il est impossible de faire ce tirage pour quelques exemplaires.
- M. P. Debrot, à la Chaux-de-Fonds. — Diverses petites Notices ont été publiées sur la bobine de Ruhmkorff et son mode de construction ; voyez à la librairie Michelet, à Paris.
- M. Ch. Dupont, à Saint-Mihiel. — Nous ne connaissons pas de fabricants spéciaux ; mais il nous semble que toutes les fabriques de cartonnages peuvent fournir ces boîtes sur commande.
- M. Meicrau, à Paris. — 1° Artificiers, fournitures pour feux d’artifice : M. Pinet, 140, rue du Faubourg-Saint-Denis; M. Ruggieri, 94, rue d’Amsterdam, à Paris. — 2° Adressez-vous à un marchand de produits chimiques. — 3° On n’a pas encore trouvé jusqu’ici de système bien pratique pour éviter l’odeur de ce gaz.
- M. J. C., à Brest. — La lune n’a pas de satellite; c’est elle qui en est un.
- M. A. Wouxanovith, à Vierzon. —La librairie G. Masson a publié un Dictionnaire usuel des sciences médicales qui est très utile. Vous y trouverez tous les renseignements que vous nous demandez.
- M. J. L., Rennes. — 1° Nous avons donné la description d’une balance de précision, que l’on peut fabriquer soi-même, dans le n° 1109, du 1er septembre 1894, p. 223. — 2° Cette recette est bien connue; remerciements.
- M. P. Pérou, à Paris. — Des descriptions de nombreux modèles de moteurs à pétrole ont été données dans les journaux techniques, La Nature, Le Génie Civil, L'Ingénieur civil, La Revue industrielle ; il n’y a pas d’ouvrage spécial sur le sujet.
- M. J. Fardel,h Lille.— 1° Chez la taupe, la conque auditive fait défaut, et l’oreille externe ne consiste qu’en un conduit sous-cutané spécial ; mais le tympan est très large. La finesse de l’ouïe chez cet animal est très grande. — 2° Voici le moyen qu’indique le dictionnaire de G. Béleze pour faire disparaître la rancidité avancée d’une graisse. On la fait fondre sur un feu doux, et, dès qu’elle paraît limpide, on la décante avec récaution dans un autre vase rempli d’eau fraîche, afin de ien la diviser. Elle est pétrie soigneusement avec les mains, en renouvelant plusieurs fois l’eau, jusqu’à ce qu’elle en sorte bien claire; la graisse est alors mise de nouveau sur le feu. Dès qu’elle est en fusion complète, on y jette du charbon ani-
- mal pulvérisé grossièrement. Ce mélange, après un quart d’heure d’ébullition, est passé chaud au travers d’un linge ou d’un tamis qui retient le charbon et bisse couler la graisse dépouillée de son mauvais goût.
- M. le Dr G. Finzi, à Milan. — Nous n’avons pas à vous faire connaître d’autres renseignements que ceux déjà donnés dans notre précédent article; mais il est certain que cette invention serait très importante.
- M. L. Bouneu, à Bruxelles. — Veuillez nous envoyer une description de votre système et nous le ferons connaître à nos lecteurs, s’il y a lieu.
- M. J. Lueiroz, à Torres Novas (Portugal). — Vous ferez un bon réfrigérant avec le mélange suivant : chlorhydrate d’ammoniaque cristallisé 5 parties, azotate de potasse 5 parties, eau 16 parlies.
- M. Bir, à Paris. — 1° Voyez la Boite aux lettres du même n° 1197, du 9 mai 1896. — 2° Adressez-vous à la maison Poulenc frères, 92, rue Vieille-du-Temple.
- M. C. G., à B. L. V. — 1° Il faudrait que nous observions le phénomène en même temps que vous pour que nous puissions vous renseigner. — 2° On a obtenu quelquefois de bons résultats en tassant fortement le sol. — 3° Il est nécessaire de faire des essais de laboratoire avec divers produits.
- M. H. Lamoureux, à Rouen. — On a déjà cherché, pour produire les rayons X, à faire des boules de Crookes en diverses substances qui les laissent facilement traverser, telles que l’aluminium. On pourrait peut-être essayer de construire des sphères comme vous l’indiquez. Mais il faut s’assurer que ces sphères résisteront bien à l’action extérieure de l’air, quand le vide aura été fait à leur intérieur.
- M. G. L., à Paris. — Vous nous demandez s’il est facile de réaliser l’expérience de production du gaz acétylène par l’action de l’eau sur le carbure de calcium sans avoir besoin de grands appareils. Il vous suffit de prendre un flacon ordinaire, d’j adapter un bouchon en caoutchouc avec un tube en verre effile présentant à son extrémité un diamètre de 0,5 millimètre environ. Enlevez ensuite le bouchon, versez quelques gouttes d’eau dans le flacon, jetez quelques morceaux de carbure de calcium, remettez rapidement le bouchon et vous pouvez enflammer le gaz acétylène à la sortie du tube. Celte expérience peut se faire facilement en prenant quelques précautions.
- M. Dubois, à Boulogne. — Il est préférable de prendre une machine à vapeur de 50 chevaux, et de lui faire actionner une seule dynamo. Vous établirez ensuite une distribution d’éclairage et de force motrice dans les deux ateliers dont vous parlez. Cette solution sera certainement plus économique que l’établissement de deux machines à vapeur de 25 chevaux dans deux pièces séparées.
