La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
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- REVUE DES SCIENCES
- ET IIE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A LTNMJSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- ABONNEMENTS
- Paris, lin an....................... 20 fr. » Départements. Un an................ 25 fr. »
- — Six mois........................ 10 fr. » — Six mois................ 12 fr. 50
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- LES QUARANTE-NEUF VOLUMES PRÉCÉDENTS SONT EN VENTE
- AVEC LES TAULES DES DIX PREMIÈRES ANNÉES ET DE LA 2e SÉRIE DES ANNÉES SUIVANTES
- Paris. — Imprimerie Parure, me île Fleurus. 9,
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- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- DIRECTEUR
- HENRI DE PARVILLE
- Y [NET-SIXIÈME A N N É E
- 1898
- PREMIER SEMESTRE
- PARIS
- MASSON ET C“, ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE
- 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 120
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- ÜÜ* ANNÉE. — N° 1 k2 79.
- A DÉCEMBRE 1897.
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- LES FEUX-FLOTTANTS DES CÔTES
- I)E FRANCE
- Lorsque nous avons jadis décrit ici même l’installation des phares ordinaires que possède la France, nous nous étions promis de donner des détails sur les l'eux-llottants qui sont en service le long de notre
- littoral, et éclairent les dangers isolés où l’on ne peut élever aucune construction fixe.
- On se rappelle peut-être qu’il y a quelques années le bruit avait couru qu’on allait retirer tous les bateaux-feux éclairant nos cotes : nous expliquerons plus loin la part de vérité qu’il y avait dans cette nouvelle et les projets de M. Bourdclles, l’éminent
- Le Ilochebotme dans le port de La Rochelle.
- Fig. 1. -
- directeur de notre service des phares. Mais encore actuellement, et d’après l’état publié par ce service, nous possédons 8 feux-flottants. Pour ceux qui sont particulièrement curieux des choses de la mer et que la saison d’été emporte annuellement aux bords de l’Océan ou de la Manche, nous signalerons notamment le leu de Ruytingen, dont le ponton se trouve à 11 milles du phare de Dunkerque, ou celui de Dyck, en avant de Gravelines (jadis il y avait encore celui de Snouw, à peu près dans la même région) ; puis le feu de Rochebonne, à 35 milles à l’ouest de l’île de Ré, celui du Grand Banc, placé
- à l’entrée de la Gironde; et enfin celui de l’alais, qui est en Gironde même et que longent les transatlantiques remontant à Bordeaux, suivi par ceux de By et de Mapon.
- Parmi ces feux-flottants, les uns servent à l’atterrissage, les autres marquent un danger isolé ou bien signalent un chenal ; il est évident que les premiers demandent à être les plus perfectionnés à tous les points de vue, et à présenter une solidité de coque que doivent partager aussi ceux qui sont mouillés pour avertir d’un danger situé fort au large. On comprend que pour indiquer un chenal,
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- 2(9 aimée. — 1er semestre.
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- une passe, on peut, au lieu de bateaux-feux, répartir sur toute la longueur un éclairage assuré au moyen de bouées lumineuses à gaz riche, ou même, comme à New-York, de bouées électriques1 : une de ces bouées à gaz ne coûte pas plus de 11 500 fr. de première installation et de 1500 francs d’entretien. C’est la solution qu’on a adoptée pour le plateau des Minquiers, et le service des phares considère même que le système peut s’appliquer parfaitement aux dangers isolés; il est vrai que de leur côté, les navigateurs craignent que ces bouées ne soient aisément masquées dans le creux des lames. On veut donc réserver le système du bateau-phare presque uniquement au service d’atterrissage, et on le perfectionne grandement dans ce but.
- Le type que nous pouvons prendre dans ce genre est le leu-llottant de Rug-tingen, qui a été transformé il y a peu d’années. On est bien loin maintenant des premiers bateaux mouillés, au siècle dernier, sur les côtes anglaises, et qui n’étaient que des navires ordinaires portant des lanternes aux vergues.
- Naturellement, il faut d’abord une coque de forme spéciale et d’une résistance à toute épreuve : c’est à ce titre que nous reproduisons la photographie du puissant ponton de Rochebonne vu dans le port de La Rochelle. Ces bateaux sont en effet exposés à des coups formidables, de tangage et de roulis, demeurant mouillés dans des parages où la mer est le plus souvent extrêmement dure : sur l’ancien bateau de Ruytingen, l’amplitude atteignait jusqu’à 70° avec une durée très courte. Il faut bien dire que l’emploi d’une haute quille centrale et de larges quilles à roulis latérales est particulièrement précieux en la matière, et l’on y a recouru pour le nouveau Ruytingen. Celui-ci a 50 mètres entre perpendiculaires, 7m,82 de large au plat-bord, 7m,56 à la flottaison, 4m,22 de creux sur quille et 558 tonneaux de déplacement en charge. La coque
- 1 Yoy. a” 1045, du 10 juin 1895, p. 29.
- est en acier zingué, avec une quille centrale de 1 mètre de saillie, les autres ayant 0m,70. Mouillé par 20 mètres d’eau, il ne présente jamais une amplitude de roulis de plus de 40°, qui se produit très lentement. L’ossature en acier est extrêmement rigide; la coque est divisée en 5 compartiments principaux, le poste de l’équipage se trouvant isolé complètement de la machinerie.
- Le navire est mouillé sur une ancre à champignon, qui peut s’accrocher dans tous les sens aux fonds sous-marins; elle est munie d’une forte chaîne, éprouvée minutieusement, une rupture pouvant entraîner de grands dangers et pour la navigation et pour le bateau lui-même. Par gros temps, on
- allonge la longueur de touée, pour amortir les efforts de traction sous l’influence de la lame; de plus, tous les jours, on la met à pic pour défaire les coques qui se formeraient; enfin, sur le pont, deux ancres placées sur des plans inclinés sont toujours prêtes à être jetées instantanément à la mer.
- L’appareil d’éclairage est dans une lanterne qui se hisse en haut d’un mât qu’elle entoure; ce mât se termine à sa partie supérieure par une boule à claire-voie formant amer le jour ; la lanterne porte trois groupes de trois lampes, et l’ensemble exécute une révolution en 60 secondes, sous l’influence d’une machine spéciale agissant sur un arbre verticafet sur un cercle denté, qui porte les lampes. Celles-ci sont à niveau constant et fixées à la Cardan.
- Nous venons de parler de la machine de rotation : elle est commandée par un poids de 600 kilogrammes descendant dans la cale, avec régulateur à friction. Enfin, n’oublions pas la sirène à air comprimé, alimentée par deux moteurs à air chaud Be-nier et deux compresseurs d’air à haute et basse pression, qui sont composés chacun de deux cylindres en prolongement l’un de l’autre. On dispose d’un réservoir permettant le jeu immédiat de la sirène avant fonctionnement des moteurs. La sirène est automatique et réglée par une machine de rotation ac-
- Puits auxkfcute a chaîner, \eharbon.
- Coupe
- ongitudinale.
- Joute à. charbon.
- Poste
- Joute a charbon.
- Plan des e
- ménagements.
- Plan des installations du pont.
- Fig. 2. — Installations du Rmjlhujen
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- ' tionnant au moyen de cames une soupape équilibrée.
- Le Ruytingen possède huit matelots à bord et, alternativement, un second ou un capitaine, puis un mécanicien (sans compter le personnel de relève). Les dépenses de premier établissement ont atteint 270000 francs, et le fonctionnement exige une somme annuelle d’environ 40000 francs.
- On voit que c’est cher : aussi le Service des Phares a-t-il mis en essai une combinaison toute nouvelle imaginée par son savant ingénieur en chef M. Ribière; il s’agit d’employer des feux-éclairs alimentés par incandescence au gaz d’huile comprimé, avec optique pendulaire. Cette tentative se poursuit en Gironde et elle semble devoir donner d’heureux résultats; nous pourrons en juger quand l’installation aura fait ses preuves. Daniel Bellet.
- PERCEPTION DES COULEURS
- NOUVEAU PROCÉDÉ I)’eXAMEN
- On sait quelle importance a dans certaines professions, et notamment pour les employés de chemins de fer, l’aptitude à la vision des couleurs. 11 ne faut pas se tromper et confondre un signal rouge avec un signal vert. Les candidats ont donc à subir un examen.
- A cet effet, on présente aux candidats une collection de laines de nuances variées et on leur demande d’indiquer les couleurs. On se rend compte ainsi de l’aptitude à distinguer les teintes. Mais, s’il y a erreur, le candidat qui ignore qu’il est atteint de daltonisme affirme que le médecin examinateur se trompe lui-même et qu’on fait preuve d’injustice à son égard. 11 s’adresse aux supérieurs, aux administrateurs, à ceux qui le protègent. Et encore un peu le médecin a tort. Aussi bien n'a-t-il pas une vue excellente? N’a-t-il pas été réputé excellent tireur pendant son service militaire ? Et il ne distinguerait pas les couleurs! Le bonhomme est convaincu qu’on lui en veut.
- Pour faire cesser ces récriminations, M. Gœrtz, de Mayence, a imaginé un procédé d’examen de la perception des couleurs qu’il est bon de faire connaître *. Il est précis, rapide, et oblige le candidat à avouer malgré lui le défaut de sa vue. M. Gœrtz remet tout simplement au candidat un certain nombre de crayons de couleur variée, comme on en trouve dans le commerce. Et il invite le futur agent à écrire sur un papier le nom de la couleur de la mine qu’il tient en main, et ainsi de suite, pour claque crayon. Après quoi, il lui fait contresigner ce résultat de l’examen.
- Si le candidat a écrit vert avec un crayon rouge ou réciproquement, il est atteint de daltonisme. 11 ne faut pas être trop exigeant au sujet de la dénomination exacte des nuances ; car on voit des individus, à vue parfaite, appeler « rouge » ce qui va du rose clair au rouge cinabre, confondre sous une même appellation des verts et des bleus. Mais jamais une personne distinguant bien les couleurs ne confondra le rouge et le vert. Sous ces réserves, il est évident que le procédé est bon, et bon surtout parce que le candidat, par cet essai, laisse une trace indélébile, et bien malgré lui, de son impuissance à distinguer les couleurs fondamentales. L’expérience des crayons est à la portée de ceux qui veulent savoir si leur vue est bonne et s’ils ne sont pas allée tés de daltonisme. Flamul.
- 1 Münch. Med. Woch.
- LE VENT ET LES VAGUES
- Dans ses célèbres recherches mathématiques sur les mouvements de l’atmosphère, Helmholtz a démontré que le glissement de deux iluides d’inégale densité produit nécessairement, à leur surface de séparation, des ondes dont la hauteur et la distance des crêtes1 dépend des densités et des vitesses relatives des fluides en présence. Lorsque les différences de densité sont faibles, les ondes peuvent atteindre des dimensions très considérables soit en largeur, soit en hauteur. Ainsi, dit Helmholtz, « les faibles vitesses du vent que nous observons au fond de l’atmosphère produisent souvent sur l’eau des vagues de 1 mètre de longueur; à la surface de deux couches d’air dont la différence de température serait de 10° elles engendreraient des vagues aériennes de 2 à 5 kilomètres de longueur. Les grandes vagues de 5 à
- 10 mètres correspondraient à des ondes atmosphériques de 15 à 50 kilomètres, qui occuperaient tout l’horizon sensible de l’observateur, et dont le fond naturel serait au-dessous du sol, de telle sorte qu’elles seraient sensibles au ras du sol. »
- Jusqu’ici, ces déductions du célèbre physicien n’avaient pu être confirmées que dans quelques cas isolés et d’une manière très incomplète, les conditions atmosphériques étant bien rarement assez simples pour qu’il soit possible de les définir, et assez bien connues par l’observation pour que l’on soit en mesure de mettre dans les formules autre chose que des nombres hypothétiques.
- Le hasard vient de fournir à un physicien de Munich, M. Emden, les moyens d’apporter une confirmation expérimentale bien nette aux vues d’IIelrnholtz. Étant monté en ballon par un ciel brumeux et par un temps froid, et absolument calme,
- 11 vit, à une hauteur de 200 mètres, l’aérostat s’arrêter subitement dans son ascension, pour prendre aussitôt un mouvement rapide vers Test. Le guide-rope traînait encore, mais de quelques mètres seulement, et il fallut plus de 40 kilogrammes de lest pour obliger le ballon à reprendre sa marche ascensionnelle. Aussitôt les aéronautes se sentirent entrer dans une couche d'air plus chaude, et le thermomètre passa de 2°,7 à 9°,2. Les conditions atmosphériques étaient donc les suivantes : deux couches d’air présentant une différence de température de 6 à 7° glissaient Tune sur l’autre avec une vitesse que la marche du ballon fit estimer à 12,5 mètres par seconde.
- Dès qu’ils se furent suffisamment élevés, les aéronautes purent jouir d’un singulier spectacle. De grands rouleaux de brouillard semblables à des saucissons, dit l’auteur dans une succulente comparaison, et orientés dans la direction nord-sud rayaient le paysage laissant entre eux des intervalles égaux dans lesquels le sol était visible. Sur un espace de
- 1 Ce qu’en physique on nomme la longueur d’onde.
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- Fii». 1.— Montre à divisions sexagésimales
- 7,5 kilomètres, on put compter 15 rouleaux, et la distance moyenne de leurs crêtes atteignait 540 mètres.
- llelmholtz donne, comme exemple numérique, le cas de deux couches d’air dont les températures dilièrent de 10 degrés, et dont la vitesse relative est de 10 mètres par seconde, et trouve que la longueur des ondes doit atteindre 550 mètres. Or, sa formule indique une longueur proportionnelle au carré de la vitesse de glissement et inversement proportionnelle à la différence des densités. Le calcul montre donc un accord très satisfaisant avec l’observation de M. Emden.
- Le brouillard est bien souvent l’ennemi de toute observation des plié-no mène s atmosphériques. Dans le cas particulier 5qui nous occupe, il en a été au contraire un précieux auxiliaire.
- La condensation se trouvait en effet, près de sa limite ; très nette à la température de la couche inférieure, elle disparaissait dans l’autre, par une évaporation rapide des gouttelettes, de façon à tracer une surface de démarcation bien accusée entre les deux couches d’air.
- Ce jour-là, la nature avait positivement préparé une expérience; le cas est rare, et il est heureux qu’un observateur se soit trouvé à point nommé pour en relever les résultats. C.-E. Guillaume.
- DÉCIMALISATION DU JOUR
- ET DES FRACTIONS DE JOUR
- Si la commission de l’heure décimale n’a pas donné une solution complète à celte importante question,
- il faut surtout en chercher la cause dans la crainte bien légitime qu’elle a éprouvée à l’idée d’imposer au public une division nouvelle du temps, une valeur nouvelle pour chaque fraction de temps, et enfin une
- physionomie nouvelle à tous les garde-temps, actuellement en usage.
- Pour éviter unebrusque transition dans les habitudes routinières du public, il y a un moyen assez simple à employer consistant, comme l’indiquent les figures 1 et 2, à donner deux faces aux montres de poche.
- D’un côté le temps sexagésimal actuel (lig. 1), de l’autre côté le temps décimal (lig. 2). De sorte qu’en portant sur soi une montre
- qui donne simultanément les deux divisions du temps, on s’habituera très facilement à lire les deux cadrans. La mise à l’heure est unique, on ne peut faire mouvoir les aiguilles décimales sans déplacer les
- Fit’. 2. — Montre à divisions décimales
- sexagésimales.
- aiguilles
- Fi;j
- Les quatre aiguilles, partant de minuit, l’aiguille d’heures (lig. 1) fait deux tours du cadran en vingt-quatre heures, tandis que l’aiguille d’heures décimales (fig. 2) fait un tour par jour ou 10 heures décimales.
- Pour éviter une trop grande complication dans les montres courantes, on supprime, quant à présent, la trotteuse du cadran décimal ; mais dans les instruments décimaux de grande précision, construits pour M. de Rey-Paiihade, la trotteuse décimale a été maintenue et donne le 1/100 000e de jour. La ligure 5 représente une montre décimale ayant appartenu au conventionnel Saint-Just. L. Leroy,
- Horloger de la Marine.
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- Montre avant appartenu au conventionnel Saint-Just.
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- LES LABOURS D'HIER ET D'AUJOURD’HUI
- Tandis que les agriculteurs se plaignent en général de leur sort et se lamentent même parfois, et
- souvent avec raison ; par contre, il est assez de mode depuis quelque temps, tout au moins dans certains milieux, de récriminer à tout propos contre l'agriculture, de déplorer la lenteur des progrès
- l-iji. I. — Conduite de la charrue ordinaire.
- agricoles, comparés aux progrès industriels ; aussi les tout de routine reviennent-ils souvent dans ces réqui-grands mots de nonchalance, à' indifférence et sur- sitoires. Ce sont là des exagérations contre lesquelles il
- Fig. 2. — Conduite du Brabant-double.
- importe de réagir et qui dénotent bien, chez ceux qui s’en font l’écho, une ignorance presque complète des choses de l’agriculture. Il suffit, pour s’en convaincre, de visiter le Concours général agricole de Paris, ou encore les concours régionaux pour constater, d’année en année, des progrès sensibles et parfois
- même surprenants réalisés dans toutes les branches de la production agricole.
- On pourra bien objecter que si les concours agricoles sont le reflet de l’état général de l’agriculture dans un pays ou dans une région, ils ne constituent pas l’agriculture elle-même, et il faut bien reconnaître
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- aussi que certaines régions de la France sont encore bien arriére'es, comparativement à d’autres. Mais cet état de choses, qui n’est pas toujours le fait des praticiens, n’est d’ailleurs pas particulier à l’agriculture, et peut s’appliquer à toutes les branches de l’activité humaine.
- Il nous est impossible de faire ressortir ici, même sommairement, les progrès accomplis dans la construction et l’emploi des machines agricoles, dans l’élevage du bétail, l’amélioration des races domestiques, dans l’emploi des engrais, dans la sélection des graines et dans l’obtention des récoltes à grands rendements.;-ce serait faire l’histoire complète de l’agriculture, historique intéressant s’il en fut, il laut le reconnaître, et rempli d’enseignements philosophiques et scientifiques de la plus haute portée.
- Mais, pour ne parler que des labours, qui constituent l’opération culturale la plus importante, la façon classique de toute culture, le terme de laboureur étant, comme on le sait, souvent pris comme synonyme de cultivateur ; voyons seulement comment se pratiquaient les labours vers le milieu de ce siècle, et comment ils s’effectuent aujourd’hui. Les Romains employaient une charrue sans roues ni avant-train, 1 'Aralrum simplex, qu’on rencontre encore aujourd’hui à peu près telle quelle, dans certaines régions, surtout dans le Midi. Cette charrue, il faut bien en convenir, était grossière dans sa forme et défectueuse dans sa construction (fîg. 1).
- Au moyen âge, la charrue ne reçut que des perfectionnements insignifiants.
- Les choses restèrent ainsi jusqu’au dix-septième siècle. A cette époque, l’Angleterre modifia quelque peu les charrues anciennes, tandis que la France conservait les araires, ou charrues sans avant-train de l’antiquité.
- Ce fut en 1801, que François de Neufchàteau demanda qu’un prix important fût décerné à l’inventeur de la charrue la plus perfectionnée. L’illustre Chaptal, qui était alors ministre de l’Intérieur, partagea cette heureuse idée, et fixa ce prix à 10 000 francs. Pour l’époque surtout, c’était un beau denier.
- Cependant, cette haute récompense ne fut pas décernée; mais, comme le fait remarquer M. G. Heuzé, elle eut néanmoins d’heureuses conséquences.
- En effet, le concours ouvert par Chaptal eut un autre résultat; il engagea Mathieu de Dombasle à étudier les perfectionnements que réclamaient nos instruments aratoires. Le remarquable mémoire qu’il publia en 1820 fit espérer à la France agricole qu’elle aurait bientôt aussi ses instruments perfectionnés et appropriés à son sol et à ses systèmes de culture. Son attente ne fut pas longue, car 1822 vit naître l’école de Roville, et quelques années suffirent pour que l’Araire Dombasle triomphât dans toutes les luttes où il se présenta.
- « Le succès obtenu par Mathieu de Dombasle éveilla l’attention d’un grand nombre d’hommes, et ça et là on vit naître des fabriques d’instruments
- aratoires modernes. Malheureusement, dans beaucoup de ces ateliers, on ne se borna pas à construire la charrue de Roville; on voulut la modifier afin de la désigner sous un nom nouveau; c’est ainsi que chaque constructeur a eu sa charrue. Cette fièvre de l’amour-propre n’a pas diminué de nos jours. 11 en est résulté souvent que, loin de perfectionner l’araire de Roville, on l’a défiguré et rendu aussi mauvais que les anciennes charrues. Les hommes qui n’ont pas su créer des choses nouvelles ont eu recours à d’autres moyens pour faire parler d’eux : ils se sont bornés au rôle d’imitateurs, en ajoutant au nom de l’instrument qu’ils construisaient leur nom propre. » Quoique l’araire soit encore très employé aujourd’hui, car, à égalité de dimension de labour, il exige dans certains sols moins de traction que les charrues à avant-train, nous possédons maintenant des charrues perfectionnées, d’un maniement beaucoup moins pénible, notamment le Rrabant-double, qui, dans les terres appropriées, remplace chaque année avec succès les anciennes charrues.
- Le Brabant-double (fig. 2) ou charrue tourne-oreille, appelé Jumelle dans le nord de la France, a été inventé vers 1869 dans le département de l’Aisne; il présente de nombreux avantages. Tout d’abord, il permet de disposer le labour à plat, sans enrayure ni dérayure; en outre, il allège beaucoup le travail de l’homme qui n’a plus qu’à s’occuper de la conduite de l’attelage, car cette charrue a une grande fixité, tout au moins dans les terrains plats; le conducteur marche dans le guéret, à côté de la charrue, et n’a plus besoin, comme avec l’araire, de corriger à chaque instant, par les mancherons, les déviations de ce dernier instrument, qui, il faut bien le reconnaître, est très instable.
- Avec le Rrabant-double, ou charrue à bascule, comme on le nomme quelquefois, le laboureur, arrivé à l’extrémité de la raie, n’a qu’à faire tourner l’attelage sur lui-même; il renverse le versoir et la charrue, continuant sa marche, dépose une seconde bande de terre sur la précédente. De cette manière, les tournées sont supprimées; de là une notable économie de temps. Or « le temps, c’est de l’argent », surtout en agriculture.
- Aujourd’hui, les Brabants-doubles, si répandus, sont de deux systèmes : les uns, sont à âge fixe, les autres, à âge tournant.
- Pour les labours à plat, les charrues brabant sont actuellement préférées, avec raison, à toutes les autres, et ces labours rendent beaucoup plus facile l’emploi, non seulement des semoirs mécaniques, mais encore des divers instruments de récolte et d’entretien, tels que faucheuses, moissonneuses, houes à cheval, etc., si emplbyés depuis quelques années.
- Cependant les labours à plat, et, partant-, l’emploi du Brabant-double, ne conviennent qu’aux terres sèches ou assainies ; dans les sols quelque peu humides, les labours en planches, c’est-à-dire dans lesquels la surface est divisée en compartiments dont la largeur est un multiple de la largeur d’une raie
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- de charrue, ont toujours leur raison d’être. C'est assez dire que le Brabant, malgré ses avantages multiples, n’est pas appelé à remplacer partout les charrues ordinaires, et notamment l’araire; celui-ci, nous le répétons, dans les terres douces, a toujours une grande supériorité, à la condition toutefois qu'il soit conduit par un ouvrier habile.
- Remarquons d’ailleurs que d’après les expériences faites par M. Max. Ringelmann, à l’École d’agriculture de Grand-Jouan, les araires exigent une traction de 55 à 56 kilogrammes par décimètre carré, tandis que les Brabants-doubles demandent 56 à 55 kilogrammes.
- On voit, par tout ce qui précède, combien il faut se garder de trop généraliser en ce qui concerne les pratiques agricoles, car ce qui est parfaitement approprié ici peut ne plus convenir du tout un peu plus loin, et bien souvent ce qui est considéré comme la routine n’est qu’une saine et louable appréciation des faits, consacrée par l'expérience.
- Albert Larbalétrier.
- PLANTATIONS D’ARBRES
- DANS LES ROCHERS
- On est forcé quelquefois de planter des arbres dans les rochers, soit pour l’utilité, soit pour l’agrément.
- Dans le pays de Caux, le propriétaire qui veut créer un verger de pommiers n’a bien souvent à sa disposition qu’une colline de calcaire compact. Voici comment nous l’avons vu procéder, d’une façon aussi intelligente qu’économique.
- A la place que doit occuper chaque pommier, on brise la roche d’un coup de mine (à la poudre ordinaire, ou mieux à la dynamite). Les trous sont creusés à la barre de mine par des manœuvres quelconques, pendant la mauvaise saison.
- lin ouvrier mineur (qui n’a pas besoin d’être fort habile) charge toutes les mines et les fait partir successivement. Il vaudrait mieux les relier toutes par un fil électrique et les faire détoner toutes en même temps, mais il faut pour cela un petit outillage spécial.
- Dans la roche calcaire compacte, un bon coup de mine ébranle plus d’un mètre cube, dont une partie saute en l’air ; le reste est fortement fissuré et peut être enlevé au pic ou à la pioche.
- L’ouvrier rassemble sur l’un des bords du trou la terre végétale et les menus débris; sur un autre les gros fragments ; enfin il met à part les gros morceaux qui servent pour la bâtisse.
- Les choses doivent rester en l’état pendant tout l’hiver ; car les gelées réduisent en menus morceaux les fragments de calcaire. De plus il y a souvent des parties ferrugineuses qui doivent subir l’action de l’air pour qu’elles ne nuisent pas aux plantes.
- Si les trous restaient pleins d’eau à la fin de l’hiver, il serait nécessaire de donner un second coup de mine au fond du trou, de façon que le drainage du sol soit assuré : c’est ainsi qu’un pot à fleurs doit toujours être percé d’un trou.
- Au commencement de l’hiver suivant, on plante les arbres avec les précautions d’usage entourant les racines de bonne terre rapportée, puis de menus débris, enfin,
- remplissant le trou avec des fragments de roche assez gros. Les racines du pommier savent très bien trouver leur chemin à travers ces pierres. Le total des frais de plantation ne dépasse pas 2 francs à 2 fr. 50 par pied d’arbre.
- La plantation étant faite en quinconce, des rigoles superficielles, très peu profondes, dirigent les eaux des pluies au pied de chaque arbre.
- Il arrive quelquefois qu’on veut couvrir d’arbres des masses de rochers calcaires ou autres présentant des fissures très prolongées. La question est alors bien simplifiée, on donne quelques coups de mine de distance en distance sur l’une des joues de la fente dans une direction perpendiculaire à celle de la fente et à un mètre environ de celle-ci.
- La fente se trouve alors fortement élargie en certains points. Si la pente est très raide, on fait un petit mur en travers de la partie élargie, de façon à éviter le ravinement par les eaux de pluie. Et les plantations réussissent admirablement dans les parties ainsi préparées : c’est ce qu’on fait dans les rochers du Dauphiné pour les noyers qui prospèrent dans des fentes de rochers presque dépourvues de terre. L. Dumont.
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- CARICATURE DANS LES SALLES DE GARDE
- La caricature est l’ironie du peintre : veut-il ridiculiser son prochain, prêter h rire sur lui, vite il grossit un trait dominant, met en saillie un léger défaut du visage, lui fournit un habit symbolique qui rappelle son caractère ou un acte malheureux de sa vie. La caricature va de main en main, se glisse dans le journal, s’imprime par milliers, elle ose s’attaquer à tout, presque toujours impunément, car le rire désarme les colères.
- Cœst un art essentiellement populaire, compris de tous. Dès notre jeunesse n’avons-nous pas caricaturé nos camarades de lycée et surtout nos professeurs? Et le dessin malicieux passait en classe de banc en banc, au risque des pensums.
- Une des plus curieuses manifestations de l’art caricatural existe, très ignorée des critiques, dans les salles de garde des hôpitaux.
- La médecine et l’art ont toujours fait bon ménage.
- Cette mutuelle sympathie s’est particulièrement manifestée chez les internes de nos hôpitaux parisiens. De tout temps les peintres y ont été fréquemment invités, parfois même ils n’étaient plus des invités accidentels, mais des hôtes assidus, et avaient droit à accrocher leur pipe au râtelier de la salle de garde. Ils apportaient aussi leurs pinceaux et, en témoignage de gratitude, couvraient de peinture les murs un peu nus de l’Assistance publique.
- Parmi ces décorations, la caricature a le premier pas. Mais elle n’est pas méchante, car c’est surtout d’eux-mêmes qu’ont ainsi voulu rire les internes.
- La Pitié, la Charité, Necker, sont les principaux hôpitaux qui conservent des dessins, fresques et peintures à l’huile ayant un cachet humoristique.
- Un vaste panneau décoratif réunit sous ligures pittoresques et travesties les collègues d’une année de salle de arde et les transmet à la postérité.
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- LA NATURE.
- Il remplace avantageusement la photographie annuelle qui réunit tous les collègues sur le même carton. Ces photographies suspendîtes aux murs des salles de garde deviennent par la suite des années les encombrants tableaux des ancêtres qui regardent leurs successeurs.
- Le panneau est au contraire décoratif. Le plus ancien à ma connaissance est un amusant tableau à l’huile conservé par les internes de la Pitié, où sont peints leurs ancêtres de 1859 (fig. 2). L’auteur est Itouillard, frère d’un interne du même nom. Et encore n’est-ce pas le tableau original qu’on peut voir aujourd’hui ; il attenait aux murs de l’ancienne salle de garde et a disparu quand on l’a démolie.
- Mais c’est une copie fidèle, et ceux qui ont vécu à cette époque peuvent aisément reconnaître Douillard, frère du peintre, qui joue du cor. Il est tenu en l’air par le bras énergique de de Saint-Germain, l’habile chirurgien des Enfa nts-Malades, mort tout récemment. Comme il était renommé pour sa force, il est représenté en tenue de pugiliste, élevant de sa main droite le fameux serre-nœud de son maître Maisonneuve. De Saint-Ger-main fît à cette époque une amusante pièce de vers.
- Il s’y moque agréablement du microscope, instrument qui tendait à envahir
- la médecine et que les cliniciens repoussaient acharnement.
- Pourquoi l'infiniment petit A-t-il pour nous un si grand charme ?
- Pourquoi mettons-nous par l’esprit lTn océan dans une larme '!
- Où le pygmée apparaissait A ou s faisons surgir un eyclopc.
- Enfin, pour en venir au fait,
- Je veux parler du microscope.
- Moi je crois qu’il n’est pas prudent I)e voir ainsi tout à la loupe ;
- On trouve en y trop regardant Toujours des cheveux dans la soupe.
- Oui, malgré son air ingénu,
- Il fut heureux pour Pénélope Que son mari n’ait pas connu Le maniement du microscope.
- Baillet devait être dépourvu de mollets, car on l’a gratifié de jambes de coq ; Leven judicieux, car il a
- revêtu la loge du juge. Ce petit servant de messe auquel le juge tient la main était un timide : Fournier Eugène, un homonyme de notre distingué professeur de Saint-Louis, mort quelques années après son internat.
- Je pourrai citer les noms de Michel, actuellement professeur à Nantes, qui tient au bout d'un bâton, au-dessus de sa tête, sa médaille de l’Ecole pratique qu’il vient de gagner. Derrière lui lleurtaux, qui a remporté le prix, porte un gros livre sous le bras. Mousten, déguisé en Don Quichotte, est à cheval, car il est cavalier émérite, je tairai le nom de celui qui manie les cartes comme un joueur enragé. Le dernier, Gauthier, allait se marier et tient le flambeau de l’hyménée surmonté d’un amour.
- U n fusain de grandes dimensions couvre un panneau de la salle de garde de la Pitié. Il est dû au crayon du Dr Paul Richer, interne en 1877 (fig. 5). La salle de garde revient d’une noce, peut-être un jour de carnaval, car Hutinel, gros et gras, déguisé en moine, se distingue par la médaille d’or qu’il porte à son cou : c’est celle du concours de quatrième année d’internat. Ce grand long maigre, Don Quichotte, bardé de fer, au geste emphatique, est l’habile chirurgien Campe-non. Alors interne de Dumontpallier, il voyait son maître s'adonner à l’étude de la métallothérapie: d’où l’allusion. Ces deux qui causent, sérieux, séparés delà femme, sont des hommes déjà mariés, quoique internes. Le plus grand est le Dr Segond, et l’autre le I)1 Letulle. Quant à l’auteur, P. Richer, il s’est dessiné lui-même dans le coin de la toile, en costume de peintre florentin.
- Il existe une autre caricature non moins amusante qui est à la salle de garde de Necker. La foire voisine de Yaugirard les a inspirés ; ils se sont représentés tenant boutique foraine.
- Un brillant pompier qui souffle dans un clairon est le Dr Bouchard, de Bordeaux ; Humbert, le sympathique médecin des hôpitaux, bat du tambour à coups redoublés ; Mahot, le lutteur, montre sa force en soulevant des poids; Hybord, en pierrot, fait la réclame; Bloch, en aveugle, implore la charité!... Que voit-on dans la boutique? Les toiles suspendues
- Fig. 1, _ Les internes de La Charité en rahoinéens (année 1895-1891).
- avec
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- à la devanture nous l'indiquent. Des animaux, un monstre, et l’endoscope, cet instrument inventé par Desormeaux pour voir l’intérieur de la vessie : la caricature nous le montre braqué contre le posté-
- rieur d’un cochon. C’est encore à cette salle de garde qu'est conservé l'humoristique dessin du J)1- Essbaeh. 11 représente son maître, le professeur Potain, partant, pour la croisade. Souvent
- Fig. ± — Salle de garde de La Pitié, en 185‘d.
- les caricatures sont loin d’ètre aussi bien laites. qu’un collègue ou un peintre dessine sur les Les internes se contentent de simples pochades murs ou applique sur l’armoire de l’interne. Ainsi
- Fig. 3. — La salle de garde de La Pitié, en 1877.
- les portes des armoires de la salle de garde de la Charité donnent la caricature des internes de 1892. L’accoucheur est un forceps entre les pinces duquel est dessinée sa tête; tel, arrivé premier à l’internat, brandit d’un biceps puissant un énorme numéro ; tel coquet est vu de dos en gommeux. D’autres foison affiche des coupures de journaux où,
- profitant d’un synonyme, on apprend qu’un individu du même nom qu’un collègue est inculpé dans une affaire d’assassinat, de vol, etc.
- Ainsi la promotion de 1895 à la Charité a eu l’ingénieuse idée de se déguiser en Dahoméens (fig. 1). 11 suffisait de prendre un dessin de la bande de Dahoméens alors visible à Paris et de remplacer
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- leurs têtes par celles coupées et adaptées de photographies de tous les internes, ce qui aboutit au curieux ensemble que nous représentons.
- On s’amuse ferme, on le voit, dans les salles de garde. Quoi qu’en disent les esprits moroses, la jeunesse n’a point changé, et quand la vieille gaieté française sera chassée de partout par T uniforme neurasthénie fin de siècle, les salles de garde médicales seront son dernier asile. I)r Félix Régnault.
- APPAREIL POUR
- L’ALIMENTATION CONTINUE D’UN LIQUIDE
- A NIVEAU CONSTANT ET EXTINCTEUR
- Certains dosages, tels que ceux de cellulose par la méthode indirecte, demandent une attaque prolongée de la matière par uneliqueur maintenue au même degré de concentration. Il est facile de conserver un niveau constant dans une capsule par un appareil très simple et qui peut être construit dans les laboratoires. La figure ci-jointe montre cette disposition A, pour un dosage chauffant au bain-marie. Un ballon renversé est muni de deux tubes arrivant au même niveau à leur extrémité inférieure ; l’un f traverse seulement le bouchon, l’autre h se prolonge jusqu’au fond du ballon.
- Ce ballon, rempli d’eau et placé au-dessus d’un liquide dont le niveau tend à baisser, maintient automatiquement ce niveau à la hauteur de celui des deux tubes; mais cet appareil ne peut pas convenir au cas où il y a des matières pulvérulentes dans la capsule, car à chaque alimentation une petite quantité de substance est aspirée dans le ballon et échappe à l’action de la liqueur d’attaque.
- Pour remédier à cet inconvénient, on place le ballon au-dessus d’un flacon intermédiaire k, qui alimente à son tour le dosage par un siphon m. Il suffit de faire arriver les extrémités des tubes f et h au niveau que l’on veut maintenir dans la capsule; quelques tâtonnements suffisent à y réussir. Bien que l’alimentation soit périodique, il ne saurait y avoir aucun mouvement de l’eau en sens inverse, car le niveau du flacon ne peut dans aucun cas descendre au-dessous de celui de la capsule. Le siphon est recourbé et effilé à son extrémité afin d’éviter l’ascension de l’eau chaude ; pour s’opposer à tout entraînement de matières il est prudent de coiffer son extrémité d’un petit tube, ouvert aux deux bouts. On amorce le siphon au moyen du tube n fixé dans le bouchon.
- En prenant comme flacon intermédiaire un vase à col
- assez étroit, la dénivellation est très rapide en cet endroit, l’alimentation se fait à intervalles plus courts et devient presque continue. Il est bon de tailler en biseau l’extrémité inférieure des tubes f et h. Dans le fonctionnement de l’appareil il faut avoir soin d’ajouter la matière à analyser avant que l’eau ait atteint dans la capsule son niveau définitif ; faute de cette précaution, l’addition de la substance provoque une élévation de niveau qui peut déterminer le mouvement de l’eau en sens inverse, du dosage vers le flacon.
- L’appareil B sert à éteindre automatiquement un bec de gaz au bout d'un temps déterminé. Il comprend deux flacons a et b, sensiblement de même capacité, dont l’un est renversé au-dessus de l’autre. Ils communiquent par deux tubes, c et cl. Le tube c permet l’écoulement de l’eau du vase supérieur dans l’autre, il est formé de deux parties réunies par un raccord en caoutchouc ; celui-ci porte une pince à vis servant à régler l’écoulement. Le
- tube d assure la communication de l’atmosphère des deux flacons. Les extrémités inférieures des tubes c et d sont au même niveau. Le gaz arrive par un tube latéral e, soudé sur le tube d’écoulement c; il se produit ainsi une sorte de succion qui a pour effet de contre-balancer l’influence de la capillarité et permet d’obtenir un écoulement assez régulier malgré sa lenteur.
- La sortie du gaz se fait par un tube coudé g, descendant un peu plus bas que les deux autres. Cette disposition fait qu’il est obstrué le premier et instantanément lorsque l’eau arrive à son niveau. L’arrivée de l’eau cesse peu après, car elle ne tarde pis à fermer les orifices des tubes c et d. 11 suffit que le tube g de sortie ait une branche ascendante assez longue pour que l’eau qui s’y élève fasse équilibre à la pression du gaz.
- Le flacon supérieur porte en outre un petit tube p fermé à son extrémité libre. Il suffit de retourner l’appareil et de déboucher ce tube pour que le flacon vide se remplisse, ce qui remet ainsi l’appareil en état de fonctionner.
- Une échelle collée sur le flacon inférieur indique le niveau par heures ou fractions d’heure, de telle sorte qu’en partant d’un niveau donné, on connaît la durée de l’écoulement et par suite de l’alimentation du bec de gaz. Cette graduation doit être empirique, car l’intensité de l’écoulement diminue avec la hauteur d’eau sous laquelle il se produit.
- Il faut avoir la précaution de n’allumer le bec que lorsque tout l’air a été expulsé de l’appareil, sans quoi l’opérateur s’exposerait à provoquer une explosion.
- Au Laboratoire de zootechnie de Grignon, ces deux
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- Appareil d’alimentation continue à niveau constant A et extincteur automatique B.
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- appareils sont installés à demeure et rendent les plus grands services. On peut d’ailleurs les utiliser simultanément pour plusieurs analyses au moyen de tubes à embranchements. F. VILLARD ET F. B<EUF,
- Élèves à l’École nationale d’agriculture de Grignon.
- PORTRAIT COMPOSITE
- TYPE D’UNE PROFESSION
- A l’Exposition de Bruxelles, dans la section des sciences, on voyait une série de photographies du professeur Bowditch, destinées à représenter des types d’une classe de la société : le médecin, le soldat, le commissionnaire, etc.... Il y a une dizaine d’années, nous avons décrit ici les travaux analogues de MM. Herbert Spencer, Francis Galton et Arthur Batut1. Nous les rappellerons brièvement.
- Le procédé consiste à rendre la moyenne des physionomies d’un groupe d’individus en superposant l’un sur l’autre les portraits de chaque individu séparément. MM. II. Spencer et Galton choisissaient dans ce but parmi la même famille un certain nombre d’individus, et, après avoir fait un cliché de chacun d’eux, ils en tiraient une épreuve positive sur un papier très transparent. En superposant toutes ces épreuves l’une sur l’autre et en regardant l’ensemble par transparence, ils obtenaient le type unique. Les épreuves ne se nuisent pas l’une à l’autre et ne donnent pas, comme on pourrait le croire, une image confuse; on retrouve assez nettement dans l’ensemble les traits principaux qui caractérisent la famille et, en variant les combinaisons, on peut reconstituer la figure des ancêtres soit paternels, soit maternels.
- La façon d’opérer de M. Batut est différente et nous paraît plus rationnelle. Sur le cliché même il fait l’analyse des figures en divisant le temps de pose total nécessaire à l’obtention d’un bon portrait par le nombre des individus qui concourent à l’épreuve finale. S’il faut, par exemple, trois secondes pour une pose normale et qu’on ait choisi six personnes, on fait poser chacune d’elles une demi-seconde, dans des positions et à une échelle identiques, bien entendu. Il en résulte en fin de compte que le même trait saillant du visage aura sa pose normale et sera très apparent s’il existe chez chacun des individus, et que les autres traits non communs, ou communs seulement à quelques-uns, ont peu ou pas d’importance sur l’épreuve finale.
- C’est cette dernière façon d’opérer qui a été adoptée par M. Bowditch pour les épreuves exposées à Bruxelles. Pour l’une entre autres, il a choisi 24 soldats d’un même régiment et à l’aide de 12 d’entre eux il a fait un type, puis à l’aide de 12 autres un autre type, et ces deux épreuves finales sont tellement ressemblantes qu’on les prendrait volontiers l’une pour l’autre.
- Nous nous demandons si avec les disques chronophoto-graphiques de M. Demeny, tels qu’il les applique au portrait vivant, et en prenant pour chaque image un cliché de chaque type, on n’arriverait pas à un résultat analogue et plus original encore en ce sens qu’on aurait une certaine animation dans la physionomie.
- Il y a assurément intérêt à étudier ainsi les caractères généraux de certaines familles ou de certaines races; mais il ne faudrait pas aller trop loin dans cette voie, car
- 1 Yoy. n° 775, du 7 avril 1888 p. 289, et La jjhotogra-phie appliquée à la reproduction d’un type d’une famille, par A. Batut, chez Gautliier-Villars, éditeur.
- on pourrait bien arriver à cette conclusion que tous les hommes se ressemblent, puisqu’ils sont frères, et que souvent qui veut trop prouver ne prouve rien. G. M.
- LE TR\LMVT0L
- NOUVEL ANTISEPTIQUE CHIRURGICAL
- Quand le regretté professeur Verneuil venait le lundi à l’Académie des Sciences, il était superflu de demander s’il était arrivé et s’il avait pris place. La salle des séances était envahie par une odeur forte, caractéristique et désagréable. On aurait pu suivre Verneuil à la trace partout où il allait. 11 sentait l’iodoforme du premier de l’an à la Saint-Sylvestre. L’iodoforme a une odeur que ne peuvent supporter certaines personnes. Ce n’est pas son seul défaut. Il est toxique et peut produire des éruptions et même des accidents plus graves. On a essayé au moins de lui enlever son odeur nauséabonde en le mélangeant au tanin ; mais le tanin se décompose, et les tentatives dans cette direction ont échoué. On a cherché ensuite à utiliser d’autres produits, moins riches en iode, ou des dérivés d’alcaloïdes, des combinaisons organiques des métaux, des combinaisons avec l’argent, l’argentol, l’itrol, l’airol, etc. Ils sont tous inférieurs à l’iodoforme par le pouvoir antiseptique, et présentent à peu près les mêmes inconvénients. Ils ne sont pas entrés dans la pratique.
- M. Kraus, après de laborieuses recherches poursuivies en France, a eu la main plus heureuse ; il a découvert un produit dérivé iodé du crésol do la houille, beaucoup plus antiseptique que l’iodoforme et dépourvu de ses divers défauts. D'après les essais bactériologiques entrepris par divers chefs de clinique dans les hôpitaux de Paris, le pouvoir bactéricide du « traumatol » serait six fois supérieur à celui de l’iodoforme. Ainsi, des plaques de gélatine ensemencées de cultures de staphvlococcus et saupoudrées d’iodoforme étaient complètement en putréfaction après 48 heures. Les mêmes, saupoudrées de traumatol, étaient encore intactes au bout de onze jours.
- On peut donc ne changer les pansements qu’à des intervalles de temps beaucoup plus longs avec le traumatol qu’avec l’iodoforme, ce qui a de l’importance; on a vu le plus souvent les plaies se cicatriser rapidement sous un seul pansement au traumatol. Le nouvel antiseptique n’est ni caustique, ni irritant et possède une action anesthésique très prononcée. Il est dépourvu de toxicité, car des cobayes ont supporté des doses de traumatol six fois supérieures aux doses mortelles d’autres produits tels que le dermatol, l’iodoforme, l’airol, etc. Enfin, il coûte deux fois moinscher que l’iodoforme. (Congrèsdes naturalistes, 1896.)
- Et l’odeur? M. Kraus considère le traumatol comme inodore. Inodore! il faudrait s’entendre à cet égard. Il ne sent pas atrocement mauvais, comme l’iodoforme ; mais il a bien aussi son petit parfum caractéristique. J’ai pris dans une pharmacie un échantillon de traumatol, un spécimen de vaseline au traumatol, etc., et je les ai placés dans une chambre. Eh bien ! il y a une odeur, odeur qui, à petite dose, rappelle un peu la noix verte; à dose moyenne, le crésol et le varech de la mer; à haute dose, le crésol et l’iode. Au fond, ce n’est plus comparable à l’odeur si pénétrante de l’iodoforme.
- Quoi qu’il en soit, le traumatol a déjà fait ses preuves. Il est employé un peu partout déjà avec succès dans la grande et la petite chirurgie. Il a fait l’objet de plusieurs thèses très favorables et il se répand dans les hôpitaux civils et militaires. J.-F. Gall.
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- LA DISTRIBUTION ÉLECTRIQUE
- DE BRIANÇON
- Depuis bientôt deux ans fonctionne à Briançon une distribution d’énergie électrique qui a donné toute satisfaction.
- Voici dans quelles conditions cette installation fut établie. Les services militaires, très importants dans cette contrée, depuis que la place a été érigée en gouvernement militaire, réclamaient depuis longtemps l’éclairage électrique pour les casernes. En 1891, le service du génie cherchait à améliorer un transport rapide par câbles aériens entre les magasins de la place et les services aériens. Il fallait également une force motrice supplémentaire pour
- l’arsenal, de nouveaux ateliers d’artillerie et une usine frigorifique. La puissance nécessaire aux services militaires était évaluée à 170 chevaux. Dans la contrée, il était facile de trouver une chute d’eau qui pourrait fournir cette puissance. Mais il était indispensable d’effectuer des dépenses pour travaux d’établissement que le génie ne pouvait entreprendre. D’autre part, la ville de Briançon n’était éclairée jusque-là que très imparfaitement par des lampes à pétrole. La distribution possédait donc là deux abonnés qui permettaient d’établir l’installation, alors que chacun d’eux séparément ne pouvait y parvenir. L’entente du génie militaire avec la municipalité amena un très heureux résultat. Le génie militaire ouvrit donc en 1892 un concours entre tous les industriels français pouvant entreprendre la
- Fig. 1. — Vue d'ensemble extérieure de l’usine. — Canal de trop-plein.
- distribution d’énergie électrique dont il était question. Le projet de MM. Guitton et Cie fut choisi et un marché fut passé avec eux le 4 août 1895 pour une durée de 9 ans par le ministère de la guerre aux conditions suivantes. L’énergie électrique doit être fournie 22 heures par jour, sans que le nombre de lampes soit fixé au contrat. Le prix de l’hectowatts-heure est de 0 fr. 06 et la fourniture annuelle minima fixée à 10 000 francs. Le prix du cheval-heure pour force motrice est de 0 fr. 09 avec une redevance minima annuelle de 5600 francs. L’entretien des installations intérieures, non compris le remplacement des lampes, s’élevait à 2000 francs. La somme annuelle garantie par les services militaires était de 15 600 francs.
- En même temps, le 5 juillet 1895, MM. Guitton et Cie obtenaient de la ville de Briançon une concession exclusive de 50 ans pour l’établissement de canalisations électriques sur la voirie urbaine. La ville
- garantissait pendant 10 ans une recette annuelle de 4000 francs. L’énergie électrique était fournie à raison de 5 francs par bougie et par an pour l’éclairage jusqu’à 10 heures du soir, de 4 francs jusqu’à minuit et de 5 francs pour toute la nuit. La force motrice était fournie au prix de 350 francs pour 1 cheval pendant 10 heures par jour et par an, au prix de 200 francs pour 0,5 cheval, et au prix de 125 francs pour 0,25 cheval.
- Les conditions énoncées ci-dessus permettaient an concessionnaire de faire l’installation et d’en entreprendre l’exploitation. Toutes les bases de ce projet avaient été déterminées et arrêtées par M. le capitaine du génie Schweitzer.
- La puissance nécessaire était donc d’environ 500 chevaux. La force motrice a été empruntée à un des cours d’eau, la Cerveyrette, qui traversent la commune de Briançon. Le débit d’eau était environ de 70 litres par seconde. 11 suffisait donc d’établir
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- une chute de 55 mètres. A cet effet un barrage de 10 mètres de hauteur utile au-dessus des eaux moyennes fut établi ; et de là un canal d’amenée de 1 mètre sur 1 mètre a été installé sur une longueur de 400 mètres environ avec une pente de 4 millimètres par mètre pour amener l’eau dans une chambre maçonnée de 5 mètres de largeur, 4 mètres de longueur et 5m,50 de profondeur. Des tuyaux en tôle d’acier de 4 millimètres d’épaisseur, de Üm,75 de diamètre partent de cette chambre pour arriver à l’usine (fig. 1).
- La salle des machines renferme 2 turbines système Fæsch-Pinard de Genève à axe horizontal ; elles ont une puissance de 150 chevaux et tournent à la vitesse angulaire de 500 tours par minute. Chacune d’elles commande directement (fig. 2) par un
- embrayage élastique Raffart, un alternateur de la Société d’Œrlikon, qui donne à 500 tours par minute une intensité de 100 ampères à 2000 volts à 50 périodes par seconde. Ces alternateurs sont à induit fixe et à inducteurs mobiles, et portent sur le même arbre la petite machine excitatrice. Les câbles des alternateurs aboutissent au tableau de distribution, où des dispositions ont été prises à l’aide d’interrupteurs bipolaires soit pour alimenter deux circuits, un pour la lumière et l’autre pour la force motrice, par un seul alternateur, soit pour alimenter chacun des circuits par un même alternateur, soit pour coupler en quantité les deux alternateurs sur un seul circuit ou sur les deux à la fois. I)u tableau de distribution partent deux canalisations, formées chacune de 4 fils, deux pour le circuit d’éclairage,
- üïi m '
- Fig. 2. — Vue intérieure de l’usine. —
- deux pour le circuit de force motrice. Les fils sont en bronze silicié, d’une section de 12 millimètres carrés ; ils sont fixés sur des isolateurs placés sur des poteaux de 12 mètres de hauteur. La première canalisation, dite des forts, se rend aux pentes sud du fort du Randouillet, qu’elle alimente par un branchement, puis au fort des Têtes, va desservir Briançon-ville et vient se souder à l’autre ligne par l’ancien chemin de Briançon. La deuxième canalisation, dite de Sainte-Catherine, dessert par une dérivation le hameau du Pont-de-Cervières, puis Sainte-Catherine, et revient à l’arsenal d’artillerie et aux casernes ; un branchement spécial dessert les Toulouzannes, le magasin des subsistances, le parc à fourrages et la gare. Dans divers groupes de batiments ou d’habitations, des transformateurs sont installés pour ramener la différence de potentiel à 110 volts.
- Les installations actuelles comprennent 601 lam-
- Yue des turbines et des alternateurs.
- pes donnant 5488 bougies dans les bâtiments militaires et 2 moteurs, l’un de 12 chevaux et l’autre de 6. Dans la ville de Briançon, on compte 1305 lampes donnant 12 968 bougies, ainsi que 7 moteurs d'une puissance totale de 18 chevaux. Les moteurs employés sont des moteurs Œrlikon, asynchrones, à inducteurs fixes et induit mobile. Pour le démarrage, qu’il est préférable de faire à vide, un dispositif permet de faire passer le courant dans un deuxième circuit supplémentaire en dérivatioA à faible self-induction. On obtient alors un champ tournant, et l’induit se met aussitôt en mouvement.
- Les résultats de cette intéressante exploitation, entreprise dès le 29 septembre 1894, ont été très remarqués. En 1896 les recettes ont atteint 45000 francs et les dépenses 27 000 francs, laissant un bénéfice de 18 000 francs. Les dépenses totales d’établissement n’ont pas dépassé 200 000 francs. J. Laffargue.
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- CHRONIQUE
- I,e ltmliotint. — Ce procédé que l’on avait présenté comme une découverte importante relative à la photographie des couleurs nous est revenu sous une forme beaucoup plus modeste de simple coloriage. Ainsi présenté il n’est pas sans offrir certain intérêt. On obtient par la méthode Chassagne et Dansac de très jolies épreuves coloriées. Au lieu de recourir à des mélanges de dix ou douze couleurs, il suffit de trois liqueurs convenablement composées pour obtenir dts teintes d’un effet charmant. Les épreuves doivent être sur albumine. Une première liqueui a pour fonction de rompre l’imperméabilité de l’albumine et de rendre possible la pénétration des solutions colorées. Les trois autres donnent du bleu, du rouge et du jaune. En les ajoutant convenablement par applications successives, on obtient tous les coloris désirables. Ainsi chacun peut bien aisément, en quelques heures d’apprentissage, faire des aquarelles agréables. Cela est simple et le procédé l’emporte certainement sur l’emploi des boites à 10 et 15 couleurs qui exigent d’ailleurs plus ou moins la pratique de la peinture. Le Racliotint, ainsi compris, servira d’excellent passe-temps à beaucoup d’amateurs de photographies.
- I.es nécessités «le l’alimentation. — Dans des séries d’études fort curieuses faites par le Département de l’Agriculture des États-Unis, on est arrivé à la conclusion que si la valeur effective de la nourriture absorbée par un homme travaillant modérément est prise comme unité, la valeur nécessaire à une femme, dans les mêmes conditions, sera de 0,8, et d’autant pour un garçon de 14 à 16 ans inclusivement. Pour une fille du même âge, il suffira de 0,7; de 0,6 pour un enfant de 10 à 15 ans, de 0,5 entre 6 et 9 ans, de 0,4 entre 2 et 5, et enfin de 0,5 pour un petit enfant au-dessous de 5 ans.
- Une momie «le croco«lile. — Les magnifiques collections du « British Muséum » se sont récemment enrichies d’une momie de crocodile énorme, longue de 5m,96 et portant une série de petits crocodiles sur son dos. Elle a été découverte à Kom Ombos, dans la Haute Égypte, et date au moins de 2500 avant J.-C. Pour obtenir sa momification, on avait simplement trempé le crocodile dans une solution de cire et de poix qui avait collé à son dos les petits animaux qui formaient sans doute sa progéniture.
- L’asplialte «le l’Utali. — On s’occupe actuellement aux États-Unis de tirer parti de Yuinta'ite ou gilsonite, espèce particulière d’asphalte trouvée, en 1885, par le professeur Blake, aux environs des monts Uinta, dans l’Utah. On prétend que cette substance est susceptible des meilleurs usages, et peut même remplacer parfois le caoutchouc, et qu’elle serait moins coûteuse d’emploi que l’asphalte ordinaire. Malheureusement les moyens de transport manquent dans la région où sont les gisements, mais l’on s’efforce de porter remède à cette situation.
- Les vibrations des wagons de chemin de fer.
- — Les vibrations auxquelles sont soumis les wagons des trains de chemin de fer consistent en des vibrations verticales et des vibrations transversales. Les premières sont toujours rapides et courtes, se succédant à raison d’environ 500 par minute ; elles augmentent avec la vitesse et ne sont pas affectées par les courbes. Des expériences faites sur le réseau d’État austro-hongrois ont permis de constater que ces vibrations étaient toujours dues à
- l’excentricité du centre de gravité des roues et que l’emploi de ressorts à suspension verticale et de contrepoids convenables permettait d’écarter cette cause principale et de réduire les vibrations de ce genre à de légères oscillations dans le sens du voyage. Les vibrations dans le sens transversal sont irrégulières: elles se manifestent à intervalles inégaux et avec une intensité variable, ou apparaissent comme des oscillations plus ou moins continues autour de la verticale de l’axe moyen. Elles se produisent surtout dans les parties rectilignes de la ligne et s’atténuent dans les courbes. Leurs causes sont multiples et assez obscures pour qu’il soit difficile d’v remédier avec efficacité.
- U» carpe et la destruction du poisson. —
- Notre confrère Forest and stream nous donne une nouvelle preuve des dangers que la carpe fait courir au frai des autres poissons. Dernièrement un de ses correspondants surveillait, du bord d’un lac, une perche qui gardait l’endroit où ses œufs étaient déposés; tout à coup deux carpes de forte taille se dirigent doucement vers la frayère. L’une d’elles s’approche à plusieurs reprises, et pendant que la perche la poursuit pour l’éloigner, l’autre carpe se précipite sur le frai et en engloutit une bonne partie.
- Le nouveau système de vinification ponr les pays chauds. — On sait toutes les difficultés que présente la vinification dans les pays chauds, par suite des élévations de température que subit le moût : or, voici que pour remédier à ces difficultés on commence, en Tunisie, d’appliquer en grand le procédé imaginé par M. Rosenstiehl, qui permet de stériliser le moût tout en lui conservant son goût de raisin. Pour cela, l’inventeur chauffe à 50°, en présence de l’acide carbonique et à trois reprises différentes, dans un appareil à serpentin échangeur de température. Voici comment s’effectue l’opération : on encuve d’abord comme d’ordinaire, et, après foulage’, on fait barboter de l’acide carbonique dans la masse, puis, pendant toute l’opération, on maintient une atmosphère d’acide carbonique empêchant les oxydations ; les chauffes se font par un passage continu de la cuve au serpentin et vice versa. La matière colorante rouge se dissout sans fermentation dans le jus du raisin, à condition qu’on fasse macérer la vendange quelques heures à 50°. On obtient donc une conserve de moût stérile, qu’on ensemence ensuite d’une levure. Les vins tunisiens vont certainement profiter grandement de cette amélioration dans leur production.
- Dans la gueule d'nn tigre. — L’interieur de la gueule d’un tigre peut réserver quelquefois des surprises à nulle autre pareille : c’est au moins ce qu’on est en droit de se dire en examinant la mâchoire d’un fauve tué dans l’Inde, parle lieutenant-colonel Macpherson. En dépouillant la tête de l’animal, on ne fut pas peu surpris de trouver un véritable anneau de fer cerclant la base de sa canine supérieure gauche. Ce n’est évidemment pas un dentiste qui l’avait placé là ! On suppose, et c’est la seule explication vraisemblable, que le tigre aura saisi par le cou un bœuf qui portait une cloche attachée par une chaîne ; une des dents aura pénétré à l’intérieur d’un maillon, qui se sera séparé des autres. Comme de juste, la bête féroce fut dans l’impossibilité de se débarrasser de cet objet gênant, qui, au fur et à mesure, sous l’influence delà mastication,s’enfonça de plus en plus, chassant la gencive et venant finalement porter sur l’os même de la mâchoire.
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- LA NATURE.
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- Un poulet à pattes de lapin. -— Notre confrère Slrand Magazine a reçu récemment de M. J.-F. Sleight, de Pestitigo (Wisconsin) la photographie d’un poulet qui a vécu jusqu’à huit mois, et qui avait des pattes absolument semblables à celles d’un lapin, mais au nombre de deux seulement. Tout son corps était du reste extrêmement allongé et recouvert de poils au lieu de plumes. Il appartenait à une couvée de neuf poulets qui présentaient tous la même bizarrerie, quoique nés d’une mère normalement conformée, et qui ne vécurent que peu de temps.
- 11 paraît que le taxidermiste qui empailla ce monstre constata qu'il n’avait point un gésier, mais un estomac comme un lapin.
- L'alcool et les ascensionnistes. — Le l)r 0.
- Snell a rendu compte dans le n° 3 des Mittheilungen des Deutschen und ocsterreichischen Alpenvereins, d’une enquête faite par lui auprès des lecteurs de cette publication sur l’usage de l’alcool dans les ascensions. Sur 00 réponses, 57 condamnent liqueurs, vin et bière;
- 12 acceptent l’usage modéré du vin, mais se prononcent contre l’alcool et la bière ; 5 croient à l’efficacité de l’eau-de-vie, non comme stimulant, mais comme remède; enfin 5 seulement croient que les boissons alcooliques sont avantageuses ou sans inconvénient pour l’ascensionniste.
- Le développ«*ment de la marine de guerre japonaise. — Actuellement, d’après notre confrère Japon iveekhj Mail, la flotte de guerre du Japon comprend (avec ceux qui ont été pris sur la Chine) un ensemble de 44 navires, dont 2 grands cuirassés lancés en 1896 et 1 croiseur en acier mis à l’eau en 1897 ; de plus, il y a sur chantier 1 cuirassé, 3 croiseurs et 1 aviso. Un des croiseurs, YAkashi, et l’aviso seront achevés cette année; les autres, probablement en 1899 ; quant au cuirassé, qui se nomme Sliikishima, il portera 50 canons et aura un tonnage de 15 037 tonnes, c’est dire qu’il sera de proportions énormes.
- Les distributions de semences aux États-Unis. — Le département de l’Agriculture des Etats-Unis comprend une section spéciale qui est chargée d’envoyer gratuitement des semences à ceux qui en font la demande, non pas pour leur faire une aumône ou leur accorder indirectement un secours, mais pour aider à la diffusion des bonnes espèces végétales. Pour donner une idée de l’importance de ce service, nous dirons que, durant le printemps de 1897, il a distribué plus de 20 millions de paquets de graines de fourrages, de fleurs ou de légumes, comprenant pour ainsi dire toutes les variétés connues.
- La vitesse des navires et la peinture de leur
- roque. — Les officiers du torpilleur américain Porter affirment qu’on peut établir une relation directe entre l’allure d’un bateau et la durée de la peinture de sa coque, au moins d’après l’expérience qu’ils viennent de faire sur leur propre bateau. Au bout d’un mois, celui-ci a été obligé de rentrer aux docks pour faire repeindre sa carène : le frottement de l’eau à grande vitesse (à ce qu’on affirme) avait suffi pour enlever presque toute la peinture protectrice dont était revêtue la coque.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 29 novembre 1897. — Présidence de M. Chatix.
- Préparation des carbures métalliques. — M. Moissan qui est parvenu à préparer un certain nombre de carbures
- métalliques en chauffant directement, à la température du four électrique, le charbon et les métaux, décrit aujourd’hui une méthode nouvelle et générale pour la préparation de ces carbures. Il met dans le four électrique un oxyde métallique en présence du carbure de calcium en fusion. Dans ces conditions, l’oxyde est réduit; le métal s’unit au carbone pour produire un carbure cristallin et l’oxygène se combine au calcium en donnant de la chaux. M. Moissan a obtenu par ce moyen les carbures cristallisés d’aluminium, de manganèse, de tungstène, de molybdène, de titane et de chrome. Dans le cas où le métal ne fournit pas de combinaison avec le carbone, on le retrouve à l’état libre sous forme de culot fondu. C’est ainsi que sont réduits par le carbure de calcium, avec formation de chaux vive et de métal libre, les oxydes de plomb, de bismuth et d’étain. La silice est réduite pareillement avec facilité par le carbure de calcium et donne du carbure de silicium ou carborundum, composé préparé aujourd’hui industriellement aux chutes de Niagara et qui est très employé dans l’industrie, en Amérique. La réaction que vient d’indiquer M. Moissan permettra peut-être de le fabriquer dans de meilleures conditions.
- Du mode de végétation de certaines algues. — M. Dehérain présente une Note de M. Raoul Bouilha^ relative à la végétation d’une algue d’eau douce appmee Nostoc punctiforme. Cette algue se développe normalement dans une dissolution ne renfermant que des substances minérales additionnées de bactéries capables de fixer l’azote atmosphérique, à la condition d’être assez bien éclairée pour pouvoir décomposer l’acide carbonique aérien. Elle cesse de croître, au contraire, si elle est maintenue à une faible lumière diffuse, à moins que l’on ait ajouté à la solution nutritive une faible quantité de glycose : avec cette addition, le nostoc punctiforme croît, même à l’obscurité. Cette algue présente donc celte propriété curieuse de vivre à la lumière comme une plante à chlorophylle et de se développer à l’obscurité comme un champignon.
- Les déplacements du sommet de la tour Eiffel. — M. le colonel Bassot s’est préoccupé de rechercher si le sommet de la tour Eiffel subit avec le temps, par l’effet de la déformation du métal, un déplacement sensible*. Le point choisi était le pied du paratonnerre. Les mesures de haute précision, dont la géodésie fournit aujourd’hui les moyens, lui ont permis d’arriver aux conclusions suivantes : le sommet de la tour Eiffel n’a pas subi de déplacement appréciable entre le mois d’août 1896 et le mois d’août 1897 ; mais ce sommet éprouve chaque jour, sous l’influence des agents atmosphériques et en particulier de la chaleur solaire dilatant inégalement les différentes pièces de la charpente métallique, un mouvement de torsion qui lui fait décrire, autour de sa position d’équilibre stable, une courbe assez irrégulière et variable d’un jour à l’autre, suivant l’état du ciel. Ce mouvement de torsion est rapide le matin, assez lent le soir. L’amplitude de la courbe diurne ne dépasse pas 8 à 10 centimètres.
- L’origine du rouget. — M. Edmond Perier annonce que M. Brucker a démontré que le rouget n’est autre chose que la larve du trombidium gymnopterorum, au lieu de provenir de l’espèce de trombidium à laquelle on l’attribuait.
- Élections. — M. Ditte est élu membre de la section de chimie par 34 voix contre 26 données à M. Lebel, 1 à M. Étard, 1 à M. Lemoine.
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- LA NATURE.
- P Varia. — M. Prunet étudie le mode de traitement du black-rot par les solutions cupriques. — M. J. Laurent a effectué des recherches sur l’absorption des matières organiques par les racines. — M. Leclerc, ingénieur des mines à Marseille, donne un procédé nouveau d’analyse des silicates. Ch. de Villedecii..
- NOUVEAUX BARILS EN ACIER SOUDÉ
- Il vient de se fonder à Uxbridge, en Angleterre, une usine qui fabrique les barils métalliques suivant un curieux procédé. Pour cela on fait passer des feuilles d’acier entre des rouleaux qui ne portent qu’au miliéu des plaques et ne les étendent qu’en ce seul point à l’endroit où doit se creuser le ventre du tonneau. En sortant de ce laminage, la feuille métallique présente la forme voulue, il n’y a plus qu’à dresser ses bords inférieurs et à la souder suivant une des génératrices, ce qui se fait électriquement par le procédé Bernados. Dans cette dernière opération, on applique une bande de métal au-dessus des deux bords de la plaque mis au contact; dès que le métal fond sur un point on procède au martelage, pour compléter la soudure. Les fonds, coupés à l'emporte-pièce, sont ondulés et enfin emboutis à la presse; ils sont mis en place, un anneau de métal vient cercler l’extrémité du baril, et la fusion électrique réunit définitivement les trois épaisseurs métalliques. La disposition des pièces épaisses formant trous de bondes se fait électriquement; on prend garde toutefois que le refroidissement de cette masse assez importante de métal ne se fasse que lentement. Les usines fabriquent 240 tonneaux par semaine, employant une dynamo qui a un débit de 160 ampères à 75 volts, et des charbons cuivrés, ou parfois des charbons nus pour les soudures dans les coins. D. B.
- UN FREIN INVISIBLE POUR BICYCLETTES
- Toutes les bicyclettes de touristes n’ont pas de frein, et toutes devraient en avoir, ne dùt-on s’en servir qu’en de très rares occasions. L’une des raisons — mauvaise, mais puissante comme toutes les mauvaises raisons — du dédain dont le frein est l’objet d’un grand nombre de cyclistes est que le
- frein dépare la machine. On pourrait répondre à cela que la sécurité doit passer avant l’élégance, mais ce serait perdre son temps. Un autre reproche fait au frein classique, principalement parles femmes, c’est que, dans une longue descente, l'obligation de maintenir longtemps le frein serré fatigue la main droite.
- Un frein invisible et maintenant indéfiniment le serrage au degré voulu serait donc le bienvenu en réduisant à néant les deux principales objections que nous venons de formuler.
- Ce frein existe depuis près de deux ans. Il a été imaginé par un Anglais, M. Alfred Williams, et est fabriqué par la Hedditch Cycle C°. La ligure ci-contre permet d’en comprendre le mécanisme sans
- de longues explications. Le sabot de ce frein, dissimulé sous l’attache de la fourche, est monté sur une tige dissimulée elle-même dans le tube de direction. Cette tige se termine par une crémaillère dans laquelle vient engrener un petit pignon auquel on peut communiquer un mouvement de rotation dans un sens ou dans l’autre en tournant la poignée de droite dans la main. La transmission de la rotation de la poignée au petit pignon se fait par l’intermédiaire d’une série de joints à la Cardan disposés à l’intérieur de la branche droite du guidon. Le frottement de tous ces joints dans le guidon est suffisant pour maintenir le pignon solidement en place dans la position qui lui est transmise en agissant sur la poignée. On obtient ainsi, grâce à ce dispositif ingénieux, un frein invisible, serrable à volonté au degré voulu par une légère rotation de la poignée, et maintenant indéfiniment le serrage sans aucune fatigue pour le cycliste. Une légère rotation en sens inverse produit instantanément le desserrage partiel ou total.
- La brosse dont est muni le sabot de frein a pour effet de nettoyer le pneumatique avant qu’il ne vienne en contact avec la partie frottante, ce qui réduit sensiblement l’usure du bandage.
- Le frein invisible et à serrage permanent a été baptisé le Simplex par ses constructeurs.
- La description que nous venons d’en donner justifie pleinement cette appellation. M. Ledant.
- Le Gérant : P. Masson.
- Frein invisible et à serrage permanent pour bicyclettes.
- Paris. — Imprimerie Laiiche, rue de Fleurus, 9.
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- . — 11 DÉCEMBRE 1 897. LA NATURE.
- TRANSPORT DES POMPES A INCENDIE
- PAR VOIE I)E FEU
- On peut dire d’une façon générale que, dans les grandes villes, le service de la lutte contre les incen-
- dies est assez bien organisé, au moins quant à l’arrivée rapide du matériel et des pompiers sur le lieu des sinistres : ce qui manque parfois (et ce qui a bien son importance), c’est l’eau. A la campagne, on a fréquemment de l’eau souS la forme d’une rivière; mais les pompes et les pompiers font abso-
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- lument défaut. On doit donc attendre les secours des villes voisines assez bien partagées pour posséder tout au moins des appareils à bras ; et en
- admettant que le village où un feu se déclare soit relié télégraphiquement ou téléphoniquement avec le centre voisin auquel il demandera de l’aide, on
- Fig. 2. — Le chargement de la pompe.
- comprend combien il faut de temps pour que ce secours arrive.
- Afin de porter un remède partiel à cette situation, on a imaginé des cabriolets légers disposés de façon à transporter rapidement une pompe à bras ; mais celle-ci ne peut cire que d’un format réduit, et il y aurait beaucoup mieux à faire. En effet, avec la multiplication des voies ferrées ordinaires, chemins de fer d’intérêt général ou d’intérêt local,
- 2t>8 année. — 1er semestre.
- plus ou moins utiles au point de vue commercial, avec les tramways à traction mécanique, surtout avec les tramways électriques, on dispose d’un réseau de communications où le transport des pompes à incendie les plus pesantes peut être assuré dans des conditions exceptionnelles de célérité. Pour ce qui est des tramways, en France, il ne faut pas oublier qu’en 1876 nous n’en possédions que 140 kilomètres, puis 600 en 1886, et qu’actuel-
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- LA NATURE.
- lement ce réseau atteint 2600 kilomètres. Dès lors, pourquoi dans les départements n’installerait-on pas, à certains points bien choisis, des stations de pompes à vapeur entretenues à frais communs parles communes intéressées, et pouvant rapidement parvenir par rails sur les lieux où un sinistre se serait déclaré? 11 y aurait là une utile création de l’initiative individuelle, à notre époque où l’on a la faiblesse d’attendre tout de l’Etat.
- Néanmoins il faudrait un dispositif permettant de charger rapidement sur wagon la pompe à incendie, et de la décharger également vite, pour l’envoyer au point exact du sinistre.
- Les Américains, qui ont un sens très exact des choses pratiques et en même temps l’habitude de résoudre immédiatement les problèmes intéressants qui se présentent à eux, viennent précisément d’imaginer un chariot qui assure le transport facile par rails d’une pompe à vapeur montée sur roues. 11 s’agit d’ailleurs en l’espèce d’un chariot mû électriquement et construit par la « Wason manufac-turing C° » de Springfield (Massachusetts), pour des lignes de tramways à trolley.
- L’appareil (fig. 1) comprend deux trucks tout à fait analogues aux bogies des grands wagons, et où un moteur électrique trouve une place facile; ils portent chacun une plate-forme entourée d’un garde-fou, sur laquelle se tiennent les pompiers accompagnant la pompe, et où se mettent tous les appareils auxiliaires. Du truck arrière est solidaire une autre grande plate-forme en contre-bas qui peut se rattacher au truck avant ; son plancher est très bas et touche presque les rails ; il est soutenu par deux poutres en fer se reliant, au moyen de tirants, à deux autres poutres supérieures qui forment garde-corps et prennent appui sur les trucks. Des tirants obliques consolident l’ensemble et empêchent les mouvements oscillatoires pendant la marche. C’est sur cette plate-forme, longue de 4m,20 et large de 2m,10, dont le niveau supérieur est à U'n,25 au-dessus de celui des rails, qu’on charge la pompe à vapeur.
- Pour effectuer l’opération, on détache et l’on éloigne un peu le truck avant (fig. 2) et grâce au jeu des ressorts de celui d’arrière, rien n’est plus simple que d’incliner la plate-forme jusqu’à ce qu’elle touche terre : on y fait alors entrer la pompe par l’arrière, en la poussant à bras, tandis qu’on la tire à l’aide d’un petit cabestan spécial monté sur le truck de derrière. On ramène le premier truck, et on tourne des appareils à vis à pas double qui agissent sur l’avant de la grande plate-forme au moyen de chaînes. Le plancher où se trouve la pompe est de cette façon amené de niveau, on fixe avec des verrous spéciaux les poutres qui le soutiennent, et l’ensemble est redevenu dès lors étroitement solidaire.
- Ce wagon ainsi formé circule très facilement, surtout grâce à ses bogies; il n’a d’ailleurs que 2m,60 de largeur extrême, sur une longueur de 9m,40, ce qui n’a rien d’exagéré; son poids total
- est de 6550 kilogrammes. Des expériences ont été récemment faites par des compagnies de pompiers : on a constaté qu’on pouvait charger une pompe en deux minutes et quart, comptées du moment où le wagon était amené au point de chargement jusqu’à celui où il était prêt à partir; pour le déchargement, 45 secondes suffirent à détacher le truck avant, et en une minute et quart, les chevaux étaient attelés et prêts à se rendre au feu.
- La création fort intelligente de ce nouveau genre de wagon, vient rendre parfaitement possible le plan général que nous indiquions en commençant, pour la défense des petits centres contre les ravages du feu. Pierre de Mériel.
- RECHERCHE HE LA FALSIFICATION
- DES FARINES AU MOYEN DES RAYONS X
- Ayant eu l’occasion, M. le I)r Labesse et moi, d’analyser une farine contenant jusqu’à 40 pour 100 de matières minérales étrangères, nous avons essayé de déceler cette falsification au moyen des rayons X, recherche qui a été déjà faite, mais que nous voulions perfectionner et rendre aussi sensible que possible. La nature des matières minérales, ajoutées à la farine, consistant en sable réduit en poudre et sels insolubles de chaux, principalement de la craie, nous autorisait a priori à considérer notre tentative comme facilement réalisable. L’expérience a réussi complètement, à la condition toutefois d’opérer comme il va être dit.
- On sait qu’il est très difficile de comparer les teintes quand celles-ci ont un écart trop grand; et c’est pourquoi, dans le perfectionnement apporté par Foucault au photomètre de Bouguer, ce savant a juxtaposé les surfaces éclairées de manière à faire disparaître toute trace de ligne noire ou lumineuse, due à l’écran séparateur des deux sources lumineuses à comparer. Nous avons songé à opérer de la même façon et à juxtaposer, sur la plaque photographique ou sur l’écran fluorescent, sans discontinuité, les deux images des farines à comparer, farine pure d’un côté, farine falsifiée de l’autre. C’est à ce simple dispositif que nous devons toute la sensibilité de notre méthode.
- Nous plaçons donc, sur une plaque photographique ordinaire, au gélatino-bromure, une petite boîte de carton, de forme rectangulaire, dont nous avons enlevé le fond et le couvercle, ne gardant par conséquent que les parois latérales, d’une hauteur d’un centimètre environ. Nous partageons la boîte en deux parties égales, au moyen d’un petit rectangle de dimension convenable, taillé dans une carte de visite. Ceci fait, nous remplissons l’une des cavités avec de la farine pure, l’autre cavité avec la farine falsifiée ; nous enlevons avec précaution la cloison séparatrice et nous imprimons avec le doigt quelques petites secousses à la boîte, de manière à supprimer le vide qui se remplit de farine, sans mélange sensible. On recouvre le tout d’un écran en feuille de plomb, percé d’une fente de forme rectangulaire, assez étroite et disposée perpendiculairement à la section de séparation des deux farines. Il ne reste plus qu’à exposer à l’action des rayons X et à révéler l’image.
- La durée d’exposition ne doit pas être trop longue et dépend naturellement de l’appareil employé. Elle est de deux minutes environ avec celui que nous possédons. Une
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- LA NATURE.
- III
- exposition trop longue a l’inconvénient de produire des teintes trop foncées et dont la comparaison devient impossible ; une trop courte exposition produit par contre des teintes trop claires.
- Cette méthode nous a permis de déceler très sûrement dans une farine l’introduction de 5 pour 100 de matières minérales étrangères, composées de poids égaux de sable très fin et de craie. La falsification se reconnaît beaucoup plus facilement quand la proportion des matières minérales est supérieure.
- Il est d’ailleurs possible, une fois la fraude reconnue, de doser avec assez d’exactitude la quantité de matières
- farine pure (partie. Ta phn' blanche, ) •
- 3 °/o de matières minérales .
- 5 °/o lO °/o 1 5 °/o
- 2 0 °/o
- minérales introduites. Il suffit, en effet, de comparer la teinte obtenue à des teintes à échelle croissante, obtenues elles-mêmes en introduisant dans la farine pure des proportions croissantes de matières minérales étrangères. Nous devons cependant faire remarquer que les teintes varient avec la nature des matières minérales, employées pour la falsification, et que cette méthode d’analyse quantitative ne peut être qu’approximative.
- La figure ci-dessus représente précisément une échelle de teintes croissantes, obtenues en disposant à la suite, dans une même boîte et avec les précautions déjà indiquées, des couches successives de farine pure et de farines progressivement mélangées de matières minérales (sable et craie). A. Bleunard.
- NOUVELLE LOCOMOTIVE ÉLECTRIQUE
- DE M. J.-J. H El LM A.N N
- Dans la lutte à outrance actuellement engagée entre la pure locomotive à vapeur, perfectionnement presque parfait aujourd’hui de l’appareil de Ste-phenson, et la pure locomotive électrique dont les débuts remontent à peine à une quinzaine d’années, la locomotive Heilmann représente nettement la machine de transition, participant à la fois des avantages et des inconvénients des deux systèmes.
- Lorsque nous avons décrit ici-même1, en 1894, la première locomotive de M. Heilmann, la Fusée, baptisée ainsi par son inventeur en souvenir de la Rocket, de Stephenson, de 1830, nous avons fait ressortir les principes généraux qui forment le fond de l’invention. Elle consiste à substituer à l’attaque directe des roues motrices d’une locomotive ordinaire par les pistons moteurs, une commande indi-
- 1 Yoy. n° 1081, du 17 février 1894, p. 178.
- recte électrique. La locomotive devient une véritable usine électrique roulante envoyant le courant qu’elle produit aux moteurs électriques qui actionnent chaque essieu. On gagne ainsi en stabilité, en adhérence, en puissance et en souplesse.
- Les avantages acquis devaient se traduire, en fin de compte, par un accroissement simultané des charges transportées et des vitesses atteintes. Il faut bien reconnaître qu’à ce point de vue les expériences faites avec la Fusée ont été plutôt décevantes, et que cette machine a surtout servi aux études d’une locomotive plus parfaite que l’inventeur expérimente actuellement sur les lignes de la Compagnie de l’Ouest, et dont nous allons tout d’abord faire connaître les dispositions essentielles.
- La nouvelle locomotive, représentée figure 1, porte le n° 8001 : c’est le premier exemplaire d’une série à huit essieux moteurs dont le second exemplaire, presque achevé actuellement, porte le n° 8002.
- Elle se compose essentiellement d’une chaudière ignituhulaire alimentant un moteur à vapeur vertical Willans, à douze cylindres commandant deux dynamos à courant continu, système Brown, montées à chacune des extrémités de l’arbre moteur (fig. 2). Ces deux dynamos sont excitées séparément par une petite dynamo excitatrice actionnée par un moteur spécial, disposée sur l’une des grandes dynamos. Le courant fourni par ces deux dynamos actionne huit moteurs série montés en dérivation et disposés sur chaque essieu (fig. 5). Le corps de la locomotive repose sur deux bogies à quatre essieux chacun. La locomotive porte 4 tonnes de briquettes et 8 tonnes d’eau, sans compter l’eau que renferme la chaudière. Elle est suivie, en service, d’un fourgon-tender non représenté, pesant 45 tonnes en ordre de marche, et portant 20 tonnes d’eau pour l’alimentation de la chaudière pendant quelques heures.
- La chaudière, du type Belpairc, ne présente rien de bien spécial. Le moteur vertical, du système Willans, porte six lignes de cylindres disposés par deux l’un au-dessus de l’autre, les douze pistons de ces cylindres agissent sur six manivelles calées à 120°, en vue d’équilibrer complètement les effets d’inertie des pièces en mouvement alternatif rapide. Ces pistons agissent à simple effet, et les cylindres reçoivent la vapeur par des tiroirs cylindriques latéraux. A la vitesse angulaire normale de 400 tours par minute, avec de la vapeur à la pression de 14 kg par cm2, le moteur développe une puissance indiquée de 1350 chevaux, laissant disponible, après transformations, une puissance disponible de 1000 chevaux aux jantes des roues.
- Les deux dynamos actionnées par le moteur, construites par la maison Brown, Boveri et C,e, de Baden, sont à six pôles, et peuvent produire 450 kilowatts chacune (500 volts et 900 ampères).
- Elles sont excitées en dérivation par une petite dynamo à quatre pôles, fournissant 110 volts et 100 ampères environ, actionnée par un moteur Willans à quatre cylindres et deux manivelles,
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- tournant à 550 tours par minute. Ce moteur reçoit de la vapeur à la pression de 8 kg par cm2 seulement, grâce à un détendeur établi entre lui et la chaudière.
- Les huit moteurs actionnant les huit essieux reçoivent directement le courant des deux grandes dynamos. Ils sont montés en dérivation et excités en série. Ils présentent une particularité de montage intéressante que montre bien la figure 5, dans le cartouche B.
- Les moteurs ne sont pas fixés sur l’axe des roues, mais bien sur les bogies qui ne reposent sur les roues que par l’intermédiaire de ressorts. U en résulte que, pendant la marche, il y a, par suite de
- la flexion variable des ressorts de suspension, des écarts sensibles entre l’axe de chaque moteur et celui de la roue qu’il actionne. Pour permettre ces déplacements, l’arbre du moteur est creux et laisse autour de l’axe des roues un vide annulaire assez grand pour parer aux flexions les plus grandes sans qu’il se produise jamais aucun choc. La rotation de l’induit du moteur est transmise aux roues par l’intermédiaire d’un toc à ressorts dont le dispositif se comprend facilement à l'inspection du cartouche (fig. 5 B).
- Trois brus en acier, fixés sur l’arbre tubulaire du moteur électrique, s’épanouissent en regard de butoirs montés sur les roues par l’intermédiaire
- de ressorts, dont l’un est utilisé pour la marche arrière et l’autre pour la marche avant. La poussée du moteur s’exerce ainsi élastiquement sur la roue et entraîne l’essieu, malgré les déplacements relatifs des deux axes.
- La commande de la locomotive électrique ainsi constituée est des plus simples, mais nécessite trois agents, soit un de plus que les locomotives ordinaires : un chauffeur, un mécanicien et un pilole-élec-tricien. Le chauffeur a pour mission d’alimenter la chaudière et d’entretenir le foyer, ce qui n’est pas une sinécure ; car, à pleine puissance, la chaudière vaporise 15 mètres cubes d’eau par heure et le foyer brûle plus d’une tonne de charbon dans le même temps. Le mécanicien surveille et entretient les deux moteurs, les deux dynamos génératrices, l’excitatrice, ainsi que le petit moteur à vapeur spécial action-
- nant le compresseur d’air des freins Westinghouse.
- Le pilote-électricien est chargé de la manœuvre de la machine. Il dispose dans ce but, à l’avant de la locomotive, d’un rhéostat agissant sur les excitations des deux dynamos à la fois, d’interrupteurs intercalés dans le circuit de chaque moteur, ce qui permet de mettre un moteur hors circuit en cas d’avarie, et d’un inverseur général de l’excitation des moteurs pour la marche arrière. Cette marche arrière dans laquelle la forme en coupe-vent de la locomotive n’est plus utilisée, est souvent nécessaire, car l’empattement de la machine (15,4 mètres) ne permet de la retourner que dans les gares où se trouvent des plaques tournantes de 16 mètres de diamètre.
- Sans entrer dans le détail des réactions mécaniques qui se produisent entre le moteur fonction-
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- Fig. 2. — Moteur à vapeur et dynamos de la machine Ileilmami.
- nant à pression et admission constantes, les dynamos à excitation variable et les moteurs série, qu’il nous suffise de dire que la simple manoeuvre du rhéostat d’excitation permet de faire varier à volonté, aussi lentement ou aussi vite que le nécessitent les besoins du service, la vitesse et l’effort de traction, entre zéro et un maximum limité par la puissance du moteur à vapeur.
- Sur les quatre qualités invoquées par M.lleil-mann en faveur de son système, trois sont incontestablement acquises : la stabilité, l’adhérence et la souplesse, le mot souplesse étant entendu dans le sens le plus large. La quatrième qualité, la puissance, la plus
- importante, ne nous semble pas acquise au même degré, et en voici la raison. Il ne suffit pas que
- la machine soit puissante pour qu’elle soit supérieure à une autre moins puissante : le facteur intéressant n'est pas la puissance, mais bien h puissance spécifique, c’est-à-dire le quotient de la puissance par le poids, ou, ce qui revient au môme, le poids spécifique, ou quotient du poids par la puissance, exprimé en kilogrammes par cheval ou en kilogrammes par poncelet.
- Or, la nouvelle locomotive lleil-mann pèse 125 tonnes en ordre de marche, et le fourgon-tender qu’elle doit remorquer pour faire un service de trois heures en pèse 45,
- Fig. 3.— Essieu moteur de la machine Heilmann, la partie supérieure de l’induit enlevée.
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- soit 170 tonnes de poids total, ce qui représente un poids spécifique de 170 kilogrammes par cheval ou de 250 kilogrammes par poncelet.
- Mais les locomotives compound actuelles ne pèsent que 80 tonnes avec leur approvisionnement et peuvent développer jusqu’à 1100 chevaux, disons 1000 pour ne rien exagérer. 11 en résulte qu’à puissance égale les locomotives compound modernes [lèsent deux fois moins que la locomotive Heilmann. Ces chiffres sont gros de conséquences, comme on va le voir.
- Nous voici arrivé au point le plus délicat de notre étude, et il ne faut rien moins que notre indépendance absolue et la conviction intime que nous tenons la vérité, pour oser nous mettre en désaccord avec la presse presque tout entière, les ingénieurs de la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest, l’inventeur et le personnel compétent qui lui a prêté son concours pour la construction de la machine 8001.
- Nous ne baserons pas notre argumentation sur les expériences laites le 12 novembre dernier dont il est impossible de tirer aucune conséquence, mais sur les chiffres fournis, d’une part par M. Drouin, le principal collaborateur de M. Ileilmann, sur la puissance de la locomotive, et, d’autre part, sur les coefficients de traction expérimentalement établis par M. Du Bousquet, ingénieur en chef du matériel et de la traction à la compagnie des chemins de fer du Nord, et présentés à la Société (les Ingénieurs civils de France le 5 janvier 1804, lorsqu’il prit la présidence de la Société.
- Or, les chiffres fournis par M. Drouin nous apprennent que la puissance indiquée des moteurs Willans est de 1550 chevaux et que, en tenant compte du rendement des moteurs à vapeur des dynamos et des moteurs électriques, on ne doit pas compter sur plus de 1000 chevaux (750 poncelets) à la jante des roues.
- En appliquant les chiffres de M. du Bousquet à un train composé de la locomotive (125 tonnes), du fourgon-tender (45 tonnes), on trouve que la puissance disponible ne permet pas de dépasser une vitesse de 120 kilomètres à l’heure sur une pente de 5 millièmes, de 100 kilomètres à l’heure sur un palier et de 85 kilomètres à l’heure sur une rampe de 5 millièmes, en remorquant 100 tonnes de matériel ordinaire.
- En résumé, la locomotive Heilmann permet de remorquer un poids utile de 100 tonnes à la vitesse réelle moyenne de marche de 100 kilomètres par heure. Cette performance n’a rien de remarquable, et les locomotives ordinaires à vapeur à grande vitesse font beaucoup mieux chaque jour sur un certain nombre de nos réseaux. On n’aura donc rien gagné, ni en vitesse ni en poids remorqué, par l’emploi de la locomotive Ileilmann, car son meilleur rendement mécanique — si tant est qu’il existe — se trouve plus que compensé par l'accroissement de poids de la machine et de son tender. Mais une locomotive ileilmann et son tender coûte environ 500 000 francs tandis qu’une locomotive ordinaire et son tender |
- n’en coûte que 100 000, d’après des chiffres non contestés présentés par M. de Marchena à la Société des Ingénieurs civils de France. L’intérêt et l’amortissement du supplément représentent 12 000 francs par an, alors que le charbon brûlé par une locomotive parcourant annuellement 55 000 à 40 000 kilomètres ne coûte que 8000 francs (400 tonnes à 20 francs la tonne). Il faut de plus sur une locomotive Ileilmann, sans parler du chauffeur et du mécanicien, un pilote électricien dont le traitement s’élèvera à 5000 ou 4000 francs. C’est donc, en somme, un accroissement de dépense de 15 000 à 16 000 francs par an qu’entraîne la locomotive Heilmann, dans l’hypothèse favorable où sa consommation ne serait pas supérieure, pour un parcours donné, à celle d’une locomotive ordinaire, ce qui n’est pas prouvé, puisque, à puissance égale, elle doit remorquer un supplément de poids de 90 tonnes.
- Dans quelle voie faut-il s’engager pour augmenter la vitesse actuelle des trains rapides? M. Du Bousquet l’a nettement indiqué dans son discours inaugural à la présidence de la Société des Ingénieurs civils de France, le 5 janvier 1894. Il faut diminuer le poids spécifique des locomotives, et M. Du Bousquet a montré qu’en réduisant les dimensions du tender, en prenant de l’eau en cours de route, on arriverait à descendre le poids spécifique à 65 kilogrammes par cheval au lieu de 75 qu’il atteint actuellement. Pour aller plus vite, et les Compagnies seront bien obligées de céder, tôt ou tard, aux exigences du public, il faudra avoir recours à l’électricité, mais en laissant l’usine en place, c’est-à-dire en construisant, comme on le fait déjà sur certains tronçons de lignes de chemins de fer en Amérique, des locomotives à trolley, avec conducteurs aériens, au niveau du sol ou souterrains. Nous n’avons pas à examiner ici cette solution, ce qui nous conduirait à de trop longs développements.
- Pour en revenir à la locomotive Heilmann, nous le disons avec autant de regret que de conviction, elle ne constitue qu’une solution transitoire dont il n’y a plus aujourd’hui à envisager l’avenir industriel. Le problème qu’elle peut résoudre est résolu depuis longtemps par des machines moins coûteuses de prix d’achat et plus économiques de fonctionnement. Pour les grandes vitesses, il faudra en arriver à l’usine fixe.
- Un labeur acharné de sept années, des dépenses considérables d’intelligence, de temps et d’argent, semblent, la fatalité des chiffres et la loi du progrès en sont I a cause, condamnés à un échec presque certain.
- L’électricité, la grande triomphatrice certaine du siècle prochain, n’en devra pas moins une grande reconnaissance à M. J.-J. Heilmann, pour avoir, un des premiers, osé brandir les foudres électriques devant les grandes Compagnies de chemins de fer et les familiariser ainsi avec la déesse Électricité, pour laquelle ces Compagnies n’ont encore, en matière de traction, qu’une adoration des plus médiocres.
- E. Hospitalier.
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- LA VII8 SESSION
- DU CONGRÈS GÉOLOGIQUE INTERNATIONAL*
- Parmi l’innombrable quantité de Congrès de tous genres qui se succèdent sans discontinuité dans les pays les plus divers, celui que viennent de tenir, à Saint-Pétersbourg, les spécialistes de la géologie a présenté un caractère tout à lait particulier. Simultanément consacré aux questions théoriques et à la constatation directe de faits positifs, il a compris à la fois des séances tenues en des locaux d’apparence académique et des excursions dirigées avec une maestria tout à fait féerique au travers de toute la Russie d’Europe. Souvent un Congrès, médical, statistique ou autre, s’allonge de promenades qui, en somme, sont des délassements distrayant les participants de leurs occupations habituelles. Ici, de par la nature même de leurs études, les géologues ne cessaient pas de travailler parce qu’ils se promenaient ; — on peut même dire qu’ils travaillaient d’autant plus (étant donnée la haute compétence des savants qui les conduisaient) qu’ils se promenaient davantage. Et c’est un des mérites de la géologie d’allier ainsi constamment l’exercice des jambes aux efforts du cerveau, et jamais on ne l’a mieux apprécié qu’en cette mémorable circonstance.
- Les séances proprement dites, avec leur but bien défini d’éclaircir plusieurs questions générales, avec leur imprévu si intéressant de communications donnant lieu à des discussions plus ou moins longues, ont été au propre encadrées dans les séries d’excursions auxquelles les membres étaient invités à prendre part. Ces séances se tenaient dans une grande salle de l’Université de Saint-Pétersbourg (fig. 5), pavoisée de drapeaux cosmopolites comme il convient en pareil cas ; mais il nous est bien permis de dire qu’en maintes circonstances, à côté du caractère universel du Congrès, s’est manifestée une prédilection de nos hôtes pour les Français, qui n’a pas été sans être plusieurs fois très évidente. Les séances se sont d’ailleurs ouvertes exactement le lendemain de la visite de M. le Président de la République, et les rues de Saint-Pétersbourg étaient encore toutes remplies des vestiges des pavoisements, les montres des marchands pleines d’objets où les couleurs françaises et les couleurs russes étaient intimement associées.
- Le président d’honneur, le grand-duc Constantin Constantinovitch (fig. 2), a ouvert les travaux delà session par un discours de bienvenue dont la cordialité a été soulignée par la réception à laquelle les géologues étaient conviés le soir au Palais de marbre. Le grand-duc Constantin, qui est le président de l’Académie des sciences de Saint-Pétersbourg, a parfaitement exposé le but principal de la réunion actuelle : « Il y a vingt ans, a-t-il dit, de l’autre côté de l’Océan, à Philadelphie, a germé pour la première fois l’idée de la nécessité de faire concorder les travaux des géologues des différentes parties du monde et il fut
- 1 Voy. n° 1269, du 25 septembre 1897, p. 270.
- décidé que le premier Congrès international aurait lieu à Paris. Déjà alors se dessina clairement la série des questions qui avaient besoin, pour une solution, du travail réuni des géologues de tous les pays. En dehors des questions de première importance, les sessions qui se sont tenues dans la suite à Rologne, Rerlin, Londres, Washington et Zurich, en ont fait connaître toute une série de nouvelles, d’un caractère également international, et la solution de quelques-unes d’entre elles a déjà laissé des résultats éclatants dans toute la littérature géologique contemporaine.
- « ....Permettez-moi, messieurs, d’exprimer le vœu que l’arbre florissant de la science géologique, qui a déjà donné de si beaux fruits dans les sessions précédentes, n’en donne pas en moindre abondance dans le Congrès de Saint-Pétersbourg et que notre réunion actuelle puisse donner un compte rendu d’un intérêt scientifique non moins satisfaisant que ceux qui ont été publiés après chacune des six premières sessions. »
- C’est aussi d’une manière tout à fait charmante que, dans cette même séance du 29 août, Mme la princesse Eugénie d’Oldenbourg (fig. 1), présidente delà Société de Minéralogie, a souhaité la bienvenue aux congressistes. De même que le précédent, son discours fut dit en français : on sait que Mme d’Oldenbourg est la fille du duc Nicolas de Leuchtenberg, qui s’est occupé de minéralogie avec beaucoup de succès, et petite-fille du duc Maximilien de Leuchtenberg, qui était paléontologiste. On voit que la science est depuis longtemps en honneur dans la làmille impériale de Russie, et sans doute c’est une des raisons qui ont fait accorder aux membres du Congrès de si grandes facilités pendant leurs excursions, et, avant tout, le transport gratuit en première classe sur tous les chemins de fer.
- Ces excursions, qui ont été, on peut bien l’avouer, la « great attraction » du Congrès, ont précédé et suivi les séances de celui-ci. Avant l’ouverture a eu lieu la course dans l’Oural et en Finlande; après, se sont développées parallèlement les excursions par le Volga, par le Donetz et par Kiew, continuées par la traversée du Caucase et terminées par la réunion générale en Crimée pour une séance de clôture définitive. Au cours de ces excursions, une foule de choses du plus haut intérêt ont été observées par les congressistes; mais il convient, avant d’en donner un court résumé à nos lecteurs, de constater l’importance des séances de Saint-Pétersbourg.
- Elles ont été présidées par M. Karpinsky, puis à tour de rôle par des géologues des différentes nations représentées au Congrès : M. Albert Gaudry pour la France, M. Archibald Geikie pour l’Angleterre, M. de Zittel pour l’Allemagne, M. Capellini pour l’Italie, M. Emmons pour les États-Unis, etc., etc.
- Nous ne pouvons évidemment pas entrer dans le détail des questions étudiées et dont l’examen a été poussé plus ou moins loin dans les réunions de l’Université. Il importe pourtant de mentionner
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- fin- 1-
- S. A. M“* la princesse Eugénie Maximilianouva d’OIdonliourg, Présidente de la Société minéralogique.
- quelques faits spécialement intéressants pour tout le monde. Les plus frappants constituent un ensemble où se trahit le besoin si naturel d’uniformisation des résultats obtenus dans les divers pays et d’adoption de termes communs dans le discours, et de couleurs et de signes partout les mêmes dans les cartes et les autres représentations graphiques. Le rêve de beaucoup de géologues serait de réduire la totalité de l’édifice terrestre en un certain nombre d’étages nettement définis, exactement séparés les uns des autres et dont chacun aurait le même nom dans tous les pays. Les Ilots d’éloquence dépensés à justifier la nécessité de ce résultat, les torrents d’encre employés à prêcher la supériorité de certaines divisions et de certains noms sur d’autres, défient toute mesure, et pourtant la question n’avance pas.
- C’est que le but poursuivi n’est pas plus réalisable que la pierre philosophale, le mouvement perpétuel ou la quadrature du cercle. Et il a été bien intéressant, pour les esprits quelque peu philosophiques, de voir à Saint-Pétersbourg toutes les tentatives aboutir fatalement à ce résultat invariablement négatif. Les divisions admises dans la série stratigra-phique, et qui sont d’ailleurs si absolument indispensables pour l’étude, n’ont évidemment pas de réalité dans la nature. Il n’y a depuis l’origine des choses jusqu’à nos jours qu’un seul terrain, qui s’est modifié tout doucement au cours des àees.
- Mais, outre cette question de l’uniformisation des noms et des signes représentatifs en stratigraphie qui a pris beaucoup de temps et présenté beaucoup d’intérêt, d’autres ont été étudiées avec fruit. Telle
- est la classification des roches et spécialement des roches éruptives ; et dans cette série il est juste de faire une place à part au mémoire présenté par M. F. Lœwinson-Lessing. Le très savant professeur de l’Université de Jouriew (Dorpat) cherche à réagir contre le courant actuel qui porte les lithologistes à ne considérer dans les roches que la composition minéralogique. Il fait remarquer que la composition minéralogique « est fonction de la composition chimique », et il reproche à la considération exclusive de la première de ne tenir aucun compte des quantités relatives des principaux éléments constitutifs des roches. Et la conclusion se résume dans un tableau synoptique où les roches éruptives sont distribuées en : A. ultrabasiques (peridotites, néphé-linites, leucitites, etc.); B. basiques (pyroxénites, gabbros, basaltes, diorites, phonolilhes) ; G. neutres (andésites, porphyrites, syénites, trachytes, etc.); J), acides (granités, diorites et porphyrites quartzi-lères, liparites, etc.).
- En même temps, le professeur Johannes Wallher, de Iéna, proposait une classification toute différente, essentiellement lithogénique, non seulement des roches éruptives, mais de toutes les roches, et il est à croire qu’on se livrera encore à de nombreuses tentatives avant de formuler une conclusion acceptée par tout le monde.
- Il va sans dire que les autres chapitres des sciences géologiques ont été agités devant le Congrès au même titre que la lithologie et la stratigraphie. Pour ma part, j’ai communiqué les résultats que m’a procurés l’étude analytique et synthétique de la roche platinifère de Nijné-Taguilsk dans l’Oural. La
- Fig. 2.
- S. .A. I. le grand-duc Constantin Constantinovitch, Président du Congrès géologique international.
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- paléontologie a fourni la matière de nombreuses I décrit un dinothérium bien plus gros que tous ceux communications, et M. Stefanescu (de Rucharest) a | qu’on avait rencontrés jusqu’alors. La géologie géné-
- Fig. o. — Université de Saint-Pétersbourg. Entrée pavoiser du local affecté au Congrès. (D’après une photographie de M. Marcellin Boule.
- raie, dans ses rapports surtout avec la géographie M. le général de Tillo a exposé, dans cette direction, physique, a été à maintes reprises sur le tapis, et des résultats concernant la grande dépression de
- Fig. i. — Les rapides d’imatra.
- l'Asie centrale qu’il a été appelé à étudier d’une manière précise.
- Enfin nous mentionnerons des travaux relatifs à
- l’orogénie, et M. Federico Sacco a, à ce sujet, développé des considérations importantes. Par suite de la concentration graduelle du globe soumis au refroi-
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- dissement spontané, il se serait, d’après l’auteur, constitué peu à peu, à la surface de la croûte, vers la fin de l’ère archaïque et pendant l’ère primaire, plusieurs zones spéciales de ridement, et de soulèvement relatif. La concentration du globe, se continuant après la constitution de ces massifs, les zones qui les contournaient se trouvèrent comprimées entre ces masses rigides. Ce sont les zones que l’auteur appelle alpine, appenninique et océanique qui sont allées se constituant et s’accentuant depuis le commencement de l’ère secondaire jusqu’au temps présent. J’avais de mon côté apporté au Congrès les appareils qui m’ont permis d’étudier expérimentalement les grands traits de la structure orogénique de l’Europe et dont nos lecteurs ont eu naguère une description.
- Tout cela n’est qu’une petite partie des sujets traités devant les congressistes, mais nous ne saurions y insister davantage n’ayant à donner ici que la physionomie de la réunion. Pour compléter le récit sommaire de cette partie de nos travaux il faut seulement ajouter que les réceptions et les excursions aux environs de la ville se mêlèrent de la façon la plus heureuse aux communications proprement dites. C’est ainsi que, sur une invitation du Sénat de Finlande, nous allâmes passer une journée dans la célèbre localité d’Imatra, célèbre surtout par les magnifiques rapides de la Wuosky (fig. 4) qui procurent l’un des plus majestueux spectacles que l’on puisse voir; célèbre aussi par des concrétions calcaires aux formes très bizarres parfois imitatives, qu’on extrait, sous le nom de « pierres d’Imatra », d’épaisses assises de limon. On avait offert aux Finlandais, paraît-il, d’utiliser pour des usines la puissance de la chute d’eau, évaluée à plus de 100 000 chevaux-vapeur. Us refusèrent, ne voulant pas mettre leur cataracte en servage. Ils ont raison de respecter cette beauté naturelle. On nous dit que c’est un lieu de choix pour les gens décidés au suicide, que des couples pétersbourgeois sont venus là pour y trouver la fin de leurs peines de cœur. Cette eau furieuse, hérissée, est vertigineuse en effet, et elle doit exercer sur les esprits faibles un hypnotisme qui ôte de ses terreurs et de ses douleurs à la mort. Bien entendu que la visite fut complétée d’un gigantesque banquet où les protestations de sympathie justifièrent une interminable série de toasts.
- Une réception plus luxueuse encore nous lut ménagée dans la résidence impériale de Péterhof où un vapeur spécial nous transporta. Plus de cent voitures de la Cour avec cochers à la livrée éclatante nous promenèrent dans les parcs féeriques et nous amenèrent au Palais où un repas debout, d’une abondance inouïe, nous fut offert par M. Yermoloff, ministre des Domaines, au nom de son administration. C’est tout éblouis encore de cette promenade, que nous reçûmes successivement du grand-duc Constantin, au Palais de marbre, et de M. Yermoloff, au jardin botanique, deux autres fêtes inoubliables. Et ce fut comme un dernier chapitre de ces réjouis-
- sances que le banquet auquel nous convia à son tour la municipalité de Moscou, représentée par le maire, M. le prince Galitzine, qui nous souhaita la bienvenue avec la plus grande éloquence et dans le plus pur français. C’est avec le plus grand plaisir que j’acceptai l’honneur qui me fut offert d’être l’interprète de tous les congressistes pour répondre au premier magistrat de la grande et illustre cité.
- Il fallut ensuite quitter les villes (autant de Capoues), chausser les souliers ferrés et mettre le marteau à la main pour faire les excursions où nous allions être admis à vérifier, sous leur direction, les découvertes des géologues russes : dans deux articles prochains, augmentés de plusieurs dessins faits d’après nature, nous dirons quelques-uns des faits les plus saillants qui ont signalé notre voyage.
- Stanislas Meunier.
- LES TRAVAUX D'AGRANDISSEMENT
- DE LA. GARE DE LYON A PARIS
- L’extension toujours croissante du nombre des voyageurs et le développement incessant des transports à grande vitesse ont rendu successivement insuffisantes toutes les gares de Paris desservant les grands réseaux de voies ferrées. Cette situation affectait surtout les gares ayant un trafic important de banlieue, et c’est ainsi que la Cie de l’Ouest par exemple s’est trouvée amenée à deux reprises différentes à remanier complètement la gare Saint-Lazare pour lui donner, par deux agrandissements successifs, sa disposition actuelle. De même la gare du Nord a subi, elle aussi, deux transformations analogues, grâce auxquelles elle peut suffire aujourd’hui à un trafic de banlieue fort considérable, le plus important de tous après celui de la gare Saint-Lazare, desservir en même temps le trafic à longue distance, et recevoir même certains trains de luxe à destination du Midi, partant pour l’Espagne ou la Méditerranée.
- Nous avons décrit, en leur temps dans cette revue, les travaux ainsi effectués pour la transformation de la gare Saint-Lazare et celle du Nord1.
- La gare de Lyon qui, en raison de son éloignement du centre de la ville, n’a pas un trafic de banlieue aussi considérable, était restée jusqu’à présent sans modification; mais, en présence de l’accroissement incessant du mouvement des voyageurs, la Cie P.-L.-M. a reconnu la nécessité d’effectuer à son tour une transformation analogue; nous croyons donc intéressant de donner ici quelques indications sur les travaux actuellement en cours, et nous nous sommes aidé à cet effet d’une intéressante notice publiée dans la Revue Générale des Chemins de fer par M. Denis, ingénieur en chef de la voie.
- Pour donner une idée de la rapidité avec laquelle s’est accru le mouvement des voyageurs, surtout dans ces dernières années, nous dirons d’abord que le chiffre des départs, de même que celui des arrivées,
- 1 Voy. n° 800, du 29 septembre 1888, p. 277, et n° 987, du 30 avril 1892, p. 349.
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- a doublé dans une période de 16 ans, et au lieu de 1 630000 départs enregistrés en 1880, on en a constaté 3259000 en 1896; on voit que dans ces conditions l’installation de la gare devenait insuffisante, et la réfection s’imposait surtout aux approches de l’Exposition de 1900.
- La nouvelle gare doit être disposée comme l’an-ciennepourun service au niveau des rails, malgré les nombreuses réclamations des habitants du quartier qui auraient désiré faire prévaloir le projet d’installation à deux étages. A leur point de vue, cette dernière solution aurait été préférable, car elle aurait supprimé ces murs énormes de soutènement d’aspect si fâcheux ; mais par contre elle aurait entraîné de graves inconvénients, elle aurait été fort gênante pour les voyageurs à long parcours qui arrivent presque toujours en voiture avec de nombreux bagages : au lieu de se trouver déposés au niveau des voies, ils auraient eu à gravir un escalier avec l’embarras des colis portés à la main.
- Pour les bagages enregistrés, il aurait fallu en outre les faire monter au départ et les descendre à l’arrivée, et c’était là une opération presque impraticable pour certains trains et à certaines époques de l’année, en raison du nombre de colis qu’il aurait fallu manutentionner dans ces conditions.
- Le projet de gare à niveau ainsi adopté est repré-
- senté figure 4, il comporte les dispositions suivantes : les deux rampes d’accès correspondant au départ et à l’arrivée subsisteront, mais au lieu d’empiéter sur les deux cours de droite et de gauche, elles aboutiront dans une cour placée devant le bâtiment de tète de la gare ; elles auront sur le boulevard Diderot un débouché commun de 40 mètres de largeur; et, en outre, un large escalier offrira un raccourci aux piétons. Les voitures destinées au Service des Messageries ne traverseront plus la cour du départ, mais elles accéderont à la gare par une longue rampe dont l’entrée sera située à l’angle de la rue de Rambouillet et de l’avenue Daumesnil. Grâce à la déviation de la rue de Bercy, la plate-forme sera élargie sur la droite; de ce côté, la cour d’arrivée sera entièrement couverte et aura 30 mètres de largeur. L’emplacement des voies d’arrivée et de départ sera doublé, et le nombre des voies placées sous les halles sera porté de 4 à 12.
- La voie exte'rieure de gauche étant conservée, on pourra donc disposer de 31 voies au lieu de 5. Les voies seront disposées par groupes de 2, chaque groupe étant séparé du suivant par un large trottoir ; elles seront affectées normalement, celles de gauche au départ et celles de droite à l’arrivée, mais leur liaison sera telle que l’une quelconque pourra en cas de besoin servir indifféremment au départ ou à l’ar-
- Grue
- Nouvelle
- Ancienne ferme
- Montage de la 1r.e travée.
- Nouvelle ferme.
- A ncienne
- Ancienne ferme.
- ferme.
- Montage des travées courantes.
- Fig. 1. — Installation des travaux de démolition des fermes de la halle actuelle et construction des fermes de la halle nouvelle.
- Fig. 2. — Rapprochement comparatif de la silhouette de la halle nouvelle et de la halle actuelle.
- rivée ; des communications seront établies de façon à faire raccorder toutes ces voies avec les lignes de formation situées en avant de la gare, des chariots sans fosse permettront de faire passer les véhicules des voies principales sur les voies de service de la poste et des Messageries et inversement.
- Le rez-de-chaussée de la gare sera presque entièrement consacré au service du public.
- Du côté de la cour de Châlons une grande salle des Pas-Perdus, dans laquelle s’ouvriront de nombreux guichets de distribution et de renseignements, sera destinée aux voyageurs de grandes lignes ; une autre plus petite donnant sur la cour Diderot servira aux voyageurs de banlieue; entre ces deux salles, à
- l’angle des deux cours, un vaste emplacement sera réservé pour l’enregistrement des bagages. Le rez-de-chaussée des bâtiments bordant la cour couverte de Bercy sera exclusivement réservé à la sortie des voyageurs de grande ligne ainsi qu’à la délivrance des bagages et aux services qui s’y rattachent (douane, consigne, etc.). La sortie des voyageurs de banlieue se fera par la cour Diderot. Le buffet se trouvera également reporté sur cette cour, à peu près au milieu de la façade de la gare.
- Il sera indépendant de la buvette qui sera placée au bout de la cour de Châlons.
- Les étages de la gare seront occupés par les services de l’exploitation et de la traction.
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- Le plan de la gare actuelle est représenté figure 3, et permet ainsi d’apprécier, par comparaison avec le plan de la nouvelle gare reproduit figure 4, tout le développement que celle-ci va occuper.
- La figure 2 donne la coupe de la nouvelle gare superposée à la silhouette de la gare actuelle, et ce rapprochement montre ainsi d’une façon lrappante l’importance des halles qu’elle va comporter.
- Les dépenses qu’entraîneront ces différents travaux sont évaluées à 20 millions de francs environ, en y
- comprenant 4 200 000 francs pour les expropriations et 750 000 francs pour l’installation des signaux et des enclenchements qui seront commandés par un poste Saxby unique de 200 leviers.
- Les travaux ont été commencés le 1er août 1895. On a exécuté d’abord ceux qui ne touchent pas directement le service de la gare, tels que la déviation de la rue de Bercy et l’établissement de la rampe d’accès de la Messagerie; on a entamé ensuite l’opération la plus délicate qui consistait à démolir les deux travées
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- Fi" 3. — Plan de la gare actuelle (1891).
- de l’ancienne halle et à monter celle des deux travées de la nouvelle qui va être substituée à celles-ci. Ce travail présentait une certaine difficulté d’exécution, parce qu’il devait se faire au-dessus d’une gare en exploitation sans qu’il fût pos-
- sible de déposer des matériaux sur les voies et trottoirs en service. Les entrepreneurs des travaux, MM. Moi-sant, Laurent, Savey et Cie, se sont tirés très heureusement de cette difficulté en disposant une série d’échafaudages appropriés suivant le tracé indiqué fig 1.
- Cour de Châlon
- Messagerie
- Cour de
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- Fig. I. — Plan de la gare projetée, actuellement en construction.
- Un chemin de roulement de 100 mètres de long supportant une grue roulante a été établi au-dessus des voies et des anciens bâtiments, ce chemin repose sur 5 files de rails, et comporte une travée de 30 mètres de largeur disposée au-dessus de la gare d’arrivée; les pièces les plus lourdes de la charpente sont ainsi enlevées au moyen de la grue et transportées au-dessus des bâtiments d’où elles sont ensuite redescendues en place. En avant de cet échafaudage est un plancher placé au-dessous de l’ancienne halle et qui sert au démontage de la charpente. Un autre plancher placé derrière le chemin de roulement de la grue permet de faire le montage et l’achèvement de la
- nouvelle halle. Ces différentes plates-formes sont jointives de façon «à empêcher la chute des matériaux et des outils.
- Ces échafaudages serviront également au montage de la seconde travée de la nouvelle halle, ainsi qu’à la construction du nouveau bâtiment d’arrivée et de la couverture de la cour de Bercy.
- Ces travaux ne seront pas entièrement terminés pour 1900, il restera encore à construire les nouvelles rampes d’accès et les bâtiments bordant la cour Diderot ; mais on espère pouvoir déjà à cette époque utiliser les nouvelles voies. Ei-bée.
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- UN NOUVEAU GRAND PONT
- EN ALLEMAGNE
- Quoi qu’en veuillent bien dire ceux qui n’ont pas confiance dans les ouvrages métalliques et qui voient déjà les nouveaux viaducs s’effondrer rongés par la rouille, on profite de plus en plus des facilités et de la solidité (au moins actuelle) que présente le métal, pour multiplier les ponts à grande ouverture. Les solutions diverses adoptées sont du reste extrêmement nombreuses, depuis la poutre droite ordinaire jusqu’au cantilever, en passant par l’arc.
- Ce dernier système devient de jour en jour
- l’objet d’applications multiples, car il offre de grands avantages en même temps qu’une élégance remarquable; il s’accommode d’ouvertures considérables, et nous en possédons un exemple bien intéressant et bien caractéristique dans le fameux viaduc de Garabit. A côté de ce dernier, dont l’arc a une portée de 165m,40, nous pouvons rappeler celui de Paderno, qui a une portée de 149m,90, puis le pont Washington à New-York, et le pont Luis Ier à Porto (172m,40). D’autre part, on a mis, il y a peu de temps, la dernière main à un ouvrage analogue extrêmement intéressant, qui remplace l’ancien pont jeté pour la voie ferrée sur le Niagara : ce nouveau pont en arc, à double tablier,
- Le grand pont de Müngslen.
- a 167m,60 comme portée de la travée centrale.
- Mais voici qu’on vient d’achever et d’inaugurer en Europe un pont en arc qui est fort remarquable lui-même, et qui mérite une description : c’est celui qui est jeté àMüngsten, sur la vallée de la Wupper. 11 s’agissait de mettre en relations directes les deux villes de Solingen et de Remscheid, qui sont pourtant assez voisines à vol d’oiseau, dans l’est de Cologne, et la nouvelle voie devait ouvrir une communication immédiate entre le Grand-Duché de Berg et le Rhin inférieur. Mais la vallée de la Wupper, très profonde et très à pic, coupait précisément la direction à suivre, et il fallait des travaux exceptionnels pour la franchir.
- La longueur totale de l’ouvrage en question n’est pas moins de 487m,67, la portée de l’arche cen-
- trale atteignant 159“',72 ; connue on peut le constater d’un coup d’œil jeté sur la vue d’ensemhle, c’est une construction fort légère et fort élégante. L’empattement des grandes piles où l’arc prend appui est de 27m,73; leur hauteur est de 65m,52, mais on remarque tout de suite que cela est loin de correspondre à la hauteur libre sous le viaduc par rapport au niveau de l’eau de la rivière, puisque lesdites piles sont tout à fait à flanc de coteau. Les piles latérales soutenant les poutres d’accès, ont respectivement 46m,94 et 25n,,77 de haut. Les culées de l’arc représentent une surface totale de plus de 344 mètres carrés ; quant aux 16 massifs des 4 piles latérales dont nous venons de parler à l’instant ils ont une superficie de 179m2,95. Ajoutons enfin que le tablier proprement dit et la poutre qui
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- le supporte ont une hauteur de 5rn,79. Nous n’avons guère besoin d’insister sur la constitution du pont, qui est très apparente sur notre dessin ; mais on comprend que la construction en a été assez pénible, car il fallait la mener vite et l’on se trouvait à 109m,75 au-dessus du niveau de la rivière. Elle a du reste été exécutée d’une façon habile, bien qu’on ait eu à déplorer la mort de trois ouvriers, et en même temps fort originale : en effet, quand on commença l’ouvrage, pendant l’été de 1895, on partit simultanément des deux rives et l’on termina tout l’ensemble, à l’exception de la travée centrale. On se mit alors à celle-ci, et, pour cela, on réunit les piles de chaque côté au moyen de cables en acier de 89 millimètres de diamètre, fixés par des ancrages dans le roc, et dont la tension était assurée par des appareils hydrauliques. Des grues rotatives, soulevaient jusqu’à la place qu’elles devaient occuper des portions de charpentes pesant de 8 à 12 tonnes, et les maintenaient jusqu’à leur montage définitif; les ouvriers se tenaient sur des échafaudages volants prenant appui sur les câbles métalliques. Depuis le 1er juillet, ce pont est livré à la circulation.
- Au lecteur curieux de comparer deux ouvrages analogues, nous conseillerons de se reporter à la description donnée ici1 du viaduc de Gabarit, pour voir comment, dans des circonstances semblables, les ingénieurs allemands ont résolu le difficile problème qui se posait à eux. D. Lebois.
- ASCENSION DE 24 HEURES IB MINUTES
- Samedi dernier, 4 décembre, les aéronautes Français se réunissaient pour fêter leur confrère Louis Godard dans un banquet, dont M. Cailletet, membre de l’Institut, avait bien voulu accepter la présidence. Louis Godard, l’aéronaute bien connu, a accompli, les 19 et 20 octobre de celte année, à Leipzig, un voyage aérien qui dépasse en longueur ceux qui ont pu être faits jusqu’à ce jour. L’ascension a duré 24 heures 15 minutes. Le ballon, conduit par Louis Godard, est monté à une hauteur maximum de 5240 mètres et, partant de Leipzig, a parcouru 1665 kilomètres en passant au-dessus de Berlin, Dantzig, Kœnigsberg, Pologne-Russe, Wilna, Grodno, Kalisch et Breslau, pour atterrir à Tarnau, en Silésie. Pendant son vojage très mouvementé, l’aéronaute a eu 18 heures de pluie ayant à subir une violente tempête. Un seul voyage, exécuté dans les mêmes conditions, est celui du ballon le Zénith qui partit le 25 mars 1875 de l’usine à gaz de la Gillette, portant MM. Crocé Spinelli et Sivel, "Albert et Gaston Tissandier et Jobert. L’ascension a duré 25 heures.
- Des ascensions remarquables ont été faites par d’autres aéronautes, mais les conditions en sont différentes, leur ballon ayant fait des escales pendant le voyage. Nous citerons l’ascension de M. Mallet, parti le 25 octobre 1892 de l’usine à gaz de la Yillette à 6 heures du soir pour arriver à 7 heures du matin à Ottonville. Quelques moments après l’aéronaute repartit pour atterrir à Watkin à 6h 50m du soir après vingt-trois heures de voyage. Dans une deuxième ascension, M. Mallet, accompagné de M. \V. de Fonvielle,
- 1 Voy. n° 807, du 17 novembre 1888, p. 391.
- s’élevait dans son ballon le 19 septembre 1894. Les aéronautes atterrissaient sept fois pendant leur voyage qui eut une durée de cent trente-six heures. Albert Tissandier.
- NÉCROLOGIE
- A. Joly. — La science vient de perdre un chimiste apprécié dans la personne de M. A. Joly, directeur du laboratoire de chimie de l’École normale supérieure et professeur à la Faculté des sciences de Paris, qui a succombé aux atteintes d’une broncho-pneumonie. Né à Fon-tenay-sous-Bois en 1846, M. Joly était entré à l’École normale supérieure en 1866. A sa sortie il avait été nommé agrégé préparateur au laboratoire de Sainte-Claire Deville. Il avait ensuite été professeur de physique au lycée Henri IV jusqu’au moment où il était devenu sous-directeur du laboratoire de l’École normale, qu’il dirigeait en fait depuis quelques années. Le Directeur en titre était alors le regretté M. Debray. Ensuite maître de conférences de chimie à la Sorbonne, M. Joly avait été nommé professeur adjoint à la Faculté des sciences de Paris. Ses travaux ont porté principalement sur les métaux rares, le niobium entre autres, ainsi que sur les acides du phosphore, l’acide hydrophosphorique, etc. J. L.
- CHRONIQUE
- La Pouponnière de Porchefontaine. — Nous avons insisté sur l’importance de la puériculture et sur la Pouponnière établie près de Versailles (n° 1277 du 20 novembre 1897, p. 592). La seule critique que nous ayons pu adresser à la Pouponnière, c’était le prix d’élevage de l’enfant évalué à 1500 francs par an par M. le Dr Pinard. Mme Eugène Manuel, vice-présidente de l’Œuvre, veut bien nous faire remarquer que le chiffre donné par M. Pinard, il y a environ trois mois à peine, se rapporte au début de la fondation de la Pouponnière, alors qu’il n’y avait encore qu’un pavillon de 50 enfants, en 1892. Les frais généraux étaient naturellement très élevés. Aujourd’hui ces frais sont peu augmentés et le nombre des pavillons actuellement de trois va être porté à quatre ; le nombre des enfants à 120. Dans ces conditions, le prix par tête diminuera considérablement ; dès aujourd’hui il est d’environ lfr,80 par jour, ce qui est loin de la somme exagérée signalée par M. le professeur Pinard. Une étude complète de M. Paul Strauss, dans la Revue Philanthropique qui vient de paraître (10 novembre. Masson et Cie), montre mieux que nous ne le pourrions faire sommairement l’importance croissante que l’on attache à la fondation deMmM Charpentier et Manuel. Cette crèche peut servir d’exemple et nous souhaitons qu’avec l’appui des municipalités, on multiplie le plus possible en France l’élevage méthodique et hygiénique de l’enfant. N’oublions pas que l’accroissement de la population devient déplus en plus insignifiant. Il faut réagir de toutes nos forces et ne laisser de côté aucun des moyens de nature à relever le nombre des Français. H. de P.
- M. Pennington et son motocyclc. — Depuis près de trois mois, les feuilles spéciales au cycle et à l’automobile prônaient ou dénigraient à qui mieux mieux les exploits de M. Kane-Pennington, et nos lecteurs nous demandaient de les renseigner sincèrement et complètement sur les nouveaux véhicules qui devaient révolutionner à bref délai l’industrie automobile. Le directeur de La Nature nous avait fait l’honneur de nous confier cette
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- mission délicate et difficile : après échange de correspondances, rendez-vous pris avec l’inventeur, remis par l'inventeur, visites fréquentes, nouveaux délais demandés, etc., nous avons appris, à notre sixième visite, que M. Pennington était définitivement parti pour Londres. M. Pennington s’est donc contenté de nous promettre de nous faire voir son moteur, comme il s’est contenté de porter aux constructeurs français des défis irréalisables. Notre seul regret c’est de ne pouvoir, quant à présent, fournir à nos correspondants les renseignements qui les intéressaient. E. H.
- Acier au molybdène. — D’après le professeur \V. Ton Lipin, cet acier ressemble beaucoup à l’acier au tungstène, mais il est moins affecté par le recuit et la trempe ; il reste plus doux, se travaille au feu très facilement et ne montre jamais de fissure.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 6 décembre 1897. — Présidence de M. Chatin.
- La contamination des sources des terrains poreux. — Dans la séance précédente, M. Gaudry a présenté une Note de M. Martel relative au danger que présentent les sources situées dans des terrains calcaires durs et fissurés. L’eau qui remplit les fissures s’en échappe, non par filtrage au travers du terrain, mais par des conduits naturels mécaniquement créés. Or, dans ces fissures s’accumulent également les débris organiques; il en résulte que l’eau se charge d’impuretés. M. Duclaux signale aujourd’hui la possibilité de la contamination des sources situées en terrain poreux. Il cite le cas d’une petite ville de 800 habitants où s’est produite une épidémie intense de fièvre typhoïde. Le sol environnant était poreux et l’eau se rencontrait à faible profondeur. En amont de la ville, l’eau contenait 5mgr,5 de chaux et 1 milligramme de chlore par litre, avec un résidu total de ‘26 milligrammes; à l’intérieur de la ville, 126 milligrammes de chaux et 59 de chlore avec un résidu total de 690 constitué par des nitrates. D’après M. Duclaux, la chaux et les résidus viennent uniquement des aliments. En effet, les puits étaient à l’intérieur des habitations. Des dépôts de fumier étaient placés devant les maisons et le sol recevait les eaux ménagères. M. Duclaux insiste sur ce fait que pour reconnaître si une eau est potable, il n’est pas nécessaire de recourir à l’analyse bactériologique ; l’analyse chimique suffit, la proportion des nitrates fournissant un indice certain. M. A. Gautier observe que pour qu’une eau de puits soit dans de bonnes conditions, il faut qu’elle contienne de l’oxygène libre. Quand elle n’en contient pas et qu'elle présente des nitrates, elle est malsaine, car ces nitrates proviennent de matières organiques.
- Action toxique du chloroforme. — M. Bouchard présente une Note de MM. Desgrés et Nicloux relative à la toxicité du chloroforme. On sait que cette substance, en présence de la potasse, dégage de l’oxyde de carbone. Les auteurs ont recherché, si lorsqu’on chloroformise un sujet, il ne se produit pas d’oxyde de carbone au contact du Sang qui est alcalin, circonstance qui créerait un danger d’empoisonnement. Ils ont vérifié que l’anesthésie chloroformique donne lieu effectivement, chez l’homme, à la production d’une quantité notable d’oxyde de carbone.
- Transformation des rayons X. — M. Lippmann présente une Note de M. Sagnac relative à la transformation des rayons X par les métaux. Lorsque les rayons X tombent sur des métaux durs à pénétrer, tels que le mercure, ils
- sont disséminés dans tous les sens et les nouveaux rayons diffusés sont encore des rayons X, en ce sens qu’ils traversent des corps opaques, mais ce ne sont plus des radiations de même nature.
- Le venin de frêlon et le venin de vipère. — M. Chauveau présente une Note de M. Phisalix, dont il résulte que le venin de frêlon exerce à l’égard du venin de vipère une vaccination efficace. Des cobayes ainsi vaccinés ont pu supporter, un mois après, des doses mortelles de venin de vipère. 11 se passe un phénomène analogue à celui qui a été signalé par Pasteur à propos de l’action du virus du choléra des poules sur le bacille du charbon.
- Varia. M. Devaux a étudié le mode de respiration du tronc des arbres âgés. — MM. Bergonié et Carrière indiquent des procédés pratiques pour l’exploration des poumons par les rayons X. Ch. de Villedeuil.
- NOUVEAU FILTRE PORTATIF
- Il n’est pas besoin de répéter ici combien un filtre portatif peut être utile et offrir d’avantages. C’est ainsi que l’appareil l’Eden Filtre, fabriqué par la maison Prevet et Cie, sous la direction de l’ingénieur chimiste Grandjean, nous semble de nature à fixer quelques instants notre attention.
- Ce nouveau filtre est composé d’une lentille de charbon F (fig. 1), creuse et aboutissant à un tuyau placé à la partie inférieure. Cette lentille est recouverte sur chaque coté par 5 épaisseurs de papier filtre K, une toile et une autre épaisseur de papier. On forme ainsi, de chaque côté de la lentille, 2 épaisseurs E, E qui sont maintenues dans des montants extérieurs II, H à l’aide de petits fermoirs placés sur les côtés. Le filtre proprement dit C, ainsi formé, est placé sur un support D, et mis en communication avec l’ouverture placée à la partie inférieure. Sur ce support D vient s’emmancher un étui A qui porte deux écrous B, B, afin de le fixer à fond. Cet étui est muni d’une anse qui permet de l’accrocher contre le mur, comme on le voit dans la figure 2. A la partie supérieure de l’étui se place un tuyau de caoutchouc relié à son autre extrémité à un petit tuyau L (fig. 1), qui entre dans le robinet de la cuisine et que l’on peut aisément fixer à l’aide de ce raccord spécial. L’eau arrive donc sous pression, pénètre dans le filtre, traverse les divers papiers, la toile, la lentille de charbon et sort par le centre en ayant abandonné toutes ses impuretés. Les résultats fournis par cette filtration ont été très remarquables au point de vue chimique et bactériologique.
- Le récipient et la monture du filtre sont formés d’étain et de nickel ; les feuilles de papier-filtre ou coquilles se changent à volonté ou se détachent l’une après l’autre, surtout pour les premières.
- Cet appareil se construit sous plusieurs modèles ; le plus petit donne de 4 à 5 litres par jour et le plus grand environ 60 000 litres. Ce filtre à l’Exposition de Bruxelles a été soumis à l’appréciation d’un Jury très compétent. M. Prevet et Cie ont obtenu une médaille d’or, et l’ingénieur chimiste, M. Grandjean, une médaille d’argent comme collaborateur.
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- Nous avons eu nous-même, depuis plusieurs mois, l’occasion de faire diverses expériences avec le modèle ordinaire à pression. Nous devons tout d’abord
- constater combien il est facile à adapter sur le robinet de l’eau, sans arrêter les eaux ménagères. En quelques minutes, on obtient une carafe d’une
- eau claire, ne présentant aucune trace d’impureté. Et si, après quelques jours, on ouvre le filtre, on trouve d’abord à l’intérieur un dépôt blanc crayeux; les feuilles de papier sont revêtues partout d’une série de petits dépôts jaunâtres de toutes sortes. Ajoutons que l’eau soumise à cette filtration est déjà une eau de source. On n’est pas étonné, après avoir vu ces dépôts, de la différence qui existe entre l’eau filtrée et non filtrée.
- Les inventeurs ont encore disposé un petit modèle de filtre qui peut rendre les plus grands services aux touristes en campagne et à nos soldats. Ce filtre est lormé comme plus haut, ainsi que le montre le cartouche de notre figure 3. Sur le tuyau de sortie
- est placé un flotteur en liège. Pour boire de l’eau, même dans une mare, comme le fait voir
- notre dessin, il suffit de laisser plonger le filtre, que le flotteur retient, et d’aspirer légèrement à l’extrémité du tube; on ne recueille ainsi que de l’eau pure et dépourvue de tout germe malsain.
- En résumé, l'Eden Filtre est un filtre rationnel très pratique, qui donne toutes les garanties désirables, et qui permet dans toutes les installations, sans dispositit particulier, de se procurer facilement de l’eau potable. J. Laffargue.
- Le Gérant : 1*. Masson.
- Fig. 5. — Modèle de filtre Eden portatii.
- Paris. — Imprimerie Laiiube, rue de Fleuras, 9.
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- 18 DÉCEMBRE 1897
- LA NATUKE.
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- UNE STATUE MEXICAINE EN TERRE CUITE
- Les découvertes que chaque jour amène en Amérique sont frappantes. Certes, personne ne croyait
- que l’ancienne civilisation mexicaine lut assez avancée pour produire des statues en terre cuite de grandeur
- Statue précolombienne en terre cuite. (D’après une photographie.)
- naturelle ; un Indien vient d'en trouver une en fouillant une caverne auprès de la ville de Tezcoco. Cette statue, dont l’authenticité est indiscutable, est aujourd’hui au musée de New-York et M. H. Savillenous la l'ait connaître avec une grande science et une grande connaissance des arts et du costume dans l’ancien Em-
- pire mexicain. La statue, celle d’un guerrier probablement, mesure lm,59 de hauteur sur O1",46 de largeur entre les deux épaules. La bouche est ouverte pour chanter ou pour crier ; les mains devaient tenir une arme ou un instrument de musique par exemple, mais les doigts ont été brisés et toute conjecture
- 3
- 26e année. — lor semestre.
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- LA NATURE.
- même est impossible1 *. Eile a clé fabriquée en trois sections différentes. La tète d'un seul morceau était rattachée au tronc par un tube. La seconde section comprend la partie centrale du corps, et la troisième les jambes. Ces sections ont évidemment été moulées séparément, mais on n’a trouvé aucune trace des moules qui ont servi. Les parties nues ont été peintes en rouge foncé ; leur poli rappelle celui des vases provenant de la vallée de Mexico. Les vêtements au contraire ne portent aucune trace de couleur, sauf sur les points où ils ont été noircis par la fumée pendant l’opération de la cuisson.
- Ces vêtements consistent en une blouse à manches • très courtes, attachée par derrière (aipiUi). On distingue les débris d’une pièce de coton serrée autour des reins (maxlatl). Les jambes étaient couvertes de longues guêtres, de leggings, pour me servir du mol à la mode, nouées au-dessous du genou. La chaussure se composait de sandales protégées du coté de la cheville et maintenues par des courroies passant l’une entre l’orteil et le second doigt, l’autre entre le troisième et le quatrième doigt.
- La tète montre le curieux aplatissement artificiel du frontal et de l’occipital si fréquent dans l’Amérique centrale et que quelques trihus Indiennes pratiquent encore de nos jours, sans qu’il soit possible de dire l’origine de cette étrange coutume.
- Les oreilles sont [forcées, mais les anneaux, en cuivre probablement, ont disparu depuis longtemps.
- Il en est de même de la pendeloque attachée au nez, ornement réservé aux chefs et aux guerriers. L’armure en coton aide à cette dernière hypothèse. Torquemadal’a décrite sous le nom d'ichcaiihuiple '1. Elle offrait une protection si efficace, ajoute-il, que les Espagnols s’empressèrent de l’adopter [tour se garantir des flèches et du redoutable sabre (ma-quahuill) des Mexicains3.
- Les cheveux sont ramenés sur le sommet de la tète; on croirait y voir une perruque, et la houppe du sommet semble donner cette illusion. Mais il est plus probable qu’elle était destinée à maintenir la coiffure comme on le voit assez souvent sur les figurines ou dans les anciens codices du Mexique4.
- On a percé des trous dans les bras, sur les épaules, dans la poitrine, pour consolider les fêlures. On voit par là le haut prix que les habitants attachaient à leur statue. Nous le comprenons, car nous ne connaissons aucune pièce en terre cuite de cette importance découverte jusqu’à présent en Amérique; son origine est inconnue. Il est certain qu’elle est antérieure à la conquête espagnole. C’est actuellement la seule conclusion possible. Mis de Nadatllac.
- 1 La statue, lors de sa découverte, était brisée en un certain nombre de fragments; elle a été très habilement restaurée.
- a Monarchia Indiana, t. I, 1. 4, e. 31.
- 3 Ce sabre se composait d’une lame en bois dans laquelle on avait inséré de nombreux fragments d’obsidienne et dont les Mexicains se servaient avec une redoutable adresse.
- 4 On peut notamment consulter le codex Mendoza.
- LA PHOTOCHROMIE DES MÉTAUX
- La coloration uniforme des métaux à l’aide de couches minces semble avoir été l’objet des recherches de beaucoup de physiciens et de chimistes. Les conditions à remplir consistaient dans le maintien de l’éclat métallique, et l’immense variété des couleurs obtenues. Le procédé devait être facile et économique.
- M. Joseph Girard, chimiste diplômé de la Faculté des sciences de Paris, vient de faire breveter en tout pays un procédé dont le principe repose sur l’interférence lumineuse et la photochimie. 11 est arrivé au résultat tant désiré, grâce à une étude approfondie des actions de la lumière sur les sels et à une conception nouvelle de la pellicule photographique.
- On obtient la photographie des couleurs à l’aide d’une couche mince et transparente de collodion imbibé de sels d’argent, déposée sur un miroir aussi parfait que possible. Si l’épaisseur de cette couche varie avec le temps, les couleurs qui forment l’impression blanche n’apparaîtront que successivement et dans l’ordre de leur longueur d’onde. Ce résultat est évident pour quiconque connaît l’optique géométrique, telle que nous l’a révélée Fresnel, et la loi de formation des anneaux de Newton. Il entre aussi en ligne de compte des influences de polarisation et de réflexion métallique; nous n’insisterons pas sur ces phénomènes complexes.
- Comment former une couche mince dont l’épaisseur varie avec la durée de l’expérience, et dont l’adhérence à la surface du métal soit parfaite? A quels corps doit-on s’adresser pour obtenir une vive réaction sous l’influence lumineuse et la fixation des couleurs primordiales? 11 fallait résoudre ce double problème par une méthode pratique et industrielle, c’est-à-dire économique.
- M. Girard a choisi la capillarité. Il a remarqué la petitesse des particules qui forment les précipités de réduction et leur facile attirance par les surfaces des métaux un peu denses. Les particules sont retenues sur la surface métallique par la tension superficielle du métal. Enfin, il faut encore se baser sur ce que le degré de petitesse des corps variera proportionnellement au nombre des réactions intermédiaires. L’inventeur n’a pas cru devoir prendre de sels d’argent, dont la sensibilité aux actions lumineuses est trop grande et différente pour chaque radiation colorée ; il a observé la facile altération des sulfures et en particulier de ceux de cuivre, de plomb et de nickel, et s’est toujours servi de ces corps.
- Pour produire un sulfure dont les particules soient très petites et surnagent dans le liquide, il suffit de réduire un sulfate ou un acétate par un réducteur énergique, tel que l’hyposulfite de soude, l’hydrogène sulfuré, le sulfure d'ammonium, etc. Le mode opératoire est le suivant :
- Dans un bain chauffé entre 70 et 100°, et contenant en dissolution un réducteur énergique, on verse la solution d'un sel métallique approprié, il se produit un précipité pulvérulent. On agite légèrement et on immerge non loin de la surface une feuille métallique bien décapée ; au bout de peu de secondes elle se revêt des couleurs du spectre : rouge, orangé, jaune, vert, bleu, indigo, violet.
- Ces couleurs apparaissent successivement sur la même feuille ; l’instant de leur perception dépend du nombre de secondes de l’immersion.
- Les couleurs ainsi obtenues sont très fixes ; cette fixité provient de leur constitution chimique et de la minceur de l’épaisseur de la couche formée. Les corps employés
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- sont vendus dans le commerce à un prix extrêmement faible et le même bain pbotocliromique peut servir à la production d’un grand nombre de couches colorées en
- toutes nuances. G. J.
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- LA DAURADE
- La Daurade à laquelle les anciens donnaient le nom de Chrisophris (sourcil d’or) à cause d’une raie dorée allant d’un œil à l’autre, était élevée dans les viviers des riches qui la recherchaient pour sa chair d’une finesse et d’une saveur exquises. Son corps argenté, son dos bleuâtre et d’un éclat très vif au sortir de l’eau, en font un de nos plus beaux poissons. Les Daurades ont sur le côté trois rangées de molaires rondes et sur le devant quelques dents coniques. Cela leur permet de briser entre leurs dents les coquillages dont elles sont très voraces et de paître les algues et les fucus qui forment dans certaines régions de véritables prairies sous-marines. Ce poisson est surtout très répandu dans tout le bassin de la Méditerranée, où il vit en nombreuses familles.
- Pendant la belle saison, les Daurades quittent les grands fonds pour se rapprocher du rivage et pénètrent dans les étangs salés où elles sont assurées de trouver une nourriture qui leur permettra de reprendre les forces nécessaires pour s’éloigner de nouveau loin des côtes.
- Parmi ces étangs, les grands lacs de Bizerte ont été de tout temps la retraite préférée des diverses espèces de poissons migrateurs de la Méditerranée. La Daurade surtout s’y plaît beaucoup, car elle trouve là des prairies sous-marines riches en zostères et en coquillages. Dans la première quinzaine de novembre on la voit se diriger en banc considérable vers le canal qui fait communiquer le grand lac de Bizerte avec la mer. Mais elle trouve la sortie fermée par un grand barrage métallique de près de 1500 mètres de développement, et est capturée par les barques qui sillonnent le lac en cet endroit.
- On pèche ainsi chaque année à Bizerte, pendant le mois de novembre, environ 200 000 kilogrammes de Daurades, dont une bonne partie est expédiée dans les grandes villes de France, où cette espèce de poisson commence à être foit appréciée des gourmets. Armand Beacjon.
- LES UERFS'YÜLANTS MÉTÉOROLOGIQUES
- EN FRANCE
- Depuis quelque temps on procède, à l’Observatoire de météorologie dynamique, à des ascensions de cerfs-volants portant des enregistreurs météorologiques, d’après des méthodes analogues à celles qui sont employées à Blue-Ilill (États-Unis), sous la direction de M. L. Ilotch. On a pu constater dernièrement une curieuse distribution de température dans la verticale. En effet, le 2 novembre, la température, qui était à l’Observatoire de Trappes de 7° à 2 heures, baissait progressivement jusqu à 3° à l'altitude de 450 mètres pour s’élever ensuite un peu au-dessus de 10° à l’altitude de 1200 mètres. Cette distribution de température s’est maintenue pendant toute la nuit. Une circonstance accidentelle ayant obligé à laisser en l’air les cerfs-volants jusqu’au lendemain malin, c’est-à-dire pendant
- dix-huit heures consécutives, ils se sont abaissés à plusieurs reprises de plus de 600 mètres : chacun de ces abaissements en hauteur était accompagné d’une baisse de température de plus d’un degré par 115 mètres. Au milieu de la nuit on a constaté, à quelques minutes d’intervalle, la température de 8° à 1000 mètres et de— 1° à 120 mètres. Ces inversions de température s’observent très souvent entre les stations de montagnes et celles des plaines; mais elles coïncident ordinairement soit avec des directions différentes du vent aux deüx hauteurs, soit avec un temps calme dans la station inférieure, ce qui permet à l’air froid de s’accumuler près du sol. Dans le cas qui nous occupe rien de pareil ne s’est produit. La carte du bulletin international pour le 5 au matin montre en Europe un maximum de pression barométrique très marqué qui donnait lieu, sur toutes nos régions, à des vents d’E. assez fort'. La vitesse du vent à Trappes s’est maintenue supérieure à 5 mètres pendant toute la nuit du 2 au 3 novembre^
- Le vent, dans la couche chaude atteinte par les cerfs-volants, était de LE. quelques degrés N., différant peu du vent inférieur qui soufllait du
- N.-N.-E.
- Nous reproduisons (fîg. 2) une portion de la courbe tracée par l’enregistreur du cerf-volant dans une période où, ayant fait varier rapidement la hauteur du cerf-volant, on a obtenu ainsi deux coupes de la distribution de la température dans la verticale. Cet exemple montre, une lois de plus, tout le parli que l’on peut tirer des cerfs-volants dans l'exploration de l’atmosphère.
- En faisant porter aux cerfs-volants un enregistreur spécial de grande précision (comme celui (pie représente la ligure 1) permettant d’obtenir la pression à une fraction de millimètre et la température à un tiers de degré environ, et ayant soin de déterminer la position de l’enregistreur, par des visées faites de deux stations séparées par une base convenable, on peut déterminer la différence entre la hauteur de l’enregistreur, déduite de la pression barométrique, et l’altitude absolue déterminée par la triangulation. Cette différence, ramenée à l’unité de hauteur,' est ce qu’on nomme le gradient barométrique vertical dont l’existence pressentie par la théorie a été prouvée pour la première fois par les recherches de M.L. Teisserenc de Bort sur la variation de pression d’abord aux stations de montagne et, plus tard, à la Tour Eiffel. (Voir Annales du bureau central météorologique 1892. Compte rendu de l’Académie des Sciences, 6 avril 1895.)
- Pour calculer le gradient barométrique, on compare la différence de pression barométrique, observée pour une hauteur donnée, avec celle qui devrait exister si l’air était en équilibre et qui nous est donnée par la formule de Laplace. Cette formule n’exprime pas une loi empirique, mais elle dérive de la loi de Mariotte, et ses coefficients sont connus avec une grande précision.
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- LA NATURE.
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- Bornons-nous à rappeler, au sujet du gradient vertical, les faits principaux qui nous sont révélés par la discussion des observations du Puy de Rome, de Ventoux, etc., et de la Tour Eiffel.
- 1° 11 existe presque tous les jours, entre le décrois-
- sement de pression dans la verticale qui correspond à l’état d’équilibre et le décroissement observé, une différence tantôt positive, tantôt négative. Ces différences, au moins dans les couches basses, présentent une variation diurne assez marquée. La pression
- Fig. 1. — Enregistreur de précision en aluminium construit d'après les indications de 11. L. Teissereuc de Dort par M. Richard pour l'étude du gradient vertical.
- décroît plus vite entre 8 heures du matin et 8 heures du soir, et plus lentement pendant la nuit.
- 2° Au moment du passage des dépressions barométriques, la décroissance de pression est plus rapide que ne l’indique la loi de l’équilibre — particulièrement dans la portion antérieure de la dépression, — la pression décroît au contraire plus lentement dans les aires de hautes pressions.
- Le gradient vertical dépend surtout des mouvements horizontaux de l’air et des effets centrifuges qui sont la conséquence des mouvements giratoires, enfin d’une série d’effets dus à la viscosité de l’air et aux mouvements ondulatoires dont l’atmosphère est le siège. C’est donc un phénomène fort complexe qui demande une analyse minutieuse. Pour calculer exactement le gradient vertical, il est indispensable de connaître la température de l’air et son humidité entre le sol et le point d’observation. C’est pourquoi l’emploi du cerf-volant convient admirablement, parce qu’il permet d’avoir des détermi-
- nations de ces éléments, en un même lieu, à diverses hauteurs. Les courbes précédentes en fournissent un exemple. 11 était impossible de prévoir, par l’observation de la température à 1100 mètres et au sol, la variation de température qui se produit entre 500 et 1000 mètres, variation qui abaisse de 2° la moyenne température de la couche totale d’air considéré, ce qui introduirait, si on n’en tenait pas compte, des erreurs considérables dans le calcul du gradient.
- Les nombres recueillis par ces coupes de l’atmosphère sont beaucoup plus exacts que ceux que l’on peut déduire de stations étagées le long d’une montagne, où l’influence du sol est très marquée. Pour des recherches qui demandent une grande précision nous avons donc dans le sondage par cerf-volant une méthode très satisfaisante pour étudier l’état de l’atmosphère quand elle est absolument libre dans ses mouvements. L. T. B.
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- Fig. Ü. — Température et pressions indiquées par l’enregistreur porté par cerf-volant, le 2 novembre ; les hauteurs sont comptées à partir du sol.
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- LE PROPITHÈQÜE DE COQUEREL
- M. Ilumblot, ancien résident de France à la Grande-Comore, qui a enrichi les collections du Mu-
- séum d'histoire naturelle de nombreux spécimens de la faune malgache, a donné à la ménagerie du Jardin des Plantes, en i 896, un Propithèque de Coquerel qui malheureusement n'a vécu que deux mois en
- Le Propithèque de.Coquerel. (D’après nature.)
- France, mais dont, pendant ce court espace de temps, on a pu néanmoins étudier les attitudes et prendre des photographies. C'est à l’aide de ces documents qu’ont été exécutées les figures ci-jointes.
- Les Propithèques, dont nous avons déjà parlé il y a plus de vingt ans1 dans ce même recueil, appartiennent
- 1 Vov. n6’ 158 et ICO, des 10 et 24 juin 1870, p. 29 et 55.
- à l'ordre des Lémuriens qui compte des représentants non seulement à Madagascar, mais en Afrique, dans l’Inde et en Malaisie. C’est dans cet ordre, en effet, que se rangent, d’une part, les petits Galagos qui vivent au Sénégal, au Congo, dans l’Afrique australe et à Zanzibar et qui, parleurs formes extérieures, ressemblent à notre Écureuil, mais qui n’en ont pas la vivacité; de l’aulre, les Nycticèbes et les Loris qui
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- dans leurs allures, sont encore plus lents que les Galagos et qui se cachent dans les forêts de Ceylan, de l’Inde continentale, de l’Indo-Chine, de Java et de Roméo. En outre, comme M. le I)r Trouessart l'a rappelé dans La Nature *, les animaux fossiles que M. le professeur Filhol a découverts dans les phos-phorites du Quercy, et qu’il a désignés sous les noms A'Ad apis et de Neerolemur, étaient de véritables Lémuriens, de sorte que notre pays possédait aussi, dans les temps tertiaires, des représentants de ce groupe qui fournit à lui seul près des deux tiers de la population mammalogique de Madagascar, mais qui est complètement étranger à l’Australie et au Nouveau Monde.
- Jusqu’à nos jours les Lémuriens étaient restés réunis aux Singes dans l’ordre des Quadrumanes. Dès 1811, llligeravait reconnu, il est vrai, la nécessité de les placer dans une famille distincte, celle des Prosimii, qui fut maintenue sous le même nom ou sous un nom différent, par Étienne Geoffroy Saint-llilaire et par d’autres naturalistes ; mais c’est seulement vers 1871 que M. A. Milnc Edwards, ayant eu entre les mains de très nombreux matériaux d’étude, rapportés de Madagascar par M. Alfred Gran-didier, démontra clairement la nécessité de créer pour les Lémuriens un ordre distinct. En effet si les Lémuriens, par la conformation des extrémités de leurs membres, méritent la dénomination àe quadrumanes, s’ils ont, en arrière comme en avant, le pouce généralement bien développé et plus ou moins opposable aux autres doigts, s’ils sont même, sous ce rapport, plus favorisés que les Colobes africains et les Atèles américains, ils ont les doigts moins effilés, souvent même élargis en pelotes à l’extrémité et toujours moins bien protégés par l’ongle qui, à l’index des pattes postérieures, devient plutôt une griffe. Aussi les Lémuriens se servent-ils de leurs mains pour grimper aux arbres et s’accrocher aux branches, mais non pour saisir leurs aliments qu’ils prennent exclusivement avec la bouche. Comme les Makis dont on peut voir presque constamment quelques individus dans la Singerie du Jardin des Plantes, comme le Propilhèque de Ver vaux que le Muséum a possédé antérieurement, le Propithèque de Coquerel donné par M. Humblot mangeait et buvait à la façon des Chats.
- Les Lémuriens se distinguent encore des Singes par l’apparence générale de leur tête osseuse qui rappelle la tête des Carnivores et par la disposition de l’orbite qui communique largement en arrière avec la fosse temporale. D’un autre côté si les Mammifères possèdent, d’ordinaire, trois sortes de dents, des incisives, des canines et des molaires, aux deux mâchoires, il peut arriver que les canines fassent défaut ou soient remplacées par des dents semblables aux incisives et affectent comme elles une direction oblique ou presque horizontale.
- Le cerveau des Lémuriens diffère également de celui des Singes par ses dimensions et par sa struc-
- 1 Yoy. n° 1082, du 24 février 1894, p. 198.
- ture : il recouvre mal le cervelet et il est presque entièrement dépourvu de circonvolutions, ce qui dénote immédiatement une intelligence beaucoup moins développée que celle des Mammifères auxquels on les avait primitivement associés. Les observations faites sur les Makis et les Propithèques vivant en captivité ont pleinement confirmé, à cet égard, les indications fournies par l’examen du cerveau. Ces animaux sont rarement méchants; ils montrent même, en général, une grande douceur; ils sont sensibles aux caresses, mais ils les reçoivent, d’où qu’elles viennent, avec un égal plaisir et ne témoignent pas une affection bien particulière aux personnes (pii les soignent.
- Mais c’est surtout dans le mode de développement que l’on constate entre les Singes et les Lémuriens des dissemblances considérables, justifiant pleinement la création, en faveur de ces derniers, d’un ordre que plusieurs naturalistes ont maintenant une tendance à rapprocher des Herbivores ou desPorcins.
- Les Lémuriens malgaches se divisent en deux familles bien tranchées : celle des Chiromydés qui ne renferme qu’un seul genre et une seule espèce — le fameux Aye-Aye découvert au siècle dernier par Sonnerat—et celle des Lémuridés qui comprend, au contraire, des types aussi divers par leurs formes que par leurs dimensions, depuis les mignons Chi-rogales qui ont l’aspect extérieur et les habitudes de nos Loirs jusqu’aux Indris et aux Propithèques qui ont la taille et un peu la physionomie soit d’un Gibbon, soit d’un Semnopithèque et qui méritent, à tous égards, d’occuper la tête de l’ordre des Lémuriens. Enfin, d’après M. le Dr Trouessart1, il faudrait probablement ranger dans une troisième famille, complètement éteinte, un .animal dont quelques ossements ont étéretirés du marais d’Ambolisatra, à Madagascar, marais qui avait déjà fourni des restes d'Æpyornis et d' Hippopotamus Lemerlei. Cet animal, qui a reçu de M. Forsyth Major le nom générique de Mega-ladapis et qui a peut-être vécu à Madagascar jusqu'à une date relativement récente, était, si l’on en juge par les dimensions de son crâne, trois fois plus robuste que l’Indri à courte queue (Indris brevi-caudatus), le plus grand de tous les Lémuriens de l’époque actuelle. L’Indri atteint souvent près d’un mètre de haut et mesure environ 65 centimètres du bout du museau à la base de la queue dont la longueur ne dépasse pas 2 centimètres. Le Propithèque de Coquerel, qui a vécu récemment au Muséum, était de taille encore plus faible ; mais en revanche il était pourvu, comme tous ses congénères, d’une queue très développée et fortement velue qu’il ramenait autour de ses pattes de derrière, quand il se tenait accroupi, ou qu’il laissait pendre à demi, avec l’extrémité enroulée sur elle-même, lorsqu’il était perché sur une branche. En dépit de cette faculté d’enroulement, que l’on observe d’ailleurs chez tous les Propithèques, la queue ne semblait pas constituer, comme chez certains Singes, un organe | 1 Yoy. n° 1082, du 24 février 1894,. p. 198.
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- de préhension. Le museau, assezpointu, e'tait dénudé et de couleur noirâtre, de même que le reste de la lace, qui était éclairée par des yeux largement ouverts et qui contrastait par son aspect et par sa teinte avec le sommet de la tête, coiffé d’une sorte de bonnet de fourrure, de couleur blanche, laissant passer seulement 1 extrême pointe des oreilles. Ce bonnet, coupé carrément sur le front, descendait sur les côtés, en arrière des joues, et rejoignait en arrière le vêtement blanc qui couvrait la plus grande partie dti corps et des membres et auquel semblaient avoir été cousus quelques morceaux disparates. Sur la partie antérieure des bras de larges plaques couleur de terre de Sienne brûlée et sur les cuisses des plaques semblables, mais plus petites, contrastaient, en effet, très nettement avec le blanc légèrement jaunâtre du reste delà fourrure. Les mains étaient entièrementblanchcs, les reins d’un gris roussàtre et la poitrine offrait une teinte rousse assez foncée.
- Les mêmes particularités de coloration se remarquent sur les dépouilles de divers Propithèques obtenus par M. A. Grandidier dans le nord-ouest de Madagascar, entre la baie de Narinda et la baie de Bombétok; mais chez d’autres sujets, de même provenance, on voit la teinte rousse qui couvre les reins gagner le dos et remonter jusque dans le voisinage de la nuque, ou bien l’on constate des variations sous l’étendue de taches des membres. Aussi MM. Milne Edwards et Grandidier sont-ils disposés à considérer le Propithèque de Coquerel comme race pire du Propithèque de Verreaux(Propithecus Ver-reauxi), espèce qui est largement répandue sur la côte sud-ouest de Madagascar. Chez ce Propithèque de Yerreaux, dont nous avons donné autrefois^une description détaillée, accompagnée d’une figure, le pelage est en majeure partie d’un blanc pur, sauf sur la poitrine et sur les reins où s’étend une teinte grisâtre et sur le sommet de la tête où se détache une calotte d’un brun marron. Mais ici encore la distribution et l’intensité des teintes marron, rousse ou grisâtre sont sujettes à des variations qui relient la forme typique du Propithèque de Yerreaux soit au Propithèque de Coquerel, soit au Propithèque de Deckenqui, d’après MM. Milne Edwards et Grandidier, ne serait qu’une variété albine de la même espèce. Le Propithèque couronné (Propithecus coronatus), dont les domaines s’étendent dans l’ouest de Madagascar, entre la mer et la Betsiboka, diffère assez notablement par la conformation de sa tète, du Propithèque de Yerreaux, mais lui ressemble tellement sous le rapport de la coloration du pelage, que les indigènes confondent les deux formes sous le nom de Stfaka. Au contraire, le Propithèque à diadème (.Propithecus diademn), qui se trouve principalement dans la région forestière et montagneuse du nord-est, et qui est appelé Simponâ par les Malgaches, se distingue des autres par sa taille élancée, sa face bleue, son manteau gris foncé et sa tète ornée d’un diadème blanc. De ces différentes races 1 Voy. n° 200, du 31 mars 1877, p. 285.
- ou espèces auxquelles il faut ajouter encore le Pro-pilhecus Majori Rotsch., récemment découvert dans le sud-ouest de Madagascar, il y en a par conséquent deux, le Propithèque de Yerreaux et le Propithèque de Coquerel, qui ont vécu à la ménagerie du Muséum, plus heureux à cet égard que les Zooloyical Gardens de Londres où n’était parvenu, jusqu’à la fin de 1896, aucun représentant du genre Propithèque.
- On a pu voir successivement au Jardin des Plantes, outre ces Propithèques, des Ayes-Ayes donnés par M. Humblotet M. Hildebrandt, des Chirogales et des Makis de formes variées, Maki vari (Leniur varius), Maki moeoco (Lermir mococo), Maki mongoz (Leniur mongoz), Maki macaco (Lermir cafta), etc., en un mot tous les principaux types de Lémuriens malgaches.
- Ces animaux ont résisté de façon très inégale aux conditions de milieu, de climat et de régime auxquelles ils étaient forcément soumis et qui différaient considérablement de celles qu’ils trouvaient auparavant dans leur pays natal. Les Propithèques n’ont vécu que quelques semaines, et pendant ce temps ils n’ont presque jamais permis au public de juger de l’agilité merveilleuse dont leurs semblables sont doués. Ils touchaient à peine aux friandises, aux bananes et aux mandarines qu’on leur offrait et dormaient durant une grande partie du jour, la tète penchée contre la poitrine. Les Makis, au contraire, se sont montrés généralement vifs et actifs, et quelques-uns ont supporté la captivité, sous le climat de Paris, pendant des mois ou des années. Le record de la longévité appartient sans conteste au Maki mococo dont G. Cuvier, Lacépède et E. Geoffroy Saint-Hilaire ont donné la biographie1. Cet animal, qui avait appartenu primitivement au marquis de Nesle, puis au conventionnel Merlin de Thionville, qui le donna aux Jardin des Plantes, put être observé pendant dix-neuf ans. On lui avait accordé, il est vrai, une certaine somme de liberté et, au lieu de le tenir étroitement renfermé dans une cage, on lui avait assigné pour domaine, au Muséum, une salle du laboratoire où se préparaient les objets destinés aux collections. Comme un enfant curieux et turbulent, il touchait à tout et aurait commis de sérieux dégâts, parmi les pièces fragiles, si l’on n’avait eu constamment les yeux sur lui. Vers la fin du jour il se montrait particulièrement vif et se livrait à des exercices désordonnés avant de se retirer sur une planche, placée au-dessus de la porte du laboratoire et qui lui servait de lit. En été, il aimait à se chauffer au soleil, les bras étendus, et en hiver il s’approchait du feu au point de se brûler la moustache. Quand la chaleur l’incommodait, il se contentait de tourner la tête à droite et à gauche sans quitter la place. On le nourrissait avec des fruits, des carottes et des œufs; quelquefois même on lui donnait un peu de viande, cuite à laquelle il avait pris goût, de même qu’aux 1 La Ménagerie du Muséum, 1817, l. II, p. 16.
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- liqueurs alcooliques. Un Maki mongoz que BufTon garda pendant plusieurs années dans son château de Monlbard, en Bourgogne, n'était pas moins gourmand, et, toutes les fois qu’il pouvait s’échapper, entrait dans les boutiques du voisinage pour chercher des fruits, du sucre et des confitures. Un autre Maki que je me souviens d’avoir vu, il y a une vingtaine d’années, dans un laboratoire du Muséum, manifestait pour l’encre un goût singulier, il trempait ses doigts dans les encriers et les léchait, et si bien qu’il iinit par s’empoisonner. 11 courait, avec l’agilité d’un Chat, le long d’un tuyau de poêle qui traversait obliquement la salle et de là se laissait tomber, tantôt sur les épaules des élèves où il se pelotonnait en ronronnant, tantôt sur les tables où il se mettait à fureter parmi les papiers et les préparations. Quelques-uns des Makis que BulTon eut l’occasion d’étudier avaient sans doute été envoyés par Com-merson ou par Sonnerat qui rapporta également en France un Indri et un Maki à bourre (A vahis Inniger) et qui déposa, en 1781, l’un de ces animaux, sinon même tous les deux, au Jardin du Roi. E. Oustai.et.
- TUYAUX k GRAND DIAMÈTRE
- EN FONTE FRETTÉE EMPLOYÉS
- DANS LA CONSTRUCTION DU SIPHON DE MAURECOURT
- (seinf.-et-oise)
- Les tuyaux en fonte, lorsque les débits à prévoir nécessitent de grands diamètres et lorsqu’ils ont à
- résister à de fortes pressions, avaient, dans ces derniers temps, perdu du terrain en raison du défaut d’élasticité et d’homogénéité du métal, et l’on avait préféré l’emploi de la tôle d’acier, notamment pour les conduites maîtresses d’adduction des eaux de l’Àvre, et les siphons d’Argenteuil et d’ilerblay posés dans le lit de la Seine pour le transport des eaux d’égout de Paris. D’autre part, les progrès constants
- du ciment armé lui permettaient, grâce à son prix relativement peu élevé, de faire à la fonte une concurrence sérieuse dans le cas de basses pressions.
- L’équilibre tend à se rétablir entre ces divers matériaux, grâce au procédé du frettage par lils d’acier que vient de réaliser M. R. Jacquemont, directeur des fonderies d’Aubrives, sur les tuyaux en fonte, et qui donne la faculté d’arriver à un diamètre de 2 mètres qu’on n’avait pas osé atteindre jusqu’ici pour les canalisations à haute pression. 11 en est fait, en ce moment même, une application très intéressante par MM. Supervielle et Pellier, ingénieurs des Arts et Manufactures, sur la conduite de 1200 mètres de longueur qui relie, à la traversée de la vallée de l’Oise, le siphon de Maurecourt au souterrain franchissant le plateau de niautie. Ces ouvrages sontdestinés à porter jusqu’à Triel et Chanteloup les eaux d’égout de Paris qui n’auront pas été utilisées sur les terrains d’Achères. Notre figure 1 représente la conduite posée dans la tranchée. Le principe du frettage des tuyaux de gros diamètres peut se réaliser soit à l’aide d’un fil d’acier enroulé en spirale sur toute la longueur du tuyau, soit avec des anneaux en fer plat tenus entre des rebords venus de fonte, et dont les extrémités sont ensuite
- Fiy. 1. — Vue de la conduite posée dans la tranchée de Maurecourt.
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- il
- rapprochées à la presse hydraulique et reliées par des pièces spéciales ou soudées à l’électricité, soit enfin au moyen de fils d’acier formant des anneaux maintenus entre des rebords venus de fonte comme dans le cas précédent. C’est ce dernier sybtème qu’a adopté M. Jacquemont en raison des avantages suivants:
- 1° impossibilité du déplacement de l’anneau qui est protégé par les rebords contre tout choc pendant les manutentions; 2° accroissement de la résistance de la fonte sous la tension connue imprimée aux fils d’acier. Le métal employé est de l'acier écroui et recuit d’une très grande résistance : on le galvanise
- pour empêcher l’oxydation, et on ajoute pour plus de sécurité une chape d’asphalte entre les rebords.
- Les tronçons des tuyaux employés dans la tranchée de Maurecourt ont 4 mètres de longueur et 2 mètres de diamètre, avee une épaisseur de Üm,022 seulement; chacun d’eux pèse 4500 kilogrammes.
- Les rebords sont au nombre de 5 par tronçon avec 0rn,20 de largeur et 0m,0i de profondeur. Le fil qui constitue les frottes a O111,006 de diamètre.
- La coulée du tuyau s’opère dans les usines d’Aubrives en moins de 75 secondes, puis, le démoulage fait, on procède immédiatement au frettage. A. cet effet, le tuyau est monté sur un tour (fig. 2) ; l’un des bouts du fil d’acier est fixé dans un trou pratiqué dans l’épaisseur du rebord en Ion te. En faisant tourner le tu^au sur son axe, on enroule le fil à la tension .voulue qui est ordinairement de 10 à 15 kilogrammes par millimètre carré de la sec-
- tion du fil, en faisant passer ce dernier dans les coussinets d’une filière de dimension convenable.
- Le fil de la dernière spire se trouve serré entre l’avant-dernière et le rebord en fonte avec une telle force qu’il ne peut se dégager ; néanmoins, pour plus de sûreté, l’extrémité du fil est noyée dans une soudure qui s’étend sur toute la largeur de la frette, et rend les diverses spires solidaires les unes des autres ; cinq autres soudures semblables sont réparties sur la circonférence du tuyau. Dans ces conditions, s’il se produisait une rupture entre deux soudures le défaut se localiserait, et les autres intervalles pourraient demeurer en bon état.
- Des épreuves de rupture ont été faites sur un tuyau de 0m,700 de diamètre et de 0m,015 d'épaisseur fretté avec un fil tendu à 8 kilogrammes; chaque frette comprenait 40 fils de 6 millimètres placés sur deux rangs superposés. Le tuyau n’a donné des signes de fatigue qu’à 33 atmosphères
- Volant a ma.nettes
- terou en bronze.
- i, .
- 1- Coupe par A B
- Niche de i Too de long établie tous les t+'T'oo pour faire le joint.
- Fiji. 3. — Dispositit très simple employé pour la pose des tronçons de tuyaux.
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- et a définitivement éclaté à 36. Les frettes ne présentaient aucune déformation. D’après cet essai M. Jacquemont estime que les tuyaux frettés pourraient être sans danger essayés à 25 atmosphères au lieu de l'être à la pression de 15 atmosphères.
- En dehors de l’avantage de prix obtenu par la diminution dans l’épaisseur du métal employé, le frettage permet encore, en cas de rupture accidentelle en service, aux fragments de la conduite hrisée de se maintenir dans leur position d’origine de manière à réduire le déhit des fuites à celui des fissures, condition très favorable si l’on songe à l’énorme débit d’une semblable canalisation soumise à une pression de service très élevée. Enfin, un tuyau de 2 mètres de diamètre s’ovalise sensiblement sous son propre poids, tandis que la mise sur mandrin pour l’opération du frettage lui rend une forme parfaitement circulaire, ce qui facilite beaucoup la confection des joints. Ceux-ci se font au plomb comme pour les tuyaux de diamètre plus faible; mais, pour obtenir un dégagement parfait de l’air contenu dans le joint et la chappe en argile qui l’entoure au moment du coulage et dont le développement total atteint 6m,50, l’opération s’exécute en plusieurs phases.
- MM. SupervielleetPellier ontadoptépour laposedes tuyaux dans la tranchée un procédé très simple : les tronçons amenés sur une petite voie de service dans le prolongement de la tranchée y sont descendus à l’aide d’un plan incliné jusque sous un double système de levage. Chaque appareil se compose d’une vis pourvue d’un crochet et mobile dans un écrou en bronze (fig. 3). Celui-ci est porté par des moises qui reposent sur des tasseaux en charpente établis aux bords de la fouille. Deux hommes à chaque vis suffisent pour soulever le tuyau à la hauteur convenable de manière à l’emboîter sur le précédent. Les élingues sont placées à chaque extrémité.
- La conduite doit supporter en service une pression de 25 mètres : elle a t;té essayée en tranchée à 40 mètres. La longueur actuellement, posée atteint 260 mètres pour un travail d’un mois. L’opération est donc très rapide et n’estlimitée que parla production et le transport sur place des tronçons de tuyaux.
- Ce travail qui fait honneur à l’initiative des entrepreneurs, MM. Supervielle et Pellier, est exécuté sous la haute direction de M. Bechmann, directeur du service de l’assainissement de Paris et de M. Launay, ingénieur en chef du même service.
- G. Richou,
- Ingénieur des arts et manufactures.
- LES COUPS DE SONDE DES YOLCANS
- Tout le monde a entendu parler des ballons-sondes, que nos physiciens se mettent, depuis quelque temps, à envoyer dans les hauteurs inaccessibles de l’atmosphère, pour nous éclairer sur les conditions physiques de ce milieu où l’homme ne pourrait pas vivre. On munit ces ballons d’appareils variés, à enregistreurs automatiques ; et quand, après avoir atteint des altitudes de 15000 et même de 20 000 mètres, ils retombent sur la terre
- ferme, il y a des chances pour que, tenant compte des indications accrochées à la nacelle, ceux près de qui l’épave est tombée réexpédient les instruments aux savants qui les ont lancés. Ceux-ci en recueillent les indications, et la physique du globe opère ainsi de nouvelles conquêtes, sans infliger aux observateurs ni dangers de mort, ni malaises passagers, ni frais excessifs.
- N’v aurait-il pas quelque moyen de s’éclairer, de façon aussi simple, sur ce qui se passe dans les profondeurs de l’écorce terrestre? Quelle bonne fortune ce serait pour la géologie si, sans recourir aux longs et coûteux travaux d’un forage, on possédait un procédé d’une application aussi pratique que celui des ballons-sondes ? En attendant que la recette en soit trouvée, et qu’un progrès nouveau de la radiographie parvienne à nous renseigner sur la nature des terrains qui nous portent, il est des cas où la bonne nature semble avoir devancé le vœu des géologues. C’est quand une explosion volcanique a percé dans l’écorce un trou à l’emporte-pièce, accumulant autour de l’orifice les matériaux rejetés par la violence des gaz.
- D’ordinaire les éruptions des volcans sont pour l’humanité un juste sujet d’effroi. Elles ont produit tant de ruines et sacrifié tant d’existences, qu’on est excusable d’y voir seulement le plus soudain et le plus épouvantable de tous les fléaux. Mais l’homme de science a le droit de raisonner d’autre façon. De même que l’archéologue est tenté de bénir la catastrophe qui a englouti llerculanum et Pompéi, parce qu’elle nous a conservé des documents qui sans cela auraient été irrémissiblement perdus, ainsi le géologue salue avec reconnaissance certaines manifestations de l’activité volcanique, qui lui procurent parfois des lumières inattendues. Même sa satisfaction peut être, beaucoup mieux que celle de l’historien, exempte de tout scrupule humanitaire; car les accidents dont il profite se sont produits à une époque où l’homme n’existait pas encore ; de sorte qu’aucun souvenir d’hécatombes ne vient assombrir le bénéfice scientifique que nous en tirons aujourd’hui.
- Comme exemple de ces coups de sonde à rebours, donnés par les volcans à travers l’écorce terrestre, nous citerons d’abord un cas des plus intéressants, observé il y a peu d’années dans les Indes néerlandaises.
- Un voyageur se rendait à Timor, l’une des îles de la Sonde. Un accident contraignit son bateau de relâcher dans la petite et insignifiante île de Rotti. Là se trouvent des volcans de boue, témoignage d’une activité éruptive en décroissance, et qui par moments projettent des pierrailles mélangées à de l’argile. N’ajant rien de mieux à faire, le voyageur se prit à regarder ces pierres, et, à sa grande surprise, il reconnut qu’au lieu d’être exclusivement formées par des laves, quelques-unes d’entre elles laissaient voir des coquilles fossiles et, qui mieux est, des ammonites, semblables à celles qui pullulent dans nos terrains jurassiques du bassin anglo-parisien.
- Cette constatation était de la plus haute importance pour l’histoire du Pacifique. Jusqu’alors on n’avait observé, sur le rivage occidental de cette mer, que des formations très anciennes, brusquement tranchées par la côte, avec des volcans et des lambeaux tertiaires plaqués çà et là par-dessus. La découverte d’ammonites à Rotti prouvait que le rivage des mers jurassiques avait dû passer tout près de là. De ce fait, joint à quelques indications fournies par les terres \oisines, on pouvait conclure que, dès les anciennes époques géologiques, le contour du Pacifique, du côté de l’ouest, avait dù demeurer assez stable. Comme, d’autre part, on a pu s’assurer que la même sta-
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- bilité a été le privilège des côtes occidentales de l'Amérique, le Pacifique apparaissait dès lors comme un des traits les plus constants de la géographie. Précieux enseignement, qui risquait de nous échapper, si la complaisance des petits volcans de Rotti n’était venue au secours de notre curiosité, jusque là tenue en échec par la nature ingrate des formations visibles dans ces parages!
- Une aubaine du même genre est échue récemment à un géologue de Rolième, M. Jaroslav Jalin. Il étudiait, dans la vallée de l’Elbe, un pointement de basalte qui perce le terrain crétacé, lorsqu’il s’aperçut qu’un tuf fragmentaire, produit de projection, était associé à ce basalte. Ce tuf ne renfermait pas seulement des fragments scoriacés de la roche éruptive, mais aussi beaucoup de cailloux fossilifères. Parmi les fossiles, il était aisé de reconnaître nombre de ceux que fournit le terrain ancien des environs de Prague, si bien étudié autrefois par notre compatriote Barrande. Ainsi, malgré une couverture de plus de 500 mètres de terrain crétacé, M. Jahn fut en mesure d’affirmer que les terrains de Prague se poursuivaient au delà de l’Elbe, ce qui était de grande importance pour la connaissance de la structure du pays.
- Nous rappellerons encore que ceux qui explorent les escarpements de la Somma,' autour du cône du Vésuve, trouvent parfois, au milieu des tufs alternant avec les laves, des coquilles marines empâtées dans des morceaux de marne grise. Ces coquilles sont celles d’un terrain bien connu des géologues sous le nom de subapennin. Leur présence indique qu’à la fin de l’époque tertiaire, la région de Naples, aujourd’hui tout entière occupée par des terrains éruptifs, formait un golfe où se déposaient paisiblement des vases argileuses. Les premières manifestations du volcan, dont le réveil devait un jour coûter la vie à Pline, se sont employées à combler le golfe avec des produits d’explosion; et elles ont eu l’art de mélanger aux scories quelques morceaux caractéristiques du terrain sous-jacent, comme pour nous renseigner sur l’époque où le Vésuve a pris naissance, alors que toute recherche directe, sous les énormes accumulations qui se sont faites depuis lors, serait aussi coûteuse que pleine de périls.
- Pour terminer, nous dirons un mot d’un autre cas de sondage volcanique, assez original en ce qu’il nous éclaire, non plus sur les terrains situés dans la profondeur, mais bien sur ceux que portait autrefois la surface actuelle du sol, avant que l’érosion l’eût mise à nu.
- A travers le Wurtemberg s’étend un massif calcaire, qui forme, au nord du Danube, un plateau continu, au climat sévère et à la surface désolée : c’est le Jura Souabe ou Rauhe Alp des Allemands. Du côté du nord, ce massif se termine par une falaise assez régulière, du pied de laquelle on voit sortir une série de sédiments argileux. Le Ncckar coule sur ce versant, au milieu de paysages agréables, arrosés d’eaux vives, et faisant un contraste frappant avec l’aridité du plateau voisin.
- De récentes études ont montré que le bord de la falaise calcaire était en quelque sorte lardé de cheminées volcaniques minuscules. M. Branco en a compté 125, qui forment comme autant de puits verticaux, remplis par une brèche d’explosion. Cette brèche contient, avec des fragments de lave, beaucoup de morceaux des terrains à travers lesquels la nature a tiré ces coups de mine, sur une épaisseur de plus de 600 mètres.
- La plus septentrionale de ces cheminées de tuf est située tout près de Stuttgart, c’est-à-dire en plein territoire argileux, et à 20 kilomètres au moins au nord du front actuel de l’escarpement. Or. le tuf qui la remplit contient
- les mêmes cailloux calcaires que les cheminées méridionales, et ces cailloux, bien faciles à reconnaître, proviennent, sans doute possible, de la même formation.
- Leur présence permet d’affirmer qu’à la fin de l’époque tertiaire, quand les basaltes ont cherché à s’épancher en trouant le plateau- souabe, la plate-forme calcaire s’étendait jusqu’aux approches de Stu'tgart. Il en a disparu aujourd'hui, sous l'effort continu de la pluie et des eaux courantes, une bande de plus de 20 kilomètres, ce qui donne une mesure très précise du travail accompli depuis lors par l’érosion.
- Les exemples de ce genre pourraient être multipliés. Mais nous croyons en avoir assez dit pour réhabiliter les volcans, d’ordinaire considérés comme si nuisibles. Au contraire, il est des cas où l’épithète de bienfaisants leur conviendrait, au moins dans l’esprit de ceux qui, curieux de l’histoire ancienne du globe, ont ce qu’il faut pour apprécier à sa valeurle concours que certains phénomènes naturels apportent à nos efforts en vue d’éclair-c r les mystères de l’écorce. A. de Lapparent,
- de l'Institut.
- LA SECHERESSE
- Nous avons traversé pendant l’automne une longue période de sécheresse, extraordinaire en cette saison. Les travaux agricoles de l’automne ont pu se faire sans encombre, mais la végétation du blé a été ralentie.
- Cette sécheresse, presque générale, a commencé vers le 20 septembre dernier, et a pris fin brusquement sur presque toute la France, pendant la nuit du 28 au 29 novembre. Il est à remarquer que dans la Savoie, le manque de pluie a été absolu. Toutes les hautes montagnes étaient dépourvues de neige; seuls les sommets de plus de 2000 mètres étaient recouvei ts d’une couche blanche. C’est un phénomène très remarquable. Les observations pluvio-métriques ont montré que, pendant plus de deux mois, la Savoie et les environs immédiats n’ont reçu aucune goutte de pluie, saufle 16 octobre, dans l’après-midi.
- Pendant cette longue période de sécheresse, il y a eu de fortes pluies en Europe et même en France. Rappelons les inondatiotis en Italie, à Rimini, à Ancône, vers la fin du mois d’octobre; la neige, dans les environs de Gap, sur les montagnes du Queyras, tandis que les sommets de la Haute-Savoie n’avaient "pas encore leur parure d'hiver qui, cependant, les recouvre souvent au mois d’août. Le 9 novembre, on a signalé de la pluie à Paris, à Brest, à Biarritz; le 15, mauvais temps d’est en Provence, pluies sur le littoral, inondatiotis en Espagne, puis à Narbonne, à Béziers; à Cette, mer agitée; le 16, pluie à Limoges, au Havre, à Nancy. Cependant le temps restait beau et peu froid dans nos régions des Alpes.
- Dans la nuit du 28 au 29 novembre, nous avons observé à Bonneville (point central pour la météorologie de la Haute-Savoie) un vent violent du S. W. et du S. S. W., une forte pluie et de la neige sur les sommets des montagnes. La neige est tombée dans la vallée de l’Arve les jours suivants.
- En général, les mois d’octobre et de novembre sont particulièrement pluvieux dans les Alpes; c’est ainsi qu'en 1895, l’Arve, qui descend des glaciers du Mont-Blanc, a débordé et Bonneville a été en partie inondée.
- La longue période de sécheresse que nous venons de signaler a pris lin au moment du passage des bourrasques en Europe. Le 25 novembre, il y a eu une baisse générale du baromètre, un vent violent d’ouest au Puy de Dôme, de la neige en Scandinavie et dans le centre de la Russie. Au moment du passage de la tempête en France, on a
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- LA NATURE.
- remarque presque partout de la pluie, de la neige et un vent violent. Cet état de choses n’a pas duré longtemps.
- En résumé, les touristes et ascensionnistes qui abandonnent la Mer de glace et le Mont-Blanc en septembre et qui arrivent à Chamonix en juin, en juillet et en août avec la pluie, les brouillards, sans pouvoir admirer le géant des Alpes, auraient joui, cette année, pendant les mois d’octobre et de novembre, d’un temps splendide. C’est un phénomène assez rare pour être signalé. Omku Juluen,
- Licencié es sciences.
- RECHERCHES RÉCENTES
- SUR LES BACTÉRIES DES LÉGUMINEUSES
- On sait l'importance considérable qu’ont les bactéries des légumineuses au point de vue agronomique. Ce sont elles qui produisent, sur les racines du Lupin, du Haricot, du Pois, etc., ces nodosités grâce auxquelles l’azote atmosphérique est fixé directement, ce que ne peut faire aucun autre organisme. Il en résulte que, pour enrichir un sol en azote, il suffît d'y semer des graines de légumineuses et d’enfouir ensuite la récolte. Les nodosités d’ailleurs ne se développent que si l’on inocule expérimentalement les microbes dans les racines ou, plus simplement, si le sol en renferme déjà.
- Mais là une question de première importance se pose : les bactéries d’une espèce de légumineuse sont-elles les mêmes que celles d’une autre espèce?
- Sinon, les bactéries du Lupin, par exemple, seront-elles susceptibles de provoquer des nodosités sur le pois?
- La question vient d’être résolue à la station agronomique de Tharand par MM. Nobbe et Ililtner1.
- Plusieurs graines d’une même légumineuse, par exemple, le Sainfoin, étaient plantées dans différents pots, préalablement stérilisés et dont la composition chimique était connue. On inoculait ensuite chaque pot avec des bactéries provenant du Sainfoin, du Trèfle, du Lupin, etc., et on notait les diverses phases de la végétation. Les résultats furent très nets : une légumineuse quelconque ne produira de nodosités actives et par conséquent ne fixera l’azote atmosphérique que si l’on inocule le sol avec des bactéries empruntées à des plantes de la même espèce. La végétation du Trèfle n’est favorisée que par des bactéries
- 1 Landwirthschaftlichen Versuchsstationcn.
- du Trèfle, celle du Sainfoin par des bactéries du Sainfoin, etc. La Vesce seule fait exception, en ce qu’elle est sensible non seulement à ses propres bactéries, mais encore à celles du Haricot.
- Dans le même travail, nous trouvons encoré deux points à noter : 1° Pour que les nodosités se développent bien, il faut (pie la [liante [misse trouver dans le sol des matières azotées assimilables qui lui permettent de se nourrir entre le moment où elle aura lini d’absorber l’azote des cotylédons et celui où les nodosités lui viendront en aide; 2° la présence des bactéries chez une légumineuse provoque toujours un plus grand développement de la partie aérienne, favorise les productions des Heurs et des fruits et prolonge la durée de la végétation. Mais le temps qui
- sépare l’inoculation du sol et la production de ces effets favorables n’est pas le même pour toutes les espèces : il est par exemple de quatorze jours chez le Haricot, de quarante-six jours chez le Robinier, de vingt-sept jours chez la Vesce et de trente-deux jours chez le Trèfle.
- L’action bienfaisante que produit l’enfouissement de légumineuses dans un sol ne fait plus aujourd’hui aucun doute. Elle saute aux yeux d’ailleurs, si l’on considère l'apport considérable d’azote qu’elle y amène. Mais celte influence peut encore se manifester d’une autre manière. C’est ce qu’a bien montré M. Schulz dans le célèbre domaine de Lupitz. Dans un champ, on a planté des pommes de terre, en le fumant simplement : les racines n'avaient pas [dus de 0,n,40 et ne déliassaient pas l’épaisseur de la couche de terre remuée par la charrue. Dans un autre terrain où l’on avait fait au préalable un enfouissement d’engrais verts, les racines atteignaient lm,20! Cela tient à ce que le Lupin, préalablement planté, avait défoncé le sol et laissé de nombreux canalicules par où les racines de la pomme de terre avaient pu s’introduire.
- La légumineuse avait donc eu une double influence favorable au point de vue chimique et mécanique. D’ailleTirs dans le premier champ on ne récolta que 14640 kilogrammes de pommes de terre à l’hectare, tandis que le second donna 25560 kilogrammes de tubercules, lisses et très savoureux. Henri Coui'in.
- Deux pieds de pomme de terre poussant l'uu dans la terre simplement labourée, l’autre dans un sol où avait poussé du Lupin.
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- PRÉPARATION DE LA LAQUE
- ET DES OBJETS LAQUÉS1
- L’industrie de la laque est une des plus importantes des contrées asiatiques orientales, Chine et Japon ; et bien que de nombreuses imitations et divers produits inférieurs fassent aujourd’hui concurrence aux vrais objets laqués, les amateurs savent apprécier ces derniers à leur juste valeur et leur conserver intacte l’antique réputation dont ils
- jouissent. Nous avons déjà, du reste, parlé précédemment de cette industrie1.
- Il est difficile de préciser l’époque de la découverte du laquage. Tandis que certains auteurs indiquent l’année 724 avant J.-C., d'autres fixent cette époque en l’an 900 après J.-C. ; mais, quoi qu’il en soit, c’est surtout vers la lin du treizième siècle que la préparation de la laque s’est perfectionnée et est devenue à peu près ce qu’elle est encore aujourd’hui.
- Origine de la laque. — La laque provient de la
- SCT
- Opérations do la récolte de la laque. — 1. Ouvrier faisant des incisions sur l écorcc d’un arbre à laque. — 2. Ouvrier faisant des entailles aux brandies. — 5. Ouvrier recueillant la laque sortie des incisions. — 4. Feuilles et Heurs de l'arbre à laque. — 5. Champ de jeunes pousses. — 0. Instrument pour enlever l’écorce des grands arbres à laque. — 7 et 8. Kaki-gama. — 9. Instrument pour faire des incisions aux petites branches. — 10 et 11. Couteaux pour ramasser la laque qui coule des branches incisées. — 12. Vase eu forme de tube où est recueillie la laque.
- sève de l’arbre à laque (Rhus vernicifera) dont nous donnons ici l’aspect des feuilles et des fleurs (fig. 4); il croit surtout au Japon et il est très répandu aux environs de Tokio. On peut reproduire ce végétal soit par graines, que l’on sème au mois de janvier, soit en plantant des racines qui donnent de nouvelles tiges (fig. 5). Dans le premier cas, l’arbre ne commence à donner de la laque en bonne quantité qu’après 10 ans; dans le second cas, l’époque
- 1 Les diverses figures qui accompagnent cet article sont la reproduction de dessins japonais qui se trouvent dans une Notice sur les procédés industriels des Japonais, traduite par M. P. Ürv [Leroux, 12, rue Bonaparte, éditeur).
- du rendement est un peu plus précoce. Ce sont les arbres de 100 à 200 ans qui donnent la meilleure laque.
- L’industrie de la laque a pris beaucoup d’importance dans ces dernières années : c’est ainsi qu’ac-tuellement le Japon produit par an 35 000 tonneaux de 18 litres de laque. La marche croissante des prix a naturellement suivi le nombre des demandes sans cesse plus grand : un arbre à laque de 10 ans qui coûtait, en 1879, 5fl-,o9 (1 à 2 yen) coûte maintenant plus de 10 yen.
- 1 Yov. n° 1166, du 5 octobre 1895, p. 292.
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- LA NATURE.
- Récolte de la laque. — La récolte de la laque nécessite des ouvriers munis d’un certain nombre d’instruments (fig. 6, 7, 8, 9, 10, il, 12), dont voici la désignation et l’emploi : le kawa-muki, ou grattoir de l’écorce (fig. 6 et 9); le yedna-ganui, ou faucille à branche; leIcaki-gama, ou faucille racleuse (fig. 7 et 8); le yeguri, ou gouge; le nalsubera, ou spatule; le hôchô, ou couteau (fig. 10 et 11); le seshimebem, ou spatule spéciale; le go, ou pot de bambou pour recueillir la laque (fig. 12); le gô-gouri ou racloir pour faire tomber la laque du pot dans le tonneau; enfin le le-bukuro ou gant des ouvriers dont nous verrons plus loin la nécessité.
- Le moment de la récolte est au mois de juin; on fait d’abord une première incision et l’on opère sur 250 arbres par jour ; on fait ensuite une nouvelle incision tous les quatre jours; la sève qui s’écoule est récoltée avec la spatule et recueillie dans le pot de bambou. Un bon ouvrier peut gagner 100 yen (525 lr.) pendant la saison, et recueillir 80 litresde sève. Ces diverses opérations sont représentées dans les figures 1, 2 et 5.
- Préparation de la laque. — La sève écoulée des incisions de l’arbre à laque et qui a été recueillie est mise à dessécher par exposition au soleil dans des plats en bois. A la fin de l’opération, quand la substance devient pâteuse, l’évaporation s’arrête d’une façon plus ou moins complète; on se trouve alors conduit à délayer à nouveau la masse pâteuse dans une petite quantité d’eau pour mieux faire évaporer l’eau d’origine. Cette opération, paradoxale en apparence, est absolument indispensable pour obtenir une dessiccation convenable du produit.
- Pendant cette exposition à l’air et au soleil, la laque noircit et devient translucide ; on doit chercher à obtenir un vernis bien clair et transparent. Le noircissement de la laque est dù à l’oxydation d’un corps à fonction phénolique, appelé laccol, qui est contenu dans la sève de l’arbre à laque; cette fixation d’oxygène a lieu sous l’influence d’un ferment soluble qui a été caractérisé au Japon par M. Ykuro-kuro Yoshida, et qui a été spécialement étudié en France par M. Gabriel Bertrand. Le mécanisme de la formation de la laque est ainsi complètement élucidé.
- Pour l’usage, la laque est employée soit seule, soit mélangée à diverses matières : térébenthine, huiles, noir de lampe, suie, charbon de bois. Enfin, pour les laquages riches, on étend parfois au-dessus de la couche de laque des enduits d’or, d’argent ou d’étain.
- Boii à laquer. — Nous dirons seulement quelques mots des divers bois employés pour le laquage.
- Les bois de placage susceptibles d’être recouverts de laque proviennent principalement des genres Chamæcyparis, Paulownia, Magnolia et Thujopsis; on fait aussi usage de quelques espèces de pins.
- Les bois de tournage usités pour le même objet sont surtout le Planera japonica et le Prunus pseudocerasus.
- Fabrication des objets laqués. — Cette fabrication montre d’une façon caractéristique la patience dont sont doués les peuples de l’Extrême-Orient et qui fait leur supériorité dans certains cas spéciaux sur les nations occidentales. Le laquage des divers objets comprend en effet une suite de trente-trois opérations, qui, en réalité, se réduisent au recommencement plusieurs fois répété de cinq ou six opérations types qui s’effectuent d’une façon de plus en plus affinée. Nous ferons grâce à nos lecteurs de celte liste un peu fastidieuse et nous citerons seulement les principales phases de la fabrication.
- L’objet à laquer, après avoir été bien uni et fini, subit trois ou cinq laquages, à la suite de chacun desquels il est porté au séchoir [tendant une douzaine d’heures ; il est recouvert ensuite d’un tissu léger de chanvre qui fait corps avec la laque et qu’on unit au couteau ou au rabot ; de nouvelles couches de laque mélangée d’argile sont appliquées en ayant toujours soin de sécher l'objet entre chacune de ces applications; on étend encore diverses couches de laque pure que l’on sèche et que l’on polit, d’abord à la pierre à aiguiser, puis au papier doux, au charbon de bois, et enfin avec un mélange d’argile et de poudre de corne de cerf délayées dans l'huile. Ce n’est qu’après ces nombreuses manipulations que l’objet laqué est jugé digne de sortir de la fabrique.
- Les usines ne peuvent parvenir à effectuer toutes ces opérations dans des conditions rémunératrices que grâce au bon marché de la main-d’œuvre dans ces pays, et à une division du travail poussée à l’extrême. Le secret de cette fabrication a été longtemps très jalousement gardé et il est encore actuellement très difficile d’obtenir des renseignements précis de la part des ouvriers, qui sont cantonnés dans une certaine partie de la [(réparation et qui ignorent totalement les opérations qui se font cà côté d’eux.
- Les peintures que l’on exécute sur les objets laqués s’appliquent en les transportant sur un papier encollé de gomme et d’alun et qui épouse les formes du dessin à reproduire. Ce même papier, qui est confectionné en fibres très résistantes, ne peut servir qu’une vingtaine de fois. On est obligé pour ces peintures d’avoir recours aux couleurs minérales, les matières colorantes végétales ne pouvant être employées avec la laque.
- Les ouvriers qui manipulent la laque, soit [tour la recueillir, soit pour préparer les objets laqués, sont exposés à contracter des éruptions eczémateuses très violentes qui prennent des proportions plus ou moins grandes suivant les tempéraments. Tandis que certains travailleurs sont à peu près indemnes, on en voit d’autres, au contraire, dont le corps n’est qu’une plaie et qui sont obligés d’interrompre, au moins momentanément, leurs occupations. Ces inconvénients expliquent l’usage des gants que l’on fournit aux ouvriers chargés de recueillir la sève de l’arbre à laque. A. Hébert.
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- LA NATURE.
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- EsüüiiN «les tubes lance-torpilles sous-marins.
- — Kn France, les expériences de lancements exécutés avec les appareils sous-marins n’ont donné que de médiocres résultats ; on se rappelle encore l’accident survenu au Carnot dans un tir de ce genre. Le problème n'est-il point soluble, et faut-il renoncer à l’emploi du tube sous-marin par le travers? Ce qui se passe en Angleterre est de nature à nous faire bannir toute crainte à cet égard. Les deux navires cuirassés, le Yashimu et le Fuji, construits chez nos voisins, pour le gouvernement japonais, possèdent chacun 4 tubes sous-marins; ils ont fait des essais absolument remarquables. C’est d’abord le Fuji qui exécute avec plein succès, le 14 juillet dernier, des lancements à 46 nœuds et au-dessous. Le Yashima est soumis ensuite à des essais encore plus probants : le premier eut lieu le 27 août; on fit des tirs au repos, puisa 15, 10 et 17 nœuds; d’autres expériences furent faites le 15 septembre, jusqu’à la vitesse de 17,5 nœuds et donnèrent les meilleurs résultats. La projection de la torpille se faisait au moyen de cordite, et comme on exécuta environ 150 lancements pendant la série des essais, on peut dire que les appareils ont fait leurs preuves. Ce qu’il y a de très remarquable, c’est qu’à 17 nœuds la déviation de la torpille est si faible qu’elle peut être considérée comme négligeable. Le grand croiseur anglais, le Power fui, a fait également, le 1er octobre, des exercices de lancement avec ses quatre tubes sous-marins, à la vitesse de 20 nœuds; les résultats furent complètement satisfaisants. Pourquoi n’avons-nous pas en France la même réussite?
- IjC génie rural en Allemagne. — On a organisé en Allemagne, en Autriche, en Suède, Danemark, etc., des services de génie rural qui rendent chaque jour de grands services à la population des campagnes. Ce sont de véritables syndicats, constitués par des spécialistes et qui veillent au drainage, irrigation des terres. En ce qui concerne les eaux, voici quelques chiffres intéressants. En Alsace-Lorraine, de 1881 à 4895, 591 villages ont été pourvus d’eau potable ; dans le grand-duché de Ilade, 510 communes ont bénéficié de cette amélioration. La dépense n’est montée qu’à 55 francs par habitant. En Prusse, pendant les cinq dernières années, le service technique agricole a dressé les plans et dirigé les travaux de 554 syndicats hydrauliques s’étendant sur une surface totale de 242 714 hectares. Quant aux réunions territoriales, on en a exécuté 50 000 hectares par an durant les vingt dernières années. En Alsace-Lorraine, le service des améliorations a formé depuis sa création en 1877, jusqu’en 1889, 201 syndicats hydrauliques, alors que dans la période des douze années précédentes on n’en avait constitué qu’un seul. En Allemagne, on forme chaque année un corps nombreux de ces ingénieurs agricoles. En 1895, on comptait dans les seuls instituts agronomiques de Bonn et de Berlin 517 élèves suivant les cours de la section du génie rural.
- Tne riche cargaison. — Les mines d’or étant à l’ordre du jour, il est intéressant de signaler une cargaison d’or qui provenait du Transvaal et que, dans un récent voyage, le steamer Grantulli/ Castle apportait à Plymoulh. 11 y en avait à bord, sans que cela pesât cependant beaucoup, pour une valeur de 274784 livres sterling, autrement dit à peu près 7 millions de francs.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 13 décembre 1897. — Présidence de M. Chatix.
- Vaccination contre le venin de vipère. — M. Phisalix étudie l’action de la cholestérine et des sels biliaires, le glycocholate de soude et le taurocholate de soude, au point de vue de l’immunité que ces substances communiquent aux animaux contre le venin de vipère. Déjà des savants étrangers ont enseigné que la bile des serpents contient un vaccin contre leur venin. Le côté caractéristique des recherches de M. Phisalix c’est qu’il a étudié la cause première de cet effet immunisant et qu’il démontre quelle doit être rapportée exclusivement à des substances chimiques. Or, c’est la première fois que l’on signale des substances chimiques jouant le rôle de vaccin. Il prend de la cholestérine d'origine quelconque et pratique une injection sur un cobaye : l’animal devient pendant trente-six heures environ réfractaire à l’action du venin de vipère. Mise en contact direct avec le venin de vipère, la cholestérine n’a au contraire qu’un pouvoir très faible, à peu près insensible sur la puissance de ce venin. M. A. Gautier intervient pour représenter que si les faits annoncés par M. Phisalix sont exacts, ils constituent une grande découverte. Il demande à ce sujet si la cholestérine employée était bien exclusivement un produit chimique, c’est-à-dire si c’était de la cholestérine cristallisée dans l’éther. Les expériences faites avec le glycocholate et le taurocholate de soude ne sont pas très probantes parce que ces sub-tances peuvent garder des ferments. M. Chauveau qui présente la communication de M. Phisalix répond qu’il ne peut affirmer que la cholestérine employée fût de la cholestérine cristallisée, mais que l’intervention d’un ferment, dans les expériences faites avec cette matière, doit être écartée, attendu qu’il a été constaté que la cholestérine conservait son pouvoir immunisant, après avoir été chauffée à 120°. M. A. Gautier objecte qu’il existe quelques ferments qui résistent à une température de 120°. En résumé, les expériences de M. Phisalix, en raison même de leur importance, ont besoin, d’après MM. A. Gautier et Berthclot, d’être contrôlées au point de vue de l’absence de ferments dans les substances immunisantes.
- Varia. — M. Chalin développe de nouvelles considérations sur la signification du nombre et de la symétrie des pétioles. — M. Lœxvy présente l’Annuaire du Bureau des Longitudes pour 1898 et la connaissance des temps pour 1900. L’Annuaire comprend celte année un chapitre des marées dû à M. Ilatt et une nouvelle carte magnétique de France due à M. Moureaux. — M. Perchot expose les résultats obtenus à l’aide d’un appareil spécial pour la détermination directe du point zénital dans les instruments d’astronomie. Il résulte des expériences analysées par lui que le point zénital peut être obtenu avec autant de certitude que le point nadiral par le bain de mercure. »
- Ch. de Yilledeuil.
- MÉCANIQUE PRATIQUE
- Transmission «le mouvement par fil flexible.
- — On sait qu’il est généralement impossible, sans artifices spéciaux, de transmettre une puissance, même très faible, entre les deux extrémités d’un lil flexible non tendu, surtout lorsque ce fil doit suivre un chemin tortueux. Le problème a été résolu par
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- LA NATURE.
- la classique tiraude &t ses équerres de transmission, dont l’origine se perd dans la nuit des temps ; mais le procédé est coûteux, compliqué, et manque totalement d’élégance ; l’invention des sonnettes électriques a fait tomber la tiraude en désuétude. Il est bien des cas, cependant, où il serait avantageux de pouvoir transmettre un léger effort, pour effectuer un déclenchement, agiter une sonnette, etc., sans avoir recours ni à la disgracieuse tiraude, ni à l’électricité qui réclame une pile et un électroaimant. C’est ce qu’obtient M. Ernest Bowden à l’aide d’un système des plus simples et des plus ngénieux, et qu’il suffisait de trouver... comme l’œuf de Christophe Colomb.
- Le principe de la transmission s’explique facilement en regardant la figure 1. Si nous prenons un fil flexible, il sera impossible de transmettre le moindre efi’ort entre ses deux extrémités, mais si
- Fig. 1. — Transmission de mouvement par lil ilexible.
- même en lui faisant décrire une boucle (n° o). On peut ainsi exercer une action à distance, en posant le double fil deM. Bowden à demeure, comme un fil de sonnerie électrique. L’inventeur avait imaginé ce système en vue de transmettre le mouvement à un frein de bicyclette ; mais on voit par cette courte description que ses applications sont infiniment variées : sonnettes, transmetteurs d’ordres, commande de compteurs à distance, etc. Dans bien des cas, la transmission mécanique sera plus simple et plus avantageuse que la transmission électrique, et il conviendra de lui donner la préférence.
- L'ii écrou Indesserrable. — Dans toutes les machines soumises à des vibrations, les écrous ont une tendance à se desserrer à laquelle on a cherché à porter remède au moyen d’une foule de dispositifs dont le plus connu est le contre-écrou. Mais ce contre-écrou n’est pas toujours efficace, et ne donne pas une sécurité absolue, comme le système repré-
- nousjuxtaposons<7ew.rfils flexibles en les solidarisant de distance en distance, et si nous imprimons un mouvement relatif aux deux fils À et B (fig. 1, n° 1), à l'une des extrémités, le mouvement se transmettra à l’autre extrémité, et l'on pourra utiliser ce déplacement malgré la flexibilité des deux fils, bien qu’ils soient libres et flottants dans l’espace.
- En pratique, il est préférable que Lun des fils soit inextensible et l’autre incompressible, et l’on obtient de bien meilleurs résultats en disposant les deux fils concentriquement. À cet effet, le fil extérieur est roulé en spirales juxtaposées, et le fil inextensible est disposé à l’intérieur du tube formé par la spirale du fil extérieur (fig. 1, n° 2). Le fil intérieur travaille alors à l’intérieur du tube dont on fixe soigneusement les deux extrémités. Les tensions exercées sur le fil intérieur se transmettent ainsi librement, même en laissant le fil extérieur flottant,
- Fig. 2. — Écrou indcsserrable.
- senté ci-dessus et dont le mécanisme se comprend presque à la simple inspection delà figure 2. L’écrou et le boulon sont solidarisés à l’aide d’une pièce en acier à trois branches, dont la branche centrale vient s’engager dans une cavité polygonale ménagée dans la tête du boulon, et les branches extrêmes dans des encoches ménagées sur les cotés de l’écrou. La forme de ces encoches est telle que les branches latérales doivent s’écarter légèrement pour y pénétrer, et la pièce en acier une lois engagée ne peut plus sortir qu’en exerçant une traction latérale énergique sur les deux branches extrêmes à la fois. Ce dispositif, imaginé par M. John Hartman, pourra, pensons-nous, être utilisé dans la construction des automobiles pour fixer solidement les parties dont un desserrage éventuel présenterait quelque danger. L. Dubau.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- .V 1282. — 25 DÉCEMBRE 1897. LA NATURE.
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- LE NOUVEAU PAVILLON MAGNÉTIQUE DE L’OBSERVATOIRE DU PARC SÀINT-MAUR
- Nous avons décrit ici-même1 les appareils en usage à l’observatoire du Parc Saint-Maur, pour la mesure de la valeur absolue et des variations, régulières et irrégulières, des éléments magnétiques; nous avons également donné le plan et la vue du pavillon construit en 1882, à l’occasion des expéditions polaires internationales.
- L’uniformité des méthodes de recherches, de réduction et de publication des observations, réalisée en ce qui concerne la Météorologie, est maintenant l’ob-j et des préoccu-pations de la Conférence internationale. Déjà, par suite d’une entente, des observations magnétiques spéciales, rigoureusement simultanées, doivent être entreprises à des époques déterminées, dans les divers observatoires magnétiques du globe.
- Notre pavillon, établi à l’étroit, avec des ressources trop mesurées, ne répondait plus aux besoins actuels d’un établissement central. Nous avons saisi avec empressement l’occasion qui s’est présentée, en 1896, de construire un nouveau pavillon mieux en harmo-
- Vue du nouveau pavillon magnétique.
- NORD
- EST
- Cabinet noir
- Vestibule 'ür, 7
- I Séismographe
- OUEST
- Échelle,
- nie avec le développement des études magnétiques, et d’utiliser l’ancien aux recherches momentanées de caractère international.
- Le nouveau pavillon (fig. 1.), isolé des autres bâtiments de l’observatoire, a la forme d’un rectangle de 10 mètres de long sur 6 mètres de large, avec une
- 1 Yoy. n°“ 511 et 515, des 17 et 51 mars 1885, p, 240 et 270.
- avancée servant de vestibule, et où se trouve ménagé l'escalier qui descend aux caves ; son grand côté est orienté dans le méridien géographique. Au rez-de-chaussec, une grande salle, occupant toute la surface
- du rectangle, permet de procéder aux expériences délicates que nécessite la détermination des constantes des instruments; cette salle, largement éclairée, peut se transformer aisément en chambre noire. Mme Hervé Mangon, qui a déjà offert à l’observatoire du Parc Saint-Maur la riche bibliothèque et divers instruments de son mari, a bien voulu nous donner une nouvelle marque d’intérêt par le don du buste en marbre de M. Hervé Mangon, dont
- le rôle fut prépondérant dans la création du Bureau central météorologique, et, par suite, de l’observatoire du Parc Saint-Maur, qui en est une dépendance : le buste du premier président du Conseil du Bureau central météorologique orne la grande salle du rez-de-chaussée1.
- Les instruments destinés aux observations régulières sont installés dans les caves ; celle du sud renferme les appareils de variations à lecture directe; l’enregistreur photographique de M. Mascart est en service dans la cave du nord. Sous le vestibule, une salle est disponible pour un séismographe (fig. 2).
- Il est inutile de dire que dans la construction il
- 1 Yoy. l’article nécrologique sur M. Hervé Mangon, n° 782, «lu 20 mai 1888, p. 401.
- Lecé^jreA^i
- SUD
- Plan tics caves magnétiques.
- 26° année. — 1er semestre.
- 4
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- LA NATURE.
- n’est entré aucune pièce de fer, aucuns matériaux susceptibles d’action sur l’aiguille aimantée; la brique, la tuile, le ciment même, ont été proscrits. On s’est assuré d’ailleurs, par des expériences directes, que le champ magnétique terrestre n’est aucunement altéré dans l’intérieur du pavillon.
- Le moment magnétique des aimants étant modifié par la température, une installation souterraine est indispensable pour que les variations du thermomètre, dans le cours d’une journée, soient réduites à un minimum. A l’observatoire de Pavlovsk, près de Saint-Pétersbourg, on entretient constamment une température uniforme de 20° dans le pavillon magnétique au moyen d’une circulation d’air chaud ou froid, selon que la température extérieure est au-dessous ou au-dessus de 20°. La méthode est parfaite, mais son application dispendieuse est hors de proportion avec nos modestes budgets. Nous nous sommes astreint seulement à réaliser des conditions telles que la variation diurne de la température dans les caves lut annulée. Ce résultat est obtenu d’une manière très satisfaisante, ainsi qu’en témoignent les tracés fournis régulièrement par un thermomètre enregistreur. Le coefficient de température de chaque barreau ayant été déterminé préalablement, il est tenu compte, dans la réduction des observations d’intensité, de l’influence produite sur le moment magnétique des aimants par les variations lentes de la température d’une saison à l’autre.
- Les diverses modifications que la température apporte dans les aimants ne sont pas les seules dont on ait à se préoccuper. Les variations d’humidité ont également une influence, non plus sur les aimants, mais, ce qui revient au même dans la pratique, sur les fils de cocons de soie qui les supportent. Dans l’ancienne cave, ces variations étaient à peu près nulles; mais l’état hygrométrique de l’air se maintenait à un degré fort élevé, voisin du point de saturation, et cette humidité excessive avait des inconvénients d’une autre nature sur l’état des appareils. Dans la nouvelle installation, l’influence des variations d’humidité se trouve supprimée par suite de la substitution de fil métallique au fil de cocon de soie; les étriers qui supportent les barreaux sont maintenant fixés à des fds de maillechort de 0mm,05 de diamètre. Cette modification permet, au moyen d’une circulation d’air prévue dans la construction, d’établir ou de supprimer, de régler, en un mot, l’aération des caves. Tous les appareils sont d’ailleurs recouverts de cloches en verre, sous lesquelles on a disposé des dessiccateurs.
- Des soins minutieux ont été apportés à l’installation de l’enregistreur magnétique, qui est l’appareil fondamental; les courbes obtenues, d’une grande finesse, peuvent être dépouillées avec toute la précision désirable. Ce résultat est important encore à d’autres points de vue. L’introduction par M. Mas-cart d aimants très courts dans les appareils de
- variations a permis de constater que les petits aimants sont susceptibles de fournir, outre leur rôle propre, de précieuses indications sur les tremblements de terre; et, depuis que Lusage s’en est répandu, on a reconnu en outre, d’une façon indiscutable, l’influence des manifestations orageuses sur l’aiguille aimantée.
- Le premier tremblement de terre nettement enregistré par nos magnétographes est celui de Nice, du 25 février J 887 ; la courbe correspondante de notre déelinograpbe a été reproduite dans ce journal1. La plupart des grands mouvements séismiques survenus depuis cette époque ont laissé une trace très nette sur nos courbes magnétiques; nous citerons seulement ceux du 11 juillet 1889 à Werny (Asie centrale), du 25 octobre de la même année à Galli-poli, du 15 janvier 1891 à Cberchell (Algérie), du 10 juillet 1894 à Constantinople, du 26 août 1896 en Islande, et du 12 juin 1897 dans l’Inde.
- Les troubles spéciaux provoqués sur les aimants par les orages et les tremblements de terre, ne peuvent d’ailleurs pas être confondus avec les perturbations d’ordre magnétique; ils se traduisent, non par un déplacement, mais par un épaississement plus ou moins marqué des courbes, dû à la vibration momentanée du barreau. On conçoit que des aimants très courts et de faible section, dont le moment d’inertie est par suite très réduit, obéissent mieux que les grands aux moindres impulsions reçues.
- Nous ne voudrions pas affirmer que les orages et les tremblements de terre soient les seuls phénomènes susceptibles d’aclion sur l’aiguille aimantée ; nous avons en effet constaté sur nos courbes un assez grand nombre d'accidents qui n’ont pas reçu d’explication. Mais ici une réserve s’impose, car la présence momentanée d’objets en fer dans le voisinage du pavillon magnétique se traduit également sur les courbes par des manifestations semblables à celles que nous venons de rappeler. Avant d’assurer que certains mouvements irréguliers des aimants sont dus à une cause physique, il convient d’abord de protéger les abords du pavillon contre toute influence perturbatrice étrangère : cette condition se trouve également réalisée désormais.
- Les observations, qui se poursuivent concurremment dans les deux pavillons pendant tout le mois de décembre, cesseront le 1er janvier prochain dans l’ancien. Le magnétographe devenu disponible sera modifié, de façon à donner aux appareils spéciaux toute la sensibilité requise pour les observations internationales. L’observatoire magnétique du Parc Saint-Maur, installé dans des conditions convenables, sera alors complètement outillé et pourra soutenir la comparaison avec les établissements similaires de l’étranger. Th. Moureaux,
- Directeur de l'observatoire magnétique du Parc Saint-Maur.
- 1 \'oy. n° 718, du 5 mars 1887, p. 222.
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- LA N AT LUE.
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- LV PLANÈTE TÉNUS
- La planète Vénus est celle qui s’approche le plus de la Terre. Ses dimensions sont presque les mêmes que celles de la Terre. Plus rapprochée du Soleil que nous, elle effectue sa révolution autour du Soleil en 224 jours et demi; mais sa distance à la Terre varie dans de grandes proportions. Comme sa distance au Soleil est d’environ les deux tiers du rayon de l’orbite terrestre, on voit que quand elle se trouve en conjonction inférieure, c’est-à-dire entre le Soleil et nous, sa distance à la Terre n’est que le tiers de la distance du Soleil à la Terre, tandis que quand elle se trouve à la conjonction supérieure, c’est-à-dire au delà du Soleil, sa distance est égale à 1 fois et 2/5 la distance du Soleil à la Terre. Naturellement ses dimensions apparentes varient dans la proportion inverse. Mais de plus elle présente le phénomène des phases. A l’époque de la conjonction inférieure, elle tourne vers nous celui de ses deux hémisphères qui n’est pas éclairé et nous est par conséquent invisible. Quelques jours après, elle nous apparaît sous la forme d’un croissant délié qui va s’élargissant de plus en plus à mesure qu’elle semble s’éloigner du Soleil du côté de l’occident : c’est alors qu’on la voit briller le matin avant le lever du Soleil et qu'on lui donne le nom à"Étoile du Berger. Peu à peu elle prend la forme d’une demi-lune, puis la partie visible s’élargit encore et enfin arrive la conjonction supérieure où elle nous présente la totalité de son hémisphère éclairé; malheureusement elle apparaît alors à côté du Soleil, se trouve noyée dans les rayons de cet astre et est par conséquent inobservable. Puis sa figure apparente subit en sens inverse les mêmes modifications, tandis qu’elle apparaît le soir à l’orient du Soleil, jusqu’à l’époque de la nouvelle conjonction inférieure. Il faut ajouter qu’à cause des variations de la distance de Vénus à la Terre, le diamètre apparent de la planète est d’autant plus grand que la phase est plus accusée : c’est quand Vénus apparaît sous la forme d’un croissant délié que son diamètre paraît le plus grand. La figure 4 montre, avec leurs grandeurs apparentes relatives, les différents aspects de la planète Vénus ; nous n’y insisterons pas davantage, mais nous avons cru devoir rappeler toutes ces circonstances pour montrer combien elles sont défavorables aux observations puisque, entre autres difficultés, on ne voit jamais le disque entier de la planète. Aussi ne faut-il pas s’étonner si les connaissances que nous avons sur cette planète sont beaucoup moins avancées que celles que nous avons pu acquérir sur la Lune ou sur la planète Mars.
- Une chose pourtant est hors de doute, c’est que Vénus est entourée d’une atmosphère beaucoup plus dense et beaucoup plus élevée que celle de la Terre. L’existence et l’épaisseur de cette atmosphère se révèlent à nos yeux : 1° par la pénombre qui accompagne la limite intérieure du croissant, et qui correspond au
- crépuscule des lieux de Vénus pour lesquels le Soleil se lève ou se couche; 2° par le prolongement des cornes du croissant au delà de leur limite géométrique; 5° par le fait que le bord extérieur de la planète est toujours plus brillant que la région centrale; 4° par les observations faites lors des derniers passages de Vénus devant le disque du Soleil et qui ont montré, au moment où le disque de Vénus était à moitié entré sur celui du Soleil sous la forme d’un demi-cercle noir, que la partie de Vénus restée en dehors du Soleil était entourée d’un mince anneau lumineux produit par l’illumination de l’atmosphère (fig. 5). M. Bouquet de la Grye, qui a discuté ces observations, estime que l’atmosphère de Vénus est cinq fois plus élevée que celle de la Terre. Enfin l’analyse spectrale a montré dans cette atmosphère la présence de la vapeur d’eau, d’où ii est permis de conclure à la probabilité de nuages plus ou moins opaques. Aussi cette couche atmosphérique, qui agit comme un voile pour nous cacher la partie solide de la planète, constitue-t-elle une difficulté de plus.
- Le premier problème à résoudre serait celui de la détermination de la rotation de la planète et de la position de son axe.
- Or, à cet égard, les opinions des astronomes ont singulièrement varié.
- C’est que pour résoudre le problème il faudrait distinguer à la surface de la planète des taches persistantes et suivre leur mouvement apparent comme on l’a fait pour la Lune, le Soleil, Mars, Jupiter. Malheureusement, on ne voit presque rien sur la planète Vénus. Beaucoup d’astronomes n’y ont jamais vu qu’une surface d’un blanc uniforme. D’autres ont vu ou cru y voir des taches sombres ou blanches ; mais ces taches sont à peine sensibles, sans contours précis : ce ne sont que des ombres fugaces et mal déterminées. Une autre circonstance curieuse, c’est que si les dessins faits par un même observateur présentent quelque ressemblance entre eux, ceux qui ont été obtenus par des observateurs différents sont totalement différents, comme on peut s’en convaincre en examinant les gravures qui accompagnent cet article. Jamais on n’a pu sur Vénus, comme on l’a fait sur Mars, identifier deux taches vues par des observateurs différents. Aussi les cartes de Vénus qui ont été publiées un peu trop hâtivement sont-elles absolument illusoires.
- Les premières observations remontent à Dominique Cassini qui les a faites à Bologne en 1666 et 1667. Nous donnons (fig. 5, n° 1 ) l’un des croquis de Cassini reproduit par le Bulletin de la Société astronomique
- Fi;;. 1. — Vénus observée par W. llerscliel.
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- J,A NATURE.
- de France. On voit sur la droite, près du terminateur, une tache blanche.qui n’a jamais été revue depuis et d’après laquelle Jacques Cassini, fils de Dominique, a conclu à une rotation s’effectuant en un peu moins de 24 heures autour d’un axe à peu près couché dans le plan de l’orbite.
- En 1726, Bianchini, dont le n° 2 de la figure 3 reproduit l’un des croquis, toujours d’après la même autorité, conclut à une période de rotation de 24 jours et 8 heures. Le n° o de la ligure 5 .*.
- nous montre un dessin de Scbrœ-ter fait en 1788 ; cet astronome estime la durée de la rotation à 23 heures et 21 minutes; mais il a dù se laisser influencer par le nombre de Cassini, car une discussion approfondie de ses dessins ne permet guère d’en déduire quoi que ce soit. William Herschel, dont l’habileté et la patience sont bien connues, a renoncé à l’observation de Vénus; il juge que les taches prennent souvent l’aspect d’illusions d’optique. La figure 1 reproduit l’un de ses dessins. En 1878,
- M. Schiaparelli annonça que les observations très soignées qu’il avait faites à Milan ne pouvaient s'accorder ni avec la rotation de 24 heures, ni avec celle de 23 jours, ni même avec aucune période relativement courte ; il faut admettre que la durée de la rotation de Vénus est
- juste égale à celle de sa révolution autour du Soleil, de manière que la planète tournerait toujours le même hémisphère du côté du Soleil, de même que la Lune nous présente toujours la même face. Dans cette hypothèse, l’une des moitiés de Vénus aurait éternellement la lumière et la chaleur, tandis que l’autre resterait éternellement dans la nuit et le froid. L’opinion de M. Schiaparelli repose surtout sur la persistance d’une tache ou plutôt d’une ombre voisine de la corne australe (fig. 3, n° 4). Le dessin étant renversé, comme on le voit dans les lunettes, la
- Fig. 2. — Vénus observée par M. Fontséré.
- Fig. 3. — Observations île Vénus :
- n” 1, par Cassini; n” 2, par Bianchini; n” 3, par M. Sehrocter ; n* 4, parM. Schiaparelli; n" o, par M. Percival Lowell; n” 6, par MJI. Flammarion et Autoniaili.
- corne australe est la plus élevée. Cette ombre reste visible à la même place pendant des heures, des jours, des mois, des années.
- Enfin, en 1896, M. Percival Lowell, dont nous avons rapporté récemment les remarquables observations relatives à la planète Mars1, obtient à son observatoire, dans d’excellentes conditions atmosphériques, des dessins dont nous reproduisons quelques-uns (fig. 3, n°5). La planète est observée en plein jour, à
- une époque voisine de la conjonction supérieure. Ces configurations singulières subissent peu de changements d’une heure à l’autre et M. Lowell y voit une confirmation des idées de M. Schiaparelli et de la durée de rotation égale à celle de la révolution. Si l’on ajoute que M. Barnard, à l’observatoire Lick, a déclaré n’avoir jamais pu distinguer aucune tache certaine sur la planète, sauf une seule fois, et si l’on tient compte de quelques autres observations, en particulier de celles qui ont été faites à Juvisy par
- MM. Flammarion et Antoniadi (fig. 3, n° 6), et par M. Fontséré en Espagne (fig. 2), on aura tous les éléments de la question.
- Il reste à discuter toutes ces observations et à en tirer une conclusion. C’est ce que vient d’essayer de faire M. Flammarion. D’abord la dissemblance de tous les dessins de configurations Les étonnants
- laisse à supposer que beaucoup dessinées sont de pures illusions, dessins de M. Lowell, malgré l’autorité de l’auteur, paraissent dans ce cas. Si l’on réfléchit à l’aspect rayonnant des lignes noires observées et au fait que des configurations analogues ont été observées sur d’autres disques planétaires, notamment sur les satellites de Jupiter, on sera porté à y voir un effet d’optique dù au passage de la lumière à travers
- 1 Voy. n° 1203. du 28 août 1897, p. 193.
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- LA NATURE.
- pf
- 00
- les verres du télescope, diffractions, interférences, etc.... Si on examine les autres dessins, on n’y trouve de commun qu’une sorte d’ombre qui part de chacune des cornes du croissant et s’étale sur la partie centrale du disque. D’après M. Schiaparelli cette ombre serait plus grande et plus prononcée dans le voisinage de la corne australe, et c’est la persistance de cette ombre qui a fait admettre la rotation en 224 jours. Or, lait remarquer M. Flammarion, la forme même de cette ombre conduit à penser qu’elle est produite dans l’atmosphère de Vénus et a plus de rapport avec la phase, avec l'illumination solaire qu'avec le corps même de la planète. En d’autres termes, cette ombre est une conséquence même de la manière dont la planète est éclairée, et cela peut être de deux manières : il peut se faire qu’elle soit un effet d optique dont il resterait, il est vrai, à expliquer la cause; mais il peut arriver aussi qu’elle ait une existence objective dans l'atmosphère de laplanète. Ne voit-on pas sur la Terre même, pendant plusieurs jours de suite, les mêmes circonstances atmosphériques se reproduire aux mêmes heures : brouillard le matin, nuages dans la journée, éclaircie vers la fin du jour et au coucher du Soleil? Un observateur qui verrait de loin la Terre, dans ces circonstances, observerait évidemment des ombres atmosphériques qui occuperaient une place invariable par rapport à la ligne des points où le Soleil se couche ou se lève, c’est-à-dire par rapport au terminateur. C’est probablement ce qui arrive sur Vénus. Les points où nous voyons l’ombre persistante de M. Schiaparelli sont toujours à la même heure et ont, pendant une période plus ou moins longue, le même ciel mé-
- téorologique si l’on peut s’exprimer ainsi. De la sorte la persistance de cette ombre n’implique plus l’absence de rotation relative de la planète : celle-ci tourne réellement; mais les ombres atmosphériques suivent l’éclairage et nous les voyons toujours à la même place, quoique, en réalité, elles se déplacent
- par rapport aux régions de Vénus.
- Cette théorie suppose évidemment qu’on ne voit jamais la surface solide de la planète et qu’on n’observe que l’atmosphère. Or, il y a de fortes raisons pour penser qu’il en est ainsi : d’abord le caractère indécis des taches observées, mais surtout l’épaisseur de l’atmosphère de Vénus. Il n’v aurait rien d’étonnant, étant données la proximité relative du soleil, la chaleur qui en résulte, et l’activité de l’évaporation qui en est la conséquence,
- à ce que l’atmosphère de Vénus fût constamment remplie de nuages, comme cela arrive si souvent chez nous. Dans ce cas, il est évident qu’on ne verrait que cette couche uniforme de nuages. Mais cette hypothèse n’est pas nécessaire. Quand même l’atmosphère de Vénus serait aussi pure que nos ciels les plus sereins, il est presque certain que cette atmosphère nous empêcherait encore de voir la surface solide. 11 suffit, pour s’en convaincre, d’observer que l’atmosphère terrestre absorbe plus du tiers de la lumière solaire; cette lumière absorbée n’est pas détruite : elle est diffusée dans tous les sens; c'est elle qui produit l’éclat bleu du ciel. Vue de l’extérieur, l’atmosphère serait aussi lumineuse que l’est le ciel serein, et cet éclat continu gênerait certainement beaucoup, s’il ne l’empêchait tout à fait, la vue des détails de la surface. Ajoutons que la lumière réfléchie par le sol, perdrait aussi un autre tiers de son inten-
- Fig. i. — Phases de la planète Vénus. Aspects et dimensions apparentes à diverses époques.
- Fig. 5. — Anneau lumineux produit autour de la planète Vénus par la réfraction de la lumière solaire à travers son atmosphère, au moment de son passage devant le disque solaire.
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- LA NATURE.
- site en traversant de nouveau l'atmosphère; d’où il suit que, pour un observateur extérieur, la présence de l’atmosphère diminuerait des deux tiers l'éclat de la surface terrestre et produirait en outre un champ lumineux sur lequel viendraient se noyer les détails de la surface. Dans ces conditions, il est vraisemblable que l’observateur ne pourrait distinguer nos mers et nos continents qu’avec la plus grande difficulté. En ce qui concerne Vénus, dont l’atmosphère est beaucoup plus dense, cet effet est assurément plus accentué. Déjà sur Mars l’atmosphère, pourtant relativement rare, efface les configurations dans le voisinage du bord, là où les rayons lumineux la traversent obliquement sur une plus grande épaisseur. Sur Vénus, cet effet d’effacement se produit vraisemblablement jusqu’au centre.
- Telles sont les idées nouvelles que M. Flammarion vient de soumettre aux astronomes, dans le numéro d’octobre du Bulletin de la Société astronomique, et qu’il a exposées de vive voix à la séance du 5 novembre. 11 est impossible de méconnaître avec quelle vraisemblance elles se présentent. On peut regretter qu’elles conduisent à une conclusion négative, puisqu’elles aboutissent à l’impossibilité de déterminer la rotation delà planète par l’observation du disque, mais le fait qu’une théorie conduit à des conclusions désagréables ne diminue pas son degré de probabilité. Heureusement, il y a une autre manière d’aborder le problème : c’est l’analyse spectrale et l’application de la méthode Fizeau-Doppler ; mais cette méthode, en ce qui concerne les planètes, présente des difficultés spéciales, et il faudra peut-être attendre longtemps encore avant qu’on puisse obtenir par cette voie quelques résultats sérieux. M. Fouché,
- Yicu-président de la Société astronomique de France.
- _________
- LES VOIES DES CHEMINS DE FER FRANÇAIS
- Nous ne nous occuperons dans ce qui va suivre, que des voies principales, c’est-à-dire de celles qui sont parcourues par les trains se rendant d'une gare à une autre. Nous laisserons de côté les voies accessoires (voies de garage, de manœuvre, voies de service en général) qui sont généralement posées en matériel de second choix.
- C’est sur les voies principales que se porte surtout l’attention du personne], pour permettre la circulation, souvent à grande vitesse, de trains fréquemment très chargés.
- A la fin de l’année 1896, la composition des réseaux exploités par les six grandes compagnies (Nord, Est, Lyon, Orléans, Midi, Ouest) et l’Administration des chemins de fer de l’État, était la suivante :
- Voies
- en acier Vignole (28 50(1 km).
- Rails de 50 kgr
- — 54 —
- — 59 —
- — 15 et 15 —
- — -18 —
- Divers
- 15100 km 8 700 —
- 2 900 —
- 2 100 — (rails renforcés.)
- 450 — —
- 1 050 —
- 1 Rails de _______
- __
- —
- Divers
- Voies en fer :
- 58 kgr 18 000 km
- 40 — 570 —(rails renforcés.)
- 42,5 900 — —
- 41 — 420 — —
- 210 —
- 5 600 —
- Longueur totale (les voies : 51 800 kilomètres.
- A la même date, la longueur totale des lignes exploitées était de 36 000 kilomètres environ. C’est dire que, sur les grands réseaux français, la double voie existe sur environ 45 pour 100 (un peu moins de la moitié) des lignes exploitées. La double voie est employée pour les lignes à fort trafic et pour les lignes stratégiques. La plus grande partie du réseau de l’Est est à double voie.
- Au point de vue de la forme des rails, le réseau Français est partagé en deux groupes. On emploie sur les réseaux du Nord, de l’Est et de Lyon les rails du type fignole (ou à patin) qui s’appuient sur traverses soit directement, soit par l’intermédiaire d’une fourrure généralement en acier, quelquefois en feutre.
- La voie des réseaux Ouest, État, Midi, Orléans est composée pour la majeure partie de rails dits a double champignon. Ces derniers s’appuient sur des coussinets en fonte fixés sur les traverses. On avait imaginé ce type à l’origine des chemins de fer pour permettre le retournement après usure.
- Le métal employé pour les rails à l’origine était le fer. L’acier était en effet, à cette époque, un métal de luxe qui ne pouvait s’obtenir qu’en petites quantités et à un prix élevé. L’usure des rails de fer était très rapide et les chemins de fer eurent, dès l’origine de la découverte de llessemer, les plus grands avantages à employer l’acier lorsque la fabrication en grand fut devenue industrielle, c'est-à-dire vers 1867. Depuis cette époque toutes les voies onfefi^pWSées en acier, sauf ce qui a dû être employé pour utiliser des stocks ou terminer des marchés de rails en fer. Aujourd’hui, la longueur des voies en fer n’est plus que de 3600 kilomètres (soit environ 7 pour 100 de la longueur totale des voies). Elle diminue chaque année de plusieurs centaines de kilomètres.
- Le poids des rails par mètre linéaire a considérablement varié. Lors de l’apparition de l’acier, on a substitué aux rails de fer Yignole qui pesaient en général de 35 à 36 kilogrammes, des rails en acier plus légers (30 kilogrammes pour le Nord et l’Est, 34 kilogrammes pour le P.-L.-M.). La Compagnie P.-L.-M. seule adopta un rail plus lourd (39 kg) pour ses grandes lignes. Ces poids ont été notablement augmentés aujourd’hui (43 kg et 45 kg pour le Nord et l’Est, 48 kg pour le P.-L.-M.).
- Pour le type à double champignon on a conservé, à l’origine de l’acier, à peu près l’ancien profil des rails en fer correspondant à des poids voisins de 38 kilogrammes par mètre courant. Aujourd’hui ce poids est porté à 40 kilogrammes (État), 42k8,50 (Orléans), 44 kilogrammes (Ouest). Le champignon supérieur a été renforcé ; les rails à double champignon sont donc aujourd’hui dissymétriques.
- La longueur des rails, qui était à l’origine de 5 à 6 mètres, a été considérablement augmentée au fur et à mesure que l’outillage des usines devenait plus puissant. On peut aujourd’hui laminer à deux ou trois longueurs les rails de 11 à 12 mètres. 11 faut pour cela des machines de laminoirs très puissantes.
- Le tonnage total des rails en acier posés sur les voies principales des sept grands réseaux atteint près de 4 000 000 de tonnes. Si on ajoute les voies accessoires, le poids total des rails d’acier atteint environ 4 500 000 tonnes qui ont été fabriquées en une trentaine d’années,
- La dépense correspondante pourrait s’évaluer à près de 700 millions de francs en comptant le prix moyen de 150 francs la tonne. En réalité, la dépense a été beaucoup plus élevée parce que le prix des rails a été bien supérieur
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- LA NATURE.
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- à 150 francs dans la première période de fabrication, alors que l’outillage n’avait pas reçu toutes les améliorations postérieures.
- Les plus anciens rails d’acier ont donc aujourd’hui une durée de 50 ans environ, et c’est précisément sur les lignes les plus fatiguées, les premières armées en acier, que cette durée a été obtenue. Aussi, en certains points, les remplacements partiels ou totaux ont déjà été très considérables. L. Rkmox.
- LES MANUSCRITS FALSIFIÉS
- PAR LA PHOTOGRAPHIE
- Les photographes ne sont pas gens aussi dangereux qu’on a voulu le faire croire en disant qu’ils peuvent faire pendre un homme avec quatre lignes de son écriture.
- Certes, à l’aide de l’objectif, on peut imiter les lettres avec la plus grande facilité ; mais cela ne suffit pas, ainsi qu’on va en juger par l’exposé succinct du procédé qui a été indiqué.
- Lorsqu’on veut faire écrire à quelqu’un le contraire de ce qu’il pense ou sa condamnation à mort, on se procure quelques lettres de lui; on découpe là-dedans les mots, les membres de phrases, les lettres isolées qui formeront le taux manuscrit et on les juxtapose les uns auprès des autres en les collant sur une feuille de papier blanc. Ce petit travail ne nécessitera pas un matériel bien compliqué : de fins ciseaux, un peu de gomme, beaucoup de patience et d’adresse. Mais, tel qu’il est, le résultat ne pourrait être utilisé, tous les raccords étant visibles. L’ap-pareil photographique intervient alors; on fait un cliché de cette maquette et on s’arrange de manière à avoir ce qu’on appelle un cliché dur, c’est-à-dire présentant des noirs très intenses et des blancs très purs.
- La plaque au gélatino-bromure peut donner ce résultat avec un temps de pose et un développement appropriés, mais le procédé au collodion le donnera plus sûrement encore. Quoi qu’il en soit, on arrivera facilement à obtenir un cliché où tous les raccords disparaîtront dans le fond uniformément noir; les lettres seules resteront transparentes, prêtes à s’imprimer sur un papier sensible à la lumière. Mais quel procédé employer pour obtenir un positif qui puisse être présenté comme un véritable manuscrit. S’il s’agit de reproduction dans une publication, on fera une gravure sur zinc, procédé bien connu et employé journellement dans la presse. Mais, si bien fait qn’il soit, un cliché de ce genre présentera toujours un caractère de sécheresse qui permettra de le différencier facilement d’un manuscrit ; du reste il ne pourrait être imprimé qu’aux encres grasses. Nous ne voyons donc pas trop que ce procédé puisse être utilisé par le faussaire. 11 est à présumer qu’il préférera employer un moyen purement chimique; s’il s’agit d’avoir une pièce soi-disant authentique, on sensibilisera le papier choisi en le salant et en le faisant flotter sur une solution de nitrate d’argent, ou bien encore au moyen d’un sel de fer (procédé cyanotype) viré ensuite au noir; tout cela est bien connu aussi.
- Mais, quel que soit le procédé auquel on aura eu recours, il ne sera pas possible d’y introduire l’encre employée ordinairement pour l’écriture manuscrite, ni le léger déchirement que produit la plume sur le papier, et il ne faudra pas être expert bien habile pour découvrir la fraude. G, jqt
- GUÉRISON DES SOURDS ET SOURDS-MUETS
- AU MOYEN DU MICROPHONOGRAPHE DUSSAUD
- (système berthon-dussaud-jaurert)
- Les lecteurs de ce journal ont déjà lu la description1 du microphonographe inventé par M. Dus-saud et destiné à l’éducation et au réveil du sens de l’ouïe chez les personnes atteintes de surdi-mutité ou de surdité.
- Depuis cette époque M. Dussaud, avec la collaboration de M. Jaubert, docteur ès sciences, ancien préparateur à l’Ecole polytechnique, a travaillé au perfectionnement de cet appareil. Ces deux chercheurs eurent la bonne fortune d’être mis en rapport avec M. Berthon, l’ingénieur bien connu par ses travaux en téléphonie, administrateur de la Société industrielle des téléphones, grâce à la collaboration duquel il nous est possible de présenter aujourd’hui le dernier modèle du microphonographe Dussaud (système Berthon-Dussaud-Jaubert).
- Le microphonographe a atteint en peu de mois, entre les mains de M. Berthon2, une très grande perfection. Aujourd’hui, par son intensité réglable à volonté, et par sa netteté, le microphonographe laisse bien loin derrière lui tous les systèmes de phonographes.
- Le I)r Laborde a récemment présenté à ses collègues de l’Académie de médecine le microphonographe ainsi'perfectionné, et a fait à l’Académie même des expériences sensationnelles sur des sujets sourds-muets.
- Le Dl Laborde a continué ses recherches dans le laboratoire de physiologie dont il est directeur, et il vient de publier le résultat de ses expériences dans une Note5 qui fera époque dans les annales de la science. Nous laissons la parole à l'éminent académicien :
- Nous possédons un microphonographe perfectionné qui donne des résultats du plus haut intérêt, que l’on peut facilement constater, et qui ont sur ceux du phonographe employé seul, les principaux avantages suivants, relativement aux sons engendrés ;
- 1° Ils sont considérablement renforcés ;
- 2° Ils ont plus de netteté, et ne présentent presque plus de nasillement;
- 3° Us peuvent être réglés à volonté dans leur intensité, en sorte que l’instrument constitue en même temps un audiomètre des plus sensibles ;
- 4° Us peuvent être entendus de nombreuses per-
- 1 Voy. 11° 1236, du 6 février 1897, p. 145.
- 2 M. Berthon a fait toutes ses recherches dans les ateliers de la Société industrielle des téléphones, 25, rue du Quatre-Septembre. C’est cette dernière, et M. Henry beauté, membre de l’Institut, professeur à l’École polytechnique, son directeur, qui se sont chargés de construire et de répandre le microphonographe.
- 3 Note pour servir à la connaissance du microphonographe Dussaud (système Berthon-Dussaud-Jaubert) et ses applications déjà réalisées ou entrevues, par le Dr J -V. Laborde, de l’Académie de médecine de Paris, chez Goupy et Maurin, 71, rue de Rennes. 1897.
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- LA NATURE.
- sonnes à la lois, grâce aux communications multiples du téléphone ;
- 5° Enfin ils peuvent être entendus à de très grandes distances.
- Nous nous trouvons ainsi en possession d'un véritable parleur automatique, facilement maniable pour les exercices auditifs, nécessaires à la récupération et à l’apprentissage de la parole, chez les sourds-muets qui ont conservé un vestige suffisant d’audition et dont l’éducalion va pouvoir être entreprise et réalisée sur de nouvelles bases; car jusqu’à présent, et à défaut de moyens appropriés, on a négligé, et 0:1 a dû le faire systématiquement, l’intervention de l’organedel’ouïe, abandonné ainsi à son défaut natif de l’onc tionne-ment.
- C’est en un mot l’apprentissage de la parole, par le mécanisme audible qui y préside naturellement, rendu possible et facile par l’appareil nouveau, et cela dans des conditions singulièrement favorables; car, avec un seul appareil, et grâce aux multiples communications avec le téléphone, un professeur peut poursuivre simili tanément l’éducation d’un grand nombre de sujels. Déjà par son intervention, et sa liante compétence, dans la spécialité qui nous occupe, M. le l)r Collé — mais, sur un théâtre malheureusement trop restreint et qui, nous l’espérons, va pouvoir cire étendu par l’entremise des
- pouvoirs publics — a obtenu des résultats pratiques remarquables et pleins de promesses.
- l°Non seulement par son fonctionnement mixte
- et approprié, le microphonographe sollicite et commande le réveil fonctionnel de l’organe perceptif des sons, jusqu’alors assoupi et silencieux ; mais, de plus :
- 2° On parvient à créer, par des exercices plus ou moins répétés, la mémoire auditive, qui n’existait pas, en sorte que par le rappel et la reconstitution de la fonction, on reconstitue l’organe, réalisant ainsi dans la pratique ce principe physiologique : la fonction fait l’organe ;
- 3° Cette restitution fonctionnelle et organique est telle qu’il se crée, dans les centres perceptifs, par la pénétration des sons particulièrement renforcés, et par leur répétition, un véritable état d’obsession mentale, de nature à aider singulièrement la récupération et le retour progressil de la fonction ;
- 4° Lorsque, à la suite d’exercices suffisants (et ce résultat est assez rapidement obtenu), l’image auditive d’une voyelle, c’est-à-dire d’un des signes représentatifs de la parole les plus simples, par lesquels il convient de commencer cet apprentissage, a été fixée dans le cerveau, il suffit ensuite de la prononcer à haute voix, pour qu’elle soit entendue : exemple, la voyelle I (une des plus diffi-
- Fig.'l. — Microplionograplifi (modèle ordinaire').
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- ciles en l’espèce) chez le petit sourd-muet l'accaud ;
- 5° Enfin, conséquence qui se comprend de soi, le sourd émet avec plus de justesse la voyelle dont il possède l’image auditive : exemple, le jeune Tourna de : voyelle A.
- Ainsi l’appareil dans son fonctionnement actuel peut d’ores et déjà être appliqué, et servir à l’éducation parlée du sourd ou du sourd-muet, dans des conditions les plus avantageuses, selon une méthode dont les hases sont dès à présent fixées et avec la prévision assurée de résultats positifs et efficaces.
- De son coté, le I)1 Gellé1, professeur d’otologie à la Salpêtrière, a présenté à ses collègues de la Société de biologie les résultats qu’il a obtenus, et les
- a publiés dans la Tribune médicale du "27 octobre dernier d’où nous extrayons ces lignes :
- Il y a mieux encore ; car— ainsi que vous l’avez compris, je parle, guidé par les faits observés — on constate sous cette influence l’éveil d’autres foyers connexes de celui des sensations sonores, l’excitation secondaire si précieuse du centre du langage, puis, de la mémoire des sons, et l’apparition relativement prompte, chez l'enfant intelligent, des tentatives d’imitation, des gestes de bouche, des efforts pour reproduire la sensation sonore. Chez un petit enfant de trois ans et demi, entre autres, dès la quatrième leçon, les sons et les silences interrupteurs étaient compris. Le mot « papa », prononcé d’abord d’une voix sourde et rauque, bientôt sortait large et bien timbré, après avoir été répété dans plusieurs séances aux oreilles
- Fig. 3. — Expérience faite par M. Jaubert sur un sourd-muet au moyen du microphonographe Dussaud.
- avec le mordant, les nuances graduées, etc., les forte, les piano qui exercent l’appareil auditif, l’assouplissent, et sollicitent l’attention du sourd. Depuis lors, la mère de cet enfant observe que celui-ci recherche la source des bruits, répond à distance à son nom, qu’il ne prononce pas encore, et reproduit très bien le mot « papa » que j’ai conseillé de répéter souvent en désignant le père, pour lui apprendre la signification, l’idée attachée à ce mot. Il reconnaît, il reproduit, il comprend : l’excitation de l’ouïe a fait cela. Le chemin de l’oreille et l’excitation acoustique seuls conduisent à ces multiples résultats; ce sont les voies naturelles de la dynamogénie cérébrale.
- Vous savez que toutes les méthodes d’éducation exigent
- 1 M. le Dr Gellé a installé depuis plusieurs mois un microphonographe dans son cabinet, rue Sainte-Anne, 4, et a entrepris des recherches scientifiques du plus haut intérêt qu'il publiera prochainement.
- un temps prolongé ; mais vous serez frappés de l’avance considérable, de cinq ans au moins, que la méthode des exercices acoustiques avec le microphonographe peut donner. C’est, on le sait, autant de gagné au point de vue de l’affaiblissement fatal de la sensibilité par l’absence de fonctionnement de l’audition : c’est là une grande supériorité.
- Je conclus : 1° que les exercices acoustiques au moyen du microphonographe, rendent possible l’éducation des sourds-muets, dès leur plus tendre enfance ; 2° que l’excitation des nerfs auditifs et des foyers nerveux de l’ouïe a une action supérieure à tout .autre procédé d’éducation, parce qu’elle suit les voies naturelles du développement de la faculté du langage, et conduit directement à réveiller et à faire à la fois renaître l’audition et la parole.
- Dans divers pays, à l’heure actuelle, on commence à s’occuper du^ traitement de la surdi-mutité et de
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- la surdité acquise, au moyen du microphonographe, et nous sommes heureux de constater que c’est à Paris que cet instrument est né.
- Cette nouvelle méthode de traitement par les exercices acoustiques a donné les résultats les plus concluants, comme on en peut juger par les faits suivants :
- On a soumis, pendant deux années entières, un jeune garçon sourd-muet à des exercices acoustiques méthodiques, et quelle ne fut pas la surprise du médecin qui le suivait en constatant une amélioration extraordinaire. L’enfant, qui au début ne percevait que quelques lettres criées de toute la force possible dans son oreille, arriva peu à peu à entendre des phrases entières dites à un ou deux pas de distance, et devint enfin capable de suivre l’enseignement scolaire ordinaire du lycée.
- Citons encore le cas de cette malade russe, dont l’éducation acoustique fut faite en allemand, et qui resta sourde sa vie entière vis-à-vis de sa propre langue maternelle, le russe, pour laquelle on avait négligé de lui faire faire des exercices acoustiques.
- Il en est de même d’un certain malade, grand amateur du théâtre français, qui vint nous voir dernièrement. Son oreille allait en s’affaiblissant à tel point qu’il ne pouvait plus suivre le dialogue des acteurs. Nous lui conseillâmes d’essayer du microphonographe et bien lui en prit, car un simple traitement de six semaines a redonné à l’ouïe sa première vigueur, et la personne dont nous parlons a repris, avec la joie que l’on comprend, son fauteuil dans la maison de Molière.
- Comme on le voit les exercices acoustiques peuvent rendre des services inappréciables, on en jugera encore mieux par les quelques chiffres suivants :
- () ÉUOI.E DES SOlIItDS-MUETS DE LA BASSE-AUTRICHE A DOBLÏNG (VIENNE) TRAITEMENT DE 6 MOIS. AUDITION POUR LES PHRASES. AUDITION POUR LES MOTS. AUDITION POUR LES VOYELLES. TRACES D’AUDITION | OU SURDITÉ TOTALE. TOTAL 1 DES ÉLÈVES. |
- II. Cl. Instituteur :
- Baldrian. Faculté auditive au début. » î 4 7 12
- — — à la fin. . » 4 6 2 »
- Burklin. — au début. » 1 4 8 13
- — — à la fin. . » 4 4 5 »
- Müller. — au début. )» 2 1 3
- — — à la fin. , » 1 2 )) ))
- Merkl. — au début. » » 1 1 2
- — — à la fin. . » 2 » » »
- Czerny. — au début. » )) 1 1 2
- — — à la fin. . 1 )) 1 )) ))
- Sunhchl. — au début. )> ») 2 2 4
- — — à la fin. . » 2 2 » »
- Kraft. — au début. » 2 4 » fi
- — — à la fin. . 4 2 » » »
- Lelifeld. — au début. » 2 2 9 13
- — — à la fui. . 4 » 5 4 »
- Ktthnel. — au début. )) » 2 O 5
- — — à la fin. . 3 i 1 ï> ”
- 1 Page 128, extrait de l’ouvrage : Des exercices acoustiques de la surdi-mutité et la surdité acquise, par Victor llrbants-chitsch, professeur extraordinaire d’otologie à l'Université, chef du service d’otologie à la Polyclinique générale de Vienne ; traduit par L. Egger.
- Bien qu’il ne puisse rendre l’ouïe à tous les sourds et à tous les sourds-muets, le microphonographe n’en reste pas moins un instrument des plus précieux, et le nom de son inventeur et de ses collaborateurs figurera un jour à côté de celui des hommes de cœur qui ont le plus fait pour relever la triste condition des malheureux qu’un coup fatal a privés de T ouïe sinon de la parole. E. Drouot,
- Professeur à l’Institution nationale des sourds-muets de Paris.
- L’EXPOSITION ANNUELLE DE VÊLOCIPÉDIE
- Il s’en est fallu de peu cette année que nous n’eussions pas l’exposition cycliste à laquelle le mois de décembre nous conviait régulièrement depuis quatre ans! La démolition du Palais de l’Industrie, le seul local de Paris qui présentât les dimensions suffisantes mais non exagérées pour une semblable exhibition,— l’approche de l’Exposition internationale de 1900 pour laquelle les constructeurs réservent déjà leurs efforts, — l’absence aussi de nouveautés dans l’industrie du cycle qui s’éloigne de moins en moins des types existants, qui se « classifie » de plus en plus, ont décidé la « Chambre syndicale de vélocipédie et d’automobilisme » à voter, dès le mois de septembre dernier, qu’il n’y avait pas lieu cette année à un Salon du cycle.
- L’exposition, s’il devait s’en organiser une quand même, perdait du coup son plus gros appoint de succès, le concours des grandes marques qui, toutes, font partie de la Chambre syndicale.
- La débâcle se corsa huit jours plus tard d’un vote semblable émis par l’association des petits fabricants qui se refusèrent, presque à l’unanimité, à faire les frais de la représentation.
- Restaient quelques opposants, quelques non syndiqués, et les représentants des marques étrangères. Plusieurs réunions préparatoires à une exposition projetée prouvèrent que les « séparatistes » eux-mêmes ne s’entendaient pas. Au lieu d’une seule, deux expositions rivales furent décidées, l’une qui se tiendrait dans le local de l’ancien panorama de la rue de Berri, l’autre dans la salle de bal de l’avenue Wagram. La première s’est ouverte le 4 décembre dernier; la deuxième, le 15 de ce même mois. Elles dureront probablement jusqu’aux derniers jours de l’année.
- Ces quelques explications, peu captivantes évidemment, s’imposaient cependant pour justifier du peu d’intérêt que le public témoigne cette année à ces fêtes de son sport, maintenant favori, la vélocipédie ! Elles expliqueront que nous ne donnions ici qu’une place restreinte au compte rendu du cinquième salon du cycle.
- Nous pourrons toutefois rassurer dès maintenant les propriétaires de bicyclettes modèle 1897 contre la crainte qu’ils pourraient avoir des changements pour 1898! Leurs machines resteront encore de mode la saison prochaine! Les bicyclettes s’améliorent d’année en année dans les petits détails; les constructeurs se rapprochent davantage chaque saison de la mécanique de précision. Mais l’ensemble de l’appareil ne subit aucune modification de lignes.
- Nous citerons dans un prochain article illustré les quelques tentatives curieuses, les innovations intéressantes d’accessoires ou de procédés qui sont apparues dans les deux expositions actuelles.
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- LA NATURE.
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- Aimez-vous l’acétylène? On en a mis partout. C’est le salon des lanternes, bien plus que celui du cycle.
- L. Baudry de Saunier.
- L’AUTOMOBILE
- AUX SALONS DU CYCLE DE 1897
- La démolition du Palais de l’Industrie a semé la perturbation — sinon la discorde — dans tous les salons où l’on... cycle. Aussi, à la place du salon annuel unique qui devait être inauguré, cinquième du nom, en décembre 1897, avons-nous vu éclore une véritable kyrielle de petits salons, sans que la quantité parvienne à faite ressortir la qualité que le morcellement rend difficilement appréciable.
- Nous avons d’abord le Palais-sport ou salon-bijou, rue de Berry, une toute petite et mignonne exposition dans laquelle l’automobile n’est, à vrai dire, pas représentée, puis l’Exposition du cycle ouverte à la salle Wagram, et enfin, les innombrables expositions particulières faites dans leurs magasins par les membres de la Chambre syndicale de l’Industrie Vélocipédique, dont font partie les principales marques françaises, et qui, ayant décidé la suppression momentanée d’un salon du Cycle, faute de local suffisant, boudent les deux salons, et font... exposition à part dans leurs magasins, leurs dépôts ou leurs ateliers.
- Dans les deux salons ouverts à tous, le manque de place a empêché bien des exposants d’amener leurs voitures, trop encombrantes; aussi n’y trouve-t-on, à trois ou quatre exceptions près, que des bicyclettes à moteur, des moto-cycles et des voiturettes, et l’on serait porté à conclure, un peu prématurément peut-être, que nous assistons au triomphe final des véhicules légers.
- Il serait difficile, dans ces conditions, d’apprécier les progrès faits par l’industrie automobile depuis une année, d’après les modèles, rares en somme, présentés par les exposants des deux salons actuellement ouverts, et parmi lesquels ne figurent aucun des gros bonnets actuels de l’industrie automobile.
- Nous ne saurions, d’autre part, nous astreindre à interviewer tous les constructeurs de Paris, entre Grenelle et Belleville, en passant par Ivry, pour présenter un tableau complet et fidèle des progrès les plus récents de la locomotion à la mode.
- Nous nous contentons donc de signaler en bloc ces expositions, moyennes et petites, nous réservant de décrire, sous forme de monographie, les quelques dispositifs nouveaux et intéressants qui nous ont frappé au cours de nos visites aux deux salons. E. H.
- LE « MÂNGINI »
- TORPILLEUR DE HAUTE MER
- Depuis deux ans, la lutte pour la vitesse, si vive entre les constructeurs des diverses nations maritimes, a donné de remarquables résultats. En Angleterre, de nombreux contre-torpilleurs fdent environ 30 nœuds; en France le Forban, bien que d’un déplacement beaucoup plus faible que les petits bâtiments anglais, a dépassé 30 nœuds à ses essais de 1895 et a atteint 31n,02 soit 57k,500 à l’heure, vitesse la plus élevée que, jusqu’aujourd’hui, un navire ait pu fournir. Le Mangini, le plus récent
- des torpilleurs de haute mer, vient de se classer immédiatement après le Forban en réalisant 27n,52 à ses essais au lieu des 25 nœuds prévus.
- Il nous paraît intéressant, au sujet de ce nouveau succès de nos constructeurs, de décrire ce bâtiment que nous pouvons prendre comme type de la classe des grands torpilleurs de la marine française.
- Le Mangini, qui porte le nom du distingué ingénieur mort à la suite de blessures reçues au cours des essais du Sarrazin, a été construit à Nantes par les Ateliers et Chantiers de la Loire. 11 mesure hors tout 45 mètres de long et 4,n,50 de large ; un tirant d’eau milieu de 1"‘,35 lui donne un déplacement de 130 tonnes. L’acier n’a pas été seul employé dans la construction du bâtiment. Déjà à bord du Forban, on avait essayé de gagner un peu de poids en exécutant en aluminium différents accessoires ; sur le Mangini, les applications de l’aluminium ont été poussées beaucoup plus loin. On a construit en aluminium à 3 ou 4 pour 100 de cuivre les capots de descente, les claire-voies, le kiosque de l’arrière, la cuisine, les caissons de torpilles de réserve, et, point tout particulièrement à noter, cinq cloisons étanches.
- L’intérieur du torpilleur est divisé par huit cloisons étanches en neuf compartiments, n’ayant entre eux aucune communication. A l’extrême-avant se trouve un compartiment vide (fig. 2) (1) dont la cloison doit être assez forte pour résister à la poussée de l’eau en cas d’abordage. Derrière cette première cloison sont disposées les caisses à eau de chaque côté d’un puits dans lequel vient, se loger un gouvernail d’avant (2). Ce gouvernail est en temps ordinaire rentré à l'intérieur du puits, mais lorsque le gouvernail de l’arrière est mis hors d’usage par suite d’avaries, on fait émerger le gouvernail d’avant au moyen d’un dispositif spécial et on s’en sert alors pour diriger le bâtiment.
- Le troisième compartiment séparé lui-même en deux parties par une cloison s'arrêtant à mi-hauteur, est affecté au logement de l’équipage. L’avant est occupé par la culasse et le mécanisme de manœuvre du tube lance-torpille placé dans l’étrave suivant l’axe du torpilleur. Le poste de l’équipage (3) est garni de caissons pour les hommes, il renferme également les soutes à munitions et une caisse pour une torpille de réserve. Il est surmonté par un kiosque où se trouvent l’appareil à gouverner, le compas et les transmetteurs d’ordres. Cette superstructure sert d’abri au commandant et à l’homme de barre.
- Une soute à charbon transversale isole le logement des hommes du compartiment des chaudières. L’appareil évaporatoire (4) comporte deux chaudières à tubes d’eau du système du Temple, essayées à 20 kilogrammes et fournissant aux machines de la vapeur à 14 kilogrammes. Dans la pratique courante, chaque chaudière doit alimenter une seule machine, mais le tuyautage est disposé de telle façon que l’une quelconque des chaudières puisse alimenter l’une ou l’autre des machines ou les deux à la fois. Le char-
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- LA NATURE
- bon est réparti à la manière ordinaire dans la soute transversale dont nous avons déjà parlé et dans deux soutes latérales.
- Les deux machines (5) fonctionnent à triple expansion et actionnent chacune directement un arhre porte-hélice; le tiroir du petit cylindre est cylindrique, les deux autres sont plans. Elles ont développé ensemble 2800 chevaux à 27",5, 2100 chevaux à 25 nœuds, 1550 à 21 nœuds et 400 seulement à 14 nœuds. Ces chiffres montrent avec quelle
- rapidité augmente la puissance puisque pour obtenir une vitesse deux fois plus grande, il a fallu faire développer aux machines une puissance sept fois plus élevée. Les machines auxiliaires du Mangini comprennent deux houilleurs pour produire de l’eau douce, des pompes de servitude, une dynamo pour l’éclairage, deux turbines de circulation auxiliaires. et les pompes de compression d’air pour les torpilles. Dans les chaufferies deux pompes assurent l’alimentation; une pompe système Thirion, d’un
- Fig. 1. — Vue du Mangini.
- débit de 9 tonnes, permet, au moyen d’un tuyautage convenable, d’épuiser l’eau qui pénétrerait dans l’un quelconque des compartiments, enfin deux ventilateurs servent à aérer les machines.
- Les logements des officiers et des officiers mari-
- niers occupent les compartiments de l’arrière. Le commandant et son second ont chacun une chambre distincte, ouvrant sur un salon commun (6). Un office et des xvater-closets (7) complètent cet appartement de dimensions réduites, mais cependant
- Machines et chaudières W'J'So---
- . 2. — Plan des emménagements.
- aussi confortable que ceux de nombreux yachts de plaisance.
- Dans le poste des maîtres (8), une petite cabine est réservée au maître mécanicien qui remplit les importantes fonctions de chef mécanicien du bord. A l’extrême-arrière se trouve un magasin aux provisions (9).
- L’armement du torpilleur dont nous venons de décrire sommairement les aménagements comprend deux tubes lance-torpilles et deux canons à tir rapide. L’un des tubes lance-torpilles se trouve à l’avant, dans l’étrave même, l’autre est mobile,
- placé sur le pont vers l’arrière; une circulaire permet de l’orienter dans différentes directions. Les deux petits canons sont disposés en abord vers l’avant.
- Un torpilleur de haute mer porte généralement quatre torpilles de 5m,80 de longueur : une dans chaque tube, une dans le poste de l’équipage et la dernière dans un caisson sur le pont.
- Le Mangini est monté par 27 hommes d’équipage commandés par 2 officiers, 1 maître-mécanicien et 4 seconds maîtres. L. T.
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- LA NATURE.
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- BRULEUR ANTISEPTIQUE
- On a déjà appelé l’attention ici sur les propriétés désinfectantes et bactéricides des aldéhydes formiques *. Il suffit de faire brûler au contact d’une plaque de platine de la vapeur d’esprit de bois ou alcool méthy-lique pour qu’il se produise de l’aldéhyde formique. De là l’idée de réaliser de petits brûleurs d’appartements générateurs d’une substance gazeuse désinfectante et bactéricide. Il y a longtemps que l’on trouve, dans le commerce, des
- lampes à platine incandescent dont on s’est servi pour parfumer et désinfecter les appartements. On les remplit d’alcool pur auquel on ajoute diverses essences. Ces brûleurs ont un inconvénient : c’est d’abord leur prix élevé, et ensuite la nécessité de n’employer que de l’alcool coûteux à 96°. Avec l’alcool éthylique on ne produit pas d’ailleurs d’aldéhyde formique, mais des aldéhydes acétiques qui ne possèdent pas les mêmes propriétés mi-crobicides. Quand on eut constaté l’extrême pouvoir bactéricide de l’aldéhyde formique, expérimenté avec succès, comme nous l’avons montré pour la désinfection des locaux conta-
- Fig. 1. — Application du brûleur antiseptique.
- Fig. 2. — Vue d’ensemble et de détail du brûleur antiseptique.
- minés, on songea a
- construire de petits appareils portatifs. Ainsi sont nées les lampes Trilliat, Brochet et Camhier, etc., au platine rougi. Mais ces lampes sont quelquefois capricieuses quand le platine a été noirci par une combustion mal conduite, ou sali par les doigts, etc. M. Guasco a eu la bonne pensée de remplacer le
- 1 Voy. n» 1245, du 10 avril 1807, p. 290.
- platine par une composition mixte qui absorbe bien les vapeurs d’alcool, se maintient aisément au rouge sombre et produit une quantité considérable d’aldéhyde.
- Au platine M. Guasco substitue une rondelle
- feutrée, composée d’un carton d’amiante dans lequel on a incorporé des solutions de sels de platine et autres métaux de la même série et à dose pour ainsi dire homéopathique. Après imprégnation, on réduit les sels dans des fours spéciaux à la température convenable, de sorte que le support de carton d’amiante se trouve saupoudré de platine, palladium, etc. Le disque ainsi constitué possède un grand pouvoir d’absorption, comme l’auteur l’a établi à la Société d’encouragement pour l’industrie nationale. Dès lors, avec le nouveau disque on peut se servir d’alcool moins riche, d’alcool méthylique à 76°, des alcools de commerce.
- La lampe est constituée par un petit flacon de forme ovale (fig. 2), une mèche qui sort du flacon et qui se termine par le disque brûleur. Le disque est piqué dans la mèche. On allume l’alcool de la mèche et la rondelle passe vite au rouge; il suffit de coiffer rapidement la rondelle avec un bouchon spécial et de l’enlever de même pour éteindre immédiatement la flamme de l’alcool.
- Les vapeurs continuent à s’échapper sans s’en-
- flammer; elles rencontrent la rondelle active et se décomposent. On sent immédiatement l’odeur caractéristique de l’aldéhyde formique. D’après un rapport de M. Chabert du laboratoire llanriot, à la Faculté de médecine, le débit de la lampe Guasco, en pleine marche normale, serait de 10 à 12 grammes
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- d’alcool à l’heure, fournissant environ 6 pour 100 d’aldéhyde formique et environ 0,01 pour 100 d’acide formique. 11 va de soi que ces proportions ne sont pas bien notables et que s’il s’agissait de désinfecter un appartement contaminé elles seraient tout à fait insuffisantes. Mais pour la stérilisation des germes nous avons dit autrefois que la quantité nécessaire rend l’air dangereux à respirer et que l’opération doit se pratiquer en vase clos. Le but est tout autre avec la lampe portative; il s’agit d’une désinfection relative de l’air, d’une stérilisation des microbes dans les endroits clos et de petites dimensions comme les placards, meubles, etc., d’une amélioration de l'atmosphère ambiante, de la préparation d’un air un peu cicatrisant pour les poumons en cas de rhume, bronchite, de l’enlèvement des odeurs de toutes sortes, famées de tabac, éloignement des mites, papillons, moustiques, etc. Le but est ici d’un ordre différent que celui delà stérilisation microbienne absolue qui nécessite évidemment des appareils bien plus puissants. On peut faire dégager les vapeurs du petit brûleur pendant plusieurs heures dans une pièce sans inconvénient. Les brûleurs fonctionnent ainsi à l’Hôtel-Dieu de Paris et de Lyon, dans plusieurs autres hôpitaux et déjà chez beaucoup de particuliers, surtout pour la désodorisation des pièces ou la purification des chambres de malades.
- S’il ne faut pas conseiller l’emploi trop renouvelé du brûleur épurateur d’aldéhyde formique, qui pourrait à la longue gêner quelques personnes, on peut dire que son usage ne pourra être que bien accepté avec l’alcool éthylique ou alcool ordinaire mélangé de parfums ou de substances antiseptiques, menthol, thymol, etc. Le débit de la lampe reste le même, 12 grammes d’alcool; le rendement en aldéhyde ordinaire est d’environ 5 pour 100 avec dégagement de 0,08 pour 100 d’acide acétique. Le rendement est un peu plus faible qu’avec l’alcool méthylique. Néanmoins, on pourra le plus souvent, à cause des propriétés à peu près inoffensives de cet aldéhyde, l’utiliser pour désodoriser les appartements, et répandre des parfums et des substances médicamenteuses. En somme, le brûleur Guasco apparaît comme le plus simple que nous possédions, comme le plus économique ; il peut rendre des services pour l’hygiène de la maison et la purification ou l’amélioration de l’air des appartements. J:-F. Gall.
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- CHRONIQUE
- Budgets de la marine et flottes commerciales des différentes nations. — Il est intéressant de comparer les budgets de la marine des différentes nations avec la valeur numérique de leurs flottes de commerce ; nous trouvons à ce sujet, dans un rapport présenté à la Chambre des Communes anglaises, des chiffres très précis se rapportant à l’année 1896. Les dépenses de la marine militaire anglaise, y compris celles des colonies, se sont élevées à la somme de 550 millions de francs ; la flotte marchande du Royaume-Uni représente un total de 10 550 000 tonnes, l’Inde et les autres colonies figurant
- pour un ensemble de 1 550 000 tonnes. La France dépense, pour sa marine de guerre, 275 millions de francs, c’est-à-dire environ la moitié de la marine anglaise, pour un tonnage commercial de 887 078 tonnes, soit le douzième de celui de nos voisins. Viennent ensuite : l’Allemagne, avec un budget militaire de 110 millions et une flotte marchande de 1 502544 tonnes; l’Italie, avec une dépense de 105 millions pour sa marine de guerre et un tonnage marchand de 776 077 tonnes. La marine des Etats-Unis coûte 155 millions par an pour protéger un commerce au long cours de 844 954 tonnes. Le Japon a dépensé, en 1896, 150 millions pour sa flotte de guerre, alors que sa marine de commerce ne représente guère que 250 000 tonnes. La Russie dépense un peu moins que le Japon, mais la valeur de sa flotte commerciale n’est pas donnée. Viennent ensuite l’Autriche, la Hollande, le Brésil, l’Espagne, dont les dépenses militaires s’élèvent à plus de 25 millions de francs.
- Ascensions de longue durée. — En parlant du dernier voyage en ballon, dont la durée a été de 24M51, nous citions d’autres ascensions remarquables, mais nous n’avons pas parlé de celles qui ont été faites au-dessus de la mer. L’ascension de M. Hervé, entre autres, est fort intéressante. Parti le 12 septembre 1886 de Boulogne-sur-Mer, à 6h50 du soir, l’aéronaute est resté 24 heures dans sa nacelle. Il a traversé la mer du Nord pour descendre à 500 kilomètres du point de départ près des côtes d’Angleterre. L’aérostat, à l’état libre pendant quatre heures, moments où il a passé au-dessus de Boulogne et de Gravelines, est devenu captif pendant le reste du voyage, lorsqu’il traversait la mer. Le ballon de M. Hervé était muni d’équilibreurs flottant suites eaux et disposés pour agir jusqu’à l’altitude de 80 mètres. Nous rappellerons enfin le voyage extraordinaire de MM. Bezier et Rolier, partis de Paris dans leur ballon La Ville d’Orléans, le 24 novembre 1870 à llh40 du soir. Emportés par la tempête, ils descendirent en Norvège au mont Lid, à 500 kilomètres au nord de Christiania. Ils sont restés quatorze heures dans les nuages, après avoir parcouru une distance de 1600 kilomètres de leur point de départ, avec une vitesse de près de 1200 kilomètres à l’heure.
- Le frai d’anguille dans l’alimentation. —
- Pour compléter ce qui a été dit à plusieurs reprises sur le frai d’anguille, ajoutons que, dans bien des pays, on pèche ses alevins, non point pour la reproduction, mais pour la consommation immédiate. Sur les côtes de la Charente-Inférieure notamment, on les vend dans les marchés, tout grouillants et écumeux, sous le nom de pibales, et on les mange soit frits, soit au court-bouillon, après de nombreux lavages qui ont pour but de les débarrasser du mucilage qui les entoure.
- Un champion du saut. — Parmi les sauteurs les plus renommés d’Angleterre on fait une place à part à M. John Iliggins : un de ses hauts faits est de sauter successivement, <( sans reprise », par-dessus 45 chaises placées en cercle et à 5 mètres les unes des autres. II faut pour cela une force de résistance comparable à celle du kangourou.
- Les méfaits des chasseurs en Bohème. —
- Notre confrère Scietitific American a trouvé des statistiques autrichiennes rapportant qu’en 1895 les chasseurs ont, en Bohème, au milieu d’exploits plus cynégétiques, tué 50 personnes et blessé 2104, principalement, s’en-
- 1 Voy. n° 1280, du 11 décembre 1897, p. 30.
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- tend, des rabatteurs ou garde-chasse. Ils ont pu ajouter à leur « tableau » 15 000 chiens, 8762 chats, 2 chevaux, 15 vaches, 152 veaux, 276 chèvres et 120 moutons. Ces exploits leur ont coûté quelque 2 500 000 francs en frais de médecins, indemnités, ete., et 74 588 jours de prison.
- Douze fois le tour de la terre en tramway. —
- Elle est légendaire l’histoire de ce conducteur d’omnibus qiti profite de son jour de vacance mensuel pour parcourir à pied, en manière de distraction, le chemin qu’il parcourt douze à seize fois par jour sur sa voilure pendant vingt-neuf jours de suite; mais cet attachement, cette fidélité à l’itinéraire n’est rien devant celle dont fait preuve un recordman d’un nouveau genre, Mikc Doolcv, de Saint-Louis. 11 est cocher de trarmvav à chevaux ou wattman de tramway électrique depuis trente et un ans, sur la même ligne — qu’il doit connaître. Il a fait depuis trente et un ans le même service, tous les jours, sauf une interruption de deux mois pour cause de maladie, et une mise à pied d’un jour pour avoir fumé un cigare pendant le service. On calcule que, depuis trente et un ans, il a parcouru sur sa ligne unique une longueur égale à douze fois le tour de la terre. Les voilà bien, les vraies et modestes victimes du devoir ; mais celle-ci est cependant contente de son sort, et ne voudrait pas changer de position ni surtout de ligne.
- l.a peinture de la coque des navires. — A
- propos de notre récente chronique à ce sujet1, M. Wclsch, commandant des sapeurs-sapeurs de Gand, nous fait observer qu’il est regrettable que les officiers du torpilleur américain Porter n’aient pas fait connaître de quelle peinture il s’agissait et depuis combien de temps elle était appliquée sur la coque, quand les expériences ont commence. 11 nous donne ensuite les résultats d’une expérience qu’il a réalisée. Gette expérience s’est faite sur un yacht à vapeur qui ne quitte pas les eaux douces, la pompe à vapeur flottante du corps des pompiers, mais les résultats obtenus ont, certes, quelque valeur. Le bateau, âgé de plus de trente ans, a été remis sur chantier en mai 1895, et la coque a reçu deux couches de goudron lapidifique. Quand la deuxième application était presque sèche, elle a été frottée avec de la mine de plomb en poudre. Le yacht est resté à l’eau depuis cette époque jusqu’à il y a trois semaines. Quand il a été mis à sec, on a retrouvé la légère couche de mine de plomb, malgré les nombreux lavages exécutés sous eaux à l’aide de brosses. Le goudron était absolument intact comme le jour de l’application. Le bateau n’a pas à supporter les grandes vitesses ni les fatigues d’un torpilleur, mais il était intéressant de faire connaître ces résultats. Le goudron lapidifique a été également employé pour les chaudières depuis vingt ans. Les chaudières à vapeur, système Shand Mason, d’une grande sensibilité, puisqu’elles ont 7 mètres carrés de surface de chauffe directe, pour une contenance de 75 litres d’eau, à hauteur normale, sont très délicates, surtout les tubes au nombre de 108, en acier de 1 1/4 millimètre d’épaisseur. Ces tubes d’eau ont un diamètre de 0m,02 ; ils sont cependant toujours en bon état, sans la moindre oxydation, grâce à l’emploi du goudron lapidifique. Chaque fois que l’on démonte les chaudières on retrouve, sous la légère couche d’incrustation, dans les parties toujours submergées, le goudron bien intact, malgré la température élevée et la pression de 10 atmosphères utilisées. Il faut bien prendre garde que le métal ne présente pas de traces d’oxydation avant l’application de la première couche de goudron.
- 1 Yoy. n° 1279, du 4 décembre 1897, p. 15.
- Chemins de fer sans billets. —Le chemin de fer souterrain de Glasgow vient d’être le champ d’un essai qu’on n’a pas malheureusement continué : il s’agissait de supprimer les billets et de faire seulement payer 1 pen-ning (0f,10) à chaque voyageur pénétrant dans l’enceinte du chemin de fer, et qui pouvait ensuite pour cette somme se promener autant qu’il le voulait. On n’a pas poursuivi la tentative plus d’une semaine, parce que certaines personnes restaient des heures à se promener en rond sous la ville; mais cela n’aurait, sans doute, point duré, et le procédé eût apporté une précieuse simplification dans l’exploitation : tout au plus aurait-on dû relever un peu ce tarif unique.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 20 décembre 1897. — Présidence de M. Chatin.
- Les restes de Voltaire et de Rousseau. — M. Iïer-thelot fait connaître les constatations qu’il a été à même d’opérer le 18 de ce mois, lors de l’ouverture des cercueils de Voltaire et de Rousseau. Il faut tout d’abord noter que les cercueils étaient parfaitement intacts. En ce qui concerne particulièrement les restes de Voltaire, on remarque que l’aspect de la tête rappelle très bien celui de la tète de la statue due au ciseau de Pigalle conservée à la bibliothèque de l’Institut. Cette ressemblance s’explique très aisément, car Pigalle a représenté Voltaire âgé, alors que son visage était déjà décharné. La tête a été sciée au-dessus de l’arcade sourcilière, pour l’autopsie. 11 semble que le corps a été déposé, au moment de l’inhumation, dans une bière de bois qui a pourri et dont il ne reste plus aujourd’hui que le couvercle. Plus lard le corps a été glissé dans une autre bière. Entre les fragments du squelette, on constate la présence d’une matière rougeâtre agglomérée. M. Berthelot a examiné cette matière ; c’est tout simplement de la sciure de bois placée, suivant un usage qui s’est continué, pour absorber les liquides. D’ailleurs, on ne trouve trace d’aucun produit conservateur, antiseptique ou aromatique. Les restes de Rousseau sont renfermés dans une bière de plomb. Le corps est étendu dans une attitude normale. La tète est plus volumineuse que celle de Voltaire. Elle a également été sciée pour l’autopsie. On ne relève sur le crâne aucune fêlure, aucun trou. 11 est donc certain que si Rousseau s’est suicidé, ce n’est pas, du moins, d’un coup de feu dans la tête. Telle est la seule déduction positive sur ce point, car M. Berthelot n’a pas examiné la cage thoracique. La bière de Rousseau ne contient pas non plus de matières conservatrices, antiseptique ou aromatique. Elle ne contient pas non plus de liquides ni de solides. Les muscles, les téguments, les graisses ont disparu. Si le cercueil de plomb eût été complètement étanche, il est hors de doute que la combustion lente qui a présidé à cette disparition n’eût pas été possible. Mais c’est néanmoins un fait important à noter, que même à l’abri de la lumière, en 420 années, cette combustion eût pu être parachevée.
- Fermentation de la cellulose. — M. Duclaux s’acquitte du soin de décrire, au nom d’un savant russe, un nouveau mode de fermentation de la cellulose. Celle-ci, sous l’influence d’un microbe, disparaît en donnant pour deux tiers de son poids un acide gras et pour l’autre tiers de l’acide carbonique et de l’hydrogène.
- Effets secondaires des intoxications microbiennes. — M. Charrin, qui a déjà signalé les phénomènes d’empoison-
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- nement dus aux produits élaborés par les microbes pathogènes, vient aujourd’hui par de nouvelles recherches, effectuées avec M. Claude, de découvrir de nouveaux faits se rattachant à ce genre d’intoxication. Ils ont constaté des atrophies musculaires subséquentes survenues plus de six semaines après l’intoxication.
- Varia. — M. Tomasi présente une Note sur l’équilibre thermique dans l’électr.olyse. — M. Roze communique de nouvelles recherches sur les maladies des pommes de terre. — M. L acroix fait hommage du 2e volume de son ouvrage intitulé : Minéralogie de la France et de ses colonies.
- Cil. DE VlLl.EDEl'IL.
- LIVRE D’IMAGES PARLANTES
- Nous voilà à la Saint-Sylvestre; c’est le moment des étrennes; pensons, pour une lois en passant, aux
- petits enfants. Parmi les jouets, petites inventions, bibelots de tout genre que l’ingéniosité parisienne nous offre en ce moment, les grands livres d’images sont toujours très appréciés. Les petits enfants aiment beaucoup regarder les images. Or, on a imaginé pour eux, cette année, un livre qui leur sera particulièrement agréable. Non seulement, il satisfera leurs yeux, mais il frappera leurs oreilles. 11 est bien fait pour exciter leur curiosité. Les images représentent les animaux domestiques les plus connus, et chaque animal parle son langage propre. Pour qu’il sorte de son silence, il suffit de tirer un petit cordon sur le côté du livre. Voici un coq, un fine, un agneau, des petits oiseaux dans leur nid, une vache, un coucou, un bouc. A la dernière page se trouvent des enfants qui voient arriver leurs parents. Si
- Livre d'images parlantes. Vue d’ensemble. En cartouche, détails du mécanisme.
- nous faisons fonctionner à chaque page le cordon dont nous avons parlé plus haut, nous entendons pour chaque hèle le cri caractéristique. Le coq chante et son cri est fort bien imité. L’àne pousse son hi-han, l’agneau bêle, les petits oiseaux font entendre leurs petits gazouillements, la vache mugit, le coucou chante, et les petits enfants appellent papa et maman.
- Ces divers résultats sont obtenus très simplement à l’aide de soufflets à air placés dans une boîte qui est dissimulée dans l’épaisseur du livre. En tirant le soufflet l’air pénètre dans chacun d’eux, puis il se trouve chassé par un ressort qui tend à ramener le soufflet à sa position primitive. L’air sort par un tuyau spécial approprié à chaque cri, et en même temps le soufflet rencontre quelques crans placés sur un fil de fer. Ces dispositions ont toutes été très bien étudiées pour l’effet à obtenir. C’est ainsi que pour le kokoriko du coq, le fil de fer
- porte deux crans à la suite l’un de l’autre et un troisième un peu plus loin. Le soufflet en passant s’arrête à ces crans et l’air en sortant donne nettement le son de kokoriko. Le bêlement de l’agneau est obtenu à l’aide d’un fil de fer ondulé. Pour le mugissement de la vache, l’air sort par deux tuyaux qui donnent le son grave. -
- En résumé le livre d’images parlantes est original, nouveau et de nature à amuser les jeunes enfants. Quant aux grands enfants, ils constateront avec plaisir comment avec un dispositif aussi simple et vraiment ingénieux dans son extrême simplicité on peut, par une transformation de mouvement rudimentaire, engendrer des sons aussi variés et parvenir à faire parler les bêtes.
- M. Leroy.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- APPAREIL DESTINE A MESURER LES HAUTEURS ATTEINTES PAR LES AÉROSTATS
- CONTROLE DES ALTITUDES FOURNIES PAR LE BAROMÈTRE
- Plusieurs moyens ont été proposés pour mesurer la hauteur qu’atteint un aérostat. On peut déter-
- miner cette hauteur en mesurant, au moyen d’une lunette, le diamètre du ballon vu de terre; on
- Fig. 4. — Réduction d'une des épreuves obtenues à laide de l'appareil photographique.
- peut également opérer des visées en se plaçant aux extrémités d’une hase de longueur connue; mais ces moyens compliqués offrent des difficultés spéciales et on les remplace généralement par l’observation d’un baromètre placé dans la nacelle, en même temps qu’on note avec soin la température.
- 2l)a année. — 1er semestre.
- La formule employée pour calculer, avec ces données, la hauteur du ballon, est due à l’illustre Laplace; plusieurs physiciens l’ont modifiée et les résultats qu’elle fournit ont été contrôlés par des observations faites sur les montagnes dont les hauteurs avaient été mesurées par des procédés trigono-
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- fit. LÀ NATURE.
- métriques. Mais ces vérifications, qui ne dépassent guère 4500 mètres, n’autorisent pas à admettre que les nombres déduits de la formule seront encore exacts, lorsqu'ils s’appliqueront à des ballons-sondes s'élevant à 17 000 mètres, hauteur qu’ils dépasseront peut-être dans de nouvelles ascensions.
- 11 y a là une importante question de physique générale, et, [tour tenter de la résoudre par des expériences directes, j’ai combiné et fait construire récemment un appareil photographique emporté par le ballon et qui, à des intervalles de temps déterminés d’avance, photographie automatiquement la vue du sol au-dessus duquel il [tasse en même temps qu’il fixe sur la plaque sensible l’image d’un baromètre anéroïde, disposé au-dessus d’un second objectif.
- L’appareil qui a été étudié et construit, avec les [dus grands soins par M. Gaumont, l’habile directeur du Comptoir général photographique, se compose : d’une boîte en bois représentée (fig. 5) suspendue sous le ballon. Les cordes qui le supportent se réunissent à un porte-mousqueton engagé dans un anneau de façon à assurer à son axe une position sensiblement verticale.
- Sur la figure l’appareil est représenté fermé et laisse voir, sur sa face verticale, le bouton de mise en marche de l’appareil moteur.
- Sur la face inférieure qui regarde le sol est disposé un objectit O anastigmatique diaphragmé à f=20 (fig. 1 et 2) ; son foyer principal est de 221 millimètres. Sur la paroi opposée est placé un second objectif à court foyer destiné à photographier le baromètre anéroïde G placé à une distance convenable de façon à donner une image nette sur la même épreuve.
- Un mouvement d’horlogerie J, en agissant sur un levier coudé F, permet aux obturateurs des deux objectifs de s’ouvrir brusquement et de laisser pénétrer les rayons lumineux, et cela pendant un temps qui ne dépasse pas d/00e de seconde.
- Les deux rayons lumineux viennent impressionner simultanément une pellicule photographique de celluloïd sensible, qui en passant du cylindre magasin C, vient s’enrouler sur un second cylindre B qu’un ressort, contenu dans un barillet, tend à faire tourner autour de son axe.
- En passant d’un cylindre sur l’autre, la pellicule sensible s’appuie contre une glace P, de façon à présenter aux rayons lumineux une surface parfaitement plane.
- Le mouvement de progression de la pellicule se produit par l’action du même moteur J, qui, après avoir déclenché les obturateurs, permet au cylindre de tourner de façon à enrouler sur sa surface la partie de la pellicule, impressionnée par la lumière.
- Au milieu de l'épreuve reproduisant la vue de la terre, se trouve l’image du baromètre, et cela grâce à la transparence du celluloïd, qui s’impressionne sur ses deux faces à la fois.
- Il est facile, avec ces épreuves, de déterminer la hauteur de l’aérostat au moment où chacune d’elles a été prise.
- Lorsqu’on connaît : 1° le foyer de l’objectil, 2° la distance de deux points situés sur le sol, 5° la distance de ces deux points sur l'épreuve, on peut déterminer, par un simple calcul de proportions, la hauteur du ballon, et comme l’épreuve donne également l’image du baromètre et, par conséquent, la pression, on peut en déduire, expérimentalement, la loi qui rattache la pression barométrique de l’atmosphère en divers points, aux altitudes de ces points.
- L’erreur possible, dans la mesure de l’altitude ainsi calculée, dépendra de l’exactitude de la mesure du foyer de l’objectif d’une part, de celle de l’épreuve, ainsi que de la connaissance exacte de la distance des deux points choisis sur le sol. Or, il est facile d’obtenir ces mesures avec une grande précision.
- Diverses précautions ont été prises afin d’assurer le bon fonctionnement de l’appareil. Ainsi, les manipulations que doit subir la bande de celluloïd pendant son développement pourraient modifier ses dimensions : afin de se mettre à l’abri des erreurs qui en résulteraient on a gravé au diamant, sur les bords de la lame de glace P, deux traits parallèles, dont l’écartement est parfaitement connu.
- La lumière, en pénétrant dans l’appareil au moment où agissent les obturateurs, photographie ces traits sur la pellicule ainsi que deux autres traits également parallèles et perpendiculaires aux premiers. Si après le développement et le séchage de l’épreuve, il n’y a pas une coïncidence parfaite entre les traits gravés et leur image, on mesure cette différence et on la fait entrer dans le calcul.
- Lorsque l’appareil doit s’élever aux grandes altitudes, où règne un froid d’au moins — 70°, ainsi que nous l’avons constaté, il est nécessaire de soustraire le mécanisme et le baromètre à l’influence de ces températures extrêmes qui paralyseraient leurs mouvements. À cet effet j’ai disposé, dans la boite de l’appareil préalablement protégé par une enveloppe en feutre épais, deux tubes en cuivre mince rempli d'acétate de soude surfondu. Ce corps, en repassant à l’état cristallin, dégage une quantité de chaleur suffisante pour assurer le fonctionnement régulier du moteur.
- Le baromètre G est' fixé au-dessus du parasoleil H en face de l’objectif à court foyer 0' disposé à la partie supérieure de la boîte qu’on a pris soin de peindre de couleur blanche, afin de l’éclairer suffisamment.
- Un récipient en cuivre de même forme que le baromètre, et non représenté dans la figure, contient de l’acétate de soude surfondu qui, par son contact, empêche le baromètre de s’arrêter sous l’influence du froid.
- Cet appareil a été expérimenté la première fois, le 21 octobre dernier, dans une ascension organisée par la Commission française d’aérostation, dans
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- le Lut (l’expérimenter divers appareils automatiques destinés à l’exploration de la haute atmosphère.
- On s’est servi d’un hallon de soie de Chine de 1700 mètres cuhes offert à la Commission par M. Mascart, de la part de M. Balaschoff. De plus le prince Roland Bonaparte avait Lien voulu se charger de toutes les dépenses relatives à cette ascension.
- Le hallon, parti des usines à gaz de la Yillette à 12b,40, est descendu à 4b,26 à Cossé-le-Vivien, de'partement de la Mayenne en effectuant son voyage avec une vitesse moyenne de 86 kilomètres .à l’heure.
- Malgré des rafales extrêmement violentes, le départ et la descente des aéronautes, MM. Hermite et Besançon, ont eu lieu sans accident ; mais les conditions atmosphériques n’ont pas permis au hallon de s’élever au-dessus de 2500 mètres.
- L’appareil de M. Yiolle, destiné à enregistrer la radiation solaire, a parfaitement fonctionné, ainsi <[ue mon appareil photographique, dont je viens de donner la description, et qui a pris à des intervalles de 2 en 2 minutes, 26 épreuves 15x18, toutes d’une grande netteté.
- Sur ces épreuves, les hahitations, les routes, les voies ferrées, les champs, au-dessus desquels a passé l’appareil, apparaissent avec tous leurs détails.
- Grâce au bienveillant concours de M. le Directeur du service géographique de l’armée, j’ai pu obtenir, dans des conditions d'une haute précision, la mesure des épreuves photographiées pendant le voyage du Balaschoff.
- Ces mesures ont été faites en prenant des groupes de deux points, situés sensiblement sur le même plan horizontal, la distance de ces points était d’environ 1000 mètres. On s’est servi de cartes au 1/10 000e, et au 1/40 000e, pour la détermination de la distance sur le sol des points choisis.
- La ligure 4 est la reproduction, à une échelle réduite, de la 6e épreuve prise après le départ ; au milieu est l’image du baromètre qui permet de lire facilement la pression.
- Le village d’Elancourt, dont on voit à droite les maisons, les jardins avec leurs murs de clôture, a été photographié par l’appareil à la hauteur de 2250 mètres. Les diverses routes, qui affectent des courbes très prononcées, se détachent en blanc sur la teinte foncée des champs, qu’elles traversent. Élancourt est un village de 620 habitants, situé près de Trappes en Seine-et-Oise.
- Les résultats obtenus dans cette première ascension d’essai, sont donc très encourageants, malgré la hauteur insuffisante atteinte par le ballon.
- Afin d’obtenir une grande précision dans la mesure des pressions, je fais construire en ce moment un baromètre anéroïde, que j’ai disposé de telle sorte que l’aiguille, par un dispositif spécial, peut faire deux tours entiers sur son cadran. Ce baromètre donne des indications comprises entre la pression au niveau de la mer, soit 0m,760 et 0m,080, soit ensemble 680 millimètres.
- Or, le cadran du baromètre étant divisé en
- 400 parties, on aura pour les deux tours de l’aiguille 800 divisions de cadran pour représenter les 680 millimètres de la course de l’appareil.
- Au moyen des photographies que donnera mon appareil ainsi perfectionné, on pourra, je l’espère, vérifier par expérience directe, ainsi que je me le suis proposé, les mesures d’altitude, fournies par le baromètre dans les régions les plus élevées de l’atmosphère. L. Cailletet,
- membre de l'Institut.
- Y0ITURETTES A. M0T0CYCLE
- On voit circuler depuis quelques mois, un peu partout, des tricycles à essence de pétrole de Dion et Bouton, dont nous avons donné la description1 l’an dernier, remorquant une élégante petite voiture à deux roues à une ou deux places, et réalisant ainsi un véhicule automobile à cinq roues, dont une directrice, deux motrices et deux porteuses. Le motocycle s’est ainsi transformé en cheval et le motocycliste en postillon. 11 a suffi, pour obtenir ce résultat sans obliger le motocycliste à pédaler trop souvent pour aider le moteur, de diminuer un peu le développement du tricycle, ce qui a réduit la vitesse et augmenté l’effort de traction, et de construire ces petites voiturettes extra-légères en mettant à profit les ressources mises à notre disposition par les progrès de la bicyclette : bandages pneumatiques, jantes et rayons en acier, roulements à billes, bâti en tubes, etc. Ces améliorations du véhicule jointes à celle de nos chaussées, asphalte et pavé de bois, font que le motocycle traîne allègrement, à la vitesse de vingt kilomètres par heure, trois personnes, alors qu’il n’en transportait qu’une seule... à cinquante. Ce nouvel avatar du motocycle contribuera certainement à accroître son succès l’an prochain, car la séparation du tricycle et de sa remorque se fait en un instant, ce qui permet de voyager à volonté, seul ou en compagnie, suivant les circonstances.
- De plus, le véhicule ainsi démontable en deux parties est beaucoup moins encombrant qu’une voiture, son prix total est moins élevé, et l’on peut faire l’acquisition du tracteur avant celui de la voiturette, pour diviser la dépense, considération qui n’est pas indifférente aux petites bourses.
- L’idée d’une remorque appliquée au tricycle automobile n’est d’ailleurs pas nouvelle, et nous avons décrit ici même, il y a plus de dix ans, le premier tricycle à vapeur de MAL de Dion, Bouton et Trépardoux2, auquel cette remorque a été appliquée. Mais ce qui était l’exception, il y a dix ans, deviendra avant peu la règle, grâce aux progrès rapides de l’industrie automobile. Al. Ledant.
- MISSION Y0ULET
- AU MOSSI ET AU GOUROUNS.I
- En 1896, et dans les premiers mois de 1897, une mission a été envoyée en Afrique, au Mossi et au Gourounsi. Cette mission a obtenu des résultats très importants au point de vue de l’influence française en Afrique. Nous avons eu la bonne fortune de voir le chef de la mission, M. Voulet, récemment promu
- 1 Yoy. n° 1228, du 12 décembre 1890, p. 17.
- 2 Yoy. n° 764, du 21 janvier 1888, p. 125.
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- capitaine, qui a bien voulu nous raconter les diverses péripéties par lesquelles est (tassée la mission dont il avait le commandement.
- Dans les premiers mois de l'année 1896, le gouvernement, à Kayes, apprend que les Anglais, définitivement maîtres des Achantis, organisent diverses expéditions ayant pour but U occupation effective des régions du Mossi et du Gourounsi.
- Une mission française est organisée à Bandia-gara (Macina), son but est de devancer les Anglais à Ouagadougou et à Sati. On est en plein hivernage. La mission commencera néanmoins ses opérations. Il s’agit, en effet, de ne pas perdre le fruit des efforts que la France a faits depuis plusieurs années en cette partie de l’Afrique et de ne pas voir prescrire les droits incontestables que nous ont acquis les Bin-ger, les Crozat, les Monteil.
- La mission quitte Bandiagara le 50 juillet 1896 Elle comprend le lieutenant Vou-let, chef de mission, le lieutenant Chanoine, le docteur Henric et les sergents Laury et Le Jariel.
- L’escorte se compose de 250 indigènes armés de fusils Gras et approvisionnés à 250 cartouches par homme. Le convoi est formé de 250 porteurs chargés du transportée trois mois de vivres pour les Européens et de sel pour les indigènes et pour les chevaux. Après des péri-
- péties diverses et avoir parcouru près de 400 kilomètres en pays ennemi, dont on peut suivre le tracé
- sur la carte (fig. 2), la mission arrive en vue de Ouagadougou le 1er septembre 1896. L’indigène envoyé en parlementaire au naba Bokary, est chassé et battu de verges.
- Bientôt même la petite troupe française est entourée et violemment attaquée par les guerriers du naba. Le combat s’engage, car c’est le seul moyen d’échapper à une destruction complète et d’atteindre le but assigné.
- A 5 heures du soir, l’ennemi est en fuite et le pavillon tricolore flotte sur Ouagadougou. Cependant le temps presse ; il faut marcher sur Sati. A la frontière du Gourounsi, une grande rivière, le Kas-sini, barre la route à nos officiers. En un jour et demi, un pont de fortune est établi et la marche en avant peut être reprise. La mission parvient au Gourounsi. Deux chefs s’y disputent le pouvoir : llamaria et Ba-ba-To.
- llamaria est le chef des autochtones qui, depuis trois ans, venaient de secouer la dure domination des envahisseurs Za-bermabé dont Baba-To est le chef. Le lieutenant Youlet prend parti pour llamaria contre Baba-To qui a demandé l’aide de Samory. Le 19 septembre, un traité plaçant le Gourounsi sous le protectorat fran-
- Marchand Ilaoussa,
- Koro
- "riaa,
- Banka so
- SAMO
- uSümii-Douqvu.
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- Echell e
- Carte de la mission Voulet (1896-1897
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- rais, est conclu à Sati avec Hamaria. Cependant les sofas de Samory terrorisent les populations qui demandent notre protection. Le lieutenant Youlet adresse une lettre en arabe à l’Al-many afin d’obtenir l’évacuation par ses bandes du (iourounsi, désormais territoire français. Enfin, dans le but d’np-puyer par une démonstration l’injonction adressée à Samory, la mission continue sa marche vers le Sud. L’Almany il o u s r é pond
- bientôt qu'il donne l’ordre à ses bandes d’évacuer le territoire en litige.
- C’était là un grand succès en môme temps qu’une véritable victoire remportée sur la barbarie.
- Délivrés de toutes inquiétudes de ce côté, nos officiers retournent au Mossi afin d’y achever l’œuvre commencée.
- Après trois mois d e luttes continuelles, de marches et d’opérations ininterrompues, le lieu-tenant Youlet parvient enfin à triompher de l’insurrection formidable que le naba du Mossi, Bokary-Koutou, a fomentée contre notre influence.
- Les diverses
- Jeunes femmes lVullies.
- provinces du c’
- Mossi : le Yatenga, le Béloussi, le Boussoumo, le Kippirsi, le Yako, etc., font leur soumission, Kouka, frère de Bokarv, devient naba et signe un traité
- de protectorat le 20 janvier 1897. Cependant, vers le commencement de février 1897, une expédition anglaise est signalée à la frontière du Mossi.
- Le lieutenant Youlet se porte à sa rencontre. Le commandant Donald Stewart entre (ni pourparlers avec nos officiers et s’engage, par écrit,à évacuer le Mossi et à rétrograder vers Gambaka. Ainsi le Mossi est bien à nous, et le chef de l’expédition anglaise a du s'incliner devant le fait accompli.
- Quelques jours plus tard, le lieutenant Youlet est assez heureux pour placer l’important pays de Boussancé sous le protectorat de la France en faisant signer les traités de Ga-rango et de Lé-régouri.
- C’est à cette époque que nos officiers apprennent la présence au Gourma, réion située à l’est Mossi, de la mission française, des capitaines Baud et YVermeersch, venus du Dahomey.
- Le capitaine Baud a réussi, au prix des plus grands efforts, à devancer les Allemands du Togo et à asseoir définitivement l’influence française dans l’arrière-pays du Daho-
- Jeuiies femmes Mossi apportant de l'eau à la Mission.
- &
- du
- Passage de La Yolta noire au sud de Lanfiéra.
- mey. Bientôt les deux missions françaises font leur
- jonction et réunissent ainsi à jamais nos deux colonies du Soudan et du Dahomey jusqu’alors séparées.
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- Les opérations ont duré dix mois ; 4000 kilomètres d’itinéraires nouveaux ont été relevés à la boussole.
- Enfin, d’importants renseignements géographiques et ethnographiques sont venus compléter les notions un peu vagues que l’on possédait sur ces importantes régions de la boucle du Niger. Cette mission, au cours de laquelle 120 indigènes ont été mis hors de combat, n’a coûté la vie à aucun Européen et n’a engagé qu’une faible dépense d’environ 20 000 francs couverte parle budget du Soudan.
- Tels sont les importants résultats d’une mission qui a été conduite avec vaillance et grande prudence par un de nos plus brillants officiers. Les diverses figures qui accompagnent cet article nous montrent quelques vues intéressantes. On voit, dans la figure 1, un marchand Haoussa ; dans la figure 4, des jeunes femmes Mossi apportant de l’eau à la mission. La figure 5 représente des jeunes femmes Peulhes et la figure 5 nous fait voir le passage par les troupes de La Yolta Noire au sud de Lanfiéra. J. de Servis.
- LE JUBILÉ DE LU HOUILLE
- Nous avons reçu l’intéressante communication suivante :
- Etterlieek-lez-Bruxelles, 20 décembre 1897.
- Monsieur le Directeur,
- La Nature a publié récemment1 un article de M. Jacques Boyer : Le Pseudo-Centenaire de la houille, à propos de l’idée que j’ai, le premier, émise dans la presse de célébrer l’an prochain le 700e anniversaire de l’utilisation véritable du charbon de terre. Accueillie avec faveur en Belgique, elle a été fort discutée, cette idée, en France, en Allemagne, en Angleterre. J’ai soumis la question à un nouvel, à un minutieux examen, et je vous serais infiniment reconnaissant si vous vouliez bien me permettre de l’exposer ici, de répondre en même temps, par la voie de votre journal, aux objections que m’ont apportées les publications des grands pays industriels.
- Plus que jamais je demande que la Belgique propose à ces pays de s’unir à elle pour fêter en 1898 le jubilé de la houille, le septième centenaire de cette date : 1198.
- Beaucoup de publicistes, je le sais, affirment que les Nerviens et les Eburons déjà employaient le (( diamant noir ». Malheureusement pour cette thèse, César, qui a décrit avec tant de détails les mœurs des populations fixées sur le sol belge, l’aspect physique du pays, les curiosités naturelles, ne dit pas un mot de la houille; et dans les ruines des nombreuses villæ belgo-romaines, qui ont été fouillées par les archéologues, on n’a jamais trouvé trace de l’emploi du charbon de terre. Des centaines d’années s’écoulent sans nous apporter une pareille trace, un témoignage probant. Au contraire, on sait que le bois et le charbon de bois furent jusqu’au douzième siècle universellement employés : une vaste forêt existait sur le sol du Hainaut, qui s’appelait la forêt Charbonnière parce que les « charbonniers » y brûlaient à demi, à l’étouffée, le bois qu’ils coupaient autour d’eux, et les besoins étaient si considérables que la forêt disparut tout entière. Chose piquante, un savant d’outre-Rhin m’a opposé ce nom, qu’on trouve de 400 à 1 200 dans une foule de documents, comme une preuve de l’emploi du charbon... de terre !
- 1 Voy. n° 1274, du 30 octobre 1897, p. 346.
- C’est oublier l’étymologie que Du Cange et tous les auteurs ont enregistrée ; c’est oublier surtout que les limites de la Carbonaria stjlva n’embrassaient qu’une très petite partie des gisements houillers du Hainaut.
- De quelque façon qu’on les envisage, les légendes, les traditions, les mentions des chroniqueurs relatives à la découverte de la houille et que je reproduirai tout à l’heure, ne permettent pas de reporter plus haut que le douzième siècle cette découverte, ou, pour parler plus exactement, la mise en exploitation des houillères.
- M. Gonzalès Decamps, en préparant sa belle étude sur l’industrie houillère dans le bassin du Couchant de Mous, n’a pas retrouvé, en les dépôts d’archives, d’acte où fut mentionnée la houille antérieur au treizième siècle : le plus ancien qu’il ait pu reproduire est daté de 1229. De même, dans La Houillerie au pays de Liège, de Ferdinand Hénaux, le premier document cité à l’appendice est de 1228. Je n’insiste d’ailleurs pas plus que de raison sur cet argument, mais je crois qu’il sera intéressant de donner ici l’avis de l’homme qui connaît le mieux toutes les vieilles chroniques belges, tous les documents d’archives, M. Alphonse Wauters.
- « L’histoire diplomatique, nous dit l’éminent auteur de la Table chronologique des chartes et diplômes imprimés concernant Vhistoire de la Belgique, révèle que l’industrie houillère commençait au treizième siècle à fleurir dans deux des grands centres charbonniers du pays : Liège et la vallée de la Haine. Un écolàtre de l’église Saint-Martin, de Liège, à la date du mois de mai 1228, se réserve d’autoriser l’extraction du charbon dans les terres dépendant de sa prébende. Vingt ans plus tard, le 0 juin 1248, l’abbave de Saint-Ghislain et le chapitre de Sainte-Waudru de Mons, de concert avec plusieurs chevaliers hennuyers, règlent de commun accord la manière d’après laquelle il sera procédé dans leurs domaines à l’exploitation de la houille. La découverte féconde que les chroniques reportent à la fin du douzième siècle, que quelques annalistes attribuent à l’intervention d’un vieillard mystérieux qui l’aurait révélée à un forgeron liégeois au temps de l’évêque Albert de Cuyck, s’était donc rapidement propagée, en moins d’un demi-siècle. »
- Où trouverons-nous une date précise?
- Naturellement, nous devons la demander aux contemporains de l’événement, et négliger tous les auteurs « modernes ».
- Or, vers 1 194, un moine de l’abbaye de Saint-Jacques, à Liège, Raynier, né en 1155, qui fut plus tard prieur de cette abbaye et qui mourut aux environs de 1250, commençait à rédiger une chronique latine dont le manuscrit original appartient aujourd’hui à l’Université de Liège. Arrivé à l’an 1195, il écrivait :
- « Cette année, de la terre noire propre à faire du feu fut trouvée dans beaucoup de localités de la Ilesbaye. (Hoc anno, terra nigra ad focum faciendum optima per Hasbanian in multis locis est inventa.) »
- Entre 1247 et 1251, un autre moine natif du pays de Liège, Gilles, de l’abbaye d’Orval, dans le comté de Chiny, répétait dans sa Gesta episcoporum Leodiensium l’annotation de Raynier :
- « Hoc anno (1195), terra nigra ad usum fabrorum et focum faciendum optima juxta Leodium in multis locis primo inventa est.... »
- D’autres chroniques liégeoises du treizième siècle indiquent formellement ou approximativement la date de 1200. Et il est remarquable que toutes ces chroniques parlent de la houille comme d’une chose absolument nouvelle en son
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- emploi, qui n’avait jamais été utilisée jusque-là, ni dans le pays de Liège, ni dans les contrées voisines. Celles-ci — je vise spécialement le Hainaut — ne peuvent, du reste, invoquer aucun texte qui leur donnerait la priorité.
- Gilles d’Orval avait agrémenté son récit de la légende à laquelle nous avons vu M. Wauters faire allusion : celle d'un vieillard anonyme révélant obligeamment à un maréchal ferrant non moins anonyme l’existence de la houille. Cette légende reçut sa forme définitive en le Myreur des histors, de Jean Desprez, dit d’Outremeuse, né à Liège en 1558 et mort dans la même ville en 1599. C’est le premier annaliste chez lequel on trouve l'heureux forgeron désigné sous le nom de llulhos :
- « Et vous saurez que le maréchal se nommait llulhos de Plainevaux, d’où on appelle le charbon houille et les fosses houillères. ))
- Jean Desprez assigne à la découverte la date de 1198, qu’il a certainement trouvée — la chose apparaît évidente lorsqu’on connaît ses procédés de composition — dans une autre source maintenant perdue. Et j’adopte cette date comme la plus probable, de par la règle des moyennes...
- Le Père Th. Bouille, dans son Histoire de la ville et du pays de Liège, se demande si le vieillard de la légende n’était pas un Anglais. À cette époque, en effet, il existait des relations assez suivies entre les provinces belgiques et la Grande-Bretagne, et il n’y aurait rien d’impossible à ce (ju’un habitant de ce pays, Voyageant aux environs de Liège, eût remarqué de la houille et en eût fait connaître les propriétés à llulhos.
- Car la houille, employée en Chine un millier d’années avant notre ère, signalée en diverses autres contrées par Aristote, par Théophraste, peut-être par Salluste, fut connue de bonne heure en Angleterre, et dès 1066 on trouve mentionnées dans l’histoire les houillères de Newcastle-sur-la-Tyne. Mais tandis qu’en Belgique l’usage du charbon de terre devenait d’emblée général, on considéra longtemps partout ailleurs, et dans la Grande-Bretagne même, ce combustible comme offrant des dangers pour la salubrité publique. En 1505, les gens de métiers de Londres se mettant à l’envi à s’en servir, la noblesse et la haute bourgeoisie s’alarmèrent et, après une enquête conduite de telle façon qu’elle fut défavorable à la houille, le roi Édouard Ier promulgua un statut punissant de peines sévères quiconque introduirait celle-ci dans les villes. Ce n’est qu’en 1540 que quelques fabricants privilégiés obtinrent l’autorisation de brûler du charbon de terre, et cent ans encore devaient s’écouler avant qu’on l’emplovàt couramment pour le chauffage domestique.
- En France, il n’y eut aucune exploitation véritable avant le quatorzième siècle ; les houillères de Roche-la-Molière, dans le Forez, furent ouvertes vers 1520. Au quinzième siècle, on découvrit quelques gisements dans le Charolais, grâce aux indications d’ouvriers hennuyers employés par les ducs de Bourgogne. Et ce furent des Belges encore qui eurent la plus grande part à la mise en production du riche bassin du Nord: la célèbre veine d’Anzin fut découverte le 24 juin 1734 par Pierre Mathieu, de Lodelinsart, ainsi que l’atteste une pierre tombale en l’église du bourg français. Le premier édit sur les [mines qui parle de la houille en France est de juin 1601.
- Parmi les autres pays de l’Europe, l’Autriche et la Bohême ont méconnu jusqu’au siècle dernier les richesses houillères qu’elles possèdent en leurs montagnes ;• sur les conseils du prince Charles de Lorraine, gouverneur général des Pays-Bas autrichiens pour l’impératrice Marie-Thérèse,
- des Belges furent enfin appelés à Tienne en 1757 pour faire les premières recherches sérieuses dans le pays.
- L’Allemagne du Nord, au contraire, semble avoir commencé l’exploitation de ses différents massifs houillers vers l’an 1500. Mais seuleslesminesdela Saxe, de la Sibérie, des bords de la Roer et du bassin de la Ruhr prirent une certaine extension avant notre siècle. Et les médecins allemands professaient doctement que l’emploi du charbon de terre déterminait J’asthme et la phtisie, provoquait des pneumonies et des apoplexies, tandis que de graves politiques attribuaient à la même cause le tempérament irritable et révolutionnaire des Liégeois....
- De nos jours, il existe peu de contrées qui soient tout à fait dénuées des ressources qu’offre l’extraction de la houille. Les progrès des sciences naturelles et surtout de la géologie, l’amélioration des moyens mécaniques, ont fait découvrir des amas considérables de charbon de terre là où l’on ne pouvait les soupçonner autrefois. Néanmoins, la Belgique, qui eut la gloire d’utiliser véritablement la première ce précieux combustible, reste, toutes proportions gardées, à la tète des nations pour la puissance de sa production, pour le progrès de son industrie houillère ; et il lui appartiendrait mieux qu’à toute autre de prendre en 1898 l’initiative de la commémoration du jubilé delà houille.
- Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l’assurance de ma haute considération. A. Boghaekt-Vaché,
- do la Société des Sciences, dos Arts et des Lettres du Hainaut.
- INDUSTRIE DE IA SOIE ARTIFICIELLE i
- SOLE DE CHARDONNET •
- Cette curieuse industrie, dont la France a droit d’être fière, atteint h la période de grande production.
- Une puissante société a établi à Besançon une usine colossale dont les produits s’emploient de plus en plus dans l’industrie de la soie.
- Les marchands de soie et les fabricants de tissus sont d’ailleurs les seuls qui connaissent la soie artificielle. Le public ne peut apercevoir aucune différence entre le produit artificiel et la soie naturelle.
- La soie artificielle est aussi belle et aussi brillante que les soies naturelles les plus estimées; elle est seulement un peu moins résistante : aussi l’emploie-t-on surtout pour les tissus dont la chaîne est faite de soie ordinaire (qualité inférieure, schappe, etc.); ou bien pour de magnifiques rubans à chaîne de coton; et pour toute espèce de fantaisies pour robes laine et soie, costumes de théâtre, etc.
- A l’aide de précautions convenables et de procédés spéciaux, les teinturiers donnent à la soie artificielle toutes les nuances les plus riches. Le principe fondamental et même les procédés généraux de fabrication ont été trouvés et brevetés par M. le comte de Chardonnet, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- On fabrique d'abord du coton-poudre ou fulmi-coton, par les procédés ordinaires ; coton cardé, bien desséché, plongé dans un mélange d’acide sulfurique et nitrique ; lavage à grande eau, séchage, etc.
- Au lieu de coton, on peut employer de la pâte de bois comme celle qui sert à fabriquer le papier : il n’y a pas grand avantage, au prix actuel du coton.
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- Le coton-poudre est dissous dans un mélange 50 atmosphères), et dans des appareils tout spéciaux,
- d’alcool et d’éther, sous une forte pression (40 à On obtient ainsi un collodion visqueux, plus épais
- Fig. 1. — Fabrication du coton-poudre.
- Fi". 2. — Lavage du coton-poudre.
- que le collodion classique. Il doit être filtré sous pression avec le plus grand soin, car il ne doit pas retenir la moindre fibre de coton-poudre non dissous. Le collodion, bien épuré, est amené par un gros
- tuyau dans la salle de filature. Toujours sous la pression de 40 à 50 atmosphères, il est distribué par des tuyaux plus petits à tous les métiers de filature. Sur le tuyau qui occupe la longueur de chaque
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- métier sont adaptés les becs de filature. Chacun de quant par un robinet avec le tuyau d’alimentation, ces becs se compose d’un petit réservoir communi- Le réservoir est terminé par un tube de verre
- l'ig. ô. — Fabrication du eollodiou.
- Fig. i. — Filature : transformation du eollodiou en soie artificielle.
- d’abord très évasé, puis finissant par un orifice étroit, dont le diamètre a un centième de millimètre.
- Le fil de collodion qui sort de cette espèce de filière (imitation de celle du ver à soie) était d’abord
- plongé dans l’eau qui le solidifiait immédiatement en s’emparant de l’alcool du collodion. C’était le filage à l’eau. Mais on est arrivé à de bien meilleurs résultats en filant à sec : le dissolvant (alcool et
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- éther) s’évapore rapidement et les fils sont assez secs pour ne pas se coller les uns sur les autres quand la machine les enroule sur les bobines.
- Il faut trois ou quatre tils de cocon pour constituer un fil de trame, et plus pour former l’organsin.
- Les fils de soie artificielle sont soumis au moulinage, au retordage, comme les tils de soie ordinaire.
- Mais, avant de mettre en œuvre la soie nouvelle, il est nécessaire de la denitrater. En effet, le produit n’est en somme que du coton-poudre : il serait donc très inflammable et même détonant. Les écheveaux terminés sont plongés dans une solution de sulfure d’ammonium qui détruit l’acide nitrique combiné avec le coton. On peut enlever ainsi la totalité de l’acide nitrique : mais on en laisse une petite quantité, ce qui est sans inconvénient. La soie de Chardonnet, dénitratée, a conservé toutes ses qualités : mais elle est devenue très peu combustible, pas plus que le coton lilé a la même grosseur.
- Depuis que l’industrie s’est mise en mesure de lournir des quantités illimitées de soie artificielle, avec 50 pour 100 d’économie sur le prix de la soie ordinaire, les applications se sont multipliées.
- C’est ainsi qu’on confectionne les pailles de soie, si appréciées pour les chapeafix de femmes, avec des fils de soie juxtaposés et maintenus par un encollage souple de manière à constituer des rubans plats larges de quelques millimètres. Ces pailles de soie permettent aux modistes de produire des effets complètement nouveaux. Cu.-E. Guigxet,
- Directeur des teintures aux Manufactures nationales des Gobelins et de Beauvais.
- PROPRIÉTÉS ÉLECTRIQUES
- DES FUMÉES DU CHARBON DE BOIS
- Lord Kelvin et M. Magnus Macleau ont étudié dernièrement les propriétés électriques des fumées du charbon de bois; ils ont publié les résultats de leurs recherches dans les mémoires de la Société Royale d’Edimbourg. Ils ont adopté trois méthodes différentes. La première méthode était basée sur l’emploi du filtre électrique Kelvin ; les fumées étaient dirigées sur ce filtre au moyen d’une pompe à air et la différence de potentiel était mesurée au moyen d’un électromètre sensible. Les fumées provenant d’une chandelle, d’une lampe à paraffine, d’une lampe à esprit-de-vin, d’un brûleur Bunsen, donnaient une électrification négative. Les différences de potentiel observées variaient de 0,27 volt pour le brûleur Bunsen à 0,99 volt pour la lampe à esprit-de-vin. Une flamme éclairant à basse pression donne une petite déviation négative, tandis qu’à haute pression on constate au contraire une déviation positive. Le charbon de bois et la houille donnent une électrification négative quand ils brûlent avec flamme, positive quand ils sont incandescents sans flamme. La deuxième méthode consistait à observer la différence de potentiel entre deux fils du même métal reliés d’une part à une plaque de cuivre, de l’autre à une plaque de zinc, la fumée étudiée passait entre ces deux plaques ; enfin dans la troisième méthode, on notait la perte entre deux plaques métalliques entre lesquelles passait la fumée. Les résultats obtenus paraissent moins nets.
- LE CONGRÈS GÉOLOGIQUE INTERNATIONAL1
- SIX JOURS DE NAVIGATION SUR LE VOLGA
- C’est à Nijny-Novgorod qu’a commencé la partie vraiment géologique de notre voyage et elle a offert tout de suite un grand intérêt auquel tout le monde sera sensible. Nous avions quitté Moscou assez tard dans la soirée, et après douze heures à peine de trajet nous étions arrivés. En sortant du wagon nos yeux furent frappés de la couleur rouge des liantes collines qui dominent la ville et charmés de la réception très amicale que nous firent les savants dévoués à nous conduire.
- Ces aimables cicerone scientifiques étaient M. et Mme Amalitzky. M. W. Amalitzky est professeur à l’Université de Varsovie; il s’est fait une spécialité de l’étude géologique du Gouvernement de Nijny et il a contribué plus que personne à l’établissement de la carte de cette région, tout spécialement difficile , du confluent de l’Oka et du Volga. Quant à Mme Amalitzky, c’est la collaboratrice de son mari, au service duquel elle a mis sans réserve sa science de paléontologiste et son grand talent de dessinateur : si bien qu’elle en a illustré tous les mémoires. Elle s’est aussi faite sa collaboratrice dévouée dans la tâche difficile de recevoir les membres du Congrès et de leur faire tirer le plus grand parti possible de leur visite. Dès la gare elle se multiplie pour donner à chacun les renseignements utiles, et, toute souriante, malgré la pluie qui la contrarie beaucoup à cause de la nature argileuse du sol à visiter, elle nous dirige à travers le faubourg jusqu’à la berge de l’Oka.
- Deux petits vapeurs pavoisés ncus reçoivent et nous transportent devant la foire (fig. 1). Voir la foire de Nijny c’est une ambition fort répandue, et nous regrettâmes sincèrement d’arriver seulement quand la grande réunion commerciale, célèbre dans le monde entier, était à peu près terminée. Néanmoins nous y vîmes des représentants de bien des nationalités diverses et jusqu’à des Chinois tenant des magasins de thé et d’autres marchandises.
- Mais le temps presse, il nous faut traverser l’Oka aux eaux irisées de pétrole pour accoster sur sa rive droite les escarpements qui enserrent le ravin de Yarilo. Le sol, surtout argileux, est tout rouge, et grâce à l’érosion active que les eaux y détermine, on en voit la structure comme sur une figure schématique. En haut, des limons quaternaires, fort analogues à notre lœss, représentent une grande épaisseur et recouvrent sans intermédiaire des assises permiennes, c’est-à-dire fort anciennes. Ce sont, sous des marnes relativement minces, de puissantes assises de sables, de grès et de poudingues associées à des marnes argileuses et glissantes qui rendraient l’ascension difficile sans les sentiers à gradins que nos hôtes ont fait préparer pour nous. Parmi ces couches qui reposent sur une énorme assise de marnes sans fos-
- 1 Yoy. n° 1280, du 11 décembre 1897, p. 23.
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- siles, il y a des niveaux qui nous attirent tout spécialement et qui nous retiennent longtemps à cause des coquilles parfaitement conservées qu’on y peut recueillir. Ce sont des Anthracosidæ, mollusques dont le nom vient de ce que les premiers représentants en ont été trouvés dans le terrain houiller.
- Cette visite n’avait du reste pas pour nous seulement l’intérêt toujours très grand de nous fournir la notion d’une localité fossilifère nouvelle, mais encore et surtout de nous procurer une base comparative pour notre traversée nord-sud de la Russie dont la structure générale, des plus intéressantes, est résumée dans la carte publiée récemment par le Comité géologique de Saint-Pétersbourg.
- Avant de quitter Nijny nous dûmes, bien entendu, nous rendre à la réception que nous avait préparée la municipalité. Un petit chemin de fer funiculaire partant du bout du pont où notre bateau nous avait déposé nous conduisit en quelques minutes à un élégant chalet restaurant d’où nous eûmes un panorama complet de la région. Le vin d’honneur coula à Ilots et les toasts dans toutes les langues furent entremêlés de morceaux de musique joués par un excellent orchestre de dames viennoises. L’hymne russe fut écouté avec recueillement et la Marseillaise fut accompagnée par la majorité des congressistes qui, spontanément, l’entonnèrent avec le plus grand enthousiasme.
- Notre petit vapeur pavoisé nous conduisit au confluent du gigantesque Volga sur les eaux duquel nous attendait un grand et beau bateau du nom de Xénia sur lequel nous allions passer plusieurs jours et plusieurs nuits et faire près de 2000 kilomètres. C’est un bâtiment de la célèbre Compagnie « Kavkaz et Mercury » construit sur un modèle voisin de celui des steamers du Mississipi et, par conséquent, très élevé au-dessus de l’eau, très favorable, par conséquent, à la vue étendue sur la rivière et sur ses berges. Après l’installation dans nos cabines, après le repas auquel la course et l'heure) avancée nous portaient à faire honneur, nous profitâmes du reste du jour pour nous imprégner du grand spectacle qui nous entourait. Il n’y a pas lieu de décrire ici le Volga et je me bornerai à rappeler seulement ses gigantesques dimensions qui, même au temps de basses eaux où nous le voyions, dépassent si prodigieusement celles de nos plus grandes rivières comme le Rhône ou la Loire. On est frappé en même temps du contraste complet dans la forme des deux berges, celle de l’est (rive gauche) étant très basse et formée d’alluvions récentes, celle de l’ouest (rive droite), au contraire, constituée par des falaises abruptes de roches anciennes.
- C’est au pied de l’une de ces falaises que M. Ama-litzky nous fit arrêter le lendemain matin dans la localité de Wiazowoïé, près de Kozlovka, à 10 kilomètres environ du confluent de la Swiaga. La partie supérieure nous remet sous les yeux la structure du sol à Nijny avec les marnes à anthracosies, mais on voit au-dessous des couches nouvelles pour nous et
- qui sont plus franchement permiennes encore que les précédentes. Des calcaires siliceux, chargés suivant les points de gypse ou de dolomie, nous procurent la faune de lamellibranches caractéristique du « Zech-stein » de Khazan ; plus bas encore, en même temps que la roche devient bien plus tendre, elle ne contient guère que des brachiopodes, Productus cancrini, Spirifer, Athyris, etc., dont nous faisons une ample moisson.
- C’est avec intérêt que nous nous arrêtons à Khazan, mais nous avons trop peu de temps pour visiter la ville, dont le Volga s’est progressivement écarté en se déplaçant vers l’ouest d’un mouvement continu et il faut nous borner à la vue du port, qui nous frappe par son aspect décidément oriental. Peu après nous voyons l’imposante Kama se jeter dans le Volga.
- A partir d’ici nous cessons d’être sur le domaine scientifique de M. et Mme Amalitzky et nous entrons sur celui de M. et Mmc Pavlow. Encore un ménage géologique et tout à fait digne du précédent par sa grande science et par son affabilité. M. Pavlow est professeur à l’Université de Moscou dont il nous avait fait visiter la collection à notre passage dans la « Ville sainte ». Il a publié sur la région du Volga une série de travaux qui l’ont placé depuis longtemps au premier rang des stratigraphes. Quant à Mme Pavlow avant d’être la collaboratrice dévouée et active de son mari elle avait déjà enrichi la science de ses découvertes et le Muséum d’histoire naturelle est heureux de l’avoir comptée, il y a quelques années, au nombre de ses travailleurs les plus assidus.
- Notre première station fut en aval du village de Dolinovka où se présenta pour la première fois à nos regards une formation jurassique, avec cette circonstance spécialement instructive de reposer sur les marnes bigarrées à Anthracosia et ne laissant, par conséquent, aucune lacune dans la série des stratifications visibles. Les couches que M. Pavlow nous signale dépendent du eallovien et de l’oxfor-dien, riches surtout en Cardiocera comparables à Ammonites (Amaltheus) cordatus de nos régions; on y distingue tout d’abord un lit de conglomérat dont les éléments sont pour un grand nombre constitués par du phosphate de chaux. C’est un des points où se trouve justifiée cette remarque de M. le ministre Yermolofîque le sol de la Russie contient assez de phosphate pour fertiliser l’Europe tout entière.
- A Polivna on ne voit plus le soubassement primaire, mais le terrain jurassique s’est fort compliqué par en haut et la falaise atteint Vaquilonien. C’est sous ce nom poétique que les géologues russes, à l’exemple de M. Pavlow, désignent les couches les plus récentes du terrain jurassique, caractérisées par une faune à faciès boréal. C’est, comme âge mais non comme fossiles, qui sont ici essentiellement marins, notre purbeckien qu’on peut rattacher au portlandien supérieur et qui se lie intimement à la base du terrain crétacé.
- Nous apercevons Simbirsk dont les falaises sont le théâtre d’éboulements incessants et nous arrivons
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- à Chilovka oîi, à son tour, la formation crétacée vient se superposer aux assises jurassiques. On trouve meme, tout en liant des escarpements, une argile siliceuse remarquable par sa structure qui rappelle
- celle de certaines gaises et qui est éocène, c’est-à-dire tertiaire.
- Le temps, qui avait été déplorablement pluvieux depuis Nijny-Novgorod, devint en outre venteux et
- nous eûmes presque une tempête pendant la nuit. La Xénia, qui marchait très prudemment et sur les indications à chaque instant répé- .......
- tées d'un matelot pourvu d’une sonde, s’ensabla cependant et il fallut plus de deux heures et les efforts d’un petit remorqueur pour le remettre à Ilot.
- Nous avions en même t emp s
- l’ennui d’une pluie diluvienne et celui d’une rivière trop basse; incompatibles en apparence, ces inconvénients avaient su se concilier très bien à notre grand détriment. Mis fort en retard par notre éehouage, nous dûmes encore nous arrêter longuement à Spasskij-Saton pour renouveler la provision de pétrole nécessaire à notre machine. La figure 2, prise du rivage par M. Marcellin Boule, montre la pompe actionnée par huit hommes qui envoie le pétrole par des
- Fia
- tuyaux dans les réservoirs de la Xénia représentée au dernier plan. Sur le pont une quantité de congressistes suivent l'opération avec •intérêt.
- Le lendemain, dès 5 heures et demie du matin, nous étions à terre, échantillonnant à Chi-riaiëwo le calcaire à fmutines. Nous étions au pied des moûts J e g o u I i, (j u e M. Pavlow a étudiés si fructueusement pour la science et qui, comme on le sait, représentent une surrection du terrain paléozoïque au travers des
- Pompe à pétrole pour l'approvisionnement en combustible des vapeurs naviguant sur le Volga.
- (D'après une photographie de M. Marcellin Boule.)
- masses secondaires. Vers 9 heures nous atterrissons à Samara, ville essentiellement tatare agrémentée d’une grande statue d’Alexandre 11 et dans laquelle nous faisons une petite excursion qui nous introduit jusque dans la cour des maisons où nous troublons fort les habitants, peu habitués à la vue de géo-
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- logues européens. Nous les regardons un peu comme des bêtes curieuses dans leurs bizarres accoutrements où les loques rouges dominent ; mais ils nous témoignent un étonnement de même aloi.
- Remontés à bord nous ne tardons pas à passer devant une grande exploitation de bitume subordonné à des couches portlandiennes. On nous attend à la mine; la falaise est richement pavoisée et la
- Fig. o. — Los membres du Congrès recueillant des fossiles au pied des falaises de Tchiriew, sur le Volga. (D'après une photographie de 11. Marcellin Boule.)
- berge est couverte d’habitants venus des environs. Des canots ornés de drapeaux et de banderoles se disposent à venir nous prendre.
- Mais le temps est redevenu très mauvais, le Volga se permet de vraies vagues et nos conducteurs jugent que le dé-barquement n’irait pas sans quelque danger.
- A la grande consternation des riverains, qui souffrent déjà de cette maladie cruelle dite des « toasts rentrés » nous continuons notre chemin, non, il est vrai, sans avoir confié à une bouteille vide solidement bouchée et lancée dans le fleuve, l’expression de nos sincères regrets.
- Après une nuit où le temps se remit à peu près, nous arrivâmes vers 8 heures et demie à Tchiriew où le terrain tertiaire nous livra des séries de fossiles. Les falaises (fig. o), hautes de 55 mètres environ,
- nous présentent sous des couches de grès quartzeux et d’argile, une roche sableuse à grains fins, chargée de
- glauconie et riche en fossiles bien conservés : dans ces fragments éboulés nous recueillons en peu de temps une jolie série de Cardium, de Cu-cullea, de Phola-domya, de Tur-ritella, de Nu-cula, etc., etc., que M. Von Kœnen, qui est avec nous, nous détermine spécifiquement avec la plus grande obligeance.
- Et c’est peu de temps après que nous foulons le pavé (d’ailleurs mauvais) de Saratow, l’un des points les plus intéressants de notre itinéraire. Notre débarquement (fig. T) fut vraiment imposant : des foules compactes nous attendaient sur la berge, sévèrement tenues en respect par une police très nombreuse et qui nous a paru plutôt énergique. C’est entre les
- Fig. 1. — Débarquement des membres du Congrès à Saratow (D'après une photographie de M. Marcellin Boule.)
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- rangs pressés et d’ailleurs absolument silencieux de ces curieux que nous arrivâmes à la multitude des voitures chargées de nous promener. Nous étions plus de deux cents congressistes et les autorités venues au-devant de nous pour nous faire les honneurs du pays étaient fort nombreuses : c’est dire que les équipages à deux places, ou drochkh destinés à notre service, dépassaient de beaucoup la centaine. La iile interminable que nous composions, précédée d’agents à cheval, traversa la ville à grande vitesse, faisant venir sur le pas des portes et aux fenêtres la partie de la population qui n’avait pu se rendre au port. Nous dépassâmes les maisons et notre allure rapide s’accentua encore dans la campagne. Après plusieurs quarts d’heures de cahots nous nous arrêtâmes au pied du mont Lyssaia (montagne chauve) dont M. l 'a viow nous fit connaître la constitution. La hase en est faite de craie marneuse supportant une grande épaisseur de craie blanche où les bélem-nites sont extraordinairement nombreuses et où les Ostrea vesicularis complètent la ressemblance de la faune avec celle du blanc de Meiulon. Le sommet de la montagne, constitué par les sables tertiaires à cucullées étudiées le matin à Tchiriew, nous ménageait un panorama vraiment magnifique sur Saratow et ses environs. La montagne de Sokolowa nous montra les couches aptiennes recouvertes d’énormes épaisseurs’ de limon quaternaire et largement mises à découvert par suite d’un éboulement très considérable qui eut lieu en 1884.
- Rentrés en ville, nous fûmes reçus au Musée de la façon la plus cordiale par la municipalité de Saratow. Le musée fondé par le peintre Bogolubofï montre avec orgueil de nombreux souvenirs de Tour-guenieff : le moulage de son masque à son lit de mort, le moulage de sa main, son bureau et son fauteuil, des autographes; il possède une assez nombreuse série de tableaux et des curiosités de tous genres, même des objets d’histoire naturelle.
- Nous rentrâmes de nuit à bord de la Xénia qui ne tarda pas à reprendre son voyage vers le sud.
- Dès le matin nous sommes à Troubino où de grandes falaises remarquablement modifiées par les phénomènes de dénudation pluviaires nous procurent des spécimens appartenant à l’époque turonienne. Il y a là de nombreuses ammonites et spécialement des Schlænbachia qui sont tout à fait caractéristiques.
- L’arrêt principal de cette journée eut lieu à Alexandrovka, stanitza de Cosaques d'Astrakan. Prévenus de notre passage comme toutes les populations du pays, les Cosaques étaient venus en grand nombre nous attendre sur la berge avec leurs femmes et leurs enfants. Leur attaman, à la longue barbe grise et en grand uniforme, voulait nous souhaiter la bienvenue suivant les formes ; mais, dans leur empressement à voir le pays, beaucoup d’entre les excursionnistes sautèrent des canots sur le sable et retirèrent toute solennité à l’entrevue. Elle n’en resta pas cependant pour cela moins cordiale et les Cosaques nous accompagnèrent dans nos recherches avec
- le plus grand intérêt. La base de la falaise offre des couches très épaisses (de 28 mètres) de grès avec des huîtres et d'autres fossiles dont plusieurs n’ont pas été décrits encore. Plus haut viennent des sables à dents de squales et par-dessus, atteignant la hauteur de plus de 50 mètres au-dessus du niveau de la rivière, des dépôts quaternaires (pii se rattachent au sol constitutif de la grande steppe. C’est du haut de cette falaise que nous pûmes juger, dans le beau panorama qui se déroula sous nos pieds, de l’importance des formations dites Aralo-Caspiennes et que nous devions avoir tant d’occasions de revoir.
- Dès le matin du lendemain nous arrivions à Tza-ritsyne, et en quittant la Xénia nous ne savions pas vaincre un certain regret de ne plus avoir sous les yeux les paysages du Volga. Mais, dans ce beau voyage, les motifs d’intérêt et d’admiration se sont succédé d’une façon si active que l’esprit ne s’attacha pas longtemps à la pensée du passé. Tzarit-syne avait de quoi nous séduire par l’étrangeté d’une ville où circulent en abondance des chameaux dans les rues comme bêtes de trait ou comme bêtes de bàt. Le bazar, c’est-à-dire le marché, a une apparence orientale sans analogue encore pour nous et que nous ne nous lassions pas d’admirer. Le temps, cependant, nous était très parcimonieusement compté et un train spécial chauffait pour nous emporter d’une seule traite, mais d’une traite de soixante heures, jusqu’à la station de Wla-dikavkase. En terminant l’excursion sur le Volga,, nous cessions en même temps d’être dirigés par M. et Mme Pavlow que nous ne saurions trop remercier de leur sollicitude Stanislas Meunier.
- CHRONIQUE
- Prochaine éclipse totale du soleil. — On se
- prépare activement dans l'Inde pour l’observation de l’éclipse qui aura lieu le 22 janvier 1898. La zone d’obscurité s’étendra sur une longueur de 1600 kilomètres et sur une largeur de 80 ; il est vrai que la durée du phénomène ne dépassera pas deux minutes. On suppose que les conditions météorologiques seront le plus favorables dans le voisinage de Bombay. Sir J. Nonnan Lockyer et M. Fowler prendront leur poste d’observation à Ratnagiri, sur le littoral de Bombay; l’astronome royal le Pr Turner et le Dr Common s’installeront en un point où la zone d’ombre coupera le (( Great Indian Peninsular railway ». M. Newall s’en va à Wardha, où il emploiera un grand spectroscope à fente pour déterminer la vitesse de rotation de la couronne. Notons une particularité, c’est que le chemin de fer « Southern Mahratta », offre le parcours gratuit à tous les observateurs, et que les autres compagnies consentent de fortes réductions.