- M. F. Teisserenc, à Ceilhes. — Il faut connaître l’intensité qu’exigera le régulateur électrique, s’assurer que le fil téléphonique pourra supporter cette intensité, et employer une différence de potentiel suffisante pour vaincre la résistance de la ligne.
- M. F. W., à Bischwiller. — Nous ne croyons pas que votre théorie puisse expliquer les phénomènes dont il est question.
- M. A. David, à Paris. —Nous n’avons pas d’autres rensei-nements que ceux donnés précédemment ; vous pouvez essayer e mélanger de la poudre d’amidon en diverses proportions.
- Questions. — n° 1352. — M. Gustavo Pfersdorffy Maximo Nunez, à Gualeguaychù (République Argentine), nous demande si nous connaissons un procédé pratique pour donner le brillant, le vernis ou le ton vieux à la nacre que l’on incruste sur différents objets en bois.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. G. Pfers-dorff y Maximd Nunez, à Gualeguaychù. — 1° Nous posons votre demande en question à nos abonnés; peut-être l’un d’entre eux pourra-t-il nous répondre. 2° Remerciements, cette recette nous est connue. — M. L. Taisne, à Paris. Nous vous avons répondu directement. — M. L. Vandevyver, à Gand. L’adresse que vous demandiez était : 12, rue Saint-Georges, à Paris; votre lettre a été envoyée. — M. G. D., à Blois. On a beaucoup parlé d’un petit appareil semblable; mais nous ne croyons pas qu’il ait été encore réalisé. — M. Durand, à Paris. L’expérience dont vous parlez ne peut réussir dans les conditions indiquées ; il faut une différence de potentiel constante que vous n’obtiendrez pas avec des piles. — M. B. I., h Versailles ; M. Agathon, à Constantinople. Voyez les Recettes et rocédés utiles, lre série, à la librairie G. Masson. — M. Duval, à ijon. Consultez les mêmes petits livres des Recettes et procédés utiles, 2° et 4" série, à la meme librairie que ci-dessus. — M. Leroy, à Arras; M. D. R., à Cherbourg. Remerciements pour vos communications. — M. Nozerum, à Lure. Nous n’avons pas reçu votre lettre, veuillez nous adresser de nouveau votre demande.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressant^qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renr
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- LA PÊCHE A LA LIGNE. — Texte et dessins inédits de A. Robida.
- 1. Bourgeois campagnards sur les berges paisibles d’une bonne et aimable rivière de campagne aux eaux limpides et non polluées par l’industrie ou le voisinage d’une grande ville. — 2. Quais de Paris : Peut-être plus de pêcheurs que de vrai poisson circulant en eau trouble dans ce long-couloir de pierres de taille. — 3. Quand même ! — l. Dans les îles. Toutes les grâces de la nature, le silence, l’ombre fraîche, l'eau transparente, on voit mordre! — 5. Débutants dans la carrière. Quelle émotion au premier goujon imprudent! — 6. Le passage du bateau à vapeur. — 7. Le fruit défendu. — 8. Un drame, lutte longue et difficile. — 9. L’étang du vieux moulin. Un brochet de dix livres au moins a été signalé; à son défaut il y a des truites excellentes.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- . BIBLIOGRAPHIE
- Les radiations nouvelles. Les rayons X et la photographie à travers tes corps opaques, par Ch. Ed. Guillaume, adjoint au Bureau international des poids et mesures, 1 vol. in-8° avec 23 figures et 8 planches hors texte. 2° édition. Paris, Gauthier Yillars et fils, imprimeurs-libraires. Prix : 3 francs.
- Nous n’avons pas à rappeler à nos lecteurs que M. Ch.-Ed. Guillaume a publié dans La Nature des études très documentées sur les rayons cathodiques avant qu’il fût question de la découverte du professeur Itôntgen. Il était donc particulièrement désigné pour en écrire l'histoire au lendemain de cette mémorable découverte, fa première édition de la brochure que nous avons annoncée il y a un mois à peine a été rapidement épuisée. Cette deuxième édition a été augmentée des recherches récentes sur la question, ainsi •que d’un grand nombre de faits nouveaux des plus intéressants.
- Ajoutons que la théorie des phénomènes est nettement expliquée, ainsi que le détail des procédés expérimentaux.
- L'éclairage de demain. L'acétylène, par J. Reyval, ingénieur électricien. 1 vol. in-8°. Paris, Alcan-Lévy. Prix : 2 francs, avec une boîte de carbure de calcium.
- Tout le monde au jourd’hui parle de l’acétylène ; mais peu de monde en connaît l’histoire et la pratique. Dans cette brochure, d’un grand intérêt, et la première sur ce sujet de haute actualité, l’auteur nous renseigne sur ce nouveau gaz, sur son pouvoir éclai-raut. sur la fabrication du carbure de calcium, sur le prix de revient. Il nous donne ensuite des détails très utiles sur les applications de l’acétylène, sur les lampes fixes et portatives et sur les industries chimiques dérivées de l'acétylène. On peut facilement répéter soi-même les expériences avec l’échantillon de carbure de calcium qui accompagne l’ouvrage.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 11 mai. . . . 15°,5 N. E. 1. Beau. 0,0 Quelques nuages; atmosphère très claire.