- Les vins en 1899. — D’après les renseignements publiés par la direction générale des contributions indirectes, pour 1897, la récolte des vins en France est évaluée à 32 551 000 hectolitres, en diminution de 12 505 000 hectolitres sur la récolte de 1896 et de 126 000 hectolitres sur la moyenne des dix dernières années. On compte
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- 5 987 000 hectolitres pour l’Algérie, et environ 500 000 hectolitres pour la Corse ; on arrive alors à une production totale de près de 57 millions d’hectolitres. Des augmentations dans la récolte ont eu lieu dans dix-huit départements, notamment dans les six départements de la région du Midi (Aude, Bouches-du-Dhùne, Gard, Hérault, Pyrénées-Orientales et Vaucluse). On attribue ce résultat à la reconstitution du vignoble et du fait d'influences atmosphériques favorables. Sur le reste du territoire, les gelées du printemps et les pluies froides de la fin de l'été ont eu les plus fâcheuses conséquences. La récolte en a été affectée, sous le rapport de la quantité, dans cinquante-sept départements, et aussi sous le rapport de la qualité dans plusieurs régions. On trouve comme vins titrant moins de 11°, 29 019 000 hectolitres; comme vins titrant 11°, 2 570 000 hectolitres; comme vins titrant plus de 11°, 9G2 000 hectolitres. La valeur de la récolte de 1897 peut être estimée à 821 752 000 francs. Dans ce total, les vins de qualité supérieure sont compris pour 52 millions de francs correspondant à une quantité de 519 000 hectolitres, et les vins de qualité ordinaire pour 709 millions de francs correspondant à une quantité de 51 852 000 hectolitres.
- Un calendrier pour voleurs. — Il parait que les Diambi, population indigène de Sumatra, réunissent une superstition étroite à une pratique effrénée et fort habile du vol : ainsi portent-ils toujours avec eux une sorte de plaquette de bois qui est partagée en o rangées, contenant 12 carrés chacune, et qui leur sert de calendrier. Les carrés sont en effet marqués par des points plus ou moins nombreux, des croix, des angles tracés au couteau dans le bois, et cela indique aux initiés les jours fastes et néfastes, les jours qui sont ou non propices aux expéditions de pillage.
- Amitié d’un chien et d’un poulet. — Pour faire suite à ce que nous avons dit des amitiés entre animaux, signalons le poulet race Favourelle que possède le Révérend \Y. Willan de Borouglibridge, dans le comté d’York. Abandonné par sa mère, il est devenu l’ami intime d’un chien écossais, et il passe la plus grande partie de son temps sur le dos de l’animal couché à terre, ne se gênant pas pour se faire un nid dans sa toison.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 27 décembre 1897. — Présidence de M. Chatix
- Les alliages de glucinium. — M. Henri Moissan présente une Note de M. Lebeau sur les alliages de glucinium et de cuivre. Ces alliages ont été obtenus en chauffant au four électrique un mélange de glucine, de charbon et de cuivre ou d’oxyde de cuivre. Sous l’influence réductrice du charbon, il se forme un alliage de glucinium et de cuivre. Les alliages obtenus de la sorte sont d’une belle couleur jaune d’or et possèdent des propriétés analogues à celles des bronzes d’aluminium. Ils sont surtout extrêmement sonores.
- L'aluminium industriel. — M. Henri Moissan apporte une nouvelle étude de M. Defacqz sur les impuretés de l'aluminium industriel, préparé par électrolyse. H y a un an, cet aluminium renfermait du sodium, de l’azote, du cuivre, du fer et du silicium. M. Defacqz nous apprend qu’aujourd’hui on ne rencontre plus guère que du cuivre, du fer et du silicium. L’aluminium le plus pur est celui de l’industrie française provenant de l’usine
- Secrétan ; il titre 99,5 à 99,7. L’auteur recherche sous quelle forme se trouvent ces substances.
- L’instinct d'orientation chez les animaux. — M. Milne Edxvards présente une Note de M. le capitaine Renaud sur l’instinct d’orientation chez les pigeons-voyageurs. L’auteur qui est un spécialiste chargé des colombiers militaires établit que l’hypothèse généralement admise pour expliquer la faculté d’orientation des pigeons n’est pas exacte. C’est en effet à la vision que l’on rattache généralement cette faculté. Or, les pigeons peuvent retrouver leur gîte à des distances de 500 et même 1000 kilomètres ainsi qu’il est prouvé par de nombreuses expériences. Il faudrait, par suite, qu’ils s’élevassent à des hauteurs extrêmement considérables dans l’atmosphère, à cause de la courbure de la terre, pour pouvoir distinguer le point sur lequel ils doivent diriger leur vol. Indépendamment de l’obstacle qu’offriraient presque toujours les nuages, il faut noter que ces animaux ne s’élèvent jamais à plus de 150 à 200 mètres. C’est donc une explication à rejeter radicalement. M. Renaud annonce qu’il a pu vérifier expérimentalement que la prétendue éducation préalable est également un fait à rejeter. Des pigeons dressés à effectuer le trajet Paris-Lille, transportés dans le midi de la France, reviennent très bien à leur colombier. Des expériences faites pendant les dernières manœuvres sur des colombiers mobiles ont même permis de reconnaître que ces animaux rejoignent très aisément ces colombiers. L’auteur cite l’exemple d’animaux qui ont opéré ainsi le trajet inverse à celui parcouru par eux en cages fermées, à l’abri de la lumière. M. Cailletet observe que cette faculté est analogue à celle des chiens de retrouver la demeure de leur maître lorsqu’ils sont lâchés, après avoir été transportés en chemin de fer. Les exemples de ce genre sont certes bien connus ; M. Cailletet y ajoute qu’un chien ainsi lâché est arrivé à destination après avoir parcouru 25 kilomètres en une heure, à travers champ et non sur route. II mentionne également les chats comme susceptibles de retrouver à grande distance la demeure de leur maître: ces derniers animaux sont certes moins célèbres que les chiens à ce point de vue. M. Milne Edwards conclut que la faculté d’orientation n’est pas plus la vue que l’odorat, mais un sens spécial très obtus chez l’homme et très vif au contraire chez certains êtres.
- Élection. — M. Maquenne est désigné en première ligne, au choix du Ministre, par 49 voix contre 1 pour la chaire de physiologie végétale du Muséum.
- Ch. de Yilledeuil.
- INDICATEUR DE REMONTAGE
- DES MOUVEMENTS d’hORLOGERIE
- On ne sait jamais si un mouvement à ressort horloge, boîte à musique, appareils enregistreurs, etc., est remonté ou s’il a besoin de l’être; et il arrive souvent qu’un appareil s’arrête au moment où il est appelé à fournir des indications intéressantes, parce qu’il n’a pas été remonté.
- M. G. Richard a imaginé un dispositif qui a pour but d’indiquer, d’une façon continue, le degré de tension ou bandage du ressort moteur, avec ou sans barillet, des mouvements d’horlogerie.
- Les cadrans de tensiomètre sont en général en forme d’arc de cercle et sont gradués en nombre
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- de jours, d’heures ou de minutes, etc., selon le temps (jue dure le déroulement du ressort-moteur. On voit dans la figure 1 'application du tensiomètre à une horloge A et à un réveil-matin B.
- En C se trouve l’aiguille indicatrice qui se déplace sur le cadran gradué; en R et E sont les indications du bandage du ressort pour le mouvement ou pour la sonnerie du réveil. La marche du mouvement est de 40 heures ; l’aiguille montre qu’il n’a plus que 10 heures à fonctionner, nerie du réveil dure 40 secondes, donne le schéma des dispositions adoptées.
- L’aiguille indicatrice C (n° 1) montée sur l’arbre e, se déplace sur le cadran du tensiomètre, du point minimum au point maximum, et vice versa, selon que le ressort est détendu ou tendu à fond. La pendule fonctionne dix jours sans être remontée.
- En F est le barillet sur la face postérieure duquel est fixée la roue dentée I et faisant corps avec lui; on voit en i une roue dentée fixée à l’extrémité de l’arbre de remontage E. Au moyen des deux roues dentées G et g solidaires par l’arbre L, la roue i engrène avec la roue y, et la roue G donne forcément un mouvement semblable mais inverse à la roue I. I)’une part, la roue dentée G est mise en mouvement par l’arbre du barillet ou de remontage, et d’autre part la roue dentée I est actionnée par le barillet lui-même, c’est-à-dire par le mouvement d’horlogerie.
- Entre ces deux dernières roues G et 1 fonctionnant en sens inverse, est placée la roue dentée II qui peut se déplacer perpendiculairement à son axe E' comme
- l’indique le’pointillé Hl5 (n° 2), de façon à engrener avec l’une ou l’autre des deux roues G et I, et
- par suite produire une rotation dans un sens ou dans l’autre, selon qu’elle sera actionnée par le mouvement d’horlogerie ou par l’arbre de remontage.
- Ces deux mouvements de rotation à gauche ou à droite de la roue U, correspondant au bandage ou au débandage du ressort moteur, sont ensuite communiqués à l’aiguille indicatrice C, qui dévie en conséquence sur le cadran du tensiomètre, par le moyen des deux poulies à gorges p et P et d’une chaînette ou d’un fil /’.
- Le déplacement de la roue II, engrenant soit avec la roue I, soit avec la roue G, est obtenu par un ressort à boudin qui, pendant le développement du ressort moteur, c’est-à-dire la marche du mouvement d’horlogerie, fait continuellement engrener la roue H avec la roue I. L’engrènement de la roue H avec la roue G, ne devant s’effectuer que pendant l’opération du remontage, est obtenu automatiquement par l’introduction de la clef qui agit immédiatement sur le levier à ressort K entourant le carré D; le ressort K pousse l’axe E', sur lequel est fixé la roue II, et cette dernière rentre en prise avec la roue G, jusqu’au moment où, le remontage terminé, on retire la clef. La roue II quitte alors la roue G, pour se réengrener avec la roue I, jusqu’à ce qu’on veuille produire un nouveau remontage et ainsi de suite. •
- J. Lebon.
- Le Gérant : P. Masson.
- Fig. 1. — Application de l’indicateur de tension du ressort à une horloge et à un réveil.
- La marche de la son-La figure 2 nous
- iLir' rr jf
- Fig. 2. — Schéma des dispositions adoptées pour mouvements à ressort et à barillet.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleuras, 9.
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- N° 128-4.
- 8 JANVIER 1898.
- LA NATURE.
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- NOUVEAU COMPARATEUR
- I'Ol'Il LKS MKSniKS INDUSTRIE LUES
- A mesure que lu science et l'industrie allient leurs procédés, la première opère plus en grand, alors que la seconde perfectionne ses méthodes et ses produits. La construction des instruments et des machines, en particulier, a réalisé de grands progrès en s’inspirant dos besoins de la science et des procédés employés dans les laboratoires et les observatoires astronomiques.
- C’est, en effet, au prix d’un ajustage parfait ([ue l’on arrive à ces merveilles de la grosse
- industrie, à ces énormes machines à vapeur marchant sans le moindre bruit, sans la plus légère trépidation.
- 11 semble, à première vue, que l’ajustage au vingtième de millimètre doive déjà présenter quelques difilcullés, et représente la limite de ce qu’il est possible d’atteindre dans une fabrication courante.
- Cette limite est beaucoup dépassée aujourd’hui ; le pied à coulisse, le palmer lui-même ne sont pas les [tins précis des instruments de mesure que l’on mette dans la main des ouvriers. Nous connaissons plus d’un atelier parisien dans lequel quelques ouvriers spéciaux ont à leur disposition un véritable micromètre dont la précision est du centième
- Comparateur pour les mesures industrielles.
- Vue d'ensemble, détail de la partie supérieure et coupe longitudinale de la poupéefiixe.
- de millimètre et [dus. Cet instrument est accompagné des étalons nécessaires, à l’aide desquels on ramène les pièces à ajuster à des longueurs connues et exactement déterminées par les ingénieurs de la maison.
- Mais il n’est aucune fabrication où la précision soit aussi indispensable, il n’en est pas une qui opère sur un nombre plus considérable d’unités que la construction des armes. Ici, la question se complique encore de la condition d’interchangeabilité des pièces ajustées dans diverses fabriques. Les hasards des recrutements, des incorporations, des dislocations mettent nécessairement en présence des pièces d’armement qui doivent fonctionner ensemble, sans provenir de la même source. 11 eu résulte l’obligation, pour toutes les manufactures d’armes, de tra-
- 26" ann'e. — 1er semestre.
- vailler d’après les memes patrons, les mêmes gabarits, d’avoir, en un mot, les étalons identiques.
- Le programme qui s’impose est donc très simple ; il s’agit de fournir à toutes les manufactures, chargées d’une même fabrication, des étalons de toutes les longueurs dont on peut avoir besoin, et d’entretenir ces étalons dans un état de parfaite conservation, ou, plutôt, de les remplacer, au fur et à mesure de leur usure, par des étalons nouveaux, exactement ajustés.
- On à dit souvent qu’une question bien posée était à moitié résolue ; nous pourrions ré]tondre ici par un autre proverbe en disant que l’exception confirme la règle ; ce n’est pas, en effet, sans des études longues et assidues, guidées par une grande ingéniosité, ([lie l’on est parvenu à passer du programme
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- son exécution complète. C’est dans l'admirable Section technique del’artillerie, connue des artilleurs sous le nom familier de Sain t-Thomas-d' Aquin, ([ne le problème a été complètement résolu par M. le commandant L. Hartmann et M. le capitaine J. Mengin, avec la collaboration ultérieure de M. le capitaine P. Pinet.
- L’instrument construit et étudié par leurs soins permet la comparaison automatique des étalons à bouts, avec une précision à laquelle l'industrie n’était pas encore arrivée et qui semblait devoir demeurer longtemps encore confinée dans les laboratoires.
- Le principe du comparateur est très simple. I n fort banc de tour supporte deux poupées; l’une A, reste fixe à l’une des extrémités, tandis que l’autre H, peut glisser le long du banc et prendre, dans chaque comparaison, la position convenable, dans laquelle elle est alors fixée à l’aide de deux loris écrous.
- La poupée fixe sert de support à une vis micro-métrique, munie d’une large tète, et qui peut, en tournant, avancer ou reculer dans l’intervalle des deux poupées. La deuxième reçoit de même une vis que l’on peut manoeuvrer à la main, et au moyen de laquelle on fixe à volonté la distance exacte qui doit séparer l’extrémité des deux vis, sans avoir à desserrer les écrous qui maintiennent la poupée. D’ailleurs, la vis micrométrique n’émerge pas elle-même, hors de la poupée lixe ; elle appuie seulement sur une tige d’acier pressée contre elle par deux ressorts à boudin (voir détail et coupe) de telle sorte que la partie émergente ne soit animée que d’un mouvement de translation avec exclusion de toute rotation. C’est entre cette tige et la vis de la poupée mobile que se placent les étalons à comparer. La vis micrométrique vient, en tournant, faire serrage sur l’étalon, et s’arrête lorsque la force antagoniste de ce dernier fait équilibre à l’effort moteur.
- Il suffit de repérer la position de la vis pour posséder un témoin de la longueur à mesurer. Dans ce but la tète de la vis porte dix bras munis chacun d’une plume semblable à celle des baromètres enregistreurs. L’une des plumes s’arrête devant un tambour recouvert d’un papier quadrillé, contre lequel un électro-aimant dissimulé dans le tambour l’attire, lorsqu’elle est complètement arrêtée. Le point que marque la plume sur le papier sert de témoin pour sa position et pour la longueur de l’étalon.
- Le pas de la vis est de 1 millimètre ; la circonférence mesurée sur les plumes a deux mètres d’étendue; l’amplification est donc de 2000, c’est-à-dire que chaque millième de millimètre de l’étalon .est reporté sur la feuille par une distance des points égale à 2 millimètres.
- Le mouvement de la vis est obtenu très simplement par le mécanisme suivant : une petite dynamo, logée dans le pied de l’appareil, commande,
- par une série de poulies qui réduisent la vitesse, une dernière poulie sur laquelle passe une petite courroie remontant verticalement sur un deuxième galet. Cette courroie porte une cheville C que l’on pourrait nommer la cheville ouvrière de toute la machine.
- Une petite corde ou chaînette, parlant de cette cheville, vient s’enrouler sur le tambour de la vis ; dans le mouvement de haut en bas qu’elle prend avec la courroie, elle entraîne la vis de façon à la ramener en arrière; en remontant elle lui rend au contraire sa liberté ; mais alors le tambour est sollicité de l’autre coté par un petit poids moteur qui assure à la vis un effort constant. Dans b1 serrage de la vis, la cheville règle le mouvement qui, sans cela, serait trop rapide et se terminerait par un coup de bélier sur l’étalon. 11 convient au contraire que le retour de la vis soit toujours très lent, et surtout qu'il soit uniforme dans les opérations successives.
- Lorsque la cheville arrive au haut de sa course, en un point où la vis est forcément arrêtée, elle presse, en passant, sur un ressort l), qui ferme un contact et actionne T électro-aimant.
- Tel que nous venons de le décrire, l’appareil permettrait seulement de faire les mesures successives d’un même étalon, et ne servirait pas à grand’cbose, puisque ces mesures se rapporteraient à la distance, complètement arbitraire, des deux poupées. Ce que l’on demande à l’appareil c’est de déterminer la valeur d’un étalon en fonction d’un autre dont on connaît la valeur. Il est muni, dans ce but, d’un transporteur T (voir détail), qui sert à amener l’un après l’autre les étalons dans l’intervalle des deux poupées. Deux petites fourchettes pincent en leur milieu les étalons à comparer ; ces fourchettes sont animées d’un mouvement alternatif, perpendiculaire à l’axe de l’appareil, mouvement qui leur est communiqué par la tringle E actionnée elle-même par la cheville C à chacun de ses passages par l’extrémité inférieure de sa course.
- L’opération se comprend dès lors d’elle-même. L’un des étalons étant en place entre les deux poupées, la vis vient s’appuyer contre l’une de ses extrémités, l’autre étant contre-butée par la tige émergeant de la poupée mobile; un point se marque sur la feuille placée sur le tambour; la vis se desserre, le deuxième étalon vient prendre la place du premier, un deuxième point se marque sur la feuille et ainsi de suite. Lorsque 1’apparcil a fonctionné pendant un moment, l’opération a lourni deux lignes de points, et la distance verticale de ces deux lignes divisée par 2000 donne la différence de longueur des étalons.
- Les réglettes que l’on compare ainsi sont généralement du même métal et possèdent la même dilatation ; on peut donc faire abstraction de leur température, à la condition qu’elle soit la même pour les deux barreaux. Cette condition est généralement mal remplie, au début de l’opération, lorsque la cage de l’instrument vient d’être ouverte ;
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- mais la température s’égalise peu à peu ; il est aisé d’ailleurs de suivre sa marche sur les points marqués par l'instrument. Les deux, lignes de points sont d’abord irrégulières, et leur espacement est variable ; plus tard, les lignes deviennent parallèles. C’est seulement à partir de ce moment que les comparaisons doivent être considérées comme bonnes. Quant aux variations qui se produisent dans la distance des poupées, elles s’éliminent absolument du résultat, puisque les deux lignes de points participent également aux déplacements provenant des variations de celte distance.
- En général, les longueurs à comparer diffèrent peu, les étalons étant très voisins d’un nombre entier de millimètres. Dans ce cas, la même plume sert de repère aux deux étalons, et l’on peut même en agissant convenablement sur la poupée mobile faire en sorte que les points soient marqués vers le milieu de la feuille de papier. Lorsque au contraire les étalons à comparer diffèrent de plus d’un dixième de millimètre, ils sont repérés par deux plumes différentes, dont on a préalablement mesuré la distance avec beaucoup de soin.
- Les étalons sont constitués par des tiges d’acier à bouts trempés, de 12 millimètres de diamètre. Les extrémités sont arrondies en forme de calottes sphériques centrées sur le milieu du barreau ; en d’autres termes les règles sont des cylindres découpés dans des sphères symétriquement par rapport à leur centre. En revanche les extrémités des palpeurs sont planes et parallèles. Lorsque ces deux conditions sont suffisamment remplies, les étalons peuvent être placés dans une position quelconque, entre les palpeurs, sans présenter des différences de longueur appréciables ; on les mesure dans des conditions même où l’on mesurerait le diamètre d’une sphère entre deux plans parallèles.
- Nous venons de voir comment on compare deux étalons de même longueur ; c’est le plus élémentaire des problèmes que résout, avec une grande élégance, le comparateur de la Section technique de l’artillerie.
- Mais il faut arriver à ajuster les premiers étalons, et c’est, ici que le travail se complique. Bien entendu, l’instrument est impropre à faire le passage d’une longueur à bout à une longueur à traits et inversement ; ce serait trop lui demander ; cette première partie du travail a été faite au Bureau international des poids et mesures, pour un certain nombre d’étalons à bouts, qui ont ensuite servi de repères pour le reste de l’étalonnage. Voici comment s’opère alors la subdivision : l’un des étalons étant placé dans Tune des pinces du transporteur, on fixe dans l’autre pince un tube de métal dans lequel on a placé deux ou trois étalons dont la longueur totale est égale à celle du premier. La comparaison se fait alors entre un étalon et la somme de plusieurs autres ; on commencera, par exemple, par deux étalons égaux chacun à la moitié du premier; connaissant leur somme et leur différence, leurs valeurs s’en dédui-
- ront immédiatement. Cependant cet étalonnage n’est pas sans introduire une complication que l’on n’est parvenu à surmonter qu’au prix d’un gros travail. L’effort de la vis sur les barreaux n’est pas négligeable ; il produit un écrasement élastique de ces derniers, faible assurément, mais bien supérieur cependant aux erreurs accidentelles de l’instrument, et dont on n’est parvenu à se libérer que par de minutieuses études.
- L’emploi de cet instrument n’est pas limité à la comparaison des étalons ; il peut servir, par exemple, à étudier les diamètres successifs d’un cylindre qui se déplace dans le sens de son axe, entre les deux poupées. Chaque point marqué sur le papier correspond à un diamètre pris entre deux points différents. Le travail se fait sans qu’on ait à s’en occuper, et le diagramme, une fois relevé, indique le profil exact du cylindre avec des différences amplifiées deux mille fois.
- Le principal avantage de l’appareil que nous venons de décrire est d’être automatique ; au lieu de la longue éducation de l’observateur, il exige du soin et la seule habileté manuelle de ceux dont on dit couramment qu’ils ne sont pas maladroits. Un soldat intelligent, préposé à la surveillance d’un ou deux appareils, pourra fournir désormais un travail de comparaison des étalons à bouts plus considérable et plus précis qu’un officier spécialement entraîné n’eût été en état d’en donner avec les anciens appareils. Il constituera donc une grosse économie, ce qui n’est jamais à dédaigner.
- Ch.-Ed. Guillaume.
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- L’OR DANS LE MONDE
- Dans une Note récente, M. Preston, directeur de la Monnaie de Washington, estime que la production d’or du monde entier qui, en 1896, était de 1 milliard 75 millions de francs, atteindra en 1897 la valeur de 1 milliard 250 millions de francs. C’est l’Australie occidentale qui accuserait la plus grande augmentation : sa production serait d’environ 287 millions et demi de francs, c’est-à-dire presque égale à la production du Sud-Afrique où le produit sera en plus-value de 57 millions et demi. La production d’or aux Etats-Unis est évaluée à trois cents millions de francs en somme ronde, soit en augmentation de 27 millions et demi ; la Californie, à elle seule, fournira 157 millions et demi, soit le double de l’année dernière. Cette plus-value de la production d’or serait moins due à la découverte de nouveaux gisements qu’au perfectionnement de l’exploitation.
- LE CARILLON DE LEVALLOIS-PERRET
- Le son de la cloche, a dit Chateaubriand, résume pour l’homme : « religion, famille, patrie, et le berceau et la tombe, et le passé et l’avenir ». Tour à tôur joyeuse et triste, éclatante ou lamentable, la voix du bronze accompagne les émotions de notre cœur, les vibrations intimes de notre âme. La cloche vit notre existence, c’est pourquoi nous l’aimons.
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- Ce n’est cependant que vers le milieu du quinzième siècle que Ton commença d’accorder entre elles plusieurs cloches pour former des carillons. La Bel-gique est la patrie de ces instruments. D’abord d'une huitaine de notes ils ne tardèrent point, l’émulation aidant, à comprendre 2, 5 et même 4 octaves. Le plus beau carillon connu actuellement est celui de Malines dont les 45 cloches pèsent 55 000 kilogrammes ; celui de Middelbourg, en Hollande, possède 40 cloches, pèse presque le même poids. Beaucoup de nos concitoyens seront surpris d’apprendre que le carillon le plus riche en cloches est celui de Châlons-sur-Marne qui en compte 56.
- Les divers carillons célèbres du nord de la France et de la Belgique sont loin d’être d’égale valeur artistique. Il est plus d’un d’entre eux dont les éléments ne sont qu’en accord no minai. C’est que l’art du fondeur de cloches ne consiste pas seulement à couler du bronze dans un moule de forme déterminée.
- Science et tour de main doivent marcher de pair chez un bon fondeur. Et sous ce rapport on n’apas encore dépassé, peut-être même pas égalé Pierre llémony, l’artiste lorrain, qui, pensionnaire de la ville d’Amsterdam, créa les merveilleuses sonneries de Malines, d’Amsterdam, de Diest, de Cand.
- Pierre Hémony est le Stradivarius de la cloche musicale.
- Les carillons puissants comme ceux de Malines ou de Bruges ne valent pas moins de 200 000 francs. Payer une somme pareille et risquer d'avoir un certain nombre de notes fausses, il y a de quoi faire reculer de nos jours les municipalités les plus braves. La ville de Levallois-Perrei, désireuse déposséder en son nouvel hôtel de ville un orchestre campanaire, soucieuse en même temps de ménager ses deniers, a réussi à se procurer cette curiosité à un prix beaucoup plus abordable. Elle s’est pour cela adressée à la maison Chateau père et fils, de Paris, qui lui a fourni pour une somme modique, outre des cloches parfaitement accordées, un système de carillon entièrement nouveau et une horloge.
- Le problème de la justesse des cloches a été résolu par l’emploi des cloches tubulaires dont nous avons parlé dans ces colonnes il y a quelques années. Nous n’ajouterons rien à leur sujet, sinon que les 18 cloches de Levallois sont la première application en grand du système tubulaire.
- Le dessin d’ensemble que nous donnons ici permettra d’ailleurs au lecteur de se rendre compte de l’installation.
- Les tubes sont au nombre de 18 donnant les notes chromatiquement accordées de sol à do. Les longueurs respectives des notes sont échelonnées de 2,,yl45 à lm,425. Les poids varient de 45ks,500 à 26k«,600 avec un total de 625 kilogrammes. Le diamètre uniforme des tubes est de 69 millimètres.
- La frappe des tubes se fait par des marteaux lancés. Les leviers qui portent ces marteaux sont mis en mouvement d’une façon brusque, par leur rapprochement d'un axe qui tourne constamment pendant toute la durée du jeu. Aussitôt le couj) frappé, le levier porte-marteau est ramené en position et prêt à donner une seconde fois la note. On peut jouer à la cadence de 5 notes par seconde, et ce, sans avoir besoin de 4 marteaux comme à Saint-Germain i’Auxerrois ou dans les carillons classiques.
- Le déclenchement des leviers peut se faire de deux manières : par le doigt appuyant sur une touche de clavier, ou par l’action des cames plantées sur un cylindre automatique. Le clavier sert à l’artiste à jouer sans effort tous les airs compatibles avec les 18 cloches du carillon. Le cylindre automatique est déclenché à des heures déterminées par l’horloge elle-même. Il est percé de 25 400 trous de façon que Ton puisse changer facilement les airs. Actuellement il peut jouer 5 airs. On passe de l’un à l’autre en déplaçant longitudinalement le cylindre, comme cela se fait dans les boîtes à musique.
- Le cylindre en 1er mesure 40 centimètres de longueur sur 70 centimètres de diamètre. Chacune de ses séries circulaires de trous en compte 260, séparés par un intervalle correspondant à une demi-
- Fi^. 1. — Le nouvel Hôtel de Ville de Levullois-J’erret.
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- seconde. L’ensemble du mécanisme, clavier, cylindre et mécanisme moteur des marteaux, occupe un volume très faible, lra,20 de longueur sur GO centimètres de largeur et lm,55 de hauteur.
- Nous citerons à titre de comparaison le cylindre en cuivre du carillon de Middclbourg (Hollande) qui mesure 2m,20 de long sur lm,45 de diamètre, pour 25 872 trous et qui a coûté la somme rondelette de 17 000 florins, en argent de change de Brabant, à la date de 1718. Plus près de nous, le système automatique du carillon de Courtrai a coûté 25807 francs, et l’ensemble des dépenses faites par cette ville, il y a une quinzaine d’années, pour l’aménagement de son orchestre de 50 cloches, a atteint le chiffre de 56 000 francs (cloches non comprises).
- Ces chiffres permettent de se rendre compte de l’économie considérable résultant de l’emploi des cloches tubulaires et du mécanisme imaginé par la maison Chateau.
- Nous ne pouvons entrer dans le détail mécanique de ce système, mais nous voudrions encore expliquer le système de remontage électrique des poids moteurs.
- Toute la force motrice dépensée par le carillon' et par l’horloge est empruntée au courant de lumière de la mairie, par l’intermédiaire de la dynamo de remontage. C’est le poids lui-mème qui détermine la mise en action de cette dynamo et son arrêt. Voici de quelle manière : le poids est suspendu à une chaîne galle sans fin, maintenue par un tendeur. Arrivé au has de sa course, il renverse un basculateur ressemblant à une aiguille de chemin de fer. Ce renversement fait passer le courant dans la dynamo qui par une vis sans fin et un engrenage remonte le poids. Celui-ci, parvenu en haut de sa course, redresse automatiquement le basculateur, coupant ainsi le courant de la dynamo. Le même
- manège se continue ainsi indéfiniment, et le montage se fait de lui-même, tant que le secteur-lumière fonctionne régulièrement.
- Le carillon de Levallois-Perret est la première application en grand des tubes sonores. C’est une application heureuse. La cloche tubulaire, en effet, est tout indiquée pour la musique campanairc. Dans un accord de tubes, toutes les notes portent à la même distance. Ce desideratum est irréalisable avec les cloches ordinaires. Voici par exemple le carillon de
- Malines avec ses 45 cloches. La plus grosse pèse 8884 kilogrammes. La huitième n’en pèse déjà plus que 1200, la petite à peine 15! Il en résulte que la distance moyenne d’audition ne sera guère sensiblement différente, pour les airs des deux carillons. Le conseil municipal de Levallois et l’architecte, M. Ja-min, ont fait preuve d’une initiative intelligente en adoptant un système à la fois économique et perfectionné.
- Les airs du premier cylindre sont : L a Marsei II aise, L'hymne russe; L'Artésienne ; Ma Normandie; une composition de M. Bruneau. Ceux du second cylindre : cinq airs composés par M. Bruneau, de la Garde républicaine.
- Si Ton voulait remplacer les tubes de Levallois par des cloches ordinaires, il en faudrait environ 4000 kilogrammes. De plus, un solide beffroi serait indispensable et un emplacement autrement vaste.
- Au point de vue mécanique, ce carillon est supérieur à tout ce qui a été réalisé jusqu’à ce jour. Nous concédons volontiers qu’il ne puisse (c’est le défaut de tous les carillons mécaniques) donner aux notes l’expression, la vie que certains carillonneurs parviennent à mettre en leurs sonneries; l’action directe de la main sur le marteau sera toujours supérieure au déclenchement mécanique, si Ton envisage le côté artistique. Mais les bons caril-
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- lonneurs sont rares. Ce sont des artistes de luxe.
- La sonnerie telle qu’elle est conçue et réalisée à Levallois-Perret, c’est la musique des cloches mise à la portée de tout le monde, le carillon démocratique de l’avenir. L. Reverchon.
- LE MAGNÉTISME DES ACIERS TREMPÉS
- M. Linder a communiqué à la Société d’encouragement pour l’industrie nationale un important mémoire de Mme Sklodowska-Curie sur les propriétés magnétiques des aciers trempés. Nous croyons bon de donner un extrait de ce mémoire.
- Mme Sklodowska-Curie a examiné les propriétés magnétiques des aciers trempés de composition connue en se plaçant surtout au point de vue de la construction des aimants permanents. L’étude a été généralement faite sur des barreaux ayant 20 centimètres de longueur et une section carrée de 1 centimètre de côté. Quelques aciers cependant ont été étudiés sous forme d’anneaux réalisant des circuits magnétiques fermés.
- Les barreaux étaient chauffés dans un four électrique à spirale de platine, puis trempés à l’eau. Le courant de chauffe aimantait le barreau dont on suivait l’état d’aimantation au moyen d’une aiguille aimantée montée sur pivot.
- L’auteur a reconnu ainsi que le barreau ne prend la trempe que si le four a été porté à une température supérieure à celle de la transformation magnétique, c’est-à-dire lorsque l’acier est à l’état faiblement magnétique au moment de la trempe.
- Les qualités magnétiques d’un acier à aimants sont caractérisées par l'intensité d'aimantation rémanente à circuit magnétiqtie fermé et le champ coercitif. Le champ coercitif est le champ démagnétisant extérieur uniforme dans lequel il faut placer l’acier aimanté à saturation pour que l’intensité d’aimantation devienne nulle. De la grandeur de ce champ dépendent la stabilité du magnétisme et la possibilité d’aimanter des barreaux peu allongés.
- Mme Sklodowska-Curie a étudié une série d’aciers à pourcentage croissant de carbone. Parmi ces aciers, ceux qui renferment 1,2 pour 100 environ de carbone se prêtent le mieux à la construction des aimants. Elle a en outre porté son attention sur des aciers spéciaux, qui ont montré que l’existence dans l’acier des divers métaux ne modifie pas, en général, beaucoup l’intensité d’aimantation rémanente à circuit magnétique fermé, mais que souvent elle augmente le champ coercitif et que c’est l’augmentation du champ coercitif qui rend certains aciers spéciaux propres à faire de bons aimants permanents. La présence d’un peu de silicium, de bore, de manganèse ne semble pas, à ce point de vue, exercer Une influence notable; le nickel, le chrome, le cuivre en petite proportion améliorent au contraire les qualités magnétiques des aciers ; mais ce sont les aciers au tungstène et au molybdène qui fournissent les meilleurs aciers à aimants.
- Le champ coercitii peut dépasser 60 pour les aciers au carbone ; il atteint 70 à 74 pour les aciers au tungstène, tels que l’acier d’Allevard, et 80 à 85 pour les aciers au molybdène. Les aciers employés actuellement pour la construction des aimants permanents sont des aciers au tungstène. On voit que les aciers au molybdène pour-raient être utilisés avec tout autant d’avantages.
- Mme Sklodowska-Curie termine son mémoire par une étude des conditions de stabilité du magnétisme rémanent des barreaux aimantés. Elle a examiné, dans cette partie de son travail, l’influence des chocs, des variations de température et des actions magnétiques extérieures sur les aimants. Ses expériences prouvent que les secousses produisent d’autant moins d’effet que le champ coercitif est plus fort, qu’un recuit à 200° altère considérablement les bons aciers à aimant, qu’un recuit à 100° est déjà nuisible, et que pour construire des aimants permanents il convient de les recuire vers 60° seulement, en ayant soin de les désaimanter ensuite partiellement après les avoir aimantés à saturation. J.-F. Gai.ï..
- PROCÉDÉ DE MOULAGE DES MÉTAUX
- ET DU VERRE
- Les anciens procédés de moulage, qu’il est inutile de rappeler ici, sont avantageusement remplacés au point de vue artistique et sont simplifiés considérablement par un nouveau procédé dù à M. Ringel d’Illzach, le statuaire si connu.
- Par ce procédé, inutile de confectionner dessin, modèle en bois, moule en métal, dans ou sur lequel on coulera métal, alliage ou verre. Par l’ancienne manière de faire, l’objet de verre obtenu au contact du métal est toujours un peu mat et martelé.
- Les préparatifs pour arriver au moulage sont lents, coûteux, le résultat peu satisfaisant.
- M. Ringel d’Illzac par son procédé obtient des objets qui diffèrent complètement des anciens produits moulés, l’aspect artistique de ces objets est frappant.
- Les moules pour matières fusibles sont composés de substances faciles à se procurer, d’un prix de revient minime, celui du plâtre, par exemple.
- Cette composition entre les mains de l’artiste se gâche, se bat, se pétrit comme le plâtre ; elle est utilisable de préférence pour les creux perdus, c’est-à-dire pour les moules faits d’une seule pièce sur matières molles, telles qu’argile, cire, plantes, étoffes, etc. Tout mouleur peut s’en servir sans apprentissage spécial.
- Les moules ne gonflent, ne rétrécissent, ne gauchissent et ne se gercent pas, et peuvent être exposés, après dessiccation, aux températures les plus élevées sans altération.
- Comme tous creux perdus, ces moules ne servent qu’une fois et par conséquent ne donnent que des pièces originales, uniques, de haut goût artistique.
- On désagrège le moule dans l’eau pour dépouiller l’épreuve et cette matière peut être employée de nouveau.
- Selon les substances à fondre, à presser, à couler ou à comprimer, les moules peuvent être différemment armés cerclés, enterrés ou enchâssés.
- Les évents, prises d’air, tranches, ouvertures et entonnoirs varient également suivant la matière mise en jeu, car la fonte, le bronze, l’étain et les autres métaux, ainsi que le verre, le cristal, les émaux, etc., demandent des dispositifs particuliers.
- Les épreuves sortent des moules toutes patinées, et sans qu’il soit nécessaire d’y retoucher. Pour obtenir plusieurs épreuves d’un même modèle, on peut tirer des estampages en terre d’un bon creux en plâtre (moule à pièces) pris sur le modèle, qu’on retouche avant de les mouler sur le composé en question, ce qui donne un original pour chaque épreuve en métal ou en verre, ou autre matière vitrifiée.
- Voilà une ère nouvelle pour les sculpteurs qui pourront
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- réaliser ainsi en une matière définitive les rêves les plus osés d’imaginations fécondes et souvent irréalisables, et cela sans être astreints de passer par différents surmoulages, obtenant, par ce nouveau procédé, les réalisations fidèles comportant toutes les délicatesses, les vigueurs, voire les brillants, laissés par le coup de pouce de l'artiste.
- C’est après avoir vu des objets en verre, moulés par ce procédé, que nous avons été enthousiasmé par le résultat obtenu et avons demandé à l’auteur l’autorisation de divulguer son secret et d’en instruire le public.
- JULKS IIexrivaux.
- LES TRAMWAYS AUX ÉTATS-UNIS
- Notre confrère L'Éclairage électrique vient de publier1 une statistique intéressante d’où nous pouvons extraire quelques chiffres frappants. Dans l’espace de sept ans, de 1890 à 1897, les progrès de la traction mécanique et surtout électrique ont été rapides. En 1890, la longueur totale des réseaux exploités était de 12 895,2 km., dont 9057,6 km. pour la traction animale, 1919,2 km. pour la traction électrique, 780,8 km. pour la traction par câbles, et 1137,6 km. pour la traction par systèmes divers. En 1897, la longueur totale des réseaux de traction atteint 25 148,8 km., en augmentation de 93,5 pour 100 sur la longueur exploitée en 1890. La traction animale s’étend sur 1515,2 km., la traction électrique sur 22 024 km., la traction par câbles sur 862,4 km., et la traction par systèmes divers sur 747,2 km. Si nous examinons le détail de la statistique, nous trouvons que le nombre des lignes totales est de 953. Les tramways électriques ont 29 659 tramways moteurs et 8877 tramways remorqués. Parmi les tramways à câbles, il y en a 5610 à gripps, et 1589 remorqués. Les tramways à chevaux sont au nombre de 5144 et les tramways de divers systèmes au nombre de 2653. Le nombre total de tramways en service est donc de 51 552. Le capital total engagé dans ces exploitations atteint 7 596 054 545 francs. La somme engagée est donc de 294520 francs par kilomètre de voie, soit 119,r,20 par habitant. On compte en effet environ 2500 habitants par kilomètre de ligne. J. L.
- LA CÉRAMIQUE CHINOISE AU LOUVRE2
- Le musée de céramique chinoise au Louvre s’est enrichi de nombreux spécimens remarquables ; nous profiterons de cette circonstance pour attirer l’attention sur la valeur de cette collection envisagée sous le-rapport des décorations d’art. Le public s’imagine volontiers qu’un musée est un lieu de plaisir et de rendez-vous sans utilité pratique; je voudrais dissiper cette erreur commune en démontrant que la collection de porcelaines orientales offre aux diverses branches de l’art industriel une source inépuisable d’inspiration, c’est une mine dont les riches filons méritent une sérieuse exploitation. L’expérience a prouvé que, pour les articles d’exportation à bon marché et courants, la France est impuissante à lutter à armes égales et victorieusement sur les marchés étrangers en raison du haut prix de la
- 1 D’après The Street Bailway Journal.
- 2 Yoy. n° 1224, du 14 novembre 1896, p. 375 et n° 1226, du 28 novembre 1896, p. 403.
- main-d’œuvre dans notre pays. Grâce aux richesses de son sous-sol et au nombre de ses navires, l’Angleterre jouit d’une situation exceptionnelle qui lui permet, malgré des salaires élevés, de produire à bon marché ; ses colonies, d’ailleurs, lui assurent un débouché toujours ouvert pour ses usines et ses ateliers. Les nations qui nous avoisinent, la Belgique, l’Allemagne, la Suisse, l’Italie, ont un avantage marqué sur la France, parce que la main-d’œuvre s’y est, maintenue à un taux bien inférieur à celui exigé par nos ouvriers. La fabrication à bas prix nous étant interdite à cause de ces faits économiques, notre seule ressource pour tenter les acheteurs et écouler avec fruit nos produits nationaux consiste à tourner nos efforts vers une production soignée, supérieure, de premier ordre. Si nous voulons réussir dans cette voie qui a toujours été notre lot et notre apanage, il est indispensable de surpasser nos rivaux par la qualité, la nouveauté, la beauté de nos travaux industriels ; une des conditions nécessaires peur atteindre ce but c’est d’avoir des musées où soient réunis des spécimens de toute sorte, modèles de goût et types perfectionnés de l’art décoratif. Les Orientaux ont une verve intarissable; ils ont affirmé, par des œuvres de grande allure et d’un raffinement exquis, leur maîtrise et leur intelligence hors de pair. Le Louvre possède plus de 5600 pièces de porcelaines chinoises et il est facile de constater par un examen attentif le rang élevé que les artistes d’Extrême-Orient occupent dans le domaine de l’art par la fécondité de leur imagination, la grâce de leurs compositions, la beauté de leurs émaux, la perfection de leurs décors à la fois si éclatants et si variés. Cette supériorité est due en partie à ces reliefs qui donnent aux pièces céramiques de Chine un charme incomparable et relèguent au second plan les productions similaires d’Europe dont les teintes plates n’ont aucun lustre métallique; le coloris un pou fade et mièvre de celles-ci s’efface et disparait en présence de la brillante livrée des premières qui restent maîtresses du champ de bataille en ce combat singulier. En Chine, le décor semble vivre et se mou- / voir; en Europe, nos artistes ne créent qu’une nature morte. Les formes si élégantes des vases d’Orient sont dignes d’une étude approfondie et elles sont destinées à rendre des services éminents aux directeurs de nos manufactures ; dans nos expositions, on est frappé du galbe disgracieux de nos vases et du choix déplorable d’anses chétives ou trop massives ; il est rare que les piédouches soient proportionnés à la dimension de la panse et que les anses, heureusement conçues, soient en harmonie avec l’ensemble ; rien de semblable dans l’œuvre oritntale. Nous ne préconisons pas une copie totale ni une imitation servile, évitons les épreuves inutiles ou dangereuses, puisons seulement des inspirations fécondes dans l’étude des merveilles recueillies dans le sanctuaire du Louvre et étalées à tous les yeux; il y a là une école de goût et une pépinière inépuisable. En terminant, nous allons énumérer les divers corps de métiers qui sont
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- appelés à profiter de l'enseignement que nous offre l’art oriental; ce sont les industries suivantes : porcelaine, faïence, grès cérame, verre; lissus de lin, de laine, de soie, cretonnes, toiles imprimées, brochées, brodées; tapis de table ou do pied; cuirs repoussés ; sculptures en bois, on pâte, en pierre1, en marbre; cuivre repoussé; ferronnerie; orfèvrerie; enfin travaux décoratifs de tout genre.
- Je m’arrête, laissant à chacun b1 soin de com-
- pléter ce que le manque de place m’oblige à passer sous silence et de supputer les services sans nombre que la nouvelle collection du Louvre rendra dans l’avenir à l’art décoratif. Nous reproduisons plusieurs vases entrés récemment au musée, désireux, par ce témoignage irrécusable, de faire pénétrer dans l’esprit du public notre conviction et notre enthousiasme.
- Voici deux échantillons (lig. 1J de l'époque de Yung-Tehing (1725-1750). Le vase A. d’une hauteur de
- Fig. 1. — Vases de l'époque de Yung-Tcliing (1723-1736). (D'après des photographies.)
- 0“',64, est de forme lancelle. Sur le col on remarque différents récipients ou vases chargés de fleurs, sur la panse un tronc de prunier fleuri et des chrysanthèmes. La bouteille R, qui provient du palais d’été, a une hauteur de 0m,80. Les ornements sont : d’un coté, le dragon impérial, et, de l’autre, un phénix au milieu de pivoines arabesques.
- La figure 2 représente trois vases de l’époque Khang-hi (1062-1725). Le vase cylindrique de forme rouleau A, est à fond rouge chargé d’arabesques blanches portant des réserves décorées de fleurs et
- d’oiseaux en émaux polychromes. Sa hauteur est de O"1,46. Le vase, forme bouteille B, est à décor polychrome; sur le col : bordure mosaïque, salamandres et feuilles dressées; sur l’épaulement : bandes arabesques et réserves ornées de mobilier; sur la panse, on voit, inscrites dans les lettres chinoises cheou et foü (longévité et bonheur), des mangues ou pêches de longévité, formant médaillons, ornés de Cheou-Jao, dieu de longue vie, dans un paysage. (Hauteur O»1,64.)
- Le vase ovoïde craquelé G est à fond bleu d’empois
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- avec décor en relief en pâte blanche et brune de La figure 5 comprend cinq objets : 1° un Bouddha, ton très harmonieux- (la hauteur est de 0m,55). de 0"\22 de hauteur, assis (n° I ), avec un vêtement
- Fig. 2. — Vases de l'époque de Khang-hi (1662-1723).
- Fig. 5. — 1, Bouddha assis; u” 2, pelit Hollandais, époque Kien-long (1736-1796);
- n°* 5, -4 et 5, Coupe libatoire et tasse à vin, époque Khang-hi.
- orné d’arabesques polychromes sur lond gris de lin; tube cylindrique (hauteur 0in,05) ; ces deux pièces 2° un petit Hollandais (n° 2) à genoux portant un datent de l’époque Kien-long (-1756-1796); 5° une
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- superbe coupe libatoire (n° 5) à riche décor polychrome de l’époque Khang-hi, ainsi que les nos 4 et 5, une petite tasse à vin jaune et une autre, fond blaTie, ornée de dessins verts du goût le plus délicat.
- E. Grandidier.
- LA FABRICATION DU DIAMANT
- A COUPS DE CAKON
- Le jour où les chimistes ont prouvé que le diamant n’était autre chose que du carbone cristallisé, un problème s’est posé qui devait par la suite troubler la tranquillité de bien des gens : celui de reproduire artificiellement ce corps si remarquable à tant de titres, mais dont toutes les qualités s'effacent aux yeux des chercheurs devant l’auréole prestigieuse de sa valeur commerciale.
- Si pendant bien longtemps on s’est heurté dans cette recherche à des difficultés d’expérience considérables, le problème a fait de rapides progrès depuis le jour où le four électrique est venu offrir aux expérimentateurs ses ressources inattendues. On peut même dire que scientifiquement parlant la question a été résolue dès le jour où M. Moissan a montré, de la façon remarquable que l’on
- Représentation schématique de la méthode balistique Majorana pour la fabrication du diamant. — M, canon ; P, charge de poudre ; C, projectile ; D, enclume dans la cavité E de laquelle le projectile comprimera le morceau de charbon.
- sait, quelles conditions ont dû présider à la formation du diamant dans la genèse de notre globe.
- Au point de vue industriel toutefois les choses ne paraissent pas aussi avancées et les produits officiels de l’industrie humaine ne rappellent encore ceux de la nature qu’à la condition d’être examinés à travers les plus puissants de nos microscopes; l’ère des recherches n’est donc pas close et il peut être intéressant de signaler quelques idées récemment émises et susceptibles d’être mises à profit dans cette passionnante question.
- D’abord, la liste des dissolvants du carbone, si intéressante au point de vue qui nous occupe, s’est augmentée en ces derniers temps d’un corps que l’on ne se serait sûrement guère attendu à y voir figurer et qui n’est autre que... l’air atmosphérique!
- Nos lecteurs savent en effet que, mettant à profit les conclusions d’étranges expériences de M. Yillard dans lesquelles des corps solides ont pu être dissous dans les gaz, M. Ch.-Ed. Guillaume a pu expliquer la diminution apparente de l’éclat d’un arc électrique produit sous pression croissante dans une enceinte fermée : le gaz ambiant dissout une proportion de carbone croissante avec la pression, l’opacité de l’atmosphère augmente en conséquence de plus en plus
- et masque ainsi à l’observateur l’augmentation d’éclat correspondant au relèvement graduel du point d’ébullition du carbone avec la pression. On-sait que cette ingénieuse hypothèse a été confirmée d’une manière aussi satisfaisante qu’on pouvait l’espérer par les expériences de MM. Wilson et Fitzgerald, qui ont constaté, à la décompression de l’atmosphère, la formation autour de l’are d’un nuage de carbone : si la pression avait été suffisante et la diminution de pression très lente, peut-être le carbone se serait-il déposé sous forme de diamant, puisque les conditions indiquées par M. Moissan pour la formation de ce corps auraient été réalisées. Mais ce qui n’a pas été fait s’essayera quelque jour, et il était bon de signaler cette ressource nouvelle et bien inattendue.
- D’autre part, impatienté sans doute par le peu de succès de tentatives antérieures, un chimiste italien, M. Majorana, a eu recours à des procédés quelque peu... brutaux. Sa conception est originale et sort suffisamment des sentiers battus pour mériter quelques lignes. En deux mots, le principe de la méthode consiste à amener un morceau de charbon A à la plus haute température possible à l’aide de l’arc électrique B, puis, arrivé à ce point, à soumettre ce charbon, conformément aux idées de M. Moissan, à l’action d’une pression considérable. Mais le moyen d’obtenir cette pression? C'est ici que M. Majorana se montre machiavélique : il tire sur son morceau de charbon un coup de canon ! Aplati entre le projectile C et une enclume I) présentant une cavité convenable E, dans laquelle vient se loger le charbon, celui-ci est d’abord pulvérisé par le choc, puis ramené presque à la température de volatilisation du carbone par suite de l’énorme quantité de chaleur résultant de l’arrêt subit du projectile ; sous l’influence de celle-ci, les particules se resserrent, s’agrègent, s’orientent de façon toute particulière. Aussi lorsque, l’opération terminée, on vient à épuiser la matière par les procédés classiques, action de l’acide azotique, du chlorate de potasse, de l’acide fluor-hydrique, etc., se trouve-t-on en fin de compte en présence de quelques particules cristallines que leur densité, leur pouvoir réfringent et l’ensemble de leurs autres propriétés physiques et chimiques permettent de définir nettement : ce sont des diamants!
- A coup sûr, les diamants obtenus par M. Majorana n’ont pas jusqu’ici manifesté la moindre prétention et le Régent peut encore dormir tranquille ; à coup sûr, cette nouvelle propriété mise à l’actif des boulets de canon n’est pas destinée à peser bien lourd dans la balance devant les désastres dont l’humanité, hélas! leur sera encore redevable en plus d’une occasion. Mais à coup sûr aussi on accordera à cette manière inédite de traiter le carbone comme il le mérite un certain cachet d’originalité. Peut-être M. Majorana n’en demandait-il pas plus!
- Georges Claude.
- LE CINÉMATOGRAPHE POUR TOUS
- Le cinématographe est resté jusqu’à ce jour un appareil de spectacle, d’un maniement facile, mais d’un prix si élevé, qu’il peut paraître téméraire de songer à le voir se généraliser, se populariser au même titre que la photographie ordinaire mise aujourd’hui à la portée de toutes les intelligences et de toutes les bourses.
- Pour généraliser le cinématographe il faudrait surtout réduire le prix des pellicules (films), prix actuellement prohibitif, et permettre à chacun de les développer sans difficulté. Un pas vient d’être fait dans cette voie par
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- M. Monnard, de Puteaux, à l’aide d’un appareil actuellement en étude et dont nous voudrions indiquer le principe qui nous semble ingénieux et fécond, au point de vue qui nous intéresse.
- L’inventeur a eu l’idée de remplacer la bande pellicu-laire, d’un prix élevé, d’une durée restreinte, et d’une inflammabilité regrettable, par un disque de verre de 40 centimètres de diamètre, recouvert de la couche sensible sur laquelle viennent s’impressionner les 000 à 700 photographies successives de 1 centimètre de côté qui seront ultérieurement projetées.
- Ces photographies se disposent automatiquement les unes à côté des autres suivant une spirale de 5 à 6 tours et de 1 centimètre de pas.
- Pour obtenir ce résultat, la manivelle qui actionne le cinématographe fait tourner le disque par l’intermédiaire d’un cliquet et le fait avancer par fraction de 1/120 de tour, à raison de 12 à 15 par seconde. Le mouvement imprimé au disque déplace l’objectif dans le sens du rayon d’environ 1 centimètre par tour, de sorte que les images que le disque reçoit ou qu’il projette, suivant qu’il agit comme cinématographe ou cinématoscope, sont disposées parallèlement et suivant une spirale dont le pas est d’environ 1 centimètre.
- Il est bien évident que la petitesse des images ne permet pas d’obtenir des projections de très grandes dimensions, mais on peut les projeter sur un écran de 50 à 60 centimètres de côté, ce qui est bien suffisant pour un cinématographe de famille. Au lieu de coûter au moins 20 francs, comme les pellicules actuelles, les disques coûteront 2 francs, et une vue cinématographique reviendra à peine à 4 francs, dont la moitié pour le négatif qui permet de reproduire un nombre indéfini de positifs ne coûteront également que 2 francs chacun. On ne dira donc plus, dans quelques années : Tout le monde photographe, mais bien : Tout le monde cinématographe, en attendant que la science nous dote du télécinématographe. M. Ledaxt.
- SUR LES CHANTIERS DE L’EXPOSITION
- UN NOUVEAU PROCÉDÉ DE CONSOLIDATION DU SOL
- Nous disons consolidation, car le mot compression ne rendrait pas complètement l’effet obtenu par le système si curieux dû à un ingénieur de talent aujourd’hui décédé, M. Louis Dulac.
- C’est en visitant les chantiers de l’Exposition de 1900 que nous l’avons vu fonctionner : bien que la plupart des constructions qu’on commence d’édifier pour ce grand concours international doivent être purement provisoires, il ne faut pas pourtant les bâtir sur le sable, au sens propre du mot. Or, le sol du Champ-de-Mars, tant de fois bouleversé, les berges de la Seine, constituées par des remblais recouvrant un sable argileux très fin et affouillable, n’offrent qu’une sécurité absolument insuffisante. Au début même, il y a quelques mois, quand on a voulu installer, près de la Seine, à l’angle de l’avenue Rapp et du quai d’Orsay, dans ce qu’on appelait les « Ecuries de l’empereur », les bâtiments des services d’architecture et d’exploitation, on a reconnu que le sol ne présentait aucune solidité. Et cependant il ne s’agissait que de constructions
- assez légères, où les gros murs ne sont pas très nombreux et où le cloisonnement intérieur est fait en grande partie au moyen de panneaux de roseaux noyés dans du plâtre ; mais, au point le meilleur, on ne rencontrait qu’un remblai corroyé, et partout ailleurs se trouvait, sur 5 à fi mètres d épaisseur, une couché de sable argileux très fin, sans consistance, qui est en réalité du sable boulant, et qui recouvre le gravier résistant. En somme, il fallait recourir à un moyen à la fois rapide et peu coûteux, afin de fournir aux constructions de solides points d’appui pour une charge totale variant de 5 à 4 kilogrammes par centimètre carré. On songea alors au procédé Dulac, et disons tout de suite qu’on s’en est bien trouvé.
- Ce procédé consiste essentiellement, comme nous l’exposaient récemment les deux fils de M. Dulac, qui continuent dignement son œuvre, à comprimer le sol par une action mécanique due à la chute libre d’un pilon ; puis à incorporer à ce sol, et toujours par cette même action, des matériaux durs de petites dimensions, dont l’agglomération en couches concentriques à emboîtement ovoïde constitue chaque point de fondation. Le système avait antérieurement fait ses preuves à Montreuil, et l’inventeur l’avait pour la première fois pratiqué sur un terrain lui appartenant et se composant, jusqu’à 16 mètres de profondeur en certains points, de remblais de toute origine : il voulait pourtant y établir un atelier de 5000 mètres carrés de surface, avec des murs de 12 mètres de haut et fortement chargés. Pour se donner toute sécurité, il résolut de consolider le terrain dans sa masse. Le matériel qu’il a imaginé, le même qui fonctionne toujours, comprend une sonnette à vapeur munie d’un lourd déclic à 5 branches articulées, qui est attaché à l’extrémité de la chaîne moullée du treuil de la sonnette . quand ce déclic descend, il vient coiffer automatiquement la tige du mouton, ou plutôt de l’un quelconque des trois types de pilons qu’on emploie. Lorsque le treuil tire la chaîne et tend à soulever le déclic, les trois branches articulées enserrent la tête du pilon par l’effet du poids de ce dernier. Le tout s’élève alors jusqu’à ce que les branches supérieures du déclic pénètrent dans un collier fixé sur le montant central de la sonnette, ce qui fait écarter les branches inférieures et laisse tomber le pilon, qui se trouve abandonné à lui-même.
- Nous avons parlé de trois sortes de moutons : l’un est perforateur, en fonte à pointe d’acier et pèse 1500 kilogrammes; il présente la forme d’un cône allongé ou plus vulgairement d’une gigantesque carotte ; il est creusé en haut d’un évidement qui assure son équilibre pendant sa chute. Un autre type, dit hourreur, pèse 1000 kilogrammes et a une forme cylindro-ogivale la pointe en bas; enfin le troisième, destiné à éprouver la solidité donnée au terrain, est un tronc de cône de 1000 kilogrammes également, suspendu par sa pointe.
- Pour opérer une consolidation et une compression
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- générales du terrain, on fonce des files de puits ronds, d’environ 80 centimètres de diamètre, et cela au moyen du premier mouton, toute la sonnette se déplaçant, au fur et à mesure de l’avancement du travail, sur une large voie établie parallèlement à la ligne des puits à forer. Le mouton pénètre ainsi d’au moins 40 centimètres à chaque coup, quelquefois davantage, et au bout de 5 heures, en moyenne, on atteint une profondeur de puits de 12 mètres; ce forage comprime déjà le terrain autour du trou, si bien que, même au milieu d’un remblai récent, l’eau introduite dans le puits s’y conserve sans baisser de niveau. Il faut maintenant faire dans ce trou une colonne de matériaux résistan ts.
- Pour cela on emploie le mouton bourreur, en jetant dans le puits des matériaux divers, mâchefer , cailloux, le tout par couches successives de 40 à 50 centimètres d’épaisseur ; on verse par-dessus un lait de chaux hydraulique ou du ciment; parfois on y envoie du béton complet, le pilonnage devant en tout cas être particulièrement soigné.
- Tous ces matériaux sont chassés latéralement jusqu’à une quarantaine de centimètres des parois proprement dites du puits ; cela lie le terrain, parfois même presque dans toute sa masse, puisqu’il arrive que les colonnes ainsi constituées, quand elles ne sont pas trop éloignées, se réunissent par des expansions chassées à travers le sol. On peut se contenter, quand les conditions du terrain ou des bâtiments à construire le permettent, de comprimer le sol et d’établir les pieux de béton seulement sur une hauteur de lm,50 à 2 mètres; alors le pilon ogival suffit dès le début ; de même, dans les terrains essentiellement lluents, où l’on bourre par petites parties du mâchefer en poudre et du ciment prompt, qui forme des parois solides au fur et à mesure de l’avancement. Finalement, on emploie toujours le
- battage au mouton tronconique pour juger de la résistance obtenue.
- Pour revenir aux fondations des bâtiments de l’Exposition de 1900, nous dirons qu’on y a employé les deux procédés que nous venons d’exposer. Sur une partie du terrain, on a foré des puits qui ont jusqu’à 8 mètres environ de profondeur, et atteignent le gravier incompressible, puis on les a comblés dé mâchefer, de pavés de rebut, de débris de briques et de moellons, le tout additionné de lait de chaux.
- Ailleurs, on creusait une simple cavité de 5 mètres de profondeur où l’on bourrait à refus des matériaux analogues. Ces derniers points d’appui étaient rendus tangents par l’injection latérale1 à laquelle nous avons fait allusion tout à l’heure : cela formait une chaîne d’appui continue, large de 5 mètres et pouvant aisément résister à une charge de o kilogrammes. Les grands puits étaient à même de supporter 20 kilogrammes. Pendant le forage, des infiltrations de la Seine s’étaient produites, mais on les a arrêtées rapidement en mêlant de la chaux hydraulique aux matériaux de bourrage.
- Le procédé a fait ses preuves non seulement à Montreuil, non seulement sur les chantiers de l’Exposition, mais encore rue de la Roquette, sur l’emplacement des anciens fossés de la Bastille, où le premier coup de mouton a projeté jusqu’à 10 mètres de la vase noire presque liquide. Actuellement enfin MM. Dulac établissent à Leval-lois les fondations de la grande usine des cycles Clément, et nous sommes convaincus que cette invention ingénieuse rendra de multiples services dans l’art des constructions. Daniel Bellet.
- 1 Les pieux se rencontrent par la base, puisque en forant un puits on retrouvait quelques-uns des pavés bourrés dans le puits précédent.
- Le mouton sur le point d'atteindre le collier.
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- APPAREILS DE CUBAGE DES ARBRES
- Dans les exploitations forestières, il importe de pouvoir mesurer aussi exactement que possible le cube des arbres, et le procédé le plus généralement employé consiste à déterminer leur hauteur et leur tour moyen en employant, pour cette dernière mesure, un compas ayant la forme du pied à coulisse des mécaniciens. On lit sur la règle graduée le chiffre indiqué, on l’appelle à haute voix et une autre personne l’inscrit aussitôt. II y a plusieurs causes d’erreur: on peut mal lire ou, ayant bien lu, mal appeler et d’autre part mal entendre ou mal écrire ; enfin c’est une besogne assez fastidieuse dont les agents se dispensent souvent en faisant la mesure à l’estime.
- Afin d’éviter toutes ces causes d’erreur, et d'avoir un moyen de contrôle, M. Jobcz, ingénieur civil des mines, a fait construire, par M. Ueccaud, un compas qui enregistre automatiquement toutes les mesures sur une bande de papier analogue à celles qui servent dans les appareils télégraphiques Morse. C’est à la
- branche mobile, qui iorme le curseur du compas, que se trouve fixé le mécanisme enregistreur (fig. 1 ) ; il est disposé de telle sorte que lorsqu’on fait manoeuvrer cette branche le long de la tige portant les graduations, un engrenage fait tourner uneroueDqui porte des chiffres correspondant à cette graduation. En même temps deux rouleaux entraîneurs E font avancer d’une petite quantité la bande de papier qui est emmagasinée sur une bobine A et va s’enrouler sur la bobine réceptrice B. Lorsque le compas embrasse exactement l’arbre à mesurer, on le retire et on appuie sur un levier II, qui presse le papier contre la roue des nombres I). Un bouton spécial permet en outre de faire un point à côté des nombres, si on désire attirer l’attention sur l’une des mesures, soit pour distinguer une essence d’arbre d’une autre, soit pour toute autre cause. Avec cet appareil, un seul homme fait les mesures et les inscrit sans erreur possible et sans fatigue; il peut pointer 1000 numéros à l’heure et les bandes sont assez longues pour permettre 4000 mesures sans changer le papier Il y a économie de temps et sécurité dans l’opération.
- Fig. 1. — Compas enregistreur de M. Jobcz pour lu mesure des arbre s.
- Fig. 2. — Règle à calcul de M. P. Laurand pour l'estimation des arbres.
- Pour faire les calculs nécessaires à l’estimation, M. Laurand a imaginé une règle à coulisse qui facilite l’opération et qui est basée sur la méthode consistant à connaître la hauteur et le tour moyen de l’arbre. La circonférence prise au milieu est divisée par 4, 4,8 ou 5, suivant qu’on emploie le quart sans déduction, le sixième ou le cinquième déduit. Ce premier résultat multiplié par lui-même et par la hauteur donne le cube de l’arbre ; quant au prix, il est le produit de ce dernier nombre par le prix du mètre cube. On voit qu’il y a une série d’opérations assez longues à effectuer et c’est pour les supprimer qu’a été construite la règle en question qui, comme
- toutes les règles à calcul, se compose de deux réglettes en bois coulissant l’une sur l’autre (fig. 2). Sur chacune d’elles se trouvent deux échelles graduées destinées : la première au tour de l’arbre, la deuxième à sa hauteur, la troisième au prix du mètre cube; la quatrième donne le résultat cherché, c’est-à-dire le prix de l’arbre. Les dispositions sont telles que lorsqu’on a amené le nombre correspondant au tour de l’arbre en face de celui qui correspond à sa hauteur, le résultat se trouve en face du prix du mètre cube.
- Ainsi, dans la position représentée ci-contre, on peut supposer un arbre ayant 2m,50 de tour et 5ra,20
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- de haut; si le mètre cube vaut 25 irancs, l’arbre vaut 20 francs.
- Pour simplifier les calculs et la construction de la règle, on ne tient pas compte des virgules, ce qui, dans l’espèce, n’a pas d’importance, car l’erreur qu’on pourrait commettre en la plaçant mal serait trop grossière pour qu’on ne s’en aperçût pas aussitôt ; on ne confondra pas un arbre de 2 francs avec un arbre de 20 ou de 200 francs. Comme approximation, on obtient exactement les deux premiers chiffres du résultat, ce qui est suffisant, car, en somme, le tout étant basé sur une mesure approximative, (jui est le tour moyen de l’arbre, on ne peut exiger une précision absolue dans les résultats ; l’essentiel est d’avoir un chiffre pratiquement
- acceptable. G. M.
- ' •——•
- LA. LOCOMOTIVE ÉLECTRIQUE HEILMANN
- Nous avons reçu de M. l’Administrateur délégué des Établissements J.-J. Ileilmann la lettre suivante :
- Nous avons lu dans La Nature du 11 décembre l’article de M. Hospitalier sur la locomotive Ileilmann. La conclusion de cet article est que notre machine n’est qu’ « un système transitoire dont il n’y a plus à envisager aujourd’hui l’avenir industriel », et que « le problème qu’elle peut résoudre est résolu depuis longtemps par des machines moins coiffeuses de prix d’achat et plus économiques de fonctionnement ».
- Cette conclusion est au moins hâtive, et il nous semble que, avant de la formuler, son auteur aurait pu attendre l’issue des expériences actuellement en cours.
- Nous croyons au contraire — et les essais faits jusqu’ici continuent à nous confirmer dans notre conviction — que e problème visé par la locomotive Ileilmann n’est nullement résolu par la locomotive à vapeur.
- La puissance n’est pas le seul facteur caractéristique d’une locomotive, mais c’est un facteur important. Or, M. Hospitalier trouve que les locomotives actuellement construites ne pourront remorquer en palier et à la vitesse de 100 kilomètres à l’heure qu’une charge de 100 tonnes. Ce chiffre est erroné. De quel droit, en effet, M. Hospitalier applique-t-il à la locomotive Ileilmann la résistance de 0k‘,16 par tonne appliquée par M. du Bousquet à d’autre matériel? La résistance effective de cette locomotive à 100 kilomètres à l’heure, telle qu’elle résulte d'expériences faites avec « la fusée électrique », est de 7 kilogrammes par tonne.
- D’autre part, le chiffre de 9kg,10 admis par M. du Bousquet en 1804, a été réduit depuis; les nouveaux résultats adoptés par la Compagnie du Nord ont été publiés dans la Revue générale des chemins de fer (avril 1897, p. 279). A 100 kilomètres à l’heure, la résistance de matériel ordinaire ne serait plus que de 8kf!,5 par tonne. Cette valeur correspond à la résistance en palier et alignement droit, à des conditions atmosphériques moyennes et à un état ordinaire de la voie.
- Mais ce chiffre de 8kg,5 est lui-même très élevé. Sans doute, on trouverait d’anciennes formules qui donnent des chiffres encore plus hauts, mais les résultats obtenus avec le matériel moderne sont généralement inférieurs. C’est ainsi que ceux trouvés par M. Desdouits, ingénieur en chef de la traction au chemin de fer de l’État, sont
- beaucoup plus bas. Il en est de même de ceux que la Compagnie de l’Ouest a mesurés sur un matériel analogue à celui qui sert actuellement aux expériences. Nous nous croyons donc autorisés à adopter le chiffre de 7 kilogr. pour la résistance du matériel à voyageurs (voitures à 2 essieux) à la vitesse de 100 kilomètres à l’heure. Ce chiffre est d’ailleurs corroboré par les relevés dynamométriques faits avec notre première locomotive.
- Dans ces conditions, les chiffres cités par M. Hospitalier doivent être rectifiés comme suit (l’effort aux jantes de la locomotive étant 2700 kilogr.).
- Effort nécessaire pour la locomotive et le fourgon en charge maxima
- 170 x 7 = 1-190 kgs.
- Effort disponible au crochet du fourgon 2700— 1190 = 1510 kgs.
- Poids de matériel ordinaire remorquablc à 100 km. à l’heure en palier :
- 1510
- 7
- = 215 tonnes environ.
- D’autre part, la locomotive et le fourgon en charge moyenne pèsent environ 10 tonnes de moins que ne l’a supposé M. Hospitalier, et le fourgon remplace largement un fourgon ordinaire de 10 tonnes. C’est donc, en réalité, 235 tonnes de matériel ordinaire que notre locomotive doit permettre de remorquer en palier à la vitesse de 100 kilomètres à l’heure. Inutile d’ajouter qu’elle doit remorquer un poids beaucoup plus élevé de matériel à bogies.
- Nous n’insisterons d’ailleurs pas autrement sur cette question de puissance.
- Il nous serait possible de construire des machines de 1600 et 1800 chevaux si besoin était; mais là n’est point l’unique raison d’être de la locomotive électrique. L’allure exceptionnellement douce de la machine, les conséquences qui en découlent au point de vue de l’entretien des voies, méritent, nous semble-t-il, d’être mis en balance avec les 16 000 francs de plus qu’elle peut coûter par an. Si l’on suppose qu’une machine ne fasse que 100 000 kilomètres par an, cela revient à dire que le prix de la traction sera augmenté de 0[iyl6 par kilomètre (nous négligeons pour l’instant l’économie de combustible). Ainsi, il suffit que la locomotive transporte deux à trois voyageurs de plus pour justifier la dépense, indépendamment de toute autre considération.
- Mais la nécessité d’un troisième agent découle en partie de la puissance de la chaudière, et, pour peu qu’on augmente celle des locomotives à vapeur, ce troisième agent y deviendra aussi nécessaire. Dans certains pays, les locomotives sont déjà montées par trois hommes et on conviendra facilement que le poste d’un chauffeur qui, outre la surveillance générale de la chaudière, doit jeter sur la grille près d’une tonne de charbon à l’heure, est loin d’être une sinécure.
- Telles sont, Monsieur le directeur, les affirmations que nous désirerions mettre en regard de celles contenues dans l’article de La Nature.
- Pour l’Administrateur délégué,
- Le Secrétaire général : R. Schmidt.
- La cause est entendue : les coefficients de traction de M. du Bousquet sont trop élevés; ceux de M. Barbier aussi, malgré leur caractère officiel : il n’y a que ceux des établissements J.-J. Heilmann qui comptent. Par une grâce d’état, les trains tirés par des locomotives Heilmann deviennent légers, tels des papillons. Il ne manque plus pour justifier ces prétentions qu’une petite chose, un
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- souffle, un rien, moins encore : la confirmation expérimentale officielle des résultats annoncés.
- Les locomotives compound des chemins de fer du Nord ont traîné des trains de 206 tonnes de matériel ordinaire à la vitesse de 115 kilomètres par heure en palier et en alignement droit. Du jour où les locomotives lleilmann feront autant, ou mieux, et plus économiquement, il est bien clair que les Compagnies de chemins de fer vont assaillir de commandes les établissements J.-J. lleilmann, et que nous nous ferons un agréable devoir de reconnaître notre erreur.
- En attendant, les grandes Compagnies de chemin de fer françaises utilisent des locomotives compound, et certaines compagnies américaines transforment des tronçons de ligne et leur appliquent la traction électrique par conducteurs. A part cela.... E. Hospitalier.
- Les chemins de fer en Europe en 1896. —
- Le Journal officiel a publié, à la date du 28 octobre 181)7, une statistique sur la situation des chemins de fer de l’Europe au 51 décembre 1896 et sur la longueur des chemins de fer livrés à l’exploitation à cette époque. Il y avait en Allemagne 47 348 km, en France 40 971 km, en Russie et en Finlande 58 612 km, en Grande-Bretagne et Irlande 54 221 km, en Autriche-Hongrie 52 180 km, en Italie 15 079 km, en Espagne 12 282 kin, en Suède 9895 km, en Belgique 5777 km, en Suisse 5565 km, dans les Pays-Bas et le Luxembourg 5129 km, en Roumanie 2879 km, en Turquie et Bulgarie 2450 km, en Portugal 2540 km, en Danemark 2267 km, en Norwège 1958 km, en Grèce 952 km, en Serbie 540 km et dans File de Malt, de Jersey et Man 110 km. La longueur était donc au total de 256 493 km, soit 2km,8 par myriamètre carré, et 0km,9 par 10 000 habitants.
- La transmutation des métaux: au seizième siècle. — La découverte du D1' Ernrnens, qui transforme l’argent en or, mais réserve toujours le moyen qui lui fournit ce résultat, rappelle à notre confrère The Electrical Ileview, de Londres, une piquante anecdote que nous allons nous elîorcerde traduire aussi fidèlement que possible. C’est une loi invariable de l’histoire que tous les transmutateurs de métaux ont d'abord besoin d’une mise de fonds, d’une commandite. Lorsque, Angurelle, qui vivait au seizième siècle, crut ou fit semblant de croire, après tant d’autres, qu’il avait découvert l’art de faire de For, il éerivit un traité sur la matière et le dédia au pape Léon X. Angurello s’attendait à une récompense superbe, lorsque le pape le reçut en grande cérémonie et avec beaucoup d’affabilité et de cordialité apparentes. A la fin de l’entretien, Léon X sortit une bourse vide de sa poche et la tendit à notre alchimiste en lui disant : (< Puisque vous pouvez faire de For, je ne saurais vous offrir un cadeau plus utile et plus en situation qu’une bourse pour le mettre. » Le pape Léon X avait de l’esprit !
- En chargement de 336 000 francs d’ivoire.
- — Quand nous disons chargement, cela ne veut pas dire qu’il y en avait suffisamment pour remplir un bateau ; mais il s’agit d’une expédition de cette précieuse substance à une seule et même maison. C’était un envoi comprenant 555 magnifiques défenses qui sont dernièrement parties, sur, le steamer Madeira, de Zanzibar à destination de New-York, et pour le compte de la maison Arnold, Cheney and C°. Le poids total en était de
- 10119 kilogrammes, et la valeur approximative de 536000 francs.
- Les coups de feu dans les chaudfèr«*s. —
- M. Hirsch poursuit depuis longtemps des études très remarquables sur les chaudières à vapeur. 11 vient de faire connaître à la Société d’encouragement les résultats de ses expériences qui déterminent les conditions dans lesquelles se produisent les coups de feu. Ces expériences montrent que, si la tôle est bien propre, bien saine et bien mouillée par l’eau, elle n’atteint jamais une température dangereuse, même aux allures les plus violentes du foyer. La viscosité de l’eau n’a que peu d’influence ; au contraire un dépôt de tartre, même assez mince, peut amener de graves accidents. L’application d’enduits gras et notamment de l’huile de lin et du mastic de minium crée une condition très défavorable : la tôle rougit facilement, même au contact de l’eau qui, dans ce cas, prend l’état sphéroïdal.
- I.e manganèse du Brésil. — Le Brésil, paraît-il, commence à se classer parmi les pays producteurs de manganèse. Le minerai serait d’excellente qualité, et les mines se trouveraient situées dans la province de Miguel, Etat de Minas.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 5 janvier 1898. — Présidence de M. Chatin.
- Élections. — M. Van Tieghem est élu vice-président en remplacement de M. Wolf appelé à exercer, pendant l’année 1898, les fonctions de Président de l’Académie. Fin quittant la présidence, M. Chatin adresse à ses collègues le conseil de s’écouter les uns les autres. M. Wolf reprend le même thème et recherche la cause de l’inattention générale pendant les séances. Il la trouve dans ce fait que l’intérêt tend à se concentrer sur le compte rendu imprimé contenant in extenso les communications présentées; il montre ensuite combien les séances seraient plus attrayantes si les membres qui ont à déposer un travail, soit en leur nom, soit pour le compte d’autrui, voulaient bien s’astreindre à en donner toujours une courte analyse orale.
- Désignation d’un candidat pour une chaire. — M. Le Chatelier est désigné en première ligne, au choix du ministre de l’instruction publique, pour la chaire de chimie minérale du Collège de France ; M. Joannis est désigné en deuxième ligne.
- Varia. — M. Darboux dépose une Note d’un Correspondant relative à la représentation d’une surface sur une autre surface, problème qui trouve son application dans la construction des cartes géographiques. — M. Cornu présente, dans les mêmes conditions, un travail intitulé : « Nouvelle méthode de spectroscopie différentielle », qui est destiné à suppléer à l’insuffisance des réseaux.
- Ch. de Villedeuil,
- APPLICATION DE L’AIR LIQUIDE
- L’air liquide, dont la fabrication relativement facile en quantité appréciable ne daté que de quelques années, n’a reçu jusqu’ici que des applications scientifiques, importantes d’ailleurs, entre les mains de MM. Dexvar, Fleming, Moissan, etc., ou des applications bizarres, comme celles que nous avons citées
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- LA NATURE.
- il y a quelque temps, et qui consistaient à mystifier les garçons d’un restaurant américain en gelant instantanément les mets chauds qu’ils apportaient, dès qu’ils avaient le dos tourné. Nous ne parlons que pour mémoire du projet émis par le professeur Élihu Thomson de refroidir les canalisations électriques industrielles, en vue de réduire les pertes par éehauffement dues au passage du courant : l'idée ne résiste pas à la critique du calcul. Une application éventuelle plus vraisemblable, au moins dans certains cas particuliers, consiste à utiliser l’air liquide à la trempe des outils en acier.
- On sait que la dureté de la trempe est fonction non pas seulement des températures du métal et du bain, mais de la rapidité avec laquelle s’effectue rabaissement de température du métal. On pense — l’expérience décidera — qu’en plongeant un outil en acier porté à une température assez élevée dans l’air liquide qui bout à — J82»C, le refroidissement sera assez rapide pour donner au métal ainsi trempé des qualités spéciales de dureté.
- S’il en est ainsi, il ne serait pas étonnant que certains outils d’horlogers ou de lapidaires,en attendant les industriels dont l’outillage est moins menu, ne fussent prochainement mis dans le commerce avec la . mention appropriée et bien tin de siècle : Trempé à l'air liquide. L. Düiutt.
- EXTINCTEUR ÉLECTRIQUE
- La distribution de l’énergie électrique dans un appartement ou dans une maison n’a pas pour but d’assurer seulement l’éclairage; mais elle doit encore se prêter aux usages les plus divers, et notamment aux utilisations des petits moteurs. Nous avons déjà fait connaître un grand nombre d’applications semblables ; en voici une nouvelle qui peut réellement
- être utile et rendre de grands services. Elle a été imaginée par la maison Merry-Weather et bis, de Greenwich.
- Il s’agit d’un nouvel extincteur électrique. L’appareil consiste en un cylindre métallique d’une capacité de 120 litres environ. Il est monté sur roues pour pouvoir être déplacé à volonté. A la partie supérieure du cylindre se trouve monté un petit moteur électrique fermé qui commande directement, au moyen d’embrayages, une minuscule pompe. Cette dernière, dès
- qu’elle est mise en marche, aspire l’eau qui est contenue dans le cylindre et la refoule sous pression dans un tuyau spécial. 11 suffit qu’un domestique prenne la lance et dirige le jet sur le foyer, comme le montre la ligure ci-jointe, pour qu’aus-sitôt un commencement d’incendie soit éteint.
- La mise en marche de l’appareil est très simple. Deux fils électriques sont reliés à une [irise de courant pour alimenter le moteur électrique, et la pompe est aussitôt mise en marche. La quantité d’eau renfermée, qui est d’environ 120 litres, comme nous le disions plus haut, est suffisante pour un commencement d’incendie. Il est du reste facile, si cette quantité ne suffit pas, d’apporter quelques seaux d’eau pour alimenter la pompe.
- On remarquera combien la manoeuvre de cet appareil est aisée et peut être rapide. Si l'on songe aux moyens dont on dispose actuellement pour prévenir les incendies dans les immeubles, le plus souvent des grenades d’extinction, on conviendra que l’adjonction d’un petit poste à pompe électrique pourrait être très utile. Cette application est une preuve nouvelle des services que sont appelés à rendre, dans l’intérieur des maisons, des moteurs électriques de faible puissance. J. Laffargue.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleuras, 9.
- Extincteur à pompe électrique.
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- N° 1285. — 15 JANVIER 1898.
- LA NATURE.
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- CHRONOGRÀPHE À LUMIÈRE POLARISÉE
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- Parmi les appareils servant à déterminer la vitesse des projectiles, le plus généralement employé est le
- chronographe à masse tombante, système Le Bou-lengé.
- Nous avons mentionné précédemment le principe de cet appareil en signalant l’application curieuse qui en a été faite dans le vélographe aux mesures
- Fig. 1. — N* 1. Vue d’ensemble de l’installation du chronographe à lumière polarisée. — N° 2. Installation des pinces maintenant les fils isolés dans les cadres spéciaux servant à provoquer le rétablissement du courant lors du passage du projectile.
- Fig. 2 et 3. — Reproduction de deux empreintes photographiques obtenues avec le photochronographe. La figure 3 représente onze interruptions et rétablissements alternatifs marqués X,, X.,, etc.
- des vitesses dans les champs de course1 ; nous rappellerons seulement qu’il a-git en déterminant le temps pendant lequel le mobile étudié lranchit un parcours fixé à l’avance; cette mesure de temps s’obtient en observant l’espace parcouru pendant la même durée par une tige tombante abandonnée a elle-même, d’où l’on conclut la durée de la 1 Voy. u0 1092, du 5 mai 1894, {> 553.
- 26“ aimée. — 1er semestre.
- chute d’après les lois connues de la pesanteur.
- Aux deux extrémités du parcours considéré, lequel est fixé ordinairement à 50 mètres, on installe à cet effet deux cadres garnis chacun d’une série de fils minces en cuivre parcourus par un courant électrique; le passage du projectile brise successivement les fils des deux cadres et interrompt ainsi les courants qui les traversent.
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- LA NATURE.
- La rupture du premier courant vient agir sur un électro-aimant qui maintenait la tige suspendue par attraction, et en arrêtant cette action il provoque la chute de la tige. La rupture du second courant agit de même sur un autre électro-aimant et provoque le déclenchement d’un couteau qui vient frapper la tige tombante. La position de l’empreinte de ce couteau sur la tige détermine l’espace qu’elle vient de parcourir, et par suite le temps employé par le mobile pour effectuer le parcours considéré. L’appareil ainsi disposé donne des résultats fort remarquables ; il a été étudié avec le plus grand soin par nos officiers d’artillerie au point de vue théorique et pratique, il a reçu tous les perfectionnements capables de lui donner toute la précision dont il peut être susceptible; il soulève néanmoins une objection de principe dont la solution paraît à peu près irréalisable.
- 11 faut observer en effet que les deux indications qu’il fournit exigent la mise en mouvement de masses pesantes dont il faut vaincre l’inertie; il arrive donc que la chute de la tige et le déclenchement du couteau ne se produisent pas exactement au moment précis de l’interruption des courants; les durées de ces retards sont certainement très faibles, mais elles ne sont pas négligeables , car les temps à mesurer sont eux-mêmes très courts. On peut réaliser actuellement en effet des vitesses de projectiles supérieures à 800 mètres à la seconde, et on voit que la durée d’un parcours de 50 mètres n’atteint guère alors que 1/15e de seconde.
- Dans toutes les expériences de mesure effectuées avec l’appareil on a certainement grand soin de se maintenir toujours bien dans les mêmes conditions, les essais se trouvent ainsi affectés tous d’une erreur constante dont l’influence disparaît dans la comparaison ; mais les indications ainsi recueillies n’ont pas la valeur absolue qu’on voudrait leur attribuer. MM. Cushing Crehore, professeur de physique au collège Dartbinouth, et Owen Squier, lieutenant d’artillerie aux États-Unis, ont réussi à écarter cette difficulté, qui paraît insoluble au premier abord, en imaginant un appareil particulièrement curieux et original dans lequel n’intervient aucun déplacement de masse mobile, non plus qu’aucune action de désaimantation.
- Cet appareil est fondé sur l’application des propriétés de la lumière polarisée, d’après le principe suivant : On sait en effet que, si un faisceau lumineux sortant polarisé d’un prisme de Nicol rencontre un
- second prisme semblable au premier et orienté sous un angle de 90° par rapport à celui-ci, il subit une extinction complète, et aucun rayon n’émerge du second prisnie; mais si l’on interpose entre les deux prismes un appareil susceptible de dévier le plan de polarisation du faisceau polarisé qui le traverse, la lumière réapparaît, tandis qu’elle disparaîtra de nouveau aussitôt que le plan de polarisation reprendra son orientation primitive.
- Or le sulfure de carbone, d’après les recherches de Faraday et de Yerdet, jouit précisément de cette propriété de dévier le plan de polarisation lorsqu’il est soumis à une action magnétique ou électrique, mais cette déviation cesse aussitôt que le courant inducteur est interrompu. On comprend dès lors facilement le principe de l’appareil: le projectile, en traversant les cadres successifs, provoque des interruptions ou rétablissements de courant qui ont ainsi pour effet de changer l'orientation du plan de polarisation ; ces alternances éteignent donc ou rétablissent une impression lumineuse qu’on peut recueillir sur la plaque photographique, dans des conditions permettant d’en déterminer la durée et l’espacement bien précis. Quant aux cadres traversés par le projectile dans sa trajectoire, ils sont disposés de façon que la rupture des fils ré-tablisse ou interrompe alternativement le courant électrique.
- L’appareil de réception, installé dans le poste d’observation, se compose de deux prismes de Nicol (fig. 1), l’un polariseurP, l’autre analyseur A; entre ces prismes est disposé un tube horizontal T rempli de sulfure de carbone et autour duquel est enroulé un solénoïde. La lumière est fournie par une lampe électrique à arc du système Colt; à la sortie, une lentille fait converger les rayons sur le prisme pola-riseur d’où ils pénètrent dans le tube, puis arrivent à l’analyseur. A la sortie de ce prisme, les rayons sont recueillis par une seconde lentille plus petite et dirigés vers l’ouverture d’une chambre noire W où se fait l’inscription photographique.
- D’autre part, en dehors du poste, sur le trajet du projectile, se trouve disposée devant le canon, comme le montre la figure 4, une série d’écrans balistiques en communication électrique avec le solénoïde entourant le tube. Au moment du départ du coup, le courant électrique fourni par une dynamo traverse le premier écran, mais le projectile arrivant en ce point brise le fil et interrompt brusquement ce courant ; il rencontre ensuite immédiatement un
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- second écran disposé de façon spéciale, comme nous le disons plus loin, et en le traversant il rétablit le courant à travers l’écran suivant, identique au premier. En arrivant à celui-ci, il interrompt à nouveau le courant pour le rétablir presque aussitôt à la traversée d’un second écran spécial, et il l’interrompt encore en arrivant au suivant. On obtient ainsi une succession continue d’interruptions et de rétablissements de courants, et chacune de ces opérations provoque, ainsi qu’il a été dit, l’extinction ou le rétablissement du faisceau lumineux agissant sur la plaque photographique.
- L’écran spécial dont nous avons parlé comporte une série de fils isolés dont les extrémités D sont maintenues, comme l’indique la coupe reproduite dans le cartouche n° 2, fig. 1, entre des pinces formées de lames métalliques C constituant ressorts reliées au circuit par les lames B fixées sur la tige isolante A. Comme le fil est revêtu d’une enveloppe isolante, la présence du fil interrompt le courant en empêchant le contact des lames, et le courant n’est rétabli qu’au moment du passage du projectile dont l’action arrache le fil et amène ainsi les lames en contact. Chacun de ces cadres sert ainsi à isoler l’écran précédent des suivants, et permet de rétablir le courant par l’intermédiaire de l’écran qui le suit.
- La figure 1 représente l’appareil récepteur dans la dernière disposition que lui ont donnée les inventeurs : la plaque qui reçoit les impressions lumineuses est fixée sur un disque mobile W monté à l’extrémité d’un axe tournant actionné par une petite machine électrique m ; la rotation ainsi communiquée a pour effet d’empêcher les impressions lumineuses successives de se superposer. La vitesse de rotation de la plaque est contrôlée d’autre part au moyen d’un diapason disposé de manière à produire sur la plaque une impression lumineuse dont les ondulations correspondent chacune à une vibration de durée connue ; ce diapason est monté, ainsi que les lentilles correspondantes, sur un second banc disposé en arrière, parallèlement à celui qui reçoit le tube de sulfure de carbone avec les deux prismes.
- Sur une des branches de ce diapason est appliquée une feuille mince d’aluminium percée d’un trou très fin ; la lumière fournie par la lampe, réfléchie d’abord par un miroir est concentrée par la grande lentille en son foyer situé sur cette plaque ; à chaque vibration du diapason, les rayons lumineux traversent donc la feuille d’aluminium par la petite ouverture qui y est pratiquée, ils sont ensuite recueillis par une dernière lentille qui les concentre sur la plaque sensible. Le nombre des impressions correspond ainsi au nombre des vibrations du diapason, et on peut déduire par suite la vitesse de rotation de la plaque.
- Ces différents organes sont disposés sur une sorte de banc optique en maçonnerie, dans une pièce qui se trouve assez éloignée du champ de tir, pour que l’appareil, étant relié aux cadres par les fils
- électriques, reste cependant à l'abri de l’influence des vibrations produites par le tir. Deux rails parallèles 0 et 0', mobiles dans le sens transversal et pouvant se déplacer sur des glissières perpendiculaires V et V' sous l’action des vis S, supportent, l’un le système des prismes et l’autre, le diapason, et comme en déplaçant ces différents organes on peut faire varier la distance des points impressionnés de la plaque sensible au centre de rotation, on peut ainsi agrandir ou diminuer l’échelle des images obtenues.
- La mise de feu du canon est produite électriquement de son laboratoire par l’opérateur, et cette action provoque en même temps le déclenchement de l’écran mobile.
- Nous reproduisons dans les figures 2 et 5 deux vues des premières empreintes photographiques obtenues avec l’appareil Crehore et Squier ; la vue représentée figure 5, qui est une des premières, a été recueillie avec un appareil d’installation un peu différente, elle résume onze observations, de X, en Xlt recueillies au moyen de dix écrans espacés de 5 en 5 pieds à partir de la bouche du canon jusqu’à une distance de 45 pieds avec une dernière mesure provenant d’un écran reculé à 95 pieds. Comme l’écartement des occultations recueillies sur le diagramme est d’autant plus faible que la vitesse du mobile est plus élevée, on constate que la vitesse va en augmentant de X4 en X-, c’est-à-dire immédiatement après la sortie de la bouche du canon, comme nous le montrerons dans le prochain article où nous donnerons aussi la description du dispositif d’ouverture et de fermeture de la chambre obscure pour l’inscription des impressions lumineuses fournies par l’appareil. L. Elbée.
- LE PERMANGANATE DE POTASSE
- EX l’ISCICULTUUE
- Les poissons sont souvent attaqués par des parasites divers et notamment par des sortes de moisissures, des champignons de la classe des saprolé-gniées. Ces champignons sont déjà très meurtriers pour les poissons vivant en liberté ; ils deviennent encore plus désagréables quand on fait de la pisciculture. On n’avait encore rien trouvé jusqu’aujourd’hui pour combattre cette maladie : les substances antiseptiques introduites dans l’eau tuaient parfois le parasite... mais en même temps le poisson. Cette question a une importance pratique si considérable que nous croyons devoir dire quelques mots ici d’un intéressant travail1 que vient de publier sur ce sujet M. le Dr Oltramare, professeur à l’Université de Genève. On connaît le pouvoir antiseptique considérable du permanganate de potasse : c’est même aujourd'hui le meilleur épurateur de l’eau destinée à l’alimentation. C’est cette puissance à détruire les orga-
- 1 Etangs et liitièrcs.
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- nismes inférieurs qui a engagé M. le Dr Oltramare à essayer son action sur les agents nuisibles aux poissons. Il faut d’abord noter, point important, qu’à faible dose les poissons ne semblent pas être incommodés par la solution : M. Oltramare a vu des vairons et des truites arc-en-ciel remonter pour frayer dans un ruisseau d’eau violette, d’une teinte très apparente, sans paraître s’apercevoir de la présence d’un agent nuisible. Épinoches, truites, saumons de Californie, ainsi que les crevettes d’eau douce, continuent à vivre dans un aquarium où l’on verse du permanganate jusqu’à coloration très évidente.
- Dans le courant de l’été dernier, un étang contenant 1700 truites arc-en-ciel fut empoisonné par une dizaine de kilogrammes de viande pourrie que les poissons n’avaient pas voulu manger. Dès que M. Oltramare en fut averti, la viande qui flottait à la surface, pleine de gaz putrides, fut enlevée, les poissons morts recueillis, et un kilogramme de permanganate placé à divers endroits et surtout dans le ruisseau d’alimentation.
- La mortalité qui semblait devoir être complète s’arrêta sur-le-champ. A l’Exposition nationale suisse de 1896,
- M. Oltramare s’est servi du permanganate avec un plein succès pour le nettoyage des aquariums dont il avait la direction, et c’est grâce à cette substance qu’il a pu conserver pendant six mois un certain nombre de salmonidés qui furent à plusieurs reprises attaqués par les saprolégniées.
- Ces expériences sont fort intéressantes et méritent d'être complétées, car avec un kilogramme de permanganate (1 lr. 50) on peut désinfecter plusieurs centaines de mètres cubes d’eau. IIexri Coupin.
- LA. MARINE ANGLAISE
- 1512-1897
- nous a paru intéressant de mettre sous les yeux de nos lecteurs deux photographies représentant,
- près de quatre siècles d’intervalle, deux formidables engins de destruction, deux puissants vaisseaux de guerre destinés à défendre les droits d’une grande nation. Autant les formes du premier sont élégantes et gracieuses, autant celles du second sont simples et sévères. Le Henry Grâce de Dieu donne bien
- l’idée de ces temps chevaleresques où on se battait sans haine, en portant fièrement les couleurs de sa dame, tandis que le Magnificent est l’image de notre siècle où la guerre, par tous les moyens possibles, ne cherche que l’anéantissement complet de l’adversaire.
- Le Henry Grâce de Dieu a été construit à Greenwich en 1512; son déplacement de 1000 tonneaux le rangeait parmi les plus grands navires de l’époque; fort imposant, grâce à l’élévation de ses œuvres mortes, il était le premier bâtiment anglais portant quatre mâts; jusqu’alors, les vaisseaux de cette nation n’avaient qu’un mât unique.
- L’artillerie du Henry comprenait 122 canons, dont le plus grand nombre était de très petit calibre ; l’équipage se composait de 700 hommes. En 1545, le Henry prit part à un engagement contre la flotte française; il y fut si maltraité qu’on dut l’échouer à terre pour lui faire subir de nombreuses réparations ; en 1553, il fut complètement détruit par un incendie, dans le port de Wol-wich.
- Le Magnificent, dont nous donnons une photographie, est un des plus puissants cuirassés de la flotte britannique. Construit en 1894, il a un déplacement de 14900 tonneaux et dépasse, sous ce rapport, tous les vaisseaux français. Les principales caractéristiques sont les suivantes : longueur, 130 mètres ; largeur, 25 mètres ; tirant d’eau moyen, 9 mètres. La protection est obtenue, comme sur la plupart des bâtiments anglais, par une cuirasse partielle qui s’étend sur une longueur de 75 mètres et une hauteur de 5 mètres: elle est constituée par des plaques d’acier Harveyé de 225 millimètres d’épaisseur; le blindage des deux tourelles barbettes comporte des épaisseurs de 350 millimètres, également en acier Harveyé; enfin, un pont cuirassé, qui vient aboutir au can inférieur de la cuirasse, s’étend de l’avant à l’arrière; il couvre les machines, les soutes à munitions et les autres parties vitales du bâtiment; son épaisseur varie de 100 millimètres, sur les talus latéraux, à 62 millimètres au milieu.
- Le Magnificent possède un double fond ; de nombreuses cloisons longitudinales et transversales le partagent en un grand nombre de compartiments étanches qui diminuent les dangers en cas de voie l’eau; il n’y a pas moins de 320 compartiments dis-
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- tincts dont 155 au-dessous du pont cuirassé, 74 dans les doubles fonds et 91 au-dessus du pont blinde'. Les cloisons sont disposées de façon à permettre un passage facile de l’avant à l’arrière, au-dessous de la flottaison.
- Le navire est complètement éclairé «à l’électricité au moyen de 900 lampes ; 6 puissants projecteurs servent soit aux signaux, soit à assurer la défense contre les torpilleurs.
- Sur le pont, se trouvent les passerelles et les deux abris de combat du commandant ; le premier, placé à l’avant, est protégé par des plaques de 350 millimètres; celui de l’arrière n’est revêtu que d’une cuirasse de 75 millimètres; tous deux sont munis des
- moyens de communication avec les différents postes du bâtiment.
- L’appareil moteur se compose de deux machines verticales indépendantes à triple expansion devant développer 10000 chevaux au tirage naturel et 12 000 chevaux au tirage forcé ; les vitesses respectives sont de 16 nœuds et demi et 17 nœuds et demi.
- Les 3 cylindres ont des diamètres de 1 mètre, lm,48 et 2m,40 et une course de lm,25; les tiroirs du cylindre à haute pression sont du système cylindrique, les autres sont plats.
- Les condenseurs principaux ont une surface refroidissante totale de 1200 mètres carrés et la circulation de l’eau de mer y est assurée par quatre pompes
- Fig. 2. — Le Magnificent. (D’après une photographie.)
- centrifuges mues chacune par une machine indépendante.
- Les hélices sont à quatre ailes, en bronze manganèse. Les chaudières, du type cylindrique, à retour de flammes, sont au nombre de huit, réparties par paires dans quatre chaufferies indépendantes.
- Toutes les machines auxiliaires évacuent leur vapeur dans deux condenseurs supplémentaires placés dans les machines et qui reçoivent l’eau de circulation de pompes spéciales. Il y a deux distillateurs, quatre pompes principales et quatre pompes auxiliaires d’alimentation, plusieurs pompes à incendie et, d’une façon générale, une foule d’appareils pour le service du bâtiment. La ventilation de ce dernier se fait au moyen de deux immenses ventilateurs; huit ventilateurs de plus faibles dimensions sont disposés
- dans les chaufferies pour assurer le tirage forcé.
- L’approvisionnement normal de charbon est de 900 tonneaux; mais il peut, grâce aux soutes de réserve, être porté h 1900 tonnes, ce qui assure au bâtiment un rayon d’action de 8000 milles à 10 nœuds ; nous n’avons pas, en France, un seul vaisseau cui-rasré qui puisse, sous ce rapport, être comparé au navire anglais.
- L’armement militaire du Magnificent se compose de quatre canons de 30 centimètres, du poids de 46 tonnes chacun, se chargeant par la culasse et répartis par paire, dans deux tourelles barbettes situées l’une à l’avant, l’autre à l’arrière. Ces pièces lancent des projectiles de 380 kilogrammes avec une charge de poudre de 60 kilogrammes.
- L’artillerie moyenne comprend 12 pièces de
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- 150 millimètres situées sur les ponts principaux et supérieurs, dans des casemates protégées par une cuirasse de 15 centimètres. La petite artillerie est constituée par 18 pièces de 12 livres, 12 de 5 livres, 8 mitrailleuses et 5 canons de débarquement ; cet armement léger est distribué dans les parties supérieures du bâtiment, sur le pont et dans les quatre hunes militaires. Les quatre pièces de 30 centimètres sont mues au moyen d’appareils hydrauliques; tous les autres canons sont manœuvrés à la main.
- [/approvisionnement des pièces est assuré par des monte-charge spéciaux abrités par des tubes blindés qui descendent jusqu’au pont cuirassé.
- 11 y a enfin, à bord, cinq tubes de lancement pour les torpilles automobiles; quatre d’entre eux sont situés au-dessous de la flottaison; un seul, placé à rcxtrème-arricre,est au-dessus de l’eau. Le Magni-ficent a été construit à Chatam en 1894 et 1895; son prix de revient est d’environ 23 millions de francs.
- Ce qui frappe en regardant la photographie de ce superbe navire, c’est l’absence de toute superstructure. C’est un très grand avantage sur nos grands cuirassés dont les ponts, très encombrés, couverts de véritables monuments, offrent d’énormes cibles aux coups de l’ennemi ; de plus, ce sont des poids considérables, situés dans les hauts, qui diminuent la stabilité du batiment. Commandant G.
- RÈGLE GÉNÉRALE APPLICABLE A LA
- CONSTRUCTION D’UN CARRÉ MAGIQUE
- PAIR OU IMPAIR1
- Le problème du carré magique d’un nombre 7, par exemple, consiste à disposer tous les nombres de 1 à 49 dans les 49 cases d’un carré dont le côté est 7, de façon que la somme des nombres de toute rangée horizontale ou de toute colonne verticale soit la même ainsi que la somme des nombres en diagonale. Il y a deux cas à distinguer : celui où le nombre donné est pair et celui où il est impair, les règles applicables étant distinctes.
- Carré magique impair. — Supposons qu’ils s’agisse de construire le carré magique de 7. On tracera un carré de 49 cases. On écrira le chiffre 1 dans la case du milieu de la première rangée horizontale et on écrira tous les nombres dans l’ordre naturel en procédant par rangée horizontale de 7 nombres et reculant à chaque rangée d’une case vers la gauche, ce qui donne la disposition ci-dessous (1).
- 1 2 3 4 5 6 7
- 8 9 10 11 12 13 14
- 15 16 17 18 19 20 21 '
- 0) 22 23 28
- 29 35
- 36 42
- 4-9
- On la transforme immédiatement dans la disposition (2) en transportant horizontale ment les nombres hors du carré 1 Voy. n° 458, du 11 mars 1882, p. 237*
- dans les cases vides de ce carré sans changer leur ordre.
- 5 6 7 1 2 3 4
- 13 14 8 9 10 11 12
- 21 15 16 17 18 19 20
- 22 23 24 25 26 27 28
- 30 31 32 33 34 35 29
- 38 39 40 41 42 36 37
- 46 47 48 49 43 44 45
- Pour obtenir la disposition (5) définitive, on tracera un nouveau carré dans lequel on inscrira horizontalement les nombres de la disposition (2), mais en les prenant diagonalement dans la disposition (2) et les inscrivant dans les mêmes colonnes verticales que celles où ils se trouvent dans cette disposition à partir du chiffre 1 qui garde la même case. On obtient ainsi la partie moyenne de la disposition finale (5). On achève les angles avec les nombres non employés à l’angle droit supérieur et à l’angle gauche inférieur, ainsi qu’on le voit en comparant les dispositions (2) et (5).
- 30 39 48 1 10 19 28
- 38 47 7 9 18 27 29
- 46 6 8 17 26 35 37
- 5 14 16 25 34 46 45
- 13 15 24 33 42 44 4
- 21 23 32 41 43 3 12
- 22 31 40 49 2 11 20
- Carré magique pair. — Soit à former le carré magique de 6. Écrivons les nombres dans l’ordre naturel, en ligne verticale, par exemple, de façon à remplir les cases du carré comme ci-dessous.
- 1 7 13 19 25 31
- 2 8 14 20 26 32
- 3 9 15 21 27 33
- 4 10 16 22 28 34
- 5 11 17 23 29 35
- 6 12 18 24 30 36
- Les sommes de ces colonnes diffèrent évidemment de 56, elles sont :
- 21 57 93 129 165 201
- dont la moyenne est 111. Elles deviendront donc égales si on les augmente respectivement de
- 90 54 18 — 18 — 54 — 90.
- Ou, ce qui est la même chose, de
- 3.30 3.18 3.6 — 3.6 — 3.18 — 3.30, ce qui revient à faire passer par permutation trois des nombres qui sont dans une colonne dans la colonne symétrique.
- Par exemple, dans les colonnes extrêmes on permutera 2 et 32, 4 et 34, 5 et 55, dans les suivantes,
- 9 et 27, 10 et 28, 12 et 50, et, dans les moyennes,
- 15 et 19, 17 et 25, 18 et 24.
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- LA NATURE.
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- On obtient ainsi le tableau de transition suivant (on ne doit pas permuter les nombres qui se trouvent sur les diagonales) :
- i 7 19 13 25 31
- tr 32 8 14- 20 26 2
- 1 0 3 27 15 21 9 33
- 1 îb 34 28 16 22 10 4
- f 20 35 11 23 17 29 5
- né 6 30 24 18 12 36
- 3.5
- 3.3
- 3
- -3
- -3.3
- -3.5
- Après cette opération, on effectue une seconde permutation en observant que les sommes horizontales, qui n’ont pas changé, deviennent égales si on augmente chacune d’elles des nombres portés en regard. C’est ainsi que dans les deux rangées extrêmes on permutera
- 7 et 30, 13 et 18, 25 et 12, '
- vn v 5 -'-v
- dans les deux suivantes, 14 eta25, et, dans les moyennes,
- 3 et 54, 9 et 10, 53 et 4. t,v . + ' .'l<i
- On obtiendra ainsi le carré magique de 0. 5
- 1 30 19 18 12 31
- 32 8 23 20 26 2
- 34 28 15 21 9 4
- 3 27 16 22 10 33
- 35 1f 14 17 29 5
- 6 7 24 13 25 36
- On reconnaît sans peine qu’un carré ayant été obtenu, un peut en déduire d’autres par des couples de permutations; par exemple, on pourra permuter 28 et 27 si, en même temps, on permute 9 et 10, de même 19 et 24 si l’on permute 18 et 13.
- La règle précédente est générale, elle est appliquée ci-dessous à la construction du carré magique de 10.
- 1 20 21 70 60 SO 31 71 90 91
- 9 12 72 39 52 42 69 29 82 99
- 3 88 23 63 58 48 38 73 18 93
- 97 17 74 34 4 7 54 64 24 87 7
- 96 15 76 36 45 55 65 26 85 6
- 95 86 25 35 46 56 66 75 16 5
- 94 84 27 37 44 57 67 77 14 4
- 98 83 28 68 53 43 33 78 13 8
- 2 19 79 62 49 59 32 22 89 92
- 10 81 80 61 SI 41 40 30 11 100
- La démonstration de ces deux règles se fait sans difficulté en désignant par une lettre la base donnée. On avait écrit que le problème n’était pas possible pour tout nombre pair, c’est ce qui m’a engagé à l’examiner.
- L. Saixt-Loup,
- Professeur" <1<ï mécanique à la Faculté des Sciences de Besançon.
- LA FABRIQUE D’OXYGÈNE
- DE BOULOGNE-SUR-SEWE
- Le développement chaque jour grandissant, que prennent les applications de l’oxygène, nous engage à exposer ici une courte étude historique de la fabrication de ce produit, ainsi que l’état actuel de l’industrie toute récente, née de cette fabrication.
- Deux sources inépuisables d’oxygène s’offrent à nos moyens : l'eau et l’air.
- L’eau contient les 8/üe de son poids d’oxygène, combinés avec une partie d’hydrogène. Aussi, est-ce à ce composé que s’est attaquée d’abord l’industrie. On se rappelle, en effet, que la Société « l’Alliance » se forma pour l'exploitation d’un gaz d’éclairage produit par l’électrolyse de l’eau, au moyen de la machine magnéto-électrique de l’abbé Nollet. Voyons donc quel serait le travail nécessaire, pour produire ainsi 1 mètre cube d’oxygène, ou lke,430 de ce gaz.
- La combustion de 8 kilogrammes d’oxygène avec 1 kilogramme d’hydrogène, dégage, d’après Favre et Silbermann, 34 462 calories; lks,430 d’oxygène dégagera 6160 calories, et le travail correspondant en chevaux-vapeur, dans 1 heure, sera
- 6160x425
- 75x5600
- 10 H.
- Mais en pratique ce travail utile sera augmenté de la résistance de la machine, des conducteurs, de l’électrolyte, de la polarisation des électrodes, toutes causes qui, sous forme de chaleur sensible, absorberont une notable partie de l’énergie électrique fournie. Néanmoins, quelques essais furent tentés dans cette voie, et récemment on fit quelque bruit autour d’un procédé industriel basé sur l’électrolyse, imaginé par un Italien, Pompeo Garruti. La Nature publia même une étude de ce procédé que lui envoya, de Naples, M. Felice Buono. La base de l’invention serait un voltamètre dont la conception nous paraît fort bizarre, mais qui donnerait, à Naples, les résultats les plus remarquables. On prétend, d’autre part, que transporté à grands frais à Bruxelles en Brabant, il aurait failli à toutes ses promesses. Serait-il vrai qu’en Italie seulement, on fût prophète en son pays?
- Quoi qu’il en soit, la question de ce côté n’est guère avancée en raison des difficultés que l’on éprouve dans la séparation de l’O et de l’H, et du fait de la somme considérable d’énergie nécessitée par l’électrolyse. L’air n’étant pas comme l’eau une combinaison, il semble a priori que des moyens mécaniques aisés puissent opérer une séparation facile des éléments qui le composent.
- Malheureusement, les propriétés physiques de l’oxygène et de l’azote sont trop rapprochées pour qu’il en soit ainsi.
- On essaya pourtant d’utiliser la différence de leurs propriétés osmotiques et de leur solubilité. Un industriel allemand proposa de séparer l’oxygène
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- 104
- LA NATURE.
- de l’azote, par l’évaporation de ce dernier, du sein d’une masse d’air liquéfié. On paraît là se rapprocher un peu des conceptions de Jules Verne. Rien de tout cela n’est pratique pour fabriquer de l’oxygène pur. Jusqu’ici une seule méthode a réussi, c’est celle qui consiste à faire entrer l’oxygène de l’air dans une combinaison facile à dissocier ultérieurement. C’est donc une méthode chimique.
- Au début de l'année 1884, les chimistes nous avaient légué deux procédés intéressants : celui de Roussingault, et celui de Tessié du Motay et Maréchal, laissant de côté celui de Mallet qui ne reçut pas d’application.
- Le procédé de Roussingault consistait à dissocier, au rouge vif, du bioxyde de baryum formé par oxydation directe de la baryte caustique, vers 500°.
- Le savant collaborateur de Dumas avait cependant reconnu qu’à a température du rouge vit, la baryte perdait vite la propriété de s’oxyder, par suite de modifications apportées dans sa structure par cette température élevée.
- Aussi les essais industriels de ce procédé ne donnèrent pas de résultat.
- Vers la fin de 4884, Boussin-gault apportait à son procédé primitif, une modification capitale.
- Il découvrait que la dissociation du bioxyde de baryum est possible, très peu au-dessus du rouge sombre, à la condition de faire le vide sur cette matière. En diminuant ainsi la pression nécessaire au dégagement de l’oxygène, on pouvait utiliser une tension de dissociation correspondant à une température relativement modérée. Dans ces conditions, la puissance d’absorption de la baryte pour l’oxygène de l’air, pouvait se maintenir très longtemps dans son intégrité. Voyons quelle était la valeur de ce nouveau procédé. Sa réalisation est facile, son rendement bon, la conduite des opérations est aisée. Malheureusement, il ne donne pas de gaz pur d’une façon régulière, et cela à cause du vide. 11 est fort difficile, en effet, de maintenir l’étanchéité absolue d’une conduite longue et compliquée, formée de joints multiples et soumise à des alternatives fré-
- quentes d’allongement et de retrait, sous l’action des variations de température. De plus, une fuite, dans une tuyauterie soumise au vide, est difficile à déceler. Il en résulte une aspiration variable, mais presque continue d’air, qui vient se mélanger à l’oxygène produit. Mais ce qui va suivre est plus grave encore, en raison du développement que prend tous les jours l’emploi thérapeutique de l'oxygène.
- On sait que les métaux, et en particulier la fonte, portés au rouge, deviennent poreux et perméables aux gaz. Dans ces conditions, les cornues soumises au vide laissent passer, à travers leurs parois, une partie des gaz du foyer. L’acide carbonique se fixe en partie sur la baryte qu’il rend peu à peu inactive, mais
- l’oxyde de carbone incomplètement brûlé, surtout vers la fin de 1 ’ opération, se trouve entraîné dans le courant d’oxygène. Enfin, si on lubrifie à l’huile la pompe à vide, l’oxygène qu’elle rejette au gazomètre se trouve souillé de carbures.
- Il y avait donc mieux à faire : c’est ce que tentèrent et obtinrent avec plein succès MM. Du-tremblay et Lu-gan dans leur usine de Boulo-gne-sur-Seine, édifiée à cet effet depuis deux ans environ.
- C’est au procédé Tessié du Motey et Maréchal qu’ils s’adressèrent, et qui servit de base à l'étude qui devait aboutir à leur fabrication actuelle.
- On sait que le principe de ce procédé est le suivant : Si l’on fait passer un courant d’air pur et sec, sur un mélange de soude et de bioxyde de manganèse chauffé vers 450°, l’oxygène est absorbé et il se forme du manganate de soude. Si, sans changer la température, on fait passer sur ce manganate un courant de vapeur surchauffée, les éléments primitifs du mélange sont régénérés, avec dégagement de l’oxygène qu’ils avaient absorbé. On voit que, de même que dans le procédé de Roussingault, la matière première chimique est théoriquement inusable.
- L’immense avantage de ce procédé est évident. Toutes les conduites, ainsi que les cornues, étant constamment sous pression d’air ou de vapeur,
- tijr. 1. — Distributeur automatique à soupapes équilibrées cl. commandées élccli'iquciiicnt.
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- LA NATURE.
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- aucun appel de l’extérieur, d’air ou des gaz du j l’émission de l'oxygène, on n’envoie ce dernier au foyer, ne peut avoir lieu. Si donc, au moment de | gazomètre qu'a près avoir bien purgé tout l’espace
- Fig. 2. — Vue générale de la fabrique d'oxygène de Boulogne-sur-Seine.
- mort de la tuyauterie, il n’y a aucune difficulté à recueillir du gaz chimiquement pur. En pratique, la purge n’est pas parfaite et la vapeur contient une partie de l’azote qui était en dissolution dans l’eau d’alimentation du générateur. Cela ramène le titre du gaz recueilli à 94/95 pour 100 d’oxygène pur, le reste formé seulement d’azotemoffensif.
- Ce gaz que l’on peut considérer comme pratiquement pur, et qui dépasse, à ce point de vue, tout ce que l’industrie avait livré jusqu’alors, est parfait pour tous les emplois, et, en particulier, pour l’emploi médical.
- Nous allons décrire, en quelques mots, les appareils utilisés dans ce procédé, tels qu’ils fonctionnent ù l’usine de Boulogne, dont la production peut
- Fig. 3. — Compresseur compound avec refroidissement du gaz à chaque cascade.
- atteindre 100 mètres cubes en vingt-quatre heures. Une pompe à air, sans espaces morts, envoie aux
- cornues 5 mètres cubes d’air par minute, à travers un épurateur horizontal, contenant une matière chimique destinée à retenir l’humidité et l’acide carbonique (tig. 2). Les cornues verticales en fonte sont logées dans deux chambres de chauffe, alimentées par une chambre de combustion intermédiaire, où de l’air chaud vient brûler les gaz combustibles formés dans un foyer gazogène. Ces cornues contenant les manganates reçoivent alternativement l’air, la vapeur, par l’interme'diaire d’un distributeur automatique (fig. 1). Ce dernier se compose de soupapes équilibrées mues par l’air comprimé
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- LA NATURE.
- que leur envoient des distributeurs commandés électriquement. Un balais à mouvement circulaire lance le courant périodiquement dans les distributeurs. Les soupapes qui reçoivent l’oxygène pur, le dirigent vers un gazomètre de 100 mètres cubes, à travers un réfrigérant, alimenté par un thermosiphon, destiné à condenser le vapeur qui accompagne le gaz. Ce dernier, absolument pur de carbone, sous forme d’oxyde ou de carbure, est comprimé à 120 atmosphères, au fur et à mesure des demandes dans des tubes en acier.
- Ces tubes d’acier étirés, sans soudure, et par conséquent d’une seule pièce, sont extrêmement légers, malgré leur grande solidité, dépassant tout ce qui avait été fait jusqu’ici. Comme le poids des tubes a une grande importance dans le calcul des prix de revient, à cause du transport, nous donnons deux tableaux comparatifs de poids, des anciens tubes soudés, et des nouveaux tubes sans soudure.
- TUBES SOUDÉS. TUBES SANS SOUDURE.
- CAPACITÉ EN OXYGÈNE DÉTENDU. LONGUEUR. POIDS. CAPACITÉ. LONGUEUR. POIDS,
- lit. in. kgr. lit. ni. kgr.
- 165 0,30 4 250 0,45 i
- 550 0,60 7 500 0,55 7
- -125 0,67 9 1 000 0,78 14
- 550 0,85 10,500 1 500 1,10 19
- 750 0,67 15 2 000 0,88 27,500
- 1100 0,90 18 2 500 1,13 30,500
- 2200 1,65 35 5 000 1,70 60
- 2 800 2,00 50
- 3 500 2,50 60
- Ces tubes sont essayés à la pression hydraulique de 500 atmosphères, et ne sont chargés qu’à celle de 120.
- Absolument inexplosibles, ils ont fait leurs preuves lors de l’incendie du bazar de la Charité. Un de ces tubes, porté pendant l’incendie à une température supérieure à 1000°, attestée par les pièces de monnaie fondues et soudées ensemble que l’on retrouve au voisinage, s’est gonflé sous l’influence de l’énorme pression intérieure, laissant enfin échapper le gaz inoffensif qu’il contenait, par une légère déchirure qui se déclara vers sa base, sans projection de la plus légère partie de métal. La charge de ces tubes est contrôlée par des manomètres spéciaux dont la construction évite tout danger d’explosion.
- L’oxygène est comprimé dans les tubes, au moyen d’un compresseur compound, avec refroidissement du gaz à chaque cascade (fig. 3). On peut en extraire directement le gaz, sans avoir recours à un détendeur spécial, toujours coûteux et dont le fonctionnement n’est jamais parfait. MM. Dutremblay et Lugan ont imaginé à cet eflet un robinet à vis micrométrique qui est ajusté sur le tube et permet de laisser sortir l’oxygène sous une pression aussi faible que l’on veut. — Telle est, en quelques lignes, la description de cette installation qui, par le perfectionnement des appareils et l’importance des résultats obtenus, marquera une date dans l’histoire de la fabrication industrielle de l’oxygène. P. Yvon.
- ---O~^>-0-
- LA DERIVATION DES EAUX DU LOING
- Les besoins de la capitale vont toujours croissant : après la Vanne et la Dhuis, l’Avre ; après l’Avre, le Loing et le Lunain. C’est en septembre 1895 (pie l’avant-projet déposé sur le bureau du Conseil municipal apporta les éléments des premières études faites sur la dérivation du Loing et de son affluent le Lunain. Le projet fut approuvé par le Conseil en 1895, et enfin voté par le Parlement (21 juillet 1897).
- Les sources que la ville de Paris est autorisée à capter sont situées aux environs de Nemours; les principales sont les suivantes : sources de Saint-Thomas, et de Vil-lemer (groupe du Lunain) ; sources des Bignons et du Sel (groupe de Bourron); sources Chaintreauville, et de la Joie (groupe de Nemours). Le sous-sol de la région est crayeux; à Bourron, les sources se trouvent dans des tourbières, qui n’ont cependant aucune fâcheuse influence sur la composition même de l’eau, grâce au travail de filtration accompli par le gravier qui se trouve immédiatement au-dessous de la tourbe.
- Les eaux de ces diverses sources, convenablement drainées, seront amenées par des conduites, et grâce à leur pente naturelle jusqu’à l’usine de Sorques (altitude : 55 mètres) ; là des pompes élévatoires les amèneront au niveau de l’aqueduc de la Vanne dans cette région, c’est-à-dire à l’altitude de 90 mètres.
- Enfin de l’usine de Sorques, un aqueduc amènera l’eau jusqu’aux bassins de Montsouris. L’aqueduc du Loing, au départ de Sorques, se dirigera vers le nord-ouest, à la rencontre de l’aqueduc de la Vanne, qu’il rejoindra au sud de Fontainebleau. De là jusqu’à Paris, les deux aqueducs chemineront parallèlement, sauf à la traversée de la Bièvre, en amont d’Arcueil. Mais contrairement à l’aqueduc de la Vanne, qui est en majeure partie édifié au-dessus du sol, celui du Loing sera construit presque entièrement sous terre, et les cours d’eau seront franchis à l’aide de siphons, sous pression. Ce système de construction, reconnu préférable, au point de vue de la conservation de l’ouvrage, au système aérien, avait du reste déjà été presque uniquement employé pour la construction de l’aqueduc de l’Avre1.
- La longueur totale du nouvel aqueduc sera d’environ 75 kilomètres, et ses dimensions seront (elles qu’il pourra au besoin conduire les eaux de la Vanne concurremment avec celles du Loing et du Lunain. Sa construction durera environ deiix ans, et coûtera 25 millions.
- La dérivation du Loing ne profitera pas seulement à la ville de Paris : Nemours, approvisionné jusqu’ici en eau potable presque exclusivement par des puits, recevra de la nouvelle usine une certaine quantité d’eau ; et d’autre part, la ville de Paris est tenue de rendre, par une prise d’eau convenable, au canal du Loing une partie de ce qu’elle prendra à la rivière et qui sera l’équivalent de ce que les sources captées donnaient autrefois directement au canal.
- Le débit journalier moyen sera de 50 000 mètres cubes (Vanne : 100 000; Dhuis : 16 000; Avre : 83 000), de sorte que, par habitant, la consommation quotidienne moyenne, aujourd’hui de 90 litres environ, sera portée à 110. C’est encore bien peu, si l’on considère que d’une part la consommation d’eau par tête va en augmentant sans cesse (ce qui est loin d’être un mal, si l’on veut y voir une preuve des progrès de l’hygiène), et que d’autre
- 1 Nous devons une grande partie de ces détails techniques à la bienveillance de M. Bienvenu, ingénieur de la dérivation à l’Hôtel de Ville, qui a bien voulu nous les communiquer.
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- LA NATURE.
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- part, la population de Paris s’accroît aussi sans cesse.
- Il n’en est pas moins vrai que l’appoint fourni par la nouvelle dérivation sera d’un précieux secours au moment où s’ouvrira notre nouvelle Exposition, et en attendant sans doute que le ventre de Paris attire à lui d’autres sources encore, question dont on se préoccupe déjà au service des eaux de la Ville. J. IIerôme,
- licencié ès sciences.
- COULEURS ARTIFICIELLES SOLIDES
- On confond généralement toutes les couleurs artificielles sous le nom de couleurs d'aniline et on les charge de toute espèce de méfaits. D’abord on les accuse d’être toutes vénéneuses, tandis que la plupart sont inoffensives, surtout à la dose où on les emploie ; telle est la fameuse fuchsine, qui ne contient pas trace d’arsenic, quand elle est de bonne qualité; d’ailleurs on ne l’emploie pas pour colorer les vins, il est trop facile de la reconnaître : car elle teint à froid la soie blanche en un rose vif résistant au lavage, mais disparaissant à la lumière et au savon.
- Puis, les couleurs artificielles rendent, dit-on, les tissus plus combustibles : c’est absolument faux. Par des expériences comparatives, nous avons constaté que la laine teinte en couleurs d’aniline n’est pas plus combustible que la laine teinte avec d’autres matières.
- Enfin, et ce reproche est très souvent fondé, les couleurs artificielles sont fugaces. Quelques-unes même disparaissent après 2 heures d’exposition en plein soleil. Et, comme avec des mélanges convenables de couleurs très vives on fait des teintes marron, grenat, cannelle, olive, vert russe, etc., le public est fort étonné de voir un tissu grenat foncé, par exemple, devenir café au lait après quelques semaines d’exposition au soleil.
- Mais, pour être juste, remarquons d’abord que beaucoup d’anciennes couleurs, presque abandonnées maintenant, étaient parfaitement fugaces : rocou, curcuma, car-thame (qui donne de si jolis roses), bois de Brésil, etc.
- De plus, certaines couleurs artificielles sont tout à fait solides, indestructibles même : tel est le noir d'aniline sur coton et sur fil. Résistant à la lumière, au savonnage et même à la lessive, cette couleur représente une des plus belles conquêtes de la chimie moderne.
- Avant cette découverte, il était impossible d’obtenir en teinture ou en impression des noirs solides sur fil ou sur coton : actuellement rien n’est plus commun : exemple, les bas noirs adoptés par les dames, à l’exclusion des bas blancs.
- L’anthracène, matière retirée du brai sec (dernier résidu de la distillation des goudrons de gaz), a donné Valizarine et la purpurine, belles et solides matières colorantes contenues dans la garance; puis, l’orangé, le bleu, le noir d’alizarine, etc., toutes couleurs résistant très bien au soleil et au savonnage.
- Enfin, certaines couleurs artificielles sont très belles et parfaitement résistantes à l’action du plein soleil, mais ne tiennent pas au savon : ce qui permet de les employer pour une foule d’usages. Par exemple les écarlates ou ponceaux de xylidine, l'orangé II cristallisé, les jaunes de tartrazine et de quinoléine, qui résistent fort bien au soleil, fournissent de très belles teintures, plus durables que le tissu, mais à la condition de ne pas savonner.
- Depuis plusieurs années, la Marine française emploie les jaunes en question pour les laines destinées aux épaulettes de l’infanterie de marine. On les teignait d’abord à la gaude : matière qui résiste au savon, mais qui brunit peu à peu sous l’action de la lumière et pâlit ensuite de
- plus en plus. On comprend que pour des épaulettes la résistance absolue au soleil est la première condition qui s’impose. Si on veut nettoyer les épaulettes, le nettoyage à sec (au bain de benzine) peut se faire à très bon marché chez les industriels spéciaux.
- Les étamines jaunes et rouges pour les pavillons destinés aux signaux de la Marine sont teintes avec les couleurs indiquées plus haut. Après des essais prolongés pendant plus d’un an en Cochinchine, au Tonkin, etc., l’administration a modifié l’ancien cahier des charges et adopté les couleurs nouvelles.
- Jusqu’à présent, l’alcool des thermomètres, des niveaux, etc., était coloré avec de l’orseilleou de la cochenille. Ces couleurs passent assez vite et disparaissent même complètement, surtout pour les thermomètres : ce qui rend la lecture très difficile.
- D’après les indications de M. Guignet, directeur des teintures aux Gobelins et à Beauvais (qui a fait les recherches nécessaires pour les teintures de la Marine), M. Du-cretet, l’habile constructeur d’instruments de précision, a fait exécuter des thermomètres avec de l’alcool coloré avec le rouge solide B (Badiselie); il a constaté que ces instruments ne se décolorent pas, même en plein soleil et au bout de plusieurs semaines. Il suffit de 2 ou 3 grammes de rouge par litre d’alcool. La même coloration peut servir pour les niveaux à bulle d’air (remplis d’alcool).
- Enfin, pour les tubes manoinétriques et autres, on emploie l’eau colorée avec Yécarlate palatin (Badische) (2 grammes par litre). Le même produit pourrait servir pour colorer l’alcool : mais la teinte est un peu faible et trop jaune. C’est pourquoi l’on préfère le rouge solide B.
- La grande découverte de l’alizarine artificielle (et de ses dérivés) a ruiné la culture de la garance.
- Le même avenir est réservé à la culture des plantes à indigo (aux Indes, au Guatemala) ; car on fabrique maintenant de Vindigo artificiel, identique à l’indigo nature parfaitement purifié, et vendu au même prix, à richesse
- égale. J. Carré.
- ——
- LA SOLIDITÉ DES TIRE-FOND
- On appelle tire-fond les vis à bois employées pour fixer sur les traverses de chemins de fer les coussinets des rails à double champignon ou le patin des rails Vignole; elles ont une tète à base carrée, et on les introduit au moyen d’une clef dans un trou de tarière d’un diamètre légèrement inférieur à celui du corps de la pièce. On comprend quelle importance il y a à ce que ces tire-fond présentent une grande résistance à l’arrachement que leur font subir les vibrations des rails sous le passage des trains.
- Or, on vient de faire des expériences comparatives, que rapporte Y American Machinist, sur la résistance de ces vis spéciales. On plaçait, suivant l’usage, le tire-fond dans des pièces de bois d’essences diverses, en opérant sur des vis de diamètre différent et dans des trous de diamètre également variable ; on tirait la tète jusqu’à l’arrachement au moyen d’une machine à essayer d’Olsen. On est arrivé à cette conclusion assez nette qu’il n’y a pas d’avantage à employer des tarières trop petites, pratique qu’on suivait volontiers dans l’espoir que les vis tiendraient mieux en forçant dans leur trou : ainsi un tire-fond de 21 millimètres de diamètre extérieur, vissé dans un trou de 18 millimètres percé dans du sapin, cède à un effort de 2720 kilogrammes, et, dans un trou de 15 millimètres, il s’arrache sous une traction de 2670 kilogrammes. Le seul avantage consiste en ce que dans le second cas il
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- LA NATURE.
- est particulièrement difficile à visser. Avec un trou trop petit le bois est mâché, il ne se forme pas de filet net qui puisse maintenir la vis.
- D’autre part, un tire-fond du même diamètre extérieur vissé à fond, sur 125 millimètres de long, dans du sapin, a une résistance de 4070 kilogrammes, tandis qu’il en a une de 4500 kilogrammes dans du châtaignier: on a constaté de même, mais pour des tire-fond différents, que, toutes choses égales d’ailleurs, la résistance est de 3760 kilogrammes dans le pitchpin, au lieu de 5170 dans le sapin. Des divers chiffres que nous ne pouvons donner ici, il résulte que les vis minces sont proportionnellement très inférieures à celles de 21 millimètres dans des trous de 18 millimètres.
- QUELQUES MOTS SUR LE L0MRRIC
- Il est d’une sage prudence, en matière de science, de ne jamais conclure d’un fait à l’impossibilité du fait contraire.
- Certains problèmes admettent, effectivement, deux solutions absolument opposées, de telle manière qu'une vérité, indiscutable dans certaines conditions, devient l’erreur quand ces conditions se trouvent modifiées.
- On a quelque peu discuté, par exemple, la question de [savoir si le lombric peut, ou non, recevoir l’impression d’une source lumineuse, les observateurs ne s’accordant pas sur ce point. N’ayant aucune raison de suspecter la bonne foi, l’habileté et la science de ceux qui ont soutenu le pour ou défendu le contre, je crois devoir admettre a priori que les uns et les autres ont également raison, et que la divergence des résultats est uniquement imputable à une différence dans les circonstances qui ont entouré les recherches faites de part et d’autre.
- Néanmoins, comme chacun a le droit, à la condition d’ètre sincère, d’apporter son argument dans le déliât, je demande la permission de déclarer que les faits, chaque fois que j’ai tenté l’expérience, m’ont toujours paru appuyer cette opinion que le lombric est très peu sensible à la lumière. Il est vrai que je n’ai jamais employé que des foyers lumineux d’une faible intensité. Et on pourrait d’ailleurs m’opposer cette objection que le ver de terre fuit la lumière du soleil, qu’il en reçoit l’im-
- pression, puisqu’il sait faire la distinction entre le jour et la nuit.
- Mais laissons parler les faits. Les pêcheurs qui amorcent leurs lignes avec des vers, proie irrésistible pour l’anguille et que la truite elle-même, les jours de jeûne, ne dédaigne pas, savent tous que l’on peut se procurer en abondance cet appât les soirs d’orage, après la pluie. Les lombrics, ranimés par la fraîcheur, abandonnent alors leurs galeries souterraines, montent à la surface, et dès le crépuscule se mettent à ramper dans toutes les directions, leur extrémité postérieure restant toujours, cependant, à proximité de leur trou de sortie.
- C’est le moment que l’on choisit pour s’en emparer. En se munissant d’une lampe qui éclaire la besogne, et en usant de quelques précautions, on peut alors les prendre par centaines. J’ai pu constater que la lumière ne les met nullement en tuité,
- et la lampe posée sur le sol ne m’a jamais paru capable d’interrompre leurs nocturnes exercices.
- En revanche, il est absolument indispensable d’observer le plus rigoureux silence, d’éviter le moindre ébranlement du sol, le moindre frôlement des herbes ; la secousse très légère imprimée aux couches superficielles en arrachant un ver de son trou suffit à mettre en fuite, avec un ensemble et une précipitation remarquables, tous ses voisins, qui transmettent ensuite la panique de proche en proche. Cette sensibilité tactile des vers est d’ailleurs mise à profit pour s’en procurer par les temps secs, quand ils sont descendus à une certaine profondeur ; il suffit d’introduire une bêche dans la terre, et de lui imprimer un brusque mouvement de va-et-vient, pour que les vers, épouvantés, s’échappent par la surface.
- En résumé, le lombric semble mieux percevoir les ondes sonores que les effluves lumineux; s’il n’est pas cependant insensible à la lumière, peut-être ne la craint-il qu’autant que le foyer est assez intense pour ajouter une sensation calorique à une sensation lumineuse. Le débat reste ouvert, attendant l’argument décisif qui le tranchera ; et je ne saurais demander aux juges que d’enregistrer ma déposition. A. Acloque.
- Promenade crépusculaire des Lombrics.
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- LA NATURE.
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- LE SELF-ALLUMEUR
- POUR BECS DE GAZ
- Nous avons déjà fait connaître précédemment1 le principe du self-allumeur pour becs de gaz, c’est-à-dire de l’appareil qui permet d’allumer automatiquement un bec de gaz sans être obligé d’approcher une allumette et d’enflammer le gaz à sa sortie. Ce self-allumeur est surtout précieux pour les becs Auer qui nécessitent un bon allumage ; mais il peut rendre aussi de grands services pour éviter le déplacement de tous côtés de corps enflammés pour les becs ordinaires; le premier appareil dont nous avons déjà parlé a exigé de nouvelles expériences et de nouvelles modifications avant d'entrer dans la pratique courante. Il fonctionne aujourd’hui dans les meilleures conditions et nous pouvons en présenter le modèle délinilifà nos lecteurs.
- La figure ci-contre nous montre les principales dispositions.
- On voit dans le n° 1 l’ensemble des diverses parties de l’appareil, et dans le n° 2 le détail des principales pièces. Le n° 5 nous fait voir le self-allumeur monté sur un bec Auer. L’appareil comprend en principe un raccord qui se fixe sur la conduite de gaz et qui renferme la soupape de distribution E (n° 2). Le gaz arrive suivant la flèche F, et, selon la position de la soupape E, passe à la partie supérieure ou dans la conduite latérale. Celte dernière est reliée à un tuyau vertical dans lequel se déplace une tige C, maintenue par un fil métallique B. Ce fil est fixé à son tour sur un petit support A. La tige métallique C, à son extrémité inférieure, commande une tige horizontale D qui est reliée à la soupape E dont nous parlions plus haut. Ajoutons que le tuyau vertical aboutit sur le côté à un petit veilleur, à la sortie duquel se trouvent des fils métalliques et une pastille G d’une substance spéciale (platine, palladium divisés), qui rougit au contact du gaz sous pression, porte les fils de pla-
- 1 Voy. n° 1210 du 8 août 1898, p 149.
- Self-allumeur pour becs de gaz.
- fine voisins à l’incandescence et enflamme le gaz.
- Le fonctionnement de l'appareil est dès lors très facile à comprendre. On ouvre le robinet d’un bec de gaz. Le gaz arrive en F, passe dans la conduite latérale, vient au veilleur, frappe la pastille G, qui rougit, porte à l’incandescence les fils de platine et, après deux ou trois secondes, enflamme le gaz du veilleur. Celui-ci produit une certaine chaleur qui agit sur le fil B et le fait dilater; le fil joue donc ici le rôle d’un pyromètre. La tige C fait alors déplacer la tige horizontale 1) qui entraîne avec elle la soupape. Celle-ci, après 5 ou 6 secondes environ, repose sur sa base inférieure, l’entrée du gaz à la partie supérieure est libre, et le gaz est bientôt enflammé au contact de la flamme du veilleur. On remarquera
- qu’en même temps le gaz ne pénètre plus dans la conduite latérale ; le petit veil-leur ne tarde donc pas à s’éteindre.
- Le fonctionnement de l’appareil se fait dans les meilleures conditions.
- Les avantages du self-allumeur sont nombreux ; son emploi diminue notablement les détériorations de manchons incandescents au moment de l’allumage, et assure de ce côté une notable économie. Enfin, ajoutons que pour
- allumer un bec de gaz il suffit de tourner un robinet; la manœuvre ne saurait être rendue plus simple. De plus le gaz s’enflammant à sa sortie, l’échappement dans les salles devient plus difficile ; il en résulte donc certainement des chances de suppression d’explosion. En résumé, le self-allumeur constitue pour l’industrie de l’éclairage un nouveau progrès qu’il importe d’enregistrer. J. Laffargue.
- CHRONIQUE
- l,es météorites divinisées. — En relisant une conférence faite par le l)r Hubert A. Newton, à Newhaven, nous y avons trouvé, entre autres considérations remarquablement exposées, l’histoire assez curieuse d'une météorite qui doit appartenir actuellement au Musée de Munich. Elle tomba, en 1853, dans le nord du royaume de Zanzibar, sur la côte d’Afrique, et fut ramenée par des
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- LA NATURE.
- enfants gardant des troupeaux : toute la tribu sur le territoire de laquelle elle était tombée se ras>embla en cérémonie, enduisit d’huile la pierre venue du ciel, l’orna d’étoffes, de perles, en fit une vraie divinité à laquelle elle éleva un temple, et qu’elle se mit à considérer comme un palladium. C’est en vain que les missionnaires européens firent les offres les plus alléchantes pour s’en rendre acquéreurs. Mais trois ans plus tard les Massai envahirent le territoire de la tribu en question, qui fut massacrée en bonne partie, et les survivants s’empressèrent de ne plus croire à la puissance de leur divinité céleste et l’échangèrent contre argent comptant.
- La brume. — La brume proviendrait de l’énorme combustion de charbon qui se fait dans les villes industrielles. En vingt ans, de 1872 à 1892, les brouillards de Londres se sont élevés de 98 à 155 jours dans l’année. L’air des cités est rendu impur par l’oxyde de carbone répandu dans l’air par les combustions énormes de houille : sept millions et demi de tonnes à Paris. L’usage de l’électricité diminuera ces causes d’insalubrité.
- Explosion de 150000 tonnes de rocher. —
- On prépare en ce moment l’alimentation d’eau de San Francisco, et dans ce but il faut barrer par une digue une gorge située à quelque 70 kilomètres de la ville. On avait résolu de faire tomber d’un seul coup, en travers de a rivière à capter, un pan énorme de la montagne surplombante : on a donc, pendant deux mois, foré des tunnels dans la roche, à des hauteurs variées, et l’on y a accumulé de grandes quantités de poudre noire, qui brûle lentement; à la surface du sol, en différents points du flanc de la montagne, on déposait des charges de poudre brisante qui devaient agir en même temps pour réduire en éclats les pans de roche détachés. Quand les explosions simultanées se produisirent, consommant plus de 4500 kilogrammes de poudre, une masse, qui pesait peut-être 150 000 tonnes, fut lancée en l’air et en avant et alla retomber une quarantaine de mètres plus bas, juste à l’endroit voulu. Elle barre le cours d’eau et forme le massif du barrage à maçonner par-dessus.
- Comment on prend la lièvre typhoïde ! — Les
- récents travaux bactériologiques ont montré que la transmission de la fièvre typhoïde se faisait par l’eau : on prend cette maladie en buvant une eau impure, pas ou mal filtrée. MM. Guinon et Netter montrent que la fièvre typhoïde peut encore se prendre par contact avec des typhiques. Dans les hôpitaux, les voisins de lit, les infirmiers et infirmières, prennent souvent ainsi la fièvre typhoïde. On a cité des cas indiscutables où le contagionné déjà atteint d’une autre maladie restait au lit et ne prenait que des tisanes ou du lait stérilisé, force est donc ici d’incriminer, avec M. Netter, le manque de propreté : les mains qui ont touché un typhique doivent être soigneusement lavées si on veut éviter la contagion.
- Papier photographique illustré.— Lorsqu’on a tiré une épreuve positive sur un papier sensible quelconque on peut toujours l’enjoliver en y peignant une guirlande de fleurs ou un sujet plus ou moins fantaisiste, mais pour cela il faut être tant soit peu artiste, ce qui n’est pas donné à tout le monde. M. Dupuy pour mettre cette décoration à la portée de tous a préparé des pochettes de papier sensible en faisant faire d’avance sur chaque feuille des peintures qui résistent aux bains de fixage et de lavage. Sur les formats carte-album et carte de visite, qui sont les plus employés pour le portrait on a disposé des guirlandes de fleurs d’un très joli effet, ou des sujets
- fantaisistes où une place est réservée pour le buste ou même seulement la tète; c’est le cas notamment des \ignettes représentant les soldats des différentes armes. A ceux-là nous pouvons prédire le succès chez les photographes de nos villes de garnison, car Pitou et Dumanet éprouveront certainement le désir de se faire tirer en grande tenue. Le procédé employé pour arriver à faire ces papiers industriellement consiste, autant que nous avons pu nous en rendre compte, à tirer en chromolithographie le sujet colorié, puis à sensibiliser ensuite le papier par-dessus l’image ainsi obtenue. On a soin, pendant le tirage du cliché photographique, de protéger la partie peinte de façon qu’elle s’harmonise le mieux possible avec l’image donnée par le chlorure d’argent ; c’est une question de goût de la part de l’opérateur.
- Les abonnés au téléphone du monde entier,
- — On compte actuellement environ 1 400 000 abonnés au téléphone ainsi répartis : Allemagne 140 000, Angleterre 75 000, Angolo (province d’) 200, Australie 2000, Autriche 20 000, Bavière 15 000, Belgique 11 000, Bulgarie 500, Cap de Bonne-Espérance 000, Cochinchine 200, Cuba 2500, Danemark 15 000, Espagne 12 000, États-Unis 900 000, Finlande 6000, France 55 000, Hollande 12 000, Hongrie 10 000, Italie 14000, Japon* 5500, Luxembourg 2000, Norwège 10 000, Portugal 2000, Roumanie 400, Russie 18 000, Sénégal 100, Suisse 50 000, Tunis 500, Wurtemberg 7000.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance annuelle publique du ÎO janv. 1898
- CONCOURS DE l’aSNÉE 1S9 7 Présidence de M. Chatin.
- M. Cliatin, président pour l’année 1897, expose dans un beau discours ses idées sur le rôle de la variété et de la localisation des organes, au point de vue de la gradation des espèces végétales. Il rend un dernier hommage aux trois membres que l’Académie a perdus au cours de sa présidence : MM. d’Abbadie, desCloizeaux et Schützenberger.
- La liste des prix décernés pour l’année 1897 est ensuite proclamée dans l’ordre suivant :
- Prix Francœur : M. G. Robin. — Prix Poncelet : M. R. Liouville. — Prix extraordinaire de 0000 francs : un prix de 5 500 francs est décerné à MM. Gossot et Liouville, un prix de 1500 francs à M. Chéron, un prix de 1000 francs à M. Decante.
- Astronomie. — Prix Lalande : M. Perrine. — Prix Damoiseau : M. Hermann Struve. — Prix Yalz : M. Louis Fabry.
- Mécanique. — Prix Montyon : le prix est partagé entre MM.Bourguin, Pavie et Pigache. — Prix Plumey : des encouragements sont attribués à MM. Brillé et J.-B. Girard. — Prix Fourneyron : le prix est renvoyé à l’année prochaine.
- Physique. — Prix L. La Caze : M. Ph. Lenard.
- Statistique. — Prix Montyon : le prix est partagé entre MM. Gustave Bienaymé et les Drs Vincent et Burot; urie mention très honorable est attribuée à M. le Dr Lepage; rappel de mention honorable à M. le Dr Baudran. — Prix Jecker : M. Haller.
- Chimie. — Prix La Caze : M. Paul Sabatier.
- Sciences physiques. — Grand prix : M. Joseph Vallot.
- — Prix Bordin : M. G. Pruvot. — Prix Delesse : M. (Ehlert.
- — Prix Desmazières : M. Jacob Eriksson. — Prix Montagne : M. Bourquelot. — Prix Thore : le prix est partagé entre MM. Louis Bordas et Sappin-Trouffy. — Prix Savigny :
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- non décerné cette année. — Prix de Gaina Machado : une mention honorable est attribuée à Mme la comtesse de Linden.
- Médecine et chirurgie. — Prix Montyon : un prix est décerné à MM. Gaucher et Zambaco; un autre prix est partagé entre MM. Rémy et Contremoulins, MM. Marie et Ribaut; des mentions sont attribuées à MM. Fabre-Domergue et à MM. Bosc et Vedel; une troisième mention est attribuée à M. Lupique. — Prix Barbier : M. de Roche-brune; une mention est attribuée à M. Lucet. — Prix Bréant : MM. Burot et Legrand; une récompense est attribuée à M. Émile Legrain. — Prix Godard : MM. Beaurti-gard et Boulart. — Prix Parkin : M. Augustus Waller. — Prix Bellion : MM. Peron et Auguste Pettit. — Prix Mège : M. le Dr Tissié. — Prix Lallemand : le prix est partagé entre MM. Henri Meunier et Gustave Durante; des mentions honorables sont attribuées à MM. Voisin, Onuf, Collins et Mercier. — Prix du baron Larrey : M. le l)r Auffret.
- Physiologie expérimentale. — Prix Montyon : M. Del-zenne; une mention est attribuée à M. Gourlin. —Prix Philipeaux : MM. Courtade et Guyon. — Prix Gav : M. Charles Flahault.
- Physiologie. — Prix La Caze : M. Rôntgen. — Prix Pourat : M. Kaufmann. — Prix Martin-Damourette : M. Guinard.
- Arts insalubres. — Prix Montyon : non décerné cette année,. Une mention de 1000 francs est attribuée à M. Masure; une mention de 500 francs à M. le Dr Arnaud; une mention de 500 francs à feu le Dr Magitot. — Prix Cuvier : M. le professeur Marsh, — Prix Trémont : M. Fréinont. — Prix Gegner : M. Paul Serret.
- Sciences mathématiques. — Prix Petit d’Ormoy : le prix est décerné à feu Tisserand, pour l’ensemble de ses travaux.
- Sciences naturelles. —Prix Petit d’Ormoy : M. Gosselet. — Prix Tchiatcheff : M. Obrutschew. — Prix Gaston Planté : M. André Blondel. — Prix Cahours : le prix est partagé entre MM. Lebeau, Hébert, Tassilly, Thomas. — Prix Saintour : M. G. André. — Prix Laplace : M. Crus-sard. — Prix Rivot : MM. Crussard, Gourguechon, Bertrand, Bruneau.
- M. J. Bertrand lit ensuite l’éloge d’Augustin-Louis Cauchv. Il rappelle l’hostilité que rencontra Cauchy lors de son entrée dans cette académie dont il devait être une des gloires.
- « Le nom de Cauchy grandissait toujours. On ne pouvait plus sans scandale, après l’élection d’Ampère, lui préférer aucun concurrent. On n’attendit pas l’occasion. Une ordonnance de 1816, étendant aux Académies le système odieux des épurations, remplaça dans la section de mécanique les noms illustres et respectés de Monge et de Carnot, par ceux de Cauchy et de Breguet.
- « .Cauchy qui ne s’y attendait nullement, n’hésita pas à braver l’opinion. Élevé au-dessus de tout intérêt personnel, il n’avait pas à juger; sujet docile, il obéissait au vouloir du Roy, comme aurait fait son arrière-grand-père, si Louis XIV avait daigné le choisir pour remplacer l’hérétique Huygens. Sévèrement jugé par les libéraux, insulté par ceux qui se piquaient de l’être, Cauchy trouvait peu de défenseurs; il vit plus d’un ami, indulgent par nature, se détourner par faiblesse, et lui refuser le titre de confrère.
- « L’illustre savant s’exilait en 1850 et bientôt après rejoignait la famille royale avec le titre de précepteur. H ne rentrait en France qu’en 1858 et se tenait à l’écart pour ne pas avoir à prononcer le serment de fidélité au
- nouveau régime. Il ne rentrait dans l’enseignement que sous l’empire, et sans prêter serment : L’empereur Napoléon III par un acte de noble et souveraine initiative personnelle avait donné, en effet, l’ordre de dispenser de cette obligation le. savant mathématicien. »
- M. Brouardel lit ensuite un mémoire sur les logements insalubres. 11 faudrait pouvoir reproduire entièrement cette intéressante et utile étude; mais nous devons nous borner à n’en donner que quelques passages alors qu’il faudrait tout citer. Tout d’abord mentionnons le tableau suivant de l’Ilôtel-Dieu au siècle dernier :
- « Il y avait deux sortes de lits : les grands et les petits. Les premiers étaient les plus nombreux, chacun d’eux était occupé par plusieurs malades, quatre et parfois six, tellement serrés les uns contre les autres qu’ils n’avaient pas la possibilité de se mouvoir dans le petit espace qui leur était réservé.
- « Quand l’affluence des malades était trop grande on couvrait le lit d’une sorte de soupente dans laquelle on entassait cinq ou six nouveaux malheureux.
- « Ces horreurs datent d’un siècle ! Je ne crois pas que dans la Divine Comédie la puissante imagination du Dante ait jamais invoqué de supplice aussi horrible que celui que la pitié, ainsi mise en pratique, infligeait à ces malheureux. »
- Relevons encore cette démonstration victorieuse de la nécessité d’isoler dans les pavillons spéciaux les sujets atteints de maladies susceptibles de transmission.
- (( Fin 1856, le professeur Tarnier était interne à la Maternité de Paris ; la mort enlevait une femme sur dix-se|»t accouchées. Mù par un sentiment de profonde pitié pour ses malades, guidé par une sagacité exceptionnelle, une persévérance qui n’a connu aucune défaillance, Tar-nicr parvint à établir que le germe de la fièvre puerpérale se transmet d’une femme malade à ses voisines; il lui fallut dix ans pour faire pénétrer sa conviction dans l’esprit de ses confrères, il lui fallut dix autres années pour obtenir la construction d’un pavillon dans lequel les accouchées fussent absolument isolées entre elles. On perdait une femme sur dix-sept, il n’en succomba plus qu’une sur cent.
- « Qu’avait fait Tarnier? H avait appliqué le principe que l’Académie avait formulé il y a un siècle; il avait isolé les malades dangereux les uns pour les autres.
- « Depuis lors votre Compagnie a entendu exposer devant elle les immortelles découvertes de Pasteur. Fille sait que, dans des conditions déterminées, les méthodes antiseptiques préservent les malades de tout contage.
- « Ce serait une erreur de croire qu’elles suffisent dans' toutes les circonstances. Dans un grand nombre de cas, le principe de l’isolement peut encore seul être appliqué ! L’expérience faite dans les hôpitaux nous a montré sa valeur, les découvertes de Pasteur nous ont appris qu’il n’y a pas de maladie contagieuse naissant par génération spontanée. ))
- M. Brouardel indique ensuite le mécanisme de la propagation des maladies contagieuses dans les logements insuffisants. Il pousse un cri d’alarme devant les ravages croissants de la phtisie qui, après avoir enlevé les parents, enlève les enfants par la méningite, la tuberculose osseuse ou intestinale. Chaque année, en France, la tuberculose tue 150 000 habitants! Aucune épidémie n’a jamais exercé un pareil ravage. Heureusement, M. Brouardel nous donne le ferme espoir que cet état de chose navrant peut être beaucoup amélioré.
- Ch. de Villedeuil.
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- LANATURE.
- PHOTOGRAPHIE ET RADIOGRAPHIE
- DES PIERRES PRECIEUSES
- Dès le début de la Radiographie, on a constaté que les pierres précieuses se comportaient, vis-à-vis des rayons Rontgen, tout à fait différemment que les pierres fausses. Les pierres précieuses sont presque transparentes pour les rayons X, et les pierres fausses ne laissent pas, au contraire, passer facilement ces mêmes rayons. Divers expérimentateurs
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- Fig. 1. — Pierres précieuses photographiées.
- et Ilalske, donnant 0m,20 d’étincelle et placé à une distance de 0m,38.
- La figure 1 donne les résultats de la photographie et la figure 2 les résultats de la radiographie, mais l’image est renversée. On voit en a, a des perles fines et en a', a' des perles imitation. On remarque que les pierres précieuses ou naturelles arrêtent peu les rayons X; il n’en est pas de même avec les pierres imitées, de quelque nature qu’elles soient. En b, b se trouvent des brillants, et en b, b' des similis; les différences que nous venons d’indiquer sont encore plus marquées que précédemment.
- Nous trouvons ensuite successivement en c, c' un rubis naturel et un rubis imitation, en tl un grenat,
- ont déjà appelé l’attention sur ces particularités.
- Un de nos abonnés, M. Louis Stoecklin, chimiste-expert à Mulhouse, nous a envoyé dernièrement quelques résultats comparatifs d’expériences photographiques et radiographiques qu’il a eu l’occasion de faire à son tour sur des pierres précieuses. Celles-ci ont été disposées sur un gâteau de cire comme le représente la figure 1, puis ont été photographiées dans un rayon de soleil oblique, et soumises ensuite à la radiographie. La pose a été d’une minute avec un tube à vide réglable de MM. Siemens
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- Fig. 2. — Pierres précieuses radiographiées.
- en e, e’ un saphir naturel et un saphir imitation. Les turquoises naturelles f et f laissent passer les rayons X; la turquoise imitation ne laisse rien traverser. L’émeraude naturelle g donne une légère trace à peine visible ; l’émeraude imitation g' arrête tous les rayons. L’opale h ne donne aucune tache et la pierre de lune J ne montre qu’une indication faible. Ces expériences sont intéressantes et concluantes ; la radiographie offre donc un moyen certain de distinguer les pierres fausses des pierres précieuses. L. Dubar.
- Le Gerant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 128G. — 22 JANVIER 1898.
- LA NATURE.
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- LE FÂLÜN DE TOURAINE
- Loin des vallées de la Loire et de l’Indre, très pauvre d’aspect, la contrée comprenant le plateau de Sainte-Maure et s’étendant jusqu’aux rives de la Creuse, présente un intérêt sérieux pour ceux qui aiment l’àpre étude du sol.
- Quand on va du Louroux «à Rossée, de Ligueil à
- Fig. 1. — Yoluta Miocenica (Gastéropode siphonostome).
- (D'après des photographies
- En-1712, un intendant de Touraine, Bernard de Chauvelin, encourageait l’usage d’épandre les débris des coquilles calcareuscs.
- Quelques années plus tard, Réaumur venait lui-
- Fig. o. — Xénophora Beshayesi (Gastéropode siphonostome).
- (D’après des photographies
- tant le château des Places, près Chinon, se figurait que les coquilles se reproduisaient par intus-sus-ception.
- 11 y a quelques années à peine, on a essayé de dresser la carte marine de la Touraine, alors que cette partie de la France était presque entièrement submergée.
- Se basant sur le séjour des coquilles d’eau douce dans les faluns, des écrivains en conclurent qu’un lac, à l’époque tertiaire, pendant la période mio-2Ga année. — 1er semestre.
- Ferrière, les coupes des terrains où fuit la route se montrent blanches ou jaunâtres. Et si l’on marche pendant quelques heures, à travers champs, il n’est pas rare de rencontrer près d’une ferme ou d’un village, ce que l’on nomme une falunière.
- Avant la vulgarisation des engrais chimiques, ces sortes de sablières étaient exploitées avec soin. Le lalun, jadis, s’employait pour amender les terres.
- Fig. 2. — Murex Turonemis (Gastéropode siphonostome). de M. Georges Subert.)
- même visiter Manthelan et reconnaissait « que les bancs de falun sont l'ouvrage de la mer ».
- Pu reste, de nombreuses suppositions suivirent celles de Réaumur. En 177G, la Sauvagère, habi-
- Fig. i. — Yoluta AU de la (Gastéropode siphonostome). de M. Georges Subert.)
- cène, devait exister en Touraine et que des rivières s’y jetaient.
- Avec ces hypothèses, une légende s’attache au sable coquiller.
- Entre le Louroux et Paulmy, les vieux du pays la content encore. La voici dans toute sa naïveté.
- « Noé ne s’est pas seul sauvé du déluge avec sa famille. Quand les eaux furent très grandes, un homme géant monta sur l’arche et y demeura pendant quarante jours et nuits. Le quarante et unième
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- LA NATURE
- matin, il descendit de l’arche et comme il avait encore à ses pieds de la poussière d’avant le déluge, il la répandit en touchant terre. Dans cette poussière se trouvaient le falun et ses coquilles. »
- Sans s’arrêter aux suppositions et à la légende, des savants se sont occupés, à leur tour, des faluns tourangeaux.
- En 1829, Desnoyers classa les sables de Touraine, et, en 1831, Lyell qualifia de miocène la période où furent formés les faluns. Deshayes commença la classification des fossiles des sablières de Touraine. Ce fut Dujardin qui, en 1837, publia un premier mémoire « sur les couches du sol en Touraine ».
- Cinquante ans après, en 1888, MM. Dolfus et Dautzemberg, dans la Feuille des Jeunes Naturalistes, firent paraître un catalogue de tous les fossiles des faluns tourangeaux alors connus.
- Ce dernier travail avec celui de Dujardin (bien que Deshayes et Lamark aient décrit certains mollusques se rencontrant en Touraine) peuvent seuls aider à l’étude de notre falun.
- Et cependant, chaque année, de nouvelles espèces se découvrent; aussi, pour déterminer les fossiles de notre région, doit-on assez souvent les comparer avec ceux d’Italie et d’Autriche, et en chercher la description dans Brocchi, Michelotti, Bellardi et Hoernes.
- M. Mayer-Eymar, professeur à l’Ecole polytechnique de Zurich, est l’un des naturalistes qui ont le plus étudié le miocène des différents pays d’Europe.
- Actuellement, au lycée de Tours, MM. les professeurs Peyrot et Ivolas s’occupent de la faune falu-nière.
- Jusqu’ici, les collectionneurs et les savants ont fouillé un peu partout sans spécialiser leurs recherches. Aussi, tout en ayant à étudier de très belles collections (Ecole des Mines, Institut catholique de Paris), on ne peut rencontrer la série complète des fossiles des faluns tourangeaux.
- Afin d’avoir une collection complète des différenles espèces gisant dans les sables de Touraine, il faudrait s’astreindre à étudier particulièrement chaque sablière.
- Dans un dépôt, à peu de distance d’un autre, très souvent, on trouve dans un premier gisement, des espèces très différentes de celles du second.
- Ainsi, à Ferrière, c’est en vain qu’on pourrait chercher le mollusque Xenophora Deshayesi, recueilli plusieurs fois à Pauvrelay, près Paulmy, à 6 kilomètres de Ligueil.
- Pauvrelay est une des premières falunières qui furent exploitées dès le milieu du dix-huitième siècle. Le sable en est fin, jaune aux premières couches, blanc à quelques mètres du sol.
- Des troncs et des branches d’arbres pétrifiés s’y rencontrent de-ci de-là ainsi que des cupules d’un gland ressemblant à celui du chêne.
- D’énormes vertèbres, des molaires de mastodonte, des dents de squales et des canines supérieures
- paraissant etre celles du carnassier le Machœrodus, gisent dans le falun de Pauvrelay.
- Avec des polypiers, on y trouve un certain nombre de mollusques. M. Dépéret, professeur à l'Université de Lyon et M. Caullery, maître de conférences à cette même Université, ont bien voulu déterminer ces fossiles. Cette sablière, à elle seule, contient environ cent espèces de mollusques dont voici de très rares spécimens : Voluta athleta; Voluta miocenica; Xenophora Deshayesi; Cardita Oironi.
- Il faut souhaiter que chaque falunière comme Pauvrelay soit étudiée particulièrement. Il serait peut-être alors facile de réunir toutes les espèces des différentes sablières (un millier de mollusques) en une collection unique, au musée de Tours par exemple. Jacques Rougé.
- ENRICHISSEMENT PAR L’ACÉTYLÈNE
- DU CAZ DE HOUILLES PAUVRES
- M. Th. Vautier a fait récemment une série de recherches intéressantes qui ont eu pour hut, en prenant un gaz provenant de houilles qui donnent du gaz à un titre inférieur à 105 litres par carcel-heure, de déterminer les proportions d’acétylène nécessaires pour le ramener au titre normal.
- Les essais ont porté sur des houilles de Bessèges et de Lens qui ont été distillées. Le gaz produit était envoyé dans un gazomètre de 300 mètres cubes; il était amené ensuite par une conduite à un compteur d’expériences, puis à l’appareil d’enrichissement où il se mélangeait à l’acétylène. 11 se rendait enfin dans un gazomètre d’e-sais de 2 mètres cubes, qui alimentait les différents becs en expérience. L’acétvlène était produit dans un appareil Lequeux, puis envoyé dans un gazomètre de 000 litres, et, de là, il passait dans un compteur d’expériences et, enfin, dans le mélangeur.
- La pression dans le gazomètre contenant le gaz pauvre était de 60 à 70 millimètres d'eau et dans le récipient à acétylène de 70 à 80 millimètres d’eau. Le carbure de calcium employé a donné 300 litres de gaz par kilogramme. Acheté en grandes quantités, il pourrait être obtenu au prix de 400 francs la tonne. Sans insister sur tous les détails, nous ferons connaître les résultats définitifs auxquels a été amené M. Th. Vautier.
- Les expériences prouvent que, pour ramener au titre de 105 les deux gaz pauvres étudiés, il faut ajouter à 100 mètres cubes de l’un et de l’autre, pour le gaz de Lens, 3,092 mètres cubes d’acétylène correspondant à 10kB,302 de carbure dont le prix est de 4fr,12, et pour le gaz de Bessèges 1,930 mètre cube d’acétylène correspondant à 6kSÎ,453 de carbure dont le prix est de 2(r,85. Ces prix dépassent les dépenses actuelles faites pour l’enrichissement du gaz par la carburation. En effet, prenons le charbon de Bessèges; son prix de revient à la mine est de 14fr,50. En comptant son transport sur wagon à l’usine, le prix du charbon est de 17,r,15 la tonne. Pour avoir 100 mètres cubes d’un gaz brûlant à raison de 105 litres par carcel-heure, il faut un mélange de 98,1 mètres cubes de gaz pauvre et de 1,9 mètre cube d’acétylène. Le charbon de Bessèges donne 25,5 mètres cubes de gaz par 100 kilogrammes.
- Pour produire un volume de 98,1 mètres cubes de gaz pauvre, la dépense sera de 388 kilogrammes de charbon.
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- l)c même pour dégager 1,!> mètre cube d’aeétylène, il faudra (P6,53 de carbure de calcium à 400 francs la tonne. Donc, pour produire 100 mètres .cubes de gaz donnant 105 litres par carcel-heure, la dépense sera de 9fr,18, soit de ü'r,0918 par mètre cube. Si au lieu de prendre un gaz pauvre fourni par un charbon à bon marché et de l’enrichir par le gaz acétylène, on se contente de prendre le gaz fourni par un charbon riche anglais à 25fr,7ô la tonne par exemple et donnant par 100 kilogrammes près de 30 mètres cubes de gaz à 105 litres par carcel-heure, on trouve que le prix de 100 mètres cubes de gaz est de 8fr,58, soit de 0fl’,0858 par mètre cube.
- 11 y a donc encore intérêt à employer des charbons de bonne qualité, bien qu’ils soient à un prix de beaucoup plus élevé. Dans les conditions actuelles de production du carbure de calcium, l’emploi de l’acétylène comme carburateur est onéreux. J. Laitaügie.
- LA PRODUCTION DU MIEL EN TUNISIE
- Sous ce titre, le Bulletin de la Direction de l'agriculture et du commerce de la Régence de Tunis reproduit une Note de M. Th. Blow, qui contient des renseignements intéressants sur la question de l’apiculture en Tunisie :
- Pendant les mois d’août et de septembre, dit M. Th. Blow, j’ai étudié avec beaucoup d’attention la question de l’Apiculture dans la Régence. Autant que j’ai pu m’en assurer, certaines régions y sont, à mon avis, absolument sans égales dans aucune partie du monde au point de vue des ressources qu’elles offrent pour la production du miel. Ces districts sont les collines sur lesquelles croissent d’immenses quantités de romarin (rosmarinus officinalis), de bruyère (erica multiflora) et de beaucoup d’autres plantes mellifères. Il en existe, j’imagine, des millions d’hectares et, dans la plus grande partie, le miel est absolument perdu, faute d’abeilles pour le récolter. Le miel peut non seulement y être obtenu en grande quantité, mais la qualité en est aussi remarquable; en fait, il ne peut y avoir de miel plus fin que celui que donnent en hiver et au printemps la bruyère et le romarin. Le climat est favorable à l’apiculture, car les abeilles peuvent travailler pendant une bonne partie du temps où ces plantes sont en Heur (l’hiver comme nous l’entendons en Europe n’existant pas). La bruyère et le romarin commencent à fleurir en novembre et décembre, pour continuer jusqu’en mars et avril, et pendant ces mois l’apiculteur peut compter sur une abondante récolte. Plus tard, apparaissent le calicolome villosa, le llujmus numulicus et d’autres espèces de thymus, quelques espèces de cislus et beaucoup d’autres plantes mellifères; de sorte qu’en réalité il y a une bonne récolte de novembre à mai, ce qui est une période de très longue durée, surtout si l’on considère la grande abondance des plantes mellifères pendant tout ce temps. 11 est à remarquer que chaque kilogramme de miel récolté est autant de gagné au point de vue de la richesse nationale d’une contrée, car celui qui n’est pas recueilli par les abeilles est absolument perdu. Les producteurs de fruits et ceux qui possèdent des vergers d’amandiers ne doivent pas oublier non plus que leurs récoltes seront considérablement augmentées s’ils ont beaucoup d’abeilles pour assurer complètement la fécondation des fleurs. Les abeilles de Tunisie sont très rustiques, laborieuses, en un mot, tout ce que l’on peut désirer de mieux pour le pays et je recommande fortement qu’on ne tente pas l’introduction d’abeilles étrangères; en outre, les tunisiennes n’étant pas, autant que
- j’ai pu m’en assurer, sujettes à la maladie appelée loque (qui a causé et cause encore tant de ravages parmi les abeilles d’Europe), je conseille qu’il soit pris les mesures les plus rigoureuses pour prohiber absolument l’importation d’abeilles d’autres pays, car il y aurait un très grand risque que la maladie fût introduite, puisqu’elle est répandue partout en Europe. Le choix de l’emplacement d’un rucher demande un certain discernement; le seul inconvénient de quelque importance que présente la contrée, c’est qu’elle est exposée à des vents violents et fréquents; on devra donc choisir des endroits abrités le plus possible de ces vents. L’ombre est également très désirable pour les ruches, en raison de la grande chaleur qui règne en été. La meilleure manière d’obtenir cette ombre, est d’élever de la vigne sur des tonnelles, sous lesquelles, si elles sont suffisamment larges, on pourra abriter convenablement deux rangées de ruches.
- Je suis d’avis qu’on ne doit récolter que du miel extrait (le miel en rayon est plus difficile à manipuler; on en obtient beaucoup moins et, dans une contrée comme la Tunisie, où il y a peu de chemins de fer, il serait beaucoup plus sujet à éprouver des avaries dans le transport sur routes) et j’estime que dans un rucher bien dirigé on peut obtenir une moyenne de 25 à 50 kilogrammes par ruche en saison ordinaire.
- Le miel se vendra facilement à un bon prix à peu près partout, grâce à ce qu’il est de belle qualité tant comme goût que comme couleur. Si l’on prend pour base un rendement de 25 kilogrammes seulement par ruche, calculés au prix modique de 1 franc par kilogramme, les profits d’un rucher de 1000 ruches seraient très considérables ; 1000 ruches, avec les abeilles et tout l’outillage au complet, coûtant environ 25 000 francs, cela donne 1000 x 25 = 25 000 kilogrammes à 1 franc = 25000 francs, moins 35 pour 100 pour la direction et 15 pour 100 pour l’intérêt, l’amortissement, etc., = 12 500 francs, soit un rendement de 50 pour 100 par an. Ou bien, si l’on adopte pour ce rucher, comme cela se fait beaucoup dans quelques pays, le système du métayage, qui donne généralement d’excellents résultats, le rendement net, après déduction d’environ 5750 francs pour intérêts et amortissement, serait de 8750 francs, soit entre 50 et 40 pour 100 par an. L. Dcisar.
- MARBRE NOIR ARTIFICIEL
- Une maison de Catane, MM. Tortorici et Grasso, commence à exploiter industriellement un procédé imaginé par un ingénieur du pays pour fabriquer une substance qui ressemble absolument au marbre noir.
- Pour l’obtenir, on découpe des blocs de grès suivant la forme désirée, puis on les place dans un grand bassin en fer sur un gril métallique solide qui les soutient à plusieurs centimètres au-dessus du fond du récipient. Par un tuyau en fer, on envoie dans le bassin, d’une chaudière voisine, un mélange en fusion, fait par parties égales (croyons-nous) d’asphalte volcanique et de brai de goudron de houille. 11 faut que le grès soit complètement noyé dans la masse, qu’on maintient bouillante pendant trente-six heures; on peut alors en sortir les blocs, qu’on met à refroidir et à sécher sur une aire en briques, et qu’on polit ensuite comme du marbre. Ce produit est aseptique, résiste aux acides et aux agents atmosphériques, P. de M.
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- LA DISSÉMINATION DES RAYONS X
- M. Rœntgen a constaté, dès le principe, que les rayons X sont disséminés dans les corps qu'ils traversent, comme l’est la lumière dans les milieux troubles. C’est plus récemment que l’on s’est rendu compte de l’importance de cette dissémination et des perturbations qu’elle apporte dans certaines opérations radiographiques1.
- Lorsque l’on interpose un corps très opaque, comme une grosse montre, entre un tube de Crookes très puissant et très pénétrant et une plaque photographique, les rayons X énergiquement disséminés dans l’espace qu’ils traversent derrière la plaque, impressionnent celle-ci par le dos, au travers du verre qui porte la couche sensible. Cette impression uniforme, ce voile, augmente régulièrement avec la durée de la pose. 11 en résulte qu’une pose relativement courte donnera du mécanisme de la montre une silhouette faible, mais peu voilée. La valeur du cliché augmentera d’abord avec le temps de pose, mais à partir d’une certaine limite, l’impression grandissant vite sous ce double rayonnement, le cliché' deviendra de plus en plus gris, jusqu’à perdre tous les détails de la silhouette.
- 11 est évident que l’on évitera le voile de retour (ou de dos) en disposant, au dos de la préparation sensible, un écran assez opaque. Une feuille de plomb d’un demi-millimètre d'épaisseur suffira d’ordinaire ; on pourra augmenter celte épaisseur dans des cas exceptionnels.
- Cette précaution est inutile lorsque l’on emploie des tubes peu pénétrants, car le verre du dos de ê j la plaque suffit alors pour arrè- ( _ J ter les rayons de retour.
- Pour la radiographie des objets très opaques exigeant des poses très longues devant des tubes très pénétrants, il sera bon d’employer comme préparation sensible des pellicules libres à double gélatine comme l’on en trouve dans le commerce, de les étendre sur des feuilles de plomb
- 1 Buguet, Académie des sciences, 2 novembre 1896; 16 et 23 août et 8 novembre 1897. — Rœntgen, L’Éclairage élec-Irigue, 17 juillet 1897.
- Fig. 1. — Radiographie avec écran dorsal et écrans latéraux d’un fusil Lebel.
- Fig.2. —•Montre radiographiée avec écrans dorsal et latéral.
- de même format et d’envelopper le tout dans le papier noir destiné à arrêter la lumière ordinaire.
- Le rôle de Y écran de dos est clairement mis en évidence par une radiographie que j’ai obtenue d’une grosse montre exposée deux minutes à 12 centimètres d’un tube très pénétrant, lorsque la moitié seulement du dos était protégée contre les rayons de retour par un écran métallique. La partie protégée a donné une silhouette très détaillée de tout le mécanisme intérieur, tandis qu’un voile épais cache presque tout dans l’autre moitié (fig. 4).
- C’est là l’explication de nombreux insuccès qu’ont rencontrés les ra-diographes les mieux outillés dans l’exploration de milieux très opaques du corps humain et des objets métalliques.
- A l’aide de l’écran de dos, j’ai pu obtenir tous les détails de structure des cartouches. Les cartouches de chasse, par exemple, laissent
- voir non seulement la disposition des charges, des bourres et la nature de la poudre mais encore, au travers de la douille métallique, la forme de la capsule et la position de la broche (fig. 5).
- Un pistolet en cuivre et un revolver, qui ne donnaient que voile par es méthodes anciennes, ont montré les balles en place lorsque j’ai employé l’écran de dos (fig. 5).
- Celui-ci m’a permis encore d’obtenir, en Fig. 4. — Radiographie avec écran plusieurs clichés, la radiographie d’un fusil Lebel, par des poses relativement courtes, puisqu elles n’ont été, à 20 centimètres, que de 10 minutes pour la platine et 1 minute pour les autres parties. On y voit nettement, au travers des deux joues d’acier, l’auget basculant et la cartouche qu’il contient prête à passer dans le tonnerre. On voit les 8 cartouches du magasin di-
- Fig. o. — Montre radiographiée avec écran dorsal mais sans écran laléra les bords sont voilés.
- dorsal sous la moitié supérieure d’une montre.
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- versement orientées et refoulant le ressort à boudin dont les cléments sont en contact. On distingue enfin que ces cartouches sont celles qui sont mises à la disposition des sociétés de tir, car on reconnaît que la poudre en est grenue et non rubanée comme celle de M. Vieille qui charge les cartouches de guerre (fig. 1).
- Mais il n’y a pas que le voile de dos à éviter.
- Les objets dont certaines parties sont éloignées de la plaque sensible pendant la radiographie laissent passer là les rayons X disséminés par l’air qui est au-dessus de la plaque. Des montres, à bords relevés, radiographiées sur écran de dos, ont donné des silhouettes dont les bords sont voilés par les rayons obliques (fig. 5). J’ai obtenu des mômes objets des radiographies complètes jusqu’au bord, en disposant tout autour un petit écran de plomb cylindrique (fig. 2).
- Les occasions d’ailleurs sont nombreuses où les écrans latéraux ne seront pas moins utiles que Y écran dorsal. Tels sont les méfaits des rayons X disséminés par les milieux ambiant s ; on voit comment on pourra souvent les éviter, mais arrivera-1-on à parer à la dissémination plus fâcheuse encore qui se
- produit au sein meme des objets soumis à la radiographie ?
- Il va de soi que la dissémination est aussi gênante en radioscopie qu’en radiographie et que Ton appliquera à l’écran fluoroscopique des moyens de protection dérivant des mêmes principes, mais dans des formes différentes ; c’est ainsi que Ton fera bien de placer sur le platino-cyanure de baryum une épaisse plaque d’un verre riche en plomb et de protéger les joues des chambres radioscopiques par des feuilles de métal.
- Mais cette dissémination des rayons X n’a pas que des méfaits à son compte. On peut aussi en tirer parti pour résoudre certains problèmes qui ne sont pas à la portée de la radiographie ordinaire.
- Actionnez un tube de Crookes dont le focus rayonne vers le haut. Placez au-dessous, à 10 ou 15 centimètres, une lame de plomb complètement opaque (de 5 millimètres par exemple). Disposez sur cette lame une plaque photographique enveloppée, dont la gélatine regarde vers le haut. Placez sur cette plaque un objet métallique et posez quelques minutes.
- J’ai obtenu dans ces conditions les silhouettes d’une broche en cuivre et d’une découpure en fer radiographiées par les rayons X de retour.
- Ce procédé, pour donner des clichés inférieurs à ceux de la méthode directe n’en trouvera pas moins des applications pratiques. S’agit-il, par exemple, de connaître la structure de la serrure d'un coffre-fort en bois qu’on ne peut ouvrir et qui est fixé à un mur, la radiographie ordinaire est impuissante. La radiographie par
- retour don- ~ i nera une silhouette utilisable si les parties intéressantes sont assez opaques par rapport à leurs voisines.
- Tels sont les horizons nouveaux que l’étude, quelque peu aride, de la marche des rayons X a ouverts à leurs applications.
- Les choses n’en resteront pas là, car le sujet passionne encore comme au premier jour; tandis que la chirurgie et la médecine ont grande hâte d’obtenir satisfaction à toutes leurs questions, l’industrie de [son coté attend avec impatience la solution de problèmes qui ont pour elle un puissant intérêt. Abel Bugüet,
- Professeur à l’F.cole des sciences et à l’École de médecine . de Ilouen.
- Fig. 5. — Radiographie obtenue avec écran dorsal et écrans latéraux. —1. Pistolet à canon de cuivre montrant la balle sphérique. — 2. Revolver montrant son mécanisme et deux balles. — 3. Cartouche du revolver. — 4. Cartouche de chasse à percussion centrale.
- Fig. 0. — Radiographie avec écran de dos d’un fusil américain à magasin.
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- LE GUI
- Depuis des semaiues les petiles voilures de marchands ambulants promènent à travers les rues de Paris des quan tités énormes de gui. Qui veut du gui ? Et le gui s’est mieux vendu que la violette aux environs de la Noël et de la Saint-Sylvestre. Mais c’est surtout en Angleterre que le gui est en honneur. Non seulement, on apporte le gui par charretées à Paris, mais on l’expédie par wagons à Londres. Et ces quantités énormes de gui sont presque exclusivement fournies par la Normandie et la Bretagne. On évalue à plus de 100 000 kilogrammes le stock, annuellement expédié par le seul port de Granville. C’est Saint-Malo qui tient le record. On charge à Saint-Malo pour l’Angleterre la cargaison d’une flottille ; 500 000 kilogrammes de gui !
- Joli gui ! gui légendaire. Et cependant il faut ajouter gui assassin ! On l’a déjà dit, il faudra donc le redire toujours. La vente assurée du gui chaque année aux jours froids provoque la culture sur grande échelle de la plante parasite. Si on ne la prenait que sur le chêne, le peuplier et quelques autres arbres des bois, on pourrait fermer les yeux ; mais c’est qu’on en facilite le développement, qu’on en hâte la culture sur les bons et vieux pommiers de France. Il existe des arrêtés préfectoraux qui ordonnent la destruction du gui. Les cultivateurs n’en tiennent pas compte. Le gui se vend bien et constitue un article d’exportation.
- Et pourtant le gui tue les arbres des vergers, diminue les récoltes et les supprime tout à fait à la longue. On perd bêtement, pour un gain aléatoire et passager, des arbres de valeur qui donnent pendant plus d’un demi-siècle !
- C’est Power, une autorité en pomologie, qui a si bien dit : « Quoique bien des personnes se refusent à le croire, le gui fait un tort considérable aux pommiers. Dès qu’une toulfe de gui commence à se développer sur une branche, la végétation redescend, elle n’est plus aussi vigoureuse, et, lorsqu’un arbre est atteint par plusieurs touffes, il cesse presque complètement de produire et finit très souvent par mourir, au bout d’un petit nombre d’années. » La vie du parasite est continue; il absorbe des sucs même pendant l’hiver. Puis, quand il s’installe sur un arbre, sa propagation est rapide sur les autres. Les graines de gui sont enfermées dans de petites baies assez semblables à des groseilles blanches ; elles ne sont pas facilement transportées par le vent. Mais les oiseaux, les merles surtout et les grives, se nourrissent de ces baies et vont porter les semences sur d’autres arbres; en frottant leur bec sur les branches, ils insèrent les germes dans les creux, et, quand vient le printemps, la petite plante pousse et croît rapidement dès la seconde année. Elle fructifie à partir de la troisième ou quatrième année.
- Rien de si facile que de débarrasser les arbres fruitiers du gui. Mais il faut que la destruction soit méthodique et faite avec ensemble dans les différentes cultures ; sinon une destruction isolée restera sans effet. Les germes passeront, grâce aux oiseaux, des vergers à gui aux vergers indemnes. Pour détruire ce gui, il suffit de le couper pendant l’hiver, en faisant même le sacrifice de la branche qui le porte, s il le faut absolument. On coupe le pied du parasite et on cicatrise la plaie au goudron; en répétant le traitement pendant deux ou. trois ans, La plante finit par périr. Quelques départements ont rendu la destruction du gui obligatoire ; mais les gardes champêtres sont impuissants et les municipalités ont autre chose à faire, à
- notre époque, que de s’occuper du gui. Si bien que le gui pousse toujours.
- Rien joli gui ! distraction des yeux, parure de nos salons, ne serait-il pas vraiment utile de te laisser dans la vieille forêt? Et ne serait-il pas nécessaire, dans l’intérêt des cultivateurs et de la production nationale, d’en défendre rigoureusement et le colportage et l’exportation? il. de P.
- LA PLOMBAGINE COMME LUBRIFIANT
- On a jadis ici-même indiqué, pour graisser un gond de porte qui tourne mal, le procédé fort original qui consiste à frotter ledit gond avec la pointe d’un crayon ordinaire : en somme on se contente ainsi d’enduire les parties frottantes d’une certaine quantité de mine de plomb, autrement dit de plombagine (mélangée d’argile d’ailleurs). Le fait est que la plombagine est un excellent lubrifiant, tout-puissant contre les échauffements. Mais il en faut user avec discrétion, car celle qu’on trouve couramment contient une substance essentiellement nuisible aux surfaces métalliques : elle est en effet généralement associée avec du quartz, et on comprend quels dégâts le quartz, même en poudre, peut causer sur des coussinets, sur un arbre de transmission ou dans un cylindre de machine.
- 11 n’existe que fort peu de mines qui contiennent la plombagine, ou, si l’on préfère, le graphite à l’état pur: on peut citer cependant celle de Keswick. Mais depui:, un certain temps déjà on l’emploie sous une autre forme qui se rencontre à l’état naturel, tout au moins à Cevlan et à Ticonderoga, aux États-Unis : c’est le gz’aphite en lamelles, et on nous a signalé, sans que ce soit évidemment la seule fabrique du genre, la Compagnie Dixort comme produisant une grande quantité de cette plombagine spéciale. Les lamelles sont réduites aux dimensions voulues et débarrassées de toute trace siliceuse; quand elles sont répandues sur des surfaces frottantes, elles y forment un revêtement protecteur à la façon d’une feuille de dorure, faisant disparaître toutes les plus petites dénivellations qu’ont pu laisser les outils dans le métal.
- Cependant le graphite en lamelles est à peu près inconnu en France, et il est d’autant plus intéressant de signaler les expériences concluantes qui ont été faites par le professeur R. IL Thurston à l’Institut Stevens de technologie. II a comparé la meilleure qualité d’huile de baleine et de graisse lubrifiante avec du graphite de cette sorte, dilué dans une quantité suffisante d’eau pour le distribuer aux surfaces frottantes, et, d’autre part, avec de la graisse additionnée de 15 pour 100 de graphite. Dans une première expérience, 120 milligrammes de graphite en suspension dans l’eau entretinrent les frottements en bon état presque trois fois plus longtemps que l’huile de baleine; dans le second essai, la graisse graphitée comme nous l’avons dit (555 milligrammes) a entretenu les frottements 295 minutes, alors que la durée correspondante n’a été que de 51 minutes pour les deux autres sortes de lubrifiants. De son côté le professeur Kingsbury a trouvé que du graphite et de l’huile minérale lourde mêlés en parties égales donnent un coefficient de frottement de 0,07, tandis que l’huile minérale seule donne 0,14. Ajoutons que déjà, à bord de quelques steamers des grands lacs américains, on envoie dans les cylindres du graphite dilué d’eau, au lieu d’employer de l’huile qui revient parfois dans les chaudières. R.
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- UNE TILLE DE CHEMINS DE FER
- Les chemins de fer ont complètement transformé les pays qu’ils traversent, créant de nouveaux centres commerciaux, faisant parfois presque disparaître les anciens; ils ont même été jusqu’à entraîner la fondation de toutes pièces de villes qui ne doivent leur vie de chaque jour qu’aux besoins de l’exploitation des voies ferrées.
- On a cité souvent dans cet ordre d’idées la fameuse Pullmann-City ; mais on connaît moins l’histoire de la ville anglaise de Crewe, histoire que rappelait récemment notre confrère Oeslerreichische Eisenbahn-Zeitung. Cette colonie actuelle de chemins de fer ne comprenait vers 1840 que quelques fermes: aujourd’hui elle compte au moins 50 000 habitants, population composée à peu près exclusivement d’employés du chemin du fer London and JSorth Western, de leurs familles et de commerçants qui pourvoient à leurs besoins.
- En 1805 Crewe est devenu l’atelier principal et presque exclusif de la compagnie dont nous venons de citer le nom, et l’on peut dire que c’est le plus grand atelier de chemins de fer du monde entier : depuis sa fondation jusqu’en 1888 on y avait construit 5051 locomotives; annuellement on y répare 2000 machines. D’ailleurs, d’une façon générale, on y fait les travaux les plus divers, et dès 1864 la compagnie y avait installé, pour son propre usage, une grande aciérie Bessemer. On y lamine des rails, on fabrique des signaux, des grues, des machines de toute espèce, on construit des ponts métalliques ; on y confectionne des conduites d’eau ou de gaz, des briques. La compagnie n’achète que des matières premières, à l’exception des tuyaux et tôles de cuivre. Rien que pour les voitures à voyageurs on emploie 2000 ouvriers, et 1600 pour les wagons à marchandises.
- En somme les ateliers occupent une étendue de 64 hectares, dont 12 sont couverts; comme détail qui indique que tout y est compris au mieux, nous dirons que l’on fabrique même du savon à Crewe, avec les matières de graissage récupérées, ce qui procure à la Compagnie une économie relativement énorme.
- Le London and North Western Railway a fait bâtir un grand nombre de maisons d’habitation pour son personnel, auquel il les loue à un prix minime; il y a aussi d’autres logements mis gratuitement à la disposition des agents qui sont simplement de passage (car Crewe est une importante bifurcation) et qui doivent se reposer une nuit en dehors de chez eux avant de reprendre leur service.
- De plus, la compagnie a fait don à la ville d’un parc public qui n’a pas moins de 16 hectares de superficie, et fait construire des écoles d’instruction élémentaire, en même temps que des établissements d’enseignement technique : ceux-ci créeront comme une pépinière pour le recrutement d’employés parmi les enfants des agents en exercice.
- A ces établissements est annexé une sorte de club, avec bibliothèque, salles de jeux, ouvert à tous. On n’a pas oublié non plus un hôpital, des bains, etc.
- Enfin, de leur côté, les employés vivant à Crewe ont fondé des sociétés diverses, des caisses d’assurances, des institutions de mutualité qui leur facilitent la vie et les unissent comme dans une grande famille. D. B.
- LA. MANUFACTURE DES G0BELINS
- A l’exposition 1»E 1900
- Les ouvrages des Gobelins sont nécessairement d’une exécution très lente : tout est fait à la main, et une tapisserie des Gobelins est à un tissu façonné à la Jacquart ce qu’une peinture d’art est à un chromo ou à un papier peint. On ne demande pas à l’artiste tapissier de produire beaucoup, mais de donner à son travail toute la perfection possible, eu égard au modèle qu’il doit interpréter.
- En vue de l’Exposition de 1900, on a mis sur les métiers un certain nombre de tapisseries et de tapis, dont les modèles ont été demandés aux meilleurs artistes de notre temps. Comme il ne faut pas moins de trois ans pour terminer ces œuvres, à l’ouverture de l’Exposition on choisira celles qui paraîtront les plus dignes de la vieille réputation de la Manufacture.
- Nous citerons quelques-unes de ces œuvres déjà fort avancées, en rappelant que la Manufacture est visible (sans cartes d’entrée) le mercredi et le samedi, de 1 heure à 3 heures. Celle que représente notre gravure, c’est Apollon et Daphné, de M. Meignan. Comme les artistes des siècles précédents, cet artiste de première valeur a voulu traiter un sujet mythologique et il a fort bien réussi dans ce genre qu’on a bien tort de conside'rer comme démodé; car la mythologie grecque sera toujours la source vive des plus belles inspirations artistiques, malgré l’abus qu’on en fait pour les travaux d’élèves.
- Autre sujet mythologique : la Sirène et le poète, de M. G. Moreau, qu’on a pu admirera l’un des derniers Salons. Ce modèle est d’un effet original et vraiment saisissant. L’artiste a représenté le fond de la mer avec ses productions réelles, qui semblent absolument fantastiques, comme forme et comme couleur. La sirène paraît bien douée de ce charme alanguissant et irrésistible, si bien décrit par le vieil Homère. De plus, comme pour le modèle précédent, la coloration est vigoureuse et les tons sont harmonieusement choisis : ce qui est l’idéal des modèles de tapisseries.
- Des reproductions d’anciens modèles de Boucher sont aussi très remarquables (Aminte et Silvie, etc.). Dans le genre mystique, M. J.-P. Laurens a donné la Mission de Jeanne d'Arc.
- Dans un genre tout différent citons encore le charmant tableau de M. Claude, si frais de couleur et si ingénieusement composé : Le mariage civil en 1792, destiné à la salle des mariages de la mairie de Bordeaux.
- Enfui, nous reproduisons en gravure un dessin de meuble (genre Louis XY), œuvre d’un très habile artiste de la Manufacture, M. Maloisel, sous-chef de l’atelier des tapisseries, Comme la plupart des artistes de la maison, M. Maloisel s’est foripé aux excellents cours de dessin de la Manufacture : cours gratuits, non seulement pour les,enfants de
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- la maison, mais pour tous ceux qui en font la de- I sel s’est formé à la Manufacture, non seulement mande. Fils d’un artiste des Gobelins, M. Maloi- | comme artiste tapissier, mais comme peintre d’un
- Fig. 1 — Grand lapis (7“ X modèle do M. I.ihert. — Atelier dit de la Savonnerie, dirigé par M. Jacquolin.
- réel talent. Ce n’est pas d’ailleurs un fait isolé. M. Guiffrey, administrateur, a eu l’excellente idée de faire exposer , dans Fan-ci enne chapelle des Gobelins, toute une série d’aquarelles, de peintures à l’huile, etc., fort remarquables, exécutées par les artistes de la maison, depuis son origine jusqu’à nos jours.
- Dans l'atelier de la Savonnerie, réuni aux Gobelins depuis 1828, on travaille à deux grands tapis veloutés d’après des modèles de M. Li-bert. La figure 1 représente le motif d’ornementation d’un de ces tapis : mais elle ne peut donner une idée de l’harmonie et de la richesse de couleurs de cette belle œuvre.
- Fig. 2. — Tapisserie pour siège modèle de M. Maloisel. — Atelier de
- On sait généralement que la tapisserie des Gobelins est un véritable tissu, genre reps, dont la
- chaîne est couverte par un double passage de la trame. Il n’y a donc pas de point des Gobelins, bien que les dames parlent souvent de ce point.
- Il en est de même de la tapisserie de Beauvais (manufacture nationale), dont l’aspect est absolument le même que celui des Gobelins ; le métier seul est de forme différente. Celui de Beauvais est dit de basse lisse et celui des Gobelins de haute lisse : tout simplement parce que, dans le premier, la chaîne est horizontale et que les lisses sont placées en dessous; tandis que, dans le second, la chaîne
- de fauteuil (genre Louis XV), nautc lisse dirigé par M. Munier.
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- est verticale et les lisses sont au-dessus de la tête de l’artiste. Qu’est-ce qu’une lissel Une simple ficelle portant une boucle dans laquelle passe librement chaque fd de chaîne. Pour tirer sur les fils de chaîne, le tapissièr de basse lisse se sert de pédales agissant sur les lisses, tandis que le tapissier de haute lisse se sert des mains pour manœuvrer les lisses.
- La plupart des romanciers croient que les tapisseries de haute lisse sont supérieures à toutes les autres ; ils craindraient de donner une idée médiocre de la richesse d’un salon, en disant qu’il est orné de lapisseries de basse lisse.
- Les tapis de la Savonnerie (ainsi nommés d’une ancienne usine de Chaillot, où cette fabrication de grand luxe a été longtemps installée) ressemblent à de la moquette à très longue laine, exécutée à la main, avec des soins tout particuliers.
- C’est un travail encore plus coûteux que celui de la tapisserie, mais dont les résultats sont d’une richesse et d’une beauté incomparables.
- Ch.-Er. Guigxet,
- Directeur des teintures aux Manufactures nationales des Gobelins «t de Iieauvais.
- LE TIR DES CANONS DE MARINE
- Quelque puissance que possèdent les énormes canons de marine actuels, il ne faut pas croire qu’ils soient aussi redoutables qu’ils en ont l'air : pour diverses raisons, notamment par suite du défaut de stabilité des grands cuirassés, ils manquent le plus souvent le but. Dans des tirs exécutés à bord du cuirassé anglais Sanspareil, tirs cités par le (( Naval and Military Record », sur 7 coups tirés par les pièces de 110 tonnes, pas un n’atteignit le but; il en fut de même pour 6 coups lancés du Benbow, la proportion des touchés n’étant que de fi sur 31 pour ses pièces de 67 tonnes. A bord du Thunderer et du Sans-pareil, les canons de 254 ne placèrent que 2 projectiles sur 33; enfin, sur un ensemble de 174 coups des canons de 103, c’est à peine si le but fut frappé 10 fois.
- CHR0N0GRAPHE A LUMIÈRE POLARISÉE
- ii
- Dans le numéro précédent1, nous avons résumé la description de l’ingénieux chronographe à lumière polarisée de MM. Crehore et Squier ; nous complétons aujourd’hui les renseignements ainsi fournis sur cet appareil en décrivant les dispositions mécaniques ayant pour but de découvrir et d’obturer la plaque photographique aux instants convenables et avec toute la rapidité nécessaire pour enregistrer sans recouvrement les rétablissements et interruptions de courant, et mesurer la durée des intervalles qui les séparent.
- Devant la plaque sensible se trouve placé un écran circulaire fixe formé d’un anneau de fonte sur lequel est fixée une teuille mince de laiton. Cette feuille, dont la disposition est représentée figure 2, est percée de deux ouvertures^ très petites, celle de droite est variable et sert au pas-
- 1 Voy. n° 1285, du 15 janvier 1898, p. 97.
- sage des rayons polarisés; elle se compose d’une rainure dont l’un des bords J est fixe, et l’autre J' est mobile autour du centre C. Celle de gauche sert à l’admission des rayons venant du diapason, elle est constituée par un trou circulaire K percé dans le petit coulisseau N pouvant se déplacer dans la glissière Q pratiquée sur un volet U, qui se meut lui-même le long des glissières XX.
- Par les mouvements combinés du volet U et du coulisseau N, on peut mettre l’ouverture K en regard de la fente pratiquée dans la branche du diapason, et à une distance variable du centre de la plaque.
- Un écran mobile, représenté figure 1, démasque et recouvre ces ouvertures au commencement et à la fin de l’expérience; cet écran est constitué par un cadre métallique percé d’une ouverture rectangulaire dont on peut faire varier à volonté la hauteur au moyen des vis de réglage m. Le cadre abandonné à lui-même au commencement de l’expérience, tombe en coulissant entre les deux montants verticaux GG. Dans sa position initiale en haut, il reste maintenu au contact de la partie supérieure de l’anneau D par un enclenchement électro-magnétique ; les deux ouvertures sont alors masquées par la partie inférieure du cadre, mais en tombant il démasque pendant une partie de son parcours les deux ouvertures; il les recouvre au contraire quand il est arrivé au contact de la partie inférieure de l’anneau. L’écran mobile est disposé de façon à effectuer la partie utile de sa chute dans un temps inférieur à celui qui est nécessaire pour que la plaque fasse un tour complet, on évite ainsi tout recouvrement des empreintes obtenues. Le disque mobile portant la plaque sensible présente sur son pourtour un rebord qui vient s’engager dans une rainure pratiquée à l’arrière de l’écran circulaire D, ce qui a pour effet d’intercepter le passage de la lumière entre les bords des deux disques.
- On a pu apprécier, d’après la description que nous avons donnée dans le numéro précédent, toute la précision que le chronographe à lumière polarisée de MM. Crehore et Squier permet de réaliser; rappelons en outre que cet appareil si ingénieux permet de plus de multiplier presque indéfiniment les observations recueillies dans une même expérience, à la condition de rapprocher convenablement les écrans disposés sur la trajectoire du projectile.
- Les inventeurs sont même parvenus, à l’aide d’un dispositif spécial, à déterminer au moyen de ce chronographe la vitesse des projectiles dans l’intérieur de l’àme du canon. Dans ces expériences le projectile est prolongé par une tige légère de bois représentée figure 5, celle-ci est vissée dans la fusée et présente une longueur suffisante pour dépasser la bouche du canon lorsqu’il est chargé. Cette tige porte de place en place des hagues métalliques reliées entre elles par un fil conducteur logé dans une rainure longitudinale et recouvert par une couche de cire, elle est tournée avec le plus grand soin de façon à être très exactement cylindrique ; le fil conducteur se raccorde avec le métal du projectile par les filets de la fusée.
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- Un anneau de laiton frottant d’une façon continue sur la tige est disposé à la bouche du canon, comme l’indique la figure 4; cet anneau est supporté par des ailettes en acier C logées dans les rainures d’une frette en bois A; des brides permettent de lixer solidement cette frette sur la volée de la pièce.
- La tige de bois est en communication avec le projectile et la pièce par l’intermédiaire du fil intérieur dont elle est munie ; de même un autre fil rattache l’appareil enregistreur à l’anneau de la volée, le courant se trouve donc interrompu quand l’anneau est en contact avec la partie en bois de la tige et il est rétabli a chaque passage des bagues métalliques dans l’anneau.
- L’interruption du courant se traduisant par l’extinction du rayon polarisé est enregistrée par la plaque sensible du photochronographe, et on peut déduire de la position de ces empreintes le temps que met le projectile à parcourir un espace égal à l’écartement de deux bagues consécutives.
- Ce dispositif a donné des résultats satisfaisants, mais sans qu’on ait pu toutefois obtenir des inscriptions s’étendant sur toute la longueur de la tige, car il est arrivé en effet que celle-ci s’est rompue presque vers le milieu de sa longueur dans la plupart des tirs effectués, de sorte que la marche du projectile n’a pu être étudiée d’une façon complète que sur une partie seulement du parcours dans l’intérieur de l’âme, soit sur une longueur de 0m,800 seulement, lorsque la longueur totale atteignait lm,844.
- Dans certaines expériences on a pu réussir à obtenir sept inscriptions sur un parcours de 72 centimètres, ce qui correspondait à une durée de 5/1000 de seconde, et abaisser ainsi à 5/10 000 les intervalles compris entre deux inscriptions successives.
- Nous reproduisons dans le diagramme de la figure 6, les résultats de cinq expériences portant
- les numéros 5 à 9. Les temps exprimés en 1000Ûes de secondes sont inscrits en abscisses, et les parcours exprimés en centimètres sont portés en ordonnées.
- La figure 7 représente les résultats obtenus dans le tir n° 9, en rapprochant les points réellement observés qui sont désignés par une petite croix de la courbe parabolique n° 1 qui donne l’espace en fonction du temps : s = 213000 (t -f- 0,000 575)'2. Elle montre que les écartements résultants entre les
- points réellement observés et le tracé de la courbe sont presque insignifiants, et peuvent être négligés sans inconvénient, ce qui permet d’exprimer le mouvement du projectile par une loi relativement simple. On voit immédiatement que la courbe des vitesses en fonction du temps, courbe n° II, se réduit dès lors à une simple droite :
- V = 48 600 t -f- 27 945,
- et, par suite, l’accélération du mouvement est constante. La courbe 111, donnant la vitesse en fonction de l’espace parcouru, est également une parabole :
- V* = 972 s.
- Ces expériences montrent bien que, dans la partie du parcours étudiée, le mouvement du projectile peut être considéré comme étant uniformément accéléré, et sollicité par conséquent par une pression constante ; mais il est évident que cette conclusion ne serait plus exacte si on voulait l’étendre aux extrémités du parcours et surtout au départ, dans le cas de l’emploi de poudres explosives; celles-ci produisent brusquement en effet une pression considérable qui va ensuite rapidement en s’atténuant; toutefois avec des poudres lentes l’écart serait moins sensible. On voit du reste sur la figure que la courbe parabolique donnant l’espace en fonction du temps prend son origine à la gauche du point O, qui correspond à la mise en marche du projectile ; il y a donc là une inexactitude évidente, montrant bien que la loi parabolique ne peut pas s’appliquer
- Fig. 1 et 2. — Fig. 1. Disposition de F écran mobile d'obturation ménagé devant la plaque photographique. — Fig. 2. Disposition des ouvertures ménagées dans l’écran lixe pour la réception des rayons lumineux sur la plaque photographique.
- 515
- £510
- 4S
- £
- 500
- -i F — — — —
- t:
- =tf= sV \v
- = F
- —
- 20
- 5 10 15
- Distance de la bouche de la pièce en mètres.
- Fig. 5. — Diagramme des vitesses du projectile à la sortie du canon, montrant l'accroissement de ces vitesses dans les premiers instants de la sortie.
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- dans cette région, et il faut introduire une courbe différente pour effectuer le raccordement avec le point de départ ; on voit sur la figure les tracés pointillés que les auteurs proposent à cet effet pour les trois courbes considérées.
- Nous avons mentionné d’autre part, dans l’article précédent, en résumant les résultats des mesures de vitesse effectuées dans le parcours du projectile à l’air libre, ce fait si curieux montrant que, contrairement à l’opinion généralement admise, cette vitesse continue à augmenter dans les premiers instants qui suivent la sortie du pro-ectile en dehors de la pièce.
- Ce fait se trouvait déjà indiqué sur la figure reproduite dans notre précédent article, il est accusé également par la courbe faisant l'objet de la figure 5. On y remarque immédiatement cette augmentation continue. de la vitesse qui, partant de la valeur de 500 mètres à la bouche du canon, arrive à 515 mètres à une distance de 2m,10, pour diminuer ensuite graduellement de façon
- à repasser par la valeur de 502 mètres à une distance de 22 mètres environ de la bouche.
- Ce résultat, paradoxal en apparence, s’explique facilement si on admet que durant ce parcours le projectile subit encore l’impulsion des gaz provenant de la combustion de la poudre comme si le canon était prolongé par une gaine invisible, et l’action ainsi provoquée surpasse alors la résistance de l’air.
- Jusqu’à une distance de 22 mètres de la bouche la vitesse du projectile reste donc supérieure à sa valeur initiale.
- En dehors de ces applications à la balistique, ce photochrono-graphe peut ctre utilisé en général pour la mesure des phénomènes de grande rapidité; les inventeurs l’ont employé en particulier pour l’étude des courants électriques alternatifs dont les changements de sens sont si fréquents. La grande précision de cet appareil et la simplicité de son emploi en font un instrument de mesure très pratique appelé à rendre
- 1. —Installation sur la bouche du canon de l'anneau formant contact fixe, qui est destiné à relier le canon au circuit électrique.
- Fig. 5. — Vue de la tige en bois qui est. vissée dans la fusée d’un projectile pour servir à déterminer sa vitesse dans le parcours de l ame du canon.
- En cartouche, vue de l'extrémité vissée dans la fusée.
- Fig. 6. — Diagramme résumant les résultats de mesures de vitesses observées dans cinq expériences portant les n”‘ 5 à 9.
- Fig. 7. — Comparaison entre les résultats obtenus dans l'expérience n" 9 et les courbes théoriques.
- Les points effectivement observés sont désignés par une petite croix.
- de très grands services pour la détermination des lois de nombreux phénomènes encore obscurs, qui n’ont pu être jusqu’à présent étudiés d’une façon
- assez complète en raison de la grande rapidité de leur manifestation. L. Euiée.
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- PALIERS A ROULEAUX
- Nous avons déjà parlé précédemment1 du roulement sans glissement par billes ou rouleaux, et nous
- avons indiqué tous les avantages que présente ce genre de paliers. Nous désirons aujourd’hui
- l'aire connaître un nouveau- système que nous avons pu apprécier dans ses diverses applications.
- Nous l’avons examiné appliqué à une voiture automobile, à une voiture ordinaire à chevaux, à un tombereau portant cinq mille kilogrammes, à une dynamo qui tourne à 2000 tours par minute, à une meule, à divers coussinets mécaniques et entre autres aux coussinets d’un moteur à gaz. Ces appareils fonctionnent depuis plus de six mois.
- La ligure 1 (n° 1) nous donne la vue d’ensemble et la coupe intérieure, la figure 1 (n° 2) la vue d’un coussinet fermé dont les deux parties s’ajustent en forme de coin, et la figure 1 (n° 5) la vue intérieure d’un atelier dont les transmissions sont munies de ces coussinets.
- 1 Yoy. n° 1266, élu -i septembre 1897, p. 219
- La figure 2 nous donne diverses coupes du coussinet. L’arbre A est séparé du fond du coussinet par une
- série de rouleaux porteurs b qui seuls reçoivent les efforts exercés par l’arbre A. Afin que ces rouleaux porteurs ne puissent trotter les uns contre les autres, chaque rouleau porteur B est séparé de son voisin par un rouleau auxiliaire C d’un diamètre plus petit que le rouleau B et maintenu sur la ligne qui passe par les axes des rouleaux B à l’aide de deux bagues folles 1) et D' placées par paire aux extrémités du coussinet. L’une de ces bagues D', située près de l’arbre À, a un diamètre intérieur plus grand que l’arbre, l’autre bague D, extérieure, présente un diamètre externe plus petit que celui du coussinet. L'épaisseur de ces bagues est calculée de façon à laisser entre elles un espace
- ÆJKaHlEifSc.
- Fig. 2. — Coussinets à rouleaux.
- 1. Coupe longitudinale suivant ef ; 2. Coupe au milieu suivant ab ; 3. Coupe à une extrémité suivant cd.
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- égal au diamètre des rouleaux auxiliaires C. Si nous considérons le système.en action dans le sens des flèches, on voit que l’arbre A fait rouler les rouleaux porteurs B dans le sens inverse de son mouvement et que le centre des rouleaux B éprouve un mouvement de translation dans le sens de l’arbre À. Les deux rouleaux porteurs B voisins agissent sur le rouleau auxiliaire C et le font tourner dans un sens opposé à leur propre mouvement de rotation, c’est-à-dire dans le sens de l’arbre A tout en le transportant dans le sens général. Ce rouleau auxiliaire empêche les deux rouleaux voisins B de frotter l’un sur l’autre.
- Dans son mouvement de rotation, le rouleau auxiliaire C appuie soit sur la bague 1), soit sur la bague I)', et entraîne la bague 1) dans le sens de l’arbre sans que celle-ci touche le coussinet, et la bague 1)' se trouve entraînée en sens inverse du mouvement de l’arbre et cela très facilement puisque cette bague ne le touche pas.
- Dans les mouvements de rotation très rapides, les rouleaux auxiliaires appuient sur la bague D à raison de la force centrifuge, mais ils la pressent sans frottement puisqu’ils la font tourner. Tous les frottements de glissement se trouvent donc absolument supprimés.
- On a disposé aux extrémités des rouleaux porteurs B un épaulement d’un diamètre un peu plus petit que le diamètre des rouleaux auxiliaires. Cet épaulement pénètre entre les deux bagues sans les toucher. Cette disposition permet de sortir l’arbre de son coussinet sans que les rouleaux se démontent, elle était indispensable pour les voilures. Un coussinet ainsi construit est de très longue durée; si, cependant, les rouleaux porteurs prenaient du jeu entre l’arbre et le coussinet, il suffirait de les remplacer par des rouleaux plus gros pour réparer l’appareil sans avoir besoin de changer la boîte.
- On peut aisément construire des coussinets de ce genre en deux ou mieux trois pièces pour faciliter le rattrapage du jeu, seulement au lieu de couper le coussinet parallèlement à une génératrice du cylindre, on le coupera obliquement, ou mieux encore, la section affectera la forme d’un V très ouvert, afin que les rouleaux B passent sur la fente sans pénétrer dans son intérieur.
- * Si le diamètre du coussinet est bien égal à la somme des diamètres de l’arbre et de deux rouleaux porteurs, ces coussinets seront aussi justes que les coussinets lisses ordinaires, et ils pourront servir comme paliers des moteurs à vapeur et des moteurs à gaz, ainsi que comme coussinet du bouton de manivelle de ces mêmes moteurs.
- Le frottement de roulement n’est qu’à peine le douzième du frottement de glissement avec bon graissage, il en résulte qu’en employant ce système on pourra se servir des excentriques pour transformer un mouvement alternatif en mouvement de rotation et éviter ainsi de construire des arbres coudés dont le prix est si élevé, et on aura encore une
- résistance inférieure à celle d’un bouton de manivelle ordinaire à coussinet lisse.
- Ajoutons encore que dans ce système le graissage est très bon, puisque l’huile est constamment ramenée sur les surfaces. La voiture automobile dont nous avons parlé plus haut, a parcouru plus de 5000 kilomètres sans qu’on ait eu besoin de renouveler le graissage. Quand ce genre de coussinet sera employé dans la traction sur rails, les trains pourront être entraînés par des moteurs moitié moins puissants, car, avec ces coussinets, l’effort que nécessite le démarrage est inférieur de plus de moitié à celui qu’exigent les roues actuellement en usage. Ce système est aussi employé pour les bicyclettes. 11 est plus robuste et de plus longue durée que le
- roulement à bille. J. Lebon.
- ——
- CHRONIQUE
- Destruction «les loups. — Le nombre des loups va toujours en décroissant dans notre pays de France et bientôt, il faut l’espérer, ifs deviendront fort rares. En 1895, on avait tué 249 loups dans 24 départements ; pendant l’année 1896, on en a détruit 171 dans 19 départements. Si l’on se reporte à des années plus lointaines, on pouvait détruire, en 1883, jusqu’à 1316, et, en 1884, jusqu’à 1035 loups.
- Tramways électriques et bicyclettes. — M. le Major I.-B. Brown, directeur du bureau des voies ferrées de l'Etat de Pensylvanie, jette un cri d’alarme à propos de la concurrence manifeste que la bicyclette fait aux tramways électriques dans certains Etats de l’Union. La diminution très sensible de recettes constatée sur bon nombre de lignes doit être attribuée au fait que les hommes d’affaires et les promeneurs font un usage de plus en plus fréquent de la bicyclette, principalement dans les villes où l’état des rues, d’une part, l’absence de côtes, d’autre part, favorise le développement du nouveau mode de locomotion. Ces considérations s’appuient sur des chiffres recueillis à Harrisburg en octobre dernier, où l’on a compté, entre 7 heures du matin et 6 heures du soir, les nombres respectifs de cyclistes et de voyageurs en tramways, passant en un point donné de la ville fies piétons ont naturellement été écartés de cette statistique). Un a trouvé qu’il était passé 4115 cyclistes contre 1962 voyageurs en tramways; soit environ 2 cyclistes contre 1 voyageur. Sans prendre ces chiffres au pied de la lettre, et admettre que la même proportion se conserve chaque jour, eu égard aux aléas du temps, il est bien certain qu’ils sont au moins symptomatiques, et que les tramways doivent dès à présent compter avec les cyclistes, et favoriser leurs excursions au lieu de les entraver. C’est ce qu’a vivement et intelligemment compris la Long Island Railroad C° qui, presque hostile au début aux excursions cyclistes, leur dépeint aujourd’hui, dans les feuilles spéciales, son territoire comme un paradis cycliste. Cette compagnie espère, avec raison, faire recette avec les excursionnistes fatigués, prudents... ou vantards ; toutes ces catégories sont représentées dans le monde cycliste qui aujourd’hui appartient à tous les mondes.
- Ligne téléphonique coopérative. — Un nous affirme qu’on a créé entre Chicago et Milwakee une ligne téléphonique et télégraphique qui est une entre-
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- prise coopérative. Les associés ont la ligne en toute propriété, et ils payent à l’association une redevance de 5 cents (0fr,25 à peu près) pour chaque message qu’ils y font circuler. Cette exploitation assez curieuse a remboursé ses frais d’établissement, paye ses dépenses d’entretien, et donne un dividende annuel, celui-ci étant uniquement consacré à des améliorations et à des extensions du réseau.
- Nouvelle grande ligne téléphonique. — On
- vient d’ouvrir à l’exploitation la ligne Berlin-Budapest, sur laquelle on paye un tarif de 4 marks (à peu [très 4fr. 50) pour une conversation de 5 minutes seulement.
- Tins de Californie. — Ils n’alimentent plus seulement le marché local : Ls voici qui s’exportent un peu partout, pour une valeur, en 1890, de 1 500 000 dollars. Le mouvement se fait sur les ports de l’Est de la Confédération, l’Amérique centrale et méridionale, et aussi sur le Japon, la Chine, les Ilavaï, et même l’Europe ; cette dernière contrée en reçoit déjà pour 50 000 dollars.
- Nouvel exemple tle la voracité du brochet. —
- M. F.-C. Morgan a dernièrement recueilli, en canotant sur la rivière anglaise Avon, un brochet qui s’était étouffé par sa voracité; il flottait, le ventre en l’air, tenant dans sa bouche, qu’il n’avait pu refermer, un autre poisson, un chabot, dégluti à moitié. Or le brochet pesait seulement 4,08 kilogrammes tandis que le chabot qu’il avait tenté d’avaler pesait 1,500 kilogramme !
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du il janvier 1898. — Présidence de M. \\ oi r.
- Découverte de gisements de fer en France. — M. Michel Lévy présente une Note de M. G. Rolland sur les gisements de minerais de fer oolithique du nouveau bassin de Bricy (Meurthe-et-Moselle). Cette Note présente un véritable intérêt d’actualité, car elle signale un événement qui paraît devoir exercer une réelle importance sur la métallurgie française : c’est la découverte de l’extension imprévue de la formation ferrugineuse, depuis longtemps exploitée sur une grande échelle dans l’ancien département de la Moselle, dans la majeure partie de l’arrondissement de Briey et jusque dans le département de la Meuse. Cette découverte est assurée par de très nombreux sondages d’exploration effectués depuis 1882. La superficie occupée par les gisements reconnus susceptibles d’exploitation, est de 54 000 hectares, dont 22 000 dans la région nouvellement étudiée, entre Briey et Audun-lc-Roman. L’auteur donne une carte détaillée de la topographie souterraine de cette région.
- Nitrification des ammoniaques composées. — M. Dehé-rain analyse une Note de M. Demoussy relative à la nitrification des ammoniaques composées. Cette transformation ne se produit que lorsque l’oxygène, sous l’influence des ferments du sol, a brûlé le carbone de ces composés et les a amenés à l’état d’ammoniaque. Cettê première métamorphose est d’autant plus lente que la base organique est plus complexe et renferme plus de carbone. On conçoit d’après cela que l’humus étant constitué par une matière azotée très chargée de carbone, ne se nitrifie, d’ordinaire, que très lentement dans le sol.
- Germination des truffes. — M. Chatin dépose un travail de M. de Gramont de Lespare sur la germination et la fécondation hivernale de la truffe. Pour que cette fécondation ait lieu, il faut que les spores soient extraites
- des asques et déposées sur les limbes des feuilles de quelques arbres propices (chênes, noisetiers et certains conifères). Les insectes sont les agents du transport des asques ; ils les brisent ensuite ou les laissent pourrir sur place, de telle sorte que les spores se trouvent dégagées en un endroit favorable. La germination est particulièrement active du 15 novembre au mois de janvier. Les spores sont mâles ou femelles; elles émettent des filaments qui, s’ils viennent à se joindre et à se fusionner, peuvent donner naissance à un individu.
- Bolide extraordinaire. — M. Callandreau signale, au nom de M. le commandant Georget, l’apparition à 8h40m d’un bolide extraordinaire, dans la soirée du
- 5 janvier dernier, à Vannes. Ce météore était double ; sa vitesse était singulièrement faible. 11 se mouvait sur une trajectoire orientée du Nord-Est au Nord qui a embrassé un arc de 45°. Il n’a pas mis moins de 5 à
- 6 minutes pour parcourir cet arc, ce qui a permis à l’observateur de l’examiner à la lunette. 11 était composé de deux corps lumineux très inégaux. Le plus gros des deux corps était à l’avant ; le plus petit semblait suivre une trajectoire propre et quelque peu sinueuse. L’aspect du bolide vu à la lunette était celui de deux ballons lumineux réunis l’un à l’autre. M. Callandreau rapporte une observation de ce genre qui remonte au 18 octobre 1865.
- Varia. — M. Albert Gaudry annoice que MM. Martel et Armand Viré ont découvert un abîme (Gard) renfermant une nappe d’eau de 28 mètres d’épaisseur. — M. Schlœsing fils a imaginé un procédé permettant d’obtenir la densité des gaz dont on ne possède que des quantités minimes. — M. Thouiet adresse un travail sur les courants du golfe de Gascogne. Cii. de Villedeuil.
- __^ A. .
- PHOTOGRAPHIE SANS LUMIÈRE
- REPRODUCTION
- DES MÉDAILLES, CLICHÉS TYPOGRAPHIQUES, ETC.
- l'holographie sans lumière! L’expression est exacte, mais à la condition qu’elle s’applique à un cas tout particulier. L’impression lumineuse est superflue et l’on peut, dans des circonstances déterminées, la remplacer par un artifice ingénieux. Il s’agit uniquement de la reproduction dans l’obscurité des objets présentant des reliefs ou des creux : médailles, clichés d’imprimerie, texte typographique, feuilles, branches de végétaux, etc. Le procédé vient d’être signalé par M. Guebhard '.
- Dans le tour de main trouvé par M. Guebhard2, c’est le révélateur seul qui travaille sur une plaque légèrement voilée. 11 faut commencer par ébranler légèrement la couche de bromure d’argent par une exposition extrêmement rapide. Cela fait, tout se passe loin de la lumière. Si l’on veut reproduire une médaille, on la dépose délicatement sur la plaque à peine voilée et au sein d’une couche de faible épaisseur d’un bain révélateur, tel, par exemple, que le diamidophénol.
- ' 1 Comptes rendus de l’Académie, séance du 5 janvier.
- 2 Nous devons dire que M. le commandant Tégrad a montré déjà, il y a près d’un an, des photographies de pièces de monnaie obtenues par un procédé très analogue.
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- Il est évident que le liquide sensibilisateur n’agira bien au contact de la plaque que là où il y aura des creux dans la médaille, et que, par suite, le noircissement sera proportionnel à la profondeur de ces creux. Si bien que, si l’on retire la médaille au bout d’un certain temps, on trouvera sur la plaque des noirs correspondant aux creux et des blancs correspondant aux reliefs. Bref, la médaille se sera imprimée sur la plaque sensible.
- A la vérité le mécanisme de l’action du révélateur est beaucoup plus complexe. La capillarité, la tension superlicielle entrent en jeu ; la solution sous cette influence distribue ses molécules actives en raison de l’aspérité des surfaces. On en voit les traces. Mais aujourd’hui laissons ces détails.
- On aura donc obtenu un bon positif de la médaille. 11 suffira d’en prendre un négatif pour tirer ensuite autant d’épreuves que l’on désirera. Ce qui est vrai pour la médaille est exact aussi naturellement pour toute impression en creux, et en particulier pour les clichés typographiques, qui se reproduisent de même sur la plaque. Donc, rien de si aisé que de faire, par ce procédé, des photographies de clichés creux. On peut tout aussi bien se procurer de la même manière des photographies de gravures en relief. L’effet sera renversé. On obtiendra directement des clichés négatifs, et, par suite, autant d’épreuves positives qu’on le voudra.
- La méthode de M. Guebhard est toute commode et à la portée de tout le monde. Comme elle est d’une extrême sensibilité et qu’elle permet de mettre en relief les plus petits creux ou les plus petites saillies, rayures imperceptibles, dénivellations invisibles, il nous semble que le procédé pourra être aussi utilisé dans beaucoup de recherches de physique et même sans doute dans les expertises légales. L. IIartz.
- UN TRICYCLE-FAUTEUIL DE MALADE
- Les voitures de malades ne manquent pas, mais aucune ne présente autant d’avantages que celle représentée ci-dessus et que construit la Kalamazoo
- Cycle C°. Le but poursuivi est de constituer un fauteuil roulant confortable, bas et d’accès facile, laissant au malade l’espace libre devant lui, tout en permettant de rouler à une certaine vitesse, ce qui n’est pas possible lorsque la voiture est tramée ou poussée par un piéton.
- La figure nous dispense de donner de longues explications sur les dispositions de cette voiture-cycle. Faisons remarquer cependant que le bâti en tubes a une forme telle, que la voiture puisse être mise en mouvement par un homme ou une femme.
- Le développement de la machine ne dépasse pas trois ou quatre mètres, pour que le moteur humain n’éprouve pas trop de fatigue. La chaise peut basculer pour que la tablette sur laquelle posent les pieds, repose sur le sol, ce qui facilite l’installation aux personnes les moins ingambes : lorsque le malade est confortablement installé, le fauteuil bascule à nouveau et vient prendre une position un peu inclinée en arrière, position dans laquelle il est main-tenu à l’aide d’une goupille.
- 11 est bien évident qu’un fauteuil de ce genre doit être plus agréable à la fois, et pour le malade et pour le garde-malade, que. le fauteuil ordinaire. Avec de légères modifications, ne serait-il pas possible de transformer le tricycle-fauteuil en tricycle-voiture de place? Moyennant une rétribution convenable, des loueurs pourraient mettre ces fauteuils à la disposition de cyclistes robustes qui les loueraient à leur tour à des voyageurs amateurs de ce mode un peu spécial de locomotion. On pourrait même disposer des manivelles ou des pédi-velles que le voyageur actionnerait dans les rampes pour aider le moteur humain : dans le cas d’une rampe trop forte, on en serait quitte pour descendre et monter la rampe à pied, comme au temps des anciennes diligences. Mais ce serait là l’exception dans une ville comme Paris, et les cycles-voitures de place iraient toujours bien au moins aussi vite que la majorité de nos fiacres. L’idée est à creuser. M. Ledaxt.
- Le Gérant : P. Masson.
- Un tricycle-fauteuil de malade.
- Paris. — Imprimerie Laiiurb-, rue de Fleuras, 9.
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- N° 1287
- 29 JANVIER 1898
- LA NATURE
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- Là CASCADE DU ROIS DE BOULOGNE
- AU THEATRE I)E L’OPÉRA
- Le nombre des « trucs » employés pour les décors de théâtres s’augmente de jour en jour, et tout en
- ne faisant appel qu’à des moyens rudimentaires, nos habiles metteurs en scène arrivent à produire des effets d’une ampleur et d’une beauté remarquables. Tel est notamment le résultat obtenu par le décor de la Cascade du Bois de Boulogne qui vient d’apparaître au premier bal de l’Opéra de Paris et que repré-
- Sccne du Théâtre de l’Opéra. Décor de M. Jambon représentant la Cascade du Bois de Boulogne. (Bal du 22 janvier 1898.)
- sente notre gravure. Les explications et îa description qui vont suivre montrent avec quelle faible dépense de liquide on peut installer des « Niagaras » en chambre qui donnent l’illusion de masses considérables d’eau tombant d’un rocher dans un bassin inférieur. r.
- Mais il y a lieu, tout d’abord, d indiquer la genèse de l’idée qui a présidé à l’invention du nouveau décor.
- M. Gailhard, l’un des directeurs de l’Opéra, se 26° année. — 1" semestre.
- promenait un matin au parc Montceau, à Paris, lorsqu’il crut apercevoir à quelque distance une véritable source surgir de la surface d’une pelouse ga-,’zonnée. Mais à la réflexion cette source ne pouvait être qu’un trompe-l’œil, car son débit se montrait bien inférieur à la niasse qu’elle accusait. En s’approchant, le promeneur se rendit compte du phénomène : une large toile d’araignée recevait l’eau en
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- pluie d’un des arroseurs automatiques installés sur la pelouse; les mailles très fines s’étaient remplies de liquide et le conservaient, puis l’eau qui continuait à se répandre, coulait sur celle précédemment emprisonnée. L’œil percevait ainsi le « mouvement » : quant à l’impression de « masse », elle était fournie par l'action de chaque maille chargée de liquide et formant lentille sous les rayons du soleil.
- M. Gailhard conçut immédiatement l’idée d’appliquer ce curieux effet à la décoration théâtrale. La toile d’araignée a été remplacée par un tulle très résistant, tendu sur un châssis auquel on a donné une forte inclinaison pour déterminer l’écoulement : l’eau est amenée par un tuyau horizontal dominant le châssis et percé de trous : la conduite étant en pression fournit des jets qui se pulvérisent contre une plaque verticale et retombent sur le tulle en lui communiquant une légère trépidation très favorable à l’aspect général. Ajoutez, pour remplacer la lumière solaire, celle de projecteurs électriques avec des colorations diverses et vous aurez réalisé un décor d’un effet remarquable et qui n’emploie guère que 8 ou 900 litres d’eau par heure et par mètre courant de châssis. On se rend aisément compte de tout le parti qu’on peut tirer d’un tel appareil sur la scène. Les personnages et les objets placés derrière le rideau de tulle paraissent réellement plongés dans l’eau quoiqu’ils soient parfaitement à sec : l’illusion est complète pour l’œil, et comme rien n’empêche de séparer par des parties décoratives, rochers, arbres, etc., des châssis de diverses dimensions, afin de ne pas imposer au rideau de tulle une largeur supérieure à sa résistance, et aussi de varier la décoration, on conçoit qu’une scène peut être à volonté transformée tout entière en paysage orné de cascades, quelles que soient son ouverture et sa profondeur. Il va sans dire qu’un troisième effet doit être ajouté à ceux de mouvement et de masse, celui de « bruit » ; mais il est facile à réaliser dans un théâtre, et la « machine à grêle » est là pour fournir ce dernier élément d’illusion.
- On a essayé de déterminer sur le tulle même la formation et le groupement de filets liquides en enduisant d’huile certaines parties ou bandes de l'étoffe, ce qui aurait permis de produire à volonté des nappes d’eau d’un seul tenant ou des successions de filets liquides. Ces essais n’ont pas réussi parce qu’ils laissaient à découvert les bandes huilées que l’eau n’atteignait plus, et d’ailleurs on arrivera au même but en interposant, comme nous l’avons dit, entre les châssis des toiles simulant des rochers, des terrains ou des arbres.
- Notre gravure représente la scène de l’Opéra réunie de plain-pied à la salle, par le plancher sur lequel évoluent les danseurs. La cascade était disposée contre le mur du foyer de la danse. Elle s’appliquait sur une toile de fond représentant le Bois de Boulogne illuminé par d’innombrables lanternes vénitiennes. Un praticable régnait sur tout le pour-
- TURE.
- tour de la scène proprement dite. Notre dessinateur y a figuré une farandole qui devait se développer sur le fond du théâtre, et qui aurait produit en passant sous la cascade les curieux effets de transparence dont nous avons déjà parlé.
- Grâce au faible volume d’eau nécessaire et à l’absence de projections liquides, ce procédé est susceptible de s’employer avec succès dans les circonstances les plus variées en dehors du théâtre, et notamment dans les salles de ietes pour obtenir à la fois une décoration d’un heureux aspect en même temps que la fraîcheur pendant l’été.
- Une large nappe d’eau en mouvement remplacerait avec avantage la glace sans tain (pii sépare deux salons, ou même pourrait être aisément disposée dans un des angles ou en face d’une cheminée. La place nécessaire est relativement minime, et l’addition d’un pareil décor à une fête fournirait un attrait des plus remarquables, surtout si l’on disposait à certains moments de projecteurs électriques capables de donner au liquide ces merveilleuses nuances qui ont tant fait pour le succès des fontaines lumineuses de l’Exposition de 1889. G. Richou.
- Ingénieur des arts et manufactures
- BOLIDE DOUBLE
- Le 3 janvier dernier, le commandant Georget rentrait chez lui vers 8h40 du soir. 11 vit en se retournant, dans la direction du nord-est, à une hauteur de 30 à 40°, un météore lumineux assez brillant, de la couleur de la planète Mars, et parcourant le ciel assez lentement. Ce bolide s’est éloigné dans la direction du nord et a disparu à l’horizon sur le prolongement des étoiles Ç et tq Grande Ourse, derrière les collines situées au nord de Vannes, à 8 ou 10 kilomètres, et dominant la ville de MO mètres. 11 a parcouru une trajectoire d’une étendue de 45° en 5 ou 0 minutes pendant lesquelles il a constamment diminué d’éclat comme un corps lumineux qui s’éloigne. Vers la disparition, on a cru voir un éclat jaune rougeâtre et blanc.
- M. Georget a pu examiner ce météore pendant quelques minutes à l’aide d’une petite lunette de 30 millimètres (lunette terrestre à stadia de Goulier). Il paraissait formé de deux corps lumineux A et B situés à peu près à même hauteur, le plus brillant A en avant. Particularité remarquable : le mouvement de B était soumis à des oscillations brusques; elles duraient une demi-seconde environ; on en a compté 4 ou 5 par minute. On eût dit deux ballons lumineux reliés l’un à l’autre.
- L’observation faite par le commandant Georget a de l’importance. Elle est à rapprocher d’une observation, jusqu’ici peut-être unique dans son genre et qui est due à Schmidt.
- Cet astronome vit, le 19 octobre 1865, un bolide marchant avec une lenteur cxceptionnel'e. Il put l’examiner avec un chercheur de comètes et constata qu’il était double. Il est vraisemblable que les bolides doubles sont plus nombreux qu’on ne l’a admis jusqu’ici. Seulement ils auront échappé à l’observation. Il faut en effet les examiner avec une lunette, et il faut aussi que le mouvement soit lent. Maintenant que l’attention est fixée sur ce point, on en découvrira d’autres bien certainement. II. de P.
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- LA NATURE.
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- L’EXPLOITATION DES OPALES
- AU MEXIQUE
- L’État de Querelaro possède en grande quantité des opales à feux très changeants ; les lieux d’extraction sont surtout aux environs de Queretaro, de San Juan del Rio et de Tequisquapan. Quand elle est incrustée dans des roches calcaiixs, l’enlèvement de l’opale se fait facilement au moyen du pic; les parties cristallines peuvent être extraites presque entières, et sans guère d’éclats. Mais il en est tout autrement si ces pierres se rencontrent dans du granit : dans ce cas, il faut de toute nécessité employer la mine, et l’explosion ne permet de recueillir que des fragments cristallins plus ou moins gros. En général, ces fragments se présentent sous des formes rondes ou ovales : on les trie, on les choisit, et on fait la taille sans peine, par suite du peu de dureté de l’opale. 11 y aurait un intéressant dispositif à imaginer pour permettre d’extraire ces gemmes de la roche encaissante sans les briser.
- Ce qui facilite l’exploitation, c’est que les opales se trouvent dans des gisements absolument superficiels, ne descendant pas plus bas que 5 ou 4 mètres. Mais on ne les rencontre jamais par filons, et seulement par gisements isolés qui en contiennent de toutes les couleurs.
- Le Mexique est en somme assez bien doté au point de vue des pierres précieuses, puisqu’il possède, en outre, des topazes, des grenats, des améthystes. 1). 1L
- L’éclairage des voilures des chemins de fer a préoccupé depuis longtemps les Compagnies et nous avons déjà eu l’occasion de parler ici1 de ce problème. M. E. Sar-tiaux, ingénieur des services électriques de la Compagnie du Nord, vient de publier une Note très intéressante sur le montage des appareils d’éclairage électrique des voitures et fourgons sur le chemin de fer du Nord ; nous allons indiquer les principaux moyens employés.
- Le besoin d’un bon éclairage, dit la Note que nous citons, se fait de plus en [dus sentir; en eifet, qu’il s’agisse d’un court ou long trajet, le voyageur a le désir de lire et même de travailler ou de s’occuper d’affaires ; pour cela, il est nécessaire que le compartiment soit bien éclairé, quelle que soit la place occupée. Un bon éclairage donne en outre au voyage une sensation différente de celle qu’on éprouve dans un compartiment mal éclairé.
- Après les essais de lampes à huile et à pétrole perfectionnées, de lampes à gaz comprimé, l’éclairage électrique, qui fut expérimenté dès 1885 par la Compagnie du Nord, commence à entrer dans la pratique en France et à l’étranger.
- Les avantages de l’éclairage électrique sur les divers autres systèmes sont nombreux. Les lampes à incandescence peuvent donner la puissance lumineuse désirée, avec une lumière d’une fixité absolue. Elles font disparaître toutes les difficultés connues au point de vue de l’aération, de l’allumage, de l’extinction et de l’entretien. Il n’y a [dus de danger d’incendie ou d’explosion. Avec l’emploi, sur chaque véhicule, d’accumulateurs électriques, on obtient l’indépendance complète des véhicules.
- Ces divers avantages ont été très appréciés par l’administration des postes françaises qui amis en service, sur le réseau du Nord, un grand nombre de bureaux de poste ambulants éclairés à l’électricité. On sait qu’il se fait
- 1 Yoy. u° 1025, du 21 janvier 1893, p. 126.
- dans ces bureaux un service important et difficile, et l’éclairage est de première nécessité.
- La batterie d’accumulateurs est formée de 1 fi éléments disposés deux à deux dans des paniers en osier. Chaque élément est constitué par un vase en matière isolante et inattaquable aux acides, pouvant contenir 7, 9, 11 ou 15 plaques de 100mm de largeur sur 200mm de hauteur. Les plaques négatives ont 6mm d’épaisseur et les plaques positives 7“m; leurs poids respectifs sont de 0ke,980 et lk8,500. Le poids du panier est de 0k*,800 pour deux éléments. La capacité utile est de 10 ampères-heure par kilogramme de plaques. Les accumulateurs sont rangés dans quatre coffres qui sont suspendus aux longerons du véhicule à raison de deux de chaque côté de la voiture. Des dispositions spéciales, sur lesquelles nous ne pouvons insister ici, ont été prises pour le réducteur et les prises de courant, les bornes de jonction, les commutateurs d’allumage et les contacts doubles à piston.
- Le support de la lampe se compose d’une calotte en zinc portant un réflecteur en tôle émaillée très blanc, une douille, deux contacts; sur la calotte est fixée une poignée pour enlever l’appareil. Les lampes employées sont de 25 volts et d’une intensité lumineuse de 6 à 10 bougies.
- Pour l’éclairage des fourgons, les accumulateurs sont placés dans le fourgon et dans une caisse spéciale. Pour l’éclairage des bureaux ambulants, les accumulateurs et le réducteur sont logés comme dans les voitures ordinaires.
- La charge des accumulateurs se fait directement sur les voilures elles-mêmes au moyen de canalisations le long des voies. L’éclairage électrique des wagons de la Compagnie du Nord a donné de très bons résultats à tous les points de vue. J. Laffargue.
- LA « STRONGYLOSE DE LA CAILLETTE »
- Cette maladie si redoutable, qui se traduit sur les Ovidés par une anémie pernicieuse et épizootique, sévissait depuis plusieurs années sur le troupeau de l’école d’agriculture de Grignon.
- De 1880 à 1807, c’est-à-dire pendant tout le temps qu’on ne sut déterminer la cause ni le remède de cette anémie la comptabilité relève : 188 agneaux morts contre 542 qui auraient été abattus malades en vue de la consommation de la viande à seule fin de les soustraire à la mort prématurée qui les menaçait. Ceci porte à 550, le nombre des animaux restés sans valeur argent et l’on estimait déjà à plus de 60 000 francs la perte subie en agneaux mâles, ceux-ci étant fort recherchés comme reproducteurs.
- Après avoir écarté par de premières recherches les causes bactériennes, c’est le 17 août dernier, en faisant l'autopsie d’un agneau malade d’anémie, que nous découvrîmes les parasites dangereux de ces animaux domestiques.
- Tous ces parasites occupaient le tube digestif, mais le vrai estomac tout particulièrement donnant asile à de nombreux convives, nous reconnûmes bientôt qu’il s’agissait de la Strongylose de la caillette, maladie, qui a pour principal auteur un ver nématoïde, le Strongle contourné (Strongylus confortas. Rud. 1805).
- Les animaux malades ont d’abord des digestions
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- laborieuses, la rumination s’effectue de loin en loin et l’appétit va diminuant sans cesse. La conjonctive, ainsi que toutes les muqueuses, pâlit rapidement jusqu’à offrir la couleur d’un blanc crème. Ces animaux sont mélancoliques, ils se couchent et se lèvent souvent, ils prélèvent des brins de litière pour les mâchonner plutôt que d’aller au râtelier, et finalement ils se couchent pour ne plus se relever.
- Ils restent ainsi deux ou trois jours sans prendre aucune nourriture et meurent alors d’épuisement.
- Tous ces phénomènes évoluent en moins de huit jours à partir du moment où l’on s’est aperçu de leur état anormal.
- A la saignée d’un animal malade, le peu de sang qui coule est faiblement coloré. Une sérosité abondante occupe les mailles du tissu conjonctif sous-cutané, surtout à la partie inférieure du cou et dans la région abdominale. Ce même liquide se retrouve également assez souvent dans les cavités séreuses.
- Tous les viscères offrent une teinte pâle et partout les tissus sont flasques , le foie notamment est altéré au ooint de se laisser écraser facilement sous une légère pression des doigts. La caillette et souvent l’intestin grêle, vus extérieurement, sont de couleur rouge brunâtre. Vient-on maintenant à ouvrir cette caillette qu’elle se montre couverte de milliers de petits vers nématoïdes qui, intimement appliqués
- contre la muqueuse, sont occupés à sucer le sang de leur hôte (fig. 4); ces vers nématoïdes sont autant de représentants du strongle contourné (fig. 1). Les vers adultes mesurent de 1U à 20 millimètres de
- longueur sur 2 à 5/10 de millimètre de largeur (voir la description que nous en donnons dans les Annaies agronomiques de novembre et décembre 1807) et nous rapportons provisoirement à cette espèce d’assez nombreux stron-gles plus petits que les premiers, que nous considérons comme autant d’individus en voie de différenciation et qui cependant auraient servi à établir l’espèce que M. Railliet a dénommée en 1895 sous le nom de Strongle instable (Strongylus in-stabilis). Pourtant, ces derniers sont déjà sexués lorsqu’ils mesurent de 4 à 6 millimètres de longueur et ils se distinguent assez
- nettement du strongle contourné. Aussi, nous demandons-nous maintenant si nous sommes en présence d’une espèce réellement distincte de la précédente, ou bien si, comme dans la famille des Angiostomi-dés, nous avons une forme dioï-que et alterne du strongle contour-né. Ce point, nous tâcherons de l’élucider dans le courant de l’année prochaine, mais nous avons déjà pu représenter un certain nombre d’états embryonnaires et d’états larvaires, ainsi que des individus sexués en voie de différenciation (fig. 2).
- J^/tloiyêb Sry
- Fig. 1. — Strongle contourné ,(Stronyylus contorlus, K ml., 1805). — A. Individu mâle, grossi 0 l’ois; a, tète; b, bourse caudale; d, dent. — II. Individu femelle grossi 9 [fois; a, tète; b, extrémité caudale; c, appendice linguifonne avec la vulve en V; 00, poches à œufs; d, dent. — C. Œufs; a, œuf grossi 9 fois: b, œuf grossi 90 fois.
- Fig. 2. — Strongle instable ? (Strongylus imtabilh (?). Raill., 1895). — A. Individu mâle grossi 9 fois ; a, tète ; b, extrémité caudale. — B. Individu femelle grossi 9 fois; a, tète; b, extrémité caudale; V, vulve et appendice linguiforme à divers stades de développement. — C. Œufs; a, œuf grossi 9 fois; b,c, d,e, œufs grossis 90 fois. — D. États embryonnaires grossis 90 fois. — E. États larvaires grossis 9 fois.
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- Quant à l’infection première des moutons, elle I d’œufs ou de parasites eux-mêmes, mais la conta-doit remonter aux fourrages des bas-fonds souillés | gion paraît bien pouvoir s’établir ensuite dans la
- Fig. 3. — Traitement des animaux malades.
- bergerie par l’intermédiaire des excréments des animaux malades, ce que nous pourrons déterminer expérimentalement l’été prochain.
- Cette maladie ne sévit pas avec la même intensité sur tous les animaux, et la résistance aux parasites s’est toujours montrée en raison directe de l’àge des moutons et en raison inverse de la délicatesse de leurs tissus. Ainsi à Grignon, les Southdowns se sont montrés moins résistants que les Dishley-Mérinos et les Dishleys.
- Comme mesures prophylactiques nous proscrivons d’une manière absolue aux Ovidés, les herbes des bas-fonds humifères et humides, et, lorsqu’on se trouve dans de mauvaises conditions de milieu, il faut s’adresser de préférence à des variétés de moutons qui ont fait preuve de rusticité contre les vers parasitaires du tube digestif.
- Les fumiers, les purins, les eaux des vallées étant
- autant d’agents de dissémination des œufs desdits parasites, il convient d’attirer sur eux toute l’attention.
- Quant au traitement curatif que nous avons mis à profit, il s’adressait à la fois aux animaux et aux litières.
- Tous les matins on faisait boire à chacun des animaux à jeun un verre d’eau adoucie par de la graine de lin (une cuillerée à cale par litre d’eau chaude qu’on laissait refroidir) dans laquelle on mêla ngeait, au moment de l’administration, 5 à 6 centimètres cubes de benzine pour les agneaux malades ou non, ainsi que pour les adultes malades, ou 0 à 8 centimètres cubes de ce produit s’il s’agissait d’adultes paraissant sains (fig. 5). D’autre part on faisait absorber en mélange intime et très homogène avec la ration de son et d’avoine qu’on donnait à ces animaux, en deux fois par jour, 15 à 20 centigrammes d’acide arsénieux. Quant aux litières on projetait sur elles matin et
- Fig. 4. — Muqueuses chargées de parasites dans un flacon.
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- soir à l’aide du pulvérisateur à vignes, de l’eau fortement crésylée (un verre de cresylol par 15 litres d’eau) comme solution anti-parasitaire.
- C’est par ces traitements effectués huit ou dix jours de suite, selon les cas, que nous sommes arrivés à nous débarrasser de tous les parasites et le troupeau est maintenant en pleine prospérité. Ch. Jiî.ikx.
- Maître de conférences à l’Ecole de Grignon.
- LES INSTRUMENTS D’AGRICULTURE
- M. Marsais a fait à l’Institut national d’agriculture une communication relative à la statistique agricole de 1892, dont les tableaux ont été distribués au Parlement. Comparativement aux tableaux récapitulatifs de 1882, ces tableaux montrent l’accroissement absolu du nombre des machines agricoles pendant la dernière période décennale. Mais pour mieux faire saisir les progrès réalisés et faire plus nettement ressortir ces progrès, M. Marsais a cru devoir rapporter les chiffres recensés à la superficie susceptible d’être cultivée par les diverses catégories d’instruments :
- Le nombre des charrues à la superficie des terres labourables ; celui des houes à la superficie des terres ensemencées en racines et tubercules ; celui des semoirs à la superficie ensemencée en céréales et en racines; celui des batteuses ensemencées en céréales, moins le maïs, qui, lui, ne passe pas à la batteuse; celui des faucheuses aux prairies naturelles, artificielles, aux fourrages verts, en laissant de côté les herbages pâturés, les prés pâturés; celui des moissonneuses, enfin, à la superficie ensemencée en céréales.
- Et pour comparer les chiffres respectifs de 1892 et de 1882, il rapporte à l’unité instrument tout le travail qu’on demande à l’imagination de faire pour établir cette comparaison.
- Ainsi commentés, ces chiffres sont particulièrement intéressants à comparer avec ceux donnés par l’enquête de 1882, établis de la même façon.
- Dans le tableau ci-joint les chiffres se rapportent au nombre des instruments par 100 hectares de terres labou-
- rables, prairiès, etc. :
- 1892 1882
- Charrues (terres labourables). . 14,4 12,5 Herses (racines, tubercules) . . 11,0 10,5
- Batteuses (céréales)............ 1,16 1,4
- Semoirs (céréales et racines). . 0,5 0,17
- Faucheuses (prairies)............ 0,4 0,2
- Moissonneuses (céréales). . . . 0,16 0,10
- M. Ringelmann a fait remarquer à ce propos que si les charrues sont en nombre suffisant en France, on ne peut pas dire qu’il en soit de même des faucheuses, des moissonneuses, surtout des semoirs qui ont une limite économique qui dépend de l’étendue sur laquelle on peut les employer. Il est évident que le cultivateur qui n’a que 5 à 6 hectares de prairies à faucher ferait une mauvaise spéculation s’il achetait une faucheuse.
- Les faucheuses, moisssnneuses, semoirs deviennent économiques lorsqu’on les emploie sur 20 ou 50 hectares. Si l’on prend 25 hectares, on voit qu’en France le nombre des cas où ces machines seraient avantageuses est considérable. Il nous faudrait, en France, dix fois plus de semoirs que nous n’en avons, neuf fois plus de faucheuses.
- Pour les semoirs on a fait de grands progrès. Quant
- aux faucheuses et moissonneuses, nous ne savons pas les construire économiquement. Il faut regretter que notre matériel agricole soit' si peu adapté à la moyenne et à la petite culture, qui occupent chez nous une si grande place.
- M. Tisserand, après 1870, a cherché, pour propager les semoirs qui économisent une grande proportion de semence et augmentent les rendements, à décider des entrepreneurs à en acheter et à aller effectuer les semis pour les cultivateurs, comme ils allaient avec leurs batteuses battre les récoltes. L’indifférence est restée à peu près générale. E. Lor.v.
- UNE BOUCHE À FEU DU XIVe SIÈCLE
- Les découvertes d’objets préhistoriques et protohistoriques faites en Corse, depuis quelques années, et que j’ai fait connaître en détail, dans la feuille du mois de novembre des Jeunes naturalistes, ont eu pour résultat de démontrer que dans l’üe la période néolithique, à l’époque Robenhausienne, est parfaitement représentée; que les époques Morgienne, Larnaudienne, Ilallstattiennes sont bien caractérisées et qu’enfin les périodes romaine, mérovingienne et l’archéologie classique sont nettement accusées par la présence de phalènes, fibules, casse-têtes, etc.
- A cette série d’objets, il y a lieu d’ajouter la découverte d’un spécimen historique qui vient d’être faite par M. de Monte Rossi, en creusant un puits dans sa propriété, située au sud du village de Palasca, en Balagne.
- C’est un type de couleuvrinc à main, dont il existe des spécimens analogues dans certains grands musées d’armes.
- Sa forme est octogonale et le métal est absolument couvert de rouille.
- Elle date probablement du quatorzième siècle, à l’époque de la lutte mémorable qui eut lieu entre les Corses et les Génois.
- M. Libri, dans son histoire des sciences mathématiques en Italie, rapporte que, vers l’an 1525, on fabriquait à Florence des canons de métal et des boulets en fer; ladite bouche à feu a peut-être été fabriquée dans cette ville à cette époque déjà lointaine, à moins qu'elle n’ait été importée par les Arabes, qui ont ravagé la Corse et qui faisaient déjà usage de ces engins vers l’an 1260?
- Comme on le voit, sur la figure ci-dessus, cette arme était munie d’une sorte de guidon massif, de même venue que la volée et qui pénétrait dans un support de forme particulière servant de point d’appui. Un bombardier devait, à l’aide du levier-poignée, mettre la pièce dans la direction du but, pendant qu’un deuxième artilleur mettait, à l’aide d’une mèche, le feu à la poudre répandue sur la surface du barillet.
- Ce barillet a 0m,015 de largeur en saillie et est long de 0m,06.
- La lumière, profondément excavée, indique que l’on a fait un assez long usage de cette bouche à feu.
- Le levier-poignée, actuellement fausséetcourhé, fait corps avec le canon, mais il devait être placé dans le prolongement de l’àme ou bien être légèrement recourbé dans le sens opposé à celui qu’il présente sur la gravure.-
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- LA MATURE.
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- Cette arme est actuellement entre les mains du conseiller général du canton d’Olmi Capella1. Caziot.
- LE MOUVEMENT ASTRONOMIQUE
- AUX ÉTATS-UNIS
- Dernièrement M. Ed.-S. llolden, l’astronome bien connu de Mont-llamillon, a donné à notre confrère Science une étude intéressante sur l’origine du mouvement astronomique en Amérique, et il a démontré que cette science n’y est vieille que d'un demi-siècle. A ce propos il a indiqué la date de la fondation des principaux observatoires des Etats-Unis : ceux qui servirent à l’observation du passage de Vénus en 1769 n’étaient que des stations provisoires, be premier en date (1851) est celui de Chapel-îlill dans la Caroline du Nord ; puis viennent celui de Williams College (1856); l’Observatoire Hudson, dans l’Ohio (1858) ; la Philadelphia lligh School (1840); La Dana Jiouse Observatory, du Collège Harvard (1840); ensuite celui de l’École militaire de West-Point (1841); celui de la marine (1844). Nous en passons un grand nombre pour ne plus citer que celui de Mont-Hamilton, qui date de 1856.
- LA RÉCOLTE DES FEUILLARDS
- De tout temps, les feuilles d’arbres et les brindilles ont servi à nourrir les animaux. Les Romains en faisaient déjà usage, et les considéraient bien souvent comme une ressource fourragère précieuse. Pline mentionne, dans ses ouvrages, des cultures de cytises spécialement affectées à la production des feuilles. Tout en reconnaissant l’ancienneté de l’emploi des plantes forestières comme fourrages, il est permis toutefois d’émettre quelques doutes pour le cytise faux ébénier, dont les propriétés toxiques sont connues de tout le monde. Quoique l’auteur latin le donne comme : un arbre des Alpes peu connu, arec une fleur longue d'une coudée à laquelle les abeilles ne touchent pas, il ne peut être question ici que d’un autre arbuste ayant une certaine analogie avec le cytise ordinaire.
- L’usage des végétaux forestiers est devenu de plus en plus courant, et, dans ces dernières années, les essences ligneuses sont entrées pour une forte part dans la composition des rations alimentaires.
- En 1890, M. Ramann, professeur à l’école forestière d’Eberswalde, et le major Jena, agriculteur à Cœthen, signalèrent tous deux aux cultivateurs, les services que pouvaient rendre les brindilles des arbres de nos forêts après avoir subi une préparation sommaire. Deux ans plus tard, une machine assez puissante, installée par M. Kühn dans la forêt de Senart, broyait les jeunes ramilles et les divisait suffisamment pour les faire entrer dans la nourri-1 Les collections de M. Malaspina, Maire de Ville di Pareso et de M. F. Guidone, à Olrni-Capella, renferment de nombreux échantillons d’objets historiques et protohistoriques. La Corse, qui est la province la plus centrale de l’empire botanique de la Méditerranée, si riche en- documents de toutes sortes: préhistoire, minéraux, roches, fossiles, faune spéciale, etc. ne possède pas d’autre musée que celui de peinture légué par le cardinal Fcsch et renfermant quelques souvenirs de Napoléon Ier !
- ture des animaux de la ferme. Grâce à ces moyens énergiques, on a pu suppléer à la pénurie fourragère et traverser sans trop d’inconvénients la redoutable période des sécheresses estivales.
- La valeur alimentaire des brindilles était donc indiscutable depuis bien longtemps pour les praticiens; mais il restait à savoir si la théorie confirmerait cette manière de voir, et si l’analyse chimique était aussi concluante. C’est dans ce but, que M. Charles Girard entreprit, en 1892, toute une série de recherches qui devaient avoir les plus heureuses conséquences pour la culture.
- Les feuilles d’arbres accusaient à l’analyse une certaine richesse et pouvaient être considérées comme des aliments d’une assez grande valeur. La proportion centésimale de principes assimilables y était aussi élevée que dans n’importe quel autre fourrage. Toutefois, il est nécessaire de les soumettre à la dessiccation avant de les employer. Par le fanage, elles perdent la plus grande partie de leurs principes amers et gagnent en qualité. La composition des feuilles varie avec les essences forestières, la récolte, l’exposition des arbres, et l’altitude des plantations. D’après Pæssler, la moyenne générale comme teneur en eau serait de 72,54 pour 100 au printemps, et de 64,55 pour 100 en été.
- La quantité de cellulose, assez faible au début, va continuellement en augmentant pour arriver à son maximum au moment de leur chute. Par contre, les matières azotées passent par une décroissance assez sensible ; tandis que dans le mois de mai les feuilles contiennent une moyenne de 22,56 pour 100 de protéine, elles n’en renferment plus en août que 15,83.
- En tenant rigoureusement compte de ces chiffres, on serait amené à réaliser la récolte en pleine végétation. Malheureusement, une pratique semblable serait désastreuse au point de vue forestier, et causerait de grands préjudices aux arbres. Dans les fermes, l’effeuillage s’effectue vers le mois de septembre. Les arbres utilisés pour leurs feuilles ou leurs brindilles sont : le noisetier, le chêne, le frêne, l’orme, le tilleul, le tremble et le bouleau. Les feuillards varient avec les régions ; dans les terrains calcaires du Lot, le chêne domine, tandis que dans les parties granitiques du Plateau Central, ce sont les ormes et les frênes qui prennent une grande extension.
- Les produits, récoltés de façons différentes, servent à nourrir les ruminants et principalement les animaux de l’espèce ovine.
- Le plus souvent, les feuillards sont réduits à l’état de têtards; la récolte en est donc rendue très facile.
- Si l’on veut conserver aux arbres toutes leurs branches, on pratiquera un véritable effeuillage quelques semaines seulement avant l’époque de la chute des feuilles. Pour cela, des femmes et des enfants montent dans les arbres, ils saisissent successivement toutes les jeunes branches par leurs bases, et exercent sur elles une légère pression en
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- déplaçant les mains vers l’extrémité des rameaux.
- Les feuilles ainsi détachées sont tout d’abord recueillies dans une poche que les ouvriers portent constamment avec eux; elles sont ensuite déposées sur une bâche étendue au pied de l'arbre et ramenées le soir à la ferme. Là, elles sont étalées sur l’aire d’une grange, et brassées de temps à autre pour activer leur dessiccation. Quelquefois, on a recours à des procédés de conservation assez bizarres. On dispose les feuilles par couches de 20 à 23 centimètres d’épaisseur dans de vieilles futailles défoncées, et on répand entre chaque couche une petite quantité de sel. Lorsque la futaille est pleine, on la recouvre d’un fond mobile que l’on comprime ensuite aussi énergiquement que possible au moyen de corps lourds. Dans le Mont d’Or Lyonnais, c’est là le mode de conservation des feuilles qui doivent servir pendantl’hiver à la nourriture des chèvres.
- Un système semblable devient complètement impraticable si la quantité des produits à conserver est trop considérable, aussi dans les grandes exploitations, dispose-t-on de fosses maçonnées où se pratiquent de véritables ensilages.
- Le procédé de récolte le plus couramment suivi, est celui qui consiste à émonder les feuillards vers le mois de septembre.
- On coupe les branches à 60 centimètres ou 1 mètre de distance, et on en forme de véritables petits fagots que l’on fait sécher à l’abri du soleil et de la pluie, pour éviter le noircissement des feuilles.
- Le produit de l’émondage est ensuite rentré à la ferme, où il est conservé à l’instar des fourrages ordinaires, soit en meules, soit en granges.
- La photographie ci-jointe représente l’émondage des frênes dans une exploitation de la région.grani-tique du Plateau Central. La récolte du premier arbre est presque achevée, celle du second commence , et enfin le troisième sujet ne présente plus que des rameaux entièrement dénudés. 11 suffit de
- voir les extrémités arrondies des branches du dernier frêne, pour se rendre compte des coupes périodiques pratiquées sur les feuillards. Au fur et à mesure de leur sectionnement, les ramilles tombent aux pieds des arbres. Un ouvrier porteur de liens de paille en confectionnera des petites bottes de la grosseur d’un fagot ordinaire. Ces bottes sont ensuite adossées contre les arbres et rentrées au bout de quelques jours, alors qu’elles ont subies une première dessiccation. A la ferme, elles seront conservées sous des hangars à l’abri de l’humidité.
- Dans les exploitations des montagnes de la Lozère et de l’Aveyron, les brindilles des arbres sont données aux moutons. Les fagots sont déposés dans des râteliers mobiles formés d’une série de fourches de bois, et les moutons viennent manger les feuilles qui sont adhérentes aux branches.
- Les tiges restantes sont brûlées à la ferme et considérées comme du combustible ordinaire.
- Quant aux feuilles détachées, elles sont déposées dans les mangeoires; souvent aussi elles sont associées à d’autres fourrages.
- D’après l’analyse chimique leur valeur alimentaire serait au moins égale à celle du foin. Elles peuvent renfermer des principes amers, c’est pourquoi on préconise bien souvent de les mélanger à d’autres aliments. En somme, les feuilles des arbres rendent tous les ans d’immenses services à certaines exploitations des régions montagneuses, et il est assez facile de s’en convaincre par la plus-value qu’acquièrent les propriétés plantées.
- Dans les baux à ferme, on fait intervenir la quantité de feuillards qui se trouvent dans un domaine, et sa valeur locative augmente d’autant plus que leur nombre est plus élevé.
- Albert Vilcoq.
- Professeur d’agriculture, à Monlargis (Loiret).
- Récolte des feuillards dans les montagnes de la Lozère (D'après une photographie.)
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- LE MÉTAL DÉPLOYÉ
- Il y a déjà plusieurs mois que nous avons vu apparaître en Angleterre une invention qui nous a semblé immédiatement fort curieuse : c’est une sorte de
- grillage ou de treillage métallique, obtenu au moyen d’un procédé absolument spécial, et qui porte en anglais le nom à'expanded métal. Il valait mieux attendre, pour en parler, qu’il eût fait quelque peu ses preuves; or, voici qu’il atteint notre marché, et
- le moment est opportun de l’étudier sous son nom français de « métal déployé », mot qui ne répond guère, du reste, à son mode de fabrication.
- L'inventeur est M. Golding, qui a présenté son système complètement mis au point devant la section de mécanique de l’Association britannique pour l’avancement des sciences, à Liverpool. La description du procédé est assez délicate, mais je pense que nos
- lecteurs la comprendront facilement s’ils examinent d’abord l’échantillon à'expanded métal dont nous donnons une gravure (fig. 2, n° 4) : les losanges qui forment les mailles de ce treillis ne sont pas placés à plat les uns à côté des autres; ce serait impossible, puisque, dans la fabrication, on ne fait intervenir aucune soudure pour relier les angles entre eux : ils chevauchent pour ainsi dire les uns sur
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- les autres, comme le montre la gravure, l’angle de gauche d’un losange quelconque se trouvant exactement au-dessus de l’angle de droite du losange voisin, et cela parce que ces deux petites bandes sont restées telles qu’elles étaient dans la feuille métallique primitive où le treillis a été découpé.
- Nous disons découpé, et, en effet, il n’y a nulle expansion, nul déployage du métal. Ainsi qu’on peut s’en rendre compte déjà dans la figure 1, qui représente l'ensemble de la machine de M. Gol-ding, la feuille de métal à travailler se présente horizontale sous des ciseaux perpendiculaires spéciaux qui forment les losanges successifs par une compression verticale, le treillis descendant, au fur et à mesure de sa fabrication, dans une direction à peu près normale à celle de la surface métallique. Mais des figures supplémentaires sont nécessaires pour bien faire saisir le fonctionnement de la machine.
- Voici comment se passe l’opération. Tout d’abord la feuille G dépasse E. de la distance correspondante à la largeur qu’on veut donner aux bandes du treillis; elle est maintenue en position par un verrou. Alors le couteau D descend, découpe et projette une bande métallique dentelée, comme l’indique la lettre Gj, bande qui demeure rattachée à la feuille G. Le couteau se relève, et en même temps le métal est transporté sur la droite d’une longueur égale à la moitié de celle d’une maille du treillis : c’est la position indiquée en G2. A ce moment, le couteau peut redescendre et former la figure G3, en abaissant par sectionnement une bande prise sur la feuille métallique, qui s’est avancée automatiquement de la quantité voulue ; dans cette phase de l’opération, les pointes des dents du couteau auront attaqué le métal exactement en arrière du point qui était demeuré intact pendant la première phase, point où la bande métallique garde une largeur double de celle qu’elle a dans les portions ordinaires du treillis. A cet endroit le couteau fait descendre les mailles déjà exécutées et en forme de nouvelles. On comprend
- Le n° 1 de la figure 2 représente le mécanisme vu de face, tandis que dans le n° 2 il est en section ; en A est l’arbre principal, sur lequel sont fixés deux excentriques dont on aperçoit l’uii en IL Ces excentriques viennent en contact avec la tête à coulissement C, à laquelle ils imprimeront les mouvements alternatifs d’abaissement et d’élévation, en même temps qu’au couteau à dents D. Ce couteau n’est point coupant au sens propre du mot : avec la partie fixe E placée inférieurement et solidairement au châssis F, sur lequel on pose la feuille à développer G, il coupe et abaisse une bande plus ou moins large du métal, exactement comme le fait en imprimerie le petit appareil destiné à couper les intervalles ; bien entendu, il n’exerce ni sectionnement ni abaissement dans les angles rentrants qui séparent les dents successives. Ces points correspondent à une série d’angles des losanges.
- qu’alors le mécanisme ramène la feuille métallique dans la position G4, et les mêmes phases se reproduisent. Avec cet ingénieux système, on peut donner au treillis la largeur de mailles et l’épaisseur de fils que l’on veut, en variant même la résistance de la plaque métallique traitée, qui peut atteindre 6 millimètres ; le métal s’étend dans une proportion allant de 2 à 12 par rapport à son développement primitif.
- Ce métal déployé, pour lui garder le nom sous lequel il se vend, a naturellement des applications multiples à cause de sa solidité et de sa simplicité de fabrication. On a songé immédiatement à le noyer dans le plâtre, le ciment, le béton, pour en faire des plaques, des cloisons, des planchers, des constructions de toutes sortes du type qu’on désigne sous le nom général de ciment armé; on obtient des panneaux très minces, incombustibles et arrêtant suffisamment le bruit. Nous n’avons pas à insister sur ces emplois qui se devinent d’eux-mêmes. Toujours est-il que sir John Fowler et sir Benjamin Baker ont fait des expériences comparatives sur des plaques de ciment contenant ou non du métal déployé noyé
- — Vues de détail. — N” 1. Mécanisme vu de face. —• N” 2. Vue en section. — N” 5. Fonctionnement détaillé du contour.
- N° 4. Échantillon du métal.
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- dans leur masse. Une plaque ordinaire d’une portée de im,066 a cédé sous un poids de 654 tonnes par mètre carré ; une plaque tout analogue, mais où l’on avait incorporé un treillis à'expanded métal ayant des mailles de 0m,076, et des bandes métalliques larges de 5, 6 millimètres sur 4 d’épaisseur, n’a cédé que sous une charge de 5354 tonnes. Ajoutons que les feuilles de métal déployé peuvent faire d’excellentes clôtures, d’autant que sur les bords comme aux extrémités de la feuille on peut laisser une bande intacte, sans mailles, formant cadre et soutien pour l’ensemble. Cet ingénieux mécanisme méritait assurément d’être indiqué ici. Daniel Bellet.
- LES SOUS-MARINS AUX ÉTATS-UNIS
- On doit bientôt exécuter les essais du sous-marin le « Plunger », construit sur les chantiers de la Columbian C°, d’après les plans de l’ingénieur J. Holland. Ce petit navire, qui a été lancé en août 1897, mesure 26 mètres de longueur et 5m,50 de large; son déplacement est de 155 tonnes quand il flotte naturellement, et de 167 tonnes quand son pont supérieur est à fleur d’eau.
- Le « Plunger » possède deux moteurs différents, l’un à vapeur pour la navigation courante au-dessus de l’eau, l’autre électrique pour les marches sous-marines.
- Le premier comprend deux machines à quadruple expansion, qui reçoivent la vapeur d’une chaudière multi-tubulaire chauffée au pétrole et qui actionnent chacune une hélice. Le moteur électrique qui ne sert généralement que lorsque le navire plonge, développe 170 chevaux ; il est alimenté par des accumulateurs et met en mouvement une troisième hélice placée dans l’axe du navire.
- La vitesse du plongeur doit être de 16 milles pendant 15 heures lorsqu’il navigue émergé, et de 8 milles pendant 10 heures lorsqu’il marche sous l’eau. L’armement militaire se composera de deux tubes avec un approvisionnement de 5 torpilles automobiles.
- Les expériences de plongée seront fort intéressantes; d’après le contrat, il faudra qu’en 20 secondes, le « Plunger » passe de la position de navigation ordinaire, cheminée haute, à l’immersion de 6m,10; il devra passer également de la marche à toute vapeur avec 0m,90 d’eau au-dessus de la coque, à la même immersion de 6m,10 en 10 secondes. Grâce à des accumulateurs renfermant de l’air comprimé, l’immersion complète devra être maintenue pendant 6 heures sans aucun danger pour l’équipage; dans cette position, on pourra suivre ce qui se passe à l’extérieur au moyen d’une chambre claire placée dans ün tube qui s’élève au-dessus de l’eau.
- Dans la marche courante, la tête de l’homme de barre sera protégée par une petite tourelle cuirassée ayant lm,35 de hauteur au-dessus du pont. G. S.
- L’ÉTUDE MICROSCOPIQUE DES ALLIAGES
- La microme'tallographie, autrement dit l’étude microscopique de la structure intime des métaux ou des alliages métalliques, en est à ses débuts puisque les premières expériences, méthodiquement poursuivies dans cette voie, remontent aux alentours de l’année 1894. Jusqu’ici, trois chimistes français, Le Châtelier, Charpy et IL Gautier, un physicien
- allemand, Behrens, et les savants anglais Roberts-Àusten, Osmond et Stead ont déjà défriché quelques coins de champ, bien embroussaillé encore, mais dont un avenir prochain montrera certainement la fertilité. Donnons donc un aperçu des principaux résultats acquis, sans attendre — cela risquerait dœtre par trop long — la découverte de lois plus précises régissant ces phénomènes si complexes.
- Voici d’abord la technique opératoire. On dégrossit à la lime les plaques destinées à l’examen microscopique, on les }>asse ensuite sur du papier émeri d’un grain de plus en plus ténu et on les polit enfin avec du rouge d’Angleterre. Dans certains cas, l’opération du polissage suffit à déceler les constituants
- et leur répartition dans l’alliage; d’autres fois, il faut chauffer la plaquette au contact de l’air : les différents métaux s’oxydent alors en prenant des teintes variées. Mais le plus fréquemment, on est obligé de recourir à une attaque par les réactifs chimiques. Une fois ces préliminaires achevés, on examine la préparation au microscope. Le dispositif le plus commode pour cela est l’emploi de l’oculaire éclairant de M. Cornu (fig. 1). Cet appareil comporte 4 lames minces de verre A, placées à 45°. La lumière est envoyée horizontalement sur cette pile de glaces et, réfléchie en partie suivant l’axe de l’instrument, elle vient éclairer la préparation après avoir passé au travers de l’objectil. Au retour, les rayons suivent la même route. Ils franchissent partiellement les lames et arrivent à l’œil. En outre, l’adjonction d’un prisme à réflexion totale B, monté sur un tube latéral perpendiculaire à l’axe du microscope, permet d’envoyer sur les plaques de verre la lumière venant d’un point quelconque de la salle, sans déplacer le corps de l’appareil.
- Passons maintenant aux conclusions qu’on a tirées des photographies obtenues. M. Stead1 et M. Charpy3 ont étudié simultanément les trois alliages antimoine-étain, étain-cuivre, plomb-étain et les résultats auxquels ils sont arrivés sont à peu près identiques. Pour le premier, on le polit et on l’attaque par l’acide chlorhydrique étendu. On voit alors, si l’étain
- 1 Nature (Londres), No\. 56, 1897, n° 1456, p. 506.
- 2 Bulletin de la Société d’encouragement, 96° année, 1897, t. II, p. 384.
- Fig. 1. — Disposition du microscope pour l'étude des alliages. A. Pile de glace. — IL Prisme à réflexion totale.
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- prédomine, de belles aiguilles de ce métal sillonner un magma plus sombre, ce qui donnerait à penser que l’étain cristallise dans un alliage eutectique1. Lorsque l’alliage au contraire est riche en antimoine, la forme des cristallites2 se rapproche des cristaux de ce dernier métalloïde. Aussi on admet l’existence d’un composé défini contenant 50 pour 100 d’antimoine et isomorphe avec lui.
- La structure des alliages cuivre-étain a été reconnue par M. Behrens3 en opérant d’une façon à peu près analogue à la précédente, et M. Le Chàtelier a isolé un composé de formule SnCu3 (fig. 2). Les cristaux de ce corps deviennent de plus en plus nombreux à mesure que la proportion de cuivre augmente.
- Quant à tous les alliages plomb-antimoine, leur polissage difficile ne fait ressortir aucun constituant et chacun des éléments semble y exister à l’état libre.
- Mais la microstructure des alliages ternaires présente beaucoup plus d’intérêt au point de vue chimique que celle de deux métaux seulement. D’après M. Stead, il est possible d’y déceler la présence de deux et même de trois composés différents, ce qui les rapprocherait un peu des aciers (véritables alliages de fer et de carbone) dont M. Arnold4 a examiné la composition, si importante pour l’industrie. Quelquefois deux des éléments se combinent et cristallisent ensemble, d’autres fois trois corps s’uniront.
- On peut citer comme exemple les alliages
- étain-antimoine-arsenic, étain-antimoine-phosphore,
- 1 Les alliages eulectiques sont des alliages possédant un point de fusion minimum. M. Gutlirie, dans plusieurs mémoires publiés par le Philosophical Magazine, a fait de curieux rapprochements entre la solidification des alliages métalliques, des solutions salines dans l’eau et des mélanges de sel fondus, et il a montré que, dans ces divers cas, le corps se solidifiant à la température la plus basse possède une constitution particulière. Aussi a-t-il proposé de lui donner la dénomination A'eutectique, qui a été acceptée depuis lors.
- 2 On donne le nom de cristallites à des cristaux qui ne possèdent pas de formes géométriques nettement définies.
- 3 11. Behrens. Bas mikroskopische Gefüge der Metalle und Leqierungen. Leipzig, 1894.
- ’ 4 Engineering, Londres, 1898, t. LXI, p. 178.
- î. — Cristaux du composé Su Cu: isolés par simple polissage.
- Fig. 3. Fig. 4.
- Fig. 3. « Magnolia métal » grossissement 200 fois. — Fig. 4. Alliage de 73 parties d’étain, 20 parties d’antimoine et 5 parties d’arsenic, grossi 50 lois.
- plomb-antimoine-étain. Les gravures montrent que dans le dernier, lorsque l’étain est en grand excès, la combinaison cuivre-étain a la forme d’aiguilles ou de plaques cristallisées, entièrement distinctes du composé antimoine-cuivre qui existe sous la forme cubique.
- Semblablement, dans les alliages étain-antimoine-phosphore, les places occupées par le phosphure d’étain et les cubes d’antimoniure d’étain sont franchement séparées. D’autre part, l’alliage eutectique du « magnolia métal » composé de 80 parties de plomb, 5 d’étain et 15 d’antimoine, a une très belle structure (fig. 3) entièrement différente de celle du plomb ou de l’étain seuls et qui consiste apparemment en cristaux du système cubique, formés d’une combinaison des trois métaux présents. Enfin la contexture des alliages étain-anti-moine-arsenic est fort remarquable.
- Les cristaux semblent être des arsé-niures antimonio-stanniques. L’alliage contenant 75 pour 100 d’étain, 20 pour 100 d’antimoine et 5 pour 100 d arsenic présente une apparence particulièrement cu-rieuse (fig. 4) Les sections cristallines allée-lent des formes circulaires plus ou moins parfaites, et dans l’alliage solide des sphères paraissent exister, ainsi qu’on peut s’en convaincre en le rompant.
- En définitive, l’examen microscopique des alliages montre que leur solidification présente de grandes analogies avec celles des solutions salines, que leurs constituants se séparent à l’état de cristallites, et que, dans les alliages binaires, il existe seulement deux constituants, même si le nombre de composés définis formés par les deux métaux est plus grande
- Quant aux lois des alliages ternaires, elles ne sont pas encore bien nettement établies. Il est cependant permis d’escompter le jour où la métallographie pourra donner à l’industrie des indications très
- précieuses. Jacques Dover.
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- COMPTEUR D'EAU LAMBERT
- Dans la plupart des maisons il existe un seul compteur d’eau et le propriétaire répartit approximativement la dépense totale entre ses locataires en ajoutant une somme lixe, à forfait, au loyer pour la consommation annuelle de chaque appartement. (Test un système admis, entré dans les habitudes, mais perfectible cependant, car la quantité d’eau consommée est très variable d’un ménage à l’autre et môme d’une année à l’autre dans le môme ménage. Il serait beaucoup plus rationnel et plus équitable de ne faire payer à chacun que ce qu’il use réellement, mais pour cela il faut un compteur à chaque appartement. Le
- Fig. 1. —Compteur d’eau Lambert. Aspect extérieur. Détail de la minuterie.
- verticale dans la chambre. L’eau arrivant par l’orifice E et sortant par S fait l’effet d’un coin qui agirait entre les parois de la chambre et le disque qui, sous cette action, se met à osciller sans quitter ces parois. Ce mouvement est très curieux et très intéressant à observer sur un appareil démonté. L’avantage de ce disque-piston est de déplacer comparativement un grand volume d’eau tout en permettant un débit continu ; les orifices d’entrée et de sortie étant toujours largement ouverts, il n’y a pas d’obstruction provenant de matières étrangères entraînées; une force très faible permet de le mettre en mouvement et il peut fonctionner môme avec la faible pression du gaz d’éclairage.
- Sur la sphère et perpendiculairement au plan du disque se trouve un axe qui est entraîné avec lui et dont l’extrémité décrit un cône; un galet placé à cette
- modèle que représente notre gravure (fig. i) nous paraît répondre à ce besoin parce qu’il peut se construire en dimension très réduite tout en ne laissant rien à désirer comme fonctionnement. Il a été imaginé par un Français habitant New-York, M. Lambert, qui est du reste déjà l’inventeur de la montre à très bon marché que tout le monde connaît. Son appareil se compose dans sa partie essentielle d’une chambre AC (fig. 2) en bronze, formée de deux coques en tronc de cône superposées par leurs petites bases; celles-ci sont disposées en forme de coquille et forment un espace sphérique où se loge une boule en ébonite sur l’équateur de laquelle est soudé un disque D en môme matière ; une mortaise radiale pratiquée dans ce disque embrasse un diaphragme qui forme une cloison
- Fig 2. — Compteur d’eau Lambert. Détails du mécanisme.
- extrémité entraîne avec lui un axe coudé B qui termine un train d’engrenage M disposé de façon à augmenter la puissance motrice du disque et à transmettre à la minuterie 11 l'effort produit dans l’appareil même par une seule goutte d’eau.
- Cette minuterie représentée à part en détail (fig. 1) agit sur des disques placés parallèlement les uns à côté des autres et portant les chiffres sur leur circonférence; le nombre inscrit est ainsi beaucoup plus facile à lire qu’avec une série de petits cadrans.
- L’appareil marche très régulièrement et avec la même exactitude dans toutes les positions ; il a sa place marquée dans tous les appartements où il rendra autant de services au propriétaire qu’au locataire en évitant toute discussion au sujet de la consommation de l’eau potable. G. Mareschal.
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- LA NATURE.
- L’IMPORTATION DES AINS EN FRANCE
- EN 18d7
- Pendant les trois premiers mois de l’année 1897, il a été importé par tontes les frontières de France et livré à la consommation : 1 889258 hectolitres de vins en fûts représentant une valeur de 50 587 140 francs. Nous ferons remarquer que, pendant le trimestre correspondant de l’année précédente, l’importation avait été beaucoup plus forte, elle avait atteint le chiffre de 5020922 hectolitres, ayant une valeur de 90 807 000 francs. La diminution, constatée en 1897, est due à la bonne récolte chez nous de 1890. La plus forte diminution constatée pendant le premier trimestre de cette année porte sur les importations de l’Espagne, qui ne se sont élevées qu’à 780 778 hectolitres, contre 1980024 importés pendant le trimestre correspondant de 1890. Par contre, il y a eu augmentation dans les arrivages des vins de l’Algérie qui ont été, en 1897, de 1 001 489 hectolitres, contre 950809 relevés en 1890. En fait, la viticulture française a, pendant l’année 1897, bénéficié de la somme de 54 400 fr. environ, qui constitue la différence en moins des achats de vins faits à l’étranger comparativement aux trois premiers mois de 1890.
- GHR0NIQUE
- Les conserves de homards au Eap. — Ce n’est pas seulement au Canada ou à Terre-Neuve que cette industrie est florissante : elle est maintenant très solidement implantée, depuis quelques années, au cap de Bonne-Espérance. 11 faut dire que les homards pullulent dans la baie, et qu’une flottille de petits bateaux de pêche peut se livrer à leur capture tous les matins jusqu’à midi ; ces bateaux accostent alors à la jetée de Grainger’s Bay et déchargent leurs prises dans de grands paniers en fer qui gagnent l’usine par une voie aérienne. Pour la cuisson, qui s’opère dans une immense salle contenant une double file de chaudières, on place environ 150 homards dans un grand cylindre en tôle qu’on plonge ensuite dans l’eau bouillante jusqu’à cuisson complète ; cela ne demande qu’assez peu de temps. Alors on refroidit rapidement les cylindres en les arrosant d’eau de mer; on en retire les crustacés qui passent entre les mains d’ouvrières qui leur coupent la queue et on extrait la chair, le reste n’étant pas utilisé. Cette chair est nettoyée, apprêtée et mise en boîte. On ferme les récipients de fer-blanc, et on les soumet pendant 1 heure à un bain de vapeur à très haute température. On n'a plus qu’à laisser ensuite refroidir, puis sécher, à étiqueter, et enfin à emballer pour l’exportation.
- Photographie des projectiles en mouvement.
- — Le professeur J. A. Brashear vient de terminer un second appareil chronophotographique demandé par le gouvernement des États-Unis pour enregistrer la vitesse des projectiles lancés par les canons. Un seul levier est employé qui suffit à faire partir la charge, mettre en vibration un diapason, ouvrir l’obturateur photographique, et enfin établir un courant électrique qui éclaire la plaque.
- LJne exposition panaméricaine. — Les États-Unis cherchent de plus en plus à établir le panaméricanisme, c’est-à-dire leur hégémonie, principalement commerciale, sur l’Amérique du Centre et du Sud : c’est dans ce but que va se tenir, en 1899, une exposition de tous
- les États américains dans l’ile de Cayuga, sur le haut Niagara, à quelques milles des chutes. En même temps qu’elle renfermera l’exposition, l’ile deviendra un centre d'excursions dans le beau pays qui l’entoure. Toutes les applications de l’électricité seront répandues à foison, d’autant qu’on demandera le courant aux usines des chutes.
- Expérience de cours sur la chaleur. —
- M. Albert Campbell vient de présenter à la Société de physique de Londres une expérience de cours très simple, qui montre à la fois, et d’une manière frappante, la dilatation du verre par l’action de la chaleur et la faible conductibilité thermique de ce corps. L’expérience consiste à fixer par son extrémité inférieure un long tube de verre et à le chauffer d’un côté, près de l’attache, à l’aide de la flamme d’un bec Bunsen. On le voit aussitôt s’incliner du côté opposé à celui auquel on le chauffe, par suite de la dilatation de la partie chauffée, le côté non chauffé restant froid. En retirant le bec Bunsen, le tube de verre reprend rapidement sa position verticale primitive.
- En tombeau astronomique. — Tout le monde connaît de nom le fameux Observatoire de Mont-IIamilton ou Observatoire Lick, du nom du généreux millionnaire qui fournit les fonds pour l’élever. Le fondateur s’est fait enterrer dans l’observatoire même, et, jui plus est, dans le massif de granit qui supporte le grand télescope. Une tablette fixée au granit porte ces simples mots : « Ici repose James Lick, le fondateur de l’Observatoire ». Si vous êtes curieux de visiter ce tombeau que doit envier tout astronome passionné, vous n’avez qu’à gagner San Francisco, de là San José, dans la vallée de Santa Clara, et à prendre une voiture qui, en six heures, vous mènera à l’Observatoire.
- Le beurre australien en Angleterre. — Un seul steamer, ïHimalaya, de la compagnie « Péninsulaire orientale », a chargé dernièrement à Melbourne 28 050 kilogrammes de beurre de la province de Victoria.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 24 janvier 1898. — Présidence de M. Worr.
- De la formation des carbures alcalins el alcalino-terreux. — M. Moissan fait connaître le résultat de recherches qu’il vient de poursuivre relativement aux conditions de formation des carbures alcalins, alcalino-terreux et du carbure de magnésium. M. Berthelot avait déjà enseigné que si l’on chauffe le sodium ou le potassium dans un courant 'd’acétylène, on obtient des acétylènes sodés et potassés. M. Moissan montre que ces composés peuvent se former par la réaction lente de l’acétylène à froid et plus rapidement en augmentant la pression et la température du gaz, ou enfin à l’aide de l’acétylène liquide. Par une élévation de température ces corps se décomposent, donnent de l’acétylène et laissent le carbure alcalin. A une température plus élevée, il y a dissociation complète des éléments. Les mêmes phénomènes se produisent avec les métaux alcalino-terreux, mais la dissociation a lieu à une température plus élevée. Ces particularités expliquent pourquoi les carbures de potassium, de sodium, de magnésium ne peuvent être obtenus à la température élevée du four électrique. C’est ainsi qu’on peut maintenir dans un creuset de charbon de la magnésie fondue, sans qu’il v ait trace de fusion.
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- LA NATURE.
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- Dilatation du cœur pendant Vinspiration. — M. le professeur llouchard signale une application curieuse des rayons X à la constatation d'un phénomène purement physiologique. Au cours d’une exploration radiographique du thorax sur un sujet, il vit une ombre saillir de derrière la colonne vertébrale et disparaître. Une étude attentive lui a démontré qu’il st trouvait en présence d’une dilatation rythmique de l’oreillette droite du cœur pendant la respiration. Mais cette dilatation n’est pas liée aux mouvements proprement dits du cœur. Elle apparaît lors de la diminution de pression qui se produit à l'intérieur de la cage thoracique pendant l’inspiration.
- La fonction du foie. — M. Dastre donne lecture d’un travail dans lequel il établit que le foie des animaux remplit une fonction spéciale, d’ordre général, qu’il appelle fonction martiale. Pour montrer le caractère général de cette fonction, l’auteur a opéré des dosages comparatifs du fer dans le foie et le sang d’une série d’animaux occupant toute l’échelle zoologique. Ces dosages ont été opérés avec le concours de M. Florcsco à l’aide du procédé co-lorimétriquc au sulfocyanatc ferrique imaginé par M. La-pique. Ce procédé, bien que n’exigeant qu’une quantité de substance tout à fait minime,— 1/10 de gramme au plus, — permet d’obtenir le dixième du milligramme. C’était le seul qui convînt et même rendît possible les recherches si délicates de M. Dastre. L’auteur a pu ainsi constater que chez les Mollusques céphalopodes la teneur ferrugineuse du tissu du foie est 25 fois plus grande à poids égal que celle des autres parties du corps. Chez les Crustacés, le-sang ne renferme pas de fer et le foie est très riche. Chez les huîtres, la proportion est de 5, chez les pectens 4 à 5, chez les moules 5, chez les escargots 5, etc. Celte richesse du foie en métal est spéciale au fer, car certains mollusques et crustacés contiennent du cuivre dans le sang, alors que leur foie n’en renferme pas trace. L’auteur démontre en outre que la provision hépatique de fer se dépense et se renouvelle dans certaines conditions. Chez les Vertébrés, le sang est l’élément ferrugineux par excellence, puis vient la rate et enfin le foie. De telle sorte que la présence du fer dans le foie est considérée comme subordonnée à sa présence dans le sang. 11 s’accumulerait dans l’organe par destruction de l’hémoglobine. En somme, on ne peut douter que le fer hépatique ne soit en partie d’origine hématique, mais cette origine semble avoir masqué jusqu’ici la fonction spéciale du foie.
- Exploration sous-marine. — M. le prince de Monaco résume brièvement les résultats fournis par la campagne océanique qu’il a poursuivie en 1807. 11 a porté ses recherches sur les grands fonds de la Méditerranée, puis sur ceux de l’Atlantique, dans la région des Açores. Au point de vue océanographique, les faits réalisés se bornent à, cinquante sondages à la profondeur de 5400 mètres, avec prise de température. En outre on a constaté l’exten-siôn, 'sur une longueur de 100 kilomètres, d’un banc sous-marin d’origine volcanique dont l’existence avait été relevée l’année dernière sur une longueur de 75 kilomètres. Cette découverte a servi de point de départ à des recherches effectuées par le commandant d’une canonnière portugaise qui ont amené la découverte d’un second banc dans les mêmes parages. La pèche, sur le premier de ces bancs, est fructueuse, au point que trois petites goélettes ont amassé, en quelques jours, 22 tonnes de poissons. La chasse au chalut sur les grands fonds de 5400 mètres a donné peu de résultats cette année, mais la chasse à la nasse a été plus fructueuse. Celte dernière
- a donné un poisson qui paraît être le plus grand de ceux qui ont été capturés dans les grands fonds. La chasse aux grands céphalopodes a également produit quelques résultats intéressants. L’intensité de la vie à certaines profondeurs est telle qu’une seule nasse, immergée pendant 24 heures à 1400 mètres, a ramené 1200 animaux, presque tous des poissons. M. le prince de Monaco annonce qu’il fait construire en vue de futures explorations un bateau de 1400 tonneaux qui sera pourvu de l’outillage le plus puissant.
- Variation d’aimantation due à la chaleur. — M. Marcel Deprez indique un dispositif facile à réaliser et qui permet de mettre en évidence la variation d’aimantation provoquée par une élévation de température sur un barreau aimanté. Sur un disque de carton suspendu à un point fixe par un fil de cocon, on dispose symétriquement deux aiguilles aimantées à saturation et formant ainsi un système astatique. Ces deux aiguilles n’impriment donc au plateau aucun déplacement. On dispose au centre du disque une petite aiguille aimantée qui a, au contraire, pour effet d’orienter le disque de manière à être placée dans le méridien magnétique. Si l’une des aiguilles parallèles vient à éprouver un échauffement, le système cesse d’être astatique et le disque subit un certain déplacement angulaire.
- Varia. — MM. Wibourof et Verneuil présentent une Note sur la séparation du thorium des terres de la cérite.
- Ch. UE VlLLEOELlL.
- PHOTOGRAPHIES NOCTURNES
- DE LA TOUR EIFFEL
- Nous reproduisons deux photographies de la Tour Eiffel, prises dans la soirée du 51 mai 1897, par M. G. Loppé, d’une fenêtre de l’avenue du Troca-déro. Elles offrent de l’intérêt d’ahord parce qu’elles ont été prises longtemps après le coucher du soleil, ensuite parce qu’elles font bien voir tous les détails d’un coup de foudre frappant la grande construction en fer.
- Pendant cette soirée, M. Loppé a constamment, suivi avec l’objectif de son appareil l’orage qui a éclaté vers 9 heures, et a pu obtenir plusieurs clichés successifs. Dans les deux dernières épreuves, celles que nous reproduisons, l’orage se trouvait, par rapport à l’opérateur, dans la direction de la Tour Eiffel, c’est-à-dire à peu près au sud. î
- Dans le premier cliché reproduit (fig. 1), pris entre 101' 10 et 10|J 25, on voit l’image de plusieurs éclairs tombés successivement, l’un d’entre eux frappant le sommet de la tour Eiffel ; c]est, du reste, le séul qui l’ait atteinte pendant tout l’orage.
- Au moment de la chute de cet éclair, la pluie tombait avec abondance, ce qui peut expliquer la largeur considérable de son image.
- La seconde photographie (fig. 2)a été prise immédiatement après, l’orage s’éloignant dans la direction du sud. Les éclairs, qui tombaient en dehors du champ de l’objectif, illuminaient une partie du ciel et les nuages du côté gauche sont, pour cette cause, parfaitement modelés.
- Quoique la mise au point ait été la même pour les
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- deux clichés, l’image de la tour est beaucoup plus nette dans le second, car la pluie avait cessé de tomber. Dans les deux cas, la durée de la pose a été d'environ 15 minutes.
- M. G. Loppé a, depuis environ dix ans, pris un grand nombre de photographies de nuit et est arrivé à obtenir des clichés absolument remarquables. Il est certain que pour réussir il faut avoir une grande habitude, afin de déterminer la durée de la pose,
- Fig. 1. _ Photographie de la foudre tombant sur la Tour Eiffel.
- Une autre difficulté est la mise au point qui est assez délicate et demande beaucoup d’attention. Ün a bien évidemment la ressource de mettre au point pendant la journée et d’attendre ensuite patiemment la nuit, mais ce procédé n’est pas toujours bien commode. Avec un peu d’habitude et de patience on arrive à pouvoir mettre au point directement pendant la nuit, surtout quand on est myope et que l’on peut regarder de très près sur l’écran l’image qui est faiblement éclairée. Dans ce cas, il faut employer un écran aussi peu opaque que possible, afin
- d’après l’intensité de la lumière et la sensibilité des plaques que l’on emploie. Ce n’est que par l’expérience que l’on peut déterminer cette durée qui varie de 5 à 50 minutes.
- On a un peu de peine dans les commencements, et l’on perd naturellement un certain nombre de plaques; mais, au bout de quelques essais, on arrive à juger avec assez de précision la durée de pose pour obtenir des clichés intéressants.
- Fig. 2. — Vue (le la Tour Eiffel et état du ciel à la liu de l’orage.
- de ne pas absorber une trop grande partie de la lumière. Autrement le résultat est moins satisfaisant.
- Les photographies nocturnes peuvent avoir de l’utilité en dehors de leur intérêt scientifique. Il est donc à souhaiter qu’à l’exemple de M. Loppé les amateurs s’efforcent d’essayer d’obtenir de bons résultats dans cette voie encore assez peu explorée. L. Dumont.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahurf- rue de Fleuras, 9.
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- N° 1288. — 5 FÉVRIER 1898.
- LA NATURE.
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- LE NOUVEAU PONT DU CHEMIN DE FER
- DE COURCELLES AU CHAMP-DE-MARS
- La nouvelle ligne du chemin de 1er de Courcelles au Champ-de-Mars, qui se raccorde avec Auteuil-Ceinture et qui sera un des moyens de transport les plus utiles pour l’Exposition de 1900, est actuellement en construction. La Compagnie du chemin de fer de l’Ouest, qui la construit, a rencontré pour l’établissement du projet de cette ligne, laquelle comporte un souterrain en pleine ville et une traversée de la Seine, de grandes difficultés. Le passage sur la Seine, notamment, présentait un problème difficile. La ligne traverse le grand bras de la Seine avec un biais très prononcé, et passe en courbe sur le petit bras. La voie est, de plus, en forte pente pour venir se
- raccorder avec la ligne Champ-de-Mars—Esplanade des Invalides qui se trouve à un niveau bien inférieur à celui des ponts de la Seine.
- La navigation sur le grand bras de la Seine, qui est de plus en plus active, est rendue difficile par les piles en rivière déjà très nombreuses pour les ponts existants. Il devient désormais nécessaire'de réduire au minimum le nombre des piles en rivière, en ménageant à la navigation une très grande ouverture centrale comme au pont Mirabeau, ou de supprimer entièrement les piles là où la largeur du fleuve le permet, comme dans le futur pont Alexandre III. Le problème est relativement plus facile pour les ponts-routes, dans lesquels l’emploi d’arcs très surbaissés, situés entièrement au-dessous du niveau de la voie, est possible et tout indiqué. Dans les ponts-routes la chaussée
- Le ponl de l'a s sy en construction. Nouvelle ligne du chemin de 1er de Courcelles aux Invalides.
- empierrée, dont le poids est considérable, donne aussi à la construction une masse très importante qui a la prépondérance sur la surcharge, de sorte que les surcharges qui passent sur un pont-route ne sont qu’une bien petite partie du poids propre, et ne produisent que de faibles déformations verticales et des vibrations sans importance.
- Dans les ponts de chemin de fer il en est tout autrement : c’est la surcharge qui a le grand rôle, et à chaque passage de train le pont est très surmené. Si l’on employait comme système de pont celui du pont Mirabeau1, et celui du pont Alexandre III, les mouvements oscillatoires seraient très importants et présenteraient de graves inconvénients. La faible hauteur dont on dispose entre le niveau de l’eau et le niveau de la voie ne permet pas, dans le cas que nous considérons, l’emploi d’un arc très surbaissé, situé entièrement au-dessous de la voie. On ne pouvait d’autre part songer à l’emploi d’un pont tubu-
- 1 Voy. n° 1260, du 24 juillet 1897, p. 113.
- 26“ annSc. — l“r semestre.
- laire ordinaire à larges treillis, d’un aspect lourd et désagréable. Il fallait chercher un type de pont donnant toute sécurité au point de vue technique, et donnant toute satisfaction au point de vue esthétique.
- Ce qui doit caractériser un pont métallique, et spécialement en plein Paris, sur la Seine, c'est la hardiesse et la légèreté. La Compagnie de l’Ouest, après l’étude d’un grand nombre de projets, s’est arrêtée à celui que nous représentons dans notre gravure, comme étant le seul qui donnât toute satisfaction dans les conditions spéciales qu’il comporte, tant au point de vue technique qu’au point de vue esthétique. Ce projet est actuellement soumis à l’approbation du Ministre des travaux publics.
- Les principales dimensions et les points caractéristiques du projet sont les suivants :
- La portée libre du pont sur le grand bras de la Seine est de85m,71. La hauteur libre sous le pont, au-dessus de l’eau, est de 7m,25 au milieu delà tra-
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- vée. Comme on le voit sur la gravure, cette hauteur est sensiblement la même sur toute la largeur du jtont; elle ne se trouve réduite que dans le voisinage des culées par les retombées des arcs. Au point de \ue de la navigation, le débouché laissé par ce système est supérieur à celui que laisserait un arc situé entièrement au-dessous de la voie. La navigation ne se trouvera aucunement entravée par le pont.
- Toutes les pièces des arcs, ainsi que les montants, ont été étudiées pour présenter en élévation une très faible épaisseur, afin que toute la partie de la construction qui s’élève au-dessus de la voie ait un aspect de grande légèreté et ne soit pas encombrante.
- Des dispositions spéciales ont été étudiées aussi pour la résistance au freinage des trains à la sortie du tunnel, sur le pont. L’action brusque des freins rapides, maintenant en usage dans toutes les grandes Compagnies de chemin de fer, engendre, quand elle entre en action sur des ponts, des efforts considérables dont on ne tenait pas compte autrefois, mais qui sont maintenant un élément important dans les calculs. Le tablier du pont qui porte les voies est solidement buté et ancré dans les maçonneries de l’une des culées : sa dilatation, sous l’influence de la température, est rendue possible grâce à la flexibilité des montants de suspension dans le sens longitudinal, et à son indépendance des arcs au point de vue des attaches.
- L’exécution de la partie métallique de cet important travail a été confiée, par la Compagnie de l'Ouest, à la Société de constructions de Levallois-Perret.
- 0uant aux maçonneries, elles seront exécutées en pierre de Chàteau-Landon, qui est celle autrefois employée dans l’arc de triomphe de l’Étoile, et elles seront traitées avec l’élégance que doit comporter un pareil ouvrage. Léger, gracieux, artistique, ce pont embellira véritablement le paysage parisien dans lequel il va être placé. R. Lamenay.
- VISCOSE ET VISCOÏD
- Si le hasard a joué un certain rôle dans quelques découvertes, il faut bien reconnaître que généralement elles sont le fruit de l’observation et de la recherche. Pour la viscose et le viscoïd, il ne peut y avoir aucun doute ; ce sont les remarquables travaux qu’ils poursuivent sur les composés cellulosiques depuis de^longues années, qui ont conduit MM. Cross, Bevan et Beadle à ces nouvelles et originales applications de la cellulose.
- On sait que le coton à l’état pur est le type chimique de la cellulose. Le lin, le chanvre, la ramie, fournissent aussi des celluloses qui se rapprochent très près du coton ; au contraire, les celluloses extraites des bois ou des pailles en diffèrent sous bien des rapports.
- Les industries qui ont pour base la cellulose ont été longtemps presque exclusivement mécaniques (filature, tissage, papier de chiffon, etc.), la chimie n’y intervenait que pour nettoyer les fibres par le blanchiment, ou en modifier la nuance par la teinture.
- La découverte du coton-poudre (nitro-cellulose) fut le premier exemple d’un corps dérivant de la cellulose par une réaction chimique; outre ses qualités explosives, la nitro-cellulose jouit de la propriété de se dissoudre dans l’alcool et l’éther; cette solution constitue le collodion.
- Nous avons déjà dit que le collodion malaxé avec du camphre constituait le celluloïd et que ce celluloïd lui-même, mélangé à différents corps qui l’assouplissent et le rendent peu ou pas inflammable, se transforme en pégamoïd1.
- Mais les solvants employés pour ces corps, l’alcool et l’éther, sont chers et ils ne dissolvent que la cellulose nitrée; ce n’est donc pas encore la solution de ce problème tant travaillé : trouver un solvant économique qui dissolve directement la cellulose, c’est-à-dire le coton, sans l’altérer.
- Jusqu’à la découverte de la viscose on connaissait, comme dissolvant de la cellulose, le chlorure de zinc en solution aqueuse concentrée à 40 pour 100 qui dissout la cellulose par une longue digestion à 90-100° G.
- La solution du même chlorure dans deux fois son poids d’acide chlorhydrique concentré agit sur la cellulose instantanément à froid ; c’est un dissolvant acide.
- Enfin l’oxyde de cuivre hydraté (5 pour 100) dans l’ammoniaque aqueux (15 pour 100 AzII3) dissout rapidement à froid la cellulose en dissolution alcaline.
- Les moyens de dissoudre la cellulose n’ont jamais trouvé d’application industrielle importante ; tout au plus peut-on citer l’imperméabilisation relative des étoffes par l’emploi de la cupro-cellulose, et l’utilisation de la solution au chlorure de zinc, pour la fabrication des filaments destinés aux lampes électriques à incandescence.
- Au contraire, la découverte par MM. Cross, Bevan et Beadle du sulfocarbonate soluble de cellulose, d’où dérivent viscose et viscoïd, a ouvert une nouvelle voie en dotant l’industrie d’un produit économique doué de propriétés particulières qui la rendent apte à une foule d’applications les plus diverses et les plus intéressantes.
- Quand on traite le coton ou le papier de chiffon par un alcali, la soude, par exemple, il se forme une combinaison appelée alcali-cellulose; pour celte opération, il faut amener la cellulose à un état très divisé et remuer énergiquement. Cet alcali-cellulose, agité en vase clos avec du sulfure de carbone, s’y dissout après 2 ou 3 heures d’agitation, en donnant un composé de cellulose thio-sulfocarbonale de soude soluble dans l’eau en toute proportion. Cette solution incolore est d’une viscosité extraordinaire, d’où son nom de viscose.
- La viscose est donc une solution aqueuse de cellulose combinée ou associée à la soude et au sulfure de carbone.
- Cette solution de viscose, abandonnée un certain temps, se coagule spontanément en donnant un coa-gulum solide et ferme de cellulose hydratée, u,,: peu à peu se rétrécit en conservant la forme du vase qui le contient. Ce produit solide constitue le viscoïd. Pendant cette dessiccation il y a départ du sulfure de carbone et de soude et régénération de la cellulose. Cette cellulose, comme réaction chimique et comme composition, correspond exactement à la cellulose ordinaire, mais son état physique est profondément modifié ; de fibreux, qu’est le produit primitif, il est devenu continu ; c’est cet état qui communique au nouveau corps ses principales propriétés.
- Si au lieu de laisser la solution de viscose-s’évaporer lentement on la chauffe, au-dessous de 40° C., en couches
- 1 Voy. n° 1275, du 0 novembre 1897, p. 562.
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- minces, sur des plaques de verre, il n’y a pas de décomposition sensible ; la substance sèche reste complètement soluble. Mais si on chauffe à 70°-80°C., la solution s’épaissit rapidement, et à 80°-90°C., la coagulation est presque instantanée. La régénération de la cellulose résulte de la dissociation du sulfocarbonate cellulosique ; aussi, les agents qui réagissent sur les composants de ce corps, comme les acides et les sels acides, les sulfites et les oxydes métalliques, accélèrent la décomposition en produisant la coagulation.
- En résumé, la cellulose traitée par un alcali et ensuite par le sulfure de carbone forme un dérivé alcalin sulfuré soluble en toute proportion dans l’eau en donnant une liqueur très visqueuse appelée viscose. La viscose, sous diverses influences, se décompose en ses constituants et régénère une cellulose douée de nouvelles propriétés dues à sa nouvelle structure continue ; on l’appelle viscoïd.
- Les applications de la viscose et du viscoïd découlent des propriétés de ces corps.
- Application de la viscose (papier). — La viscose sert au collage des pâtes à papier; une quantité de viscose contenant 2 à 5 pour 100 de cellulose sèche suffit à augmenter de 30 à 80 pour 100 la résistance du papier. On opère en mêlant la viscose à la pâte dans les piles et en précipitant la cellulose de la viscose, autour des fibres de la pâte, à l’aide d’un sel métallique qui forme, par double décomposition, un sulfocarbonate très soluble, lequel se décompose en sulfure de carbone et sulfure métallique. Le sulfate de zinc convient parfaitement, car il élimine la plus grande partie du sulfure à l’état de sulfure de carbone et le reste sous forme de sulfure de zinc blanc sans action sur le sulfate d’alumine contenu dans la pile.
- Ce collage à la viscose augmente la résistance du papier jusqu’à 80 pour 100. Cette différence dans la résistance est encore plus grande si l’on compare des papiers mouillés.
- C’est surtout les gros papiers et les papiers d’emballage que l’on colle à la viscose.
- Une autre application de la viscose est l’apprêt des papiers. On dépose sur ceux-ci une solution colorée de viscose, que l’on décompose à chaud; on cylindre ensuite ; la cellulose régénérée adhère fortement, et l’on obtient ainsi des papiers unis dont l’aspect et les propriétés sont remarquables. Ils résistent à l’eau bouillante et peuvent se teindre comme des étoffes. Il y a donc une certaine analogie entre les papiers viscoïdés et les papiers péga-moidés.
- Jusqu’ici les essais tentés pour utiliser la viscose au collage et à l’apprêt des papiers blancs n’ont pas donné les résultats voulus.
- Tissus (couchage et gaufrage). — Comme les papiers, les tissus peuvent recevoir une couche mince de viscose, que l’on fixe par la chaleur ; la pellicule de cellulose qui se déprasç egt très flexible et aussi élastique que l’étoffe. On peut donc obtenir des dessins par gaufrage ou estampage, et, en donnant aux tissus le grain du chagrin ou du maroquin, on fait des imitations de peau qui servent à la reliure et à la fabrication de tous autres objets. C’est encore une concurrence aux tissus pégamoïdés.
- Apprêt. — C’est là une importante application de la viscose, d’un grand intérêt pour les tissus légers de lin et de coton. On imprègne ceux-ci de viscose mélangée à du kaolin; on cylindre et on fixe par la chaleur. Le kaolin reste emprisonné par la cellulose régénérée ; il en résulte un bel apprêt permanent qu’on peut laver impunément, blanchir, teindre et même savonner au bouillon, sans altérer en rien l’aspect du tissu.
- On voit de suite les avantages considérables de cet apprêt de cellulose sur cellulose, sur l’apprêt ordinaire à l’amidon ou au kaolin seul qu’un simple lavage à l’eau fait disparaître.
- Impression. — Au lieu d’imprégner entièrement le tissu de viscose, on peut la déposer par places, à l'aide de l’impression; on obtient ainsi des effets de blanc sur blanc, des damassés imprimés, etc. Pour cela on ajoute une certaine quantité de kaolin à la viscose, on imprime sur tissu blanchi ou écru, on vaporise pour décomposer le xanthate de cellulose, et celle-ci, en se déposant, retient mécaniquement le kaolin. Ensuite on lave, savonne et blanchit si besoin en est. Sur le tissu ainsi préparé on imprime des dessins à une ou plusieurs couleurs, puis on termine comme d’habitude.
- Applications du viscoïd. — Le viscoïd, par sa nature même, sert à produire des solides. Nous avons dit que la viscose en couches peu épaisses se transformait en viscoïd; on a utilisé cette propriété pour faire des pellicules minces et transparentes.
- Pour cela, il suffit de verser la viscose sur des plaques en verre ou en fer que l’on sèche à une douce chaleur, et que l’on porte ensuite à 80-90° C. 11 y a décomposition avec départ du sulfure de carbone, et il reste une pellicule continue de cellulose souillée de sulfures. On détache la feuille et on la lave en la plongeant dans l’eau chaude. Au besoin on la blanchit au chlorure de chaux. On a ainsi des feuilles d’une force et d’une élasticité remarquables, imperméables à la graisse et qui se laissent colorer avec facilité. Sous ce rapport, la cellulose régénérée montre plus d’affinité pour les couleurs que la cellulose fibreuse ordinaire.
- Si, au lieu de dessécher la viscose en couche mince, on la laisse en grandes quantités, elle se transforme en masses de viscoïd d’une grande dureté et qui se laissent facilement travailler. La viscose seule donne un produit noirâtre, ayant l’apparence de la corne ; en la mélangeant avec de l’oxyde de zinc on a des solides blancs opaques, avec les oxydes de fer on a des corps bruns et rouges, avec du charbon, des solides noirs qui imitent l’ébonite, mais sont beaucoup plus résistants. Avec la poussière de bois ou de bouchon on obtient des produits plus légers que l’eau.
- Ces solides diversement colorés servent à faire une foule d’objets; des manches d’outils, des parapluies, des cannes, des instruments de chirurgie, des appareils d’installation électriques, des boutons, etc., etc., il y a là toute une nouvelle industrie des plus intéressantes.
- L’industrie de la viscose et du viscoïd, comme on le voit, se rapproche de celle du pégamoïd. 11 est difficile de dire actuellement lequel de ces produits offre le plus d’applications avantageuses, mais à coup sûr la viscose, et par suite le viscoïd, a cette supériorité d’exiger, pour sa préparation, des produits beaucoup plus économiques que le pégamoïd.
- Quant à leur réussite industrielle, l’avenir prononcera ; mais il ne faudrait pas s’étonner outre mesure si le succès persistant, le seul à envisager en industrie, allait plutôt à celui qu’une discrétion voulue a fait moins connaître du grand public. Léon Lefèvre.
- BOIS INCOMBUSTIBLE
- Depuis la bataille de Yalu, où presque tous les navires chinois prirent feu, on cherche à rendre incombustib’e
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- le bois destiné à la construction des ponts et des œuvres légères des navires de guerre.
- A ce sujet, une série d’expériences ont été faites aux Etats-Unis; elles ont prouvé que les produits de l’espèce, employés dans la marine américaine, ne remplissaient le but cherché que dans des conditions très limitées. On a reconnu au bois incombustible les inconvénients suivants : il corrode le métal d’une façon certaine quoique légère ; il est difficile à travailler, il est plus lourd et moins résistant qu’à l’état naturel; enfin, ce qui est plus grave, il absorbe l’eau très facilement, au plus grand détriment de ce qui l’avoisine. On a constaté en outre qu’en passant de l’état sec à l’état humide et réciproquement, le bois incombustible se dépouille des produits chimiques qui le rendaient tel, de sorte qu’il redevient aussi inflammable que le bois ordinaire, et même plus.
- Or, sur les navires de guerre, tout le bois employé est
- exposé à être mouillé ; il conservera donc, s’il est rendu incombustible, cette humidité, excepté sur les ponts supérieurs qui sont exposés au soleil ; mais là il passera alternativement de la sécheresse à l’humidité et perdra vite ses qualités d’incombustibilité. L’amirauté américaine a, en conséquence, proscrit l’emploi de ce bois pour la confection des ponts; on ne devra l’utiliser que dans les parties où il pourra être recouvert d’une couche de peinture, bien qu’il soit difficile de lui appliquer cette dernière. U. S.
- PLANTES ENVAHISSANTES
- On se ligure communément qu’il n’y a que dans les milieux tropicaux, dont les conditions de chaleur et d’humidité sont si favorables, que la végétation
- puisse devenir dangereusement envahissante, en se multipliant plus vite que l’homme n’arrive à la détruire. Et cependant certaines parties des États-Unis et de l’Europe s’aperçoivent en ce moment qu’il existe, sous leur climat, des {liantes aussi déplorablement prolifiques que les célèbres lapins d’Australie.
- H y a quelque temps, on signalait ici, en cinq ou six lignes, la gêne que la navigation trouvait par suite de la multiplication des végétations aquatiques dans le lit de plusieurs rivières américaines : grâce à des renseignements fournis par notre confrère Strand Magazine, nous pouvons être plus précis à ce sujet. U s’agit de la jacinthe d’eau qui, originaire des contrées tropicales, s’est introduite, on ne sait trop comment, dans les cours d’eau de Floride : toujours est-il qu’en 1890 on en nota l’existence dans la rivière Saint-John, à Edgewater, à 6 ou 7 kilomètres au-dessus de Palatka. La plante s’était
- d’abord multipliée en eau fermée, dans un petit étang des environs ; mais quand on nettoya l’étang on commit la maladresse de jeter dans la rivière toutes les herbes aquatiques qu’on avait coupées. La jacinthe se multiplia dès lors d’autant plus que bien des gens en prenaient des boutures pour en planter sur le bord de l’eau devant leur résidence, et jouir du charmant aspect de cette fleur.
- Celle-ci commence par former d’épaisses bordures flottantes, desquelles il se détache avec une désastreuse facilité des espèces de radeaux végétaux qui s’accumulent rapidement sur certains points jusqu’à couvrir complètement la surface de l’eau. C’est le cas tel qu’il se montre sur une photographie de la rivière Saint-John au pont de Palatka (fig. 1), photographie prise par M. Herbert J. Weber, fonctionnaire du département de l’Agriculture de la Confédération. La question prend en effet tellement d’importance, que l’Administration centrale poursuit une enquête afin de
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- trouver un moyen de combattre cette invasion végétale : les hélices des petits bateaux à vapeur s’engagent dans ces masses flottantes de jacinthes, les grands steamers mômes sont arrêtés par ces radeaux épais, ils ne peuvent plus gouverner et sont exposés à se mettre au plein. Ajoutons que l’accumulation de ces plantes arrête le cours de l’eau, empêche le flottage, la pêche, et finalement infecte l’eau lorsqu’elles y pourrissent.
- Mais l’Europe est, elle aussi, menacée d’une invasion analogue : le danger était récemment signalé par le IF Seligo, dans YAllgemeine Fischerei Zeitung, qui jette un cri d’alarme contre YElodea canadensis, ou wasserpest, comme on l’appelle en Allemagne. D’origine américaine, cette plante fit son apparition en Europe vers 1840, se multipliant dans les canaux et rivières, soit qu’elle provînt de jardins botaniques, soit de bourgeons apportés en même temps que d’autres plantes exotiques. En 1859, elle apparaissait àPotsdam,et, dès 1865, elle remplissait le Havel et les lacs avoisinants. Aujourd’hui, paraît-il, elle se rencontre partout dans l’Allemagne du nord, et, depuis 1870, elle s’est introduite en France, en Belgique et en Hollande.
- Toutes les eaux douces lui sont propices, mais surtout celles où le sol est calcaire et riche en humus : chaque pied atteint bientôt un développement considérable. Il est vrai qu’il ne vit pas très longtemps, mais il donne toujours naissance à beaucoup de
- bourgeons, et ce sont bientôt autant de pieds qui forment de véritables prairies flottantes, ainsi que le disait notre excellent confrère Etangs et Rivières. Ce qu’il y a de particulièrement regrettable, c’est
- qu’il ne s’agit point de prairies superficielles, puisque cette masse végétale a souvent jusqu’à 5 mètres d’épaisseur. La multiplication se fait d'autant plus vite que chaque brindille qui se brise (et il suffit pour cela d’un choc très faible) donné rapidement naissance à un autre pied. Nous n’avons pas besoin de dire que, au milieu de ces amas de plantes encombrant presque tout le lit d’un canal ou d’un cours d’eau, la navigation devient à peu près impossible ; il en est de même de la pêche, YElodea ayant en outre,
- d’après le Dr Seligo, une influence des plus fâcheuses sur la multiplication du poisson. Le même auteur nous dit qu’on a dépensé récemment 9200 francs pour débarrasser le canal de Spandau, sur une longueur d’un mille et demi, des pieds à'Elodea qui l’obstruaient, et il en arrive à conclure qu’il n’y a plus rien à faire contre cette invasion quand on a laissé la plante librement évoluer pendant une année.
- Il est évident qu’il ne faut point se laisser aller à ce sentiment de découragement; maison ne peut douter que le danger ne soit grand.
- Pierre de MÉRfEi..
- Fip. 2. — La jacinthe d’eau ou Piaropm crmsipes.
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- TROIS SEMAINES DE SÉJOUR
- DANS UN CRATÈRE
- Il s’agit d’un séjour qui a été fait récemment par 31. le Dr II.-B. Guppy sur le bord du cratère de Mokua-weoweo, dans l’archipel de Hawaï, et dont il a rendu compte dans le Pacific commercial achertiser.
- Dès qu’il fut arrivé au point où il allait séjourner et que ses compagnons d’ascension l’eurent laissé complètement isolé pour trois semaines, 31. Guppy se mit à installer solidement sa tente et scs instruments météorologiques. Il lui semblait, comme il le dit pittoresquement, que la vie des habitants de la lune (s’il y en a) doit ressembler à celle qu’il menait : stérilité absolue du sol environnant, voisinage d’un vieux volcan, raréfaction de l’atmosphère, sécheresse intense de l’air, absence de nuages le jour, ciel calme et étoilé la nuit, froid intense, etc.
- Pendant les premiers jours l’air était électrisé au plus haut point : la couverture dans laquelle s’enveloppait 31. Guppy craquait sous ses doigts, il y pouvait tracer des lettres phosphorescentes; comme conséquence, il souffrait de maux de tête, de mal de gorge, la peau ne jouait plus son rôle, il était pris de somnolences, de palpitations, de lassitude, il perdait l’appétit.
- Ses distractions étaient peu abondantes : matin et soir il voyait l’ombre de la montagne se profiler sur le ciel, parfois il admirait de magnifiques halos lunaires. Puis ce furent quelques secousses de tremblement de terre, une chute de pluie peu abondante d’ailleurs, puisque pendant les vingt-deux jours il tomba en tout 7mm,5 de pluie. Notre courageux observateur suivait assidûment la formation des nuages, et il assistait ainsi à la formation et à l’évanouissement brusques de cirrus qui apparaissaient soudain, s’épaississaient en quelques minutes, puis semblaient subir une commotion interne qui les dispersait totalement. D’une façon plus détaillée, voici comment se passent les choses. Supposons le spectateur regardant vers l’est : il n’aperçoit pour l’instant qu’un ciel bleu et sans nuages; mais tout à coup apparaît une tache d’un blanc d’étain qui s’étend en peu de minutes jusqu’à devenir une masse épaisse. En moins d’une demi-minute, elle atteint des dimensions énormes ; puis la masse tout entière est violemment emportée vers l’ouest, et c’est alors qu’elle éclate et se fond.
- Le Dr Guppy descendit dans le cratère en l’abordant par le côté nord-ouest, et cela non sans peine ni danger ; quand il eut atteint le fond, il se vit enveloppé d’un brouillard impénétrable. Aussi bien, pour peu que la température soit humide et le ciel couvert, on voit des vapeurs blanches a’élever de presque toute la surface du cratère, vapeurs qui paraissent peu quand le ciel est pur. Ce qui est assez curieux, c’est qu’on rencontre couramment des insectes divers sur le sommet de la montagne, mouches, abeilles, moucherons, phalènes, des papillons même, mais le plus souvent moribonds. Tous sont apportés sans doute par le vent du sud et ne tardent point à mourir.
- Pendant les dernières journées de son séjour, 31. Guppy se sentait s’affaiblir rapidement, toutes ses provisions avaient pris un goût de pétrole, il avait la figure noire comme celle d’un charbonnier, et ce ne fut pas sans soulagement qu’il vit arriver l’expédition qui venait le chercher. I). Lebois.
- L’ŒUF DES BOUSIERS
- La question de l’œuf des bousiers, aujourd’hui élucidée, a été fort longue à mettre en lumière. C’est ainsi que 31. J.-H. Fabre d’Avignon, pour qui les mœurs les plus obscures des insectes n’ont plus de secrets, avait échoué dans ses tentatives. C’est par cette question qu'il inaugurait ses magnifiques Souvenirs entomologiques, parus en 1879 ; le problème n’était pas résolu. Ce n’est que dans la 5e série de ces mêmes mémoires, parue cette année même1, que l’obscurité est dissipée. Ces études, dont nous croyons devoir parler ici, n’intéressent pas seulement les entomologistes ; elles ont une portée plus haute et nous donnent de curieux aperçus sur l’instinct des insectes.
- Les bousiers sont les insectes qui vivent dans les déjections des grands animaux. Malgré leurs habitudes qui paraissent répugnantes au premier abord, ces insectes sont fort intéressants dans leurs mœurs et souvent même fort jolis dans leur habillement.
- L’un des plus curieux, à coup sur, est le scarabée sacré, adoré jadis en Egypte à l’instar d’un dieu. 11 a, en effet, la singulière habitude de fabriquer d’énormes boules de fiente, de les rouler au loin et de les enfermer dans un trou du sol, dans lequel il pénètre également. Que fait-il dans ce repaire obscur? On croyait autrefois qu’il pondait un œuf dans la boule. Il n’en est rien; le scarabée se contente de manger tranquillement la boule qu’il a véhiculée avec tant de peine. Tous ces faits sont bien connus aujourd’hui. Mais comment se reproduit le coléoptère ? Pour le savoir, Fabre a fait une série innombrable d’observations et d’expériences. Il en a élevé dans des volières ad hoc, les nourrissant avec des bouses de mulets, de chevaux, de vaches, qu’il récoltait à grand’peine dans les environs, ce qui, on le comprend, lui faisait une singulière réputation. Il voyait bien se former les boules sous ses yeux, mais toutes étaient dévorées ensuite. Jamais il ne rencontrait d’œuf à l’intérieur, pas plus dans celles qui avaient été faites en captivité que dans celles qu’il récoltait dans les champs ; dans les volières, les scarabées mouraient sans laisser de progéniture. Ils devaient encore garder leur secret pendant longtemps.
- C’est presque le hasard qui devait le dévoiler. Je dis presque parce que, ici, comme partout ailleurs, le hasard n’est favorable qu’à ceux qui le provoquent. Fabre, en effet, avait fait la connaissance d’un jeune berger qu’il avait reconnu intelligent et qu’il avait chargé de noter les faits et gestes des scarabées. Or, un jour, le berger surprit l’insecte sortant de terre et, ayant fouillé au point d’émersion, trouva une mignonne poire, immédiatement portée à Fabre. Cet objet curieux semblait sorti d’un atelier de tourneur; il était ferme sous les doigts et
- 1 Dclagrave, éditeur.
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- de courbure très artistique. D’autres furent trouvés bientôt après ; c’était là l’œuvre maternelle du scarabée; plusieurs fois la mère fut trouvée en sa compagnie (fig. 5).
- Le nid du scarabée se trahit au dehors par une petite taupinée, au-dessous de laquelle s’ouvre un puits d’un décimètre se continuant par une galerie horizontale, sinueuse, qui à son tour se termine dans une vaste salle où l’on pourrait loger le poing.
- C’est sur le plancher de cet atelier qu’est couchée la poire, son grand axe étant horizontal. Les plus fortes dimensions sont 45 millimètres de longueur sur 55 millimètres de largeur; les moindres montrent 55 et 28 millimètres. La surface est soigneusement lissée sous une mince couche de terre rouge. Molle au début, elle ne tarde pas à se durcir par dessiccation de manière à ne plus céder sous la pression des doigts.
- En se rendant compte de la matière qui constitue les poires, on a tout de suite l’explication des insuccès obtenus par Fabre dans ses essais en volières. Elles sont, en elfet, constituées exclusivement par des déjections de moutons. Pour lui, la substance grossière du cheval et des mulets était suffisante. Mais pour sa progéniture, il choisit une pâte plus molle, plus fine, plus nourrissante, plus plastique. Si on ne la lui fournit pas, le scarabée refuse de nidifier, et c’est ce qui était arrivé à Fabre dans ses élevages. On voit que la réussite des expériences d’histoire naturelle tient souvent à peu de choses.
- L’œuf est placé dans la partie rétrécie de la poire, dans le col, creusé à l’intérieur d’une niche à parois luisantes et polies. 11 mesure 10 millimètres de long-sur 5 millimètres de large et n’adhère que par son extrémité postérieure au sommet de la niehe (fig. 2, n°2). Pourquoi,l’œuf est-il placé là et non au centre de la poire, où, semble-tril, il serait mieux protégé contre les intempéries? Sans doute pour permettre à l’oxygène de Pair extérieur dé venir plus facilejment en contact avec l’œuif et la lgyrye naissante. Quant à la forme arrondie du nid, elle «'explique par la'nécessité reconnue par Iq scarabée, de diminuer l’évaporation qui aurait pour effet dé rassir par trop, le pain donné'au ver. (hv la sphère est la. forme qui englobe le. plus de matière avec unasurlace minimum, c’est-à-dire très apte a ’dimhïu&P' l’évaporation.; la loge incubatrice, qui allonge cette sphère, en poire, est, en quelque sorte, surajoutée au magasin de^ vivres. •
- La confection de la poire s’obtient de plusieurs manières. Souvent la bohlej'èst* confectionnée sur place, puis véhiculée au loin jusqu’en un point facile à creuser. Là* la boule’est emmagasinée telle quelle, ou bien d’abord déchiquetée au dehors, puis refaite à nouveau pour être introduite dans le nid. D’autres fois, enfin, les déjections des moutons sont récoltées telles quelles et introduites dans le- nid où elles sont modelées en boule. Il est fort -difficile de suivre la confection de cette dernière, car l’animal ne peut travailler que dans l’obscurité. Dès qu’il
- aperçoit de la lumière, il se sauve et abandonne son ouvrage. Cependant, en l’élevant dans un bocal placé dans l’obscurité et en faisant de rapides visites, Fabre a pu en suivre les différentes phases. La pilule est construite sur place avec sa forme arrondie, et cela sans qu’il y ait rotation sur le sol, ainsi qu’on serait tenté de le croire. Quand elle est achevée, le scarabée confectionne sur le côté un fort bourrelet circulaire circonscrivant une sorte de cratère peu profond : à cet état, l’ouvrage ressemble à certains pots préhistoriques, à panse ronde, à grosses lèvres autour de l’embouchure. C’est dans ce cratère que sera pondu l’œuf; les bords rapprochés par-dessus constitueront la partie amincie de la poire (fig. 2, n°l ).
- L’incubation dure peu ; sous l’influence de la chaleur du soleil l’œuf éclotencinq, six ou douze jours. Tout de suite, il se met à dévorer la manne mise à sa portée. Petit à petit, toute la nourriture disparaît, mais l’insecte ne touche pas à la croûte extérieure qui lui est si utile contre la chaleur desséchante du dehors. Ici se place un fait digne de remarque et certainement très étrange. Si l’on vient à ouvrir une brèche dans la croûte extérieure, on voit tout de suite la tète du ver apparaître, puis disparaître. Immédiatement après, la fenêtre se clôt d’une pâte brune, molle, faisant prise rapidement. A priori, on pourrait penser que la larve prélève une partie de sa nourriture pour boucher l’orifice. Ce serait du gaspillage; mais la larve est bien plus avisée. Le mastic n’est autre que sa propre fiente que l’animal étale avec la partie postérieure de son corps, tronqué en biseaujet semblant fait tout exprès pour agir comme une,truelle(fig. 2, n° 5). La larve, d’ailleurs, contient toujours en réserve une masse énorme de ce mastic; -elle peut boucher cinq ou six fois de suite la brèche que l’on s’obstine à ouvrir. Toujours avec la même matière, le ver réunit les morceaux de sa poire quand elle vient à être écrasée. C’est là une propriété qui lui est précieuse, car les poires sont souvent attaquées par des moisissures qui tendent à la faire craqueler. Grâce à son mastic injecté dans les fentes, la larve met un frein à l’ardeur dévastatrice du champignon.
- En quatre ,ou cinq semaines, le complet développement ' est acquis. Avant de se transformer en nymphe, le ver double et triple l’épaisseur de la p^'rpi jie ce qui reste de la poire, toujours à l’aide • de son ciment dont il a gardé large provision en réserve.
- * C’est en août, généralement, que l’insecte est mûr pour la délivrance, grave moment pour le scarabée. Si le temps reste sec, en effet, il lui est impossible de sortir de sa prison. Pour se libérer, il est nécessaire qu’il pleuve. Alors, l’insecte, jouant des pattes et en poussant du dos, rejette la terre devenue malléable et sort. C’est peut-être là l’origine de la fable égyptienne qui représente la mère scarabée comme devant jeter sa pilule dans le Nil pour libérer sa progéniture. En tout cas, la coïncidence est curieuse.
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- Les autres scarabées se comportent à peu près de même que le scarabée sacré, avec quelques différences à noter. C’est ainsi que le scarabée à large cou emmagasine deux petites poires au lieu d’une dans son terrier. Dans chacune d’elles, bien entendu, est pondu un œuf.
- Les gymnopleures, bousiers au vol rapide et à l’odorat subtil, consomment habituellement sur place. Ce n’est qu’au moment de la reproduction qu’ils confectionnent des boules de fiente, tout à fait comme les scarabées, et les véhiculent au loin. Ils creusent leur terrier à deux ou trois pouces de profondeur et, avec la boule amenée, y confectionnent une nouvelle pilule dont la forme et la grosseur sont celles d’un œuf de moineau.
- Les Copris nous présentent des faits encore plus intéressants. Eux, en effet, ne font jamais de pilules en dehors de la reproduction. Quand ils ont découvert une belle bouse, chacun d’eux creuse au-dessous d’elle une longue galerie terminée par une chambre de la grosseur du poing. Là, le copris emmagasine, d’une manière quelconque, un énorme amas de nourriture qu’il dévorera ensuite tranquillement.
- Au moment de la ponte, en mai-juin, le copris délaisse la manne des chevaux et des bœufs et s’adresse au produit mollet du mouton. Il creuse au-dessous de l’amas et l’enfouit tout entier sur place, lambeaux par lambeaux. Chose curieuse, les deux sexes prennent part, généralement, au travail du terrier. Mais, une fois le logis bien pourvu, le mâle s’en va et laisse la femelle continuer toute seule le travail.
- La pièce somptueuse emmagasinée affecte toutes les formes. On en voit d’ovoïdes, comme des œufs de dinde, dont elles ont le volume, de rondes comme des
- fromages de Hollande, de circulaires et légèrement ren-llées à la face supérieure, etc. Mais toujours la surface en est lisse et régulièrement courbe (fig. 1). On peut d’ailleurs surprendre souvent le copris se promenant à la surface de sa miche, pour la raffermir et l’égaliser, et cela pendant plus d’une semaine. On se demande à quoi peut servir ce travail, puisque la masse est destinée à cire morcelée. Peut-clre ces soins et ces
- intervalles de temps permettent-ils à la masse de fermenter et de se bonifier? Quoi qu’il en soit, la subdivision en blocs ne va pas tarder; le copris se met au travail.
- « Au moyen d’une entaille circula ire pratiquée par le couperet du chaperon et la scie des pattes antérieures, décrit Fabre, il détache de la pièce un lambeau ayant le volume réglementaire. Pour ce [coup de tranchoir, pas d’hésitation, pas de retouches qui augmentent ou retranchent. D’emblée et d’une coupure nette, le pàton est obtenu avec la longueur requise. Il s’agit maintenant de le façonner. L’enlaçant de son mieux de ses courtes pattes, si peu compatibles, ce semble, avec pareil travail, l’insecte arrondit le lambeau par
- le seul moyen de la pression. Gravement il se déplace sur la pilule informe encore, il monte et il descend, il tourne à droite et à gauche, en dessus et en dessous; il presse méthodiquement un peu plus ci, un peu moins là ; il retouche avec une inaltéranlepatience; et voici qu’au bout de vingt-quatre heures, le morceau anguleux est devenu sphère parfaite de la grosseur d’une prune. Dans un coin de son atelier encombré, l’artiste courtaud, ayant à peine de quoi se mouvoir, a terminé son œuvre sans l’ébranler une fois sur sa base; avec longueur de temps et patience, il a obtenu le globe géométrique que sembleraient devoir lui refuser son gauche outil-
- Fig. 1. — Conris arrondissant un amas de fiente dans son terrier.
- i
- Fig. 2. — Scarabée sacré. — 1. Boule avec le cratère destiné à recevoir'l’œul.
- 2. Coupe longitudinale d’une poire; on voit au sommet l'œuf dans une petite cavité.
- 3. Larve du scarabée sacré. '
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- lage et son étroit espace. Longtemps encore l’insecte perfectionne, polit amoureusement sa sphère, passant et repassant avec douceur la patte jusqu’à
- ce que la moindre saillie ait disparu. Ses méticuleuses retouches semblent ne devoir jamais finir. Vers la tin du second jour cependant le globe est jugé convenable.
- Fig. 3. — Scarabée sacré femelle achevant de confectionner la poire où elle a pondu un œut.
- La mère monte sur le dôme de son édifice ; elle y creuse, toujours par la simple pression, un cratère de peu de profondeur ; dans cette cuvette, l’œuf est pondu. Puis, avec une circonspection extrême, une délicatesse surprenante avec des outils si rudes, les lèvres du cratère sont rapprochées pour faire voûte au-dessus de l’oeuf.
- La mère lentement tourne, ratisse un peu, ramène la matière vers le haut, achève de clôturer. C’est ici travail délicat entre tous. Une pression non ménagée, un refoulement mal calculé pourrait compromettre le germe sous son mince plafond. De temps en temps, le tra-
- vail de clôture est suspendu. Immobile, le front baissé, la mère semble ausculter la cavité sous-
- jacente , écouter ce qui se passe là-dedans. Tout va bien, paraît-il ; et la patiente ma nœuvre recom -mence : fin ratissage des flancs en faveur du sommet qui s’effile un peu, s’allonge. Un ovoïde dont le petit bout est en haut remplace de la sorte la sphère primitive. Sous le mamelon, tantôt plus, tantôt moins saillant, est la loge d’éclosion avec l’œuf. Vingt-quatre heures se dépensent encore à ce minutieux travail. »
- La mère revient ensuite à la miche et y découpe
- Fig. .{. — Copris veillant sur les quatre poires qui contiennent ses œufs.
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- deux et même trois nouveaux ovoïdes (fig. 4). Chose digne d’être signalée, pendant tout ce temps et même après, la mère ne mange pas, elle qui cependant est si vorace en temps ordinaire.
- La ponte achevée la mère, au lieu de s’en aller comme la femelle du scarabée, reste dans son terrier et veille sur sa progéniture. C’est là un fait unique dans l’ordre des Coléoptères. Les mères ne remontent qu’en septembre, c’est-à-dire en même temps que les enfants devenus adultes.
- Dans le terrier, la femelle va constamment d’une pilule à une autre, les palpant, les ratissant, les retouchant. Aussi sont-elles toujours d’une propreté absolue. Jamais on ne les voit fendillées ou couvertes de moisissures comme celles des scarabées. Une expérience montre bien l’efficacité de ces soins. On laisse deux pilules au copris et on en met deux à part. Ces dernières ne tardent pas à se couvrir de divers champignons microscopiques et sont destinées à être détruites. Prenons une de ces pelotes moisies et restituons-la à la mère. Quelques heures après, toute trace de végétation a disparu. Vient-on à éventrer la surface de la pilule ? la mère intervient, soulève les lambeaux, les rapproche et les réunit avec des raclures cueillies sur les flancs. En une courte séance, tout est remis en place. Lorsque le ver est éclos, il essaye aussi de réparer les avaries avec son ciment, comme le fait le scarabée, mais celui-ci ne « prend » pas facilement et, en général, les efforts de la larve restent infructueux. Ainsi s’explique la nécessité des soins de la mère. Henri Coupin,
- PHOTOGRAPHIE D’EFFLUVES HUMAINS
- ET MAGNÉTIQUES
- Nous avons publié récemment ici1, sous ce même titre, le résultat des expériences de M. Ch. Brandt d’après lesquelles il semble que la plaque photographique enregistre, lorsqu’elle est au contact de la main dans certaines conditions, des traces spéciales qu’on a attribuées au fluide vital. Ces expériences ont donné lieu à de nombreuses et longues discussions entre différents expérimentateurs; nous n’avons pas à entrer dans le débat, nous nous gardons de toute polémique notre but étant seulement de tenir nos lecteurs au courant des faits constatés. On a dit que les traces obtenues sur la plaque, lorsqu’on y pose la main, sont des conséquences de la chaleur et on en a donné la preuve en remplaçant la main par des corps inertes chauffés à une température égale à celle du corps humain. Dans ces conditions on obtient aussi des images d’effluves, mais elles ne sont pas tout à fait les mêmes que celles produites par la main. M. le capitaine Colson, qui a étudié la question avec une méthode vraiment scientifique, a reconnu ce fait que nous avions du reste déjà signalé dans notre premier article. S’il résulte de ses expériences que la chaleur entre pour une large part dans la manifestation du phénomène, il reste une inconnue à dégager pour expliquer la forme spéciale des images que la main seule peut produire.
- Voici du reste à ce sujet un extrait de la communica-
- 1 Yoy, n'W]274, .du 50 octobre 1897, p. 549.
- tion faite à la Société française de Photographie par M. Colson. « Quant à déterminer si les doigts et la main n’exercent pas un effet spécial sur l’orientation des filets, orientation qui n’est pas absolument identique avec celle qui est produite par les corps chauffés, il semble très difficile de trancher la question actuellement, en présence de la délicatesse et de la complexité des actions qui interviennent, toutefois il serait téméraire d’en écarter la possibilité par la seule raison qu’une pareille influence n’a pas encore été observée.
- « L’avenir nous l’apprendra, lorsque nous connaîtrons plus intimement les phénomènes de la vie et les manifestations extérieures auxquelles ils peuvent donner lieu.
- « En résumé, il résulte de l’étude précédente que l’m-tensité de l’impression produite par la main sur la plaque photographique est due à la chaleur et que, si la main exerce là une influence spéciale, non encore définie c’est sur l’orientation des effets qu’elle pourrait agir. »
- G. Maresciial.
- COMPTEUR D’ÉNERGIE MÉCANIQUE
- OU TOTALISATEUR DE TRAVAIL POUR MACHINES A VAPEUR
- Il existe depuis une douzaine d’années des compteurs d'énergie électrique, et le nombre actuel de ces compteurs en service dans le monde entier dépasse certainement un million. Ces compteurs ont pour objet d’intégrer la puissance (en watts) fournie à chaque instant à un réseau électrique en fonction du temps (en heures), et de totaliser ainsi l’énergie fournie mesurée en watts-heure, hectowatts-heure ou kilowatts-heure.
- Ces appareils ont aujourd’hui atteint un grand degré de simplicité et d’exactitude, et c’est en partie grâce à eux que la distribution de l’énergie électrique a reçu le développement que chacun connaît, car le contrat à forfait ne satisfait, en général, sauf le cas de forces motrices hydrauliques, ni le producteur ni le consommateur.
- Le problème si bien et si rapidement résolu pour l’énergie électrique attendait jusqu’ici sa solution pour le moteur à vapeur, et il n’existait pas encore d’appareil industriel, appliqué en dehors d’un but de recherches et d’études scientifiques, faisant connaître la quantité totale de travail produit en un temps donné par un moteur à vapeur.
- Cette lacune est aujourd’hui comblée par l’indicateur intégrateur continu imaginé par MM. Little, de Bexley (Kent) et décrit en détail dans VEngineering du 10 décembre 1897.
- Cet appareil, très simple en principe, mais dont la théorie ne présenterait qu’un médiocre intérêt pour nos lecteurs, n’est pas autre chose qu’une heureuse combinaison de l’indicateur de pression de Watt et de la roulette du planimètre d’Amsler; l’appareil intègre le travail indiqué et non le travail effectif sur l’arbre, mais c’est surtout le travail indiqué qui sert de base aux vérifications; car jusqu’à ce jour il est impossible de mesurer au frein la puissance des moteurs de plus de cent chevaux. D’après les expériences de M. le professeur Unwin, l’appareil reste exact tant que la vitesse angulaire du moteur ne dépasse pas 450 à 500 tours par minute.
- Il est inutile d’insister sur l’intérêt scientifique et pratique que présente un semblable instrument : c’est le seul qui permette, en particulier, de déterminer le travail journalier fourni par un moteur industriel fonctionnant à charge variable, puisqu’il réalise automatique-
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- ment l’intégration du diagramme correspondant à chaque révolution et fait la somme de tous ces diagrammes entre deux époques données. Avant quelques années, le totalisateur du travail des moteurs à vapeur de MM. Little sera le complément indispensable de toutes les grandes installations de force motrice, au même titre que le manomètre, l’indicateur de vide et le tachymètre. E. H.
- ANOMALIES MAGNÉTIQUES
- EXTRAORDINAIRES DANS LA RUSSIE CENTRALE
- On a longtemps admis que la distribution du magnétisme terrestre à la surface du globe était régulière, et qu’un petit nombre d’observations pouvaient suffire à déterminer, par interpolation, les valeurs des éléments magnétiques pour les points intermédiaires. Les études récentes, plus développées, ont montré, au contraire, que la force magnétique de la Terre est fréquemment troublée par des causes locales indéterminées. En France, par exemple, dont le réseau maintenant achevé comprend 622 stations, on peut dire que la régularité des éléments magnétiques est l’exception. Les anomalies y sont nombreuses ; la plus remarquable, qui aftecte les éléments à Paris même, s’étend depuis le département du Cher jusqu’à la Seine-Inférieure, et se prolonge même à travers la Manche jusqu’à l’Angleterre.
- Plusieurs séries d’observations magnétiques, faites il y a quelques années, montraient que la force magnétique subit, dans la Russie centrale, des perturbations incompatibles avec la distribution régulière des phénomènes. Sur l’invitation de la Société impériale russe de géographie de Saint-Pétersbourg j’ai exploré, pendant les mois de mai et juin 1896, toute l’étendue du gouvernement de Koursk, dont la superficie correspond à peu près à quatre de nos départements; en utilisant les appareils expéditifs que possède l’observatoire du Parc Saint-Maur, j’ai pu relever les valeurs des éléments magnétiques en 149 points.
- La direction et l’intensité de la force magnétique sont profondément troublées dans tout le gouvernement de Koursk, et il n’est pas possible de faire servir au tracé des lignes isomagnétiques les nombreuses observations faites jusqu’ici. Les centres d’anomalie les plus importants se rencontrent surtout dans la région sud, entre Obojanne et Rielgorod : on en trouve trois principaux sur une ligne dont la longueur ne dépasse pas 27 kilomètres (voir la carte, lig. 1).
- 1° A Kotchetowka, village situé à 25 kilomètres d’Obojanne (point R de la carte), une première série d’observations ayant montré des écarts considérables entre les valeurs observées et les valeurs théoriques, j’ai fait, en procédant méthodiquement, une reconnaissance complète aux environs, de façon à déterminer le point précis correspondant au centre de l’anomalie; la surface ainsi explorée n’atteint pas 4 kilomètres carrés. Dans une étendue aussi res-
- treinte, on peut admettre, pratiquement, la constance de tous les éléments magnétiques. Or, à ma grande surprise, j’ai observé des déclinaisons D variant de — 34° à -f- 96°, soit une différence de 150° ; des inclinaisons I comprises entre 48° et 79°, c’est-à-dire comme les inclinaisons normales au Maroc et à la pointe sud du Spitzberg. Mais le résultat le plus surprenant est relatif à l’intensité magnétique, dont la composante horizontale H, nulle au pôle, atteint son maximum vers l’ile de Rornéo. Ce maximum équatorial, exprimé en unités C. G. S., n’atteint pas 0,40; or, j’ai trouvé des valeurs de II s’élevant jusqu’à 0,59; ce chiffre, qui peut paraître invraisemblable, est contrôlé par d’autres observations. Supposons un point situé dans le voisinage immédiat du pôle magnétique, où l’inclinaison normale soit de 88°, par exemple, et H réduite à 0,02, la composante verticale Z serait de 0,86 : j’ai observé Z = 0,97. En ce même point voisin du pôle, la composante verticale représente presque entièrement la force magnétique totale T, qui serait également voisine de 0,86 : j’ai trouvé des valeurs de T égales à 0,96 ; 0,99 ; et même i ,02. Les cinq cartes (fig. 2 et 3) représentent la distribution de chacun des éléments magnétiques autour du centre de cette grande anomalie.
- 2° Le deuxième centre d’anomalie mis en évidence par mes observations se trouve à Pokroskojé, village situé à 14 kilomètres au sud du précédent (point C de la carte) ; ici encore, les éléments magnétiques sont troublés à un haut degré; D varie de —11° à -h 45°, H tombe à 0,08, et I s’élève jusqu’à 82° 13': bien peu d’explorateurs ont pu observer ces deux dernières valeurs, en raison des difficultés d’accès des régions avoisinant les pôles magnétiques de la Terre. Le calcul donnerait 0,578 pour Z, et 0,585 pour T ; ces nombres sont sensiblement identiques à ceux conclus des observations faites en 1882 par la mission polaire américaine à la baie de Lady Franklin, par 81°44' de latitude Nord.
- 3° Nepkhaévo, village du district de Bielgorod, situé à 13 kilomètres au S. S. E. de Pokroskojé (point A de la carte), est également le siège d’une puissante anomalie, découverte d’abord par des savants et des officiers russes; elle est de même ordre de grandeur que les précédentes. En deux points situés à 400 mètres de distance, de part et d’autre du cimetière, on observe des différences de déclinaison de 74°; l’inclinaison, dont la valeur normale serait de 63° 50'environ, varie entre 70° et 82°, tandis que H est très faible.
- Enfin, d’autres centres d’anomalie, moins complètement étudiés, résultent des observations faites dans les districts de Dmitriew, de Tim, de Starij-Oskol, et au voisinage de Bielgorod. A Koursk même, l’anomalie de la déclinaison est encore de 6°.
- Rien, à première vue, ne révèle la cause de ces anomalies extraordinaires. Dans toute l’étendue du gouvernement de Koursk, la couche végétale est une
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- LA NATURE.
- terre noire, reposant sur le terrain crétacé ; lorsque cette couche est de faible épaisseur, la craie apparaît sur de grandes étendues ; Bielgorod, la ville blanche, doit son nom à cette particularité. Les assises sous-jacentes sont inconnues.
- La carte (fig. 1) montre qu’un grand nombre de cours d’eau prennent leur source sur le plateau de Koursk, en se distribuant dans toutes les directions; ce sont au nord, des affluents du Volga; à l'ouest et au sud, des affluents du Dnieper; à l’est, des affluents du Don. Sans vou-
- loir établir une relation entre les anomalies magnétiques et cette situation orographique spéciale, correspondant à un point de partage des eaux de trois
- grands bassins, on peut toutefois mettre en relief cette particularité. Aux environs de Moscou, où se trouvent également des irrégularités magnétiques, on a observé des anomalies de la pesanteur ; des expériences de gravité faites aux principaux centres d’anomalies magnétiques du gouvernement de Koursk seraient
- Carie du Gouvernement de Koursk (Russie centrale).
- sans doute dénaturé à présenter une grande impor-
- 0.80 /
- I. 0,60
- Composantes verticales normale : 0,
- l'orée totale normale :
- Composante- horizontale normale:0,21
- Fig. 2. — Distribution des éléments magnétiques à Kolchetowka.
- tance scientifique. Au point de vue pratique, les autorités locales suivaient avec un vif intérêt les étapes successives de mon voyage.
- M. le général Vénukoff vient d’informer l’Académie des Sciences que l’Assemblée provinciale de Koursk a voté un crédit de 25 000 roubles, destiné à couvrir lés frais de son-
- notamment en Suède et en
- Fig. 3.
- dages pour la recherche du minerai de fer aux points signalés comme centres d’anomalie de l’aiguille aimantée. *,
- Cette méthode a d’ailleurs été pratiquée déjà, fh •
- Distribution des éléments magnétiques à Kotchetowka.
- trielles dont la découverte
- Amérique. On voit que les observations magnétiques n’ont pas seulement un intérêt purement spéculatif; en décelant la présence de certaines roches cachées dans les profondeurs delà terre elles permettent de préciser les points où peuvent se rencontrer des richesses indus-
- échapperait aux moyens Th. Moureaux.
- Directeur de l’Observatoire magnétique du l’arc Saiut-Maur.
- ordinaires d’investigation.
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- LA NATURE.
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- UNE GRUE ROULANTE MONSTRE
- Aujourd’hui que tout doit se faire vite en matière industrielle et commerciale, on adopte les appareils mécaniques partout où cela est possible, parce qu’ils donnent à la fois une puissance, une célérité et une sûreté d’action qu’on ne peut pas attendre des bras de l’homme. Si l’on veut s’en rendre compte, on n’a qu’à se promener sur les quais des grands ports bien outillés, où se pressent les engins de levage de toutes sortes. C’est qu’ici, plus que partout ailleurs, il faut aller vite et effectuer rapidement le chargement des navires; chaque journée de séjour des grands paquebots ou des grands cargo-boats modernes représente l’immobilisation d’un capital considérable.
- Les inventions se sont donc multipliées dans cet ordre d’idées, et cependant il reste encore place aux innovations ; c'est ainsi qu’il existe nombre de grues roulantes, mais elles ne sont pas en réalité de très forte puissance, et celles qui peuvent soulever des poids énormes sont lixes, précisément pour qu’elles offrent la stabilité nécessaire.
- Des constructeurs anglais bien connus, MM.
- George Russel, de Motherwell, viennent d’en créer un type qui, à première vue même, est particulièrement curieux par sa disposition, et qui, de plus, est extrêmement puissant, quoique roulant : il peut en effet soulever sans peine 25 tonnes anglaises, ce qui correspond à 25 tonnes 1/2 françaises.
- Il est sorti récemment deux de ces grues des ateliers en question, et pour répondre à des besoins bien spéciaux. La « Harton Coal Company », à South Shields, possède un appontement en bois de 185 mètres de long, qui borde la rivière, et d’où Ton charge les navires charbonniers. Évidemment, la première condition pour des grues devant circuler sur une charpente en bois était qu’elles ne vinssent point charger trop lourdement l’appontement, et c’est pour cela qu’il avait été entendu que la pression des roues sur la voie ferrée ne dépasserait nulle
- part 10 tonnes, afin de laisser un large facteur de sécurité. En outre, le centre de gravité ne devait pas dévier à plus de lm,60 d’un côté ou de l’autre du centre de révolution. Le problème a été résolu par l’adoption de cet appareil curieux et monumental, dont notre gravure fait très bien comprendre la disposition.
- Installée sur une sorte de large poutre métallique, la grue repose par deux pièces verticales sur deux autres poutres qui, de chaque côté, répartissent son poids sur quatre chariots; ceux-ci sont formés chacun de trois roues, montées elles-mêmes sur des petites poutres creuses. On peut remarquer le type de ces roues, qui portent un boudin au milieu de leur bandage : c’est qu’en effet la voie'est faite de deux rails
- placés côte à côte, de manière à constituer une voie a gorge de 5,0 centimètres de largeur. L’écartement entre ces files doubles de rails est de 6m,40. L’ensemble des roues représente une longueur totale de llm,75, chaque roue ayant 0m,76 de diamètre; les choses sont disposées pour que le poids de l’ap^ pareil se distribue également entre les 24 roues, et en même temps pour donner à la masse une base d’appui extrêmement large. Notons brièvement que le bras de cette grue, qui présente par sa construction une solidité à toute épreuve, peut rapidement prendre des inclinaisons diverses sous l’action de la tige d’un piston hydraulique, qu’on aperçoit au-dessus de la cabine du mécanicien : le jeu du piston est commandé par une paire de pompes à double action en métal à canon. Le mécanisme de rotation de l’engin et de l’élévation des charges ne présente point de particularités très importantes; nous n’avons pas besoin de faire remarquer, car on s’en aperçoit sur la gravure, qu’une paire de cylindres assure le déplacement des chariots, par l’action d’un arbre vertical commandant des engrenages et, par suite, les roues motrices. Cette grue est aussi munie d’un cabestan qui lui permet de remorquer ou de tirer les wagons de charbon qui arrivent sur l’appontement.‘ Du reste,
- La nouvelle crue roulante de South Shields.
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- LA NATURE.
- son soubassement laisse un espace libre pour le passage de deux trains.
- Cet engin curieux ne pèse pas moins de 152,5 tonnes métriques, et ses proportions énormes sont rendues bien évidentes par l’ouvrier qui se trouve à son pied. I). IL
- CHRONIQUE
- Les petites planètes île 1899. — Huit nouveaux astéroïdes ont été aperçus en 1897. Ce nombre est bien inférieur à la moyenne des découvertes des années précédentes. En voici la liste :
- Désignations. Auteurs. Lieu et date de la découverte.
- Ml 420 Charlois. .Nice. . 25 août 1807.
- 1)1 427 Charlois. Nice. 25 août 1807.
- I)J 428 Charlois. ÏSit-c. 27 août 1807.
- DK 429 Yilliger. Munich. 10 novembre 1897.
- DL -17)0 Chat-lois. X ioo. 25 novembre 1807,
- DM 451 Charlois. Nice. 18 décembre 1807.
- D.N 45-2 Charlois. Nice. 18 décembre 1807.
- DO 453 Char-lois. Nice. 18 décembre 1807.
- Nous connaissons donc actuellement 455 petites planètes situées entre les orbites de Mars et de Jupiter. M. Charlois, astronome à l’Observatoire de Nice, que l’on peut bien appeler le Furet des petites planètes (comme Messier, le Furet des comètes), en a découvert pour sa part 94. L’Autrichien Palisa en compte 85 ; l’Américain Peters, 48 ; l’Allemand Max Wolfif, d’Heidelberg, 40. En résumé, les astronomes français en ont trouvé 160, les étrangers 267.
- Phonographe Lioret. — Le phonographe de M. Henri Lioret a encore subi des modifications qui vont augmenter la netteté et la portée des sons. Le dernier type s’est fait entendre dans la grande salle du Palmarium, du Jardin d’Acclimatation, devant un auditoire de plus de 1500 personnes. La régularité de la rotation des rouleaux enregistreurs, était obtenue jusqu’ici au moyen d’un régulateur à ailettes. Le poids moteur, en agissant sur le mécanisme d’horlogerie, actionnait aussi le régulateur de vitesse. M. Lioret a trouvé très avantageux de joindre au régulateur un volant qui remédie aux petites variations qui se produisaient dans la rotation. Le mouvement est plus uniforme et la reproduction meilleure. En outre la pointe enregistrante a été rendue plus fine, et le pavillon amplificateur des sons, jusqu’ici en fer-blanc peint, a été remplacé par un pavillon en aluminium. Le nouveau phonographe possède une puissance de reproduction, une intensité telle qu’on peut l’entendre nettement dans une salle grande comme celle du Trocadéro ou celle du Jardin d’Acclimatation.
- Sectionnement d’un anneau de Saturne. —
- Le professeur Schaeberle annonce qu’il a découvert une nouvelle division dans l’anneau médian de Saturne ; elle n’est, du reste, que partielle et de même largeur que celle de Cassini.
- Halo lunaire. — Un phénomène remarquable a été observé à Tenby le 7 janvier et signalé au Meteorological Office, de Londres, par M. Balmer. En dehors de la couronne ordinaire bordée de couleurs iriséçs, on apercevait deux autres cercles montrant nettement les teintes du prisme. Le phénomène, fort remarquable, a eu son maximum à 5h 55“ du soir, et s’est évanoui vers 5h 55m. La couronne jaune ordinaire est restée visible jusqu’à 9 heures. Le ciel était sans nuages; mais l’atmosphère renfermait beaucoup de vapeur d’eau. Les lectures du
- thermomètre sec et du thermomètre mouillé dans la matinée ont donné à M. Balmer 59° et 57°,5 F., soit 5°,9 et 5°,0 C.
- Une pompe géante. — La fameuse mine Calumet et Uecla possède une pompe vraiment remarquable qui peut donner par heure 1 I 250 000 litres, en maintenant ce débit pendant vingU-quatre heures. Elle accomplit cette formidable besogne pour ainsi dire sans aucun bruit, puisqu’on ne l’entend plus dès qu’on, sort du bâtiment qui l’abrite. C’est une pompe à triple expansion, haute de 15 mètres, qui exige pour sa mise en marche une puissance de 1500 chevaux. En lui faisant rendre son maximum, elle élèverait assurément 557 millions de litres par vingt-quatre heures. L’eau qu’elle prend est employée au lavage des minerais de cuivre broyés.
- Ce qu’il nous reste de charbon. — Lord Kelvin, en traitant, devant l’Association britannique, des réserves de combustible minéral que contient encore notre globe, a émis l’avis que l’utilisation des chutes d’eau ne diminuerait que de bien peu la consommation actuelle de la houille ; puis il a ajouté que le plus important, pour l’avenir de notre race, est d'augmenter par tous les moyens possibles la végétation qui reconstitue l’oxygène détruit par les combustions. En dépit de tout, la vie humaine sera rendue impossible longtemps avant que le combustible disponible soit épuisé.
- Le cacao en Allemagne. — Les Allemands boivent beaucoup de café, mais il semble que le cacao va remplacer le café : en effet, depuis 1884 la consommation de ce dernier n’a augmenté que de 17 pour 100, tandis que celle de l’autre s’est accrue dans l’énorme proportion de 51,5 pour 100. Pendant la période 1851-1856, chaque habitant n’absorbait annuellement que 10 grammes de cacao; cette moyenne, pour 1891-1896, s’est élevée à 160 grammes.
- Un record peu enviable. — Certaines lignes de chemins de fer de l’Afrique ne sont pas encore exposées aux poussées de voyageurs qui encombrent les lignes de ceinture et de banlieue de Paris par un beau dimanche de printemps. Le record dans la rareté des voyageurs est revendiqué avec raison par une compagnie allemande exploitant une ligne de 48 kilomètres de longueur à Usambara, à l’est de l’Afrique, ligne sur laquelle elle transporte en moyenne — et en négligeant les fractions — un voyageur par semaine. Souhaitons — sans oser l’espérer — que la Compagnie trouve une compensation suffisante dans le transport des marchandises.
- Les calorifuges. — M. Compère a pu donner quelques conclusions très nettes sur l’efficacité d’un bon calorifuge. Et d’abord la condensation par heure et mètre carré est plus faible dans un tuyau de cuivre que dans un tuyau de fonte. Un isolant doit être efficace sous faible épaisseur, car souvent son action heureuse pourra diminuer si son épaisseur est trop grande, la surface exposée au refroidissement augmentant démesurément. Enfin, il est bon de vernir les enduits plastiques, et le zinc est excellent à appliquer par-dessus n’importe quel calorifuge, dont il accroît nettement la puissance.
- Les chemins de fer du Japon. — D’après les derniers chiffres publiés, les voies ferrées du Japon représentent une longueur totale de 5664 kilomètres, dont 949 appartenant à l’État ; pour l’instant, l’augmentation annuelle du réseau est de 275 kilomètres. Le développement va s’en accentuer beaucoup, car les compa-
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- LA NATURE.
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- gnies privées, pour leur compte, se proposent de porter aussi rapidement que possible la longueur d’ensemble de leurs lignes à 4690 kilomètres.
- Les avertisseurs d'incendie de Saint-Paul. —
- Il s’agit de Saint-Paul au Brésil, dans l’État du même nom. Le nouveau service d’avertisseurs qu’on vient d’y installer comprend d’abord trois lignes circulaires reliant entre elles et avec la station centrale les cinquante boites de signal réparties dans la ville ; puis il y a deux lignes directes qui permettent au service des eaux de communiquer avec les deux stations de pompiers les plus éloignées du centre. Les lignes ont une étendue de 50 kilomètres, elles sont portées par des poteaux en acier ; chaque boîte-signal peut donner trois avis d’incendie sans être remontée. Chaque fois qu’une boîte est touchée par quelqu’un qui signale un feu, elle répète douze fois son numéro au poste de pompiers.
- La légende de Romulus. — Nous avons tous appris dans notre enfance la légende de Romulus et de Rémus allaités par une louve : cette légende a toujours passé pour une fable. Les travaux des naturalistes tendraient à l’expliquer. On aurait observé aux Indes des enfants élevés par des loups et vivant avec eux. Les loups ne sont pas seuls d’ailleurs à avoir cette prédilection pour les enfants d’hommes. Les nègres prétendent que les singes anthropoïdes élèvent ainsi parfois leurs enfants. Romanès, dans son livre sur l’évolution mentale des animaux, cite le fait d’une chatte à laquelle on avait enlevé ses petits, qu’elle remplaça par trois jeunes rats qu’elle soignait avec deux petits chats restants. Il a vu des moineaux nourrir des roitelets. Le fait n’est pas plus extraordinaire que celui d’une louve nourrissant un enfant.
- Éclairage municipal à l’acétylène. — 11 paraît que la petite ville de Votis, en Hongrie, vient de créer sur son territoire une installation municipale d’éclairage à l’acétylène; les rues, les squares sont éclairés avec ce gaz, et déjà quelques maisons deviennent des clientes de la nouvelle usine municipale.
- La diminution de la consommation de combustible à bord des torpilleurs. — A une récente réunion de l’Association américaine des « Naval Archi-tects », M. Yarrow a cité deux chiffres caractéristiques par eux-mêmes sur la consommation des machines de torpilleurs. En 1895, sa maison envoyait à Buenos Aires, par leurs propres moyens, quatre de ces petits navires construits pour le gouvernement Argentin : en débrayant une hélice et en n’employant qu’une machine, on leur avait fait dépenser seulement une tonne anglaise de houille (1016 kilogrammes) par 28 nœuds parcourus, l’allure moyenne ressortant à 9 nœuds. Tout dernièrement viennent d’arriver au Chili deux torpilleurs naviguant dans les mêmes conditions : or, en maintenant leur vitesse à 12,5 nœuds, une tonne de combustible a assuré un parcours de 60 nœuds.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 51 janvier 1898. — Présidence de M. Wolf.
- Nouveaux résultats spectroscopiques. — MM. Pérot et Fabry exposent quelques résultats auxquels ils sont parvenus grâce à l’emploi de l’appareil de spectroscopie interféren-tielle, qu’ils ont imaginé. Ils ont trouvé que la raie verte du thallium est triple qm’elle est constituée par une raie
- brillante suivie de deux raies faibles situées du côté du rouge du spectre. La raie verte du mercure est formée d’une raie principale accompagnée d’une raie faible du côté du rouge. La raie verte du cadmium est également double.
- Action toxique du sang d’anguille. — On sait depuis longtemps que le sang d’anguille introduit dans la circulation par injection intraveineuse est éminemment toxique. M. Richet a démontré récemment qu’on pouvait vacciner un animal contre le venin du sang d’anguille en lui injectant des doses très faibles mais progressives de ce sang, et que l’animal devenait ainsi réfractaire à des doses qui tuaient net des animaux non inoculés. M. le professeur Bouchard fait connaître que MM. Camus et Gley ont constaté que chez les animaux morts sous l’action vénéneuse du sang d’anguille, les veines sont remplies d’hémoglobine qui a transsudé des globules sanguins. Ils ont en outre observé que l’altération sanguine peut être reproduite in vitro, et concluent que c’est le sérum qui produit la sortie de l’hémoglobine. Ils ont en outre constaté que chez les lapins immunisés, les globules sanguins ne laissent pas transsuder l’hémoglobine sous l’effet du sang d’anguille. Le sang de ces derniers animaux est de même protégé in vitro. On se trouve donc en présence d’une toxine qui agit sans avoir passé par le corps de l’animal.
- Vaccin chimique. — M. Phisalix a récemment enseigné que la cholestérine injectée aux animaux les rendait réfractaires au venin de vipère. M. Gautier avait estimé que les expériences de M. Phisalix méritaient d’être contrôlées en raison de cette circonstance que ce savant avait employé de la cholestérine d’origine animale. M. Phisalix annonce aujourd’hui qu’il a répété ses expériences en employant de la cholestérine cristallisée d’origine végétale (extraite de carottes, et fournie par M. Arnaud). Ses premiers résultats sont entièrement confirmés. Il les a encore obtenus avec la tyrosine cristallisée d’origine végétale, extraite du dahlia, préparée par M. Bertrand du Muséum. Enfir , il a eu l’idée d’essayer l’action du suc de la plante et a réalisé les mêmes effets d’immunisation, peut-être plus activement.
- La mesure des hautes températures. — M. Becquerel décrit un appareil imaginé par M. Daniel Berthelot pour la mesure des hautes températures. Le principe de cet appareil consiste à chercher la pression à laquelle il faut amener un gaz pour que l’indice de réfraction devienne égal à l’indice de réfraction du même gaz porté à la température cherchée.
- La composition de l’atmosphère. — M. Lippmann présente une Note de M. Leduc sur les variations de composition de l’atmosphère. L’auteur prouve que cette composition subit des variations avec l’altitude ainsi que des altérations locales.
- Les ossements des grottes de Monaco. — M. Emile Rivière présente une étude anthropologique accompagnée de planches sur une série d’ossements humains trouvés dans la grotte de Spelugues (principauté de Monaco), découverte il y a quelques années. Ces ossements sont les restes de 9 individus (2 enfants, 5 hommes, 3 femmes et 1 vieillard). Ils appartiennent à une race de très petite taille puisque l’individu le plus grand ne mesure pas lm,49. Cette race vivait aux temps préhistoriques, à l’âge de la pierre polie. Ch. de Villedeuil.
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- LA NATURE.
- IA CAISSE MYSTÉRIEUSE
- « Mesdames et Messieurs, si Torricelli avait connu l’expérience que je vais vous présenter, il y aurait vu la confirmation de son affirmation : la Nature a horreur du vide !
- « Mesdames et Messieurs, lorsque le fameux cheval de hois fut introduit dans Troie avec sa cargaison de guerriers, si les Troyens avaient eu l’idée de visiter l’intérieur de ce cheval, ils auraient aperçu le contenu et... l’histoire n’aurait pas eu à enregistrer la prise de cette ville. Cependant, quelques historiens anciens racontent (je ne vous les nommerai pas pour ne pas faire montre ici d’une trop facile e'rudition), quelques historiens, disais-je, racontent
- que le cheval fut visité à l’octroi de la ville, car il y avait déjà un octroi avec des inquisiteurs tout de vert habillés et que son contenu passa inaperçu. Ceci peut, à première vue, paraître impossible, et cependant rien n’est aussi simple, pour quelqu’un au courant de la prestidigitation, que de prouver qu’un objet, une caisse, une malle, un cheval de bois est vide, alors qu’il est plein. Je vais vous en donner la preuve. »
- Tel est le boniment, puisque c’est le ternie consacré, dont faisait précéder l’expérience suivante l’illusionniste qui la présentait.
- Au milieu de la scène, on apportait deux tréteaux, puis une planche de 2 mètres de long sur 80 centimètres de large qui était posée sur les tréteaux. Quatre panneaux étaient alors montrés de tous cotés
- La caisse mystérieuse. — Entrée du sujet dans la caisse.
- au public, puis accrochés à la planche par des charnières mobiles (voir la figure). Ces panneaux, que l’opérateur et ses aides relevaient, figuraient alors une caisse absolument vide.
- « Voici la caisse que vous jugez absolument vide puisque vous l’avez vu construire sous vos yeux. Eh bien, vous êtes dans l’erreur, cette caisse n’est pas vide; elle contient quelque chose ou quelqu’un. Veuillez regarder encore une fois. » A ce moment, les panneaux étaient rabattus de nouveau, puis relevés.
- « Vous avez vu, n’est-ce pas? Comment? non! mais peut-être n’avez-vous pas bien regardé? »
- Un des aides abat alors le panneau de devant et à l’intérieur de la caisse se trouve une femme revêtue d’un costume de fantaisie, absolument blanc qui, comme dans la danse serpentine, change de couleurs et passe par toutes les nuances de l’arc-en-ciel.
- Voici comment on produit facilement cet eftet en
- apparence incompréhensible. Nous avons dit que les panneaux se rabattaient. Lorsqu’ils sont abaissés pour montrer que la caisse est vide, celui du fond est relevé le dernier.
- Pendant que les aides s'occupent des trois autres côtés; une trappe s’ouvre dans le plancher de la scène derrière le panneau du fond et la femme qui doit apparaître, poussée dans cette trappe, s’accroche à ce panneau qui, en se refermant, introduit la femme dans la boîte.
- Lorsque le panneau de devant s’ouvre définitivement, un projecteur à lumière placé dans la boîte du souffleur envoie des rayons teintés sur la robe, change ainsi ses couleurs et donne à l’apparition une apparence fantastique et charmante.
- Le prestidigitateur Alber.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuras, 9.
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- N° 1280. — 12 FEVRIER 1898.
- LA NATURE.
- ETABLISSEMENT PISCICOLE
- 1)E SA.1NT-LAMBERT CAR C1IEVREUSE (SEINE-ET-OISE'
- /A
- Peu de Parisiens connaissent la jolie petite vallée située l’ancienne et illustre abbaye de Port-KoyaT^p^ de Saint-Lambert, près Chevreuse, où se trouve Dans une de mes excursions, le hasard me fit "'
- Établissement piscicole de Saint-Lambert par Chevreuse (Seine-et-Oise).
- découvrir, à deux pas du petit cimetière où furent réunis les corps et les ossements des jansénistes, un établissement de pisciculture nouvellement créé par un Parisien, M. Philipon, qui applique les méthodes les plus nouvelles pour l’élevage des salmonidés.
- C’est à lui que je dois les notes suivantes; je ‘2té anaée. — 1er semestre.
- tiens à le remercier de son excellent accueil.
- La rivière minuscule la Saint-Lambert, qui traverse la propriété, prend sa source à quelques centaines de mètres de l’ancienne abbaye de Port-Royal. Elle fournit, par 24 heures, environ 2000 mètres cubes d’eau dont la température, pendant les plus
- 11
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- LA NATURE.
- grandes chaleurs, ne dépasse pas 16°. Devant la maison d’habitation se trouve une première pièce d’eau de 60 mètres de longueur, 6 mètres de largeur et lm,50 de profondeur, où sont les gros poissons pour la reproduction (voy. fig., nos 1 et 6).
- 11 y a, à la suite, une canalisation de 50 mètres de longueur, 0m,60 de largeur et 1 mètre de profondeur, le tout divisé en six compartiments séparés par des châssis grillagés. C’est dans cette espèce de fossé en briques enduites de ciment (pie sont placés les jeunes alevins dès qu’ils ont 2 à 5 mois. Cette petite canalisation est couverte avec des volets pleins et des grillages fins pour empêcher les rats, martins-pêcheurs et autres animaux de manger les petits poissons (n° 5).
- En continuant, on arrive à deux cascades, dont une a 4 mètres de hauteur et l’autre plus de 7 mètres. La première alimente trois rivières qui se suivent et ont 52 mètres, 100 mètres et 150 mètres de longueur sur une largeur de 5m,50 et une profondeur de 1 mètre (nos 4, 5, 7).
- Chaque rivière a une vidange indépendante qui permet de mettre à sec une quelconque des pièces d’eau tout en laissant les autres pleines, de sorte qu’on peut les nettoyer et les pêcher à volonté. En plus, elles sont divisées en plusieurs compartiments pour placer, autant que possible, les poissons par rang de tailles, car il ne faut pas oublier que tous les salmonidés sont carnassiers.
- Sur l’emplacement de l’ancien moulin brûlé il y a vingt ans, le propriétaire actuel a fait construire une salle d’éclosion avec dix bassins en ciment et de nombreuses petites auges en zinc recouvert de peinture vernissée, ce qui rend le nettoyage facile. Chaque bassin a un robinet spécial qui lui fournit de l’eau.
- Avant d’arriver sur les œufs ou dans les bassins où sont les jeunes alevins, l’eau traverse un énorme filtre d’où elle sort d’une limpidité parfaite.
- On m’a Inontré plusieurs instruments pour enlever chaque jour les œufs malades, d’autres pour transporter, sans être obligé de les toucher, les alevins qui viennent de naître, etc. Ces instruments se trouvent sur la table au premier plan (n° 2).
- A l’entrée de la rivière dans la propriété, on a établi une vanne et un déversoir qui laissent passer l’eau au moment des grandes pluies, de sorte que, dans les divers bassins, l’eau a toujours le même niveau. Un grillage de lm,50 de hauteur entoure toute la propriété et empêche les loutres et autres animaux de venir la dépeupler.
- Ce pisciculteur amateur possède presque toutes les espèces de salmonidés. 11 a :
- 1° Des saumons de Californie, salmo Quinnat, qui ont parfaitement réussi. Ci-dessous leurs tailles et poids divers :
- DATE TAILLE POIDS
- Août 1895 0m,07 environ 9sr en moyenne.
- — 1896 0m,50 — 500 —
- — 1897 0m,40 — 700 —
- La ponte a lieu en novembre.
- La grosseur des sujets est très irrégulière.
- 2° Des truites des fontaines, salmo fontinalis. Septembre 1895 0m, 11 environ 25s1 en moyenne
- — 1896 0m,50 — 400 —
- — 1897 0m,40 — 1000 —
- Ponte en novembre. Grosseur assez régulière. Il
- y a quelques sujets pesant presque 1500 grammes.
- 5° Des truites arc-en-ciel.
- Août 1895 0m,05 environ lsr en moyenne.
- — 1896 0"‘,28 — 200
- — 1897 0m,55 — 500 —
- Ponte en février. Grosseur très irrégulière. Les
- eaux de Saint-Lambert ne conviennent probablement pas à ces truites qui croissent plus rapidement.
- 4° Des ombres-chevaliers. Ces poissons ont grossi régulièrement pendant la première année et ensuite sont restés stationnaires.
- 5J Des truites des lacs, qui vivent, mais dont le poids augmente peu ou point.
- Ces deux dernières espèces ont besoin d’eaux profondes et de grands espaces, ce qui leur manque complètement à Saint-Lambert et dans les rivières ; aussi ne les pêche-t-on que dans des lacs.
- Les saumons de Californie, les truites des fontaines et arc-en-ciel sont des poissons importés d’Amérique, il y a environ douze à quinze ans.
- En résumé, dans les eaux de la Saint-Lambert les truites des fontaines ont le mieux réussi.
- L’incubation des œufs des salmonidés dure de 50 à 100 jours, suivant la température de l’eau.
- Comme à l’aquarium du Trocadéro, que dirige avec beaucoup de compétence M. Jousset de Bel-lesme, à Saint-Lambert on nourrit les jeunes alevins avec de la rate raclée et passée au tamis. Après 5 à 6 mois, on leur donne de la viande hachée, et, plus tard, du sang mêlé avec de la viande.
- On a essayé bien des moyens pour nourrir économiquement les salmonidés, mais malheureusement on n’en a pas encore découvert. Si on faisait de l’élevage sur une très grande échelle, on pourrait acheter de vieux chevaux et alors on aurait de la viande à environ 10 centimes le kilogramme et peut-être moins, ce qui permettrait une exploitation fructueuse. Le sang est très bon marché, mais il nourrit moins bien les poissons. De nombreux auteurs conseillent d’élever de petits poissons pour les donner aux salmonidés. C’est un conseil plus facile à donner qu’à suivre, et pas pratique, parce qu’il est impossible d’en produire une assez grande quantité. Pour se faire quelques revenus en élevant des salmonidés, un bon moyen serait d’avoir des étangs alimentés avec des eaux belles et froides dans lesquelles on jetterait environ 200 sujets par hectare, et après trois ans on pourrait y pêcher des poissons de 1 kilogramme. Le meilleur et le plus pratique de tous les moyens est de louer des parties de rivières et d’y mettre chaque année des salmonidés de 8 à 10 mois qu’on aurait élevés dans des bassins. A cet âge, les poissons peuvent échapper aux poursuites des {dus gros. Les Anglais, qui alimentent en partie
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- le marché français, emploient ce dernier moyen.
- Une personne qui désire faire un commerce rémunérateur doit avoir des bassins de réserve, afin de pouvoir expédier sa marchandise aux époques où le poisson est rare aux Halles. Les salmonidés ont une valeur plus grande que les carpes, tanches, brochets et autres poissons. 11 faut donc simplement remplacer les derniers par les premiers. R. Bergeot.
- LA GERMINATION DE LA TRUFFE
- On sait que jusqu’à présent les essais qui ont été tentés pour cultiver les champignons n’ont réussi que dans une très faible mesure. Un petit nombre d’espèces seulement ont livré le secret de leur germination, et celles notamment qu’il serait utile de propager dans un but alimentaire se sont montrées rebelles aux investigations. Cela lient à ce que les germes reproducteurs de ces plantes,
- Fécondation des spores femelles de la trull'e, d’après M. de Gramont de Lespaire.
- ou spores, se développent dans des conditions difficiles à réunir artificiellement ou que le hasard seul peut révéler.
- Peu à peu cependant, quoique avec une extrême lenteur, la lumière se fait sur la question. Un fait très important, relatif à ce sujet, vient d’être communiqué à 1 Académie des sciences : il s’agit du mode de germination des spores de la truffe, mode dont la révélation est due à M. de Gramont de Lesparre, qui a plus particulièrement poursuivi ses recherches sur la truffe de Périgord, Tuber melanosporum. 11 résulte de ces études que le cycle de la végétation individuelle de la truffe se ferme par une alternante d’états réclamant chacun un substratum, un hôte différent. Cette alternance offre d’étroites analogies avec ce qui se passe chez les accidium, qui, on le sait, se développent pour la plupart sur une espèce de plante distincte de celle qui a nourri leur première condition, connue sous le nom de puccinie : telle, pour en citer un exemple classique, la rouille du blé, qui habitt successivement le blé et l’épine-vinette.
- Pour que les spores de la truffe puissent germer, il faut quelles soient transportées, par les insectes ou autre agent, sur les feuilles d’une plante appropriée, chêne, noisetier, épicéa, pin, genévrier, etc. Les aspérités dont leur surface est couverte les aident à se fixer à ces feuilles.
- Les spores sont de sexe différent. Dans les conditions
- favorables, et après rupture de l’enveloppe de la cellule-mère, ou asque, qui les enclôt, les spores mâles germent en émettant un filament épais, Iranslucide, qui se termine par une spore de seconde formation, pseudospore, dans laquelle s’accumule le plasma fécondateur.
- Cette pseudospore, qu’elle reste à la surface ou qu’elle se forme sous l’épiderme, est poussée comme par un instinct mystérieux à s’acheminer vers une spore femelle, qu’elle alteint soit directement, soit en émettant un nouveau jet. Il arrive que les spores femelles, lorsqu’elles sont trop longtemps forcées d’attendre la pseudospore mâle, se décident à faire une partie du chemin, jusqu’à ce qu’elles arrivent en contact avec l’élément fécondateur.
- La fécon lation, qui peut commencer sept jours après la mise en liberté des spores, réclame ordinairement un ou deux jours pour s’opérer. Lorsqu’elle est accomplie, la spore femelle émet des téleutospores, qui, tombant en terre, donneront le mycélium, feutrage filamenteux plus ou moins fugace destiné à produire les tubercules.
- Cette nouvelle contribution à l’étude de la germination chez les champignons est très importante; elle pourra ouvrir la voie à la découverte de phénomènes analogues chez des espèces qu’il serait intéressant de pouvoir propager, la morille, par exemple, impossible à cultiver parce que les premières phases de son développement sont encore très mal connues. A. Acloque.
- DISTRIBUTEUR-CONTROLEUR
- I)E BILLETS DE CHEMIN DE FER
- Un sait que dans les chemins de 1er il arrive bien souvent que pour prendre un billet de départ il faut se mettre à la suite d’un certain nombre de personnes et attendre son tour. Le temps semble long, et cependant la distribution des billets se fait encore assez rapidement. Mais à certains moments les voyageurs sont nombreux, pressés, et se rendent à des destinations différentes.
- La buraliste, chargée de cette distribution, n’a pas cependant perdu son temps; elle a cherché de suite dans le casier ou il est placé le billet à la destination demandée. Elle l’a retiré, l’a placé sous le composteur afin d’imprimer la date, et l’a aussitôt remis contre espèces. Mais cette opération a pu exiger un certain temps. Par exemple dans une gare principale, la gare du Nord, les stations sur le réseau sont au nombre de 1500. Si l’on compte qu’on doit avoir des billets de plein tarif, demi-tarif, quart de place, des billets aller et retour, on arrive bientôt à trouver qu’il est nécessaire d’avoir un stock de billets d’environ deux millions pour assurer un bon service. Le choix doit être rapide pour pouvoir répondre en quelques secondes à la demande successive de tous les voyageurs.
- Un nouvel appareil très ingénieux vient d’être mis à 1 essai à la Compagnie des chemins de fer du Nord et à la Compagnie de l’Ouest, à Paris, pour distribuer les billets avec plus de rapidité et dans de meilleures conditions.
- Cet appareil, dont on voit la vue d’ensemble, à gauche, et la vue intérieure d’une partie, à droite, dans la figure 1, se compose d’une sorte de corn-
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- posteur à combinaisons multiples. Le nouvel appareil a été imaginé dans le but de distribuer à volonté des billets place entière de première, deuxième et troisième classe sur une petite ligne. Pour compléter la série des billets dont nous parlions plus haut, il serait nécessaire de juxtaposer plusieurs appareils semblables.
- Sans entrer dans la description complète de tout le mécanisme, nous pouvons toutefois en indiquer le principe général. A la partie supérieure se trouve un grand cylindre, portant des bandes de carton enroulées, et mis en mouvement par une grande roue placée sur le côté à gauche. Sur cette grande roue sont inscrits à la périphérie les noms de toutes les stations avec les prix des parcours. Lorsque l'on désire un billet pour une station, on fait tourner la grande roue jusqu’à ce que le nom de la localité où le voyageur désire aller se présente en regard d’une fenêtre formant arrêt. La buraliste appuie alors sur une des trois manettes placées devant, suivant la classe demandée. Aussitôt à l’intérieur la bande de carton se détache, passe sous un composteur qui imprime le nom du point de départ, la date, le mois, l'année, l’heure, la classe, le lieu de destination, le prix, le numéro d’ordre de la station et un numéro de série. Puis la bande est découpée et le billet tombe en quelques secondes. Comme on le voit par cette simple énumération, le billet porte toutes les indications nécessaires. La figure 2 représente, à gauche, un billet avec toutes les désignations dont il vient d'être
- question. Cette manœuvre est très simple et permet à la buraliste d’avoir très facilement et très rapidement tous les billets pour tous les points du réseau. Cet appareil, en dehors des services vraiment considérables qu’il rend pour la distribution rapide des billets, est encore un appareil de contrôle. En même temps ([ue s’opère le détachement du billet tout préparé avec les indications nécessaires, une bande de papier sans fin se déroule et enregistre le numéro de série du billet , le lieu de destination et le prix perçu. Tous les chiffres sont alignés les uns au-dessous des autres et il suffit de faire une addition pour contrôler la somme recueillie dans un laps de temps déterminé. On voit représenté dans la figure 2, à droite, une partie de cette bande de contrôle.
- Ajoutons que la date est imprimée sur le billet d’une façon très visible, et qu’elle rend tout à fait impossible l’emploi d’un billet périmé.
- Les premiers essais de cet appareil ont été faits au commencement du mois de janvier, à la Compagnie des chemins de fer du Nord, aux bureaux de distribution des billets pour la banlieue. Les résultats ont été excellents en tous points. On peut dire que les compagnies de chemins de fer ont trouvé un appareil permettant la distribution rapide des billets sans avoir recours à un cmmagasinement considérable, et assurant en même temps un contrôle vraiment efficace. L. Leroy.
- .Fig. 1. — Appareil distributeur pour chemin de 1er; à gauche, vue d’unseiuhle; à droite, vue intérieure.
- 5498 CANAL 055
- 5499 CANAL 055
- 4 4 6 7 LA HAIE 050 0 192 CHEM. FILL. 050
- 5500 CANAL 055
- 5504 CANAL 055
- 5502 CANAL 055
- 04 95 CHEM. FILL. 050 9082 LE LANDY 030
- 2555 LUXEMB. 030
- Fig. 2. — Billet délivré par l'appareil et feuille de contrôle.
- PARIS-NORD 121 B*ü 30 12 97 II
- DEUXIÈME CLASSE PLACE ENTIÈRE
- CANAL
- Prix 0.55
- 745
- 5504
- <£x----
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- PROJECTILE-TORPILLE
- Doit-on adopter, à bord des navires de guerre, des projectiles de rupture ou des obus à grande capacité d’explosifs? Telle est une des questions qui méritent
- Fig. 1. — Canon do 30 centimètres do Wohvich lançant un projectile do 380 kilogrammes (poids 16 tonneaux).
- le plus, à l'heure actuelle, de fixer l’attention des officiers de notre marine.
- Les projectiles de rupture ont, grâce à leurs poids
- /ZW/W.VZV..W/'
- Fi». 2. — Canon-torpille Maxim do 60 centimètres, lançant des torpilles de 500 et 1000 kilogrammes de fnlmi-eolon (poids 16 tonneaux).
- et à leur grande vitesse initiale, une puissance vive considérable au choc, même à des distances de 1500 et 2000 mètres, et, quelle qu’ait été l’épais-
- Projectile pour canon Maxiin de 60 centimètres
- portant une charge intérieure de 500 kilogrammes de fulrni-coton.
- seur de la cuirasse des plus forts navires, l’artillerie a immédiatement trouvé un projectile capable de la traverser, tout au moins dans un tir normal. Ces
- Fig. -i. — Coupe dans un projectile Maxim pour canon de 60 centimètres renfermant 500 kilogrammes d’acide picrique.
- projectiles nécessitent l'emploi de pièces de gros calibres, et cependant les dégâts qu’ils causent sont relativement peu importants, à moins qu’ils n’attei-
- Fig. 5. — Coupe d’un projectile Maxiin pour canon de 60 centimètres renfermant 630 kilogrammes d’acide picrique.
- gnent le navire juste à la flottaison. Les projectiles de rupture renferment une très faible quantité de poudre noire ou d’explosif.
- Dans les obus, cette quantité d’explosif est 5 ou
- i fois plus considérais et les effets produits par 1 éclatement d’un tel projectile, sont redoutables et peuvent amener, en éclatant dans leur voisinage, la
- O 10750 257 50 mètres.
- Fig. 6. — Diagramme donnant les distances auxquelles les différentes charges de fulmi-coton, acide picrique et nitro-glycérine, produisent la destruction d'un navire.
- mise hors de service de certains organes indispensables au bon fonctionnement d’un navire de guerre : artillerie, transmission d’ordres, etc.
- L’artillerie de terre a cherché à produire des projectiles à éclatement, retardé, c’est-à-dire dont
- de destruction avec yunecharge <3© 500 MUojji \ Surface « <+250 /
- '\fnéti*ea carrés^/
- °neî destruction avec
- Fig 7. — Zones de destruction du canon Maxim par des charges de 500 et 1000 kilogrammes de fulmi-coton.
- l’explosion ne doit se produire que lorsqu’ils ont traversé la cuirasse; on peut alors s’attaquer aux parties vitales du navire généralement abritées par le blindage.
- Mais le problème, quoique certainement soluble,
- Fig. 8. — Zones battues et différence de dimensions des cibles dans le cas d’un projectile ordinaire de rupture et d’un projectile Maxim de 1000 kilogrammes.
- est des plus compliqués; au moment où l’obus vient frapper la cuirasse, il se dépense une énergie considérable employée à le briser d’autant plus facilement que sa résistance est affaiblie par le vide
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- ménagé pour la charge d’explosif. Pour remédier à cet inconvénient* on a placé sur la pointe dn projectile une sorte de coiffe préconisée par l’amiral russe Makarof; cette coiffe, en s’écrasant au contact de la muraille, absorbait une partie de l’énergie et protégeait ainsi la pointe de l’obus; les résultats, assez satisfaisants dans le tir normal, furent presque nuis dans le tir oblique qui est le tir réel du temps de guerre.
- On chercha alors la solution du problème dans des aciers plus durs, dans des ogives plus ou moins renforcées, et dans le transport au culot de la fusée qui se trouvait «à l’avant; de nombreuses expériences, exécutées en Allemagne sur la l'usée Forster, donnèrent raison aux partisans de cette nouvelle position du détonateur.
- Toutes les marines de guerre admettent certainement l’existence de projectiles à explosion retardée au moins dans une certaine limite, puisqu’elles ont, pour leur résister, modifié le système défensif de leurs vaisseaux et adopté, au lieu d’une simple ceinture épaisse, une cuirasse de 15 à 20 centimètres d’épaisseur partant de 2 mètres au-dessous de la flottaison et s’élevant jusqu’au pont supérieur; on a reconnu, en effet, que les projectiles à explosif ne pouvaient pas traverser plus de 10 à 15 centimètres d’acier sans exploser.
- Devant ces résultats incomplets, on se demanda s’il ne vaudrait pas mieux attaquer les navires par de grandes masses d’explosifs renfermés dans des projectiles à parois minces, explosant au contact ; on renonçait évidemment à traverser les cuirasses ; mais il reste, en dehors de l’abri de celles-ci, assez de points faibles, tels que superstructures, batteries, etc., dont la destruction peut amener l’immobilisation du bâtiment.
- Ces projectiles à grande capacité peuvent être allongés sans inconvénient et avoir 5 à 6 calibres de longueur; dans ces conditions, ceux des grosses pièces renferment jusqu’à 80 et 100 kilogrammes de mélinite; ce sont en somme de véritables projectiles-torpilles dont l’emploi à bord des navires de combat est réclamé par un grand nombre d’of-ficiers.
- Les Américains, comprenant toute l’efficacité de pareils projectiles pour la défense des côtes, ont cherché à développer leur emploi, et, pour éviter les explosions prématurées dans l’âme sous l’effet du choc au départ, ils adoptèrent, pour leur lancement, l’air comprimé qui agit plus progressivement que les poudres noires ou blanches ; ils créèrent ainsi le canon pneumatique Zalinski, lançant des obus-torpilles renfermant jusqu’à 272 kilogrammes de gélatine.
- Cette voie, ainsi ouverte, devait être suivie : M. Hudson Maxim vient d’établir les données d’un canon pouvant lancer un obus-torpille renfermant jusqu’à 1000 kilogrammes de fulmi-coton.
- Tout d’abord, M. Maxim se préoccupa de trouver une poudre qui ne donnât dans l’âme de la pièce qu’une faible pression de 700 kilogrammes par cen-
- timètre carré et qui conservât cette pression constante pendant tout le trajet du projectile dans la pièce ; avec une aussi faible pression, qui n’est que le quart de celle ordinairement développée, l’épaisseur du canon peut être fortement réduite, ainsique celle des parois du projectile, sans qu’il y ait chance d’explosion ou de rupture. Comme les explosifs ont un poids spécifique très faible par rapport à celui des métaux, on peut avoir dans ces conditions un obus de poids modéré, présentant une large surface arrière à la pression des gaz et susceptible d’atteindre une vitesse initiale suffisante; il est vrai, par contre, que la résistance de l’air augmentera, mais cela est de peu d’importance pour des projectiles qui ne sont pas destinés à traverser des cuirasses.
- La poudre trouvée, M. Maxim proposa d’établir un canon lance-torpilles de 60 centimètres de calibre, présentant à l’arrière les mêmes dimensions extérieures que le canon actuel de 50 centimètres et dont la longueur serait supérieure de 2m,25 à celle de ce dernier ; le poids serait le même grâce à la diminution de l’épaisseur rendue possible par l’emploi d’une poudre développant de faibles pressions.
- La figure 1 représente le canon réglementaire à fil d' acier de 50 centimètres de Woohvich qui lance un projectile do 5 calibres de longueur pesant 580 kilogrammes; une charge de cordite de 75 kilogrammes imprime à ce projectile une vitesse initiale de 705 mètres par seconde, avec des pressions dans l’âme de 2600 à 5000 kilogrammes par centimètre carré.
- La figure 2 donne le dessin du canon Maxim de même poids que le précédent (46 tonnes), mais du calibre de 60 centimètres; il peut lancer des obus-torpilles renfermant une tonne ou une 1/2 tonne de fulmi-coton humide, ou bien encore des projectiles contenant 500, 650 ou 1000 kilogrammes d’acide picrique. Dans la chambre arrière de l’âme, est représenté, en traits pleins, un projectile pesant 1200 kilogrammes et contenant 650 kilogrammes d’acide picrique; la charge de poudre Maxim qui est de 75 kilogrammes, est suffisante pour donner à ce projectile une vitesse initiale de 600 mètres à la seconde avec des pressions intérieures ne dépassant pas 750 kilogrammes par centimètre carré; la portée est d’environ 16 kilomètres.
- L’obus tracé dans l’âme en pointillé porte une; tonne (1000*8) d’acide picrique; il est lancé avec une vitesse initiale de 450 mètres et possède une portée de 9 kilomètres.
- La figure 5 représente un projectile pour canon de 60 centimètres de calibre; la charge intérieure est de 500 kilogrammes de fulmi-coton humide; la fusée est figurée au milieu.
- Les figures 4 et 5 donnent une coupe dans des projectiles renfermant l’un 500 kilogrammes, l’autre 650 kilogrammes d’acide picrique, toujours pour canon de 60 centimètres.
- M. Maxim préconise surtout l’emploi des projec-
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- tiles à fulmi-coton humide ; ce dernier explosif est, en effet, beaucoup plus stable que l’acide picrique, d’un maniement très facile et de plus son usage est déjà répandu dans toutes les marines pour la charge des torpilles Whitehead. Les obus, ainsi chargés, présentent, en outre, l’immense avantage de pouvoir recevoir les chocs des projectiles ennemis sans exploser; la détonation du fulmi-coton humide ne peut être produite que par un détonateur énergique, tel que du fulminate de mercure, ou par l’explosion d’une charge de fulmi-coton sec en contact intime avec lui.
- Ce n'est donc qu’en frappant la fusée qu’un boulet ennemi pourrait amener l’explosion d’une charge de fulmi-coton humide; mais cette fusée présente des dimensions assez réduites pour n’avoir que de faibles chances d’être atteinte; de plus, M. Maxim a pris la précaution de la placer dans une chambre suffisamment spacieuse, pour que l’explosion accidentelle ne puisse amener la détonation du fulmi-coton sec interposé entre elle et la charge humide; elle en est écartée par des crochets qui ne se brisent que sous l’action de la force centrifuge résultant du mouvement de rotation ; ce n’est donc qu’après la sortie du projectile de l’àme, que la fusée devient réellement active en se plaçant au contact du fulmi-coton sec.
- Au moment du choc contre un objet résistant, que ce soit une muraille ou la mer elle-même, le système percutant agit, fait détoner le fulmi-coton sec qui amène à son tour l’explosion de toute la masse humide. On comprendra l’avantage de projectiles aussi puissamment chargés, si l’on sait que, d’après les calculs du commandant Bucknill, de la marine des États-Unis, la coque des plus puissants bâtiments est défoncée si l’on exerce sur elle un effort de 900 kilogrammes par centimètre carré.
- Or, M. Maxim a calculé les distances auxquelles peuvent éclater des projectiles contenant 225, 500 et 1000 kilogrammes de fulmi-coton, d’acide picrique, ou de nitro-glycérine pour exercer précisément cet effort de rupture et il a pu établir le diagramme de la figure 6 dans lequel les abscisses sont des mètres, les ordonnées des kilogrammes et les trois lignes obliques, les effets des trois explosifs.
- Ainsi, 225 kilogrammes de fulmi-coton amènent la destruction d’un navire s’ils explosent dans l’eau à 10m,50 de lui; de même, 500 et 1000 kilogrammes s’ils détonent respectivement à la distance de 25 et de 50 mètres.
- Cette détermination a permis à M. Maxim de tracer la figure 7 dans laquelle le cercle intérieur et le cercle extérieur représentent les zones de destruction d’un navire attaqué par des obus de 500 et 1000 kilogrammes de fulmi-coton; la première zone a une surface de 4250 mètres carrés et la deuxième de 11 800 mètres carrés; les zones de destruction sont même plus grandes en réalité si l’on tient compte des dimensions du navire et sont représentées par les deux surfaces elliptiques de la figure.
- Enfin, la figure 8 montre, en tenant compte des distances auxquelles le projectile Maxim de 1000 kilogrammes peut démolir une coque de navire, la différence qui existe entre la cible que présente un navire ordinaire B pour un navire A armé de torpilles Maxim et la cible qu’ offre ce même navire A aux coups des projectiles pleins lancés par B.
- La seule inspection de cette figure montre tout l’avantage présenté par les obus-torpilles à grande charge qui conservent encore un effet de destruction certain contre les plus forts navires, même dans le cas d’une erreur en distance et en direction pouvant atteindre jusqu’à 120 et 200 mètres.
- Reste à savoir si les prévisions de M. Maxim sont réellement pratiques ; il convient donc de faire des expériences.
- La France qui la première a adopté les projectiles à la mélinite, ne saurait se désintéresser d’une invention aussi importante et qui est appelée, en cas de réussite, à révolutionner la guerre maritime. Commandant C.
- Les appareils destinés à reproduire par la photographie l’illusion du mouvement ont donné lieu, aussi bien à l’étranger qu’en France, à une foule de conceptions plus ou moins ingénieuses, plus ou moins pratiques. En général, les inventeurs sont restés à peu près dans le même ordre d’idées en faisant dérouler une bande sensible derrière un objectif et en provoquant l’arrêt nécessaire à la netteté de l’image par des moyens mécaniques tels que l’excentrique, la came, ou l’engrenage interrompu.
- Aussi un système qui sort complètement de ces différents modes de construction, nous a-t-il paru intéressant à signaler. Nous ne l’avons pas vu fonctionner et nous nous en rapportons au Scientific American qui nous en donne la description.
- L’inventeur, M. F. Jenkins, supprime tout système donnant à la bande pelliculaire un moment d’arrêt ; elle marche continuellement d’un mouvement uniforme.
- Pour obtenir malgré cela la série des images, il emploie une batterie d’objectifs (voy. fig., n° 2), tous identiques comme ouverture et comme foyer, montés les uns à côté des autres sur un disque C, qui porte un axe terminé par un engrenage rendant son mouvement solidaire de celui du rouleau D entraîneur de la bande. Or, ce mouvement est tel que la périphérie du disque, sur laquelle sont montés les objectifs, est animée d’une vitesse égale à celle de la pellicule. Celle-ci, guidée par le rouleau A, se déroule parallèlement au plan du disque porte-objectifs et à une distance telle de son axe de rotation qu’à un moment donné, et pendant un court espace de temps, un des objectifs se trouve exactement en face d’elle animé de la même vitesse. Yis-à-vis de l’endroit où se fait cet accord, la paroi de la boîte, qui ren-
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- forme tout l'appareil, est percée d’une ouverture par où les rayons lumineux arrivent à l’objectif ; cette ouverture peut être du reste modifiée au gré de l’opérateur par un disque E portant, une série de diaphragmes; une image est donc obtenue à ce moment, puis l'objectif suivant donne une autre image sur une partie voisine de la bande et ainsi de suite.
- Un volant M, mû à la main, met en mouvement tout le système, il est relié par une courroie à une bobine R sur laquelle s’emmagasine la bande impressionnée.
- On a supposé, dans la figure, que la partie non encore impressionnée de la pellicule provient d’un
- magasin situé à la partie supérieure de l’appareil. Notre confrère américain nous affirme qu’on obtient des images très nettes, nous le croyons sur parole n’ayant, pu vérifier le fait. 11 ne nous dit pas si l’appareil a été essayé pour faire des projections. L’idée est certes originale; mais il est à craindre, en supposant même le résultat beaucoup meilleur que celui des autres systèmes, que l’emploi d’une vingtaine d’objectifs par appareil ne le rende un peu trop coûteux, au moins pour le mettre à portée des amateurs.
- Le même inventeur nous indique de quelle façon il procède pour tirer un positif avec les diverses bandes pelliculaires (n° 1). La bande sensible est
- Nouveau système de cinématographe. — 1.
- enroulée sur la bobine P et le cliché sur la bobine A.
- Elles sont toutes deux perforées sur les bords avec des trous carrés que M. Jenkins considère* comme de beaucoup préférables aux trous ronds, pour assurer une coïncidence parfaite. Les extrémités de la bande et du cliché vont s’enrouler sur des bobi-nes réceptrices, l’une en R, l’autre en N, en passant sur un support enfermé dans une lanterne L munie d’une lampe à incandescence ; au sortir de là, les bandes sont entraînées simultanément par une roue dentée qui pénètre dans les perforations dont elles sont pourvues sur les hords de façon à assurer une coïncidence parfaite. Cette roue est mue par un mouvement d’horlogerie ou par un moteur électrique dont la vitesse est rendue très uniforme au moyen d’un régnlateur, afin que l’impression qui se fait au moment du passage dans la lanterne L
- Tirage des positifs. — 2. Batterie d’objectifs.
- f
- soit toujours la même pour toutes les images. Il est clair que l’ensemble des bobines a un mouvement solidaire de la roue dentée et que le tout est enfermé dans une chambre éclairée à une faible lumière rouge.
- Le développement des bandes impressionnées se fait en enroulant celles-ci en hélice sur un tambour dont la partie inférieure trempe dans le bain révélateur. On a également employé en France ce mode de développement et nous l’avons vu fonctionner il y a plusieurs années chez M. Demeny, mais en général on se contente, et on trouve plus simple et aussi commode, de tremper la bande dans une cuvette profonde, un sceau par exemple, en la faisant passer constamment d’un bout à l’autre dans les mains pour surveiller la venue des images. G. M.
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- LA NATURE.
- I 09
- POMPE A AIR COMPRIMÉ
- Des installations intéressantes ont été récemment Lûtes en France à l’aide de la pompe Mammouth à air comprimé par la Compagnie parisienne de l’air comprimé. A Paris, la Compagnie continentale Edison a fait placer une pompe d’un débit de 1500/litres par minute dans son usine électrique de la cité Bergère, et les grands Magasins du [.ouvre, une pompe semblable. Plus de 100 autres pompes de tous débits ont été mises en marche, en Belgique, en Russie, en Autriche et en Allemagne.
- La pompe Mammouth consiste en un faisceau de deux tubes parallèles D et F, comme le montre la figure ci-jointe. Le premier est le tuyau d’air comprimé qui est relié à un réservoir B dans lequel arrive l’air comprimé soit en sortant du compresseur, soit en sortant, comme à Paris, des canalisations de distribution de la Cie parisienne de l’air comprimé après avoir traversé un détendeur A. Ce tuyau d’arrivée d’air descend dans le puits C, parallèlement au tuyau de refoulement F, et vient se fixer à une culotte métallique E portée à l’extrémité de ce même tuyau. Celui-ci plonge dans le puits à une profondeur suffisante et débouche
- au-dessus d’un réservoir supérieur. La hauteur de refoulement détermine la profondeur d’immersion des deux tubes d’air et d’eau, ainsi que la pression d’air suffisante. Le fonctionnement de la pompe Mammouth est basé sur le principe des vases communicants. Au repos, le niveau est le même dans les deux colonnes. Si nous faisons arriver par le tube de droite de l’air comprimé à une pression déterminée par la hauteur de la colonne d’eau dans le puits, cet air
- pénètre dans la culotte de jonction E des tubes d’air et d’eau, et tend à monter sous forme de bulle dans le tube de refoulement. Il agit comme un piston et refoule la colonne liquide de toute la hauteur de la bulle. Donc, à ce moment, le niveau d’eau dans le tube est plus haut que dans le puits de toute la hauteur de l’air introduit. S’il se produit alors, par
- suite de l’écoulement de l’eau qui se trouve au-dessus de l’air introduit, une diminution de poids dans le tube de refoulement, l’équilibre est rompu, et, sous la pression de la colonne d’eau dans le puits, une certaine quantité d'eau du puits passe dans le tube de refoulement pour rétablir cet équilibre ; puis une seconde bulle d’air se forme, une autre quantité d’air pénètre dans le tube et ces opérations successives se répètent avec une très grande vitesse et une grande régularité. L’air comprimé se détend à mesure qu’il s’élève dans le tube par suite de la diminution graduelle du poids de la colonne mixte qu’il supporte, et augmente encore la rapidité ascensionnelle de cette colonne.
- La pompe Mammouth présente un certain nombre d’avantages qu’il importe de considérer. Son installation est d’abord très simple. Elle peut élever de la boue, du sable ou gravier, qui peuvent se trouver dans les puits forés. L’usure est très faible et pour ainsi dire nulle. Il n’y a jamais de désamorçage La section du tuyau de refoulement est totalement utilisée; ce rendement en élévation d’eau est donc supérieur. On compte que d’un puits de 150 millimètres de diamètre, la pompe peut élever 270 à 290 litres par minute; d’un puits de 500 millimètres elle élève i2200 à 5400 litres par minute. Pour les hauteurs d’élévation de 5 à 15 mètres,
- Pompe Mammouth à air comprimé pour élévation d’eaux.
- 1. Vue d’ensemble. — 2. Détails de la jonction des tuyaux d’arrivée de l’air comprimé et de refoulement.
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- LA NATURE.
- la quantité d’air atmosphérique nécessaire est de 1,5 à 2,5 litres par litre d’eau élevée. Cet air doit être comprimé à une pression déterminée par la profondeur d’immersion de la pompe. Le prix du mètre cube d’air atmosphérique à Paris, est de ûir,015 En admettant les chiffres précédents, on trouve une dépense de 0f',0575 par mètre cube d’eau élevée à 15 mètres. Ajoutons qu’il existe des pompes Mammouth pour tous débits de 00 à 155 000 litres par minute. La température de l’eau élevée s’abaissede 1°,25 par suite delà détente de l’air comprimé. La congélation de l’eau dans le tuyau de refoulement est impossible.
- En résumé, la pompe Mammouth s’applique aisément à l’élévation des eaux de puits pour condensation des machines à vapeur et distribution dans les immeubles. J. Laffarguk.
- LÀ CONTAMINATION DES PUITS
- Divers savants, et notamment M. Martel, ont montré combien était facile la contamination des puits dans les terrains calcaires fissurés : ces puits drainent les eaux superficielles et les reçoivent parfois telles qu’elles courent sur le sol, avec toutes leurs impuretés. Je voudrais montrer que le danger n’est pas moins grand dans les terrains perméables et poreux, avec cette différence pourtant que la nitrification peut parfois intervenir et détruire les matières organiques apportées par l’eau avant qu’elle ait atteint la nappe souterraine des puits. Je voudrais profiter de l’occasion pour montrer qu’on peut porter un jugement assuré sur la contamination d’une eau avec les déules ressources de la Chimie pure, et sans avoir recours aux méthodes parfois fallacieuses de la Bactériologie.
- Mon attention a été appelée, pendant les vacances, sur une petite ville du Cantal où avait éclaté une légère épidémie de lièvre typhoïde. Cette ville, assise sur un petit mamelon porté par un contrefort qui court du nord au sud en s’abaissant vers la vallée du Lot, repose sur un terrain de gneiss très absorbant' et possède, par suite, une nappe d’eaux souterraines qui s’écoulent lentement le long des pentes. Il suffit de percer, en un point quelconque, un puits de quelques mètres de profondeur pour y voir arriver l’eau. Aussi, beaucoup de maisons ont une pompe dont le réservoir est tantôt dans la cave, tantôt dans le jardin, quand il y en a un. Comme il n’y a nulle part de fosse d’aisances étanche, comme les canalisations sont à l’état rudimentaire, comme il n’est pas rare d’y trouver des rues couvertes d’un tapis de fougères, de bruyères ou de genêts qui pourrissent en retenant l’eau du ciel et toutes les eaux ménagères, on voit que toutes les conditions sont réunies pour qu’une rotation régulière s’établisse entre la cuisine et le puits de chaque maison.
- L’important était de savoir comment se traduisait cette contamination inévitable, et à quel état arrivaient au puits les eaux qui avaient lavé et emporté les déjections et les fumiers accumulés à la surface du sol. C’est pour cela que j’ai fait une série d’analyses portant sur des eaux prises en amont de la ville, dans les puits de la ville, et en aval de la ville, dans ses environs médiats ou immédiats, sans quitter pourtant son horizon géologique. J’ai réduit ces analyses au strict nécessaire pour l’objet que j’avais en vue, et n’y ai dosé que le résidu d’évaporation à 100°, le chlore, la chaux, l’ammoniaque, les nitrates, et, éventuellement, les phosphates.
- Voici les nombres trouvés. J’ai mis au premier rang les sources en amont de la ville : les sources 1 et 2 sont réunies dans une canalisation qui les amène à une fontaine publique n° 5, malheureusement insuffisante. Les puits 7 à 21 sont ceux où j’ai eu accès en ville. Les puits ou sources 22 à 26 sont tons à des niveaux plus bas que les précédents, et sont plus ou moins éloignés de l’agglomération urbaine, mais toujours dans le même terrain. Les chiffres sont des milligrammes par litre.
- SOURCES EN AMONT RE LA VILLE
- Chlore Chaux Résidu Chlore Chaux Résidu
- 1. . 3,0 2,0 35 4.. 3,6 1,5 56
- v> . 3,5 2,0 33 5.. 3,0 1,0 26
- 3. 1” analyse i1 1,0 2,5 35 6.. 6.0 6,0 42
- « 5,0 1,5 22
- PU TS I)E LA VIL LE
- Chlore Chaux Résidu Chlore Chaux Résidu
- 7. 1” analy 'O 21 17 135 11. P* analyse 133 51 563
- ». 20 11 137 » 2e — 123 51 575
- 8. Ï- - 10 29 218 15. 120 63 418
- )) 2* — )) » 222 16. i" analyse 48 107 423
- 9. 1" — 50 27 335 )) 2» — » )) 425
- )) g* )) » 328 17. 1” — 103 50 531
- 10. p. _ 55 281 351 » 2® — 117 28 601
- » . 2» » )) 361 18. j" — 23 38 256
- 11. . 106 10 119 » 2* — 27 50 267
- 12. 1™ analy se 60 26 308 19. 64 35 523
- )) & — )) » 301 20. 13 14 105
- 13. 1” — 128 71 676 21. i- analyse 15 33 188
- )> 2- — 126 59 690 )) 2* — • » » 225
- SOURCES OU PUITS DE LA MÊME RÉGION, EN AVAL
- 22. 500 met * 27 12 171 25. 4000 met. 3,0 2,5 42
- 23. 1000 — 0 3 41 26. 15 kil. . 2,5 3,0 21
- 21. 2000 — 3,5 6 67
- L’étude du tableau conduit aux conclusions suivantes :
- 1° La preuve de la contamination est faite par l’apparition, dans l’eau des puits, de deux éléments presque absents dans les eaux vierges de la même région géologique, la chaux et le chlore. La chaux est apportée en ville par les aliments de l’homme et des animaux, et c’est de l’intestin qu’elle passe dans les puits, où sa proportion est parfois 50 fois plus grande que la proportion normale. Le chlore provient, lui aussi, des urines et des fumiers, et il y en a, dans certains puits, 50 fois plus que dans les eaux vierges. Encore faut-il remarquer que ces dernières eaux, lorsqu’elles circulent en nappe sous des sols non habités, mais cultivés, leur ont emprunté en les traversant un peu de la chaux et du chlore apportés par les fumiers. Quand elles circulent sous des sols en friche ou couverts de bois, la chaux n’y dépasse pas, en terrain de gneiss, 1 milligramme, et le chlore 5 milligrammes par litre, tandis que, dans l’eau des puits, nous trouvons 107 milligrammes de chaux et de 153 milligrammes de chlore.
- 2° Si grande qu’elle soit, la variation du chlore et de la chaux n’est qu’une fraction assez faible de la variation du résidu d’évaporation, qui ne dépasse pas 40 en amont et en aval de la ville, tandis qu’il atteint le chiffre de 690 dans un des puits. D’une manière générale, ce chiffre va en augmentant à mesure qu’on se rapproche du centre de l’agglomération, et diminue quand on s’en éloigne. Cette augmentation n’est due que pour une faible part à la présence de matières organiques. Sauf pour le puits n° 11, creusé dans la cave d’une maison très sale, ces eaux de puits réduisent faiblement l’hypermanganate en solution acide ou alcaline et ne contiennent pas d’ammoniaque; mais les nitrates y sont abondants et atteignent des chiffres compris entre 100 et 200 milligrammes de
- 1 Lorsqu’il y a deux analyses, elles ont porté sur deux échantillons prélevés au même point, l’un huit jours, l’autre vingt jours apres une période de pluies.
- a Distances en droite ligne des sources ou puits au centre de la ville.
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- nitrate de potasse par litre. Il m’est même arrivé, en évaporant un litre de l’eau du puits n° 14, de les voir cristalliser au fond de la capsule de platine.
- 5° On peut inférer de là que, malgré la densité relativement grande de la population (environ 800 habitants sur moins de ‘2 hectares), et l’état de saleté habituel de la petite ville, le sol poreux et absorbant en protège les habitants, à leur insu, en nitrifiant, avant de la laisser arriver dans les puits, la matière organique de l’eau qui le traverse. Tel était, au moins, le cas après l’été pluvieux que nous avons subi l’année dernière. Mais cet équilibre de nitrification n’est pas assez stable pour qu’on puisse compter sur lui. Nous avons vu qu’il était troublé pour le puits n° 11, qui recevait de l’extérieur de la matière organique incomplètement transformée. On peut prévoir qu’il ne se réalisera pas dans tous les temps et dans tous leslieux, et que, par conséquent, les habitants sont toujours exposés à retrouver dans leur eau de boisson un peu de la matière organique et quelques-uns des microbes provenant de leurs fumiers ou de leurs déjections.
- 4° En acceptant l’hypothèse la plus favorable, celle où la nitrification de la matière organique, garantissant son innocuité, serait toujours assurée, l’eau des puits n’en contiendrait pas moins, à côté des nitrates, tous les autres matériaux des excréments ou des fumiers que le sol ne retient pas, à savoir le chlorure de sodium et les phosphates des urines Les eaux des puits que j’ai étudiées atteignent, sous ce point de vue, un degré d’impureté peu habituel. 11 y en a qui sont sensiblement salées au goût, et la proportion moyenne d’acide phosphorique y atteint 25 milligrammes par litre. C’est environ cinquante fois plus que dans les eaux vierges de la région, qui en contiennent moins de 0mmgr,5 par litre. C’est, d’un autre côté, environ cinquante fois moins que dans l’urine.
- 5° Nous arrivons donc, par différentes voies, à cette conclusion que l’eau des puits étudiés est ou du moins était cette année, après les pluies abondantes de l’été, un mélange de 1 litre d’urine avec 50 litres d’eau de pluie. La proportion doit être plus considérable pendant les étés secs. Cette conclusion n’a rien de réjouissant. Ou peut lui donner une autre forme en disant que l’eau de ces puits est tout à fait comparable aux eaux d’égout de l’aris lorsque, après s’étre épurées à Gennevilliers, elles sont déversées dans la Seine. Elles ont beau contenir la proportion normale d’oxygène, être limpides et pauvres en microbes, elles sont riches en sels, en nitrates, et personne n’en voudrait faire des eaux de boisson, même après cuisson ou filtration poreuse. Toutes ces conclusions, obtenues par la Chimie pure, viennent à l’appui de l’opinion que j’ai soutenue dans mon récent Traité de Microbiologie au sujet de la prépondérance des déterminations chimiques sur les déterminations bactériologiques dans les analyses d’eau. En procédant par analyses comparatives des eaux suspectes et des eaux pures de la région, on peut d’ordinaire savoir d’où vient le mal, et aussi quel est le remède. Dans l’espèce, c’est en allant recueillir les eaux pures qui existent en amont, que la petite ville dont je parle remplacera par de l’eau réellement potable et inoffensive les eaux fertilisantes qu’elle consomme aujourd’hui.
- Diverses analyses faites çà et là m’ont prouvé qu’il n’est pas rare de rencontrer en France des situations toutes pareilles à celle que je viens d'esquisser; c’est pour les déceler que l’Institut Pasteur organise un service de recherches et de renseignements.
- Duclaux,
- Membre de l’Académie des sciences, Directeur de l’Institut Pasteur.
- SAUT ET SAUTEURS
- UN 1IOMME ET UN CHEVAL
- Même parmi les plus enragés bicyclistes ou chauffeurs, je ne crois pas qu’il en soit pour nier cette sorte de rénovation athlétique, ou pour mieux dire des exercices du plein air que nous constatons depuis quelques années. Il n’est pas un lycée aujourd’hui, pas un collège, pas une association qui n’ait son club athlétique aux initiales plus ou moins bizarres, mais dont l’utilité au point de vue du développement musculaire de la jeunesse est incontestable. Les organes spéciaux du cyclisme eux-mêmes sont obligés de suivre le mouvement, le Vélo, le Journal des Sports (Paris-Vélo), Tous les Sports, primitivement fondés dans le but de chanter les exclusives louanges de la Reine Bicyclette et de l’Impératrice Automobile, consacrent actuellement plus de la moitié de leurs colonnes aux exercices athlétiques et du plein air.
- Je n’ai nullement l’intention de passer en revue aujourd’hui les divers exercices transformés en jeux par la mode. Ce serait le cas ou jamais de citer le vieil Horace : miscuit utile dulci; mais il semble que depuis deux ou trois mois l’actualité est au saut, non pour ceux qui sont mêlés directement au mouvement que je signalais tout à l’heure, et qui pratiquent tous les exercices corporels, mais pour le profane qui se tient un peu en dehors et qui ne connaît l’actualité athlétique que par ce qu’on lui présente dans les cirques qui, eux aussi, sont forcés de se mettre au diapason du moment. N’est-il pas vrai que du temps glorieux de « la plus noble conquête )> les cirques étaient les royaumes des chevaux? Puis vinrent les cyclistes — combien de variétés! Aujourd’hui nous avons les athlètes, les lutteurs, les écuyers encore — on ne les détrônera jamais, — les animaux savants et les sauteurs.
- Et si l’actualité du moment est à ces derniers, c’est certainement à cause de ce merveilleux et très curieux artiste qu’est John Higgins, une des dernières découvertes du sympathique directeur du Nouveau-Cirque, M. Houcke. Higgins n’est certes pas un homme ordinaire, et je crois que rarement on a vu sauteur pareil ; pour lui trou ver un émule, il faudrait sans doute remonter aux temps héroïques de l’ancienne Grèce ou de la Rome toute-puissante.
- Quand on parle de saut, on se figure que cet exercice est une chose toute naturelle et toute simple. Qu’est-ce, d’abord, que le saut?
- Le saut est un mouvement, et un mouvement progressif dans lequel le corps se détache tout à coup du sol pour être projeté en avant et en haut par une détente des membres inférieurs.
- Dans le saut il y a trois phases bien distinctes : la phase de préparation, la phase de suspension (ascension, descente) et la phase de terminaison, qui se retrouvent dans les différentes espèces de saut, en largeur, en hauteur ou en profondeur.
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- LA NATURE.
- Higgins, le sauteur du Nouveau-Cirque, pratique surtout une combinaison du saut en largeur et du saut en hauteur et ce toujours avec une aide : des haltères; je dirai tout à l’heure pourquoi. C’est ainsi qu’il franchit un ou deux chevaux, huit chaises en longueur avec quatre autres formant pyramide, un homme assis sur une chaise laquelle se trouve sur une table, un fiacre adossé à une table, etc., etc., avec des sauts variant comme longueur entre 5 mètres et 6m,50 et comme hauteur entre 2 et 5 mètres,on dira que ce sont là exercices ordinaires : en effet, si l’on se sert d’un tremplin ; mais Higgins ignore l’élasticité du tremplin, c’est toujours à pieds joints qu’il pratique ses sauts; une planche seulement lui sert à corriger l’inégalité du sol de la piste du cirque. Alors ce sont des tours de force? Pas tout à fait, mais le sauteur a su trouver une aide dans les haltères qu’il emploie intelligemment; car, suivant le saut, le poids de ses haltères change.
- 11 serait absurde de penser (pourtant il me semble que cela a été écrit) « qu’il prend un point d’appui sans appuyer dessus », car on ne voit pas bien un point d’appui uniquement formé de couches d’air.
- Du reste, ces sauts combinés avec haltères étaient pratiqués des anciens, et tout récemment le savant M. Marey me citait, à titre documentaire, l’explication donnée par Dumas de Montpellier qui chercha, un des premiers, à étudier les mouvements chez l’homme et chez les animaux : il prétendait que lorsque le sauteur lâchait ses haltères « le corps devenait plus libre et allait plus loin ». Cette explication vaut celle du point d’appui imaginaire et est absolument contraire aux principes élémentaires de la mécanique ; car il ne faut pas croire que le sauteur lâche simplement ses haltères, il les lance violem--ment en arrière, et c’est cette réaction qui le porte
- en avant. Ce mouvement en avant, qui se produit au point culminant de l’élévation, permet en outre au sauteur d’exécuter certains exercices curieux tels que d’éteindre avec son pied une bougie placée sur la tête de l’homme qu’il franchit, ou de sauter dans un bassin plein d’eau, en effleurant seulement le liquide et de tomber 1m,50 plus loin.
- Quoique certains puissent dire que les tours de force physiques ne démontrent pas grand’chose, le
- sauteur Higgins aura rendu un grand service à ceux qui, comme M. le professeur Marey, leDrPaul Richer et d’autres, se livrent à l’étude des différents mouvements. C’est ainsi <jue M. Marey va pro-chainement cbro-nophotographier le sauteur Higgins, il l’étudiera scientifiquement et cherchera ainsi les relations qui peuvent exister entre la longueur des sauts comparée à la vitesse imprimée à la masse des haltères. Il m’a promis de communiquer le résultat de ses observations ainsi que les épreuves des chronophotographies qu’il obtiendra, aux lecteurs de La Nature, et cette étude toute nouvelle ne manquera pas d’être intéressante.
- Au point de vue physiologique, le sauteur Higgins est construit comme un homme ordinaire; en civil, on ne dirait pas que cet élégant gentleman est un sauteur si extraordinaire, mais en maillot on s’aperçoit de suite du développement de ses muscles de la cuisse et du mollet, et aussi, le fait est à noter, du développement exagéré des muscles scapulaires, muscles qui se sentent très peu chez l’homme, et qui recouvrent en partie l’omoplate. Ce développement lui vient de l’exercice continuel du lancement des haltères en arrière, ce qui indique bien le secours de ces poids dans le saut en avant. Higgins restera, je crois, comme un des sauteurs les plus merveilleux qui aient jamais été vus, même sur une piste de cirque.
- Fis. 1. — La Flèche et son cavalier sautant une barrière de 2 mètres.
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- Chez les animaux, les sauts ont atteint parfois des hauteurs incroyables, le chien est un des mieux doués avec le chevreuil, et, qui lecroirait?le sanglier. J’aurai occasion un jour de parler du saut chez les animaux, mais puisque me voici au Nouveau-Cirque, je ne veux pas le quitter sans signaler encore un sauteur de tout premier ordre qu’on y voyait, il y a quelques semaines : un cheval, qui paraît détenir aujourd’hui le record du saut. Ce cheval, La Flèche, avait été acheté dans le Hanovre par Wulf, un dresseur allemand. 11 servait de hack, mais son caractère détestable paralysait ses moyens ; bien que
- rétif, il n’en était pas moins réputé comme brillant sauteur, et après quelques semaines de dressage suivi et régulier, il est parvenu à sauter une barrière de 2 mètres sans la moindre difficulté. Probablement que s’il n’était légèrement abruti par le travail répété chaque soir sur une piste forcément mal commode de cirque, on pourrait facilement lui faire sauter un obstacle encore plus élevé. Il ne me paraît pas sans intérêt, pour terminer ce premier article, de citer quelques exemples de sauts remarquables. Au dire de Youatt1, un cheval, qui avait été cautérisé à trois membres, était logé en liberté dans un box
- Fig. 2. — Joliu lliggias, le sauteur du Nouveau-Cirque, sautant jmr-dessus une voiture. Iliggius sautant sur des bougies et les éteignant sans les écraser.
- fermé par une porte de im,80 de haut au-dessus de laquelle était une ouverture de 1 mètre carré ; sa propre taille était de lm,60. Cet animal, en entendant à une grande distance les hourras des chasseurs et les cris des chiens, franchit d’un bond la porte de son box, sans qu’on ait pu trouver sous sa poitrine, sur sa nuque ou sur ses côtes la plus petite marque de frottement. De Turnieu dans ses Leçons de science hippique française rapporte le fait suivant :
- « En 1792, pour un pari de 500 guinées, un cheval irlandais fut amené dans Hyde Park, devant le mur de Park Lane, haut de 2m,22 d’un côté et seulement de 2m,08 de l’autre. Il sauta bien sur le côté le moins élevé, mais toucha légèrement en
- sens contraire. Il paraît qu’il était en liberté. »
- 11 y a encore quelques rares exemples de murs de 2 mètres franchis par gageure : ainsi un chasseur du Comté de Kent arrivant à la queue d’un renard sur une propriété fermée par un mur de 2 mètres, le sauta sans difficulté.
- Mais il est un fait certain, c’est que les sauteurs, qu’ils soient hommes ou animaux, doivent présenter une conformation irréprochable, comme force, énergie et vigueur, et, en plus de la puissance musculaire, il faut une intelligence développée et cultivée par l’éducation ; ou tout au moins chez l’homme une compréhension de l’acte à accomplir,,
- 1 Youatt. Histoire du cheval anglais.
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- LA NATURE
- un travail d’observation et d’appréciation, et chez l’animal un entraînement sévère et régulier, et finalement chez les deux êtres une décision par laquelle ils mesurent leurs efforts à la grandeur de la tâche à accomplir. Paul Mkgnin.
- NÉCROLOGIE
- Le Dr Jules-Émile Péan. — Le I)r Péan, qui est mort à Paris, le 20 janvier, d’une pneumonie, avait conquis une célébrité universelle; il passait pour l’opérateur le plus habile de l’époque. On ne discute pas l’opinion. Il a justifié sa réputation de chirurgien audacieux et novateur. Émile Péan était né à Chàteaudun, le 21 novembre 1850. Fils d’un modeste minotier, il put faire ses classes au Lycée de Chartres et commencer ses études médicales à Page de 19 ans, à Paris, en 1853. Dès 1850, il arrivait premier au concours de l’Internat, et en 1801 il était reçu docteur. Après concours, il était nommé chirurgien du Bureau Central. 11 passa à Saint-Antoine et à Saint-Louis, où il resta jusqu’en 1893. 11 prit sa retraite après 27 ans de service comme chirurgien des hôpitaux. Il professa avec éclat à Saint-Louis, réunissant autour de lui une foule d’étudiants et de chirurgiens distingués venus du monde entier pour profiter de ses leçons. Péan laisse deux volumes de clinique (1876 à 1890) et divers ouvrages ou mémoires où sont relatés les procédés divers qu’il a introduits en chirurgie, son fameux travail sur le pincement des veines, comme moyen d’hémostase, etc.
- Quand il quitta Saint-Louis, il fonda l’hôpital International pour lequel il dépensait par an une centaine de mille francs. Péan fut doux aux pauvres ; il faisait payer les riches. Debout à 4 heures du matin, — c’est ainsi qu’il a contracté le mal qui l’a tué, son feu s’étant éteint sans qu’il y prît garde, — il travaillait sans arrêt toute la semaine, ne se reposant que le dimanche à son château de Boulayes, près Paris. Sa tenue était proverbiale ; il ne quittait pas l’habit et son plastron de chemise restait immaculé. On dit même que dans son fameux coupé, connu de tous les médecins, il avait établi un lavabo, un vrai cabinet de toilette avec dans un coffre des habits de rechange et des chemises. Si la propreté la plus méticuleuse est indispensable dans la profession, Péan y ajoutait l’élégance et presque le luxe de la toilette jusque dans les salles d’hôpital. Mondain, artiste, aimant surtout la musique, il se délassait de loin en loin en donnant des soirées où tout le Paris connu se réunissait avec empressement. Les concerts chez Mme Péan étaient très suivis.
- Le Dr Péan a été très discuté à Paris; il a eu des admirateurs fidèles et enthousiastes, des détracteurs passionnés. C’est la loi. Aussi l’Académie de médecine ne lui a-t-elle ouvert ses portes que tard, le 22 novembre 1887. Il n’est pas douteux que la postérité atténuera ce que ces opinions contradictoires ont eu d’excessif; elle rangera Péan dans le groupe des grands opérateurs dont le nom restera.
- Péan avait été décoré en 1871, promu officier en 1878 et commandeur de la Légion d’honneur en 1893. Il a eu une fin enviable et chrétienne. 11 a conservé sa présence d’esprit jusqu’aux derniers moments. Il put faire ses adieux à chacun des membres de sa famille et l’on cite de lui ces dernières et hères paroles qui ne sont pas d’un homme ordinaire : « Quelle que soit la carrière que l’on
- a suivie, quand on a passé sa vie dans l’honneur et dans le devoir, on meurt avec la conviction intime de se retrouver un jour. » H. de P.
- CHRONIQUE
- Poudre sans fumée. — Après une série d’essais très remarquables, la marine russe vient d’adopter une nouvelle poudre sans fumée; les résultats obtenus ont été les suivants : le canon de 75 millimètres, tirant un projectile de 1 k*,500, a fourni une vitesse initiale de 701 mètres par seconde. Le canon de 120 millimètres, avec un projectile de 20k®,500, a donné une vitesse initiale de 792 mètres. Avec le canon de 501 millimètres et un projectile de 522 kilogrammes, la vitesse initiale a été de 858 mètres, la pièce avait 40 calibres. Le canon de 152 millimètres a obtenu la vitesse réellement considérable de 878 mètres, avec un projectile de 40 kilogrammes.
- L’état sanitaire de l’année française. —
- Quelles sont les maladies qui atteignent nos soldats le plus communément, et combien notre armée fournit-elle de victimes en temps de paix ? C’est là une question intéressante à des points de vue divers, et à laquelle répond d'ailleurs, tous les ans, le ministère de la guerre, par la voix de son service de santé qui est chargé de rassembler et de publier ces renseignements. La dernière de ces statistiques a paru il y a quelques mois. Elle donne les chiffres se rapportant à 1895. Les effectifs qui lui servent de base s’élevaient cette année-là à 489 785 hommes. La mortalité a été de 3736 individus, soit 6,86 pour 1000. Les maladies qui ont occasionné le plus de décès sont : la fièvre typhoïde, la tuberculose, la grippe, la pneumonie, la broncho-pneumonie et la bronchite capillaire. On compte en outre 41 suicides sur 1000 décès généraux et enfin 221 morts accidentelles. Quant aux malades on les a divisés en trois catégories et traités suivant l’importance de leur cas, à la chambre, à l’infirmerie ou à l’hôpital. Les premiers sont au nombre de 649 459, soit 1312 hommes sur 1000; les seconds, 194 592, soit 412 sur 1000, et les troisièmes 118 987, soit 219 pour 1000. La première catégorie comprend les indisposés; dans la seconde, figurent surtout les hommes atteints d’amygdalites et d’angines, de maladies des voies respiratoires. Dans la troisième catégorie, on relève plus particulièrement des cas de diarrhée, d’embarras gastrique, de grippe, de rhumatisme, de fièvre typhoïde, de laryngite, de bronchite, les lésions traumatiques, etc. Les corps d’armée se classent ainsi qu’il suit dans l’ordre croissant de la mortalité : 1er, 2e, 16e, 15e, 5e, 5e, 6e, 11e, 18e, 12e, 4e, 10e, gouvernement de Paris, 8e corps. 14e, 7e, 17e, 9e, 13e, divisions d’Alger, de Constantine, de Tunisie et d’Oran. La grippe et les affections pulmonaires ont influé essentiellement, en 1895, sur le classement des corps d’armée. Il y a lieu de croire qu’il en sera de même en 1897-1898.
- Le tou* sY l’égout. — Le Journal officiel vient de publier le rapport semestriel adressé au ministre des travaux publics par la commission de surveillance de l’épandage des eaux d’égout de Paris. Après avoir constaté que, durant les quatre premiers mois de 1897, les irrigations n’ont pu être faites d’une manière normale en raison de la crue persistante de la Seine, le rapport expose qu’à la fin de juin 1897 la superficie des terrains irrigués était de 795 hectares, sur lesquels il a été déversé
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- 16 419 708 mètres cubes d’eaux d’égout depuis le 1er janvier 1897. La commission ajoute que le drainage de la plaine paraît s’effectuer dans de bonnes conditions, que l’eau qui en sort est claire et limpide, que le cresson y fructifie et que les poissons y vivent. La commission doit faire remarquer, dit le rapport, qu’en amont de Bezons, là où la Seine est à son comble d’infection, le chiffre des bactéries passe de 5 496 000 en 1894 à 1 181 600 en 1897, suivant une progression sans cesse décroissante. 11 en est de même à Bougival, où le chiffre des bactéries tombe de 5 450 000 en 1894 à 158 540 en 1897.11 en est de même aussi au pont de Conflans. Disons enfin qu’aux Andelys la Seine se montre beaucoup plus pure en bactéries qu’au confluent de l’Yonne. L’expérience en cours : tout à l’égout, rien au fleuve, tout à la terre, montre que, au fur et à mesure que s’étendront les champs d’épuration avec utilisation agricole, l’infection de la Seine ira s’atténuant progressivement et enfin disparaîtra. En résumé, la commission a constaté : 1° que la quantité d’eau déversée dans la presqu’île de Gennevitliers restait dans les limites fixées par la loi ; 2° que le périmètre de protection établi pour le hameau de Yilleneuve-la-Garenne est respecté; 5° que l’eau des drains est claire, limpide et que le nombre des bactéries qu’elle renferme se rapproche de celui des eaux de source et que, par conséquent, l’épuration s’opère complètement.
- Mission géographique en Perse. — Le Bulletin de la Société italienne de Géographie annonce l’heureux départ de Tauris (Perse) d’une petite expédition scientifique pour le lac Ourmiah, célèbre par son eau salée renfermant de nombreux zoophytes. Le professeur Paladini, de Milan, qui la dirige, se propose de lever un plan exact de ce lac et de la région environnante.
- I.a peste à Bombay. — Les astronomes qui sont allés aux Indes pour y observer l’éclipse totale ont dù braver les rigueurs de la peste. L’agence Reuter câblait, le 6 janvier, que l’on avait enregistré pendant les 48 heures précédentes 142 cas et 105 décès. Dans la journée du 8 au 9 on avait 159 cas et 126 décès. Le chiffre des morts de la peste à Bombay était alors de 406. L’épidémie était de plus en voie de décroissance ; mais des rumeurs sinistres circulaient dans la foule à cause des nombreux touristes venus aux Indes pour l’observation de l’éclipse totale de soleil du 22. Quand ce curieux phénomène sera accompli, on verra un exode général des étrangers.
- Le canal de la mer Baltique à la mer Noire.
- — Les plans de celte voie de communication dont nous avons parlé ici1 ont été définitivement arrêtés. Les travaux commenceront au printemps prochain; on estime à 500 millions de francs la dépense qu’ils entraîneront. Ce canal s’étendra sur une longueur totale de 1000 milles environ. La voie aura une largeur de 70 mètres au plan d’eau et 36 mètres à la cuvette. La profondeur ne sera pas moindre de 9 mètres. Le canal suivra exactement la ligne indiquée sur notre croquis. Il desservira parmi les ports les plus importants après Riga et Kherson, ses points de départ et d’arrivée: Jakobst, Dunaborg, Lepel, Borizow, Bobrinsk, Kiew, Péréjaslaw, Kureff, Tcherkasy, Krementchouk, Ekatorinoslavv, Alexandrowsk et Alexchky. 11 sera éclairé, sur tout son parcours, par la lumière électrique.
- 4 kilomètres de tramway construits en 2* heures. — Un nouveau tour de force à l’acquit des ingénieurs américains : Les deux Compagnies « New
- 1 Voy. n° 1265, du 28 août 1897, p. 196.
- York and Philadelphia traction C° » et « New Brunswick traction C° » se disputaient le droit d’établir un tramway électrique entre Bound Brook et Somerville, dans le New Jersey. Pour surprendre sa rivale par le fait accompli, la première de ces compagnies a réussi à mener complètement à bien la construction des 4 kilomètres de voie, à poser les conducteurs et à faire circuler une voiture, le tout dans l’espace de 22 heures.
- Déplacement d’une cheminée de fabrique. — Récemment on a transporté, dans l’ile de Shelter, une cheminée de 26 mètres de hauteur à une distance de 290 mètres. Cette cheminée pesait environ 100 tonnes et avait une base carrée de 2m,10 de côté sur 0m,25 d’épaisseur. On construisit sous la cheminée et autour d’elle une charpente en bois reposant sur deux poutres fortement graissées que l’on fit glisser sur des traverses également enduites de graisse. Le mouvement fut donné par une chaîne enroulée sur un cabestan mû par un cheval. Le déplacement auquel furent occupés quatre ouvriers s’effectua sans encombre et fut terminé en neuf jours.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 7 février 1898. — Présidence de II. AYoi.f.
- Mesures de haute température. — M. Daniel Berthelot fait connaître quelques résultats obtenus à l’aide de l’appareil qu’il a imaginé pour la mesure des hautes températures au moyen des interférences lumineuses. Il a fixé avec précision et sûreté les points de fusion des métaux jusqu’à 1100°. Ces températures servent dans la pratique à obtenir l'échelle des pyromètres et fournissent le moyen d’obtenir une évaluation scientifique des températures atteintes dans la fabrication des verres, des porcelaines, des aciers, etc. Au moyen de son appareil, M. 1). Berthelot établit que la température de fusion de l’argent est de 962° et celle de l’or 1064°. La différence de température des points de fusion des deux métaux est donc 102°. Or, on savait par des expériences antérieures instituées en vue, non d’obtenir les températures de fusion de ces deux métaux, mais la différence de température de ces points de fusion, que celle-ci était comprise entre 100 et 105°. L’exactitude des résultats tirés de la méthode de M. Berthelot est donc absolument confirmée par ces expériences.
- La mesure des densités des gaz. — M. Duclaux communique quelques résultats numériques dérivés de l’application de l’appareil de M. Schlœsing fils, pour la mesure des densités des gaz. Il résulte de ces déterminations que la densité d’un gaz peut être obtenue sans l’intervention de la balance ni de l’hygromètre, avec une précision de un millième, au moyen de 5 à 6 centimètres cubes de gaz seulement.
- Explorations polaires. — M. le général Venukoff présente des cartes de l’océan Glacial comprenant la région comprise entre la mer Blanche et l'embouchure de riénisséi. Ces cartes sont le résultat de trois campagnes d’explorations entreprises par la marine Russe, dans le but de fournir aux navigateurs toutes les indications désirables pour le parcours de cette région de l’océan Glacial. Ces cartes ont été dressées en vue de l’activité des transports maritimes que provoque la construction du chemin de fer transsibérien pendant les deux mois et demi que dure la période de navigabilité de l’extrémité méridionale de l’océan Glacial. Ch. de Villedeuil.
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- LA NATURE.
- L’ÉLECTROLYSE
- DANS LA PRODUCTION DU CARBURE DE CALCIUM
- Il ne semble pas qu’on ait donné jusqu’ici une explication complète des phénomènes qui accompagnent la formation du carbure de calcium. Certains observateurs croient que la température élevée à laquelle on soumet le mélange de chaux et de charbon est le seul facteur de leur combinaison. D’autres pensent que le courant électrique est un facteur essentiel de la production du carbure.
- Cette dernière opinion est soutenue entre autres par M. Raoul Pictet, qui a décrit récemment quelques expériences à l’appui de ses vues.
- Voici l’une des plus nettes : Une baguette de charbon dans laquelle on a pratiqué un canal, est chauffée par le courant électrique, tandis qu’un fragment de chaux est placé dans le canal. Un peut, dit M. Pictet, porter le tout à la température de ramollissement du charbon, sans voir se produire la plus petite quantité de carbure. On pourrait opposer à cette expérience le fait que le carbure se produit aussi bien dans l’arc alternatit que dans l’arc continu. M. Pictet explique la chose en disant que le carbure, aussitôt formé, se trouve à l’état liquide et coule au fond du creuset. Dans les demi-périodes successives, les matières en présence se renouvellent continuellement, et le courant passant dans un sens ne détruit pas ce qu’il a fait dans l’autre. Il trouve toujours du charbon et de la chaux sur lesquels il dépense son énergie en produisant du carbure.
- 11 conviendrait d’examiner cette théorie avec soin, et de répéter les expériences suceptibles de la contrôler. En dehors de l’intérêt qui s’y attache au point de vue purement scientifique, il existe des brevets dont la validité dépend de la véritable cause de production du carbure. C. G.
- CURIOSITÉ YÉGÉTALE
- Les curiosités végétales sont très nombreuses et fort abondantes. Un pourrait signaler fréquemment des légumes et des fruits qui affectent les formes les plus extraordinaires. Nous avons eu du reste déjà plusieurs occasions de mentionner des exemples de ce genre1. Nous rappellerons seulement la carotte dont nous avons donné la description2 et qui présentait exactement la forme d’une main.
- _____ Nous ferons con-
- ^ naître aujourd’hui à nos lecteurs un autre phénomène qui ne mérite pas moins de fixer l’attention. H s’agit d’un épi de maïs qui affecte entièrement la forme d’une main avec tous les doigts détachés et nettement distincts. La figure ci-jointe représente l’épi vu des deux côtés. Un remarque d’une part le creux de la main avec les quatre doigts et le pouce. L’illusion est complète et certainement les dimensions respectives des divers doigts sont même observées dans une certaine mesure. Les quatre doigts semblent se réunir sur une même ligne pour bien figurer le plat de la main. Le dos de la main est également bien dessiné ; les doigts contournés se rejoignent comme on le voit dans la figure.
- Ajoutons que pour compléter l’illusion, on distingue sur l’épi une sorte de poignet bien marqué. Toutes les parties sont garnies régulièrement de grains de maïs, et ceux-ci semblent également s’être groupés de façon à n’altérer en rien l’apparence d’une main.
- Cet épi de maïs offre donc un nouveau et curieux spécimen des bizarreries de la nature. D. Levois.
- 1 Voy. Tables des matières, lrect 2° série, Masson et Cie, édit.
- 2 Voy. n° 1256, du 26 juin 1897, p. 61
- Le Gérant : P. Masson.
- Curieux épi de maïs.
- Paris. — Imprimerie LAiiuns- rue de Fleurus, 9.
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- N° 1290. — 19 FÉVRIER 1898.
- LA NATURE.
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- CAUSES D’ERREUR INHÉRENTES A LA PRODUCTION DU AOILE EN PHOTOGRAPHIE
- Nous avons tenu nos lecteurs au courant des concluaient à l’enregistrement par la plaque photoexpériences décrites par MM Luys et David et qui graphique des effluves qui se dégageraient de la
- • . u Les effluves caloriques.
- main1. M. P. Yvon vient de présenter à la Société de photographie un travail qui nous paraît donner l’explication de tous les phénomènes observés et décrits par les expérimentateurs qui ont répété les expériences de M. Luys, et lever d’une façon défini-
- 1 Voy. n° 1274, du 30 octobre 1897, p. 349 cl n° 1288, du 5 février 1898, p. 154.
- 26" année. — 1er semestre.
- tive tous les doutes qui pouvaient encore exister sur l’interprétation physiologique des résultats obtenus.
- On sait que les plaques au gélatino-bromure qui sont employées pour ces expériences ne doivent leur extrême sensibilité à la lumière qu’à un commencement de modification moléculaire qui se traduit par un voile lorsque, dans l’obscurité, on les plonge dans
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- LA NATURE
- un révélateur, sans leur avoir, au préalable, fait subir une impression lumineuse quelconque. Ce voile, que M. Yvon désigne sous le nom de voile latent, apparaît d'autant plus intense et plus rapidement que le révélateur est plus énergique et sa température plus élevée; il en résulte que, toutes les fois que l’impression de la plaque n’est pas normale et qu’on la laisse trop longtemps immergée dans le révélateur, le noircissement dû au voile latent devient très intense et peut, dans certains cas, faire disparaître l’image.
- La sensibilité des plaques photographiques n’existe pas seulement pour la lumière; d’autres agents, ou forces extérieures, sont susceptibles de les impressionner; citons la chaleur, Vélectricité, les actions mécaniques. Ces dernières causes sont parfois, en l’absence de la lumière, suffisantes pour permettre d’obtenir des clichés assez intenses. Par suite de l’existence du voile latent, une plaque très sensible, avons-nous dit, immergée dans un révélateur, noircira plus ou moins rapidement, et cela dans l'obscurité; mais l’action sera beaucoup plus prompte et plus énergique si l’on opère dans le laboratoire éclairé par la lumière rouge et si l’on prolonge l’immersion pendant 15 à 20 minutes. Cette action de la lumière rouge est beaucoup plus énergique qu’on ne le croit généralement. M. Yvon a décrit dans le Journal1 un procédé permettant de reproduire des gravures au moyen de la lumière rouge et il fait connaître actuellement une expérience encore plus démonstrative, dans laquelle il a pu impressionner une plaque et reproduire la silhouette d’une main métallique en faisant traverser à la lumière rouge du laboratoire, une feuille de carton jaune présentant une épaisseur de I millimètre. L’exposition a été faite en plaçant le châssis dans le laboratoire à l’endroit où se trouve habituellement la cuvette qui contient le bain révélateur; elle a seulement duré 15 minutes. Ce fait démontre que toutes les fois que l’on veut faire agir sur la plaque sensible des agents autres que la lumière, il est indispensable d’elfectuer la pose et le développement dans l’obscurité absolue.
- Lorsqu’un fait nouveau se produit il faut, avant d’avoir recours à de nouvelles expériences, rechercher si ce fait ne peut être logiquement expliqué par les connaissances acquises. Les faits annoncés par MM. Luys et David existent réellement, mais on peut les expliquer sans nouvelle hypothèse, et du reste une seule expérience suffit pour édifier : on peut les reproduire en opérant avec une main détachée du cadavre et non injectée afin d’ètre à l’abri de toute action chimique.
- Voici le plan suivi par M. Yvon dans ses expériences.
- La main morte et la main vivante ont été placées l’une près de l’autre, sur la même plaque plongée dans le révélateur; la durée du contact a été de 15 minutes; leclairage du laboratoire provenait de becs de gaz placés à l’extérieur.
- 1 Yoy. n° 921, du 24 janvier 1891, p. 118.
- 1° Les deux mains ont été placées au recto, sur le gélatino-bromure et l’exposition faite d’abord dans le laboratoire éclairé à la lumière rouge, puis dans l’obscurité.
- 2° Mêmes expériences, mais les mains étant placées sur le verso de la plaque.
- 5° Applications successives sur le recto et le verso de la plaque et dans l’obscurité, d’une main morte préalablement réchauffée vers 55°. Pour empêcher le refroidissement de se faire trop rapidement, la face supérieure de la main était maintenue en contact avec un réservoir à acétate de soude chauffé à 50°. Lorsqu'on opère dans le laboratoire éclairé à la lumière rouge le noircissement de la plaque immergée dans le révélateur et sur laquelle repose la main provient de plusieurs causes. 1° I)u voile latent, inhérent à la sensibilité de la plaque; 2° de l’action delà lumière rouge; 5° de l'accroissement d’énergie du révélateur échauffé par transmission dans tous les points où la main vivante est en contact avec lui, soit directement, soit au travers du verre : lorsqu’il s’agit de la main morte, cette dernière cause d’impression n’existe plus.
- Dans l’obscurité complète, l’impression de la plaque provient : 1° du voile latent; 2° de la chaleur animale : avec la main morte le voile latent seul est en jeu.
- Lorsque les deux mains sont en contact immédiat avec la couche sensible, le révélateur ne peut la baigner uniformément et il se produit des réserves aux divers points de contact ; sur les positifs on obtient en ces points des noirs intenses sur l’origine desquels il ne faut pas se méprendre ; lorsqu’au contraire les mains sont placées sur le verso de la plaque, il ne se produit plus de réserves, la couche sensible étant en contact continu avec la main.
- Les trois causes d’impression signalées, peuvent être rangées de la manière suivante par ordre d’énergie décroissante : 1° action de la lumière rouge; 2° action de la chaleur; 5° existence du voile latent. L’énergie de la première cause est la plus grande ; elle est mise en évidence par ce fait que les stries dues à la chaleur n’apparaissent nettement que si l’on opère dans l’obscurité et si la main est placée sur le verso de la plaque. Dans ces conditions, en effet, le liquide révélateur reste immobile, la plaque de verre empêchant les mouvements involontaires et souvent inconscients de la main de l’opérateur de parvenir jusqu’à lui. L’action due à la chaleur présente une énergie intermédiaire; si elle est annihilée par celle de la lumière rouge, elle arrive facilement à surpasser celle du voile latent ; pourvu que l’on opère dans l’obscurité complète et alors les stries apparaissent nettement.
- Dans ces conditions l’expérience confirme ce qu'il était facile de prévoir : d’une manière générale toutes les impressions obtenues avec la main vivante sont plus accentuées, puisque seule elle renferme en elle-même un élément actif, la chaleur. Ces impres-
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- sions se traduisent par la forme de houppes, pinceaux dont la forme n’est jamais constante, ce qu’il est facile d’expliquer par ce fait que la couche de gélatino-bromure étant une émulsion n’est jamais homogène et que dès lors la chaleur transmise par contact ne se propage pas en ligne droite et d’une façon régulière. Cette propagation de la chaleur et le noircissement de la plaque qui en est la conséquence ne s’effectue bien que si la plaque est immergée dans le bain, car alors le liquide forme un trait d’union entre tous les grains de bromure et la transmission de la chaleur de grain à grain s’effectue par son intermédiaire.
- Un pourrait objecter que la chaleur animale se comporte ici comme cause complexe agissant tout à la fois comme chaleur artificielle capable d’élever la température du révélateur et comme agent vital(?), qui ne peut être séparé d’elle, et qui interviendrait en même temps pour produire les effets observés sur la plaque sensible. Or, il est facile de réfuter ceLte objection. La main morte n’exerce aucune action lorsqu’elle est appliquée dans l’obscurité sur le verso de la plaque immergée dans le révélateur, c’est-à-dire quand on a éliminé deux causes d’impression sur trois, la chaleur et l’action de la lumière rouge, le voile latent persiste toujours. Or, si en restituant à la main morte la chaleur (et cette chaleur artificielle ne peut être mélangée d’aucune énergie vitale) on obtient avec cette main les mêmes effets qu’avec la main vivante, c’est-à-dire les stries alternativement obscures et claires, rectilignes ou curvilignes émergeant de la pulpe des doigts ou des parties saillantes de la paume de la main ; il est bien évident que ces effets seront dus à l’action de la chaleur seule, et qu’il n’est pas besoin d’avoir recours à de nouvelles hypothèses, pour les expliquer. L’expérimentation confirme ces résultats de la manière la plus démonstrative et la figure 2 représente l’impression des effluves (!) émanant d’une main morte réchauffée à 55° et placée sur le verso d’une plaque sensible immergée dans le bain révélateur pendant 15 minutes.
- Les impressions dues à la chaleur sont réversibles, et un corps quelconque placé dans les conditions indiquées plus haut sur le verso d’une plaque sensible, donnera lieu à la formation de stries du moment que sa température sera différente de celle du bain; mais l’image obtenue sera, suivant les cas, positive ou négative. On le démontre facilement au moyen d’un réservoir métallique sur le fond duquel est soudée une plaque également métallique et découpée irrégulièrement de manière à présenter des angles saillants. Si on remplit le réservoir avec de l’eau à 35°, et qu’on le place sur le verso d’une glace immergée dans le révélateur froid, on obtient une impression très marquée sous la plaque et des stries curvilignes qui émergent des parties saillantes et rayonnent tout autour (fig. 4) : l’image est négative ; l’impression de la chaleur a noirci la plaque à l’endroit où elle s’est exercée, absolument comme
- l’aurait fait la lumière; Si au contraire on remplit le même réservoir avec de l’eau froide et qu’on porte à 35° la température du bain révélateur, on obtient une image positive : la plaque produit une réserve blanche au-dessous d’elle et les stries se manifestent encore (fig. 3). Cette seconde expérience nous explique l’apparition des stries qu’on observe lorsqu’on pose sur la plaque les deux pôles d’un aimant : la température du métal était plutôt inférieure que supérieure à celle du bain ; dans tous les cas, il y a toujours une différence de température soit positive, soit négative. Du reste, si au lieu de placer seulement les deux pôles sur la plaque on y applique l’aimant tout entier, on voit les stries se former partout, aussi bien sur la ligne neutre qu’aux pôles.
- M. Yvon a fait une dernière expérience encore plus concluante que la première : il a fait agir la main morte mais non réchauffée sur la plaque immergée dans le révélateur dont la température avait été portée à 35°, et la silhouette obtenue (fig. 1) est en tous points semblables aux précédentes avec houppes et pinceaux émergeant de la pulpe des doigts ; mais l’image est positive.
- Cette série d’expériences nous paraît clore définitivement les discussions ouvertes sur la formation des silhouettes produites par l’apposition de la main sur les plaques sensibles : on ne peut tirer de ces impressions aucune conclusion physiologique.
- L. Dubartin.
- U PHONENDOSCOPIE
- Il semble que, depuis quelque temps, l’homme multiplie mécaniquement ses sens et arrive à leur donner une acuité inconnue jusqu’ici. Avec le téléphone la voix franchit les distances les plus longues; avec le microscope la vue pénètre la structure des infiniment petits; avec les rayons de Rôntgen, elle traverse les corps les plus opaques. L’application de ce procédé étonnant à la chirurgie a fourni d’extraordinaires résultats : trouver un corps étranger perdu au milieu des tissus, en fixer la position exacte, tout cela n’est plus qu’un jeu pour nos physiciens.
- Mais ces brillants résultats ne se retrouvent plus dans les applications de la méthode de Rôntgen à la médecine interne. On peut, il est vrai, par ce moyen voir le cœur, l’estomac, le foie, mais ce sont là images bien flous dont le médecin ne peut tirer aucune donnée précise le renseignant sur la situation exacte, la forme, le volume des viscères thoraciques et abdominaux. D’autre part, les rayons de Rôntgen ne peuvent être obtenus que par une installation électrique fort compliquée et très coûteuse.
- En s’adressant à un autre sens, l’ouïe, un médecin distingué,le Dr Bianchi, agrégé de l’Université de Parme, a réalisé ce desideratum de la façon la plus précise et la plus simple.
- L’application de la méthode de Bianchi comporte une instrumentation et un mode d’emploi qu’il a
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- LA NATURE.
- indiqué par le terme de phonendoscopie donné par lui à sa méthode.
- Voyons d’abord l’appareil, le phonendoscope (tig. 1), construit par M. llianchi avec la collaboration de M. Bazzi,de Florence, composé essentiellement d’un disque métallique massif, sur une des surfaces planes duquel est creusée une cavité peu considérable. Celte cavité est fermée par une membrane d’ébonite mince. La chambre à air ainsi constituée est mise en communication d’autre part avec les oreilles, au moyen de deux tubes en caoutchouc terminés par deux embouts qu’on introduit dans les conduits auditifs. Sur la membrane est vissée une tige métallique munie d'un bouton d’ébonite. Voilà pour l’appareil.
- Fig- 1-
- Fig. 1. — f’honendoscope Biaiicla-iiazzi (2/5 grandeur naturelle. Foi coupe de l’appareil montrant la masse métallique dont il est 1 membrane d’ébonite sur laquelle se visse la tige du bouton r< dessus de l’appareil et y est fixée par un pas de vis.
- Fig. 2. — Stéthoscope pour la percussion auscultée (Capilan-Yerdii employé. Les tubijs de caoutchouc ligurés en partie seulement Pour transporter l’appareil on dévisse la tige du bouton et on dessiné en bas de la figure. Le couvercle est alors appliqué a un très faible volume et une grande solidité.
- bruit de la friction. On comprend qu’il est facile d’obtenir ainsi une série de points qu’on réunit ensuite par une ligne qui donne exactement les limites du viscère sous-jacent vivant et rempli de sang.
- L’expérience a démontré que, même si le viscère est mobile comme le foie, les renseignements sont très précis. Les changements de positions étant rythmés se compensent les uns les autres.
- Le point le plus important est de bien placer le bouton de l’appareil. 11 doit toujours être posé juste sur le viscère qu’on veut examiner. Il est indispensable de toujours commencer par délimiter les viscères superficiels ; on peut ainsi reconnaître les points où il faut placer le bouton pour délimiter les viscères
- Lorsqu’on veut l’utiliser pour limiter un viscère thoracique ou abdominal, l’appareil étant tenu dans la main gauche, on appuie fortement le bouton sur l’aire cutanée correspondant à peu près au viscère sous-jacent. Avec la pulpe du pouce de la main droite, on frotte alors la peau en appuyant assez fortement et en débutant au voisinage du boulon ; on perçoit alors un bruit intense. Continuant les frictions en s’éloignant peu à peu du bouton, on continue aussi à percevoir le bruit de ces frictions. Au moment où l’on dépasse les limites du viscère qu’on mesure, le bruit cesse presque brusquement.
- On marque alors ce point sur la peau au moyen d’un crayon gras; puis on continue à coté et l’on marque encore le point où l’on cesse de percevoir le
- Fig. 2.
- ils 250 gi1.). L'iippareil esl figuré prêt à être employé. Au-dessous armé et la petite cavité qu.i y est creusée, cavité limitée par le icepteur des sons, l’our le transport, cette tige est couchée sur le
- i) (2/5 grandeur naturelle, l’oids 1(X) gr.). L'appareil est prêta être se terminent pur les mêmes embouts que ceux du phonendoscope. la fixe entre les griffes, couchée à la partie interne du couvercle u-devant de la membrane qu’il protège. L’appareil présente ainsi
- profonds. Si on le place inconsidérément, en des points où plusieurs viscères sont superposés, les vibrations se transmettent dans tous les sens et les résultats obtenus sont erronés. C’est là le point délicat de la méthode : un peu d’exercice et d’attention permettent d’éviter facilement cette cause d’erreur.
- On peut ainsi limiter avec la plus grande facilité le cœur et l’estomac,constater leurs modifications de forme et de volume, aussi bien en avant qu’en arrière du thorax. Il est aussi non moins facile de figurer sur la peau, le foie, la rate, les reins, le gros intestin. On peut même mesurer l’ampliation de chaque lobe pulmonaire et déterminer la position et la forme de chaque cavité cardiaque.
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- Cette très intéressante méthode est absolument l’œuvre de M. Bianehi.
- En 1894, il communiquait ses premiers résultats au Congrès international de médecine de Rome. En 1895 à Rome encore, en 1896 à la Société de Biologie et à la Société de Médecine de Paris, en 1897 aux Congrès de Berlin et de Moscou, M. Bianehi exposa les résultats obtenus par sa méthode.
- Tous les médecins qui voulurent bien se conformer à ses indications précises et apprendre à se servir de l’appareil ont obtenu les mêmes résultats
- que lui. Lorsque les élèves d’un service sont dressés à l’emploi de l’appareil, les indications fournies sont toujours concordantes. Nous avons pu le constater nombre de fois, surtout alors que notre élève Mlle Pokryehkine faisait sa thèse sur Les changements de volume du cœur dans notre service de la consultation de médecine de la Pitié.
- Dès ses premières communications, M. Bianehi avait dit qu’on pouvait obtenir des résultats analogues, quoique moins parfaits, avec bien d’autres appareils que le sien; tels par exemple que celui proposé plus tard par M. Bendersky, de Kiew,et qui
- Fig. 5. Fig. i.
- Fig. 5. — Mode d'emploi de l’appareil qui est fortement appliqué au moyeu de la main gauche. Auscultation des bruits produits par le frottement du pouce droit. L’opérateur est en train de limiter le foie. Les autres organes déjà circonscrits sont indiqués par des traits marqués sur la peau. (D’après une photographie de M. Mignot.)
- Fig. 1. — Les divers viscères ont été limités au moyen du phonendoscope et leur tracé indiqué par des traits rouges sur la peau, puis 1e sujet a été photographié. On peut ainsi voir très exactement : 1. Poumon droit; 2. Poumon gauche; 3. Foie; A, o, 6, 7. tàeur; i. Ventricule gauche; 5. Oreillette gauche; 6. Ventricule droit; 7. Oreillette droite; 8. Estomac; 9. Pylore; 10. Ilate; 11. Colon transverse; 12. Cæcum. Pour limiter exactement ces divers viscères, il est nécessaire de bien placer le bouton au centre de l’aire correspondant à chaque viscère ou à chaque partie de viscère. Ces points correspondent à peu de chose près aux chiffres de la ligure. (D’après une photographie de M. Mignot.)
- est un simple stéthoscope en bois muni dé tuyaux acoustiques en caoutchouc. Nous-même, avec Verdin, nous avons perfectionné le stéthoscope déjà ancien de Boudet de Paris (1880), et l’avons appliqué à la phonendoscopie (fig. 2). Cet appareil se compose d’une cupule en cuivre embouti très légère, munie à sa partie supérieure de deux petites tiges métalliques amovibles auxquelles sont fixés les caoutchoucs dont on place les extrémités dans les oreilles. Son ouverture est fermée par une membrane en ébonite très mince, sur laquelle est vissée la tige du bouton.
- L’appareil se démonte facilement et présente une
- grande commodité pour le transport. En effet, on enlève les caoutchoucs, on dévisse la tige du bouton, on la place sous le couvercle au moyen duquel on ferme l’appareil dont la membrane se trouve ainsi protégée (fig. 2). Le tout pèse seulement 100 grammes et ne tient presque aucune place dans la poche. Les résultats qu’il fournit sont identiques à ceux que donne le phonendoscope. En tout cas, le mode d’emploi est le même.
- Voilà donc une méthode absolument nouvelle, extrêmement simple et très précise, qui permet — au moyen d’un petit appareil peu compliqué, facile à emporter dans la poche — de limiter et de mesurer
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- les viscères profonds et d’en déterminer la forme exacte et les variations de volume. On comprend de .quelle importance peuvent être les constatations qu’il fournit et combien sont précieux les renseignements .qu’il donne au médecin.
- Nous aurons d’ici peu l’occasion de montrer certaines applications de la phonendoscopie. Il était indispensable d’expliquer au préalable ce qu’est cette si intéressante méthode et par quels moyens on peut la mettre en œuvre. l)r Capital.
- ; LE CALCIUM DANS LE SOLEIL
- Miss Agnès Clerke raconte dans Knowledge les observations et les expériences à la suite desquelles on a pu affirmer la présence du calcium dans le soleil, j Au mois de juin 1897, William et lady Huggins ;annonçaient qu’ils avaient réussi à reconnaître nettement le spectre du calcium dans la partie située à la base des proéminences solaires. Ce n’est pas sans difficulté qu’ils étaient parvenus à cette conclusion : ils s’étaient demandé quelle était la substance qui, brûlant avec une lumière violette, donnait dans cette partie du spectre les raies bien connues H et K fournies par le calcium. L’hydrogène, en effet, qui
- A aB C D E b F C h H K
- ,160 68? : 669 621 51? *66 *3* *'0 39? 393
- (Rouge) ?i« 656 kvioiet;
- Spectre solaire. — Longueur d’onde des raies principales en millionièmes de millimètre. II et K, raies" du calcium.
- se trouve à 480 000 kilomètres au-dessus de la photosphère, dans cette région des protubérances solaires, produit une raie voisine h. La vapeur de calcium étant à peu près quarante fois plus dense que l’hydrogène, on ne s’expliquait pas sa présence à une telle hauteur. William et lady Huggins croient néanmoins qu’il y a là des vapeurs de calcium, mais extrêmement rares et entraînées à ces hauteurs en très faible quantité. Ils sont arrivés ainsi à cette conclusion. Lorsque l’étincelle électrique jaillit entre des électrodes de platine plongées dans une dissolution de chlorure de calcium, après plusieurs lavages successifs des électrodes il reste des quantités infinitésimales de calcium et il est très difficile de le découvrir dans le spectre. Cependant, en observant bien, on a un spectre tout à fait analogue à celui des protubérances solaires.
- On arrive donc à cette conclusion que les raies observées dans l’analyse du spectre solaire sont dues à la même cause que celles que l’on constate par l’ingénieuse expérience que nous avons décrite; la faible intensité de la lumière radiante provient dans les deux cas de la très minime proportion de calcium. Cette belle découverte est bien expliquée par toutes les circonstances et en particulier par l’expérience de l’analyse spectrale du calcium raréfié. L. Barré,
- Astronome à l’Observatoire national de Paris. --------—
- LE AITRAIL BETTANNIER
- Le vitrail d’histoire a la fonction d’être en parfaite harmonie avec le caractère architectural de l’édifice qu’il est appelé à décorer. Son moyen essentiel, la couleur, doit être appliqué suivant les conditions du style de la construction. Mais il est une règle de son exécution dont l’importance n’est pas moindre, bien que les conséquences en soient moins sensibles pour le spectateur ; c’est la manière dont la composition est ordonnée, ainsi que l’effet produit par le jeu combiné de la lumière et des ombres.
- Le vitrail exige une exécution sobre, d’un modèle achevé ayant pour but la recherche de l’imitation rigoureuse de la réalité. Partant de ce principe, M. Bettannier, artiste peintre et sculpteur, a eu l’idée d’appliquer la photographie à la reproduction de certains faits, à la production de portraits, de tableaux, etc.
- La photographie sur verre obtenue, modifiée, M. Bettannier se sert du négatif pour en faire sur verre doublé une gravure à l’acide. L’ensemble d’un tableau, d’un portrait, d’une scène quelconque est composé de trois feuilles de verre doublé, gravé, le tout superposé, formant un ensemble, un tout, en apparence une unité.
- La feuille que regarde le public est une feuille de verre bleu-blanc ; le blanc apparaissant par la « morçure » de l’acide, constitue le dessin, le sujet.
- Vient ensuite une feuille rouge-blanc, le blanc de cette feuille constituant également le dessin ; il en est de même pour le jaune-blanc qui vient à la suite.
- Le bleu est pour ainsi dire le visuel; le rouge donne la carnation, la vie; le jaune diffuse la coloration, estompe pour ainsi dire le fond, l’ensemble. Nous avons vu des portraits, des épisodes de chasse, des scènes quelconques ainsi reproduits, nous avons été séduits par la richesse et l’harmonie des tons comme aussi par le « fondu » de l’ensemble de ces compositions. Un vitrail de ce système produirait un très bel effet, un plafond lumineux serait d’un éclat incomparable. J. Henrivaux.
- LES PLANTES BULBEUSES
- Gaies d’aspect, variées à l’infini, les plantes bulbeuses, vulgairement appelées plantes à oignons, sont toujours les bienvenues. Si beaucoup d’entre elles apparaissent les premières dans nos jardins, alors que les frimas nous ont à peine quittés, d’autres plus frileuses nous tiennent compagnie pendant la mauvaise saison et égayent de leur vert feuillage, de leurs fleurs éclatantes, nos appartements où l’hiver nous retient prisonniers.
- Les horticulteurs marchands comprennent sous la seule dénomination de plantes bulbeuses des plantes que les botanistes distinguent en bulbeuses, rhizo-mateuses et tuberculeuses. Nous ne chercherons pas querelle aux horticulteurs pour une question de classification plutôt commerciale et nous commencerons de suite notre excursion à travers le monde des plantes bulbeuses par une promenade en... Hollande.
- La Hollande a toujours été la terre bénie des « oignons à fleurs ». Au dix-septième siècle y régnait ce genre particulier de folie qu’on a appelé la tuli-vomanie et dont les étonnantes manifestations seraient trop longues à raconter. Un siècle plus tard,
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- une folie, plus douce cependant, sévissait sur les graves Hollandais : ce fut la jacinthomanie. Les jacinthes étaient alors plantées en grand nombre sur ce que Ton appelait des «couches de parade» recouvertes d’une tente en toile durant la floraison (lig. 1).
- C’était un spectacle magnifique que ces grappes de fleurs de toutes couleurs, depuis le blanc pur jusqu’au bleu foncé presque noir, en passant par toutes les nuances du rouge et du jaune. Des horticulteurs dont le nom fait autorité non seulement en Hollande, mais dans le monde entier, Krelage et Eils, de Harlem, ont eu l’idée de rétablir ces couches depuis l’année 1880, et ces expositions sont une des attractions de Harlem pendant les mois d’avril. S. M.la Reine et S. M. la Reine Régente des Pays-Bas ont honoré cette exposition de leur visite.
- Les jacinthes de Hollande sont les plus belles sous tous les rapports et celles dont on connaît le plus grand nombre de variétés. Celles de Harlem, en particulier, font prime sur les marchés horticoles. Cela tient-il au climat, aux terrains où on les cultive, terrains avoisinant la mer et formés de sable presque pur? Toujours est-il que les mêmes oignons cultivés en France avec les procédés mêmes des Hollandais, qui n’en font pas un secret, ne tardent pas à dégénérer : les oignons ne sont pas aussi volumineux ni les hampes aussi fortes ; d’un autre côté les fleurs ne sont plus aussi nombreuses ni le coloris aussi vif.
- Pour la culture des jacinthes en pleine terre ou sur carafes pour orner les appartements, nous renvoyons aux ouvrages spéciaux et surtout à ce monument horticole qui s’appelle Les Fleurs de pleine terre, de Vilmorin. Rappelons que la jacinthe est une des rares plantes dans lesquelles on puisse trouver toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Supérieure en cela à la rose, la jacinthe a des variétés bleues, depuis le bleu de ciel le plus tendre jusqu’au bleu le plus foncé, si foncé que des horticulteurs l’ont confondu avec le noir et ont donné à ces jacinthes les noms significatifs de Nuit et d’Othello, le nègre farouche des tragédies de Shakespeare.
- Les jacinthes appartiennent à la famille des Lilia-cées tirant leur nom du lis qui est, a dit un poète, « le roi des fleurs comme la rose en est la reine ».
- La culture de ces belles fleurs a été cependant négligée et c’est depuis une trentaine d’années seulement qu’elles sont remises en honneur et qu’on a obtenu des variétés nouvelles.
- On peut les diviser en deux catégories : a) les lis à fleurs en cloche, à divisions non roulées ; b) les lis Heurs penchées, à divisions roulées.
- On n’appréndra peut-être pas sans étonnement que la si brillante couleur blanche du lis est due tout simplement à de l’air emprisonné dans les cellules des pétales. C’est de la même façon que se colorent les œufs que la cuisinière « bat en neige ». Une fleur de lis placée sous la cloche d’une machine pneumatique n’est plus, au bout de quelques instants, qu’une masse d’un jaune sale.
- Dans la première catégorie on ne compte pas
- moins d’une quinzaine d’espèces différentes, parmi lesquelles une des plus intéressantes est le lis gigantesque, assez rustique pour supporter ]a pleine terre sous le climat de Paris. Celte espèce est peut-être un peu raide et trop symétrique; mais l’ampleur de son feuillage, la grandeur et l’odeur de ses fleurs, leur élégance même, la font rechercher pour l’ornementation des pelouses. M. Vilmorin dit avoir vu, en 1861, chez M. Charnière, près de Paris, un lis gigantesque de 2m,70 de haut, portant 52 fleurs.
- A citer également les lis importés du Japon, aux couleurs si vives (Lilium speciosum), et surtout le fameux lis des Bermudes (L. Harisii) (fig. 2), aux fleurs d’un blanc pur, en entonnoir évasé et profond, trop peu cultivé en France et si apprécié en Angleterre, où il fait l’objet d'un commerce très étendu. Près de Londres, on peut en voir de véritables champs, 20 000 fleurs épanouies à la fois, et chaque fleur se vend en moyenne 6 pence (0fr,60). Aux Bermudes, où le climat est très doux, on les cultive par millions; ils sont en fleurs presque toute l’année et on en fait une exportation considérable.
- A la seconde catégorie appartiennent les lis mar-tagons, aux fleurs magnifiques, passant par toutes les gammes du rouge et du roux, constellées de taches de couleurs très variées. C’est de ces lis que parlait Linné, quand il disait dans son langage si imagé et poétique : « Les lis sont les patriciens de l’empire, ils portent les étendards et sont fiers de leur toge éclatante, ils éblouissent les yeux et décorent le royaume par la splendeur de leurs draperies ».
- Les narcisses forment, parmi les Liliacées d’Europe, le genre le plus nombreux en espèces, le plus brillant par l’élégance de ses fleurs, le plus recherché par les belles variétés que sait produire la culture.
- Combien de fois les poètes n’ont-ils pas chanté le narcisse qui porte leur nom, Narcissus poeticus, avec ses charmantes fleurs mollement inclinées sur leur tige, d’une odeur suave, d’une blancheur parfaite que relève encore la petite couronne pourpre ou jaune d’or placée au centre.
- Le faux narcisse épanouit, aux premiers rayons d’avril, ses corolles d’un beau jaune d’or émergeant de feuilles étroites d’un vert glauque.
- Outre le narcisse des poètes, on cultive encore des narcisses dont le tube central est plus ou moins long et qui prennent, suivant les variétés, les noms de narcisses trompettes ou narcisses crinolines. Ces qualifications nous dispensent de toute description.
- Toutes ces plantes, au brillant coloris, au port majestueux, originaires, pour beaucoup, des pays du soleil, forment, si je puis ainsi parler, l’aristocratie de la famille des Liliacées. La bourgeoisie et le' menu peuple, bien que composés de plantes plus modestes, indigènes pour la plupart, ne doivent pas être passées sous silence et méritent également de fixer notre attention.
- Les fritillaires peuvent être considérées comme' occupant la première place et ce n’est pas sans' raison que l’une d’elles a été baptisée de F, impe-
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- rialis, couronne impériale, à cause du cercle de en grelots au-dessous d’une aigrette de feuillage qui belles fleurs d’un rouge brique ou ponceau pendant termine une tige majestueuse. Les fritillaires impé-
- riales sont des plantes superbes, très cultivées autrefois dans les jardins à la française où elles trônaient depuis la fin de mars jusqu’au mois de mai. Elles ont l’inconvénient de dégager une odeur désagréable (fig. 3).
- Le bleu repose agréablem ent l’œil fatigué de l'éclat du rouge.
- A ce titre, les Mus cari et les Scilles sont re -cherchées par les jardiniers qui en font de très belles bordures. La variété plumeuse des Muscari co-mosum est bien curieuse par son inflorescence très volumineuse et composée de fleurs tout à fait métamorphosées et remplacées par des ramifications tortueuses très déliées et d’un violet bleuâtre ou d’un bleu améthyste. A côté de ces belles fleurs d’un bleu
- intense ou d’un bleu pâle, s’épanouit la froide perce-neige avec ses jolies fleurs d’un si beau
- blanc, frangées d’un vert délicat, clochettes silencieuses que l’aquilon balance et qu’on s’étonne de n’entendre pas sonner. La perce-neige est souvent associée dans les parquets aux crocus, fleur chère aux Hollandais, qui sont arrivés à créer une grande variété de ces fleurs précoces qui ont cependant un grand défaut, c’est de sortir littéralement de terre et ainsi de ne pouvoir entrer dans la composition d’un bouquet qu’à la condition d’être montées sur une tige factice. Ils ont l’avantage de se prêter très bien à la culture en pots, et en compagnie des jacinthes ils font l’ornement des apparte-
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- Fig. 5. — Bouquet do Bulbeuses: Anémones, Crocus, Narcisses, Tigridia, Glaïeuls, Fritillairos, etc.
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- ments, pendant la plus grande partie de l’hiver.
- « Tenez, voyez là-bas, d'un beau feuillage aigu comme des épées, écrit Alphonse Karr, le jardinier humoriste, voyez s’élever une longue tige portant d’un seul côté un bel épi de fleurs roses ou blanches ! c’est un glaïeul. Les poètes en parlent quelquefois, mais ils n’en savent qu’une chose, c’est que cela rime à tilleul; ils ne manquent jamais de mettre des glaïeuls sous les tilleuls, ce que je ne ferai pour rien au monde dans mon jardin, mes pauvres glaïeuls s’en trouveraient fort mal. C’est un grand bonheur qu’ils ne mettent pas les tilleuls sous les daïeuls, cela rimerait tout aussi bien. »
- Le genre glaïeul est un de ceux qui ont fourni les plantes les plus précieuses à l’art du fleuriste. Elles ont tout pour plaire; la grandeur et la beauté des fleurs, la forme élégamment irrégulière des corolles, la disposition en épis toujours gracieux et d’un bel effet.
- Mais c’est du cap de Bonne-Espérance que sont venues les plus précieuses espèces de glaïeuls, espèces qui par leurs nombreux croisements ont donné lieu à des races horticoles dépassant de beaucoup en force et en beauté les plantes sauvages dont elles sont issues.
- C’est un horticulteur de Nancy, M. Lemoine, qui s’est adonné à la culture de ces plantes, qui en a fait des croisements avec beaucoup d’intelligence et de bonheur et a obtenu des variétés toutes très méritantes et dont le nombre s’accroît chaque année. Presque toutes les nuances se rencontrent chez les glaïeuls, excepté pourtant le bleu et le violet foncé. Beaucoup sont lavés et panachés de rose ou de rouge.
- I)e la même famille que les glaïeuls, les iris sont aussi de très belles plantes à végétation vigoureuse, avec des feuilles en lame de sabre, larges et raides, disposées en éventail et du centre desquelles partent des hampes florales portant un certain nombre de fleurs qui s’ouvrent successivement de haut en bas. Les fleurs sont souvent les plus grandes et les plus bizarres et, pour certains goûts, les plus belles qui se cultivent. Leur forme la plus générale est celle-ci : trois pétales larges et arrondis se rejoignent par le haut, tandis que dans l’intervalle trois autres pétales également assez larges sont réfléchis sur la tige. Toutes les combinaisons de teintes existent dans ces belles fleurs; il y en a d’entièrement blanches, d’autres sont blanches, panachées de violet, d’autres de toutes les teintes du violet, d’autres enfin sont jaunes. Une espèce commune le long de nos cours d’eau, l’iris pseudo-acorus est un des plus jolis ornements de nos étangs avec sa grande fleur d’un beau jaune fièrement portée par une tige robuste qu’entourent de vigoureuses feuilles d’un beau vert.
- Tout au commencement du printemps, on voit paraître sous le couvert des bois la petite anémone sylvie, aux charmantes fleurs blanches ou légèrement teintées en violet. Un peu plus tard on voit 'fleurir, beaucoup plus rare, sa majestueuse cousine, l’anémone sauvage (A. silveslris) à la large corolle d’un blanc laiteux, portée sur une longue tige
- flexible qui ondule mollement au souffle de la brise. Indigène aussi la lourde pulsatille à la corolle en cloche d’un violet duveteux sur lequel se détachent les étamines d’un beau jaune.
- Les styles très nombreux se développent considérablement après la floraison et forment alors une boule plumeuse d’un aspect excessivement original.
- L’anémone des fleuristes (A. coronaria) se rencontre abondamment à l’état sauvage dans le midi de la France. Son feuillage est finement découpé et sa tige florale, qui ne porte jamais qu’une fleur, est entourée vers son tiers supérieur, d’une sorte de feuille ou bractée également divisée. La fleur est formée de six ou huit pétales de couleurs vives et variées, tantôt unies, tantôt panachées. Ces pétales entourent un cercle épais d’étamines très nombreuses à filet et à anthères de couleur sombre et comme veloutés. A l’état sauvage la fleur est ordinairement violette ou écarlate ; mais, cultivée, elle présente tous les coloris imaginables, depuis le blanc pur jusqu’au violet, au rouge sang et au brun marron, à l’exception toutefois du bleu et du jaune.
- Les anémones étant très modifiables par les semis,, on en a obtenu promptement des variétés nouvelles qui ont augmenté très rapidement avec le nombre des collectionneurs. On a eu alors des amateurs d’anémones comme on avait eu des amateurs de tulipes tout aussi féroces.
- Ne parlez pas à un amateur d’anémones d’autre chose que de ses anémones ; si vous lui dites : J’ai un bel œillet ; il vous demandera : Quelle espèce d'anémone est-ce? Ne pensez pas du reste que les amateurs aiment plus les fleurs que les savants; les savants ne reconnaissent pas l’anémone cultivée ou disent que c’est un monstre, ou ils la dessèchent, la collent sur du papier et écrivent au-dessous des mots barbares. Les amateurs se contentent d’exiger des anémones des conditions difficiles ; ainsi, il y a une sorte de calice vert qui doit être placé juste, à un tiers de la fleur et à deux tiers de la terre ; sans cela l’anémone étalera en vain les plus riches couleurs, elle sera honteusement rejetée des plates-bandes et déclarée bouquet. Je vous passe une douzaine de conditions plus ou moins singulières que l’on exige de ces pauvres fleurs. Ces soins exagérés ont eu au moins pour résultat de produire des fleurs dont plusieurs, comme la race dite de Caen, sont particulièrement remarquables par leurs dimensions et peuvent atteindre jusqu’à 10 centimètres de diamètre.
- Moins brillantes que les précédentes, l’anémone étoilée a sur elles l’avantage d’un tempérament plus robuste. La variété qu’on appelle anémone éclatante, connue depuis 1848 et répandue seulement depuis 1880, est une des plus intéressantes avec sa corolle d’un rouge écarlate. Éclairée par le soleil, la corolle s’ouvre largement et a un éclat très vif. On cultive aussi des anémones importées du Japon et qui rappellent un peu l’anémone sylvestre.
- Cette espèce fut propagée en France d’une façon originale. M. Bachelier, qui l’avait rapportée des
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- Indes, au dix-septième siècle, la garda pendant dix ans sans vouloir en donner à personne. Un magistrat, pour lui faire honneur, alla lui faire visite en robe de ceremonie. 11 se fit montrer les fameuses anémones et négligeamment laissa traîner les plis de sa robe sur des plantes à graines. Il trouva moyen d’en emporter quelques-unes qui restèrent attachées à la laine. C’est là un mode de dissémination des graines qui rappelle un peu un des trente-six moyens que Pantagruel avait de gagner sa vie et dont le pins honnête était par larcin furtivement fait.
- Notre promenade s’achève, mais que de plantes nous avons dù laisser de coté, plantes indigènes ou plantes exotiques. Nous avons foulé aux pieds, sans y prêter attention, le gentil petit muguet de mai, dont les fleurs sont des perles parfumées et dont on fait des bouquets si odorants aux premiers jours du printemps. Paris en a consommé en 1890 pour 700 à 800 000 francs. N’ayons garde d’oublier les tubéreuses, au parfum si pénétrant, et les tigridia, aux corolles si éclatantes, qui éclipseraient sans doute presque toutes les fleurs de nos jardins si elles n’étaient pas si éphémères. Ouverte le matin, la tleur est fanée avant le soir de la journée.
- Mais, que vois-je à mes pieds? Des petites étoiles dorées sur un vert feuillage. C’est la plante qu’Ho-mère appelle moly et les modernes ail jaune (allium aureum), plante merveilleuse qui doit se trouver dans tout jardin honnèle. Pline dit que c’est une des plantes les plus précieuses pour l’homme. Homère raconte que c’est à la vertu du moly qu’Ulysse dut de n’être pas changé en pourceau. L’ail jaune n’est pas ce qu’il paraît ; l’ail jaune préserve des maléfices, des enchantements. Vous rencontrez une araignée le matin, vous renversez du sel, n’ayez aucune crainte, l’ail jaune est là qui veille, il a Pair de fleurir simplement, de ne prendre garde à rien; il sent mauvais ; n’importe, l’ail jaune ne permettra pas qu’aucun de ces fâcheux présages ne tombe sur vous.
- Ami lecteur, je vous souhaite beaucoup d’ail jaune dans votre jardin. V. Brandicourt.
- Secrétaire de la Société Linnéenne du Nord de la France.
- LES COMÈTES DE 1897
- Ces astres ont été fort rares, car les astronomes n’en ont observé que deux. La première est la comète d’Arrest, retrouvée le 28 juin par l’Américain Perrine, à l’observatoire Lick, plus d’un mois après son passage au périhélie, à la position qui lui était assignée par les calculs de M. Leveau, astronome à l’Observatoire de Paris. La seconde est nouvelle : elle a été découverte par le même astronome qui semble avoir là une spécialité. Elle a été fort intéressante, ayant montré aux observateurs pourvus d’instruments assez puissants un noyau, une nébulosité et une queue. Elle était d’abord dans la constellation de la Girafe, puis elle a traversé Cassiopée, Céphéeetle Dragon, où elle s’est arrêtée pendant fort longtemps. De douzième grandeur le 16 octobre, elle est devenue beaucoup plus faible. On attendait, en 1897, les comètes Spitaler( 1890) et Tempe-Swift ( 1869-1880), mais elles n’ont pu être observées.
- L’EMBOUTISSAGE HYDRAULIQUE
- DANS LA CONSTRUCTION DES CYCLES ET DES AUTOMOBILES
- La fabrication des bâtis en tubes, uniquement employés aujourd’hui dans la construction des cycles, et en partie dans celle des automobiles, vient de recevoir un perfectionnement qui, à nos yeux, constitue presque une révolution et mérite d’être signalé à nos lecteurs; car, à son originalité, le procédé que nous allons décrire joint une économie de temps et d’argent qui contribuera à réduire sensiblement les prix de fabrication — sinon de vente — des véhicules mécaniques.
- On sait que les tubes d’une bicyclette sont brasés dans leur monture, c’est-à-dire soudés au laiton. Cette brasure est coûteuse, difficile, chaulfe les pièces, les brûle quelquefois, et celles-ci doivent être ébarbées et polies après le travail du brasage. Un inventeur anglais, M. Charles T. Crowden, vient d’imaginer et de mettre en pratique sur une échelle importante un procédé qui supprime radicalement la brasure et ses multiples inconvénients, et permet de terminer le montage complet d’un cadre de bicyclette d’un seul coup et en quelques minutes. Le procédé de M. Crowden consiste simplement à disposer les tubes et les pièces de raccord dans un moule en acier en deux pièces convenablement disposé, et à emboutir en une seule fois les tubes dans les raccords en les refoulant par une pression hydraulique considérable exercée à l’intérieur du bâti. La pression, qui atteint et dépasse souvent 1000 kilogrammes par centimètre carré, refoule le métal des tubes et l’encastre solidement dans des saignées arrondies ménagées dans les montures et donne ainsi à l’ensemble une solidité à toute épreuve. Le procédé qui s’applique admirablement aux tubes en acier s’applique également aux tubes en aluminium et autres alliages qui supportent mal ou point du tout la soudure et le brasage. On voit, en somme, par cette courte description du principe du procédé de M. Crowden, qu’il s’agit d’un véritable emboutissage hydraulique, procédé auquel certains reporters plus soucieux de pittoresque et de sensationnel que d’exactitude, ont donné le nom de soudage à l’eau. Le procédé s’applique également à la fabrication des moyeux de bicyclettes. On coilfe un tube d’acier d’une série de moules juxtaposés et l’on refoule de l’eau dans le tube fermé à l’une de ses extrémités. Le métal refoulé dans les moules épouse leurs formes, et il n’y a plus qu’à séparer à la scie les différentes pièces ainsi obtenues et qui forment un véritable chapelet de moyeux. Le procédé peut, on le voit par cet exemple, recevoir bon nombre d’applications très variées.
- L’emboutissage hydraulique, bien que d’invention récente, a déjà conquis droit de cité dans quelques usines anglaises où il est appliqué à la fabrication des cycles dont il réduit le prix de fabrication et favorise ainsi la concurrence en pays étranger. Avis à nos constructeurs. E. U.
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- DÉTARTREUR
- On sait combien il est difficile de faire disparaître le tartre dans les tubes des chaudières, surtout si l’on a attendu quelque temps avant d’effectuer cette opération. Il est cependant indispensable de le faire si l’on ne veut arriver à une dépense trop considérable de combustible. M. Didier Lemaire a
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- construit un appareil très simple, qui nous a été signalé par un de nos abonnés, M. A. Herquin, à Mautmont, et qui permet d’enlever très facilement le tartre dans les tubes. Cet appareil, que représente la ligure 1, est formé par une lame A d’acier de forme hélicoïdale, d’un diamè tre inférieur de 1 millimètre au diamètre du tube, fdetée sur le rebord extérieur.
- On introduit cette lame à l’entrée du tube, et à l’aide du volant on tourne en avant dans le sens du filetage. L’outil s’avance en formant filet dans le tartre et en le désagrégeant en partie. On passe ensuite la lame II, semblable à la lame A, mais filetée seulement sur les deux tiers de sa longueur ; le troisième tiers est en forme de tran-chant, uni et tourné au diamètre intérieur du tube. La lame B s’engage dans le filet que la lame A a fait, et la partie unie enlève toute la matière qui a été détachée. Il suffit ensuite de passer dans le tube une brosse pour retirer tout le tartre.
- Dans une chaudière qui avait été montée en 1894, on a pu retirer ainsi, en 1896, environ 12 kilogrammes de tartre dans des tubes de 95 millimètres de diamètre et 5 mètres de longueur.
- Dans une usine, qui dépensait 1800 kilogrammes de charbon par jour, 1500 kilogrammes suffisent maintenant pour accomplir le même travail, depuis que le détartrage a été opéré par l’appareil que
- nous venons de signaler. Notre confrère Scientific American a parlé, il y a quelque temps, d’un outil analogue dû à M. John Voorhees de Brooklyn. La
- figure 2 nous en montre les principales dispositions. Un tuyau fendu et fileté à sa surface extérieure renferme une tige centrale qui maintient, à l’extrémité inférieure, un couteau spécial en acier aux bords tranchants et pouvant venir s’appliquer contre la surface intérieure des tubes . Un écrou, placé à l’autre extrémité de la tige, permet d’effectuer d’abord le réglage nécessaire pour que le couteau vienne gratter les parties intérieures. Sur le tuyau extérieur fileté est placé un gros écrou sur lequel on adapte une manivelle. L’appareil est ensuite disposé comme le montre notre dessin. Le couteau est introduit dans un tube, et le tuyau qui le maintient est fixé à l’autre extrémité sur un support spécial destiné uniquement à le soutenir. Un peu au-dessous, une tige passe dans un autre tube de la chaudière e t sert à retenir la barre d’appui de la manivelle. Il suffit ensuite de faire fonctionner celle-ci lentement et le tuyau se déplace en entraînant le couteau qui gratte contre les parois du tube de la chaudière et fait détacher le tartre. Il paraît que le nettoyage complet des tubes est ainsi obtenu rapidement. L. Devor.
- t'ig. 1. — Détartreur de M. Didier Lemaire.
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- VA NATURE.
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- UN NOUVEAU CALCULATEUR PRODIGE
- M. D1AMAXDI
- 11 nous a été donné de voir récemment à l’Hôtel des Sociétés savantes, un calculateur prodige, M. Dia-mandi, qui était déjà venu à Paris, il y a deux ou trois ans, mais qui, cette année, va se montrer dans les salons et s’exhiber en public (fig. 1).
- Entre autres « performances », M. Diamandi s’est prêté aux suivantes.
- 1° On prie un assistant de dicter un tableau de 25 chiffres :
- 7 9 8 4 6
- 2 19 7 8
- 5 2 5 4 9
- 1 6 8 9 7
- 5 4 9 6 8
- Ces chiffres, étant écrits par un aide sur le tableau, M. Diamandi les fixe un instant puis, se retournant vers le public, les récite d’abord en colonnes verticales, puis en spirale. Il a ensuite prié qu’on lui plusieurs des cases du tableau et a nommé les chiffres qui les occupaient. Les réponses sont faites sans hésitation. On sent qu’il a le tableau devant les yeux : il suffit de le regarder pour voir que c’est un « visuel », ainsi que nous le dirons plus loin.
- 2° On lui demande combien il y a de secondes dans 87 siècles y compris les années bissextiles. Il répond presque aussitôt et sans écrire un seul chiffre 274 551 120000 ce qui est reconnu exact.
- 5° 11 extrait de tête la racine carrée de 542 380 et la racine cubique de 495989.
- 4° On lui donne simultanément les cinq opérations suivantes :
- 4 875 528 540 - 5 097 160 781 986 x 986
- 28 x 28 x 28 22T x 8
- 28 495 : 976
- Au bout de 4m50s, M. Diamandi donne les résultats exacts, c’est-à-dire bien avant que le calculateur
- qui résolvait les opérations soit arrivé à un résultat.
- 5° M. Diamandi répète les 155 chiffres inscrits sur le tableau dans l’ordre même où ils avaient été posés. Et lorsqu’on lui demande un chiffre quelconque en le désignant par sa place, il le nomme immédiatement. Nous avons vu M. Diamandi deux jours après sa conférence et il a transcrit de mémoire devant nous le tableau précité.
- Voilà, n’est-il pas vrai? une série d’opérations qui classent M. Diamandi parmi les meilleurs calculateurs prodiges, autant par sa mémoire des chiffres que par la vitesse avec laquelle il résout les opérations et les problèmes qui lui sont posés; il remplacera avantageusement le célèbre Inaudi qui nous a quittés pour des régions lointaines.
- M. Diamandi est né en 1868, à Pylaros (îles Ioniennes) et, à l’école, s’est toujours fait remarquer par son aptitude aux mathématiques. Toutefois, il ne s’est aperçu de ses aptitudes très spéciales qu'un jour où n’ayant pas de papier, il fut obligé de faire une multiplication de tête; il la lit avec une facilité qui l’étonna. M. Diamandi appartient à une nombreuse famille, — il a eu quatorze frères et sœurs et s’occupait du commerce des grains. Aujourd’hui, il fait des romans et des vers, donnant de temps à autre des séances de calcul
- mental. C’est un fort beau garçon, et, à le voir, on ne le croirait pas doué plus que les autres, d’aptitudes aux mathématiques.
- M. Binet, le savant directeur du laboratoire de psychologie expérimentale delà Sorbonne, a fait sur M. Diamandi quelques observations intéressantes. Il s’est demandé notamment si ledit calculateur avait un « schème numéral ». Mais peut-être ne savez-vous pas ce que l’on entend par cette expression peu euphonique? C’est cependant bien simple. Quand on pense à la série des chiffres, les uns se les représentent en file horizontale, les autres en file verticale, d’autres en escalier, etc. La forme et la direction de cette ligne est ce qu’on appelle le schème numéral. Chez M. Diamandi, il a la forme représentée (fig. 2); on y remarque entre autres
- Fig. 1. — M. Diamandi.
- Fig. 2. — Schéma numéral de M. Diamamli.
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- LA NATURE.
- choses que les premiers chiffres de la série occupent un espace relativement plus considérable que les derniers. Fait aussi à noter, toutes les images mentales se font, chez lui, au centre de plusieurs masses de couleur grise (?)
- Ün se rappelle peut-être qu’Inaudi avait besoin de se faire énoncer les chiffres pour s’en souvenir : c’était un calculateur à mémoire auditive. M. Dia-mandi est, lui, un visuel. 11 lui est presque indispensable de regarder les chiffres pour les graver dans sa mémoire. En général même, il se livre à ce travail en deux temps. Il regarde d’abord, les chiffres tracés, puis se plonge dans la méditation, les yeux fermés et les poings sur les tempes, comme un écolier qui apprend une leçon difficile. Quand il croit savoir ses chiffres, il regarde à nouveau et semble vérifier s’il ne s’est pas trompé. Après quoi, il les répète sans hésitation de vive voix, ou, plus souvent, les écrit sur un tableau. Les chiffres lui apparaissent mentalement, non tels qu’ils sont écrits, mais tels qu’il les écrit lui-même habituellement.
- Le temps que M. Diamandi met à apprendre des séries de chiffres est variable avec les jours, l’état nerveux, la tranquillité ambiante, etc. Le tableaü
- ci-dessous en donne cependant une bonne idée.
- Nombre de chiffres Temps nécessaire
- appris. pour apprendre les chifires.
- 10 . .... 17 secondes.
- 15 . 1 min. 15 sec.
- 20 . .... 2 min. 15 sec.
- 25 . .... 3 minutes.
- 30 . .... 4 min. 20 sec.
- 50 . .... 7 minutes.
- 100 . .... 25 minutes,
- 200 . .... 2 heures 15 min.
- Inutile de dire qu’après avoir appris 200 chiffres,
- M. Diamandi est très fatigué.
- Le souvenir des chiffres se fait plus facilement
- s’ils sont écrits, non en ligne, mais en carré. Mais
- toujours on remarque que les fautes commises, très
- rares d’ailleurs, se rencontrent toujours à la fin de
- la série et presque jamais au commencement.
- Comme nous l’avons dit plus haut, M. Diamandi
- fait, de tête, diverses opérations arithmétiques. Les
- multiplications ci-dessous ont été faites dans les
- temps indiqués qui, on le voit, sont fort courts :
- 56 x 7 = 252 6 secondes.
- 49 x 65 5087 17 —
- 529 x 65 20 727 21 —
- 439 x 56 - 24584 58 — *
- 637 x 224 = 142 688 56 —
- 5 257x639 = 2 081223 92 —
- 8 637 x 4 558 05 879x2537
- 39 185 706 167135023
- 2 min. 7 sec.
- 3 min. 10 sec.
- Pour les résultats, les chiffres sont écrits l’un après l’autre, en commençant par la droite, mais la
- marche de l’opération est très curieuse. Voici comment la décrit M. Binet.
- Prenons un exemple de multiplication qu’il a faite mentalement en 2m50s :
- 46 275 729 416 45"
- 925 46 32 591 1 53 735 017
- M. Diamandi commence par multiplier 9 par 5 = 27 ; il pose un produit total, 7, et retient 2 ; ensuite, il multiplie 9 par 7 = 65; il ajoute 2 de retenue = 65; il pose 5 et retient 6. Jusqu’ici, rien de plus simple; mais, à ce moment, il fait intervenir le deuxième chiffre du multiplicande, qui est 2, et il multiplie 2 par 5 = 6; il ajoute 6 à 5= 11, pose 1 au produit total et retient 1. On comprend la marche qu’il suit : au lieu d’obtenir entièrement les trois produits partiels pour arriver au produit total, il calcule séparément les chiffres des produits partiels qui se trouvent sur la même rangée verticale, afin d’arriver de suite à un chiffre du produit total. Ainsi, il obtient d’abord 7, puis il obtient 5 et 6, qu’il additionne, ce qui lui donne 1, puis il obtient 4, puis 4, puis 1, qu'il additionne, et qui, avec les retenues, lui donnent 0. De même, il obtient 6, puis 5, puis 1, qu’il additionne et qui, avec les retenues, lui donnent 5.
- C’est de cette façon qu’il peut aller aussi vite; mais je ne recommanderai pas cette manière de faire aux écoliers. Hemu Coüion.
- NÉCROLOGIE
- Jean-Albert Gautliier-Yillars. — Tout ce que Paris compte d’illustrations dans le monde des sciences, des arts et de l’imprimerie, a été porter à la maison de la rue Singer, à Passy, un suprême témoignage d’estime et de regrets au savant imprimeur de l’Académie des sciences. M. Gaulhier-Yillars est mort le 5 février à l’âge de 69 ans, entouré des siens, aimé et honoré de tous. M. Gauthier-Villars né à Lons-le-Saunier (Jura), était le fils d’un imprimeur de celte ville. Il entra à l’École polytechnique l’année même de la révolution de février. Sorti en 1850, il fut nommé ingénieur des télégraphes. 11 fit la campagne de Crimée, puis celle d’Italie et organisa le service télégraphique militaire. En 1859, il gagna, à la bataille de Aovare, la croix de la Légion d’honneur. 11 quitta, quelque temps après, l’Administration des télégraphes, et acquit l’ancienne maison Mallet-Bachelier en 1864. Le fondateur de cette maison fut Jean-Marie Courcier en 1791. Bachelier succéda à Courcier en 1821. Bachelier s’adjoignit son gendre Mallet en 1853. La raison sociale devint Mallet-Bachelier pendant' dix ans. M. Gauthier-Villars vint ensuite en 1864 et, en quatorze ans, transforma la maison au point de la mettre hors de pair pour l’impression et la publication des ouvrages de mathématiques.
- Président de la Chambre des imprimeurs typographes de 1869 à 1871, il fut un des fondateurs de la Société de
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- LA N AT U HL.
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- secours mutuels de l'imprimerie typographique de Paris et de l’école professionnelle Gutenberg. En outre, la Société amicale des anciens élèves de l’École pol\technique eut en lui, pendant vingt ans, un trésorier dont elle garde un souvenir ineffaçable. C’est à la suite de l’Exposition de 1878 que M. Gauthier-Yillars fut nommé officier île la Légion d’honneur.
- En ouvrant la séance du 7 février de l’Académie des sciences, son président M. Wolf a tenu à se faire l’interprète des regrets de ses confrères et à exprimer à la famille les condoléances de la compagnie tout entière. Et par une dérogation spéciale à l’usage, M. Gauthier-Yillars n’étant pas membre de l’Académie, l’allocution du président a été insérée en tète du compte rendu officiel. L’Académie a voulu rendre cet hommage reconnaissant à celui qui collabora à ses travaux en imprimant avec un soin et une habileté devenus proverbiales les comptes rendus hebdomadaires et tant d’œuvres académiques de haute portée. Les comptes rendus remontent à 1835. Jamais, dit M. Bertrand, il n’y eut depuis tant d’années un jour, une heure de retard dans leur publication. Et cependant on traversa des époques troublées: révolution, émeutes, grèves, siège de Paris ; rien n’v fit. Le compte rendu académique parut toujours.
- M. Darboux, au nom de la section de géométrie et en son nom propre, a insisté de son côté sur les services rendus depuis tant d’années par M. Gauthier-Yillars non seulement à l’Institut de France, mais aussi aux grandes sociétés savantes et aux savants isolément. Est-il besoin de (appeler les Annales de l’Observatoire, les publications du Bureau des longitudes, du Bureau central météorologique, les publications du Bureau international des poids et mesures, le Journal de l’École polytechnique? Est-il utile de dire que, c’est grâce à Gauthier-Yillars que le gouvernement et l’Académie ont pu éditer les 28 volumes des œuvres de Cauchy, les 14 volumes des œuvres de Lagrange, les 13 volumes de Laplace, les 2 volumes de Fouricr, les 3 volumes de Fermât, etc. ? C’est son désintéressement seul qui a permis de mener à bien ces coûteuses publications. Le nom de Gauthier-Yillars, a dit M. le président de l’Académie, sera associé par la reconnaissance des savants à toutes les grandes entreprises scientifiques de ces derniers temps.
- Et quelle impression ! quelle netteté, quelle exactitude dans les formules ! Nous ne parlons pas, faute de place, de l’impression des ouvrages devenus célèbres de MM. Bertrand, Darboux, llalphen, Mascart, Picard, Appel, etc.
- M. Chamcrot, comme président de la Chambre syndicale des imprimeurs, M. Carlier, gérant de la maison Gauthier-Villars, M. Montreuil, proie de l'imprimerie, ont rappelé les larmes dans les yeux, au milieu de l’émotion générale, ce qu’avait été la chef de la maison Gauthier-Villars et fils, ce que fut l’homme pour son personnel et pour les ouvriers; ils ont dit toute sa bonté, tout son dévouement pour ceux qui l’entouraient. Quand la maladie l'eut empêché de venir le lundi à l’Académie, ce fut son fils Albert, comme lui ancien élève de l’École polytechnique, qui le remplaça. L’Académie est bien certaine, a dit M. Darboux, de trouver dans les fils du savant imprimeur des continuateurs fidèles de l’œuvre paternelle.
- Nous n’avons pas voulu à notre tour laisser partir une personnalité aussi éminente, un ami de trente ans, sans lui adresser ici un dernier et pieux hommage. Le monde savant n’oubliera jamais Gauthier-Villars. 11. de P.
- CHRONIQUE
- La fluorescence du linge Américain. — M. Du-
- cretet vient de constater que le linge dit «linge Américain» devient franchement fluorescent en présence des rayons Rontgen. Il est possible, selon M. Ducretet, de préparer par les procédés usités pour fabriquer ce linge des écrans directs ou renforçateurs. On obtient des effets saisissants bien visibles dans l’obscurité. C’est en collaboration avec l’ingénieur de ses ateliers, M. Roger, que cette nouvelle observation a été faite parM. Ducretet dans son laboratoire de radiographie.
- Une bouche monstre. — On peut voir actuellement aux États-Unis, et plus spécialement à Boston, un nègre qui possède certainement la plus grande bouche de l’Amérique et sans doute du monde entier. Par un bienfait un peu spécial de la nature, il jouissait de prime abord d’une bouche d’une grande capacité; mais il s’est si bien ingénié à l’ouvrir chaque jour davantage en y faisant pénétrer une boule en caoutchouc de plus en plus grosse, que maintenant il introduit complètement son poing entre scs mâchoires et, avec autant de facilité, une large soucoupe.
- Le centenaire des chronomètres. — C’est en 1797 que l’horloger Thomas Earnshaw a construit le premier chronomètre de marine, d’un modèle analogue à celui des instruments actuels.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 14 février 1898. — Présidence de )I. Wolf.
- Préparation de corps nouveaux. — MM. Etard et Meker ont préparé un nouveau carbure d’hydrogène répondant à la formule Ca0 1134. Ce carbure se présente sous forme de cristaux octaédriques. Il a été obtenu à l’aide du chlorhydrate de térébenthine maintenu à son point de fusion et traité par du sodium. Le résidu, après distillation et purification, abandonne un hydrure de camphène C20 H34. MM. Etard et Meker ont étudié les propriétés chimiques de ce corps. Il est à remarquer que les carbures solides sont assez rares et que plusieurs paraissent jouer un rôle important dans un grand nombre de principes tirés des êtres vivants.
- Le phosphore dans Véconomie animale. — M. Moissan présente un travail de M. Joly relatif à l’état du phosphore dans l’économie animale. L’auteur a traité le tissu musculaire et la matière cérébrale calcinés par les alcalis, et a trouvé la même teneur en phosphore que lorsqu’on détruit ces tissus par un excès d’acide azotique. Cette similitude de résultat montre que, dans les cellules vivantes, le phosphore existe non à l’état de corps simple, mais à l’état d’acide phosphorique. M. Moissan ajoute qu’une expérience depuis longtemps faite rendait cette conclusion probable. En effet, si l’on met des matières vivantes dans un appareil producteur d’hydrogène, on n’obtient pas trace d’hydrogène phosphoré, ce qui fût arrivé si le phosphore eût existé à l’état de métalloïde.
- Action des rayons X sur la végétation. — M. Bonnier présente une Note d’un correspondant relative à l’influence des rayons X sur la végétation. L’auteur a expérimenté sur diverses graines, notamment la graine de liseron, en se mettant à l’abri de l’influence du champ électrique et de la chaleur. Il a constaté que la végétation est hâtée d’une façon très appréciable par les rayons X. Ch. de Yilledeuie.
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- LA NATURE.
- CULTURE ET INDUSTRIE DE LA MENTHE
- AU JATON
- Alors que c’est seulement depuis une époque toute récente que nous tirons parti de la menthe au point de vue médical, voici bien longtemps que les Japonais emploient l’essence, mais surtout les cristaux de menthe contre les névralgies et le rhume; l’huile de menthe sur un morceau de sucre est recommandée contre la toux ; mêlée à de l’alcool, elle est utilisée pour combattre les piqûres de taons, de moustiques, la cholérine, etc. Aussi, l’exportation venant encore augmenter la demande du produit, la culture de la menthe a pris au Japon un très grand développement.
- La région où on se livre le plus à cette culture est le département de Yama-gata, puis l’arrondissement de Kitamoraya, dans la province de Ouzen. 11 existe plus de dix variétés cultivées, do ni quelques-unes se fauchent deux ou trois fois par an; mais en somme c’est toujours la menlha arvensis, dont le nom japonais est hakka. Une plantation n’est conservée d’ordinaire que sept ans. Pendant la première année, on récolte de 260 à 300 kilogrammes de feuilles séchées, par tan ou dixième d’hectare ; pour la deuxième et la troisième année, ce chiffre peut monter jusqu'à 600 kilogrammes. Mais ensuite le rendement diminue de plus en plus, si bien que la quantité d’essence fournie, qui, la quatrième année, est de plus de 1 pour 100 du poids de la récolte, tombe à 0,4et 0,3 pour 100 la septième année. D. B.
- L’ILLUSION EN PHOTOGRAPHIE
- Les plus curieux procédés fantasmagoriques ont depuis longtemps envahi le domaine de la photographie, et ce journal en a déjà fait connaître un grand nombre. La vulgarisation de cet art tenant une place de plus en plus marquée, nous croyons intéresser les amateurs de ce genre d’épreuves en leur indiquant un moyen d’en obtenir quelques-unes très saisissantes.
- II n’est pas besoin d’un matériel encombrant : les opérations auxquelles on doit se livrer sont à la portée de tout le monde. Le principe sur lequel on s’appuie est très simple, et basé uniquement sur ce fait que le noir n’impressionne pas les plaques sensibles.
- Nous avons choisi le sujet que représente la figure ci-jointe : un rouleau tiré par deux personnes écrase des têtes qui semblent s’enfoncer dans le sol. On fait les mêmes préparatifs que pour une photographie ordinaire ; le seul arrangement à apporter dans l’ensemble choisi consiste à remplacer les têtes des sujets qui doivent se trouver sous le rouleau par un ou plusieurs cartons noirs présentant sensiblement la même surface.
- La mise au point réalisée, on marque exactement sur le verre dépoli le contour de ces cartons, et on
- tire l’épreuve.
- Le point capital est, une fois le châssis enlevé, de placer devant l’appareil, à environ 10 centimètres, un écran percé d’un petit trou devant servir de diaphragme. La lumière, passant par cet orifice et par l’objectif illuminera une partie du verre dépoli.
- On règle l’appareil de manière à n’éclairer sur cette plaque que l’endroit où se trouvent reproduits les cartons noirs placés sous le rouleau. La suite du travail est toute élémentaire. Les cartons sont enlevés et les personnes en prennent la place suivant la position choisie.
- On replace le même cliché dans l’appareil et on tire une seconde épreuve en ayant bien soin d’observer exactement le même temps de pose.
- La plaque ne reçoit alors de lumière qu’à l’endroit éclairé, par le petit diaphragme. Aux cartons précédents sont substituées les têtes des personnages qui sont impressionnées. Ce travail demande un peu de patience pour le réglage de l'écran placé devant l’appareil. Il faut, pour que l’épreuve soit bien réussie, que le trou qui y est pratiqué ne soit pas trop grand de manière à ne pas dépasser sur le verre dépoli les contours des cartons noirs.
- F. Delloue et P. Jenaut.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleuras, 9.
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- N° 1 201. — 26 FÉVRIER 1808.
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- LA NATURE.
- LE BLACK ROT EN FRANCE
- En 1885, on apporta à l’école d’agriculture de tement de l’Hérault, atteintes d’un nouveau mal. On
- Montpellier des grappes de raisin, venant du dépar- reconnut là que l’on avait alFaire à une maladie
- Fig. 1. — 1. Feuille de vigne sur laquelle se trouvent des taches de lllack-Ilot. — 2. Sarment de vigne attaqué.
- 5. Grappe desséchée par la maladie. — 4, S, 6, 7, 8, 9,10, 11,12,13,14, 15,16. Divers états par lesquels passent les grains de raisin
- avant de tomber de la grappe.
- cryptogamiquc connue sous le nom de Black-Rot (pourriture noire). Dans le Nouveau Monde, cette maladie a été considérée par tous ceux qui cultivent la vigne comme le pire des fléaux. Le Black-Rot , dernièrement en Amérique, dans les contrées qu’il a ravagées, vient de causer une grande catastrophe financière.
- Après l’invasion de nos vignes par le Phylloxéra, si le Black-Rot continue à se propager en France comme il vient de le faire pendant douze ans, nous n’aurons malheureusement d’ici peu rien à envier aux contrées dévastées situées de l’autre côté de l’Océan. Déjà quatre de nos départements sont très gravement attaqués : ce sont l’Aveyron, le Lot-et-Garonne, le Gers (Bas Armagnac) et les Landes ; cinq sont très pris et on a reconnu l’existence de la maladie dans quatorze autres.
- 26* année. — lor semestre-
- Le Bas Armagnac que nous venons de visiter, naguère si fertile et si riche, est aujourd’hui presque
- réduit à la misère. Dans la commune où nous nous trouvions et voisine de celle où le gouvernement vient d’installer des champs d’expériences destinés à étudier la maladie et la manière de la combattre, deux seuls propriétaires ont pu sauver presque en entier leur récolte. Tous les autres ont vu, par des atteintes successives encore mal déterminées de la maladie, les uns un tiers, les autres la moitié et le plus grand nombre toute leur récolte enlevée, et cela en une nuit, en une matinée et parfois en quelques heures seulement.
- Souvent, sur les feuilles de la vigne des taches couleur feuille morte caractéristiques révèlent la présence de la maladie (fig. 1, n° 1), mais il peut se
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- Fig. 2. — Partie de feuille de vigne attaquée, vue sous un fort grossissement et montrant les pustules noires, signe caractéristique du Black-Rot.
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- LA NATURE.
- i'aire aussi que ces taches paraissent tout à fait insignifiantes et que le mal sur les grains du raisin devienne tout d’un coup très considérable. Dans ce cas, sur les grains, d’abord, apparaît une petite tache circulaire (fig. 1, n° 11), décolorée, mesurant à peine quelques millimètres de diamètre. Cette tache augmente et prend bientôt une teinte rouge livide. Elle grandit toujours, et au bout de un à deux jours, le grain qui la possède est entièrement attaqué, il se lïétrit peu à peu, il se dessèche et se réduit à rien (fig. 1, nos 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 12, 15, 14, 15, 16)!
- Si la maladie est très intense, ses ravages sont encore plus prompts. Dans ce cas, ce sont les jeunes feuilles qui sont attaquées les premières, puis tous les organes verts de la vigne, le pétiole, les nervures et le limbe des feuilles, les vrilles, le pédoncule et les pédicelles de la grappe.
- La maladie s’attaque d’abord au limbe des jeunes feuilles qui sont les plus tendres. L’atteinte se manifeste sous la forme de taches arrondies couleur feuille morte qui vont toujours s’agrandissant (fig. 1, n° 1). Au bout de peu de jours, il se forme tout autour de ces taches une sorte d’auréole composée de petites pustules noires visibles presque à l’œil nu. Ces pustules sont le signe caractéristique du Black-Rot (fig. 2). Les autres affections de la vigne, comme le Mildiou, par exemple, ne présentent pas ce signe; on peut donc s’en servir pour reconnaître la maladie qui nous occupe.
- Les autres éléments verts de la vigne sont attaqués d’une manière uniforme. Sur ces organes, l’altération se manifeste par une tache noirâtre allongée et étroite qui se creuse légèrement (fig. 1, n° 2). Les pustules noires apparaissent à l’endroit de l’attaque. Il arrive souvent que les grappes avec tous les grains qu’elles supportent tombent par le fait de la maladie (fig. 1, n° o).
- Le Black-Rot est produit par un champignon auquel on a donné le nom de Guignardia Bidwelie1. Ce dernier possède des éléments reproducteurs très remarquables et il est protégé d’une façon très efficace 2 contre bien des moyens destructeurs que l’on pourrait employer à son égard. Ne pouvant pas nous étendre davantage sur ce point intéressant de notre sujet, qu’il nous suffise de dire ici que les pustules noires que l’on trouve sur tous les éléments attaqués de la vigne contiennent les semences du champignon. Celles-ci se trouvent renfermées dans des sortes de boîtes à spores et n’attendent pour en sortir qu’une journée chaude, humide ou orageuse. Alors le champignon se dépose sur la vigne et, si l’endroit lui est favorable, tous les tissus encore sains sont bientôt envahis : les cellules perdent leur turgescence, leur contenu brunit ; elles s’aplatissent peu à peu et leur pulpe desséchée ne forme plus qu’une mince couche d’un tissu dans lequel la partie végéta-
- 1 P. Yiala et L. Itavaz. Sur la dénomination botanique du black-rot. Bulletin delà Société imjcologique, 10 avril 1802.
- a P. Yiala. La maladie de la vigne.
- tive du champignon occupe une large place.
- Les germes du Black-Rot sont très facilement transportés par le vent. Il faut également redouter comme moyen de propagation tout ce qui tombe de la vigne, feuilles mortes, grappes attaquées et sarments. Il sera bon de les laisser le moins possible sur le sol pour cette raison. Le Black-Rot a été très étudié; les ouvrages sur ce sujet sont déjà innombrables; les remèdes proposés pour combattre le terrible fléau sont encore beaucoup plus nombreux.
- 11 résulte des expériences les plus récentes, c’est-à-dire de celles qui viennent de prendre fin avec la récolte de 1897, que c’est encore le sulfate de cuivre mélangé à la chaux qui est le meilleur et le plus pratique de tous les remèdes à employer pour enrayer les progrès de la maladie. Le sulfate de cuivre en solution faible empêche les germes du Black-llot de se développer; il les détruit même. Répandu à la surface de tous les organes verts de la vigne, pour ces raisons, il peut dans une large mesure combattre les effets de la maladie. La chaux qu’on lui ajoute sert d’abord à amener la solution à un état plus ou moins acide ou alcalin et à former un sel difficilement soluble qui prolonge l’action du mélange. La chaux sert également à faire adhérer le tout à la surface des éléments composant un pied de vigne.
- En 1896, M. Couderc, dont le nom est universellement connu, avait à ses frais et par ses propres moyens exécuté une suite d'expériences avec tous les produits et combinaisons de produits possibles, et sa conclusion sur ce point en général était conforme au résultat que nous venons de donner. Dans les champs d’expériences installés par le gouvernement cette année dans les environs de Nogaro (Gers), la conclusion de toutes les tentatives faites a été sensiblement la même. Ceci étant bien établi, il nous reste à examiner de quelle manière le traitement doit être appliqué pour donner un résultat pratique.
- La maladie est-elle à son début dans la contrée, avec quelques sulfatages on pourra encore préserver la récolte; mais dans les pays très attaqués ou si l’on a affaire à des plants déjà fatigués par la vieillesse ou d’autres maladies, un traitement énergique sera nécessaire, car sans cela tous les efforts deviendraient superllus.
- Malheureusement il est bien reconnu aujourd’hui que dans les foyers intenses, depuis que la vigne a des pousses de un à deux centimètres de long jusqu’à l’époque des vendanges ou à peu près, il faut envelopper entièrement tous les organes de la vigne sous une couche de sulfate de cuivre fréquemment renouvelée.
- Depuis déjà longtemps M. Couderc a fait prévoir que le Black-Rot agit par poussées ou attaques périodiques; l’année dernière au congrès viticole et ampé-lographique de Toulouse, il semble encore plus affirmatif1. Dans les champs d’expériences du gouvernement, on paraît reconnaître également l’existence de périodes semblables. Ces connaissances, une fois qu'elles seront tout à fait confirmées, per-
- 1 Le Progrès agricole et viticole, septembre 1897.
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- LA N A T U H E.
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- mettront certainement de diminuer le nombre des traitements.
- Pour le moment deux solutions se partagent les faveurs des propriétaires. L’une, la bouillie Bordelaise, composée de sulfate de cuivre, d’eau et de chaux; l’autre, dénommée bouillie Bourguignonne, renferme du sulfate de cuivre, de l’eau et du carbonate de soude. Cette dernière est la moins employée, car quoique plus énergique elle est plus difficile à bien préparer.
- La bouillie Bordelaise est d’un emploi facile. Actuellement on paraît donner la préférence aux bouillies neutres, mais les avis sont partagés encore sur ce point : 2 à 5 kilogrammes de sulfate de cuivre et 1 à 2 kilogrammes de chaux pour 100 litres d’eau sont les mélanges les plus employés.
- La bouillie Bordelaise ne brûle que rarement la vigne, elle fortifie même beaucoup la végétation de celle-ci.
- Tous les sulfatages doivent être faits en passant d’abord d’un côté des sillons et ensuite de l’autre. Il fauta chaque opération que toutes les surfaces de chaque pied de vigne reçoivent une quantité suffisante de liquide pulvérisé pour qu’elles en soient absolument couvertes.
- Le premier traitement (un des plus importants), doit être fait aussitôt que la vigne a des pousses de 1 à 2 centimètres. À partir de ce moment il faut renouveler les sulfatages tous les dix jours environ ; cela bien entendu jusqu’à ce que les époques dont nous parlions précédemment soient mieux connues.
- Au moment de la floraison il faudra bien protéger les nouveaux organes de la plante, et une fois les grains formés, les sulfater aussi spécialement, car n’ayant pas encore de sulfate de cuivre à leur surface ils pourraient être très facilement attaqués. !l est préférable de se priver de manger des raisins sur lesquels il y a du sulfate de cuivre, car il pourrait en résulter des inconvénients sinon graves, du moins fort désagréables.
- Dans les pays très attaqués il faut faire durer les traitements jusqu’au milieu du mois d’août.
- Les traitements (pic l’on est forcé de faire subir aux vignes ainsi malades coûtent beaucoup de temps, de main-d’œuvre et d’argent ; aussi ne peut-on les appliquer que sur des vignes encore capables de produire relativement beaucoup. Il doit donc résulter de ce qui précède qu’il faut faire produire à la vigne le maximum qu’elle peut donner.
- Une autre solution pourrait conduire à résoudre le problème si compliqué de la défense contre le Black-Bot. Nous voulons parler du moyen qui consisterait à ne plus planter que des espèces de vignes capables de résister aux ravages de la maladie. De grands travaux sont entrepris depuis déjà longtemps sur ce sujet.
- Parmi les personnes s’occupant spécialement de ce genre de recherches nous devons encore citer le nom de M. Couderc qui à ses frais (ce dont on ne lui sait pas suffisamment gré) cultive et étudie des milliers de cépages et d’hybrides capables d’arriver
- à ce résultat. Mais ces recherches sont lentes, il faut planter les espèces en observation au centre des foyers les plus intenses, puis attendre les résultats deux et trois ans. 11 faut aussi trouver des collaborateurs intelligents pour étudier et vérifier les résultats surplace. M. J. Ducos de l’Hôpital peut être cité comme un de ceux qui ont rendu le plus de services dans ce cas; mais les bonnes volontés éclairées et désintéressées sont encore rares et avant de pouvoir affirmer quel est le meilleur cépage à planter il se passera encore beaucoup de temps.
- Comme nous le disions précédemment le gouvernement a voté des crédits et fait installer une station destinée en Armagnac à étudier le Black-Bot et la manière de le combattre. Qu’il nous soit permis de dire ici en terminant combien il est déplorable que celte institution ne se tienne pas davantage à la disposition des intéressés, et en communication constante avec tous les malheureux agriculteurs du pays. Oh, certes on y fait de la science pure. Ne vaudrait-il pas mieux — du moins, c’est notre humble avis, —-par voie d’affiches, de publications gratuites et pratiques, de conférences, etc., etc., mettre en garde contre lui-même, contre sa routine et ses préjugés le pauvre vigneron qui n’a même plus pour sa propre consommation de vin à boire.
- La question en vaut la peine, car si cela devait durer encore quelque temps, c’est tout le bon vin de France qui disparaîtrait peu à peu. Et le bon vin c’est, comme l’ont affirmé les poètes si souvent, la source première des qualités de la race française.
- Nous souhaitons qu’il en reste encore suffisamment et du bon, dans les vieux celliers, et derrière les fagots pour que la population qui vit de la vigne dans notre beau pays y puise l’énergie capable de la faire triompher du terrible Black-Rot.
- jACQliliS Dccom.
- LES TRAINS RAPIDES
- Un train de la 0io Anglaise, South- Western, parcourt sans arrêt les 302 kilomètres qui séparent Paddinglon de Exter. Ce train se compose de six voitures d’un poids total de 140 tonnes, il est remorqué par une locomotive dont les roues ont 2m,36 de diamètre. Quand la provision d’eau est épuisée, la machine s’alimente en marche en puisant l’eau dans des réservoirs installés entre les rails de la voie. Sur la ligne de chemin de fer Norlh-Western, dans une course de vitesse pour les services postaux du continent, un train a franchi sans arrêt, en moins de 7 heures, la distance de 483 kilomètres qui sépare Londres de Carlisle; les trains ne s’approvisionnent même pas d’eau en route. Enfin, en Amérique, un train spécial a fait dans les mêmes conditions exceptionnelles, le voyage d’aller et retour de Final-city à Pittshurg, soit 707 kilomètres. Nous rappellerons qu’en France les distances les plus grandes parcourues par les trains sans arrêt sont : Paris-Laroche, 155 kilomètres en 2h25; Paris-Saint-Quentin, 154 kilomètres en 2bll; Paris-Reims, 156 kilomètres en 2 heures; Paris-Rouen, 136 kilomètres en 1h 52 ; Paris-Orléans, 119 kilomètres en lh26.
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- LA NATURE.
- DÉTERMINATION MÉCANIQUE
- DE LA. DIRECTION MOYENNE I)U VENT
- Il est plus malaisé que l’on pourrait le croire tout d’abord de bien déterminer la direction moyenne des vents dans un lieu donné. Lambert a combiné une formule qui fournit cette moyenne, en substituant aux vents leur composante et en les remplaçant par des forces. La formule est complexe et exige de longs calculs. Si l’on désigne par Y l’angle qui fait la résultante des forces, soit la direction moyenne du vent avec la méridienne, on a :
- E — U+ (NE + SE — NU — SU) Cos 45° la»g ' ~ R — s + (SE + NO — SE — SO) Cos 45°'
- Il va de soi que la formule de Lambert n’est pas commode à} manier. M. Schouw avait donné de son côté un moyen approximatif de déterminer la moyenne direction des vents. Il compare par différence les nombres de fois sur 1000 qu’ont soufflé les vents à composante Nord (NO, N, NE) elles vents à composante Sud (SO, S,
- SE). Il compare de même les vents d’Est (NE, E, SE) aux vents d’Ouest
- (NO, O, SO), et il arrive à reconnaître ainsi si le vent a souffle plus fréquemment du Nord que du Sud, de l’Est que de l’Ouest.
- M. Louis Besson, sous-chef du service météorologique à l’Observatoire de Montsouris, vient d’imaginer une méthode beaucoup plus simple. Il détermine mécaniquement la direction moyenne du vent par une seule opération.
- Il a fait construire un petit appareil qu’il est bon de signaler aux météorologistes. C'est une roue métallique installée sur un bâti et qui est libre de tourner sur un axe horizontal ; cette roue est munie à son pourtour, comme le montre notre dessin, de petites chevilles également espacées, au nombre de J 6 par exemple, correspondant aux 46 directions principales du vent.
- On suspend à chacune de ces tiges un poids proportionnel au nombre d’observations du vent correspondant. Le système prend une certaine position d’équilibre, tel que le point le plus bas de la roue
- indique précisément la direction moyenne cherchée. On a, en effet, exprimé chaque direction de vent par un poids. Le poids résultant agit sur cette sorte de balance et donne la moyenne. M. Besson a traduit aux yeux mécaniquement par un stratagème heureux la formule de Lambert. 11 serait facile de démontrer mathématiquement que la verticale, quand l’équilibre de la roue est établi, fournit bien la direction moyenne et d’ailleurs telle que la donne la formule de Lambert1.
- 11 est clair que si l’on veut tenir compte non seulement de la fréquence de chaque vent, mais encore de son intensité, il suffit de modifier d’une façon correspondante les poids employés.
- L’appareil peut être complété par une alidade bien équilibrée munie elle-même à son extrémité d’une petite tige horizontale. Une fois que l’on a obtenu la direction moyenne du vent, on assujettit l’alidade dans le sens opposé à la direction; on y suspend des poids jusqu’à obtenir l’équilibre indifférent. On détermine ainsi directement ce que l’on nomme la valeur relative de la résultante qui donne une mesure de la variabilité du vent pendant la période considérée. Le modèle figuré fournit la direction moyenne du vent pendant une journée d’après les observations horaires ou trihorai-res. Chaque poids ou jeton représente une observation. Ce petit appareil est ingénieux et il pourra rendre des services dans les observations météorologiques. Il est d’ailleurs susceptible d’autres applications à la physique où à la mécanique.
- Helnri de Parville.
- 1 La verticale donne la moyenne. En eiïet : soit p l’un des poids, a l’angle avec la verticale dirigée vers le bas. Il suffit d’écrire que la somme des moments des poids par rapport à l’axe de rotation est nulle
- Sin a = 0.
- I)c même cette moyenne est celle de la formule de Lambert. En effet, considérant dans cette même formule les vecteurs proportionnels aux nombres d’observations, en appelant a l’angle que fait l’un d’entre eux avec la résultante, et p sa longueur, écrivant que la somme des projections sur une perpendiculaire à la résultante est nulle, on obtient l’équation précédente. Les indications de l’appareil sont donc bien conformes aux indications de la formule de Lambert.
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- Appareil pour déterminer mécaniquement la direction moyenne des vents.
- 1. Vue d’ensemble.
- 2. Eu cartouche, rondelles p d’épaisseur variable pour établir l'équilibre.
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- LÀ NATURE.
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- L’ÉCLIPSE TOTALE DE SOLEIL
- I)U 22 JANVIER 1898
- Les meilleures stations pour l’observation de eet important phénomène se trouvant aux Indes, la plupart des missions astronomiques s’y étaient donné rendez-vous. Les astronomes ont été admirablement secondés par les autorités locales et par les officiers, sous-officiers et marins de la Melpomène (vaisseau qui avait emmené les Anglais aux Indes), ce qui a permis d’établir plus de vingt groupes différents d’observateurs.
- Le temps a été extrêmement clair, et le programme que s’étaient préparé les savants installés dans l’Inde a été parfaitement réalisé. En revanche, les missions astronomiques qui se proposaient d’observer l’éclipse partielle ont eu généralement un ciel brumeux ou couvert.
- Les principales stations étaient celles de : Vizia-durg (MM. Norman Lockyer,
- Fowler et le Dr Lockyer) ; Sohag-poor (l’astronome royal, M. Christie et M. Turner);
- Talni (M. et Mme Maunder et MM. Thwaites et Evershed) ; Pul-gaon(MM.Newall et le capitaine Hills) ; Nagpur (M. Copeland); Jeur (M. Naegamvala avec des professeurs du « Royal college of Science » de Poona, M. Campbell, astronome de l’Observatoire Lick) ; Buscar près de Bénarès (Membres de la « British astronomical Association »).
- Les instruments employés étaient des spectrosco-pes, des lunettes photographiques, des télescopes, des cinématographes, des équatoriaux, des polari-scopes, etc. La plupart de ces appareils avaient déjà servi aux observations des éclipses précédentes ; ils ont été agrandis ou remplacés par d’autres plus puissants : aussi, ont-ils fourni d’excellentes photographies de la couronne, de la chromosphère, de la photosphère, etc. Les Anglais, qui étaient fort nombreux puisqu’il n’y avait qu’une seule mission américaine avec eux, sont très fiers d’avoir obtenu le Record de l'éclipse.
- La couronne solaire était semblable à celle qui a été observée en 1880 et en 1896, avec cette particularité que la plus grande banderole s’étendait vers le Pôle sur une longueur égale à À fois le diamètre solaire et que la majorité des proéminences était dirigée dans le plan de l’équateur. La couronne, très finement découpée, avait une couleur bleu argenté assez pâle, et offrait un aspect très pittoresque.
- Les lignes spectrales du fer ont été reconnues par M. Pedler, de l’Université de Calcutta, dans la région située à la base de la couronne. La principale raie verte coronale, 1474 Kirchoff, invisible sur l’un des bords du soleil, était très haute sur l’autre bord.
- Comme la durée de la totalité de l’éclipse n’était que de deux minutes, l’obscurité n’a pas été
- complète, le ciel restant brillant comme à l’époque de la pleine lune ; aussi on n’a vu qu’un très petit nombre d'étoiles.
- Cependant, les animaux ont paru terrifiés : les corbeaux inquiets décrivaient de nombreuses spires et voltigeaient d’arbre en arbre; les moineaux pépiaient comme au moment où ils vont se percher pour passer la nuit. L’attitude des naturels a été fort curieuse : les prêtres mendiants avaient cessé leurs sollicitations habituelles ; les adorateurs du feu se tenaient à genoux, les yeux fixés vers le soleil ; les mendiants hurlaient à grands cris : « Donnez-nous des aumônes pour délivrer le soleil des terribles griffes du dragon Rahu. » Les astrologues du pays avaient prédit toutes sortes de calamités pour cette époque : raz de marée, tremblements de terre, peste (et l’événement leur donnait raison sur ce point), etc.
- En résumé, de précieux documents ont été recueillis dans cette importante expédition.
- Nous espérons qu’ils vont nous permettre d’élucider quelques points touchant la mystérieuse constitution du soleil et surtout de sa couronne.
- Il sera intéressant d’examiner en détail ces divers résultats. L. Barré,
- Astronome à l'Observatoire national de Paris.
- • •
- La couronne solaire pendant l’éclipse totale de soleil du 22 janvier 1898#
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- LA NATURE.
- ; CANONNADES NATURELLES
- On a bien souvent observé, dans les contrées les plus diverses, des bruits mystérieux rappelant ceux d’une lointaine canonnade, dans des conditions où il était impossible d’en trouver la cause dans des explosions artificielles quelconques. 11 résulte de nombreux témoignages concordants, que ces bruits consistent en des coups sourds, se produisant soit isolément, soit en séries, dans des conditions climatériques particulières. En général, ils sont un présage de mauvais temps, sauf cependant dans le delta du (iange, où on les entend par un beau temps imperturbable, et où les Anglais leur ont donné le nom de « barisal guns )>.
- Le phénomène a été étudié particulièrement en Belgique et en Suisse ; lors de la dernière session de la Société helvétique dessciences naturelles, il a fait l’objet d’un rapport présenté par le comte de Zeppelin, décédé récemment.
- Au pied des Alpes, ces bruits étaient attribués autrefois aux âmes damnées des seigneurs du Rotthal, et ils portent encore dans plusieurs vallées le nom de tir de Rothenbourg. Plus loin dans la plaine, près des lacs qui sont au pied du Jura, on leur donne le nom de tir Morat d’après un souvenir qui remonte au quinzième siècle. Pendant la guerre du Sonderbund, en 1847, ils donnèrent lieu à plus d’une méprise.
- La cause du phénomène n’est pas complètement élucidée. Cependant, quelques météorologistes croient pouvoir l’attribuer à un tassement d’une onde très étalée d’abord, et produite par une perturbation atmosphérique assez rapide. Il est, dans les œuvres du grand mathématicien Riemann, une formule qui prévoit le phénomène. L’expérience l’a aussi reproduit, par exemple au cours des belles recherches de MM. Violle et Yauthier sur la propagation du son dans les conduites. Un bruit fusant, engendré à l’un des bouts de la conduite par la combustion d’une certaine quantité de poudre-éclair, se traduit à l’autre bout par une détonation semblable à un coup de pistolet. Il semble que l’onde frontale, qui la première met l’air en mouvement, prenne durètard et laisse les autres ondes se masser sur elle de façon à produire finalement une compression brusque comme celle qu’engendre une détonation.
- L’explication est ingénieuse et suffisamment plausible pour qu’on s’y arrête en attendant que des observations systématiques aient permis dç préciser toutes les conditions de production du phénomène. Malheureusement, le nombre partout grandissant des explosions artificielles rendront cette recherche délicate, en conduisant fréquemment les observateurs sur de fausses pistes. Ils n’en auront que plus de mérite à grouper de bonnes observations. C. G.
- PIERRE A SAVON DES ARABES
- Voici quelques renseignements sur un produit très répandu dans toute l’Afrique septentrionale et qui sont dus à M. Lahache, pharmacien-major à Constantine *.
- L’usage général que les Arabes font, en Algérie et en Tunisie, du tfol, pour nettoyer leurs burnous, nous a suggéré d’essayer ce savon minéral à l’émulsion de l’huile lourde de houille.
- Le tfol (pierre à savon des Arabes) se vend sur tous les marchés indigènes, depuis Oran jusqu’à Tunis. C’est une substance légèrement cireuse, onctueuse au toucher. Des
- 1 D’après le Journal de pharmacie et de chimie.
- gîtes existent dans tous les départements algériens : personnellement, nous connaissons celui de Sidi-Khaled où s’approvisionnent les riverains de l’Oued-Djedi et quelques oasis des Zibans.
- La couleur du tfol peut varier du rouge au gris et au blanc d’albâtre, suivant les oxydes métalliques qu’il contient. Sa composition n’est pas uniforme, mais les différentes variétés renferment comme éléments essentiels : des silicates alcalins et terreux; du carbonate de chaux; de la silice gélatineuse libre; de l’argile; des sulfates et des chlorures alcalins et terreux (en faible quantité).
- La quantité de matières solubles dans l’eau est trop faible pour qu’on puisse attribuer à des carbonates alcalins les qualités que les Arabes ont reconnues depuis longtemps à cette roche. Celle-ci agit comme absorbant dans l’action du lavage.
- M. le général de la Roque, commandant la division de Constantine, a bien voulu faire remettre à M. Lahache plusieurs échantillons du tfol.
- 11 résulte des expériences faites dans son laboratoire, par ce chimiste, qu’en moyenne 20 grammes de ce savon minéral finement pulvérisé suffisent pour absorber complètement 100 grammes d’huile lourde de houille, quelle que soit la densité de cette dernière ; l’eau ajoutée en toutes proportions au mélange ne détermine, en aucun cas, la séparation de l’huile. Par agitation on obtient avec l’eau une émulsion ne salissant pas le verre, dans laquelle on distingue, au microscope, l’huile amenée à un état de division qui caractérise l’émulsion. Elle apparaît sous forme de globules variant de la grosseur d'un grain d’amidon de riz à la grosseur d’un gros grain d’amidon de blé.
- M. Lahache propose donc de transformer d’abord l'huile lourde de houille en une pâte, avec le tfol. Cette pâte est encore plus facile à employer si dans sa préparation, avant de verser l'huile sur la poudre, on humecte celle-ci de son poids d’eau; on obtient ainsi un produit très stable sous forme d’une pâte brune légère, crémeuse, parfaitement homogène et de consistance demi-fluide. Celte pâte est susceptible de donner extemporanément, par addition d’eau et agitation, une émulsion parfaite et un liquide antiseptique d’un titre déterminé, quel qu’il soit, pouvant être utilement employé à l’arrosage du sol, à la désinfection des latrines, au lavage de certaines parties des bâtiments publics (écoles, casernes, hôpitaux, etc.).
- Étant donnée la nature des éléments du tfol, qui sont neutres et à peu près insolubles, M. Lahache ne croit pas que cette substance puisse diminuer la valeur antiseptique de l’huile lourde de houille.
- Dans ces conditions, il est clair que le tfol pourrait recevoir de nombreuses applications non seulement en Algérie, en Tunisie, mais encore peut-être dans notre pays, et l’on pourrait importer souvent à bon compte le savon minéral, ou trouver des gisements analogues. Cette substance minérale alcalino-siliceuse agissant surtout comme absorbante, on doit lui trouver des succédanés et pouvoir l’utiliser à des usages divers. Elle servirait de véhicule à beaucoup de liquides antiseptiques. On a déjà préparé, avec des poudres fines analogues, des bâtons parfumés, de véritables parfums solides.
- Enfin, si le tfol peut être utilisé avec l’huile de houille, il en résultera de par son peu de valeur commerciale une grande économie pour l’État, puisqu’il en coûtera seulement à ce dernier la peine de recueillir cette roche dans les carrières dont il est le propriétaire. Fcamel.
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- LA NATURE.
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- NOTE SUR LES
- COUPS DE FEU DANS LES CHAUDIÈRES
- INDUSTRIELLES
- D’après les’expériences relatées dans ce journal1 il résulterait que la sédimentation de l’eau dans les chaudières à vapeur serait la cause première des coups de feu dont elles sont souvent atteintes. Cependant la pratique journalière de l’industrie fait connaître que nombre de chaudières ont leurs tôles de première chauffe recouvertes dans toute leur étendue par une couche adhérente de tartre atteignant 2 à 3 millimètres d'épaisseur sans avoir jamais d’avarie pour cela, tandis que nombre d’autres chaudières ayant leurs tôles indemnes de tartre reçoivent facilement des coups de feu. 11 est évident que si la sédimentation de l’eau était la cause originelle, du coup de feu, des constatations inverses devraient se faire.
- L’origine de l’avarie dite coup de feu, est dénoncée par sa situation et sa disposition. Tout d’abord il y a lieu de remarquer que cette avarie est localisée sur une faible étendue de la tôle, elle est généralement constituée par une ampoule de 0m,12 à 0m,17 de largeur, quelquefois plus, faisant saillie hors de la tôle, elle se trouve presque toujours cantonnée dans une région située entre 0m,70 à lm,20 de l’entrée du foyer, rarement au delà, à moins de mauvaises dispositions du foyer. Celte distance est précisément la portée du jet de pelle du chauffeur, elle est celle à laquelle le combustible tombe sur la grille ; or, si on examine la façon d’opérer du chauffeur qui conduit une chaudière ayant reçu un coup de feu, on remarque, ou bien que le foyer est trop chargé en combustible, ou bien que le combustible y forme des monticules. De plus, suivant que l’homme est droitier ou gaucher dans le maniement de la pelle, la grille est plus chargée d’un côté que de l’autre, et ce sont les parties de la chaudière situées du côté du fort chargement qui sont avariées. C’est que dans l’amoncellement du combustible il se forme, sous l’action du tirage, une petite cheminée d’où jaillit un jet de flamme en chalumeau, d’une très grande puissance calorifique, qui frappe normalement la tôle peu éloignée ou même au contact du combustible ; tandis qu’ailleurs, le dégagement de chaleur est relativement modéré, la tôle est à une certaine distance du combustible et la flamme n’y vient au contact qu’obliquement.
- Dès lors la genèse du coup de feu est simple : En face du contact du chalumeau sur la tôle se produit une vaporisation considérable avec sédimentation locale très active, l’eau arrive de plus en plus difficilement au contact du métal à cause de cette sédimentation et du dégagement considérable de vapeur, et finalement la tôle est isolée et rougit.
- L’avarie du coup de feu a donc pour origine une mauvaise conduite du feu résultant soit de l’inhabileté du chauffeur, soit d’une disposition vicieuse du foyer lui-même; les sédiments de l’eau viennent secondairement aggraver la situation.
- Il y a lieu de remarquer que cette avarie est principalement à craindre avec l’emploi d’eau plus ou moins grasse provenant de la condensation des machines; dans ce cas, les sédiments trouvés dans la cupule formée par l’ampoule ont un aspect noirâtre et sont onctueux au loucher. A. Gosse,
- Contrôleur des mines.
- 1 Voy. n° 1284, du 8 janvier 1898, p. 95.
- ——
- LA BOUCHERIE ET LA CAAE
- DE L'ASSISTANCE PUBLIQUE1
- De même qu’elle a sa Minoterie et sa Boulangerie, l’Assistance publique a dans Paris une boucherie et des caves spéciales.
- La boucherie est située tout en haut du boulevard de l’Hôpital, près de la place d’Italie, dans l’ancien abattoir de Villejuif. Elle occupe à peu près tout le côté droit de l’abattoir. Il est bien désert et bien abandonné, maintenant, cet abattoir de Villejuif. Depuis qu’on y a installé l’abattoir aux chevaux il a été rapidement discrédité; les bouchers l’ont abandonné les uns après les autres ; il n’en reste plus que trois ou quatre; l’herbe pousse dans la grande cour, sous les arbres tranquilles. Tous les batiments de gauche sont réservés aux chevaux. Il est, du reste, destiné à disparaître dans quelques mois, ce vieil abattoir, déserté. La boucherie de l’Assistance publique sera alors transportée à l’abattoir de Vau-girard, rue des Morillons.
- Les bestiaux nécessaires à l’Assistance sont achetés pour la plus grande partie au marché de la Villette — quelques-uns viennent cependant des foires de province — par trois pourvoyeurs, qui doivent se conformer aux clauses du cahier de charges, et touchent une commission par chaque tète de bétail.
- Les bœufs sont amenés deux fois par semaine, les lundis et jeudis, par des bouviers. On en amène à peu près une centaine chaque fois. Ils sont immédiatement mis au parc, où ils sont classés par le personnel de la maison (fig. 5, n°4). Le parc est tout simplement une cour rectangulaire, pavée, entre des murs élevés et des grilles. En été, on y laisse souvent coucher les animaux. Du parc ils sont conduits et attachés dans les bouveries. Il y a deux bouveries, grandés pièces longues, au plancher soutenu par des voûtes, qui sont en réalité de vastes étables. Chaque bouverie peut contenir 80 bœufs environ. Les veaux y sont mis également, dans des cases à veaux aménagées sur le côté. Les moutons ont une bergerie séparée. Les bêtes restent à la bouverie ou à la bergerie (fig. 3, n° 3) jusqu’au moment de leur mort, c’est-à-dire trois, quatre, quelquefois cinq jours. Les bœufs y sont nourris de paille et de regains. Les veaux ont du foin et boivent un mélange d’eau et de farine destiné à leur remplacer le lait.
- Tous les matins les garçons bouchers tuent environ 50 moutons. L’opération commence à 9 heures et dure toute la matinée. Elle se passe dans une cour cimentée appelée le carré, située entre les bâtiments des échaudoirs. Les pauvres bêtes, étendues les unes auprès des autres sur un long tréteau à claire-voie, sont saignées ; le sang est recueilli dans une sorte de long baquet à roulette qu’on amène sous les gorges ouvertes et les têtes pendantes.... 1 Les bœufs et les veaux sont tués l’après-midi, a partir de 2 heures ; 25 bœufs environ sont abattus 1 Voy. n° 1270, du 2 octobre 1897, p. 275. 1
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- LA NATURE.
- chaque jour dans le carré où le sang ruisselle; 7) ou 4 sont tués en même temps. Les garçons bouchers, aux bras nus, aux tabliers dégouttants de sang, à la tête coiffée d'un bonnet de coton rouge, exécutent ces massacres en chantant et en riant. Us se servent du merlin anglais pour frapper le coup mortel. Il est très rare qu’ils soient obligés de s’y prendre à deux fois : un seul coup, à tour de bras, entre les cornes, et le pauvre bœuf tombe comme une masse, des quatre pattes à la fois....
- Une vingtaine de veaux sont saignés quotidiennement. Pendus la tête en bas, attachés et la gorgelargement ouverte, la tête presque entièrement détachée d’un coup de couteau, ils mettent 3 ou 4 minutes à mourir.
- C’esthorrible ! Et quelles souffrances l’homme fait endurer aux pauvres bêtes dont il a besoin!
- La viande, après avoir été préparée et coupée, est portée au magasin à viande {lig. 3, n°2), d’où elle est répartie suivant les demandes des différents établissements qui la consomment.
- La Salpêtrière et Bicêtre sont les maisons qui prennent les plus grandes quantités de viande.
- Les expéditions sont faites tous les matins, entre 6 et 8 heures, par des voitures spéciales fermées et plombées, qu’accompagnent les garçons.
- La viande ainsi envoyée aux hôpitaux n’est évidemment pas de dre qualité. Le cahier des charges indique : bœufs, 3e qualité. Les établissements privés qui se servent également à la boucherie de l’Assistance publique reçoivent une viande d’une qualité un peu supérieure. Il est assez difficile d’indiquer un prix de revient pour la viande de l’Assistance, ce prix variant, naturellement, suivant les cours. M. le directeur
- nous a cependant donné comme prix moyen : de lfr,20 à lf,',25 le kilogramme.
- Tout ce qui n’est pas consommé dans les établissements est vendu par adjudication. C’est ainsi que les peaux sont vendues par avance tous les mois à
- la Bourse des tanneurs. Un boyaudier, un sanguin, ou marchand de sang, un fondeur, achètent également boyaux, sang et suif. On tire parti de tout.
- Les garçons bouchers sont au nombre de 1 i divisés en 3 brigades et dirigés par un maître garçon. Ils sont pris à la journée et payés à la semaine, suivant l’usage de la boucherie. Presque tous sont là depuis des années. Le salaire minimum de ces garçons est de 50 francs par semaine.
- 11 sort de la boucherie spéciale de l’Assistance publique environ 0 à 7000 kilogrammes de viande tous les jours.
- Les caves générales de l’Assistance publique occupent à la Halle aux vins de vastes locaux, à l’endroit
- dit la Butte de la Seine.
- De 1500 à 1600
- pièces de vin y entrent et en sortent chaque mois, soit environ 4000 000 de litres.
- Ces vins sont achetés par adjudication, deux fois l’an. Une commission de 5 membres, dite commission de dégustation, et composée de 4 négociants et d’un expert, s’assure de la qualité livrée. A leur arrivée la contenance des pièces est contrôlée au moyen d’une sorte de petite cuve graduée appelée dépotoir, où une pièce sur dix est versée. Cette opération est faite par les jaugeurs du commerce.
- Les vins en pièces sont ensuite gerbes dans les magasins. Au bout de quelques jours ils passent à la cuve. Cette cuve, en maçonnerie cimentée inté-
- Fig. 1. — Le remplissage des futailles.
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- rieurement, contient 20 pièces. C’est là que se fait le mélange ou le coupage. Quand ils entrent à la cuve les vins sont de huit espèces différentes ; il ne sort qu’un vin unique, vin de coupage, dont la composition est donc à peu près invariable.
- Voici la composition du coupage :
- Béziers et Ooursan : 20 pour 100 chacun. 40 pour 100 Montpellier. . — — 10 —
- Yar, Caliors, Estagel, Lot-et-Garonne et Bivesaltes : 10pour 100 chacun. 50 pour 100
- 100 pour 100
- Comme on le voit l’Assistance publique ne con-
- somme que des vins du Midi. Après le passage à la cuve, les vins sont collés, puis regerbés. Ils restent en magasin le temps nécessaire pour leur clarification, puis sont soutirés pour l’expédition.
- Nous avons dégusté le coupage, dans la tasse d’argent traditionnelle où il a une teinte superbe. Ce n’est pas précisément extraordinaire, mais c’est très buvable et il y a tout lieu de croire que c’est du vin naturel....
- Ce vin revient à environ 51 ou 52 francs l’hectolitre livré aux établissements. 11 y a quelques années, para ît-il, on achetait des vins beaucoup plus chers, mais on
- ft-t- u
- Fig. 3. — La boucherie. — 1. Expédition de la viande par voitures. — 2. Magasin à viande. 3. La bergerie . — 4. Les bœufs au parc.
- y a renoncé. On vise de plus en plus à l’économie.
- Les magasins, divisés en six chantiers, laissent un peu à désirer comme installation. C’est bien vieux jeu. Les administrations suivent très lentement le progrès. Les caves de l’Assistance publique ont été installées vers 1848, et depuis rien n’y a été changé. Tels petits marchands, à côté, sont éclairés à l’électricité; ici, pas même de gaz. Les hommes sont obligés de promener des bougies de place en place. La cave est à présent beaucoup trop petite pour le coupage.
- Tout cela va changer, paraît-il. Les caves doivent être transportées à Bercy avant 1900 ; et là-bas tout sera moderne et perfectionné. C’est un projet.
- Deux caves réservées, toujours fermées et dont les chefs de chais seuls ont la clef, reçoivent l’une les vins blancs et le banyuls, et l’autre les pièces tgpes. Ces pièces types sont les pièces spécimen fournies par les adjudicataires et auxquelles doivent être conformes les pièces livrées par la suite. Elles sont cachetées sur broche et sur bonde ; le fausset seul permet de tirer des échantillons.
- Toutes les futailles reviennent des établissements où le vin est consommé. Elles sont à leur retour empilées par tas de cinquante, dans un magasin à futailles. Ces tas sont vendus par adjudication les 12 et 24 de chaque mois. Les années où la récolte est abondante, les futailles se vendent très cher.
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- L’année dernière, elles étaient très bon marché. Leur cours moyen en novembre a été de 2fr,50 à 2fr,40 la pièce, tandis qu’en 1895, par exemple, elles valurent jusqu’à 7fr,50.
- L’Assistance publique possède aussi, dans la Balte aux alcools, un petit magasin d’alcools, qui renferme en moyenne une vingtaine de pipes. Ce magasin relève de la Pharmacie centrale des hôpitaux.
- Les caves générales de l’Assistance fournissent de vin non seulement tous les hôpitaux et hospices civils de Paris et de la banlieue, dépendant de l’administration, mais encore près de 50 maisons et établissements de bienfaisance de fondations spéciales, et jusqu’à l’hôpital Rothschild. Elles expédient meme en province à différents établissements relevant de l’administration.
- Un seul directeur et un économe sont en même temps chargés de la boucherie générale et des caves de l’Assistance. Deux chefs de chais et cinq hommes à la journée suffisent pour les caves, avec un commis-rédacteur.
- Les caves versent à l’octroi près de 50 000 francs par mois, et la boucherie environ 25000 francs.
- Géo. Bonneron.
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- UN NOUUEMJ FEUTRE IS0LUNT
- Les usines d’Adlershof, près de Berlin, ont exposé à Leipzig, l’été dernier, un nouveau produit isolant dont on commence la fabrication en grand et auquel on donne le nom assez baroque de « feutre de fer ». Ce produit semble doté de qualités multiples, à ce qu’on en dit du moins.
- Sans pouvoir préciser le tour de main de la fabrication, nous savons que ce feutre est composé essentiellement de fibres de laine fortes et longues, imprégnées d’un sous-produit des pétroles; on y fait pénétrer ensuite, usqu’à une certaine profondeur, de la gélatine qu’on rend insoluble' par addition de bichromate ou de formal-déhvde. Parfois aussi on enduit la surface du feutre obtenu avec du caoutchouc auquel on fait subir l’opération de la vulcanisation. Ce feutre est soumis à une pression considérable et quand il est livré à la vente, il se présente sous l’apparence de plaques de 20 décimètres carrés et plus, d’une épaisseur variant entre 1 et 5 centimètres.
- Ces plaques sont extrêmement élastiques ; d’après des expériences fort sérieuses, elles seraient susceptibles de supporter une pression atteignant jusqu’à 1458 kilogrammes par centimètre carré ; elles ne se pourrissent point et la surface en est si résistante que les arêtes vives des boulons ou des poutres métalliques ne peuvent les couper. On a déjà trouvé une foule d’applications au « feutre de fer ». On aura notamment avantage à l’insérer entre les rails de tramways et les traverses, pour supprimer le bruit et les vibrations ; à l’interposer entre les bâtis des machines et leurs fondations, ou encore à le placer sous les coussinets des arbres de transmission dans les ateliers; à le mettre dans les assemblages des charpentes métalliques pour qu’il agisse comme isolant. On affirme aussi que ce nouveau feutre est un isolant au point de vue électrique ; mais on ne peut pas dire si son élasticité persiste longtemps, puisqu’il en est encore à ses débuts. b- b*
- LU TOXICITÉ DES FÈYES
- En vérité, on finira par ne plus savoir quoi manger. Considérés avec soin, tous nos aliments sont plus ou moins sujets à caution. Voilà maintenant que les fèves
- — les vulgaires fèves du jour des rois — sont incriminées comme susceptibles de provoquer une maladie, le fabisme, très fréquente même.
- M. Cipi'iani1 qui vient de publier un travail à ce sujet, croit que ce ne sont pas les fèves elles-mêmes qui sont toxiques, mais bien seulement les microbes qui vivent à leur intérieur ; on aurait affaire alors à une maladie infectieuse. A vrai dire, la chose ne paraît pas bien claire et il vaut mieux s’abstenir d’hypothèses aussi hasardées.
- Quoi qu’il en soit, le fabisme peut se contracter de deux façons : par l’appareil respiratoire et par l’appareil digestif. Dans le premier cas, la maladie apparaît lorsqu’on a respiré des fleurs de fèves. Dans le second cas, elle est provoquée par l’ingestion des fèves elles-mêmes.
- — Le fabisme apparaît parfois lorsqu’on passe à côté d’un champ de fèves et que le vent amène les émanations qui s’en dégagent. Evidemment cela n’a pas toujours lieu et ces émanations peuvent être ou non toxiques suivant la saison et la nature des personnes.
- Le fabisme apparaît surtout lorsqu’on a mangé des fèves crues ; mais les fèves sèches et cuites peuvent aussi en causer l’apparition. Dans ce cas, si l’on donne les mêmes fèves à manger à un cobaye, l’animal devient malade.
- Les épuisés, — les neurasthéniques, — et les femmes nerveuses sont plus disposés que d’autres à se laisser intoxiquer par les fleurs de fèves. Les graines influencent plus spécialement les personnes ayant déjà mal à l’estomac. Une première atteinte prédispose plutôt à une seconde.
- La marche de la maladie est rapide ; dans le cas du fabisme respiratoire, elle débute au bout de 2 à 8 heures par un frisson violent, de la fièvre, un peu de mal de tête, de l’insomnie et de la prostration. Dans certains cas, la fièvre est suffisamment intense pour obliger le malade à se coucher. Enfin, — mais heureusement très rarement, — la fièvre amène un état comateux qui, en 24 heures, se termine par la mort. Dans les cas ordinaires, la fièvre disparaît au bout de 5 jours, après d’abondantes sueurs. La rate est toujours grosse et les malades sont très anémiés.
- Dans le fabisme digestif, la marche de la maladie est la même, avec cette différence que le premier frisson est souvent accompagné de vomissements et de douleurs épigastriques. Les malades manifestent souvent une jaunisse très intense. Comme dans le cas précédent, le fabisme peut se terminer par la mort, mais c’est l’exception. En général, les symptômes disparaissent les uns après les autres en 4 jours.
- Comme traitement, M. Cipriani conseille une dose purgative de calomel, puis de l’antipyrine et enfin des cachets au chinosol dont l’effet est souverain :
- Chinosol........................ 2 grammes
- Eau distillée................. 200 —
- Sirop d’écorces d’oranges. 70
- Prendre une cuillerée à bouche toutes les heures.
- Henri Coupin.
- 1 Dr Gius. Cipriani, Der Favismus und seine Bebandlinu/. Deutsche med. Zeit., n° 1, 1898.
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- •U A NATURE.
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- COUP DE-FOUDRE DANS UN PÂTURAGE
- On sait quelle est l’excessive rareté des observations relatives à des traces laissées par la foudre sur les champs et les prairies.
- M. J. Daniel Colladon, qui s’est tout spécialement occupé de ce phénomène, déclare ne connaître que trois cas ayant quelques caractères d’authenticité et qu’il indique même d’après Seslier. 11 se demandait, dans sa note sur les vignes foudroyées, quels effets seraient produits par la foudre si celle-ci s'abattait sur une surface, sensiblement plane et en pleine végétation, telle qu’un champ de graminées, une grande superficie couverte de plantes très serrées et ayant toutes une même élévation au-dessus du terrain.
- (lotte grande surface conductrice homogène serait-elle foudroyée seulement sur un ou quelques points, sur un espace restreint d’une forme régulière ou sur une grande superficie? Dans ce dernier cas, quelle serait la forme de la surface atteinte et reconnaîtrait-on un centre d’action ?
- Ces cas dont nous parlons, nous les rapportons ici, n’en connaissant point d’autres.
- 1° Le 7 juillet 1804, la foudre frappa, à Biddulph (Staffordshire), un champ qui servait de pâturage. M. Wilson le visita huit jours après; il vil que la décharge électrique avait tué la tète des chardons les plus élevés dans un espace circulaire d’environ 20 pieds de diamètre, mais que les herbes et les chardons qui ne dépassaient pas le gazon n’étaient pas roussis.
- 2° Dans un champ de patates que la foudre avait atteint près de Pleistow, en 1811, les plantes n’avaient pas souffert, ni dans leurs sommités, ni dans leurs feuilles ; mais, sur une surface de 1 perche carrée, le bas des liges était brûlé, fendu et partiellement réduit en pulpe (Howard).
- 5° Enfin le cas rapporté par Filesius en 1823. Au milieu d’un violent orage, une masse considérable de feu s’abattit sur une pièce de betteraves. Les feuilles furent desséchées, rougics ou brûlées, les bords des feuilles étaient ratatinés et desséchés et le corps même de ces feuilles était souvent déchiré.
- Colladon ne signalait aucune observation personnelle se rapportant à des prairies foudroyées.
- Dans le courant du mois de juin 1897, nous avons eu la bonne fortune de pouvoir constater les effets d’un coup de foudre sur un pâturage du bas Jura. Au sud-est du village le Lieu, à une courte distance du lac de Joux (canton de Vaud), se trouve un bourrelet rocheux qui s’élève à l’altitude maxima de 1090 mètres et qu’il faut gravir pour apercevoir le lac. Pour atteindre le sommet de ce bourrelet depuis le village (1046 mètres), on traverse d’abord un petit ruisseau, puis un pâturage, et l’on entre.dans un bois de sapins. C’est à la surface de ce pâturage, qui a une pente d’environ 17 pour 100, que s’est produit le coup de foudre dont il va être parlé. L’orage a éclaté le 9 juin, vers 9 heures 1/2 du soir. Le ciel était couvert, des éclairs ininterrompus éclataient dans toutes les directions. La pluie était chassée par le vent et mélangée de quelques grains de grêle. Au moment où le coup de foudre a éclaté, l’herbe devait être peu mouillée. Les habitants dont les maisons ont des fenêtres tournées vers le pâturage, distant seulement d’environ 150 mètres en ligne droite, ont vu la foudre s’abattre sur celui-ci sous la forme d’un Y renversé. Le pasteur du village se rendit le lendemain à l’endroit où la foudre était tombée, et constata les divers effets
- de celle-ci sous la forme d’un labourage du sol. C’est deux ou trois jours après seulement qu’il me conduisit sur les lieux. Je ne savais pas, à ce moment-là, l’extrême rareté de ce phénomène, mais je me mis tout de même à examiner les dégâts causés et à mesurer la longueur des différents sillons creusés dans la couche de terre végétale qui recouvre le rocher. Depuis, je me suis adressé à M. le professeur Thury, fort compétent en la matière, qui m’a dit ne connaître personnellement aucun cas semblable. Il est donc intéressant de publier ce que j’ai vu. Voici d’abord un dessin représentant la forme et la disposition des sillons creusés. Il est très approximatif.
- Coup de foudre dans un pâturage.
- Dans sa forme générale et en allant du haut en bas de la pente, ce sillon présente d’abord un tracé régulier d’une longueur totale d’environ 5m,50 où trois élargissements se présentent. Le premier de ceux-ci d’une forme circulaire assez parfaite, de0“,04 à0“,05 de profondeur et de 0m,09 de diamètre, est juste au départ du sillon. Alm,50 de ce premier trou s’en trouve un deuxième également circulaire, de la même profondeur et de 0ro,12 de diamètre. Très près de celui-ci, un troisième de forme allongée, irrégulière et d’une largeur d’environ O^O. Le troisième trou se termine à 1 mètre à peu près du deuxième ; de là le sillon continue sa marche régulière, pendant 3 mètres environ, jusqu’à une espèce de carrefour où il se divise en trois bras.
- Du a carrefour » marqué à l’extrémité de la bifurcation la plus longue, il y a encore une distance de 4m,50. La largeur de ce « carrefour » est d’environ 0m,30. En projection, les deux autres bras ont les longueurs respectives de 4™,35 et 2®,57. La longueur totale calculée du premier trou à l’extrémité du plus long bras est, en projection, de 10 mètres. La profondeur moyenne du sillon est de 0m,02 à 0m,03 environ ; la largeur ne dépasse pas 4 centimètres.
- Chose curieuse, en dehors de ce labourage du sol, le coup de foudre n’a produit aucun dégât. L’herbe courte du pâturage n’a pas souffert. Rien n’a été calciné, ni même roussi, et, malgré une observation minutieuse, nous n’avons rien pu découvrir qui se rapprochât des effets signalés dans la première partie de cet article.
- Les arbres (sapins) les plus rapprochés, qui sont situés à une distance de 50 à 100 mètres, ont paru absolument indemnes.
- Je n’émets aucune conclusion. Je me contente de signaler ce singulier phénomène à l’attention des physiciens. Où est le centre d’action du coup de foudre ? Est-ce le carrefour? Est-ce le trou circulaire initial dans le dessin? Dans tous les cas, la constatation qui semble la plus curieuse me paraît consister dans ce fait que, sur une surface conductrice homogène, la foudre a cheminé d’une façon très irrégulière, et que la trace qu’elle a laissée correspond assez bien à la forme qui lui est attribuée au moment où elle a éclaté. Eugène Pitaud.
- Professeur au Collège, de Couèvo.
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- LA NATURE.
- LE CONGRÈS GÉOLOGIQUE INTERNATIONAL1
- LE CAUCASE ET LA CASPIENNE
- C’est à Wladikavkas que, délaissant le wagon habité depuis 60 heures, nous trouvâmes les voitures ictenues pour nous faire traverser la chaîne du Caucase. C’étaient d’assez bonnes victorias à 2 places, afluhlées ici, comme dans toute la Russie, de la mythologique appellation de phaétons, et attelées de 4 chevaux de front.
- Notre caravane comprenant plus de 50 de ces véhicules, ne s’ébranle pas sans produire une vraie perturbation dans la vie ordinairement si calme de la ville : les habitants accourent de tous côtés et, malgré la houe liquide où pataugent nos équipages, c’est une vraie sortie triomphale que nous opérons.
- Nous traversons le Terek sur un pont bien construit et la route militaire, admirablement entretenue, nous mène directement vers la montagne ; des cosaques nous escortent armés jusqu’aux dents, te, en avant de la première voiture, l'un d’eux che-vauche en piqueur et nous fait faire place.
- Bientôt, du reste, les curieux se font rares, les passants eux-mêmes sont peu nombreux et nous sommes en tête à tête avec la grande nature.
- Pourtant, même dans les localités les plus sauvages, nous retrouverons la main tutélaire de nos guides : M. Lœwinson Lessing et ses collaborateurs ont signalé en maints endroits, avec des signes à la peinture, les points des escarpements qui sont intéressants et spécialement des gisements de fossiles, d'autant plus dignes de nous arrêter, que l’àge des terrains qui nous entourent n’est pas encore, tant s en faut, déterminé d’une manière certaine. La route de Géorgie, quoique tracée dans un but stratégique, est très favorablement orientée pour nous donner une idée rapide de la tectonique de la chaîne et nous allons avoir une série d’arrêts qui laisseront dans notre esprit une idée générale suffisamment nette. Sans entrer dans des détails, qui saraient déplacés ici et que le manque de place nous
- 1 \'ov. n° 128â, du 1er janvier 1898, p. 74.
- interdit, disons seulement que la chaîne du grand Caucase se présente comme un gigantesque pli anticlinal où une arête de roches granitiques et diaba-siques est encadrée de revêtements basiques, jurassiques supérieurs et tertiaires qui manifestent nettement la disposition dite déjà par de Saussure en éventail. Des poussées postérieures au phénomène principal ont refoulé et agrandi les inflexions primitives des couches, et le développement de grands glaciers — comme le déchaînement des éruptions volcaniques pendant les temps quaternaires, d’où sont résultés les cônes géants de l’Elbrous et du Kasbek et qui ont épanché de gigantesques nappes d’andésites — a compliqué beaucoup cette structure tout d’abord assez simple. Si le soulèvement a commencé après le dépôt du lias, il s’est accentué à diverses reprises pendant les périodes jurassique, crétacée et tertiaire moyenne : on peut conclure des fréquents tremblements de terre dont la région est encore agitée, qu’il n’a pas entièrement cessé de nos jours.
- Dès le premier jour du voyage, le dramatique défilé du Darial nous conduit en présence d’escarpements où les phénomènes orographiques sont associés d’une manière extraordinairement éloquente avec ceux qui dépendent de l’extension d’anciens glaciers et avec ceux aussi qui ont eu pour cause ^explosion de volcans maintenant refroidis. Par exemple, le flanc gauche de la vallée du Terek entre Kobi-Tskhali et Tchkhéri, montre de puissantes assises fortement redressées jusqu’à être presque verticales et qui consistent en alternance de schistes paléozoïques et de nappes diabasiques et porphyriques ; sur la tranche brusquement coupée de ces dépôts s’étend une épaisse moraine toute remplie de blocs anguleux et parfois strié et qui témoigne d’un glacier qui descendait du Kasbek à l’époque quaternaire; enfin, la moraine est recouverte d’une coulée énorme d’andésite sortie du sommet de la montagne. On ne peut concevoir une coupe plus complète, plus instructive et plus étrange.
- Le deuxième jour de la traversée a eu son point le plus intéressant dans le passage du col de la Croix, à l’altitude de 2560 mètres, d’où divergent les deux versants de la chaîne, celui du nord vers
- Fig. 1. — Teherkess dans la vallée du Terek. (D'après une photographie de M. Marcellin Boule.)
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- Wladikavkas relativement fort incliné, celui du sud vers Ti(lis beaucoup plus doux. Le col de la Croix est large et plat, très favorable à l’examen des panoramas et nous ne manquons pas de noter une foule de particularités dont pourra faire son profit l’étude de l'orographie générale. On ne peut qu’être émerveillé, à cette occasion, de la sûreté de vue de H. Abich qui, déjà il y a 40 ans, avait su démêler les phases successives du soulèvement de la chaîne, l’allure générale des masses qui la constituent et la part que les érosions subséquentes ont prise dans la constitution du relief actuel. Dans la région que nous traversons, le Caucase se présente comme un gigantesque pli renversé vers le sud-ouest et recouvert de couches jurassiques, crétacées et même éocèncs, et Abich avait bien exprimé ce fait en eonstatantle « plongement isoclinal du massif \ ers le nord-est ». C’est après le soulèvement réalisé, et peut-être pour des causes bien distinctes, que les phénomènes volcaniques se sont développés dans le pays; que l’Elbrous et le Kasbek ont déversé leurs laves sur les flancs de la montagne. Et quand on se reporte aux mémoires d’Abich, on éprouve encore de l’admiration à le voir si nettement préciser l’allure du phénomène, et montrer les crêtes andésili-ques actuelles, comme des coulées dirigées dans le fond des vallées et qui doivent leur relief à leur résistance aux intempéries, supérieure de beaucoup;! celle des masses voisines, qui après avoir été plus saillantes au moment de l’éruption sont maintenant en contre-bas. On rapprochera ce résultat si évident de ceux que Poulett Scrope avait obtenus dans l’étude du sol en Auvergne et le rapprochement sera justifié encore plus loin par l’analogie géologique des pays transcaucasiens avec le Plateau central de la France.
- Pour parvenir à Mléty, où nous devons coucher, il faut suivre une chaussée taillée dans une énorme coulée de lave qui longe la rive gauche de l’Aragwa, et qui se présente comme résultant de trois nappes superposées. La roche volcanique, dont la tranche montre des colonnades régulières, repose sur des schistes paléozoïques décomposés. Une nappe d’eau signale le contact, et des sources ruisselant le long
- de la falaise verticale de la rivière donnent lieu à des phénomènes d’érosion tout spéciaux.
- Notre premier arrêt remarquable le lendemain eut lieu à Mtskhet, qui au point de vue pittoresque et ethnographique est d’un intérêt exceptionnel : nous y voyons le cœur de la Géorgie, et les habitants comme les habitations nous procurent à chaque pas des surprises. La Koura s’est creusé dans le sol un lit profond dont les falaises abruptes sont très favorables au complément de nos études sur les conglomérats sarmatiques. Ils reposent sur des couches éocènes plongeant vers le nord et sur lesquelles ne tarde pas à nous apparaître la ville de Tiflis.
- Cette intéressante cité, si orientale dans ses vieux quartiers, nous retint quelques jours et fut le centre de deux excursions dont chacune présenta un genre très spécial d’intérêt intense : à Bakou et aux environs du mont Àrarat.
- De Tiflis à Bakou, il n’y a qu’a se laisser emporter par le wagou du chemin de ter et le contraste tourne au rêve entre le confortable de ce mode de locomotion et l’aspect désolé de la région traversée. C’est le désert, le vrai désert.
- Le sol de la presqu’île d’Ap-chéron qui s’avan-cedel’ouestàTest dans la mer Caspienne et au sud de laq uelle est abritée Bakou, consi ste en une alternance bien des fois répétée, de sable et d’argile dépendant de la période tertiaire. Il laisse exsuder, en différents points, des eaux salées chargées de bitume et qui entraînent au jour des argiles dont l’accumulation a constitué des buttes parfois hautes de plusieurs centaines de mètres, et qu’on nomme des volcans de boue ou des salses. Des gaz sourdent en même temps que l’eau, qui ont la composition du gaz d’éclairage, et dont l’inflammation à la surface du sol a certainement favorisé, si même elle ne l’a provoqué, le culte du feu auquel furent consacrés des temples dont plusieurs existent encore à Bakou. C’est à ces gaz naturels aussi que se rattache l’une des plus singulières particularités de cette région de la mer Caspienne sur la surface de laquelle une étoupe enflammée, jetée d’un bateau, peut provoquer un incendie qui vous donne l’illusion originale de naviguer sur un bol de punch. Favorisés par l’état de l’atmosphère, nous eûmes la satisfaction de voir cette expérience
- Fig. 2. — A Aimamour. Khevsours, Caucasiens se disant descendants des Croisés. (D’après une photographie de M. Marcellin Boule.)
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- LA NATCHK.
- étrange réussir pleinement, et son souvenir ne saurait s’effacer de notre mémoire.
- C’est par le chemin de fer que nous revînmes à Akstafa, où des voitures nous attendaient pour traverser l’Anticaucase et pénétrer en Arménie.
- Stanislas Meunier.
- CHRONIQUE
- Eléments magnétiques au Ier janvier 1898.
- — Voici les valeurs publiées dans les Comptes Rendus, par M. Moureaux, chef du service magnétique du Parc
- Saint-Maur :
- Déclinaison occidentale.
- Inclinaison.............
- Composante horizontale. Composante verticale. . Force totale............
- 'atours absolues. Variation annuelle.
- 14°56',0 —5', 5
- 64»58',9 —1',9
- 0,196 60 + 0,00 034
- 0,42125 + 0,00013
- 0,464 87 + 0,000 27
- Verre imperméable à la chaleur. — Un journal allemand donne la composition suivante d’un verre imperméable à la chaleur qui peut rendre de grands services : sable 70 parties, kaolin 25, soude 55. A l’analyse, le verre obtenu donne pour 100 ce qui suit : silice 74,6, alumine 8,4, soude 15,4, chaux 0,9, oxyde de fer traces. Une plaque de 7,6 millimètres d’épaisseur ne laisse passer que 11 à 12 pour 100 de la chaleur émise d’un coté de cette plaque par un brûleur à gaz.
- La plus ancienne des poires « Poire Doyennée )).
- — Sait-on l’origine de la dénomination Doyenné appliquée à toute une catégorie de poiriers. La Pomologie d’André Lemoine nous apprend que la poire type de celte race était connue du temps des Romains, qui l’appelaient Sementinum. Un auteur italien, Agostino Gallo, lui donna en 1559 le nom de Ghiaccinola ou poire de « petite glace ». Nicolas de Bonnefonds, en 1628, la cita sous le nom de « Giaccola de Rome » ou « petite neige ». Le même auteur établit en 1652 l’identité parfaite entre cette poire et le « Beuré blanc » ou « Saint-Michel » cultivé en France à celte époque. En 1660, Dom Claude Saint-Étienne l’appela « la doyenne des Poires » en la citant comme la meilleure et en même temps la plus ancienne des poires cultivées. Enfin en 1675, Mcrlct confirma cette appellation en lui attribuant le nom de « Beurré blanc » ou à (( Courte queue », dit communément « Doyenné, de Saint-Michel, poire de neige ou Bonne Ente ». On voit que celte poire fut surnommée Doycnnée parce qu’elle était considérée comme la plus ancienne de toutes, c’est-à-dire leur « doyenne ».
- Signaiiv par rerf-volant. — Deux officiers américains, MM. Wise et W. A. Eddy, viennent de réussir à employer le cerf-volant pour faire des signaux à longue distance, en attachant des lumières colorées aux cordes de deux de ces appareils. L’un des officiers était dans Governor’s Jsland et l’autre à New-Jersey-Üval (Bergen Point, État de New-Jersey). Les fanaux étaient élevés à 150 mètres environ et ils étaient visibles à près de 15 kilomètres, ce qui permit toute une correspondance, au moyen d’un code convenu.
- Tympan artificiel résonnai eu i\ — M. le Dr
- Garnault a fait récemment à l’Académie de médecine une intéressante communication sur un nouveau tympan artificiel résonnateur. Cet instrument se compose d’une
- plaquette d’or à bords rugueux, qu’on enveloppe d’une couche d’ouate soigneusement feutrée, imprégnée de glycérine phéniquée, et d’une longue spirale de même métal, soudée à la plaque. On introduit l’instrument dans le conduit avec les doigts ou une pince ; la plaquette est appliquée sur le tympan, l’extrémité libre de la tige, coupée à la longueur convenable, s’arc-boute en tension sur le repli cutané qui sépare le conduit de la conque. Ce petit appareil invisible, facile à appliquer, ne donnant aucune gène, renforce considérablement le son de la voix et les bruits musicaux. Il peut être utilisé surtout par les personnes qui présentent une perforation du tympan, et par celles qui ont subi l’opération de l’extraction du tympan ainsi que des gros osselets et la mobilisation de l’étrier. Dans ce cas, le tympan artificiel vient s’appliquer directement sur l’étrier.
- Conservation du bois sous rean. — On vient de retrouver près de Brégenz, dans le nouveau lit du Rhin qui couvre une ancienne route romaine, des piliers en bois. Il est prouvé que celte route qui date de deux mille ans, conduisait de Brégenz par Splugen jusqu’en Italie. Ces bois conservés ainsi sous l’eau depuis près de dix-lmit siècles sont dans un tel état de conservation qu’ils sont encore aujourd’hui susceptibles d’ètre employés.
- Aciéries gouvernementales au Japon. —
- L’Etat japonais s’apprête à créer des aciéries fort importantes à Yahatamura, préfecture de Fukuoka : cet endroit a été choisi parce que le charbon y abonde, puisqu’on en exporte déjà, par chemin de fer, 2 millions de tonnes sur Wakamatsu. Le minerai de fer et la fonte viendront de Kamaishi, dans le nord du pays. Déjà on a construit sur les lieux les restaurants, les bains nécessaires pour le personnel, les maisons ouvrières. L’ingénieur en chef, M. Oshima, parcourt en ce moment l’Europe et l’Amérique pour examiner les installations analogues ; on espère qu’en 1900, ces aciéries fabriqueront annuellement 60 000 tonnes d’acier.
- De la perméabilité de l’épiderme pour les substances solides ou liquides. — MM. Filehnc et Malin ont étudié les conditions dans lesquelles une substance peut traverser l’épiderme et pour quelles substances ces conditionsse trouvent normalement remplies. Ilsont reconnu que l’épiderme humain peut être considéré comme une membrane saturée de cholestéarine et imbibée de graisse et sébum. Ne peuvent diffuser à travers l’épiderme que les corps qui se dissolvent dans les substances qui l’imbibent ou qui peuvent se mélanger avec elles. MM. Filehne et Malin ont recherché quels sont les médicaments qui se dissolvent dans la cholestéarine ou ses succédanés, la lanoline et l’huile d’olive. Ne se mêlent pas ou ne se dissolvent pas dans la lanoline privée d’eau : le sel marin, le chlorure de calcium, l’iodure de potassium, le carbonate de 1er, l’arsenic, le tartre stibié et tous les précipités mercuriels. Ces produits ne peuvent donc pas traverser l’épiderme et ne peuvent agir que sur les follicules pileux, les glandes sébacées et sudoripares. Se dissolvent dans la lanoline: le sublimé, l’oxyde de plomb, l'acétate de plomb, le soufre, l’iode, le perchlorure de fer, le sulfate de fer, et parmi les substances organiques : l’alcool, l’éther, le chloroforme, l’essence de térébenthine, l’essence de sabine et de moutarde, l’huile de eroton, l’iodoforme, l’acide phénique, la chrysarobine, le camphre, la nicotine, la cocaïne, la strychnine. Ces produits peuvent traverser l’épiderme et pénétrer dans l’organisme à dose toxique1.
- 1 Bcrliner Klinischc Wochenschrift, u°ô.
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- UA N AT U UE.
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- I.e plus grand steamer des lacs américains.
- — Dans l’immense flotte qui.circule sur les grands lacs de l’Amérique du Nord, la première place appartient actuellement au steamer Robert-Fulton, qni a 134 mètres de longueur totale.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 21 février 1898. — Présidence de M. Wolf.
- Produits élaborés par les microbes. — MM. Cbarrin et Desgrez ont observé que, dans certaines conditions de culture, le bacille pyocyanique sécrè'e une substance mu-cinoïde analogue aux gommes. Cette matière est insoluble dans l’eau, mais elle s’y dissémine aisément ; elle est également insoluble dans l’alcool. Les acides minéraux étendus la dédoublent. Elle contient des traces de soufre et très rarement du phosphore, si bien que l’on peut soupçonner que ce dernier corps a été introduit au cours des recherches lorsqu’il a été trouvé. La substance inu-cinoïde élaborée par le bacille pyocyanique est très toxique. À la dose de 0gr,10 par kilogramme d’animal vivant elle tue, en un espace de 12 à 24 heures, le sujet auquel elle a été injectée. Après la mort, le sang de l’animal ne présente pas de bactéries, ce qui prouve bien que la matière mucinoïdc agit uniquement comme poison. Cette propriété n’est pas spéciale au microbe pyocyanique ; les auteurs l’ont constatée sur le staphylocoque et le bacille du côlon ; elle semble donc un fait d’ordre général. Toutefois les microbes engendrent ou n’engendrent pas ce mucus, suivant la composition des milieux. Ces expériences ont un grand intérêt, car elles prouvent que la cellule bactérienne sécrète un corps que la cellule animale ou la cellule végétale font également apparaître. Or, souvent dans les inflammations des muqueuses, ce composé coexiste avec une abondance de germes. On conclut nécessairement qu’il y a une relation entre les deux phénomènes. De plus MM. Charrin et Desgrez ont encore observé que ces produits sont nuisibles aux bactéries.
- Action des rayons X sur l’endosmose. — M. d’Arsonval présente une Note de M. Bordier sur l’action exercée par les rayons N sur le phénomène de l’endosmose. Si l’on réfléchit que ce genre de phénomène joue un rôle capital dans les échanges nutritifs des tissus, on conçoit qu’une modification apportée par les rayons X peut fournir la clé des actions physiologiques constatées pour ces rayons. M. Bordier, par un dispositif permettant d’éliminer sûrement toute action électrique, a constaté, sur des solutions saturées de sucre ou de chlorure de sodium, que la rapidité des actions endosmotiques est diminuée considérablement par l’action des rayons X sur la membrane. Celle réduction peut réduire au tiers de sa valeur normale la quantité de matière qui traverse.
- La germination des truffes. — M. Chatin présente, au nom de M. de Grammont de Lesparre, une troisième communication sur la germination des truffes. L’auteur enseigne que le développement du mycélium est influencé par la nature des feuilles sur lesquelles il se porte. La feuille du noisetier convient le mieux; puis vient la feuille du chêne et enfin celle du pin. Ce fait s’explique aisément si l’on considère que la feuille du chêne présente une surface plus ligneuse que celle du noisetier et de même celle du pin par rapport au chêne. Enfin la végétation est plus vigoureuse en octobre et novembre qu’en été. Cela tient, dit M. Chatin, à ce que les feuilles
- accumulent peu à peu la potasse, la chaux et l’acide phos-phorique, substances éminemment favorables à la végétation. Cu. de Yii.lf.deuil.
- INTERRUPTEURS R4PIDES
- POUR BOBINES I)’lNDUCTION
- Pour mettre en évidence l’attraction mutuelle des courants électriques cheminant parallèlement dans un solénoïde, on fait dans les cours de physique l’expérience suivante, due au physicien lloget. Le professeur forme avec un long fil de cuivre une spirale dont il redresse les extrémités sur une longueur de quelques centimètres, puis il fixe ce petit appareil à un support, de telle sorte que l’extrémité inférieure de la tige rectiligne terminant la spirale vienne affleurer la surface d’un bain de mercure. En lançant alors le courant électrique à travers la spirale, ce qui se fait en plongeant dans le mercure l’un des rhéophores amenant le courant, tandis que l’autre est mis en contact avec l’extrémité supérieure de la spirale, on voit les spires se rapprocher brusquement, d’où interruption de contact entre la tige de cuivre et le mercure ; le courant cesse par conséquent de circuler ; mais, par suite de l’élasticité de la spirale qui reprend sa position primitive, le phénomène recommence et donne lieu à une oscillation rapide de la spirale.
- Cette expérience de pure démonstration nous a suggéré l’idée de construire un véritable interrupteur pour les bobines d’induction, afin de remplacer l’interrupteur Foucault à peu près exclusivement employé jusqu’à ces dernières années, mais auquel on reproche son peu de régularité de fonctionnement et une vitesse insuffisante dans bien des cas pour effectuer la radiographie. Un appareil aussi simple que l’est la spirale classique de lloget peut rendre les mêmes services que des appareils compliqués et coûteux, il faut seulement y apporter certaines modifications dont nous avons donné connaissance à la Société de Physique et d’Histoire naturelle de Genève dans sa séance du o juin 1897. L’hélice est formée d’un nombre restreint de spires d’un gros fil de cuivre , elle est placée entièrement dans l’intérieur d’une éprouvette ou d’une simple bouteille à large goulot. L’extrémité inférieure de l’hélice est redressée sur 6 à 8 centimètres de longueur, elle vient plonger dans du mercure contenu au fond de la bouteille et recouvert lui-même d’une couche d’eau. L’extrémité supérieure de la spirale est adaptée à un bouchon qui ferme complètement le flacon. Le bouchon est encore traversé par une tige de cuivre qui amène le courant au mercure et de là à la spirale, et par un barreau de fer doux que l’on peut enfoncer plus ou moins dans l’intérieur de l’hélice. Le tout, pour éviter réchauffement, peut être placé dans un second récipient entièrement rempli d’eau.
- Le fonctionnement de cet interrupteur est très simple, et ne diffère aucunement de celui de la
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- LA NATURE.
- spirale simple ; la présence du barreau de fer doux a pour but de donner une plus grande amplitude aux oscillations, mais n’influe pas sur leur rapidité. Cette amplitude peut atteindre 2 centimètres et plus avec les courants intenses de 15 à 20 ampères qu’exige le fonctionnement des grosses bobines d’induction. La vitesse de l’oscillation de la spirale dépendant du diamètre du fil de cuivre, de sa dimension transversale, du nombre des spires, on trouvera très aisément les dimensions les mieux appropriées pour une bobine d’induction donnée. Comme exemple, je citerai la bobine de Ruhmkorff que possède le Cabinet de physique de notre Université , qui marche normalement avec un courant d’une vingtaine d'ampères et donne des étincelles de 20 à 25 centimètres. L’interrupteur rapide que nous y avons adapté a donné des résultats très satisfaisants pour l’illumination des tubes de Rœntgen, expériences de Tesla, etc. ; il est formé d’une hélice de 15 spires ayant 24 millimètres de largeur transversale pour un diamètre du fil de 1,5 millimètre, les spires elles-mêmes sont séparées l’une de l’autre par un intervalle de 1 millimètre environ.
- Ce petit appareil que chacun peut construire soi-même en quelques instants, peut être rendu plus pratique en lui adaptant les dispositifs employés dans d’autres interrupteurs, entre autres le commutateur indispensable pour changer le sens du courant, une vis à crémaillère pour établir commodément le contact de l’extrémité du fil de cuivre avec le mercure. D’autre part, il est avantageux de modifier, dans une certaine mesure, la rapidité des oscillations, ce qui se fera en adaptant à l’appareil une pince pour pouvoir à volonté immobiliser un certain nombre de spires, ainsi que le montre la ligure qui accompagne cette description (fig. 1).
- Un second modèle d’interrupteur, représenté par la figure 2, donne une rapidité d’oscillation encore plus grande, mais est d’une construction moins simple que le précédent. Le fonctionnement en est inverse, c'est-à-dire que la spirale de cuivre est fixe, tandis que la tige de fer doux est libre de
- se mouvoir dans son intérieur. Afin de donner à ce genre d’interrupteur une plus grande énergie, la spirale devient un électro-aimant véritable. L’une des extrémités de la tige de fer dépasse la partie inférieure de la bobine, tandis que l’autre extrémité n’en atteint que la partie centrale; le contact avec le mercure est fait au moyen d’une pointe de cuivre ou de platine vissée dans le fer. L’extrémité supérieure du barreau de fer est soudée à une tige de cuivre que l’on contourne en spirale dans la partie qui est située au-dessus de l’hélice magnétisante, bien que traversée par le courant, cette spirale agit surtout, en vertu de son élasticité, comme ressort antagoniste pour rétablir le contact avec le mercure lorsque, sous l’action énergique du courant, le barreau est soulevé dans 1 ’ intérieur de l’électro-aimant. Cet interrupteur peut être facilement construit de manière à donner de la rapidité et de l’amplitude aux oscillations ; si l’on choisit un fort ressort fait d’une dizaine de tours seulement d’un gros fil de cuivre de 2 à 3 millimètres de diamètre, l’attraction du fer doux à l’intérieur d’un solénoïde parcouru par des courants intenses agit très énergiquement pour déprimer le ressort qui réagit très vivement à son tour lorsque le courant cesse.
- On utilise généralement le platine pour établir les contacts dans les interrupteurs à mercure, cependant on peut sans inconvénient éliminer l’emploi de ce métal coûteux. Comme on le sait, le cuivre ne se dissout pas dans le mercure d’une façon appréciable, il peut donc servir au même titre que le platine à produire l’interruption du courant; si ce métal se couvre à la longue d’uue couche de vert-de-gris, ce petit défaut est largement compensé par une conductibilité électrique bien supérieure à celle du platine, par l’élimination de soudures avec le fer ou le cuivre ou de contacts défectueux qui s’échauffent. Charles Margot,
- Préparateur à l'Université fie Genève.
- Le Gérant : P. Masson.
- Fig. 1. — Interrupteur électromagnétnpio pour bobines d’induction. Fig. 2. — Interrupteur éleitrodynainniue.
- Paris. — Imprimerie Laiiuhe, rue de Fleuras, 9.
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- LA NATURE
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- LA « FÀLUNIÈHE DE GRIGNON »
- Tout le monde connaît, au moins de nom, l’Ecole nationale d’agriculture de Grignon et l’on sait <jue les élèves de cet Etablissement, plus favorisés à cet égard que leurs collègues de l'Institut agronomique, peuvent compléter renseignement théorique qu’ils reçoivent dans l'amphithéâtre par l’exercice d’une vraie pratique rurale. Un vaste parc, en dehors duquel s’étendent encore des pièces de terre de grande dimension, leur permettent d’étudier dans tous les détails l’art si complexe de l’agriculture : ils labourent, ils sèment, ils fauchent, ils élèvent le
- bétail. Depuis quelques années, les élèves de Grignon sont devenus très nombreux, le niveau des examens d’entrée s’est élevé et en même temps celui des études théoriques faites dans l'Établissement. A leur sortie, après trois années de séjour, les « Grignon-nais » qui satisfont aux épreuves liliales possèdent un bagage très sérieux de connaissances, qui les rendent éminemment aptes à la direction des travaux de tout genre que supposent les exploitations agricoles même les plus vastes et les plus compliquées.
- Mais si Grignon mérite ainsi d’occuper le premier rang parmi les centres d’instruction agronomique, il a encore un autre titre à la célébrité et celui-ci 1\
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- La « Falunière (ie Griguou ». (l)'après une photographie de M. Croehetelle.)
- depuis longtemps rendu véritablement illustre sur toute la surface de la terre, parmi les naturalistes. Le parc contient, en effet, dans ses murs, un gisement de coquilles fossiles aussi remarquable par le nombre et la variété des formes qu’en ont retirées les collectionneurs que pour l’incomparable perfection de conservation des spécimens que les personnes non préparées ont de la peine à ne pas considérer comme provenant de mollusques encore vivants dans la mer. Dans leur fondamentale Description géologique des environs de Paris, Cuvier et Brongniart ont un long chapitre sur le gisement de Grignon, et depuis eux toutes les personnes qui s’occupent de géologie ou de paléontologie ont été au moins une fois faire un pèlerinage à cette espèce de terre sainte de la Science. Le point le plus riche du parc, où l’on 26" aaaée. — 1er semestre.
- en connaît bien d’autres, est la « falunière » représentée dans la figure jointe au présent article. C’est une excavation de grande dimension comme on voit et qui s’élargit constamment, la matière extraite étant sans cesse consommée pour l’ensablement des allées du parc qui en demandent beaucoup.
- Son nom, qu’on ne changera pas dans le pays, de « falunière » est, d’ailleurs, tout à fait regrettable à cause de la confusion qu’il peut provoquer entre l’àge géologique des sables coquilliers de Grignon et l’âge des faluns si connus en Touraine et dans le Bordelais : ceux-ci sont compris dans les couches du terrain tertiaire moyen ou miocène; la carrière de Grignon est ouverte dans des assises dépendant du terrain tertiaire inférieur ou éocène. Le laps de temps écoulé entre le dépôt des
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- LA N ATI IU*
- sables de Grignon et celui des faluns est sans doute prodigieux, bien supérieur à toutes les durées pour l’expression desquelles nous avons inventé des unités compréhensibles. Toutefois, le nom de « l'alunière » appliqué à la carrière de Grignon peut ctre justifié dans une certaine mesure par l’analogie de constitution et d’aspeçt des sables de l'Ecole d’agriculture et des faluns proprement dits : des deux parts il s’agit d’un sable, c’est-à-dire d’une roche pulvérulente essentiellement calcaire et toute pétrie de débris fossiles. dont les plus nombreux sont des coquilles de mollusques pélécypodes et gastropodes. Des deux parts, on trouve des polypiers, des oursins et même des dents de poissons reconnaissables pour avoir appartenu à des requins ou à des animaux fort analogues.
- Comme le montre notre dessin, la « l'alunière » est située en plein bois; on y arrive par de belles allées ombragées par des hêtres, des ormes séculaires, et dès les premiers pas on est frappé des coquilles fossiles sur lesquelles on marche et qui proviennent de la carrière. Celle-ci, profonde d’une dizaine de mètres, a des fronts de taille qu’on s’attache à tenir aussi propres, aussi verticaux que possible, mais (pii s’éboulent de temps en temps et amènent la chute successive de quelques arbres poussant sur le bord. 11 faut de la prudence pour exploiter le sable, il en faut pour y rechercher les fossiles et l’on a malheureusement à rappeler, qu’il y a déjà bien longtemps d’ailleurs, un élève de l’École a péri victime de son goût pour la paléontologie sous un écroulement de terrain. Une petite colonne, située dans le parc réservé au Directeur, Consacre le triste souvenir de cette catastrophe.
- Les couches intéressées par la « falunière » dépendent de la formation du calcaire grossier qui dans tant de régions fournit la pierre à bâtir par excellence. C’est d’une manière tout à l'ait exceptionnelle que la roche, au lieu d’être douée de la cohésion qu’on lui connaît dans les moellons et dans les pierres d’appareil, est pulvérulente et la cause de cette différence n’est pas bien connue. Cependant l’origine et le mode de formation des couches sont les mêmes dans les deux cas ; il n’y a pas de doute qu’elles ne se soient produites dans le fond de la mer qui, à l’époque éoeène dont il s’agit, avait envahi le nord de la France, et ce qui suffit à le prouver, c’est l’abondance même des vestiges d’animaux marins dont le sol est absolument rempli.
- C’est avec une certaine surprise que les naturalistes ont reconnu que malgré des analogies extérieures auxquelles tout d’abord on pouvait se laisser prendre, il n’y a pas dans la faune malacologique de Grignon une seule espèce zoologiquement identique à celles qui pullulent dans nos mers; et l’on sait que de semblables remarques renouvelées, tout le long de l’échelle stratigraphique, ont amené la constitution de la paléontologie comme science chronométrique de l’histoire de la terre. A l’époque où le calcaire grossier se déposait sous l’eau, comme fait
- aujourd’hui la tangue, par exemple dans la haie du Mont Saint-Michel, les formes animales nourries dans les Ilots étaient aussi nombreuses et aussi variées que de nos jours ; elles remplissaient exactement le même rôle dans le concert de la nature et leur liste est connue parallèle à celle des animaux de la faune actuelle, avec une sorte de correspondance de terme à terme dont la considération est des plus intéressantes.
- 11 y a donc un très grand intérêt à faire le recensement exact des faunes de tous les âges et de toutes les localités, et pour ce qui concerne Grignon il suffit d’un coup d’œil sur les ouvrages des paléontologistes pour voir qu’il s’agit de la réunion de beaucoup de centaines de mollusques appartenant à des espèces distinctes. On peut voir les spécimens de cette légion dans un certain nombre de collections soit publiques comme au Muséum, soit particulières (et ce sont souvent les plus riches) comme celles de M. le Dr Bezançon, de M. Ch. Cloëz, de M. Cossmann et de quelques autres. Mais d’habitude, ces collections sont rangées zoologiquement, les coquilles des mêmes genres étant rapprochées les unes des autres, quelles que puissent être les différences des lieux d’origine ou de niveau strati-graphique. On trouve à l’École même de Grignon un commencement de collection qui présente ce grand intérêt d’être exclusivement relative à la localité, et quand un savant étranger vient explorer le gisement il est toujours désireux de jeter un coup d’œil sur cette série. La collection de Grignon n’est pas aussi complète qu’elle pourrait l’être et j’ajoute : ni qu’elle l’a été. On applaudira sans doute, dans ces conditions, au projet formé d’accord avec le très distingué directeur de l’École, M. E. Philippar, de reconstituer cette collection de la manière la plus complète possible et d’en faire un des motifs d’intérêt de l’Établissement. Pour hâter le très grand travail nécessaire, pour lui donner le stimulant d’une date précise où il doit être fini, pour entourer aussi d’une certaine solennité l’inauguration de la collection, il est décidé qu’elle devra être prête à figurer à l’Exposition universelle de 1900. Un très dévoué fonctionnaire de l’Établissement, M. Crochetelle, répétiteur du cours . de géologie, s’est attelé à cette grande tâche avec une ardeur qui serait déjà un sur garant de succès complet, s’il n’avait su en rendre la réussite encore plus certaine en enflammant par son exemple le zèle de plusieurs élèves, qui d’une manière bénévole consacrent leur loisir à la récolte et à la détermination des coquilles.
- Je me propose d’ailleurs d'adjoindre à la série des échantillons, une notice imprimée qui donnera sur la géologie de Grignon tous les renseignements essentiels et où les listes de fossiles seront accompagnées de coupes et de caries aussi détaillées que possible. Stanislas Meunier,
- Maître <lo conférences de géologie, à Grignon.
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- LA NATURE.
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- UNE FEMME SANS ESTOMAC
- Il existe à Zurich une femme qui se porte bien, du moins à l'heure actuelle, et qui est dépourvue d’estomac, lin grand nombre de médecins et de chirurgiens ont été la voir à l’hôpital. C’est qu’il s’agit d’un cas sans précédents, d’une opération audacieuse qui a été suivie de succès. M. le professeur Schlattcr, de Zurich, a enlevé l’estomac d'une de ses malades; il lui en a arrangé un autre à sa façon, et, chose singulière, la malade qui ne digérait plus mange avec appétit!
- En France, il y a deux ans, MM. Carvallo et Pachon ont voulu savoir si un animal pouvait digérer sans estomac. Ils enlevèrent cet organe à un chat en soudant simplement l’œsophage à l’intestin. Et l’animal mangea et digéra pendant plusieurs semaines. L’opération avait-elle été incomplète? Un beau jour le chat refusa toute nourriture et finit par mourir. Ce n’est pas un pronostic : il y a des opérations heureuses et des opérations malheureuses.
- Le sujet a 5(1 ans. Son estomac refusait de fonctionner. Au toucher, on sentait une induration prononcée dans h région épigastrique et il y avait apparence d’affection cancéreuse. M. Schlatter résolument ouvrit l’abdomen, ce qui se pratique de nos jours couramment, et au grand jour il reconnut un cancer diffus allant de l’entrée de l’estomac (cardia) à la sortie dans l’intestin (pylore). La malade était condamnée. Il n’y avait qu’une chance de Ja sauver : enlever l’estomac cancéreux, ce qui fut fait. Après résection de l’organe, il fallut bien combler le vide. Le chirurgien saisit une partie de l’intestin la plus voisine de l’extrémité de l’œsophage et la souda par des sutures convenables à l’extrémité du tube digestif, laissant de côté l’ancienne porte de sortie de l’estomac dans l’intestin. Bref, l’estomac fut remplacé par un bout d’intestin. Puis on recousit le ventre. Et l’on réveilla la malade chloroformée.
- (Quelques jours après on lui donna un peu de lait, puis un peu de bouillon. Un mois plus tard on lui permit quelques petits morceaux de viande. II y a cinq mois que la malade digère sans estomac. M. Schlatter a fait les analyses nécessaires pour s’en assurer et la quantité d’aliments digérée et assimilée est voisine de la quantité normale. D’ailleurs, le poids a augmenté sensiblement. À la tin d’octobre, un mois et demi après l’opération, la malade avait gagné lke,o00.
- Ue cas est tout à fait intéressant; mais il ne faudrait pas affirmer, comme nous l’avons entendu dire, que l’estomac est un organe superflu, que nous pouvons nous en passer et que la malade de Zurich digère tout comme autrefois.
- 11 importe de se rappeler que la digestion stomacale se continue dans l’intestin. Dans l’estomac, la pepsine transforme les matières albuminoïdes, viandes, œufs, etc., en peptones assimilables; mais, dans l’intestin, le suc pancréatique accomplit aussi la même besogne. Il est donc possible que la malade de Zurich digère la viande avec son suc pancréatique. Mais le pancréas travaille seul maintenant et il reçoit des aliments qui n’ont pas été déjà préparés par le suc gastrique stomacal.
- La question importante au point de vue physiologique sera précisément de savoir si vraiment le pancréas peut, sans se surmener, accomplir à la fois la besogne de l’estomac absent et la sienne propre. Si oui, ce sera bien curieux et l’on pourra recommencer l’opération avec des chances de succès. En attendant, nous avons bien réellement le droit d’affirmer qu’il existe une femme sans estomac, ne souffrant pas et qui digère ! Dr William Kakl.
- LE
- NOUVEAU SABRE DE LA BROSSE CAVALERIE
- Le Bulletin officiel du Ministère de la guerre vient de publier la note suivante :
- I. — Un nouveau modèle de sabre est adopté pour les cuirassiers et les dragons sous le nom de « sabre de cavalerie de ligne modèle 1896 ».
- Ce sabre est à lame droite à un tranchant, avec deux pans creux à fond plat, un sur chaque face, la pointe dans l’axe de la lame; le dos, prolongé jusqu’à la pointe, est rendu coupant dans le voisinage de celle-ci par une gouttière de dos.
- La garde, de forme symétrique, à cinq branches, comporte une large coquille pour bien protéger la main. Les pièces métalliques de la monture sont en laiton; la poignée est en bois dur, à cordons, recouverte d’une basane en cuir vert maintenue par un filigrane.
- Le remplacement des sabres actuellement en service par des sabres neufs aura lieu successivement, au fur et à mesure que la production de la manufacture de Chùtelle-rault le permettra.
- Des ordres particuliers seront donnés à ce sujet à chaque corps intéressé.
- II. — Un nouveau modèle de sabre d’officier de cavalerie est adopté pour les officiers des régiments de cuirassiers et de dragons, en remplacement du sabre d’officier de cavalerie modèle 1882. Ce sabre est dénommé : « sabre d’oflîcier de cavalerie, modèle 1896 ». Sa description est donnée dans une note annexée à la présente décision.
- Les officiers des régiments de chasseurs, de hussards, de chasseurs d’Afrique, de spahis, les officiers des troupes de remonte et des écoles militaires, continueront à faire usage, jusqu’à l’adoption d’un modèle définitif de sabre pour la cavalerie légère, des sabres d’officiers de cavalerie modèle 1882 ou modèle 1862.
- Inversement, quand un officier de cuirassiers ou de dragons pourvu du sabre d’officier de cavalerie modèle 1896 sera nommé dans un régiment de cavalerie légère, il conservera celte arme jusqu’à ce que la décision dont il s’agit soit intervenue.
- Aucune modification n’est apportée à l’armement des officiers d’artillerie, du train des équipages militaires, de gendarmerie ou de sapeurs conducteurs, qui conserveront le sabre d’officier de cavalerie légère modèle 1822, dont ils sont actuellement pourvus.
- Le sabre d’officier de cavalerie modèle 1896 pourra être acheté soit à la manufacture de Chàlellerault, soit dans le commerce; mais, dans ce dernier cas, la lame devra provenir de la manufacture de Chàlellerault.
- Il nous a paru intéressant de réunir ici, à ce propos, quelques documents montrant les principes qui doivent guider dans le choix et la confection de l’arme principale de la cavalerie.
- I. La Lame. — D’après un officier anglais très expert en la matière, le capitaine Nolan1, il faut au soldat un sabre aussi propre que possible à sabrer et à pointer. <
- Le tranchant agit d’autant mieux que l’arme a plus de vitesse en frappant ; or, c’est la légèreté qui permet au bras de donner la vitesse; le sabre doit
- 1 Histoire et lactique de lu cavalerie.
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- LA NATURE
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- donc être léger. La courbure, quand elle est laible, comme cela a lieu dans les modèles adoptés par les différentes armées européennes, n’augmente pas sensiblement l’effet du tranchant; par contre, elle nuit à l’effet du coup de pointe, lequel doit se porter exactement dans la direction de cette pointe, ce qui ne peut avoir lieu que très difficilement si elle ne se trouve pas dans l’axe de la lame et si cet axe n’est pas rectiligne. Le sabre estoc, c’est-à-dire propre à la charge en ligne, comme elle a lieu dans la cavalerie de ligne, doit donc être rigoureusement droit.
- Le coup de pointe exige de la rigidité; il y aurait perte notable de force vive si la lame fléchissait, puisque l’impulsion se décomposerait en deux parties, dont l’une serait de nul effet pour pénétrer le corps frappé. La lame doit donc être rigide.
- Nous conclurons avec le capitaine Nolan qu’une lame destinée à la grosse cavalerie, doit être à la fois légère, droite et rigide.
- Le type des armes de cette espèce est l’épée droite à section triangulaire qu’on a continué d'appeler l’épée Préval du nom du général de cavalerie qui en préconisa surtout l’emploi, mais elles avaient déjà été proposées par le maréchal de Saxe qui voulait que les cavaliers fussent armés « d’épées à trois quarts pour les empêcher, de-sabrer »; ces épées, dit-il, sont plus roules, plus légères, et doivent avoir trois pieds de longueur (Rêveries).
- Il est à remarquer que les officiers, sous-officiers et soldats de l’ancienne armée, à une époque où, les armes à feu ayant une importance beaucoup moins grande, l’escrime était en grand honneur dans les régiments, substituaient toutes les fois qu’ils le pouvaient, à leurs lames courbes ou demi-courbes, des lames droites et légères
- ou modifiaient les leurs, quand ils n’avaient pu s’en procurer d’autres.
- Le général Delort écrivait d’Espagne que « le régiment entier des dragons de Napoléon avait échangé ses sabres, dans un arsenal de Catalogne, contre des épées triangulaires, légères et couvertes par la poignée ». Le lieutenant-colonel de cavalerie Mussot, dans une brochure publiée en 1851 sur l’armement de la cavalerie, rappelle que la tour de Ségovie où se trouvait une magnifique arméria avait vu s’accomplir des échanges semblables par d’autres corps de l’armée française. En Portugal, les régiments de dragons commandés par le général Montbrun, dans les campagnes de 1810 et 1811, imitèrent ceux d’Espagne ; ils s’armèrent spontanément de ces mêmes épées espagnoles triangulaires qu’ils trouvèrent soit dans les arsenaux, soit dans les armérias, soit dans les collections particulières
- d’armes. « Cette arme terrible, maniée par des soldats braves jusqu’à la témérité, faisait des blessures presque toujours mortelles; aussi nos dragons étaient-ils la terreur des Espagnols et des Anglais » (Mémoires de Masséna, par le général Koch).
- Pourquoi n'a-t-on pas admis franchement cette arme triangulaire, cette sorte de lance courte pour nos régiments?
- Probablement parce que la forme consacrée par la tradition dans notre armée depuis les Gaulois était l’épée droite à deux tranchants, dont on ne se servait guère autrefois que d’estoc pour frapper son adversaire au défaut de la cuirasse ou pour frapper son cheval et le désarçonner, ainsi que le montrent les planches 1, 2 et o empruntées à un tràâté d’art militaire du temps de Louis XIII. C’est probablement aussi cette même raison de tradition
- Fig. 5. — Coup de sabre sur le poitrail du cheval de l'adversaire.
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- qui a fait rejeter la lame proposée par le colonel Dérué, Lien qu’elle répondît parfaitement aux conditions de légèreté, de rectitude et de rigidité ; mais comme elle est tout à lait droite et que sa section a la forme d’un T, elle a plutôt l’apparence générale d’une broche que celle que nous avons l’habitude de voir à une arme devant servir non seulement à la défense et à l’attaque, mais encore au commandement et qui par conséquent doit présenter des surfaces assez larges et assez brillantes pour être aperçues de loin quand on met « sabre au clair ».
- Sous ce rapport la lame du modèle 1896 est parfaite; c’est du reste exactement celle des Cent-gardes simplement réduite dans ses proportions.
- Celle-ci avait été étudiée par le général Favé, aide de camp de l’Empereur et professeur d’art militaire à l’Ecole polytechnique où il nous détaillait les conditions d’une bonne arme blanche et nous engageait à donner toujours des coups de pointe, parce que, disait-il, avec sa voix douce et son air calme, les blessures dues aux coups de taille sont malheureusement peu profondes et faciles à guérir.
- 11. La garde. — La garde doit satisfaire à deux conditions : 1° protéger la main; 2° concourir, le mieux possible, à l’efficacité du coup.
- Au moyen âge, quand la main était protégée par un gantelet métallique, on ne se préoccupait pas de la première de ces conditions et on se bornait à placer entre la poignée et la lame une barre de fer sur laquelle la main faisait effort pour porter le coup d’estoc. Delà les poignées en croix que l’on retrouve jusqu’au quinzième siècle.
- A ce moment, on songea à garantir la main contre les coups de tranchant portés en glissant sur le plat de l’épée, par des saillies de la garde qu’on combina souvent de façon à permettre aux doigts de mieux saisir la poignée ; de là les formes
- diverses des pas d'âne qui devinrent peu à peu la garde moderne par l’adjonction de branches destinées à couvrir la main quand on eut abandonné le gantelet de fer. Ces gardes, à l’époque de la Renaissance, où l’épée a atteint le plus grand degré de perfection qu’elle eut jamais, présentaient une forme non symétrique par rapport à la lame. Les branches destinées à protéger le dos de la main étaient beaucoup plus nombreuses et plus éloignées de la poignée de celles qui étaient simplement destinées à couvrir le pouce ; mais les épaisseurs de ces deux systèmes de branches étaient combinées de façon que chacun d’eux eût le même poids. Cette condition est nécessaire pour que, dans le coup de tranchant, la lame frappant sur un corps dur ne s’incline pas du côté où la garde est la plus lourde, mais continue au contraire son action dans le plan du coup où la section du prisme de pénétration est la plus aiguë et où par conséquent sa pénétration est la plus facile.
- Le colonel Dérué, présentant un type de sabre destiné exclusivement aux coups d’estoc, avait pu négliger sans inconvénient cette condition qui est remplie dans le sabre modèle 1896. Celui-ci peut à l’occasion
- servir d’arme de taille, et sa garde est complètement symétrique à droite et ' à gauche de la lame; mais on a obtenu ainsi une garde très lourde d’apparence, qu’on aurait pu rendre beaucoup plus gracieuse en supprimant une ou deux branches du côté du pouce et en faisant ces branches plus larges ou plus épaisses que celles qui couvrent le dos de la main.
- Cette symétrie complète a en outre l’inconvénient de rendre dans certains cas le port du sabre incommode. La question du port du sabre a en effet une assez grande importance pour que diverses solutions aient été successivement proposées et mises en
- Fig. i. — Port du sal)rc à pied.
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- usage, y compris celle qui consiste à fixer le sabre à la selle, ce qui a l’inconvénient de laisser désarmé le cavalier à pied.
- 11 semble qu’il y aurait avantage, à beaucoup de points de vue, à revenir à celle qui était adoptée sous Louis XIII et qui est représentée dans les planches 4 et 5 empruntées au même ouvrage que les planches I, 2 et o. Il est facile de voir en effet combien il est facile, de cette manière, de saisir la poignée de l’arme au moment du combat soit à pied, soit à cheval, et aussi d’agrafer ou de dégrafer
- son arme. Colonel X.
- ——
- Les mauvais temps nous arrivent de l’Océan. En dehors des télégrammes d’Amérique, on ne possédait, il y a quatre ans encore, aucun renseignement sur ce qui se passait au milieu de l’Atlantique. Les cartes quotidiennes que l’on dresse en Angleterre, en France, etc., n’étaient laites qu’avec les dépêches parvenues des stations terrestres. Or, une des régions les plus caractéristiques pour la prévision des tempêtes est certainement la région des Açores. 11 y a dans cette zone un maximum de pression, comme un grand axe autour duquel se fait la circulation atmosphérique, un îlot que contourne l’itinéraire des cvclones arrivant en Europe.
- Nous avons montré dès 1862 que la circulation atmosphérique descendait ou montait en latitude selon les déclinaisons solaire et lunaire. Cette oscillation a son contrecoup sur la marche des bourrasques et sur l’aire qu’elles couvrent en arrivant sur le continent. On a pu s’apercevoir depuis quelque temps en effet que, selon qu’un cyclone se développe en deçà ou au delà des Açores, l’aire d’action en Europe est très différente.
- Depuis quatre ans le Bureau central de Paris reçoit des télégrammes des Açores. Et l’on a déjà pu se rendre compte de l’importance des résultats obtenus. Il y a longtemps que l’on souhaitait l’installation d’un petit observatoire aux Açores. C’est au prince de Monaco que l’on doit l’organisation de ces stations océaniennes. Sur son initiative, le gouvernement portugais a fini par établir deux observatoires, dont un seul est relié à l’Europe par un cible télégraphique.
- Le prince de Monaco vient de communiquer à l’Académie des sciences quelques détails sur le nouveau service.
- « En 1892, dit-il, je fis part à l’Académie de mon intention de provoquer l’établissement d’observatoires météorologiques sur divers points de l’océan Atlantique pour faciliter la prévision des phénomènes qui intéressent l’Europe. Voici les premiers résultats de mes efforts : un savant portugais, le capitaine Chaves, chargé depuis trois années, par son gouvernement, de poursuivre la réalisation de mon plan en ce qui concerne les Açores, a déjà créé deux centres d’observations dans cet archipel : le premier dans l’est, sur l’île San-Miguel, et le second sur l’ilc Florès, dans l’ouest, a 100 lieues plus loin.
- « Celui de San-Miguel, relié depuis 1893 avec l’Europe par un câble télégraphique, est en communication régulière avec certains observatoires du continent, et le nombre de ses instruments croît chaque année.
- « Celui de Florès, établi seulement depuis six mois, est placé à 400 lieues du continent européen : c’est le poste
- avancé de la météorologie sur l’Atlantique, et je lui attribue un rôle plus important qu’à l’observatoire de San-Miguel. Mais il n’est point encore relié avec le monde extérieur, bien que la pose d’un câble entre Florès et l’Amérique paraisse imminente, et les communications avec d’autres îles de l’archipel n’ont lieu que tous les quinze jours, quand le temps est beau, car Florès ne possède aucun port.
- « Le point choisi par le capitaine Chaves pour y établir l’observatoire est sur le cap do Àlbernaz, vers le nord-nord-ouest de l’île, où la construction d’un phare est également décidée. Son altitude est de 123 mètres, et il est ouvert à tous les vents, aucune montagne capable de changer leur direction véritable ne se trouvant à moins de 1500 mètres. Provisoirement, le capitaine Chaves a installé un anémomètre sur une maison située à l'est de l’île, à 182 mètres d’altitude; un barographe, des thermomètres et quelques autres instruments, dans une autre maison, non loin de là, puis il a nommé directeur de cette nouvelle station météorologique M. Fernando de Mendonça.
- « Sans aucun doute les observations combinées de Florès et de San-Miguel permettront d’annoncer aux ports européens, avec une avance de cinquante heures, les dépressions menaçantes. Déjà la .comparaison des courbes de quelques déplacements des centres cycloniques, calculées au Bureau météorologique de Washington, avec celles qui résultent des observations combinées de San-Miguel et de Florès, a permis au capitaine Chaves de rectifier dans une certaine mesure les premières. D’autre part, les observatoires des Açores fourniront, quand ils posséderont tous les instruments nécessaires, des renseignements précieux sur le magnétisme terrestre, les mouvements sismiques et les poussières atmosphériques. )>
- D’après cette communication, nous pouvons doue compter sur un service d’avertissement provenant des Açores. C’est un grand pas de fait pour la bonne confection des cartes météorologiques quotidiennes, et ainsi se trouvent exaucés les vœux si souvent exprimés par les commissions météorologiques internationales.
- Après les Açores, il faudra également penser aux Bermudes et s’efforcer de constituer ainsi des sentinelles avancées en plein Océan.
- 11 est évident que c’est le seul moyen pratique de parvenir à savoir comment viennent et se propagent les dépressions atmosphériques. Nous ne le savons guère exactement et c’est là un des problèmes les plus importants à élucider pour la solution pratique de la prévision du temps. Henrt de Parviu.k.
- DU QUAI JEMMAPF.S, A PARIS
- La Compagnie parisienne de l’air comprimé est une des sociétés qui ont obtenu en 1888, du Conseil municipal de Paris, l’autorisation d’établir dans les rues de Paris des canalisations pour effectuer la distribution de l’énergie électrique.
- Comme nous l’avons déjà dit1 à plusieurs reprises, la Compagnie parisienne de Pair comprimé faisait autrefois la distribution de l’énergie électrique à l’aide de deux stations centrales, établies l’une à
- 1 Voy. n0 1170, du 7 décembre 1895, p. 5.
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- Saint-Fargeau et l’autre boulevard Richard-Lenoir. Ces deux stations couplées ensemble alimentaient, à 5000 volts, 25 sous-stations d’accumulateurs réparties dans Paris. Dès 1895 la Société essaya un réseau à 5 fils desservi par la plus importante des sous-stations, celle Saint-Roch. En 1894, la Compagnie décidait d’adopter partout le système de distribution à 5 fils. A cet effet il fut décidé qu’une station centrale serait construite quai Jemmapes pour alimenter par feeders deux grandes sous-stations, celle de la rue Saint-Roch et celle de la rue Mauconseil. De ces sous-stations partent les sous-feeders qui alimentent en divers points le réseau de distribution à 5 fils.
- Les usines du lac Saint-Fargeau et du boulevard Richard-Lenoir desservent encore 5 sous-stations dans le quartier du Marais (rue Franche-Comté, rue Malher et rue de la Verrerie), et actionnent divers transformateurs rotatifs à la 'sous-station Saint-Roch. Les circuits secondaires de ces transformateurs sont couplés en quantité avec les feeders.
- STATION CENTRALE
- La nouvelle station centrale du quai Jemmapes est une magnifique usine très vaste établie en bordure sur le quai longeant le canal Saint-Martin. Elle se compose d’un grand bâtiment comprenant à gauche une aile pour les services accessoires (atelier de réparation, salles d’essais, accumulateurs), et à droite une aile pour les services de l’administration. Perpendiculairement à l’aile gauche se trouve le bâtiment des chaudières et machines, et perpendiculairement à l’aile droite est un autre bâtiment pour divers services. L’aile gauche ne forme qu’une partie de l’usine qui doit être complétée plus tard par une aile symétrique.
- Nous allons maintenant successivement parcourir ces trois grandes parties de l’usine.
- Bâtiment des machines. — Le bâtiment, qui contient les appareils de production de l’énergie électrique, est à deux étages. Le rez-de-chaussée, d’une hauteur de 11 mètres, est destiné aux machines à vapeur et électriques; au premier étage sont installées les chaudières, et dans les combles se trouve le charbon.
- Chaudières. — Les chaudières, établies comme nous venons de le dire au premier étage afin de gagner de la place, sont des chaudières multitubulaires Belleville d’une surface de grille de 5,25 mètres carrés donnant chacune, à la pression de 12 kilogrammes par centimètre carré, 50i)0 kilogrammes de vapeur par heure. Ces chaudières sont au nombre de 20 réparties en 5 groupes de 4. Au-dessus de chaque groupe se trouvent un réservoir d’eau et un tuyau de cheminée. L’alimentation en eau est assurée par des pompes Belleville. La figure 1 nous donne une vue d’ensemble d’un côté de la salle des chaudières. On remarque à gauche les trémies d’où descend le charbon qui est placé dans des soutes situées dans les combles à la partie supérieure.
- Machines à vapeur. — La salle des machines, dont la figure 5 représente une vue intérieure prise d’une extrémité, est une grande salle, d’une hauteur de 10m,50, d’une largeur de 14 mètres et d’une longueur qui atteindra au maximum 75 mètres lorsque toutes les machines seront installées.
- Dans cette salle se trouvent actuellement 5 machines à vapeur d’une puissance de 1200 chevaux chacune, et prochainement 2 autres machines semblables doivent encore être ajoutées. Ces machines, compound, du système Corliss, verticales et à condensation, ont été construites par la Société alsacienne de constructions mécaniques de Belfort. À la pression de 8 kilogrammes par centimètre carré, et à la vitesse angulaire de 70 tours par minute, elles donnent une puissance de 1100 chevaux effectifs sur l’arbre moteur. Une galerie desservie par un escalier est installée à hauteur des cylindres pour le service de la machine. Entre deux machines se trouvent des tableaux sur lesquels sont posés les manomètres et indicateurs. L’arbre moteur porte d’un côté un volant d’un poids de 51 tonnes et d’un diamètre de 5,u,70 et de l’autre côté la machine dynamo, dont nous allons parler. A chaque machine se trouve un condenseur à injection avec pompe à air verticale, à simple effet. La consommation de vapeur garantie est de 6,5 kilogrammes par cheval-heure indiqué. Au-dessous des machines se trouve le sous-sol qui permet l’accès de certaines parties delà machine dynamo. Ajoutons que chaque machine à vapeur est pourvue sur le côté d’un vireur ou d’une petite machine à vapeur auxiliaire destinée à mettre la machine au point de départ. Cette petite machine commande un engrenage qui vient embrayer à l’intérieur du volant. Lorsque la machine est en marche à une vitesse angulaire déterminée, automatiquement l’embrayage se retire.
- Dynamos. — Les machines dynamos, construites également par la Société alsacienne, appartiennent au type dit à collecteur extérieur. L’induit, en forme d’anneau Gramme, maintenu sur les côtés par une étoile en fonte à 59 bras, tourne en effet à l’extérieur des inducteurs üxes qui sont formés par 12 pièces polaires. Chaque dynamo donne 1500 ampères à 500 volts, soit 750 kilowatts à 70 tours par minute.
- Une galerie latérale placée dans le sous-sol de la salle des machines reçoit tous les câbles des dynamos et les amène au tableau de distribution, dont pn voit les principales dispositions dans la figure-2./*/
- Tableau de distributioh pour couplages. —.Le tableau de distribution est jnstallé sur une^ilerie, où l’on aboutit des deux cotés par un escalier, au-dessus du bureau des,contremaîtres. D’est formé d’un grand panneau de marbre^&Ônt Ta partie gauche seule est occupée pour le moment; notre dessin représente l’installation telle qu’elle sera lorsque la salle des machines .renfermera ses 10 machines. Dans le panneau réservé à chaque dynamo on voit
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- d’abord à la partie inférieure, sur un avancement, vre, dont nous allons donner l’explication, plus un rhéostat d’excitation, divers boutons de manoeu- loin et au-dessus un interrupteur à main et un
- Fig. 1. — Vue d'ensemble d’un côté do la sallo dos chaudières à l'usine du quai Jemmapes, à Paris.
- Fig. 2. — Principales dispositions du tableau de distribution.
- interrupteur magnétique, ainsi qu’un ampère- En face de chaque dynamo (fig. 5), sur le côté mètre et un commutateur spécial pour voltmètre. gauche, sont des tableaux avec des verres dépolis
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- Fig. 5. — Vue intérieure de la salle des machines de la station centrale d’électricité du quai Jemmapes, à Paris. Ensembles de 1*200 chevaux de la Société alsacienne.
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- sur lesquels sont écrits divers ordres : marche, montez, baissez, arrêt. Derrière ces mots se trouvent respectivement des lampes à incandescence jaune, rouge, bleue, blanche, qui sont commandées par les boulons de manœuvre dont nous avons parlé plus haut. Le chef-électricien du tableau donne ainsi au mécanicien de chaque machine tous les ordres nécessaires pour mettre une machine en marche, et l’on n’entend aucune commande à haute voix.
- C’est au tableau de distribution dont nous venons de parler que toutes les machines sont réglées et couplées en quantité.
- Tableau (le départ des feeders. — Ce tableau est relié à un autre tableau sur lequel se trouvent les appareils de mesure et contrôle sur les lignes de départ. Ce tableau est établi dans une galerie laté-
- rale en vue de desservir plus tard deux salles de machines : la salle actuelle et une symétrique du côté opposé. 11 contient actuellement deux panneaux avec 5 feeders à chacun, pour la sous-station Saint-Roch et la sous-station Mauconseil. Nous trouvons dans ces tableaux un rhéostat de feeder, des interrupteurs et des voltmètres branchés sur des fils témoins aux points d’attache des feeders. Ceux-ci sont constitués par des câbles de 1000 millimètres carrés.
- Ces câbles, sous plomb et armés, fabriqués par la Société alsacienne dans sa càblerie de Rellort, sont placés directement dans le sol. A leur sortie du tableau, ils passent dans une grande galerie souterraine où ils sont fixés sur le côté et vont rejoindre le quai Jennnapes. La galerie dont nous parlons aboutit sur les bords du canal, et est destinée à recevoir
- Sous-Station Mauconseil.
- Batterie en décharge
- Survo/teur
- Machines
- dynamos
- Réseau de distribution.
- reliées
- Volis Volts
- au tableau
- de distribution.
- \Voltmètre témoin.
- Sous feeders
- Sous-Station S^Roch.
- Moteur
- fnt£i ri pti ur
- Am yen mètre* *
- * Circuits secondaires
- Rhéostat
- Tableau
- de distribution pour Feeders de la Feeders de la
- couplages. Sous-Station Mauconseil. Sous-Station SI Roch.
- F ftéseau à haute tension
- A - Tableaude départ des Feeders.
- B SOUS-STATIONS
- USINE DU QUAI UEMMAPES. ET RÉSEAU DE DISTRIBUTION.
- Fig. i. — Schéma do <!i-ti-ilmtion de la Compagnie parisienne d'air comprimé.]
- plus tard le transporteur de charbon, qui recevra le charbon directement de la grue et l’amènera au pied de l’ascenseur destiné à approvisionner les soutes à la partie supérieure au-dessus des chaudières.
- Batiment central. —- Dans tout ce qui précède nous ne nous sommes occupés que du bâtiment proprement dit des machines. Il nous reste à dire quelques mots sur le deuxième bâtiment parallèle au premier, et qui formera le bâtiment du milieu, lorsque l’aile droite de l’usine semblable à celle que nous venons d’étudier sera construite.
- Dans ce bâtiment, au sous-sol, se trouvent dans le prolongement de la galerie de départ des câbles une salle pour les réservoirs d’eau épurée, et pour les élévateurs. Au rez-de-chaussée sont les épurateurs, les monte-charges et un atelier pour réparations mécaniques. Tous ces ateliers sont grandement
- installés et peuvent assurer un service important.
- SYSTÈME DE DISTRIBUTION
- En terminant nous donnerons quelques renseignements sur le nouveau système de distribution adopté par la Compagnie parisienne de l’air comprimé. Le schéma de la figure 4 résume les principales dispositions. A la station centrale du quai Jemmapes, les 5 machines dynamos peuvent être couplées en quantité sur le tableau A. A la sortie des barres du tableau de couplage, le courant passe dans le tableau B de départ des feeders; à l’aide des interrupteurs, il peut être envoyé soit directement dans les feeders, au nombre de 6 de 1000 millimètres carrés (3 pour la sous-station Mauconseil et 3 pour la sous-station Saint-Roch), soit par l’intermédiaire de rhéostats spéciaux suivant les besoins du service.'
- La sous-station C de la rue Mauconseil, établie
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- dans le quartier des Halles, renferme 4 groupes de 4 batteries chacun de 280 accumulateurs de la Société pour le Travail électrique de métaux. Ces accumulateurs ont une capacité de 2200 ampères-heure et peuvent fournir un débit de 300 ampères. La charge est laite soit directement par les feeders venant de l’usine, soit à l'aide de survolteurs. Notre schéma représente la disposition adoptée pour le couplage du survolteur et pour la décharge d’une batterie.
- La sous-station Saint-Roch, que nous avons décrite précédemment, est alimentée par les feeders de l’usine du quai Jemmapes. Elle possède également des transformateurs rotatifs, dont les circuits primaires sont alimentés par le réseau F à haute tension venant de l’usine du boulevard Richard-Lenoir et de l’usine de Saint-Fargeau, et dont les circuits secondaires sont couplés en quantité avec les batteries d’accumulateurs.
- Des sous-stations partent des sous-feeders à 5 fils qui viennent alimenter en divers points le réseau D de distribution. Le réglage de la différence de potentiel se fait à l’aide des batteries d’accumulateurs; on utilise parfois les survolteurs pour élever la tension.
- Sur ce réseau de distribution sont enfin branchés les divers appareils d’utilisation à 110 volts pour les lampes à incandescence et à arc, et à 440 volts pour les moteurs.
- Telles sont, en résumé, les principales dispositions d’une distribution d’énergie électrique très intéressante, et qui vient d’être installée à Paris dans des conditions grandioses, et tout à fait remarquables, par la Compagnie parisienne de l’air comprimé. Qu’il nous soit permis en terminant de remercier les ingénieurs qui ont bien voulu nous faciliter notre étude : M. Journet, directeur de la Compagnie, ainsi que MM. Jess et Isambert.
- J. Laffargie.
- UN FEU-FLOTTANT AUX ÉTATS-UNIS
- Nous sommes heureusement bien loin, à tous les points de vue, de l’époque où les navires n’avaient pour se diriger à l’approche des cotes, que quelques leux de houille entretenus, tant bien que mal," en haut de tours aux modestes proportions et trop largement espacées. On sait les admirables résultats auxquels arrive aujourd’hui le service des Phares français, grâce aux nouveaux dispositifs électriques imaginés par M. Bourdelles, et dont il a été parlé ici-même1. Néanmoins, il reste encore pas mal à faire pour signaler à temps aux marins les dangers les plus redoutables, ceux-là mêmes qui, par une bizarrerie géologique, se trouvent à une certaine distance des cotes, dont ils forment un prolongement sous-marin.
- Assez souvent, mais avec quelle peine ! les ingénieurs réussissent à implanter une tour sur quelque rocher qui découvre un peu à basse mer; cependant,
- 1 Voy. n° 1270, du 2 octobre 1897, p. 275.
- bien fréquemment, le bas fond est assez près de la surface de l’eau pour créer un péril à la navigation, et pas assez pour qu’on y puisse établir une construction. Dans ce cas on est obligé de recourir au feu-flottant, navire extrêmement solide qu’on affourché sur deux ancres, et qui doit demeurer en place, secoué par toutes les tempêtes, allumant, chaque nuit, un ou deux feux à la pomme de ses mats.
- Nous avons jeté dernièrement un coup d’œil sur les bateaux-leux existant le long des cotes de France; mais cette fois nous étudierons un feu de ce genre dont viennent d’être dotées les cotes des Etats-Unis, et qui présente certaines caractéristiques fort intéressantes. La Confédération possède un service des Phares ou « Light-house Roard », fort bien organisé, qui ne compte pas moins de 1091 phares ou feux de signaux, 41 feux-llottants en service (outre les 3 servant de réserve), 16 bouées électriques1, 18 bouées lumineuses, 137 signaux de brouillard munis de moteurs à pétrole, à vapeur, à air, 193 autres commandés par des mouvements d’horlogerie, 422 amers, 1763 fanaux, 70 bouées à sifflet, 106 à cloche, et enfin 4663 bouées ordinaires.
- Depuis quelques années l’attention de l’administration américaine s’est surtout portée vers les feux-llottants, précisément par suite du rôle d’éclaireurs avancés qu’ils sont appelés à jouer, et l’on a voulu installer un nouveau dispositif sur le bateau-feu n° 42, qui est en station dans le Yineyard-Sound, au large du cap Cod. Nous avons dit tout à l’heure que le bateau-phare doit porter en tête de mat un feu visible de très loin; ajoutons que, pendant le jour, d’énormes boules hissées à la pomme des mâts forment un signal visuel. Mais, à cause du brouillard, il faut, tout comme à côté des phares, établir un signal acoustique qui prévienne les navires qu’ils sont dans des parages dangereux : on peut employer une cloche ou, ce qui est mieux, un sifflet, une corne, une sirène alimentée mécaniquement. Quand le bateau-feu est muni d’un propulseur à vapeur, la machine peut commander le signal de brume, bien qu’il se présente des inconvénients pour la mise en pression rapide ; mais le n° 42 en question est un simple voilier, arrondi et massif comme tous ses pareils, et l’on a choisi un moteur à pétrole pour fournir l’air comprimé nécessaire.
- Avec un moteur de ce genre, plus de renouvellement compliqué du combustible, plus d’allumage des feux longtemps à l’avance, possibilité de mise en pression immédiate en cas de brouillard inopiné. On avait déjà essayé ce système à bord d’un autre bateau-feu américain, mais ici l’installation est plus importante. Dans la chambre des machines se trouvent deux moteurs à pétrole Hornsby-Akroyd de 23 chevaux : en arrière de chaque cylindre, et en communication avec lui, est un récipient vertical sous lequel on allume un brûleur assez puissant. En une dizaine de minutes la machine peut partir,
- 1 Voy. n° 1045, du 10 juin 1895, p. 29.
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- LA NATURE.
- l’huile qu’on admet dans le récipient se vaporise, se mélange avec une proportion voulue d’air et fait explosion en chassant le piston. Dès lors, on n’a plus besoin de brûleur, la chaleur développée par les explosions maintenant le récipient auxiliaire à la température voulue pour assurer la vaporisation et les explosions, et pouvant même le porter au rouge. Quant au refroidissement du cylindre, il est assuré par une circulation d’eau à l’intérieur des parois : cette circulation est faite uniquement en eau douce, qu’on refroidit au moyen ’d’un condenseur de surface où l’on utilise l’eau de mer. On estime que, avec ces moteurs, on peut développer 15 chevaux-heure pour 12 cents (à peu près 60 centimes).
- Chaque machine commande un compresseur à simple action; mais on maintient toujours chargés deux réservoirs de 6 mètres de long sur 1 mètre de diamètre, celte réserve permettant de faire fonctionner le signal pendant 20 minutes en attendant la mise en marche des compresseurs. On sait que la détente de l’air comprimé produit un abaissement de température et par suite une diminution de son volume. Aussi, avant d’arriver au siftïet, l’air passe dans un réchauffeur : celui-ci est traversé par l’échappement des moteurs, ce qui fournit gratuitement une élévation de température suffisante pour faire équilibre à la détente de l’air comprimé.
- En outre, cela empêche le siftïet, quand la température tombe vers — 7° ou — 8°, de s’entourer d’une couche de glace, comme cela se produirait autrement. On aperçoit très nettement sur la gravure, empruntée au Scientific American, le tuyau d’échappement tout près du sifflet.
- Rien entendu, en sortant des réservoirs, l’air passe par un appareil régulateur de pression, puis par la valve du sifflet, dont l’ouverture périodique est exécutée par un mouvement d’horlogerie disposé dans un rouf sur le pont, et qui donne au signal ses intervalles caractéristiques : ainsi pour celui qui nous occupe, les sons durent 5 secondes et se trouvent séparés par un silence de 55 secondes. Cette installation fort intéressante a été faite par les soins de la Société bien connue « De la Vergne Refrigerating C° », sous la direction de M. W. Sylven, ingénieur en chef du service des Phares. Daniel Bellet.
- IA PLUIE DANS LES CHEFS-LIEUX
- DES DÉPARTEMENTS
- La carte et les deux tableaux ci-contre ont été dressés et calculés d’après les observations publiées dans les Annales du Bureau central météorologique de France, pour une période de quinze années commençant le 1er janvier 1880, et finissant le 51 décembre 1894.
- Celte série d’observations, outre qu’elle est un peu courte, présente des lacunes et des défectuosités de diverses natures, dues à l’organisation encore bien imparfaite du service pluviométrique. Nous aurions pu essayer d’atteindre une exactitude plus grande en complétant les lacunes et en atténuant les défectuosités par des comparaisons ou des réductions. Mais le travail aurait été trop considérable et n’aurait souvent donné qu’une amélioration illusoire. D’ailleurs, comme nous n’avons pas la prétention de fournir des documents destinés à des recherches météorologiques, mais simplement de vulgariser les faits constatés, nous espérons satisfaire nos lecteurs en nous contentant de donner des résultats dont les éléments n’ont subi aucune correction. Les personnes qui désireraient plus de précision dans les détails pourront consulter lus Annales précitées.
- Le tableau I comprend la liste des chefs-lieux de département, ordonnée d’après la quantité annuelle de pluie qui tombe dans chacun d’eux, en commençant par celui où elle est le plus faible. Ce qui frappe tout d’abord dans ce tableau, c’est d’y voir que Paris est la ville où il pleut le moins. En moyenne, il n’y tombe en effet que 481 millimètres d’eau pluviale, d’après les constatations faites à l’Observatoire de Paris, au pluviomètre de la terrasse. Si l’on prend en outre les observations effectuées à Passy, au parc Monceaux, à Montmartre et à la Monnaie, on trouve une moyenne un peu plus forte, 495 millimètres, qui laisse encore Paris au premier rang. Après Paris viennent La Rochelle, Évreux et Melun, qui ne comptent annuellement que 505, 511 et 518 millimètres, tandis que c’est dans les chefs-lieux de la Savoie que la pluie atteint son maximum d’abondance : 1210 millimètres à Chambéry et 1278 millimètres à Annecy.
- Un l'eu-llottant américain.
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- LA NATURE
- ooi
- Md Md I
- I. - PLUIE. QUANTITE
- millim.
- 1. Paris..................481
- 2. La Rochelle............503
- 5. Évreux.................511
- 4. Melun..................518
- 5. Perpignan..............546
- 6. Marseille..............547
- 7. Agen...................560
- 8. Chartres................575
- 9. Moulins.................585
- 10. Troyes..................587
- 11. Tours...................591
- 12. Châlons.................601
- 13. Versailles..............604
- 14. Angers..................606
- 15. Le Mans.................608
- 16. Beauvais................609
- 17. Carcassonne.............611
- 18.'
- 19. '
- 20. 21. 22. 23. 21.
- 25.
- 26. 27.
- Amiens.........
- Clermont-F erranil Le I’uy.
- Nîmes .
- Orléans.
- Auch. .
- Caen. .
- Toulouse . Montauban Ajaccio . .
- 614 618 627 632 652 634 634 612 644
- 615
- 28. Avignon..................615
- 29. Auxerre..................655
- 30. Poitiers.................655
- 31. Blois....................661
- 32. Dijon....................666
- 33. Arras....................667
- 34! Péri gueux...............669
- 35. Alençon..................670
- 36. Albi*....................672
- 37. Châteauroux..............675
- 38. Saint-Brieuc..........677
- 59. Bourges................683
- 40. Rouen...................689
- 41. Laon....................700
- 42. Mâcon..................711
- 43. Montpellier.............716
- 44. Ncvers..................719
- 45. Cahors.................724
- 46. Vannes. ...............724
- 47. Rennes.................731
- 48. Lille...................734
- 49. Lyon...................739
- 50. Saint-Étienne..........741
- 51. Mende..................347
- 52. Roche-sur-Yon .... 755
- 53. Nantes.................757
- 51. Angoulême..............760
- 55. Bordeaux...............764
- 56. Digne..................768
- 57. Niort..................780
- 58. Laval..................782
- 59. Rodez..................784
- 60. Guéret.................786
- 61. Nancy..................786
- 62. Chaumont...............788
- 63. Nice...................789
- 64. Pau....................807
- 65. Valence................842
- 66. Grenoble................861
- 67. Gap.....................883
- 68. Draguignan. ...... 884
- 69. Saint-Lô................902
- 70. Tarbes..................905
- 71. Foix....................909
- 72. Limoges.................927
- 73. Bourg...................930
- 74. Privas..................910
- 75. Vesoul..................919
- 76. Mont-de-Marsan .... 951
- 77. Bar-le-Duc ....
- 78. spinal . . 979
- 79. Lons-le-Saunier. . . . 988
- 80. Aurillac . . 991
- 81. Quimper . . 1017
- 82. Besancon . . 1092
- 83. Tulle . .,1120
- 81. Chambérv . . . . . . 1210
- 85. Annecy . . 1278
- (Mézières manque, faute d’observations).
- Dans le tableau II, les villes sont classées suivant la fréquence des pluies, en commençant par le chef-
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- LA NATURE.
- lieu oh il pleut le moins souvent. La fréquence est évaluée d’après les nombres des jours qui ont donné une quantité appréciable de pluie. Sous ce rapport, c’est Nîmes qui tient la tête avec 64 jours seulement de pluie par année, et Nice arrive ensuite avec 67 jours. Bordeaux, qui compte 205 jours pluvieux, se trouve tout à fait au dernier rang.
- II. — l'LUIE. FRÉQUENCE
- 1. Nîmes jours. (>£ 43. Alençon jours. 132
- 2. Nice . . 67 46. Guéret 134
- 3. Gap . . 70 47. Le Mans 154
- 4. Marseille . . 72 48. Aurillac 155
- 5. Draguignan . . . . 72 19. Paris 155
- b. Avignon . . 7i 30. Perigueux 155
- 7. Montpellier . . . . . 78 31. Mont-de-Marsan . 156
- 8. Ajaccio . . 79 32. Chàlons 138
- 9. Privas . . 81 35. Auxerre 138
- 10. Digne . . 82 31. La Rochelle .... 138
- 11. Le I’uv . . 82 33. Chaumont 141
- 12. Perpignan . . . . . . 89 30. Chambérv 112
- 13. Nevers . . 89 37. Angers 113
- 14. Valence . . 97 58. Tulle 113
- 15. Grenoble . . 97 59. Beauvais 115
- 16. Montauban . . . . . . 102 60. Laon 143
- 17. Mende . . 103 61. Caen 141
- 18. Albi . . 110 62. Rennes 141
- 19. Melun • . . 111 63. Bourges 115
- 20. Carcassonne , . . . . 112 64. Chàteaurnux .... 115
- 21. Foix . . 112 65. Vesou 1 115
- 22. Limoges . . 114 66. I.von 116
- 25. Cabors . . 116 67. Niort 149
- 24. Saint-Étienne . . . . . 117 68. Rouen 119
- 23. Mâcon . . 118 69. Laval 150
- 26. Vannes . . 118 70. Nantes 150
- 27. Audi . . 119 71. Tours 150
- 28. Chartres . . 120 72. Amiens 155
- 29. Évreux . . 120 73. Orléans 156
- 30. Aunccv . . 121 71. Rar-le-Due 156
- 51. Toulouse . . 121 75. Épinal 157
- 52. Pau . . 121 76. Versailles 158
- 55. Agen . . 121 77. Besançon 159
- 54. Poitiers . . 121 78. Nancy 160
- 33. Ilourg . . 123 79. Saint-lîrieuc .... 166
- 55. Dijon . . 123 80. Clermont-Ferrand . . 169
- 37. Lons-le-Saunier. . . . 123 81. Saint-Lô 173
- 38. Tarbes . . 126 82. Lille 181
- 39. Blois . . 127 83. Quimper 181
- 40. lloche-sur-Von . . . . 127 81. Arras 185
- 41. Angoulême .... . . 128 85. Bordeaux 203
- 42. Moulins . . 129 /
- 43. Rodez . . . 129 (Mézièrcs manque,
- 44. Troves . . 150 faute d’observations.)
- La carte résume les deux tableaux : dans le petit cercle qui figure chaque chef-lieu de département, le nombre supérieur indique la quantité annuelle de pluie, et le nombre placé au-dessous marque combien il y a de jours pluvieux. D’une manière générale, cette carte montre : 1° que c’est vers nos côtes de la Méditerranée qu’il pleut le moins souvent, mais que c’est dans la région déterminée par Paris, Evreux, Chartres, Troyes, Chàlons et Beauvais, qu’il pleut le moins abondamment; 2J que les pluies atteignent leur maximum d’abondance au-sud-ouest du Plateau Central, vers les Vosgts, le Jura et principalement les Alpes de Savoie, tandis que leur maximum de fréquence se manifeste dans l’extrême nord de la France, à la pointe de Bretagne, et surtout vers Bordeaux. J.-R. Plumandon,
- Météorologiste de l’Observatoire du Puy-de-Dôme.
- SAUT ET SAUTEURS
- A propos «te l’article que j’ai consacré dernièrement au sauteur Higgins, j’ai reçu de M. F., capitaine d’artillerie, une 1res intéressante lettre, dont je vais donner quelques extraits. Je ne m’étais pas engagé, à dessein, dans une discussion par trop scientifique, le capitaine F. lui, nous donnera une explication très rationnelle du saut tel qu’il est pratiqué au Nouveau-Cirque par Higgins :
- « On peut prendre un point d’appui sur un corps en mouvement, ou si l’on veut sur un corps qui tombe, ainsi la terre tombe sur le soleil, mais cela ne nous empêche pas de sauter à sa surface.
- (( Présentons la chose d’une manière différente : un corps en mouvement ne peut pas de lui-même changer le mouvement de son centre de gravité, c’est ce qui arrive pour un astéroïde qui éclate, pour une petite planète qui se fragmente (le cas existe et a été constaté). Le centre de gravité des éclats suit en effet la route qu’aurait suivie le centre de gravité du corps intact; on trouve une application pratique remarquable de ce phé-
- B^Cot^no, sr.
- î. Courbe du sauteur. — 2. Trajectoire d'un obus fusant.
- nomône en artillerie : quand un obus éclate, le centre de gravité des fragments suit la route que suivrait le centre de gravité de l’obus non fragmenté, et c’est même là-dessus que repose l’opération connue sous le nom de réglage du tir (obus fusants).
- « Pour régler le tir, on commence en effet par tirer des obus qui éclatent en touchant le sol, et, en se guidant sur le nuage de fumée produit, on déplace la trajectoire jusqu’à ce qu’elle passe par le but. Ceci fait, on règle la fusée de l’obus qui doit passer par le but, de façon que cet obus éclate de 50 à 100 mètres en avant du but, et alors, comme le centre de gravité des éclats continue à venir passer par le but, les éclats viennent frapper ci; qui se trouve dans le voisinage.
- « Appliquons ce qui précède au cas du sauteur muni d’haltères : le sauteur saute dans l’espace avec ses haltères, et le centre de gravité du système décrit une certaine courbe ; à un moment donné, le sauteur détend ses bras et projette ses haltères vers le bas; ceux-ci descendant, pour que le centre de gravité ne s’abaisse pas, il faut bien que le sauteur lui-même se relève.
- « On exprimerait ce fait autrement, en disant que le sauteur prend appui à un moment donné avec ses bras sur l’inertie des haltères qui réagit contre la poussée de ses muscles. On trouve la preuve expérimentale de ce que nous avançons dans ce fait que le sauteur Higgins a les muscles scapulaires extraordinairement développés. En réalité Higgins saute d’abord avec ses mains et presque
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- LA NATURE.
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- aussitôt avec ses jambes, puis ceci fait, il saute avec ses bras une fois en l’air ; c’est ce qui explique les acrobaties auxquelles il se livre au moment où il lâche ses haltères.
- « On peut prévoir que les photographies instantanées que fait exécuter en ce moment M. Marey, montreront que le centre de gravité du sauteur seul (haltères à part) décrit une courbe discontinue, la discontinuité commençant au moment précis où le sauteur lâche ses haltères. En revanche, le centre de gravité général décrit certainement une courbe continue, et il se passe ici ce qui se passe pour un fragment de la partie supérieure d’un obus qui s’élève en l’air au moment de l’éclatement tandis que le fragment de la partie inférieure s’abaisse d’autant, le centre de gravité du système ne changeant pas de route. » Paul Mégmn.
- CHRONIQUE
- L’équutioii «la temps. — Le 10 février dernier, nos hoiloges marquaient 14 m. 26 s. quand le soleil passait au méridien : l'équation du temps était très considérable. Elle sera cependant dépassée le 2 et le 5 novembre, jours où elle aura un signe contraire, le soleil passant au méridien 16 m. 20 s. avant midi. En revanche, l’écart sera presque nul le 15 avril (2 s.) et le 51 août (9 s.). On voit qu’une montre qui marcherait comme le soleil s’écarterait beaucoup de l’heure vraie vers le 10 février et dans les premiers jours de novembre.
- Nouvelles raies spectrales de l’aluminium.
- — l’n physicien anglais, M. Ilemsalech, a découvert cinq m uvelles raies rouges dans le spectre de l’aluminium. Voici les longueurs d’ondes de ces raies :
- /,a - 6828 ; Ah=6845 ; ac=6928 ; Ad = 7015 ; ac = 7058.
- Le compagnon de Procyon. — Grâce à la puissance de l’excellent réfracteur de l’Observatoire Lick et à la pureté de l’atmosphère au moût llamilton (Californie), M. Schæberlé, directeur de ce grand établissement, a pu mesurer l’angle de position a et la distance angulaire ô de cet astre à l’étoile. Voici les nombres qu’il a trouvés :
- Dates. a 5
- 1896, novembre 15. 518°,8 4",59
- 1897, octobre 8. . . 524°,t 4",70
- La plus grosse météorite. — Les nombreux amis de l’astronomie peuvent examiner à New-York une sorte de petit monde étranger au nôtre* bien minuscule en vérité, mais considérable cependant pour un échantillon de cette espèce cosmique : une météorite gigantesque formée par une énorme masse ferrugineuse pesant de 70 à 90 tonnes (soit un volume d’environ 16 mètres cubes). Cette météorite avait été signalée, dès 1818, par lord Ross ; mais le lieutenant Pearv, de la marine des Etats-Unis, l’a retrouvée dans ses explorations arctiques, en 1894 seulement, et l’a ramenée à New-York.
- La sardine à Douarnenez. — Les pécheurs de Douarnenez ont été fort surpris : depuis le 15 novembre ils n’avaient plus rencontré de sardines en mer ; puis, le 22 janvier, ils se sont trouvés en présence d’énormes bancs de ces poissons. Une centaine de bateaux de Douarnenez ou de Trébout ont ramassé un butin considérable : le poisson s’est d’abord vendu une trentaine de francs le mille; mais, comme les usines de conserves sont fermées, le prix s’est tout à coup abaissé à quatre francs.
- Aussi ce prix n’étant pas assez rémunérateur, les marins n’ont pas continué la pêche. C’est la première fois qu’on voit se produire, à pareille époque, une aussi grande abondance de ce poisson. Les vieux pécheurs disent que la sardine n’a pas dù quitter les eaux de l’Océan, mais qu’elle s’est pz'obablement enfoncée à une certaine profondeur lors des froids du mois de décembre, puis elle est remontée à la surface en raison de la température douce que nous avons en ce moment.
- L’olivier en Californie. — Les Etats-Unis vont faire concurrence à la vieille Europe pour la fabrication de l’huile d’olive comme pour une infinité d’autres produits : en effet, on estime actuellement que rien qu’en Californie il existe 2000 hectares de plantations d’oliviers en plein rapport et que la surface totale plantée doit atteindre 8500 nectares. Depuis le début de 1895 il a été planté 800 000 oliviers; les moulins,vont se multiplier, et les Américains espèrent se passer bientôt de l’importation européenne.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 28 février 1898. — Présidence de M. Wolf.
- Rôle de la cellule conjonctive chez les mollusques. — M. Joannes Chatin étudie la cellule conjonctive des mollusques prosobranclies, et spécialement de la Paludine, au double point de vue de l’histogénèse et de l’histologie comparée. Semblant se résumer tout d’abord en un gros noyau libre, l’élément conjonctif ne tarde pas à se modifier suivant les divers rôles qui peuvent lui incomber; mais si nombreuses et si variées que puissent être ses adaptations fonctionnelles, toujours elles émanent d'un seul et même type originel, dont les caractères fondamentaux demeurent constants. C’est donc à tort qu’on a cru pouvoir admettre divers tissus distincts et autonomes.
- L'étalon métrique. — M. de Lapparenl présente une Note de M. Michel, ingénieur des ponts et chaussées, sur les précurseurs du système métrique. 11 conclut en demandant que les corps savants célèbrent en 1899 le centenaire du mètre. Enfin, il émet le vœu qu’une loi consacre comme étalon métrique le mètre du Bureau international des poids et mesures. Ch. de Villedeuil.
- LÀ
- DANS LES EXPÉRIENCES RADIOGRAPHIQUES
- On a déjà essayé à plusieurs reprises d’employer les machines statiques pour l’alimentation de l’ampoule. Les machines statiques avec condensateurs peuvent convenir pour la radiographie, mais s’il s’agit de radioscopie, on obtient sur l’écran fluorescent des scintillations qui fatiguent les yeux. Sans les condensateurs, la machine statique ne produit qu’une faihle décharge insuffisante.
- Depuis 1874, la maison Ducretet a fixé, sur le socle des machines statiques qu’elle construit, deux colonnes à boules que l’on peut tirer à volonté. On peut les amener à une distance quelconque et même au contact des boules de l’excitateur de la machine. On obtient ainsi des étincelles de longueur variable qui augmentent la tension ; on relie les colonnes aux appareils d’expérience.
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- LA NATURE.
- oo \
- En 1896, le Dr Destot utilisa la machine statique pour la radioscopie et disposa dans le circuit de la machine un interrupteur formé de deux boules placées en regard. Ces boules avaient une certaine capacité; il se produisait entre elles une décharge discontinue et très rapide.
- Cette disposition donna de très heureux résultats ; le tube s’illumine vivement et l’éclat obtenu reste presque fixe. Le Dr Destot avait installé les tiges conductrices maintenant les deux boules dans un tube de verre. Au passage de l’étincelle, il se produisait des condensations et des décharges sur les parois du verre.
- M. Bonetti, constructeur d’appareils électriques, a adopté le même principe et vient de construire un appareil spécial que l’on voit dans la figure ci-jointe. Dans un châssis isolant en ébonite coulissent deux tiges métalliques terminées chacune par des boules. Ces appareils sont montés comme le montre notre dessin. Une tige est reliée à un des pôles de la machine statique et l’autre communique au tube.
- Des expériences ont été effectuées avec un certain nombre de tubes ; les meilleurs résultats ont été fournis par le tube focus bi-anodique.
- On peut facilement régler à volonté la décharge en faisant varier l’écartement des boules.
- Avec des appareils convenablement disposés, une machine statique à 2 plateaux de 0,n,46 de diamètre a fourni les mêmes résultats qu’une bobine d’induction donnant une étincelle de 0a\15 de longueur. L’emploi de la machine statique dans les expériences de radiographie, en dehors des avantages spéciaux qu’elle peut procurer, est intéressant à plus d’un pointde vue. L. Lebois.
- UN EFFET DE GELÉE
- Un de nos abonnés, à Mulhouse, nous a envoyé une intéressante observation d’un effet de gelée que nous allons faire connaître.
- Dans la cour d’un atelier de construction de la ville, était déposé pendant le froid un couvercle de cylindre en fonte ayant la forme représentée par la figure 2 qui montre le couvercle en coupe transversale. Dans le plateau supérieur se trouvent quatre trous servant à enlever le sable du noyau formant le creux du couvercle après la coulée. L’eau de pluie a rempli tout l’espace marqué par des traits horizontaux sur le croquis. Une nuit de grand froid, l’eau contenue dans le couvercle a gelé. La dilatation de l’eau contenue dans le creux du couvercle ne pouvant
- se faire que par les quatre trous dont il est parlé plus haut, il s’est formé quatre colonnes de glaces, qui ont soulevé le plateau de glace formé par la congélation de l’eau contenue dans le creux supérieur du couvercle, et l’ensemble a pris la forme curieuse que nous représente la photographie ci-jointe (fig. 1).
- Les aspérités des bords des quatre trous ont marqué, sur la surface des quatre colonnes de glace, des stries bien nettes et que l’on voit, quoique imparfaitement, dans la photographie de notre correspondant.
- Ce cas offre un certain intérêt, et il nous a paru de nature à fixer quelques instants l’attention. D. Lelong.
- Le Gérant : P. Masson.
- Emploi de la machine statique dans les expériences radiographiques.
- Fig. 1. — Elfet de gelée. (D’après une photographie.)
- I
- Fig. 2. — Coupe transversale du cylindre en fonte plein d’eau.
- ' Paris. — Imprimerie Lauure- rue de Fleuras, 9.
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- N° 121*5. — 12 MARS 1808.
- LA NATURE.
- 225
- LE NOUVEAU LABORATOIRE DES RECHERCHES PHYSIQUES DE LA SORBONNE
- Fondé en 1868 par Jamin, qui le dirigea jusqua I siques est actuellement dirigé par M. Lippmann, sa mort en 1886, le laboratoire des recherches phy- I membre de l’Institut. Installé autrefois dans l’an-
- Fig. 2. — Laboratoire de recherches physiques de la Sorbonne. La salle des machines. (One seule des trois dynamos est \isible.)
- cienne Sorbonne, le laboratoire est aujourd’hui transféré dans la nouvelle Faculté des Sciences
- 26* année. — 1er semestre.
- reconstruite par M. l’architecte Nénot. Le transfert a eu lieu en 1894, mais ce n’est que récemment,
- 15
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- 226
- LA NATURE'.
- après une longue pe'riode d’installation faite à grand’peine, étant donnée l'insuffisance des crédits alloués, que le service des recherches a pu prendre son régime normal.
- Les locaux occupés par la nouvelle installation sont mitoyens du mur sud de l’église de la Sorbonne ; aucun d’eux n’est en bordure de rue. Ils sont séparés de la rue Victor-Cousin par le service de chimie minérale ; de la rue Cujas par l’amphithéâtre de chimie; de la rue Saint-Jacques par les laboratoires de physiologie et de géologie. Ils sont donc aussi loin que possible des agitations et des ébranlements causés par les voitures. On y accède par la galerie qui donne place de la Sorbonne.
- Au rez-de-chaussée, après un vestibule où se trouvent un vestiaire et les services accessoires, on entre dans une grande salle (fig. 1), haute de deux étages et mesurant 16 mètres de long sur 12 de large; six physiciens-peuvent y travailler à l’aise pourvu que leurs recherches ne nécessitent pas de conditions spéciales d’isolement ou d’obscurité; des piliers monolithes isolés du parquet se trouvent au milieu de la salle et à ses angles. Un comparateur est installé sur celui du milieu. A chaque place sont quatre prises de gaz, deux prises de lampes à incandescence, une prise d’arc et un robinet d’eau. Des madriers, placés à deux mètres au-dessus des tables, permettent de suspendre des appareils, et les tables elles-mêmes sont en ardoise. A côté de ce grand laboratoire se trouvent le cabinet et le laboratoire particulier du sous-directeur.
- A la suite de la grande salle, un petit laboratoire de chimie pour éviter toute manipulation de produits dans la salle où se manient des instruments délicats, puis la salle des machines, dont l’installation, longuement étudiée, répond aux besoins les plus variés(lig. 2).
- Cette installation, reposant sur voûtes, comprend deux moteurs à gaz Lenoir de 16 chevaux chacun, trois dynamos et un tableau de distribution qui permet de distribuer le courant à tous les services du laboratoire (éclairage, expériences, accumulateurs).
- Au-dessus de la salle des machines et communiquant avec elle par un escalier direct, est Vatelier de mécanique : cinq tours (dont deux parallèles), une fraiseuse, deux machines à percer constituent l’outillage qui, sous la direction de deux mécaniciens, permet aux travailleurs d’exécuter eux-mêmes leurs appareils. Une forge, un atelier de menuiserie complètent' l’atelier, et un électricien est chargé de la surveillance et de l’appareillage. Toutes les machines-outils sont mues par des moteurs électriques. Au même étage se trouve une terrasse ouverte où sont alignés les accumulateurs ; une batterie, du système Tudor, sert à l’éclairage (60 éléments).;* une autre batterie, du système Peyrusson, sert aux expériences (80 éléments). Treize fds font le tour du laboratoire et partent de divers points de cette batterie, de sorte qu’à un endroit quelconque un
- physicien peut avoir à sa disposition un courant d’une différence de potentiel déterminée.
- Vis-à-vis de l’atelier est une grande salle, servant de laboratoire aux préparateurs adjoints : elle communique avec l’atelier par une galerie de 05 mètres, servant en ce moment à des recherches sur les ondes électriques ; des cloisons mobiles permettent de la transformer en cinq salles de travail, et on peut y faire l’obscurité pour des recherches d’optique. Au milieu de cette galerie sont installées la machine à diviser et la balance de précision (5 kilogrammes dans chaque plateau, à 1 /10e de milligramme).
- A côté du laboratoire des préparateurs adjoints sont une terrasse et un Libératoire de photographie, et, dans la grande salle d’entrée, à la hauteur du premier étage, se trouvent le cabinet et le laboratoire particulier du directeur, M. Lippmann, membre de l’Académie des sciences. Ce laboratoire comprend trois pièces : une salle claire, une autre obscure, et une salle de recherches optiques avec banc d’optique en ardoise. La salle du préparateur termine les installations de cet étage.
- Une tour de <40 mètres, qui se continue dans le sol par un puits conaxial de J 8 mètres permet des expériences en hauteur, et contient l’escalier de service du Laboratoire ; elle mène aux annexes des étages supérieurs.
- Ces annexes sont au nombre de deux : l’une, formée d’une grande salle, haute aussi de deux étages, comprend la bibliothèque et le laboratoire particulier du Directeur adjoint, M. G. Maneuvrier, dont le cabinet se trouve voisin ; l’étage comprend une salle obscure pour les recherches d’optique avec banc d’optique en ardoise et installation possible pour la lumière solaire. Enfin, au quatrième étage sont trois petites chambres destinées à recevoir des travailleurs séparés.
- Ajoutons que les diverses parties du Laboratoire communiquent, par l’escalier de la tour, avec T Amphithéâtre de Physique et les salles de collections de tous les appareils de cours.
- Sous la grande salle du rez-de-chaussée, trois caves sont installées en laboratoires complets, et un magnétomètre de Gauss, monté sur des piliers monolithes, y est installé. Enfin, au rez-de-chaussée est une salle sombre à trois piliers monolithes isolés, destinée aux mesures électriques et de précision.
- Telle est, dans ses grands traits, l’installation générale du Laboratoire. Elle suffirait au point de vue des locaux, mais elle est absolument insuffisante au point de vue des crédits accordés pour l’entretien et le fonctionnement : 12 000 francs seulement sont mis annuellement par le ministère à la disposition de M. Lippmann pour subvenir à la fois aux frais généraux (chauffage, éclairage), à ceux des expériences de recherches et à ceux du cours que l’illustre savant professe à la Sorbonne pendant le second semestre, alors que les Universités étrangères accordent à la physique des crédits énormes qui s’élèvent, comme pour le Laboratoire de phy-
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- LA N AT U H K.
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- sique de Berlin, à la somme annuelle de 28 658 marks (55 822 francs).
- Et pourtant, les résultats pratiques obtenus par le Laboratoire sont considérables : tous les professeurs de physique actuellement à la Sorbonne, MM. Bouty, Pellat, Foussereau, Leduc, y ont préparé leur thèse de doctorat et fait tous leurs travaux antérieurs à leur nomination ; les trois professeurs de physique des Universités roumaines de Bucarest et de Jassy, MM. Negreano, Miculescu, Hurmuzescu, sont trois docteurs sortis du Laboratoire ; en Russie, MM. Ilomen d’Helsingfors, le baron Stacklberg de Saint-Pétersbourg, M. Piltschikolf d’Odessa, sont de nos anciens travailleurs. L’éminent directeur du Bureau international des poids et mesures de Sèvres, M. Benoît, a fait sa thèse de doctorat sous la direction de Jamin; tous les ans, plusieurs jeunes gens arrivent au doctorat par des travaux faits sous la direction ou sous l’inspiration de 31. Lippmann. Quant aux travaux du Maître, ils ont tous été faits dans ce laboratoire, depuis les phénomènes électro-capillaires jusqu’à cette étonnante découverte de la photographie des couleurs.
- Espérons que des ressources nouvelles, nécessaires pour équilibrer le surcroît de dépenses que nous impose notre installation agrandie, nous seront accordées, et que le Laboratoire des recherches physiques pourra continuer à fournir à la science des savants et des découvertes. Alphonse Berget,
- Docteur ès sciences.
- LUTTE CONTRE LES INSECTES NUISIBLES
- EX CALIFORNIE
- La Californie jouit d’un climat semi-tropical des plus agréables. Le froid n’y est pas trop vif, ni la température estivale trop chaude, car l’atmosphère est continuellement balayée par les brises venant soit du Golfe, soit de l’Océan. Cette situation privilégiée a permis à l’arboriculture fruitière de s’y développer avec une intensité remarquable. Mais, hélas! toute médaille a son revers, et, en octroyant ses faveurs aux planteurs californiens, la nature a multiplié en même temps leurs ennemis, les insectes nuisibles.
- Venus avec les végétaux importés, ces nouveaux hôtes s’acclimatèrent rapidement. Leur nombre s’accrut d’une façon inquiétante, et dès lors la lutte contre leurs dégâts s’imposa. Les naturalistes américains se mirent résolument à l’œuvre sous la savante direction de M. Riley*, puis de M. Howard, son habile successeur à la tête du bureau de l’Entomologie agricole des États-Unis.
- Cet important service public s’occupe de l'examen des exploitations arboricoles et de la visite des vaisseaux arrivant chargés de plantes en vie ou de fruits. Les inspecteurs ont le droit de pénétrer chez les parti-
- 1 Riley, né à Londres en 18Î3, est mort en 1893. Son activité était dévorante. Le nombre des Mémoires qu’il a publiés dépasse 1300.
- culiers et d’y prescrire les mesures prophylactiques nécessaires. Ils peuvent également ordonner la destruction des végétaux infestés. Une statistique de l’année 1895 démontre que ces visites ne sont pas inutiles, puisque dans le seul port de San Francisco 156 navires sur 400 furent trouvés porteurs d’insectes dont la plupart étaient inconnus en Californie.
- Parmi les espèces causant le plus de ravages viennent d’abord trois Hémiptères. Le Lecanium oleæ, espèce de la famille des Gallinsectes, qui s’attaque aux citronniers et aux oliviers. Il sécrète un suc dont le dessèchement sur les branches empêche la croissance de celles-ci. 11 épuise les feuilles en suçant les fluides qui y circulent et il provoque la décoloration des fruits. Les deux autres, YAspidiotus durant ii et Y Aspidiotus perniciosus appartiennent aussi à la famille des Cocciniens1. Sans être inoffensifs, ils sont moins redoutables que le précédent.
- Autrefois Ylceryapurchasi, appelé communément en Amérique la galle blanche, était à craindre ; mais d’après 31. Mariait, premier assistant entomologiste de Washington, on ne s’en inquiète plus, depuis l’introduction d’une coccinelle exterminatrice dont nous parlons plus loin. Ensuite, il faut mentionner le Phytopius oleivorus, mite rougeâtre, qui s’est implanté, vers 1890, dans les régions à citron de San Diego. Toutefois, en Floride, on le traite avec égard, les oranges qu’il attaque étant, paraît-il, plus sucrées et plus délicieuses que les autres. Par contre, ses piqûres sont préjudiciables à l’écorce du citron. Signalons encore, sans insister, des spécimens moins dangereux tels que la Bryobia pratensis, nommée vulgairement araignée rouge, la San-nina pacifica, la perforatrice des pêchers, et le trop célèbre Phylloxéra vastatrix.
- Maintenant que nous connaissons l’ennemi, indiquons les moyens employés pour le combattre. Ces procédés sont de diverses sortes : importation d’autres parasites, lavages, fumigations ou vaporisations. Le premier est le plus ingénieux. C’est l’application du précepte homéopathique Similia similibus curantur aux maladies produites par les insectes sur les arbres. Ainsi la galle blanche a disparu, grâce à l’importation de la Vedalia cardinalis (fig. 1), une coccinelle australienne. A la suite des recherches de 31. Kœbele, 60 000 individus furent apportés et leurs rejetons protègent actuellement les vergers californiens.
- Un autre Coléoptère, le Bhizobius ventralis (fig. 2), se chargea de débarrasser les arbres fruitiers du Lecanium oleæ. Acclimatée près de Santa Barbara, dans les plantations de M. Ellwood Cooper, qui comprennent des citronniers, des orangers et des oliviers, cette bestiole y est devenue un de ses plus utiles auxiliaires. En mai 1892, cet agriculteur en avait reçu quelques paires. Dès le mois d’octobre
- 1 11 ne faut pas confondre les Cocciniens avec les Cocciné-lides. Les premiers sont des Hémiptères, les seconds des Coléoptères.
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- LA NATURE.
- (\ I C I e. n-i r n t-
- Fig. 1. — Ve du lia cardinalis. coléoptère ennemi de l'Icerya purchasi, parasite des arbres fruitiers de Californie. — 1. Adulte grossi; 2. Nymphe grossie; 5. Larves grossies ; 4. Branche d’oranger montrant en grandeur naturelle le parasite et sou ennemi.
- suivant, elles s’étaient tellement multipliées que ses oliviers étaient indemnes et, dans ces dernières années, il a pu en expédier plus de 300 à 400 000 à ses confrères. Ces bienfaisantes petites bêtes ont des ennemis naturels dans les lézards et les oiseaux. Le remède cependant réussit assez bien à enrayer le mal.
- Beaucoup de planteurs s’en servent, car il possède l'avantage d’être définitif, tandis qu’avec les procédés de vaporisations, l’élimination des parasites n’est que temporaire. L’opération doit se renouveler tous les deux ans et quelquefois même tous les ans.
- Ces traitements mécaniques consistent dans des fumigations à l’acide cyanhydrique, à la vapeur d’eau, à l’émulsion de pétrole ou bien dans des lavages avec certaines préparations.
- L’acide cyanhydrique s’applique surtout aux citronniers. On enveloppe l’arbre d’une grande tente (figure 5) et on y introduit l’acide sulfurique, le cyanure de potassium et l'eau, nécessaires à la production du gaz. Quatre hommes peuvent traiter en douze heures 350 à 400
- arbres de 10 pieds de hauteur. Les fumigations se font la nuit, car la lumière solaire rendrait trop forte l’action de l’acide sur les feuilles. La durée de chaque opération est de 40 à 45 minutes et revient à 40 centimes environ. Pour les citronniers de grande taille, le même personnel n’en peut fumiger que 50 durant une nuit et le coût s’élève en moyenne à
- Fig. 2. — Rliisobius ventralis, coléoptère importé en Californie pour y combattre le Lecanium oleæ. — Rhixobius : 1. Insecte parlait; 2. Larve (tous deux fortement grossis); 3. Branche d’oranger infestée de Lecanium avec Rhizobius, grandeur naturelle; 4. Lecanium grossi.
- 5fr,75 par chaque fumigation. Dans ce cas, les tentes sont montées au moyen de poulies et étendues sur des montants qu’on enlève une fois l’arbre entièrement recouvert. L’action protectrice
- dure 2 ou Sans. 1 \ $ T Le procédé à
- I l’eau surchauffée
- est simple.Le dispositif rappelle le précédent. On entoure toujours l’arbre de toiles imperméabilisées1, la vapeur estfourniepar un bouilleur et introduite au moyen d'un tuyau. On la laisse arriver jusqu’à ce que le thermomètre marque, sous la tente, 66° centigrades. Sur les feuilles et sur les branches, tous les parasites sont tués, mais sur les fruits ils résistent. L’émulsion de pétrole (2/3 de pétrole et 1/3 d’eau)
- demande à être maniée par des gens expérimentés, sous peine de devenir plus funeste pour les plantes que les insectes eux-mêmes, l’huile minérale pouvant s’accumuler à la base du récipient et les arbres recevoir une dose trop forte, lorsqu’on arrive à la fin d’une charge. Des accidents de ce genre se sont produits plusieurs fois, mais M. Frank Kales, chef de la plantation de Las Fuen-tes à Santa Barbara, a remédié à cet inconvénient en donnant au réservoir à pétrole une forme conique. Le lavage à la résine est assez usité dans les
- 1 On rend les toiles imperméables au moyen d’un produit extrait des feuilles du cactus à poire [Opuntia englemanni), très commun en Californie et qui s’obtient en faisant simple • ment macérer les feuilles dans l’eau.