- Mardi 12 16°,1 N. N. E. 2. Beau. 0,0 Quelques nuages ; atmosphère très claire.
- Mercredi 15 15°,0 N. N. E. 2. Beau. 0,0 Peu nuageux jusqu’à 16 h.; beau ensuite ; atmosphère un peu brumeuse.
- Jeudi 14 9°,8 N. E. 2. Beau. 0,0 Quelques nuages ; atmos. assez claire. Gelée blanche.
- Vendredi 15 ... . 10°, 5 S. W. 0. Beau. 0,0 Beau le matin, nuageux le soir. Transparent à 6 kilom. à 4 h.; hor. très brum. à midi et Je soir. Gel. blanche.
- Samedi 16 10°,2 N. N. W. 5. Très nuageux. 0,0 Presque couvert jusqu’à 21 h.; beau ensuite; halo; atmosphère très claire.
- Dimanche 17... . 8°,1 N. 2. Couvert. 0,0 Couvert de 6 à 10 h.; nuageux ensuite jusqu’à 18 h.; beau le reste du temps ; Gelée blanche ; atmos. claire.
- MAI 1896 --- SEMAINE DU LUNDI 11 AU DIMANCHE 17 MAI
- I Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de O à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Orages. — Un orage d'une grande violence, accompagné de pluie et de grêle, s’est abattu, le 10 mai 1893, vers 5 heures et demie, sur la ville de Lyon et sur la région voisine. Un violent orage, également accompagné de grêle, a eu lieu le 9 mai 1896, vers 5 heures, dans le canton de Val-gorges, près d’Aubenas. Sur certains points, le sol était recouvert d’une épaisseur de grêle de 15 centimètres.
- Chute d’une météorite en Belgique. — Le 15 avril 1896, vers 8 heures du matin, une- météorite est tombée à Lesves, près de Fosses, non loin de Namur, en Belgique, en faisant entendre un bruit assez violant. La météorite s’est enfoncée dans le sol à une profondeur de 40 centimètres. La projection d’arrivée sur terre a été, sinon verticale, du moins peu inclinée. Elle n’a été découverte qu’un quart d’heure après sa chute ; elle était déjà froide, ou du moins sans chaleur appréciable. Notre confrère Ciel et Terre nous dit que sa dimension approximative est d’environ 20 centimètres de longueur sur 8 de diamètre moyen. Au moment où elle fut extraite du trou profond où elle s’était enfoncée, la pierre de
- Lesves pesait environ 2 kilogrammes. De toutes parts, elle était recouverte de la croûte noire de fusion. Afin de pouvoir juger de l’aspect interne, on a détaché de l'échantillon une assez large esquille. On voit sur la surface de cassure que la roche doit appartenir au groupe des météorites pierreuses dites à structure clioudritique. Elle montre une pâte cristalline blanchâtre, Lâchée de rouille, et d’où se détachent des chondres, des particules de fer météorique et des grains à reflet bronzé, de troïlite, sulfure du même métal. Au microscope, on voit que cette roche renferme des éléments silicates à rapporter au péridot, avec inclusions vitreuses caractéristiques, à la bronzite et aux chondres. Ces éléments sont enchâssés dans une masse très line composée des mêmes minéraux. On a donc affaire à une météorite d’un type bien connu et fréquent : sur douze chutes de météorites pierreuses, on en compte onze appartenant à cç groupe. La nature minéralogique de la roche, la croûte de fusion qui la recouvre et ses dépréssions caractéristiques, les particularités relatives à la chute elle-même, ne peuvent laisser aucun doute sur l’origine extra-terrestre de la pierre. C’est donc la troisième chute de météorite bien authentique constatée en Belgique depuis environ cinquante ans. .
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 12, à 7 h. 56 m. du soir.
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- Réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- AVIS BE 1,’AOMINIISTIIA.TIOIS. — L’échéance du 31 mai étant une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés dont l’abonnement se termine avec le numéro du 30 mai (n” 1200) de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, lë montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours _ de juin aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas avant le 3 juin renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (2 volumes, 1873 à 1882 — 1883 à 1892), au prix de 12 francs au lieu de 20 francs.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction et à la « Boîte aux lettres » doivent ôtre adressées à U. Gaston Tissandier, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- LÀ SEMAINE
- Machine Hampson pour la liquéfaction du gum.
- — Jusqu’ici, pour liquéfier les gaz, on avait recours à la compression pour rapprocher les molécules gazeuses et à la réfri-ération produite par la neige d’acide carbonique et par la étente de ce gaz. La détente produit un froid considérable. Il n’y a qu’à souffler de l’air entre les lèvres pour constater que l’on produit du froid. Jusqu’ici cependant la détente d’un gaz comprimé n’avait généralement pas suffi pour abaisser sa température au point de le liquéfier. En pratique, on n’y trouvait aucun avantage. Il fallait toujours avoir recours à des producteurs de froid auxiliaires, acide carbonique, oxyde nitreux, etc. Or, tout dernièrement, en Angleterre, devant un grand nombre de physiciens et de chimistes, M. le docteur William Hampson a fait fonctionner un tout petit appareil qui permet de liquéfier et solidifier l’air, sans agents frigorifiques et uniquement par le froid dû à la décompression d’une partie de ce gaz. C’est une invention non pas seulement curieuse, mais importante, car il y aurait intérêt industriel à liquéfier à bon compte l’oxygène et même l’azote de l’air. L’appareil Hampson peut s’esquisser en quelques lignes. Il mesure 70 centimètres de haut et 20 centimètres de diamètre. A l'extérieur, un cylindre métallique; à l’intérieur, trois tubes indépendants, enroulés en spirale et concentriques. On fait arriver dans la spirale extérieure de l’oxygène comprimé à 120 atmosphères : ce gaz circule successivement dans les trois spirales. La spirale centrale descend plus que les autres. Les deux spirales extérieures sont percées de place en place de petits trous par lequels un peu de gaz s’échappe. Il y a détente du gaz, par conséquent, du haut en bas des spires et refroidissement énergique. Au bout d’une demi-heure, le refroidissement est tel que l’oxygène s’échappe, par l’extrémité de la spirale centrale, à l’état liquide. On obtient de l’oxygène liquide à raison de 7 centimètres cubes par 4 à 5 minutes. Si l’on continuait un peu -de temps l’opération, il y aurait arrêt dans l’écoulement, parce ue le liquéfié se solidifierait. Il ne s’agit que d’un appareil e laboratoire. Mais sa réalisation permet de conclure que la détente ainsi appliquée conduira à des résultats industriels.. On pourra certainement, sans doute, liquéfier plus facilement l’hydrogène et peut-être le solidifier1.
- INFORMATIONS
- —Les Japonais emploient depuis un certain temps un pansement original et très efficace, inconnu encore en Europe. Ce sont des sachets remplis de charbon de paille. De tels pansements présentent sur la gaze ordinaire des avantages multiples : ils se mou-
- 1 D’après un article de M. de Parville.
- lent parfaitement sur les blessures, ont un pouvoir absorbant considérable, ne coûtent presque rien (pour soigner 1600 personnes, le prix n’a été que de 4 francs!) et enfin peuvent se fabriquer sur place, ce qui constitue une propriété précieuse en campagne. Pour obtenir ce charbon fin, on met de la paille enflammée dans une chaudière et on met le couvercle : la combustion se fait très lentement. Enfin remarquons que, par sa fabrication, le charbon de paille est nécessairement aseptique, c’est-à-dire exempt de microbes. Le mode de pansement que nous venons de signaler a été employé avec un plein succès au cours de la dernière campagne, et à l’honneur des Japonais. H. C.
- —®— M. de Béhagle a récemment essayé sur la Seine une embarcation destinée aux explorateurs africains. Elle se compose de deux pirogues accouplées mues par des roues à aubes que mettent en action des leviers actionnés par des hommes de l’équipage. Chaque pirogue est formée de huit caisses en tôle d’acier de 2 mètres de long sur 0 m. 80 de largeur et de profondeur, se démontant et se remontant en quelques minutes. En renversant chaque caisse sur une roue et en la munissant de brancards en tubes d’acier, on la transforme en une brouette à laquelle peuvent s’atteler deux hommes. Ce sont ces mêmes roues qui, munies de palettes et montées sur un essieu coudé quatre fois, constituent l’appareil moteur de la pirogue. Quant aux brancards des brouettes, ce sont eux qui servent à accou-
- fler les deux pirogues. Dans les expériences que l’on vient de faire, embarcation, chargée de 6000 kilogrammes et de 12 hommes, a réalisé une vitesse de 1,5 kilomètre à l’heure, en remontant le courant, dont la vitesse était considérable. H. C.
- —La ville de Rouen a organisé, pour cette année, une Exposition dans le genre de celle qui a eu lieu, l’année dernière, à Bordeaux avec un si grand succès. L’inauguration officielle en a été faite, le 16 mai, par MM. Henry Boucher, ministre du Commerce et de l’Industrie, et André Lebon, ministre des Colonies. Les ministres ont été reçus dans le grand salon des Beaux-Arts par les membres du Comité supérieur et par M. Hendlé, préfet de la Seine-Inférieure, qui leur a souhaité la bienvenue. M. Boucher, après avoir remercié au nom du Gouvernement, a remis la croix de chevalier de la Légion d’honneur à M. Laurent, maire de Rouen, et à M. Kneider, président du Comité supérieur de l’Exposition. Au déjeuner et au dîner, plusieurs discours ont été prononcés, entre autres par M. Boucher, qui a déclaré qu’il n’était au Ministère « que pour faire une seule politique, celle de notre expansion industrielle et commerciale, la vraie politique nationale », et par M. André Lebon, qui a expliqué comment son Ministère entend pratiquer une politique coloniale d’expansion au point de vue de nos produits et de notre commerce.