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- exploitations d’orangers. La composition du mélange désigné sous ce nom est fort variable. C’est d’ordinaire une bouillie de résine, de soude caustique et
- d’huile de poisson qu’on dilue fortement. La lotion dite « à la chaux » possède à peu près les mêmes propriétés destructives. Elle renferme du sulfite de
- Fig. 5. — Traitement des citronniers par l’acide cyanhydrique.
- chaux, du sel et de la chaux libre. Les résultats que I doit en outre les appliquer chaque année, ce qui donnent ces deux méthodes sont assez maigres. On | finit par les rendre très coûteuses à la longue.
- Fig. L — Pompe à vapeur et réservoir employés pour les vaporisations insecticides à Brooklyn (États-Unis).
- Actuellement les vaporisations tendent à s'effectuer de plus en plus à l’aide de machines à vapeur. Parmi ces appareils très nombreux mais se ressemblant beaucoup, décrivons celui qui a fonctionné avec succès dans le magnifique « Prospect Park » de
- Brooklyn (fig. 4). Inventé par M. Petti, en 1896, il se compose d’une pompe à vapeur montée sur roues et d’un réservoir d’une capacité de 2700 litres. La pompe est pourvue de quatre lignes de tuyaux, l’une en rapport avec le réservoir pour agiter le liquide
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- insecticide et les trois autres pour l’arrosage. Pratiqué sur une grande échelle, ce moyen est des plus économiques, mais il n’est pas applicable à tous les cas.
- Ces divers modes de prophylaxie entomologique méritent d’attirer l’attention des agriculteurs et des naturalistes français, puisque beaucoup d’insectes nuisibles vivent sur notre sol. Cependant leur application à nos cultures demandera de longues et sérieuses expériences. Les mesures prises pour enrayer le mal de l’autre côté de l’Atlantique ne sauraient, en effet, s’appliquer ailleurs. Les conditions météorologiques et la flore particulière de la Californie en font une question purement locale. 11 serait donc à souhaiter qu’un système d’inspection agricole, calqué sur celui des Américains, fût créé en France. Que de pertes n’éviterait-il pas ! La nomination de tels fonctionnaires serait du reste bien accueillie : nous en possédons assez d’inutiles pour en avoir quelques-uns qui nous servent. Jacques Royer.
- REPRODUCTION SUR TERRE
- DE CLICHÉS PELLICULAIRES PHOTOGRAPHIQUES ET AUTRES
- M. Sékutowicz, directeur des fonderies de la Société du Familistère de Guise (Aisne), vient d’imaginer un procédé très ingénieux, permettant la transformation directe d’un cliché photographique, calcographique, autographique, pelliculaire, en reliefs photoplastiques.
- Danscette découverte, comme dans beaucoup d’autres du reste, le hasard est intervenu d’une façon incontestable.
- M. Sékutowicz, renforçant dans une solution de biclilo-rure de mercure un cliché pelliculaire manquant de vigueur, s’aperçut que les traits du cliché présentaient un relief plus accentué que d’habitude.
- Recherchant la cause de ce fait anormal — et c’est dans la constatation de ce fait et dans l’explication à en déduire que réside le mérite de l’inventeur — M. Seku-towicz s’aperçut que la solution de bichlorure était trop concentrée : il s’était trompé dans la pesée de ce corps.
- Répétant l’expérience, ce phénomène se reproduisit; en faisant varier la concentration de la liqueur il obtint des reliefs en rapport avec le degré de concentration.
- Ces faits démontrés il s’agissait d’en tirer des conséquences. L’épreuve renforcée, levée, encore humide, est portée sur un bloc de plâtre fin, de surface plane, légèrement humectée. On évite avec soin l’interposition de l’air entre la pellicule et son support de plâtre.
- Au bout de quelques instants l’excès d’eau est happé par le plâtre, et la pellicule reste fixée, plane, sur ce support, le côté en relief faisant face à l’opérateur.
- Cette pellicule est prête pour un surmoulage en plâtre, formant ainsi un cliché, qui, reproduit par la galvanoplastie, par le procédé Ringel d’Ulzach, ou par un autre procédé de moulage, peut donner lieu à diverses applications industrielles, c’est-à-dire au moulage par impression sur verre, à l’impression de gravures ou de photographies— d’après nature — à l’encre grasse, à l’impression sur porcelaine (lithophanies), sur faïence, puis pour les niellés, etc.
- Nous avons eu sous les yeux les pellicules, leur reproduction sur plâtre, le cliché galvanoplastique, l’épreuve reproduite par ce « galvano » et nous avons été frappé de la finesse des détails obtenus; nous pensons que cette découverte doit être signalée aux industries spéciales qui
- trouveront de nouvelles applications là où l’usage du report d’un cliché sur la pierre, sur les métaux, sur le verre, la porcelaine, etc., est pratiqué. Jules IIenrivaux.
- LA MÉTÉOROLOGIE DE LONDRES EN I8971
- La plus haute température de l’année a été 32°,5 le 24 juin, la plus basse —4°,8 le 24 décembre.
- A l’exception d’un très petit nombre de jours froids au mois de décembre, l’hiver a été très doux, ce qui n’est pas étonnant avec le climat essentiellement maritime de Londres. Dans l’année on n’a compté que 32 jours de gelée.
- La température moyenne annuelle a été de 10°,2, soit 0°,9 de plus que la normale; cette moyenne a été dépassée en 1884 (10°,4) et en 1895 (10°,6).
- Les mois les plus ensoleillés ont été juillet (255 heures de soleil) et mai (252 heures).
- Il est tombé pendant l’année 562 millimètres (22,15 pouces) d’eau ; ce chiffre est de 56 millimètres au-dessus de la moyenne des 56 années précédentes. Le mois de juillet n’a donné que 18 millimètres, c’est la plus faible chute d’eau notée pour ce mois depuis 1885. En octobre, mois ordinairement très pluvieux, on n’a recueilli que 12 millimètres; ce mois a été le plus sec de l’année. Depuis que les observations sont faites régulièrement, on n’a jamais noté au mois d’octobre une aussi faible chute d’eau.
- Nous donnons un tableau résumé comparatif des principaux éléments climatériques de Londres, ou plutôt de Greenwich et de Paris (Parc Saint-Maur) en 1897.
- __________TEMPÉRATURE. __________ PLUIE.
- 1897 normale Minimum Maiimum 4897 Normale
- Londres. 10°,2 9°,8 —4°,81e2idëc. 32°,31e2tjuin. 3G2'"'" 5(Xi“"’ Paris. . 10°,6 9°,6 —8°,21e26déc. 310,71«2ijuiii. GI0”” 5it““
- On remarquera que la température moyenne de Londres 9°,8, est supérieure à celle de Paris 9°,6. Le minimum de l’année a été —4°,8 à Greenwich le 24 décembre, tandis que le minimum du Parc Saint-Maur était bien plus bas, — 8°,2 le 26 décembre. Le maximum observé dans les deux stations le même jour, 24 juin, était de 52°,5 à Greenwich au lieu de 51°, 7 au Parc Saint-Maur. L’oscillation annuelle (51°,7 8°,2 — 59°,9)
- à Paris est donc supérieure à celle de Londres (32°,5 -f 4°,8 = 37°,1); ce qui s’explique en raison du climat maritime de Londres et du climat plutôt continental de Paris.
- Quant à la pluie, on se trouvera généralement fort étonné de constater que la pluie à Londres n’a été que de 562 millimètres contre 610 millimètres au Parc Saint-Maur. Les normales sont d’ailleurs respectivement 506 millimètres et 541 millimètres. L. Rarré.
- CHAUFFAGE DE CHAUDIÈRES
- A L’ANTHRACITE
- A l’usine DU SECTEUR DE LA PLACE CLICHY A PARIS
- Les usines de puissance élevée coiîimencent à devenir nombreuses dans Paris; aussi se préoccupe-t-on beaucoup d’obtenir la fumivorité. Des essais très intéressants ont été effectués récemment dans ce but au secteur de la place Clicliv, et M. A. Lalance en a fait connaître les résultats dans un mémoire à la Société industrielle de Mulhouse.
- Après avoir utilisé sans succès le coke à gaz, on a essayé la houille Saint-Charles du bassin de Charleroi avec
- 1 D’après les Annales météorologiques de l’Observatoire de Greenwich.
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- des fumivores Langer. Mais ces appareils sont d’un mécanisme délicat et demandent un entretien continuel.
- L’anthracite est au contraire très employé à Londres dans de simples grilles Richards qui sont formées de plaques en fonte perforées de trous coniques. On ferme le cendrier, et on amène des jets de vapeur sous les trous; ce jet de vapeur augmente le tirage. En modifiant l’arrivée de vapeur à l’aide de vannes, on peut activer ou ralentir à volonté la combustion. Dans ces conditions, l’anthracite assure une fumivorité absolue. L’épaisseur des feux ne doit pas dépasser 3 à 4 centimètres. Les fovers sont très propres, il ne tombe presque rien sous la grille et il n’y a pas de poussière de charbon. Les dispositions dont nous venons de parler permettent de brûler des fines d’anthracite.
- Des essais comparatifs ont été entrepris au secteur de (Aichy sur des chaudières multitubulaires de Nœver pour connaître les dépenses respectives avec la houille Saint-Charles et avec l’anthracite. Les chaudières avaient une surface totale de chauffe de 488 mètres cariés, une surface de grille de 10 mètres carrés; la pression a été maintenue à 7,5 kilogrammes par centimètre carré, et les essais ont duré '12 heures. Les principaux résultats ont été les suivants :
- Quantité totale en kg.
- Énergie totale Quantité
- produite en en kg par Dépense
- kilowatts-heure killowatts- en francs par
- avec heure. killowatt-heure.
- houille anthrac. houille anthrac. houille anthrac. houille anthrac.
- I. 8065,2 7993,2 3961 3908 2,495 2,322 0,0698 0,0789
- II. 9113,3 8036,(11 1015 5899 2,797 2,523 0,0783 0,0789
- III. 8191,77 7310 1000 4002 2,619 2,118 0,0753 0,072
- jir 18838,21 \3997 j ( _ ) 2,612 i » 10,0739)
- IV, 18897,2) i3992 ) 2,686 ! i “ 10,0752 î
- V. — 8109 — 3992 — 2,10 — 0,0816
- Dans les essais I, Il et 111 la houille Saint-Charles a été brûlée dans les fumivores, et dans les essais IV elle a été brûlée sur la grille Richards.
- La houille Saint-Charles rendue à l’usine revient à ‘.8 francs la tonne, et l’anthracite à 54 francs; mais ce dernier prix doit être réduit à 32 francs. On compte dans cette dépense 7fr,20 pour l’octroi,'*et 5fr,50 pour le camionnage.
- La moyenne des 4 essais avec l’anthracite a donné une dépense de 7,787 centimes par kilowatt-heure produit; la moyenne des 3 essais de houille Saint-Charles sur les grilles ordinaires avec fumivores Langer a donné 7,582 centimes par kilowatt-heure produit, et la dépense des 2 essais de houille Saint-Charles avec les grilles Richards a été de 7,458 centimes. Ces chiffres montrent qu’il n’y a pas grande différence dans les prix de revient.
- L’emploi de l’anthracite dans les usines semble donc présenter de réels avantages. J. Laffargce.
- CANONS A FILS D’ACIER
- C’est vers 1850 que M. Woodbridge présenta pour la première fois au gouvernement américain, un canon en fer frotté en fils d’acier ; le but poursuivi par l’inventeur était de renforcer les bouches à feu et de permettre, par suite, l’usage de pressions intérieures plus considérables; mais cette première tentative n’eut aucun succès, certaines dispositions comme la tension donnée aux fils, leur soudage entre eux, ayant donné de mauvais résultats.
- Cinq ans plus tard, M. Longridge fit expérimenter
- en Angleterre un canon basé sur les mêmes principes et que l’on peut regarder comme la première arme en fils d’acier. La même étude fut entreprise en France, de 1871 à 1880, par le capitaine d’artillerie Schultz, puis abandonnée.
- Aujourd’hui, tout le monde s'accorde à reconnaître les avantages de ce mode de construction en ce qui concerne la résistance de la pièce, et l’Angleterre n’a pas hésité, depuis quelques années, à rendre ce système d’artillerie réglementaire; toute sa nouvelle flotte en est pourvue.
- 11 est même surprenant qu’elle ait tant tardé à se lancer exclusivement dans cette fabrication; la cause en est que pendant longtemps^jui prétendu que les canons à fils d’acier manq^^B ||c résistance longitudinale ; cette sorte de ^RJugé provenait des résultats fournis par les premiers canons à fils qui étaient composés d’un simple corps en bronze recouvert de plusieurs couches de fils enroulés ; dans ces conditions, les résistances longitudinales étaient faibles et les garanties de sécurité et de durée étaient insuffisantes.
- Depuis cette époque, l’emploi d’une jaquette portant la culasse et les tourillons et qui vient entourer la frette en fils, a fait disparaître tous les doutes que pouvait faire naître cette nouvelle artillerie.
- M. Longridge, perfectionnant chaque jour ses procédés de fabrication, a fini par créer une arme puissante pouvant supporter des pressions dans lame s’élevant jusqu’à près de 5000 kilogrammes par centimètre carré.
- La figure ci-contre représente une pièce réglementaire Anglaise à tir rapide de 152 millimètres, du modèle Longridge; sa longueur est de 6m,30, soit 41 calibres environ. Elle se compose d’un tube d’acier foré au diamètre de 152 millimètres, sur la partie arrière duquel est fixé, à chaud, un deuxième tube en acier — sur celui-ci, pour former frettes, s’enroulant en plusieurs couches superposées, des rubans d’acier de 6 millimètres de large sur 1 millimètre et demi d’épaisseur. — La résistance à la rupture de ces rubans est comprise entre 140 et 150 kilogrammes par millimètre carré de section; leur tension est réglée par des machines spéciales. Au-dessus des fils, vient se fixer la jaquette destinée, comme nous l’avons dit, à assurer la résistance longitudinale.
- L’Amérique a suivi l’Angleterre dans la construction des canons à fils d’acier; en 1890, M. Brown, bien connu de l’autre côté de l’Atlantique par de remarquables travaux sur l’artillerie, proposa à l’Amirauté Américaine, un système de canon dans lequel les frettes d’acier ordinaires étaient remplacées par des fils enroulés ; une des particularités de cette arme et non l’une des moindres, consiste dans le remplacement du deuxième tube en acier des canons Longridge par une série de segments jointifs qui viennent se réunir sur un tube mince en acier. Ce dernier constitue l’àme du canon et porte les rayures qui donnent aux projectiles leur mouvement de rotation.
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- LA NATURE.
- D’après M. Brown, les avantages présentés par ce nouveau canon résidant surtout dans l’emploi de matériaux tels que segments, fds, etc., de faibles dimensions, ce qui permet de les travailler aussi parfaitement que possible, on peut ainsi, même sous un moindre volume, obtenir une résistance plus considérable.
- La fabrication de la nouvelle pièce est relativement simple; les segments longitudinaux sont assemblés comme le montrent les ligures 2 et 3 et les deux extrémités du tube ainsi constitués, reçoivent une bague; l’ensemble est porté sur le tour de façon à lui donner les dimensions convenables, tout en déterminant sur la surface extérieure, une série de gradins dont la hauteur est précisément égale à l’épaisseur des fils d’acier destinés à former frette.
- Ces lils ont une section carrée de 5mm,5 de coté; on les enroule successivement sur chaque gradin et alternativement dans un sens et dans l’autre, en leur donnant une tension convenable au moyen d’une machine spéciale.
- L’enroulement du fd terminé, la masse du canon est chauffée et on introduit à l’intérieur un tube mince en acier sur lequel sont ménagées les rayures.
- La jaquette qui porte la culasse à l’arrière et les tourillons à l’avant, assure comme dans les pièces anglaises la résistance longitudinale ; cette dernière est encore augmentée par la disposition adoptée pour l’enroulement des lils.
- M. Brown a fait ses premières expériences sur un canon de 25 millimètres; les résultats ayant été favorables, il fit établir, d’après les mêmes principes,
- 1. Canon réglementaire anglais de 152 millimètres. A. Jaquette; B. Tube intérieur; C. Rubans d’acier; I). Deuxième tube. 2 et 3. — Coupes du canon Brown : A. Jaquette ; B. Tube intérieur ; C. Segments ; D. Fils d’acier carrés.
- une pièce du calibre de 127 millimètres et du poids de 3500 kilogrammes; les essais, exécutés sous la surveillance de l’amirauté américaine, furent très remarquables; la pièce montra une résistance inconnue jusqu’alors.
- Un second canon du même calibre, présenté par l’inventeur, fut expérimenté en 1893, à Sandy-Ilook; il fut mis hors de service, après 216 coups, par une fente du tube intérieur ; on avait développé dans l’àme une pression atteignant jusqu’à 5800 kilogrammes par centimètre carré.
- Les expériences ont donc donné pleinement raison à l’auteur; la seule difficulté consiste dans le choix et la disposition du tube intérieur qui a montré quelque faiblesse ; cela n’a pas empêché le gouvernement Américain de décider la construction d’un canon du système Brown de 250 millimètres de calibre.
- La longueur du fil d’acier, destiné à- servir de
- frette, sera d’environ 120 kilomètres ; sur les canons Anglais de 305 millimètres, cette longueur atteint 160 kilomètres. M. Brown compte que la vitesse initiale sera de 900 à 950 mètres par seconde; si l’essai réussit, les Américains posséderont une arme d’une supériorité incontestable sur toutes celles employées dans les différentes marines européennes, et nul doute qu’ils ne transforment rapidement, avec leur esprit de décision habituel, leur armement actuel qui laisse fort à désirer.
- D’après cet exposé, les Anglais ont déjà, grâce à l’emploi du frettage en fils d’acier, une artillerie tout à fait remarquable; les Américains vont les suivre dans cette voie ; la France, depuis les essais du capitaine d’artillerie Schultz, a complètement abandonné ce système de fabrication; l’expérience de nos voisins prouve qu’elle s’est trop hâtée.
- Commandant G.
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- LA NATURE.
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- LÉGUMES ET FRUITS EXOTIQUES
- Depuis quelques années le commerce des fruits exotiques a pris à Paris une extension considérable.
- Il n’y a pas longtemps encore, l'orange et le citron étaient à peu près les seuls fruits qui ne fussent pas
- tig. 1. 1. Grenades; 2. Tomates; 3. Noix de kola fraîches ; T. Figues de [Barbarie; 5. Caroubes; G. Letchy; 7. Cerfeuil bulbeux;
- 8. Physalis; 9. Patate; 10. Citrons doux; 11. Pomme pignon; 12. Coco non décortiqué; 13. Manon; 14. Pomme pignon d’Espagne; 13. Panplemousse; 16. Noix de coco; 17. Chayottes; 18. Igname; 19. Raisin, 20. Ananas; 21. Alloues; 22. Fenouil; 23. Oxalis; 24. Courge patate; 23. Melon d Espagne; 20. Piments; 27. Bananes; 28. Gourde ; 29. Dattes. (I)’après des photographies prises chez M“* Ch. Roncier.)
- de provenance française; aujourd’hui certainement Les légumes ne sont pas aussi nombreux que les c’est par centaines d’espèces qu’on peut les compter. fruits, tant s’en faut, et encore parmi ceux qui ont
- Fig. 2. — 1. Figue de Barbarie; 2. Physalis. Fig. 3. — 1. Mangoustan; 2. Letchy.
- fait leur apparition dans le commerce parisien, bien Stachys tuberifera, semble vouloir persister sous le peu ont acquis droit de cité. Le Stachys, produit du nom de Crosne, et chaque année, de novembre à mars,
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- l’étalage d|£ fruitiers le présente en abondance. L’Igname de la Martinique et de la Chine, avec ses racines longues, s’implantant fortement dans le sol, est plus rare, de même que la Patate au goût sucré et agréable, peut-être un peu délicate pour nos palais européens, qu’elle provienne d’Algérie, d’Amérique ou d’Espagne. Pendant une grande partie de l’année, d’octobre à mai, VIgname peut être utilisé ; les patates ont une durée plus prolongée encore, de septembre à juin.
- Le fenouil doux ou fenouil d’Italie est un produit recherché, peu connu encore, sauf des raffinés. Sa saveur agréable, peut-être cependant un peu trop prononcée, le fera rechercher. Pourquoi ne lutterait-il pas, d’octobre à août, avec le crosne qui n’a de remarquable que sa fadeur? C’est certainement un légume d’avenir. 11 n’en est pas de même du Chouchou ou Chayolle, le fruit d’une cucurbitacée, le Sechium edule. Nous l’avons goûté au Brésil et nous avons été surpris de son insipidité. UOxalis ou Oca, joli petit légume, originaire de l’Amérique du Sud, mais facile à cultiver en France, mérite d’être encouragé. Mais que dire du cerfeuil herbeux, toujours si rare, quoiqu’il croisse à l’état sauvage dans l'est de notre pays! Il faut l’avoir consommé pour se faire une idée de sa valeur, de son goût agréable et délicat, de la finesse de sa chair. Pourquoi ne le rencontre-t-on pas plus souvent de novembre à mai ?
- Nous ne citerons que pour mémoire la pastèque sous ses diverses formes, le melon de Cavaillon, les oignons doux et de Madère, le manioc dont la farine est l’accompagnement obligé du haricot noir du Brésil dans la Feijoade, la courge verte d’Algérie, les épis de maïs frais d’Amérique assez délicats cependant de juin à septembre, le Gombo, fruit de l'Hibiscus esculentus, dont les Américains ne sauraient se passer dans la confection d’une soupe mucilagineuse d’un usage courant dans le Nouveau Monde.
- Les piments sont des condiments plutôt que des légumes proprement dits, qu’on les utilise en salade sous forme de piments doux ou, pour rehausser la saveur des mets, sous celle de piment fort ou enragé.
- Quant aux fruits, ils sont légion, les uns qui nous arrivent encore frais et utilisables dans toutes leurs parties, les autres que nous ne connaissons que desséchés ou sous forme d’amandes.
- Les anones, les chérimoles et les pommes cannelle sont tous trois le produit d’espèce du genre Anona. Ce sont d’excellents fruits cultivés dans la plupart des régions chaudes du globe aussi bien dans l’ancien continent qu’en Amérique; la chair en est douce, très sucrée, d’un parfum délicat, plus ou moins abondante suivant les espèces. L’anone nous arrive de Madère dans le courant des mois d’octobre à février.
- L’avocat ou Aouaca, est très recherché dans les pays chauds, pour la fraîcheur de sa chair de consistance beurrée, qui se rehausse agréablement, quand on a enlevé la grosse amande, de poudre de
- sucre et d’une pointe de cognac, de tafia ou même de champagne. Dans ces conditions nous l’avons trouvé excellent au Brésil et nul doute qu’en France il n’en soit de même, d’autant plus qu’on peut en avoir pendant toute l’année.
- La goyave, la mangue et le mangoustan, tout aussi tropicaux que le précédent, sont encore plus recherchés. La goyave, fruit de Psidium, delà famille des myrtacées, fait de bonnes compotes et une confiture sèche en consistance de pâte, qui sont préférables au fruit cru. La mangue, produite par le Mangifera indica, constitue un des fruits les plus salubres et les plus délicieux des pays chauds où ses variétés se comptent par douzaines. Certaines d’entre elles mûrissent en mai atteignant 150 grammes, d’autres le font en octobre seulement et sont encore plus volumineuses. La mangue et la goyave nous viennent de la Martinique, de septembre à janvier.
- C’est encore un fruit utilisable frais que le Mangoustan, le meilleur des fruits exotiques, et, suivant quelques amateurs, de tous ceux qui existent. C’est le tégument pulpeux des graines (pie l’on consomme; il est blanc, succulent, d’un goût et d’un parfum exquis, à condition de cueillir le fruit quelques jours d’avance. Le mangoustan est le fruit du Garcinia Mangostana. Nous pouvons nous le procurer d’octobre à décembre.
- Faut-il encore recommander, tant ils sont connus : la noix de Coco, la Banane au parfum délicieux, l’Ananas, le fruit par excellence quand il est à point, la Figue de Barbarie, d’un si grand sec urs pour calmer la soif en Algérie, les grenades, la datte, les raisins, etc. Nous ne ferons pas à nos lecteurs l’injure de leur parler plus longuement de ces fruits qu’ils connaissent certainement.
- Les Aurantiacées se présentent dans le commerce sous de nombreuses formes depuis l’orange proprement dite de provenance variable, la mandarine quelquefois trop parfumée jusqu’au citron doux qu’on pourra consommer de janvier à avril à l’état naturel, confit ou cuit, tenant le milieu entre l’orange et le citron. Le cédrat est ici à sa place ainsi que les pamplemousses.
- Depuis quelques années le Kaki nous a donné ses fruits dont la chair blette est mangeable d’octobre à janvier. Originaire du Japon, et produit par les Diospyros, c’est l’Algérie qui nous l’envoie. La Bi-bace, cette nèfle du Japon, est plus commune encore d’avril à juillet. Le Physalis se recommande par sa petite baie entourée d’une enveloppe membraneuse ; c’est surtout comme fruit confit qu’on pourra s’en servir.
- Le Letchy, de la Chine, nous livre la pulpe qui entoure son noyau, cuite elle rappelle agréablement celle d’un bon pruneau. Nos marchands le reçoivent maintenant pendant toute l’année.
- Quant aux amandes, nous ne citerons que celles des noix de Sapucia et du Brésil, produits de Lecythis et du Bertholletia ; les Pacanes; celles du Canada et d'Ikori qui proviennent des noyers améri-
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- cains, les noisettes du pin Pignon. Elles sont de tous points à peu près comparables à nos noix et à nos noisettes dont elles ont la saveur et la consistance. Enfin les noix de Kola actuellement célèbres et d’origine africaine relèvent plutôt du domaine de la me'decine. En ce qui est des caroubes, ce sont de longues gousses sucrées, alimentaires si l'on veut, mais plutôt utilisables pour la nourriture des animaux. P. Hariot.
- Attaché ail Muséum d'histoire naturelle.
- LA MACHINE RIIÉOSTATIQUE
- Il est un producteur de haut potentiel qui semble tombé dans un injuste oubli. C’est la machine rhéosta-tique de Planté.
- Le célèbre inventeur de l’accumulateur, cherchant à démontrer l’identité de l’électricité des piles et de celle des machines, avait imaginé de charger, au moyen de deux éléments Bunsen, un grand nombre d’accumulateurs montés en surface, et que l’on groupait ensuite en tension par le simple jeu d’un commutateur. Cette batterie servait après à charger des condensateurs en surface qui étaient à leur tour groupés en cascade. Leur décharge produisait alors une forte étincelle, dont l’énergie était empruntée tout entière aux éléments Bunsen. Planté réalisait ainsi une expérience analogue à celle qui consisterait à ramasser toute l’eau contenue dans un bac large et peu profond, et à la refouler dans un tube haut et de faible diamètre.
- Si cette machine fut construite à quelques exemplaires seulement, cela tient peut-être à ce que Planté, dédaignant de prendre des brevets, la laissa dans le domaine public.
- M. Trowbridge, de Harvard College, vient d’en reprendre l’étude, et, après l’avoir soumise à divers essais, en a fait une panégyrique enthousiaste.
- La machine qu’a construite M. Trowbridge permet d’atteindre un million deux cent mille volts. Elle donne des étincelles de 60 pouces anglais, soit plus de T m,5, et ces étincelles éclatent en produisant un bruit semblable à la décharge d’un pistolet.
- En connexion avec un tube de Crookes, la machine rhéostatique possède une action bien particulière. Lorsque le vide est poussé au point où la décharge d’une bobine passe à l’extérieur, l’étincelle de la machine rhéostatique se fraie encore un passage à l’intérieur de l’ampoule et donne naissance à des rayons d’une grande intensité.
- L’un des avantages de cette machine, c’est qu’elle provoque des phénomènes simples. L’opérateur est maître de la décharge, calcule aisément le potentiel et la capacité que lui donne chaque combinaison, et les modifie à volonté.
- Il n’y a pas d’erreur possible sur le sens de la décharge, il n’y a pas d’alternance, et partant, aueun des phénomènes mal définis qui en sont la conséquence. Enfin, suivant. M. Trowbridge, on obtient, avec une dépense d’un tiers de cheval, certains effets qui, avec la bobine, nécessiteraient une puissance de 30 chevaux. N’est-ce point assez pour donner à la belle invention de Gaston Planté la vogue à laquelle sa machine rhéostatique aurait pu prétendre dès le premier jour? Ch.-Ed. Guillaume.
- UNE ILE MAGNÉTIQUE
- On a l’habitude de considérer aujourd’hui généralement comme une légende l’attraction des navires vers les côtes par des masses de fer magnétiques renfermées ordinairement dans les montagnes. On vient de constater récemment un fait de ce genre. L’île danoise de Bornholm, située dans la mer Baltique, près des côtes allemandes, es{ un vaste aimant. Sa puissance attractive, sans approcher de celle qu’on attribue dans les contes à de telles îles, est cependant assez forte pour causer quelque désagrément aux navires qui côtoient les bords de l’île. Elle exerce notamment sur l’aiguille aimantée de la boussole une influence qui peut changer d’une façon notable la direction qu’on veut donner au navire. Cette propriété se manifeste dans un rayon de 13 kilomètres autour de l’île. Suivant le journal Ciel et Terre, qui nous donne cette information, le banc de rochers qui se trouve devant Bornholm jouit des mêmes propriétés magnétiques.
- PRODUCTION MINÉRALE DES ÉTATS-UNIS
- l'Engineering Mining Journal de New-York vient de publier la statistique de la production minérale et métallurgique aux États-Unis en 1897.
- Voici d’après ce journal, la production minérale :
- Charbon bitumeux Tonnes. 131 454 000 Dollars. 178 689 000
- — anthracite .... 45 000 000 86 690 000
- Minerai de fer 18132 000 30 338 000
- Pétrole brut 8 992 000 50 734 000
- Pierres (marbre, onyx, etc.) » 52 000 000
- Argile commune » 66 000 000
- Or 83 514 55 499 000
- Fer en gueuses 9 644 000 91 125 000
- Argent (valeur commerciale). 1 745 000 55 558 000
- Cuivre 216 000 52 478 000
- Plomb 1 76 476 13951000
- Zinc 90 800 8 248 000
- Gaz naturel » 10 000 000
- Coke 10 681 000 2 446 000
- Argile réfractaire 3 856 000 5 089 000
- Chaux 5 534 000 30500 000
- Ciment 1 431 000 7 918 000
- Céruse 87 200 8 658 000
- Sel 1 337 000 6386 000
- Soude fabriquée 177 000 4 071 000
- La valeur totale de cette production a atteint 762 mil-
- lions de dollars.
- On doit noter en particulier que les produits ne sont évalués que sous leur forme la plus brute., le charbon comme il sort de la mine, le fer comme il sort du fourneau, le cuivre en lingots, le plomb en gueuses, etc., sans qu aucun compte soit tenu de la main-d’œuvre, même sous la forme la plus simple du travail, et aussi des autres dépenses faites pour mettre ces produits en état d’ètre vendus.
- La valeur totale de la production minérale des Etats-Unis, en 1897, dépasse de beaucoup celle de tout autre pays, égale presque la valeur de la production de toute 1 Europe, et cela en dépit du fait que les Etats-Unis ont traversé une période de dépression extraordinaire, alors que 1 Europe avait une année de prospérité sans exemple.
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- Le chiffre de 1897 ne fait pas seulement ressortir l’importante valeur totale, mais aussi en même temps l’immense variété des produits minéraux aux Etats-Unis.
- Ce pays ne se fait pas remarquer seulement comme le pays le plus grand producteur de fer, de cuivre, de plomb, d’argent et d’or, mais il fournit tous les minéraux, tous les métaux connus dans le commerce.
- La production minérale de 1897 est supérieure à toutes les précédentes; mais, si l’on en croit certaines indications, elle sera encore dépassée en 1898.
- LES YERSEURS HERMÉTIQUES
- UNE BOUTEILLE INVIOLABLE
- M. G. Lippmann a récemment présenté à l’Académie des Sciences un appareil intéressant imaginé par M. le baron Robert Personne de Sennevoy. Cet appareil donne la solution du problème suivant :
- « Étant donné un récipient hernié t i q u e m e n t clos, rempli de liquide, en extraire une portion quelconque de ce liquide sans laisser rentrer l’air extérieur. Le liquide sort du récipient hermétiquement clos, en laissant derrière lui que le vide. »
- Il est clair que la solution conduit immédiatement à deux résultats pratiques. D’abord, par suite de l’impossibilité de la rentrée d’air, on peut conserver en vidange les liquides les plus altérables, et mettre les liquides volatils, essence, pétrole, éther, alcool, etc., à l'abri de toute inflammation fortuite. Le réservoir se comporte toujours comme s’il était plein et de ce chef on pressent les applications à la conservation des liquides altérables et des réactifs photographiques que l’air transforme rapidement. Ensuite et accessoirement, il est évident que ce genre de récipient conduit à la « bouteille inviolable ». Impossible d’extraire une goutte de liquide par fraction ou en totalité à moins de briser le récipient ou de violer les cachets de garantie, et surtout d’introduire dans la bouteille une seule goutte d’un liquide étranger.
- En principe, tout le système repose sur l’emploi d’un récipient hermétique muni d’une petite pompe. Le liquide ne peut être expulsé qu’en traversant le
- corps de pompe. Et le vide se fait derrière lui : si bien que l’on peut voir le liquide se vaporiser et entrer en ébullition à froid, la pression atmosphérique ayant cessé d’agir. Quelques coups de pompe et le liquide sort par le robinet extérieur. Le principe défini, voici quelques détails. Le piston de la pompe s’emplit du liquide à extraire pendant la phase de soulèvement et pendant la phase inverse, une soupape élastique s’applique à l’extrémité du coup de pompe et empêche le refoulement du liquide. A chaque coup de piston, le liquide est extrait, forme bouchon dans le cylindre et s’en va à l’orifice de sortie, sans qu’en réalité le récipient soit jamais débouché pendant qu’on le vide. Il n’y a point contact avec l’air.
- Les dispositifs du mécanisme « d’un verseur hermétique » varient suivant la destination de l’appareil. Notre dessin (fig. 1, n° 1), représente un des types les plus pratiques, en ce qu’il utilise un flacon de forme quelconque : le cylindre C fait joint étanche au goulot du récipient R, dans lequel il plonge jusqu’au fond et avec lequel il est en communication par l’orifice 0, fermé par une soupape S, d’une densité très légè-rement supérieure à celle du liquide.Cette dernière précaution est prise pour la raison suivante : le piston creux PP, muni des soupapes élastiques S, S, n’agit pas, lorsqu’il se meut dans le cylindre, comme un aspirateur, puisque la pression atmosphérique n’existe pas à l’intérieur du récipient (que nous supposerons parfaitement rempli) : en s’éloignant du point 0, fermé par la soupape S, le piston permet simplement à la masse du liquide d’envahir le cylindre par son simple poids, en vertu de la loi des vases communicants : quand on le rapproche du fond du cylindre, la soupape d’admission S servant de point d’appui, le fluide, resserré entre celle-ci et la soupape du piston, oblige cette dernière à lui livrer passage pour jaillir ensuite à l’extérieur.
- Le piston n’agit donc en réalité que comme compresseur.
- Nous représentons aussi un autre dispositif, le compresseur à détente. M. de Sennevoy nomme ainsi un appareil qui forme en quelque sorte la
- Fig. 1. — Verseurs hermétiques. — 1. Flacon obus. — 2. Flacon avec fontaine.
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- contre-partie du verseur hermétique : au lieu de laisser le fluide extrait passer directement à la pression ambiante, il l’emmagasine sous pression dans une sorte de cloche D, représentée figure 1, nos let 2, au sommet de la pompe : cette cloche est adaptée, par un joint étanche, à l’orifice d’émission du verseur hermétique et contient soit de l’air, soit un gaz quelconque, qui est tout d’abord à la pression atmosphérique. L’irruption dans cette cloche du liquide qu’on extrait à chaque coup de piston, comprime l’air au-dessus de lui ; un ajutage à robinet permet de faire jaillir à volonté le liquide ainsi emmagasiné sous pression, après un dosage aussi minutieux qu’on le désire car, la cloche peut cire un tube gradué, dans lequel le niveau du liquide monte parallèlement à la graduation consultée, aussi lentement qu’il plaît à l’opérateur.
- L’obus représenté (fig. 1, n° 1 ) est muni d’un bec de pulvérisation : on devine toutes les applications qui attendent le compresseur à détente, qui remplace avec avantage les pulvérisateurs à boule de caoutchouc, autant au point de vue de la solidité qu’à celui de la puissance de projection, qui est ici illimitée en quelque sorte, au moins dans une large mesure.
- La figure 2 représente un flacon surmonté d’une élégante petite fontaine de cristal, munie d’un robinet permettant de distribuer commodément des parfums, médicaments, liqueurs, etc.
- Enfin, nos dessins (fig. 2, nos l et 2), représentent une autre intéressante application de l’invention de M. de Sennevoy : sur un bidon de pétrole, transformé en récipient inviolable par l’adjonction d’un verseur hermétique cacheté en CC, se visse la lampe spéciale, dite lampe « Egide », qui brûle directement une quantité quelconque de pétrole : un simple mouvement de la pompe permet de maintenir dans
- le réservoir du brûleur un niveau élevé, ce qui assure une intensité de lumière constante et empêche le charbonnage de la mèche. Un bidon de cinq litres donne environ cent heures de lumière, avec un fort bec. Quand le bidon est vide, on dévisse la lampe (dont le fond est muni d’une soupape empêchant le pétrole de s’échapper) et on la revisse sur un autre bidon-lampe, que chaque marque livrera plombqftT en échange d’un récipient vide. On évite ainsi le transvasement du pétrole, toujours malpropre et dangereux quand il s’agit d’essence de pétrole.
- Les amateurs photographes pourront tirer bon parti du nouveau système. On sait bien que la plupart des révélateurs perdent rapidement à l’air leurs propriétés essentielles. On est obligé de les préparer chaque fois avant de s’en servir, ou chaque fois encore de les transvaser dans un petit flacon que l’on emplit pour éviter le contact de l’air. Il va de soi qu’un révélateur enfermé dans le verseur hermétique restera par cela même à l’abri de toute altération.
- Il est donc permis de penser que certains de ces appareils entreront dans la pratique courante.
- Les verseurs automatiques ne sont pas encore dans le commerce ; mais la fabrication va commencer et l’on saura bientôt à quoi s’en tenir sur leur véritable avenir. J.-F. Gall.
- LES TRAINS RAPIDES1
- Nous avons publié récemment à cc sujet une Note qui pouvait prêter à malentendu. Plusieurs de nos abonnés et entre autres M. l’ingénieur du service central du matériel et de la traction du chemin de fer du Nord, puis M. R. Varennes, M. Daily et M. Itéricher, ont bien voulu nous envoyer quelques chiffres intéressants, ce dont
- 1 Voir u" 1291, du 26 février 1898, p. 19o.
- Fig. 2. — Application à un bidon à pétrole.
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- nous les remercions sincèrement. Le plus grand parcours anglais sans arrêt est effectué par le Great Western et non pir le South Western. Ce parcours est de 513 km en 5b45m; la vitesse commerciale est donc de 84,2 km par heure. Ce train circule depuis le 15 juillet 1896 et effectuait à l’origine son parcours en 5h 37m ; il y a eu augmentation de 6 minutes en 1897; le même lait s’est produit dans trois autres compagnies anglaises.
- La distance de Laroche-Paris, de 155 km, est parcourue en 2h5m au retour par le train de luxe Méditerranée-Express à une vitesse de 75,6 km par heure. Ce même train met à l’aller lh58m pour couvrir la distance de Dijon-Laroche, soit 160 km, à la vitesse de 81,55 km par heure.
- Le trajet de Paris à Saint-Quentin (154 km), est effectué par le train 115 en lh59m et par le train de luxe Nord-Express en lh47m.
- Les parcours les plus longs en France sans arrêt sont les suivants : sur l’État, Courtalain-Thouars 186 km, pendant l’été seulement; sur le Nord Amiens-Calais 167 km, sur l’Est Troyes-Paris 166,2 km, sur le P.-L.-M. Laroche-Dijon 160 km.
- Les vitesses moyennes de nos trains dépassent 80 km par heure pour atteindre 84 sur l’Orléans, 85,8 sur Paris-Lyon-Méditerranée entre Avignon et Valence(124,4 km en lh27m) et 92,4 km sur le Nord qui a le record de la vitesse. La distance de Paris à Amiens (131 km) est parcourue en lh25m par le train Rome ou Méditerranée-Calais ; la vitesse est donc de 92,4 km par heure. Ce dernier train et l’express de New-York à Buffalo sont actuellement les deux trains les plus rapides du monde. Le train de luxe partant de Paris-Nord à 12h20m pour arriver à Calais-Maritime à 5h50m parcourt une distance de 298 km en 5h 50m.
- A propos des parcours de 485 et 707 km sans arrêt, M. R. Varennes nous fait observer qu’il est douteux que ces trajets aient été accomplis réellement. Après 250 à 500 km, la grille de la chaudière est encrassée par le mâchefer et l’arrêt s’impose.
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- CHRONIQUE
- Indicateur horaire pour llacres. — La Compagnie générale des voitures de Paris vient de mettre à l’essai un nouvel appareil d’importation anglaise permettant de fractionner le prix de la course proportionnellement à la durée du parcours. Cet indicateur gros comme un réveille-matin se place à gauche du cocher, de façon que le client puisse le consulter facilement. Sur le cadran sont marquées les minutes par des divisions bien visibles, avec des traits plus longs de 5 en 5 minutes. Sur un second cadran concentrique au premier, on a inscrit les prix correspondants du tarif admis. Les 2 premières minutes se payent 60 centimes, 4 minutes 70 centimes, 6 minutes, 80 centimes, 9 minutes, 90 centimes, 12 minutes, 1 franc, 16 minutes, 1 fr. 10; enfin 23 minutes, 1 fr. 40. On voit que le système est combiné pour les petites courses.
- Un voyageur monte. Le cocher donne à l’appareil deux tours de clef ayant pouV but de remettre au point de départ l’aiguille du temps, minutes et heures, et de faire fonctionner le système. Au bout de la course, le voyageur d’un coup d’œil lit le temps écoulé et le prix correspondant. l'as de discussion, dit-on, pas de querelle. L’indicateur met tout le monde d’accord. Les Parisiens sont appelés à dire leur avis sur le nouveau mode de comptage.
- En somme, le client doit payer pour 2 minutes, c’est-à-dire pour la mise en marche, une somme fixe de 60 centimes, mais il aura à payer ensuite 40 centimes par 2 minutes jusqu’à 6 minutes, puis ensuite 40 centimes par 5 minutes, etc. 11 y a diminution de prix en raison de la longueur du trajet.
- Il faudra voir l’indicateur anglais à l’œuvre. Si le cocher ne remonte pas son appareil complètement à chaque point de départ, si le client a l’esprit ailleurs, il y aura encore, quoi qu’on en dise, des discussions interminables. On verra bien. Les petites courses d’un quart d’heure à 1 franc n’ont pas réussi. Nous nous demandons qu’est-ce que ce sera pour des courses de 5 à 40 minutes! Essayons tout de même.
- Les téléphones en Angleterre. — En 1895, le nombre des abonnés était de 9000 et il a pu atteindre 13 000 en 4896; pendant ce dernier exercice, le nombre des communications s’est élevé à 550 millions.
- Le télégraphe en Angleterre. — Depuis 1870, les télégraphes anglais qui étaient aux mains de compagnies privées sont passés dans les services de l’État, leur développement depuis cette époque a été tellement considérable qu’aujourd’hui le nombre des dépêches transmises atteint 65 millions, ce qui fait pour une population de 38 900 000 habitants, 9 dépêches pour 5 habitants.
- La neige ronge. — Les Américains ont décidément tous les bonheurs ; nous ne c mnaissons la neige que blanche; chez eux, tout le versant septentrional des monts Wasateh, à 5400 mètres d’altitude, est recouvert de neige rouge. Cette coloration est due à la présence du proto-coccus nivalis, sorte de plante microscopique qui fourmille dans la neige avec une très grande rapidité.
- Le caviar. — Sait-on bien d’où proviennent les (( caviars » ? car il y en a de nombreuses sortes, que nos amis les Russes choisissent comme leur condiment apéritif favori. Le Dr J. Lawrence Hamilton a publié sur ce sujet un intéressant travail dont nous extrayons quelques détails instructifs : Le caviar proprement dit est le Hard-roe, ou œufs de l’esturgeon femelle ; les spermalozoe, œufs de l’esturgeon mâle, donnent un produit de beaucoup inférieur au premier. Grâce à son goût quelque peu acidulé, le caviar, surtout loi’sque l’esturgeon est pêché en eaux profondes, stimule l’appétit. C’est dans la gelée huileuse que renferme l’œuf de ce poisson que réside cette saveur si appréciée des gourmets. On a donpé le nom de caviar aux œufs et laites d’un grand nombre d’autres poissons. Au dix-septième siècle, les Israélites orthodoxes auraient substitué la carpe à l’esturgeon, croyant que ce dernier pouvait engendrer la lèpre. Les Norvégiens se servent de la morue qu’ils font sécber au soleil pour la manger en guise de pichle ; le mulet rouge est utilisé dans le currie, le fameux plat des Indiens, et dans le hol-tarcu/o des Italiens; le brochet-perche de Zandcr est exporté dans la province d’Astrakan sous le nom de tchas-ticoci ; enfin le homard dont on utilise la coloration rouge des œufs.
- Les variations de la température sur les montagnes. — On sait que sur les lieux élevés, l’air étant raréfié est beaucoup plus sensible aux variations de la température: en voici un exemple remarquable. Des alpinistes, partis de Grenoble le samedi matin 29 janvier, arrivèrent à la Pra, située au sommet du pic de Belledonne (2145 mètres) à midi et demi. Le soleil était alors très vif et l’on a remarqué que le thermomètre donnait ausoleil + 15°, à l’ombre — 10°,soit une variation de 25°.
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- Los pêcheries de perles en Californie. — C'est la seule occupation de la population indigène, qui maintenant pratique couramment le scaphandre. Les perles sont généralement d’assez faible valeur, mais cela n’empêche point cette industrie spéciale de rapporter 550 000 dollars rien que pour les perles, et 1 250 000 dollars pour les écailles à nacre. La ville de La Paz subsiste en grande partie comme centre de ces pêcheries.
- \miveau bateau de sauvetage à propulsion hydraulique. — Pour ajouter aux deux qu’elle possède déjà, la Société anglaise de sauvetage des naufragés, « Royal national lifeboat Institution », vient de se faire construire par M. Thornycroft un nouveau petit vapeur appelé Qunen, long de lGm,7(i sur 4m,87. Il emploie un mélange de pétrole (astatki) et de charbon pour chauffer sa machine, qui aspire l’eau à Lavant pour la rejeter vers l'arrière, le déplacement résultant de l’action des jets d’arrière sur l’eau environnante. On va construire deux autres de ces bateaux. Nous croyons fort que le rendement ne soit détestable. On en reviendra à l’hélice.
- La nébuleuse d’Orion. — M. Leavenworth, directeur de l’Observatoire de Ilaverford (Pensylvanie, États-Unis) écrit dans Astronomical Journal que plusieurs photographies de cetté nébuleuse prises à l’Observatoire de Minnesota, le 24 février, et pendant le mois de septembre 1897. ont montré une étoile de treizième grandeur qui n’existait pas sur une photographie du 25 janvier 1897. On se trouve donc là en présence d’une petite étoile de grandeur variable qui passait par son minimum d'éclat vers le 25 janvier, tandis qu’elle était visible aux autres dates précédemment citées.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 7 mars 1898. — Présidence de M. Wolf.
- Observations sismographiques. — M. Michel Lévy, au nom de M. Killian, de Grenoble, a signalé une observation sismographique recueillie le 4 mars dernier par les appareils enregistreurs de la station. À 9h17, s’est produite une ondulation correspondant à un tremblement de terre lointain. Le phénomène a eu pour origine l’Italie du nord, dans la région du fleuve le Pô. C’est la quatrième fois que l’on recueille à Grenoble de semblables observations.
- Une nouvelle graminée. — Par l’intermédiaire de M. Aimé Girard, M. Dybowski a donné d’intéressants renseignements sur une graminée nouvellement identifiée par ses soins, le pospalum longiflorum, dont les graines sont utilisées par les peuplades de l’Afrique centrale pour les besoins alimentaires. Cette céréale fournit une semoule de très bonne qualité et qui pourra avec avantage concourir à l’alimentation. Aussi y a-t-il lieu de préconiser l’introduction de la culture de cette graminée dans nos colonies.
- Préparation du glucinium par électrolyse. — M. Le-beau, à qui l’on doit tout une série de recherches sur la glucine et le glucinium, fait connaître, par l’intermédiaire de M. Moissan, une nouvelle méthode permettant de préparer facilement ce métal. Le procédé consiste à soumettre à l’éleetrolyse le fluorure double de sodium et de glucinium. On obtient ainsi un métal blanc, brillant, cristallisé, susceptible de donner avec le cuivre les mêmes alliages que ceux préparés au four électrique.
- Nouveau mode d'analyse de l'oxyde de carbone. — En ce temps où, malgré les perfectionnements apportés aux appareils de chauffage, les empoisonnements par l’oxyde de carbone sont de plus en plus nombreux, il est fort utile de posséder un procédé efficace et pratique de reconnaître le gaz toxique. D’après M. Nicloux, une telle analyse est facile si l’on a recours à la réaction qu’exerce l’oxyde de carbone sur l’acide iodique à la température de 150°. L’acide iodique cède de son oxygène à l’oxyde de carbone qui passe à l’état d’acide carbonique et il se fait un dépôt d’iode. Grâce à l’emploi de cette méthode très sensible, MM. Degrez et Nicloux ont pu constater, a fait observer M. d’Arsonval, que le sang des sujets soumis à l’anesthésie chloroformique, se charge bien d’oxyde de carbone, comme ils l’avaient déjà constaté anciennement par des analyses exécutées en suivant une autre méthode. On sait que leurs affirmations à cet égard avaient été contestées par M. Saint-Martin.
- Varia. — M. Radau donne lecture d’un intéressant rapport sur les travaux de Gonnessiat, astronome à Lyon, travaux relatifs aux déterminations de latitude et qui mettent en relief les variations de latitude au Pôle. A mentionner encore un mémoire de M. Ad. Chatin sur les faisceaux du pétiole des dicotylédonées; une Note de MM. Ch. Debierre sur un microbe produisant de la mucine en abondance; un travail de M. Pillât sur l’influence du fer doux sur les bobines traversées par des courants de haute fréquence; une Note de M. Carvalho sur la dispersion du quartz dans l’infra rouge; une Note de M. André Broca sur les propriétés des cathodes placées dans un champ magnétique puissant ; une Note de M. Ch.-Ed. Guillaume relative aux variations de volume que présentent les alliages d’acier au nickel; une Note de M. Eug. Dumont sur les propriétés magnétiques de ces mêmes alliages ; une Note de M. Kuntsler sur l’influence du milieu chez les protozoaires et une Note de M. Gabriel Bertrand relative à l’action des bactéries de la sorbose sur les alcools pliu ivalents.
- Gu. DE VlLLEDEUlL.
- LA FEMME ARAIGNÉE
- NOUVELLE ILLUSION d’oPTIQUE
- Nous avons fait connaître, plusieurs fois déjà, différentes illusions curieuses obtenues à l’aide de miroirs1; en voici une nouvelle, que nous empruntons à un livre récemment publié en Amérique2 :
- Il s agit du truc de l’Araignée à tête de femme. Le décor composé d’une toile de fond représente la façade d’un élégant pavillon à la campagne. En premier plan, un perron formé de plusieurs marches et de paliers avec leurs bas-côtés en gradins imitant la pierre, ornés de vases de fleurs et de candélabres. Le prestidigitateur annonce dans son boniment que la maison est depuis longtemps abandonnée; la preuve! Il montre le perron couvert par une énorme toile au milieu de laquelle se dresse une araignée gigantesque aux pattes longues et velues. Regardez
- 1 Yoy. n° 1201, du 51 juillet 1897, p. 145.
- 2 Magic Stage illusions and scientilic diversions including trick photograpliy by Albert A. Hopkins, Munn and C°. Scienti/ic American Office, New-York, 1898.
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- LA NATURE.
- bien (fig. 1). Du corps de cette araignée fantastique émerge une tcte de femme. Quand la scène commence, on voit fa porte du pavillon s’ouvrir pour donner passage au prestidigitateur qui se trouve aussitôt arrêté par la toile d’araignée. Lorsqu’il fait mine de descendre quelques marches du perron, il les remonte aussitôt comme épouvanté. Le bon public est d’abord hésitant, se demandant si « c’est arrivé ».
- Les plus impressionnables reculent d’effroi.
- Les marches du perron sont vues à travers la toile de l’araignée aussi bien au-dessus qu’au-dessous du corps de l’insecte. Alors comment cette tête de femme peut-elle sortir du corps horrible de l’araignée?
- L’illusion est produite par un miroir placé de manière à former un angle de 45 degrés sur le premier palier du perron et qui monte jusqu’au niveau de la base
- du deuxième gradin de pierre où se trouve les candélabres.
- Ce miroir (fig. 2) remplit exactement toute la largeur des marches du perron. Au milieu de son arête supérieure est taillée une échancrure E destinée à recevoir
- le cou de la dame chargée de jouer le rôle de l’araignée. Quant au corps de l’insecte, il est tout artificiel (fig. 5), les pattes sont fixées à la toile qui est faite de grosses ficelles (3). La dame, tout en posant son cou sur la partie circulaire taillée du miroir (2), doit ajuster derrière sa tête le corps postiche de l’araignée. L’illusion est alors complète; les marches (1) sont reflétées par le miroir de façon à simuler un vide absolu sous la toile qui semble tendue par l’insecte, et elles apparaissent fort régulièrement jusqu’au dernier palier du perron. Quant au corps delà femme araignée, il est étendu derrière le miroir (2),
- comme le montre la figure 5. Lorsque le compère descend les marches supérieures du perron, il doit prendre garde à ne pas aller plus bas que la ligne de réflexion du miroir, car ses pieds cesseraient alors d’être visibles pour les spectateurs, et le truc serait aussitôt dévoilé.
- L’arête supérieure de la glace est recouverte par l’iine des cordes qui forme la toile de l’araignée et
- par suite cachée pour les spectateurs qui ne peuvent se douter de sa présence. Et c’est ainsi qu’avec un peu d’habileté et par l’emploi d’une glace, on parvient encore à étonner le public... même en Amérique. Albert Tissandier.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 129-4. — 19 MARS 1898.
- LA NATURE.
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- VILLAGES NÉOLITHIQUES DES BORDS DE LA SEINE
- TABLEAU DE LA VIE DES PRIMITIFS ARYENS
- Pendant la période néolithique, des immigrés venus de l’Asie ont introduit en Europe divers élé-
- ments d’une civilisation plus avancée : certains animaux domestiques sans doute, des plantes, telles
- Fig. 1. — Objets des villages néolithiques. — 1. Fragment de terre durcie avec empreinte de branche du clayonnage des huttes.
- 2. Pierre de casse-tête trouvée à 2 mètres de profondeur dans une sablière voisine du village des Champs-Parlarts (Franchot).
- 3. Même fragment que n" 1. Face externe convexe.
- que le blé, etc. Ils se mêlèrent intimement aux indigènes qui vivaient presque exclusivement de chasse et d’élevage. Ils formèrent sans doute aussi des colonies ; et c’est par ces colonies peut-être qu’ont été élevés les centres de civilisation que furent les villages sur pilotis, les pala-fittes et terramares. Ces villages étaient en effet aussi des refuges où l'on serrait les provisions et où l'on mettait chaque nuit le bétail à l’abri des coups de mains.
- Le reste du pays, loin de ces centres, était habité aussi bien. Et par qui? Par ces indigènes dont la barbarie dut justement être bien longtemps inquiétante pour les nouveaux venus. Ils se réfugièrent longtemps dans des grottes, comme au temps quaternaire.
- Ils eurent ensuite des villages; mais ces villages, on les retrouve rarement. Ils étaient sans doute d’une installation bien sommaire, en raison de la vie de leurs habitants, vie de chasseurs ou de pasteurs errants. Abandonnés ou détruits, les siècles, en passant sur leurs ruines, 26° année. — 1er semestre-
- ont sans peine effacé toute trace apparente de leur existence. Les inondations, les pluies, puis la charrue
- en ont mêlé et dispersé jeg restes superficiels. Ceux qui furent élevés dans des situations exceptionnellement favorables, sont restés occupés de siècle en siècle; et, lentement, chaque jour, le présent effaçant quelque chose du passé, il serait bien vain d’y rechercher les traces des générations premières sous les débris accumulés parles générations récentes. Ce n’est que grâce à des circonstances exceptionnelles qu’ont été mis au jour les foyers de trois villages dans la province de Liège ( arrondissement de Waremmes1), ceux de Campigny ( Seine-Inférieure2), ceux de Cormeille- en - Parisis5, ceux de Tesnières en Seine-et-Marne, ceux de Jussy en Champagne4. On s’est presque chaque fois exclamé sur la quasi
- 1 Bullet. Soc. anthrop. Bruxelles, 1890 et 1892, p. 144.
- 2 De Morgan, 1872. — Rivière, 1890.
- 3 Bullet. Soc. anthrop. Paris, 1890, p. 604.
- 4 Mém. de la Soc.des antiquaires du centre. Bourges, 1893.
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- LA NATURE
- nouveauté de ces découvertes, qui rappellent toutes cependant celles, nombreuses, des fonds de cabane de l’Emilie (Italie).
- Dès 1865, une excavation ayant été pratiquée sur la rive droite de la Seine, à Choisy-le-Roi, à environ 25 mètres du pont actuel, un savant du pays, actif chercheur, M. Roujou, y observa des foyers1. Ils étaient à deux niveaux différents. Dans ceux de niveau inférieur, il n’y avait que peu ou point de restes d’industrie; silex passés au feu dont on ne peut dire s'ils furent utilisés, rares tessons d’une poterie très grossière. M. Roujou se borne à dire des foyers situés au-dessus, dans la zone moyenne, qu’ils étaient riches en silex ouvrés, en poteries et en os, et que de plus ils renfermaient des débris calcinés de la moule de rivière, l’Unio.
- La même année, M. Roujou, signala* l’existence de tout un village du même genre que celui révélé par les foyers ci-dessus, sur la rive droite de la Seine également, mais plus loin en amont. Il avait été établi sur une berge à pic de 4 mètres de haut, non loin de l’emplacement de la ville actuelle de Villeneuve-Saint-Georges. Cette berge, à 900 mètres en avant du pont suspendu, s’éboulait naguère de temps en temps par l’action des courants du fleuve. M. Roujou y a observé d’abord, à 5 mètres au-dessous de la surface, établis sur le lœss jaune et en contact avec une couche grise, de petits amas de cendres à peu près circulaires de 40 centimètres à 1 mètre de diamètre. Comme ils ne renfermaient à peu près que des silex calcinés, il crut d’abord que c’étaient des restes de l’incinération des morts. Mais ayant trouvé ensuite des fragments de clayonnage, voici comment il s'exprimait : « Je pense que ces foyers ont été allumés en grande majorité, à la surface du sol, les uns en plein air, les autres peut-être dans des huttes, comme semblent l’indiquer de très rares fragments de terre Cuite portant des traces de clayonnage. Ces débris me paraissent provenir de cabanes en branchages recouverts de terre. »
- On a retrouvé de pareils débris dans les ruines des villages lacustres. La terre n’était pas cuite (qu’accidentellement, après incendie), mais appli-
- 1 Matériaux pour l'histoire primitive de l'homme, t. I et II, 1865-66, cl lia! tel. Soc. d'anthrop., 1860, p. ‘281.
- a Ballet. Soc. d'anthrop., 1865, p. ‘264.
- quée à l’état de mortier contre les parois; elle se durcissait à l’air et au soleil. Mais une fois amalgamée au sol, après la ruine des cabanes, elle ne tardait pas à se déliter et à former corps avec lui. De là, la rareté relative de tels restes. Mais ils sont plus communs que ne le dit M. Roujou.
- Depuis les foyers du fond (à 5 mètres) jusqu’à la surface, tout le dépôt était garni de rejets d’habitation. Périodiquement, sans doute, des inondations recouvraient les foyers existants, renversant les cabanes. Les habitants, le fléau passé, revenaient en édifier de nouvelles sur le limon abandonné. A 2 mètres de profondeur, les foyers étaient riches en silex taillés, en poteries, en os d’animaux. A mesure qu’on remontait vers la surface, le nombre des silex taillés diminuait, la poterie devenait plus parfaite et paraissait, dit notre auteur, caractéristique de l’àge du bronze. L’outil le plus commun était le grattoir à tranchnnt convexe.
- Les os recueillis représentent (d’après Lartet), deux espèces de bœuf, un cheval, deux espèces de porc, un cerf, la chèvre, le mouton , un chien, quelques oiseaux. M. Roujou était frappé, et justement, de l’absence dans un village sur le rivage même du lleuve, d’os de poisson. Enfin, les ébou-lements de la berge ont livré à M. Roujou un squelette humain qui paraît avoir été inhumé à 2"',50 de la surface. Le crâne de ce squelette m’a été donné par un ami, qui fut aussi l’ami de M. A. Roujou, M. A. Thomas. Je l’ai décrit dans les Bulletins de la Soc. d'anthr. (oct. 1897). J’ai peine à le croire néolithique, bien qu’il soit ancien, et bien que, à l’époque du bronze, l’habitude d’incinérer les cadavres ait été générale.
- Quand on songe à la vie des pauvres habitants des villages de la pierre, blottis au milieu des marais des rives de la Seine, c’est sous les traits que nous a révélés le squelette de Villejuif qu’on aimerait à se les représenter. Ce squelette incomplet a été trouvé à 2 mètres de profondeur, dans une terre rouge à brique, surmontant le lœss jaune, au bas de la côte de Villejuif.
- Os longs et crâne ont été décrits par moi en 1895 (Bullet. 1895, p. 189). Ce sont ceux d’un sauvage misérable, au front fuyant, aux arcades sourcilières très saillantes, peu robuste et très peu intelligent. Il vivait erfeore presque exclusivement de chasse.
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- Fig. 5. — N” 1 à 7. Objets recueillis par M. Laville dans la l’osse VI (fig. 2) et ses éboulis.— 1. Fragment decuelle, pâte assez fine. — 2. Fragment de poterie grise line, provenant des éboulis. — 5 et i. Tesson gris, grossier. — 5. Poinçon, os. — 6. Tesson de pâte grossière, orné d’un chapelet de reliefs pyramidaux. — 7. Tesson de pâte grossière noire orné d’oves irréguliers moulés avec les doigts.
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- Pour ce squelette, l’analyse qu’a faite M. Ad. Carnot, à ma demande, de fragments osseux, confirmerait qu’il remonte à l’époque néolithique. Mais, d’après ses caractères, il faudrait le rattacher au premier ban de ces immigrés asiatiques qui, ayant eux-mêmes peu de culture, adoptèrent la vie sauvage des indigènes ; alors que les villages que nous décrivons paraissent être ceux des indigènes simplement en retard, sur la civilisation des centres de colonisation du midi et de l’orient.
- En 1870, toujours sur la rive droite de la Seine et le long du chemin de Choisy à Villeneuve-Saint-Georges, M. Roujou a découvert un troisième village préhistorique. Les cabanes étaient peut-être élevées sur pilotis, au milieu d’un marais. l)‘où le nom que lui a donné M. Roujou de terramare des Champs parlarts. 11 y a ramassé beaucoup d’objets et de restes d’animaux (belles pointes de ilèche en silex, fragments de haches polies, couteaux, grattoirs, percuteurs, fusaïoles en terre cuite, bracelet et fragment d’épée en bronze, très beau vase en terre noire). Et de ces récoltes, il a conclu que ce village, créé à l’àge de la pierre, avait été habité jusqu’à l’àge du fer.
- En 1895, M. Laville a signalé tout auprès, des foyers mis à jour par suite des fouilles d’une sablière. Sur les deux parois verticales de la large tranchée ouverte le long de la ligne du chemin de fer de Grande-Ceinture qui coupe la route de Choisy à Villeneuve-Saint-Georges, on voit encore l’emplacement de ces foyers. Ce sont des accumulations de cendres dans des cavités qui, du fond à la superficie, ont, en certains endroits, plus de 2 mètres. Combien ont été détruits dans l’emplacement de la sablière? On ne le sait pas. M. Laville a recueilli, notamment dans leurs éboulis, une collection de poteries, d’outils de pierre, et d’os d’animaux, qui appartient à l’École des mines (fig. 3, nos 1 à 7).
- Le village dont ils sont les restes, était établi sur une butte qui ne s’élève pas à plus de 4 mètres au-dessus du niveau moyen actuel du fleuve. Les cabanes primitives n’étaient donc pas à plus de 2 à 3 mètres au-dessus de ce niveau. Mais alors le lleuve s’élevait plus haut qu’aujourd’hui. Elles étaient par conséquent bien près des rives marécageuses de i celui-ci. On creusait probablement un peu le sol pour les établir. Elles n’étaient pas grandes assurément, ni très distantes les unes des autres. Le sol actuel, tout autour, est entièrement gris d’un mélange de cendres, à la superficie. La plupart étaient à peu près rondes, si, du moins, on en juge d’après la forme convexe de la surface extérieure de fragments de la terre du clayonnage (fig. 1, n°3), comme aussi d’après l’apparence circulaire des amas de débris des foyers (n° 2). Cela pouvait faire des constructions assez solides, assez durables. Mais les pluies persistantes et les fortes inondations ne devaient pas en laisser grand’chose debout. Et il est à croire que vraiment le séjour de ces villages en hiver, s’il était possible, n'était pas agréable. La
- ronde Kota finlandaise, faite de perches assemblées, n'est pas plus confortable. Et la vie de ses habitants couchés des journées autour du foyer, sur des fagots de brindilles, reproduit peut-être exactement le tableau de la vie dans nos anciens villages néolithiques des bords de la Seine. Zaborowski.
- L’ARGENTAURUM
- L’opinion de la plupart des hommes de science est nettement défavorable à la découverte de M. Emmens et il faut reconnaître que 1’ « Argentaurum syndicate )) fait tout ce qu’il peut pour la discréditer, si tant est qu’elle existe, par des publications et des annonces dans lesquelles il le prend de très haut avec les faits scientifiques les mieux accrédités. Il va plus loin, et propose des prix importants pour des ouvrages qui auront réussi à démontrer les erreurs dans lesquelles sont tombés les savants les plus éminents de notre temps.
- Mais si nous faisons abstraction de ces publications, nous nous trouvons en présence de faits affirmés par des témoins qui peuvent ne pas s’ètre illusionnés, et suivant lesquels on aurait réussi à tirer de l’argent mexicain, traité par des procédés particuliers, un métal dont toutes les propriétés sont celles de l’or.
- En admettant l’exactitude de ce fait, on n’ira pas jusqu’à supposer que l’or, à son état habituel, préexistait dans l’argent du Mexique, car il est infiniment probable qu’on l’en aurait extrait avant d’en faire des piastres.
- Bien qu’il soit imprudent d’affirmer l’impossibilité de la transmutation des métaux, il ne semble pas que la science soit déjà arrivée au point où cette transformation puisse être essayée avec quelque chance de succès. Mais il reste encore une hypothèse à examiner. 11 se peut que l’or se trouve dans l’argent sous une forme allotropique encore inconnue. On ne niera pas la possibilité de la chose lorsqu’on songera que, pendant plus d’un siècle, l’argon a été confondu avec l’azote, et que les formes allotropiques de l’argent ont été découvertes seulement dans ces dernières années. Une fois sur la voie des hypothèses, il ne serait pas beaucoup plus difficile d’admettre que l’or puisse posséder une forme allotropique le faisant ressembler suffisamment à l’argent pour qu’on ait pu le laisser échapper là où rien n’attirait l’attention sur son existence.
- C’est dan:; cette direction, semble-t-il, que l’on concilierait le plus facilement les affirmations du Dr Emmens avec l’ensemble des faits aujourd’hui connus.
- Il resterait à expliquer l’origine des publications bizarres du syndicat. Tant de gens, dans tous les siècles, ont sacrifié leur raison à la recherche de la pierre philosophale que l’on pardonnera sans peine à ceux qui pensent l’avoir trouvée de n’ètre pas banals dans leurs écrits. C.-E.-G.
- PROMENADES DE PARIS
- TAILLE ET ÉLAGAGE DES ARBRES
- Nous sommes à l’époque de l’année où le service des promenades fait la toilette de Paris. On plante un peu partout et on taille les arbres des avenues.
- On a établi ces temps derniers de nouveaux squares et l’on a augmenté le nombre des arbres. Les arbres sont la parure des villes. On voit les chariots que nous avons déjà décrits circuler avec leurs grands arbres dans les rues. Dans les avenues et au Dois,
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- LA NATURE
- les élagueurs font leur travail avec certaine audace. 11 nous a paru intéressant de les suivre dans leur œuvre printanière.
- Parmi les nombreuses essences d’arbres utilisées dans les plantations de Paris, seuls les platanes, les tilleuls et les ormes supportent bien de fortes opérations d’éla-gage. Les platanes surtout, attirés par la lumière, ont toujours tendance à s’élever trop vite et à se dégarnir à la base. En général, dans nos avenues, les arbres sont trop serrés sur la ligne et trop rapprochés des maisons. Pour le platane, arbre à grand développement, on
- distance de 8 à 10 mètres des maisons, et à 2 mètres de la bordure du trottoir. Comme ce n’est pas tou-
- jours possible, il fa u t empêcher ces arbres d’atteindre les maisons ou de s’étendre sur les chaussées et de gêner la circulation des tramways et des omnibus. Pour un platane de 20 mètres de hauteur, on procède au rabattage du prolongement de la charpente d’environ un quart de la hauteur totale, soit 5 mètres. Les branches latérales sont raccourcies de façon à avoir une longueur égale aux deux tiers de la tige centrale me-
- devrait le planter à la [ surée à partir de la naissance^de la branche laté-
- Fig. 1. — Élagueurs travaillant sur deux échelles doubles, avenue Iloche.
- Fig. 2.
- Élagueur moulant à l’aide de griffes à un orme du Cours-la-Reine.
- raie. Il ne reste plus en somme que le squelette de l’arbre. Des élagages de cette importance furent
- pratiqués, il y a une dizaine d’années, sur les avenues Bosquet, de Friedland et Hoche, sur les boule-
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- LA NATURE,
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- vards Haussmann et Malesherbes. Ils ont donné de bons résultats.
- En 1898, de nombreuses opérations analogues ont été entreprises, principalement sur les avenues de Ségur et de Tourvillc et sur les grands boulevards. Après l’élagage, on voit se développer autour des coupes un grand nombre de rameaux ressemblant à des têtes de saule. Après deux ou trois ans, il l'aut enlever quelques-uns de ces rameaux; laisser les plus vigoureux et les mieux situés pour iormer la flèche.
- Sur les branches latérales on diminue les rameaux qui poussent mal pour laisser seulement ceux qui ont une bonne direction.
- On a pratiqué l’éclaircissement de ces branches le mois dernier sur les avenues Hoche et de Friedland, mais surtout sur celle de l’avenue de Friedland où elles seront complètement élaguées aprèsl’Exposition de 1900.
- Ce travail est exécuté par des élagucurs d’une habileté reconnue. Car les arbres sont entourés de becs de gaz, de bancs ou de kiosques qu’il faut épargner et la circulation doit être interrompue le moins possible. Un bon élagueur doit être agile et prudent, être exempt de vertige, avoir le coup d’œil juste et bien connaître les principes généraux de son métier. Les élagueurs à Paris sont pourvus d’une ceinture en cuir suffisamment large de 12 à 14 centimètres et d’une grande solidité. Cette ceinture est munie d’anneaux où sont fixés les cordages utiles. Pour monter aux arbres d’alignement on emploie, afin d’atteindre les premières branches, les échelles simples de 5 à 6 mètres de hauteur (fig. 1). Les griffes sont seules employées pour les gros ormes
- des Champs-Elysées (fig. 2). Les opérations d’élagage sont toujours commencées par la partie supérieure de l’arbre. Parvenu à la hauteur voulue, l’ouvrier s’y maintient à l’aide du cordage fixé à sa ceinture de manière à avoir les mains libres.
- La coupe de la partie à enlever est commencée du côté reconnu le plus favorable pour qu’elle tombe, sans risquer de casser les branches inférieures.
- I/enfaille est faite à plat à l’aide de la serpe; ensuite du côté opposé on en forme une autre suffisante pour que le rameau bien dirigé par l’ouvrier cède à sa poussée. Les branches latérales sont raccourcies proportionnellement à leur vigueur et à leur direction. Toutes les coupes sont faites proprement pour offrir le moins de surface à l’air, et ensuite recouvertes de coaltar pour empêcher la décomposition du tissu ligneux. Lorsque les échelles deviennent insuffisantes on se sert d’une ceinture (fig. 5) spéciale pour les grands arbres dès qu’il faut opérer le raccourcissement des branches un peu longues, assez loin du tronc. L’ouvrier, muni de sa ceinture, monte à l’arbre. Il passe son cordage autour delà tige centrale ou à l’une des branches maîtresses. 11 redescend ensuite près de la branche à enlever, passe l’extrémité de son cordage dans l’anneau de gauche de sa ceinture et l’arrête à la longueur convenable pour être soutenu. Il s’avance alors sur la branche en s’éloignant de la tige et par cette manœuvre tend complètement le cordage de suspension. En raison de la hauteur du point d’attache, ce cordage supporte à peu près le poids de U élagueur et lui permet l’accès aux extrémités des branches trop faibles pour le soutenir
- Fig. 4. — Élagueur coupant les branches d’un platane avenue de Friedland. (D’après dfcs photographies de M. Gaillard.)
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- LÀ NATURE.
- (fîg. 4). Parvenu au point où il doit faire la coupe, l’ouvrier passe son cordage autour de la branche et le fixe au mousqueton de sa ceinture. Un autre cordage formant étrier fournit un second point d’appui, l’ouvrier y pose le pied. Il est ainsi assez solidement installé pour pratiquer la coupe. Mais toutes ces manœuvres exigent un long apprentissage, et n’est pas élagueur qui veut. Du reste, la plupart des ouvriers et jardiniers employés par le service des Promenades, reçoivent un enseignement spécial.
- La Ville de Paris a fondé, il y a une dizaine d'années, pour l’étude, l’enseignement des travaux exécutés dans les squares et sur les plantations d’alignement, une école d’arboriculture municipale
- et départementale, située à Saint-Mandé. Cette école, sous la haute direction de M. À. Charguerand, a déjà fourni un grand nombre d’ouvriers d’élite à la Ville. Des cours publics et gratuits sont faits de novembre à juin, époque où ont lieu les examens qui donnent droit à l’obtention d’un certificat d’aptitude. Ces cours comprennent dix leçons théoriques et trente leçons pratiques.
- On ne saurait trop louer cette organisation qui, jusqu’ici, a permis de recruter pour un service public considérable des praticiens d'une véritable valeur. Nos promenades sont un des ornements les plus appréciés de la grande capitale. .l.-F. Gau,.
- IA PERTE DU CROISEUR CUIRASSÉ AMÉRICAIN « MAINE »
- La m uine des Etats-Unis a éprouvé récemment une « Maine » arrivait au mouillage de la Havane, dans la catastrophe qui revêt, dans les circonstances où elle s’est soirée du 14 février, avec mission d’assurer la protection produite, un caractère d’une gravité exceptionnelle. Le de citoyens américains qui pouvaient avoir à souffrir de
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- Le croiseur des États-Unis « Maine ».
- l’état dans lequel se trouve actuellement la reine des Antilles; tout à coup, vers.9h 40, une explosion formidable se produisit à l’avant du bâtiment qui coulait immédiatement, entraînant avec lui, au fond des eaux, 2 officiers et 253 hommes, sur un effectif de 360 marins.
- Jusqu’ici, on ignore les causes de cet épouvantable sinistre : les uns l’attribuent à l’explosion d’une chaudière qui aurait amené celle d’une grande quantité d’explosifs renfermés dans les soutes avant, d’autres prétendent que le bâtiment aurait sombré sous l’action d’une explosion extérieure, celle d’une des torpilles mouillées il y a quelque temps en rade de la Havane pour assurer la défense contre les bâtiments insurgés.
- Le dessin ci-joint représente, en plan et en élévation, ce qu’était le croiseur cuirassé « Maine », un des plus beaux navires de la nouvelle flotte des États-Unis.
- Lancé en 1890, ce bâtiment mesurait 97 mètres de long, et 17 mètres de large; son déplacement était de 6682 tonnes et son tirant d’eau moyen de 6“,45; ses deux machines à triple expansion étaient actionnées par huit chaudières cylindriques à retour de flammes, timbrées à 10 kg par centimètre carré; les surfaces de chauffe et de grille étaient respectivement de 1700 et de 50 mètres carrés; la vitesse aux essais avait atteint 17 nœuds.
- La protection latérale était obtenue au moyen d’une ceinture cuirassée de 54 mètres de long s’étendant sur la partie milieu du navire jusqu’à 1 mètre au-dessus de la flottaison et lm,20 au-dessous ; son épaisseur variait de 28 à 15 centimètres. A l’avant et à l’arrière, le réduit constitué par la cuirasse était fermé par une cloison transversale cuirassée à 15 centimètres; un pont cuirassé allant de l’avant à l’arrière, et d’une épaisseur de 10 à 5
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- LA NATURE.
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- centimètres, complétait, avec deux tourelles cuirassées à '27 centimètres, la puissance défensive du bâtiment.
- L'artillerie se composait de 4 canons de 25 centimètres répartis par paire dans chaque tourelle et ces 4 pièces pouvaient tirer soit en extrême chasse, soit en extrême retraite, grâce à la disposition en quinconce adoptée pour les deux tourelles qui étaient installées l’une à tribord devant, l’autre à bâbord derrière. De plus, les
- 2 pièces de chaque tourelle tiraient du bord opposé, par le travers et à 30° sur l’avant et l’arrière de ce lra\ers.
- L’artillerie moyenne comprenait : G pièces de 15 centimètres se chargeant par la culasse et 18 pièces de moindre calibre ; il V avait en outre 7 tubes lance-torpilles dont
- 3 situés au-dessous de 1 eau et 4 au-dessus. Le « Maine ))
- tout armé représentait environ une somme de 20 millions de fiancs. Commandant G.
- NOTES RADIOGRAPHIQUES
- L'œil et les rayons X. — Au moment où, de tous côtés à la fois, on s’efforcait de se diriger dans le nouveau champ d’activité ouvert par la mémorable découverte de Rœntgen. MM. de Rochas et Dariex annoncèrent que les divers milieux de l’œil, et notamment le cristallin, étaient très peu transparents à la nouvelle radiation. Le fait s’accordait mal avec l’ensemble des résultats déjà connus concernant le passage des rayons X à travers les corps purement organiques; mais, comme il dispensait de chercher ailleurs la cause de l’insensibilité de l’œil à ces rayons, on l’admit sans le discuter. Puis plus tard le hasard des radiographies anatomiques fit revenir sur cette question. On eut à déterminer la position de corps étrangers dans l’œil, et on lui trouva une transparence relative.
- Enfin, on tenta la vérification sur des yeux d’animaux. Les figures que nous reproduisons ici, et que nous devons à l’obligeance de M. Radi-guét, sont le résultat d’une de ces expériences.
- On logea d’abord quelques grains de grenaille dans l’œil d’un bœuf, puis on en fit une image radiographique (fig. 1); on répéta ensuite l’expérience avec un autre œil, dans les membranes extérieures duquel on avait placé d’autres grains de plomb (fig. 5). Ces yeux étaient disposés comme l’indiquent les figures 2 et 4.
- On voit que les grains, même très petits, et par conséquent de faible épaisseur, se détachent avec une parfaite netteté sur l’humeur vitrée ou même sur le cristallin qui se projettent sur les mêmes parties de la plaque, et qu’il n’existe même pas le passage graduel indiquant que les rayons susceptibles de traverser un œil n’ont été que partiellement absorbés sur lé bord des grains.
- Il ne faudrait pas conclure de là que MM. de Rochas et Dariex aient commis une erreur. Us ont démontré les premiers que les milieux de l’œil sont plus opaques que leur composition chimique n’eût permis de le prévoir, et le fait restera. Mais, comme ils ont opéré avant que le tube à anti-cathode de
- platine eût remplacé l’ancien tube de Crookes, ils n’ont eu à leur disposition que des rayons peu pénétrants, tels par exemple que ceux qui projettent les os en ombre noire. Ce sont les rayons qu’ont produits tous les opérateurs du début, et c’est une des raisons pour lesquelles une partie du grand travail des premiers mois a dû être refaite lorsqu’on se fut convaineu que les rayons X forment une sorte de spectre, et diffèrent entre eux autant et même plus que les lumières diversement colorées. Le fait mis au jour par MM. de Rochas et Dariex et les images obtenues par M. Radiguet ne sont nullement contradictoires. Quand on parle de rayons X, il faut préciser. Dire que les milieux de l’œil les absorbent ou les laissent passer est aussi juste ou aussi faux que d’affirmer qu’un verre rouge laisse passer la lumière ou qu’il l’absorbe. 11 est traversé par la lumière rouge et par conséquent par la composante rouge de la lumière blanche; mais, s’il est bien pur, il retient toute la lumière qui a traversé d’abord un verre bleu.
- Cette opacité relative des liquides de l’œil se relie à leur pouvoir absorbant dans l’ultra-violet. On sait, en effet, que le spectre visible est limité pour nous à une octave, du côté de l’infra-rouge par l’insensibilité du pourpre rétinien aux lumières qui dépassent le rouge, à l’autre extrémité par l’absorption qu’exerce le cristallin sur les radiations situées au delà du violet. La bande d’absorption dans cette région est probablement assez large, et d’après MM. de Rochas et Dariex semble s’étendre jusqu’au commencement du spectre des rayons X. Mais, pour les rayons plus pénétrants, la transparence reparaît.
- La transformation des rayons X. — Les radiations dont on constatait l’existence hors du trajet direct des radiations émanées de l’ampoule, après que celles-ci avaient frappé une surface polie, une plaque métallique par exemple, ont fait croire au début qu’il était possible de lesrétléchir tout comme des radiations ordinaires. Puis une autre opinion s’est fait jour; la preuve que, dans certains cas au moins, il était impossible d’admettre une simple réflexion, a été donnée lorsqu’on eut trouvé des réflecteurs qui semblaient augmenter l’énergie des rayons. Il était clair alors que l’on était en présence d’une transformation, et que les nouveaux rayons engendrés à la surface du miroir étaient de ceux auxquels la plaque photographique est particulièrement sensible.
- Une étude détaillée du phénomène vient d’être faite par M. Sagnac, qui a découvert des faits d’un grand intérêt.
- On trouve d’abord que les métaux agissent chacun à leur manière dans ce phénomène de pseudoréflexion; puis que le degré de poli de la surface est sans influence sensible, qu’enfin le faisceau recueilli après le métal n’est pas dirigé comme le voudraient les lois de la réflexion, mais que son maximum se trouve dans la ligne de plus courte distance
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- LA NATURE
- de la plaque au point frappé par les rayons X. Les rayons émanés du métal sont fortement absorbés par l’air; une lame de mica ou d’aluminium d’un dixième de millimètre d’épaisseur les arrête complètement. Le papier noir les affaiblit sans les
- éteindre tout à fait, et son pouvoir absorbant dépend du métal d’où ils émanent.
- Les vrais rayons X, qui sont très peu absorbés p ir l'aluminium, ne se transforment presque pas à son contact, mais ce dernier métal transforme à son
- Fig. 1. — Radiographie.
- Radiographie d'un oeil de hnuif contenant des grains de plomb,
- tour les rayons émanés d’un premier métal frappé par les rayons X.
- Tous les rayons ainsi obtenus sont situés assez
- Fig. 3. — Radiographie.
- Autre œil de bœuf contenant, ainsi que les tissus voisins,
- fluorescence invisible qui remonte de plus en plus vers le spectre visible. Cette transformation par échelons fait espérer que l’on parviendra à remplir très commodément de radiations diverses tout l’espace compris entre le violet et les rayons X.
- M. Sagnac a trouvé en outre que la vitesse de
- Fig. 2. — Photographie.
- et photographie montrant la disposition de l’œil sur la plaque.
- loin dans l’ultra-violet; ils diffèrent suivant leméta qui a servi à les produire, et peuvent donner lieu à des transformations successives, à une sorte de
- Fig. 4. — Photographie.
- des grains de plomb. — Radiographie et photographie.
- décharge des divers métaux par les rayons X permet de les ranger dans le même ordre au point de vue de l’intensité de leur lumière transformée. On trouverait aisément, dans cette correspondance, une relation de cause à effet. Ch.-Ed. Guillaume.
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- LA NATURE
- m
- LE PONT YICT0RI4
- Il y a quelques mois a eu lieu en Angleterre l’inauguration d’un pont métallique d’un système
- nouveau et qui offre un grand intérêt au point de vue de l’art de l’ingénieur. Ce pont, construit sur la Dee, à Queensferry, présente, en effet, une nouvelle solution du problème qui consiste à assurer
- Fig. 1. — Vue d’ensemble du pont Victoria.
- le libre passage de la navigation maritime, tout Jusqu’à présent on a généralement employé dans en permettant la circulation d’une rive à l’autre. ce but les ponts tournants, dans lesquels une travée,
- ELEVATION LONGITUDINALE
- Hautes t eaux
- VUE EN PLAN
- Trâvee mobile |
- Élévation et plan,
- habituellement perpendiculaire au cours de la rivière, pivote à un moment donné autour de son axe et s’efface pour permettre le passage d’un vaisseau dont la mâture trop élevée viendrait sans cela heurter le tablier du pont. Quelquefois, mais plus rarement, le mouvement de rotation s’effectué
- autour d’un axe horizontal, exactement comme dans les ponts-levis des antiques forteresses. On a pu voir aussi, dernièrement, inaugurer à Londres le Tower Bridge dont la travée centrale s’élève, quand besoin est, comme une cage d’ascenseur à une hauteur assez grande pour qu'un navire, avec ses
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- LA NATURE.
- voiles, puisse passer dessous, et revient ensuite se placer en prolongement des autres travées. Dans le pont de la Dee le problème a été résolu d’une façon différente. Ici la travée mobile est constituée par deux tronçons qui, au moment voulu, et tout en restant perpendiculaires au cours du lleuve, reculent, l’un à droite, l’autre à gauche, et viennent rentrer dans l’intérieur des travées fixes comme les anneaux d’un télescope, laissant ainsi entre elles un espace libre de 40 mètres de largeur. Une fois le navire passé, les deux tronçons, par un mouvement en sens contraire, s’avancent l’un vers l’autre et viennent se rejoindre au milieu de la travée, formant ainsi, avec les travées fixes, un tablier continu qui réunit les deux rives. La partie fixe du pont se compose, comme dans les ponts ordinaires, de deux poutres longitudinales avec montants tubulaires et barres de treillis. Ces poutres mesurent 4 mètres de hauteur et 7 mètres d’écartement d’axe en axe. Leur ouverture libre est de 62 mètres. Elles sont entretoisées à leur partie supérieure par des fers Zorès et
- Tige de manœuvre.
- Balanciers et contrepoids de la travee mobile
- Fig. 4. — Manœuvre de relevage du tablier.
- sa position d’avancement 20 mètres seulement se trouvent en porte à faux et 20 mètres restent sous les parties principales, pour faire équilibre.
- Mais tout ceci ne constitue pas la solution complète du problème, car on se rend compte qu’en vertu de la différence du niveau qui existe entre le dessus de la travée fixe et le dessus de la travée mobile, la chaussée de cette dernière travée se trouverait notablement en contre-bas de celle de la partie fixe. Pour y remédier, voici le procédé auquel on a eu recours : au lieu de faire reposer la chaussée sur les poutres longitudinales de la travée mobile, on l'a reliée à d’autres poutrelles, parallèles aux premières et assemblées, au droit de chaque montant, à un levier qui peut osciller dans un plan vertical, et par suite
- une couche de béton sur laquelle est posé un pavage en bois; à la partie inférieure les poutres sont reliées par des entretoises en tôle et cornières. Cet ensemble constitue donc une sorte de tube à section rectangulaire dont l’intérieur est entièrement évidé. La partie mobile comprend également deux poutres longitudinales de composition analogue aux précédentes et reliées par des entretoises en croix de Saint-André. L’écartement des poutres d’axe en axe est de 6m,o0 et leur hauteur 3 mètres environ. Elles
- portent à leur partie supérieure un platelage en fer Zorès supportant un chemin en madriers posé sur traverses en bois. Ici on n’emploie pas de remplissage en béton pour alléger la travée mobile. Grâce à ses dimensions plus réduites, la partie mobile se loge sans difficulté dans l’intérieur de la partie fixe; elle roule sur quatre séries de galets qui lui permettent d’avancer et de reculer; le chemin de roulement de ces galets prend son point d’appui sur les entretoises inférieures de la partie fixe. La longueur de chaque tronçon est de 40 mètres environ, de sorte que dans
- . Béton
- Poutre principale de la travée Axe
- Tige ae manoeuvre
- Poutre principale de la travée mobile
- Fig. 5. — Guide du platelage de la travée mobile.
- soulever ou abaisser la chaussée de la quantité nécessaire.
- Quand le pont est ouvert, les leviers se trouvent couchés de telle sorte que la chaussée de la travée mobile est abaissée pour pouvoir passer sous celle de la travée fixe. Quand le pont est fermé, au contraire, les leviers se relèvent et la chaussée mobile vient se placer d’elle-même en prolongement de la chaussée fixe. Des contrepoids placés à l’arrière de la poutre rendent ce mouvement très doux; il n’est pas besoin, pour l’obtenir, d’effectuer une manœuvre spéciale. En effet, l’extrémité de la chaussée mobile porte un galet de réglage qui, à bout de course, vient s’engager dans une rainure inclinée qui l’oblige à remonter de la hauteur voulue, entrai-
- Niveau de la chaussée
- Coupe transversale du pont.
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- LA NATURE.
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- nant le tablier dans son mouvement. L’inverse se produit lors du mouvement de recul. Les garde-corps de la travée mobile sont composés de deux lisses horizontales réunies par des montants pivotants, ce qui permet, par un procédé qu'il est facile de comprendre, de coucher les garde-corps en même temps qu’on abaisse le tablier.
- La manoeuvre du pont se fait au moyen d’un cable en acier qui s’enroule sur deux tambours actionnés par deux béliers hydrauliques.
- Ce système de pont ne serait pas à recommander lorsqu'il s’agit de desservir un trafic important. En effet, dans la partie mobile, la largeur de la chaussée se trouve nécessairement moindre que dans la partie fixe; d’autre part, la manœuvre d’ouverture et de fermeture demande un temps assez long. Cet inconvénient se fait moins sentir quand le trafic est faible.
- C’est M. Gladstone qui a présidé à l’inauguration du pont sur la I)ee, auquel on a donné le nom de « Pont Victoria ». E. Maglin.
- Ingénieur des arts et manufactures.
- ANNALES CÉLESTES DU XNIF SIÈCLE
- M. Bigourdan, astronome à l’Observatoire de Paris, vient de faire une trouvaille intéressante. M. J. Bertrand, secrétaire perpétuel, en annonçant le fait à l’Académie des sciences, a insisté avec raison sur son importance.
- En 1756, Pingre annonça le projet de réunir et de discuter les observations astronomiques faites de 1601 à 1700 ’. Mûri pendant trente ans, ce projet fut exécuté de 1786 à 1790. A cette dernière époque le manuscrit, présenté à l’Académie, fut l’objet d’un Rapport très favorable de Le Monnier et de Lalande (9 février 1791) : à la suite de ce Rapport, l’Assemblée Nationale accorda 3000 livres pour la publication de l’ouvrage (24 février 1791). L’impression avança assez lentement ; puis la mort de Pingré (1er mai 1796) la fit suspendre, alors qu’elle n’était avancée qu’aux deux tiers de l’ouvrage entier. A partir de cette époque, on perd de vue non seulement le manuscrit, mais aussi les feuilles déjà tirées et qui paraissent avoir été détruites. Aussi craignait-on que tout fût définitivement perdu, quand diverses circonstances ont fait retrouver d’abord un exemplaire complet des feuilles tirées (l’exemplaire même de Jérôme Lalande), puis la partie restée manuscrite. L’ouvrage a pour titre : Annales célestes du xvue siècle. Voici ce qu’il donne, année par année, suivant l’ordre chronologique :
- Soleil. Observations d’éclipses. Autres observations : passages méridiens, hauteurs méridiennes, diamètres, taches. Déterminations d’équinoxes — Lune. Observations d’éclipses. Autres observations : passages méridiens, hauteurs méridiennes, distances à des planètes ou à des étoiles, occultations, mesures de diamètres. — Planètes. Observations de conjonctions, d’oppositions; passages méridiens, hauteurs méridiennes, distances aux étoiles ou à d’autres planètes, passages sur le Soleil. — Étoiles. — Observations de l’éclat des étoiles nouvelles, des étoiles variables. — Satellites. Observations d’éclipses des satellites de Jupiter (à partir de 1653). — Comètes. Pingré
- 1 Projet d’une Histoire d’Astronomie du xvue siècle, 1756 (8 p. in-4°) ; suivi d’un Rapport approbatif de Cassini de Thuryet de Le Monnier, Commissaires nommés par l’Académie des Sciences pour l’examen de ce projet.
- se borne généralement à renvoyer à sa Cométographie, — Faits (relatifs à l’Astronomie). Mention rapide des découvertes importantes de l’année et des publications d’ouvrages. Mort d’astronomes célèbres, avec de courtes Notices sur leurs travaux.
- La partie manuscrite forme un manuscrit d’environ 200 pages, appartenant à l’Obsevatoire. Quant à l’exemplaire de la partie imprimée (364pagcs in-4°), il est entre les mains d’un savant bibliophile, M. V. Advielle, qui se propose de le joindre aux nombreux manuscrits qu’il a déjà donnés à la bibliothèque de la ville d’Arras.
- L’ouvrage étant aujourd’hui reconstitué en entier, à l’état d’exemplaire unique, M. Bertrand s’est demandé s’il n’y aurait pas lieu de l’imprimer. Et la question a été soumise à la Section d’Astronomie de l’Académie des Sciences. Voici quelques raisons qui paraissent de nature à montrer l’utilité de cette publication :
- 1° L’autorité de l’auteur dans ce genre de travaux. Non seulement il a réuni les observations, mais il les a souvent calculées ; cela est aujourd’hui d’autant plus important que nous ne sommes pas familiarisés avec les méthodes d’observation du dix-septième siècle.
- 2° L’avantage de trouver classées, chronologiquement, des observations empruntées, les unes à de nombreux manuscrits dans lesquels on a beaucoup de peine à sc reconnaître, les autres à des ouvrages, journaux, feuilles volantes, qu’il serait impossible de rassembler maintenant. Pingré apporte d’ailleurs des corrections aux sources qu’il a consultées.
- 3° L’ouvrage de Pingré contient des observations inédites de Bouillau, de Seidleau, de Chazelles, etc. Jusqu’à 1700 il complète, pour les observations de La Rire, l’Histoire céleste publiée par Le Monnier et pour Cassini I, les Mémoires de l’Académie, etc.
- 4° Les éclipses de soleil et les occultations d’étoiles observées au dix-septième siècle sont encore de la plus haute importance pour l’étude du mouvement de la Lune, comme le montrent les travaux de M. Newcomb'. Aussi cet astronome s’est-il livré, pour réunir ces observations, à de longues recherches que l’ouvrage de Pingré aurait bien facilitées. Pour la période considérée, ces observations sont d’ailleurs plus nombreuses dans Pingré que dans le Mémoire cité de M. Newcomb.
- Pour ces raisons diverses, il semble bien qu’il y aurait un véritable intérêt pour l’Astronomie à ne pas laisser perdre l’ouvrage de Pingré et à l’imprimer de nouveau dans son entier. Henri de Parville.
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- MASQUES-RESPIRATEURS
- CONTRE LES POUSSIÈRES INDUSTRIELLES
- On connaît depuis longtemps tous les ravages qu’exercent dans les ateliers les poussières industrielles. Les unes, comme les poussières de plomb, de cuivre, d’arsenic, etc., produisent des actions toxiques et constituent de véritables poisons ; d’autres, comme les poussières de verre, de silex, de grès, etc., pénètrent dans les tissus, les déchirent et déterminent des inflammations dangereuses. D’autres poussières, enfin, contiennent avec elles des germes de maladies infectieuses, entre autres ceux de la tuberculose, qu’elles transmettent à ceux qu elles atteignent.
- 1 Rcscarches on the Motion of lhe Moon; Washington Observations, 1875. App. II.
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- LA NATURE.
- Fig. 1. — Un ouvrier
- muni du respirateur complet Detroyc à soupape.
- Afin de prévenir dans une certaine mesure tous les accidents de ce genre, l’Association des Industriels de France avait ouvert, il y a quelque temps, un concours pour la création d’un masque respirateur contre les poussières. M.
- J.-Y. Detroye, médecin vétérinaire de la ville de Limoges, qui a lait des recherches anatomopathologiques et prophylactiques très intéressantes sur les poussières des fabriques de porcelaine et leur action sur l’organisme, a soumis à ce concours un modèle de masque utile à de nombreuses industries qui a obtenu le grand et unique prix, comme ayant donné les meilleurs résultats. M. Detroye a encore apporté de nouveaux perfectionnements à ses appareils, et ce sont des derniers modèles que nous voulons parler. Les respirateurs Detroye sont constitués par des protecteurs nasal et buccal séparés. M. Bellot, le constructeur et concessionnaire des appareils, pour certains besoins, a fabriqué un nouveau type dans lequel il a réuni les deux masques. La fig. 2 nous montre dans les nos 1 et 2 une coupe intérieure et une vue extérieure du respirateur nasal et dans les nos 5 et 4 les mêmes vues du respirateur buccal. Ces respirateurs sont en aluminium malléable de 5 millimètres d’épaisseur, très légers, pesant au maximum 50 grammes. La souplesse du métal permet de les adapter aux diverses faces sur lesquelles ils doivent s’appliquer. Une légère pression suffit pour obtenir ce résultat. La filtration de l’air vicié et l’arrêt des poussières sont obtenus par une couche de coton hydrophile pur
- placée dans les parois ajourées de l’appareil. La mise en place de ce coton est très aisée. 11 suffit de déplacer la paroi extérieure, de l’enlever en la faisant tourner et de placer le coton. On referme ensuite en s’assurant que tous les trous sont obturés par la surface filtrante. Les contours des appareils portent des pneumatiques qui permettent de les appliquer solidement sur la figure; ils sont du reste maintenus à l’aide d’élastiques passant sur les oreilles (fig. 1 et 5).
- Le respirateur nasal porte ou non, à volonté, une valve de dégagement à sa partie supérieure, pour chasser au dehors les produits de la respiration. Cette valve ou soupape est nécessaire, si l’appareil est porté pendant un certain laps de temps. Ces appareils s’arrêtent environ aux deux tiers du nez et laissent toute facilité de porter des lunettes.
- Ces respirateurs sont solidement construits et se prêtent à un usage journalier dans les usines. Le coton doit être renouvelé assez souvent pour éviter
- que les poussières en filtrant à travers le coton ne pénètrent à l’intérieur. Ajoutons enfin que le prix de ces appareils est des plus minimes.
- Des expériences et des essais très suivis ont déjà été faits dans des usines avec ces respirateurs, et ont donné les meilleurs résultats, Des ouvriers ont pu travailler plusieurs heures dans une atmosphère très chargée de toutes sortes de poussières; beaucoup d’autres, après avoir fait usage des masques respirateurs, ont recouvré la santé qu’ils avaient perdue. L. Leroy.
- Fig. 3. — Mode d’emploi du respirateur Bellot en une seule pièce avec soupape de dégagement.
- Fig. 2. — Respirateur nasal et respirateur buccal Detroye contre les poussières.
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- LA NATURE.
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- LES NEIGES EN ANATOLIE
- L’Anatolie a eu beaucoup à souffrir, depuis huit mois, de perturbations atmosphériques, et la ville d’Adabazar, située à égale distance du golfe d’Ismid et de la mer Noire qui se trouvent l’un à l’ouest, l’autre au nord, a été particulièrement éprouvée. En mai et juin derniers des pluies torrentielles ont, en moins d’une heure, inondé les jardins, les cours et les rues de 10 et 20 centimètres d'eau, suivant les pentes. En 60 jours, il y a eu 45 jours de pluie avec une température relativement basse. Puis en juillet la température est montée brusquement à 40° à l’ombre, et maintenant c’est avec les tempêtes de vent et de neiges que nous avons affaire.
- L’hiver, au lieu de ne commencer qu’en décembre, est venu dès le mois de novembre; le 10, la neige a fait son [apparition d’une manière brusque et violente : en trois jours elle a atteint une couche d’un mètre. Elle était accompagnée d’un fort vent de N.-O. Une grande quantité de végétaux, même démunis de leurs feuilles, d’arbres de toute dimension, ont été cassés et les branches ou brindilles ont étéarrachées avec un lambeau d’écorce, même celles des petits arbres, bien qu’elles lussent soutenues par la neige. Il est probable que ces dégâts ont été causés non pas par le vent, mais par une fonte trop rapide qui a débuté par en dessous et c’est le poids de la neige supérieure qui a déterminé ces accidents désastreux. Quant aux oliviers et autres arbres à feuilles persistantes, ils ont été littéralement décortiqués.
- La fonte n’a pas duré 10 jours, le temps étant devenu superbe, chaud et calme. Le thermomètre montait à 18 et 20° et les violettes de Parme, les résédas et les œillets, qui avaient été protégés par l’épais linceul, en ont profité pour fleurir. Mais les soucis ont fait aussi leur apparition : mauvais présage, car avec eux le mauvais temps est revenu. Un vent en tempête s’est mis à souffler terrible, le 3 janvier et n’a cessé 5 jours durant ; vent du sud, mais glacial, passant par les montagnes de Bithynie couvertes de neige. Ce vent était tellement fort que l’on sentait les trépidations des planchers de notre maison qui est neuve, très bien assise et ne se compose que
- d’un rez-de-chaussée surélevé. Quant à celles à un ou deux étages, construites en bois et pisé, elles avaient pris un mouvement d’oscillation très prononcé.
- Enfin, un moment de calme est revenu, calme relatif, les quelques jours de chaleur ayant suffi pour fondre les neiges des montagnes; la pluie aidant, les eaux souterraines ont monté et les caves se sont trouvées inondées par infiltration.
- Le 24 janvier, nouvelle tempête et au bout de 2 jours elle nous a apporté la neige d’abord fine, puis épaisse et progressivement redoutable. Le vent, du sud qu’il était, avait tourné au nord d’abord, puis à l’ouest, c’est-à-dire venant de la Bulgarie après avoir traversé la Marmara, sans doute, à moins que la région ait été soumise à des courants d’air incompréhensibles venant soit de la mer Noire, soit du golfe d’Ismid.
- 11 est certain qu’à Àdabazar et dans ses environs
- les observations barométriques ne sorA d’aucun se-cours pour pré-juger du temps. Très souvent, en effet, j’ai pu con-stater le beau temps après une baisse barométrique , et, inversement, des pluies venues avec une hausse ou un état sta tionnaire. Il n’est pas rare, en automne et en hiver, d’avoir dans la même journée du vent venant d’abord du sud, puis de l’est, du nord et enfin de l’ouest, pour revenir au nord.
- Donc, la tourmente a commencé le 26 janvier. Un ouragan terrible, faisant trembler la maison, emportait la neige horizontalement, si épaisse et avec une telle violence que les murs sont devenus comme couverts d’ouate; les fenêtres, bouchées elles aussi, donnaient l’illusion d’un ensevelissement. Dehors, il était impossible de rien distinguer : on pouvait se croire plongé dans un épais brouillard blanc; du reste on pouvait à peine ouvrir les yeux, on entendait que le vent et rien de plus, et on était absolument suffoqué. Cela a duré 24 heures. C’est dans la nuit du 27 au 28 et le 28 au matin que la tempête était dans son plein.
- Ses effets ont été surprenants; la neige s’est introduite partout : sous les tuiles, aussi bien sous celles demi-cylindriques du pays que celles dites de Bourgogne à emboîtement ; elle s’est accumulée entre celles-ci et le plafond sur une épaisseur de 0m,30,
- Les neiges eu Anatolie.
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- LA NATURE.
- tandis que les toits eux-mêmes en étaient exempts. Par la chaleur des chambres, cette neige s’est mise à fondre, et nous avons été inondés.
- Chose curieuse, elle s’est introduite surtout sous les abris, hangars, appentis indistinctement tournés ou opposés au vent ; elle a rempli des caisses placées sous un abri et dont l’ouverture faisait face au mur; elle s’est accumulée sur une hauteur de ln,,50 sous un hangar fermé de 3 côtés, ouvert seulement à l’est; sous un auvent exposé au nord, et seulement aux deux bouts à l’est et à l’ouest atteignant là la hauteur du toit : 2m,50.
- Dans la cour intérieure de la ferme, elle s'est amoncelée au milieu sur une hauteur de 1“’,50, tandis qu’au pourtour le sol est resté libre. Dans une autre cour, elle s’est déposée aux côtés ouest et nord garantis par des palissades, tandis qu’à l’ouest où se trouve le mur de la maison d’habitation, il n’y en avait pas trace. Dans le jardin, mesurant 80 mètres sur 100, entouré de palissades, la neige s’est accumulée le long des clôtures est et ouest, intérieurement et extérieurement, jusqu’au faite, 2"\20, y compris les allées qui les longent, et au nord et au sud, à mi-hauteur, tandis que le milieu du jardin n’en a reçu qu’une couche de quelques centimètres. Elle a pénétré sous les portes par les trous de serrures, les moindres fissures, et c’est à la pelle qu’il a fallu l’enlever. Cette neige était très tassée. J’ai pu escalader ces monticules improvisés et mes chiens passaient aisément de la cour au jardin profitant de ces amoncellements déposés des deux côtés des palissades.
- Ces tourmentes produisent des tourbillons locaux provoqués par tout obstacle qui fait ricocher la neige, laquelle va se déposer dans des endroits qui paraissent devoir être à l’abri. Et en effet on ne pourrait s’expliquer autrement ce jardin entouré d’une muraille de neige, cette cour n’en ayant qu’à son centre, et une remise, ouverte seulement au sud, ayant son plafond garni de stalactites de neige, ainsi qu’un seul côté, l’ouest, envahi, tandis que son sol en était dépourvu.
- Le ciel bleu et rose de l’Orient n’est pas, comme on voit, à la hauteur de sa réputation. Dybowski.
- Ingénieur agronome.
- LA PHOTOGRAPHIE
- EN COULEURS NATURELLES
- PAR LA MÉTHODE IXDIRECTE
- La méthode indirecte de photographie des couleurs, indiquée par MM. Cros et Ducos du Hauron, n’a pas reçue jusqu’ici d’application vraiment pratique, à cause des difficultés que présentent deux points importants de cette méthode : le tirage des couleurs, puis l’obtention et la superposition des monochromes. Nous nous sommes attachés à l’étude de ces deux points. Pour le tirage des couleurs, nous avons fait usage des écrans recommandés jusqu’ici, écrans orangé, vert et violet; puis nous avons préparé trois séries de plaques photographiques présen-
- tant respectivement un maximum de sensibilité pour les rayons que les écrans laissaient passer. Le tirage et la superposition des monochromes ont été réalisés grâce à l’emploi d’un procédé photographique aux mucilages bichromates, sans transfert, basé sur la remarque suivante : la colle forte, soluble à froid, bichromatée, qui ne donne pas d’images avec leurs demi-teintes lorsqu’elle est employée seule, acquiert cette propriété lorsqu’on l’additionne de substances insolubles dans de certaines conditions.
- Si l’on ajoute, par exemple, à une solution à 10 pour 100 dé colle forte, 5 pour 100 de bichromate d’ammoniaque et de 5 à 10 pour 100 de bromure d’argent émulsionné, et que l’on étende cette préparation en couche mince sur une lame de verre, on obtient une surface sensible que l’on expose à la lumière sous le négatif à reproduire. Lorsque l’exposition est suffisante, on lave la plaque à l’eau froide et l’on a ainsi une image à peine visible, formée par le mucilage insolubilisé, image que l’on peut colorer avec des teintures convenables. On se débarrasse ensuite du bromure d’argent par un dissolvant approprié, l’hyposulfite par exemple.
- Ce procédé donne, avec la plus grande facilité, des épreuves de toutes couleurs avec toutes les gradations de teintes du négatif. Le bromure d’argent peut être remplacé par d’autres précipités insolubles.
- Avec un tel procédé, il est facile d’obtenir des épreuves polychromes en utilisant le principe de la méthode de MM. Cros et Ducos du Hauron. On procède à l’obtention successive, sur une même plaque, de trois images monochromes rouge, jaune et bleue, provenant des trois négatifs correspondants, en ayant soin d’isoler chaque image de la précédente par une couche imperméable de collo-dion par exemple.
- Cette méthode permet, par l’emploi de teintures plus ou moins concentrées ou par simple décoloration à l’eau, de varier l’intensité relative des monochromes, de modifier au besoin l’effet des trois premières couches par l’addition d’une quatrième, d’une cinquième et même davantage. Elle rend en outre le repérage très facile, et assure la possibilité de reporter sur papier l’ensemble de ces impressions.
- Les premiers spécimens de photographie en couleurs ainsi obtenus montrent tout le parti pratique que l’on pourra maintenant tirer d’une méthode depuis si longtemps négligée1. Auguste et Louis Lumière
- CHRONIQUE
- Les fruits d’Amérique. — Le gouvernement allemand a interdit récemment l’importation des fruits frais de provenance américaine. On y a vu en Amérique une manœuvre économique et politique. En réalité, le gouvernement allemand a eu surtout en vue une mesure justement prohibitive contre l’invasion d’un insecte dangereux. Les fruits, provenant des États-Unis, sont envahis par le San José Scale, insecte bien connu depuis quelques années et dont le nom véritable est Aspidiotus perni-ciosus. Cet insecte a causé des dommages énormes dans les vergers américains. Dernièrement, on envoie de Californie une caisse de pommes à Berlin. On examine la caisse par ordre et on trouve plusieurs insectes femelles
- 1 Nous avons vu des épreuves stéréoscopiques en couleur obtenues par M3I. Lumière. Dans le stéréoscope, les Heurs sont d’une admirable beauté. Il y a la teinte, il y a le relief. On croirait que l’on va sentir le bouquet placé sur une table aux draperies chatoyantes. C’est d'un effet saisissant. H. de 1\
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- prêts à pondre. Conclusion toute naturelle : l’importation des fruits des États-Unis conduit nécessairement à l’importation en Europe des insectes dévastateurs. C’est déjà assez du phylloxéra et autres. Il suffit, en elfet, que quelques femelles se reproduisent pour que les jeunes se répandent dans les environs 'et que de la ville ils gagnent la campagne. Déjà même l’Aspidiotus qui ne se trouvait jadis qu’en Californie, a gagné les États de l’est, où il a produit des pertes immenses, tant son appétit est considérable. Cet insecte s’attaque non seulement aux fruits, mais aux légumes et à des plantes variées. On prétend qu’il est facile de s’en débarrasser avec des vaporisations au pétrole. Mais, si c’était si facile que cela, on aurait eu soin de l’arrêter déjà dans son extension dangereuse. Et non seulement l’Àspidiotus vit toujours, mais il se propage avec une extrême rapidité. 11 serait bon de ne pas laisser pénétrer sur notre territoire un insecte aussi dévastateur. Les caisses de fruits étrangers mériteraient donc d’être examinées de près en France. 11 est tout à fait superflu de mettre nos agriculteurs aux prises avec un nouvel ennemi.
- La mélanose des mandarines. — On nous vend quelquefois des mandarines avec de légères petites taches verdâtres. Si on enlève l’écorce, on voit que la tache s’est singulièrement agrandie sur le fruit. Ce n’est plus un point, c’est une altération également verdâtre qui présente l’apparence d’une moisissure comme celle que produit le Penicillum glaucum. Il y a manifestement invasion de la mandarine par un parasite. M. Trabut a dernièrement porté son attention sur ces taches ; il a découvert à la loupe, .au milieu des taches verdâtres, des pvenides noires d’un Septoria. C’est ce parasite qui engendre la tache verte, pénètre dans le tissu aqueux du fruit et fait fermenter le sucre et l’acide citrique. De là le mauvais goût des tranches altérées. M. Trabut a dénommé Septoria glaucescens le parasite qui cause la mélanose des mandarines. Il ne faut pas confondre ce parasite avec la larve de la mouche Ceratitis hispanica, qui pique les oranges et les mandarines. Dans ce cas, la lésion est caractérisée par une tache noire à l’extérieur, tache qui forme une dépression irrégulière, due à l’atrophie des glandes. Les septoria attaquent plus profondément les mandarines et causent de véritables dommages dans les orangeries depuis quelques années.
- La comète Winnecke. — Retrouvée le 1er janvier 1898 par M. Perrine, astronome à l’observatoire Lick, celte comète dont la période calculée par Ilaerdll est de 5 ans 82 jours, se trouve maintenant dans la constellation à'Ophiuchus et passera bientôt, dans l’Écu de Sobieski. Elle a été, le 27 février, à sa plus courte distance de la terre, soit 200 millions de kilomètres; elle passera au périhélie le 20 mars. La comète AVinnecke était très faible le 1er janvier au moment de sa découverte; mais elle est devenue de plus en plus visible et on peut l’apercevoir avec des instruments de puissance moyenne.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 14 mars 1898. — Présidence de M. Wolf.
- Photographie des couleurs. — M.Mascart présente, au nom de MM. Lumière, de Lyon, une Note sur la reproduction des couleurs en photographie, et des épreuves stéréoscopiques qui sont très admirées par l'assistance. Nous donnons, d’autre part, dans ce numéro, le procédé employé par MM, Lumière.
- Le myxœdème et la radiographie. — M. Marey, au nom de M. Contremoulin, communique une observation intéressante sur un sujet atteint de myxœdème. On sait que dans cette affection, le tissu osseux s’arrête dans son développement. Un jeune garçon de quinze ans atteint de la maladie présentait des symptômes caractéristiques. Les os des membres en particulier étaient restés à l’état de cartilages; ils offraient le même aspect que les os d’un enfant de cinq ans. M. Contremoulin en fit la démonstration au moyen de la radiographie. Mais on soumit le malade au traitement nouveau par le suc thyroïdien durant plusieurs mois. Or, au bout de cinq mois, M. Contremoulin fit de nouveau une radiographie du sujet. Les résultats sont curieux. L’ossification, sous l’influence du suc de la glande thyroïde, a pris un développement rapide, si rapide même qu’à l’heure actuelle elle est plus complète que chez des garçons normalement conformés de quinze ans. Ainsi, il a suffi de cinq mois pour produire le travail d’ossification qui, d’habitude, exige dix ans. C’est un fait très digne de fixer l’attention.
- Visibilité des rayons X par certains aveugles. — M. Marey communique également un travail de M. le Dr Foveau de Courmelles sur des recherches entreprises à l’Institution des jeunes aveugles de Paris, en collaboration avec M. Ducretet. Il s’agissait de savoir si les aveugles sont impressionnés par les rayons X. On n’est pas d’accord, comme on sait, sur la pénétration des rayons X jusqu’à la rétine. L’idée devait venir de prendre comme creuset d’épreuves les aveugles eux-mêmes. M. Foveau de Courmelles a expérimenté sur 240 jeunes aveugles en se mettant à l’abri des illusions d’optique si fréquentes chez les sujets. Les aveugles absolus n’ont rien perçu des trois variétés de rayons électro-lumineux produits par le tube de Crookes. Les aveugles ayant une vague notion de la lumière au nombre de neuf (cinq filles, quatre garçons) ont perçu les rayons X cathodiques et fluorescents; d’autres moins doués ne percevaient pas les rayons X, mais simplement les autres rayons. La sensation lumineuse a été remplacée chez deux sujets par une sensation douloureuse. On a relevé d’autres anomalies de la vision : perception unique soit des rayons cathodiques, soit des rayons fluorescents, etc., bref, selon les auteurs, la rétine de certains aveugles paraît jouer, ce qui n’a pas lieu chez les voyants, le rôle de plaque photographique soumise aux rayons X.
- Nouveau siliciure de chrome. — M. Zettel a obtenu un nouveau siliciure de chrome au moyen de l’action de l’aluminium en fusion sur le sesquioxyde de chrome, dans un creuset en terre. M. Moissan, qui analyse le travail de M. Zettel, ajoute que .ee nouveau siliciure a pour formule SiCr3. Par sa formation, ce composé se rapproche du siliciure de chrome SiCr2 préparé par M. Moissan au four électrique.
- Champignons comestibles. — M. Gaston Bonnier analyse une Note de MM. Costantin et Matruchot qui ont découvert la germination à partir de la spore d’une espèce comestible très estimée le Tricholoma nudum, vulgairement « petit pied bleu ». Les auteurs ont réussi à cultiver cette espèce en grand. Ce champignon a l’avantage d’être très facile à caractériser, de pousser en hiver et en plein air. Il est de beaucoup préférable au champignon de couche et plus facile à cultiver.
- Varia. — M. Edmond Perrier signale des recherches de M. Piron sur un curieux mode de dégénération des Ascidies ; M. Violle, au nom de M. Vincent, des expériences sur la conductibilité électrique de dépôts très
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- LA NATURE.
- minces métalliques de un millionième de micron à deux millionièmes; M. M. Bertrand, une nouvelle théorie des glaciers et de la formation des glaces de M. Briasky. En6n M. Duclaux, au nom de M. Gabriel Bertrand, mentionne un travail sur l’oxydation de la glycérine par le bacille du sorbose. Il y a transformation par le microbe d’au moins 50 pour 100 de la glycérine en un sucre déjà étudié par M. Grimaux sous le nom de bioxyacétonc.
- Ch. DE VlLLEDEÜIL.
- COURSE DE 400 KILOMÈTRES
- EN VOITURE
- Il n’est actuellement question que de cyclisme et d’automobilisme ; il est cependant intéressant de citer à l’occasion les hauts faits du sport hippique. Un de nos abonnés, M. G. Clouzot de Niort, nous envoie
- quelques renseignements et la photographie ci-jointe d’un sportsman bien connu du Poitou, qui vient d’accomplir un véritable tour de force, et cette course le met, croyons-nous, en possession d’un record.
- A la suite du pari qu’il avait fait, de couvrir la distance de 400 km en 48 heures, en voiture et sans changer de chevaux, M. le baron J. de Curzay partait de Niort le dimanche 27 février à 3 heures de l’après-midi, avec une voiture légère attelée de 2 chevaux, et arrivait au but mardi 1er mars à midi 21 minutes, effectuant les 400 kilomètres en 45 heures 21 minutes.
- Le parcours était ainsi fixé : Niort à Fontenay-le-Comte et retour (66 km) et 3 fois une distance de 55,667 km et retour, trajet compté sur la route nationale de Paris à La Rochelle, de Niort à Dompierre
- La voiture attelée de M. le baron J. de Curzay.
- (Charente-Inférieure) ; de nombreux controleurs pointaient le passage du coureur tant sur la roule qu’aux points de virage.
- Le tableau de marche prévoyait 6 arrêts de 2 heures ; en réalité il n’y en a eu que 5, le troisième trajet de Niort à Dompierre ayant été effectué avec une courte halte à Mauzé et une autre à Nuaillé pour referrer les chevaux : la vitesse moyenne pour ces 111 derniers kilomètres a été de près de 13 km par heure.
- Les chevaux de M. de Curzay sont de race tarbaise : l’un, Athos, est un ancien cheval de réforme, âgé de 17 à 18 ans; l’autre, Milady, est une jument de 6 ans. Ils ont accompli ce raid sans fatigue apparente, et étaient en excellente forme à leur arrivée. Ils ont été conduits avec tant de prudence et d’habileté qu’après plus de 350 km le break d’un contrôleur attelé de 2 chevaux frais, ne pouvait suivre leur train.
- Comme on peut le voir par le temps ci-dessus, la vitesse moyenne a été de 8,762 km par heure,
- arrêts compris: Batailleur, le gagnant de la course de la Gironde, en mai 1895, avait mis plus de 71 heures à faire les 525 kilomètres de la course, marchant à une allure moyenne et régulière de 7,337 km par heure; de Bordeaux à Niort, 237 km, l’allure avait été de 7,438 km.
- Cette course a été favorisée par un temps doux, malheureusement la pluie est tombée pendant une partie de la nuit du dimanche à lundi. M. de Curzay était accompagné de M. Renard de Niort, qui l’a suivi en voiture grâce à de nombreux relais, et d’un domestique à bicyclette.
- Ce pari a passionné les hommes de chevaux de la contrée qui, généralement, croyaient à l’impossibilité d’un tel record ; l’événement leur a prouvé qu’ils avaient tort. I)e Ruât.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiuhe, rue de Fleuras, 9.
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- A» 129-5. — 20 MARS 1898.
- LA NATURE
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- CE QU’IL FAUT
- POUR CONSTRUIRE UNE LOCOMOTIVE
- Ce titre pourrait sembler annoncer une recette à la manière favorite des livres de cuisine : « Pour faire un civet... », recette qui n’aurait qu’un intérêt un peu platonique pour nos lecteurs; il en coûterait assez cher de la mettre à exécution, et ce petit travail d’amateur n’aurait rien de particulièrement attrayant. Il s’agit en réalité d’un graphique curieux et bien parlant, d’un enseignement par les yeux, s’il en fut jamais, qu’a imaginé un des hauts fonctionnaires de la compagnie anglaise « London and North Western Railway ». '
- Tout le monde connaît ces graphiques parlants, et
- récemment ici même un de nos collaborateurs a figuré sous cette forme la fortune des principaux pays du monde; M. Francis W. Webb, membre de 1’ « Institution of civil Engineers », et « Meehanical Engineer » de la compagnie que nous venons de citer, a songé à représenter de la façon la plus frappante la masse considérable de matériaux à l’état brut qu’on doit mettre en œuvre pour fabriquer une locomotive moderne. Pour cela il voulait qu’à coté de la locomotive, on put voir, à la même échelle, les matériaux en question, fer, cuivre, acier, etc., réunis en tas respectifs. Il aurait pu, dans ce but, faire appel aux offices et aux talents d’un dessinateur, mais il a pensé mieux faire (et nous sommes tout à fait de son avis) en recourant à l’objectif du photographe, qui donne la vérité absolue sans inter-
- La matière première d’une locomotive.
- prétation. Nos lecteurs ont sous les yeux la photographie qu’il a prise : au second plan est une locomotive, sans son tender, à huit roues accouplées, du type puissant et remarquable que M. Francis W. Webb a dessiné lui-même pour le trafic des charbons sur les lignes du « London and North Western Railway ». Au premier plan sont disposées, généralement en parallélépipèdes, les diverses matières premières qu’il faudrait pour obtenir une machine en tout semblable à celle-ci, et que nous allons énumérer en indiquant le poids correspondant à chacune.
- On remarquera que notre classement n’est pas ait suivant la décroissance des poids, ceux-ci n’étant point le critérium de l’importance de telle ou telle matière première, et que, de plus, nous tenons compte du combustible nécessaire au travail ou à la transformation des métaux qui deviennent parties intégrantes de la locomotive.
- Nous voyons, à la gauche de la photographie, un 26" année. — icr semestre.
- gros tas cubique surmonté d’une pyramide, et formé de 28595 906 kilogrammes d’acier en morceaux (.steel scrap) ; en avant est un parallélépipède qui, avec celui que nous retrouverons plus loin, représente un poids de 7416 kilogrammes de fer forgé (wrought irori). Une planche, dont une des extrémités repose sur le tas d’acier et l’autre sur celui de charbon (coal), supporte d’abord du cuivre phosphoreux (51ks,751), puis de l’aluminium (5kg,897) et du ferro-manganèse (59ks,872). Par devant, une planchette sert de piédestal, pour ainsi dire, à 54k^,429 d’hématite. En continuant notre examen nous trouvons l’énorme cube de charbon ou coal, qui en représente un poids de 58422ks,3, et qui est surmonté d’abord d’un autre cube de 4673ks,8 de coke, puis d’un cône grossièrement fait avec 927ks,554 de pierre à chaux limestone).
- Sur la gauche du charbon est un tas de fonte blanche, de spiegel, pesant 2890k«,717;à droite,
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- LA NATURE.
- nous apercevons une espèce de tour faite de 5051ks,626 de lingots de cuivre. Comme on n’a pas oublié les droits de la symétrie dans la disposition de ces matières premières, on a placé une seconde planche faisant pendant à celle que nous avons déjà trouvée, et qui porte du plomb ou lead (57k£,647), puis du chrome (lok^,607), une très faible quantité d'antimoine (lke,814), et enfin du zinc (51k8,698). Sur une autre planchette, nous voyons du block tin, autrement dit de l’étain en saumons, pesant en tout 247ks,650.
- Il ne nous reste plus qu’à jeter un coup d’œil sur le bloc de wrought bon ou fer forgé qui, avec celui que nous avons indiqué en commençant notre énumération, donne un total de7-4l6k*,8 pour la quantité de ce métal que réclame la fabrication de notre locomotive. Nous signalerons pour finir le dernier tas qui comprend d’abord, en bas, 24 588ks,375 de fer en gueuses, puis 6553kg,5 de fer de Suède, et, comme couronnement, 1543ks,551 de fonte en divers morceaux.
- Bien entendu ce ne sont là que les matières brutes, quoique la plupart de ces métaux aient déjà été soumis à des traitements assez compliqués pour arriver à l’état où ils se présentent à nous. Mais combien de manipulations n’auront-ils pas à subir avant de prendre place dans ce merveilleux organisme mécanique qu’est une locomotive! Les uns deviendront bielles, châssis, roues, tuyaux; les autres robinets, sifflets; d’autres disparaîtront complètement, après avoir cédé une partie de leur substance, tels le coke, le charbon, la pierre à chaux. Tant et si bien enfin, que tout cet ensemble, qui pèse actuellement plus de 141 tonnes, quand il sera travaillé, ouvré, martelé, limé, ajusté, quand, en un mot, il se sera transformé en une locomotive toute reluisante à la sortie des ateliers, aura perdu environ les deux tiers de son poids. Mais, dans chacune de ces pièces métalliques, il y aura, incorporé, un peu de l’intelligence humaine, et la matière brute se sera affinée pour devenir finalement un admirable mécanisme qui semble presque animé de vie. Daniel'Bellet.
- LES CHIENS ÉGARÉS
- CONTRIBUTION A LA RECHERCHE DU (( SENS DE LA DIRECTION ))
- La question du sens de la direction est à l’ordre du jour en ce moment. Diverses publications scientifiques la posent et l’instruisent. Je voudrais apporter à ces intéressants travaux ma modeste contribution personnelle, en donnant plusieurs observations dont je garantis la rigoureuse authenticité.
- En octobre 1870, le 4e bataillon des mobiles de la Lote-d’Or, où j’étais capitaine, campait à la capsulerie de Montreuil, près Paris. Un certain nombre de chiens errants fréquentaient nos cuisines déjà maigres, et trouvaient auprès de nous la traditionnelle amitié du soldat. J’avisai un jour un jeune dogue fort joli, et à mine parti-
- culièrement intelligente, qui se laissa gagner à mes avances, et parut heureux de mes caresses. Je le conservai. — Ce chien était de Montreuil, car lorsque, peu après son immatriculation chez nous sous le nom de Moblot, nous partîmes, en traversant cette localité, une bonne femme, l’apercevant tenu en laisse par mon brosseur, le réclama. Mon homme lui répondit : « 11 est engagé pour la durée de la guerre! » Je mis une pièce de cent sous dans la main de la femme, qui parut enchantée, et Moblot, ravi de son sort, fit le siège entier dans nos rangs.
- Je regrette de n’avoir pas ici la place de raconter toutes ses gentillesses, toutes les drôleries dont il égayait nos factions aux avant-postes, nos nuits de garde et même nos combats. A Champigny, il fut couvert de terre et de pierres par un obus qui lui éclata presque entre les pattes, et s’en tira avec une éraflure sur le dos. 11 faisait la joie du bataillon, et, protégé par nos soldats, il réussit à sauver sa tète de la proscription que le manque de viande avait fait décréter contre les chiens, en sorte qu’il était encore à la compagnie lors de l’armistice du 28 janvier 1871.
- Nous faisions, à ce moment, le service aux avant-postes devant les Ilautes-Bruyères. Comme plus jeune capitaine du front sud, j’eus l’atroce mission de rendre la tranchée aux Prussiens. Quand ce fut fait, je rentrai dans Paris avec un billet de logement pour le n° 102 de de la rue d’Assas. Je m’y rendis avec Moblot, et j’y passai la nuit. Le lendemain matin, de très bonne heure, mon brosseur sortit pour aller faire des courses, une entre autres au boulevard Bineau. Il emmena le chien. En rentrant, il m’apprit qu’il l’avait perdu. Le malheur était arrivé, il ne savait trop comment, du côté de Neuilly. Le lendemain, ma division recula ses cantonnements vers la Seine, et je fus logé rue Servandoni. Cependant, nous continuions de passer fréquemment rue d’Assas, pour aller a l’un de nos bureaux, vers l’Observatoire, et nous demandions toujours au concierge du 102 s’il n’avait pas revu Moblot.
- Le dixième jour, en arrivant devant la maison, j’aperçus une chose informe, une pauvre lamentable guenille de chien, une sorte de squelette qui ne pouvait se relever sur ses pattes, et qui, en me voyant, parvint mal à tourner la tète à l’appel de son nom, et à remuer un peu la queue. C’était mon malheureux Moblot ! II tombait de faim, et, pour surcroît de misère, il avait le maxillaire supérieur brisé d’un coup de bâton. En cet état, il avait encore su retrouver cette porte, qu’il n’avait franchie qu’une fois, et il s’était couché pour mourir devant la seule maison de Paris où il avait vu son maître ! « Je le soignai, Dieu le guarit », comme dit Ambroise Paré, et le brave chien vint avec moi en Bourgogne où il eut une douce vieillesse.
- Voilà donc un animal qui a su se débrouiller dans l’immensité de Paris, qu’il n’avait jamais parcourue auparavant. Quels sens l’ont conduit jusqu’à moi, après dix jours de recherches? Est-ce à force de trotter par la ville qu’il a fini par revoir fortuitement la maison où il était resté si peu de temps? A-t-il, en traversant les quartiers de la rive gauche, reconnu l’odeur de son bataillon, ce qui lui a permis de circonscrire et délimiter ses recherches? En tout cas, il a accompli un tour de force bien autrement difficile que de se reconnaître en rase campagne ; il n’y a pas de foret plus inextricable pour un chien tjue ce dédale immense des rues de Paris-. ' 1
- Un de mes amis, magistrat à Gien, se maria, il y a quel-
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- LA NTÀURE.
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- ques années, à Montbard, dans la Côte-d’Or. 11 avait un congé durant lequel il fut nommé à Dijon, en sorte que, ne devant plus retourner dans le Loiret, il amena son chien dans sa maison nouvelle, en chemin de fer, bien entendu. Au bout de quelques jours, l’animal, dont il n’avait guère eu le temps de s’occuper, disparut. C’était un superbe braque, et comme on était à la veille de l’ouverture de la chasse, mon ami pensa qu’on le lui avait volé. 11 fit quelques recherchés cependant, mit des annonces dans les journaux, mais il ne reçut aucune nouvelle de son compagnon. 11 s’en procura un autre, et pensait bien ne devoir plus jamais entendre parler du premier qui sans doute avait trouvé ailleurs bon souper, bon gîte et le reste, comme dit le fabuliste.
- Un an après la disparition du chien, jour pour jour, le magistrat reçut, de son ancien propriétaire à Gien, une lettre l’informant que l’animal venait d’arriver chez lui; qu’il avait donné les marques de la plus vive joie en retrouvant ta maison et en reconnaissant les voisins, et qu’il s’était réinstallé comme s’il n’était parti que de la veille !
- Comment, et à l'aide de quels sens ce braque était-il retourné à Gien ? 11 n’est pas douteux pour moi qu’il a parcouru une partie de la France, acceptant un peu partout de provisoires hospitalités, des amitiés passagères dont il profitait pour se refaire avant de se remettre en route pour de nouvelles recherches. De circuit en circuit, il aura fini par pénétrer dans un rayon connu soit de sa vue, soit de son odorat, et, de ce moment, il était sauvé. — Ce chien, en faisant preuve d’une grande sagacité, a donné, en même temps, un exemple de fidélité bien rare et bien extraordinaire, car, en général, au bout d’une séparation plus ou moins longue suivant les sujets, le chien se donne à son nouveau maître, et souvent même oublie l’ancien au point de ne pas vouloir le reconnaître après quelques mois.
- L’hiver dernier, M. F., chasseur de Dijon, emprunta un chien courant à un ami, pour aller chasser le sanglier au village de Marey, distant de cette ville d’environ quarante minutes en chemin de fer. 11 lui passa une laisse, l’amena à la gare, descendit à la bifurcation d’Is-sur-Tille, prit la ligne de Chàtillon, et quitta le train à la station de Marey. Là, pensant que le chien, enthousiasmé par la vue du fusil et les préparatifs de la chasse, le suivrait sans difficulté, il lui enleva la laisse dès qu’il fut arrivé au bois. L’animal entra dans le taillis, fit quelques tours et disparut. On chassa sans lui sans trop d’inquiétude, car comme il avait un collier avec son adresse, on pensait bien qu’on le retrouverait.
- Cependant, en revenant le soir à Dijon, M. F. passa d’abord chez son ami pour l’aviser que le chien était resté au bois. Quelle ne fut pas sa surprise, en entrant dans la maison, de voir le fuyard tranquillement installé devant le feu ! Comment était-il revenu de Marey, où il n’était jamais allé auparavant et où il avait été conduit sous la banquette d’un wagon? On s’informa, on fit une enquête, et l’on apprit que peu après le moment où il avait été lâché au bois le chien avait été vu à la gare de Marey ; là, les employés l’avaient caressé, avaient essayé de le retenir jusqu’à la rentrée des chasseurs, mais qu’il leur avait échappé à l’instant où arrivait le train descendant de Chàtillon sur Is-sur-Tille et Dijon ; qu’il avait sauté dans le fourgon au moment où le convoi se mettait en marche, que là, accueilli par le conducteur, il était demeuré tranquille jusqu’à Is-sur-Tille ; qu’à cette bifurcation il était descendu, et que le conducteur, in-
- trigué, l’avait suivi de l’œil et vu se diriger tout droit sur le train de Dijon alors en gare ; qu’il avait pénétré dans un compartiment de troisième où on l’avait laissé faire et qu’entin il avait quitté le train à Dijon le plus naturellement du monde, et commis ainsi, avec audace, une contravention grave à la police des chemins de fer en voyageant sans billet !
- Ce dernier fait constitue une des preuves les plus extraordinaires non d’instinct, mais de réflexion intelligente qu’ait jamais données un chien. Le changement de train, au bon endroit et au bon moment, est particulièrement remarquable, puisque beaucoup de gens, en pareil cas, n’arrivent pas à en faire autant!
- Faut-il maintenant mettre les trois exemples que je viens de rapporter à l’actif d’un sens particulier, sens indéfinissable jusqu’à présent, et qu’on nommerait, faute de mieux, le sens de la direction '! Je ne sais si ce sens existe, si l’on parviendra un jour à le reconnaître nettement, mais je crois qu’il n’a rien à faire dans les cas qui nous occupent et dans beaucoup d’autres analogues. Moblot, le braque de Gien, et le chien courant de Dijon ont agi tous trois exactement comme ferait, dans les circonstances où ils se sont trouvés, un homme qui chercherait son chemin sans pouvoir appeler à son secours la parole ou la mimique. Moblot erre dans Paris pendant dix jours, regardant, flairant, jusqu’à ce qu’il retrouve un indice; le chien du Loiret en fait de même à travers la France ; qui sait où il est allé, combien de départements il a parcourus! S’il avait eu un sens de la direction, il l’aurait exercé tout de suite, et n’aurait pas mis un an à regagner son pays. Quant au troisième chien, manifestement il a raisonné sur les éléments que lui donnait sa mémoire, et repris en sens inverse, avec une merveilleuse sagacité, la route parcourue, et le moyen de transport dont il avait appris l’usage.
- On doit donc reconnaître que, dans mes trois observations, bien que les chiens aient accompli des actes extraordinaires, on ne voit pas la nécessité de supposer, pour les expliquer, un sens spécial. Aussi je conclurais volontiers qu’on se hâte peut-être un peu trop de créer un sens nouveau. Si le retour des pigeons au colombier parait incompréhensible par le jeu des facultés jusqu’ici connues de ces oiseaux, il n’est point prouvé qu’il ne faut pas l’attribuer uniquement à l’usage de ces facultés, dont, sans doute, nous n’avons pas encore mesuré toute l’action et toute l’étendue. Cunisset Carnot
- LES PREMIERS ARTISTES
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- SCULPTEURS ET GRAVEURS
- Lorsque, pour la première fois, les préhistoriens apprirent au monde savant que l’homme des vieux temps quaternaires s’était élevé à la conception des arts plastiques et les avait cultivés avec un talent qui fait l’admiration des artistes d’aujourd’hui, on accueillit leurs découvertes avec scepticisme. On ne pouvait comprendre, en effet, que l’homme fruste de ces époques reculees, auquel les uns ne voulaient même pas croire et que d’autres regardaient comme un sauvage à peine sorti de l’animalité, eut pu produire des œuvres aussi remarquables, au point de vue artistique. Cependant, il fallut bien se rendre à
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- l’évidence, s’incliner devant des laits, prouvés scientifiquement.
- Parmi les archéologues qui ont le plus contribué à faire connaître les vestiges de l’art primitif, M. Piette est aux premiers rangs. 11 consacre à ses recherches beaucoup de temps et beaucoup d'argent, n’ayant d’autre but que d’éclairer cette question si intéressante des premières civilisations humaines.
- Grâce aux nombreuses grottes fouillées depuis trente ans par Lartet, Christy,
- Massénat, de Vi-braye, Cartaillac,
- Poule, etc., on a pu rapporter à différentes époques préhistoriques déjà connues les objets d’art qui avaient été recueillis, un peu partout, sur le sol de France. Les derniers travaux de M. Piette, parus
- dans la Revue f Anthropologie, ont beaucoup éclairé nos connaissances sur ce sujet. J’en ai largement profité 1.
- Ce sont les hommes qui se servaient de silex taillés du type solutréen qui, les premiers, ont cultivé les
- arts. Ils formaient des peuplades éparses sur le sol du pays qui devint plus tard la Gaule et avaient comme compagnons : de grands carnassiers, la panthère, l’hyène tachetée, le loup, le renard; le rhinocéros, le mammouth, 1 e renne, le cheval, l’aurochs, le cerf commun, etc L’homme solutréen qui vivait au milieu de cette étrange population, si différente de celle d’aujourd’hui, s’abritait dans des huttes qu’il construisait en plein air, ou se réfugiait dans des grottes. À Solutré, en Mâcon-
- St.
- Fig. 2. — N“ 1. Étude de tètes de renne. Relief très faible (grotte du Mas d’Azil). — N0’ 2 et 5. Tète de cheval enchevêtrée (gravure à contours découpés), recueillie par M. Mascaroux à Saint-Michel d’Arudy.
- nais; dans la vallée de la Yézère; à Brassempouy, dans les Landes, on a trouvé les ossements de ces animaux mélangés à des instruments de silex : des pointes de lance, des grattoirs, etc.
- Avec des outils aussi imparfaits, aussi primitifs, l’homme, qui ne devait connaître les métaux que beaucoup plus tard, s’efforce de reproduire les êtres
- qu’il a devant les yeux. Avec l’ivoire du mammouth aux longs poils, il sculpte en ronde bosse des formes féminines (fig. 1) dont il semble épris, car il les re-
- 1 Je tiens à remercier ici M. I’iette et la Revue VAnthropologie de l’obligeance qu’ils ont bien voulu me témoigner en me permettant de reproduire les figures qui illustrent cet article.
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- produit avec un talent remarquable, qui provoque l’admiration de tous les connaisseurs. 11 fait non seulement des statuettes, mais des amulettes et divers objets qu’il ornemente selon sa fantaisie.
- 11 est bien évident que toutes les tribus de cette époque n’étaient pas aussi avancées et que l’on est là en présence de peuplades déjà assez cultivées.
- Mais le froid qui avait fait émigrer le renne des régions d u nord jusque dans les Pyrénées, sévit plus fort; le mammouth et les grands carnassiers disparaissent alors peu à peu. A la même époque le renne, l’aurochs et le cheval forment, au contraire,de grands troupeaux.
- Par suite de la rareté ou de la disparition du mammouth, l’homme est privé de l’ivoire qui constituait la matière première à l’aide de laquelle il sculptait. Il est donc obligé de chercher une autre substance pour la remplacer. Cette substance c’est le bois de renne ; bien inférieur, à ce point de vue, à l’ivoire de l’éléphant, car il est étroit, aplati et spongieux en son milieu et se prête mal à la sculpture en ronde bosse. L’artiste transforme alors son art et fait de la sculpture en bas-relief (fig. 2) et presque en même temps de la sculpture en ronde bosse avec reliefs exagérés (fig. 5). Il représente très fréquemment le cheval, avec le long panache de sa queue et sa crinière flottante, le mammouth, en voie de disparition, le renne et tous les animaux qui vivaient en même temps que lui. Il ne reproduit pas seulement des animaux, il imagine des ornements variés, il sculpte des volutes du plus gracieux effet, ornements d’où sont sorties les grecques et les arabesques. C’est le moment où il invente le harpon et l’aiguille, deux instruments excessivement utiles. Cette période est une des plus brillantes au point de vue de l’art et
- des productions. Mais, sous l’empire de nouvelles nécessités, l’homme va encore transformer son art. Avec la fin du froid sec et le retour de l’humidité, le renne, en effet, émigre vers le nord et l’artiste, une seconde fois, est privé de la substance dont il se servait. Il emploie alors la pierre et le bois de cerf élaphe, qui était très répandu, sur lesquels il grave, avec un fini remarquable, des animaux seuls ou
- groupés : des poissons, des cerfs, etc.
- Il signe même certaines des productions qui l’ont le plus satisfait.
- M. Salomon Rei-nach décrit dans le dernier numéro de r Anthropologie, qui vient de paraître, une intéressante statuette de femme nue (fig. A), découverte dans une des grottes de Menton et acquise par le musée de Saint-Germain. Cette figurine en stéalilc, a 0ni,047 de haut et (),u,012 d’épaisseur maxima; elle appartient probablement à la fin de l’époque
- paléolithique. Elle présente beaucoup d’analogies avec celles de Brassempouy décrites par M. Piette. « La tête offre une forme ovale ; le front est fuyant. Une grosse touffe de cheveux descend sur la nuque , rappelant, d ’ une manière frappante, la disposition de la chevelure dans certaines statues grecques archaïques. » 11 faut signaler également les replis graisseux en haut des cuisses et l’énorme volume des seins qui pendaient jusque sur le ventre.
- Ainsi se sont succédé, durant les temps anciens, sous l’influence nettement marquée des nécessités, les arts de la sculpture et de la gravure. M. Piette a pu suivre la plupart de ces transformations dans la série des couches qui constituent le sol de la grotte du Mas d’Azil (Àriège) et montrer, avec M. Boule, que le hiatus que l’on avait indiqué entre les époques paléolithiques et néolithiques n’existait pas.
- Fig. 5. — Tôle d'équidé sculpté en ronde bosse avec reliefs exagérés (grotte du Mas d’Azil).
- Fig. 4. — Figurine en stéatite, vue de dos, de profil et de face. D’après M. S. Reinach (grotte de Menton).
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- La période d’humidité qui avait fait émigrer le renne vers le nord amène des inondations, des débordements atteignant le sol des cavernes sur lequel se déposent une série de couches limoneuses. Puis, l’humidité devenant moins grande et la température plus clémente, les inondations sont plus restreintes.
- La végétation prend bientôt un magnifique essor : le chêne, l’aubépine, le prunellier croissent sans culture, et l’homme cherche à améliorer son sort en cultivant le blé, dont il fait du pain, et le noyer, dont les fruits lui fournissent un aliment et une huile d’une saveur agréable. Dans cette douce quiétude, il va pouvoir se livrer de nouveau à la culture des arts. Mais par quelles tourmentes a-t-il donc passé pour que nous ne trouvions plus, chez les successeurs de l’artiste de l’àge du renne, ces sculptures et ces gravures qui forçaient notre admiration, mais des ébauches grossières de peintures où l’art est presque complètement banni? Pu. Guangeaud.
- Docteur es sciences.
- POSSIBILITÉ DE
- DÉPLACER LE PÔLE DE LA TERRE
- PAR DES ACTIONS MÉCANIQUES
- Il ne s’agit dans cet article que de conceptions purement théoriques, car l’application pratique exigerait des dépenses d’énergie colossales. Il y a cependant quelque intérêt à faire voir que, contrairement à une opinion très répandue, le problème du déplacement des pôles ne présente pas un caractère d’impossibilité radicale tenant aux lois mêmes de la Nature et qu’il n’échappe à la puissance humaine que par la grandeur des actions mécaniques qu’il faudrait mettre en jeu. Ce problème se rattache en effet ' à une question dont on a beaucoup parlé il y a quelques années, et qui est connue sous le nom de question du chat1. Un chat se retourne sur lui-même de manière à tomber toujours sur ses pattes. Si l’on suppose que le chat soit primitivement animé d’un mouvement de rotation, ce fait ne l’empêchera pas de se retourner. La mécanique ne lui impose qu’une condition, assez difficile, il est vrai, à préciser ici, mais qui consiste en ce que, d’une manière générale, il ne peut pas changer la position moyenne de son axe de rotation par rapport à l’espace environnant. Par exemple, s’il tourne autour d’une verticale, il tournera toujours autour d’une verticale; mais il peut se retourner de manière que cette verticale passe par tel ou tel point de son corps. Ce que le chat peut faire de son corps, les hommes pourraient le faire de la Terre. On ne peut pas empêcher l’axe de rotation de la Terre d’être dirigé vers la petite Ourse, mais on pourrait retourner la Terre de manière que cet axe passât par tel ou tel point de la surface. Je crois que c’est mon frère, M. Edmond Fouché, qui a le premier attiré l’attention sur cette possibilité, et l’on en trouvera une démonstration rigoureuse dans une Note que nous avons présentée en collaboration à l’Académie des Sciences le 13 juillet 1896. J’ai aussi traité la question à la séance du 3 février 1897 de la Société astronomique.
- Parmi tous les moyens qu’ou pourrait employer nous indiquerons le suivant : imaginons qu’on trace une route à peu près circulaire ayant son centre en un point de l’équateur et un rayon de quelques degrés, et faisons
- 1 Noy. n° 1117, du 27 octobre 1801, p. 351.
- déplacer sur cette route, toujours dans'le même sens, une masse suffisante; ou encore, remplaçons la route par un canal, et, à l’aide de pompes, entretenons dans ce canal une circulation continue d’eau, toujours dans le même sens. Dès qu’on commencera le mouvement, le pôle commencera à dévier; il déviera plus vite pendant la période très courte où s’établira le mouvement, puis p'us lentement tant que le mouvement circulaire se continuera ; enfin quand le mouvement s’arrêtera, le pôle déviera en sens inverse, mais d’une quantité moindre, de sorte qu’il ne reviendra pas à sa position primitive, et que sa position finale en sera d’autant plus éloignée que le mouvement continu aura été plus longtemps prolongé et aura porté sur des masses plus considérables. On peut ainsi déplacer le pôle de telle quantité qu’on désire; on peut l’amener en tel point de la surface terrestre que l’on désire; seulement la mécanique démontre que pour qu’il reste là où on l’aura amené, il faut qu’on l’amène en un point de l’équateur. On pourrait aussi, en continuant le mouvement, retourner pour ainsi dire la terre bout pour bout ou plus exactement pôle pour pôle, c’est-à-dire amener le pôle boréal là où est actuellement le pôle austral, et réciproquement, de sorte qu’au lieu d’avoir au-dessus de nos têtes la constellation de la petite Ourse, nous aurions celle de la Croix du Sud. Il est inutile d’insister sur les modifications que les climats des divers pays subiraient par le fait de cette opération. Remarquons seulement que l’inclinaison de l’axe sur l’écliptique ne serait pas changée et que par suite les saisons, prises dans leur ensemble, ne subiraient pas de modifications.
- A ce problème s’en rattache un autre qui intéresse l’industrie mécanique. Le mouvement de rotation de la Terre constitue un immense réservoir d’énergie. Peut-on puiser à cette source pour les besoins de l’industrie?Il v a certainement un moyen pratique de le faire; c’est d’utiliser la force des marées ; mais alors on n’emploie pas des forces exclusivement terrestres ; on fait intervenir l’attraction mutuelle de la Terre et de la Lune qui produit les marées. Il s’agit ici de prendre de l’énergie au mouvement de rotation de la Terre, en ne faisant agir que des forces terrestres. Plusieurs inventeurs ont cru pouvoir répondre par l’affirmative. Par exemple, l’un des projets qui sont parvenus à notre connaissance consistait à prendre pour moteur un gtjroscope. On sait que si une toupie est animée d’un mouvement de rotation rapide, et si elle est suspendue à la Cardan, son axe de rotation, conservant dans l’espace une direction invariable, semblera décrire un cône autour de l’axe de la Terre en 24 heures. Il semble que le mouvement relatif de cet axe puisse servir de moteur. Cependant le projet est chimérique, et le travail qu’on recueillerait ainsi serait emprunté au mouvement de rotation de la toupie autour de son axe, de sorte que, même en négligeant les frottements, la toupie finirait par s’arrêter après qu’on aurait recueilli précisément le travail dépensé pour la mettre en mouvement. L’analyse du problème est assez délicate; mais la théorie classique de la rotation des corps solides en donne assez facilement une solution suffisante. Quand un système matériel est animé d’un mouvement de rotation, il y a une certaine quantité qu’on appelle le moment des quantités de mouvement qu’il est impossible de changer par des forces intérieures au système. Au contraire, la force vive du système peut être modifiée par de pareilles forces, mais elle reste comprise entre deux limites. Le maximum correspond au cas où le système tourne autour du plus grand des axes de l’ellipsoïde d’inertie «t le minimum au
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- cas où la rotation se fait autour du plus petit de ces trois axes. L’axe polaire de la Terre est le plus petit des axes d’inertie. Donc l’énergie de la Terre est minimum. Il est donc impossible de la diminuer; mais on peut l’augmenter. Si, au contraire, comme certains astronomes l’ont cru au commencement du siècle dernier, la Terre était allongée dans la direction des pôles, ou bien si la Terre ayant la forme actuelle tournait autour d’un axe situé dans le plan qui est actuellement l’équateur, alors, l’énergie de rotation de la Terre serait maximum, et l’on pourrait consommer une partie de cette énergie en déplaçant en même temps le pôle jusqu’à ce que celui-ci arrivât à l’extrémité du petit axe d’inertie.
- Dans l’état actuel, il faudra donc, pour déplacer le pôle, dépenser de l’énergie. On peut se proposer de calculer la quantité d’énergie qu’il faudrait dépenser pour amener par exemple le pôle en un point de l’équateur actuel. On trouve que cette énergie représente à peu près les trois millièmes de l’énergie totale de la Terre. C’est une quantité considérable qui s’élève au chiffre respectable de 66 sextiliions de tonnes-mètres; ou 66 suivi de 21 zéros. Si l’on imagine que cette énergie soit fournie par 1 million de machines motrices donnant chacune 1 million de kilogrammètres par seconde, c’est-à-dire par 1 million de machines d’une puissance d’environ 15 000 chevaux chacune, il faudrait faire travailler ces machines pendant plus de 2 millions d'années pour obtenir l’énergie demandée, et encore nous ne tenons compte d’aucun frottement, d’aucune résistance passive. Si l’on admet qu’on transforme en travail utile le quart de la chaleur développée par la combustion de la houille, hypothèse qui dépasse considérablement le rendement des machines à feu, on trouvera que pour alimenter notre million de machines, il faudra brûler un poids de houille d’environ 66 quintillions de kilogrammes, quantité supérieure au cent-millième du poids de la Terre. D’après les statistiques les plus autorisées, la production annuelle de la houille atteint à peine 600 millions de tonnes. En admettant qu’il en existe une provision suffisante, ce qui est loin d’être vrai, il faudrait plus de 100 millions d’années pour arriver à extraire les 66 quintillions de kilogrammes nécessaires.
- Au lieu de brûler de la houille, il y aurait certes avantage à utiliser la chaleur solaire. D’après M. Janssen, le Soleil envoie chaque minute plus de 0,005 calorie, sur 1 centimètre carré de surface terrestre. Il est vrai qu’une grande partie de cette chaleur est absorbée par l’atmosphère. Admettons qu’il n’en arrive que 0,001 calorie à la surface du sol. D’après l’équivalent mécanique de la chaleur, chaque calorie représente 425 kilogrammètres. Pour faire la somme de l’énergie qui arrive du Soleil sur toute la Terre, il faut calculer la projection de la surface terrestre sur un plan perpendiculaire à la droite qui joint le Soleil à la Terre. C’est la surface d’un grand
- . --2 li
- cercle de la Terre, qui est égal a rc x 64 X 10 cm2.
- Multiplions par 0,425 et nous aurons l’énergie totale venant du Soleil sur la Terre en une minute. Divisons par ce résultat la somme d’énergie qu’il faut pour notre opération. Nous trouverons environ 120 millions de minutes qui font 2 millions d’heures ou 84 000 jours ou environ 230 ans. Mais on ne pourrait transformer en travail qu’une minime partie de la chaleur solaire. Admettons qu’on en transforme la dix-millième partie. La durée de l’opération dépasserait 2 millions d’années. M. Fouché.
- Vice-président de la Société astronomique de France.
- FLEURS ET LÉGUMES N0UYEXUX
- Chaque anne'e, les nouveautés florales et légu-mières sont tellement nombreuses qu’il devient difficile de les compter. Vouloir les énumérer serait folie! La différence la plus insignifiante dans une plante, la précocité accidentelle de quelques jours — j’allais dire de quelques heures — dans une fleur suffisent pour faire créer des nouveautés. Mais, heureusement, autant en emporte le vent. Nous n’avons retenu, après avoir parcouru de nombreux catalogues, que celles qui méritaient véritablement de l’être. Commençons, si vous le voulez bien, par les légumes, les plantes potagères, comme les désigne l’euphémisme des catalogues.
- Depuis longtemps déjà le fraisier remontant trône au jardin potager sous la forme du fraisier de quatre saisons — ce délicieux fraisier à nul autre pareil jusqu’à ce jour, pour la suavité, la succulence de ses fruits. Mais ce qu’on lui reprochait c’était de s’obstiner à ne pas vouloir augmenter le volume de ses fruits. Ce qu’on voulait à tout prix obtenir, c’était un Fraisier remontant à gros fruits. Aussi la venue du Fraisier Saint-Joseph a-t-elle été saluée d’unanimes acclamations; avec lui, il y a qualité, quantité pendant une grande partie de l’année. 11 est rustique, vigoureux et jusqu’aux gelées donne des fruits abondants. C’est presque un Fraisier perpétuel qui permettra de ne jamais chaumer de fraises et par sa culture en pleine terre et par celle en châssis, pendant la plus grande partie de l’hiver
- A peine né, le Fraisier Saint-Joseph est déjà surpassé. M. Lefort, de Meaux, un amateur et producteur passionné, a obtenu de semis une variété nouvelle qui serait encore plus méritante et qu’il a dénommée Fraisier remontant à gros fruit Jeanne d'Arc (fig. 4).
- Et le melon! quel singulier légume — quoique ce soit un fruit. Qui se rappelle le melon, le Cantaloup d’antan, pesant et épais, surtout riche en croûte, avec une chair qui brillait souvent par la parcimonie avec laquelle la nature l’avait distribuée? Nos fines bouches n’en voudraient plus; le dernier des gourmets de village en ferait fi. Nous avons cette année à recommander le Melon Cantaloup de Vauriac qu’on dit être aussi succulent qu’il est joli dans ses formes. C’est un fruit de grosseur moyenne, aplati, nettement côtelé, à écorce rugueuse, de teinte métallique. La chair qui arrive à maturité en septembre, en est épaisse, rouge, juteuse et de très bonne qualité. Ajoutez à cela qu’il est productif et sa culture ne pourra qu’être recommandée aussi bien au maraîcher qu’à l’amateur.
- La Pomme de terre donne chaque année quelques variétés nouvelles, mais il faut se montrer difficile en ce qui concerne ce roi des légumes. Mais quand une pomme de terre est recommandée par la maison Vilmorin, il ne reste plus qu’à s’incliner. C’est ce que nous faisons bien volontiers devant la Belle
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- de Juillet qui bien que d'obtention étrangère, semble avoir été faite tout exprès pour nos marchés français. Elle a pour nous séduire des formes
- très régulières, sa précocité suffisante, sa grande production et par-dessus tout sa qualité qui lui permet de rivaliser avantageusement avec la fameuse
- Hollande du marché parisien. Les tubercules ont une forme d’amande avec la chair d’un beau jaune, La plante résiste bien à la maladie, ce qui fait son plus bel éloge.
- Les amateurs de Petits pois peuvent s’adresser au Pois merveille d'Angleterre, de très bonne qualité et très productif. C’est une variété naine qui ne dépasse pas 55 centimètres, a nombreuses cosses bien remplies de grains verts et ridés rappelant ceux des Pois merveille <V Amérique.
- Signalons encore une Tomate ponderosa écarlate dont le type à fruits violets était peu recherché sur le marché. Ses fruits d’un beau rouge sont au contraire les bienvenus, surtout quand ils pèsent de 7 à 800 grammes.
- Songez donc une tomate pesant en moyenne une livre et demie! Il y a de quoi faire de fameuses tomates farcies.
- Enfin pour les amateurs un peu spéciaux qui aiment la Rhubarbe, donnons un regard en passant à la Rhubarbe hybride Florentin, obtenue au Jardin de la Faculté de médecine, remarquable par le développement de ses feuilles, le joli coloris de ses innombrables fleurs rouges dont l’ensemble forme des tiges florales de
- plus de 5 mètres. Nous la recommandons comme végétal d’ornement plutôt que comme plante potagère, quoique ses pétioles charnus puissent servir à faire des confitures.
- Si nous nous adressons maintenant aux fleurs proprement dites, nous en trouverons quelques-unes qui méritent d’être recommandées, tout en ne sortant pas de celles qui sont de culture facile et que le plus petit jardin peut posséder. C’est d’abord le Bégonia graci-lis, charmante petite plante, de 20 à 25 centimètres, en touffes régulières formées de rameaux nombreux qui se recouvrent littéralement de fleurs rose tendre. Par l’ensemble de ses caractères, il rappelle le Bégonia Vernon, ce bijou au feuillage rouge sombre dont on ne peut se dispenser pour faire des bordures de massif, aux expositions les plus ensoleillées, ainsi que le Bégonia versalliensis qui en est issu. Ce qui ajoute encore à son grand mérite ornemental, c’est qu’il se reproduit exactement de semis (fig. 2).
- La capucine sera toujours l’ornement des croisées et des fenêtres ; le jardin de la campagne ne se passera jamais de capucines. Aussi est-il tout à fait
- Fig. r>. — Capucines.
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- logique de chercher à l’améliorer. Les variétés d’autrefois n’ont pas encore fait leur temps, il s’en faut de beaucoup; on ne peut, en effet, rien leur reprocher, tant elles sont bien faites pour le rôle qu’elles sont appelées à jouer. Les Capticines de Lobb, par exemple, ne sauraient être remplacées, mais il n’est pas défendu de leur y adjoindre quelques autres qui ne sauraient les déparer. 11 en est ainsi des Capucines Caméléon naines ou grimpantes, les
- Fig. i. — Fraises.
- Le coquelicot non plus n’est pas un aristocrate. S’il brille au milieu des blés, de l’éclat de ses corolles fulgurantes, d’autres coloris le feront rechercher pour jeter une note d’agrément dans la composition
- premières à touffes compactes se couvrant de fleurs pendant toute la belle saison, les autres aussi vigoureuses, à rameaux aussi longs que ceux de la grande capucine ordinaire. Mais ce qui donne à ces plantes leur caractère particulier, d’où elles tirent d’ailleurs leur nom de Caméléon (fig. 3), c’est qu’elles produisent sur la même plante, sur le même rameau, des fleurs à coloris changeant, unicolores, ou bien maculées, lavées ou marginées de tons clairs ou foncés
- Fig. 8. — Coquelicots.
- des parterres. Les amateurs seront heureux de voir s’épanouir ses pétales ardoisés, lie de vin, violacés, à reflets satinés d’une merveilleuse richesse de teinte. Si, par-dessus tout, ses fleurs sont doubles, rien en
- Fig. 6. — Fcnsées vivaces. Fig. 7. — Primevères.
- lui ne saurait laisser à désirer. Supposons qu’il forme de jolies petites plantes compactes, ne dépassant pas 40 centimètres de hauteur et présentant une gamme de coloris aussi variée que possible, alors il est bien peu de végétaux, et parmi les meilleurs, qui puissent entrer en concurrence avec lui pour la décoration des jardins au printemps. Ces qualités diverses nous les trouvons dans le Coquelicot japonais double nain compact varié ou dans le Coquelicot double à fond ardoisé (fig. 5).
- La giroflée sera toujours choyée pour l’abondance de ses fleurs, leur précocité, pour le parfum pénétrant qu’elle répand. La confection des bouquets, les
- garnitures d’appartement ne sauraient s’en passer. Le Midi l’envoie aux Halles en immenses gerbes, en nombreuses variétés parmi lesquelles on choisira avec prédilection, pour la fraîcheur et la délicatesse de son coloris, pour la beauté de ses fleurs et l’abondance avec laquelle Ses rameaux en sont garnis, la Giroflée d'hiver T ose de Nice à grande fleur.
- 11 n’est plus permis de faire un éloge de la pensée : partout on la rencontre et partout on l’aime. Nous ne saurions cependant passer sous silence la variété à grande fleur la Brillante, d’un beau rouge vif avec une large tache foncée sur les trois pétales inférieurs, qui présente ce grand avantage de pouvoir
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- se reproduire franchement de graine, avec son coloris caractéristique, ce qu’on n’avait encore pu obtenir avec les variétés à fleurs rouges. La pensée vivace variée (fîg. 6), connue en Angleterre sous le nom de viola contribuera pendant la belle saison à la garniture des corbeilles et des bordures. Depuis le printemps jusqu’à l’automne, la vue sera gentiment égayée par le tapis de fleurs qu’elle formera, les unes unicolores, les autres mélangées de teintes chatoyantes empruntées au blanc, au bleu clair, au rose, au jaune pâle, au violet, au pourpre. Si nous la connaissons aussi peu en France, c’est sans doute à cause de la rareté de ses graines qu’elle ne produit que difficilement.
- Qui ne connaît le Pois de senteur? (fig. 1) il a le désagrément de se tenir mal. Il n’en est plus ainsi avec le Pois nain Cupidon rose qui, à la grâce du coloris, joint le port gracieux et correct qui le caractérise. On fera de superbes bordures avec celte obtention américaine qui ne dépasse guère 20 centimètres et fournit d’innombrables fleurs, larges, très parfumées, rose vif avec les ailes blanc pur. Cultivé en pots il fera merveille.
- Les primevères réclameront un instant notre attention. Depuis quelques années, elles ont subi une véritable révolution. Celles dites de Chine ont changé à leur avantage du tout au tout : elles ont ennobli leur feuillage, leurs pédoncules se sont, dressés, leurs teintes ont pris de l’élégance et leurs fleurs ont doublé. Le Primula obconica s’est modifié dès son début dans les cultures; maintenant on nous l’annonce à grande fleur rose vif. Le Primula floribunda fera sensation avec ses fleurs jaunes d’or. Quant à la primevère des jardins, elle nous est récemment revenue d’Angleterre avec des fleurs bleues ou brun noir finement liserées de jaune d’or (fig. 7).
- Bien d’autres plantes encore seraient à signaler, mais il faut savoir se borner. Dans ce dessus du panier, il n’y a qu’à choisir pour orner les petits jardins. La culture en est facile; il suffit d’acheter des graines et de les semer. P. Hariot.
- Attaché au Muséum d’histoire naturelle,
- LES MINES A MADAGASCAR
- Selon M. le colonel Guyot, chef du service des mines à Madagascar, voici l’énumération, d’après les connaissances actuelles, des richesses minières de la grande Ile.
- Or. — En dehors des exploitations de la Compagnie coloniale des mines d’or de Suberbieville et de la côte ouest de Madagascar, qui se trouvent dans le Bouénie, l’or a été exploité en Emvrne, près du. mont Iliaranandriana ; sur le Kitsamby, au sud du mont Ivatayé; sur le Saomby, affluent du Kitsamby; dans le Betsiléo, à Itoalana et à Anasaha ; dans l’Antsianaka, à Antsevakely, sur les affluents du Bemarivo et à Marovato, sur le Marijao; mais, jusqu’ici, les alluvions seules ont été traitées.
- Argent. — Aucun gisement argentifère n’a été signalé usqu’à ce jour.
- Pierres précieuses. — Il a été trouvé des pierres pré-
- cieuses dans le Bouéni, dans la région des Bétafo, dans le pays des Aaras, dans les environs du mont Vahiposa et dans les sables des rivières de l’intérieur de l’île. Ces pierres comprennent : de la pierre de lune, du quartz améthyste, des agates, de la topaze d’Espagne, des grenats, des zircon®, des saphirs, des rubis, des corindons, de l’aigue-inarine, de l’amazonide (prisme d’émeraude), des cornalines. De superbes échantillons de cristal de roche ont été signalés au sud de la province de Betsiléo.
- Cuivre. — Les mines de cuivre d’Ambatofanghena (district d’Ambositra, province du Betsiléo) ont été exploitées pour le compte du gouvernement malgache ainsi que celles de Vohinana. Le minerai et le malachite ; la teneur varie de 10 à 45 pour 100. Le charbon de bois, nécessaire à la préparation du métal, se trouve à une journée de marche de la mine et doit être apporté à dos d’homme. Des gisements de cuivre ont été signalés dans la région de Bétafo, dans le nord de l'ile, dans le Vonizongo. Le cuivre de cette dernière région serait presque pur.
- Plomb. — Il existe de la galène à Ambatofanghena ; cette galène n’est pas argentifère; il n’en a pas été signalé autre part.
- Zinc. — 11 y aurait, paraît-il, quelques gisements de minerai de zinc dans la région de Bétafo.
- Fer. — Le minerai de fer existe presque partout dans l’ile ; il est exploité par les indigènes dans l’Emyrne et le Betsiléo.
- Mercure. — Le cinabre a été signalé dans l’ouest de l’île.
- Etain. — Aucun gisement d’étain n’a été indiqué jusqu’ici au service des mines.
- Charbon de terre. — Il existe un bassin houiller sur la côte nord-ouest, à proximité de la baie de Bevato-Re. Quelques études en ont été faites : mais la faible épaisseur des couches et les résultats de l’analyse des produits obtenus ont fait conclure à l’inexploitabilité du gîte. Quelques échantillons de lignite ont été adressés au service de mines; ils proviennent de divers points de la région de Ramainandro, au sud du Kitsamby et de la vallée du Mangoro. J. F. G.
- NOUVEL APPAREIL A TURES SCELLÉS
- Dans les laboratoires de chimie, on a souvent besoin de faire réagir, les uns sur les autres, certains corps à une haute température et à une forte pression. On est amené, pour réaliser ces conditions, à renfermer ces matières dans un tube de verre fort épais, fermé d’abord à une extrémité, puis scellé à l’autre extrémité à la lampe d’émailleur, après introduction des substances destinées à réagir. En chauffant ensuite ces tubes, on y développe une haute température qui volatilise tout ou partie des corps qui s’y trouvent en provoquant la formation d’une pression assez considérable et en rapport avec le degré de chaleur maintenu. Par précaution, pour éviter les projections d’éclats de verre ou de matières, en cas d’explosions toujours dangereuses et violentes à une certaine température, on fait le chauffage de ces tubes scellés dans des étuis de fer forgé munis d’une fermeture grossière à vis. En cas d’accident, l’explosion se produit à l’intérieur de ces tubes, et ne peut être dangereuse pour les opérateurs. De plus, pour maintenir pendant toute l’opération une température constante, on chauffe les tubes scellés entourés de leurs étuis de fer dans des bains d’huile ou dans des blocs spéciaux en terre réfractaire chauffés par des
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- rampes de gaz munies d’un régulateur de chaleur quelconque.
- Le chauffage en tubes scellés est une opération qui nécessite pour la faire des chimistes exercés et qui peut souvent être dangereuse, surtout lors de l’ouverture des tubes de verre dans lesquels se maintient parfois une très forte pression due aux réactions qui s’y sont passées et qui ont amené une production relativement considérable de gaz. De nombreux accidents de laboratoire justifient les précautions que l’on prend dans le maniement de ces engins.
- On a cherché à éviter les difficultés en construisant divers appareils dont l’un des plus récents est celui de
- Vue extérieure et coupe intérieure de l’appareil à tubes scellés.
- y
- M. le Dr Pfungst qui a obtenu une médaille d’argent à la Société industrielle de Mulhouse.
- L’appareil de cet inventeur a pour but de réunir les avantages des tubes scellés et de l’autoclave; il répond aux conditions suivantes :
- 1° Il résiste à la pression intérieure et extérieure;
- 2° Il s’ouvre et se ferme facilement ;
- 5° Il permet aux produits gazeux de la réaction de s’échapper lentement ; par suite, on peut recueillir ces gaz, ce qui peut offrir un réel intérêt dans beaucoup de cas;
- 4° Il permet le chauffage de substances soit dans le vide, soit dans une atmosphère de gaz quelconque et sous pression ;
- 5° Il résiste à l’action des acides et des alcalis.
- L’appareil Pfungst se compose de deux parties : le tube en métal et la fermeture, qu’on peut voir dans le dessin ci-dessus. La fermeture est reliée au tube par un système de trois boulons en métal Delta. Le joint est formé par nn anneau de plomb et peut être facilement changé ou remplacé par un joint d’une composition d’émeri qui résiste parfaitement aux acides. Le tube lui-même est en acier étiré et émaillé intérieurement.
- Ces tubes ne résistent pas à une fusion alcaline sous pression ; mais, pour cet usage, M. Pfungst emploie un tube spécial en métal Delta, qui n’est pas attaqué. Le
- maniement de l’appareil est simple ; pour remplir le tube, on enlève le couvercle après avoir dévissé les trois écrous.
- En refermant le couvercle, il faut serrer graduellement les trois vis de pression, mais sans les forcer. Pour contrôler la bonne fermeture de l’appareil, on y fait le vide et on le met en communication avec un manomètre; si le vide se maintient, il est bien fermé.
- Le système qui sert à interrompre la communication du tube avec l’orifice latéral du couvercle se compose d’une vis bien serrée par un presse-étoupe ; la disposition de ce presse-étoupe dans le couvercle de l’appareil permet de laisser échapper très lentement les gaz pendant la réaction et de les recueillir quantitativement.
- S’il s’agit de remplacer l’air dans l’appareil par un gaz quelconque, on fait d’abord le vide, on ferme la vis à soupape, puis on met le tube en communication avec un gazomètre, on rouvre la vis à soupape et le tube se remplit de gaz; puis on la referme. Pour amener le tube à la température voulue, on le place verticalement dans un tube de cuivre rempli d’huile ou d'un liquide quelconque ayant un point d’ébullition élevé, par exemple une dissolution saturée de chlorure de calcium; le récipient du bain d’huile doit permettre d’y introduire un thermomètre.
- Moll, les Dr' Freyss et Noelting qui se sont souvent servis du tube que nous venons de décrire en ont fait un rapport très élogieux et se déclarent très satisfaits des services qu’il leur a rendus. L'appareil de M. le Dr Pfungst réunit tous les avantages des tubes scellés en verre sans en présenter les inconvénients; à ce titre, il est à souhaiter qu’il se répande dans les laboratoires.
- A. Hébert.
- LA SCÈNE A PLAQUE TOURNANTE
- DU THÉÂTRE DES VARIÉTÉS
- L’application du système des plaques tournantes au montage des décors de théâtre n’est pas nouvelle, car ainsi que nous le montrerons plus loin, notre collaborateur M. Albert Tissandier a pu en voir de
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- Fig. 1. — Plan de la scène d'un théâtre japonais avec sa plaque tournante.
- curieux exemples au Japon, notamment sur le théâtre de Yamada, et la tradition rapporte que ce type d’installation y est employé depuis de longues années. Il permet d’équiper à la fois deux ou quatre décors sur la même scène de manière à les faire intervenir successivement dans un espace de temps très court, et à réduire ainsi au minimum la durée
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- des entr’actes; il facilite en outre les changements à vue et par là même conduit à obtenir des effets particuliers, grâce à la répétition de scènes analogues à succession très rapide, comme c’est le cas dans la pièce Le Nouveau Jeu, actuellement représentée au théâtre des Variétés à Paris.
- Ainsi que l’indique le croquis ( fi g. 1 ) de la disposition adoptée sur celui de Yamada1, la plaque tournante est placée au milieu de la scène.
- Lors du spectacle auquel assistait M. A. T i s s a n-dier, le décor portait comme toile de fond l’entrée d’une maison; on apercevait la rue ou un jardin voisin peints sur les portants ou coulisses mobiles A, A. Les acteurs faisaient mine de pénétrer dans la maison, ce qui donnait le signal du changement. Le décor étant presque entièrement monté sur la plaque tournante A, B, mise en mouvement, à bras d'hommes, tournait aussitôt en même temps que les acteurs qui y étaient placés. Le mouvement de rotation achevé complètement, c’était l’intérieur de la maison qui préparé en B derrière le premier décor apparaissait aux yeux du spectateur. Les coulisses mobiles qui représentaient la rue ou le jardin, retournées également par des machinistes, complétaient l’ensemble du nouveau décor.
- 1 Voyage autour du monde, Inde, Ceylan, Chine et Japon, par Albert Tissandicr. G. Masson, éditeur.
- 11 faut avouer que ce système de changement à vue est un peu primitif et supprime entièrement l’illusion. Tout autre est le résultat obtenu dans la
- pièce Le Nouveau Jeu. Le cinquième et le sixième tableau sont consacrés à deux scènes de même genre — des constatations de flagrant délit opérées successivement tanlôt au profit et tantôt au détriment des mêmes personnages. Pour que l’effet comique fût complet, il ne fallait pas laisser se refroidir l’impression des spectateurs. Grâce à l'emploi de la plaque tournante, qui porte, tout équipé dans sa partie arrière, le décor du sixième tableau, il suffit de faire, quelques instants, la nuit sur le théâtre pour effectuer le changement nécessaire. Notre figure 5
- représente la scène et les dessous du théâtre des Variétés à ce moment. L’ouverture de la scène entre les deux portants est de 8m,50, la plaque a 12m,50 de diamètre. Elle repose sur deux séries de galets de 0U1,60, en fer, et à axe horizontal qui assurent le roulement : les diamètres des deux voies sont respectivement de 2m,50 et de 10m,50. La mise en mouvement s’obtient à l’aide d’un câble qui entoure la plaque et dont les brins sont fixés aux deux extrémités du diamètre parallèle à la rampe ; il passe ensuite sur des poulies de tension à axe vertical dont la position est commandée par contrepoids, de ma-
- Fig. 2. — Scène tournante employée au Théâtre de la Cour à Munich. Opéra de Don Juan.
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- Fig. 3
- Plan du décor pour ja 38 scène.
- Fig. 4.
- Plan du décor pour la 4* scène.
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- nière à parer aux allongements dus à l’humidité, puis sur des poulies de renvoi, et va s’enrouler sur un treuil à bras mû par deux hommes et placé dans le premier dessous. Des tasseaux disposés convenablement fournissent des arrêts contre lesquels vient buter la plaque tournante. On a naturellement profité des facilités offertes par le système pour réduire au minimum la durée des entr’actes, et pratiquer à volonté la plantation des décors à certains moments de la pièce ; mais sa meilleure raison d’être et son plus remarquable 'succès consistent dans l’effet de répétition des scènes dont nous avons parlé, et qu’aucun autre truc n’aurait permis de réaliser avec la même intensité. L’ensemble fonc-
- tionne sans aucun bruit et avec une parfaite régularité : l’effet obtenu fait honneur à M. Bruder, chef-machiniste du théâtre des Variétés, qui avait déjà en 1891 établi avec succès au même théâtre le truc des Courses (le chevaux, qui a été décrit à cette époque dans le Journal1.
- La disposition adoptée dans les théâtres de Yamada et des Variétés ne se prête qu’à l’emploi de décors sans grande profondeur, d’appartements privés, par exemple, parce que la toile de fond est établie suivant le diamètre de la plaque tournante parallèle à la rampe.
- M. KarlLautenschlager, chef-machiniste de l’Opéra de Munich, a obvié à cet inconvénient en plantant la
- toile de fond presque sur la circonférence de la plateforme ou encore suivant un diamètre oblique par rapport à l’ouverture. Il faut d’ailleurs pour arriver sans trop de peine à une implantation convenable que le diamètre de la plaque soit sensiblement supérieur à la largeur de cette baie. C’est ce qui a été fait au théâtre de la Cour à Munich, pour la troisième et la quatrième scène du premier acte de l’opéra de Don Juan (fig. 2, 3 et A). La plate-forme tournante a 16 mètres de diamètre, et n’offre au proscénium, d’une largeur de 10 mètres, que le quart environ de sa bordure. Le décor de la troisième scène représente le jardin de Don Juan, où se rassemblent les paysans invités à la fête et ou viennent se rencontrer les Masques. En quelques secondes le décor change et l’on voit à la scène suivante la salle des fêtes dans
- laquelle se termine le premier acte. Les figures 3 et 4 montrent que grâce à la disposition adoptée par M. Lautenschlager il a pu utiliser presque entièrement la profondeur de 16 mètres que lui fournissait le diamètre de la plate-forme tournante, tandis qu’avec l’installation pratiquée au Théâtre des Variétés la profondeur utilisable n’aurait eu que la dimension du rayon, soit 8 mètres.
- On remarquera également une différence assez importante entre la plate-forme de Munich et celle de Paris.
- La première qui doit supporter une nombreuse figuration repose sur des montants reliés par une couronne en treillis métalliques et qui viennent eux-mêmes s’appliquer sur les axes des galets.
- 1 Voy. n° 955, du 2 mai 1891, p. 351.
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- Ceux-ci roulent sur un rail circulaire. La commande du mouvement s’effectne à Laide d’un moteur électrique et le changement ne demande que 20 secondes. G. Richou,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- CHRONIQUE
- Consommation d'allumettes et de tabac. —
- D’après les renseignements que vient de publier la direction des manufactures de l’État, pendant l’année 1897, il a été fabriqué 53 160211140 allumettes dont 51 748 775 100 en bois et 1 411 436 040 en cire. Elles ont exigé l’emploi de 56 567 806 588 allumettes blanches, de 48 869 829 mètres de bougie filée et de 998 265 kilogrammes de matières de trempe. Il a été confectionné 7 110 flacons de poudre pour frottoirs, ayant exigé l’emploi de 203 kilogrammes de matières de trempe. Enfin, 45 576 000 allumettes achetées à l’étranger ont été étiquetées et vignetées. Les dépenses de la régie pour la fabrication ou le transport des allumettes ont atteint 8 269 875 francs. Les ventes ont produit 28 711 453 francs. Le bénéfice de l’exploitation du monopole des allumettes a donc été d’environ 20 millions et demi. Les bénéfices de l’exploitation du monopole des tabacs se sont élevés à plus de 525 millions, le produit des ventes ayant dépassé 395 885 686 francs et les dépenses ayant atteint 72 679 624 francs. Le prix de vente moyen du tabac fabriqué en France et vendu à l’intérieur a été de 1 058,r,17 par 100 kilogrammes, alors que la valeur moyenne dans les entrepôts ressort à 194 francs. La régie des tabacs a acheté 26 769 510 kilogrammes de tabacs indigènes en feuilles, au prix moyen de 86,r,34 les 100 kilogrammes; 14088 817 kilogrammes de tabacs exotiques en feuilles (dont 15 millions provenant d’Amérique), au prix moyen de 159[r,40 le kilogramme, et 8 904150 cigares de la Havane et de Manille, au prix moyen de 209,r,37 le mille.
- lin des premiers hommes à vapeur. — Les
- inventeurs américains ont à plusieurs reprises essayé de fabriquer des hommes mécaniques, c’est-à-dire un automate de grandeur naturelle, mù par un mécanisme interne, et qui se déplacerait en portant successivement ses jambes en avant. M. L. Heathfield a découvert la photographie d’un appareil de ce genre, traînant une voiture dans laquelle se trouve la machine à vapeur qui lui fournit la force motrice, appareil qui remonte à une trentaine d’années, et où une grande ingéniosité avait été dépensée.
- Les tombeaux de la rue des Prêtres-Salnt-Ciermain-rAuxerrois. — C’est vraisemblablement à l’époque comprise entre le sixième et le neuvième siècle qu’il faut faire iemonter l’origine des antiques sépultures, qui viennent d’ètre mises à jour dans la rue des Prêtres-Saint-Germain-l’Auxerrois, et ce sont, vraisemblablement aussi, les tombeaux des religieux bénédictins qui, durant ces trois siècles, occupèrent l’emplacement sur lequel se dresse l’église actuelle. Il est impossible, à vrai dire, de préciser pour tous une époque unique, les détails d’ornementation qui les recouvrent à la tète et aux pieds indiquant, pai la complication plus ou moins grande du dessin, des âges différents. Sur certains, en effet, les plus anciens sans doute, la décoration consiste simplement en deux ou trois cercles concentriques, avec le point central, exprimant le primitif symbole que Dieu est au centre du monde. Sur d’autres, l’assemblage des cercles se complique
- et forme une rosace bizarre, enchevêtrée de lignes dont la régularité échappe tout d’abord et qui donne assez exactement l’aspect d’une figure kaléidoscopique. Mais le témoignage historique et la conformité de ces décorations avec celles qui ont été relatées déjà en d’autres sépultures, contemporaines de l’époque présumée, permettent d’attribuer, par analogie, la même origine aux nouveaux tombeaux. Une autre information confirme cette hypothèse, c’est l’épaisseur du plâtre dans lequel les sarcophages ont été moulés. Cette épaisseur a varié, en effet, aux différents âges. Or, elle est ici moyenne, — de 6 à 8 centimètres, — et par conséquent autorise à placer l’origine de ces tombeaux au milieu environ de la période pendant laquelle les cercueils furent confectionnés en plâtre, c’est-à-dire vers les sixième, septième et huitième siècles. Les découvertes archéologiques ont permis, en effet, d’établir que celte période embrasse un cycle d’à peu près mille ans, du troisième au treizième siècle. Les cercueils en plâtre, très lourds et très épais, exhumés aux abords de l’église Saint-Marcel de la Maison-Blanche, l’attestent en ce qui concerne le point de départ de ce mode de sépulture, car ils sont certainement contemporains du troisième siècle, à en juger par les décorations qu’ils portent, que ce soit en lettres grecques le X ou le P, anagramme du Christ, ou encore, mais plus rarement, l’A et l’ü ; et, d’autre part, la découverte, à Saint-Pierre de Montmartre, dans la chapelle des Dames, de sépultures également en plâtre, qui ne peuvent remonter au delà du douzième siècle, indique que l’usage du sarcophage en plâtre s’était poursuivi jusqu'à cette époque.
- Le grisou et la hauteur barométrique. — Voici les conclusions d’une étude deM. Kohlersur les rapports entre le dégagement du grisou et les variations barométriques publiées dans Prometheus : 1° La teneur de l’air de la mine en grisou diminue généralement quand la pression atmosphérique augmente ; l’inverse se produit quand le baromètre baisse; 2° l’augmentation et la diminution de grisou sont d’autant plus rapides que les variations barométriques sont plus brusques; le dégagement des gaz est indépendant de la valeur de la pression atmosphérique; 3° si la diminution de pression atmosphérique devient moins rapide après une baisse très brusque ou si la courbe b iromélrique se tient à un minimum pendant assez longte ups, le grisou diminue peu à peu. Les maxima et les mi ni ma de dégagement du grisou ne correspondent généralement pas à ceux de la pression atmosphérique.
- Filtrage des eaux d’égout. — M. Dibdin poursuit en ce moment des expériences sur le filtrage des eaux d’égout au moyen du fraisil de coke, de coke menu autrement dit, et il prétend arriver à un excellent résultat. Le fait est que, pendant 58 mois, son filtre de 40 arcs a reçu 22 500 000 hectolitres d’eau provenant des égouts de Londres, et qu’il a recueilli 2250 tonnes de boues; l’eau qui sort ne contient plus de matières en suspension, mais on ne nous dit pas si elle est purifiée au point de vue des germes.
- Un record de parcours d’un train de chemin de fer. — Ce record a été établi les 3 et 4 août 1897 sur l'Union Pacific entre Évanston et Omaha, sur une distance de 1528 kilomètres par un train pesant 120 tonnes composé d’un fourgon à bagages et de deux voitures salons. Ce train a parcouru les 1528 kilomètres, remorqué par la même machine montée par les mêmes agents! Pendant la première partie du parcours, la vitesse commerciale a été de 58 kilomètres par heure, et, en déduisant
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- les arrêts, la vitesse moyenne de marche a été de 75 kilomètres par heure; dans la seconde moitié du parcours, la vitesse commerciale et la vitesse réelle de marche ont été respectivement de 73,6 et 89 kilomètres par heure.
- Le trajet total a duré 23h 55ra ; les 27 arrêts du train ont duré 5h47m. La plus grande vitesse obtenue sur une longueur de 10 kilomètres a été de 124,8 soit près de 125 kilomètres par heure. C’est, croyons-nous, un double record de long parcours et de grande vitesse réelle.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 21 mars 1898. — Présidence de M. IYolf.
- Pour éviter T inflammation du grisou dans les mines. — Fort intéressante, la Note présentée par M. Troost, au nom de MM. Couriol et Meunier, sur le moyen d’éviter l’inflammation du grisou dans les mines giisouleuscs éclairées par des lampes électriques. Après avoir constaté que les filaments incandescents de divers métaux n’allument pas les mélanges les plus explosifs, ces savants ont reconnu que l'étincelle produite à la rupture des conducteurs, ne provoque pas davantage l’explosion à la condition que soit établie une dérivation du courant disposé dans des conditions convenables de résistance pour une intensité donnée.
- La classification philogénique des mollusques lamellibranches. — Les classifications zoologiques règlent en général d’une façon conventionnelle l’établissement des familles. Pour connaître les familles réelles, fait connaître M. Douvillé dans une Note présentée par M. Gaudry, il faut voiries êtres dans les temps géologiques et les suivre d’étage en étage pour constater leurs parentés. Il faut surtout s’attacher à l’étude des parties dures des animaux, puisque le plus souvent ce sont celles-ci seules qui se caractérisent à l’état fossile. C’est partant de ces principes, que M. Douvillé a établi la succession philogéniquc des mollusques lamellibranches. De ses recherches, il résulte que ceux qui ont dominé d’abord sont les taxo-dontes munis d’un grand nombre de petites dents ; de ceux-ci, ont ensuite dérivé lesanod"iiles. Les hétérodontes, qui ont pris des habitudes locomotrices, sont venus ensuite, et, après avoir acquis leurs grosses dents et s’être fixés sur des rochers, ont donné naissance au groupe des rudistes.
- Appareil automatique pour agrandissements photographiques. — M. Mascart présente au nom de M. Carpentier un appareil des plus intéressants pour l’agrandissement automatique des photographies. Le cliché à grandir étant mis en place, on dispose dans le châssis d’une chambre noire spéciale la plaque sensible. En écartant plus ou moins le soufflet de la chambre, on obtient une image plus ou moins grande de la photographie originale. La mise au point est automatiquement assurée dans tous les cas et une graduation marquée indique le grossissement correspondant à chaque écartement.
- L’oxyde de carbone dans l'atmosphère. — Dans les gaz rejetés par les cheminées, l’oxyde de carbone entre dans une proportion variant de 1/4 à 16 pour 100. Cette quantité est considérable, correspondant pour Paris à 8 litres par mètre carré et par jour, et, en volume, quand le temps est calme, à 27 centimètres cubes par mètre cube pour une couche d’air épaisse de 500 mètres à partir, du sol. Cette importante proportion du gaz toxique dans l’atmosphère est évidemment dangereuse. M. Gautier, pour la doser commodément, a songé à réaliser une oxyda-
- tion de l’oxyde de carbone à l’exclusion de tout autre corps.
- A cet effet, il a essayé de nombreux réactifs dont le plus sensible s’est trouvé être le chlorure d’or. Mais, cette méthode par oxydation, bonne pour signaler l’existence de l’oxyde de carbone, ne permet pas un dosage exact de ce gaz.
- La physiologie pathologique du venin de serpent. — Dans un travail présenté par M. d’Arsonval, MM. Charrin et Claude établissent que les accidents nombreux que provoquent les venins de vipère sont dus à des lésions à la fois périphériques et centrales. Il existe des altérations des nerfs; en outre, on voit des myélites se développer. Or, ces deux groupes de lésions sont indépendantes. Les névrites ne sont pas influencées par la moelle et les accidents produits ressemblent à ceux qu’engendrent les toxines.
- Varia. — M. Marey présente des épreuves radiographiques, se référant aux communications de MM. Contre-moulins, Londe et Le Gai, présentées dans une précédente séance. — M. Gaston Bonnier fait connaître une Note de M. Leclerc du Sablon, montrant que la composition chimique des tubercules de Ficaire est en relation avec les diverses phases de la végétation. — M. Cornu présente et commente une Note de M. Ch. Féry sur les irradiations photographiques et M. Lipmann dépose un travail de M. Sagnac sur les caractères de transformation des rayons X par la matière. Ch. de Villedecil.
- UN EXPLOSIF A L’AIR LIQUIDE
- L’air liquide s’introduit de plus en plus dans le domaine industriel, après avoir, depuis quelques années, fourni dans le laboratoire de la Royal Institution, entre les mains de MM. les professeurs Devvar et Fleming, des résultats dont nous avons plusieurs fois entretenu nos lecteurs. M. le D1 Linde, de Munich, construit aujourd’hui couramment des appareils de fabrication industrielle d’air liquide, qui n’exigent que de l’eau de refroidissement et l’application d’une force motrice, l’air étant puisé directement dans l’atmosphère. Ces appareils construits sur une grande échelle ont permis de déterminer la quantité de travail mécanique nécessaire pour produire une quantité donnée d’air liquide. Ainsi, une petite machine dépensant une puissance de 3 chevaux, peut produire près d’un litre d’air liquide par heure, et le D‘ Linde termine pour une grande usine de produits chimiques d’Aix-la-Chapelle une machine qui produira cinquante litres d'air liquide par heure en absorbant une puissance de 120 chevaux.
- L’air liquide jouit d’une propriété spéciale, celle de laisser évaporer plus vite l’azote que l’oxygène. Il en résulte qu’après quelque temps d’évaporation l’air liquide restant est un mélange très riche en oxygène. Ainsi, par exemple, si on laisse évaporer 60 pour 100 du volume initial, le reste renferme 50 pour 100 d’oxygène, et lorsque l’évaporation a été de 95 pour 100, le reste renferme 90 pour 100 d’oxygène et 10 pour 100 seulement d’azote. C’est cette propriété qui a été mise à profit par M. Linde pour réaliser un explosif nouveau possédant de bien singulières qualités.
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- L’air liquide, partiellement évaporé après fabrication, enrichi à 40 ou 50 pour 100 d’oxygène, et mélangé à du charbon en poudre, constitue un explosif analogue à la dynamite, et faisant explosion comme elle avec un détonateur. Le charbon en poudre, mélangé à un tiers de son poids d’ouate de coton, est arrosé d’air liquide après avoir été introduit dans une cartouche de papier solide : l’explosif est prêt. 11 garde toutes ses propriétés détonantes 5 ou 10 minutes, puis elles vont en s’affaiblissant, et deviennent milles après une demi-heure. C’est là un avantage précieux au point de vue de la sécurité, car, après un certain temps, le détonateur partant accidentellement ne peut plus produire d’accident. Ce caractère éphémère empêche de voler l’explosif et d’en faire usage dans un but criminel. Ces propriétés très spéciales ont été mises en évidence dans des expériences laites dans une mine de charbon à Penzberg, près de Munich. Il ne semble pas que cet explosif soit encore bien commode, ni bien économique,mais il pourrait trouver son emploi dans les percées futures desÀlpes, où la force motrice est à bon compte. Un peu de charbon et une chute d’eau suffisent, en effet, à la fabrication de la dynamite de l’avenir. Celle-ci, du moins, n’aura pas à se reprocher les crimes dont son aînée, la dynamite de Nobel, a été l’instrument inconscient. E. H.
- UNE BOITE D’ALLUMETTES
- Est-ce que vraiment cela mérite le nom de boîte? c’est plutôt, comme le montre notre gravure, un petit portefeuille de forme originale, rempli d’allumettes qui répondent à ce double désidératum de couler bon marché et de ne pas présenter de danger d’inflammation inopinée. On sait que la question « allumettes » prend une importance de plus en plus grande en France, notre manufacture nationale ne parvenant à nous fournir, même à un prix relativement énorme, que des allumettes qui nous jouent le tour de se casser lorsqu’on les frotte, de défoncer rapidement leur boite en cartonnage, ou de s’entlammer au moment le moins opportun.
- En Angleterre, en Belgique, en Allemagne, et dans bien d’autres pays, les allumettes même de
- luxe, j’entends les allumettes dites « bougies », coûtent fort bon marché, environ 40 centimes le mille ; quant aux allumettes en bois, elles se vendent presque pour rien, puisque le prix du petit portefeuille que nous mettons sous les yeux de nos lecteurs, et qui en contient 25, n’est en Allemagne que de 1 pfennig, soit 1,23 centime.
- Au recto du portefeuille nous voyons écrit «Jupiter», nom de la marque, puis « Bestes Zündholz der Welt», autrement dit « les meilleures allumettes du monde », et enfin des indications secondaires en chiffres, relatives aux brevets. Au dos, et sur la patte du portefeuille, nous lisons, « Man reisse ein Hôlzchen ab und entzünde es an der braunen Reibflâche », ce qui signifie qu’on doit arracher une allumette et l’allumer en la frottant sur le frottoir brun ; ce frottoir est évidemment fait d’un enduit de chlorate dépotasse.
- Nous avons dit qu’il fallait arracher une allumette :
- en effet, nous trouvons à l’intérieur deux plaquettes de bois rose, épaisses d’un millimètre, hautes de cinq centimètres, collées chacune par leur base au papier du portefeuille, et présentant l’une douze, l’autre treize indentations : chaque indentation forme la tête d’une allumette, et est enduite d’une substance chimique jaune qui s’enflamme par frottement sur le frottoir brun. Les dents sont obtenues mécaniquement, et le couteau qui les évide présente une série de lames qui fendent en surface les plaquettes, d’abord d’un trait entre ce qui sera les petites allumettes, puis d’un autre trait qui s’allonge au pied de toute la suite desdites allumettes. On comprend que, delà sorte, chacune se détache facilement de sa voisine et se sépare de son talon, qui reste dans le portefeuille. D’ailleurs la gravure ci-jointe, qui représente une boîte déjà entamée, fait comprendre aisément cette disposition.
- Ces allumettes brûlent bien, avec une belle flamme un peu bleuâtre ; le bois consumé ne tombe jamais, demeure au contraire très consistant. Enfin, rappelons que chacune de ces allumettes coûte à peu près quatre fois moins cher qu’une des allumettes dites de sûreté de la Régie française. D. Leiîois.
- Le Gérant : P. Masson.
- Les allumettes Jupiter.
- Paris. — Imprimerie Laiiube, rue de Fieurus, 9.
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- N* 129 G.
- 2 AVRIL 1898.
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- L’arbalète est très employée soit comme arme défensive, soit comme arme de chasse. La première est à répétition et joue, dans la maison, le rôle protecteur du revolver contre les voleurs. La seconde est un instrument pour se distraire.
- L'arbalète à répétition est intéressante. Elle est constituée essentiellement par un magasin à flèches, mobile et articulé au moyen d’un levier assez puissant, sur le fût d’une arbalète.
- Le magasin est une boîte plate A, longue de 40 centimètres, haute de 12, épaisse de 4, reposant par son côté le plus étroit sur un morceau de bois B, auquel il est intimement uni. Celui-ci, qui déborde
- L’arbalète chinoise. — 1. Arbalète dans le mouvement île projection en avant du magasin pour l'armer. — 2. Arbalète au repos.
- 3. Arbalète armée. — i. Arbalète de chasse.
- L’ARBALÈTE CHINOISE
- A RÉPÉTITION
- Les Chinois, non contents d’inventer la poudre, tiraient, il y a des siècles, trouvé les armes à répétition. Malgré ce génie inventif — figé sans doute depuis de très nombreux lustres! — ils en étaient encore réduits, au moment de la guerre sino-japo-naise, à l’armement des troupes de Gengis-Kahn, l’arc et le fusil à mèches.
- Le tir à l’arc est encore très en faveur et son importance est capitale dans les examens militaires.
- en avant le magasin, sur une longueur de 7 à 8 centimètres, est creusé d’une gouttière dans laquelle glissera la flèche : nous l’appellerons le canon.
- Les projectiles, formés par des morceaux de hois gros et longs comme un crayon, terminés par une pointe métallique, sont introduits dans le magasin, par sa partie supérieure, que ferme une glissière C.
- La partie inférieure du magasin est échancrée dans ses deux tiers postérieurs et de la sorte un espace D, long de 48 à 20 centimètres, haut de 1 cent. 4/2, est ménagé au-dessus du canon, pour le passage de la corde de l’arbalète. Celle-ci empêche en temps ordinaire, par sa présence, la flèche de venir se loger dans la gouttière du canon : elle n’y tombera que lorsque le magasin ayant été poussé en avant, par le levier, la corde de l’arc viendra se 2(i0 anace. — 1er semestre.
- placer à la partie postérieure de l’espace D, où se trouve creusée une petite gorge E, dont la profondeur est égale au diamètre de la corde. La corde étant ainsi placée, la flèche tombe d’elle-même dans la gouttière et l’arbalète est armée et chargée. Au-dessous de la gorge E se voit un petit morceau de bois F long de 2 centimètres, mobile, pouvant s’élever et descendre dans cette gorge. C’est lui qui, lorsque le bras du levier ramené en arrière arrivera au bout de sa course, chassera par son élévation (résultant de la pression sur le fût de l’arbalète) la corde de la gorge E, et provoquera l’expulsion du projectile.
- L’arbalète est formée d’un arc court et puissant, en bambou, monté sur un fût de 70 à 80 centimètres de longueur, portant dans sa partie antérieure G une gouttière longue de 15 centimètres, peu profonde,
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- dans laquelle glisse le canon. Ce mouvement de glissement s’effectue au moyen d’un levier H fixé sur le fût de l’arbalète et articulé avec le magasin. La corde est très solide, de la grosseur du petit doigt, faite en boyau de porc. Pour armer l’arbalète, la partie postérieure du fût est appliquée contre le ventre. La main gauche est placée à l’avant de l’appareil; la droite saisit le levier et lui imprime un mouvement de bascule d’arrière en avant. Le canon glisse dans la gorge G, jusqu’au moment où la corde vient s’engager dans la petite dépression E, où elle est solidement fixée. La tlèche tombe alors d’elle-même dans le canon. Le levier étant ramené en arrière, la corde se tend progressivement. Elle atteint son maximum de tension, au moment où le petit morceau de bois F touche le fût de l’arbalète, remonte dans la gorge E, d’où il chasse la corde. La flèche est projetée.
- Le magasin contient 10 flèches. La portée de l’arme est assez grande : 150 à 180 mètres, et serait bien plus considérable si les flèches étaient plus lourdes et munies, à leur partie postérieure, de plumes directrices. A 10 mètres, une flèche s’enfonce de 2 cent. 1/2 dans une planche de sapin : la blessure peut donc être très grave. Mais avec cet instrument on tire au hasard : l’arme étant appuyée sur le ventre, il est impossible de viser, si ce n’est d’une façon tout à fait approximative.
- Il n’en est pas de même avec Xarbalète de chasse, laquelle une fois réglée est susceptible de tirer avec précision. L’arc, long de 50 à 60 centimètres, très dur, est formé par de la corne, en général. La corde est double, formée de 2 boyaux, écartés l’un de l’autre de 5 centimètres environ : l’écartement est maintenu au moyen de petits morceaux de bois A. Le projectile, formé par une boule de terre cuite, est reçu dans un petit panier B, à la partie postérieure duquel se trouve un anneau de corde devant, pour armer l’instrument, se fixer à un cran d’arrêt C, qu’une gâchette D fait déclencher.
- Le fût, long de 70 centimètres, présente 2 courbures : l’une antérieure à concavité regardant en haut; l’autre postérieure, à concavité regardant en bas. On épaule comme avec un fusil : le fait présente ici un certain intérêt, car le Chinois n’épaule pas son fusil. La mire est faite par un petit morceau de corail, un petit morceau de porcelaine E, monté sur un fil, lequel est tendu horizontalement dans un cadre métallique F, fixé à l’extrémité antérieure du lut. En arrière de la gâchette se trouve un morceau de corne G, haut de 15 centimètres, portant, en son milieu, un trou sténopéique.
- Le chasseur, regardant par cet orifice, place sur la même ligne la mire et l’objet à toucher. La précision est remarquable. A vingt pas un Chinois tue facilement un moineau. Le projectile n’est cependant pas assez lourd, pour la puissance de l’arc. Telle qu’elle est la balle va à 250 ou 500 mètres.
- B1 J.-J. Matignon.
- Médecin aide-major à la légation de France à Pékin.
- LES PIGEONS VOYAGEURS
- ET LES TUANSATLANTIQUES
- Le récent accident de la Bourgogne a laissé le public et la Compagnie Transatlantique sans nouvelles du paquebot pendant plusieurs jours. S’il y avait eu des pigeons voyageurs à bord, on aurait pu être fixé rapidement sur le sort des passagers et sur l’avarie survenue au navire. La question est de savoir si les pigeons voyageurs peuvent revenir au colombier de distances aussi considérables. Il y a trois ans, les expériences déjà faites sur un paquebot avaient paru favorables. La Compagnie Transatlantique va les recommencer. La Bretagne vient de partir du Havre avec quelques centaines de pigeons voyageurs.
- NOTES RADIOGRAPHIQUES1
- Les rayons X et les effluves. — Les cflluves électriques possèdent certaines des propriétés des rayons X, et quelques physiciens en ont conclu que les deux phénomènes étaient identiques. A diverses reprises, M. Zenger a cherché à montrer la correspondance entre ces deux phénomènes, et les opinions de l’éminent physicien de Prague ont été transmises à nos lecteurs par M. Ch. de Villedeuil2.
- H existe, sur ce point, une certaine confusion qu’il conviendrait de faire disparaître. M. Zenger fonde en partie sa théorie sur le fait que les corps opaques aux rayons X sont précisément les corps métalliques dont la conductibilité arrête les effluves. Il nous semble que M. Zenger s’est laissé prendre à une apparence, et qu’en tout cas il généralise trop une coïncidence fréquente, mais qui n’a pas toujours lieu et pourrait être due au hasard. Ainsi le cristal, très opaque, est un bon isolant, alors qu’un grand nombre de métaux bons conducteurs, l’aluminium en particulier, sont remarquablement transparents. On sait même — et les belles radiographies publiées récemment par M. Buguel5 sont là pour le prouver — que tous les métaux sont traversés à la longue par des rayons X de qualité convenable. La photographie permet de distinguer toutes les différences d’épaisseur d’une plaque de métal, et même de voir le détail d’un organisme aussi délicat que l’est une montre. Or, il est bien impossible de faire intervenir la conductibilité des diverses pièces du mécanisme pour les effluves dans la différence des ombres portées sur la plaque.
- On peut faire aux idées de M. Zenger d’autres objections tout aussi fondées. Il dit, par exemple, que, « dans le cas des organismes humains, la chair et le sang, contenant des corps gélatineux, brillent sous I’inlluence de la radiation électrique qui les traverse aisément, tandis que les os, comme les métaux, ne sont pas traversés. Ceux-ci forment un écran ne permettant pas anx corps placés derrière eux d'acquérir la luminescence, a
- 1 Yoy. n° 1291, du 19 mars 1898, p. 247.
- - Yoy. m 1276, du 25 novembre 1897, p. 578.
- Yoy. n° 1286, du 22 janvier 1898, p 116.
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- Ainsi, pourM. Zenger, les images radiographiques seraient dues à des radiations émanées de certains points du corps frappé par les rayons X ou plutôt par les effluves, et le corps dont on croit posséder une ombre ne serait en réalité qu’une source dont la propre radiation donnerait les différences de lumière qui forment l’image radiographique. S’il pouvait en être ainsi, il suffirait d’exposer une plaque photographique à la lumière d’une bougie pour avoir une image bien nette de sa flamme, sans aucun dispositif propre à former cette image.
- « En résumé, pour le savant directeur de l’Observatoire de Prague, les rayons X n’existent pas’/ » On ne saurait être plus catégorique, mais nous craignons fort que M. Zenger gagne peu d’adeptes à une opinion qui a contre elle un grand nombre de faits en apparence indéniables.
- Le tube. — Les grands progrès de la radiographie datent de l’intervention du tube à anti-cathode métallique. Mais toutes les ampoules de ce genre ne sont pas également propres à fournir de bons résultats au triple point de vue de l’intensité des rayons X, de leur qualité et de la durée de l’appareil. Une foule de circonstances agissent indépendamment ou simultanément sur ces trois facteurs qui caractérisent un tube.
- On sait, depuis le début des recherches, qu’une ampoule supportant un potentiel élevé donne des rayons pénétrants, alors qu’un tube mou ne fournit (pie des radiations facilement absorbées. On sait aussi ipie le tube se modifie et qu’il faut le régler minutieusement en vue d’arriver à un effet déterminé. Mais c’est seulement depuis qu’on a fait une étude systématique des conditions de fonctionnement des ampoules, qu’on est arrivé à être maître des résultats qu’elles fournissent.
- Parmi les expériences les plus importantes qui aient été faites dans cette direction, nous signalerons celles de M. A. Swinton, communiquées récemment par lord Kelvin, à la Société royale de Londres.
- En dehors de l’effet attribuable au degré de vide, et connu depuis longtemps, M. Swinton trouve que la qualité des rayons X se modifie lorsque, sans rien changer à la bobine, on place le tube dans un champ magnétique qui a pour eff et de diminuer sa résistance. La distance des deux électrodes exerce aussi une action importante et opposée à celle que l’on aurait pu prévoir. Pour étudier cette action, M. Swinton opérait avec un tube dont la cathode était fixe, mais dont l’anticathode, formant anode, pouvait glisser d’avant en arrière. L’ampoule étant fermée, on constate que la résistance augmente à mesure que l'on rapproche les électrodes ; le pouvoir pénétrant des rayons augmente de la même manière. Le diamètre de la cathode a aussi une grande influence sur le phénomène. Plus elle est petite, plus le tube est résistant, et plus, par conséquent, les rayons deviennent pénétrants. Cette action est surtout apparente au début de l’émission des rayons. Ainsi un tube muni de deux cathodes de même rayon de
- courbure mais de diamètres différents, donne des rayons X à un certain degré de vide avec la petite cathode, alors qu’il est loin d’en donner avec la plus grande. Le contrôle par l’étincelle hors du tube indique toujours un potentiel plus élevé dans le premier cas.
- Ces derniers faits s’accordent bien avec la théorie suivant laquelle le courant électrique dans le tube consiste en un transport de 1 électricité par les molécules de gaz, ou plutôt par les débris de molécules qui subsistent dans 'ampoule. Les cathodes larges, susceptibles d’en actionner un grand nombre, ne laissent pas le potentiel s’élever autant que les cathodes de faible diamètre. Si l’on admet que la conduction dans le tube dépend non seulement des molécules assemblées autour de la cathode, mais de toutes les molécules réparties entre les deux électrodes, on comprendra la curieuse relation entre la distance de ces dernières et la qualité des rayons.
- Pour terminer ce qui concerne le travail de M. Swinton, nous dirons que, d’après son expérience, l’intensité des rayons augmente faiblement avec la masse atomique du métal formant l’anticathode, mais le pouvoir pénétrant semble en être indépendant. Ce résultat est contraire à celui de plusieurs recherches antérieures. Il est intéressant, mais demande encore à être confirmé.
- L'ampoule Villard. — Si les savants français n’ont que peu contribué aux recherches qui ont amené la découverte des rayons X, en échange, plusieurs d’entre eux ont fait faire des progrès importants à leur étude, et ont grandement perfectionné les appareils servant à les produire.
- Le tube que nous allons décrire est dù à M. P. Villard, qui a cherché à y rassembler tous les perfectionnements suggérés par des expériences antérieurement connues et par ses recherches personnelles.
- Les deux idées nouvelles sur lesquelles repose la combinaison de ce tube sont l’emploi de l’iridium et la coexistence de deux cathodes permettant, par des procédés simples, de régler la résistance du tube.
- Dans la figure ci-jointe, les deux cathodes sont en A et B; elles peuvent recevoir le courant d’une façon indépendante par les prises a et b, mais on peut aussi le transmettre à l’une d’elles, B par exemple, par l’intermédiaire d’un fil F d’où les étincelles jaillissent sur b.
- A l’état normal, le tube actionné par la cathode A seule possède une résistance supérieure à celle qui correspond à son meilleur fonctionnement. Mais, dès que l’on dérive une partie du courant sur B, la résistance diminue, et atteint son minimum quand les deux cathodes sont en communication directe avec la source.
- Dans la construction de ce tube on s’efforce, naturellement, de faire converger sur le même point de l’anticathode C les rayons émanés des deux sources. Mais si l’opération n’est pas réussie parfaitement, si l’une des cathodes éprouve un léger déplacement, l’anticathode est le siège de deux foyers de rayons X,
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- qui donnent des images doubles. Ce défaut est aisé à corriger. Il suffit pour cela de chausser sur Lun des tubes portant les cathodes, un petit aimant en forme de bague, dont on modifie la position de manière à amener les rayons cathodiques correspondants au point voulu. Le même procédé est employé pour amener simultanément le bombardement des deux cathodes sur un point de l’anticathode différent de celui sur lequel il converge naturellement, et que l’on est parfois conduit à abandonner par suite de l’usure de la plaque à cet endroit.
- La substitution de l’iridium au platine pour l’anticathode est très heureuse. Ce métal est, comme on sait, plus réfractaire encore que le platine. D’après M. Violle, son point de fusion serait en effet de 1950° au lieu de 1775° pour le platine. 11 supporte donc une chauffe plus énergique et constitue par conséquent un foyer plus intense de rayons X. De plus, il est beaucoup moins sujet à s'évaporer que le platine, dont la poussière recouvre bientôt les parois de tous les tubes où il est employé.
- Le compensateur de vide D n’est pas nouveau ;maisM.Yil-lard lui a donné une forme très pratique, celle d’une électrode de magnésium, disposée de manière à n’offrir que très peu de résistance a u passage du courant. Si le courant refuse de passer dans les électrodes ordinaires, il s’échappe encore de l’électrode parasite.
- Lorsqu’on veut rendre du gaz au tube, on met le pôle négatif de la bobine au compensateur, le pôle positif à l’une des cathodes, et l’on fait passer le courant d’une façon intermittente. L’ampoule se remplit d’une lueur dont l’intensité augmente dès que l’électrode commence à donner du gaz. On arrête et on essaie le tube, puis on répète l’opération jusqu’à ce qu’il ait atteint l’état cherché.
- Le compensateur permet également de résorber le gaz au cas où le tube en contient trop. Il suffit pour cela d’en faire une anode. L’absorption n’est jamais très rapide. Les meilleures conditions pour la provoquer consistent à se servir d’un interrupteur Foucault, en intercalant dans le circuit une étincelle de 1 à 2 centimètres. Il convient d’employer un courant peu intense pour ne pas échauffer le tube, En moins d’une heure, l’ampoule est amenée de l’état
- caractérisé par les lueurs des tubes de Geissler au degré de vide donnant les rayons X abondants.
- Le voile. — Pendant longtemps, les opérateurs ont discuté les causes du voile dans la radiographie. Ces causes sont multiples, et les plus importantes proviennent de la transformation des rayons X en radiations d’une autre nature susceptibles d’impressionner la plaque à laquelle elles arrivent de tous côtés. On diminue beaucoup le voile en arrêtant ces radiations par des écrans qui ne les produisent pas et protègent par derrière la préparation sensible.
- Mais il est une cause du voile que l’on n’avait pas encore signalée, et que M. Chabaud a indiquée le premier.
- La bobine de Ruhmkorff donne, comme on sait, des courants de sens contraire et de quantité égale, lorsque le circuit est fermé par une résistance ordinaire. Mais, quand la décharge rencontre un espace
- qu’elle ne peut traverser que par une étincelle, elle ne se produit que lorsque le potentiel est suffisamment élevé. C’est pourquoi la bobine possède une polarité, une électrode négative et une électrode positive, bien qu’en réalité, les rôles des deux extrémités du fil s’échangent, de la fermeture à l’ouverture du courant. A la rupture, le potentiel monte, et c’est en général à ce moment seulement que l’étincelle éclate. Mais, dans des conditions particulières, la décharge de sens inverse peut aussi se produire. L’anode du tube devient une cathode, et envoie son bombardement sur la paroi opposée de l’ampoule. On obtient alors un foyer très étalé de rayons qui produisent un voile secondaire.
- Nous avons signalé déjà, à propos des recherches anciennes de MM. Winkelmann et Straubel, et à l’occasion du beau travail de M. Sagnac, une source importante de voile dans la transformation des rayons par les corps environnant la plaque. La connaissance plus complète de ces causes d’imperfection dans la radiographie permettra de s’en garer, et l’on verra des images de plus en plus pures, de plus en plus vigoureuses s’ajouter aux chefs-d’œuvre que nous a déjà valu l’immense travail fait en tous pays à la suite des publications du professeur Rœntgen.
- Cu.-Eu. Guillaume.
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- Ampoule pour rayons X.
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- LES PREMIERS ARTISTES1
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- PEINTRES
- On sait, depuis peu de temps, que les premiers peintres ont vécu, dans notre pays, après la dispa-
- rition du Renne. Leurs œuvres, comme celles des sculpteurs, se trouvent dans la grotte du Mas d’Àzil, dans une couche surmontant les assises limoneuses, dont nous avons parlé précédemment, et appelée par M- Piette assise à galets coloriés.
- Ces peintures sont mélangées à des charbons, des ossements de cerfs, de chamois, de castors, d’ours
- . -Se.
- Fig. 1. — Signes et essais île peinture sur des galets.
- commun, à de nombreux squelettes de poissons, de grenouilles, attestant que l’homme de cette époque était habile à la chasse et à la pèche, et qu’il avait une nourriture variée. On trouve encore dans cette assise des coquilles de noix et de noisettes, des noyaux de prunes et des tas de blé, qui nous fournissent des indications précieuses sur son état de civilisation.
- A quelque distance de la grotte, on observe un gisement de peroxyde de fer associé au manganèse. C’est là que le premier peintre venait faire sa provision de couleur. 11 broyait le minerai dans le creux d’une pierre (fîg. 2), le mélangeait à une substance grasse ou à une résine, et l’étalait dans des coquilles de Pécten Jacobœus (coquille de Saint-Jacques) (fig. 2) qui lui tenaient lieu de palette. Parfois la couleur était placée dans des os creux qui rappellent, d’un
- peu loin il est vrai, les tubes de couleur d’aujourd’hui. Comme toile, le peintre se servait de galets
- de rivière, blancs ou gris, polis par le frottement et l’usure, et c’est avec son doigt, un bâtonnet, ou peut-être un pinceau, qu’il appliquait, sur ces galets, l’unique couleur rouge de sa palette. Les peintures ainsi produites ne sont que des ébauches excessivement grossières de ce qui deviendra plus tard un art, et il ne faut nullement songer à les comparer aux belles productions des sculpteurs et des graveurs de l’homme de l’époque du Renne. Néanmoins, à cause même de leur archaïsme, elles ont une grande valeur. M. Piette s’est attaché à trouver un sens, une expression dans ces dessins, parfois étranges, qu’il a fait figurer en un splendide album1. Il a cherché à deviner la pensée qui avait guidé le peintre, et il nous fournit une
- Fig. 2. — Galet creusé dans lequel le peintre broyait le minerai. Coquille de St-Jacques où il glaçait sa couleur.
- 1 Voy. n° 1295, (tu 26 mars 1898, p. 259.
- 1 Supplément à Y Anthropologie (juillet-août, 1896).
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- LA NATURE.
- explication originale que je désirerais exposer ici.
- « Elles ne sont pas, dit le savant archéologue, des imitations de la nature; elles représentent les caractères d’une sorte d’écriture, dont le sens reste mystérieux pour nous. Ces caractères sont de deux sortes : les uns paraissent des nombres formés de séries de chiffres ; les autres sont des signes graphiques, dont il est difficile d’indiquer la signification. Il y en a qui sont des symboles semblables à ceux que nous retrouvons dans les vestiges des civilisations postérieures. Enfin, certains galets coloriés n’ont probablement jamais eu de sens et sont de simples essais de peinture faits par des mains inhabiles, traçant des figures au hasard. »
- Les signes que l’on peut considérer comme des nombres sont de trois sortes : ils consistent en des séries de bandes parallèles, de cercles ou de disques alignés, et de disques ovalaires tangents aux bords du galet.
- Dans les premiers, chaque bande rouge (fig. 1, n° 1 ) est une unité, et en additionnant les bandes tracées sur le galet, on sait le nombre qu’ils représentent. Ces séries de bandes font songer aux traits que tracent, sur les murs, les ménagères ou les ouvriers qui ne savent pas bien compter. On peut aussi les comparer aux encoches que font les boulangers sur leurs tailles. C’est là un moyen très primitif d’écrire les nombres, qui a été employé plus tard par les Egyptiens.
- Les galets, à disques rouges, sont encadrés par une bordure rouge. Chaque disque paraît représenter une unité d’ordre supérieur, servant de base au système de numération. Si le système de numération reposait à cette époque sur le chiffre 9, la figure 1, n° 5 représentait 5 neuvaines.
- Lorsque le galet offre sur une de ses faces des disques libres et sur l’autre des bandes parallèles, on peut totaliser les signes ; dans le cas représenté par la figure 1, n° 6, on aurait 44, avec l’hypothèse d’un système décimal.
- Les cercles tangents, que l’on trouve au bord de certains galets, auraient aussi la même signification que les premiers.
- Les colorieurs de galets ont parfois embelli les disques et les chevrons en les frangeant sur les bords. On a alors des bandes qui ressemblent à des rameaux. C’est la plus haute expression de l’art par les peintres de ces galets.
- Parmi les symboles, un grand nombre de croix attirent l’attention. Elles ont été faites, en général, avec beaucoup de soin. Ces croix (fig. 1, n° 8) abondent dans les vestiges des temps passés ; elles sont considérées comme le symbole du dieu solaire, et plus tard les Assyriens, les Chaldéens, les Hindous, les Grecs, les Perses, etc., ont représenté l’astre du jour sous cette forme : les quatre branches indiquant les quatre directions principales de ses rayons.
- Mais la croix n’est pas la seule image représentant le dieu solaire à l’époque des galets coloriés. Les peuplades des Pyrénées l’ont dessiné également sous forme d’un disque central, bordé de rouge.
- Les prêtres égyptiens avaient employé le même symbole pour le figurer. Les premiers hommes et presque tous les peuples anciens ont eu le culte du soleil. N’est-ce pas lui, en effet, qui nous éclaire et nous réchauffe et permet à la vie de se manifester? C’est vraiment un dieu visible, dont la nature entière ressent les bienfaits.
- On voit souvent aussi sur des galets des bandes ondulées qui paraissent, comme chez les Egyptiens, des formes convenues représentant le serpent; d’autres figurent des objets ayant un tronc, des branches et des racines et font songer à des arbres. Enfin, on remarque des dessins qui ont peut-être la signification d’un oeil, d’un harpon, d’un roseau, d’un quadrupède.
- Mais il existe sur beaucoup de galets du Mas d’Azil (fig. I, nos 7 et 9) des formes conventionnelles qui se retrouvent dans les civilisations postérieures. M. Piette a cru y voir des lettres alphabétiques, des L, des B, des F, des I, des thêta grecs, des gamma, des epsilon, des sigma, etc. Certains de ces signes ressemblent à des lettres de notre alphabet, à celles de l’alphabet phénicien, grec, cypriote, etc.
- L’examen de ces signes permet donc de supposer que l’écriture était en usage chez les hommes vivant au Mas d’Azil, après la période du Benne et que cette écriture a été portée, vers l’orient, par les invasions, ou que les divers peuples du littoral septentrional de la Méditerranée avaient les mêmes caractères.
- Ces cailloux peints, qui nous semblaient d’abord couverts de simples barbouillages de couleurs, peu dignes de peuplades succédant à celles qui avaient brillé dans les arts, sont donc, au contraire, l’expression d’une des plus grandes conquêtes de l’esprit humain, puisqu’elles décèlent des préoccupations intellectuelles et montrent que l’homme de cette époque apprenait à écrire et à compter et qu’il élevait sa pensée vers un dieu dont il appréciait tous les bienfaits : le soleil. Pu. Glangeàud,
- Docteur ès sciences.
- LE MANIOC
- Le manioc, que dans leurs prospectus les marchands de produits alimentaires annoncent comme étant la base des tapiocas qu’ils débitent, est une euphorbiacée vivace, dont les rhizomes sont comestibles, bien que contenant des principes toxiques que l’on élimine par certaines préparations.
- Il existe plusieurs variétés de manioc, rattachées à deux tribus distinctes : l’une, très toxique, croît aux Antilles et dans l’Amérique du Sud septentrionale; l’autre, que l’on peut manger crue sans danger, malgré son suc astringent et légèrement toxique, est originaire de l’Afrique inter tropicale. Dans les régions où pousse le manioc, il sert de base à l’alimentation des peuples qui les habitent.
- En Amérique, le manioc est râpé, puis soumis à une forte compression dans des paniers finement tressés de jonc, pour en exprimer le suc toxique ; on obtient ainsi une farine grossière qui est séchée au soleil : elle con-
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- stitue la cassave aux Antilles et aux Guyanes, et la farina au Brésil. Dans ce dernier pays, pour la manger on la réduit en bouillie épaisse dont on fait des galettes grossières, assez indigestes et peu savoureuses, mais nourrissantes, que l’on frit dans la graisse de bœuf ou de mouton. A la Guyane et aux Antilles, on en fait des petits pains que l’on cuit au four; sous celte forme, la cassave est très appétissante et a une saveur très agréable. Le manioc d’Amérique peut se conserver environ un ou deux ans.
- Les peuplades de l’Afrique le préparent en faisant subir aux racines un rouissage analogue à celui que l’on fait subir au chanvre en Europe; après un rouissage de S à 10 jours, les femmes, qui sont chargées de la préparation, retirent les fibres ligneuses qui sont au centre du rhizome, les compriment fortement avec les mains et en forment des bâtons qu’elles dessèchent au soleil : ainsi préparé, le manioc est appelé tua ko. Le makose conserve pendant deux ou trois mois. On le mange soit froid, soit en le faisant rôtir sur les charbons ardents ; il a une saveur très agréable, il est très nourrissant, mais il dégage une odeur répugnante qui rappelle celle de la pulpe fermentée de la betterave. Les noires boulangères emploient un autre mode de préparation : Les racines, rouies et débarrassées de leur fibre ligneuse, sont écrasées entre deux pièces de bois, jusqu’à ce qu’elles soient réduites en une pâte consistante d’un aspect analogue à celui de la colle de pâte ; elles roulent cette pâte en boules de la grosseur du poing et les enveloppent avec les feuilles de la tige. Ainsi préparé, le manioc se nomme chi-couangue. En chicouangue, le manioc ne se conserve que quinze à vingt jours, et, s’il n’est pas nauséeux comme le mako, il a moins de saveur et il est moins nourrissant. Henry Ciiastrey.
- LE PONT ALEXANDRE III
- LE PONT — LES CAISSONS DE FONDATION — LA. MAQUETTE
- En ce moment même on achève d’enfoncer dans le sol le caisson de fondation qui, sur la rive gauche de la Seine, servira de point de de'part aux grands arcs métalliques du pont Alexandre III. Il est à peine nécessaire de rappeler à nos lecteurs que ce beau pont franchira le fleuve à la traversée de la grande perspective ouverte, à l’occasion de l’Exposition, entre les Champs-Elysées et l’Esplanade des Invalides ; on nomme déjà cette perspective, bien que rien d’officiel n’ait été décidé à ce sujet, l’Avenue Nicolas II, car ce fut le Tsar qui, lors de son inoubliable visite dans notre capitale, scella, de sa main, la première pierre du pont.
- Notre premier dessin montre ce que sera l’aspect général de ce superbe ouvrage lorsqu’il sera entièrement terminé.
- Construit en acier, d’après les études des savants ingénieurs Résal et Alby, le pont Alexandre III sera un peu moins élevé que son proche voisin d’amont le pont de la Concorde, mais un peu plus que les ponts jetés en aval. Sa longueur totale entre les deux culées, d’une rive à l’autre, sera de 109m,06 correspondant à une portée utile, à une ouverture réelle, sous les arcs, de 107m,50.
- Aucun pont de France ne sera plus hardiment sur-
- baissé, cela afin de laisser autant que possible la passe libre en cette section de la Seine où la navigation est très active. La résistance de l’acier, jointe à son élasticité, a permis aux ingénieurs de donner au surbaissement le coefficient remarquable de Yrrrï-
- Le tablier du pont reposera, par l’intermédiaire de pièces verticales, sur 15 arcs d’acier articulés, à leurs retombées, sur des rotules, comme cela a été fait en 1889 pour les grandes fermes en charpente métallique du Palais des Machines. Cette disposition présente l’avantage de faire toujours passer, au même point de la retombée, les efforts, quels qu’ils soient, de charge, de dilatation, ou de contraction, que l’ossature du pont doit supporter. On est donc ainsi à l’abri de tout accident, et cela, d’une façon véritablement mathématique. La hauteur des arcs, sous la chaussée, sera de 0m,75 à la clef : c’est là l’épaisseur minimum de ce grand passage.
- Nous disons « grand passage » et cette expression demande à être motivée. Yoici comment.
- Le pont Alexandre III sera le pont le plus large qui existe au monde, avec sa chaussée de 20 mètres de largeur, bordée de deux trottoirs de 10 mètres. Le pont de Brooklyn, à New-York, dont les Américains sont fiers à si juste titre, n’a que 25 mètres de largeur totale de tablier. Jusqu’à l’inauguration du pont de l’Exposition universelle, ce sera le pont d’Austerlitz, élargi il y a quatorze ans, qui « détiendra le record » avec ses 30 mètres de largeur totale comprenant une chaussée de 20 mètres, et deux trottoirs de 5 mètres.
- Les caissons de fondation. — Pour recevoir la retombée des arcs du pont Alexandre 111, on a dù construire, sur chaque rive de la Seine, une énorme culée en maçonnerie de béton, solidement assise sur la couche d’argile qui forme comme un grand tapis sur tout le fond de la cuvette géologique constituant le bassin de Paris.
- Il a fallu recourir au système de fondations par caissons à air comprime'. Le niveau de la Seine est, en effet, très variable, dans ces parages, et le sous-sol est sujet à de perpétuelles infiltrations. Le système du caisson permet de traverser sans difficulté des sols inondés de ce genre ; nous en avons donné de nombreux exemples dans les cas les plus divers.
- Il suffit de se souvenir que le caisson est une grande caisse en tôle sans fond que l’on construit sur le sol à l’endroit précis où l’on veut établir un bloc de fondation. Ses bords, coupants à leur partie inférieure, tendent à pénétrer dans le terrain sous la charge du poids même de la caisse métallique dont on a soin, de plus, de charger le plafond avec des entassements de gueuses de fonte ou de pierres qui serviront, plus tard, à la maçonnerie intérieure. Les ouvriers, pénétrant dans le caisson, provoquent sa descente en effondrant le terrain sous les arêtes de la tôle, nommées couteaux.
- Mais dès que l’on a pénétré dans le terrain inondé, l’eau tend à s’infiltrer dans l’intérieur du caisson, et
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- les ouvriers y seraient fatalement submergés. On y obvie en souillant dans le caisson de l’air comprimé dont la pression lutte, à égalité, avec la pression hydrostatique de l’eau d’infiltration venant de l’extérieur.
- Au cas particulier des fondations du pont Alexandre III, on a pu se dispenser d’établir des compresseurs d’air pour fournir l’air comprimé à ses caissons ; les canalisations d’air comprimé de la Ville de Paris ont suffi. La Compagnie spéciale le fournit à la ville à la pression de 5 kilogrammes par centimètre carré, soit trois atmosphères. Or, les caissons du pont Alexandre III n’ont pas à descendre au-dessous de 12 mètres d’enfoncement : la pression maximum de l’air nécessitée ne dépasse donc pas deux atmosphères. Un régulateur ingénieux le fait
- varier par dixième d’atmosphère, au fur et à mesure de renfoncement.
- Nos lecteurs connaissent la manœuvre des caissons à air comprimé et pourront se reporter à ce que nous en avons dit dans nos articles antérieurs. Sommairement, le caisson est surmonté de cloches ou sas à air, qui dépassent son plafond et servent à l’entrée et à la sortie des ouvriers, des déblais et des matériaux. Ces cloches ont chacune deux soupapes, l’une communiquant avec l’extérieur, l’autre avec l’intérieur du caisson. Pour descendre dans le caisson, l’ouvrier entre dans la cloche, ou sas, et s’y enferme; on la remplit d’air comprimé. Lorsque la pression a atteint la valeur de celle de l’air qui remplit le caisson, il ouvre la soupape inférieure de la cloche et descend dans le caisson. Pour en sortir,
- Fig. 1. — Coupe eu travers et vue en perspective du pont Alexandre III, montrant les quinze arcs métalliques
- qui supporteront le tablier.
- la manœuvre est inverse; on produit, dans la cloche, une lente et graduelle décompression.
- Les caissons de fondation du pont Alexandre III sont aussi « un record » en matière de travaux publics; ce sont les plus considérables, comme poids et comme dimensions, que l’on ait jusqu’ici construits. Le poids de chacun d’eux est de 3800 tonnes; leurs dimensions sont de 47 mètres sur 38 mètres, en section horizontale rectangulaire, soit 1500 mètres carrés. Chaque fondation, ainsi effectuée, coûtera environ 800000 francs, soit 1 000 000 francs pour l’enracinement dans le sol du pont dont le prix de revient total est évalué à 6 millions de francs.
- Une particularité du travail des caissons du pont Alexandre 111 a été que les terres extraites des chambres de travail étaient, tout aussitôt, jetées dans la Seine. On crut que le fleuve en allait être encombré : il n’en fut rien; car, cette projection
- avait pour but de diluer les terres argileuses que l’on extrayait. A peine jetées dans l’eau, et s’étant ameublies, elles étaient repêchées par des dragues, chargées dans des chalands, et emmenées à un lieu de décharge, en aval.
- Le caisson de la rive droite est actuellement terminé et rempli de béton que l’on y a entassé dès qu’il a eu atteint le bon sol ; dans quelques semaines, le caisson de la rive gauche sera également terminé, et tout aussitôt, sur ces fondations d’une résistance en quelque sorte illimitée, pourra commencer le montage de la partie métallique, ou superstructure du pont.
- La partie architecturale du pont : la maquette. — Le pont Alexandre III ne sera pas seulement un beau pont dans l’acception que prête à ce terme l’Art de l’Ingénieur, ce sera une œuvre architecturale, un monument, unique en son genre, dans la mise à exécution duquel M. Alfred Picard, l’émi-
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- nent Commissaire général de l’Exposition universelle de 1900, a apporté toute l’élévation de ses hautes conceptions. Ce pont, dont la main de l'Empereur
- de Russie a posé la première pierre, sera, comme le disait un vers célèbre, « un monument deux fois impérissable, fait de gloire et d’acier ».
- Fig. 2. — Vue générale du pont Alexandre III, construit pour l'Exposition universelle de 1900.
- Nos dessins en montrent la partie décorative, sortant au talent de nos architectes, de larges aperçus, des traditions ordinaires, et ouvrant, pour l’avenir, Aux têtes du pont, on voit quatre grands pylônes
- de pierre surmontés de groupes en bronze doré dont chacun représente une Renommée tenant, en main, un Pégase cabré : le sommet de ces motifs sera à 28 mètres au-dessus du niveau moyen de la Seine. En avant des pylônes, se trouvent des statues monu-
- mentales symbolisant la France et la Russie, amies et alliées. De chaque côté, de larges escaliers, à deux paliers, descendent vers la Seine. L’ensemble de la construction, étudié avec le plus grand soin par MM. Cassien-Bernard et Cousin, est du style Louis XIV,
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- mitigé, dans la décoration des parapets, par un peu de modernisme, très discret à la vérité, et s’harmonisant parfaitement avec la grande allure de l’ouvrage.
- L’étude de cette partie décorative a été faite, sur maquette, dans tous ses détails, de même d’ailleurs ([ne celle des deux Palais des Champs-Elysées qui ont été précédemment décrits ici.
- Ces maquettes qui ont valu à leurs auteurs, MM. Ku-licosky et Germain, les compliments chaleureux du prince de Galles, lors de sa récente visite aux chantiers de l’Exposition, se font en plâtre fin, à l’échelle de réduction de 1 à 2 centimètres par mètre. Elles donnent à des yeux exercés une impression infiniment plus nette de ce que sera la construction terminée et ornementée, que ne pourraient le faire des dessins à une échelle quelconque beaucoup plus grande.
- Travail de bénédictin s’il en fut, que l’exécution de ces maquettes, sans cesse modifiées et retouchées avec des doigts d’une extraordinaire délicatesse ! On y voit des bas-reliefs de 6 millimètres de hauteur, des statues colossales de 10 centimètres de haut, des piliers de Lilliput, des fontaines, des vasques, des sculptures fouillées. Grâce à la malléabilité du plâtre, tout cela se fait au couteau, sous la direction de l’architecte et de ses artistes. Une partie, un motif, qui a cessé de plaire, est enlevé et remplacé par un autre, qui vient ponctuellement prendre sa place, et se recoller à l’ensemble hermétiquement.
- Ces maquettes qui ne laissent pas de coûter cher conduisent, par le fait, à de grandes économies en évitant les erreurs finales, les mécomptes artistiques et les modifications de la dernière heure, modifications qui ne sauvent guère un ensemble architectural lorsqu’on les réussit, et qui le compromettent, à tout jamais, lorsqu’on les manque. Après une exposition publique dans l’enceinte même de l’Exposition, en 1900, ces petits chefs-d’œuvre artistiques, iront figurer au Musée Carnavalet, et prendre la place qui leur est due dans l’histoire documentée de Paris. R. Laxtenay.
- LES COLONIES DE VACANCES
- Il y a vingt ans que le pasteur Bion, de Zurich, demandait au public de favoriser le projet qu’il préconisait : la fondation de colonies scolaires de vacances, destinées à assurer à de jeunes enfants, pendant une période de trois à quatre semaines, la vie au grand air. L’appel n’eut pas d’écho ; je'crois même que les quelques lettres que reçut le nouvel apôtre furent rien moins qu’encourageantes. Ce silence dédaigneux ne rebuta pas le pasteur Bion et petit à petit il parvint à ramener à lui des compatriotes charitables et à créer un premier départ d’enfants pour la campagne.
- Depuis, l'idée a fait fortune et non seulement en Suisse, mais en Allemagne, en France, un peu partout. En Suisse, 21 centres urbains ont organisé ces colonies et en vingt années ils ont pu donner un congé de plein air à 21 700 en-
- fants. De plus, on a créé dans ces mêmes localités, pour les écoliers qui, pour une raison ou pour une autre, ne peuvent profiter des colonies de vacances, ce que l’on a appelé les colonies urbaines ; les enfants vont se promener au dehors de la ville, jouer dans de grands jardins, et reçoivent matin et soir une distribution de lait et de pain.
- Warrentrap, le savant hygiéniste, comprit un des premiers l’importance de l’idée de Bion pour la régénération de la santé des enfants et il s’est fait en Allemagne le vulgarisateur de cette institution. En vingt années les colonies de vacances ont emmené 112 000 enfants; dans les colonies urbaines on en a envoyé plus de 80 000 et je ne compte pas ici les enfants plus ou moins malades qui ont séjourné dans les hospices marins.
- En France, l’essor était donné depuis longtemps pour les enfants malades; l’hôpital de Berck abritait de longs mois les petits rachitiques, scrofuleux, qui revenaient de ce séjour à la mer fortifiés, guéris, transformés. Les colonies de vacances ont été créées il y a une quinzaine d’années à Paris. Ce besoin de villégiature qu’éprouve tout habitant des villes au moment de la belle saison est encore plus nécessaire aux enfants des classes ouvrières qui manquent bien souvent de conditions hygiéniques, dans des habitations encombrées et mal aérées. Le Conseil municipal, frappé des résultats obtenus par le premier groupe scolaire envoyé en vacances par le IXe arrondissement, a généralisé la mesure. Les fonds sont fournis par la caisse des écoles dans les arrondissements riches et par des allocations du Conseil pour les arrondissements pauvres. La dépense ne s’est élevée qu’à 3fr,22 par jour et par écolier pour un séjour de trois semaines à la campagne.
- Les enfants reviennent de ce séjour transformés ; mine rose, teint fleuri, ils ont grandi et augmenté de poids. Mais cette amélioration physique, donnée par le grand air, la vie libre en pleins champs, est elle durable et persiste-t-elle quand les enfants reviennent au logis paternel et retrouvent des conditions hygiéniques moins favorables. Pour élucider cette question sur des données précises, autres que la mine de l’enfant et le poids proportionnel, un médecin suisse, le Dr Leuch, a fait des recherches comparatives sur le sang, mesurant la quotité d’hémoglobine chez des garçons et des fdles avant leur départ, le nombre des globules sanguins ; il est arrivé à des résultats intéressants et très démonstratifs. Le chiffre d’hémoglobine était au départ (moyenne) de 74 pour 100 chez les garçons, de 75 chez les filles ; au retour il était pour les premiers de 88, deux mois après de 82, quatre mois après de 86 ; pour les filles de 75, le chiffre était monté au retour à 95, deux mois après il retombait à 86 pour remonter au bout de quatre mois à 90. Même résultat proportionnel pour l’augmentation des globules rouges du sang.
- D’après les examens de Leuch, le [dus ou moins d’altitude des colonies (variations comprises pour ses sujets entre 700 et 1100 mètres) influe peu sur les résultats. Ce sont les enfants anémiques, ceux qui ont le chiffre d’hématies le plus faible au départ qui bénéficient le mieux de ces vacances et qui voient la richesse du sang se modifier dans les plus larges proportions. La conclusion à tirer de ces études est qu’il faut encourager le plus possible le développement de ces colonies; la natalité est faible dans notre pays : conservons au moins le mieux que nous pourrons nos petits Français. Dr A. Cartaz.
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- LE DÉVELOPPEMENT DES GRANDES VILLES
- AUX ÉTATS-UNIS
- Petite statistique qui, pour se présenter sous l’apparence un peu aride d’un tableau, n’en est pas moins intéressante : elle révèle la valeur des constructions nouvelles élevées, en 1890 et en 1897, dans certaines des principales villes de la confédération américaine. Et encore ne sont-ce que des évaluations, inférieures évidemment au prix réel des maisons ainsi construites :
- Noms dos villes année 1896 année 1897
- Chicago 114 000 000 fr. 109 000 000 fr
- Philadelphie. . . 124 500 000 130 000 000
- Brooklyn .... 75 000 000 95000 000
- Saint-Louis. . . . 55 000 000 47 500 000
- Pittsburg 28 000 000 31 000 000
- Détroit ..... 27 500 000 22 000 000
- Nouvelle-Orléans . 16 500 000 8 500 000
- Cincinnati.... 16 000000 12500000
- Los Angeles . . . 15 500 000 17 500 000
- Minneapolis . . . 14 500 000 18 500 000
- Nous pourrions citer encore bien d’autres chiffres caractéristiques, mais cela allongerait par trop cette liste ; et il suffit, pour se rendre compte de l’expansion des cités américaines, de voir une ville de relativement peu d’importance comme Los Angeles, se livrer ainsi à une débauche de constructions. P. de M.
- LE CONGRÈS GÉOLOGIQUE INTERNATIONAL1
- L’ARMÉNIE
- Parallèle au grand Caucase dans une partie de sa longueur, l’Anticaucase partage avec le précédent un certain nombre de caractères géologiques : cette chaîne est manifestement due à la même série d’efforts généraux, et son étude en constitue un complément des plus utiles. Àbich y a consacré beaucoup de temps; les géologues actuels et avant tous M. Lœwinson-Lessing et M. Karakasch y font en ce moment de nombreuses découvertes. Les travaux du chemin de fer d’Àlexandrapol et de Kars ont été à cet égard prodigieusement fructueux et nous avons rencontré des coupes que leur très grande fraîcheur faisait d’autant plus instructives.
- Après avoir remonté la rivière d’Àkstafa dans une région presque horizontale couverte d’herbes et de broussailles où domine le curieux Paliurus acu-leatus, la route entre dans une gorge étroite extrêmement pittoresque dont les flancs montrent l’association des couches secondaires et souvent crétacées avec des épanchements de roches ignées. A Cara-vanseraï, où se fit notre première halte, le sol montre des indices importants d’imprégnation cuivreuse, gage possible d’une exploitation ultérieure. Le terrain s’accidente de plus en plus et il faut monter beaucoup pour parvenir à Délijane où nous couchons. Peu d’endroits sont plus sauvagement pittoresques
- 1 Voy. n° 1291, du 26 février 1898, p. 201.
- que Délijane : point de rencontre des deux gorges encaissées que remontent, l’une la route d’Erivan, l’autre la route d’Alexandrapol, c’est un centre de grande activité relative, et le nombre des voyageurs a déterminé le développement de la cité et de son industrie. Une foule de scènes de caractère très oriental seraient à mentionner si la place ne nous manquait absolument.
- Nous traversons sans incident une magnifique région qu’on nous disait dangereuse et c’est sans autre préoccupation que de bien nous pénétrer des beautés de la nature que nous nous trouvons tout à coup en présence de Gok-Tchaï !
- Grand plusieurs fois comme le lac Léman, ce beau lac, dont le nom signifie Eaux-bleuet, est encadré dans des falaises abruptes que leur caractère volcanique rend tout particulièrement sauvages. Son altitude de 2 000 mètres en fait une région des plus froides en hiver et ses eaux se congèlent tous les ans. Cependant ses rives sont habitées et nous avons traversé le village de Tchoubouklou. Son unique île est occupée par un célèbre couvent arménien dont l’architecture fait un effet étrange dans le paysage. La route d’ailleurs ne longe pas assez longtemps à notre gré cet incomparable amas d’eau limpide et nous allons protester contre le coude subit de la route vers le sud, quand nous restons muets d’admiration à la vue, dans le lointain, du sommet neigeux du Grand Ararat !
- C’est une montagne merveilleuse de forme et que nous allons avoir tout loisir de voir en détail, mais elle bénéficie sans aucun doute de sa réputation et le sentiment que sa vue inspire est loin d’être tout entier du domaine matériel. Notre métier de géologue nous contraint d’ailleurs bien vite à ramener nos regard sur le sol qui nous environne immédiatement et nous sommes profondément intéressé par l’aspect du pays. C’est, en un mot, une amplification colossale de notre région d'Auvergne. Cette impression, qui ne fera que s’accentuer dans la suite de notre excursion, est déjà bien entière : des cratères, parfaitement réguliers, se découpent sur le ciel, constitués de lapilli et de leur pied se dégagent des coulées de lave, souvent débitées en colonnades prismatiques, compliquées d’accumulation de scories, recouvrant des couches calcaires et marneuses dont les fossiles d’eau douce démontrent l’âge tertiaire. Seulement tout cela est énorme : notre Pariou, nos cheires, nos orgues seraient des détails perdus dans cet ensemble dont le centre et comme le chef, l’Ara-rat, dépasse de 500 mètres la hauteur du mont Blanc!
- Les roches, de leur côté, sont d’une variété extrême ; les andésites, en particulier, se signalent par les accidents de composition et de structure qu’elles offrent à chaque pas. Les obsidiennes aussi nous procurent de longues séries d’échantillons.
- Comme géologue, il nous tardait de nous approcher du Mont Ararat qu’on ne perd nulle part de vue et dont la pensée s’impose partout à cha-
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- LA NATURE.
- que instant et domine toutes les préoccupations.
- De nombreux phaétons nous conduisirent d’Erivan à Aralyck, où la route cesse d’être carrossable, et le voyage, compliqué d’un passage en bac de l’Araxc, fut remarquablement pittoresque. D’Àralyck, la montagne, avec le petit Ararat, qui la fait valoir, a vraiment un aspect grandiose, et l’on comprend que quelques-uns d’entre nous n’aient pu résister à la tentation d’aller fouler du pied son sommet déjà tant de fois atteint et pourtant considéré toujours par le bas peuple du pays comme interdit aux hommes.
- Nous ne rentrâmes à Erivan que pour jouir sous de nouveaux aspects du panorama incomparable de cette merveilleuse montagne, et c’est de là que nous observâmes les curieuses apparences qu’essaie de rendre la figure ci-jointe. Le sommet de la montagne, étince-
- lant de blancheur sous les rayons du soleil éclatant, semble avoir rompu toute attache avec le sol et Hotte en l’air, planant comme une apparition fantastique au-dessus de la plaine horizontale. La cause de cette étrange illusion est dans le voile de légères vapeurs qui s’accumulent sur le sol et rapprochent singulièrement l’horizon ; la partie haute du pic volcanique, plongeant dans l’atmosphère dépourvue de toute brume, apparaît au contraire très nette sous les feux du soleil et semble plus près de nous que la ligne d’horizon. Peut-être un semblable effet d’optique a-t-il contribué à faire de P Ararat, dans l’esprit des gens du pays, une montagne à part et surnaturelle.
- D’Erivan, les phaétons nous conduisirent à Alexan-drapol et franchirent en une seule journée, au tra-
- Singulier ffi'et d'optique observé d’Erivan : les deux Ararat dont la base est cachée par des brumes semblent flotter dans les airs au-dessus de la plaine.
- vers des chemins ravinés, des terres labourées et des lits de torrents pleins de galets, la distance de 106 kilomètres. Nous fîmes tout le tour de l’AHah-Goz (l’oeil de Dieu), ce vis-à-vis de l’Ararat, à peine moins haut, volcan aussi et des flancs duquel semble être sortie la plus grande partie des immenses torrents de lave qui font l’étoffe du gigantesque plateau arménien. Les rivières se sont creusé des canons profonds dans ce sol tourmenté, et maints villages nous offrent des perspectives sans analogie aucune avec ce que peuvent nous présenter nos pays, comme construction, comme population et comme site sauvage.
- D’Alexandrapol à Délijane, nous eûmes à traverser la région où l’on construit le chemin de fer mentionné plus haut et M. Karakasch nous fit traverser sur des wagonnets le tunnel de Djedjour, entièrement percé dans un massif d’andésites variées provenant de l’Allah-Goz. Plus loin, un dépôt de terrain
- quaternaire a fourni des ossements de vertébrés et spécialement de mammouth. A l’entrée de Délijane, de magnifiques porphyres font de hauts escarpements.
- D’ailleurs notre programme, dont il ne m’a été possible que de donner un aperçu des plus succincts, s’est trouvé véritablement clos à Karaglisse où, dans un banquet au caractère très intime, offert par le maire de l’endroit, M. Aboïeff, nous pûmes exprimer notre gratitude aux géologues qui nous avaient rendu si facile un voyage d’habitude si entravé d’obstacles de tous genres. Je saisis l’occasion que La Nature veut bien me procurer de renouveler ici cette expression de ma profonde reconnaissance et l’espoir que la session que le Congrès tiendra à Paris en 1900, fournira aux Français le moyen de s’acquitter, dans la mesure du possible, envers leurs confrères de Russie.
- Stanislas Meunier.
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- LES PILES À OXYDE DE CUIVRE
- Les piles à oxyde de cuivre de M. de Lalande sont déjà bien connues de tous les électriciens; elles sont utilisées en de nombreuses circonstances et ont rendu bien des services. Plus de 500000 éléments ont déjà été employés. Ces piles en effet ne consomment pas en circuit ouvert, et n’usent les produits qu’en proportion de l’énergie fournie. Elles ont de plus l’avantage de donner une intensité constante.
- Les derniers modèles de ces piles renfermaient une électrode de zinc formant le pôle négatif, une plaque d’aggloméré d’oxyde de cuivre formant le pôle positif et une solution de potasse à 30 ou 40
- pour 100. La réaction génératrice du courant est la suivante. Lorsque le circuit de la pile est fermé, l’eau est décomposée. L’oxygène se porte sur le zinc et donne de l’oxyde de zinc qui se combine à la potasse pour former un zincate de potasse très soluble ; l’hydrogène réduit l’oxyde de cuivre à l’état métallique.
- M. de Lalande, sans changer les éléments constitutifs de ses piles, vient d’apporter un certain nombre de perfectionnements à leurs dispositions pratiques et de simplifications diminuant le prix de revient. L’oxyde de cuivre est placé maintenant dans des boîtes cylindriques en tôle perforée et entourée d’un tissu poreux de très faible résistance. On évite ainsi les dépôts de cuivre sur le zinc. Quelques dispositions nouvelles ont également été apportées aux formes
- I’iles ù oxyde de cuivre de Lalande. Nouveaux dispositifs.
- des zincs. Une des principales particularités est le mode de dissolution de la potasse. Ce produit renfermé dans des boîtes de fer-blanc est, au moment de l'emploi, suspendu à la partie supérieure des vases pleins d’eau. L’eau entre dans ces boîtes munies d’un fond perforé de trous et dissout très rapidement le produit caustique, sans qu’il y ait aucun danger de brûlure, toute manipulation étant évitée. Il se forme une solution épaisse qui tombe au fond du vase; on mélange le liquide et la pile est prête à fonctionner.
- Les nouvelles dispositions adoptées sont reproduites dans le dessin ci-joint. Nous voyons représenté en 3 l’élément petit modèle dont la hauteur totale est de O"1,20 et le diamètre de 0m,115. Ce modèle peut fournir 75 ampères-heure; sa force électro-motrice est de 0,8 volt, l’intensité normale est de 1 ampère, mais il est susceptible de donner 2 à 3 ampères sur de très faibles résistances Le
- zinc Z est suspendu par un crochet H sur les bords du vase en face du cylindre à oxyde de cuivre D.
- Le modèle figuré en 1 est le plus grand modèle, d’une hauteur de 0m,37, d’un diamètre de 0m, 18; il peut fournir 600 ampères-heure à l’intensité de 5 et 6 ampères, et il peut même atteindre un débit de 15 à 20 ampères. Le cylindre de zinc Z est suspendu aux bords du vase A par un crochet R. Une lame C reliée à une borne II permet de prendre la communication extérieure. Au centre se trouve le cylindre d’oxyde de cuivre maintenu à distance du cylindre de zinc par quatre isolateurs en porcelaine I. Le cylindre de zinc est relié à une lame E qui s’appuie sur une traverse F et communique à une borne K.
- Le modèle moyen, représenté en 2 dans notre dessin, a sensiblement les mêmes dispositions. Le cylindre d’oxyde de cuivre I) repose ici sur le fond du vase. Cet élément d’une hauteur de Üm,325 et d’un diamètre de 0m,15 a une capacité de 300 am-
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- pères-heure et peut fournir 5 à 4 ampères en régime normal.
- Tels sont les nouveaux dispositifs des piles de Lalande. L’inconvénient de l’emploi de la potasse est bien diminué parles nouveaux perfectionnements et, par contre, ces éléments ont le grand avantage de ne demander aucun entretien. Ils restent le type unique d'une pile primaire à grand débit ne consommant pas à circuit ouvert. Toutes les parties sont calculées pour s’user en même temps.
- Cette pile est très employée pour actionner les bobines d’induction, pour l’inflammation des moteurs à gaz et à pétrole; une batterie actionne pendant un anune bobine de moteur fonctionnant 10 heures par jour. Elle rend également de grands services chaque fois que l’on a besoin d’une source de faible énergie électrique à utilisation constante ou intermittente. J. Laffargue.
- CHRONIQUE
- nouvelle Comète. — Une nouvelle comète a clé découverte le 20 mars à 4h47m 58 du matin par M. Perrine, astronome de l’Observatoire Lick. Cet astre est situé dans la partie de la constellation de Pégase qui est voisine des constellations du Renard et du Cygne, et se dirige vers le sud. Nous avons peu de chances de pouvoir l’observer en France puisqu’il se couche un peu plus tôt que le soleil. Il n’est d’ailleurs visible à l’oeil nu que pour les vues très puissantes, puisque son éclat est comparable à celui des étoiles de septième grandeur.
- La balle (( dum-dum )). —On fait certain tapage en ce moment autour de la balle « dum-dum » dont se servent les Anglais dans l’Inde. Voici d’où vient ce nom bizarre. Dum-Dum est simplement le nom d’un bourg dans la banlieue nord de Calcutta où se trouve une importante manufacture d’armes. Peut-être serait-il à propos de préciser en quelques mots la genèse de cette balle. On se rappelle que les régiments anglais, engagés dans l’expédition du Tchitral, avaient quelque peu perdu coutiance dans leur fusil Lee-Metford. Les gens des tribus ne semblaient pas s’apercevoir des balles perfectionnées qui les traversaient de part en part. A la première, un adversaire civilisé se fût déclaré pleinement satisfait et se serait replié sur la prochaine ambulance; les Afghans, soutenus par leur fanatisme, et leur extraordinaire endurance physique (on en a vu continuer à se battre avec une lance au travers du corps), poussaient leur charge à l’arme blanche comme si de rien n’était; il fallait les tuera plusieurs reprises: c’était déconcertant et peu sûr. Parfois même, ils en réchappaient; c’est un fait bien conmi sur la frontière du Nord-Ouest que l'exemple de cet Afghan qui avait reçu sept balles Lee-Metford, dont une dans la tète, et qui, ramassé dans les lignes anglaises, se porte à présent parfaitement bien. Bref, le département de l’Ordnance dut s’occuper de fournir au fusil de petit calibre une balle capable d’arrêter une charge de « ghazis », comme on appelle les soldats de la guerre sainte. La convention de Genève interdisant, par mesure d’humanité, les projectiles explosifs au-dessous d’un certain calibre, nos voisins d’outre-Manche ont tourné le sens de cette convention. Estimant que la balle ordinaire de petit calibre, avec la vitesse prodigieuse qu’elle atteint
- aujourd’hui, ne fait dans les organismes que de faibles lésions, ils lui ont substitué une balle de plomb recouverte d’une très faible chemise de nickel. On émousse de plus la pointe. Le choc fait éclater cette faible chemise, sur laquelle on a d’ailleurs tracé de petites fentes préparatoires. La « dum-dum » est divisée « loset up », c’est-à-dire pour se loger dans son homme et n’en plus sortir, pour ravager ses tissus au lieu de les traverser, pour briser ses os au lieu de les trouer, bref pour l’arrêter sur place : elle y réussit parfaitement. On sait qu’elle vient de faire officiellement scs preuves : on l’a employée contre les tribus afghanes de la frontière et les rapports des chefs des colonnes expéditionnaires ont été des plus élogieux : l’écho de leur satisfaction a rempli la presse anglo-indienne. Et il est avéré aujourd’hui que la balle « dum-dum » « stoppe » son homme. C’est une balle contre l’usage de laquelle les nations civilisées ne sauraient trop s’élever.
- Nouvelle antitoxine du tétanos. — La toxine du tétanos est neutralisée par la substance cérébrale. MM. Wassermann et Tulaki viennent d’en faire la démonstration, confirmée par MetchnikofT. La tétanine en solution glvcérinée tue les souris à la dose de 1 millième de centimètre cube. Or 1 centimètre cube d’une émulsion de substance cérébrale neutralise complètement une dose dix fois mortelle de tétanine. L’émulsion de moelle préserve à un moindre degré. Les émulsions d’autres organes ne préservent point. On explique ce fai en admettant qu’il existe une affinité particulière entre la tétanine et la substance cérébrale, comme il se produit entre un acide et une base. La tétanine trouvant l’émulsion cérébrale dans les humeurs se combine avec elle et n’arrive pas aux éléments nerveux.
- Un œuf de Pâques géant. — La grande maison anglaise Buszard a fabriqué, l’année dernière, croyons-nous, un œuf de Pâques en chocolat qui dépasse en dimensions toutes les merveilles du genre. Cet œuf monstre qui devait servir en même temps de corbeille de mariage pour une riche héritière de l’Afrique du Sud, n’avait pas moins de 2m,70 de long, avec une circonférence maxima de 5m,50. On y avait pu enfermer près de 500 kilogrammes de sucreries et des cadeaux de toute sorte; rien que pour la confection de l’œuf même et des sucreries qu’il contenait, la dépense s’élevait à 13 000 francs. Il fallait sept hommes pour porter ce monstre une fois plein.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 28 mars 1898. — Présidence de M. Wolf.
- M. Pfeffer, l’éminent professeur de physiologie de Leipzig, assiste à la séance.
- Legs à VAcadémie. — Un généreux donateur lègue une somme de 55 000 francs dont les intérêts serviront chaque année à donner deux prix. Les intérêts seront partagés en deux parts. L’une sera fixe ; l’autre sera divisée en deux : moitié pour le prix, moitié à réunir au capital afin d’augmenter peu à peu la valeur des prix.
- Les manuscrits de Pingré. — Nous avons montré l’importance qu’il fallait attribuer à l’œuvre astronomique de Pingré retrouvée par M. Bigourdan1. Au nom de la section d’Astronomie, M. Callandreau fait un rapport sur
- 1 Yoy. n° 1294 du 19 mars 1898, p. 251.
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- l’opportunité de réimprimer les manuscrits de Pingre aux Irais de l’Académie. Les conclusions sont adoptées à l’unanimité et M. Bigourdan est chargé de la publication de l’ouvrage du savant astronome.
- L'oxyde de carbone dans l'air. — M. le professeur Potain fait connaître un procédé qu’il met chaque jour à l’épreuve depuis juillet 1897 pour déceler des traces d’oxyde de carbone dans l’air. 11 prend pour réactif le chlorure de palladium qui noircit sous l’influence du gaz toxique. Il fait passer par aspiration dans un tube en verre une quantité convenable de l’air à examiner. Dans le tube, on a placé un peu de ouate imbibée de sel de palladium. On peut reconnaître ainsi des traces d’oxyde de carbone, jusqu’à un cent-millième.
- M. Armand Gautier fait observer que le procédé révèle simplement la présence du gaz toxique. 11 apporte précisément le résultat de ses recherches sur le dosage du même gaz. 11 est parvenu à doser jusqu’à un (rente-millième d’oxyde de carbone au moyen de l’acide iodique qui transforme l’oxyde en acide carbonique. On dose l’acide carbonique résultant par le procédé de MM. Münlz et Urbain. Cependant il y a une cause d’erreur parce que l’acétylène se comporte comme l’oxyde de carbone. Il indiquera prochainement comment on peut tourner la difficulté.
- Botanique. Eléfaqe de la lige principale. — M. Gaston Bonnier présente un travail de M. Boirivant, sur le remplacement de la tige principale par une branche latérale. On coupe, par exemple, la flèche d’un sapin; la branche voisine se relève, prend la structure de la flèche et la remplace complètement avec tous ses caractères.
- Boids atomiques. — M. Becquerel communique, au nom de M. Daniel Berthelet, une Note dans laquelle l’auteur calcule les poids atomiques des corps simples par une méthode nouvelle fondée sur les densités des gaz et l’écart de leur compressibilité par rapport à la loi de Mariotte. Il donne ainsi, à un dix-millième près, les poids atomiques de l’oxygène, de l'bydrogène, de l’azote, du carbone. 11 y a accord complet avec les déterminations les plus récentes.
- L'heure légale française. — On sut que la Chambre a voté, le 24 février dernier, le projet de loi suivant : l’heure légale en France est l’heure moyenne de Paris diminuée de 9m2l‘. Celte loi va être soumise au Sénat. M. Bouquet de la Grye appelle l’attention de l’Académie sur la gravité de cette décision. Le ministre demande s’il n’y aurait pas lieu de faire désigner plusieurs membres de l’Académie pour éclairer le Sénat sur les conséquences du projet de loi voté par la Chambre. C’est en définitive l’heure de Greenwich qu’il s’agit d’adopter en France.
- M. Berthelot : Oui et non. C’est l'heure du fuseau occidental Européen qui est en effet l’heure de Greenwich. H faut prendre garde, si l’Académie émet une opinion, qu’en n’acceptant pas la situation créée aujourd’hui par la force des choses, nous nous mettions en dehors du concert Européen. Toutes les nations ou à peu près se sont ralliées au système des fuseaux horaires.
- M. Janssen : Nous n’avons pas besoin d’adopter l’heure anglaise. En pratique, il suffira que nos chemins de fer retardent encore de 4 minutes leurs horloges et il y aura concordance entre nos heures et celles du fuseau occidental. A la conférence de Washington, nous avions repoussé avec le Brésil l’heure de Greenwich. Si nous l’acceptions, il faudrait remanier la connaissance des Temps, toutes
- nos cartes marines; et, il faut bien le dire, nous blesserions le sentiment de la marine française. Car adopter l’heure anglaise, c’est rendre obligatoire chez nous le méridien de Greenwich.
- M. Bouquet de la Grye : Oui, la question est très complexe et il importe que le pour et le contre soient connus au Sénat.
- M. Poincaré souriant : Le directeur de l’observatoire de Mexico nous a envoyé au Bureau des longitudes une solution qu’il est bon d’indiquer. Au fond, l’adoption du méridien de Greenwich blesse l’amour-propre national. Eh bien! il y a une ville en France qui a identiquement le même méridien, c’est Argentan. Que les Français adoptent le méridien d’Argentau, et tout le monde sera satisfait (rires unanimes).
- Le Président, d’accord avec plusieurs de ses collègues, décide pour clore le débat qui menace de s’éterniser, que la section d’Astronomie et la section de Navigation et de Géographie réunies rédigeront un rapport sur l’historique de la question, sur ses conséquences internationales, que ce rapport sera discuté par l’Académie entière et qu’une fois approuvé il sera transmis au Sénat.
- 11 est probable que la loi ne passera pas sans difficulté. S’il existe beaucoup de partisans de la jonction de notre pays aux fuseaux Européens, il y en a beaucoup aussi qui se refusent absolument à admettre pour la France l’heure anglaise. Qui vivra verra. Cu. de Villedeml.
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- BESSEMER
- Nous disons Bessemer tout court, on supprimant même son titre officiel de Sir Henry Bessemer, car ce nom seul est un titre de gloire.
- Bessemer vient de mourir. Sans doute parmi nos lecteurs, en est-il plus d’un qui croyaient déjà disparu le grand inventeur, l’illustre métallurgiste, et leur erreur est bien excusable : car s’il avait continué de travailler et d’inventer presque jusqu’à son dernier jour, ses trouvailles les plus ingénieuses ne pouvaient plus ajouter à sa réputation. Ajoutons que, né le 19 janvier 1811 (à Charlton, près d’Hit-ehin), il était dans sa quatre-vingt-sixième année quand il est mort, le 15 mars, dans sa propriété de Denmark-IIill.
- Bessemer a eu en partage (après bien des déboires, il est vrai) la plus complète satisfaction qui puisse être donnée à un inventeur : comme il pouvait le dire, avec modestie mais avec un juste sentiment d’orgueil, il a suivi « les merveilleux avantages réalisés par le procédé auquel son nom avait été donné », il a assisté aux progrès surprenants, qui ont été accomplis dans l’industrie métallurgique depuis son invention et grâce à sa découverte.
- On conviendra que c’est une occasion tout exceptionnelle de jeter, comme il l’avait fait lui-même en 1894 dans une revue anglaise, un rapide coup d’œil en arrière, pour comparer le passé au présent de l’industrie de l’acier. En 1858, alors que Bessemer était définitivement en pleine possession de son procédé, tout l’acier fabriqué l’était par cémentation, et Sheffield, qui était le plus grand centre de production du monde, n’en livrait annuellement que 50 000 tonnes au commerce : qu’on se rappelle
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- LA NATURE.
- ce chiffre d’il y a 40 ans. Le peu d’importance de cette production tenait aux difficultés du travail et au prix élevé auquel devait se vendre le produit : la matière première employée était le fer en barres de Suède, qui valait jusqu’à 500 francs la tonne, et comme il fallait dix jours et dix nuits pour convertir ce fer en acier brut, il n’y a point à s’étonner si l’acier se vendait jusqu’à 1500 francs la tonne. Comme de juste, à un pareil prix, il ne pouvait être employé que pour les ressorts, la coutellerie, les outils, mais il ne fallait pas songer à tirer parti de ses précieuses qualités dans la construction métallique ou la fabrication des rails.
- . Aujourd’hui, on sait combien les choses sont changées à ce point de vue; on a presque partout supprimé les rails en fer, c’est en acier que sont les plus grands ponts, les immenses halles de nos gares modernes; et tout cela, on peut dire que c’est à Ressemer qu’on le doit, à lui qui est venu brusquement abaisser de 1500 à 150 francs le prix de la tonne d’acier. Le fait est qu’en 1892, M. A.Hewitt estimait à près de 11 millions de tonnes la production annuelle de l’acier Bessemer, tant en Europe qu’en Amérique. Ce chiffre est déjà éloquent par lui-même, quand on le rapproche de celui que nous donnions pour 1858 ; Bessemer l’a rendu plus caractéristique encore en cherchant des représentations graphiques de cette production énorme. On pourrait la figurer par une colonne cylindrique massive de plus de 50 mètres de diamètre et d’une hauteur de 2032 mètres; l’extraction de l’or, durant trois années, de toutes les mines du monde, telle qu’elle était vers 1892, n’aurait pas suffi à payer cette colonne géante, en dépit du bon marché relatif de l’acier. A la même époque, les convertisseurs fonctionnant à la surface du globe fournissaient, en une seule heure, une masse d’acier qui aurait formé une colonne pleine de 42m,36 de haut sur 2m,43 de diamètre. Et depuis lors l’intensité de cette fabrication s’est bien accrue, puisqu’elle dépassait certainement 10 millions 1/2 de tonnes en 1896 rien que pour la Grande-Bretagne, l’Allemagne et les États-Unis réunis.
- Maintenant que la méthode Bessemer est arrivée à un succès aussi éclatant, on ne se doute pas géné-
- ralement de l’opposition acharnée qu’elle rencontra au début. Et pourtant elle était fort logique, car, au lieu de mettre, comme dans le puddlage, les diverses parties du métal en fusion au contact de l’atmosphère environnante, Bessemer voulait insuffler de l’air dans le métal jusqu’à suffisante décarburation. Cela n’empêche point que quand, en 1856, et sur le conseil de George Rennie, il communiqua son procédé à l’Association britannique pour l’avancement des Sciences, on ne jugea même pas sa communication digne d’être insérée aux comptes rendus de la session ; et si quelques industriels achetèrent le droit d’exploiter son brevet, ils ne l’essayèrent que timidement et l’abandonnèrent bientôt. En somme on ne crut à la méthode que quand elle eut été victorieusement mise en œuvre (après quelques perfectionnements nouveaux) dans l’usine fondée à Sheffield même par Bessemer et R. Longsdon. Lorsqu’il commença de vendre son acier à bas prix, l’inquiétude gagna tous ses concurrents, et dès lors ce fut pour lui la fortune.
- Cet homme de génie qui a ainsi révolutionné la métallurgie moderne, était né pour la lutte et pour l’invention, bien qu’il ne fut nullement initié à la fabrication du fer quand il commença de poursuivre ses recherches, et qu’il ne connût même guère la. chimie. Il serait trop long de passer en revue toutes scs trouvailles, depuis la création d’un procédé pour agglomérer la plombagine, ou d’un autre pour fondre les caractères d’imprimerie, jusqu’à l’invention d’une nouvelle méthode pour fabriquer la poudre de bronze. C’est cette dernière méthode qui lui donna une aisance suffisante pour poursuivre et mettre au point son système de fabrication de l’acier, que tout le monde connaît, au moins dans son essence.
- Le gouvernement anglais attendit jusqu’en 1879 pour consacrer officiellement par le titre de chevalier les mérites exceptionnels de Henry Bessemer; mais auparavant, en même temps que la fortune, l’admiration du monde entier était venue à celui dont l’invention géniale a su révolutionner l’industrie moderne. I). Lebois.
- Le Gérant : P. Masson. I'jris. — Imprimerie; Lajiuhs- rue de Fleurus, 9.
- Henry Bessemer.
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- y 1-2 07.
- 1* A VH IL 18 H H.
- LA NATURE.
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- NOUVEAU SYSTÈME DE PÉDALE
- i»k Mcvcf.iomo
- Le système de pédale qui lait l’objet de eette Note n’a aucun rapport avec les mécanismes si nombreux qui ont été imaginés. Le en effet, tilie avec l’invention de la pédale folle de Michaux, et il s’agit ici d’une pédale non folle.
- Description.
- — La manivelle est remplacée par u il quadriL articulé (tîg La pédale proprement dite, qui a la forme d’un patin terminé par une rattrape, est solidaire de l’un des côtés du quadrilatère (soit a sa longueur) dont le côté opposé est fixé au centre du pignon. La seule condition que doit remplir ce quadrilatère est que la somme du côté solidaire de la pédale, et du côté adjacent, qui aboutit au pignon, soit plus petite que la somme et plus grande que la différence des deux autres côtés. Ce système très simple jouit de propriétés mécaniques diverses et que nous allons résumer.
- Propriétés cinémati-(/ues. — Donnons au côté du quadrilatère compris entre le côté a et le pignon, la longueur R de la manivelle ordinaire. Si le pied pendant la rotation reste parallèle à une direction quelconque mais fixe (fig. 2) le point À décrit un cercle de rayon R, dont le centre, au lieu de coïncider avec le centre du pignon comme dans la manivelle ordinaire, est à une distance a de celui-ci, dans une direction parallèle à celle du pied. Dans la ligure 2 on a supposé que le pied reste horizontal ; le centre du pignon est au point O' distant de a du centre O du cercle décrit par A. Si le pied, pendant la rotation, prend des inclinaisons variables, ce qui est le cas de la prati-
- 26° année. — 1er semestre-
- que, le point À décrit une sorte d’ovale sans définition précise. Ainsi le pied est libre de faire varier entre certaines limites, la position et la forme de sa trajectoire; celle-ci est en quelque sorte élastique.
- D'autre part, la vitesse du point A varie constamment pendant chaque tour, car l’un des pieds décrivant la portion de trajectoire située à gauche de aOV, l’autre décrit la portion plus courte, située «à droite.
- Grâce à ces deux propriétés cinématiques le pied au lieu d’etre astreint à une rotation uniforme, qui n’est pas en réalité un mouvement naturel, peut prendre une allure paraissant meilleure au point de vue physiologique, et qui est très semblable à la marche, ou plutôt au pas de gymnastique.
- Propriétés dynamiques. -— Supposons que le point A (fig. 2) soit le point d’application d’une
- force constante verticale F. Voyons comment agit cette force, respectivement avec chacun des deux systèmes de pédale, quand A se déplace entre y'et [i. Considérons le cas de la pédale ordinaire. Le centre du pignon coïncide avec le centre 0 du cercle décrit par A ; la force F se décompose en deux autres, l’une perpendiculaire à la manivelle O A fournit le travail utile, l’autre, dirigée suivant O A est détruite par la rigidité de la tige.
- Considérons d’autre part la pédale articulée ayant le point O' comme centre du pignon. Décomposons encore F en deux forces; l’une perpendiculaire à la diagonale O' A du quadrilatère fournit le travail utile ; l’autre dirigée suivant A O' tend à raccourcir cette diagonale. Pour astreindre le point A à décrire le même cercle que précédemment, il faut au contraire l’allonger, et maintenir à cet effet la pédale parallèle à 00'. Donc ici la production du travail utile
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- Fig. 1. — Nouvelle pédale pour bicyclette.
- Fi" 2
- Schéma dans le cas où le pied reste horizontal.
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- exige la production simultanée d'un travail auxiliaire de l’articulation du pied ; mais ce travail agit indirectement comme travail moteur, car un calcul très simple démontre que le travail moteur produit avec la manivelle articulée est égal à celui qui aurait été produit avec la pédale folle augmenté précisément du travail auxiliaire1. Or, le pied exerce l’effort qui engendre ce dernier travail, sous forme d’un couple appliqué au levier que constitue la pédale. De plus, cet effort résulte d’un mouvement normal et instinctif; enfin si l’on remarque qu’avec la manivelle actuelle le pied appuie par la pointe, et que l'effort se trouve transmis par la cheville, on peut dire que, dans les deux cas, l’articulation du pied subit une fatigue, mais qu’avec la manivelle articulée, sans surcroît notable de cette fatigue, l’effort du pied est totalement utilisé comme travail moteur.
- Le travail moteur produit avec la manivelle arti-
- culée dépend du rapport ~ . La valeur ~ ~ ^ paraît
- la plus convenable en pratique. Le calcul montre qu’elle correspond à un accroissement de travail moteur de la pédale ordinaire, supérieur au sixième de ce travail. Cette valeur théorique est un minimum ; d’abord il n’a pas été tenu compte dans le calcul de ce que les régions aO'y, a'O'y' où la force F ne peut agir, l’articulation du pied fournit un effort qui, tout en supprimant les points morts, augmente le travail utile par coup de pédale. De plus, pour faciliter les raisonnements, nous avons supposé la force F constante et verticale; mais cette hypothèse, qui n’est pas réalisée en pratique, est plus défavorable à la pédale articulée qu’à la pédale folle. En effet, en pratique on fait varier instinctivement la poussée pour améliorer son rendement. Or, pendant la partie utile de la course, les variations de l’inclinaison du pied, qui améliorent le rendement avec la pédale folle, sont celles qui, avec la pédale articulée, allongent simultanément le bras de levier. Le rendement est ainsi amélioré pour deux raisons.
- Conclusion. — En résumé, la pédale non folle permet d’accroître la puissance motrice en transformant en travail utile les mouvements normaux de l’articulation du pied, et de décrire, avec l’allure la plus naturelle, la trajectoire qui se trouve à chaque instant la plus favorable à une bonne utilisation de la poussée.
- Un premier essai de cette nouvelle pédale a paru confirmer ses avantages, mais des expériences précises et suivies seules pourraient faire connaître sa véritable valeur pratique. Quoi qu’il en soit, de l’étude de ce mécanisme il résulte que toutes ses
- 1 Le travail élémentaire de F effectué autour de o avec la pédale ordinaire est d'p, = Fsin 41X H d Le travail élémentaire de F effectué autour de 0' avec la pédale articulée est dT = F sin w X p d w. Le travail élémentaire nécessaire pour déformer le quadrilatère est dt = F cos w X d p. Or,
- dans le triangle O'A O on a —= —— Et si l’on différentie
- COS tp COS O)
- 011 trouve, en multipliant les deux membres par F, dl=d!C-i-dt c.q.f.d.
- propriétés dérivent exclusivement de ce qu’il constitue un système à liaisons incomplètes ; comme on ne pourrait guère citer d’exemple d’application d’un tel système, cette pédale non folle présente une certaine originalité et à ce titre méritait d’êlre signalée. Ch. Mannheim.
- Ingénieur des manufactures de l'Etat.
- LES MONUMENTS MÉGALITHIQUES
- DU JAPON
- Les Japonais viennent d’étonner le monde par l’éclat et la rapidité de leurs victoires. Aucun de nos diplomates 11e soupçonnait, ni les progrès du Japon, ni la profonde décadence de la Chine. Un peuple nouveau se montre à l’Extrême-Orient, avec lequel les peuples du vieux Monde auront un jour à compter. Il est intéressant de remonter aux débuts de cette civilisation qui s’est si brillamment développée. C’est là le mérite de M. Gowiand qui a longtemps résidé dans le pays et qui a étudié avec soin ses plus anciens monuments.
- Les premiers habitants connus furent les Aïnos; doux, sans énergie, remarquables surtout par le développement de leur système pileux. C’est à eux que sont dus les Kjokkenmoddings, immenses accumulations de coquilles, de débris de toute sorte qui s’élèvent sur les côtes. On y recueille des instruments en pierre, des fragments de poterie grossière, jamais un objet en métal. Les Aïnos furent repoussés vers le Nord par des envahisseurs étrangers. Leurs descendants y vivent encore pauvres et misérables, subsistant de la chasse, de la pèche, sans chercher à s’approprier aucun des progrès qu’ils voient autour d’eux.
- Ces envahisseurs sont certainement, les ancêtres des Japonais actuels. D’où venaient-ils? Nul ne le peut dire. Les chambres sépulcrales qui restent leurs témoins, sont surtout nombreuses sur les côtes avoisinant la Corée; les Japonais ont de certaines ressemblances physiques avec les Coréens. 11 est donc présumable que la Corée fut leur pays d’origine et que c’est par l’ile de Tsushima que les premières immigrations eurent lieu. Leur date est encore plus obscure. Les plus anciens rapports entre les Chinois et les Japonais remontent d’après le récit des premiers à 265 ans avant notre ère. C’est vers cette époque qu’ont été construits les premiers mégalithes1. Ils appartiennent à l’âge de fer, bien qu’un petit nombre d’entre eux, en général les plus anciens, ne renferment que des objets en bronze.
- Nous avons des données plus positives sur le moment où l’érection de ces monuments funéraires
- 1 Selon l’usage anglais, M. Gowiand donne aux allées couvertes le nom de dolmens et celui de cromlechs aux monuments typiques formés d’une grande pierre plate posée sur trois pierres debout qui se rencontrent sur tant de points différents et qui pour nous sont des dolmens. Ces noms de dolmens et de cromlechs sont d’origine toute moderne et n’ont aucune importance scientifique.
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- prit fin. Les Nihongi1 rapportent qu'en 046 après J.-G., l’empereur Kô-to-Ku rendit un édit sur les sépultures qui devaient varier selon le rang du mort. Il défendit qu’on y déposât aucun objet de valeur ou qu’on employât pour leur érection des pierres de grand appareil. 50 ou 60 ans plus tard, l’empereur Monunu voulant favoriser les progrès du Bouddhisme, établit la crémation comme rite funéraire2. Les chambres sépulcrales étaient désormais inutiles, elles furent remplacées par des pierres debout portant des inscriptions. La plus ancienne de ces pierres actuellement connue fut érigée en l’honneur de l’impératrice Gemmyo en 721.
- Une autre preuve au besoin serait fournie par le trésor de Shoso-in et celui du temple de Tüdaiji auprès de Nara. Quand en 784, la cour impériale quitta Shôso-in pour s’établir dans la province de Yamashiro, on déposa dans le trésor de nombreux objets à l’usage des souverains. Aucun de ces objets ne rappelle ceux recueillis dans les cryptes. Les sabres notamment dont l’importance est grande au Japon diffèrent complètement. La lame des premiers est toujours droite, la lame des sabres des trésors est au contraire recourbée. Sous les mégalithes, les objets en fer plaqués de cuivre sont nombreux, on n’en trouve aucun ni à Shoso-in, ni à Nara. On peut donc en conclure que les mégalithes étaient abandonnés à la fin du viue siècle ap. J.-G. Les sépultures consacrées aux princes et aux nobles, les Dai-mios de notre temps, étaient nombreuses. Telle province en renfermait seule plus de mille. Presque toutes ont été détruites par la culture et aujourd’hui dans tout le Japon, on n’en compte guère plus de huit cents3. Elles se rencontrent généralement par groupes de 20 à 80, sur le bord des rivières ou de la mer, où la population était plus dense et où les hommes trouvaient plus facilement la nourriture qui leur était nécessaire. On érigeait ces mégalithes sur le Banc des collines et on choisissait de préférence les points où la vue était plus étendue. Ils comprenaient de longues galeries aboutissant à une ou plusieurs cryptes souterraines. Les galeries et les cryptes étaient construites en gros blocs de pierre, en boulders à peine dégrossis4 mais toujours posés comme dans les mégalithes de l'Europe sans ciment d'aucune sorte. Le toit était formé de grandes pierres plates. Puis le monument était recouvert d’un tumulus plus ou moins élevé que le temps et l’action des hommes ont le plus souvent fait disparaître. Quelques-uns de ces tumuli, ceux de la province de Mino, par exemple, n’ont guère que 15 pieds de diamètre, ceux de la province de Kowa-chi varient entre 90 et 100 pieds. Des exemples les feront mieux connaître.
- 1 Chroniques du Japon traduites en anglais. Proceedings of the Japan Society, London 1896.
- s San-ltyo-Shi, traité japonais des sépultures.
- 3 M. Gowland en a fouillé 460.
- 4 Ou cite cependant une sépulture à Koshi, où les murs de la chambre intérieure sont construits en pierres immenses régulièrement taillées.
- La sépulture de llattorigawa, dans la province de Kawachi (fig. 2 et 5), comprend une galerie d’accès de 17 pieds de longueur sur 6 de hauteur et une crypte souterraine de 15 pieds sur 8 pieds 6 pouces et 8 pieds de hauteur. Elle était couronnée d’un tumulus et à l’entrée une pierre énorme formait le linteau. L’orientation est S. 0. En général cette orientation n’a rien de fixe et varie de province à province.
- A Miyohoji, dans la province de Yamato, on trouve une tombe construite en blocs de granit grossièrement équarris et offrant quelque ressemblance avec les constructions étrusques (fig. 4). La longueur totale est de 56 pieds et la crypte mesure 16 pieds 6 pouces sur 10 pieds 6 pouces et 9 pieds de hauteur. Le toit consiste en un immense bloc de granit taillé sur la face intérieure, brut sur la face extérieure. Pendant longtemps, on a cru y voir la sépulture de l’Impératrice Saimei, morte en 671 : Terreur est aujourd’hui reconnue.
- La sépulture mégalithique de Domyoji-Yama dans
- ki* /,/h'
- Fig. 1. — Sarcophage trouvé auprès du village d’Isokaim, aujourd’hui au Musée impérial de Tôkijô.
- la province de Kawachi est en ruine ; le tumulus qui a dû la recouvrir a disparu ainsi qu’une partie de la crypte; nous la reproduisons cependant à raison des dimensions colossales des pierres employées (fig. 5).
- Souvent la galerie d’accès est coupée par un mur. C’est dans cet anticrypte qu’avaient lieu, à des jours fixes, les prières, les offrandes et les libations aux morts. Cette coutume s’observe encore devant les tombes impériales. Les danses, selon un vieux rite, alternent avec les prières.
- On trouve sur différents points du Japon des tombes que Ton est convenu d'attribuer aux Empereurs. Une de ces tombes, située auprès de Nara (Yamato), mérite d etre citée. Elle est construite en blocs de schiste ardoisier mêlés de boulders granitiques et surmontée de deux tumuli, l’un rectangulaire, l’autre en forme de cône tronqué; la plateforme terminale mesure 115 pieds. Ce mégalithe est entouré d’un fossé et de plusieurs rangées de tubes en terre cuite (haniwa) ; leur diamètre dépasse un pied et leur nombre s’élève à 4740, sans compter ceux plantés en dehors du fossé dont beaucoup ont
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- été enlevés par les eaux. Ces tubes sont percés sur leurs faces de deux trous se correspondant, de ‘i pouces environ de diamètre. Leur usage et leur
- signification restent inconnus. On a dit qu’ils représentaient les serviteurs immolés dans des temps [dus anciens pour faire honneur à leur chef. Je
- Fig. 2. — Entrée du dolmen de llattorigawa.
- donne cette réponse pour ce qu’elle peut valoir. Les morts étaient déposés dans ces sépultures,
- tantôt sur la terre nue, tantôt dans des cercueils en bois dont quelques débris subsistent encore plus souvent
- E g. 5. — Intérieur du dolmen de llattorigawa.
- dans des sarcophages en pierre assez semblables à ceux usités chez nous durant les temps mérovingiens. D’aulrcs fois ces sarcophages sont en terre cuite; l'un de ces derniers, mesurant seulement à l’intérieur 4 pieds 9 pouces, est aujourd’hui au lïri-
- tish Muséum. 11 repose sur 18 pieds creux, également en [toterie, et chaque paroi est percée de trous qui rappellent ceux de nos dolmens à ouverture et qui ont probablement la même signification. Nous reproduisons un des [dus remarquables parmi ces
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- sarcophages (fig. 1) trouvé auprès du village d'Isokami et aujourd’hui au musée impérial de Tokijo. Il mesure plus de 5 pieds de longueur et
- porte à une de ses extrémités deux médaillons figurant une fleur a huit doubles pétales, les armes sans doute du mort. On sait qu'au Japon les fleurs
- jouent un grand rôle dans les armoiries. La fa- famille royale de France porte une fleur de lis. mille impériale porte une chrysanthème comme la Les ossements humains sont rares; l’humidité
- Fi". 5. — Mégalithe de Dômyoji-Yania.
- cause une rapide destruction. En revanche le mobilier funéraire est important. Les Japonais ont toujours été des métallurgistes et des potiers industrieux et habiles. Dans les plus anciennes sépultures, on ne trouve, je l’ai dit, que des objets en bronze, des
- sabres et surtout des pointes de flèche d’une forme très particulière. Dans un cercueil en bois de pin relié par de gros clous de fer qui servent à le dater, on a recueilli les débris d’un mors et d’autres objets de harnachement, puis 1108 grains de collier, 791
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- en verre presque tous de couleur bleue, 123 en terre cuite, 133 en stéatite, 41 en jaspe, 17 en argent. Parmi ces grains gisaient 3 magatamci en calcédoine et en cristal de roche; c’est le nom donné à des imitations de griffes de fauve que les Japonais portaient sans doute en souvenir des exploits de leurs ancêtres. Les fouilles d’une crypte auprès d’Olmi (province de Musaschi) ont donné deux sabres d’un travail remarquable, dont les poignées et les fourreaux étaient richement incrustés, des fragments de casque et de cuirasse en fer. Il faut les noter, car les armures sont rares; on croit quelquefois les retrouver dans des masses de fer que la rouille a rendues indéterminables.
- Dans d’autres sépultures, on trouve des poteries faites au tour semblables à celles de nos régions1 ; on déposait dans les vases, du vin, de l’eau, des mets divers; d’autres aux formes variées et presque toujours très élégantes étaient destinés à recevoir des (leurs, dernière offrande à des morts aimés.
- Souvent les fouilles amènent des figurines en pierre ou en terre cuite représentant des hommes ou des animaux. On veut qu’elles rappellent les hécatombes de victimes immolées au Japon comme en Chine à la mort des souverains. Un recueil chinois Y[sho-nihon-den rapporte que ces sacrifices duraient encore au Japon vers le milieu du troisième siècle de notre ère et mille serviteurs des deux sexes durent suivre une Impératrice dans la vie nouvelle qui s’ouvrait pour elle. Dans la province de Yamato, une curieuse coutume a longtemps survécu. Quand les sacrifices humains durent cesser par obéissance aux édits impériaux, on enfermait les serviteurs dans la tombe, mais en ayant soin de laisser une ouverture par laquelle ils pussent s’échapper. L’Empereur était obéi et le mort satisfait.
- Tels étaient les Japonais du passé. C’est à ceux qui viendront après nous à dire ce que seront les Japonais de l’avenir. Mis de Nadaiuac.
- l!NE SECONDE LUNE
- Quelques journaux politiques ont annoncé qu’un astronome de Munich, M. Waltmath, avait découvert un second satellite à la Terre, une seconde Lune. On a souri à la lecture de ce fait divers et on l’a déjà oublié. Il est parfaitement exact que M. Waltmath a observé sur le Soleil un point noir qui a mis plus d’une heure à traverser le disque. M. Waltmath a calculé ses éléments approximativement; durée de la révolution, excentricité, distance movenne à la terre, etc. Cette distance serait à très peu près de 101 rayons terrestres, la distance de la Lune étant, comme on sait, de 61 rayons. Le diamètre du nouvel astre serait de 700 kilomètres; sa masse, par rapport à celle de la Lune, de 1/80°. D’après le calcul, cet astre devait passer en vue de la Terre le 5 février; il doit revenir vers le 30 juillet. Or, le curieux de tout ceci, c’est qu’en effet le 4 février, d’après l’astronome Brendel, de Griefswald (Poméranie), on aurait parfaitement vu
- 1 Un vase rappelle un de ceux trouvés par Scliliemann à Troie.
- un point noir traverser le Soleil. Le maître de poste Ziegler et plusieurs autres personnes ont observé, le 4 février, un corps sombre passant sur le Soleil en se dirigeant vers le N.-O., de lh 10 à 2M0 (temps de Berlin). Ce corps a été aperçu un quart d’heure avant son entrée sur le Soleil, et a pu être suivi pendant une heure environ après sa sortie du disque. Or, on ignorait alors l’observation récente de M. Waltmath; on peut donc tenir l'observation du maître de poste comme bonne.
- S’agit-il de l’astre déjà vu par l’astronome de Munich, ou bien d’un autre corpuscule céleste? Y a-t-il eu simple coïncidence dans le jour d’apparition? C’est ce que l’on ne saurait encore dire. Il faudra attendre en juillet.
- Ce passage d’un corps sombre sur le Soleil rappelle l’observation de Lescarbault en 1853. Lescarbault vit une tache noire traverser le disque solaire pendant lh17ra. Le Verrier avait la conviction qu’il devait exister une planète inconnue très voisine du Soleil, car on ne pouvait expliquer autrement les irrégularités constatées dans le mouvement de Mercure. Or la vitesse de la tache suivie par Lescarbault sur le disque solaire était beaucoup plus grande que la vitesse des planètes connues; il fallait que l’astre fût très voisin du soleil. Ce devait être une planète intra-mercurielle. Le Verrier a baptisé la nouvelle planète du nom de Vulcain. Malheureusement on n’a jamais revu Vulcain, ce qui ne veut pas dire qu’il n’existe pas.
- 11 n’est pas douteux qu’il circule de même autour de la Terre des corps de dimensions réduites, qui trahissent quelquefois leur existence en se profilant sur le Soleil, petits astres erratiques, vieux débris de mondes ou de planètes brisés, gouttes de la matière primitive de la nébuleuse solaire captées par la Terre ou même par la Lune. L’idée de nouveaux satellites en général invisibles est très admissible. L’espace est sillonnée de corpuscules; quand la Terre les happe au passage, nous les voyons sous forme de bolides et d’aérolithes. Mais il pourrait se faire que certaines masses plus importantes eussent conservé parfois leur mouvement partiel et tournassent autour de la Terre à la façon de véritables satellites. Les autres planètes n’ont-elles pas plusieurs Lunes, dont quelques-unes ont été découvertes seulement au milieu de ce siècle?
- La distribution des astres dans notre système solaire parait obéir à une loi ; la distance des planètes au Soleil n’est pas quelconque. La loi de Bode ou de Titius se vérifie en gros jusqu’à Neptune. Depuis plusieurs années, on a cherché à relier par des formules plus exactes le groupement des planètes. M. E. Roger, inspecteur général des mines, a consacré à la question de nombreux mémoires soumis à l’Académie des sciences, il a notamment fait connaître une formule empirique qui donne les distances des divers satellites de la Terre, dans le cas où ces satellites se seraient réellement produits à l’origine des temps. (G. R. Académie, t. CXIV, p. 944). La distance de la Lune à la Terre étant de 61 rayons terrestres, il suffit pour obtenir successivement les distances qu’il est possible d’attribuer aux satellites plus éloignés de nous que la Lune, de multiplier le nombre 61 par 1,62 (coefficient qui joue un rôle prédominant dans la théorie de la formation des planètes et des satellites). On obtient 99, première distance d’un satellite à découvrir, s’il existe. Puis on multiplie ce résultat de nouveau par 1,62 ce qui donne un produit de 160 pour un autre satellite à découvrir. Or, fait intéressant, 160 rayons terrestres, c’est précisément la distance indiquée par M. Waltmath pour l’astéroïde qu’il a découvert! M. Roger aurait-il trouvé par le calcul
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- l'astre rencontré par hasard par l’astronome de Hambourg?
- M. Roger prévoit au total trois satellites à découvrir au delà de la distance 61 rayons, 99, 160, 259. II pourrait aussi exister des satellites en deçà de cette distance de 61 rayons. Au total, la formule complète fait pressentir l'existence autour de nous de 18 Lunes!
- Il y a donc encore de la marge pour les chercheurs. Nous avons voulu simplement, dans ces quelques lignes, montrer que dans tous les cas, la découverte de M. Walt-math offre un certain intérêt et qu’il ne sera pas superflu d’essayer de retrouver le petit astre à ses prochains passages sur le soleil. Henri de Parville.
- LA. LOI DE L’ÉMISSION
- Un grand nombre de formules ont été proposées pour représenter l’énergie de la radiation en fonction de la température. Quelques-unes ont une forme compliquée, tandis qu’une ou deux d’entre elles se présentent sous un aspect relativement simple. Depuis quelques années, c’est la formule proposée par Stefan qui est le plus employée. Le regretté physicien autrichien l’avait établie d’une manière absolument empirique, en reliant simplement, par une formule mathématique, un certain nombre d’observations connues, en particulier celles qu’avaient exécutées de la Provostaye et Desains.
- Si l’on avait conservé quelques doutes sur la validité de cette formule, c’est parce que les observations d’où elle avait été déduite n’embrassaient qu’un intervalle de température restreint, et qu’on pouvait avoir un peu d’hésitation à admettre la constance du pouvoir émissif des surfaces, dans les conditions des observations anciennes. MM. Lummer et Pringsheim, de l’Institut physico-technique de Charlottenbourg, viennent d’exécuter une importante série d’expériences en vue d’étudier à nouveau la lai de l’émission. Ils ont poussé leurs mesures jusqu’à 1500°, en se servant u’un artifice particulier pour réaliser la radiation telle qu’elle serait fournie par un corps absolument noir d’après la définition de Kirchhoff. La radiation est prise dans une petite ouverture pratiquée dans une enceinte chauffée à une température bien uniforme, et dont les parois ont été amenées aussi près que possible du noir vrai par l’application d’une couche mince de noir de platine ou d’oxyde de fer. Dans ces conditions, la radiation émanée de l’ouverture est, pour le physicien, celle du corps noir de Kirchhoff, bien que pour ceux qui ne connaissent pas ces subtilités, elle émane incontestablement d’un corps qui, dans certaines expériences, était chauffé à blanc.
- Les expériences de MM. Lummer et Pringsheim ont confirmé aussi bien qu’on pouvait l’espérer la loi de Stefan, car les petits écarts trouvés n’ont pas une allure systématique, et sont assez faibles pour qu’on puisse les attribuer à des erreurs dans ces expériences d’une extrême difficulté. On pourra donc admettre en toute confiance d’après Stefan, que l’énergie de la radiation émanée d’un corps de pouvoir émissif constant est proportionnelle à la quatrième puissance de la température absolue.
- H ne manquera plus qu’une chose pour que l’on puisse appliquer correctement cette loi, c’est de savoir quand le pouvoir émissif doit être envisagé comme constant à toute température. Il y a] encore là, pour les chercheurs, matière à de nombreuses et difficiles expériences. C.-E.-G.
- LES NOUVELLES GALERIES DU MUSÉUM
- ORGANISATION GÉNÉRALE
- I
- On va inaugurer très prochainement les nouvelles galeries du Muséum d’IIistoire naturelle construites, près de la gare d’Orléans, à l’extrémité de la rue de Buflon. Nous voudrions dire ici les progrès qu’elles réalisent sur celles qu’elles sont destinées à remplacer.
- Les visiteurs du Jardin des Plantes connaissent tous la cour de la baleine, située près du bassin de l’otarie. C’est dans les vieux bâtiments, aux planchers vermoulus, aux salles sombres, étroites, disposées autour de cette cour : au rez-de-chaussée, au premier et au second étage qu’étaient situées les collections de l’Anatomie comparée et de l’Anthropologie. Le public ne s’arrêtait guère à visiter ces collections, qui représentaient pour lui une sorte de nécropole de peu d’intérêt. Rien ne l’attirait, à part les squelettes des grands animaux, comme ceux des baleines, des cachalots et, dans les galeries d’anthropologie, les types plus ou moins étranges des peuplades sauvages et la Vénus Hottentote. Dans la cour se dressait, depuis plusieurs années, un petit pavillon vitré, qui logeait ce qu’on appelait somptueusement le musée de Paléontologie. Ce pavillon très exigu, renfermait quelques pièces rares et des plus curieuses. Le reste de la collection de Paléontologie, située dans une partie des salles du premier étage, n’était pas visible pour le public.
- Ces vieux bâtimeAts, si peu confortables, si peu en harmonie avec les progrès réalisés de toutes parts et avec les richesses scientifiques qu’ils recelaient, menaçaient ruine de tous côtés. On les avait étayés en plusieurs points et parfois ceux qui les habitaient se demandaient anxieusement si les poids des collections que l’on continuait à y accumuler n’allait pas les faire crouler. Les savants qui dirigeaient ces importants services ne pouvaient tirer tout le parti qu’ils auraient désiré des matériaux qu’ils avaient à leur disposition, et ils étaient presque honteux de montrer aux savants étrangers, qui venaient les voir, dans quel triste état se trouvaient nos richesses nationales.
- Aujourd’hui tout est changé; ce qui était caché dans des salles poussiéreuses, aux murs croulants, empilé dans des tiroirs et des caisses va voir le grand jour. Les collections paléontologiques, anthropologiques et de l’anatomie comparée, placées dans un cadre élégant, ne présenteront plus cet aspect rébarbatif qui faisait fuir jusqu’au public instruit ; elles seront si bien aménagées, si faciles à étudier et, ne craignons pas de le dire, si artistement disposées, qu’elles provoqueront l’admiration de tous. Personne ne reconnaîtra les vieilleries qui étaient entassées dans les bâtiments de la cour déjà baleine, mais tous avoueront, en revanche, que la métamorphose qui s’est opérée a dû coûter beaucoup de peine et qu’il a fallu le dévouement et le zèle de
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- LA N AT IJU K.
- nombreux collabora leurs pour opérer en trois ans un changement aussi profond. On nous croira, sans peine, quand on aura vu tout ce qui a été lait dans les nouvelles galeries dont les collections résument, en partie, l’histoire de la vie sur la terre et représentent le cortège merveilleux des animaux qui ont vécu, à sa surface, dans la série des temps géologiques. C’est M. Dutert, l’ar-chitectedistingué de la galerie des machines à l’Exposition de 18 Si), qui, habilement secondé par M. Cléret, a été chargé de la construction des nouvelles galeries du Muséum. Commencées en 1897), sous la direction dcM.Frémy,puis continuées sous celle de l'éminent directeur actuel M. Milne Edwards, elles viennent d’être terminées. Elles font partie d’un ensemble qui occupera les deux tiers de la rue de BulTon, soit 520 mètres.
- Les nouveaux bâtiments (ju’on va inaugurer comprennent seulement le quart de cet ensemble. Ils ont coulé environ 5 millions.
- Ils se composent d’un sous-sol, largement éclairé par des cours basses, s’étendant sur presque toute la longueur du rez-de-chaussée, qui prend jour par de larges baies latérales, d'un coté, sur la rue deBuffon, de l’autre, sur le Jardin des Liantes. Au-dessus, le premier étage est muni de quelques fenêtres latérales, mais il reçoit surtout la lumière par un comble vitré. Enfin
- une galerie ou tribune couronne les murs et reçoit également la lumière par la partie supérieure. La façade principale (fig. 5) surmontée d’un
- dôme à i pans, est décorée de di-vçrs motifs de sculpture. Au fronton Allard a ciselé les 5 règnes de la nature du plus gracieux effet. Les lions et les tigres du chapiteau ont été sculptés par Yal-ton et l’aigle enlevant un agneau de la clef de la porte principale, par Gardet.
- Sur les façades latérales on a placé des bas-reliefs en bronze et en marbre, de Barrias, de Mar-queste, de Urémie t, de Gau-quié,etc., tandis que les bustes de plusieurs savants, anciens professeurs du Muséum, ornent le milieu des baies du rez-de-chaussée. L’entrée des galeries, fermée par une grille en fer forgé conduit
- à un grand vestibule à coupole ëlliptique avec dallage en marbre. Les retombées des arcs sont ornées de sculptures , dont les sujets sont empruntés à l’histoire naturelle.
- Un bas-relief deErémiet : singe étranglant un homme, qu’on avait admiré au Salon de 1896, orne une des parois latérales. Le vestibule donne accès : à droite, à l'amphithéâtre; en face, à la galerie d’anatomie comparée; à gauche, à l’escalier d’honneur. Get escalier qui est en fer offre une belle rampe de feuillages en bronze, tandis que l’amphithéâtre est décoré de peintures de
- Fig. 1. — Élévation des nouvelles galeries.
- A. Sous-sol. — II. C. 1). Galeries d'anatomie comparée, de patéontologio, d'anthropologie.
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- Cour basse
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- Cour basse
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- Eig. 2. — Plan dus nouvelles galeries. En haut, premier étage, paierie do paléontologie. En bas, rez-de-chaussée, galerie d'anatomie comparée.
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- Cormon. Au premier étage une bibliothèque surmonte le vestibule et les cabinets du professeur de paléontologie et de ses collaborateurs sont situés au-dessus de l’amphithéâtre. — Les deux galeries d'anatomie comparée et de paléontologie (fig. I et 2) ont 80 mètres de long et 14 mètres de large ; la première a une hauteur de 7 mètres, la seconde de 9"',50; mais à 5 mètres du plancher de celle-ci, court un balcon le long duquel sont installées les collections de l’anthropologie.
- On a donc en réalité trois services qui se trouvent superposés dans cette galerie à un étage.
- Nous allons examiner maintenant, d’une façon très rapide, les traits généraux de chacun de ees trois services.
- I. — Galerie <iAnthropologie
- Les études anthropologiques prennent l'homme au moment de son apparition sur la terre et elles le suivent jusqu’à nos jours dans son évolution physique et dans les diverses manifestations de son activité.
- Les documents de la galerie d’anthropologie actuelle sont, faute de place, moins nombreux que dans l'ancienne qui avait été organisée par Serres,
- mais surtout par le regretté de Quatrefages et par le savant titulaire actuel, M. Hamy, aidé de son assistant, M. Yerneau.
- En arrivant en haut de l’escalier d’honneur on remarque d’abord de belles photographies de la mission Pavie, puis on pénètre dans une première salle où l’on a installé la collection donnée au Muséum, par le marquis de Vibraye et dont les merveilleux documents se rapportent aux premières périodes de l’humanité : celles de la pierre taillée et de la pierre polie. Le long du balcon qui surmonte cette première salle se trouve la suite du Préhistorique et les types des races européennes.
- Dans la petite salle du fond, on peut suivre d’abord le développement du squelette, puis, observer les
- nombreux cas pathologiques présentés par l’homme : les idiots, les microcéphales, les hydrocéphales, les rachitiques etc., qui constituent des données précieuses pour la comparaison avec les races anciennes et quelques races actuelles.
- Pénétrons maintenant dans la galerie proprement dite, et parcourons-la en allant de gauche à droite, en faisant face aux armoires en verre qui garnissent tous les murs. On a réuni là les principaux types des 1500 millions d’habitants qui peuplent notre globe.
- On sait que les races actuelles rentrent dans 5 types : le tronc blanc ou caucasique, le tronc jaune ou mongolique, et le tronc nègre ou éthiopique. Mais on a remarqué que la coloration des téguments est
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- une base défectueuse pour la classification des races"; car, parmi les blancs, il y en a d’aussi noirs que n’importe quel nègre; aussi a-t-on été obligé de placer à part certaines races de l’Océanie et de l’Amérique qui offrent des caractères mixtes et qui, en se rattachant plus particulièrement au tronc jaune, se rapprochent, par d’autres caractères, des types blancs ou noirs. C’est en tenant compte de ces faits que la galerie d’ethnographie a été installée. Elle permet de passer en revue la série des représentants des diverses races humaines, en commençant par les Australiens qui, bien que n’ayant pas la chevelure laineuse des nègres, s’y rattachent par tous leurs autres caractères; puis viennent les négritos, dont quelques-uns, au lieu d’avoir le crâne allongé du nègre, ont le crâne arrondi. Ün débute ainsi par des types de transition et l’on arrive aux divers rameaux nègres : Tasmaniens, Guinéens, Mélanésiens, Bos-jemans, etc., dont les représentants sont dans une première série de vitrines, dans lesquelles on peut suivre les diverses modifications de tout le tronc nègre.
- Des groupes de transition ont été intercalés entre les troncs noir et jaune et les troncs jaune et blanc. On a ainsi une série continue des races humaines dont le classement est très rationnel.
- Outre les squelettes et les moulages de divers types humains qui garnissent les armoires vitrées, de nombreuses photographies, des gravures, des peintures, sont disposées sur des socles mobiles, en divers points de la salle. Elles sont utiles à consulter, car elles constituent des documents précieux, rapportés par des missions diverses, relatifs aux caractères physiques extérieurs, aux vêtements, aux parures, aux mœurs et aux coutumes des divers peuples, données qui complètent l’étude surtout ethnographique de cette belle galerie. G. Xf.rt.
- — A suivre. —
- LE CROISEUR IMPÉRIAL RUSSE “SYETLANÀ”
- Le croiseur impérial russe Svetlana, construit au Havre par la Société des Forges et Chantiers de la Méditerranée, vient de quitter le port du Havre où il a terminé son armement pour aller croiser dans la Méditerranée et faire route ensuite pour Lisbonne, afin d’assister aux fêtes du centenaire de Yasco de Gama.
- Le Svetlana est un croiseur yacht à pont cuirassé et à grande vitesse destiné à porter le pavillon de S. A. I. le grand-duc Alexis.
- Les dimensions principales du Svetlana sont les sui-
- vantes :
- Longueur maxima à la flottaison . 101 mètres.
- Largeur au fort.................. 15 —
- Creux sur quille à la ligne droite
- des baux du pont supérieur . . 10,50
- Tirant d’eau maximum en charge. 5,72 Déplacement correspondant . . . 5828 tonneaux.
- Puissance des machines........... 8500 chevaux.
- Vitesse correspondante........... 20 nœuds.
- La mâture se compose de deux mâts à pible en tôle,
- sans voilure, avec deux petites cornes et une vergue pour signaux, un mât de charge pour les embarcations de l’arrière et deux hunes pour les projecteurs.
- L’appareil moteur du Svetlana se compose de deux machines à pilon à triple expansion, à quatre cylindres, actionnant chacun une hélice.
- Aux termes du marché passé le 8 mai 1805, le Svetlana devait être livré dans un délai de 29 mois et les épreuves de recette devaient comporter une expérience, de consommation et un essai de vitesse. La première sortie du navire s’est, faite le 2 novembre. Le surlendemain a eu lieu Fessai officiel de consommation à 10 nœuds qui a démontré le régime très économique des machines et des chaudières. Le Svetlana est alors rentré au bassin où le grand-duc Alexis est venu le visiter le 22 novembre, et a exprimé sa satisfaction après en avoir examiné en détail les diverses installations.
- Sorti pour son essai d’artillerie le 24 novembre, le Svetlana a fait le lendemain son essai officiel de vitesse. L’épreuve devait avoir une durée de six heures, pendant lesquelles la vitesse moyenne devait être de 20 nœuds. La vitesse moyenne constatée pendant les six heures a été de 20“ 1/4 et la plus grande vitesse observée pendant un parcours sur une base a été de 21“,625. Aussi la Commission de recette présidée par M. le capitaine de vai-seau Grigorowitch, s’est-elle montrée très satisfaite.
- Le pont du croiseur est protégé par une cuirasse d’une épaisseur variant entre 25 et 50 millimètres. L’armement se compose de six canons à tir rapide système Canet de 15 centimètres, dont quatre en tourelles barbettes, deux à l’avant et deux à l’arrière. Ces tourelles sont protégées par une cuirasse de 50 millimètres d’épaisseur. Le bâtiment est, en outre, pourvu de dix-huit canons système Canet à tir rapide de 47 millimètres et deux fanons, du même genre, de 57 millimètres seulement. On avait, au début, songé à pourvoir le Svetlana de quatre tubes lance-torpilles, mais celte idée à dû être abandonnée. Deux de ces tubes, qui avaient déjà été fabriqués, ont été envoyés en Russie, ils mesurent 5m,70 de long.
- L’équipage se compose de 520 matelots, sous les ordres d’un capitaine de vaisseau breveté, premier aide de camp de S. A. I. le grand-duc Alexis, M. le commandant Abaza.
- L’état-major se compose du capitaine en second Voye-vodsky, des lieutenants et enseignes Flegontoff, Epant-chine, Kousnetzoff, Svechnikoff, Ogloblinsky, Ogilvie et baron Graevenitz, ainsi que des aspirants Schetinin, Bekeloff et comte Ignatieff, fils du célèbre général russe de ce nom, qui fut successivement ambassadeur à Constantinople et ministre de l’intérieur en Russie.
- Les premier, deuxième et troisième mécaniciens du Svetlana sont MM. Pétroff, Tschoutschouguine et Der-katchenko. Le médecin est le major de marine Karloff et le pope est le père Nicolas Dyakoff.
- L’installation intérieure du navire a été faite avec le plus grand soin. Le bâtiment est éclairé entièrement à l’électricité et toutes les parties sont reliées entre elles par le téléphone. Ce téléphone, agencé d’une manière particulière, est de l’invention d’un officier de la marine russe et donne de très bons résultats. Une cabine téléphonique spéciale se trouve dans l’appartement réservé au grand amiral.
- Grâce à ce réseau de fils protégés, l’officier de quart peut rester en communication constante avec la chambre des machines, et le capitaine, de son réduit cui-
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- rassé, peut envoyer ses ordres à chaque chef de pièce.
- Il faut signaler aussi comme une innovation dans la marine l’installation électrique des horloges à bord du Svetlana. Une horloge distributrice placée, dans la chambre de l’officier des montres envoie l’heure, chaque minute, à 26 cadrans placés dans les différents services. Cette installation fait honneur à M. L. Leroy, de Paris, l’horloger de la marine bien connu.
- Le Svetlana possède trois chaloupes et sept canots.
- La baleinière du grand-duc Alexis, qui est d’une élégance toute particulière, a été construite au Havre. 11 convient de mentionner aussi les glacières immenses qui v ont été aménagées et grâce auxquelles le Svetlana peut croiser en mer quatre mois entiers sans renouveler ses provisions de viande fraîche.
- Ses soutes aux poudres sont également très vastes et renferment une quantité de projectiles bien supérieure à celle dont disposent ordinairement les navires de ce rang. J.-F. Gau..
- UNE GRAMINÉE DU SOUDAN
- Les indigènes du Soudan ne font pas entrer, comme on le sait, dans leur alimentation, les céréales cultivées en Europe. Celles-ci sont remplacées par d’autres produits et particulièrement par le maïs,le sorgho et le riz de mantagne. A ce s graminées dont l’usage est depuis longtemps connu il en faut ajouter une autre qui, bien que d’un emploi très répandu, n’avait pas encore été classée parmi les céréales alimentaires.
- Il s’agit d’une herbe aux rameaux ténus, aux épis grêles et qui cependant produit un grain très recherché par les indigènes du Soudan auxquels elle fournit un appoint important dans l’alimentation courante.
- Cette graminée est désignée sous les noms botaniques de Digitaria longiflora, de Posoon, ou sous celui de Pas-j)alum longiflomm de Retz1. Elle croit à l’état spontané dans toute la région tropicale et subtropicale de l’ancien monde où elle couvre parfois de vastes plaines. Mais nulle part elle n’a été signalée comme alimentaire en dehors du Soudan occidental. Le capitaine Binger dans la relation de son remarquable voyage dit qu’elle concourt à l’alimentation des indigènes du Soudan central.
- En Guinée française, dans le Fouta-Djalon, où elle est connue sous le nom indigène de foundounié, elle est l’objet d’une culture régulièrement pratiquée.
- La plante cultivée diffère du type sauvage par ses achaines plus gros et surtout plus ovoïdes ; elle offre en même temps cette particularité d’être complètement glabre alors qu’à l’état spontané elle est hispide. De plus, les glumes sont peu adhérentes et la graine se moud avec la plus grande facilité.
- En Guinée française, la culture se fait en répandant la graine sur le sol, que l’on a débarrassée de la brousse par l’incendie. En trois mois, la plante se développe et porte graines. Celles-ci se séparent facilement par le battage. On les moud en les triturant dans un mortier en bois. La semoule que l’on obtient ainsi constitue un aliment d’une très haute valeur nutritive.
- L’analyse chimique montre, en effet, que la composition de ces graines les rapproche beaucoup du riz ; cependant elle s’en distingue par une abondance plus grande de matières grasses, qui se trouvent être en quan-
- 1 Ex Hookes fl. indt. IV; p. 17.
- tité sensiblement égale à celle que renferment les graines de millet.
- Composition chimique des graines du Paspalum longiflomm (Retz) comparée aux autres graminées.
- Paspalum. Millet. 2a Seigle. J G I Avoine. | 1 3 1
- Eau 9,20 11,66 13,65 15,06 13,77 12,57 13,12 13.11 11,93
- Protéine . . M a t i è r e s 7,67 9,23 12,35 11,52 11,U 10,11 9,85 7,85 10 30
- grasses . . Amidon ot 5,34 3,30 1,75 1,79 2,16 5,23 4,62 0,88 2,81
- dextrinc. . 73,33 65,93 67,91 >7,81 66,93 57,78 68,11 76,52 35,81
- Ligneux. . . 2.36 7,29 2,53 2,01 5,31 11,19 2,49 0.63 KU3 2,72
- Cendres. . . 3,90 2,35 1,81 1,81 2,69 1,51 1,51 1,01
- Le son est relativement peu abondant. 11 représente 9,75 pour 100 du poids de la graine.
- L’examen microscopique montre que les grains d’amidon du Paspalum longiflomm ont une grande analogie avec ceux du maïs dont ils se distinguent cependant avec facilité par leurs dimensions plus faibles, puisqu’ils ne mesurent jamais plus de 19 millièmes de millimètre. Tous les grains sont de volume sensiblement uniforme et l’on n’en rencontre que peu mesurant moins de 12 millièmes de millimètre. La forme du hile établit également un caractère optique très net ; il est, en effet, large et présente une forme anfractueuse.
- Bar ses qualités nutritives et la facilité de sa culture, cette graminée mérite d'être rangée au nombre des plus utiles céréales et il peut être intéressant d’en encourager la culture dans nos colonies1. Dyboxvski.
- EXHIBITIONS FORAINES
- La foire amuse les enfants, pense-t-on d’ordinaire. Elle intéresse aussi l’observateur et apprend beaucoup à ceux qui savent voir. A ce litre, un médecin peut trouver dans des boutiques foraines des sujets qui ne se rencontrent qu'exceptionneliement dans son cabinet ou à l’hôpital.
- Je faisais ces réflexions en visitant l’année dernière la foire des Invalides. La première exhibition qui attira mon attention fut celle du colosse Jean Pierre, le laboureur de Montaslruc(fig. 1). 11 peut, dit l’affiche, couvrir une pièce de cinq francs avec le pouce. Sa taille est de 2m,20, la distance entre les extrémités de ses bras est de 2m,40, il pèse 160 kilogrammes.
- J’entre : à première vue Montastruc est atteint d’acromégalie. Cette maladie singulière, décrite par le Dr Marie, qui agrandit le malade et décuple ses forces, mais occasionne des névralgies intenses, et surtout le rend difforme.
- Montastruc n’est pas un inconnu du public médical. A l’école de la Salpêtrière, MM. Brissaud et Meige l’ont étudié dernièrement2. La maladie se révèle par l’allongement excessif de la figure, et
- 1 D’après les Comptes rendus de VAcadémie des Sciences.
- 4 Brissaud et II. Meige. Gigantisme et acromégalie. Journal de médecine et de chirurgie pratiques, 25 janvier 1895
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- surtout le développement de lu mâchoire inférieure qui lui donne le menton de galoche du polichinelle.
- Il en a aussi les deux hosses antérieure et postérieure. Elles se sont accentuées en ces derniers temps, de sorte (pie la taille s’est affaissée et au lieu de 2m,20 ne mesure plus que lm,86. Les membres paraissent démesurément longs, les mains se sont élargies formant une patte difforme, dont le pouce peut couvrir une pièce de 5 francs.
- La plupart des géants ne sont que des malades. Les divers squelettes de gc'ants conservés dans nos musées offrent presque tous des lésions d’acromégalie. Pourtant il est des géants bien portants. Un s’exhibe vis-à-vis de la boutique de Montastruc. lia l1",95, son aspect est normal. Mais ses jambes sont démesurément longues. Sa taille est ordinaire, c’est un échassier.
- Ce fait s’observe parfois à la convalescence d’une maladie infectieuse telle que la fièvre typhoïde qui irrite les os des membres et provoque leur allongement. On le constate également chez les eunuques en Orient, qui poussent tout en jambes comme des chapons qui sont montés sur leurs pattes. Ce second géant n’est peut-être qu’un eunuque, car il est imberbe.
- Les vrais géants également proportionnés et non malades sont très rares, je-n’en trouve pas sur le champ de foire.
- Un a valeur de sabre s’exhibe aussi : c’est un vrai sabre-baïonnette qu’il présente à la société avant de l’introduire prestement dans sa bouche. Le sabre a 3 centimètres de diamètre, les anatomistes savent que l’œsophage insufllé a 2,5 centimètres, il se dilate donc encore pour recevoir le sabre. L’homme renverse la tête en arrière jusqu’à ce que l’occiput touche la colonne vertébrale. Il avale son sabre,
- comme un malade qui se lave l’estomac fait du tube de caoutchouc. Quand la pointe touche la paroi postérieure du pharynx, il l’enfonce brusquement dans l’oesophage à une profondeur de 50 à 40 centimètres. La poignée seule sort, la pointe a donc pénétré dans le cardia, c’est-à-dire à la porte d’entrée de l’estomac. Il reste ainsi quinze secondes environ, sans respirer ni parler. Puis il varie un
- ____ _ ____ peu ses positions ;
- après l’avoir avalé debout , il l’ingurgite le tronc courbé en avant, et finalement couché entièrement sur le dos.
- Je l’interroge pendant l’entracte. Il a quarante ans et se livre depuis vingt-cinq ans à cet exercice sans en être incommodé il peut le répéter jusqu’à cent fois dans la journée1.
- « Ce n’est pas commode au début, me dit-il, j’ai appris pendant un an. Il faut d’abord fatiguer sa gorge avec une cuillère, puis quand on ne la sent plus on s’exerce à avaler le sabre, c’est dur. » Mais voici un phénomène plus étrange encore. Le barnum annonce avec bruit l’exhibition d’hommes primitifs. « Ce ne sont pas de ces phénomènes vulgaires comme on en voit tant dans les foires. Les nôtres ont fait l’admiration de tout le monde savant. On les a promenés dans les laboratoires des grandes capitales ; on les a mesurés sur toutes les faces et photographiés. » J’entre : en fait d’hommes primitifs ce ne sont que de malheureux dégénérés, des microcéphales (fig. 2).
- Ils rappellent ces Aztèques qui firent courir Paris il y a quelque vingt ans. Eux viennent de Grèce. Sans doute on peut penser à des singes en voyant ce regard stupide, cette physionomie perpétuellement mobile, qu’anime de temps en temps un rire bête,
- 1 Yariot. Renie scientifique, \895, 2e semestre, p. 505.
- Fig. 1. — Le géant Montastruc qui n’est qu’un acromégalique fait vis-à-vis à un «valeur rte sabre.
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- âûl
- surtout ce front fuyant qui suffit à recouvrir un faible cerveau arrêté dans son développement.
- Mais- ce sont en réalité des idiots, car ils ne peuvent se nourrir eux-mêmes ; il faut leur mettre dans la bouche leurs aliments; leur vue est trouble, leur intelligence presque entièrement obnubilée les place au-dessous de l’animal domestique. Les idiots microcéphales qui nous semblent extraordinaires, sont en réalité loin d’être exceptionnels.
- Seulement chez nous on les enferme dans les asiles d’aliénés, tandis qu'autrefois on les laissait errer dans les villes ; on les retrouve nombreux en Orient, mendiant surtout à l’entrée des mosquées et des temples.
- Puisque nous avons parlé de singes, entrons dans la boutique de l’homme des bois et allons voir celui qui a excité tant de fois la curiosité des explorateurs et des
- voyageurs. L’homme des bois est ici un gibbon
- aux
- bras démesurément longs, venu des îles de la Sonde
- (tig. 5). 11 ale geste grave et posé, prend des altitudes de vieillard, et vous regarde avec des yeux mornes et réfléchis. On donne à boire gibbon et il prend
- au
- l’écuelle, non entre le pouce et l’index comme ferait l’homme, mais dans la paume de la main, les doigts repliés : le pouce en effet petit et comme atrophié ne peut pas s’opposer aux autres doigts.
- a i t également
- Fig. 2. — Enfant microcéphale.
- On
- marcher le gibbon ; car, dit le barnum, à l’inverse de l’orang, du gorille et du chimpanzé, notre gibbon marche comme un homme. Et de fait l’animal se tient droit sur les jambes, les bras dressés comme un vaste balancier. Les orangs-outangs et autres
- singes anthropoïdes marchent au contraireenappuyant le dos des mains sur le sol. C’est déjà plus noble
- Fig. 3. — Orang-outang et gibbon.
- que le macaque ou les singes ordinaires, qui appuient la paume sur le sol et courent véritablement à quatre pattes. Mais si le gibbon se
- tient droit sur les deux jambes, ce n’est pas une supériorité, car sa démarche est chancelante et mal assurée, et il a l’air fort embarrassé de ses
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- LA NATURE.
- bras trop longs. Ces animaux sont faits pour aller d’arbre en arbre ; l’homme seul peut marcher.
- Et maintenant, vous voyez qu’en parcourant une fête foraine on peut en s’amusant apprendre encore quelque chose. Félix Régnault.
- CHRONIQUE
- I.» plus puissante locomotive du monde. —
- C’est naturellement en Amérique que cette locomotive a été construite pour le Qreat Northern Railway par les Brooks Locomotive Works. Cette locomotive à six essieux, a 4 petites roues porteuses à l’avant et 8 roues motrices accouplées : son poids total est de 96 tonnes, et de 1 40 tonnes avec son tender. La vapeur y est produite à la pression de 15 kilogrammes par centimètre carré par une chaudière du type Belpaire renfermant' 576 tubes igni-tubulaires. Les cylindres ont 55 centimètres de diamètre intérieur et le piston 85 centimètres de course. Les roues motrices ont 1,4 m de diamètre. A pleine puissance, l’effort exercé sur la barre d’attelage est de 25 tonnes, ce qui permettrait de remorquer en palier un train de 7700 tonnes. Dans un essai récent, cette locomotive a traîné un train de 1070 tonnes (52 wagons chargés) sur une rampe de 16/1000. A la vitesse de 20 kilomètres par heure, avec une admission de 50 pour 100, la puissance indiquée aux cylindres atteint 2640 chevaux ; c’est à peu près le triple de la puissance des locomotives à marchandises et plus du double de celle des locomotives les plus puissantes employées en Europe.
- Les tramways funéraires à Mexico. — Une
- bonne partie des recettes de la compagnie des tramways qui exploite le réseau de Mexico, provient de la location de corbillards-tramways et de voitures funéraires circulant sur ses voies. 11 n’y a pas moins de huit classes : la première avec corbillard riche, cocher et valet de pied en livrée, six chevaux caparaçonnés de noir, se loue 700 francs; la huitième, la plus modeste, traînée par un àne, cocher sans livrée, véhicule sans draperie, ne coûte que 15 francs. Le prix des tramways funéraires varie entre 60 francs et 20 francs. Des stationnements sont prévus en certains points pour raccorder au réseau général de tramways les convois dont le point de départ ne se trouve pas dans une rue traversée par les rails. Les départs sont minutés avec une grande précision, afin que les services funéraires n’apportent aucun retard au service régulier de l’exploitation. Ces procédés, qui paraissent un peu contraires aux traditions de notre vieille civilisation, sont tellement entrés aujourd’hui dans les mœurs des Mexicains que les recettes funéraires faites par la Compagnie l’an dernier ont atteint 400 000 francs. Avec les cimetières excentriques de Paris, une solution analogue s’imposera tôt ou tard, quelles que soient nos répugnances actuelles pour cette application des transports rapides.
- L’éclairage électrique (les trains aux États-Unis. — Il s’agit du système pratiqué sur certains trains du Lake Shore and Michigan Southern Railway. À l’avant du fourgon de tète est installée une machine Westinghouse compound de 50 chevaux donnant 400 révolutions, et recevant la vapeur de la locomotive. Elle est couplée directement à un générateur multipolaire qui alimente 500 lampes de 12 à 20 bougies. Quand on change la machine, les wagons reçoivent le courant d’un circuit existant dans la gare.
- Les loups se mangent entre eux. — En dépit du proverbe, nous dit C. Lombroso, les loups s’entredévorent fort bien, si dans une troupe l’un d’eux est blessé, les autres se jettent dessus et l’achèvent. D’ailleurs, presque tous les animaux, quand ils sont poussés par la faim, en arrivent à manger leurs semblables. Le fait a été reconnu chez le renard, le cobaye, la marmotte, la taupe. Les poules dévorent avec avidité les viscères de leur compagne morte. Chez les insectes le fait est plus facile à observer encore. 11 suffit de mettre dans un vase deux ou trois carabes ou des hannetons sans nourriture pour voir le fort manger le faible. La faim n’est d’ailleurs pas moins impérieuse chez 1 homme : on sait ce qui advint sur le radeau de la Méduse.
- Les flèches empoisonnées du haut Dahomey.
- — Les peuples sauvages abandonnent leurs armes de faible portée dès qu'au contact de la civilisation européenne ils apprennent à se servir des armes à feu. C’est ainsi qu’on ne trouve plus d’armes empoisonnées sur le littoral africain, et qu’il faut remonter bien haut dans l’intérieur des terres pour rencontrer des peuplades qui ont conservé leurs moyens primitifs de combats. Tel est le cas de niinteriand et du Dahomey et ce n’est que dans cette région que MM. Le Dantec, Bayé et Béréni ont pu se procurer des flèches empoisonnées qui ont fait l’objet de leur étude. Les substances toxiques employées pour empoisonner les flèches proviennent de deux variétés de strophantus. Le poison est préparé avec les graines sous forme d’extrait aqueux. Chez l’homme, les accidents surviennent huit à dix minutes après la pénétration de la flèche dans les tissus. Les blessés sont pris de mouvements convulsifs, ils se couchent sur le ventre et grattent le sol de leurs ongles, puis la respiration et le cœur s’arrêtent; la mort survient vers la treizième minute. Chez le cobaye, les signes de l’empoisonnement se suivent dans l’ordre suivant : tremblements, exagération des réflexes, mouvements convulsifs du diaphragme, chute de la tète, convulsions du corps et des muscles de la face. Les prétendus antidotes indigènes n’ont montré aucune efficacité. Dans le cas de blessure chez l’homme il est indiqué de placer le plus tôt possible une ligature à la racine du membre pour empêcher la diffusion du poison dans l’organisme, d’enlever la flèche et de laver la plaie avec une solution d’acide tannique ou, à défaut, avec une décoction d’une écorce quelconque très riche en tannin, ou même avec du vin de Champagne.
- Une concurrence au pont sur la Manche. —
- Il s’agit d’un travail formidable que veulent enlreprendre les Japonais, d’un pont sur le détroit de Shimonoseki, afin de donner passage à une ligne de chemin de fer permettant d’aller, sans rompre charge, du sud même de Kion-Sion à la pointe nord de la grande terre. Le bras de mer à franchir a au moins 1600 mètres de large, le courant y est extrêmement rapide, et les typhons n’y sont point rares.
- Un livre de médecine de Michel-Ange. — Ce
- n’est pas à dire que, grand peintre, grand architecte, grand sculpteur, Michel-Ange ait également été médecin. Le livre en question vient d’être retrouvé dans les archives du Vatican, et il est bien en effet tout entier écrit de la main de l’immortel artiste! 11 contient.toute une série de prescriptions médicales pour les maladies des yeux. Cela s’explique par ce fait que, dans sa vieillesse, Michel-Ange souffrit beaucoup des yeux, et il avait sans doute réuni sur un même livre tous les remèdes qu’on lui avait
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- LA NATURE
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- ordonnés, ou tous ceux qu’on lui avait signalés, en se réservant de les essayer.
- L’enlèvement mécanique «les rivets, — On vient d’imaginer un petit outil hydraulique très portatif, ayant seulement 0m,4t» de long, et permettant de couper rapidement les tètes de rivets : c’est tout simplement un piston qui, sous l’influence de l’eau sous pression, frappe le tranchant d’un ciseau sur le rivet.
- Nouveau torpilleur chilien. — 11 s’agit de Ylnjeniero Hijatt, construit par la maison Yarrow, et qui vient de se rendre de Plymoulh à Talcahuano. Possédant deux tubes lance-torpilles et trois canons à tir rapide, il est long de 4G"’,47 et large de 4m,65; il aura un rayon d'action de 2500 milles marins à 10 nœuds. Il a pu donner jusqu’à 28,8 nœuds.
- Le nouveau télescope d’Ainlierst College Science nous apprend que l’argent nécessaire à l’acquisition d’un nouveau télescope destiné à remplacer l’ancien a été fourni par les administrateurs d’Amherst College. De plus un legs de 18 000 dollars (90 000 francs) destiné à l’achat d’un terrain pour l’établissement d’un nouvel Observatoire sera délivré aussitôt que les plans seront complètement terminés.
- L’étoile double p Toucan. — Le 20 décembre 1897, M. Innés, astronome au Cap de Bonne-Espérance, observait cette étoile double dont les deux composantes pt et p2 sont distantes de 27". pt était notée dans la Harvard Circulai’, n° 18, comme une étoile triple ou même multiple avec des composantes distantes de moins de 30". Comme elle n’a donné qu’une seule image à M. Innés, si elle a réellement des compagnons, ces derniers sont très faibles puisqu’ils n’étaient pas vus par un astronome habile dans une lunette de 175mm d’ouverture. p2 est une belle étoile double dont les composantes sont jaunes, tandis que Pt est une étoile blanche. L’ensemble connu sous le nom de p Toucan a un mouvement propre annuel d’environ 0"10. La constellation du Toucan, peu distante du pôle austral, est invisible à Paris.
- La fabrication des fausses antiquités en Égypte. — Les journaux anglais annoncent que les sociétés d’antiquaires et d’archcologie de la Grande-Bretagne ont adressé à lord Salisbury une pétition au sujet du travail très spécial qui est pratiqué par les condamnés dans les pénitentiers égyptiens. Il paraîtrait, en effet, qu’on y fabrique uniquement des fausses antiquités, qui se vendent principalement en Amérique ; elles seraient du reste merveilleusement imitées. Jusqu’à présent, on s’était contenté de reproduire de petits objets; mais on songerait maintenant à faire de même de toutes pièces des momies et des sarcophages antiques!
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 4 avril 1898. — Présidence de M. AVoi.f.
- M. Fôerster, directeur de l’Observatoire de Berlin et M. Hirsch, directeur de l’Observatoire de Neuchâtel, membres de la Commission internationale du mètre, assistent à la séance.
- Gauchissement des poutres de pont. — M. Maurice Lévy communique une Étude de M. Bérard, ingénieur en chef des poudres et salpêtres, sur la stabilité des grandes charpentes et sur la déformation des pièces composées. L’auteur insiste surtout sur le gauchissement des poutres métalliques dont jusqu’ici on n’a pas tenu compte dans
- les calculs de pont. Cette lacune a conduit à des méprises regrettables. Les résistances ont pu être établies avec un grand coefficient de sécurité et cependant quelques constructions se sont rompues. Lorsque les poutres en tôle sont d’une hauteur considérable, elles peuvent fléchir, se gondoler et déterminer un équilibre instable. C’est pour cette raison que s’est écroulé le pont de Münchenhausen en Suisse au passage d’un train. Telle est encore la cause de la catastrophe toute récente en France du pont de Tarn, sur le chemin de fer du Midi. Le pont avait une stabilité parfaitement calculée, mais on n’avait pas prévu le gauchissement des poutres. Sous le poids de la locomotive d’essai, les poutres ont gauchi et le pont est tombé dans la rivière. M. Bérard montre l’importance du problème pour l’établissement des ponts ; il indique les calculs à faire pour assurer l’équilibre stable de la construction. Il est clair qu’il faudra multiplier les entre-tuises pour maintenir la stabilité des poutres. La question étant bien posée désormais peut être considérée comme résolue. Le mémoire de M. Bérard est renvoyé à une Commission composée de MM. Sarrau, Léaulé et M. Lévy.
- La sciure de bois dans la farine. — M. Troost transmet, au nom de M. Le Roy, expert dans le procès récent relatif à l’adultération des farines, un procédé simple pour révéler la présence de la sciure de bois dans la farine. On traite le mélange par la phileuroglycinc acidifiée par un peu d’acide phosphorique. Tout ce qui n’est pas farine prend une belle coloration rouge.
- Les mouvements de la Sensitive. — M. Gaston Bonnier a entrepris depuis deux ans des recherches sur les mouvements des feuilles de Sensitive. 11 a immergé dans l’eau des graines qui ont germé et donné la plante. Or les mouvements de la Sensitive immergée diffèrent des mouvements de la Sensitive normale poussant en pleia air. M. Bonnier, en étudiant l’anatomie des renflements moteurs qui sont à la base des feuilles, a trouvé que c’est à leur structure spéciale, quand la plante a poussé dans l’eau, qu'il faut attribuer les différences observées. Ce sont les tissus fibreux et vasculaires qui jouent le rôle principal dans tous les mouvements de la Sensitive et dans la transmission de ces mouvements d’une feuille à l’autre.
- Maladies des vins. — M. d’A) sonval présente une Note de MM. T. Bordas, Joulin et de Ilaczkowski sur les micro-organismes des vins tournés. Les auteurs ont pu en étudier deux. Un premier qu’ils désignent sous le nom de bacillus roseus vini se développe en voile rosé ; il est sans action sur le tartre, n’acidifie pas le vin et agit seulement sur la glycérine à la façon du bacille du sôr-bose et produit de même de la dioyacétone. Le second bacille au contraire augmente l’acidité et détruit le tartre. C’est pourquoi MM. Bordas, Joulin et de Raczkowski concluent que contrairement à ce qui était admis ;usqu’alors, la maladie de la « tourne )) n’est pas provoquée par le développement d’un bacille unique, mais bien par plusieurs micro-organismes dont la symbiose concourt à produire les altérations constatées dans le vin.