- —M. le baron de Baye, chargé d’une mission archéologique en Russie, de la Volga à l’Irtisch, a rendu compte à la Société de géographie du voyage accompli par lui dans la Russie orientale et dans la Sibérie occidentale. 11 a principalement étudié les antiquités des gouvernements de Kazan, de Viatka, de Perm, de Tobolsk, d’Oufa, de Simbirsk et de Saratolf. Il s’est occupé aussi des populations finnoises et turco-mongoles de ces régions. En Russie, l’ethnographie est intimement liée à l’archéologie. M. le baron de Baye exprime une profonde gratitude pour l’accueil dont il a officiellement et officieusement été l’objet. Le Président a félicité le voyageur-archéologue pour ses savantes études, et a remercié M. le général de division baron de Freedericksz, agent militaire de l’ambassade impériale russe à Paris, qui a bien voulu assister à la séance où cette communication a été faite.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Communications. —M. Vandevyver-Grau, à Gand, à propos du procédé que M. P. Basilewsky nous a fait connaître dans les Communications de la Boîte aux lettres du n° 1193, du 11 avril 1896, pour diminuer le temps de pose dans les expériences avec les rayons X, nous écrit qu’il a déjà essayé un procédé analogue sans différence bien notable dans les résultats. Notre correspondant croit que le procédé le plus simple pour arriver à diminuer considérablement la durée de
- Eose est d’avoir la bonne fortune de tomber sur un très on tube de Crookes; il a pu obtenir d’excellentes épreuves avec des poses d’une minute et de 45, 30 et 15 secondes.
- M. V. Popp, à Paris, nous adresse une brochure ayant pour titre Documents relatifs à un réseau de tramways municipaux h établir dans Paris. Demande présentée au Conseil municipal de Paris. Cette Notice donne un Mémoire descriptif, un projet de convention avec la Ville de Paris, et termine par une comparaison entre la traction par l’électricité et celle ar l’air comprimé. Les arguments de l’auteur sont erronés en ien des points et dans la plupart des cas devraient être retournés. L’application de l’air comprimé sur les tramways de Saint-Augustin à Vincennes est un précédent qui ne milite pas en faveur du système.
- Renseignements. — L'abonné 594-6973, à Toulouse. — Lettres pour enseignes et accessoires : M. Baumann, J. Doisy successeur, 7, rue des Filles-du-Calvaire ; M. Bouvais, 13, rue des Petits-Champs, à Paris.
- M. F. R., h Milan. — Gélatine et ivoirine pour imageries : M. Harding, 18, rue de l’Echiquier; M. Kahn, 132, rue du Faubourg-Saint-Denis, et M. Topart, 141, rue de Rennes, à Paris.
- M. Cailliot, à Montdidier. — 1° Adressez-vous à M. Taver-don, mécanicien, 30, avenue des Gobelins, à Paris. — 2° Nous n’avons pas de renseignements sur cet appareil.
- M. F. Pédenon, à Moscou. — On parle de divers projets d’usines à établir pour cette fabrication; mais nous ne connaissons pas encore d’installation en marche.
- M. S. G. T., à Barcelone. — Il n’existe pas d’ouvrage de ce genre; quelques articles ont été publiés à ce sujet dans les journaux techniques L’Industrie électrique, L'Eclairage électrique, L'Electricien, Electrical Review, etc.
- M. A.-F, Bona, à Enghien. — Cette chaussure ne se trouve pas dans le commerce.
- M. P. Lesourd, à Montbazon. — Ces installations ne sont pas encore très pratiques; il y a en effet de nombreux dangers dans la manipulation des appareils, qui exige de grandes précautions.
- M. A. Torchon, au Vésinet. — 1° La pile au peroxyde de manganèse exigera une longue durée pour la charge de l’accumulateur. — 2° Cette pile peut fournir environ 1,5 volt et une faible intensité.
- M. Brisson, à X. — On pourrait en effet utiliser le bois pour la fabrication des allumettes; il faudrait trouver une pâte suffisamment résistante.
- M. P., à. Gand. — 1° La pression est très élevée; mais nous pensons qu’il est possible de construire des obus suffisamment résistants. — 2° Quand la question présentera de nouvelles applications pratiques, nous les ferons connaître à nos lecteurs.
- M. J. Pausier, à Oviedo. — Nous croyons que oette entreprise a été abandonnée.
- M. A. Codina, à Barcelone. — Des questions de brevets ont seules retardé jusqu’à ce jour cette publication.
- M. Ch. Spiterie, à Alger. - Les articles sur la mnémotechnie dont vous pailéz ont été publiés dans les numéros suivants: n° 706, du 11 décembre 1886, p. 22; n° 709, du 1er janvier
- 1887, p. 70 ; n” 712, du 22 janvier 1887, p. 122; n° 713, du 29 janvier 1887, p. 134.
- M. A. P., à Saint-Malo. — Les principaux journaux d’électricité sont: L’Industrie électrique, 9, rue de Fleurus, L’Eclairage électrique, 3, rue Racine, et L’Electricien, 16, rue des Fossés-Saint-Jacques, à Paris. . '
- M. Porcho, à Santander. — La fabrication de l’acide carbonique liquide a été décrite dans le n° 937, du 16 mai 1891, p. 375.
- M. J. de Puydt, à Anvers. — Vous trouverez toutes les formules pour piles dans les Recettes de T Electricien par E. Hospitalier, à la librairie G. Masson.
- Un lecteur, à X. —; 1° Cet appareil est bon. — 2° Réflecteurs : M. Collin, 9, rue de Vauvilliers; M. Nahan, 232, rue Saint-Denis, à Paris.
- M. J. Martin, à Grenoble. — 1° Billes et paliers à billes. MM. Perard et Ci0, 86, quai Jemmapes; M. E. Schildge, 15, rue Quincampoix, à Paris. — 2° Il est bien difficile de donner une explication sans avoir vu les lieux.
- . M. E. W. C., à Reims. — On a déjà songé à employer l’acétylène dans les moteurs à gaz ; des essais sont entrepris dans cette voie.
- M. P. M., à Lyon ; M. G. Rohart, à Reims. — Pour ce qui concerne le constructeur Temperley que nous avons décrit précédemment, vous pourriez vous adresser à l’auteur de l’3rticle, M. G. Richard, 93, avenue Kléber, à Paris.
- M. R. Messager, à Paris. — Nous ne nous souvenons pas d’avoir décrit cette grotte; vous pourriez nous envoyer vos documents.
- M. Lecomte, àCourtalain; M. A. Demeuldre, à Soignies. — Adressez-vous à la libraire Gauthier-Villars, à' Paris.
- M. J.-H. Nozerun, à Lure. — 1° Objectifs: maison BaiUe-Lemaire, 26, rue Oberkampf; MM. Berthiot et Cio, 168, rue Saint-Antoine; Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris. — 2° Votre demande a été transmise à la librairie G. Masson, qui vous fera parvenir le numéro réclamé.
- M. René Jullien, à Paris. — Votre bouteille peut être remplie en la posant obliquement.
- M. Béatrix, à Lyon. — Nous allons publier une solution beaucoup plus simple et beaucoup pins économique que la vôtre.
- M. A. Sauve, à Rome. — Cet appareil est très sérieux et donne d’excellents résultats.
- Jtf. Ed. Peugeot, à Belchamp. — Vous pourrez vous procurez un traité de pisciculture par Koltz, à' la Librairie agricole de la Maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- M. D. D., à Carcassonne. — 1° Le liège, la laine de scorie,
- le feutre, l’amiante, la laine et la fibre de bois sont de bons isolants de la chaleur. — 2° Les ouvrages ne donnent pas ces renseignements. — 3° II faudrait vous adresser à M. Bourdon, 39, rue de Paradis, à la Cie française de l’amiante, 11, rue de la Cerisaie, ou à M. Hamelle, 21, quai Valmy, à Paris.
- M. G. V., à Auxerre. — Dans les distributions par courants alternatifs, il est nécessaire d’installer des transformateurs chez les abonnés. Ces derniers ont en effet pour but d’amener la haute tension du circuit primaire à une faible tension aux bornes du circuit secondaire. Ces appareils doivent être soigneusement enfermés et à l’abri de tout contact.
- M. Piaux, à Besançon. — D’après les renseignements que vous nous donnez, il nous semble que votre accumulateur n’est pas encore désulfaté. Il faut continuer à le charger et à le décharger continuellement jusqu’à ce que vous ayez une force électromotrice plus élevée et une différence de potentiel qui se maintienne plus longtemps.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. A. Davidé, à Tripoli. Nous n’avons pas de renseignements sur l’avis dont vous parlez. — M. Van den Berghe, à Bruxelles. Nous n’avons pas d’autre adresse à vous faire connaître. — M. E. Joly, à Paris. Il n’existe pas d’ouvrage à ce point de vue. — M. A. M., à Paris. Il faut faire faire l’analyse complète par un chimiste sur une série d’échantillons. — M. Dulong, à Agen. Il n’est pas possible de faire fonctionner ce moteur dans ies conditions que vous indiquez ; il y aurait lieu d’augmenter la puissance disponible. — M. A Laronde, à Paris; M. A. R , à Lyon. Voyez les Recettes et procédés utiles, lreJ série (G. Masson, éditeur). — M. D. V., à Brest; M. Jumeau, à Lille. Consultez les Recettes et procédés utiles, 2“ série, à la même librairie que ci-dessus. — M. G. de Ecran flech, à Milizac; M. H. Richer, à Châteaudun. Remerciements pour vos communications.— M. R. Jullien, à Paris; M. J. Béatrix, à Lyon. Nous avons reçu vos Notices descriptives, et nous les avons soumises au rédacteur de l’article concernant ce problème.
- Dans ta « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren• seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Le crayon de bnrean pratique. — Sur un bureau, quel est celui qui n’a pas besoin d’un crayon de couleur rouge ou bleu pour souligner, annoter ou faire ressortir certains pas-
- Crayon bleu à un bout, rouge à l'autre.
- sages d’une écriture, d’un rapport, d’un article de journal, etc.? Pour obtenir ce résultat on est souvent obligé de recourir à deux crayons, l’un dont la mine est bleue, l’autre dont la mine est rou'ge ; cette manière d’agir n’est pas très agréable. Partant du principe de deux mines réunies voici un système bien commode. Le porte-mine dont nous allons parler est en métal nickelé; par un mécanisme de vis, en tournant le haut du crayon à droite, on fait sortir le crayon bleu, pendant que le rouge l’entre de l’autre côté, et réciproquement; on n’a plus besoin de tailler le bois, la mine épuisée se change à volonté. — Se trouve chez M. Mathieu, 131 et 135, galerie de Valois, Palais-Royal, Paris.