- Varia. — M. Becquerel signale quelques faits nouveaux sur les raies obtenues quand on soumet un rayon lumineux à Faction du magnétisme (expériences de Jeunam). — M. Mascart présente une Note de M. Poincaré sur Fonde luni-solaire. — M. Lippmann communique une Note de Mme Curie sur les rayons émis par l’uranium, l’oxyde de thorium et différents minéraux, etc.
- Ch. DE VlLLEDEUIL.
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- LA N AT l li K.
- NOUVEAU CULOT DE LAMPE
- a i.xcamdesgkmi e
- Depuis l'époque déjà lointaine où Edison nous apporta eu France le premier modèle de lampe à incandescence, cet appareil a déjà subi un grand nombre de perfectionnements et d’améliorations de toute sorte. En 1881, une lampe à incandescence se vendait 125 francs; on les comptait. Le prix a été rapidement en baissant et en 1884, il n’était que de 7tr,50. M. Chrétien, inspecteur de l’éclairage électrique, a bien voulu nous communiquer les prix divers des lampes de 10 bougies utilisées pour l'éclairage électrique de l’Hôtel de Ville de Paris : nous les réunissons dans le petit tableau ci-dessous 1 (jue nous donnons en note.
- Ces différentes variations nous montrent que la fabrication s'est améliorée peu à peu, qu’il a été possible de fabriquer en un même temps un plus grand nombre de lampes à incandescence; que les aléas de la fabrication ont notablement diminué et que la lampe a incandescence est devenue réellement un objet de consommation pratique. L’expérience a prouvé qu’il était plus économique d'avoir recours à des lampes de faible consommation spécifique et de les remplacer plus souvent. Nous voulons, bien entendu, ne parler que des lampes de bonne fabrication, sans excuser les mauvais produits de toute sorte qui inondent par moment le marché. Après le fdament, une des parties les plus importantes d’une lampe est le culot ou petit dispositif permettant la jonction des (ils à la canalisation. 11 ne reste en présence que deux systèmes de culot de lampe, la vis Edison et la baïonnette Svvan. Jusqu’ici dans les culots à baïonnette l’espace resté libre après la mise en place de l’ampoule était garni de plâtre fin. Celui-ci présentait de grands inconvénients; il gonflait, se desséchait et finissait par se briser. On a cherché peu à peu à diminuer la quantité de plâtre,
- 1 Prix divers des lampes de 10 bougies.
- 1884 7,r,50 1880 ’ 4,r » et 5f,',50 1804 -1",10
- 1885 0lr » et 5,rà la lin 1800 2tr,80 1805 l,r,10
- 1880 5,r » 1801 ‘2,r,40 1800 0",90
- 1887 5,r » 1892 1",85 1897 0'r,75
- 1888 5,r » . 1895 4 ",25 1898 0",70
- et on a même imaginé divers culots à scellements métalliques.
- Nous signalerons les nouvelles dispositions adoptées par M. I ,arnaude, ingénieur constructeur, qui a installé en 1897 une fabrique de lampes à incandescence à Issy-les-Moulineaux. Comme le montre le n° 2 de la figure ci jointe, l’ampoule de cristal renferme la spirale de charbon soudée à ses deux extrémités à deux filaments verticaux, qui sont eux-mêmes réunis, à la sortie de l’ampoule, à deux petits filaments de platine extérieurs que nous allons retrouver. La tête de la lampe porte sur le coté deux encoches diamétralement opposées ayant la forme d’équerre. Cette tête a exactement le même diamètre intérieur que le culot (n° 5). Ce culot est muni à la partie supérieure, sur le côté, de deux petits tétons que nous montre nettement la coupe intérieure. Ce sont ces tétons qui pénètrent dans les encoches dont
- il a été question, et qui maintiennent la lampe. Lorsque la lampe a été rentrée dans le culot, et les tétons placés dans les encoches, une ouverture spéciale se trouve en face d’une rainure, on y coule une goutte de soudure et le culot est définitivement fixé sur la lampe. Les deux filaments viennent passer à travers deux trous percés dans un petit disque en ardoise (n° 5) et sont soudés sur deux plaquettes de cuivre servant à établir le contact.
- Ce nouveau dispositif, que nous avons cru utile de signaler à nos lecteurs, a l’avantage de donner à la lampe un culot plus solide qui peut être utilisé de nouveau lorsqu’une lampe a fini son temps.
- On a ainsi supprimé l’emploi du plâtre qui présente les inconvénients indiqués plus haut et on a rendu la fabrication entièrement mécanique; c’est ce qui a permis d’abaisser légèrement encore un prix de vente déjà bien affaibli, ou tout au moins d’assurer la reprise certaine par le fabricant d’une partie importante, le culot. On compte encore de ce chef une économie de 5 à 7 centimes par lampe. C’est donc un nouveau progrès à enregistrer.
- J. LaffARGUE.
- Le Gérant : I*. Masson.
- Nouvelle lampe à incandescence; 1, Lampe montée; 2, Délai! de l'ampoule; 5, Culot.
- Paris. — Imprimerie Lahuke, rue de Flcurus, 9.
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- fi AVRIL 18 II H.
- ROULOTTES AUTOMOBILES
- Ils sont peut-être plus nombreux qu’on ne le pense ceux qui rêvent parfois de voyager en empor-
- tant, comme l’escargot, leur chez-soi’avec eux et qui envient le sort du saltimbanque nomade arrêtant
- Fig. 1. — Roulotte à vapeur Seotte.
- sa roulotte au coin de la roule qui lui plaît. Malheureusement pour ces voyageurs désireux d'indépendance, la lenteur mérovingienne d’un tel mode de voyage s’accommode mal de notre vie moderne, car la traction animale n’est possible qu’à la condition d’une vitesse très faible et d’un poids mort, c’est-à-dire d’un confortable, assez réduits. Le développement de la traction automobile permet dès maintenant de réaliser les deux facteurs impossibles jusqu’ici : la vitesse et le confortable et c’est ce qui a amené les constructeurs à étudier quelques spécimens de roulottes automobiles dont nous désirons dire ici quelques mots.
- Au salon du cycle de 1896 on remarquait une grande diligence (fig. 2) avec laquelle un richissime sports-man se proposait de parcourir la Russie méridionale. C’était une grande voiture à deux compartiments, dans laquelle on accédait par 26“ aaaée. — 1°‘ semestre.
- l’arrière; elle était traînée par un avant-train moteur à vapeur de Dion-Boulon d’une puissance de
- 55 chevaux - vapeur permettant une marche moyenne de 14km à l’heure avec un prix de revient d’environ 0fr,25 par kilomètre.
- Ce même système a été adopté pour la grande roulotte dont M. Jeantaud, le grand carossier de l’automobile, a achevé il y a quelque temps la construction (fig. 5 et 4). Cette voiture a 8 mètres de longueur, soit llm,20 avec le tracteur, sa hauteur au-dessus du sol atteint 4 mètres et la largeur de caisse es de 2"', 50. Son poids est d’environ 4000 kg. sans le tracteur; l’essieu d’arrière porte les deux tiers de ce poids. Le véhicule avec son tracteur pèse environ 7 tonnes 1/2.
- On voit sur le plan et la coupe donnés dans l’article que la roulotte est divisée en trois compartiments principaux :
- Fig. ô. — Roulotte Jeantaud. Coupe longitudinale. — A, A, armoires à linge et à vaisselle; D, divans-lits; E, marchepied plié; F, fourneau; R, réservoir à eau; S, sièges d'impériale; Z, Z', lits du personnel.
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- 1° A l’arrière la cuisine avec deux couchettes mobiles pour le personnel, une trappe dans le plancher donne accès aux compartiments réservés pour le charbon et les vins.
- 2° Un cabinet de toilette, salle de bain,water-closets.
- 5° A l’avant, un grand salon, salle à manger avec porte extérieure sur le côté, l’une des parois est occupée par deux divans qui servent de lits comme cela se pratique sur certains bateaux; cette pièce a 4m,50 sur 2m,25 ; la nuit elle se transforme, au moyen de cloisons mobiles, en deux chambres à coucher desservies par un couloir latéral.
- Sur le toit de la voiture sont ménagées trois banquettes qui permettent aux voyageurs d’admirer la nature; derrière les banquettes un espace est réservé pour les bagages. A l’arrière se trouvent deux réservoirs alimentant la cuisine et la salle de bains d’eau froide et chaude, celle-ci est produite par un thermo-siphon qui passe dans le fourneau de cuisine. En dessous de la caisse sont les soutes à combustible et des cadres destinés à recevoir divers accessoires.
- La construction de cette voiture a été spécialement étudiée et son aménagement intérieur en chêne et acajou vernis est des plus élégants. Ce véhicule n’attend plus, paraît-il , que les beaux jours pour effectuer sa première sortie.
- Un autre système de Roulotte automobile est également en projet de construction ; il a été étudié par la Société des voitures à vapeur Scotte, c’est à proprement parler un train puisqu’il se compose de deux voitures analogues comme aspect et dimensions aux véhicules-omnibus construits par cette Société (flg. 1 ).
- Comme l’indique le plan ci-dessus (fig. 5), dans la première voiture est disposée la partie mécanique (chaudière, machines et leurs accessoires) ; communiquant avec la plate-forme d’avant, une petite cabine à deux cadres superposés est réservée aux conducteurs, le réservoir d’eau d’alimentation est ménagé sous la couchette inférieure.
- Dans la partie arrière de cette première voiture et
- sans communication avec l’avant se trouve la cuisine chauffée par la vapeur de la chaudière. La salle à manger est formée par les plates-formes des deux véhicules, convenablement articulées; elle ne sert que lorsqu’il fait beau, des rideaux garantissent du soleil et du vent ; la table pliante et les sièges également pliants sont logés ordinairement sur l’un des côtés de la plate-forme.
- La seconde voiture se compose d’un salon d’environ 4m sur 2m servant de salle à manger lorsqu’il
- pleut et qui se transforme pour la nuit au moyen d’une cloison mobile en deux chambres à coucher contenant deux canapés-lits et un troisième lit pliant. Tout à fait à l’arrière du train de chaque côté d’une porte d’accès sont disposés un cabinet de toilette avec tub, un W.-C., ainsi que des armoires. Ces deux voitures sont aérées au moyen d’un lanterneau vitré, l’intérieur tapissé en Incrusta-Walton a l’aspect des wagons sleeping-cars ; en dessous de la caisse sont suspendus des cadres portant les bagages, les provisions et les objets divers.
- La longueur de chaque véhicule étant de 6 mètres
- le train tout entier a 15 mètres de longueur, la largeur de la caisse e9l de 2 mètres et sa hauteur totale de 5'r,,55. Le poids de la première voiture avec le mécanisme, l’aménagement et l’approvisionnement en eau et combustible est de 5 tonnes et demie; le second véhicule pèse 2 tonnes et demie en ordre de marche, soit un total de 8000 kilogrammes ; la vitesse moyenne prévue est de 14 à 16 kilomètres à l’heure.
- Quant aux prix de tels véhicules, ils varient de 25 à 40 000 francs selon le luxe de l’aménagement. C’est peut-être là une des raisons qui empêchera d’en vulgariser l’adoption, car peu de personnes sont disposées à acheter à ce prix le moyen d’économiser les frais d’hôtel et de chemin de fer!
- Quoi qu’il en soit la maison à vapeur de Jules Verne est devenue une réalité, aussi avons-nous tenu à signaler les premières roulottes automobiles qui
- PLAN AU * DESSUS DU CHASSIS.
- ( _ KK Armoires. S Sièges .
- B Baignoire, T Toilettes.
- Salle de bai nsi
- E*Ma.sc.
- Fig. i. — Iloulolte Jeantaud avec tracteur à vapeur de 50 chevaux. Elévation, Plan et Vue d’arrière.
- avant arrière
- fjpj 0 —i— -Il P l| y 1— \lT~ ""LU ^3
- M I A T B ° WËÊ o c c . lF
- \ U t w a. Jl jo[ ÏJ N P w.c/ p 7oi
- Fig. 5. — Plan de la roulotte à vapeur Scotte. — A, cabine des mécaniciens; P, placards; L, C, couchettes; B, cuisine; F, fourneau; T, tables; E, évier; C, chambres à coucher; L, canapés-lits ; 11, cabinet de toilette; D, plates-formes et passerelle mobile; W.-C., water-closet; M, appareils moteurs; N, armoire-lit; O, D, emplacement de salle à manger; R, réservoir à coke.
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- constituent une intéressante application du problème de la traction mécanique. Lucien Périsse.
- Ingénieur îles Arts et Manufactures.
- L’ANNEAU SOMBRE DE SATURNE1
- Le révérend Foulkes communique à The Journal of the British astronomical Association, le résultat des observations qu’il a faites à Malte de la planète Saturne, l’une des plus intéressantes du système solaire.
- Cet astre a été régulièrement observé toutes les fois que le beau temps l’a permis, depuis le mois d’avril jusqu’en septembre 1897. Pendant une douzaine de nuits, l’air a été d’une pureté absolue et les observations ont eu toute la précision et la netteté possibles.
- M. Foulkes s’est occupé tout particulièrement de l’anneau sombre de Saturne, qu’il a observé une centaine de fois avec un télescope de 0m,28 d’ouver-
- L'anneau sombre de Saturne.
- turc. Voici les principales conclusions qu’il tire de cette série d’observations.
- « L’anneau sombre est aujourd’hui beaucoup plus visible et plus brillant qu’il ne l’a été depuis vingt-cinq ans; ce fait très remarquable avait déjà été signalé par plusieurs observateurs de Saturne.
- « 11 semble moins facile aujourd’hui de voir la planète briller à travers l’anneau sombre que pendant les dernières années; cet anneau est donc beaucoup moins transparent. Son opacité paraît indiquer qu’il n’est plus de nature aussi vaporeuse, mais formé en partie de matières solides.
- « D’après les observations faites à la lunette sans
- 1 Voici les résultats des mesures faites par M. Léo Brenner, astronome à l'observatoire Manora, à Lussinpicolo (Istrie) :
- Anneau A. • Bord extérieur. . Bord intérieur. . . 40",64 . 55" ,57
- Anneau B. . . i Bord extérieur. . 1 Bord intérieur. . . . 54", 15 . . 20",‘24
- Anneau C ou , Bord extérieur. . . . 25", 16
- anneau sombre. 1 Bord intérieur. . . . 20",71
- Diamètre équatorial de la planète : 17",97.
- Un remarquera que le bord extérieur de l’anneau C correspond à la division découverte par 51“6 Manora.
- le secours d’un micromètre, l’anneau semble beaucoup plus étendu.
- « L’anneau sombre ne paraît pas se fondre aussi bien dans le second anneau plus brillant que pendant les années précédentes : on voit un espace noir nettement défini. »
- En résumé, des changements importants se sont produits dans l’anneau sombre de Saturne, pendant le temps relativement court de vingt-cinq ans. Cette bande, jusqu’ici obscure, deviendra peut-être brillante dans un temps assez prochain. L. Barré.
- Astronome à l’Observatoire national de Paris.
- LES NOUVELLES GALERIES DU MUSÉUM1
- ii
- II. — Galerie de paléontologie.
- Par quelles vicissitudes la Paléontologie n'a-t-elle pas passé au Muséum ! On lui refusa son autonomie jusqu’en 1855, époque à laquelle on voulut bien accorder à son premier directeur, Alcide d’Orbigny, une petite salle de quelques mètres carrés, puis nous la voyons s’agrandir un peu avec d’Archiac et Lartet à mesure que la chimie et la zoologie lui abandonnent généreusement leurs vieilles bâtisses. M. Albert Gaudry obtient enfin en 1879 de faire construire le petit pavillon vitré de la cour de la baleine. C’était un grand progrès, puisque à partir de ce moment la Paléontologie a eu droit de cité, vis-à-vis du public. Aujourd’hui, grâce à l’incessante intervention de M. Gaudry, grâce à sa direction si autorisée, au zèle infatigable de son savant assistant M. Boule et de ses autres collaborateurs, la galerie de Paléontologie pourra rivaliser comme richesses et comme organisation avec celles de Vienne, de Berlin, de Bruxelles et même soutenir la comparaison avec le British Muséum. Mais elle sera supérieure a toutes les autres, car elle renferme la plus belle collection de Mammifères qui existe au monde et on y trouve, en outre, les types variés d’animaux, de tous les pays et de tous les âges.
- Le besoin d’une semblable galerie se faisait tellement sentir, que dès son ouverture elle est à peine suffisante — et cependant elle mesure 80 mètres de long — pour contenir toutes les richesses qui y sont accumulées. Sans vouloir diminuer en quoi que ce soit le très grand mérite des autres galeries, on peut dire que la galerie de Paléontologie sera celle qui surprendra le plus le public et même les savants, car elle sera la plus nouvelle.
- Ce qui frappe quand on entre dans cette grande salle qui renferme des milliers de témoins de la vie d’autrefois, c’est son air de grandeur. Des séries de meubles à tiroirs, surmontés de vitrines, s’alignent en son milieu, tandis que des armoires en fer, mais aux portes, aux parois et aux rayons de verre comme
- 1 Voy. n° 1297, du 9 avril 1898, p. 295.
- Anneau intérieur ooscur. U. [ f
- Anneau moyen, p [ Anneau extérieur,'
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- celle des autres services, forment une rangée conti- 11 laisse voir tous les détails d’un objet sans qu’on nue sur le pourtour. On a usé du verre à profusion. soit obligé de déplacer celui-ci et il offre un cachet
- Fig. 1. — Vue d’unt' exlmnitn de la galerie de Paléontologie. On aperçoit à droite h'Mégathérium, à gauche le Glyptodon, au lnnd l’Éléphant de Durfort (4”,59 de hauteur) et le Cervus megaceros.
- qui n’est pas sans élégance. De grands échantillons montés sur pivots mobiles s’échelonnent au-dessus des armoires.
- Les grands vertébrés lont face à l’entrée et ce que l’on aperçoit d’abord c’est la large gueule du Pareiasaurus arqué sur ses pattes. Ce curieux Reptile qui possédait un œil au sommet de la tcte et dont le palais était couvert de dents, comme celui des Poissons, a été trouvé dans des couches très anciennes du sud de l’Afrique.
- A gauche on remarque un Ichthyosaure avec un fœtus, à droite, un Téléosaure admirable de conservation. Plus loin on voit des fémurs de Rinosauriens provenant d’Amérique et de Madagascar qui dénotent des animaux ayant de 12 à 15 mètres de long, tandis que les Mosasaures, ou Serpents de mer, qui vivaient dans les mers de l’Europe et dont il existe de remarquables spécimens dans la galerie, atteignaient une taille de 1U mètres.
- En continuant à s’avancer vers le fond de la salle on rencontre un squelette complet de Rhinocéros, trouvé aux environs de Gannat, puis un superbe Mastodon angustidens, avec ses quatre défenses, provenant de Sansan (Gers). Dans les temps géologiques, vivaient en Grèce de nombreux troupeaux de Rumi nants, de Cerfs, de Girafes, de Rhinocéros et d'Ilipparion. Ce dernier animal, avec ses trois doigts à chaque patte, est l’ancêtre des chevaux. On a groupé cet ensemble de fossiles au milieu de la galerie. Plus en arrière, le Mégathérium, ce curieux Edenté de l’Amérique du Sud, s’appuie sur un arbre brisé par la foudre. 11 est flanqué du bizarre Glyptodon, autre Édenté, dont l’énorme carapace fait penser aux Tortues. Vers le fond de la salle et la dominant de toute sa hauteur se dresse le majestueux Eléphant de Durfort trouvé dans le Gard et qui atteignait une hauteur de im,50. Il faut
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- signaler aussi le Dinothérium, ce Proboscidien dont qui possédait une ramure de 5 mètres et demi de la taille dépassait 5 mètres, le Cervus megaceros, large; le Dinoceras, si étrangement cornu, avec ses
- Fig. 5. — Vue de la galerie de Paléontologie prise en entrant : au premier plan on
- arqué sur ses pattes.
- ipereoit le Pttreiasaunis, la gueule ouverte.
- Fig. 1. — Vue d'ensemble des deux galeries (l'Anthropologie (balcon) et de Paléontologie ; le long des murs on voit les armoires vitrées, au milieu (le la salle les grands Vertébrés et les meubles à tiroirs renfermant les Invertébrés.
- canines en forme de poignard, les Din< rnis, ces ayant jusqu à 5 mètres et demi de haut, etc., etc. oiseaux géants, sans ailes, de la Nouvelle-Zélande, Voilà ce qu’on aperçoit au premier coup d’œil.
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- Mais les plus grands animaux ne sont pas les seuls curieux. Il en est des milliers qui ont jadis peuplé les mers et les continents, et dont l’étude est des plus intéressantes. On les a disposés dans l’ordre suivant lequel ils sont apparus sur la terre. Les premiers que l’on rencontre, en pénétrant dans la galerie, sont les plus anciens que l’on connaisse, puis, à mesure que l’on marche vers l’autre extrémité, on passe en revue des êtres de plus en plus récents, de sorte que l’on arrive à des espèces qui, comme l’hyène, l’ours et le Itinornis, dont je parlais tout à l’heure, ont été contemporaines de l’homme. Cette revue terminée, on peut se dire que l’on a vécu, en quelques instants, plusieurs centaines de millions d’années : c’est l’âge très approximatif des plus anciennes créatures dont on possède les restes.
- Pour la commodité de l’étude, les temps géologiques ont été divisés en quatre ères : primaire, secondaire, tertiaire et quaternaire ; chaque ère a été subdivisée à son tour en plusieurs autres, et dans chacune de ces nouvelles subdivisions, au nombre de 14, les animaux ont été classés suivant l’ordre zoologique. Chaque période embrasse ainsi un espace de temps assez long et l’on peut suivre facilement l’évolution des différents groupes d’êtres qui vivaient à ces époques successives.
- Les meubles du milieu de la galerie, à toit vitré, renferment les principaux types d’invertébrés, tandis que les Vertébrés sont rangés dans les armoires verticales. — Tous les échantillons ont été revus avec soin, on les a nettoyés, brossés, pour faciliter leur étude et on les a montés. C’est là que d’importantes innovations ont été faites. On a fait construire des supports en cuivre se terminant par des fils flexibles qu’on a enroulés de mille façons autour des échantillons; ces derniers sont ainsi maintenus en l’air, dans toutes les positions et aucune de leurs parties essentielles n’est cachée par les fils ténus qui les enserrent. Le support est fixé sur un carton à l’aide d’une vis et le carton a été, à son tour, utilisé pour recevoir le nom du genre et de l’espèce qu’il supporte, ainsi que le terrain et la localité où il a été recueilli.
- Le même principe a été appliqué pour le montage des grandes pièces. On s’est efforcé le plus possible de cacher et de réduire à sa plus simple expression la charpente qui soutenait le squelette. C’est ainsi qu’on aperçoit à peine la monture en fer qui maintient l’Hipparion. On a enlevé l’échafaudage qui enlaidissait cette belle pièce, et on l’a remplacé par une seule tige qui est appliquée étroitement contre la colonne vertébrale et les pattes, de sorte que l’œil ne voit plus que l’animal lui-même et n’est plus désagréablement impressionné par une charpente compliquée de tiges de fer.
- Tous ces détails qui peuvent paraître oiseux ont cependant une grande importance dans l’installation d’une galerie, car c’est grâce à ces habiles dispositions que l’on voit le plus de choses possibles dans
- les meilleures conditions possibles ; l’ensemble offrant ainsi une belle harmonie, l’accès de la science est rendu plus facile et, disons-le aussi, plus attrayant.
- Il faut donc savoir gré aux organisateurs de la galerie de Paléontologie d’avoir mis en lumière, avec autant de goût que de savoir, les restes des êtres qui ont peuplé la terre aux divers âges du monde. Le visiteur qui aura parcouru en détail cette galerie emportera la notion de ce qu’était la vie dans les temps géologiques et il aura un aperçu de la prodigieuse évolution des êtres qui se sont succédé à sa surface.
- 111. — Galerie d'anatomie comparée.
- Après avoir étudié les fossiles et acquis une idée de l’évolution de la vie animale dans la longue suite des temps passés, la galerie d’anatomie comparée va nous fournir la solution d’un nouveau problème, celui de l’organisation des Vertébrés qui vivent actuellement.
- La chaire de l’Anatomie comparée se réclame de noms illustres : Cuvier, de Blainville, Serres, Gervais et Pouchet. Le titulaire actuel, M. Filhol, est un savant aussi aimable que distingué. Aidé de son assistant M. Gervais, il a introduit d’importantes modifications dans la disposition de sa galerie en s’inspirant, en partie, de celle qui a été adoptée au célèbre musée du collège des Chirurgiens de Londres. Mais par certains côtés les Anglais pourraient à leur tour nous imiter.
- Au milieu de la galerie on a placé un ensemble de squelettes appartenant à tous les types de Vertébrés. Dans des cages vitrées on peut étudier les modifications de ce squelette dans les diverses classes de Vertébrés et observer ses adaptations aux différents milieux.
- Longeons maintenant les côtés contre lesquels on a disposé des armoires vitrées semblables à celles des autres salles. La moitié gauche de cette rangée d’armoires renferme les parties dures, l’autre moitié les parties molles du corps. En premier lieu se présentent les 5 types de l’embranchement des Vertébrés, un mammifère, un oiseau, un reptile, un batracien, un poisson ; puis nous voyons le développement de ce squelette, chez l’homme, depuis le moment où il n’a que 15 centimètres et où les bras, comme chez les singes, vont jusqu’au-dessous du genou, jusqu’au moment où le squelette est complètement développé. Les types les plus intéressants de chaque classe de Vertébrés sont passés ensuite en revue. On les voit dans toutes les positions, de face, de profil, en section longitudinale et transversale; avec leurs éléments osseux, en connexion et séparés, de sorte qu’une rapide inspection permet de se rendre compte de l’organisation d’un organe ou d’un individu et des différences que cet organe ou cet individu présentent dans les autres groupes de Vertébrés. Ce sont là des dispositions admirablement comprises, et qui seront fort goûtées du public et des savants. Elles témoignent
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- de l’ingéniosité et de l’originalité du directeur de la galerie.
- Le même ordre et la même disposition ont été suivis pour les organes mous : on apprend à connaître les variations des diverses parties de l’appareil digestif dans la série animale : les dents, la bouche, le tube digestif, etc.; puis de l'appareil circulatoire : le cœur et les vaisseaux. On arrive ensuite aux admirables préparations de Sappey, relatives à l’appareil lymphatique. On est vivement intéressé par la vue des injections mercurielles de ces vaisseaux, qui rampent sur la paroi intestinale où ils viennent puiser le liquide nourricier résultant de la digestion, liquide qu’ils apportent ensuite à l’organe central d’où il est renvoyé à toutes les parties du corps. Puis vient la série des préparations ayant trait à l’appareil respiratoire, au rein, au système nerveux et à l’appareil génital. Les diverses phases du développement fœtal, les rapports du fœtus avec la mère, la façon dont la nutrition du premier se fait aux dépens du second, peuvent être suivis, avec détails, sur des préparations très suggestives.
- On arrive enfin aux vitrines renfermant les monstruosités étudiées jadis'par Geoffroy Saint-Hilaire. Ces. cas tératologiques, qui sont si intéressants au point de vue scientifique, exciteront vivement la curiosité du public, et l’on entendra plus d’un cri d’horreur en face de ces enfants cyclopes, hydrocéphales, au museau de porc, au ventre ballonné, aux fesses énormes, etc., et l’on pensera aussi involontairement aux frères siamois en voyant les fœtus soudés par le ventre, la tête ou même par la tête et le ventre.
- Ainsi, après avoir admiré la belle harmonie qui existe dans la disposition des organes de l’homme et des animaux, on terminera par les monstruosités qu’ils présentent parfois et l’on sera singulièrement frappé du fait, qu’il faut peu de chose pour faire de nous un monstre ou un être parfait, et, après tout ce que nous aurons appris, nous serons obligés d'avouer que nous ne savons encore presque rien de ces lois, mystérieuses, — aujourd’hui —, mais qui ne le seront peut-être pas demain, — qui semblent régler notre destinée.
- Un homme qui réfléchit tirera cependant un grand profit de sa visite aux nouvelles galeries du Muséum. S'il ne peut encore tout expliquer, il aura une idée des mondes passés qui ont peuplé successivement la terrent de l’évolution prodigieuse à laquelle sont soumis tous les êtres; il saura que le monde actuel, toujours en progrès, ne représente qu’une phase, n’est que le résultat temporaire de cette évolution et que l’homme lui-même, après être apparu nu sur la terre et n’avoir eu pour outils et pour armes que des pierres taillées, mais pour cuirasse son génie, a pu soumettre non seulement tous les autres êtres et cultiver les plantes, mais aussi asservir les forces de la nature : l’air, l’eau et le feu.
- Pu. Glangeaud.
- Docteur ès sciences.
- L’INSTABILITÉ DES MAIRES AMÉRICAINS
- Bien que les nations européennes, suivies en cela par les Etats-Unis et le Japon (et même maintenant par d’autres nations qui, jusqu’ici, ne suivaient pas ce mouvement), consacrent chaque année un énorme budget à renouveler leur matériel naval, il s’en faut qu’on soit encore sûr d’avoir trouvé le meilleur type de bâtiment de guerre ; et cela par suite de la circonstance heureuse qui fait qu’aucune guerre maritime n’est survenue depuis longues années. Cependant il ne manque point d’ingénieurs pour douter quelque peu de l’efficacité de ces formidables citadelles flottantes, alourdies outre mesure par les prodigieux cuirassements qu’elles portent, et il s’est produit, ces temps derniers, un mouvement en faveur des croiseurs, moins puissamment protégés sans doute, mais disposant d’une grande vitesse pour harceler ou fuir au besoin les mastodontes presque immobilisés par leur poids. Quelques savants techniciens cherchent même une solution intermédiaire, le croiseur cuirassé, tenant à la fois lieu du croiseur et du cuirassé.
- Ce qu’on reproche surtout, et avec raison, aux cuirassés modernes, c’est leur peu de stabilité résultant de leur construction. D’une part, ils ont pour ainsi dire toujours l’avant et l’arrière assez bas, afin que le tir des grosses pièces garde le champ libre; de plus, les formes de ces extrémités sont rentrantes. Si bien que, si Ton fait tête à la mer, ou si Ton fuit devant le temps, l’effet est le même, la lame monte facilement à l’assaut du navire, cause un tangage de plus en plus accentué, en formant une composante verticale de haut en bas. En second lieu nous n’avons pas besoin de dire que ces mêmes bateaux sont trop surchargés dans les hauts, on en a eu des preuves dans plusieurs bâtiments français où Ton a dû, en conséquence, supprimer tout ce qu’on a pu des superstructures. Naturellement, avec ce centre de gravité ainsi surélevé, sous l’action des paquets de mer, l’inclinaison tend à augmenter de plus en plus, et le bras de levier de redressement est exposé à devenir nul, puis négatif. Ajoutons que même quand cette dernière et terrible alternative ne se produit pas, et qu’il n’en advient pas comme il en est advenu sans doute du cuirassé espagnol Reina- Regente, les grosses pièces, par ces coups de roulis ou de tangage, n’ont plus aucune précision dans le tir, et d’autant qu’elles sont très surélevées au-dessus de l’eau.
- Nous avons rappelé l’exemple de cuirassés français et d’un navire espagnol ; de même nous pourrions citer encore celui du bâtiment anglais Resolution, dont il a été parlé ici en son temps : ce puissant cuirassé roulait de 40° sur chaque bord en pleine tempête du golfe de Biscaye, et ne pouvait pour ainsi dire plus gouverner. Voici un dernier exemple tout récent et plus caractéristique, qui vient de se produire dans la flotte toute nouvelle des Etats-Unis, où Ton a imité les errements des autres nations.
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- LA NATURE
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- Il y a quelque temps YIndiana, en se rendant de ifampton Roads à New-York, fut saisie par un coup de vent terrible qui régna sur tout l'Atlantique, et bientôt elle se mit à rouler de plus de 50° sur ehaque bord. On comprend quel ébranlement formidable devait causer celte énorme masse de métal oscillant de telle façon, si bien que tout à coup se brisèrent les verrous qui maintenaient les tourelles immobiles sur leur table de roulement. Il s’agissait des 4 tourelles des canons de 8 pouces. A ehaque coup de roulis les canons tournaient sur bâbord ou sur tribord avec une violence terrible, en menaçant de tout briser. Heureusement encore était-ce pendant le jour, vers 2 heures de l’après-midi, et l'équipage se mit courageusement à la besogne sous les ordres du capitaine Evans. Au milieu des plus grands dangers, de coups de mer répétés, on réussit à im-
- mobiliser les deux tourelles d'avant, en reliant leurs canons les uns aux autres et en les rattachant à des bittes par de forts cordages. Mais, vers deux heures du matin, l’état de la mer empirant encore, et au milieu d'une obscurité absolue, ces tourelles d’avant brisèrent leurs amarrages, qui étaient pourtant formés par des câbles de 12 centimètres. Pour comble Me malheur, il arriva aux gros canons de 15 pouces de l’avant le même accident qu'aux tourelles plus petites : ces pièces énormes se prirent à osciller d'un bord à l’autre en fauchant toute la largeur du pont, et le péril était imminent. En môme temps qu’on tixait de nouveau les tourelles d’avant des pièces de 8 pouces, il fallait amarrer — et solidement on le pense — les groscanons, que l’on aperçoit sur la figure. On avait commencé par employer un grelin de 12 centimètres, mais il cassa comme un fil de coton,
- La consolidation d'une tourelle à bord de YIndiana.
- et on dut recourir à des câbles de 20 centimètres, qu’on avait naturellement toutes les peines du monde à tourner, eu égard à leur grosseur. Notre gravure, faite d’après une photographie prise abord le lendemain, montre la façon dont l’amarrage avait été exécuté, chaque canon étant relié à de fortes bittes sur le bord opposé, bien que pendant toute l’opération le pont tut constamment sous l’eau.
- VIndiana put enfin rallier l’arsenal, où l’on s’empressa de mettre en place, pour fixer les tourelles, des verrous beaucoup plus solides, assez forts pour résister aux plus violentes secousses. Mais après une alerte comme celle qu’ont eue l’état-major et l'équipage de YIndiana pendant la nuit que nous venons de raconter, on ne doit guère avoir confiance quand on se sent sur ce cuirassé au milieu d’une tempête. Le fait est que tout récemment encore ce navire était parti en escadre sous les ordres de l’amiral Runee, et qu'il est revenu au {tort simplement parce qu’on
- craignait une nouvelle catastrophe, et que les officiers, par mesure de prudence, désiraient « qu’on inspectât et qu’on consolidât de nouveau les tourelles ».
- Les fonctionnaires de la marine américaine affirment que l’amplitude extrême des oscillations de YIndiana ne provient nullement de la hauteur des gros canons au-dessus de l’eau, hauteur qui atteint 8 mètres environ ; mais il est certain que, dès la publication des dessins de ce navire, bien des gens avaient prédit son instabilité. On va le doter de quilles latérales ou quilles de roulis, pour employer le nom caractéristique qu’on leur donne souvent : c’est ce qu’on a fait pour la Résolution, et l’opération a bien réussi. Malgré tout, on ne peut s’empêcher de ressentir une certaine inquiétude quand on voit la susceptibilité de ces énormes machines de guerre. Pierre de Mériel.
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- LA NATURE.
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- APPAREIL ENREGISTREUR DE LA FUMÉE DES POUDRES DE CHASSE
- L’usage des poudres dites sans fumée s’est généralisé, depuis plusieurs années, chez les différents
- voici les dispositions que nous avons adoptées :
- 1° Une cible spéciale est placée devant le tireur à la distance de 10 mètres, au point G (fig. 6).
- 2° A gauche, un écran noir d’une surface sul’fi-
- peuples de l’Europe, à cause des avantages nombreux qu’elles offrent, pour les armes de guerre surtout. Ces poudres déterminent des pressions qui ne sont pas excessives, et donnent aux projectiles des vitesses considérables qui rendent le tir plus rasant, en même temps qu’elles augmentent la portée.
- L’inconvénient qui résulte de la fumée est moindre assurément pour le tir de chasse et pourtant beaucoup de chasseurs ont abandonné la bonne poudre noire de nos pères, pour faire exclusivement usage des poudres pyroxylées que fournit l’État.
- Depuis longtemps il existait deux types de ces poudres ; la poudre J et la poudre S. Leur emploi a révélé des inconvénients sérieux qui ont soulevé, à juste titre, des réclamations que l’administration des poudres a écoutées et auxquelles elle a répondu par la mise en vente de deux nouveaux explosifs désignés sous les noms de poudre M et R.
- Nous n’entreprendrons pas d’énumérer ici les qualités balistiques de ces produits nouveaux ; nous ne rechercherons pas non plus quelles vitesses et par conséquent quelle pénétration ils donnent aux projectiles, ni quelles pressions ils déterminent dans les armes de chasse. Des journaux spéciaux ont déjà suffisamment traité toutes ces questions. Nous étudierons seulement les poudres de chasse françaises sous le rapport si intéressant et si moderne de la quantité de fumée qui résulte de leur combustion. Dans ce but nous avons construit un appareil spécial dont le déclenchement devait nécessairement être une fonction du coup de fusil lui-même, afin d’enregistrer automatiquement sur une plaque photographique impressionnée dans une fraction de seconde exactement mesurée et rigoureusement la même pour toutes les expériences, la somme de fumée développée par chacune des poudres à étudier. 11 fallait qu’il fut ainsi, pour obtenir des résultats comparables et d’une régularité parfaite. En conséquence, santé pour que la silhouette de toute la fumée produite, puisse s’y détacher ;
- 5° A droite, à 12 mètres de distance, l’appareil photographique A, mis au point et muni d’un
- Fig. 1. — Fumée dégagée avec la poudre noire.
- Fig. 2. — Fumée dégagée avec la poudre J.
- Fig. 3. — Essais avec lu nouvelle poudre M.
- Fig. 4. — Essais avec la poudre S
- Fig. 5. — Fumée dégagée avec la poudre R.
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- obturateur Thury et Amey de Genève, tenu armé par le passage d’un courant électrique, fourni par la batterie R.
- La cible spéciale est faite d’un madrier de sapin
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- Fig. 0. — A, appareil photographique; R, liallerie de piles I.eclan-elié; G, cible spéciale ; I), place du tireur; E, écran servant de fond ; F, F', fils conducteurs établissant le courant continu de la cible à l'appareil photographique.
- d’épaisseur convenable et sans nœuds, pour éviter le retour possible des plombs vers le tireur placé à très courte distance. Cette cible mesure 60 centimètres de côté. Au centre, se trouve pratiquée une ouverture ronde de 12 centimètres de diamètre, fermée par un disque en tôle d’acier noircie qui sert de but et porte à sa partie inférieure la charnière G. Cette charnière permet au disque de bas-
- Fig. 7. •— A. Grande cible en sapin; B. Disque en métal noirci; C. Charnière sur laquelle bascule le disque; I). Fil d’acier et tube de protection; P. Poids de 1 kilogramme retenu par le fil d’acier; P’. Batterie fournissant le courant; 0,0'. Lames de cuivre faisant contact.
- culer vivement en arrière, jusqu’à un angle de 90° dès qu’il est frappé par les plombs du centre de la charge (fig. 7).
- A ce point de son renversement qui limite aussi sa course, le disque vient buter sur un tube de fer épais destiné à préserver des plombs égarés, le fil qui supporte le poids servant à produire, par sa chute, l’interruption du courant que fournit une batterie de piles Leclanché à grands zincs. Ce tube de protection est nécessaire pour que le résultat ne
- puisse pas être faussé par un plomb perdu atteignant le fil d’acier au-dessous de la surface de la grande cible rectangulaire.
- Le poids destiné à interrompre en tombant le courant continu qui relie l’obturateur photographique à la batterie, se trouve attaché à un fil d’acier terminé par une boucle. Cette disposition permet de tenir ce poids accroché derrière le disque à un petit ergot faisant une saillie de 5 millimètres, dont il se dégage par glissement dès que le disque central, violemment projeté en arrière par le choc des projectiles, fait avec la verticale un angle de 30° environ (fig. 8).
- La chute du poids dégagé de l’ergot a lieu d’une hauteur de 12 centimètres, afin de déterminer le fonctionnement de l’obturateur exactement 1/4 de seconde après la détonation. Ce laps de temps, à peine appréciable, est nécessaire cependant pour permettre à la fumée de développer un volume suffisant que contient encore tout entier la surface de
- Fig. 8. — A. Grande cible vue de profil; B. Disque à l’angle 30°; C, C. Contacts rompant le courant; D. l’oids faisant basculer les contacts.
- l’écran, et pourtant déjà entièrement en dehors du canon de l’arme.
- Le poids qui opère le déclenchement tombe sur deux lames de cuivre articulées et coudées en sens inverse, afin d’obtenir un frottement dur qui les maintient accolées l’une à l’autre. Dans cette position, elles livrent passage au courant, jusqu’au moment où le contact se trouve instantanément rompu par la chute du poids que produit le choc des projectiles sur le disque central qu’ils renversent.
- Un électro-aimant fixé sur la partie droite de l’appareil photographique, exerce directement son attraction sur l’obturateur qui se trouve convenablement isolé de la chambre noire, par une feuille épaisse de gutta-percha.
- Ainsi que nous l’expliquons précédemment, dès que le coup de fusil détone, les plombs frappant le disque le projettent violemment en arrière. Le poids glisse alors de l’ergot et tombe, de la hauteur fixée par la commande, sur le contact qu’il rompt. Cela se produit dans la fraction de temps déterminée (1/4 de seconde) qui est invariablement la même pour chaque expérience. Ce réglage définitif au 1/4 de seconde ne put être obtenu que par des
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- tâtonnements successifs et à l’aide d’unchronographe bien réglé.
- Au début, dans la période d’essai de l’appareil, la chute du poids fut déterminée d’une hauteur de 50 centimètres. Les clichés qui en résultèrent et que je conserve, enregistrèrent des fumées vagues dont la majeure partie était déjà en dehors de l’écran. A 25 centimètres, l’écran contenait presque toute la fumée émise, mais cette fumée se montrait trop diffuse encore et manquait de précision dans ses contours. A 15 centimètres, le résultat fut sensiblement meilleur et la chute du poids réglée définitivement à 12 centimètres permit d’obtenir les épreuves reproduites ici.
- Pour toutes ces expériences, le rapport des charges a été calculé pour obtenir une vitesse initiale de 270 mètres à la seconde, vitesse moyenne qui paraît suffire au tir de chasse pour tuer net le gibier aux distances ordinaires.
- Nous n’insisterons pas sur l’examen des fumées que l’appareil a reproduites, le tableau comparatif montre assez clairement les différences, pour qu’il ne soit pas nécessaire de les expliquer.
- La poudre noire s’y retrouve avec sa fumée lourde et épaisse qui s’interpose comme un véritable écran entre le tireur et le but visé (fig. 1).
- La poudre J, dont le mode de combustion se rapproche de la précédente, donne des fumées sensiblement moins intenses, mais encore assez opaques pour gêner le tireur par une soirée humide d’automne (fig. 2).
- La nouvelle poudre M, qui se rapproche sous tous rapports de la poudre anglaise Schultze, émet des vapeurs légères et promptes à se dissiper (fig. 3). De plus, comme les résidus de sa combustion sont moins abondants et moins adhérents que ceux de la poudre S, elle doit lui être préférée sous ce rapport. En revanche la poudre S présente cette particularité : que de toutes nos poudres elle demeure celle qui fume le moins (fig. 4).
- 11 est inutile d’insister sur l’irrégularité de la combustion de la poudre R qui est telle, que l’appareil photographique a enregistré des grains qui s’enflamment, en dehors du canon de l’arme, semblables à de petits feux d’artifice au milieu du nuage produit par l’ensemble des fumées de‘la déflagration (fig. 5).
- C’est là, sans doute, la cause du manque de pénétration dont beaucoup de chasseurs se sont plaints, pendant la dernière saison.
- En demandant à nos ingénieurs de nous permettre de leur signaler ce côté défectueux de la poudre R, nous les féliciterons des progrès qu’ils viennent d’apporter à la fabrication de nos explosifs de chasse et nous les prierons instamment de ne pas s’arrêter dans cette voie, afin qu’il ne puisse être dit que les produits dont l’État s’est réservé le monopole nous condamnent à demeurer au-dessous de l’étranger. Cte H. de Perpigna.
- UNE MACHINE 4 JUSTIFIER
- SYSTÈME DES JARDIXS
- Quel titre bizarre et quel mot étrange! justifier quoi? Nous pourrions dire qu’il s’agit de justifier mécaniquement la composition d’imprimerie, mais l’explication ne serait pas suffisante pour la plupart de nos lecteurs, naturellement peu au courant des procédés de l’imprimerie. Aussi allons-nous donner à ce sujet quelques renseignements nécessaires.
- En quelques mots, on définit la justification l’action de donner à une ligne d’impression la longueur exacte qu’elle doit avoir eu égard au format du livre ou du journal où elle prendra place, et cela en mettant entre les différents mots des intervalles convenables.
- A ceux qui voudraient acquérir rapidement une connaissance précise de ces procédés, et de beaucoup d’autres, je ne trouve rien de mieux à recommander que la magistrale conférence publiée à ce sujet par M. Ghamerot dans le numéro du mois d’avril 1897 du Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie nationale. Ils verront que le compositeur, avant de former les lignes successives par la disposition des caractères dans son composteur, doit soigneusement prendre sa justification, c’est-à-dire déterminer au moyen d’un arrêt mobile, la longueur exacte de toutes les lignes; au fur et à mesure qu’il compose, il met les mots à la suite les uns des autres, en les séparant par une espace uniforme.
- Mais il arrive souvent qu’il est forcé d’arrêter sa ligne parce qu’il n’a plus la place d’y mettre un mot entier, ou au moins une partie de mot formée logiquement suivant l’étymologie, alors il faut qu’il remplisse le blanc qui peut rester en augmentant proportionnellement (autant que possible) les diverses espaces qu’il avait primitivement posées, et cela par la répartition d’espaces plus ou moins fines à côté des précédentes.
- Parfois aussi le compositeur est obligé de procéder en sens inverse, lorsqu’il veut trouver dans la ligne un peu de place supplémentaire pour la fin d’un mot ou d’une syllabe : dans ce but, il remplace chaque espace employée par une autre un peu plus mince. 11 recourt en somme au tâtonnement, et l’on comprend pourtant que la chose pourrait s’effectuer mathématiquement en divisant la longueur totale à combler ou celle à rendre disponible par le nombre des espaces sur lesquelles il faut opérer la répartition.
- C’est en se basant sur cette idée que M. Des Jardins, un Américain de Hartford (Connecticut), a imaginé la remarquable machine à justifier dont nous donnons une gravure, et que nous allons décrire un peu sommairement, car il serait par trop compliqué d’en expliquer le détails mécaniques. Disons tout de suite qu’elle est destinée plutôt à
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- LA NATURE.
- justifier la composition des appareils mécaniques; mais si en France ces appareils sont encore presque inconnus, il n’en est pas de même aux États-Unis, où nous pourrions citer maint journal dont toute la composition est faite mécaniquement.
- De plus, le journal belge Le Petit-Bleu emploie couramment le système dit Monoline, qu’il a exposé récemment à Bruxelles, et qui lui rend maintenant chaque jour les plus grands services.
- La machine Des Jardins lève successivement les lignes de composition d’une galée, c’est-à-dire d’un plateau allongé qu’on aperçoit en avant, en bas et sur la droite de la figure, et où ces lignes sont rangées en un ordre tel que la lecture (à l’envers) en commencerait par la gauche de la galée, la gauche représentant le haut de celle-ci. L’appareil, après avoir pris une ligne, y place les espaces voulues, et la dépose sur une seconde galée qui se voit à gauche et au-dessus de la première; le mouvement continue sans aucune intervention; il suffit qu’un homme apporte et enlève les galées,les unes dégarnies, les autres garnies.
- Quand les lignes sont fournies à l’appareil, les mots se trouvent séparés simplement par des petites handes de cuivre dépassant le niveau de la composition et formant repères pour la localisation des espaces par le mécanisme; en outre, comme certaines lignes ne sont pas pleines (ainsi qu’on le voit sur la figure) toutes sont séparées entre elles par des réglettes minces qui les maintiennent. Les lignes sont fournies automatiquement une à une au mécanisme justificateur, par un bras qui pousse d’une façon intermittente la matière de l’épaisseur d’une ligne : rien de plus simple à obtenir. La ligne arrive ainsi au mécanisme justificateur, compteur et diviseur, qui se présente à l’œil sous l’apparence de tiges verticales s’étendant du haut en bas de la machine ; au moment où cette ligne vient sous l’appareil à compter les espaces, la réglette qui la soutenait se trouve enlevée. Deux organes entrent en jeu, par une combinaison extrêmement ingénieuse; le premier, rencontrant chacune des petites espaces provisoires qui s’élèvent au-dessus de la composition, donne le total de ces espaces; le second, tâte pour ainsi dire le vide res-ant au bout de la ligne et l’ajoute à la longueur totale
- de blancs que représente le nombre d’espaces constaté par la première partie du mécanisme; de plus, il effectue une véritable division qui indique exactement de quelle largeur doit être chacune des espaces définitives à placer entre les mots successifs. L’appareil possède trois formats d’espaces qu’il détient en magasin dans ces sortes de rainures verticales qu’on voit à droite de la machine, au-dessus de la galée de composition non justifiée; ces espaces ont respectivement 18, 24 et 51 millièmes de pouce, et peuvent se combiner ensemble pour former des largeurs nouvelles. Si par hasard le mécanisme diviseur donne, comme quotient de son opération, une largeur qui ne correspond à aucune combinaison que puisse fournir le magasin de la machine, celle-ci lui indique le type existant le plus voisin du résultat absolu, puis elle garde pour ainsi dire en réserve la différence que cela ferait à la fin de la ligne, et, juste au moment
- voulu, elle met en action le dispositif distributeur d’espaces de manière qu'il livre une combinaison remplissant la place disponible. On comprend que pareille intelligence mécanique nécessite des dispositions fort complexes que notre confrère Scienli-fic American n’a pas indiquées en décrivant la ma-chineDesJardins. Le fonctionnement du mécanisme calculateur ne demande pas une seconde : immédiatement la ligne reçoit un mouvement vertical qui la pousse vers la galée réceptrice supérieure. Mais elle n est entraînée que d’un mouvement intermittent, les petites bandes de cuivre qui forment espaces provisoires l’arrêtant chaque fois qu’elle se trouve vis-à-vis du système distributeur d’espaces ; celui-ci cueille dans les rainures les espaces nécessaires qui lui sont indiquées par le mécanisme calculateur, et les met à la place des bandes de cuivre. La ligne une fois complètement justifiée est déposée sur la galée de gauche, et quand toutes les lignes ont ainsi passé, la composition est prête.
- Je ne crois pas que la machine Des Jardins soit déjà en service dans des imprimeries; mais on affirme qu’elle va l’être incessamment et qu’elle fonctionne avec une sûreté merveilleuse. En tout cas elle constitue tout au moins un tour de force mécanique. Daniel Bellet.
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- LE CHRONOPHOTOGRAPHE D’AMATEUR
- SYSTÈME DÉ ME N Y
- Lorsque nous avons présenté ici le chronophoto-graphe Demeny, nous avons lait remarquer, qu’il avait l’avantage de permettre d’atteindre pour la projection des images très lumineuses et de dimensions considérables. Mais il est certain que les cas sont assez limités où l’on a besoin d’utiliser un écran de 7 à 8 mètres de côté, et en général on se contente de 2 à 5 mètres. Le constructeur de l'appareil, M. Gaumont, a donc été amené à faire un petit modèle dans lequel les bandes ont la dimension ordinairement employée dans les appareils similaires
- français et étrangers, ce qui permet d’utiliser celles qu'on trouve maintenant dans le commerce en abondance.
- En réduisant le format on a pu simplifier encore la construction et réduire en même temps le prix, ce qui fait de ce nouveau chronophotograpbe un véritable appareil d’amateur, et c’est à ce titre que nous le signalons à nos lecteurs.
- On se souvient que le principe de M. Demeny consiste surtout à ne pas exercer de traction sur la partie perforée de la bande qui présente toujours plus de fragilité, ce principe a naturellement été maintenu dans le petit modèle, et la longue conservation des bandes est ainsi assurée. L’appareil est réversible et sert aussi bien à faire les négatiis qu’à projeter les
- Fig. 1. — Disposition de la bandesensible dans scs deux magasins.
- positifs ; sous sa nouvelle forme il est éminemment transportable, n’offrant pas plus de volume qu’un appareil 13/18 ordinaire. Rien n’est donc plus simple que de l’emporter en voyage si Ton veut faire soi-même les bandes négatives. La pellicule sensible devant être, comme un cliché dans son châssis, à l’abri de toute lumière pendant tout son parcours, on a disposé deux magasins (fig. 1) : l’un A, se fixant à la partie supérieure de la chambre, contient la pellicule vierge; l’autre B, placé en avant un peu au-dessous de l’objectif, reçoit la pellicule impressionnée; un engrenage spécial C (fig. 2) commande dans ce cas le rouleau de ce second magasin. Cette disposition peut, du reste, être utilisée aussi quand on fait des projections si l'on ne veut pas laisser flotter la bande à mesure qu’elle se déroule derrière l’objectif. Le magasin supérieur étant entièrement
- Fig. 2. — Disposition pour prendre les vues avec engrenage spécial pour enroulement rie la bande.
- clos lorsqu’il est placé sur l’appareil, il suffit pour se disposer à faire un négatif de tirer quelques centimètres de pellicule pour les faire passer sur le mécanisme entraîneur et amorcer l’enroulement dans le second magasin.
- Il est clair qu’on peut avoir un nombre quelconque de magasins pour les emporter tout chargés, comme on emporte les châssis de sa chambre habituelle.
- La photographie chronographique ne présente pas plus de difficulté que la photographie ordinaire au point de vue de la prise des images, et,pour ledéxe-loppement et le tirage des positifs, l’amateur qui n’aura pas une installation suffisante pourra toujours les faire faire par un professionnel. Les projections animées commencent à s’introduire de plus en plus dans les salons, elles y remplaceront un jour
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- LA NATURE.
- la lanterne magique. L’émotion causée par la catastrophe du Bazar de la Charité est aujourd’hui calmée, on s’est rendu compte que l’accident initial est dû non pas à la lampe, mais à un bidon d’éther manié avec imprudence; aussi l’extension de ce genre de spectacle, un moment arrêtée, prend-elle un nouvel essort auquel contribuera encore le modèle réduit du chronophotographe Demeny qui, par ses dispositions pratiques, permet d’obtenir faci lement d’excellents résultats. G. Mareschal.
- CHRONIQUE
- Hines Sud-Africaines. — D’après les documents réunis par la Chambre des Mines, la production en or de 1897 atteint le chiH're imposant de 5054678 onces, représentant une valeur de 10 583 616 liv. st. Or, la production du globe étant estimée à 12 millions d’onces valant 48 millions de livres, on voit que celle du Transvaal y contribue pour plus du cinquième. Il faut ajouter que le rendement de certains districts, comme Lydenburg et Barberton, n’étant pas déclaré à la Chambre, la production du Transvaal est, en réalité, un peu plus élevée. L’augmentation sur l’année précédente, la plus grande qui ait encore été constatée, est de 753 785 onces, valant 2 719 275 liv. st. Cette augmentation est due à deux causes, à l’appoint fourni par de nouvelles Compagnies et aux progrès réalisés dans le traitement, progrès qui ont relevé le pourcentage de l’extraction. En 1897, 69 Compagnies ont contribué à la production, contre 56 en 1896. En 1897, la moyenne mensuelle des pilons en activité a été de 3567, contre 2949 en 1896. En 1897, la quantité de minerai broyée a été de 5 525 355 tonnes, contre 4 011 697 en 1896. On voit donc que l’échelle de l’exploitation a sensiblement augmenté. Ce résultat est dù en grande partie aux mines deep level qui sont entrées dans la période de production vers la fin de l’année 1897. Grâce aux progrès réalisés dans les procédés de traitement, la proportion du rendement total a été légèrement élevée. Celle des batteries est restée sensiblement la même. Pour une augmentation dans le tonnage broyé de 32,7 pour 100, on a réalisé sur les plaques un gain de 52,4 pour 100. D’autre part, le rendement de la cyanuration a fortement progressé ; car, pour une augmentiun dans la quantité de tailings traités de 35 pour 100, on a obtenu un excédent de valeur de 45 pour 100. Quant aux concentrés leur valeur, n’étant généralement donnée que par estimation, ne peut pas être précisée, mais leur rendement connu a augmenté de 17,0 pour 100. La quantité d’or totale rencontrée en 1897 est supérieure de 34,6 pour 100 à celle de l’année précéente. La production, par tonne broyée, a été de 39 sh. 7 d. en 1897, contre 59 sh. 2 d. 1/2 en 1896. Grâce aux réformes diverses qui ont été réalisées dans l’administration des mines, les frais d’exploitation ont été assez sensiblement réduits. Le total des dividendes distribués, en 1897, s’élève à 2 715 580 livres sterling, soit à 25,64 pour 100 de la production totale, équivalant à 10 sh. 2 d. 5 par tonne broyée. En considérant, comme frais d’exploitation, la différence entre les dividendes distribués et la valeur de la production totale, on trouve que ces frais se sont élevés à 29 sh. 6 d. 7 par tonne broyée, contre 31 sh. 6 d. 9 en 1896. Il y a donc une économie de 2 sh., par rapport à l'année précédente.
- Le lierre et les murailles. — C’est un préjugé assez commun que les murs garnis de lierre doivent être
- maintenus humides par ce revêtement végétal ; l’expérience nous a souvent prouvé le contraire, et la confirmation nous en est fournie par l’examen des ruines envahies par cette végétation grimpante : leur mortier est d’une dureté et d’une sécheresse rares. Cela se comprend du reste, car le lierre a besoin d’humidité pour vivre et il la pompe par ses radicules dans les maçonneries auxquelles il s’accroche. Ce qui a pu donner naissance au préjugé, c’est qu’elfectivement les murs deviennent humides quand le lierre envahit les gouttières et les empêche de remplir leur office.
- Distance des satellites aux planètes. — Dans notre article1 sur la seconde Lune, nous avons indiqué en passant les formules établies par M. Roger, inspecteur général des mines. Voici quelques nouveaux détails à ce sujet que nous empruntons à SI. Roger.
- Les satellites sont de deux espèces. Étant donnée la distance d’une planète à un satellite de la première espèce, les distances de la planète à tous les autres satellites de première espèce s’en déduisent en multipliant la distance du satellite choisi pour type soit par 1,62, soit
- 1 !..
- Par PU1S encore par 1,62 ou par et ainsi de
- suite.
- Pour les satellites de seconde espèce, le point de départ étant toujours le même, il faut multiplier l un quelconque des résultats ci-dessus, soit par 1,127, soit
- Exemple : Planète Saturne.
- Japet (lrs espèce).................................... . 59,58
- liypenon (2e espece) —1———1— .... 25,59
- 1,62®
- (au lieu de 25,07) &:q ’ '
- Titan (“2" espèce) ==—2............................. 20,15
- 1,02® x 1,127
- (au lieu de 20,4a)
- Rliéa (1" espèce) — ........ ÿ 53
- 1,624
- (au lieu de 8,83)
- ... . , , 59,58 x 1,127
- Dione (2° espece) —-..... > -. . 5 02
- 1,G25
- (au lieu de 0,31)
- Télliys (2e espèce) -----.... . 4,74
- 1,628x 1,127
- (au lieu de 4,93)
- 17 1 1 /a . . 59,58 x1,127
- Rncelade (2” espece) ................................. 5,72
- 1,62e
- (au lieu de 5,98)
- 59 38
- Mimas (2’ espèce) ' ’------------, . . 2,93
- 1,62e x 1,127
- (au lieu de 3,10)
- Ce calcul met en évidence une erreur qui s’est glissée dans la valeur de la distance de Saturne à Hypérion, telle qu’elle est fournie par l’Annuaire du bureau des longitudes (1898); il faudrait, pour satisfaire à la 5e loi de Képler, lire : 25,70 au lieu de 25,07.
- Importation de mésanges en Amérique. — Le
- journal américain Vick's illustratecl monthly magazine nous annonce que les horticulteurs de l’Orégon ont pris des arrangements pour l’importation d’Allemagne d’un grand nombre de mésanges charbonnières. Cette mésange est particulièrement insectivore et n’émigre pas. En Allemagne, on a remarqué qu’elle avait certainement contribué à empêcher la propagation des pucerons du pommier. Ces charmants oiseaux produisent deux et
- 1 Voy. n° 1297, du 9 avril 1898, p. 294.
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- LA NATURE.
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- quelquefois trois couvées par année, donnant chaque fois dix à douze petits. Les Américains comptent beaucoup sur cette mésange (Parus Major) dont ils veulent favoriser l’acclimatation pour entraver la propagation du nouveau fléau, le Kermès de San José qui menace de détruire les arbres fruitiers et dont le bureau de l’horticulture de l’Orégon se préoccupe en ce moment.
- Le record des brevets. — Le 28 décembre dernier le Paient Office, de Londres, n’a pas reçu moins de 575 demandes de brevets, et ce chiffre est de beaucoup le plus élevé qu’on ait enregistré depuis l’établissement du service en Angleterre. Cet empressement a une cause d’ordre légal. La nouvelle loi sur les brevets en Amérique établit qu’à dater du 1er janvier 1898, tout breveté étranger devra prendre son brevet américain dans les sept mois qui suivent la prise du brevet étranger, sous peine de nullité. Comme l’ancienne loi permettait de prendre des brevets à une époque indéterminée, pendant toute la validité d’un brevet étranger, on conçoit que les inventeurs anglais aient hâté la prise de certains brevets pour bénéficier pour la dernière fois en Amérique des avantages d’une loi plus libérale qui devait être abrogée trois jours plus tard.
- Un clou pour exposition. — La Pan-American Exposition qui va s’ouvrir dans quelques mois aux chutes du Niagara comptera parmi ses attractions un chemin de fer en spirale qui va s’élever sur l’île Cayuga et permettra d’atteindre le sommet d’une tour de 150 mètres de hauteur, 24 mètres de diamètre à la base et 15 mètres au sommet. Autour de cet édifice circulera un chemin de fer en spirale qui fera 10 tours complets avant d’atteindre une plate-forme placée à 120 mètres de hauteur. La spirale sera double, pour permettre la marche de trains montants et descendants, la force motrice sera, naturellement, produite électriquement et toutes les précautions d’usage seront prises pour éviter un accident. C’est égal, un train circulant en corniche, autour d’une tour, à 120 mètres de hauteur, voilà qui n’est pas banal!
- Les chemins de fer en Chine. — Les chemins de fer se développent beaucoup en Chine. Il y a actuellement en exploitation la ligne de Tientsin à Chan-llaï-Kouan, d’une longueur de 270 kilomètres qui doit être reliée au Transsibérien, la ligne de Tientsin à Pékin de 120 kilomètres et la ligne de 28 kilomètres. Un syndicat franco-belge s’occupe de la construction de 1500 kilomètres de voie sur la ligne de Han-Koou à Pékin. Une autre ligne est également en installation de Woosung, Changhaï à Nankin, Dans le nord de la Chine, la Russie doit établir diverses lignes pour raccorder avec le Transsibérien. Au sud de l’empire chinois la France et l’Angleterre ont obtenu diverses concessions.
- Le Tramway de Beïra. — La province de Mozambique possède un tramway, mais quel tramway ! Long de 5 kilomètres environ, établi avec une voie de 0ra,60, il comprend en tout, comme matériel roulant, un petit wagon plate-forme où peuvent s’asseoir seulement -4 personnes, et que traîne une couple de cafres !
- Moteur gratuit. — Nous n’avons pas besoin de dire qu’il s’agit d’une plaisanterie présentée sous une forme spirituelle par un lecteur de Scientific American, et qui fait justice des réclames annonçant de merveilleux appareils mécaniques qui assurent des économies de combustible énormes. 11 a trouvé dans ces réclames une chaudière qui économise 53 1/2 pour 100 de combustible, une valve qui économise 15 pour 100, un régula-
- teur 10, une grille de foyer 20, des garnitures métalliques 12, un appareil lubrifiant 1, et enfin une soupape de sûreté 10. Si vous voulez totaliser ces différents chiffres, vous constaterez que cela fait, pour une machine munie de tous ces dispositifs perfectionnés, une économie de 105 1/2 pour 100, plus que la gratuité même !
- Un pont tournant géant. — C’est sur le fameux canal de drainage de Chicago qu’il sera construit. Long de 122 mètres et large de 48m,76,il sera fait pour supporter huit voies de chemins de fer. Aussi ne sera-t-on pas surpris d’apprendre que les fondations et les piles en coûteront 462 500 francs et la superstructure 1 225 000 francs.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 12 avril 1898. — Présidence de M. Vax Tieuiiem
- Mort de il/. Aimé Girard. — M. le président a le grand regret d’annoncer à l’Académie la perte douloureuse qu’elle vient de faire, perte prématurée et bien inattendue. « M. Aimé Girard, dit M. Van Tieghem, a contracté une pneumonie, il y a huit jours, et une dépêche est parvenue au secrétariat de l’Institut ce matin annonçant la fin de notre si sympathique et si estimé confrère de la section d’Économie rurale. Ce n’est pas le moment de résumer les beaux travaux de M. Aimé Girard; le doyen de la section d’Économie rurale, M. Th. Schlœsing, a bien voulu se charger de préparer une notice pour lundi prochain. En signe de deuil, je lève la séance. »
- Et les fauteuils à peine garnis, à cause du lendemain des fêtes de Pâques, se vident lentement. Chacun s’en va tristement avec des paroles de sympathies et de regrets pour l’éminent chimiste 'qui, depuis plus de trente ans, a éclairé tant de questions de chimie agricole et s’était acquis une notoriété considérable dans l’Europe entière
- Nous reviendrons sur l’homme et sur le savant. Nous tenons dès aujourd’hui à rendre un premier et pieux hommage à celui qui n’eut autour de lui que des amis et des admirateurs. Cri. de Villedeul.
- TENSION SUPERFICIELLE
- ET PHÉNOMÈNES CAPILLAIRES
- La première observation de l’ascension de l’eau dans les tubes étroits paraît avoir été faite par Léonard de Vinci, vers 1500; mais ce n’est que bien plus tard que les physiciens sont parvenus à expliquer par une hypothèse satisfaisante l’ensemble de tous les phénomènes capillaires connus.
- On s’accorde aujourd’hui à leur donner pour cause les forces attractives susceptibles de s’exercer entre toutes les particules matérielles soit d’un même corps, soit de corps différents. Ces forces attractives peuvent d’ailleurs être mises en évidence par des expériences bien simples : si l’on fait reposer directement à la surface d’un bain de mercure un disque de verre, il faut, pour séparer ensuite le disque du mercure, exercer un certain effort. C’est ainsi encore que si l’on applique l’un contre l’autre deux disques de verre bien travaillés, on éprouve ensuite quelque peine à les séparer.
- Ces forces attractives s’exercent d’ailleurs à des distances très faibles, et n’ont aucune influence sur une molécule située à l’intérieur même d’une masse
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- liquide, à cause de la symétrie qui règne autour de cette molécule. Mais la symétrie disparaît pour les molécules situées au voisinage de la surface libre du liquide, dans une couche infiniment mince à l'intérieur du liquide ; il en résulte, si nous prenons par exemple le cas de l’eau située dans un vase au contact de l’air, une tendance des molécules d’eau à rentrer dans le sein du liquide, et par suite une tendance de la surface libre à diminuer d’étendue. C’est là un fait susceptible de nombreuses vérifications; en voici quelques-unes que tout le monde peut répéter à peu de frais :
- 1° On se procure une feuille de papier très mince, dont on fait une petite cuvette en en relevant simplement les bords auxquels on donne une hauteur d’environ 1 ou 2 centimètres. On humecte légèrement avec un pinceau imbibé d’eau les parois intérieures de la cuvette, puis on verse dans celle-ci une mince couche d’eau; on voit aussitôt les bords, mobiles, se rapprocher (n° 1 ).
- 2° Si l’on souffle une huile de savon s’appuyant sur le bord d’un entonnoir, puis qu’on abandonne celte bulle à elle-même, on la voit diminuer de volume, la lame liquide tendant à diminuer de surface. Cette diminution de surface, dans ces conditions, peut n’être pas très visible; elle l’est davantage si on laisse progressivement la lame liquide s’affaisser complètement et redevenir plane ; à partir de ce moment, la lame quitte les bords de l’entonnoir et remonte vers son sommet, même malgré la pesanteur. On peut du reste rendre cette expérience plus frappante en approchant, pendant le dégonflement de la bulle, l’orifice de l’entonnoir d’une bougie allumée; la lame liquide, en diminuant de surface, chasse l’air intérieur, qui sortant sous forme de courant par la pointe effilée, vient souffler la bougie (n° 2)1.
- Voici donc comment se présentent maintenant les choses à nos yeux : si l’on veut provoquer l’extension de la surface libre d’un liquide en équilibre, il faut appliquer à l’unité de longueur d’une courbe tracée sur cette surface libre, une certaine force; c’est précisément cette force qu’on désigne sous le
- 1 On a parfois, et bien à tort, attribué le succès de cette expérience au gaz carbonique introduit dans la bulle par l’air qui sort des poumons; l'expérience réussit tout aussi bien si l’on vient à gonfler la bulle avec de l’air provenant d'un petit soufflet et ne contenant pas trace de gaz carbonique.
- nom de tension superficielle. Voici une expérience qu’on peut ajouter aux précédentes pour montrer l’existence de cette tension superficielle : si l’on forme, à l’aide de deux petites tiges de bois et de deux brins de fil, un rectangle tel que ABCD (n° 5) et qu’on plonge ce rectangle déformable dans le liquide qui nous a servi à faire des bulles de savon, il se forme entre les quatre côtés du rectangle une lame de savon; on constate alors que le rectangle se déforme et prend l’aspect indiqué par le n° 4; les deux brins de fil se courbent sous l’influence de la traction exercée par le liquide ; cette traction étant partout la même, la courbure que prennent les fils est circulaire.
- La tension superficielle a été mesurée pour un grand nombre de surfaces de séparation de divers liquides avec l’air ; pour l’eau elle est, par exemple,
- d’environ 80 dynes par centimètre (la dyne est, comme on sait, une force équivalente à la 98 Ie partie d’un gramme-poids, à Paris).
- On pourrait croire, d’après cela, que les forces mises enjeu dans les phénomènes capillaires sont peu importantes ; mais il ne faut pas oublier que la couche superficielle où elles agissent n’a qu’une très faible épaisseur, et, par suite, qu’une très faible masse. On sait aujourd’hui que cette épaisseur est à peu près de 1/200 000 de centimètre. 11 en résulte qu’une lame de savon, quia deux faces baignées par l’air, peut exister tant qu’elle n’a pas une épaisseur inférieure à 1/100000 de centimètre. Eh bien, si l’on se propose de former une telle lame avec 1 centimètre cube d’eau, on pourra lui donner comme épaisseur 1/100 000 de centimètre, comme largeur 1 centimètre, par exemple; alors elle aura 100000 centimètres de longueur. Puisqu’elle aura deux faces baignées par l’air, il en résulte qu’elle pourra supporter sans se rompre, un effort de (2x80x100 000) dynes, ce qui équivaut à plus de 16000 fois son poids!
- 11 ne s’agit là, bien entendu, que d’une expérience théorique; mais cet exemple numérique (emprunté au Traité de physique de MM. Jamin et Bouty), nous a paru lout à fait propre à montrer l’importance des forces capillaires. J. Dekôme.
- Licencié ès sciences.
- Le Gérant : 1*. Masson.
- Expériences de capillarité. — 1. Cuvette de papier à bords mobiles. 2. Dégonflement d'une bulle de savon.
- 3 et 1. Uectangles avec lames de savon.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleuras, 9.
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- . — 25 AVRIL 1898
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- LES SEMNOPITHEQUES DE L’INDO-CHINE
- La Singerie du Jardin des Plantes a été peuplée dans ces dernières années par les hôtes les plus di-
- vers ; on y a pu voir successivement ou simultanément, à côté de ces Lémuriens ou Faux-Singes dont
- Semnopithèques Doues rapportés au Muséum par M. le comte de Barthélemy.
- nous avons récemment entretenu nos lecteurs, deux Orangs, plusieurs Chimpanzés et des Singes ordinaires de types variés. Parmi ceux-ci se trouvaient naguère encore deux fort jolies bêtes apportées du Tonkin par M. le comte de Barthélemy, qui vient d’accomplir un intéressant voyage à travers l’Indo-Chine française. Ces Singes appartenaient à l’espèce
- 26* année. — Pr semestre-
- que Bulïon a décrite sous le nom de Doue et que Frédéric Cuvier a rangée plus tard, avec l’Entelle et d’autres Singes asiatiques, dans le genre Semnopi-thèque. Les Semnopithèques, dont le nom tiré du grec signifie Singes vénérables et fait allusion au respect que les Hindous témoignent à ces animaux, les Semnopithèques, disons-nous, tiennent dans
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- l’Asie méridionale la place des Cercopithèques ou Guenons qui sont propres au continent africain. Ils ont la tête renflée, arrondie en dessus et en arrière, le museau court, le corps svelte, les membres grêles, la queue longue et cylindrique. Leurs joues ne sont point creusées de ces poches, de ces abat-joues dans lesquelles d’autres Singes peuvent accumuler une certaine quantité de nourriture; mais leur estomac offre plusieurs compartiments rappelant un peu les subdivisions de l’estomac des Ruminants et cette disposition est évidemment en rapport avec le régime des Semnopithèques qui se nourrissent de fruits, de feuilles et de bourgeons.
- Chez quelques Semnopithèques, pour lesquels on a créé le genre Nasique, le nez prend un développement exagéré; chez d’autres que M. Milne Edwards a nommés Rhinopithèques, il s’écrase à la base et se retrousse à l’extrémité; mais chez les Semnopithèques proprement dits il reste dans la moyenne, plutôt aplati que saillant. La face est glabre, tantôt noire et ridée, tantôt teinte de couleurs vives pendant la vie de l’animal, et se trouve encadrée par des poils touffus qui s’allongent souvent en manière de sourcils, de favoris ou de barbiche, et qui, sur le sommet du crâne, ont une tendance à s'élever en un toupet. Les oreilles, d’ailleurs fort petites, se trouvent ainsi complètement dissimulées. Le corps, la queue et les membres jusqu’à leurs extrémités, à l’exception toutefois des faces palmaires, sont également revêtus d’une fourrure épaisse et soyeuse dont les couleurs sont tantôt modestes et bien fondues, tantôt vives et nettement tranchées. Ainsi chez le Semnopithèque entelle (Semnopithecus entellus) du Rengale, la robe est d’un gris jaunâtre, passant au blanc sur les parties inférieures, au fauve sur d’autres points du corps; chez le Semnopithèque maure (S. maurus) ou Budeny des Javanais, elle est d’un jaune doré chez le jeune et d’un gris nuancé de noir, de brun et de fauve chez l’adulte ; chez le Semnopithèque aux pieds noirs (S. nigripes) de Cochinchine le gris est la teinte dominante du pelage, mais le menton et les joues sont d’un blanc presque pur, tandis que les extrémités des membres paraissent avoir été trempées dans l’encre ; au contraire chez le Semnopithèque Doue (S. nemæus) les mains et les avant-bras semblent couverts de mitaines blanches, les jambes de guêtres marron, se détachant vigoureusement sur les autres parties du costume. Dans cette dernière espèce toutes les parties supérieures du corps sont d’un gris finement vermiculé de noir, à l’exception de hr croupe qurest d’un blanc immaculé, de même que la queue. Une raie noirâtre, coupant transversalement les reins, sépare les deux teintes, blanche et grise. Cette dernière teinte remonte sur le dessus de la tête et se trouve limitée sur le front par un bandeau noirâtre. De longs favoris blancs et une barbiche de même couleur encadrent la face, qui est d’un jaune livide. Enfin sur la' gorge on remarque une sorte de hausse-col marron qui se rattache de chaque côté à une
- bande noire s’étendant sur l'épaule. On peut d’ailleurs se faire une idée, sinon de la richesse, du moins de la distribution des couleurs de la livrée du Doue d’après la figure que nous donnons ici et qui reproduit les traits des deux individus donnés au Muséum par M. le comte de Rarthélemy.
- Ces deux Singes avaient été capturés sur une montagne boisée qui domine la baie de Tourane. Chose curieuse, l’espèce doit être absolument cantonnée dans ces parages où elle avait déjà été observée, il y a une soixantaine d’années, par F. Eydoux, l’un des naturalistes attachés à l’expédition de la Favorite. A cette époque, les Doues vivaient en troupes nombreuses dans les forêts voisines du littoral et, n’étant pas inquiétés par les indigènes, s’approchaient volontiers des habitations. Eydoux en rapporta deux exemplaires qu’il avait obtenus dans les conditions suivantes : « Une femelle adulte et mère fut tuée d’abord ; son petit qui la suivait de près, frappé du même coup, mais blessé seulement, se jeta sur le cadavre, en poussant des cris perçants, véritables hurlements, commandés à la fois par la perte qu’il venait d’éprouver et par les douleurs qu’il ressentait. Le jeune Doue fut conservé pendant plusieurs jours à bord de la corvette, mais il ne tarda pas à mourir, les blessures qu’il avait reçues ayant occasionné une paralysie complète des membres postérieurs. »
- Les Semnopithèques Doues supportent d’ailleurs fort mal la captivité et, dans certains cas, paraît-il, conçoivent un tel chagrin de la perte de leur liberté qu’ils mettent fin à leurs jours en s’étranglant, en s’assommant ou en se laissant mourir de faim. M. de Rarthélemy perdit ainsi un superbe mâle de grande taille qui s’assomma dans sa cage. « La nourriture des Doues, dit ce voyageur, consiste, à l’état sauvage, en baies de lentisque et d’autres végétaux de la montagne; ils sont très friands de bananes et j’ai pu les habituer au pain pendant une grande partie de la traversée1. » Ils absorbent aussi de grandes quantités d’eau et M. de Rarthélemy est porté à attribuer en partie à la privation de ce liquide, à l’état limpide et courant, le spleen dont les Doues sont atteints en captivité.
- Le Semnopithèque aux pieds noirs (Semnopithecus nigripes) auquel nous avons fait allusion tout à l’heure, se trouve dans une autre région de l’Indo-Ghine, dans les forêts qui bordent la partie inférieure du Mékong. Cette espèce, dont on doit la découverte à un voyageur français, M. R. Germain, présente dans la coloration de sa face une particularité qui a été révélée récemment par M. Beck, administrateur des Affaires indigènes : les yeux sont entourés chacun d’un large cercle jaune, se détachant sur la couleur ardoisée du reste de la face, de sorte que l’animal semble porter des lunettes d’or.
- Enfin l’Indo-Chine française possède encore une troisième espèce de Semnopithèque, découverte,
- 1 Bulletin du Muséum d'histoire naturelle, 1898, u° 1, p. 9.
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- comme la précédente, par M. Germain dans l’Indo-Ghine et décrite, comme elle, parM. Milne Edwards; c'est le Semnopithèque de Germain (S. Germani) qui porte une robe d’un gris foncé, tirant au noir sur les pattes et sur la queue et qui a la face noire. E. Oustai.et.
- LE MUSÉE D’ENNERY
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- Nos lecteurs se souviennent-ils que le 15 décembre 1895 M. et M“1C D’Ennery recevaient en leur hôtel la visite de M. Spuller, ministre de l’instruction publique? Se souviennent-ils que M. Spuller venait au nom de l’État prendre possession de la collection chinoise et japonaise que Mme D’Ennery avait, quelques jours auparavant, en bonne et due forme, léguée à son pays?
- Les journaux, à l’époque, ont raconté la visite du ministre et ses étonnements devant la richesse, l'étendue, la variété de cetle collection qui comptait déjà plus de quatre mille objets. M. Spuller qui ne cessa d’adresser des compliments à Mine D’Ennery, eut un mot qui la toucha profondément: « Vous avez fait là, dit-il, œuvre d’homme ».
- C’est qu’en effet cette œuvre dont la réalisation s’espaçait sur plus de quarante années avait demandé à Mmc D’Ennery, une volonté et une persévérance peu communes. Le don à l’État consacré par la visite de M. Spuller augmenta, si possible, la passion de collectionneur de M,ne D’Ennery.
- Tous les jours depuis, quelque objet vint enrichir sa collection et les vitrines succédèrent aux vitrines, obligeant M'ue D’Ennery à faire construire une nouvelle galerie qui vînt continuer celles déjà existantes. Cette nouvelle galerie fut inaugurée le 2 juillet 1895 par M. Poincaré, ministre de l’instruction publique et ce fut pour les journaux l’occasion d’apprendre au public que M. et Mrac D’Ennery ajoutaient au legs déjà fait de la collection, celui de l’hôtel qui la renfermait et d’une rente annuelle affectée à sa conservation et à son entretien.
- Mmc D’Ennery parachève son œuvre avec amour.
- Le musée D’Ennery, je l’ai dit, est un musée Chinois et Japonais. 11 occupe tout l’hôtel dont seule la salle à manger est « restée française » ainsi que le remarque,-plaisamment Mmr D’Ennery. Plus de 00 vitrines de styles variés, quelques-unes en bois de violette et de rose relevées de cuivres ciselés et dorés s’étalent le long des murailles1 ou se succèdent au milieu des galeries.
- Les objets les plus importants sont distribués partout où il y a un espace libre. Us reposent sur des socles faits spécialement pour eux et dont les formes ont été parfois longuement étudiées. |
- Je dois au maître artiste Viardot de me faire ici l'écho de tous les éloges que lui valent à juste titre socles et vitrines que de concert avec Mrae D’Ennery il a-su composer.
- Ce qui caractérise la collection de Mme D’Ennery,
- c’est qu’il y est fait une large place aux chimères et aux netzkés1. Ces chimères sont le plus souvent en porcelaine ou en grès ; mais, je m’empresse de le dire, s’il est rare de rencontrer une vitrine sans quelques chimères, celles-ci voisinent souvent avec bien d’autres animaux, tels que tigres, chats, chiens, chevaux, lapins, crapauds, éléphants, et aussi avec des personnages de toutes sortes.
- Les sujets en bois sculpté doré ou peint sont aussi très nombreux au musée D’Ennery. Les jades, les cristaux de roche, les pierres de lard ont leurs vitrines spéciales. Les cloisonnés, s’ils sont rares ici, comptent cependant une pièce remarquable, c’est une chimère provenant sans nul doute du Palais d’Eté et datant du dix-huitième siècle.
- Elle a 0'",75 de haut, 0"',9ü de long de la tète à l’extrémité de la queue. Sa tète est mobile et en métal doré de même que les poils de son dos et ses griffes. Son épine dorsale est émaillée brun, bleu, vert, blanc. La poitrine est émaillée en rose, le reste du corps en vert très foncé sur lequel les ornements se détachent en bleu de deux tons (figure 1).
- Lorsqu’on pénètre dans le musée D’Ennery on est immédiatement séduit par les ensembles d’un équilibre et d’une harmonie irréprochables : ici sont les céladons, là les rouges de cuivre, plus loin les «famille verte», les verts, les tachetés, les bleus turquoises.
- En dehors des intimes de l’hôtel, quelques personnes seulement ont été admises à pénétrer dans cette collection. Dernièrement M. Albert Tissandier est venu augmenter le petit nombre des privilégiés. M»ie D’Ennery a consenti à laisser reproduire en faveur de ce journal quelques-unes des pièces de son musée, reproduction, par conséquent, inédite. C’est donc pour la première fois que le Musée D’Ennery laisse entrevoir à tous quelques-unes de ses richesses. Les objets reproduits sont au nombre de 43: 20 sont chinois, 23 sont japonais. Je vais les décrire rapidement.
- Pour les pièces chinoises j’adopte le classement généralement admis par les collectionneurs.
- Objets chinois
- Dynastie de Ming ( 1368-1644); règne de Wanli (1573-1619).
- Figure 3, n° 5. — Un petit écran, servant à la fois de presse-papier et de porte-pinceaux, il est décoré d’un arbre, et d’enfants jouant dans un espace limité par des balustrades. Décor en émaux rouge, vert de deux tons, et violet. Devant deux petites chimères sont émaillées en jaune avec des taches vertes sur le dos. Des flammes tracées en rouge s’élèvent de leurs cuisses. Derrière l’écran est plaquée une sorte de boîte quadrangulaire dont le côté supérieur est percé
- 1 Un désigne sous ce nom des boulons ou des petites figurines en bois, en ivoire, en porcelaine ou autres matières, sculptées qui servaient aux Japonais, au temps où leur pays était encore le Japon, à retenir à la ceinture la boîte à médecine, l'étui de pipe, la blague à tabac qu'on y suspendait.
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- de trois trous destinés à recevoir les pinceaux. Dynastie de Thsing (1644);1 règne de Khanghy
- (qui s’étend de l’année 1662 à l’année 1725). Figure 2, n° 1. — Toung-fang-so debout sur une
- Fig. 1. — Cloisonné chinois. — Chien de Fo à tète mobile. (Hauteur üm,7o, longueur 0“,D0.)
- Fig. 2. — Porcelaines de Chine emaillees. — 1. Toung-lang-so tenant une poche. — 2. Le dieu du l'eu.
- 3. Tchou-than-you. Le Lohan (disciple de Bouddha), au tigre. — 1. Fou-lu, empereur chinois légendaire tenant un rouleau.
- terrasse et tenant une pêche. Sa tête, sa poitrine, ses mains sont sous couverte blanche. Son manteau est 1 C’est la dynastie qui règne actuellement en Chine.
- violet, sa jupe bleue turquoise. Sa barbiche est en crin de cheval.
- Figure 2, n° 4. — Fou-hi, empereur chinois lé-
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- Fig. 3. — Porcelaines et grès chinois émaillés. — 1. Chien de Fo. — 2. Bonze tenant un rouleau. — 5. Petit écran servant également de porte-pinceaux. — i. Chien de Fo, jouant avec son petit. — 5. Chien de Fo, jouant avec une houle. — 6. Chien.
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- gendaire qui aurait régné en 3428 avant J.-C. Il est debout sur une terrasse mamelonnée. Il tient à la main un manuscrit roulé, ce qui convient parfaitement à l’inventeur supposé de l’Écriture. Sa tète, sa poitrine, sa main droite ne sont pas émaillés. Son manteau est bleu turquoise à taches bleues plus foncées.
- Figure 2, n° 2. — Personnage à chimère brandissant un sabre. Très probablement le dieu du feu. Le vêtement du personnage est émaillé en jaune, la selle est violette, le corps de la chimère est vert, les boucles de ses poils et sa queue sont jaunes, ses oreilles sont violettes.
- Figure 2, n° 3. — Personnage sur tigre. Tchoo-than-you, le dompteur de tigre. Un des Lohans (disciples de Bouddha). Cette pièce, si elle n’est pas la même que celle reproduite dans l’intéressant ouvrage de M. Du Sartel, sur la porcelaine chinoise1, lui ressemble étonnemment. Si c’est elle, elle a une histoire. Elle aurait appartenu à la collection du vicomte de Pontpertuis, collection vendue en décembre 1747 et janvier 1748, et cataloguée par Gersaint.
- Figure 4, n° 1. — Statuette équestre® sur une petite terrasse quadrangulaire. La robe du cavalier est verte ainsi que la. selle. Sa jupe est jaune. Les taches du cheval sont violacées et jaunes.
- Figure 3, n° 6. — Chien assis, les pattes de devant dressées. Taches en émaux violet, jaune, vert, blanc.
- Figure 5, n° 5. — Chien de Fo (Bouddha), couché sur le dos et jouant avec une boule ajourée qu’il lient entre scs pattes. Émaux vert, violet, jaune.
- Figure 1. — Chat à taches en émaux vert, jaune, violet, blanc. Le corps de l’animal est complètement creux, le dessous est ouvert. Après avoir parlé de produits de ce genre que l’on décorait après cuisson de couleurs posées au gros pinceau, le Père d’Entre-calles qui catéchisait, au commencement du dix-huitième siècle les habitants de King-té-tchin, bourg des ateliers et fours impériaux pour la fabrication de la porcelaine, écrit ceci : « Pour en revenir aux ouvrages chinois un peu rares, ils réussissent principalement dans les grotesques et dans la représentation des animaux. Les ouvriers font des canards, des tortues qui flottent sur l’eau. J’ai vu un chat peint au naturel, on avait mis dans sa tête une petite lampe dont la flamme formait les deux yeux et l’on m’assura que, pendant la nuit, les rats en étaient épouvantés. »
- Règnes de Yongtehing (1723-1736) et de Khien-long' (1736-1796).
- Figure 3, n° 2. — Bonze assis, a la physionomie très expressive. Il tient à la main un manuscrit roulé. Auprès de lui, une tige de bambou creuse est destinée à recevoir un pinceau. Émaux vert clair, vert plus foncé jaune et violet.
- Figure 3, n° 4. — Chien de Fo, jouant avec son petit. Le corps de la grande chimère est vert clair.
- 1 Page 127 (te l’ouvrage.
- 2 M. Du Sartel, page 193, décrit une pièce analogue appartenant à la collection Graham de Londres.
- Ses poils au bord des pattes sont vert plus foncé, la tête est jaune, les sourcils, les boucles de la tète et du ^os sont violets, les flammes qui s’élèvent des cuisses sont peintes en rouge de fer. Le corps de la petite chimère est jaune, scs boucles violettes et vertes.
- Figure 5, n° 1. — Chien de Fo, très délicatement détaillé, sur socle étagé. Grès ou faïence dure, émail jaune d’ocre et vert.
- Figure 4, n° 3. — Dragon sur les flots et servant de pose-pinceaux. Porcelaine décorée en émaux vert pâle, jaune, blanc.
- Figure 4, n° 5. — Autre pose-pinceaux formé de trois jeunes enfants ayant pour tout vêtement un tablier décoré d’ornements en émaux polychromes. Ces trois enfants devraient représenter celui qui ne veut rien dire, celui qui ne veut rien entendre, celui qui ne veut pas voir. Mais ici l’artiste s’est amusé à ne pas compléter son sujet et le petit bonhomme qui devrait boucher l’oreille à son voisin, empêche celui-ci de lui mettre la main sur les yeux.
- Figure 4, n° 6. — Petit lapin sous émail vert.
- Figure 4, n° 2. — Compte-gouttes en forme de deux grenouilles l’une sur l’autre. La plus grande forme le réservoir à eau, la plus petite est munie d’un tube étroit percé de part en part et sert à puiser l’eau. Émail vert de deux tons.
- Figure 4, n° 4. —Autre compte-gouttes en forme de dragon archaïque portant deux petits pavillons sur son dos. Ses écailles sont en léger relief. Il repose sur les flots. Ce compte-gouttes peut également servir de pose-pinceaux.
- Figure 4, n° 7. — Petit vase à eau de forme quadrangulaire sur l’épaulement duquel rampe une sorte de salamandre exécutée en plein relief. La panse est décorée d’une grecque et d’ovos.
- Ces deux dernières pièces sont des porcelaines sous émail vert feuille de camélia. E. Dkshayes.
- Conservateur adjoint du Musée Guirnet.
- LE MICROBE DE LA PÉRIPNEUMONIE BOVINE
- A l’Institut Pasteur et à l’École d’Alfort on vient de découvrir l’agent efficient, la cause palpable de la maladie, peut-être la plus grave, de nos animaux domesliques, de li péripneumonie des bovidés.
- Contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est pas là un fait banal, un nouveau bacille qui s’ajoute aux autres, une recrue quelconque qui vient grossir l’armée malfaisante et invisible des microbes pathogènes. Ainsi qu’on va le voir la portée scientifique de cette merveilleuse découverte est tout autre. Grâce aux procédés mis en œuvre, à l’habileté technique déployée, aux dispositifs nouveaux qu’on est arrivé 'a créer, à l’extrême ingéniosité dont on a dû faire preuve, ce travail constitue une des plus belles conquêtes dont l’Institut de la rue Dutot ait droit à s’enorgueillir.
- Les conséquences pratiques ne sont pas non plus négligeables. La péripneumonie des bovidés, qu’on appelle également pulmonie maligne ou gangreneuse, est, en effet, un fléau qu’on n’a pas encore réussi à dompter, une calamité qu’on ne peut éviter qu’à demi et qui
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- cause tous les ans dans nos campagnes des pertes se chiffrant par plusieurs millions de francs.
- Cette affection contagieuse est d’autant plus terrible qu’elle entoure d’un mystère impénétrable ses premiers pas. Tel le ver qui ronge en cachette le cœur des roses dont la beauté nous éb!< uit, elle travaille la poitrine de nos races bovines— après lesquelles du reste elle s’acharne exclusivement — avec une discret on qui met en défaut la science des vétérinaires les plus habiles, des praticiens les plus rompus. Pendant un, deux et quelquefois trois mois, elle couve sans qu’aucun indice externe fasse transpirer sa désastreuse présence. Et cette période constitue un danger de contagion redoutable, car les individus qu’elle frappe d’un arrêt de mort paraissent en bonne santé et sont placés sans aucune méfiance parmi les animaux sains.
- A la dernière extrémité seulement une toux faible mais douloureuse secoue la bête qui, brûlée par la fièvre, la bouche remplie de bave, marche à grands pas vers la mort et s’éteint, pour ainsi dire, étouffée. A l’autop ie on est frappé par l’aspect de se-î poumons : ils sont monstrueux, ils sont énormes. Leur poids est quatre, cinq voire même six fois plus fort qu’à l’état normal. Ils pèsent 15, 18, 20 kilogrammes au lieu de 5 à fi livres, lin liquide limpide, qui gorge tous les compartiments de ces poumons monstres, leur imprime l’apparence d'un damier, d’un marbre rouge ou mieux encore, d’un fromage d’Italie.
- C’est justement ce liquide clair, convenablement injecté, qui confère l’immunité aux animaux sains. Dans la pratique, les inoculations se font à la face inférieure et à quelques centimètres de l'extrémité de la queue.
- Mais malgré cette inoculation, rendue obligatoire pour tous les animaux suspects, par notre législation sanitaire, malgré l’abatage prescrit contre tous les individus irrémédiablement atteints, le fléau persiste, dans quelques foyers anciens, avec la même gravité.
- C’est que la maladie n’avait pas encore, jusqu’ici, livré tout son secret. Sa contagion — cause unique de ses méfaits — ses allures dénotaient certes, et jusqu’à la dernière évidence, sa nature bactérienne ; mais le microbe restait insaisissable aux investigations les plus minutieuses, aux pièges les plus savants. Ce qui déconcertait surtout tous ceux qui lui ont livré la chasse, c’était cette limpidité de la sérosité pulmonaire dans lequel il était sensé de végéter. Comment pouvait-il croître et se multiplier sans y provoquer le moindre trouble?
- Les choses en étaient là quand, à l’Institut Pasteur, la question fut reprise, il y a deux ans, par MM. Roux et Nocard.
- Tout l’arsenal bactériologique fut mis en mouvement. Mais les ensemencements dans les bouillons les plus propices et les plus variés, n’ayant donné aucun résultat, on s’avisa de cultiver le microbe dans l'intérieur du lapin, d’une façon fort originale comme on va le voir.
- Ainsi què nous l’avons déjà dit, la maladie n’attaque que notre gros bétail ; les autres animaux en sont indemnes, et l’injection la plus virulente logée sous la peau d’un chien ou d’un lapin ne produit absolument aucun effet, alors qu’elle foudroie un bœuf. Cela s’explique sans peine, par les mesures de police dont l’organisme des animaux, tout comme le nôtre, peut disposer.
- L’application de ces mesures est dévolue à une armée de microscopiques gendarmes que le courant sanguin tient en état de mobilisation constante : ce sont les leucocytes ou globules blancs du sang, les seuls de ncs tissus qui
- aient des mouvements propres. Grâce à la diffluence de leur masse, qui en s’étirant forme des tentacules et des bras, armes redoutables pour les microbes, cette gendarmerie mobile a pour fonction de balayer tous les perturbateurs qui s’aventurent jusqu’à notre territoire sanguin et les tissus limitrophes. Ordinairement ce sont de véritables luttes, des corps à corps qui s’engagent entre les intrus et les leucocytes, luttes dont l’issue décide dé notre santé, souvent même de notre existence.
- Les policiers, ou si vous voulez mieux, les phagocytes du bœuf n’engagent, au commencement de l’invasion péripneumonique, qu’une lutte molle, avec les bacilles de cette maladie, ils laissent grossir les bataillons de leurs ennemis qui, sans peine, remportent la plus éclatante des victoires. Au contraire, les leucocytes des autres animaux domestiques concentrent vite leurs effectifs sur le point inoculé et sèment dans les rangs des microbes de la sérosité la plus lamentable des déroutes. Et voilà pourquoi les cultures dans les liquides organiques du lapin qui, sans ces malencontreux phagocytes, seraient les meilleurs milieux vivants, les seuls bouillons où la bactéridie pulmonique puisse prospérer, ne peuvent pas réussir.
- Mais les sagaces travailleurs de la rue Dutot n’ont pas eu de peine, par un tour de force vr.iiment génial, à rendre inefficace la bravoure batailleuse des leucocytes de ce rongeur. Ils leur ont fait la mauvaise plaisanterie d’introduire leur ennemi — j’entends les bacilles contenus dans le liquide du poumon péripneumonique — dans un fort inexpugnable fait de collodion, assez résistant pour repousser leurs attaques, assez poreux pour permettre l’échange entre le liquide qui le remplissait et celui qui l’entourait.
- Dans ces forteresses, qui sont des sachets cylindriques de collodion pleins de sérosité, le microbe de la péripneumonie bovine vit, prospère, se multiplie et va même jusqu’à troubler légèrement, par les nombreuses colonies qu’il y forme, le bain limpide dans lequel il nage et où il se trouvait d’avance. Et dès lors, à cause de son pullulement, son observation devient possible, malgré sa petitesse.
- La bactéridie de la péripneumonie des bovidés est, en effet, le plus petit des microbes connus. Ce n’est que grâce à des grossissements très forts et à des colorations spéciales que notre œil arrive à le saisir. Il est, pour ainsi dire, placé à la limite de la visibilité. On ne le distingue que lorsqu’il s’amasse dans des groupes compacts. Cela nous donne le droit de présumer qu’il peut y avoir des microbes au delà de cette limite, et que malgré les procédés de culture les plus ingénieux, l’agent efficient de la syphilis, par exemple, de la rage, de la fièvre aphteuse échapperont toujours à nos sens.
- Mais outre ces éclaircies dans l’horizon de l’inconnu, la découverte de MM. Roux et Nocard porte avec elle tout un cortège de conséquences pratiques. Qui nous dit, maintenant que le microbe est connu, que bientôt sa toxine ne viendra pas se ranger dans l’arsenal des vétérinaires, à côté de la malléine et de la tuberculine, pour déceler la maladie de poitrine de gros bétail pendant la période mystérieuse et redoutable de son incubation, comme celles-ci le font pour la morve et la tuberculose? Et ne peut-on pas espérer, la chose étant entre de si bonnes mains, à la préparation d’un vaccin pur, comparable à celui usité contre le charbon, qui réduira à néant les assauts acharnés du plus redoutable ennemi de nos étables? J. de Loverdo.
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- LA NATURE.
- LÉGUMES AQUATIQUES
- Les étangs et les marais constituent, pour ceux qui les possèdent, un espace de terrain presque entièrement perdu ; rarement la récolte du poisson y est rémunératrice. On pourrait cependant en retirer quelques bénéfices en y cultivant un certain nombre de végétaux alimentaires; cette question étant mal connue, nous croyons devoir en dire ici quelques mots.
- L’une de ces plantes la plus intéressante à cet égard est YAponogeton à deux épis (famille des Naïadacées), belle plante aquatique nageante. La souche est formée de tubercules ovoïdes, brunâtres.
- Il en part des feuilles au long pétiole, dont le limbe vient flotter à la surface. Les fleurs sont dépourvues de calice et de corolle.
- Originaire du cap de Bonne-Espérance, cette plante est naturalisée dans l’Hérault et dans le Finistère, mais pourrait croître fort bien dans toute la France; 1 à 2 mètres d’eau lui suffisent et elle fleurit même en hiver. Aux environs de Brest, il y a trente-cinq ans, elle s’était tellement multipliée dans certains ruisseaux qu’elle empêchait l’eau de couler. Aussi l’a-t-on détruite dans plusieurs endroits. Près de Paris, P Aponogeton fleurit abondamment d’avril à juillet et embaume l’air; il est d’une très grande fécondité. On peut préparer ses tiges fleuries comme des épinards. Quant aux tubercules, riches en amidon, ils pourraient jusqu’à un certain point être consommés comme des pommes de terre, mais leur chair est un peu compacte et a le goût de vase. En tout cas, on pourrait avantageusement en retirer industriellement la fécule. Les tubercules cuits et coupés en morceaux sont
- mangés avec plaisir par les volailles et les porcs.
- Chez nous existe spontanément une plante alimentaire absolument négligée, la macre nageante ( Trapa natans) ou châtaigne d’eau. On pourrait facilement en développer la culture ainsi que celle d’autres espèces aquatiques. Ce sont des plantes fort longues dont les feuilles submergées sont en lanières découpées et les feuilles nageantes en rosette et aux pétio-
- _____________________________ les renflés, remplis
- d’air. Les fleurs, insignifiantes, donnent des fruits de la grosseur d’une noix et conformés d’une manière bizarre. Celui de la macre à deux cornes ressemble à une tête de bœuf ; il reste caché sous l’eau. Cette espèce est cultivée sur une grande échelle dans les lacs de la Chine septentrionale. Le voyageur Robert Fortune a assisté à la récolte de ces fruits, appelés Ling-kio. « Des femmes et des enfants en grand nombre naviguaient dans de petits batelets de forme circulaire, à peu près comme nos cuviers à lessive, étaient occupés à pêcher le Ling. En fait, on ne pouvait rien imaginer de plus convenable pour ce genre de travail que ces singulières embarcations qui,assez vastes pour contenir le pêcheur et tout le produit de sa pêche, se dirigent tout doucement au milieu de toutes les plantes sans les briser. La vue de cette immense quantité d’individus naviguant ainsi sur ce marais, chacun dans son cuvier, formait pour moi un coup d’œil des plus divertissants. » Ce fruit est très estimé en Chine où il forme la nourriture des populations où la récolte du riz est insuffisante. On le sème à la fin de l’automne, dans des étangs peu profonds, où l’eau est claire, et exposés au midi. L’abbé Grosier en recommandait déjà la culture en France il y a cent ans et reconnaissait aux fruits les avantages suivants :
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- 1° La châtaigne d’eau, le Ling-kio, est un fruit rafraîchissant, agréable en été. Lorsqu’il est vert, on le vend à Pékin, sur les marchés, comme des noisettes en Europe. 2° Séché et réduit en farine, il donne une très bonne bouillie, surtout lorsqu’on y joint un peu de farine de froment; on peut même en mêler un tiers dans la farine dont on fait le pain. 5° Cuit au four, confit au sucre ou au miel, il devient une nourriture saine et agréable. 4° Il fournit un aliment convenable pour les oies, les canes et autres oiseaux de basse-cour. 5° La culture du Ling-kio n’exige aucun soin. Celte plante se reproduit d’elle-même dans tous les lieux où elle existe.
- Une autre espèce, la niacre à deux épines, pour-
- rait sans doute croître de même. Elle est très cultivée dans l’Asie centrale et méridionale sous le nom de Singhara. Dans le Cachemire, elle croît avec une telle vigueur que les lacs où elle végète ressemblent à d’immenses prairies. A l’automne, la récolte occupe des milliers de gens. On passe les châtaignes sous le pilon pour les débarrasser de leur enveloppe ligneuse. Elles sont ensuite moulues et la farine est consommée en bouillie.
- Un lac de 2000 hectares, le Woorlake, en est complètement rempli. Chaque cultivateur en possède une parcelle dont les limites sont indiquées par des bambous; il paye pour elle une redevance à l’État, o Le loyer payé, pour un réservoir ordinaire, dit
- Fig. 2. — A gauche, Macre nageante et son fruit. — A droite, Aponogéton à deux épis et ses tubercules.
- M. Simmonds, est d’environ 100 roupies par an. J’en ai connu un très grand nombre pour lesquels on payait 200 roupies et même 300 par an; mais la vase s’accroît si rapidement par la culture, qu’elle détruit promptement tout réservoir dans lequel elle est permise.... La présidence de Madras possède d’anciens et magnifiques ouvrages hydrauliques, le réservoir de Viranum, d’une étendue de 35 milles carrés, avec 12 milles de digues; le réservoir de Cauverypank, dont les digues, de 4 milles, sont consolidées avec des pierres dans toute leur longueur ; le réservoir de Chembrumhankam, semblable à une pittoresque mer intérieure, peut avoir dix fois cette étendue. C’est un fait officiellement reconnu qu’au Cachemire 30 000 créatures humaines se nourrissent de la noix de Singhara. »
- Le fameux Lotus du Nil (Nelumbium speciosum) que les Égyptiens faisaient figurer sur la plupart de leurs monuments, est certainement la plus belle plante aquatique connue. C’est aussi une plante alimentaire de premier ordre dont la culture serait facile dans le midi et même praticable dans le centre de la France. « Ses rhizomes et ses graines, dit le Dr Mène, sont employés dans la cuisine japonaise. On trouve sur les marchés du Japon, de même qu’en Chine, en Cochinchine et dans le royaume de Siam, des monceaux de rhizomes de lotus, désignés sous le nom de Hasu-none, Le goût de ces rhizomes, quand ils sont cuits, rappelle celui de la rave, du cardon et du céleri; on les mange crus, cuits à l’eau et sous la cendre, bouillis ou frits, comme les salsifis; on les réduit aussi en
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- LA NATURE.
- poudre qu’on fait sécher, et dont on se sert surtout pour les soupes; on en retire une fécule de couleur blanche qui est consommée dans les potages. Quant aux graines qui ont un peu le goût de la noisette et de l’amande douce, elles sont alimentaires et les Japonais les mangent à leurs repas. »
- De même que la précédente, le Pi-ts'i (Eleocharis tuberosa) ne pourrait être cultivé que dans le midi de la France. C’est une plante aquatique, produisant à sa hase des tubercules de la grosseur d’une châtaigne. Elle croît en Chine. »
- Entin, on rencontre des Sagittaires, voisines de nos espèces indigènes, qui produisent à la base des tubercules alimentaires. On pourrait en tenter la culture chez nous. Henri Coui'in.
- LES ALLUMETTES
- Il y a eu, comme on sait, en France, une question des allumettes. Elle n’a pas eu pour origine les plaintes des consommateurs, qui cependant ne trouvent pas les allumettes bonnes, il s’en faut, mais bien les récriminations répétées des ouvriers qui les fabriquent. Les allumettiers ont prétendu que la fabrication était inhumaine et les exposait à de graves maladies. C’est excessif comme opinion, et il y aurait beaucoup à répondre à cet égard. Toutefois il est exact que les vapeurs de phosphore dans des ateliers mal ventilés sont susceptibles de produire des désordres dans l’économie. Aussi depuis 1861, est-on à la recherche d’allumettes que l’on puisse fabriquer sans danger et qui satisfassent le public.
- C’est l’emploi du phosphore blanc avec lequel on avait préparé jusqu’ici les allumettes qui donne lieu aux accidents toxiques. Les vapeurs phosphorées engendrent quelquefois des lésions graves de la mâchoire, sinon, comme on l’a affirmé, la nécrose proprement dite. Les ouvriers s’en sont plaints. Il y a eu de nombreuses discussions à l’Académie de médecine sur l’hygiène des fabriques d’allumettes. Le regretté docteur Magitot avait émis l'opinion fort sage qu’il suffirait d’introduire dans les ateliers une ventilation énergique, comme on l’a déjà fait ailleurs avec succès, pour mettre les ouvriers à l’abri de tout danger de phosphorisme. M. Riche partageait entièrement cette manière de voir. Malgré tout l’Académie fut d’avis qu’il fallait renoncer à la fabrication au phosphore blanc. Et l’État a dû se ranger à l’opinion de l’Académie de médecine.
- Le phosphore blanc a vécu, de par l’Académie de médecine.
- Mais le phosphore rouge dont on ne défendait pas l’application est loin de se prêter aux nécessités de la fabrication comme le phosphore blanc. C’est vainement que l’on essaya d’obtenir par son entremise des allumettes prenant feu sur un obstacle quelconque. En désespoir de cause, on a dû chercher une autre combinaison. On a été à l’étranger acheter des allumettes sans phosphore ; on en a inventé même en France. On a expérimenté, dans notre pays notamment, 50 millions d’allumettes sans phosphore blanc imaginées par M. Hœbecke, fabricant à Gramont, en Belgique. C’est même tout au plus si le consommateur français s’en est aperçu, ce qui revient à dire qu’elles ne semblèrent pas plus mauvaises ni meilleures que celles que l’on nous débitait journellement.
- A la suite du vœu exprimé par l’Académie de méde-
- cine, on se décida à faire encore de nouveaux essais. Le ministre des finances décida de mettre en circulation, à la fin de décembre 1897, environ 200 millions d’allumettes d’un nouveau modèle. Elles se distinguent par une étiquette bleue portant un nom suggestif : « Triomphe, allumettes sans phosphore, frotter fort. » On en a répandu un peu de tous côtés, pour que le public puisse les apprécier et donner son avis. A vrai dire il n’a guère manifesté son opinion ni en bon ni en mauvais. Le consommateur est absolument blasé sur nos allumettes. Tout ce qu’il a remarqué c’est qu’il fallait en effet frotter très fort pour que l’allumette donnât signe de vie. Une fois prise, elle brûle bien, Les allumettes « Triomphe » sont dues à un industriel de Cassel (Hesse-Nassau). 11 est inutile de faire connaître leur composition complète; on reconnaîtra vite que la matière essentielle qui provoque l’inflammation, c’est le chlorate de potasse, composé détonant bien connu, mais qui ne prend feu que sous une friction très énergique ou un choc assez violent. Ces allumettes, comme celles de Hœbecke de 1896, ne prennent pas feu sur les vêtements ou très difficilement.
- Quand on les allume au-dessus d’un verre de lampe, on voit le verre se couvrir d’un dépôt blanc caractéristique. Ces allumettes fusent. Si le consommateur ne les a guère appréciées, l’hygiéniste les a sévèrement qualifiées. Si leur fabrication laisse de côté un corps toxique, le phosphore blanc, elle en introduit d’autres.
- Et alors les raisons qui font abandonner la vieille allumette au phosphore blanc réapparaissent sous une autre forme. Dangereuse également la fabrication de l’allumette Triomphe et autres!
- Les nouvelles allumettes, en effet, renferment une proportion assez notable de sels de plomb. Le premier venu s’en assurera en plongeant quelques allumettes dans de l’eau acidulée ; il y a aussitôt précipité blanc, noircimcnt par un peu de sulfhvdrate d’ammoniaque. On se sert aussi d’un mélange d’oxyde puce et de nitrate de plomb pour les allumettes suédoises à l’usine de Pantin et d’Au-bervilliers. Tout cela est mauvais, cornu e l’a déjà fait remarquer M. le Dr Vallin dans un rapport à l’Académie de médecine. Quelle que soit la nature du sel de plomb employé, le chlorate de potasse dégage en brûlant assez de chaleur pour réduire ces sels et volatiliser le plomb dans l’atmosphère. M. Schloesing a dosé dans les fumées qui se dégagent des allumettes de 25 à 98 pour 100 du plomb métallique employé. On pressent combien serait dangereuse pour les ouvriers la fabrication en grand (25 millions d’allumettes par jour) de toutes ces allumettes plombifères. Et les ouvriers mal renseignés, comme bien souvent, ont réclamé, à plusieurs reprises, l’adoption de ces nouvelles allumettes !
- Avec elles, on n’échapperait au phosphorisme que pour tomber dans le saturnisme. L’allumette Triomphe jouerait certainement de mauvais tours aux allumettiers. Phosphore ou plomb! L’alternative n’a rien de rassurant.
- On en était là, et tous ces essais n’étaient rien moins qu’encourageants. Ni à l’étranger ni chez nous, on n’était parvenu encore à une solution convenable. A Paris cependant, les ingénieurs de l’État se préoccupaient aussi du problème, et la question une fois bien posée devait finir par être résolue. Il semble qu’elle le soit aujourd’hui dans d’excellentes conditions. Le consommateur va pouvoir s’en rendre compte, car déjà des millions de nouvelles allumettes sont fabriquées et on les met en vente dès maintenant. Ce sont les allumettes S. C. du nom des deux inventeurs, M. Sevène, ingénieur directeur et
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- LA NATURE.
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- Émile Cahen, ingénieur des manufactures de l’État.
- Ces deux ingénieurs sont partis d’un principe très juste.
- Le phosphore blanc est nuisible; mais n’existerait-il pas un composé de phosphore présentant toutes les propriétés du phosphore blanc sans dégager des vapeurs nuisibles?
- Si oui, l’allumette cherchée était trouvée. Or ce composé existe. Il forme la base de l’allumette S. C. C’est un sesqui-sulfure de phosphore. Qu’il nous suffise de dire que ces allumettes fabriquées avec ce composé sont bonnes, et présentent toutes les qualités de nos anciennes allumettes; elles prennent feu sans difficulté, même sur l’étoffe du vêtement, et ne ratent pas. Nous en avons essayé un certain nombre. Peut-être sont-elles trop soufrées, léger défaut facile à atténuer. Mais elles sont bien supérieures à toutes celles que l’on a mises en vente jusqu’ici. La fabrication se poursuit simultanément à Trélèze, près d’Angers et à Bègles, près de Bordeaux. Les prix de revient seront à très peu près les mêmes qu’avec les anciennes allumettes. Henri de Pauville.
- SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PHYSIQUE
- EXPOSITION ANNUELLE
- La Société française de Physique a tenu son exposition annuelle les 15 et 16 avril 1898 ; et cette exposition, comme tous les ans, a présenté de l’intérêt. Voici le résultat d’une visite rapide.
- Dans la salle du rez-de chaussée, M. Pierre Weiss nous montre un électro-aimant donnant un champ magnétique de 30 000 unités c. g. s. M. Bouty a disposé le nouvel appareil qui lui sert pour la mesure de l’intensité des champs magnétiques. Un liquide conducteur s’écoule perpendiculairement aux lignes de force du champ à mesurer. On détermine, au moyen de l’électromètre capillaire, la force électromotrice induite entre la face supérieure et la face inférieure de la veine liquide. En connaissant le débit d’eau par unité de temps, on peut en déduire l’intensité du champ. M. Sagnac fait voir ses diverses expériences sur la transformation des rayons X par diffusion. M. V. Chabaud, le constructeur bien connu, expose divers modèles de tubes de Crookes, les tubes de M. Vil-lard pour montrer le mécanisme de la formation des rayons cathodiques, ainsi que l’action réductrice des rayons cathodiques. M. Bonetti a installé une machine statique avec le dispositif du Dr Destot pour radiographie, et l’on examine à travers l’écran radiographique une série de bras, de jambes, etc. La machine statique est mise en marche par un petit moteur électrique qui est alimenté par un transformateur rotatif de la Société l'Éclairage électrique. Ce transformateur à 4 pôles qui n’a qu’un seul induit forme d’un côté moteur à courants alternatifs simples et d’un autre côté générateur à courants continus. Le démarrage s’obtient en produisant au départ deux courants diphasés, on atteint ensuite la vitesse du synchronisme et on marche après avec le courant alternatif simple. Ce transformateur d’une puissance de 2500 watts à 110 volts en courant alternatif à la fréquence de 40 périodes par seconde produisait en courants continus 18 ampères et 140 volts à 1200 tours par minute.
- Dans cette même salle du rez-de chaussée, M. Pellin fait une série de projections et M. Radiguet nous montre tout un matériel spécial pour rayons X. Dans le veslibule d’entrée, M. Trouvé a installé divers modèles de lanternes pour voitures, et sa nouvelle pompe centrifuge. MM. Létang et Serpollet ont disposé sur un lustre 4 becs à acétylène
- de 30 carcels avec'un débit de 205 litres à l’heure.
- En continuant notre visite, nous trouvons à l’entresol l’exposition de la maison Carpentier : une grande bobine d’induction donnant une étincelle de 0m,50 de longueur, le rhéographe Abraham, un wattmètre à lecture directe et divers autres appareils. M. Contremoulins a installé son appareil pour la recherche des projectiles dans le crâne, ainsi qu’un nouvel interrupteur à mercure mû par un petit moteur électrique. M. Cailletet, qui poursuit ses recherches sur la haute atmosphère, expose l’enregistreur automatique pour ballons construit par M. Gaumont, et l’appareil automatique de M. Golaz pour la prise d’air à haute altitude. M. Pellin, l’excellent constructeur d’appareils d’optique, a réuni dans une vitrine divers appareils nouveaux; nous mentionnerons entre autres le dilatomètre et le pyromèlre optique de M. Le Chàtelier, la lunette de MM. Le Chàtelier et Coupeau pour la mesure des dilatations à haute température, le photomètre de MM. Blondel et Broca. Nous voyons également les appareils pour l’inscription de la parole de M. l’abbé Rousselot, l’interrupteur rotatif pour appareils à l’usage des rayons X de MM. Londe et Leroy, diverses épreuves radiographiques obtenues par M. Londe au Laboratoire de la Salpêtrière. M. P. de Ileen montre diverses photographies relatives à des phénomènes électriques, et entre autres la transformation de l’énergie électrique par transmission sous forme d’effluve, ainsi que l’effluve infra-électrique. Dans une salle sur le côté, le phonographe Lioret fait entendre une série de morceaux de musique.
- Nous arrivons enfin dans la grande salle du premier étage, où nous trouvons divers appareils, interrupteurs, coupe-circuits de la Cie française d’appareillage électrique, et de la maison Guénée, un appareil de M. G. Berlemont pour le dosage de l’azote, un régulateur à pression pour distiller dans le vide, des tubes en acier étirés sans soudure remplis d’oxygène comprimé à 120 atmosphères de MM. Du-tremblay et Lugan ; M. Dinin fabrique divers types d’accumulateurs qui sont employés pour l’inflammation des moteurs de voitures automobiles. M. Ducretet, en dehors de divers appareils, tels que machine électrostatique, matériel radiographique, expose et fait fonctionner un matériel complet pour la télégraphie sans fils, ainsi que des tubes radio-conducteurs deM. Branly. MM. Chauvin et Arnoux montrent une boîte de mesures portative, des ampèremètres et un grand voltmètre pour stations centrales. M. Y. Chabaud a construit un modèle très simple et très portatif de lampe à acétylène : nous voyons fonctionner aussi une (rompe à mercure sans robinet. M. Doignon a fabriqué des petits moteurs électriques de 3, 6, 10 et 20 kilc-gr^mmètres par seconde. M. J. Richard nous montre un baromètre enregistreur à poids, un baromètre enregistreur avec transmetteur à distance auto-moteur, un enregistreur adapté à une balance, un régulateur automatique de tension ou d’intensité, fonctionnant, au moyen d’un relai, avec un petit moteur de 0,5 ampère et 3 volts. Mentionnons encore l’ampèremètre thermique à mercure et le voltmètre thermique calorifique de M. Camichel, divers moteurs et appareils électro-médicaux de M. Gaiffe, petit compteur de tours à remise au zéro, et un compteur kilométrique pour voitures automobiles ou bicyclettes, et quelques appareils de la maison Chateau.
- L’éclairage de la grande salle était assuré par 6 lampes à arc Bardon de 10 ampères à courants alternatifs.
- On peut conclure de cette courte énumération que l’Exposition de la semaine de Pâques contenait au moins quelques appareils nouveaux ou intéressants sur lesquels il y aura lieu de revenir à loisir, J. Laffargue.
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- LA NATURE.
- LOCOMOTIVE COMPOUND
- DU CHEMIN DE FER DE l’oüEST ET LOCOMOTIVE EXPRESS DES CHEMINS DE FER DE L’ÉTAT
- Nous continuons la série des articles que nous avons consacrés aux types normaux de locomotives et spécialement aux machines Compound actuellement en usage sur les lignes françaises, en parlant des machines de la Compagnie de l’Ouest et des chemins de fer de l’État.
- La Compagnie de l’Ouest est une des premières qui aient fait l’application du système Compound. Dès 1884, elle mettait en service une locomotive système Webb à 3 cylindres; mais comme cet essai ne donna pas tous les résulats qu’elle en attendait, elle fut conduite à modifier le type adopté tout en conservant la distribution Compound, et elle fit construire en 1894 de nouvelles machines d’une disposition analogue à celle des locomotives de la Compagnie du Nord que nous avons décrites précédemment1.
- Ces machines ont été exécutées également par la Société alsacienne des constructions mécaniques dans ses ateliers de Belfort.
- La nouvelle locomotive Compound de l’Ouest est représentée en vue extérieure, fig. 1, et en schéma, fig. 2, n° 1. C’est une machine à 4 cylindres dont 2 intérieurs et 2 extérieurs; les petits cylindres extérieurs commandent l’essieu moteur d’arrière et les grands cylindres intérieurs actionnent l’essieu coudé intermédiaire.
- Les deux manivelles d’un même essieu moteur sont montées avec un angle de 90°; mais l’angle que lont entre elles les deux manivelles situées du même côté de la machine a été calculé sur les mêmes bases que pour les machines du Nord, et fixé à 162°; nous avons déjà indiqué du reste les raisons qui avaient fait adopter cet angle sur les machines Compound du Nord et du Midi.
- Un robinet à 3 voies permet, en cas de besoin, de taire fonctionner les deux groupes de cylindres isolément ; dans ce dernier cas, une valve spéciale admet directement la vapeur de la chaudière dans les cylindres à basse pression.
- Les distributions sont du système Walschaert, qui
- 1 Yoy. n° 1209, du 1er août 1896, p. 139
- est employé depuis longtemps sur les machines de la compagnie de l’Ouest.
- L’appareil de changement de marche permet de faire varier simultanément ou séparément l’admission dans chaque groupe de cylindres.
- La chaudière est timbrée à 14 kilogrammes, les tubes employés sont du type à ailettes dont nous avons déjà expliqué les avantages.
- L’avant de la machine repose sur un bogie du type employé par la Compagnie de l’Ouest pour ses machines à grande vitesse,.
- Les chemins de fer de l’État ont appliqué également la distribution Compound sur plusieurs de leurs machines, mais ces locomotives diffèrent si peu de celles du Nord que nous croyons inutile d’en refaire la description.
- Nous parlerons seulement d’un nouveau type de distribution appliqué par cette administration sur
- plusieurs de ses machines ordinaires et spécialement sur la locomotive qui figurait à l’Exposition de Chicago ; ce type de distribution imaginé, par M. Bonnefond, l’habile ingénieur de la Société des Batignolles, est représenté fig. 2, n° 2, et fig. 3, nos 4 et 2.
- Le tiroir de Stephenson, qui est le plus communément employé sur les machines-locomotives, n’est pas sans présenter certains inconvénients assez graves. Aux grandes détentes, il fait subir à la vapeur une perte de pression due au laminage, et, en outre, il occasionne une compression exagérée dont l’effet annule une partie du travail moteur. Dans les machines fixes, on remédie depuis longtemps déjà à cet inconvénient par l’emploi des distributions à soupapes ou à pistons.
- Les machines Sulzer, Corliss ou leurs dérivés, permettent de profiter de l’économie provenant de la marche à grande détente en évitant le laminage de la vapeur. La distribution Bonnefond est basée à peu près sur le même principe et permet de retrouver les mêmes avantages sur les locomotives.
- Un excentrique B, fig. 3, n° I, dont la barre actionne la coulisse A transmet à celle-ci un mouvement d’oscillation.
- Le balancier D reçoit son mouvement de la coulisse A par l’intermédiaire de la barre G. Cette barre est reliée à l’arbre de changement de marche, ce qui permet de la mettre en prise avec une des deux ex-
- Fig. 1. — Vue extérieure de la locomotive Compound des chemins de fer de l'Ouest.
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- LA NATURE.
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- N” 2. Vue longitudinale
- Fig. 2. - N° 1. Schéma de la locomotive du chemin de 1er de l'Ouest et vue eu bout.
- de la locomotive express des chemins de fer de l’Etat.
- trémités de la coulisse À ; chaque extrémité correspond à un sens déterminé de la marche, sa position est indépendante du règlement de la détente variable et ne sert qu’à déterminer le sens de la marche. Le balancier D entraîne deux tiroirs d’admission et deux tiroirs d’échappement.
- Les tiroirs d’admission sont commandés par des cliquets articulés FGH, pouvant tourner autour de leur axe G et actionnés par le balancier D. La fig. 5, n° 2, représente un de ces tiroirs. Dans la position reproduite sur cette figure, la tige E qui commande le tiroir est repoussée par la touche H du cliquet, l’orilice d’admission arrière est ouvert, et l’ouverture persiste
- jusqu’à ce que le cliquet F bascule en touchant la rampe hélicoïdale J ; à ce moment la pression de la
- vapeur, agissant sur le piston P, ramène la tige à sa position primitive et ferme ainsi l’ouverture d’admission.
- Il suffit donc de donner un mouvement de rotation à l’arbre I, sur lequel sont calées les deux surfaces hélicoïdales à pas contraire J, pour avancer ou retarder le moment de la butée et faire varier par suite la durée d’admission.L’arbre I reçoit d’autre part, par l’intermédiaire d’un système de leviers M, un mouvement de va-et-vient de la crosse du piston, et les deux cliquets sont alternativement heurtés par l’une ou l’autre des
- ^yi/BAtF-u£c
- Fig. 5. — Distribution Bouuefoud appliquée à la locomotive express de l’État. N°l. Vue d’ensemble. — N” 2. Vue détaillée du mécanisme de commande des tiroirs.
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- LA MAT l'UE.
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- deux surfaces d’hélice. L’échappement est produit par un mouvement alternatif des pistons-tiroirs réglé une fois pour toutes, il est donc indépendant de la durée d’admission ; dans la machine qui figurait a l’Exposition de Chicago, la durée de l’échappement correspond à 0,965 de la course du piston moteur.
- Indépendamment de l’application de cette distribution, la machine envoyée à Chicago différait par plusieurs modifications des types généralement em ployés sur les chemins de fer de l’État. Le timbre de la chaudière avait été porté de 9 à 15 kilogrammes et la surface de la grille, fixée d’abord à lm2,3872, avait été amenée à lm,92.
- Des essais comparatifs effectués sur des machines de l’ancien type ont montré que ces diverses modifications en augmentaient la puissance et réduisaient très sensiblement la consommation de charbon à égalité de travail produit. Elbée.
- CHRONIQUE
- La plus grande locomotive du monde. — Sur
- la foi des journaux américains, nous avons dit1 que le record des locomotives était détenu par la gigantesque machine du Great Northern pesant 96 480 kg dont 78 000 sur les quatre essieux accouplés. Ce n’est pas l’Amérique qui, en réalité, possède la plus puissante locomotive. C’est bien la vieille Europe. Elle se trouve, en effet, en Belgique; elle a figuré à l’Exposition de Bruxelles. Et c est un type français. Cette machine géante est la locomotive Campound articulée système de l’ingénieur français Mallet, que les chemins de fer de l’État belge ont fait construire l’année dernière pour le service des plans inclinés de Liège. Cette locomotive, portée sur six essieux, comme la locomotive américaine, pèse avec scs approvisionnements complets 108 000 kg, entièrement utilisés par l’adhérence. Il est à remarquer que chaque essieu ne charge le rail que de 18 000 kg alors que la locomotive américaine moins lourde et moins puissante le charge de 19 500 kg. Avec cette charge, la locomotive belge pourrait atteindre le poids de six fois 19 500, soit de 117 000 kg. Donc la locomotive américaine doit passer au second rang.
- Une usine électrique de 9000 kilowatts. —
- La ville de Boston réorganise son éclairage à arc dans des conditions bien particulières, et qui méritent une mention spéciale, car l’usine actuellement en construction est l’exemple le plus curieux que l’on puisse signaler d’un transport d’énergie électrique sans distance, (let éclairage très important nécessite actuellement l’installation de 56 dynamos Brush alimentant chacune cent vingt-cinq (125) lampes à arc en tension, soit plus de 4000 foyers. 11 aurait fallu employer 18 moteurs à vapeur distincts pour actionner ces 56 dynamos. On les a remplacés par 18 moteurs électriques à courants alternatifs triphasés synchrones alimentés par 4 dynamos à courants triphasés de 1500 kilowatts chacune, 2 autres dynamos de même puissance formant réserve. Ges 18 moteurs synchrones sont excités par 2 dynamos à courant continu de 100 kilowatts chacune, actionnées elles-mêmes par des moteurs synchrones. Les courants triphasés sont produits
- 1 Yuy. n° 1297 du 9 avril 1898, p. 502.
- directement à 2200 volts et utilisés par les moteurs actionnant les dynamos d'arc à cette tension, sans transformation intermédiaire. La même usine distribue ainsi 1 énergie par la force motrice et l’éclairage par incandescence. Les circuits de force motrice sont alimentés par deux transformateurs rotatifs de 500 kilowatts qui distribuent l’énergie sous forme de courant continu au potentiel de 550 volts. Pour l’éclairage par incandescence, les courants triphasés à 2200 volts alimentent le réseau actuel à l’aide de transformateurs dont les primaires sont répartis sur les trois circuits de la distribution par courants triphasés. On voit, d’après cette description sommaire, que le courant triphasé initial est partiellement transformé : 1° En courant continu à intensité constante pour le service des lampes à arc ; 2° en courant continu à potentiel constant (550 volts) pour le service des moteurs ; 3° en courant alternatif simple à 110 volts pour l’éclairage par incandescence. La combinaison adoptée, malgré les transformations multiples interposées entre les générateurs et les appareils d’utilisation, permet de réduire le nombre de moteurs, de faire marcher ceux-ci à pleine charge, dans les meilleures conditions de rendement, et de réaliser, en fin de compte, une économie importante dans l’installation et l’exploitation.
- Trois trajectoires de bolides. — Pendant l’automne de 1897, un grand nombre de bolides ont été observés dans la Grande-Bretagne. M. Denning, le savant astronome de Bristol, qui vient d’obtenir la Médaille d’or de la Société royale astronomique de Londres pour ses observations de météores, ses découvertes cométaires et ses travaux d’astronomie générale, n’a pu recueillir de documents suffisants que pour trois d’entre eux dont voici les éléments d’après Knowledge :
- Dates et heures. Octobre 22, 6h23m (soir). Décembre fl, 9hA7,n (soir). Décembre 12, 8h0” (soir).
- Eclat. Plus grand que Vénus. Moitié de celui de la lune. Moitié de celui de la lune.
- Hauteur à l'an- VU kilomètres. 112 kilomètres. 179 kilomètres.
- paritiou.
- Localité. Woolcr (Northumberland/. Aldeburgli. Long. E = 1°2<S',
- Hauteur à la dis- 56 kilomètres. 5i kilomètres. 30 kilomètres.
- paritiou.
- Localité. Mer du N. (1e=20-,V=55°10') Amphill. Iîiehmond (York).
- Longueur réelle 27 1 kilomètres. 1 ii kilomètres. 212 kilomètres.
- de la trajectoire.
- Vitesse. Très faible. Assez, grande. 10 km par seconde
- Point radiant. <; Bouvier. Gémeaux (Alt = 113°; B — + 32°). ç Taureau. ...
- Inclinaison de la S». 3S°. 3S",
- trajectoire.
- La trempe électrique «le l'acier. . — On vient
- d'inventer un nouveau procédé de trempe communiquant à l’acier une extrême dureté. Les pièces chauffées au préalable sont ensuite immergées dans le bain de trempe qui est conducteur de l’électricité et traversé par un fort courant. Un foret trempé d’après celte méthode a permis de percer des trous avec une rapidité deux fois plus grande que celle obtenue jusqu’ici avec les meilleurs forets en acier trempé d’après les procédés actuels. Une scie circulaire ayant subi la trempe électrique a également scié avec une grande facilité de grosses barres d’acier forgé.
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- L A NATURE.
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- Courbes harmonographiques en relief. — On
- connaît les curieuses courbes tracées par un style commandé par deux pendules se mouvant orthogonalement avec des périodes égales ou différentes et des retards de phase combinés pour varier les images à l’infini. Nous avons décrit ici même1 autrefois Yharrnonographe de Tisley ainsi que le moyen d’en construire un soi-même, à peu de frais. Un savant américain, M. le professeur Charles Schlichter, de Wisconsin, vient d’étendre encore le domaine des recherches de ce genre en appliquant la méthode à des figures à trois dimensions, c’est-à-dire à des courbes dans l’espace, courbes résultant des mouvements harmoniques de trois fréquences différentes dans trois directions respectivement rectangulaires. Pour obtenir ce relief, M. le professeur Schlichter attache une lampe à incandescence miniature sur la lentille d’un pendule de Blackburn vibrant dans un plan horizontal, et photographie la trace lumineuse de cette lumière à l’aide d'une chambre stéréoscopique attachée à un pendule qui oscille dans un plan vertical autour d’un axe horizontal passant par les axes optiques des objectifs de la chambre stéréoscopique. Ce dernier pendule donne la troisième composante. Lorsque les photographies ainsi obtenues sont regardées dans un stéréoscope, les courbes se traduisent sous la forme d’un fil brillant roulé et en relief.
- Une Hngotiére monstre. — MM. Moorwood and Sons, de Sheffield, viennent de terminer une lingotière monstrueuse qui pèse plus de 50 tonnes ; la fonte qui a servi à la fabriquer a été fournie par quatre fours. Elle est destinée à la fabrication des gros canons.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 18 avril 1898. — Présidence de M. Wolf.
- Le grisou et Vélectricité. — M. Troost transmet une nouvelle Note de MM. Couriot et Meunier sur l’explosivité des mélanges de grisou et d’air par l’étincelle électrique.
- V II s’agit cette fois de l’influence de la self-induction du conducteur. Quand le fil est enroulé en spires juxtaposées ou superposées, l’explosion est produite par un courant d’une intensité déterminée, et ne l’est plus quand le conducteur est déroulé. En superposant deux rangées de spires de sens contraires, les effets de la self-induction se trouvent annulés et celle-ci n’est plus à redouter que sur un circuit rectiligne. On pourra tenir compte de ces faits dans les applications.
- La Lune et Vatmosphère. — M. Mascart communique un travail de M. Poincaré, ingénieur des Ponts et Chaussées, relatif à l’action luni-solaire sur la pression barométrique, et un Mémoire de même ordre de M. Garrigou Lagrange sur l’oscillation diurne atmosphérique lunaire. L’oscillation demi-diurne, si nette pour les marées océaniques, passerait inaperçue pour l’atmosphère qui n’obéirait qu’à l’oscillation diurne. Il y aurait beaucoup à dire à cet égard.
- Transmission électrique des variations lumineuses. — M. d’Arsonval analyse les recherches de M. Dussaud, de Genève, sur un dispositif propre à transporter par un fil électrique les variations produites dans un faisceau lumineux à un autre faisceau lumineux distant du premier. C’est encore le problème de la transmission élec-Irique des images à distance. Placer un objet en A et le faire voir en B : problème séduisant au premier chef et
- 1 Yoy. Table des matières, lre série, à la librairie Masson et Cic.
- que l’on poursuit simultanément un peu de tous côtés. M. Dussaud fait tourner synchroniquement deux obturateurs percés de petits trous aux deux stations extrêmes. Au départ des lames séléniées reçoivent des faisceaux lumineux ayant passé par les ouvertures de grandeur décroissante. On se souvient que le sélénium acquiert une résistance électrique d’autant plus grande que la lumière qu’il reçoit est plus intense. Sous l’influence de ce modificateur, l’intensité des courants électriques transmis varie et ceux-ci actionnent en conséquence un téléphone. L’instrument vibre en raison des variations de la lumière du faisceau transmetteur et déplace plus ou moins la plaque mobile devant la plaque fixe de l’obturateur de la station d’arrivée. Le faisceau lumineux récepteur trahit donc exactement les variations du faisceau lumineux transmetteur.
- Si bien qu’en substituant au faisceau transmetteur une chambre noire dont l’obturateur mobile constitue le fond, il devient possible de projeter sur le sélénium l’image d’objets très simples, très éclairés et même, s’ils sont en mouvement, de les reconnaître avec plus ou moins de facilité à la station d’arrivée. 11 restera à savoir en quoi ce dispositif est supérieur à ceux qui ont déjà été imaginés.
- Pompe à grand débit. — M. Maurice Lévy présente une pompe centrifuge combinée par M. Trouvé. C’est une pompe à turbine axiale renversée. On ne voit pas pourquoi son rendement serait supérieur à celui des pompes analogues; seulement elle paraît présenter de l’intérêt parce que sous un petit volume elle débite beaucoup. On n’en peut guère juger cependant d’après le type placé sous les yeux de l’Académie, car une pompe est faite pour élever de l’eau, et là elle prend l'eau dans une cuve et la rend dans la même cuve à peu près au même niveau. Elle débite naturellement en abondance, puisque le travail d’élévation est à peu près nul.
- Ch. de Villedeuil.
- AIME GIRARD
- Pour rendre à notre confrère l’hommage qui lui est du, il me suffira de retracer en quelques mots sa belle carrière de savant et de professeur.
- Ses premiers travaux de chimie eurent trait à des questions d’ordre purement scientifique ; ils révélèrent un observateur sagace, habile à interpréter ce qu’il avait vu et à vérifier son interprétation par des expériences décisives. Des juges tels que Chevreul et Dumas se plaisaient à en constater la valeur. En 1871, M. Aimé Girard jouissait d’une notoriété si bien établie qu’il pouvait ambitionner et obtenir la succession de Payen, dans la chaire de chimie industrielle instituée au Conservatoire des Arts et métiers; sa vocation était dès lors fixée.
- La besogne allait être quelque peu nouvelle pour lui ; sans en être effrayé, sûr au contraire d'arriver par le travail à la hauteur de sa fonction, il consacra toute son ardeur à la préparation de son cours. Avec une affabilité naturelle, une gaieté franche, une loyauté sans conteste, un désintéressement bien reconnu, il avait le nécessaire pour forcer l’entrée des usines; il y fit une éducation professionnelle achevée, remarquable par l’étendue et la variété.
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- LA NATURE.
- Séduits par ce charmeur, les industriels devenaient vite et restaient ses amis ; ils lui donnaient sans réserve les renseignements inédits dont il enrichissait ses leçons. En retour, il les faisait largement profiter de son savoir et de son expérience. M. Aimé Girard atteignit ainsi Page du plus complet développement de l’intelligence et de l’énergie. On le vit alors produire avec une merveilleuse fécondité et sans désemparer une longue série de travaux, aujourd’hui classiques, sur les fibres végétales, le blé, les farines, le pain, la fabrication du sucre, des liqueurs fermentées, de l’alcool ; il acquit bientôt en ces matières une autorité exceptionnelle et devint un conseiller hors de pair, souvent consulté par les pouvoirs publics, dans des questions touchant aux industries les plus diverses. Ce fut une époque très brillante de sa carrière.
- Un savant adonné à l’étude des produits tirés du sol est conduit par une pente naturelle à s’occuper de la culture des plantes qui fournissent ces produits. L’occasion d’entrer dans cette nouvelle voie se présenta pour M. Aimé Girard, en 1876, quand lui fut offerte la chaire de technologie agricole à l’Institut agronomique, récemment rétabli. En acceptant la tâche de composer un enseignement nouveau, il n’ignorait pas qu’il ’ allait recommencer le labeur de son cours du Conservatoire, non plus en parcourant les usines, mais pour élucider bien des questions, en s'installant aux champs, dans le vaste laboratoire de l’agriculteur.
- Dans l’étude captivante des phénomènes de la vie, on peut faire des applications diverses de la chimie. Entre les mains d’un Lavoisier, d’un Liebig, d’un Dumas, cette science a servi à découvrir des lois naturelles qui président à la nutrition et au développement des végétaux. On peut aussi, avec des visées moins hautes, appliquer ce puissant instrument qu’est l’analyse chimique, à des recherches agronomiques, ayant pour objet de procurer des produits meilleurs, plus abondants, plus rémunérateurs. Ce dernier usage était tout indiqué pour un technologiste habitué à chercher par les méthodes scientifiques le perfectionnement des industries. Les résultats de cet ordre n’ont pas l’éclat des grandes découvertes; mais ils contribuent dans une large
- mesure au bien-être des populations ; ce n’est ‘pas un mince avantage. Au reste, M. Aimé Girard a prouvé qu’il est possible d’acquérir de la sorte une renommée très enviable ; car ses études sur le développement et les conditions de culture de la betterave, ses recherches analogues poursuivies pendant dix ans sur la pomme de terre, lui ont donné dans le monde agricole une situation unique, équivalant à celle qu’il possédait parmi les industriels. Au milieu de tous ces travaux, il avait encore trouvé le temps d’en accomplir un autre, très considérable et très utile, sur la valeur comparée des farines obtenues avec les anciennes meules et avec les nouveaux cylindres ; il avait démontré péremptoirement la supériorité des secondes sur les premières et était ainsi devenu le principal promoteur de la révolution accomplie dans le matériel mécanique de la meunerie.
- Dans ces dernières années, à la suite de fréquents assauts de la maladie, M. Aimé Girard dut renoncer, non sans de vifs regrets, au professorat qui avait été pour lui la source de tant de brillants succès. Puis, des deuils de famille répétés le vinrent attrister. Cependant il est resté ferme au travail avec toute l’ardeur d’autrefois. La mort l’a pris au milieu de cette vaste étude analytique des blés qui a fait l’objet de sa récente et dernière communication à l’Académie. L’épreuve n’avait pas plus altéréjsjtm caractère qu’elle n’avait abattu son courage/ jusqu’à la fin, il a gardé la bonne grâce et la bonté que chacun lui avait connues dans les jours heureux.
- Toutes ses aimables qualités qui donnaient tant de charme à son commerce, sont maintenant perdues pour ses proches et pour ses amis; arrêtons-nous du moins sur cette consolante pensée que notre confrère laisse derrière lui une oeuvre solide qui ne périra pas; son labeur a été fécond et les fruits en seront durables. Son nom restera attaché à de grandes transformations qu’il a opérées dans l’industrie et l’agriculture de notre pays et qui lui mériteront longtemps la reconnaissance de ses concitoyens. Tu. Schlœsing,
- Membre de l'Académie des Sciences.
- Le Gérant : I’. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleuras, 9.
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- N° 1500.
- 5 0 AVRIL 1898.
- LA NATURE.
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- UN PONT TOURNANT SUSPENDU
- Le nom n’est pas très vraisemblable, et je ne sais même pas si on peut l’employer en l’espèce, étant donné le sens particulier qu’on prête généralement
- au mot de pont suspendu ; mais il répond assez bien au type d’ouvrage qu’on vient de mettre en service sur la rivière Calumet, dans le sud de Chicago.
- Fig. 1. — Pont tournant américain sur la rivière Calumet.
- Les Américains affectionnent spécialement les ponts tournants, parce qu’ils permettent le croisement des voies de communication sans travaux préparatoires compliqués ; les compagnies n'hésitent nullement à en couper à chaque instant leurs voies ferrées. Et il faut bien dire que Chicago est tout à fait favorable à cet enchevêtrement des voies de transport, puisque, à la rencontre de la rue Washington avec un cours d’eau, on trouve une série de lignes ferrées courant parallèlement à la voie navigable, et par-dessus lesquelles passe la rue pour franchir ensuite un pont tournant; enfin, sous la rivière s’enfonce un tunnel creusé sous le pont tournant même et permettant le va-et-vient ininterrompu des tramways.
- Ici il s’agissait simplement de donner passage à la ligne du Chicago, Lakeshore and Eastern Railroad sur la rivière Calumet, afin de dégager un peu les rues déjà extrêmement fréquentées où la voie passait 26* année. — tar semestre.
- àniveau. En ce point, le Calumet est large de 106m,70, ce qui nécessitait un ouvrage intéressant, avec pile en rivière ; du reste, le trafic est assez intense, puisqu’on
- doit compter sur une moyenne de 200 ouverturès par jour. On a voulu par conséquent avoir un ouvrage très léger, facile à mouvoir, et en même temps offrant une homogénéité et une tenue suffisantes pour résister à ces mouvements de rotation multipliés.
- Le travail a été très simplement fait, comme toujours en Amérique, et, ajoutons-le, très ingénieusement. Pour établir la pile, on a commencé naturellement par battre des pilotis qu’on a recépés sous l’eau, et la maçonnerie, quia llm,90 de diamètre, a été établie sur un gril en bois reposant sur leur tête. Cette pile se prolonge en aval et en amont par une estacade de pilotis qui supporte le pont quand il est ouvert, afin de lui épargner une fatigue inutile, et le protège en même temps du choc des bateaux.
- 22
- Fig. 2. — La machinerie du pont tournant.
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- LA NATURE.
- L’aspect du pont un peu bizarre et caractéristique nous a fait qualifier l’ouvrage de « suspendu ». En effet, le pont comprend deux parties symétriques composées chacune de deux fermes entretoisées ; mais ces deux parties sont reliées et soutenues par des tirants qui se fixent au sommet de la construction centrale établie directement au-dessus de la pile. C’est ce qui assure l’équilibre et l’homogénéité de l’ensemble, chaque moitié du pont se trouvant suspendue en porte-à-faux pour contre-balancer l’autre.
- La partie centrale de l’ouvrage est d’ailleurs fort ingénieusement utilisée: elle porte à une certaine hauteur, afin de laisser le passage voulu libre pour les trains, une cabine métallique qui contient tout le mécanisme de rotation du pont. Ce mécanisme se compose d’une machine à deux cylindres de 216 millimètres de diamètre et de 300 millimètres de course, transmettant le mouvement, par une série d’engrenages, à un pignon qui engrène lui-même avec un cercle denté fixe. D. Beli.et.
- LE MIROIR YARIÀRLE
- M. Carlos Alban, consul de Colombie, vient de prendre un brevet pour un miroir variable, c’est-à-dire qu’étant plan il peut devenir concave ou convexe et reprendre sa forme antérieure. Ce miroir dont l’inventeur s’occupe depuis 1883, sert à étudier la réflexion de la lumière sur les trois surfaces mentionnées et la transformation de l’image virtuelle en image réelle; il approche les objets qu’il reflète et concentre les rayons calorifiques du soleil sur des foyers divers.
- L’instrument se compose d’un miroir circulaire tendu et mastiqué sur un tambour métallique aplati qu’il ferme hermétiquement. 11 suffit de tirer par un robinet latéral une petite quantité de l’air contenu dans ce tambour, pour que la pression extérieure, agissant sur la surface élastique du miroir, l’oblige à prendre une forme concave régulière, plus ou moins profonde, et semblable géométriquement à la forme d’une bulle de savon ou d’une corde qui pend par ses extrémités.
- On peut dire que le miroir est tendu sur le tambour, car l’auteur a réussi, par un procédé particulier, à argenter ses miroirs sur une feuille d’un cinquième de millimètre d’épaisseur, tout à fait élastique et uniforme, et qui peut atteindre les plus grandes dimensions. Par ce système, les miroirs pour télescope seraient réduits d’une manière considérable dans leur prix et dans leur poids : un miroir d’un mètre de diamètre ne pèserait pas plus de 20 kilogrammes. Le premier modèle de ces miroirs fut présenté à Bogota, à M. le Président de Colombie en 1890, aux Ministres français et américain et à plusieurs personnes qui étaient présentes au Palais du Président.
- La figure (n* 1) montre le miroir A vu de face, et le trou latéral, aménagé dans l’axe qui soutient le miroir sur son support, est muni d’un robinet g. L’anneau C (n° 2), tient le miroir sur tout son pourtour et le relie par les boulons E sur le tambour B. Le pointillé indique de profil les formes, concave ou convexe, que prend le miroir sous la pression de l’air extérieur ou intérieur. — Lorsque le robinet est fermé, la dilatation ou la contraction de l’air par la température se constate à l’aide de la déviation d’un rayon de lumière projeté par le miroir.
- Celui-ci augmente ou diminue régulièrement le visage
- réfléchi, mais peut en faire des caricatures très curieuses lorsqu’on touche la feuille dans sa face postérieure ; car elle se ride localement et donne au visage des aspects divers qui cessent quand le contact disparaît.
- Miroir variable.
- Pour les démonstrations dans les écoles, M. C. Alban construit le miroir en verre, dont l’élasticité est surprenante sous la pression de l’air (air comprimé à l’aide d’une poire de caoutchouc). Cet appareille physique est intéressant. Flamel.
- LES SIGNAUX DE CHEMINS DE FER
- EN TEMPS DE BROUILLARD
- On sait que sur les voies ferrées par temps de brouillard, lorsque les signaux ne sont pas visibles, on a la coutume de disposer à la main des pétards qui avertissent le mécanicien que la voie est fermée. Mais ces pétards sont placés à la main ; et ils peuvent être souvent bien insuffisants. Le temps presse toujours dans des circonstances semblables, et l’on peut ne pas les poser en temps utile. Le mécanicien ne les entendra peut-être pas. Tout autant de questions bien difficiles à résoudre, et qui peuvent souvent amener de terribles accidents ; à une liste déjà longue, il faut encore ajouter l’accident survenu, il y a peu de temps, à Péage-de-Boussillon. On conçoit donc que l’on se préoccupe de tous côtés des appareils destinés à prévenir des catastrophes de cette nature.
- Un ingénieur anglais, M. Pratt, de Bristol, vient de faire expérimenter sur le West Lancashire Bailwav, à South port, un nouveau dispositif qui a donné de bons résultats, et dont nous trouvons la description dans le journal Engineer. La figure ci-jointe montre les principales dispositions auxquelles l’inventeur a eu recours.
- La locomotive porte sur le côté une paire de tiges verli7 cales en fer, AB, entre lesquelles sont des barres métallique fragiles comme des échelons d’échelle. Sur les côtés de la voie sont installées des lames de couteau C qui se relèvent lorsque les signaux sont fermés; elles tranchent au passage les barres métalliques dont nous avons parlé et par cela même font manœuvrer un bras de levier en relation avec le sifflet de la locomotive. Le sifflet de la locomotive est alors ouvert et fonctionne jusqu’à ce que le mécanicien le ferme. Dès qu’une barre fragile a été coupée, elle est remplacée automatiquement par une autre qui descend et vient prendre la place de la première.
- Ce dispositif nous semble ingénieux et de nature à rendre de plus grands services que les pétards; il serait intéressant de le mettre à l’essai sur nos lignes ferrées.
- Notre confrère le Génie Civil a fait connaître dernièrement, d’aprèi le Journal des Transports, un autre
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- LA NA TU LL.
- Toi)
- appareil destiné à atteindre un but analogue et qui a été essayé sur les lignes de la « London and South Western Railway Company ». Cet appareil consiste en une large roue placée le long de la voie et portant sur sa circonférence 52 tube® qui contiennent chacun deux cartouches
- Nouveau signal automatique pour les voies ferrées.
- explosives. Un rail posé sur le sol à côté de 1 appareil est déprimé au passage du train. Dans son mou'ement, il entraîne et laisse retomber un marteau qui frappe sut une capsule et fait détoner les deux cartouches. Cet appareil est relié éleclriquement avec les signaux, 11 au poste vigie on peut assurer ou rompre la communication. Un compteur spécial prévient au poste lorsque le train fait partir les cartouches; si la voie est libre, le préposé aux signaux fait fonctionner une sonnerie placée près de l’appareil, et le train peut alors repartir. L. Lekoï.
- LE MENHIR DE CLAMART
- Voici le soleil et les beaux jours. L’exode dominicale de nos bons Parisiens va commencer vers les bois bourgeonnants. Les sujets de promenade ne leur manquent pas autour de leur grande ville, si admirablement dotée à ce point de vue.
- Parmi ces promenades, une des plus jolies de Paris est certes celle des bois de Clamart et de Meudon. Lois pittoresques et accidentés, étangs ombreux; rien n’y manque... pas même 1 intérêt archéologique. C’est dans le bois de Clamart que se dresse encore le seul monument mégalithique qui subsiste dans le département de la Seine.
- La Pierre-aux-Moines, respectable et très authentique menhir, se trouve tout près de l’extrémité du parc du Chalais-Meudon, à 200 mètres à peine de la vieille fontaine Sainte-Marie ; 20 mètres la séparent de la route qui, du carrefour de la Picrre-aux-Moines, à l’ouest et au pied du plateau de Chûtillon, se dirige vers la fontaine Sainte-Marie.
- Dressé au pied de la colline, dans un fond pittoresque, ce menhir était perdu dans la futaie, connu des seuls gardes et de quelques rares archéologues, tel M. Vacquer, sous-conservateur du musée Carnavalet, qui, dès 1875, en avait fait un très exact relevé.
- Au siècle dernier, d’ailleurs, il n’était pas ignoré, puisque nous le voyons figurer sur un vieux plan conservé aux Archives départementales de Seinc-et-Oise (cote À 165) et ainsi intitulé : Carte générale des Parcs et Jardins de Meudon et de Chaville et de leurs environs, may 1723 par Alexandre Lemoine. Ce plan signalé par M. Coüard, archiviste de Seine-et-Oise à M. Fourdrignicr, fut photographié par ce dernier qui a bien voulu nous communiquer la partie que nous reproduisons (fig.2)1. En 1875, Hoiïbauer en parla dans son Paris à travers les âges, page 9.
- Cependant ce n’est qu’en 1893 qu’une coupe du bois le mit à jour et permit à M. Perrault-Pabot, secrétaire de la Commission des monuments mégalithiques, de l’examiner en mai 1894. D’apiès ses renseignements transmis à M. G. de Mortillet, je pus en faire le relevé le 50 mai 1894 et le communiquer à la Société d’anthropologie (séance d i 21 juin). M. G. de Mortillet y amena les auditeurs de son cours le 25 du même mois.
- M. Berthelot le signala à l’Académie des sciences le 24 juillet 1894 et fit, quelque temps après, exécuter tout autour des fouilles infructueuses. Mais déjà Y Intermédiaire des chercheurs et des curieux, le 10 juillet, et La Nature le 21 juillet, avaient signalé nos observations. La Nature voulut bien aussi accueillir, dans son numéro du 8 septembre 1894, une Note avec figure que je lui consacrai.
- La sous-commission des monuments mégalithiques du Ministère de l’instruction publique chargea, au mois d’oclobre, mon ami et collègue d’Ault du Mesnil et moi de dégager le monument, d’assurer sa conservation et de l’aménager de façon à le rendre très accessible au public. Grâce à l’aimable concours de M. Uécopé, conservateur des forcis de Seine et Seine-et-Üise, et de M. Bruant, inspecteur, ces travaux furent entrepris avec tout le soin nécessaire.
- Les fouilles nous permirent de dégager d’abord un gros bloc de grès situé à l’est du menhir (v. à gauche de la ûg. 5), puis de mettre au jour trois autres blocs enfouis à un mètre environ de profondeur à l’ouest du menhir et complètement inconnus; jusqu’alors. Ces blocs ont la forme de dalles irrégulières de grès, mesurant : celle de l’est, l,n,85 sur, lm,60 avec une épaisseur de 0m,42, et les deux de l’ouest, l’une (celle au sud) Im,40 sur lm,58, l'autre lm,55 sur 2 métrés, avec une épaisseur de 0m,50 et 0m,45. La troisième pierre est un fragment mesurant 0m,85 sur 0m,43 avec une épaisseur deO n,23.
- Quant au menhir lui-même nous rappellerons que ses dimensions sont les suivantes : lm,92 de hauteur, ln,,50 de largeur et O"1,50 d’épaisseur.
- Sur plusieurs des blocs enfouis, nous pûmes, au
- 1 Voir aussi la communication de M. l'ourdrignier à la Société d'anthropologie: 8 novembre 189i.
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- moment même de l’exhumation, constater l’existence de traces nombreuses et indubitables de polissage. Elles se présentent tantôt sous forme de larges surfaces polies comme sur la partie médiane du bloc est, tantôt sous l’aspect de minces rainures entaillant profondément le grès (fig. 4).
- Comme ces traces de polissage et ces rainures ont été constatées au moment même de la fouille, il est impossible de les attribuer à des mutilations postérieures au moyen du couteau de visiteurs stupides ou d’odieux gamins (ainsi qu’il en existe malheu-
- reusement aujourd’hui des traces multiples).
- 11 est donc très vraisemblable de penser que ces surfaces de grès ont servi à polir et à aiguiser les instruments en pierre, surtout les haches, dont on a trouvé quelques spécimens dans le bois. Ces blocs proviennent de couches de grès qui existent en haut des collines limitant le ravin où se trouve le monument. Entraînés par les éboule-ments successifs que déterminèrent les actions atmosphériques agissant pendant de longs siècles, ils ont glissé le long des pentes où ils ont pu être recueillis par les hommes de l’époque néolithique qui les ont dres-
- Fig. 1. — Le poteau indicateur placé par la commission des monuments mégalithiques. Dans le fond on aperçoit le haut du menhir. (Photographie de M. Fourdrignier.)
- Fig. 2. — Reproduction photographique d'une partie du plan de 1723 (Meudon-Chaville), par Alexandre Lemoine.
- sés à leur place actuelle. De ces pierres une seule est encore debout. Dans quel but ont-elles été ainsi
- réunies? Il est difficile de le dire. On peut admettre que c’est peut-être là le reste d’un dolmen ruiné
- _ ____ ou bien une réunion
- jj de menhirs dont un
- " ^ 1 seul serait resté
- debout. Les fouilles ne nous ont malheureusement fourni aucun objet ayant un intérêt quelconque.
- Le sous-sol, étant marécageux autour de ces monuments, déterminait pendant l’hiver la formation d’une vraie mare autour du menhir. Il y avait là un danger pour la conservation du monument. Nous avons donc fait pratiquer un long fossé de drainage que l’on peut voir dans le fond de la figure 5. Actuellement, les monuments se trouvent à peu près complètement à sec en toute saison et facilement accessibles.
- Les figures 3 et 4 permettent de se rendre compte de l’aspect actuel, les blocs étant découverts. Les rainures produites par le polissage sont
- visibles sur le bloc de l’est et sur le premier de l’ouest.
- On voit aussi, dans le fond de la figure 4, un poteau que nous avons représenté isolément dans la figure 1. L’inscription que porte ce poteau exprime bien ce qu’il indique et ce pourquoi on l’a planté là. Deux mots d’explication sont pourtant nécessaires. Depuis qu’elle existe, la sous-commission des monuments mégalithiques du Ministère de l’instruction publique,
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- fille autonome de la grande commission des monuments historiques, donne tous ses soins à la conservation et l’entretien des nombreux méga-
- lithes qui existent encore en France. Ce n’est pas là effort inutile, car ces malheureux monuments sont exposés au vandalisme des paysans, des vaga-
- Fig. 3. — Le menhir et le bloc de l'Est avec les traces du polissage et des rainures Dans le fond les trois blocs de l’Ouest et le fossé de drainage. Vue prise de l'Est. (Photographie de M. Croisier.)1
- bonds qui, soit parce qu’ils les embarrassent, soit par les détruire et malheureusement y réussissent le simple amusement, font tout ce qu’ils peuvent pour plus souvent, à tel point que, d’années en‘années,
- Fig. 4. — Le menhir et les trois blocs de l’Ouest. Sur l’un de ces blocs on voit les rainures produites par son emploi comme polissoir. Dans le fond le poteau indicateur. Vue prise du Nord. (Photographie de M. Croisier.)
- le nombre de ces intéressants monuments diminue constamment.
- La Commission a pensé que le meilleur moyen était de placer, à côté de chaque monument important, un signe indicatif quelconque. En Bretagne,
- où le granit n’est pas rare, on a pu ainsi fixer des bornes indiquant que tels ou tels de ces monuments sont propriété de l’État. Mais il a paru qu’il fallait
- 1 Si l’on veut se rendre compte de l’état des lieux en 1894, voir n° 1110, du 8 septembre 1894, p. 225.
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- faire plus encore, d’où l'idée des poteaux de fonte solidement établis, fortement scellés dans le sol et pouvant indiquer de loin le monument, donner aux touristes les indications nécessaires, et expliquer aux amateurs de destruction ce à quoi ils s’exposent en touchant au monument.
- Le poteau du menhir de Clamart, que nous avons fait sceller au point choisi par la Commission, sur le bord de la route, est le premier qui ait été mis en place. A ce point de vue, il méritait donc bien une petite mention, ainsi que les monuments qu'il signale. Ne pensez-vous pas, ami lecteur, qu’ils méritent aussi, les uns et les autres, une petite visite? Dr Capitan,
- Membre de la sous-commission des monuments mégalithiques.
- --O-'yX—
- DÉTEKMIX’ATIOX EXACTE
- DE LA POSITION D’UN CORPS ÉTRANGER
- DANS l’oRGAXISME
- Récemment à l’Académie de médecine, M. IeDr G. Mer-gier, préparateur à la Faculté de médecine de Paris, a présenté sous le nom de radientomètre un dispositif ingénieux pour la détermination précise, par l’emploi des méthodes radiographiques, de la position dans l’organisme d’un corps étranger, d’un projectile par exemple.
- Une détermination complète nécessite l’emploi successif de deux appareils distincts : 1° le châssis fiorte-iubes servant à l’exécution des radiographies; 1° le radientomètre proprement dit, sorte de compas double à articulation mobile et à branches de longueurs variables.
- 1° Châssis porte-tubes. — Le châssis porte-tubes
- Fig. 1. — Châssis porte-tubes.
- (fig. A) est une boîte plate ABCD qui, dans les tiroirs ménagés à cet effet, recevra successivement deux piaques sensibles sans que le sujet à radiographier ait à se déplacer.
- Celui-ci repose, librement appuyé, sur la face supérieure du châssis qui, devant être aisément traversée par les rayons X, sera parfaitement homogène et pourra par exemple être formée d’une planchette de celluloïd. Deux fils métalliques ab, cd sont tendus en croix sur cette paroi et projetteront leur ombre sur les radiographies en
- même temps que la pression des chairs sur ces fils inscrira leurs traces sur la peau du sujet, traces qui, sitôt les radiographies exécutées, seront repassées au crayon dermographique et conservées ainsi sur le sujet même jusqu’au moment de l’opération chirurgicale.
- Deux ampoules de Crookes sont maintenues au-dessus de ce châssis par un montant vertical G ; l’inslrument est réglé de telle sorte que les foyers d’émission des rayons X, foyers dont on doit connaître exactement les positions, se trouvent dans un plan mené par la droite ab perpendiculairement à la plaque photographique et soient de plus sur une parallèle à ab. Ces foyers d’émission sont distants d’environ 0ra,20; leur distance commune à la plaque photographique varie, suivant les cas, de 0m,50 à 0in,40.
- Les deux tubes TT' une fois convenablement disposés cl le membre à radiographier étant appuyé sur le châssis, une plaque sensible enveloppée de papier noir est glissée dans le tiroir VV', puis, l’immobilité absolue étant recommandée au sujet, le premier tube est mis en fonctionnement pendant le temps nécessaire à l’inscription d’une première radiographie; une nouvelle plaque est alors substituée à la première et l’on fait fonctionner le second tube. Avant de rendre au sujet sa liberté, on indique au moyen d’un crayon dermographique, les traces du plan ab FF' sur les deux faces opposées du membre radiographié; pour la face supérieure ce tracé est facilité par une équerre spéciale glissant sur le montant G; pour la face inférieure il suffit, avons-nous dit, de repasser les marques laissées sur la peau par la pression sur le croisé des fils.
- 2° Radientomètre. — Une planchette ABCD (fig. 2) de mêmes dimensions que le châssis précédent porte deux traits rectangulaires aibi cldl, correspondant au croisé des fils. Deux colonnettes métalliques SS' fixées perpendiculairement à cette planchette portent par deux glissières
- r e r'
- Fig. 2. — Radientomètre.
- VV' une traverse E qui peut ainsi se déplacer dans leplan mené par ab perpendiculairement à la planchette ABCD tout en restant toujours exactement parallèle au trait (ïjlq. La traverse est d’abord amenée à une distance de la planchette égale à celle qui dans les opérations précédentes séparait les foyers d’émission de rayons X et les plaques sensibles.
- Sur la traverse se meuvent deux curseurs à chacun desquels est reliée par une articulation à genou une tige
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- creuse fine, mais très rigide, à l’intérieur de laquelle coulisse à frottement doux une autre tige dont la pointe extrême peut être ainsi amenée en un point quelconque de la surface de la planchette. Une articulation genre Cardan assure Je croisement au contact de ces deux dernières tigelles en un point mobile 0 sans cependant gêner leurs mouvements. On forme donc ainsi une sorte de compas à articulation mobile et à branches variables.
- Les genouillères g g' sont amenées par déplacement des curseurs à occuper relativement aux axes atblt cldl les mêmes positions qu’occupaient dans le châssis porte-tubes les foyers d’émission ff relativement au croisé de fils ab, cd. Les clichés une fois achevés, on reporte sur un papier à calques les images du corps étranger fournies chacune par l’une des deux radiographies exécutées; deux traits rectangulaires, tracés au préalable sur ce papier transparent, sont pour chaque report exactement
- Mode opératoire pour radioscopie.
- repérés sur l’image que fournit du croisé de fils chaque radiographie. Cette feuille est tendue, sur la planchette du radientomètre en faisant coïncider les axes rectangulaires, et les extrémités libres e, é des tiges mobiles sont amenées sur les images correspondantes du corps étranger.
- On matérialise ainsi les rayons qui lors de la première série d’opérations ont formé sur les plaques photographiques les ombres de l’objet opaque, dont la position se trouve dès lors reconstituée en 0 au point de croisement des tiges.
- Cette méthode absolument générale s’applique évidemment à toute pai’tie du corps avec la même facilité ; il suffira, pour éviter toute erreur, de tenir compte des déformations que subissent toutes parties charnues telles surtout que la cuisse ou la jambe, reposant de tout leur poids sur un support rigide : on pourrait d’ailleurs combiner maintes dispositions pour soutenir le membre étudié et éviter cet aplatissement des chairs.
- Si facile et si rapide que puissent être les opérations ci-dessus décrites, l’obtention des deux radiographies peut dans certains cas constituer une perte de temps des plus préjudiciables pour le bon fonctionnement d’un tel service; c’est en particulier ce qui se présenterait en temps de guerre dans les services de chirurgie militaire où devraient pouvoir être ainsi examinés en très peu de temps un grand nombre de blessés; c’est ce que permet, précisément la substitution de la radioscopie à la radiographie.
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- il suffira pour cola de remplacer dans le châssis porte-tubes le tiroir où s’engageaient les plaques sensibles par l’écran fluorescent en conservant évidemment le croisé de fils destiné aux repérages. En changeant un peu le mode opératoire, on peut alors se passer du radientomètre, le châssis permettant à lui seul une détermination complète ; on examine pour cela l’ombre donnée du corps étranger
- b rt, a.
- Fig. i. — Triangles formés.
- sur l’écran fluorescent par l’un des tubes et l’on modifie la position relative du membre soumis à l’examen et du châssis jusqu’à amener exactement cette ombre au croisement des fils (fig. 3). A ce moment l’ensemble est immobilisé et l’on sait alors que le projectile se trouve sur la droite qui joint la croisée o des fils au foyer f du tube T. On a réglé cette fois la position du lube T de telle sorte que son foyer se trouve exactement sur la perpendiculaire élevée en 0 à la planchette, base du châssis : on connaît donc exactement la direction du projectile dans l’organisme. Sa position exacte sera complètement déterminée quand sa profondeur sera connue ; on coupe donc le circuit du tube T et on met T' en activité; l’ombre du projectile subit un certain déplacement om, que l’on mesure exactement, le point o restant fixe quel que soit le tube en activité si la distance du croisé de fils à l’écran est suffi-
- Fig. 5. - Réglette.
- samment petite, condition qui, d’ailleurs, doit être réalisée. Les triangles semblables de la figure 4 fournissent alors la relation
- nh
- p —----------
- m + n
- si l’on désigne par p la profondeur cherchée, m la distance connue des foyers d’émission des deux tubes, n le déplacement de l’image du projectile sur l’écran, n h la distance des foyers f à l’écran. On peut même supprimer ce calcul au moyen d’une sorte de réglette représentée
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- LA N AT U R K.
- par la figure 5, et dans laquelle le curseur n est disposé une fois pour toutes dans la même position relativement à l’angle o c d, que l’était, dans la figure 4, le point f relativement à l’angle o a b : en déplaçant alors le second curseur m jusqu’à faire c d égal au déplacement de l’image, il sutfit de lire sur la règle verticale la profondeur c 0 donnée par la graduation au croisement du fil
- m n. L. IL Clerc.
- ——
- MACHINE A FAIRE LES CARTOUCHES
- I)E CHASSE
- Avant l’ouverture de la chasse c’est un plaisir, pour les débutants surtout, de confectionner les cartouches. On a pris ses informations auprès des
- vieux Nemrods, on s’est enquis de la quantité de poudre, de la grosseur du plomb à employer de préférence pour tel ou tel gibier, les avis sont partagés. Les uns prennent du n° 6, ou même du n° 7, à l’ouverture et mettent peu de poudre, sauf à augmenter plus tard lorsque le gibier se laissera moins bien approcher; d’autres chargent en tout temps davantage, graves discussions ! Enfin on s'est décidé ; on a acheté tout son petit matériel de douilles, de bourres, de mesures, de mandrins, bourroirs, sertisseur, et on travaille avec ardeur en songeant aux hécatombes qu’on va faire. C’est bien pour les premiers temps, mais on se lasse vite, surtout si l’on use beaucoup de munitions sur les lapins, les alouettes ou les grives
- Fig. 1. — Vue d’ensemble de la machine à cartouches.
- et c’est alors qu’on préfère avoir recours à l’armurier. Lui ne fait pas cela pour s’amuser et plus il va vite plus il gagne ; il faut cependant opérer avec prudence pour ne pas se faire sauter, et avec soin pour donner de bonnes cartouches et conserver sa clientèle. C’est alors que le besoin de la machine automatique se fait sentir. Jusqu’alors on n’avait guère fait de machine de ce genre que pour les cartouches de guerre, et nous avons autrefois décrit ici celle de M. Marelli (v. 1885 n° 653). Pour les cartouches de chasse M. Eugène Bellan vient de construire une machine qui est une petite merveille de mécanique. On actionne un volant au pied et toutes les opérations se font automatiquement jusqu'à complet achèvement de la cartouche.
- L’appareil qui est monté sur une table, munie d’un volant et d’une transmission, se compose d’un
- plateau P (fig. 1) tournant autour d’un axe central et portant sur sa circonférence des encoches où l’on met les douilles ; ces encoches sont réglables et peuvent recevoir à volonté différents calibres et des broches aussi bien que des percussions centrales. Dès qu’on a fait l’embrayage au moyen d’un levier R, chaque douille vient s’arrêter successivement un instant sous le réservoir à poudre A, sous le bourroir D, sous le réservoir à plombs B, sous le deuxième bourroir et enfin sous le sertisseur SE, puis elle continue sa route et arrive devant l’opérateur qui n’a qu’à l’enlever et à la remplacer par une vide.
- La quantité de poudre est dosée en. faisant varier, au moyen d’une vis, qui en approche ou en écarte les parois, la capacité de la petite cavité E (fig. 2, n° 1) qui se trouve sous le réservoir. Cette cavité
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- est terminée par des lames II et L percées chacune d’une ouverture et manœuvrdes par des leviers II' et L' de telle sorte que la lame II permet l’accès de la poudre quand la lame L ferme la partie inférieure ; puis quand la cartouche est arrivée dans la position G les deux lames font un mouvement inverse, II ferme le réservoir A, tandis que L ouvre un passage à la poudre dosée qui tombe dans-la cartouche. Celle-ci passe alors sous le bourroir S (fîg 2, n° 2); une bourre a déjà été amenée en position par le ressort M qui l’a poussée, en la cueillant pour ainsi dire sous le paquet N ; la pièce D montée à l’extrémité inférieure d’une crémaillère s’enfonce alors dans la douille de la quantité déterminée au préa-
- lable pour obtenir une pression suffisante. La distribution du plomb est identique à celle de la poudre et la seconde bourre est mise en place par un mécanisme semblable à celui destiné à la première. 11 reste à faire le sertissage, c’est-à-dire à rabattre le bord supérieur de la douille pour maintenir le tout en place. 11 fallait pour cela obtenir une pression et un mouvement de rotation de la pièce F (fig. 2, n° 3) qui vient s’appliquer sur la tête de la cartouche. Dès que celle-ci s’est arrêtée à la place voulue un ressort S se déclenche et donne à F la pression nécessaire au refoulage du carton; en même temps un levier Y agit sur un pignon d’angle T qui transmet un rapide mouvement de rotation à la tige portant
- Fig. 2. — Détails de la machine à cartouches.
- la pièce F, et le sertissage est complet en quelques instants. On peut faire fonctionner la machine au moteur, et avec une force de 1/4 de cheval seulement on ferait 1200 cartouches à l’heure ; mais en général la force d’un homme suffit largement, car en actionnant la pédale sans se fatiguer un ouvrier peut faire 800 cartouches à l’heure.
- On voit qu’un armurier, même très achalandé, peut donner satisfaction aux chasseurs de toute une région. G. Mareschal.
- LA VIGNE DANS LE BAS-LANGUEDOC
- Bacchus amat colles! Juste durant de longs siècles et exact encore jusqu’à nos jours, ce proverbe antique n’exprime plus la vérité, dans le Midi du moins, depuis l’invasion phylloxérique et la reconstitution ultérieure.
- Depuis que les rares souches, éparses sur quelques points des sables littoraux méditerranéens, ont déployé une résistance inattendue, les dunes,jadis désertes, ont été défrichées et produisent des flots de vin. La submersion n’a sauvé autrefois et ne préserve encore que les vignes des terres les plus basses. En troisième lieu, si la reconstitution en ceps américains réussit partout ou presque partout, elle ne rémunère le vigneron, vu les frais qu’elle entraîne, que sur les sols de fertilité au moins passable. Suivant les habitudes du commerce, la qualité du vin récolté s’apprécie sans doute et se paye aussi, mais pas assez cher pour compenser le défaut de quantité résultant de la maigreur du terroir. Il vaut mieux, répètent tous les propriétaires du Languedoc, produire beaucoup que viser trop strictement à la qualité intrinsèque. D’autant qu’avec le procédé de vinification de nos jours, avec des soins et une extrême propreté, on peut améliorer énormément et rendre plus que passable un produit qui eût été du. dernier médiocre avec les vieilles méthodes de nos devan-
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- ciers. Somme toute, les temps actuels décident le triomphe des bonnes terres sur les propriétés peu fertiles, désormais incapables, surtout lors des années de mauvaises ventes, de soutenir la luttç pour l’existence.
- Sur la rive gauche du Rhône la zone de culture importante de la vigne, indiquée sur notre carte par le pointillé conventionnel des topographes, s’appuie généralement Sur la limite occidentale de la plantation de l’olivier, telle que l’a reconnue et tracée notre ami M. Flahault, professeur à l’Université de Montpellier, et nous n’avons pas cru devoir embrouiller notre croquis et fatiguer l’attention de nos lecteurs en distinguant les courbes de séparation, depuis les Albères jusqu’à Lodève. Définissons maintenant la zone de culture exclusive; elle embrasse l’ensemble de toutes les communes dont la vigne envahit actuellement la moitié ou plus de la moitié du territoire1. 11 est clair que ces localités ne sauraient compter sur d’autres ressources agricoles, surtout si on fait la part des gangues par trop rocailleuses, des biens communaux, des quelques bois qui peuvent encore subsister, des marais impropres à toute culture, des étangs littoraux.
- Nous irons même à ce sujet au-devant d’une objection très spécieuse en classant dans la catégorie en question maintes communes dont les vignobles occupent en apparence bien moins de la moitié de la superficie administrative pour l’excellente raison que ces rapports se renversent si on déduit de Détendue brute la surface envahie par les eaux salées ou saumâtres. Cette correction affecte des communes très viticoles, comme par exemple Cette et Marseillan qui se partagent l’étang de Thau, véritable mer intérieure accessible aux navires. Une fois notre convention admise, le tracé limitatif enlaçant les vignobles continus gagnera sensiblement en régularité. Four commencer, deux boucles isolées apparaissent dans les Pyrénées-Orientales. La première part du sud de l’étang de Saint-Nazaire, au nord de l’embouchure du Tech, franchit ce petit fleuve à Banyuls-des-
- 1 Nous avons puisé nos renseignements dans l'Indicateur des vignobles méridionaux publié récemment à Montpellier par M. Charles Gervais qui donne, commune par commune, l’état du vignoble d’après les renseignements transmis par les municipalités. Les erreurs de détail, impossibles à éviter, s’atténuent dans un schéma d’ensemble. Il va sans dire que nous avons adouci çà et là quelques contours trop brusques. Rappelons-nous aussi que l’échelle de production absolue dont 1 a été fait abstraction sur la carte, diffère souvent beaucoup du quotient des étendues relatives que nous avons seules considérées. Par exemple, l’immense commune d’Arles comporte plus d’hectares plantés et produit plus de vin que tel obscur village du Biterrois dont la vigne est l’unique ressource
- Aspres, frôle les Albères, puis rebrousse chemin en négligeant Céret pour retrouver son point de départ après avoir enserré diverses communes sans notoriété. La seconde serpente en ovale irrégulier dans la vallée moyenne de la Tet ; elle englobe dans sa partie sud un chef-lieu de canton Thuir. Entre l’embouchure de la Tet et Saint-Laurent de la Salanque commence enfin une courbe incomparablement plus longue circulant à travers quatre départements et dont l’étude résume presque la viticulture méridionale. Elle fuit d’abord la mer, contourne Rivesaltes en effleurant la boucle de Thuir, franchit l’Agly et entreprend une bizarre excursion sur Estagel, la patrie d’Arago. De ce dernier point jusqu’à Narbonne les grandes plantations s’étalent sur les bas coteaux des Corbières, le long des étangs et descendent jusqu’à la mer. Survient la vallée de l'Aude : les vignobles alignés en adoptent l’orientation, commune au fleuve, au chemin de fer Bordeaux-Cette,
- au canal du Midi; mais nombreuses sont les inflexions : tantôt la zone de culture industrielle gagne du terrain, comme au sud de Lézignan, au midi de Capendu vers La-grasse, au nord de l’Aude vers Peyriac etRieux-Minervois; tantôt un étranglement se manifeste comme à la hauteur de Moux. Enfin le tracé revient sur lui-même en aval de Carcassonne.
- Les vignes envahissent le département de l’Hérault par Olonzac et la ligne de continuité de la culture de l’arbuste serpente dans le territoire, effleurant Saint-Chi-nian, franchissant l’Orb au pied de Murviel, gagnant du terrain au nord de Béziers pour en reperdre ensuite. Favorisée par la vallée de l’Hérault, la frontière recule au delà de Clermont et même d’Aniane (178 m.) mais sans pouvoir réussir à atteindre Lodève. Notre ligne, ayant coupé l’Hérault, longe la rive gauche jusqu’en face de Pézenas. De là un rebroussement assez accentué la conduit par Mèze et Saint-Georges jusqu’à Montpellier, puis sur les bords du Vidourle, bien près de Sommières. Nous voici dans le Gard, mais après une timide excursion vers Nîmes,, notre tracé hésite, retourne sur ses pas et court se noyer dans la Méditerranée non loin d’Aigues-Mortes.
- On voit par cette discussion que les seules grandes’ villes enceintes par la région exclusivement viticole sont *• Narbonne, Cette et surtout Béziers dont la position centrale ressort immédiatement au premier coup d'œil jeté sur la carte. L’Orb lui-mème, par rapport auquel l’Aude et l’Hérault sont symétriques, joue le rôle d’un axe principal. Dans la banlieue de Perpignan, la culture des fruits et primeurs nuit un peu à celle de la vigne encore très importante. Montpellier fait bien partie de la zone active,
- H,c,ù'n tUui-Y laquelle la vigne j Carignan*
- domine sous firme de___________\.4nanon, ÜtiiliH
- Les noms des ccmmueics viticoles isolées ont été soulignes. v
- les groupes étant Tepréseptésjjtsr Ut commune principale, \
- Limite. de cette régions-,------- _
- Région dans lagucUe la culturede la. uigne. présente* S £#&
- de l'ùfipo/'tance . _____-AAlais
- Limite de- cette région*- \ vu*
- Dans la pardc occidentale de la. carte cette j *’* U
- limite est supposée se confondra avec celle ~ . î-v
- de la culture de Volivier' tracée “ ^-
- par DH' Flattant/..........
- Kilomètres.
- **&*,♦> ESPAGNE
- Lion
- M £ D/T£RRAN££
- N.B. Ont été négligés à. desseins :
- Dans l’Aude; les vignobles de l’arrondissf de Castelnaudarg
- Dans VtuxcLuse : ceiuv de, l’arrondisse d'Apt et du, cantorv de. Vatréas,
- Dans les Bouches- du -Rhône ccuæ étrangers à l'ammdisseinent d'Arles.
- EyVÏOK££.l7tSt:
- Carte du bas Languedoc.
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- mais aux portes même de la cité commence un vaste désert de gangues pierreuses, désert qui, englobant les trois cantons à peine habités des Matelles, de Saint-Martin et de Claret, produit peu de vin relativement à son étendue. A Nîmes, à Carcassonne, la moitié des terres, si elle est cultivable, n’est pas cultivée en vignes; mais il existe là comme ailleurs des communes isolées ou groupées dont la position topographique favorise l’organisation des vignobles continus. Nous n’avons pas négligé de signaler les exemples de ce genre dans le thalweg de l’Agly au sud des Corbières, aux approches de Carcassonne dans toutes les directions. Mais l’enchevêtrement le plus bizarre se montre dans la haute vallée de l’Aude dont le climat, comme on sait, se manifeste plus méditerranéen que celui de Carcassonne ou d’Alzonne. Nous signalerons les vignobles de Cépie où vécut sans doute le paysan chanté par Nadaud, ceux de Verzeille et de Montclar en vue desquels il expira. L’étroit défilé d’Àleth barre la route aux plantations; mais elles s’étalent encore pour la dernière fois autour de Couiza lorsque la plaine s’élargit à l’altitude relativement forte de 250 mètres. Les inégalités de la constitution physico-chimique du sol, les divergences de climat, d’orientation, suffisent à expliquer ces anomalies curieuses que nous n’aurons plus à signaler de Carcassonne à Sommières. Mais on doit s’attendre à remarquer dans le Gard de semblables îlots et nous en constaterons deux toujours placés au raccordement de deux vallées : l’un, sur les bords du Gardon, se concentre autour de Moussac; l’autre, au confluent de ce torrent avec le Rhône, englobe Beaucaire et Comps. Les avantages de la plaine de Nîmes expliquent la naissance des enclaves de Beauvoisin et de Redessan. La localité de Corconne personnifie la seule exception propre à l’arrondissement du Vigan.
- On peut se demander si dans toute la région décrite le choix des cépages varie beaucoup. On sait qu’aujour-d’hui le nombre de variétés cultivées en grand tend à se restreindre. Le Carignan domine au sud et à l’ouest de Narbonne et YAramon règne de l’Aude au Rhône. Type des « bois durs », le premier de ces plants est sorti, non de Piémont, mais d’Aragon ; il produit beaucoup, donne de bons vins, s’adapte à merveille aux porte-greffes américains, mais se montre sensible aux maladies. L’Aramon, créé en Languedoc mais non pas venu d’Aramon près Beaucaire, représente les « bois tendres », résiste mieux aux fléaux et déploie une fertilité merveilleuse.
- La carte, nous l’avons dit, ne distingue pas, dans un but de clarté, les deux limites très voisines de la culture de l’olivier et de la vigne plantée sur une assez grande échelle. Néanmoins, à partir de Lodève, et tirant vers l’est les différences s’accentuent par trop et nous indiquons sur notre carte la courbe séparative qui, dans l’Hérault, le Gard, l’ouest de Vaucluse et des Bouches-du-Rhône enlace les communes comprenant le dixième au moins de leur superficie envahie par les vignobles. On voit l’arbuste fuir les garigues (par exemple d’Uzès à Avignon), rechercher les plaines et lutter plus ou moins bien contre la concurrence des légumes et fourrages irrigués. Il s’accumule dans le bassin de Ganges et s’avance le long du Gardon jusqu’aux faubourgs d’Alais. Sur la rive droite du lihône, les centres les plus remarquables, comme étendue relative utilisée, se trouvent à Aubignan, entre Carpentras et Orange et plus au sud à Graveson, où M. Faucon signala le premier en 1872 l’utilité des irrigations contre le phylloxéra. Voisin de Tarascon, proche de Maillane, ce dernier village repose en pleine terre félibréenne. Antoine de Saporta.
- —*<>«—
- LE CHAUFFAGE ÉLECTRIQUE
- ET SES APPLICATIONS
- Le chauffage électrique, a déjà reçu un certain nombre d’applications que nous avons fait connaître en plusieurs circonstances.
- Dans les divers appareils fabriqués jusqu’ici, des résistances assez grandes sont enroulées de façon que lors du passage du courant électrique, ces fils atteignent une température déterminée. Pour éviter toute déformation au contact de l’air, tous les fils sont enfermés dans une pâte isolante. Il en résulte que tous les appareils d’une batterie de cuisine ou de chauffage doivent être changés et appropriés aux nouveaux besoins.
- M. Le Roy a imaginé dernièrement un nouveau moyen de chauffage électrique, qui consiste à employer uniquement une bûche électrique, et qui permet d’utiliser tout le matériel actuel sans àucun changement. Les appareils qui permettent ces utilisations sont donc très simples et très commodes pour ne rien changer aux habitudes acquises.
- À cet effet M. Le Roy a fabriqué la bûche électrique que l’on voit représentée en AB dans notre figure. Une règle de silicium graphitoïde ou cristallisé d’environ 10 centimètres de longueur sur 5 millimètres de largeur et 5 millimètres d’épaisseur est placée dans un tube en verre et réunie à ses deux extrémités à deux montures en cuivre. Le vide est fait à l’intérieur du cylindre de verre. On a ainsi une bûche électrique. Il suffit alors d’en disposer plusieurs parallèlement entre des prises spéciales pour réaliser un appareil de chauffage, un radiateur ou un appareil de cuisine. On peut fabriquer une série de petits éléments portatifs et séparés, qu’il est facile d’intercaler dans des trous de fourneaux.
- Le silicium graphitoïde a été choisi tout particulièrement par M. Le Roy, en raison de la résistance spécifique élevée qu’il présente. M. Le Roy a trouvé en effet par expérience qu’une barre de 10 centimètres de longueur et de 40 millimètres carrés de section avait une résistance de 200 ohms pour le silicium, de 0,15 ohm pour le charbon et 0,00085 ohm pour le maillechort;la supériorité du silicium pour ces applications est donc bien établie. A 800° la résistance décroît environ de 35 à 40 pour 100.
- Dans sa communication à la Société des Ingénieurs civils, M. Le Roy a fait une comparaison très intéressante du prix de revient des sources usuelles de chaleur. 11 a trouvé que 1 kilogramme de houille dégage 7500 calories kilogramme-degré, 1 mètre cube de gaz 5253 et 1 kilowatt-heure 864; toutefois ces chiffres sont notablement abaissés si l’on tient compte des conditions pratiques du chauffage.
- M. Le Roy a trouvé que pour que le chauffage électrique pût entrer en concurrence avec le chauffage par la houille, il faudrait que le prix de vente du kilowatt-heure fût de 0fr,0288 pour le chauffage des appartements et de 0fr,0259 pour les usages domestiques. De même pour lutter avec le gaz,
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- LA NATURE.
- l’énergie électrique devrait être vendue 0fr,I9o et OMU le kilowatt-heure.
- Nous sommes encore loin de rencontrer dans l’industrie ces prix de vente, puisqu’à Paris, dans les secteurs, l’énergie électrique pour applications calorifiques est vendue 0f,',40 à 0fr,50 le kilowatt-heure. Mais il nous semble bien difficile d’établir une comparaison entre prix de revient dans les conditions dont nous venons de parler.
- L’expérience seule pourrait fournir des éléments d’appréciation exacts, en effectuant le chauffage d’une même pièce dans les mêmes conditions de température et en notant les dépenses respectives.
- Les nouveaux dispositifs adoptés par M. Le Roy, n’en méritaient pas moins d’être mentionnés avant qu’ils fussent employés dans l’industrie. J. Laffargue.
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- L’ÉCHOUAGE
- DU « THRASHER » ET DI! « LYNX »
- L’émotion causée en Angleterre, par l’échouage en temps de brume, des deux « destroyers » le Thrasher et le Lynx est loin d’être calmée et l’opinion publique n’est nullement satisfaite de la décision du Conseil de guerre qui a infligé un blâme au commandant Travers du Thrasher pour avoir suivi une route trop rapprochée de terre ; quant au commandant du Lynx, qui n’avait fait que naviguer dans les eaux de son matelot avant, il a été acquitté.
- Il faut voir plus loin, et l’accident par lui-même si fréquent dans les passages brumeux de la Manche n’aurait que peu d’importance s’il ne faisait naître des doutes sur la solidité des « destroyers » ,dont nos voisins ont construit un nombre si considérable, plus de 90 ; on sait que l’objectif de ces petits navires serait, en temps de guerre, de détruire les tor-
- pilleurs français ou tout au moins de les bloquer dans leurs ports dès le jour de l’ouverture des hostilités.
- La plupart des journaux Anglais font ressortir que ces petits navires qui fournissent de très grandes vitesses, environ 30 nœuds à l’heure (55 kilomètres) ne peuvent pas marcher aux allures réduites qui sont prescrites en temps de brume, qu’ils sont construits si légèrement que le moindre échouage peut leur être fatal et enfin, que leurs chaudières reposent si directement sur les fonds du navire que le plus petit choc est capable d’amener leur explosion.
- Et cependant, ces petits bâtiments, par la nature même des services qu’ils sont appelés à rendre, sont fort exposés à se mettre à la côte; car en temps de guerre, ils doivent pénétrer de nuit et à toute vitesse, dans toutes les baies et rades du littoral ennemi pour y rechercher les torpilleurs, et y détruire croiseurs et cuirassés.
- La crainte de voir la chaudière exploser au moindre échouage, peut exercer une influence déplorable sur le moral des équipages et empêcher ceux-ci de remplir, avec la confiance qui en assure le succès, les missions qui leur incomberaient.
- 11 convient donc de revenir sur cet incident dont nous devons profiter en France pour modifier au besoin la construction de nos contre-torpilleurs et en augmenter la solidité, Il y a lieu d’insister sur ce fait que la chaudière elle-même du Thrasher n’a pas explosé ; sans quoi les dégâts matériels et les pertes de personnel eussent été beaucoup plus considérables ; il y a eu rupture du tuyau de vapeur principal de la chaufferie avant.
- Il existe, sur ces destroyers, deux chaufferies situées l’une à l’avant, l’autre à l’arrière et comprenant chacune deux chaudières. Chaque chaufferie est disposée comme le montre la figure 1 ; les parois en sont constituées par la coque même du navire et la chambre de chauffe B est commune aux deux
- La bûche électrique A B.
- Nouvel appareil de chauffage électrique de M. F. Le’Roy.
- A, avant replié par le choc ; B, B', ligne de rupture de la coque ; C, tuyau de prise de vapeur principale ; E, tuyau de prise de vapeur auxiliaire ; G, parquet de chauffe; M, chaudière avant; N, chaudière arrière.
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- générateurs M et N. Avec cette disposition, lorsque l’avant A est venu heurter le roc, la partie AB a été soulevée tandis que, par suite de son poids, toute la partie située en arrière de B avait une tendance à s’abaisser ou, dans tous les cas, à résister à l’effort de soulèvement ; il y a eu alors rupture en B et le bâtiment s’est déchiré suivant une section transversale marquée en BB' sur la figure 2. Au moment où l’avant, cédant à l’action exercée sur lui, se soulevait ainsi, le tuyau principal de vapeur C et la prise auxiliaire E (fig. 2), se rompaient aux deux points faibles, c’est-à-dire aux angles Cet E. — La vapeur se répandit alors dans la chaufferie et causa la mort de trois hommes ; cinq autres furent grièvement blessés.
- Les chaudières du Thrasher étaient à tubes d’eau ; avec des chaudières locomotives, contenant beau-
- coup plus d’eau et de vapeur, l’accident aurait pu avoir des suites encore plus considérables.
- En France, nous nous sommes peu lancés dans la construction des « destroyers » nous n’y avons pas le même intérêt que les Anglais qui veulent, avec ces petits navires, reculer leurs lignes de défense jusqu’aux côtes même de leurs ennemis éventuels, c’est-à-dire les Français. Nos torpilleurs calant moins d’eau que les « destroyers » et pouvant avoir, par beau temps,des vitesses supérieures, sont certainement plus aptes à la guerre sur les côtes embrumées de la Manche ; de plus, leur prix de revient plus faible, permet d’en avoir un plus grand nombre ; or, le nombre et la vitesse sont, aujourd’hui, les deux principaux facteurs de la guerre maritime. Commandant G.
- Fig. 1. — Allongement d'un navire.
- ALLONGEMENT D’UN NAVIRE A VAPEUR
- Les Américains ne doutent de rien ; ils viennent de le prouver, il y a quelques mois, en effectuant un travail des plus remarquables sur le vapeur le New-York.
- Ce navire qui mesurait 95 mètres de long, 13 mètres de large et déplaçait 1400 tonnes, était reconnu insuffisant pour le service auquel il était affecté. On se décida alors à l’allonger de 10 mètres de façon à augmenter sa capacité d’environ 70 tonnes.
- En conséquence, le navire fut mis au sec dans le bassin Erle des chantiers de la John Robins Company; puis on le coupa en deux parties, la section de partage se trouvant juste à l’arrière des chaudières et un peu sur l’avant des machines. On commença d’abord par sectionner le pont et la superstructure, puis la coque; les plaques de cette dernière furent découpées en zigzag, comme le montre notre
- dessin (fig. 1), et lorsque l’opération fut terminée, on entoura la partie avant de chaînes très solides qui furent raidies au moyen de deux puissants treuils à vapeur. L’énorme masse de 600 tonnes, constituée par la partie avant, se mit doucement en mouvement et fut arrêtée quand on eut gagné un espace de 10 mètres par rapport à l’arrière resté immobile. Il n’y avait plus alors qu’à compléter la construction de manière à réunir les deux parties du navire ainsi séparées ; ce fut l’affaire d’une semaine.
- Les tuyautages et les transmissions furent réinstallés, les appartements des passagers complétés et les superstructures achevées ; puis le navire ainsi agrandi fut mis à l’eau sans que rien ne parût de la transformation.
- Le New-York a depuis longtemps repris son service et bien peu des passagers qu’il transporte, se doutent du tour de force accompli par les ingénieurs de la John Robins Company.
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- LA NAT U R K.
- La figure n° 2 ci-dessous représente la disposition adoptée pour le sectionnement en zigzag de la coque du navire; des échafaudages étaient installés sur
- Allongement d'un navire. Ouvriers travaillant le long de la carène.
- toute la hauteur de la carène et des deux côtés, et un grand nombre d’ouvriers, munis de perceuses électriques, préparaient le travail qui était achevé au moyen de burins. L’activité déployée dut être considérable pour achever semblable ouvrage en huit jours1. L. Dubois.
- CHRONIQUE
- lTn torpilleur à turbines. — On se souvient des splendides résultats de la Turbinia, ce torpilleur de 45 tonneaux qui a filé 32 nœuds avec les trois turbines actionnant directement trois arbres sur chacun desquels étaient montées trois petites hélices. L’amirauté britannique vient de commander à M. Parson, le constructeur de la Turbinia, un torpilleur qui doit développer une plus belle vitesse que ce dernier bâtiment ; la nouvelle Turbinia aurait des dimensions inusitées. Au surplus, toute liberté est laissée à son constructeur dans l’élaboration des plans et des aménagements de ce petit navire ; L’amirauté n’interviendra que pour suivre les essais... et pour payer. Rappelons que les principaux avantages que réclame l’emploi des turbines à vapeur dans la navigation sont : 1° une meilleure utilisation de la puissance des chaudières ; 2° une économie de poids considérable ; 5° la suppression des machines motrices et de leurs organes compliqués ; 4° réalisation de vitesses bien plus considérables que celles qu’on a enregistrées jusqu’à ce jour.
- L'intensité dn courant électrique de la foudre. — Sa mesure est très difficile : on ne peut l’obtenir directement, car il est impossible de diriger à travers un galvanomètre le courant d’un éclair. On a cherché une évaluation approximative par l’examen des divers effets que produisent les coups de foudre. C’est dans ce sens que M. Pockel a fait les intéressantes recherches que raconte le journal anglais jSature.
- M. Pockel ayant remarqué à Winterberg (Saxe) des
- 1 Un travail analogue .vient d’èlrc entrepris en Angleterre pour allonger le nouveau yacht du prince de Monaco, qui a paru trop petit une fois sa construction terminée.
- roches d’un magnétisme irrégulier qui semblait dû à un coup de foudre, examina ces fragments et conclut que le magnétisme permanent qu’ils possédaient n’avait pu être produit que par un courant d’au moins 2900 ampères qui serait passé à la surface du roc. Il va sans dire que c’était là une valeur minima, le courant devant être bien plus fort pour produire cette magnétisation à une distance plus ou moins grande. Une évaluation d’une certaine précision put être faite peu après. Un arbre ayant été brisé par la foudre, M. Pockel étudia la magnétisation de quelques basaltes du voisinage; sachant leur distance au courant électrique, il trouva pour l’intensité de ce dernier la valeur de 6500 ampères.
- Notre réserve de houille. — 11 n’est pas sans intérêt de savoir combien de temps encore la houille, ce nerf de toute industrie actuelle, nous sera fournie par les gisements souterrains. Le journal Hansa a dressé le bilan fort rassurant pour nous de la production houillère dans les divers pays, et du stock exploitable que l’on juge par, approximation rester encore dans le sol. L’extraction va sans cesse en augmentant dans tous les pays : en 1885, elle était pour le monde entier de 408 millions de tonnes; en 1890 de 515. Sur ce chiffre, l’Europe seule produisait 355 millions de tonnes dont moitié extraite de l’Angleterre; la France venait au troisième rang après l’Allemagne. D’après les évaluations approximatives de Hansa, on trouve que dans quelque cinq cents ans, plusieurs des pays producteurs, entre autres la France, la Belgique et l’Autriche, auront épuisé leur réserve de houille ; dans moins de huit cents ans, il en sera de même pour tous les pays de l’Europe. Le stock considérable des États-Unis pourra fournir quelque temps à la consommation. Restent les gisements de la Chine et du Japon, bien supérieurs, croit-on, à tous les autres..., plus toutes les mines qu’on ne connaît pas encore. Nous avions donc raison de dire cette statistique très rassurante, et cela pour plusieurs générations après nous. D’ailleurs, avant l’épuisement de nos réserves de houille, l’électricité n’aura-t-elle pas fait de l’industrie par le charbon une curiosité archaïque que l’on n’étudiera plus que dans l’histoire de la science?
- La durée d’un rail. — Il ne faut jamais tirer une règle d’un exemple unique ; mais il est du moins intéressant de relever un cas de durée remarquable d’un rail de chemin de fer. 11 y a peu de temps, en déplaçant une voie de garage sur la section de Straitsvillc du « Baltimore and Ohio Railroad », on remarqua que plusieurs rails portaient la date 1865; on a pu constater qu’ils provenaient d’un lot acheté à cette époque en Angleterre au prix de 625 francs la tonne. Ces rails sont encore en excellent état et pourraient assurément servir de nouveau, pendant au moins dix années, sur des voies où ne circuleraient pas des trains trop chargés ou trop rapides.
- Le chargement des navires sur les grands lacs américains. — On a souvent dit le commerce prodigieux qui se fait sur les grands lacs américains : qu’on ne s’en étonne point en présence des facilités que trouve le chargement ou le déchargement des marchandises. En quatre heures de temps, 6000 tonnes de minerai et plus sont embarquées à bord d’un navire qui peut immédiatement repartir; en une heure, on décharge dans une cale 40 wagons de charbon contenant chacun 25 tonnes.
- L’éclairage électrique et la combustion des ordures ménagères. — Voilà six mois que la municipalité de Shoreditch, en Angleterre, a commencé de
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- brûler toutes les ordures ménagères de son agglomération en employant la chaleur donnée par cette combustion à produire la vapeur nécessaire à une installation d’éclairage électrique. Le succès est si complet qu’on se prépare à diminuer, dans une proportion considérable, le prix de vente du courant aux consommateurs
- Kmplol des pigeons voyageurs. — Cet emploi n’a été jusqu’ici étudié dans les ports de guerre que par quelques officiers qui en avaient fait une entreprise particulière. Maintenant, l’Amirauté fait construire des colombiers à Portsmouth, à Ilevonport et à Sheerness. Le colombier de Devonport a été placé sur le Mount Wise qui domine les alentours et permet aux pigeons de s’orienter plus facilement. A Portsmouth, le colombier a été transporté sur Rat Island, où l’on délivre, pour les exercer, des pigeons à tous les bâtiments qui font des essais. Ces dispositions étant toutes nouvelles, il n’a pas encore été publié de rapports sur ce sujet. Les manœuvres navales qui ont lieu tous les ans et dans lesquelles les pigeons voyageurs seront employés, fourniront une occasion favorable de constater les résultats obtenus. On pense qu’il y aurait lieu de construire également des colombiers à Queenstown et à Harwich, pour servir aux divisions de petits bâtiments qui, en temps de guerre, occuperaient les côtes d’Irlande et la mer du Nord.
- Télégramme coûteux. — On cite parmi les télégrammes d’un prix élevé celui envoyé par le roi d’Italie au duc des Abruzzes à Rio-Janeiro pour lui annoncer la mort de son père, le duc d’Aoste, télégramme dont le prix s’élevait à 13 350 francs. L’agence Reuter a envoyé un télégramme de 4000 mots qui lui a coûté 40 000 francs. Mais le record appartient sans conteste à un câble-gramme envoyé en Australie par un agent de publicité, M. Henniker Heaton, au sujet du parlement britannique, qui n’a pas coûté moins de quatre-vingt mille francs, presque une fortune.
- Consommation (lu café. — Voici quelle a été la consommation du café, en Europe et aux États-Unis, en 1897 et les quatre années précédentes :
- 1897 1896 1895 1891
- (En tonnes.)
- Allemagne. . . . 156 590 129 900 122 590 122 357
- France 77 510 75150 72 170 69 880
- Autriche-Hongrie. 59880 59900 58180 36 260
- Royaume-Uni . . 12 420 12 400 12 480 12 080
- Belgique .... 29 000 24290 23 990 23 699
- Suisse 10 150 9 510 8 190 7 915
- Total Europe . 505 150 291 150 277 400 272 191
- Etats-Unis. . . . 518 170 267 880 260 880 258 822
- Total .... 623 320 559 030 538 280 531 013
- On remarquera l’augmentation anormale de près de 63 000 tonnes.
- Conduites d'eau de mer pour le service d'incendies. — Les journaux américains, dans le but fort louable d’économiser autant que possible l’eau potable, et de la réserver aux usages domestiques proprement dits, insistent pour qu’on fasse à New-York comme à Boston, où les canalisations spéciales d’incendies ne reçoivent que de l’eau de mer.
- Ce plus puissant réfracteur. — L’une des preuves de ^excellence du grand équatorial de l’observatoire Yerkes est fournie par le professeur Barnard : ce savant astronome a réussi à observer, avec cet instrument, un nouveau compagnon de la belle primaire Véga qu’il n’avait jamais réussi à voir avec le grand réfracteur de
- l’observatoire Lick. On sait que ce compagnon n’a qu’uu éclat comparable à celui des étoiles de quinzième grandeur.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 25 avril 1898. — Présidence de M. \Yoi,f.
- Substances nouvelles dans le foie. — M. A. Gautier résume les recherches de MM. Uastre et Floreseo sur des substances que ces deux physiologistes ont retirées du foie. 1° Une matière franchement colorante soluble dans l’eau, particulièrement riche en fer organique et qu’ils ont nommée pour celte raison Ferrine ; 2° une autre matière ne renfermant pas trace de fer, soluble dans l’éther et le chloroforme, ressemblant au cholichroine des graisses. Ces substances sont mises en liberté par la digestion papaïnique du foie.
- Éthers diphosphoriques. — M. Troost communique un travail de M. Cavalier sur les éthers diphosphoriques. Précédemment ce chimiste avait étudié les monoéthers phosphoriques et montré que lorsqu’on passe de l’acide phosphorique à son monoélher, c’est l’acidité la plus faible qui disparaît. Il en est encore de même quand on passe du monoéther au diélher phosphorique. La fonction acide qui persiste est celle qui est la plus énergique.
- Production du silicium. — M. Henri Moissan met sous les yeux de l’Académie un magnifique morceau de silicium obtenu au four électrique au moyen de la glucine silicate double d’alumine et de glucine. Le silicate est réduit vers 1800° et le silicium sort de la combinaison sous la forme d’une masse noire. La température n’est pas suffisante pour produire un siliciure. M. Lebeau a traité ainsi 100 kilogrammes de glucine et il s’est formé un gros gâteau de silicium dont le beau spécimen apporté par M. Moissan n’est qu’une portion. Jamais on n’avait encore obtenu directement une masse aussi grande de silicium.
- Déformation des sons dans le phonographe. — M. Marey dépose une Note de M. le Dr Marage sur la déformation des sons dans le phonographe. L’auteur démontre qu’elle est due aux harmoniques qui se produisent à la fois dans le cornet amplificateur des sons et dans la plaque vibrante.
- Injections intra-veineuses et sous-cutanées. — M. Chauveau transmet les recherches entreprises à ce sujet par M. Arloing, de Lyon. Ces recherches montrent qu’il n’est pas indifférent d’injecter les sérums immunisants par l’une ou l’autre voie. Ainsi, si après avoir inoculé un chien avec la toxine diphtérique, on injecte le sérum antitoxique immédiatement par voie intra-veineuse, on voit cesser rapidement tous les symptômes généraux d’intoxication, mais les phénomènes locaux persistent. Au contraire, si l’on fait l’injection par voie sous-cutanée, les symptômes locaux disparaissent mais les symptômes généraux subsistent. Donc le mode d’inoculation auquel on a recours joue son rôle dans la préservation et il sera bon de tenir compte de cette observation intéressante de M. Arloing. Ch. de Yilledeuil.
- NOUVEAU FREIN DE BICYCLETTE
- A COMMANDE DIRECTE
- Nous disons à commande directe, parce que, effectivement, ce frein ne demande aucun levier supplémentaire pour sa commande; la mise en
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- LA NATURE.
- action du sabot qui vient frotter sur le bandage de la roue se fait par une traction légère sur la poignée de droite du guidon.
- Le principe consiste à articuler cette poignée au moyen d’une goupille reliant la moitié droite du guidon à la partie de celui-ci qui est brasée dans le raccord du tube de direction. C’est dire que toute cette partie droite peut s’animer d’un petit mouvement de rotation dans un plan horizontal, autour d’un point qui est aussi près que possible de la direction; naturellement, dans ce mouvement, la poignée se rapproche du corps du cycliste. On doit comprendre qu’il est assez aisé de transformer ce déplacement horizontal en déplacement vertical pour abaisser le sabot du frein sur le bandage. Aussi le vélocipédiste n’a pas à abandonner le moins du monde une des poignées pour presser le levier du frein ; cela lui laisse un appui solide sur ses deux poignées.
- La transmission de mouvement se fait d’une façon très simple. Le tube de ce qu’on peut appeler le demi-guidon mobile se prolonge, intérieurement au raccord, par une tige rigide qui se termine par un petit galet vertical ; le pivotement de cette tige se fait dans le sens inverse, comme de juste, de celui de la poignée. Quant au galet, il se déplace, lorsqu’on freine, suivant une direction pos-téro-antérieure, en glissant entre deux guides; mais en même temps il est en contact avec une came d’un profil assez particulier, grâce auquel la came s’abaisse au fur et à mesure que le galet est poussé en avant.
- Cet abaissement se fait autour d’un axe fixé à la partie arrière du raccord; à sa partie avant la came sort de ce raccord par une ouverture ménagée ad hoc, et elle porte à son extrémité un autre pivot sur lequel s’articule une tige verticale, la tige même du frein, qui se termine inférieurement par le sabot. Quand donc le galet abaisse la came, il abaisse en même temps la tige du frein.
- Bien entendu, tous ces mouvements sont régularisés par un ressort antagoniste à boudin qui se trouve logé dans la tige de direction et qui tend constamment à relever la came; ce ressort a aussi l’avan-
- tage (avantage qui peut sembler bizarre au premier abord) de demander à la main du cycliste un effort réel pour ramener à lui le demi-guidon mobile.
- Le système a des qualités sérieuses, mais n’a-t-il point d’inconvénients? On peut se demander, par exemple, si quand le vélocipédiste grimpe une côte et qu’il s’accroche, pour ainsi dire, à ses poignées, il ne va pas mettre en action le frein sans le vouloir : il ne le semble vraiment point, car, en pareil cas, la pression ou traction subie par le guidon s’exerce presque verticalement, tandis que le seul mouvement qui puisse actionner le frein est celui qui consiste à rapprocher les mains. Il y a aussi une question fort importante que nos lecteurs se sont posée par la pensée : ce manque de rigidité du guidon doit gêner, sinon même empêcher la direction, puisque,-quand nous voudrons tourner à droite, nous tirerons le guidon vers nous et que, par cela même, nous devrons abaisser le sabot du frein. Mais c’est là que la résistance du ressort antagoniste joue son rôle : pour gouverner et tourner la roue directrice, il faut en réalité un effort extrêmement faible, qui est bien loin de suffire à com-primer le ressort; et cela d’autant que le dessin de la came et la courbe de rayon très réduit où se trouve ordinairement reposer le galet, nécessitent un effort assez considérable de mise en train du mécanisme (l’effort se réduisant ensuite presque à rien quand cette mise en action est commencée). Il paraît que, même la came une fois partiellement abaissée, le ressort antagoniste suffit à donner au demi-guidon mobile une rigidité telle qu’on peut encore gouverner sans faire toucher le sabot du frein sur la roue.
- Normalement M. Phillips, l’inventeur, dispose ce frein sur la roue avant : c’est évidemment plus simple, puisque la transmission est réduite à une tige verticale, mais il est souvent dangereux de freiner sur la roue directrice. Nous voudrions voir le système agissant sur la roue arrière, ce qui serait facile à combiner. P. de Mériel.
- Le Gérant : P. Massox. Paris.' — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
- 1. Vue générale du frein. — 2. Coupe de la droite du guidon. 3. Détail de la came.
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- N° 1501. - 7 MAI 1 808. .LA NATURE. 555
- EXCURSIONS SCIENTIFIQUES DE « LA NATURE»
- 1898
- Un membre éminent de la Société royale de Londres disait récemment devant nous, non sans une certaine ironie : « Vous n’en avez sans doute pas suffisamment conscience, mais vous changez considérablement en France; il y a du nouveau et du très bon : vous voyagez ! Le Français prend enfin l’habitude de changer d’air, de se déplacer, d’aller même au loin... sans faire son testament. C’est là un progrès, un très grand progrès. On n’apprend rien quand on reste confiné entre ses quatre murs; les termes de comparaison manquent ; l’homme qui passe sa vie chez lui finit par devenir aveugle et sourd. Dès lors que penser d’une nation qui vit exclusivement chez elle et pour elle? Ainsi vous avez fait trop longtemps. Tout est changé, je vous en félicite. »
- L’esprit nouveau qui nous anime n’échappe donc à personne. Mais pour être juste, il faut dire qu’il ne nous a pas ainsi saisis à l’improviste. U y a des années que nous avons secoué notre indifférence et notre apathie ; on trouve des Français dans toutes les parties du globe. Cependant on n’en rencontre pas encore assez à notre gré. Les vieux préjugés sont toujours difficiles à déraciner, et beaucoup trop de personnes s’imaginent encore que le bout du monde, c’est la fin du monde. 11 faut réagir contre ces idées d’un autre temps. Il importe d’encourager par tous les moyens l’esprit d’initiative et d’entreprise, efc même la passion des grands voyages. Il le faut certainement pour la grandeur du pays, pour le développement de la fortune publique. On l’a si bien compris chez nous que des personnalités scientifiques et littéraires se sont mises à porter un peu partout la bonne parole. Le Muséum a établi des cours spéciaux pour les voyageurs. On a organisé de longs voyages en commun. Un mouvement se dessine, puissant, irrésistible, dans cette direction.
- Ici comme en tout et pour marcher dans cette voie avec plus de sûreté, il nous paraît qu’il y aurait lieu de commencer par le commencement. Il ne suffit pas de dire à la jeune génération : « Vous voyagerez » ; il est indispensable de lui apprendre à « voyager ». Nous possédons autour de nous un champ d’études et de préparation merveilleux. Nous avons la France!
- Et, fait bizarre, c’est peut-être la France que les Français connaissent le moins. Depuis des années, ceux qui ont compris l’utilité des déplacements ont surtout franchi les frontières. On va en Italie, en Suisse, en Allemagne, en Norvège, en Grèce, etc. ; on n’a pas tort, mais sans doute aurait-on raison aussi, si l’on songeait un peu plus à aller voir d’abord les beautés de son propre pays. On rencontre sur nos routes, dans nos villes beaucoup d’étrangers et très peu de Français. Les admirateurs de la France sont des étrangers. Enfin, comme pour voyager utilement il faut une instruction préalable,
- n’est-ce pas chez nous qu’il est logique de prendre ses premières leçons?
- C’est sous l’empire de ces réflexions que nous avons pensé à mettre à exécution un projet qui nous tenait au cœur depuis longtemps. La Nature dispose de ressources particulières. Nous avons la bonne fortune d’avoir à côté de nous des collaborateurs de grand renom, tout disposés à nous prêter leur précieux concours. Nous avons, d’autre part, des lecteurs en très grand nombre qui s’intéressent aux hauts problèmes de la philosophie naturelle. Pourquoi ne pas établir entre les uns et les autres un lien plus intime? Ne pas nous réunir et associer nos efforts pour voyager ensemble avec profit? Nous avons résolu de grouper ceux qui répondront à notre appel, sous la direction d’un savant autorisé, et d’organiser, aux vacances, une excursion scientifique en France. On visitera les plus beaux sites, les curiosités naturelles, les mines, les usines; on étudiera la géologie d’une région, sa faune, sa llore, son hydrographie, etc.
- Cette année, l’excursion aura lieu au commencement du mois d’août et sera dirigée par M. Marcellin Boule, le savant géologue du Muséum d'His-toire naturelle de Paris, bien connu de nos lecteurs par ses articles relatifs à la paléontologie, à la géologie, à l’anthropologie, etc. Nous avons choisi pour première région à explorer certaines parties du Massif central de la France, que M. Boule connaît particulièrement.
- L’excursion durera douze jours. On visitera successivement les causses du Lot et le gouffre de Padirac, Deeazeville (mines et hauts fourneaux), P’igeac, Aurillac, Vic-sur-Cère, le Lioran (un des plus beaux sites de France), Murat, le puy Mary (1787 m.), Neussargues, Saint-Flour, le viaduc de Garabit, Mende, les gorges du Tarn, Meyrueis, le mont Aigoual et son observatoire, le Vigan.
- C’est un des plus beaux voyages de France que l’on puisse imaginer. Le Cantal est une des régions à la fois les plus attrayantes et les moins connues. Une excursion dans cette partie de la France présente certaines difficultés pour les touristes ; le confort fait défaut et les moyens de communication sont peu commodes. C’est précisément parce qu’il est peu aisé d’y faire, en un laps de temps limité et dans des conditions économiques, un tour complet et fructueux que nous avons cherché à fournir à nos lecteurs le moyen de visiter les points intéressants du Cantal, en mettant à leur disposition les facilités que chacun de nous ne pourrait se procurer isolément.
- Nous indiquons aujourd’hui très sommairement le plan de l’excursion de 1898. Nous reviendrons sur l’itinéraire, sur le programme scientifique et sur les détails d’éxécution. Henri de Parville.
- 26e année. — 1er semestre.
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- LA NATURE.
- RÀDIOCONDUCTEURS
- CONDUCTIBILITÉ ÉLECTRIQUE INTERMITTENTE1
- On appelle en Electricité corps conducteurs des corps qui laissent passer l’électricité et corps isolants des corps qui l’arrêtent. Les métaux sont conducteurs; l’air, le soufre, la paraffine sont isolants. Les conducteurs et les isolants en Electricité correspondent aux corps transparents et aux corps opaques en lumière. Les expériences que je vais décrire établiront l’existence d’une troisième classe de corps, tantôt conducteurs-et tantôt isolants, dont les limailles métalliques sont le type.
- Réunissons les deux pôles d’un élément de pile par une limaille métallique contenue dans un tube de verre entre deux tiges conductrices, le courant ne passe pas et un galvanomètre faisant partie du circuit reste à son zéro. À un moment donné, si l’on fait fonctionner dans la . salle une machine de Wimshurst munie de son condensateur ou un oscillateur de Hertz, dès qu’une étincelle éclate, la déviation du galvanomètre indique que la limaille est devenue brusquement conductrice et reste conductrice après que les étincelles ont cessé. On a ainsi le phénomène d’une substance qui n’était pas conductrice et qui le devient et d’une façon persistante sous l’influence d’une décharge électrique à distance.
- Une limaille métallique est évidemment une substance discontinue’, elle consiste en grains de métal, indépendants, séparés par des intervalles d’air isolants. La conductibilité produite dans la limaille s’établira encore, dans les mêmes circonstances, si l’on y remplace l’air par un autre isolant comme le soufre ou la résine en proportion suffisamment petite. Tel est le cas d’une pastille solide obtenue en agglomérant de la résine en poudre et de la limaille à la température de fusion de la résine.
- Les substances discontinues, très variées, qui jouissent de la propriété de passer ainsi de l’état d’isolant à l’état de conducteur, sont dites des Itadioconducteurs; ce nom rappelle que leur conductibilité s’établit sous l’influence du rayonnement électrique qui émane d’une étincelle.
- L’action des étincelles décroît quand la distance augmente, mais on l’observe avec la plus grande facilité à 25 ou 50 mètres, soit à l’air libre, soit à travers des cloisons et des murs, avec une épaisseur de 1 à 2 millimètres de limaille d’aluminium, de bronze d’aluminium, de maillechort, convenablement tamisée et comprise entre 2 tiges métalliques. Marconi, en 1807, dans ses remarquables essais de télégraphie sans fil, l’a observée à 14 kilomètres.
- Un radioconducteur intercalé dans un circuit de pile sc comporte d’abord comme un isolant et maintient le circuit ouvert; dès qu’une étincelle éclate, il
- 1 Édouard Hranly : Comptes rendus de VAcadémie des sciences, 24 novembre 1800, 12 janvier 1891, 12 février 1804; Bulletin de la Société française de physique, avril 1801; Journal la Lumière électrique, 1er semestre 1801.
- devient conducteur et ferme le circuit. De là le moyen de déterminer à distance, sans fil intermédiaire, à un instant donné, les divers effets du courant.
- L’effet que je viens de décrire, déviation d’un galvanomètre, était faible ; le courant était dù à un élément de pile et, bien que la résistance du radio-conducteur fût parfois très réduite, par l’action de l’étincelle, l'intensité du courant qui le traversait ne dépassait pas une fraction d’ampère. On peut produire des effets beaucoup plus puissants et l’intensité du courant qui traverse un radioconducteur, après l’action de l’étincelle, peut dépasser 20 et 25 ampères. Composons par exemple un circuit avec une batterie de 12 à 15 accumulateurs, un fil de platine iridié de 1 mètre, et une couche de quelques millimètres de limaille d’aluminium contenue dans un tube de verre à larges électrodes métalliques. La limaille intercepte le courant et l’ouverture se fait à un godet de mercure dans le circuit sans apparition d’étincelle. Si l’on vient à décharger un condensateur à distance, le fil de platine rougit vivement. On peut opérer de même l’allumage de lampes à incandescence; on peut encore voir un électro-aimant s’animer subitement, attirer et maintenir soulevé un lourd boulet de fonte; une bobine d’induction fonctionner et illuminer des tubes de Geissler ; un moteur électrique entrer en travail; une pièce d’artifice faire explosion. Dans tous les cas, une étincelle détermine au loin de puissantes actions.
- Dans les applications des tubes à limaille, il ne faut pas perdre de vue que le diamètre des grains et leur tassement doivent être en rapport avec la force électromotrice de la pile, car celte force électromotrice exerce par elle-même, pour faire passer le courant, un effort d’autant plus efficace qu’elle est plus élevée. Pour une même limaille, le diamètre des grains et leur tassement doivent diminuer quand la force électromotrice augmente. Pour des limailles différentes, diverses autres conditions interviennent et spécialement le degré d’oxydation. Enfin, la section de la partie utile du tube sc règle d’après l’intensité du courant; les petites sections, suffisantes pour de faibles courants, font place à de fortes sections pour des courants forts, afin que la résistance du radioconducteur ne diminue pas dans une trop importante mesure l’intensité du courant mis en circulation.
- En pratique, même pour produire de grands effets, il n’est pas nécessaire de faire traverser un radioconducteur par des courants intenses, si, au circuit qui le comprend et qui contient seulement un élément de pile, on ajoute un électro-aimant. Quand une étincelle éclate, le circuit du radioconducteur se ferme, l’éleetro-aimant s’aimante, son contact de fer doux entraîne une pièce métallique qui ferme un deuxième circuit, le circuit principal ; celui-ci comprend une batterie d’accumulateurs.
- Jusqu’ici, pour produire à distance les divers effets du courant, on avait recours à un électro-aimant dont le contact de fer doux servait à fermer le circuit principal. L’éleetro-aimant faisait partie d’un pre-
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- mier circuit relié à la station de départ par deux longs fils métalliques. En appuyant sur une manette on fermait le premier circuit et, par l’électro-aimant et son contact, le circuit principal se fermait en même temps à la station d'arrivée. L’électro-aimant se désaimantait en cessant d’appuyer sur la manette, son contact s’éloignait et le circuit principal s’ouvrait. C’est cette aimantation intermittente qui a conduit aux applications si variées des électro-aimants et en particulier à la télégraphie ordinaire, car pour une transmission de signaux, il suffit qu’on puisse ouvrir et fermer un circuit à intervalles rapprochés.
- L’emploi d’un radioconducteur et sa propriété de devenir 'conducteur par l’étincelle permettent de supprimer les deux fils de communication de l’électro-aimant avec la station de départ. À cette station, on dispose un appareil à étincelles qui agit sans fil à distance. Par une étincelle les circuits se ferment. Pourqu’ils s’ouvrent, on supprime la conductibilité du radioconducteur, on y parvient par le choc.
- Pour montrer l’action du choc, répétons l’expérience fondamentale en formant un circuit avec un élément de pile, un tube à limaille et un galvanomètre. Une étincelle éclate, le galvanomètre est dévié. En frappant sur le tube, on fait disparaître sa conductibilité. La conductibilité d’un radioconducteur est donc à volonté intermittente.
- Pratiquement, pour supprimer à un moment donné la conductibilité, il n’est pas nécessaire de placer un opérateur chargé de produire les chocs auprès des appareils qu’une étincelle a mis de loin en action; ce serait, en effet, perdre l’avantage de l’effet à distance. A l’aide de dispositions spéciales, familières aux électriciens, on fait en sorte que le courant mis en circulation par la conductibilité du radioconducteur agisse d’une façon automatique sur un marteau qui frappe le tube, le rend isolant et ouvre ainsi le circuit. Une nouvelle étincelle le ferme, un nouveau choc l’ouvre, et ainsi de suite.
- À cause de leur extrême impressionnabilité à distance, les radioconducteurs sont jusqu’ici les plus sensibles des révélateurs des ondes électriques; leur emploi comme récepteurs dans les expériences de télégraphie sans fil de Popoffen 1896, et de Marconi en 1897, montre combien leur importance pratique peut être grande. Édouard Branly,
- Docteur ès sciences et docteur en médecine. —®^>-e—
- LES PROGRÈS DE LA. SCIENCE
- Il est à la mode, dans certains milieux, de décrier la science et ses progrès. M. Berthelot a vivement relevé ces appréciations si peu exactes, mais il nous a semblé utile d’opposer à l’éloquence des paroles de notre savant compatriote, l’éloquence, plus grande encore, des faits scientifiques, des grandes conquêtes dont cette fin de siècle peut s’enorgueillir à juste titre.
- Supposons donc, pour rendre notre démonstration plus éclatante, un simple mortel tombé en léthargie au lendemain de la fermeture de l’Exposition de 1889, c’est-à-dire il y a moins de neuf ans, et ne connaissant par
- suite que les progrès réalisés et consacrés à l’époque de notre dernière grande manifestation internationale. Son admiration et ses études devraient se porter sur :
- 1° La bicyclette, qui révolutionne les mœurs actuelles; et dont il n’existait alors que de rares spécimens bien grossiers comparés à la petite reine de nos jours; 2° L'automobile, à pétrole ou électrique, dont l’avenir est peut-être plus grand encore que celui de la bicyclette; 5° Les chemins de fer électriques, qui n’existaient pas en 1889 (il n’y avait que des tramways), et qui modifieront les conditions d’exploitation des grandes lignes au siècle prochain ; 4° Les courants polyphasés, qui permettent de répandre et de distribuer à toutes distances les forces motrices naturelles; 5° La turbine de Laval, un procédé nouveau — au point de vue industriel — de l’utilisation mécanique de la vapeur à haute pression ; 6° Le moteur à combustion intérieure, de M. Diesel, qui constitue le procédé le plus économique actuellement connu de transformation de la chaleur en travail; 7° Le carbure de calcium, qui donne naissance à l’acétylène, l’un des illuminants du siècle prochain ; 8° Le cinématographe, dont on nous a émerveillés jusqu’à saturation; 9° Les rayons Rôntgen, qui révolutionnent l’art de guérir. A ces neuf découvertes ou grandes inventions dont les résultats sont acquis, et dont nous faisons chaque jour notre profit ou notre agrément, il convient d’ajouter : 10° L’air liquide industriel, aujourd’hui acquis par les travaux récents deM. Linde; 11° La photographie des couleurs dont les derniers résultats si merveilleux obtenus par MM. Lumière viennent d’être présentés à l’Académie des sciences par M. Mascart; 12° La télégraphie sans fils, pleine de promesses; 13° La lumière froide, obtenue par luminescence de gaz raréfiés traversés par l’effluve électrique; 14° Les courants de haute fréquence, dont M. Tesla et le I)r d’Arsonval ont tiré un si merveilleux parti.
- En moins de dix ans, dans le seul domaine de la mécanique et de la physique, c’est quatorze numéros nouveaux à sensation que nous devons ajouter à la liste déjà longue des conquêtes scientifiques du dix-neuvième siècle, et qu’il nous faudrait expliquer à notre léthargique à son réveil. Et mine crudimini.... E. H.
- LE MUSÉE D’ENNERY1
- COLLECTION JAPONAISE
- II
- Je dois commencer par dire que s’il a été nécessaire de sérier les objets reproduits dans ces ticles en deux groupes, le groupe chinois, le Oioupe japonais, on aurait tort de croire que ce classement a été observé dans les galeries et les vitrines du musée D’Ennery.
- M"‘e D’Ennery, qui ne veut pas qu’on parle de sa science, s'y connaît autant que bien des japonisans, mais elle réserve ce quelle sait pour ses catalogues. Ce qu’elle cherch/ avant tout, pour le réaliser d’ailleurs avec un rare bonheur, c’est à composer des vitrines qui év jquent des sensations, qui soient un régal pour les yeux : ainsi, les vitrines des céladons, des rouges de cuivre, des verts, des bleus-turquoises, etc., dont j’ai parlé la dernière fois, oubliant d’ailleurs de signaler particulièrement une des vitrines de ces bleus-turquoises qui est une véritable merveille d’arrangement. La collection
- 1 Yuy. u° 1299, du 23 avril 1898, p. 523.
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- LA NATURE.-
- japonaise du musée D’Ennery est représentée ici par plus de la moitié. Les netzkés occupent, avec les une vingtaine d’objets et les netzkés comptent pour chimères, une place prépondérante au musée
- Fig. 1. — Objets japonais et chinois. — 1. Chat, porcelaine émaillée (Chine). —• 2. Dieu du .tonnerre (Japon). — 5. Crapaud sous couverte rouge de cuivre (Chine). — 4. Enfant à la hotte, faïence de Kioto (Japon). — 5. Kilin, bois (Japon). — G. Danseuse, bois (Japon).
- Fig. 2. — Objets japonais. — 1. Démon porte-lanterne, terre cuite. — 2. Prêtre sortant d’une conque et souillant dans une conque, grès de Kioto. — 3. Démon déguisé en prêtre voyageur. — 4. Netzké en forme de masque.
- D’Ennery. Ils sont environ 2700. Leurs sujets se répètent souvent, mais cela a été voulu ainsi.
- Rien d’amusant comme de voir s’aligner tous ces buveurs de saké, tous ces maîtres de cérémonies de
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- LA NATURE.
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- thé préparant leur boisson favorite, toutes ces divi- Ce sont encore des paysages sculptés dans une nités, danseurs de No, personnages de légendes, coquille entrouverte, sept personnages dans une
- Fig. 3. — Objets japonais. — 1. Grand tigre de bois. — 2. Tigre, terre cuite par Naganii. — 3. Lapin, grès de Kioto. 4. Kinko sur son poisson, grès de bizou. — 5. Netzké représentant le philosophe Dharma se détirant, bois.
- j'itr. 4. _ Objets japonais. — 1. Danseur de No. — 2. Grotesque. — 3. Dieu des eaux.,— 1. Dieu de longévité. — 5. Femme trois lois coupable. G. Okamé. 7. Prêtre tenant une cloche. — 8. Dharma. — 9. Démon porte-lanterne. — 10. Jonque chinoise. — 11. Danseur de No.
- forêt de bambous, des êtres à cheveux rouges, la lorsqu’ils arrivent aux enfers. L’ivoire, le bois naturel, Goule qui dépouille les morts de leurs vêtements le bois laqué rouge ou peint sont les matières qui
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- LA N AT U KL.
- dominent. Les divers objets comprennent des céramiques et des bois sculptés de dimensions variables1.
- Céramique. — Figure 1, n° 4. — Enfant assis portant un panier sur son dos. Ce panier est fermé par un couvercle en métal bleui (shakoudo) et sert de brûle-parfum. Faïence de Kioto genre Ninscï, potier du commencement du dix-septième siècle qui introduisit au Japon l’usage'des émaux dans la décoration de la faïence.
- Le panier, le vêtement du personnage sont décorés d’ornements dorés et émaillés bleu et vert.
- Figure 5, n° 5. — Lapin faisant le guet, les oreilles dressées et dont l’attitude et l’expression sont très heureuses.
- tirés de Kioto sous vernis brun verdâtre. Les poils de l’animal sont figurés par de petites hachures gravées, les yeux sont en biscuit de porcelaine, leur pupille est émaillée noir.
- Figure o, n° 4. — Personnage sur poisson, que les albums de Hokonsai désignent sous le nom de Kinko. Grès de Kizen signé du caractère Ki.
- Figure 3, n° 2. — Tigre assis semblant suivre une proie qu’il se prépare à attaquer. La férocité et la force de l’animal sont étonnamment interprétés. Terre cuite tendre dont l’auteur, qui a signé, est un potier moderne du nom de Nagami du village de Yamashita (province Jwami).
- Le pelage du tigre est figuré par des taches noires faites au pinceau. Ses yeux sont émaillés brun clair.
- Figure 2, n° 1. — Démon dont le cou est entouré par un dragon. Terre cuite.
- Ce personnage reproduit très heureusement un des deux diables porte-lanternes, sculptés en bois, du temple de Kasouga, à Nara, et qui sont attribués à un fameux sculpteur du treizième siècle nommé Koben.
- A Nara, le démon qui sert de modèle à celui-ci porte une lanterne en bronze sur la petite plate-forme qui surmonte sa tète.
- Figure 2, n° 2.— Prêtre de la secte Bouddhiste Singon, il émerge d’une conque et souffle dans une conque plus petite. Grès brun de Kioto d’une très fine exécution. Dix-huitième siècle.
- Objets en bois. — Figure o, n° 1. — Superbe tigre dans l’attitude de la défense et dont l’allure énergique est puissamment rendue. Hauteur 0m,95, longueur 0m,85. La couche de laque dorée qui le recouvre est presque complètement enfumée et s’écaille en maints endroits.
- Cette pièce exceptionnelle peut dater du dix-septième siècle.
- Figure 1, n° 6. — Petite danseuse en bois poly-chromé, tenant de la main gauche un sistre à anneau. Elle représente une Miko ou Kannagui, sorte de devineresse shintoïste qui, après avoir accompli certains rites sur la scène réservée aux représentations religieuses dans un temple Shinto, s’endormait
- 1 Un sculpteur du dix-huitième siècle, nommé Hoshin, se rendit célèbre par ce genre de netzkés.
- et pendant son sommeil entrait en commerce avec les dieux.
- Figure 1, n° 5. — Un Kilin, animal imaginaire à une corne, dont l’apparition est généralement considérée comme de bon augure, bien que d’après une légende, Confucius ayant rencontré un Kilin deux ans avant sa mort en présagea sa fin prochaine. Bois peint, d’une légèreté extraordinaire.
- Figure 1, n° 2. — Le dieu du Tonnerre Baïden, qui s’est laissé choir sur une large coquille.
- Derrière la coquille, sont exécutés en laque d’or les petits tambours et les deux baguettes qui sont les inséparables attributs du dieu. Bois moderne.
- Figure 2, n° o. —-Démon déguisé en prêtre voyageur. 11 porte sur son dos un parapluie. Sa main droite est armée d’un maillet ; sur sa poitrine est suspendu le petit gong qu’il frappera pour attirer sur lui l’attention et demander l’aumône. De la main gauche il tient un livre dont l’inscription nous apprend l’usage. C’est un livre destiné à enregistrer des souscriptions pour quelque œuvre pieuse. Bois polychrome moderne.
- Netzkés. — Figure 2, n° 4. — Un masque pour No. Bois peint, dont la couleur s’est écaillée en de nombreux endroits, et attribuable à l’un des Demé, DeméOuman, ou Demé Djoman, célèbres sculpteurs de masques et de netzkés en forme de masques du dix-septième siècle1.
- Ces petits chefs-d’œuvre sont de Shouzan ou de son école. Shouzan est un des plus célèbres sculpteurs de netzkés du dix-huitième siècle.
- Figure 4, n° o. — Le dieu des Eaux sur le dos duquel s’allonge un dragon dont la tête surmonte la tête du dieu. Bois polychrome de l’atelier de Shoukei, élève de Shouzan.
- Figure 4,n° 11. — Petit danseur de No masqué. Bois polychrome de l’atelier de Shouzan.
- Figure 4, n° 8. — Dharma debout. Figure 5, n° 5. Dharma assis bâillant et se détirant. Dharma est l’introducteur de la secte bouddhique Zenshiou en Chine vers 520 de notre ère. Il est célèbre pour ses longues méditations que rien ne pouvait interrompre et de ce fait est devenu l’objet de nombreuses et très amusantes caricatures chez les Japonais. Le Dharma qui s’ennuie, bâille et s’étire en est ici un exemple. Bois.
- Figure 4, n° 7. — Bonze debout sur un rocher faisant quelque invocation et agitant une cloche.
- Figure 4, n° 1. — Danseur de No représentant un Shojo, créature imaginaire aux cheveux rouges, qui passe pour être grand amateur de saké.
- Figure 4, n° 5. — Jeune femme dont la coiffure est formée de trois marmites retournées et superposées. D’après une croyance populaire, le dieu du temple shintoïste de Tsoushima, punirait sévèrement toute personne qui se présenterait à lui sans avoir confessé ses fautes. Un des modes de confession pour les
- 1 Ce netzké et la plupart des précédents sont reproduits dans un ouvrage japonais d’archéologie du dix-huitième siècle appelé So Ken Ki Cho.
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- femmes et les jeunes filles coupables consiste à se coiffer d’un certain nombre de marmites.
- Bronze. — Figure 4, n° 10. — Une petite jonque chinoise très finement exécutée et d’une belle patine verdâtre. Don de M. Hamot au musée D’Ennery.
- E. Desiiayes,
- Conservateur adjoint du musée Cuimet.
- LE SAXAOUL
- M. Edouard blanc, l’explorateur déjà célèbre par les voyages réitérés et heureux qu’il a accomplis dans les régions orientales, a rapporté, entre autres objets, de son excursion récente, deux exemplaires d’un arbuste étrange et qui semblerait avoir inspiré le crayon des Callot et des Gustave Doré par sa forme tourmentée. Son nom indigène est même d’une sonorité quelque peu infernale, il s’appelle Saxaoul.
- Ce singulier végétal avait déjà fixé l’attention des botanistes de cabinet et aussi celle des naturalistes qui font de l’application et qui cherchent à tirer un parti essentiellement utile des végétaux. De ce nombre sont : MM. Grisard et Vilbouchevitch, qui ont publié un chapitre intéressant et très étudié sur le Saxaoul du Turkestan1.
- On sait que des espaces considérables de la région sud-est de la Russie, et des États qui sont placés dans sa zone d’influence, sont des steppes ou plaines immenses occupées, çà et là, par des marais plus ou moins saumâtres ou dessables à fonds suffisam-menthumides, pour qu’une végétation rare et spéciale s’y implante, et le Saxaoul y est souvent abondant. Du chemin de fer transcaspien, les voyageurs peuvent apercevoir des massifs, voire même de petites forêts plus ou moins importantes de ce végétal, dont la taille varie de quelques pieds à 5 ou 6 mètres en hauteur. Les bords de la mer Caspienne et de la mer d’Aral sont assez pourvus de Saxaoul; puis on le rencontre en Perse et jusqu’en Sibérie (fig. 1).
- La famille des Chénopodées2, à laquelle il appartient, ne comprfend que des herbes ou des arbrisseaux de faible dimension et d’un aspect triste et uniforme ; rarement les feuilles sont largement développées comme le sont celles des Épinards et de la Relle-Dame de nos potagers.
- Tout le monde connaît les Chénopodes qui infestent les champs en culture et les Salicornes des eaux saumâtres du littoral marin. Pour les autres genres et leurs espèces, les feuilles sont habituellement courtes et épaisses, ou réduites à des écailles, c’est le cas de YHaloxylon Ammodendron, nom botanique du Saxaoul. Le nom de genre est tiré de deux mots grecs qui signifient « bois des endroits salés », le nom d’espèce veut dire que c’est un arbre croissant dans les terrains sablonneux. En effet, au milieu de
- 1 Revue des sciences naturelles appliquées (Société nationale d’acclimatation de France. 5 février 1892).
- 2 Cette famille comprend 85 genres, environ, et près de 550 espèces.
- déserts de sable où presque nulle végétation ne se montre, on voit derrière un rideau de dunes un fourré, d’une étendue variable, de Saxaouls.
- Les régions où se trouve ce végétal, sables ou marais, sont habituellement balayées par des vents violents la plus grande partie de l’année, d’où la forme tortueuse qu’il prend.
- Un échantillon d’herbier recueilli en Perse par Michaux, en 1784, et provenant de « la plaine des tourbillons », donne bien l'idée des stations qu’occupe cette plante. Ses rameaux fragiles, brisés par les rafales, s’amoncellent au pied et forment un fouillis souvent inextricable; tout a l’air d’être mort, mais à la saison favorable les bourgeons se montrent et poussent de nouvelles branches, d’ahord charnues, avec des petites feuilles scarieuses, opposées, et enfin des fleurs sans éclat auxquelles succèdent de petits fruits secs entourés des divisions du calice qui se sont accrues, et finalement transformées en autan d’ailes favorisant la dissémination des semences.
- On trouve généralement d’autres espèces, mais en très petit nombre, associées au Saxaoul ; ce sont des Tamarix, deux ou trois sortes d’autres Chénopodées et de Polygonées et enfin une Papilionacée épineuse.
- La végétation du Saxaoul est lente, et pour avoir des troncs d’une dimension un peu forte, il faut un siècle et souvent plusieurs. Cette lenteur de croissance entraîne une densité remarquable du tissu ligneux et sa pesanteur dépasse parfois celle de l’eau quand l’aubier ne vient pas contre-balancer le poids du cœur du bois. Celui-ci est d’un brun noir et d’une dureté exceptionnelle, mais il se rompt cependant avec facilité.
- Plusieurs savants russes ont étudié ce bois, et l’un d’eux a constaté que les couches annuelles ne dépassent pas ordinairement un demi-millimètre. De plus, le cylindre ligneux est sillonné, çà et là, par des interruptions d’accroissement attribuées à la rupture des rameaux du côté correspondant, en sorte que, sur la section transversale d’un tronc de Saxaoul, on a la représentation de développement irrégulier qu’on remarque sur le bois de certains lianes de la famille des Légumineuses.
- On pense tout de suite qu’un bois de cette nature doit être un bon combustible, et, à cet effet, il est mis à contribution sur une large échelle dans toutes les régions où il se trouve. Il paraît qu’à l'état vert il brûle aussi facilement que du bois sec en dégageant une grande somme de chaleur et une odeur agréable. Enfin son charbon, qui reste incandescent jusqu’au bout, est très estimé.
- La consommation du bois et du charbon de Saxaoul est si grande, que celui-ci disparaîtra à courte échéance, maintenant surtout que les voies de pénétration augmentent dans ces contrées de l’Orient. Les bateaux à vapeur de la mer d’Aral sont chauffés avec ce bois; toutes les régions qui en possèdent sont mises à contribution par la population, ainsi que par les fonctionnaires des stations de chemins de fer. Au Turkestan où il était très abondant, il est devenu
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- LA NATURE
- rare. Les auteurs cités en tête de cet article rapportent un passage delà relation de voyage de M. Capus, disant qu’il vient annuellement sur le marché de
- Samarkand 50 000 charges de chameau, à quatre voyages par an, de Saxaoul produisant 6400 tonnes de charbon, soit une valeur de 600 000 francs,
- Fig, 1. — Buissons de Saxaoul.
- et cette quantité est recueillie dans une aire relativement restreinte du pays. Bien d’autres villes de moindre importance en brûlent aussi et, malgré les /
- mesures prises, trop tard J
- en Turkestan, pour en limi- î ter ou en délêndre la consommation, le Saxaoul con- tinue d’être exploité et sa valeur augmente avec sa diminution. j
- Quant à la culture de ce j
- végétal, elle semble ne pas j
- devoir être entreprise avec <
- succès. La lenteur de sa crois- 1
- sauce en décourage les essais, j
- Il y aura un moment où, comme pour le Tamarix, un J commensal du Saxaoul, celui- I ci ne sera plus qu'une espèce j rarissime dans son propre pays. Cependant des tenta- :
- tivcs ont été faites en vue de j
- le replanter dans son pays et même, de l’introduire dans les chotts algériens, et en beaucoup d’autres points du globe, par des envois de graines; mais les difficultés de son expansion paraissent l’avoir rayé des espérances qui semblaient fondées au début, et le silence s’est fait sur le Saxaoul.
- Son rôle alimentaire est restreint; les animaux
- Fijr. 2.
- domestiques de la région, les moutons, les chèvres et les chameaux, broutent volontiers les brindilles terminales, faute de mieux, et ces derniers néanmoins recherchent le Saxaoul avec une certaine préférence.
- Quelques animaux sauvages vivent dans les fourrés où YHaloxylon et le Tamarix dominent : une petite Antilope, une grande quantité de Gerboises, une Perdrix spéciale et deux ou trois autres oiseaux sont les seuls habitants de ces lieux relativement hospitaliers.
- On peut s’étonner de voir, dans des conditions d’existence aussi précaires, des végétaux ligneux pouvant se défendre et se maintenir contre des obstacles nombreux, et résister aux effets de températures excessives et de circonstances météoriques si contraires en apparence à la vie végétale. 11 en est peu qui puissent rivaliser avec le Saxaoul, sous ce rapport, et c’est un exemple frappant du pouvoir d’endurance que l’on peut rencontrer dans la série des êtres de cet ordre. J. Poisson.
- Hameau de Saxaoul (grandeur naturelle).
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- LA NATURE.
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- VILLAGES NÉOLITHIQUES DES BORDS DE LA SEINE1
- TABLEAU DE I,A VIE DES PRIMITIFS ARYENS
- II
- A la suite de la fosse numéro VI de M. Laville, j’ai vidé complètement un petit foyer, jusque-là
- presque entièrement intact, puisqu’il se trouvait engagé sous le sol d’un sentier (fig. 2). Son fond
- Fig. 1. — 1. Tosson ornt' de hachures. — 2. Grattoir ou silex à tranchant convexe.
- 5. Boni d’un grand vase avec col entouré d'un colomhin orné de creux et de reliefs moulés à la main. 4. Tesson orné de bandes lisses de pâte très fine.
- est à 1 mètre environ en dessous de la surface. Il n’avait guère plus de 50 centimètres d’épaisseur au centre. L’emplacement circulaire qu’il occupait- n’avait pas plus de 1 mètre de diamètre. J’ai pu enlever toutes ses cendres, sans toucher à la terre grise caillouteuse qui le recouvrait. Aucun mélange ne s’est donc opéré entre les débris du foyer et ceux que pouvait contenir la terre de la surface d’où il s’en éboule souvent. De plus, aucun des objets contenus dans les cendres n’a pu m’échapper. J’ai recueilli ainsi, dans un espace d’environ 60 centimètres cubes, 80 fragments d’os, la plupart cassés intentionnellement dans la longueur, beaucoup passés au feu ou brûlés.
- Ils étaient à travers 200 tessons de poteries.
- Ces poteries sont à peu près toutes de la facture la plus grossière, d’une épaisseur considérable (12 à 15 millim. pour certains fragments), d’une pâte noire mêlée de pier-
- 1 Voir n° 1294, du 19 mars 1898, p. 241.
- railles et friable. Sur le fond du foyer, il n’y avait aucun fragment de poterie bien faite. Mais se mêlant à ces tessons du fond, il y avait des tessons d’une
- poterie à parois plus minces, d’une argile moins impure et mieux travaillée, brun rouge. On conçoit très bien que ces poteries, grandes, mal cuites et mal faites, n’offraient pas beaucoup de résistance à l’action combinée de l’eau et du feu. De là sans doute le grand nombre de leurs débris abandonnés dans la cendre. Un petit fragment, un seul, est orné de petites hachures à coups d’ongle, en lignes symétriques (fig. 1 ,n° 1 ). Les autres fragments ornés le sont tous de la même manière, par un moulage avec les doigts, au pourtour du bord, ou sur une bande (colom-bin), appliquée autour du col et imitant grossièrement un cordon (fig. 1, n° 3). Ces ornements sont caractéristiques du néolithique. Il n’y a pas sur leur âge d’hésitation possible. Mais, dans les mêmes cendres qu’eux, j’ai trouvé un tesson d’une Aicture bien différente, témoin isolé d’une civi-
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- LA NATURE.
- lisation plus avancée. C’est un fragment mince et léger, d’une pâte très fine, bien cuite, dure, qui est orné de bandes luisantes obtenues sans doute par un lissage de la surface à l’état cru ( fig. 1, n° A)1. Ce glaçage ou vernissage était connu à l’àge du bronze. Un tesson pareil tranche trop avec le reste de l’industrie, pour être de fabrication locale, indigène. C’est le reste d’un vase, sans doute introduit de fort loin par le commerce, et alors que la pierre était encore seule employée dans la région5.
- Avec une vingtaine de silex informes, passés au feu pour la plupart, je n’ai d’ailleurs trouvé, comme outillage, qu’un grattoir à tranchant convexe (fig. 1, n° 2) ; un autre grattoir, très petit, à tranchant très vif ; un morceau brisé probablement d’une hache polie; un perçoir assez fort et épais; deux pointes losan-giques, une en os, une en silex.
- J’ai recueilli en outre deux coquilles d’Unio, dont une percée d’un trou; et deux fragments d’un coquillage qui ont sans doute été portés comme objets d’ornements à cause de l’éclat nacré de leur intérieur.
- Les villages de la Hesbaye, près Liège, fouillés par M. de Puydt, ont fourni un matériel du même genre, bien que les poteries y soient supérieures. Et, à propos des fouilles du village de Jussy (Cher), M. de Saint-Venant a fait des remarques et dés rapprochements tout pareils : « Mêmes instruments ouvrés et non polis en silex ; présence d’armes et outils polis en roches étrangères, importés tout finis de contrées parfois éloignées... fusaïoles et poteries de deux types très distincts, dont le rapprochement semble constituer un anachronisme, etc. » Les fonds de cabane italiens, restes d’habitations de chasseurs et pasteurs, présentent aussi cet ensemble archaïque au milieu duquel détonnent des objets de fabrication étrangère. Il me semble donc acquis que les produits d’industrie supérieure qu’on trouve dans nos villages des bords de la Seine, ne prouvent pas qu’ils ont été occupés jusqu’à l’introduction dans le pays de ces industries mêmes et de l’emploi du bronze. Ces produits y ont été apportés de loin. Les villages eux-mêmes sont bien néolithiques, mais d’une époque où existaient des centres plus civilisés, au midi et à l’orient. Ces centres, fondés peut-être par les émigrants d’Asie, étaient des colonies de cultivateurs industrieux. Les indigènes de nos pauvres villages faisaient bien un peu de culture, comme en témoigne la présence de meules qui servaient d’ailleurs aussi à broyer du minerai pour le tatouage. Mais ils en faisaient peu et vivaient de leurs troupeaux et de la chasse. La vache surtout devait jouer dans leur existence sociale un rôle considérable, qu’on observe
- 1 Les bandes lisses sont d’inégale largeur et irrégulièrement distantes. Il y en a cinq séparées par des bandes ^d’as-pect grenu dans le morceau reproduit dans la figure ci-jointe qui ne rend pas exactement sa physionomie.
- 2 C’est ainsi que des poteries peintes ont été introduites de
- l’orient de la Méditerranée, sur les bords du Dniestr, au
- milieu d’une industrie locale encore néolithique.*
- encore chez les Ossèthes. De sorte que le tableau de leur vie répond exactement à celui qu’on a tracé de la vie des primitifs Aryens, dont les dialectes se sont constitués alors qu’eux-mêmes ne connaissaient pas le métal, mais à une époque correspondant à celle de l’introduction du bronze en Europe..
- Dans le courant de l’année dernière, MM. Laville et Mansuy ont découvert et fouillé des foyers d’un nouveau village néolithique1, près de la redoute des Hautes-Bruyères, svir le territoire de Villejuif. Ce village était moins pauvre, ou d’une époque moins reculée. L’outillage en pierre y est bien supérieur. Les poteries y sont plus variées de formes et mieux faites de beaucoup. Un bracelet de terre cuite, un anneau en schiste, révèlent une existence plus relevée. Des graines indiquent que la culture fournissait davantage à l’alimentation. Et, pour celle-ci, les animaux domestiques y paraissent avoir remplacé complètement les animaux de chasse. On y a découvert deux squelettes humains qui avaient été, semble-t-il, inhumés en pleine terre. Ces squelettes, dont les crânes ont été étudiés par M. Verneau, appartenaient à la race des dolichocéphales néolithiques. Cette race, grande, blonde, occupait alors presque tout le nord de l’Europe, des bords de la Seine aux rives de la mer Noire. Son aire géographique naturelle fut toute cette région de plaines, coupée de marécages et de forêts, qui s’étend de la Belgique au Dniepr et à la Volga. Elle forma le fond de la population indigène dans tout le nord de la Gaule, pendant l’àge néolithique. A la fin de cet âge, elle s’est répandue aussi de la mer Noire au Caucase et jusqu’au cœur de l’Asie occidentale, en même temps que sur notre sol même elle se mêlait aux immigrés Touraniens qui étaient venus de cette lointaine région. Ce grand mouvement, dont je crois avoir suffisamment démontré l’existence (Bullet. Soc. d'Anthrop., 189i, 1895, T 896), a eu sur l’histoire de l’humanité un retentissement immense. A lui, en effet, se rattache sans doute la propagation des dialectes aryens. Après toutes les discussions dont les origines aryennes ont été l’objet, il a bien fallu reconnaître que toutes les hypothèses qui ont eu cours jusqu’à présent, si séduisantes qu’elles aient été, ne concordent pas avec l’ensemble des faits connus. Malgré les observateurs eux-mêmes, l’ethnologie d’abord, la linguistique, l’archéologie, ont transformé nos idées traditionnelles. Et maintenant, c’est sur les confins de l’Asie, sans doute, mais en Europe, selon toute vraisemblance, qu’il faut se résoudre à placer la patrie aryenne. Les glorieux ancêtres des nations dont l’expansion couvre le monde, ce sont les habitants de ces misérables villages de branchages et de boues que je viens de décrire2 * *. Zaborowski.
- 1 L'Anthropologie, 1897, p. 385.
- * Voy. mon Mémoire : Les Aryens. Recherches sur les origines. Etat de la question de langue et de races, dans Revue de l’école d’Anthropologie. Février 1898.
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- ÉTATS-UNIS ET ESPAGNE
- Il nous a paru intéressant, en présence de graves événements qui se passent à Cuba, défaire connaître à nos lecteurs les forces navales qui vont se trouver en présence.
- La marine américaine, quoique de date assez récente, ne comporte pas moins de 19 cuirassés, 19 croiseurs, 9 canonnières protégées, 4 contre-torpilleurs et 10 torpilleurs; nous négligeons ici 15 monitors à une tourelle et 14 croiseurs de deuxième classe dont la vitesse ne dépasse pas 10 à 11 nœuds et qui ne pourraient guère rendre de services dans une guerre européenne.
- Les cuirassés sont répartis en huit types différents :
- CUIRASSÉS DE PREMIÈRE CLASSE.
- 1° Type Indiana (fig. 1 et 2), comprenant 17w-diana, le Massachusetts et Y Oregon, lancés en 1897, déplaçant 10 300 tonnes, d’une puissance de 9000 chevaux et d’une vitesse de 16 nœuds.
- La puissance défensive est assurée par une cuirasse de 460mm d’épaisseur, s’étendant sur les de la longueur du navire, par 2 tourelles cuirassées à 450mm pour pièces de 350min et 2 tourelles protégées par 210mm d’acier pour pièces de 200mm, par un blindage de 125mm s’élevant au-dessus de la ceinture entre les 2 tourelles extrêmes et par un pont cuirassé dont l’épaisseur varie entre 75mm et 120mm.
- L’artillerie se compose de 4 canons de 530mm répartis par paires dans 2 tourelles centrales, de 8 canons de 200mm renfermés par paires dans 4 tourelles situées deux de chaque bord entre les tourelles de 550mm, de 4 canons de 150mm sur les flancs, de 24 canons légers de 1 à 6 livres et de 6 tubes lance-torpilles.
- 2° Type lova (fig. 5 et 4), lancé en 1895; déplacement I l 450 tonnes, puissance 10 000 chevaux, vitesse de 17n,5. La puissance défensive comprend une ceinture cuirassée de 580mm s’étendant sur les de la longueur, 2 tourelles dans Taxe, protégées à 450mm, pour canons de 500mm, 4 tourelles à 200mm pour pièces de 200mm, et un pont cuirassé de 70 à 150""" d’épaisseur; entre les 2 tourelles centrales, s’élève une citadelle défendue par une cuirasse légère.
- L’artillerie comporte 4 canons de 300mm disposés par paires dans les 2 tourelles centrales, 8 canons de 200mm, par paires, dans 4 tourelles placées 2 de chaque bord, 6 canons de 100mm, 24 canons légers et 6 tubes lance-torpilles. .
- 3° TypeKearseage (fig. 5 et 6), comprend le Kear-seage et le Kentucky, encore en achèvement à flot; déplacement 11 500 tonnes, puissance 10 000 chevaux, vitesse 16 nœuds. Puissance défensive : une ceinture Ilarveyée de 420mm s’étendant de l’avant à la tourelle arrière, une cuirasse légère de 127mm entre les 2 tourelles; 2 tourelles centrales inférieures blindées à 380mm, 2 tourelles plus petites placées
- au-dessus des deux premières cuirassées à 280mm et un pont cuirassé, de 120mm d’épaisseur allant de l’avant à l’arrière.
- L’artillerie se compose de 4 canons de 320mm, par paires dans les 2 tourelles inférieures, 4 canons de 200mm dans les tourelles supérieures, 14 canons de 125mm protégés par J27mm d’acier, 26 pièces légères, 4 maxim et 5 tubes lance-torpilles.
- 4° Le type Alabama (fig. 7 et 8) comprenant YAlabama, la Californiaet la Pensylvania, encore en construction; déplacement 12 000 tonnes, puissance 11 000 chevaux, vitesse 16 nœuds.
- Puissance défensive : ceinture cuirassée complète de 418mm d’épaisseur, surmontée d’une cuirasse verticale de 159mm qui s’étend d’une barbette à l’autre, et protège la batterie des pièces de 152mm 2 tourelles centrales blindées à 450 et 580mm et un pont cuirassé de 101 à 68mm d’épaisseur, s’étendant de l’avant à l’arrière.
- L’artillerie comprend 4 pièces de 320mm placées par paires dans 2 tourelles centrales, de 16 pièces de 152mm dont 10 dans la batterie, 4 au centre sur le pont supérieur et 2 dans de petites tourelles avant, une de chaque bord, de 22 canons légers et de
- 5 tubes de lancement.
- CUIRASSÉS DE DEUXIÈME CLASSE.
- 5° Texas (fig. 9et 10) : déplacement 6400 tonnes; puissance 8900 chevaux; vitesse 17n,8.
- Puissance défensive : ceinture cuirassée de 500rntn d’épaisseur, couvrant le centre du navire sur une longueur de 54 mètres; un pont cuirassé de 51mm s’étendant de l’avant à l’arrière, un réduit central oblique cuirassé à 500""11 qui protège les 2 tourelles couvertes de plaques de la même épaisseur.
- L’artillerie comporte 2 canons de 500mm dans les tourelles, 4 canons de 152mm en encorbellements,
- 16 canons légers et 4 tubes lance-torpilles.
- Un torpilleur de 15 mètres, d’une vitesse de 14 nœuds, est embarqué sur le Texas.
- 6° Le Monterey (fig. 11 et 12) : déplacement 4000 tonnes, d’une puissance de 5600 chevaux et d’une vitesse de 17 nœuds, monitor très bas sur l’eau, cuirassé de bout en bout à 325mm au centre et à 270mm aux extrémités; 2 tourelles, placées dans Taxe, sont protégées, celle de l’avant par 350mm d’acier, celle de l’arrière par 500mm.
- L’artillerie comprend 2 canons de 305mm dans la tourelle avant, 2 canons de 250mm dans la tourelle arrière avec 15 petites pièces.
- 7° Le Katahdin (fig. 13), navire très ras sur l’eau, d’un type spécial, destiné à combattre surtout par l’éperon; déplacement 2155 tonnes, puissance 4850 chevaux, vitesse 16 nœuds.
- La membrure est très renforcée ; elle est protégée par une cuirasse de lm,50 de hauteur émergeant à peine et d’une épaisseur de 150mm ; un pont cuirassé de 150 à 50mm d’épaisseur, s’étend de l’avant à l’arrière. L’artillerie ne comprend que 4 canons de
- 6 livres pour repousser les torpilleurs.
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- Des « water-ballast » permettent, au moment du combat, d’introduire 200 tonnes d’eau à l’intérieur
- 1 cl 2. — Oregon.
- Fig. 5 pt l. — lova.
- Fig. 5 pt 6. — Kearseagc.
- Fig. 7 et 8.
- Alnbnmn.
- Fig. 9 pt 10. — Texas.
- du navire de façon à ne laisser émerger qu une très faible surface.
- 8° Type Miantonomoh. L’Amérique possède 5 mo-
- nitors à 2 tourelles, d’une vitesse variant entre 10 et 13 nœuds et 13 monitors à 1 tourelle, type Ajax, d’une vitesse de 6 nœuds, — nous n’en parlerons point ici bien qu’ils soient capables de rendre quelques services pour la défense des cotes.
- CROISEURS.
- Les croiseurs présentent 9 types différents :
- 1° New-York (fig. 14 et 15), croiseur cuirassé : longueur 116 mètres, déplacement 8200 tonnes,
- Fig. 11 p( 12. — Monterey.
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- Fig. 13. — Katahdin.
- Fig. Il pt 13. — New-York.
- Fig. 16 et 17. — Brooklyn.
- puissance 17 000 chevaux, vitesse 21 nœuds, rayon d’action : 12 000 milles à 10 nœuds.
- La puissance défensive est assurée par une ceinture cuirassée de 100nlm, deux tourelles avant et arrière protégées à 250mm, et un pont cuirassé dont l’épaisseur varie de 75 à 125mm.
- L’artillerie est composée de 6 canons de 200mm, répartis, 2 dans la tourelle avant, 2 dans la tourelle arrière et 1 de chaque côté, par le travers ;de 12 canons de 125mm à tir rapide, placés sur le pont en encorbellement, de 15 canons de petit calibre et de 6 tubes lance-torpilles.
- 2° Brooklyn (fig. 10 et 17), d’une longueur de
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- 122 mètres, d’une puissance de 17000 chevaux et d’une vitesse de 21 nœuds. Le rayon d’action est de 15000 milles à 10 nœuds. Puissance défensive : ceinture cuirassée de 75m,n d’une longueur de 59 mètres ; un pont cuirassé variant de 75mm à I25mm, et 4 tourelles protégées par 200mm d’acier.
- La puissance offensive consiste en 8 canons de 200mm, répartis par paires en 4 tourelles barbettes, dont une à l’avant, l’autre à l’arrière et une sur chaque flanc au milieu du navire, 12 canons de
- l’avant et 2 à l’arrière, 8 pièces de 100mm, dans la batterie, 16 canons légers et 6 tubes de lancement.
- 25 el “20. — Newark.
- Fig. 18 et 111. — Minneapolis.
- Fig. 20. — Olympia.
- Fig. 21 et 22. — Baltimore.
- 125m111, dispersés sur les flancs et dans les hauts, 12 pièces de petit calibre et 5 tubes de lancement.
- 5° Type Columbia (fig. 18 et 19), croiseur protégé, comprenant le Columbia et le Minneapolis, d’une longueur de 124 mètres, avec un déplacement de 8100 tonnes, une puissance de 20000 chevaux, une vitesse de 23 nœuds et un rayon d’action de 16000 milles.
- La puissance défensive est assurée par un pont cuirassé allant de l’avant à l’arrière, avec une épaisseur variant de 100 à 60mm et par de nombreux cofferdams.
- L’artillerie comprend 4 pièces de 150mm,dont 2 à
- Fig. 27 et 28. — Cincinnati.
- Fig. 29 et 50. — Atlanta.
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- Fig. 51 et 52. — Charleston.
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- Fig. 55 et 51. — Marblehead.
- 4° Olympia (fig. 20), de 106 mètres de long, 5870 tonnes de déplacement, d’une puissance de 17 000 chevaux, d’une vitesse de 21 nœuds et d’un
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- rayon d’action de 12 000 milles. Un pont cuirassé de 120 à 50mni, s’étendant de l’avant à l’arrière et un grand nombre do cofferdams assurent la puissance défensive. L’artillerie comprend 4 canons de 200mm répartis par paires dans 2 tourelles barbettes avant et arrière, protégées par 112mm d’acier, 10 pièces de 120mm à tir rapide en encorbellement, 24 canons légers et 6 tubes de lancement.
- 5° Type Baltimore (fig. 21, 22, 23, 24, 25, 26), comprenant le Baltimore, le Chicago, le Neivark, la Philadelphia et le San-Francisco.
- La longueur varie entre 96 et 100 mètres, le tonnage entre 4100 et 4500 tonnes; et la vitesse entre 18 et 20 nœuds.
- La défensive est constituée par un pont cuirassé de 58 à 102mm et de nombreux cofferdams.
- L’artillerie des 2 premiers se compose de 4 canons de 20cm dont 2 à l’avant et 2 àl’arrièredans des demi-tourelles bâbord et tribord, de 6 canons de 150mm également en demi-tourelles, et de 15 petites pièces. Celle des trois autres comprend 12 canons de 150n,m répartis sur les flancs, et 12 pièces légères à tir rapide.
- 6° Type Baleigh (ûg. 27,28),composé du Baleigh et du Cincinnati ; longueur 92 mètres, déplacement 5200 tonnes, puissance 20000 chevaux, vitesse 20 nœuds. Un pont cuirassé de 25 à 76mm, s’étendant de bout en bout, protège les parties vitales.
- L’artillerie comprend 1 canon de 150nim sur le gaillard d’avant, 10 canons de 125mm sur les flancs, 10 petites pièces ou mitrailleuses et 6 tubes lance-torpilles.
- 7° Type Atlanta, composé de Y Atlanta et du Boston (fig. 29 et 30), croiseurs très ras sur l’eau, de 85 mètres de longueur, 5000 tonnes de déplacement, 4000 chevaux et 15 nœuds, un pont cuirassé de 58mm s’étend de l’avant à l’arrière.
- L’artillerie comporte 2 canons de 200mm placés dans 2 tourelles, l’une à bâbord devant, l’autre à tribord derrière, 6 canons de 150mm dont 4 dans la batterie et 2 en chasse et retraite, 6 pièces légères à tir rapide et 4 tubes de lancement.
- 8° Charleston (fig. 51 et 32), de 95 mètres de long, 5700 tonnes de déplacement, d’une puissance de 6600 chevaux et d’une vitesse de 18 nœuds.
- La puissance défensive est assurée par un pont cuirassé de 72mm d’épaisseur et par des cofferdams.
- L’artillerie comprend 2 pièces de 200mm placés dans 2 tourelles, l’une à l’avant, l’autre à l’arrière, 6 canons de 150mnl en encorbellement par le travers, 8 petites pièces et 4 tubes lance-torpilles.
- 9° Type Detroit, comprenant le Detroit, le Mar-hlehead et le Montgommery (fig. 55 et 54), longueur 78 mètres, déplacement 2000 tonnes, puissance 5500 chevaux, vitesse 18 nœuds; un pont cuirassé de 7 à 10mm s’étend de l’avant à l’arrière.
- L’artillerie comprend 2 canons de 150mm à pivot central, sur le pont, un à l’avant, l’autre à l’arrière, 8 canons de 125mm sur les lianes, 10 pièces légères et 3 tubes de lancement.
- En dehors des bâtiments que nous venons de décrire, les Etats-Unis possèdent encore 10 canonnières protégées, d’un déplacement variant entre 1200 et 1700 tonnes et d’une vitesse de 14 à 17 nœuds; un croiseur torpilleur, le Vésuvius, de 21 nœuds et 18 torpilleurs de 100 à 240 tonnes de déplacement et de 20 à 30 nœuds de vitesse.
- Il comient de mentionner 5 sous-marins, le Baker, le Holland et le Plunger dont les essais sont en cours d’exécution; enfin 4 grands paquebots, New-York, Paris, Saint-Louis et Saint-Paul, de 21 nœuds de vitesse, peuvent être mobilisés et armés en guerre. Commandant G.
- CHRONIQUE
- Météores visibles en plein jour. — Le nombre des étoiles filantes ou des bolides qui tombent sur la terre en 24 heures peut s’élever jusqu’à plusieurs milliers; mais, comme la plupart d’entre eux sont très petits, ils n’attirent pas l’attention et passent inaperçus. A de rares intervalles cependant, quelques-uns sont assez gros et assez brillants pour être vus en plein jour; nous citerons les suivants : Pendant l’après-midi du 13 septembre 1895, une météorite pesant à peu près 25 kilogrammes tomba tout près d’un cultivateur dans le Yorkshire (Angleterre) ; elle fit un grand bruit en s’enfonçant dans le sol à une profondeur d’à peu près 0m,50. Le 10 septembre 1815, vers 9 heures du matin, une autre tomba dans le sud de l’Irlande. Elle était d’abord accompagnée d’un nuage de fumée très visible malgré le ciel clair; puis on entendit une détonation semblable à celle d’une décharge d’artillerie, et un peu plus tard comme une salve de mousque-terie. Un certain nombre de corpuscules noirs se dirigèrent presque horizontalement vers l’est en partant d’un épais nuage de fumée. L’un d’eux tomba sur la terre et s’enfouit dans le sol; on creusa aussitôt pour le retirer; mais on le trouva encore très chaud et dégageant une odeur de soufre. Il pesait près de 8 kilogrammes. D’autres fragments plus petits tombèrent en même temps et furent recueillis dans les environs. En 1879, un bolide tomba en plein jour dans le sud de la Virginie avec un bruit analogue à celui d’un tremblement de terre. Tout récemment, le 19 janvier 1898, à lh8m40s du soir, M. Cod-dington, astronome à l’Observatoire Lick, à qui nous empruntons ces détails, a pu observer un curieux météore : c’était une sorte de lueur brillante de 5 à 10° de longueur. Elle paraissait blanche malgré le ciel clair et n’a été visible que pendant un temps très court, quelques dixièmes de seconde environ. Elle se précipitait très rapidement vers le N.-N.-E. en augmentant d’éclat, puis disparut tout à coup. De l’Observatoire Lick, ce météore semblait dans l’ouest, mais à une distance qu’on n’a pu fixer puisqu’il n’a pas été observé ailleurs. Son point de disparition paraissait situé à 93° à l’ouest, et à une altitude de 8°.
- Les tunnels du monde. — Us sont au nombre de 1142 seulement; leur longueur totale n’est guère que de 820 kilomètres, ce qui fait une moyenne de 700 mètres par tunnel. Parmi les plus grands, nous citerons le tunnel du Saint-Gothard (16 km) et celui du Mont Cenis (12 km).
- Un tunnel sous la Sprée. — On poursuit en ce moment à Berlin une entreprise fort intéressante et aussi fort difficile : il s’agit d'établir un tunnel métallique sous
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- la Sprée entre Stralau et le parc de Treptow. Suivant le Moniteur industriel, le tunnel une fois fini aura une longueur de 460 mètres dont 204 sous la rivière ; à cet endroit le radier de l’ouvrage n’est qu’à 7m,G2 au-dessous du lit de la Sprée. Le tube cylindrique qui formera le tunnel a un diamètre de 5m,96; il est composé d'anneaux en acier comprimé. L’établissement du tunnel sous un cours d’eau, au milieu de sables perméables à l’eau, ne va pas sans de grandes difficultés; malgré cela, les ingénieurs arrivent à fai-'e avancer les travaux de 0m,60 à Üm,tH) par jour.
- Richesses minières en Égypte. — Le correspondant d’un journal anglais qui a suivi la marche des troupes égyptiennes dans la Ilaute-Égypte rapporte que le sol du désert aux environs d’Àbou Ilamed (Nubie), renferme beaucoup de fragments de roches ayant une certaine valeur; il signale particulièrement de l’agate, de la cornaline, de la topaze. Si ces débris ont été, comme on le suppose, entraînés par le Nil on retrouvera quelque jour, en remontant le cours du fleuve, d’im|ortants dépôts miniers qui pourraient être exploités avec profit.
- l’ne pompe géante. — La fameuse mine Calumet et Hécla possède cette pompe, la plus grande, croyons-nous, qui ait été fabriquée jusqu’ici; elle l’emploie à fournir l’eau nécessaire au lavage des minerais de cuivre préalablement broyés. Suivant le Moniteur industriel, cet appareil peut donner en 24 heures 270 000 000 de litres d’eau par un débit constant de 11 250 000 litres par heure, soit 187 500 litres par minute. On pense même qu’en lui faisant rendre sa puissance maxima, elle élèverait en un jour 557 000 000 litres. Cette pompe est de débit notablement supérieur à celui des pompes Mammouth à air comprimé dont une intéressante description a été faite ici1; les pompes Mammouth élevèrent au maximum 155 000 litres par minute, soit 104 400 000 par jour. La pompe de la mine Calumet et Hécla est à triple expansion, haute de 15 mètres; elle exige pour son fonctionnement une puissance de 1500 chevaux-vapeur.
- Une maison géante. — 11 est bien probable que la plus grande maison du monde, au point de vue des locaux qu’elle renferme, se trouve dans le faubourg de Wieden, à Vienne. Elle ne comprend pas moins de 1400 chambres, réparties en 400 appartements de 5 à 6 chambres chacun. Actuellement elle abrite 2112 personnes qui, ensemble, payent un loyer annuel de 100 000 florins, à peu près 24G 000 francs!
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 2 mai 1898. — Présidence de M. Wolf.
- Les vins salés. — Légalement un vin ne doit pas renfermer plus de 1 pour 1000 de chlorure de sodium. Cette restriction est trop étroite. M. Moissan présente en effet une Note de M. Bonjean qui a cueilli des raisins de l’Oranais, les a écrasés et en a fait du vin dans lequel il a dosé jusqu’à 4,5 de chlore par litre, 3,5 de potasse et 2,7 de soude. Donc le sel marin peut se trouver en proportion notable dans des vins tout à fait naturels.
- Un précurseur du système métrique. — M. de Lap-pai'ent signale un ancien mémoire écrit en 1670 par un prêtre lyonnais : « Nova Geomelricorum mensurarum
- 1 Yoy. n° 1289, du 12 février 1898, p. 109.
- idea. » Ce prêtre, nommé Gabriel Mouton, avait devancé l’avenir. Il avait choisi pour mesure usuelle la Virga représentant la 60 000° partie du degré de latitude, soit lm,852, et la 1 irgula 18 fois plus petite valait O”,1852.
- La latitude que Mouton considérait comme invariable remplaçait le méridien des géodésistes du dix-huitième siècle.
- Greffes autoplastiques. — M. Ollier, de Lyon, fait une communication sur l’état des greffes, au bout de cinq ans d’existence. La peau est revenue souple, et ses divers éléments se sont reconstitués. Dans un cas, il y a eu extension alors qu’ordinairement le tissu greffé se contracte. L’éminent chirurgien explique ce cas particulier par des tiraillements déterminés par les mouvements du malade.
- La végétation dans la lumière diffuse. — M. G. Bonnier présente un travail de M. Wiesner, le savant physiologiste de Vienne (Autriche), qui a étudié le rôle de la lumière diffuse sur les plantes. Celles-ci pou-sent, germent et leurs graines réussissent au sein de la lumière indirecte du soleil.
- Microbe du cancer. — M. Bouchard analyse une Note de M. Bosc, le savant professeur de Montpellier, sur le bacille du cancer. Il a fini par l’isoler et en faire des cultures. S’il n’y a pas illusion, la découverte serait capitale.
- Télégraphe sans fil. — M. Ducretet a installé, dans la salle des Pas perdus et dans la salle des séances, un appareil transmetteur et un appareil récepteur avec tube radio-conducteur de M. Branly. M. Wolf, président, descend du fauteuil, et décrit le dispositif. On envoie des télégrammes à travers la porte close sans aucun fil et au grand étonnement de l’assistance. La sonnette retentit et un appareil Morse transmet la dépêche. M. Branly a bien voulu décrire lui-même, dans ce numéro, le tube radioconducteur qui a rendu possible la télégraphie sans fils. Nous ferons connaître prochainement, avec dessins à l’appui, la disposition adoptée par M. Ducretet et exposée dans cette séance à l’Académie. Ch. de Villedeuil.
- PEINTURE SUR ÉTOFFE SANS MAITRE
- Voici revenus les beaux jours et chacun songe déjà aux bonnes et salubres promenades dans les bois et dans les champs. Les distractions qu’on peut s’y donner sont alors différentes de celles dont on jouit à la ville; on a plus de loisir et plus de calme. Nous parlerons d’une de ces distractions, la peinture sur étoffe. Elle est facile, capable de faire oublier l’ennui d’un long jour de pluie et donne la satisfaction d’avoir exécuté une charmante composition. Votre travail ne sera pas inutile; l’œuvre terminée peut servir à faire de jolis sachets, des écrans, des panneaux de paravent, etc.
- Vous préparez à l’avance une légère provision de fougères ou de plantes diverses cueillies pendant vos promenades et vous les faites sécher soigneusement. Il faut les assembler ensuite pour en composer un bouquet en les étalant sur une toile ou un morceau de satin, tendus sur une planche ou un châssis. Les feuilles séchées et choisies sont fixées avec de fines épingles sur l’étoffe afin qu’elles ne puissent changer
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- LA NAT U RK.
- de position pendant l’opération. Elles doivent aussi être maintenues de tous côtés et disposées de façon à être bien appliquées et planes autant que possible.
- Ce travail de préparation terminé, délayons les couleurs d’aquarelle que l’on désire employer de manière à en avoir une soucoupe suffisamment rem-
- plie. Il faut commencer par faire le fond de son tableau, prenons je suppose un ton verdâtre. On s’arme d’une petite brosse qu’on imbibe de cette teinte; ne la mouillez pas trop cependant , vous feriez de grosses taches sans cette précaution, qui gâteraient tout votre ouvrage.
- De l’autre main, on tient un petit carré de toile métallique achetée chez un quincailler et on frotte sur sa surface vigoureusement avec la brosse imbibée. La couleur passe au travers des mailles et tombe en fines gouttelettes sur l’étoffe. Elle la teinte partout où les feuilles sèches épinglées n’ont pas été placées. Après cette opération, si vous détachez l’une des feuilles en enlevant les épingles qui la retenaient vous voyez sa silhouette se découper brillamment sur l’étoffe qui a gardé sa première couleur. Pour varier les effets de chacune des empreintes ainsi formées, vous pouvez leur donner une teinte différente toujours par le même moyen, c’est-à-dire le frottement de la
- brosse imbibée contre la toile métallique et ces teintes renforceront en même temps celle du fond que vous avez posée auparavant.
- On arrive ainsi après plusieurs essais, à faire ressortir sur le fond verdâtre du premier travail toutes les feuilles qui ont été teintées ensuite de couleurs variées selon votre goût et votre fantaisie.
- Le premier travail, c’est-à-dire la pose des feuilles séchées sur l’étoffe avec des épingles est indiqué (fig. 1). Nous voyons l’opération facile de la brosse qu’on frotte sur la surface de la toile métallique, pour obtenir les teintes colorées qui produisent tout l’effet de l’ouvrage (% 2).
- Enfin la figure 3 fait comprendre et montre le résultat qu’on peut obtenir par le procédé; c'est un charmant panneau de feuillage finement découpé. Albert Tissais dieu.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
- Fig. 3. — Aspect du panneau de feuillage après les teintes posées.
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- N° 1502. — 14 MAI 1898.
- LA NATURE.
- L’AIR LIQUIDE INDUSTRIEL
- Depuis la date historique du 24 décembre 1877, date à laquelle M. Cailletet et M. Pictet annonçaient indépendamment et simultanément, à l’Académie des sciences, qu'ils étaient parvenus à liquéfier l’oxygène, de
- nombreuses recherches ont été laites de divers côtés pour simplifier les procédés et augmenter les quantités produites.
- Nous avons suivi peu à peu ces recherches et exposé ici même à diverses reprises les progrès réalisésdansl’im-portante question de la liquéfaction des gaz réputés permanents, et dès le mois de novembre 18951 nous signalions les procédés mis en œuvre par M. le D' Linde, de Munich, qui était parvenu à liquéfier l’air sans faire emploi d ’ autres causes de refroidissement que la détente de l’air lui-même.
- Les appareils aujourd’hui perfectionnés sont en service courant dans un certain nombre de laboratoires, et l’industrie commence à s’en emparer en vue d’applications dont il est encore difficile de limiter et même de prévoir le développement. Le moment nous semble donc opportun pour fournir des renseignements plus complets sur ces appareils perfectionnés, en empruntant ces renseignements à une intéressante conférence faite par
- 1 Yoy. n° 1172, du 16 novembre 1895, p. 599.
- 26* année. — 1er semestre.
- M. le prolesseur J.-A. Ewing devant la Society of Arts, de Londres, en mars dernier.
- Le principe de l’appareil de M. le D1 Cari Linde est basé sur ce fait que la détente d’un gaz à travers
- un orifice est accompagnée d’un abaissement d e température ou refroidissement d’autant plus grand que ce gaz est moins parfait, c’est-à-dire qu’il s’approche davantage de son point de liquéfaction et constitue ainsi une vapeur. Pour un gaz théoriquement parlait, le refroidissement serait nul, le gaz n’effectuant aucun travail capable de lui enlever une quantité de chaleur correspondante. Joule et lord Kelvin ont trouvé qu’à la température ordinaire, le
- refroidissement obtenu par la détente de l’air est d’environ un quart de degré par atmosphère, ce qui suffit pour commencer ou amorcer le phénomène, car ce refroidissement est, dans l’appareil de M. Linde, utilisé pour refroidir le point où s’effectue la détente, la produire à une température plus basse, et ainsi de suite indéfiniment jusqu’à la liquéfaction, si on a pris le soin d’empêcher le réchauffement de la partie de l’appareil où l’air se détend. L’appareil qui réalise ces conditions, réduit à ses parties essentielles, est représenté figure 1.11 se compose d’un compresseur dont le piston D produit de l’air à haute pression et l'envoie dans un refroidisseur à serpentin L, avec circulation d’eau en
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- Fig. 1. — Appareil simple.
- Fig. 2. — Appareil de laboratoire.
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- LA NATURE.
- KL, pour enlever à l’air la chaleur développée par la compression. Cet air à haute pression arrive dans le tube intérieur d’un serpentin double DE dans lequel se produit un échange de température ; car, après s’ètre détendu en R, l’air remonte en F et revient à la pompe de compression par le tube extérieur du serpentin. Le refroidissement produit par la détente sert à abaisser la température de l’air arrivant en R, de telle sorte que la température en R et en T devient de plus en plus basse, jusqu’à ce que l’air liquéfié vienne tomber dans le réservoir sur lequel sont montées les extrémités des deux serpentins. Un robinet Y sert à tirer l’air liquide du réservoir ; une pompe auxiliaire reliée au point A sert à compenser les fuites ; elle sert également à renouveler la partie de l’air liquéfiée dans le réservoir T.
- Si l’on appelle Pt la pression de l’air avant la détente et Ps sa pression après la détente, la chute de température produite par cette détente est proportionnelle à (I\— P2), tandis que le travail dépensé par la pompe pour élever l’air d’une pression Pj à
- P
- une pression P2 est proportionnel au rapport jj1 • H
- A a
- faut donc rendre à la fois la différence des pressions la plus grande possible et leur rapport le plus petit possible. Pour satisfaire à ces deux conditions, M. Linde fait P4 = 200 atmosphères et P2z=50 atmosphères. On dépense ainsi, pour obtenir une quantité d’air liquide donné, trois fois moins de travail que si la détente était poussée jusqu’à la pression atmosphérique. Ce chiffre montre quel intérêt il y a à maintenir la pression P2 assez élevée, lorsque le régime normal est atteint et que l’appareil fonctionne d’une façon continue : il ne faut laisser échapper à la pression atmosphérique que le liquide lui-même. C’est pour obtenir ce résultat que M. Linde a modifié l’appareil de principe que nous venons de décrire et réalisé le type d’appareil de laboratoire représenté figure 2. Cet appareil comporte deux corps de pompe et un triple sërpentin échangeur enfermé dans une caisse en bois remplie de laine pour s’opposer le mieux possible au rayonnement thermique. L’air comprimé à 200 atmosphères traverse le tube intérieur du triple serpentin et arrive au pointeau de détente a qu’il traverse en entier, mais un cinquième seulement de l’air ainsi détendu traverse le second pointeau de détente b avant d’arriver dans le tube qui le met en communication avec le vase à double enveloppe c. Après détente en a, l’air détendu à 16 atmosphères traverse en remontant le serpentin intermédiaire et retourne à la pompe pour être comprimé de nouveau; la partie détendue en b de 16 atmosphères, à une pression à peine supérieure à la pression atmosphérique, traverse le tube extérieur du serpentin et s’échappe dans l’atmosphère. La pression dans le vase c est juste assez grande pour que l’air liquéfié puisse y être puisé par le tube h formant siphon. Il se liquéfie environ un quart de cet air lorsque le régime est établi.
- Le corps de pompe e a pour fonction de puiser de l’air pur dans l’atmosphère, de le comprimer à la pression de 16 atmosphères et de le mêler à l’air provenant de la première détente après avoir traversé le serpentin intermédiaire.
- La seconde pompe d comprime l’air de 16 à 200 atmosphères. En sortant de chacune des pompes, l’air traverse un serpentin plongé dans l’eau et s’y refroidit.
- L’air comprimé par les pompes renferme un peu d’eau injectée pour le refroidissement; il se déssèclie partiellement dans un séparateur /’, puis dans un serpentin y entouré d’un bain de glace et de sel.
- Cet appareil produit environ 0,9 litre d’air liquéfié par heure avec une puissance mécanique de 5 chevaux actionnant les pompes.
- Un grand modèle fondé sur le même principe et destiné à l’industrie est étudié pour produire 50 litres par heure avec une puissance de 120 chevaux, en attendant mieux.
- Ces chiffres prouvent que la fabrication de l’air liquide est entrée aujourd’hui dans la phase industrielle. Nous avons ici même, à diverses reprises, signalé ses applications curieuses ou scientifiques; elles se développeront d’autant plus vite que nous pourrons manier plus facilement et plus économiquement ce puissant agent de refroidissement appelé à jouer, pour les basses températures, le rôle que le four électrique a su si bien tenir pour la production des hautes températures.
- É. Hospitalier•
- L’OMBRE DE LA TERRE
- La Revue des sciences du Journal des Débats et ta Revue scientifique ont signalé, tout dernièrement, une communication de M. \V. R. Brooks, directeur de l’observatoire Smith, à Genova (État de New-York), sur cette question qui, paraît-il, est « très controversée ».
- J’avoue ne pas voir ce qui, là-dedans, peut prêter matière à discussion. L’ombre de la terre existe, en effet, sans quoi il n’y aurait pas d’éclipse de Lune. Elle devient visible toutes les fois qu’elle tombe sur un corps non transparent. En cela, elle ressemble à toutes les ombres possibles. Léonard de Vinci faisait remarquer avec raison que les arbres, les ponts, les édifices ont toujours une image reflétée, s’ils sont au bord d’une eau limpide; mais que leur ombre portée devient visible sur l’eau seulement dans le cas où celle-ci est trouble. Les particules solides qui flottent dans le liquide sont' éclairées quand elles reçoivent les rayons du soleil, mais restent obscures dans l’intérieur des ombres portées. En temps ordinaire, nous ne voyons que le reflet des ponts de la Seine; en temps d’inondation, l’eau étant trouble, les ponts ont à la fois une image et une ombre portée.
- L’ombre de la Terre, pour être visible, a besoin, elle aussi, de tomber sur des particules solides ou liquides, poussières cosmiques, gouttelettes d’eau ou cristaux de glace ; en d’autres termes de se projeter sur une atmosphère très légèrement brumeuse. Si l’air était trop chargé de particules — à plus forte raison de nuages, — le phénomène redeviendrait invisible. Ici, comme en
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- LA NATURE.
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- beaucoup d’autres choses, le trop et le trop peu sont deux défauts.
- Ces explications bien simples serviront de commentaire à la Note de M. Brook, sur l’ombre de la terre. A Genova « l’ombre de la Terre est toujours visible par un temps clair sous la forme d’une brume rouge sombre. On l’observe une demi-heure environ avant le lever ou après le coucher du soleil; dans le premier cas, elle se trouve à l’Ouest, dans le second cas à l’Est dans le ciel. La grande ressemblance de cette ombre avec une masse de nuages ou de brumes est, d’après M. Brooks, la raison pour laquelle elle n’a pas été aperçue de la plupart des observateurs; mais on a la preuve que ce n’est ni un nuage ni de la brume, lorsqu’une planète brillante se trouve en opposition avec le soleil, ou à la pleine Lune, ces astres étant bien visibles. »
- Plus exactement, ce n’est ni un nuage ni une brume très épaisse : mais on ne verrait aucune ombre s’il n’y avait pas du tout de brume; de même qu’en plein jour, si l’air était complètement privé de brume ou de poussières, le ciel serait absolument noir et piqué d’étoiles.
- Donc, par un jour de beau temps, quand le ciel est à peu près sans nuages, montez sur une terrasse quelques minutes après le coucher du soleil, vous verrez le phénomène déjà décrit par Mairan1 il y a un siècle et demi, signalé en 1716 dans Les couleurs du ciel (De coloribus cæli), par Joh. Casp. Funccius, sect. IV, § XXX.
- « On remarque, dit Mairan, dans le soir d’un beau jour, au coucher du soleil, par exemple, ou quelques minutes après, à la partie opposée du ciel et immédiatement sur l’horizon, une espèce de hande au segment ohscur, bleuâtre ou pourpré, surmonté d’un arc lumineux et coloré, blanchâtre et orangé, et enfin couleur de rose à son bord supérieur, tirant quelquefois sur la couleur de feu. »
- Mairan appelle ce phénomène Y anticrépuscule.
- « Cependant le soleil s'enfonce encore sous l’horizon, le crépuscule s’ahaisse et l’anticrépuscule s’élève d'autant; les rayons du soleil qui allaient frapper la voûte au zénith n’y parviennent plus, ils se réfléchissent sur des points plus rapprochés du soleil (c’est-à-dire de l'Ouest), et l’anticrépuscule s’élève encore ; son arc lumineux et coloré se détache du segment bleuâtre et pourpré, qui ne demeure bientôt que gris et cendré, il monte toujours et parvient au zénith, où il est encore sensible quand l’air est pur; car, après être monté jusqu’à une certaine hauteur, il s'affaiblit de plus en plus et disparaît totalement. »
- On voit que Mairan connaît un peu plus que les détails signalés par M. Brooks. Nous pouvons y ajouter encore quelque chose, ayant eu occasion d’observer le phénomène plus de 150 fois depuis deux ans, moins pour lui-même que pour certaines lois plus subtiles du crépuscule. Arrivée au zénith, l’ombre de la terre — car ce segment n’est pas autre chose — perd sa bordure colorée, mais continue sa marche, rétrécissant de plus en plus la partie du ciel encore éclairée à l'Ouest. Peu après le coucher, nous avions un large ciel clair avec un étroit segment gris bleuâtre à l’Est ; une heure et demie plus tard, on voit, au contraire, un ciel sombre avec un étroit segment clair à l’Ouest, segment qui se rétrécit de plus en plus et finit par s’éteindre. La limite qui sépare les parties claire et sombre du ciel s’appelle couramment la (( courbe crépusculaire ».
- Bien entendu, les mêmes phénomènes se produisent,
- 1 Traité de l’aurore boréale, 2e éd. Paris, 1754, p. 400.
- mais dans un ordre inverse, avant le lever du soleil. En segment clair grandit à l’Orient, chassant peu à peu la partie sombre du ciel qui se rétrécit de plus en plus vers l’Ouest et qui disparaît au moment du lever du soleil.
- E. Duraxd-Gkéville.
- LE CARBURE DE CALCIUM
- ET L’ALCOOL ABSOLU
- L’industrie fournit aujourd’hui d’une façon courante de l’alcool à 95° centésimaux. Lorsque l’on veut préparer de l’alcool complètement privé d’eau, de l’alcool absolu, il est nécessaire de procéder à une nouvelle distillation de cet alcool à 95° après l’avoir laissé en contact un certain temps avec une substance plus avide d’eau que lui. Les composés chimiques les plus anciennement employés à cet effet sont le carbonate de potasse calciné et le chlorure de calcium fondu ; la baryte et la chaux caustiques sont d’un emploi préférable. L’alcool ainsi traité renferme encore des traces d’eau, environ un demi pour cent. Pour l'obtenir entièrement anhydre il est nécessaire de le traiter par le sodium qui s’empare des dernières traces d’eau et une dernière distillation fournit de l’alcool absolu.
- Ces procédés sont assez longs et entraînent la perte d’une très notable proportion d’alcool. Lorsque l’on met du carbure de calcium en contact avec de l’alcool concentré, ce carbure est assez vivement attaqué et il se dégage de l’acétylène aussi longtemps qu’il reste de l’eau dans l’alcool ; lorsque ce dernier est devenu anhydre le dégagement gazeux cesse de se produire.
- On peut utiliser cette réaction pour préparer de l’alcool absolu. On place dans un grand flacon de capacité double un certain volume d’alcool à 90°, ou mieux à 95° centésimaux, avec le quart de son poids de carbure do calcium réduit en poudre grossière. Le dégagement gazeux, d’abord assez vif, se ralentit bientôt ; on agite alors fréquemment pendant 2 à 3 heures, puis on laisse en repos pendant 12 heures. On s’assure alors que l’agitation ne donne plus lieu à aucun dégagement de gaz ; dans le cas contraire on prolonge encore l’agitation et le contact avec le carbure ; au besoin on ajoute encore une petite quantité de ce dernier, puis on transvase le mélange dans un appareil distillatoire et l’on procède à la séparation de l’alcool en mettant à part les premières portions recueillies ; elles renferment en dissolution une petite quautité d’acétylène. 11 est prudent de conduire loin du foyer les premières vapeurs dégagées qui sont constituées par un mélange d’alcool et d’acétylène. L’alcool condensé est anhydre si l’opération a été bien faite.
- Il est préférable de recueillir tout l’alcool dans le même récipient et de l'agiter ensuite avec une petite quantité de sulfate de cuivre desséché qui s’empare de l’acétylène tenu en dissolution. On procède alors à une seconde distillation sans séparer l’acétylure de cuivre qui s’est formé.
- L’alcool obtenu par ce procédé est anhydre et ne donne pas lieu à la formation d’un précipité lorsqu’on le mélange avec de l’alcoolute de baryte, le réactif le plus sensible pour indiquer la présence de traces d’eau.
- L’emploi du embure de calcium peut très bien, dans cet essai, être substitué à celui de l’alcoolate de baryte. Il suffit, en effet, de placer dans un tube à essai bien sec quelques centimètres cubes d'alcool et d’y projeter une pincée de carbure de calcium réduit en poudre grossière; si l’alcool est absolu, on ne voit aucune bulle de gaz se
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- LA NATURE.
- dégager et par agitation le liquide reste transparent. Si, au contraire, l’alcool examiné renferme des traces d’eau, on voit de petites bulles gazeuses se former, et, si l’on agite, le mélange se trouble et devient blanchâtre par suite delà formation d’hydrate de chaux. P. Yvon.
- LES CHÊNES SÉCULAIRES
- Centenaire comme un chêne, dit-on souvent. Ce n’est pas exagéré. On connaît des chênes qui ont au moins 500 ans. On prétend même qu’il en existe qui remontent plus haut. Le fameux chêne d’Al-louville, près d’Yve-tot, passe pour avoir été contemporain des conquérants de l’Angleterre (fig. 1). Il a 10 mètres de circonférence à 1 mètre du sol. Sa hauteur est de 17m,60. On lui attribue de 700 .à 900 ans environ. A l’intérieur on a pu y dresser un autel autour duquel peuvent tenir une douzaine de personnes. Cet arbre a eu son historien. Il a été décrit par M. H. Gadeau de Kerville dans les « Vieux arbres de Normandie ». On vient de fort loin le visiter ; c’est une des curiosités du pays Jusqu’ici pour arriver à Allouville, les Parisiens devaient descendre à Yvetot, prendre une voiture et se faire conduire jusqu’au village, situé à 6 kilomètres de la ville. La Compagnie de l’Ouest fait construire une halte à mi-chemin d’Yvetot et d’Alvimare au passage à niveau de la route de Fécamp. Les touristes n’auront plus que 2 kilomètres à faire pour parvenir à destination en longeant la très belle route de Caudebec.
- On pourrait citer en Normandie d’autres chênes plusieurs fois séculaires. Le chêne de la ferme du Tertre à Tellières-Ie-Plessis (Orne). Circonférence à 1 mètre du sol, 7m,81 ; âge présumé, 400 à 600 ans. Le chêne du parc d’Aunay-les-Bois (Orne). Circonférence, 7"',23 ; âge, 200 à 550 ans. Le chêne de la erme du Plessy à Nonant-le-Pin (Orne). Circonfé-
- rence, 6m,22; âge, 150 à 250 ans. Le chêne à la Vierge de la Mésangère à Bosguérard-de-Marcouville (Eure). Circonférence, 5m,72; âge, 200 à 300 ans. Le chêne à Leu de la forêt de Boumare, à Saint-Martin-de-Boscherville (Seine-Infér.). Circonférence, 5m,69 ; âge, 200 à 500 ans. Le chêne de la mère Dieu de la forêt de Vernon à Pressagny-L’Orgueilleux (Eure). Circonférence, 4m,91; âge, 200 à 400 ans environ. Le chêne à la Vierge de la cote Saint-Auct à Elbeuf (Seine-Inférieure). Circonférence, 5m,80; âge, 150
- à 250 ans. Le chêne cuve de la forêt de Brotonne à Gueba-ville (Seine-Inférieure). Circonférence, 6m,60; âge, 200 à 250 ans, etc.
- La Normandie n’a pas le privilège des chênes centenaires. On en trouve un grand nombre dans toute la France. On nous signalait dernièrement le « chêne des Partisans » qui l’emporte en dimension sur le chêne d’AlIouville. Cet arbre remarquable se trouve dans la forêt communale de Saint-Ouen-le-Paray, canton de Bulgnéville, non loin de la limite des Vosges et de la Haute-Marne. Dans le pays, on s’y rend comme en pèlerinage pour l’admirer et le photographier. Sa circonférence est d’environ 13 mètres à la base ; sa hauteur de 23 mètres. A l’époque du siège de la forteresse de la Motte qui fut prise et ruinée par les Français en 1645, il dominait déjà la forêt, ce qui lui avait valu de devenir le point de ralliement des partisans lorrains qui se réunissaient pour inquiéter les troupes assiégeantes, d’où la dénomination sous laquelle il est connu. On prétend qu’il était âgé d’au moins 150 ans lors du premier siège de la Motte en 1654.
- Son tronc, quelque peu évidé, a dû être emmure', mais l’arbre vit encore très bien.
- Sur le territoire de la commune de Cuntin, dans l’Aube, sur un coteau voisin de la chapelle Sainte-Anne, se dresse aussi un chêne vénérable : c’est le « chêne de Saint Bernard ». Cet arbre aurait été planté
- Fig. 1. — Ciiènc d'Allouville, près d'Yvetol (Seme-Infërieuru).
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- en 1070. II aurait aujourd’hui plus de huit cents ans. 11 avait appelé l’attention depuis longtemps, car il en est fait mention dans les Annales ecclésiastiques du diocèse de Langres.
- Ce chêne ne mesure, au collet de la racine, que 7 mètres de circonférence ; son tronc a 10 mètres de haut jusqu’aux premières branches. La tige est creuse, le bois a presque complètement disparu , ne laissant que l’écorce intacte. Un homme peut facilement s’abriter à l’intérieur.
- Dans le midi de la France, comme au nord et à l’est, on rencontre aussi des chênes centenaires. Près de Pau notamment, à Jurançon, dans la villa aux Bois d’un de nos amis, il existe un gros chêne d’au moins 550 à 400 ans qui mesure 5m,10 de circonférence et lm,70 de diamètre (fîg. 3). Les autres essences à Jurançon ont des représentants énormes. Ainsi il existe chez M. Vergez, cultivateur, un châtaignier dont le diamètre atteint 3m,40 et par suite la circonférence 10m,30(fig. 2). Cet arbre est en pleine vigueur.
- Il n’y a pas, en effet, que les chênes qui soient doués d’une extrême longévité. On peut citer encore les châtaigniers, les ifs, certains pins, les cèdres. En Normandie, on connaît un if, l’if du cimetière de la Londe Patry (Orne), qui a 9m,60 de circonférence, 14 mètres de haut, et dont l’âge est estimé, entre 1100 et 1500 ans. Dans l’Eure, Pii du cimetière de Boisney mesure 7m,16 de circonférence, 16 mètres de hauteur. Age présumé : 800 à 1000 ans.
- Le cèdre du Liban du Parc de Barville, dans l’Eure,
- a 4"‘,50 de circonférence, 52 mètres de haut. Age environ 160 ans.
- Le Pin laricio, variété de Calabre du parc de
- Vatimesnil, à Sainte-Marie de Vatimesnil, dans l’Eure, a, d’après M. A. Cadeau de Kerville, 5m,84 de circonférence et 35 mètres de hauteur. On lui donne plus d’un siècle. D’après M. Mahyet, il existe sur le littoral de la Méditerranée un pin de 0m,90 de circonférence, de 5 mètres de hauteur, qui a poussé sur un mur de 4 mètres de haut. A Saint-Tropez, tous les touristes vont voir le pin de Bertau, de dimensions considérables. En cherchant bien, on
- rencontrerait encore plus d’un de ces vieux arbres historiques dans nos départements. On en a malheureusement jeté bas plus d’un. Dans les Basses-Pyrénées, par exemple, on a le grand tort d’abattre annuellement des chênes magnifiques dont le bois sert à la fabrication des traverses de cbe-mins de fer. Heureusement on en trouve encore en France quelques centaines au moins qui vivaient déjà du temps de LouisXlII ou de LouisXIV.
- Nous faisons ardemment tous nos vœux pour qu’une hache sacrilège n’abatte pas les arbres d’un autre âge qui ont vu défiler tant de générations, s’accomplir tant de grands événements. Il est permis de les assimiler à des monuments historiques et on les considère comme tels dans beaucoup de régions. Ces souvenirs du passé sont bons à conserver et il faut au moins les laisser terminer leur existence en paix. Henri de Parville.
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- Fig. 3 — Chêne de la Madone, de la Villa-aux-Bois à Jurançon (Basses-Pyrénées).
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- LA NATURE.
- IA TRACTION ÉLECTRIQUE
- L’Industrie électrique vient de publier, comme tous les ans, la statistique des chemins de fer et tramways électriques en exploitation ou en construction en Europe, au 1er janvier 1898. D’après cet état, il existe 172 lignes à conducteur aérien, 8 lignes à conducteur souterrain, 8 lignes à rail central, 15 lignes à accumulateurs, 3 lignes mixtes à trolley et à accumulateurs, soit au total 204 lignes. La longueur totale des lignes est de 2259,5 km, le nombre de voitures automotrices est de 4514 et la puissance totale utilisée atteint 68 106 kilowatts. On compte en Allemagne une longueur de lignes de 1138,2 km, une puissance de 25 868 kilowatts et 2495 voitures automotrices. En France il y a 596,8 km de ligne, 664 voitures automotrices, et une puissance de 15158 kilowatts. La Suisse vient ensuite avec 146,2 km de lignes, 237 voitures automotrices, et une puissance de 5828 kilowatts. En Angleterre, on trouve 154,4 km de lignes, une puissance de 6197 kilowatts et 220 voitures automotrices. En Italie et en Autriche-Hongrie il y a respectivement 132,7 et 106,5 km de lignes, 511 et 243 voitures automotrices, et une puissance de 6570 et 5404 kilowatts. Dans les divers autres pays, les chiffres sont de beaucoup inférieurs. En Portugal, on ne trouve que 2,8 km de lignes, 5 voitures automotrices et une puissance de 110 kilowatts.
- On peut juger des progrès accomplis en une année, si l’on songe qu’au 1er janvier 1897, il y avait en Europe 150 installations d’une longueur totale de lignes de 1459,03 km avec 3100 voitures automotrices et une puissance de 47 596 kilowatts. J. L.
- CANONS A FILS
- Les canons à fils, c’est-à-dire les canons freltés avec des fils métalliques, dont on parlait encore ici1 récemment, ont une origine beaucoup plus ancienne qu’on ne le croit. On employait en effet déjà, au siècle dernier, des armes construites d’après ce principe.
- Voici ce qu’on lit à ce sujet dans Y Encyclopédie, édition de 1782, tome I, p. 97 (voir le mot arquebusier).
- « Un particulier industrieux, nommé le sieur Barrois, a imaginé des canons d’une nouvelle espèce, qu’il appelle canons filés. Sur un canon forgé, limé, et dressé à l’ordinaire, il tourne un fil de fer recuit, à peu près de la grosseur d’une plume de corbeau, qui d’abord ne couvre qu’environ un pied du canon, c’est-à-dire, cette partie renforcée qu’on appelle le tonnerre. Il soude cette couche de fil de fer avec une soudure composée qui lui est particulière, et dont il fait un secret. Cela fait, il blanchit à la lime cette partie du canon, seulement pour le nettoyer, afin de ne pas affaiblir le nerf du fil de fer; et sur cette première couche, il en soude une seconde du même fil de fer, mais qui embrasse les deux tiers du canon. Il blanchit celte seconde couche, et en ajoute enfin une troisième qui couvre toute la longueur du canon.
- « M. de Marolles, de qui nous empruntons cet article et le suivant, dans son excellent Essai sur la chasse au fusil, observe que, quant à la solidité, le procédé du sieur Barrois est ingénieux et bien raisonné, et peut équivaloir à celui qu’on emploie pour les canons à ruban ; il a même connaissance qu’un de ces canons filés, qu’on a forcé à l’épreuve, s’est tordu et a soufflé sans crever; mais les canons de cette espèce sont d’ailleurs sujets à un
- 1 Yov. n° 1293, du 12 mars 1898, p. 231.
- nconvénient auquel il n’est pas possible de parer. Il se trouve nécessairement, dans le fil de fer qui les recouvre, quelques pailles et défauts, indépendamment de quelques petits interstices qu’on peut supposer n’avoir pas été remplis exactement par la soudure; et cela est si vrai, que quand ces canons sont finis, et qu’on veut les mettre en couleur d’eau, le fer, en plusieurs endroits, cède au frottement de la sanguine, et forme de petits creux; en sorte que, pour éviter ces enfoncements, on est obligé de passer la pierre en travers sur le canon, au lieu de la passer en long. A plus forte raison, comment redresser un canon de cette espèce, s’il vient à se fausser, sans risquer d’y faire ces enfoncements, et sans le défigurer. Du reste, lorsqu’ils sont mis en couleur d’eau, leur couleur devient singulière, et présente des nuances fort agréables ».
- On voit que l’idée des canons frettés en fils est bien antérieure aux propositions de M. Woodbridge, lesquelles remontent seulement à 1850 environ. M. Woodbridge n’avait vraisemblablement jamais entendu parler du sieur Barrois, et qui a réinventé le procédé de ce dernier, sans avoir plus de succès auprès de ses contemporains, que n’en avait eu son devancier.
- Il ne faut pas s’étonner de faits de ce genre, excessivement nombreux dans l’histoire des inventions, ni s’empresser en pareil cas de crier à l’inventeur méconnu. La plupart des inventeurs méconnus ne sont en effet que des gens chez qui la théorie a devancé la pratique, et dont les inventions n’étaient pas viables, à l’époque où ils les ont conçues. Tel paraît avoir été le cas du sieur Barrois, auquel la métallurgie de son temps ne fournissait pas les éléments nécessaires pour faire réussir une idée parfaitement juste, mais qui ne pouvait être, à ce moment, réalisée d’une façon satisfaisante.
- Signalons aussi à ce propos en passant tout l’intérêt que présente l’étude, intelligemment faite, des anciens brevets qui n’ont pas abouti, bien que reposant sur une idée ingénieuse. Bon nombre de ces brevets se rapportent en effet à des appareils que l’on ne pouvait jadis réaliser, mais que les progrès des arts techniques permettent de construire de nos jours avec un complet succès.
- Les exemples à l’appui de celte thèse sont innombrables, et sans remonter jusqu’à l’invention de la machine à vapeur, des canons rayés ou des revolvers, nous pouvons citer dans les temps modernes l’invention du pneumatique, qui remonte à plus de cinquante ans, celle du cycle à quatre temps des moteurs à pétrole qui remonte à 1862 (brevet français de Beau de Rochas), et enfin celle des automobiles à vapeur qui remonte à 1769. C’est en effet en 1769 qu’un officier de l’artillerie française, Cugnot, qui devait mourir dans un état voisin de la misère, construisit le fardier à vapeur que l’on peut encore voir aujourd’hui au Conservatoire des Arts et Métiers.
- Nous voilà bien loin du sieur Barrois ! Revenons-y pour répéter que l’invention des canons à fds, comme tant d’autres inventions attribuées à tort à des étrangers, est bien d’origine française, puisqu’elle a été réalisée par an Français, il y a plus d’un siècle. Capitaine X...
- VOITURES AUTOMOBILES POUR LIVRAISONS
- Les grands magasins de Paris ont mis en essai depuis deux ans bientôt les voitures automobiles pour leurs services de livraisons. On sait que ces maisons ont un grand nombre de voitures et de chevaux pour livrer dans Paris et dans la banlieue les marchandises achetées, et que, de ce chef, leurs dépenses sont considérables. La question
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- des automobiles les intéresse donc tout particulièrement.
- M. L. Périsse a publié, dans la France automobile, quelques résultats d’exploitation qui permettent de fixer les idées.
- Les magasins du Louvre ont essayé une voiture Panhard et Levassor et une voiture Peugeot. La voiture Panhard est un grand véhicule, faisant les livraisons à Paris et à Versailles, d’un poids avide de 1900 kg, portant une charge utile de 000 kg et mù par un moteur de 6,5 chevaux. Le nombre de jours de service effectif a été de "240, la proportion des jours d’arrêt de 20 pour 100. Le trajet journalier était de 50 km. Nous trouvons pour les dépenses journalières : 10 à 11 francs pour l’essence, 25 à 24 francs pour les réparations et l’entretien, 9fr,50 pour la conduite et 1 franc pour l’intérêt de l’argent, soit au total 44 francs de dépenses par jour. La dépense par kilomètre-voiture est de û"',88. La voiture Peugeot pèse à vide 900 kg et peut transporter une charge de 500 kg ; le moteur Daimler a une puissance de 5,5 chevaux, et la voiture peut fournir 16 à 18 km par heure. Les principales données de fonctionnement sont les suivantes : 257 jours de services effectifs, avec 1 /6e de jours d’arrêt, 8 à 9 h. de durée de service journalier. Les dépenses journalières se composent de 5 à 6 francs pour l’essence, 12 à 15 francs pour les réparations et l’entretien, 9rr,50 pour la conduite, 1 franc pour l’intérêt de l’argent, soit 28 francs. Une voiture-heure revient à 3,r,10.
- Les grands magasins du Printemps utilisent une automobile Roger portant 500 kg de charge utile avec un moteur de 5 chevaux. Le nombre des jours de service a été de 215, avec une durée de 6 à 7 heures. Les principales dépenses journalières ont été les suivantes : essence 6,r,20, fournitures diverses 0,r,90, entretien et réparations 5'r,80, conduite 8,r,60, soit au total 19fl,50, et 5 francs par heure-voiture. On remarque que les réparations sont un peu plus élevées pour les systèmes à engrenages.
- La conduite des automobiles se fait dans de bonnes conditions, et une grande économie est obtenue sur le fonctionnement des voitures à chevaux. Une voiture à 2 chevaux du Printemps, portant 500 kg de bagages, dépense 57 francs par jour; l’automobile dépense 19'r,50.
- M. Honoré, directeur des magasins du Louvre, dans une communication à la Société des ingénieurs civils, après avoir constaté que les automobiles pouvaient assurer des économies de 30 pour 100 environ, insistait sur les économies qui pourront être réalisées, lorsque les constructeurs auront organisé l’entretien et les grosses réparations mécaniques dans des conditions normales.
- A la suite de cet article, un correspondant de la France automobile, M. Ch. Desouches, a fait observer que son service de traction animale, voitures à 2 chevaux, travaille 300 jours par an et porte de 2000 à 2500 kg de marchandises pour une dépense de 18 francs par jour. Ces voitures, d’un prix de 6600 francs, à 2 chevaux, ont un volume de 5 mètres cubes. M. L. Périssé a répondu que la voiture Panhard et Levassor a un volume de 4 mètres cubes ; puis pour les voitures portant plus de 2 tonnes de marchandises, il a cité les résultats des expériences du concours des poids lourds. Avec un train à vapeur Scolte, transportant 4200 kg de charge utile à la vitesse de 7 km par heure, le prix de revient est de 0'r,206 par km et par tonne de marchandise transportée. Le tracteur de Dion portant une charge utile de 2500 kg, marchant à une vitesse de 10,5 km par heure, donne une dépense de 0,r,25 par km et par tonne transportée. Ces chiffres sont intéressants à comparer. J. L afp argue.
- LE NOUVEAU GRAND PONT DU NIAGARA
- Rien ne vaut la nature quand on n’y sent point la présence de l’homme, quand la végétation y pousse avec toute sa fougue, sans taille ni émondage, quand les chutes d’eau s’y précipitent sans le moindre barrage, le moindre moulin qui vienne rappeler la vulgaire réalité des choses. 11 est vrai qu’alors l’accès des plus beaux spectacles est bien souvent impraticable, et puis, au point de vue utilitaire, auquel il faut constamment se placer dans la vie, on laisse perdre, dans cette eau qui tombe écumante, une puissance considérable dont l’utilisation viendrait accroître le bien-être général.
- Ces deux raisons aidant, les chemins de fer, les tramways, les ponts se multiplient pour amener le curieux au milieu des magnifiques spectacles de la nature, en même temps que les barrages, les dérivations viennent plus ou moins défigurer les torrents et leurs vallées. Ce double phénomène se manifeste d’une façon particulièrement intense aux alentours des fameuses « Niagara F ails ».
- Depuis des années et des années que des milliers, on pourrait dire des millions de visiteurs vont voir les majestueuses chutes, écouter leur mugissement, admirer le « Fer à cheval », les grottes, des spéculateurs, des hôteliers entreprenants ont essayé d’accaparer tous les beaux points de vue pour n’y laisser pénétrer que contre argent comptant; heureusement qu’en 1883, l’État de New-York décida qu’on créerait une Réserve officielle de 43 hectares environ, comprenant la fameuse Goat-Island et le Prospect Point, pour maintenir intact l’admirable paysage. De son côté, en 1885, le Canada a établi sur sa rive un vrai parc d’au moins 60 hectares, parc qui porte le nom de « Queen Victoria’s Niagara Falls Park ». C’était une chose de première importance que de préserver à jamais les environs des chutes ; mais les Américains, avec leur esprit d’entreprise habituel, ont voulu facilita* l’accès de tous les points des rapides, et, depufs quelques années, ils y ont multiplié les tramways électriques. C’est ainsi que la « Niagara Falls and Suspension Bridge railway Company » y possède 26 kilomètres de voies ; et il faut surtout citer la ligne à double voie du « Niagara Falls and Lewiston Railway » ou « Ligne de la Grande Gorge », qui suit en effet celle-ci sur toute sa longueur, courant constamment accrochée le long de la falaise à une huitaine de mètres au-dessus du tourbillon des rapides : s’étendant sur plus de 11 kilomètres, tout en courbes et en rampes qui atteignent jusqu’à 9 pour 100, cette ligne a pourtant été construite en 75 jours, comme le faisait remarquer notre excellent confrère Street Railway Journal, auquel nous empruntons ces renseignements. Sur la rive canadienne, le touriste peut aussi prendre les wagons du « Niagara Falls Park and River Railway », et il y jouira d’une vue splendide sur le Niagara.
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- Nous parlions tout à l’heure des usines hydrauliques et des ponts qu’on commence à trouver partout barrant les plus beaux torrents, les gorges les plus sauvages : ni les unes, ni les autres ne manquent ici. Des premières, nous n’avons rien à dire, car on en a maintes fois parlé; quant au dernier pont construit, il faut bien avouer que moins encore que les autres, grâce à ses proportions gigantesques, à sa hardiesse, à son extraordinaire légèreté, il ne défigure vraiment pas le paysage qu’il traverse de son arcature métallique. C’est, du reste, une œuvre assez remarquable pour qu’on y insiste quelque peu.
- Les gorges en aval des chutes sont franchies par
- trois ouvrages d’art, au nombre desquels est le nouveau pont dont nous voulons spécialement parler. A sa place existait jadis le pont qu’on appelait Suspension bridge et qui, commencé en 1848, avait été achevé en 1855 : primitivement en bois et reposant sur des tours de pierre, il fut renouvelé en 1880 sous la forme d’une construction en acier ; puis les piles de pierre furent remplacées en 1880 par des piles d’acier également. 11 a dû finalement céder la place à un ouvrage plus perfectionné, qui prend rang parmi les plus grands arcs métalliques du monde et qui a été exécuté par les soins de la « Pennsylvania Steel C° », de Steelton.
- C’est pendant l’automne de 1896 que les travaux
- ont débuté, sous la forme de quatre culées en pierre, deux sur chaque rive ; celles de la rive canadienne ont dù être établies sur une fondation en béton, tandis que les autres reposent directement sur le calcaire, les unes comme les autres se trouvant implantées à mi-chemin entre le niveau de l’eau et le sommet de la falaise. L’entreprise a été menée si rapidement que, dès la fin de mars 1897, on mettait en place le dernier panneau de l'arc proprement dit. La longueur de la travée principale entre les axes des articulations est de 167m,60; elle se continue de part et d’autre par une travée de rive de 55m,05 de longueur, poutre à triangle qui, par une extrémité, est articulée à l’arcature, tandis que l’autre bout repose, du côté de la rive, sur des rouleaux d’expansion fixés à la maçonnerie de culée.
- Ce pont a deux étages superposés, l’un pour les chemins de fer, l’autre pour la circulation des piétons, des voitures ordinaires et enfin d’un tramway à trolley. Les files de rails de la double voie sont chacune soutenues par un longeron placé immédiatement au-dessous ; pour le pont inférieur la disposition est analogue. Cet ouvrage, où l’on n’a pas employé moins de 2 720000 kilogrammes de métal, dont quelque 100 000 kilogrammes d’acier fondu, est construit de manière à supporter une charge énorme : on a en effet prévu sur chaque voie du pont supérieur le passage de deux locomotives à 4 paires de roues motrices et d’un train pesant 1588 kilogrammes au pied courant ; quant au pont inférieur, il est prévu pour une charge de 1561 kilogrammes au pied. Ce nouveau pont est une œuvre remarquable à tous
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- 1. Le s ponts anciens,
- Fijr. 2. — Les voies d'accès aux Niagara Falls.
- - 2 La ligne ferrée de la « Grande Gorge — 5. Vue générale des chutes. — 4. Ligne moulant le long des rapides. P. La voie accioehee à la falaise. — G. Embarcadère du bateau pour la visite des chutes.
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- points de vue et il n’en fallait pas moins pour qu’on lui pardonnât d’avoir apporté sa note de civilisation au milieu du sauvage paysage des célèbres gorges. Pierre de Méiîiel.
- FLEURS FÉCONDÉES
- PAR LES CHAUVES-SOURIS ET LES INSECTES
- On sait que les insectes, en visitant les fleurs, sont très utiles à la fécondation de celles-ci en transportant involontairement le pollen sur le stigmate. A part les insectes volants, on n’avait jusqu’ici décrit que les oiseaux-mouches pouvant remplir le même rôle. Voici maintenant que l’on parle des chauves-souris. C’est, du moins, ce qui résulte des observations de M. Hart1, surintendant du Jardin botanique de Trinidad, qui a étudié la fécondation chez le Bauhinia magalandra.
- Ce Bauhinia est un arbre de 10 mètres de haut dont les fleurs, allongée-s, s’étalent le soir, dès 6 heures, en janvier. Une demi-heure après l’épanouisement, on peut voir diverses espèces de chauves-souris voler d’une fleur à une autre, comme un papillon qui butine. Après qu’une chauve-souris a visité une fleur, les pétales blancs se détachent et tombent à terre. Le lendemain matin, toute la terre est jonchée de pétales, et, sur l’arbre, il ne reste plus une seule fleur intacte.
- Il est à remarquer que les fleurs du Bauhinia n’ont pas de nectaires et, par conséquent, ne sécrètent pas de nectar. Il est donc probable que les chauves-souris visitent ces fleurs pour y trouver les insectes dont elles font leur nourriture. M. Hart dit que, pour attraper ces insectes, les chauves-souris prennent dans la fleur une position telle qu’elles déterminent la fécondation, c’est-à-dire déposent le pollen sur le stigmate. Regrettons que M. Hart ne donne pas plus de détails sur ce point qui est cependant si important.
- M. Hart dit aussi que les fleurs d’un autre arbre, YEperua falcata, sont visitées par l’espèce de chauve-souris que l’on a nommée Glossonyderis Geoffroi, dont les pattes ressemblent un peu à celles des colibris. Au vol, cette chauve-souris est presque identique à un papillon de nuit.
- Puisque nous parlons de la fécondation des fleurs par les animaux, rappelons un article que nous avons publié ici même2. Cet article analysait les recherches de M. Plateau, tendant à établir que les fleurs n’attirent les insectes ni par leur forme, ni par leur couleur, mais seulement par leur odeur. Depuis, M. Plateau 3 a fait une multitude d’expériences dans le détail desquelles il serait trop long d’entrer. Contentons-nous de reproduire les conclusions auxquelles aboutit le savant naturaliste :
- A. Les insectes recherchant du pollen ou du nec'ar ne sont guidés vers les fleurs qui renferment ces substances que d’une façon très accessoire par la vue. En effet :
- 1° Ni la forme, ni les couleurs vives des fleurs ne semblent avoir de rôle attractif imporlant;
- 2° Les insectes visitent activement les capitules de Composées et les ombelles d’Ombellifères n’ayant subi aucune mutilation, mais dont les formes et les couleurs sont masquées par des feuilles vertes ;
- 5° Les insectes continuent à visiter les fleurs ou les
- 1 Botanische Cenlralblalt, 1897, n° 50.
- * Yoy. n° 1193, du 11 avril 1896, p. 299.
- 3 Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, 1896 et 1897.
- inflorescences dont on supprime la presque totalité des organes colorés voyants, pétales, corolles entières, fleurons, etc. ;
- 4° Ils ne manifestent aucune préférence ou aucune antipathie pour les couleurs diverses que peuvent présenter les fleurs des différentes variétés d’une même espèce ou d’espèces voisines, passant d’une fleur blanche à une fleur bleue, puis à une pourpre, une rose, etc., sans choix appréciable ;
- 5° Il existe de nombreuses fleurs vertes ou verdâtres, peu visibles au milieu du feuillage; cependant les insectes les découvrent aisément et les visitent d’une façon active ;
- 6° Les insectes ne font ordinairement aucune attention aux fleurs artificielles en papier ou en étoffe, à couleurs vives et bien imitées, que ces fleurs soient vides ou contiennent du miel. Us semblent même les éviter ;
- 7° i\u contraire, les corolles artificielles en feuilles vivantes, par conséquent, à odeur végétale naturelle, d’un vert normal et contenant du miel, reçoivent de nombreuses visites.
- 13. Les insectes sont guidés d’une façon sûre vers les fleurs à pollen ou à nectar par un sens autre que la vision et qui ne peut être que l’odorat. En effet :
- 1° Ils se portent, sans hésitation, vers des fleurs habituellement négligées pour absence ou pauvreté du nectar, du moment où l’on met dans celles-ci du nectar artificiel représenté par du miel ;
- 2° Les insectes cessent leurs visites, lorsque, tout en respectant les organes voyants colorés, on enlève la partie nectarifère de la fleur, et ils recommencent ces visites si l’on remplace ultérieurement le nectar supprimé par du miel ;
- 5° Il suffit de mettre du nectar artificiel odorant, c’est-à-dire du miel, sur ou dans les fleurs anémophiles vertes ou brunâtres, non voyantes, presque jamais visitées, pour attirer des insectes nombreux.
- Voici donc une question résolue d’une façon presque mathématique. Reste à savoir maintenant pourquoi les fleurs ont de si jolis pétales. Le bon Bernardin de Saint-Pierre aurait dit que c’est pour qu’on puisse faire des bouquets. La réalité doit être un peu plus compliquée. Henri Coupin.
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- L’EXTENSION DES TRAMWAYS
- AUX ÉTATS-UNIS
- Pour compléter les renseignements que nous avons pu déjà donner, nous dirons qu’aux derniers relevés qui ont été faits, le réseau de tramways des États-Unis atteignait environ 24000 kilomètres. Dans ce total, Chicago tient la tète avec 1054 kilomètres, ce qui est un assez beau chiffre ; Boston vient ensuite avec 880 kilomètres, en y comprenant les tramways des faubourgs et ses lignes souterraines, qui sont bel et bien des tramways qu’on fait passer maintenant sous terre pour décharger la circulation. Nous trouvons 683 kilomètres à New-York, en comptant les elevated, puis 666 à Saint-Louis, 648 à Brooklyn (y compris comme à New-York les elevated), 640 à Philadelphie. Les autres villes sont moins bien partagées d'une façon absolue ; mais il faut considérer qu’elles ont une superficie beaucoup moindre et c’est énorme, pour Cincinnati par exemple, que de jouir d’un réseau de 418 kilomètres. Quant à Buffalo, dont l’importance est encore plus secondaire, elle en possède 254 kilomètres.
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- LA NATURE.
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- LUE D’HÀI-NÀN
- L’ile d’Haï-Nan n’a été connue, jusqu’à ces dernières années, que par des récits fantaisistes et contradictoires, dépourvus de toute valeur scientifique. Les premiers renseignements vraiment sérieux qui aient été publiés sur ses habitants et la richesse de son sol datent à peine de 1897, et ont été communiqués par un explorateur français, M. Madrolle, à la Société de géographie de Paris.
- Il n’y a guère que deux mille ans que les Chinois, traversant le bras de mer qui sépare Haï-Nan de la presqu’île de Louei-Tsiou, débarquèrent pour la première fois dans l’ile et en commencèrent la conquête. Elle fut si difficile et si longue qu’elle n’est pas encore terminée.
- Les Sai, race indigène venue de Sumatra ou des Philippines à une époque très ancienne, combattirent vaillamment pour leur indépendance et, s’il leur a fallu reculer devant le nombre des envahisseurs, il leur reste encore tout le massif central du Wouchich-Chan et la partie méridionale de l’ile où les Chinois n’ont pas osé les suivre.
- Ils n’ont conservé que quelques-unes de leurs coutumes, mais ils sont restés fidèles à leur langue. Beaucoup plus robustes que les autres aborigènes, ils ont le teint très olivâtre, les pommettes saillantes, les yeux légèrement bridés, et roulent leurs cheveux au-dessus de leur front en forme de chignon pointu. Ils vont tout nus, portant sur leur dos l’arc et les flèches qu’ils manient merveilleusement. Pendant que leurs femmes cultivent un peu de riz rouge, soignent les canards et les porcs très abondants dans cette région, les hommes vont à la chasse et cherchent dans les forêts des essences précieuses comme le bois d’aigle et le cardamome, si appréciés par les médecins orientaux. Armés seulement d’un épieu aiguisé et durci au feu, ils poursuivent le rhinocéros dont la peau et la corne servent à fabriquer des drogues qui, d’après les Chinois, ont un effet surprenant dans certaines maladies.
- Ils creusent sur le passage des tigres, qui pullulent dans la région montagneuse, des fosses profondes dissimulées sous des herbes et des branchages. Lorsqu’un de ces fauves tombent dans le piège, ils le tuent à coups de flèches et conservent précieusement les griffes, les dents, la cervelle et le fiel auxquels ils attribuent des vertus miraculeuses. De même pour les jeunes cornes de cerf, quand elles sont molles et recouvertes d’un léger duvet.
- Us chassent également le buffle sauvage, le chat tigre, le sanglier, le porc-épic, ainsi que les singes, les écureuils, les lièvres et les lapins très abondants dans ces antiques forêts où aucun Européen n’a jamais pénétré.
- Beaucoup plus pacifiques sont les Miou, autre tribu indigène venue de î’Annam ou du Tonkin vers le septième ou le huitième siècle avant J.-C. Après une faible résistance ils se sont alliés aux Chinois et c’est le mélange de ces deux races qui a donné naissance à la population actuelle d’IIaï-Nan. C’est seulement dans les montagnes de l’ouest que l’on peut encore trouver quelques types purs de cette tribu qui aura bientôt disparu. Plus petits que les Sai, ils ont les pommettes plus saillantes, le nez plus épaté, les yeux plus obliques, mais la couleur de leur peau est moins foncée. De même race en somme que les Chinois, ils devaient se laisser absorber par eux, tandis que les Sai, d’origine malaise, conservaient instinctivement la haine profonde que les Malais ressentent pour les Célestes.
- Les Hakkas, considérés à tort comme indigènes par la plupart des auteurs, sont au contraire des Chinois du nord de Canton, qui se sont installés dans l’ile à une époque assez récente.
- La population totale est aujourd’hui de 2 millions d’habitants environ, dont 1 700 000 individus portant la tresse.
- Ce peuple sino-indigène a occupé les vallées et refoulé dans le sud les tribus autochtones qui ne voulaient pas se laisser assimiler.
- fl a incendié les forêts sur le versant des montagnes pour lui substituer des bois de cocotiers, de palmiers et d’aréquiers. Les plaines ont été également défrichées. Les broussailles et les joncs ont fait place aux papayers, aux bananiers, aux indigotiers, aux cannes à sucre. Dans le nord-ouest, la partie la plus fertile de l’ile, les habitants cultivent le coton, le tabac, les patates, le sésame, l’arachide, etc.
- De nombreux cours d’eau non navigables qui descendent du massif central, fertilisent d’immenses rizières dont le produit suffit en temps ordinaire à la consommation de toute la population. Lorsque la récolte est insuffisante, des jonques vont chercher des cargaisons de riz en Cochin-chine et même à Siam.
- Les richesses minières ne le cèdent en rien à celles que nous venons d’énumérer. Le sous-sol est extrêmement riche et on a trouvé presque à fleur de terre d’abondantes mines de cuivre, d’étain et de plomb argentifère. Des gisements de houille ont été également relevés. Enfin le sable des rivières et des torrents contient de nombreuses paillettes d’or. Le Ta-Kiang (grand fleuve), qui passe à King-toa, la capitale de l’ile, est une source de richesses pour les riverains. Lorsque la saison sèche a fait baisser ses eaux, tous se livrent au lavage des sables et ce travail leur assure de beaux bénéfices.
- Un peu partout, et principalement dans la région de Kam-oun, sur la côte ouest de l’ile, les indigènes ramassent des pierres précieuses telles que l’émeraude, la topaze, le grenat, le rubis, le saphir, etc. La plupart de ces pierres sont très petites, mais on en a découvert quelques-unes d'une grosseur respectable. Lorsque la France sera définitivement installée dans ce pays, et il faut espérer qu’elle n’attendra pas longtemps pour y planter son drapeau, des recherches sérieuses pourront être entreprises et je suis convaincu qu’elles donneront d’excellents résultats.
- D’ailleurs le climat d’Haï-Nan est excellent pour les Européens. Si les côtes basses, sablonneuses, découpées en rochers anguleux, échancrées de longues baies, dissimulent trop souvent derrière elles des étangs marécageux, les hautes montagnes de l’intérieur et le plateau central sont très salubres. Une brise rafraîchissante se fait constamment sentir sur ces sommets élevés, aussi les missionnaires américains, établis dans l’ile, ont-ils créé un sanatorium tout près de No-doa sur le versant ouest du massif central.
- La situation d’Haï-Nan, que 150 kilomètres à peine séparent de la côte indo-chinoise, permettrait très aisément à nos compatriotes d’aller y rétablir leur santé ébranlée par les fièvres du Tonkin ou de la Cochinchine. Obligés jusqu’ici de rentrer en France ou de se rendre au Japon, ils reculaient souvent devant ce long voyage, et payaient leur imprudence de leur vie. Ils pourraient trouver tout près d’eux, sous un climat presque tropical, une température européenne qui leur rendrait rapidement leurs forces et leur vigueur première. Voilà une raison de plus pour faire une colonie française de cette île qui est « l’œil de la Chine vers nos possessions asiatiques » et dont l’occupation par une puissance étrangère compromettrait la sécurité de notre magnifique empire d’Extrême-Orient. Francis Mury.
- Ancien sous-commissaire de la Marine.
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- LA NATURE.
- LES VARIATIONS DE LA FORME DU CŒUR
- Le cœur jouait autrefois un grand rôle dans les croyances populaires. C’était le plus noble des viscères ; c’était aussi le plus sensible. Il se modifiait suivant l’état d’âme du sujet, d’où l’expression « avoir gros cœur ».
- Le cœur est aujourd’hui bien déchu de cette antique splendeur, les erreurs à son sujet ont passé et il s’est trouvé que seule la notion du changement de volume a subsisté et que nos procédés perfectionnés d’investigation moderne nous démontrent le bien fondé de la vieille observation d’antan.
- Il n’y a pas très longtemps qu’on a constaté par l’observation directe que le cœur changeait facilement de forme. Divers auteurs allemands, puis Gen-drin, Constantin Paul,
- Potain, pour ne citer que les principaux, enfin G. Sée, il y a une dizaine d’années, en collaboration avec Pignol, ont pu, au moyen de la percussion, montrer que le cœur change facilement de forme, de position et même de dimensions sous une série d’influences variées qui toutes agissent sur le système nerveux. Ces changements sont d’autant plus marqués que le sujet est plus nerveux.
- Mais ces auteurs n’avaient à leur disposition que la percussion, procédé réalisé en percutant avec la pulpe des doigts de la main droite la face dorsale de l’index gauche fortement appliqué sur la peau du point que l’on veut examiner. Les différences de tonalité ainsi obtenues par la percussion peuvent servir à limiter le viscère sous-jacent.
- A ce procédé primitif, nous avons substitué l’emploi de notre sthétoscope Capitan et Verdin pour la percussion auscultée, en mettant en œuvre la méthode de la phonendoscopie de Bianchi1.
- Dans toutes nos recherches, nous avons délimité l’ensemble du cœur sans figurer le tracé complet des oreillettes et des ventricules.
- La méthode a été celle indiquée dans l’article précédent. La technique est fort simple. On choisit d’abord un sujet impressionnable ou intoxiqué (alcool par exemple). Dans ces cas, les résultats sont plus nets.
- D’ailleurs, à peu près chez tout le monde, la
- 1 Voirie n° 1200, <lu 10 février 1808, p. 170.
- forme du cœur varie très facilement sous diverses influences fonctionnelles ou pathologiques : après un effort, une course ou après un repas, ou bien si le sujet éprouve une émotion, s’il est exposé à un refroidissement subit (douche par exemple), etc. Nombre d'influences diverses peuvent prédisposer le sujet à avoir cette sensibilité spéciale de son système nerveux cardiaque : l’anémie, un état nerveux quelconque, une maladie générale aiguë ou chronique (tuberculose, fièvre typhoïde par exemple) ou même simplement un état diathésique, tel que le rhumatisme ou une intoxication chronique, telle que l’alcoolisme, etc. On voit donc qu’il y a bien peu de sujets dont la forme du cœur ne varie jamais. Ce sont quelques rares individus très bien portants, vigoureux et peu émotifs.
- Voici donc comment nous avons procédé pour faire l’examen des variations du cœur. Le sujet étant placé debout, on délimite le pourtour de son cœur suivant la méthode générale de la phonendoscopie. Cette méthode consiste, nos lecteurs s’en souviennent, le bouton du stéthoscope creux étant appuyé fortement au milieu environ de l’aire cutanée correspondant au cœur, à frotter la peau en s’éloignant de ce point. Lorsqu’au moyen des tubes de caoutchouc joignant l'appareil aux oreilles, on ne perçoit plus le bruit du frottement, c’est qu’on est arrivé aux limites de l’organe. Un trait au crayon gras marqué sur la peau indique ce point. En fixant ainsi une série de points, il est facile d’obtenir une ligne indiquant la forme du cœur. Cette ligne, nous l’avons marquée sur la figure 1 par un trait plein.
- On fait alors exécuter au sujet des mouvements un peu violents ou mieux encore on le fait courir pendant quelques minutes. Alors on établit par le même procédé la ligne indiquant la périphérie du cœur, on la trace au moyen d’une série de points. Ce nouveau tracé ainsi obtenu chez notre sujet est figuré sur la gravure par la ligne en pointillé. Il suffit alors ou bien de photographier le sujet ou plus simplement de prendre un calque des deux tracés pour avoir une série de figures comparables.
- On constate ainsi, comme on peut le voir sur la figure que nous donnons, que la forme du cœur s’est modifiée ou qu’il s’est déplacé (dans ce cas, il s’est porté en haut). Mais ces changements de position peuvent se faire dans divers sens. Le cœur peut
- Fig. 1. — Changement ne forme et déplacement du cœur sous l’influence d’une course. Le trait plein indique la forme du cœur avant et le trait en pointillé après la course. (Photographie de M. Croisier.)
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- LA NATURE.
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- aussi augmenter ou diminuer de volume. De là un certain nombre de types que j’ai pu établir avec mon élève, M1|e Pokrychkine, qui a fait sa thèse sur ce sujet, dans mon service de la consultation de l’hôpital de la Pitié.
- Dans un premier groupe, on peut classer les cœurs qui sous l’influence d’un effort se relèvent. La figure 1 montre nettement cet aspect. Dans ce cas, le cœur a également un peu augmenté de volume. Il s’agit d’un sujet nerveux et légèrement éthylique.
- Le tracé 5 figure le cœur d’une hystérique qui
- souffrait de l’estomac ; on voit que le cœur, après la course, s’est notablement abaissé. Chez cette femme le cœur s’est en même temps rétracté.
- Les figures 4 et 5 se rapportent à deux cœurs dont le premier s’est transporté en dehors vers la partie externe du thorax et l’autre en dedans vers la ligne médiane. 11 s’agissait dans le premier cas d’une femme alcoolique et dans le second d’un étudiant en médecine assez nerveux.
- Enfin les tracés 6 et 7 montrent d’autres types de modification de forme que peut affecter le cœur.
- Fig. 2. Fig. 5. Fig. i.
- Fig. 2. Rapports du cœur avec la cage thoracique, le cœur étant délimité au moyeu du phoneiidoscope.
- 5. Le cœur s’est déplacé en descendant et en se rétractant. — Fig. 1. Le cœur s est transporté en denors. 11 a diminué de volume.
- Fig. 5.
- Fig. b. Le cœur s’est transporté eu dedans vers la ligne médiane. Il est remonté en se rétractant. — Fig. 6. Le cœur s'est distendu
- en augmentant de volume. — Fig. 7. Le cœur s’est contracté.
- Dans toutes ces ligures extraites de la thèse de Mlle Pokrychkine, le trait plein indique le tracé du cœur au repos et le trait en pointillé le tracé du cœur après une course de quelques minutes ; la ligne verticale indique l’axe du corps et les autres lignes les différentes dimensions du cœur. A droite et en haut on a figuré la première côte et en bas le mamelon gauches.
- Dans le premier cas, le cœur a augmenté de volume. U a au contraire diminué dans le second. Ces cœurs appartenaient le premier à une jeune femme nerveuse et tuberculeuse, et le second à une femme également très nerveuse.
- Ces variations dans la forme et le volume du cœur ne sont pas caractéristiques de tel ou tel type clinique. Bien plus, si l’on examine certains sujets à des moments différents, on peut constater que sous une même influence, l’effort, par exemple, leur cœur ne réagit pas de la même façon : tantôt il augmente de volume, tantôt il diminue.
- A quoi correspondent ces modifications dans la
- morphologie du cœur? Elles tiennent vraisemblablement à ce que le cœur, obligé de faire un travail momentanément exagéré, tantôt se contracte exagérément (alors il diminue de volume), tantôt impuissant à réagir il se laisse distendre par le sang que lui apporte une circulation activée (dans ce cas, il augmente de volume). Il peut aussi arriver qu’il se contracte irrégulièrement en ses diverses parties : on observe alors les modifications de la forme et les mouvements de translation.
- En somme, on le voit, le cœur change de forme et de dimensions avec la plus grande facilité. L’exactitude de cette notion bien ancienne se trouve
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- LA NATURE.
- rigoureusement démontrée au moyen de la phonen-doscopie. C’est encore une curieuse application de cette intéressante méthode. Dr Capital.
- CHRONIQUE
- Arc-en-ciel lunaire. — M. Challin, officier belge en mission dans l’état indépendant du Congo, signale dans une lettre reproduite par Ciel et Terre quelques phénomènes météorologiques intéressants qu’il a pu observer. Étant à Redjaf-Lado, localité située sur le cours du Nil, à l’extrême limite N. E. de l’État du Congo, il vit un arc-en-ciel lunaire, phénomène très rare sous toutes les latitudes, et qui n’avait jamais été vu dans la région.
- « Le samedi 17 avril, vers huit heures du soir, alors qi e le soleil avait disparu de l’horizon depuis deux heures et que la lune brillait de tout son éclat à 45° environ au-dessus de l’horizon, surgit soudainement vers le N. N.W., un arc-en-ciel dont la concavité était tournée vers l’W. La couleur orange, la seule bien u arquée, se trouvait dans cette direction; les autres couleurs semblaient se confondre. La durée du phénomène fut d’une demi-heure environ. Le ciel était orageux, et de gros nuages noirs fuyaient vers l’W., laissant cependant à découvert une bonne partie du ciel. » M. Chaltin signale ensuite les fréquents tremblements de terre qui ont lieu dans la région N. W. du Congo. Les indigènes racontent que souvent des maisons ont été renversées, qu’une fois même, les eaux du Nil ont été soulevées et lancées à une grande hauteur.
- Les petites étoiles dans les pléiades1. —
- M. Bailey a entrepris le dénombrement des astres compris dans l'amas des pléiades. Il s’est servi pour cette recherche du procédé photographique, universellement employé aujourd’hui. Il a constaté par l’examen de nombreux clichés que les étoiles faibles sont visiblement moins nombreuses dans les pléiades et en général dans les amas composés surtout de nébuleuses que dans les régions voisines. Ce fait peut résulter soit d’un retard à la formation des astres dans ces régions du ciel, soit de a présence des nébuleuses qui cacheraient les étoiles peu brillantes.
- line ordonnance d’il y a 6000 ans. — Elle a été signalée par le professeur A. Macalisher, de Cambridge, et il s’y agit d’une « solution contre la chute des cheveux », qui avait été imaginée pour la mère du roi Chata, second roi de la première dynastie Égyptienne, lequel régna vers 4000 avant J.-C. En voici la formule : gras de patte de chien, 1 partie ; fruit du palmier dattier, 1 partie ; sabot d’àne, 1 partie.
- Le tir des canons de marine. — Au commencement de cette année, le croiseur anglais Edgar reçut la mission de couler un vapeur pétrolier qui formait épave fbttante dans la mer Rouge: il ne lui a pas fallu tirer (et encore de très près) moins de 70 coups de canon pour arriver à défoncer l’épave, qui se laissait pourtant faire bien paisiblement.
- Les travaux des arsenaux militaires du Japon. — Les arsenaux militairesjaponais dont nous avons parlé ici, se lancent dans les grandes constructions : c’est ainsi que l’établissement d’Yokoska vient de mettre à l’eau le croiseur Akashi, navire tout à fait semblable au Suma,
- 1 D'après Aslronomùche Nachrichten.
- lancé dans le même arsenal, il y a deux ans. h'Akashi est réellement remarquable : long de 89m,90, il a un déplacement de 2800 tonnes et une puissance de 8000 chevaux, qui doit lui donner une allure de 19 nœuds et demi.
- De reflet des balles dum-dum sur les tissus du corps humain. — M. von Bruns (de Tubingue) a fait sur des cadavres placés à une distance de 25 mètres un certain nombre d’expériences avec le fusil d’ordonnance et des projectiles à pointe découverte (balles dum-dum). Il a constaté que ces projectiles produisent un effet infiniment plus destructeur que tous ceux que l’on a employés jusqu’ici. Sur la plupart des préparations, les 1 arties molles sont détruites à un tel point qu'il ne peut plus être question d’orifice d’entrée ni d’orifice de sortie, et dans les cas où l’un peut encore distinguer un orifice d’entrée, celui-ci ne présente pas la forme d’une simple déchirure allongée, comme cela se voit avec les balles à chemise complète, à petites distances, mais elle est dila-cérée en de nombreux lambeaux. 11 s’agit donc d'une véritable explosion. La destruction est encore plus prononcée quand le projectile frappe l’os. Quant à la déformation du projectile, qui constitue la cause de cet effet considérable sur le corps humain, la pointe non revêtue de chemise s’aplatit déjà au contact de la peau, et cette déformation du plomb fait sauter la chemise en de nombreux fragments enruulés. Le plomb lui-même éclate en une multitude de morceaux qui se dispersent dans les tissus de l’organisme. Ces expériences autorisent plus que jamais à soutenir cette thèse, à savoir que les projectiles complètement enveloppés d’une chemise sont relativement bénins dans leurs effet'. L’emploi de ces nouvelles balles, par contre, doit être considéré comme absolument inhumain. M. Bruns croit donc être d’accord avec les membres du Congrès en exprimant le désir que la Convention de Saint-Pétersbourg de 1868 soit complétée par un accord international portant interdiction d’employer des balles dont la pointe est dépourvue de chemise, et que la direction de l’armée prenne l’initiative de cette démarche.
- Les chemins de fer du monde entier. — Une
- publication du Gouvernement prussien, Archiv fur Eisenbahnwesen, a récemment publié la statistique des chemins de fer du monde entier.
- Voici les chiffres en milles pour 1895, les derniers qui sont publiés, comparés à ceux de 1891 :
- 1895 1891 Augment011
- En milles
- Europe 155284 141 552 15 732
- Asie 26 890 22 023 4 867
- Afrique. .... 8169 6 532 1 647
- Amérique. . . . 229 722 212 724 16 993
- Australie .... 13 888 12 522 1 566
- Total . . . 433 953 595143 58810
- Le total de 1895 équivaut à plus de dix-sept fois la longueur de l’Equateur.
- L’Amérique a plus de chemins de fer à elle seule que toutes les autres parties du monde. L’Asie, le continent le plus grand et le plus peuplé, figure pour un seizième environ du chiffre total. Les deux tiers de ses 26 890 milles sont dans l’Inde anglaise. Le Japon entre pour une large part dans le chiffre de l’augmentation des dernières années..
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- LA NATURE.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 9 mai 1898. — Présidence de M. Wolf.
- Lu déperdition ammoniacale dans la fabrication du fumier. — Tous les agronomes déplorent les pertes d'azote résultant du mode de fabrication du fumier habituellement en usage. M. Dchérain indique le moyen d’éviter ces pertes. L’urée éliminée par les animaux se transforme aisément en carbonate d’ammoniaque. Dès que celui-ci est dissous dans l’eau, il se dissocie en acide carbonique et ammoniaque qui s'échappent peu à peu de la dissolution, de telle sorte que c’est pendant la station de la litière sous les animaux que les perles d’azote se produisent. La dissociation du carbonate d’ammoniaque est rapide dans l’air, mais cesse absolument dans une atmosphère d’acide carbonique; or,M. Dehérain a reconnu depuis longtemps que l’atmosphère confinée de l’intérieur d’un tas de fumier en fermentation est très chargée d’acide carbonique, et que, par suite, le dégagement de l’ammoniaque ne s’y produit pas; si donc on s’astreint à conduire, chaque jour, sur la plate-foime les litières des étables, on évitera complètement les pertes ammoniacales, à la condition que le fumier bien tassé soit maintenu en fermentation active par des arrosages fréquent à l’aide du purin.
- Anomalie magnétique. — M. Mascart présente une Note de M. le général Venukolf annonçant que M. Leist a découvert à Kotchetowka, dans le gouvernement de Ivoursk, un véritable pôle magnétique où l’aiguille, ai- j mantée se tient rigoureusement verticale. La région j jouissant de cette propriété remarquable est fort peu étendue ; car, à 20 mètres de distance, l’inclinaison est déjà de 1°. L’aiguille de déclinaison est affolée en ce point qui offre le premier exemple connu d’un pôle magnétique terrestre.
- Propriété des tubes de Crookes. — M. Violle analyse une Note de M. Villard relative à une propriété des tubes de Crookes. Si l’on prend un tube de Crookes vertical avec une cathode à la partie supérieure et une anode à la partie inférieure, le flux de la cathode est réglé par les conditions générales du tube. Mais si l’on dispose intérieurement un écran métallique percé de trous, l’afflux est réglé par la disposition des trous. Il y a une partie obscure et seulement émission en face des trous du diaphragme.
- Action du soleil sur les comètes. — L’action répulsive du soleil sur la matière de la queue des comètes paraît un fait bien établi par l’observation. M. Deslandres fournit de cette particularité une explication très satisfaisante. 11 émet l’avis que cette force est due à des rayons cathodiques provenant du soleil.
- L'oxyde de carbone dans l'atmosphère — Dans la séance du 28 mars dernier, M. Armand Gautier a décrit une méthode permettant de doser avec certitude des traces d’oxyde de carbone dans l’air en utilisant la propriété de ce gaz, de réduire complètement à la température de 60 à 65° l’anhydride iodique, quelle que soit la dilution de l’oxyde de carbone dans l’air. M. A. Gautier démontre l’extrême sensibilité et l’extrême précision de cette méthode qui, appliquée à l’air de différentes parties de la capitale, a accusé des différences sensibles dans la teneur en oxyde de carbone. Cette teneur oscille autour de 1 millionième.
- Varia. — M. Moissan présente une Note de M. Lebeau relative à la préparation d’un corps nouveau, le borocar-bure de glucinium. — M. Bonnier présente un travail de M. Coupin relatif à la résistance des graines à l’immersion dans l’eau. Ch. de Villedeuil.
- LE GRAND ÉCHAFAUDAGE ROULANT
- DE LA BIBLIOTHÈQUE DE WASHINGTON
- Les échafaudages roulants sont susceptibles de rendre de grands services, et par l’économie qu’ils assurent et par la rapidité qu’ils permettent de donner aux travaux, puisqu’ils se transportent tout construits d’un point à un autre; cependant on n’en tire pas tout le parti que l’on pourrait. Un exemple curieux de cette sorte de construction a été fourni récemment pendant l’édification de la nouvelle « Congressional library » de Washington, c’est-à-dire de la grande bibliothèque du Congrès des Chambres américaines.
- Le bâtiment dont il s’agit présente d’énormes pro-
- Fig. 1. — Détails de l'éelwlàudagc et de sou chemin de roulement.
- portions : disposé à peu près eq rectangle régulier, avec 4 pavillons aux angles, il a 145 mètres de long sur 104 environ de large; au centre est un grand dôme légèrement surbaissé, dans le goût de la Renaissance, comme le reste du monument. Il y aurait beaucoup à dire sur cette bibliothèque (monumentale comme la plupart des choses qui naissent sur le sol américain), qui s’enorgueillit de ses 2000 fenêtres; mais ce qui nous intéresse particulièrement, c’est le dôme dont nous venons de parler. Il abrite la grande salle de lecture, qui est à peu près circulaire, a un diamètre d’environ 50 mètres et une hauteur de 58m,10.
- On a voulu, ainsi que dans toute la bibliothèque, répandre les décorations à profusion sous la coupole du dôme : reliefs en stuc représentant des anges, des fleurs, des oiseaux, des rosaces, etc., puis, plus haut, des peintures de l’artiste américain
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- LA NATURE.
- Edwin H. Blashlield. Les travaux de ce genre sont toujours fort difficiles à mener à bien, car après que les maçonneries, les pièces métalliques ont été mises en place et qu'on a procédé au décintrage pour essayer la résistance du dôme, il faut établir à nouveau des échafaudages coûteux et encombrants qui, par leur présence même, gênent les ouvriers, les peintres, les sculpteurs, et empêchent totalement de juger de l’ensemble de l'œuvre au fur et à mesure qu’elle se poursuit.
- Une solution fort ingénieuse a été imaginée par M. Bernard Green, l’ingénieur chargé de la construction dont il s’agit, sous la forme de deux échafaudages mobiles identiques, dont on voit la coupe dans la figure 1, et que nous montrons tels qu’ils se présentaient durant les travaux (fig. 2).
- Ainsi qu’on le remarque du premier coup d’œil, l’échafaudage en question est suspendu à une cheville qui se trouve juste dans Taxe du dôme : cette cheville est supportée par une plate-forme en grosses poutres, qui traverse l’évidement central du dôme et prend appui sur une couronne circulaire métallique faisant partie intégrante de la coupole. C’est l’axe de rotation de tout le système qui, selon une comparaison tout à la fois exacte et pittoresque, ressemble à un immense gabarit tournant de ladite coupole. De la cheville, dont le diamètre n’est pas de moins de 95 millimètres, descendent deux poutres métalliques obliques qui aboutissent à la corniche du dôme, en suivant chacune un méridien différent de celui-ci; elles viennent reposer sur deux roues, deux galets, maintenus rigidement à 4m,64 de distance par un fer cornière de 0,n,15 sur 0m,15. Ces galets, qui présentent un diamètre de 0m,46, ont leur essieu horizontal et disposé suivant un rayon par rapport au cercle formant la base du dôme; ils roulent
- sur un véritable chemin de fer constitué par un fer plat vertical, logé dans la corniche, et maintenu au moyen de boulons entre deux fers en Y, comme le montre le dessin de détail ci-joint. Bien entendu les deux poutres obliques descendant de la cheville sont contre-ventées entre elles1, ce qui donne toute homogénéité à l’échafaudage qu’on fait se déplacer en tournant, grâce à un simple palan.
- Les deux figures qui accompagnent ces lignes montrent bien comment tout l’ensemble était raidi: on y aperçoit de plus les barres horizontales qui supportaient les planchers, espacés de lm,83, où prenaient place les décorateurs, et où ils pouvaient travailler en toute sécurité et en pleine lumière ; en outre, pour décorer la partie supérieure des parois verticales immédiatement au-dessous de la corniche, on suspendait un échafaudage volant en dessous de l’échafaudage principal : un pont y donnait accès à une charpente centrale qui s’élevait du sol de la salle.
- On a remarqué sans doute que, pour donner toute sécurité au fonctionnement de l’installation, les galets dont nous avons parlé présentaient une double joue les maintenant sur le rail circulaire; de plus, vis-à-vis de chacune de ces roues verticales, en était montée une plus petite et horizontale, de 0m,20 seulement de diamètre, qui formait guide en roulant à l’extérieur de la voie.
- Ces deux échafaudages roulants ont rendu tous les services qu’on en attendait, et ils ont certainement constitué la vraie curiosité de la construction de la bibliothèque du Congrès. L. Leroy.
- 1 La construction entière était en fers d’angles et en barres plates, le tout riveté soigneusement. ________________
- Le Gérant : I’. Masson.
- Fig. 2. — Echafaudage roulant (Bibliothèque Washington).
- Paris. — Imprimerie Laiicre, rue de Fleurus, 9.
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- N» 1305. — 21 MAI 1 898.
- LA NATURE.
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- LE TÉLÉOSCOPE DUSSAUD
- Dans une communication que je faisais, le 17 novembre 1880, à la Société des ingénieurs civils de
- France, sur le photophone de Graham Bell, le célèbre inventeur du téléphone, j’indiquais que la singulière propriété du sélénium de prendre une conductibilité électrique, variable selon l’intensité de la lumière,
- Fig. 1. — I’osle transmetteur.
- avait suscité les efforts des inventeurs qui s’occupent 1 diaire d’un simple fil conducteur de l’électricité, de la question de la vision à distance par l’intermé- | Depuis, j’ai pensé qu’il serait utile d’encourager
- Fig. 2. — Poste récepteur.
- de nouvelles recherches sur ce problème, afin de le résoudre, si possible, par l’exécution d’un des appareils proposés pour atteindre le but désiré. C’est pourquoi j’avais attiré l’attention delà Commissionsupé-26" année. — 1er semestre.
- rieure de l’Exposition de 1900 sur cette question et sur l’opportunité qu’il y aurait à montrer aux visiteurs cette nouvelle merveille que pressentait la science. Aujourd’hui ce désir, pris en considération, va se
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- LA NATURE.
- réaliser : M. d'Arsonval, professeur au Collège de France, a présenté, le 18 avril dernier, à l’Académie des sciences, les résultats concluants obtenus par M. Dussaud, sur la vision à distance au moyen d’un appareil quia été dénommé « Téléoscope Dussaud ». Je suis heureux de pouvoir faire connaître ici cet appareil; mais auparavant je veux rappeler les quelques essais faits dans cette direction.
- C’est un Français, M. Senlecquc, qui, en 1878, précisa le problème de la vision à distance; mais, de même que M. de Uaiva qui s’en occupa vers la même époque, il ne put réaliser son projet.
- En 1880, M. Carrey, puis M. Bidvvell, mettant à exécution une idée émise par M. Sawyer, produisaient non pas la vision à distance, mais l’inscription de dessins à distance d’une manière analogue au télégraphe autographique. Un peu après, MM. Ayrton et Ferry firent une série d’essais pour la reproduction de bandes noires et blanches, mais les choses en restèrent à l’état d’expériences de laboratoires, n’ayant aucune application pratique. Enfin, M. La/are Weiller proposa une solution ingénieuse de ce difficile problème, mais il ne donna pas de suite à son projet.
- M. Dussaud, inventeur du Microphonographe, cet amplificateur des sons qui rend des services constants aux sourds et aux sourds-muets, vient de faire une longue étude expérimentale de la vision à distance. 11 a imaginé un appareil dont on comprendra facilement le fonctionnement au moyen des figures 1 et 2 qui représentent le principe des expériences dans leurs éléments essentiels.
- A gauche (fig. 1) se trouve la personne que l'on veut voir à distance et dont on veut suivre les mouvements. En Best une chambre noire à redressement dont le fond est constitué : 1° par un obturateur mobile C, percé de petites ouvertures disposées en hélice; 2° par un système particulier de lames sélé-niées D. Enfin, en E se trouve une pile dont le courant passe à travers les lames séléniées D et le gros fil d’une bobine d’induction F.
- La personne en mouvement forme une image mobile au fond de la chambre noire à redressement, comme dans un appareil photographique, et les différentes parties plus ou moins lumineuses de cette image viennent frapper successivement les lames séléniées D au fur et à mesure que l’obturateur mobile C présente ses ouvertures successives. Cet obturateur est mis en mouvement par un mécanisme d’horlogerie G analogue à ceux des télégraphes Hughes.
- On sait que le sélénium s’oppose plus ou moins au passage de l’électricité, suivant la quantité de lumière qu’il reçoit ; donc suivant que l’obturateur C découvre des parties plus ou moins lumineuses de l’image, il y aura dans le gros fil de la bobine F des courants plus ou moins intenses. Ceux-ci, d’après une loi bien connue, déterminent des courants proportionnés dans le fil fin de la bobine d’induction. Ce fil fin aboutit d’une part à la terre et d’autre part va jusqu’au poste récepteur (fig. 2) où les courants plus ou moins intenses qui le parcourent font vibrer
- plus ou moins la membrane d’une sorte de téléphone très sensible IL Cette membrane agit sur une plaque opaque K pourvue de traits transparents et la déplace plus ou moins devant une plaque identique, mais fixe L. Des glaces protègent ces plaques contre tout ébranlement extérieur. U en résulte qu’un faisceau de lumière parallèle M, produit par une lampe N à charbons croisés et obligé de passer à travers les deux plaques opaques, est plus ou moins diminué dans toute son étendue, suivant les courants qui parcourent le fil fin. Mais, grâce à un obturateur 0 semblable et synchrone à l’obturateur C, cette variation d’intensité n’est projetée sur l’écran par un système optique P qu’à la place correspondant à la partie de l’image qui, au poste transmetteur, a la même intensité.
- Les deux obturateurs C et O faisant un tour complet en 1/10 de seconde, toutes les parties de l’image agissent successivement, pendant ce temps au poste de départ, sur le sélénium pour donner des intensités diverses au courant et au poste d’arrivée pour projeter des intensités lumineuses correspondant à leur intensité respective.
- Tout observateur placé au poste récepteur voit donc, sur l’écran, la personne placée au poste transmetteur, en vertu de la persistance des impressions lumineuses qui est de 1/10 de seconde et par ce fait qu’il suffit d’avoir de toutes petites surfaces plus ou moins claires pour reproduire un portrait, comme chacun le sait, par l’exemple de la peinture.
- Pour terminer, nous exprimons le vœu que M. Dussaud, perfectionnant son appareil, l’amène au point voulu pour l’Exposition de 1900, dont il constituera l’une des plus belles et des plus sérieuses attractions. Lorsque le téléoscope sera, comme le téléphone, entré dans la vie pratique, on aura réalisé ce double effet merveilleux de pouvoir non seulement s’entendre, mais encore se voir à des distances qui pourront être considérables. Ainsi sera supprimé l’éloignement entre les hommes ! Armengaud, jeune,
- Ingénieur conseil,
- ancien élève de l’Ecole i>olvtechnujue.
- —O-yX—
- IA PHYSIOLOGIE DE L’OLIVE
- Les agriculteurs provençaux tirent de l’olivier d’importants revenus. Malheureusement les psylles, les teignes, les kermès et bien d’autres parasites animaux ou végétaux s’attaquent à l’olive et rendent parfois les récoltes très faibles. Sans compter que les conditions à remplir pour obtenir le rendement maximum en fruits ou en huile sont encore assez mal connues. Aussi la lumière apportée par M. Gerbersurle mécanisme de la formation de l’huile dans l’olive pourra rendre service aux intéressés, car les procédés de culture ont besoin de reposer sur des données scientifiques pour avoir chance de réussite.
- De Luca, vers 1850, avait montré que l’olivier renferme de la mannite, substance constituant une bonne partie de la manne des diverses espèces de frêne, notamment des Fraximis ornus et rotundifoUa. Ce botaniste avait également indiqué l’émigration de ce corps des feuilles dans la fleur, puis son accumulation dans les jeunes fruits,
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- LA A AT U HE.
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- une fois l’ovaire fécondé. Là, à mesure que la quantité d’huile augmente, cette mannite diminue progressivemen-et disparaît enfin lorsque les olives sont mûres, c’est-à dire au moment où le maximum d’huile est atteint. Avec juste raison, de Luca en avait conclu à une relation entre ces deux substances mais sans chercher d’explication.
- M. Gerber a été plus loin, et, en étudiant le quotient respiratoire, autrement dit le rapport entre le volume d’acide carbonique exhalé et celui de l’oxygène absorbé, il a constaté que chez les jeunes olives, il est inférieur à l’unité (0,79) tandis qu’au moment où elles prennent la teinte rouge violacée il lui est supérieur (1,45). C’est le temps de la maturité. Or, comme les fruits ne renferment ni acides citrique, malique ou tartrique et ne produisent pas d’alcool — transformations accompagnées d’un quotient supérieur à l’unité —, il est logique de pensec qu’il faut attribuer ce dernier à la destruction de la mannite. Précisément la transformation de celle-ci en corps gras ne peut se produire qu’avec un quotient plus élevé que l’unité. En effet, les principes constitutifs de l’huile d’olive renferment moins d’oxygène que la mannite. Cet oxygène doit se dégager à l’état libre ou à l’état d’acide carbonique et puisque, d’autre part, les olives respirent (ce qui implique un quotient inférieur ou au plus égal à 1) la superposition de ces deux phénomènes, respiration et formation d’huile aux dépens de la mannite, se traduira par un quotient plus grand que l’unité. Or c’est ce qu’a trouvé M. Gerber. Les agriculteurs devront donc baser sur cette constatation leur méthode de culture pour provoquer chez l’olivier le maximum de récolte en fruits et en huile. Jacques Boïeiî.
- LES MINES DE CUBA
- L’ile de Cuba ne connaît pas précisément, depuis quelques années, ce bonheur des peuples qui consiste à n’avoir pas d’histoire, et les manœuvres, d’abord dissimulées, aujourd’hui déclarées, des Américains pour l’arracher à l’Espagne, n’ont que trop attiré l’attention sur elle. Qu’il y ait là une proie tentante à ravir pour les États-Unis, personne ne peut s’en étonner, car la richesse générale du pays est assez connue; mais on sait moins que Cuba est un pays minier d’une réelle imporlance, et que la création dans cette île de sociétés minières entièrement américaines, exportant tous leurs minerais aux États-Unis, a été un des pas laits depuis vingt ans vers la conquête anglo-saxonne, en même temps qu’un des prétextes à intervention dans ces derniers temps.* C’est de ces mines cubaines que nous voudrions ici dire quelques mots.
- Les deux principaux minerais exploités à Cuba sont ceux de fer et de manganèse; on peut y joindre un peu de cuivre, et nous rappellerons seulement pour mémoire que Cuba a été jadis réputé pour sa richesse aurifère. Commençons par le fer, dont l’exportation annuelle est de près de 400 000 tonnes (551000 en 1890, 507 000 en 1892, 549 000 en 1895, 586 000 en 1895).
- On comprendra aussitôt l’intérêt de cette industrie pour les Etats-Unis, si l’on remarque : d’une part, que son produit est tout entier exporté chez eux, aux hauts fourneaux de Pensylvanie et du Maryland, et,
- d autre part, qu’il constitue environ les trois quarts de toutes les importations de minerais de fer, auxquelles ils sont forcés d’avoir recours : 855 000 tonnes en 1889, 1 246 000 en 1890, 912 000 en 1895, 806 000 en 1892, 526 000 en 1895, etc.
- L autre quart vient presque totalement d’Espagne, et seulement pour une très faible partie d’Algérie, où 1 on a vu ce trafic diminuer beaucoup dans ces dernières années.
- Cuba devenu américain, les États-Unis sont donc dispensés de ce qu’il peut y avoir d’humiliant pour 1 orgueil yankee à chercher une matière aussi nécessaire que le minerai de fer chez de misérables habitants de l’Ancien Monde ; en même temps que l’Amérique est un peu plus complètement aux Américains suivant la doctrine de Monroë, elle se suffit aussi un peu plus à elle-même.
- C’est dans la partie sud-est de l’ile, autour de Santiago de Cuba et à l’est et au nord de cette ville, que se trouvent les principales mines de fer.
- Elles sont exploitées dans les derniers rameaux de la Sierra Maestra (2550 mètres) : chaîne formée surtout de crétacé, avec des pointements de serpentine sur les crêtes et du tertiaire sur les deux flancs, qui forme un mur est-ouest entre Santiago et le reste de l’ile, au nord.
- On cite, en premier lieu, les mines de Juragua, situées à 27 kilomètres à l’est de Santiago, et reliées à la ville par une voie ferrée. Ces mines, appartenant à une compagnie américaine, ont produit :
- 1884. . 24000 t
- 1886. . 114000 t
- 1888. . 208 000 t
- 1889. . 264000 t.
- 1890. . 565 000 t.
- 1891. . 159 000 t.
- On voit, que jusqu’en 1890, leur production s’est accrue très rapidement : en même temps, leurs bénéfices étaient considérables; à partir de 1891, il s’est, au contraire, produit une réduction, amenée d’abord par la baisse des prix des minerais de fer aux États-Unis, et que le dernier état de troubles n’a pas dû contribuer à faire disparaître.
- Également à l’est de Santiago, se trouve le groupe minier de Madalena et Naranjito, dont les principales mines appartiennent aussi à une compagnie américaine, la Spanish-American Iron Company, et qu’un chemin de fer relie au port de Daiquiri.
- Enfin la Compagnie Sigua-lron, américaine comme les autres, s’est formée en 1890 pour exploiter des mines à Arroya de la Plata, à l’est de Santiago, à 8 kilomètres de la côte.
- Voici des analyses de quelques minerais de Cuba :
- GROUPES
- de Berracos. de Car[>iulero. de Moa.
- Fer. métallique.*. . 65,10 à 68,05 61,0 à 68,50 45,45
- Silice 0,06 à 2,49 5,0 à 10,50 4,19
- Oxyde de titane . . » » 4,09
- Manganèse » 0,21
- Oxyde de chrome. . )) » 15,31
- Phosphf rc 0,056-à 0,042 0,009 à 0,056 0,024
- Soufre )) 0,045 à 0,148 »
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- LA NATURE.
- On peut remarquer, dans le groupe de Moa, la forte teneur en chôme et en titane, qui correspond peut-être à des fers chromés, en relation avec les serpentines.
- Après les minerais de fer, ceux de manganèse ont fortement attiré l’attention; on prétend, en effet, qu’ils se rapprochent beaucoup, par leur valeur, de ceux de Russie, auxquels ils ont essayé de faire concurrence; mais, depuis six ou sept ans, cette industrie a été paralysée par la guerre civile.
- Les minerais de manganèse sont, comme ceux de fer, à proximité de Santiago, surtout au nord de la ville, notamment près du chemin de fer de Cristo et Sabanilla.
- Parmi les principaux gîtes, on cite surtout ceux du groupe de Ponupo, comprenant la mine Vincen-dora, dans le mont Yenturas, près de la station de Cristo, qu'une Compagnie américaine a commencé à exploiter en 1890 et où l’on affirmait avoir déjà reconnu 500000 tonnes de minerai en 1892; puis
- le groupe Marguerita (mine Pabelita, à 5 kilomètres de Cristo, mine Boston, etc.); le petit groupe de Bueney entre San José et Gloria; le groupe Magda-lena, près de la Sigua-Iron Cy, etc.
- Ces minerais sont surtout de la pyrolusite, de la psilomélane et du wad. Leur teneur en manganèse varie de 58 à 56 poui 100, avec 1 à 5 de fer, un peu de baryte, d’alumine, très peu de phosphore et une assez forte proportion de silice.
- On les trouve dans des poches argileuses dont chacune peut contenir quelques centaines de tonnes, souvent avec du jaspe, et on les sépare, soit par un triage à la main pour les gros morceaux, soit par un lavage.
- La première Société «pii se soit formée (1887), pour l’exploitation du manganèse, est une Compagnie américaine, l’Empire Manganèse G0, qui, en 1888, a expédié 1500 tonnes en Amérique.
- Pour le manganèse comme pour le fer, toute la production est d’ailleurs exportée aux Etats-Unis,
- principalement à la Carnegie C°. Ces exportations ont été représentées par les chiffres suivants :
- 1888 . . 1 942 t
- 1889 . . 704 t
- 1890 . . 21 810 t
- 1891 . . 21 987 t.
- 1892.. 18 751 t.
- 1895.. 21 000 t.
- En dehors du fer et du manganèse, nous avons, dit qu’on exploitait un peu de cuivre à Cuba.
- Les gisements se trouvent encore dans cette Sierra Maestra, qui est la chaîne métallifère de l’île, entre les villes de Cobre et de Caney, des deux cotés d’un chemin de fer reliant Santiago à Cristo. Ils sont formés de chalcopyrite, en relation avec des diorites et des serpentines d âge crétacé supérieur. A la surface, les minerais sont, comme toujours, oxydés et renferment des oxydes, carbonates, silicates de cuivre, avec du cuivre natif.
- La production est montée jadis, vers 1855, à 2200 tonnes. Actuellement on fait à peine quelques travaux à San Pedro et à Caney.
- Enfin nous avons parlé cle la richesse en or de Cuba, qui fut un moment fameuse.
- Au début du seizième siècle, Peter Martir (mort en 1525) parle de Cuba comme produisant par an 1 500 000 francs à 2 millions d’or. Las Casas et llerrera confirment le fait et vantent l’or de Cuba pour sa grande malléabilité, etc.
- Autant qu’on en peut juger d’après des renseignements très incomplets, cet or devait être, comme le cuivre et peut-être aussi comme le fer et le manganèse, en relation avec une famille de roches basiques, diorites et serpentines, qu’on est accoutumé, dans bien des régions du globe, à trouver abondante en métaux. Il nous suffira de rappeler, à titre de simple indication, que l’or de Madagascar et celui de la Guyane, pour nous borner à deux colonies françaises, paraissent provenir en partie de semblables diorites, généralement altérées à la surface et transformées en terres rouges dans la zone équatoriale.
- Aujourd’hui, on lave seulement un peu d’or à Cuba, dans les alluvions de Holguin.
- L. De Lauxay.
- Professeur à l’École des Mines.
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- LA NATURE.
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- LES TYPES DE CIGARETTES
- L’administration des manufactures de l’État vient de renoncer à l’emploi de plusieurs sortes de tabacs d’Orient et de cesser la fabrication de nombreux types de cigarettes. Comment une telle suppression est-elle possible, vont s’écrier bien des fumeurs; y avait-il donc une variété si grande? Parfaitement; elle était ignorée, voilà tout, et il restera encore de quoi satisfaire les goûts les plus divers. On se figure en général qu’il n’existe en fait de cigarettes de luxe que celles de la Régie ottomane, les Egyptiennes
- Richmond Gem et autres marques étrangères, dont une savante réclame en de gracieuses affiches proclame partout les louanges. Celles-là seules sont connues du public, et la vente des produits de la manufacture du Gros-Caillou diminuant sans cesse, il était naturel de restreindre la fabrication. Disons tout d’abord que la distinction entre cigarettes de luxe et ordinaires n’a qu’une raison d’ètre historique. Les premières se vendent en boîtes et les secondes en bondons, portefeuilles ou étuis, mais c’est leur seule différence réelle.
- Ce qui définit la personnalité d’une cigarette, c’est d’une part la nature du tabac qu’elle contient, et d’autre part son module; on désigne par là un
- Cigarettes. — 1. Russes. — 2. Havanaises, — o. Espagnoles. — i. Égyptiennes. — 5. Amazones à bague. — 6. Guatemala. — 7. Rames.
- ensemble de caractères extérieurs relatifs à sa taille, au rapport de ses diverses dimensions, à la constitution, à l’aspect, à la façon de son enveloppe. Il y a du reste indépendance absolue entre le contenu et le contenant, en ce sens, que l’on peut confectionner chaque module avec toute espèce de tabac. Ainsi le signalement complet d’une cigarette comprend une triple indication ; le prix, le nom du tabac, le nom du module.
- Les modules se divisent en deux catégories. Dans l'une le tabac est utilisé à l’état de débris, et, afin qu’il ne s’échappe pas hors de l’enveloppe, celle-ci est fermée à une extrémité et porte à l’autre un bouquin, sorte de petit cylindre formé d’un carton léger d’une coupe particulière et roulé en spirale. Dans la seconde on emploie le tabac long, chevelu,
- les enveloppes sont ouvertes et munies ou non d’un bouquin qui dans ce cas ne sert qu’à soustraire les lèvres au contact du tabac. Dans chacune de ces catégories le module pourrait être indéfiniment varié, car le papier1 peut être collé, agrafé et serti, ou simplement maintenu par une bague, et la cigarette, avec ou sans bouquin, pourrait comporter toute combinaison de longueur et de diamètre. Sept modules viennent d’être supprimés. Les Dames dans la première catégorie, les Espagnoles, Guatemala, Amazones à bague, Havanaises, Egyptiennes et Russes dans la seconde. Il reste encore les Odalisques, Al-
- 1 On emploie du papier blanc, maïs, et, dans quelques cas, ambré, c’est-à-dire paraffiné à une extrémité. Nous ne parlons pas des cigarettes dites sans papier, ninas, damitas et seùoritas, qui sont de véritables petits cigares.
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- LA NATURE.
- mées, Petits Pages en débris, et les Entr’actes, Favorites, Amazones, Jockeys, Grenades, Boyards en tabac long, outre les modules ordinaires, Élégantes, Hongroises, Françaises et Chasseurs. Cette grande diversité de modules ne date que de 1872, tandis que la fabrication des cigarettes remonte en France à 1845, époque où apparaissent deux premiers modules, dont l’un avec bout en bois, remplacé en 1847 par le bouquin, dont l’usage se généralisa. Dans ces derniers temps les changements furent assez fréquents; les plus récents furent la suppression des Medianas, intermédiaire superflu entre les Elégantes et les Françaises, et la création des cigarettes roulées à la main destinées à faire concurrence à la contrebande. C’est dans le même but que Richard Kœnig avait été autorisé en 1872 à installer à la manufacture du Gros-Caillou la confection des cigarettes en tabacs d’Orient, et en même temps à fabriquer une série nouvelle et très variée de modules qui furent appelés de luxe. Cette organisation fut reprise par l’État en 1889 et une première révision des modules eut lieu. Nous avons dit quelle brèche vient d’y être encore faite. On renonce aussi à l’emploi de sept sortes de tabacs d’Orient : le Giubeek, Yizir supérieur, Samsoun, Phéresli, Itubeque moyen, Lattaquieh supérieur et Yarinas. On ne conserve que le Dubèque aromatique, Sultan doux, Yizir ordinaire,
- Levant supérieur, Lattaquieh et Levant ordinaire. Les cigarettes en tabacs d’Orient exigent dans leur confection des soins minutieux, elles ne se prêtent guère à la production en grand et elles se conservent mal, enfin leur vente diminue; aussi cette fabrication, semble-t-elle destinée à être un jour complètement abandonnée par l’État. Narses, le Turc que Kœnig amena en 1872, pour hacher le tabac à la mode orientale, et qui est aujourd’hui l’un des doyens de la manufacture, verra probablement la lin d’une branche de l’industrie des tabacs qu’il personnifie en quelque sorte. La réduction que l’on vient d’y apporter ralentira peut-être la décadence ; et d’ailleurs qui donc s’étonnerait de voir s’éterniser une question d’Orient? Charlix.
- FABRICATION ÉLECTROLYTIQUE
- 1>E RÉFLECTEURS PARAROLTQUES
- M. Shcrard Cowper Cotes, à Londres, vient de faire connaître à VInstitution of Electrical Engineers un intéressant procédé pour la fabricition électrolytique des réflecteurs paraboliques. On sait que jusqu’ici on a dû avoir recours pour ces réflecteurs à des miroirs en verre et qu’il n’a pas été possible de fabriquer des réflecteurs métalliques. Les difficultés de fabrication sont grandes et tous les métaux se ternissent à la chaleur d’un arc électrique.
- Dans le procédé de M. S. Cowper Coles, on fait d’abord un moule en verre, dont le côté convexe est taillé et poli en forme parabolique ou autre. On dépose chimiquement, sur cette surface, une couche d’argent que l’on polit. On place ensuite le moule dans un bain de sulfate de ouivre
- où il sert d’électrode négative et dans lequel il se déplace avec une vitesse angulaire moyenne de 15 tours par minute. On fait passer le courant et il se produit un dépôt de cuivre qui s’attache à l’argent en formant la surface du réflecteur. On retire ensuite le tout et on le plonge dans un bain dont on élève progressivement la température jusque vers 50°. Par suite des dilatations inégales qui se produisent, le miroir se détache ; il reste alors à le recouvrir d’une lame mince d'un métal non ternissable à la châle r, le palladium, et le réflecteur est prêt à être utilisé.
- Dans le courant des opérations que nous venons de mentionner, plusieurs précautions sont à prendre. Le moule de verre doit d’abord être nettoyé soigneusement et décapé avant de recevoir la couche d’argent. On le polit en le frottant avec de l’oxyde de fer en poudre et on le décape en le lavant dans une solution d'ammoniaque à 50 pour 100. Pour précipiter la couche d’argent, on prépare ensuite une solution contenant pour 0,5 d’azotate d’argent, 0,5 de potasse caustique et 0,25 de glucose. On dissout d’abord l’azotate d’argent dans l’ammoniaque, on le précipite par la potasse, on le redissout dans l’ammoniaque et on ajoute la glucose. Le moule est aussitôt plongé dans le mélange et on obtient un dépôt d’argent
- qu’on lave et que l’on sèche en le frottant avec du coton et du peroxyde de fer.
- Pour soumettre le moule au dépôt électrôlytique, on emploie l’appareil représenté en 1 dans la figure ci-dessus. Le moule A est monté sur l’anneau B, à l’aide de petites pinces b, dont on voit le détail en 2. L’anneau est maintenu lui-même sur un châssis D à l’aide-de vis C. Ce châssis D formé de bras en croix est suspendu à une tige verticale E qui reçoit le mouvement de rotation par une poulie P placée en haut. Le courant est amené par un fil F, les billes servant à la rotation en G, la tige E, des bandes de métal H, les vis C, le châssis D et Panneau B. L’autre pôle est formé par des lames de cuivre LL au fond de la cuve et recevant le courant sur les côtés.
- La solution électrolytique est composée de 85 parties d’eau, 15 parties de sulfate de cuivre, et 5 parties d’acide sulfurique. Au début de l’opération, on abaisse un peu le moule en l’inclinant de façon à ne faire plonger qu’une partie du bord, puis on le remet en place et on le fait tourner. La tension doit être environ de 9 volls au début; la densité atteint 2 ampères par décimètre carré.
- Quand on a obtenu un certain dépôt, on retire le moule du bain et l’on place un anneau N en substance isolante (n° 2) pour limiter le bord du miroir. On continue jusqu’à ce que le dépôt ait partout l’épaisseur demandée.
- Réflecteurs paraboliques,
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- LA NATURE.
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- Pour recouvrir le réflecteur d'une couche de métal protectrice, on le place (n° 3) dans un bassin M contenant une solution de 0,G2 pour 100 de chlorure double de palladium et d’ammonium, et de 1 pour 100 de chlorure d’ammonium; cette solution est chauffée à environ 24°. Au centre, une électrode positive de charbon G est portée par une tige T qui est mise en mouvement par un disque tournant. On fait passer un courant avec une densité de 0,027 ampère par décimètre carré. Le mouvement de l’électrode positive assure un dépôt uniforme de palladium.
- Les nouveaux réflecteurs ainsi obtenus ont donné de bons résultats. D’un prix inférieur aux anciens réflecteurs, ils n’ont peut-être pas le même brillant que l’argent, mais ils ne se ternissent pas et fournissent une lumière d’intensité plus constante. J. L.
- ÉCLAIR D’ALUMINIUM POUR PHOTOGRAPHIE
- Depuis que le magnésium a été employé à l’état de poudre pour faire des photographies instantanées, on y a reconnu bien des inconvénients, soit qu’on l’emploie à l’état de poudre pure ou mélangé à des corps oxydants, comme le chlorate de potasse. En général, les résultats obtenus sont peu artistiques à cause de la brutalité de ce genre d’éclairage. Aussi a-t-on cherché s’il était possible, avec d’autres métaux, d’arriver à de meilleurs résultats; jusqu’alors l’aluminium seul paraît pouvoir lui être substitué, sans cependant le remplacer au point de vue de l’intensité et de la rapidité de combustion. On se procure facilement la poudre pure de ce métal qui est employée pour imiter le bronze blanc, mais elle brûle assez mal et il est utile de la mélanger à des oxydants.
- Dès 1891, M. Yillon a proposé différents mélanges et d’après notre regretté collaborateur II. Fourtier, qui a fait des études comparatives sur les différentes poudres pures ou composées, la formule de M. Yillon qui lui aurait donné les meilleurs résultats était : aluminium,. 10 parties; chlorate de potasse, 25; salpêtre, 5; sulfure d’antimoine, 4. Cette poudre donne de la fumée en assez grande quantité, elle brûle bien lorsqu’elle est projetée par une pression d’air, exercée sur un tube débouchant au centre d’une flamme ; sa combustion est plus lente dans tous les cas que celle du magnésium et la flamme, au lieu d’être en boule comme avec ce dernier métal, èst en forme de gerbe allongée. Dernièrement M. Demôle a repris les expériences comparatives avec le magnésium et il préconise une formule plus simple que la précédente : aluminium, 1 partie ; permanganate de potasse, 2 parties.
- La combustion est assez rapide pour permettre l’instantané ; si on augmente la proportion de permanganate ou qu’on la diminue, il y a plus de fumée et le mélange brûle moins vite. Comme expérience comparative l’auteur a photographié un bouquet de fleurs jaunes et rouges, il a fait deux clichés dans les mêmes conditions en changeant seulement l’éclairage, l’un était fait au magnésium, l’autre à l’aluminium, et il a remarqué qu’avec ce dernier métal les couleurs sont sensiblement à leur valeur comme si l’on avait employé des plaques orthochroma-tiques. Le fait s’explique du reste assez facilement par cette raison que la lumière émise par l’aluminium contient un peu de jaune, qui joue vis-à-vis de la plaque photographique le rôle de l’écran à base d’acide picrique qui est recommandé lorsqu’on veut faire du paysage dans de bonnes conditions. 11 y aurait donc un certain intérêt à employer l’aluminium de préférence au magnésium, même s’il devait donner un peu moins de rapidité. Nous rap-
- pellerons à nos lecteurs que le permanganate de potasse doit être finement pulvérisé avec de grandes précautions, par petite quantité à la fois, en ayant soin d’éviter la présence de composés organiques, car il détone facilement dans ces conditions. Le mélange avec la poudre d’aluminium se fait dans une boîte en carlon où on laisse 2/3 de vide et qu’on fait tourner dans tous les sens.
- On emploie généralement I gramme de mélange qu’on fait brûler en le plaçant sur du fuhnicoton. Si on le projette dans une flamme au moyen d’un tube et d’une poire en caoutchouc, il faut prendre des précautions pour que la combustion se fasse bien en dehors du tube, et ne jamais se servir des lampes ave; réservoir qui sont faites pour l’emploi du magnésium en poudre pure. G. Marescual.
- ICHTYOSAURES ET PLÉSIOSAURES
- Ces deux groupes de reptiles fossiles constituent, au point de vue de leur aspect extérieur, une véritable antithèse. Cependant, ils offrent dans leur organisation, assez de caractères communs, pour qu’on ait pu les réunir dans un même ordre, celui des Enaliosauriens, ou sauriens marins. De nombreux paléontologistes les ont étudiés, attirés par la bizarrerie de leur constitution et l’abondance de leurs restes dans les formations géologiques.
- Lorsque Cuvier, dans ses admirables études sur les Ossements fossiles, décrivit ces grands reptiles nageurs dont la taille maximum atteignait 12 mètres, il s’exprimait ainsi : « Nous voici arrivés à ceux de tous les reptiles et peut-être de tous les animaux fossiles qui ressemblent le moins à ce que l’on connaît et qui sont le plus faits pour surprendre le naturaliste par des combinaisons de structures qui, sans aucun doute, paraîtraient incroyables à quiconque ne serait pas à portée de les observer par lui-même. Dans le genre Ichtyosaure, un museau de dauphin, des dents de crocodile, une tête et un sternum de lézard, des pattes de cétacé, mais au nombre de quatre, enfin des vertèbres de poisson; dans le genre Plésiosaure, avec ces mêmes pattes de cétacé, une tête de lézard, et un long cou semblable à celui d’un serpent.... Le Plésiosaure est, peut-être, le plus hétéroclite de tous les habitants de l’ancien monde, c’est celui de tous qui paraît mériter le nom de monstre. » Depuis Cuvier, la paléontologie a fait d’immenses progrès et les savants, surtout les américains, nousont révélé l’existence d’êtres fossiles encore plus étranges que l’Ichtyosaure et le Plésiosaure. Les dépouilles des animaux qui font l’objet de cet article se rencontrent assez fréquemment ensemble dans les dépôts du Lias : en Normandie, à Vassy (Haute-Marne), 'dans l’Yonne; en Angleterre, en Allemagne, etc.
- Je désirerais indiquer ici les caractères les plus saillants de ces êtres, qui ont vécu jadis dans les mers de notre pays, en tenant compte des dernières découvertes qui modifient sensiblement la façon dont on comprenait leur organisation et leur mode de vie. La galerie de paléontologie du Muséum dont je parlais récemment dans celte revue, pos-
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- LA NATURE.
- sède un grand nombre d’ichtyosaures et de Plésiosaures admirablement conserves. Les Ichtyosaures (fig. 1) avaient le corps trapu, terminé par une longue queue. La tète, directement soudée au tronc, était pourvue d’un long museau, étroit, effilé, armé de dents aiguës, au nombre de 100 à 200, logées dans une rigole ; les gros yeux étaient protégés par des plaques osseuses et constituaient, dit Buckland, « des instruments d’optique d’un pouvoir varié et prodigieux, qui permettaient à l’Ichtyosaure d’apercevoir sa proie à une grande ou à une petite distance, jusque dans les profondeurs de la mer ». Les quatre membres rappellent les nageoires des cétacés. On y reconnaît encore les os qui constituent les membres chez les vertébrés : humérus, cubitus, radius, fémur, tibia, pé-
- roné, etc., mais, par suite de l’adaptation de ces animaux à la vie aquatique, ils se sont raccourcis et sont en connexion très étroite entre eux et avec les nombreux os du carpe et du tarse qui s’engrènent et forment une véritable mosaïque. Cet assemblage recouvert par la peau devait constituer des rames natatoires d’une très grande puissance.
- Les vertèbres sont de véritables vertèbres de poisson. Ce sont des palets, des disques presque ronds, biconcaves, détachés des arcs neuraux, de sorte que la colonne vertébrale ressemble à une pile de 150 disques environ dont la dimension irait en diminuant graduellement vers la queue.
- Dans tous les Ichtyosaures connus, la queue est cassée. On avait déduit de ce fait que cette queue était munie d’une puissante nageoire caudale
- dont le poids aurait amené la ruplure lors de la fossilisation. Plusieurs exemplaires montrent des petits à l’intérieur de l’abdomen. Les anciens naturalistes en avaient conclu que les Ichtyosaures, à l’exemple de certains poissons, mangeaient leurs petits. Cette opinion est complètement erronée ; on remarqua, en effet, que les excréments (eoprolites) des Ichtyosaures étaient petits, avaient une forme constante et présentaient des sillons régulièrement disposés dus à Ja présence d’une valvule spirale divisant leur intestin, comme celui des requins. Si les petits Ichtyosaures avaient été mangés, ils n’eussent pas conservé leur forme et ne se seraient pas, en outre, montrés dans leur entier. Enfin, comme les petits étaient toujours placés dans l’abdomen des gros, de façon que le rostre fut tourné vers la région anale, dans la position d'un fœtus à terme, il était naturel d’en conclure que les Ichtyo-
- saures étaient vivipares, comme certains reptiles et certains poissons. Les Ichtyosaures mettaient-ils au monde un ou plusieurs petits? Il semble qu’il n’y en avait généralement qu’un ; cependant certains spécimens en laissent voir deux.
- On a comparé le Plésiosaure (fig. 2) à un serpent passé à travers le corps d’une tortue; il faut ajouter, comme correctif, que cette carapace n’était pas visible à l’extérieur, car elle était cachée par la peau, et que les pattes affectaient ici la forme de nageoires. Il est également nécessaire de dire qu’il existait une nageoire caudale à l’extrémité du corps. Le crâne était court et ressemblait à celui d’un lézard; les dents n’étaient pas logées dans une rigole, comme chez l’Ichtyosaure; elles étaient plus solidement implantées dans des alvéoles, comme chez les crocodiles. Le cou, très long, ne présentait pas de ligne de démarcation avec le tronc auquel il passait gra-
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- duellement. Les vertèbres qui le constituent sont moins plates, moins régulières que chez l’Ichtyosaure et, contrairement à ce que l’on pensait, elles sont peu mobiles l’une sur l’autre. On a l’habitude de représenter le Plésiosaure avec un cou replié à la façon de celui du cygne; cette attitude n’était pas possible, car les vertèbres cervicales allaient en augmentant de taille de la tète vers le tronc, tandis que chez les oiseaux elles sont égales ; en outre le cou du Plésiosaure a toujours été trouvé en continuité avec la colonne vertébrale. Ses mouvements latéraux étaient donc possibles, mais limités, à la façon de la flexion d’une tige élastique. La présence de fortes épines neurales indique la grande puissance des muscles faisant mouvoir le cou et onduler le corps. La cuirasse dont j’ai parlé plus haut et
- qui enveloppait une partie du tronc était constituée par les os larges et puissants des ceintures thoraciques et pelviennes. Chez l’Ichtyosaure, au contraire, ces os sont faibles et délicats. Les deux paires de nageoires, en revanche, ressemblaient beaucoup à celle de ce dernier quoique les os qui les formaient fussent plus allongés. Par suite de l'énorme développement des ceintures, les nageoires avaient des points d’appui très résistants et devaient produire une force de propulsion considérable.
- On pensait, jusqu’à ces dernières années, que le Plésiosaure était dépourvu de' nageoire caudale. Les recherches de plusieurs paléontologistes viennent, au contraire, démontrer l’existence d’une nageoire à l’extrémité du corps de ce reptile. Des traces de peau ont été, en effet, observées, à l’extrémité de la
- Fig. 2. — Plésiosaures (Essai de
- queue, au-dessus et au-dessous de la colonne vertébrale. Cette nageoire caudale, d’après M. Dames, était probablement rhombique avec un lobe supérieur plus grand que l’inférieur. Chez l’Ichtyosaure, au contraire, comme le montre la figure 1, la nageoire caudale était bifide, comme chez les poissons.
- Cette nouvelle manière de comprendre l’organisation et de représenter le Plésiosaure doit faire considérer ce reptile comme ayant vécu, non pas tapi sur les rivages, la tête enfouie sous les plantes marines où il aurait guetté sa proie, mais en pleine mer sous l’eau, où il s’élancait à la poursuite des poissons ou d’autres animaux dont il faisait sa nourriture. Son corps très effilé, ses fortes nageoires, sa rame caudale qui lui servait de gouvernail indiquent un animal dont l’activité devait être considérable.
- Il devait même se mouvoir avec plus de facilité que le massif Ichtyosaure au museau effilé.
- restauration, d'après M. Dames).
- Ichtyosaures et Plésiosaures ont habité les mêmes océans. Leurs habitudes carnassières, leur grande agilité qui leur permettait de fondre avec rapidité sur leurs victimes, devaient en faire des animaux redoutables, autant que le sont, aujourd’hui, les requins, dont quelques-uns atteignent encore 10 mètres. Il faut ajouter toutefois que certains requins fossiles ont eu des dimensions colossales, car leurs dents sont de véritables poignards triangulaires, finement tranchants, ayant 15 centimètres de long sur 12 centimètres de large!
- Ces monstres marins qui avaient jadis régné et semé la terreur à la surface et dans les profondeurs de l’Océan ont aujourd’hui disparu. Ichtyosaures et Plésiosaures n’existent plus depuis des millions d’années et l’on ne connaît pas encore la cause qui a amené leur extinction. Ph. Gi.angeaud,
- Docteur ès sciences.
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- LA NATURE.
- LES TRAVAUX DU PORT DE SAINT-NAZAIRE
- Le budget du ministère des Travaux publics pour 1898 comporte un crédit de 6900 000 francs, destiné à l’amélioration et à l’extension des ports maritimes, somme égale à celle votée en 1897 ; par contre, en 1895, le crédit affecté à ces travaux s’élevait à 8 550 257 francs. Dans son remarquable rapport à la Chambre des Députés sur le budget du commerce, l’honorable M. Charles Roux constate, avec raison, que le crédit demandé par le Gouvernement, sur le budget de 1898, est bien faible pour imprimer, aux entreprises en cours, l’activité désirable. 11 y a, en effet, 50 entreprises adjugées, sur lesquelles il reste à dépenser 115 millions, dont 75 à la charge de l’Etat. Les dépenses à effectuer se décomposent en quatre entreprises principales : Dunkerque, le Havre et la basse Seine, Saint-Nazaire et Marseille, qui nécessitent 76 millions, sur lesquels 49 doivent être fournis par le Trésor et 27 par les fonds de concours. Des entreprises secondaires sont évaluées à 57 millions, dont 24 à fournir par le Trésor et 13 par les fonds de concours.
- Malgré cette modicité des crédits, de nombreux travaux maritimes se trouvent en cours d’exécution, parmi lesquels plusieurs sont assez importants pour attirer l’attention publique. C’est ainsi que nous avons précédemment fait connaître les travaux d’agrandissement du port de Marseille1; nous signalerons aujourd’hui ceux qui sont entrepris pour l’amélioration du port de Saint-Nazaire, à l’embouchure de la Loire.
- Il nous faut tout d’abord tracer un historique sommaire du développement extraordinaire de Saint-Nazaire, car il n’existe pas en France d’autre exemple d’une transformation aussi rapide. Il y a seulement un demi-siècle, ce n’était encore qu’une modeste bourgade, un simple abri de chaloupes de pilotes, situé sur la rive droite de l’embouchure de la Loire et gardant l’entrée du fleuve par son promontoire granitique, au nord duquel s’étend le port actuel.
- L’accroissement du tonnage des navires, en rendant nécessaire pour les grands bâtiments d’éviter la navigation de la Loire jusqu’à Nantes, fut l’origine de l’extension de Saint-Nazaire. Après une longue période d’études et de projets, la création d’un bassin à flot fut enfin décidée et les travaux commencèrent en 1848. Le premier navire y entra le jour de Noël 1856, mais ce bassin ne reçut qu’en 1867 son entier achèvement. De forme rectangulaire, il mesure 580 mètres de longueur sur 160 de largeur, avec un rectangle plus petit à l’ouest, et sa superficie égale 10 hectares 50 ares.
- La progression considérable du mouvement maritime rendit bientôt ce bassin insuffisant et obligea
- 1 Voy. n° 1273, du 23 octobre 1897, p. 321.
- l’État à entreprendre la construction d’un second bassin, avant même que le premier fût pourvu de toutes ses installations. Le projet ayant été approuvé en 1861, les travaux furent entamés l’année suivante, mais interrompus par les désastres de 1870 pour n’être repris qu’en 1875. La construction de ce nouveau bassin dit de Penhouët se termina six ans plus tard, sous l’active impulsion de M. Pocard-Kerviler, ingénieur des ponts et chaussées à Saint-Nazaire à partir de 1874 et qui n’a plus quitté ce port depuis, ayant été promu ingénieur en chef sur place.
- Le 8 mai 1881, M. Carnot, alors ministre des travaux publics, inaugurait solennellement le bassin de Penhouët, qui s’étend à la suite et au nord du premier bassin à flot, avec lequel il communique par une grande écluse. C’est un des plus vastes qui existent au monde ; il mesure 1100 mètres de lonç sur 230 mètres de large, avec une surface d’eau de 22 hectares et une profondeur de 8 mètres aux basses mers.
- Grâce à des travaux aussi importants, pour lesquels 38 millions de francs ont été dépensés, le port de Saint-Nazaire est devenu un des principaux de France. Le tonnage des marchandises qu’il a importées ou exportées est monté de 277 500 tonnes en 1860 à 618 000 en 1870, à 1 245000 en 1880 et à 1556 000 en 1896. Saint-Nazaire est actuellement le sixième des ports français, avant Cette et Nantes. Choisi en 1862 comme tête de ligne du service postal avec l’Amérique centrale, le 14 avril y eut lieu avec éclat le premier départ pour le Mexique du paquebot Louisiane, de la Compagnie Générale maritime, devenue ensuite la Compagnie Transatlantique.
- En même temps, la population de la ville de Saint-Nazaire s’accroissait naturellement dans une proportion analogue. La population agglomérée s’éleva de 600 à 6000 de 1845 à 1860; en 1881, la commune de Saint-Nazaire possédait 19626 habitants; depuis 1891 elle reste à peu près stationnaire avec 30 000 habitants. Comme conséquence administrative de ce remarquable développement, la sous-préfecture de Savenay fut transférée en 1868 à [Saint-Nazaire et, en 1879, une chambre de commerce y était créée, affranchissant ainsi le nouveau port de la tutelle de Nantes. La création des Chantiers de la Compagnie Transatlantique et des Chantiers de la Loire à Penhouët, puis celle de de l’usine métallurgique de Trignac, ont concouru en outre à la prospérité de Saint-Nazaire.
- Par la construction du bassin de Penhouët, le port de Saint-Nazaire était désormais doté d’excellentes installations maritimes, mais le service hydrographique et l’administration des ponts et chaussées se trouvèrent bientôt en face de préoccupations d’un autre ordre, concernant l’accès de la Loire.
- Au milieu de l’estuaire du fleuve, qui s’ouvre entre la pointe de Chémoulin et la pointe de Saint-Gildas, existe un dépôt de sable nommé la « barre
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- des charpentiers », qui s’étend sur une largeur minimum de 400 mètres et une longueur d’un mille. Comme, d’autre part, les deux passages situés de chaque coté du plateau rocheux des charpentiers sont difficiles, les navires passaient d’ordinaire sur la harre, dont le fond paraissait à peu près fixe depuis cinquante ans à la cote de 3m,60 au-dessus
- de zéro, de sorte qu’on y trouvait 7m,50 en pleine mer de morte eau et 9 mètres en pleine mer de vive eau. Suffisantes il y a vingt ans pour les plus gros paquebots, qui calaient alors 0m,70, ces profondeurs devinrent trop faibles au fur et à mesure que les dimensions des navires augmentèrent jusqu’à atteindre le tirant d’eau de 7m,50, qui les obligeait à calculer
- 133 GARE
- Q Henri Chevreau
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- Port d'échou
- LOIRE
- Construction (l’une nouvelle entrée dans le sud du bassin de Saint-Nazaire.
- leur chargement de façon à pouvoir franchir la barre.
- C’était une situation inquiétante, l’obstacle se trouvant un peu après le débouché du fleuve dans la mer, au point où l’élargissement de la baie détermine une diminution de vitesse des courants. Malgré une reconnaissance hydrographique d e M. Rouquet de la Grye qui faisait craindre qu’on ne put approfondir la barre par suite des apports nouveaux et de la mobilité des sables, la Chambre de commerce de Saint-Nazaire, d’accord avec M. Kerviler, entreprit courageusement de porter remède à cet état de chose d’importance vitale. La Chambre de commerce vota donc 1 700 000 francs pour effectuer des travaux de dragage sur la barre, mais il ne fallut pas moins de sept années de démarches persistantes pour obtenir l’acquiescement de l’État. En 1889, le Gouvernement autorisa un essai sur 150 000 mètres cubes. Des entrepreneurs hollandais, bien outillés pour un tel travail, en furent chargés et enlevèrent l’année suivante 40 centimètres de profondeur de sable sur tout le chenal.
- En 1891, en présence des bons résultats acquis, l’enlèvement d’un million de mètres cubes fut
- consenti et le matériel nécessaire mis à la disposition de M. Kerviler, qui gagna lm,50 de profondeur. Enfin, en draguant 240 000 mètres cubes de sable en moyenne par an, on a pu creuser
- la barre de 2 mètres encore, portant sa cote à 7m,50 à marée basse et à 9m,50 en pleine mer de morte eau. L’estuaire de la Loire est ainsi accessible même à la flotte militaire.
- Ce succès obtenu et la barre des charpentiers rendue abordable à toute heure de marée, il a fallu, comme conséquence, se préoccuper de changer l’entrée du port. L'accès des bassins de Saint-Nazaire s’opère, en effet, par une écluse dont le seuil était à une profondeur égale à celle de la barre avant les dragages et, en outre, la largeur du premier bassin n’est plus suffisante pour les paquebots entrant par cette voie latérale.
- Dans ces conditions, il devenait indispensable de transférer la passe d’entrée de l’est au sud, afin que les navires pussent pénétrer dans les bassins dans le sens de la longueur de ceux-ci et par une plus grande écluse. Celle-ci ne mesurera pas moins de 223 mètres de long, d’après le projet dressé par
- Penhouec
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- Échelle.
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- Fig. 2. — Vue d’ensemble du port de Saint-Nazaire.
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- M. r ingénieur en chef Kerviler, et par conséquent les plus forts steamers, même anglais, pourront y être sassés. La Chambre de commerce de Saint-Nazaire a d’ailleurs obtenu du Parlement le vote d’une loi reconnaissant d’utilité publique les travaux de la nouvelle entrée du port. Le coût en est évalué à 12 millions de francs environ. Un avant-port, dont la figure ci-jointe contient le plan, donnera accès à l’écluse d’entrée et aura une superficie de 10 hec-
- tares. Les travaux ont été commencés et seront terminés pour 1901. Parallèlement, une autre opération utile s’accomplit : c’est l’approfondissement des bassins, qui sera de 2 mètres. Sur 100 000 mètres cubes de rochers à enlever, plus de la moitié est déjà draguée et sans troubler la navigation. A l’aurore du xxe siècle, Saint-Nazaire sera donc un des meilleurs ports du monde et il nous a paru que son histoire était intéressante. Jacques Léotard.
- ETATS-UNIS ET ESPAGNE'
- La flotte espagnole est moins nombreuse que celle des États-Unis, mais elle est plus homogène, plus manœuvrante et possède un personnel mieux
- 1° Le Pelayo (fig. 1, 2, 5), de 105 mètres de longueur, 9950 tonnes de déplacement, d’une puissance de 8500 chevaux et d’une vitesse de 10",2.
- Fig. 1 ot 2. — Plan et cou|ips du Pela i/o.
- Fig. 3.
- Vue d’ensemble du Pelayo.
- Victoria.
- im y
- Emperador Carlos U.
- mü
- Fig. 7. — Crislobal Colon.
- exercé et mieux entraîné au dur métier de la mer.
- La partie la plus remarquable de cette flotte consiste en 8 magnifiques croiseurs cuirassés, fortement armés, bien protégés, ayant sensiblement les mêmes dimensions, la même puissance et la même vitesse; ils pourraient donc constituer une escadre d’une grande homogénéité, capable, grâce au rayon d’action de ses unités, d’exercer d’énormes ravages sur le littoral et sur la marine marchande de l’ennemi.
- Les cuirassés sont au nombre de trois :
- La puissance défensive est assurée par une ceinture cuirassée de 450mm d’épaisseur s’étendant de l’avant à l’arrière, par 4 tourelles défendues par 400,nm d’acier, par une batterie comprise entre les deux tourelles et protégée par 150mm de cuirasse, et par un pont cuirassé de 90mra.
- L’artillerie se compose de 2 canons de 520mm et 2 de 280mm répartis dans les 4 tourelles indépen-
- 1 Yoy. n° 1301, du 7 mai 1898, p. 563.
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- dantes dont une à l’avant, une à l’arrière et une sur chacun des flancs au milieu du navire, de 11 pièces de 140mm à tir rapide, dont 10 placées dans le réduit et une à l’avant en chasse, de 20 pièces légères et de 4 tubes lance-torpilles.
- Le Pelayo est le plus puissant cuirassé de la flotte espagnole.
- 2° La Victoria et la Numancia (fig. 4 et 5), de
- Infunta Maria Teresa.
- Fig. 9. — Cardinal Cisnerosm
- Fig. 10. — Atfuuso Xlll.
- Fig. 11. — Raina Cristina.
- 96 mètres de longueur et de 7250 tonnes de déplacement; puissance 3000 chevaux, vitesse 11 nœuds.
- La puissance défensive comprend une ceinture cuirassée de 140 à 160mm et un réduit de 130m®.
- L’artillerie est composée de 6 canons de 160mm dont 4 dans le réduit cuirassé du pont, de 8 canons à tir rapide de 140<nm dans la batterie et de 11 pièces de petit calibre disséminées sur le pont et dans les hunes militaires.
- CROISEURS CUIRASSÉS
- 5° Emperador Carlos V (fig. 6), de 120 mètres de longueur et de 9236 -tonnes de déplacement;
- Fig. 12. — Castilla.
- Fig. 15. — Don Juan de Austria.
- Fig. I L — Isla de Luçon.
- puissance 18500 chevaux, vitesse 21 nœuds, le rayon d’action est de 12 000 milles.
- La puissance défensive est assurée par un pont cuirassé s’étendant de l’avant à l’arrière et attei-
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- gnant jusqu’à 120mm d’épaisseur; de plus, les deux tourelles centrales sont protégées par une épaisseur d’acier de 250mm et la batterie secondaire par des plaques de 50mm d’acier Harveyé.
- L’artillerie est composée de 2 canons de 28 0mm llontoria placés dans les 2 tourelles, de 10 canons de 1 40mm à tir rapide répartis dans la batterie et en encorbellement sur les flancs, de 4 canons de 100mm à tir rapide, de 2 pièces de 75mm et de 12 pièces légères ou mitrailleuses ; il y a en outre 6 tubes lance-torpilles.
- 4° Le Cristobal-Colon (fig. 7) de 100 mètres de longueur et 7000 tonnes de déplacement; puissance 14000 chevaux, vitesse 21 nœuds;la distance franchissable est de 12 000 milles à 10 nœuds.
- Le Pedro de Aragon, en achèvement, sera du type Cristobal-Colon.
- La puissance défensive comporte une ceinture cuirassée de 150m,u, un pont cuirassé de 20 à 50mra allant de l’avant à l’arrière, une batterie protégée par des plaques de 120 à 150mm et couvrant les 2/5 de la longueur du bâtiment, et enfin deux tourelles avant et arrière défendues par 120mm d’acier.
- L’artillerie comprend 2 canons de 254mm placés dans les tourelles, 10 canons de 152tnm à tir rapide dans la batterie, 6 canons de 120 à tir rapide sur le pont des gaillards, 22 pièces légères répandues dans les hunes et sur le pont, et 5 tubes lance-torpilles.
- 5° Type Infanta Maria Teresa (fig. 8), comprenant l'Infanta Maria Teresa, Y Amiral Oquenilo et la Viscaya, de MO mètres de longueur, 7000 tonnes de déplacement, d’une puissance de 15 700 chevaux et d’une vitesse de 20 nœuds ; le rayon d’action est de 10 000 milles à 10 nœuds.
- La défensive est assurée par une ceinture cuirassée partielle de 505mm, un pont cuirassé de 70mm et deux tourelles protégées par 250mra d’acier et un blockhaus de 510mm. L’artillerie comprend 2 canons llontoria de 280tn[n dans les 2 tourelles, 10 canons de 140mm à tir rapide placés dans une batterie s’étendant entre les deux tourelles, 2 canons de 75mm, 18 pièces légères réparties dans les hunes et sur le pont et 8 tubes lance-torpilles.
- 6° Type Cardinal Cisneros (fig. 9), comprenant le Cardinal Cisneros, la Cataluha et la Princesa de Asturias de 110 mètres de longueur, 7000 tonnes de déplacement, puissance de 15 000 chevaux, vitesse 21 nœuds; le rayon d’action est de 10 000 milles.
- Puissance défensive : ceinture cuirassée de 505mm surmontée d’un pont cuirassé de 50 à 70“im, 2 tourelles protégées à 500mra’ d’acier.
- L’artillerie se compose de 2 canons llontoria de 240mm dans les tourelles, 10 canons de 140mm à tir rapide dans la batterie, 2 canons de 75mm et 18 pièces légères; il y a en outre 8 tubes lance-torpilles.
- CROISEURS INOX CUIRASSÉS
- 1° Le type Alfonso XIII (fig. 10) comprend YAlfonso XIII et le Lepanto, de 98 mètres de lon-
- gueur, 4600 tonnes de déplacement, d’une puissance de 12 000 chevaux et d’une vitesse de 20 nœuds.
- La puissance défensive est assurée par un pont cuirassé s’étendant de l’avant à l’arrière et d’une épaisseur de 112mni.
- L’artillerie comporte 4 canons de 200mm placés 2 à l’avant et 2 à l'arrière et protégés par des masques, 6 canons de 120mm dans la batterie, 2 canons de 70,llin, 15 pièces légères et 5 tubes lance-torpilles.
- L’Espagne possède encore 6 croiseurs de lre classe,
- 11 croiseurs de 2e classe et 6 croiseurs de 5e classe; mais ces navires, en fer ou en bois, d’un type démodé, ne filant pas plus de 12 à 14 nœuds, sont incapables de rendre des services dans une guerre européenne; nous n'en parlerions pas ici sans les derniers incidents survenus à Manille où quelques-uns de ces vieux bâtiments ont eu à lutter contre 4 puissants croiseurs américains le Baltimore, Y Olympia, le Boston, le Baleigh et 2 canonnières le Concord et le Petrel ; nous donnerons donc une rapide description des croiseurs espagnols qui ont été soit coulés, soit brûlés au combat de Manille.
- 1° Reina Cristina (fig. 11) en fer, 5000 tonnes de déplacement, aucune protection; l’artillerie comprenait 6 canons de 160mm, 2 de 70mm et 15 pièces légères; la vitesse était de 12 nœuds.
- 2° Le Castilla (fig. 12), en bois, 5500 tonnes de déplacement, vitesse 14 nœuds; pas de protection ; l’artillerie se composait de 4 canons de 150inI“, 2 de 120mm, 2 de 80mm, 8 pièces légères et 2 tubes lance-torpilles.
- 5° Le Don Juan de Austria et le Don Juan de Ulloa (fig. 15), en fer, de 1552 tonnes, vitesse 14 nœuds; pas de protection, l’artillerie comprenait
- 4 canons de 120n,m, 6 pièces légères et 2 tubes de lancement.
- 4° La Isla de Luçon et la Isla de Cuba (fig. 14), de 1040 tonnes de déplacement, 15 nœuds de vitesse ; pont cuirassé de 62mm ; l’artillerie était composée de 4 canons de 120mn?, 8 pièces légères et
- 5 tubes de lancement.
- 5° Le Velasco (fig. 15), de 1152 tonnes, 15 nœuds de vitesse, sans aucune protection ; l’artillerie se composait de 5 canons de 150,,im, et 4 pièces légères.
- La flotte espagnole comprend encore :
- «ENTRE-TORPILLEURS
- 1° Type Destructor, de 580 tonnes, 5800 chevaux, 22n,5 de vitesse, 1 canon de 90mm, 4 de 57mm, 2 mitrailleuses, 5 tubes de lancement.
- 2° Type Fur or (fig. 16) comprenant le Furor, YAudaz, YOsado, le Plulon, le Proserpina et le Terror, de 400 tonnes, 5800 chevaux, 50 nœuds de vitesse, 2 canons de 80mm, 2 de 57mm, 2 mitrailleuses et 2 tubes de lancement.
- TORPILLEURS
- 5° 5 torpilleurs de lrc classe filant de 20 à 24 nœuds et 12 torpilleurs de 2e classe d’une vitesse variant de 16 à 21 nœuds.
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- Il convient de citer II canonnières-torpilleurs, du type Témérario, filant de 18 à 20 nœuds, armées de 2 canons de 120^™, de 4 canons de 57mm, de 2 mitrailleuses et de 2 lance-torpilles et un sous-marin, le lierai, qui a donné des résultats très remarquables aux essais. Nous ne parlerons que pour mémoire des 5 canonnières de 1'° classe, type llernan Cortez, des 27 canonnières de 2e classe type Àlcerfo et de 28 canonnières de 5e classe type Alerta, tous navires sans vitesse et sans protection, qui grossissent inutilement la liste de la Hotte espagnole. Commandait G.
- CHRONIQUE
- Les hannetons. — L’année 1898 achevant le cycle de trois ans des transformations de l’insecte doit être une année à hannetons. On a déjà pris dans beaucoup de départements des arrêtés pour en assurer la destruction. Partout les comités de patronage fonctionnent. M. de la Blanchère avait préconisé un mode de destruction qui paraît bon. Les femelles choisissent toujours pour pondre un endroit où la terre est bien meuble. Profitant de cette observation, on peut détruire d'un coup toute la ponte d’une année. On prépare dans les pépinières de petites parcelles de terrain d’un mètre carré bien ratissées et bien exposées au soleil. Toutes les femelles y accourent. Alors, il n’y a plus à l’aide d’une pelle qu’à enlever celte terre sur une épaisseur de 10 centimètres pour avoir d’un seul coup fait disparaître tous les œufs. S’il s’agit d’un grand champ, sur un des bords on trace un trait à la charrue. Les femelles y viennent sans hésitation. Quelque temps après, on enterre avec un nouveau trait de charrue en ados les œufs à plus de 50 centimètrts de profondeur où ils meurent tous infailliblement.
- La diphtérie. — Au congrès de Montpellier, M. Ferré (Bordeaux) a apporté le résultat de ses recherches sur la question si controversée de la diphtérie humaine et de celle des oiseaux. Il prétend que l’on trouve, dans les fausses membranes de la cavité bucco-pharvngienne des volailles, des associations microbiennes qui sont identiques à celles des fausses membranes de la diphtérie humaine, et il s’appuie sur ce fait pour affirmer la possibilité de la transmission de la diphtérie des volailles à l’homme et réciproquement. De plus, le sérum antidiphtérique préparé avec une toxine diphtérique humaine agit très probablement sur les fausses membranes aviaires. MM. Lœf-fler, Krause et Spronck ne sont pas de cet avis : ces savants font remarquer, à juste titre selon nous, qu’il faudrait, pour établir la valeur pathogénique du bacille diphtérique des volailles, démontrer que l’antitoxine aviaire neutralise la toxine des volailles. Pour Lœffler, la diphtérie des pigeons différerait même de la diphtérie des poules.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 16 mai 1898. — Présidence de M. Wolf.
- La liquéfaction de l'hydrogène. — M. Moissan décrit une méthode opératoire à l’aide de laquelle M. James Dewar est parvenu à liquéfier l’hydrogène en volume
- considérable. M. Moissan rappelle que M. Cailletet, dans une expérience célèbre, était parvenu à réduire l’hydrogène à l’état de brouillard sous l’action de la détente de ce gaz. Plus récemment, un autre savant avait obtenu quelques gouttes d’hydrogène liquide, mais jamais on n’avait vu un ménisque de séparation du liquide et du gaz. M. Dewar a détendu le gaz hydrogène refroidi à — 205°, sous une pression de 180 atmosphères. Dans ces conditions, l’hydrogène liquide coule et peut être recueilli dans des vases spéciaux construils par M. Dewar et qui sont constitués par deux enveloppes de verre argenté entre lesquelles on a préalablement fait le vide de Crookes. Il a pu ainsi obtenir 50 centimètres cubes d’hydrogène liquide et il n’y a pas de doute qu’il ne puisse en préparer une plus grande quantité. L’hydrogène liquide est incolore, très transparent; son indice de réfraction paraît considérable et sa densité est supérieure à la valeur théorique. Il ne présente aucun spectre d’absorption et condense l’air qui, à cette température, passe à l’état solide et tombe à l’état de neige au fond du liquide. Si l’on trempe de l’ouate dans l’hydrogène liquide et qu’on l’approche d’une flamme, il brûle sans déflagration. En plaçant un tube rempli de gaz hélium dans cet hydrogène liquide, M. Dewar a obtenu l’hélium à l’état liquide, de telle sorte qu’aujourd’liui il ne reste plus de gaz permanent, le fluor ayant été liquéfié l’année dernière.
- L'acide carbonique et la vapeur d'eau atmosphériques. — Dans les dosages de la vapeur d’eau, on se sert habituellement de l’anhydride sulfurique. M. Armand Gautier démontre que cette substance ne suffit pas pour arrêter la totalité de la vapeur d’eau. De plus, l’auteur a recherché si à la température ordinaire des laboratoires, il n’y a pas émission de vapeur d’acide sulfurique qui augmenterait le poids des tubes à potasse servant à doser l’acide carbonique et qui, par suite, tendraient à accuser une teneur trop grande en acide carbonique. Il a trouvé, par une expérience extrêmement précise, que 200 litres environ d’air ayant traversé un tube rempli de perles de verre mouillées d’acide sulfurique, il passe 0,2 milligramme de vapeur d’acide sulfurique, c’est-à-dire une quantité impondérable dans les expériences portant sur les volumes habituellement considérés. M. Berthelot émet l’avis qu’on peut, à l’aide de l’acide sulfurique seul, dépouiller complètement l’air de vapeur d’eau, à la condition que le passage du gaz soit très lent. M. A. Gautier réplique qu’un volume d’air de 40 litres ayant mis quarante-huit heures pour traverser une colonne d’acide sulfurique contient encore de la vapeur d’eau.
- Propriété des écrans fluorescents. — M. Yiolle décrit une expérience de M. Yillard d’où il résulte que, si l’on masque, par une plaque de plomb, une partie d’un écran fluorescent au platino-cyanure de baryum exposé aux rayons X, et que l’on supprime ensuite les rayons X et la plaque de plomb, la partie protégée de l’écran brille encore pendant plusieurs jours à la lumière du jour, pourvu que l’on ait eu soin de conserver l’écran dans l’obscurité.
- Varia. — M. Daniel Berthelot présente un travail sur les poids moléculaires des gaz. — M. Arloing signale la propriété agglulinative du sang des sujets atteints de tuberculose. Ch. de Villedeuil.
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- LA NATURE.
- MACHINE À COUDRE ÉLECTRIQUE
- Dans toutes les machines à coudre électriques, construites jusqu’ici, la commande était assurée par une petite courroie passée sur la poulie du moteur et sur la roue de la machine. Dans la nouvelle machine que nous signalons, et qui est due à MVf. de Changy et Kralz-Boussac, le moteur électrique est monté directement sur l’arbre de mise en marche des mouvements nécessaires. Comme on le voit sur la fig. 1, l’arbre des cames qui donne à la navette et à l’aiguille les mouvements de va-et-vient pour la couture porte l’induit du moteur. Sur le coussinet sont fixés des balais qui amènent le courant au collecteur. La machine peut du reste se brancher avec une prise de courant à la place d’une lampe à incandescence; elle ne consomme en effet que 0,7 ampère à 110 volts,à 1000 tours par minute. Les inducteurs, enfer doux forgé, forment un champ magnétique intense; l’induit, divisé en 12 sections, renferme un grand nombre de tours de fils. Le petit moteur est excité en shunt, et sur le bâtis de la machine se trouve dans le circuit d’excitation un petit rhéostat qui permet suivant les cas de faire varier la vitesse angulaire de 180 à 1500 tours par minute. La figure 2 montre la disposition complète de la machine. Celle-ci repose par quatre pieds sur un socle en bois, sur lequel est fixé le petit rhéostat dont nous venons de parler ;
- le moteur qui est maintenu sur ia machine même pénètre dans le bois par une ouverture spéciale. Les deux pieds arrière déjà machine sont constitués par deux charnières qui permettent de renverser la machine. On peut ainsi apercevoir toutes les pièces
- et assurer le graissage et le réglage nécessaires.
- Sur le côté droit de la machine les inventeurs ont disposé une roue, qui par un petit engrenage intérieur permet de faire marcher la machine à la main. A la partie supérieure de la machine se trouve aussi un enroule-fil qui est mis en marche à la main on au moteur.
- Nous avons eu l’occasion d’expérimenter cette machine à coudre, et sans pouvoir apprécier ses qualités au point de vue de la
- couture, nous pouvons dire que son fonctionnement électrique est satisfaisant; ses dimensions restreintes en font un objet très pratique.
- Il faut en effet d’abord considérer la simplicité du dispositif qui évite l’embarras d’une courroie et qui assure en même temps une meilleure utilisation de l’énergie électrique. Aucun organe intermédiaire en effet ne cause de pertes sensibles. Nous devons aussi remarquer les faibles poids et volume de la machine; ce qui permet d’en disposer un grand nombre dans un espace restreint et de les déplacer à volonté. J. Laffargue.
- Le Gérant : I*. Masson.
- Fig. 1. — Machine à coudre électrique. — Vue intérieure de la commande des mouvements.
- Fig. 2. — La partie supérieure de la machine soulevée. — Vue des pièces de dessous.
- Paris. — Imprimerie Lahiîre, rue de Fleurus, 9.
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- y° 150 4. — 28 MAI 1808.
- LA NATURE.
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- CANONS DEMONTABLES
- Frappé de la difficulté de transporter actuellement, sur le champ de bataille, des pièces relativement lourdes, les Américains ont cherché la solution de ce problème dans l’emploi de canons démontables. Un inventeur vient en effet de présenter au gouvernement des États-Unis, une pièce d’un type fort ingénieux, qui peut se fractionner en un certain nombre de parties de poids très réduits.
- Ce canon qui, comme principe, a quelque analogie avec les canons à fils d’acier dont nous avons parlé récemment, est formé d’un tube d’acier constituant l’àme et portant les rayures destinées à donner le mouvement de rotation au projectile; des disques
- d’acier percés d’un trou central de même diamètre que le diamètre extérieur du tube, viennent s’engager sur ce dernier, dans le but, comme les fils d’acier, de renforcer le canon et d’assurer sa résistance aux pressions latérales.
- La figure montre une vue d’ensemble du dispositif; le cartouche donne une coupe suivant Taxe ; on y voit l’ensemble des rondelles disposées sur le tube intérieur, celles de la partie arrière sont d’un diamètre plus grand et forment le renfort de culasse ; elles sont rendues solidaires les unes des autres par 4 longs boulons cônes (tracés en pointillé sur la figure), qui pénètrent dans des évidements correspondants et qui sont serrés sur la plaque arrière de culasse par 4 écrous (a, a).
- Pour assujettir l’ensemble des rondelles, aussi
- Canon démontable américain.
- bien celles de la culasse que celles de la volée, on emploie 4 tirants d’acier qui sont boulonnés sur deux plaques à oreilles placées l’une à la bouche, l’autre à la culasse; ces tirants passent en outre dans les oreilles d'une plaque intermédiaire. La lermeture de culasse est à coin et ne présente rien de particulier.
- Si l’on se souvient qu’on n’a réussi à donner aux canons en fils d’acier, une résistance longitudinale suffisante que par l’emploi de jaquettes très puissantes, on est en droit de se demander si 4 tirants en acier seront en état de résister aux efforts qu’ils auront à supporter ; leur serrage devant se faire rapidement et souvent par des mains inhabiles, il est à craindre qu’il ne soit pas fait régulièrement et que les 4 tirants ne travaillent dans des conditions différentes.
- 11 est certain qu’un semblable canon présenterait des avantages appréciables : le transport en serait très facile par suite de son fractionnement en un certain nombre de pièces légères. La fabrication se-Î6* aimée. — 4" semestre.
- rait plus aisée et plus sure ; car plus les pièces sont de faibles dimensions, plus on est certain de les obtenir sans défaut. Le prix de revient serait diminué puisque la construction ne portant que sur des pièces relativement petites, n’exigerait pas un outillage aussi puissant que pour les canons actuels. La durée serait prolongée, car seul le tube intérieur aurait à souffrir dans le tir.
- Il convient d’attendre les expériences que l’on ne manquera pas de faire de l’autre côté de l’Atlantique ; car en dehors des inconvénients que nous avons signalés plus haut, on peut en prévoir d’autres non moins graves et que l’on a évités sur les canons à fils grâce à la tension considérable donnée aux fils pendant l’enroulement : nous voulons parler, au bout de peu de temps d’usage, du manque de contact parfait, si exact que soit l’ajustage, entre les rondelles de renfort et le tube intérieur. Commandant G.
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- LA NATURE.
- CONDUCTIBILITÉ NERVEUSE
- ET CO.NDUCTIBILITÉ ÉLECTRIQUE UES RADIOCONDUCTEURS
- Un progrès réalisé dans une branche de la science a souvent pour effet d’éclairer quelques points obscurs appartenant à des branches différentes. C’est ainsi que le radioconducteur en électricité paraît aider à comprendre les phénomènes de propagation nerveuse1.
- Les courants nerveux ont été longtemps assimilés aux courants électriques tels qu’ils circulent dans des fils métalliques. Cette analogie de transmission étant inadmissible à la suite de la découverte de la discontinuité anatomique des éléments nerveux, la connaissance du mode de propagation de l’électricité dans les conducteurs discontinus a rétabli le parallélisme électrique et nerveux.
- Caractères des radioconducteur s. — Les radiocon-ducteurs sont des substances discontinues formées de grains métalliques noyés dans une gangue isolante où la proportion de matière isolante est très petite. Primitivement isolants, les radioconducteurs deviennent conducteurs sous diverses influences électriques, soit quand on fait éclater une étincelle dans leur voisinage et à distance, soit quand on y fait passer directement une décharge de condensateur ou de transformateur, ou le courant d’une pile de nombreux éléments. Cette conductibilité persiste parfois très longtemps. Certaines circonstances physiques, telles qu’une élévation de température et particulièrement le choc, hâtent le retour à la résistance primitive. Lorsque la conductibilité a été établie par un premier effet et que le retour a eu lieu, une action plus faible que la première suffît pour reproduire la conductibilité.
- Il n’y a pas de séparation tranchée entre les conducteurs continus et les radioconducteurs; le conducteur discontinu à grains noyés dans un isolant est le type de tout conducteur. Dans un bloc métallique, la compression a extrêmement réduit le milieu isolant qui entoure chaque grain. Dans les substances visiblement discontinues, la matière isolante maintient les grains conducteurs nettement séparés et lorsque la matière isolante est en proportion suffisante, les accroissements de conductibilité, au lieu de persister quelque temps, disparaissent immédiatement après avoir été provoqués; pour une proportion encore plus grande de l’isolant, la conductibilité finit par ne plus apparaître, même par l’application directe de violentes décharges.
- Discontinuité nerveuse. — Le système nerveux est formé de neurones, éléments indépendants, sans soudures entre eux, qui ne sont en rapport que par leurs extrémités ramifiées et par contiguïté, non par continuité. L’onde nerveuse est arrêtée par un défaut de contiguité. Son passage se rétablit soit parce que la force électromotrice de l’onde augmente, soit parce que la contiguité des extrémités devient plus parfaite. Cette discontinuité par les extrémités est-elle la seule, les particules constituantes d’un même conducteur nerveux ne peuvent-elles pas aussi offrir de l’une à l’autre, au moins dans des états pathologiques, une discontinuité qui rend encore plus difficile le passage de l’onde nerveuse?
- Analogies. — Certains phénomènes nerveux sont analogues aux phénomènes des radioconducteurs. De même que le choc affaiblit et fait disparaître la conductibilité des radioconducteurs, de même le traumatisme produit l’anesthésie et la paralysie hystériques, dues à une suppression de la transmission soit sensitive, soit motrice de
- 1 Édouard Brama. C. It. de l'Ac. des sciences, 6 et ‘27 décembre 1897 ; Archives d'électricité médicale, lévrier 1898.
- l’influx nerveux, et par conséquent à un défaut de contiguité des éléments nerveux.
- D’autre part, si les oscillations des décharges électriques établissent la conductibilité des radioconducteurs, nous voyons ces décharges agir de la façon la plus efficace pour guérir l’anesthésie et la paralysie hystériques.
- Le parallélisme entre les effets du choc et des étincelles sur les radioconducteurs et sur le système nerveux hystérique se poursuit dans la susceptibilité de réagir sous une action faible après qu’une action forte a produit un premier effet.
- Les décharges de haute fréquence sont éminemment aptes à rendre conducteurs les radioconducteurs, nous les voyons aussi, d’après les observations de d’Arsonval et d’Apostoli, exercer un effet thérapeutique manifeste sur les affections dues au ralentissement de la nutrition. Si ces affections peuvent être attribuées à une transmission imparfaite de l’influx nerveux, on est autorisé à supposer que les décharges agissent en rétablissant entre les éléments nerveux une contiguité devenue insuffisante.
- Assimilation du système nerveux a un radioconducteur. — Si l’on compare la propagation d’une onde nerveuse dans le système nerveux à la propagation du courant électrique dans un radioconducteur, on peut admettre qu'un neurone se comporte comme un grain métallique. Dans le cas où les intervalles qui séparent les extrémités de deux neurones contigus ne peuvent être franchis parce qu’ils sont trop grands ou parce que l’onde nerveuse n'est plus suffisamment puissante, une décharge électrique rétablira la communication interrompue et celte communication persistera au moins quelque temps pour l’onde nerveuse elle-même. Le rôle thérapeutique de l’électricité se trouve ainsi expliqué. Rien ne serait changé à l’indication thérapeutique si, non seulement les extrémités des neurones, mais les éléments d’un simple conducteur nerveux étaient eux-mêmes trop écartés pour la transmission d’une onde nerveuse.
- Ces aperçus me paraissent de nature à provoquer des interprétations et des essais dont l’électrothérapie peut tirer parti. Edouard Branly.
- Docteur ès sciences, Docteur en médecine.
- LA. PLUIE A PARIS
- Dans deux articles publiés précédemment*, nous avons signalé Paris comme la ville où il pleut le moins, en quantité, parmi tous les chefs-lieux de nos départements, d’après les observations effectuées depuis 1880 jusqu’à 1895.
- Ce fait nous a beaucoup étonné quand nous l’avons découvert, car nous connaissions l’opinion générale qui attribue à Paris un climat que des pluies copieuses et fréquentes rendent désagréable. Cette opinion est fausse, mais bien des personnes ne paraissent pas disposées à l’abandonner, et penchent plutôt à douter de la véridi-cité de notre assertion. Le grave Annuaire de la Société météorologique la juge erronée, et, un peu légèrement, peut-être, regrette, pour le climat de Paris, que nos chiffres ne soient pas l’expression de la vérité : 481 millimètres d’eau pluviale et 136 jours de pluie par an, lui semblent des nombres trop faibles. Nous aussi, nous l’avions cru tout d’abord, mais il a bien fallu nous rendre à l’évidence contraire qui se trouve officiellement dans
- 1 Vov. u° 1238, du ‘20 février 1897, p. 180 cl n° 1292, du 5 mars 1898, p. 220.
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- LA NATURE.
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- les Annales du Bureau central météorologique de France, où nous avons puisé les éléments de nos deux articles.
- Pour ne pas multiplier les tableaux, et pour bien montrer (pic les résultats ne sont pas des valeurs minima, nous nous contenterons d’en extraire les observations effectuées à l’Observatoire et au parc Monceaux pendant la période de 15 ans (pie nous avons considérée.
- OBSERVATOIRE DE PARIS (tbbrasse).
- Années. Pluie. Quantité. N. de jours. Années. Pluie. Quantité. N. de jours
- 1880 488 “» » 1888 425 mm 109
- 1881 48 4 — )> 1889 463 — 150
- 1882 554 — )) 1890 419 — 121
- 1885 477 — » 1891 517 — 155
- 1884 575 — )> 1892 508 — 111
- 1885 505 — 101 1893 459 — 105
- 1886 585 — 121 1894 454 — 125
- 1887 429 — Moyennes : 476mm 103 d’eau pluviale et 116 jours de pluie.
- Années. PARC MONCEAUX. Pluie. Quantité. N. de jours. Années. Pluie. Quantité. N. de jours
- 1883 495 mra 114 1889 448 — 131
- 1884 425 — 100 1890 452 — 125
- 1885 557 — 99 1891 530 — 127
- 1886 635 — 108 1892 501 — 122
- 1887 592 — 98 1895 454 — 101
- 1888 y> — » 1894 509 — 125
- Moyennes : 487mm d’eau pluviale cl 114 jours de pluie.
- Ainsi à l’Observatoire de Paris, sur 15 années d’observations relatives à la quantité de pluie, il y en a 10 qui fournissent un chiffre inférieur au résultat que nous avons donné ; et au parc Monceaux, il y en a 5 sur 11.
- En ce qui concerne la fréquence, le nombre annuel des jours de pluie ne s’est pas élevé une seule fois à 156, ni au parc Monceaux, ni à l’Observatoire.
- Enfin, pour prendre des documents plus nouveaux et des faits qui peuvent être restés dans la mémoire de quelques personnes, nous donnons ci-dessous les relevés les plus récents publiés par le Bureau central météorologique de France, ceux de l’année 1895, pour 12 stations pluviométriques disséminées dans Paris.
- Hauteur Nombre de jours
- Stations pluviométriques. de pluie. pluvieux.
- Observatoire (cour) .... . 436 " m 109
- Observatoire (terrasse). . . . 417 — 109
- Passy . 597 — 114
- Montmartre . 454 — 145
- M*milmontant . 426 — 115
- Monceaux . 584 — 106
- Yaugirard . 560 — 97
- Buttes-Chaumont . 515 — 102
- Saint-Victor . 484 — 158
- Panthéon . 432 — 159
- Monnaie . 447 — 135
- Bureau-Central . 445 — 156
- Les moyennes qui en résultent sont : 451 millimètres d'eau pluviale et 122 jours de pluie, chiffres encore bien inférieurs à ceux que nous avons publiés.
- Nous espérons donc que l’authenticité de nos résultats ne laissera plus l’ombre d’un doute dans aucun esprit, et que l’on ne considérera plus Paris comme une ville où il pleut plus que partout ailleurs. J.-R. Plümandon.
- Météorologiste à l’Observatoire du Puy-de-Dôme.
- LES PIGEONS EN MER
- La compagnie générale transatlantique vient de procéder en mer à d’inléressantes expériences colombophiles, qui ont donné d’excellents résultats : elle
- organise aujourd’hui une véritable poste aérienne destinée à relier les navires en marche avec la terre. Désormais, les passagers pourront pendant une partie de la traversée envoyer des dépêches qui seront télégraphiées à leur adresse par les soins du colombier réceptionnaire. Enfin, les pigeons pourront éventuellement jouer un rôle plus important encore : en cas d’accident ou d’avarie grave arrêtant la marche du navire, les intéressants messagers seront lancés à une distance quelconque des côtes. S’ils sont trop éloignés de leur colombier pour pouvoir le regagner, ils iront tomber épuisés sur un navire, qui recueillera la dépêche.
- L’accident de la Gascogne et celui plus récent encore de la Champagne sont toujours présents à l’esprit ; les deux paquebots réduits à l’état d’épaves ont dû, pour demander du secours, recourir à tous les moyens même aux plus primitifs : une bouteille cachetée portant le message des navires en détresse fut confiée aux flots. Les expériences de la Bretagne ont démontré que le pigeon est supérieur comme mode de correspondance à tous les expédients possibles.
- Le 25 mars, par un temps épouvantable, la Bretagne quittait le Havre : huit pigeons étaient lâchés en mer à des distances n’excédant pas 50 kilomètres de la côte. Malgré les conditions exceptionnellement défavorables dans lesquelles était effectué le lâcher, tous regagnaient le colombier.
- Au retour de la Bretagne des lâchers ont été effectués le jour, le lendemain et le surlendemain du départ de New-York avec des pigeons américains. Des pigeons ha vrais ont été également lâchés, après un internement de trois semaines, la veille et le jour de l’arrivée au Havre. Les rentrées ont eu lieu dans des conditions très satisfaisantes. Les pertes ont atteint la proportion de 33 pour 100, très faible si l’on songe que les animaux emportés n’étaient nullement préparés à une semblable épreuve. Sur sept pigeons lâchés, à 450 milles du Havre, la veille de l’arrivée, quatre sont rentrés au colombier le jour même, devançant de dix-huit heures le paquebot.
- Le 26 mars à 7 heures du matin, un voilier anglais, le Bothnia, complètement désemparé, est aperçu par la Bretagne. Depuis quatre jours ce navire errait à l’aventure, parfois il rencontrait un bâtiment, mais nul ne remarquait ses signaux de détresse. Le commandant de la Bretagne donne l’ordre de mettre un canot à la mer (fig. 1 ) non sans avoir pris la précaution de faire jeter quelques gouttes d’huile sur les flancs du navire pour calmer les flots. La baleinière peut alors prendre la mer sans risque d’être rejetée et brisée sur le navire par les lames qui déferlent avec furie.
- Tous les passagers de la Bretagne, montés sur le pont, suivent avec angoisse la fragile embarcation qui s’éloigne, disparaît derrière les vagues pour reparaître toujours plus loin. Pendant deux longues heures nos braves marins luttent contre une mer démontée. Après avoir essayé d’accoster 1 e Bothnia, ils
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- LA NATURE.
- réussissent à lui lancer une ligne le long de laquelle les sept naufragés sont halés. La baleinière regagne la Bretagne aux applaudissements des passagers.
- Une dépêche est aussitôt lancée pour annoncer le retard probable de la Bretagne, le désastre du Botlmia, le sauvetage de son équipage dont trois hommes ont péri. Cette dépêche est confiée successivement à sept pigeons qui partent emportés comme des plumes par le vent contre lequel ils n’essaient
- même pas de lutter. Un de nos messagers (fig. 4) tombe quelques heures plus tard dans le golfe de Gascogne sur le Chatterton qui recueille la dépêche et la fait parvenir à son adresse. Le 27 mars on connaissait en France, en Angleterre et en Amérique l’événement qui avait retardé la marche de la Bretagne.
- Le 31 mars un pigeon donnant des nouvelles de la Bretagne est lancé à 1250 milles de l’Amérique. Cette expérience risquée donne encore un excellent
- Fig. 1. — Mise à la mer de la baleinière.
- Fig. 5. — Pigeon voyageur appartenant à M. U. Le Docte, lancé au milieu de l’Atlantique à 5800 km du Havre le 51 mars et arrivé dans le Connecticut le 2 avril 1808.
- résultat : le 5 avril les passagers de la Bretagne débarquant à New-York apprennent que le pigeon considéré par eux comme perdu a devancé notre paquebot et s’est fait prendre à Moroton dans le Connecticut (fig. 3). La dépêche dont il était porteur est encore parvenue en temps utile à son adresse.
- Ces deux faits prouvent surabondamment que la poste par pigeons est un expédient auquel on aura très utilement recours quand les autres modes de transmission viendront à manquer. L’aptitude du pigeon en service en mer pourra d’ailleurs être considérablement augmentée par l’entraînement.
- Fig. 2. — lie tour de la baleinière avec les naufragés.
- Fig. 1. — Pigeon voyageur de M. Philippe qui a apporté la nouvelle du sauvetage du Bothnia. (D'après une photographie de M. Lamussc.)
- Les expériences de la Bretagne ont eu un résultat immédiat : les Américains s’emparant de cette idée pratique, venue d'Europe, ont aussitôt doté leurs croiseurs de pigeons messagers. Les principales lignes de navigation américaines seront incessamment pourvues d’un service colombophile. La Compagnie transatlantique, qui a pris l’heureuse initiative de cette création, a créé avec le concours de colombophiles du Havre et de New-York une poste aérienne qui fonctionne déjà d’une façon très satisfaisante. G. Marsox
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- LA NATURE.
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- MOTOCYCLETTE WERNER
- L’automobilisme, que certains ont qualifié irrévérencieusement d’automaboulisme, prend tous les jours une extension nouvelle et les constructeurs de voitures à pétrole suffisent à peine aux commandes; le jour où le prix s’abaisserait on verrait le nombre des chauffeurs prendre très rapidement des proportions considérables, la somme relativement importante à débourser pour l’achat d’une voiture étant le plus souvent la seule chose qui arrête l’amateur. On l’a bien vu quand le tricycle de Dion-Bouton a fait son apparition, tout de suite le succès a été énorme ; on a passé sur ce qu’il y avait d’égoïsme dans un véhicule à une seule place et on a fait l’acquisition ; il y a des ménages où les reproches ont dû être terribles, aussi est-on vite arrivé à ajouter un fauteuil à la remorque.
- Après le tricycle voici maintenant la bicyclette, dont le prix est d’un tiers moins élevé, c’est normal. MM. Werner frères ont réalisé un type de motocyclette qui ne rappelle en rien les premiers essais faits dans cette voie, du reste sans grand succès. Us n’enlèvent presque rien à l’élégance de la machine ordinaire et y ajoutent peu de poids pour la rendre automobile. Leur moteur P, à essence de
- Fig. 1. — Vue d’ensemble de la motocyclette Werner.
- Fig. 2. — Détails du moteur.
- qui devient ainsi motrice et directrice ; le carburateur € et le réservoir à essence R se placent à la
- partie supérieure du cadre. On a préféré à l'allumage électrique, qui nécessite un accumulateur qu’on ne peut pas recharger partout, l’allumage par tube incandescent et le réservoir A, qui contient l’essence de cette lampe, se trouve le long de la roue comme un garde-boue. Près de la poignée du guidon on a une manette M qui donne la mise en marche ou l’arrêt du moteur. Le pédalier est modifié de façon que les pieds puissent rester immobiles sur les
- pédales dès qu’on a parcouru les quelques mètres nécessaires à la mise en train du moteur. L’ensemble de la motocyclette n’atteint pas 30 kilogrammes ; elle peut faire, nous assure le constructeur, 35 kilomètres à l’heure; nous ne l’avons pas vérifié bien que nous ayons pu la voir fonctionner; mais, à notre avis, nous ne pensons pas qu’une telle vitesse soit nécessaire. Nous dirons même que, personnellement, nous préférerions le tricycle où l’on est beaucoup plus stable et plus maître de soi ; il est vrai qu’il est plus lourd, se remise moins facilement et ne passe pas sur tous les chemins. Il y a du pour et du contre ; mais
- pétrole, ne pèse que 10 kilogrammes, se fixe contre le guidon et permet de disposer de 60 kilogram-mètres, soit environ 2/3 de cheval. Le volant V tourne à 1200 tours et se relie par courroie à une poulie à gorge fixée sur les rayons de la roue d’avant,
- si, comme MM. Werner y paraissent disposés, on peut avoir le moteur séparément, chacun pourra choisir à sa convenance, selon ses goûts et le but qu’il se propose d’atteindre. En général les chauffeurs ont une tendance à aller beaucoup trop vite;
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- LA NATURE.
- de l'a les accidents déplorables qui nuisent à la cause qu’ils voudraient soutenir. Nos routes ne sont pas faites pour des véhicules marchant à la vitesse d’un train express, elles ne sont pas, comme les chemins de fer, libres de tout obstacle, tant s’en faut, et il conviendrait d’en user avec un peu plus de modération. G. Mareschàl.
- DISTRIBUTION DE L’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE
- EN ALLEMAGNE
- La distribution de l’énergie électrique est très répandue en Allemagne pour les applications les plus diverses : éclairage, force motrice, traction. En mars 1897, on comptait 205 stations d’une puissance totale de 67 900 kilowatts; au 1er septembre 1897 il y avait également 56 villes pourvues d’un réseau de 957 kilomètres de voie et utilisant une puissance de 21 465 kilowatts.
- Les usines sont spacieuses, bien aménagées; les chaudières sont établies au large, les machines également, et tout a été disposé pour permettre au besoin des agrandissements. Les canalisations sont faites presque partout en câbles sous plomb et armés, placés directement en terre ; pour la traction, on trouve presque partout le trolley aérien. Les installations intérieures sont loin d’être faites partout dans des conditions irréprochables; les fils sont souvent mal installés contre le mur sans aucune précaution.
- La ville de Francfort possède depuis deux ans une station centrale à courants alternatifs, établie et exploitée pour le compte de la Ville par la Société Brown, Boveri de Baden. L’installation comprend actuellement 4 alternateurs de 500 kilowatts à 5000 volts. Les canalisations consistent en des câbles Felten et Guilleaume placés en terre. On comptait au 51 mars 1897 environ 155 moteurs d’une puissance de 1065 chevaux. Des essais de traction par accumulateurs sont entrepris par la Société des accumulateurs Pollak.
- A Cologne se trouve également une magnifique usine municipale à courants alternatifs, renfermant 4 alternateurs Hélios de 450 kilowatts à 2000 volts.
- La station centrale, à Düsseldorf, est située à 5 kilomètres de la ville ; elle alimente par courants continus à 400 volts des batteries d’accumulateurs placées en ville dans des sous-stations.
- A Hambourg, la station centrale de Carolinenstrasse fournit l’énergie électrique aux sous-stations de distribution et à la traction. Elle renferme 16 chaudières multi-tubulaires Cornwall d’une surface de chauffe de 250 mèti es carrés. Dans la salle des machines, qui a une largeur de 17 mètres, une longueur de 50 mètres et une hauteur de 12 mètres sont installées 6 machines verticales à triple expansion, de la fabrique des machines d’Augsburg, d’une puissance maxima de 1200 chevaux à 10 atmosphères et à 100 tours par minute. Cinq de ces machines commandent directement deux dynamos multipolaires Schuc-kert de 500 kilowatts, les unes à 500 et les autres à 600 volts ; la sixième machine actionne une seule dynamo de 1000 kilowatts à 600 volts. Au tableau se trouvent toutes les arrivées de machines et sur le côté sont les départs des divers circuits soit pour les sous-stations d’accumulateurs, soit pour la traction. Celte dernière application est très importante à Hambourg et s’étend sur une longueur de voies de 208 kilomètres en utilisant une puissance de 5000 kilowatts. 11 faudrait encore mentionner à
- Hambourg l’usine de la Poststrasse à l’intérieur de la ville, et la distribution spéciale dans le port pour la mise en marche des grues et appareils divers électriques.
- La distribution de l’énergie électrique est actuellement assurée à Berlin par 4 grandes stations centrales, à courants continus, l’usine de Markgrafenstrasse de 5000 chevaux, l’usine de la Mauerstrasse de 7600 chevaux, l’usine de la Spandauerstrasse de 9000 chevaux, et l’usine de Schiffbauerdamm de 6000 chevaux. Mentionnons dans ces usines des machines de 1000 et 1500 chevaux actionnant les nouvelles dynamos multipolaires de l’Allgemeine Eledricitâts Gesellschaft, et des alternateurs à courants triphasés transmettant l’énergie de l’usine de Schiffbauerdamm à l’usine Mauerstrasse. Une sous-station d’accumulateurs à Augustastrasse dessert le quartier de Thier-garten.
- A Berlin, on a fait jusqu’ici différents essais de traction électrique avec trolleys aériens et souterrains et avec accumulateurs. La Compagnie des Omnibus vient de s’entendre avec la Société d’électricité pour installer une usine spéciale. Au 1er septembre 1897, il y avait en fonction la ligne de Bebrenstrasse-Treptow, exploitée par la Société Siemens et Halske, ligne souterraine sur une longueur de 2,1 km et aérienne sur une longueur de 7,2 km. La Société Siemens et Halske exploitait également la ligne de Gesundbrunnen à Penkow, à trolley aérien. Des tramways à accumulateurs conduisaient de Berlin à Charlot-tenbourg. La Grosse Berliner pferde Eisenbahn avait également deux autres lignes du Jardin zoologique à Treptow et de Dônhofsplatz à Reichenbergerstrasse.
- La station centrale de Leipzig effectue la distribution à courants continus à 5 fils; la transmission est également faite en courants triphasés à une sous-station placée à l’intérieur de la Ville. Munich n’a jusqu’ici assuré que l’éclairage public à l’aide de 850 lampes à arc; de nouveaux projets doivent prochainement être mis à exécution; la puissance atteindra 21 000 chevaux. A Strasbourg, la distribution est faite en courants triphasés ; des dynamos à courants continus à 500 volts alimentent spécialement la traction.
- Les prix de vente de l’énergie électrique varient de 0,r,08 à 0,r,10 l’hectowatt-heure pour l’éclairage et de 0fr,02 à 0,r,05 pour la force motrice avec des rabais qui peuvent atteindre jusqu’à 50 pour 100.
- Les prix de revient sont de 0fr,505 le kilowatt-heure à Francfort, intérêts et amortissements compris, de 0,r, 192 et 0fr,l 26 à Cologne et à Düsseldorf, intérêts et amortissements non compris.
- A la fin de mars 1897, l’Allemagne comptait 1 025 785 lampes à incandescence de 50 watts, 25024 lampes à arc de 10 ampères et une puissance totale de 21 800 chevaux pour moteurs ; dans ce dernier chiffre, Berlin comprenait 2056 moteurs de 7475 chevaux. La force motrice est certainement l’application qui s’est le plus développée à Berlin. En 1888-89, on ne comptait que 17 moteurs d’une puissance totale de 60 chevaux. En 1892-93, il y en avait 252 de 785 chevaux et en 1893-94, 380 de 1564 chevaux. Ces moteurs sont utilisés pour les travaux les plus divers : ils servent à actionner des presses, des ascenseurs, des ventilateurs, des machines pour le travail des métaux, du papier, du cuir, des machines à polir et à tailler, à couper le drap, à coudre, à fabriquer les chapeaux, etc., etc.
- A la fin de 1896, nous avions à Paris 417 468 lampes à incandescence, 7448 lampes à arc et 515 moteurs d’une puissance totale de 1945 chevaux. J. Laffargue.
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- L’ÀUTOTOMIE CHEZ LES PHASMIDES
- On connaît aujourd’hui, chez les Invertébrés (Cœlentérés, Echinodermes, Vers, Mollusques, Arachnides, Crustacés, Insectes), et chez les Vertébrés (Sauriens), de nombreux exemples de la fonction protectrice à laquelle le Professeur Léon Frédéricq (de Liège) a donné, en 1882, le nom d’amputation spontanée ou autotomie1. Les représentants du règne animal chez lesquels elle se manifeste peuvent échapper aux ennemis qui les ont saisis par certaines parties de leur corps, en provoquant activement, mais d’une façon inconsciente, par voie réflexe — et non intentionnellement, comme le croyait d’abord Huxley, — la rupture de ces parties.
- Chez les Orthoptères de la famille des Phasmides, si curieux au point de vue du mimétisme, on n’avait encore jamais signalé de phénomènes d’autotomie. Guilding, Fortuna, Montrouzier et Desmarest avaient bien constaté des traces de régénération de membres mutilés chez les nymphes de ces étranges insectes ; mais aucun de ces savants n’avait remarqué les phénomènes d’amputation spontanée, ni la variation tétramérique constante des tarses régénérés. Ce n’est que l’année dernière qu’il m’a été possible d’étudier ces particularités intéressantes, à la Réunion, sur deux superbes Phasmides habitant cette île et l’île Maurice : le Monandroptera inuncans et le Raphi-derus scabrosus.
- Chez la première espèce, la femelle est aptère et atteint jusqu’à 20 centimètres de longueur sur 25 millimètres de largeur. Sa couleur est brune ou vert pré. Le mâle, de formes moins lourdes, ne dépasse pas 17 centimètres de longueur sur 18 millimètres de largeur. Il est d’un beau vert. Il possède des élytres très rudimentaires, de la couleur du corps, et des ailes assez longues, teintées de rose pâle et de brun, munies d’un bord opaque vert.
- Les spécimens de Raphiderus scabrosus sont de dimensions beaucoup moindres; la femelle, brune ou d’un vert pré magnifique, atteint au maximum 8cm,5 de longueur, sur I I millimètres de largeur. Elle est aptère. Le mâle, également aptère, revêt une teinte brune et ressemble à un petit rameau. Sa longueur n’est que de 6cm,5; sa largeur ne dépasse pas 5 millimètres.
- Il y a quelques mois, étant parvenu à me procurer quelques-uns de ces curieux Orthoptères, je laissai, par oubli, une Monandroptère sur une table de laboratoire, au Musée de Saint-Denis. Quelques instants après, l’insecte, gisant sur le dos, avait perdu ses deux membres antérieurs. Je constatai avec étonnement que j’étais en présence de phéno-
- 1 On trouvera l’énumération des principaux exemples connus d’autotomie dans les deux articles suivants : L’autotomie chez les étoiles de mer [Revue scientif., 7 mai 1887) et Y Autotomie dans la série animale (Revue scientif., 14 mai 1887). Le premier est de M. Frédéricq, le second du professeur A. Giard. Le lecteur consultera aussi avec fruit l’intéressant article de notre ami M. H. Coupin sur \’Autotomie. dans le s0 99 (année 1895) de la Revue encyclopédique.
- mènes d’autotomie déterminés par deux représentants du Plagiolepis longipes Forel, fourmi originaire de l’Inde et introduite par la navigation, il y a quelques années, à Maurice et à la Réunion, où elle a envahi les habitations du littoral. La séparation s’était produite entre le fémur et le trochanter1. La section était des plus nettes et la perte de sang avait été insignifiante. Les fourmis parvinrent encore à détacher une troisième patte sous mes yeux, et ce fut tout. Je renouvelai l’expérience, toujours avec succès; mais, dans un cas seulement (il s’agissait d’une femelle de Raphi-dère), j’ai pu constater la rupture de tous les membres. Les membres antérieurs, dont le haut de la cuisse est très aminci, sont ordinairement ceux sur lesquels les fourmis arrivent le plus facilement à déterminer l’autotomie.
- Ce n’est pas par traction que les fourmis agissent, mais bien par des morsures pratiquées sur la membrane interarticulaire, entre la hanche et le trochanter, ou entre le fémur et le tibia. L’action d’une seule fourmi est quelquefois suffisante. Dans certains cas, l’autotomie est immédiate; dans d’autres cas, il s’écoule un certain temps entre le moment où la morsure est pratiquée et celui où l’amputation se produit. Ainsi, après avoir constaté la présence de fourmis sur les membres d’une Phas-mide, il m’est arrivé d’enlever l’insecte en évitant soigneusement de le saisir par les pattes, afin de le soustraire à l’action de ses agresseurs. Dans ces conditions, j’ai quelquefois vu l’autotomie se produire 4 ou 5 minutes après la morsure. Elle se produisait aussi quelquefois lorsque je soulevais l’insecte légèrement, sans secousse ni pression, par l’une des pattes sur lesquelles j’avais vu les fourmis opérer leurs morsures quelques instants auparavant. Sans la moindre contraction musculaire, l’insecte abandonnait sa patte et retombait. L’acide formique a donc une action très énergique, provoquant facilement l’autotomie.
- A quelques exceptions près, ce -n’est qu’avec certaines difficultés que, chez des Monandroptères et des Raphidères adultes, j’ai pu déterminer, soit par pincement, soit par brûlure, l’autotomie d’un, de deux ou de trois membres — résultat auquel les fourmis arrivaient facilement.
- Quelques mois après avoir étudié les phénomènes d’autotomie chez les Phasmides adultes, je pus me procurer des larves et des nymphes des deux espèces précédemment citées.
- 1 Le trochanter et le fémur, au lieu d’être réunis par une articulation leur permettant d’être mobiles l’un sur l’autre, sont au contraire soudés. Ce n’est qu’après avoir constaté les phénomènes d’autotomie que j’ai remarqué cette soudure, indiquée cependant par un petit sillon. Après l’autotomie, la partie qui reste encore attachée au thorax comprend la hanche, réunie par la membrane articulaire à un petit anneau ou bourrelet, qui n’est autre chose que le trochanter séparé de la cuisse par une cassure circulaire des plus nettes. Cette soudure du trochanter et de la cuisse, ou fémur, rappelle donc beaucoup celle que l’on observe chez les crabes, entre le basipoditc et l’ischiopodite.
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- Je constatai que l’amputation spontanée se produisait d’une façon très nette chez les très jeunes larves et réussissait fréquemment sur les six membres.
- Chez les larves plus âgées et les nymphes, l’autotomie s’opère quelquefois facilement; mais il peut arriver qu’elle devienne irrégulière et capricieuse, fait que nous avons déjà signalé chez les Phasmides adultes. 11 y a aussi accroissement du temps compris entre l’excitation et la rupture. Ainsi, il m’est arrivé de pincer, jusqu’à les broyer entre les ongles, plusieurs membres d’une nymphe de Phas-mide, sans arriver à produire l’autotomie. I)e guerre lasse, je déposais l’insecte sur une table : il se déplaçait avec peine, traînant les pattes mises hors
- d’usage; puis au bout de 4 à 5 minutes, d’un quart d’heure quelquefois, les membres endommagés se détachaient spontanément, non aux points broyés, mais toujours à l’endroit où se produit normalement la rupture autotomique. Dans quelques cas seulement, j’ai vu le membre broyé ne pas se séparer du thorax. Je suis porté à croire que j’avais alors affaire à des nymphes sur le point d’effectuer une mue, à en juger par leur manque de vigueur et par une certaine flaccidité de leur corps. La mort de ces insectes a, du reste, suivi de près les expériences tentées sur eux.
- Les effets produits chez les larves et les nymphes par les morsures des fourmis sont identiques à ceux
- que j’ai constatés chez les insectes adultes. J’ai vu, dans un cas seulement, l’action de ces morsures déterminer l’autotomie des six membres d’une nymphe de Monandroptère.
- L’influence des agents thermiques, quoique plus marquée que pour les adultes, ne m’a cependant pas toujours donné de bons résultats.
- Malgré cette irrégularité dans les phénomènes auto-tomiques, on peut toutefois remarquer que ces derniers sont bien plus marqués chez les larves et chez les nymphes que chez les insectes parfaits. On peut aussi constater que, pour les larves, l’autotomie devient de plus en plus difficile à mesure qu’elles se rapprochent davantage de la dernière métamorphose.
- En résumé, l’autotomie se manifeste nettement chez Monandroptera inuncans et surtout chez
- Raphiderus scabrosus. Elle se produit plus facilement sur les larves et sur les nymphes que sur les insectes adultes. Malgré cela, elle est presque toujours irrégulière, capricieuse même, pourrait-on dire. Les membres de la paire antérieure sont ordinairement ceux qui se détachent le mieux. Jamais, cependant, chez ces Phasmides, l’autotomie ne se produit aussi facilement que chez les Orthoptères sauteurs, tels que les Sauterelles, dont les grandes pattes postérieures se détachent toujours d’une façon si rapide lorsqu’on pince, même très légèrement, le fémur, ou lorsqu’on le sectionne brusquement. Enfin, tandis que, chez la sauterelle, c’est la contraction d’un seul ou d’un petit nombre de muscles qui provoque la rupture, cette dernière ne s’opère chez les Phasmides qu’à la suite de con-
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- Mâle. Femelle.
- Fig. 2. — La Moiiandroptere année (grandeur naturelle).
- (Dessins d’après des spécimens envoyés par 1 auteur.)
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- tractions musculaires très énergiques, siégeant dans tout le corps. Ces contractions sont plus violentes chez les femelles que chez les males. Chez les énormes et lourdes femelles de Monandroptera inun-cans surtout, elles sont très remarquables, et il se produit alors quelquefois, après la rupture, une perte de sang plus considérable que d’habitude, représentée par une grosse goutte verdâtre. Cette hémorragie, bien qu’arrêtée assez rapidement par coagulation, est cependant suffisante, si elle se manifeste encore pour deux ou trois autres membres, pour amener la tlaccidité du corps et la mort de l’insecte.
- Je ne crois pas que les phénomènes d’autotomie indiquent un perfectionnement relativement récent, comme on pourrait le penser tout d’abord. Je serais plutôt porté à admettre que cette fonction protectrice se manifestait déjà dans certains groupes d’insectes des temps primaires. Si l’on examine avec soin les figures de la planche ALIX et la figure 1 de la planche XXXVII du beau travail de M. Ch. Bron-gniart (Recherches pour servir à l'histoire des Insectes fossiles des temps primaires), on constate pour la hanche, le trochanter et le fémur, une disposition qui semble se rapprocher beaucoup de celle que nous avons indiquée plus haut chez les Phasmides. La dernière figure citée me semble surtout très remarquable à cet égard. Le trochanter affecte la forme d’un bourrelet, ou anneau, qui paraît soudé au fémur, avec sillon annulaire au point de jonction,
- J’ai pu conserver en captivité des nymphes de Monandroptères et de Raphidères; ce qui est assez difficile, car ces insectes vivent habituellement dans la montagne, à partir d’une altitude de 700 ou 800 mètres. Ils broutent les feuilles des Goyaviers (.Psidium), des Filaos (Casuarina) ainsi que celles de YAgauria pyrifolia, éricacée dont les feuilles très vénéneuses pour les bestiaux, ne produisent cependant aucun effet toxique sur les Phasmides qui les mangent avec avidité.
- Après avoir déterminé, chez quelques-uns de ces spécimens, l’amputation par autotomie, j’ai pu observer le processus de régénération des membres amputés. Un membre régénéré se distingue du membre opposé normal par des dimensions moindres et ordinairement par une légère différence de coloration.
- La différence de dimensions atteint évidemment son maximum quand l’amputation #a été pratiquée sur des larves n’ayant encore que peu de mues à subir avant d’arriver au stade de complet développement. Détail très intéressant : sur une patte régénérée le tarse n’a toujours que quatre articles au lieu de cinq Y
- C’est certainement ce fait qui explique la méprise
- 1 Jusqu’ici, il ne m’a pas été possible de constater si, dans dans certains cas, cette variation télramérique du tarse était congénitale; c’est-à-dire si l’insecte la montrait quelquefois à sa naissance, sans qu’il fût possible de la considérer comme étant consécutive à une mutilation.
- suivante de Westwood. Ce savant ayant été mis en possession d’un spécimen de Monandroptère, écrivait dans sa description : « Cette espèce est remarquable en ce qu’elle a seulement 4 articles à ses tarses antérieurs, différant sous ce rapport de toutes les espèces connues de la famille à laquelle elle appartient. Les membres antérieurs sont aussi relativement bien plus courts que les autres. » Il est évident que Westwood se trouvait en présence d’un insecte qui, à l’état de larve, avait perdu, par autotomie, ses deux membres antérieurs. Ch. Coquerel n’avait pas reconnu non plus la véritable cause de ce fait curieux. Critiquant l’opinion de Westwood, il écrivait : « 11 s’agit probablement d’un vice de conformation particulier à cet individu, ou peut-être Westwood a-t-il eu affaire à un insecte mutilé et rétabli par une main inhabile. »
- Il est évident que cette constance dans la régénération tétramérique du tarse des Phasmides doit avoir une interprétation philosophique. J’ai soumis les faits à deux savants qui se sont occupés de ces questions : M. W. Bateson1, professeur à Saint-John’s College (Cambridge) et M. Alf. Giard, l’éminent professeur à la Sorbonne. Le premier, qui admet que la discontinuité dans les variations individuelles peut amener la discontinuité dans la suite des espèces, voit précisément dans le cas en question un de ces exemples de variation discontinue qui peuvent produire de nouvelles espèces.
- M. Giard interprète la question d’une façon toute différente. Pour lui, la régénération tendrait à faire apparaître dans la partie régénérée non pas une forme nouvelle, mais une disposition ancestrale existant souvent encore chez des espèces voisines de celles qu’on étudie. Les Lépismides, représentants actuels des Orthoptères ancestraux, sont tétramères. Chez les Locustides, où la tétramérie est également la règle, la régénération des membres amputés paraît se faire sans réduction du nombre des articles tarsiens; ce qui serait normal.
- Je dois avouer que la seconde interprétation me semble de beaucoup la plus rationnelle et qu’elle s’est présentée à mon esprit dès l’instant où j’ai constaté la régularité de la régénération tétramérique du tarse des Phasmides. Edmond Bordage.
- Directeur du Muséum de l’Ile de la Réunion (Bourbon)
- LE VIN DE PALME
- I)e tous les vices que les Nègres ont empruntés aux Européens, l’ivrognerie est sans contredit celui auquel ils se sont le plus promptement assimilés. Si, heureusement pour leur race, le rhum de traite est cher et qu’ils ne peuvent en boire à satiété, malheureusement la nature leur fournit le moyen de satisfaire leur goût immodéré pour les boissons alcooliques.
- Plusieurs végétaux : la canne à sucre, le sorgho et le
- 1 I/autcur du remarquable ouvrage intitulé : Matériaux pour l'étude de la variation (Materials for the study of vanation).
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- bambou leur donnent, par la macération de leurs tiges écrasées, des boissons fermentées assez agréables, mais ils en usent fort peu, car pour les obtenir, il faut se livrer à un certain travail et chacun sait combien les nègres sont paresseux, aussi préfèrent-ils de beaucoup le vin de palme qui est plus alcoolique et ne nécessite aucun travail.
- Le vin de palme, qui n'est que la sève du Palmier Boras-sus, est nommé sangara au Soudan, au Sénégal et sur la côle occidentale d’Afrique jusqu’à l’embouchure du Congo.
- L’écoulement du liquide s’obtient en pratiquant une saignée à la base du bouquet formé par les feuilles. La chose peut paraître difficile, car les palmiers Borassus ont de 8 à 10 mètres de hauteur, et leurs troncs droits et fort lisses ne permettent pas l’escalade ; les noirs amateurs du vin de palme emploient le procédé suivant : ils entourent le tronc d’une couronne de 1 mètre à l,n,50 de diamètre, formée de lianes solidement tressées, ressemblant assez à un cercle de barrique; lorsqu’ils veulent monter à leur cellier naturel, ils entrent dans le cercle qu’ils se passent sous les aisselles, posent leurs pieds à plat sur le tronc, en s’appuyant sur la couronne qu’ils tiennent de chaque main; veulent-ils s’élever, ils donnent un brusque coup de reins en avant, de façon à ne pas s’appuyer pendant quelques secondes sur la couronne qu’ils élèvent avec les mains de 20 à 30 centimètres, reprennent leur point d’appui et placent leurs pieds à 30 centimètres plus haut ; par ce procédé ils arrivent rapidement au sommet de l’arbre, où ils se maintiennent en appuyant les pieds contre le tronc et le dos contre la liane.
- Pour tirer le vin, ils forent un petit trou à la base des feuilles et appliquent contre lui une gourde de la contenance de deux à trois litres, qui, dès qu’elle est pleine (ce qui demande trois à quatre heures), est remplacée par une autre.
- Frais, le sangara a une saveur sucrée légèrement piquante qui est fort agréable ; c’est un liquide blanchâtre rappelant le vin blanc doux : il est fort capiteux et on doit en user avec modération ; plus d’un blanc, séduit par son goût agréable, s’est abominablement grisé en voulant simplement se désaltérer.
- Au bout de huit à dix heures, la fermentation commence, il devient spumeux et rappelle par son goût le vin de champagne. C’est sous cette forme que le préfèrent les noirs qui en font un abus immodéré; on a appelé le champagne un vin épileptique, cette appellation conviendrait parfaitement au vin de palme fermenté; car les noirs ivres de sangara se livrent, l’écume aux lèvres, à des bonds et des contorsions inénarrables jusqu’à ce que l’ivresse les jette à terre abrutis par l’alcool.
- Pour se procurer leur liqueur favorite, les nègres de l’Afrique sacrifient d’énormes quantités de palmiers borassus, car ils saignent l’arbre à blanc, et le palmier meurt.
- Quand les nègres ont épuisé tous les palmiers à vin des environs, ils abandonnent leur village et émigrent vers un point fertile en Borassus, où ils pourront satisfaire leur ivrognerie. Henri Chastrey.
- MONOPOLE DES TABACS EN 1896 •
- La France n’est pas la seule nation qui ait établi ce monopole; chez la plupart des pays d’Europe, on réglemente la production, la fabrication ou l’importation des tabacs, toutes choses qui reviennent à peu de chose près au monopole. La France est parmi les nations où l’on fume médiocrement. D’après les plus récentes statisti-
- ques, voici ce que l’on fume, prise et chique dans les
- principaux pays du monde :
- Par tète Par tète
- et par an. et par au.
- 1. Pays-Bas. . 3 400 gr. 10. France. . . 967 gr.
- 2. Etats-Unis. 2 100 — 11. Suède . . . 940 —
- 3. Belgique. . 1 552 — 12. Russie . . . 910 —
- 4. Allemagne. 1 485 — 13. Portugal . . 850 —
- 5. Australie. . 1 400 — 14. Angleterre . 680 —
- 6. Autriche. . 1350 — 15. Italie. . . , 635 —
- 7. Norvège. . 1155 — 16. Suisse . . 610 —
- 8. Danemark. 1 125 — 17. Espagne . . 550 —
- 9. Canada . . 1 050 —
- La France, on le voit, n’occupe que le 10e rang. Voyons les résultats financiers de l’exploitation du monopole en France en 1896 :
- Les dépenses se décomposent comme suit :
- Valeur du capital de la régie au 31 décembre 1893 (immeubles et marchandises). . Fr. 128 988 362,57 Dépenses d’exploitation et dépenses spéciales :
- Frais généraux........................ 3528 317,53
- Achats................................... 45 685136,37
- Transports................................ 2 604 746,29
- Frais de fabrication.................... 18 905 240,66
- Frais de vente........................ 1247 797,97
- Dépenses spéciales.................... 708215,75
- Total des dépenses. . Fr. 201667 986,94 Les recettes sont :
- Produits des ventes...............Fr. 393 359 290,52
- — divers........................... 2 525 115,44
- Créances de 1892 atteintes par la prescription. ........................... 1 280,11
- Valeur du capital de la régie au 31 décembre 1896 ..................... 129072741,56
- Total des recettes............. 524958 427,63
- Quant au bénéfice net, il est de 323 290 440fr. 69.
- J.-F. Gale.
- UNE NOUVELLE POMPÉt
- Le titre est peut-être exagéré ; mais il est certain que, si les rapports qui en ont été publiés sont vrais, les archéologues allemands qui poursuivent des fouilles sur le territoire de l’ancienne Priène auraient fait une découverte du plus haut intérêt. On sait que Priène se trouvait en Asie Mineure, et que c’est la ville actuelle de Sam-soune qùi occupe à peu près son ancien emplacement.
- Il y a quelques années une expédition anglaise avait mis au jour et étudié le temple de Minerve, sanctuaire principal de la ville, bâti par ordre d’Alexandre ; mais ces ruines pourtant si intéressantes furent abandonnées, et depuis elles ont été dévastées par la population des environs. C’est en 1895 que des Allemands reprirent l’exploration de la région pour le compte du Musée de Berlin, aux frais du gouvernement prussien, et sous la direction d’un jeune architecte, M. Wilhelm Wilberg. Le travail de fouilles est déjà assez avancé pour qu’on puisse >uger de son importance rare : on est en train de déterrer toute une ville presque aussi bien conservée que Pompéi. Et cela est d’autant plus important que, jusqu’à présent, on n’avait jamais fait aucune découverte analogue qui donnât des indications précises sur la disposition générale d’une cité grecque, de ses monuments publics ou de ses maisons particulières.
- La ville ainsi exhumée est assurément de la belle
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- période grecque; on y voit les rues se croisant à angle droit et tracées avec la plus grande régularité, les colonnades, les théâtres, les places de marchés, les boutiques, les maisons avec leur décoration et leur aménagement intérieurs. Au sud du temple de Minerve, on a retrouvé l’agora, entourée sur chaque face de larges colonnades; s'ouvrant dans un de ses angles est un petit édifice carré ressemblant un peu à un théâtre et qui devait être la salle du conseil de la cité. 11 est admirablement conservé, et l’on y aperçoit encore en place 16 rangées de sièges. A signaler dans une des murailles une voûte, chose extrêmement rare dans l’architecture grecque.
- Ajoutons enfin que, parmi les constructions entièrement sorties de terre, est un théâtre où la scène est encore intacte, ce qui permettra de trancher les problèmes qu’on s’est souvent posés au sujet de cette partie spéciale des théâtres grecs. I). B.
- UN CHIEN MINUSCULE DE 10000 FRANCS
- Une riche dame des États-Unis, Mme Sattler, de Cincinnati, vient d’acquérir, paraît-il, un des plus petits chiens du monde, pour la grossë somme de 2000 dollars (10 000 francs). Ce chien est un épagneul japonais, qui répond au nom de Fugi. Il est âgé de treize mois et ne pèse que quinze onces.
- Ces chiens minuscules ont été acclimatés au Japon; ils y sont toujours cependant très rares, et ce n’est pas leur pays d’origine. Ce sont les Chinois toujours amateurs de bizarreries naturelles de toutes les sortes, qui se sont attachés à faire multiplier ces chiens qui apparaissent aux yeux comme des êtres invraisemblables et qui, depuis des siècles, sont
- Fig. 1. — Chien chinois minuscule, genre carlin, époque Kien-long (1736-17%), réduction du modèle, grandeur naturelle en biscuit.
- (Collection Grandidier, au Louvre.)
- fort à la mode chez les dames de qualité de ce pays.
- Peking est renommé par sa race de carlins lilliputiens ; mais il semblerait, en consultant les Annales de la Chine, que leur origine première est Constantinople. Nous détachons des Annales le passage qui concerne ces petits animaux.
- « Le royaume Kao-tchang est le même que le Kou-che des Han, c’est la cour des anciens rois; il est à 4300 li à l’ouest de la capitale (Si-ngnan-fou)1. A la septième année de Ouen-teu (624 de notre ère), le roi Ouen-T’aé offrit à l’empereur deux chiens, un mâle et une femelle, hauts de six pouces et longs d’un pied et plus ; ils sont d’une
- 1 La Chine était partagée en l’an 220 de notre cre en trois royaumes : Chou, Ouèe et Ou, après la chute de l’empereur Ilien-ti, le dernier représentant de la dynastie des Han. En l’an 251, le général Sse-Maï réunissait ces trois royaumes et leur donnait comme capitale la ville de Si-ngan-fou.
- nature très intelligente, peuvent conduire un cheval et tenir un flambeau dans la bouche. On dit qu’ils sont originaires de Constantinople et la Chine eut des chiens de ces pays-là sous la dynastie des T’ang (618-907 de l’ère chrétienne), lorsque l’empereur Kao-tsou était sur le trône. »
- Les Chinois, à force de patience et de soins, ont pu obtenir deux races différentes de ces étranges animaux et sont parvenus à les rendre de plus en plus petits.
- La première race se rapproche de celle des épagneuls genre King-Charles et la seconde de celles des carlins.
- Les artistes céramistes chinois ont de tout temps aimé à peindre sur leurs belles porcelaines, ou à reproduire en biscuit ces chiens si appréciés de leurs compatriotes, pour que chacun puisse jouir de leur vue plus aisément.
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- LA NATURE.
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- Dans la collection donnée par M. Grandidier au Louvre, nous voyons dans les vitrines deux spécimens de la race des petits chiens épagneuls et un mâle et une femelle de la race de ces chiens qui se rapproche
- de celle des carlins. Ces derniers représentent deux dogues mignons qui sont la reproduction exacte et de grandeur naturelle des chiens qui ont vécu dans le palais impérial de Péking. Il y a apparence, comme
- Fig. 2. — Épagneul minuscule chinois, réduction du modèle, grandeur naturelle en biscuit. (Collection Albert Tissaudier.)
- le dit M. E. Grandidier dans son livre1, que ce sont des surmoulages de petits favoris affectionnés des princesses impériales du Palais d’Été. Nous donnons l’aspect d’un de ces chiens (fig. 1), le mâle.
- 11 est ramassé sur lui-même, son poil ras est de nuance jaunâtre.
- Ses oreilles sont coupées, à l’intérieur leur teinte est rosée. La gueule entr’ou-verte montre une délicate petite langue rose et des dents blanches, le museau est noir et aplati, les yeux sont ronds et à fleur de tête. La véritable grandeur de cette jolie pièce céramique est de 15 centimètres ; si la tête du carlin se trouvait dans sa position normale, ce petit chien n’aurait, comme on le voit, pas plus de 0m,20 de longueur du
- 1 La Céramique chinoise. Ernest Grandidier — Paris, Eirmin-Didot, libraire, 1894.
- bout de son museau à la naissance de la queue.
- Ces échantillons curieux de carlins sont en biscuit
- et datent de l’époque Kien-long (1736-1796). Ils ornaient la chambre de l’impéra-trice-mère au palais de Péking et c’est l’Eunuque de la cour qui en devint le possesseur après le décès de cette princesse. Vendus ensuite à un marchand, ils ont été apportés en France et sont enfin dans la collection du Louvre. L’autre chien (fig. 2), de race épagneul, est aussi une reproduction en biscuit. Du bout du museau à la queue la longueur est exactement de 15 centimètres. Ce petit animal a les oreilles longues et une belle queue en forme de panache, ses poils soyeux sont blancs, mouchetés de grosses taches de couleur chocolat.
- Voici enfin la reproduction fidèle du fond d’un
- Fig. 5. — Famille chinoise jouant avec un chien lilliputien. (D'après une peinture sur porcelaine, époque Kien-long.)
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- LA NATURE.
- compotier de porcelaine (époque Kien-long) qui représente une scène gracieuse où un épagneul minuscule joue le principal rôle (fîg. 5). Une dame chinoise assise et une autre placée derrière elle, sont en admiration devant leur petit épagneul favori qui prend ses ébats, tandis qu’un jeune garçon semble l’exciter à courir. Ces deux pièces représentées ligure 2 et figure 5 proviennent de ma collection.
- Avec ce chien Fugi, acheté 10 000 francs, dont nous avons parlé plus haut, il en existe un autre à Chicago qui pèse, dit-on, seize onces. C’est aussi un épagneul. Ce sont les seuls qu’on ait vu aux États-Unis. En Europe ces chiens n’ont pas encore été, je pense, importés ; on ne les connaît que par leur moulage en porcelaine qui orne les collections d’amateurs. Albert Tissasdikr.
- NÉCROLOGIE
- Henri Schneider. — M. Paul-Henri Schneider, le principal propriétaire et le directeur des grands etablissements du Creusot, est mort le 16 mai dans son hôtel du faubourg Saint-Honoré à l’àge de 58 ans. M. Schneider était le fils de l’ancien président du Corps législatif, fondateur du Creusot. Il était député de Saône-et-Loire. Ce n’est pas seulement une physionomie parisienne qui vient de disparaître, c’est aussi une haute personnalité industrielle qui a rendu de grands services à notre pays. Sous sa direction, le Creusot est devenu un des établissements les plus considérables de l’époque. Le Creusot a porté au loin le renom de la France, il a puissamment contribué à l’outillage de la défense nationale. Les canons, les blindages du Creusot sont connus du monde entier. Ses aciers sont môme achetés par l’industrie anglaise. Mais Schneider avait su porter à un degré de prospérité incomparable ces grands établissements de construction. Nous avons eu l’occasion de visiter le Creusot tout récemment. Ses usines en mouvement, les fours en feu laissent dans l’esprit une impression profonde de force et de grandeur. L’œuvre d’Henri Schneider est importante, considérable, glorieuse. Il faut saluer ceux qui honorent leur pays.
- Henri Schneider s’était aussi beaucoup occupé du développement des institutions d’économie sociale. On ne connaissait pas les grèves au Creusot. Cette ville ouvrière était parfaitement organisée, admirablement dotée d’écoles, d’hôpitaux, d’hospices. Retraites, assurances pour les accidents; pensions, médecins, médicaments gratuits, subsistances saines et économiques, part d’intérêt dans les bénéfices : rien n’avait été oublié. A son château de Verrières où Henri Schneider donnait des fêtes superbes, les ouvriers avaient leur place et participaient aux joies de famille. Et au fond, ce n’est qu’une grande famille que les chefs et les ouvriers du Creusot. Bien qu’il respectât toutes les convictions et les opinions de son personnel, Henri Schneider se montra toujours personnellement un catholique convaincu.
- Sa mort laisse un grand vide dans notre pays. C’est un deuil pour le Creusot ; c’est une perte considérable pour l'industrie nationale. II. de P.
- CHRONIQUE
- L’Exposition «l'horticulture. — L’exposition u’horliculture, qui a eu lieu du 18 au 24 mai au jardin
- des Tuileries, a été cette année plus intéressante que jamais. Les roses installées sous une grande tente spéciale ont eu leur succès habituel, les magnifiques rhododendrons et azalées ont été fort remarqués ainsi que les autres collections de plantes, les fruits et les légumes, mais ce sont les orchidées qui semblent avoir excité le plus l’admiration générale. M. E. Bert a obtenu une médaille d’or pour sa collection où brillaient entre autres le dendrobium densiflorum aux belles teintes orangées, les Catlevas et l’Ada aurantiaca de la Nouvelle-Grenade. MM. Regnier et Garden ont eu des médailles de vermeil pour leurs fleurs exquises : les Phalœnopsis amabilis aux grappes blanches, le Cymbidium Lowianum avec leurs teintes verdâtres, les Oncidium ampliatum, etc. On remarquait .aussi la superbe collection de Phyllocactus qui a valu à M. Charles Simon une grande médaille d’or. Cette année, pour la première fois, on inaugurait une salle nouvelle, la Section des Beaux-Arts où étaient exposées des peintures dont les sujets se rattachaient tous aux fleurs et aux fruits. Beaucoup de dames artistes avaient envoyé leurs œuvres ; le grand succès a été pour les aquarelles de Mme Madeleine Lemaire récemment nommée, comme on le sait, professeur de dessin des plantes au Muséum.
- Station lacnstre «le Lignières. — M. Lucien Jeny, conseiller à la cour de Bourges, a découvert une station lacustre située au centre de la France dans la petite ville de Lignières (Cher) sur les bords de l’Arnon. On a trouvé sur un grand espace une vase remplie de pilotis, au milieu desquels étaient des ossements nombreux. M. Marcellin Boule, assistant de la paléontologie au Muséum les a déterminés ; il a vu des restes de la race des bœufs des palafittes, appelés bas longifrons, ancêtres de nos vaches bretonnes qui n’existent plus dans le Cher ; il y a aussi des débris de cerms elephas, de chevreuil, de chèvre, de mouton, d’âne, de cochon, de lièvre, de rat d’eau, etc. La plupart des os ont été cassés en long, sans doute pour en tirer la moelle. M. Jeny signale une mâchoire humaine, des poteries grossières, des noyaux de cerises et des pépins de raisin. H paraît que l’usage des habitations sur pilotis s’est conservé à Lignières jusque dans des temps peu éloignés.
- Structure du protoplasma. — M. Matruchot a étudié la structure du protoplasma, cette substance des êtres animés qu’Huxley a nommée la « base physique de la vie ». Le protoplasma des êtres vivants résiste en général aux colorants qui permettraient de l’étudier. M. Matruchot à réussi à en colorer la partie active et douée de mouvements en s’adressant aux filaments de certains champignons. 11 montre aussi que chez les muconnées, la structure de la matière vivante est particulièrement différenciée en cordons granuleux placés au milieu d’une substance transparente (hyaloplasina).
- Fièvre aphteuse. — M. Lœffler (Berlin) a cherché à isoler le microbe de la fièvre aphteuse et il n’y est pas encore parvenu, mais il a réussi à immuniser des animaux contre une dose mortelle de virus aphteux de la façon suivante. On prélève 1 /50e du contenu de la vésicule aphteuse d’un porc : on dilue dans l’eau stérilisée et on l’injecte dans la veine d’un veau. Sur l’une des vésicules produites chez le veau inoculé, on prélève l/50e de son contenu et ainsi de suite pour six passages successifs. En mélangeant cette lymphe avec du sang on obtient un liquide qui, injecté aux animaux, leur confère une immunité contre des dosesplusieursfoismortelles.il devient ainsi possible de vacciner, temporairement au moins, des animaux n’ayant pas encore contracté la maladie. Cette
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- méthode pourra rendre de grands services en temps d’épidémie.
- Influence du temps sur les déformations permanentes des métaux. — M. G. Charpy a présenté, il y a peu de temps, à la Société française de physique, une intéressante communication sur ce sujet. La déformation produite par une force donnée sur un fragment de métal dépend du temps pendant lequel agit cette force. Ce phénomène est plus ou moins marqué suivant la nature du métal : très sensible avec le plomb, il devient presque inappréciable avec le cuivre rouge, dans les conditions ordinaires d’essai. M. Charpy étudie ce dernier cas qui est particulièrement intéressant, parce que l’on utilise l’écrasement de cylindres de cuivre (crushers) pour mesurer les pressions explosives soit dans des espaces clos, soit dans les bouches à feu, et que l’on écrase alors ces crushers dans des temps infiniment plus courts que ceux qui se rencontrent dans les expériences de tarage. Des expériences effectuées au moyen d’un appareil permettant de faire varier la durée d’écrasement depuis plusieurs minutes jusqu’à 1/10e de seconde, il résulte que l’écrasement produit par une charge donnée est d’autant plus faible que la durée d’action de la charge est plus courte, tant que l’on n’atteint pas les durées pour lesquelles se présente le phénomène que MM. Sarrau et Vieille ont appelé fonctionnement dynamique. L’étude de l’écrasement produit par une charge constante agissant sans vitesse initiale permet de retrouver egalement cette influence du temps. 11 résulterait de là que les pressions explosives, évaluées au moyen des cylindres crushers avec les tables de tarage usitées actuellement, sont trop faibles et doivent être multipliées par un coefficient dont on ne connaît encore que l’ordre de giandeur et qui doit être compris entre 1,1 et 1,2.
- Le charbon si Londres. —- D’après les renseignements fournis par Engineering Magazine, le charbon arriverait à Londres en grande quantité. On compte environ par an 18 millions de tonnes, dont 12 millions par chemin de fer et 6 millions par mer. En France nous ne produisons par an que 29 millions de tonnes. La houille amenée chaque année à Londres est consommée par l’industrie pour 7 millions de tonnes ; pour la fabrication du gaz, environ 6 millions de tonnes; le chauffage domestique emploie la quantité de coke formidable produite par les usines à gaz. Le transport par voie ferrée de 12 millions de tonnes de houille exige un matériel considérable; une maison qui transporte annuellement 1 million de tonnes possède 5000 wagons et 16 kilomètres de voie de service. Le trafic par mer nécessite aussi un matériel considérable; l’une des plus fortes maisons s’occupant du trafic possède 100 vapeurs pouvant porter chacun de 1000 à 2000 tonnes de charbon, plus 1500 bateaux tant en bois qu’en acier, 10 porteurs à vapeur allant à la mer, 25 remorqueurs et un nombre considérable de navires à voiles et de barques. Des remorqueurs prennent les bateaux et barques à l’embouchure de la Tamise et les amènent aux entrepôts situés sur les bords du fleuve. Les magasins à charbon consistent en récipients en fer ou en bois et portés sur des colonnes à une assez grande hauteur au-dessus du sol; chacun de ces réservoirs peut contenir 2000 tonnes et porte, à la partie supérieure, une grue à vapeur pour le déchargement du charbon. A la partie inférieure sont des ouvertures fermées par des trappes et permettant de sortir le charbon. Celui-ci passe sur des cribles, est pesé et versé dans les tombereaux qui le conduisent en ville.
- Les plus grandes forêts du monde. — Bien que notre civilisation déboise avec une regrettable frénésie, il y a encore de belles forêts au monde. Celles des provinces de Québec et Ontario, au Canada, mesurent 2700 kilomètres de longueur sur 1000 kilomètres de largeur. Dans la vallée de l’Amazone, les forêts couvrent une région d’au moins 3500 kilomètres de longueur sur 2000 kilomètres de largeur. Au centre' de l’Afrique les explorateurs signalent l’existence de régions forestières qui ne mesurent pas moins de 4800 kilomètres de long, du nord au sud, et dont la largeur, quoique incomplètement connue, est aussi énorme. La Sibérie renferme également des forêts très étendues, formées surtout de conifères dont les troncs sont tellement rapprochés les uns des autres, que toute exploration parmi ces arbres élevés est fort difficile1.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 23 mai 1898. — Présidence de M. Wolf.
- L'origine des vertébrés. — M. Edmond Périer analyse une Note dans laquelle il expose ses vues sur l’origine des vertébrés. Il rappelle que les auteurs qui écrivaient il y a un demi-siècle divisaient les animaux en vertébrés et invertébrés, que des recherches plus rapprochées ont établi que les mollusques sont voisins des vertébrés et qu’enfm on a recherché si les vers annélidés ne devaient pas être considérés comme des vertébrés. M. Périer, partant de ce principe que les animaux, au cours de leur développement embryonnaire, reproduisent les caractères de leurs ancêtres, conclut que les vertébrés se rattachent aux vers annélidés.
- L'air liquide. — M. d’Arsonval présente un tube renfermant environ trois quarts de litre d’air liquide., Cet air a été obtenu par le? procédés de M. Cailletet, à l’aide d’une machine qui permet de préparer 1 litre d’air liquide à 1 heure. L’air liquide est opalescent par suite de la neige d’acide carbonique qu’il renferme. On peut, en le filtrant sur un filtre en papier, le débarrasser de cette neige. On peut le conserver à l’air pendant plusieurs heures dans un vase cylindrique à double enveloppe. Dans l’espace compris entre les deux vases on a fait le vide de Crookes pour éviter réchauffement par convection.
- Élude graphique des muscles pendant leur travail. — M. Marey a imaginé de photographier le squelette d’un cheval dont il avait pris une succession de photographies sur une bande pelliculaire chronophotogra-pliique. Puis il superpose l’image des os des jambes sur celle des jambes, et, considérant ensuite les positions rebitivcs des points d’insertion des muscles, il en déduit les longueurs successives de ces muscles dans toutes les positions du membre de l’animal.
- Synthèse de la safranine. — M. Friedel présente une Note de M. Georges Jaubert sur la synthèse de la safranine, matière colorante rouge employée pour la teinture du coton. Cette couleur dont la composition était inconnue usqu’alors, était l’objet de vives controverses de la part des chimistes. M. Georges Jaubert est parvenu à la fabriquer artificiellement et à déterminer sa constitution exacte.
- Varia. — M. Cornu décrit un microphone spécial imaginé par M. Hardy, permettant de percevoir par l’intermédiaire de l’eau de la mer, le bruit de coups de marteau frappés à très grande distance sur la coque d’une embarcation. Ch. de Villedeüil.
- 1 Du chasseur Français.
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- LA NATURE.
- NOUVEAU PYROGRAPHE
- Il existe jusqu’ici uu grand nombre de pyrographes ; mais ils présentent tous un certain nombre d’inconvénients. L’odeur de benzine et la fumée se dégagent à tout moment. Un inventeur vient de construire un pyrograpbe qui fonctionne avec l’éther; moyennant certaines précautions, il n’y a aucun danger à craindre.
- L’appareil se compose d’un tube de 15 centimètres de longueur et d’environ 1,5 centimètre de diamètre portant à son extrémité inférieure une vis de fermeture et un petit pied; à l’extrémité opposée est placée une lige recourbée dans laquelle on fixe la pointe au moyen d’une vis.
- Au milieu de l’appareil se trouve un robinet-soupape réglable à l’extérieur à l’aide d’une grosse vis mole-tée; cette vis porte une entaille qui limite sa course au moyen d’une pointe d’arrêt.
- Sur le dessus de la vis sont placées deux lettres d’indication : À et Z.
- Pour ouvrir le robinet, on tourne la vis de réglage de gauche à droite afin de rapprocher la lettre À du point d’arrêt.
- Pour fermer, on tourne de droite à gauche et lorsque la lettre Z touche au point d’arrêt, le robinet se trouve entièrement fermé. L’appareil doit être constamment placé sur le petit pied installé à l’extrémité de telle sorte que la vis de réglage soit tournée vers le haut.
- Pour la formation du gaz combustible et pour chauffer la tige, on emploie de l’éther sulfurique, pesant 720 grammes par litre, et que l’on peut se procurer facilement dans toutes les pharmacies et drogueries. Ce liquide, facilement inflammable, demande les mêmes précautions que la benzine ; on ne doit donc pas, en le versant, approcher une lumière découverte, mais, dans le récipient fermé, aucun danger n’est à redouter. Pour remplir l’appareil, on ouvre la vis de fermeture, et on verse le contenu de la mesure, qui ne doit être remplie que jusqu’au trait, d’éther sulfurique : ensuite, on ferme le récipient en serrant la vis. L’odeur d’éther qui n’est pas désagréable, mais assez intense et qui se fait sentir à cette occasion, disparaît complètement pendant le travail. D’ailleurs cette odeur n’est aucunement nui-
- sible à la santé. A ce moment, il faut que la vis de réglage soit tournée à gauche pour que la lettre Z se trouve contre l’arrêt. Afin que les gaz combustibles puissent se produire, on tient l’appareil, solidement fermé, pendant quelques secondes au-dessus de la lampe à esprit-de-vin, en ayant soin que la soupape de réglage soit tournée en haut. Au bout de quelques secondes, on ouvre lentement la vis de réglage en tournant la lettre A et on allume le jet de gaz qui sort à l’extrémité de la pointe; ensuite, on règle la flamme et comme la tige est ajustable dans la douille on peut la tourner de manière qu’elle soit normalement frappée par la flamme qui, suivant la position de la vis de réglage, est plus ou moins grande et, par conséquent, chauffe plus ou moins la tige. Après ces préparatifs qui demandent quelques minutes, on peut travailler pendant près de deux heures consécutives et la dépense d’éther
- sulfurique atteint 2 centimes. Les vapeurs se dégagent constamment et nourrissent la petite flamme qui, pendant le travail, est à peine remarquée et ne gêne pas. Ce n’est que dans les mouvements très violents et quand on secoue l’appareil que la flamme danse momentanément. La chaleur, toujours égale, permet une exécution sûre et nette du dessin sur toutes matières, même sur le cuir. Avec ce pyrographe, on peut marquer les traits les plus fins et les plus délicats, et l’on n’a pas à craindre de faire des trous en brûlant. Comme la main gauche est libre, l’objet à exécuter peut être tourné et dirigé à volonté suivant que le travail l’exige. Si l’on veut éteindre la flamme quand on cesse de dessiner, on ferme la vis de réglage en la tournant sur Z, on place l’appareil sur son pied afin qu’il conserve la même position que pendant le travail, c’est-à-dire la vis de réglage tournée en haut.
- La boîte du pyrographe renferme une lampe à esprit-de-vin, une mesure et cinq pointes différentes facilement interchangeables qui permettent de faire de larges surfaces et d’exécuter d’une façon régulière des étoiles, des pointes, des lignes doubles.
- L. Dubau.
- Le Gérant : 1*. Massos.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuras, 9.
- Nouveau pyrographe.
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- LA NATURE
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- VINGT-SIXIÈME ANNÉE — 1898
- PREMIER SEMESTRE
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- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Academie des sciences 'Séances hebdomadaires de 1’), 15 , 51, 47, (53 , 79,95, 110, 127, 142, 159, 175, 191, 207, 225, 259, 255, 271, 280, 503, 319, 555, 551, 567, 383, 599, 415. Acétylène (Éclairage municipal à 1’), 159.
- Acide carbonique et la vapeur d’eau atmosphérique (L’), 599.
- Acier au molybdène, 51.
- Aciéries gouvernementales au Japon, 206.
- Agrandissements photographiques (Appareil automatique pour), 271.
- Air liquide (Application de 1), 95, 415. Air liquide industriel (L’), 569.
- Alcool et les Ascensionnistes (L’), 15. Algues (Du mode de végétation de certaines), 15.
- Alimentation (Les nécessités de 1’), 14. Alimentation continue d’un liquide (L’j, 10.
- Alliages (L’étudemicroscopique des), 139. Alliages de glucinium (Les), 79. Allumettes (Les), 330.
- Allumettes et de tabac (Consommation d’), 270.
- Aluminium industriel (L’), 79. Ammoniaques composées (Nitrification des),
- .Anguille dans l’alimentation (Le frai d’), 62.
- Annales célestes au dix-septième siècle, 251.
- Anneau sombre de Saturne (L’), 307. Anomalies magnétiques extraordinaires dans la Russie centrale, 155. Antiquités en Égypte (La fabrication des fausses), 503.
- Appareil à tubes scellés (Nouvel), 266. Appareil destiné à mesurer les hauteurs atteintes par les aérostats, 65.
- Arbalète chinoise à répétition (L’), 275. Arbres (Appareil de cubage des), 93. Arbres (Plantations d’), 7.
- Arc-en-ciel lunaire, 382.
- Argentaurum (L’), 243.
- Artistes (Les premiers), 259, 277. Ascension de longue durée, 62. Ascension de 24 heures 15 minutes, 30. Asphalte de l’Utab (I/), 14. Astronomique (Un tombeau), 142. Astronomique aux États-Unis (Le mouvement), 135.
- Atmosphère (La composition de P), 159. Automobile aux salons du Cycle (L’),59.
- Autotomie chez les Phasmides (L’), 407. Avertisseurs d’incendie à Saint-I’aul, 159.
- B
- Bactéries des Légumineuses (Recherches récentes sur les), 44.
- Balle « dum-dum » (La), 286.
- Balles dum-dum sur les tissus du corps humain (De l’effet des), 582.
- Barils en acier soudé (Nouveaux), 16. Bateau de sauvetage à propulsion hydraulique (Nouveau), 259.
- Ressemer, 288.
- Beurre australien en Angleterre (Le), 142. lllaek-rot en France (Le), 193.
- Bois incombustible, 147.
- Bois sous l’eau (Conservation du), 206. Boite d’allumettes (Une), 272.
- Bolide extraordinaire, 127.
- Bolide double, 130.
- Bolides (Trois trajectoires de), 534. Bouche à feu au quatorzième siècle, 15 i-Bouche monstre (Une), 191.
- Boucherie et la cave de l’Assistance publique (La), 199.
- Bousiers (L’œuf des), 150.
- Brevets (Le record des), 316.
- Brochet (Nouvel exemple de la voracité du), 127.
- Brûleur antiseptique, 68.
- Brume (La), 110.
- c
- Cacao en Allemagne (Le), 158.
- Café (Consommation du), 351.
- Caisse mystérieuse (La), 160.
- Calcium dans le soleil (Le), 182. Calculateur prodige (Un nouveau) :
- M. Diamandi, 189.
- Calendrier pour voleurs (Un), 79. Calorifuges (Les), 158.
- Canal de la mer Baltique à la mer Noire (Le), 175.
- Candidat pour une chaire (Désignation d'un), 95. ’
- Canonnades naturelles, 198.
- Canons démontables, 401.
- Canons à fils d’acier, 251, 574.
- Carbure de calcium (Le), 571.
- Carbures alcalins et alcalino-tcireux (De la formation des), 142.
- Carbures métalliques (Préparation des), 15.
- Cargaison (Une riche), 47.
- Caricature dans les salles de garde (La) ,7. Carillon de Levallois-Perrct.(Le), 83.
- Carpe et la destruction du poisson (La',
- 14.
- Carré magique pair ou impair (La construction d’un), 102.
- Cascade du bois de Boulogne au théâtre de EOpéra (La), 129. • ’ '
- Caviar (Le), 258.
- Cellule conjonctive chez les mollusques (Rôle de la), 223.
- Cellulose (Fermentation de la), 63. Céramique chinoise au Louvre (La), 87. Cerfs-volants météorologiques en France (Les), 55.
- Chaleur (Expérience de cours sur la), 142. Chaleur (Variation d’aimantation due à la), 145.
- Champignons comestibles, 255.
- Chantiers de l’Exposition (Sur les), 91. Charbon (Ce qu’il nous reste de), 158. Charbon à Londres (Le), 415.
- Chasseurs en Bohême (Les méfaits des), 62.
- Chaudières industrielles (Notes sur les coups de*feu dans les), 199.
- Chaudières à l’anthracite à l’usine du secteur de la place- Glichy à Paris (Chauffage des), 230.
- Chaudières (Les coups de feu dans les), 95.
- Chaulfage électrique et scs applications >(Lc),' 347.
- Cheminée de fabrique (Déplacement . d’une), 175.
- Chemins de fer en Europe en 1896 (Les), 95.
- Chemins de fer du Japon, 158.
- Chemins de fer du monde entier (Les), 382.
- Chemins de fer sans billet, 63.
- Chemins de fer en Chine (Les), 319. Chênes séculaires (Les), 572.
- Chien et d’un poulet (Amitié (tun), 79, Chien minuscule de 10000 francs (Un), 412.
- Chiens égarés (Les), 258.
- Chloroforme (Action toxique du), 51. Chronographe à lumière polarisée, 97, 122.
- Chronophotographe d’amateur (Le), 317. Chronomètres (Le centenaire des), 191. Cigarettes des manufactures de l’État (Les types de), 389.
- Cinématographe (Nouveau système de), 167.
- Cinématographe pour tous (Le), 90.
- Clou pour exposition (Un), 519.
- 27
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- 418
- INDEX ALPHABETIQUE.
- Cœur (Les variations de la forme du), 580.
- Cœur pendant l’inspiration (Dilatation du), 143.
- Colonies de vacances (Les), 282.
- Combustible à bord des torpilleurs (La diminution de la consommation du), 159.
- Comète (Nouvelle), 28(5.
- Comète Winncckc (La), 255.
- Comètes de 1897 (Les), 187.
- Comparateur pour les mesures industrielles (Nouveau), 81.
- Compteur d’eau Lambert, 141.
- Compteur d’énergie mécanique, 154.
- Conductibilité nerveuse et conductibilité des radioconducteurs, 402.
- Congrès géologique international (Le), 23, 74, 204, 283.
- Corps nouveaux (Préparation de), 191.
- Corps étranger dans l’organisme (Détermination exacte de la position d’un), 542.
- Couleurs (Perception des), 3.
- Couleurs artificielles solide?, 107.
- Courant électrique de la foudre (L’intensité du), 550.
- Courbes harmonograpliiques en relief, 333.
- Course de 400 kilomètres en voilure, 250.
- Cratère (Trois semaines de séjour dans un), 151.
- Croiseur cuirassé américain a Maine » (La perte du), 246.
- Croiseur impérial russe « Svcllana »(Le), 298.
- 1)
- Daurade (La), 35.
- Décimalisation du jour, 4.
- Déformations permanentes des métaux (Influence du temps sur les), 414.
- Délartreur, 187.
- Diamant à coups de canon (La fabrication du), 90.
- Diphtérie (La), 599.
- Distributeur contrôleur, 163.
- Distribution de l'énergie électrique en Allemagne, 406.
- Distribution électrique de Briançon (La),
- 12.
- E
- Eau de mer pour les services d’incendies (Conduites d’), 351.
- Eaux du I.oing (La dérivation des), 106.
- Echafaudage roulant de la bibliothèque de Washington (Le grand), 385.
- Écliouage du « Thrasher » et du « Linx »
- ^ (L’J, 548.
- Eclair d’aluminium pour photographie, 591.
- Eclairage électrique des trains aux États-Unis, 302.
- Eclairage électrique des wagons (L’),
- 131.
- Eclairage électrique et la combustion des ordures ménagères (L’), 359.
- Éclipse totale du soleil (Prochaine), 78.
- Éclipse totale de soleil du 22 janvier 1898
- , (L'), 197.
- Écrans fluorescents (Propriété des), 599.
- Écrou indesserrable (Un), 48.
- Effet de gelée (Un), 224.
- Effluves humains et magnétiques (Photographie d’), 154.
- Eiffel (Les déplacements du sommet de la tour), 15.
- Elections à l’Académie des sciences, 15, 95.
- Electrique de9000 kilowatts (Une usine), 534.
- Electrolysc dans la production du carbure de calcium (L’), 176.
- Emboutissage hydraulique (L’), 187.
- Emission (La loi de 1’), 295.
- Enlèvement mécanique des rivets (L’), 505.
- Enrichissement par l’acétylène du gaz de houilles pauvres, 114.
- Epiderme pour les substances solides ou liquides (De la perméabilité de 1’), 206.
- Espagne et États-Unis, 565, 396.
- Établissement piscicole, 161.
- Étalon métrique (L’), 225.
- Etat sanitaire de l’armée française (L’), 174.
- Etats-Unis et Espagne, 363, 596.
- Éthers diphosplioriques, 351.
- Etoiles dans les pléiades (Les petites), 582.
- Étoile double à Toucan (L’), 303.
- Excursions scientifiques de La Rature 1898, 553.
- Exhibitions foraines, 299.
- Exploration sous-marine, 143.
- Explorations polaires, 175.
- Explosif à l’air liquide (Un), 271.
- Exposition d’horticulture, 414.
- Exposition panaméricaine (Une), 142.
- Extincteur électrique, 96.
- F
- falsification des farines, 18.
- Falun de Touraine (Le), 113.
- Falunière de Grignon (La), 209.
- Femme araignée : nouvelle illusion d’optique (La), 239.
- Femme sans estomac (Une), 211.
- Fcuillards (La récolte des), 155.
- Feutre isolant (Un nouveau), 202.
- Feu-flottant aux États-Unis (Un), 219.
- Fcux-flollanls des Côtes de France (Les), 1.
- Fèves (La toxicité des), 202.
- Fièvre aphteuse, 414.
- Filtrage des eaux d’égout, 270.
- Filtre portatif (Nouveau), 31.
- Flèches empoisonnées du haut Dahomey, 302.
- Fleurs et légumes nouveaux, 263.
- Fleurs fécondées, 578.
- Fluorescence du linge américain (La),
- 191.
- Foie (La fonction du), 143.
- Foie (Substances nouvelles dans le), 351.
- Forêts du monde (Les plus grandes), 415.
- Foudre dans un pâturage (Coup de), 203.
- Frein invisible pour bicyclettes (Un), 16.
- Frein de bicyclette à commande directe (Nouveau), 351.
- Fruits d’Amérique (Les), 254.
- Fumées du charbon de bois (Propriétés électriques des), 74.
- Fumée des poudres de chasses (Appareil enregistreur de la), 313.
- Fumier (La déperdition ammoniacale dans la fabrication du), 585.
- G
- Galeries du Muséum (Les nouvelles), 295, 507.
- Gare de Lyon à Paris (Les travaux d’agrandissement de la), 26.
- Gauthier-Villars, 190.
- Gaz (La mesure des densités des), 175
- Génie rural en Allemagne (Le), 47.
- Germination des truffes (La), 207.
- Girard (Aimé), 319, 535.
- Gisements de fer en France (Découvertes de), 127.
- Glucinium par electrolysc (Préparation du), 239.
- Graminée (Une nouvelle), 239.
- Graminée du Soudan (Une), 299.
- Greffes autoplastiques, 567.
- Grisou et la hauteur barométrique (Le), 270.
- Grisou et l'électricité (Le), 335.
- Grue roulante monstre (Une), 157.
- Gui (Le), 118.
- H
- Hannetons (Les), 599.
- Heure légale française (L’), 287.
- Homards au Cap (Les conserves de), 142.
- Hommes à vapeur (Un des premiers), 270.
- Houille (Le jubilé de la), 70.
- Houille (Notre réserve de), 550.
- Hydrogène (La liquéfaction de F), 399.
- I
- Ichtyosaures et Plésiosaures, 591.
- Ile d’Haï-San (L’), 579.
- Ile magnétique (Une), 255.
- Indicateur horaire pour fiacres, 238.
- Industrie de la soie artificielle, 71.
- Inflammation du grisou dans les mines (Pour éviter P), 271.
- Injections intra-veineuses et sous-cutanées, 351.
- Insectes nuisibles en Californie (Lutte contre les), 227.
- Instruments d’agriculture (Les), 134.
- Interrupteurs rapides pour bobines d'induction, 207.
- Intoxications, microbiennes (Effets secondaires des), 63.
- Ivoire (Un chargement de 356000 francs d’), 95.
- J
- Joly, 30.
- L
- Laboratoire des recherches physiques de la Sorbonne (Le nouveau), 225.
- Labours d’hier et d’aujourd’hui (Les), 5.
- Lampe à incandescence (Nouveau culot de), 504.
- Laque (Préparation de la), 45.
- Legs à l’Académie, 286.
- Légumes aquatiques, 528.
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-
- Légumes et fruits exotiques, 233.
- Lierre et les murailles (Le), 318.
- Ligne téléphonique coopérative, 126.
- Ligne téléphonique (Nouvelle grande), 127.
- Lingolière monstre (Une), 335.
- Livre de médecine de Michel-Ange (Un), 302.
- Livre d’images parlantes, 64.
- Locomotive électrique (Nouvelle), 19. Locomotive électrique Ileilmann (La), 94. Locomotive (Ce qu’il faut pour construire une), 257.
- Locomotive (La plus puissante), 302. Locomotive Compound du chemin de fer de l’Ouest, 532.
- Locomotive du monde (La plus grande), 354.
- Lombric (Quelques mots sur le), 108. Loups (Destruction des), 126.
- Loups se mangent entre eux (Les), 502. Lunaire (Halo), 158.
- Lune (Une seconde), 294.
- Lune et l’atmosphère (La), 335.
- M
- Machine à coudre électrique, 400. Machine à justifier, 315.
- Machine rhéostatique (La), 235.
- Machine à faire les cartouches de chasse, 344.
- Machine statique dans les expériences radiographiques (La), 223.
- Magnétique (Anomalie), 383.
- Magnétiques au 1er janvier 1898 (Éléments), 206.
- Magnétisme des aciers trempés (Le), 86. Maison géante (Une), 367.
- Maladies des vins, 303.
- Mandarines (La mélanose des), 255. Manganèse du Brésil (Le), 95.
- Mangini torpilleur (Le), 59.
- Manioc (Le), 278.
- Manufacture des Gobciins à l'Exposition de 1900 (La), 119.
- Manuscrits de I’ingré, 286.
- Manuscrits falsifiés par la photographie (Les), 55.
- Marbre noir artificiel, 115.
- Marine anglaise, 1512-1897 (La), 100. Marine de guerre japonaise (Le développement de la), 15.
- Marine et Hottes commerciales des différentes nations (Budgets de la), 62. Masques respirateurs contre les poussières industrielles, 251.
- Menhir de Clamart (Le), 359.
- Menthe au Japon (Culture et industrie de la), 192.
- Mésanges en Amérique (Importation de), 518.
- Métal déployé (Le), 137.
- Métaux et du verre (Procédé de moulage des), 86.
- Météores visibles en plein jour, 366. Météorite (La plus grosse), 223. Météorites divinisées (Les), 109. Météorologie de Londres en 1897 (La), 230.
- Microbe du cancer, 567.
- Miel en Tunisie (La production du), 115. Mines à Madagascar (Les), 266.
- Mines de Cuba (Les), 387.
- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- 419
- Mines sud-africaines, 318.
- Miroir variable (Le), 338.
- Mission géographique en Perse, 175. Mission Youlet au Mossi et au Gourounsi, 67.
- Mollusques lamellibranches (Classification des), 271.
- Momie de crocodile (Une), 14.
- Monuments mégalithiques du Japon (Les), 290.
- Moteur gratuit, 319.
- Motocyclette Wcrner (La), 405. Mouvements de la sensitive (Les), 503. Mouvements d’horlogerie (Indicateur de remontage des), 79.
- Musée D’Enncry (Le), 325, 355.
- Muscles pendant le travail (Étude graphique des), 415.
- Muséum (Les nouvelles galeries du), 295. 307.
- Myxœdème et la radiographie (Le), 255.
- N
- Navire à vapeur (Allongement d’un), 549. Navires et la peinture de leur coque (La vitesse des), 15, 63.
- Navires américains (L’instabilité des), 511.
- Navires sur les grands lacs américains (Le chargement des), 550.
- Nébuleuse d’Orion (La), 259.
- Nécrologie, 50, 174, 190, 414.
- Neige rouge (La), 238.
- Neiges en Anatolie (Les), 253.
- Notes radiographiques, 247.
- O
- Observations sismographiques, 239. Observatoires océaniens, 214.
- Œuf de Pâques géant (Un), 286.
- Olive (La physiologie de U), 586.
- Olivier en Californie (L’), 225.
- Ombre de la terre (L’), 370.
- Opales au Mexique (L’exploitation des), 131.
- Or dans le monde (L’), 83.
- Ordonnance d’il y a 6000 ans (Une), 382.
- Orientation chez les animaux (L’instinct d’), 79.
- Ossements des grottes de Monaco (Les), 159.
- Oxyde de carbone (Nouveau mode d’analyse de U), 239.
- Oxyde de carbone dans l’air (L’), 287. Oxyde de carbone dans l’atmosphère 'L’), 271, 583.
- Oxygène de Boulognc-sur-Seinc (La fabrique d’), 103.
- V
- Paliers à rouleaux, 125.
- Papier photographique illustré, 110. Pavillon magnétique de l’Observatoire du Parc St-Maur (Le nouveau), 49. Péan (Jules-Émile), 174.
- Pêcheries de perles eu Californie (Les), 239.
- Pédale de bicyclette (Nouveau système de), 289.
- Peinture sur étoffe sans maître, 367.
- Pcnnington et son motocvcle (Mr), 50. Péripneumonie Bovine (Le microbe de la), 526.
- Permanganate de potasse en pisciculture (Le), 99.
- Peste à Bombay (La), 175.
- I’honendoscopie (La), 179.
- Phonographe Liorct, 158.
- Phonographe (Déformation des sons dans le), 351.
- Phosphore dans l’économie animale (Le), 191.
- Photochromie des métaux (La), 34. Photographie (L’illusion en), 192. Photographie des couleurs, 255. Photographie et radiographie des pierres précieuses, 112.
- Photographies nocturnes de la Tour Eiffel, 145.
- Photographies en couleurs naturelles, 254. Photographies sans lumière, reproduction des médailles, clichés typographiques, etc., 127.
- Physiologie pathologique du venin de serpent (La), 271.
- Pierre à savon des Arabes, 198.
- Pigeons en mer (Les), 493.
- Pigeons voyageurs (Emploi des), 351. Pigeons vovageurs et les transatlantiques (Les), 274.
- Piles à oxyde de cuivre (Les), 285. Planète Vénus (La), 51.
- Tlanètes de 1897 (Les petite.'), 158. Plantes bulbeuses (Les), 182.
- Plantes envahissantes, 148.
- Plésiosaures (Ichtyosaures et), 391. Plombagine comme lubrifiant (La), 118. Pluie à Paris (La), 402.
- Pluie dans les chefs-lieux des départements, 220.
- Poids atomiques, 287.
- Poires (La plus ancienne des poires) Poire doyennée, 206.
- Pôle de la terre (Possibilité de déplacer le), 262.
- Pompe à air comprimé, 169.
- Pompe à grand débit, 355.
- Pompe géante (Une), 158, 367.
- Pompéi (Une nouvelle), 411.
- Pompes à incendie (Transport des), 17. Pont Alexandre III, 279.
- Pont en Allemagne (Un nouveau grand), 29.
- Pont du chemin de fer de Coureelles au Champs-de-Mars (Le nouveau), 145. Pont du Niagara (Le nouveau grand), 575. Pont sur la Manche (Une concurrence au), 302.
- Pont tournant géant (Un), 319.
- Pont tournant suspendu (Un), 337.
- Pont Victoria (Le), 249.
- Port de Saint-Nazaire (Les travaux du), 394.
- Portrait composite, 11.
- Poudre sans fumée, 174.
- Pouponnière de Porchefontaine (La), 50. Poutres de pont (Gauchissement des), 505. Procyon (Le compagnon de), 223. Production minérale des États-Unis, 235. Produits élaborés par les microbes, 207. Projectiles en mouvement (Photographie des), 142.
- Projectiles torpilles, 165.
- Promenades de Paris, taille et élagage des arbres, 213.
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-
- m
- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- Propithèque de Coquerel (Le), 57. Protoplasma (Structure du), 414.
- Puits (La contamination des), 170. Pyrograplie (Nouveau), 410.
- R
- Radioeonducteurs, 554.
- Radiographiques (Notes), 274.
- Radiotini (Le), 14.
- Raies spectrales de l’aluminium (Nouvelles), 225.
- Rail (La durée d’un), 550.
- Rayons X (La dissémination des), 110. Rayons X sur l’endosmose (Action des), 207.
- Rayons X (Transformation des), 51. Rayons X sur la végétation (Action des), 101.
- Rayons X par certains aveugles (Visibilité tics), 255.
- Record peu enviable (Un), 158.
- Record de parcours d'un train de chemin de fer (Un), 270.
- Réllcclcurs paraboliques (Fabrication électrolytique de), 590.
- Réfracteur (Le plus puissant), 551. Richesses minières en Égypte, 507. Rocher (Explosion de 150 000 tonnes de), 110.
- Romulus (La légende de), 159.
- Rouget (L’origine du), 15.
- Roulottrs automobiles, 505.
- S
- Sabre de la grosse cavalerie (Le nouveau),
- 211.
- Safranine (Synthèse de la), 415.
- Sardine à Douarncnez (La), 225. Satellites aux planètes (Distance des) ,518. Saturne (Sectionnement d’un anneau de), 158.
- Saut (Un champion du), 02.
- Sauts et sauteurs, 171, 222.
- Saxaoul (Le), 559.
- Scène à plaque tournante (La), 207. Schneider (Henri), 414.
- Science (Les progrès de la), 555.
- Sciure de bois dans la farine (La), 305. Sécheresse (La), 43.
- Self-Allumeur pour becs de gaz (Le), 109. Semences aux États-Unis (La distribution des), 15.
- Semnopithèques de l’Indo-Chine (Les), 521. ’
- Signaux par cerf-volant, 200.
- Signaux de chemin de fer (Les), 538. Silicium (Production du), 551.
- Silieiure de chrome (Nouveau), 255. Société française de physique. Exposition annuelle, 331.
- Soleil sur les comètes (Action du), 385.
- Solidité des tire-fond (La), 107.
- Sonde des volcans (Les coups de), 42.
- Sources des terrains poreux (La contamination des), 51.
- Sourds et sourds-muets au moyen du microphonographe Dussaud (Guérison des), 55.
- Sous-marins aux États-Unis (Les), 139.
- Spectroscopiques (Nouveaux résultats), 159.
- Station centrale électrique du quai Jem-mapes à Paris (La), 214.
- Station lacustre de Lignières, 414.
- Statue mexicaine en terre cuite (Une), 53.
- Steamer des lacs américains (Le plus grand), 207.
- Strongvlose de la caillette (La), 131.
- Système métrique (Un précurseur du), 507.
- T
- Tabacs en 1890 (Monopole des), 411.
- Télégramme coûteux, 551.
- Télégraphe en Angleterre (Le), 258.
- Télégraphe sans fil, 507.
- Téléoscope Dussaud (Le), 585.
- Téléphone du monde entier (Les abonnés du), 110.
- Téléphones en Angleterre (Les), 258.
- Télescope d’Amherst College science (Le nouveau), 503.
- Température sur les montagnes (Les variations de la), 238.
- Températures (La mesure des hautes), 159, 175.
- Temps (L'équation du), 223.
- Tension supei ficielle et phénomènes capillaires, 319.
- Terre en tramways (Douze fois le tour de la), 03.
- Tétanos (Nouvelle antitoxine du), 283.
- Tigre (Dans la gueule d’un), 14.
- Tir des canons de marine (Le), 382.
- Tombeaux de la rue des Prêtres-St-Ger-main-l’Auxcrrois (Les), 270.
- Torpilleur chilien (Nouveau), 303.
- Torpilleur à turbines (Un), 350.
- Tout à l’égout (Le), 174.
- Toxique du sang d’anguille (Action), 159.
- Traction électrique (La), 574.
- Trains rapides (Les), 195, 237.
- Tramway de Beïra (Le), 319.
- Tramways construits en 22 heures (4 kilomètres de), 175.
- Tramways aux États-Unis (Les), 87, 578.
- Tramways électriques et bicyclettes, 126.
- Tramways funéraires à Mexico (Les), 302.
- Transmission de mouvement par lil flexible, 47.
- Transmissions électriques des variations lumineuses, 555.
- Transmutalion des métaux au seizième siècle (La), 95.
- Traumatol (Le), 11.
- Travaux des arsenaux militaires du Japon, 382.
- Trempe électrique de l’acier (La), 554.
- Tricycle-fauteuil de malade (Un), 128.
- Truites (Germination des), 127, 103.
- Tubes lance-torpilles sous-marins (Essais des), 47.
- Tubes de Crookes (Propriété des), 585.
- Tunnel sous la Sprée (Un), 580.
- Tunnels du monde (Les), 500.
- Tuyaux à grand diamètre en fonte frottée dans la construction du siphon de Maureeourt (Seine-et-Oise), 40.
- Tympan artificiel résonnatcur, 200.
- Typhoïde (Comment on prend la lièvre),
- 110.
- y
- Vaccin chimique, 159.
- Végétale (Curiosité), 170.
- Végétation dans la lumière diffuse (La), 507.
- Vélocipédic (L’exposition annuclledc), 58.
- Venin de frelon et le venin de vipère (Le), 5.
- Venin de vipère) Vaccination contrôle), 47.
- Vent (Détermination mécanique de la direction moyenne du), 196.
- Vent et les vagues (Le), 5.
- Verre (Reproduction sur), 250.
- Verre imperméable à la chaleur, 200.
- Verseurs hermétiques (Les), 230.
- Vertébrés (L’origine des), 415.
- Vigne dans le Bas-Languedoc (La), 545.
- Villages néolithiques des bords do la Seine, 241, 501.
- Ville de chemins de fer (Une), 119.
- Villes (Le développement des grandes), 285.
- Vin de Palme (Le), 410.
- Vinification pour les pays chauds (Le nouveau système de), 14.
- Vins de Californie, 127.
- Vins en 1897 (Les), 78.
- Vins en France en 1897 (L’importation des), 142.
- Vins salés (Les), 507.
- Viscose et Viscoïd, 146.
- Vitrail Bettannier (Le), 182.
- Voies des chemins de fer français (Les), 54.
- Voile en photographie (Causes d’erreur inhérentes à la production du), 77.
- Voitures automobiles pour livraisons, 374.
- Voiturettes à motocycle, 07.
- Voltaire et de Rousseau (Les restes de), 03.
- w
- Wagons de chemin de fer (Les vibrations des), 14.
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- LISTE DES AUTEURS
- PAIt ORDRE ALPHA RÉ TIQUE
- Aci.oque (A.). — Quelques mois sur le, lombric, 108. — La germination de la IrutFc, 103.
- Ai.BF.it. — La caisse, mystérieuse, ICO.
- Aim:.vfi.u-D (jeune). — Le téléoscope Dussaud, 585.
- Barré (L.). — Le calcium dans le soleil, 182. — L'éclipse totale de soleil du 22 janvier 1898, 197. — La météorologie de Londres en 1897, 230. — L’anneau sombre de Saturne, 507.
- Il a unit y de Saunier (L.). — L’exposition annuelle de véloci-pédic, 58.
- Beaujon (Armand). — La daurade, 55.
- Reflet (Daniel). — Les fcux-floltants des côtes de France, 1.
- — Sur les cbanlicrs de l’Exposition, un nouveau procédé de consolidation du sol, 91. — Le métal déployé, 137. — En feu-llottaut aux États-Unis, 219. — Ce qu’il faut pour construire une locomotive, 257. — Une machine à justifier, 315. — Un pont tournant suspendu, 537.
- Beugeot (R.). — Établissement piscicole de Saint-Lambert par Chevreusc (S.-et-O.), 161.
- Berget (Alphonse). — Le nouveau laboratoire des recherches physiques à la Sorbonne, 225.
- Bleunard (A.). — Recherche de la falsification des farines au moyen des rayons X, 18.
- Beuf (F.). — Appareil pour l’alimentation continue d’un liquide, 10.
- Boghaert-Vaciié (A.). — Le jubilé de la houille, 70.
- Bonneron (Géo). — La boucherie et la cave de l'Assistance publique, 199.
- Boiidage (E.) — L’autotomie chez les Phasmides, 407.
- Boyer (Jacques). — L’étude microscopique des alliages, 139.
- — Lutte contre les insectes en Californie, 227. — La physiologie de l’olive, 386.
- Biuxdicourt (V.). — Les plantes bulbeuses, 182.
- Branly (Edouard). — Radioconducteurs, conductibilité électrique intermittente, 354. — Conductibilité nerveuse et conductibilité des radioconducteurs, 402.
- Buguet (Abel). — La dissémination des rayons X, 116.
- Cailletet (L.). — Appareil destiné à mesurer les hauteurs atteintes par les aérostats, 65.
- Capitan (Dr). — La phonendoseopie, 179. — Le menhir de Clamart, 539. — Les variations de la forme du cœur, 580.
- Carnot (Cunisset). — Les chiens égarés, 258.
- Carré (J.). — Couleurs artificielles solides, 107.
- Cuitaz (Dr A.). — Les colonies de vacances, 282.
- Caziot. — Une bouche à fevi au quinzième siècle, 134.
- Ciiarlix. — Les types de cigarettes des manufactures de l’Étal, 589.
- Chastrey (Henry). — Le manioc, 278. — Levin de Palme, 410.
- Claude (Georges). — La fabrication du diamant à coups de canon, 90.
- Clerc (L.-P.). — Détermination exacte de la position d’un corps étranger dans l’organisme, 342.
- Cou pin (Henri). — Recherches récentes sur les bactéries des légumineuses, 44. — Le permanganate de potasse en pisciculture, 99. — L’œuf des bousiers, 150. — Un nouveau calculateur prodige : M. Diamandi, 189. — La toxicité des fèves, 202. — Légumes aquatiques, 328. — Fleurs fécondées, 378.
- Delloue (F.) et Jenart (P.). — L’illusion en photographie, 192.
- Rerôme (J.). — La dérivation des eaux du Loing, 106. — Tension superficielle et phénomènes capillaires, 519.
- Deshayes (E.). — Le musée D’Ennery, 523, 355.
- Devor (L.). — Détartrcur, 187.
- Drouot (E.). —Guérison des sourds et sourds-muets au moyen du microplionographe^Dussaud, 55.
- Dcbar (L.) — Transmission des mouvements par fil llcxible, 47. — Un écrou indcsserrable, 48. — Application de l’air liquide, 95. — Photographies et radiographies des pierres précieuses, 112. — La production du miel en Tunisie, 115.
- — Nouveau pyrographe, 416.
- Duhartin (L.). — Causes d’erreur inhérentes à la production du voile en photographie, 177.
- Dubois (L.). — Allongement d'un navire à vapeur, 549.
- Duclaux. — La contamination des puits, 170.
- Ducom (Jacques). — Le black-rot en France, 193.
- Dumont (L.). — Plantation d’arhres dans les rochers, 7. — Photographies nocturnes de la Tour Eiffel, 143.
- Dcrvnd-Gréville (E.). — L’ombre de la terre, 370.
- Dybowski. — Les neiges en Anatolie, 253. — Une graminée du Soudan, 299.
- Elisée (L.). — Les travaux d’agrandissement de la gare de Lyon à Paris, 26. — Chronographe à lumière polarisée, 97, 122. — Locomotive compound du chemin de fer de l’Ouest, 532.
- Flamel. — Perception des couleurs, 3. — Pierre à savon des Arabes, 198. — Le miroir variable, 538.
- Fouché (SI.). — La planète Vénus, 51. — Possibilité de déplacer le pôle de la terre, 262.
- Commandant G. — États-Unis et Espagne, 363, 396. — Canons démontables, 401.
- Gall (J.-F.). — Le Traumatol, 11. — Brûleur antiseptique, 61. — Le magnétisme des aciers trempés, 86. — Les verseurs hermétiques, une bouteille inviolable, 236. — Promenades de Paris, taille et élagage des arbres, 243. — Le croiseur impérial russe Svctlana, 298. — Slonopole des tabacs en 1896, 411.
- Glangeauu (Ph.). — Les premiers artistes, 259, 277. — Les nouvelles galeries du Muséum, 295, 307. — Ichtyosaures et Plésiosaures, 391.
- Gosse (A.). — Note sur les coups de feu dans les chaudières industrielles, 199.
- Grandidier (L.). — La céramique chinoise au Louvre, 87.
- Guignet (Ch.-E.). — Industrie de la soie artificielle, soie de Chardonnet, 71. — La manufacture des Gobelins à l’exposition de 1900, 119.
- Guillaume (E.-C.). — Le vent et les vagues, 3. — Nouveau comparateur pour les mesures industrielles, 81. — La machine rhéostatique, 255. — Notes radiographiques, 247, 274.
- IIariot (P.). — Légumes et fruits exotiques, 233. — Fleurs et légumes nouveaux, 263.
- Hartz (L.). — Photographie sans lumière, reproduction des médailles, clichés typographiques, etc., 127.
- Hébert (A.). — Préparation de la laque et des objets laqués, 45. — Nouvel appareil à tubes scellés, 266.
- IIenrivaux (Jules). — Procédé de moulage des métaux et du verre, 86. — Le vitrail Bettannier, 182. — Reproduction sur verre, 230.
- Hospitalier (E.). — Nouvelle locomotive électrique de M. J. lleilmann, 19, 94. — L’automobile aux salons du cycle de 1897, 59. — Les progrès de la science, 355. — L’air liquide industriel, 369.
- Jenart (P.) et F. Delloue. — L’illusion en photographie, 192.
- Julien (Ch.). — La strongylose de la caillette, 131.
- Jullien (Omer). — La sécheresse, 43.
- Karl (Dr William). — Une femme sans estomac, 211.
- Laffargüe (J.). — La distribution électrique de Briançon, 12.
- — Nouveau filtre portatif, 51. — Les tramways aux États-Unis, 87. — Extincteur électrique, 96. — Le self-allumeur pour becs de gaz, 109. — Enrichissement par l’acétylène du gaz de houilles pauvres, 114. — L’éclairage électrique des
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- LISTE DES AUTEURS PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE.
- m
- wagons, 131. — Pompe à air comprimé, 169. — La station centrale électrique du quai Jemmapes à Paris, 214. — Chauffage de chaudières à l’anthracite à l’usine du secteur de la place Cliehy, à Paris, 230. — Les piles à oxyde de cuivre, 285. — Nouveau culot de lampe à incandescence, 504. — Société française de physique. Exposition annuelle, 331. — Le chauffage électrique et ses applications, 347. — La traction électrique, 574. — Voitures automobiles pour livraisons, 374. — Fabrication électrolytique de réflecteurs paraboliques, 390. — Machine à coudre électrique 400. — Distribution de l’énergie électrique en Allemagne, 406.
- Lantenay (11.). — Le nouveau pont du chemin de fer de Courcellesau Champs-dc-Mars, 145. —Le pont Alexandre III, 279.
- Lapparent (A. de). — Les coups de sonde des volcans, 42.
- Larbalétrier (Albert). — Les labours d’hier et d’aujourd’hui, 5.
- Lacnay (L. de). — Les mines de Cuba, 387.
- Lebois (D.). — Un nouveau grand pont en Allemagne, 29. — Trois semaines de séjour dans un cratère, 150. — Une boîte d’allumettes, 272. — Bessemer, 287.
- Lebois (L.). — La machine statique dans les expériences radiographiques, 223.
- Lebon (J.). — Indicateur de remontage des mouvements d’horlogerie, 79. — Paliers à rouleaux, 125.
- I.edaxt (M.). — Un frein invisible pour bicyclettes, 16. — Le cinématographe pour tous, 90. — Un tricycle-fauteuil do malade, 128.
- Lefèvre (Léon). — Viscose et viseoïd, 146.
- Lelong (D.). — Un effet de gelée, 224.
- Léotard (Jacques). — Les travaux du port de Saint-Nazaire, 594.
- Leroy (L.). — Décimalisation du jour, 4. — Livre d’images parlantes, 64. — Distributeur-contrôleur de billets de chemin de fer, 163. — Masques respirateurs contre les poussières industrielles, 251. — Les signaux de chemin de fer en temps de brouillard, 538. — Le grand échafaudage roulant de la bibliothèque de Washington, 383.
- Levois (D.). — Curiosité végétale, 176.
- Iajry (E.). — Les instruments d’agriculture, 134.
- Loverdo (J. de). — Le microbe de la péripneumonie bovine, 526.
- Lumière (Auguste et Louis). — La photographie en couleurs naturelles par la méthode indirecte, 254.
- Maglin (E.). — Le pont Victoria, 249.
- Mannheim (Cii.). — Nouveau système de pédale de bicyclette, 289.
- Mareschai. (G.). — Compteur d’eau Lambert, 141. — Photographies d’èffliçves humains et magnétiques, 154. — Le chronophotographe d'amateur, système Dcmeny, 517. — Machine à faire les cartouches de chasse, 544. — Éclair d'aluminium pour photographies, 391. — La motocyclette Werncr, 405.
- Margot (Charles). — Interrupteurs rapides pour bobines d’induction, 207.
- Marson (G.). — Les pigeons en mer, 403.
- Matignon (Dr J.-J.). — L'arbalète chinoise à répétition, 273.
- Méunin (Paul). — Sauts et sauteurs, un homme et un cheval, 171, 222.
- Mériel (Pierre de). — Transport des pompes à incendie par voie de fer, 17. — Plantes envahissantes, 149. — L’insta-
- bilité des navires américains, 311. — Nouveau frein de bicyclette à commande directe, 351. — Le nouveau grand pont du Niagara, 375.
- Meunier (Stanislas). — La VIIe session du congrès géologique international, 23. — Six jours de navigation sur le Volga, 74. — Le Caucase et la Caspienne, 204. — L’Arménie, 283. — La falunière de Grignon, 209.
- Moureaux (Th.). — Le nouveau pavillon magnétique de l’Observatoire du Parc Saint-Maur, 49. — Anomalies magnétiques extraordinaires dans la Russie centrale, 155.
- Mury (Francis). — L’ile d’IIaï-Nan, 379.
- Nadaillac (marquis de). — Une statue mexicaine en terre cuite, 33. — Les monuments mégalithiques du Japon, 290.
- Oustalet (E.). — Le propithèque de Goqucrel, 57. — Les Semnopithèques de l’Indo-Chine, 321.
- Parville (II. de). — Détermination mécanique de la direction moyenne du vent, 196. — Observatoires océaniens, 214. — Annales célestes du dix-septième siècle, 251. — Une seconde Lune, 295. — Les allumettes, 350. — Excursions scientifiques de La Nature, 553. — Les chênes séculaires, 572.
- Périssé (Lucien). — Roulottes automobiles, 505.
- Perpigna (C,e 11. de). — Appareil enregistreur de la fumée des poudres de chasse, 313.
- Pitard (Eugène). — Coup de foudre dans un pâturage, 203.
- Plumandon (J.-R.). — La pluie dans les chefs-lieux des départements, 220. — La pluie à Paris, 402.
- Poisson (J.). — Le saxaoul, 559.
- Régnault (Dr Félix). —La caricature dans les salles de garde, 7. — Exhibitions foraines, 299.
- Reverchon (L.). — Le carillon de Levallois-Pcrrct, 83.
- Richou (G.). — Tuyaux à grand diamètre en fonte frettéc employés dans la construction du siphon de Maurecourt (Seine-et-Oise), 40. — La cascade du Bois de Boulogne au théâtre de l’Opéra, 129. — La scène à plaque tournante du théâtre des Variétés, 267.
- Rougé (Jacques). — Le falun de Touraine, 113.
- Ruât (de). — Course de 400 kilomètres en voiture, 256.
- Saint-Loup (L.). — Construction d’un carré magique pair ou impair, 102.
- Saporta (Antoine de). — La vigne dans le Bas-Languedoc, 345.
- Schlœsing (Tu.). — Aimé Girard, 535.
- Servis (J. de). — Mission Voulet au Mossi et au Gourounsi, 67.
- T. (L.). — Le Mangini, torpilleur de haute mer, 59.
- Tissandier (Albert). — Ascension de 24 heures en 15 minutes, 30. — La femme araignée, nouvelle illusion d’optique, 259. — Peinture sur étoffe sans maître, 367. — Un chien minuscule de 10 000 francs, 412.
- Vilcoq (Albert). — La récolte des feuillards, 155.
- Vii.lard (F.). — Appareil pour l’alimentation continue d’un liquide, 10.
- Villedeüil (Ch. de). — Séances hebdomadaires de l'Académie des sciences, 15, 31, 47, 63, 79, 95, 110, 127, 142, 159, 175, 191, 207, 223, 239, 255, 271, 286, 503, 319, 335, 351, 367, 383, 383, 399, 415.
- Yvon (P.). — La fabrique d’oxygène de Boulogne-sur-Seine, 103. — Le carbure de calcium et l’alcool absolu, 371.
- Zaborowski. — Villages néolithiques des bords de la Seine, 241, 561.
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-
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- TABLE DES MATIÈRES
- N. B. Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volume en petits caractères, sont indiqués
- dans cette table en lettres italiques.
- Astronomie.
- La planète Vénus (JL Fouché).......................... 51
- Bolide douille (II. de P.)............................ 150
- Le mouvement astronomique aux États-Fuis..............155
- Le calcium dans le soleil (L. Barré)..................182
- Les comètes de 1897.................................... 187
- L’éclipse totale de soleil du 22 janvier 1898 (L. Barré). 197 Annales célestes du dix-septième siècle (Henri de Par-
- vh.le)............................................. . 251
- Une seconde lune (Henri de Parvili.e).................294
- L’anneau sombre de Saturne (L. Barré).................507
- L’ombre de la terre (E. Durand-Gréville)..............578
- Prochaine éclipse totale du Soleil..................... 78
- Les petites planètes de 1897........................ 158
- Sectionnement d'un anneau de Saturne................158
- Halo lunaire............................................158
- L’équation du temps...................................225
- Le compagnon de Procyon...............................225
- La nébuleuse d'Orion..................................259
- La comète Winnecke....................................255
- Nouvelle Comète.......................................286
- Les manuscrits de Pingre..............................286
- L’heure légale française..............................287
- Le nouveau télescope d’Amherst College..............505
- L’étoile double de Toucan.................................505
- Trois trajectoires de bolides.............................554
- La lune et l’atmosphère...............................555
- Arc-en-ciel lunaire...................................582
- Les petites étoiles dans les pléiades.................582
- Action du soleil sur les comètes. . .....................525
- Physique générale.
- Le vent et les vagues (G-E. Guillaume)................ 5
- Décimalisation du jour (L. Leroy).......................... 4
- Recherche de la falsification des farines au moyen des
- rayons X (A. Bi.eunard)........................... 18
- Propriétés électriques des fumées du charbon de bois. 74 Nouveau comparateur pour les mesures industrielles
- (Cn.-En. Gciu.ad.me).............................. 81
- Le cinématographe pour tous (JI. Ledant).............. 90
- Application de Pair liquide (L. Dcbar)................ 95
- Chronographe à lumière polarisée (L. Eebée) . . 97, 122
- La dissémination des rayons X (Abei, Büguet)..........116
- L'étude microscopique des alliages (Jacques Boyer). . . 159
- Canonnades naturelles (G.-G.).........................198
- La machine statique dans les expériences radiographiques
- (L. Lebois)..........................................223
- Le nouveau laboratoire des recherches physiques de la
- Sorbonne (Alphonse Berget)............................225
- Notes radiographiques (Ch.-Ed. Guillaume) . . . 247, 274
- La loi de l’émission (C.-E. G.)........................295
- Tension superficielle et phénomènes capillaires (J. Dé-
- rôme).................................................519
- Le miroir variable (Flamel)............................358
- L’air liquide industriel (E. Hospitalier)..............369
- Le téléoscope Dussaud (Armengaud jeune)................385
- Transformation des rayons X............................ 31
- Expérience de cours sur la chaleur................... 142
- Variation d’aimantation due à la chaleur...............143
- Nouveaux résultats spectroscopiques....................159
- La mesure des hautes températures.............159, 175
- La mesure des densités des gaz.........................175
- La fluorescence du linge américain.....................191
- Action des rayons X sur l’endosmose....................207
- Propriété des tubes de Crookes......................583
- Nouvelles raies spectrales de l'aluminium...........225
- L’étalon métrique...................................223
- Visibilité des rayons X par certains aveugles. . . . 255
- Le grisou et la hauteur barométrique................270
- Courbes harmonographiques en relief.................355
- Déformation des sons dans le phonographe............351
- La liquéfaction de l’hydrogène......................399
- Propriété des écrans fluorescents...................399
- Influence du temps sur les déformations des métaux. 414 L'air liquide.......................................415
- Électricité théorique et appliquée.
- La distribution électrique de Briançon (J. Laffakgüe). .
- 'Nouvelle locomotive électrique de M. J. lleilmann
- (E. Hospitalier).............................. 19,
- Guérisons des sourds et sourds-muets au moyen du
- microphonographe Dussaud (E. Drouot).................
- Le magnétisme des aciers trempés (J.-F. Gall)............
- La fabrication du diamant à coups de canon (G. Claude).
- Extincteur électrique (J. Laffargue).....................
- L’éclairage électrique des wagons (J. Laffargue). . . . L’électrolvse dans la production du carbure de calcium (C. G.).............................................
- Interrupteurs rapides pour bobines d’induction (Ch. Margot).....................................................
- La station centrale du quai Jemmapes à Paris (J. Laffargue) .................................................
- Chauffage de chaudières à l’anthracite à l’usine du secteur de la place Clichy à Paris (J. Laffargue). . .
- La machine rhéostatique (Ch.-Ed. Guillaume)..............
- Les piles à oxyde de cuivre (J. Laffargue)...............
- Nouveau culot de lampe à incandescence (J. Laffargue). Le chauffage électrique et scs applications (J. Laffargue). Radioconducteurs, conductibilité électrique intermittente
- (Edouard Branly).....................................
- Fabrication électrolytique de réflecteurs paraboliques
- Machine à coudre électrique (.1. Laffargue).........
- Conductibilité nerveuse et conductibilité des radioconducteurs (Édouard Branly)...........................
- Distribution de l’énergie électrique en Allemagne
- (J. Laffargue).....................................
- Ligne téléphonique coopérative......................
- Nouvelle grande ligne téléphonique..................
- Les téléphones en Angleterre........................
- Le télégraphe en Angleterre.........................
- Préparation du glucinium par électrolyse............
- Une usine électrique de 9000 kilowatts..............
- La trempe électrique de l'acier.....................
- Le grisou et l’électricité..........................
- Transmission électrique des variations lumineuses. L’éclairage électrique et la combustion des ordures
- ménagères............. ...........................
- Télégraphie sans fil................................
- 15
- 94
- 55
- 86
- 90
- 96
- 131
- 176
- 208
- 214
- 250
- 235
- 285
- 304
- 347
- 354
- 390
- 400
- 402
- 406
- 126
- 127
- 238
- 238
- 239 334
- 334
- 335 335
- 550
- 367
- Photographie.
- Portrait composite (G. M.)............................... 11
- La photochromie des métaux (G. J.)...................... 54
- Les manuscrits falsifiés par la photographie (G. M.). . 55
- Photographie et radiographie des pierres précieuses
- (L. Dcbar)............................................112
- Photographie sans lumière, reproduction des médailles, clichés typographiques, etc. (L. Hartz)...........127
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- T A15 LE DES M ATI EUES.
- Photographies nocturnes de la tour Eiffel (L. Dumont). 142 Photographie d'effluves humains et magnétiques (G. M\-
- resciial)..............................................154
- Nouveau système de cinématographe (G. M.)...........167
- Causes d’erreur inhérentes à la production du voile en
- photographie (L. Dubartin).............................177
- L’illusion en photographie (F. Décloué et P. Jexart). . 192
- Reproduction sur verre de clichés pelliculaires photographiques et autres (J. Hexrivaux)..........................250
- La photographie des couleurs naturelles par la méthode
- indirecte (Auguste et Louis Lumière)................254
- Appareil enregistreur de la fumée des poudres de chasse
- (Comte II. de Perpigxa).............................515
- Le chronophotographo d’amateur système Demenv (G. M\-
- resciiai.) .........................................517
- Eclair d’aluminium pour photographie (G. Maresciiai.) . 591
- Le Badiotini.'......................................... 14
- Papier photographique illustré.........................110
- Photographie des projectiles en mouvement..............142
- Photographie des couleurs..............................255
- Appareil automatique pour agrandissement photographique............................................271
- Chimie générale.
- Appareil pour l’alimentation continue d’un liquide à niveau constant et extincteur (F. Vili.ahd f.t F. Bœuf). 10
- Le Traumatol (J.-F. Gall).............................. 11
- Brûleur antiseptique (J.-F. Gale)...................... Cl
- Couleurs artificielles solides (J. Carré)..............107
- Enrichissement par l’acétylène du gaz de houilles pauvres
- (J. Laffargue)......................................114
- Marbre noir artificiel (P. de M.)......................115
- La plombagine comme lubrifiant (B.)................... 118
- Viscose et Yiscoïd (Léon Lefèvre)......................146
- Pierre à savon des Arabes (Flamel).....................198
- Reproduction sur verre de clichés pelliculaires photographiques et autres (Jules IIexrivaux).............250
- L’argentaurum (C.-E. G.)...............................245
- Les mines à Madagascar (J.-F. G.)......................266
- Nouvel appareil à tubes scellés (A. Hébert)............267
- Un explosif à l’air liquide (E. II.)...................271
- Les allumettes (Henri de Par ville)....................550
- Le carbure de calcium et l’alcool absolu (P. Yvon). . . 571
- Préparation des carbures métalliques................... 15
- Acier au molybdène..................................... 51
- La contamination des sources des terrains poreux. 51
- Les alliages du glucinium.............................. 79
- L'aluminium industriel................................. 79
- La transmutation des métaux au seizième siècle. . 95
- Le manganèse du Brésil............................... 95
- Nitrification des ammoniaques composées................127
- De la formation des carbures alcalins et alcalino-
- terreux.............................................142
- La composition de l’atmosphère.........................159
- Préparation de corps nouveaux..........................191
- Le phosphore dans l'économie animale...................191
- Nouveau mode d’analyse de l’oxyde de carbone. . . 259
- Nouveau siliciure de chrome............................255
- Filtrage des eaux d’égout..............................270
- Pour éviter l’inflammation du grisou dans les mines. 271
- L’oxyde de carbone dans l’atmosphère...................271
- L’oxyde de carbone dans l’air. . ......................287
- Poids atomiques........................................287
- La sciure de bois dans la farine.......................505
- Maladies des vins......................................505
- Une lingotière monstre.................................555
- Ethers diphosphoriques.................................551
- Production du silicium.................................551
- Les vins salés.........................................567
- La déperdition ammoniacale dans la fabrication du
- fumier............................................. 585
- L’oxyde de carbone dans Vatmosphère....................585
- L’acide carbonique et la vapeur d’eau atmosphérique. 599 Synthèse de la safranine...............................415
- Météorologie — Physique du glohe. Géologie. — Minéralogie.
- La VIIe session du Congrès géologique international (Stanislas Meunier)........... 25, 74, 204, 285
- Les cerfs-volants météorologiques en France (L. T. B.) . 55
- Les coups de sonde des volcans (A. de Lapparent). . . 45
- La sécheresse (Omer Julien)............................. 45
- Le nouveiu pavillon magnétique de l’observatoire du Parc
- Saint-Maur (Tu. Moureaux)............................ 49
- Appareil destiné à mesurer les hauteurs atteintes par les aérostats : contrôle des altitudes fournies par le baromètre (L. Cailletet)................................... 65
- Le Falun de Touraine (Jacques Rougé)....................115
- Anomalies magnétiques extraordinaires dans la Russie
- centrale (Th. Moureaux)..............................155
- Détermination mécanique de la direction moyenne du
- vent (H. de Parville)................................196
- Coup de foudre dans un pâturage (Eugène Pitard). . . 205
- La falunière de Grignon (Stanislas Meunier).............209
- Observatoires océaniens (II. de Parville)...............214
- La pluie dans les chefs-lieux des départements (J.-R. Plu-
- mandon)..............................................220
- La météorologie de Londres en 1897 (L. Barré) .... 250
- Les neiges en Anatolie (Dvbowski).......................255
- Les mines à Madagascar (J.-F. G.;.......................266
- Les mines de Cuba (L. de Launay)........................587
- La pluie à Paris (J.-R. Plumandon)......................402
- L’asphalte de l'Ut ah................................... 14
- Les météorites divinisées...............................109
- La Brume................................................110
- Explosion de 150 000 tonnes de rocher...................110
- Découverte de gisements de fer en France................127
- Bolide extraordinaire.................................. 127
- Éléments magnétiques au 1er janvier 1898 .............. 206
- La plus grosse météorite................................225
- La neige rouge........................................ 258
- Les variations de la température sur les montagnes 258
- Observations sismographiques............................259
- Mines Sud Africaines....................................518
- L’intensité du courant électrique de la foudre . . . 550
- Notre réserve de houille................................550
- Météores visibles en plein jour.........................566
- fiiehesses minières en Egypte...........................567
- Anomalie magnétique.....................................585
- Physiologie. — Médecine. — Hygiène.
- Perception des couleurs (Flamel)....................
- La caricature dans les salles de garde (Dr Félix Régnault) Guérison des sourds et sourds-muets au moyen du microphonographe Dussaud (E. Drouot).....................
- La contamination des puits (Euclaux)................
- La phonendoscopie (Dr Capitan)......................
- Une femme sans estomac (Dr William Karl)............
- Les colonies de vacance (Dr A. Cartaz)................
- Le microbe de la péripneumonie bovine (J. de Loveiido). Détermination exacte de la position d’un corps étranger
- dans l’organisme (L.-P. Clerc).................... .
- Les variations de la forme du cœur (Dr Capitan). . . .
- Action toxique de chloroforme...................~. .
- Le venin du frêlon et le venin de la vipère.........
- Vaccination contre le venin de vipère...............
- Comment on prend la fièvre typhoïde.................
- Dilatation du cœur pendant Vinspiration.............
- La fonction du foie.................................
- Action toxique du sang d’anguille...................
- Vaccin chimique.....................................
- L'état sanitaire de l’armée Française...............
- Le tout à l'égout...................................
- La peste à Bombay...................................
- De la perméabilité de l'épiderme pour les substances
- solides ou liquides.................... ....
- Produits élaborés par les microbes..................
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- Le myjcœdème et la radiographie......................255
- Nouvelle antitoxine du tétanos.......................286
- Un livre de médecine de Michel-Ange..................502
- Injections intra-veineuses et sous-cutanées ... . 351
- Greffes autoplastiques............................367
- Microbe du cancer....................................367
- Un ordonnance d'il y a 6000 ans......................382
- La diphtérie. .......................................599
- Structure du protoplasma.............................414
- Fièvre aphteuse......................................414
- mécanique. — Art de l’ingénieur. — Travaux publies, — Arts Industriels.
- Nouveaux barils eu acier soudé (D. II.).................
- lui frein invisible pour bicyletles (M. Ledant).........
- Transport des pompes à incendie par voie de fer (Pierre
- de Mériei.)..........................................
- Les travaux d’agrandissement de la gare de Lyon à Paris
- (Elbée)..............................................
- En nouveau grand pont en Allemagne (D. Lebois) . . . Tuyaux à grand diamètre en fonte frettée employés dans la construction du siphon de Maureeourt (Seine-ct-Oise)
- (G. Richou)...........................................
- Transmission de mouvement par fil flexible. — Un écrou indesscrruble (L. Dubar)........................... 47,
- Les voies des chemins de fer français (L. Réuon). . . . L’exposition annuelle de véloeipédie (L. Baudry be Sal-
- mer) .................................................
- L’automobile aux salons du cycle de 1897 (E. Hospitalier)
- Yoitureltes à motocycle (M. Ledant)......................
- Le Jubilé de la houille (Bogiiaert-Vaché)................
- Industrie de la soie artificielle, soie de Chardonnet (Ch.-E.
- Gcig.net)......................................- . .
- Procédé de moulage des métaux et du verre (Jules Hex-
- rivaux)...............................................
- Les tramways aux États-Unis (J. L.)......................
- Sur les chantiers de l’Exposition : un nouveau procédé de
- consolidation du sol (Daniel Rei.let).................
- La fabrique d’oxygène de Boulognc-sur-Seine (P. Yvon).
- La dérivation des eaux du Loing (J. Derômk)..............
- La solidité des tire-fond................................
- Le self allumeur pour becs de gaz (J. Laffargde) . . .
- Une ville de chemins de fer (D. B.)......................
- Paliers à rouleaux (J. Lebon)............................
- Le métal déployé (Daniel Bellet).........................
- Le nouveau pont de chemin de fer de Coiircclles au Champ-
- de-Mars (1\. Lantenay) ...............................
- Compteur d'eau Lambert (G. Mareschal)....................
- Compteur d’énergie mécanique ou totalisatcurde travail
- pour machine à vapeur (E. II.)........................
- Une grue roulante monstre (I). B.).........................
- Distributeur contrôleur de billets de chemin de fer
- (E. Leroy)............................................
- Pompe à air comprimé (J. Laffargue)...............• . .
- L’emboutissage hydraulique dans la construction des
- cycles et des automobiles (E. H.).....................
- Détartreur (L. Devor)....................................
- Les trains rapides................................195,
- Note sur les coups de feu dans les chaudières industrielles
- (A. Gosse)............................................
- Le pont Victoria (E. Raglin) . ;.........................
- Masques respirateurs contre les poussières industrielles
- (L. Leroy)............................................
- Ce qu’il faut pour construire une locomotive (Daniel
- Bellet)...............................................
- Le pont Alexandre III (R. Lantenay)......................
- Nouveau système de pédale de bicyclettes (C. Mannheim)
- Roulottes automobiles (Lucien Périssé)...................
- Une machine à justifier système Desjardins (Daniel Bellet) Locomotive compound du chemin de fer de l’Ouest
- (Elbée)...............................................
- Un pont tournant suspendu (D. Bellet)....................
- Les signaux de chemin de fer en temps de brouillard (L. Leroy)...............................................
- 16
- 16
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- 26
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- 257
- 199
- 249
- 251
- 257
- 279
- 289
- 305
- 315
- 532
- 557
- 338
- Machine à faire les cartouches de chasse (G. Mareschal) 511
- Nouveau frein de bicyclette à commande directe (P. de
- Méhiel).........................................351
- Canons à fils (Capitaine X.).........................574
- Voitures automobiles pour livraisons (.1. Laffargue) . . 371
- Le nouveau grand pont du Niagara (P. de Mériel). . . 575
- L’extension des tramways aux États-Unis..............578
- Le grand échafaudage roulant de la bibliothèque de
- Washington (E. Leroy).............................583
- La motocyclette Werner (G. Mareschal)................405
- Les vibrations des wagons de chemin de fer .... I l Les déplacements du sommet de la tour Eiffel ... 15
- Les chemins de fer en Europe en 1896............... 95
- Les coups de feu dans les chaudières................. 95
- Tramways électriques et bicyclettes..................126
- Une pompe géante.....................................158
- Ce qui nous reste de charbon....................... 158
- Les calorifuges......................................158
- Aciéries gouvernementales au Japon...................206
- Un record de parcours d'un train de chemin de fer. 270 L’éclairage électrique des trains aux Etats-Unis . . 502
- Venlèvement mécanique des rivets.....................503
- Gauchissement des poutres de pont....................303
- Les chemins de fer en Chine..........................519
- Le tramway de Bcïra..................................519
- Un pont tournant géant...............................519
- La plus grande locomotive du monde...................534
- Pompe à grand débit..................................355
- La durée d’un rail................................. 551
- Les tunnels du monde.................................566
- Un tunnel sous la Sprée..............................366
- Lue pompe géante.............................. . 367
- Les chemins de fer du monde entier...................582
- Influence du temps sur les déformations permanentes des métaux....................................415
- Le charbon à Londres.................................115
- Sciences naturelles. — Zoologie. — Botanique. — Paléontologie.
- La Daurade (Armand Beaujon)............................. 35
- Le propithèque de Coqucrel (E. Oustalet)................ 57
- Recherches récentes sur les bactéries des légumineuses
- (Henri Coupix)......................................... 44
- Préparation de la laque et des objets laqués (A. He'bert) 45
- Appareils de cubage des arbres....................... 95
- Le permanganate de potasse en pisciculture (Henri Coupix) 100
- Quelques mots sur le Lombric (A. Acloque)...............108
- Le gui (II. de P.)..................................... . 118
- La strongylose de la Caillette (Ch. Julien).............131
- Plantes envahissantes (Pierre de Méiiiel)..................148
- L’œuf des bousiers (Henri Coupin).........................150
- Établissement piscicole de Saint-Lambert par Chevreuse
- (Seine-et-Oise) (R. Beiigkot)...........................161
- La germination de la truffe (A. Acloque)................165
- Curiosité végétale (D. Levois)............................176
- Les plantes bulbeuses (V. Brandicoert).....................182
- Culture et industrie de la menthe au Japon (D. B.). . 192
- Le Black-Rot en France (Jacques Ducom)....................193
- La toxicité des fèves (Henri Coupin).......................202
- Lutte contre les insectes nuisibles en Californie (Jacques
- Boyer)................................................. 227
- Légumes et fruits exotiques (P. Hariot)....................233
- Promenades de Paris, taille et élagage des arbres (J.-F.
- Gall).................................................. 243
- Les chiens égarés, contribution à la recherche du sens
- de la direction (Cunisset-Carxot)...................... 258
- Fleurs et légumes nouveaux (P. Hariot).....................263
- Le manioc (Henri Ciiastrey)................................278
- Une graminée du Soudan (Dybowski)..........................299
- Les nouvelles galeries du Muséum (I'h. Glaxgeaud) 298, 507 Les semnopitheques de l’Indo-Chine (E. Oustalet) . . . 521
- Légumes aquatiques (Henri Coupin)..........................328
- Le saxaoul (J. Poisson)....................................339
- Les chênes séculaires (H. de Parville).....................374
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- TABLE DES MATIÈRES.
- Fleurs fécondées (Henri Coup»)........................378
- La physiologie de l’olive (J. Boyer)..................586
- Ichtyosaures et Plésiosaures (Pu. Glangeauo)..........591
- Les pigeons en mer (G. Maiison)...................... 405
- L’autonomie chez les Phasmides (E. Bokdagk)...........407
- Le vin de Palme (Henry Ciiastrey).....................410
- Une momie de crocodile................................ 14
- Dans la gueule d'un tigre............................. 14
- Un poulet à pattes de lapin........................... 15
- Les distributions de semences aux États-Unis . . 15
- Du mode de végétation de certaines algues. . . .15
- L’origine du rouget................................... 15
- L’instinct d’orientation chez les animaux............. 79
- Destruction des loups.................................126
- Germination des truffes...................... 127, ‘207
- Nouvel exemple de la voracité du brochet..............127
- Exploration sous-marine...............................145
- Action des rayons X sur la végétation.................191
- L’olivier en Californie...............................223
- Râle de la cellule conjonctive chez les mollusques. . 223
- Une nouvelle gramince.................................239
- Les fruits d’Amérique.................................254
- La mélanose des mandarines............................255
- Champignons comestibles...............................255
- La classification philogénique des mollusques lamellibranches............................................271
- La physiologie pathologique du venin de serpent. . 271
- Étêtage de la lige principale.........................287
- Les loups se mangent entre eux........................302
- Les mouvements de la sensitive........................503
- Importation de mésanges en Amérique...................518
- Substances nouvelles dans le foie.....................351
- La végétation dans la lumière diffuse.................567
- Les hannetons.........................................599
- L’exposition d’horticulture...........................414
- Station lacustre de Lignières.........................414
- Les plus grandes forêts du monde......................415
- L'origine des vertébrés...............................415
- Étude graphique des muscles pendant leur travail . 415
- Géographie. — Voyages d’explorations.
- Mission Youlct au Mossi et au Gourounzi (J. de Servis) . 67
- Une île magnétique......................................255
- Possibilité de déplacer le pôle de la terre par des actions
- mécaniques (M. Fouciié)..............................262
- Excursions scientifiques de La Nature, 1898 (Henri de
- Pakvii.le)...........................................353
- L’ilc d'Haï-Nan (Francis Mury) .........................579
- Mission géographique en Perse.......................... 175
- Le canal de la mer Baltique à la mer Noire .... 175
- Explorations polaires...................................175
- Anthropologie. — Ethnographie. Sciences préhistoriques.
- Une statue mexicaine en terre cuite (Mu de Nadaillac) . 35
- La céramique chinoise au Louvre (E. Grandidier) ... 87
- Villages néolithiques des bords de la Seine (Zaborowski).
- ............................................ 241, 361
- Les premiers artistes, sculpteurs et graveurs (Pu. Glan-
- geaud)................................................259
- Les premiers artistes peintres (Pu. Geasgeaud)........277
- Les monuments mégalithiques du Japon (de Nadaillac). 290
- Le musée DEnnery (E. Deshayes)................. 523, 355
- Le menhir de Clamart (Dr Capitan)........................359
- Les ossements des grottes de Monaco......................159
- Les tombeaux de la rue des Prêtrcs-Saint-Cermain-
- l'Auxerrois...........................................270
- Station lacustre de Lignières. ,.........................414
- Art militaire. — Marine.
- Les feux-lloltanls des côtes de France (Daniel Bellet). 1
- Le Mangini, torpilleur de haute mer (L. T.)........... 59
- La marine anglaise (1512-1897) (Commandant G.). . . . 100
- Le tir des canons de marine..........................122
- Une bouche à feu au quatorzième siècle (Caziot) . . . 134
- Les sous-marins aux États-Unis (G. S.)...............139
- Bois incombustible (G. S.)...........................147
- Projectile torpille (Commandant G.)..................165
- Le nouveau sabre de la grosse cavalerie (Colonel X.) . 216
- Un feu-llottant aux États-Unis (Daniel Bellet) .... 219
- Canons à fils d’acier (Commandant G.)................231
- La perte du croiseur américain « Maine » (Commandant G.) 246
- L’arbalète chinoise à répétition (I)r J. J. Matignon) . . . 273
- Les pigeons voyageurs et les transatlantiques........274
- Le croiseur russe Svellana (J.-F. Gall)..............298
- L’instabilité des navires américains (Pierre de MérielI. 311 L’échouagc du Thrasher et du Linx (Commandant G.). 548
- Allongement d’un navire à vapeur (L. Dubois). ... 349
- États-Unis et Espagne (Commandant G.)........... 363, 596
- Les travaux du port de Saint-Nazaire (Jacques Léotard) 594
- Canons démontables (Commandant G.)......................401
- Les pigeons en mer (G. Marson)..........................403
- La vitesse des navires et la peinture de leur coque. 15 Le développement de la marine de guerre japonaise. 15 Essais des tubes lance-torpilles sous-marins .... 47
- Budgets de la marine et flottes commerciales des différentes nations....................................... 62
- La peinture de la coque des navires.................... 63
- La diminution de la consommation de combustible
- à bord des torpilleurs...............................159
- Poudre sans fumée.......................................174
- Signaux par cerf-volant................................206
- Le plus grand steamer des lacs américains . ... 207
- Les flèches empoisonnées du Haut Dahomey. .... . 502
- Nouveau torpilleur chilien..............................505
- Un torpilleur à turbines................................350
- Le chargement des navires sur les grands lacs américains ...............................................550
- Emploi des pigeons-voyageurs......................... . 351
- Le tir des canons de marine.............................382
- Les travaux des arsenaux militaires du Japon. . . 382
- De l’effet des balles dum-dum sur les tissus du corps humain.................................................382
- Aéronautique.
- Ascension de 24 heures 15 minutes (Albert Tissandier). . 50
- Appareil destiné à mesurer les hauteurs atteintes par les aérostats, contrôles des altitudes fournies par le baromètre (L. Caili.etet)....................................... 65
- Ascensions de longue durée............................... 62
- Notices nécrologiques. — Histoire de la Science.
- M. A. Joly (J, L.)................................... 50
- Le Dr Jules-Émile Péan (II. de P.)...................174
- M. Jean Albert Gauthier-Villars (H. de P.)...........190
- Bessemer (D. Lebois)...................................288
- Aimé Girard (Th. Schlœsing)............................535
- Les progrès de la science (É. H.)....................555
- Henri Schneider (II. de P.)...........................*414
- Mort de M. Aimé Girard.................................319
- Un précurseur du système métrique......................367
- Sociétés savantes. — Congrès et associations scientifiques. — Expositions.
- Académie des sciences (séances hebdomadaires de T)
- (Cii. de Villedeuii.) 15,51, 47,63, 79, 95, 110, 127,
- 142, 159, 175, 191, 207, 223, 239, 255, 271, 286,
- 503, 319, 535, 351, 367, 583, 599................. 415
- La VIIe session du Congrès géologique international. Six jours de navigation sur le Volga. Le Caucase et la Caspienne. L’Arménie. (Stanislas Meunier), 23,7 4, 204, 285
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-
-
- TABLE DES MATIÈRES.
- 427
- Société française de physique. Exposition annuelle (J. Laf-
- fahgue) ............... . ........................331
- Elections à VAcadémie des sciences..............15, 79
- L'exposition d'horticulture...........................414
- Agriculture. — Acclimatation. — Pisciculture.
- Les labours d’hier et d'aujourd’hui (Albert Larbalétrier) 5 Plantations d’arbres dans les rochers (L. Dumont) ... 7
- Les instruments d’agriculture (E. Lory)...............134
- La récolte des feuillants (Albert Vilcoq).............135
- La vigne dans le Bas-Languedoc (Antoine de Saporta). 345
- Le génie rural en Allemagne........................... 47
- Science pratique et récréative.
- Livres d’images parlantes (M. Leroy)....................... 04
- Construction d’un carré magique pair nu impair (L. Saint-
- Loup) ................................................102
- La cascade du bois de Boulogne au théâtre de l'Opéra
- (C. Riciiou)..........................................129
- La caisse mystérieuse (le prestidigitateur Alber). . . . 160
- Saut et sauteurs, un homme et un cheval (Paul Mégnin).
- ...................................... ... 171, 222
- Un nouveau calculateur prodige : M. Diamandi (Henri
- Coupin)...............................................189
- La femme araignée, nouvelle illusion d’optique (Albert
- Tissandier).............................................239
- La scène à plaque tournante du théâtre des Variétés
- (G. Ricuou). ...........................................267
- Peinture sur étoffe sans maître (Albert Tissandier) . . . 567
- Nouveau pyrograpbe (L. Dubar)..............................416
- Variétés. — Généralités. — Statistique.
- Indicateur de remontage des mouvements d'horlogerie
- (J. Lebon).............................................. 79
- Le carillon de Levallois-Perret (L. Reveuciion)........... 83
- La production du miel en Tunisie (L. Ddbar)................115
- La manufacture des Gobeliusà l’Exposition de 1900
- (Ch.-Er. Gdignet).......................................119
- Un tricycle fauteuil de malade (M. Ledant).................128
- L’exploitation des opales au Mexique (D. B.)...............151
- L’importation des vins en France en 1897 ................. 142
- Trois semaines de séjour dans un cratère (D. Lebois). . 150
- Le vitrail Bettanier (J. IIenrivaux).......................182
- La boucherie et la cave de l’Assistance publique (Géo
- Bonneron)...............................................199
- Un nouveau feutre isolant (D. B.)..........................202
- Un effet de gelée (D. Lelong)..............................224
- Production minérale des États-Unis.........................235
- Les verseurs hermétiques, une bouteille inviolable (J. F.
- Gall).................................................. 236
- Course de 400 kilomètres en voiture (de Rdat) .... 256
- Une boîte d’allumettes (D. Lebois)........................ 272
- Le développement des grandes villes aux États-Unis
- (P. de M.)..............................................282
- Exhibitions foraines (Félix Régnault).....................299
- Le grand échafaudage roulant de la bibliothèque de
- Washington (L. Leroy) ..................................583
- Les types de cigarettes des manufactures de l’Etat (Ciiar-ux....................................................... 389
- Une nouvelle Pompéi (D. B.)......................411
- Monopole des tabacs en 1896 (J.-F. Gall)......... 411
- Un chien minuscule de 10 000 francs (A. Tissandier) . . 412
- Les nécessités de l’alimentation................. 14
- La carpe et la destruction du poisson............ 14
- Le nouveau système de vinification pour les pays
- chauds........................................ 14
- L'alcool et les ascensionnistes.................. 15
- La Pouponnière de Porchefontainc................. 30
- AL Pennington et son molocyclc................... 30
- Nouveau filtre portatif.......................... 31
- Une riche cargaison.............................. 47
- Le frai d'anguille dans l’alimentation........... 62
- Un champion du saut.............................. 62
- Les méfaits des chasseurs en Bohème.............. 62
- Douze fois le tour de la terre en tramway........ 63
- Chemins de fer sans billets...................... 63
- Les vins en 1897................................. 78
- Un calendrier pour voleurs....................... 79
- Amitié d’un chien et d'un poulet................. 79
- L’or dans le monde............................... 85
- Un chargement de 336 000 francs d'ivoire......... 95
- Les abonnés au téléphone du monde entier.........110
- Vins de Californie...............................127
- Les conserves de homards au Cap..................142
- Un tombeau astronomique..........................142
- Le beurre australien en Angleterre...............142
- Phonographe Lioret...............................158
- Le cacao en Allemagne............................158
- Un record peu enviable...........................158
- Les avertisseurs d'incendie à Saint-Paul.........159
- La légende de Bomulus...............................159
- Éclairage municipal à l’acétylène................159
- Les chemins de fer du Japon......................158
- 4 kilomètres de tramways construits en 22 heures. 175
- Déplacement d’une cheminée de fabrique...........175
- Une bouche monstre...............................191
- Le centenaire des chronomètres...................191
- Verre imperméable à la chaleur...................206
- La plus ancienne des poires « Poire Doyennée » . . 206
- Conservation du bois sous Veau......................206
- La sardine à Douarnenez.............................223
- Indicateur horaire pour fiacres..................238
- Le caviar...........................................238
- Les pêcheries de perles en Californie...............239
- Nouveau bateau de sauvetage à propulsion hydraulique ..............................................239
- Consommation d'allumettes et de tabac...............270
- Un des premiers hommes à vapeur..................286
- La balle « dum-dum »................................286
- Un œuf de Pâques géant..............................286
- Legs à l'Académie...................................286
- Les tramways funéraires à Mexico.................302
- Une concurrence au pont sur la Manche............502
- La fabrication des fausses antiquités en Egypte . . 503
- Le lierre et les murailles..........................318
- Le record des brevets...............................319
- Un clou pour exposition.............................319
- Moteur gratuit...................................519
- Télégramme coûteux...............................351
- Conduites d'eau de mer pour les services d’incendie. 351
- Consommation du café.............................351
- Le plus puissant réfracteur......................351
- Une maison géante ...............................567
- FIN DES TABLES
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- EUH À T A.
- Page 150, col. 2. — A propos du bolide douille, d’après une seconde eonimunicalion de M. Callan-dreau à l’Académie, il y a eu confusion; 31. le commandant (ieorget s’est trompé, il s’agissait simplement d'une montgolfière.
- Page 246, col. 2, ligne 2.
- Page 296, légende de la (ig.
- Pages 590 et 597. La lig.
- lig.
- Au lieu de : M. A. Cliargucrand. Il faut : M. A. Cliargueraud. 1. Au lieu de paléontologie.
- Il faut : paléontologie.
- 7 doit être la lig. 8 et la lig. 8, la 7. •
- Paris. — Imprimerie Lahcke, rue de Fleuras, 9.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal
- INFORMATIONS
- —®— Par décret en date du 23 novembre 1897, rendu sur la
- njsition du ministre de l’instruction publique et des beaux-arts, eslandres (Henri-Alexandre), astronome adjoint à l’observatoire •de Paris, est nommé astronome titulaire à l’observatoire d’astronomie physique de Meudon.
- —Dimanche, 28 novembre a eu lieu, à Melun, boulevard Victor-Hugo, l’inauguration du monument érigé à Pasteur par Ja Société d'agriculture de Melun, en mémoire des premières expériences de vaccination du charbon des moutons, effectuées en 1881, àPouilly-lès-Fort. Le monument, œuvre de M. d’Houdain, de Melun, représente une bergère de la Brie accompagnée d’un mouton ; elle offre une gerbe de fleurs à Pasteur, dont le buste très ressemblant, surmonte une stèle élégante. Derrière, est un relief représentànt la scène de Pouilly-lès-Fort. Les expériences de 1881 entreprises chez M. Rossignol, à quelques kilomètres de Melun, ont été le point de départ des admirables découvertes successives qui ont transformé la medecine contemporaine.
- —®— Une tempête violente a traversé Paris et une grande partie de la France dans la nuit du 28 au 29 novembre. La vitesse du vent a atteint 36 mètres par seconde; elle a certainement dépassé ce chiffre pendant les rafales. Le baromètre est descendu à Paris à 744 millimètres. On n’a pas relevé de tempête plus violente depuis le 12 novembre 1894.
- —@— Le 24 novembre, un brouillard intense a couvert Paris et les environs. Toutes les boutiques ont dû allumer le gaz ou l’électricité. Le service des bateaux sur la Seine a été interrompu jusqu’à une heure de l’après-midi. Tous les trains de chemin de fer ont éprouvé des relards. A la gare du Nord, une locomotive qui sortait du dépôt a déraillé par suite d’un faux aiguillage; on l’a relevée quelques instants plus tard, sans que la circulation des trains ait été interrompue. On a signalé des accidents assez graves qui se sont produits sur la ligne de l’Ouest.
- —Un médecin militaire, le Dr Busquet, a présenté récemment à l’Académie de médecine un cas, à la vérité assez douteux, de transmissibilité des oreillons de l’homme au chien. Voici qui semble bien autrement démonstratif : Un médecin de Bourg-la-Reine, le Dr Laranchet, relate une observation des plus curieuses qui tendrait à prouver que la rougeole, affection, comme chacun sait, reconnue comme très contagieuse, se transmet de l’enfant au chien. Un enfant de 3 à 4 ans, atteint de cette maladie, faisait coucher avec lui une espèce de petit roquet à poils roux qu’il affectionnait tout particulièrement. Malgré les conseils du médecin, la mère ne voulait pas séparer le baby de son toutou. Au bout de quelques jours, l’enfant guérit. Par contre, le chien est pris de symptômes bizarres. Ses yeux larmoient, ses narines coulent. Il reste quatre jours couché, refusant toute nourriture. Il est pris de fièvre et tousse comme bébé. Avait-il l’éruption caractéristique de la rougeole? C’est malheureusement ce qu’on a négligé de constater. Il eût fallu le tondre, et il avait les poils si joliment frisés 1
- —f$— Il résulte d’un rapport officiel qui vient d’être publié en Angleterre, et qui a pour auteur sir John Colomb, que la Grande-Bretagne et ses colonies dépensent en chiffres ronds, sur un revenu total de 102 millions de livres sterling (2550000 000 fr.), 22550000 liv. st. pour la marine de guerre ; la France, sur 138 000 000 liv. st. (3 450 000 000 fr.), 11000 000 liv. st., soit 275 000000 fr. ; la Russie, sur 139000 000 liv. st., 6000000 liv. st. (150000000 fr.); TÂÏÏemagne, sur 62 500 000 liv. st. (1 312 500 000 fr.). 4 5'00000 liv. st. (112 500 0û0 fr.) ; enfin, les Etats-Unis, sur 85000000 liv. st. (2 125 000009 fr.),_6000000 liv. st. (150 000 OOO fr.). Quant au tonnage de là marine marchande britannique, il atteint Ï2 millions dé
- tonnes, contre 6 millions seulement pour 14 autres Etats maritimes dont l’Allemagne, avec 1 500 000 tonnes, occupe la première place.
- —M. Deniker, bibliothécaire au Muséum d’histoire naturelle, vient de recevoir de Corée, 375 échantillons de racines, grains, fruits, etc., que la pharmacopée coréenne présente comme des drogues infaillibles dans le traitement des maladies les plus diverses. Il y a bien, parmi ces échantillons, de simples roches réduites en poudre (du talc, du sable très fin), mais, poudre ou racine, les drogues sont enveloppées d’une façon particulière et très compliquée, dans des carrés de papier chinois portant des formules coréennes et mandchoues. Un manuscrit, contenant la liste de cent dix médecines qu’on peut fabriquer avec les drogues, a été adressé en même temps au Muséum : il porte, en regard de chaque formule, le nom de la maladie contre laquelle le remède doit être administré. On y trouve des médecines contre le rhume de cerveau, les indigestions, les maux de tête, la fièvre, voire contre « la mauvaise disposition d’esprit que l’on a en se levant le matin », ou contre « le malaise que l’on ressent le lendemain des fêtes et des libations par trop abondantes ».
- —M. Rigaud vient de déposer à la Chambre un projet de loi tendant à l’établissement d’une ligne de chemin de fer de Clichy Levallois à la ligne des Moulineaux, par Neuilly, Longchamp, Boulogne et Auteuil. La ligne se détache au chemin de fer de l’Ouest aux abords de la station de Clichy-Levallois, traverse la partie basse de Levallois en se dirigeant vers la Seine, longe le fleuve dans Neuilly, et passe en viaduc ; à partir du boulevard d’Argenson, la ligne descend pour passer sous l’avenue de Neuilly, à 100 mètres du pont. Elle côtoie ensuite le fleuve en empruntant le bord extérieur du boulevard de la Seine, puis elle monte par-dessus la rampe du pont de Puteaux pour pénétrer dans le bois de Boulogne, en laissant à auche l’allée du bord de l’eau. Elle franchit la rampe dii pont de uresncs pour redescendre le long du fleuve jusqu’aux abords de la
- fiorte de Saint-Cloud, où elle tourne à gauche pour se souder à la igné concédée d’Auteuil à Longchamp, en longeant le bois dé Boulogne. Le chemin projeté se détache aussitôt de cette ligne d’Auteuil à Longchamp, après avoir emprunté son tracé sur 600 mètres, traverse Boulogne en souterrain et en tranchée jusqu’à la route de Versailles, s’infléchit d’abord à gauche, puis à droite, pour éviter le nouveau cimetière de Boulogne et franchit ensuite la Seine, à 100 mètres en amont du pont de Pile Saint-Germain pour aller se raccorder à la ligne des Moulineaux, aux abords du champ de manœuvres. Cette ligne sera desservie par sept stations : 1° à la limite de Levallois et Neuilly, près du boulevard Victor-Hugo et la rue Chauvereau ; 2° à un point de la traversée dé l’avenue de Neuilly ; 3° près du pont de Puteaux ; 4° aux abords du pont de Suresnes ; 5° h l’extrémité de l’hippodrome, face sur le boulevard de Boulogne; 6° au carrefour des rues Escudier et Fessard, à Boulogne, et 7° à Billancourt, près du carrefour de la route de Versailles et du boulevard de Strasbourg.
- —®— Il a été décidé que la statue de Lavoisier, résultat d’une souscription internationale, sera érigée à Paris, place de la Madeleine.
- —&— L’administration des manufactures de l’Etat va mettre bientôt en circulation, à titre d’essai, dans tous les débits du département de la Seine, un nouveau type d’allumettes sans phosphore. Ces allumettes, dites a allumettes Triomphe », sont d’origine allemande et viennent de la fabrique Otto Miram, de Bettenhausen (Westphalie). A base de plombate de chaux, elles passent pour s’allumer partout, même sur une surface mouillée. Cinquante millions de ces allumettes sont déjà fabriquées. Il n’en sera pas livré aux consommateurs moins de cent millions.
- —®— L’intéressant rapport de la Commission de l’Aufsaiobile-Club de France sur le Concours des poids lourds qui a eu lieu à Versailles, au mois d’août dernier, et dont nous avons parlé à plusieurs reprises, vient d’être publiè ji}, . exienso, d&ns Je G&niç.çivil (n0i du 2ü et du 27 novembre).
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- .NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le nouveau frein invisible pour bicyclettes se trouve à la Redditch Cycle C°, à Redditch (Angleterre).
- Communications. — M. L. de Wacle, à Bruxelles, nous fait parvenir un extrait du journal l'Indépendance belge qui donne des renseignements sur l’installation de transmission de force motrice électrique faite par un entrepreneur de maçonnerie. Celui-ci s’était chargé de la démolition des ruines de la meunerie bruxelloise, à l’Allée Verte, et de la rcédification des bâtiments, et il a exécuté cet important travail en moins de neuf semaines. Des ascenseurs électriques et des chaînes mises en marche électriquement transportaient tous les matériaux.
- M. le Boa de Bélineux, à Loginien (Corrèze), nous écrit la lettre suivante : « J’ai lu la description du mécanisme proposé ar le colonel Humbert, pour fermer la gueule des canons et es fusils immédiatement après le passage des projectiles. Ce mécanisme me paraît dangereux pour les canons ; car, si une cause d’encrassement, parcelles de plomb ou gondolement des charnières, empêche le volet de se rabattre complètement, il sera heurté par le projectile au coup suivant, et qui sait ce qui arriverait! mais je n’insiste pas pour les pièces d’artillerie. Pour les fusils, à première vue, ce mécanisme me semble absolument inexplicable. Dans le tir horizontal les choses se passeront comme l’a prévu M. Humbert, mais si le soldat doit tirer de haut en bas, la bille, entraînée par son poids, sortira de la cuvette, se placera au bout du bloc, arrêtera complètement la sortie de la balle et l’éclatement du fusil aura lieu à coup sûr. Si le soldat doit tirer de bas en haut, la bille ira se placer sur l’orifice du canon du fusil, le projectile la déplacera et vraisemblablement se croisera avec elle dans la chambre du bloc, ce qui serait encore une cause certaine d’éclatement. »
- M. H. Benoit, à Paris, nous écrit la lettre suivante : « Je vous envoie une petite lunette qu’un camelot annonce comme capable de remplacer l’ampoule électrique et la lorgnette humaine de Seguy. Si l’on place devant une source de lumière artificielle quelconque (l’expérience peut se faire de jour, mais c’est moins net) un écran translucide (une simple feuille de papier blanc suffit) et qu’on examine avec le tube que je vous envoie sa propre main, les doigts écartés, interposée entre l’écran et l’œil et distante de ce dernier d’environ 50 à 60 centimètres, on observe ce qui suit : les doigts et la région métacarpienne semblent devenus transparents, sauf dans les parties occupées par le squelette de la main. L’illusion peut être complète pour des gens ne connaissant pas exactement la forme des phalanges et des os du métacarpe. Si le phénomène ne se produisait pas au premier examen, il suffirait de faire tourner légèrement la lorgnette entre ses doigts et l’image décrite plus haut apparaîtrait. Que l’on répète la même expérience en regardant une bougie non allumée, tenue verticalement au lieu d’examiner une main, on verra une ligne sombre parallèle à l’axe de la bougie et simulant assez bien une mèche. Si l’on essaie ensuite de voir la silhouette d’un objet quelconque enfermé dans une boîte, le charme sera rompu, tout restera opaque. Démontez l’appareil en enlevant la rondelle métallique simulant un oculaire et vous constaterez que l’illusion est obtenue au moyen d’un morceau de plume d’oiseau fixé devant une petite plaque de mica. Il s’agrt ici, je crois, des phénomènes d’interférence connus sous le nom de phénomènes des réseaux. Ce sont les pennes qui constituent le réseau et qui décomposent la lumière en produisant les bandes sombres correspondant aux os et les bandes claires faisant croire à la transparence des parties molles. Bien que les rayons X ne soient pour rien dans l’affaire, il faut reconnaître que l’image vue dans l’appareil en examinant sa propre main, a quelque ressemblance avec les premières radiographies faites aussitôt après la découverte du professeur Rœntgen. La lorgnette que je vous adresse n’est qu’une attrape, c’est vrai ; mais
- néanmoins elle fait honneur à l’ingéniosité des camelots et j’ai pensé que, même à ce seul point ae vue, elle méritait dé vous être signalée. » . ,
- Renseignements. — L’abonné 2219-1216.—Cét appareil ne se trouve pas chez les marchands; mais il est facile de le faire soi-même.
- MM. Campos et Moraes, à Porto; M. Lerebours, à Beuzeville,
- — Nous avons publié plusieurs articles Sur différents modèles de glacières.
- M. A. D., à Lyon. — Des essais ont été faits et n’ont pas donné des résultats satisfaisants. ’
- M. Auguste Denis, h Saint-Quentin. — Adressez-vous au Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris,
- M. J. Giraud, à Lausanne. — Remerciements pour votre communication.
- M. Daslh, à Angouléme. — 1° Nous avons indiqué déjà pluf sieurs traités, notamment celui de M. G. Pélissier. 2° Touè les journaux renferment une quantité d’annonces à ce sujet.
- M le B"n Séguier, à Pau. — Cet appareil ne se trouve pas dans le commerce.
- M. P. D., à Rouen. — 11 existe des poêles à pétrole chez M. Ferrary, 31, boulevard Haussmann, vous aurez là tous les renseignements que vous pourrez désirer. -J-
- M. Henraux, à Seravezza. — Pour le premier volume, adressez-vous à la librairie Aulanier, 13, rue Bonaparte, et pour le second, à la librairie Dunod et Vicq, 9, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. Bonnet, à Montoire. — Il suffit de prendre un morceau de caoutchouc et de l’imbiber de benzine ou de sulfure de carbone.
- M. G. F. L., à Ostende. — Aucun ouvrage n’a été publié à ce sujet en France.
- M. C. Bellissanl, à Viels-Maisons. — Nous avons bien reçu la description de votre appareil à acétylène ; mais il nous est impossible de parler dans le journal de tous ces différents appareils.
- M. C. Paul, à Paris. — Nous avons bien reçu votre envoi et nous vous remercions; nous avons déjà signalé les roulements sur galets d’acier de la maison Deering.
- M. G. G., à Paris. —: Nous pensons qu’il vous faudrait soumettre ces observations à l’auteur du traité.
- M. Louis Villar, à Logrono. — Constructions économiques ; Société métallurgique d’Amiens, Cie des constructions démontables, 51, rue Lafayette, à Paris MM. Duclos et Cie, quai de Seine à Courbevoie (Seine).
- M. le Dr P., à Nantes. — Nous pensons que vous trouverez des manuels de ce genre à la maison Aulanier, rue Bonaparte, à Paris.
- M. P. L. T., à Valenciennes. — Nous avons donné dernièrement la description d’une lanterne de ce genre.
- M. A. Kienast, à Zürich. — Nous ne connaissons pas de machine semblable.
- M. Ephersi, à Milan. — 1° Remerciements pour votre envoi ; ces questions sont un peu spéciales pour nos lecteurs. — 2° Nous ne croyons pas qu’il existe d’ouvrage sur les triangles.
- M. G. Perrot, à Paris. — Vous trouverez le premier ouvrage à la librairie E. Bernard, et le second à la librairie Gauthier-Villars et fils.
- M. J. Cozottes, à Millau. — 1° Ouvrages de M. Marchena sur les machines frigorifiques, dans la collection des livres de l’Encyclopédie Léauté. — 2° Eclairage à l’acétylène, par M. G. Pellissier, à la librairie G> Carré.
- M. R. C., à Malesherbes. — Caractères d’imprimerie : MM. Caslon et C1®, 35, rue Jacob; M. G. Peignot, 68, boulevard Edgard-Quinet ; M. Le Couvey, 118, rue de la Roquette, à Paris.
- M. Foribio del Villar, à Cuba. — Alambic Besnard, 68, rue Geoffroy-L’Asnier, à Paris.
- M. le Ür Bousser, à Dijon. — H existe une grande quantité de traités de ce genre; voyez chez M. Ch. Mendel, 118, rue d’Assas, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. F. A., à Lille. Nous avons reçu votre notice ; mais le sujet est trop spécial pour nos lecteurs. — M. Dubois, a Marseille. Il sera préférable pour vous d’acheter un appareil tout fait ; vous ne pourrez jamais arrivera le construire vous-même. ;— M. D. D., à Carcassonne; M- A. H. M., à Ferrol. Voyez l’adresse que nous avons donnée en tête de la Boite-aux-Letires de notre avant-dernier numéro.
- — M. D. L., à Lille; M. Lelarge, à Paris. Voyez les Recettes et Procédés utiles, lr® sérié, à la librairie Masson et Cie. — M. G. R., à Nîmes. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- Dans iu « Butte aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants- gui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux lés ren-
- seignements qui lut sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes ?.. A insérer toutes tes communirananx.— fl n’est révondu qu'aux lettres reçues avant leiundi qui précédé la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Installation (les garde-manger.
- Les conditions antihygiéniques de l’installation des garde-manger actuels ont été signalées souvent aux membres de la Société des ingénieurs et architectes sanitaires de France, notamment dans une communication de M, le Secrétaire général dans la séance du 31 mai 1897 et ici même dans un article de M. le Dr Cartaz. M. A. Yeissière, architecte, vers la fin du mois d’octobre, a proposé quelques modifications tendant à l’amélioration de cette installation ; nous croyons utile de faire connaître son intéressante communication :
- « Attribuant la grande quantité de germes pathogènes constatée dans les expériences de M. le Dr Rochon, à la trop grande facilité avec laquelle l’air s’introduit dans le garde-manger à l’ouverture de ses portes, j’ai pensé, nous dit-il, que l’on devait en réduire l’ouverture extérieure en forçant l’air, appelé du dehors par le tirage du fourneau, à suivre un parcours déterminé, sur lequel ne pourrait se trouver aucun aliment à contaminer, tout en conservant une ouverture suffisante à l’évaporation des mets encore chauds. Je diminue encore les chances d’accès inutile de l’air extérieur en vitrant la fermeture du côté de la cuisine, disposition permettant de voir le contenu du meuble sans en ouvrir les portes. Voici donc les modifications que j’apporte au garde-manger actuel :
- installation rationnelle des garde-manger.
- 1 .Vue extérieure sur cour. — “2. Coupe verticale montrant les trous de ventilation. — 3. Vue intérieure dans la cuisine montrant les portes
- vitrées. — 4. Vue de la persienne de face à l’intérieur du garde-manger.
- — g. Plan du fond montrant les trous de ventilation. — 6. Plan au niveau des tablettes.
- i 1° Je supprime les 3/4 de la partie ajourée de la persienne, au moyen d une partie pleine en sapin de 0m,010 d épaisseur, clouée à l’intérieur par-dessus la toile métallique en ne laissant soit à droite, soit à gauche de persienne libre que sur 0“,20 à 0m,25 au plus de largeur.
- 2° Je coupe l’extrémité des tablettes en regard de cette partie libre de persienne, en supportant par des tasseaux la partie conservée des tablettes.
- 5° Je fixe à demeure, dans ses feuillures, le vantail de porte opposé à cette ouverture, en ne laissant s’ouvrir que le vantail faisant face au vide de persienne ; je change la ferrure de ce vantail ouvrant en fixant les charnières sur le vantail fixe.
- 4° Je remplace les panneaux pleins de ces deux portes par des vitres en verre blanc.
- 5° Je perce dans le fond, au-devant seulement du vide de persienne, autant de trous d’aération de 0m,020 de diamètre que me le permettra la saillie du garde-manger et je les recouvre de toile métallique.
- Je forme ainsi une sorte d’ensemble comprenant, du même
- côté du garde-manger : une ouverture sur l’extérieur ayant en regard une série de trous d’aérâtion percés dans lé fond, en, face, la porte ouvrant sur la cuisine, et au-devant de laquelle il n’existe aucune tablette et où conséquemment il sera impossible de rien déposer.
- Il importe essentiellement que l’emplacement à droite ou à gauche de cet ensemble dans le garde-manger corresponde avec la position du fourneau dans la cuisine.
- En effet, cette disposition obligera l’air, appelé par le tirage : du fourneau, à ne traverser le garde-manger, par le plus court chemin, que dans une partie où il ne rencontrera aucun aliment.
- D’autre part, quand la porte sera fermée, les trous d’aération du fond permettront une alimentation d’air moins charge de poussières puisqu’il sera remontant et que la toile métallique horizontale opposera un obstacle appréciable à leur introduction.
- Il sera bon, quand cela sera possible, de doubler cet obstacle en appliquant une toile métallique à l’extérieur.
- J’ai tenu compte que dans bien des garde-manger existants, il sera impossible de percer des trous de ventilation dans le fond, en laissant la partie libre de persienne de toute la hauteur du garde-manger, disposition assurant, dans tous les cas, la ventilation intérieure de bas en haut. ’j
- J’ai pris pour type de la description qui précède la transj formation d’un garde-manger eu place, travail facile à exécuterj sans le déplacer et avec une dépense très minimei
- Un tel garde-mangér établi à neuf ne coûtera pas plus chéri qu’avec les anciennes dispositions. — Pour renseignements* complémentaires, s’adresser à M. A. Veissière, architecte,! 199, rue Michel-Bizot, à Paris. ,
- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
- Révélateurs pour papier aristotype. |
- Le papier au gélatino-chlorure d’argent^ plus connu sous lej nom de papier aristotype que lui donna son inventeur E. Liese-f gang, est aujourd!hui presque uuiversellement employé parles amateurs. Sa grande vogue s’explique facilement par la simplicité des manipulations qu’il nécessite; il donne par noircisse-^ ment direct au châssis-presse des épreuves positives d’une grande finesse, se fixe et se vire dans un bain unique, peut â volonté acquérir une surface émaillée ou mate suivant qu'on 1» sèche sur tôle vernie ou sur verre dépoli. II y a cependant; uq| revers au tableau : c’est le peu de stabilité des épreuves ains$ obtenues. Au bout de peu de temps elles jaunissent, se couvren| de taches et l’image disparaît complètement; hâtons-nousj d’ajouter que cet accident n’arrive pas aux épreuves convena-j blement traitées ; mais beaucoup d’amateurs, séduits par l’aspëet que prennent très vite les épreuves dans le bain de virage* fixage, s’en tiennent là et le regrettent plus tard. Nous reviens drons prochainement sur ce sujet ; mais pour aujourd’hui nous voulons seulement signaler un mode d’emploi peu connu de Ce o-enre de papier, éiudié et pratiqué par M. E. Liesegang, qui permet d’augmenter la rapidité du tirage tout en assurant là conservation de l’image. )
- Le procédé consiste à tirer, toujours au châssis-presse pal-contact avec le cliché, une épreuve positive de très faible inteuf-sité, ce qui en hiver est une ressource précieuse, et de là développer ensuite. A défaut de la lumière du jour, on peut même faire l’impression avec le magnésium, soit en brûlanjt 1 mètre de fil à environ 15 centimètres du châssis, soit ei faisant deux ou trois éclairs de magnésium en poudre. Si où veut employer le gaz on peut obtenir une image suffisante e^i une demi-heure à 20 centimètres d’un bec Aüer.
- Les principaux révélateurs connus peuvent être employés pour amener l’image à l’intensite convenable, mais. le ton varie suivant la façon dont on opère ; il peut être noir, vert olive, brun rouge ou jaune. On peut employer un simple fixage ou un virage à ‘ l’or. D’une façon générale, il faut un révélateur très étendu d’eau, en outre moins le iévélateur est acide plus la profondeur des ombres de l’image sera grande ; plus il est acide plus le ton est rouge. M. Liesegang a publié récemment1 le résultat de ses expériences sur divers révélateurs, nous allons les résumer. L'acide gallique en solution concentrée dans l’eau chaude (mais employé froid bien entendu) donne après fixage des tons verts si on a prolongé le développement pendant assez longtemps; aussi ne doit-on pas pour cela employer des clichés gris parce que les épreuves ne pourraient rester assez longtemps dans le bain. On prend 20 centimètres
- 1 Die Entwicklung der Anskopier-Papiere. Düsseldorf. E. Liesegang, éditeur.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- cubes de la solution concentrée d’acide gallique et on l’étend d’un égal volume d’eau ; on y ajoute une solution de 50 grammes d’acétate de soude bi-fondu dans 100 oentimètres cubes d’eau. Si le développement est de peu de durée, l’épreuve ayant été un peu plus tirée, on a au contraire un beau ton brun imitant le virage à l’or. M. Warnécke a indiqué cette autre formule : Eau 1000 grammes, acide acétique 10 grammes, acétate de soude 10 grammes, acide gallique 5 grammes; on ajoute après dissolution 10 centimètres cubes d’une solution à 10 pour 100 d’acétate de plomb. Pour l’emploi on dilue de 4 parties d’eau.
- Avec Yhyaroquinone le virage à l’or est indispensable,; on développe dans une solution additionnée d’un peu d’acide citrique ou d’acétate de soude : ce dernier sel donne le ton un peu plus brun, mais il en faut très peu, sans quoi la couche noircit rapidement.
- L'acide pyrogallique donne des résultats analogues à l’acide gallique et il n’y a pas besoin de virage ; on l’emploie en solu-
- tion très étendue. Valent.-! a indiqué la formule suivante, après laquelle il faut au contraire virer à l’or : Eau 1000 grammes, sulfate de cuivre 100 grammes, acide pyrogallique 10 grammes, acide citrique 11 grammes.
- Le paramidophénol pur (non à l’état de chlorhydrate) se comporte à peu près comme de l’acide pyrogallique; en solu-. tion étendue d’eau il donne des tons bruns. La formule suivante indiquée par Hanke donne des tons rouges qu’on modifie avec un virage-fixage : Eau 1000 grammes, sulfate de soude 50 grammes, chlorhydrate de paramidophénol 7 grammes, acide citrique 8 grammes.
- L'amidol, Yiconogène, le taniit, le sulfate de fer ne donnent pas de bons résultats.,
- En somme, c’est l’acide gallique qui convient le mieux et nous engageons les amateurs, auxquels l’hiver donne des loisirs pour travailler le soir, à essayer ce mode d’emploi des papiers au gélatino-chlorure. — G. M.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur. altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 22 novembre. 0*,2 N. E. 2. Beau. 0,0 -. Peu nuageux à 9 h.; beau av. et ap.; gelée blanche; brouillard dans la soirée.
- Mardi 23 — 2‘,0 Calme. Couvert. Brouillard. 0,0 Couv. à 7-8 h. et à partir dellh.; beau le reste du temps; brouillard toute la journée.
- Mercredi 2i 0*,2 N. W. 1. Couvert. Brouillard. 0,0 Couv.; brouillard une partie de la journée; bruine de 19 à 22 h.
- Jeudi 25. 1%3 E. S. E. 1. Couvert. Brouillard. 0,4 Couvert le matin, puis nuageux ; beau à partir de 15 h.
- Vendredi 26. ... . — 5%6 N. N. E. 3. Beau. 0,0 Peu nuageux à 15 h.; nuageux à 22 et 24 h.; beau le reste du temps.
- Samedi 27 — 4*,0 S. S. E. 2. Très nuageux. 0,0 Couv. de 8 à 15 b.; très nuageux le reste du temps.
- fDimanche 28 ... . 0",8 S. 3. Couvert. 0,2 Couv.; petite pluie de 6 à 8 h.; et à partir de 22 h.
- NOVEMBRE 1897. --- SEMAINE Dü LUNDI 22 AU DIMANCHE 28 NOVEMBRE.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 n 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbé plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- lies pluies à Perpignan. - Du 15 au 20 novembre, les pluies sont tombées, eh abondance, dans le sud-est de la France et ont causé mie série de dégâts, notamment dans la région de Perpignan.
- Le la novembre, des éboulements se sont produits sur la voie ferrée entre Port-Vendres et Banyuls-sur-Mer. La fabrique de dynamite de Pau-lilles, près Port-Vendres, a été envahie par les eaux d’un ravin, et les ouvriers ont dû se sauver en toute hâte. De nombreuses vignes ont été ravinées à Banyuls-sur-Mer, des passerelles ont été emportées et de nombreux rez-de-chaussée inondés. A Cerbère, la rivière qui traverse le village a inondé les maisons de la rive gauche, que l’on a fait aussitôt évacuer. Cette rivière a changé de direction et a inondé la gare internationale, transformée en un immense lac. Près du dépôt des machines, un éboule-ment considérable de rochers s’est produit, douze wagons de luxe ont été culbutés dont un wagon-lit de la Compagnie P.-L.-M. Un autre éboulement s’est produit, à l’entrée du tunnel de Port-Bou (Espagne). La voie ferrée était déjà interrompue par des éboulements du côté de la France et Cerbère est privé de chemins, le village est emprisonné entre de hautes montagnes. 11 s’est trouvé bloqué et dépourvu de vivres, les boulangeries ayant été inondées dès le matin par la rivière. .. .
- ' La nuit, pendant un orage, la foudre est tombée sur le clocher de l’église de Torreilles, près Perpignan, dont la partie supérieure a été enlevée. L’intérieur de l’église a été quelque Jpeu dégradé par la foudre.
- En même temps que Perpignan, des pluies torrentielles ont dévasté Port-Bou et intercepté les communications de la France avec l’Espagne. Les trois ponts du village et les promenades avoisinant le ruisseau ont été enleves ; une maison s’est effondrée ; la voie a été coupée entre Fi-eueras et Port-Bou. Le tunnel de Port-Bou a été obstrué par suite d’ébuo-lements. Des wagons ont été précipités dans les remblais et la voie n’a pu être rétablie que dans les trois ou quatri jours.
- Tempêtes à l’étranger. — Le 16 novembre, à Saint-Pétersbourg, un violent vent de mer a provoqué une tempête épouvantable, soulevant en tourbillons la première neige, faisant déborder les canaux et même la Neva dans les quartiers bas de Saint-Pétersbourg et les îles environnantes. Lés eaux du neuve ont envahi les sous-sols et les rez-de-chaussée dans le port des galères et en plusieurs autres endroits. L’éclairage électrique a cessé de fonctionner dans plusieurs établissements publics.
- Dans la soirée, la tempête a continué ; mais le vent a changé de direction et les eaux de la N'eva et des canaux oilt baissé.
- Une dépêche deGuayaquil, à New-York, a annoncé qu'un ouragan a détruit le 17 novembre la ville de Loreto. Peu d’édifices sont restés debout. 11 y a eu de nombreuses victimes.
- Un terrible cyclone a ravagé le nord-ouest de' la colonie de Melbourne le 19 novembre. Plusieurs villes de la province de Wimmera ont été détruites. De. nombreux monuments .et des églises sont en ruines. Dans une seule ville, les dégâts sont évalués à 1 250 000 francs.'
- PHASE DE LA LUNE : N. L. le 24 novembre à 9 h, 29 m. du matin.
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- M. J. LAFFARGUF, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal
- INFORMATIONS
- —Nous avons le regret d’annoncer le décès d'un de nos graveurs, M. E. Morieu, qui s’était fait remarquer dans le journal depuis -de longues années par ses dessins au trait toujours très soignés et d’une grande netteté.
- —g— Notre collaborateur M. le docteur Charrin, professeur agrégé à la Faculté de médecine, vient d’étre appelé à remplacer, cette année, le professeur d’Arsonval à la chaire de médecine du Collège de France. Il a commencé l’étude des « défenses de l’organisme ».
- —©— M. Bouquet de la Grye, membre de l’Institut, président du bureau central météorologique, assisté de M. Mascart, directeur, de membres de l’Académie des sciences, de physiciens et d’astronomes, a présidé, le 5 décembre, la cérémonie d’inauguration d’un nouveau pavillon magnétique à l’Observatoire du I’arc-Saint-Maur, de M. Renou.
- —M. Philippe Berger a annoncé à l’Académie la découverte d’une inscription phénicienne à Avignon. Elle a été trouvée à plus de 5 mètres sous le sol, en faisant des terrassements, par un propriétaire d’Avignon, M. Meunier. M. Mayer-Lambert, qui en a eu le premier connaissance par M. le rabbin Baüer, l’a traduite d’une façon très érudite et va la publier dans le Journal asiatique. C’est l’épitaphe d’une prêtresse mariée, Zibequa. Le nom de la déesse à laquelle elle était consacrée est malheureusement mutilé. L’inscription se termine par la recommandation de ne pas ouvrir la sépulture. M. Berger insiste sur l’importance, pour l’histoire, de la colonisation phénicienne de cette découverte. C’est, en effet, la première inscription phénicienne trouvée en France dont l’origine soit indiscutable, et elle a été trouvée non pas dans un port, mais à plusieurs lieues dans l’intérieur des terres.
- —©— On dit que le célèbre explorateur Nansen projette une nouvelle expédition au pôle Nord. M. Hjalmar Johansen, le vaillant compagnon de Nansen dans sa dernière exploration des régions arctiques, a donné à ce sujet à la presse de Christiania quelques renseignements sur cette nouvelle entreprise. Déjà des mesures sont prises pour assurer l’édification d’une nutte (^hivernage sur la Terre de François-Joseph. Outre le Fram, l’expédition comprendra un nouveau navire qui sera baptisé le Slær-Kodder, et emportera tout un état-major de savants. Le nombre des chiens sera beaucoup plus considérable que lors du dernier voyage. L’un des bâtiments s’avancera dans les glaces aussi loin que possible. Des groupes d’explorateurs quitteront alors le navire avec des traîneaux et s’avanceront verd le nord. L’autre baleinier côtoiera les rives de glace en faisant des recherches scientifiques dans la glace, dans l’eau et opérera des sondages dans l’Océan.
- —©— La ville de Dieppe vient par un vote de sa municipalité, en date du 26 novembre, de décider l’adoption et la mise en application du « karnice ». C’est une véritable innovation à signaler. On connaît l’œuvre humanitaire de S. E. le comte Michel de Karnice-Karnicki, chambellan de S. M. l’empereur de Russie, œuvre dont le monde médical s’est occupé et qui n’a pas été sans préoccuper l’opinion publique. L’appareil imaginé par M. le comte de Karnice porte son nom. Il est destiné à sauver de la tombe les léthargiques enterrés vivants par erreur de diagnostic. Il est impossible qu’un léthargique ne soit pas sauvé. Au moindre mouvement il déclenche un levier qui bute sur sa poitrine et qui fait apparaître « un voyant » ; en même temps retentit une sonnette. Cet appareil a été longuement examiné par beaucoup de médecins et approuvé par la Société française d’hygiène ; son prix ne dépasse pas celui de la plus modeste couronne. Enfin selon la volonté expresse de l’inventeur, il devra être mis gratuitement à la disposition des pauvres par les Municipalités qui en seront détentrices. L’Angleterre, l’Italie et l’Autriche sont à la veille d’en décider l’application. La ville de Paris qui, en premier lieu a été saisie de la question, l’a fait étudier depuis plusieurs mois déjà par l’administration compétente.
- —©— Les ateliers de la Monnaie vont procéder d’ici quelques jours à la réalisation du nouveau type des monnaies divisionnaires, mais on se bornera pour le moment à la pièce de 50 centimes qui sera mise en circulation au mois de janvier, pour nos étrennes. La face de la nouvelle pièce, composition du graveur Roty, est l’image d’une semeuse jetant par le monde le grain fécond d’où sortira l’idée civilisatrice. Le revers est des plus simples : un rameau de laurier constitue l’unique motif meublant le champ au-dessous de la désignation de la valeur de la pièce.
- —La neige, qui avait brusquement fait son apparition sur les montagnes, le 28 novembre, est tombée, le 1er décembre, en abondance sur Grenoble et les environs. Elle est tombée au Havre et à Rouen le 2 décembre.
- —©— Une violente secousse de tremblement de terre s’est produite le 1er décembre à Ilénin-Liétard, près d’Arras, causant une profonde émotion. Les dégâts matériels ont été importants. Il n’y a pas eu d’accident de personne.
- —Une centenaire. Mme Chenot, la centenaire qui fut présentée à M. Félix Faure, lors de son voyage à Marseille, a atteint récemment ses cent sept ans. Elle tient toujours son kiosque à journaux.
- —©— Le conseil général des ponts et chaussées a terminé le 12 novembre la discussion du rapport de M. l’inspecteur général Lorieux sur le projet du chemin de fer métropolitain. Les critiques formulées contre le projet du Conseil municipal portent uniquement sur quelques détails techniques d’exécution ; la plus importante est relative à la largeur entre pieds-droits des tranchées et souterrains. Le conseil général des ponts et chaussées est d’avis que cette largeur devrait être de 7m,20, au lieu de 6m,60 qu’indiquent les projets des ingénieurs de la ville de Paris. Cette modification entraînera une augmentation de dépenses d’environ 10 millions, qui pourra être compensée par une économie sur les raccordements.
- —Ht— Le Conseil municipal de Paris a adopté en principe l’ouverture d’un concours entre tous les propriétaires des maisons à construire dans la rue Réaumur. Il a été décidé que les six maisons classées, comme ayant les plus belles façades, seront dispensées des droits de voirie. La constitution du jury a été arrêtée ; mais ce concours n’aura lieu qu’en 1900, lorsque toutes les maisons de la rue Réaumur seront construites.
- —&— Le voyageur allemand Eugène ’Wolff, qui a dernièrement passé près de l’embouchure du fleuve Kamtchatka, a vu en éruption le plus grand volcan du monde, le Kluc-Zewsgaja, qui a
- 16 000 pieds de hauteur et près duquel le Vésuve et l’Etna sont des collines. Les flammes qui sortaient de l’immense montagne éclairaient tout le pays environnant.
- —®— Le Bulletin du ministère de l’agriculture, qui vient de paraître, nous apprend qu’en 1896 il a été tué 171 loups. L’Etat alloue une prime de 200 francs par loup ou louve qui a attaqué l’homme ; de 150 francs par louve pleine, de 100 francs par loup, et de 40 francs par louveteau. Le total des primes payées a été ae
- 17 700 francs.
- —©— D’après le Vélo, voici quelques exemples de grandes multiplications employées par les coureurs belges. Le recordman du genre est ïmpens, qui pousse 9™,45.* Après lui vient Van den Born, qui fut un moment le rival de Protin et qui possède une multiplication de 8m,80. Les coureurs résidant à Paris battent de loin ces records. Fossier aîné vient d’adopter 12",50 et Tom Linton 10",50. Mais les Belges se rattrapent en tourisme si toutefois on peut appeler touristes des gens qui, en sept coups de pédales, abattent un hectomètre ! Tel est. le cas du capitaine de route delà Pédale d’Ixelles, M. Leclercq, qui monte une bicyclette développant 44 mètres. Après lui vient, paraît-il, le docteur Canivet avec 9",80. Est-ce qu’il n’v a pas de côtes en Belgique?
- Annonçons par la même occasion l’apparition, le 15 décembre, du Vélo Illustré. Signe des temps ! II aura certainement le même succès que son père, Le Grand Vert, de MM. Giffard et Rousseau.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour les filtres Grandjean, s’adresser à MM. Prevet et Cie, 48, rue des Petites-Écuries à Paris.
- Communications. — M. le Commandant G., à Paris, nous adresse l’intéressante Note suivante : « Depuis la publication de notre article sur les rouleurs « Bazin », dans le n° 1267, du 11 septembre 1897, p. 231, nous avons reçu communication de deux rapports présentés l'un par MM. les ingénieurs Thé-venel-Leboul et Dibos, l’autre par M. Ed. Reed, ancien ingénieur en chef de l’amirauté anglaise.
- « Du premier, nous ne parlons pas, La Nature en ayant donné de nombreux extraits; mais l’impartialité nous fait un devoir de citer certains passages de la remarquable étude de M. Reed. Tout d’abord, celui-ci fait bien ressortir qu’en assistant aux essais du rouleur, son but à été de déterminer dans quelle mesure sa vitesse se trouverait modifiée en appliquant une partie de la force motrice aux rouleurs au lieu de l’employer à la propulsion directe du navire. H semble à M. Reed qu’un bâtiment de 274 tonnes de déplacement est de dimensions trop faibles pour donner des résultats probants et que la puissance de 350 chevaux qui a été utilisée sur l’ensemble des machines et des rouleurs, est insuffisante.
- « Sur l'Ernest Bazin, les rouleurs sont trop rapprochés les uns des autres ; il en résulte que les systèmes de vagues forcément créés par le mouvement en avant des rouleurs et qui se propagent sur les deux faces, se rencontrent très rapidement et, en se contrariant, produisent un trouble défavorable à la régularité et à la facilité de la marche; de plus, un aussi petit bateau a un tirant d’eau réduit et il est impossible de donner à l’hélice, dans les conditions ordinaires, une immersion convenable ; c’est là un obstacle très sérieux au bon emploi de la force ; car l’hélice travaille mal lorsqu’elle se trouve si près de la surface. Ceci posé, M. Reed parle des divers essais effectués en sa présence : avec une puissance de 112 chevaux, les rouleurs étant stoppés, on a obtenu 4,5 nœuds de vitesse, en conservant la même force sur l’hélice; mais en appliquant 25 chevaux, 68 sur les rouleurs mis en marche à 7 tours, on a atteint 6,09 nœuds. D’après les calculs de l’honorable ingénieur, cette puissance de 25,68 chevaux appliquée à la machine de l’hélice, au lieu de l’être aux rouleurs, n’aurait donné qu’une vitesse de 4,80 nœuds; par conséquent en mettant les rouleurs en mouvement, on a acquis un bénéfice qui n’a pas été inférieur à 1,20 nœud et l’application d’une puis-sancede 25,68 chevaux aux rouleurs a augmenté de 43 pour 100 la vitesse obtenue par les 112 chevaux employés sur l’hélice.
- « Dans une expérience suivante, la puissance développée sur l’hélice fut portée à 295 chevaux et celle des rouleurs à 30 chevaux, ces derniers tournant à 9 tours. M. Reed a calculé qu’avec les rouleurs au repos, cette puissance de 295 chevaux aurait dû élever la vitesse à 5,80 nœuds; on a obtenu réellement 6,81 nœuds, soit un nœud de plus, par la rotation des rouleurs. Ainsi, le navire filant 5,80 nœuds seulement avec 295 chevaux sur l’hélice a gagné plus d’un nœud par l’application de 30 chevaux sur les rouleurs.
- « Il est indéniable, conclut M. Reed, que les expériences faites jusqu’à ce jour, ont démontré d’une façon concluante que les rouleurs Bazin fournissent un moyen efficace de réduire, dans une grande proportion, le frottement qu’un corps flottant rencontre dans sa marche à travers la mer, et le frottement est certainement l’un des plus sérieux éléments des résistances rencontrées. Bien entendu, le roulement ne supprime pas tous les frottements, car les mouvements successifs de montée et de descente de tous les points immergés des rouleurs occasionnent quelque frottement, même en eau calme ; les points qui ne sont pas animés d’une vitesse en arrière rigoureusement égale à celle du navire en avant, créent aussi un certain frottement. M. Reed estime qu’il a été prouvé d’une manière incontestable
- que dans cette question de la réduction des frottements et par conséquent de l’augmentation de vitesse ou de la diminution de puissance, les idées de M. Bazin ont été d’une façon générale pleinement établies.
- « De ce que nous venons d’exposer, il nous semble que M. Reed a étudié le rouleur Bazin à un point de vue exclusivement théorique, laissant à l’écart le côté pratique des expériences ; que sur ce navire, l’emploi des rouleurs ait fait gagner une certaine vitesse par rapport à la puissance totale développée, personne n’a songé à le nier. Tout ce que nous avons dit dans notre premier article, c’est que le bénéfice avait été très inférieur à ce que l’on espérait ; on comptait en effet, avec VErnest Bazin, obtenir 18 nœuds et on n’a pu dépasser 6,97 nœuds; nous avions parlé de 8 à 9 nœuds* nous étions donc encore au-dessus de la réalité. Pourquoi ce mécompte? c’est que dans les calculs, on avait négligé certains frottements qui subsistent et dont il est question dans la brochure de M. Reed.
- « De ce que par les mouvements des rouleurs, on obtient sur l'Ernest Bazin, pour une puissance totale de 325 chevaux* une augmentation de 15 à 16 pour 100 sur la vitesse, on crie au succès. Ce n'est point ainsi qu’il faut envisager la question.
- « On nous dit : nous allons construire un navire d’un certain tonnage, nous lui donnerons une puissance totale de tant de chevaux, et, grâce à ses formes toutes particulières et à son mode spécial de propulsion, il atteindra une vitesse double de celle d’un navire ordinaire de même déplacement et de même force.
- « Or que voyons-nous? VErnest Bazin, de 300 tonneaux* n’a pu dépasser une vitesse de 6,97 nœuds, avec une puissance développée de 347 chevaux. Or, si nous consultons les listes de la flotte, en France et à l’étranger, nous trouvons que, pour une semblable force, les navires du type ordinaire et d’un déplacement de 500 tonnes environ, ont une vitesse toujours supérieure à celle du rouleur :
- Marine française.
- Ecureuil de 327 tonneaux et 280 chevaux; vitesse 9,6 nœuds. Jouffroy de 310 » 216 » » 8,6 »
- Salamandre de 300 » 220 » » 8,0 »
- Latin de 474 » 573 » » 10 »
- Marine anglaise.
- Dee de 363 tonneaux et 350 chevaux ; vitesse 9,6 nœuds
- Don de 363 » 350 » » 9,6 »
- Tweed de 363 » 340 » » 9,3 »
- « Quels avantages procure donc le rouleur Bazin ? Il se comporte moins bien à la mer qu’un navire ordinaire et, là-dessus* l’avis de tous les marins est unanime. Comment se fait-il d’ailleurs qu’on ne l’ait pas soumis à des essais d’endurance en lui faisant au moins traverser la Manche?
- « Au point de vue du chargement, nous avons dit déjà ce
- 3ui fallait en penser : l’emplacement y fait défaut pour le trafic es marchandises. Les « rouleurs » ne peuvent être que des navires à passagers, mais encore faudrait-il pour cela qu’ils remplissent les conditions de vitesse qu’on avait annoncées; nous avons vu que bien au contraire, ils marchaient moins vite, pour une même force déployée, que les navires ordinaires de même tonnage.
- « Les quelques modifications indiquées par M. Reed permettront-elles d’atteindre de meilleurs résultats? nous en doutons. Les mouvements d’eau des rouleurs se produiront toujours quelles que soient les dimensions du navire; quant à l’hélice, il sera difficile, avec un pareil navire, de l'abaisser de façon à la faire travailler plus loin de la surface sans s’exposer à des accidents graves.
- « En résumé, l’application pratique de l’idée vraie de M. Bazin, a présenté de telles difficultés que, jusqu’ici, les résultats ont été peu satisfaisants ; nous n’en rendons pas moins justice à l’esprit d’initiative et à- la ténacité de l’honorable ingénieur dont nous connaissons toutes les luttes contre la routine française.
- M le Dr H. Fritsche, directeur de l’observatoire russe de Pékin, nous envoie une brochure sur les Observations magnétiques sur 509 lieux faites en Asie et en Europe pendant la période de 1867-1894. La brochure est accompagnée de 3 cartes des anomalies magnétiques près de Ioussar-oe et de Moscou.
- (Voir la suite de la Boite aux lettres page 3* des Nouvelles scientifiques)
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de ton mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les rnmmunirations.— Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précédé la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- BOITE AUX LETTRES {Suite)
- M. J. Ferra, à Charly (Rhône), à propos de notre récent article sur La couleur des fleurs (n°1278, du 27 novembre 1897, p. 410), et dans lequel notre collaborateur dit qu’on n’élèvera pas de jacinthe jaune, nous écrit : « J’ai une modeste collection de jacinthes, j’en ai des blanches, nuance laiteuse, neige, etc. D’autres roses, absolument roses, rose pâle, rose vif; des jacinthes toutes violettes, puisque, comparées à des violettes, on confond les deux fleurs à une certaine distance. J’en ai des jaune-paille, des crème, j’en ai des lie-de-vin. Et mon voisin en a d’absolument rouge. »
- M. H. Moisson et M. James Deivar nous ont envoyé une notice renfermant les résultats des travaux suivants : On the Properties of liquid fluorine, ainsi que On the liquéfaction of air and the détection of impurities (séparation of hélium from the gas of the King’s Well, Bath), by J. Dewar, et On the Absorption of hydrogen by Palladium at high Températures and Pressures, by J. Dewar.
- Renseignements. — M. Villaro, à Saint-Chamond. Il suffît d’employer une eau dans laquelle on a versé quelques gouttes seulement d’acide azotique.
- M. G. d’Espies, à Besançon. — Nous ne connaissons pas l’appareil dont vous voulez parler.
- M. P. Gilbert, à Givet. — La charge par piles de tels accumulateurs ne serait pas bien pratique.
- M. Le Fortier, à Pontoise. — L’adresse que vous demandez a été donnée en tète de la Boîte aux Lettres du n° 1277 du 20 novembre 1897.
- M. Rivoire, à Pont-de-Beauvoisin. — Nous avons donné une description détaillée de la Turbine de Laval dans le n° 1083 du 3 mars 1894, p. 211 ; vous pourriez vous adresser au siège de la Société qui l’exploite, 48, rue de la Victoire, à Paris.
- M. Papuchon, à Paris. — Il vous faudrait adresser une demande au directeur de l’établissement.
- M. Quillot, Yonne. — La Ligue ornithophile française a son siège à Aix en Provence.
- M. Philippare, à Paris. — Il est impossible de donner d’autres renseignements pour le moment; une société française est en voie d’établissement, nous serons informés de ses premiers travaux.
- M. le colonel Bruneau, à Pamiers. — Vous pourriez essayer la machine La Dactyle, 46, boulevard Haussmann, à Paris ; elle a été décrite dans le n° 1181 du 18 janvier 1896, p. 97.
- M. Lacoste, à Rouen. — Pour charger un accumulateur, il faut donner aux bornes de celui-ci une différence de potentiel égale à 2,5 volts. Votre pile est insuffisante; il faudrait en coupler deux éléments en tension sur un accumulateur.
- M. Pottier, à Vi lemomble. — Les renseignements dont nous avons parlé ont été empruntés au journal Prometheus, n° 408, à la librairie Rudolf Mückenberger, Dôrnbergstrasse, 7, Berlin.
- M. C. P., à Genève. — Nous n’avons pas publié d’article sur ce sujet; mais vous pourriez voir à la Librairie agricole de la maison Rustique, 26, rue Jacob, à Paris, si aucun ouvrage n’a paru sur cette question.
- if. J. Carcaletzeane, à Bucharest. — Nous n’avons rien à ajouter à l’article que nous avons fait paraître sur le phonographe Lioret dans le n° 1266 du 4 septembre 1897. Vous trouverez aussi d’autres phonographes chez MM. Pathé, 98, rue de Richelieu, à Paris.
- if. F. Witz, à Bischwiller. — Des expériences ont été faites pour déterminer ces quantités d’eau ; vous trouverez des chiffres dans P Annuaire du bureau des longitudes.
- if. Hayot, à Lérouville. — Votre turbine nous paraît bien étudiée; il faudrait connaître les résultats qu’elle donnerait en pratique.
- M. Dubut, à Auxon. — Il y aurait peut-être à essayer une disposition laissant libre la partie supérieure du réservoir, pour faciliter la dilatation.
- if. /. Ferra, à Charly. — Voitures automobiles : M. Pan-hard, 19, avenue d’ivry; MM. Peugeot, 32, avenue de la Grande-Armée, à Paris; MM. de Dion et Bouton, 12, rue Ernest, à Puteaux (Seine) ; M. G. Richard, 24, rue du Quatre-Septembre, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. H. F., à
- Faverney. Nous ne pouvons vous fournir- ce renseignement. Tous nos regrets. — M. Frutiaux, à Paris. Remerciements pour vos diverses observations; nous ne pouvons insister davantage. — M. Jochim, à Saint-Pétersbourg. Votre lettre a été envoyée à destination. — if. A. Bonreau, à Paris; M. G. M.. à X. Voyez les Recettes et Procédés utiles, 2e série, à la librairie Masson et C1'. — M. I. B., à Paris. Nous ne connaissons pas de formule semblable. — if. Josino dos Santos, à Lima. Remerciements pour votre communication.
- PETITES INTENTIONS"
- Machine A coudre enfantine. — Nous présentons aujourd’hui, à nos lecteurs une petite machine à coudre (n° 1) qui intéressera beaucoup les petites filles. On fixe la machine sur une planchette ou sur une table au moyen du crampon à vis, comme le montre le n°2 de notre dessin, et de telle façon que la manivelle se trouve à portée de la main droite et la tablette de couture en face de la personne qui travaille. La machine est livrée bien réglée et prête à fonctionner. On recommande de bien examiner l’état de l’appareil servant à la tension du fil, la manière dont la bobine se trouve placée et dont le fil est guidé jusqu’à l’aiguille. La tension du fil joue un rôle capital dans le fonctionnement, le fil trop tendu se casse, trop libre, il s’embrouille autour du crochet-hélice. 11 est donc d’une grande importance pour le fonctionnement que la tension soit parfaitement réglée. Le réglage de la tension se fait au moyen de la vis de pression dont elle est munie. Suivant l’épaisseur de l’étoffe, il y a lieu de serrer ou de desserrer cette vis ; si le fil est trop lâche, il faut serrer, si l’étoffe plisse, il est nécessaire de desserrer. Il faut vérifier ensuite si le fil de la bobine n’est pas embrouillé, et on l’arrange convenablement. On tourne la manivelle et la machine peut fonctionner.
- Pour la mise en marche, on place la bobine de façon que le fil se présente devant l’ouverture de l’appareil à tendre le fil. La bobine doit tourner librement. On passe le fil à travers cet appareil et par les œillets. On tourne la manivelle de façon à amener l’aiguille à son point le plus élevé. On enfile l’aiguille de gauche à droite et on tire le fil d’une longueur
- Petite machine à coudre. — 1. Vue d’ensemble. — 2. Mode d’emploi.
- de 5 centimètres. On soulève ensuite le pied-de-biche au moyen du levier, on passe le til sous le pied-de-biche ; on présente l’étoffe sur la table de couture et on fait descendre le pied-de-biche. On tourne après la manivelle et la couture se fait d’une façon satisfaisante.
- On fait les premiers points lentement, on ne tourne pas avec le bras, mais avec le poignet. On laisse l’étoffe s’avancer sans la pousser ni la tirer, on la guide seulement.
- Cette petite machine à coudre permet de travailler avec des étoffes très minces ; mais, dans ce cas, il faut placer une bande de papier d’emballage sous l’étoffe. Le travail terminé, on enlève le papier sans déranger la couture. Il faut huiler de temps en temps les frottements, cou;sinets, etc.
- Pour placer une nouvelle aiguille, on desserre la vis et on enlève l’aiguille usée ou cassée, on abaisse le pied-de-biche, on passe la pointe de l’aiguille neuve dans le trou de la table de couture et on place l’aiguille, la rainure tournée à gauche. Pour déterminer exactement jusqu’à quel point l’aiguille doit être enfoncée dans la tige qui la porte, il suffit de tourner la manivelle en bas afin que l’aiguille monte à son point le plus élevé, de poser le petit mesureur en métal debout en longueur sur la table de couture; il faut alors pour que l’aiguille soit bien réglée, que le chas se trouve exactement en face de la ointe du mesureur. Serrer ensuite la vis pour fixer l’aiguille, ’aiguille employé# est celle de Wilcox et Gibles. Pour arrêter l’ouvrage, il faut tourner la manivelle en bas, lever le pied-de-biche et tirer l’étoffe en arrière en descendant. Pendant ce temps, maintenir la manivelle afin qu’elle ne puisse bouger. Par cette simple opération, on dégage l’ouvrage et on arrête le point. Pour tourner l’ouvrage, on arrête l’aiguille à son point le plus élevé; on soulève le pied-de-biche, on tourne l’ouvrage, on abaisse le pied-de-biche et on continue à coudre. — La machine à coudre se trouve chez M. Kratz-Boussac, 3, rue Saint-Laurent, à Paris.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des iVou-velles scientifiques est étrangère aux annonces.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- ' BIBLIOGRAPHIE
- Compositions d'analyse, cinématique, mécanique et astronomie, données depuis 1869 à la Sorbonne pour la licence ès sciences mathématiques, suivies d'exercices sur les variables imaginaires, énoncés et solutions, par E.Vulié, docteur ès sciences. 5 vol. in-8°. Paris, Gauthier-Viliars et fils, éditeurs. Prix respectifs : 9 fr., 8 fr. 50 et 8 fr.
- Cours de physique biologique. Leçons de mécanique animale, par J. Bergonié, professeur à la Faculté de Médecine. Leçons sténographiées et publiées avec le concours de MM. E. Win-kler et Roumaillac. 1 brochure in-4°. Bordeaux. Feret et fils.
- i La Photomicrographie, par A.-L. Clément, officier de l’instruction publique, président de la Section d’entomologie à la Société nationale d’Acclimatation de France. 1 vol. illustré de 95 figures. Prix : 2 francs. Editeur, Charles Mendel, Paris, 1897.
- Formation de la nation française. Textes. Linguistique. Palethnologie. Anthropologie, par Gabriel de Mortillet, professeur à l’École d’Anthropologie. 1 vol. in-8* de la Bibliothèque scientifique internationale. Félix Alcan, éditeur. 1897.
- Almanach de VAgriculture pour 1898, par Henry Sagnier. 1 vol. in-16. Paris. Masson et Cie. Prix : 0 fr. 50.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou /Parc Saint-Maur. altitude 49“,30). —> Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DO MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLOIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES 1
- Lundi 29 novembre. 5°,5 S. W. 4. Beau. 4,7 Très nuageux jusqu’à 18 h. ; beau ensuite (pluie jusqu a 4 li., et averse à 10 h.) ; gelée blanche.
- Mardi 30 - 1°,7 S. 2. Beau. 0,1 Beau jusqu’à 8 b. ; couvert ensuite.
- Mercredi 1" décembre 5*,4 S. W. 3. Beau. 3,6 Couvert jusqu’à 4 h.; nuageux de 11 à 19 h.; beau le reste du temps ; pluie de 1 h. 1/2 à 4 b. ,
- Jeudi 2 i°,i S. E. 1. Couvert. 0,0 Beau à 1 h. ; couvert ensuite ; pluie et grésil de 10* 10 à W 40.
- Vendredi 5 l-,4 E. N. E. 4. Couvert. 0,6 Couvert jusqu'à 13 h. ; puis nuageux ; beau après 15 h. ; nuageux à 24 h.
- Samedi 4 -2',8 N. N. E. 3. Couvert. 0,0 Beau à 1 b. ; couvert ensuite.
- Dimanche 5. . ... . — 0°,1 N. 3. Couvert. 0,0 Nuageux à 22-23 b.; couvert le reste du temps. 1
- NOVEMBRE-DECEMBRE (897. - SEMAINE DU LUNDI 29 NOVEMBRE AU DIMANCHE S DÉCEMBRE.
- ISSSS!
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les (lèches in férieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à ü. au niveau de ta mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- l.n tempête du 20 novembre. — Une violente bourrasque a soufflé dans la nuit du 28 au 29 novembre sur la région de Paris. Elle a eu pour résultat d'interrompre, pendant toute la nuit, les communications téléphoniques avec Calais* Dunkerque, Lille, etc. Le 29, à 8 heures et demie du matin, elle durait encore. On enregistrait, & la tour Eiffel, une vitesse du vent de 35 mètres par seconde. La bourrasque, d’après l'observatoire de la tour Saint-Jacques, est due à l’action d’une très profonde dépression qui sévissait le matin sur le nord et le nord-ouest de l’Europe, la baisse barométrique a été grande et rapide ; parti d’un maximum de '775*“\5 le vendredi 28 novembre, le baromètre s’est abaissé le 29 à 744 millimètres. Cettfe variation brusque a mis lin au régiirfb de sécheresse auquel nous étions soumis depuis plusieurs semaines.
- Cette tempête n’a pas cependant atteint l’importance de celle du 12 novembre 1894, qui causa de nombreux accidents. Ce jour-là, on nota une vitesse du vent, à la tour Eiffel, de 42 mètres par seconde.
- La même tempête a sévi sur la région de l'ouest. De Fécamp, du Havre, de Cherbourg on a télégraphié que la mer était démontée.
- À Dunkerque le steamer Noël s'est perdu sur la côte anglaise ; la marée •de 3 heures et demie, a débordé sur presque tous les quais. Le mouve- . ment a été comparé à un véritable ras de marée. Tous les navires ont doublé ou triple leurs amarres. Un tramway allant à Saint-Pol-sur-Mer a été renversé parle vent. Quatre personnes ont été blessées, dont deux grièvement. Tous les kiosques de plaisance de la plage de Malo-les-Bains, près de 500, ont été détruits et enlevés par la mer qui est montée sur la digue-promenade et a transporté certains kiosques jusque contre les villas q-ui bordent cette promenade large de plus de 20 mètres. Les dégâts ont été évalués à plus de 150000 francs. L’extrémité de cette digue est tort endommagée. On ne se souvient pas de semblable désastre. Au port, les travaux de l’entrée ont subi de sérieux dégâts. Des ouvriers ont été blessés en déchargeant des marchandises désarrimées par la tempête. De nombreuses barques ont été brisées contre les murs des quais.
- La tempête s’est également fait sentir à Marseille ou l’on a eu plusieurs accidents à déplorer.
- En Angleterre, la tempête qui avait commencé de sévir le 28 novembre s’y est déchaînée le 29 avec une violence plus grande encore. Elle a fait de grands ravages à Margate, où les rues sont semées de débris de toitures. La salle de concert et les bains ont été presque entièrement détruits. Le vaisseau historique Foudroyant, à lilackpool, a été mis en pièces. De tous les côtés du littoral arrivaient des nouvelles de dégâts, d’inondations, de naufrages.
- Toutes les localités des embouchures de la Tamise et de la Medway ont été inondées. Sept navires échoués se sont perdus avec leurs équipages sur les côtes du Norfolk. Un navire s’est échoué sur les côtes de -Cornouailles. Il y a eu douze morts. Un vapeur a sombré avec son équipage sur les côtes du Yorkshire, où une vingtaine de navires se sont échoues, mais leurs équipages ont été sauvés. Ufcrsenal de Woolwich a été inondé.
- Les casernes de Sheerness ont été inondées ; le mobilier flottait dans les rues. La digue de Queensborough, dans le port d'embarquement pour Flessingue, s’est rompue.
- Mais à Sheerness la situation a été le plus inquiétante ; les casernes ont été inondées, la jetée a été. en partie détruite et les voies ferrées ont été abîmées.
- Un gros orage, accompagné de grêle et de coups de tonnerre, a éclaté le 28 novembre à Bruxelles. Il a été suivi d un violent ouragan, oui a duré plus de 2i heures, avec des alternatives d'accalmie et de recrudescence. Les dégâts ont été considérables et les accidents nombreux. Un ' vaste bâtiment en planches, qui avait servi aux représentations de l’Olympia de Londres et qu’on démolissait sur le boulevard du Midi, s’est effondré d’un coup. Il en a été de même du hall des machines à l’exposition de Tervueren.
- A Vaals (Pays-Bas), le 29 novembre, il y a eu une sorte de tempête du sud, avec orage, tonnerre, éclairs. Le matin, il est tombé de la pluie mêlée de neige.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 1", à 3 h. 24 m. du matm,
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal
- INFORMATIONS
- —g— Une violente bourrasque s’est abattue sur Paris le 8 décembre. L’observatoire municipal de la tour Saint-Jacques a donné, à ce sujet, quelques renseignements. Cette bourrasque a donné lieu à des coups de vent assez forts, lesquels ont atteint 26™,4 par seconde à la Tour Eiffel, et 11 m,l à la Tour Saint-Jacques. Il y a eu de nombreuses averses orageuses. En effet, le matin à 9h 58 et dans l’après-midi, à 2h 29, on a entendu le tonnerre ; or, le tonnerre à cette époque de l’année constitue, pour notre région, un fait assez rare. La baisse barométrique a été rapide depuis le 8 à 10 heures du matin, la dénivellation atteignait, à 3 heures de l’après-midi, 19mm,5. Nouvelle tempête dans la nuit du 10 décembre.
- —Répartition sur le globe des pluiés et des orages. Le directeur de l’observatoire d’Odessa, après de patientes et longues observations météorologiques et climatologiques, vient de faire paraître un curieux travail relatif à la répartition des pluies et des orages sur la surface du globe. Suivant lui, il existe des deux côtés de l’équateur, une zone d’activité électrique intense qui correspond exactement à la région des plus grandes pluies. Dans toute cette région les orages dépassent cent par an. Au delà de cette zone déterminée — de 0 à 20 ou 25° de latitude dans les deux hémisphères — les orages se font plus rares, et dans les climats tempérés ils ne dépassent guère une trentaine par an. Mais l’observation la plus curieuse que nous relevons dans l’étude en question est relative aux pays où, d’après le météorologiste russe, non seulement les orages sont inconnus, mais encore où il ne pleut jamais. Ces pays privilégiés sont : la Finlande, ,1’Islande, le nord de la Sibérie, le Turkestan oriental, la Nouvelle-, Zemble et toutes les terres arctiques.
- —A la Société d’études photographiques de Paris. M. Yil-lâin a présenté aux sociétaires une épreuve sur papier au bromure qui offrait la particularité suivante : métallisation des blancs, dont il n’a pu s’expliquer la cause, plusieurs épreuves développées avant et après n’ayant pas produit les mêmes effets. Sur cette épreuve, avant il est vrai un excès de pose, l’image est venue en noir, mais tout ce qui devait être blanc accusait une réduction brillante d’argerit, la partie même protégée de la lumière par un cache était encore plus brillante et plus métallisée. De nombreuses explications contradictoires ont été données, des expériences seront faites pour essayer de renouveler cet accident.
- —L’Association des Industriels de France contre les accidents du travail vient d’ouvrir un concours public pour la création d’un monte-courroie portatif. Ce concours sera clos le 31 décembre 1897. Pour les divers renseignements, il faut s’adresser au siège de l’Association, 5, rue de Lutèce, à Paris.
- —$$— Vitesses des r traversées transatlantiques. Pendant l’année 1896, les malles des États-Unis ont été transportées d’office postal (New-York) à office postal (Londres ou Paris) dans les délais minimum suivants : par Campania,,156 h. 9; Lucania, 158 h. 6; Saint-Louis, 168 h. 4; Teutonio, 170 b. 3; Furst-Bismarck, 170 h. 8; par La Touraine, 197 h. 4.11 ne faut pas oublier que la route de ce dernier paquebot est plus longue que celle suivie par les autres bâtiments.
- —®— Les plus longs ponts du monde. Le pont le plus considérable qu’on puisse voir dans le monde est celui qui a été achevé depuis quelques années sur le Tay en Ecosse, il a 3200 mètres de longueur. Vient ensuite, aussi dans la Grande-Bretagne, celui de Firth et de Forth qui a 2394 mètres d’étendue. D’autres sont remarquables encore, nous citerons les principaux : Le pont de Mœrdyck (Hollande) a 4470 mètres de longueur, celui de Volga en Russie a 4438 mètres. Les ponts de Weichsel 4325 mètres, de Thœn 1272 et de Grandenz sur l’Elbe, 4092 mètres, sont en Alle-
- magne. Le pont de Garabit élevé sur la Truyère, département du Cantal (France) a 564 mètres de long, dont 449 mètres pour la partie métallique. Enfin, le pont de Brooklyn à New-York (Etats-Unis) a 488 mètres.
- —®— Le vieux pont de bateaux, reliant le grand-duché de Bade à l’Alsace, entre Kehl et Strasbourg, a vécu. Ce pont avait été construit en 1814. Depuis 1889, il était question- d’établir un pont fixe pour les voitures et les piétons, le pont du chemin de fer ne servant qu’au passage des trains ; ce ne fut qu’en 1896 qu’on se mit à l’œuvre. Il fallut quinze mois pour achever l’œuvre, qui aura coûté plus de 2 millions. Le pont, tout en fer, a 240 mètres de longueur et 16 mètres de largeur, avec deux trottoirs de 3 mètres pour les piétons. Le matériel du vieux pont de bateaux a été vendu à l’administration militaire.
- —La plus grande machine à papier du monde. Scientific American signale comme devant être la plus grande machine à fabriquer le papier qui existe dans le monde entier, celle en construction par Bumford Faits Paper C°. Cette machine donnera du papier de 3m,75 de large (la plus grande largeur qui ait jamais été fabriquée) à la vitesse de 152 mètres à la minute. Elle donnera 35 tonnes de ce papier par 24 heures, et l’on estime qu’il ne faudra pas moins de quarante à cinquante hommes pour la servir. • •
- —®— Le consul anglais à Hiogo a signalé dans un récent rap-ort les progrès extraordinaires de l’industrie des tapis au Japon, 'est à Sakaï, ville de 50 000 habitants, située dans la banlieue d’Osaka, qu’est le siège de cette industrie. Elle emploie environ 10000 personnes, notamment des enfants et adolescents des deux sexes de sept à seize ans. Les tapis sont surtout faits de jutes, et leurs dessins sont une imitation ae ceux de Perse et de Turquie : les vieux modèles japonais à fleurs sont peu reproduits. Les, tapis sont vendus 25 à 50 centimes le pied carré, et 4800 yards carrés sont journellement produits. La matière employée est principalement le jute et on l’importe surtout de Calcutta, mais la fabrication de tapis de laine commence aussi à être entreprise. Le consul anglais signale de grands progrès dans la teinture des fils employés.
- —ÜË— M. Ollivier, contrôleur civil suppléant à Tunis, a fait une découverte importante : Au cours d’une ae ses tournées, il avait recueilli des indices de la présence d’une forte quantité d’eau à la Sokra, à 6 kilomètres de Tunis. L’administration des travaux publics a organisé des fouilles et on a trouvé deux vastes canaux souterrains voûtés se dirigeant vers les ruines de Carthage. Des travaux considérables seront nécessaires pour dégager l’œuvre entière, mais déjà la partie mise au jour montre de grandes chambres souterraines, ornées de niches qui ont dû contenir des statues. De grands escaliers de marbre rouge y donnent accès. Le débit actuel de l’eau est encore assez important, quoique les sources doivent être ensablées et engorgées. Leur emplacement exact n’a pas encore été retrouvé. Ces travaux paraissent antérieurs à l’époque romaine et semblent avoir servi à l’alimentation en eau de la Carthage phénicienne.
- —D’après les statistiques qui viennent d’être publiées pour les provinces centrales de l’Inde, les serpents y ont tué l’an dernier 1133 personnes, et les bêtes fauves ont fait 291 victimes. Les tigres sont naturellement les plus meurtriers, puis viennent les loups dont la peau a été récemment mise à prix.
- —@— Le jardin d’essai de Tunis avait livré aux colons, depuis l'hiver 1893-1894, époque où avait commencé de fonctionner ce service : 9914arbres fruitiers; 183124 arbres forestiers, 16430 griffes d’asperges. Dans la seule campagne dernière, pendant l’hiver 1896-1897, ces chiffres ont été de beaucoup dépassés. Ils ont atteint 25682 arbres fruitiers; 243513 arbres forestiers; 19430 griffes d’asperges.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES,
- Adresses relatives aux appareils décrits. —Pour tout ce qui concerne la transmission de mouvement par fil flexible, s’adresser: à M. Frank Fisher, à Germantown (Etat de New-York). — Dans notre dernière Boîte aux lettres, nous avons donné l’adresse du filtre Grandjean, c’est de l’Éden-filtre qu’il faut lire.
- Communications. — M. Ed. Franger, à Cannes, nous fait connaître un fait qu’il a observé dans la Forêt-Noire et nous pose en même temps une question à laquelle plusieurs de nos lecteurs pourront peut-être répondre : « Dans un petit étang d’une dizaine d’ares de superficie, traversé par un ruisseau, nous écrit-il, vivent de nombreux cyprins de Chine qui y prospèrent et s’y multiplient; dans ce même étang circulent, surtout le long des bords sablonneux, de nombreuses bandes de goujons communs; or, parmi ces derniers, j’ai constaté la présence de plusieurs individus ayant exactement la couleur rouge doré des cyprins. Je ne pense pas que ce changement de couleur puisse être attribué à une hybridation, les goujons rouges ayant conservé exactement la taille, la forme et les allures de leurs frères gris; et une hybridation ne paraissant guère possible entre deux espèces aussi éloignées l’une de l’autre; mais à quelle cause alors attribuer ce changement de coloration? ce n’est certes pas à un simple esprit d’imitation. »
- M. E. D., à Compiègne, à propos de la Note extraite de l’article publié par M. Georges Michel dans Y Economiste Français, Note que nous avons donnée dans les Informations du n° 1277 du 20 novembre 1897, nous transmet l’intéressante
- communication suivante : « Cette Note ne fait pas apparaître sous son côté le plus favorable la vitesse obtenue par nos trains à l’heure actuelle sur nos différentes lignes, comme vous pourrez le voir par le tableau ci-joint.
- COMPAGNIES. PARCOURS ET TRAINS.
- VITESSE A L’HEURE.
- DISTANCE ET TEMPS
- Arrêts Arrêts déduits, compris.
- PLUS GRANDE VITESSE
- vitesse maxima entre donnée deux arrêts par consécuti fs. H. Michel.
- Nord . . Paris-Calais M. Calais - Rome et Méditerranée-express. 298k” 3-50 87k”,219 85k“,142 92k”,470 (S min. d’arrêt.) Paris- Amiens. 82k“
- Orléans. Bordeaux-Paris Sud-express. 585k“ 7‘ 23 77k",156 74k”,382 84k“ (16 min. d’arrêts.) Tours- lès-Aubrais. 72k“
- Est. . . Be’foit-Paris Train 30. 443k“ 6h 77k”,719 73k“,833 80k-.869 (18 min. d’arrêts.) Belfort-Yesoul, 72k“
- Lyon. , Par's-Marseille Méi itsrranée-express. 863k” llh 50 76k“,372 72*”,929 80k",869 (32 min. d’anêts.) Valence» Avignon. 73k"
- Midi » . Bordeaux-Cette Train 121. 476k" 7-10 73k”,013 66k“,418 78k“,072 (39 min. d’arrêts.) La Mothe-llax. (Sud-express. 72k- >
- Ouest. . Paris-Havre Train 1. 228k,“ 5-15 72k-,000 70k-,lo4 75k” (a min. d’arrêts.) Paris-Rouen 66k”
- État . . (été seulement.) Paris-Rovan Train 8. 5651" 9-05 64lm,220 61k”,960 72k“,078 (19 min. d'arrêts.) Courtalain-Thouars. ( Train 99. ) )»
- « On voit que la Compagnie du Nord entraîne un train de luxe avec la vitesse de 92km,470 à l’heure entre Paris et Amiens, c’est-à-dire entre deux arrêts consécutifs. L’Orléans arrive à 84 kilomètres, l’Est et le Lyon à 80km,869, etc. La vitesse du Calais-Rome et du Méditerranée-Express entre Paris et Amiens dépasse celle de n'importe quel train d’Europe. L’Angleterre elle même n’arrive qu’à 90k“,4 avec son Flying Scotcnman entre Grantham et York. »
- M. J. Cahu, de la Société des générateurs à gaz acétylène système Cousin, à Paris, à propos de l’article de notre collaborateur M. G. Pellissier, L’Éclairage à l’acétylène (n° 1279, du 27 novembre 1897, p. 412) nous fait savoir que le générateur Cousin fonctionne avec du carbure granulé. De plus, l’appareil est de M. Cousin et non de MM. Cousin et de Perrodil.
- Renseignements. — M. Samuel, à Puligny-Montrachet. — Vous trouverez divers renseignements sur la pile d'Arsonval dans le Traité élémentaire de la pile électrique par A. Niaudet à la librairie Baudry, F5, rue des Saints-Pères, à Paris, et dans les Recettes de T Electricien de M. E. Hospitalier, à la librairie Masson et C’*.
- M. E. G. B., à Paris. — Nous ne croyons pas qu’il existe des modèles de moteurs à pétrole de ce genre.
- M. Jederico Hombe, à Cadiz. — Tubes et tuyaux métalliques flexibles : M. P. Sorgue, 9, passage Corbeau, et M. Ch. Ru-dolphe, 74, rue Amelot, à Paris.
- M. Mouterie, au Bourg de lluzy. — Ecrivez au directeur de l’établissement mentionné dans l’article.
- M. R. de Massia, à Puichérie. — Il n’y a pas d’ouvrage spécial; il faut consulter les divers traités de chimie industrielle, le Dictionnaire de Wurtz, etc.
- M. A. L. B., à Narbonne. — Nous avons donné cette adresse en tète de la Botte aus> Lettres du n° 1277 du 20 novembre 1897.
- M. H. K., à Paris. — Adressez-vous à Mme Duprat, 19, rue du Marché-Saint-Honoré.
- Une abonnée, à Neuilly. — Nous ne savons si cet appareil se trouve dans le commerce; vous pourriez vous renseigner chez M. Chabanon, 06, boulevard de Sébastopol ou chez le D1' Bonnet, 11, rue de la Santé, à Paris.
- M. J. Princen, à Corthys. — Dans les télégraphes électro-chimiques, la substance électrolysée est généralement du cyanure de potassium qui, sous l’influence du courant, donne du bleu de Prusse en présence d’une pointe de fer. Le papier est rendu conducteur en le trempant dans une solution concentrée d’azotate d’ammoniaque.
- M. Y. Munpurâ, à Riopar (Albacete). — 1° Cet appareil est’ bon et fonctionne bien. — 2° Phonographe Lioret, 18, rue Tbi-baud, à Paris. — 5° Le cinématographe Demeny se trouve chez MM. Gaumont et C1”, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. P. Bœuf, à Arles. — Les disques zinc et cuivre dont il. s’agit, appliqués sur le corps, constituent une pile ; mais ils ne se rechargent pas. On peut seulement les décaper un peu pour bien découvrir les surfaces.
- M. A. Le Grand, à Cannes. — Pour les divers appareils radioscopiques, il faut vous adresser à la maison Chabaud, 6, rue de la Sorbonne, à la maison Séguy, 36, boulevard Saint-Michel, à la maison Ducretet et Lejeune, 75, rue Claude-Bernard et à la maison Radiguet, 15, boulev. des Filles-du-Calvaire, à Paris.
- Mme Mallet, à Jouy-en-Josas. — Pour tout ce qui concerne le flotteur Louiton, dont nous avons donné la description dans le n" 1267 du 11 septembre 1897, p. 240, il faut vous renseigner auprès de M. Louiton, 14, rue Gambetta, à Rochefort-sur-Mer.
- M. A. de M., à Narbonne. — Il est nécessaire de laver ces bonbonnes d’abord à l’eau acidulée, puis à grande eau à de nombreuses reprises jusqu’à ce qu’il ne reste plus aucune odeur,
- M. J. Poursot, au Havre, — Il aurait été intéressant de faii e-analyser le petit blcc de métal que vous avez obtenu après la fusion.
- M. J. Boiten, à Versailles. — Nous mentionnerons votre ouvrage dans notre bibliographie.
- M. R. B. L., à Paris. — Pour vous renseigner, il faudrait faire des recherches assez laborieuses, que nous regrettons de ne pouvoir entreprendre.
- M. Malaterre, à Revel. — Nous croyons qu’en vous adressant à la Société Française de matériel agricole, à Paris, 191, rue du Faubourg Saint-Denis, vous trouverez l’appareil que vous nous demandez.
- M. J. de Souza, à Lisbonne. — Pour ce qui concerne l’ouvrage dont vous parlez, voyez à la librairie E. Bernard, 53 1er, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. P. Hentsch, à Lauzanne. — Nous avons publié plusieurs articles sur les ascenseurs hydrauliques en 1877 et en 1881. L’ascenseur hydraulique des Fontkiettes a été décrit dans le n° 705, du 4 décembre 1886, p. 5.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. M., à Arc-les-Gray. Regrets de ne pouvoir vous renseigner. — M. Ph. VogtY
- à Strasbourg. Nous transmettons votre lettre au professeur Forel._
- M. Goffart, à Bruxelles. Voyez les Recettes et Procédés utiles„ lre série, à la librairie Masson et Cio. — M. Giuseppe de Luca, à Molfessa. Remerciements pour votre communication. — M. le lieutenant-colonel Labouchez, à Hérouville. Remerciements pour votre intéressant envoi que nous transmettons à M. Forel.
- Hans lu « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants gui lui sont signâtes par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements gui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les Questions, ni à insérer toutes les communications.— Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Il
- PETITES MENTIONS1
- Carabine & air comprimé. — Cette nouvelle carabine se distingue par plusieurs qualités particulières ; toutes ses parties métalliques sont en acier, elle est très solide et fonctionne très bien. Elle porte à 30 mètres; elle peut donc servir pour
- Carabine à air comprimé. — 1. Vue d'ensemble.
- 2. Disposition pour armer. — 3. Magasin. — 4 et 5. Système à répétition.
- tirer des oiseaux. Le nw 1 donne une vue d’ensemble. On emploie des balles rondes ou des flèches. Le n° 2 montre la disposition pour, charger la carabine. On tient le canon verticalement, on introduit la balle dans le canon par la bouche et on plie l’arme. Parce mouvement la balle est aspirée par l’air et mise en place ; la carabine est armée. Cette carabine présente également entre le tube-enveloppe et le canon intérieur (n° 3), un magasin qui peut renfermer 150 balles. On ferme le magasin par un système à répétition (n°‘ 4 et 5), que l’on visse à l’extrémité du canon. Pour charger la carabine, on la tient verticalement, la bouche du canon tournée vers le sol, et on appuie sur le petit levier du système à répétition, qui, par ce mouvement, laisse passer une balle du magasin dans le canon intérieur. On arme ensuite comme nous l’avons expliqué plus haut. — La carabine à air comprimé est chez M. Kratz-Boussac, 3, rue Saint-Laurent, à Paris.
- L'àne rétif. — Ce petit jouet est remarquable par ses mouvements mécaniques. Il s’agit d’un âne qui traîne une petite cariole et qui marche difficilement, tantôt avançant, tantôt reculant. Un clown placé sur le siège (n° 1) cherche à faire avancer notre âne en tirant sur les guides ; il se lève de temps à autre sur le siège et semble suivre exactement tous les mouvements. Le n° 2 nous montre le dispositif employé. Au centre se trouve un arbre avec un ressort que l’on remonte à l’aide d’une
- L'àne rétif. — 1. Vue d’ensemble. — 2. Mécanisme intérieur.
- clef placée à la partie inférieure. Pour commander chaque roue se trouve une petite transmission à angle. La marche en avant et en arrière est obtenue au moyen de la roue dentée horizontale portée par l’arbre vertical dont nous avons parlé. La moitié des dents de cette roue est relevée de façon que les pignons des deux roues de la voiture se trouvent alternativement lâchés lorsque la roue dentée en tournant dépasse la partie des dents relevées et est reprise au même instant du côté opposé ; ce qui ramène la voiture en arrière. — L’âne rétif se trouve à la même adresse que la carabine à air comprimé.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nou» miles scientifiques est étrangère aux annonces
- Alliimolr électrique. — Ce nouvel allumoir se compose d’une bouteille formant pile et sur le côté d’une petite lampe à essence minérale. Le zinc de la pile est portée par une tige verticale maintenue par un ressort (n° 1). Si en appuyant on fait plonger le zinc dans le liquide, le capuchon de la lampe se relève et il jaillit une étincelle (n° 2), qui allume la mèche. On laisse ensuite remonter le bouton, la mèche supérieure
- Allumoir électrique. — 1. Dispositifs. — 2. Mode d'emploi.
- seule reste allumée. La pile est à acide chromique ; il suffit de mettre dans la bouteille le contenu d’un flacon de sel chromique pour 1/4 de litre et de l’immerger avec de l’eau. On obtient la dissolution, et on garnit le petit flacon latéral avec de l’essence minérale jusqu’à moitié. L’allumoir peut ainsi servira 1500 allumages sans toucher à la pile.—-L’allumoir électrique se trouve chez M. Renaut, 45, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Soudure du cuir à lui-même. — Pour coller le cuir à lui-même, on recommande la formule ci-après, qui renferme au moins un ingrédient assez bizarre. On prend 50 grammes de colle de poisson de Russie qu’on fait fondre dans un matrat avec 50 grammes de petit-lait, auquel on a mélangé 50 grammes d’acide acétique, puis on ajoute 50 grammmes d’ail réduit en pâte, et l’on fait fondre le tout au bain-marie. D’un autre côté, on fait dissoudre à chaud 100 grammes de gélatine Coignet n° 2, dans autant de grammes de petit-lait. Il ne reste plus qu’à mélanger les deux dissolutions chaudes, à y additionner 50 grammes d’alcool à 90° et à passer à travers un linge un peu fin. On étend la colle au pinceau sur les parties à réunir qu’on rapproche et qu’on maintient serrées l’une contre l’autre jusqu’à dessiccation.
- Pommade de concombre. — Prendre 600 parties de graisse de veau et y ajouter 1000 parties de lard, puis quand tout est en fusion, y additionner 2 parties de teinture de tolu; lorsque ce mélange est presque froid, on y incorpore graduellement, en brassant constamment, 1200 parties de jus de concombre et 2 d’eau de rose, qu’on a préalablement mélangées.
- Pour éteindre le pétrole. — Il faut bien se garder de jeler de l’eau lorsqu’on a renversé une lampe à pétrole et que le feu s’est communiqué au liquide répandu, cela ne servirait absolument à rien. Si on a des cendres, du sable, ou une poussière quelconque en assez grande quantité à proximité, ou pourra l’utiliser avantageusement. Mais une chose qu’on a généralement sous la main dans un ménage c’est le lait et celui-ci versé sur le pétrole enflammé l’éteint immédiatement. C’est un moyen qui peut rendre de grands services et qui est malheureusement très peu connu des ménagères qui manient souvent le pétrole avec beaucoup d’imprudence.
- BIBLIOGRAPHIE
- La traction mécanique des tramways. Etude des différents systèmes, comparaison et prix de revient, par Raymoxi» Godfernaux, attaché à l’Exploitation du chemin de fer du Nord. 1 vol. in-8°. Paris. Baudry et Cie, éditeurs. 1898.
- Cet ouvrage intéressant a pour but de fournir les éléments d’une étude sur les différents moteurs en service dans la traction mécanique, d’exposer les derniers perfectionnements dont ils ont été l’objet, de mettre en relief les avantages et inconvénients de chacun d’eux, afin de permettre la comparaison entre les divers systèmes de traction, au point de vue technique et au point de vue des applications. L’auteur examine successivement les tramways où l’énergie est produite directement sur le véhicule (systèmes Rowan, Serpollet], les tramways où l’énergie est empruntée à une
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- usine centrale et emmagasinée dans le véhicule (locomotives sans foyer Lamm et Francq, tramways à air comprimé, à accumulateurs, à gaz), et enfin les tramways où l’énergie est empruntée à une usine céntrale mais distribuée aux voitures au fur et à mesure des besoins (tramways à cables, à trolleys électriques aériens, ou souterrains, à conducteurs interrompus Claret-vuilleumier), etc. Deux derniers chapitres sont consacrés aux freins et à la comparaison des systèmes de traction. .
- Du Tonkin aux Indes, par le Prince Henri d’Orléans. Illustrations de G. Vuillier, d’après les photographies de l’auteur. Cartes et appendice géographique, par Emile Roux. 4 vol. in-4°. Paris. Calmann-Lévy, éditeur, 4898. Bel ouvrage richement illustré de remarquables dessins et de cartes. Edition de luxa.
- L’Algérie, par Maurice Wahl, inspecteur général honoraire de
- l’instruction publique aux colonies. 4 vol. in-8°. Félix Alcan, éditeur. Paris. 1897. Prix : 5 francs.
- Lectures historiques allemandes, extraites des meilleurs écrivains et choisies spécialement d’après les programmes de l’Ecole militaire de Saint-Cyr et des classes de Rhétorique et de Philosophie, par Paul Durandin, agrégé de l’Université, examinateur au Collège Stanislas. 4 vol. in-8°deiv-476 pages, cartonné toile. Masson et Cu, éditeurs. Paris, 4897. Prix : 4 fr. 50.
- La culture des mers en Europe (Pi-cifacture, Pisciculture, Ostréiculture), par Georges Rociié, inspecteur général des Pêches maritimes. 4 vol. in-8% tome 87 de la Bibliothèque scientifique internationale, avec 84 gravures dans le texte. Félix Alcan, éditeur. Paris. 4897. Prix : G francs.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMETRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi .6 décembre. 1",1 W. 2. Couvert. 0,0 Nuageux de 10 à 15 heures ; couvert avant et après. Bruine de 7 h. 1/2 à 21 heures.
- Mardi 7 2'.1 S. 2. Couvert. 0,7 Couv. Brouill. de 7 à 16 li. 500m. à 8 h. Bruine jusq. 2 b.
- Mercredi 8 .... . 9*,0 S. S. W. 5. Couvert. 1,2 Couv. matin ; très nuageux le s. ; pluie le tiers du temps.
- Jeudi 9 5»,4 S. W. 3. Nuageux. 4*0 Nuageux. Quelquefois des gouttes.
- Vendredi 10. .... — 0%1 S. 2. Couvert. 0,0 Couvert de 7 à 20 h. ; peu nuageux avant et après ; pluie de 12h. à ÎOMO; halo.
- Samedi 11 9%2 W. 4. Couvert. 10,1 Très nuageux le matin ; nuageux le soir ; gouttes à 1 h. ; averse à 10-12 h. ; halo.
- Dimanche 12 ... . 3«,5 S. S. E. 2. Couvert. 1,2 Beau jusqu’à 4 h., couvert ensuite; pluie de 7 à 14 h.; gelee blanche.
- DECEMBRE 1897. --- SEMAINE Dü LUNDI 6 AU DIMANCHE 12 DECEMBRE.
- 1 Luiuii | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi j Samedi | Dimanche |
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- La cou rue supérieure indique la nébulosité de 0 ri 10; tes /lèches inférieures, tu direction au lient. Les courues au milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques tbaromètre ramené à 0. au niveau de ta mer),; courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites au l*arc Saint-Maur en novembre f $99
- par M. E. Renou.
- Moyenne barométrique à midi, 763’",64; minimum 740"“,60 le 29 à 4 heures du matin; maximum 775““,51 le 21 à 7 heures du matin.
- Moyennes thermométriques : des minima 2°,15; des maxima 10°,85; du mois 6°,50; vraie des 24 heures 5°,64. Minimum —6U,1 le 26 vers 8 heures du matin. Maximum 23°,1 le 14 un peu avant 1 heure soir. Il y a eu 11 jours de gelée et 8 jours de gelée blanche.
- Tension moyenne de la vapeur 5"".99; minimum 2““,42 le 26 à 5 heures du soir. Maximum 11"“,1 le 8 à 5 heures du soir. Moyenne de l'humidité relative 85°,4. Minimum 44 le 1" à 2 heures soir. Maximum 100 en 17 jours, dont toute la journée du 17.
- Nébulosité moyenne 53. — Pluie 10”“,3 en 18 heures réparties en 4 jours de pluie et plusieurs jours de brouillard ou bruine et 2 jours de gouttes. 11 jours de brouillard, celui du 23 cache les objets à 60", plus un jour de brouillard partiel, le 10.
- Vents du N.-E. très dominants puis ceux du S.-E. au S.-W.
- Température moyenne de la Marne 7°,82. Elle a varié de 5°,11 le 30 à 10", 12 le 1". La rivière toujours basse et claire.
- t'.e mois de novembre a été froid au commencement et à la fin, chaud au milieu. On ne connaît pas à Paris de maxima aussi élevés en novembre, niais il y a des maxima qui en diffèrent peu.
- U’est un des mois de novembre les moins pluvieux; en 1871, la pluie a été un peu moindre. -
- C’est aussi un des plus clairs. Novembre 1788 a ' eu une nébulosité moyenne de 38, on ne rencontre ensuite que des chiffres qui en approchent; en 1828 et 1852, la nébulosité de ce mois a été 52.
- Le baromètre a rarement une moyenne aussi élevée, pourtant en 1889 cette moyenne a été de 1 millimètre plus haute.
- Relativement aux moyennes normales le mois de novembre 1897 présente les résultats suivants : Baromètre plus haut de 6““,32. Thermomètre plus bas de 0°,f4. Tension dfi la vapeur plus faible de 0“,35. Humidité relative plus faible de 2. Pluifeplus faible «le 39““,4. Nébulosité plus faible de 18.
- Les moyennes de l’automne 1897 (septembre, octobre, novembre) présentent les résultats suivants :
- Moyennes. Écarts. Baromètre. . . 761““,69 -f- 4,05 Thermomètre . 9°,74 —0,35
- Tens. de la vap. 7”“,78 —0,28
- Moyennes. Écarts. Humidité relat. 83,9 —0,9 Nébulosité ... 1 49 —12
- Pluie........... 71““,5 —91,1
- Les moyennes de l’année météorologique de 1897 ont été les suivantes :
- Moyennes. Écarts. Barom. à midi. 758”“,11 +0,17 Tfiera, moy. vraie. 10°,60 -+- 0,71 Tension de la vap. 7““,97 —1,54
- Moyennes. Écarts. Humidité relative. 80,1 •+ 1 Nébulosité ... 62-4-3
- Pluie........... 636“”,9 -t- 65,9
- Jours pluie. Tonnerre. Eclairs.
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- PHASE DE LA LUNE : P. L. le 9 décembre à 5 h. 4 m, du matin.
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- 'cà N° 1282 (25 décembre 1897), du journal « LA NATURE»
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au |numéro, au moment de la publication du journal
- INFORMATIONS
- —$$— On annonce que le prince Roland Bonaparte vient d’être -élu correspondant de l’Académie de Lisbonne et correspondant de l'Académie de Bologne en remplacement du regretté M. Daubrée, de l'Institut de France.
- —Le 36e Congrès des Sociétés savantes de Paris et des départements aura lieu, à Paris, en Sorbonne, le 12 avril 1898. Le programme est délivré par le Ministre de l’instruction publique et des beaux-arts. Toute lecture sera subordonnée à l’envoi préalable des mémoires et à leur approbation par le Comité. Seuls les travaux destinés à la section des sciences pourront être exceptés de cette règle. Mais, en tout cas, une analyse, indiquant le sujet et le plan de la communication, sera exigée. Le texte des mémoires et des analyses devra être parvenu, avant le 30 janvier 1898, au 1er bureau de la direction du secrétariat de la comptabilité. Les manuscrits devront être entièrement terminés, lisiblement écrits sur le recto, et accompagnés des dessins, cartes, croquis, etc., nécessaires.
- —Un brouillard intense a enveloppé Paris le matin et le soir, les 18 et 19 décembre; on n’y voyait pas à 10 mètres de distance. Les voitures ont dû marcher au pas et plusieurs omnibus se sont égarés dans leur trajet. Nous n’avons pas eu depuis longtemps un brouillard aussi épais dans la région parisienne.
- —@— Nous avons le grand regret d’annoncer la mort de M. Cor-nevin, le savant physiologiste, professeur de l’École vétérinaire de Lyon.
- —— Le gouvernement américain va recevoir sous peu livraison d’une pièce monstre destinée à la défense du port de New-York. Yoici quelques détails sur cet engin. Son poids est de 126 tonnes, soit 6 tonnes de plus que le grand canon Krupp qui figurait en 1893 à l’Exposition de Chicago. Il a 50 pieds de longueur et mesure, à la culasse, 5 pieds de diamètre. Son calibre est de 16 pouces, soit environ 40 centimètres. Son projectile, pesant 2350 livres, nécessitera l’emploi de 1100 livres de poudre et aura une portée de 16 milles anglais. Le canon, à lui seul, coûtera 625 000 francs; son affût, sa tourelle blindée et les travaux de maçonnerie accessoires atteindront 1 500 000 francs.
- —Un service permanent et régulier de pigeons voyageurs vient d’être organisé, en plein océan Pacifique, entre les principales îles de l’archipel hawaïen, d’après les renseignements fournis par le Vélo. Ces îles, au nombre de huit, occupent une superficie totale de 17 000 kilomètres carrés, et leur population s’élève à près de 100 000 habitants. Comme les communications par bateau à vapeur sont aussi rares que difficiles, les nombreux planteurs de Mani, d’Oahu, et les éleveurs de Lanaï, de Nihan et Kaboolawe ont décidé, d’accord avec le ' gouvernement, d’établir un service régulier de pigeons voyageurs pour le transport rapide des lettres et des dépêches. La plus grande distance, à vol d’oiseau, est entre Honolulu, capitale de fa Républi^be océanienne, et Hilo, chef-lieu de l’île d’Hawaii — quatre cents kilomètres environ — que les messagers ailés franchissent quotidiennement en un peu plus de dix heures. Cet essai de colombophilie pratique a parfaitement réussi jusqu’à présent.
- —— La Compagnie du Nord procède en ce moment, dans sa nouvelle gare annexe du faubourg Saint-Denis, à l’aménagement nécessité par l’emploi des appareils contrôleurs. Une série de ces
- Sareils doit assurer prochainement le service de distribution des ets délivrés à cette gare.
- —Des recherches faites sur les côtes de la Nouvelle-Calédonie ont amené récemment la découverte de bancs d’huîtres perlières.
- L’exploitation de cette nouvelle richesse de cette colonie pourrait contribuer à développer le courant commercial que va nécessairement rendre plus intense le courant d’émigration qui se dirige vers elle. Aussi, enregistrons-nous avec plaisir la nouvelle qu on se dispose à tirer parti de cette découverte. M. A. Porcheron, qui est depuis longtemps installé en Nouvelle-Calédonie, et M. d’Espagnat. ui a récemment, comme on sait, étudié notre possession de la Côte 'Ivoire, ont décidé de tenter l’exploitation de ces bancs. Le matériel de scaphandrier nécessaire à cette œuvre vient d’être expédié dans notre possession du Pacifique.
- —@— Une batterie d’accumulateurs de 10000 éléments. — Cette batterie, construite pour le laboratoire de physique de Jefferson, Harward University, serait capable de donner un courant de 8 ampères sous 20 000 volts.
- —$$— Le gouvernement des Etats-Unis vient de transmettre au roi de Suède l’offre que lui a faite M. Walter Wellman de rechercher les traces de M. Andrée. Une expédition à la découverte du pôle Nord, dirigée par M. Wellman, quittera Tromsœ au mois de juin prochain et gagnera tout d’abord la terre de François-Joseph. Un vapeur spécialement construit de façon à pouvoir supporter la pression des glaces, la Laura, a été déjà frété par M. Wellman et ses compagnons de voyage. Ceux-ci estiment que M. Andrée n’a pas péri, mais qu’il hiverne actuellement sur la terre de François-Joseph. Cette opinion est d’ailleurs partagée par nombre de personnes compétentes. M. Wellman offre d’entreprendre à ses frais les recherches sur la terre de François-Joseph. L’expédition Wellman devant atteindre ce point avant le 1er août de l’année prochaine, on est certain de rencontrer M. Andrée, s'il s’y trouve ; il ne saurait, en effet, songer à quitter ses quartiers d’hiver avant cette date.