- Terreur des chiens, délice des cyclistes. — Voici un procédé ingénieux que nous allons faire connaître à nos lecteurs, et qui consiste à obtenir que les chiens, au lieu de courir après les bicyclettes en fonction, les fuient comme si elles étaient en feu. Nous allons donner la manière d’employer le procédé. Versez dans un verre ou une tasse environ 13 grammes d’eau ammoniacale. Comprimez la balle de caoutchouc ci-dessous représentée pour lui faire aspirer le liquide. Cela fait, replacez le bouchon, mettez l’objet dans la poche.
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- Boule de caoutchouc lançant sur la gueule des chiens qui veulent faire tomber les bicyclistes de l'ammoniaque puant.
- 1. Vue de la poire. — 2. Mode d’emploi.
- Aussitôt qu’un chien s’approche à environ 10 mètres, prenez la balle et pressez en visant le chien. Le bouchon se détachera de lui-mème; le chien, flairant et sentant l’ammoniaque piquant ses yeux, se sauve en courant. Replacez le bouchon et recommencez à chaque chien. Un seul remplissage est suffisant pour un jour. — Se trouve à la même adresse que le crayon de bureau à deux couleurs.
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Porte-monnaie & secret à combinaison. — Voici comment on fait fonctionner le porte-monnaie que montre la figure ci-dessous (n°l) : tourner le cadran moleté à l’ouverture (n° 2} jusqu’à ce que son chiffre 1 se trouve en face du 0 ; appuyer sur le petit bouton qui est au centre et aussitôt le porte-monnaie s’ouvrira. Pour se servir continuellement du porte-monnaie,
- Porte-monnaie à secret.
- il suffit de laisser les chiffres 4 et 0 en ligne directe et d’appuyer sur le bouton central. Quand on tourne le cadran en changeant les chiffres, le cadenas ne s’ouvre plus. — Ce petit appareil se trouve chez M. Bertrand, 49, rue d’Hauteville, Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- La spectroscopie, par Julien Lefèvre, professeur à l’Ecole des sciences et à l’Ecole de médecine de Nantes. 4 vol. petit in-8® de Y Encyclopédie scientifique des aide-mémoire, publiée sous la direction de M. Léauté, membre de l’Institut. — Paris, Gauthier-Villars et fils et Masson et Cie, éditeurs. Prix : broché, 2 fr. 50, cartonné, 3 francs.
- Attaque des places, par E. Hennebert, lieutenant-colonel du génie. 4 vol. petit in-8° de Y Encyclopédie scientifique des aide-mémoire, publiée sous la direction de M. Léauté, membre de l’Institut. — Paris, Gauthier-Villars et fils et Masson et Cie, éditeurs. Prix : broché, 2 fr. 50; cartonné, 5 francs.
- A hand-book to the order Lepidoptera, by "W. F. Kirby, f. ent. s. department of zoology, British muséum. Part. I. Butterflies. Vol. II. 4 vol. in-8°. — London, W. 14. Allen and C°, éditeurs. 1896,
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Démolition de maçonneries par la gélatine explosive. — Le service du génie militaire italien a eu, l’année dernière, à exécuter une démolition de maçonneries dans les conditions suivantes. Par suite de diverses circonstances, un affaissement du sous-sol de la petite ville de Montepulciano avait déterminé un éboulement important, de roches et de maçonneries, qui engloutit les constructions inférieures et intercepta la route sur 70 mètres de longueur, occasionnant plusieurs accidents de personnes. La catastrophe menaçait de prendre de plus grandes proportions par suite de la présence, sur le sommet de la brèche, d’un mur d’environ 15 mètres de hauteur et 3m,20 d’épaisseur. Aussi, pour prévenir de nombreux accidents, songea-t-on immédiatement à démolir ce mur. Après avoir pensé à employer le canon, on renonça à cette solution comme trop lente et trop dangereuse et l’on décida d’avoir recours à la gélatine explosive. Les charges de gélatine furent placées dans quatre trous espacés de lm,30 à lm,80 et dont le dernier était à 3m,40 de l’extrémité du mur; ces trous, de 0m<,18 sur 0m,15 de côté, pénétraient jusqu’au tiers de l’épaisseur du mur. Les charges, qui durent être posées au moyen d’échelles de cordes, étaient disposées dans des boîtes en voliges de 0m,15 sur 0m,12 de section, pourvues de poignées en cordes et renfermant deux compartiments, le premier de 0"1,25 de longueur contenant l’explosif, le second muni de deux augets, l’un pour les conducteurs électriques et l’autre pour le cordeau porte-feu muni d’un détonateur. Les charges des trous extrêmes contenaient 5 kilogrammes d’explosif et les autres 4 kilogrammes.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Les quatre explosions furent produites simultanément; les projections furent nulles à l’arrière du mur, mais violentes en avant, et l’on obtint l’effet voulu.
- Nettoyage intérieur d'une conduite d’eau. — Lors du remplacement des tuyaux de la conduite reliant le château d'eau militaire de Sétif à la citadelle, on s’aperçut que le diamètre intérieur de ces tuyaux avait été réduit de 7 à 4 centimètres environ, par suite des incrustations. Ces tuyaux devant être remployés dans une autre canalisation, on essaya de les nettoyer en les immergeant dans un bain d’acide chlorhydrique étendu d’eau, mais, après divers dosages de l’acide, on n’obtint pas de résultats appréciables, sans doute à cause de la nature plutôt schisteuse que calcaire du dépôt abandonné par les eaux.