- —©— Nous avons reçu une brochure, avec préface de M. E. Gautier, qui nous annonce que l’usine à gaz acétylène d’Alzonne (Aude) est la première en France qui fonctionne d’une façon régulière et a été inaugurée le 7 novembre ; elle donne des résultats très satisfaisants. Construite et exploitée par la Compagnie française d’éclairage par le gaz acétylène, cette usine alimente actuellement 250 lampes dont 30 d’éclairage public. Le réseau de canalisation s’étend sur une longueur de 3 kilomètres environ. La pression en ville est d’environ 100 millimètres dans la journée: elle est portée à 180 millimètres au moment de l’allumage.
- —On parle beaucoup, en Angleterre, d’un nouveau téléphone de M. Alfred Graham, inventé spécialement pour l’usage des navires de guerre, où il remplacerait avantageusement les tuyaux acoustiques en usage pour transmettre les ordres dans les différentes parties du bâtiment. Cet appareil a, dit-on, été essayé avec grand succès sur le Cœsar de la marine anglaise, comparativement avec l’ancien système. La manœuvre d’un simple commutateur permet d’établir la communication avec le point que l’on désire. L’articulation du nouvel instrument serait parfaite, et la voix serait facilement entendue à 3 mètres de distance ; on affirme que les bruits occasionnés par les machines et par le tir de l’artillerie, qui ont jusqu’à présent rendu impossible l’usage du téléphone sur les navires de guerre, n’affectent nullement l’appareil proposé par M. A. Graham.
- —$$— Le Bulletin officiel du ministère des colonies contient la ratification des traités signés avec le chef de Gourounsi le 19 septembre 1896 par le lieutenant Youlèt; avec le chef de Aseydou-Belelé (nord-est de la Côte d’ivoire), le 20 mars 1897, par le lieutenant Chanoine; avec les chefs de Pabégou, Birni, Niéro, Kouandé; pays au nord du Dahomey, pendant les mois de février et mars 1897,
- fiar M. Portes, administrateur colonial, et M. Molex, inspecteur de a garde civile indigène; avec le chef de Baniguara, au nord du Dahomey, le 20 mai 1897, par M. Molex; avec les chefs de Guilmaro, Lamboanti, Namsougou, Kodja, pays au nord du Dahomey, pendant le mois de mai 1897, par le capitaine Garnier.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour le brûleur antiseptique, s’adresser à la Commission universelle, 16, rue de la Sorbonne et à M. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris. — Le livre d’images parlantes se trouve chez iM. Kratz-Boussac, 3, rue Saint-Laurent, à Paris.
- , Communications. — M. J. de laJ*orte, à Nœux-lès-Mines, à propos de notre article Sur ]a, perception des couleurs (n° 1279, du 4 décembre 1897, p. 3), nous écrit que le procédé de M. Goertz, de Mayence, pour constater le daltonisme, n’est pais encore la perfection. En effet, beaucoup de daltoniens, sinon tous, par süite de l’habitude et d’expérience acquise, savent donner aux couleurs leur nom exact ; il existe pour eux, entre le rouge et le vert, par exemple, une différence de teinte qui leur suffit la plupart du temps pour ne pas confondre, surtout avec certaines nuances qui ont une tonalité caractéristique. Tout le monde sait, en effet, que presque toujours le bleu et le vert se confondent à la lumière artificielle. Il existe cependant certaines nuances de bleu et de vert qui gardent leurs tonalités respectives à la lumière d’une lampe. Si donc les crayons de M. Goertz ne sont pas choisis spécialement et étudiés à ce point de. vue, nous avons des doutes sur leur efficacité. Du reste, la recherche du daltonisme par les laines de couleur ne consiste pas seulement à faire dénommer les couleurs par le sujet : dans la grande majorité des cas, nous le répétons, il sortirait victorieux de cette épreuve. Le moyen le plus sûr consisté, après lui avoir fait nommer le rouge et le vert, par exemple, à l’inviter à choisir, parmi les écheveaux restants et dont les nuances sont variées, ceux qui se rapprochent de l’une ou de l’autre des deux premières couleurs. Et c’est là que le daltonisme sé révèle infailliblement, le sujet pouvant se laisser aller à mettre du rouge à côté du vert, même en appelant chaque couleur par son nom exact.
- Un vieil abonné, h propos de notre article sur La couleur des fleurs, du n° 1278, du 27 novembre 1897, p. 410, nous transmet la feuille du catalogue de la maison Vilmorin-Andrieux et Cie, qui mentionne des jacinthes jaunes, simples ou doubles.
- M. jE. Vincent, au château de Solençon, près Cognac, nous a envoyé deux fleurs de scabieuse, présentant en leur centre une nouvelle croissance de feuilles et de boutons. Le fait nous a. paru intéressant à signaler.
- M. Georges Duclou, à Bordeaux, nous fait parvenir une Notice contenant une Etude des influences latentes exercées par les traitements cupriques de la vigne sur les vins en cuve pendant la fermentation.
- M. F. Pignatel, à Marseille, nous adresse le dessin d’un nouveau cadran solaire avec transparent à double et à simple effet.
- M. F.-Victor Jodin, à Stenay. (Meuse), nous envoie une brochure fort intéressante contenant le résumé de ses Recherches sur la germination.
- M. J. de la Porte, à Nœux-lès-Mines, à propos de l’appareil du comte Karoice dont nous avons parlé dans les Informations du n° 1280, du 11 décembre, nous écrit que l’idée est certainement très ingénieuse et t'bs philanthropique, mais qu’il croit qu’elle donnera lieu, dans son application, à bien des mécomptes qui la feront vite abandonner par ses plus chauds partisans.
- M. le Z)r Vogt, à Paris, nous envoie sur le même sujet une Note dans laquelle il montre les inconvénients du système.
- MM. Petitdidier, à Remiremont, nous adressent la copie d’un article, publié par VIndustriel Vosgien, faisant connaître que M. H. Petitdidier soumettait aux pouvoirs publics, il y a vingt-huit ans, un appareil. identique à celui du comte de Karnice.
- Renseignements. — M. L. Gau, à Mazamet. — Pour empêcher les sels de grimper dans les piles Leclanché, il faut avoir soin de paraffiner les bords intérieurs des vases.
- M. A. de M., à Narbonne. — Nous vous conseillons de vous
- adresser chez M. Jaccoux, fabricant de bourrelets, 37, rue de l’Echiquier, à Paris.
- M. C. Arnoul, à Saint-Ouen-l’Aumône. —Yous trouverez un traité de J.-P. Durvelle, sur la Fabrication des essences et des parfums, à l’ancienne librairie Michelet, 25, quai des Grands-Augustins, à Paris: il y a aussi le Nouveau Guide du Parfumeur, du même auteur.
- M. R. de Massia, à Puéchérie. — Vous pourriez consulter le grand ouvrage de MM. Lunge et Naville : La grande industrie chimique. Traité sur la fabrication de la soude et de ses branches collatérales, en 3 volumes, dont le premier traite spécialement de l’acide sulfurique.
- M. Guerre Désiré, à Mèze. — Nous croyons que vous pourrez trouver ce genre de tonneau chez M. Anceaux, 10, boulevard de la Contrescarpe, à Paris.
- M. Blanc, à Paris. — Vous aurez un Traité des moteurs à gaz et à pétrole de Witz, à la librairie E. Bernard, 53 ter, quai des Grands-Augustins, à Paris. Voyez aussi un ouvrage de-J. Lefèvre, à la librairie Baillière, 19, rue Ilautefeuille.
- M. Ganilesca, à Géslali. — La Revue Philosophique est éditée 108, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. A. Chariot. — Nous ne croyons pas que ce renseignement soit exact.
- M. P. Fournier, à Calais. — 1° Nous ne pensons pas que de sessais semblables aient été déjà entrepris; il conviendrait de faire diverses recherches que nous regrettons de ne pouvoir entreprendre. — 2° Il serait difficile de vous indiquer si ces expériences peuvent être utilisées industriellement.
- M. A. M., h Br. — 1° On ne connaît à ce sujet que les résultats des expériences faites par Bauteur. — 2° Il faut vous adresser à l’inventeur, 40, boulevard Ilaussmann, à Paris. — 3° Il serait nécessaire de bien faire tremper le bois dans la paraffine fondue-
- M. P. de Malienne, à Laizy, par Autun. — Votre appareil est très ingénieux, mais il ne répond pas au même but que celui dont nous avons donné la description.
- M. A. F. L., h Paris. — Nous savons que cette Compagnie poursuit des essais de ce genre ; mais nous n’avons aucun renseignement.
- M. Doucet, à Neuilly-sur-Seine. — Vous trouverez ce produit chez les marchands de produits photographiques et chez. MM. Gaumont et Cie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. A. A., à Paris. — Cet accident est certainement dû à la chaleur qui s’est dégagée pendant la réaction chimique qui s’est opérée.
- M. C. L. T., à Oran. — 11 n’existe pas de recette spéciale, le seul moyen consiste à laver à grande eau et souvent.
- M. F. Gand, à Antibes. — Il faut vous adresser à M. Fré-dureau, ingénieur, 52, rue Lafayette, à Paris.
- Mlle S. B., à X.; M. XXX., à Y. —Pour le céramo-cristal dont vous parlez, renseignez-vous auprès de M. J. Henrivaux, Directeur des G lacer ies de Saint-Gobain, à Saint-Gobain (Aisne),
- M. J. S., à Pans. — Une batterie de piles Leclanché serait suffisante pour atteindre le but que vous vous proposez ; il faudrait des piles de 8 à 10 volts.
- M. Deniau, à Brain-sur-l’Authion. — Nous vous conseillons, de vous adresser : 1° à M. Besançon, 120, boulevard Richard-Lenoir, à Paris, pour les toiles métalliques; 2° à M. Boissard, 45, rue Riquet, pour la tôle, et à M. Delmas, 45, faubourg Saint-Antoine, pour les fers blancs. Quant à la quatrième question il n’y a qu’une agence de brevets qui pourra vous renseigner.
- M. Antonio de Magalhai Ribeiro, à Porto. — Pour détruire les vers des tapis, on brûle dans la salle où ils se trouvent une ou deux poignées de poudre de pyrèlhre dans une assiette.
- M. C. Erich, à Berlin. — L’hémérographe de M. le commandant Blain se trouve chez M. Picard, 14, rue du Bac, à Paris.
- M. de M., à Cholet. — 1° Les couleurs sombres doivent être choisies de préférence. — 2°.Cet appareil est à l’imprimerie Lahure, 9, rue de Fleurus, à Paris.
- M. H. G., à Nîmes. — Tous les renseignements sur [les compteurs électriques sont donnés dans une brochure de M. E. Hospitalier, publiée à la librairie Masson et Cie.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Manuel Bolers, à Medellm. Nous avons reçu vos très intéressantes photographies ; nous ne pouvons les utiliser, le sujet est trop spècial. — M. L. II., à D. Adressez-vous à une agence dç brevets. — M. D. R., à Blois; M. Léon, à Paris. Voyez le petit livre des Recettes et Procédés utiles, lro série, à la librairie Masson et Cie, — M. Lelong, à Paris. Cette recette est donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 2° série, à la même librairie. — M. G. Roy, à Nîmes. Nous ne pouvons, à notre regret, nous charger de cette affaire.
- l/ans la « boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les nw’sf-’ovs. ni n insérer inufes tes eumminireiinnsU n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- APPAREILS mOCIPÉDIQUES1
- Moyen d’éviter le dérapage des roues de bicyelette.
- — Un de nos abonnés, M. F. Beer, à Paris, nous écrit qu’il a trouvé le moyen d’éviter le dérapage de la roue de derrière d une bicyclette, et que le système lui a donné les plus grandes satisfactions. Depuis qu’il s’en sert il circule sans danger au milieu des voitures au moment de l’arrosage ou de la pluie. Le prix en est très minime ? 20 centimes ; le poids esLexactement 37 grammes. On prend 56 porte-agrafes (n° 1), coût 10centimes. Avec une pince plate on ramène les deux œillets l’un sur l’autre (n° 2) et on donne à l’anse une petite courbe, afin de pouvoir le poser selon que la jante est à cet endroit convexe ou concave. On l’enfile sur le rayon de la roue (n° 3). On dégon-
- Moyen d’éviter le dérapage des roues de bicyclettes.
- Ile légèrement le bandage et l’on passe une ficelle bien tordue d’un millimètre et demi d’épaisseur et dont la longueur est d’environ 5 mètres. Quand on a fait le tour alternativement sur les rayons excentriques et fixé les deux bouts on achève de gonfler son pneu et tout est prêt.
- 11 est bon de faire tremper la ficelle, avant de l’employer dans une dissolution étendue de caoutchouc pendant 24 heures et de la faire sécher. On voit en A la façon de passer la ficelle dans les deux œillets à la fois et en B la monture achevée.
- Lampe à acétylène pour bicyclettes. — M. Ch.
- Chardin vient de construire une petite lampe à acétylène qui mérite de fixer notre attention à plus d’un point de vue. Les numéros 1 et 2 de la figure donnent la vue extérieure et la vue intérieure. On remarque à la partie supérieure du tube-enveloppe,à gauche, une petite soupape de sûreté (n° 4) et à droite un petit tuyau avec un robinet communiquant d’un côté avec le
- Lampe à acétylène pour bicyclettes. —1. Vue extérieure.
- 2. Vue intérieure. — 3. Lanterne. — 4. Détail. — 5. Mise en place.
- tuyau en caoutchouc qui alimente la lampe, et de l’autre côté, avec un tube intérieur formant réservoir à gaz. Ce tube fermé à sa partie inférieure par un bouchon à vis percé d’un trou renferme un panier à carbure qui repose sur un bouchon de forme spéciale. Pour se servir de l’appareil, on ferme le robinet extérieur, on dévisse le couvercle supérieur en se servant des deux pièces comme point d’appui, on retire le tube à gaz que l’on débouche, et on sort le panier à carbure. On remplit ce dernier et on remet le tout en place. Des cartouches spé-
- • 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces
- ciales de carbure sont toutes préparées pour une durée de 6 heures. On dévisse ensuite la valve de la partie supérieure dans laquelle est placée la soupape de sûreté, et par ce trou on remplit le récipient d’eau jusqu’à 1 centimètre du bord. L’appareil peut alors fonctionner. On place le tuyau en caoutchouc aboutissant à la lampe (n° 3). On ouvre le robinet et on présente au-dessus du bec. une allumette. L’air s’échappe et l’acétylène s’enflamme bientôt. Quand l’appareil est arrêté on vide le panier de carbure par en haut, on le laisse sécher ou on l’essuie avec soin intérieurement. — La lampe à acétylène se trouve chez M. Ch. Chardin, 5, rue de Chàteaudun, à Paris.
- Cadenas pour bicyclettes. — Quand on est obligé de laisser sa bicyclette dans un couloir, devant une porte, il est, nécessaire de prendre quelques précautions, si on désire la
- Cadenas pour bicyclettes. — 1. Vue d’ensemble. — 2. Mode d'emploi,- t
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- retrouver à la même place. Le cadenas ci-déssus (n° if teré à cet effet très utile aux bicyclistes. D’un mécanisme intérieur soigné, j1 ne peut s’ouvrir qu’avec une clef spéciale que repré^ sente le dessin. Tant que ce cadenas est placé comme’on lq voit (n° 2) la bicyclette est complètement immobilisée. —Cei cadenas se trouve chez M. Kratz-Boussac, 3, rue Saint-Laurent,! à Paris. j
- BIBLIOGRAPHIE
- Les montagnes de France. Jura, pays franc-comtois. Texte et dessins de G. Fraipost, professeur à la Légion d’honneur. Préface de M. Pierre Baudin, ancien président du Conseil municipal de Paris. 1 beau vol. gr. in-18 avec J 30 dessins inédits. Broché, 10 fr. ; relié, 13 fr. H. Laurens, éditeur.
- Autour de la Méditerranée. Les cités latines; l’Italie, de Vin-timille à Venise, par Ma nus Bersard, 120 illustrations par H. Avelot et une carte itinéraire du voyage. 16 vol. grand in-8°. Broché, 10 fr. ; relié, 13 fr. H. Laurens, éditeur.
- L'Art dans les travaux à l’aiguille, par G. Fraipont. Elégant vol. in-4° carré avec nombreuses vignettes dans le texte, suivi d’un album de 32 doubles planches en couleur montées sur onglet et donnant* les plus beaux spécimens de tissus à toutes les époques. Broché, 20 fr; relié, 22 fr. IL Laurens, éditeur. ^
- Ce beau volume comprend trois divisions, indiquées d'ailleurs par la nature même du sujet : Forme de l’objet à décorer. -4 Matières à employer et à décorer. — Couleurs et, teintes a employer. Ici surtout, la théorie demandait à s'appuyer sur dçs exemples, M. Fraipont a donc, suivant son habitude, corroboré son texte par des dessins qu’il a spécialement exécutés dans ce but. 11 restait, toutefois, un élément rebelle aux explications les plus claires : le dessin même demeurait impuissant. Nous voulons parler de la conteur et des teintes. L'enseignement par les yeux s’imposait : l’auteur l’a compris admirablement et d a terminé son étude en groupant ces magnifiques planches qui mesurent 30 centimètres sur 20 centimètres et qui constituent une miné inépuisable de documents et un excellent enseignement par l’exemple.
- Les contes de Perrault, illustrations de E. Courboin, Fraipokt, Gerbault, Geo, Job, L. Morijv, Robjda, Vjmar, Vocel, Zier., Préface de M. Gustave Larroumet de l’Institut. Un très élégant volume in-4° avec couverture en couleurs,. 9 fac-similés d’aquarelles et 86 dessins dans le texte. Broché, 6 fr. ;• relié, 9 fr. II. Laurens, éditeur.
- Les maladies évitables. Moyens de sen préserver et d'en éviter la propagation, par le Dr P. BouloukhL 1 vol. in-16. Paris, Masson et Cie, éditeurs, 1898. Prix : 1 fr. 25 franco^
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Les grandes usines. Etudes industrielles en France et à l'étranger, sous la direction de notre collaborateur M. Louis Turgan, ingénieur civil des constructions navales. Revue mensuelle. Paris, E. Bernard et C‘% éditeurs, 1897.
- Les essences forestières, par II. Loübié, secrétaire de la Bibliothèque et des archives de la Société des Agriculteurs de France. Tome I : Essences feuillues. Tome II : Essences résineuses, 2 vol. petit in-8° de Y Encyclopédie scientifique des aide-mémoire, publiée sous la direction de M. Léauté, membre de l’institut. Paris, Masson et Cio, éditeurs, .1897. Prix : broché 2 fr. 50, cartonné 3 francs.
- Annuaire pour l'an 1898, publié par le bureau des longitudes. 1 vol. in-16,avec notices scientifiques de MM. H. Poincaré, A. Cornu, M. Lœwv et P. Puiseux, J. Janssen. Paris, 1898. Gauthier-Villars et fils, éditeurs. Prix : 1 fr. 50.
- Petite encyclopédie pratique de chimie industrielle, publiée sous la direction de F. Billon, ingénieur-chimiste : I. Histoire de l’industrie chimique; If. Le sel. 2 vol. in-18. Paris, E. Bernard et Cie, éditeurs, 1898. 1 fr. 50 le volume.
- Conférences populaires d’hygiène, par G. Baüdran. Avec une appréciation de M. le professeur Brouardel, membre de l’Institut, doyen de la Faculté de médecine. 1 brochure in-8°. Paris, Firmin-Didot et Cie et Coccoz, éditeurs.
- Les poissons d'eau douce du Canada, par A. N. Montpetit. 1 vol. in-8°. Montréal, Beauchemin et fils, libraires-imprimeurs, 1897. Prix : 25 francs.
- Tarif des douanes de France. — Observations préliminaires. Règles générales. — Notes explicatives du tableau des droits, 1er et 2e volume. — Tableau des droits d’entrée et de sortie applicables d’après le tarif général et le tarif minimum. Paris, 4 vol. in-8°. Ministère des finances. Direction générale des douanes. Imprimerie nationale, 4897.
- Traité pratique de cuisine bourgeoise, par A. Colombie. 1 vol. in-8° de l’Encyclopédie Roret, 3e édition. Paris, L. Mulo, éditeur, 1897. Prix : 4 francs.
- Manuel des éléments culinaires à l’usage des jeunes filles, par A. Colombie. 1 vol. in-8° de l’Encyclopédie Roret, 3° édition. Paris, L. Mulo, éditeur, 1897. Prix : 4 francs.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 13 décembre. 6",2 S. S. E. 2. Couvert. 3,5 Presque couvert ; quelques averses le matin.
- Mardi 14 6”,5 S. S. E. 3. Nuageux. 1,7 Nuageux de 4 h. à 9 h. ; couvert avant et après ; pluie à diverses reprises l’après-midi ; parhélie de droite à 9 h.
- Mercredi 15 8*,0 S. S. W. 4. Quelques éclaircies. 5,5 Nuageux; pluie jusque vers 1 h. 1/2.
- jeudi 16 7*,1 S. E. 2. Quelques éclaircies. 0,0 Nuageux jusqu’à 15 h. ; beau ensuite.
- Vendredi 17 5”,1 S. E. 2. Beau. 0,0 Beau ; gelée blanche.
- Samedi 18 - i-,o E. N. E. 1. Beau. 0,0 Pas trace de nuage. Brouillard presque toute la journée.
- Dimanche 19 ... . 0\S N. E. 2. Beau. 0,0 Peu nuageux à 11-12 h. ; couvert à partir de 22 h. ; beau le reste du temps.
- DECEMBRE 1897. --- SEMAINE Dü LUNDI 13 AU DIMANCHE 19 DECEMBRE.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 ci 10; les flèches inferieures, la direction au vent. Les couches au milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer), courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouülee.'
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Orages et neige. — Dans les premiers jours du mois de décembre, des orages ont éclaté à Perpignan. A la date du 8 décembre, un vent glacial du nord-ouest soufflait avec force, il neigeait sur une grande partie des hauts arrondissements de Prades et de Céret. Dans l’arrondissement de Perpignan, la neige a été signalée à la même époque, à Caudiès-de-Saint-Paul. A Banyuls-sur-Mer, des bateaux de pêche, surpris en mer par la tempête de mistral, ont dû se réfugier dans les petits ports de Culera et de la Selva-de-Mar (Espagne).
- Vers la même date, en Espagne, la neige est tombée en telle abondance que la marche des trains a été interrompue à Robla-Valmaseda. Plusieurs trains sont restés en détresse; la neige arrivait jusqu’aux vitres des vagons.
- En Italie, les orages et les pluies ont continué à sévir dans toute la péninsule. Les inondations ont causé des dégâts considérables dans la province de Cagliari. A Guspini, la population s’etait réfugiée dans l’église.
- On a signalé quelques victimes. Plusieurs fftnistres maritimes ont eu lieu, notamment à Funtanamere. Un brigantin grec a coulé à Iglesias. Un matelot a péri. Les dommages causés par le cyclone dans tout l’arrondissement d’Iglesias ont été très importants. Beaucoup de maisons se sont écroulées. Des décombres de l’une d’elles on a retiré 3 cadavres. Dans’ quelques endroits l’eau a atteint 1 mètre.
- lie» guêpe» et la météorolngie. — Notre confrère La Revue scientifique rapporte que M. O. H. Latter a écrit à Natural Science pour, demander que quelques naturalistes veuillent bien lui communiquer des observations relatives à la connexion existant entre les conditions météo-rologiques et la rareté ou l’abondance des guêpes. Pour lui,' les guêpes sont nombreuses en été si le printemps est sec et si l'été est précoce ; eues sont rares si ces deux saisons sont humides. La température n'a pas grande importance : les froids de l’hiver et du printemps n’exercent qu’une influence médiocre. Il s’agit donc de confirmer ces vues ou bien de prouver, par des faits, qu’elles sont erronées.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 17, à 4 h. 31 m. du matin.
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- INFORMATIONS
- —MM. Berthelot, sénateur, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, Léon Bourgeois, député, Fallières, sénateur, Liard, -directeur de l’enseignement supérieur, sont nommés membres du conseil du Muséum d’histoire naturelle. M. Berthelot exercera la présidence de ce conseil.
- —On a conduit ces jours derniers à sa dernière demeure, M. Léon Jaubert, directeur de l’Institut populaire des sciences au Troeadéro. Il avait voué son existence à renseignement de l’astronomie, de la météorologie, de la bactériologie, etc. 11 est mort dans le dénuement le plus absolu. Et c’est M. Roux, l’éminent sous-directeur •de l’Institut Pasteur, qui a dû, avec plusieurs de ses collègues de la Tue Dutot, pourvoir aux frais d’inhumation et aux premiers secours à donner à la famille. Ilélas l’enseignement libre ne nourrit pas toujours ses disciples! On annonce que le Conseil municipal pré-yenu a voté, sur la proposition de son syndic, M. Bellan, un premier secours de 500 francs. A la suite d’un rapport de MM. Astier •et Vorbes, la Ville prendra à sa charge l’éducation et l’entretien des deux petites orphelines. Le ministre de l’instruction publique a de son côté chargé M. Liard de pourvoir aux plus pressants besoins.
- —Les jours commencent à allonger. Depuis le 21 décembre, il y a un gain de 11 minutes. A la fin de janvier le gain sera de lh 4. Et l’augmentation deviendra sensible à la fin de février, puisqu’il v aura un excédent de l^l. Les saisons sont déterminées par les passages du Soleil aux Equinoxes et aux Solstices. Printemps : équinoxe de mars au solstice de juin. Eté : solstice de juin à l’équinoxe de septembre. Automne : équinoxe de septembre à solstice de décembre. Hiver : solstice de décembre à équinoxe de mars. L’orbite du soleil n’étant pas circulaire et la terre n’étant pas placée au centre, les saisons n’ont pas en général la même durée. Actuellement le printemps dure en moyenne 92 jours 21 heures, l’été 93 jours 14 heures, l’automne 89 jours 19 heures, l’hiver 89 jours. Le printemps et l’été durent ensemble 186 jours 11 heures; l’automne et l’hiver, seulement 178 jours 19 heures. Par suite des déplacements du périgée et du point vernal, la série des saisons subit une variation lente. Lorsque ces deux points coïncident, le printemps et l’hiver ont même durée. Il faut remonter à l’an 1251 de notre ère pour trouver des saisons égales entre elles.
- —Le rôle que remplissent les bactéries des légumineuses au point de vue de l’élaboration des principes albuminoïdes des plantes est très important; nous avons donné un article à ce sujet dans le n° 1281,,„du 18 décembre 1897, p. 44. M. E. Reeb, à Strasbourg, nous fait remarquer qu’il a eu l’occasion d’insister aussi sur ce point dans une étude sur le genre coronille; c’est une propriété sur laquelle on ne saurait assez attirer l’attention des agriculteurs. Il nous envoie une brochure qui a pour titre : Contribution à l'élude du genre coronilla au point de vue botanique, chimique, physiologique et thérapeutique, par MM. F. Schlagdenhauffen et Reeb. Nous en extrayons le passage suivant : « On trouve sur les radicelles des coronilles, comme chez d’autres légumineuses, de petites masses globuleuses, isolées ou réunies par groupes de deux ou trois, qui, examinées au microscope, sont constituées par des cellules remplies par des myriades de bâtonnets et par des filaments qui s’enchevêtrent et traversent les cellules du parenchyme jusqu’au centre de l’organe. Ces infiniment petits, paraît-il, sont destinés à remplir certaines fonctions physiologiques et l’un s’accorde à leur attribuer le rôle d'accumulateurs et même de production d’azote. On les considère donc comme des éléments indispensables à l’élaboration des principes albuminoïdes de la plante. Ce concours de la plante et de ses bactéries a cté dénommé symbiose et a été utilisé pratiquement en agriculture : on sème en effet des légumineuses telles que la luzerne et le trèfle,
- puis on enfouit de nouveau ces plantes à croissance rapide au moyen de la charrue, on enrichit ainsi le sol en azote en vue d’y semer des céréales. »
- -H®-- Il y a eu cent ans exactement le 26 décembre dernier, que le général Bonaparte prit séance à l’Institut entre Lagrange et Laplace. C’est en effet le 6 nivôse an VI (26 décembre 1797) que le futur empereur, élu la veille contre Dillon et Montalembert, s’asseyait dans le fauteuil de Carnot, vacant depuis le 8 fructidor. Bonaparte avait été élu dans la section de mécanique. Le fauteuil du vainqueur d’Italie a été successivement occupé depuis par Claude Molarcf, par Gambey, Combes, Tresca et par son titulaire actuel, M. Marcel Deprez.
- —Les arbres de la Cour des comptes seront mis en vente le 5 janvier. Ces arbres sont au nombre de 149, dont 5 acacias,
- 2 ormes, 51 érables, DI sycomores, représentant environ 29 mètres cubes de bois.
- —©— On sait que les incrustations dans les générateurs à vapeur présentent à tous les points de vue de graves inconvénients. M. Savreux, ancien contrôleur des mines, a trouvé un procédé très simple pour éviter les incrustations et qui consiste uniquement à activer le refroidissement graduel de l’eau et du massif de la chaudière. On racle ensuite les dépôts boueux aussitôt après la vidange. De la sorte, il ne reste aucune matière qui sèche et durcisse sur les tôles. Ce procédé a donné de très bons résultats dans la région d’Amiens où il est applicable avec les eaux de la contrée. Mais dans chaque cas spécial, il est nécessaire de faire des essais préalables.
- —Les statistiques établies à New-York démontrent que le nombre des accidents n'a pas augmenté bien que la traction mécanique ait remplacé en grande partie la traction animale. Il faut bien entendu tenir compte de l’augmentation progressive de la population et du trafic. En i 887, on comptait 203 251927 voyageurs et 32 730 000 voitures-kilomètre, il y avait 160 accidents. En 1896, pour 55 630 262 voitures-kilomètre et 345643 406 voyageurs, le nombre des accidents était de 178. Enfin, on compte une somme de 0,378 centime par voyageur transporté pour les indemnités payées aux victimes d’accidents par les Compagnies de New-York.
- —La liquidation de la fortune d’Alfred Nobel, l’inventeur de la dynamite, est terminée. Déduction d’environ 1 500 000 francs de legs et de charges, le total libre pour les fondations s’est élevé à près de 32 millions de krônors, soit en nombre rond 40 000 000 de francs. Mais la famille Nobel a cru devoir attaquer la validité du testament, de sorte que les tribunaux suédois n’ont pu encore mettre en possession l’Académie des sciences de Suède, l’Académie Caroline de Stockholm et l’Assemblée nationale de Norvège.
- —Il y a aura 50 ans, le 24 janvier prochain, que l’or a étéü découvert en Californie. Un comité s’est formé à l’effet d’organiser des fêtes pour célébrer dignement ce glorieux anniversaire; on compte demander au président Mac-Kinley d’y assister, et la carte d’invitation qu’on se propose de lui envoyer sera unique en son genre. La formule ordinaire d’invitation sera, en effet, gravée sur une plaque de quartz veiné -d’or. M. Parsons, le président du comité exécutif, s’est chargé de fournir un bel échantillon de quartz aurifère, de façon que la plaque portant l’invitation soit digne du chef de l’Etat.
- —A propos du concours pour les façades de maisons, dont nous avons parlé dans les Informations du n° 1280 du 11 décembre 1897, le Conseil municipal de Paris a décidé récemment ne l’auteur des plans de la façade primée recevra une médaille ’or et l’entrepreneur, son collaborateur pour l’exécution, une médaille de bronze de même module.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES. -
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- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ee qui concerne l’indicateur de remontage des mouvements d’horlogerie, s’adresser à M. Richard, à Culoz (Ain). — L’automasseur dont il a été question dans le n° 1277, du 20 novembre 1897, p. 597, se trouve chez M. Culhnann, 11, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- Communications. — M. Dcrivière-Palry,'à Rouen, nous adresse un exemplaire de son Rapport sur l'ouvrage de M. de Sarrauton : « L’heure décimale ». Ce travail qui est une analyse complète, est extrait du Bulletin de la Société libre d’émulation du commerce et de l’industrie de la Seine-Inférieure (Exercice 1896-1897).
- M. Grand, professeur à Paris, au sujet de nos articles sur la mémoire des poissons (n°‘ 1271, du 9 octobre 1897, p. 294 et 1273, du 23 octobre 1897, p. 326), nous envoie l’intéressante notice suivante : « Voulez-vous me permettre de vous soumettre quelques idées à ce sujet. Si leur certitude est encore à établir, tout au moins leur probabilité me semble-t-elle très grande. Dans votre deuxième article, à propos de l’observation de Mme X, vous dites qu’il faut se mettre en garde contre ce qui pourrait être des actions réflexes. Mais, à ce compte-là, la même objection peut être opposée à toutes les autres observations ou alors il nous faut distinguer. Si nous appelons mémoire tout ce qui correspond à l’enregislrement d’images cérébrales exclusives, les animaux n’ont point de mémoire. Mais si nous entendons par mémoire, toute image mentale, toute action réflexe, qu’elle soit exclusivement nerveuse ou qu’elle soit cérébrale, pouvant nous permettre de répéter un acte déterminé correspondant à une impression déterminée, nous pourrons dire que tous les êtres vivants ont de la mémoire. Elle sera plus ou moins rudimentaire, suivant l’état de développement de l’être vivant, mais elle existera dans tous les cas. Si nous supposons que la mémoire résulte du fait d’un arrangement moléculaire cérébral particulier correspondant à une impression physique ou mentale particulière et provoqué par des vibrations déterminées par cette même impression, nous pourrons aussi admettre la mémoire pour les arrangements moléculaires ne dépassant pas le système nerveux, sans nous occuper du cerveau. La correspondance se fait entre les nerfs sensitifs et les nerfs moteurs, sans passer par l’intermédiaire du cerveau. Lorsque nous voyons un objet que nous savons être à une température assez élevée, nous évitons de le toucher avec la main; mais si sa température s’abaisse, nous ne sommes plus exactement fixés sur sa valeur et nous approchons la main avec précaution. Après quelques essais, nous saisissons l’objet, quoiqu’il soit encore très chaud, et nous nous habituons rapidement à supporter cette chaleur qui avait d'abord provoqué chez nous un mouvement de retraite de notre main. Je ne vois pas bien le raisonnement ou même le reflexe cérébral qui intervient dans cette série d’actes. Il en est de même chez la chenille; si l’odeur qu’elle perçoit provoque d’abord chez elle un enroulement, après quelques actes semblables, elle percevra avec ses sens seulement qu’on ne lui veut aucun mal et, par conséquent, cette sensation olfactive ne déterminera plus chez elle une attitude de défense. Elle agira donc en vertu d’une mémoire particulière limitée complètement aux sens.
- Nous agissons de même dans l’exemple précédent et nous ne faisons pas cela au moyen d’une mémoire différente de celle de la chenille. Qu’on l’appelle action réflexe si l’on veut, mais c’est de la mémoire, au même titre que celle qui provoque chez nous des réflexes cérébraux. Elle est moins élevée, elle se compose d’arrangements moléculaires d’organes différents, et voilà tout. Et c’est encore de la mémoire, le fait qu’une corde, tendue d’une façon déterminée, donne toujours la même note. C’est encore une série de vibrations toujours la même, mais ici, quels que soient l’impression transmise et les moyens
- employés pour la transmeltre. Elle ne dépend plus des agents-différents mis en œuvre; elle ne sait donner qu’un résultat, la note fondamentale. Pourtant, si on l'attaque en tel uu tel de ses points, elle donnera des harmoniques correspondants, mais,, néanmoins, ceux qui correspondent au son fondamental. A mesure que nous nous élèverons dans le perfectionnement de la matière jusqu’à l'homme, nous verrons cette mémoire se différencier, tenir compte des différents agents qui peuvent l’exciter dans tel ou tel sens. Nous la verrons, bornée à desfaits matériels chez l'animal, s’élever jusqu'à l’enregistrement des images mentales et produire ainsi des raisonnements. Mais ce sera toujours une chose identique, c’est-à-dire un ensemble d’états vibratoires des molécules, ensemble correspondant à telle ou telle impression physique ou à telle ou telle image mentale. Avec chaque e'pèce d êtres, nous avons des formes-différentes, correspondant soit avec les nécessités de leur défense ou celles de leur conservation. Ces formes dépendront tantôt d’un agent particulier, à l’exclusion des autres, tantôt d’une foule d’agents parfaitement déterminés, m us elles auront toujours une forme primitive commune : la vibration. Tel animal éprouvera des sensations correspondantes à ses organes olfactifs, et celles qui seront déterminées par scs organes visuels ne provoqueront chez lui aucune action réflexe. L’éducation pourra augmenter le nombre de ces actions réflexes dans-une certaine limite chez chaque individu, mais l’hérédité seule pourra les augmenter d’une façon stable pour arriver jusqu’à l’homme chez lequel elles sont en nombie infini. Nous retirons la main de la même manière lorsque nous avons touché un corps très chaud ou un corps très t froid. Ce n’est que dans la-suite, en analjsant cette sensation, par le secours du cerveau, que nous pouvons distinguer la température de ces deux corps. C’est pourquoi les animaux dépourvus de réflexes cérébraux n’ont que des souvenirs généraux, ne s’arrêtant pas aux détails-et provoqués seulement par certains faits plus importants que les autre.-, relativement à leurs sens. »
- M. le Dr José A. Ortiz y Herréra, à Cordoba, nous adresse une notice qui a pour titre Informe Anual del Recto. Cursa es olar de 1896.
- Renseignements. — M. J. R. 0., à Paris. — Les divers produits indiqués se trouvent chez les marchands de produits chimiques, ou doivent être préparés sur place avec des produits connus.
- M. B. Axyré, à Parana. — Pour ce qui concerne les becs à az incandescents, vous pourriez vous adresser à la maison Auer, 7, boulevard Montmartre, ou encore à la Compagnie parisienne du bec Deselle-Gillet, 7, rue des Petites-Ecuries, à Paris. Pour les becs à gaz acétylène ainsi que pour le carbure de calcium, voyez à la Compagnie d’éclairage par l’acétylène, 50, rue Yivienne, à la Société internationale de l’acétylène, 61, rue de la Victoire, et à la Société du gaz acétylène, 81, rue Saint-Lazare, à Paris.
- M. Ch. 0., à Alger. — Vous trouverez cet ouvrage à la Librairie Agricole de la Maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- M. A. Rossignol, à Cayles. — Poêles au pétrole : M. Ferrary, 31, boulevard Haussmann, à Paris.
- M. Pédro Cou, à Jigucnas. — L’appareil à souder se trouve chez M. Ohlinger, 65, Faubourg Saint-Denis, à Paris.
- M. Escalier-Maigre, aux Sables-d’Olonne. — Nous avons donné une Notice détaillée sur le nettoyage des pierres dans le petit livre des Recettes et procédés utiles, 2° série, à la librairie Masson et Cie.
- M. A. L. X., à Rinxent. — 1° Cette disposition présenterait de nombreux inconvénients. — 2“ La théorie de ces cqu-rants marins est plus complète.
- M. G. Saguier, à la Havane. — Renseignez-vous à la Société Française de l’Aluminium, 74, rue Amelot, ou à la Société Française du nickel et de l’aluminium, 56, rue Lafayette, à Paris.
- il/. J. K. L. — Il faut vous adresser au comptoir géologique de Paris, 53, rue Monsieur-le-Prince, ou chez M. Stuer, 40, rue des Mathurins, à Paris.
- M. G. F., à Fresnes. — Cet appareil n’est pas dans le conV-merce en France ; sa description a été empruntée au Scienlifiç American.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Marrais, à Angers. Votre système présenterait divers inconvénients. Remerciements. — M. A. B., à Lille, Voy. les Recettes et procédés utiles lre série, à la librairie Masson et C,e. —M. M. B., à Maestrich. Rer merciements pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres » la Réduction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer tonies les communications.— Il n’est répondu qu’aui lettres reçues avant le lundi Qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- 1 il
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Dressé à l’Observatoire de Paris, d’après les publications du Bureau des longitudes
- JANVIER-FÉVRIER-MARS 1898. — POSITION DES PRINCIPALES PLANÈTES.
- 1F év.
- lMars 21 '
- l Janv.
- • Cocher
- Persée
- Pas; âge au méridien à minuit
- Moue he £»
- Bélier
- NEPTU
- Lion
- SOLEIL
- 1 Avril
- PetitChien
- Orionl
- Baleine
- Ëridan
- Lièvre
- Grand/Chien
- XXITT
- Hercule
- Pégase
- Dauphin
- Poissons
- ihiucu
- *•' J.
- JUPITER
- Verse
- Serpent
- iMars
- MA FIS 2J
- MERCUR
- WUS
- ÎTV)
- SATURNE,
- ARS
- orpion
- ttaire
- Poisson lustral
- PRINCIPAUX PHENOMENES ASTRONOMIQUES
- Satellites de Jupiter.
- ÉCLIPSES. _____ OCCULTATIONS.
- 1898. Satellites. Commencement. Fin. Immersion. Emersion.
- Janvier 2 II 18 h. 23 m. 15 s.
- 6 II 12 h. 44 m.
- — 6 I 14 h. 18 m. 59 s. 17 h. 45 m.
- , 7 III 14 h. 23 m. 39 s. 17 h. 12m. 5s. 19 h. 25 m.
- , 13 II 15 h. 16 m.
- — 13 I 16 h. 11m. 56 s. 19 h. 36 m.
- 14 lit 18 h. 21 m. 12 s.
- 15 1 14 h. 4 m.
- 20 11 12h.53m.58s. 17 h. 45 m.
- -, 20 I 18 h. 4 m. 52 s.
- __ 22 I 12 h. 33 m. 7 s. 15 h. 54 m.
- — 26 IV 15 h. 4 m. 21 s. 16 h. 34 m. 53s.
- 27 II 15 h. 29 m. 33 s.
- 29 I 14 h. 26 m. 5 s. 17 h. 42 m.
- 31 I 12 h. 9 m.
- Février 3 II 18 h. 5 m. 18 s.
- 5 III 12 h. 47 m.
- 5 I 16 h. 19 m. 5 s.
- .. 7 I 10 h. 47 m. 19 s. 13 h. 57 m.
- . 7 II 11 h. 49 m.
- f 12 III 10 h. 12 m. 10 s. 12h. 55m. 5s. 13b. 53m. 16 h. 18 m.
- » 12 IV 10 h. 18 m. 53 s.
- ÉCLIPSES. OCCULTATION^.
- 1898. Satellites. Commencement. Pin. Immenion. hmersion.
- Février 12 I 18 h. 12 m. 9 s.
- 14 II 9 h. 58 m. 41 s. 14 h. 11 m.
- _ 14 I 12 h. 40 m. 24 s. 15 h. 43 m.
- . 16 I 10 h. 10 nu
- 19 III 14 h. 9 m. 37 s. 16 h. 51 m. 23 s, 17 h. 20 m.
- 21 H 12 h. 34 m. 48 s. 16 h. 52 m.
- 21 I 14 h. 33 m. 34 s. 17 h. 29 hl
- . 23 l 11 h. 55 m.
- , 26 III 18 h. 7 m. 51 s.
- 28 II 15 h. 11m. 5 s.
- 28 I 16 h. 26 m. 48 s.
- Mars ' 2 I 10 h. 55 in. 9 s. 13 h. 39 riL
- 7 11 17 II. 47 m. 31 s.
- 9 I 12 h. 48 m. 51 s. 15 h. 23 m.
- 11 I 9 h. 49 ni.
- __ 11 II 10 h. 17 ni.
- ___ 16 I 14h. 42m. 0s. 17 h. 7 m.
- 18 I 9 h. 10 m. 24 s. 11 li. 53 ni.
- 18 II 9 h. 42 m. 58 s. 12 h. 33 m.
- 20 III 9 h. 5 m.T
- 23 I 16 h. 35 m. 37 s. y
- 25 I 11 h. zm. 13 h. 16 ni/
- 25 II 14 h. 49 m. 29 s. 12 h. 20 m. *
- 27 I 7 h. 42 m. 52 s.
- 27 III 12 li. 57 m. 1 s. 9 h. 53 m.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Occultations des Étoiles par la Lune, visibles à Paris.
- 1893 Nom de l’étoile Grandeur. Immersion Emersion.
- Janv. 3 17 Taureau. 4,7 7 h. 19 m, 7 8 h. 41 m, 6
- — 3 16 Taureau. 6,4 7 h. 53 m, 0 8 b. 19 m, 3
- 3 23 Taureau. 4,5 8 h. 18 m, 8 9 h. 17 m, 2
- — 3 20 Taureau. 4,8 8 h. 44 m, 9 8 h. 48 m, b
- — 3 D Taureau. 3,1 8 b. 59 m, 6 10 h. 20 ni, 1
- — 3 28 Taureau. 6,2 10 h. 11 m. 5 11 h. 22 «n, 7
- 3 27 Taureau. 4,0 10 h. 22 m. 6 11 h. 6 m, 0
- — 5 125 Taureau. 5,6 13 h. 8 m, 9 Il h. 14 m, 8
- — 6 2058 IL A. C. 6,5 7 h. 53 m, 4 9 h. 9 m. 5
- — 8 d' Écrevisse. 6,2 18 h. 5 m, 1 Appui» ; >0V B du bord.
- — 9 0* Ecrevisse. 5,9 8 h. 15 m, 4 9 b. 16 m, 6
- — 9 ol Ecrevisse. 5.4 8 h. 23 m, 0 9 b. 10 m, 0
- — 10 10 Sextant. 6,1 16 h. 8 m, 9 17 b. 19 m, 5
- — 17 5314 B.A.G. 5,7 16 h. 59 m, 3 17 h. 41 m, 4
- — 17 5347 I1.A.( . 6,0 19 h. 3 m, 3 20 b. 13 m, 7
- — 25 8152 B.A.G. 6,4 6 h. 2 m, 9 7 h. 7 m, 8
- Févr. 5 o> Ecrevisse. 5,4 17 h. 43 m, 4 Appui» 1 H’,: 8 du bord.
- — 7 43 Lion. 6,3 10 b. 57 m, 3 Appui» 1 i 3 du bord.
- — 8 »s Lion. 5,7 13 h. 7 m, 6 14 h. 20 m, 0
- — 11 87 Vierge. 5,8 16 h. 24 m, 8 Apprise 1 i»’,: 3 du bord.
- — 11 89 Vierge. 5,4 17 h. 41 m, 8 18 h. 7 m, 7
- Mars 2 2238 B.A.G. 6,5 13 b. 53 m, 5 14 h. 49 m. 1
- — 4 d' Écrevisse. 6,2 7 h. 22 m, 8 8 h. 42 ni, 8
- — 9 4201 B.A.G. 6,7 7 h. 57 m, 8 8 b. 52 •n, 2
- — 9 q Vierge. 5.7 11 h. 21 m, 9 12 b. 5 m, 5
- 13 a Scorpion. 1,2 14 h. 48 m, 7 16 b. 1 m, 0
- 13 5513 B.A.G. 6,5 15 h. 49 m, 9 17 b. 5 m, 8
- — 26 23 Taureau. 4,5 9 h. 35 m, 2 Apprise j 1 3’, 8 du bord.
- — 27 8726 Lalande. 6,3 9 h. 21 m, 3 10 h. 16 m, 9
- — 50 4 Gémeaux. 3,5 11 h. 27 m, 9 12 h. 27 m, 6
- Éclipse partielle de Lune, le *7 janvier 1898, visible à Paris.
- Temps moyen de Paris.
- Entrée de la Lune dans la pénombre, 7 janvier à . . . iO h. 8 m, 9.
- Entrée dans l’ombre, 7 janvier à..............................11 h. 56 m, 9-
- Milieu de l’éclipse, 7 janvier à..............................12 h. 46 m, 3-
- Sortie de l’omi>re, 7 janvier à...............................13 h. 31 m, 8-
- Sortie de la pénombre, 7 janvier à. . . 15 h. 19 m, 7.
- Grandeur de l’éclipse =0,157, le diamètre de la lune étant un.
- Image directe.
- Angle au pôle pour l’entrée dans l’ombre.................... 169°
- Angle au pôle pour la sortie de l’ombre..................... 217°
- Éclipse totale de Soleil, le 21 janvier 1898, *
- invisible il Paris.
- Commencement de l’éclipse générale, 21 janvier, à 16 h. 55 m, 2, temps uioven de Paris, dans le lieu, longitude =18”33' E. de Paris, latitude = Ô°45'B.
- Commencement de l’éclipse totale, 21 janvier, à 17 h. 57 m, 6, temps moyen de Pans, dans le lieu, longitude = 7° 18' E. de Paris, latitude = 11° 11'B.
- Commencement de l’éclipse centrale, 21 janvier, à 17 h. 58 m, 0, temps moyen de Paris, dans le lieu, longitude =6°59' E. de Paris, latitude = 11° 22’ B.
- Eclipse centrale à midi vrai, 21 janvier, à 19 b. 46 m, 8, temps moyen de Paris, dans le lieu, longitude =66° 16' E. de Paris, latitude = 12° 53' B.
- Fin de l’éclipse centrale, 21 janvier, à 20 h. 59 m, 1, temps moyen de Paris, dans le lieu, longitude = 117° 23' E. de Paris, latitude = 46° l’B.
- Fin de l’éclipse totale, 21 janvier, à 20 h. 59 m, 4, temps moyen de Paris, dans le lieu, longitude = 117°2' E. de Paris, latitude =45“49'B.
- Fin de l’éclipse générale, 21 janvier, à 22 h. 2 m, 0, temps moyen de Paris, dans le lieu, longitude = 108° 58’ £. de Paris, latitude = 35“ 53' B.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de Franoe
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 20 décembre. 3%4 E. N. E. 4. Couvert. 0,0 Couvert jusqu’à 15 h. ; beau-ensuite ; gelée blanche.
- Hardi 21 — 3%8 N. E. 2. Beau. 0,0 Pas trace de nuage.
- Mercredi 22 — 5%2 N. E. 1. Beau. 0,0 Pas trace de nuage.
- Jeudi 23 — 5*,3 N. E. 1. Beau. 00 Peu nuageux de 15 à 17 h. ; beau avant et après.
- Vendredi 24 — 5*,8 E. 1. Beau. 0,0 Beau.
- Samedi 25 — 4%8 N. E. 2. Quelques nuages. 0.0 Très peu nuageux jusqu’à 8 h. ; beau ensuite.
- Dimanche 26 ... . — 7*,’' S. 2. - Couvert. 0.0 Beau jusqu'à 6 b. ; couvert ensuite. Brouillard de 10 à 24 h.
- DECEMBRE IÜ97. --- SEMAINE 1)0 LUNDI 20 AU DIMANCHE 26 DECEMBRE.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les (lèches inférieures, là direction du vent. Les ctfkrbcs du milieu indiquent : courbe épaisse, tes pressions barométriques [baromètre ramené a 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre a l’abri- à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- Tremblements de terre. — Dans la nuit du 2 au 3 novembre, toute l’île de Madagascar a été secouée par des tremblements de terre, qui ont été observés avec soin à Tananarive. Dans cette localité, les secousses se sont succédé aux heures suivantes : d’abord, à lh 35 et à 1“47 ; ces deux ébranlements, qui ont duré près de 10 secondes, ont été les plus marqués; trois autres, dune intensité moindre, ont eu lieu à 2“ 50, 51‘7[ et 51' 55. Un grand nombre d’habitants ont. été réveillés au premier choc et quelques-uns ont veillé le reste de' la nuit. Dans la journée du 3, des secousses également assez sensibles ont été ressenties *10” 22, 12l45, ik2o et 4“ 16. Quelques dégradations se sont produites
- dans divers immeubles. A l'hôpital d lsoavinandriana, les murs et plafonds de quelques dépendances ont été fortement crevassés ; d’autre part, des lézardes ont été constatées aux bâtiments qu’occupent, à Mahamasina, les menuisiers et forgerons, ainsi qu’à un grand nombre de maisons malgaches.
- Le 18 décembre à 8 b. 1/2 du matint une violente secousse de tremblement de terre, qui a duré 12 secondes, s’est produite à Cittadinestello et à Pérouse en Italie. Les murs de plusieurs maisons ont été lézardés et de très,nombreuses cheminées ont été renversées. Les cloches ont sonné. La population a été alarmée. Des secousses ont été signalées par les instruments, sismiques des observatoires, à Borne, Sienne, Yelletri, Gasatnicciola. . -
- PHASE DE LA LUNE : N. L. le 23 décembre à 8 b. 4 m. du soir.
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- N° 1284 (8 janoier 1898), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PAR VILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal
- INFORMATIONS
- —Par décret, en date du 51 décembre 1897, rendu sur la proposition de M. Rambaud, ministre de l’instruction publique, II. Henri de Parville, directeur de La Nature, critique scientifique «lu Journal des Débats, est promu au grade d’officier dans l’ordre national de la Légion d’honneur.
- Parmi les promotions au grade d’officier, nous nous faisons également un plaisir de citer les noms de MM. le Dr Georges Hayem,
- Srofesseur à la Faculté de médecine de l’Université de Paris; le c Raymond, professeur à la Faculté de médecine, médecin de la Salpêtrière et Paul Buquet, directeur de l’Ecole centrale des arts et manufactures. Parmi les nominations faites à l’occasion de l’Exposition internationale de Bruxelles, mentionnons aussi les noms de MM. du Bousquet, ingénieur en chef du matériel et de la traction au chemin de fer du Nord; Cronier, ingénieur en chef des ponts et chaussées, directeur de la raffinerie Say; Ch. Gauthiot, secrétaire énéral de la Société de géographie commerciale; Ed. Jourdan, irecteur de l’Ecole des hautes études commerciales ; • Georges Rolland, ingénieur en chef des mines, promus officiers. Parmi les chevaliers, nous mentionnerons les noms de MM. Albert Gauthier-Villars ; Guillaume Bréton; Maxime Duchanoy; Ch.-A. François, directeur énéral des mines d’Anzin; Grouvelle, professeur à l’École centrale ; eclanehé, fabricant de piles électriques; Auguste Lumière, fabricant de plaques photographiques et l’auteur du cinématographe; Molteni, fabricant d’appareils de projection ; A.-J. Michelin, fabricant de caoutchouc, à Clermont-Ferrand.
- —La Société nationale d’horticulture de France réunie en Assemblée générale vient de procéder au renouvellement de ses fonctionnaires. Par suite des élections qui ont eu lieu, le Bureau se trouve ainsi composé pour l’année 1897 : président, M. Viger; premier vice-président : M. Henry Lévêque de Vilmorin; vice-présidents : MM. Defresne (Honoré), Nanot, Mussat, Villard (Th.); secrétaire général : M. Chatenay (Abêl); secrétaire général adjoint : M. Chouvet (Emile) ;, secrétaires : MM. Bergman (Ernest), Vacherot, Marcel, Ozanne; trésorier : M. Huard; trésorier adjoint : M. Lebœuf (Paul) ; bibliothécaire : M. Gibault; bibliothécaire adjoint : M. Hariot.
- —La société des bains de mer de Monaco organise entre les amateurs photographes, exclusivement, deux concours comportant des prix d’une réelle valeur et un troisième concours entre les amateurs et les professionnels. Ces trois concours sont ouverts à dater du 1er janvier 1898 et seront clos le 10 mars 1898. Les envois devront être faits avant cette date à la Société des bains de mer à Monaco. Tous les formats sont admis. Le jury chargé de classer les épreuves est composé de MM. L. Gaumont, F. Dillaye, G. Mares-chal. — Premier concours : douze épreuves faites dans la principauté et comprenant : paysages, scènes de rues, intérieurs, etc. Premier prix, 1000 fr. ; deuxième, 500 fr. ; troisième, 250 fr.; sept autres prix en médailles. — Deuxième concours : douze épreuves faites sur la côte entre Cannes et San Remo et à l'exclusion de la principauté : paysages, scènes de rues, intérieurs, etc. Les mêmes prix seront attribués que pour le premier concours. — Troisième concours pour les amateurs et professionnels : une bande de • cinématographe faite dans la principauté et ayant au moins 15 mètres de long, 0m,055 de large et le pas dit américain de quatre trous par image. Premier prix, 2000 fr. ; deuxième prix, 1000 fr. ; troisième prix, 500 fr. Pour tous renseignements complémentaires, •écrire à la Société des bains dé mer de Monaco.
- ,—— Notre confrère, M. Delahaye, donne dans la Revue Industrielle, quelques détails intéressants sur la fabrication du carbure de calcium. En Europe, dit-il, on est parvenu, dans des conditions particulièrement favorables, à réduire à 150 fr, environ les dépenses de fabrication, et le détail en est présenté comme suit par M. E. •Guye, prpfesseur à l’Ecole polytechnique de Zurich : 1000 kilo-
- grammes de chaux, 22 fr.; 900 kilogrammes de coke, 45 fr-»; énergie électrique, 40 fr.; broyage, main-d’œuvre, électrodes, 50 fr. Les choses se passent ainsi à l’usine de Vernier, qui reçoit le courant de la grande station d’électricité créée à Chèvres, aux portes de Genève. La chaux, provenant des roches de Bcllegarde, coûte, rendue broyée à Vernier, 22 fr. la tonne : elle est remarquable par sa pureté et son homogénéité ; certaines analyses ont donné 99 pour 100 et même 99,5 pour 100 de chaux vive. Le coke préparé à Saint-Etienne ne renferme que 5 pour 100 de cendres : il coûte, rendu à Vernier, 50 fr. la tonne. Le carbure qui résulte de l’union de cette chaux et de ce coke, doit être lui-même d’une pureté peu ordinaire : le rendement en acétylène est de 300 mètres cubes par tonne, de sorte ue le prix du mètre cube ressort, du seul fait de la fabrication, à ,r,50. Ën avant égard aux frais accessoires, tels que manutention et emballage du carbure, frais généraux de l’usine, amortissement et intérêt du capital, le prix de vente en gros de 300 fr. par tonne se présente comme une limite inférieure. Au détail, avec les frais de transport et la rémunération bien légitime des intermédiaires, il faut s’attendre à payer le carbure au moins 0,r,50 le kilogramme, ce qui, au rendement de 300 litres par kilogramme, porte à l,r,50 le prix minimum du mètre .cube d’acétylène fabriqué chez soi.
- —@— Le carbure de calcium en Suède. Trollliaelan, en Suède, est une localité qui se signale à l’attention des électro-métallurgistes par la présence de magnifiques cascades. Leur puissance est évaluée à 220000 chevaux. Le journal Y Avenir de l’Acétylène annonce que cette puissance doit être utilisée en partie par la Société « le Four électrique » de Laval. L’utilisation en sera faite par l’Etat et par différents particuliers On se propose de distribuer l'énergie pour le four électrique, la force motrice et l’éclairage dans toute la région environnante et jusqu’à la ville de Gotembourg, distante de 72 km.
- —On recherche beaucoup en ce moment les pièces de 50 centimes du nouveau modèle Rotv. Il s’agit des pièces patinées, c’est-à-dire d’un ton mat, qui ressemblent à de vraies médailles et qui ne doivent pas être mises en circulation. Ces pièces sont très demandées en raison de leur caractère artistique et de leur rareté. On en a frappé, en effet, un petit nombre. Sur 60 000 pièces de 50 centimes au nouveau modèle, on n’en a frappé que 24 000 patinées. Le nombre des pièces polies sera peu à peu augmenté. Sur ces 24000 pièces, le ministre des finances en fait distribuer 12 000 à la Chambre des députés et 6000 au Sénat. En outre, 2000 pièces ont été mises à la disposition des ministères, ce qui fait environ 200 pièces par ministère. Il en restait 4000 qui ont été distribuées.
- — On nous écrit du Bourg-d’Oisans que M. Sauvage, ingénieur en chef-adjoint des chemins de fer de l’Ouest et M. Ponain, secrétaire de la section du Club alpin d’Albertville, viennent de faire l’ascension de l’Etendard, un des sommets de la chaîne comprise entre Oisans et Maurienne. Ce sommet surplombe de vastes glaciers à 3473 mètres d’altitude. L’ascension est réputée difficile à la belle saison. Elle était périlleuse en décembre. Cependant à l’aller tout réussit; mais au retour, par une nuit noire, il fallut s’arrêter et passer la nuit sur un rocher, exposés à toutes les intempéries. Au matin, les deux courageux ascensionnistes parvinrent à atteindre Mejoën-sous-l’Oisans, à moitié morts de froia, mais émerveillés du spectacle incomparable que l’on découvre du sommet de l’Etendard.
- —®— On nous annonce de Luchon, qu’à la suite d’une ruptüre du barrage de Sainte-Christine, le village de Montauban, près de Luchon, a été envahi par 2000 mètres cubes de gravier. Le désastre a commencé par une formidable détonation ; 12 000 mètres cubes de gravier, accumulés depuis 40 ans, sont encore prêts à couler.-Les dégâts sont purement matériels, mais considérables. C’est à la suite de l’effondrement d’un barrage en maçonnerie de la rivière Sainte-Christine que les débris amassés à cet endroit, sables, roches^ vase, etc., se sont précipités sur le village. La ruine de la commune est complète à la suite de ce sinistre.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le compris enregistreur est construit par M. Penaud, horloger, à Morbier (Jura). La règle à calculer se trouve chez M. Laurand, 44, rue de Fleurus, ou chez M. Barbothen, 17, rue Béranger, à Paris. — Les extincteurs à pompe électrique se trouvent chez MM. Merryweather et fils, à Greenwich, où 65, Long Acre, à Londres.
- Communications. — M. P. Duvivier, au Mans, nous envoie une notice sur un nouveau réflecteur inamovible qu’il construit pour lampes à incandescence.
- M. E. Foubert, directeur d’une exploitation agricole à Bou-biers (Oise), à propos de notre récent article sur Les labours d’hier et d’aujourd’hui (n° 1279, du 4 décembre 1897, p. 5), nous écrit : a Les progrès en agriculture sont considérables. M. Albert Larbalétrier ne parle que de la charrue ; mais, aujourd’hui, lorsque vous rentrez dans une ferme, vous êtes tout étonné de rencontrer même des mécaniques de précision. Ici, c’est un laboratoire, là, les tondeuses automatiques et le lapidaire ; d’un autre côté, l’alambic, la laiterie avec ses derniers perfectionnements, la locomobile et tous ses accessoires : batteuse, nettoyage, moulin, aplatisseur, scie, coupe-racine; l’électricité ou l’acéhlène, etc., etc. Une véritable, usine. Le magasin à engrais, à certains moments, est curieux à voir ; le hangard aux outils en apprend long au visiteur avec ses semoirs, ses moissonneuses, râteaux, etc., etc. Oui, le progrès entre dans l’agriculture, il y rentre par des portes grandes ouvertes, mais c’est presque toujours dans les fermes de 150 hectares et plus qu’il se manifeste. Dans les autres fermes, à quelques exceptions près, le progrès est très lent à s’infmer, si lent même, que nous en sommes encore à la routine et qu’il est bien difficile de la déraciner. Quelques Sociétés d’agricullure font des efforts pour pouvoir faire entendre la bonne parole, mais voilà, il faut une cotisation de 5 à 6 francs par an, et le cultivateur trouve que la Société ne sert de rien parce qu’il faut donner 5 francs. Malgré cela, des conférences, faites par des professeurs ou des ingénieurs compétents, sont anno.ncées, affichées; le jour arrivé, vous ne voyez dans la salle que de gros fermiers ou des rentiers. Celui qui aurait besoin de la leçon ne vient pas, il perdrait une dernière journée de travail. Une société vend à ses membres seulement des semences de choix ou des animaux reproducteurs pris chez les premiers éleveurs; rien que pour cela, la petite culture devrait s’associer; elle trouve, malgré les sollicitations, que c’est inutile et donne comme raison qu’elle a d’aussi belles semences ou quec’esi trop cher, et remarquez que la Société, en revendant, perd presque toujours. Visitez ces petites fermes, souvent elles sont mal tenues, tout le monde mal logé; examinez les instruments aratoires, il n’y a que le strict nécessaire, et encore sont-ils défectueux. Puis, demandez des explications au cultivateur, il vous dira qu’il est propriétaire de sa ferme et de la moitié des terres qu’il cultive. Si vous êtes dans un village sans source et si vous vous étonnez de voir rentrer dans la cour de ferme un haquet avec 600 litres d’eau, deux chevaux et un homme, le propriétaire vous répondra : « Nous avons des mares, mais pas d’eau ». Cependant, direz-vous, vous devriez avoir une citerne ou un puits, et que de frais en moins. On vous répondra : « En ce « moment, nous n’avons pas grand’chose à faire, ça ne coûte pas « cher d’aller à l’eau, le pis, c’est en juin ou juillet, et que (( voulez-vous, mon père a été comme cela pendant quarante ans,
- « voilà trente ans que je marche, le garçon fera comme il l’en-« tendra. » Mais si le garçon arrive et que vous vous avisiez de lui demander ce qu’il en pense, à son tour il vous dira :
- « Mon père a toujours fait comme cela, j'irai encore bien un (( brin. » Mais que le lendemain l’on vende des terres dans la commune, le même bonhomme trouvera de quoi acheter un hectare ou deux de terre. Parlez-lui engrais chimique, expli-quez-lui ce que l’on fait, il vous répondra : « J’en mettrai »,
- puis, se ravisant : « Vous mettez deux sous dans Voire terre et si vous n’en récoltez qu’un ! » Croyez-vous que ce ne soit pas là de la routine, je dirai presque de la routine voulue. Ces gens-là passent leur vie à travailler et n’ont qu’une ambition, pouvoir acheter un petit coin de terre. Nos dirigeants devraient soutenir, par tous les moyens possibles, les sociétés cantonales d’agriculture qui veulent bien s'occuper de la petite culture. Organiser les concours entre petits cultivateurs et fermiers,, comme cela se fait dans le canton de Ghaumonf-en-Vexi»; faire des concours entre maîtres et élèves des écoles, etc., eV par ces moyens, on arriverait peut-être à rompre avec la routine et à décider le paysan Français à délier son bas de laine pour l’augmentation de la production, pour son bonheur à lui' et le bien-être en général. »
- Renseignements. — M. Chabaut, à Paris. — Nous n& comprenons pas votre objection ; dans les transformateurs, la différence de potentiel est très grande, mais la résistance est aussi très élevée, l’intensité est donc faible.
- M. Le Gay, abonné. — Adressez-vous à une agence de brevets ou au ministère du commerce et de l’industrie.
- M. Leclerq, à Constantinople-Péra. — Vous trouverez dcA traités de ce genre à la librairie E. Bernard ou Dunod-Vicq, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. Liger-Belair, à La Gouchère. — Pompes : M. L. Dumont, 55, rue Sedaine, Kœrting, 20, rue de la Chapelle, Compagnie des pompes Worthington, 43, rue Lafayette, à Paris.
- M. L. Boillol, à Zurich. — 1° Il est toujours question de cette invention ; nous ferons connaître de nouveaux détails lorsque nous en aurons. — 2° Nous n’avons pas entendu parler de cette application.
- M. E. Vuillame, à Arbois. — 1° Vous trouverez ces renseignements dans Naturaliste Préparateur, 2e partie, ou Art dé préparer et d’empailler les animaux, dans la collection des manuels Roret, à la librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris* 2° Une colle à la gélatine devrait vous donner satisfaction. •
- M. Brico, à Aix. — Vous pourriez demander ces renseignements complémentaires à l’auteur de l’article, M. H. Coupin, 1, avenue des Gobelins, à Paris.
- Un assidu lecteur, à X. — 1° Nous avons décrit autrefois cé moteur, mais nous n’avons pas encore parlé de ses nouveaux dispositifs. 2° Nous ne connaissons pas les résultats d’essais effectués récemment sur ces moteurs, mais nous croyons que ces appareils donnent satisfaction.
- M. Biver, à Paris. —Nous avons donné le moyen de détruire les vers qui attaquent les meubles dans les Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie.
- M. J. Languereau, à Paris. — S’il s’agit d’une usine importante à éclairer, on peut songer à produire l’énergie électrique dans une usine particulière à l’aide de machines à vapeur, ou de moteurs à gaz. Dans le cas contraire, il faut s’adresser aux: sociétés de distribution.
- M. L. Roux, à Mexico. — Adressez-vous au fabricant que nous avons indiqué en tète de la Boîte aux Lettres du même numéro qui en renfermait la description.
- M. A. Blum, à Oued-el-Aneb. — Vous pouvez consulter le Traité des moteurs à gaz et à pétrole de M. A. Witz, à 1» librairie E. Bernard, à Paris.
- M. le Dr P., à Nîmes. — Il n’existe aucun produit qui permette de changer la couleur du bitume.
- M. Noiriel, à Strasbourg. — A notre grand regret, nous n’avons pu nous procurer aucun renseignement sur les produits employés dans cette industrie.
- M. H. de Beaulieu, à Beslé. — Pour répondre à votre demande, nous pouvons vous indiquer les journaux suivants : La locomotion automobile, 4, rue Chauveau-Lagarde ; Revue technique de l’acétylène, 17, rue Fontaine-au-Roi, à Paris.
- M. Pedro Calo, à Madrid. — Il faut vous adresser directement au constructeur, M. Deroy, 75, rue du Théâtre, à Paris; l’adresse a déjà été donnée en tète de la Boîte aux Lettres du n° 1277 du 20 novembre 1897.
- Accusés de réception — Avis divers. — M. Mercier, à Champigny. Vous trouverez ce renseignement dans la 2e série des Recettes et procédés utiles, à la librairie Masson et Cie. — M. L. B. G., à Saint-Pétersbourg. Nous ne connaissons pas l’appareil dont vous parlez ; veuillez nous le désigner exactement. — M. Collignon, ' à Gien. Demandez au fabricant le prix de l’appareil, car nous ne nous occupons pas de ces questions. — M. Lamy, à Paris. Cette affaire est en dehors de notre compétence.
- Dans la « Botte aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants gui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lut sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insère* toutes les communications.— Il n’est rénondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- iNOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INVENTIONS1
- Le nègre et le clown. — Placées en face l’une de l’autre, ces deux petites pièces mécaniques produisent l'effet le plus curieux et dérident les plus maussades. Nègre et clown (n° 1 et n° 3) se regardent et se font mutuellement des grimaces accompagnées de mouvements de tète et de contorsions de la figure qu’on ne se lasse pas de regarder. Tout le monde a pu les voir dans les baraques du jour de l’an le long du boulevard. Ces mouvements variés sont produits par un mécanisme placé derrière la boite. Ce mécanisme se compose d’une tige
- Le nègre et le clown. — 1. Vue d’ensemble du ncgre. — 2. Mécanisme. 5. Le clown.
- qui, en montant et en descendant, fait mouvoir les parties métalliques découpées dont se composent les figures. Cette tige estjnue par un ressort qui, en s’appuyant sur une plaque métallique découpée, est forcé de suivre tous les contours de celle-ci. Cette plaque métallique C, irrégulièrement découpée (n° 2). est mise en mouvement par un ressort que l’on remonte à l’aide d’une clé et dont la marche est réglée par un petit ventilateur servant de régulateur. — Le nègre et le clown se trouvent chez M. Kratz-Boussac, 3, rue Saint-Laurent, à Paris.
- ferme-porte. — Le petit appareil dont nous allons parler est très intéressant et surtout très pratique. Il est dù à M. Jacques Danguy et permet de fermer hermétiquement les portes à l’aide de dispositions très simples. Il se compose d’un crochet (n° 1) qui porte sur la tige, le maintenant, un écrou et un coin. Si
- C v>vx.-\W\C>\
- Nouveau ferme-porte. — 1. Vue de l'appareil. — 2, 3, 4. Modes emploi
- on place le crochet comme l’indiquent les positions n°“ 2, 5 et 4, et si l’on serre à fond l’écrou, on forme une résistance qui s’oppose à la poussée de la porte et permet de maintenir celle-ci en place. On a donc là un ferme-porte très simple et qui peut facilement s’a dapter à toutes les portes. — Le nouveau ferme-porte est en vente aux Cycles Wolff American, 26, rue du Quatre-Septemhre, à Paris.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- BIBLIOGRAPHIE
- Cours de mécanique appliquée aux machines. Locomotives et machines marines, par J. Roulvin, ingénieur des constructions maritimes de l’Etat Belge. 6e fascicule. 1 vol. in-8°. Paris. E. Bernard et Cie, éditeurs, 1897. Prix : 10 francs.
- Récréations et problèmes mathématiques des temps anciens et modernes, par W. W. Roux Ball, fellow and tutor of Trinity College, Cambridge. 1 vol. in-8°, 3* édition,, traduite, par J. Fitz-Patrick. Paris, librairie scientifique A. Hermann. 1898.
- Annuaire astronomique et météorologique pour 1898, par Camili.e Flammarion. 1 vol. in-12. Paris, librairie Ernest Flammarion. Prix : 1 fr. 25.
- Traité encyclopédique de photographie, par Charles Fabre, docteur ès sciences. 2e supplément. B. 5e fascicule. 1 bro-> chure in-8°. Paris, Gauthier-Villars et fils, éditeurs, 1897.
- Lettres h un matérialiste sur la pluralité des mondes habités et les questions qui s'y rattachent, par Jules Boiteux. 1 vol. in-16. 3e édition. Paris. E. Plon, Nourrit et C‘\ 1898,
- Le diamant et l’industrie diamantaire, par G.-H. Antoine, 1 brochure in-8°. Anvers. Sociétés des cartonnages et, biseautages. 1897.
- Précis d’anatomie comparée et de dissections, par A. Grüvel, docteur ès sciences. 1 vol. br. Les fils d’Emile Deyrolle, éditeurs. Paris, 1897. Prix 3 fr. 75.
- Affiches illustrées de l’Eclair. 4e livraison, 1 brochure in-4°. Paris, 1897. Prix 2 fr.
- Sur la nocivité des huîtres et des moules, par le Dr André Brocchi, de l’Université de Paris, ingénieur-agronome. 1 brochure in-8°. Henri Jouve, 1897.
- Des poudres pyroxylées pour fusils de chasse. Quelques mots de réponse au résumé de la conférence donnée le 18 janvier 1897, par Polain, directeur du banc d’épreuves de Liège, par Henri Quersin, avocat près la cour d’appel de Bruxelles. 1 brochure in-8°. Bruxelles, P. Lacomblez, éditeur, 1897.
- Kleinasiens Naturschàlze, seine ivichtigslen, tiere, kullur-pflanzen und Mineralschatze, par Karl Kannenberg, 1 vol. in-8". Borntraeger frères, éditeurs. Berlin. 1897.
- The bibliography of X Ray Literature and research (1896-1897), by Ch. E. S. Phillips. 1 vol. in-8°. The Electrician Printing and publishing Company. Londres. Prix ; 6 fr. 25i
- Apuntes de Aerologia ragional par Ramon J. Yzquierdo. 1 bro*-chure petit in-16. Cartagena. 1897.
- Annual report of lhe board 6f regents of the smithsonian Institution, showing the operations, expenditures and condition of the Institution to July, 1895. 1 vol. in-8°i Washington, Government Printing Office, 1896.
- Resultate der wissenschaftlichen erforschung des Balatonseesi Herausgegeben von der Balatonsee-Commission der ung, Geographischen gesellschaft. Zweiter Band. Die Biologie des Balaionsees und seiner Umgebung. Erster theil. Die Fauna des Balatonsees sous la direction du Dr Géza Entz»
- 1 vol. in-8". Wien, 1897.
- The Sun’s place in nature, by sir Norman Lockïer. 1 vol. in-8"i Londres; Macmillan and C°, 1897. ;
- Bulletin of the United States, fish Commission. Vol. XVI fof
- 1896. 1 vol. in-4". Washington, Government Printing Officej
- 1897. j
- Sixteenth annual report of the Bureau of American Ethnoj
- logy to the secretary of the Smithsonian Institution 1894-1895, by J. W. Powell, director. 1 vol. in-4°. Washington Government Printing Office, 1897.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES |
- Emploi du percarbonate de potasse pour le blanchiment, — Le percarbonate de potasse possède, dit-on, des propriété^ spéciales pour le blanchiment du coton, de la laine et de la soie. MM. Constant et de Hansen ont indiqué un procédé particulier pour le préparer. On prend une solution saturée et froide de carbonate de potasse, et on l’électrolyse à travers un diaphragme poreux avec un courant fourni par 3 à 6 accumulateurs, entre des électrodes en platine. Il est nécessaire que la solution soit concentrée et que la température soit maintenue à 15° C. Du sel bleu se sépare : on le filtre rapidement, on le sèche sur des plaques poreuses, puis on le met dans un dessicca-teur où il devient presque blanc. Ce produit est le percarbonate.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- Nettoyage du mercure. — Pour nettoyer le mercure sali par les opérations dans lesquelles il a pu être employé, le Praticien recommande de le faire barboter dans une solution faible de potasse caustique; on le passé ensuite à travers une peau de cjiamois ou un linge mouillé.
- Nettoyage des surfaces émaillées. — On fait une pâte de crème de tartre en poudre avec de l’eau : on étend sur la surface à nettoyer, on frotte, puis on lave à grande eau et on sèche.
- * Solutions pour enlever l’encre. — On peut mêler en parties égales de l’acide oxalique et de l’acide.tartrique en poudre; au moment d’attaquer l’encre, on en prend une pincée qu’on dissout dans de l’eau, en se souvenant que cette solution est vénéneuse. On a aussi la faculté d’employer de l’acide oxalique avec de l’acide citrique, ou encore des quantités égales de crème de tartre et d’acide citrique en solution dans de l’eau.
- Composé pour le lustrage du linge. — Dans 100 parties d’eau distillée, on fait dissoudre 10 parties en poids de borax, puis autant de gomme arabique; on chauffe doucement, de manière à y faire fondre 10 parties (en poids également) de spermaceti. On place le tout dans un mortier de pierre chauffé préalablement, et'l’on écrase et l’on pilonne jusqu’à ce que le spermaceti se mette en émulsion, forme une sorte de crème dans le liquide. Alors, graduellement, on ajoute 1/4 0/0 (sur un ensemble de 157 parties) d’huile essentielle de lavande; et enlin on verse dedans, en agitant constamment, 27 parties de glycérine. On affirme (comme les cuisinières pour la sauce mayonnaise) que, pour ne point amener de séparation des différentes substances, il faut toujours brasser en tournant dans le même sens. Il importe, à coup sùr, de maintenir la température constante quand on verse le spermaceti. Pour l’emploi on additionne d’une cuillerée à thé de ce îhélange chaque cuillerée d’empois ordinaire.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN VENT ÉTAT DU CIEL PLUIE EN
- THERMOMÈTRE DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 27 déc. 1897. — S", 7 S. S. E. 2. Quelques nuages. 0,0 Nuageux jusqu’à 9 li. ; beau ensuite.
- Mardi 28 ..... . 0',3 S. S. E. 2. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 9 h. ; couvert ensuite; pluie de 13 à 16 h.
- Mercredi 29 6',2 S. S. W. 4. Couvert. 0,3 Presque couvert ; petite pluie à 8 h. ; halo.
- Jeudi 50 . 9",0 S. 5. Couvert. 0,1 13,8 0,0 Nuageux à 1 h. ; couvert ensuite ; pluie de 8 à 22 h. Très nuageux; halo. Couvert ; quelquefois des gouttes et pluie de 21 à 23 h. ; gelée blanche.
- Vendredi 51 5“ ,9 S. S. W. 3. Couvert.
- Samedi l"janv. 1898. S ,9 S. E. 3. Couvert.
- Dimanche 2 | 6*,9 S. S. W. 3. Presque'couvert. 0,9 Presque couvert jusqu’à 9 h. ; beau ensuite.
- DÉCEMBRE 1897-JANVIER 1898. — SEMAINE DU LUNDI 27 DÉCEMBRE 1897 AU DIMANCHE 2 JANVIER 1898.
- I.mith | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche
- ^ La courbe supérieure indique la nébulosité rie (l à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes au milieu indiquent : courbe épaisse, les pressai i< bar métriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- r Le brouillard en JEeosse. — Des brouillards très intenses se sont élevés en Ecosse, notamment le 23 décembre. On a été obligé de suspendre pour la journée la circulation des chemins de fer dans la plus grande partie de ce pays.
- Halo avec parhélie observé A Digne (Kasseo-Alpes). —
- Le 20 décembre, entre midi et 3 heures de l'après-midi, on a pu observer à Digne (Basses-Alpes), un halo avec parhelie vraiment remarquable. Des nuages légers assez irréguliers, surtout des cirrhus, occupaient une assez grande partie du ciel qui se montrait bleu en plusieurs points. C’est dans une de ces nébulosités que le premier indice se montra d’abord sous forme d’une tache lumineuse ' irisée, légèrement allongée Suivant la verticale, placée à gauche du soleil, à la même hauteur que lui, et tournant sa partie rouge de son côté,
- Pendant plus d’une heure cette apparence persista, puis, vers 2 heures, lç phénomène se compléta : un halo d’un rayon égal à la distance du Soleil à la première tache lumineuse se dessina, avec une tache analogue à la première daiis une position symétrique par rapport au soleil, et une autre exactement au-dessus du centre avec une colonne lumineuse blanche, suivant le rayon vertical. Le halo était nuancé suivant les couleurs du spectre* Le rouge en dedans. La tache lumineuse supérieure, .uu peu moins intense que les deux latérales, était d’ailleurs le point de contact entre le halo et un petit arc lumineux qui lui était tangent.
- Ce premier halo avait un diamètre angulaire de 46° environ, et il était eulouré d’uc second cercle concentrique, d’un diamètre exactement
- double (92°) d’intensité presque égale au halo intérieur, avec, comme lui, le rouge en dedans, et un petit arc tangent à son point le plus haut, irisé, montrant le rouge sur sa convexité.
- Vers 3 heures, cette apparence curieuse était presque dissipée, et on ne voyait pius que la tache lumineuse de gauche ; toutefois, a diverses reprises, quelques parties de l’ensemble se montrèrent encore par moments jusqu à 4 heures, un peu avant le coucher du soleil.
- Le baromètre était à 766““ environ, c’est-à-dire notablement plus élevé que la moyenne, cependant cette hauteur était un minimum relatif, car ia veille et le lendemain du 20, la pression atteignit'près de 770“*. H avait fait un temps très clair le 18, légèrement voilé le 19, et le lendemain 21, l’atmosphère était de nouveau d’une pureté absolue. D'autre part, le minimum barométrique avait coïncidé avec une légère élévation de la température, plus considérable que celle qui était attribuable à la diminution du rayonnement.
- Pn-sait que la formation de ces halos compliqués est due à la réfraction de la lumière dans des nuages formés de petites aiguilles prismatiques de glace; il est probable quun courant inférieur relativement chaud et humide, venant en contact avec l’air glacé des hautes régions, dans une atmosphère très tranquille, une cristallisation d'aig-uilles de glace se produisit et forma les nuages qui amenèrent le curieux phénomène observé.
- . Ph. Zurcher. . .
- * Il est intéressant de remarquer que des halos avec parhélie, moins complets toutefois, furent'observes dans le midi eé 1881-1882 concurrent!-ment avec des hausses barométriques exceptionnelles. Voir La Nature, n° 236, du 27 avril 1878, p. 332.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 30, à 7 h. 36 m. du soir.
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- N° 1285 (15 janoier 1898), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PAR VILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Sur la double présentation de l’Académie des sciences et <iu Muséum, M. Maquenne, docteur ès sciences, assistant au Muséum d’histoire naturelle, est nommé professeur de physique végétale audit établissement, en remplacement de M. Georges Ville, décédé.
- —L’Institut en 1898. La présidence de l’Institut de France pour l’année 1898 appartient à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Le bureau de l'Institut pour 1898 est ainsi composé : MM. Longnon, délégué de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres; Boissier, délégué de l’Académie française; Wolf, délégué de l’Académie des sciences ; Frémiet, délégué de l’Académie des Beaux-Arts; Desjardins, délégué de l’Académie des sciences morales et politiques ; Wallon, secrétaire perpétuel de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, secrétaire.
- —L’éclipse partielle de lune visible à Paris dans la nuit du vendredi 7 au samedi 8 s’est produite à l’heure. Mais l’observation a été gênée par le mauvais temps.
- —%— Une jeune Russe, Mlla Levin, a passé, avec succès, sa thèse de doctorat à la Faculté de Médecine de Paris. Le jury, présidé par le docteur Alfred Fournier, membre de l’Académie de Médecine, l'a reçue avec la mention « Très satisfaisant » et lui a adressé ses félicitations. La nouvelle doctoresse est originaire d’Odessa. Elle a fait toutes ses études à Paris, qu’elle va quitter pour aller exercer la médecine dans sa ville natale.
- —On annonce la mort de M. Ilart, directeur du British Medical Journal.
- —La Commission de répartition du pari mutuel a accordé à la Pouponnière une somme de cent mille francs, pour venir en aide aux travaux d’agrandissement de cet établissement.
- —©— La commission de statistique de l’industrie minérale vient de publier son rapport pour l’exercice 1896 sur les mines et les appareils à vapeur, qui, depuis 1817, rentrent dans les attributions des ingénieurs des mines, parce que ce fut pour l’épuisement des eaux et l’extraction du minerai que Pierre Laurent fit le premier fonctionner ces appareils au siècle dernier, à Anzin, pour la houille, ainsi qu’on peut le voir au Conservatoire des arts et métiers, et à Pompéan, dans les mines d’argent. Sur 281 800 ouvriers employés dans les mines et carrières dont 121 500 souterrainement, il y a eu 346 victimes, dont 202 dans les mines et 144 dans les carrières où 21 250 ouvriers seulement travaillent sous terre. Il y avait en activité en France, à la fin de l’année 1896, dit le rapport, 99 525 chaudières à vapeur, 87 476 machines au nombre desquelles 41 343 locomotives et 29 280 récipients soumis à la déclaration. La puissance des machines est indiquée comme étant de 6 282 547 chevaux-vapeur, dont 4176 835 appartiennent aux locomotives des chemins de fer et des tramways, et 761 647 servent à la propulsion des bateaux. Il est intéressant de mentionner que l’agriculture dispose de 18 743 machines à vapeur, susceptibles de développer une puissance de 111 123 chevaux-vapeur. Le nombre des épreuves réglementaires effectuées à la presse hydraulique, dans le courant de l’année, a été de 23 597.
- —Voici, d’après le rapport de M. Picard, chef de l’exploitation de Paris-Lyon-Méditerranée, la cause de l’arrêt du train 10 qui u déterminé la catastrophe de Péage-de-Roussillon. Entre le Péage-de-RoussilIon et Clonas, un sifflement strident se fit entendre. On crut que c’était le bruit d’une sonnette d’alarme et le mécanicien «erra son frein pour permettre au conducteur-chef de chercher le
- compartiment d’où provenait ce sifflement. Pour comprendre ce détail, il faut savoir que depuis quelque temps la Compagnie a fait placer à chaque wagon un sifflet qui, actionné, se fait entendre sans interruption et appelle ainsi le conducteur à l’endroit précis d’où est parti le signal. Autrefois, le sifflet, au lieu d’être adapté au wagon, était placé sur la machine, et, lorsqu’il s’agissait de rechercher l’auteur de l’appel, on se heurtait à une presque impossibilité dans la plupart des cas. Tandis que le conducteur-chef du train 10 cherchait le wagon d’où pouvait provenir le bruit révélateur, le mécanicien découvrait que le sifflement était occasionné par une avarie au robinet de la conduite du frein modérable. Le mécanisme de ce frein permet de modérer l’arrêt du train et il débloque d’un seul coup toutes les roues du convoi, évitant le desserrement opéré à la main par les employés. Le mécanicien put réparer aussitôt l’avarie. Mais, lorsqu’il voulut repartir, il constata que les dix premiers wagons seulement se trouvaient débloqués, mais non les quatre derniers. Il fallut alors débloquer ces quatre wagons successivement. C’est au moment où l’on procédait à ce travail que survint le train 20 et que se produisit la catastrophe.
- —L’Éleveur nous apprend qu’un service permanent et régulier de pigeons voyageurs vient d’être organisé, en plein océan Pacifique, entre les principales îles de l’archipel hawaïen. Ces îles, au nombre de huit, occupent une superficie totale de 17 000 kilomètres carrés, et leur population s’élève à près de 100 000 habitants. Comme les communications par bateau à vapeur sont aussi rares que difficiles, les nombreux planteurs de Mani, d’Oahu, et les éleveurs de Lanaï, de Nihan et de Kaboolawe ont décidé, d’accord avec le gouvernement, d’établir un service régulier tfc pigeons voyageurs pour le transport rapide des lettres et des dépêches. La dus grande distance, à vol d’oiseau, est entre Ilonolulu, capitale de a république océanienne, et Ililo, chef-lieu de File d’IIawali — 400 kilomètres environ, — que les messagers ailés franchissent quotidiennement en un peu plus de 10 heures. Cet essai de colombophilie pratique a parfaitement réussi jusqu'à présent.
- —Perche noire ayant avalé un serpent. Il y a peu de temps, on a pêché en Floride, dans la rivière de la Fièvre Jaune, une supGrbe perche noire (Sebastictys melanops), pesant plus de sept livres. On la fit cuire et on la servit sur la table qu’entouraient l'heureux pêcheur et ses amis, tous affamés par leur expédition sportive. Mais voilà qu’en découpant le poisson, on découvrit dans son estomac Jes restes facilement reconnaissables et à peine entamés par la digestion d’un serpent à sonnettes de l’espèce la plus venimeuse : inutile de dire que les convives s’abstinrent de toucher à cette trop vorace perche, qui fut donnée en pâture aux pourceaux.
- M. P. Dupuy nous donne, dans la Revue pratique de l'électricité, la dépense par kilomètre d’une automobile à vapeur, d’après les essais de M. Michelin, après une expériencode 8 mois et un parcours total de 7700 kilomètres. Ce trajet total a été fait en 115 sorties ; il a donc été parcouru 67 kilomètres à chaque sortie. La voiture est un breack à vapeur à 6 places, système de Dion et Bouton, actionné par 2 moteurs compound calés à 180° et agissant sur 2 roues de lm,06 de diamètre. Le chaulîage se faisait au coke; la voiture en ordre de marche, non compris les voyageurs, était de 2050 kilogrammes. Elle emportait 2 hectolitres de combustible et 200 litres d’eau. Les dépenses par kilomètre ont été de 6,16 centimes de coke, de 0,07 centimes d’huile des moteurs, de 3,46 centimes d’huile de graissage, de 0,06 centimes de graisse, soit au total de 10,65 centimes.
- —®— Le professeur Alexandre Bell, père de l’inventeur du téléphone, vient de se marier, à New^-York, avec Mm6 Ilarriet Guess Shibley, une veuve canadienne. Le marié a soixante-dix-huit ans; la mariée a cinquante-trois.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui concerne le self-allumeur, s’adresser à la Société Française, 10, rue du Bac, à Paris.
- Communications. — M, Camille Flammarion, à Paris, nous fait parvenir une brochure dont Je titre est : La planète Vénus; discussion générale des observations. Cette notice est. éditée par la librairie Gauthier-Villars et fils.
- Un pharmacien, à Bordeaux, nous indique un procédé pour nettoyer les entonnoirs de métal et de verre qui se trouvent souvent salis par des matières grasses ou résineuses. Il suffit simplement d’introduire l’entonnoir renversé dans un vase rempli aux 3/4 d’eau dans laquelle on a mis environ 30 grammes dp cristaux et une cuillerée à café de chaux vive. On porte le tout à l’éhullition pendant environ 10 minutes. Par suite de l’ébullition, le liquide bouillant s’échappe en jet par la pointe de l’entonnoir, retombe dans le vase et l’extrémité de l’entonnoir se nettoie automatiquement. Ce procédé a été employé par le garçon de laboratoire de notre correspondant qui, ayant à nettoyer des entonnoirs salis par de l’huile de foie de morue, imagina ce tour de main très ingénieux. Dès ce jour, il a eu des entonnoirs toujours propres et le bris de l’extrémité conique (surtout pour les entonnoirs en verre) est devenu très rare.
- M. R. B. L., à Paris, à propos de notre article Récréations scientifiques (n° 1278 du 27 novembre 1897, p. 416) nous écrit : « Voici une expérience analogue à celle des feuilles coupées qui glissent sur l’eau : La lavande fraîche en fleur jetée sur l’eau produit le même effet. Il ne faut pas jeter l’épi tout entier, mais avoir soin de détacher les petites fleurs en froissant l’épi entre les doigts. Si l’on jette alors ces petites fleurs sur l’eau on les voit tournoyer dans tous les sens. Ces mouvements sont dus à la différence des tensions superficielles produites par l’essence de lavande comme dans le. cas du camphre, et non pas une réaction de recul à la façon des pièces d’artillerie, comme le laisse croire votre article. Enfin sans quitter le règne végétal voici un fait peu connu je crois : Le Cétérac officinarum, jolie petite fougère des murailles, peut être complètement desséché; les feuilles se recroquevillent, deviennent brunes et cassantes. II n’est pas mort pour cela ; il suffit de plonger la plante dans l’eau pendant dix heures pour la voir redevenir souple et verte. Assez souvent même elle peut reprendre vie. »
- M. M. Drallain, à Verdun, nous écrit la lettre suivante :
- « Permettez-moi de vous communiquer le remède suivant contre le mal de dents. Remplissez de vinaigre un petit récipient tel qu’une tasse à café, failes rougir dans le feu un morceau de verre quelconque et lorsqu’il est très rouge plongez le verre dans le vinaigre. Le liquide entre en ébullition aussitôt. Frottez avec un coton trempé dans ce vinaigre (aussi chaud que vous pourrez l’endurer) la gencive malade et tamponnez la dent qui vous fait mal. La douleur cesse dans les cinq minutes qui suivent cette opération. Quelquefois cependant on doit avoir recours à deux lotions. Je ne sais si ce remède est sain pour la conservation des dents, mais en tout cas il fait cesser toute douleur comme j’ai pu m’en rendre compte sur quatre cas ainsi traités à ma connaissance depuis quinze jours.
- M. Ch. E. Bessey, professeur de botanique à l’Université de Nébraska, nous envoie une brochure ayant pour titre The Phy-logeny and Taxonomy of angiosperms. Cette Notice a été éditée par la Botanical Society of America.
- M. A. de Richard, ingénieur des mines à Bucarest, nous fait parvenir un petit opuscule qui donne la Monographie du pétrole de la Roumanie. L’éditeur est M. Gobi fils, à Bucarest.
- M. Nothomb, à Bruxelles, à propos de notre récente communication sur la vitesse des trains (Boite aux Lettres du n° 1281, du 18 décembre 1897), nous écrit la lettre suivante :
- « M. E. D., de Compiègne, rectifie avec raison les informations tirées d’un article de VEconomiste français, sur la vitesse de certains.trains français. Je ferai remarquer que M. E. D. lui* même n’a pas toujouis choisi le train le plus rapide pour l’insérer dans son petit tableau, très intéressant. Le train de luxe quittant actuellement Marseille à 12h8 et arrivant à Paris à llh40, fait le trajet en 1 lh 32; l’ensemble des temps d’arrêt est précisément de 52 minutes ; on obtient donc respec-
- 8G5kD>,60 00.
- tivement pour vitesse commerciale —:—-— = /4 ,826 par
- (lllj
- heure (au lieu de 74kn\929), et pour vitesse, arrêts dé-
- UA*km *
- duits, ——— = 78km,454 par heure (au lieu de 76k“‘,372)..
- Dans le calcul des temps du Sud-Express,- Bordeaux-Paris, M. E. D. a des données exactes, mais les résultats sont, tes-suivants :
- 585km 60
- Vitesse commerciale —= 78km,876 par heure>(au lieu de 74km,542).
- 585k“ 60
- Vitesse, arrêts déduits,—j——=81km,8I8 par heure (au lieu de 77km,156).
- On peut dire, comme conclusion, que les chemins de fer français sont, pour le moment, à la tète des chemins de fer du monde entier.
- Renseignements. — M. Ch, Frontier, à Portrieux. — Vous trouverez des moteurs électriques, à pétrole et à gaz de très faible puissance chez M. Cadiot, 12, rue Saint-Georges, ou chez M. Relier, 28, cité Trévise, à Paris.
- M. Gaston Goy, à Cambrai. — 1° Nous avons indiqué dans-le livre des Recettes et procédés utiles, 3e série, à la• librairie Masson et Cie, la recette pour l’imperméabilisation des murs en briques. — 2° Voyez la collection des manuels Roret, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. V. D., à l’IIe Saint-Denis (Seine). —Nous n’avons pas de renseignements particuliers; mais nous pensons que ce goudron doit se trouver chez les marchands de peinture.
- M. A. Landowsky, à Lwow. — Nous n’avons pu retrouver l’article dont vous avez parlé; mais pour l’appareil dont il est question, vous pouvez vous renseigner auprès de M. Gaumont, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. Dupuy, à Paris. — Nous avons reçu votre envoi de papier sensible ; nous le faisons essayer par un de nos colla-' borateurs.
- M. D. Grosrenaud, à Biskra. — 1° Il faudrait consulter un naturaliste; adressez-vous à M. H. Coupin, 1, avenue des Gobe-lins, à Paris. — 2° Voyez à la librairie agricole de la maison Rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- M. T. Farnel, à Coutances. — Les ouvrages de M. Mathieu sur les chaudières et machines à vapeur vous conviendront ; demandez à la librairie Baudry, 15, rue des Saints-Pères, à Paris.
- M. le Cte Armand, à Paris. — Le monte-escaliers dont nous avons parlé, il y a quelque temps, a été abandonné, et l’on utilise partout aujourd’hui des ascenseurs hydrauliques ou électriques des maisons Edoux, Pifre, Roux et Combaluzier, Leroy et Ileurtebize, Samain et Cie, etc.
- M. Pallière, à Lyon. — Il n’y a pas de papier à la gomme bichromatée ; il faut le préparer soi-même. Voyez Procédé à la gomme, par M. Robert Demachy, à la librairie Gauthier-Villars et fils.
- M. D. Meller, à Bordeaux. — La brochure ne porte pas d’indication d’éditeur; adressez-vous directement à l’usine à Alzonne (Aude).
- Un lecteur, à Louvain. — Vous pourriez consulter, Fabrication de l'amidon et de la fécule d'après les procédés les plus récents, à la librairie Fritsch, 50, rue du Dragon, à Paris.
- Accusés de réception. —Avis divers. — M. Durand, à Ajaccio. Soumettez votre cas à une agença de brevets. — M. R. O. L, à Colombes. Voyez les Recettes et procédés utiles. lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. H. de L., à Vesoul. Nous ne pouvons nous occuper de ces questions financières. — M. Cusin, à Nîmes. Remerciements pour votre communication.
- Nota. — En raison de la quantité de lettres reçues, il nous est impossible de répondre de suite ; nous répondrons dans les prochaines Boites aux lettres ou directement.
- bans La « Ro\ ti aux lettns » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les nuestim s, ni n insérer tmtes les communications.— Il n’est rénr>n/tn an’ans lettres reçues avant le lundi avi précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Du surmenage.
- A la conférence internationale des services de l’hygiène des chemins de fer réunis à Bruxelles, en septembre, M. Loontjens a parlé du surmenage des ouvriers.
- Le travail doit être mesuré aux forces de l’ouvrier. S’il dépasse en intensité ou en durée ce qu’un homme normalement bien doué peut supporter, il y a surmenage aigu, c’est la fatigue poussée à l’extrême, c’est le travail forcé. Le surmenage chronique (celui qui nous préoccupe principalement) est de la fatigue accumulée.
- . La fatigue se produit par épuisement de la force propre à l’organe qui travaille et par l’accumulation des résidus de la combustion organique activée par le travail. Elle détermine une intoxication plus ou moins profonde par la production et l’accumulation d’acide, carbonique, d’acide lactique, d’acide urique, de l’urée, des urates et des leucomaïnes dans les tissus. Elle ne cesse que lorsque ces produits sont éliminés.
- La fatigue exagérée provoque des symptômes de gravité variable suivant qu’elle a été poussée plus ou moins loin. Ce sont : 1 ’ la lassitude musculaire ; ‘2° les palpitations et de l'oppression ou essoufflement ; 5° le besoin de sommeil ; 4° la faiblesse et la syncope.
- Etats pathologiques provoqués par le surmenage : la courbature, la fièvre gastrique ou embarras gastrique fébrile, les états typhiques, fièvre typhoïde, etc. Les maladies suivantes trouvent fréquemment leur origine dans le surmenage : le rhumatisme, le coup de chaleur, les varices, les myosites, les ténosites, ruptures musculaires, etc. Le surmenage crée de plus, chez ceux qui y sont soumis, un état cachectique et d’épuisement particulier; il engendre une susceptibilité morbide à toutes les maladies dues au froid, à l’humidité; il aggrave des indispositions légères et réveille les prédispositions héréditaires pt les maladies qui semblaient disparues.
- Les poumons, le cœur, les reins, la peau, se chargent principalement de débarrasser le corps des déchets accumulés par la fatigue. De l’intégrité de ces organes dépend la cessation plus ou moins rapide des effets de la fatigue. J1 est donc indispensable, lors de l’admission des ouvriers, de s’assurer, en même temps que de l’état de la vue et de l’ouïe, de l’état des forces. L’examen dynamométrique, celui de la capacité pulmonaire sont aussi nécessaires.
- Permettre l’admission de jeunes gens qui n’ont pas les qualités aequises, c’est les vouer sûrement au surmenage. L’adolescent en voie de développement est en puissance pathologique par le fait même de son évolution. De ce fait résulte la nécessité d’imposer un minimum d’àge. Ce minimum peut être raisonnablement fixé à 18 ans. A cet âge l’ouvrier ne peut être soumis au travail de nuit, il ne peut d’emblée être astreint au même travail que l’homme fait, habitué au travail commandé. Il convient de créer des brigades de formation, d’entraînement, permettant aux nouveaux venus et aux ouvriers trop jeunes de s’habituer insensiblement aux nécessités et au travail du service. A 19 ans, après nouvel examen médical et avis conforme des chefs immédiats, l’ouvrier sera reçu à titre définitif.
- Nous préconisons la création de salles d’affusion moins coûteuses que les salles de bains et permettant à tous les ouvriers, plusieurs fois la semaine, de se débarrasser la peau des poussières et des produits de la transpiration ; la création de cantines où l’ouvrier, le célibataire surtout, pourrait à un prix minime trouver des réconfortants et des aliments; la création de cités où l'ouvrier trouverait, à un prix modique, un logement gai et hygiénique; l’extension des moyens mécaniques capables de diminuer l’effort demandé actuellement à la force musculaire de l’ouvrier: le travail de nuit réduit au strict nécessaire.
- Crevasses et gerçures (Morel-Lavallée.)
- Alcool à 90°......................80 grammes.
- Glycérine.........................35 —
- Eau de roses......................50 —
- Salol............................. 2 —
- Teinture de musc............... n gouttes.
- Pour lotions après lavage soigneux des mains. Ne pas essuyer.
- Pommade contre les crevasses des mains (M. Steffen) Menthol................... 0 gr. 75 centigr.
- S».: ; : : | M * *r-50
- Lanoline............... 45 grammes.
- Mêlez. — Usage externe.
- Cette pommade doit être appliquée deux fois par jour.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Appareils extincteurs d'incendie. — Le principe sur lequel sont basés tous les appareils extincteurs d’incendie est de dégager, en grande quantité, des gaz, tel que l’azote, l’acide carbonique, l’acide chlorhydrique, l’acide sulfureux, etc., et de les projeter dans le foyer de l’incendie. L’un quelconque de ces gaz, mélangé en proportion suffisante à l’air, neutralise, en effet, sou pouvoir comburant.
- Parmi les multiples préparations permettant d’obtenir ce résultat, il faut citer, avec la Revue technique, celle due à M. Raymond et qui se compose d’un mélange de carbonate et de chlorhydrate d’ammoniaque, auquel on ajoute du carbonate et du borate de soude. Le tout, bien dosé, est mis en solution dans l’eau. Cette solution possède une grande puissance extinctive. Elle peut éteindre, paraît-il, les essences, les benzines enflammées, en les saponifiant. Pour que cette action puisse se produire, on ajoute à la solution une certaine quantité d’acide oléique qui a seulement pour objet d’amorcer la réaction. Voici la composition de la solution telle que la donne M. Raymond :
- Eau........................... 1 000 parties.
- Borate de soude.................. 40 à 00 —
- Carbonate de soude (anhydre). 80 à 120 —
- Soude caustique..................150 à 200 —
- Carbonate d’ammoniaque. ... 75 à 100 —
- Chlorhydrate d’ammoniaque. . 200 à 280 —
- Acide oléique.................en proportion variable;
- Le seul inconvénient des grenades est que si le feu prend au moment où personne ne se trouve dans l’appartement, elles éclateront bien à l’instant où elles seront en contact direct avec les flammes, mais leur action s’exercera trop tard pour enrayer la marche du fléau. Pour remédier à cet inconvénient, MM. Wenck et Touser ont imaginé un appareil du même genre que les grenades, mais qui a Davantage d’être automatique, et en même temps avertisseur d’incendie. II se compose de deux ballons ou grenades suspendus, à une certaine distance l’un dq l’autre, au plancher de l’appartement que l’on veut garantir. Ces grenades sont reliées entre elles par un cordon inflammable, mais de telle façon, que le centre de gravité de chacune d’elles soit écarté de la verticale.
- Elles contiennent un mélange fait de 85 pour 100 de fleur de soufre et de 15 pour 100 de charbon en poudre, dans lequel viennent plonger les extrémités du cordon inflammable.
- Un circuit électrique, comprenant une sonnerie, se trouve placé de telle sorte qu’il soit ouvert lorsque les grenades ge trouvent dans la position inclinée, et se ferme lorsqu’elles reviennent dans la position verticale. Si le feu se déclare darfs l’appartement, les flammes atteignent et brûlent le cordon qui réunit les deux grenades. Par cela même, les ballons, sous l’effet de la pesanteur, reviennent dans leur position normale et ferment ainsi le circuit électrique. La sonnerie retentit alors et avertit du début du sinistre. Mais dans le même temps, les ballons font explosion sous l’effet des flammes extérieures et du feu communiqué à l’intérieur par le cordon. Le mélange se répand dans le foyer de l’incendie et produit une quantité d’acides sulfureux et carboniques suffisante pour que l’a il ambiant perde, en partie, ses propriétés comburantes, ce qui amène sinon l’extinction complète, du moins une diminution dans l’activité de l’incendie.
- Tampons dits « perpétuels ». — Pour fabriquer un tampon perpétuel destiné aux timbres en caoutchouc, choisir une boite métallique plate, aussi étanche que possible. Garnir le fond avec un morceau de toile cirée. Disposer par-dessus, en les superposant, deux ou trois feuilles de feutre épais, (feuilles et toile cirée doivent épouser la forme de . la boîte). Couper aux dimensions voulues une bande de drap afin de la replier en deux, et la placer ainsi disposée sur les feuilles de feutre en soumettant le tout pendant quelques heures à une assez forte pression. Enlever la bande de drap et imprégner d’encre à tampon chaque plaquette de feutre. Replacer la bande au-dessus.et étendre sur sa surface, à la brosse ou au pinceau, un peu de la même encre. Le tampon' est prêt à fonctionner et durera des mois entiers sans renouveler la provision d’encre.
- Moyen de percer le verre. — Pour percer une lame de verre, on chauffe à blanc une vrille très pointue et on la trempe dans un bain de mercure; on l’aiguise, et on la plonge, au moment de s’en servir, dans une solution saturée de camphre dans de l’essence de térébenthine. On procède alors au percement, en ayant soin de mouiller, au moment de l’opération, le point du verre à percer avec une goutte de cette même solution. La vrille entre alors facilement dans le verre.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- BIBLIOGRAPHIE
- Électro-chimie. Production électrolytique des composés chimiques, par Ad. Minet. 1 vol. petit in-8° de Y Encyclopédie scientifique des aide-mémoire, publiée sous la direction de M. Léauté, membre de l’Institut. Paris, Gauthier-Yillars et fils, et Masson et Cio, éditeurs, 1897. Prix : broché 2'r,50, cartonné 3 francs.
- L'Assainissement comparé de Paris et des grandes villes de l'Europe, Berlin, Amsterdam, La Haye, Bruxelles, Londres, par Edmond Badois, vice-président de la Société des Ingénieurs civils de France, et Albeiit Biébekt. 1 vol. in-8°, Baudry et Cie, éditeurs. Paris, 1898.
- Annuaire de l'Observatoire municipal de Montsouris pour 1898; Météorologie, Chimie. Micrographie, Applications à l’hygiène. In-18 avec diagrammes et tigures dans le texte. Gauthier-Villars et fils, éditeurs. Paris, 1898. Prix : 2 francs.
- Traité pratique du développement. Elude ' raisonnée des divers révélateurs et de leur mode d’emploi, par Albert Londe. 3e édition. Paris, Gauthier-Villars et fils, 1898.
- Manuel abrégé de photographie à l'usage des débutants, par F. Panajou, chef du service photographique à la Faculté de médecine et de pharmacie de Bordeaux. 1 vol. in-12, Gauthier-Villars et fils, imprimeurs, 1898.
- La pratique de la phototypogravure américaine, par Wilhelm Cronenberg, directeur de l’Ecole de photographie et de reproduction photographique de Gronenhach. Traduit et augmenté d’un appendice, par G. Férv, chef des travaux pratiques à l’Ecole de physique et de chimie industrielles. 1 vol. in-18 jésus, 1898. Gauthier-Villars et fils, éditeurs. Prix : 5 francs.
- Nouveau manuel complet de typographie, par Emile Leclerc. 1 vol. in-16 de l’Encyclopédie Roret. Paris, L. Mulo, éditeur, 1897. Prix : 4 francs.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 3 janvier 1898. 1°,9 E. N. E. 2. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 9 h. ; peu nuageux ensuite ; gelée blanche ; halo. Beau jusqu’à 20 h. : peu nuag. ensuite; petit brouillard au ras du sol à 2-3 h. ; halo.
- Hardi 4 '. . 0“,1 . S. S. E. 1. Beau. 0,0
- Mercredi 5 2%9 S. S. E. 1. Très nuageux. 0,0 Beau à 1 h. ; couvert ensuite ; gelée blanche ; halo.
- Jeudi 6 4*,4 S. 2. Couvert. 0,0 Couvert jusqu’à 20 h.; très nuageux ensuite; halo. Couv. de 6 à 19 h. ; nuag. av. et apr. ; halo ; petite pluie de 10 à 11 h. et un peu à 14 h. Br. de 200“ à 6-7 h., et léger et bas de 18 à 21 h.
- Vendredi 7 3“,5 S. 2. Couvert. 0.5
- Samedi 8 — 0\7 E. N. E. 1. Très nuageux. 0.5 Beau jusqu’à 6 h. ; couvert ensuite. Brouillard à 6-7 h. de faible hauteur.
- Dimanche 9 7\2 E. S. E. 2. Couvert. 1.0 Presque couvert ; pluie de 2 à 4h 30.
- JANVIER (893. -- S EM UNE DU LUNDI 3 AU DIMANCHE 9 JANVIER.
- La courbe supérieure indique ta vébidosilé de 0 à 10; les fléchés inférieures, la direction au veut. Les courbes au nt.tieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramene à 0. au niveau de la merj; courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boute sèche; courbe en pointillé, t/.ermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Cl IRONIQUE METEOROLOGIQUE
- Orngrs et tempêtes. — Une tempête a éclaté sur Paris le 29 décembre 1897 et a continué les 30 et 31 décembre, ainsi que pendant les premiers jours de janvier 1898. La pluie est tombée en grande abondance sans discontinuer. Le 30 décembre, une grande tempête s’est abattue sur la région de Rive dc-Gier. On a dû cesser le travail dans plusieurs usines métallurgiques. Un portail pesant 5 tonnes environ et le hall d’une verrerie ont été enlevés par le vent et transportés à plusieurs mètres de distance.
- Dans la nuit du 29 au 50 décembre, à Bresl, a éclaté une violente tempête avec vent de sud. Le cuirassé Masséna a cassé la chaîne de son corps-mort et s’est éloigné ; il avait heureusement conservé ses feux allumés; il a pu faire usage de ses machines et se réfugier dans la rade-abri. A Alais, le 51 décembre, par suite de la crue du Gardon, la circulation a été interrompue entre la Grand’Combe et La Levade. Un train express venant sur Nîmes a dû retourner sur Langogne. La ligne d’Uzès à Nozières a été coupée par les eaux. Tempêtes encore les 7, 8 et 9 janvier en Angleterre et en France.
- I.’électricité au Sahnra. —Dans le Sahara, d’après M. Fo/eau
- de Courmelles, par les temps d’orage et de siroco, un bâton levé en l’air forme une pointe qui laisse échapper visiblement l’électricité. On aperçoit avec les métaux des effluves violets. Les burnous de laine donnent des bruits d’étincelles; touchés, ils provoquent des secousses et des commotions. Les tentes que l’on Louche rappellent les secousses de la méthode médico-franklinieune. Les animaux heurtés donnent des sensations et des chocs électriques et l’odeur de l’ozone se perçoit pendant toute la durée du siroco pour cesser avec lui. Ces phénomènes sont à peu près ceux que constatent les ascensionnistes sur les hautes montagnes. Pendant l’hiver dans certaines contrées de l’Amérique du Nord, les cheveux se dressent et il en sort des étincelles. On ne peut pas toucher à un bouton de porte sans ressentir une secousse. Quand on se donne la main, une petite étincelle jaillit des doigts. Ces phénomènes dus à l’électricité statique sont bien connus aujourd’hui. On sait que l’on peut chez soi se rendre compte de ces phénomènes d’électricité atmosphérique en constatant combien une petite charge d'électricité engendre facilement une étincelle. On fait chauffer un morceau de papier écolier bien g'acé ou du papier à lettre; on le brosse fortement et en approchant le doigt dans l'obscurité, on voit jaillir une étincelle. Ce papier électrisé reste, par temps sec, adhérent à un mur plusieurs minutes.
- PHASES DE LA LUNE . P. L.4le 8, A Oh. 54 m. du matin.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal
- INFORMATIONS
- —Notre éditeur, M. G. Masson, qui fait depuis plusieurs années ^partie de la Chambre de Commerce de Paris, vient d’être nommé par 4es collègues, réunis le 12 janvier sous la présidence de M. le Ministre -du Commerce, président de cette Compagnie.
- Bien que cette élection ne touche pas aux matières habituelles de •ce journal, nous demandons à nos lecteurs la permission de féliciter «ci de cette nomination si honorable, notre ami, M. G- Masson.
- Nous savons qu’ils ont eux-mêmes une bien ancienne sympathie (pour celui auquel sont confiés depuis 25 années les intérêts du journal La Nature, au point de vue de l’édition proprement dite, et nous -sommes certains qu’ils apprendront avec plaisir le témoignage d’estime dont il est l’objet de la part du commerce parisien.
- Ajoutons que ses confrères lui ont témoigne lundi, dans un banquet «tout intime au Cercle de la librairie, la joie qu’ils avaient de son élection. C’est, il paraît, la première fois qu’un libraire a l’honneur •de présider la Chambre de Commerce de Paris.
- —M. Edmond Perrier, membre de l’Académie des sciences, « été élu membre libre de l’Académie de médecine, en remplacement de M. le Dr Magitot.
- —©— M. Le Chatelier, ingénieur en chef des mines, est nommé professeur de chimie minérale au Collège de France en remplacement de M. Schutzemberger décédé.
- —M. Gernez, maître de conférences à l’Ecole normale supérieure, est nommé directeur du laboratoire de recherches de chimie de l’Ecole pratique des hautes études (2e section) à l’Ecole normale supérieure, en remplacement de M. Joly, décédé. M. Job, préparateur à l’Ecole pratique des hautes études, est nommé agrégé préparateur adjoint de chimie à l’Ecole normale supérieure (emploi nouveau).
- —Une dépêche officielle de Batavia annonce que le chef-lieu de nie Amboïn a été complètement détruit par un tremblement de terre. Il y a 50 morts et 200 blessés.
- —Un cyclone s’est abattu, vers minuit le 12 janvier sur Fort-Smith. Après avoir détruit une partie de la ville, le cyclone s’est dirigé vers l’est, ravageant tout sur son passage. A Alma, plusieurs maisons ont été démolies. Plusieurs personnes ont été tuées dans cette ville et sur plusieurs points entre elle et Fort-Smith; 18 cadavres ont été trouvés sous les décombres. Un peu plus tard, plusieurs incendies ont éclaté à Fort-Smith; on évalue le nombre des morts à 50.
- —Depuis quelques jours, on a ouvert à Vienne (Autriche), une exposition culinaire dont le succès est prodigieux. De tout •temps les Viennois ont joui de la réputation d’aimer la bonne chère. Schiller lui-même les qualifie de « peuple de Phéaques chez lequel la broche ne cesse de tourner au feu ». Aussi n’ont-ils pas cru pouvoir mieux célébrer l’année du jubilé impérial qu’en organisant une exposition culinaire internationale. Depuis une table toute dressée avec son service d’argent, telle qu’on en voit à la cour impériale, jusqu’au bœuf entier à l’étalage du bouclier, depuis les chefs-d’œuvre de pâtisserie, véritables œuvres d’art, jusqu’aux montagnes de saucisses et de jambons, tout y est, de ce qui peut plaire aux gourmands. On y voit même la cuisine complète de campagne de l’empereur qui a mis aussi, à la disposition de l’exposition, des vins de la cave impériale que le public peut goûter pour un prix modique destiné à l’Assistance publique. Aussi, l’affluence est-elle inouïe : le premier jour, où l’entrée était de 6 francs, il y a eu 5000 personnes; le second jour, avec une entrée de 4 francs, le nombre des visiteurs monta à 10000, et le troisième jour, où l’on ne payait que 2 francs, il fallut plusieurs fois fermer les guichets ; car on prenait d’assaut les billets : plus de 22 000 personnes s’y
- pressaient, s’v étouffaient. Il est bien permis d’observer que jamais on n’a vu telle affluence ni aux expositions industrielles, ni à l’exposition de tableaux.
- —®— La commission de surveillance de l’épandage des eaux d’égout de Paris vient de remettre au ministre de l’agriculture et des finances un rapport dont voici les indications essentielles : les 800 hectares de la presqu’île de Saint-Germain, concédés à la ville de Paris, sont actuellement tous utilisés pour l’épandage. Avant peu, le domaine voisin des Fonceaux (200 hectares) pourra être irrigué aussi, après l’exécution de travaux de drainage des terres et d’asséene-ment ae la partie supérieure de la nappe souterraine. Du i*r mars au 51 août 1897, il a été déversé dans le parc agricole d’Achères 17 360 940 mètres cubes d’eaux d’égout, ce qui, d’après les calculs des ingénieurs de l’assainissement, montre que l’épandage a été opéré à raison de 38 265 mètres cubes par hectare et par an. Le maximum autorisé par la loi de 1889 est de 40000 mètres cubes.
- —$$— On vient de découvrir à Joeuf, dans le département de Meurthe-et-Moselle, un vaste cimetière mérovingien, qui contiendrait plus de cent tombeaux dont une vingtaine ont été déjà fouillés. On a trouvé également au même endroit des blocs sculptés qui paraissent provenir d’un temple gallo-romain.
- —Massacre des petits oiseaux en Italie. On sait que deux fois par an les oiseaux migrateurs sont toujours décimés à l’aller et au retour, à la frontière italienne, de la façon la plus brutale qu’on puisse imaginer. Cette année, le massacre a eu lieu malheureusement comme toujours, c’est le Volksblatt de Nidwald qui donne les renseignements suivants : « Nous apprenons, par les feuilles italiennes, que trois oiseleurs de Lombardie ont pris dans un seul jour, dans clés filets, 300 kilogrammes d’hirondelles; puis, après les avoir tuées, les ont apportées sur le marché de Gênes où elles se sont vendues à des prix élevés. Avec les hirondelles, les rouge-gorges et les rossignols font le régal des gourmets italiens. On en croit vraiment pas ses oreilles en apprenant la nouvelle qui doit pourtant être vraie, à savoir que plus de 2000 chanteurs des bois ont été servis en croustade lors d’une noce qui a eu lieu à la cour. » La mode, cet autre tyran, vient encore solliciter ces massacres, c’est par centaines de mille que nos meilleurs chanteurs ailés sont sacrifiés chaque année sans pitié ! A quoi bon servent après cela toutes les mesures protectrices édictées par nos lois et règlements ?
- —L’illustre Cauchy et le calculateur Henry Mondeu. Emprunté à l’éloge de Cauchy, lu par M. J. Bertrand à la séance publique annuelle de l’Académie des sciences. « Je raconterai, à cette occasion, ma première rencontre avec Cauchy. C’éJait en 1840. Le directeur des éludes à l’Ecole polytechnique avait voulu produire dans son salon le jeune calculateur Henry Mondeu. Quelques élèves invités l’interrogeaient à tour de rôle. Radieux ét sur de lui, l’enfant répondait vite et bien. Engagé dans un long calcul, le front plissé, la t^te baissée, les yeux fermés, agitant les doigts, prononçant des mots sans suite, il touchait au but, quand un des assistants, de grande taille, à figure souriante, au regard candide, au front élevé mais étroit, se lève tout à coup et, d’un air triomphant, proclame la réponse. On le regarde avec étonnement, puis avec curiosité; ceux qui le connaissaient avaient prononcé son nom illustre parmi nous, c’était Cauchy. L’excellent Coriolis, pour délivrer le petit prodige d’un concurrent si redoutable, pria le grand géomètre de poser une question. Après avoir fait calculer à l’enfant les quatrièmes puissances des vingt premiers nombres, Cauchy demanda leur somme. Mondeu fermant les yeux suivant sa coutume, marquait chaque pas accompli dans son addition par un tremblement et un geste ; on le devinait à peine à quart de route, quand Cauchy, qui lui aussi avait fermé les veux, s’écria : 722666! Le rire fut général. Mondeu baissait la tête interdit et confus. »
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES,
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les appareils munis des coussinets à rouleaux sont visibles chez M. Ber-geron, à la maison des accumulateurs légers, 49, rue des Archives, à Paris.
- Communications. — M. Ed. Justin Mueller, ingénieur chimiste à Lyon, nous adresse une Note au sujet de la lumière de magnésium pouvant être utilisée sur les lignes de chemins de fer. La catastrophe du Péage-de-Boussillon a prouvé que les pétards que l’on place sur les rails pour prévenir le mécanicien d’un train que la voie n’est pas libre, sont insuffisants pour l’avertir, de même qu’une lampe (lanterne) ordinaire n’est, en temps de brouillard et par la rapidité d’un train rapide, perceptible qu’en arrivant dessus. Pour prévenir un mécanicien de la détresse d’un train dans un cas semblable que celui du Péage-de-Roussillon, il n’y a qu’une lumière intense traversant le brouillard qui peut suffisamment avertir. A cet effet, la lumière de magnésium pourrait rendre de grands services vu la blancheur et l’intensité de ses rayons. Pour l’emploi de cette lumière, chaque train devra avoir à la place de pétards des bougies appropriées de magnésium, que l’on placera, le cas échéant, en les allumant sur la voie. Cette lumière a, contre les pétards, le grand avantage d’être visible de loin, tandis que les pétards ne peuvent être entendus, s’ils le sont, qu’au moment, de passer dessus. On peut aussi indiquer les feux de Bengale.
- M. Georges Duel ou, à Bordeaux, nous envoie une brochure intitulée : Etude des influences latentes exercées par les traitements cupriques de la vigne sur les vins en cuve pendant la fermentation. Cette brochure est en vente chez MM. Féret et fils, éditeurs, 15, cours de l’Intendance à Bordeaux, ou chez les libraires associés, 15, rue de Buci, à Paris.
- M. E. Paccard, à Colon près Montevideo, nous écrit qu’il a lu avec plaisir dans le numéro 1272 du 16 octobre 1897, p. 517, une étude sur le phénomène qu’il avait observé à propos d’une enseigne. Il nous fait seulement remarquer que son nom a été dénaturé; il faut lire E. Paccard au lieu de E. Cassard.
- M. E. Ducretet, à Paris, nous envoie une notice additionnelle sur l'emploi des tubes de Crookes-Rœntgen à anode annulaire sur les châssis à écran renforçateur en plomb. Cette notice contient des renseignements sur les modèles sans régulateur du \ide, sur les modèles avec régulateurs du vide, sur les modèles avec régulateurs automatiques du vide et sur les châssis à lame de plomb.
- Renseignements. — Un abonné de la Franche-Comté. — Nous croyons que vous aurez de meilleurs résultats en brûlant de l’anthracite.
- M. B. L. R., à Toul. — L’expériènce dont vous parlez est en effet intéressante.
- M. L. M. V., à Saint-Menehould. — 1° Pour vous répondre, il faudrait connaître les divers éléments de marche du moteur.
- M. Sabatier, à Paris. —Ce jouet est en vente chez M. Kratz-Boussac, 5, rue Saint-Laurent, à Paris.
- M. Bernier, à Oran. — L’acétylène liquide est très dangereux ; nous ne vous conseillons pas de l’employer.
- M. Duhamel, à X. — Nous n’avons pas pour le moment d’autres renseignements que ceux que nous avons déjà publiés.
- M. V. T., à Douarnenez. — Cette application mérite d’être étudiée.
- M. de R., à Barcelone. — Nous avons commencé à parler des rayons X dans le tome Ier de l’année 1896. *
- M. Leblond, à Londres. — Il faut d’abord enlever tout l’oxyde, en frottant avec un chiffon imbibé d’acide chlorhydrique.
- JM. G. L., à Chaumont. — Nous ne connaissons pas de liquide semblable; il faudrait faire quelques recherches de laboratoire.
- M. Reuiller, à Paris. — Vous n’aurez qu’à faire tremper l’ivoire dans de l’eau oxygénée, il ne sera nullement altéré.
- Un abonné, à Dole. — Podomètres : M. Lafontaine, opticien, rue de la Paix, M. Châtelain, 10, rue de Belsunce, à Paris.
- M. D. R., à Vannes. — Essayez de vous servir de la solution indiquée ; les vapeurs émises ne sont pas nuisibles.
- M. Jacquelin, à Mung. — Il n’existe pas d’ouvrage spécial traitant cette question.
- Mme Desbordes, à Paris.— Vous réussirez en employant le protochlorure d’étain légèrement acide. Bien laver ensuite.
- Un lecteur, à Anvers. — Adressez-vous à M. Radiguet, 15* boulevard des Filles-du-Calvaire, ou à M. Següy, 15, rue Racine* à Paris.
- M. Leblanc, à Quimper. — La résistance pratique des câbles-en coton est de 5 kilogrammes par millimètre carré.
- M. Louis, à Moscou. — Pour une application de ce genre* la pile Leclanché est certainement la seule que l’on puisse employer.
- M. P. C., à Dracy. — Glacières artificielles;' M. Douane* 25, avenue Parmentier; M. J. Bustin, 5, boulevard de la Chapelle; M. Schaller, 552, rue Saint-Honoré, à Paris.
- M. A. Munkel, à Cherchell. — Vous trouverez ces renseignements dans l’Amateur électricien, par Keignart, à l’ancienne librairie Michelet, 25, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. P. Lesourd, à Tours. — Nous n’avons pas d’autres détails que ceux publiés; mais nous pensons que vous trouverez ce goudron chez les marchands de peintures.
- M. G. Perrot, à Paris. — Vous trouverez le premier ouvrage à la librairie E. Bernard, et le second, à la librairie Gauthier-Villars et fils.
- M. A. L. B., à Paris. — 1° La benzine et le sulfure de carbone dissolvent le caoutchouc.
- M. Giraud, à Bordeaux. — Vous trouverez ce renseignement dans la 2e série des Recettes et procédés utiles, à la librairie Masson et Cie.
- M. P. R., à Marseille. — Nous avons donné en tête de la Boîte aux Lettres, du n° 1268 du 18 septembre 1897, l’adresse que vous demandez.
- M. Tour lier, à Bône. — Ce produit ne se trouve pas dans le commerce.
- M. le Dr S. — Cet accident est déjà arrivé à de nombreux, expérimentateurs ; il n’y a pas de remède jusqu’ici.
- M. Moulin, à Calais. — Il suffit d’étendre sur la vitre, le soir d’une gelée, une teinte de couleur quelconque délayée à l’eau, après le dégel, ces dessins resteront fixés pour plusieurs jours ou barbouiller les carreaux avec une solution de sulfate de soude colorée.
- M. C. H., à la Ciotat. — La glace obtenue avec l’eau de mer ne contient pas une aussi grande quantité de sels que cette eau, mais elle en renferme encore.
- M. Soin, à Tlemcen. — Vous trouverez divers renseignements dans Notes et formules de l’ingénieur et du construc-, leur mécanicien, à la librairie Bernard et Cie, 55 ter, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. L. R., à Lille. — Vous avez demandé un procédé pour noircir le cuivre, nous en avons indiqué un dans les Recettes et Procédés utiles du n° 1251, du 22 mai 1897.
- M. Bernard, à Tulle. — II n’existe réellement pas de moyen sérieux pour combattre ce défaut.
- M. Dingli, à San Francisco. — Remerciements pour l’envoi du journal.
- M. J. B. A., à Mahon. — Adressez-vous directement à M. S. Arnaud.
- M. K. L. — Il n’y a plus besoin d’autorisation jour photographier dans Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Leloup, à Berne. Nous avons reçu votre demande, nous nous occupons de prendre les informations à ce sujet. — M. M. H. E., à Constantinople. Nous regrettons de ne pouvoir vous renseigner. — M. Doulot, à Valencia. Avant de construire l’appareil, il faut tracer un plan d’exécution. — M. Jules D., à Saint-Brieuc. Les faits que vous mentionnez ont déjà été observés et sont bien connus des chimistes. — M. Mion, à Bolbec. Nous n’avons pas d'autres adresses. — M. Joubert, à Sétif. Les renseignements statistiques que vous nous demandez ont été publiés précédemment. — M. G. R. A., à Lyon. Remerciements pour votre communication.
- Nota. — En raison de la quantité de lettres reçues, il nous est impossible de répondre de suite ; nous répondrons dans les prochaines Boites aux lettres ou directement.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les laits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications.— Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précédé la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES MENTIONS1
- Les Minstrel’s. — Voici un jouet mécanique américain, dont le succès a été grand cette année sur les boulevards dans les baraques du jour de l’an. Ce joujou représente deux Minstrel's, clowns populaires d’Angleterre et d’Amérique, qui ont généralement tous les talents d’acrobates, de grimaciers, de musiciens, etc., et qui toujours se présentent au public déguisés en nègres excentriques. Nos deux Minstrel's sont charmants à voir, (voy. en I), l’un d’eux joue du violon et tourne à tous moments
- Les Minstrel’s. — 1. Vue d'ensemble. — 2. Détails du mécanisme.
- la tête vers son compagnon, l’autre joue du banjo en remuant les lèvres pour faire des grimaces expressives. C’est un mouvement d’horlogerie placé dans le soubassement du jouet qui donne la vie à nos deux petits personnages. On tourne une clef C qui monte un ressort d’acier. Deux roues d’engrenages tournent bientôt, leur marche est réglée par un volant B qui sert de régulateur (voy. en 2), Une des roues est munie d’une sorte de taquet A qui soulève en tournant des petites lames de cuivre fixées sur un cercle de fer blanc au fond du mécanisme, et produit les sons musicaux. La tète du nègre, les lèvres de son compagnon, ainsi que les bras, sont aussi mis en mouvement par une tige commandée par les roues d’engrenage.
- Pose-mAtre de Wynne. — Beaucoup d’appareils ont été imaginés sous le nom d’actinomètre ou de photomètre pour apprécier le temps pendant lequel il faut exposer une plaque photographique dans la chambre noire pour obtenir un bon cliché. A notre avis, pour donner réellement une indication utile, l’appareil doit tenir compte de la valeur des rayons actiniques invisibles à l’oeil, mais bien visibles pour la couche sensible. Cèlui que nous présente M. de Wynne est de ce genre; il se présente sous la forme d’une montre et, dans une échancrure du cadran, on peut amener, en tournant le fond molleté de l’instrument, une petite portion d’un papier sensible spécialement préparé qui se teinte sous l’action de la lumière. On
- EN SECONOES
- OU MlWiiTrc
- compte le nombre de secondes ou de minutes que met cette portion de papier pour arriver à une teinte type placée à côté de l’échancrure, et quand on a ce renseignement, une manœuvre très simple donne le temps de pose en fonction du diaphragme et de la nature de la plaque employée. Pour cela l’inventeur fournit un tableau où il a représenté par un chiffre les différentes marques de plaques les plus usitées. Ces chiffres sont reproduits sur une couronne mobile qui se déplace en faisant
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- tourner le verre du cadran et qui porte également les grandeurs en fonction du foyer des diaphragmes généralement usités; en regard de la couronne mobile se trouve un cadran fixe portant des chiffres qui représentent les temps de pose en secondes ou minutes. Il suffit d amener le chiffre correspondant à la plaque dont on veut se servir, en regard du nombre représentant le temps eompté en secondes ou en minutes, que le papier a mis pour arriver à la teinte type. On lit alors, en regard du chiffre indiquant le diaphragme qu’on veut employer, le temps qu’il faudra poser. Ainsi, dans le cas représenté sur la figure ci-contre, on a pris une plaque Lumière rapide qui sur le tableau fourni avec l’appareil est numérotée 90; le papier a mis 4 secondes dans un atelier pour égaler la teinte normale, on a donc tourné le n° 90 du cercle extérieur vis-à-vis le n° ; du cercle interne; le diaphragme employé étant le F/25 L foyer on a lu, en face du chiffre F/25 du cercle extérieur, le temps de pose : 1/4 seconde. L’instruction qui accompagne l’appareil est très complète, elle prévoit une foule de cas et entre dans des détails qui nous entraîneraient trop loin. C’est en somme un appareil qui nous paraît pratique et appelé à donner des renseignements utiles dans la question si délicate du temps de pose. — Pour le pose-mètre, il faut s’adresser à M. Fleury-Colombi, constructeur de chronomètres de marine, 10, rue de Dinan, à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine).
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Préservation du fer contre la rouille. — La Revue de chimie industrielle nous fait connaître le nouveau procédé, suivant, dù à M. Boucher, pour préserver lé fer contre la; rouille. On fait dissoudre à froid 14 parties d’une,résine (copal, colophane, etc.) dans 100 parties d’une soude caustique du ; poids spécifique 1,0459, et on mélange cette dissolution avec une autre dissolution alcaline de glutine (produit extrait des -; lessives de la fabrication des pâtes de bois) dans la proportion de 5 à 7. Cette mixture est étendue sur la partie' à protéger, préalablement dérouillée, et on laisse sécher. On applique alors sur l’enduit qui s’est formé un vernis dont la composition est la suivante :
- Huile de lin cuite avec :
- Protoxyde de manganèse.........5,00 parties
- Essence de térébenthine........2,25 —
- Benzine.................. 0,24 —
- Pour les grillages en fil de fer ou en métal déployé, qui paraît devoir se substituer au fil de fer dans la plupart des cas, il convient de faire usage de l’enduit suivant :
- Essence de térébenthine...... 500 grammes
- Essence de lavande .............170 —
- Camphre..........................125 —
- On fait dissoudre le camphre d’abord dans l’essence de lavande, puis on ajoute l’essence de térébenthine.
- BIBLIOGRAPHIE
- Le procédé à la gomme bichromatée ou photo-aqualeinte, par Maseell Alfred et Demachy Robert. Traduit de l’anglais par G. Dëvanlay. 1 vol. in-18, 1898. Gauthier-Villars et fils, éditeurs. Prix : 1 fr. 75.
- L'extension du système décimal aux mesures du temps et des angles. Applications scientifiques et industrielles, par .1. de Rey-Pailhade, ingénieur civil des mines. 1 brochure in-8°. Paris, Gauthier-Villars et fils, imprimeurs, 1897. Prix : 1 fr. 25.
- Manuel pratique d'analyse chimique appliquée h l'examen des produits industriels et commerciaux, par Emile Flèchent, docteur ès sciences. 1 vol. in-8°. Georges Carré et C. Naud, éditeurs. Paris, 1897, Prix : 12 francs.
- Ce qu'on peut voir avec un petit microscope, par II. Cocpin, docteur ès sciences. 1 brochure de 120 pages, avec 10 planches, Charles Mendel, éditeur, Paris. Prix : 2 francs.
- La photographie animée, ses origines, son exploitation, ses dangers, par A.-L. Donn adieu, docteur ès sciences. 1 brochure in-8°. Charles Mendel, éditeur, Paris. Prix : 1 franc.
- De VAspergillus Fumigalus chez les animaux domestiques et dans les œufs en incubation, par Lucet Adrien, vétérinaire. 1 vol. illustré de 14 microphotographies hors texte. Charles Mendel, éditeur, Paris, 1897. Prix : 5 francs.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- La tuberculose et son traitement hygiénique. Notions pratiques, par I'rosper Merkun. 1 vol. in-16 delà Bibliothèque utile. Paris. Félix Alcan, éditeur. 1897.
- Les végétaux et les milieux cosmiques, par J. Costa n tin, maître de conférences à l’Ecole normale supérieure. 71 vol. in-8° de la Bibliothèque scientifique internationale, Félix Alcan, éditeur. Prix : 6 francs.
- Formulaire physico-chimique. Recueil de tables, formules et renseignements pratiques à l'usage des chimistes, des ingénieurs et des industriels, par Donato Tommasi, docteur ès sciences. 1 vol. in-12. Paris, J. Fritsch, éditeur. 1898.
- Le Muséum d’histoire naturelle de Grenoble. Historique et disposition générale. Organisation des collections dàuphi noises, par Louis Réroi.le, conservateur du Muséum. 1 brochure in-8° de l’Encyclopédie scientifique du Dauphiné-Grenoble, X. Drevet, éditeur.
- La botanique en chemin de fer du Monestier-de-Clermont à Sisterùn, par Gaston Bonnier, membre de l’Institut, professeur à la Sorbonne. 1 brochure in-8° de l’Encyclopédie scientifique du Dauphiné. Grenoble, X. Drevet, éditeur.
- Science et foi. Essai populaire et moderne de synthèse universelle, par P. N. Mansuy. 1 vol. in-8°. Chez l’auteur, à Meaux, libraire-éditeur. 1898. Prix : 8 francs.
- Encyclopédie de l’amateur photographe. Le sujet; mise au point; temps de pose, par Georges Brunel. 1 vol. in-16. Librairie Bernard-Tignol. Prix : 2 francs.
- Magnétisme vital. Expériences récentes d’enregistrement, par Ed. Gasc-Desfossés. 1 vol. in-8° avec une préface de M. le professeur Boirac. Paris. Société d’éditions scientifiques. 1898. Prix : 6 francs.
- Manuel pratique d'entretien et d'exploitation des poules, canards, dindes, oies et lapins, par M. Crépeaux. 1 brochure in-8\ Marchai et Billard éditeurs, Paris, 1898.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DD CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 10 janv. 1898. 6%9 N. 2. Couvert. 0,5 Couvert ; brouillard à 6-8 h. ; pluie à diverses reprises.
- Mardi 11 2-,4 N. 2. Couvert. 0,8 Couvert ; brouillard le matin ; gelée blanche.
- Mercredi 12. ... . 2*,0 E. 0. Couvert. 0,0 Couvert ; brumeux ; gelée blanche.
- Jeudi 13 — 2°,3 E. 2. Couvert. 0,0 Couvert ; brumeux.
- Vendredi 14 l’,8 E. N. E. 2. Couvert. 0,0 Couvert ; brumeux ; brouillard dans la soirée.
- Samedi 15. .... . —1*)0 N. N. E. 2. Couvert. 0,0 Couvert le matin ; éclaircies le soir ; brouillard jusqu’à 10 h. et à partir de 18 h.
- Dimanche 16 ... . -1%1 N. 2. Couvert. 0,0 Couvert; brouillard toute la journée.
- JANVIER 1898. -- SEMAINE DU LUNDI 10 AU DIMANCHE 16 JANVIER.
- l.umli | Mardi | Mercredi ( Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10: les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes au milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de ta mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri À boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites au Parc-Saint-Maur en décembre 1§9I
- , par M. Renou.
- Moyenne barométrique à midi, 759“”,69 ; minimum 710““,05 le 10 à 8 heures du soir. Maximum 772””,47 le 22 à 10 heures du matin.
- Moyennes thermométriques : des minima 0°,65, maxima fi°,96 ; du mois 5°,81, vraie des 24 heures 3°,38. Minimum 8°,2 le 26 peu avant 7 heures du matin. Maximum 13°,7 le 16 à 2 heures et demie du soir. Il y a eu 15 jours de gelée, dont 1 jour sans dégel le 26, et 7 jours de gelée blanche.
- Tension moyenne de la vapeur 5”",15. Minimum 2mm,5 le 26 à 7 et 8 heures du matin. Maximum 9™,2 le 12 à 3 heures du soir.
- Humidité relative moyenne 86. Minimum 48 le 22 à 1 heure du soir. Maximum 100 en 13 jours, dont toute la journée du 26. Nébulosité moyenne 55. Trois jours sans nuage les 18, 21 et 22.
- Pluie 45"”,9 en 52 heures et demie réparties en 14 jours. Plus 2 jours de gouttes le 9 et le 31 et un peu de grésil le 2 ; 5 jours de brouillard.
- Celui du 19 à 7h20du matin cache les objets à 30 mètres. Vents dominants du S.-S.-E. au S.-W., puis du N. à l’E.-N.-E.
- Température moyenne de la Marne 4°,42. Elle a varié de 1°,60 le 28 à 6°,40 le 18. Elle s’est élevée de 1",63s le 6 à 3",68 dans la nuit du 18 au 19. »
- Relativement aux moyennes normales, le mois de décembre 1897 présente les résultats suivants : Baromètre plus haut de 0*“,79. Thermomètre plus haut de 1°,19. Tension de la vapeur plus forte de 0“",12. Humidité relative plus faible de 3. Pluie plus forte de 0"“,3. Nébulosité plus faible de 16.
- Ce que ce mois présente de remarquable, c’est sa faible nébulosité, la moindre depuis le rigoureux mois de décembre 1879.
- On a entendu le tonnerre à Paris le 10 décembre vers 8 heures du matin et 4 heures du soir, personne n’a rien entendu au Parc. Le tonnerre a été entendu deux fois dans le mois par M. Duménil à Yébleron et le 30 décembre à I'ile de Ré par M. Philippot.
- Le 1", Floraison du Chimonanthm fragrans.
- Errata au mois de novembre 1897. Température maximum, lisez ; 20°,1 le 14 un peu avant 1 heure du soir.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 15, à 3 h. 54 m. du soir.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —g— L’Association de la Presse de l’Institut et des Sociétés savantes s’est réunie le 19 janvier chez Durand pour fêter la promotion clans la Légion d’honneur de son président, M. Henri de Parville, et la nomination de chevalier de M. Joseph Vinot, directeur du Journal du Ciel. M. de Parville avait à sa droite M. Chatin, président sortant •dé l’Académie des sciences, à sa gauche M. M. Berthelot, secrétaire perpétuel de la même Académie. M. J. Bertrand, de l’Académie française, retenu par un deuil récent, s’était fait excuser. MM. Chatin et Berthelot ont répondu à l’allocution de M. de Parville en exprimant leurs souhaits sympathiques pour l’Association et en émettant le vœu qu’une place fût désormais réservée à la presse scientifique parmi les membres libres de l’Académie des sciences. Cette réunion,
- rleine de cordialité, n’a pris fin que tard dans la soirée, après échange de nombreux toasts.
- —La Société des ingénieurs civils de France va fêter le 50e anniversaire de sa fondation. Il y a un an, le 14 janvier 1897, elle •uvrait les portes dé son nouvel hôtel et le Président de la République assistait à cette cérémonie. Cette.fois encore, M. Félix Faure a promis non seulement de venir à la fête du cinquantenaire, mais encore d’être présent à l’inauguration de la statue de Flachat, l’un des créateurs et le premier président de la Société des ingénieurs civils.
- —On vient d’installer au musée commercial de Rouen une exposition assez curieuse parce qu’elle se rapporte à une des industries qui ont fait la réputation de cette ville, la fabrication de « l’indienne ». La mode de l’indienne, longtemps délaissée, commence à reparaître. Elle fut dans toute sa vogue de 1800 à 1848. Il est assez amusant de retrouver, dans les naïves images qui décorent ces mouchoirs, tentures, cravates et foulards, toute une série de portraits d’hommes célèbres, de scènes historiques, etc. Les reproductions de tableaux populaires tiennent aussi une grande place dans l’ornementation des indiennes rouennaises ; on y retrouve notamment toute une Histoire de Psyché, sortie de la fabrique du célèbre überkampf.
- —Voici la mortalité au Tonkin, d’après la Quinzaine coloniale. Les chiffres ci-dessous, relevés récemment, permettent d’avoir une idée des conditions dans lesquelles les Européens vivent au Tonkin et en Annam. Les services civils du Protectorat comptent un personnel de 706 fonctionnaires. Depuis le 1er janvier 1897, c’est-à-dire dans l’espace d’une année, le nombre des décès, tant parmi les fonctionnaires en service que parmi ceux qui sont en congé en France, est de 21, sur lesquels il y a un suicide et un accident. La proportion des décès au chiffre total des fonctionnaires est donc inférieure à 3 pour 100, alors que la proportion est de 4 et 5 pour 400 dans certains pays européens. Encore faut-il observer que si l’on est arrivé au chiffre de 21 décès au Tonkin en 1897, c est que la mortalité a été exceptionnellement élevée cette année parmi les surveillants des télégraphes du Haut-Mékong. Sept de ces survenants sont décédés depuis le 1er janvier.
- —®— Densité de la population dans les grandes villes. A Londres, un compte 196 habitants par 4000 mètres carrés, à Paris 265, à Rome 280. A Naples, on en compte 939, et, dans le quartier Pen-dino, 1254.. Cette densité de la population napolitaine est celle des agglomérations chinoises, et le Dr Colajanni (de Naples) assure que ses malheureux compatriotes, vivant pêle-mêle dans des taudis qui n’ont rien d’humain, manquant d’air, de lumière, d’une nourriture suffisante, sont moissonnés par une mortalité qui dépasse du quart au tiers la moyenne de celle du reste de l’Italie. Un ancien proverbe disait : « Voir Naples et mourir ». La triste vérité, c’est que la ville italienne aux magiques horizons est l'un des plus actifs laboratoires de la Mort existant sur le globe.
- —On annonce la mort de M. Ernest Bazin, l’inventeur des bateaux rouleurs qui ont fait certain bruit dans ces derniers temps.
- —Le gouvernement russe vient de commander aux chantiers Armstrong, de Newcastle-sur-Tyne, un très grand navire briseur de glaces qui va être construit sur les indications du vice-amiral Makaroff. Ce bâtiment est destiné à briser les glaces dans la Baltique pendant l’hiver et dans la mer de Kara pendant la saison la plus favorable à la navigation. Il aura 101 mètres de long, 22 mètres de large et 7m,70 de tirant d’eau avec un approvisionnement de 3000 tonnes de houille; la coque sera double. Il sera actionné par quatre hélices, trois à l’arrière et une à l’avant ; la puissance des machines sera de 10000 chevaux. Ce bâtiment sera construit si solidement que, d’après les ingénieurs de la maison Armstrong, il pourra attaquer les glaces polaires les plus épaisses sans craindre des avaries. Ce briseur de glaces sera prêt à la fin de l’année. Il sera sans doute envoyé dans les mers arctiques à la conquête du pôle Nord, problème qui hante toujours les imaginations. L’Américain Peary va se mettre en route pour marcher au Nord par la mer de Behring, et l’on annonce aussi que Jackson, l’explorateur de l’archipel François-Joseph, ce savant anglais qui a eu la bonne fortune de recueillir Nansen au cap Flora, veut se diriger sur le pôle par la route américaine avec un séul compagnon. A leur tour, les Russes entrent dans la lice, mais avec des moyens qui semblent devoir assurer la réussite de leur projet et leur réserver la gloire de planter leur drapeau sur le point mathématique qui termine l’axe du monde.
- —Edison est l’inventeur pratique par excellence, nous dit l’Electricien. Il a acheté, à environ 150 kilomètres de New-York, une mine de magnétite dont l’étendue est très considérable et qui ne contient qu’environ 25 pour 100 de fer. C’était une mine abandonnée depuis des années à cause de la pauvreté de son minerai. Edison l’a eue pour une somme très modique, Il a installé un matériel puissant, qui lui permet d’extraire, de pulvériser et de faire passer dans ses séparateurs magnétiques, une très grande^ quantité de minerai. D’après le directeur delà mine d’Edison; on peut produire de 1000 à 1500 tonnes de fer par jour. La poussière de fer est amenée automatiquement dans des ateliers où on la mêle à une substance agglomérante pour en. faire des briquettes qui atteignent un très haut prix sur le marché métallurgique.
- —La production totale des minerais de manganèse dans le monde entier ne dépasse pas actuellement 500 000 tonnes. Les Etats-Unis, en 1896, ont produit 10088 tonnes; le Chili et la Colombie, ensemble, un peu plus de 20 000 tonnes. L’île de Cuba,
- 3ui renferme dans sa partie sud-est extrême des gisements abon-ants d’un riche minerai à 53 pour 100 de manganèse et 4 pour 100 de silice en roche, en a exporté jusqu’à 22 000 tonnes, mais toute exploitation a cessé aujourd’hui : le Geological Survey, des Etats-Unis, donne pour 1895 le chiffre insignifiant de 1394 tonnes. La roduction la plus importante est en Russie, principalement dans le aucase, 240181 tonnes. L’Allemagne, avec 41000 tonnes et la France avec 30385 tonnes, viennent ensuite. Puis, le Japon, 16000 tonnes, l’Inde 15800 tonnes; la Turquie 15 000 tonnes et la Bosnie 12 500 tonnes. La Suède produit à peine 3000 tonnes de minerai de manganèse à l’état de peroxyde.
- —®— L’éclipse de soleil du 22 janvier a été bien observée d’après diverses dépêches. A Calcutta, on annonce des résultats importants. A Talni, M. Maunder a fait également d’excellentes observations. La lumière au milieu de l’éclipse totale était égale à celle de la pleine lune.
- —Dans le n° 1284 du 8 janvier 1898, à propos du concours de Monaco nous avons dit que tous les formats sont admis ; il y a cependant un minimum qui est fixé à la dimension 9x12. Ceux qui n’ont que des clichés de jumelle devront donc en faire des agrandissements s’ils veulent prendre part à ce concours.
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- NOUVELLES [SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour ce qui concerne le métal déployé, s’adresser 35, boulevard Hauss-mann, à Paris, ou à Expanded métal C°, 39, Upper Thames Street, Londres. — Le compteur d’eau Lambert se trouve chez M. Eyquem, 191 et 195, boulevard Pereire, à Paris.
- Communications, — M. Lemaire, à Tours, nous a fait parvenir qo long travail sur les moteurs électriques, leurs constantes et leurs'conditions de fonctionnement. Toutes ces questions ont déjà été étudiées longuement dans des traités spéciaux.
- M. le capitaine Reynaud, à Evreux, nous expose sommairement la série de propositions, basées sur des faits qui constituent sa théorie relative à l’orientation des animaux : 1° Les faits d’orientation doivent être divisés en deux groupes : a) en terrain connu, l’animal se meut guidé par les cinq sens, le pigeon se dirige à la vue, le chien d’après l’odorat, etc., etc.; l’un et l’autre se rendent d’un point à un autre par la ligne droite ; b) en terrain inconnu, l’animal s’oriente èncore, mais le mécanisme du retour n’est plus le même ; pour le retour l’animal est lié à la piste de l’aller, d’où la loi qui a été appelée loi du contrepied : l’instinct d’orientation lointaine est cette faculté que possèdent les animaux de reprendre -le contrepied d’un chemin parcouru. 2° Si les cinq sens sont les guides de l’animal en terrain connu il faut admettre, dans la zone inconnue, l’entrée en scène d’un sixième sens qu’il appelle sens de direction pour expliquer les faits d’orientation lointaine. 3° Le sens de direction a son siège dans les canaux semi-circulaires de l’oreille (expériences de Flourens, Vulpian, de Cyon, etc., etc., et tout récemment du docteur Bonnier). 4° Le sens de direction est un organe subjectif, tandis que les cinq sens sont des organes objectifs.
- M. L. Renaut, à Marseille, nous a envoyé quelques échantillons de câbles électriques de diverses sections. Ces câbles présentent un grand isolement; divers modèles comprennent une ou deux couches de caoutchouc pur para, deux couches de caoutchouc vulcanisé, un ou deux rubans caoutchoutés, et une tresse. Les modèles de câbles électriques sont aujourd’hui très nombreux et en général de très bonne qualité.
- M. Chardon, à Saint-Brieuc, nous envoie une photographie représentant trois arbres de grosses dimensions qui ont été renversés par un coup de vent lors d’une tempête récente.
- Renseignements. — Abonné n° 2426. — 1° Nous ne connaissons pas ces ouvrages. — 2° Demander-ce livre à un libraire français. — 3° Veuillez préciser vos questions.
- M. Risset, à Paris. — Adressez-vous au fabricant, M. lioret, 18, rue Thibaud, à Paris.
- M. Darte, à Largo do Rato. — Demandez des livres concernant le jardin potager, à la Iibrai>ie Agricole de la maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- M. L. Lefèvre, à Paris. — 1° L’ascenseur électrique est certainement celui qui permet actuellement d’effectuer les ascensions au prix le plus économique. — 2° Des installations ont déjà été faites sur courants alternatifs; nous en avons vu plusieurs qui fonctionnent dans de bonnes conditions. — 5° Il y a des ascenseurs hydro-électriques ou électriques directement. — 4° Les principaux constructeurs d’ascenseurs électriques sont actuellement : M. Abel Pifre, 174, rue de Courcelles, M. Edoux, 76, rue Lecourbe. MM. Leroy et Ileurtebize, 61, avenue Victor Hugo, à Paris.
- M. D. G., à X. — Nous ne pouvons ici vous donner tous ces chiffres ; ils sont dans le Formulaire de VElectricien de M. E. Hospitalier, à la librairie Masson et Cie.
- M. Lelong, à Lille. — Nous avons décrit la roue hydraulique Pelton, dans le n° 1014, 5 novembre 1892, p. 355..
- M. G. Leroux, à Paris. — Le kilogrammètre est le travail effectué pour élever le poids de 1 kilogramme à 1 mètre de. hauteur ; le kilogrammètre par seconde est la puissance néces-
- saire pour effectuer ce travail en une seconde. Veuillez bien faire attention à cette distinction qui est très importante.
- M. Luger, à Nancy. — Nons avons déjà publié dans le n° 1272, du 16 octobre 1897, p. 307, un article sur La photographie à travers des obstacles', nous avons parlé des cas que vous nous signalez.
- M. Grondin, à Marseille. — Nous vous conseillons d’essayer l’éther pour enlever toutes ces taches.
- M. Rieuveu, à Tarbes. — Accumulateurs électriques : Tudor, 19, rue de Rocroy; Société des métaux, 13, rue Lafayette; Blot, 39 bis, rue de Chàteaudun, à Paris.
- M. Detrol, à Paris. — Nous ne pouvons entreprendre ces-recherches ; il faut vous adresser à une agence de brevets.
- M. Haffner, à Amiens. — Le projet de dynamo que vous nous avez envoyé ne peut être exécuté; les électro-aimants des-inducteurs sont trop longs et la section n’est pas assez grande. Vous avez dû faire une erreur dans vos calculs.
- M. Durand, à Paris. — Paratonnerres : maison Ch. Mildé et Cie, 60, rue Desrenaudes, à Paris.
- M. Vasselot, à Lyon. — Pour enlever une tache sur le marbre, il suffît de le frotter avec de la benzine, de l’éther ou de l’essence de térébenthine. Si la tache est ancienne, il faut recommencer plusieurs fois l’opération.
- M. Libert, à Gray. — Machines à produire le froid et 1;> glace : Compagnie industrielle des procédés Raoul Pictet, 16, rue de Grammont, à Paris.
- M. Vichon, à Paris. — Vous pourriez employer de la fibre vulcanisée que vous trouverez chez M. G. de Wilde, 1, place du Louvre, à Paris.
- M. M. R., h Tournai. — A propos des plantes servant à faire des haies défensives, voyez la petite Note que nous avons publiée dans la Roîte aux lettres du n° 1267, du 11 septembre 1897.
- M. L. R., à Versailles. — Nous ne comprenons pas la description de votre machine; nous ne décrivons du reste que-les appareils ayant fonctionné et donnant des résultats pratiques.
- Mme Henriot, à Paris. — Nous avons publié un article qui peut vous donner satisfaction; il a pour titre Le rire du chien, et a paru dans le n° 1185, du 15 février 1896, p. 175.
- M. G. R., à Paris. — La lampe Müller pour faire disparaître les mauvaises odeurs ou les fumées, se trouve à la pharmacie Müller, 40, rue de la Bienfaisance.
- M. Droz, à Lille. — Le mélotrope Carpentier est en vente aux ateliers Carpentier, 20, rue Delambre, à Paris.
- M. tiurot, à Paris. — Outils à découper : M. Lapipe, 141, rue Oberkampf; M. J. Breton, 68, rue des Archives, et M. L. Mouchot, 9, cour Debille.
- M. L. M., à Blois. — Pour que la différence de potentiel soit constante aux bornes de votre dynamo compound, il faut que la vitesse angulaire de la machine à vapeur soit constante.
- M: Duranger, à Londres. — Les tuyaux métalliques flexibles, qui ont été décrits dans le n° 1190 du 21 mars 1896, p. 252, sont fabriqués par M. Rudolph, 66, rue du Théâtre, à Paris.
- M. Dubreuil, à Nantes. — L’adresse où se trouve le brûleur antiseptique est donnée en tète de la Roîte aux lettres, du numéro même qui en contient la description (n° 1282, du 25 décembre 1897, p. 61).
- M. J. F., à X. — 1° Pour ce qui concerne le photosphère, il faut vous adresser à la Compagnie française de photographie, 7, rue de Solférino, à Paris. — 2° Ces appareils ont des objectifs anastigmats Zeiss.
- M. Martin, à Paris. — Nous regrettons de ne pouvoir vous fournir ces renseignements; ils nous entraîneraient trop loin.
- M. R. Lebois, à Paris. — Installations électriques : maison Ch. Mildé et Cie, 60, rue Desrenaudes; maison Lacarrière, 16, rue de l’Entrepôt; maison Beau et Bertrand-Taillet, 226, rue Saint-Denis.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. J. L., à
- Rouen. Ce procédé a été donné dans la lro série des Recettes et procédés utiles à la librairie Masson et Cie. — M. Reachay, à Monl-ceau-les-Mines. Remerciements pour votre communication. — M. Collinet, à Paris. Nous n’avons pu retrouver cette adresse. Tous nos regrets. — M. L. B. C-, à Bastia. Nous n’avons pas encore reçu la petite Note que vous nous avez annoncée. — M. C. D. O., à Lou-déac. Il nous est impossible de faire toutes ces recherches. — Un abonné de la Gironde. Vous serez obligé de remplacer cette machine à bref délai. — M. J. G , à Milan. Il n’est pas nécessaire de faire la construction dont vous parlez. — M. Perrin, à Paris.. On trouve' des appareils tout prêts. — M, Jacguelin, à Arcachon. Nous avons reçu, votre appareil.— un abonné, h Pans. Nous ne connaissons pas le procédé: employé. — L'abonné 2355-924. Nous n’avons aucune indication à ce sujet. — M. E. C., à X. Remerciements pour votre communication.:
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants gui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni A insérer toutes les communications.— Il n’est répondu qu'aux lettrés reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Régie pour lignes parallèles. — L’appareil représenté par la figure ci-jointe permet de tracer très facilement à l’encre des lignes parallèles. Il se compose en principe d’une tige centrale (n° 1) le long de laquelle se déplacent des petits disques de faible épaisseur. On peut les faire mouvoir à l’aide de poi-
- Règle pour lignes parallèles. — 1. Vue de l’appareil.
- 2. Le disque et le rouleau encreur. — 3. Mode d’emploi.
- gnées. Chaque disque ^n° 2) se meut dans un couvercle qui renferme un tampon imbibé d’encre. Il suffit donc ensuite (n° 3) pour tracer une ligne d’appuyer le disque sur le papier et de le déplacer. Les disques portent une ou deux lignes suivant les cas. — La règle pour lignes parallèles est chez M. Kratz-Boussac, 5, rue Saint-Laurent, à Paris.
- Bouton de porto à pose facile. — Il arrive parfois qu’on a à remplacer le bouton de la serrure d’une porte d’appartement, soit parce qu’il est cassé, soit parce qu’on veut en mettre un plus élégant que celui qui existe.
- Cette opération est prévue, la tige qui traverse la serrure de
- (>art en part est percée de plusieurs trous destinés à permettre e passage d’une goupille qui traverse le bouton de part en part ; ces trous sont à petite distance l’un de l’autre pour qu’on puisse choisir celui qui convient le mieux, suivant l’épaisseur de la serrure; mais ils enlèvent de la solidité à la tige et de plus la goupille peut être gênante : si elle n’est pas bien rivée
- Bouton à pose facile. — 1. Verrou s’engageant dans la monture. 2. Réglage. — 3. Verrou en place.
- elle risque d’écorcher les doigts, si elle l’est trop bien elle s’enlève difficilement pour le remplacement du bouton. M. Deny a avantageusement remplacé ce système par un verrou (n“ 1) qui vient s’engager dans la monture du bouton quand on a réglé celui-ci à la distance voulue (n° 2) et lorsqu’il est tout à fait en place (n° 3). On obtient alors un arrêt tout aussi sûr qu’avec la goupille, beaucoup plus élégant, d’un démontage facile et ne risquant jamais de blesser la main, comme cela arrive quelquefois avec une goupille mal placée ; c’est un petit perfectionnement qui a son intérêt.— Le bouton à pose facile se trouve chez M. Deny, 48, rue des Acacias, à Paris.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Pince ù. relier. — 11 est important de réunir en un seul paquet diverses feuilles de papier. Le moyen le plus simple consiste à retenir plusieurs feuilles à l’aide d’une épingle. Mais pour bien les maintenir, il est nécessaire de les relier. La pince représentée permet cette opération; elle est formée, comme on le voit, dans le n° 1, d’un plan dans lequel on place une épingle. On ferme ensuite la pince, et l’épingle se recourbe comme le montre le n° 3. L’épingle recourbée est
- Pince à relier. — 1. Mise en place de l’épingle.
- 2. Formation de l’attache. — 3. Attache. — i. Mode de jonction.
- fixée dans un montant spécial au-dessus des -feuilles à relier ensemble. Il suffit ensuite d’appuyer fortement sur les feuilles de papier. Les deux extrémités de l’épingle contournée traversent le papier et viennent ensuite se rejoindre au-dessous, comme le montre le dessin n° 4. On relie donc. très aisément à l'aide de deux coups de pince.— La pince à, relier se trouve à la même adresse que la règle pour lignes parallèles.
- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
- Le développement à l'oxalate ferreux.
- Bien que donnant des phototypes d’un grain fin et d’une coloration très propice au tirage des photocopies, lé développement à l’oxalate ferreux est de plus en plus abandonné; cet abandon est dù, croyons-nous, à ce que l’on ne sait pas généralement préparer la solution de sulfate ferreux, dans les conditions les meilleures à sa conservation. On sait qu’en effet, surtout dans l’obscurité, elle passe peu à peu à l’état de sel ferrique; on a bien, pour éviter cette oxydation, conseillé l’addition de divers acides. Mais ce n’est pas suffisant; aussi croyons-nous rendre service en indiquant exactement le mode de préparation qui seul nous a, jusqu’à présent, donné de bons résultats;; c’est d’ailleurs le procédé employé dans tous les laboratoires de chimie. Les cristaux de sulfate ferreux sont le plus souvent oxydés par places, ce dont on s’aperçoit aux taches de rouille que présente leur surface ; pour enlever les portions oxydées, on lavera les cristaux à plusieurs eaux jusqu’à ce qu’ils soient devenus d’un vert bien transparent. On se servira, pour faire la solution, d’eau pure ayant été bien bouillie, c’est-à-dire privée d’air, mais froide. La solution s’effectue en laissant digérer de 300 à 500 grammes des cristaux Iévigés dans un litre d’eau pendant le temps nécessaire ; quand tous les cristaux ont disparu, on filtre, de préférence sur un tampon de coton de verre. On obtient ainsi une solution d’un vert bien transparent et pâle, mais qui renferme néanmoins des traces de sulfate ferrique ; on fera passer celui-ci à l’état de sulfate ferreux en mettant dans le flacon quelques morceaux de fer pur (le mieux est de prendre du fil de clavecin) et 1 à 2 centimètres cubes d’acide sulfurique pur; ce dernier attaque le fer en formant du sulfate ferreux et en donnant un dégagement d’hydrogène naissant qui réduit le sulfate ferrique que contient la solution, Cette solution se conservera indéfiniment à l’état ferreux, mèmè en pleine obscurité, si on a soin de la laisser toujours en contact avec un excès de fer (il suffit pour cela d’en rajouteè chaque fois qu’il est dissous) et d’un léger excès d’acide su 1 fuir rique; à cet effet, on aura soin d’ajouter un peu d’acide toutes les fois que la liqueur, contenant du fil de clavecin et approchée dç l’oreille, ne fera pas entendre le léger bruit dù au dégagement . d’hydrogène. On n’exagérera toutefois pas la proportion d’acide, qui serait alors un retardateur dans le développement et pourrait en outre décoller la gélatine.
- La solution d’oxalate neutre de potassium se conserve, aii '
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- contraire, très bien. Il est seulement indispensable de la faire avec de l’eau ne renfermant pas de sels calcaires; on prendra donc de l’eau distillée ou de l’eau de pluie ; au besoin on pourra utiliser une eau de source, mais à la condition de la soumettre au préalable à une ébullition prolongée qui a pour effet de lui faire déposer la plus grande partie de ses sels de chaux.
- On croit généralement que le développement à l’oxalate ferreux est automatique et exige une pose rigoureusement exacte ; c’est que, le plus souvent, on indique une mauvaise manière de l’utiliser : on préconise de verser une partie de la solution de fer dans trois parties de la solution d’oxalate ; ce sont simplement des proportions qu’il ne faut pas dépasser. Le meilleur mode d’emploi consiste à prendre de la solution d’oxalate la
- quantité nécessaire pour couvrir la plaque, à l'additionner seulement de quelques centimètres cubes de la solution de sulfate ferreux. On agite le mélange et on y plonge la plaque. Si l’image se montre au bout de 30 à 40 secondes, on la laisse monter; sinon on retire la plaque du bain pour y ajouter «à nouveau quelques centimètres cubes (1 à 3) de la solution de fer, et ainsi de suite. De même si l’image une fois apparue n’a pas une intensité suffisante, on ajoute de la solution de sulfate ferreux, plusieurs fois de suite, s’il est nécessaire, jusqu’à ce que l’image soit aussi intense et détaillée qu’on le désire ; en un mot le développement à l’oxalate ferreux doit être conduit rationnellement comme tout autre développement.
- G.-H. Niewenclowski.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — .Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DO CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 17 janv. 1898. — 2%9 N. 0. Brouillard. Couvert. 0,0 Couvert ; brouillard toute la journée de 30 à 150 m.
- Mardi 18 — 4*,3 Calme. Brouillard. Couvert. 0,0 Couvert; brouillard de 40 à 300 m. On voit le soleil pendant quelques heures.
- Mercredi 19 l-,4 S. E. 1. Couvert. 0,0 Couvert; brouillard à 1 h. et 8 h. peu épais.
- Jeudi 20 4",2 S. 2. Couvert. 0,0 Couvert jusqu’à 15 h. ; très nuageux ensuite, petit brouillard dans la soirée.
- Vendredi 21. ... . 5%1 S. S. E. 1. Couvert. 0,0 Couvert; brouillard presque toute la journée de 300 à 600 m. Bruine la moitié du temps; gelée blanche.
- Samedi 22. .... , 7*,9 S. W. 2. Couvert. 1,0 Nuageux à 20-21 h. ; couvert le reste du temps; trace de bruine à 15 h.
- Dimanche 23 ... . 4-,5 N. 2. Beau. 0,0 Très nuageux ; gelée blanche.
- JANVIER 1898. -- SEMAINE DO LUNDI 17 AU DIMANCHE 23 JANVIER.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes au milieu indiquent:
- , les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à
- courbe épaisse..
- boule sèche: courbe en pointillé. thermomètre à l'nbri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- La neige dans les Cévennes. — Le temps a été affreux dernièrement sur les Cévennes; la neige qui est tombée depuis le commencement de janvier a formé une couche épaisse de plus d’un mètre.
- En certains endroits, les amas de neige ont atteint 10 ou 12 mètres de hauteur. Le clocher de l’église de Lachamp-Raphaël a été en partie recouvert de neige. Cinq ouvrières de l’usine à soie de Laviolle se sont égarées et ont été retrouvées après être restées quinze heures sous la neige.
- Pluies et inondations. — Depuis les premiers jours de janvier les pluies ont été considérables dans le midi de la France, en Espagne et en Italie. Des inondations se sont produites ; les rivières ont débordé et l’on a signalé plusieurs victimes.
- Tremblement de terre k Amboine. — Le 6 janvier, la ville d’Amboine, chef-lieu de l’île de ce nom, a été complètement dévastée par un tremblement de terre. On compte 50 morts, dont 10 militaires et
- 200 blessés. D’après une seconde dépêche du commandant militaire de l’île, les officiers d’Amboine et leurs familles ont été épargnés, ainsi que l’équipage du vapeur Arend. Amboine, l’une des Moluques, est voisine des deux grandes îles de Ceram et Boeroe. Son sol est très volcanique et les tremblements de terre y sont fréquents. La population est d’environ 30000 âmes, Européens, indigènes et étrangers.
- Périodicité de» orage». — En Allemagne, d’après M. Kassner, les orages pour la période 1883-1892 ont accusé à Berlin une fréquence maximum les jeudis et une fréquence minimum les lundis. De 1830 à 1840 et 1848-1892, les relevés montrent un maximum le samedi et un minimum le dimanche. Même résultat à Aix-la-Chapelle qu’à Berlin. Dans les villes industrielles à nombreuses cheminées d’usines, il y a presque toujours augmentation du vendredi au samedi et diminution du samedi au dimanche et c’est le contraire qui se produit généralement ailleurs. Il semble donc que les variations dans l’électricité atmosphérique sont liéés aux variations des quantités de fumées rejetées dans l’air. Cette observation avait déjà été faite par Arrhénius et Eckholm.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 22, à 7 h. 34 m. du matin.
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- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —La grippe est à Paris un peu indifféremment dans les divers quartiers. A Londres où elle règne depuis plusieurs semaines, il existe des foyers plus intenses, particulièrement dans les quartiers de Poddington, Saint-Pancras, Wandsworth et Camberwell. A Paris, la mortalité dépasse en ce moment la moyenne; le nombre des décès depuis deux semaines est de 1220 et 1224. La statistique municipale accuse 50 décès dus à la grippe ; la semaine précédente «lie indiquait 36 décès. Ces chiffres n’ont pas grande valeur. En 1890, quand l’cpidémie grippale était à son apogée, la mortalité hebdomadaire atteignait 2334 décès et la statistique municipale n’accusait que 22 décès dus à la grippe. Il résulterait de là que l’épidémie de grippe de 1898 serait deux fois plus grave que celle de 1890. Ce qui est bien loin d’être. La statistique est souvent trompeuse. Le chiffre actuel plus fort que celui de 1890 signifie simplement que les médecins aujourd’hui attribuent plus volontiers à la grippe les décès qu’ils rapportaient antérieurement à la bronchite aiguë ou à la congestion pulmonaire. Changement d’étiquette 1 II est difficile d’apprécier la gravité d’une épidémie d’après les chiffres de la statistique. Ce que l’on sait en gros,' c’est que» l’influenza à Paris est relativement bénigne jusqu’ici. Il faut seulement comme toujours avec cette affection polymorphe prendre garde aux complications et ne pas traiter par le temps qui court les rhumes ou les refroidissements comme des quantités négligeables. La grippe est insidieuse et il est indispensable de la modifier dans son évolution dès la première heure. La période météorologique brumeuse que nous traversons doit être très favorable à la propagation de l’affection grippale.
- —Nous avons le regret d’annoncer la mort de M. leDr Péan, le célèbre chirurgien, membre de l’Académie de Médecine, et de M. le Dr de Pietra Santa, réducteur en chef du Journal d'hygiène, secrétaire perpétuel de la Société française d’hygiène.
- Le chimiste Horace Kœclilin vient de mourir à Rouen. Descendant d’une famille très connue dans le monde industriel, il avait encore ajouté à la réputation de son nom par scs nombreuses inventions et découvertes dans la teinture et l'impression des fibres textiles, qui avaient fait de lui un des maîtres de ces industries. M. Horace Kœclilin avait fondé avec succès et dirigeait une Revue générale des matières colorantes, publiée à la librairie Masson.
- —La peste continue ses ravages dans les Indes. On a compté à Bombay, le 25 janvier, 129 cas de peste et 131 décès. Il y a déjà •dans les hôpitaux 717 pestiférés. On signale une grande augmentation dans le nombre de rats crevés. (On sait que c’est un signe d’extension de la peste.) Le nombre des cas de peste et des décès d’aujourd’hui «st double de celui de la date correspondante de l’année passée.
- —®— Le flux d’étoiles filantes prévu pour les 13-14 novembre 1897, ne s’est pas montré ni en Europe, ni en Amérique. M. Ch. Duprat qui observait par beau temps à Basse-Terre (Guadeloupe), vient d’ecrire à l’Académie qu’aucun essaim n’avait été visible pendant toute la nuit. En revanche, il y a eu belle apparition dans la soirée du 12 décembre, à Basse-Terre. M. Duprat a observé de 7 heures à 9h 30 (llh 16 à 13h 46 de Paris) un brillant essaim d’étoiles filantes, dont le point d’émergence paraissait situé dans la région de la Girafe et du Lynx. Les météores, dont quelques-uns fort beaux, apparaissaient soit isolément, soit par groupes ; on en comptait 8 ou 10 par minute au moment du maximum, ce qui, pendant deux heures et demie d’observation, permet d’estimer leur nombre à 1000 ou 1200. Leurs trajectoires sillonnaient le ciel, du nord vers l’ouest et à 45° de hauteur environ. A 91130, des brumes opaques envahirent l’atmosphère, rendant toute observation impossible
- —SI— M. G. Searle, professeur de mathématiques et d’astronomie à l’Université catholique d’Amérique de Washington, a été appelé par le pape à la direction de l’observatoire du Vatican, en remplacement du P. Denza.
- —$$— Une usine importante est en construction à Budfalu, près de Marmarot Sziget (Hongrie) pour traiter les minerais de zinc aurifères, très abondants dans ce district. Les filons aurifères de Hongrie et de Transylvanie ont été activement exploités par les anciens, et sont dépilés jusqu’à une certaine distance des affleurements ; ils contiennent en général beaucoup de sulfures métalliques (pyrite de fer et de cuivre, galène et blende) qu’on traite par fusion plom-beuse. On a négligé jusqu’à présent les filons riches en blende, parce que le zinc était uné gêne dans ce traitement. Aujourd’hui, le développement des moyens de transport permet de vendre la blende lavée en Silésie, et ce genre de filons deviennent des mines de zinc parfaitement exploitables : le lavage donne en outre de l’or libre, et des sulfures plombeux riches en or.
- —H$— Le service du matériel et de la traction de la Compagnie de l’Ouest vient de mettre en service un nouveau type de machine-tender destiné aux lignes d’embranchement à profil accidenté. D’après Le Vélo, ces machines sont à 6 roues accouplées de lm,5I0 de diamètre et à boggie. Ce boggie est du type employé par la Compagnie de l’Ouest depuis l’Exposition de 1889; ses avantages sont universellement appréciés tant au point de vue de la stabilité des machines qu’en ce qui concerne la conservation des voies, notamment sur des lignes à profils accidentés et à courbes de faible rayon. La chaudière, à grande surface de chauffe, est timbrée à 12 kg par cm2 ; elle renferme 96 tubes du modèle Serve à ailettes intérieures. Le foyer disposé pour brider des menus est compris entre les deux essieux arrière ; il est muni d’une voûte en briques. Les ressorts de suspension des trois essieux accouplés ont été conjugués par les balanciers de manière à assurer une répartition de la charge aussi régulière que possible. Les soutes ne contiennent pas moins de 7 mètres cubes d’eau et 2500 kilogrammes de combustible. Ces nouvelles locomotives, dont la longueur totale est de 11 mètres, ’ pèsent 60 tonnes en ordre de marche; le poids utile pour l’adhérence est de 45 tonnes. Il y a là un type nouveau et il sera intéressant de connaître les résultats de sa mise en service.
- —La propriété d’un aérolitlie. A qui peut bien appartenir une pierre qui tombe du ciel? Il n’y a pas beaucoup de précédents pour juger un pareil cas, et la jurisprudence ne paraît pas bien établie à ce sujet. Le tribunal d’Aix vient d’être appelé à trancher cette question assez originale. L’été dernier, un ouvrier qui travaillait à la moisson chez un fermier nommé Descordes, à Lançon, dans les Bouches-du-Rhône, trouva enfoncée enterre, une pierre d’une forme et d’une couleur particulières, autour de laquelle s’amassèrent bientôt toutes les fortes têtes de la contrée; toute la Provence s’occupa de cette pierre tombée du ciel, les Académies provinciales se la disputèrent et de copieux mémoires furent rédigés; on la transporta à Marseille et elle fut exhibée dans une baraque à la foire Saint-Michel. Quand l’ouvrier qui avait trouvé le précieux aérolitlie vit le parti qu’on pouvait en tirer, il le réclama au fermier . Celui-ci prétendit qu’il était à lui. Aussitôt huissiers et avoués d’entrer en campagne, et voilà un procès devant le tribunal d’Aix. Mais alors intervient le troisième prétendant, M. Lajean, propriétaire de la terre où avait été trouvé l’aérolithe, et c’est à lui que les juges ont attribué la fameuse pierre, en vertu de ce principe de droit : Que tout ce qui s’incorpore à une chose appartient au propriétaire de cette chose, et que la propriété du sol emporte la propriété du dessus et du dessous. L’ouvrier réclamait les droits de celui qui découvre un trésor, mais le tribunal n’a pas pensé qu’il pût être assimilé à l’inventeur d'un trésor. Il a donc été condamné aux dépens, ainsi que le fermier. C’est tout ce que leur aura rapporté l’aérolithe.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Communications. — L'abonné 2368 nous écrit la lettre suivante : « J’ai eu l’occasion d’observer dernièrement un phénomène assez curieux et je m’empresse de vous le communiquer : il était 5h50 du soir; le ciel était en général dégagé de nuages, mais il y avait à l’horizon, entre Est et Ouest çn passant par le Midi, une bande nuageuse d’un gris bleuâtre, uniforme, surmontée d’une autre bande d’environ 2° de hauteur : là distance des deux bandes était égalé à peu près au diamètre du soleil, et à 3h 50 le soleil apparaissait précisément entre les deux bandes. Or entre les mêmes bandes nuageuses et à une distance du soleil d’environ 35° dans la direction de l’Est, il s’est formé une portion d’arc-en-ciel, dont le rouge était placé du côté du soleil, et qui présentait nettement les teintes du spectre jusqu’au vert bleuâtre inclusivement. Le phénomène a persisté sans variation, pendant dix minutes environ, et a disparu en même temps que le soleil plongeait dans la couche de nuages inférieure. Le phénomène s’expliquerait aisément s’il était question du halo de 46°, mais la distance de la bande colorée au soleil était certainement inférieure à 40° et même plutôt inférieure que supérieure à 35° : c’est te qui m’a décidé à vous le -signaler ».
- M. Jules de Shokalsuy, secrétaire de la section physique de la Société impériale russe de géographie, au sujet de nos récents articles sur le Congrès international de géologie, nous écrit que les séances se tenaient dans les salles du futur musée zoologique de l’Académie des sciences et non dans les salles de l’Université. Celle-ci occupe un édifice séparé et distant au moins de 300 mètres du musée.
- M. E. Chavoix, à. Excideuil (Dordogne), nous adresse un exemplaire de Y Almanach d'Excideuil agricole, industriel, scientifique et littéraire pour l'année 1898. Dans sa préface aux agriculteurs, l’auteur s’exprime ainsi : « Le but que nous voulons atteindre en publiant un almanach agricole, c’est de vulgariser les connaissances utiles, de familiariser le cultivateur avec l’emploi des machines modernes qui abrègent le travail et de lui faire saisir les avantages des méthodes rationnelles de l’agriculture moderne. »
- M. F. P. K., à Montevideo, à propos de notre article sur le Tinamou, paru dans le,n° 1277 du 20 novembre 1897, page 385, nous envoie la lettre suivante : « Je viens de lire l’article publié sur les grosses perdrix de la Plata qu’on a reproduites en France avec succès. Permettez-moi de vous dire que le nom de Tinamou qu’on leur a donné en France n’est pas un nom indigène des pays d’origine. Il existe deux variétés de grosses perdrix; l’une est celle que vous avez reproduite en France (pondant des œufs couleur ardoise), et l’autre, bien plus jolie comme oiseau, couleur grise, avec une houppe très élégante et pondant des œufs verts. On nomme ces perdrix des mariinetas ou perdiz grande indifféremment, mais le nom de Tinamou ou un autre ressemblant à Tinamou est complètement inconnu. Je crois que les martinetas grises houppées résisteraient mieux au climat de France, car on les trouve bien au sud dans l’Argentine où les grands froids se font sentir. Je ne pense pas que nos perdrix grandes ou Tinamous résistent aux froids, au milieu des neiges de chez vous. 11 ne tombe jamais de la neige dans leur pays d’origine. »
- M. A. Dugénie, à Paris, nous transmet les renseignements suivants : « En voyage d’affaires au Canada, à Taronto, il y a six semaines, j’ai assisté, sur le lac Ontario aux essais d’un nouveau « kolling boat ». Ce bateau se compose d’un cylindre en tôle d’acier boulonnée, d’environ 12 à 15 mètres de long, ouvert aux deux bouts (le diamètre des ouvertures est à peu près la moitié du diamètre total). Il y a deux moteurs à vapeur indépendants, un à chaque extrémité du cylindre. Ces moteurs sônt sur deux rails lisses faisant intérieurement le. tour du cylindre. Liées aux mouvements des moteurs, deux passerelles en bois sont aménagées à l’extérieur. Des palettes sont fixées
- sur tout le pourtour extérieur. Dès que l’on met les moteurs en mouvement, ils grimpent le long de la paroi entraînant les passerelles, déplacent le centre de gravité, et le bateau doit rouler. Les moteurs font l’office de l’écureuil faisant tourner sa cage. La direction s’obtient au moyen de gouvernails placés à chaque extrémité, sous les passerelles, et que l’on abaisse ou relève au moyen de chaînes. La mise en train parait offrir quelques difficultés. Les moteurs grimpant trop vite le long de la paror intérieure, le cylindre ne cède pas immédiatement, les roues chassent sur les rails, et le tout revient à la position du départ, imprimant aux passerelles des balancements terribles. Ce n’est qu’après plusieurs tentatives que l’appareil se décide à rouler, mais encore roule-l-il surtout surplace. »
- Une abonnée de Saône-et-Loire nous a envoyé l’intéressante lettre suivante: « Len° 1283, du 1er janvier 1898, p. 79, de La Nature parlait de l’amitié tl’un chien et d’un poulet, je puis vous en donner un autre exemple, celui d’un poulet, race de Bresse, avec trois chiens de berger, dont il est le compagnon fidèle et qu’il suit partout; ce poulet a été élevé dans la maison, mange ..et couche, avec, eux, il n’est pas rare le soir de voir le poulet couché dans la corbeille d’un des chiens, avec en plus un chat qui a aussi été élevé avec lui ; mais ce qu’il y a de plus amusant c’est de le voir, quand on lui donne à manger, appeler ses amis, comme il ferait pour une poule, surtout le plus jeune des chiens qui a 18 mois et qui est son préféré; quand on lui donne quelques morceaux de viande, il les prend dans son bec, les pose devant le chien et n’est satisfait que si ce dernier les mange; le plus drôle e^t de les voir jouer ensemble; le volatil est léché par ces trois chiens à qui mieux mieux, le poulet ne bronche pas et paraît même fort satisfait de ces marqués d’amitié. »
- M. A. Roujon, à Chamalières, nous communique La lettre suivante : « Le 5 janvier dernier au soir, me trouvant à Chamalières, près Clermont-Ferrand, avenue de Royat, je vis à 6 heures moins un quart, dans la partie nord-ouest du ciel, un bolide se dirigeant du sud-est au nord-ouest, c’était bien un bolide et non une étoile filante. Lorsque j’ai pu l’observer, il était à 70 ou 75° au-dessus de l’horizon, il paraissait d’un jaune orangé clair et laissait derrière lui une étroite et faible queue de même couleur qui semblait formée de parcelles peu abondantes et clairsemées et qui a disparu presque immédiatement. Sur la fin de sa course, le bolide a passé rapidement au vert clair très brillant et a disparu comme une étoile de chandelle romaine, sans faire aucun bruit. Sa trajectoire apparente paraissait rectiligne et peu oblique par rapport à un plan perpendiculaire à l’horizon; le clair de lune et une légère nébulosité de l’arc m’empêchant de bien voir les étoiles de cette partie du ciel, je n’ai pu déterminer plus exactement sa trajectoire. Son éclat était égal à environ deux ou trois fois celui de Sirius, par un ciel pur, et, cela, malgré le clair de lune et un peu de nébulosité. Il s’est évanoui à environ 30° de l’horizon, sans projeter sensiblement d’éclats et d’étincelles et sans illuminer le sol et les maisons. Le phénomène a duré environ 2 secondes à 2 secondes et demie. »
- M. P. Beuf, à Arles, nous écrit qu’il serait intéressant pour la prochaine Exposition de voir la rotation de la terre sur son axe. Il s’agirait pour cela de reconstituer cette expérience, non pas cette fois encore dans le Panthéon où elle a été faite en 1851, avec un pendule de 50 mètres de longueur, mais bien sous la première plate-forme de la tour Eiffel qui mesure 60 à 66 mètres de hauteur; ici tous les visiteurs de l’Exposition pourraient se rendre compte du fait et dire que l’immortel Galilée avait raison de ne pas trahir la vérité. L’installation de ce pendule serait peu ooûteusc en la faisant entre les piliers de la tour et la grande fontaine lumineuse. Mais pour rendre cette expérience plus grandiose et plus intéressante, il ne fau- drait point regarder à la dépense et déplacer cette fontaine pour la circonstance. De cette façon cet immense pendule serait bien dans l’axe de la tour, sa longueur lui permettrait d’osciller pendant plusieurs heures et on tracerait un grand cercle au-dessous de lui pour bien voir les oscillations. Cette expé-! rience a été faite de nouveau, il y a une dizaine d’années, à la Tour Saint-Jacques, à Paris.
- Un abonné, à X., nous envoie quelques nouveaux accroche-tout, sortes de petits crochets très solides qui remplacent les clous et les épingles et qui peuvent porter des poids élevés (4 à 5 kilogrammes environ). Ces crochets se trouvent chez les papetiers.
- (Voir la suite de la Boite aux lettres page 3* des Nouvelles saentifigues)
- Dans la « Ro\t; aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes ' 'tes questions, ni A insérer toutes les communications.— Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- BOITE AUX LETTRES [Suite)
- M. Ch.-Ed. Guillaume, notre collaborateur, à propos de son récent article sur le comparateur automatique de la section technique de L’artillerie (n° 1284 du 8 janvier 1898, p. 81), qu’il a attribué à la collaboration de M. le commandant Hartmann et de M. le capitaine Mengin, nous fait savoir que le distingué capitaine lui a écrit que cet instrument est en entier l’œuvre de M. le commandant Hartmann. Il s’empresse de réparer son erreur involontaire.
- Renseignements. — M. A. C., à T. — Il est difficile d’émettre une opinion à distance. En général, tous les bacilles du choléra sont morts dans la terre au bout de 25 ans.
- M. A. P., à Beauvais. — Pour ce qui concerne le carbure de calcium, voyez à la Compagnie d’éclairage par l’acétylène, 50, rue Tivienné et à la Société du gaz acétylène, 81, rue Saint-Lazare, à Paris.
- M. Benoist, à Paris. - II doit y avoir des étoffes de soie artificielle au Louvre, mais pour de plus amples renseignements il faut vous adresser à M. Ch. Guignet, auteur de l’article, qui est le directeur des teintures à la manufacture nationale des Gobelins.
- L'abonné 1316, à Paris; M. C. /., à Paris, -r- Ce procédé a été donné dans le livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et C'e.
- M. R. E., à Lyon. — 11 faut vpus adresser à la Commission universelle, 16, rue de la Sorbonne et à M. Renault, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- M. Amé de Meuldre, à Soignies. — 11 n’existe pas au point de vue pratique de lampes qui pourraient vous rendre le service que vous en attendez. Voyez cependant à la Société des accumulateurs légers, 49, rue des Archives, à Paris.
- M. de Flacellières, à Paris. — Il est absolument nécessaire d’avoir recours au plomb pour obtenir une cuve étanche.
- M. J. Plassard, à Paris. — 1° Ce procédé a été donné dans lé livre des Recettes et procédés utiles, indiqué plus haut. — 2? Aucun essai n’a encore été fait avec cette huile.
- M. F. P., à Amiens. — Veuillez nous faire connaître de quel système vous voulez parler.
- M. Cosle, à Montpellier. — Comme le dit notre article, on obtient des nouveaux produits de décomposition qui assurent une bonne antisepsie.
- M. A U., à Versailles. — Voyez le traité des moteurs à gaz 4e M. Witz, à la librairie E. Bernard, 53 ter, quai des Grands-Àugustins, à Paris.
- M. A. Fauchon, à Vichy. — Nous ne connaissons pas d'ou-vjrage spécial concernant les produits que vous citez.
- M. M. Favier, à Lyon. — Nous avons décrit dans le n°1158 du 25 mars 1895, un palmer de haute précision dù à M. le capitaine Leneveu; renseignez-vous auprès de l’inventeur, 43, avenue de Neuilly, à Neuilly-sur-Seine.
- M. E. A. C., h Châteaudun. — 1° Nous ne connaissons pas le fabricant de ces tubes. — 2° Chaudières Niclaœse, 24, rue des Ardennes, à Paris.
- M. Elisée Duval, à Saint-Jean. — 1° L’appareil dont il est question doit être placé sur le corps. — 2° Vous trouverez des cornets acoustiques à la maison Chateau, 118, rue Montmartre et à la maison Mors, 8, avenue de l’Opéra, à Paris.
- M. F. R., Bailey. — Vous aurez du peroxyde de sodium chez les marchands de produits chimiques.
- L'abonné n° 2426. — 1° Moteur à pétrole chez M. Cadiot, 12, rue Saint-Georges. — 2° Machines à glace : à la Ménagère, 20, boulevard Bonne-Nouvelle et chez MM. Roulart frères, 137, boulevard Voltaire, à Paris. — 3° Cette substitution ne peut encore se faire.
- M, Manuel de Ysasi Ysasmendi, à Bilbao. — Moules en caoutchouc : M. Gagnière, 147, rue Oberkampf; M. L. Baux, 90, rue d’Angoulème, à Paris.
- M. P. D., à Cambrai. — Appareil à glace Carré : M. Lévy, 61 bis, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. A. Kressmann, à Bordeaux. — Vous trouverez ces appareils enregistreurs de la musique chez M. Carpentier, 20, rue Delambre et chez SIM. Stransky, 20, rue de Paradis, à Paris.
- M. R. F., à Anvers. — Vous pourriez vous adresser à la librairie Dunod et Vicq, 49, quai des Grands-Àugustins, à Paris.
- M. Lachévu, à Rouen. — Nous ne connaissons que la lampe à alcool à incandescence de M. Engelfred, 8, rue Saint-Quentin, à Paris.
- M. L. S., 29. — Fibre vulcanisée : M. de Wilde, 1, place du Louvre, à Paris.
- M. E. Dasth, à Angoulème. — 1° L’adresse de la lampe à
- alcool à incandescence est donnée ci-dessus. — 2° On n’a pas encore utilisé cette chaux.
- M. Baumgartner, à Cernav. — Nous avons fait connaître un filtre intéressant dans le n° 1280 du 11 décembre 1897. Il faut vous adresser à MM. Prevet et Cio, 48, rue des Petites-Ecuries, à Paris.
- F. J. B. G., à Lommelet. — 1° Nous n’avons pas d’autres renseignements ; mais nous pensons qu’il s’agit d’un refroidissement graduel par la non-extinction rapide journalière du feu. — 2° Broyeurs et concasseurs d’os : M. J. Sloan, 5, rue du Louvre; M. Weidknecht, 5, boulevard Macdonald, à Paris.
- M. T. Haffen, à Paris. — H nous est impossible de vous donner ici cette adresse; nous pouvons vous écrire directement.
- M. Ladol, à V. — On ne peut évidemment pas, avec un tableau, obtenir une épreuve stéréoscopique.
- M. Girslamo, à Viterbo. — H y a identité entre les saints, de glace (11, 12, 13 mai) et l’été de la Saint-Martin (11, 12, 15 novembre) à 6 mois de distance; nous en avons parlé dans les informations du n° 1251, du 22 mai 1897.
- M. E. L., à Vitry. — 1° Peinture sur verre, porcelaine, faïence et émail, dans la collection des manuels Roret, à la librairie Mulo, 12, rue Ilautefeuille, à Paris. — 2° Vous trouverez cet appareil chez les marchands de produits chimiques, ancienne maison Billaut, 22, rùë de la Sorbonne; M. Wiesnegg, 64, rue Gay-Lussac, à Paris.
- M. Benoit, à Paris, — 1° Nous n’avons pas d’autres rensei- j gnements; mais vous pouvez vous adresser à l’auteur 4e ! l’article, directeur desglaceries de Saint-Gobain, à Saint-Gobain ) (Aisne). — 2° On a employé le mot cinématographe à défaut ; d’autre. . ' . : ;
- M. P. G., à Jarnac. — Voyez à la Librairie centrale des '; sciénces, 25, quai des Grands-Augustins, à Paris: - ;
- M. P. Gilbert, à Givet. — Une pâte formée de blanc d’Espagne et de benzine nettoie le marbre comme nous l’avons indiqué dans les Recettes et procédés utiles; 1“'série, à la 1 librairie Masson et Ci,!. ... i
- M. J. M. J., à Auxon. — Vous ne trouverez guère d’autres j renseignements que ceux que nous avons publiés.' ' ’ -
- Un abonné, d’Anvers. — Cet appareil fonctionne bien et ; nous n’avons connaissance d’aucun accident. !
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Emile Finet, à Paris. Remerciements pour votre Note; nous ne pouvons insister .sur le sujet. — M. Cadiot, à Bastia, Remerciements pour votre, intéressante communication. — SI, E. Gros, à La Salvetat. Regrets! de ne pouvoir vous renseigner, — SI. A, L., à Madrid. Nous, n’avons aucune connaissance de ce produit. — il/. Pedro Pou, à Figueras. Nous ne pouvons vous fournir de renseignements à ce: sujet. — M. A. L., à Lyon; SL Lelong, à Arras. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 3e série, à la librairie Masson et Cie. — SPle L. Servol, à Bagnols-sur-Cèze. Votre lettre a été transmise à M. Martel.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- La grippe.
- La grippe sévit à nouveau cet hiver et semble prendre les allures de l’épidémie de 1890 au point de vue de l’extension; et du nombre des malades. Elle est heureusement moins grave dans ses allures, présente moins de complications. Peut-être-aussi qu’avertis par les manifestations des années précédentes, les malades prennent plus de précautions.
- Dans les cas simples, garder la chambre, le coin du feu, et mieux encore garder le lit où on a égalité et constance de température ; quelques cachets d’antipyrine et de qumino viendront à bout de cette vilaine maladie.
- La toux, dans quelques cas, est une des manifestations les plus tenaces, les plus persistantes. On est valide, on n’a plus dei fièvre, plus de mal de tète, mais la toux persiste. Un des moyens les plus sûrs pour l’arrêter est de donner de la créosote, associée1 avec un peu de codéine ou de belladone sous la forme de bonbons
- ou de pilules ainsi composées.
- Créosote pur de hêtre . . .—: . . 5 ccntigr.
- Codéine...........................5 milligr.
- Savon amvgdalin pulv. ..... Q. S, pour une pilule. Prendre 4 à 6 par jour.
- Le Dr Capitan s’est bien trouvé pour combattre ces toux, grippales rebelles d’une potion avec la teinture de drosera, l’alcoolature d’aconit et une petite quantité de bromoforme.
- Un moyen encore parfait, mais qui n’est malheureusement pas à la portée de toutes les bourses, c’est de changer d’air en allant dans un pays ensoleillé et à température printanière, le, midi, l’Algérie. DrX...
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- BIBLIOGRAPHIE
- L'année industrielle. Découvertes scientifiques et inventions nouvelles en 1897, par Max de Nansoutï. 1 vol. in-16, Paris, F. Juven et Ciè, éditeurs. Prix : 5 fr. 50.
- Ce volume que nous annonçons contentera les nombreux amateurs de curiosités scientifiques, qui cherchent partout des documents sur les découvertes et les inventions récentes. En quelques pages écrites, comme il sait le faire en véritable vulgarisateur et en donnant les explications les plus claires et les plus • détaillées, M. Max de Namouty passe en revue la traction, l’éclairage, la navigation, la bicyclette, les rayons X, les bateaux sous-. marins, les transports par câbles, la cuisine électrique, la navigation aérienne, etc. Ce livre constitue une véritable petite encyclopédie portative où les amateurs puiseront des renseignements utiles.
- Annuaire de l'Observatoire royal de Belgique, 1898, 65” année. 1 vol. in-18. Bruxelles, Hayen, imprimeur de
- l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arls de Belgique, 1898.
- Traité d'électricité industrielle, théorique et pratique, par M. Marcel Deprez, membre de l’Institut. 2° fascicule, 1 vol. in-8°. Paris. Verney éditeur, 1898. Prix : 12 francs.
- Dictionnaire de chimie industrielle contenant les applications de la chimie à l'industrie, à la métallurgie, à l'agriculture, à la pharmacie, à la pyrotechnie et aux arts et métiers, par A.-M. Villon et P. Guichard, tonie II, librairie Bernard-Tignol, Paris.
- Armement portatif, par Bornecqje, commandant du génie.
- 1 vol. petit in-8° de l'Encyclopédie scientifique des aide-mémoire, librairie Gauthier-Villars et fils, Paris. Prix ; broché, 2 fr. 50 ; cartonné, 5 francs.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique [de Franoe
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL
- Lundi 24 janv. 1898. —0M S. 1. Couvert.
- Mardi 25 3\6 E. S. E. 2. Couvert.
- Mercredi 26 5-,2 N. N. E. 2. Couvert
- Jeudi 27 3 M N. N. E. 2. Couvert.
- Vendredi 28 — 0°,9 E. N. E. 1. Couvert.
- Samedi 29 — 4%4 E. S. E. 2. Beau.
- Dimanche 30 ... . — o*,i S. S. W. 2. Couvert.
- PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS CÉNÉRALES
- 0,0 Beau jusqu’à 4 h. ; couvert ensuite; brumeux.
- 0,0 Beau de 14 à 20 h. ; couvert avant et après.
- 0.0 Beau de 13 à 17 b. ; couvert avant et après; brumeux; gelée blanche.
- 0,0 Couvert jusqu’à 17 h. ; beau ensuite.
- 0,0 Couvert de 4 à 8 h. ; beau avant et après ; brumeux.
- Ô,0 Beau jusqu’à 23 h. ; puis couvert ; brouillard le matin.
- 0,0 Couvert ; brouillard de 600 m. à 7 h. ; gouttes à 16 h. 1/2; température en hausse. .
- JANVIER 1898. — SEMAINE DU LUNDI 24 AU DIMANCHE 30 JANVIER.
- Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi I Dimanche
- * La courbe supérieure indique la nébulosité dp O J 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramène à 0. au niveau de la mer): courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Pressions barométriques extrêmes de novembre 1899.
- *— Pour toutes les stations météorologiques d’Europe, la plus forte pression barométrique du mois de novembre, 784““, a été observée à Varsovie le 10, à Kiew le 11. Le minimum 726“” a été noté le 29 à Copenhague, tandis qu’on lisait 726”" le même jour à Hambourg.
- Ta neige à Athènes. — Le 26 janvier 1898, la neige est tombée en très grande abondance à Athènes : une couche épaisse a recouvert le sol pendant toute la journée.
- Rroiiillards. — L’hiver 1897-1898 aura été riche en brouillards. « Paris, notamment, le brouillard a encore été le samedi 29 janvier d’un ®
- opacité telle que! l’on n’y voyait pis à dix pas devant soi sur les quais dans la matinée. Il a fallu organiser près des ponls un service de pilotage des voitures pour empêcher les accidents. Le brouillard s’est dissipé dans la journée. Mais il s’est reproduit dans la soirée, cependant avec moins d’intensité. *
- Ouragan. — Un terrible ouragan a dévasté le 28 janvier la ville et le port d’Odessa. Les pertes ont été énormes. Un nombre considérable de maisons ont été démolies. Dans le port, les navires ont chassé sur leurs amarres et s'entre-choquant se sont causé de fortes avaries.
- Tremblement de terre. — Le samedi 22 janvier aux Dardanelles, trois fortes secousses de tremblement de terre avec oscillations du sud au nord ont été ressenties à 3‘ 20, à 3k 24 et à 5‘ 53.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 29, à 2 h. 42 m. du soir.
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- N° 1289 (12 fèorier 1898), du journal «LA MATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —&— M. Th. Egleston, ancien élève étranger de l’Ecole nationale -supérieure des mines, professeur doyen de l’Ecole des mines de New-York, officier de la Légion d’honneur, vient de faire don à l’Etat d’une somme de 5000 dollars, pour que l’intérêt en soit consacré à l’accroissement et à l'embellissement des collections de minéraux de l’Ecole nationale supérieure des mines, les collections ainsi achetées devant porter son nom. Dans la lettre par laquelle il fait part au directeur de l’Ecole de son projet de donation, M. Egleston exprime les sentiments les plus flatteurs à l’égard de la France. « Dans le cours des six années que j’ai passées en France, dit-il, je suis devenu si attaché à ce pays que j ai ressenti parfois presque autant de plaisir à saluer le drapeau de la France que celui de mon propre pays. » Et il ajoute qu’en faisant cette donation, il désire : « ...Bien faire pénétrer dans l’esprit de ses concitoyens cette conviction que le monde doit beaucoup au peuple français pour son progrès matériel et moral. »
- —S— Un sondage, qui a atteint les plus grandes profondeurs connues vient d’être fait en Silésie à Rybnits pour déterminer l’épaisseur totale du terrain liouiller. On a trouvé des couches de charbon à différents niveaux, jusqu’à 1600 mètres. Au-dessous, on a encore trouvé des schistes, puis le sondage a été arrêté à 2004 mètres, dans des roches quartzeuses très dures, appartenant sans doute à des terrains plus anciens. La température au fond a été trouvée de 70°. Ce-travail a été fait avec la sonde au diamant, et a coûté en tout 160000 marcs.
- —®— On fait en Angleterre des essais de chauffage de locomotives au pétrole, qui ont parfaitement réussi, au point que la Compagnie « Great Eastern Railway » possède actuellement en service 57 locomotives munies de dispositifs, pour employer à volonté le chauffage à la houille ou celui au pétrole, ou bien les deux systèmes combinés. On a calculé que la consommation de houille était de 35 livres 1/2 (16 kilogrammes) par mille anglais parcouru (1609 mètres); pour le chauffage combiné, on a consommé 12 livres de houille (5436 grammes) et 10 livres 1/2 de pétrole (4706 grammes) ; et, enfin, le chauffage au pétrole seul a exigé 16 livres 1/2 d’huile brute verdâtre. Des essais de même genre ont été faits également sur les chemins de fer roumains avec succès complet, en employant conjointement du lignite et du pétrole.
- —$$— Dans les musées des antiquités égyptiennes du Caire viennent d’être placées plusieurs fleurs découvertes à Dahsourh, dans des tombeaux du temps des Pharaons. Ces fleurs étaient admirablement conservées. L’herbier du musée du Caire renferme, du reste, plusieurs centaines d’échantillons de plantes qui datent de cinquante à soixante siècles. On en voit beaucoup qui ont conservé leurs couleurs. Les plantes les plus ordinairement placées dans les tombeaux étaient le lotus blanc ou bleu, le pavot rouge, les feuilles et les fleurs du grenadier, du safran, du crocus. A ce propos, on a constaté que les fleurs et les plantes d’aujourd’hui, au moins pour un certain nombre, sont celles d’autrefois; ainsi, les chrysanthèmes, si en faveur actuellement, étaient déjà connus il y a six mille ans.
- —Francfort est une des places d’Allemagne qui font le plus d’affaires sur les pommes et les poires; en 1896, par exemple, on estime qu’il s’y est vendu 866 215 kilogrammes de pommes et 12 700 kilogrammes de poires. Il s’agit principalement de fruits de table. Les cours pratiqués sur les principales variétés ont été les . suivants : pommes Calville d’hiver, 60 mares les 50 kilogrammes ; reinettes, 20 marcs; qualités communes, 11 à 14 marcs; poires -Saint-Germain, 18 marcs; beurrées, 24à 28 marcs; qualités communes, 5 à 9 marcs.
- —®— D’après la statistique du département de l’agriculture, la production du blé aux Etats-Unis, eirl89?,a étéde 530149 060bois-
- seaux pour une superficie ensemencée de 39465000 acres. La production du maïs a été de 1 902 968 000 boisseaux, pour une superficie de 80095000 acres, et celle de l’avoine de 698 768 000 boisseaux pour une superficie de 25 730 000 acres.
- —On avait imprimé que le plus petit conscrit de France était le jeune Carrias (Emile-Jean-François) qui vient de tirer au sort dans le troisième canton de Nîmes. Carrias ne pèse que 27 kilogrammes et ne mesure que lm,27. Nous croyons que le plus petit conscrit de France, pour l’année 1898, est au contraire de jeune Bernard Bret, de Saint-André-lès-Gay (Isère). La taille de Bret ne dépasse pas lm,02. Ce conscrit est cycliste. Il est navré que sa taille minuscule ne lui permette pas d’endosser la capote bleue, ni d’enfiler le pantalon garance. Son rêve serait d’être accepté comme cycliste militaire.
- —Vitalité d’une baleine. La baleinière à vapeur Béluga, de New-York, venant de la mer de Behring, a tué il y a quelque temps une énorme baleine dans les chairs de laquelle on trouva un harpon portant suivant l’usage le nom du navire auquel il appartenait, Montezuma, gravé sur la lame. Or le Montezuma était u* baleinier de New-Bedford, qui fut acheté par le gouvernement américain à l’époque de la guerre de Sécession, et coulé avec d’autres vieux navires à l’entrée du port de Galveston pendant le blocus de ce ort. Il y avait donc une cinquantaine d’années environ que la aleine parcourait les océans avec un harpon dans le corps.
- —Une série de cages d’orseaux de proie vient d’être installée au jardin d’Acclimatation, à droite et à gauche des fosses aux ours dans les dépendances du palais d’Hiver. Ces cages contiennent des condors, des vautours chauves, des aigles bateleurs, des vautours à calotte, un aigle royal, des aigles caracaras, crécerelles, buses, etc. Deux panthères, nées à la succursale de Marseille, ont également pris place à la suite des oiseaux de proie, dans une jolie cage construite spécialement pour elles.
- —Les collections zoologiques du même jardin se sont enrichies, dans le courant de l’année qui vient de s’écouler, d’un certain nombre d’animaux intéressants et généralement de grande valeur, offerts à l’établissement par de généreux donateurs : Lè baron Henri de Rothschild a donné deux zèbres de Burchell (Dauw). un cheval étalon arabe de pur-sang ; le prince Henri d’Orléans, un cheval blanc d’Abyssime; M. Bavelaer, un chien sauvage d’Abyssinie, spécimen importé pour la première fois en Europe; M. Harmand, ministre de France au Japon, un macaque japonais; le prince de Wagram, une crécerelle et un grand-duc; M. J. Dubois, un lot de volailles de Houdan, etc., etc.
- —$$— Patinage. Le record de l’heure pour patineurs, élevé, il y a quelques jours, en Suisse, par Eddington, à 30 kilomètres, vient d’être battu de nouveau, à Davos également, par W. Sensburg, de Munich, qui a couvert 30k“,800. Une chute faite un peu avant le vingtième kilomètre lui a fait perdre environ vingt secondes. La marche de Sensburg a été très régulière. Il a couvert les 10 premiers kilomètres en 18“ 42* 2/5, les 10 suivants en 19“ 50’et les 10 derniers en 20“ 1/5. Le tour le plus vite a été le second, effectué en 45‘ 4/5.
- —Un pharmacien fin de siècle. La Cour de police du Sud-Ouest de Londres vient de condamner à 115 francs d’amende un pharmacien nommé Thomas Wood qui avait imaginé un moyen bien "ingénieux d’augmenter les bénéfices de son laboratoire. Sans renoncer tout à fait à préparer et à vendre des médicaments, il s’adonnait surtout à la vente des spiritueux et il livrait des liqueurs fortes à sa clientèle en les déguisant en potions. Le whisky devenant du sirop de Flon, le brandy de l’huile de foie de morue et le porto du vin créosoté. Les débats ont établi que la clientèle de ee pharmacien se composait surtout de dames de la bonne société*- - -
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Communications. — M. G. de Brandner, à Bruxelles, nous a fait parvenir une brochure qu’il vient de publier et qui a pour titre : L’automobile de 1822-1835. Ce petit opuscule renferme une série de données intéressantes qui permettent au lecteur de se rendre compte du chemin parcouru depuis les premiers essais de construction de véhicules automobiles. L’éditeur est M. A. Castaigne, 28, rue de Berlaimont, à Bruxelles. . M. Paul Faucher, à Lévesque (Gard), nous envoie la photographie d’une varlope dont un menuisier, M. Emile Merle$ -se sert depuis vingt-cinq ans. On voit dans l’instrument une trace de la main de l’ouvrier qui a fini en quelque sorte par s’y incruster.
- , M. G. Hendricke, à Adélaïde (South Australia), à propos d’une information que nous avons publiée dans le n° 1274, du 30 octobre 1897, nous écrit qu’il a vu à plusieurs reprises des troupeaux de lapins traverser des rivières à la nage pour se rendre de leurs terriers à des prairies non encore ravagées.
- M. P. Duvillard, président de la Société d’études pour l’adduction des eaux françaises du lac Léman à Paris et dans la banlieue, nous adresse une Notice résumant son projet et qui a pour titre : Les eaux françaises du lac Léman à Paris et dans la banlieue, Mémorandum présenté à la commission technique des eaux de Paris. L’auteur examine une solution définitive pour l’alimentation de Paris en eau pure et fraîche, à toute hauteur, pour tous les usages, sans restreindre le débit de là Seine, nécessaire à la navigation. Cette brochure se trouve au siège de la Société, 12, rue Blanche, à Paris.
- L’Association amicale des anciens élèves de l’Institut national agronomique, à Paris, nous a envoyé son Annuaire pour l’année 1898. Cet annuaire, en dehors des renseignements particuliers à l’Association, renferme la liste des volumes et . brochures concernant l’agriculture parus de novembre 1896 à novembre 1897.
- M. Henry Léon, à Biarritz, nous adresse une notice%ayant pour titre : Biarritz. Histoire et bibliographie, extrait du bulletin de Biarritz. Association, Société des sciences, lettres et arts.
- M. G. Camion, à Vivicr-au-Court (Ardennes), à propos de notre chronique, Eclairage municipal à l’acétylène, parue dans le n° 1288 du 5 février 1898, p. 159, nous écrit que dans les Ardennes à Mouzon, près de Sedan, cet éclairage fonctionne déjà comme éclairage de ville depuis huit jours. Notre correspondant ajoute que ce n’est pas vieux, mais que la ville est en droit de réclamer la priorité. Nous avons déjà mentionné plusieurs installations semblables.
- M. H. Weisgerber, à Paris, nous écrit la lettre suivante :
- « Dans la Boîte-aux-leltres du n° 1288 du 5 février 1898, M. P. Beuf, d’Arles, vous écrit qu’il serait intéressant de reconstituer l’exemple du pendule pour démontrer la rotation de la terre sur son axe, et d’utiliser pour cela la tour Eiffel. Celte expérience a déjà été faite en 1889, mais n’a donné aucun résultat, la masse de la tour Eiffel n’étant pas assez stable et étant sous l’influence de vibrations produites par des causes externes, surtout le vent. »
- Renseignements. — M. L. B., à Lille. — Voyez chez M. Kratz-Boussac, à Paris, 3, rue Saint-Laurent.
- M. D. K. G. — Nous ne pouvons guère vous donner de conseil à ce sujet; il faudrait consulter un médecin.
- M. Biffiégoire, à Gemblou. — Nous ne savons pas de quelle soudure vous voulez parler.
- M. Grooters, à Paris. — L’eau de mer peut être employée pour éteindre les incendies de préférence à l’eau ordinaire, parce que le sel fait un enduit incombustible.
- M. V. X., à Villefranche. — Nous avons donné la formule d’un vernis dans lequel entre le succin dans le petit livre des Becettes et Procédés utiles, lro série, à la librairie Masson et C'% Vous pouvez aussi vous adresser |à la maison Bolloré Sœhnée, 19, rue des Filles-du-Calvaire, à Paris.
- M. B. L., à Fontenay-Ie-Comte. — Nous n’avons pas à ce sujet à vous faire connaître d’autres renseignements que ceux donnés dans notre article paru dans le n° 821, du 2o février 1889, p. 205.
- M. le Dr Céry, à Bouzy., — Nous vous conseillons d’examiner divers appareils élévatoires des eaux : siphon Lemichel, 52, rue de Lourmel; appareil Carré, 127, quai d’Orsay; appareil de MM. Samain et Cie, 12, rue Saint-Amand. à Paris.
- M. L. Aynard, à Carcassonne. — Nous pensons que ce s divers effets sont obtenus par une heureuse disposition de miroirs d’une façon analogue à ce qui s’était fait pour Amphi-trite, dont nous avons donné la description dans le n° 814, du 5 janvier 1889, p. 95.
- M. E. Z. Vasselin, à Paris. — Il nous semble qu’une transr mission à angle peut convenir. Vous en trouverez chez MM. Piat et fils, 85, rue Saint-Maur; chez M. Lelorrain, 46, boulevard Voltaire, et chez MM. Olry et Grandemange, 83, rue Saint-Maur, à Paris.
- M. Moret de Bocheprise, à Ay. — Veuillez nous désigner plus clairement l’appareil dont vous voulez parler*
- M. G. Paboudjean, à Péra. — Vous trouverez des ouvrages siir la zincographie à la librairie Gauthier-Villars et fils, 55, quai des Grands-Àugustins, à Paris.
- M. A. T., à Lauzanne. — Pour ce qui concerne les appareils de téléphonie militaire, décrits dans le n° 1183, du 1er février 1896, p. 139, il faut s’adresser à M. P. Charollois, 31, rue Bergère, à Paris.
- M. Jacquemin, à Grivegnée. — 1° Non, il n’existe pas de papier semblable. — 2° Il n’y a pas d’appareil -particulier; mais il est facile d’en imaginer un basé sur la proportionnalité dans les triangles. — 3° Le photomètre permet de déterminer l’éclairement en un point. En ce qui concerne la pureté de l’air, il faut faire l’analyse chimique.
- M. A. Cochet, à Tournon. — Le pulsomètre est décrit dans les divers traités de mécanique ; le dictionnaire des arts et manufactures de Laboulaye en donne une description.
- M. C, R., à Bruxelles. — Veuillez écrire au service de la direction municipale des eaux à Paris, vous aurez le renseignement.
- M. E. Chauvigné, à Tours. — Il serait nécessaire de consulter un chimiste ; nous ne connaissons pas d’ouvrage traitant de ce procédé en détail.
- M. Grillet, à Nantua. — Nous avons indiqué diverses formules de vernis pour surfaces métalliques dans le livre des Recettes et procédés utiles, lre série, déjà mentionné à plusieurs reprises.
- M. S. M. C., à Auxon. — Nous avons publié une Note sur la production directe de l’oxygène et de l’air liquides dans le n° 1193 du 41 avril 1896, p. 299.
- M. L. Bonne fils, à Valence d’Agen. — 1° Voyez le Guide de l’amateur électricien, par Keignart, à la librairie générale des sciences, 25, quai des Grands-Augustins, à Paris. — 2° 11 n’y a pas d’ouvrage spécial; il faut s’adresser aux agences.
- M. Gallus, à Albi. — Il s’agit de la montre Waterbury.
- M. R. M., à Rennes. — Vous pourriez peut-être essayer de la paraffine.
- M. L. L., h V. — Nous avons donné la description du plu-vioscope enregistreur de M. Hervé Mangon dans le n° 796 du Ier septembre 1888, p. 212.
- M. A. Eiderlinder, à Toulon. — Nous avons fait connaître plusieurs formules d’encres à tampon dans les Recettes et procédés utiles, l,e et 2e série, à la librairie ^Masson et Cio.
- M. G. Rougane, à Saint-Martin d’Estreaux (Loire). — L’allumage électrique est obtenu dans les tricycles à pétrole au moyen des accumulateurs portatifs de M. A. Dinin, 152, quai Jemmapes, à Paris. ’
- AI. Jacob, à Paris. — Nous ne pouvons vous donner d’autres renseignements ; nous n’avons à ce sujet que les détails donnés dans notre article.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Géo C. Nous ne pouvons vous fournir les fifres de ces divers journaux. — M. P. C., h Troyes. — Nous vous remercions pour votre envoi; nous avons déjà donné cette information. — Al. C. G., à Genève. —-Regrets de ne pouvoir vous renseigner. — M. D. R., à Lyon; M. G. AL, à Paris. — Voyez les Recettes et procédés utiles, lro série, à la librairie Masson et Cie. — Al. Duront, à Lille. — Ce procédé est décrit dans le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie. — Al. Dubois, à Pans. — Remerciements pour votre communication. — Un abonné, à Paris. Nous ne connaissons pas d’ouvrage de ce genre. — AI. le marquis de Balimourit à Libreville. Nous utiliserons votre intéressante communication.
- Dans la « botte aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes 1 les questions, m à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Lanterne pour éclairage intérieur de voiture.
- —- M. G. Trouvé, à qui l’on doit déjà tant de dispositifs ingénieux, vient de faire une nouvelle invention réellement pra-
- Eclairage intérieur des voitures. — 1. Disposition de la lanterne. 2. Cônes lumineux à l’intérieur de la voiture.
- tique. Il a utilisé la lumière des lanternes actuelles de voiture pour la concentrer à l’intérieur et permetlre au voyageur de liée à volonté. A cet effet, il a disposé dans chaque lanterné sur le coin intérieur, sur la bissectrice de l’angle formé par le coin opposé une lentille plan convexe avec une inclinaison appropriée (n° 1). Les deux cônes lumineux venant des lanternes traversent les glaces de la voiture, se croisent au milieu et s’arrêtent à chaque coin de la banquette. Tout voyageur peut donc choisir la position qui lui convient le mieux pour lire son journal, dépouiller son courrier ou prendre des notes. A l’intersection des deux cônes lumineux, très peu coniques, la clarté est très grande; elle est encore plus que suffisante dans chaque coin. Deux petits stores appropriés permettent au voyageur de jouir de cet éclairage ou bien de le supprimer à sa volonté, sans avoir recours au cocher. En résumé, c’est une solution simple, très économique de cet éclairage intérieur des voitures de place ou de maître dont le besoin se faisait sentir. Pour tout ce qui concerne cet éclairage, s’adresser à M. G. Trouvé, 14, rue Vivienne, à Paris.
- laire A porte 0m,07 X 0m,0o de côté. Les tiges de sapin qui forment les pieds ont 0m,72 de long, 0m,02 de large et 0m,04 d’épaisseur. On forme une coulisse en réunissant deux tiges sur une pièce de bois dur B, au moyen de deux vis ; la tige qui coulisse entre ces‘deux dernières est arrêtée à la hauteur voulue, variable à volonté, au moyen d’une coulisse D en cuivre glissant sur un plan incliné très doux ayant une Ion* gueur d’environ 0m,10. On obtient ainsi un serrage énergique aussi solide qu’avec une vis, et une chambre 18 x 24 peut très facilement être supportée par un pied de ce genre. Les trois branches sont réunies au triangle A par des vis G traversant le bloc B; et pour que le démontage soit plus rapide on peut, si l’on veut un peu perfectionner, mettre à cet endroit des vis à oreilles. Voilà, quoi qu’il en soit, un système de pied à bon marché très solide et très pratique, que l’on peut faire construire par le premier menuisier venu, si l’on n’est pas assez adroit ou assez bien outillé pour le faire soi-même. r
- Couvert pour manger les moules. — On sait combien il est désagréable de manger des moules avec les doigts ; on ne possédait aucun instrument pour éviter cet inconvénient. Voici une nouvelle petite invention qui comble cette lacune.
- Voyons d’abord la cuillère (n° 1). Près du manche au-dessus de la partie concave, on remarque une sorte de bride allant d’un bord à l’autre. Quant à la fourchette de dimensioh moindre que la cuillère (n° 2), elle est formée de deux dents entre lesquelles se trouve dans le haut, une partie coupante et mince formant couteau (n° 4). La moule introduite dans la cuillère trouve un point d’appui sous-la-bride et ne saurait glisser (n° 5). La fourchette enfoncée dans la chair du coquil-
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- Couvert à moules. — 1. La cuillère.
- 2. La fourchette. — 3. La fourchette détachant la moule. 4. Partie coupante de la fourchette.
- Pied d’appareil photographique facile à construire. — Notre collaborateur, M. Massias, a bien voulu
- Pied d'appareil photographique facile à con t.-uire.
- nous donner les détails complets de la fabrication d’un pied très commode et très solide, dont il se sert et qu’il a fabriqué lui-même ; nous pensons que les amateurs photographes pourront tirer parti utile de ce renseignement. Le bloc triangu-
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction jdes Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- lage, coupe avec sa partie Iranchante le pédoncule de la moule. Elle est enlevée ensuite et portée à la bouche. La cuillère sert à prendre la sauce. Rien enfin n’est plus à loucher avec les doigts. — Le couvert breveté pour manger les moules se trouve chez l’inventeur, M. L.-E. Têtard, orfèvre, 4, jrue Béranger, à Paris.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Encre communicative copiant sans presse et sans mouiller le papier. — D’après le brevet de M. Anquelil, cette encre est faite avec une couleur d’aniline convenable, dissoute dans de l’eau mélangée de glycérine et additionnée d’alun ; on prend généralement les proportions suivantes, qui peuvent cependant varier dans de larges limites :
- Couleur d’aniline ...... 30 grammes.
- Eau.............................. 2 litres.
- Glycérine........................ 1 litre.
- Alun.............................15 grammes.
- Pour tirer une copie d’une feuille sur laquelle des caractères ont été tracés avec cette encre, il suffit de disposer la feuille écrite entre deux feuillets d’un livre dit : « Copie de lettres )\, de refermer ce dernier et d’attendre quelques instants. La copie s’effectue sans qu’il soit nécessaire d’opérer une forte pression; il suffit que le feuillet,-sur lequel doit se faire la copie, soit bien en contact avec la feuille sur laquelle sont tracés les caractères.
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- • NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- Cuir d’asbeste, — D’après un brevet récent de M. Richard Kiinger, pour préparer le cuir d’asbeste, on divise l’asbeste de la manière connue, en fibres aussi fines et longues que possible. On introduit ces fibres dans une solution de caoutchouc et l’on mélange le tout, de préférence mécaniquement, jusqu’à ce que toutes les fibres soient recouvertes de solution. Ensuite on évapore le dissolvant du caoutchouc (la benzine, par exemple) de façon qu’il reste du caoutchouc pur sur les fibres. Les fibres d’asbeste, d’ailleurs très unies, ont, après l’évaporation du dissolvant, par la couche de caoutchouc qui les recouvre, une très grande adhérence, de sorte que ces fibres ne peuvent plus se séparer les unesdesaulres et qu’on peut mettre leur résistance de traction entièrement à profit. On comprime alors la masse ainsi obtenue, par la pression ou à l’aide de cylindres, et l’on peut lui donner toutes formes voulues. Les objets fabriqués avec ce cuir d’asbeste n’ont presque pas de dilatation et ont une grande résistance qui ne le cède en rien au bon cuir.
- Nouveau vernis solide. — Ce produit dénommé « Sans pareil » a été imaginé par M. Mendel Lachowski ; il se présente sous forme de plaques solides, épaisses et noires. On nettoie les gommes encore à l’état solide pour les amener à un degré de pureté parfaite. Lorsqu’on veut utiliser le vernis, il suffit d’en faire dissoudre 40 parties, à l’état solide, dans 100 parties d’alcool. La dissolution a lieu sans laisser de résidu et la filtration est supprimée ; le liquide qui en résulte constitue un vernis prêt pour l’emploi et dont les avantages sont les suivants : 1° il donne aux objets un beau -brillant lustré; 2° la composition est telle que tous les objets vernis sont recouverts d’une couche absolument uniforme ; 3° la couche des vernis est très adhérente à l’objet ; 4° ce vernis est élastique et ne risque pas de se fendiller; 5° il sèche instantanément sans conserver d’odeur; 6° son prix de revient est considérablement diminué, puisqu’il n’y a plus de filtrations ni de pertes d’alcool.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique'fde France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 31 janv. 1898. 9°,6 W. S. W. 3 Couvert. 0,0 Couvert jusqu’à 8 h. ; très nuageux ensuite. Brume à 4 h. et 6 h. 30; halo.
- Mardi 1" février. . 6",9 S. 3. Couvert. 0,5 Couvert; pluie à diverses reprises; gelée blanche.
- Mercredi 2 , , , . . 8* ,9 S, W. 4. Couvert. ' 3,0 Couvert jusqu’à 14 h.; nuageux ensuite: halo; pluie à diverses reprises.
- Jeudi 3 4”,8 W. N. W. 4. Quelques nuages. 3,1 Nuageux jusqu’à 9 h. ; couvert ensuite ; gelée blanche ; pluie le 1/3 du temps mêlée d’un peu de grêle.
- Vendredi 4 .... . 7-,9 W. N. W. 4. Couvert. 10,5 Couvert jusqu’à 18 h. ; peu nuageux ensuite ; pluie jusqu’à 16 h. 50 mêlée d’un peu de neige.
- Samedi 5 , . . , . , 1%5 JS. W. 4. Très nuageux. 10,8 Très nuageux jusqu’à 17 h. ; beau ensuite ; gelée blanshe ; quelques grains de neige à 8 h. 40 et 16 h.
- Dimanche 6 0%0 S. 2. Couvert. 0,0 Presque couvert et pluie à partir de 10 h. 50, avec neige de 10 h. 30 à 11 h. 35; halo.
- JANVIER-FEVRIER 1898. — SEMAINE DD LUNDI 31 JANVIER AD DIMANCHE 6 FEVRIER.
- Dimanche
- iSSSS!
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- :sns
- La coai ht1 supérieure nalapi m ueomusile ne 0 a t(l; les fléchés intérieures. la (tn t-dam (ta veut. Les courbes (ta mntcu tudtqacul . -courbe épaisse, les pressions Juirumel rapies I baromètre ramené à (). au niveau de la merj; courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche: courbe eu pointillé, thermomètre a l'abri à boute mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement de terre en Vendée. — Mercredi, 26 janvier, à 6h40 du matin, un tremblement de terre s’esl produit aux Evnesses et dans les communes environnantes. Après 2 ou 3 minutes d’un tort roulement, deux violentes secousses dirigées *de l’E. à l’W. ont causé la plus grande frayeur dans toute la région. . .
- A Moncoutant, près de Bressuire, une secousse plus faible a été ressentie vers la même heure: un bruit sourd accompagnait l’oscillation dirigée du N. au S. •
- Le 1" février, un tremblement de terre s’est fait sentir dans le sud • du département, au pied des collines qui traversent le nord des Deux-Sèvres, le Maine-et-Loire et la Vendée. A Cholet, surtout, la secousse a été très violente, ébranlant les maisons avec un bruit sourd qui a fort effrayé la population.
- I.a pluie À Seatwaite. — Cette station, située dans le Cumberland, au nord-ouest de l’Angleterre, est connue comme l’une des plus humides . des Iles britanniques : là moyenne des pluies annuelles est de 3420 milli- i mètres (contre 500 à 600 millimètres au Parc Saint-Maur).
- Avril, mai et juin sont les mois les plus secs : le pluviomètre n’enregistre que très peu d'eau et en des jours fort rares. tXest au mois d’août, alors que de nombreux voyageurs viennent voir le Lake District, qu’on observe les plus grandes pluies : on a remarqué que 21 pour 100 d’entre elles sont supérieures à 10 millimètres, et 2 pour 100 à 30 millimètres. La plus
- grande chute d’eau diurne, 201 millimètres, a été notée le 12 novembre 1897. Ces pluies abondantes proviennent de la situation de cette ville : le vent amène naturellement au-dessus d’elle beaucoup de nuages qui s’y condensent et produisent de fortes chutes d’eau.
- Tempête aux Etats-Unis. — Une violente tempête de neige s’est abattue le 31 janvier sur New-York et sur les Etats environnants. Les routes et les chemins de fer ont é|ÿ bloqués par les neiges, et les voyageurs ont dû abandonner beaucoup de trains, qui ne pouvaient plus avancer ni reculer. Les environs de Boston ont été particulièrement éprouvés, ainsi que la ville elle-même qui s’est trouvée privée de toute communication avec l’extérieur. La chute des fils des tramways électriques a tué deux cents chevaux environ. Les trains partis de Boston dans la soirée ont tous été arrêtés à très peu de distance, et toutes les rues, à l’exception des deux principales, ont été impraticables pour les piétons.
- La neige à Constantinople. — Au commencement du mois, Constantinople a été sous la neige. Dans certains quartiers de la Corne-d’Or, on ne vovait presque pas les fenêtres, toutes étaient couvertes de neige. Tout le monde garda la chambre, parce que les communications, tels que les tramways et les bateaux, étaient interrompues. Quelques -accidents se sont produits. Ainsi, un individu voulant traverser la cofiine d’Ok-Méïdan, pour passer à Galata, est tombé dans un fossé rempli de neige et y a trouvé la mort.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 6, à 6 h. 33 m. du soir,
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Un don de 50000 francs vient d’être fait à l'Institut l’asteur par Mme Emile Durand, de Saint-Germain, en mémoire de son xnari et de sa fille. La donatrice a exprimé le désir que cette somme «oit destinée à des études sur la tuberculose. L’Institut Pasteur a accepté le don et la mission avec reconnaissance.
- —M. Mac Cleam a donné la somme de 35000 francs pour l'installation d’un grand télescope à l’Observatoire du Cap où il est allé se fixer afin de continuer les grandes recherches spectroscopiques qu’il a commencées à son observatoire particulier de Tunbridge Wells. Le télescope qu’il donne est achevé par les constructeurs Howard Oriibb, de Dublin, et va bientôt arriver au Cap.
- —Le jardin zoologique de Londres vient de recevoir un énorme orang-outang, de l’espèce Dryopéthécus, possédant une force musculaire extraordinaire, qui fait l’admiration du monde des sports. Il laisse loin derrière lui, paraît-il, le célèbre Sandow. L’orang casse, sans effort apparent, un 1er à cheval avec ses deux mains. II a, un jour, plié une barre de fer de 4 centimètres de diamètre. Sandow lui a rcsenté un développateur-caoutchouc de force, d’une résistance de 50 kilogrammes, qu’il a étiré à lm,80. On sait que les orangs-outangs ont les bras très longs. Lorsqu’il se dresse bien dans toute sa bailleur, il mesure lm,95; son biceps, beaucoup plus puissant que Celui de Sandow, a üm,67 de circonférence.
- —INous sommes à l’époque où l’on mange le plus de pommes et poires cuites. Les poiriers qui donnent des poires à cuire doivent être de préférence cultivés à haute tige ou plein vent. On peut citer les variétés suivantes : beurré Capiaumont (beurré Aurore) et beurré d’Angleterre (poire d’Angleterre), dont les excellents fruits se cueillent en septembre-octobre ; Certeau d’automne (poire de fusée) et Mcssire Jean, qui donnent des fruits moyens en octobre-novembre; Bon Chrétien d’Espagne et Curé, poires grosses de novembre et décembre. Cette dernière variété est l’une des plus cultivées de la région normande et de la région parisienne; elle donne lieu chaque année, de novembre à février, à un commerce des plus actifs. Signalons ensuite Martin Sec, petit fruit de janvier ; la grosse poire dite Belle des Abrès, que l’on récolte en février-mars, ainsi que les suivantes : Bergamote de Partlienay, Bon Chrétien d’hiver et Catillae. Les variétés extra-tardives sont Sevin Leclerc de Laval et Tavernier de Boullongue qui produiront jusqu’en mai de grosses poires à chair ferme et sucrée.
- —M. Jules Bénard a récemment entretenu la Société nationale d'agriculture, d’un voyage d’études qu’il a fait dans le grand-duché de Luxembourg, en compagnie de M. Tisserand ; il a insisté sur les plantations d’arbres fruitiers sur les routes et indiqué qu’en •ces derniers temps 322 520 poiriers, pommiers et cerisiers avaient été replantés. En France ce n’est que timidement que nous plantons des arbres fruitiers. Il serait à souhaiter que nous prissions -exemple sur le Luxembourg, et que nos conseils généraux, que les Chambres aussi, votassent des crédits suffisants pour entreprendre avec plus de suite les plantations routières.
- —U— Les Heurs atteignent quelquefois des prix considérables. On citait dernièrement le prix des semis en Angleterre qui se vendaient presaue 6000 francs. Voici le prix des orchidées dans une vente qui vient d’avoir lieu à Bruxelles : Un Cypripedium hybridum a été vendu 4000 francs; deux Odontogïossum ont été adjugés 5000 et 7500 francs. Enfin, un Odontogïossum Luciani, admirable plante dont les fleurs ressemblent à des papillons multicolores, a •trouvé acquéreur au prix de 12 000 francs.
- —Il est enfin question de faire à Paris et aux environs plusieurs installations de traction mécanique. Une enquête est ouverte -du lor février au 3 mars, sur un projet relatif à l’établissement d’une ligne de tramways à traction électrique entre Boulogne et
- Vincennes, par Issy, Yanves, Malakoff, Montrouge, Gentilly, Kremlin-Bicêtre, Ivry, Alfortville, Maisons-Alfort, Charenton, Saint-Maurice et Saint-Mandé. Les pièces du projet sont déposées aux mairies de Boulogne, Yanves, Sceaux, Yillejuif, Ivry, Charenton et Yincennes.
- —@— La fabrication des monnaies en 1897, a été très active aux ateliers de Paris. On y a frappé 11 068 977 pièces d’or françaises de 20 francs, dont 500 000 provenant de la refonte de 2 millions de pièces de 5 francs d’or, type qui n’a jamais été recherché. On a frappé 88 000 pièces d’argent de 50 centimes au moyen de la refonte de monnaies similaires, — 7 250 000 pièces de bronze de 10 centimes, 11 600000 de 5, 1 250 000 de 2 et 200000 de 1 centime. Pour TIndo-Chine on a émis, avec des lingots d’argent, 2 511 128 piastres, 300 000 vingtièmes et 900 000 dixièmes de piastres, pour 14 370 591<r,20 au pair, — et 13 883 527 piastres et sapèques de bronze valant 627 517Ir,70. On a fabriqué pour la Martinique 900 000 monnaies de nickel de 1 franc et de 50 centimes que l’on a qualifiées de bons de caisse pour ne pas enfreindre les lois monétaires. Pour la Tunisie, on a frappé 163 000 monnaies d’or valant 3 277 200 francs et 165900 d’argent valant 5 279000 francs. La Bolivie a fait exécuter 3 750000 pièces de nickel représentant
- 1 500 000 francs; le Chili, 27 pièces d’or valant 255,r,42; l’Ethiopie,
- 2 117 350 talaris d’argent et pièees divisionnaires, pour 3 731 260 fr. au pair, et 500 000 dixièmes de talaris en bronze valant 26 000 francs ; le Maroc, 4 925 222 onces d’argent et pièces divisionnaires, pour 4012 876fr,89; la Russie, 46 755438 pièces d’argent de 50 copeks, pour 95 550 876 francs.
- —Il existe, d’après la Revue horticole, un arbre qui siffle. Schweinfurt rapporte au Pharmaceutical Journal qu’il g rencontré, dans le cours de ses explorations au cœur de l’Afrique, un arbre siffleur. Cet arbre désigné sous le nom de « Tsofar » produit une gomme appelée « Gédaref » et qui est l’objet d’un grand commerce par l’intermédiaire des traitants arabes. Mais cette gomme est aussi recherchée par un insecte qui, pour la sucer, perfore, de part en part, les branches de cet arbre. Si bien que, lorsque le vent souffle dans son branchage, il s’y produit des sons analogues à ceux d’une flûte. Si les forêts africaines ont leur dieu Pan, c’est bien certainement sur cet arbre qu’il coupe le bois dont il fait ses flûtes.
- —®— L’Assistance publique parisienne s’est assuré pour la consommation de ses hôpitaux, hospices et asiles, en 1898, un approvisionnement de 1000 tonnes de pommes de terré, soit un million de kilogrammes de ce tubercule, dont 700 000 kilogrammes en « rondes », 200 000 kilogrammes en « hollandes » et 100000 kilogrammes en « saucisses ». La fourniture d’oignons, poireaux, carottes, navets, atteint un total global de 425000 kilogrammes, celle des haricots secs, 120 000 kilogrammes, celle des lentilles, 90 000 kilogrammes. L’approvisionnement en pruneaux est de 50000 kilogrammes, en gelée de groseilles, de 22 000 kilogrammes, en marmelade d’abricots et de prunes de quantités à peu près égales
- —Les « Grands magasins du Louvre » à Paris, dans le but de développer au moyen de la photographie le goût artistique dans l’étude de la nature, ouvre cette année un concours de photographie exclusivement réservé aux artistes ou amateurs français. Les photographies envoyées seront le résultat de travaux personnels. Les épreuves photographiques provenant de clichés posés ou instantanés tirées sur tous genres de papiers devront dans tous les cas provenir de clichés sans retouches. Paysages, marines, monuments, scènes, groupes, etc., les sujets sont laissés au choix des concurrents, mais les portraits et reproductions de tableaux ou gravures ne seront pas admis. Tous les formais seront acceptés à partir du 9x12 comme minimum. Les photographies seront remises au Secrétariat des Grands Magasins du Louvre à partir du 2 Mai jusqu’au 7 Mai à cinq heures du soir. Il sera décerné 10 prix dont le l°r consistera en une somme de 500 francs et une médaille d’or. Pour tous autres renseignements, s’adresser aux Magasins du Louvre, à Paris.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le fabricant du détartreur est M. Didier Lemaire à Pont-sur-Sambre (Nord). L’appareil américain est construit par MM. Hardy, Yoorhees et Ce, à Brooklyn N. Y.
- Communications. — M. Berranger, horloger à X., nous écrit la lettre suivante : « Permettez-moi de vous faire connaître un procédé qui pourra au besoin rendre service à vos lecteurs. 11 s’agit .du traitement à faire subir à une montre tombée dans l’eau ou dans laquelle aura pénétré de l’eau. Le moyen vulgairement usité consiste à la plonger dans l’huile ou quelquefois dans du pétrole. Ces deux liquides n’éliminent pas Peau qui reste par capillarité en contact avec les engrenages. 41 se forme par la présence de l’acier et du cuivre mouillés des petits couples voltaïques dans lesquels l’acier est de suite attaqué, de sorte que dès le lendemain de l’accident et malgré l’huile, les pièces sont hors d’usage. Yoici un moyen que je recommande et qui peut sauver la montre. Aussitôt la montre retirée de l'eau, il faut l’ouvrir des deux côtés et la tremper à plusieurs reprises dans de l’alcool aussi fort que possible, l’alcool à brûler peut très bien servir. Puis au bout de 2 à 5 minutes on l’égoutte et on la fait sécher à une douce chaleur; pour cela on la tient à la main. Ce traitement risque de décoller les levées d’échappement, mais l’horloger à qui l’on devra la donner après l’accident les remettra en état. Bien entendu la montre ne devra pas être remise en marche sans une réparation et un changement d’huile, mais elle peut attendre plusieurs jours sans aucun risque. »
- M. Jérôme, ingénieur civil à Paris, à propos de notre récent article sur les Photographies nocturnes de la Tour Eiffel, paru dans le n° 1287, du 29 janvier 1898, p. 143, nous envoie aes épreuves de photographies d’éclairs qu'il a faites pendant les derniers orages aux environs de la tour Eiffel. Elles ont été tirées sur des clichés faits avec le Pocket Kodak en instantanées. Notre correspondant nous fait remarquer un fait assez curieux, c’est que toutes les tentatives faites pour photographier les éclairs situés à droite de la tour, n’ont donné aucun résultat, tandis que les quatre tirés à gauche ont tous réussi.
- AI. Rambeaua, à Parthenay, nous écrit la lettre suivante :
- « J’ai été témoin, le 8 février, d’un superbe arc-en-ciel lunaire. Me promenant avec mon père aux environs de Parthenay, nous fûmes frappés par (l’apparition d’une lueur en arc de cercle rappelant celle d’un projecteur électrique et partant à l’horizon du côté sud. En ce moment la lune qui était dans son plein brillait d’un vif éclat et était dégagée de tous nuages. Tandis que de l’ouest venait un gros nuage. A cet instant, il tomba quelques gouttes de pluie, il était à ce moment 8h 40. Dix minutes après le nuage continuant sa marche vers la lune, le phénomène s’évanouit. »
- M. X., à Y., nous pose une question intéressante ; «Chaque année l’influenza sévit avec une régularité désespérante. Il est bien nettement démontré aujourd’hui que la plupart des maladies infectieuses se transmettent par les poussières, en dehors des autres modes de dissémination, et bien certainement l’influenza obéit à cette loi. Pourquoi, parmi les moyens de défense dont on cherche à s’entourer, ne s’attacherait-on pas en particulier, à rendre les poussières moins dangereuses? Croyez-vous, par exemple, que l’arrosage des voies publiques avec une solution antiseptique, même très faible, ne suffirait pas, sinon à stériliser, au moins à modifier en partie les germes que les malades, influenzés ou autres, continuent, malgré tous les avis, à semer partout avec leurs crachats? » Le moyen est insuffisant. Il serait plus simple d’inspirer par le nez des liquides antiseptiques et de se laver de même la bouche plusieurs fois par jour. C’est mieux, mais encore souvent inefficace.
- AI. Lorèdan Larchey, à Menton, nous adresse l’intéressante
- communication suivante : « Vous souvient-il du gros verre lenticulaire qui figurait dans la section du ministère de l’instruction publique au Champ-de-Mars (Exposition universelle de 1878)? Quand le soleil voulait bien se montrer, sa chaleur suffisait avec le verre à préparer un café offert gratuitement aux patients admirateurs, il y avait même un pot-au-feu en préparation pour le soir; des légumes étaient publiquement ratissés. Mais que l’astre du jour se voilât inopinément la face, et le visage des dégustateurs restés dans l’attente en était deux fois assombri. La mémoire de ce curieux spectacle vient de m’aider rapidement à comprendre la cause d’un fort petit commencement d’incendie. A 9 heures du matin, fin janvier, un cri d’appel me fit monter rapidement dans un cabinet qui commençait à se remplir de fumée. Sur la table me servant de bureau, brûlaient lentement un crayon et un in-quarto du seizième siècle (La Cosmographie, de Munster) en dégageant une odeur de papier et de corde consumés, car le dos du livre avait été arraché, et le feu avait commencé par les gros fils de la couture, pour gagner ensuite le papier où il faisait trou comme dans le crayon. De ce foyer lumineux, mon œil se reporta vite au rayon de soleil qui en était cause. Il dardait par la fenêtre ouverte, en passant au travers d’une carafe ronde pleine d’eau, placée par mégarde près du livre. Il était, je le répète, 9 heures du matin (jeudi 27 janvier), dans une chambrette exposée au sud-est, à mi-chemin de la ville de Menton et du cap Martin, »
- Renseignements. — M. le Dr TaUlefer, à Châteauneuf. — 1° Nous ne connaissons pas le ciment dont vous voulez parler. — 2° Le carbonyle chauffé est utilisé pour assécher les murs humides; il pourra probablement vous être utile dans le cas que vous signalez.
- Al. AJ. L., à Anvers. — Nous ne savons pas s’il existe un ouvrage spécial qui donne ces procédés; mais nous avons indiqué quelques .recettes pour le bronzage des métaux dans les Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie.
- M. A. B., à Reims. — Vous pourriez peut-être vous adresser à la Société des phonographes, 98, rue de Richelieu, à Paris.
- M. P. de Marlenne, à Laizy. — Nous n’avons pas de constructeur spécial à vous faire connaître pour cette application.' Mais les fabricants d’appareils d’éclairage à acétylène, que nous avons mentionnés à plusieurs reprises daxs la Boite aux lettres, pourront peut-être vous donner satisfaction.
- M. J. Plassard, à Paris. — Un densimètre permet de déterminer très facilement le degré d’acidité du liquide.
- AI. de la Bruère, à Toulouse. — 11 faut consulter un chimiste.
- M. P. L., à Montluçon. — Pour coller le celluloïd on mouille légèrement les deux parties avec de l’éther et on les fixe l’une sur l’autre.
- AI. Guyon, à Billon. — Appareils pour projections lumineuses : M. Molteni, 44, rue du Château-d’Eau: M. Mazo, 12, boulevard Magenta ; MM. Clément et Gilmer, 10, rue de Malte, à Paris.
- M. Aluncel, à Saint-Mandé. — Nous avons reçu votre intéressante Note; mais nous ne pouvons devenir sur la question.
- AI. L. B., à Chaux-de-Fonds. — Nous n’avons pas d’indications spéciales à vous donner sur la composition de ces alliages.
- Abonné 2974. — Adressez-vous à la Compagnie des constructions démontables et hygiéniques, 51, rue Lafavelte, à Paris.
- AI. V. V., à Yalence. — Nous consultons un de nos rédacteurs chimistes; nous vous ferons connaître les renseignements qu’il pourra nous donner.
- AI. D. Leroy, à Paris. — L’installation électrique à l'intérieur des appartements doit être soignée; nous vous conseillons de vous adresser à une maison sérieuse.
- AI. D. B., à Nice. — Cette pile peut fournir des débits élevés ; la différence de potentiel est seulement un peu faible.
- AI. Duvar, à Troyes. — Il ne nous est pas possible de vous donner ainsi à distance des renseignements sur cette installation ; consultez un ingénieur de votre ville..
- Accusés de réception. — Avis divers. — AI. L. L,k Avignon. Nous ne pouvons nous occuper de ces questions qui n’ont rien de scientifique. — AI. liuant, à Tours. Cette explication ne donne aucune, satisfaction. — M. Delort, à Paris. Il n’est pas nécessaire d’avoir une puissance aussi considérable: le tiers peut suffire. — M. D. R., à Lille; M. G. K, à Paris. Voyez les Recettes et procédés utiles,
- 5e série à la librairie Masson et Cie, à Paris. — M. Dupont, à Marseille. Remerciements pour votre communication.
- bâtis la « Hotte aux lettres » la hédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes Us noestim,s, »» à insérer tontes les communications.— Il n’est répondu qu'nui lettres reçues niant te lundi gui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES MENTIONS1
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Imprimerie rotative. — 11 sera facile maintenant d’imprimer chez soi rapidement ses cartes de visite, ou petites circulaires. La petite machine à imprimer rotative que représente notre dessin, fonctionne dans de très bonnes conditions. Elle se compose d’abord d’un support articulé placé à l’arrière et dans lequel vient se mettre la forme ou cadre en métal qui renferme la composition. Celle-ci se fait au moyen de caractères ordinaires d’imprimerie, que l’on met en place à l’aide d’interlignes en métal et en bois. La forme est fixée par deux vis de
- Imprimerie rotative.
- pression. Sur le devant se trouve une roue que l’on met on marche par une poignée, et qui commande une roue dentée. Cette dernière à son tour actionne un levier, qui approche la boîte à composition d’une feuille de papier blanc ou d’une carte. Des grilles fonctionnant automatiquement retiennent la carte pendant l’impression et la font glisser aussitôt imprimée. Les rouleaux encreurs, montés sur des leviers indépendants, suivent les mouvements de la machine et s’encrent automatiquement sur le plateau surmontant la boîte qui porte la forme à caractères. — L’imprimerie rotative se trouve chez M. Kratz-Boussac, 3, rue Saint-Laurent, à Paris.
- Nouveau coupe-œufs. — 11 existe déjà un grand nombre de petits appareils imaginés pour couper à table le sommet des œufs à la coque rapidement et proprement. Le coupe-œufs dont nous voulons parler semble présenter de nouveaux avantages. Cet appareil se compose d’un couperet (n° 1) qui, par sa forme spéciale, présente à la coquille de l’œuf une pointe.
- Nouveau coupe-œuf. — 1. Vue d’ensemble. — 2. Mode d’emploi.
- 3. L’œuf coupé. — 4. L’extrémité de la coquille qui a été détachée.
- Celle-ci entre avec facilité de sorte qu’il suffit de pousser pour découper la partie supérieure de la coquille de l’œuf avec la plus grande simplicité (n° 2). Les deux parties de l'œuf présentent ensuite des bords nettement tranchés (n01 5 et 4). Le coupe-œufs, d’une fabrication soignée, est en métal blanc solidement nickelé, indéréglable. Toutes les parties sont facilement accessibles, de sortt que le nettoyage est simple à exécuter. — Le nouveau coupe-œufs se trouve à la même adresse que l’imprimerie rotative.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction jdes Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Agents hémostatiques.
- Rien de plus terrifiant qu’une hémorragie grave, rebelle aux moyens ordinaires de traitement. L’entourage du malade s’affole, perd la tète, exagère le danger d’un écoulement sanguin qui demanderait un long temps avant de devenir sérieusement inquiétant. 11 est juste de dire qu’il est, de par la constitution des sujets, de par leur siège, certaines hémorragies qui embarrassent même les praticiens expérimentés. Qu’une plaie survienne chez un hémophilique, qu’on arrache une dent, et la plaie de saigner indéfiniment sans que les moyens les plus variés et les plus sérieux en puissent venir à bout.
- Les agents hémostatiques usités habituellement se divisent en deux groupes : les uns déterminent une vaso-constriction qui rétrécit la lumière du vaisseau béant et permet à la coagulation spontanée d’oblitérer l’ouverture; tels sont l’ergotine, le sulfate de quinine, la pyoctanine ; les autres accélèrent la vitesse de la coagulation au point lésé. Parmi ces derniers agents, le plus connu et je dirai le plus dangereux de tous, est le perclilorure de fer; il arrête bien l’hémorragie, mais provoque de l’irritation sur la plaie ou les parties environnantes, forme un magma sale, épais. A moins de nécessité impérieuse, renoncez à son emploi.
- Des autres agents eoagulateurs, il en est qui ne sont connus que des physiologistes et qui ont pourtant une valeur incontestable et une supériorité marquée sur d’autres médicaments, tels sont les extraits organiques (extrait de muscles, extrait de foie), qui ne sont pas usités; tels sont la gélatine et le chlorure de calcium dont le Dr Carnot a montré les avantagea dans certains cas rebelles d’hémorragie.
- La gélatine, injectée dans le sang, amène une accélération! de la coagulation du sang. Cette expérience de physiologie al conduit à l’employer comme hémostatique local. On se serti pour cela d’une solution de gélatine dans l’eau à 5- pour' 100 (ou mieux dans l.’eau salée physiologique, 7 grammes! de chlorure de sodium pour 100 d’eau); cette solution est! portée à 100° pour la stériliser et peut servir dès lors telle quelle. Dans plusieurs cas d’épistaxis graves, une injection de 30 à 40 centimètres cubes, avec introduction d’un tampon d’ouate imbibé de la même solution, a arrêté net l’hémorragie); la solution ne doit pas être employée trop chaude. Sur dei plaies en surface, on l’applique en compresses.
- Pour les hémorragies des voies digestives, la gélatine né peut servir puisqu’elle est digérée par les sucs digestifs; M. Carnot conseille dans ce cas l’emploi d’une solution dé chlorure de calcium qui réussit fort bien.
- Rappelons en passant un bon moyen quand on n’a rien sous la main, pour arrêter une hémorragie à la suite de l’ablation d’une dent : c’est de verser dans la cavité un peu de plâtre en poudre et tamponner avec un bourrelet d’ouate. Le plâtre forme, en se prenant avec la salive et le sang, un mastic résistant. Dr X.
- Les gelées pour pansements.
- On emploie beaucoup dans les laboratoires de bactériologie, l’agar-agar ou gélose pour former des gelées nutritives et cultiver les microbes. Le Dr Gallois a pensé qu’on pourrait se servir avec avantage de ces gelées pour certaines maladies de la peau. Depuis longtemps on délaisse les emplâtres anciens à la résine, aux gommes, pour des colles plus ou moins adhésives à base de gélatine. L’avantage des gelées à la gélose est leur propreté, leur adhérence facile, sans rétraction comme les colles à la gélatine. C’est une sorte de mucilage facile à étendre et facile à enlever. On peut y incorporer des substances antiseptiques, et une des formules du Dr Gallois est la suivante { Gélose................................ 4 gramme.
- Sublimé . ....................£ âà '40 centigrammes.
- Acide tarlrique...............f 0
- Eau distillée.................100 grammes.
- Cette gelée, très facile à pré/tarer, s’écrase sous le doigt et s’étale sur la partie malade en couche mince qui sèche rapidement. Avec un simple lavage, on l’enlève comme on veut. La gélose a encore un avantage digne de considération, c’est’qu'elle est d'un prix modique. Dr X...
- BIBLIOGRAPHIE
- Ministère des finances. Direction générale des douanes. Répertoire général des ports et lieux de chargements situés dans les pays étrangers, les colonies et possessions françaises. 1 vol in-8°. Paris, Imprimerie nationale, 1807.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Les colonies animales et la formation des organismes, par Edmond Perrier, membre de l’Institut. 2e édition, 1 fort volume in -8°. Masson et C‘% éditeurs, Paris. Prix : 18 francs.
- Chimie photographique à l'usage des débutants, par E. Lie-segang. Traduit de l’allemand, par le professeur J. Maueeiral. 1 vol. in-18, librairie Gauthier-Villars, Paris, 1898. Prix : 3 fr. 50.
- L'optique photographique, par P. Moessard, lieutenant-colonel du génie. 1 vol. in-8°, librairie Gauthier-Villars, Paris. Prix : 4 francs.
- Manuel pratique du pisciculteur, par M. A. Blanchon. 1 vol. in-16 de l’Encyclopédie Roret, à la librairie Mulo, Paris. Prix : 3 fr. 50.
- Observatoire de Manila El-Baro-Ciclono-Métro, por el P. José Algue S. J., director del Observatoria Manila, 1897. 1 bro-chure_in-8°.
- | Cours d'électricité. Théorie et pratique, par G. Sarazin, professeur à l’Ecole nationale d’arts et métiers d’Angers. 1 vol. in-8°. E. Bernard et Cie, éditeurs. Paris, 1898. Prix : 10 francs.
- Petite encyclopédie pratique de chimie industrielle, publiée sous la direction de M. F. Billo.n, ingénieur chimiste. 5' vol. : soudes et potasses. 4° vol. : soufres et dérivés. 2 vol. in-16. Paris. E. Bernard et Cie, éditeurs. 1898. Prix : 1 fr. 50.
- Encyclopédie de l'uma<eur photographe. Le portrait dans les appartements, par Albert Réviser. 1 vol. in-16. Bernard Tignol, éditeur. Paris. 1898. Prix : 2 francs.
- Agenda du photographe et de l'amateur, par Charles Mendel. 1 brochure grand in-8°. Paris, 1898. Prix : 1 franc.
- Nouveaux procédés de taxidermie, accompagnés de quelques impressions ornithologiques, par le comte Alleon. 1 vol. in-8°. Paris, L. Mulo. éditeur. 1898.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES ÜU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de ü à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 7 février 1898. 2“,8 S. W. 2. Peu nuageux. 5,1 Nuageux; trois coups de tonnerre de 15 h. 55 à 40 h. avec gros grésil ; pluie ensuite. Beau jusqu’à 8 li. ; très nuageux ensuite ; averse à 22 h.
- Mardi 8 — 0°,6 S. S. W. 2. Quelques nuages. 3,6
- Mercredi 9 1*,6 W. N. W. 2. Beau. 0,0 Peu nuageux de 13 à 19 h. ; beau avant et après ; brouillard de 500 m. à 8 h. ; halo.
- Jeudi 10 — 2",0 S. E. 1. Quelques nuages. 0,0 Peu nuageux le matin ; très nuageux le soir ; brouillard de 100Ï) m. à 7 b. ; halo.
- Vendredi 11 — 2%0 Calme, Beau. 0,0 Beau.
- Samedi 12 — 3',8 Calme. Beau. 0,0 Beau,
- Dimanche 13 ... . — 0°,9 S. E. 2. Quelques nuages. 0,0 Nuageux jusqu’à 10 h. ; couvert ensuite ; halo ; gouttes à 20-21 h.
- FÉVRIER 1898. -- SEMAINE DU LUNDI 7 AU DIMANCHE 13 FÉVRIER.
- Lundi j Mardi I Mercredi ( Jeudi I Vendredi | Samedi I Dimanche I
- La courbe supérieure indique lu nébulosité de 0 à 10: les (lèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de ta mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre d l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- I.a neige. — Dans les premiers jours du mois, on a signalé de nombreux orages et des neiges. A Grenoble, le 4 lévrier, la neige est tombée en abondance, recouvrant les rues et interrompant la circulation. Le tramway à vapeur d’Uriage a été bloqué au centre de la ville. Les fils téléphoniques ont été rompu^ sous le poids de la neige ; ils ont occasionné, en tombant, quelques accidents peu graves. A Bonneville, pour la première fois cet hiver, la neige est tombée sur la région. La couche a atteint environ 15 centimètres. A Gap, le sol a été recouvert d’une couche de neige mesurant plus de 25 centimètres d’épaisseur. Les trains ont circule avec difficulté. De nombreux retards ont été signalés sur toute la ligne des Alpes.
- Tempêtes. — Le 4 février, à Bordeaux, une tempête d’une,extrême violence et qui a causé d’importants dégâts en ville, a sévi sur la région. On a signalé des avaries aux navires qui étaient en rade.
- A Dunkerque, le trois-mâts anglais Andora, capitaine Parsone, du port de Liverpool, venant de Junin, avec un chargement de nitrate, a été mis à la côte par la tempête dans la nuit du 4 au 5 février. Un canot <le sauvetage remorqué par le Progrès, de la Chambre de commerce, a ramené à terre 26 hommes d’équipage.
- Le 6 février, à Marseille, une tempête de mistral d’une violence extraordinaire a sévi hier sur la région et à une très grande distance au large. En ville, plusieurs personnes ont été renversées et blessées. La circulation était impossible sur plusieurs points. Un omnibus a été renversé près du fort Saint-Jean, sans que les voyageurs aient été blessés. De nombreuses relâches ont été sigillées.
- Une nouvelle tempête s’est abattue le 7 février sur Fécamp. Le vent du nord-ouest a soufflé avec violence.
- Le Ijgjeau Espérance 248, de Calais, a eu un mât brisé en entrant dans le port. La mer était démontée.
- A la même date, à Brest, les navigateurs étaient très éprouvés par la lempète de nord-ouest qui a soufflé quelques jours à la pointe du Finistère. Divers bâtiments, dont les trois-mâts Bangor, de Nantes, Général-Bertau.r, le trois-mâts norvégien Erqiiis, ont été forcés de se réfugier à Brest. La mer a été couverte de débris et de marchandises aux environs d’Ouessant et de Molène.
- Tremblement «le terre. — Une forte secousse de tremblement de terre, qui a duré environ douze secondes, a été ressentie le 9 février, vers onze heures du soir, à Guelma (Algérie). Une autre secousse a été ressentie peu après, dans la direction du nord-est au sud-est.
- PHASES DE LA LUNE : Néant.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —La santé publique s’améliore à Paris. Le service de la statistique nous apprend que dans la sixième semaine de l’année, il n’a compté que 1Ô30 décès, chiffre voisin de la semaine précédente, 1029, et inferieur comme lui à la moyenne des semaines de janvier, 1081. Ce retour à la normale (et même au-dessous) est dû à la diminution sènsible des maladies de l’appareil respiratoire en général, et en particulier de la grippe ou influenza. Voici, du reste, les chiffres des six semaines de 1898 :
- Décès par bronchite et pneumonie. Autres maladies de l’appareil respiratoire. Influenza.
- lre semaine. 259 75 34
- 2e — 260 67 36
- 3e — 220 94 50
- ¥ _ 204 65 41
- 5e — 194 52 30
- (1° — 164 53 13
- —L’Académie des sciences vient de nommer une commission chargée d’étudier la prophylaxie de la tuberculose et la question des logements insalubres. Ont été désignés à cet effet : MM. d’Arsonval, Bouchard, Bronardel, Duclaux, de Freycinet, A. Gauthier, Guyon, de Jonquières, Marey, Potain. Font de droit partie de la commission les deux secrétaires perpétuels, MM. Berthelot et Bertrand.
- —Le gouvernement russe vient de conférer la décoration de l’ordre de Sainte-Anne de Russie à M. Charles Baltet, l’horticiiUeur bien connu de Truyes, président dé la classe 45 de l’Exposition de 1900. Depuis l’année 1865, notre compatriote a pris une part active aux congrès et aux expositions de Saint-Pétersbourg, de Moscou, de Varsovie, où il a reçu médailles et diplômes d’honneur.
- —H — Traversée de la Manche en ballon. Le 8 février, à 11 heures du matin, deux aéronautcs anglais, M. Percival Spencer et un de ses amis, partaient de Crystal-Palace, près de Londres,.dans un aérostat bientôt emporté par le vent dans la direction de l’E. Entraînés à des altitudes très élevées, ils passaient au-dessus de Boulogne vers 5 heures de l’après-midi, et venaient atterrir dans la soirée à Anvin, sur la ligne de Saint-Omer.
- —Le préfet de police vient d’arrêter la liste des médecins, pharmaciens, etc., inscrits dans le ressort de la préfecture de police pour 1898. Cette liste comprend : 2783 médecins, dont 2463 à Paris, 70 officiers de santé, dont 62 à Paris, 1520 sages-femmes, dont 1242 à Paris, 225 chirurgiens-dentistes, dont 164 à Paris, 1315 pharmaciens, dont 1032 à Paris, 392 dentistes, dont 347 à Paris. Quelques remarques curieuses : c’est le huitième arrondissement qui tient la tète pour les médecins avec 468. Le douzième, le moins pourvu, en a 160. Le dix-neuvième n’a pas de chirurgiens-dentistes; par contre, le neuvième compte 52 de ces spécialistes. Saint-Denis compte 258 sages-femmes, alors que le onzième arrondissement de Paris, le plus riche en accoucheuses, n’en comporte que 114. Enfin, pour les pharmaciens, c’est le onzième qui tient la tête avec 92.
- —@— Le « grand New-York ». New-York vient de s’annexer scs faubourgs et porter sa superficie de 10 000 hectares à 82 000. La grande cité américaine embrassera désormais cinq grands quartiers : Manhattan, partie ancienne de la ville comprise dans l’île de Manhattan; Broux, partie du vieux New-York, au nord du Harlem; Brooklyn, englobant la cité de ce nom et les quartiers entre la ville et l’Océan; Queens, quartier plus grand à lui seul que la vieille ville et s’étendant à l’est du Brooklyn entre le Sound et l’Océan; enfin Richmond, comprenant l’ensemble de Slaten Island. La population se trouve par suite portée de 2 millions à 3 388 000 habitants, ce qui place New-York immé-
- diatement après Londres à ce point de vue. La ville américaine la plus peuplée après New-Y’ork, Chicago, n’a que 1438000 habitants et n’occupe que le 6e rang parmi les villes les plus peuplées de l’Univers. La nouvelle ville compte 2600 hectares de parcs et jardins, 1920 kilomètres de rues dont 1600 kilomètres pavés, 1850 kilomètres d’égouts, 105 kilomètres de chemins de fer sur viaducs et 745 kilomètres de chemins de fer à niveau.
- —&— Tremblements de terre. Le 8 février, un violent tremblement de terre a ravagé la République Argentine, en causant les plus grands dégâts à Yilla-Ramon, à Colomarica et dans quelques localités du voisinage.
- —®— La sécheresse de janvier 1898. La quantité de pluie recueillie au mois de janvier 1898, 5mm,0 est très faible et tout à fait extraordinaire pour cette époque. Depuis 209 ans, on n’a enregistré qup six fois à Paris une sécheresse plus grande : pendant les années 1691, 1779, 1795 et 1810, le pluviomètre n’a reçu aucune trace d’eau; en 1730, il accusait lmm,5 d’eau et en 1694, 3mm,0.
- —L’Automobile Club de France désire établir sur les voitures de concours des appareils de mesure et d’enregistrement de la vitesse et du chemin parcouru. Les constructeurs sont invités à soumettre leurs appareils à la Commission technique de l’Automobile Club de France, avant le 30 avril prochain.
- —Les trouvailles du pont Alexandre. Les travaux de creusement effectués sur la rive gauche de la Seine pour établir le grand caisson du pont Alexandre ont amené la découverte de nombreux objets qui ont défrayé ces jours derniers toute la presse quotidienne. On a dit toutes sortes de choses à ce sujet. Voici, en réalité, de quoi il s’agit. Les fouilles poussées à 7 mètres de profondeur dans le gravier sur lequel coule la Seine, ont rencontré un grand nombre d’ossements, les uns humains, les autres d’animaux. Les crânes humains n’offrent rien dé particulier ; manifestement, ils ne sont pas très antiques. Ces ossements d’animaux, loin d’être fossiles et même préhistoriques, appartiennent à des espèces domestiques : cheval, bœuf, mouton, chien, etc. Avec eux, on a trouvé toute une série d’objets fabriqués par l’homme : une hache polie de l’époque néolithique; des cailloux plats percés d’un trou dont il est difficile de préciser l’antiquité, mais qui représentent probablement des pesons de filets de pêche; des poteries très variées, quelques-unes pouvant remonter au moyen âge et peut-être à l’époque romaine, la plupart plus récentes et pour ainsi dire contemporaines; des morceaux de fer, etc. Evidemment il ne s’agit pas là de trouvailles en couches réglées et d’âge uniforme. Il s’agit de graviers remaniés à toutes sortes d’époques par les courants du fleuve, et où des objets correspondant à toutes sortes de civilisations ont été brassés et mélangés. Il ne manque dans le lot que nous avons vu à l’Agence des travaux et qui avaient été conservés par les soins intelligents de MM. les ingénieurs des travaux, que les silex de forme paléolithique qui auraient pu s’y rencontrer puisque la drague en ramène souvent. D’ailleurs, toute cette partie de la rive gauche de la Seine, depuis les Invalides jusqu’au delà du Champ-de-Mars, est très fortement remaniée, d’une part à cause de l’existence, au dix-huitième siècle, d’un petit bras de la Seine qui circonscrivait l’ilc Maquerelle ou des Cygnes allant des « marais potagers du Gros-Caillou » au milieu de la plaine de Grenelle, et, d'autre part, à cause des travaux énormes de rcmblai-ments qui ont été effectués à diverses reprises, notamment en 1790 pour établir le champ de la Fédération. Déjà en 1888, des trouvailles tout à fait analogues, vérifiées par MM. Topinard et Boule furent faites à 12 mètres de profondeur, en creusant les fondations des piliers de la Tour Eiffel et c’est non loin de là que furent découverts les fameux crânes humains dits de Grenelle qui provoquèrent beaucoup de discussions dans le monde des anthropologistes. Le premier devoir du paléontologiste ou de l’archéologue est de savoir reconnaître et discuter les ossements.
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- Communications. — M. F. Thone, ingénieur à Ostende, à propos de notre récent article sur Le saut et les sauteurs, paru dans le n° 1289, du 12 février 1898, p. 171, nous envoie les intéressantes observations suivantes : « L’étude pour chercher les relations qui peuvent exister entre la longueur des sauts comparée à la vitesse imprimée à la masse des haltères doit également s’étendre à la recherche de l’influence de ki masse des haltères. La mécanique rationnelle permettra d'arriver aux relations cherchées, facilement et exactement. N’ayant pas le loisir de faire pareille étude qui, d’ailleurs, serait par trop aride et qui trouverait plutôt sa place dans un journal de mathématiques, je me propose, dans les lignes qui vont suivre, de donner une démonstration élémentaire, et ensuite une démonstration mécanique de l’influence des haltères.
- Tout d’abord, je dois faire remarquer qu’il est exact de dire que le sauteur trouve un appui réel et efficace sur les haltères. En effet, le sauteur et les poids forment un système matériel dont toutes les parties sont animées de la même vitesse. Pour projeter les haltères en arrière, il faut d’abord annuler leur vitesse, ce qui ne se peut qu’en exerçant une force de direction opposée à celle du sauteur. Pour leur imprimer ensuite une vitesse en sens contraire, il faut encore un effort de la part du sauteur. Celui-ci, pour exercer ces deux forces, trouve donc bien dans les haltères un point d’appui réel, qui lui permet de donner une nouvelle impulsion au saut.
- Pour ce qui est de la démonstration mécanique, elle résulte de l’évidence du Théorème de la conservation du mouvement du centre de gravité; voici l’énoncé de ce théorème : « Le centre de gravité d’un système matériel, rendu libre, se meut comme si toutes les forces extérieures et toutes les masses y étaient transportées ». Il suit de là que les forces intérieures, qui viendront à se produire dans le système, n’exerceront aucune influence sur la vitesse du centre de gravité. Dans le cas présent, la force intérieure qui se produit est celle qui est exercée par le sauteur sur les haltères, force qui a pour premier résultat d’annuler leur vitesse primitive et pour second résultat de leur imprimer une vitesse en sens contraire. Mais jusqu’au moment où les poids toucheront le sol, le mouvement du centre de gravité du système formé par le sauteur et les haltères ne sera pas altéré. Celles-ci étant en arrière, et de plus en plus en arrière sur le centre de gravité, il est évident que le sauteur aura une avance sur celui-ci, avance qui ne peut provenir que d’un accroissement de vitesse qui s’est produit au moment où il a abandonné les haltères.
- Il résulte ainsi, du même théorème, que le gain de vitesse sera d’autant plus grand que la masse des haltères sera plus grande comparativement à celle du sauteur ; il sera aussi d’autant plus grand que la force exercée sur les haltères, pour les projeter en arrière, aura été plus grande. C’est d’ailleurs là la confirmation de ce que l’effort exercé par le sauteur, au moyen des bras, lui est d’un grand secours.
- On peut donc dire qu’en réalité le sauteur saute deux fois : d’abord par l’action des jambes quand il quitte le sol, ensuite par l’action des bras quand il jette les haltères. Cela est confirmé par le saut du baquet où le sauteur prend un nouvel élan juste au moment où ses pieds effleurent l’eau de ce baquet où la trajectoire du saut doit le conduire; car c’est à ce moment qu’il rejette les haltères.
- 11 résulte enfin du théorème énoncé qu’il n’est pas du tout indifférent pour le sauteur de rejeter les haltères dans une direction quelconque ou de les laisser simplement tomber. Ainsi pour le saut en longueur il aura intérêt à les projeter en arrière dans une direction initiale, se rapprochant le plus possible de l’horizontale. Pour le saut en hauteur il devra les projeter dans une direction se rapprochant de la verticale. Enfin pour le saut en hauteur et en longueur, il devra, pour obtenir
- le maximum d’effet, lancer les haltères dans une direction tangentielle à la trajectoire qu’il décrit pendant le saut.
- L’intervention des haltères n’est d’ailleurs qu’un cas particulier des phénomènes qui Se produisent par des forces de percussion ou des forces instantanées, en vertu desquelles les masses subissent, dans certains cas, des modifications brusques de vitesse. Ces phénomènes sont nombreux dans la nature et je me bornerai à citer l’exemple classique du recul des armes à feu. Le canon et le projectile forment, en effet, un système matériel. Le centre ae gravité de ce système a une vitesse nulle tant après la décharge qu’avant, parce que l’explosion de la poudre ne produit que des forces intérieures. Il s’ensuit que le canon doit se mouvoir en sens contraire du projectile. »
- M. Galien Mingaud, secrétaire général de la Société d’étude des sciences naturelles.de Nimes, nous adresse Le Rapport sur les travaux de la Société pendant l’année 1897. Cet exposé donne un examen des divers travaux des membres pendant le cours de l’année en ce qui concerne la géologie, la spéléologie, le préhistorique, la botanique, la zoologie, la physiologie, l’anthropologie, la tératologie.
- Mr Armand. Walfard, à Reims, nous envoie une Notice descriptive d’un Nouveau système de palissage et de relevage de la vigne. Il s’agit d’un procédé de palissage de la vigne suides appareils pivotants, claies ou treillages, qui permettent l’attache solide et régulière des pampres, leur répartition sur la plus grande surface possible, leur relevage en cas de besoin dans la position verticale et leur maintien dans une position horizontale parallèle au sol à l’écartement convenable. 11 peut s’appliquer à toute espèce de taille de la vigne.
- Renseignements. — M. D. Héron, à Paris. — La description du self-allumeur a paru dans le n° 1285 du 15 janvier 1898, p. 109.
- M. J. Simon, à Pâle. — Vous trouverez des peintures ignifuges et incombustibles chez M. G. Bernheim, fil, avenue des. Gobelins, à Paris. ;
- M. 11. de Blonay, à Hyères-les-Palmiers. — Votre lettre a été envoyée an constructeur; l’adresse a été donnée en tête de la Boîte-aux-leltres du n° 1285 mentionné plus haut.
- M. A. C. 0. P. E., à Tournai. — 1° Nous ne pouvons vous donner ce renseignement. — 2° Nous avons fait paraître à ce sujet divers articles de M. Jacques Bertillon dans le n° 706 du il décembre 1886, p. 22, le n" 709 du 1er janvier 1887., p. 70,; le n° 712 du 22 janvier 1887, p. 122 et enfin le n° 715 du 29 janvier 1887, p. 134.
- M. L. G., à Paris. — Le mouvement d’horlogerie du phono-graphe Lioret fonctionne bien et l’appareil donne des résultats très satisfaisants. ,
- M. Trèbe, à Paris. — On adoucit la corne avec de la pierre ponce bien fine et on termine le poli avec du tripoli de Venise bien broyé et lavé.
- M. H. Danon, au Pirée. — Piles thermo-électriques : M. J. Carpentier, 20, rue Delambre, M. Ducretet, 75, rue, Claude Bernard, à Paris.
- M. L. F. A., à Toulouse. — 1° Alliages Colhias, 9, rue Victor-Hugo, à Ivry-port (Seine). — 2° Nous ne connaissons pas. — 3° Pas d’indication spéciale à vous donner. — 4° Librairie Baudry, 15, rue des Saints-Pères ou Dunod et Vicq, 49, quai des Grands-Auguslins, à Paris. — 5° Consulter l’ouvrage de M. A. Witz : Les moteurs à gaz et à pétrole, à la librairie E. Bernard, 55 ter, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. E. Vuillaume, à Arbois. — Nous ne pouvons vous répondre ; nous ne nous occupons que des questions scientifiques.
- M. V. Guillard, à Paris. — L’appareil distributeur des billets de chemin de fer est construit par la Société de l’appareil contrôleur, 44, rue de Chanzy.
- M. A. L. D., à Lille. — Pour la viscose et le viscoïd, s’adresser au représentant M. Thomas, 46, rue des Moines, à Paris.
- M. S. P. de M., à Troyes. — 1° Pour le phonographe Lioret, adressez-vous au constructeur, 18, rue Thibaud, à Paris. — 2° Demandez à un médecin.
- Accusés de réception. — Avis divers. — Sl. Th. Jochim et Cie, à Saint-Pétersbourg. Votre lettre a été transmise à M. le professeur Dussaud, à Genève. — M. Bernard, à Paris. Remerciements pour votre communication. — M. Villarct, à Colmar. Nous avons fait parvenir votre lettre à notre collaborateur. — M. A. B., à Lille; M. Lelong, à Blois; M. Duhar, à Paris. Voyez les Recettes et Procédés utiles, lpo série, à la librairie Masson et Cie. — M. Degand, à Paris. Cette recette est donnée dans le meme petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie.
- Dcths lu « boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications.— Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INTENTIONS1
- Petit nécessaire de poche. — On a l’habitude de porter dans son porte-monnaie ou dans son portefeuille des fouilles antiseptiques connues sous le nom de taffetas anglais dont on colle un petit morceau sur les blessures légères, égratignures ou coupures, pour arrêter le sang et mettre la blessure à l’abri de la poussière. Le seul ennui que présentent ces feuilles est d’avoir à découper, au moment voulu, les morceaux dont on a besoin. Un fabricant a eu l’ingénieuse idée de faciliter l’emploi du taffetas anglais. Il a disposé des étuis plats se composant de deux feuilles .métalliques; l’une formant le couvercle, l’autre
- Petit nécessaire de poche.
- le magasin, comme le représente notre dessin. Dans ce magasin se .trouvent repoussés des rcnfoncemcnls de toutes dimensions, ovales, ronds, longs. Ces petits magasins sont garnis de morceaux de taffetas anglais découpés de formes correspondantes, de sorte qu’il suffit de glisser le couvercle qui slarrête à. mi-chemin pour découvrir une partie du petit magasin, ce qui
- Eermet de choisir immédiatement le morceau dont on a besoin.
- 'inventeur a fait deux modèles, l’un se composant exclusivement de Tétui, l’autre agrémenté d’une petite glace. — Le petit nécessaire est chezM. Kralz-Boussac, 5, rue Saint-Laurent, à Paris.
- Chronoscope. — Plusieurs de nos lecteurs nous ont demandé des appareils pour la détermination rapide et automatique du temps de pose. Pour répondre à leur demande, nous donnons la description d’un nouvel appareil qui nous a paru donner des résultats pratiques. Le nouveau chronoscope, dù à MM. Desvignes et Dufresne, est formé de deux cercles de carton
- Le chronoscope de MM. Desvignes et Dufresne.
- se déplaçant sur une carte portant diverses indications. En faisant varier les positions respectives de ces disques suivant l’époque de l’année, l’heure, l’état du ciel et même la distance pour les reproductions à grande échelle, on détermine facilement lé temps de pose. La manœuvre de l'instrument est peu compliquée. On place en face du genre de sujet à photographier le signe situé au commencement de l'arc correspondant à l’époque où on opère. On amène la fenêtre en regard du même arc. On fait coïncider le bord inférieur de la fenêtre avec le trait qui passe par le pied du chiffre indiquant l’heure, choisi
- 1 La-description des appareils est gratuite. La rédaction [des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- en deux points différents suivant l’état du ciel. On lit le temps de pose dans le prolongement du rayon qui passe par Je diaphragme employé. Une des plus intéressantes propriétés du chronoscope est la réversibilité. Supposons par exemple que nous voulions photographier avec un appareil à diaphragmes variables, à une époque et à une heure données, un sujet qui exige une certaine vitesse d’obturation. Quel est le plus petit diaphragme à employer ? 11 suffit d’établir les coïncidences habituelles ; mais au lieu île lire le temps de pose en face du diaphragme, on lit le diaphragme en face du temps de pose donné : il est évident que tous les diaphragmes plus petits ne peuvent convenir. — Le nouveau chronoscope se trouve chez M. Desvignes, 57, rue de Nqnterre, à Asnières (Seine), ou chez M. Dufresne, 123, avenue Viçtor-.Uugo, à.Pafisv..; ;
- RECETTES ET PROCÉDEffâïïLES ’
- Analyse de /’aluminium. — Le journal Aluminium aniL Electrotysis fait connaître un nouveau mode d’analyse de l’alu-j minium et de ses alliages. Pour évaluer le cuivre, le fer, le nickel et le plomb, 5 à 10 grammes de tournure d’aluminium sont dissous en les faisant chauffer dans une solution de soude caustique au tiers pendant 20 minutes environ. Le liquide est filtré et le dépôt, après avoir été lavé à l’eau bouillante, dissous dans de l’acide nitrique dilué, concentré par évaporation à l’état de sirop, mêlé a 2 centimètres cubes d acide nitrique etj traité par l’électrolyse à 50 ou 00 pour 100 avec le courant1 fourni par trois ou quatre piles Ledanché. L’opération se fait dans un creuset en platine servant de cathode, tandis que; l’anode est formé de gaze de platine. Tout le cuivre est prééH pitésur l’électrode négative à l’état métallique en 2 ou 5 heures^ et le plomb se dépose sur l’électrode positive sous forme dç; peroxyde. Le filtrage et les eaux de lavage sont chauffés aveçj un excédent d’ammoniaque, qui précipite le fer et maintient; le nickel dans la solution. Pour recueillir ce dernier, on fait disparaître l’excès d’ammoniaque par une addition d’acide sulfurique; on concentre et on neutralise de nouveau avec de l’ammoniaque pris ou traité par l’électrolyse comme précédem-1 ment. Dans le cas où il y aurait une grande quantité denickbl,, le précipité de fer serait dissous dans de l’acide nitrique, puis déposé une seconde fois. L’étain, l’antimoine et l’arsenic se rencontrent rarement dans l’aluminium du commerce; mais pour évaluer le zinc, 5 ou 10 grammes de l’échantillon sont dissous dans de l’acide chlorhydrique ; la solution est neutralisép ensuite avec du carbonate d’ammoniaque, saturée avec dp l’hydrogène sulfuré et le précipité enlevé est examiné séparément. Un ajoute au produit filtré de l’acétate de soude, puis de l’hydrogène sulfuré, et le sulfure de zinc est filtré, lavé, brùljé et pesé sous forme d’oxyde de zinc. !
- Frottoir pour allumettes amorphes. — Formule : Phosphore rouge pulvérulent, 25 grammes ; gomme arabique, 10 grammes; émeri en poudre, 5 grammes. Emploi : Délaye?1 le phosphore rouge en poudre, qui n’est ni nocif, ni spontanéj-ment inflammable, dans la gomme arabique. Ajouter ensuite l’émeri en mélangeant le tout soigneusement. A l’aide d’up pinceau, appliquer sur une planchette ou un morceau de carto)» plusieurs couches successives de cette mixture en laissant bien sécher la précédente. Agiter toujours le flacon dans lequel on conserve le mélange avant d’en faire usage. ;
- Papier noir ou bleu à décalquer. J
- Savon mou.................. 100 grammes.
- Noir d’ivoire.............. 100 — j
- Mélanger intimement les matières ci-dessus; puis, à l'aide d’un pinceau, recouvrir une feuille de papier collé de éeltje mixture et laisser sécher à l’air. On peut remplacer le noir d’ivoire par du bleu d’outremer, si l’on désire obtenir dés décalques bleus au lieu de noirs. J
- Encres de couleur, à tampon.
- Cilvcérine...................... 15 grammçs.
- Gomme arabique.................. 15 —
- Eau.............................. 5 —
- Violet d’aniline................. 5 —
- Mélanger soigneusement ces diverses substances afin d'obtenir une dissolution complète de la gomme arabique ; ajouter en dernier lieu la matière colorante. Imprégner de cette encre, qui est violette, le tampon pour timbre en caoutchouc. — On peut avoir aussi facilement de l’encre bleue, en remplaçant par du bleu de Prusse le violet d’aniline, et dans les mêmes proportions. — Avec le cinabre, on obtient l’encre à tampon dé couleur rouge.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Contre les punaises. — On peut employer avec succès un composé fait de 5 grammes de coloquinte, d’autant de poudre insecticide ordinaire et de 100 grammes de benzine : ces horribles petits animaux ont une horreur très marquée pour l’odeur du pétrole. Une autre formule, dite à l’acide picrique, contient 5 grammes de celui-ci, 10 d’acide stéarique, autant de paraffine, 5 d’huile de clous de girofles et enfin 250 grammes de pétrole. Notre confrère Scientific American a signalé, comme un remède héroïque, suivant son expression, un composé de 36 grammes d’arsenic, 7 de sublimé corrosif, autant ne rouge de Venise, dans 370 grammes de lard : cela donne une pâte qu’on fait pénétrer dans les trous du bois.
- Nettoyage des vieux bouchons. — Quand les bouchons ne contiennent ni huile ni corps gras, on peut les remettre en état de neuf en les lavant d’abord dans de l’eau mélangée de 10 grammes d’acide chlorhydrique; on les immerge ensuite dans une solution d'hyposulfite de soude et d’acide chlorhydrique; finalement on les lave avec une solution de soude ét d’eau pure.
- BIBLIOGRAPHIE
- Au pôle Nord en ballon, par MM. Lachambre et Machuron. 1 vol. in-8°. Librairie Nilsson, Per Lamm successeur, 338, rue Saint-Honoré, Paris. 1898. Prix : 5 fr. 50.
- Explosifs nitrés, par P. Gerald Sanford, chimiste conseil de la Cotton Powder Company Limited. Traduit, revu et augmenté par J. Daniel, ingénieur des arts et manufactures, ancien directeur de la Compagnie des Explosifs « Sécurité ». 1 volume in-8°, 1898. Librairie Gauthier-Villars et fils, Paris. Prix : 6 francs.
- Porcelainier, faïencier, potier de terre, par M. D. Magnier. Ouvrage entièrement refondu par M. H. Bertran, ingénieur des arts et manufactures. 1 vol. in-16 de l’Encyclopédie Roret. L. Mulo, éditeur, Paris, 1898. Prix : 4 francs.
- The Smithsonian Institution, 1846-1896. The history of its First Hal Century, Edited by Georges Brpwn«Goode. 1 vol. gros in-8®. City of Washington, 1897.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — .Bureau (central météorologique de Franoe
- OBSERVATIONS 7 HEURES PU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DV CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 1 i février 1898. 4%5 W. N. VV. 2. Couvert. 0,9 Beau de 8 à 10 h. ; pr. couv. le reste du temps ; gel. bl. ; pet. pi. de 0.20 à 2 h. env. ; qqf. goul. dans la soirée.
- Mardi 15 5”,4 S. W. 2. Nuageux. 0,0 Nuageux de 7 à 10 h.; couvert avant et après; gelée blanche ; arc circumzénitiial, une partie
- Mercredi 16 8*,8 S. W. 3. Couvert. 0,0 Nuag. de 12 à 17 h. ; couv. avant et après ; bruine à 8 h.
- Jeudi 17 6*,6 W. N. W. 3. Couvert. 0,0 Très nuageux jusqu’à 15 b. ; couvert ensuite; gelée bl.
- Vendredi 18 8%5 W. 3. Couvert. 1,9 Couvert ; pluie ou bruine les 2/3 du temps.
- Samedi 19 — 0*,9 Calme. Quelques nuages. 2,7 Nuageux.
- Dimanche 20 ... . 2%0 S. S. W. 2. Couvert. 0,0 Couvert; gouttes à 16 et 18 h. ; pluie à 24 h.
- FÉVRIER 1898. -- SEMAINE DD LUNDI 14 AD DIMANCHE 20 FÉVRIER.
- i | Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche
- La cuurbe supérieure indique la nébulosité de Ou 10; les flèches inferieures, la direction du vent. Les courbes du milieu iiuliquent . courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer), courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre a l’abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites au Parc Saint-Maur en janvier 1898
- par M. Renou.
- Moyenne barométrique à raidi, 767"“,86; minimum 730*“,90 le 1" à 5 heures du soir. Maximum 776””,72 le 29 à 11 heures du matin.
- Moyennes therniométriques : des niiriima 1°,03; des maxiina fi3,71 ; du mois ’3n,87 ; vraie des 2i heures 5°,61. Minimum — 4°,9 le 29 un peu avant 8 heures du matin. Maximum 13°,7 le 31 à lb 35 du soir, il y a eu 12 jours de gelée à glace, dont 1 sans dégel le 17, et 11 jours de gelée blanche.
- Tension moyenne de la vapeur .',””,50. Minimum 5””,26 le 29 à 8 heures du matin. Maximum 8””,21 le 9 à 5 heures du soir. Humidité relative moyenne 91. Minimum 52 le 31 à 2 heures du soir. Maximum 100 en 23 jours. L’air a été complètement saturé pendant plus de 3 jours consécutifs, du 16 au 18.
- Pluie 5””,0 en 25 heures réparties en 7 jours, plus 3 jours de gouttes ou bruine.
- Il y a eu 15 jours de brouillard dont 2 très épais ; le 17, de 30 mètres à 5 heures du soir, et le 18 de 40 mètres à 1 heure du soir; le brouillard a persisté du 15 à 6 heures dû soir au 19 vers 2 heures du matin; brouillard jiartiel le 4. Nébulosité moyenne 78; le ciel a été complètement couvert pendant 8 jours.
- Vents du S. dominants, puis ceux du N. à l’E., faibles.
- Température moyenne cle la Marne 4°,42 ; elle a varié de 3°,30 le 1*' à 5°,29 le 10. Toujours basse, son niveau diminue progressivement jusqu’à la lin du mois. Elle est aussi toujours claire.
- Relativement aux moyennes normales, le mois de janvier 1898 présente les résultats suivants : Baromètre plus haut de 6““,92, elle n’a pas été aussi élevée en janvier à midi depuis 16 ans. Thermomètre plus haut de 1°,84, Tension de la vapeur plus forte de 0“”,71. Humidité relative plus forte de 3; Nébulosité .plus forte de 8. Pluie plus faible de 29”“,0.
- Floraisons ; lg 6. Hellébore noir ou Rose de Noël, le 27, Perce-neige.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 14, à 0 h. 44 m. du soir.
- — N. L. le 20, à 7 h. 50 ni. du soir.
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- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Le bureau du Conseil de l’Observatoire est ainsi composé pour l'année 1898 : président : M. Faye, membre de l’Institut, président du Bureau des Longitudes; vice-président, le colonel Lausse-<lat, membre de l’Institut, directeur du Conservatoire des Arts et Métiers; secrétaire, M. Cornu, membre de l’Institut, membre du Bureau des Longitudes.
- —L’astronome Philippe Plantamour, qui vient de mourir, a légué à la ville de Genève ‘sa propriété ne Sécheron où sera probablement installé un jardin botanique, et une somme de 500 090 francs en argent.
- —Nous avons le regret d’annoncer la mort de M. Gottsehalk, ingénieur éminent, membre du Comité des chemins de fer.
- —S— Malgré un temps déplorable, malgré la pluie, la grêle et la neige fondue, les confetti ont fait rage pendant les jours gras. Le mardi gras, les promeneurs en foule serrée sur les boulevards étaient couverts de ces petites rondelles multicolores. Le soir, il y avait sur les trottoirs une couche de plus de 2 centimètres de confetti. Dans les wagons de banlieue, lignes d’Autcuil, de Ceinture, les banquettes disparaissaient sous les confetti roses, verts, bleus. L’etfet de la bataille de confetti est assurément très joli au regard : mais a-t-on bien réfléchi aux.conséquences de ce jeu dangereux? C’est un mode de propagation des microbes qui peut exercer une action funeste. Ces petites rondelles teintes aux couleurs d’aniline ou aux couleurs arsenicales, ont passé de main en main avant d’arriver au consommateur. L’acheteur lui-mème peut être en puissance de maladie contagieuse. Et ce sont ces petits papiers sales que l’on vous envoie en pleine figure, que l’on vous jette entre la chemise et la peau le plus possible, et dont on ne se débarrasse pas aisément. C’est évidemment la danse des microbes ce jour-là. Et comme les yeux sont les plus exposés, on risque fort de contracter des conjonctivites et des affections oculaires encore plus graves. C’est bien de s’amuser, mais encore est-il qu’il ne faudrait pas le faire aux dépens de la santé publique.
- —® — Le commissariat général a déjà pris ses dispositions pour constituer le service hydraulique de l’Exposition de 1900. Ce service aura à alimenter la grande cascade dont la nappe imposante tombera du premier étage du château d’eau monumental adossé au Palais de l’Electricité. De plus, le service hydraulique devra pourvoir à la condensation de vapeur des grandes machines motrices. On a pris des dispositions pour utiliser à cet effet l’eau de la cascade. La quantité d’eau nécessaire a été évaluée à 1200 litres par seconde; elle est plus que suffisante pour alimenter le château d’eau. Le réservoir de Villejuif fournira environ 500 litres, et une machine élévatoire, établie au pont d’iéna, enverra le complément de 900 litrès
- —f$— La France a invité cinquante-six pays à participer à l’Exposition universelle de. 1900. Quarante-neuf gouvernements ont répondu en envoyant leur acceptation. L’Egypte a refusé. On attend les réponses des six autres nations parmi lesquelles nous pouvons citer le Brésil, que l’on s’étonnerait de voir s’abstenir après ses suceès à Paris en 1889 et à Chicago en 1895.
- —La carte photographique du ciel, commencée il y a dix ans par les frères Henry,- sera bientôt terminée. Elle comprendra près de quatre-vingts millions d’étoiles.
- —®— Les journaux de Coehinchine annoncent le retour à Saigon d’un intrépide chasseur, M. Odcra, qui jouit dans toute l’Indo-Chine d’une grande notoriété. Dans sa dernière campagne, dans le pays du Mois, M. Odera a tué, 15 éléphants, 4 rhinocéros et 5 tigres. Auparavant, il avait inscrit sur son carnet 72 éléphants, ce qui porte à 85 le nombre de ces pachydermes tombés sous son fusil.
- —On va commencer l’aménagement du laboratoire municipal de photographie et de radiographie de la Salpêtrière. Le conseil mu-
- nicipal a inscrit, dans ce but, au budget de cette année, un crédit de 10000 francs. Le laboratoire annexé à la clinique du Dr Raymond, successeur de Charcot, est dirigé par M. A. Londe. On a reconnu qu’il était nécessaire d’en compléter l’organisation, en raison des services rendus par la radiographie et la photographie des mouvements, qui deviennent les auxiliaires indispensables du traitement de plusieurs maladies, et en particulier des affections nerveuses.
- —@— A la Société nationale d’agriculture, M. Dru a communiqué un fait intéressant. Dans la célèbre église de Vézelai, datant du onzième ou douzième siècle, il a remarqué parmi les nombreuses sculptures qui ornent les chapiteaux à l’intérieur de l’église un groupe composé de deux hommes tenant une sorte d’entonnoir dont l’extrémité amincie, tournée vers le bas, est percée de trous. A côté, un troisième homme tient un soufflet dirigé exactement sous l’entonnoir. Les commentaires publiés jusqu’à ce jour sur ce groupe ne peuvent guère être admis : on a voulu y voir une représentation du nettoyage du froment, etc. Mais, comme le fait observer M. Dru, ce groupe avec ces deux hommes tenant une sorte de tablier, un troisième un soufflet, c’est absolument la représentation d’une équipe d’ouvriers soufrant la vigne.contre l’oïdium, et ce qui prouve bien que le sculpteur voulait représenter une opération courante du pays s.e rapportant à la vigne, c’est qu’au-dessous il a placé une branche de vigne garnie de feuilles et portant des grappes de raisin. A l’appui (je cette opinion, M. Léon Dru a cité les conseils donnés par Yarron, Stolon, Y:irgilc, sur l’emploi de la chaux, de la craie pulvérulente dans le traitement des vignes.
- —® — De combien de pièces se compose une bicyclette? D’après le Vélo une bicyclette comporte 852 pièces. Plutôt plus que moins. En voici le détail : le cadre comprend : 8 tubes, 0 chemises inférieures, 10 goupilles, 2 entretoises, 4 raccords, 1 boulon,. 1 écrou et de 2 tubes pour tige de selle : 54; la fourche de direction :
- 1 tête de fourche, 2 .fourreaux, .1 tube; 5.chemises intérieures, 4 cuvettes, 1 collier de serrage, 1 boulon, 1 écrou, 1 contre-écrou, 66 billes, 2 tubes pour le guidon et 2 poignées : 85; le pédalier :
- 1 tube-cuvette, 2 contre-écrous, 2 vis de serrage, 1 axe, 2 cônes,
- 1 rondelle, 22 billes, 2 manivelles, 1 roue dentée, 5 vis ou chevilles,
- 2 clavettes, 2 écrous et 2 rondelles : 45; la roue arrière : 1 jante,
- 1 chambre, 1 valve en 8 parties, 1 enveloppe, 52 rayons, 52 cheminées, I axe, 2 écrous, 2 cônes, 1 graisseur, 1 corps de moyeu,
- 2 cuvettes, 2 rondelles, 16 billes. 1 pignon et 1 contre-écrou : 104; la roue avant : même nombre sauf le pignon et le contre-écrou : 102;. les tendeurs de chaîne : 2 boulons. 2 écrous et 2 chapeaux : 6; la chaîne : 96 maillons se décomposant chacun en 4 parties, savoir : 2 flasques, 1 rivet et 1 rouleau, soit au total 384 auxquels s'ajoutent le boulon de jonction et son écrou : 386 ; les pédales : 2 axes, 4 joues, 2 tubes de recouvrement, 4 cuvettes, 2 cônes, 4 écrous, 2 écrous de recouvrement, 2 rondelles, 40 billes et 4 scies : 66 ; la selle : 1 cuir, 4 ressorts, 4 pièces à la tension, 3 au chariot, 8 rondelles ou contre-rivures et 4. écrous : 24. Total : 852. Et en cherchant bien, on en trouverait d’autres encore.
- —$$— Un Comité vient de se former à Utrecht en vue d’organiser une souscription internationale pour élever un monument au météorologiste hollandais, Buys-Ballot, décédé il y a quelques années, et célèbre notamment par la loi météorologique si importante qui porte son nom, et qui établit la relation entre la direction du vent et celle des centres de dépression barométrique. Les souscriptions peuvent être adressées aux membres français au Comité, MYI. Mascart, Angot, Teisserenc de Bort, au Bureau central météorologique à Paris, ou à M. Moureaux, à l’observatoire du Parc Saint-Maur.
- —®— On a publié dernièrement la statistique officielle des accidents de chemin de fer qui sè sont produits en Allemagne pendant le mois de novembre 1897. D’après cette statistique, il y a eu 258accidents dont 28 déraillements et 28 tamponnements. Le chiffre des victimes a été de 235 dont 79 morts.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les appareils servant à la phonendoscopie, dont il a été question dans le n° 1290 du 19 février 1898, p. 179, sont construits par M. Verdin, 7, rue Linné, à Paris.
- Communications. — M. A. Féron, ingénieur de la Société UOxhydrique, à Bruxelles, à propos de notre récent article sur La fabrique, d'oxygène de Boulogne-sur-Seine (n° 1285 du 15 janvier 1898, p. 103) dans lequel il est question des procédés Garruti pour l’électrolyse de l’eau, nous écrit que ces procédés sont industriellement appliqués dans les usines de la Société à Bruxelles et à Lucerne. Ces usines fabriquent économiquement et dans des conditions industrielles un gaz qui titre 97 à 98 pour 100 en oxygène pur et qui peut aisément être débarrassé complètement de 2 à 3 pour 100 d’hydrogène qu’il renferme. On obtient ainsi la production industrielle de l’oxygène chimiquement pur.
- M. L. FcmeUiaux, à Pont-à-Mousson, nous adresse la lettre Suivante : « Un cultivateur de Bieulouard, M. Petit, près de l’ancienne ville romaine de Scarponne, sur la Moselle, a mis à jour, en cherchant du sable à 80 centimètres de profondeur à peine, les squelettes d’une quinzaine de personnes, adultes et enfants. Beux pots, admirables de conservation et de fini, étaient à droite et à gauche de chacun des adultes, remplacés par des verres en forme de tasse, en verre, pour les enfants. Il a été impossible d’avoir ces verres entiers. Un des squelettes dont je viens d’avoir la tête entre les mains, avait 7 clous d’une longueur de 10 centimètres, tellement bien conservés qu’on les eût crus sortant du laminoir, enfoncés dans le crâne. J’ai pu en avoir un. 11 y avait deux pièces en bronze, qu’un numismate d’occasion a déclarées être de l’an 4 avant J.-C. et qui portaient en relief un guerrier armé d’une lance et d’un sabre court et qui étaient dans un des squelettes, dont un seul avait un cercueil fait de tuiles larges et épaisses de 5 à 6 centimètres. »
- M. A, Riccô,k Catane, nous envoie les brochures suivantes : GU osservatorii di Catania e dell'Etna; Risultali delle osser-vazioni meteorologiche faite nel quinquennio, 1892-1896, ail' osservatorio di Catanio, par MM. A. Riccô et G. Saija ; La tem-peratura del suolo ail' osservatorio di Catania nel quinquennio, 1892-1896, per el Dott. Emmanuele Tringali.
- Renseignements. — M. T. G., à Pau. — Le spirobole, ou appareil destiné à lancer les serpentins, que nous avons décrit se trouve chez M. Passerat, 83, rue du Temple, à Paris.
- M. L. G., à Neuilly. — Notre Note sur l'intensité des pluies, parue dans le n° 1271, du 9 octobre 1897, p. 302, pourra vous donner les renseignements demandés.
- M, R. G., à Malesherbes. — Vous trouverez un moyen d’amalgamer les zincs dans la masse dans les Recettes de l’Electricien de M. E. Hospitalier, à la librairie Masson et Cie.
- L'abonné 2764, à Paris. — Nous avons indiqué quelques moyens de donner de la souplesse au cuir dans les Recettes et procédés utiles, 2e série, à la même librairie que ci-dessus.
- M. Perret, à Paris. — Nous avons donné le moyen de produire des images exhalées dans le n° 1265, du 28 août 1897, p. 208.
- M. Lopo de Carvalho, à Guarda. — 1° Pour les appareils de désinfection dont il a été question dans le n° 1245, du 10 avril 1897, p. 299, il faut s’adresser à la Société de désinfection, 14, rue des Pyramides, à Paris. — 2° Cette installation peut être faite. — 3° Quatre volumes de Recettes et procédés utiles ont été publiés. Le prix de chaque volume est de 5 francs cartonné.
- M. X.,'a Voiron. — Vous trouverez des ouvrages sur l’émaillage chez M. Desforges, 43, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. L. O., à Versailles. — Nous avons donné cette adresse dans notre dernière Boîte aux lettres.
- M. G., à Moncoutant. — Nous pensons que ces verres peuvent être avantageux; pour tout ce qui concerné les annonces, il faut vous adresser à l’Office de la Publicité, 9, rue de Fleurus, à Paris.
- M. F. C. Royer, à Courbevoie. — L’adresse que vous demandez du fabricant de l’appareil à stériliser le lait est la suivante : M. Gentile, 49, rue Saint-André-des-Arts, à Paris.
- M. L. Lissier, à Paris. — Nous ne connaissons pas de procédé spécial pour cette préparation.
- M. F. Fée, à Nantes. — 1° Nous ne pouvons demander cette communication d’ouvrage; tous nos regrets. — 2° Il n’est guère possible de donner une explication sérieuse à distance sans voir les appareils.
- L’abonné 3465, à B. L. V. — 1° Pour le viscoïd, s’adresser au représentant à Paris, que nous avons indiqué récemment. — 2° En ce qui concerne la sciure de bois, vous pourriez demander des renseignements à M. Gournay, 87, rue Petit., ou à M. Tragit, 17, rue de Nantes, à Paris.
- M. P. Juville, à Paris. — 1° L’aeétylène donne un éclairage de beaucoup supérieur au pétrole pour les projections. — 2° Renseignez-vous auprès des différents constructeurs d’appareils que nous avons fait connaître à plusieurs reprises.
- AL H. Thérasse, à Privas. — 1° On peut compter que 1 mètre cube d’air comprimé à 10 atmosphères pourra élever à 10 mètres de hauteur environ 3 à 4 mètres cubes d’eau. — 2° Constructeurs chaudronniers : M. Carpentier, 73, boulevard Soult, à Paris; M. Berteau, 10, rue du Liégat, à Ivry (Seine).
- Un abonné, à X. (Jura). — Consultez l’ouvrage de notre collaborateur M. G. Pellissier, VEclairage à l'acétylène, chez MM. Carré et Naud, éditeurs, à Paris.
- M. Bournet, à Cannes. — Nous n’avons pas de produit spécial à vous faire connaître.
- M. V. V., à Valence. — 1° Le café renferme en moyenne de 0,8 à 1 pour 100 de caféine. — 2° La méthode la plus employée pour l’extraction de la caféine consiste à faire avec le thé ou le café une infusion ‘qu’on précipite par le sous-acétate de plomb; on ajoute un peu d’ammoniaque, on filtre, on débarrasse la liqueur filtrée de l’excès de plomb par l’hydrogène sulfuré, on filtre de nouveau et on évapore lentement. La caféine cristallise. — 3° Le thé renferme entre 2 et 4 pour 100 et le guarana environ 5 pour 100 de caféine. — 4° Il n’y a pas d’ouvrage spécial sur l’extraction de la caféine. On trouve ces indications dans un grand nombre de mémoires disséminés dans les journaux chimiques. — 5° Le kilogramme de caféine est vendu 35 à 40 francs.
- M. Tolzac, à X. — Nous avons déjà donné à de nombreuses reprises l’explication de faits semblables; nous examinerons s’il nous est possible de traiter les sujets que vous indiquez.
- M. Gaston Rougane, à Saint-Martin d’Etreaux. — 11 s’agit d’un modèle spécial de piles employé par M. de Dion, et sur lequel aucun renseignement n’est connu.
- M. J. de Jaegher, à Bello Ilorizonte. — Les adresses que vous demandez sont les suivantes : M. Panhard, 19, avenue d’Ivry; Société des voitures Scotte, 56, rue de Provence, à Paris.
- M. Vasset, à Donchéry. — Pour tout ce qui concerne la pompe Mammouth dont la description a paru dans le n° 1289, du 12 février 1898, page 169, il faut vous adresser à la Compagnie parisienne de l’air comprimé, 54, rue Etienne-Marcel, à Paris.
- M. F. A. Z., à Auteuil. — 1° Fours pour boulangers : M. Bernand, 67, rue Saint-Martin; MM. Biabaud, 21, rue de Cîteaux; MM. Bohain, Besana et Quiniou, 21, rue des Roses, à Paris. — 2° Couveuses artificielles : M. Voitellier à Mantes (Seine-et-Oise) ; MM. Arnoult et Roullier à Gambais-lès-IIoudan (Seine-et-Oise).
- M. P. Thévenot, à Lhuître. — 1° Cette adresse est donnée plus. haut. — 2° Le Traité d’analyse des matières agricoles, 3e édition, par L. Grandeau, est édité à la librairie Berjpr-Levrault, 5, rue des Beaux-Arts^à Paris. — 3° Le prix est de' 18 francs, broché.
- M. G. Joly, à Bordeaux. — Nous avons publié plusieurs articles sur les poudres sans fumée dans le n° 885 du 17 mai 1890, page 371, le n° 889 du 14 juin 1890, page 17, et le n° 894 du 19 juillet 1890, page 97. Vous trouverez aussi d’autres articles pour les armes de chasse dans le n° 993 du 11 juin 1892, page 27, et dans le n° 995 du 25 juin- 1892, page 58.
- (Voir la suite de la Boite aux lettres page 3“ des Nouvelles scientifiques)
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni A insérer toutes les communications.— Il n’est répondu qu’aux Mires reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- BOITE AUX LETTRES [Suite)
- M. Ray de la Morinerie, à Reims. — Nous avons reçu votre communication et nous vous remercions, nous suivons les essais dont il est question.
- M. H. C., à Vesoul. — 1° II n’existe pas encore de semblable moteur. — 2° Pour le frein Jfuliel dont la description a paru dans le n° 1178 du 28 décembre, p. 49, s’adressera M. A. Juhel, 19, rue Montrozier, à Neuilly-sur-Seine. — 5° U faut toujours avoir recours à la lumière.
- M. L. de Lunden, à Bruxelles. — Vous n’aurez ce renseignement qu’en vous adressant directement à l’auteur des expériences, M. Phisalix, à l’Académie des Sciences, au Palais de l’Institut, à Paris.
- M. Pannal Machi Codolar, à Barcelone. — Nous ne pouvons vous renseigner ainsi à distance ; il faudrait soumettre le cas à un vétérinaire. Vous pourriez peut-être consulter l’Ecole vétérinaire d’Alfort (Seine) ou l’école de Grignon (Seine-et-Oise).
- M. Aleogasto Martinez, à Bogota. — 1° Chrono-cinémato-graphe Deinenv au Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris. — 2° Le phonographe Lioret est en vente chez l’inventeur constructeur, 18, rue Thibaud, à Paris.
- M. A. Germât, à Saint-Omer. — Veuillez vous adresser directement à l’auteur de l’article, Directeur des glaceries de Saint-Gobain (Aisne).
- M. E. Z. Vasselin, à Paris. — On n’a encore fait que quelques essais pour l’emploi des moteurs à acétylène. Nous avons indiqué quelques résultats dans le n° 1268 du 18 septembre 1897, p. 255.
- M. M. R., à Paris. — Pour donner aux médailles d'argent brillantes une teinte mate et blanche, il faut les brosser avec des brosses spéciales, en verre filé très tin.
- M. L. A. R., à Genève. — 1° Fers à dorer pour la reliure : M. Adam, 20, rue Domat; M. Béarel, 6, rue des Poitevins, à Paris. — 2° Papiers pour reliure : MM. Falbusch et Cie, 5, rue de Montmorency; MM. Garnier.et Scherf,.19, rue Saint-S.éverin, à Paris. — 5° Il n’y a pas de journal spécial.
- M. L. Roursier, à Paris. — Il a paru sur l’aluminium des articles dans le n° 1221 du 24 octobre 1896, p. 551 et dans le n° 1222 du 51 octobre 1896, p. 552.
- M. A. A., à M. — Les casseroles en nickel pur n’offrent aucun danger à la condition de ne laisser dedans ni vinaigre, ni acide.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. A. Henry, à Longuyou. Remerciements pour votre communication. — Un lecteur à Lisbonne. Nous n’avons aucun renseignement à ce sujet. — M. L. R-, à Paris. Nous vous conseillons de consulter une agence de brevets. — M. Mardus, à Lille. Nous ne croyons pas que cette machine puisse vous donner des résultats satisfaisants.— M. D. M., à Brest; M. Dumont, à Paris. Voyez les Recettes et Procédés utiles, 2e série, à la librairie Masson et Cie.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- L'hygiène du diabétique.
- Le Dr Legendre a publié récemment une leçon fort instructive sur le diabète : Comment meurent les diabétiques et comment ils doivent vivre. En dehors des dangers inhérents à ce trouble de la nutrition il est des dangers contre lesquels on peut se prémunir: c’est l’abus des alcools et des médicaments. Sous prétexte de débilité, d’affaiblissement, le diabétique .est tenté de se bourrer de toniques, sous forme de vins, de stimulants spiritueux. Tout médicament annoncé comme efficace contre la glycosurie est conseillé par l’entourage, sans s’inquiéter auprès du médecin s’il convient au malade. Ainsi tout d’abord pas d’abus d’alcool et ne prendre que les médicaments conseillés par votre docteur.
- Comme règles générales d’hygiène les voici résumées à grands traits et elles peuvent être applicables à bien des gens qui ne sont pas diabétiques.
- Se coucher tôt, se lever à heure fixe et pas trop tard; au lever frictions avec l’alcoolat de lavande, frictions sèches et, quand la saison le permet, hydrothérapie à température moyenne. Exercice physique quotidien modéré et réglé de telle sorte qu’il n’aille jamais jusqu’à la fatigue; éviter avec soin les refroidissements : soins minutieux de la bouche après chaque repas.
- Le régime alimentaire doit être combiné de façon à introduire dans, l’économie le moins possible de générateurs de sucre, tout en variant suffisamment les mets pour ne pas amener le dégoût ou la surcharge de l’estpmïtff par des aliments trop azotés. On peut donner des potage^ gfas, des viandes de boucherie, de la
- volaille, du poisson d’eau douce ou de mer, des œufs, des graisses, des légumes herbacés (pas d’asperges), des compotes de fruits cuits, les moins sucrés, fromages de toutes sortes. Pour le pain la moindre quantité possible, 100 grammes de pain donnant 60 grammes de sucre ; le pain de gluten n’est pas toujours bien agréablement toléré; il faut s’en tenir à une petite quantité, 25 grammes de mie de pain ou 50 à 80 grammes de . croûte par jour.
- Pour les boissons, le diabétique peut boire à sa soif, mais à la condition qu’il s’agisse de boissons aqueuses, eau ou tisanes, amères. Il va sans dire que l’on peut boire du vin, mais à la dose normale d’un adulte, une bouteille au plus par jour.
- Le I)r Legendre est d’avis que le lait ne doit pas être proscrit d’une façon absolue; cela dépend des cas ; je connais pour ma part un malade qui a vu le sucre diminuer sous l’influence du régime lacté conjointement avec la cure alcaline.
- Enfin, il faut éviter le surmenage, les fatigues physiques ou intellectuelles, les préoccupations d’affaires qui ont été souvent la cause première du diabète. C’est une tare qui peut être grave mais qui peut être réfrénée, effacée quelquefois par une hygiène sévère. Dr N,
- Effet de la cocaïne sur la vue.
- M. Bougon donne, à ce sujet, dans la Revue scientifique quelques renseignements intéressants que nous reproduisons., La cocaïne, en solution à 1 gramme pour 20, a été employée à baigner l’œil gauche dans une œillère pendant 20 secondes, pour combattre une douleur atroce occasionnée subitement par la fumée du tabac. Au bout de 12 à 15 secondés de bain local, la douleur a disparu complètement. L’œil droit, qui n’avait pas' été en contact avec la cocaïne, a présenté, comme l’œil gauche, les phénomènes suivants, consécutivement à l’intoxication par la cocaïne : Eblouissements, avec succession rapide de cécité et; de lucidité durant chacune quelques secondes et se prolongeant: pendant cinq ou six heures. En regardant les étoiles dans une. lunette astronomique, nous avons constaté que les éblouissements étaient dtis à des phosphènes ayant la forme de cercles contractiles. J’appelle ainsi un cercle grisâtre sur fond noir (ou noir sur fond d’étoiles), qui se contracte en deux ou trois secondes pour se réduire à un point, qui disparaît lui-même instantanément pour être remplacé par une série d’autres cercles contractiles successifs. Dans certaines circonstances, sans doute à cause du grave astigmatisme dont je suis atteinte au lieu de cercles entiers, ce sont des segments de cercle, contractiles aussi, mais qui voyagent de haut en bas dans le champ de la vision. Voilà pour les phosphènes. Les alternatives de cécité et de lucidité se traduisent également par des cercles et des segments contractiles; mais qui sont noirs sur le fond étoilé du ciel vu dans la lunette, au lieu d’être d’un gris éblouisr sant sur fond noir. En une minute par exemple, il y a unè vingtaine ou une trentaine de cercles contractiles ou de segments voyageurs, pour les phosphènes : avec alternatives irrégulières de cercles contractiles et de segments noiis pour la cécité. Les étoiles du ciel ne sont donc visibles que la moitié du temps, et encore seulement en partie; avec de rares instants fugaces où le ciel est tout entier visible dans le champ de l’instrument. Ces phénomènes lumineux et obscurs ont duré de cinq à six heures. Au bout de ce temps, ils avaient tout à fait disparu. Dans cet état, on pourrait sortir dans la rue, en ne ressentant qu’un peu d’éblouissement et une diminution très considérable de l’acuité visuelle : il m’était possible de lire le journal.
- Un sinapisme.
- Le meilleur et le plus simple est assurément cette petite mille de moutarde, si propre, si coquette, si facile à transporter, naginée par Rigollot, dont le nom passera ainsi à la postérité, lais supposez que le fameux Rigollot vous manque, voici une lante qui pourra vous donner le moyen de poser un sinapisme ussi parfait, aussi rapide. C’est M. Decroix, l’apôtre de la lutte ontre le tabac, qui l’a le premier fait connaître pendant lés ampagnes d’Afrique. U a gava americana, qui croît spontane-îent dans les pays chauds et qu’on cultive dans nombre de trdins comme plante d’agrément, a des feuilles charnues, crasez quelques-unes de ces feuilles, pilez-les, réduisez-Ies en alpe et appliquez cette pulpe sur le point où la révulsion est écessaire. En quelques heures, la peau est rubéfiée, couverte 3 vésicules miliaires; l’agave est presque un vésicant. Si ms vous contentez de frotter la peau avec la pulpe ou la irface juteuse de la feuille fendue en deux, vous obtenez en îelques minutes une rubéfaction intense. Et c est une ante d’une culture très simple, ne demandant qu un peu de raleur.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- BIBLIOGRAPHIE
- Dictionnaire bibliophilosophique dédié aux bibliophiles contemporains, par Octave Uzanne. Paris, imprimé pour les sociétaires de l’Académie des beaux livres, 1890. 1 vol. in-8\ orné de jolies gravures, chaque page du texte est encadrée de gracieuses arabesques.
- Le mécanisme du lit fluvial, par V. Lohktixe, ingénieur des voies de communication. Traduit par L-M. Danzig, ingénieur des ponts et chaussées, sous la direction du Bureau technique international à Saint-Pétersbourg. 1 brochure in-8°, Saint-Pétersbourg, imprimerie Trenké et Fusnot, 1897.
- Le calcul vectoriel et scs applications en géométrie et en mécanique, par G. A'édémsc. 1 vol. in-8", librairie Gauthier-Villars et fils. Paris. Prix : 0 francs.
- Bulletin de VInstitut international de biographie, à Bruxelles, au siège de l’institut, 1, rue du Musée, 1 brochure in-8% 1898. ' .
- Traité pratique d'analyse chimique et microbienne des eaux d'alimentation, par MM. F. Baucher et G. Dommeugce. 1 brochure in-16, Pans, Pelliot et Hofman, 26, rue du Roi-de-Sicile, 1898. Prix : 2 francs.
- Annual report of lhe director to the Board of Trustées for the year, 1890-1897. Field Columbian Muséum. Publication 24. 1 brochure in-8°. Chicago, 1897.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France .
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 21 février 1898. 2M N. 1. Couvert. 7,8 Presque couvert; pluie jusqu’à 11 h.
- Mardi 22 2,,0 S. E. 2. Couvert. 2,4 Couvert le matin ; nuageux le soir, plusieurs averses avec grêle. Très,nuageux; averse à 11 h. 30 et 12 h.
- Mercredi 23 — 0*,3 N. E. 1. Couvert. 7,5
- Jeudi 24 5".2 N. NV. 4. Couvert. • 0.4 Couvert; pluie de 7 à 17 h.
- Vendredi 2j 2'.0 W. 2. Couvert. 1.5 Couvert jusqu’à 10 h. ; beau ensuite.
- Samedi 23 0 ,5 S. 2. Couvert. 0,0 Nuageux; pluie mêlée de grésil et de neige, de 8 h. 50 à 13 h.
- Dimanche 27 ... . — 2.1 S. S. E. 2. Couvert. 2,3 Couvert. Brouillard le matin de 5 à 7 h'.; gouttes dans la soirée.
- FÉVRIER 1898. -- SEMAINE DU LUNDI 21 AU DIMANCHE 27 FÉVRIER.
- Lu courbe supérieure indique la nébulosité de 0 ù 10; les pèches inférieures. In direction du rem. Les courbes au milieu inunjucnl : courbe épaisse, les pressions barométriques Ibaromètre ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus vunce, thermomètre à l'ubn à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre A l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Orages et tempêtes. — Une bourrasque de sable, provenant du désert du Sahara, s’est abattue le 19 février sur Las Patinas (Canaries). Le sable tombait en pluie. Les navires qui allaient quitter le port ont dû ajourner leur départ.
- l'n grand orage s’est abattu dans la nuit du 22 au 23 février sur la ville de Privas, et le tonnerre grondait avec fracas pendant que la neige tombait abondamment. La grêle a succédé à la neige. La foudre est tombée sur l’école normale des garçons.
- A la même date, la neige est tombée en grande quantité à Gap. Les communications télégraphiques el téléphoniques ont été interrompues par suite de la chute d’une console placée au bureau central de l’octroi, qui est tombée à 7 heures du soir, entraînant tout le réseau des fils et une partie du mur. Toutes les communications avec le haut du département et l'Italie ont été ainsi coupées. La couche de neige a atteint une hauteur de 80 centimètres. Le courrier et le chemin de fer circulaient avec difficulté.
- Tremblements de terre. — Le 8 février, un violent tremblement de terre a ravasié la République Argentine, en causant les plus graves dégâts à Villa Ilamon, à Colomarica et dans quelques autres localités.
- Le 9 février un fort ébranlement souterrain achevait de détruire la ville de Bali-Kersi, près de Constantinople, déjà éprouvée par un tremblement de terre antérieur. Les secousses ont été si violentes que 6 bains publics se sont effondrés, 21 mosquées ont été détruites, leurs minarets et leurs coupoles s’étant effondrés. Les principaux édifices publics ont été renversés ainsi qu'une grande partie des 4000 maisons. Les 20 000 habitants plongés dans la'plus grande détresse ont campé aux environs.
- A Dimirdjik, on compte 200 maisons et 2 bains complètement détruits. De plus, les ébranlements souterrains ont continué dans plusieurs localités environnantes, Mételin, Mondania, Galiipoli, etc., situées comme Bali-Kersi sur un sol volcanique.
- Une secousse de tremblement de terre a été ressentie à Kilsite, près de Glasgow le 17 février. Elle a duré quelques secondes.
- Le 20 février, à 5b 58 du matin, une forte secousse de tremblement de terre a eu lieu à Udine en Italie.
- 11 y a également eu une secousse très forte à Cividale, où une maison a été légèrement endommagée.
- A Poiitarlier, le 22 février, à 11 heures moins un quart quelques secousses de tremblement de terre se sont fait sentir.
- Le 23 février, à 3 heures, une violente secousse de tremblement de terre a été ressentie dans l’îie de Cérigo en Grèce.
- PHASES DE LA LUNE : Néant.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Par arrêté du ministre du commerce, M. Defrance, directeur administratif des services de la voie publique, des eaux et •égouts et de l’éclairage de la ville de Paris, est nommé directeur •de la voirie de l’Exposition universelle de 1900, en remplacement -de M. Huet, relevé de ses fonctions sur sa demande.
- —g$— Un décret du ministre des beaux-arts vient de nommer M018 Madeleine Lemaire professeur au Muséum d’histoire naturelle. Il existe deux cours artistiques au Muséum : l’un est fait par M- Fremiet et se rapporte au dessin des animaux; l’autre, précédemment confié à Van Spendonck et Redouté, a pour objet le dessin des plantes. C’est ce dernier cours que fera désormais Mme Madeleine Lemaire.
- —M. Picard, membre de l’Académie des sciences, vient d’être nommé correspondant de l’Académie des sciences de Berlin.
- —Nous avons le regret d’apprendre la mort de M. Bricogne, ancien ingénieur au chemin de fer du Nord, président du Conseil d’administration du Génie civil, et celle de M. Maumené, le savant chimiste.
- —Nous allons avoir encore un changement d’heure en France-La Chambre vient d’adopter la loi Boudenoot, portant « modification de l’heure légale française pour la mettre en concordance avec le système universel des fuseaux horaires ». Cette loi a pour objet de faire disparaître la gène réelle que cause aux services internationaux des télégraphes, des chemins de fer et des bateaux, la multiplicité •des heures dans l’Europe occidentale. On a dit : « Nous ne pouvions sans dommage pour nos intérêts économiques, persister plus longtemps dans un isolement que rien ne justifiait plus; la réforme va s’effectuer sans que nous ayons le moins du monde à substituer le méridien anglais de Greenwich au méridien de Paris, qui est et doit rester notre méridien national. Il nous suffira seulement de retarder de 9m21* notre heure légale ou, ce qui revient au même, de 4m21‘ l’heure intérieure de nos gares de chemins de fer, de manière à .mettre ces deux heures en concordance pratique avec l’heure de l’Europe occidentale. » L’article unique de la loi est ainsi conçu : « L’heure légale en France et en Algérie est l’heure, temps moyen, •dé Paris, retardée de 9“ 21*. » 11 est probable que le Sénat votera aussi cette loi et qu’elle sera bientôt promulguée. La longitude de Greenwich en temps par rapport au méridien de Paris est exactement de 9m21*. L’heure légale sera l’heure de Paris diminuée de 9“ 21*. Alors nous n’adoptons pas, dit l’exposé des motifs, l’heure de Greenwich ! Alors qu’est-ce que nous adoptons? Vodà un joli exemple de subtilité scientifique! Soyons francs : c’est l’heure anglaise qui régnera en France.
- —La cloche «.Jeanne d’Are » qui doit être inaugurée à Orléans lors de la prochaine fête de l’héroïne, vient d’être fondue en présence de Mgr Touchet, évêque d’Orléans, de ses vicaires généraux et de nombreuses notabilités de la ville. La nouvelle cloche ne pèse pas moins de 6000 kilogrammes. Sa marraine est Mlle de Lar-nage. Le carillon complet comprendra cinq cloches.
- —|j$— La place du Théâtre-Français et la place de la Concorde vont être dotées de fontaines lumineuses dont les premiers essais ont réussi dernièrement. Il a suffi, pour obtenir ce résultat, de placer au fond des vasques des fontaines existantes des boîtes étanches vitrées contenant un certain nombre de groupes de lampes à incandescence. L’enveloppe de ces foyers de lumière intense, qui représente 1200 bougies pour la place du Théâtre-Français et 2000 environ pour' la place de la Concorde, est teintée très légèrement de jaune d’or. On s’en tiendra à cette couleur unique qui donne aux fontaines ainsi éclairées l’aspect de cascades de diamants et de topazes traversées par un soleil d’été. Prochainement, les promeneurs pourront jouir,Je soir, de ce joli spectacle à Centrée de l'avenue de l’Opéra et des Champs-Elysées.
- —®— On prescrit facilement, dit le Dr Capitan, contre le coryza des poudres à priser contenant de la cocaïne. Ces poudres ne sont pas sans inconvénient. C’est un moyen de devenir cocaïnomane. Nous avons déjà signalé une véritable épidémie de cocaïnisme qui a sévi dans une ville des Etats-Unis, où un pharmacien débitait une poudre de ce genre contre le rhume de cerveau. Voici qu’on annonce la mort d’un médecin de New-York, le Dr Sherow, qui, atteint d’un catarrhe nasal, s’était avisé de priser de la cocaïne pour se soulager. Peu à peu, il prit l’habitude du poison, qui bientôt lui devint indispensable, et il vient de succomber au bout de quatre ans, victime du cocaïnisme.
- —L’hiver continue à régner avec une intensité sans précédent en Asie Mineure, en Syrie et même en Mésopotamie. Près de Mossoul une caravane surprise par une tempête de neige, s’est égarée. Sept voyageurs et une dizaine de mulets sont morts de froid. .
- —®— Un mémoire très circonstancié communiqué à la Société des médecins russes tout récemment, donne des chiffres intéressants sur les effets du remède de Behring. Il en résulte que, sur 44631 cas de diphtérie où le sérum a été employé, la mortalité a été de 14,6 pour 100, alors que, sur 6507 cas où le sérum n’a pas été utilisé, la mortalité a été ae 34 pour 100. Ce sont là, à peu près, les proportions indiquées par Behring, et par ceux qui l’ont suivi. Assurément le sérum ne garantit pas la guérison : mais c’est beaucoup que d’avoir pu diminuer la mortalité de moitié.
- —D’après la Revice coloniale on rencontre en abondance au Congo, notamment dans les terrains sablonneux du district de Stanley-Pool, une nouvelle plante à caoutchouc dont les tiges souterraines, qui rampent à quelques centimètres au-dessous de la surface du sol, produisent un latex abondant utilisé par les indigènes de l’Etat indépendant pour la préparation d’un caoutchouc d’assez bonne ualité. Ces plantes paraissent pouvoir être rapprochées des lianes u genre Landolphia, bien connues sur la côte occidentale d’Afrique ; mais leurs tiges, au lieu d’être grimpantes, rampent au contraire à quelques centimètres au-dessus du sol en émettant déplacé enplacc'des rameaux aériens atteignant tout au plus une hauteur de 0m,20à 0m,6ü.
- —®— Dans la petite rue des Prêtres-Saint-Germain-l’Auxerrois, devant la porte du Journal des Débats, on a pratiqué une profonde tranchée pour les égouts. Or en effectuant ce travail, on a découvert toute une antique nécropole. Une quinzaine de tombeaux, lourds sarcophages déplâtre, rappelant dans leur simplicité primitive les sépultures de l’époque mérovingienne, ont été mis à jour ; et les curieux sont nombreux qui s’arrêtent devant ce coin de cimetière vieux de plusieurs siècles. C’est à la demande de M. Lamouroux, conseiller municipal et vice-président de la commission du vieux Paris, que ces fouilles sont pratiquées Le hasard de travaux exécutés dans la rue avait déjà fait découvrir plusieurs de ces tombeaux, et bien qu’ils ne portassent, à la vérité, nul vestige d’inscription, mais seulement, pour toute décoration, une rosace très simple, ils présentaient cependant un intérêt historique suffisant pour que la commission du vieux Paris s’en inquiétât. L’un de ces tombeaux a été transporté au musée Carnavalet. Il sera, comme ceux qui viennent d’être découverts à nouveau, et dont l’état de conservation est bien supérieur, l’objet d’un examen minutieux et d’une sérieuse étude.
- —Le châle de cachemire vient de célébrer le centenaire de son règne en France. C’est la future impératrice Joséphine, qui était alors une reine de la mode, qui l’avait adopté en 1798. A cette époque, le prix d’un beau châle variait entre 7000 et 15 000 francs. Le châle do prix resta en faveur jusqu’au sacre de Louis-Philippe et ne fut détrôné que par les imitations anglaises à vil prix qui rendirent le châle accessible à toutes les bourses. Aux Indes, le châle a encore conservé sa faveur d’antan et figure parmi les objets précieux que les princes indiens envoient régulièrement comme tribut à la " reine Victoria.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES,
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La plupart des légumes et fruits mentionnés dans notre article se trouvent chez Mm° Roncier, 13, rue Drouot, à Paris. — La lampe Egide est à la Société générale des verseurs hermétiques, 63, rue Taitbout, à Paris. — L’interrupteur à boules employé en radiographie avec la machine statique est fabriqué par M. L. Bo-netti, constructeur électricien, 69, avenue d'Orléans, à Paris.
- Communications. — M. Abadie Dutemps, à Toulouse, à propos de notre petit article sur un nouveau système de cinématographe (n° 1289 du 12 février 1898, p. 167), nous envoie une brochure ayant pour titre : Note sur un nouveau genre d'appareils d'optique donnant des images animées. Cette Note a été lue à l’Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse, dans sa séance du 2 juillet 1896. Notre correspondant ajoute les renseignements suivants : « J’ai fait fonctionner devant mes collègues de l’Académie des sciences de Toulouse, dans une des séances de cette Académie, il y aura donc bientôt deux ans, un appareil d’essai présentant une certaine analogie avec celui que décrit votre journal. Les objectifs, au nombre de douze, constitués par des lentilles simples, y étaient aussi îungés sur la périphérie d’un disque tournant d’un mouvement uniforme. Le ruban pelliculaire y était remplacé par un disque portant les dessins, et animé d’un mouvement uniforme, mais j’avais eu soin de spécifier dans ma brochure que ce di?que pouvait être remplacé par un ruban, de même que je proposais de remplacer les objectifs simples dont je faisais usage par des systèmes plus complexes. J’ai montré que mes appareils, auxquels j’ai donné le nom de Phakinescopes, pouvaient affecter un grand nombre de dispositions diverses ; mais ils diffèrent essentiellement et par un point capital, de celui de M. F. Jenkins mentionné par votre excellent journal. C’est que dans un phakinescope, les dessins n'ont pas la même vitesse que les lentilles ou objectifs. Grâce au rapport établi entre les vitesses uniformes, mais différentes des dessins et des objectifs, rapport dont je donne la valeur en fonction de la longueur focale des objectifs, et de leurs distances aux photographies ou dessins, j’ai pu arriver à immobiliser complètement, par un procédé purement optique, l’image projetée, pendant toute la durée de son apparition sur l’écran. » M. Galien Mingaud, secrétaire général de la Société d’étude des sciences naturelles de Nîmes, nous adresse une brochure contenant diverses communications intéressantes : Liste de quelques chrysides capturés aux environs de Nîmes, Captures de castors dans le Rhône et le Gardon pendant l’année 1897.
- M. Eloi Malachowsky, lieutenant de vaisseau, à Odessa (Russie), nous écrit la lettre suivante : « Ne pouvant pas trouver une explication plausible à un fait météorologique, je me permets de m’adresser à vous. Etant encore enfant (12-13 ans) l’intendant de mon père vint après une pluie diluvienne l’informer qu’un morceau de nuage était tombé et se trouvait non loin de la maison, et pour confirmer le fait, il montrait un morceau de matière analogue à une gelée ou encore mieux à un corps de méduse. Il disait que la masse entière volumineuse se trouvait sur la pelouse derrière la maison. Comme il pleuvait encore bien fort on ne me permit pas d’aller voir la masse entière. Le morceau apporté après une ou deux heures se fondit et disparut. Quoique étant enfant, je savais déjà fort bien que les nuages ne peuvent tomber, et je me rappelle avoir ri beaucoup de l’imagination des hommes du peuple qui prétendent chez nous que pendant les fortes
- Sluies ils tombent. Ce fait de date très reculée se serait fondu ans ma mémoire, si un jour un médecin de mes amis, ne m’avait raconté aussi un fait semblable qui eut lieu dans le gouvernement de Podolie à Rouvno. 11 dit qu’il vit de ses propres yeux et toucha de ses mains un morceau semblable, qui tomba dans la cour du collège de Rouvno pendant une averse, et que c’était une masse demi-transparente, comme
- une gelée dure élastique qui fondit sous les rayons du soleil er» quelques heures. Il me demande comme à un marin si je ne pourrais lui expliquer ce phénomène et en quoi peut consister ce corps tombé des nues qui couvrait, paraît-il, une partie delà cour de l’école. Voilà deux faits semblables dont jusqu’à aujourd’hui je cherche vainement l’explication. »
- Renseignements. — M. J. Wolf, à Constantine. — Le-pouvoir calorifique de l’huile de pétrole est environ de 10 600 à 11 000 calories gramme-degré par gramme.