- On employa alors le procédé suivant : deux éléments de conduite furent placés sur le sol parallèlement et avec un intervalle de 2 mètres environ. Par-dessus et perpendiculairement à ces deux tuyaux on en plaça quinze autres, puis quinze autres encore croisant ces derniers, et ainsi de suite sur sept à huit rangs de hauteur. Les intervalles compris entre les tuyaux avaient été remplis avec des débris de bois auxquels on mit le feu et, après complet refroidissement, on put alors, avec des tiges recourbées, racler les fragments des dépôts désagrégés par l’action de la chaleur. Sur 137 tuyaux de 3 mètres de longueur soumis à cette opération, six ont dû être rejetés par suite de fêlures. D’après la Revue du Génie militaire, à laquelle nous empruntons ces renseignements, le prix de revient, coaltarisage compris, a été de 58 centimes par mètre courant.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France
- VENT PLUIE EN MILLIMÈTRES
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 18 mai. . . . 11°,8 N. E. 2. . Beau. 0,0 Nuageux de 9 à 19 h.; beau avant et après.
- Mardi 19 15°,4 N. 1. Beau. 0,0 Nuageux de 10 à 22 h.; beau avant et après.
- Mercredi 20 12°,9 W. N. W. 3. Peu nuageux. 0,0 Peu nuageux jusqu’à 8 h.; très nuageux ensuite ; gouttes
- dans la soirée.
- Jeudi 21 8°,1 N. N. W. 3. Très nuageux. 1,8 Très nuageux; pluie de 12 h. 30 à 2 li.; halo.
- Vendredi 22 ... . 7°,1 S. S. E. 1. Presque couvert. 0,0 Très nuageux jusqu’à 9 h.; couv. ensuite; halo ; gelée
- Samedi 23 9°,8 S. S. W. 2. Couvert. 0,9 blanche ; quelques gouttes à 19 h. Couv. jusqu’à 16 li.; très nuageux ensuite; petite pluie
- Dimanche 24. . . . 12°,2 jusqu’à 8 h.
- N. 2. - Couvert. 0,2 Presque couvert ; un peu de pluie à 7 et 9 h.
- MAI 1896 — SEMAINE DD LUNDI 18 AU DIMANCHE 24 MAI
- Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi ( Vendredi I Samedi I Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 a 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer)', courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Lee rayons cathodiques èt l'aurore boréale. — Une série d’expériences du plus haut intérêt, relativement à l’action d’un champ magnétique puissant sur les rayons cathodiques dans les tubes de Crookes ou de Hittorf, a été entreprise par M. K. Birkeland, qui en publie les résultats dans Y Elektroteknisk Tidsskrift de Christiana. Notre confrère Ciel et Terre nons fait connaître à son tour les récents résultats obtenus. Ces expériences montrent que, dans un pareil champ, les rayons cathodiques sont considérablement déviés dans la direction des lignes de force, et peuvent même être concentrés sur la surface du verre au point d'amener la fusion de celui-ci. Bien plus, elles prouvent à l'évidence que les rayons qui émanent d’une seule et même cathode tombent en groupes, dont les constantes physiques sont liées par quelque loi définie, comme le sont les fréquences des différents tons émis par une verge en vibration.
- Ces recherches présentent de l’importance en ce qui concerne la théorie de l’aurore boréale. On sait que M. A. Paulsen, le savant directeur de l’Institut météorologique de Copenhague, prétend que l’aurore boréale doit son origine à la phosphorescence de l’air produite par les rayons cathodiques dans les hautes régions de l’atmosphère ; M. Birkeland emet l’idée ue le magnétisme terrestre peut être la cause de cette phosphorescence, evenant intensifiée dans le voisinage des pôles terrestres.
- Bolides. — Le 8 mai, vers 9k 25“ du soir, M. Cl. Buvé, curé à Lins-meau, a observé un bolide d'une couleur rougeâtre et d’une grosseur apparente égale à six fois environ celle de Mars. Il n’avait pas grand éclat, et il marchait d’un mouvement lent et majestueux vers le nord-ouest. Parti du voisinage de la Polaire, il s’est dirigé sur Cassiopée et a disparu non loin de cette constellation, en laissant derrière lui une traînée lumineuse.
- Peu d’instants après, du même point d’où était parti le bolide, M. Buvé a vu tomber une faible étoile filante, animée d’un mouvement vertical et lent.
- Plus tard, vers 11 heures, M. B. Jottrand, à Ixelles, a aperçu une grosse étoile filante, qui, venue du sud-est, a disparu au nord-ouest. Elle était suivie d’une traînée rouge-feu, assez persistante, et semblable à la trace que laisse derrière elle une fusée qui s'élève.
- Un bolide qui est apparu le 8 avril a été observé en divers endroits de l’Angleterre, ainsi qu’il résulte d’une communication de M. Denning à la revue Nature. Yoici les éléments que donne de ce météore le savant astronome de Bristol : hauteur d’apparition, 105 kilomètres ; hauteur de disparition, 61; longueur de la trajectoire, 259; vitesse par seconde, 32. Le oint d’émanation se trouvait au-dessus de la mer du Nord, au large de ouvres.
- PHASES DE LACUNE : P. Q. le 20, à 6 h. 30 m. du matin.
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