- M. J. Vidal, à Mèze. — Nous ne croyons pas qu’il existe-d’appareil semblable ; mais vous pourriez peut-être vous adresser à M. Lévy, fabricant d’appareils pour la production de la glace, 61 bis, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. F. A., à Ville-Savary. — 1° On nettoie ces meubles avec un chiffon légèrement imbibé d’alcool. — 2° Cette recette est donnée dans le petit livre des Recettes et procédés utiles, tre série. — 3° Le carbonyle est un bon produit. — 4° Globes-en verre pour pendules : M. A. Moynet, 6, rue des Ilaudriettes, à Paris. — 5° Mixtions à dorer : M. Detourbe, 7, rue Saint-Séverin; M. E. Guérillot, 206, rue Saint-Denis, à Paris.
- 6° Nous ne pouvons répondre à vos autres questions.
- M. Mertens, à Louvain. — 1° Pour les planches à dessin, adressez-vous à M. L. Berville, 25, rue de la Chaussée d’Antin; à M. Cabasson, 29, rue Joubert, et à M. Ch. Fortin, 59, rue des Petits-Champs, à Paris. — 2° Nous ne connaissons pas de recettes à ce sujet.
- M. A. Masereel, à Bruges. — Nous ne pouvons vous donner les adresses que vous nous demandez.
- Mme G. Ragueneau, à Orléans. — Veuillez vous adresser à l’auteur de l’article, aux glaceries de Saint-Gobain (Aisne).
- M. Manuel Gonzalès Fernandez, à Buenos-Ayres. — Nous vous remetvions de votre Note: mais elle est un peu trop spéciale pour nos lecteurs.
- M. E. Chais, à Riez. — Vous pouvez vous adresser à un chimiste, par exemple à M. Hébert, 66, rue Gay-Lussac, à Paris.
- M. Gabillaut, à Marseille. — 1° Moules pour savons : MM. Desmarais et Cie, 55, rue Esquirol, à Paris. — 2° Presses pour savons : M. Morane jeune, 23, rue Jenner, à Paris.
- M. Tapie, à Albi. — La cloche dont vous parlez pourrait, être utilisée; mais le paratonnerre Grenet que nous avons décrit dans le n° 1229 du 19 décembre 1896, p. 37, pourra vous convenir. Adressez-vous à la maison Mildé, 00, rue Desre-naudes, à Paris.
- M. J. I. V., à Paris. — 1° Il n’y a pas de revue spéciale pour l’industrie cotonnière. — 2° Nous ne connaissons que ‘ l’Industrie textile, 40 bis, rue de Douai. (
- M. A. Lhuillier, à Clichy. — Le canif et la pince May pour électriciens se trouvent chez M. Chouanard, quincaillier, 3, rue Saint-Denis, à Paris.
- M. Alonso Avila, à Mérida. — Vous trouverez tous les appareils électromédicaux à la maison Gaiffe, 40, rue Saint-André- • des-Arts, à Paris.
- M. G. Nieulireu Daeu, à Piatra. — Cette pile n’existe plus dans le commerce; il faut la monter soi-même.
- M. Pensa, à Paris. — 1° Pour l’encre communicative et le vernis, nous n’avons pas d’autres renseignements que ceux déjà publiés. — 2° Adressez-vous directement au Comptoir énéral de photographie, 57, rue Saint-Roch, où l’on vous onnera ces recettes. — 3° Celluloïd : C‘° française du celluloïd,
- 11, rue Bailly-et M. A. Dubant, 50, rue des Petites-Ecuries.
- M. Stévio D. Fouffat, à Samanoud. — Pour le Scientifc American, écrivez à MM. Münn et C°, 361, Broadway, à New-York.
- M. L. C. de P., à Sampigny. — Vous trouverez ces renseignements dans les ouvrages de M. Baudry de Saunier, Histoire de la vélocipédie à la librairie Ollendorff, rue de Richelieu, 20 bis, et dans Cyclisme théorique et pratique à la librairie Montgrédient, 8, rue Saint-Joseph, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers, — M. E. Tardieu, à Paris. Nous n’avons pas entendu parler de cette nouvelle méthode de polissage. — M. Schmilt, à Mohilew-Podolie. Nous allons étudier la question, et nous en parlerons s’il y a lieu. — M. A. B., h Lille. Voyez le livre des Recettes et Procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. Ducart, à Paris. Cette recette est donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 2e série. — M. U. G., à Asnières. Remerciements pour votre communication. —M. Duvens, à Barsac. Nous ne pouvons vous indiquer le fabricant de cette lampe. Tous nos regrets. — M. le Dr O., à Pontivy. Nous avons donné ces adresses en tête de notre dernière Boite aux lettres — M. E. Garica Santos, à San Ginès. Nous n’avons pas vu d’appareil de ce genre.
- Dans ta « Boite aux lettres » La Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications.— Tl n’est rênnndu au’aux Lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Attache-vigne. — Pour maintenir les ceps de vigne, on a besoin d’un petit appareil simple et solide. Nous faisons connaître à nos lecteurs un nouveau modèle qui leur donnera satisfaction. Cet attache-vigne consiste uniquement en une spirale de fil de fer galvanisé, que l’on voit dans le n° 2 de notre dessin. Le mode d’emploi est des plus simples. Il suffit de prendre
- Attache-vigne.
- 1. Pose de l'attache. — 2. L’attache. — 5. Mode d’emploi.
- l’attache par les extrémités, de la poser à cheval sur le fil de fer de la vigne, d’imprimer un léger mouvement vers la droite pour passer un bout; puis un autre mouvement dans le sens inverse pour passer l’autre bout. La spirale se trouve ainsi placée pour toujours sur le fil de 1er si 1 on a eu soin de presser sur les bouts afin qu’elle ne puisse sortir. Ceci fait, il n’y a plus que l’embdifage de la latte à faire. — Le nouvel attache-vigne se trouve chez MM. Piron et Guimand à Guitres (Gironde).
- Roulette démontable h billes. — Les frottements doux à billes sont aujourd’-hui très appréciés et appliqués dans des industries innombrables. Une application heureuse a été faite aux roulettes à galets des meubles qui, aussi lourds qu’ils soient, deviennent ainsi facilement déplaçables. Parmi les nombreux modèles créés sur ce principe, celui que nous signalons (n° 1) est à frottement doux, a une extrême mobilité et peut être démonté. Si l’on désire qu’un meuble, fauteuil, table, etc., soit muni de roulettes qui permettent son déplacement avec
- Roulette à billes. — 1. Vue de la roulette. — 2. Mode d’emploi.
- facilité, on peut désirer également que dans certains moments ce meuble soit fixe, sans pouvoir bouger. C’est cette faculté que l’inventeur a visée en créant le modèle dont nous parlons. Le galet en acier roule dans une fourchette en tôle d’acier découpée et munie d’une tige qui entre par le simple effet de la pression dans un manchon également en acier et monté sur billes. Ce manchon est noyé dans le pied du meuble (n° 2) et se trouve fixé par les pointes d’une partie recourbée constituant la base du pied quand on veut que le meuble soit fixe ou, s’appliquant sur la cloche des billes, lorsqu’on introduit la tige de la roulette. — La roulette démontable à billes se trouve chez M. Kratz-Boussac, 3, rue Saint-Laurent, à Paris.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction^des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Comment doit-on préparer le café? — M. le l)r P. Caries, professeur agrégé de la Faculté de .médecine et de pharmacie de Bordeaux, nous adresse sur la préparation du café l’intéressante notice suivante.
- Pour la majorité des consommateurs, la préparation du café est une opération banale qu’on peut confier aux apprentis de cuisine. Quelques amateurs, cependant, se souvenant que pour faire un bon civet il faut d’abord un bon lièvre, vont choisir le café en grains eux-inèmus. Là, ils constatent vite qu’il y a dans celte denrée des qualités naturelles aussi variables que daas le vin, les pommes de terre et la viande; quelques-uns affirment même que le café, comme le vin, est heureusement modifié par le temps, si on le tient en lieu sec. D’autres, plus fins observateurs encore, président à la torréfaction du café et l’arrêtent lorsqu’il a pris la teinte robe de capucin, limite qu’au villagei et à la banlieue on pousse plus loin à titre de trompe-l’œil. Nous voulons dire par là que le grain donne une infusion d’autant plus brune qu’il a été plus torréfié, ce qui fait croire au consommateur inexpérimenté et incompétent que son café est plus fort, plus actif, moins mouillé, ce qui est le plus souvent l’opposé. Enfin, lorsque la plupart des gens soigneux ont mis le café bien torréfié à l’abri de l’humidité et de l’air, ils croient j avoir fait tout le nécessaire et ils laissent sans contrôle, au ’ premier subalterne venu, le soin de la mouture et de l’infusion. ; Est-ce donc que toutes les eaux ne sont pas également bonnes ; pour épuiser la poudre de café, pourvu qu’elles soient bien j bouillantes? Eh bien! non, et c’est sur ce point surtout que' nous avons le dessein de protester, et nous croyons fermement i qu’après avoir mis nos conseils à l’épreuve, nul.ne. nous con- j tredira. Non, toutes les eaux, même les plus limpides, ne sont pas bonnes pour préparer l’infusion de café. -- j
- Les eaux séléniteuses, comme le sont la plupart des eaux de • puits qui cuisent mal les légumes et ne dissolvent le savon j qu’en formant des grumeaux, les eaux séléniteûses donnent un i café fade, de digestion laborieuse, de clarification plus que ; pénible, de dégustation difficile. Les eaux calcaires, surtout celles qui se troublent plus ou moins après une ébullition de quelques instants, foncent la teinte du café, ce qui ne déplaît pas à l’auberge, mais choque le délicat, parce que le goût en ’ dévient plat et le bouquet sans finesse. Le sélémte ou plâtre est la cause du mal dans le premier cas, et le carbonate de chaux ou craie dans le second. Or, toutes les eaux potables renferment plus ou moins de l’un ou de l’autre. I
- Pour que le café possède sa couleur normale et toute la limpidité nécessaire à sa dégustation et au développement intégral ( de son bouquet, il est indispensable d’user d eau pure repré- j sentée par l’eau distillée, passée non pas au filtre, mais à l’alambic. Là seulement, en effet, elle laisse tous ses sels nui- . sibles à l’infusion de café. Nous savons bien que celte eau ne s se trouve pas facilement partout, qu’à la campagne et même au , chef-lieu d’arrondissement, les pharmaciens, les photographes et les liquoristes seuls en possèdent ; mais dans les villes plus importantes, elle est moins rare. Enfin, dans les centres vinicoles. et dans notre ville de Bordeaux, sa préparaiion constitue une industrie importante et bien répandue. C’est donc surtout aux gourmets.de grande ville, aux bordelais, que nous nous adossons. Notre appel vise plus spécialement encore les cafetiers qui ont une clientèle de choix et qui ont le souci de lui donner satisfaction. Tout ce que nous avons dit à propos du café est aussi vrai pour le thé, et l’on pourrait ajouter pour toutes les infusions destinées aux malades. Comme la délicatesse du goût est surexcitée par la maladie, l’emploi de l’eau distillée pourra souvent être utile pour améliorer les tisanes de ces malades.
- Il en est du reste du café et du thé, comme du vin : ce ne sont pas les plus forts qui sont les plus hygiéniques et les meilleurs; mais ceux dont les qualités naturelles ne sont pas contrariées et souvent détruites par des défauts qui, la plupart, sont la conséquence de l’impéritie humaine.
- Nouvel emploi de la ronce artificielle. — On a souvent besoin de protéger les arbres contre les animaux grimpeurs. En Algérie et en Tunisie les dattiers sont souvent attaqués par les rats qui grimpent jusqu’au sommet, y établissent leur nid et dévorent les dattes aussitôt qu’elles commencent à mûrir. Dans le Nord, les fouines grimpent aux cerisiers et détruisent de grandes quantités de cerises. Il n’est pas rare non plus de voir les pommiers ravagés par les rats, surtout dans le voisinage des ports de mer, où pullule le gros rat gris ou surmulot (rat des égouts de Paris). Enfin les chats domestiques ont la manie de
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- faire leurs griffes aux tiges d’arbres précieux qui en souffrent beaucoup. Pour empêcher les animaux de grimper, il suffit d’entourer le tronc de l’arbre (sur une hauteur d’un mètre environ) de ronce artificielle enroulée à spires très serrées, distantes de 3 centimètres environ. Les animaux les plus rusés renoncent à franchir cette cuirasse d’épines, où ils se piquent les pattes et le museau.
- Nouvelle matière explosible dite « Oxiliquit ». — Cette nouvelle matière explosible est fabriquée par la Société « Gesell-schaft fur Linde’s Eismachinen », formée de mélanges d’oxygène liquide et de substances oxydantes. Des études approfondies ont démontré que ces mélanges se comportent d’une manière semblable à la dynamite, c’est-à-dire que, lorsqu’ils sont allumés à la manière ordinaire, ils brûlent, mais qu’ils produisent, lorsqu’ils sont enflammés par des capsules fulminantes, des détonations accompagnées d’effets écrasants. Dans ces expériences, on a employé d’une part de l’air atmosphérique
- liquéfié, dont la plus grande partie de l’azote avait été éliminée par évaporation et d’autre part différentes substances oxydantes, telles que du charbon de bois, de la pâte de bois, du soufre, du pétrole, etc.
- Entretien de Vivoire. — Verser dans de l’eau chaude du blanc d’Espagne pulvérisé, de façon que le mélange laiteux soit suffisamment épais : on en frotte les pièces d’ivoire à nettoyer, en employant dans cp but une petite éponge. Quand l’enduit est sec, on polit à l’aide d’une peau de chamois.
- Recette pour fabriquer de l'encre rouge. — Faire dissoudre l‘r,95 de carmin additionné environ de 4 à 5 grammes d’ammoniaque hydraté, dans une quantité suffisante d’eau, en y ajoutant de 36 à 37 grammes d’acacia ; la teinte dépendra de la quantité d’eau employée. On peut aussi faire dissoudre 2 grammes de laque en larmes pulvérisée, dans 95 grammes d'ammoniaque hydraté.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de Franoe
- OBSERVATIONS 7 HETRES 110 MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 28 février 1898. l”,l S. W. 2. Quelques nuages. 0,4 Quelques nuages de 4 à 7 h. ; nuageux le reste du temps ; gelée blanche ; averse à 15 h. 40 mêlée de grêle. Eclaircies çà et là ; gelée blanche : souvent des petites averses avec de la grêle à 22 h. 45.
- Mardi 1" mars . . . 4\0 S. S. W. 2. Couvert. 03
- Mercredi 2 2\9 S. W. 2. Beau. 4,4 Quelques nuages de 4 à 10 h. ; nuageux le reste du temps; gelée blanche ; quelques averses avec grêle.
- Jeudi 3 — 0*,4 S. S. W. 2. Peu nuageux. 1,1 Beau de 4 à 6 h. ; nuageux le reste du temps, quelques averses avec grêlé abondante de 14 h. 5 à 15".
- Vendredi 4 1*,1 N. E. 2. Couvert. 2.2 Couvert ; pluie ou neige à partir de 5 h. 30; gel. blanche.
- Samedi 5 0‘,5 N. N. W. 4. Couvert. 15,7 Couvert, neige continue jusqu’à 15 h.; ensuite grains jusqu’à 17 h.
- Dimanche 6 — 2',7 S. E. 0. Beau. 1,8 Nuageux jusqu’à 4 h. et de 10 h. à 14 h. et à 23 h. ; beau le reste du temps.
- FÉVRIER-MARS 1898. -- SEMAINE MJ LUNDI 28 FÉVRIER AU DIMANCHE 6 MARS.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 a 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- fja foudre. — La foudre est tombée à Biarritz le 23 février sur divers Immeubles. Un grand nombre de becs de gaz ont été éteints avenue de la Négresse. Villa Morin, la foudre a défoncé un plafond et détérioré les sonneries. Le cabinet de toilette a été bouleverse. Trois domestiques ont été paralysés durant quelques instants. Villa Vignon il s’est déclaré uu incendie qui a été rapidement eteiut.
- La neige. — L'hiver est revenu. La neige est tombée en abondance 'à Paris pendant les nuits du 4 au 5 mars et surtout du 7 mars. Aux mêmes dates elle est aussi tombée en grande quautité à Rouen et dans les environs.
- Une tempête violente de neige a sévi pendant trois jours du 22 au 25 février aux Etats-Unis, à Montréal, Québec et Ottawa et a suspendu toutes les communications par voies ferrées pendant deux jours. Une avalanche est tombée le 21, dans la soirée, d’une falaise, à Québec; elle a détruit deux maisons et tué quatre personnes. La neige a continué ensuite à tomber ; la plupart des trains étaient arrêtés.
- Cyclone à Mayotte. — Un cyclone d’une extrême violence a ravagé la colonie de Mayotte dans la nuit du 27 au 28 février. Le cyclone a été suivi pendant deux jours de pluies considérables. Les bâtiments coloniaux ont été en partie détruits. Beaucoup de villages indigènes sont rasés. Les usines de la Grande-Terre ont eu beaucoup à souffrir. Les récoltes sont perdues. Les nouvelles du Nord sont déplorables; il y a eu des morts et des blessés en assez grand nombre, quantités de gens sont restés sans vivres et sans asile. On sait que Mayotte est la plus grande des îles Comores, roupe situé au nord-ouest de Madagascar, et séparée de cette île par un ras de mer étroit.
- Tremblement de terre en Italie. — Une forte secousse de tremblement de terre a eu lieu dans la nuit du 4 au 5 mars, à Parmé, à Verone, Ileggio Emilia, Plaisance, Sestola, Chiavari. A Modène, Crémone, Rovigo, Padoue et Florence, une légère secousse a été également ressentie. Le sismographe de Grenoble a été influencé par les mouvements sismiques.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 28, à lt h. 33 min. du matin.
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- M. J. LAFF ARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —M. le ministre du commerce a signé dernièrement l’arrêté anstituant les congrès internationaux qui auront lieu pendant l’Expo--sition de 1900. Ces congrès seront organisés par M. Gariel; ils auront lieu dans un palais spécial à l’intérieur de l’Exposition. Ils sont divisés en 12 sections : I. Educatiorf et enseignement. — II. Beaux-arts, belles-lettres, histoire, archéologie. — III. Sciences mathématiques (mathématiques, mécanique, astronomie, géodésie). — IV. Sciences physiques et leurs applications (physique, chimie, météorologie, industries physiques et chimiques). —• Y. Sciences naturelles (géologie, minéralogie, botanique, zoologie, anatomie, physiologie, anthropologie). — VI. Sciences médicales. — VII. Mécanique appliquée, génie civil et maritime, moyens de transport. — VIII. Sciences agricoles (agronomie, agriculture, industries agricoles).
- IX. Economie politique, législation, statistique. — X. Sciences sociales (économie sociale, hygiène, assistance). — XI. Sciences géographiques (géographie, géographie physique, exploration, colonisation). — XII. Industrie et commerce en général.
- —©— Le soleil traversera l'équateur céleste le 20 mars à 2h 16 du soir. Ce sera le commencement du printemps. A l’occident un peu après le coucher du soleil, se montre en ee moment jusqu’à là fin du mois la lumière zodiacale. Beau flux d’étoiles filantes printanières du 12 au 14 avril.
- —®— Dans les premiers jours du mois de mars les 6 et 7, une tempête du nord-est s’est déchaînée sur Alger et étendue à tout le département. Le baromètre a baissé subitement à 741““, une pluie torrentielle est tombée, et la mer a été totalement démontée. Le Steamer Masséna, chargé de pétrole et de dynamite, mouillé dans la baie d’Agha, a été jeté par la mer sur la plage, où il a été ensablé. A 7 heures, le 6 mars, le transatlantique Général-Chanzy, ayant à son bord le gouverneur général, entrait, après une traversée épouvantable. Le ressac était tellement violent dans le port que la mer
- {lassait par-dessus les quais et enlevait quantité de marchandises, .es dégâts ont été nombreux et importants. Les lignes de chemins de fer étaient coupées en plusieurs endroits, ainsi que certaines lignes télégraphiques. L’Harrach, rivière qui passe à la Maison-Carrée grossie par les pluies torrentielles tombées dans la région, débordait le 6 mars à 4 heures. Les eaux atteignaient les premières marches du perron de la mairie, située à environ 150 mètres de l’IIarrach. Dans la soirée, certaines parties du ' village étaient recouvertes de 3 centimètres d’eau. Les habitations les plus exposées ont été évaluées, et les objets mis en lieu sûr, il y a eu quelques dégâts matériels. A Blidah, la pluie est tombée pendant 50 heures; le vent a soufflé en tempête sur toute la région; .les trains ont subi des retards considérables ; les voies étant inondées, la circulation était dangereuse. Là Lisser et la Lharrach sont sorties de leur lit et charriaient des arbres, des poteaux télégraphiques, etc. La foudre est tombée à Blidah. Un violent ouragan a sévi également sur Tunis, le 6 mars, pendant l’après-midi. Il a détruit complètement la gare de Borgèl, sur le chemin de fer Rubattino, qui relie Tunis à la Gou-Ifette, eu .enlevant d’un seul coup la toiture métallique et abattant les murs de maçonnerie. Des dégâts importants ont été faits dans le morf de Tunis. Des piquets d’amarrage ont été arrachés, des câbles brises. A Copstantine également la tempête a été violente. Le RhummeL a débordé et sa crue a atteint une grande hauteur.
- —Le 9 mars, on a ressçnti des secousses de tremblement 4e (erre à I'ontarlier, à Morteau, au Loele, dans toute la vallée de l'Orbe en Suisse, ainsi qu’à Vérone, en Italie,
- Les 7 et 8 mars a eu lieu une course de voitures automobiles en deux étapes, de Marseille à Hyères et de Hyères à Nice «ttf-un parcours de 159 kilomètres. Gette course était organisée pâr
- M. Meyan, directeur de la France automobile. Les concurrents au nombre de 53 étaient divisés en plusieurs catégories : voitures au-dessus de 400 kilogrammes ; voitures pesant moins de 400 kilogrammes : motocycles de 400 à 200 kilogrammes: motocycles au-dessous de ce poids. Le 8 mars, à lh42m 45* de l’après-midi, Charron entrait à Nice, ayant mis 4h 42“ 43* pour parcourir les 159 kilomètres.
- —®— On sait que l’on désigne communément sous le nom de « draisiennes » les vélocipèdes à trois ou plus souvent à quatre roues qu'on emploie sur les voies de fer, dont les roues à l’écartement normal roulent sur les rails, et qui sont mus soit au moyen de pédales, soit par des leviers à bras, soit par un moteur mécanique. Les Américains y recourent, et avec raison, plus souvent que les compagnies françaises, et, ces dernières années, ils en ont ima-
- finé certains types fort bien compris et servant surtout à l’inspection es voies. D’après la Revue technique, les usines Roberts, Throp and C°, de Three Rivers (Michigan), viennent de créer un nouveau vélocipède extrêmement léger et cependant fort solide qui semble répondre à un réel besoin : il a pour but de transporter rapidement les lampistes et leurs lampes jusqu’aux signaux dont il faut garnir et allumer les feux. Dans ce but, il porte à l’avant une tablette circulaire où peuvent être déposées quatre lanternes, tandis que quatre autres sont accrochées sous ladite tablette. Le lampiste, assis sur une selle assez confortable, donne avec ses mains et ses pieds un mouvement alternatif d’avant en arrière qui se transmet, par des leviers et des engrenages, aux roues motrices antérieures. Le cadre vertical prend appui sur les deux essieux, en se soutenant même par des tirants obliques : ces deux essieux sont du reste réunis latéralement par des tiges horizontales. Tous les roulements se font à billes ou à rouleaux. La machine pèse en tout 36 kilogrammes, et on petit même y disposer une autre selle pour un second voyageur.
- —Un bibliothécaire en retraite, M. Aubert, qui passe l’été à Vildé-la-Marine auprès de Cancale, a apporté à la Bibliothèque nationale une carte trouvée en mer par des pêcheurs. Cette carte était enfermée dans une bouteille, mais le bouchon rongé par la mer avait laissé pénétrer l’eau, qui avait presque effacé ce qui était écrit. M. Aubeit demandait une lecture exacte du texte. En voici la traduction, car le texte était en allemand.
- « Perte de Y Elbe. Ah ! ma chère fiancée Mina, je ne te reverrai que dans l’autre monde.
- « Je prie celui qui trouvera cette carte de l’envoyer à Mina Frankel, à Buchau Federsèe (Wurtemberg). »
- De l’autre côté de la carte, il y avait cette adresse gravée, comme une carte de visite.
- Bernaud Ramsperge de la maison C. Gomer.
- Fabricants de bas, Weimgarten.
- L'Elbe, transatlantique allemand, s’est perdu corps et biens dans la mer du Nord, en 4895. De ses 380 passagers ou marins, il ne se sauva que 20 personnes. M. Aubert a envoyé immédiatement le mot à Mina Frankel et la copie à la maison Gomer.
- —Les travaux d’agrandissement de la gare de l’Est vont prochainement être, entrepris. Les maisons comprises dans lè rectangle formé par les rues du Faubourg-Saint-Martin, de Strasbourg, de Nancy et de Metz vont être démolies. Sur cet emplacement on va construire de nouveaux bâtiments pour les services d’arrivée. La dépense totale est évaluée à 20 millions.
- —®— La fin du cheval. A partir du 4”r mai prochain, il n’y aura plus à New-York de tramways à traction animale. Le coût de cette amélioration est évalué à 900 000 dollars. Partout, traction mécanique. Plus on perfectionne les voies de communication, plus le nombre des voyageurs augmente. Les Yankees ont, depuis le l*1' novembre, des automobiles à l’heure, à roues caoutchoutées. -
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- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les appareils respirateurs Detroye sont fabriqués par M. Jules Bellot, constructeur à Champeix (Puy-de-Dôme)*
- Communications. — M. C. Coulet, éditeur à Montpellier, à propos de notre récent article : Le black-rot en France, paru dans le n° (1291, du 26 février 1898, p. 193, nous fait très justement observer que les figures qui accompagnent cet article ont été; gravées d’après celles d’une intéressante brochure : Traitement pratique du black-rot de MM. Lavergne et Marre, éditée par M. C. Coulet.
- M. le C*° Ludovico de Courten, à Florence, à propos de notre précédent article : ha fabrique d’oxygène de Boulogne-sur^Seine (n° 1285 du 15 janvier 1898, p. 103) nous envoie quelques renseignements intéressants : « Je m’occupe beau* coup de projections en amateur, nous dit-il, et j’emploie comme source éclairante un carburateur oxy-éthérique Mazo qui me donne d’excellents résultats. Je me suis servi, jusqu’à l’automne passé, d’oxygène de la « Continentale », produit dont j’ai toujours eu à me louer. Quand soudain, par trois séances consécutives, je n’obtins plus qu’une lumière insuffisante et incertaine, avec sifflement de gaz, extinctions fréquentes, enfin mille irrégularités qui me firent manquer absolument mon spectacle. Après maints essais avec d’autres chalumeaux, il fut prouvé que la cause de ces insuccès déplorables était due à une mauvaise qualité d’oxygène, fabriqué ici à Florence, qu’on m’avait envoyé, à mon insu, à la place de l’ancien. Ges expériences furent faites avec le concours d’un savant distingué; elles ne laissèrent subsister le moindre doute; c’était cet oxygène, mélangé d’air et d’acide carbonique en proportions considérables, qui était cause de tout le mal. C’est alors qu’on m’indiqua la Coopérative Toscane de Pharmacie, comme dépositaire de l’oxygène de la fabrique Garuti et Pompili, établie à Tivoli, près Rome. Mon carburateur retrouva la vie. Je ne puis assez louer la pureté et la richesse de ce gaz que je trouve même supérieur à celui de la « Oxygen-Continental Company » tant la lumière est brillante, fixe, régulière, en un mot, superbe. Depuis lors, mes séances ont repris leur cours, avec la sûreté la plus absolue et le succès le plus complet. L’oxygène de la fabrique Garuti et Pompili, obtenu par Eledrolyse, est légèrement ozonisé. Son prix est fort modique, puisque les 1200 litres reviennent à 10 francs — et encore accorde-t-on de sensibles rabais sur des quantités plus considérables. Ce produit a supplanté ici presque tous les autres qui étaient loin d’offrir les garanties de pureté qu’on est en droit d’exiger d’un élément aussi important, surtout pour les applications thérapeutiques. Ainsi, loin de faillir à ses promesses, l’oxygène de MM. Garuti et Pompili, fabriqué sur une vaste échelle, s’est imposé par sa perfection même, ce qui lui a valu, en peu de temps, une réputation des plus justifiées. »
- M. l’abbé Ch. Vivet, à Beauvais, nous transmet le renseignement pratique suivant : « En possession d’un phonographe, dit-il, j’ai cherché le moyen de renouveler facilement et promptement les rouleaux enregistrés; car c’est alors que l’appareil devient véritablement intéressant et toujours neuf. Voici ma manière de procéder que je n’ai vu annoncée nulle part et dont la connaissance peut être utile aux possesseurs dudit appareil. J’imbibe d’essence de térébenthine bien pure un morceau de flanelle et j’en frotte légèrement mon rouleau placé sur l’appareil en le faisant tourner lentement avec la main. En 3 ou 4 minutes toutes le* aspérités disparaissent. Je l’essuie et les polis ensuite avec un autre morceau de flanelle sèche et bien propre. Mon rouleau peut immédiatement être impressionné à nouveau. En 6 ou 7 minutes, j’en ai fait l’expérience, un rouleau impressionné peut être remis à neuf et impressionné complètement, et cela aussi bien sinon mieux (car l'usure est quasi nulle) qu’avec le meilleur rabot payé cou-
- ramment de 30 à 50 francs. On peut donc ainsi avoir toujours des actualités sans avoir une grande réserve de rouleaux vierges. »
- M. Antoine Joly et, inspecteur adjoint des Forêts, à Nancy, nous envoie la notice suivante : « En lisant le très intéressant article de M. Eugène Pitard paru dans le n° 1291 du 26 février 1898, p. 203, j’ai été frappé de la rareté des cas de coups de foudre en terrain nu publiés jusqu’ici. Permettez-moi de vous en signaler un, dont je puis vous assurer l’authenticité. Le point intéressé est un plateau calcaire (oolithe inférieure), d environ 360 mètres d’altitude situé à 1500 mètres à l’ouest du village de Chargey-lès-Port (Ilaute-Saône). Ce plateau occupe la ligne de faîte de la suite des collines bordant la rive droite de la Saône. La plus grande longueur est dirigée dans le sens Nord-Sud. Le point culminant (377 mètres) est à 1000 mètres au Nord du point frappé par la foudre. La largeur du plateau est d’environ 300 mètres. Il est presque horizontal, avec un très faible bombement en son milieu, et par suite deux déclivités à peine sensibles vers l’Est et vers l’Ouest. Les flancs de la colline sont couverts de cultures et de broussailles. Sur le plateau, le terrain, éminemment sec et superficiel, est constitué par un mélange de terre végétale et de pierrailles. A 1000 mètres, au Sud, un massif forestier assez important. Le 20 juillet 1887, un orage éclatait à 7h30m du matin, et la pluie commençait aussitôt à tomber. A 8h30m, en présence de plusieurs cultivateurs travaillant non loin de là, un coup de foudre, accompagné d’un coup de tonnerre très violent, frappait le pâturage. Différentes personnes ont dès le lendemain visité les lieux que mon père a examinés trois jours après. Le point atteint est à 100 mètres environ du milieu du plateau, sur le léger dévers regardant l’ouest. Deux entonnoirs très nets sont creusés dans le sol caillouteux du pâturage. Leur distance est de 8 mètres. Entre les deux s’élève un petit bourrelet pierreux de 30 centimètres de hauteur et de 2 mètres de largeur,; vestige de quelque ancien mur de clôture. Un des entonnoirs, celui qui est le plus à l’ouest, et adossé au bourrelet, a une profondeur de 35 centimètres; l’autre une profondeur de 30 centimètres. Leur diamètre est d’environ 30 centimètres. Tout à l’entour sont projetés des éclats de pierrailles. Immédia-; ternent contigu au premier entonnoir pousse une touffe de genévrier haute de 25 centimètres. Elle est fortement roussie par la foudre. Le gazon au contraire ne présente aucune trace de brûlure. Le seul objet ayant un certain relief dans le voisinage de l’endroit frappé, est un buisson d’aubépine situé à 60 mètres de là. H n a souffert en rien. Les entonnoirs que j’ai visités pendant les vacances sont encore très visibles maintenant. Le genévrier n’est pas complètement mort. Un cultivateur de Chargey affirme avoir été témoin à une autre date d’une chute de foudre dans un champ de pommes de terre situé sur un contrefort de la même colline. Ces accidents seraient donc assez fréquents. »
- Un abonné, à Louvam, au sujet de notre article : La machine statique dans les expériences radiographiques, paru dans le n° 1292 du 5 mars 1898, p. 223, nous écrit la lettre suivante :
- « Je me suis également occupé de ces expériences, je possède une machine Wimshurt à deux plateaux de 0m,35 de diamètre. Avec cette machine, j’obtiens d’assez bons résultats. Avec un tube focus ordinaire, j’obtiens une main d’adulte en 10 minutes, un avant-bras en 20 minutes, un bras en 35 minutes, le pied en 15 minutes. Les épreuves, surtout celles de la main, sont très nettes et valent bien certaines photographies obtenues avec bobines. J’ai tenté, également avec succès, la radioscopie. Avec un écran Radiguet 13 X 18 je vois admirablement les os de la main et de l’avant-bras, le contenu d’un porte-monnaie, des objets métalliques contenus dans une caisse en bois. Mon dispositif est fort simple : au lieu d’employer des détonateurs à boule, je laisse un petit espace entre mes tiges conductrices et les pôles du tube, et je supprime les chaînes reliant l’armature externe des condensateurs. D’une part, j’accroche cette tige à l’armature externe d’un condensateur, et, d’autre part, je la mets à 2 ou 3 millimètres du pôle du tube (cette distance doit être réglée) comme soutien près du tube; j’emploie une bouteille dans le bouchon de laquelle passe un tube de verre dont le sommet a été couché en fourche à la lampe. Le tube à vide est soutenu dans un support Radiguet. »
- M. G. Milsom, à Alger, nous adresse une notice extraite de L’Algérie nouvelle et donnant le résumé d’une conférence qu’il a faite à la Société de Géographie d’Alger sur Rachgoun port de guerre et de commerce.
- Voir la suite de la Boite aux lettres page 3* des Nouvelles scientifiques).
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications.— Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- BOITE AUX LETTRES [Suite)
- M. G. Raymond, de l’Observatoire de météorologie dynamique de Trappes (Seine-et-Oise), à propos de notre article : La pluie dans les chefs-lieux des départements (n° 1292 du 5 mars 1898, p. 220), nous écrit qu’à Paris la pluie annuelle atteint 547 millimètres et que le nombre de jours de pluie par an est en moyenne de 2U0.
- Renseignements. — M. A. T., à Howory. — Parmi les phonographes, nous pouvons vous citer l’appareil Edison, 16, boulevard des Italiens, et d’autres appareils, 98 et 85, rue de Richelieu, ainsi que le phonographe Lioret, 18, rue Thibaud, à Paris.
- M. H. Taillefer, à Chàteauneuf. — Nous n’avons pas expérimenté l’appareil dont vous parlez; nous ne pouvons vous donner le renseignement que vous demandez.
- M. J. P., à Rouen. — 1° Il est préférable de s’adresser à une agence de brevets. — 2° M. Armengaud, 25, boulevard de Strasbourg; M. Desnos, 11, boulevard Magenta, à Paris.
- M. E. Morès, à Montpellier. — 1° Il a été question autrefois d’un appareil semblable qui avait été construit en Amérique. — 2° Vous trouverez des ouvrages de téléphonie aux librairies Gauthier-Villars, Carré et Grelot, à Paris.
- M. A. Foly, à Boulogne-sur-Mer. — Les adresses que vous demandez pour le compas enregistreur et la règle à calcul pour l’estimation des arbres ont été données en tète de la Boîte aux lettres du n° 1284 du 8 janvier 1898 qui en contient la description.
- Af. J. C. G. Basbosa, à Parèdes de Coura. — 1° Il faut avoir des piles au bichromate. — 2° La bobine doit donner des étincelles de 15 à 20 centimètres.
- M. V. D. H., à T. — Veuillez vous adresser au Dr Fournier, à l’hôpital Saint-Louis, à Paris.
- M. K., à Soignies. — Consultez les Boîtes aux lettres suivant le numéro où la description de l'appareil a paru; nous avons indiqué l’adresse.
- M. Loremick, à Lyon. — Nous allons prendre des informations sur ce produit, et nous en parlerons s’il y a lieu.
- Jf. G. B., à Paris. — Vous pourrez vous procurer du sélénium chez les marchands de produits chimiques; mais pour l’obtenir en couche mince sur une plaque de verre ou métallique, il y a heu de faire des essais que nous ne pouvons entreprendre.
- M. E. Scheid, à Paris. — Nous pensons que le courant électrique agira sur le vin ; vous pourriez vous adresser à M. Brochet, directeur du laboratoire de 4e année à l’Ecole de Physique et de Chimie, 42, rue Lhomond, à Paris.
- M. J. Sue, à Bordeaux. — Nous ne croyons pas qu’il existe en France du graphite semblable à celui que nous avons signalé; vous pourriez toutefois vous renseigner auprès de MM. Gamard et Laflèché, 24, rue Sainte-Croix-de-la-Breton-nerie, à Paris.
- M. X., h Charleville. — Pour le transporteur Temperley, il faut vous adresser à l’auteur de l’article, 93, avenue Kléber, à Paris.
- M. Gérard, à Suresnes. — Nous avons donné la composition de plusieurs pâtes pour polycopie à l’article chromographe dans les Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie.
- M. E. F., h Mons. — Nous n’avons pas eu d’autres renseignements à ce sujet depuis cette époque.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. Z,., à B. Nous ne partageons pas votre avis ; nous ne croyons pas que cette fabrication puisse donner de bons résultats. — M, Lelong, à Marseille. Nous allons prendre des informations. — M. M. F, à Bonneville. Voyez les Recettes et procédés utiles, 4ê série, à la librairie Masson et Cie. — M- R. L., à Lille; Af. Person, à Bordeaux. Remerciements pour vos communications.
- HYGIÈNE ET SYNTÉ
- Un nouvel anesthésique#
- Deux expérimentateurs allemands, MM. Einhorn et Heinz, ont découvert récemment un nouvel agent anesthésique auquel ils donnent le nom d’orthoforme. Cette substance appartient au groupe chimique des amido-éthers aromatiques. L’orthoforme consiste en une poudre blanche, cristalline, légère; elle est sans saveur, sans odeur. Sa solubilité est faible. L’orthoforme produit avec les acides des sels solubles, qui jouissent de la propriété anesthésiante aussi; mais ils sont acides, et on ne peut les employer pour les muqueuses, qu’ils irritent. Appliqué à la
- surface d’une plaie, ou d’une muqueuse irritée, l’orthoforme (en poudre ou en pommade) les insensibilise. Plusieurs observations faites sur des malades mettent nettement ce fait en lumière. Chez de malheureux brûlés, en particulier, l’orthoforme a supprimé les douleurs les plus vives en quelques minutes, et le soulagement a duré des heures entières. Comme l’orthoforme n’est pas toxique (lapins et chiens en absorbent impunément de 2 à 6 grammes par jour), il a suffi d’opérer une nouvelle application dès que l’effet anesthésique se dissipait. Au reste, on sait combien est grande la tolérance de l’organisme, par l’exemple d’un malade atteint d’un cancer ulcéré de la face, cancer qui était le siège de douleurs atroces rendant le sommeil impossible. L’ulcère fut saupoudré d’orthoforme pendant une semaine, et la quantité ainsi appliquée fut de 50 grammes. Le malade cessa de souffrir et aucun inconvénient ne suivit cette tentative. L’orthoforme est un anesthésique non toxique : pour les douleurs du cancer de l’estomac, MM. Einhorn et Heinz ont administré plusieurs doses d’un gramme dans la même journée. Il agit de façon très satisfaisante dans tous les cas de plaie ou d’ulcération de la peau ou des muqueuses, et, comme il est fortement antiseptique en même temps, il hâte la guérison des plaies microbiennes. Il est sans action sur la peau intacte, mais son action puissante permet de penser qu’on pourra l’employer comme anesthésique local dans le cas où il y a à exercer une action chirurgicale sur une muqueuse. Des expériences sont poursuivies actuellement, à Munich, dans ce sens.
- Sérum antivenimeux. — La sérothérapie peut certainement passer pour une des conquêtes de la thérapeutique moderne. Voici un exemple tout récent qui prouve bien son utilité. Un cordonnier de Blois, âgé de cinquante-cinq ans, exerce, outre sa profession, celle de charmeur de vipères. Le 50 mai 1897, vers six heures du soir, en faisant ses exercices, il est mordu profondément au pouce droit au-dessus de l’articulation métacarpo-phalangienne. Un assistant lui serre fortement le poignet avec un lien et l’amène aussitôt en charrette à Blois chez le Dr More.au (de Malakoff). Trajet une heure. Le charmeur était déjà dans le collapsus : respiration difficile, pouls très faible, filiforme, etc. Un cercle noir s’est dessiné autour de la blessure. La main est tuméfiée. Le Dr Moreau injecte immédiatement sous la peau du flanc gauche une dose de 10 centimètres cubes de sérum antivenimeux du Dr Calmettes préparé à l’Institut Pasteur, de Lille. On débrida la plaie, on enleva le lien qui enserrait le poignet et l’on pansa au sublimé à 0,50 pour 1000. Dix minutes après l’injection, le faciès devient meilleur et la respiration plus régulière. Le blessé est ramené chez lui. A neuf heures du soir, pouls faible mais régulier, respiration bonne. Le lendemain, la fièvre a disparu; tuméfaction de l’avant-bras jusqu’au pli du coude. Le 1er juin, le gonflement et la tache ecchymotique s’étendent sur la partie latérale du flanc droit et du thorax, Faiblesse extrême, sueurs froides, etc. On pratique une nouvelle injection antivenimeuse. Le 2 juin, le pouls se relève, la chaleur revient. Le malade commence à s’alimenter. 3 juin, état général excellent. Pouls normal. 7 juin, le malade est complètement guéri. On peut affirmer que le charmeur de vipères est revenu de loin. Sans le sérum antivenimeux, il serait mort sans aucun douté. Nous citons cet exemple pour encourager les médecins qui habitent les régions riches en vipères, et elles sont très nombreuses, surtout dans le centre de la France, à se munir toujours du sérum antivenimeux préparé à l’Institut Pasteur, de Paris, ou dans les établissements analogues de province.
- Un remède contre la séborrhée du cuir chevelu,
- M. le Dr P. Eichhoff, médecin-chef du service dermatologique de l’hôpital urbain d’Elberfeld, recommande, pour le traitement de la séborrhée du cuir chevelu, un médicament désigné sous le nom de captol, lequel n’est autre chose qu’un produit de condensation du tanin et du chloral, substances qui figurent depuis longtemps déjà au nombre des remèdes antisebor-rhéiques.
- Notre confrère a employé le captol dans un grand nombre de cas de séborrhée du cuir chevelu sous forme d’une solution alcoolique à 1 ou 2 pour 100, avec laquelle les patients doivent se lotionner la tête matin et soir. L’effet de ces applications se manifesterait généralement au bout de huit à quinze jours par la disparition des pellicules; puis la sécrétion sébacée diminuerait peu à peu, et enfin la chute des cheveux se trouverait définitivement enrayée. Dans les observations de M. Eicbhofl, les lotions au captol n’ont jamais exercé sur le cuir chevelu cette action irritante que produisent souvent les pommades ou les solutions de tanin.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- BIBLIOGRAPHIE
- Journal des travaux manuels, paraissant deux fois par mois. Librairie Louis Chaux, 25, quai Voltaire, Paris.
- Cette publication illustrée dont le premier numéro vient de paraître, est instructive et récréative à la fois. C’est un recueil de tous les travaux que l’on peut exécuter soi-mème (travail du bois, du fer, du carton, etc.), une encyclopédie des arts et métiers dont' l’intérêt n’échappera pas à nos lecteurs.
- L'éclairage des vélos à l'acétylène. Conseils aux cyclistes, par J. Reyval, ingénieur. ï brochure in-8°. Paris, chez l’auteur, 24, rue Chauchat. 1898. Prix : 1 franc.
- Les lanternes à acétylène ont excité vivement l’enthousiasme des fervents de la pédale ; l’éclairage merveilleux qu’elles procurent est en effet obtenu à peu de frais. Mais les appareils sont nombreux, et il faut en savoir choisir un bon. C’est pour guider
- les amateurs que M. J. Reyval a écrit celte r brochure ; il les met au courant de la question et leur donne les notions nécessaires pour fixer eux-mêmes leur choix en connaissance de cause.
- La photographie et l'étude des nuages, par Jacques Boyer.
- 1 vol. in-12. Charles Mende!, éditeur. Paris, 1898. Prix :
- 2 francs.
- Les chiens d’arrêt, par P. Mégnix. Tome II de la 2' édition de l’ouvrage. Le chien et ses races. 1 vol. in-8\ Yincennes, aux bureaux de l'Eleveur, 6, avenue Aubert, 1898. Prix: 4 francs.
- L’Algérie, le sol et les habitants, flore, faune, géologie, anthropologie, ressources agricoles et économiques, par J.-A. Battandier èt L. Trabut, professeurs à l’Ecole d’Alger. 1 vol. in-18. Paris, 1898. Librairie J.-B. Baillière et fils. Prix : 3 fr. 50.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES. DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DD CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 7 mars 1898. — i*,i N. E. 2. Couvert. 0,0 Beau jusqu’à 4 h. et à 10 h. ; couvert le reste du temps; neige commence à 23 h. 45.
- Mardi 8 — i*,i N. N. E. 5. Couvert. 3,3 Couvert; neige jusqu’à 7 h. 1/2 et bruine de 12 à 14h
- Mercredi 9 0',9 N. N. E. 2. Couvert. 0,0 Couvert jusqu’à 19 h. ; nuageux ensuite ; gelée blanche
- Jeudi 10 2,0 N. N. E. 3. Couvert. 0,0 Couvert; gelée blanche.
- Vendredi 11 1*,9 N. N. E. 4. Couvert. 0,0 Couvert jusqu’à 22 h. ; nuageux ensuite.
- Samedi 12 0M N. N. E. 3. Couvert. 0,0 Nuageux; halo et parhélie de droite.
- 'Dimanche 13 ... . 0,6 N. N. E. 2. Couvert. 0,0 Couvert le matin, beau le soir; très brumeux.
- MARS 1898. — SEMAINE DD LUNDI 7 AD DIMANCHE 13 MARS.
- Lundi "1*' Mardi Mercredi | Jeudi I Vendredi ) Samedi | PiMiauriie ,|
- La courbe supérieure indique la nébulosité fie O à 10: les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions ou r .métriques i luiront 'Ire rame ne n 0. ait niveau de la merj,- coni'be plus tntuce, thermomètre à l'abri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre u l'abri a boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites au Parc Saint-Maur en février 1898
- f ; par M. Renou.
- Moyenne barométrique à midi, 738"",87 ; minimum 737”",14 le 4 vers 5b 30 du soir. Maximum 771"“,25 le 1" à 1 heure du matin.
- Moyennes thermométriques : des rninima 1°,40; des maxima' 8fl,fil ; du mois 5° ; vraie des 24 heures 4°,35. Minimum — 4°,1 le 12 à 7k 15 du inalin. Maximum 13°,9 le 16 à 2k 20 du soir. Moyenne des minima sur le sol — 5°,17. Le 17 le minimum sous l’abri étant 6°,6, le minimum sur le sol u été — 1°,8, présentant une différence de 8°,4. II y a eu 10 jours de gelée à glace, et 13 jours de gelée blanche.
- Tension moyenne de la vapeur b““,18; la moindre 2—,8] le 25 à midi; la plus grande 9"“,2 le 1" à 7 heures du soir. Humidité relative pioyenne 82 ; la moindre 41 le 11 à 2 heures du soir et le 25 à midi ; la
- 1 lus gra ide 100 en 12 jours.
- , Pluie 64“",9 en 91k 1/4 réparties en 17 jours. II n’y a eu que
- 2 jours de pluie notabls, 16”",9 le 4 et 10"",0 le 21. Grains de neige dans }a journée fes 3 et 4, neige fondante les 6 et 26, mais qui n'atteint pas le sol. 5 murs de .grains de grêle eu de grésil. 4 jours de brouillard, peu considér blés. Un brouillard partiel sur la Marrie le 25. Gouttes dans la soirée du 13; trace de bruine le 16 au matin.Nébulosité moyenne 68. Le
- 7, 3 coups de tonnerre au.S.-W. à 3‘35 du soir. On a entendu le tonnerre à Paris le 2 à 9h 30 du soif et le 3 à 3 heures du soir.
- Vents dominants du S. au N.-W. le 5 vent du N. qui n’a été fort que peu de temps à midi.
- Température moyenne de la Marne 4°,91 ; elle a varié de 3°,20 le 13 à 6°,45 le 20. Basse et claire au commencement du mois, elle s’est élevée à la fin et est devenue très trouble.
- Relativement aux moyennes normales,- le moi» de février 1898 présente les résultats suivants : Baromètre plus lias de 0"",13. Thermomètre plus haut de 0°,59. Tension de la vapeur plus forte de 0““,02. Humidité relative plus faillie de.2. Nébulosité égale. Pluie plus forte de 29)"",5.
- L’hiver de 1897-1898, (décembre, janvier, février) présente les résultats suivants comme moyennes, et comme écarts de la normale)
- Moyennes. Écarts. Baromètre. . . 762"“,14 -+t 2,53 Thermomètre . 3°,79 +- 1,21
- Tens. de la vap, • 5—,28 -+- 0,29
- Humidité relat,. Nébulosité . Pluie totale
- Moyennes.
- , 86., ' 67'
- 115—,8
- Écarts.
- -f- 2
- — 3 -t-0,9
- Minimum—8°,2 le 26 décembre 1897, Maximum 15°,9 le 16 février-1898.
- L’année dernière l’hiver a présenté un excès Je i°r70, ainsi plus grand que cette année de 1 demi-degré environ. ^ .
- Nous avons noté les floraisons suivantes : le 6, saxifrage à holges feuilles et le 14 l’hépatique;
- PHASES DE LA XUNE VP. L. le 8, à 9 h. 38 min. du matin;' -
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —On annonce <jue le gouvernement russe est décidé à adopter le système métrique.
- —©— Le Journal officiel promulgue un décret présidentiel contresigné par le ministre des colonies, pour réglementer la pêche îles huîtres perlières et de la nacre à la Nouvelle-Calédonie. « Depuis
- tdusieurs années, dit l’exposé des motifs, l'industrie de la pêche des luîtrcs perlières et nacrières en Nouvelle-Calédonie a pris une extension considérable. Les richesses que renferme la mer intérieure comprise entre les côtes de cette colonie et la ligne des récifs, autrefois négligées, sont aujourd’hui reconnues de tous, et plusieurs Sociétés, constituées en vue de les exploiter, ont adressé au gouverneur des demandes de permis de recherches.... » En conséquence, un règlement d’administration publique détermine les conditions auxquelles seront assujettis les concessionnaires ou permissionnaires. Ce sont à peu près les mêmes règles que celles qui ont été adoptées en 1890 pour l’Océanie, où ces pêches miraculeuses sont en pleine décadence.
- —La Compagnie générale des petites voitures à Paris va mettre en service dans peu de temps 250 tiacres électriques à accumulateurs. Des essais seront faits successivement sur divers modèles d’accumulateurs. On espère que l’énergie électrique sera livrée par les secteurs à raison de 0,r,25 le kilowatt-heure pour la charge des accumulateurs ; sinon, des usines spéciales seront installées par les soins de la Compagnie.
- —$$— Une machine historique : Un fabricant de cycles de Berlin expose dans la vitrine de son magasin, situé dans la Leipziger strasse, la draisienne sur laquelle le roi de Wurtemberg, Guillaume Ier, s’est exercé en 1850. Cette curieuse machine sort du musée royal de Stuttgart.
- —La Société nationale d’horticulture de France annonce qu’une exposition générale des produits de l’horticulture et des objets d’art et d’industrie employés pour le jardinage ou servant à la décoration des parcs et jardins, aura lieu du 18 au 25 mai 1898, dans le jardin des Tuileries à Paris. Des objets d’art et des médailles seront distribués aux lauréats des concours. Le 14* congrès'd’horticulture se tiendra les 20 et 21 mai pendant la durée de l’exposition horticole.
- —©— A l’Académie des inscriptions et belles-lettres. M. Paul Meyer a trouvé dans la reliure d’un vieux registre appartenant aux archives de Forcalquier, un fragment composé de dix feuillets doubles, reste d’un livre commercial tenu par un certain Ugo Ferhal, marchand de drap et notaire à Forcalquier. Toutes les opérations inscrites dans le livre sont datées de 1529 à 1532. On ne possédait jusqu’à ce jour aucun livre commercial de cette date.
- —f£— Le célèbre métallurgiste anglais, sir Henry Bessemer, in-ventéur de l’acier qui porte son nom, vient de mourir à Londres.
- —Voici quelques chiffres concernant la métallurgie et le procédé Bessemer. La production des combustibles minéraux est passée de 29189900 tonnes en 1890, à 30 755 353 en 1897; celle des fontes de toute espèce a été de 2472143 tonnes, en augmentation de- 132 000: celle des fers puddlès et affinés, de 828 273 tonnés, en augmentation de 485; et celle des aciers de 1281595 tonnes, en augmentation de 100 852, dont 806 853 provenant de lingots Bessemer et 474742 de lingots Siemens-Martin, La fabrication de l’acier aimanté est descendu à 1122 tonnes et celle de l’acier fondu à 11 500. Le procédé Bessemer maintient sa supériorité sur tous les autres. Le fait est que la vulgarisation de ce processus industriel a fait descendre le prix de l’acier commun de 1200 francs
- la tonne à 150, de sorte que l’on a pu employer ce métal pour les rails.de chemins de fer, en mettant à profit le gabarit à patin créé ar un autre ingénieur anglais, mais d’origine française, le célèbre ignolles.
- —Hécatombes d’éléphants. D’après la Revue scientifique, M. G. Lacy, dans une lettre adressée au South Africa, essaie d’établir le chiffre des éléphants tués par les Européens dans l’Afrique du Sud. Il donne une liste de 38 chasseurs qui ont abattu de 100 à 600 de ces animaux; d’autres noms pourraient sans doute y être encore ajoutés. C’est M. Hartley qui tient le record de cette chasse stupide, avec 600 victimes; puis vient un certain M. J. Green, qui aurait abattu 500 éléphants, et 3 seigneurs de moindre importance qui n’en auraient abattu que 400. M. Lacy estime qu’environ 100 chasseurs ont tué de 50 à 100 éléphants, soit 7000. Si l’on ajoute à ce chiffre 5000 animaux tués par des chasseurs ayant fait moins de 50 victimes, on arrive à un total de 20000 éléphants. Cependant ce chiffre ne doit pas. être accepté sans de grandes réserves, car, sauf en ce qui concerne quelques rares discussions, on est forcé de s’en rapporter au témoignage des chasseurs eux-mêmes, Trois chasseurs seulement ont chassé de 1825 à 1835 et un seul de 1830 à 1840. Tous les autres ont chassé de 1840 à 1880, à l’époque où la chasse de l’éléphant était pratiquée au point de vue industriel. M. Lacy ne croit pas qu’aucun chasseur ait tué plus de 100 éléphants depuis cette date, et encore ce chiffre aurait-il besoin d’être confirmé. Nous le croyons aussi. Mais il est grand temps de faire cesser ce gaspillage et ces chasses qui conduiraient à bref délai à l’extinction de la race.
- —®— On a frappé récemment à la Monnaie les premiers exemplaires de la nouvelle pièce de un franc, qui ne diffère de celle de cinquante centimes que par la disposition de la devise sur son revers : sur celle-ci cette devise occupe la partie inférieure de la pièce, sur celle de un franc elle eneeint tout le champ, en exergue. La nouvelle pièce de un franc sera mise en circulation prochainement pour quelques centaines de francs, mais la frappe en sera continuée, le contingent de la nouvelle monnaie d’argent divisionnaire devant atteindre cette année cinquante millions de francs.
- —— L’Etat entreprend la fabrication de nouvelles allumettes à Trélazé; cette fabrication vient d’être organisée sur une grande échelle. L'administration continue la transformation de ses ateliers par la manufacture de Bègles où les allumettes S.-C. — ainsi appelées du nom de leurs inventeurs, MM. Sévêne et Cahen, ingénieurs des manufactures de l’Etat — vont être préparées à l’exclusion de toute autre espèce de produits. Cet établissement sera donc, lui aussi, dans peu de temps, soustrait à l’action délétère du phosphore blanc et la nécrose en sera définitivement éliminée.
- --®— La Revue industrielle annonce que la plus grande Compagnie de gaz du monde, la « Gas light and Coke Company », qui éclaire les quartiers de Londres situés au nord de la Tamise et qui a fabriqué, dans son dernier exercice clos le 30 juin 1897, environ 621 millions de mètres cubes, a décidé d’augmenter le prix du gaz de 0,r,003G par mètre cube. Le prix de vente était de 0,r,126 le mètre cube. Le déficit viendrait de la baisse des sous-produits, coke, goudrons, sulfate d’ammoniaque, benzols, anthracènc.
- —($$— La marine britannique prévoit pour ses constructions navales pendant l’année l>udgétairc*1898-189J des crédits supérieurs à 270 millions de francs. Ce chiffre dépasse de 30 millions environ celui de l’année 1897-1898. Cette somme énorme n’a pas seulement pour but de poursuivre l’accroissement régulier de la flotte anglaise, mais aussi de réparer le temps perdu l’année dernière par suite de la grève des mécaniciens qui n’a pas uniquement touché les chantiers privés, mais a également entravé le travail dans les arsenaux,
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le nouvel appareil à tubes scellés se trouve à la Société centrale de produits chimiques, 44, rue des Écoles, à Paris.
- Communications— MM. Vallot et Pauze, ingénieurs électriciens à Saint-Étienne, propriétaires exploitants d’une usine à papier, viennent de fabriquer un nouveau genre de papier dit métallisé. Ils sont parvenus à sertir par incrustation dans la pâte même de cellulose en cours de fabrication, des
- [tarcelles métalliques de diverses natures. Après le passage sous es cylindres compresseurs et frictionneurs, le métal apparaît sur la surface du papier en sablés très brillants. Ceux d’étain et d’aluminium entre autres deviennent après lustrage presque inoxydables, leur état brillant peut se conserver plusieurs années même exposés à l’air. Les effets de miroitement que produisent ces papiers (surtout le soir à la lumière), sont remarquables, particulièrement avec les papiers gauffrés une fois métallisés. Ces nouveaux papiers très solides et qui se font en toutes forces et nuances à des prix de revient très abordables trouveront certainement de nombreuses applications, qu’ils soient garnis d’impressions couleurs, gauffrés ou simplement uni-!, ils peuvent servir pour la confection : de tapisseries, tentures, décors, ornements divers, boîtes cartonnages, cornets, sacs de confiserie et parfumerie ; étuis à cigarettes, enveloppes et pliages de luxe, voire pour la reliure de fantaisie, etc., etc. MM. Vallot et Pauze, en sablant fortement de granules cuivre et zinc une pâte de cellulose spécialement préparée, ont obtenu un papier qu’ils désignent sous le nom de tissu électrique. Un morceau de ce tissu imbibé d’eau salée contient, dans une faible surface, des milliers de couples voltaïques minuscules, capables de développer chacun un faible courant électrique. Appliqué à la surface de la peau le tissu électrique possède des propriétés thérapeutiques intéressantes.
- M. le professeur Filippo Re, à Licata (Sicile) nous adresse une brochure qu’il vient de faire paraître et qui a pour titre : La teoria dei raggi Roentgen.
- M. E. Dubois, à Reims, à propos de notre article sur la destruction des insectes en Californie (n° 1293, du 12 mars 1898, p. 227), nous signale le brevet pris par M. Marcel Schwartz le 29 novembre 1897 pour une méthode de traitement du phylloxéra également par l’acide cyanhydrique. Les premiers essais remontent à 1893, les essais sur la vigne cultivée à 1895. Il nous adresse deux brochures résumant les conférences qu’il a faites sur la destruction du phylloxéra à la Société d’Étude des sciences naturelles de Reims.
- Renseignements.—M. W. Kenngott, à Paris.—Les jumelles hvperdioptriques décrites dans le n° 1157, du 3 août 1895, page 157, se trouvent chez l’ingénieur Chevallier, opticien, 15, place du Pont-Neuf et chez le Dr A. Chevallier, 158, galerie de Valois au Palais-Royal, à Paris.
- M. Jakob Jenny, à Énnenda. — Pour ce qui concerne le microphonographe, que nous avons décrit dans le n° 1282, du 25 décembre 1897, p. 55, il faut vous adresser à la Société industrielle des téléphones, 25, rue du Quatre-Septembre,àParis.
- M. L. F. M., à Poitiers. — Il existe des petites lanternes électriques pour les bicyclettes ; vous en trouverez à la Société des accumulateurs légers, 49, rue des Archives. Nous avons également décrit deux modèles de lanternes |à acétylène dans les Petites Inventions (n° 1277, du 20 novembre 1897 et n°1282, du 25 décembre 1897). Les adresses des constructeurs sont les suivantes : M. J. Sabatier, 253, rue Saint-Martin et M. Ch. Chardin, 5, rue de Châteaudun, à Paris.
- M. F. Teissereng, à Ceilhes. — Il faut vous adresser directement à la Cie générale des voitures, 1, place du Théâtre-Français à Paris.
- M. A. M., à Valenciennes. — 1° Ce séjour peut être malsain et nuisible à la santé. —2° Il n’y a pas d’autres moyens que de
- faire sécher les murs en allumant du feu, et d’ouvrir les fenêtres les jours de soleil.
- M. G. Nicolopulo, à Valenciennes. — L’adresse de M. Lioret est 18, rue Thibaud, à Paris.
- M. A. Z., h Y.(Belgique). — Voitures automobiles : M. Panhard, 19, avenue d’Ivry ; MM. Peugèot, 22, avenue de la Grande-Armée ; M. Mors, 48, rue du Théâtre ; M. Richard, 13, rue Théophile-Gauthier; M. D. Augé, 24, rue des Ardennes, à Paris.
- M. R. Brandon, à Porto (Portugal). — Patins spéciaux à courroies: M. Ringo, 11, passage Charles Dallery; MM. Riecke et fils, 41, rue Meslay; MM. Pilling et Hummel, 28, rue Notre-Dame-de-Nazareth, à Paris.
- M. F. Fouilliand, à Posadas. — Outillage complet pour la tonnellerie : MM. Gauthier frères, 20, rue du Temple, à Paris.
- M. Manuel de Ysasi Ysasmendi, à Bilbao. — Vous voulez, sans doute parler du manuel pratique de galvanoplastie de M. Tommasi ; il faut vous adresser à la librairie Fritsch, 30, rue Jacob, à Paris.
- M. G. A. Macry, àFoesani. — 1° Pour le microphonographe, s’adresser à la Société Industrielle des téléphones, déjà mentionnée plus haut. — 2° Phonographe Lioret, 18, rue Thibaud, Compagnie générale des phonographes, 98, rue de Richelieu, à Paris.
- Questions. — N° 1238. — M. E. P., à Paris, désirerait savoir où l’on peut trouver du talc sulfaté qui a été employé en Bourgogne pour préserver les bourgeons de la vigne contre les gelées printanières et contre le mildew.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Virieu, à X. Votre lettre a été transmise à l’auteur. — M.- Mathet, à Saint-Antonin. Nous n’avons pas gardé la note que vous demandez et nous n’avons pas d’autre adresse. Tous nos regrets. — M. D. R., à Z; M. Leblanc, à Paris. Voyez les Recettes et procédés utiles, lro série, à la librairie Masson et Cie. — M. J. Quillod, à La Chaux-de-Fonds. Nous n’avons pas d’adresse plus complète. — M. B. L., en Vendée. Nous regrettons de ne pouvoir vous fournir ce renseignement.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Régime de l'obésité.
- PERMIS
- Potages : En petite quantité, bouillon de bœuf, mouton, poulet avec addition d’herbes, de viande, de riz de veau. — Poissons excepté l’anguille ou le saumon, caviar. — Viandes en abondance, pot-au-feu, mouton, tous les rôtis, poulets de grain, gibier, jambon, langue, saucisson (Il est avant tout nécessaire d’assurer l’apport d’albuminoïdes destinés à conserver le taux normal des albuminoïdes organiques). — Œufs. — Légumes verts frais, comme supplément, suivant la saison, cuits à l’eau salée et au beurre fondu, salades vertes, champignons. — Pain : 100 à 200 grammes par jour, rassis et grillé. Dessert : Fruits à noyaux, raisins, baies, fromages vieux. — Boissons : En cas de repos au lit et d’exercice modéré à l’air, une quantité quotidienne de 1500 à 1800 centimètres cubes sera nécessaire, en tenant compte du liquide contenu dans le potage, les fruits, etc. Eau, eaux minérales, potages légers au gruau ou à l’orge additionnés de jus de citron, café, thé saqs sucre, lait écrémé ayant reposé, surtout quand l’appétit est défectueux. 150 centimètres cubes. — Le cas échéant, au repas, un verre de vin blanc léger.
- DÉFENDU
- Viandes et volailles grasses, liquides alcooliques, bière de Bavière, champagne doux, spiritueux, substances produisant du sucre, farineux, pommes de terre, poudings, pâtés, pâtisserie et confiserie, sauces sucrées et compotes. Én cas de faiblesse musculaire, repos au lit, massage : dans l’intervalle, promenades au grand air, gymnastique^ de chambre hygiénique, lavages et enveloppement du corps à l’eau froide, bains. Au bout de la première quinzaine, se contenter d’une perte de poids de 500 grammes par semaine. La prudence est de rigueur chez les cardiaques, les diabétiques, les bronchitiques, et les aliénés. La cure sera dirigée par le médecin qui devra voir son patient au moins tous les huit jours. Examen régulier des urines, au point de vue du sucre et de l’albumine1.
- 1 D’après les Rlock-notes diététiques à l’usage des praticiens, par un Médecin praticien, traduit sur la 7° édition allemande par le Dr E. Vogt.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni A insérer toutes les communications.— Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES MENTIONS1
- Régulateur d'eau. — La grande pression de distribution d’eau fait sortir des robinets l’eau en jets violents et irréguliers et la pression fait éclabousser l’eau sur la pierre de l’évier. On a bien essayé de remédier à cet inconvénient en ajoutant aux robinets des bouts de tuyaux en caoutchouc, mais ce moyen manque d’efficacité et n’est utile que dans des cas tout à fait
- Régulateur d’eau,
- 1. Vue extérieure. — 2. Coupe intérieure. — 5. Mode d’emploi.
- particuliers. Le nouveau régulateur que nous présentons peut être utile. Il est formé par un petit manchon en celluloïd (n° I) qui imite l’ivoire et possède dans un étranglement (n° 2) un certain nombre de toiles métalliques très fines superposées de telle sorte que la pression de l’eau qui traverse ces toiles se trouve complètement amortie tout en laissant passer la même quantité. Il suffit de pousser le régulateur sur l’embouchure du robinet pour voir, en ouvrant la clé, couler l’eau comme de l’huile (n° 3) et se disperser sur la pierre sans la moindre éclaboussure et sans qu’une seule goutte ne se trouve projetée. — Pour le régulateur d’eau, s’adresser à M. Kratz-Boussac, 3, rue Saint-Laurent, à Paris.
- \oavean support pour bicyclettes. — La saison s’approche où les promenades en bicyclette vont recommencer. On aime alors beaucoup avoir un support commode pour reposer son appareil. Entre tous nous signalerons celui que vient de
- Nouveau support pour bicyclettes.
- 1. Vue de détail. — 2. Mode d’emploi.
- décrire le Scientific American et qui est remarquable par sa simplicité. Il consiste en un anneau métallique que l’on peut enserrer autour d’un poteau. Un ruban forme une série de plis et de replis maintenus à leurs extrémités contre l’anneau central (n° 1). Les deux bouts extrêmes peuvent être serrés à l’aide d’un boulon. Il se présente ainsi plusieurs encoches qui permettent de fixer la bicyclette, comme le montre le n° 2 de notre dessin. — Ce nouveau support est fabriqué par MM. Risdon etPoole, 19, Jennie Street, à Trenton (New Jersey).
- • La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- BIBLIOGRAPHIE
- L’anatomie comparée des animaux basée sur l’embryologie, par Louis Roule, professeur à la Faculté des sciences, Université de Toulouse. 2 vol. grand in-8°. Paris, Masson et Cie, éditeurs, 1898. Prix : 48 francs.
- Ce livre est un traité élémentaire d’anatomie appuyée sur l’embryologie, et un exposé succinct de philosophie zoologique. La manière dont les faits, mis en leur lieu naturel, se groupent et se complètent, donne par elle seule, avec une évidence toujours plus nette, le sentiment d’une lente évolution, subie incessamment par la matière vivante^ et des voies qu’elle a suivies. La méthode scientifique part des faits pour arriver à concevoir les causes. Par sa méthode de rigoureuse logique, par son esprit de synthèse, l’ouvrage mérite d’intéresser les personnes qui, de près ou de loin, s’attachent aux sciences biologiques, soit pour elles-mêmes, soit pour leurs applications, soit pour leurs conséquences philosophiques. Ajoutons que 1202 gravures dans le texte facilitent beaucoup la compréhension et les recherches.
- Climatologie de la région de Paris, par Joseph Jaubert, chef du service physique et météorologique de l’Observatoire municipal de Montsouris, et annexe tour Saint-Jacques. I vol. in-8°, Paris, Librairie Baudry et Cie, 1898.
- Petite encyclopédie pratique du bâtiment, publiée sous la direction de M. L.-A. Barré, ingénieur des arts et manufactures. N° 1. Terrassements, fondations, échafaudages, chantiers. N° 2. Matériaux de construction, emploi et résistance. 2 vol. in-18. Paris, E. Bernard et Cie, éditeurs. Prix : 1 fr. 50.
- Évolution individuelle et hérédité. Théorie de la variation quantitative, parM. Le Dantfx. I vol. in-8° de la Bibliothèque scientifique internationale. Félix Alcan, éditeur, Paris. Prix : 6 francs.
- Les Jardins d’essai coloniaux, par Jean Dvbowski, directeur de l’agriculture et du commerce de la régence de Tunis. 1 brochure in-16. Paris, librairie Hachette et Cie, 1898.
- United States geological survey, Ch. Walcoot, director. Seventeenth annual report, 1895-1896. Part I. Director’s report and other Papers. Part II. Economy, Geology qnd Hydrography. 2 vol. in-4°. Washington, government Prin-ting Office, 1896.
- Magic stage illusions and scientific diversions including trick photography. Compiled and edited by Albert A. Hopkins, editor of the Scientific American Cyclopedia of receipts, notes and queries. With an introduction by Henry Ridgely Evans. 1 vol. in-8°. Munn and C°, New-York, 1898.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Moyen de souder le verre aux métaux. — Pour souder le verre aux métaux, on peut employer un alliage composé de 25 parties en poids d’étain et de 5 parties de cuivre. Cet alliage possède le même coefficient de dilatation que le verre. En ajoutant 0,5 à 1 pour 100 de plomb ou de zinc à l’alliage, on le rend plus tendre ou plus dur à volonté. Cet alliage fond à 360° C.
- Pâte pour fourneaux de cuisine. — Pour entretenir et passer au noir les fourneaux de cuisine, notre confrère Nationa l Drugqist recommande les deux recettes suivantes :
- 1™ recette. — Prendre 10 parties de couperose, 5 de noir animal et 5 de graphite en poudre, puis y ajouter assez d’eau pour faire une pâte de consistance voulue ; il est bon d’additionner d’un peu d’alun.
- 2' recette. — Mélanger ensemble 5 parties de résine en poudre et 10 de savon jaune commun coupé en tout petits morceaux, puis verser par-dessus 40 parties d’eau bouillante et faire chauffer jusqaà obtenir une mixture homogène; on ajoute, tout en remuant, une quantité de noir animal ou de plombagine suffisante pour colorer, et l’on enlève du feu. Si la pâte est trop épaisse, on dilue un peu avec de l’eau bouillante.
- L’emploi de la vapeur contre les incendies. — Pour lutler contre le feu, la vapeur est bien supérieure à l’eau, qui a le grand inconvénient d’endommager considérablement les objels qui échappent à la combustion : cela est particulièrement vrai pour les cargaisons de coton, où les incendies sont fréquents et où l’eau fait des dégâts formidables, s’élevant souvent à 150 000, 160 000 francs et davantage. C’est pourquoi l’on a mis en service, dans le grand port cotonnier américain de
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Galveston, un bateau extincteur spécial, le Cynlhiu, qui n'emploie que des jets de vapeur pour lutter contre le feu : dernièrement il a sauvé d’une conflagration totale le Ribsion, et les dégâts faits à la cargaison n’ont pas monté à 2500 francs.
- Pour faire disparaître Vodeur du caoutchouc. — On sait combien est tenace l’odeur de tous les objets en caoutchouc, et combien elle est désagréable à beaucoup de gens, l'our la faire disparaître entièrement, S. Bourne recommande de recouvrir les deux faces de l'objet d'une couche mince de noir animal, puis de le maintenir ainsi pendant trois ou quatre heures à une température de 50 à 60°
- Recherche de petites quantités de plomb, d’après MM. Antony et Benelly1. — Lorsqu’un liquide renferme seulement des traces d’un sel de plomb dissous, comme c’est par exemple le cas pour certaines eaux potables, le sulfure qui prend naissance sous l’influence de l’acide sulfhvdrique est colloïdal et ne peut
- 4 Gaz. chim. ital., t. XXVI (1), p. 218.
- être rassemblé qu’avec difficulté. Les auteurs ont employé avec succès l’artitice suivant : on ajoute à la dissolution du chlorure mercurique et l’on précipite le mélange des deux métaux sous forme de sulfure mixte. Ce mélange peut alors être recueilli sur un filtre; on le sèche; puis on le chauffe de façon à volatiliser le sulfure mercurique. Le résidu est constitué par du sulfure de plomb que l’on transforme en sulfate pour caractériser le métal qui en forme la base.
- Mastic diamant.
- Colle de poisson.............100 grammes.
- Alcool à 90°.................150 —
- Résine ordin. en poudre . . . 200 —
- Faire dissoudre la colle de poisson dans l’alcool ; ajouter la résine par petites quantités en remuant constamment le mélange à l’aide d’un morceau de bois jusqu’à ce qu’on ait obtenu une pâte molle, que l’on conserve dans un flacon bouché à l’émeri. Sans cette précaution, elle durcirait très vite. S'emploie pour recoller le verre ; c’est un mastic très résistant.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 40-,30). — .Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES | OBSEltVATIONS GÉNÉRALES
- . Lundi 14 mars 1898. — 3% 5 S. E. 1. Beau. 0,0 Beau le matin, puis très nuageux; couvert après 17 h. Drouillard de 5 à 8 h.
- Mardi 15 5',0 S. 2. Couvert. 0 0 Couvert jusqu’à 16 h.; puis très nuageux; beau après 22h.; gelée blanche; petite pluie à plusieurs reprises.
- Mercredi 16 4M S. 3. Couvert. 1.4 Couvert de 7 à 22 h. ; 1res nuageux le reste du temps; gelée bl. ; petile pl. de 6 h. 50 à 7 h. 50 et vers 8 h. 30.
- Jeudi 17 6,1 S. 0. Couvert. 1,0 Nuageux à 8-9 h. ; couv. avant et après ; halo circonscrit.
- Vendredi 18 8”,1 S. W. 2. Couvert. 0.0 Couvert ; quelquefois de la bruine.
- Samedi 19 9»,5 S. S. W. 2. Couvert. 0,0 Couvert.
- Dimanche 20 ... . 8",0 N. E. 2. Couvert. 0,0 Couvert jusqu’à 22 b.; beau à 24 h.
- MARS 1898. -- SEMAINE DU LUNDI 14 AU DIMANCHE 20 MARS.
- Lundi
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les fléchés inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe 'épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- La neige. — La neige est tombée à nouveau les 14 et 15 mars sur les cantons de Mont-Louis et Saillagouse, arrondissement de Prades. Trois voyageurs et le facteur portant le courrier de Porté (Pyrénées-Orientales) à Ax-ies-Thermes (Ariège) ont failli mourir près du village de l’Hospi-talet, sous une tourmente de neige. Les cantonniers Garretta et Colomer, eu. résidence à la maison de refuge du col de Puigmorens (2000 mètres d'altitude), voyant le danger que couraient les voyageurs, leur ont porté secours et les ont sauvés après de grands efforts au moment où, engourdis par le froid, ils allaient disparaître sous la neige.
- Température de l’air à la surface de sols de différentes natures. — M. Joseph Jaubert fait poursuivre à l’Observatoire de Montsouris, d’intéressantes observations sur la variation de la température de l’air à là surface de différents sols. Dans ce but, des thermomètres à minima et maxima placés à 3 centimètres au-dessus de sols gazonné, sablé, asphalté, pavé en grès et pavé en bois ont été lus chaque
- jour et les nombres relevés pendant plus d’une année, ont permis les conclusions suivantes : ~
- Sur les sols dénudé, sablé, asphalté, pavé en grès ou en bois, la moyenne de température annuelle y surpasse de0°,2 à 0°,7, celle obtenue sur le sol gazonné. -En été sur le pavage en bois, la température maxima est plus élevée que sur le gazon ; en hiver la moyenne à peu près égale. Le sol bitumé est un peu plus chaud que le pavé de bois, l’excès sur le gazon est très grand en été. Le sol dénudé (sablé) et le sol pavé de grès sont également plus chauds que le gazon en été, mais en hiver le sol dénudé est un peu plus froid. Enfin sur ces différents sols, le nombre des jours de gelée ne dénasse pas les deux tiers du nombre des jours de gelée constatés sur le sol gazonné. Lorsqu’il tombe de la neige, celle-ci persiste plus longtemps sur le sol gazonné et sur celui pavé de bois que sur les autres sols. Enfin, il est à remarquer qu’en été la trace d'une petite pluie disparaît très rapidement sur le sol asphalté ou pavé de grès, tandis que l’humidification du sol pavé en bois se prolonge' souvent peu* dant plusieurs heures après la fin de l’averse.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 15, à 7 h. 57 mm. du matin. Equinoxe le 20, à 2 b. 16 min. du soir.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Si— Les travaux entrepris en vue de l’Exposition de 1900 se poursuivent régulièrement et avancent à vue d’oeil. Aux Champs-Elvsées, les murs des nouveaux palais s’élèvent maintenant bien au-dessus des clôtures en planches. Au Cours-la-Reine, on continue à enlever les arbres qui pourraient gêner les constructions à édifier sur ce point. Les arbres, au moyen de chariots, sont transportés au Bois de Boulogne, où ils sont immédiatement replantés dans des terrains formés d’alluvions, excellents, par conséquent, pour la santé de ces arbres, lesquels reviendront après l’Exposition, au Cours-la-Reine. Quant aux arbres des berges, il sera impossible de les enlever, enclavés qu’ils sont, pour ainsi dire, dans la maçonnerie des parapets. On devra les couper au ras du sol. Plus tard, on en replantera d’autres, mais dans des conditions différentes de celles observées jusqu’ici. Ainsi, au lieu d’échelonner les arbres sur une seule ligne, en laissant entre chacun d’eux un espace de 5 mètres, on formera des groupes d’arbres comme il y en a entre le pont du Carrousel et le pont Royal. Cette disposition, moins régulière, mais plus artistique, embellira dans une large mesure les bords de la Seine.
- —®— Le quatrième congrès pour l’étude de la tuberculose, aura lieu à Paris, à la Faculté de médecine, du 27 juillet au 2 août 1898. sous la présidence de M. Nocard.
- —Le Congrès de l'Union nationale des Sociétés photographiques de France se tiendra à Nancy, du samedi 28 mai au dimanche 12 juin 1898. A cette occasion, la Société lorraine de photographie a organisé une exposition générale de photographie à Nancy et une excursion dans les Vosges.
- —®— Quelques détails sur les naturalisations en France. Le rapport annuel sur les résultats de l’application, en 1897, des dispositions du Code civil relatives à la nationalité, a tout d’abord, le mérite de venir à son heure. 11 a été accordé 3252 naturalisations, en diminution de 330 sur 1890, dont 2447 s’appliquent à des hommes et 805 à des femmes; 1169 de ces naturalisés étaient mariés à des Françaises. Dans le nombre total, les propriétaires ou rentiers figurent pour 1/2 pour 100, les professions libérales pour 4, les industriels et commerçants pour 9, les employés de commerce et d’administration pour 7, les ouvriers de la petite industrie pour 50, les travailleurs agricoles pour 4, les marins-pêcheurs pour 2, les ouvriers dans les grandes usines pour 7, les journaliers pour 14, et les individus sans profession pour 2 1/2. Les gens riches fuient la nationalité française à cause du service militaire. Parmi les naturalisés, on compte 831 Italiens, 500 Belges, 515 Alsaciens et 153 Allemands; le nombre des enfants de ces familles était de 4101. En Algérie, il y a eu 1607 naturalisations, en augmentation de 276 sur 1896, avec 804 enfants. Sur 652 chefs de famille, il y a 258 Italiens, 205 Espagnols, 75 indigènes algériens, 47 Maltais, 12 Marocains, 7 Allemands, 9 Alsaciens, 9 Suisses et 10 de divers pays. Dans les colonies et pays de protectorat, il y a eu 90 naturalisations, dont 1 Danois et 1 Allemand à Tahiti. Enfin, il y a eu 408 répudiations de la nationalité française et 1956 réintégrations, dont 285 accordées à des hommes et 1671 à des femmes.
- —®— Les importations se sont élevées, du 1er janvier au 28 février 1898, à 725 581 000 francs, et les exportations à 485875000 francs. Les importations ont présenté une somme supérieure à celle de 1897 de 42981000 francs.
- —®— Une attraction de la prochaine exposition internationale de Glasgow sera la statue colossale en papier durci de la reine Victoria. Elle a douze pieds de haut et pèse 20 000 kilogrammes. On évalue la dépense à 200 000 francs.
- —®— On sait qu’en Angleterre, jusqu’ici, le témoin appelé à déposer était tenu, après avoir prononcé la formule du serment, de-baiscr un exemplaire de la Bible. Cet usage avait déjà soulevé
- 3uelques protestations, celle, par exemple, d’un médecin qui, l’an ermer, déclara ne pouvoir, sans péril pour sa santé, toucher de ses lèvres un livre où tant de bouches s’étaient déjà posées. Comme on le menaçait d’une amende s’il s’obstinait à refuser le serment, le
- firudent docteur demanda, tout au moins, l’autôrisation de désinfecter a Bible. La Cour, après en avoir délibéré, fut d’avis qu’aucun texte de loi ne s’opposait à ce qu’on rendît le serment antiseptique ; en suite de quoi le témoin rassuré aspergea d’acide phénique le livre saint, y déposa le baiser rituel et commença sa déposition. Ce premier incident avait eu pour effet de provoquer la création d une Ligue destinée à obtenir du Parlement la réforme du serment judiciaire. Un fait nouveau semble devoir servir la cause qu’elle défend. Un policeman comparaissait ces jours derniers devant la Cour de police de Wareham. Deux heures après, il rentrait à son poste, se plaignait d’intolérables douleurs de gorge et bientôt succombait. Les médecins, chargés d’examiner le cadavre, constatèrent une inflammation purulente des muqueuses et, se rappelant que le policeman avait prêté serment avant de déposer, demandèrent qu’on saisît, à la Cour de justice, l’exemplaire de la Bible destiné aux témoins. Il fut trouvé dans un état repoussant de malpropreté. Cet incident a produit une vive émotion et des meetings de protestation contre le serment judiciaire sont déjà annoncés dans tout le Royaume-Uni.
- —!Quelques chiffres pour les amateurs de statistique. Il y a actuellement en France 9 059 325 maisons et 141 755 usines. 1,'après le dernier recensement, on ne compte pas moins de 68 301895 portes et fenêtres. Le nombre des commerçants, des industriels et de tous ceux qui exercent des professions libérales et payent patente est de 1 727 454. L’impôt a frappé 1 518 349 voitures et 1 208 717 chevaux, mules et mulets, 5 128 571 chiens, 507 814 vélocipèdes, 92 725 billards, 5016 cercles, 187 séminaires et 1826 congrégations religieuses. Enfin, le chiffre des propriétaires de parcelles plus ou moins grandes du territoire n’est pas moindre de 8 454 218.
- —®— On annonce que le départ de l’expédition du capitaine Sverdrup, vers le pôle Nord, est fixé au 10 juin prochain. Le voyage, (pii s’effectuera à bord du Fram, durera environ trois ans. On se rappelle que c’est le capitaine Sverdrup qui a ramené le Fram en Norvège, après sa longue détention dans l’océan Glacial. Dix savants norvégiens et suédois prendront part à cette expédition.
- —®— Le temple de la Victoire Aptère. Tout le monde connaît de nom le temple de la Victoire Aptère, sur l’Acropole, à Athènes : on vient récemment de découvrir, sur une pierre du monument, une inscription établissant qu'il a été construit par Kallicratès, un des architectes du I’arthénon.
- —®— Un nouvel emploi du cinématographe. Les officiers de la marine allemande viennent d’employer le cinématographe, ou plus exactement le biographe Messter-Betz, à un usage tout nouveau : ils s’en sont servis comme d’un enregistreur, pour constater les différents mouvements de la coque d’un navire pendant son lancement. Cela permettra certainement des constatations fort intéressantes.
- —®— Un yacht marchant à 61 kilomètres par heure. C’est du moins l’allure à laquelle le nouveau yacht Elliae a parcouru sa base d’essais sur la rivière Iludson : ce bateau est long seulement de 24m,40.
- —®— Singulière manière d’empêcher les enfants de crier. IF paraît qu’à New-York, aussitôt qu’un baby commence à crier, sa nourrice le prend doucement dans ses bras et lui applique sa main-sur le nez et la bouche de façon à l’empêcher de respirer. Les cris cessent immédiatement, aussitôt que F-enfant ne peut plus respirer. Recommence-t-il à crier, nouvelle application de la meme méthode d’arrêt, et cela jusqu’à ce que le bébé soit convaincu que la difficulté de respirer tient à ses propres efforts pour crier. Dés qu’il est bien convaincu, il se tient tranquille. Est-ce bien sûr?
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les piles â oxyde de cuivre de Lalande se trouvent chez M. Louis Digeon, 25, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, à Paris.
- Communications — M. A. Stiger, à Cilli, nous envoie une brochure qui a pour titre : Ueber dass Wettcrschiessen (Sur lesvariations de temps), et qui est éditée à la librairie Fritz Rasch.
- M. F. Fée, à Nantes, à propos d’une communication parue dans notre précédente Boîte aux lettres, nous écrit : « Le morceau de nuage de votre correspondant russe est un nostoc (voy. Flore des algues d’eau douce d’Europe, Rabenhorst, Leipzig, 1864. Phycochromophycées, p. 162, sq.). Le nostoc commun apparaît inopinément après la pluie, en masses gélatineuses, et se réduit par dessiccation à des membranes délicates presque invisibles. Les zoospores mobiles sont fort curieux. On observe ce singulier végétal jusqu’à 60° de latitude nord. »
- M. le Dr Alfredo Dugés, à Guanajuato, nous adresse la lettre suivante : « Au Mexique aussi on mange des vers. Ce sont les larves d’un insecte qui vivent dans l’épaisseur des feuilles d’un Agave (maguey) et qui, pour cette raison, reçoivent le nom de Gusanos (vers) del maguey, en mexicain meocuillin (même signification). Ces larves sont blanches, dodues, de 6 à 7 centimètres de long et grosses comme le petit doigt, fort semblables pour les détails aux chenilles des papillons. D’habitude on les fait frire ou plutôt griller sur un comal, sorte de disque plat, en terre cuite : quelques personnes les écrasent alors sur une galette de maïs et les mangent sans autre préparation : le plus souvent on sert les vers entiers et on les croque avec un peu de sel. Jamais je n’ai pu en consommer plus d’un, non à cause du goût qui rappelle la bouillie de maïs au lait, mais par suite d’une répugnance parfaitement inexcusable chez un médecin et un naturaliste. On sait aussi depuis longtemps en France que, sous le nom d’aou^oullé (auautle) les habitants de la capitale mangent les œufs très petits et blancs d’une espèce de punaise aquatique. Ces œufs, conservés secs, sont broyés, mélangés à un peu de blanc d’œuf, confectionnés en forme de beignets, et frits dans de la graisse de porc. C’est là un mets beaucoup moins répugnant que le précédent, mais d’une saveur assez analogue à celle des crevettes séchées : en somme peu appétissant et peu nourrissant aussi. Par contre les rats sont « boccone di cardinale ». Un grand rongeur de cette famille, appelé rata de maguey ou rata conejo (rat-lapin) et en zoologie Neotoma flori-dana, abonde autour de San Luis Potosi, où il se nourrit des feuilles et des hampes des Agaves. Cet animal a le poil très fin, blond-roux dessus, blanc dessous, et la queue est pareille à celle de nos rats de Frarce; en coupant cet appendice les personnes délicates peuvent se faire l’illusion qu’elles mangent un animal différent. Ce néotome est forl estimé à San Luis : on le sert ordinairement frit, et alors la chair en est très délicate et rappelle celle du lapin et du poulet. Je n’ai jamais eu l’occasion de le goûter ainsi préparé, mais un de mes amis m’en a envoyé conservés dans une sorte de sauce où entrent les épices, le laurier et le vinaigre, sans que ces condiments altèrent la saveur primitive. Bien des gens trouveront que j! 'ai un goût passablement dépravé ; mais, en vérité, je vous i assure qu’après avoir mangé mon premier rat, j’aurais bien voulu en avoir une douzaine d’autres à expédier : c’est tout simplement un plat délicieux. »
- la. L. Berlier, à Roquemaure, nous fait connaître un fait curieux et intéressant : « Ces jours derniers, nous écrit-il, à l’horloge de la ville on n’entendait à peine sonner les heures. Les coups, comme voilés, se percevaient difficilement, sans que rien dans le mécanisme ne vînt expliquer la cause de cette anomalie, puisque le marteau du timbre fonctionnait comme à l’ordinaire. Mais, après une inspection minutieuse faite par le
- conducteur de l’horloge, la cause inexplicable a été découverte : Une couche épaisse de moucherons écrasés adhérait au marteau, de sorte que la cloche ne pouvait vibrer sous ses coups amortis. Des nuées de moucherons attirés autour de la cloche dé l’horloge venaient, sans doute, bourdonnant autour du bourdon sonnant. Vibrations d’ailes et de bronzes étouffées sous le pilon ! Il s’agit de petits moucherons et non de moustiques des marais, si désagréables en été. »
- V. A. Londe, à Paris, nous écrit la lettre suivante : « La communication faite par M. Marey, dans la séance de l’Académie des sciences du 14 mars 1898», et dont le compte rendu a paru dans le n° 1294 du 19 mars 1898, p. 255, sur un cas de myxœdème traité par le corps thyroïde et radiographie pour suivre les modifications produites dans le système osseux est de MM. Gasne et A. Londe et non de M. Contremoulin. »>
- Renseignements. — M. A. Taboue, à Tunis. — 1° Nous vous conseillons de vous adresser au journal La locomotion automobile, 4, rue Chauveau-Lagarde, à Paris. — 2° Nous-avons déjà indiqué plusieurs adresses de constructeurs de voitures automobiles. — 5° Nous ne pouvons entreprendre ici là discussion de ces questions.
- M. Carlos Adrien Bapide, à Salto, près Montevideo. — Veuillez vous adresser directement à M. Mariani, 41, boulevard Haussmann, à Paris.
- M. J. B., à Marseille. — Les renseignements concernant la fabrication des manchons Auer n’ont pas été donnés.
- M. P. Perrain, à Angouléme. — Nous pensons que la bouillie bordelaise peut convenir; mais nous allons nous informer s’il existe d’autres procédés.
- M. A. Perret, à Poitiers. — Nous n’avons pas d’adresses-spéciales à vous faire connaître ; il faut vous adresser à un pharmacien.
- M. C. Pensa, à Paris. — 1° Nous donnons précisément cette adresse plus haut. — 2° 11 faut vous renseigner auprès d’uné grande pharmacie. — 3° Nous ne pouvons vous répondre.
- M. J. G., à Saint-Etienne. — Vous pourriez essayer l’eau oxygénée.
- M. E. Caillou, au Petit-Quévillv. — Nous avons reçu votre communication, et nous vous en remercions ; mais il ne nous-est pas possible d’entreprendre les études dont il est question.
- M. Ch. Boudin, à Paris. — Nous avons publié sur les trains rapides dans le n° 1293 du 12 mars 1898, p. 237, une nouvello Note qui complète la première.
- M. A. D., à Paris. — Veuillez consulter les catalogues des librairies Bernard, Desforges et Tignol, quai des Grands-Augustins, Un lecteur, à X. — 1° L’ambre jaune est un minéral solide, d’une densité de 1,08, qui s’électrise négativement par' la friction. A la flamme d’une bougie il prend feu, et se boursoufle en répandant une fumée blanche d’une odeur piquante. — 2° Nous avons indiqué la manière de faire des menus photographiques dans le petit livre des Becettes et Procédés utiles, 4e série, à la librairie Masson et Cie.
- M. Eybert à Livron. — Adressez-vous à la Compagnie parisienne de l’air comprimé, 54, rue Étienne-Marcel, à Paris.
- M. L. F., k Ciappaïra. —Un moteur électrique de deux che-> vaux ne peut pas fonctionner avec des piles, surtout pour la durée de temps que vous demandez.
- M. E. Q., à Paris. — 1° Nous avons indiqué plusieurs recettes pour la soudure de l’aluminium dans le petit livre des Becettes et procédés utiles, 4e série, indiqué plus haut. — 2“ Nous ne pouvons vous renseigner.
- M. Ch. Bernard, à Chatou. — 1° Vous pourriez peut-être vous adresser à M. E. Delettrez, 5, rue des Rondonneaux, à Paris. — 2° Nous pensons que vous trouverez ce meuble chez M. A. Préau, 67, rue de Reuilly, M. Grand, 67, rue Crozatier ou M. Poincet, 53, rue Sainte-Anne, à Paris.
- Un lecteur, à Vendôme. — Cette pile n’est plus que mentionnée dans les ouvrages; il faudrait consulter les journaux électriques de l’année 1880 pour avoir quelques détails.
- M. J. Bolez, à Londres. — Vous trouverez des gazomètres chez M. C. Leclaire, 140, rue Saint-Maur, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. L. Voicher, à Nullÿ. Nous recevrons votre communication avec plaisir. — M. D. L., à R. Il faut vous adresser à un chimiste pour ces diverse? analyses. — M. Lelong, à Bordeaux. Nous allons examiner votre Note et nous ferons connaître notre avis. — M. Dubar, à Marseille. Voyez les Recettes et Procédés utiles, 2e série, à la librairie Masson et Cie. — M. G. L., à Nice. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- Dans ta « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer tontes les communications.— Il n’est répondu qu'au» lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Dressé A l’Observatoire de Paris, d’après les publications du Bureau des longitudes
- AVRIL-MAI-JUIN 1898. — POSITION DES PRINCIPALES PLANÈTES.
- • Cocher
- Persée
- Bélier
- BLE JL
- NEPTÜI
- Y US
- 1 Av.'i/
- /Poissons *
- PetitChien
- Oriorr
- 1 Maî4^
- Baleine
- Coupe •
- Éridan
- Lièvre
- Grand/Chien
- —
- Po sson Austral
- 0*> xxtu
- XVlIf xvm
- PRINCIPAUX PHENOMENES ASTRONOMIQUES
- 1898. Satellites.
- ÉCLIPSÉS.
- Commencement.
- Fini
- OCCULTATIONS. Immersion. Emersion.
- Satellites de Jupiter, — 10 1 13 h. 55 m. 55 s. 10 h. 26 m»
- ÉCLIPSES. ^OCCULTATIONS. — 12 14 I II 8 h. 4 m. 51 s. 9 h. 5 m. 27 s.
- 1898. Satellites Commencement. Fin. Immersion. Emersion. 16 IU 9 h. 31 m. 12 h. lO'm,
- Avril 1 I 15 h. 8 m. 10 s. 12 h. 46 m. 17 I 12 h. 15 m.
- — 1 11 14 h. 35 m. — 1Q I 9 h. 59 m. 2 s.
- — 3 I 9 h. 56 m. 37 s. 7 h. 11 m. — 21 II 11 h. 41 m. 58 s.
- — 3 III 16 h. 34 m. 2 s. 13 h. 8 m. — 23 IV 10 h. 25 m. 11 h. 17 m.
- — 8 I 14 h. 29 m. — 23 III 13 h. 9 m.
- — 10 1 llh.3Ôm. 29 s. 8 h. 55 m. 26 I 11 h. 53 m. 39 s. 8 h. 32 m.
- — 12 II 9h. 20m. 13 s. 28 II 9 h. 26 m.
- — 17 I 13 h. 24 m. 30 s. 10 h. 40 m. Juin 2 I 10 h. 23 m.
- —> 19 I 7 h. 53 m. ls. — 4 I 8 h. 17 m. 5 s.
- — 19 11 11 b. 56m. 50 s. 8 h. 16 m. — 4 II 11 h. 57 m.
- — 24 I 15 h. 18 m. 39 s. 12 h. 25 m. 11 I 10 h. 11m. 52 s.
- — 26 I 9 h. 47 m. 12 s. 15 II 8 h. 48 m. 45 s.
- — 26 12 14 h. 33 m. 28 s. 10 h. 36 m. 21 III 9 h. 50 m. 23 s.
- Mai 1 I 14 h. 11 m. — 22 II 9 b, 0 m. 16 s. 8 b. 58 in.
- — 2 III 8 h. 25 m. 0 s. — 25 I 10 h. 53 m.
- — 3 I il h. 41m. 50 s. 8 h. 38 m. — 27 I 8 h. 50 m. 14 s.
- — 3 II 12 h. 56 m. _. 28 III 8 h. 26 m.
- — , 9 III 9 h. 53 m. 56 s. 12 h. 22 m. 56 s. 8 h. 43 m. — 29 II 8 h. 59 m.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Occultations des Planètes et des Étoiles par la Lune, visibles à Paris.
- 1898 Nom de l'astre. Grandeur. Immersion. Émersion.
- Avril. i 0* Ecrevisse. 5,4 10 h 23 m, 5 Appuis* à 21 ,du bord.
- — 10 A* üpbiuchus 4,7 11 h. 47 m, 2 15 h. 22 m, 7
- — 23 62 Taureau. 6,5 9 h. 57 m, 9 10 h. 56 m, 9*
- — 27 79 Gémeaux. 6,5 6 h. 59 m, 8 7 h. 58 m, 8
- — 29 Ü Lion. 5,2 13 h. 11 m, 3 13 h. 31 m, 0
- Mai 2 4006 II.A.C. 6,1 11 h. 40 m, 3 12 h. 25 m, 2
- — 6 5197 B.A.C. 6,8 15 h. 2 m, 9 15 h. 48 m, 8
- — 11 7263 B.A.G. 5,9 13 h. 2 ) m, 6 14 h. 0 m, 4
- __ 12 7620 B.A.C. 6,5 15 h. 21 m, 2 15 h. 56 m, 6
- 1898. Nom de l’astre. Grandeur. Immersion. Émersion.
- 22 Vénus. » 7 h. 10 m, 7 7 h. 43 m, 5
- — 25 d* Ecrevisse. 6.4 10 h. 37 m, 3 11 h. 30 m, 1
- — 27 11 Sextant. 5,6 10 h. 39 m. 5 ippolMii f.lldu bord.
- — 27 it Lion. 5,0 Il h. 50 m, 3 tppolsr t 0’,8 di b«ri
- — 28 36 Sextant. 6,4 11 h. 11 m, 8 12 h. 13 m, 2
- — 29 e Lion. 5,3 10 h. 33 m, 2 11 h. 50 m, 2
- Juin 3 o- Scorpion. 3,3 15 h. 8 m. 5 ippulae i 4 ,2 du burd
- — 4 A' Ophiuchus. 4,7 8 h. 18 m, 8* 9 h. 19 m, 4
- 4 5909 B.A.C. 6,2 15 h. 54 m, 4 16 fi. 4S m, 3'
- — 5 X Sagittaire. 2,7 10 h. 24 m, 1 11 h. 51 ni, 2
- — 9 7804 B.A.C. 6,2 11 h. 37 m, 6* 12 h. 28 ai. 2
- — 30 5197 B.A.C. 6,8 12 h. 15 m, 8 12 h. 50 m, 0
- L’étoile est sous l’horizon.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — ,Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 21 mars 1898. 1°,2 N. E. 3. Beau. 0,0 Beau.
- Mardi 22 O'.o N. E. 3. Beau. 0.0 Beau.
- Mercredi 23 — 0*,2 N. N. E. 2. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 8 h. ; couvert ensuite ; brouillard de 200 m. à 7 h. ; averses dans la soirée.
- Jeudi 24 2%1 N. N. W. 5. Couvert. 1,3 Très nuageux; averses de pluie; grêle et grésil; gelée blanche.
- Vendredi 23 — 2*,1 S. S. W. 2. Couvert. 0,2 Beau jusqu’à 5 li ; couvert cusuite ; neige et pluie la moitié du temps. Couvert jusqu'à 19 h.; peu nuageux ensuite; pluie et neige les trois quarts du temps.
- Samedi 23 0“,1 N. 3. Couvert. 11,7
- Dimanche 27 ... . 0*,9 N. E. 2. Très nuageux. 9,6 Très nuageux.
- MARS 1893. --- SEMAINE DD LUNDI 21 Aü DIMANCHE 27 MARS*
- Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche f
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10: les fléchés inférieures, la direction du ce ni. Les courbes au milieu indiquent courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer), courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boute mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Perturbation magnétique. — Le 16 mars, une grande perturbation magnétique a été enregistrée au Parc Saint-Maur et à Lyon.
- La neige en mars. — La neige vient de tomber en abondance dans toute la France, excepté dans le sud. C’est la seconde chute importante de l’année et elle est survenue à un mois de distance de la première, aux mêmes dates. Les neiges des 25, 26 février se sont reproduites les 25, 26 mars. A Paris, il en est tombé une couche peu épaisse, mais pendant toute la journée du 26. Dans le nord, la neige a été apportée par une violente tempête du nord-est qui a amené • quelques sinistres sur nos côtes. La dépression après être descendue du nord a fait un crochet en passant par l’Allemagne et s’est réunie presque à une dépression assez profonde sur le golfe de Gênes. A Nancy on a relevé une couche de neige de 20 centimètres d’épaisseur. Daus le midi beaucoup d'arbres fruitiers en Heurs ont été gelés et le thermomètre est descendu à 1° au-dessous_de_zéro.
- Influence de» grandes agglomération». — Les observations météorologiques, lorsqu’elles sont faites à l’intérieur des grandes villes, en éprouvent quelques modifications. Ainsi pour Paris, la température moyenne annuelle qui est de 10°,7 à l’observatoire astronomique situé au sud de la ville n’est que 10°,0, à l’observatoire du Parc Saint-Maur établi en dehors de toute influence. Dans le centre même de Paris, la moyenne thermique atteint même par endroits 11 degrés. L’humidité subit aussi l’influence des importantes agglomérations ; à Paris, les moyennes relevées à la Tour Saint-Jacques sont plus faibles que celles enregistrées à Montsouris. Il n’est pas jusqu’à la pluie dont on ne constate sur Paris une modification. A la périphérie de la ville il tombe en moyenne annuelle 55q millimètres, mais au centre les quantités accusées par les pluviomètres sont beaucoup moindres, tandis que dans la banlieue de Pans cette hauteur d’eau est encore surpassée. Enfin les vents eux-mêmes y subissent des déviations assez sensibles.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 22, à 8 h. 47 min. du matin.
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- Na 1291 (9 aoril 1898), du journal «LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Le dimanche 3 avril 1808, à 10 heures du matin, a eu lieu à l’Ecole de physique et de chimie industrielles de Paris la remise, par l’Association des anciens élèves, du buste de l’éminent chimiste Paul Sehützenbcrgcr, fondateur et premier directeur de l'Ecole. M. Brochet, président de l’Association, a rappelé en termes touchants le souvenir du directeur bienveillant et dévoué, les qualités du savant professeur et les mérites du chimiste distingué. Une bien vive émotion a pénétré tous les cœurs lorsque le voile qui recouvrait le buste est tombé, et que tous les anciens élèves ont pu contempler de nouveau les traits de leur vénéré maître, qu’un de leurs camarades, M. Urbain, a su retracer fidèlement. M. Gras a parlé au nom de M. Navarre, président du Conseil municipal de Paris, M. Levraud, au nom du Conseil d'administration de l’Ecole, M. Armand Gautier, au nom de l’Académie des sciences, etM. Gariel au nom de l’Ecole dont il est directeur intérimaire. Puis au nom de M. le ministre de l’Instruction publique, M. Bayet a pris la parole pour féliciter l’Association des anciens élèves du témoignage d’affection qu’elle venait de rendre à son ancien directeur, et il a remis à M. Urbain les palmes d’officier d’académie.
- —ig— Le service téléphonique à Paris s’est amélioré du jour où l’on a adopté l’appel au numéro. La mise en communication est devenue plus rapide. Mais depuis quelque temps, l’appel au numéro amène des erreurs répétées qui deviennent insupportables pour les abonnés. Le personnel féminin des bureaux est évidemment très chargé. Cependant s’il apportait un peu plus d’attention dans le service, s’il écoutait mieux le numéro qui lui est transmis, s’il le faisait répéter au besoin, on éviterait de déranger sans cesse les abonnés pour des communications qui ne les concernent pas. Non seulement ces appels erronés font perdre du temps, mais ils ont l'inconvénient de mettre en rapport des personnes qui ne se connaissent pas et qui souvent témoignent leur impatience d’ètre constamment appelées à l’appareil inutilement. Le téléphone devient une cause continue de dérangements superflus. Nous avons fait personnellement le relevé des faux appels qui nous ont été adressés de janvier 1897 à mars 1898. On nous a sonné par erreur trente-huit fois en moins de 84 jours, soit une moyenne supérieure à 12 fois par mois et quelquefois jusqu’à trois fois par jour î
- Il est possible que nous ayons été privilégiés dans cette distribution de faux appels. Cependant des abonnés consultés nous ont affirmé qu’on les appelait souvent par erreur. Quand un numéro finit par 62, par exemple, on confond sans cesse avec 22, 32, 42, etc., et ainsi de suite. Et le personnel ne s’excuse même pas de ses négligences renouvelées. Dans aucun pays du monde, on n’atteint cette somme d’erreurs. Nous prenons la liberté d’appeler l’attention de M. Delpedch sur ces faux appels qui finiraient, s’ils continuaient à se produire, par rendre intolérable l’emploi du téléphone. Nous payons pour nous en servir plus cher qu’ailleurs. C’est bien le moins qu’on ne renverse pas les rôles et qu’on ne se serve pas de l’abonné pour le déranger à tout propos de ses occupations. L’abonné doit avoir le téléphone à sa disposition et il ne doit pas être à la disposition du personnel des bureaux. Nous espérons que l’on prendra des mesures efficaces pour nous débarrasser de ces inconvénients.
- —®— Des décisions importantes viennent d’être prises en ce qui concerne la traction à Paris. La loi déclarant d’utilité publique le chemin de fer métropolitain de Paris à traction électrique destiné au transport des voyageurs et de leurs bagages à main a été définitivement votée le 30 mars 1898 au Sénat. Le Conseil municipal de Paris a aussitôt repris la question et a décidé de désigner le personnel chargé des travaux et les lignes à établir le plus rapidement possible. La première fraction du métropolitain sera la ligne de la porte de Vincennes à la porte Dauphine avec embran-
- chement sur la porte Maillot; tous les entrepreneurs français vont être appelés à concourir à l’adjudication des travaux d’infra-structure. La largeur maxima du matériel roulant sera portée à 2m,40, toutes saillies comprises. La largeur de la voie entre les bords intérieurs des rails sera de lm,44. Dans cette même séance, le Conseil municipal de Paris a émis un avis favorable à l’établissement de sept lignes de tramways : entre Montreuil et Boulogne, de Bon-neuil au pont de la Concorde, de Chantenay au Champ-de-Mars, entre Maisons-Alfort et le Châtelet, de Bondy-Gargan à la place Saint-Michel, de Yanves au Champ-de-Mars, et du square du Temple à Noisy-le-Sec.
- —Dans sa séance du Ier avril 1898, le Conseil municipal de Paris a approuvé les résultats présentés par la Commission de fumivorité pour le concours ouvert depuis 1894. Les prix accordés ont été les suivants ; deux seconds prix ex aequo de 5000 francs chacun à MM. Donnely et James Proctor, un troisième prix de 2000 francs à l’appareil système Havvley et Cie, deux premières mentions ex æquo à M. Dulac et à M. Hinstin, et une deuxième mention à l’appareil Orvis présenté par MM. Millier et Boger. Le Conseil municipal a de plus décidé de faire faire sur ces appareils des essais de longue durée dans diverses usines.
- —g— Jeudi 31 mars 1898, à dix heures du matin, a commencé à Strasbourg le congrès international de navigation aérienne, convoqué à l’occasion des expériences de ballon-sonde de MM. Hermitte et Besançon. La France, l’Allemagne, les Etats-Unis, la Russie et la Suisse sont représentés par plusieurs savants spécialistes. Côté français, assistent au Congrès : MM. Cailletet et Yiolle, de l’Académie des sciences, MM. Besançon, \Y. de Fonvielle et Tcisserenc de Bort.
- —$$— Nous avons dit dans le dernier numéro que le transatlantique la Bretagne avait emporté des pigeons voyageurs pour constater (le nouveau s’ils pourraient retrouver le continent de distances plus ou moins éloignées. Quelques jours après le départ du paquebot, on a lancé quelques pigeons. Le capitaine du steamer Chatterton, arrivé à Swausca, a déclaré qu’un pigeon voyageur est tombé sur son navire, à 250 milles de Scilly. Ce pigeon portait la dépêche suivante :
- « A bord de la Bretagne, 27 mars, 8 heures matin. Un navire à voiles anglais est secouru par la Bretagne, retard probable. Sauvé équipage Bothina, sauf trois hommes qui ont été tués. »
- Cette expérience aura déjà eu un résultat pratique ; car il y aura toujours des chances pour qu’un pigeon fatigué rencontre un navire en mer et vienne s’y reposer. Le navire souvent pourra transmettre des nouvelles. Il est probable que d’ici peu, on établira un service régulier de pigeons. Et ce ne sera pas seulement en cas d’accident que les pigeons seront utilisés; à la fin de chaque traversée, ils pourront annoncer la prochaine arrivée au port du paquebot transatlantique.
- —Un grave accident s’est produit récemment à Berlin, au champ de manœuvres de Tempelhof, près de la caserne de la section aérostatique. Des soldats de cette section étaient occupés à préparer l’ascension d’un ballon captif et d’un autre ballon libre. Le signal du « lâchez tout! » allait être donné, lorsqu’un fort coup de vent se produisit subitement, enlevant le ballon libre et le ballon captif. Les hommes qui retenaient les aérostats furent soulevés à une certaine hauteur et durent lâcher prise ; ils se firent en tombant de graves blessures.
- —Dernièrement a eu lieu à Charleroi une adjudication de charbon pour le chemin de fer de l’Etat. Cette adjudication sert ordinairement de base pour la fixation des prix du marché. Voici quels sont les prix des diverses qualités par tonne. Charbon maigre, 8rr,2o; gras, ll'‘',50 ; demi-gras, 9rr,75 pour un type et 10'r,75 pour un autre type; gailleterie,12'r,50; coke, 25 à 26 francs.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les lampes à incandescence à nouveau culot sont en vente chez M. Lar-naude, 5, rue des Mathurins, à Paris.
- Communications. — M. Le Doyen, à Paris, nous écrit qu’ayant placé un rapporteur en corne transparente entre deux feuilles de zinc, dans une pochette de compas, il s’est aperçu que les feuilles de zinc en avaient pris l’impression des deux faces.
- M. A. Paccard, à Montevideo, nous adresse quelques renseignements sur un monstre marin qui a été pris par hasard, par quelques marins, sur les plages, près de Montevideo. A un moment, il leur fut impossible de pouvoir ramener leur filet à terre. Leur surprise a été grande, en se trouvant en face d’un monstre d’une forme bizarre. Ce poisson monstrueux possède des nageoires pectorales qui s’avancent de chaque côté de la tête, formant à gauche et à droite, une espèce de corne bien étrange. Les yeux se trouvent placés latéralement; la bouche est énorme ayant des mandibules sur lesquelles sont placées en plusieurs rangées des petites dents. Cette raie gigantesque (Mantaô raya gigante, comme on l’appelle au Brésil Chon-droplerygü), qui habite principalement le grand Océan, a une peau complètement lisse, très mince, prolongée en pointe longue, et pourvue d’aiguillons, et dentée sur ses bords. La tète est large, portant de chaque côté deux grandes palmettes avec des bords arrondis. En dessous de la queue, il existe deux appendices symétriques de0m,20 de long sur 0m,06 de diamètre de forme seini-cylindrique, se terminant brusquement en forme de pieds de vache. La longueur de cette raie est de 2 mètres, sans compter la queue qui a presque J mètre de long. Latéralement ce monstre mesure, d’une extrémité à l’autre des ailes, près de 5 mètres. La couleur de la partie dorsale est d’un gris foncé ; l’inférieure est d’un blanc mat.
- M. L. Aubinaud, à Paris, à propos de notre récent article Masques-respirateurs paru dans le n° 1294 du 19 mars 1898, p. 251, nous envoie la gravure d’un des casques employés dans les différentes applications du jet de sable. L’intérieur de ce casque est disposé de la façon suivante. La pompe à air alimentant la machine à sable est en dehors du lieu où se fait le travail de décapage; par une prise d’air faite sur cette pompe, l’air arrive au casque à l’aide d’un tuyau en caoutchouc. Afin de ne pas incommoder l’ouvrier, le casque est garni d’un double fond, l’air pour s’échapper doit donc contourner le double fond et au travers d’un tamis très fin permettant à l’ouvrier de suivre son travail, une très faible pression réglable par l’ouvrier lui-mème suffit pour empêcher toute poussière ou même toute vapeur de pénétrer dans le casque. Pour certains travaux ne nécessitant pas la garantie des yeux contre la projection du sable la forme de cet appareil pourrait être modifiée en supprimant toute la partie supérieure et en faisant arriver l’air par un petit tuyau longeant la joue pour conduire l’air à travers un même petit tamis placé en face de la bouche. Toutes les fonderies et aciéries, fabricants de bicyclettes utilisant le jet de sable pour leurs travaux de décapage, emploient depuis plusieurs années déjà ce cas que qui leur a donné de très bons résultats.
- M. le ür Pallas, à Sabres (Landes), nous adresse une intéressante communication sur un moyen de guérir le mal de mer. Ce traitement consisterait à soumettre le corps à des trépidations répétées, comme le savant Charcot le faisait à certains neurasthéniques qui s’en trouvaient très bien. Les mouvements de douceur, allongés, onctueux, sont mal supportés par l’organisme; de là ce trouble nerveux singulier, assez mal défini d’ailleurs ; tandis que les mouvements secs, courts, rapprochés, saccadés, c’est-à-dire trépidants, lui sont indifférents. Dans les navires, pour combattre le mal de mer, il faut donc un trem-blottement continu, au milieu duquel les mouvements de roulis
- et de tangage passent inaperçus. Il serait donc bon d’offrir aux voyageurs sur les bâtiments des fauteuils trépidants, et de-ci de-là des objets trépidants que les malades pourront saisir avec les mains ou appliquer sur le front, permettant ainsi au voyageur de s’administrer à toutes doses de la trépidation sous les formes les plus variées. L’organisme mis en puissance de ces mouvements spéciaux, les autres n’auront plus de prise sur lui. Telle est l’opinion de M. le Dr Pallas.
- M. Pointe, à Nully, nous écrit que le 27 mars il a vu à Avise (Marnej une hirondelle voltiger au-dessus d’une plaque d’eau, qui était encore couverte de neige la veille, le 20 mars.
- Renseignements. — M. L. Ha guet, à Paris. — 1° Consultez Huiles végétales et animales (fabrication et méthode pour les reconnaître) par MM. de Fontenelle, Malepeyre et Daîican à la librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille. — 2° Vous trouverez des ouvrages sur les machines à vapeur aux librairies Baudry, Bernard et Dunod et Vicq.
- M. N. R. N., à Buenos-Aires. — La selle oscillante qui a été décrite dans le n° 1211 du 15 août. 1896, p. 161 est en vente chez M. Chaix, 29, boulevard Péreire, à Paris.
- M. C. Torrella, à Barcelone. — Vous pouvez vous adresser à M. Brochet chimiste, à l’Ecole de physique et de chimie, 42, rue Lhnmond, à Paris.
- M. A. de Vicq, à Turnhout. — Nous ne savons pas s’il y a un ouvrage spécial sur cette question ; voyez à la librairie Baudry, 15, rue des Saints-Pères, à Paris.
- M. François Borelli à Nice. — 1° Pour le grossissement, il faut entendre en hauteur et en largeur. — 2° Vous trouverez probablement des détails sur les nouveaux baccalauréats aux librairies Hermann, Fourneau et ('roville-Morant, 8, 18 et 20, rue de la Sorbonne, à Paris. —5° Aucun "livre spécial n’a été publié à ce sujet.
- L'abonné 3226-1871, à Nice. — Il nous est impossible de vous fournir ce renseignement, il faudrait directement vous adresser à l’administration des douanes belges.
- L’abonné 3257, à M. — Pour l’aérostation et la navigation aérienne, veuillez vous adresser aux librairies Baudry. indiquée plus haut ; Berger-Levrault, 5, rue des Beaux-Arts ; ÏI. Gautier, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. L., à C. — 1° Ballons-réclame : M. A. Blanchard, 85. rue Saint-Charles; M. Brissonnet, 86, boulevard Sébastopol ; M. P. Givord, 76, rue du Théâtre, à Paris. — 2° L’acétylène pourrait être, croyons-nous, utilisé dans de bonnes conditions. — 5° Les densités sont les suivantes: gaz d’éclairage environ 0,5, acétylène 0,91, hydrogène 0,069. — 4° Nous ne connaissons pas d’appareil spécial pour la production de l’hydrogène ; mais vous pouvez vous adresser aux marchands d’appareils de chimie. MM. Billault, 22, rue de la sorbonne; MM. Delval et Pascalis, 5, rue Chapon ; Société Centrale, 42, rue des Écoles, à Paris.
- M. Justo Maury Matéos, à Malaga. — Il faut vous adresser directement au docteur Garnault à l’Académie de médecine, à Paris.
- M. L. Rivoir, à Pont-de-Beauvoisin. — Pour le pégamoïd dont nous avons parlé dans le n° 1275 du 6 novembre 1897, p. 362, il faut écrire au « Pégamoïd French syndicat », Tl, boulevard des Italiens, à Paris.
- M. E. H., h Bruxelles. — On peut recoller l’ébonite à l’aide de la gutta-percha.
- M. A. V., à Turnhout. — Pour le viscoïd, veuillez vous renseigner auprès de M. Thomas, 46, rue des Moines, à Paris.
- Un lecteur, à Oviédo. — 1° Adressez-vous à la librairie Bernard ou Desforges, quai des Grands-Augustins, à Paris. — 2° Divers ouvrages ont été publiés par la librairie Gauthier-Villars, également quai des Grands-Augustins, à Paris.
- Réponses. N° 1238. — Talc sulfaté pour préserver les bourgeons de la vigne. — La sulfostéatite cuprique est fabriquée par M. Salettes, à Prades (Pyrénées-Orientales). —(Communiqué par M. Tapié, à Albi.)
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. R. Gariel, à Paris. — Nous n’avons pas d’autres renseignements que ceux déjà indiqués ; et nous ne connaissons pas l’adresse des médecins. — M. le [)r Hyernaux, à Bruxelles. Nous regrettons de ne pouvoir vous renseigner. — M. IL G., à Paris. Il faut demander ces notes à une agence de brevets. — M. Dubois, à Paris; M. Lcdort, à Lille; M. G. V., à Z. Voyez les Recettes et procédés utiles, 1™ série, à la librairie Masson et Cie. — M. II. L., à Nice. Ces formules sont données dans le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie. — M. Dumortin, à Tours. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres » ta Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mats elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les attestions, m à insérer toutes les communications.— Il n’est répondu ou'nu.) lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- AU PÔLE NORD EN TIRE-BOUCHON •
- Dessins et texte de Hexriot.
- Puis le dynamitage du Groenland en expédiant là-bas deux régiments d’artilleurs et en leur donnant le Pôle à faire sauter.
- J’ai inventé un système, basé sur un tire-bouchon spécial fabriqué sur les bords de la Garonne !
- Arrivé juste au-dessous du Pôle, je développe mon tire-bouchon qui a 1500 mètres de plus que la Tour Eiffel. Il perce la glace, et surgit au-dessus du Pôle, où il plante le drapeau Français.
- H y flottera à l’été prochain, je le jure, ce drapeau, et ceux qui ne le croiront pas n’auront qu'à aller le voir!
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- ’ BIBLIOGRAPHIE
- Les théories de VElectrolyse, parA.Mi.NET. 1 vol. petit in-8°de Y Encyclopédie, scientifique des aide-mémoire publiée sous la direction de M. Léauté, membre de l’Institut. 1 vol. Paris, Gauthier-Yillars et Masson et Cie, éditeurs. Prix : 2 fr. 50 broché, 5 francs cartonné.
- La culture intensive de la vigne. Procédés ordinaires. Vignes palissées, taille de quarante,pw P. Costë-Floret, ingénieur des Arts et manufactures. 1 brochure in-8°. Montpellier, C. Coulet, éditeur. Paris, Masson et C.io, 1898. Prix : 1 fr. 50.
- Le chlore et ses dérivés. Produits nih és et ammoniacaux. 5e et 0e volume de la Petite Encyclopédie pratique de
- chimie industrielle publiée sous la direction de F. Billon, ingénieur-chimiste, 2 vol. in-16. Paris. E. Bernard et C‘% imprimeurs-éditeurs. Prix : 1 fr. 50.
- Manuel d’électro-chimie et d'électro-métallurgie, par H. Becker , ingénieur chimiste-conseil. 1 vol. petit in-8°. Paris. Librairie industrielle J. Fritsch. 1898. Prix : 11 francs.
- Quadrature du cercle, par M. Boulanger, ancien élève de l’Ecole normale de Versailles. 1 brochure in-4°. Genève, 1898. Imprimerie W. Kündig.
- Iiaguios o Ciclones Filipinos Esludio Tèorio Pratico, por el P. José Algue S. J., director del Observatoria Mamla, 1897. 1 brochure in-8°.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — /Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS VENT ÉTAT DU CIEL PLUIE EN
- THERMOMETRE DIRECTION ET FORCE OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- 7 HEl'RES OU MATIN de 0 à 9 MILLIMÈTRES
- Lundi 28 mars 1898. 1°,7 S. S. W. 2. Couvert. 0,0 Presque couvert; quelques grains de neige, puis des gouttes de 7 à 10 li. ; gelée blanche.
- Mardi 29 3’,1 N. N. E. 1. Couvert. 0,0 Presque couvert; quelques gouttes fines à 14 h.
- Mercredi 30 — 1*,0 N. E. 1. Beau. 0,0 Peu nuageux à 1 h., de 14 à 19 et à 21 h.; beau le reste
- Jeudi 31 N. N. E. 1. Très nuageux. du temps; brouillard de 4 h. 30 jusqu’après 7 h.
- 5%9 0,0 Très nuageux ; gelée blanche ; halo.
- Vendredi 1" avril . 3*,1 N. N. E. 3. Couvert. 0,0 Très nuageux le matin, puis nuageux; beau après 18 h.; gelée blanche. Très nuageux à 7 li. ; et couvert après 20 h. ; quelques
- Samedi 2 1”,8 N. 3. Très nuageux. 0,0
- Dimanche 3 6*,1 W. 1. Couvert. 0,0 nuages le reste du temps ; gelée blanche. Quelques éclaircies ; gouttes vers 14 h. ; gelée blanche.
- MARS-AVRIL 1898. -- SEMAINE DU LUNDI 28 MARS AU DIMANCHE 3 AVRIL.
- Lundi I Mardi I Mercredi I Jeudi I Vendredi I Samedi I Dimanche
- f.a courbe supérieure nidu;ar la nébulosité de O a 10; les fléchés inferieures, la direction du cent. Les courbes du milieu indiquent courbe épaisse, les pressions bar ometrinnes Ibaromètre ramené a 0. au niveau de la ruer): courbe plus nunce, thermomètre à l'ubn à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement de terre en Turquie. — Une secousse de trern* blement de terre a été ressentie le 26 mars à Koylhissar, dans le vilayet de Sivas ; de nombreuses maisons se sont écroulées. La population effrayée s’est réfugiée dans les jardins. Le même jour, des mouvements sismiques ont été constatés dans un grand nombre de villes de la côte asiatique.
- Secousses en Californie. — Une "secousse a été ressentie le 31 mars en Californie. Plusieurs édifices ont été ébranlés et les habitants effrayés sont sortis dans les rues.
- Tempêtes. — Les 23 et 26 mars, une violente tempête a sévi sur la Manche. Les communications avec l'Angleterre ont presque été interrompues. Les lignes téléphoniques ne fonctionnaient plus, les lignes télégraphiques fonctionnaient fort mal. La tempête était a ce point violente qu’aucun bateau n’a pu faire la traversée.
- A Cherbourg, dans la nuit du 23 au 26 mars, la tempête de nord-est a redoublé d’intensité, elle a fait d'importants dégâts ; des blocs de granit ont été enlevés de la digue de l’est, faisant uue excavation de la mètres de long sur 4 mètres de hauteur.
- Cette tempête a causé de grands ravages daus les Iles-Britanniques, r.lle s annonçait daus la nuit du 23 au 24 mars par un ouragan souillant dans la direction du sud-ouest, et elle a atteint son plus haut degré le
- 26. Ce sont les côtes est et sud de l’Angleterre qui paraissent avoir le plus souffert. A Douvres, la jetée du port a été démolie en plusieurs endroits ; à Bridlington, un homme de l’équipe de secours a été emporté par un coup de mer, en vue de deux navires en détresse que l’on n’a pu atteindre ; à Margate, on n’a pas réussi à mettre à flot le bateau de sauvetage.
- L’ouragan s’est également fait sentir le 26 mars à Grandcamp-les-Bains. 11 avait attiré sur la digue tous les marins et pêcheurs de la localité. Le vent et la pluie faisaient rage ; la mer en fureur couvrait les jetées.
- A Bruxelles la tempête n’a pas discontinué le 26 mars. Les nouvelles de la côte des Flandres étaient très mauvaises. Le courrier d’Angleterre n’est pas arrivé le matin, ni par Calais, ni par Ostende, ni par l’Escaut via Harwich.
- A Ostende, l’estacade Est a été fortement endommagée par la grosse mer. Une partie a été enlevée entre les batteries et la terre. Le gardien doit se rendre à son poste en barquette. La partie enlevée comporte une longueur d’une cinquantaine de mètres. Les poutres, brisées par la violence de la tempête, sont allées à la dérive et un grand nombre sont venues s’échouer sur la grève devant les grands hôtels. La tempête a sévi pendant trois jours sur les côtes de la Baltique. Les dégâts ont été surtout considérables à Lübeck Kiel et Flensburg. De Rostock, on a télégraphié que plusieurs voiliers se sont échoués aux îles Lieps et Wustrowrif.
- PBASES DE LA I UNE : P. Q. le 50, à 7 li. 30 min. du matin.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Le Congrès annuel des Sociétés savantes s’est ouvert le
- avril à la Sorbonne, sous la présidence de M. Levasseur. La réunion générale a été présidée par M. le Ministre de l’Instruction publique, te samedi 16 avril.
- —La Société française de Physique a organisé, cette année comme d’habitude, à l’occasion des fêtes de Pâques, une exposition rue de Pennes, du jeudi 14 avril au samedi 16 avril. Cette exposition bien organisée attire toujours un grand nombre de savants et de curieux.
- —L’inauguration des nouvelles galeries du Muséum que nous buissons de décrire dans ce numéro, aura lieu décidément vers la fin du mois de mai. Les salles d’Anatomie comparée, de Paléontologie et d’Antliropologie sont maintenant garnies. Les peintures que M. Cormon a exécutées pour l’amphithéâtre ne sont pas encore en place, parce qu’elles doivent figurer à l’Exposition de peinture du Champ-de-Mars. Le cours de Paléontologie sera ouvert le 20 avril dans le nouvel amphithéâtre qui a été établi à l’entrée du Musée. Le professeur, M. Albert Gaudry, de l’Institut, fera ses leçons alternativement dans l’amphithéâtre et dans la galerie où il donnera des explications sur les curieux fossiles qui viennent d’y être réunis suivant l’ordre des temps géologiques, depuis les plus anciens jusqu’aux plus modernes.
- —Voici la composition des Commissions de prix chargées de juger les concours de 1898 à l’Académie des Sciences.
- Prix Francœur. MM. Darboux, llermite, J. Bertrand, Poincaré, Picard. — Prix Poncelet. MM. llermite, J. Bertrand, Darboux, Poincaré, Sarrau. — Prix extraordinaire. MM. de Bussy, Guyou, de Jonquières, Sarrau, Bouquet de la Grye. — Prix Montyon (Mécanique). MM. Maurice Lévy, Boussinesq, Sarrau, Léauté, Sebert. — Prix Plumey. MM. de Bussy, Sarrau, Guyou, Maurice Lévy, Deprez.
- — Prix Lalande (Astronomie). MM. Fave, AVolf, Lœwy, Callandreau, Janssen. — Prix Yalz (Astronomie). MM. Lœwy, Faye, Callandreau, Wolf, Janssen. — Prix Montyon (Statistique). MM. llaton de la Goupil-lièrc, de Jonquières, J. Bertrand, de Freycinet, Rouché, Brouardel.
- — Prix Jccker (Chimie organique). MM. Friedel, Troost, A. Gautier, Moissan, Grimaux, Dilte.
- —Nous apprenons avec regret la mort du Dr Jules Worms, membre associé libre de l’Académie de médecine, chef du service sanitaire de la Compagnie du Nord, décédé à Paris à l’âge de 69 ans. Né à Strasbourg, il avait débuté dans le service de santé. Interne des hôpitaux à Strasbourg, préparateur du cours d’anatomie de l’Ecole d’application du Yal-de-Gràce, il fut tour à tour nommé médecin-major au 4° régiment d’artillerie, et, en 1858, médecin auxiliaire à l’hôpital militaire du Gros-Caillou. En quittant le service militaire, il fut nommé médecin de l’hôpital Rothschild. Médecin de la préfecture de la Seine, ij laisse de nombreux travaux dont les plus réputés sont ses études cliniques sur le diabète.
- —S’il faut en croire les derniers renseignements, on aurait enfin des nouvelles d’Andrée. Une dépêche de New-Vork est parvenue donnant quelques indications. Cette dépêche est conçue en ces termes : « Une dépêche de Victoria dit que le courrier du nord de l’Alaska apporte des nouvelles d’Andrée. » C’est donc vers le littoral de l’Amérique du Nord qu’aurait été poussé l’aérostat d’Andrée et que se serait effectué l’atterrissage. Sur la plage de Saint-Vaast près de Rochefort, quelques pêcheurs avaient recueilli un coffret maintenu sur l’eau au moyen de larges flotteurs en liège. Au milieu d’une volumineuse liasse de papiers, ce coffret contenait des cartes où plusieurs points soulignés à l’encre rouge semblaient indiquer que les explorateurs seraient parvenus au point précis de 89° 22" de latitude nord et 176° 47" de longitude ouest. Nous reproduisons ces nouvelles sous les plus expresses réserves.
- —Le Journal officiel a promulgué la loi relative à la réinstallation de l’Académie de médecine à Paris, qui a été votée en vrac par la Chambre et le Sénat. Le nouvel édifice qui remplacera le local actuel, inconvenant et anti-esthétique à tous les points de vue, situé à l’extrémité des cours de l’hôpital de la Charité, sera construit rue Bonaparte n° 16, sur un emplacement de 1327 mètres carrés, cédé moyennant 653 000 francs par l’Assistance publique, laquelle le détient comme étant aux droits de l’ancien IIôtel-Dieu, qui l’avait acquis en 1670 d’un bourgeois de Paris, Pierre Dubois et de sa femme Marie Arnout, au prix de 90 000 livres. On voit que la plus-value en deux siècles passés n’a été, dans ce quartier, que de six fois le principal, tandis que dans les autres, soit à l’avenue de l’Opéra, elle a été de cinquante fois le prix constaté à la même époque. L’Académie de médecine a été fondée par ordonnance royale du 28 décembre 1820, refondue en 1829. La Convention avait supprimé, en 1793, l’Académie royale de chirurgie, issue en 1731 au vieux collège de Saint-Côme et la Société rovalede médecine établie en 1776 par Louis XVI en raison des rivalités existant entre les médecins et les chirurgiens.
- —A la suite de l’Exposition internationale de Bruxelles, notre collaborateur, M. Stanislas Meunier, professeur au Muséum d’histoire naturelle, vient de recevoir du jury, outre le diplôme de mérite, un prix de 500 francs pour l’ingénieux appareil qui permet de reproduire artificiellement le phénomène si singulier du dédoublement des canaux de Mars.
- —®— Le premier train de Saint-Pétersbourg à Tomsk a été lancé le 1er avril. C’est le seul express connu qui roule, sans interruption, pendant six jours et six nuits. On dit merveille des voitures de ce train. Elles sont construites de manière à rendre le roulement presque imperceptible aux voyageurs qui peuvent, comme dans les trains « harmonicas » d’Allemagne, se promener d’un bout à l'autre. L’éclairage est électrique; le chauffage et la ventilation sont admirablement organisés. Il y a un restaurant, une bibliothèque, des pianos, enfin tout ce qu’un voyageur peut désirer; il y a mèmè des appareils de gymnastique !
- —L’exposition canine annuelle aura lieu du 18 au 25 mai, sur son emplacement habituel de la Terrasse de l’Orangerie, aux Tuileries. Les engagements de chiens seront reçus jusqu’au 1er mai, 40, rue des Mathurins, à Paris, au siège social.
- —Du mois de juin au mois d’octobre, se tiendra à Dijon une exposition universelle et internationale.
- —Deux fêtes intéressantes seront célébrées le 10 juin prochain à Paris : le centenaire du Conservatoire des Arts et Métiers et le cinquantenaire de la Société des Ingénieurs civils. Les deux fêtes coïncideront. Le programme des fêtes du Conservatoire n’est pas encore complètement arrêté; mais il comportera une série de séances instructives, et notamment les professeurs du Conservatoire seront invités à exposer en une conférence les progrès et les développements de leurs arts respectifs. La Société des Ingénieurs civils organise également diverses séances et visites relatives à l’Exposition de 1900 et à l’Exposition des automobiles qui aura lieu à cette époque. Elle prépare la publication d’un exposé général des progrès du Génie civil depuis 1848; ce travail promet d’être important et de compter parmi les œuvres de la Société.
- —Plusieurs abonnés nous ont demandé souvent quels étaient les plus forts grossissements dans les observatoires. Dans son discours inaugural de l’Observatoire Yerkes, dit La Ilevue scientifique, M. Georges Haie a signalé à l’attention de ses savants auditeurs l’amplification extraordinaire que peut donner la grande lunette de cet Observatoire : la limite théorique du grossissement est de 4000 diamètres ; en se .. servant d’un oculaire grossissant 3750 fois, on a obtenu des images assez nettes pour permettre des mesures micrométriques très précises.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le chro-nophotographe Deraeny est construit par le Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- Communications.— M. G. Jacquemin, à Nancy, nous adresse deux brochures qu’il vient de faire paraître et qui ont pour titre : L’amélioration des vins par les levures sélectionnées de l’Institut La Claire. Résultats aux vendanges 1897, et La levure pure en distillerie. Nouveau système continu. Résultats. Cés dgux brochures donnent des renseignements intéressants. Dans la première, nous trouvons notamment des détails sur lé sucrage des vins, la préparation des vins de deuxième cuvée, la refermentation des vins restés doux, l’amélioration du cidre, la préparation de l’hydromel de luxe au moyen des levures de grands crus.
- ' M. H. Perol, à Paris, nous informe qu’il possède un silex qui dans sa cassure offre la reproduction complète d’un gros ver incrusté.
- M. A. Denoyelle, à Paris, nous écrit que la pile à oxyde de cuivre, dont la description vient d’ètre donnée, peut surtout convenir aux installations téléphoniques.
- M. E. Dasth, à Port-I’Houmeau à Angoulème, à propos d’une réponse faite dans une de nos précédentes Boîtes aux Lettres, nous informe qu’il s’est occupé spécialement de l’emploi de l’acétylène dans les appareils de projection. Il a construit des chalumeaux particuliers et un petit générateur à pression. Cet appareil, qui mesure 25 centimètres sur 20, peut alimenter un chalumeau de 4 becs de 20 litres pendant 3 heures. La dépense est de 800 grammes de carbure pour un débit total de 240 litres de gaz.
- M. Lioret, à Paris, à propos de notre récent article sur les chiens paru dans len° 1295 du 26 mars 1898, p. 258, nous cite un fait concernant un Chat : « Mes parents habitaient Moret près Fontainebleau, nous écrit-il. Une voisine avait un chat d’une espèce très ordinaire mais d’une force surprenante. Son cou en particulier était très gras et solide, cet animal était la terreur des poulaillers, des pigeonniers et des lapins du quartier; il mangeait les uns et les autres sans en rien laisser. On se plaignit à la propriétaire de ce vorace et il fut décidé que l’on transporterait le chat à une distance assez grande pour en être débarrassé. L’occasion ne se fit pas attendre ; une brave femme allait de temps en temps faire moudre son blé à un petit moulin situé à 10 ou 12 kilomètres de Moret, le chat fut mis dans un panier, emporté au moulin et lâché dans l’immeuble : tout le monde satisfait.
- « Pendant que le blé se transforme en farine notre brave femme se repose sur un banc et notre chat prend la poudre d’escampette, et rentre chez sa maitresse deux heures avant notre bonne femme qui n’en croyait pas ses yeux en voyant l’animal se reposant sur une chaise. »
- M. G. Robline, pharmacien de la maison d’éducation de la Légion d’honneur d’Ecouen, à propos de la communication de M. leDrPallas relative au mal de mer (n° 1297 du 9 avril !898), nous écrit qu’il s’est beaucoup occupé du mal de mer et qu’il a cherché avec un docteur anglais à trouver un calmant pour une courte traversée, de Calais à Douvres par exemple. Ils ont eu l’occasion de constater très souvent que les gens sont malades en calme plat.
- M. Ory Voutiau, à Constantinople, nous adresse la lettre suivante : « Je désire vous faire part d’un fait qui nous a fort intrigués : il s’agit d’une pluie de boue. Depuis le 29 mars, nous avons continuellement le vent du Sud, ce qui cause une brusque variation de température, le baromètre ne fait que baisser, le thermomètre a marqué le 5 avril 25° centigrades à l’ombre et 31° au soleil. Le soir de la même journée le baromètre marquait 745mm. Le 4 avril à 7h45œ du matin, nous avons une forte pluie accompagnée d’un vent torride; bientôt elle prend les proportions d’une averse, ce qui ne manque pas
- d’étonner les habitants; mais la pluie cesse subitement et bientôt on peut remarquer tout aussi bien sur les habits que sur les ombrelles une couche de boue ne dépassant pas 1/5 de millimètre. »
- Renseignements. — M. Semou, à Paris. — Nous ne pouvons vous répondre; mais vous pourriez soumettre votre document au Comptoir général de photographie, dont l'adresse est donnée plus haut.
- M. C. R, à E. — Voici quelques adresses que nous pouvons vous donner : Humber, machines d’officier avec cadre se démontant, 19, rue du Quatre-Septembre ; Gladiator, 18, boulevard Montmartre ; Cleveland, 6, place de la Madeleine ; Columbia, 3, rue de Choiseul, à Paris, efc.
- Un abonné, à Mazatlan. — Ce projecteur peut aussi être employé dans les projections.
- M. M. R, à P. L. M. — 1° Nous ne pouvons indiquer ici les détails de cette fabrication qui ne sont du reste pas tous connus. — 2° Voyez à la Librairie Baudry, 15, rue des Saints-Pères, à Paris.
- M. A. Pailhès, à Daumazan-sur-Ariège. — Nous ne croyons pas que les graphophones dont >ous parlez puissent remplacer le phonographe.
- M. E. S., à Cannes. — Les fi>yers fumivores J. llinstin, dont il a été question dans le n° 1135 du 2 mars 1895, étaient en vente à cette époque chez MM. Magnard et Cie, fonderies et ateliers de construction mécanique à Fourchambault (Nièvre).
- M. J. S., à Buenos-Aires. — Machines à agglomérer : MM. Biétrix, Nicollet et Cie, à Saint Étienne (Loire) ; MM.Dupuy et fils, 22, rue des Petits-Hôtels, à Paris.
- M. L. G., à Clermont-Ferrand. — 1° Nous n’avons pas d’autres renseignements que ceux publiés. — 2° L’adresse du constructeur a été donnée en tète de la Boîte aux Lettres du même numéro qui en contient la description.
- M. A. R., à Èvron. — Nous ne connaissons pas de fabricant spécial. — 2° Bouche-bouteilles : M. Barbon, 52, rue Montmartre, à Paris; MM. Martin frères, à Angers (Maine-et-Loire).
- M. A. S., à X. — 1° L’allumage ne se fait qu’à la fin de la course parce qu’il faut une certaine compression des gaz pour qu’il se produise. — 2° Le brassage a pour effet de rendre le mélange plus intime. — 3° La puissance est en effet supérieure.
- M. U. Penot, à Angoulème. — Si vous avez une distribution de gaz, installez un petit moteur à gaz qui actionnera une petite dynamo; peut-être aussi pourrez-vous prendre un petit moteur à pétrole. Mais la puissance est bien faible.
- M. Virieu, à Mézin. — 1° Nous pensons que vous pourrez vous procurer ce tube chez M. Chabaud, 58, rue Monsieur-le-Prince, à Paris. — 2° La recette pour préparer le café a paru dans Les Nouvelles scientifiques du n° 1295, du 12 mars 1898. L’auteur, le Dr Caries, est professeur à la Faculté de médecine de Bordeaux.
- M. B. G., à Septmoncel. — 1° Vous pourriez vous adresser à MM. Appert, frères, 30, rue Nolre-Dame-de-Nazareth, et à MM. Legras et Cie, 22 bis, rue de Paradis, à Paris. — 2° Nous avons fait connaître dans le petit livre des Recettes et Procédés utiles, 4e série, une colle pour faire adhérer au verre le papier ou le coton, dans laquelle il entre du bichromate de potasse.
- M. le Mis de Bogaraya, à Madrid. — Nous ne connaissons, pas cet appareil et nous ne pouvons vous fournir aucun renseignement.
- É. Amiot, à Cherbourg. — Ces vases doivent être vidés complètement et rechargés de nouveau; consultez les Recettes de l'Electricien à la librairie Masson et Cie.
- Un étudiant, à Le Blanc. — 1° Vous trouverez des traités de radiographie à la librairie Carré, 3, rue Racine, à Paris.
- — 2° Nous ne pouvons vous répondre.
- M. A. Pache, à Dornach. — Vous pourriez essayer la destruction des rongeurs nuisibles par les virus contagieux de l’Instilut Pasteur dont nous savons parlé dans les Recettes et procédés utiles, du n° 1252, du 29 mai 1897.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. L. Villain, à Charleville. Nous n’avons pas de renseignements plus complets. —• M. D G., à Lyon. Il faut consulter un ingénieur. — M. D. Lelong, à Lille; M. Dabar, à Brest: M. Lafond, à Marseille. Voyez les. Recettes et Procédés utiles, lro série, à la librairie Masson et Ci<!.
- — M. Dulong, à Paris. Consultez le même petit livre que ci-dessus, 2e série, à la même librairie. — M. Bonjean, à Paris; M. Brachet, à Tours. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui tui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications.— Il n'est répondu qu’auxi lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Chronopose. — Nous voici bientôt à l’époque où tous les amateurs vont faire de la photographie ; nous ferons connaître un appareil intéressant pour déterminer le temps de pose, dù à M. Georges Brunei. Cet appareil donne le temps de pose absolu de 15 en 15 minutes pour tous les jours de l’année, pour tous sujets et diaphragmes, quel que soit l’état du ciel. Il se compose, d’un cercle et d’une réglé fixes et d’un cercle mobile. Ce dernier porte en projection la marche du soleil du 21 juin au 21 décembre, et ces lignes sont coupées par des divisions indiquant les heures de 15 en 15 minutes. Les projections sont faites par différence de 5° sur l’horizon. Ce cercle mobile porte encore
- les coefficients des sujets, et sur le bord extérieur supérieur, des chiffres représentant les coefficients donnés par la règle fixe. La règle fixe indique les coefficients suivant la hauteur du soleil sur l’horizon et suivant l’état du ciel. Le cercle fixe donne les temps de pose absolue suivant le diaphragme employé. Pour se servir de cet instrument, on met l’heure désignée en contact avec le bord inférieur du guide, et on lit en regard de la ligne des mois, le chiffre placé dans les colonnes, suivant l’état du ciel. On fait tourner le cercle mobile jusqu’à ce que la flèche soit en face du diaphragme choisi, et on lit à la ligne indiquée par le coefficient du sujet, au-dessus du coefficient du guide, marqué sur le bord du cercle mobile, le temps de pose exprimé en fractions de temps, seconde ou minute. — Le chronopose universel se trouve chez l’inventeur, M. Georges Brunei, 8, rue Daguerre, à Paris.
- Nouveau perforateur. — Il importe que le montant écrit en chiffres connus sur les traites, chèques et billets à ordre de toute nature, soit rendu inviolable. On a utilisé dans ce but, jusqu’ici, des machines très compliquées pour découper
- Nouveau perforateur. — 1. Vue de l'appareil. — 2. Vue des chiffres et signes perforés. — 3. Mode d’emploi.
- des chiffres en haut des mandats ; mais ces machines n’ont pas donné toute satisfaction. Le nouveau perforateur dont nous voulons parler réalise à ce sujet un progrès intéressant. Il est de dimensions restreintes et comporte un mécanisme simple; il est de plus d’un prix d’achat modique. Il est formé d’un manteau métallique dans lequel tourne une plaque ronde munie de pointes représenfant les chiffres de 1 à 0 (n° 1). Cette
- 1 La description des apparei's ed gratu.te. La réduction des Nouvelles scientifiqi es est étrangère aux annonces.
- plaque tourne avec la plus grande facilité au moyen d’une poignée surmontant l'appareil et un cran d’arrêt permet d’arrêter la plaque exactement sur le chiffre que l’on désire perforer. Comme les numéros sont répétés à l’extérieur en chiffres connus, il suffit de tourner la poignée pour mettre le chiffre que l’on désire perforer en regard de l’indicateur. A l’intérieur du perforateur se trouve maintenue dans un cadre une toile imbibée d’encre rouge, de telle sorte que les pointes qui perforent cette toile prennent la quantité d’encre rouge nécessaire pour en imbiber les rebords du trou perforé. A l’extérieur de l’appareil se trouve une roue molletée qui s’avance automatiquement, mue par un levier intérieur, de l’espace qui doit exister entre chaque chiffre. Pour faire fonctionner le perforateur, il suffit d’appuyer sur un levier extérieur pour faire entrer le mandat dans l'ouverture du perforateur, de tourner la poignée pour faire avancer le chiffre à perforer et d’appuyer ensuite sur la poignée. Pour rendre les chiffres tout à fait inviolables, il est recommandé de perforer d’abord une croix, de séparer les francs des centimes par une autre croix et de terminer le tout par une troisième croix, ainsi que le dessin ci-dessus l’indique. Aussitôt que les chiffres sont perforés, on retourne le mandat pour lisser la partie perforée au moyen d’une spatule en bois, de telle sorte que les trous teintés prennent un fond rouge. — Ce nouveau perforateur est d’origine améiicaine, et le concessionnaire pour la France est M. Kratz-Boussac, 55, rue Saint-Laurent, à Paris.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- L'emploi du soufre en chirurgie.
- Le journal Therapeutie Gazette résume quelques recherches récentes faites sur l’emploi du soufre en poudre dans le traitement des plaies. Applique à la surface de celles-ci, le soufre donne naissance à différents produits, comme l’acide sulfureux, l’acide sulfurique, et l’hydrogène sulfuré. Ces produits secondaires agissent sur l’évolution de la plaie, étant tous germicides, en proportions variées, étant aussi caustiques à des degrés différents. Ils se développent assez rapidement ; au bout de quelques heures seulement, on perçoit une odeur d’hydrogène sulfuré et d’acide sulfureux, et, si l’on emploie des pansements au sublimé, l’acide sulfureux teint bientôt les linges en noir. L’acide sulfu-rique se manifeste par la cautérisation, qui est souvent douloureuse, et qu’on peut mitiger par l’addition d’un peu de glycérine. On applique le soufre en en frottant une petite quantité — en poudre fine — à la surface de la plaie qu’on recouvre ensuite d’un pansement antiseptique ; et on recommence deux ou trois fois, à 24 ou 48 heures d’intervalle, ou même plus, selon la façon dont se fait la réaction. Des plaies qui ne semblaient pas vouloir guérir, et qui, avec d'autres traitements, ne se modifiaient absolument pas, ont été rapidement guéries par l’emploi du soufre.
- Les teintures capillaires
- Il est toujours désagréable, même pour les plus philosophes, de sentir les années s’accumuler et vous pousser lentement et sûrement à l’état sénile. Combien plus, quand jeune encore, on voit apparaître des signes trop visibles et trop précoces : poils blancs dans la chevelure, la barbe, discrets d’abord, puis nombreux et argentant d’une façon trop apparente des tempes garnies jadis de bandeaux noirs. Alors on veut lutter, ou cherche à réparer des ans l’irréparable outrage, et le coiffeur vous promet des merveilles; il les réalise, mais souvent au prix de troubles graves ou d’accidents fort désagréables. Méfiez-vous des teintures.
- Les Débats contaient il y a quelques jours l’histoire drune damé dont les cheveux avaient été, en une courte séance, merveilleur sement transformés : hélas, le lendemain, au moment de se coiffer, les cheveux venaient à poignées dans la main, et d’une tète grisonnante le coiffeur avait réalisé une calvitie complète.
- La Société de dermatologie a discuté cette question et un de ses membres, M. Calhelineau, a pu communiquer à ses collègues la relation de dix-huit cas d’éruptions plus ou moins étendues et tenaces dues à des teintures pour cheveux. Ces teintures, vendues sous les noms les plus divers et les plus mirifiques, sont formées d’une solution de paraphénylène-dia-mine; cette substance, au contact de l’eau oxygénée, fournit instantanément une coloration noire qui fonce avec le temps, tout en gardant cependant un léger reflet violacé.
- Les cheveux sont imbibés à la brosse de cette solution de paraphénylène-diamine; un instant après on les mouille d’eau oxygénée et aussitôt le cheveu devient d’un noir de jais. Mais
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- cette solation est fort irritante et détermine sur la peau du crâne une éruption parfois discrète, mais qui peut s’étendre à toute la face, avec des démangeaisons intenses, durant plusieurs jours.
- Le paraphénylène-diamine est un agent toxique des plus énergiques et son action sur la peau est fort irritante. Méfiez-vous donc des teintures pour cheveux et gardez vos poils gris ou blancs plutôt que de recourir à ces expédients qui ne trompent personne et finissent par altérer complètement le poil lui-même et le bulbe pileux. Dr X...
- Contre les verrues.
- Voici un procédé très simple de traitement des verrues préconisé par le Dr Dulongpré, de Liège, et qui lui a toujours bien réussi, qu’il s’agisse de l’homme ou des animaux. C’est de badigeonner légèrement, une fois par jour, les verrues, avec une solution saturée de bichromate de potasse. On jette dans un
- verre d’eau bouillante des cristaux de bichromate jusqu’à refus de dissolution. Par refroidissement une partie du sel se précipite; la solution décantée est à saturation. On l’emploie à froid, et, en quelques jours, on voit la verrue se flétrir, sécher et tomber. Dr X...
- Un moyen de traitement mécanique du mal de mer.
- Suivant M. le Dr II. Hawlins (de Londres), l’élévation des quatre membres soulagerait rapidement les personnes atteintes de mal de mer en augmentant la pression sanguine et en diminuant ainsi l’anémie des centres nerveux, due à l’affaiblissement de l’action cardiaque dans l’état nauséeux. L’application de bouillottes et de flanelles chaudes favoriserait, en outre, l’action de ce traitement mécanique. En procédant ainsi, notre confrère a réussi, entre autres, à faire très bien supporter un voyage aux Indes à deux dames que le mal de mer avait terriblement éprouvées avant cela.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations' de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — ^Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES BU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 4 avril 1898. 7*,1 S W. 1. Couvert. 0,0 Presque couvert; pluie de 13 b. 10 à 30 et quelquefois des gouttes; gelée.blanche.
- Mardi 5 4°,3 N. 1. Beau. 0.7 Nuageux jusqu’à 18 b. ; beau ensuite ; gelée blanche ; halo.
- Mercredi 6 2*,1 N. E. 1. Beau. 0.0 Beau. '
- Jeudi 7 5",5 S. S. E. 2. Beau. 0,0 Quelques nuages de 15 à 17 h. et à 22 h. ; beau le reste du temps ; gelée blanche.
- Vendredi 8 .... * 4*,9 Calme. Beau. 0,0 Beau ; gelée blanche. Très nuageux; gelée blanche; halo.
- Samedi 9 9*,1 S. S. E. 2. Très nuageux. 0.0
- Dimanche 10 ... . 12',2 S. S. W. 3. Couvert. 0.0 Couvert jusqu'à 20 h. ; nuageux ensuite; pluie de 19 h. 45 à 20 h. 10.
- AVRIL 1898. -- SEMAINE DD LUNDI 4 AD DIMANCHE 10 AVRIL.
- ® | Luiiili | Mardi | Mercredi | Jeudi I \cn<ireili | Sanicni Dimanche
- Lu cou rue supérieure indique la nébulosité de 0 u 10; les fléchés intérieures, la direction du cent. Les courbes ou ni.iieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques Ibaromètre ramené à 0. au niveau de la merj; courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Ucsunié des ebjervntions météorologiques faites au Parc Saint-Maur en mars 1898
- par M. Renou.
- Moyenne barométrique à midi, 751""*,60; minimum 7ô6““,75 le 26 à 4 heures du soir. Maximum 762"’”,li le 17 à 11 heures du matin.
- Moyennes thermométriques : des miniina 1°,06; des maxima 8 ,55; du mois 4",70; vraie des 21 heures 4°,28. Minimum —4°,0 les 14 et 23 au matin. Maximum 16°,9 le 51 un peu avant 2 heures du soir. Moyenne des minima sur l'herbe — 5°,10; deux minium presque égaux—10°,2 le 7 et —10°,1 le 2 > ; le 7 et le 22 le thermomètre sur l’herbe marquait 7°,1 au-dessous de la température de l'air. 11 y a eu 11 jours de gelée, dont aucun sans dégel et 10 jours de gelée blanche.
- Tension moyenne de la vapeur 4””,96; la moindre 2”“,80 le 30 à 5 heures du soir, la plus grande 8m",8 le 18 à 6 heures du soir. Humidité relative moyenne 80: la moindre 25 le 50 à 3 heures du soir, la plus grande 100 en 5 jours.
- Pluie 52""",8 en SP 3/4 réparties en 12 jours. Les pluies des 4 et 26 qui ont donné 12“'",5 et 12"",9 d’eau n'ont été abondantes qu’à cause
- de leur longue durée. Il y a eu 7 jours de neige ou grains de neige. Le 26 il y a eu sur la terre 0”,04 de neige fondante, 6 journées ont donné un peu de grêle ou de grésil. Pahdaut 4 jours il est tombé sous diverses formes de l’eau qui n a pas marqué au pluviomètre.
- Il y a eu 3 jours de brouillard et 8 jours pendant lesquels 1 un a présenté une transparence de 1500 à 3000 mètres. Nébulosité moyenne 71.
- Vents dominants N.-N.-E. et N.-E., puis ceux du S.-S-W. à l’W. ; le 24 vent fort passant dans la journée du N.-N.-W. au N.-N.-E.
- Température moyenne de la Marne 6°,17 ; minimum 3°,93 le 12 au matin ; maximum 8°,80 le 22. La rivière æ été généralement peu élevée et assez trouble.
- Relativement aux moyennes normales, le mois de mars 1898 présente les résultats suivants : Baromètre plus bas de 3"“,63. Thermomètre plus bas de 1°,67. Tension de la vapeur moindre de 0"",30. Humidité relative plus grande de 5. Nébulosité plus forte de 14. Pluie plus forte de 14””,3.
- L’Arabis verna a fleuri le 17 ; les abricotiers lentement et irrégulièrement vers le 25. La végétation est en retard.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 6, à 9 h. i9 min. du soir.
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- N° 1299 (23 aoril 1898), du journal « LA NATURE
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —g— Semaine de congrès. Congrès des Sociétés savantes, à la "Sorbonne; congrès médical de Montpellier; congrès de la bibliographie ; congrès d’hygiène et de démographie de Madrid. A la réunion des Sociétés savantes, M. Rambaud, ministre de l’Instruction publique, a annoncé que désormais le congrès de Pâques se tiendrait alternativement à Paris et dans une grande ville de province. C’est une innovation à laquelle on a applaudi. Mais il me semble que nous avions déjà un congrès qui se promenait ainsi en France chaque mois d’août. C’est celui de l’Association française pour l’avancement des sciences. Nous aurons désormais le congrès de Pâques sous les auspices du Ministère, et le congrès d’août indépendant de l’Etat. Les Municipalités de province auront donc à partager leurs préférences et leurs réceptions.
- —g— La Lune rousse a commencé en 1898 le 20 avril, elle sera pleine le 6 mai et finira le 20 mai. Souhaitons qu’elle soit clémente aux cultivateurs qui, surtout dans le Midi, ont été très éprouvés par les froids du 26 mars, puisque les dommages ont atteint plusieurs centaines de millions, rien que dans les vignobles compris entre l’Hérault et les Pyrénées. Les prophètes du temps annoncent des gelées printanières vers le 26 avril et au dernier quartier de la Lune rousse. Caveant consules!
- —®— Le préfet de police vient de signer une ordonnance enjoignant aux propriétaires, fermiers, colons ou métayers du département de la Seine « d’avoir à ramasser et à détruire les hannetons et vers blancs existant dans les immeubles qu’ils possèdent et cultivent ou dont ils ont la jouissance et l’usage ». Propriétaires ou fermiers devront, de plus, sur simple réquisition des agents de l’autorité, permettre à ces derniers de pénétrer sur leur terrain pour vérifier si les mesures prescrites ont été exécutées. Les hannetons et vers blancs capturés pourront être apportés à la mairie, où ils seront pesés, puis détruits. C’est en exécution d’une délibération du Conseil général, en date du 27 décembre dernier, qu’a été prise l’ordonnance dont il s’agit.
- —g— M. Gaston Bonnery, de la Société archéologique de Touraine, a communiqué au congrès des Sociétés savantes une notice sur une pièce d’aTtillerie du quinzième siècle, récemment découverte dans le lit de la Loire, près de la Chapelle-aux-Maux (Indre-et-Loire). C’est une bombarde en fer forgé dont l’âme a la forme d’un tronc de cône. Elle pèse 1800 kilogrammes; sa longueur est de 2 mètres, et son plus grand diamètre intérieur de 49 centimètres. La pièce est cerclée par dix-neuf bandes de fer. L’auteur a recherché d’où provient cette bombarde et suppose que sa perte a pu coïncider avec le siège de Tours en 1418 ou avec la prise du château de Langeais en 1428.
- —g— M. Héron de Villefosse a rendu compte à l’Académie des fouilles que le P. Delattre poursuit avec succès à Carthage. L’exploration de la nouveHe nécropole punique, entreprise sous le haut patronage de l’Académie, a donné de bons résultats. Parmi les objets trouvés dans les tombes, il signale en premier lieu un sarcophage en marbre blanc, avec son couvercle, orné de peintures dont les couleurs, encore très vives, se sont malheureusement un peu altérées au contact de l’air. Il y a aussi des bijoux d’or et d’argent, un très beau collier en pâte de verre de dilférentes couleurs, des scarabées, des amulettes de collier de style égyptien, et enfin une série de remarquables figurines en terre cuite. L’une d’elles représente une vieille femme décrépite tenant un enfant sur ses genoux. Un des puits funéraires, fouillé à une époque ancienne, avait été comblé avec des débris d’architecture et de sculpture de l’époque romaine. Le P. Delattre a eu la bonne fortune ae retrouver la tête d’une
- statue d’Esculape dont il possédait depuis longtemps le torse au musée de Carthage et une statuette de Telesphore qui, à l’origine, était groupée avec cet Esculape. Cette heureuse reconstitution prouve une fois de plus, fait remarquer justement M. Héron de Villefosse, qu’il est nécessaire de conserver à Carthage même tous les fragments trouvés dans les ruines.
- —M. de Mély a communiqué à l’Académie des Inscriptions une Note sur un anneau trouvé dans le tombeau de l’évêque d’Angers, Ulger. Cette bague porte une inscription indéchiffrable, très certainement cabalistique et ne pouvant être expliquée qu’à l’aide d’une clef qu’il faudrait trouver. Au dix-septième siècle, elle n’était pas encore perdue, car M. de Mély vient de retrouver dans un inventaire de cette époque une bague ayant appartenu à saint Biaise, évêqüe dè Sébaste, qui porte la même inscription et dont un savant cabaliste de ce siècle avait donné l’explication. Quant à la formule elle-même, elle paraît d’origine anglo-saxonne,
- —®— D’après de récentes observations, il paraît que le sulfure de strontium phosphorescent communique ses propriétés à d’autres substances. Ayant observé qu’une masse de chlorure de sodium mélangée à du sulfure de strontium était phosphorescente, M. José Rodriguez Mourelo a cherché si une certaine quantité de ce sulfure, répandue dans un corps inerte et non phosphorescent, communiquait à celui-ci sa propriété. Il a employé un sulfure de strontium doué de la phosphorescence la plus intense, et, comme corps inertes, les sulfates de strontium, de baryum et de calcium. Il a constaté ainsi que, quoique la masse deviènne phosphorescente d’une manière uniforme, l’intensité lumineuse est plus faible ainsi que l’excitabilité que lorsqu’il s’agit du seul sulfure.
- —Le Jardin zoologique de Londres vient de recevoir un animal de la plus grande rareté, qui lui a été donné par le baron NValther de Rothschild. C’est une colossale tortue de l’espèce des Galapagos, qui est peut-être bien la dernière de sa race. Le donateur l’a achetée à Sydney et envoyée de là en Angleterre avec une escorte, des soins minutieux et une installation spéciale à bord du paquebot qui l’emportait. Cette bête vénérable a toute une histoire. Elle a été prise, en 1813, dans les îles Chatham, parlé commandant d’un navire américain, qui en fit don au chef de Rarotonga. Ce sauvage et ses descendants eurent pour la tortue la sollicitude qui convenait, car elle coula parmi eux des jours heureux jusqu’en 1882, époque où le chef qui régnait alors à Rarotonga donna la tortue à un certain capitaine Macdonald, qui l’emporta à Sydney. C’est sa veuve qui l’a cédée à M. de Rothschild. On estime que l’intéressant animal est âgé d’environ cent trente ans.
- —g— Il est question d’éclairer à l’acétylène les chutes du Niagara: c’est l’« Acetylene light, beat and power Company » qui va entreprendre cet éclairage pendant tout l’été. On doit installer 15 grands fanaux formés chacun de 7 becs avec de très puissants réflécteurs. Le gaz acétylène sera fourni par des générateurs Naphey.
- —g— La Compagnie des chemins de fer du Nord a mis en construction deux modèles spéciaux de voitures automobiles. Le premier modèle comportera deux types : l’un à vapeur, système Ser-pollet, et l’autre à accumulateurs électriques. Le deuxième modèle sera électrique et sera spécialement étudié pour le transport des voyageurs. Ces voitures automobiles assureront divers services.
- —g— D’après le Fribourgeois, une famille de Montillier, près Morat, partait il y a quelques semaines pour aller s’établir à Lausanne, emportant dans une caisse le beau et fidèle chat noir de la maison. Il paraît que la vie citadine convint peu à Raminagrobis, car dernièrement on vit revenir à Montillier le chat patriote, qui avait franchi on ne sait comment les 50 kilomètres à faire pour retrouver son ancien domicile. Les souris de ce pays seraient-elles meilleures que celles de Lausanne?
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Communications. — M. J. Quélin, à Angers, nous écrit la lettre suivante : « Les premières hirondelles sont arrivées en Anjou. Le 5 avril, à 4 h. 1/2 du soir, un couple d’hirondelles de cheminée (h. rustica) s’arrêtait sur les cheminées d’Erigné, village à .6 kilomètres d’Angers, sur la Loire. C’est le même couple qui était arrivé le 23 mars, l’année dernière. A peine débarquées les deux hirondelles sont allées se baigne rsur la rivière. Le 8, elles étaient encore seules et n’avaient pas commencé leur nid, contrairement à ce qu’elles avaient fait l’année dernière. A Angers, elles sont arrivées le 7, à 11 heures du matin, près de l’Observatoire. Même couple aussi que l'année dernière. Non fixées encore. On en a vu plusieurs autres qui ne sont as restées à Angers : elles filent vers le nord-est. Pas encore e groupes : c’est l’avant-garde. L’année dernière la troupe avait tardé de trois semaines. Elle tardera moins cette année. » M. le D’ J. A. Nogueira Sampaio, directeur de l’Observatoire météorologique à Angra do Heroismo, îleTerceira (Açores), nous écrit la lettre suivante, au sujet de notre article sur Les Observatoires océaniens (n° 1292 du 5 mars 1898, p. 214) :
- « Permettez que je vous présente quelques remarques sur votre article : Ce n’est pas à Son Excellence le prince de Monaco qu’on doit l’organisation des stations météorologiques aux Açores. Car avant l’arrivée de ce savant dans cet archipel, il existait déjà un observatoire météorologique à Angra do Heroismo, capitale de l’île Terceira.Cet Observatoire, dont je suis le directeur, a été établi par le gouvernement portugais sur la demande de M. Le Verrier qui dans ce temps (1864), était le directeur de l’Observatoire impérial de Paris. Dans le Bulletin international de cette époque, on lit ce que disait M. Le Verrier, quand il a reçu les premières observations de l’Observatoire d’Angra. Le voici : « L’importance de l’Observatoire des Açores n’a pas besoin d’être recommandée à l’attention des lecteurs du Bulletin. Tout le monde connaît l’utilité qu’auront les observations météorologiques, faites dans un endroit placé dans la région supérieure des vents généraux pour l’étude de la formation et de la propagation des tempêtes qui envahissent l’Espagne. Nous attendons avec la plus vive satisfaction que les observations faites aux Açores, par M. le Dr Nogueira Sampaio, nous soient transmises toujours. » L’Observatoire météorologique de Angra, île Terceira, existe depuis 1864, et depuis lors il a toujours fonctionné. Le Bureau Central de Paris a reçu pendant deux ans, 1877 et 1878, les observations que sur sa demande je lui adressais, et depuis que nous possédons le cable télégraphique, qui relie les Açores avec Lisbonne, tous lés jours vers les 7 heures du matin est expédié un bulletin avec les observations de la journée antérieure, et ce bulletin après avoir été reçu à l’Observatoire de Lisbonne est envoyé à Paris. L’Observatoire d’Angra do Heroismo, est encore bien connu des Observatoires des Etats-Unis du nord de l’Amérique, du Mexique, de Venezuela, de l’Espagne et de Constantinople et de tous ces pays on reçoit ici les travaux de ces Observatoires. On voit donc que ce n’est pas seulement à Saint-Michel et à Flores qu’existent des Observatoires météorologiques ; que le premier fondé est celui de cette île ; et que ce n’est pas le prince de Monaco qui a eu l’initiative de l’établissement des Observatoires aux Açores ; c’est bien le gouvernement de Portugal qui depuis 34 ans avait déjà accompli cette tâche. »
- Renseignements, — L'abonné 3412, à Salonique. — 1° Nous croyons que dans le cas signalé l’omnibus à vapeur serait préférable; pour le prix de vente adressez-vous aux constructeurs : M. Serpollet, 27, rue des Cloys, Compagnie de la voiture Scotte, 55, rue de Provence, et à la maison Levassor, 19, avenue d’Ivrv, à Paris. — 2° Nous avons fait connaître plusieurs procédés pour détruire les cafards et les moustiques dans les Recettes et procédés utiles, lre et 3e série, à la librairie Masson et Cio.
- M. Albano Lopez Cardozo, à Porto. — Sabots en bois : M. Cintrât, 14, rue de Bellevue; MM. Duchaussoy et Charton, 14 et 16, rue du Parc-Royal, à Paris.
- M. Jules Sébert, A Saint-Brieuc. — Nous pensons que vous trouverez cet objet; renseignez-vous auprès de MM. Bluteau et Chollet, 6, cité Trévise; M. Triballat, 35, rue Meslav, à Paris.
- Un abonné, à A. — 1° Vous trouverez une série de petits ouvrages traitant de diverses industries dans la collection de l’Encyclopédie Léauté à la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris. — 2° Pour les ouvrages de constructions de ville et de campagne, voyez à la maison Aulanier et Cie, 13, rue Bonaparte, à Paris.
- M. M., a Avignon. — Nous n’avons pu retrouver l’indication de la brochure dont vous parlez; nous avons à plusieurs reprises décrit diverses machines à écrire, notamment la machine Dactyle dans le n° 1181, du 10 janvier 1896, page 97.
- M. H. Panhard, à Grignon. — 1° Nous donnons votre demande en question. — 2° Il n’y a pas d’autre moyen que d’aérer fortement.
- M. B. L., à Paris. — Pour voir ces photographies, il faudrait vous adresser directement au laboratoire de M. Lippmann, à la Sorbonne.
- Questions. N° 1239. — M. H. P., à G., nous demande le moyen d’enlever les taches d’huile sur le pavé de grès.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. A. B., à Lille. Il est préférable de vous adresser à un chimiste, et de faire faire l’analyse. — M. Lebon, à Marseille. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 2e série, à la librairie Masson et G;”. — M. le Dr P. Caries, à Bordeaux ; M. V. C., à Paris. Remerciements pour vos communications.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Polissage des parties brillantes des machines. — Recommandé par le Drogisten Zeitung spécialement pour les petits organes des machines à coudre. Faire un mélange de 10 parties de térébenthine, 20 d’huile de stéarine et 30 de noir animal finement pulvérisé, puis ajouter assez d’alcool pour diluer le tout; on applique avec un pinceau de poils, puis on laisse évaporer l’alcool. Alors on frotte doucement avec une étoffe enduite de noir animal et de rouge d’Angleterre, et on polit finalement avec une peau de chamois.
- Conservation du bois dans la terre. — Composition pour enduire les tuteurs des plantes de jardin, les pieux, les vases en bois qui contiennent de la terre humide, etc.
- Prenez :
- 50 parties de résine.
- 40 parties de craie en poudre et lavée.
- 300 parties de sable blanc.
- 4 parties d’huile de lin.
- , | 1 partie d’oxyde rouge cuivre.
- ( 1 partie d’acide sulfurique.
- Chauffez ensemble dans un vase de fer la craie, la résine, le sable et l’huile de lin, on y ajoute ensuite l’acide sulfurique et l’oxyde de cuivre. On agite bien le tout et on applique toute chaude la composition ainsi obtenue sur le bois (portes de jardin, volets de pavillons, etc.), avec un fort pinceau. Si l’enduit est trop épais on le délaye avec de l’huile de lin qu’on ajoute. Cet enduit sèche promptement et forme un enduit qui devient aussi dur que de la pierre.
- Ciment pour le marbre. — Pour raccommoder un objet de marbre cassé, voici, d’après le Cosmos, comment il faut procéder : on réunit les deux parties du vase brisé, marbre, ou toilette, qu’on veut coller ensemble, après les avoir enduites .d’un mélange de deux parties de cire et d’une partie dé résine avec deux parties du même marbre pulvérisé. Il faut que le marbre soit bien sec et le ciment légèrement amolli par la chaleur. On rebouche les fentes des marbres avec de l’eau de colle dans laquelle on mélange de l’albâtre en poudre pour le marbre blanc, de l’ardoise pour le marbre gris, de l’ocre pour le marbre rouge ou brun. On polit ensuite la surface avec dé la pierre ponce très fine, du tripoli et du blanc d’Espagne.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni A insérer toutes les communications.— Il n’est répondu qu’am\ lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INVENTIONS1
- Nouveau cinématographe. — Le cinématographe a, au plus haut degré, frappé l’esprit du public. L’effet extraordinaire de ses merveilleuses projections a vivement impressionné les spectateurs. Aussi a-t-on cherché à fabriquer des appareils pouvant expliquer aux enfants et jeunes gens ce que c est qu’un cinématographe et par quels moyens mécaniques sont obtenus ces résultats. Le problème était assez difficile. Le nouvel appareil que nous annonçons donne des résultats très intéressants; il est simple, robuste et d’un prix de vente peu élevé. Il forme une lanterne magique éclairée par une simple lampe à pétrole placée au centre du tambour (n° 1) et dont la lumière est projetée par un réflecteur formant couvercle à charnière à l’extrémité de telle façon qu’on n’a qu’à ouvrir ce dernier pour les changements de filins sans avoir recours à une autre lumière. A l’extrémité opposée de l’appareil se trouve le projecteur formé d’une série de lentilles qui sont installées dans un tube télescopique qui s’allonge et se rétrécit à volonté pour la mise au point. On trouve facilement le point qui donne le maximum de netteté de l’image projetée. Sur le côté droit de l’appareil est installé le mécanisme du cinématographe dont la partie essentielle est formée par une manivelle qui, par un dispositif mécanique très ingénieux, fait tourner un excentrique dont le levier entre dans les séparations d’une croix de Malte et fait avancer l’image, puis fait un tour pour entrer dans la séparation suivante (n° 2). Ce même moüvement fait
- Cinématographe— 1. Vue d’ensemble. — 2. Détail du mécanisme.
- tourner un tambour muni à chaque exlrémité d’une roue dentée et, au-dessous de l’appareil, un obturateur qui vient se poser automatiquement devant l’objectif pour le changement d’image. Pour mettre l’appareil en marche, il suffit de le fixer sur une table et de le placer à une distance de 1 à 2 mètres d'un mur blanc, d’une nappe ou d’une feuille de papier blanc ; de huiler ensuite toutes les parties de l’appareil qui travaillent et nettoyer les lentilles ainsi que le réflecteur à charnière placé à l’autre extrémité de l’appareil, retirer la cheminée, garnir la lampe de pétrole, l’allumer et la remettre en place. On pose le verre en l’introduisant par l’ouverture de la cheminée. On règle la flamme pour lui faire donner le maximum de lumière sans toutefois fumer et on replace la cheminée. On introduit la bande de filin en la posant dans la fente pratiquée à cet effet devant l’obturateur. On retire le crochet mobile qui porte au milieu un ressort destiné à retenir le filin, on appuie contre le tambour et on a soin que les dents du tambour rentrent bien dans les petits trous du filin. Puis on se rend compte ensuite si l’image se trouve bien au centre de la projection et, au besoin, on avance de quelques crans les dents du tambour, on replace le crochet à ressort. On règle ensuite le projecteur en l’avançant ou en le tirant afin qu’il projette l’image d’une façon très nette. Enfin on tourne la manivelle de gauche à droite en lui donnant la vitesse convenable pour obtenir le maximum d’effet. Les filins représentent des bandes sans fin en gélatine ; elles sont munies de petits trous dans lesquels entrent les dents du tambour. Il y a heu de surveiller que ces filins ne soient pas chiffonnés ni tordus, ni pliés; il suffit dans ce cas de les suspendre sur un rouleau et de les maintenir en forme au moyen d’un poids pendant quelques heures. Il faut surveiller aussi que le point de soudure ne s’abîme et ne se sépare pas. Chaque appareil est fourni dans une boîte avec 5 filins représentant des sujets très intéressants. — Le concessionnaire pour la France de ce nouveau cinématographe est M. Kratz-Boussac, ingénieur, 5, rue Saint-Laurent, à Paris.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Le vin blanc.
- Le vin blanc est à la mode depuis quelques années, conseillé par les médecins comme plus léger, moins chargé de tannin, a vant une action plus prononcée sur le rein, il a remplacé sur bien des tables le vin rouge. Le vin blanc, vous disait-on, est rarement frelaté, rarement falsifié, tandis que le vin rouge peut être fabriqué avec une décoction de n’importe quoi. Le vin blanc non falsifié ! en voilà une erreur dont il faut rabattre ; mais il l’est à un degré bien plus fréquent que le vin rouge ! Plus rare, et depuis un certain temps plus demandé, il fait prime et on se chargera de vous en avoir, alors même qu’il ne serait plus au monde. Et Dieu sait avec quelles drogues on le fabriquera. En voulez-vous une preuve? Le professeur Hugou-nencq, de la Faculté de Lyon, avait tout récemment à examiner un vin blanc suspect : en dehors des anomalies au point de vue de la somme acide, alcool, du rapport de la glycérine à l’alcool, un fait curieux le frappa ; c’est que l’incinération, au lieu de laisser des cendres blanches ou grises comme à l’ordinaire, fournissait un résidu spongieux brun foncé, qui donnait toutes les réactions du manganèse. La proportion en était fort élevée, plus d’un demi-gramme par litre, ce qui ne peut être d’origine naturelle. Et l’explication, c’est qu’il s’agit d’un vin blanc fabriqué avec un vin rouge, une mauvaise piquette qu’on a décolorée par du noir animal et du permanganate de potasse. Ce procédé est, paraît-il, employé sur une large échelle pour écouler, sous forme de vin blanc et à des prix plus avantageux, une récolte de vip rouge de basse qualité et qui se vendrait moins cher. Dr X.
- Traitement des oxyures vermiculaires chez les enfants.
- A tous les enfants qui se présentent à la consultation de l’hôpital Trousseau pour des oxyures vermiculaires, le Dr Comby conseille ! ....
- 1° Prendre, pendant trois jours consécutifs, le matin à jeun, un paquet contenant :
- Santonine................. 5 centigrammes.
- Calomel...................10 —
- Chaque paquet est pris délayé dans une cuillerée de lait sucré ;
- 2° Faire pendant trois jours consécutifs, le soir, au coucher de l’enfant, des onctions intra-anales avec le doigt enduit de
- la pommade suivante :
- Glycérolé d’amidon............. 20 grammes.
- Onguent napolitain............. 10 —
- 11 est bien rare que ce traitement si simple échoue; il est efficace dans l’immense majorité des cas, et il est inoffensif. Il peut être répété, sans inconvénient, en cas de rechute ou de récidive. La dose de 5 centigrammes de santonine et de 10 centigrammes de calomel par paquet est une dose moyenne qui sê prescrit aux enfants de quatre, cinq et six ans. Il n’y aurait aucun inconvénient, en cas d’insuccès, à porter la dose de santonine à 10 centigrammes par jour. En partant de cette règle,
- 1 centigramme de santonine par jour et par année d’âge, on ne risque rien. La santonine, quoi qu’on en ait dit, est un médicar ment peu toxique chez les enfants, et quand des accidents ont été observés, c’est que la santonine avait été employée à doses formidables. Mais enfin si l’on a peur de la santonine, on pourra la remplacer par lesemen-contra, qu’on donnera en électuaire, ave« du miel (1 à 2 grammes par dose), ou en infusion :
- Semen-contra.................. 3 grammes.
- Faire inlhser dans l’eau bouillante ................. ... 100 —
- Ajouter sirop de mousse de Corse. 20 —
- Quel que soit l’anthelminthique employé, n’oublions pas la recommandation que j’ai déjà faite : quand on veut voir dispa? raître rapidement les oxyures vermiculaires, il n« faut pas se borner à faire un traitement local, qui ne détruit que les parasites de passage, il faut, par l’ingestion méthodique des vermicides, poursuivre les vers jusque dans leur repaire, c’est-à-dire dans l’intestin grêle et dans le cæcum. Cette règle, est) d’ailleurs, admise par la plupart des médecins d’enfants qui sont d’accord sur les indications à remplir, s’ils ne le sont pas tom-v jours sur les agents à employer. La santonine qui a les préférences de M. Comby, compte un grand nombre de partisans. On a voulu ces dernières années lui substituer, la naphtaline qdi, quoi qu’on en dise, est plus toxique et moins certaine dans ses effets. Ungar (de Bonn), après avoir administré un laxatif,
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- prescrit des doses de 15 à 40 centigrammes de naphtaline, suivant l’àge, au nombre de quatre par jour, pendant trois jours. Le médicament est pris en poudre mêlée à du sucre, dans l’intervalle des repas, en ayant soin d’éviter les aliments gras et huileux qui pourraient dissoudre la naphtaline, accroître les chances d’intoxication, et diminuer l’action parasiticide. Quand la première série de paquets est épuisée, on laisse reposer l’enfant pendant huit jours et on recommence. Puis on laisse un intervalle de deux semaines, avant de terminerpar une troisième cure.
- Pâte épilatoire.
- Bien qu’il faille toujours user très prudemment de ces sortes de pâtes, signalons-en quelques formules. Voici ce qu’on appelle par exemple le « dépilatoire chinois » ; il se compose de 8 parties de chaux vive en poudre, 1 de carbonate de potasse et d’une autre de sulfure de potasse ; on garde dans une bouteille bien bouchée. Une autre formule comprend, par parties égales, du sulfure de baryum, de la chaux vive pulvérisée et de l’amidon en poudre. Le mode d'emploi est toujours le même : former une pâte avec de l’eau, appliquer sur la peau et enlever au bout de 2 à 3 minutes.
- BIBLIOGRAPHIE
- Les engrais et les amendements, par E. Roux, assistant de Physique végétale au Muséum d’IIistoire naturelle. 1 vol. petit in-8° de L’Encyclopédéic scientifique des aide-mémoire publiée sous la direction de M. Léauté, membre de l’Institut. Paris, Masson et Cie et Gauthier-Villars éditeurs. Prix 2,r,50 broché, 3 francs cartonné.
- Excursions pittoresques parmi les sciences et les arts, par F.-J. Pillet. 1" fascicule. 1 brochure in-8°. Paris, 39, boulevard Garibaldi. 2 francs.
- La théorie des parallèles démontrée rigoureusement. Essai sur le livre Pr des éléments d'Euclide, par Michel Frolov. 1 brochure in-8°. Genève, librairie Georg et C°, 1898.
- Smithsonian miscellaneous collections 1084. Bibliography of ihe rnetals of the platinum group : Platinum, palladium, iridium, rhodium, osmium, ruthénium 1748-1896, by Jas Lewis Ilowe. 1 brochure in-8°. City of Washington, published by the Smithsonian Institution, 1897.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations' de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — /Bureau central météorologique de Franoe
- OBSERVATIONS 7 HEURES 1>U MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 11 avril 1898. 8*,9 S W. 4. Quelques nuages. 2,7 Beau jusq. 5 h. : puis nuag.,~couy. à partir de 19 h. ; halo et parhélie de droite et arc cire. ; pluie de 21 à 25 h. 40.
- Mardi 12 ..... . 8",8 W. S. W. 5. Couvert. 0,0 Nuageux jusqu’à 18 h. ; beau ensuite.
- Mercredi 13 6-,4 W. N. W. 5. Très nuageux. 0,0 Nuageux de 7 à 10 h. et à 16 h. ; beau le reste du temps; gelée blanche.
- Jeudi 14 7",6 S. E. 2. Quelques nuages. 0,0 Nuageux jusqu’à 14 h.; couvert ensuite; gelée blanche; halo et parhélie de gauche; gouttes dans la soirée. '
- Vendredi 15 10”,8 S. 2. Couvert. 0,0 Couvert le matin, très nuageux le soir ; pluie ù plusieurs reprises.
- Samedi 16 6”,1 N. N. E. 2. Beau. 4,7 Nuageux ; gelée blanche ; halo, parhélie de gauche et arc circonscrit.
- Dimanche 17 ... . 6”,6 N. 2. Beau. 0,0 uageux à 1 h., de 11 à 16 h. et à 24 h. ; beau le reste du temps ; gelée lila nclie.
- AVRIL 1898. — SEMAINE DU LUNDI 11 AU DIMANCHE 17 AVRIL.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- I.es grandes averses à Paris et & Bruxelles. — Bien qu'on ne puisse assigner de limite absolue à la quantité d’eau que peut fournir une averse, on estime en général pour la région de Paris de 40 à 50*" la hauteur d’eau qui peut tomber en une heure ; cependant ce nombre est quelquefois et souvent dépassé même par des averses de plus courte durée.
- Ainsi comme intensité on signale une averse qui le 8 septembre 1880 donna, au Parc Saint-Maur, 15"* d’eau en 5 minutes, c’est-à-dire environ 500 litres d'eau par seconde et par hectare. L’averse qui accompagna la trombe du 21 juillet 1896 déversa sur le sol du parc de Montsouris une égale quantité d’eau pendant 8 minutes. Ces averses sont les plus intenses que nous connaissions pour la région de Paris depuis environ un demi-siècle.
- Comme hauteurs d’eau énormes, mais d’une chute moins rapide, on
- eut citer la pluie orageuse du 20 septembre 1867, qui donna sur Paris 6"" d’eau en une demi-heure, soit 511 litres par seconde et par hectare.
- Les grandes averses constatées à Bruxelles depuis soixante ans atteignent à peu près la même intensité qu’à Paris. Comme maximum de hauteur d’eau c’est l'averse qui le 10 jum 1895 déversa sur Uccle (près Bruxelles) 60"" en 35 minutes qui est considérée comme la plus importante pour cette région. Quant à la rapidité de la chute, on observe quelquefois à Bruxelles des averses qui pendant 5 ou 6 minutes projettent sur le sol 500 litres d’eau par seconde et par hectare.
- On se rendra compte de ce que peut produire une pluie de 45 à 50““ en 1 heure si nous ajoutons que l’eau, qui eu serait recueillie sur Paris équivaudrait au volume d’eau que la Seine débite pendant 1 heure en temps de grande crue, c’est-à-dire lorsque le niveau du fleuve atteint environ 5 mètres à l’échelle du pont Royal.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 13, à 2 h. 38 min. du soir.
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- §1 N° 1300 (30 avril 1898), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —M. Henri Moissan, de l’Académie des sciences, vient d’être domine membre de l’Académie de Copenhague.
- M. Henri Moissan vient aussi d’être nommé membre du comité •consultatif des arts et manufactures, en remplacement de M. Aimé Girard, décédé.
- —Les nouvelles galeries du Muséum ne seront pas inaugurées, comme on l’a dit, ni au commencement dp mai, ni le 25 mai, mais bien le jeudi 26 mai. La séance sera présidée par M. le Ministre de l'instruction publique.
- ~ ® - Jeudi 28 avril a eu lieu à la Sorbonne, sous la présidence de M. Jausseu, de l’Institut, la séance solennelle du 4e Centenaire de la Découverte de la route maritime des Indes, organisée par les soins du comité français.
- —Un violent orage s’est abattu le 17 avril sur Perpignan. A Rivesaltcs, la grêle a causé d’importants dégâts. Enfin, il est tombé de la neige dans les cantons de Montlouis et de Saillagouse.
- —® — En Autriche, à Laybach, le 18 avril, un tremblement de terre assez violent, qui a duré 2 secondes, s’est produit à llh5ü du matin. Le mouvement était dirigé du sud au nord.
- —Le rapport annuel du Bureau central météorologique qui en est à sa onzième année de fonctionnement constate qu’en 1897 ses annonces des prévisions du temps ont été exactes 89 fois sur 100; sur 202 avis de tempêtes, 130 envoyés à nos ports ont été vérifiés, 41 n'ont été que des vents forts. Sept tempêtes sont survenues sans qu’on ait pu les annoncer. Sur la proposition du conseil, il a été décerné 68 médailles aux observateurs les plus méritants. L’Association française pour l'avancement des sciences a mis à la disposition du bureau, 18 médailles de vermeil destinées aux capitaines des navires de commerce ayant fourni les meilleurs journaux de bord. Enfin, quelques observateurs ont reçu, à titre d’encouragement, 9 exemplaires de VAtlas international des Nuages. Les observations météorologiques régulières ont été faites au Bureau central; l'élude de l’électricité atmosphérique se poursuit aussi sans interruption ; elle est complétée par des enregistreurs installés sur la tour Eiffel dans la belle saison- Dans celte station importante, les données des phénomènes sont transmises toute l’année aux enregistreurs du Bureau ; la nécessité de faire l’ascension à pied pendant l’hiver une ou deux fois par semaine, pour surveiller la marche des instruments, constitue un service assez pénible, mais largement compensé par l’intérêt des résultats obtenus.
- —Üfc— Le 19 avril dans la matinée a eu lieu l’inauguration officielle de la première ligne de tramways à traction électrique installée à Alger. C’est une ligne longue de 10 kilomètres, qui relie le faubourg ae Bab-el-Oued à Mustapha supérieur, en traversant Alger dans toute sa longueur.
- —Le paquebot de la Compagnie transatlantique la Bretagne, venant de New-York, est de retour au Havre ramenant le capitaine Renaud qui a été chargé de faire des expériences de colombophilie maritime. Le capitaine Renaud est satisfait des premiers résultats obtenus. Pendant le voyage de retour, à cinq cents milles du Havre trente pigeons ont été lâchés et sont revenus à leur colombier après avoir franchi la distance, le premier en six heures et demie, les •deux seconds en huit heures.
- —g— A propos des fêtes de Florence pour le centenaire d’Americ Vespucc, à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, M.llamy a présenté une Note intéressante de M. E. Masini, la Data délia nascita di ^ merigo Vespucci. Cette Note vient de mettre fin à une polémique qui dure depuis plusieurs années et qui tendait à refuser à Vesp iee l'honneur d’avoir donné son nom au Nouveau Monde. On prétendait notamment que le célèbre voyageur s’appe-
- lait Albénc, et non pas Americ. Malgré les documents publiés par MM. Gilberto Govi, X. de la Espada et Hamy, cette opinion trouvait encore des partisans. M. Masini envoie de Florence un argument sans réplique : l’acte de baptême qu’il vient de retrouver dans le registre de S. Giovanni Battista, qui va de 1450 à 1460. Sous la date du lundi 18 mars 1455, on trouve la mention : Amerigho ed Matteo di ser Nastagio di ser Amerigho Vespuccis p. S. Lu D’Ognis. M. Masini donne également la date exacte de la naissance de Machiavel (5 mai 1469) et de Giovanni da Empoli (24 oct\ 1483).
- —®— La Revue suisse de Photographie organise entre amateurs et professionnels un.concours d’épreuves positives. Les épreuves devront être tirées sur papier émulsionné (eelloïdine, aristotype) et non sur papier albuminé ; elles devront être collées. Chaque épreuve portera un signe répété sur une enveloppe qui renfermera le nom de l’auteur. Tous les formats et tous les genres sont admis à concourir. Les épreuves devront être adressées à la Revue (40, rue du Marché, Genève), avant le 30 juin. Le jury sera constitué par M. le Président actuel de la Société suisse des photographes, M. le Président de la Société genevoise de photographie et le directeur de la Revue. Les épreuves primées ou non demeureront la propriété de ce journal et pourront y être reproduites. Les épreuves qui auraient déjà figuré dans d’autres expositions seront également admises au concours. Il sera délivré trois médailles de vermeil, huit médailles d’argent et douze médailles de bronze.
- —®— Fait peu banal : une centaine de cigognesse sont abattues sur Paris le 21 avril; elles se sont reposées, pendant plus de deux heures, sur les toits d’un dépôt de pavés de la Ville, rue du Châtcau-des-Rentiers. 11 va sans dire que de nombreux curieux se sont amassés pour contempler les échassiers. Vers 5 heures, la bande des cigognes, poussant des cris assourdissants, a repris sa volée, se dirigeant vers le nord-est.
- —La vapeur surchauffée commence à être très employée dans l’industrie. M. N. Gutermuth, dans le Zeitschrift Vereines dcutscher Ingenieure, a donné, à ce sujet, une étude très complète. 8e plaçant d’abord à un point de vue purement théorique, l’auteur examine, par des comparaisons de diagrammes, la mesure de l’économie réalisable par l’emploi de la vapeur surchauffée comparé à l’emploi de la vapeur saturée à même pression. Passant ensuite au côté pratique de la question, il montre que cette économie est très variable (de 0 à 50 pour 100), suivant les appareils employés pour la production ou pour l’utilisation de la vapeur. Le refroidissement des parois des cylindres, notamment, est très préjudiciable à la réalisation de l’économie. Pour l’appareil producteur, l’auteur décrit le type de Schmidt qui lui paraît le mieux compris. Cette étude est complétée par des tableaux donnant les résultats économiques obtenus, au moyen de plusieurs types de surchauffeurs, dans un très grand nombre d'applications industrielles et sur des machines à vapeur très diverses.
- —Un aquarium d’eau de mer va être construit, pour l’Exposition de 1900, sur une surface de 684 mèlres carrés (38 mètres de longueur et 18 mètres de largeur) sur le sous-sol du quai de la Conférence, entre le pont de l’Alma et le pont des Invalides. Le bail, consenti par la Ville à MM. Albert et Henry Guillaume, architectes, aura une durée de neuf années.
- —La Société d’Anthropologic de Paris décernera en 1898 les prix suivants : prix Rroca (150Û francs) : « Anatomie humaine, anatomie comparée ou physiologie se rattachant à l’Anthropologie. ».
- __Prix Bertillon (500 francs)..« Matière concernant l’Anthropologie
- et notamment la démographie ». Tous les mémoires manuscrits ou imprimés doivent être adressés à la Société, 15, rue de l’Ecole-de-Médecine, avant le 1er juillet. Les prix Godard (500 francs) et Fau-velle (2000 francs) seront décernés en 1899. Le règlement de ces divers prix sera adressé sur demande.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour la machine à faire les cartouches de chasse, il faut s’adresser à M.E. Bellan, 157, avenue de Villiers, à Paris. — Pour les appareils de chauffage électrique à silicium, s’adresser à M. Le Roy, 60, rue Cortambert, à Paris. — Nouveau frein à commande directe : M. Iloratio Phillips, à NVealdstone, près Harrow, Grande-Bretagne. — Le radientomètre se trouve chez M. Radiguet, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris.
- Communications. — M. Ch. Rozard, à Troyes, nous envoie la description d’un pont bascule portatif, qui permet, à l’aide de leviers combinés, de peser des poids de 1000 kg.
- M. F. Quénisset, à Paris, nous adresse quelques renseignements intéressants, sur les ballons- et la télégraphie sans lil : « M. Emmanuel Aimé, nous écrit-il, vient d'organiser une série d’ascensions aérostatiques pour la belle saison. Le premier départ a eu lieu récemment à l’usine à gaz de La Villctle. On procédera dans les ascensions suivantes à de curieuses expériences sur la télégraphie sans fil entre le ballon et la terre, puis entre deux ballons situés à des distances assez grandes l’un de l’autre. Les expériences de télégraphie sans fil, d’après la méthode de M. Marconi, n’ont pas encore été faites en France sur une grande échelle. Et cependant*il est temps de réparer une grande injustice. C’est à un savant français, aussi laborieux que modeste, qu’est dû le principe même de la méthode employée par M. Marconi. En effet, en 1890, M. Branly, professeur de physique à l’Université catholique de Paris, découvrit ce qu’il a appelé plus tard les radioconducteurs. Un tube rempli de limaille métallique devient fortement conducteur lorsqu’on le place sur le trajet d’une onde électrique. L’appareil de M. Marconi est basé sur ce principe essentiel. M. Du-cretet, le savant constructeur, vient de faire faire un nouveau pas à la télégraphie sans fil. Il a imaginé un appareil qui enregistre automatiquement les ondes électriques envoyées par le transmetteur. La sonnerie a été remplacée par un système inscripteur analogue à celui de Morse. L’onde en arrivant sur cet appareil déclenche un système particulier, la bande se déroule et la dépêche s’inscrit. On a déjà pu admirer ce bel appareil et le voir fonctionner à l’Exposition si intéressante de la Société de Physique. Ce procédé de la télégraphie sans 61 est assurément le seul que l’on puisse employer pour communiquer entre plusieurs aérostats et avec la terre. N’étant pas gêné par aucun obstacle, on est du reste dans les meilleures conditions possibles pour envoyer des dépêches à grandes distances. Je parle de communications en Ire différents aérostats, car pour ce qui est de la correspondance avec la terre, ou vice versa, on est absolument sûr de réussir, le ballon ne s’élevant jamais sans danger au-dessus de 8 kilomètres. Or on sait que M. Marconi a pu obtenir des signaux bien distincts à la distance de 16 kilomètres et même dans une occasion favorable à 22 kilomètres. »
- Renseignements. — M. E. H., à Ribecourt. — 1° Pour toutes ces questions de mécanique, il faudrait consulter les collections du Génie civil, de la Revue Technique et de la Revue mécanique. — 2° Pour la chaudière Serpollet, adressez-vous au constructeur, 27, rue des Cloys, à Paris.
- M. Dubois, à Paris. — Vous nous demandez si le compteur électrique Lucien Brillié, construit par la Cie anonyme continentale des compteurs, 9, rue Pétrelle, est admis au nombre des compteurs d’énergie électrique dont les abonnés aux combustibles sont autorisés par l’adminislration à faire usage. A la suite des essais et expériences auxquels il a été soumis, ce compteur a été inscrit par l’administration de l’octroi au nombre des compteurs agréés.
- M. E. Pescheur, à Clermont. — 1° La densité du gaz sul-
- fureux est de 2,21 par rapport à l’air;on compte 2'r,6*,F par décimètre cube, et 370cmc,5 par gramme. — 2° 11 faudrait examiner sur place pour pouvoir vous répondre.
- M. D. Punis, à X. — 1° Le prix de celle analyse est environ de 50 francs. — 2° L’Ecole des Mines, boulevard Saint-Michel,, à Paris, fait des analyses gratuitement.
- M. X., ingénieur. — 1° Vous n’v êtes pas. Vous confondez la pression atmosphérique avec les phénomènes de tension su-perbcielle, c’est bien différent ; il faut vous mettre au courant. — 2° Nos articles sur les cavernes intéressent beaucoup de nos lecteurs.
- M. G. Delerne, à Raismes. — Veuillez vous adresser à M. Michaux-Labarre à Montreuil (Seine) ou à la Société anonyme de matières colorantes, 105, rue Lafayette, à Paris.
- M. P. Legrand, à Paris ; M. J. Desgeans, à Épernay. — Pour tout ce qui concerne l’enlèvement mécanique des rivets, dont il a été question dans le n° 1297 du 9 avril 1898, p. 305, vous pouvez vous adresser à MM. Taite, Howard et Cie, 65, Queen Victoria Street, à Londres.
- M. E. Lechevallier-Chevignan, àParis. — Les grands bénitiers-de l’Église de Saint-Sulpice à Paris sont constitués par deux grandes valves de l’espèce d’huîtres appelée Tridacna gigas (Linné), d’un poids de 250 kilogrammes. Ces bénitiers ont été offerts à François Ier par la République de Venise. Les Tridacnes vivent à une faible profondeur, dans les coraux qui les entou-rent, ou dans le sable, ou ancrés aux pierres. Les grands individus sont pêchés à une trentaine de mètres, d’après le» renseignements du Manuel de Conchyliologie du Dr Paul Fischer.
- M.G.C,k Douai.—Ce frein a réellement donné de bons résultats-pratiques. — 2° Nous ne pouvons vous indiquer ces marques,
- M. le Dr H. Rrunard, à Porto-Alegre (Brésil). —Il faudrait adresser votre intéressant mémoire à la Société française de navigation aérienne, 91, rue d’Amsterdam, à Paris.
- M. Taurant, à Lille. — Voici un renseignement authentique sur les pluies de sang. M. Thomas Steel a présenté à ce sujet, en 1897, un mémoire au Congrès de l’Association australienne pour l’avancement des sciences. Il a observé une de ces pluies très intense à Melbourne, au mois de décembre 1896. La poussière rouge était accompagnée de pluie, et l’analyse des échantillons recueillis a donné les résullats suivants ; pour 100, matière organique 10,70 parties; sable, insoluble et indéterminé, 66,21 ; silice soluble 0,75; oxyde dè fer 4,68; peroxyde de fer 0,50; alumine 15,10; chaux 1,36; acide sulfurique 0,62.
- M. Lebard, à Paris. — Vous nous demandez la formule d’un mastic pour le rebouchage des pierres dans les constructions. Voici les renseignements que nous pouvons vous donner sur les divers mastics en usage. Les tailleurs de pierre emploient, pour boucher les ébréchures de pierres ou dissimuler leurs défauts, un mastic composé d’une partie de cire et de deux parties de résine ou colophane, fondues et mélangées à de 1» pierre réduite en poudre. Le mastic ordinaire est fait d’une partie de chaux vive en poudre, éteinte dans du sang de bœuf, et de deux parties de ciment, auquel on ajoute un peu de limaille de fer. Après battage, on obtient une pâte douce homogène. Le mastic hydraulique de Manoury d’Ùeclot se compose de : battiture de fer réduite en poudre tamisée 3 parties, silice (sable) 5 parties, alumine ncreuse ou mélangée d’oxyde de fer 4 parties, briques pulvérisées 4 parties, chaux vive 2 parties. Pour les rejointoiements, un excellent mastic est celui de Fiennes; il se compose de deux parties de chaux hydraulique éteinte spontanément et laissée dans une cave pendant huit ou dix jours, et de deux parties de bon ciment nouvellement pulvérisé et également tamisé. Ce mélange est pétri avec une partie d’huile de lin qu'on ajoute par petites portions. Après avoir gratté les joints à fond et les avoir bien brossés pour enlever toute la poussière, on les frotte et on les imbibe jusqu’au fond d’huile de lin très chaude; aussitôt après on applique, sans perdre de temps, le mastic avec une petite truelle. Si les joints se gercent, on les recire à plusieurs reprises avec une truelle trempé* dans de l’huile de lin chaude.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Leblois, à Lille. Cette construction peut être avantageuse : mais elle olFre beaucoup de difficultés. — M. Dubois, à I'au. Nous ne pouvons entrer dans ces détails; il faut consulter une agence de brevets. — M. D. G., à R.; AJ. L. /{., à Blois. Voyez les Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. P. C. G., à €. —Nous ne pouvons vous renseigner ; tous nos regrets.—M. Ph. Febre, à Lisbonne. Il faut vous adresser à la librairie Desforges, il, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- Dans la a flotte aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’am\ lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Nouveau brûleur pour bee Auer. — Avant l’emploi des manchons Auer on s’était peu occupé de perfectionner le bec Bunsen qui était surtout employé pour le chauffage. Aujourd’hui qu’il est devenu un complément indispensable des appareils d’éclairage il était intéressant de chercher à lui faire produire le maximum de chaleur avec le minimum de dépense. M. Lecomte a combiné dans ce but le nouveau brûleur que représente notre gravure (n° 1). Comme premier perfectionnement il a introduit à la base, en B, une soupape très légère en aluminium qui est entraînée par le courant de gaz arrivant de la canalisation et qui permet de faire varier la pression depuis 1 centi-
- Nouveau brûleur pour bec Auer. — 1. Vue tle l’appareil. — 2. Détails.
- mètre jusqu’à 15 centimètres d’eau sans que le débit varie. On sait qu’à certaines heures où l’on prévoit une augmentation dans la consommation on force la pression à l’usine, et les lampes déjà allumées et non munies de régulateurs automatiques brûlent alors le gaz en pure perte. Le second perfectionnement apporté par M. Lecomte consiste à obtenir un mélange plus intime d’air et de gaz. A cet effet le gaz sort par une petite ouverture de forme spéciale pratiquée dans le bonnet A qui s’adapte au-dessus de la soupape et il s’échappe dans une chambre conique par où l’air pénètre par des ouvertures pratiquées à la partie inférieure. Ce premier mélange s’échappe à son tour par l’orifice du cône pour arriver dans une seconde chambre conique qui est également en communication avec l’air extérieur. Toutes les ouvertures sont calculées de façon à obtenir la proportion de l volume de gaz pour 5 volumes d’air qui est celle donnant le maximum de chaleur. Une expérience déjà longue de plusieurs mois a prouvé qu’à éclairage égal d'un manchon Auer on consomme 26 à 30 pour 100 de moins qu’avec le brûleur ordinaire. — Le nouveau brûleur se lrou>e chez M. Lœser, 146, boulevard Magenta, à Paris.
- Crayon pèse-lettres. — On a souvent besoin de contrôler le poids d’une lettre pour savoir s’il y a lieu de l'affranchir d’un ou de plusieurs timbres. Il existe aujourd’hui un grand nombre de pèse-letlrcs; en voici un nouveau modèle
- Crayon pèse-lettres. — 1. Vue <!e l'appareil. — 2. Mode d’emploi.
- qu’un inventeur ingénieux vient de trouver. Ce petit pèse-lettres est dissimulé dans le fourreau protège-pointe d’un crayon (n° 1). Il est formé d’une tige qui coulisse dans un fourreau ; cette lige est entourée d’un ressort en spirale dont la résistance est mesurée exactement afin de correspondre avec la graduation qui se trouve sur la tige. Lorsqu’on relire
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- le crayon, il suffit d’entrer la lettre dans la fente du protège-pointe (n° 2). Le poids de la lettre txeree un tirage sur le fourreau et, par suite, comprime le ressort ; la lige sort de son logement et met à nu la graduation sur laquelle il suffit de lire le poids indiqué qui est exactement celui de la lettre.— Le nouveau crayon pèse-letires se trouve chez M. Kratz-L'oussac, 3, rue Saint-Laurent, à I ari''.
- Bouton pour sonneries. — Il peut être intéressant de disposer un bouton interrupteur de sonnerie, de façon que l’un ne puisse rien introduire du dehors, soit pour le caler au contact, soit pour toute autre opération. Avec la disposition que représente la figure ci-jointe, ce but est atteint. Le bouton (n° 2) est creux avec la partie inférieure conique, une tige
- re. — 2. Coupe intérieure.
- 5. Contact.
- verticale est fixée dans le bouton et maintenue à l’intérieur par une goupille. Celte tige glisse à l’intérieur d’un petit tube fixé dans le fond de la cuvette. Ce .tube est assez long pour pénétrer à l’intérieur de la tête du bouton, de telle sorte qu’il n’existe jamais d’espace libre et que la tête du bouton est toujours engagée d’au moins 1 millimètre sur le tube. — Le bouton pour sonnerie est fabriqué par M. V. Olyve, horloger-électricien, 21, rue de l’Etape, à Reims.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Épouvantail simple et pratique contre les oiseaux. — Depuis longtemps, le problème a été résolu par les paysans de la Franche-Comté : mais cette utile invention est à peine connue dans les départements voisins et totalement ignorée dans les maisons de Paris. Pour effrayer les oiseaux, il est nécessaire que l’épouvantail soit constamment en mouvement : s’il est fixe, bien que le costume soit effrayant par lui-même, les oiseaux s’y habituent bien vite, viennent se percher en foule sur la tête et les bras du personnage et le couvrent... desmarques de leur mépris. Bien plus, des moineaux (parisiens, il est vrai) ont fait plus d’une fois leur nid dans le ventre du mannequin bourré de paille. L’épouvantail franc-comtois figure une buse les ailes étendues, planant avec de très légers mouvements. Inutile de prendre une buse empaillée. Le Franc-comtois économe fabrique une buse en enfonçant dans une grosse pomme de terre de longues plumes grises de dindon : six grandes plumes pour les ailes étalé»® ; trois plus petites pour la queue et autant pour la tête. La pomme de terre est suspendue à une ficelle attachée à l’extrémité d’une longue gaule fichée en terre ou fixée à la cime d’un cerisier. En tout cas, la gaule doit être inclinée de façon à laisser à la ficelle toute liberté pour tourner sur elle-même en tout sens. Dans ces conditions, même par un temps calme, il y a toujours assez de vent pour que la buse artificielle soit toujours un peu en mouvement. S’il s’agit de protéger un champ nouvellement ensemencé, ou une plantation de cerisiers, on tend une ficelle horizontale (par exemple, une ficelle réunissant toutes les cimes des cerisiers), et on accroche plusieurs épouvantails de distance en distance. Les petits oiseaux ont une peur extraordinaire de la buse : ils n’osent pas s’approcher assez près pour vérifier si l’épouvantail est vivant ou ne l’est pas : c’est une buse qui plane, cela suffit pour les éloigner. Nous avons vu des moineaux (de Paris, toujours) rester en faction pendant des heures perchés sur des arbres à dix mètres d’un cerisier chargé de fruits mûrs et n’osant s’exposer à la buse artificielle qui planait au-dessus.
- Porle-palissade, économique et solide. — Pour clore un jardin, un verger ou même pour servir d’entrée à une maison de campagne, une grille de fer est trop coûteuse ; une grille de bois est assez chère et peu durable ; si l’ouverture est grande, la grille de bois devient lourde, car il faut des pièces de fort échantillon. Mais en profitant du bas prix actuel où se trouve
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- le fer, on peut faire exécuter à bon marché une porte palissade mi-partie bois et fer, do la manière suivante. Avec du fer méplat de 2 à 5 millimètres d’épaisseur et de 5 à <i centimètres de large, on fait exécuter par n’importe quel ouvrier en fer deux paumelles d'une longueur égale à la largeur de la porte, plus une paire de gonds. On fait percer dans les paumelles des trous de 4 à y millimètres de diamètre espacés de 10 en 10 centimètres. Cette opération se fait très bien avec la machine à poinçonner ou bien avec la machine à forer (dite 0 à colonne), qu’on trouve à peu près partout : ou enfin on poinçonne à chaud, s’il s'agit d'un forgeron de village dépourvu de machines-outils. D’autre part, on lait préparer les palis de bois de sapin ou autre de (3 à 8 centimètres de largeur et d'une longueur égale à la hauteur de la porte. Il faut donner trois bonnes couches de peinture aux fers ainsi qu’aux bois. On assemble alors le tout à l’aide de petits boulons achetés dans la quincaillerie : l’écrou du boulon étant placé du coté de l’intérieur. Pour rendre le panneau tout à fait rigide, on fixe deux fers feuillants (fers pour cercles de tonneaux) formant un X
- appliqué sur le panneau. Chaque feuillard percé d’un trou a son extrémité insérée entre la paumelle et le palis : elle est fixée par le premier boulon de la paumelle supérieure et le dernier de la paumelle inférieure. Sur la longueur des feuillards on perce quelques trous afin de les fixer aux palis par des boulons (plus petits que ceux des paumelles). Cet ensemble est très solide, quoique fort léger, et très économique, car il peut être exécuté par des ouvriers quelconques. Quand le travail est terminé, on recouvre le tout d’une dernière couche de [teinture. Au bout de plusieurs années, quand les palis pourrissent ou qu’ils sont brisés par accident, rien n’est plus facile que de les remplacer en desserrant les boulons. Pour une porte cochère, on établit deux lenlaux identiques au venlail unique que nous venons de décrire. Pour avoir une bonne fermeture, on donne aux deux paumelles une longueur plus grande que la largeur de chaque ventail : on fait un trou (de 3 centimètres environ de diamètre) à l'extrémité de chaque paumelle. Quand les deux vent aux sont fermés, les trous se correspondent çt l’on y passe la branche d’un fort cadenas.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — ,Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES QU MATIN THERMOMÈTRE VENT (MKECriON ET EOKCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 18 avril- 1808. 7“ 2 N. N. E. 2. .Couvert. 0,0 Nuageux jusqu’à 18 h. ; beau ensuite ; bah) et arc circum-z.énitbal.
- Mardi 19 7 .9 S. S. E. 2. Couvert. 0.1 Nuaseux; quelques averses; trois coups de tonnerre à l’E. S. E. à t4 b. 50 m.
- Mercredi 20 8 .4 S. W. 2. Couvert. • 0,4 Très nuag. jusqu'à 1 f b. ; couv. ensuite ; gelée blanche.
- Jeudi 21 8 .9 Ni. 1. Couvert. 0,7 Près )ue couvert; quelques averses; tonnerre au S. W. à 15 h. 06; éclairs de ce côté à 21 h.
- Vendredi 22 5%4 N. 3. Très nuageux. 1,3 Nuageux jusqu’à 20 h. ; beau ensuite ; halo.
- Samedi 23 4”,0 N. 2. Beau. 0,0 Beau; gelée blanche.
- Dimanche 21 ... . 6\1 • N. E. 2. Beau. 0,0 Nuageux de 10 à 13 h. ; beau avant et après ; gelée blanc.
- AVRIL < "98. SEMAINE OU LUNDI 18 AU DIMANCHE "21 AVRIL.
- » La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches -inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, tes pressions barométriques ibaruinétre ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- Oraçe magnétique. — Notre confrère Nature a donné quelques renseignements sur la tempête magnétique qui a eu lieu les li, là et 16 mars à l'Observatoire de Kew (Angleterre).
- Le 1 i mars à 8h 55 du soir, on a remarqué nue variation considérable de la composante horizontale manifestée par des oscillations qui ont continué en annonçant une augmentation jusqu'au 15 à 8 heures du soir. Une diminution s'e.-t alors produite par grands mouvements oscillatoires qui ont indiqué un minimum le 15 à I0h48 du soir. Pendant la matinée suivante, les changements ont d'almrd été fort rapides, puis l'aiguille aimantée est revenue à l’état normal le 16 à 5 heures du soir.
- La composante verticale a subi de faibles perturbations à partir du 15 à 2 heures du soir, a passé par un maximum à 5 heures, et a repris sa valeur normale à 10" 48 du soir. Les oscillations étaient encore assez fortes, mais leur amplitude a diminué peu à peu, et elles cul complètement cessftblans la matinée du 16.
- Les perturbations de la déclinaison ont commencé le 11 à 8'‘53 du soir en même temps que celles de la composante horhonîal.», et o U été
- faibles jusqu’à minuit. Après un mouvement dirigé vers I’E., et qui a duré quelques heures, l’aiguille est revenue vers l'W. et est arrivée à sa position la plus occidentale le 15 ver-2b 18 du soir; à partir de ce moment, elle a effectué de très fortes oscillations qui ont été en diminuant d’amplitude et elle a repris sa position normale le 16 à 5 heures du soir.
- Les plus grandes valeurs des perturbations ont été 0,00,>0 et 0,0057 en unités CCS pour les composantes horizontale et verticale; et l°26' pour la déclinaison. Le 15, de 10h Itt à ÎO" 18 du soir, les variations des com-tosantes horizontale et verticale ont été respectivement de 0,002 et 0,003. .es changements les plus rapides dans la déclinaison ont été observés une demi-heure plus tard.
- En résumé, les composantes horizontale et verticale ont éprouvé un all’aiblis-ement rapide et notable, tandis que l’aiguille de déclinaison a été déviée de 1° 2 >' vers l’E.
- Cet orage magnétique a été pareillement, observé le 15 au Parc Saiut-Maur où la variation de déclinaison a été de lu 12’, puis à Bordeaux et à Perpignan. 11 coïncide justement avec des aurores boréales qui ont été signalées dans le nord de l’Angleterre, en Danemark et en Russie (à Hel-singfors, à Uléaborg et à Kuopio),
- PHASES DE LA LUNE ; Ni. I. le 20, à 10 h. "0 min. du s air.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Les Portugais s’apprêtent aus-i à célébrer en 1898 par une fête nationale le quatrième centenaire de la découverte du chemin maritime des Indes. Un programme général a été dressé et approuvé par le gouvernement portugais. On doit créer une série monétaire •de 500 contos de réis, une émission de timbres-poste et de cartes postales, une édition commémorative des Lusiades, imprimée à l'Imprimerie nationale, une édition autographe de ce même poème, une série de travaux littéraires et scientifiques, un hymne, etc.
- —Quelle est celle des grandes capitales des deux mondes, où l'agglomération est le plus dense, où la population se tasse davantage? On peut hardiment affirmer que Paris est cette capitale. Londres, d’après les récentes statistiques, compte 600000 habitations, ce qui donne environ 7 habitants par maison. A Berlin, Pétersbourg, ce chiffre est à peine plus élevé, et pas beaucoup plus à Vienne on à Constantinople. - New-York, si nous en croyons les statistiques américaines, est composé de 115000 maisons, avec 18 habitants en moyenne Quant à Philadelphie, ville ultra-moderne, sa population est moins- dense encore que celle de Londres. Il y a une maison pour six personnes et une fraction. Paris, au contraire, pour sa population de près de 5 millions d’habitants, compte à peine 85090 maisons, soit une pour 26 personnes. C’est l’état actuel, mais la population pari-denne tend à se porter aux extrémité' de la ville, et après la suppression des fortifications, la densité diminuera.
- —®— Le gouvernement belge offre un prix de 50 000 francs à l’inventeur du meilleur système de fabrication d’allumettes sans phosphore blanc. On annonce que le concours sera international et que l’inventeur restera propriétaire de son invention. Nous avons d’jà décrit Li nouvelle allumette française sans phosphore blanc de 51 il. Sevène et Cahen.
- —g— Un nouveau bateau phare électrique, rapporte le Moniteur Industriel, vient d’être ancré définitivement sur les dangereux bancs Diamond, au delà du cap llatleras, par 54 mètres de profondeur, et. en supportant vaillamment depuis trois mois l’assaut des terribles lames de l’Atlantique, il a prouvé au Lighthouse Board des Etats-Unis qu’il saurait se maintenir à sou poste périlleux jusqu a ce qu’un phare puisse le remplacer, comme on a l’intention <le le faire plus tard. Ainsi que son sosie le bateau de Fire-Island, il ne consiste pas en un simple ponton ; cci deux bâtiments sont, au contraire, munis d’une machine motrice à vapeur et d une hélice qui leur servirait à se tirer d’un mauvais pas en cas de rupture des chaînes d’ancrage. Quant à leur matériel électrique, il eff des plus complets et en double exemplaire pour plus de sûreté : l’éclairage, le chauffage, les pompes, les signaux de brouillard, les treuils, tout s’obtient et tout fonctionne par l’électricité. Le matériel générateur consiste en deux moteurs à vapeur, type de la marine, directement accouplés à des dynamos de la <i General Electric C° ». Chaque dynamo, à quatre pâles, est d’une puissance de 8 kilowatts; elles alimentent par courant à 100 volts huit lampes de 100 bougies chacune, quatre en tète île chaque mât, et quarante lampes de 16 boug.es pour l’éclairage intérieur de bâtiment. Les feux des mâts sc composent de trois lampes de 100 bougies renfermées dans des lanternes à lentilles, la quatrième servant de réserve. A l'aide d’un interrupteur automatique, on obtient les signaux réglementaires : un feu blanc fixe pendant 12 secondes suivi d'une éclipse de 7> secondes. Le plan focal de ces fanaux est situé à 17“,20 au-dessus du niveau de la mer et leur portée par temps clair atteint facilement 13 milles marins.
- —Une ville en zinc. Los voyageurs qui se rendent d’Europe au Transvaal par la cote orientale d’Afrique, ont à subir de nombreuses escales qui n’offrent ni grand attrait, ni matière inté-ressa.ite aux réflexions de l’observateur; toutefois, s’ils ont le cou-
- rage de s’arrêter à Beïra, ils pourront jouir d’un spectacle vraiment étonnant. Ils verront une ville en zinc. Les maisons particulières et leurs dépendances, les bâtiments publics, la résidence du gouverneur, les casernes, les magasins, les hôtels, les bars, les kiosques à musique, tout cela est en ziné. La fièvre de la spéculation a été si forte, le besoin de loger vite et à peu de frais les immigrants a été si impérieux, qu’on a bâti une ville en six mois : il ne fallait pas songer à bâtir comme ailleurs. Des milliers de tonnes de tôle galvanisée sont arrivées d’Angleterre, de France, d’Amérique; et les charpentiers chinois ont dressé quelques cadres en bois, prestement recouverts de plaques de métal cannelé, qu’on a songé plus taid à recouvrir d’une couche de peinture. L’effet que produit cette ville en zinc est difficile à décrire; l’impression fâcheuse qu’on en ressent s’augmente encore si l’on songe que des êtres humains doivent vivre dans de pareilles habitations, sous un climat aussi chaud. Pour que rien ne manque à ce triomphe du métal, un Decauville, avec wagonnets en fer, sillonne la ville en tous sens. Le zinc est tellement le maître à Baïra que non seulement il sert à édifier des murs, à recouvrir des toitures, mais encore qu’il est utilisé comme civière. Un indigène est-il malade? On le transporte à l’hôpital sur une plaque de zinc arrachée à une clôture. Meurt-il? C’est encore sur le zinc qu’il sera transporté au cimetière.
- —51. Il éron de Villefosse a signalé à. l’Académie des Inscriptions et Belles-lettres un fragment d’inscription sur une plaque de bronze trouvée en 1802 dans le lac d’Autrc, près Moirans (Jura), et qui, à n’cnpas douter, appartient à un calendrier semblable à celui qui a été récemment découvert à Colignv. Le calendrier d’Autre était rédigé dans la même langue, avec les mômes abréviations que le calendrier de Cojigny; la même division du temps y était adoptée. Les deux documents sont pour ainsi dire jumeaux et certainement contemporains. Iis ont aussi subi le même sort; tous deux étaient gravés sur des plaques de bronze, tous deux ont été brisés intentionnellement en petits morceaux.
- —Les convois d’indigènes haoussas, originaires des environs du Niger et du lac Tchad, dit La r/uimaine coloniale, descendent parfois dans le bassin de la haute Sangha pour y trafiquer avec les blancs et les noirs. Ces Haoussas, excellents commerçants, viennent du Nord, par terre jusqu’à Nola, d’où le gouvernement français les fait transporter par pirogues, jusqu'à Bayanga. Jusqu’en ces derniers temps, ils achetaient des produits dans la Haute Sangha, la haute G'oko et retournaient chez eux. A Gola, sur la Bénoué, ils vendaient leur ivoire aux Anglais de la Compagnie du Niger. Le Gouvernement français a cherché à fixer les Haoussas dans notre région. Déjà, plusieurs colonies de ce s indigènes se sont créées à Carnot, Bania et Nola, et vont accroître sensiblement le commerce local.
- —Le réseau des chemins de fer algériens reste depuis longtemps fixé à 2927 kilomètres, dont 513 exploités par la Compagnie Paris-Lyon-5Iéditerranée, 898 par l’Est-Algérien, 436 par la Compagnie de Bône-Guelma, 379 par l’Ouest-Algéricn, 668 par la Compagnie Franco-Algérienne et 33 par la Compagnie des minerais de fer magnétiques de Mokla-cl-Hadid. Cependant les produits, en 1897, ont, à 23 491 068 francs, dépassé de 166 701 francs ceux de l’exercice antérieur. Les tramways algériens (El-Alfroun à Jlareng >, Saint-Eugène à Rovigo, Dellys au Camp-du-Maréchal et Deux-5Ioulins à Guyotville) sont passés de 85 à 95 kilomètres, et leurs produits se sont élevés de 467 701 francs à 633 621 en 1897. La Tunisie, dont le réseau est exploité par la Compagnie de Bône-Guelma, a gagné 72 kilomètres et restait à 534 au 31 décembre dernier. Les recettes brutes se sont élevées de 2 380 401 francs à 2 568 691 en 1897. L’Algérie est le seul pays du monde où les chemins de fer restent stationnaires, quoique ce soit aussi un de ceux où il y en ait le moins.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Communications. — M. H. Duchaussoy, professeur au lycée d’Amiens, membre de la Société linnéenne du nord de la France, nous envoie plusieurs brochures intéressantes et ayant pour titres : Le grand pingouin du musée d'histoire naturelle d’Amiens, Les orages et les zones à grêle dans le département de la Somme, végétation comparée de la Somme et du Cher.
- M. Descours-Desacres, à Québec (Canada) nous fait parvenir une brochure contenant un extrait du Bulletin du Ministère de l’agriculture et relatif à VAgriculture dans les provinces d’Ontario et de Québec (Canada).
- M. Iv. G. Garvanoff, chef de la station météorologique à Salonique, nous adresse le Bulletin annuaire de la station pour l’année 1897. Ce bulletin donne pour tous les mois la pression atmosphérique, la température, l’humidité absolue, la direction du vent, des nuages, l’effort du vent, la nébulosité, l’état de mer, etc.
- Renseignements. — M. J. Sonnet, au Fournay. — 1° Les principaux journaux d’automobiles sont : La locomotion automobile, 4, rue Chauveau-Lagarde, et La France automobile, 4, rue du Faubourg-Montmartre, à Paris. — 2° Comme ouvrages, nous pouvons vous indiquer Le traité des véhicules automobiles, par L. Lockert, chez Fauteur, 26, place Dauphine, Les automobiles, par Farraan, à la librairie Fritsch, 50, rue Jacob et le Manuel pratique du conducteur d’automobiles, par P. Guédon à la même librairie.
- M, A. Duhamel, à Lausanne. — L’adresse que vous demandez de l’inventeur de l’emboutissage hydraulique des cycles et automobiles dont nous avons parlé dans le n° 1290 du 19 février 1898, page 187, est la suivante : M. Charles T. Crowden : Hydraulic joint syndicate 50 Ely Place, London. E.C.
- Un lecteur assidu, à Epernay. — Vous pourriez consulter La vinification des vins blancs, par Coste-Floret, ou Les vins de luxe, par V. Sébastian, à la librairie Masson et Cie.
- M. A. Huard, à Guatémala. — 1° Vous trouverez tous produits pour machines à écrire, rubans encrés, papiers carbone chez M. Cerf-Graner, 5 bis, rue Martel, ou chez M. P. Petit, 6, impasse Mazagran, à Paris; nous n’avons pas de recette spéciale pour l’encre. — 2" Nous vous faisons envoyer le catalogue.
- M. Maillot, à Hallencourt. — L’acétylène est un hydrocarbure formé de deux atomes de carbone unis à deux atomes d’hydrogène; il renferme en poids 92,5 parties de carbone et 7,7 parties d’hydrogène. Ce gaz mélangé à l’air détone lorsque le mélange est formé de 5, 4, 5 ou 6 parties de gaz et une partie d’air. On le prépare par l’action de l’eau sur le carbure de calcium.
- Un abonné, à X. — Nous n’avions pas de document; nous n’avons pu représenter le microbe; à 500 diamètres, il est gros comme une tête d’épingle.
- M. Alexandre Speltz, à Rio-de-Janeiro. — Nous n’avons pas à ce sujet d’autres renseignements que ceux déjà publiés.
- M. Henri Cachet, à La Réole. — Nous ne pouvons vous donner d’adresse spéciale; mais il est facile de faire construire une canne semblable en s’appuyant sur le principe du siphon.
- M. Ed. Marrel, à Rolle. — Vous trouverez divers ouvrages sur les sonneries électriques à la librairie Bernard Tignol et à la librairie Desforges, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. P. M., à Bordeaux. — Nous n’avons pas trouvé l’énoncé exact que vous nous demandez ; mais vous pouvez vous adresser au secrétariat de l’Académie des sciences, au Palais de l’Institut, à Paris.
- M. S. Yberty, à Royal-les-Bains. — Vous aurez un appareil de ce genre chez M. Ducretet, 75, rue Claude-Bernard ou chez M. Chahaud, 58, rue Monsicur-le-Prince, à Paris.
- M. E. S., à Cannes. — Les foyers fumivores J. Hinstin, dont nous vous avons parlé dans une Boîte aux Lettres précédente (n° 1298 du 16 avril 1898) sont au dépôt, 25, rue de Turin, à Paris.
- M. E. X. W., à Lausanne. — Brise-pression pour distributions d’eau: MM. Samain et C'% 12, rue Saint-Amand, Société anonyme de construction d’appareils hydrauliques, 11, rue du Terrage, à Paris.
- M. X., à X. — Veuillez consulter les traités de photographie; vous trouverez toutes des formules que vous demandez. Il nous est impossible de les donner ici.
- M. G. B\, à P. — On ne peut répondre à distance; tout dépend du tempérament. Il faut consulter un médecin.
- M. A. de M., à Narbonne. — 1° Les mûres, surtout les noires, peuvent être servies comme hors-d’œuvre. Elles sont employées pour colorer des liqueurs et des confitures. On prépare un sirop avec le suc des mûres cueillies avant leur maturité, qui, mélangé avec de l’eau d’orge et pris en gargarisme, calme les irritations de la gorge. Les mûres servent aussi à engraisser les volailles. Le mûrier placé dans une basse-cour sert d’ombrage aux poules. — 2U Nous avons donné les adresses des principaux constructeurs de voitures automobiles dans la Boîte aux Lettres du n° 1295, du 26 mars 1898.
- M. A. Thomas, à Mortes. — Maisons démontables : Société des constructions hygiéniques, 118, rue Lafavelte; Compagnie des constructions démontables, 51, rue Lafayelte, à Paris; Société métallurgique d’Amiens (Somme); MM. Duclos et C‘% quai de Seine, à Courbevoie (Seine).
- M. L. Bieuneau, à Albi. — L’ouvrage de MM. Fouqué et Michel Lévy sur la Minéralogie micrographique, a été édité par M. J.-B. Baillière, 19, rue llautefeuille, à Paris.
- M. lî., à Chàteauroux. — 1° et 2° Nous ne pouvons insister ici sur ces détails ; mais vous pourriez consulter Les débuts d’un amateur photographe, par J. Ducnm, à la librairie Carré et Naud, 5, rue Racine, à Paris. — 5J Non, il n’a pas paru d’autre volume.
- M, A. Sabatier, à Paris. — Pour ces divers ouvrages, veuillez vous adresser à laührairie Dunod et Vicq, 49; quai des Grands-Augustins, ou îyiu librairie Baudrv, 15, rue des Saints-Pères.
- L’abonné X., à Paris. — Les bras de levier étant égaux, l’effort à exercer sera le même.
- Un lecteur, à X. — L'expérience à travers le zinc n’a jamais été faite; nous ne croyons pas qu’elle réussirait.
- M. V. Séguin, à Paris. — Vous aurez des détails plus complets sur l’électro-aimant donnant un champ de 50 000 unités C. G. S. en vous renseignant auprès de M. Pierre Weiss, maître de conférences à la Faculté des sciences de Rennes.
- M. E. W., à Khroub. — 1° Un ouvrage a été publié par M. Piesse, Des odeurs, des parfums et des cosmétiques, à la librairie J. Baillière, à Paris. — 2° Nous ne connaissons pas de traité.
- M. H. Patin, à Metz. — 1° La Photo-Gazette, dont le rédacteur en chef est notre collaborateur M. G. Mareschal, 12, rue Demoui’s, à Paris, a fait connaître dans sen numéro du 25 février 1898 la formule d’un révélateur à l’ortol qui semble répondre aux conditions que vous demandez. — 2° Adressez-vous à M. Gaumont, 57, rue Saiul-Roch, à Paris.
- Questions. — N° 1240. — AI. A. Grellon, à Paris, nous demande les moyens à employer pour éloigner un essaim d’abeilles d’une maison sans les détruire.
- Réponses. — N° 1259. — Moyen d'enlever les taches d’huile sur le pavé de grès. — Il s’agit sans doute des taches d’huile que fait une voiture automobile au repos. Voici comment j'enlève celles que laisse la mienne. On répand, en frottant avec une brosse de chiendent, de l’essence sur la tache d’huile, puis on y met le feu. La tache disparaît immédiatement ou le peu qu’il en reste s’en va facilement par un lavage ordinaire au savon noir. (Communiqué par M. Daniel Courtois, au château d’Ardon, à Laon (Aisne).
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. P., à Paris. Ce sont des résultats que l'expérience seule peut fournir; et nous ne pouvons entreprendre ces essais. — M. L. Durand, à Blois.
- 11 ne nous est pas possible, même avec les indications que vous donnez, de trouver la composition de celte substance; il faut en faire l’analyse chimique. — M. Grégoire, à Brest. Consultez les catalogues de diverses librairies; nous ne connaissons pas ce sujet. — AP. G. Lebon, à Paris; M. D. G-, à S.; M. L. M., à Paris. — Voyez les Recettes et Procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cio, à Paris,
- Dans ta « Boite aux lettns » la tiédachon accueille les faits intéressants qui lut sont signales par ses lecteurs, et aontte de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer tontes les communications.— Il n’est répondu gu'au.n lettres reçues avant le lundi gui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIE.NTI 11QUES.
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- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
- Virage-fixage en ion noir.
- Les amateurs photographes ont une prédilection marquée pour les papiers au chlorure d'argent (papier aristotype, ou au citrate), cela se comprend en raison de la grande facilité que donnent ces papiers pour le tirage des négatifs. D’un autre côté on cherche souvent, pour les effets artistiques et les imitations de gravures, à obtenir des tons noirs, et c’est dans ce but que M. Hoffmann a combiné un nouveau virage-fixage que nous signalons à nos lecteurs. Il préconise le double virage; pour cela il est nécessaire de tirer vigoureusement les épreuves, on les lave ensuit^ pour les faire dégorger jusqu’à ce que l’eau ne soit plus laiteuse, puis on leur donne un ton pourpre violet en les passant dans le virage à la craie, employé pour les papiers albuminés. Après un second lavage on les fixe dans le bain spécial Hoffmann qui leur donne le ton noir désire. L’opération demande environ un quart d’heure et on termine par un lavage soigneux en changeant l’eau cinq ou six fois. L’effet obtenu est très artistique et les épreuves se conservent bien. Voici pour ceux qui l’auraient oubliée, la formule du virage à la craie : Eau, 1 gramme; chlorure d’or, 1 gramme; craie lévigée, 3 grammes. Un dissout d’abord le chlorure d’or, puis on ajoute la craie et on laisse reposer 24 heures. — Le virage Hoffmann se trouve au Comptoir général, 57, rue Sl-Roch, à Paris.
- Virage Lenoir.
- L’inventeur du moteur à gaz, M. Lenoir, qui occupe maintenant ses loisirs à faire de la photographie, a composé une formule de virage-fixage qui permet par une seule immersion d’obtenir une très grande variolé de tons suivant le temps pendant lequel on y laisse séjourner les épreuves, et suivant aussi la quantité d’eau ajoutée à la solution mère. Il ne fait pas de virage préalable et n’utilise qu’un seul bain qui vire et fixe en même temps. Nous rappellerons à ce sujet qu’il est toujours prudent avec tous les virages-fixages de passer les épreuves dans une solution d’hyposulfite à 15 pour 100 pour terminer l’opération, car il arrive souvent que l’épreuve a atteint le ton désiré avant que son fixage soit bien complet. — Le virage Lenoir se trouve dans toutes les maisons de fournitures photographiques.
- Affaiblissement des clichés et des épreuves.
- On utilise généralement pour affaiblir les clichés trop denses le réducteur de Farmer, qui se compose d’un mélange d’hyposulfite et de ferricyanure de potassium, mais ce bain agit un peu brutalement et enlève les fins détails de l’image. M. Prunier indique dans Plioto-Gazette les formules suivantes qui donnent de meilleurs résultats. Pour les clichés il emploie : eau, 100; sulfate de cuivre, 1; sel marin, 1; ammoniaque, environ 0, jusqu’à dissolution du précipité formé. On ajoute à cette solution, au moment de s’en servir et en parties égales, une solution d’hyposulfite à 1 p. 100; on applique au pinceau sur les parties à réduire. Dans le cas où on veut réduire tout le cliché on emploie : eau céleste, 1 ; même quantité de solution d’hyposulfite à 1 p. 100; eau, 6. Pour les épreuves positives sur papier trop tirées, on modifie ainsi la formule : eau céleste, 10; solution d’hyposulfite à 1 p. 100, 10; eau, 180. Enfin pour les papiers au gélatino-bromure par développement on prendra : eau céleste, 20; solution d’hyposulfite à 1 pour 100.20; eau, 100. On aura soin dans tous les cas de terminer par un lavage soigné à l’eau courante, ou en changeant au moins cinq à six fois dans l’espace d’une heure. A propos d’affaiblissement, nous dirons que lorsqu’on fait des clichés de projections, ou de stéréoscopes sur verre, il est toujours bon de les développer un peu trop, puis de les baisser ensuite dans le bain cité plus haut, on arrive ainsi bien plus sûrement à l’intensité désirée parce qu’on opère en pleine lumière.
- Tirage des négatifs faibles.
- On arrive à obtenir une banne épreuve malgré la faiblesse du négatif en plaçant un verre vert sur le chàssis-présse, mais on a indiqué dernièrement un autre procédé qui modifie le cliché une fois pour toutes; il consiste à plonger la plaque pendant quelques instants dans une solution de bleu gris d’aniline, la couleur est absorbée en raison de la quantité d’argent réduit et les détails d’abord invisibles apparaissent et viennent au tirage sans empalement.
- Tirage au platine.
- Lorsqu’on s’aperçoit qu’une épreuve est trop tirée et deviendrait trop intense au développement on continue le tirage comme s’il s’agissait d’une épreuve sur un papier à l’argent et, lorsqu’elle a atteint l’intensité voulue, on la fixe simplement dans le bain à l’acide chlorhydrique. G. M.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Poudre adoucissante pour les jeunes enfants. — Notre confrère Seifen, Oehlen und Fett-Industrie a donné dernièrement la formule suivante d’une poudre destinée à empêcher la peau des enfants de s’échauffer et de se gercer. On mêle intimement par des tamisages successifs 2 parties d’acide salicyliquc, 100 de talc, 100 de lycopode, et enfin 50 d’amidon finement pulvérisé et 20 d’oxyde de zinc. Il paraît que cette poudre guérit même les gerçures déjà formées.
- L’acétate de thallium contre les sueurs nocturnes des phtisiques.
- M. Combemale (de Lille) emploie ce médicament sous forme de pilules de 10 centigrammes. Sous cette forme pharmaceutique commode, l’acétate de thallium a donné à M. Combemale contre les sueurs des résultats- remarquables chez plus de 50 malades, tuberculeux ou autres, qui ont pris de l’acétate de thallium contre leurs sueurs excessives; 2 seulement n’en ont pas tiré complet soulagement. A l’inverse des autres antisudoraux, l’acétate de thallium avait son maximum d’ell’et chez lescachec-tisés. Il ri’e-t pas jusqu’aux vieux tousseurs nocturnes par ectasie bronchique, bronchite chronique, emphysème, qui ne retirent bénéfice de l’emploi de l'acétate de thallium contre les sueurs qui d’aventure accompagnent leurs accès de toux. Pour çe résultat, la dose employée a été généralement de 10 centigrammes, par exception (le 20 centigrammes. Bien souvent une seule prise a suffi, jamais on n’a administré le médicament plus de 7 jours de suite : du reste, lorsqu’au quatrième jour l’acétate de thallium n'a pas produit l'effet désiré, il est inutile d’insister.
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- Traitement de l’acné et du furoncle.
- Sans gravité, l'acné est une dermatose fort désagréable et qui peut déterminer, par l’intensité de ses manifestations, des cicatrices indélébilesdu plus déplorable effet. Son siège fréquent au visage, front, menton, chez les jeunes gens, fait le désespoir de plus d’un malade. Aux moyens que nous avons indiqués jadis, il faut joindre un traitement fort efficace, c’eSt celui de la levure de bière, administrée à la dose de deux à trois cuillerées à café dans un peu d’eau au cours du repas. Au cas où on ne pourrait se procurer de la levure de bière, la levure des pâtissiers et boulangers convient également, quoique moins efficace et surtout moins bien supportée. .Dans la luronculose, cette médication fort simple réussit très bien et en quelques jours, les poussées si désagréables, si pénibles de boutons, s’éteignent et les furoncles disparaissent. C’est en quelque sorte un véritable spécifique dans cette maladie. Le remède est simple et à la portée de tous. Dr X...
- BIBLIOGRAPHIE
- Etude scientifique et juridique sur les combustions spontanées réelles ou supposées spécialement au cours de transports par chemin de fer ou maritimes, par E. Tababès de Granosaigxks, membre de la Société de chirurgie de Paris et de la Société géologique de Fi ance, avocat, sous-chef du Contentieux à la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest,
- 1 vol. in-8°. Baudry et Cle, edi eurs. Paris. 1898.
- L’Education présente, par le Pore Didon, in-18 de 414 pages, Plon et Cie, éditeurs, 1898.
- Étude sur la casse des vins cl sur la bactérie de la casse, par A. Coste, propriétaire viticulteur, pharmacien de tre classe. 1 brochure in-8°. Montpellier, Camille Coulet, libraire éditeur. Prix : 0 fr. 59.
- Nouveau traité de bicycles çf .de bicyclettes, par C. Bourlet. l'e partie. Équil bre et Direction. 1 vol. petit in-8° de l’Encyclopédie scientifique des aide-mémoire, publiée sous la direction de M. Léaulé, membre de l’in-litut. 2e édition. Librairie Gauthier-Villars et fils. Paris, 1898. Prix broché :
- 2 fr. 50; cartonné, 3 francs.
- La platinoiypie. Traité pratique, paç A. Horsley-Hintov. Traduit de l’anglais, par G. Devanlay, 1 vol. in-18. Paris, Gauthier-Villars et fils, 1898.
- Leçons élémentaires d’électricité et de magnétisme, par Silvanus Thompson. Ouvrage traduit de l’anglais par L. Binet. 1 vol. petit in-8\ Paris. Librairie industrielle J. Frilsch. 1898. Prix : 9 francs.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- Jîeport of S. P. Lang le y, secretary of lhe Smithsonian Institution for llie year Ending June 50, 1897. 1 brochure in-8', Washinglon, Government l'rinling Office. 1898.
- List of finîtes and reptiles oblained by field Columbian Muséum east African Expédition to Somctliland in 1890, by 8. E. Meek, assistant curator of départaient. I). G. Elliot, curator of départaient. 1 brochure in-8°. Chicago, novembre 1897.
- The gipsy moth in America, by L. 0. Howard. 1 brochure in-8". U. S. Department of agriculture. Washington, Government Printing Office. 1897.
- Anales de la Oficina mctcorologica argentina, por su director Guateiuo G. Davis, tome XI. Climas de San Jorge, isla de los estados, Chos-Malal, Paramillo de Espailata y Potro Muerlo. 1 vol. in-4°. Buesnos-Aires. hnprenla de Pablo E. Com E lli„os. 1897.
- Manua'e di Ferrolipia al collodio ed alla gelatino bromuro, par le Doit. Lmt Giono. 1 brochure in-10. Milano, Lepage et C. Edilori, 1898.
- Bulletin of fhe United States Ceological Surveg, n0* 87, 127, 150, de 155 à 148. Washington, Government Printing Office, 1897.
- Les véritables instruments usuels de l’âge de la pierre, par A. Tuiecllen. 1 brochure in-4°. Paris, imprimerie Larousse, 1897.
- New Aslronomy, By David P. Todd. M. A. Pli. D., Professor of Astronomv and Director of lhe Observatory, Amherst College, 1 vol. in-8\ American Pook Company. New-York, Cincinnati and Chicago. Prix : G fr.
- El baguio de Samar y Leyte, 12-15 de. octobre de 1897, por el P. José Algue, director del Observatorio de Manila. 1 brochure in-8°. Manila, 1898. Prix : 8 francs.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations' de M. Renou (Parc Saint-Maur. altitude 49",30). — (Bureau central météorologique de France
- OB8EUVAI10\> 7 H EU H ES 1*11 M \ l IN TH MOfnUKThB VEYI lilliKCrniX ET KiKTE de () à 9 ÉTAT DU CIEL l’IA'IE EN Ull.MMRTKKN OBSF.liVATlONS GÉNÉÜALES
- Lundi 23 avril 1898. 7 .1 N. E. 2. Nuageux. 0,0 Peu nuageux; gelée blanche; halo solaire et lunaire.
- Mardi 26 10 V.) N. 1. Très nuageux. 0.4 Nuageux; pluie de 4 h. 20 à 6 h. 20; halo; gouttes à 12 li. 43 el 15 b.
- Mercredi 27 ll-.o S. E. 1. Beau. 0,0 P. nuag. j. 8 li. ; puis nuag.; couv. à part, de 18 h. ; brouil. s. la Marne; orage au S.E.I.. de 18 h.40 à 19 h. 10.
- Jeudi 28 11 ,9 S. S. W. 2. Couvert. 14,5 Couv. jusqu’à 9 il. ; nuageux ensuite; beau de 21 à 25 h.; gouttes à 1 h. et à 16 h. 45; halo.
- Veudredi 29 9',2 S. S. \V. 5. Couvert. 0,0 Très nuageux; petites averses; halo lunaire.
- Samedi 50 8% 7 S. S. E. 2. Presque couvert. 1.2 Très nuageux ; halo ; petite pluie de 15 h. 45 à 50.
- Dimanche 1" mai. . 9 .9 E. 2. Couvert. l.i Très nuageux le malin, puis nuageux; beau après 17 h. ; pluie de 6 h. 50 à 7 h. 15; halo.
- AVRIL -!Y1AI IS98. --- SEMAINE DU LUNDI 25 AVRIL AD DIMANC.IIE 1er MAI.
- Lundi | .Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi I Samedi I Dimanche —
- La courbe supérieure indique ia nébulosité de 0 à 10; les flèches nucruures. la direction au veui. Les courues au inuiea uuiiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la merj; courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement de ferre en Californie. — La plus violente secousse que l'on ait enregistrée en Californie depuis 1872, soit depuis 20 ans, a été ressentie dans la nuit du 51 mars au 1" avril. Cet ébranlement, localisé dans une petite étendue du territoire septentrional de la Californie, allait de 1E. à l’W.
- D'après les séismographes, de Berkeley (Université de Californie), sa durée a été de 50 à 40 secondes. Des édifices ont été endommagés, mais il n’y a pas eu d'accidents de personnes.
- Poussières de T atmosphère. — Le journal Ciel et Terre' publie les résultats des expériences faites par M. Aitken, météorologiste écossais, pour prouver l’existence des poussières atmosphériques et pour connaître le nombre qu’en contient un volume détermine d’air. Il a employé une méthode ingénieuse. Si l’on remplit un récipient avec de l’air qu’on a débarrassé de toute poussière eu le faisant barboter dans un liquide; si l’on sature ensuite cet air d > vapeur d’eau, puis qu’on provoque par refroidissement la condensation de cette vapeur, l’eau formée
- se dépose directement sur les parois du récipient sans que la limpidité de l’air soit troublée. Si le récipient est rempli avec de l’air non débarrassé de ses poussières, le refroidissement (te mélange d'air et de vapeur provoque d'abord la formation d'un brouillard qui caractérise la présence des poussières, parce que chaque poussière est devenue un noyau, un centre de condensation pour la vapeur; enfin, si le refroidissement est poussé assez loin, l’eau formée tombe en gouttelettes très fines renfermant chacune une poussière.
- Ce sont ces gouttelettes que M. Aitken a pu compter en n’introduisant dans le récipient qu’un très petit volume d’air poussiéreux et en achevant de le remplir avec de l’air absolument pur. 11 a ainsi trouvé que l'air extérieur contient en moyenne 32(100 poussières par centimètre cube après une pluie de quelque durée, et 1o00U0 par le beau temps. Au milieu d une chambre, dans ce même volume d’air, il y en a 1 800(100 et 5420000 près du plafond. Ces chiffres paraissent fantastiques; cependant ils sont certainement exacts, car ils ont été corroborés par de nombreuses expériences très concordantes, et sont d ailleurs en harmonie avec ceux qui ont été déterminés par d'autres méthodes.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 29, à 2 h. 14 min. du matin.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —M. Perrin, docteur ès sciences, est chargé d’un cours complémen'aire de chimie physique à la Faculté des sciences de l’Universilc de Paris en remplacement de M. Robin, décédé. M. Abraham, professeur agrégé de physique au lycée Louis-le-Grand, est chargé d’une conférence de physique à l’Ecole normale supérieure.
- —Par décret, il est créé à la Faculté mixte de médecine et de pharmacie de l’université de Bordeaux une chaire de chimie biologique (fondation de l’université de Bordeaux); M. Denigès, chargé d’un cours complémentaire de chimie à la Faculté de médecine de Bordeaux, est nommé professeur de chimie biologique à cette Faculté ; M. de Tanncnlrrg, chargé d’un cours d’astronomie à la Faculté des sciences de Bordeaux, est nommé professeur de mécanique à cette Faculté ; M. Picart, maître de conférences de mathémar-tiques à la Faculté des sciences de Bordeaux, est nommé professeur adjoint à cette Faculté; M. Vèzes, maître, de conférences de chimie à la Faculté des sciences de Bordeaux, est nommé professeur adjoint à cette Faculté.
- —$$— Pendant l’année 1897 et le premier trimestre 1898, l’université de Nancy a reçu de divers industriels et banquiers de la région des subventions montant ensemble à 400 000 francs pour être employées à l'extension des services de physique et de chimie de la Faculté des sciences.
- —l.e proviseur du lycée Montaigne vient d’être mis en possession d'une donation faite par M. André Lebon, ministre des colonies, de la somme nécessaire pour la fondation d'un prix annuel, qui sera dénommé « prix Maurice-André-Lebon ».
- —M"“e Vignes, veuve de l’amiral qui fut ministre de la marine, a fait don récemment au Muséum d’histoire naturelle d’une riche collection d’insectes et de mollusques recueillis par son mari, soit au cours de ses voyages en Cocliinchine et en Nouvelle-Calédonie, soit sur les bords de la Méditerranée et de l’Atlantique.
- —Le Jardin d’Acclimatation a reçu deux magnifiques zèbres de Burchiel, offerts à la Société par M. le baron Henri de Rothschild. L’établissement zoologique du Bois de Boulogne possède aujourd’hui dix zèbres, dont plusieurs ont pu être dressés à la voiture et font assez régulièrement le factage des gares dans Paris.
- —®— Le photo-club de Pans vient d’organiser son Salon de photographie annuel. Cette exposition très intéressante est ouverte depuis le 4 mai et cessera le 29 mai ; elle est ouverte de 40 heures du matin à 6 heures de soir, 72, avenue des Champs-Elysées.
- —f|— La Société des peintres de montagne, fondée sous les auspices du Club alpin français, a ouvert sa première exposition dans les salons du Cercle de la librairie le 6 mai. L’exposition durera jusqu’au 28 courant; tous les jours de 1 heure à 5 heures.
- —Le carillon de Saint-Germain-l’Auxcrrois est à la veille de fonctionner. Il se composera de 38 cloches et d’un cylindre et sonnera trois airs : la Marche de Turenne, de Lulh, sur laquelle Bizet adapta sa fameuse Marche des rois, de VArtésienne -, le Tambourin, de Rameau, et une vieille chanson française retouchée par M. Chapuis, professeur d’harmonie du Conservatoire et organiste de Saint-Roch. Chaque jour, on sonnera deux de ces airs : l’un à midi, l’autre le soir.
- —Il y a en Angleterre et dans le pays de Galles 8022 brasseurs contre J135 en Ecosse et 39 en Irlande. Les statistiques ui viennent d’être publiées établissent que, du 1er octobre 1899 au 0 septembre 1897,1e Royaume-Uni a exporté 490000 barriques de bière. Les meilleurs clients sont l’Inde britannique, la Nouvelle-Galles du Sud, les Etats-Unis, Malte, la Belgique et l’Afrique du Sud britannique. L’Autriche et la Bulgarie se sont contentées d’une barrique chacune, l’Abyssinie en a pris 2, le Siam 70 et Kiji 44.
- —Un fort orage s’est abattu sur Paris le 3 mai vers onze heures et demie du matin ; la pluie est tombée en grande abondance pendant toute la journée. La grêle a accompagné la pluie à plusieurs reprises; des grêlons mesuraient 15®“ de diamètre. La foudre est tombée sur le bureau d’octroi situé rue d’Avron, à la porte de Montreuil. Une maisonnette dans laquelle se trouvait un employé a été détruite. L’employé n’a reçu que des contusions sans gravité.
- — Tremblements de terre : A 1 heure et quart de l’après-midi le 6 mai à Bonneville (Haute-Savoie). Le 7 mai secousses dans les Alpes Dauphinoises ainsi qu’en Bourgogne et à Mâcon.
- —Le 6 mai entre midi et une heure une trombe d’eau est tombée sur la ville de Besançon et deux secousses de tremblement de terre ont également été ressenties. Il n'y a pas eu d’accidents. Autre trombe à Saint-Affrique (Aveyron).
- —L’administration belge des téléphones doit installer prochainement une nouvelle ligne entre Bruxelles et Paris, en raison du grand nombre de communications. Cette ligne servira aux relations entre Paris et Berlin, viâ Bruxelles et Cologne. On doit appliquer les plus récents perfectionnements et pour la ligne et pour les appareils.
- —$$— La Ville de Paris a mis en vente, sur enchères publiques, boulevard des Batignolles, le vaste réservoir entouré de tertres gazonnés qui, aux heures brûlantes de la canicule, pouvait donner aux voisins de la barrière Montceau, retenus à Paris, l’illusion d’un voyage aux Grands Lacs. Il servait de déversoir au trop-plein de la « gare » de la Villette, bien connu sous le nom de Rotonde, à laquelle il était relié par un aqueduc de près de 4 kilomètres. Ses eaux provenaient des jolies sources de la Beuvronne, qui furent captées en même temps que celles de l’Ourcq et firent leur entrée solennelle le jour de la fête de l’Empereur, le 15 août 1809. Le réservoir Montceau avait été creusé dans les profondeurs du « rocher », dont une rue voisine a gardé le nom et autour duquel gesticulaient au temps jadis, les ailes des moulins Boute-à-feu, des Prunes et de la Marmite.
- —La Société impériale géographique de Saint-Pétersbourg a élu M. Nanscn membre honoraire de la Société. M. Nansen a développé le plan de la prochaine expédition qu’il doit commencer dans le détroit de Behring ou plus haut. La durée de cette expédition sera probablement de cinq ou six ans. M. Nansen a dit qu’il n’était pas important d’atteindre le pôle boréal et qu’il suffirait de continuer les explorations physico-géographiques. Les frais de l’expédition seront de 3ü0 000 roubles environ.
- —#— Suivant l’opinion de certains égyptologues, les sujets des Pharaons connaissaient déjà toutes les institutions que nous considérons comme particulièrement caractéristiques do notre civilisation occidentale moderne. Un savant allemand, M. Emile Brugsch Bey, vient de découvrir qu’ils possédaient en tout cas une littérature comique. Cet archéologue décrit dans le dernier fascicule de la Zeitschrift fur Aegyptisch Sprache un fragment de papyrus satirique, unique dans son genre, qui a été récemment exhumé à Tonnah. Ce papyrus est couvert de croquis humoristiques fort piquants. L’artiste a peint des scènes burlesques où les chats et les rats agissent de façon humaine et où les mœurs des chats sont attribuées au rat, et inversement. Dans la première scène, un rat, vêtu en grande dame, est servi par un chat vêtu en esclave et présentant un miroir à sa maîtresse. Dans la scène suivante, on voit un rat sous les traits d’un jeune dandy égyptien. Un chat.obséquieux lui fait la barbe et pose sur son auguste front une perruque démesurée. La troisième scène montre un chat berçant dans ses bras un jeune rat avec des gestes de nourrice. Tous ces dessins sont coloriés. M. Brugsch estime que l’auteur de ces croquis devait vivre à l’époque de la XXIIe dynastie.
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- [NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Communications. — M. H. Dechervois, à Conches, nous envoie le texte de la conférence qu’il a faite sur Les origines de la Terre et l'homme primitif. Cette brochure renferme une série d’aperçus très intéressants sur lesquels nous ne pouvons insister.
- M. P. Germain, ancien ingénieur aux Messageries maritimes, à Rouen, à propos de notre récent article Allongement d’un navire à vapeur, paru dans le n° 1300, du 30 avril 1898, p. 349, nous écrit que c’est une opération courante, sinon fréquente. A sa connaissance, plusieurs paquebots des Messageries maritimes ont été ainsi transformés, il y a 25 ou 30 ans, et il se souvient d’avoir vu allonger l’un d'eux aux chantiers de la Seyne qui possèdent une cale de halage hydraulique très remarquable, destinée à ces opérations. On aurait bien étonné les ingénieurs de celte époque, si on leur avait annoncé qu’ils venaient de faire un tour de force. Le tour de force accompli par les Américains consiste non pas dans l’opération elle-même, mais dans la rapidité avec laquelle elle a été exécutée.
- MM. Otto Brünner, à Arlern (Saxe), ont construit dernièrement un fourneau avec chaudière pour la cuisson de divers aliments, fourrages et autres produits. Le foyer est en fonte, facilement transportable et se vide par basculement.
- M. le capitaine de Redon de Colombier, à Vernet-Ies-Bains, nous adresse une notice sur un système (Favertisseur optique et sonore pour le blocage des voies ferrées. L’ensemble du système consiste en un dispositif de tils électriques permettant aux trains : 1° de signaler automatiquement leur présence devant et derrière eux dans un secteur donné ; 2° de connaître la présence des trains placés devant et derrière eux; 3° de correspondre à haute voix avec ces trains; 4° de correspondre à haute voix avec les petites gares ; 5° de correspondre directement, à haute voix, avec les grandes gares du réseau ; 6° d’indiquer automatiquement aux gares leur position exacte sur la ligne. Il serait intéressant d’effectuer une série d’essais avec ce nouveau système et d’en connaître les résultats.
- M. L. de Koninck, nous envoie une notice qui a pour titre : à propos de bibliographie chimique. Celte notice renferme deux Notes qui ont paru dans le Bulletin de l’Association belge des chimistes. Ces Notes parlent d’un catalogue systématique de tous les ouvrages non périodiques, concernant la chimie à un point de vue quelconque, et des moyens destinés à mettre les chimistes à même de connaître les travaux de chimie paraissant dans les publications périodiques.
- Renseignements. — M. J. M., à X. — Voyez les ouvrages ue nous avons indiqués dans la Boîte aux Lettres de notre ernier numéro (n° 1501 du 7 mai 1898).
- M. Roger Raymond, à Caen. — Les bornes électriques à ressort décrites dans le n° 659 du 16 janvier 1886, p. 112 étaient fabriquées à cette époque par M. de Combettes, ingénieur civil, 82, rue de Bondy, à Paris.
- M. Dubreuil, à Paris. —Nous connaissons un journal de photographie qui répond au besoin que vous indiquez et qui périodiquement fait connaître toutes les nouveautés. Ce journal porte le nom de La mise au point; il parait tous les trois mois et est édité par le Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- Clulf de Smyrne. — Le dicton :
- Lait sur vin, santé;
- Vin sur lait, venin
- présente comme beaucoup de dictons populaires un fond de vérité. Le vin passe assez vite de l’estomac dans l’économie pris en petite quantité. Aussi le lait absorbé un peu après se digère bien. Mais le vin bu aussitôt après l’ingestion du lait
- qui est assez lente gêne la digestion par son alcool et son tannin, et chez les personnes sensibles, le vin pris après le lait peut amener des troubles digestifs :
- Vin sur lait, venin.
- Un lecteur ariégeois. — Il faudrait nous désigner plus clairement la substance dont vous voulez parler.
- M. A.Dassonville, à Bruxelles.— Pour les machines à plisser le papier, vous pourriez vous adresser à M. E. Schaiblé, 63, avenue des Gobelins, ou à M. A. Soudan, 20, boulevard Sébastopol, à Paris.
- M. E., À N. — A notre grand regret, nous ne pouvons vous fournir aucun renseignement sur ce sujet.
- Un lecteur, à Troyes. — 1° Le blanc d’Espagne est de l’argile blanche très fine, purifiée par lavage, moulée en pain& après dépôt et séchée à Pair. On donne le nom de blanc de Meudon à de la craie, à du carbonate de chaux très pur. On le prépaie en lavant la craie avec soin apres un broyage et en laissant déposer. On le retire par décantation et on le moule en pains que l’on fait sécher à Pair. — 2° Nous ne connaissons pas de livre sur cette question.
- M. Renard, à Chàtel. — L’ouvrage de M. Piesse mentionné dans notre dernière Boîte aux lettres pourrait peut-être vous convenir.
- M. A. C., à Versailles.* — Nous pensons en effet que ces pièces ont été frappées en 1897 ; voyez la note que nous avons publiée dans les Informations du n” 1284 du 8 janvier 1898.
- M. Dugrob, à Lille. — Vous pourrez lire la notice spéciale sur les manoeuvres à exécuter avec les machines dynamos dans le Manuel pratique du Monteur Electricien, à la librairie Tignol, h Paris.
- M. Daire, à Saint-Quentin. — Pour la destruction des perce-tir< illes, on place de la laine brute ou des loques de laines dans des pots de fleurs qu’on dispose sur le sol. Les insectes viennent s’y réfugier en nombre considérable et on les détruit en secouant les pots dans un vase rempli à moitié d’eau acidulée.
- M. R.' IV., à R. — 1° Vous trou erez de la saccharine chez les marchands de produits chimiques, M. Poulenc, par exemple, 122, boulevard Saint-Germain, à Paris. — 2° Voyez les traités d’analyses chimiques.
- Un abonné, à'Balia. — Nous n’avons pas à ce sujet de nouveaux renseignements, et nous en attendons avec impatience.
- M. A. J., h Bruxelles. — Vous pourrez nettoyer une statuette en marbre blanc en utilisant la recette que nous avons fait connaître dans les Recettes et Procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie ; on prend une pâte de blanc d’Espagne et de benzine.
- M. W. A., à Luçon. — Nous avons indiqué une série de colles qui pourraient vous convenir dans le même petit livre que ci-dessus. lre et 4° série, à la librairie Masson et Cio.
- Un étudiant, à Le Blanc. — Le traité de physique de MM. Jamin et Bouty est édité par la librairie Gautbier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. A. Guenterot, à Paris. — Nous pensons que cet appareil peut être breveté; mais pour en avoir toute assurance, il faudrait vous adresser à une agence de brevets.
- Un abonné, à Fouesnant. — L'Annuaire du Bureau des longitudes 1897, à la librairie Gauthier-Villars, donne une notice sur les marées et donne les formules et des tables pour calculer l’heure de la pleine mer.
- M. Léon Couturier, aux Etournelles. — En réponse à vos diverses demandes, nous pouvons vous indiquer les ouvrages suivants : Ma cave, par Du Cellier, à la librairie Plon et Cie, rue Garancière, à Paris; prix, 2 fr.; Les abeilles, par Girard, à la librairie J.-B. Baillière, 19, rue Hautefeuiile; prix,3fr. 50; Atlas des champignons comestibles et vénéneux, par Roques, à la librairie Masson et Ci0, avec 24 planches coloriées; prix, 15 francs.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. L. R., à Paris. Il faut soumettre la question à un ingénieur compétent, qui l’étudiera et en tirera les conclusions pratiques. — M. Gérard, à Troyes. Nous ne pouvons vous fournir ces renseignements. Tous nos regrets. — M. G. V., à S; M. Courtois, à Marseille. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 2e série, à la librairie Masson et O. — M. Durand, à Lyon ; M. Barcelin, à Pau. Remerciements pour vos communications. — M. Legrand, à Versailles. Ecrivez directement à la personne désignée; il nous est impossible de nous charger de cette commission.
- Hans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux Us ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à ces sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Nouveaux interrupteurs et coupe-cireuits électriques. — M. Bouchet vient d’imaginer de nouveaux appareils interrupteurs et coupe-circuits électriques basés sur un nouveau principe. Ce système a pour but de fermer ou de rompre un circuit au sein du mercure et d’éviter ainsi toute trace d’arc. Un récipient en matière isolante (n° 5) renferme deux cavités a et B séparées par une cloison effilée au milieu ; chaque cavité contient du mercure. Deux plongeurs D que l’on peut manœuvrer extérieurement viennent élever le niveau du mercure dans chaque cavité. Les deux colonnes se rejoignent pardessus la cloison du milieu et ferment le circuit. Les bornes
- Appareils électriques.]— 1. Coupe-circuit, vue il’ensemble. — 2. Coupe-circuit, coupe intérieure. — 5. Interrupteur. Coupe intérieure. — 4. Interrupteur avec commande à distance.
- ' d’arrivée du circuit sont placées sur les côtés en E E de façon à plonger dans le mercure avant la fermeture du circuit. Des coupe-circuits ont été également construits d’après ce même principe (n° 2). L’organe de rupture est le même que celui dont il vient d’ètre question. Deux plongeurs a, a sont réunis entre eux et sont maintenus par une pièce B qui est réunie à une armature. Au-dessus de l’appareil se trouve un électroaimant A traversé par le courant. Au centre est une armature qui retient la pièce B. L’effet de l’éleclro sur l’armature est d’abord équilibré par un poids; mais dès que le mouvement est commencé, deux ressorts libérés B, R soulèvent les plongeurs. Divers appareils ont été construits en utilisant ces principes; l’appareil représenté en 1 est à la fois un coupe-circuit interrupteur. A l’aide de deux électro-aimants installés l’un au-dessus de l’autre et agissant en sens inverse sur une même armature, on a construit (n° 4) un interrupteur avec commande à distance. — Pour ces divers appareils électriques, s’adresser à M. Guénée, constructeur, 14, rue des Bois, à Paris.
- Lanterne photographique Derepas. — Celle lanterne, bien que déjà depuis quelque temps dans le commerce, est certainement la plus simple et en même temps la plus
- Lanterne photographique. — 1. Mode de construction.
- 2. La lanterne pliée. — 5. Vue d’ensemble.
- facile à emporter en voyage, car pliée elle peut se mettre dans la poche comme un portefeuille (n° 2), elle a à ] eine 1 centimètre d’épaisseur et mesure 11 sur 15 de côté. Dépliée elle a 40 centimètres de haut (n° 3) et on la place sur une bougie
- 1 La description des appareils est gratuite’. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- ou une veilleuse quelconque; elle est en papier-toile d’un rouge inacliuique éprouvé. Dans le haut on accroche une plaque de tôle mince (n° 1 ) qui empêche toute lumière blanche de passer. En bas, un large pli ménagé à cet effet forme avec la table sur laquelle elle repose un joint assez étanche pour arrêter également tous les rayons lumineux nuisibles. La très grande surface d’éclairement permet de suivre avec la plus grande facilité toutes les opérations du développement ; on peut sans crainte charger ses châssis et du reste, si l’on avait quelque doute à ce sujet, on pourrait se placer à 2 ou 3 mètres et on y verrait encore très suffisamment clair. Elle se trouve dans toutes les maisons de fournitures photographiques.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Une nouvelle colle-soudure. — On nous a présenté dernièrement une nouvelle colle, dite colle-soudure japonaise, qui soude, colle, mastique ou cimente très rapidement. Ce produit, à base de caoutchouc, hydrofuge, s’emploie aussi simplement que la cire à cacheter, et permet d’exécuter des travaux délicats et difficiles avec une surprenante facilité. On peut, par exemple, souder immédiatement deux courroies de cuir et, quelques instants après, exercer une traction considérable sans que la soudure cède. On peut réparer la fuite d’un tuyau d’arrosage, en toile comme en caoutchouc, souder une statuette sur un marbre, un coquillage sur un presse-papier, une console sur une glace, etc. La colle-soudure japonaise non seulement peut remplacer les colles actuelles, mais possède sur toutes l’immense avantage, d’abord, d’opérer instantanément, sans plus avoir à attendre des heures pour le séchage, et, surtout, de permettre une foule d’opérations jusqu’alors impossibles, telles que : construire ou réparer un aquarium, une cuvette photographique, ou disposer un récipient quelconque pour recevoir un liquide, voire un acide. Toutes choses qu’aucune colle ordinaire ne permettrait de réaliser. Il est facile aussi de reboucher instantanément un trou, une fente à un meuble, à une porte, pour fixer les poignées d’un vélo, pour réparer une crevasse à un pneu, comme une fuite à un arrosoir, à une terrine ; mastiquer ou cimenter la partie éclatée ou disparue d’une poterie, terre-cuite, cadre, etc., refaire les joints d’une fontaine, d’une moulure. — La colle-soudure japonaise se vend, sous forme de bâtonnets comme la cire à cacheter, au prix de 65 centimes, chez M. D.ircv, 91, avenue de Neuilly, à Neuilly-sur-Seine.
- Composition pour nettoyer les mouvements d'horlogerie.— On met les mouvements à tremper dans une solution contenant 2 grammes d’acide oxalique, 6 grammes d’ammoniaque, 10 grammes de savon noir, 15 grammes d’alcool et 60 centimètres cubes d’eau. Après une demi-heure, on les brosse, on les lave et on les laisse sécher.
- Cire à cacheter les bouteilles. — Le journal Pharmaceu-lical Era nous fournit plusieurs formules de cire à cacheter les bouteilles, cire bon marché naturellement, et qui doit surtout ne point être cassante. — 1" formule : prendre 6 par-, ties de résine et 3 de paraffine, qu’on fait fondre ensemble, puis on ajoute 28,5 parties de noir de fumée, si l’on veut de la cire noire ou, si l’on désire une autre coloration, 5 à 7 parties (pour 100 de la masse) de jaune de chrome, de bleu d'outremer, etc. —2e formule : (cire b'eue). Laque en écailles,
- 7 parties ; 6 de térébenthine ; 3,5 de résine de pin ; 1 de magnésie; 2 de craie; et enfin 2 à 2,5 parties de colorant bleu. — 5e formule (cire brune) : 4 parties de laque en écailles ;; 12 de térébenthine; 8 de résine de pin; 4 de gypse; autant de craie, et enfin 4 de terre d’ombre.
- Imperméabilisation des chaussures. — Pour préserver le cuir de l’action de l’eau, de la neige, de l’humidité en général, appliquez sur lui, quand il est sec et un peu chaud même, un mélange fait de 50 parties de graisse de mouton, de 49 d'huile de lin et d’une de térébenthine, mélange qu’on aura préalablement fait fondre.
- Enduit pour les murs humides. — Comme on nous demande souvent un enduit pour les murs humides, signalons celui qui avait été recommandé, il y a déjà un certain temps, par notre confrère Cosmos. Mélanger 1 litre de chaux fraîchement éteinte, tamisée, 1 de sel ordinaire et 4 d’eau; on fait bouillir en écumant soigneusement. A chaque litre du mélange, on ajoute 20 grammes d’alun, 10 de sulfate de fer pulvérisé, 15 de potasse et 200 centimètres cubes de sable fin ou. de -cendre d'os en. remuant lentement, puis on applique.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- HYGIÈNE ET SYNTË
- Chauffage improvisé.
- Chasseurs qui devez passer une nuit à l’affût dans quelque cahute mal abritée, soldats qui passez sous la tente des nuits froides et glaciales, voici un moyen ingénieux de donner à votre asile une température un peu clémente. C’est un médecin militaire autrichien, le Dr Majewski, qui l’a conseillé pour mettre à l’abri du froid, les blessés qu’on recueillerait soüs des tentes ou qu’on transporte dans des trains improvisés avec des wagons mal fermés. Faire un grand feu de bivouac, mettre au centre un foyer à coke, une corbeille métallique, et la remplir de galets, de gros cailloux de rivière qui se trouvent à peu
- près partout. Mais la corbeille, puisque je parle d’improviser, on n’a pas cela sous la main. Eh bien, faites en une, comme le conseille le L)r Majewski, avec deux cerceaux de fer et un treillage de fortune formé de fil télégraphique.
- Les cailloux, ainsi passés au feu, conservent, on le sait, très longtemps une forte quantité de chaleur. C’est une chaufferette ti ès vulgaire et très usitée à la campagne. Quand les cailloux et la corbeille sont au rouge, onia porte sous la tente, à même le sol et l’élévation de température produite par ce poêle de fantaisie est très considérable, et se maintient plusieurs heures; ajoutons qu’il ne donne aucun produit de combustion nuisible, viciant l’air, aucune odeur et qu’il est en somme facile à réaliser. Dr X.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations' de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — ^Bureau central météorologique de Franoe
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT OIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 2 mai 1898. . 15”, 0 S. S. E. 3. Très nuageux. 0,1 Nuageux le matin ; couvert le soir; averses dans l’après-midi ; halo.
- ' Mardi 5 11”,4 S..3. Beau. 3,5 Nuageux ; tonnerre de temps en temps de 14 h. 40 à 16 h. avec pluie et un peu de grêle ; halo. Très nuageux; averses; halo.
- Mercredi 4 10”,7 S. S. W. 5. Couvert. 4,9
- Jeudi 5 9*,1 S. 2. Couvert. 3,3 Couvert; pluie le tiers du temps.
- Vendredi 6 13”,1 W. 4. Couvert. 3,6 Couvert le matin , nuageux.
- Samedi 7 9”,2 N. N. W. 3. Couvert. 1,6 Couvert jusq. 14 h.; puis très nuageux; beau après 18 h.
- Dimanche 8 7”,9 Calme. Beau. 0,0 Quelq. nuag. jusqu’à 7 h. ; puis nuag. ; couv. après 14 h.; gel. bl. ; brouill. entre 4 et 5 h. ; pl. à partir de 19b. 1/2;
- MAI 1898. — SEMAINE DD LUNDI 2 AU DIMANCHE 8 MAI.
- Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi j Samedi | Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches intérieures. Lu direction dit vent. Les courbes du milieu indiquent courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer y, courbe plus mince, thermomètre à t’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- néaumé des observations météorologiques faites au Pare Saint-Maur en avril 1S98
- par M. E. Renou.
- Moyenne barométrique à midi, 736“",47 ; minimum 745“”,75 le 27 à 6 heures du soir. Maximum 766““,58 le 7 à 10 heures du matin.
- Moyennes thermométriques : des minima 5°,03; des maxima 16 ,90; du mois 10°,97 ; moyenne vraie des 24 heures 10°,54. Minimum — 0°,9 le 6 vers 6 heures du matin; seul jour de gelée à glace; 16 jours de gelée blanche. La moyenne des minima sur le sol 0°,19; minimum sur le sol —7°,9 le 6. Maximum 21°,7 Je 8 à 2 heures et un quart du soir (21u,6 le 27 vers 2 heures et demie du soir).
- Tension moyenne de la vapeur 5“”,84; la moindre 1"“,8 le 14 à 6 heures du soir. La plus grande 10““,9 le 27 à 8 heures du soir.
- Humidité relative moyenne 63; la moindre 11 le 14 à 6 heures du soir, la plus grande 100 en 2 jours.
- 11 n'y a pas eu de brouillard, ni même de transparence atmosphérique de 1500 à 5000 mètres ; mais seulement un brouillard partiel sur la Marne le 27 au matin.
- Il est tombé 27““,6 d’eau en 16 heures, réparties e« 10 jours; un seul jour de pluie notable, le 27, qui en a fourni 14“",3 en 3 heures et demie, 5 jours de gouttes. Grains de grêle le 19.
- Nébulosité moyenne 48.
- 3 jours d’orage ; le 19 à 3 heures du soir, trois coups de tonnerre dans l’E. Le 21, tonnerre loin au S.-W. à 1 heure du soir; le soir à 9 heures, il éclaire au S.-W. Le 27 à 7 heures du soir, quelques coups de tonnerre dans l’E.
- Vents très dominants du S. à l’W., puis du N. au N.-E. Vents de S.W. fort les 11 et 12 avril; puis du S.-E, fort le 14.
- Température de la Marne le mgtin 11°,19; l'après-midi 11°,78; moyenne du mois 11°,54, minimum 7*,'2J le 1", maximum 14°,70 le 30. Elle a été peu élevée et s’est abaissée et éclaircie progressivement.
- Relativement aux moyennes normales, le mois d’avril 1898 présente les résultats suivants : Baromètre plus haut de 1"",55. Thermomètre plus haut de 0°,93. Tension de la vapeur moindre de 0““,23. Humidité relative moindre de 6. Pluie plus faible de 25"",8. Nébulosité moindre de 6.
- Arrivée des oiseaux et insectes : le 7 l'hirondelle de cheminée, très rare tout le mois : 15, rossignol; 18, hannetons; 21, pic-vert; 25, loriot, martinet ; on n’en a pas revu le reste du mois.
- Floraisons. Le 7, groseiller commun ; 8, cerisier doux ou guignier hâtif; 9, groseiller à maquereau, prunier de Monsieur; 10, iberis semper-virens; 11, lamium album; 15, lunaire, Dielytra; 16, laurier-cerise ; 17, oirier en quenouille, beurré d’Aremberg ; 18, cassis ; 26, coignassier ; 7, pommier, marronnier à Paris et au Parc ; 28, lilas.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 6, à 6 h. 43 m. du matin.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- AVIS DE L'ADMIMISTR.tTIOM. — L’échéance du 31 mai étant une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés dont l’abonnement se termine avec le numéro du 28 mai (n° 1501) de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de juin aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas avant le 3 juin renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (2 volumes, 1873 à 1882 — 1883 à 1892), au prix do 12 francs au lieu de 20 Irancs.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction et à la « Boîte aux lettres » doivent être adressées à la Rédaction de « LA NATURE », 120, Boulevard Saint-Germain, à Paris.
- INFORMATIONS
- —Est-ce simple coïncidence? Toujours est-il que la température a baissé notablement en Angleterre et en France précisément les 11, 12 et 13 mai! jours des « saints de glace » : saint Mamers, saint Pancrace, saint Servais. Le froid a continué et la neige est tombée sur les- montagnes et sur les plateaux de la Savoie.
- —£$— M. Lœxvy, directeur de l’Observatoire de Paris, a reçu les deux télégrammes suivants le 6 mai : I)e M. le Dr Frillcy : « Tremblement de terre, Dole, lh13m; secousse sismisque de bas en haut » ; de M. Jérôme de Duranti la Calade, de Cuiseaux (Saône-et-Loire) : «A lh45m du soir, nous avons ressenti une secousse de tremblement de terre. Elle a duré 2 à 5 secondes. Son orientation nous a semblé être du Sud au Nord. »
- —H— Encore des secousses sismiques, le 14 mai, dans la région de l’Etna et dans les environs de Calane. A Santa Maria et,à Licodia 20 maisons se sont écroulées ; plusieurs églises menacent ruine.
- —On a télégraphié de Yokohama qu’à Savate, ville située sur la côte nord-est du Japon, une tempête terrible a sévi le 11 mai. 200 bateaux et 1500 marins ont disparu dans les Ilots.
- —L’Exposition générale annuelle d’horticulture a ouvert ses portes le mercredi 18 mai. L’Exposition se tient, comme les années précédentes, dans le Jardin des Tuileries, allée des Orangers, et terrasse du Jeu de Paume, près la rue de Rivoli. Pour la première fois, celte année, la Société nationale d’Horticulture organise, en même temps que son exposition de fleurs, une exposition spéciale des Beaux-Arts appliqués à l’horticulture. La clôture de l’Exposition aura lieu le mardi 24 mai.
- —Le carillon de Saint-Germain-l’Auxerrois sera inauguré le 14 juillet prochain. On se rappelle qu’en 1878, ce carillon fut installé, par l’ingénieur Collin, dans la tour Balln; il-jouait quatre airs : le matin, les Cloches de Corneville; à midi, Si j’étais roi; à six heures du soir, le Carnaval de Venise, et, à minuit, le Noël d’Adam. Ce carillon ne jouera plus' désormais que trois airs : la marche de Turenne, le Tambourin et une vieille chanson française. Ces airs ont été gravés sur un cylindre en cuivre qui a remplacé l’ancien cylindre en bois. Les marteaux sont au nombre de cent cinquante-deux et frappent trente-huit cloches. Le cylindre, ainsi que nous l avons dit, n’est préparé que pour trois airs, mais il sera facile de mettre les marteaux en relation directe avec un cia- -vier sur lequel un spécialiste pourrait jouer n’importe quel morceau et même se livrer à l’improvisation. Le jour où cette amélioration sera apportée, le public parisien pourra assister à d’intéressantes auditions.
- —La préfecture dé la Seine avait pris les mesures nécessaires pour que les 504 locaux qui ont été utilisés à Paris lors des élections le 8 mai, pour l’établissement des sections dé'vote, fussent désinfectés immédiatement. Dans la nuit même de dimanehe à lundi, 47 équipes ont procédé à cette opération, de telle sorte que les enfants des écoles ont trouvé à la rentrée des classes des locaux assainis—------- -...............................
- —©— Notre collaborateur, M. J. de Loverdo, vient d’obtenir à la Société nationale d’acclimatation de France, une médaille d’argent pour son livre intitulé Le ver à soie, son élevage, son cocon.
- —®— La Société le « Photo-Club de Saint-Quentin » organise du 1er au 15 juillet 1898, avec le concours de la Municipalité de cette ville, une Exposition de Photographie dans le foyer du Théâtre. — Pour tous renseignements nos lecteurs sont priés de s’adresser au Secrétaire du « Photo-Club de Saint-Quentin », 18, rue des Canonniers.
- —Le fusil d’infanterie en usage dans l’armée espagnole est le modèle Mauser bien connu. Les Américains ont adopté le Kreg-Zorgensen en 1892. C’est un fusil à magasin du poids de 4 kg et du calibre de 7mm,62. La bonne portée dépasse 1590 mètres, mais la balle va jusqu’à 2500 mètres. Cette balle pèse 14«r,26. La charge de poudre sans fumée est de 2«r,50. La vitesse initiale est 3e 009 mètres par seconde. Le projectile traverse lm,22 de planche de pin à la distance de 900 mètres. Ce fusil contient 5 cartouches dans son magasin. On affirme que tout en visant un soldat peut tirer 20 balles à la minute. Tout cela est possible, mais nous possédons des armes aussi perfectionnées en Europe.
- Les planètes au 1er juin 1898. Mercure et Mars seront visibles le matin avant le lever du soleil. L’éclatante Vénus brillera vivement à l’W, dès le commencement de la nuit. Jupiter passera au méridien à 7h23m du soir et éclairera le ciel jusqu’à l*>34ia du matin. Saturne, situé au N.-E d’Antarès, le cœur du scorpion, se lèvera à 7h 22“ du soir, passera au méridien à llh48ai du soir et se couchera à 4h 17m du matin, éclairant toute la nuit.
- —Suicides et divorces. Des savants ont constaté la similitude frappante entre la statistique du divorce et celle du suicide, au point de vue soit de la répartition géographique de ces deux phénomènes sociaux par ordre d’intensité, soit de leurs variations successives et concomitantes. Une nouvelle coïncidence, peut-être fortuite, vient s'ajouter à ces concordances surprenantes : d’après le compte général de la justice civile en France, public ces jours derniers dans le Journal officiel, l’année 1895 s’est signalée à la fois par la diminution du nombre des suicides et de celui des divorces.
- —M. Moty a cherché à expliquer les accidents de l’évolution de la dent de sagesse II pense que les masses épithéliales que l’on trouve sur le bord alvéolaire inférieur s’enllammant, peuvent suppurer et que c’est à elles que doivent être imputés précisément ces accidents de Dévolution de la dent de sagesse. M. Reclus pense, au contraire, que les accidents tiennent plutôt au manque de place sur le maxillaire inférieur qui ne laisse pas à la dent de sagesse l’espace nécessaire pour sortir.
- —Nous sommes dans la saison de la grande sortie des hannetons à l’état d’insecte ailé. Nous rappelons à nos collaborateurs et correspondants l’établissement de la carte des cycles de hannetons dont nous récoltons les matériaux. Jusqu’à présent nous avons des Notes plus ou moins précises qui indiquent l’année des hannetons : 1896-1899, Mayenne, Maine-et-Loire, Aube, Vosaes, Savoie. — 1897-1900, Yonner Allier, Haute-Savoie. — 1898-1901, Calvados, Pas-de-Calais, Oise, Seine-et-Oise, Seine, Seine-et-Marne, Aisne, Côte-d’Or, Isère, Doubs, Moselle, Lorraine, Alsace. Nous sollicitons instamment ; des corrections, des adjonctions et des compléments à celte liste. Les adresser au bureau de La Nature, 120, boulevard Saint-Germain, Paris.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La machine à coudre électrique est construite par MM. de Changy et Kratz-Boussac, 5, rue Saint-Laurent, à Paris.
- Communications. — M. C., notaire à Montpellier, nous demande quelques renseignements sur le Voyage que nous avons annoncé. Ce voyage qui aura lieu au commencement d’août est organisé de façon que les dames puissent y prendre part; les trajets importants se feront tous en chemin de fer, en voiture ou en bateau. Le nombre ni le poids des colis n’est limité, mais les valises pourront seules être transportées dans les voitures ou les barques; il vaut donc mieux ne pas s’encombrer de grosses malles. Nous établissons un programme complet que nous vous enverrons dans quelques jours et qui vous fixera sur tous les détails que vous nous demandez. Le prix n’est pas encore absolument fixé, il ne dépassera pas en tout cas 250 francs pour l’excursion complète de 12 jours, tous frais payés.
- M. Garrie, à Paris, nous adresse la lettre suivante que nous reproduisons : « J’ai lu avec un vif intérêt, dans le n° 1500, du 30 avril 1898, p. 339, un article du Dr Capitan sur le Menhir de Clainart. Puisqu’il existe une sous-commission des monuments mégalithiques, il serait utile, dans l’intérêt de la science, d’appeler son attention sur les monuments de cette espèce, qui existent près de Luzarches (Seine-et-Oise). Le plus important de tous est une allée couverte, bien connue dans le pays sous le nom de Pierre Turquaise, figurant d’ailleurs sur la carte d’état-major au 1/80 000e; elle se trouve dans la forêt de Carnillère. Le moyen le plus facile d’y aller, en partant de Paris, est de s’arrêter à la station de Presles, sur la ligne de Paris à Beaumont-sur-Oise. Ce monument a subi de nombreuses mutilations. II serait à désirer, si ce n’est pas encore fait, que l’on prit des mesures pour assurer la conservation de ce qui reste encore, h’Investigateur, journal de l’Institut historique de France, 1854, page 58 et suiv., donne la description de cette allée couverte. Les autres monuments sont situés sur le territoire même de Luzarches. Ils ont été décrits dans une brochure in-8° publiée à Paris chez Boucquin en 1867, par M. Hahn. Je l’ai cherchée en vain chez l’éditeur. Il en a été question dans l'Investigateur, en 1856, p. 24; en 1857, p. 58 et en septembre 1859. Des fouilles ont été faites à l’est du hameau de Thimécourt, où se trouvait un de ces monuments. La charrue a fait disparaître la trace même de l’emplacement desdites fouilles. Si l’on ne prend promptement des précautions pour protéger ce qui reste encore, ces souvenirs d’un passé lointain disparaîtront tout à fait. J’habite Luzarches pendant l’été et je serais heureux de signaler aux personnes compétentes, qui voudraient rechercher ces monuments, les points que je crois intéressants. Puisque je suis en train de vous parler de Luzarches, je crois qu’il serait utile de signaler à la Société des antiquaires de France une table d’ardoise rappelant un fait qui remonte à 1705. Cette Société a rendu compte, dans son bulletin de 1863, p. 118-119, des fouilles pratiquées sur l’emplacement de la collégiale de Saint-Côme à Luzarches. Je ne sais si elle a eu connaissance de l’existence de cette table, trouvée par hasard dans des matériaux de démolition, possédés par un maître-couvreur. Elle a été placée depuis peu dans l’église paroissiale de Luzarches. Il me serait facile de fournir une copie de l’inscription gravée sur cette ardoise, qui mesure environ 1 mètre sur 0m,6ü et 2 à 3 centimètres d’épaisseur. »
- Notre correspondant peut se rassurer. La commission des monuments mégalithiques connaît depuis de longues années la Pierre Turquaise. Elle vient d’ailleurs de décider qu’un poteau allait être placé auprès de ce très remarquable monument.
- M. J. Dujardin, à Paris, nous fait parvenir une Instruction pratique pour l'analyse des vins et la détermination du
- moulage et du vinage et une Notice sur les instruments de précision appliqués à l'essai des moûts et à la vinification, au dosage du sucre, de l'acidité et à ta mesure de la tempé-' ratürè des cuves.
- M. Deullin, à Eparnay, nous a envoyé l’intéressante lettre suivante : « Etant, le 18 avril, en promenade sur la route nationale d’Epernay, à Châlons-sur-Marne, j’ai eu l’occasion d’observer un halo solaire remarquable et comme on en voit rarement je crois. Nous nous en allions avec soleil au dos, sans rien observer, quand, arrivés à 5 kilomètres de la ville, nous étgnt retournés en faisant face au soleil, nous le vîmes environné d’arcs-en-ciel, de points lumineux et de stries plus ou moins lumineuses,plus ou moins brillantes, s’étendant depuis l’horizon, formé pour nous par un coteau, jusqu’au zénith, et horizontalement sur un arc de 80 à 90°. A quelle heure a commencé le phénomène? je ne puis le dire, mais il était exactement 5 h. 1/4 du soir quand nous l’avons aperçu et il n’était pas encore complètement effacé à l’heure b laquelle nous rentrions en ville à6 b. moins! /4,
- Coteau dit
- yfr"'' Mont Bernon ^
- Halo solaire observé à Epernay (Marne) le 18 avril 1898 de 5 h. 1/4 à o h. 5/4 du soir.
- Comme vous pouvez le voir par le croquis ci-joint, le soleil était entouré de demi-arcs irisés, elliptiques, concentriques, ayant leur grand axe vertical. A droite et à gauche du soleil, sur la petite ellipse, se trouvaient deux soleils lumineux irisés comme les arcs et montrant, chacun à l’opposé du soleil réel, des bandes horizontales de lumière blanche. Tangentiellement aux deux ellipses, en leurs points les plus élevés, apparaissaient deux arcs-en-ciel de courbure inverse et très lumineux. Celui le plus élevé paraissait circulaire, et ayant très sensiblement pour centre le zénith. L’autre tangent à la petite ellipse avait les extrémités renversées comme les cornes d’un taureau. Entre les deux points de tangence, existait toute une zone, quadrillée en losanges, de stries lumineuses, de lumière blanche. Nous donnons ci-après quelques renseignements complémentaires. Le temps était brumeux et nuageux, le soleil légèrement voilé de cirrhus légers, le vent était nord-nord-est. En ville, à 6 h. 1 /2, le baromètre marquait 748 “/” et le thermomètre + 10° C. On voyait en a, c, b, et en i, h, j, un arc-en-ciel très vif, en d, c, e, et en f, h, g, un arc-en-ciel léger, sauf aux points lumineux f et g, le point / surtout étant très lumineux. Du reste, la partie gauche de l’ensemble était plus accentuée que la droite. Entre i, c, j, h, beaucoup de stries, ou rayons de lumière blanche parallèles à c, f, et à c, g, et formant une masse de losanges. »
- Un lecteur, à Épernay, nous signale le fait extraordinaire suivant : « Un habitant de Montholon (petit village à 6 kilomètres au sud d’Epernay ), nommé Jules Vautrelle, âgé de 38 an«, fut mordu au bras droit par un chien enragé, au mois d’avril 1886. 11 se rendit à Paris, où il fut soumis au traitement de l’Institut Pasteur. Le 23 avril 1898, il sentit son bras droit s’engourdir, la fièvre le prit et les symptômes de la rage apparurent. Il fut conduit à l’hôpital d’üpernay où il mourut le 26 avril. La rage s’était donc déclarée au bout de douze années ». Ce fait est rigoureusement exact.
- Voir la suite de la Boite aux lettres page 3* des Nouvelles scientifiques).
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille tes faits intéressants qui lui sont signales par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent d des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les auestions, ni à insérer toutes les rommnni entions.— Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- BOITE AUX LETTRES [Suite)
- M. Boleslas Matuszewski, à Paris, nous a fait parvenir un exemplaire d’une brochure ayant pour titre : Une nouvelle source de l'histoire. Création d'un dépôt de cinématographie historique.
- Renseignements. — M. A. M., à Toul. — Pour les fontaines lumineuses de salon, il faut vous adresser à M. Trouvé, 14, rue Vivienne, à Paris.
- M. Fournier fils, à Sedan. — L’adresse que vous demandez est la suivante : M. J. Bellot, constructeur à Champeix (Puy-de-Dôme).
- M. .4. Hutinet, à Pisseloup. — 1° Tubes sonores pour carillons : maison Château, 118, rue Montmartre, à Paris. — 2® Nous faisons rectifier l’adresse.
- M. W., à Viersen. — Pour la photographie directe des couleurs, nous ne connaissons jusqu’ici que le procédé Lippmann.
- M. R. R., à X. — Nous avons indique des ouvrages de ce enre pour les voitures automobiles dans la Boîte aux lettres u n° 1501. du 7 mai 1898. Nous ajouterons Le petit cours de M. Baudry-de-Saunier, aux bureaux de la France automobile, 4, Faubourg Montmartre, à Paris.
- M. E. Hartmann, à Isenheim. — Nous avons déjà publié à ce sujet divers articles que vous trouverez dans les tables des matières; nous en publierons d'autres.
- M. P. Laville, à Paris. — il ne serait possible de répondre à votre demande qu’en examinant vos plaques ; vous pourriez les porter au Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch.
- Une abonnée A. M., à X. — Il faut suivre encore pendant quelque temps un régime sévère; pas de féculents, pas de pommes de terre, pas de haricots; des légumes verts et des viandes rôties; pour plus amples détails consultez le médecin.
- M. M. R., à Paris. — Nous n’avons pas examiné celte question ; mais vous aurez peut-elle des renseignements en vous adressant aux fabricants de cellulose : M. A. Dencède, 424, rue de Rennes, MM. Neumann et Marz, à Oyonnax (Ain).
- M. F. S., à Moscou. — Nous pensons que cette substance peut être employée sur bois; mais il faudrait vous renseigner à l’adresse que nous avons déjà donnée.
- M. P. Schmidt, a Mohilew ^Russie). —Nous n’avons pas à ce sujet d’autres documents que ceux que nous avons déjà fait paraître.
- M. A. B., à P. — 4® On vous répondra directement. — 2® Nou» avons publié un petit1 article sur le vieillissement des vins dans le n° 1068 du 18 novembre 1893, p. 386.
- M, H. Benoît, à Paris. — Nous avons fait connaître, dans le petit livre des Recettes et Procédés utiles, lre série (Masson et Cie, éditeurs), plusieurs formules que vous pourriez utiliser.
- M. F. Paucof, à Parana. — Nous ne pourrions vous indiquer d’autres usages pour cette substance.
- M. P. L., à F. — Moteurs à vent : M. Anceaux, 10, boulevard de la Contrescarpe; M. Rossin, 140, rue Lafayette, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Leblois, b N’érac. Nous examinerons plus tard cette question. — M.Déron, à Tours. L’appareil a besoin d’être démonté complètement. — M. V. R., à L.; M. G. M., à Paris. Consultez le petit livre des Recettes et Procédés utiles. lre série, à la librairie Masson et Cie, — M. le Dr Ph. Tril/o, à Massa. Votre lettre a été envoyée.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Préservatif contre la rouille — On a déjà essayé un grand nombre de composés divers pour la préservation du fer contre la rouille. On nous a signalé dernièrement un nouveau produit dénommé mannocitine et qui a donné de bons résultats. Ce produit est un mélange de graisses spécialement préparées et d’huiles éthériques qui, en s’évaporant, forment une peau mince de graisse neutre, ne rancissant jamais, offrant une grande ré?istance contre les influences atmosphériques, l’eau de mer, les vapeurs acides ou ammoniacales, ne durcissant jamais et restant toujours élastique. La mannocitine évite toute tache de rouille sur les métaux, elle leur conserve leur brillant. Elle s’enlève aussi facilement qu’elle s’applique; il suffit de frotter quelques minutes les paiiies enduites avec un chiffon trempé dans l’essence de térébenthine; elles reprennent alors leur état primitif. Cette substance doit êlre employée à l’état liquide après avoir été bien remuée, elle s’étend avec un pinceau pas trop mou ; il faut avoir au préalable soigneusement bien nettoyé les parties à enduire. Un kilogramme de matière permet de couvrir environ 33 mètres carrés. — Ce nouveau produit se trouve chez M. Havemann, 5, passage Saulnier, à Paris.
- PETITES INTENTIONS'
- Table pliante pour écoliers. — En Amérique, l’industrie du bois a pris un développement considérable et les industriels de ce pays ont réussi à créer un assemblage mécanique qui leur permet de faire des planches se composant de plusieurs espèces de bois assemblées, d’une solidité à toute épreuve. C’est cet assemblage mécanique qui a permis à l’industriel américain de créer un nouveau système de table pliante semblable à celle que montre notre figure. Ces tables, d’une
- La table pliante. — 1. La table en service. — 2. La table pliée.
- extrême légèreté, sont néanmoins très solides et très jolies ; les pieds, montés sur charnières, se replient en dedans, et sont maintenus ouverts seulement par un long ressort muni à chaque extrémité d’un trou qui se fixe dans un arrêt de la traverse reliant chaque couple de pieds. La table pliée n’est guère plus épaisse qu’une planche ordinaire et elle occupe ainsi une place tout à fait insignifiante lorsqu’on a fini de s’en servir. Sur le dessus de la table est marquée sur bute la longueur, la mesure en cenlimèlres. — La table pliante se trouve chez M. Kratz-Boussac, 4-5, rue Saint-Laurent, à_Paris.
- IHettole-Fonrehettes. — On a imaginé, jusqu’ici, de nombreux syslètnes pour nettoyer les couteaux, mais on n’avait pas encore trouvé un appareil pour bien nettoyer les fourchettes, surtout les parties entre les dents. Voici un nouvel appareil qui nous paraît pratique. Ce nettoie-fourchettes se compose d’un ressort à boudin en métal blanc (n° 4) maintenu entre deux godets qui se trou>ent montés sur une tige dans toute la longueur du ressert. Cette tige est fixée sur un
- Le nettoie-fourchettes. — 1 . Vue de l'appartil. — 2. Mode d’emploi.
- support formé d’un cadre allongé et muni d’une poignée. Pour s’en servir, il suffit de placer sur le ressort une peau ou un linge quelconque (n° 2) et d’appuyer avec les dents de la fourchette qui rentrent entre les spires du ressort en imprimant à la fourchette un mouvement de va-et-vient. Toute la partie intérieure des dents se trouve parfaitement nettoyée. On peut se servir du même appareil pour nettoyer des fourchettes de toutes dimensions : il suffit, en manœuvrant l’écrou à molettes, de mettre les spires à la distance correspondante avec l’espace des dents de la fourchette. — Le constructeur du nettoie-fourchettes est M. Kratz-Boussac, à l’adresse indiquée plus haut.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Physiologie de la volonté, par Dallemag.ne. 1 vol. petit in-8° de ['‘Encyclopédie scientifique des aide-mémoire. Librairie Masson et C'1'. Paris, 1898. Prix : brociié, 2 fr. 50; cartonné, 5 francs.
- L'oreille. IV. Symptomatologie. V. Pathologie, par Pierre Bonnier. 2 vol. petit in-8° de Y Encyclopédie scientifique des aide-mémoire. Librairie Masson et Cie. Paris, 1898. Prix : broché, 2 fr. 50 ; cartonné, 5 francs.
- Les engrais et les amendements, par E. Roux, assistant de physique végétale au Muséum d’histoire naturelle. 1 vol. petit in-8° de Y Encyclopédie scientifique des aide-mémoire. Librairie Masson et Cie. Paris, 1898. Prix : broché, 2 fr. 50; cartonné, 5 francs.
- Les clichés négatifs, par G. Brunei, et E. Forestier. 1 vol. in-16 de l’Encyclopédie de l’amateur photographe. Bernard Tignol, éditeur. Paris, 1898. Prix : 2 fr.
- Manuel pratique du teinturier. Matières colorantes, par M. J. Hummel, directeur du collège de teinture de Leeds. Edition française, par J. Dommer, professeur à l’Ecole de physique et de chimie industrielles de la Mlle de Paris. 1 vol. in-16. Bernard Tignol, éditeur. Paris 1898. Prix : 7 fr. 50.
- Field Columbian Muséum. Contribution III to the Coastal and plain flora of Yucatan, by Chaules Frédéric Mills-palgii, curator department of Botany. 1 brochure in-8°. Chicago. V. S. A. Janvier 1898.
- .4 catalogue of earthquakes on the Pacific coast 1769 to 1897, by Edward S. Holden. 1 vol. in-8°. City of Washington published by the Smithsonian Institution 1898.
- Annals of the astronomical observatory of Harvard College, Edward C. Pickering, director. Observations made at the blue hill meteorological observatory, Massachusetts in the year 1896, under the Direction of A. Lawrence Rotch. 1 brochure in-8\ Cambridge. John Wilson and Son. 1897.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations' de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — (Bureau central météorologique de Franoe
- OBSERVATIONS 7 HEURES IW MATIN THERMOMÈTRE I .. VENT 1 IUHECTIOX ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 9 mai 1898. . 12,1 W. N. W. 2. Couvert. 1,9 Couvert jusq. 8 h. ; guis très nuageux; beau après 18 h.; petite pluie jusqu a 4 h.
- Mardi 10 lf.O S. 1. Couvert. 0,1 Eclaircies à 1 b. et de 11 à 13h.; couvert le reste du temps ; quelques averses.
- Mercredi 11 12 ,1 S. S. W. 4. Couvert. 0,9 Couv. jusquà 22 h, ; beau ensuite; pluie à diverses reprises.
- Jeudi 12 9,5 S. 3. Presque couvert. 9,1 Très nuageux; plusieurs coups de tonnerre entre 13 et 14 h.; plusieurs averses; grêle.
- Vendredi 13. . . . . 8\2 W. S. W. 2. Beau. 11,2 Nuageux jusqu’à 19 h. ; beau ensuite; quelques averses avec grêle.
- Samedi 14. . ; . . . 9*,1 S. S. W. 3. Presque couvert. 5,2 Quelques éclaircies jusqu’à 7 h.; couvert ensuite ; pluie presque continue depuis 9 h. 45.
- Dimanche 13 ... . 12-, 1 S. 3. Couvert. 9,7 Couvert ; pluie à diverses reprises.
- MAI 1898. -- SEMAINE Dü LUNDI 9 AU DIMANCHE la MAI.
- Lu courbe supérieure indique ta nébulosité de 0 à 10; les /lèches inférieures, la direction du veut. Les courbes du milieu iuiuquent : courbe épaisse, .les -pressions barométriques (.baromètre ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- V
- lies pluies à Madagascar. — Les Annales du Bureau central météorologique de France pour l’année 1895 publiées par le directeur du Bureau, M. Mascart, nous fournissent des données intéressantes; sur les pluies à Madagascar. Les deux stations météorologiques de notre, colonie, Tananarive et Tainatave, bien que situées à une distance relativement assez faible l’une de l’autre, présentent sous le rapport des pluies dés contrastes frappants dus à leur situation et à leur altitude; tandis qu’à Tananarive, située sur un plateau dont la hauteur est de 1400 mètres, , il est tombé 1566"”,5 d'eau dans l’année comprise entre le 1" octobre 1891 et le I"octobre 1893, à Tamatave, ville de la côte,‘on notait 4052"",1 d’eau recueillie dans le pluviomètre pendant l'année 1895. Les grandes pluies Rendent-la région de.Tamatave très insalubre. ' r t
- La saison pluvieuse, qui dure cinq mois, a commencé à Tananarive en novembre 189 i qui a donné 103’i”“,3 d'eau ‘ décembre, 4Q1*”",2; janvier ’'
- 1895, 328"“,2; février, 176“"“,3 : mars, 221*““, soit une moyenne de 217"" pour cette période. La saison sèche qui vient après dure sept mois avec une moyenne mensuelle de 19""" ; septembre où les pluies ont été le plus abondantes ayant 51"",6, et les deux plus’ secs, juin et juillet, 2“,5 et 2“",4.
- Si nous examinons les quantités d’eau tombées à Tamatave, nous ne trouvons pas dans la répartition des pluies la mèmè régularité qu'à Tananari ve: le mois d’aoùt a fourni 655"“',6 d’eau; mai, 508“",8; janvier, 500"" ,6;• décembre, '408“,9 ; juin, 368“”,5; mars, 292““,5; juillet, 285"",5 ; ; 'novembre, 261"",4; février, 2 i8"“,9,; septembre, 189“",3 ; avril, 175“”, 1 ; octobre, le judis le plus sec, 129"".4.
- La. moyenne mensuelle de pluie tombée a Tamatave est <de 332“; il peut être intéressant de liveomparer à la'moyenne recueillie pendant las dix,dernières aimées au Pare Saint-Maur, station météorologique oflicielle r Üe ' Paris, iftoyenùè qui est dé 45“". ‘
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 12, à 9 h. 43 niin. du soir.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- AVIS DE li’ADMINIST RATION. — L’échéance du 31 mai étant une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés dont l’abonnement se termine avec le numéro du 28 mai (n° 1304) de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée nue l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de juin aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas avant le 3 juin renouvelé on donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (2 volumes, 1873 à 1882 — 1883 à 1892), au prix de 12 francs au lieu de 20 francs.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction et à la « Boîte aux lettres » doivent ôtre adressées à la Rédaction de « LA NATURE », 120, Boulevard Saint-Germain, à Paris.
- INFORMATIONS
- —Nous avons parlé ici à plusieurs reprises de la liquéfaction de l’air atmosphérique, des expériences de M. Devvar, de la Société royale de Londres, des machines de production industrielle de M. Linde, de Munich. Cependant, en France, le pays de la liquéfaction des gaz, on n’avait pas encore pu manier et expérimenter l’air liquéfié. Aussi est-ce avec satisfaction que l’on a vu M. d’Arsonval sortir de sa poche, à la dernière séance de l’Académie des Sciences, une première bouteille d’air liquide. M. Linde lui-même est venu installer au Collège de France, dans le laboratoire de M. d’Arsonval, une machine de 3 chevaux qui fournira 1 litre d’air liquide à l’heure. On achève en ce moment le montage des compresseurs et tout sera prêt dans quelques jours. Nous pourrons répéter à Paris les expériences que l’on fait couramment à Londres, en Allemagne et en Amérique. Mieux vaut tard que jamais.
- —Nous avons le regret d’annoncer la mort de M. Souillart, professeur à l’Université de Lille, correspondant de l’Académie des sciences dans la section d’astronomie.
- —Un missionnaire apostolique, M. l’abbé Falcou, prêchait mercredi soir, 48 mai, au mois de Marie, à Sainl-Germain-I’Auxerrois. Sujet : « N’oubliez pas le ciel, on l’oublie trop ». 11 termina son sermon par cette anecdote authentique : « L’astronome Le Verrier venait de découvrir Neptune. Il recevait des félicitations du monde entier. L’un de ses admirateurs lui dit : « Vous êtes bien près des astres, « mon cher maître. — J’espère bien, répliqua Le Verrier, que « j’irai plus loin; je compte bien aller au ciel! » Le Verrier dont on a souvent exagéré l’humeur batailleuse, était profondément spiritualiste et chrétien. C’est lui, affirme-t-on, qui avait fait placer dans la salle des instruments de l’Observatoire un grand crucifix.
- —S— Le ministère de l’instruction publique a publié récemment la statistique générale des étudiants (facultés et écoles d’enseignement supérieur), au 45 janvier 4898. 11 résulte de ce travail que la population scolaire de nos facultés était à cette époque de 28 782. Ce nombre se décomposait ainsi : hommes : 27 9ll, dont 26 419 Français et 1492 étrangers; femmes : 871, dont 579 Françaises et 292 étrangères. Paris est habité par 11647 étudiants et 400 étudiantes, environ la moitié du chiffre total de toute la France. Etudiant la théologie protestante, 70; le droit, 3635; la médecine, 3971; les sciences, 1273; les lettres, 1697; la pharmacie, 1401. Lyon a la population scolaire la plus importante, après Paris. Ses 2355 étudiants fréquentent surtout l’école de médecine : HOô, dont 33 femmes; celle de droit, 436; la faculté des sciences, 521, dont 5 femmes; l’école de pharmacie, 272, dont 1 femme; 177 jeunes gens et 23 jeunes femmes y étudient les lettres. En troisième rang, vient Bordeaux : 2144 étudiants, dont 773 pour le droit, 737 pour la médecine, 224 pour les sciences, 153 pour les lettres, 257 pour la pharmacie. Sur le chiffre total, on compte seulement 29 femmes. Toulouse, Montpellier, Lille, Rennes, Nancy sont habitées chacune par plus de 1000 étudiants.
- —©— Un périodique américain publie des renseignements curieux sur les pépites d’or découvertes par les mineurs de l’Australie et de la Californie La plus grosse pépite connue serait d’Australie, où elle fut mise au jour en 1851. Elle pesait 223 livres et valait 275000 francs. Jamais une pépite américaine n’a approché, même de loin, de ces dimensions colossales. La plus grosse pépite californienne fut déterrée le 18 novembre 1854, à Camp-Corona, par Olivier Martin. On en voit des reproductions ou des fac-similés en bronze dans la plupart des collections minéralogiques d’Europe et d’Amérique. Celle-ci pesait 151 livres. Elle était presque entièrement pure, ne contenait, en plus de l’or, qu’une faible proportion de quartz blanc. Elle fut vendue 181 350 francs. L’histoire de sa découverte tient du merveilleux. Olivier Martin avait un camarade, Flower, qui avait été tué par l’orage. Martin ne voulut pas laisser sans sépulture le cadavre de son ami et se mit en devoir de lui creuser une tombe au pied d’un arbre. C’est en creusant cette tombe qu’il mit au jour la monstrueuse pépite ; et il dut requérir, pour la déterrer, l’assistance d’autres mineurs. Un mineur californien avait découvert deux pépites de superbes dimensions : la première fut vendue 85000 francs, la seconde 70 00(1. Mais, dès qu’il les eut vendues, il s’adonna à la boisson et mourut peu de temps après d’une attaque de delirium tremens dans un asile d’aliénés. Un Français qui avait découvert une pépite de 25 000 francs devint fou de joie après cet événement. L’argent ne fait pas le bonheur !
- —A propos de l’emploi par les Anglais des balles dum-dum, on a rappelé que, pendant la guerre de 1870, les Allemands avaient fait usage de a balles explosibles ». Cet emploi fut nié à plusieurs reprises, bien que plusieurs officiers français en aient vu éclater sur des arbres. La guerre terminée, l’Etat-major prussien a parfaitement avoué que l’on s’était servi contre nous de balles explosibles. Et le général Witzleber a donné, en effet, dans un ouvrage sur la guerre de 1870, les détails suivants : Page 268 : « Les sous-officiers reçoivent en tout trente cartouches et de plus trois à cinq cartouches explosibles. Le caisson de munitions d’un bataillon de chasseurs contient 7360 cartouches ordinaires et 480 à balles explosibles. » Page 271 : « Le caisson de munitions modèle 1860 contient 910 cartouches ordinaires et 810 balles explosibles ». C’est bien clair et c’est encore pire que les balles dum-dum !
- —Les Magasins du Louvre ont organisé un grand concours de photographie. L’Exposition a eu lieu du 16 au 28 mai et a réuni un grand nombre d’épreuves remarquables.
- —— On vient de lancer aux chantiers de la Seyne le 12 mai
- 1898, le croiseur de lre classe Châteaurenault: Ce bâtiment a 135 mètres de longueur et 17 mètres de largeur, avec un déplacement de 8017 tonneaux. Ses machines verticales, à triple expansion, seront alimentées par des chaudières à tubes d’eau et actionneront trois hélices. La vitesse maxirna prévue est de 23 nœuds. Son rayon d’action à 12 nœuds sera de 7500 milles. Son artillerie comporte deux canons de 164 millimètres, six de 138, dix de 47 et cinq de 37, tous à tir rapide. Ce bâtiment, dont le marché date du 12 octobre 1795, devra être livré par les constructeurs le 8 avril
- 1899. Son prix de revient est évalué à 15 201 628 francs.
- —Le successeur de M. Peyron, à l’Assistance publique, M. le I)r Napias, ignore sans doute que le meuble qui lui sert de bureau est celui sur lequel écrivait Fouquier-Tinvil le au tribunal révolutionnaire. Ce meuble, d’un beau style Louis XVI, est inventorié comme un simple bureau en bois avec applications en cuivre.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour la motocyclette Werner, s’adresser 85, rue de Richelieu, à Paris. --Le nouveau pyrographe se trouve chez M. Kratz-Boussac, 5, rue Saint-Laurent, à Paris.
- Communications. — M. G. de Rocquigny-Âdamon, à Moulins, nous envoie deux notices extraites de la Revue Ciel et Terre et ayant pour titres : Les orages en novembre et décembre dans le centre de'la France, Le retour des hirondelles dans le centre de la France.
- M. l’abbé Ch. Vivet, au petit séminaire de Saint-Lucien,
- i»rès Beauvais, nous écrit : « Tous avez bien voulu insérer dans a Boîte aux Lettres, du n° 1294 du 19 mars 1898, le procédé pratique que je vous avais indiqué pour remettre à neuf les cylindres phonographiques. Permettez-moi de vous compléter ma petite découverte par les derniers perfectionnements que j’y viens d’apporter. Quand on emploie l’essence de térébenthine seule avec la flanelle, comme je vous l’avais indiqué, il arrive souvent que le cylindre de cire conserve une surface graisseuse qui rend difficile la nouvelle impression ou du moins l’accompagne de sifflements très désagréables. Pour faire disparaître cet inconvénient sérieux et donner au cylindre son poli sec et brillant, je le nettoie avec de l’alcool dénaturé du commerce, de manière à enlever toute trace du corps gras. Ces différentes opérations (nettoyage à l’essence de térébenthine, finissage à l’alcool) se font mieux avec des bouts de peau de chamois, non pelucheuse comme la flanelle. L’alcool s’évapore très vite et en frottant légèrement le cylindre avec une peau propre et sèche, on lui donne le poli biillant qui rend l’impression immédiatement possible et dans les meilleures conditions. Avec les cylindres le plus profondément impressionnés, l’opération totale de remise à neuf dure au plus un quart d’heure. Je garantis l’absolue réussite du procédé à la condition que la dernière opération (passage à l’alcool) soit bien faite, c’est-à-dire qu’il ne reste encore une fois aucune trace d’essence. »
- M. A. Ruffin, ingénieur chimiste à Lille, nous adresse une notice traitant De la chicorée, sa fabrication et falsifications. La chicorée, torréfiée dans des conditions normales, est d’un beau brun noirâtre; mal préparée ou mal conservée, elle s’altère rapidement, se gonfle en absorbant l’humidité de l’air, crève les paquets qui la contiennent et se couvre de moisissures composées principalement de pénicillium gbiucum et aspergillus glaucus. Dans ces conditions elle est évidemment impropre à la consommation.
- M. J. de la Porte, à Nœux-les-Mines, nous écrit : « Je lis dans la Boîte aux Lettres du n° 1302 du 14 mai 1898 le dicton suivant :
- Lait sur vin, santé;
- Vin sur lait, venin.
- que vous trouvez d’accord avec l’hygiène stomacale. Je connais ce dicton depuis bien longtemps, mais sous cette forme :
- Lait sur vin,
- Mets divin :
- Vin sur lait,
- Mets parfait.
- Ce n’est pas précisément la même chose ! Mais comme ces dictons populaires sont presque toujours des bouts rimés, j’estime que celui de votre correspondant doit être en réalité : Lait sur vin,
- Venin ;
- Vin sur lait,
- Santé.
- Ce qui est juste le contraire ! Quand on ne fait pas attention aux rimes, il est facile de se tromper et la mémoire peut faire défaut là-dessus. Dans ces conditions que devient votre explication? » — L’explication ne tiendrait pas debout, mais le dicton non plus très vraisemblablement au point de vue phy-
- siologique. Le dicton tel que vous le connaissez est conforme à l’explication.
- M. D. Casanova, à Santiago de Chili, a propos de notre article sur la Détermination mécanique de la direction moyenne du vent, paru dans le n° 1291 de 26 février 1898. p. 196, nous envoie le numéro du 15 mai 1897 de Los Anales del Instituto de Injenieros de Chili, dans lequel il a publié une formule, que notre correspondant croit nouvelle et qui fait pendant à la formule de Lambert. Celte formule est la suivante : R _ N — S + cos 45» (SE + NO — SÊ — SO)
- cos 9
- et donne le nombre de fois que le vent moyen ou résultante des vents a soufflé selon la direction 9, donnée par la formule de Lambert, Il me semble, ajoute notre correspondant, que le procédé graphique (que l’ingénieur français M. C. J. de Cor-demoy a fait connaître) est aussi exact et rapide que le procédé mécanique que vous décrivez.
- Renseignements. — M. M. L., à Oloron. — 1° Vous trouverez la composition de ces fusées asphyxiantes dans le petit livre des Recettes et Procédés utiles, 2e série, à la librairie Masson et Gie. •— 2° Nous prenons note de cette nouvelle fabrique d’oxygène et d’hydrogène.
- M. F. Dubray, à Paris. — Il faudrait construire un petit transformateur rotatif, formé d’un moteur de 10 volts et 20 ampères et actionnant directement une dynamo de 45 volts et 4,5 ampères.
- M. E. G., à Le Blanc. — Vous pourrez vous procurer ces ouvrages aux librairies Fourneau et Croville-Morant, 18 et 20, rue de la Sorbonne, à Paris.
- M. J. S., h Paris. — Vous trouverez à la librairie Dunod et Vicq, 49, quai des Grands-Auguslins, plusieurs livres nouveaux sur les chemins de fer.
- M. G. W., à Paris. — Pour détruire les araignées, on emploie des infusions de tabac ou des feuilles d’absinthe broyées dans l’eau. On se sert aussi de fumigations de tabac.
- Un abonné, à Anvers; M. L. Lourd, à Rouen; M. le Dr. G. Poupinel, à Paris. — Nous ne pouvons vous donner d’autre désignation. Il s’agit d’un gris bleu; on compte environ 14 000 bleus.
- M. G., à H. — Vous nous demandez quelles sont les impuretés que renferme le gaz acétylène obtenu par l’action de l’eau sur le carbure de calcium. Ce gaz renferme de l’hydrogène silicié et phosphoré, une matière sulfurée volatile, de l’ammoniaque et des traces d’oxyde de carbone.
- M. L. Mérou, à Paris. — Il n’existe pas encore d’ouvrage tel que vous le demandez ; nous avons indiqué plusieurs manuels dans nos dernières Boites aux lettres.
- M. G. G., à Paris. — Nous ne pouvons répondre à toutes vos questions; il faudrait vous adresser à un chimiste conseil : M. A. Brochet, 42, rue Lhomond, ou à M. A. Hébert, 66, rue Gay-Lussac, à Paris.
- M. M. de Roux, à Marseille. — La cause de l’action répulsive du soleil sur les queues de comète s’explique aujourd’hui par l’action répulsive des rayons cathodiques qui se produiraient dans le soleil, selon M. Deslandes. Quant aux partieules de cendres, elles descendent le long des parois de verre très inégalement, s’y collent quelquefois par attraction capillaire et souvent remontent vivement. C’est simplement le courant d’air chaud qui produit ce phénomène. La vitesse de ce courant est diminuée par le frottement le long du verre et ne suffit plus pour soulever la cendre. Il se passe ici ce qui a lieu le long des rives d’un fleuve. La vitesse de l’eau est très diminuée et devient souvent nulle.
- M. A. M., à X. — Veuillez consulter un médecin; nous ne pouvons vous donner de réponse.
- M. C. Hergott, au Valdoie. — 1° Nous pensons qu’une eau légèrement alcaline devrait entraîner ce dépôt. — 2° 11 faut vous adresser aux marchands de produits chimiques : M. Bil-lault, 22, rue de la Sorbonne, MM. Poulenc, 122, boulevard Saint-Germain, à Paris. — 3° Vbus trouverez ces petits appareils au Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Boumans, à Maëstricht. Remerciements pour votre communication. — Mlla L.P., à Paris. Consultez les Recettes et Procédés yililes, lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. P. C., à Montreuil. Nous ne nous occupons nullement de ces questions; il nous est impossible de vous répondre. Tous nos regrets. — ilf. D. G., à Paiis. II faut vous adresser à un avoué. — M. Cyrano, à Athènes. Ces renseignements ne sont pas connus; à notre grand regret, nous ne pouvons vous les donner
- D ms la « Uo’it; aux lettns » la rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses lecteurs, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes Us auestior s, ni à insérer toutes les communications.— Il n'est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi oui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Vaccination en Tunisie,
- M. Hervieux donne lecture d’un travail de M. Loir, chef du service de la vaccine à Tunis, sur la nécessité d’appliquer l’obligation vaccinale aux colonies françaises. Dans ce mémoire, celui-ci montre les ravages que fait la variole dans la Tunisie ; non seulement elle est endémique dans la population indigène, mais les Européens eux-mèmes sont fortement frappés par le fait des contagions et de leur négligence à se faire revacciner. L’épidémie de variole qui sévit depuis le mois d’octobre 1897 a causé à Tunis, en quatre mois, plus de 800 décès. Pour que les Arabes consentent à se faire vacciner, il faudrait d’abord qu’on obtint des autorités religieuses tunisiennes une déclaration affirmant que la vaccination n’est pas défendue par le Coran; on arriverait facilement à obtenir cette déclaration. Il faudrait ensuite que le refus de vaccination fut puni de peines effectives, telles qu’une amende, et pour que ces peines ne soient pas illusoires, il importerait de rendre le village ou la tribu responsable des amendes encourues par chacun de ses membres. Grâce à ces mesures, on pourrait espérer voir diminuer, dans une grande proportion, la mortalité par variole, actuellement considérable en Tunisie. M. Laveran signale une thèse soutenue à Bordeaux par un médecin arabe, le docteur Béchir-Dinguizli, dans laquelle il établit que la loi religieuse mahométane était loin de défendre la pratique de la vaccination. II ne s’est pas contenté de ses recherches personnelles dans le Coran ; il a soumis la question aux marabouts de la grande mosquée de Tunis, tenue en grand honneur par les mahométans, et la réponse a été confirmative. C’est un fait de grande importance au point de vue de la généralisation de la vaccination en pays mahométan.
- L'iodure d'arsenic chez les enfants lymphatiques et scrofuleux.
- Lorsqu’il s’agit de soigner non pas des enfants atteints de tuberculose osseuse ou ganglionnaire, mais des enfants simplement strumeux, candidats à la tuberculose, la résistance des lésions locales aux traitements par les topiques montre bien que c’estj’état général qu’il faut traiter; si l’on se contente de traiter localement les lésions, elles récidivent avec une ténacité désespérante, soit ailleurs, soit in situ. L’iode est depuis longtemps employé, dans ces cas, contre l’état général ; mais l’iode métallique, l’iodure de potassium, sont difficilement tolérés par les enfants ; l’iodure de fer n’est pas assez riche en iode. M. Rousseau Saint-Philippe (de Bordeaux) a eu l’idée d’employer l’iodure d’arsenic. Les résultats ont été très satisfaisants. Pour pouvoir efficacement les apprécier, il a supprimé, chez les enfants traités, tout traitement local autre que les lavages à l’eau bouillie, et cependant leurs dermatoses guérissaient. Il emploie l’iodure d’arsenic en solution dans l’eau; cette solution doit être faite à froid, pour éviter la décomposition partielle du produit. On donne par jour de une à vingt gouttes de la solution à 1 pour 100, selon l’âge du petit malade, en commençant par de petites doses et en augmentant progressivement. Les fortes doses produisent des phénomènes d’intolérance, tels que diarrhée, inappétence, insomnie, agitation ; il suffit alors d’interrompre la médication quelques jours et de la reprendre ensuite. Les résultats sont parfois merveilleux.
- Pommade contre le prurigo des membres inférieurs.
- M. M. Zentler
- 6 grammes | ââ 10 grammes
- . 1 gramme
- . 100 grammes
- On étale chaque soir, au moyen d’un pinceau, une couche de cette pommade sur les parties atteintes, puis on recouvre le membre de compresses de tarlatane maintenues par quelques tours de bande. D’après un médecin bulgare, M. le docteur Zentler (de Vratza), ces applications calmeraient bien les démangeaisons et procureraient au malade une nuit tranquille. En outre, notre confrère fait prendre quotidiennement ou tous les deux jours un bain simple ou amidonné, d’une demi-heure de durée, et après le bain il pratique l’épilation de tous les points qui sont le siège d’éruptions eczémateuses ou furoncu-leuses consécutives au grattage. Au bout de 10 jours de ce traitement, la peau reprendrait son aspect normal ; cependant il est bon de continuer l’usagé de la pommade et des bains jusqu’à ce que toute trace de démangeaison ait disparu, c’est-à-dire encore pendant deux à trois semaines. Dr X.
- Xaphtol p...........
- Huile de cade . . Soufre précipité . .
- Menthol.............
- Vaseline............
- Mêlez. — Usage externe.
- Emploi de la mine pour l'arrachage des souches. —A l’aide d’une tarière de charpentier, on perce un trou dans le corps de la souche, en ayant soin de rester dans la masse du bois. On charge avec une cartouche de poudre de mine ; la souche vole en éclats et les racines qui restent peuvent être facilement arrachées. On peut d’ailleurs, pour la plupart des arbres, laisser les racines sans inconvénient : car elles ne donnent pas de rejets. Le prix de ce travail ne dépasse pas un à deux francs : ce qui est fort peu de chose, si l’on songe à ce que coûte l’arrachage d’une souche de chêne, de noyer et surtout d’olivier. La dynamite convient encore mieux que la poudre ordinaire : comme la dynamite est très brisante, il n’est pas nécessaire de bourrer bien exactement : et même si le trou de mine présente quelques fissures, la mine ne souffle pas, comme avee la poudre ordinaire. Au lieu de percer un trou dans le bois, il suffit de faire un trou oblique dans la terre au-dessou* de la souche :1a cartouche de dynamite est glissée dans le trou et l’on bourre de façon très sommaire.
- Il est utile de rappeler ici que la dynamite n’est pas plus dangereuse que la poudre ordinaire, quand on sait un peu s’en servir et qu’on ne commet pas d’imprudence : par exemple, qu’on ne fait pas dégeler les cartouches de dynamite derrière; un poêle, au lieu de les plonger dans l’eau chaude, pendant les. grands froids de l’hiver. On a même employé, pour abattre de grands arbres, un boudin de dynamite entourant le pied de l’arbre, mais le prix est aussi élevé que celui de l’abatage dans les conditions ordinaires, et le pied de l’arbre est endommagé.
- En Tunisie, la dynamite est beaucoup moins chère qu’en France : on l’emploie en grande quantité pour les défrichements des terrains envahis par les olivastres (oliviers sauvages) et les jujubiers dont les souches sont très difficiles à enlever. ;
- Pour chasser les mouches. — Au moment où la saison des mouches va revenir, il faut signaler une recette d’un enduit que fuient les mouches et les faons. On fait tout simplement bouillir pendant cinq minutes une bonne poignée de feuilles de laurier dans 1 kilogramme de saindoux; on peut en frotter le corps d’un cheval, et pas une mouche ne l’approchera de toute la journée.
- Contre la prise en masses du sel de table. — Le sel de table peut présenter deux inconvénients fort désagréables l’un et l’autre : tantôt il se liquéfie, tantôt il se prend et forme de véritables conglomérats. Pour éviter cette prise en masse, on recommande d’y incorporer de la glycérine, dans la proportion de 1 pour 205 en poids.
- Pour pulvériser le camphre. — Pour obtenir de la poudre de camphre qui n’ait pas de tendance à se réagglomérer, on dissout la substance dans une fois et demie son poids d’alcool ; on précipite par l’addition de 4 parties d’eau, puis on recueille le précipité, on le lave, et enfin on le sèche.
- Augmentation de la force adhésive de la gomme arabique. — La méthode donnée par le docteur lfager dans un journal pharmaceutique allemand, consiste à versci 250 grammes d’un mucilage gommeux dans 20 centimètres cubes d’eau, puis à y ajouter 2 grammes de sulfate d’alumine qu’on fait soigneusement dissoudre.
- RIRLIOGRAPHIE
- Ecrivains et penseurs polytechniciens, par Gaston Pinet, in-18 de 276 pages. Paul Ollendorf, éditeur. Paris, 1898.
- Les mathématiques développent-elles les facultés de l'esprit ou les atténuent-elles? C’est une question souvent posée. Notre collaborateur, M. Gaston Pinet, montre par de nombreux exemples que parmi les élèves de l’École polytechnique saturés de mathématiques, on trouve un grand nombre de penseurs et d’écrivains de premier ordre. Livre intéressant à lire. — II. de P.
- Eléments de botanique. 1. Botanique générale. IL Botanique spéciale, par Pu. van Tieghem, membre de l’Institut, professeur au Muséum d’histoire naturelle. 5e édition, 2 vol. m-16, avec 578 figures, cartonnés toile souple. Masson et Cie, éditeurs. Prix : 12 francs.
- Précis de botanique médicale, par L. Traeut, professeur d’histoire naturelle médicale à l’Ecole de plein exercice de médecine et de pharmacie d’Alger. 2e édition, entièrement refondue, 1 vol. in-8° avec 954 figures dans le texte. Masson et Cie, éditeurs. Prix : 8 francs.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Mémoires originaux des créateurs de la photographie (Nicé-phore Niepce, Daguerre, Bayard, ISiepce de Saint-Victor, Poitevin, par R. Colson, capitaine du génie, répétiteur de physique à l’Ecole polytechnique. 1 vol. in-8° carré de 186 pages, cartonné à l’anglaise. Georges Carré et C. Naud, éditeurs, Paris. Prix : 6 francs.
- Essai sur la théorie des machines électriques à influence, par V. ScuAFfKRS, docteur ès sciences physiques. 1 brochure in-8°. Librairie Gauthier-Villars et fils. 1898. Prix : 3 francs.
- Les gaz de l’atmosphère, par W. Rams\y, traduit de l’anglais, par G. Charpy. 1 vol. in-8\ Georges Carré et C. Naud, éditeurs, Paris, 1898. Prix : 5 francs.
- La Revue de statistique. Recueil hebdomadaire de documents économiques, commerciaux, industriels, agricoles, administratifs et financiers. lr° année, mars 1898. 28, rue de Grammont, Paris. *
- Sur la coordination et la répartition des fractures et des effondrements de l'écorce terrestre en relation avec les épanchements volcaniques, par M. A. Michel-Lévy, membre de l’Institut. 1 brochure in-8°. Paris, au siège de la Société géologique de Fraadfe, 1898.
- La chimie du photoép'aphe, par MM. Clerc et Nieaaengloavski. 1 vol. in-8°. II. Desforges, éditeur. Paris, 1898. Prix : 1 fr. 50.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations’ de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — /Bureau oentral météorologique de Franoe
- OBSERVATIONS 7 HEURES üü MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSEBVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 16 mai 1898 . 11»,9 W. 1. Quelques éclaircies. 14,4 Très nuageux; pluie de 2 h. environ à 4 h.
- Mardi 17 6»,9 N. 5. Couvert. 0,0 Très nuagéux, surtout le matin.
- Mercredi 18 8*,0 N. N. E. 3. Couvert. 0.0 Beau jusqu’à 4 h. ; couvert ensuite.
- Jeudi 19 7»,1 N. N. E. 3. Couvert. 5,5 Couvert jusqu’à 16 h. ; nuag. ensuite; pluie de 4 à 10 h.
- Vendredi 20 10»,2 N. W. 1. Couvert. 2,3 Couvert; pluie la moitié du temps.
- Samedi 21 12»,1 S. 2. Très nuageux. 7,7 Très nuageux; pluie irrégulière de 10 à 12 h.
- Dimanche 22 ... . 15»,0 S. 2. Quelques nuages. 1,2 Très peu nuageux.
- MAI 1898. -- SEMAINE DU LUNDI 16 AU DIMANCHE 22 MAI.
- Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; lés flèches inférieures, la dii'ection du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Crue «le la Seine et de la Marne. — Sous l'influence de la pluie, la Seine et la Marne ont commencé à monter vers le 14 mai, dans la banlieue amont. La hauteur des eaux était telle au barrage du Port-à-l’Anglais que l’éclusée se passait en quelques minutes.
- A la date du 15 mai, M. Guillemin, inspecteur général de la navigation, a parcouru toute la partie amont jusqu’à Choisy-le-Hoi et a prescril aux bateliers et aux riverains les précautions d’usage.
- A Ivry et à Clioisy, le chemin de halage a été couvert par les eaux. Les négociants en vin de Bercy faisaient rouler dans les chais les futailles qui se trouvent sur les quais.
- A Moret, on annonçait récemment une crue de l'Yonne, du Loing et du Grand-Morin.
- La lune rousse. — Pendant la lunaison qui commence en avril et finit en mai, la température moyenne des 24 heures est voisine de 10°, et le thermomètre descend parfois au-dessous de 0° pendant la nuit. Les jeunes pousses gonflées de sève gèlent alors, et leurs faibles vaisseaux se déchirent. Les premiers rayons du soleil leur font prendre une teinte rougeâtre, et comme ce désastre arrive le plus souvent quand la lune brille vivement au ciel pendant la nuit, à cause du refroidissement de la terre ou de son rayonnement par un ciel clair, bien des personnes imputent ces dégâts à notre satellite et l’appellent la lune rousse. C'est doue à tort que l’on accuse la lune de ces méfaits, graves surtout pour les vignes, pour les fruits et pour les semis.
- En 1898, la lune rousse, qui allait du 20 avril au 19 mai, a été marquée
- par des pluies fréquentes, el même parfois abondantes': du 20 au 50 avril, on a recueilli en 5 jours, 18“"* d’eau à la station météorologique du Parc Saint-Maur; du 1" au 19 mai inclusivement, le pluviomètre a reçu 76”“ d’eau en 18 jours.
- Le ciel ayant été couvert ou pluvieux pendant la nuit, la terre ne s’est pas assez refroidie pour amener des gelées ; la pluie abondante qui a suivi les beaux jours de la première moitié au mois d’avril a donné une végétation luxuriante. Aussi un gros propriétaire de la Bourgogne nous disait ces jours derniers que les vignes, les prairies naturelles, les prairies artificielles et les céréales étaient Élès belles.
- Espérons qu’un soleil généreux achèvera l’œuvre si bien commencée par la lunaison d’avril et nous donnera d’abondantes récoltes.
- Cyclone à l’île Mayotte. — Le dernier courrier a apporté des détails sur les désastres causés par le cyclone qui a ravagé l’île Mayotte dans la nuit du 27 au 28 février. Presque tous les bâtiments d’administration et de nombreux villages ont été complètement détruits. Plusieurs usines se sont écroulées. Toutes les récoltes de vanille, de sucre et de café ont été entièrement perdues. On n’a pas encore eu de nouvelles du sud de l’île. Dans la partie nord, le cyclone a fait de nombreuses victimes. On a compté, à Dzaoudzi et aux environs 60 morts, et 100 blessés. Près de 6000 personnes étaient sans vivres et sans abri.
- Les bâtiments en rade de Dzaoudzi ont été jetés à la côte et plusieurs ont été perdus. Au nombre de ces derniers se trouvait la barque Pauline, de Marseille. Cette catastrophe a ruiné complètement l’île Mayotte.
- On n’a pas encore de nouvelles des autres îles du groupe des Comores.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 20, à 1 h. 8 min. du soir.
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